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Maryline Filippi présente le fonctionnement d'une coopérative

agricole, structure appartenant à l'ESS.

Savez-vous quelles sont les spécificités du fonctionnement d’une coopérative agricole par rapport
aux autres types d’entreprises ?

Alors rappelons que les coopératives se distinguent des sociétés de capitaux en raison de leurs
relations spécifiques avec leurs associés coopérateurs. L’ensemble des règles qui régissent le
fonctionnement d’une coopérative agricoles est consigné dans les statuts de la coopérative. En
France, il y a 6 modèles de statuts associant 7 options possibles. Ces règles doivent néanmoins
respecter le cadre juridique encadrant le fonctionnement d’une coopérative, distinct selon les
législations nationales. Elles sont également assorties de certaines contraintes et de contreparties.

Pour être créée, une coopérative agricole doit être le regroupement volontaire d’au moins 7
personnes physiques ou d’entreprises ayant une activité agricole telle que définit par les statuts des
coopératives agricoles. Dans le cas des coopératives d’utilisation de matériel agricole, dite CUMA, le
nombre d’associés minimum est de 4.

L’objectif de la coopérative agricole est de « mettre en commun tous les moyens propres à
développer leur activité économique et à accroître les résultats de cette activité ». C’est leur logique
productive. Concrètement, cela signifie que la coopérative est tenue de collecter tout ou partie de la
production de ses associés coopérateurs, et cela même si les coûts de collecte sont élevés et
impactent sa rentabilité. En application du principe de l’exclusivisme, la coopérative ne peut
travailler, que pour une activité donnée (vin, céréales, lait…), qu’avec ses associés coopérateurs. Cela
signifie concrètement qu’une coopérative de collecte vente ne peut collecter que les productions de
ses coopérateurs. Cela ne signifie pas que la coopérative de collecte est limitée dans ses débouchés.
Elle peut en effet commercialiser les productions de ses membres où elle le souhaite. De même, la
coopérative d’approvisionnement peut s’approvisionner auprès des marchés sans restriction, mais
ne peut approvisionner en intrants que ses coopérateurs. Abordons maintenant le principe de
participation économique des membres et la notion de circonscription territoriale. Des règles
particulières prévalent aux principes de participation économique des membres. Comme nous
l’avons vu précédemment, une coopérative agricole est une entreprise constituée entre des
exploitants agricoles. Dans une société de capitaux les titres de propriété sont négociables soit sur un
marché boursier pour celles côtées en bourse, soit au moyen de cession- acquisition entre les
détenteurs des actions. Au contraire une coopérative est une société constituée volontairement et
librement entre les associés coopérateurs animé par un projet collectif. Dès lors le capital social n’est
pas négociable sur le marché. L’adhésion, comme le désengagement sont possibles avec l’accord
préalable de l’ensemble des membres, car la participation économique est essentielle. En tant que
société à capital variable, la coopérative agricole adapte son capital à l’activité de ses membres, lors
d’une variation d’activité ou en lien avec une adhésion ou un retrait. Il participe également au
montant de ses fonds propres. Le fonctionnement d’une coopérative française est assorti d’une autre
contrainte, celle de la territorialité, originalité des coopératives agricoles françaises. Contrairement
aux sociétés commerciales, qui ne sont pas tenues juridiquement de rester sur un territoire donné,
les coopératives agricoles françaises sont soumises à une contrainte de territorialité. Cette contrainte
signifie que ne peuvent adhérer à la coopérative que des exploitations agricoles situées dans cette
zone. Au moment de la création de la coopérative agricole, les représentants doivent eux-mêmes
définir la circonscription territoriale. La circonscription peut être étendue suite à une décision prise
en assemblée générale extraordinaire. Elle reste soumise à l’approbation du Haut Conseil de la
Coopération Agricole à la création de la coopérative et lors de toute extension de l’entreprise.
Précisons que la circonscription territoriale s’applique uniquement aux entreprises de statut
coopératif et pas à leurs filiales de droit commercial (dans le cas notamment des groupes
coopératifs). En cas de regroupement de coopératives via une union, la circonscription territoriale de
l’union correspond à la circonscription de l’ensemble des coopératives adhérentes. Il existe quelques
dispositions permettant d’assouplir ces contraintes comme, par exemple, la possibilité de travailler,
dans la limite de 20% du chiffre d’affaires HT global de la coopérative, avec des personnes morales
ou physiques qui ne sont pas adhérentes de la coopérative. Cela impose de lever l’option relative aux
tiers non associés, option qui est inscrite dans les statuts de la coopérative. Cela se justifie par le fait
que les contraintes des coopératives peuvent conduire ces dernières à réaliser des opérations avec
des tiers non associés pour les besoins de leur équilibre économique. En raison des obligations liées
aux services à rendre aux associés coopérateurs, l’Etat a souhaité pérenniser les coopératives en leur
octroyant certaines contreparties comme l’exonération de l’impôt sur les sociétés pour les activités
effectuées avec les membres, ou encore un allégement des taxes professionnelles. Leurs filiales de
droit commercial ne bénéficient pas des allégements réservés au statut coopératif.

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