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Table des matières

L'auteur

Préface

Une religion, c’est quoi ?

En quoi croyaient les hommes préhistoriques ?

Certaines religions ont-elles disparu ?

En quoi croit-on aujourd’hui ?

Quelles sont les religions pratiquées dans le monde ?

Le judaïsme, c’est quoi ?

C’est quoi la différence entre chrétiens et catholiques ?

L’islam, c’est quoi ?

L’hindouisme, c’est quoi ?

Et le bouddhisme ?

Est-ce que les religions ont des fêtes ?

Quel est le jour de repos ?

Comment on entre dans une religion ?

Peut-on choisir sa religion ?

Peut-on parler librement des religions ?


Peut-on ne pas croire en Dieu ?

Pourquoi pas de dieu à l’école en France ?

Peut-on être amis si on n’a pas la même religion ?

A-t-on le droit de tuer pour la religion ?

Toutes les religions ont-elles le même calendrier ?

Que voit-on des religions ?

Les religions ont-elles des symboles ?

Qui ne mange pas de porc à la cantine ?

Qui a créé le monde ?

Qui m’a créé, moi ?

Comment savoir si Dieu existe ?

Les hommes ont-ils inventé les religions ?

Dieu voit-il tout ce que je fais ?

Si Dieu existe, pourquoi des enfants meurent-ils ?

Où va-t-on quand on meurt ?

Le paradis, ça existe ? Et l’enfer ?

Est-ce que Dieu nous aime tous ?

Qui a raison ?
Dans la même collection

Page de copyright
L'auteur

Sylvie Baussier écrit pour la jeunesse depuis plus de vingt ans. La


question des religions la passionne. Sans doute parce qu’une partie
de sa famille, d’origine juive polonaise, a été exterminée dans les
camps lors de la Seconde Guerre mondiale. Dès lors, sa grand-mère,
sa mère ont tourné le dos à la religion. Trop de souffrances, sans
doute.
Que disent les religions ? Quels rapports entretiennent-elles ? Sylvie
Baussier est persuadée que mieux les connaître aide à mieux
comprendre sa propre position et les croyances des autres. Elle a
écrit dans ce but Les Religions du monde (Voir l’Histoire, Fleurus,
2014), Les Religions (Voir 6-9 ans, Fleurus, 2016), Les Religions
(Questions Réponses 5+, Nathan, 2016), Bible : 40 personnages
bibliques (BAM, Gallimard, 2018).
http://sylviebaussier.weebly.com/
Préface

Même si tu ne le remarques pas forcément, les signes de


présence des religions sont nombreux autour de nous.
Certains sont évidents, notamment les édifices sacrés ou les
vêtements portés pour annoncer sa foi. D’autres sont moins
ostentatoires, comme les bijoux en forme de symboles religieux.
Au-delà des signes, le respect des règles édictées par les religions
engage la vie quotidienne des croyants : régime alimentaire, horaire
des prières, calendrier des fêtes… Les décisions les plus simples
peuvent être influencées par la foi.
Que tu sois croyant ou non, tu te poses certainement beaucoup de
questions sur les religions. Ce livre te donnera des réponses sur leurs
origines, leur diversité et sur le choix de la laïcité en France. Il te
permettra de mieux comprendre les croyances des autres, car la
tolérance est la clé afin que chacun puisse vivre en harmonie. 

Didier Brun
Professeur d’histoire
Une religion, c’est quoi ?

Il existe de nombreuses religions. Même si elles sont


différentes les unes des autres, elles ont au moins un point
commun  : elles tentent d’établir un lien entre les
humains et un univers mystérieux, invisible. Chaque religion
honore donc une puissance surnaturelle, qu’on appelle « dieu ». Cela
peut être un Dieu unique, comme dans les religions monothéistes,
ou plusieurs dieux. Peut-être connais-tu ceux de l’Égypte ancienne ?
Chaque religion a des règles, des gestes et des paroles précis pour
entrer en communication avec le divin  : ce sont les rites. Bien
souvent, des personnes sont chargées d’exécuter ces rites. Chaque
religion a ses livres sacrés (le Tanakh, partie de la Bible reconnue
par les juifs, la Bible des chrétiens, le Coran pour les musulmans…),
ses lieux sacrés (le fleuve Gange pour l’hindouisme, Jérusalem pour
le judaïsme, le christianisme et l’islam…). Toutes les religions
transmettent aussi des valeurs, comme la bonté, la justice. Ainsi,
dans l’Égypte ancienne, le mort dont la vie avait été juste prenait
place auprès du dieu Osiris, et le méchant était dévoré par un
monstre. Le bouddhisme, lui, enseigne que seule une vie juste peut
apporter la délivrance. 
Les religions polythéistes sont celles où
on croit en plusieurs divinités. Ces dieux
peuvent être représentés sous forme
humaine ou animale. Dans les religions
monothéistes (judaïsme, christianisme,
islam), on croit en un Dieu unique.
En quoi croyaient les hommes
préhistoriques ?
Aucun texte ne nous est
parvenu de cette période,
puisque les hommes
préhistoriques ne savaient pas
écrire. Mais il existe des signes que
les archéologues font « parler ». Par
exemple, il y a 100 000 ans, les
hommes de Néandertal
enterraient déjà leurs morts avec des parures, des outils et de la
nourriture. Cela montre qu’ils croyaient en une vie après la mort,
sinon ils auraient simplement enterré les corps pour éviter que les
animaux sauvages ne les mangent. À la même époque, nos ancêtres
Homo sapiens plaçaient aussi dans les tombes des fleurs, des bijoux…
Et les peintures d’animaux dans les grottes ? On pense qu’elles sont
des traces de croyances, elles aussi : « Si je peins ces animaux et que
je les prie, la chasse sera meilleure  », pensaient peut-être ces
humains. 

100  000 ans  : c’est l’âge des plus anciennes tombes de


Néandertal, retrouvées à Qafzeh, en Israël. Les squelettes,
recroquevillés, sont entourés de bois de cerf et d’outils en
pierre.
Certaines religions ont-elles
disparu ?
Oui, de nombreuses
religions ont disparu. Dans
l’Antiquité, les Égyptiens
croyaient en des centaines de dieux
et déesses tels que Rê, le dieu du
soleil, Bastet, la déesse chat
protectrice du foyer… Ils leur
construisaient des temples, et des
prêtres soignaient leurs sculptures, croyant que la divinité y vivait.
Les Grecs priaient Zeus, Poséidon, Héra et Athéna… Ils leur
consacraient des jeux sacrés, tels que les jeux Olympiques, et des
fêtes. Les Vikings, eux, priaient des dieux de la fertilité, comme Freyr,
et des dieux guerriers, comme Odin.
Chaque civilisation a eu sa religion, et quand la civilisation a
disparu, sa religion a fait de même, faute de croyants. Ces religions
d’autrefois sont maintenant appelées des mythologies. Tu as sans
doute du mal à imaginer que des gens ont vraiment cru en Rê ou en
Zeus. Ces croyances permettaient aux humains de donner un sens
aux phénomènes naturels et au monde en général. 
En quoi croit-on aujourd’hui ?
Il existe toujours des
religions polythéistes, où
l’on croit en plusieurs
dieux, à côté des trois grandes
religions monothéistes, où l’on
croit en un seul Dieu. La plus
ancienne de ces trois religions est le judaïsme. Le texte sacré des
juifs (la Bible hébraïque, ou Tanakh) raconte l’alliance de Yahvé, ou
Adonaï (« seigneur »), avec le peuple hébreu. Le christianisme est la
religion née des enseignements de Jésus — le fils de Dieu selon les
chrétiens —, rapportés dans la seconde partie de la Bible  : le
Nouveau Testament. La plus récente de ces religions est l’islam, qui
croit en Allah et en son prophète Muhammad (longtemps appelé
Mahomet en Occident).

