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GROUPEMENT «INSTITUT ALGERIEN DU PETROLE,

CORPORATE UNIVERSITY»
IAP-CU

FORMATION INDUSTRIE
Centre des Techniques Appliquées de SKIKDA

SEMINAIRE
SPECTROPHOTOMETRIE UV-
VISIBLE
Animatrices:Mme Kharef & Mme OURACI
Date:du 08 au 10/04/2006
Lieu :SKIKDA
IAP-CU Séminaire spectrophotométrie UV-Visible

1 - LA LUMIERE

D'un point de vue physique, la lumière visible, se compose de photons. Un photon est la plus
petite partie mise en évidence de la lumière dans le sens où cette entité reste indivisible.
C'est l'élément constitutif de la lumière.

Les théories sur la physique des particules et la physique ondulatoire ont permis de définir ce
qu'est un photon, ou tout du moins ce à quoi on peut l'apparenter. En effet, on assimile à la
fois les photons à une particule et à une onde, ce qui représente un cas unique en physique.

D'un côté, les photons sont des particules car ils répondent à certaines lois de la physique
particulaire. On entend par particule une entité indivisible qui possède une masse. Lors de
leur déplacement, par exemple, les photons acquièrent une certaine quantité de mouvement
au même titre que des particules classiques comme les électrons ou les protons. Ceci oblige
à conférer une masse aux photons.

D'un autre côté, les photons se déplacent à la vitesse de la lumière, puisqu'ils en sont
l'unique constituant, et ainsi ne possèdent pas de masse, en accord avec la théorie de la
relativité d'Einstein, qui explique que lorsqu'on atteint la vitesse de la lumière, la masse
devient nulle. Ainsi, seule une onde peut atteindre cette vitesse limite.

Comme nous venons de le voir de façon très concise, les photons se comportent à la fois
comme des particules et comme des ondes, reliant ainsi deux domaines de la physique par
leurs limites respectives de façon paradoxale.

Un photon, c'est-à-dire un "grain" élémentaire de lumière, se déplace à la vitesse


infranchissable de 300 000 km/s (soit près de 8 fois le tour de la Terre au niveau de
l'Equateur en une seule seconde !). Son mouvement de base est rectiligne et uniforme, ce
qui signifie que le photon se déplace en ligne droite et à vitesse constante, sans subir
d'accélération ou de freinage. Dans certains milieux spécifiques ou à la transition de deux
milieux (air/eau par exemple), le mouvement n'est plus rectiligne uniforme
Ainsi, lorsqu'une ampoule électrique est allumée, les photons quittent l'ampoule en ligne
droite et sont émis dans toutes les directions,
On peut donc représenter le chemin d'un photon par une ligne droite, ce qui a donné
naissance au terme de rayon lumineux (et de rayon de soleil). Un rayon lumineux est donc le
tracé d'un des chemins que peut prendre un photon en quittant une source lumineuse.

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Une ampoule électrique émet des rayons lumineux

Sur le schéma ci-dessus, trois rayons lumineux arbitraires ont été représentés parmi tous
ceux que l'ampoule émet.

En réalité, l'ensemble de l'espace autour de l'ampoule est couvert par une infinité de rayons
tous très proches les uns des autres, ce qui donne l'éclairage général. Cette notion de
proximité des rayons est d'ailleurs plus visuelle que réelle, puisque la lumière éclaire de
façon continue une surface sans aucune irrégularité dans sa puissance.

Donc d’une manière générale la lumière est un rayonnement électromagnétique".


Rayonnement car, à partir de la source, la lumière se répand dans tout l’espace de façon
uniforme.
Et électromagnétique, car ce rayonnement est composé de deux grandeurs physiques, l’une
qui est un champ électrique et l’autre un champ magnétique.
Ces deux grandeurs sont inséparables dans la lumière et interagissent l’une sur l’autre en
permanence, ce qui provoque l´oscillation, c’est donc une onde, et la propagation, à une
vitesse très voisine de 300 000 km/s.
Comme tout phénomène ondulatoire, la lumière a une longueur d’onde. Il serait plus exact de
dire qu’elle en a une infinité. En effet cohabitent dans la lumière toutes les longueurs d’onde
comprises entre deux valeurs généralement assez éloignées l’une de l’autre et qui
dépendent de la nature du phénomène responsable de l´émission. Ainsi, par exemple, dans
la lumière visible, on trouve toutes les longueurs d´ondes comprises entre 0,4 et 0,8
micromètres (millième de millimètre).

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1.1 Radiation lumineuse ;

La lumière visible est constituée de radiations électromagnétiques auxquelles l'œil humain


est sensible.
Ces ondes sont perçues comme étant colorées, tandis que la superposition de différentes
longueurs d'ondes couvrant tout le domaine du spectre visible constitue une lumière blanche.

1.1.1 Théorie ondulatoire :

Elle considère la lumière comme une onde électromagnétique qui a partir d’un point se
propage en ligne droite dans toutes les directions.
Elle associe un champ magnétique et un champ électrique. Ces champs présentent des
variations oscillatoires et une propagation dans l’espace comme un front d’ondes, à l’image
des ondes entretenues à la surface de l’eau.

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Les ondes électromagnétiques sont généralement caractérisées par les grandeurs


suivantes :
longueur d'onde λ (lambda) : unité de longueur (distance) qui sépare deux pics d'onde
(exprimé généralement en nm).

Il est important de noter que la longueur d’onde est la distance entre deux points identiques
de la fonction. Par exemple, la distance entre l’origine O et le premier point
où l’amplitude est nulle A n’est pas la longueur d’onde : O et A sont différents car la dérivée
n’est pas la même, positive pour O et négative pour A !

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La deuxième grandeur est définie par rapport au temps et la même remarque que ci-dessus
s’applique
Nombre d'onde σ (sigma) : nombre d'onde par unité de longueur, (exprimé généralement en
cm-1),
Fréquence ν (nu) : Nombre d'onde par seconde (exprimé en Hz).
Ces grandeurs sont reliées par la relation suivante :

σ= 1 / λ = ν / c où c la célérité est la vitesse de la lumière (3.108 m.s-1)


™ Unités
Selon le domaine considéré, on utilise une unité différente pour la longueur d'onde par
commodité.
™ En IR
En infrarouge, les longueurs d'onde sont exprimées en micromètre (µm) appelé aussi micron.
1 µm = 10-6 m = 10-4 cm
Mais pour avoir une grandeur proportionnelle à la fréquence et donc également
proportionnelle à l'énergie on utilise souvent le nombre d'onde (toujours exprimé en
cm-1). Ainsi, à la longueur d'onde de 10µm du domaine infrarouge correspond la fréquence
3.1013Hz, le nombre d'onde σ =1000cm-1 et l'énergie 12kJ.mol-1.
™ En UV / visible
En UV, on utilise essentiellement le nanomètre (nm). 1 nm = 10-9 m

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1.1.2 Théorie quantique (PLANCK, EINSTEIN)

La lumière est constituée d’un flux discontinu de paquets d’énergie (photons). Les photons
ont une certaine énergie.
Les effets de la lumière sur les récepteurs rétiniens sont proportionnels au nombre de
photons et à leur énergie propre, d’où l’importance de la composition spectrale.
L’énergie d’une radiation est en rapport avec sa pénétration dans un milieu ( les rayons
cosmiques traversent les couches terrestres sur plusieurs km). L’énergie est inversement
proportionnelle à λ ; les radiations IR sont moins pénétrantes que les UV.

E =h ν

Avec h : constante de PLANCK = 6.62.10-34 j.

1.2 Spectre lumineux :

1.2.1 Qu’est-ce qu’un spectre ?


La lumière reçue sur Terre étant composée d’un grand nombre de longueur d’ondes
différentes, il importe de les séparer pour les mesurer et en déduire la nature physique du
corps qui la émise. Dans le cas de la lumière visible, nous allons utiliser le phénomène de
réfraction qui a lieu lorsque la lumière passe d’un milieu à un autre. Lors de ce passage (par
exemple le passage de l’air à l’eau ou du vide à l’air), un rayon lumineux est dévié d’un angle

d’autant plus grand que sa longueur d’onde est courte. Pour que le phénomène soit bien
observable, il faut que les deux milieux soient très différents (air et verre) et que le
phénomène soit amplifié. Ce phénomène a lieu naturellement quand se produit un arc-en-
ciel, La lumière blanche du Soleil (composée de toutes les longueurs d’onde, c’est-à-dire de
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toutes les couleurs) est séparée en une infinité de rayons ayant chacun une longueur d’onde
bien définie que notre œil voit sous forme de couleurs différentes. Cette décomposition de la
lumière blanche est appelée le spectre visible qui va du violet au rouge.

