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Mécanique des Fluides

Animation: Pr. ELGHAMRAOUI


OEM1/OMC1/OCI1
Année académique: 2020/2021
Objectifs pédagogiques

A la fin de ce module, vous devez être capable :

✓ Acquérir les connaissances nécessaires et suffisantes en Mécanique des Fluides pour être
capable de faire les choix de modélisation les mieux adaptés dans le but d'analyser et/ou de
participer à la conception des systèmes mécaniques complexes.
✓ Formuler en autonomie un problème de mécanique des fluides pour répondre à un objectif
donné, depuis la modélisation du système d'étude à la modélisation des sollicitations et
conditions aux limites, en proposant une démarche de résolution associée.
✓ Mobiliser les concepts et connaissances théoriques ou pratiques pour comprendre un
problème de mécanique des fluides et le mettre en équation.
✓ Mettre en œuvre les outils de résolution de problème, analytiques, numériques ou
expérimentaux, à un niveau de maîtrise : choix justifié d'outils existants ou réalisation d'outils
spécifiques et analyse critique des résultats.

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Évaluations

1. Formative
Durant la formation:
Applications/ QCM/ Contrôles continus/ DL/DS/ Mini-projets/groupes
2. Sommative
En fin de module :
Examens écrits/oraux/ QCM/Mini-projets/groupes
3. Fonctionnelle
Sur le terrain /en situation réelle

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Chapitre 1: Introduction à la
Mécanique des Fluides

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Mécanique des Fluides

Introduction

La mécanique des fluides est une science de la mécanique appliquée qui


concerne le comportement des liquides et des gaz au repos ou en mouvement.

Cette branche de la mécanique englobe une variété de problèmes allant du


dimensionnement des conduites de fluides et des mécanismes de transfert des
fluides. Les principes de la mécanique des fluides sont nécessaires pour étudier
les écoulements de fluides c'est-à-dire des liquides et des gaz lorsque ceux-ci
subissent des forces ou des contraintes.

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Mécanique des Fluides

Introduction

Elle comprend deux grandes sous branches :

➢ La statique des fluides, ou hydrostatique qui étudie les fluides au repos. C'est
historiquement le début de la mécanique des fluides, avec la poussée
d'Archimède et l'étude de la pression.
➢ La dynamique des fluides, qui étudie les fluides en mouvement.

La connaissance et la compréhension des principes de base de la mécanique


des fluides sont essentielles pour la conception et la réalisation de tout système
dans lequel un fluide est un élément actif.

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Notions Générales

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Mécanique des Fluides

Définition d’un fluide

Un fluide est une substance qui se déforme de manière continue sous l’application d’une force
très faible. Cette propriété est appelée fluidité, elle est due à une grande mobilité des particules
fluides.

Un fluide se déforme facilement sous l’effet d’une contrainte de cisaillement (c’est-à-dire une
force par unité de surface) et ne cesse de se déformer : il s’écoule, se répand et prend la forme
du contenant dans lequel il se trouve. Par contre un solide est dur et se déforme peu sous
l’action d’une contrainte de cisaillement (et ne continu pas à se déformer).

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Mécanique des Fluides

Définition d’un fluide

Dans les solides, des forces importantes provoquent des déformations très petites, alors que
dans les fluides des forces faibles entraînent des déformations importantes.

Dans la famille des fluides, on inclue à la fois les liquides et les gaz, dans lesquels les
molécules sont mobiles les unes par rapport aux autres. Un liquide, par exemple l’eau, est un
fluide pratiquement incompressible, tandis que l’air est un fluide compressible. Suivant les
deux modèles de fluides on distingue en général deux branches de la mécanique des fluides,
notamment la dynamique des liquides (ou hydrodynamique) et la dynamique des gaz (ou
aérodynamique).

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Mécanique des Fluides

Fluide parfait

Soit un système fluide, c'est-à-dire un volume


délimité par une surface fermée Σ fictive ou
non.

Considérons 𝑑 𝐹Ԧ la force d’interaction au


niveau de la surface élémentaire dS de
normale 𝑛 entre le fluide et le milieu extérieur.

On peut toujours décomposer 𝑑 𝐹Ԧ en deux


composantes :

• 𝑇 composante tangentielle à dS.

• 𝑛 composante normale à dS.

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Mécanique des Fluides

Fluide parfait

Un fluide est dit parfait (ou non-visqueux) si


l’on peut négliger les contraintes tangentielles.

Donc on parle de fluide parfait quand la


composante 𝑇 est nulle. Autrement dit, la
force 𝑑 𝐹Ԧ est normale à l'élément de surface
dS.

Conséquence physique : Dans un fluide parfait,


il n'existe pas de force qui s'opposent au
glissement des particules fluides les unes sur
les autres.

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Mécanique des Fluides

Fluide parfait

• Remarque 1 : La notion de fluide parfait constitue un modèle limite : les fluides parfaits
n'existent pas. Dans un fluide réel, l'existence de contraintes tangentielles 𝑇 se manifeste par
une résistance à l'écoulement que l'on appelle viscosité.

• Remarque 2 : En pratique, cette composante tangentielle s'annule avec la vitesse. Pour un


fluide au repos (en équilibre mécanique), la statique des fluides réels se confond avec la
statique des fluides parfaits.

Cette distinction n'apparaîtra qu'en dynamique des fluides.

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Mécanique des Fluides

Fluide réel

Contrairement à un fluide parfait, qui n’est qu’un modèle pour simplifier les calculs,
pratiquement inexistant dans la nature, dans un fluide réel les forces tangentielles de frottement
interne qui s’opposent au glissement relatif des couches fluides sont prise en considération.