Dieu
Dieu
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dit Abraham :
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Ces trois religions monothéistes ont une histoire commune, une


origine commune et un ancêtre commun  : le patriarche Abraham
(on ne sait pas si c’est un personnage historique). Ce patriarche a eu
deux fils : Isaac et Ismaël. La lignée d’Isaac a donné les juifs puis les
chrétiens (Jésus est l’un de ses descendants) ; celle d’Ismaël a pour
descendant Muhammad. 
Les prophètes sont des hommes, plus rarement des femmes,
qui parlent au nom de Dieu. Ils disent recevoir sa parole et la
transmettre à l’humanité. Noé, Abraham, Moïse, Muhammad
sont des prophètes.
Quelles sont les religions pratiquées
dans le monde ?
Certaines religions sont présentes presque partout,
comme l’islam et le christianisme. D’autres sont
localisées, comme l’hindouisme, présent
essentiellement en Inde, le bouddhisme, en Chine, et le
shinto, au Japon. Le judaïsme est surtout pratiqué en Israël,
mais il existe une importante communauté juive dispersée dans le
monde entier (appelée la Diaspora).

Hindouisme
1 milliard d’hindous
dont 94 % vivent en Inde
(voir L'hindouisme, c'est quoi ?)

Christianisme
2,2 milliards de fidèles
Parmi les chrétiens : 50 % de catholiques, 37 %
de protestants, 12 % d’orthodoxes, (voir C'est quoi
la différence entre chrétiens et catholiques ?)

Islam
1,6 milliard de musulmans
dont 90 % de sunnites et 10 % de chiites.
(voir L'islam, c'est quoi ?)

Bouddhisme
490 millions de bouddhistes.
La plupart vivent en Asie, et la moitié en Chine.
(voir Et le bouddhisme ?)
Judaïsme
14 millions de juifs, dont 45 % vivant en Israël et
40 % aux États-Unis.
(voir Le judaïsme, c'est quoi ?)

Religions dites « traditionnelles »


(chamanisme, culte des ancêtres…)
405 millions de personnes environ dans le
monde, surtout en Asie et en Afrique.

Quelles religions sont pratiquées en France ?


En 2010, 64  % des Français se disaient catholiques (environ
40 millions de personnes). Parmi eux, seuls 4 % allaient à la messe le
dimanche (27 % en 1952). Le catholicisme reste la première religion
pratiquée en France. La deuxième est l’islam avec 4 millions de
personnes, dont 31  % ne vont jamais à la mosquée et 31  % s’y
rendent seulement pour les fêtes. Selon une étude de 2016, les
Français athées ou sans religion seraient les plus nombreux  : 63  %
en tout. Bref, c’est compliqué de compter, car on peut avoir été
baptisé et estimer qu’on a une culture chrétienne et, en même
temps, ne pas croire en Dieu ! 
(Chiffres de 2010, Pew Research, organisme indépendant)

INFO +
Selon les religions chamaniques, la
nature est emplie d’esprits dont certains sont
bons et d’autres dangereux. Le chaman est une
personne capable d’entrer en contact avec ces
esprits par le rêve ou certaines danses (par
exemple, pour faire sortir d’un corps l’esprit
mauvais responsable d’une maladie).
Le judaïsme, c’est quoi ?
Né il y a environ 4 000 ans,
le judaïsme est la
première grande religion
monothéiste de l’histoire. Selon le
texte sacré des juifs, Dieu instaure
une alliance avec le peuple des
Hébreux, par l’intermédiaire du
prophète Abraham, qu’il a choisi
(voir En quoi croît-on aujourd'hui ?).
Il lui promet une terre à l’est de la
Méditerranée où coulent le lait et le
miel, le pays de Canaan. Mais
l’histoire de ce peuple est pleine de difficultés  : les Hébreux sont
notamment retenus comme esclaves en Égypte, et le prophète
Moïse les libère et les mène vers la terre promise par Dieu. En 70
après Jésus-Christ, les Romains détruisent Jérusalem, la capitale
créée par le roi juif David, contraignant de nombreux Hébreux à fuir :
cette dispersion de la communauté juive s’appelle la Diaspora.

INFO +
La Bible des juifs comprend trois grandes parties :
la Torah (« Enseignement »), les Nevi’im (« Prophètes ») et les
Ketouvim (« Écrits »). La Torah, constituée de plusieurs livres,
est rédigée en hébreu. Les commentaires oraux de ces textes
ont été mis par écrit dans la Michna et le Talmud. La lecture
des textes saints tient une grande place dans les rites juifs ; les
rabbins (guides spirituels) interprètent et transmettent le
message de Dieu. La Torah constitue aussi le début de la Bible
des chrétiens.
De son dialogue avec Dieu, Moïse a retenu dix commandements :
« Je suis ton Dieu ; tu ne feras pas d’idole ; tu ne prononceras pas le
nom de Dieu en vain  ; tu te reposeras le jour du Shabbat  ; tu
honoreras ton père et ta mère ; tu ne tueras pas ; tu ne commettras
pas d’adultère  ; tu ne voleras pas  ; tu ne feras pas de faux
témoignage ; tu ne convoiteras pas le bien d’autrui. »
Il existe deux courants importants : le judaïsme orthodoxe qui suit la
tradition, et le judaïsme réformé qui encourage des évolutions, par
exemple l’existence de rabbins femmes. 

Le terme « hébreu » désigne le peuple juif


à l’époque de Moïse. Aujourd’hui, il
s’applique à la langue. « Juif » désigne
une personne faisant partie de la
communauté juive, qu’elle soit croyante
ou non. Un « Israélien » est un habitant
de l’État d’Israël.
C’est quoi la différence entre
chrétiens et catholiques ?
Tous les catholiques sont
chrétiens, mais tous les
chrétiens ne sont pas
catholiques !
Le christianisme est la religion
issue des enseignements de
Jésus, aussi appelé Jésus-Christ.
«  Christianisme  » et «  chrétien  »
viennent du mot « christ » qui veut dire « messie » en grec, c’est-à-
dire le messager de Dieu. Pour les chrétiens, Jésus est le fils de Dieu
et est donc nommé Christ. Les historiens savent qu’il a existé. Qu’il
soit ou non le fils de Dieu est une question de croyance. Sa mère,
Marie, tient une place importante dans le christianisme.
Les événements de la vie de Jésus constituent l’essentiel de son
enseignement. Les chrétiens croient qu’il est venu sur Terre à la
demande de Dieu pour sauver les humains et qu’il est ressuscité (il
est revenu à la vie) après avoir été crucifié. L’amour de Dieu pour les
humains et l’amour que les humains doivent se porter tiennent une
place centrale dans cette religion.