1.2.2 La visualisation du spectre de la lumière blanche :

Voyons, grâce au schéma ci-dessous, comment on peut visualiser ce spectre. Une fente
fine, placée au foyer d’une lentille L, est éclairée par une source de lumière blanche. Après
passage sur l’arrête du prisme l’ensemble des rayons est projeté, à l’aide d’une lentille L´, sur
un écran. Sur l’écran on observe une infinité d’images de la fente, chaque image étant d’une
couleur très légèrement différente de celle de sa voisine.

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™ Le spectre électromagnétique

En fait, le spectre de la lumière visible fait partie du spectre électromagnétique beaucoup


plus vaste s'étendant du rayonnement gamma (longueur d'onde pouvant descendre en
dessous 10-13m jusqu'au rayonnement hertzien (longueur d'onde pouvant dépasser 10 4 m ).
L'œil humain n'est donc sensible qu'à un tout petit domaine des ondes électromagnétiques.
L'homme, cependant, utilise de nombreuses sources de radiation non visibles.
Les rayons gamma permettent de traiter certaines tumeurs.
Le soleil nous réchauffe avec les radiations infrarouge et nous fait bronzer avec le
rayonnement ultraviolet.
Les micro-ondes font fonctionner les téléphones cellulaires et les fours à micro-ondes

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1.3 Solutions colorées :

™ Spectre de bande :

Un objet nous apparaît blanc lorsqu’il renvoie vers l’œil toutes les radiations qui composent la
lumière blanche. Ainsi, un pull, éclairé en lumière blanche nous apparaît blanc parce qu’il
renvoie toutes les radiations qu’il reçoit.
Un objet nous apparaît coloré parce qu’il renvoie vers l’œil les radiations lumineuses
correspondant à la couleur perçue : un pull est rouge vif parce qu’il renvoie des radiations
rouges (et donc pas de radiations bleues ni vertes par exemple). Pourtant le pull, éclairé en
lumière blanche a reçu les radiations de toutes les couleurs, du violet au rouge. Qu’a-t-il fait
des radiations qu’il ne renvoie pas ? il les a absorbées !
Il en va de même avec la solution de permanganate : elle est pourpre ; pourquoi ?
Parce qu’elle renvoie des radiations qui vont donner une impression lumineuse pourpre à
l’œil et au cerveau.
La lumière transmise est donc composée de radiations rouges et de radiations bleues.
Y a-t-il du vert ? Du jaune ? Non ou moins, ces radiations étant absorbées par la solution.
Pour le vérifier, nous pouvons faire l’expérience suivante

. Spectre d’absorption de l’eau

miroir

réseau

Spectre d’absorption de la solution

cuve d’eau
cuve de solution de KMnO4
fente 4
rétroprojecteur

Toutes les radiations correspondantes à la lumière blanche et qui passent par la cuve d’eau,
transparente car elle n’absorbe pas dans le visible, se retrouvent dans le spectre continu.
Par contre, ces mêmes radiations, ayant traversé la solution de permanganate de potassium
se retrouvent, mais partiellement dans le spectre continu : certaines ont été absorbées.
Lesquelles ?
Celles qui correspondent aux bandes sombres.

Lors du passage de la lumière à travers un milieu transparent et coloré, certaines plages de


radiations initialement présentes dans le spectre continu de la lumière blanche incidente sont

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absorbées. Le spectre de la lumière colorée présente des bandes sombres d’absorption. Les
radiations absorbées dépendent de la nature du milieu.

™ Remarque : la couleur absorbée est la complémentaire de la couleur perçue puisque, par


définition, lorsque l’on ajoute deux couleurs complémentaires, on obtient du blanc.

™ Application : quelle serait l’allure du spectre d’absorption d’une solution de sirop de


menthe ?
Le sirop de menthe apparaît vert : il absorbe tout ce qui n’est pas vert ⇒ il absorbe le rouge
et le bleu

spectre de sirop de menthe

1.4 Principe de l’absorption et émission :


La physique quantique a montré que les électrons d'un atome occupent des niveaux
énergétiques non pas continus, mais discrets, dont la différence correspond à un quantum
précis d'énergie :
∆E = En – En-1 = hν

avec h = cste de Planck = 6.6262 .10-34 J.s

Tout apport d'énergie est susceptible d'être absorbé par un des électrons de l'atome et de lui
permettre de sauter à un niveau énergétique plus élevé (orbitale d'énergie plus élevée). Dans
cette opération, l'électron n'absorbe que la quantité juste nécessaire (quantum) pour passer
à son nouvel état, dit excité. On parle alors du phénomène d’absorption.
L'électron ne reste que très peu de temps dans son état excité, et redescend à un niveau
énergétique inférieur en remettant les quanta déterminés. On parle alors du phénomène
d'émission.

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Comment les choses se passent-elles ?

™ L’absorption par un gaz :

Derrière la fente plaçons une cuve transparente contenant un gaz de telle sorte que la
lumière traverse la cuve sans être déviée. Sur l’écran on constate alors qu’à l’emplacement
de certaines images de la fente, il n’y a plus de lumière. Ces raies noires (sans lumière) sont
appelées des raies d’absorption. La lumière provenant de la source a été absorbée par le
gaz contenu dans la cuve et ceci pour certaines longueurs d’onde seulement.

Nous sommes donc en présence d’une interaction entre la matière et le rayonnement, qu’il
va falloir expliquer. L’observation de raies noires permet de remonter à la nature du gaz
traversé par la lumière : c’est ainsi que la lumière qui nous vient du ciel nous dévoile la
composition chimique des milieux traversés.

Considérons comme exemple, l’atome d’hydrogène et voyons comment ces raies peuvent se
produire.
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Les niveaux d’énergie :

Bien que l’atome d’hydrogène ne possède qu’un électron, il possède néanmoins tous les
niveaux K, L, M, N, 0, P et Q. Ceux-ci sont simplement inoccupés.
Ces niveaux sont des niveaux d’énergie. Ils ne peuvent être occupés que par des électrons
dont l’énergie (énergie cinétique + énergie électrique) est rigoureusement égale à celle du
niveau. Les énergies des niveaux vont en croissant au fur et à mesure que l’on s’éloigne du
noyau.
Pour passer du niveau K (appelé fondamental) au niveau L, l’électron devra donc recevoir
exactement la quantité d’énergie correspondant à la différence E(L)-E(K).
Remarquons, que s’il reçoit la différence E(M) - E(K), il passera alors directement du niveau
K au niveau M. On pressent déjà, quelle analogie avec la structure complexe des spectres
cela suggère. Rien d’étonnant, puisque c’est pour expliquer la formation des raies spectrales
que ceci a été supposé, puis confirmé

™ Les raies spectrales en absorption

Quel phénomène invoqué pour établir une relation entre les raies spectrales et les niveaux
d’énergie dans l’atome ? Il revient à M. Planck d’avoir trouvé la solution.

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L’électron est normalement sur l’orbite K. S’il a été entraîné sur une autre orbite (M, N, etc.)
par une excitation quelconque, il retombe rapidement sur le niveau K. Ce passage de
l’électron d’un niveau supérieur au niveau K est accompagné d’une émission lumineuse dont
la fréquence est telle que la différence des énergies entre les 2 niveaux concernés
E(M) - E(K) = hv
Revenons à notre cuve et considérons un atome du gaz de celle-ci.
Si un atome absorbe une radiation lumineuse de fréquence v (telle que ∆E = hv) l’électron
passera de l’orbite K à une orbite d’énergie supérieure. Cet électron retombera rapidement
sur K en réémettant une radiation lumineuse de même fréquence que celle qui avait arraché
l’électron du niveau K. Mais cette émission aura lieu dans toutes les directions. Dans la
direction d’observation (l’écran) il y aura donc beaucoup moins de lumière que si la radiation
n’avait pas été absorbée. Ce défaut d’énergie se traduit par les raies plus ou moins sombres
que l’on observe sur l’écran.
Les spectres de la très grande majorité des gaz sont constitués de très nombreuses raies
(souvent des milliers).
Pour un gaz donné, pris dans les mêmes conditions de température et de pression, les raies
que l’on observe se situent toujours aux même longueurs d’onde. Par contre pour deux gaz
différents, quels qu’ils soient, les raies seront toujours différentes.

™ Première conséquence : de l’examen d’un spectre on peut identifier le gaz responsable


du spectre. Les raies sont la signature du gaz.
Par contre l’aspect des raies dépend des conditions dans lesquelles se trouve le gaz.

™ Deuxième conséquence : on peut connaître, par l’étude des raies d’un spectre les
conditions physiques dans lesquelles se trouve le gaz.

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En étudiant des centaines de spectres, Rydberg montra que la position des raies est
parfaitement définie par la formule suivante :

La présence de nombres entiers dans une formule permettant de calculer une fréquence
(donc une longueur d’onde) était très surprenante. Pourquoi la fréquence v ne pouvait-elle
pas varier de façon continue ?
Il y a deux choses à expliquer.
Pourquoi les niveaux d’énergie dans l’atome ne peuvent prendre que certaines valeurs?
Quel processus invoqué pour établir une liaison entre les raies observées et les niveaux
d’énergie ?