Ce phénomène de frottement visqueux apparaît lors du mouvement du fluide. C’est


uniquement au repos, qu’on admettra que le fluide réel se comporte comme un fluide parfait, et
on suppose que les forces de contact sont perpendiculaires aux éléments de surface sur
lesquels elles s’exercent.

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Mécanique des Fluides

Fluide incompressible, compressible ?

➢ Fluide incompressible
Un fluide est dit incompressible lorsque le volume occupé par une masse donné ne varie pas en
fonction de la pression extérieure. Les liquides peuvent être considérés comme des fluides
incompressibles (eau, huile, etc.)
➢ Fluide compressible

Un fluide est dit compressible lorsque le volume occupé par une masse donnée varie en
fonction de la pression extérieure. Les gaz sont des fluides compressibles. Par exemple, l’air,
l’hydrogène, le méthane à l’état gazeux, sont considérés comme des fluides compressibles.

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Mécanique des Fluides

Principales caractéristiques des fluides

On reconnaît aux fluides trois propriétés essentielles : ils sont continus, très déformables et
visqueux.

➢ Continuité des milieux fluides

Pour étudier le mouvement d’un fluide, on n’étudie pas le mouvement de chaque molécule.
Mais on considère que le fluide est infiniment divisible (continu) et que la matière est
répartie de façon continue dans le champ de l’écoulement. De ce fait on traite le fluide comme
un milieu continu et on suppose que chacune de ses propriétés à une valeur définie en
chaque point de l’espace. Ainsi, la température, la vitesse, la masse volumique, etc. Toutes les
propriétés de fluides sont considérées comme des fonctions continues de l’espace et du
temps.

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Mécanique des Fluides

Continuité des milieux fluides

• Remarque 1 :

À l’échelle moléculaire, l’hypothèse de milieu continu n’a bien sûr pas de sens. Il est donc
sous-entendu que tous les phénomènes seront étudiés sous leur aspect macroscopique. Ceci
veut dire que l’on écarte a priori l’étude de tout phénomène dont la dimension caractéristique
n’est pas suffisamment grande par rapport à la distance intermoléculaire ou au libre parcours
moyen des molécules comme dans le cas d’un gaz. (Exemple : les écoulements polyphasiques,
gaz raréfiés).

• Remarque 2 :

Un milieu peut être continu par morceaux, ceux-ci étant séparés par des surfaces de
discontinuités (cas d’un contact entre deux milieux différents).

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Mécanique des Fluides

Continuité des milieux fluides

• Remarque 3 :

En mécanique des fluides, on utilise la notion de particule fluide. Il s’agit d’un être tout à fait
fictif formé d’un ensemble de molécules contenu dans un volume dont la taille tend vers zéro
(en toute rigueur, cette taille ne peut pas être inférieure à l’échelle moléculaire).

Une particule fluide possède un volume et une surface et cette surface est d’une grande
importance physique puisque grâce à elle la particule fluide pourra subir des forces de
contact.

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Mécanique des Fluides

Déformabilité des fluides

Du point de vue de la mécanique, les deux phases : liquide et gaz ont une caractéristique
macroscopique commune à savoir qu’elles n’ont pas de forme propre : les fluides épousent la
forme des récipients qui les contiennent, ils sont déformables.

Le liquide occupe le volume du récipient qui le contient et produit une surface libre quand il
est en contact avec l’atmosphère. Cette surface libre est un plan horizontal si le liquide ne
subit que le champ de la pesanteur.

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Mécanique des Fluides

Viscosité des fluides

La viscosité est une mesure de la résistance d’un fluide à l’écoulement ; elle est due au
frottement entre les particules fluides en mouvement.

Un fluide dont la viscosité n’est pas prise en compte lors de l’étude de l’écoulement est dit
non visqueux ou parfait et le mouvement n’est accompagné d’aucune force de frottement ;
par contre le fluide dont la viscosité est prise en compte est dit visqueux ou réel. La viscosité
provoque une dissipation de l’énergie cinétique.

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Mécanique des Fluides

Dimensions et unités

Les dimensions de base utilisées sont :

-Longueur : L en mètre m (dans le système international SI)


-Temps : T en seconde s (dans SI)
-Masse : M en kilogramme kg (dans SI)
-Température : θ en degré kelvin °K (dans SI).

L’homogénéité d’une formule est vérifiée si, après avoir décomposé chaque grandeur des
termes de l’équation en ses dimensions de base, on retrouve les mêmes dimensions de chaque
côté de l’équation.

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Mécanique des Fluides

Dimensions et unités

Dans le tableau ci-contre sont résumées quelques grandeurs et leurs dimensions.

Grandeur Symbole Dimension Unité SI

Surface S L² m²
Volume Ω 𝐿3 𝑚3
Vitesse V L𝑇 −1 𝑚𝑠 −1
Force F ML𝑇 −2 kg.m.𝑠 −2 = N
Poids volumique γ 𝑀𝐿−2 𝑇 −2 𝑁. 𝑚−3
Masse volumique ρ M𝐿−3 𝑘𝑔. 𝑚−3
Débit Q 𝐿3 𝑇 −1 𝑚3 𝑠 −1
Pression p M𝐿−1 𝑇 −2 𝑁. 𝑚−2 = 𝑃𝑎
Tension σ,τ M𝐿−1 𝑇 −2 𝑁. 𝑚−2

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Mécanique des Fluides

Propriétés physiques des fluides

➢ Masse volumique ρ du fluide est le rapport de la masse du fluide m à son volume V.


