Vous êtes sur la page 1sur 37

L’Arménie et Byzance - L’image de l’empire byz... https://books.openedition.

org/psorbonne/1782

Éditions
de la
Sorbonne
L’Arménie et Byzance

L’image de
l’empire
byzantin
1 de 37 03/01/2021, 22:32
L’Arménie et Byzance - L’image de l’empire byz... https://books.openedition.org/psorbonne/1782

dans
l’historiographie
arménienne
médiévale
e e 1
(X -XI s.)
Viada Arutjunova-
Fidanjan
p. 7-17

Texto completo
Dans le cadre des études qui ont
commencé à se développer chez les
byzantinistes sur l’« image de l’autre »1, on
considérera ici l’image de l’empire
byzantin dans les sources médiévales
arméniennes à l’époque de l’expansion
byzantine et on envisagera successivement
- car la notion d’image est complexe - le
vocabulaire ethno-politique des auteurs,

2 de 37 03/01/2021, 22:32
L’Arménie et Byzance - L’image de l’empire byz... https://books.openedition.org/psorbonne/1782

les relations officielles de sujétion et


d’autorité entre l’Arménie et l’empire, les
relations concrètes issues du passage de
territoires arméniens sous l’administration
byzantine, enfin l’image des empereurs,
tout particulièrement celle de Basile II qui
fut l’un des agents les plus actifs de
l’expansion byzantine.
C’est un lieu commun de dire que l’empire
byzantin a, plus que tout autre État, exercé
une grande influence sur les différents
domaines de la vie arménienne et que les
Arméniens ont tenu le second rôle dans la
vie byzantine après les Grecs   ; pourtant
l’opposition de leurs intérêts nationaux et
religieux a constitué un véritable
«   instrument d’aliénation   » dans les
relations de l’empire avec les Arméniens.
Cette opposition se manifesta
spécialement à l’époque considérée
lorsque de nombreuses terres
arméniennes devinrent des provinces-
frontières de l’empire byzantin qui
soutenait au même moment les Arméniens
chalcédoniens.
Les études portant sur l’historiographie
arménienne médiévale sont encore à bien
des égards peu développées2. La manière

3 de 37 03/01/2021, 22:32
L’Arménie et Byzance - L’image de l’empire byz... https://books.openedition.org/psorbonne/1782

dont les auteurs ont reflété leur temps, la


transformation de leur vision du monde
qui résulte de l’évolution de la société et
exerce à son tour une influence sur elle,
n’ont pratiquement jamais été étudiées
encore3. Des auteurs des Xe-XIIe siècles,
comme Movsēs Kalankatuacʽi, Yovhannēs
Drasxanakertcʽi, Stepʽanos Tarōnacʽi,
Tʽovmay Arcrani et son Continuateur
Anonyme, Aristakēs Lastivertcʽi, Yakob
Sanahnec’i, Mattʽēos Urhayecʽi ont été
bien étudiés sur le plan événementiel, mais
on n’a pratiquement pas essayé de traiter
leurs œuvres, non comme une somme de
faits, mais comme une somme d’idées
reflétant les conceptions et tendances
socio-politiques de leurs auteurs4. Ce sont
parfois simplement une ou deux phrases
de leurs œuvres qui nous les révèlent. Tous
étaient des moines, et même des
vardapets, ils appartenaient donc à l’élite
intellectuelle de la société arménienne et
étaient étroitement liés aux familles
dominantes et au haut clergé de l’Arménie
sur les ordres desquels ils ont écrit.
Éclairer les différents aspects de la vision
du monde des historiens arméniens
permet donc de mieux connaître la société

4 de 37 03/01/2021, 22:32
L’Arménie et Byzance - L’image de l’empire byz... https://books.openedition.org/psorbonne/1782

arménienne médiévale.
On peut résumer à grands traits les Xe-XIIe
siècles en disant que dans la seconde
moitié du Xe siècle, l’empire qui venait
juste de repousser son principal adversaire
en Orient, le califat, commença à pénétrer
dans le territoire de ceux qui avaient été
ses principaux alliés dans la guerre contre
les Arabes, les Arméniens. La plus grande
partie des terres arméniennes furent
incorporées à l’empire. Mais, dès la fin du
XIe siècle, l’empire byzantin avait
abandonné aux Seldjuqides les terres
récemment conquises et la frontière
politique de l’empire en Asie mineure
s’était pratiquement déplacée sur le
Bosphore. Comment les historiens
arméniens contemporains ont-ils
interprété ces événements et le rôle joué
par l’empire ? Quelle idée se faisaient-ils
de l’empire lui-même ?
Les termes de Romanie, Romains, Seconde
Rome ou Nouvelle Rome impliquent d’une
part que l’empire est l’héritier direct de
Rome et de son prestige, d’autre part que
le royaume du ciel s’incarne sur terre dans
l’empire, ce qui lui confère des droits
supérieurs sur tous les peuples de

5 de 37 03/01/2021, 22:32
L’Arménie et Byzance - L’image de l’empire byz... https://books.openedition.org/psorbonne/1782

l’oikoumènè chrétienne. La capitale du


souverain de la Romanie n’était pas
seulement la Nouvelle Rome, mais la cité
de saint Constantin, fondée par lui sur une
inspiration divine.
L’œuvre de Movsēs Kalankatuac’i, qui
vivait au Xe siècle, présente, d’après les
études récentes, un caractère compilatoire
et même chrestomatique. Les chapitres
qu’il a écrits ou compilés placent le récit de
la fondation de Rome et de Constantinople
à l’intérieur d’une large fresque historique
qui commence à la chute de Troie : 441 ans
plus tard et mille ans après la fondation de
Rome, Constantin transporta «   son
royaume à Byzance qu’on appelle
maintenant Constantinople   »5. Lorsqu’il
construisit Constantinople, Constantin
reçut l’aide d’un ange de Dieu et
l’empereur lui-même était si pieux que
«   par sa seule foi... il ruina tous ses
ennemis   »6. Selon la tradition reçue par
Movsēs, «   le peuple de Rome   »
correspondait d’une part aux descendants
des Grecs qui avaient conquis Troie et des
prisonnières qu’ils avaient enlevées à
Troie, et qui furent ensemble poussés par
la tempête sur la côte d’Italie (ce fut l’un