™ La solution de Planck

En 1901, M. Planck fait l’hypothèse que l’énergie ne peut pas varier de façon continue. Les
échanges ne peuvent se faire que par multiples d’une quantité élémentaire
(le quantum d’énergie) qu’il désigne par la lettre h et dont il calcule la valeur :
h = 6,62 .10-34 J.s
La lumière ne peut donc échanger de l’énergie avec la matière que par paquets (les photons)
selon la formule :
E = h.v où E est l’énergie, h la constante de Planck et v la fréquence de la lumière.
On admettait généralement que l’atome devait ressembler à notre système solaire avec un
noyau central contenant la plus grande partie de la masse de l’atome, noyau autour duquel
devaient tourner des électrons qu’il était possible d’arracher de l’atome dans certaines
circonstances( phénomènes électriques).
Niels Bohr établit en 1913 le premier modèle d’atome approchant la réalité. Il calcule des
trajectoires circulaires en appliquant la loi de Coulomb et en imposant la condition que
l’énergie de l’électron sur cette trajectoire soit un multiple de la constante de Planck
(quantification des trajectoires). Il trouve alors que l’électron ne peut se déplacer que sur
quelques trajectoires stables correspondant à différentes valeurs de l’énergie (niveaux
d’énergie). Il nomme ces niveaux d’énergie K, L, M, N, O, P et Q. Ce modèle d’atome rend
parfaitement compte des raies observées dans le spectre de l’hydrogène.
Remarque : la complexité des calculs pour les autres atomes qui possèdent plus d’un
électron ne permit pas de vérifier que ce modèle était également valable pour les autres
corps. Il a fallu attendre la venue des ordinateurs pour entreprendre cette vérification.
En attendant, et grâce aux progrès des techniques spectroscopiques, de nombreuses
améliorations durent être apportées au modèle de Bohr pour rendre compte des nouvelles
observations faites (rotation de l’électron sur lui-même spin, trajectoires elliptiques, ). Les
modèles actuels font appel à la mécanique quantique.
Les choses sont alors simples. Un photon (de lumière) dont la fréquence est telle qu’il peut
faire passer un électron du gaz de la cuve du niveau K au niveau L est absorbé par le gaz.
Un électron passe du niveau K au niveau L. L’électron sur le niveau L ne peut y rester très
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longtemps. Il redescend donc sur le niveau K en réémettant un photon (c’est-à-dire de la


lumière à la même fréquence que celle qui a été absorbée). Mais cette lumière est réémise
dans toutes les directions. Dans la direction de l’écran, il n’y en aura qu’une infime partie,
donc un défaut de luminosité qui se traduira sur l’écran par une raie plus ou moins sombre.
L’hypothèse de Planck généralise la discontinuité en physique

™ La matière est discontinue : les atomes


™ L’électricité est discontinue : les électrons
™ L’énergie est discontinue : les quanta
™ La lumière est discontinue : les photons

Selon la valeur de l'énergie ∆E, différent processus sont engagés.

Si l'énergie est intense (rayons X), on arrive à exciter les électrons de cœur (couches
internes) d'un atome.
Si l'énergie est moins intense (ultraviolet-visible), on excite les électrons externes (impliqués
dans des liaisons de valence). Loi de Lambert-Beer.
Ensuite (domaine infrarouge), on peut exciter les modes de vibration (élongation et
déformation des liaisons).
Enfin tout en bas de l'échelle des énergies, on excite les spins électroniques (résonance
paramagnétique électronique) ou de spins nucléaires (résonance magnétique nucléaire).

A part, on distingue une autre méthode. En effet, si l’énergie est très intense, on peut
fragmenter la molécule. C’est qui se produit en spectrométrie de masse.
Tout processus favorable d'interaction photon-matière résulte d'une transition énergétique
entre un niveau fondamental et un niveau excité.

Le tableau suivant résume la corrélation entre l'interaction produite et les domaines de


fréquence.

Les domaines de fréquence Processus d'excitation

Rayons X (RX) Electrons internes


Domaine Ultra-violet (UV) Electrons de valences
Domaine visible Electrons de valence
Domaine infra-rouge (IR) Vibration des liaisons
Domaine micro-ondes (µO) Rotation
Ondes télé (TV)
Ondes radios Spins nucléaires

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2 LA SPECTROPHOTOMETRIE

La technique de spectrophotométrie ou d'absorptiométrie est basée sur la propriété de la


matière, et plus particulièrement de certaines molécules, d'absorber certaines longueurs
d'ondes du spectre UV-visible. Elle permet de réaliser des dosages grâce à la loi de Lambert-
Beer qui montre une relation de proportionnalité entre l'absorbance et la concentration, aussi
bien qu'une étude structurale des complexes par l'étude des spectres d'absorption.
Cette méthode est basée sur l'utilisation d'un spectrophotomètre qui détermine l'absorption
d'une solution pour une longueur d'onde donnée ou pour une plage de longueurs d'ondes
judicieusement choisie.

2.1 Théorie de la spectrophotométrie

L'absorption d'un photon correspondant au domaine de longueur d'onde de l'ultraviolet et du


visible, provoque une augmentation de l'énergie de la molécule de l'ordre de 400000 J.mol-1,
conduisant à un changement de l'état électronique, vibrationnel et rotationnel de la molécule :

hν = (∆ E)électronique + (∆E)vibrationnel + (∆E)rotationnel

L'absorption d'un photon se fait par 3 différences d'énergie


Pour une transition électronique donnée, il existe de nombreuses possibilités différentes pour des
transitions vibrationnelles et rotationnelles, il y aura donc absorption dans un assez large domaine
de longueur d'onde et si la résolution de l'appareil n'est pas suffisante on verra, comme c'est souvent
le cas, de larges bandes d'absorption ; quelquefois dans des conditions favorables on pourra
résoudre la structure fine de vibration.
Lorsque la lumière arrive sur un milieu homogène, une partie de cette lumière incidente est
réfléchie, une partie est absorbée par le milieu et le reste est transmis.
™ Intensité et flux
L'intensité est un mot qui désigne diverses grandeurs qui n'ont pas la même dimension. En
photométrie, l'intensité est un flux d'énergie par unité d'angle solide délivré par une source
ponctuelle. Or dans la pratique, une source n'est jamais ponctuelle mais rayonne. L'angle
solide est considéré identique pour la référence et la mesure, on assimile le flux lumineux à
l'intensité.

Si Io est l'intensité de la lumière incidente,

Ir celle de la lumière réfléchie,

Ia celle de la lumière absorbée,

It celle de la lumière transmise, on peut écrire la relation suivante : Io = Ir + Ia + It

Pierre BOUGUER (1698-1758) en 1729, Jean Henri (Johann Heinrich) LAMBERT (1728-
1777) en 1760 et August BEER (1825-1863) ont particulièrement étudié les relations qui
existent entre l'intensité incidente et l'intensité transmise. La spectrophotométrie et la
colorimétrie sont fondées sur la loi de Lambert Beer.

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™ Loi de Bouguer - Lambert


Lorsqu'une lumière monochromatique d'intensité I0 traverse un milieu homogène, l'intensité
de la lumière émergente I décroît exponentiellement lorsque l'épaisseur l du milieu absorbant
augmente.

I = I0 e –al

a est une constante appelée coefficient d'absorption, caractéristique du milieu et de la


longueur d'onde considérés.
™ Loi de Beer
En analyse quantitative, on étudie principalement des solutions. Dans ce cas, la loi de Beer
fait intervenir les concentrations. Elle s'exprime sous une forme tout à fait semblable à la
précédente :

I = I0 10-ε l c

où ε est un coefficient d'absorption caractéristique de la substance appelé coefficient


d'extinction, l est l'épaisseur de la cuve et c la concentration de la solution.

2.2 Loi de Lambert - Beer


Finalement la relation fondamentale utilisée en spectrophotométrie est présentée sous la
forme :

I0 I log I0 / I =ε l c Loi de Lambert- Beer

La transmission T est définie comme le rapport de l'intensité transmise à l'intensité incidente

T = I / I0

On l’exprime souvent en pour-cent (%)


L’absorbance(densité optique) A (ou extinction E) est le logarithme du rapport inverse :

A = log I0 / I

La constante de proportionnalité ε est appelée coefficient d’extinction.


L'épaisseur de la cuve l est exprimée en centimètres, le coefficient d'extinction dépend de la
manière dont est exprimée la concentration de la solution.
Si la concentration est exprimée en grammes par litre, ε est appelé coefficient d'extinction
spécifique.

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Si la concentration est exprimée en moles par litre, ε est appelé coefficient d'extinction
molaire.