𝑚
𝜌=
𝑉
Unité : 𝑘𝑔Τ𝑚3 , si m est exprimée en kg et V en 𝑚3

Remarque 1 : Le liquide est appelé homogène si sa masse volumique est égale en tous les
points.

Remarque 2 : La masse volumique d’un gaz change avec la pression mais celle d’un liquide peut
être considérée comme constante en général.

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Mécanique des Fluides

Propriétés physiques des fluides

➢ Masse volumique:

Les valeurs de la masse volumique de l’eau et de l’air en fonction de la température et dans les
conditions standards de pression sont données dans le Tableau suivant:

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Mécanique des Fluides

Propriétés physiques des fluides

➢ Poids spécifique (ou volumique) γ (ou ϖ) est défini de la façon suivante :

γ = ρg

Unité : N/𝑚3 .

g : L’accélération de la pesanteur avec g= 9,81m/s².

Exemple : eau : ρ= 1000 kg/𝑚3 , γ = 9,81. 103 N/𝑚3 .

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Mécanique des Fluides

Application: Poids spécifique

Déterminer le poids volumique de l’essence sachant que sa densité d=0,7.


On donne :
- l’accélération de la pesanteur g=9,81 m/s²
- la masse volumique de l’eau ρ=1000 kg / 𝑚3

γ = ρg=0,7x1000x9,81=6768 N/ 𝑚3

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Mécanique des Fluides

Propriétés physiques des fluides

➢ Volume spécifique 𝑉𝑠 est l’inverse de la masse volumique. Il représente le volume par masse
unitaire.
1
𝑉𝑠 =
𝜌

Unité : 𝑚3 /𝑘𝑔.

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Mécanique des Fluides

Propriétés physiques des fluides

➢ Densité d d’un fluide est définie comme étant le rapport entre la masse volumique d’un
fluide et la masse volumique d’un fluide de référence.

𝑚𝑎𝑠𝑠𝑒 𝑣𝑜𝑙𝑢𝑚𝑖𝑞𝑢𝑒 𝑑𝑢 𝑓𝑙𝑢𝑖𝑑𝑒 𝜌


𝑑= =
𝑚𝑎𝑠𝑠𝑒 𝑣𝑜𝑙𝑢𝑚𝑖𝑞𝑢𝑒 𝑑 ′ 𝑢𝑛 𝑓𝑙𝑢𝑖𝑑𝑒 𝑑𝑒 𝑟é𝑓é𝑟𝑒𝑛𝑐𝑒 𝜌𝑟𝑒𝑓

Remarque : Dans le cas des liquides en prendra l’eau comme fluide de référence.

Dans le cas des gaz on prendra l’air comme fluide de référence.


1000 700
Exemples : 𝑑𝑒𝑎𝑢 = = 1 ; 𝑑𝑒𝑠𝑠𝑒𝑛𝑐𝑒 = = 0,7
1000 1000

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Mécanique des Fluides

Applications: Propriétés physiques des fluides

Si V=5 m3 de certaines huiles pèsent P=45 kN, calculer le poids spécifique, la densité, et la
masse volumique de l'huile.

γ = ρg= 8,9kN/ 𝑚3

d= 0,917

𝑚 𝑃
ρ= = = 917,43kg/𝑚3
𝑉 𝑔×𝑉

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Mécanique des Fluides

Propriétés physiques des fluides

➢ Compressibilité:

La compressibilité du fluide est caractérisée par un coefficient de compression volumétrique β.


Il est égal à la variation relative de volume survenue à la variation de la pression d’une unité,
autrement dite :
1 𝑑𝑉
𝛽=−
𝑑𝑝 𝑉

Où V est le volume initial du fluide à la pression atmosphérique, dV est la diminution du volume


du fluide à l’augmentation de la pression 𝑑𝑝.

Unité de compressibilité : m²/N.

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Mécanique des Fluides

Application: Compressibilité

On comprime un liquide dont les paramètres à l’état initial sont : p1= 50bar et V1= 30.5
dm3 et les paramètres à l’état final sont : p2= 250bar et V2= 30 dm3 .

Calculer le coefficient de compressibilité 𝛽 de ce liquide

1 𝑑𝑉 30 − 30,5
𝛽=− =− = 8,2. 10−5 𝑏𝑎𝑟 −1
𝑑𝑝 𝑉 250 − 50 × 30,5

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Mécanique des Fluides

Propriétés physiques des fluides

➢ Module d’élasticité :

Le module d’élasticité donne une idée du changement de volume d’une masse constante de
fluide sous l’effet d’une pression, c’est-à-dire de sa compressibilité.

Le module d’élasticité K est définit par :


𝑑𝑝
𝐾=−
𝑑𝑉ൗ
𝑉

Il est égal à l’inverse du coefficient de compressibilité volumétrique. K a les dimensions d’une


pression.

Exemple : eau à 20°C, K= 2,2.109 Pa

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Mécanique des Fluides

Viscosité

La notion de viscosité est associée à la résistance qu’oppose tout fluide à sa mise en mouvement.
La viscosité se manifeste par le fait qu’au déplacement des couches de fluide voisines naissent
des forces de frottement interne entre les couches.
Pour préciser cette propriété de façon plus quantitative on considère l’expérience de Couette.

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Mécanique des Fluides

Expérience de Couette

Deux cylindres coaxiaux sont séparés par un


mince espace annulaire rempli d’air.
Ils n’ont pas de liaison mécanique entre eux,
et le cylindre intérieur est libre autour de son
axe.
L’expérience consiste à mettre le cylindre
extérieur en rotation, à une vitesse constante
ω.
Alors, on observe que le cylindre intérieur,
initialement fixe, se met à tourner dans le
même sens.

