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Chapitre 3 : Les actions (titres de capital)

Section I : Concepts et droits des actions

I-1) Définition des actions:

Une action est un titre négociable qui donne à son détenteur le droit de propriétaire et
lui confère la qualité d’associé. Elle représente une partie du capital de la société. Ainsi, la
responsabilité de l'actionnaire dans la gestion de l'entreprise n'est engagée qu'à hauteur de son
apport.

Les actions représentent la contrepartie des apports (nature ou/et espèces) apportés par
les créateurs à la constitution du capital de l'entreprise.

Lors de la création d’une entreprise, les personnes qui participent à la constitution de


son capital sont appelées des actionnaires fondateurs.

Le capital d'une société par actions est divisé en un nombre fini d’actions.

Les actions sont régies par le code des sociétés commerciales dans les articles 316
-326.

I-2) Droits des actionnaires:

En vertu de leur qualité d'associés, les actionnaires détiennent sur l'entreprise un


certain nombre de droits, notamment:

Un droit de la gestion

Ce droit dit "droit de vote", il s'exerce au sein des Assemblées Générales de la société
qui réunissent ainsi l'ensemble des actionnaires. Durant les assemblées, l’avis de l’actionnaire
est exprimé à travers l’exercice du droit de vote, par l'acceptation ou non de certains actes de
gestion. Il s'agit notamment de la nomination des administrateurs au Conseil d’administration,
de la désignation du Commissaires aux Comptes, de la modification des statuts ….etc.
(exemple : changement de statuts, distribution et fixation du montant des dividendes.… ).

Le droit à l'information

1
L'actionnaire peut obtenir gratuitement auprès de la société tout document portant sur
la gestion des affaires de la société. On peut citer : les états financiers annuels et semestriels,
les rapports de gestion, les rapports du commissaire aux comptes… etc.

Le droit de souscription préférentiel

Il s’agit d’un droit accordé à l’actionnaire au cas où la société décide d’opérer pour
une augmentation de capital. Les anciens actionnaires ont un droit privilégié d’acheter les
nouvelles actions. Le nombre d’action nouvellement acquis pour chaque actionnaire doit être
proportionnel à la part du capital anciennement détenue.

Le droit d'attribution

Ce droit est exercé dans le cas où la société augmente la valeur nominale de l'action ou
crée des actions nouvelles gratuites par incorporation des réserves au capital. Dans se cas les
anciens actionnaires on le droit de jouir des actions gratuitement.

Le droit sur les bénéfices réalisés

Lorsqu'une société réalise des bénéfices, ceux-ci sont d'abord soumis au taux de
l'impôt sur les sociétés. L'assemblée générale des actionnaires doit affecter la somme qui reste
après impôt.

Généralement, une partie du bénéfice après impôt est mise en réserve. L’autre partie
est distribuée aux actionnaires.

La somme versée à chaque action s'appelle le dividende. Ce dernier correspond à la


part du bénéfice versé à chaque action. Ce dividende n'est pas identique d'une année sur
l'autre. C'est la raison pour laquelle l'action se définit comme une valeur à revenu variable.

Droit sur l'actif social

L'actionnaire possède un droit sur l'actif de l'entreprise, proportionnel au nombre de


titres qu'il détient. L’actif de l’entreprise, c’est son patrimoine à savoir terrains, construction,
outillage, trésorerie dont il faudra retrancher les dettes.

Droit de vendre des actions:

2
Chaque actionnaire a le droit de vendre ses actions sans demander la permission de
l’entreprise.

Le prix de cession des actions peut être supérieur au prix d’acquisition, dans ce cas
l’investisseur réalise une plus-value sur cession.

Section II : Modèles d’évaluation des actions

Les actions d’une société sont des titres négociables, c'est-à-dire qu’elles peuvent être
cédées sur le marché, et acquises par d’autres personnes qui n’ont pas participé à sa création.

Une action peut procurer deux types de revenus :

- Le dividende : c’est une partie du bénéfice net distribué aux actionnaires après
chaque exercice ;

- Le prix de vente de l’action. Elle est encaissée lorsqu’on vend l’action.

II-1) Modèle des dividendes actualisés

Pour un investisseur qui achète une action, le flux monétaire qu’il obtiendra est
composé du dividende versé et le prix de l’action, lorsqu’il va vendre le titre.