2.2.1 Propriétés du coefficient d’extinction

D’après la loi de Lambert-Beer, ε est indépendant de la concentration. Dans le cas des


solutions, il dépend du corps dissous, de la longueur d’onde, de la température et il est, en
principe, indépendant du solvant.
La figure suivante représente, à titre d’exemple, les variations du coefficient d’extinction
molaire ε du permanganate en fonction de la longueur d’onde λ. Le permanganate présente
une bande d’absorption (région d’un maximum d’absorption) vers 500-570nm.
ε peut varier considérablement. Les plus hautes valeurs connues en analyse sont voisines de
105.
La température agit sur la forme des courbes d’absorption en fonction de la longueur d’onde.
D’une manière générale, l’élévation de température déplace les bandes d’absorption vers le
rouge.

5000

2500

400 500 600 700 nm

2.2.2 Validité de la loi de Lambert - Beer

La loi de Lambert-Beer est une loi limite qui exige des conditions idéales aussi bien pour le
faisceau, qui doit être monochromatique, que pour la solution dans laquelle on suppose
l’absence de toute action étrangère au faisceau lumineux sur le corps absorbant.

™ La lumière utilisée doit être suffisamment monochromatique.


Soient deux faisceaux de longueurs d’ondes λ et λ' différentes et d’intensité I0 et I'0. On a :

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log I0 / I = ελl c et log I'0 / I' = ελ' l c.

Si la loi de Beer était vérifiée pour l’ensemble de la lumière utilisée, on devrait avoir :

log I0 + I'0 / I + I' = ε l c.

ce qui ne peut évidemment pas être déduit des relations précédentes qui, au contraire,
donneraient :

log I0 + log I'0 – (log I + log I') = (ελ + ελ’) l c.

Les appareils de mesure (œil ou cellule photoélectrique) sont sensibles à mI + nI' et non à
logI + log I'. On n’a donc plus de relation de proportionnalité par rapport à c.
Dans la pratique, l’intervalle de longueur d’onde utilisé ne peut être nul et ελ ne peut être
constant, en général. On se rapproche des conditions idéales en réduisant l’intervalle de
longueurs d’onde, ou en le choisissant pour qu’il chevauche un maximum (ou un minimum)
de la courbe ε = f(λ) du corps considéré. Dans ces conditions on réduit les variations de ελ
pour le faisceau utilisé, et la loi de Lambert - Beer pourra être vérifiée avec une certaine
approximation dans un plus grand intervalle de concentrations.

™ La concentration de la substance colorée ne doit pas être très élevée.


Le coefficient ε dépend de l’indice de réfraction n de la solution. D’après la théorie de la
dispersion, ce n’est pas ε, mais la fonction εn / (n2 + 2)2 qui est indépendante de la
concentration. Généralement n, et par suite, ε croissent avec la concentration du corps
dissous (puisque n>1).
Dans le cas des mesures usuelles, si la concentration ne dépasse pas 10-2 mol/l, l’erreur
relative atteint rarement 0.1%. Elle est donc négligeable. Aux concentrations plus élevées et
dans certains cas particuliers, il n’en est plus ainsi.

™ La loi n’est pas suivie dans le cas de substances fluorescentes ou de suspensions.

™ On peut avoir des variations apparentes très apparentes lorsque la dilution déplace
sensiblement les équilibres chimiques

Soit par exemple le complexe AB.

On a AB A + B avec A B / AB = K.
Soit α la fraction de AB totale dissociée et c0 la concentration totale.
On a :
α2 c02 / c0 (1-α) = K ou α2 / 1 - α = K / c0

Nous voyons que lorsque c0 diminue, la dissociation du complexe augmente. Nous donnons
pour K= 10-4 et K = 10-10 les valeurs de AB en fonction de la concentration totale :

Réalisé par Mme Kharef & Mme Ouraci 20


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c0 AB pour K = 10-4 AB pour K = 10-10

10-1 0.997.10-1 0.999.10-1

10-2 0.905.10-2 0.999.10-2

10-3 0.78.10-3 0.997.10-3

10-4 0.40.10-4 0.990.10-4

Lorsque le complexe est notablement dissocié la loi de Lambert - Beer n’est plus
apparemment suivie.
Si l’on veut que α reste inférieur à 1% il suffit que K / c0 ≤ 10-4. L’écart reste donc négligeable
à 1% près tant que c >104 K. Plus le complexe est stable, plus on peut diluer sans observer
de perturbations.
Si le complexe n’est pas trop instable, on peut encore maintenir α inférieur à 1% malgré la
dilution en ajoutant un grand excès d’ions complexants.
Si le complexe est trop instable, il faut maintenir constante la concentration des ions
complexants en excès au cours de la dilution.

2.3 Loi d’additivité

Supposons qu’un faisceau lumineux monochromatique traverse successivement deux


solutions différentes de même épaisseur l . Soient ε1 et c1 ; ε2 et c2 les coefficients
d’absorption et les concentrations de chacune d'elles.
L’absorbance de l’ensemble est :

A = log I0 / I2 =log I0 / I1 x I1/ I2= log IO / I1 + log I1 / I2 = A1 + A2

Elle ne dépend que du nombre de particules absorbantes rencontrées, et elle serait la même
si les deux composés absorbants étaient dissous aux mêmes concentrations dans une
même solution d’épaisseur l.

ε1 c1 ε2 c2 ε1 c1
l l ε1 c2

I0 I1 I2 I0 I2"

Réalisé par Mme Kharef & Mme Ouraci 21


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A
On peut écrire d’une manière générale

A = ε1 l c1 +ε2 l c2 +………+ εn l cn

Cette propriété est importante et elle est la base de la plupart des déterminations et elle
permet en particulier le dosage des corps absorbants les uns en présence des autres.

2.3.1 Validité du principe d’additivité des absorbances.

Le problème courant est celui où l’on a plusieurs substances absorbantes.


Soient deux solutions absorbantes différentes de caractéristiques connues I0, ε1 ,c1 ,l ,I1 et I0,
ε2, c2 l, I2 (figa) On a :
A1= log I0/ I1 et A2 = log I0 / I2

ε1 c1

I0 I1
ε1 c1
ε1 c1 ε2 c2 ε2 c2

A1 I0 I1 I2 ’ I0 I2’’

ε2 c2 A1 A2’ A

I0 I2

A2
(a) (b) (c)

Supposons maintenant que l’on place les deux solutions 1 et 2 l’une après l’autre sur le trajet
du même faisceau lumineux (fig b). Les absorbances successives sont :

A1 = log I0 / I1 et A' 2 = log I1 / I'2

Supposons enfin que l’on ait une solution d’épaisseur l et contenant à la fois les deux
substances aux concentrations c1 et c2 (fig c). L’absorbance est :

A = log I0 / I"2

S’il y a additivité des absorbances, on peut écrire :

Réalisé par Mme Kharef & Mme Ouraci 22


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A1 + A2 = A1 + A'2 = A
(1) (2)

La relation d’additivité des absorbances permet de relier l’absorbance globale, que l’on
mesure aux absorbances individuelles, ce qui est très utile.

™ En lumière monochromatique, il y a toujours additivité et l’absorbance apparente mesurée


est la somme des absorbances individuelles. En effet, même si la loi de
Lambert-beer ne s’applique pas, les écarts ne peuvent être dus qu’aux propriétés
de la solution (indice de réfraction, actions intermoléculaires ou équilibres
chimiques),et ils sont indépendants de l’intensité du faisceau incident.
L’égalité (1) est donc vérifiée. L’égalité (2) sera aussi vérifiée, sauf dans le cas où
le mélange des composés change les forces intermoléculaires, provoque des
réactions chimiques ou déplace des équilibres. Il est bon d’effectuer une vérification
expérimentale dans chaque cas envisagé.
™ Les écarts dus à la polychromaticité ne dépendent pas de la répartition spatiale des
molécules rencontrées, et par conséquent l’égalité (2) reste vérifiée.
Par contre , c’est maintenant l’égalité (1) qui est faussée. On sait que l’absorbance
apparente d’une solution dépend de la composition spectrale du faisceau incident si
ε n’est pas constant. Par conséquent, si la solution (2) ne réalise pas ces
conditions, il faut, pour que A'2 = A2, que le faisceau I1 ait la même composition que
I0, c’est à dire
que ε soit constant.
Il faut donc toujours, dans ce cas, que l’une des deux solutions ait un coefficient
d’extinction indépendant de la longueur d’onde dans l’intervalle utilisé.
Dans le cas où cette condition n’est pas vérifiée, l’écart observé dépend de la
composition spectrale du faisceau incident, de la forme et de la place respectives des
bandes d’absorption de chacun des corps absorbants.
D’une manière générale, si, parmi n corps absorbants en solution, il en existe
seulement k, qui vérifient la condition ε = constante, la relation d’additivité se réduit
à:
k
A = ∑ εi l ci + A'

A' étant l’absorbance due aux corps n’ayant pas leur coefficient ε constant.
Les conséquences pratiques de ces règles sont très importantes. En effet, on obtient
souvent l’absorbance due à un composé coloré à doser de la façon suivante : on
détermine la différence entre l’absorbance de l’ensemble cuve, solvant et tous les
composés absorbants présents, d’une part, et l’absorbance de l’ensemble, solvant et
tous les composés absorbants, sauf le composé à doser, d’autre part. Cette
différence ne correspond à l’absorbance du corps à doser, mesurée sur une solution
pure et en utilisant le même faisceau incident que si la lumière est monochromatique
ou, dans le cas contraire, si lui ou tous les autres corps suivent la loi de Beer.
Il suffit évidemment que ces conditions soient vérifiées à 0,2% ou 1% près, selon la
précision que l’on désire obtenir.

