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QUE SAIS-JE ?

ROBERT LANQUAR
AVECLACOLLABORATION
DEMONIQUE LANQUAR,CONSULTANT

Troisième édition corrigée


16 mille
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DU MÊME AUTEUR

Le tourisme international, Paris, PUF, 1993, 5 éd. (coll. « Que sais-je ?»,
n° 1694) (traduit en espagnol et en chinois).
Le tourisme social et associatif, en collaboration avec Y. Raynouard, Paris,
1991, 4 éd. (coll. «Que sais-je ?», n° 1725) (traduit en chinois).
Agences et associations de voyages, Paris, PUF, 1987, 2 éd. (coll. « Que
sais-je ? », n° 1787).
Congrès, séminaires, voyages de stimulation, en collaboration avec
G.-C. Fighiera et G. Vrtunic, Paris, 1991 (coll. « Que sais-je ? », n° 1855).
Aménagement touristique, en collaboration avec G. Cazes et Y. Raynouard,
Paris, 1992, 4 éd. (coll. «Que sais-je ? », n° 1892) (traduit en anglais).
Lemarketing touristique, en collaboration avec R. Hollier, Paris, 1992, 5 éd.
(coll. « Que sais-je ? », n° 1911) (traduit en anglais et en vietnamien).
Economie du tourisme, Paris, 1994, 4 éd. (coll. « Que sais-je ? », n° 2065)
(traduit en espagnol).
Les parcs de loisirs, Paris, PUF, 1991 (coll. «Que sais-je ? », n° 2577).
L'Empire Disney, Paris, PUF, 1994, 2 éd. (coll. «Que sais-je ? », n° 2726).
Lagestion des ressources humaines dans l'entreprise touristique, CET,Univer-
sité d'Aix-en-Provence, 1973.
The WTOorganizational development : a case study, Ph. D. Dissertation,
Texas A&MUniversity, juin 1983.
Le contrôle de qualité : un défi pour le tourisme moderne, Aix-en-Provence,
CHET,« Les Cahiers du tourisme », 1988.
La formation des formateurs des entreprises de tourisme et d'hôtellerie, Aix-
en-Provence, CHET,« Les Cahiers du tourisme », 1992.
Plan Bleu, Enjeux et prospective du tourisme, Economica, 1994.
Les formateurs du tourisme et de l'hôtellerie, Paris, Ed. BPI,à paraître, 1994.
L'entrepreneur de tourisme et de loisirs, à paraître, 1994.
Tourisme et voyages d'affaires, Paris, PUF,(coll. «Que sais-je ? »), à paraître.
Congrès, séminaires, réunions de formation, Paris, PUF (coll. « Que
sais-je ? »), à paraître.

ISBN 2 13 042939 4
Dépôt légal — 1 édition : 1985
3 édition corrigée : 1994, décembre
© Presses Universitaires de France,
108, boulevard Saint-Germain-75006, Paris
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INTRODUCTION