Si ke est le taux de rendement exigé par les actionnaires pour accepter d’investir dans
un actif risqué, le prix d’équilibre de l’action est tel que :

D1 D2 D n  Pn
P0    ...
1  K e  1 1  K e  2 1  K e  n

P0  : Prix de l’action a t = 0

D1, D2, ..Dn : Dividendes à t = 1, 2, …n.

Pn  : Prix de l’action a t = n

3
Application 1

Une action est censée générer des dividendes 10 TND dans un an, 15 TND dans deux
ans, et 20 TND dans trois ans. Sa valeur de revente de la troisième année est estimé 125 TND.
Calculer la valeur de cet actif aujourd'hui, en utilisant un taux d'actualisation de 10%.

D1 D2 D n  Pn
P0    ...
1  K e  1
1  K e  2
1  K e  n

10 15 20  125
P0    
1  0.1 1  0.1 1  0.1 3 130,428 TND
1 2

II-2) Modèle à croissance nulle d'Irving Fisher :

Ce modèle repose sur les hypothèses suivantes

H1 : le bénéfice est constant jusqu'à l’infinie : B0=Bt  t=1…∞

H2 : le bénéfice est distribué en totalité chaque année. Bt=Dt  t=1…∞

Si les dividendes sont constants (D = D0  t=1…∞) et distribués jusqu'à


l’infinie c'est-à-dire que l’actionnaire ne va pas vendre l’action

1   q
n
S n  U1
1  q 


 1 
1   

D0 D0  1  K   1


P0   1  k t

1  K e  
 e
1 
 or 
1 K
 e
 0


1  1  K 
t 1 e

 e 

D0 1 D0 1 D0 1 D0
P0    
1  K e   1  1  K e   1  K e  1  1  K e   Ke  Ke
1      
 1 K   1 K  1 K 
 e   e   e 

4
D0
Alors P0 
Ke

Application 2 :

Powor est une entreprise de distribution de gaz. Les dirigeants prévoient de verser un
dividende de 2,30 TND par action. Le coût des capitaux propres de l’entreprise est de 7% ; les
dividendes sont supposés être constants, à l’infini. Quel est le prix actuel d’une action Powor?

D0 2.3
P0    32,857 TND
K e 0.07

II-3) La méthode de Gordon Shapiro

Le modèle de Gordon Shapiro est appliqué aux entreprises à croissance infinie, dont le
dividende croît d’une année à l’autre au taux constant «g» ; K e  g .

Ce modèle repose sur les hypothèses suivantes

H1 : le bénéfice est distribué en totalité chaque année. Bt=Dt  t=1…∞

H2 : le taux de rentabilité attendu par les investisseurs doit être supérieur au taux de
croissance des dividendes g. K e  g .

H3 : le dividende croit au taux constant g jusqu'à l’infinie : Dt  Dt 1 1  g   t=1…


D 1  D 0 1  g 

D 2  D1 1  g   D 0 1  g 
2

5
Dt  D0 1  g 
t

Remarque : on peut déterminer la valeur de g en fonction de D n et D 0

1
Dt
On a D t  D 0 1  g   1  g  
t t  D t
 g   t   1
D0  D0 

1
Dp
De même D p q  D p 1  g   1  g   D q
q q
 g  p  1
Dq D 
 q 

D15  D7 1  g 
8

Si les dividendes sont distribués jusqu'à l’infinie 


 1  g  
1   

Dt

D 0 1  g  t

1  g  t  1  g    1  K e  
P0   1  k
t 1 e t
 
t 1 1  K e  t
 D0 
t 1 1  K e  t
 D 0  
 1  K e   1  1  g 
or
 1 K 
 e 


 1 g 
  0
1 K 
 e 

 1  g   1  1  g   D0  1  g   D 0 D 1  g 
P0  D 0          0
 1  K e   1  1  g 
  1  K e    1  K e  1  g   1  K e    K e  g   K e  g 
 1 K  1 K   1 K 
 e   e   e 

D1
P0 
Ke  g

Application 3

Soit le prix initial de l’action X est : P0

- Dividende espéré de l’année 1 égale 5

- Dividende espéré de l’année 3 égale 6,05

6
- le taux de rémunération des actionnaires 12.5%, si les dividendes croient au même
(g) taux jusqu’à l’infini. Calculer le prix d’équilibre de l’action.