Réalisé par Mme Kharef & Mme Ouraci 23


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3 PRINCIPE DES METHODES SPECTROPHOTOMETRIQUES

3.1 Méthodes de comparaison visuelle

L’œil ne peut apprécier que l’égalité de deux intensités lumineuses, sa sensibilité aux
différences d’intensité dépend d’ailleurs de la longueur d’onde de la lumière. Il est sensible à
la lumière verte donc aux différences d’intensité de solution qui la laissent passer. En outre, il
faut pour effectuer cette comparaison que l’œil reçoive simultanément les deux faisceaux à
comparer. Les méthodes visuelles tendent donc, en général, à réaliser l’égalité d’intensité de
deux faisceaux lumineux l’un ayant traversé une solution de référence, l’autre la solution à
analyser. On peut ainsi ramener les deux solutions à avoir la même absorbance, soit
déterminer la différence entre leurs absorbances en compensant par un dispositif étalonné la
différence des intensités lumineuses émergentes

3.1.1 Principe :

Au cours de l’analyse la quantité d’élément ou l’ion à doser est déterminé d’après l’intensité
de la coloration de la solution due à la présence de quelques composés de cet élément.
Plus la teinte est vive, plus la concentration en élément de la solution est élevée et vice
versa.
Si les couleurs de deux solutions contenant le même élément et se présentant dans les
même conditions sont identiques, leurs concentrations sont aussi égales.

3.1.2 Colorations de solutions :

Peuvent parfois apparaître dés qu’on dissout la substance à analyser à conditions que sa
dissolution entraîne la formation des ions ou des molécules colorées avec suffisamment
d’intensité (MnO4- ,CrO4-2)
Si le corps à doser est peu absorbant on ajoute un réactif convenable qui donne un composé
absorbant
Ex : pour le dosage du fer il faut ajouter à la solution a étudier du thiocyanate d’ammonium
NH4CNS ce dernier forme avec l’ion Fe+3 un composé Fe(CNS)3 d’une teinte intense rouge
sang

3.1.3 Procédés de comparaison des colorations

Pour pouvoir déterminer la concentration d’une solution à étudier en comparant les


colorations de celle ci avec une solution étalon, il faut que les deux solutions se trouvent
dans les conditions absolument a analyser.

™ Les couleurs de la solution à étudier et la solution étalon sont comparées


dans des récipients identiques.

™ les deux solutions doivent recevoir absolument le même éclairage.

™ la réaction doit s’opérer simultanément dans les deux solutions car la teinte change
souvent avec le temps.

Réalisé par Mme Kharef & Mme Ouraci 24


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™ au cas où la solution à étudier contient des ions étrangers influent sur la coloration, et si
cette influence ne peut en aucune façon être éliminer il faut introduire des quantités à peu
prés semblables de cessions dans la solution étalon.

3.1.3.1 Comparaison à une série d’étalons

2g 3g 6g 7g [ ] inconnu

série d’étalons solution inconnue

La solution inconnue est comparée à des solutions du même corps à différentes


concentrations, préparés de manière identique en particulier si le corps coloré est obtenu par
l’addition d’un réactif chaque solution doit contenir la même quantité de réactif lorsque deux
solutions comparées sont dans des conditions tout à fait semblables ont des teintes
identiques, elles correspondent à des teneurs égales élément .

3.1.3.2 Méthodes de titrage colorimétrique :

On verse dans une éprouvette la solution à étudier et la quantité nécessaire de réactifs


favorisant la coloration, on introduit dans une autre éprouvette servant à la préparation de la
solution étalon la même quantité de réactif, on aborde ensuite le titrage colorimétrique de la
solution étalon on ajoute peu à peu à partir d’une burette une solution titrée du composant à
doser et cela jusqu’à l’obtention de la même coloration que celle de la solution à étudier.

3.1.4 Précisions en colorimétrie visuelle

En général les erreurs dues aux traitements chimiques et à l’appareil sont négligeables par
rapport à l’erreur apportée par le manque de sensibilité de l’œil aux variations d’intensité
lumineuse. L’erreur relative est souvent de l’ordre de 5% et même, dans des conditions
défavorables de 10 à20% ; parfois elle est de 1%.

3.2 METHODES PHOTOELECTRIQUES :

Contrairement à l’œil les cellules photoélectriques permettent de comparer des intensités


lumineuses inégales et ceci à des instants différents. En outre leur utilisation n’est pas limitée
aux radiations visibles.
C’est seulement avec certains appareils de ce type que l’on peut espérer atteindre de
Réalisé par Mme Kharef & Mme Ouraci 25
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0,1%sur la détermination des concentrations et par conséquent faire de la colorimétrie


précise.

3.2.1 Dosage photoélectrique :

™ Dosages = applications de la loi de (Lamber-Beer) : Deux cas sont possibles :

™ La substance à doser possède un pic d'absorption caractéristique dans le visible


(substance colorée) ou dans l'UV ; on fait alors un dosage direct.

™ La substance à doser ne possède pas de pic d'absorption caractéristique ; il faut alors


effectuer une réaction colorée ; on fait alors un dosage indirect.

Substance incolore + réactif coloré produit coloré

3.2.2 Conditions d’une bonne méthode de dosage :

™ spécificité : la réaction colorée doit être spécifique de la substance à doser


(qui doit être seule à réagir avec les réactifs de coloration).

™ solubilité : Le produit coloré obtenu doit être soluble ; la solution doit être limpide pour
permettre une lecture en spectrophotométrie d'absorption.

™ stabilité : la coloration doit être stable pendant un certain temps, pour permettre
d'effectuer les lectures sans que la coloration n'évolue ; généralement il faut une certaine
durée de développement de la coloration pour qu'elle soit stable.
.
™ proportionnalité : l'intensité de la coloration obtenue (son absorbance) doit être
proportionnelle à la quantité de substance à doser présente ; cela nécessite de mettre les
réactifs de coloration en excès (pour que la réaction colorée soit totale), et
éventuellement de diluer la solution à doser (pour être dans les conditions de validité de
la loi de Lambert-Beer).

™ sensibilité : la réaction colorée doit être sensible, pour permettre de doser des solutions
de faibles concentrations.

3.2.3 Méthode directe

™ Elle consiste à mesurer A et à calculer c .


Elle nécessite de connaître ε de la substance à doser à la longueur d'onde choisie, et de
bien caler le monochromateur, car ε varie λ.

3.2.4 Méthode indirecte

™ Elle ne nécessite pas de connaître ε

™ Elle permet de vérifier la linéarité, et tient compte des éventuelles erreurs de


Réalisé par Mme Kharef & Mme Ouraci 26
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manipulation (tracé d'une droite statistique)

3.2.5 Principe

On mesure l’absorbance A de la solution à analyser on en déduit la concentration c au


moyen de l’équation A = ε l c ; ε l est détermine une fois pour toutes dans des conditions
strictement identiques sur une solution de concentration connue placée dans une cuve
identique.
En pratique, l’intensité incidente diffère de l’intensité émergente, non seulement parce que la
lumière a été partiellement absorbée par le corps à doser, mais aussi parce qu’une partie a
été réfléchie par les faces de la cuve, ou absorbée par la cuve et le solvant. Pour tenir
compte de ces perturbations, il est nécessaire d’effectuer un essai à blanc c’est à dire qu’on
doit d’une façon ou d’une autre retrancher la densité optique due à une cuve identique et au
solvant de l’absorbance totale : cuve + solution inconnue
D’une façon plus générale, si on veut doser un corps B en présence d’autres absorbants y
compris naturellement le solvant et la cuve on déterminera la différence de densités optiques
due à B en comparant l’absorption due à tous les corps à celle tous les corps sauf B.

™ Essai à blanc : on détermine la différence d’adsorption entre l’ensemble cuve plus


solution inconnue et une cuve identique contenant le solvant

™ Choix de longueur d’onde pour chaque matière

Chaque matière a sa propre courbe d’absorption. Elle montre le rapport entre l’absorption et
la longueur d’onde.

A = log IO / I = f (λ ).

On choisit la longueur d’onde correspondant au sommet de la courbe pour les raisons


suivantes :
Au sommet de la courbe, l’absorption est réalisée le plus sensiblement qu’aux autres
longueurs d’ondes puisque le changement de l’absorption provoqué par un écartement de
longueur d’onde est relativement petit au environ du sommet par rapport aux autres points.