6 de 37 03/01/2021, 22:32
L’Arménie et Byzance - L’image de l’empire byz... https://books.openedition.org/psorbonne/1782

des chefs de ce peuple, nommé Hṙomelos,


qui construisit Rome plus tard)   ; c’était
aussi d’autre part les citoyens de l’empire
romain oriental7.
Yovhannēs Drasxanakertc’i qui écrit
également au Xe siècle sait que la capitale
des Romains était Constantinople8. Il
emploie le mot de « Byzance » une seule
fois9. Les « Romains » de Yovhannēs sont
les Grecs ethniques10.
Les Xe-XIe siècles sont marqués par des
œuvres dont les auteurs étaient plus ou
moins liés à la famille qui tenait le
Vaspurakan   ; c’est le cas de Tʽovmay
Arcruni (Xe), du Continuateur Anonyme
(XIe), du Pseudo-Sapuh Bagratuni.
Tʽovmay mentionne à la fois Rome et
Byzance11, mais il appelle en général la
capitale de l’empire romain oriental
Constantinople12. La plupart du temps
Tʽovmay et surtout le Continuateur
Anonyme mentionnent non l’empereur des
Romains, mais le «   roi   » (arkʽay) ou
l’« empereur » (tʽagawor) des « Grecs »,
dans la cité de Constantinople protégée de
Dieu, la capitale du «   pays   » ou de la
«   région   » des Grecs13. Chez le Pseudo-
Sapuh qui est plus tardif, on ne trouve ni

7 de 37 03/01/2021, 22:32
L’Arménie et Byzance - L’image de l’empire byz... https://books.openedition.org/psorbonne/1782

Byzance ni Byzantins. La capitale de


l’empire est définitivement appelée
Constantinople, tandis que « Romains » se
répand à la place de «   Grecs   » pour
désigner la population de l’empire14.
On peut tirer pratiquement les mêmes
conclusions des textes écrits aux XIe-XIIe
siècles par Aristakēs et Mattʽēos Uṙhayecʽi,
lequel utilise parfois dans la même ligne
les mots « Grecs » et « Romains »15.
10 L’impression d’une continuité de l’État
romain, fondée sur un substrat ethnique
grec, que peut donner ce survol de la
littérature arménienne médiévale repose
sur la continuité de l’historiographie
arménienne qui reste étroitement liée aux
sources anciennes. Pour les auteurs
arméniens, les Grecs étaient les Romains
non pas parce que ces auteurs partageaient
ou reconnaissaient les ambitions
œcuméniques des Romains mais
simplement parce que l’empire oriental
avait fait partie de l’ancien empire romain,
et l’on est fondé à dire que l’ethnonyme
« Romains » était lié à la Première Rome
et n’avait rien à voir avec la Seconde.
D’une manière générale, l’historiographie
arménienne offre peu d’exemples de la

8 de 37 03/01/2021, 22:32
L’Arménie et Byzance - L’image de l’empire byz... https://books.openedition.org/psorbonne/1782

désignation de Constantinople comme


Seconde Rome, du moins avant le Xe
siècle : à côté du terme « Constantinople »,
on emploie celui de « Byzance » qui, dans
les sources littéraires anciennes, pouvait
parfois désigner aussi l’ensemble de
l’empire. C’est seulement au XIe siècle,
lorsque presque toutes les terres
arméniennes eurent été annexées, que
«   Constantinople   » éclipsa finalement le
mot ancien et traditionnel de « Byzance »
dans l’historiographie arménienne.
11 Cette évolution de la perception que les
Arméniens ont eue de l’idéologie politique
byzantine est étroitement liée à leur
pratique politique, à l’extérieur comme à
l’intérieur. Ce n’est pas pour rien que
Constantinople fut reconnue comme
Rome, « la capitale auguste », seulement
au VIIe siècle à l’époque où l’État arménien
n’existait pas, et que le mot remplaça
complètement Byzance à l’époque de
l’effondrement complet de la puissance des
Bagratides16.
12 L’oeuvre de Movsēs Kalankatuac’i ne
contient pas la moindre allusion à une
quelconque visée expansionniste de
l’empire byzantin, mais elle souligne de

9 de 37 03/01/2021, 22:32
L’Arménie et Byzance - L’image de l’empire byz... https://books.openedition.org/psorbonne/1782

manière répétitive la légitimité de la


subordination vassalique des terres
arméniennes à l’empire byzantin17. Alors
qu’il avait critiqué la soumission de l’Église
arménienne au patriarche des Romains
avant le concile de Chalcédoine et
l’«   hérésie romaine   », c’est-à-dire le
chalcédonisme18, il affirme qu’aux conciles
de Constantinople et de Théodosioupolis,
les théologiens arméniens ont triomphé
des Grecs parce que, dit-il, «   la foi de
l’Église arménienne était la bonne et que la
plupart d’entre eux connaissaient bien le
grec   »19. Cette phrase est pleine d’une
confiance sereine dans la force de l’Église
arménienne sur le plan international. Et
pourtant l’Arménie en général et l’Aluank’
en particulier étaient déchirés par la lutte
entre l’Église nationale et le
chalcédonisme, avec chantage politique,
querelles sanglantes, destructions de livres
par le feu, etc.20
13 L’œuvre du catholicos Yovhannēs
Drasxanakertcʽi (897-925) représente une
étape majeure dans la formation de
l’image de l’empire byzantin dans
l’historiographie arménienne   ; il fut le
témoin des raids punitifs des Arabes en

10 de 37 03/01/2021, 22:32
L’Arménie et Byzance - L’image de l’empire byz... https://books.openedition.org/psorbonne/1782

