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Université Hassan II

Faculté des sciences et technique


Mohammedia

DIMENSIONNEMENT DU
LAGUNAGE

Réalisé par:
Asmae MALIKI
Encadré par:
Ayoub CHBALATE Mme. MOUHIR
Khalid OUAKS

Année universitaire 2011/2012


plan
 Introduction
 Définition du lagunage
 Dimensionnement des lagunes
 Bassin anaérobie
 Bassin facultatif
 Bassin de maturation
 Conclusion
INTRODUCTION
Définition du lagunage
Le lagunage est une technique développée en France en 1970. Il
s’agit d’un lent écoulement de l’eau dans un à plusieurs bassins
étanches peu profonds appelés lagunes, et dans de grandes surfaces où
prolifèrent des bactéries et d’autres organismes vivants.
DIMENSIONNEMENT
DU LAGUNAGE
Le dimensionnement consiste à déterminer le volume, la surface
des lagunes ainsi que le rendement d’épuration à la sortie du
traitement. Le dimensionnement requière la connaissance des
paramètres suivant :
 Débit (Q, m3/j)
 Charge en DBO X (mg/l)
 Température de design (T, °C)
 Nombre de coliformes fécaux par 100 ml : Nc.
 Nombre d’oeufs d’helminthes : He.
Bassin anaérobie

Les bassins anaérobies reçoivent les eaux usées brutes, la charge


organique y est très élevée et explique l'absence d'oxygène
dissout. Ce type de bassin fonctionne un peu comme une fosse
septique à ciel ouvert et est utilisé comme première opération de
traitement pour les eaux fortement chargées.
Les matières décantables présentes dans les eaux usées se
déposent sur le fond pour former les boues et subissent
une digestion anaérobie. Parfois, une couche d'écume se forme à
la surface. Il n'est pas nécessaire de l’enlever car elle contribue
notamment au maintient de l'anaérobiose.
Critères de conception :
 Cv : 100 – 300 g/m3/j
 Ts : 4 – 5 j, avec un minimum de 3 jours
 Profondeur des bassins : 3 – 4 m avec un
maximum de 5 m,
 Cs : > 1000 Kg/hectare/j
 Nombre de bassins en parallèle : minimum 2
Calcul de la charge volumique
Cv = (X0 . Q) / V
avec:
Cv : charge volumique (g/ m³ /j)
X0 : concentration initiale (mg/l) de DBO
Q : débit à l’entrée du bassin (m³/j)
V : volume du bassin ( m³)

Température (°C) Charge volumique (mg/l/jr)

T<10 100
10<T<20 20T-100
T>20 300

La variation de Cv dans un bassin anaérobique en fonction de la température


Sachant la profondeur qui varie entre 3et 4m, de la lagune, on
détermine sa surface :
S(A)=V(A)/P(A)

S(A) :surface du bassin anaérobie(m2)


V(A) :volume du bassin anaérobie(m3)
P(A) :profondeur de bassin anaérobie(m)
Le temps de séjour représente le temps moyen
nécessaire à un élément pour passer au travers d'un système à
l'équilibre ce paramètre est déterminé à partir de la formule
suivante :

ts(A)=V(A)/ Q(A)

V(A): volume du bassin (m3)


Q(A): débit à l’entrée du bassin (m3/j)
La demande biochimique en oxygène à la sortie de la lagune est
calculée en fonction de la température dans le bassin anaérobie

Xs(A)=Xe(A)*(1-T(A))

Xs(A):la DBO à la sortie du bassin (mg/l)


Xe(A):la DBO à l’entrée du bassin (mg/l)
T(A):la température du bassin (°C)

Le rendement en termes d’élimination de DBO5 entre l’entrée et la


sortie du bassin d’anaérobie est déterminé à partir du Tableau
suivant :
Température (°C) Rendement sur la DBO5(%)