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Mécanique des Fluides

Expérience de Couette

L’interprétation du phénomène :
La mise en mouvement du cylindre intérieur
ne peut se faire que par l’intermédiaire du
fluide situé dans l’espace annulaire.
Ceci prouve l’existence, au sein du fluide, des
forces tangentielles de frottement interne,
appelées forces de viscosité.

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Mécanique des Fluides

Expérience de Couette en écoulement plan

Cette expérience concerne un fluide visqueux


disposé entre deux plans parallèles distants
de h.

Elle consiste à déplacer parallèlement à


l’autre, l’une des deux plaques d’un
mouvement permanent de translation
rectiligne.

Soit par exemple la plaque inférieure fixe et la


plaque supérieure mobile à la vitesse
uniforme U en lui appliquant une force
Ԧ
tangentielle 𝐹.

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Mécanique des Fluides

Expérience de Couette en écoulement plan

Interprétation :

En l’absence de toute autre force extérieure


(gravité, pression), le mouvement du fluide
résulte exclusivement du déplacement du
plan mobile.

L’expérience montre, pour certains fluides,


que le profil de vitesses qui s’établit entre les
deux plaques est linéaire. Il existe une
interaction visqueuse entre la plaque et le
fluide.

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Mécanique des Fluides

Expérience de Couette

L’expérience montre que la force de cisaillement F est proportionnelle à l’aire S de la plaque, à la


vitesse U et inversement proportionnelle à la distance h entre les deux plaques.
𝑆𝑈
𝐹≈

𝐹
Le terme indique la force par unité de surface nécessaire pour produire le cisaillement.
𝑆

𝐹
Il est appelé la contrainte de cisaillement 𝜏 = .
𝑆

Cette contrainte est appliquée à tout le fluide contenu entre les deux plaques.

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Mécanique des Fluides

Expérience de Couette

𝑈 𝑑𝑢 𝑑𝑢
D’après le schéma, on a la relation = . Le terme gradient de vitesse est une mesure de la
ℎ 𝑑𝑦 𝑑𝑦
vitesse à laquelle les différentes couches se déplacent les unes par rapport aux autres ; ce rapport
représente le cisaillement auquel le liquide est soumis.

On le désigne sous le nom de taux de cisaillement.


𝑑𝑢
τ la contrainte de cisaillement, est proportionnelle au gradient de vitesse .
𝑑𝑦

𝑑𝑢
τ=μ
𝑑𝑦

Les fluides obéissant à cette relation sont appelés fluides newtoniens.

Cette relation est appelée la loi de comportement d’un fluide newtonien.

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Mécanique des Fluides

Application

On suppose que de l’huile ayant une viscosité μ = 0,29 Pa.s s’écoule entre les deux plaques dont
l’une est soumise à la force 𝐹Ԧ .

Calculer la contrainte visqueuse 𝜏 dans l’huile si la vitesse de la plaque supérieure est de U =


3m/s et que la distance entre plaque est de h = 2 cm.

Solution:

𝑑𝑢 𝑈 0,29×3
τ=μ = μ = = 43𝑁. 𝑚−2
𝑑𝑦 ℎ 0,02

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Mécanique des Fluides

Expérience de Couette

Remarque 1 :
La loi de comportement explicite la manière dont se déforme le milieu lorsqu’il est soumis à
une contrainte (c’est-à-dire une force par unité de surface).

Remarque 2 :
La viscosité ne se manifeste évidemment que s’il y a mouvement du fluide.
En statique, il n’y a pas de différence entre fluide parfait et fluide visqueux : τ=0.

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Mécanique des Fluides

Viscosité dynamique

Le facteur de proportionnalité μ est appelée « Viscosité dynamique » du fluide.


C’est une propriété du fluide et dépend généralement de la pression et de la température.
𝐹 𝑈 𝑑𝑢
=μ =μ
𝑆 ℎ 𝑑𝑦
où :
• F : force de glissement entre les couches en (N), Dans le système international (SI),
l'unité de la viscosité dynamique est
• μ : Viscosité dynamique en (kg.𝑚−1 .𝑠 −1 ), le Pascal seconde (Pa.s) ou Poiseuille
• S : surface de contact entre deux couches en (m²), (Pl) : 1 Pa.s = 1 Pl = 1 kg.𝑚−1 .𝑠 −1
• du : Écart de vitesse entre deux couches en (m.𝑠 −1 ),
• dy : Distance entre deux couches en (m).

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Mécanique des Fluides

Application: Viscosité dynamique

Une plaque (2m x 2m) à 0,25 mm de distance d'une plaque fixe se déplace à 40 cm/s et
nécessite une force de 1 N.
Déterminer la viscosité dynamique du fluide entre les plaques.
Solution:
Changement de vitesse du= 40 cm/s
La distance entre les plaques dy= 0,25 mm
Zone de contact S = 2x2 = 4 m²
Force requise F = 1 N
⇒ Contrainte de cisaillement= F/S= 0,25N/m²
μ=1,56.10−4 Ns/m²= 1,56.10−4 Pa.s

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Mécanique des Fluides

Viscosité cinématique

On définit la viscosité cinématique d’un fluide par le rapport entre sa viscosité dynamique μ et
sa masse volumique ρ :
𝜇
ν=
𝜌

L'unité de la viscosité cinématique est le (m².𝑠 −1 ) en SI.

Remarque :

On utilise souvent le Stokes (St) comme unité de mesure de la viscosité cinématique.

Sachant que : 1 St= 10−4 m².𝑠 −1

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Mécanique des Fluides

Viscosité cinématique

La viscosité cinématique traduit l’aptitude d’un fluide agité à revenir au repos.