Réalisé par Mme Kharef & Mme Ouraci 27


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courbe d’absorption

∆A

∆A

∆λ ∆λ λ

™ Courbe d’étalonnage

Lors de l’analyse absorptiométrique, on peut en principe utiliser la formule A = ε l c


mais si on ne connaît pas ε l, on doit utiliser la courbe d’étalonnage.
Pour trouver la concentration inconnue, on construit le graphe donnant A en fonction de c.
Pour cela, on prépare des solutions étalons qui contiennent des concentrations connues de
la substance. D’habitude on prépare la solution étalon mère et par sa dilution on prépare les
solutions filles contenant des quantités croissantes et connues de la substance.
La loi de Lambert-Beer étant généralement vérifiée dans l’intervalle d’absorbance 0 - 1,3 ; les
concentrations des solutions étalons(au moins 5 solutions) seront choisies de façon à couvrir
tout cet intervalle.
De façon à avoir la précision la plus grande possible dans la détermination de la
concentration de la solution inconnue, l’absorbance mesurée pour cette solution
(éventuellement diluée) doit être comprise dans le tiers supérieur de la partie linéaire de la
courbe d’étalonnage.

Réalisé par Mme Kharef & Mme Ouraci 28


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A5

A4
AX
A3

A2

A1

c1 c2 c3 cx c4 c5 c (mg/l)

Courbe d’étalonnage

3.2.6 Elimination de l’influence des ions gênants :

Le dosage peut être perturbé par la présence de substance étrangère dans la solution. Ceci
est vrai en particulier lorsque celles ci sont colorées, lorsqu’elles réagissent sur le réactif
utilisé ou sur le corps à doser lui-même.
Chaque fois qu’on le peut, on essaie d’éliminer l’influence de ces substances gênantes sans
faire de séparation. On dispose pour cela des possibilités suivantes :

™ Choix de la longueur d’onde.


Si on connaît les courbes ε = f(λ) de la substance à doser et des substances étrangères
absorbantes, il est parfois possible de choisir une longueur d’onde pour laquelle ces
dernières ont un coefficient d’absorption suffisamment faible pour que leur influence soit
négligeable.

™ Essai à blanc
L’utilisation d’«essai à blanc » convenablement réalisée pour éliminer l’influence des
substances étrangères est l’un des moyens les plus puissants de l’absorptiométrie. Nous
avons vu qu’habituellement on détermine la différence d’absorbance entre l’ensemble
cuve + solution inconnue et une cuve identique contenant le solvant seul.
Réalisé par Mme Kharef & Mme Ouraci 29
IAP-CU Séminaire spectrophotométrie UV-Visible

D’une manière analogue, on peut éliminer l’absorption des substances étrangères en


remplaçant dans l’essai à blanc le solvant par une solution de ces substances à la même
concentration.
Si on ignore les concentrations des substances étrangères, on ne peut pas préparer un
essai à blanc synthétique, mais on peut alors opérer indirectement de diverses façons :

1- On détermine la différence de densité optique entre la solution et la solution à laquelle on


ajoute le réactif spécifique du corps à doser.
Par exemple, pour doser le titane (IV), par formation de complexe avec l’eau oxygénée on
compare la solution mère à la même solution additionnée d’eau oxygénée. Des précautions
doivent naturellement être prises : amener les solutions au même volume en partant de deux
aliquotes, tenir compte s’il a lieu de la coloration initiale du corps que l’on transforme, etc…
Par exemple si l’on dose le chrome après oxydation en chromate, on doit tenir compte de la
coloration initiale de Cr (III). La différence de densité optique entre les deux solutions est ici

D = ε lcCr ( VI ) − ε ′lcCr ( III ) = ( ε − ε ′ ) lcCr

on doit connaître (ε − ε ′)l .pour cela on détermine εl avec des solutions connues de Cr(III) .
2- Dans certains cas particuliers, on peut comparer à la solution dans laquelle on a fait
disparaître le corps à doser au moyen d’une réaction chimique .
Ainsi le permanganate peut être dosé en présence de dichromate en comparant la solution à
la même solution dans laquelle on a réduit le permanganate sélectivement ( au moyen
d’acide oxalique).

™ Elimination des ions gênants par action sur le pH , le potentiel d’oxydo- réduction ou par la
formation de complexe.
Nous pouvons utiliser tous les moyens mis à notre disposition par la chimie des solutions :
par oxydation, réduction, formation des complexes, action du pH, on peut agir sur la courbe
d’absorption des corps gênants pour qu’ils deviennent transparents dans la bande de
longueurs d’ondes utilisée. Par exemple, le complexe ferrisulfate, jaune, gêne dans le
dosage du dichromate ; il suffit alors d’ajouter de l’acide oxalique qui donne un complexe
ferrioxalate pratiquement incolore.
Les mêmes moyens permettront dans certains cas d’empêcher les substances étrangères de
réagir avec le réactif ou avec le composé à doser. Ainsi la silice en solution donne avec les
molybdates une coloration jaune en milieu acide, due à la formation d’un complexe
silicimolybdate ; cette réaction est utilisée pour le dosage colorimétrique de la silice. En
présence d’ions fluorure, le dosage est empêché car il se forme un complexe silicifluorure
plus stable, incolore.
Le problème est donc de trouver un réactif qui donne avec F − un complexe beaucoup
plus stable que le silicifluorure . c’est le cas de l’acide borique qui donne un fluoborate.
La silice est alors libérée, et le complexe silicimolybdate peut se former.

Réalisé par Mme Kharef & Mme Ouraci 30


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3.2.7 Quelques précautions à prendre pour minimiser l'erreur lors d'un prélèvement.

Si vous devez prélever un volume donné de ces solutions, il faut effectuer un premier
transfert de solution, en versant un volume raisonnable de solution dans un bécher propre et
sec. C'est à partir de ce bécher que vous pouvez pipeter le volume désiré. En aucun cas,
vous ne devez introduire vos pipettes dans les flacons fournis car vous risquez de modifier
leurs concentrations si votre pipette est sale ou mouillée et de fausser ainsi les mesures
d'une partie des étudiants. De même, vous devez jeter dans l'évier ou dans la poubelle à
solvants ce qui reste dans le bécher et ne surtout pas le remettre dans le flacon.

™ Pour ajuster un volume, utilisez une pipette

™ Reboucher les flacons après usage.

3.2.8 Précautions à prendre pour un dosage

™ Lors d'un dosage, le volume versé à la burette doit être supérieur à 10 cm3 afin que
l'incertitude ne soit pas trop forte, mais doit être inférieur à 25 cm3 (ou 50 cm3 suivant la
burette) pour éviter un nouveau remplissage de burette (ce qui double l'incertitude). Il
faut donc prévoir une prise d'essai d'un volume approprié (en évaluant
approximativement concentration et volume) .

3.2.9 Rinçage de la verrerie avant utilisation.

™ Dans une pipette, il ne doit y avoir que la solution qu'on pipette et aucune goutte d'eau.
On la rince d'abord à l'eau, ensuite avec la solution qu'on veut prélever.
™ Dans une burette, c'est pareil. On rince à l'eau, puis avec la solution.
™ Dans le bécher, on verse des solutions, et comme on cherche l'équivalence c'est à dire
nA = nB (égalité du nombre de moles) il ne faut donc qu'il n'y ait ni A, ni B au départ. En
revanche, les gouttes d'eau ne gênent pas car on calcule effectivement un nombre de
moles et non pas une concentration.

Réalisé par Mme Kharef & Mme Ouraci 31


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4 ELEMENTS CONSTITUTIFS D’UN SPECTROPHOTOMETRE

Un spectrophotomètre est constitué de quatre parties essentielles :

4.1 La source lumineuse

Elle est choisie selon les longueurs d’onde que l’on désire obtenir. Ainsi de 350 à
1300 nm les lampes à incandescence peuvent être employées normalement ; leur
spectre d’émission est continu ; on peut donc y prélever les radiations voulues.

Lampe à incandescence à filament de tungstène

En dessous de 350 nm, l’absorption du verre réduit beaucoup l’intensité des radiations
émises et les annule en dessous de 300 nm. Dans ce domaine on emploie les lampes
à décharge au deutérium utilisée dans le domaine de 190 à 400 nm

lampe UV au deutérium

Une lampe à décharge au xénon utilisée dans le domaine UV et visible. Ce type de lampe
est très énergétique. Elle fonctionne sous forme de flash, juste au moment de faire une
mesure.
Un problème primordial est celui de la stabilité de la source lumineuse. Lorsque la
tension d’alimentation de la lampe varie, la température du filament change, et ceci a
deux conséquences : l’intensité lumineuse totale et la répartition spectrale, c’est-à-dire
les intensités relatives des différentes longueurs d’onde, varient.

™ La variation de l’intensité est une cause d’erreurs lorsque la mesure comporte la


détermination successive de deux absorbances.

