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Mécanique des Fluides

Animation: Pr. ELGHAMRAOUI


OEM1/OMC1/OCI1
Année académique: 2020/2021
Objectifs pédagogiques

A la fin de ce module, vous devez être capable :

✓ Acquérir les connaissances nécessaires et suffisantes en Mécanique des Fluides pour être
capable de faire les choix de modélisation les mieux adaptés dans le but d'analyser et/ou de
participer à la conception des systèmes mécaniques complexes.
✓ Formuler en autonomie un problème de mécanique des fluides pour répondre à un objectif
donné, depuis la modélisation du système d'étude à la modélisation des sollicitations et
conditions aux limites, en proposant une démarche de résolution associée.
✓ Mobiliser les concepts et connaissances théoriques ou pratiques pour comprendre un
problème de mécanique des fluides et le mettre en équation.
✓ Mettre en œuvre les outils de résolution de problème, analytiques, numériques ou
expérimentaux, à un niveau de maîtrise : choix justifié d'outils existants ou réalisation d'outils
spécifiques et analyse critique des résultats.

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Évaluations

1. Formative
Durant la formation:
Applications/ QCM/ Contrôles continus/ DL/DS/ Mini-projets/groupes
2. Sommative
En fin de module :
Examens écrits/oraux/ QCM/Mini-projets/groupes
3. Fonctionnelle
Sur le terrain /en situation réelle

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Chapitre 5: Dynamique des
Fluides Incompressibles Réels

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Mécanique des Fluides

Introduction

Dans le chapitre précédent nous avons supposé que le fluide était parfait pour appliquer l’équation de
conservation de l’énergie. L’écoulement d’un fluide réel est plus complexe que celui d’un fluide idéal.

En effet, il existe des forces de frottement, dues à la viscosité du fluide, qui s’exercent entre les
particules de fluide et les parois, ainsi qu’entre les particules elles-mêmes. Pour résoudre un problème
d’écoulement d’un fluide réel, on fait appel à des résultats expérimentaux, en particulier ceux de
l’ingénieur et physicien britannique Osborne Reynolds.

Une méthode simplifiée de calcul des pertes de charge basée sur ces résultats expérimentaux est
proposée.

Elle est indispensable pour le dimensionnement des diverses installations hydrauliques (de pompage,
de turbines, de machines hydrauliques et thermiques dans lesquelles est véhiculé un fluide réel…etc.)

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Mécanique des Fluides

Fluide réel

Un fluide est dit réel si, pendant son mouvement, les forces de contact ne sont pas perpendiculaires aux
éléments de surface sur lesquelles elles s’exercent (elles possèdent donc des composantes tangentielles
qui s’opposent au glissement des couches fluides les unes sur les autres).

Cette résistance est caractérisée par la viscosité.

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Régimes d’écoulement

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Mécanique des Fluides

Expérience de Reynolds

Soit un courant d’eau qui circule dans une conduite à section circulaire. On introduit un filet de
colorant dans l’axe de cette conduite. Suivant la vitesse d’écoulement de l’eau, on peut observer
les phénomènes suivants :

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Mécanique des Fluides

Expérience de Reynolds

Remarques :

✓ Pour des vitesses faibles (figure à gauche),


le filet colorant traverse le long de la
conduite en position centrale.
✓ Pour des vitesses plus élevées (figure au
centre), le filet colorant se mélange
brusquement dans l’eau après avoir
parcouru une distance.
✓ Pour des vitesses très élevées (figure à
droite), le colorant se mélange
immédiatement dans l’eau.

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Mécanique des Fluides

Observations

Les expériences réalisées par Reynolds (1883) lors de l'écoulement d'un fluide dans une conduite
cylindrique rectiligne, ont montré l'existence de deux régimes d’écoulement :

✓ Laminaire :
Les filets fluides sont des lignes régulières, sensiblement parallèles entre elles.

✓ Turbulent:

Les filets fluides s’enchevêtrent, s’enroulent sur eux-mêmes.

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Mécanique des Fluides

Observations

En utilisant des fluides divers (viscosité différente), en faisant varier le débit et le diamètre de la
canalisation, Reynolds a montré que le paramètre qui permettait de déterminer si l'écoulement
est laminaire ou turbulent est un nombre sans dimension appelé nombre de Reynolds Re.