Par exemple si ν est grand ou bien μ est grand, c’est-à-dire que les forces de frottement sont
importantes, ou bien ρ est petit c’est-à-dire l’inertie mécanique est faible, ce qui favorise le
retour du fluide à un état de repos.

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Mécanique des Fluides

Application: Viscosité dynamique et cinématique

Donner l’unité et la valeur du coefficient µ, appelé viscosité dynamique, d’un fluide visqueux en
mouvement, de masse volumique ρ = 750 g/l, sachant que :

S = 50 cm² , F = 0.5 N, ΔU = 10 m/s, Δy = 0.5 cm

Calculer viscosité dynamique. Déduire la viscosité cinématique.

Solution:

μ= 0,05 Pa.s
𝜇
ν= = 6,67. 10−5 m².𝑠 −1
𝜌

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Mécanique des Fluides

Valeurs de viscosité pour différents matériaux

Valeurs de viscosité cinématique et dynamique pour quelques fluides à pression


atmosphérique.

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Mécanique des Fluides

Région visqueuse versus région non-visqueuse

Lorsque le fluide est parfait (fluide idéal, non visqueux) alors 𝜇 = 0.

Par exemple, si on considère l’écoulement sur une plaque plane, la région loin de la paroi peut
être considérée comme non-visqueuse car les effets visqueux ne se font plus ressentir loin de
cette paroi.

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Mécanique des Fluides

Variation de la viscosité en fonction de la température

Dans le cas des gaz, une augmentation de la température

entraîne un mouvement plus intense des molécules

et accroît le mélange moléculaire et donc la viscosité

augmente. Dans le cas d’un liquide, lorsque la température

augmente les molécules se séparent entre elles,

décroissant l’attraction entre elles et donc la viscosité diminue.

La relation entre la température et la viscosité est

par conséquent inversée pour un gaz et un liquide.

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Mécanique des Fluides

Mesure de la viscosité

L’appareil de mesure de la viscosité est appelé viscosimètre. Il existe plusieurs types de


viscosimètres ; parmi eux :

✓ Le viscosimètre capillaire : Il mesure le débit (temps d’écoulement d’un certain volume de


liquide) dans un tube capillaire de rayon R et de longueur L, sous l’action d’une différence de
pression ∆p. La viscosité dynamique, dans le cas d’un écoulement laminaire d’un fluide
newtonien, est déterminée par la formule de Poiseuille :
𝜋 𝑅4 ∆𝑝
𝜇=
𝑄 8 ∆𝐿

Q : débit volumique et R rayon du tube capillaire.

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Mécanique des Fluides

Mesure de la viscosité

✓ Le viscosimètre à chute de bille : Il est constitué par une large et longue éprouvette remplie
de liquide à étudier, on laisse tomber une bille de dimension et poids connus.

Au bout d’un temps relativement court, la bille descend avec une vitesse V uniforme.

L’équilibre du poids et de la résistance F, opposée par le fluide, et la mesure de V conduisent à la


détermination de la viscosité par l’application de la formule de Stokes :
2𝑅²𝑔(𝜌𝑠 − 𝜌𝑓 )
𝜇=
9𝑉
𝜌𝑠 𝑒𝑡 𝜌𝑓 : les masses volumiques respectivement de la bille et du fluide.

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Mécanique des Fluides

Exercice

Rayon de la bille : r = 5mm

Masse volumique de la bille : ρ = 7,80.103 kg.𝑚−3

Masse volumique de la glycérine : ρ0 = 1,26. 103 kg.𝑚−3

Intensité de la pesanteur : g = 9,81 m. 𝑠 −2

Volume d’une sphère : V = 2,4m/s

Solution:

𝜇 =7,42. 10−4 Pa.s

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Mécanique des Fluides

Mesure de la viscosité

✓ Le viscosimètre de Couette : Il est constitué de deux cylindres coaxiaux. Le fluide est placé
entre les deux cylindres. La détermination de la viscosité se fait de la façon suivante :
𝑉
On a le moment du couple de frottement qui est égal à : C=τ S r = μ 𝑆 𝑟
𝑅−𝑟

2𝜋𝑟 3 ℎ𝜔
Or V= rω, et S=2πrh donc: 𝐶 = 𝜇
𝑅−𝑟

Le couple C est proportionnel à la viscosité dynamique μ et à la vitesse de rotation ω.

On en déduit la viscosité par :


𝐶(𝑅 − 𝑟)
𝜇=
2𝜋𝑟 3 ℎ𝜔

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Mécanique des Fluides

Exercice

On étudie un écoulement de Couette cylindrique.

Déterminer le couple C nécessaire pour faire tourner un cylindre vertical de rayon Ri = 50 mm à


une vitesse constante de ω = 30 rad/s à l’intérieur d’un cylindre de rayon Re = 50,2 mm.
L’espace entre les cylindres est rempli d’une huile de viscosité µ = 0,1 Pa·s à 20°C. La longueur
des cylindres est h = 200 mm. On négligera les effets de bord et supposera que le profil de
vitesse entre les deux cylindres est linéaire. De quel pourcentage le couple sur le cylindre
intérieur varie si la température de l’huile est augmentée jusqu’à 80 ◦C (µ80 = 0,008 Pa·s) ?

Solution:

C=2,35N.m
∆𝐶
Pourcentage= = 92%
𝐶

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Mécanique des Fluides

Tension superficielle

La tension de surface (ou tension


superficielle) caractérise le contact entre
deux fluides, généralement un liquide et un
gaz.
Une molécule dans un liquide immobile est
soumise aux forces d'attraction de ses
proches voisines.