Transcaucasie, des divisions féodales et de


la fondation du royaume des Bagratides.
C’était à la fois un fin politique et un
écrivain de qualité. Partisan du pouvoir
absolu et indiscutable du roi bagratide, il
voit dans l’empire byzantin la seule
protection réelle contre les Arabes, malgré
le caractère manifestement
antichalcédonien de son livre21. Yovhannēs
admet la vieille dépendance vassalique à
l’égard de l’empire22 que le roi Smbat Ier
(890-913)23 et son fils Ašotʽ II Erkatʽ
(914-929)24 reconnaissent et il cite une
lettre du patriarche Nicolas le Mystique
dans laquelle celui-ci lui exprime sa
compassion pour ses ouailles25. Dans une
lettre à Constantin VII, Yovhannēs
l’appelle : « Pieux, autocrator et empereur
Constantin, couronné par Dieu et glorieux,
grand et victorieux roi de l’univers, croyant
et pieux, protecteur de l’illumination du
peuple et vrai conciliateur de ce qui
existe26. »
14 L’image de l’empereur romain est
particulièrement lumineuse en
comparaison de celle des guerriers arabes
dont « le souffle de mort a versé la mort
sur chacun »27. En tant que compilateur,

11 de 37 03/01/2021, 22:32
L’Arménie et Byzance - L’image de l’empire byz... https://books.openedition.org/psorbonne/1782

Yovhannēs a enlevé de ses sources tout ce


qui concerne les campagnes anciennes
menées par les empereurs byzantins en
Arménie et les actes de cruauté des
troupes romaines. Le plus significatif est
qu’il n’a retenu aucune information sur le
siège de Dvin par les Romains en 922,
dont il a pourtant été le témoin oculaire,
alors que l’émir Subuk, assiégé dans la
ville, était l’allié du roi Ašot Erkatʽ en
personne28.
15 Dans des conditions incontestablement
désespérées, Yovhannēs promet à
Constantin VII, en contrepartie d’une aide
militaire que « nos ouailles se joindront...
à votre troupeau et poursuivront leur
existence sous l’égide de l’autorité des
Romains, tout comme le peuple d’Italie ou
toute l’Asie. Et ceux qui ne viendront pas
et s’écarteront du bercail du Seigneur,
ceux-là, quels qu’ils soient, subiront votre
châtiment29. » Il est clair que le catholicos
soumettait son troupeau, c’est-à-dire son
pays, à une dépendance à l’empire
byzantin encore plus étroite qu’auparavant
puisqu’il avait déjà mentionné dans sa
lettre que l’Arménie avait été «   un
domaine héréditaire   » de l’empereur des

12 de 37 03/01/2021, 22:32
L’Arménie et Byzance - L’image de l’empire byz... https://books.openedition.org/psorbonne/1782

Romains30.
16 L’image de l’empire dessinée par
Yovhannēs se trouve encore renforcée
dans les œuvres du Continuateur de
Tʽovmay Arcruni31 et d’Asohk. Le vardapet
Stepʽanos Tarōnacʽi, également appelé
Asolik, auteur d’une Histoire Universelle,
a intitulé la troisième partie de son œuvre
«   Histoire des époques racontées
indépendamment   ». Elle commence avec
le règne du roi Abas (929) et va jusqu’en
1004. C’est l’époque de l’apogée politique
et économique de l’Arménie que
l’historiographie décrit comme une époque
de construction paisible, malgré les heurts
fréquents avec les Arabes et les conflits
féodaux. L’expansion de l’empire vers
l’Orient progresse alors décisivement   :
l’empire annexe le Taron et reprend
Mantzikert, Antioche et les domaines du
curopalate David. Asolik exalte les
victoires des empereurs byzantins et des
chefs de guerre contre les Arabes et blâme
les féodaux d’Asie Mineure et même
d’Arménie pour leurs rebellions contre
l’empire32.
17 Asolik rend le roi Gurgen, «   personne à
l’esprit étroit », responsable des tensions

13 de 37 03/01/2021, 22:32
L’Arménie et Byzance - L’image de l’empire byz... https://books.openedition.org/psorbonne/1782

avec Basile II à propos de l’héritage du


curopalate David et il attribue l’issue
pacifique du conflit à la tolérance et au
caractère pacifique de Basile II «   qui
réalisa les vœux de Gurgen   »33. Asolik
continue son récit en énumérant les
honneurs et les dons généreux accordés
par l’empereur aux seigneurs arméniens
quand ils se présentèrent à son palais.
L’empereur envoya même des messages
aux émirs arabes des environs pour leur
demander de laisser en paix le
Vaspurakan34. Il est favorablement disposé
à l’égard de la politique intérieure suivie
par l’empire   : Basile II «   a mis fin aux
invasions, diminué de lourds impôts, mis
fin aux pillages et à la captivité »35.
18 L’œuvre d’Aristakēs, écrite entre 1072 et
1079, couvre la période 1000-1072.
L’auteur fut le témoin de la conquête par
Byzance de vastes territoires d’Asie
Mineure, y compris des terres
arméniennes, et de l’invasion seldjuqide. Il
ne doute aucunement de la légitimité des
droits souverains de l’empire byzantin.
Basile II avait obtenu les terres du
curopalate David conformément au
testament fait par ce dernier de son plein

14 de 37 03/01/2021, 22:32
L’Arménie et Byzance - L’image de l’empire byz... https://books.openedition.org/psorbonne/1782

gré. Tout comme dans l’œuvre d’Asolik,


rien n’est dit des pressions exercées par
l’empire sur David. Le Récit contient
seulement une vague allusion au fait que le
meurtre de David a pu être inspiré par
l’empire. En revanche la manière dont
l’empereur châtia les azat du Taykʽ qui en
étaient responsables est très clairement
racontée36.
19 Le chapitre 10 du récit comporte une
élégie sur la chute de «   notre pays
arménien   », sur la ruine d’une terre
autrefois riche et florissante. À quatre
reprises les armées romaines ont envahi le
Širak ; Ani fut prise « non pas « selon la loi
de la guerre, mais par un discours plein
d’artifice ». Constantin IX Monomaque a
violé un serment sacré. Il semble donc
qu’il y ait une condamnation totale et sans
réserves de la politique de l’empire. Mais
même là l’empire n’est pas le seul à être
blâmé. Les Romains partagent la
responsabilité de la chute d’Ani avec les
partisans de Sargis Haikazn, le catholicos
Pierre Getadarj, un certain prêtre Kyrakos
qui a caché, puis vendu la charte de
Constantin VIII accordant l’autonomie à
l’Arménie, Gagik II qui a quitté l’Arménie