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Mécanique des Fluides

Interprétations

Lorsque la vitesse commune du filet coloré et du liquide principal est faible, le liquide coloré
suit une trajectoire rectiligne, parallèle à l'axe du tube. En fait chaque élément de fluide se
déplace en ligne droite, parallèlement aux parois solides qui le guident, on l'appelle
parfois écoulement en filets parallèles. Ce type d'écoulement est appelé laminaire.

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Mécanique des Fluides

Interprétations

Lorsque la vitesse commune du filet coloré et du liquide principal est élevée, le mouvement du
liquide coloré devient beaucoup plus complexe, dans toutes les directions et variant dans le
temps et dans l'espace, en direction et en intensité ; pourtant leurs moyennes dans le temps et
radiale ou angulaire dans l'espace sont nulles et on observe un moment global macroscopique
dans l'axe du tube et à la vitesse imposée en entrée. De plus le liquide coloré perd son identité :
il est dispersé dans le liquide transparent. Ce type d'écoulement complexe, avec des
fluctuations dans le temps et l'espace, est appelé turbulent.

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Mécanique des Fluides

Nombre de Reynolds

Cette expérience est faite par Reynolds en faisant varier le diamètre de la conduite, la température, le
débit, etc…, pour des divers fluides. La détermination du régime d’écoulement est par le calcul d’un
nombre sans dimension appelé nombre de Reynolds (Re).
𝐷. 𝑢. 𝜌 𝐷. 𝑢
Re = =
𝜇 𝜈

Avec :

o D : diamètre de la conduite (en m)


o 𝑢 : vitesse moyenne d’écoulement (en m/s)
o ρ : masse volumique du fluide ( en kg/𝑚3 )
o µ : coefficient de viscosité dynamique (en Pa.s)
o ν : coefficient de viscosité cinématique ( en m²/s)

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Mécanique des Fluides

Application

De l’eau à 20°C s’écoule le long d’une conduite cylindrique de 20cm de diamètre avec une
vitesse moyenne de 5 m/s.

Calculer Re sachant que la viscosité cinématique de l’eau à 20°C est égale à 1,01.10−6 𝑚2 /𝑠

Solution:
𝐷. 𝑢 20 × 10−2 × 5
𝑅𝑒 = = −6
= 9,9. 105
𝜈 1,01.10

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Mécanique des Fluides

Interprétation physique du nombre de Reynolds

Le nombre de Reynolds peut s’écrire sous la forme:


𝜌𝑢𝐷 𝜌𝑢²Τ𝐷 𝐹𝑜𝑟𝑐𝑒 𝑑 ′ 𝑖𝑛𝑒𝑟𝑡𝑖𝑒
𝑅𝑒 = = =
𝜇 𝜇𝑢Τ𝐷² 𝐹𝑜𝑟𝑐𝑒 𝑑𝑒 𝑣𝑖𝑠𝑐𝑜𝑠𝑖𝑡é

Le nombre de Reynolds apparaît donc comme une quantité proportionnelle au rapport des
forces d’inertie aux forces de viscosité.

➢ Un petit nombre de Reynolds caractérise les mouvements où les forces de viscosité sont
prépondérantes.

➢ Un grand nombre de Reynolds caractérise ceux pour lesquels ce sont les forces d’inertie qui
l’emportent.

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Mécanique des Fluides

Nombre de Reynolds

Remarque :

Dans le cas où la conduite n'est pas circulaire, on définit ce que l'on appelle le diamètre hydraulique :
4 ∗ 𝑙𝑎 𝑠𝑒𝑐𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑑𝑒 𝑙𝑎 𝑐𝑜𝑛𝑑𝑢𝑖𝑡𝑒
𝐷ℎ =
𝑙𝑒 𝑝é𝑟𝑖𝑚è𝑡𝑟𝑒 𝑚𝑜𝑢𝑖𝑙𝑙é 𝑝𝑎𝑟 𝑙𝑒 𝑓𝑙𝑢𝑖𝑑𝑒

Conclusion:
Si Re < 2000 le régime est laminaire
Si 2000 < Re < 2300 le régime est transitoire
Si Re > 2300 le régime est turbulent

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Pertes de charges

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Mécanique des Fluides

Définition

Considérons un écoulement entre deux points (1)


et (2) d’un fluide réel dans une conduite, tel
qu’entre les points (1) et (2) il n’y ait pas de
machine hydraulique.