T≤10 40
10<T≤20 2*T+20
T>20 60

La variation du rendement d’épuration en fonction de la température


Bassin facultatif

Les bassins facultatifs ont une charge organique plus faible que
celle des anaérobies. l'oxydation aérobie bactérienne se déroule en
symbiose avec la photosynthèse algale, en dessous de l'oxypause,
la digestion anaérobie continue.
Les bassins facultatifs sont souvent de couleur vert foncé à cause de
la présence abondante d'algues. A partir de dioxyde de carbone, de
lumière et d’eau, les algues produisent de l’oxygène qui est utilisé par
les bactéries aérobies afin d’oxyder la matière organique. Les
bactéries, en dégradant la matière organique, produisent du dioxyde
de carbone, ce dernier étant nécessaire et utilisé pour la
photosynthèse algale.
Un bassin facultatif est donc un réacteur algo-bactérien dans lequel
une sorte de symbiose existe (pendant la journée) entre les algues et les
bactéries aérobies. L'oxygène nécessaire à l'oxydation bactérienne
aérobie vient d'une part des algues photosynthétiques et d'autre part de
l'air (du vent) au travers de la réaération de surface (réoxygénation
naturelle de la surface du bassin). Le schéma de fonctionnement d'une
lagune facultative est présenté ci-dessous.
Critères de conception :
 Cs : 200 – 250 Kg/hectare/j
 ts : 15 – 30 j,
 Profondeur des bassins : 1,2 – 2 m,
 Nombre de bassins en parallèle ou en série : min 2
 Abattement en DBO5 : 70 à 80%.
La charge surfacique est fonction seulement de la température :

Cs = 350 * (1.107 – 0.002T)(T-25)


Cs : la charge surfacique de bassin facultatif(Kg/ha/j)
T : la température du bassin facultatif (°C)
La surface est proportionnelle à la DBO à la sortie du bassin
anaérobie et au débit, selon l’équation suivante :

S(F) =Xs(A)*Q(F)*10/Cs(F)

S(F) : la surface du bassin facultatif (m2)


Xs(A) : la DBO à la sortie du bassin anaérobie(mg/l)
Q(F) : le débit à l’entrée du bassin facultatif(m3/j)
Cs(F) :la charge surfacique du bassin anaérobie(Kg/m/j)
Pour pouvoir calculer le temps de séjour dans les bassins
facultatifs, il faut choisir la profondeur moyenne des eaux usées
dans les bassins , cette valeur est prise entre 1 et 2 m. on calcule le
temps de rétention hydraulique par la formule:

ts(F)= 2*P(F)*S(F)/((2*Q)-(0,001*e*S(F))

ts(F) : temps de séjour (j)


P(F) :la profondeur du bassin facultatif (m)
S(F) :la surface du bassin facultatif (m2)
Q : le débit à l’entrée du bassin facultatif(m3/j)
e : Évaporation net
Si ts(F) < 5jours : On prend ts(F) = 5jrs et on recalcule la profondeur
P par la relation:

S(F)=5*Q(F)/ P(F)

S(F): la surface du bassin facultatif(m2)


Q(F):le débit à l’entrée du bassin facultatif (m3/j)
P(F) :la profondeur du bassin facultatif(m)

Le temps de séjour est d’environ 15jours et au maximum ne doit pas


dépasser 30 jours.
La DBO de l’effluent à la sortie du bassin facultatif est la même
que celle de l’entrée du bassin de maturation :

Xs(F)= Xs(A)/(1+Ta(F)*ts)

Xs(F): La DBO à la sortie du bassin facultatif (mg/l)


Xs(A): La DBO à la sortie du bassin anaérobie(mg/l)
Ta(F) : Taux d’abattement de la DBO dans le bassin facultatif
ts: temps de séjour (j)
Le taux d’abattement de la DBO5 Ta au niveau du bassin
facultatif dépend uniquement de la température est
déterminé par :

Ta(F) = 0.1*(1.05) (T-20)

Ta(F): le taux d’abattement de la DBO


T:la température dans le bassin facultatif(°C)

Pour une eau qui va être jetée dans le milieu naturel la DBO
à la sortie du bassin Xs(F) doit être inférieure à 120 mg/l, si
ce n’est pas le cas il faudra augmenter ts jusqu’à avoir
Xs(F)=120 mg/l.
Si l’eau traitée va être utilisée pour l’irrigation, certains
paramètres doivent être calculés :
nombre de coliformes fécaux par 100ml :

Cfs = Cfs(A)/ [(1+Kcf*ts(A))*(1+Kcf*ts(F))]

Cfs: nombre de coliformes fécaux à la sortie du bassin facultatif


Kcf :le taux d’abattement des coliformes fécaux
ts :temps de séjour dans le bassin facultatif

Le taux d’abattement des coliformes fécaux kcf dépend


uniquement de la température

Kcf=2,6*1,19 ^(T-20)
Les œufs d’helminthe:

Hes = Hee(F) (1- kHe(A)) (1- kHe(F))

kHe=1-0.41E(-0.49t+0.0085t^2)