15 de 37 03/01/2021, 22:32
L’Arménie et Byzance - L’image de l’empire byz... https://books.openedition.org/psorbonne/1782

en raison «   d’un manque de maturité


d’esprit ou de la timidité   », etc.37 On
pourrait allonger la liste d’observations de
ce genre. Ainsi le responsable de la guerre
menée pour la récupération de l’héritage
de David est le roi géorgien Georges - sur
ce point Aristakēs partage le point de vue
d’Asolik38. Et il excuse la cruauté des
troupes romaines en soulignant qu’elles
punissent leurs ennemis de leurs péchés39.
20 Aristakēs traite le testament de Yovhannēs
Smbat d’Ani qui a légué ses biens à
l’empire de « document qui fut la cause de
la ruine de l’Arménie », mais il souligne en
même temps qu’il a fait ce testament parce
qu’il n’avait pas d’héritier40. Basile II aide
Ašot Bagratuni « harassé par ses puissants
voisins »41. L’historien a noté entre autres
choses que tous ceux qui se sont révoltés
contre l’empereur avaient fini leur vie
lamentablement42.
21 Quelle image les observations d’Aristakēs
donnent-elles de la politique intérieure de
l’empire dans les terres conquises   ?
L’Arménie devint vide ; les princes, les rois
et les azatkʽ furent dispersés dans les pays
étrangers. Mais Aristakēs souligne en
même temps qu’ils n’ont pas été contraints

16 de 37 03/01/2021, 22:32
L’Arménie et Byzance - L’image de l’empire byz... https://books.openedition.org/psorbonne/1782

de partir dans l’empire où ils ont reçu de


nouveaux biens, mais qu’ils se sont laissés
convaincre, même si ce fut «   par un
discours plein d’artifice ».
22 Quand Aristakēs parle des horreurs de
l’invasion seldjuqide en Arménie et dans
les régions voisines et des défaites
romaines, il donne en même temps des
informations sur les efforts faits par
l’empire pour renforcer la défense de la
frontière orientale43.
23 L’attitude de Yakob Sanahnecʽi à l’égard
de l’expansion byzantine est analogue à
celle d’Aristakēs. Il parle d’union
d’« amour et de concorde » entre Basile II
et le roi du Vaspurakan, Senek’erim, qui,
vingt ans après la signature du traité, céda
sous la pression de tribus turcomanes 72
régions et 4 000 villages à Basile II. Non
seulement celui-ci donna aux Arcrunis
Sébastée et de nombreux gawaṙkʽ, mais il
adopta le fils aîné de Senekerim, David, à
Sainte-Sophie44. L’auteur souligne de
manière répétitive que David s’est
comporté envers Basile II comme un fils
envers son père, c’est-à-dire comme un
fidèle vassal. Pas plus qu’Asolik et
Aristakēs, il n’approuve les révoltes contre

17 de 37 03/01/2021, 22:32
L’Arménie et Byzance - L’image de l’empire byz... https://books.openedition.org/psorbonne/1782

les empereurs légitimes des Romains. Les


Romains qui ont annexé Ani et Kars lui
semblent moins coupables que le traître
parti pro-byzantin en Arménie. Constantin
IX, responsable de la chute du royaume
des Bagratides et des premières incursions
turques, est naturellement sévèrement
critiqué ; mais en général Yakob fait plutôt
peu de remarques négatives sur l’empire
byzantin et son personnel politique. Il
blâme les Byzantins sur le plan moral plus
que sur le plan politique45.
24 D’après Aristakēs et Yakob, les rois et les
princes ont fait un grand nombre de
testaments en faveur de l’empire tandis
que de nombreux seigneurs féodaux
arméniens tendaient à échanger leurs
terres patrimoniales contre des
possessions à l’intérieur de l’empire. En
d’autres termes, ils ne se contentent pas de
montrer simplement que les terres
arméniennes étaient depuis longtemps
soumises à la puissance byzantine (ce dont
leurs prédécesseurs étaient déjà certains),
mais ils ne cessent de chercher les raisons
de cette sujétion pour les indiquer au
lecteur, et celui-ci acquiert l’impression
que le pays d’Arménie a été fréquemment

18 de 37 03/01/2021, 22:32
L’Arménie et Byzance - L’image de l’empire byz... https://books.openedition.org/psorbonne/1782

cédé à l’empire en tout ou en partie. De fait


le curopalate David a légué ses biens à
l’empire46, Jean Senek’erim a échangé le
Vaspurakan contre Sébastée47 et l’on sait
comment le royaume d’Ani a été cédé !
25 Yovhannēs Smbat avait fait son testament
en faveur de l’empire, puis le royaume
d’Ani fut donné par les Romains à Sargis
Haikazn, puis au catholicos Pierre
Getadarj   ; et finalement, en attirant par
ruse Gagik II à Constantinople et en
obtenant les clés d’Ani, l’empire s’arrangea
pour s’introduire au Sirak. D’après
Aristakēs, la situation pouvait encore
changer et elle le fut par une charte de
Constantin VIII   : l’empereur mourant
remit au prêtre Kyrakos la charte qui
conférait les droits de souveraineté sur
Ani, mais celui-ci, au lieu de l’emporter en
Arménie, préféra la vendre à l’empereur
Michel48.
26 Aristakēs et Yakob nous mettent en
présence d’un nombreux personnel
administratif dans l’empire   : ici et là on
rencontre des domestiques d’Orient, des
toparques semi-indépendants, des
responsables de grandes et de petites
circonscriptions administratives militaires

19 de 37 03/01/2021, 22:32
L’Arménie et Byzance - L’image de l’empire byz... https://books.openedition.org/psorbonne/1782

(comme les commandants en chef de la


cavalerie qui, d’après Aristakēs, assurent la
défense de tout l’Orient), des chefs de
forteresse, des commandants de garnison,
des juges, des inspecteurs et autres
fonctionnaires civils, un envoyé
extraordinaire de l’empereur, etc.
Arméniens, Grecs, Bulgares, Turcs   : leur
origine ethnique est aussi variée que leurs
options religieuses (chalcédoniens,
monophysites). L’historiographie
arménienne est une mine d’informations
sur l’administration byzantine49, et il est
remarquable que les historiens arméniens
n’aient en général rien vu d’étrange dans le
fait que l’Arménie soit non seulement
divisée en royaumes et principautés
héréditaires, mais aussi en thèmes
byzantins, commandés par des chefs
byzantins.
27 Ainsi Yakob raconte que, après que le
catholicos Pierre Getadarj eut quitté le
Vaspurakan, « le roi Yovhannēs et tous les
naxarars arméniens [lui] écrivirent une
lettre trompeuse [en lui promettant]
d’obéir à toutes ses injonctions et d’écouter
toutes ses homélies. La lettre fut
également écrite et ratifiée avec de grands