Reprenons le schéma de la veine fluide du chapitre


4 avec les mêmes notations et les hypothèses
suivantes :

- Le fluide est réel et incompressible : cela


suppose l’existence de forces élémentaire de
frottement visqueux 𝑑𝜏 qui contribue dans
l’équation de bilan par un travail négatif et
donner naissance à des pertes de charges.
- L’écoulement est permanent.

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Mécanique des Fluides

Définition

On considère un axe 𝑍Ԧ vertical dirigé vers le haut.

On désigne par 𝑍1 , 𝑍2 et Z respectivement les


altitudes des centres de gravité des masses 𝑑𝑚1 ,
𝑑𝑚2 et M.

On désigne par 𝐹1 et 𝐹2 respectivement les normes


des forces de pression du fluide agissant au niveau
des sections 𝑆1 et 𝑆2 .

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Mécanique des Fluides

Définition

A l’instant t le fluide de masse (𝑑𝑚1 + M) est compris entre


𝑆1 et 𝑆2 .

Son énergie mécanique est :


𝐸𝑚𝑒𝑐 = 𝐸𝑝𝑜𝑡 + 𝐸𝑐𝑖𝑛
𝑆2
1 2
𝑑𝑚. 𝑉²
= 𝑑𝑚1 . 𝑔. 𝑍1 + 𝑀𝑔𝑍 + 𝑑𝑚1 . 𝑉1 + න
2 𝑆′1 2

A l’instant 𝑡’ = (𝑡 + 𝑑𝑡) le fluide de masse (M+𝑑𝑚2 ) est


compris entre 𝑆’1 et 𝑆’2 .

Son énergie mécanique est :


𝐸′𝑚𝑒𝑐 = 𝐸′𝑝𝑜𝑡 + 𝐸′𝑐𝑖𝑛
𝑆2
𝑑𝑚. 𝑉² 1
= 𝑀𝑔𝑍 + 𝑑𝑚2 . 𝑔. 𝑍2 + න + 𝑑𝑚2 . 𝑉22
𝑆′1 2 2

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Mécanique des Fluides

Définition

On applique le théorème de l’énergie mécanique au fluide entre


𝑡 𝑒𝑡 𝑡’ : « La variation de l’énergie mécanique est égale à la
somme des travaux des forces extérieures ».

On prendra en considération cette fois ci le travail des forces de


frottement visqueux 𝑑𝜏.

𝐸 ′ 𝑚𝑒𝑐 − 𝐸𝑚𝑒𝑐 = 𝑊𝐹𝑜𝑟𝑐𝑒𝑠 𝑑𝑒 𝑝𝑟𝑒𝑠𝑠𝑖𝑜𝑛 + ෍ 𝑊𝑑𝜏

= 𝐹1 . 𝑑𝑥1 − 𝐹2 . 𝑑𝑥2 + ෍ 𝑊𝑑𝜏

⟺ 𝐸 ′ 𝑚𝑒𝑐 − 𝐸𝑚𝑒𝑐 = 𝑃1 . 𝑆1 . 𝑑𝑥1 − 𝑃2 . 𝑆2 . 𝑑𝑥2 + ෍ 𝑊𝑑𝜏

= 𝑃1 . 𝑑𝑉1 − 𝑃2 . 𝑑𝑉2 + ෍ 𝑊𝑑𝜏

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Mécanique des Fluides

Définition

En simplifiant on obtient :
1 1 𝑃1 𝑃2
𝑑𝑚2 . 𝑔. 𝑍2 + 𝑑𝑚2 . 𝑉22 − 𝑑𝑚1 . 𝑔. 𝑍1 − 𝑑𝑚1 . 𝑉12 = . 𝑑𝑚1 − . 𝑑𝑚2 + ෍ 𝑊𝑑𝜏
2 2 𝜌1 𝜌2