Le pape est le chef de l’Église catholique romaine, et l’évêque


de Rome. Il est aussi le chef du petit État du Vatican. Il
nomme les cardinaux et dirige les évêques, qui eux-mêmes
dirigent les prêtres.

Au fil des siècles, les chrétiens n’étaient plus d’accord entre eux et


leur communauté a éclaté. En 1054, les chrétiens d’Orient créent
l’Église orthodoxe, et les chrétiens d’Occident, qui reconnaissent le
e
pape comme chef, constituent l’Église catholique romaine. Au XV
siècle, certains pensent que l’Église catholique est trop riche et ses
pratiques trop éloignées de l’enseignement de Jésus : ils créent des
Églises protestantes. Depuis, d’autres courants se sont formés. 

INFO +
Un prêtre est un homme chargé d’une ou plusieurs
églises catholiques. Il donne les sacrements (des actes
symboliques comme le baptème, le mariage), préside les
rituels… Il n’a pas le droit de se marier. Un homme ou une
femme pasteur, dans la religion protestante, étudie la Bible,
enseigne aux enfants, dirige le culte. Il ou elle a le droit de se
marier et d’avoir des enfants.
L’ islam, c’est quoi ?
L’islam est la plus récente
des trois religions
monothéistes. Muhammad
est son prophète. Il est né à La
Mecque vers 570. Pauvre et
orphelin, il épouse Khadija, une
riche veuve. À partir de 610, l’ange
Jibril (Gabriel) lui transmet la parole
de Dieu. Muhammad dicte ces révélations à ses compagnons, qui
les notent en arabe : cela donne le Coran. Les 114 parties de ce texte
sacré se nomment les sourates et sont classées, globalement, de la
plus longue à la plus courte. Le Coran comprend des indications sur
les manières de prier ou de jeûner (ne pas manger), des lois sur la
façon de mener sa vie, la conduite à respecter pour évoluer dans une
société juste… Les paroles et les actes du prophète sont écrits dans
d’autres textes, appelés les hadiths.

INFO +
L’imam est celui qui guide la prière. Dans certains
pays, il y a aussi des savants, des oulémas ou des mouftis, qui
rendent des avis appelés « fatwas ». Mais il n’y a pas de
hiérarchie très forte.

À l’époque de Muhammad, dans la région qui correspond à l’Arabie


actuelle, les gens adorent de nombreuses idoles et les marchands de
La Mecque en tirent profit. Les riches marchands refusent la
révélation qu’Allah a faite à Muhammad  : celle d’un Dieu unique. Le
prophète doit s’enfuir pour leur échapper et se réfugie à Médine.
Cette fuite se nomme l’Hégire.
Les cinq piliers de l’islam sont les devoirs les plus importants d’un
musulman  : les deux attestations de foi, vis-à-vis de Dieu et de son
Prophète, l’aumône, le jeûne de Ramadan et le pèlerinage à La
Mecque.

Le
Le
Le sens
Lesens
sensdu
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du mot
dumot « islam »
mot« islam »
mot fait
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« islam » l’objet
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autres.
autres.
autres.
autres.

Il existe deux grandes branches dans l’islam, nées d’un désaccord sur
la succession de Muhammad  : les sunnites et les chiites.
Muhammad avait une fille prénommée Fatima, mais pas de fils pour
lui succéder, comme c’était la coutume. À la mort de Muhammad, les
chiites se rattachent à Ali, le mari de Fatima ; les sunnites choisissent
un autre membre de la communauté pour les diriger. 
Les six règles de l’islam sont données
dans un hadith où dialoguent l’ange
Jibril et Muhammad : il faut croire au
Dieu unique, à ses messagers les anges,
à ses livres révélés (Bible et surtout
Coran), à ses prophètes (Adam, Moïse,
Jésus et surtout Muhammad). Dieu
détruira le monde et jugera chacun
selon ses actes. Lui seul sait ce qui est
bien et ce qui est mal.
L’ hindouisme, c’est quoi ?
C’est une religion très
ancienne, apparue en Inde
il y a environ 3 500 ans. La
plupart des hindous vivent toujours
dans ce pays. Selon cette croyance,
chaque personne connaît
plusieurs vies successives. En
effet, après sa mort, elle renaît dans un nouveau corps humain ou
animal (on dit qu’elle se réincarne), selon qu’elle a fait le bien ou le
mal durant son existence. L’ensemble de ces actes s’appelle le
karma. C’est pour cela que, pour un hindou, toute vie, humaine ou
animale, est sacrée. Les sages, qui se conduisent de façon juste,
peuvent mettre fin à leur cycle de réincarnations.
Il existe de nombreux dieux dans l’hindouisme. Les plus
importants sont Brahma, le créateur du monde, Vishnou qui le
protège, et Shiva qui peut le détruire. Ses textes sacrés sont les
Védas, qui ont d’abord été transmis oralement. Il y a aussi la
Bhagavad-Gita, dialogue entre Krishna (une réincarnation du dieu
Vishnou) et le prince guerrier Arjuna. Cette religion a construit la
société indienne en castes. Tout en haut de l'échelle sociale, on
trouve la caste des brahmanes, les prêtres. En dessous, celle des
guerriers, même s’ils n’en sont plus maintenant. Tout en bas de
l’échelle sociale, les commerçants, les serviteurs et ceux qui sont
déclarés «  hors caste  » parce que leur métier touche le sang,
considéré comme impur. 
Et le bouddhisme ?
C’est à la fois « On ne s’irrite pas contre le bâton, auteur
une sagesse et immédiat des coups, mais contre celui qui le
une religion, manie ; or cet homme est manié par la haine :
nées de l’expérience d’un c’est donc la haine qu’il faut haïr. »
prince qui aurait vécu en L’entrée dans la pratique des bodhisattvas,
Inde il y a 2  500  ans  : Shantideva
Siddharta Gautama. Ce
prince vivait dans son palais, à l’abri des soucis. Mais il décide d’en
sortir. Il croise alors un malade, un vieil homme, et un cortège
accompagnant un mort. Bouleversé, il quitte les siens et part à la
recherche de réponses aux questions qui l’assaillent  : pourquoi la
maladie, la pauvreté, la mort et la douleur existent-elles ? Il médite et
trouve enfin la réponse : c’est le désir qui crée l’envie, la haine, la
souffrance. Il en conclut que supprimer le désir permet de
supprimer ses conséquences. Il devient Bouddha (celui qui est arrivé
à la connaissance par la méditation). Son enseignement : on sort du
cycle des réincarnations par la sagesse. 