L'analyse sociologique du tourisme et des voyages


est un fait beaucoup plus récent que la sociologie
des loisirs dont les premiers travaux datent des balbu-
tiements de la sociologie elle-même.
L'homme voyage depuis des millénaires, mais le
concept de tourisme n'a été inventé qu'à la fin du
XVIII siècle en Angleterre, alors en proie aux chan-
gements de mœurs et de valeurs provoqués par la
révolution industrielle. Il n'a été analysé comme un
phénomènesocial qu'après l'apparition dutourismede
masse, quand la majorité des travailleurs des pays
développés purent utiliser à des fins de vacances et de
tourisme leurs congés payés.
En fouillant dans la mémoire de l'homme, des
voyageurs de pure curiosité, l'Antiquité nous donne
peut-être seulement Hérodote et Pausanias. L'Anabase
deXénophonn'est que lejournal de route de la longue
retraite d'un condottiere pressé de retrouver l'admi-
nistration de sa propriété des environs d'Athènes.
Le voyage de plaisance et d'instruction ne daterait,
selonGaston Paris (1), quede la findu MoyenAge, au
moment de la Renaissance italienne avec Machiavel,
Brunetto Latini, Pétrarque, Fortunat...
G. Paris cite l'historien et humaniste italien Pastor qui assume
quelevoyaged'agrémentn'était possiblequ'à partirduXVIsiècle
etencorequ'enItalie.C'estàcetteépoquequ'apparaissentleslivres
devoyageursimprimésquifurent parmi lespluslargeséditions de
lafinduXVIsièclejusqu'auXVIIsiècle. Enoutre,commenceune
réflexionsurlevoyage :celledeMontaigne,parexemple,ouencore
(1) Eruditfrançaisdusiècledernier.
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l'essaitrèsélaborédeSirFrancisBacon,OfTravel(1612),quiestime
quelevoyagedoitfairepartiedel'éducationdesjeunesetdel'expé-
riencedesplusâgés(2).
L'ampleur qu'ont donnée les voyageurs anglais en
France et en Italie, puis les Européens et Nord-
Américains au concept de tourisme n'a d'abord été
étudiée que dans un cadre économique (3). Néan-
moins, rapidement, enAllemagneenparticulier, surgit
unescience des mouvements depersonnes dont les pro-
longations sont sociologiques. Les premiers tra-
vaux spécifiques de sociologie touristique dateraient
de 1935 : Robert Glücksmann définit alors le tou-
risme non comme le transit de personnes, ni comme
une expédition ou un voyage d'affaires, mais plutôt
comme un phénomène social, lié aux relations inter-
personnelles, à la communication humaine (4).
Déjà Léopold von Wiese, partant des travaux de
Georg Simmel (5), avait développé une analyse indé-
pendante du voyageur étranger, non citoyen, tenu en
dehors non seulement de la politique, mais du poli-
tique, et recherché de plus en plus souvent pour des
raisons économiques et culturelles. En somme, long-
temps, levoyageurétait unenquêteurconsidéréparfois
de(2g)uidCeessetondtedrel esaFtioransnçadiseqvouyijaugsqu'es,m àalalgrféinledsuBX aXIedescièkcelreetonM técri
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«Q (4u)eR saiosb-jeert?G »,lunc°k2sm06a5n,nP,reFsrseem sU dennivveerkrseitahirrseksudnedeF,rBanecrne,e,1918923.5.
(5) GeorgSimmel,Soziologie,Munich,1923.Cf.chapitreintitulé«Excurs
übeenrsdcehnlicF
m herem Bedzeineh»u,ningeL n,éBopeorlldin,V
1o9n30W . iese,FremdenverkehralsZwischen-
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avechostilité. Apartir dela finduXIXsiècle, il devient
unenquêté. Depuis, onadeplusenplus souvent insisté
sur le fait que le tourisme est avant tout un phéno-
mène social comme le reconnaissent les auteurs de la
Déclaration de Manille sur le tourisme mondial
(1980) : il apparaît « opportun et nécessaire d'ana-
lyser le fait touristique en fonction fondamentalement
de l'ampleur qu'il a acquise depuis que l'octroi aux
travailleurs du droit aux congés payés l'a fait passer
du plan limité d'un plaisir élitaire au plan général de
laviesociale et économique»(Déclaration A,point 2).
Historiquement parlant, l'essai et le projet d'une
sociologie du tourisme et des voyages se seront
d'abord définis par rapport et en réponse à une pro-
blématique directement empruntée à l'histoire du
voyage, à la sociologie du temps libre et à celle du
loisir, puis à une recherche empirique et opération-
nelle devant conduire à des résultats en ce qui con-
cerne l'aménagement des régions et des zones touris-
tiques (études d'impact socioculturel) et au marketing
(mercatique —mise en marché et études des besoins
du marché) des produits et services touristiques.
Il existe donc de multiples lectures sociologiques
du tourisme. Ces lectures rendent plus complexe
l'analyse. Comme le soulignait Arthur Haulot (6), le
tourisme est «unedes formes de la vie sociale denotre
temps ». Ainsi, au-delà de la simple clarification des
concepts et des théories, il s'agit de montrer que la
sociologie du tourisme recoupe plusieurs domaines :
le bien-être et le cadre de vie, la culture, la communi-
cation, les groupes sociaux, le développement, la ren-
contre de sociétés différentes, la psychologie des
To(6u)rismAerthsuorciH ala;uilloateéstét lpelusecrét
sieursaidreizaginéneséradla'ndnuéB
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stea.ussiundesfondateursdeU 'lIOOTetdelO ' rganisationmondiale
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individus, les sondages, les études d'impact ou celles