Par conservation de la masse : 𝑑𝑚1 = 𝑑𝑚2 = 𝑑𝑚

Et puisque le fluide est incompressible : 𝜌1 = 𝜌2 = 𝜌

On aboutit à l’équation de Bernoulli :


𝑉22 − 𝑉12 𝑃2 − 𝑃1 σ 𝑊𝑑𝜏
+ + 𝑔 𝑍2 − 𝑍1 =
2 𝜌 𝑑𝑚

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Mécanique des Fluides

Définition

σ 𝑊𝑑𝜏
On définit ainsi la perte de charge entre les points (1) et (2) par : 𝐽12 = qui est la perte d’énergie par
𝑑𝑚
frottement visqueux par unité de masse qui passe.
𝑉22 − 𝑉12 𝑃2 − 𝑃1
+ + 𝑔 𝑍2 − 𝑍1 = 𝐽12
2 𝜌

L’unité de chaque terme de la relation précédente est le joule par kilogramme (J/kg).

En divisant par 𝑔 la relation précédente devient homogène à des longueurs en mètre :


𝑉22 𝑃2 𝑉12 𝑃1 𝐽12
+ + 𝑍2 = + + 𝑍1 +
2𝑔 𝜌. 𝑔 2𝑔 𝜌. 𝑔 𝑔

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Mécanique des Fluides

Définition

Elle peut être interprétée graphiquement de la


manière suivante :

Portons sur la verticale, à partir du centre de gravité


𝑃 𝑃
𝐺1 de la section 𝑆1 une distance égale à 𝜌.𝑔
1
= 𝜛1. Le lieu
de toutes les extrémités de ces segments s’appelle
ligne piézométrique.

Portons sur la verticale au-dessus de la ligne


𝑉12
piézométrique la quantité 2𝑔.

Le lieu de toutes les extrémités de ces segments


représente la ligne de charge.

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Mécanique des Fluides

Définition

En l’absence de pertes de charge, la ligne de charge


est confondue avec le plan de charge. Ce plan de
charge donne une représentation graphique de la
constance tirée de l’équation de Bernoulli pour un
fluide parfait.

La perte de charge totale exprimée en hauteur de


liquide depuis le début de l’écoulement, est égale à la
distance entre la ligne de charge et le plan de charge,
mesurée sur la verticale passant par le point 𝐺1 . La
perte de charge entre deux points 𝐺1 et 𝐺2 de
l’écoulement est donnée par la différence de cote de
la ligne de charge sur les verticales passant par les
points précédents.

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Mécanique des Fluides

Définition

On note deux types de pertes de charges


d'énergie mécanique :

• Pertes de charge régulières réparties


tout au long d'une conduite ;

• Pertes de charge singulières qui


apparaissent de manière localisée : dans
des coudes, suite à un obstacle, et lors d'un
élargissement ou un rétrécissement.

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Mécanique des Fluides

Définition

La perte de charge 𝐽12 peut être due à une perte de charge linéaire et une perte de charge singulière :
𝐽12 = 𝐽𝐿𝑖𝑛é𝑎𝑖𝑟𝑒 + 𝐽𝑆𝑖𝑛𝑔𝑢𝑙𝑖è𝑟𝑒

Par exemple, dans le circuit représenté dans la figure ci-dessous, les tronçons BC, DE, FG, HI et JK sont des
coudes de différents angles, donc elles présentent des pertes de charge singulières. Les tronçons AB, CD,
EF, GH, IJ et KL sont des conduites rectilignes, donc elles présentent des pertes de charge linéaires.

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Mécanique des Fluides

Pertes de charge singulières

Quand la conduite subit de brusque variation de section ou de direction, il se produit des pertes de
charges dites singulières, elles sont généralement mesurables et font partie des caractéristiques de
l’installation.

On les exprime par :


𝑉²
𝐽𝑆𝑖𝑛𝑔𝑢𝑙𝑖è𝑟𝑒 = −𝐾𝑠 .
2
𝐾𝑠 : Coefficient (sans unité) de pertes de charge. Il dépend de la nature et de la géométrie de l’accident de
forme.

Les valeurs de 𝐾𝑠 sont données par les constructeurs dans leurs catalogues.