Il existe plusieurs courants au sein du


bouddhisme : le Petit Véhicule
(Hinayana), proche des enseignements
de Bouddha, le Grand Véhicule
(Mahayana), où des sages enseignent la
connaissance, et le bouddhisme tibétain,
dont les moines sont dirigés par le dalaï-
lama.
Est-ce que les religions ont des
fêtes ?
Oui  ! Chaque religion
possède ses fêtes  : ce sont
souvent des occasions de
se souvenir de leur histoire et des
événements qui l’ont marquée.
Ainsi la Pâque juive célèbre le temps
où les Hébreux, conduits par Moïse,
ont été libérés de leur esclavage en
Égypte. Pâques, dans la religion
chrétienne, fête le jour où Jésus
serait revenu à la vie après avoir
connu la mort  : c’est ce que l’on
appelle la résurrection. Ramadan
est le neuvième mois du calendrier lunaire, mois de la révélation,
celui où les musulmans qui le peuvent (pas les jeunes enfants ni les
femmes enceintes…) évitent de manger, de boire et de fumer de
l’aube au coucher du soleil, et partagent avec les plus pauvres. Ce
mois se termine par une grande fête, l’Aïd al-Fitr, où on rend visite à
ses proches, on mange ensemble, on offre des cadeaux aux
enfants…
Les bouddhistes du monde entier, eux, fêtent la naissance de
Bouddha. En Birmanie et en Thaïlande, c’est l’occasion de redorer les
statues de Bouddha. Au Japon, cela s’appelle la Fête des fleurs. 
Quel est le jour de repos ?
Chacune des trois religions
monothéistes a un jour de
repos dans la semaine,
mais ce n’est pas le même. Le
Shabbat des juifs commence le
vendredi soir et finit le samedi soir. Il
rappelle le septième jour de la
Création, durant lequel Dieu s’est reposé. Les chrétiens évitent de
travailler le dimanche, jour de la résurrection de Jésus. Les
catholiques se rendent à la messe, les protestants, au culte. La
grande prière commune des musulmans a lieu le vendredi. 

Le
Le
Le mot
Lemot
mot dimanche
motdimanche
dimanche vient
dimanchevient du
vientdu
vient latin
dulatin
du dies
latindies
latin dies
dies
Dominicus,
Dominicus,
Dominicus, qui
Dominicus,qui
qui signifie
quisignifie « jour
signifie« jour
signifie du
« jourdu
« jour du
du
Seigneur »,
Seigneur »,
Seigneur »,c’est-à-dire
c’est-à-dire
c’est-à-direjour
jour
jourde Dieu.
de Dieu.
de Dieu.

Le 21 ou le 22 décembre, c’est le solstice d’hiver  : les jours


commencent à rallonger. C’est la fête du renouveau, célébrée
dès l’Antiquité. Vers l’an 300, l’Église a fixé la date de naissance
de Jésus au 25 décembre  : la fête du renouveau est devenue
le Noël chrétien.
Comment on entre dans une
religion ?
Dans la plupart des
religions, la naissance d’un
enfant est célébrée par
une fête ou par un rite. Parfois
l’enfant fait partie de la
communauté avant même tout
geste symbolique : c’est le cas dans
l’hindouisme, car on naît hindou, on ne le devient pas. Pour
célébrer l’événement, un prêtre vient à la maison faire la puja  :
devant l’autel familial, il allume une lampe à huile parfumée, récite
des prières en sanscrit, et le bébé est présenté à toute la famille.
On naît juif si on a une mère juive. Quand il est âgé de huit jours, le
petit garçon est circoncis par un rabbin (voir encadré). Pour les filles,
il n’y a pas de cérémonie particulière. À treize ans, le garçon
deviendra bar-mitzvah  : responsable de ses actes devant Dieu. Une
fille devient bat-mitzvah à douze ans.

INFO +
La plupart des religions célèbrent quatre grands
moments de la vie humaine : la naissance, l’entrée dans l’âge
adulte, le mariage et la mort.

Les chrétiens sont baptisés. Chez les catholiques, le baptême est


souvent donné peu de temps après la naissance  : on asperge le
crâne du bébé d’eau bénite, pour qu’il débute sa vie de chrétien lavé
de tout péché. Chez les protestants, même si tout le monde peut
assister au culte et se considérer comme fidèle, le baptême confirme
son engagement. Il veut dire que la grâce de Dieu est donnée. Selon
les courants, le baptisé est entièrement plongé dans l’eau, ou juste
aspergé. Dans la tradition chrétienne orthodoxe, le baptisé est
immergé.
Pour l’islam, tout enfant qui vient au monde est musulman. Pour
se convertir à cette religion, il faut s’informer, lire le Coran et
prononcer la phrase  : «  J’atteste qu’il n’y a de Dieu que Dieu et que
Muhammad est son prophète. » 

La circoncision est le fait d’enlever la


peau du prépuce d’un garçon (la fine
membrane au bout du sexe), en souvenir
de l’alliance entre Dieu et Abraham. Elle
est pratiquée dans le judaïsme. Les
musulmans la pratiquent surtout pour
des raisons d’hygiène ; elle est
recommandée par certains courants
religieux seulement.
Peut-on choisir sa religion ?

Quand tu es petit, le milieu dans lequel tu es élevé


détermine souvent ta religion. Un enfant né dans une
famille de culture catholique sera baptisé, et si la famille est
croyante, il suivra entre 7 et 12 ans l’enseignement des doctrines
chrétiennes (le catéchisme). Un jeune musulman reçoit souvent un
premier enseignement de l’islam de la part de sa famille, notamment
l’apprentissage de l’arabe pour pouvoir lire le Coran. Dans plusieurs
pays, les enfants vont dans des écoles coraniques où ils apprennent
par cœur le Coran. En France, les enfants musulmans vont à l’école
avec les autres enfants,
Quand tu grandis, la religion ne se présente plus forcément comme
quelque chose d’évident. Dans ce cas, parles-en avec d’autres, par
exemple avec tes parents.
Dans certains pays, notamment ceux où existe une religion d’État, il
est très mal vu de ne pas appartenir à la religion dominante, et les
communautés religieuses minoritaires peuvent être victimes de
mauvais traitements. 
Une secte, c’est une religion ?
À l’origine, une secte était simplement
une Église qui comptait peu de fidèles,
comme l’Église chrétienne à ses débuts.
Aujourd’hui, c’est une organisation qui
prétend être une religion mais qui, en
fait, est dirigée par des personnes qui
cherchent à attirer des gens pour les
abuser. En France, le rapport
parlementaire annuel « Info sectes »
publie une liste des sectes reconnues
dangereuses. Certaines comptent moins
de 50 personnes, d’autres plusieurs
milliers.
Peut-on parler librement des
religions ?
Oui et non… En France, la
liberté d’expression est
un droit fondamental
défini et protégé par la loi. On peut
exprimer librement ses opinions
tant que cela ne nuit pas aux autres.
Sont interdites la diffamation (dire du mal de quelqu’un en portant
atteinte à son honneur), l’injure, la provocation à la haine (dont le
racisme), et l’apologie du terrorisme (dire que le terrorisme c’est
bien). La liberté de la presse, protégée par l’article 19 de la
Déclaration universelle des Droits de l’Homme, est un des principes
des sociétés démocratiques, où chacun peut exprimer son opinion.
Elle ne s’applique que dans un nombre limité de pays.