Hes : Nombre d’oeufs d’helminthes à la sortie du bassin facultatif


Hee : Nombre d’oeufs d’helminthes à l’entrée du bassin facultatif
kHe: taux d’abattement des œufs d’helminthe
Bassin de maturation

Ces bassins sont vivement recommandés lorsqu’il s’agit


d’améliorer la qualité microbiologique de l’effluent très peu
chargé provenant d'un bassin facultatif voire d'un autre bassin
de maturation. La taille et le nombre de bassins de maturation
dépend des normes de rejet ou de la qualité microbiologique
souhaitée.
Dans ces bassins, il n'y a pas de réelle stratification
biologique et physico-chimique comme dans les lagunes
facultatives. La faible profondeur des lagunes de
maturation (de 1 à 1,5 mètres) est indispensable afin de
maintenir le bassin en conditions d'aérobiose et de
permettre aux rayons du soleil de pénétrer jusqu'au fond
du bassin.
Le but premier des bassins de maturation est l'enlèvement
des pathogènes qui repose sur la sédimentation et sur le
soleil :
 Les spores, les kystes et les oeufs de pathogènes sont
éliminés par sédimentation et se retrouvent emprisonnés
dans les boues.
 Les bactéries et autres microorganismes pathogènes sont
très sensibles aux rayons ultra-violets (UV) provenant
soleil. En plus de fournir ces UV, le soleil accentue la
photosynthèse alguale, ce qui a pour effet de consommer
rapidement le dioxyde de carbone et d'augmenter le pH du
bassin. Les rayons UV combinés à un pH élevé sont donc
responsables de l'élimination des pathogènes.
l'eau à la sortie du bassin de maturation est clair et ne présente aucune
odeur, elle sera ensuite évacuée dans le milieu récepteur.
Critères de conception :
 Cs : 100 – 140 Kg/hectare/j,
 Ts : 3 – 10 j,
 Profondeur des bassins : 1 – 1,2 m,
1ére étape :
Calculer le temps de séjour hydraulique minimal dans
le premier bassin de maturation tsmin avec la
formule suivante :

Avec:
NM1: : le niveau d’eaux usées dans le bassin de maturation
Xs : la DBO à l’entrée du bassin (mg/l)
Cs : charge surfacique (kg/m/j)
2iéme étape :
Si l’eau traitée sera utilisée pour l’irrigation de la récolte il
faudra déterminer le nombre de coliformes fécaux par 100
ml.et de oeufs d’helminthe par litre selon les formules
suivantes: Coliformes fécaux:

CF(M1): Nombre de coliformes fécaux dans le premier


bassin de maturation
Kcf: taux d’abattement de coliformes fécaux
Tsmin(M):temps de sejour minimum(j)
OEufs d’helminthe:

Hes(M1) = Hee(fac)(1 –KHe)


Hes(M1): Nombre d’oeufs d’helminthes
He: nombre d’œufs d’helminthes
Khe : taux d’abattement d’oeufs d’helminthes

Rq:
Si le nombre de coliformes fécaux et des oeufs d’helminthes sont
supérieurs à ceux requises par la norme d’irrigation, on ajoute
d’autres bassins selon les étapes suivantes :
3iéme étape :

Résoudre l’équation pour des n=1,2,3 …. jusqu’à ce que :

ts(M) soit < ts(M)min

Avec : t mmin= 5 jrs au Maroc


Le calcule de la surface de chaque bassin de maturation
prend en compte le niveau des eaux usées des bassins
de maturation NM1,NM2,….NMn entre 1 et 1.5m .
 Premier bassin de maturation (M1) :

Qe(fac)=Qe(A)-(0.001*e*S(fac)

Qe(F): débit d’entrée dans le bassin facultatif(m3/j)


Qe(A):débit d’entrée dans le bassin anaérobie(m3/j)
S(F):surface du bassin facultatif(m2)
e: évaporation net
 Deuxième bassin de maturation M2:
L’entrée du deuxième bassin c’est la sortie du
premier bassin.

Qe(M1)= Qe(fac) -(0.001*e*SM1)

La surface du troisième bassin et des bassins de


maturation qui suivent sont calculées de la même
façon.
conclusion
Il faut bien maitriser le dimensionnement et plus exactement
savoir adapter la conception aux dispositions locales
notamment la disponibilité du terrain, contraintes financières
et d'autres considérations afin d'assurer le bon
fonctionnement du lagunage pour avoir les meilleurs
rendements possibles à long terme.
Merci de votre
attention

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