20 de 37 03/01/2021, 22:32
L’Arménie et Byzance - L’image de l’empire byz... https://books.openedition.org/psorbonne/1782

serments par les princes romains qui


vinrent comme chefs de districts
(kolmnapalkʽ) et servirent de
médiateurs   »50. Des administrateurs
byzantins servant de médiateurs entre le
patriarche monophysite d’une part, le roi
et les naxarars de l’autre : il semblerait que
ces Romains aient fait partie d’une
certaine manière du milieu des naxarars.
Ils pouvaient en tout cas garantir un
serment, même si celui-ci fut
immédiatement violé par les autorités
laïques51. Les historiens arméniens ne
perdent pas de vue les aristocrates
arméniens qui se sont intégrés à la classe
dirigeante byzantine. Ils mentionnent des
représentants de l’administration
byzantine, en général à l’occasion de
quelque événement important pour
l’Arménie   : siège ou prise de ville, perte
d’une région, guerre avec les Arabes ou les
Seldjuqides, révolte contre l’empire, etc. Et
on peut noter que les traits généraux
caractéristiques des Romains (Grecs,
Bulgares, Arméniens chalcédoniens) qui
ont ruiné le pays contrastent avec les
panégyriques dont sont l’objet certains
individus comme Georges Maniakès52,

21 de 37 03/01/2021, 22:32
L’Arménie et Byzance - L’image de l’empire byz... https://books.openedition.org/psorbonne/1782

Basile Apokapès qui repoussa le sultan


Toghril-beg53, Théodore fils du bulgare
Aharon54, ou encore les récits de batailles
contre les Seldjuqides où sont exaltées les
garnisons romaines de Mélitène et
Xorjean55.
28 Aristakēs et Yakob donnent des empereurs
byzantins une image complexe56. Mais le
sommet est atteint dans le portrait plein
de contrastes qu’ils tracent de Basile II,
ambitieux, cruel et agressif mais pas
uniquement   : Aristakēs ne porte pas
d’appréciation directe sur Basile II, mais il
donne des exemples probants de sa
générosité, de sa sagesse, de son courage,
de son abnégation57. Yakob écrit : « [Basile
II] prit le trône royal des Grecs, vainquit
de nombreux rebelles et acquit un grand
renom parmi les créatures de Dieu   :
bienveillant envers les veuves et les
prisonniers, rendant justice aux
58
opprimés .   » Dans cette définition qui
s’applique en général au chef arménien
idéal, Yakob omet le qualificatif de
«   pieux   ». Mais il le remplace en
transformant l’image religieuse de Basile
et en se faisant l’écho de ceux qui disent
que Basile aurait secrètement adhéré au

22 de 37 03/01/2021, 22:32
L’Arménie et Byzance - L’image de l’empire byz... https://books.openedition.org/psorbonne/1782

monophysisme et qu’il fut ensuite reconnu


comme un «   père de notre pays
arménien   », qu’il «   vécut saintement et
chastement   » et laissa une heureuse
mémoire59.
29 Le choix des événements survenus
pendant le règne de Basile, les
appréciations différentes portées sur le
même fait, la présence ou l’absence de telle
ou telle caractéristique font évoluer
l’image de Basile. Si l’on analyse les
œuvres d’Asolik, Aristakēs et Yakob, on
peut trouver au moins trois niveaux
d’appréciation. Basile est d’abord un
empereur qui règne légitimement à
Constantinople (et donc les révoltes contre
lui sont blâmables)   ; c’est le suzerain
bienveillant et légitime des royaumes et
principautés arméniens. En second lieu
apparaissent les traits caractériels d’un
empereur actif, austère, cruel, traits qui se
révèlent dans des situations conflictuelles
et qui, d’une certaine manière, se
retrouvent dans des sources byzantines
comme Michel Psellos. Enfin des traits
négatifs du caractère de l’empereur sont
contrebalancés par des proclamations
positives, et les auteurs vont jusqu’à établir

23 de 37 03/01/2021, 22:32
L’Arménie et Byzance - L’image de l’empire byz... https://books.openedition.org/psorbonne/1782

une étroite affinité, culturelle et


confessionnelle, entre lui et le monde
arménien. Cela ne rend pas compte de
l’image réelle de Basile II mais de
l’impression qu’en eurent les historiens
arméniens, au fur et à mesure que se
forma la culture arménienne60.
30 La première partie de la
« Chronographie » de Mattʽēos Uṙhayecʽi
est basée sur l’œuvre de Yakob Sanahnec’i.
Elle contraste fortement avec la seconde
partie écrite indépendamment par
Mattʽēos d’après les récits de ceux qui
avaient vu «   nos pères   » et d’après ses
propres impressions jusqu’au début du XIIe
siècle (1113-1121). Dès les premières lignes
de cette partie, les Romains sont assimilés
aux «   Turcs impies   » à cause des maux
qu’ils infligèrent au peuple arménien. Les
guerres intérieures des prétendants au
trône byzantin apportèrent de nombreuses
calamités aux chrétiens et laissèrent les
Byzantins incapables de résister aux
envahisseurs. Des Romains traîtres « ont
détruit les murs de la forteresse de la
patrie arménienne et l’ont laissée ouverte
aux armes turques »61.
31 Mattʽēos est loin de partager la sympathie