Réalisé par Mme Kharef & Mme Ouraci 32


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™ Les changements de longueurs d’onde de la lumière émise sont sans conséquence


si on opère en lumière monochromatique ; mais elles sont une cause très importante
d’erreurs dans le cas contraire.
Il est donc nécessaire dans certains cas de stabiliser parfaitement la tension
d’alimentation. On alimente la lampe par l’intermédiaire d’une batterie
d’accumulateurs.
Le «vieillissement »de la lampe provoque lentement des perturbations analogues. Il
faut donc la contrôler de temps en temps et agir en conséquence sur la tension
d’alimentation.

4.2 Monochromateur

L'élément de base est un prisme, un réseau ou un filtre coloré. Le rôle du monochromateur


est d'isoler le rayonnement sur lequel on fait la mesure. Il est composé principalement d'un
système dispersif, d'une fente d'entrée et d'une fente de sortie.
Les filtres sont des systèmes absorbants qui n’ont une transmission appréciable que
dans certains parties du spectre.
Les filtres les plus utilisés sont généralement des verres ou des lames de gélatine
colorés. La largeur des bandes transmises est en général supérieure à 20 nm.
Pour obtenir une bande de longueur d’onde très étroite, on doit utiliser un système
dispersif, prisme ou réseau, et prélever à l’aide d’une fente les radiations nécessaires.
Plus le système est dispersif et plus la fente est étroite, plus les radiations prélevées se
rapprochent de la monochromaticité idéale.
Pour les radiations ultraviolettes, on utilise surtout des prismes de quartz et, pour les
radiations visibles, des prismes de verre à déviation constante. Le spectre fourni par le
prisme à partir d’un faisceau parallèle peut défiler sur la fente d’un collimateur par
rotation du prisme. La transmission du quartz est suffisante au–dessus de 200 nm.
Les appareils commerciaux permettent d’obtenir une bande de longueurs d’onde de
l’ordre de 1 nm.
Par ailleurs, le faisceau obtenu contient souvent des radiations autres que celles isolées
par la fente du monochromateur. Elles proviennent des réflexions parasites ; le
montage de l’appareil doit les réduire le plus possible
Ces appareils sont en général étalonnés directement en longueur d’onde, la précision
du réglage de la longueur d’onde choisie doit être en rapport avec la largeur minimum
des bandes utilisables.

Réalisé par Mme Kharef & Mme Ouraci 33


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Monochromateur à réseau

™ Amplification

L’amélioration de la monochromaticité entraîne toujours une diminution de l’intensité du


faisceau incident. Aussi est-on obligé de choisir un compromis entre la
monochromaticité et l’intensité. Les appareils avec amplification permettent d’utiliser
une lumière plus monochromatique.
L’amplification est limitée par les propriétés des cellules elles-mêmes.

4.3 Cuve

Elle contient soit l'échantillon soit la référence. La longueur de la cuve est définie (1, 2, 4 ou
5cm de trajet optique). Elle doit être transparente aux radiations d'étude. Par exemple en UV,
les cuves sont en quartz, elles ne peuvent être ni en verre ni en plastique.

4.4 Détecteur

™ Photodiode (semi-conducteur)
Lorsqu'un photon rencontre un semi-conducteur, il peut transférer un électron de la bande
de valence (niveau énergétique bas) vers la bande de conduction (niveau énergétique haut)
en créant une paire électron - trou. Le nombre de paires électrons - trous est fonction de la
quantité de lumière reçue par le semi-conducteur qui peut donc être utilisé en tant que
détecteur optique.

Réalisé par Mme Kharef & Mme Ouraci 34


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Photodiode

™ Barrette de diodes

L'emploi d'une barrette de diodes permet une mesure simultanée sur toute l'étendue du
spectre. Une barrette CCD est un alignement de photodiodes de petites dimensions (14µm x
14 µm) qui fonctionnent en intégrateur de lumière. La charge qui apparaît dans une
photodiode est proportionnelle à l'exposition, c'est à dire au produit de l'éclairement par le
temps de pose et elle dépend de la longueur d'onde. A la fin de la pose, le contenu des
capteurs est transféré dans un registre analogique à décalage et une nouvelle pose
commence. Ce registre transmet les données mémorisées en mode série, c'est à dire l'une
après l'autre à un rythme fixé par l'électronique de commande de la barrette CCD. Ces
données apparaissent sous forme de tension. Dans le spectrophotomètre, ces tensions sont
converties en un tableau de nombres par l'interface qui relie le spectrophotomètre à
l'ordinateur. Le logiciel traite ce tableau de valeurs.

Couplé à un ordinateur, le spectrophotomètre permet de tracer très rapidement des spectres


d'absorption. Le logiciel gère le temps de pose du capteur CCD.

™ Photomultiplicateur

Une radiation incidente arrache un électron de la cathode par effet photoélectrique. Cet
électron est alors accéléré vers une seconde électrode appelée dynode portée à un potentiel
supérieur. L'énergie de l'électron incident est suffisante pour arracher plusieurs autres
électrons et ainsi de suite, d'où l'effet multiplicatif. Pour un électron arraché sur la cathode on
peut récupérer jusqu'à 106 électrons sur l'anode

Réalisé par Mme Kharef & Mme Ouraci 35


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Photomultiplicateur

Réalisé par Mme Kharef & Mme Ouraci 36


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5 Les principaux types de spectrophotomètres

Le problème est toujours de déterminer le rapport de deux intensités lumineuses I0 et I. En


principe I0 est l’intensité lumineuse incidente, c’est à dire celle que reçoit la cellule
photoélectrique avant l’interposition de la solution sur le trajet du faisceau lumineux ; I est
l’intensité émergente, donc reçue par la cellule lorsque le faisceau traverse la solution.
Les appareils peuvent être classés ainsi :

5.1 Appareils à déviation (un seul faisceau lumineux).

Si l’intensité du courant i débité par la cellule est proportionnelle à l’intensité lumineuse reçue
I, on a :

A = log I0 / I = log i0 / i

Dans le cas le plus simple, on détermine i0 et i au moyen d’un galvanomètre. On règle par
exemple la déviation du galvanomètre à la division 0 en l’absence de toute lumière et à la
division 100 de l’échelle pour i0 et la lecture correspondant à i donne la transmission I / I0 en
%. La graduation peut être logarithmique et indiquer les absorbances. La mesure n’est
correcte que si la proportionnalité de i à I est conservée. Pour cette raison, s’il y a
amplification du courant elle doit être linéaire. Par ailleurs la source lumineuse et la cellule
doivent rester identiques à elles-mêmes pendant la mesure. L’alimentation de la source doit
donc être parfaitement stabilisée.

5.2 Appareils de zéro à compensation électrique

5.2.1 Un seul faisceau

Le galvanomètre peut être utilisé comme instrument de zéro. Lorsque I0 est remplacé par I, la
chute du potentiel produite par le courant débité par la cellule dans une résistance varie. Le
galvanomètre est ramené à sa position initiale au moyen d’un potentiomètre auxiliaire
étalonné et dont le mouvement est lié à celui de l’échelle de lecture.

5.2.2 Deux faisceaux(«compensation électrique par tension dérivée »).

Les deux courants électriques sont équilibrés jusqu’à ramener au zéro l’aiguille d’un
galvanomètre ; ceci présente tous les avantages des appareils à double faisceau et un
certain nombre des avantages des appareils à compensation optique.

5.3 Appareils à compensation optique

5.3.1 A deux faisceaux lumineux

Pour réduire l’effet des fluctuations de la source lumineuse, on peut effectuer les deux
mesures simultanément. De cette façon peut être éliminée l’action des variations de
l’intensité totale du faisceau incident mais subsistent encore les perturbations possibles dues

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au changement de sa composition spectrale entre le moment du dosage et celui de


l'étalonnage, ceci dans le cas où on n'utilise pas de monochromateur.
Une cellule ne peut en principe comparer simultanément deux intensités ; mais on se
rapproche de la simultanéité au moyen d’un écran ou d’un miroir qui fait tomber
alternativement sur la cellule deux faisceaux lumineux ayant passé l’un par la solution à
doser et l’autre par un système convenable, une seconde cuve par exemple.
On peut égaliser les deux faisceaux lumineux, c’est-à-dire annuler les pulsations du courant
électrique indiquées par un galvanomètre, par compensation optique, c’est-à-dire par
affaiblissement de l’un des faisceaux lumineux jusqu’à égalité des deux faisceaux.
Ceci peut être obtenu au moyen d’un coin absorbant qui absorbe également à toutes les
longueurs d’onde. On le déplace perpendiculairement au faisceau lumineux à affaiblir de
façon à placer sur le trajet de celui-ci une épaisseur absorbante plus ou moins grande. Mais
les coins ne sont pas parfaits et la précision est de l’ordre de ±1%.
Dans le cas de la compensation optique et si l’on a affaire à des appareils
monochromatiques les fluctuations de la source lumineuse ont peu d’importance. Comme la
cellule photoélectrique sert seulement à repérer l’égalité des deux faisceaux, il n’importe plus
que l’intensité du courant soit proportionnelle à l’intensité lumineuse. L’amplification du
courant n’a plus besoin d’être linéaire. Enfin les deux faisceaux tombent sur le même point
de la cellule photoélectrique et presque au même instant, les conditions de la comparaison
des deux intensités lumineuses sont les meilleures.