de marché, l'aménagement du temps de travail... De
plus, le caractère hétéroclite du tourisme le rend sen-
sible aux modes et aux effets d'imitation selon les
sociétés dans lesquelles il est analysé.
Enfin, en dépit d'un petit nombre d'essais et d'une
masse d'études, de rapports et de projets, la sociologie
du tourisme et des voyages reste à constituer. Les
tentatives faites jusqu'à présent pour mettre à jour les
déterminations sociologiques du tourisme et les mo-
dalités de son fonctionnement procèdent d'une démar-
che essentiellement empirique dont la valeur est à
démontrer et qui ne se départ pas de préoccupations
mercantiles pour assister les opérateurs de tourisme
privés, associatifs ou publics à vendre de plus en plus
de voyages.
C'est en partie ce que souligne M.-F. Lanfant (7) dans sa critique
du cadre de référence du tourisme, et du tourisme international
en particulier : « Ce cadre de référence —la problématique du
marché—outre l'obstacle queson inadéquation théorique oppose à
l'étude sociologique du tourisme, assigne à la sociologie une fonc-
tion particulière... L'approche prédominante est celle de la socio-
logie du loisir, qui aborde le tourisme comme une occupation
particulière du temps libre et analyse l'activité touristique en tant
qu'activité de loisir, c'est-à-dire une activité qui obéit à une logique
de choix individuels. Ce qui fait que la sociologie du loisir, malgré
son souci desituer le loisir dans l'évolution des sociétés industrielles
a tendance à sous-estimer l'emprise de l'industrie touristique sur la
consommation de temps libre, et à ne pas voir les changements de
sens qui découle de l'occupation de ce temps en déplacements. »
La sociologie du tourisme est donc en formation à
travers un processus d'intégration et de différencia-
tion. Elle se différencie d'abord de toute une gamme
de disciplines des sciences humaines utilisées dans
l'étude du tourisme et des voyages (histoire, ethno-
(7) Marie-Françoise Lanfant, Sociologie du tourisme : Positions et pers-
pectives dans la recherche internationale, Paris, Centre national de la Re-
cherche scientifique, Centre d'Etudes sociologiques, 1978.
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graphie, jurisprudence, économie). Elle cherche en


outre à intégrer leurs contributions dans un système
à la fois synchronique et diachronique permettant si
possible d'énoncer quelques principes généraux sur
le comportement des acteurs touristiques et des effets
sur les sociétés dans lesquelles ce phénomène se déve-
loppe. Cependant la situation théorique évolue rapi-
dement. La ligne de démarcation est moins floue
entre la sociologie du tourisme et 1) la sociologie du
temps libre, étayée par des études empiriques de
budget-temps ; 2) la sociologie du loisir qui tire ses
donnéesdebasedesondagesd'opinions et d'attitudes ;
3) la sociologie du travail liée à l'aménagement du
temps de travail.
En définitive, la sociologie du tourisme s'inscrit
dans le contexte d'une discipline relativement récente,
cette sociologie qui, selon lemotd'Alain Touraine, «a
de la peine à se former parce qu'elle doit reprendre en
charge et non pas nier, de manière faussement posi-
tive, les discours du passé sur le méta-social ».
A. Comte lui donna son nom, renonçant au terme de
psychologie sociale, auquel il avait primitivement
pensé. Outre Durkheim (France), Vilfredo Pareto
(Italie) fut un autre fondateur de la sociologie : Pareto
était aussi économiste. Il opposait l'économie, science
des actions logiques et rationnelles à la sociologie,
science des actions non logiques.
Il faut compter de plus sur les multiples langages
de la sociologie. Par exemple, pour Georg Simmel,
père de la sociologie formelle, l'objet en est d'étudier
les formes sociales qui résultent de l'interaction des
individus. Pour Weber, elle aurait essentiellement
pour objectifde rechercher les régularités qui se déga-
gent de l'histoire comparative. Pour Werner Som-
bart, c'est une science de la culture. Pour Frédéric
LePlay et surtout les premiers sociologues américains
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qui ont joué un rôle important dans la sociologie du
loisir, il s'agissait de faire une description aussi exacte
que possible de certains phénomènes sociaux et de
certains groupes sociaux considérés à la fois comme
importants et mal connus.
Aujourd'hui encore, la sociologie est difficilement définissable.
Diversesraisonsinstitutionnellesexpliquentquelasociologieempi-
rique, c'est-à-dire la sociologie par enquêtes, soit plus souvent
microsociologique que macrosociologique, et que la macrosocio-
logie ait par conséquent suivi une orientation spéculative. Néan-
moinscommele souligne RaymondBoudon,«il est bien rare de
trouver en sociologie desexemplesdethéories au senspropre du
terme.Pourlessociologues,unethéorieestsouventsoitunesimple
classification, soit un système de concepts, soit une proposition
énonçant l'existence d'une relation entre deux phénomènes, soit
encore un système, au sens philosophique du terme, c'est-à-dire
unedoctrine. Onvoitbienlàleseffetsdel'orientation soitdescrip-
tive, soit spéculative de larges secteurs de la production socio-
logique»(8).
L'objet de la sociologie du tourisme et des voyages
ne peut donc être indiqué dans une définition, mais
plutôt par l'action critique et par une analyse directe
de correspondance entre la réalité sociale du tourisme
et des voyages et les concepts de la sociologie. Dans
ce cadre, le tourisme ne sera pas pensé en dehors des
complexités del'analyse sociale,«endehors despesan-
teurs sociologiques, comme s'il se développait en su-
perposition des structures sociales »(M.-F. Lanfant).
Il faut enfinsoulignerdanscetteintroduction l'ambi-
guïté de la situation du sociologue dans son rapport
à la décision et au pouvoir des responsables du tou-
risme. Car si le sociologue est effectivement de plus en
plus souvent consulté, ses questions sont parfois éva-
cuées et détournées avec pour conséquence une oc-
cultation des problèmes que le tourisme pose aux
sociétés.
19(785),vRoaly.m
15o,npd.B
74o.udon,Lasociologie,inEncyclopaediaUniversalis,Paris,
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CHAPITRE PREMIER