Peut-on rire des religions ?


C’est une question délicate qui montre combien les mots et les
images sont délicats à manier. Certains en ont perdu la vie  : le 7
janvier 2015, douze personnes, parmi lesquelles des journalistes et
des dessinateurs, sont assassinées lors de l’attentat contre le journal
Charlie Hebdo, qui avait posé la question du fanatisme. 
Peut-on ne pas croire en Dieu ?
Au Moyen Âge, « La science sans la religion est boiteuse, la
en Europe, on religion sans la science est aveugle. »
est forcément Albert Einstein, physicien (1879-1955)
chrétien, à l’exception de
minorités comme les juifs regroupés dans des ghettos (des quartiers
où ils sont enfermés). À partir de la Renaissance, il y a un désaccord
entre l’Église et la science, qui remet en cause le fait que la Terre
serait le centre du monde. Des savants comme Copernic et Galilée
osent poser ouvertement des questions, malgré le risque de finir sur
le bûcher : Et si le monde n’avait pas été créé en sept jours, comme
le dit la Bible ? Et si la Terre tournait autour du Soleil ?
De nos jours, des personnes se déclarent athées : elles ne croient
pas en l’existence de Dieu (ou de dieux). Elles le disent librement
dans certains pays mais, dans d’autres, c’est dangereux. Ainsi l’Arabie
saoudite, où l’islam est religion d’État, a adopté en 2014 des lois
contre les athées : ils risquent des peines de prison et des coups de
fouet. En Indonésie, on est obligé d’appartenir à une religion.
D’autres personnes s’interrogent sur l’existence de Dieu  : on dit
qu’elles sont agnostiques. Elles pensent que s’il existe, l’humain ne
peut pas comprendre ce qu’est Dieu. 
Pourquoi pas de dieu à l’école en
France ?
En France, depuis le début
e
du XX siècle,
l’enseignement public est
laïc  : on a le droit de parler de sa
religion dans les établissements
scolaires, mais pas de tenir des
discours visant à convertir des
personnes (à leur faire adopter une
religion). Depuis 2004, le port de
signes religieux très visibles (on dit
«  ostentatoires  ») est aussi interdit par la loi. Les professeurs
d’histoire enseignent le «  fait religieux  », c’est-à-dire la manière
dont les religions influencent l’architecture, la pensée… Il existe par
ailleurs des écoles privées  : catholiques (plus de 7 500) et juives
(environ 300), où apprendre les fondements de la religion peut faire
partie du programme. Les écoles coraniques sont très peu
nombreuses (une soixantaine). 
Peut-on être amis si on n’a pas la
même religion ?
Pourquoi pas  ? La religion
n’est qu’un aspect des
personnes. Un aspect tout
à fait privé, d’ailleurs  ! On peut
parfois bloquer sur ce qu’on croit
savoir, mais ce sont souvent des
idées fausses, des préjugés. Si tu
penses que ton ami n’est pas
comme toi parce qu’il ne mange pas
les mêmes plats, ne célèbre pas les mêmes fêtes… tu as peut-être
tendance à juger que tes pratiques sont meilleures. Alors que chacun
aurait tant à gagner s’il avait plus de curiosité bienveillante. Pose-
lui des questions, découvre ce qu’il aime, et n’oublie pas que vous
avez tant de points communs : l’envie d’aimer et d’être aimé, d’avoir
des amis, de trouver votre chemin dans la vie…

De nombreuses religions « Les religions sont comme des routes


ont des valeurs différentes convergeant vers un même
communes. Ces valeurs point. Qu’importe que nous empruntions
ne sont pas forcément des itinéraires différents, pourvu que nous
exprimées avec les arrivions au même but. »
mêmes mots, et Gandhi (1869-1948), guide politique et spirituel
pourtant… Les trois indien
religions monothéistes
insistent sur le fait de faire le bien, que ce soit en rendant visite aux
malades ou en donnant aux pauvres…
On peut bien sûr élargir la question : non seulement deux personnes
n’ayant pas la même religion peuvent être amies, mais deux amis
peuvent ne pas du tout partager les mêmes convictions, parce
que l’un sera croyant et l’autre athée. Que serait la vie si on ne
fréquentait que les gens qui nous ressemblent ? 
A-t-on le droit de tuer pour la
religion ?
Tu entends peut-être
parler de guerres de
religion… Au Penjab, une
région de l’Inde, sikhs et hindous
s’affrontent  ; en Syrie, ce sont des
sunnites et des chiites… Mais quelle
est la part des croyances dans ces
violences ?
Selon l’anthropologue américain
Scott Atran, chercheur au Centre national de la recherche
scientifique, seuls 7 conflits sur 100 ont vraiment une origine
religieuse. Dans la plupart des cas, il s’agit en fait de raisons
historiques, géographiques (conquérir un territoire) ou économiques
(accès à l’eau par exemple).

Le fanatisme est un dévouement excessif à une cause


religieuse, qui pousse à l’intolérance et à la violence.
L’intégrisme désigne l’attitude de certains croyants qui
refusent toute évolution des pratiques traditionnelles.

Certains textes sont difficiles à interpréter. Ainsi, le Coran affirme


que celui qui tue un homme tue toute l’humanité, sauf si cet homme
est «  coupable d’une corruption sur terre  » (Sourate 5, verset  32).
Encore faut-il se mettre d’accord sur la signification des mots
« coupable de corruption ».
Dans toutes les religions, il existe des fanatismes et des intégrismes.
Certains poussent à la violence, organisent des attentats, pour
répandre par la peur les idées auxquelles ils croient. Mais peut-on
répandre une idée par la terreur ? Non. 

Un attentat, c’est quoi ?


C’est un acte de violence. Son but est de
blesser ou tuer des innocents, d’abîmer
ou de détruire des bâtiments, de semer
la peur. Il existe même des « attentats
suicide » : des personnes choisissent de
perdre leur vie dans des attaques de ce
genre.
Toutes les religions ont-elles le
même calendrier ?