24 de 37 03/01/2021, 22:32
L’Arménie et Byzance - L’image de l’empire byz... https://books.openedition.org/psorbonne/1782

d’Aristakēs pour le courageux et infortuné


Romain Diogène   : Romain a ajouté foi à
des calomnies et a décidé de détruire la
confession arménienne ; c’est pourquoi il
fut damné par les vardapets arméniens   ;
c’est pourquoi il ne revint pas du champ de
bataille. Mattʽēos met dans la bouche
d’Alp Arslan cette formule : « Les Romains
sont un peuple qui ne connaît pas Dieu »
et qui doit donc être détruit. Il parle avec
haine des chalcédoniens arméniens qui ont
embrassé la foi des Romains62. Tandis que
ses prédécesseurs avaient essayé de
justifier l’évolution politique de l’empire,
Mattʽēos ne peut plus parler de l’empire
qu’avec des paroles de condamnation63. Il
affirme tout simplement qu’après s’être
emparé de l’Orient, terres arméniennes
comprises, l’empire a enlevé les troupes
arméniennes de leur pays et a remplacé les
courageux combattants arméniens par des
couards incompétents En conséquence de
quoi, les possessions orientales de l’empire
restèrent démunies devant les Seldjuqides
qui les conquirent toutes progressivement.
32 On trouve la même tendance dans les
écrits de Grégoire le Prêtre qui continua
l’œuvre de Mattʽēos jusqu’aux années

25 de 37 03/01/2021, 22:32
L’Arménie et Byzance - L’image de l’empire byz... https://books.openedition.org/psorbonne/1782

1162-1163. Il voit dans les Romains les


pires ennemis des Arméniens. Dans sa
«   Chronique   », le connétable Smbat qui
écrit au XIIIe siècle et dont la principale
source pour la période 951-1156 est la
«   Chronographie   » de Mattʽēos, répète
presque mot pout mot ses cinglants
commentaires sur les Romains.
33 Ce simple survol des sources arméniennes
du point de vue de leur attitude envers
l’empire byzantin montre que l’image du
« monde extérieur » qui apparut en terre
nationale étrangère repose non seulement
sur les liens culturels réels entre les deux
cultures, mais sur des traditions littéraires,
avec une interaction complexe entre les
uns et les autres. L’intensité des liens réels
conditionnant à son tour l’émergence de
concepts et d’idées qui débouchent sur une
tradition littéraire « extérieure ».
34 Une image brillante de l’empire byzantin
qui fut le seul allié des Arméniens contre le
monde musulman s’est donc formée dans
la réalité d’une résistance commune aux
Arabes. Elle imposait le silence sur
certains sujets et déformait donc la réalité.
Cette image servit l’idée maîtresse de
l’œuvre de Yovhannēs Drasxanakertc’i

26 de 37 03/01/2021, 22:32
L’Arménie et Byzance - L’image de l’empire byz... https://books.openedition.org/psorbonne/1782

(création d’un État arménien fort et


indépendant et rejet du joug califal). Mais
cette image restée traditionnelle chez les
successeurs du catholicos entra en
contradiction avec l’expansion byzantine
en Arménie, ce qui compliqua à l’extrême
l’image de l’empire chez Aristakēs et
Yakob. Finalement l’image des «   traîtres
romains » qui était peu à peu apparue chez
ces auteurs se développa jusqu’à entraîner
la condamnation de ceux qui avaient
démoli «   le mur de la maison
arménienne », l’ouvrant ainsi aux outrages
seldjuqides. Cette dernière image domine
sans partage chez Mattʽēos. Elle a survécu
pendant près de huit siècles dans
l’historiographie arménienne et elle a
permis de justifier et d’idéaliser la
politique des seigneurs arméniens qui
avaient quitté le sol ancestral pour s’établir
dans l’empire au moment de l’invasion
seldjuqide.

Anexos

Sigles des sources arméniennes utilisées :

Aristakēs Lastivertcʽi :

27 de 37 03/01/2021, 22:32
L’Arménie et Byzance - L’image de l’empire byz... https://books.openedition.org/psorbonne/1782

- éd.   : Patmutʽiwn Aristakisi


Lastivertcʽwoy, éd. K. Yuzbašyan, Erévan
1963.

- trad. : Aristakès de Lastivert, Récit des


malheurs de la nation arménienne, éd. et
trad. M. Canard et H. Berbérian, Bruxelles
1973.

Mattʽēos Urhayecʽi :

- éd.   : Mattʽēos Uṙhayecʽi,


Žamanakagrutʽiwn, éd. M. Melik-
Adamyan - N. Ter-Mikʽayēlyan, Valaršapat
1898.

- trad.: The Chronicle of Matthew of


Edessa, trad. A. E. Dostourian, Ann Arbor
1972.

Movsēs Kalankatuacʽi:

- éd.: Movsēs Kalankatuacʽi, Patmutʽiwn


Aluanicʽ ašxarhi, éd. V. Aṙakʽelean,
Erévan 1983.

- trad.: The History of the Caucasian


Albanians by Movsēs Ḍasxurançi, trad. C.
J. F. Dowsett, Londres - New-York 1961.

28 de 37 03/01/2021, 22:32
L’Arménie et Byzance - L’image de l’empire byz... https://books.openedition.org/psorbonne/1782

Pseudo-Šapuh:

- éd.: Patmutʽiwn Ananun Zrucʽagri, éd.


et trad, russe M. Darbinyan-Melikʽyan,
Erévan 1971.

Smbat le connétable :

- éd. : Venise 1956.

- trad.   : La Chronique attribuée au


connétable Smbat, trad. G. Dédéyan, Paris
1980.

Stepʽanos Tarōnacʽi :

- éd.   : Patmutʽiwn Tiezerakan, éd. S.


Malxaseancʽ, Saint-Pétersbourg 1885.

- trad. : Histoire Universelle par Étienne


Açoghʽik de Daron, trad. Ε. Dulaurier,
Paris 1883.

Tʽovmay Arcruni :

- éd. : Tʽovmay Arcruni, Patmutʽiwn tann


Arcruneacʽ, éd. V. M. Vardanyan, Erévan
1985.

- trad.: Thomas Artsruni, History of the


House of the Artsrunikʽ, transi. R. W.

29 de 37 03/01/2021, 22:32
L’Arménie et Byzance - L’image de l’empire byz... https://books.openedition.org/psorbonne/1782

Thomson, Detroit 1985.

Yovhannēs Drasxanakertcʽi:

- éd.: Y. Drasxanakertcʽi, Patmutʽiwn


Hayocʽ, éd. V. Tsagareišvili, Tbilisi 1965.

- trad.: Y. Drasxanakertcʽi, History of


Armenia, transi. Κ. H. Maksoudian,
Atlanta 1987.