LES VACANCES,
TEMPS DU TOURISME

I. — Temps de travail,
vacances et congés payés
1. La conquête des congés payés. — Le voyage
aussi ancien que l'humanité n'a été intimement lié
aux concepts de temps libre et de loisir que dans le
phénomène touristique. Dans la Grèce et la Rome
antiques, le loisir désignait la condition de l'homme
libre et riche, exempt par le destin de la nécessité de
travailler et par là même placé devant des exigences
morales, civiques et politiques.
« Le temps libre était obligatoire, car il était libéral d'être de
loisir, et l'oisiveté ne se mesurait pas au temps mais à la façon de
l'employer... travaillerétait inciviqueet prouvait uncupideégoïsme ;
tel était le hideux apolitisme de la plèbe. Loisir, temps libre, tout
cela n'existe et n'a existé que pour et par une pensée politique qui
décrit et décrète ce qui est libre et ne l'est pas... Les seuls à n'être
pas de loisir étaient donc ceux qui, issus de famille peu fortunée, ne
pouvaient espérer obtenir (des) titres de noblesse politique » (1).
Dans les sociétés archaïques ou agraires ou bien
encore de la période historique du Moyen Age, le tra-
vail et le loisir étaient imbriqués par des rites qui
permettaient à l'homme de participer au monde dans
(1) Paul Veyne, Quand le temps libre était obligatoire et n'était pas du
temps, in Tempslibre, Paris, automne 1981,n°3.
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lequel il vivait (2). Ces deux activités, quoique diffé-
rentes dans leurs fins, avaient des significations de
même nature dans la vie des individus et des commu-
nautés : la fête englobait le travail et lejeu et obéissait
à un rythme naturèl, celui des saisons et des jours.
Les fêtes étaient alors souvent l'occasion d'une grande
dépense de nourriture et d'énergie. Elles constituaient
l'envers, sinon la négation de la vie quotidienne.
Il a été maintes fois souligné lors de la préparation
de la Conférence mondiale sur le tourisme (1980)
que le tourisme était réservé, jusqu'au milieu du
XX siècle, à une élite disposant d'une double dispo-
nibilité de temps et de pouvoir d'achat, c'est-à-dire de
loisirs importants, signeset symbolesd'un statut social
élevé. Aussi le tourisme devenait le terrain d'une
consommation ostentatoire réservée à cette élite (3) ;
d'où le luxe inouï des palaces et des stations ther-
males et balnéaires de la fin du siècle dernier. Ce sont
desphénomènesd'imitation, desbesoins nés del'urba-
nisation forcée qui ont créé le tourisme demasse grâce
à la mesure sociale des congés payés. La coutume
d'accorder des congés payés aux fonctionnaires et
employés du secteur public (4) fut suivie au début du
XX siècle par quelques employeurs privés, chrétiens,
progressistes ou paternalistes dans les pays les plus
développés.
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danslescivilisations.Cf.aussiBégnignoCacérès,LoisirsettravailduMoyen
Ageànosjours, PeupleetCulture,Paris, Seuil, 1973:auMoyenAge,la
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Les premiers textes donnant droit aux travailleurs
des congés payés apparurent après la Première Guerre
mondiale dans la législation et la réglementation
d'un certain nombre de pays européens. Une pre-
mière réunion internationale sur les loisirs des tra-
vailleurs eut lieu dans les années 20 au Bureau inter-
national du Travail. Une quinzaine d'années plus
tard, la question des congés payés fut inscrite à l'ordre
dujour de la Société des Nations et de l'Organisation
internationale du Travail. En 1936, une douzaine de
pays européens avaient une législation sur le droit aux
congés payés. Les experts du BIT, secrétariat de l'OIT,
préparèrent cette année-là une convention internatio-