Non ! Il existe des dizaines de calendriers différents dans le


monde, et nombre d’entre eux sont liés à une religion.
Certains ne sont plus utilisés. Ainsi, dans l’Égypte ancienne,
le calendrier était cyclique. À chaque nouveau pharaon, on repartait
à une année 1 : par exemple « année 1 du règne de Ramsès II ». Dans
le monde actuel, la plupart des personnes vivent selon le rythme du
calendrier chrétien (grégorien), qui s’est imposé au monde des
affaires. Il est plus pratique de compter de la même façon si on ne
veut pas rater son avion de Paris à Tokyo ! 

Le calendrier grégorien
C’est une adaptation du calendrier adopté par Jules
er
César. Il fait démarrer l’année le 1 janvier, et non plus
er e
le 1 mars. Au XVI siècle, le pape Grégoire XIII l’ampute
de dix jours pour qu’il colle à la course du Soleil. Il a
d’abord été le calendrier du monde chrétien. Son point de départ a
été proposé par le moine Denys le Petit en 532 : il estimait que c'était
la naissance de Jésus. On sait maintenant que Jésus serait sans
doute né quatre ans plus tôt.

Le calendrier musulman
C’est un calendrier lunaire  : il est fondé sur le
mouvement de la Lune autour de la Terre. Les mois y
sont donc plus courts (29 jours) que dans le calendrier
grégorien. Au bout de 33 ans, le décalage entre les deux
calendriers atteint une année entière. Le point de départ du
calendrier musulman est l’Hégire (la «  fuite  », voir L'islam, c'est
quoi ?) qui correspond au vendredi 16 juillet 622.

Le calendrier juif
Il commence par la fête de Roch Hachana, le Nouvel An.
Il est lunaire, mais les années suivent le rythme des
saisons sans se décaler, car certaines années comptent
treize mois. Les noms des jours correspondent à leur
ordre dans la semaine  : «  premier jour  » pour le
dimanche, «  deuxième jour  » pour le lundi… Le début de ce
calendrier est la date où Dieu a créé le monde selon la Bible, en 3761
avant Jésus-Christ. Ce calendrier est officiel en Israël depuis la
création de cet État en 1948.

Le calendrier hindou
Il est conçu comme une série de cycles, et non comme
une ligne droite allant du passé vers l’avenir. Pour
unifier les nombreux calendriers qui existent, le
gouvernement indien a adopté un calendrier national
en 1947, lors de l’indépendance du pays. Il commence le 21 ou le 22
mars de notre calendrier. Son année 1 est celle de l’ère Saka, en 78.
Que voit-on des religions ?

Cela dépend des pays  ! En France, chaque village a son


église catholique (la maison de Dieu) et les villes ont
souvent une cathédrale  : cela montre la puissance que
l’Église catholique a longtemps eue. Dans les pays de tradition
musulmane, ce sont les mosquées qui rythment le paysage, et
l’appel à la prière par les muezzins rythme le temps. 

Église catholique
Différents styles d’architecture se sont succédé. Il y a eu
d’abord l’art roman, puis l’art gothique, plus élancé et
lumineux. Une cathédrale est une église d’une ville où
résidait un évêque.

Temple protestant
La maison de Dieu, là où on vient prier. On n’y
trouve ni statues ni décors.

Église orthodoxe
Il existe quatorze Églises (organisations) orthodoxes :
celles de Constantinople, de Russie… L’autel est orienté
vers l’est. On y trouve des icônes (représentation
sacrée, souvent sur bois, de la Vierge, du Christ…).

Synagogue
Lieu de prière et centre d’étude pour le
judaïsme. La Torah (voir Le judaïsme, c'est
quoi  ?) est abritée dans une armoire, l’Arche.
Une lumière brille constamment, symbolisant
la présence de Yahvé. En général, hommes et
femmes prient dans des lieux séparés.
L’architecture varie selon les pays.

Mosquée
Lieu de prière des musulmans, qui peut être une
simple maison pourvu qu’elle soit propre, ou une
magnifique architecture. Les fidèles prient sur un tapis
de prière, tournés vers La Mecque (selon la sourate 2
du Coran). Les hommes et les femmes prient dans des
lieux séparés.

Temple
En Inde, on trouve de nombreux temples
hindous, souvent ornés de nombreuses
sculptures racontant en images l’histoire d’un
dieu ou d’une déesse. On y trouve notamment
une ou plusieurs salles de prière.
INFO +
Selon les religions monothéistes, on ne peut pas
connaître Dieu. C’est pourquoi on le représente peu, et cette
représentation reste un symbole. Au Moyen Âge, l’art chrétien
permettait de raconter l’histoire de Jésus et des saints aux
gens du peuple qui ne savaient pas lire.
Même si à certaines époques des artistes musulmans ont
représenté Muhammad, la tendance est à l’interdiction d’un
art religieux figuratif.
Les religions ont-elles des
symboles ?

Les symboles religieux apparaissent dans ou sur les


bâtiments (église, synagogue, temple…), sont portés en
bijoux… 

L’étoile de David
Cette étoile à six branches, faite de deux triangles
entrelacés, est le symbole de la religion juive. Au départ,
c’était le symbole de David, roi d’Israël dont on trouve
l’histoire dans la Bible : elle ornait son bouclier.

La croix
C’était autrefois un instrument de torture : les Romains
crucifiaient les voleurs. Ils ont crucifié Jésus, disant qu’il
troublait l’ordre public. La Bible raconte qu’il est
ressuscité trois jours plus tard. La croix est devenue le
symbole du sacrifice que Jésus a fait de sa vie pour
sauver les humains qui ont péché, c’est-à-dire qui n’ont
pas respecté les règles divines. Il en existe plusieurs formes. Les
chrétiens en font aussi le geste : le signe de croix.

Le nom de Dieu
Le nom de Dieu écrit en arabe est un symbole de l’islam. Le croissant
peut être associé au croissant de Lune qui marque la fin du
Ramadan. Quant à l’étoile à cinq branches, elle rappelle les cinq
piliers de l’islam.
Aum
Ce son vient de la fusion de trois lettres en sanscrit, la
langue ancienne dans laquelle ont été écrits les textes
fondamentaux de l’hindouisme. Le A symbolise
Brahma, dieu des commencements, le U est Vishnu, le
garant de la continuité du monde, et le M Shiva, le
destructeur.