Notas
1. La byzantinologie au XVIe Congrès International
des Sciences Historiques (en russe), VV 48, 1987 ;
H. AHRWEILER, L’image de l’autre et les
mécanismes de l’altérité, XVIe C.I.S.H., Stuttgart
1985, p. 60-65.
2. Le dernier ouvrage sur l’historiographie
arménienne est une compilation descriptive qui
réunit à la fois les caractères positifs et négatifs des
études antérieures   : L. O. BABAIAN, Études sur
l’historiographie de l’histoire de l’Arménie à
l’époque du féodalisme avancé (en arménien),
Erévan 1981, p. 114-175 et p. 365-373.
3. H. G. BECK, Das literarische Schaffen. Wege zu
seinem Verständnis, Sitzungsberichte der
Österreichichen Akad. der Wissenschaften, Phil.-
hist. Kl., Vienne 1974, Bd 294/4, p. 14.
4. Les idées de ces auteurs sont inégalement
connues. On sait très peu de choses sur Asolik,
Yakob Sanahnecʽi et Mattʽēos Urhayecʽi. On en sait

30 de 37 03/01/2021, 22:32
L’Arménie et Byzance - L’image de l’empire byz... https://books.openedition.org/psorbonne/1782

beaucoup plus sur Movsēs, Yovhannēs et Aristakēs


à cause d’éditions critiques et de monographies
récentes.
5. Éd. p. 324 ; trad. p. 212.
6. Éd. p. 260 ; trad. p. 167.
7. Éd. p. 267, 269, 270, 311, 312, 316, 317, 318, 328,
330. Trad. p. 212 et 77, 87, 107, 124-125, etc.
8. Pour les occurences du mot « Constantinople »,
on se reportera aux indices.
9. Éd. p. 50. Trad. p. 85.
10. Se reporter aux indices.
11. Éd. p. 142-143, 256. Trad. p. 156.
12. Constantinople est citée cinq fois, l’«   auguste
cité de Constantin » une fois.
13. Ainsi : éd. p. 476-477 ; trad. p. 370 ; et passim.
Les traducteurs en arménien moderne ont partout
remplacé «   pays des Grecs   » par «   empire
byzantin », ce qui ne se justifie pas.
14. Voir l’index de l’édition. Il y a deux mentions
des « Grecs » : p. 58, 96.
15. Voir les indices des deux œuvres.
16. V. A. ARUTJUNOVA-FIDANJAN, «   The Second
Rome   » in the Armenian Medieval Literature,
International Conference of Armenian Medieval
Literature, Theses of Reports, Erévan 1986, p.
82-83.
17. Voir livre II, chap. 19 et 20.
18. Éd. p. 267, 311-312, 328. Trad. p. 172-173.

31 de 37 03/01/2021, 22:32
L’Arménie et Byzance - L’image de l’empire byz... https://books.openedition.org/psorbonne/1782

19. Éd. p. 272. Trad. p. 175.


20. Livre II, chap. 47-49.
21. Éd. p. 85, 89, 97, 123. Trad. p. 91, 92, 93, 99. Le
catholicos écrit à l’empereur qu’il est très désireux
de voir Constantinople   ; mais lorsqu’il a la
possibilité d’y aller, il ne le fait pas pour ne pas être
accusé d’avoir des rapports avec les chalcédoniens
(éd. p. 197, trad. p. 198).
22. Éd. p. 66, 70-71, 89, 91, 115, 118, 273. Trad. p.
100-101.
23. Éd. p. 128, 151-152. Trad. p. 137-138.
24. Éd. p. 201. Trad. p. 197.
25. Éd. p. 187-188. Trad. p. 189-191.
26. Éd. p. 190-191. Trad. p. 192.
27. Éd. p. 30. Trad. p. 103.
28. Sur cet épisode : A. TER-LEWONDYAN, The Arab
Emirates in Bagratid Armenia, Lisbonne 1976, p.
75-76.
29. Éd. p. 195. Trad. p. 197.
30. Éd. p. 199.
31. D’après celui-ci, Basile II qui régnait « dans la
cité de Constantinople protégée de Dieu », « pieux
et dévot roi des Grecs   », a répondu à l’appel de
« ses enfants » qui ne pouvaient pas repousser les
Seldjukides. Les Romains «   les rassemblèrent de
différents cantons et leur donnèrent des cadeaux,
ils les établirent à la cour du roi et leur donnèrent à
la place de leurs villes de grandes villes et à la place
de leurs forteresses, des citadelles inexpugnables,

32 de 37 03/01/2021, 22:32
L’Arménie et Byzance - L’image de l’empire byz... https://books.openedition.org/psorbonne/1782

des villages, des domaines et de saints monastères.


C’est ainsi que Senek’erim Arcruni échangea son
patrimoine héréditaire en l’an 470 de l’ère
arménienne et gagna le pays des Grecs avec 14 000
hommes, sans compter les femmes et les enfants, et
passa sous le joug de l’esclavage des Romains. De
même Gagik le Bagratide, fils du roi Yovhannēs,
échangea aussi ses terres héréditaires en 490 de la
même ère et alla chez les Romains. Ils
gouvernèrent la partie orientale de l’Arménie, la
grande ville de Van, la province de Vaspurakan, la
capitale Ani et le pays d’Arménie » (éd. p. 478, trad.
p. 370-371). L’historien souligne que les seigneurs
arméniens ont échangé librement leurs possessions
héréditaires.
32. V. A. ARUTJUNOVA-FIDANJAN, Les Arméniens
chalcédoniens sur les frontières orientales de
l’empire (en russe), Erévan 1980, p. 15-17 (cité
ARUTJUNOVA-FIDANJAN, Arméniens chalcédoniens).
33. Éd. p. 279.
34. Éd. p. 277-281.
35. Éd. p. 281.
36. Éd. p. 23. Trad. p. 4-6.
37. Éd. p. 55-56. Trad. p. 43-55.
38. Éd. p. 20-25, 36-37. Trad. p. 7, 11-15, 21-24.
39. Éd. p. 38. Trad. p. 15.
40. Éd. p. 32. Trad. p. 16.
41. Éd. p. 28. Trad. p. 10-11   : Ašot vint à
Constantinople, fut aimablement accueilli par
l’empereur, reçut une armée, retourna dans son