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Mécanique des Fluides

Tension superficielle

Si cette molécule est située au sein du liquide, la résultante de ces forces est nulle.
Mais si cette molécule est située en surface du liquide, la résultante est une force dirigée vers
l'intérieur du liquide.
La tension superficielle explique qu’un liquide comme l’eau cherche à minimiser la superficie de
sa surface.
Ainsi, de petites quantités d’eau forment des gouttes au lieu de s’étaler à l’infini. Ceci explique
pourquoi les gouttes sont sphériques, car la sphère présente le plus faible rapport surface /
volume.

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Mécanique des Fluides

Tension superficielle

Autrement, pour une molécule A, dans un


liquide, la résultante des actions des
molécules situées à l’intérieur de la sphère
d’attraction est nulle, pour une molécule B
située près de la surface, il y a une résultante
non nulle perpendiculaire à la surface et
tendant à rappeler la molécule à l’intérieur du
liquide.
À retenir : A la surface d’un fluide, il existe
une force, d’intensité F, qui a tendance à
contracter le liquide.
La tension superficielle mesure la résistance à
l’augmentation de l’interface.

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Mécanique des Fluides

Coefficient de la tension superficielle

Interprétation microscopique : Une boucle de fil est attachée en deux endroits à un cadre par deux fils.
On plonge l’ensemble dans de l’eau savonneuse puis on le retire. Il se forme alors une membrane liquide
plane qui s’appuie sur le cadre. Si on crève la membrane liquide dans la boucle uniquement, celle – ci se
tend suivant un cercle : la boucle est soumise à des forces de tension superficielle de la part du liquide.

Cette expérience montre que la boucle est soumise à des forces aux propriétés suivantes :

▪ Ces forces sont perpendiculaires en chaque point du contour et tendent à minimiser l’aire du film d’eau
savonneuse.

▪ Ces forces sont tangentes à l’interface.

▪ Elles sont réparties de façon uniforme, on peut donc définir une densité linéique de force 𝑑𝑓Τ𝑑𝑙.

57
Mécanique des Fluides

Coefficient de la tension superficielle

Interprétation microscopique :

58
Mécanique des Fluides

Coefficient de la tension superficielle

De la même façon, si l’on forme une lame


d’eau savonneuse sur un cadre rectangulaire
dont un des côtés est mobile, le liquide
cherchant à minimiser sa surface, il faut
exercer une force sur la tige mobile pour
maintenir la surface constante.

59
Mécanique des Fluides

Coefficient de la tension superficielle

Isolons par la pensée une surface (S) située à


l’interface entre un liquide et l’air. Soit un
élément de longueur dl du contour (C) de la
surface. Tout se passe comme si le reste du
liquide exerçait sur l’élément de longueur dl une
force 𝑑𝑓 qui lui est perpendiculaire, dirigée vers
l’extérieur de (S) et proportionnelle à sa
longueur :
𝑑𝑓 = 𝜎𝑑𝑙

Ce phénomène tend la surface.


𝜎 est le coefficient de tension superficielle :
c’est une force par unité de longueur, exprimé en
N.m−1 .

60
Mécanique des Fluides

Tension superficielle

La tension superficielle σ est mesurée par le


quotient de l’intensité de la force F par la
longueur L sur laquelle elle s’exerce.
𝐹
𝜎=
𝐿
σ possède les dimensions M𝑇 −2 .

Unité N/m.

La tension superficielle agit tangentiellement


à la surface. Elle dépend de la température.

61
Mécanique des Fluides

Tension superficielle

Remarques :
▪ On constate que la tension superficielle dépend d’une part de la nature des liquides en
contact, d’autre part de la température (diminue quand la température augmente). (exemple :
eau sur une poêle chauffée…).
▪ En pratique, σ varie peu en fonction de la nature du gaz qui surmonte le liquide.
▪ La tension superficielle est très sensible aux impuretés, aussi bien dissoutes en volume, qu’à
la surface du liquide étudié.

62
Mécanique des Fluides

Caractérisation énergétique de la tension superficielle

Soit dS l’augmentation de l'aire S. Remarque :

Quand l’interface correspond à la surface de


contact entre deux liquides non miscibles, ou entre
un liquide et un solide, on définit alors de la même
façon un coefficient de proportionnalité appelé
coefficient de tension interfaciale.
Le travail nécessaire pour augmenter l'aire
interfaciale est le travail de la force de tension Conséquences :
superficielle :
Ce travail à apporter pour augmenter l’aire
𝛿𝑊 = න 𝐹𝑑𝑟 = න 𝜎𝑑𝑙𝑑𝑟 = 𝜎𝑑𝑆 superficielle correspond à celui d’une force F,
tangent à la surface, qu’il faudrait appliquer sur un
une longueur L de surface pour produire la même
variation.
Le coefficient de tension superficielle s’interprète
également comme l’énergie à fournir pour
augmenter la surface d’une unité.

63
Mécanique des Fluides

Loi de Laplace :Surpression dans les gouttes

En un point d’une surface liquide plane, les forces


de tension superficielle, tangentes à la surface,
s’équilibrent en moyenne.

Sur une surface courbe (bulle, goutte, ménisque


…), ce n’est plus le cas. Il apparaît une résultante
des forces superficielles dirigée vers l’intérieur du
liquide qui donne naissance à une pression
intérieure pi , supérieure à la pression extérieure
pe .

Il en résulte donc une surpression :


Δ𝑝 = pi − pe

64
Mécanique des Fluides

Loi de Laplace :Surpression dans les gouttes

Δ𝑝 = pi − pe

La loi de Laplace permet de calculer la


différence ∆𝑝 en fonction de R et de σ.