Le lotus
C’est l’un des symboles du bouddhisme. Il représente la
pureté de l’esprit.
Les pèlerinages
Chaque religion possède ses lieux saints
où se rendent les croyants. Un hindou
fera un pèlerinage au bord du Gange,
l’un des grands fleuves sacrés de l’Inde.
Jérusalem est une ville sainte pour les
trois religions monothéistes. Le
pèlerinage des musulmans à La Mecque,
en Arabie saoudite, a lieu lors du
douzième mois du calendrier lunaire
(voir Toutes les religions ont-elles le
même calendrier ?).
Qui ne mange pas de porc à la
cantine ?
La plupart des religions
possèdent des règles
concernant
l’alimentation. Les juifs mangent
une nourriture casher, comme le
prescrit la Bible  : l’animal est tué
selon des règles précises. Ils ne
consomment que des mammifères
ruminants aux sabots fendus,
comme le bœuf, et ne mangent ni
cheval, ni lapin, ni porc.
Dans la religion musulmane, on
mange halal : les animaux doivent être tués selon des règles dictées
par le Coran, notamment la tête tournée vers La Mecque. Le Coran
recommande de ne pas manger de viande d’animaux carnivores, ni
de porc.
Les chrétiens ont peu d’interdits alimentaires, et certaines pratiques
sont moins répandues qu’avant, comme manger du poisson le
vendredi, en souvenir de la mort de Jésus le Vendredi saint.
Dans toutes les religions, la nourriture est aussi symbole de
moments de fête. Par exemple lors de la Pâque juive, qui célèbre la
libération des Hébreux hors d’Égypte, on partage en famille des mets
amers, qui rappellent l’amertume de l’esclavage, et du pain non levé,
pour commémorer la fuite précipitée.
Chez les musulmans, pendant le mois de Ramadan, on jeûne durant
la journée, et on peut boire et manger dès que la nuit tombe. La fin
du mois est célébrée par une grande fête, l’Aïd al-Fitr, une journée
de fraternité où l’on déguste notamment des pâtisseries en famille
ou entre amis. 

INFO +
Le jaïnisme est une religion très ancienne qui
compte environ dix millions de fidèles. Elle est relativement
différente de l’hindouisme, même si toutes les deux sont
d’origine indienne et visent notamment la fin des
réincarnations de chaque être. Les jaïns sont respectueux de la
nature et végans : ils ne mangent ni viande, ni poisson, ni
œufs, ni produits laitiers, ni miel, et ne boivent pas de vin. Ils ne
portent pas de cuir, de soie ou de laine.
Qui a créé le monde ?

Selon toutes les religions, polythéistes ou monothéistes, le


divin a créé le monde. Plusieurs récits disent qu’avant le
ciel et la terre, il n’y avait qu’une grande étendue d’eau. C’est
le cas dans la religion shinto des Japonais, ou encore dans celle des
anciens Mésopotamiens. Pour les Grecs, il n’y avait au début du
monde qu’un chaos ; pour les Vikings, un vide glacé.
Selon les trois religions monothéistes, Dieu est à l’origine de tout. La
Bible raconte ainsi que Dieu a créé le monde en six jours et s’est
reposé le septième.
Les athées, qui ne croient pas en Dieu, se tournent vers la science
pour expliquer l’origine du monde — et même ainsi, il reste encore
bien des mystères à élucider. Pour eux, le big-bang serait
l’événement à l’origine de l’univers. Remarque que c’est un religieux
catholique et astrophysicien, Georges Lemaître, qui a fait cette
supposition le premier, en 1927  ! Cela prouve que l’on peut être à la
fois un esprit tourné vers les sciences, et avoir la foi en une existence
divine. Ce n’est pas incompatible, comme on le pense parfois. 
Qui m’a créé, moi ?
L’existence des humains,
comme celle de l’univers
tout entier, est l’un des
mystères dont parlent toutes les
religions. Le premier homme, Adam,
a-t-il été créé par Dieu  ? Puis la
première femme, Ève, à partir d’une
des côtes de cet homme, comme le
relate aussi la Bible ? A-t-il été créé
avec de l’eau et de la terre, comme
le racontent les mythologies maya
(Amérique du Sud), égyptienne, mésopotamienne ? Chacun de nous
peut expérimenter le mystère d’être vivant, l’étrangeté d’être là, alors
qu’avant notre naissance nous n’existions pas, et qu’après notre mort
nous n’existerons plus — en tout cas pas sur cette terre. Cela donne
le tournis  ! C’est ce qu’on appelle la condition humaine, qui nous
donne la conscience que nous mourrons un jour. C’est bien difficile à
penser et à croire, même si on le sait ! 
Comment savoir si Dieu existe ?
De nombreux penseurs,
religieux et philosophes,
ont proposé des
arguments pour prouver l’existence
de Dieu. Au final, tout ce qu’on peut
dire avec certitude, c’est que
certaines personnes croient en
Dieu et d’autres non : croire en Dieu, c’est ce qu’on appelle la foi. Et
c’est très personnel ! Avoir la foi ne veut pas dire une certitude totale
et sans faille. On peut croire et parfois douter.
Il ne s’agit donc pas d’une science, mais d’une relation à l’invisible,
une façon d’entrer en communication avec Lui, par la prière
notamment. Selon certaines théories, l’invention de l’écriture en
Mésopotamie, en Égypte ou en Chine serait d’ailleurs une tentative
pour entrer en lien avec le monde de l’invisible. Et les dessins que les
étoiles font dans le ciel, la nuit, seraient peut-être le signe
indéchiffrable de ce monde. 
Les hommes ont-ils inventé les
religions ?

C’est une façon moderne de voir les choses, qui a paru — et


peut encore paraître à certains — bien audacieuse. Pendant
des siècles, les hommes pensaient que tout était l’œuvre de
e
Dieu. Au siècle des Lumières (XVIII siècle), un renversement de
pensée s’est fait : l’humain est devenu le centre des préoccupations.
Que se passe-t-il si on pense que les religions sont des inventions
humaines  ? Tout à coup, l’univers se vide de ses présences
mystérieuses et invisibles, les humains pourraient se sentir seuls
face à leur peur de la condition humaine (voir Qui m'a créé, moi ?). La
vie peut sembler vide de sens si elle ne mène à rien d’autre qu’à la
mort. Les pouvoirs religieux, du coup, se retrouvent privés de
justification. C’est dangereux pour eux, et c’est peut-être la raison
pour laquelle, dans certains pays, il est interdit de dire qu’on ne croit
pas en Dieu — même si on ne peut pas contrôler ce que pensent les
personnes, heureusement. 
Au XIXe siècle, le philosophe allemand
Karl Marx a écrit « La religion est
l’opium du peuple. » Cela veut dire que,
selon lui, ce sont des humains qui ont
inventé les religions pour avoir un
pouvoir sur les peuples, et non le divin
qui a fait les humains. Deux siècles
auparavant, le philosophe Spinoza
pensait, lui, que le Dieu de la Bible avait
été inventé, mais que Dieu est
l’ensemble du visible et de l’invisible,
dont les humains ne forment qu’une
petite partie.
Dieu voit-il tout ce que je fais ?
Cela te fait peur de penser
que Dieu est une sorte de
super policier, et qu’il juge
tes actes, même ceux que tu
essaies de cacher  ? Tu te
demandes s’il t’aime, même quand
tu fais des bêtises. Et peut-être, plus
généralement, tu te demandes si tu
es digne d’être aimé même si tu n’es
pas parfait. Rassure-toi  : personne
n’est parfait. Mais on peut essayer
de devenir meilleur !
Tu peux t’imaginer un Dieu qui te
regarde avec bienveillance, qui te pardonne. Dans la Bible, par
exemple, il y a plusieurs histoires de pardon. Un chapitre raconte le
retour du fils prodigue, celui qui a accumulé les fautes. Son père
organise un grand festin pour son retour, car le jeune homme
regrette ses actions, ce qui est aux yeux du père plus précieux que
d’avoir toujours obéi. 
Si Dieu existe, pourquoi des enfants
meurent-ils ?