5.3.2 A un seul faisceau

On effectue d’abord une mesure avec la solution à analyser et par compensation électrique
on ramène le galvanomètre au zéro. On introduit ensuite l’essai à blanc, le galvanomètre
dévie, on le ramène à la position précédente par affaiblissement du faisceau lumineux.
Les deux mesures s’effectuent avec la même intensité lumineuse I. Elles ont cependant ici
l’inconvénient de se faire successivement ce qui nécessite la stabilité de la source lumineuse
et de la cellule dans le temps.
Les appareils à compensation optique à deux faisceaux présentent en principe, les
meilleures caractéristiques pour les dosages absorptiométriques.

Exemple : schéma optique d’un spectrophotomètre à double faisceau

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6 EXEMPLE D’APPLICATION
SUIVI TEMPOREL D'UNE TRANSFORMATION CHIMIQUE PAR
SPECTROPHOTOMETRIE
Objectif
Utiliser une technique consistant à mesurer une grandeur physique (l'absorbance) en
continu, pour suivre l'évolution temporelle d'une transformation chimique.
6.1 Prérequis
• Connaître la relation liant l'absorbance d'une solution à la concentration du soluté
coloré (relation de Beer-Lambert).
• Savoir dresser le tableau d'avancement d'une réaction.
• Savoir déterminer le temps de demi-réaction et la vitesse de réaction par les
méthodes habituelles.
6.2 Principe
La transformation que nous étudions produit du diiode en solution. Cette transformation peut
être modélisée par une réaction d'oxydoréduction entre les ions iodure, appartenant au
couple

et les ions peroxodisulfate ,

appartenant au couple .

Ecrire l'équation de cette réaction.

Le diiode en solution est un oxydant et donne à la solution une coloration jaune, due à
l'absorption dans la partie bleue du spectre de la lumière blanche . (spectre d'absorption du
diiode) .
Il est donc possible de suivre dans le temps la formation de diiode :
• par spectrophotométrie, en mesurant, en continu la mesure de l'absorbance du
mélange réactionnel ;
• par une méthode visuelle consistant à comparer la couleur du mélange réactionnel en
cours d'évolution à une série de tube témoins (échelle de teinte).

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6.3 Suivi spectrophotométrique

6.3 .1 Mode opératoire :

• 1ère partie : réalisation d'une échelle de teintes

Vous disposez d'une solution étalon S0 de diiode de concentration molaire C0 = 2,5 . 10-3
mol.L-1 (solution-mère) dont on remplira une première burette graduée.
Une deuxième burette graduée sera remplie d'eau distillée.
Il faut prévoir 6 tubes à essais, propres et identiques ; introduire à l'aide de la première
burette :

• 1mL de la solution S0 dans le tube n° 1


• 3 mL de la solution S0 dans le tube n° 2
• 5 mL de la solution S0 dans le tube n° 3
• 7 mL de la solution S0 dans le tube n° 4
• 9 mL de la solution S0 dans le tube n° 5
• 10 mL de la solution S0 dans le tube n° 6.

A l'aide de la seconde burette compléter les tubes à 10 mL. Agiter chaque solution pour bien
l'homogénéiser.

• 2ème partie : réalisation de la courbe d'étalonnage

A l'aide du spectrophotomètre associé à une interface et d'un ordinateur programmé pour


afficher la valeur de l'absorbance A , mesurer l'absorbance de chacune des solutions
composant l'échelle de teintes et tracer la courbe d'étalonnage :
A = f ( [I2 (aq)] )

il faut sélectionner la longueur d'onde la mieux adaptée( le spectre d'absorprtion du diiode


en fonction de la longueur d'onde), se placer en configuration , effectuer le paramétrage du
spectrophotomètre et le réglage du 100 % de transmission avec des cuve remplies (au ¾
maximun) d'eau distillée.

• 3ème partie : suivi cinétique

Dans un bécher, préparer 10 mL de solution d'iodure de potassium à 0,500 mol.L-1 et, dans
un autre, 10,0 mL de solution de peroxodisulfate de sodium à 5,00.10-3 mol.L-1.
À l'instant origine, mélanger ces deux solutions et suivre l'évolution temporelle de la
concentration de diiode, d'une part à l'œil, en comparant avec l'échelle de teintes, d'autre
part dans un spectrophotomètre associé à une interface et à un ordinateur programmé pour
afficher la valeur de l'absorbance A au cours du temps (effectuer les mesures sur 10
minutes, à renouveler autant de fois que nécessaire). Le volume total de solution est appelé
V.
Déclencher le chronomètre à l'instant du mélange des réactifs et noter les temps de
coïncidence de couleur entre le mélange réagissant et les étalons de teinte dont les
concentrations [I2 (aq)] sont données en mmol.L-1.
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6.3.2. Exploitation des mesures


¾ Établir le tableau descriptif de l'évolution du système (pour V = 20 mL = 0,020 L)

Tracer le graphe

à partir des mesures faites par la méthode visuelle.

Temps t en
0
secondes

en mmol.L-1 [I2 (aq)] 0,00 0,25 0,75 1,25 1,75 2,25 2,50

¾ Examiner le document imprimé du suivi par le spectrophotomètre. A quoi correspond


le palier observé pour l'absorbance ?
¾ Par un raisonnement simple, graduer l'axe des ordonnées en concentration effective
[I2 (aq)] en mmol.L-1.
¾ Le temps de demi-réaction est celui où la moitié de la quantité attendue de diiode s'est
formée. Déterminer pour les deux graphes le temps de demi-réaction et, dans le cas
d'une différence sensible, interpréter cette différence.
¾ La vitesse de réaction se définit par :

Pour cette réaction, La valeur de la vitesse de réaction

à chaque temps t est égale au coefficient directeur de la tangente à la courbe

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Calculer la vitesse à deux temps, par exemple pour t5 = 5 min et pour t15 = 15 min.
¾ Interpréter la diminution de la vitesse au cours du temps.

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7 DOMAINE D’APPLICATION ET AVANTAGES DE LA METHODE

Autrefois, on utilisait guère l’absorptiométrie que pour le dosage des traces car la précision
était médiocre. Actuellement, les perfectionnements apportés aux appareils permettent
d’atteindre parfois une précision comparable ou meilleure que celle des méthodes
volumiques courantes(0,2-0,5%). Aussi l’absorptiométrie a pris une importance plus grande
que la volumétrie. C’est aujourd’hui la méthode de dosage la plus importante en solution .
Ses principaux avantages sont les suivants :

™ Elle est d’un emploi très général. Si le corps à doser est peu absorbant, on a la ressource
d’ajouter un réactif convenable qui donne un composé absorbant .
™ Elle peut avoir une très grande sensibilité, c’est le plus souvent la méthode de choix pour
le dosage des traces.
™ Elle peut être extrêmement rapide par suite de son utilisation pour des mesures directes
sans addition de solution titrée, et de la facilité de la mesure. De plus on peut réduire ou
éviter les séparations car on dispose pour éliminer l’effet des ions gênants de tous les
facteurs utilisables dans la chimie des solutions : choix du réactif, oxydoréduction, fixation
de pH , formation de complexes, utilisation de solvants organiques, et en outre d’un
facteur supplémentaire qui est le choix de la longueur d’onde utilisée.
™ Enfin, la méthode dispose d’un moyen très important. Nous verrons que par comparaison
avec la solution contenant tous les corps gênants (« essai à blanc »), on peut très
souvent doser un corps en présence d’autres corps absorbants.
Par ailleurs, la méthode permet de suivre une réaction et d’en déterminer le point équivalent ;
C’est en outre une méthode générale d’analyse des réactions. Elle permet souvent d’une
façon spécifique de suivre la concentration des corps au cours des réactions, en fonction du
temps si on le désire. Des appareils enregistreurs permettent d’obtenir rapidement tout ou
une partie du spectre d’absorption.
Dans le domaine du visible, analyse des substances colorées : colorants, pigments dans les
industries de textile, lipides, glucides…….
Dans le domaine de l’Ultra-Violet : dosage des substances aromatiques et phénoliques :
rejets de pétrole, détergents….

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SOMMAIRE

1 – LA LUMIERE……………………………………………………………………………….1

2 – LA SPECTROPHOTOMETRIE…………………………………………………………..17

3 – PRINCIPES DES METHODES SPECTROPHOTOMETRIQUES…………………… 24

4 – ELEMENTS CONSTITUTIFS D’UN SPECTROPHOTOMETRE……………………..32

5 - LES PRINCIPAUX TYPES DE SPECTROPHOTOMETRES………………………….37

6 – EXEMPLE D’APPLICATION……………………………………………………………..39

7 – DOMAINE D’APPLICATION ET AVANTAGE DE LA METHODE…………………...43

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