C’est cette surpression qu’il faut exercer pour


faire des bulles avec de l’eau savonneuse
(similaire à la surpression qu’il faut appliquer
pour gonfler une baudruche en caoutchouc).

65
Mécanique des Fluides

Démonstration de la loi de Laplace

Si le rayon R de la goutte sphérique augmente de


dR, son volume augmente de la quantité 4πR²dR.

Le travail total des forces de pression extérieure et


intérieure compense celui des forces de tension
superficielle qui vaut σdS :
𝛿𝑊 = −pe 4𝜋𝑅2 𝑑𝑅 + pi 4𝜋𝑅2 𝑑𝑅

= (pi − pe ) 4𝜋𝑅2 𝑑𝑅

En remplaçant par l’expression de la variation dS


de la surface de la goutte, on obtient la loi de
Laplace :
2𝜎
Δ𝑝 = pi − pe =
𝑅

66
Mécanique des Fluides

Application

Trouver la pression à l'intérieur d'une goutte d'eau ayant un diamètre de 0,5 mm à 20 ° C si la


pression extérieure est de 1,03 N/cm² et la tension superficielle de l'eau à cette température
est de 0,0736 N/m.

Solution:

On a : 𝜎= 0,0736 N/m

r=d/2=0,025 mm
2𝜎 2 × 0,0736
Δ𝑝 = pi − pe = = = 5888𝑁/𝑚²
𝑅 0,025. 10−3
Donc: pi = Δ𝑝+ pe = 5888+ 1,03. 104 = 16188𝑁/𝑚²=1,62 N/cm²

67
Mécanique des Fluides

Démonstration de la loi de Laplace

Remarque1 : Pour les bulles

Une bulle est formée d’une membrane comportant deux surfaces (interne et externe) supposées de même rayon
R, chacune d’elles étant le siège d’une tension superficielle. Les forces de pression qui ont globalement tendance
à faire dilater la bulle, doivent donc compenser les forces de tension superficielle sur les deux interfaces. Chaque
2𝜎
traversée de surface amène un Δ𝑝 = 𝑅

4𝜎
On a donc : Δ𝑝 = pi − pe = 𝑅

Remarque2 : Interfaces non sphériques

Quand l’interface n’est pas sphérique, pour un élément de surface courbe quelconque caractérisé par deux
rayons de courbures 𝑅1 et 𝑅2 :
1 1
Δ𝑝 = ( + )𝜎
𝑅1 𝑅2

68
Mécanique des Fluides

Application

Un liquide a une constante de tension superficielle 𝜎 = 25.10-3 N.m-1. Avec ce liquide, on souffle
une bulle de savon de rayon R = 3 cm.
Calculer la surpression à l'intérieur de cette bulle.
La pression extérieure étant égale à 105 Pa, calculer le travail total dépensé pour souffler la
bulle.

Solution:
4𝜎 4 × 25.10−3 10
Δ𝑝 = pi − pe = = = 𝑃𝑎
𝑅 3.10−2 3

𝛿𝑊 = 𝜎.dS ⇒ 𝑊 = 𝜎.S= 𝜎. 8πR²= 25.10−3 × 8π × 3. 10−2 2 =5,65.10−4J

69
Mécanique des Fluides

La mouillabilité : l’angle de contact

Lorsqu’une goutte de liquide est déposée sur une surface solide plane, l'angle entre la tangente
à la goutte au point de contact et la surface solide est appelé angle de contact (θ).

Ainsi, Dans un tube de verre étroit, l'interface air/liquide est bombée vers le bas et la surface
forme un ménisque concave ; de plus, l'eau s’élève le long des parois.

70
Mécanique des Fluides

La mouillabilité : l’angle de contact

L’angle θ dépend à la fois du liquide, du solide et du


gaz qui environne les deux.

Trois paramètres sont donc à prendre en compte :

• La tension superficielle 𝛾sl entre le solide et le


liquide.

• La tension superficielle 𝛾lv entre le liquide et sa


phase vapeur.

• La tension superficielle 𝛾sv entre le solide et la


vapeur.

71
Mécanique des Fluides

La mouillabilité : l’angle de contact

Une goutte de liquide déposée sur une plaque


solide plane et horizontale peut :

•Soit s’étaler, on dit que le liquide mouille


parfaitement le solide.

•Soit former une lentille, avec deux cas de figure :

→ θ < 90° le liquide mouille imparfaitement le


solide

→ θ > 90° : le liquide ne mouille pas le solide

72
Mécanique des Fluides

La mouillabilité : l’angle de contact

Cet angle de contact caractérise la propriété de mouillabilité du solide par le liquide : plus θ est
petit, plus on dit que le liquide "mouille bien" le solide.

Le même angle de contact se trouve à la surface libre d’un liquide près des bords de récipient et
provoque la formation d’un ménisque dans les tubes (exemples de l’eau et du mercure).

73
Mécanique des Fluides

Équilibre d’un liquide au contact d’un solide

Déposons une goutte de liquide sur un support plan.

En général, le liquide adopte la forme décrite sur la


figure ci-contre, résultat d’un compromis entre le poids
qui tend à diminuer la position du centre de gravité de
la goutte et des forces qui tendent à minimiser l’aire de
la surface libre.

À l’équilibre, la résultante des forces en un point de la


ligne triple s’annule.
𝛾sl + 𝛾lv + 𝛾sv = 0

En projection sur le plan de la surface solide, on a donc :


𝛾sl + 𝛾lv 𝑐𝑜𝑠𝜃 = 𝛾sv

74
Mécanique des Fluides

Équilibre d’un liquide au contact d’un solide

Cette relation est nommée relation de Young:


𝛾sv − 𝛾sl
𝑐𝑜𝑠𝜃 =
𝛾lv

Ainsi, les phénomènes de capillarité sont liés à un équilibre entre les énergies de surface liquide
–vapeur, liquide –solide et solide-vapeur.