C’est la question de l’injustice : si Dieu existe et s’il aime les


humains, alors pourquoi n’empêche-t-il pas les guerres, les
maladies, les souffrances  ? Il est logique que tu te poses la
question, et que tu sois révolté par ce que des humains font subir à
d’autres humains. Chacun a sa propre réponse, selon sa croyance
et sa sensibilité. Certains croyants pensent que Dieu leur envoie des
épreuves pour voir si leur foi est profonde. D’autres pensent que
Dieu a créé les humains, mais qu’il leur reste leur libre-arbitre  : la
liberté de choisir leurs actions. D’autres encore pensent que Satan,
esprit du mal, est la source des souffrances et des injustices. 

INFO +
Selon un récit de la Bible, Dieu a envoyé plusieurs
épreuves à Abraham. La dernière : lui donner son fils en
sacrifice. Quoi de plus terrible ? Abraham, qui croit de façon
absolue, garde l’espoir et se met en marche avec son fils. Au
dernier moment, alors qu’il va porter le coup fatal à son
enfant, un ange arrête son geste et un bélier apparaît dans les
fourrés : c’est l'animal qui sera sacrifié.
Où va-t-on quand on meurt ?
Le corps du défunt repose
au cimetière, sous la terre,
ou est incinéré (on brûle le
corps). L’incinération est une
tradition chez les hindous  ; en
revanche, la législation musulmane
l’interdit. Chaque religion possède
ses propres rites pour ce moment.
Mais cela répond-il complètement à
la question ?
Quand une personne que l’on aime meurt, on sait qu’elle restera
vivante dans nos cœurs  : on en a des images, des souvenirs, une
impression unique, qu’aucune autre personne au monde ne peut
remplacer. Les fidèles des religions monothéistes — judaïsme,
christianisme et islam — croient qu’il existe une vie après la mort.
L’âme de ceux qui ont fait preuve d’amour et de bonté durant leur
vie se retrouve près de Dieu. Selon l’hindouisme et le bouddhisme,
l’âme du défunt est réincarnée dans un nouveau corps, humain ou
animal, selon que la personne a commis des actes bons ou mauvais. 
Le paradis, ça existe ?
Et l’enfer ?
Selon le christianisme et
l’islam, le paradis est un
lieu merveilleux où, après
leur mort, va la part immortelle des
êtres qui ont été bons. Le judaïsme,
lui, ne donne pas de précisions sur
ce lieu proche de Dieu, et se
concentre sur ce que nous pouvons
faire de mieux durant notre passage
sur Terre. Le bouddhisme promet
un paradis pour les meilleurs et un enfer pour les moins méritants,
lieux de transition entre deux réincarnations (voir Et le
bouddhisme ?).

Selon
Selon
Selon les
Selonles religions
lesreligions
les monothéistes,
religionsmonothéistes,
religions monothéistes,
monothéistes,
l’âme
l’âme
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L’âme
L’âme
est
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est séparée
estséparée
séparéedu
séparée du corps.
ducorps.
du corps.
corps.

Au Moyen Âge, les peintres ont représenté l’enfer comme un lieu


affreux, peuplé de monstres, où l’on subit des tortures abominables.
La morale, c’est qu’il faut bien se comporter pendant toute sa vie si
on ne veut pas y aller. L’islam affirme l’existence d’un enfer où brûle
un feu terrible. S’y retrouvent ceux qui n’ont pas reconnu l’existence
du Dieu unique. 
INFO +
Aller au ciel, c’est une image. Cela ne veut pas dire
qu’on se retrouve dans le ciel qui est au-dessus de nos têtes,
mais près de Dieu. Cette expression a longtemps été employée
pour éviter de nommer la mort aux enfants.
Est-ce que Dieu nous aime tous ?
Cette question n’a de sens
que pour les personnes
croyant à l’existence d’un
Dieu, ou de plusieurs dieux, en
fonction des religions. Les
personnes athées s’interrogent sur
l’amour entre les personnes,
l’attention à l’autre ou au moins la
possibilité de relations respectueuses. Ce qui est déjà énorme ! Selon
le christianisme, Dieu est amour. Il aime tous les humains. Selon
l’islam, Dieu aime l’humain qui l’aime.
Au fond, que signifie cette question ? Que nous voulons être aimés.
Mais a-t-on besoin de recevoir de l’amour pour en donner ? En fait,
n’est-ce pas le fait de donner de l’amour qui rend heureux  ? À
chacun d’y réfléchir tout au long de sa vie, et de cultiver le respect de
soi et des autres.
Peut-être pries-tu Ganesh, le dieu éléphant de l’hindouisme, devant
le petit autel familial ? Peut-être es-tu élevé dans la religion juive, ou
bien dans la foi en Allah  ? Ou crois-tu que Jésus est le fils de Dieu
parce que tu es chrétien  ?Ou encore penses-tu que Dieu n’existe
pas  ? Chacun devrait être libre de choisir sa croyance, sa vie
spirituelle, tout en respectant celle des autres. La diversité est une
richesse  ! Les ennuis commencent quand on est persuadé qu’on a
raison et que les autres ont tort. Que tu sois croyant ou non, un
danger guette  : oublier que toute vie humaine est sacrée. Parce
que nous partageons tous une même humanité et que celui qui tue
un être humain, tue en lui-même sa part d’humanité, diront les uns.
Parce que nous sommes des créatures de Dieu, diront les autres. 
Qui a raison ?
La foi est une richesse pour qui la vit profondément
et une relation mystérieuse et intime à un créateur
divin. La religion devient un danger quand elle
est utilisée pour bafouer les valeurs de liberté et de
justice, quand on l’impose à qui ne la choisit pas, quand on punit celui
ou celle qui la refuse ou qui en a une autre. La tolérance, qui consiste
à respecter ceux qui pensent autrement, ne vaut que si elle est
réciproque. Elle est à cultiver, par chacun de nous, jour après jour. 
Dans la même collection
Page de copyright
Textes : Sylvie Baussier
Illustrations : Clémence Lallemand

Direction : Guillaume Arnaud, Guillaume Pô


Direction éditoriale : Emmanuelle Braine Bonnaire
Édition : Danielle Védrinelle
L’éditeur remercie Blandine Montagne pour son aide précieuse.
Direction artistique : Elisabeth Hébert, Bleuenn Auffret
Réalisation numérique : andaollenn, Gwenael Dage

© Fleurus Éditions, Paris, 2018


Site : www.fleuruseditions.com
ISBN numérique : 9782215163855
ISBN papier : 9782215156727
Dépôt légal : septembre 2018
Tous droits réservés pour tous pays.
« Loi n° 49-956 du 16 juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse. »

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