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Mécanique des Fluides

Pertes de charge singulières

Quelques valeurs moyennes sont données dans le tableau suivants [GUIBLO91] :

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Mécanique des Fluides

Pertes de charge linéaires

Les pertes de charges linéaires sont générées par les frottements entre les différentes couches
de liquide et des frottements entre le liquide et la paroi interne de la conduite le long de
l’écoulement.

On les appelle également pertes de charges régulières ou systématiques.

La valeur de ces pertes dépend donc des paramètres de conduites.

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Mécanique des Fluides

Pertes de charge linéaires

Les pertes de charges linéaires, sont des pertes de charge réparties régulièrement le long des conduites. En
chaque point d’un écoulement permanent, les caractéristiques de l’écoulement sont bien définies et ne
dépendent pas du temps. La représentation graphique de l’écoulement prend l’allure ci-dessous.

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Mécanique des Fluides

Pertes de charge linéaires

La vitesse étant constante, la ligne piézométrique


et la ligne de charge sont parallèles. La variation de
hauteur piézométrique, évaluée en hauteur de
liquide est égale à la perte de charge linéaire entre
les deux points de mesure.

Les pertes de charge linéaires sont


proportionnelles à la longueur 𝐿 de la conduite,
inversement proportionnelles à son diamètre 𝑑,
proportionnelle au carré de la vitesse débitante 𝑉
du fluide.

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Mécanique des Fluides

Pertes de charge linéaires

Les pertes de charge linéaires sont proportionnelles à la longueur 𝐿 de la conduite, inversement


proportionnelles à son diamètre 𝑑, proportionnelle au carré de la vitesse débitante 𝑉 du fluide.
𝐿 𝑉²
𝐽𝐿𝑖𝑛é𝑎𝑖𝑟𝑒 = −𝜆. .
𝑑 2
Où :

• λ coefficient de perte de charge (sans unité) ;


• V vitesse moyenne du fluide dans le tuyau (m/s) ;
• L longueur du tuyau (m) ;
4𝑆
• D diamètre hydraulique (m), défini par :𝐷 = 𝑃
𝑚
S étant la section du tuyau et Pm le périmètre mouillé.

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Mécanique des Fluides

Coefficient de perte de charge

Le coefficient de perte de charge linéaire λ, dépend :


• du tube (rugosité),
• du fluide (viscosité),
• de la vitesse du fluide.

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Mécanique des Fluides

Coefficient de perte de charge

De la valeur du nombre de Reynolds, dépend le calcul du coefficient λ.


Pour les nombres de Reynolds compris entre 2000 et 2300, le type d'écoulement est incertain. On
considérera donc l'écoulement comme étant turbulent à partir de Re = 2000. Cela entraîne une valeur de
perte de charge calculée sensiblement supérieure à la réalité qui va dans le sens de la sécurité.

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Mécanique des Fluides

Coefficient de perte de charge

Remarque :

Parfois, on lit la valeur de λ sur un abaque établi par Moody.

Par exemple, l’expression de COLEBROOK en régime d’écoulement turbulent rugueux :


1 𝜀 2,51
= −2 log +
𝜆 3,17. 𝐷 𝑅𝑒. 𝜆

Cette équation est une équation implicite peu facile à manipuler ; nous utiliserons plutôt le diagramme de
Moody, tracé à partir de l’équation.

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Mécanique des Fluides

Complément : Rugosité 𝜺

La rugosité absolue représente l’épaisseur moyenne des aspérités de surface du matériau composant la
conduite. On la note 𝜺, et on l’exprime le plus souvent en millimètres.

Pour une conduite d’un diamètre D donné, on appelle rugosité relative le rapport 𝜀 Τ𝐷.

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Mécanique des Fluides

Complément : Rugosité 𝜺

Remarque :
Pour les rugosités et les conditions de fonctionnement courantes en hydraulique industrielle, ce
coefficient de perte de charge se situe dans une fourchette de 0,02 à 0,04, avec une moyenne de l'ordre
de :
λmoy ≈ 0,025
On peut utiliser cette valeur pour un calcul en avant-projet. Cette valeur doit être vérifiée à partir de la
détermination des composants à l'aide des relations précédentes.
On peut également utiliser le diagramme de Moody, représentation graphique de l'évolution du
coefficient de perte de charge sous forme d'un abaque.