Dans le cas du mouillage, la configuration adoptée est celle qui minimise la somme des énergies
d'interface entre ces trois milieux.

Le schéma montre que l'énergie d'interface solide/liquide doit être plus faible que l'énergie
d'interface solide/vapeur.

75
Mécanique des Fluides

Application

Déposons une goutte d’huile d’olive sur de l’eau. Sachant que:

𝛾eau−air = 73𝑁/𝑚, 𝛾huile−air = 32𝑁/𝑚 et 𝛾huile−eau = 18𝑁/𝑚 ,dire s’il y a étalement ou non.

Solution:

Comme 73>18+32, la condition d’équilibre n’est pas respectée et l’huile d’olive s’étale.

76
Mécanique des Fluides

Ascension capillaire

Un tube de verre de faible diamètre est plongé


dans un liquide mouillant, de l’eau par exemple.
Dans le tube, le niveau du liquide est supérieur au
niveau de la surface libre du récipient. Le
ménisque concave fait un angle θ avec la surface
du tube.

L’ascension capillaire est due aux forces


superficielles appliquées en tout point du contour
du ménisque. La résultante F de ces forces
équilibre le poids P du liquide soulevé. L’élévation
du liquide dans le tube compense la différence de
pression entre les deux côtés de la paroi. (Loi de
Laplace).

77
Mécanique des Fluides

Ascension capillaire

Le poids de la colonne de liquide dans le tube 𝑃 = 𝑚𝑔 = 𝜋𝑅²ℎ𝜌𝑔 est équilibré par la force de
tension superficielle 𝐹 = 2𝜋𝑅𝜎𝑐𝑜𝑠𝜃 s'exerçant sur la ligne de raccordement entre le liquide et
la paroi du tube.

On obtient ainsi la relation :


2𝜎𝑐𝑜𝑠𝜃
ℎ=
𝛾𝑅

Cette relation est appelée : Loi de Jurin.

78
Mécanique des Fluides

Ascension capillaire

Remarque1 :

Dans le cas du mouillage parfait, cos θ = 1

Remarque2 :

Si l’angle θ dépasse 90°, la loi de Jurin donne h négatif. On parle


alors de dépression capillaire. C’est le cas du mercure au contact
du verre et de tous les liquides non mouillants.

Cette fois les forces de cohésion sont supérieures aux forces


d’adhésion, le liquide ne mouille pas les parois du tube. Le niveau
du liquide s’abaisse dans le tube au-dessous du niveau de la
surface libre du récipient. Le ménisque est convexe et forme l’angle
θ > 90° avec la paroi du tube.

Les forces de tension superficielle tirent le liquide vers le bas. La


résultante F de ces tensions équilibre maintenant le poids P du
liquide manquant.

79
Mécanique des Fluides

Application

Un liquide mouillant parfaitement le verre et de masse volumique ρ = 1,05.103 kg.m-3, s'élève à


une hauteur moyenne h = 1,5 cm dans un tube capillaire en verre, vertical et de diamètre
intérieur d = 1 mm.
Calculer la constante de tension superficielle du liquide (g = 10 m.s-2).

Solution:
2𝜎𝑐𝑜𝑠𝜃 2𝜎
ℎ= or cos θ = 1 ⇒ ℎ =
𝛾𝑅 𝛾𝑅

ℎ𝛾𝑅
𝜎= =1,5.10-2 × 1,05.103 × 10 × 0,5.10-3/2 = 3,93.10-2 N.m-1
2

80
Mécanique des Fluides

Ascension capillaire

Conclusion :

Lorsqu’on plonge un tube capillaire de petit rayon R (du


latin capillus :cheveu), de hauteur h, ouvert aux deux
extrémités, dans un liquide:

▪ si θ˂90° le liquide monte : Il y a donc ascension


capillaire
▪ si θ>90° le liquide descend : Il y a donc dépression
capillaire

81
Mécanique des Fluides

Pression de vapeur

Tous les liquides ont tendance à s’évaporer ; la phase liquide se transforme en phase gazeuse.

Durant ce phénomène de transformation, les molécules de vapeur exercent une pression,


résultante de l’éloignement des molécules entre elles, qui est appelée pression de vapeur
𝑃𝑉 .

La pression de vapeur 𝑃𝑉 varie pour chaque liquide, elle croît avec la température.

La pression de vapeur saturante est la pression à laquelle la phase gazeuse de cette


substance est en équilibre avec sa phase liquide ou solide. Elle dépend exclusivement de la
température.

82
Mécanique des Fluides

Pression de vapeur

Quand la pression partielle de la vapeur est égale à la pression de vapeur saturante d'une substance,
les phases gazeuse, liquide ou solide sont en équilibre. Si la pression partielle de la vapeur dépasse la
pression de vapeur saturante, il y a donc liquéfaction ou condensation. À partir d'une situation
d'équilibre, cela peut se faire en augmentant la pression partielle de vapeur (par exemple en
diminuant le volume), ou bien en diminuant la pression de vapeur saturante, c'est-à-dire en
diminuant la température.

L’ébullition : lorsque la pression ambiante dans un liquide atteint la pression de vapeur, il y a


formation de bulles de vapeur.

Si dans un liquide en mouvement la pression absolue devient inférieure à la pression de vapeur 𝑃𝑉 , il


se produit une évaporation.

Le liquide en question contient donc des bulles de vapeur en suspension ; c’est le phénomène de la
cavitation.

83