nale qui coordonnait les pratiques sociales de ces pays
dans le domaine des congés payés. Cela ouvrit la voie
àunélargissement decettemesuresociale auxsoixante
Etats et territoires qui ratifièrent la Convention inter-
nationale de lO ' IT n° 52 sur les congés payés. Cette
convention prévoyant entre autres uneduréedecongés
payés minimale de six jours était bien en avance sur
son temps. Cette innovation sociale permit une modi-
fication rapide du caractère élitiste du tourisme (5).
La mêmeannée, le 20juin 1936, en France, la Chambre des
Députés vota, par 563voix contre 1, la loi instituant les congés
payésgrâceauxeffortsdeLéoLagrange,sous-secrétaired'Etatàla
Santé publique, chargé de l'organisation des loisirs et dessports.
Commelesouligne BégninoCacérès, «tous les élus de la nation
eurent-ilsconsciencedela portéehistoriquedeleurvotequimodi-
fiait totalementlaconditiondestravailleurs?Désormais,la viede
ceux-cin'était plusdiviséeenunepériodescolaire placéeaudébut
de l'existence, suivie d'une vie entière de labeur. Désormais, les
(5) Cete19p7r0em ière Conlevecnotionnveinntitoenrnat
ionale suardleosptéceonlegé2s4pjuaiynés19fut
dréuvrisaénetelanC onf.éLreancneouinvteernationaledu,nT°ra1v3a2il,fut
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snel
emainesdeconlgesésm paayriénss.Elecouvretouteslescatégoriessocioprofession-
conlevs,enetioxnceipntéternat ional e. qui sont pris enconsidération dans uneautre
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travailleurs avaient le droit au loisir. Cela signifiait que, pour la
premièrefois, lelégislateuravait uneautrevisiondelh' omme,qu'il
reconnaissait le droit au repos, le droit àtous dedisposer d'eux-
mêmespendantdouzejours sanscontrainte financière »(6).
La littérature populaire et lesjournaux de l'époque
montrent d'ailleurs comment, dans de nombreux
pays, les congés payés et les vacances d'été sont entrés
dans les mœurs. Grâce à des titres de transport à tarif
réduit sur les chemins de fer, des millions de salariés
et leurs familles ont pupartir. Devant cette innovation
sociale, ces salariés furent obligés d'imaginer ce que
pourrait être le tourisme. Les équipements n'exis-
taient pas pour tous et la plupart des bénéficiaires
des congés payés ne purent, à quelques exceptions
près, que rejoindre des parents ou des amis à la cam-
pagne ou àla mer,pourquelquesjours, rarement pour
plus longtemps (7).
Le tourisme se développera alors de manière im-
pressionnante. Il ne faiblira pas devant les crises
conjoncturelles, ni après 1973. Mais son importance
réside autant dans ses caractéristiques numériques et
dimensionnelles, que dans le fait qu'il représente une
poussée de l'humanité. Comme l'indiquent les auteurs
d'une étude de O l' MT(8), il est peut-être trop tôt pour
en mesurer la portée réelle, ce qui exigerait des obser-
vations portant sur plus d'une génération. Ce qui a
seulement été démontré, c'est que le temps consacré
aux vacances a augmenté en moyenne plus que le
temps consacré aux loisirs et aux autres activités du
temps libre, celui du non-travail : hygiène, repas,
sommeil. Et les activités qui occupent ce temps des
Béf.gO
((67)) C ninrogaCniasactéiorèns,mopo.ncit.
dia,lepd.u18T7o-1u8r8ism
. e,Enquêtepréliminairesurles
con(8g)ésCpfa.OyéMs,TR EC 2 0 0 /3/
1 ,M a d ri
d , 1 97 8 .
,Etudesurlacontributiondutourismeàlé'changedesvaleurs
spirituellesetàunemeileurecompréhensionentrelespeuples(les valeurs
spirituellesdutourisme),Madrid,1979.
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Imprimé en France
Imprimerie des Presses Universitaires de France
73, avenue Ronsard, 41100 Vendôme
Décembre 1994 — N° 41 011
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