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Mécanique des Fluides

Diagramme de Moody

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Mécanique des Fluides

Diagramme de Moody: Utilisation en régime laminaire

Le coefficient se
lit directement à
partir de la droite
64/Re.

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Mécanique des Fluides

Diagramme de Moody: Utilisation en régime turbulent

On calcule la
rugosité relative
et on sélectionne
la courbe
correspondante
(0.02 ou 5. 10−4
ici).

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Mécanique des Fluides

Diagramme de Moody: Utilisation en régime turbulent

On détermine le
nombre de Reynolds
et on lit  à
l’intersection de la
courbe et de la
verticale.
Remarques :

• On voit qu’au-delà de
la courbe « Complete
turbulence », le
coefficient  ne
dépend plus que de la
rugosité et est
indépendant du
nombre de Reynolds.
• La ligne « Smooth
Pipe » correspond à la
limite du diagramme
en régime turbulent :
les conduites ne sont
plus rugueuses sur
cette ligne.

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Mécanique des Fluides

Pertes de charge totales

Lors d’un écoulement dans une conduite hydraulique, les pertes de charge totales sont
l’addition de deux types de pertes de charge (régulières et singulières).

Δ𝑃𝑇𝑜𝑡𝑎𝑙𝑒𝑠 = Δ𝑃𝑟é𝑔𝑢𝑙𝑖è𝑟𝑒𝑠 + Δ𝑃𝑠𝑖𝑛𝑔𝑢𝑙𝑖è𝑟𝑒𝑠

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Théorème de Bernoulli
appliqué à un fluide réel

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Mécanique des Fluides

Théorème de Bernoulli appliqué à un fluide réel

Considérons un écoulement entre deux points (1) et (2) d’un fluide réel dans une conduite. On suppose
éventuellement, qu’il existe entre (1) et (2) des machines hydrauliques. On note :
𝐽12 : Somme de toutes les pertes de charge, singulière et linéaires entre les sections (1) et (2).
𝑃𝑛 : Puissance mécanique échangé entre le fluide et les machines éventuellement placées entre (1) et (2).
Le Théorème de Bernoulli prend la forme générale suivante :

𝑉22 − 𝑉12 𝑃2 − 𝑃1 𝑃𝑛
+ + 𝑔 𝑍2 − 𝑍1 = 𝐽12 +
2 𝜌 𝑞𝑚

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Mécanique des Fluides

Exercice

Un fluide de masse volumique ρ = 961 kg/𝑚3 à une 1) En appliquant le théorème de Bernoulli,


vitesse V=1,5 m/s dans une conduite horizontale déterminer la valeur du coefficient de pertes de
de diamètre d = 120 mm à partir d' un réservoir de charge linéaire λ en fonction de ΔP, ρ, L, d et V.
très grande section ouvert à l' air libre.
2) On suppose que l’écoulement est laminaire,
Calculer le nombre de Reynolds en fonction de λ.
3) En déduire la viscosité cinématique du fluide.

Sur la partie horizontale de ce tube sont installés


deux manomètres distants de L = 130 m. On relève
une chute de pression ΔP = 𝑃1 − 𝑃2 = 1,5 bar .

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Mécanique des Fluides

Solution

𝑉22 −𝑉12 𝑃2 −𝑃1


1) Equation de Bernoulli : + + 𝑔 𝑍2 − 𝑍1 = 𝐽12
2 𝜌
𝐿 𝑉²
Or: 𝑉1 = 𝑉2 et 𝑍1 = 𝑍2 et 𝐽12 = 𝐽𝑙𝑖𝑛é𝑎𝑖𝑟𝑒 = −𝜆. 𝑑 . 2
Donc:
2∆𝑃. 𝑑 2 × 1,5. 105 × 0,12
𝜆= = = 0,128
𝜌𝑉 2 . 𝐿 961 × 1,5² × 130
64
2) l’écoulement est laminaire ⇒ 𝜆 = 𝑅𝑒 donc
64 64
𝑅𝑒 = = = 500
𝜆 0,128
V.d
3) Re = ν
𝑉. 𝑑 1,5 × 0,12
𝜈= = = 3,6. 10−4 𝑚2 /𝑠
𝑅𝑒 500

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