33 de 37 03/01/2021, 22:32
L’Arménie et Byzance - L’image de l’empire byz... https://books.openedition.org/psorbonne/1782

pays et «   recouvra de nombreux cantons et


forteresses   ». Aristakēs y voit une protection de
Dieu et de l’empereur romain.
42. Éd. p. 33. Trad. p. 18 : « Je ne sais pas si ce fut
là l’effet de la justice divine conformément à
laquelle les esclaves ne doivent pas se révolter
contre leurs maîtres ou si l’empereur jouit d’une
grâce particulière. Je sais seulement de manière
certaine, pour en avoir été témoin oculaire, que
ceux qui s’étaient révoltés contre l’empereur
finirent de la façon la plus honteuse. »
43. ARUTJUNOVA-FIDANJAN, Arméniens
chalcédoniens, p. 21-22.
44. Trad. p. 47, 56. Sur Yakob dont l’œuvre est
utilisée dans la première partie de Matt’ēos
Uṙhayec’i   : L. XAC’IKYAN, Yakob Sanahnec’i,
historien du XIe siècle (en arménien), Banber
Erevani Hamalsarani 1971, n° 1, p. 22-48.
45. ARUTJUNOVA-FIDANJAN, Arméniens
chalcédoniens, p. 23-26.
46. ARISTAKĒS, éd. p. 20-25; trad. p. 21. MATTʽĒOS,
éd. p. 38.
47. Ibid. p. 49.
48. ARISTAKĒS, éd. p. 57. Trad. p. 43-46.
49. ARUTJUNOVA-FIDANJAN, Arméniens
chalcédoniens, p. 106-151.
50. MATT’ĒOS, p. 76.
51. Ibid.
52. Ibid. p. 64, 93.

34 de 37 03/01/2021, 22:32
L’Arménie et Byzance - L’image de l’empire byz... https://books.openedition.org/psorbonne/1782

53. Ibid. p. 119. ARISTAKĒS, éd. p. 92-93; trad. p.


82-86.
54. ARISTAKĒS, éd. p. 96-97. Trad. p. 89-90.
55. Ibid. p. 116, 118. Trad. p. 104-108.
56. Aristakës blâme Romain III Argyre pour son
adhésion au chalcédonisme, son immaturité et son
caractère fruste (éd. p. 41-42   ; trad. p. 28-29)   ;
Michel IV pour l’assassinat de Romain III (éd. p.
46 ; trad. p. 33) ; Michel V pour son ingratitude
(éd. p. 50 ; trad. p. 39) ; Constantin IX pour ses
mœurs dissolues et son manque de réflexion dans
la conduite des affaires (éd. p. 95 ; trad. p. 88) ;
Michel VI pour sa cruauté et son incapacité à se
rallier l’aristocratie, ce qui causa une guerre
intérieure (éd. p. 103   ; trad. p. 95), etc. Ses
principales critiques portent donc sur le
comportement moral des empereurs plus que sur
leur politique. Mais en même temps il loue
Constantin VIII qui a signé le décret accordant
l’autonomie aux Arméniens (éd. p. 57 ; trad, p. 45).
Il apprécie la diplomatie de Théodora qui libéra le
pays des empiétements du sultan (éd. p. 95-96   ;
trad. p. 93). Il raconte le tragique destin de Romain
IV avec sympathie (éd. p. 137 ; trad. p. 126-127).
Yakob décrit Nicéphore Phocas qui conquit Tarse,
Adana, Anazarbe comme un homme « bon, saint et
pieux, plein de vertu et de justice » (p. 5) et il décrit
l’union entre Jean Tzimiskès et le roi Asot
Bagratuni comme un acte de coopération dans la
lutte contre les Arabes, etc.
57. Éd. p. 25, 40. Trad. p. 4, 12.
58. MATT’ĒOS, p. 30. Trad. p. 34.

35 de 37 03/01/2021, 22:32
L’Arménie et Byzance - L’image de l’empire byz... https://books.openedition.org/psorbonne/1782

59. Ibid. p. 55. Trad. p. 65.


60. V. ARUTJUNOVA-FIDANJAN, Basile le
Bulgaroctone dans l’historiographie arménienne
médiévale (en russe), XII Vsesojuznaja Sessija
Vizantinistov, Kiev, 11-16/05/1987 (sous presse).
61. MATT’ĒOS, éd. p. 135-136. Trad. p. 131-132.
62. ARUTJUNOVA-FIDANJAN, Arméniens
chalcédoniens, p. 29.
63. Ibid.

Notas finales
1 La communication faite en anglais par V.
Arutjunova-Fidanjan a été traduite par B. Martin-
Hisard. On trouvera à la suite de l’article les
références aux éditions de sources qui ont été
utilisées par l’auteur. On s’est efforcé de renvoyer le
lecteur non arménisant aux traductions
occidentales de ces mêmes sources, lorsque cela
était possible.

Autor

Viada Arutjunova-
Fidanjan

Moscou
© Éditions de la Sorbonne, 1996

36 de 37 03/01/2021, 22:32
L’Arménie et Byzance - L’image de l’empire byz... https://books.openedition.org/psorbonne/1782

Condiciones de uso:
http://www.openedition.org/6540

Esta publicación digital es el resultado de un


proceso automático de reconocimiento óptico de
caracteres.

Referencia electrónica del capítulo


ARUTJUNOVA-FIDANJAN, Viada. L’image de
l’empire byzantin dans l’historiographie
e e
arménienne médiévale (X -XI s.) In: L’Arménie et
Byzance: Histoire et culture [en línea]. Paris:
Éditions de la Sorbonne, 1996 (generado el 03
janvier 2021). Disponible en Internet:
<http://books.openedition.org/psorbonne/1782>.
ISBN: 9782859448240. DOI: https://doi.org
/10.4000/books.psorbonne.1782.

Referencia electrónica del libro


. L’Arménie et Byzance: Histoire et culture. Nueva
edición [en línea]. Paris: Éditions de la Sorbonne,
1996 (generado el 03 janvier 2021). Disponible en
Internet: <http://books.openedition.org
/psorbonne/1773>. ISBN: 9782859448240. DOI:
https://doi.org/10.4000/books.psorbonne.1773.
Compatible con Zotero

37 de 37 03/01/2021, 22:32