1
 D 2
D3  D1 1  g   g   3   1  10%
2

 D1 

D1 5
P0    200 TND
K e  g 12.5%  10%

c) Le modèle de Solomon :

C’est un modèle de croissance simple avec réinvestissement d’une partie des


bénéfices. En effet l’hypothèse de croissance constante des dividendes de Gordon-Shapiro est
fortement critiquée. Solomon montre que cette hypothèse peut être acceptable si l’entreprise
répond aux conditions suivantes

 b = taux de rétention des bénéfices, supposé être constant


 d = 1-b = taux de distribution des bénéfices
 r = taux de rendement des capitaux réinvestis, supposé être constant
 La croissance est assurée uniquement par autofinancement

Soient

 B0, B1, B2, ... Bk, les bénéfices attendus des années 1,2, ... k
 D0, D1, D2, ... Dk, les dividendes attendus des années 1,2, ... k
 ke, le taux de rendement exigé par les investisseurs

Dt  Bt 1  b  des années 1,2, ... k

Soit I t , l’investissement supplémentaire de la période t, alors I t correspond a la


partie du bénéfice non distribué en (t-1) :

I t  b  Bt 1

Le bénéfice de la période t est donc :

7
Bt  Bt 1  r  b  Bt 1

Bt  1  r  b   Bt 1

Dt Dt 1
Or Dt  Bt 1  b   Bt  et Bt 1 
1  b  1  b 

Dt D
Alors  Bt  1  r  b   Bt 1  1  r  b  t 1
1  b  1  b 

D’ou : Dt  1  r  b  Dt 1

Cette équation signifie que les dividendes croient au taux constant (r*b)

Si on remplace g par r×b et D1 par B1×(1-b)

Dans la formule de Gordon-Shapiro, nous aurons :

D1 B 1  b 
P0   1
K e  g K e  rb

Application 4 :

ProCos est une entreprise de distribution des produits cosmétiques. Les dirigeants
prévoient un bénéfice de 23 TND par action à t = 0. Dans un souci de développement et de
croissance les dirigeants prévoient un réinvestissement de 70% des bénéfices l’année
prochaine. Ils prévoient encore que les capitaux nouvellement investis vont rapporter 6% de
rendement, supposé être constant à l’infini..

Le coût des capitaux propres de l’entreprise est de 7% ; à l’infini.

1. Quel est le montant des capitaux nouvellement investis si le nombre total des
actions est 1000 actions.

2. Quel est le prix actuel d’une action ProCos?

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d) Le modèle de Molodovsky :

Le cas des entreprises en expansion.

Certaines entreprises, dites " en expansion ", connaissent effectivement un taux de


croissance supérieur au taux de rendement exigé. Le modèle de Gordon-shapiro ne leur est
pas alors applicable. MOLODOVSKY propose un modèle, qui porte son nom, et qui consiste
tout simplement à identifier les phases de croissance supérieure au rendement exigé k, à
trouver les dividendes anticipés pour cette période et à les actualiser au taux de rendement
exigé. Lorsque le taux de croissance devient plus petit que le taux k, on applique alors le
modèle de Gordon-shapiro, en notant qu'il faut l'actualiser au temps présent.

H : g se stabilise une fois que l’entreprise est à maturité à la date N.

0 1 2 …... n n+1 n+2 n+p

D1 D2 Dn Dn+1 Dn+2 Dn+p

Application 3

La société XYZ verse actuellement un dividende de 5 TND et on pense qu’il augmente


de 20% pour les 3 prochaines années. Par la suite, le taux de croissance devrait se stabiliser à
10%. Si vous exigez un rendement de 15% sur les actions XYZ, à quel prix êtes-vous prêt à
les acheter?

D0 D1 D2 D3 D4
5 6 7.2 8.64 9.504

9
d) Price Earnings Ratio (PER).

Le PER d’une action se définit comme étant le rapport du cours de l’action sur le
bénéfice qu’elle rapporte. Il représente le nombre d’années nécessaire pour rembourser le prix
du titre avec ses bénéfices (à bénéfice constant).

Exemple 1 : soit la société Lambda dont le cours de bourse est de 200 TND le 15
juillet, son BNPA est de 10 TND.
Le PER est donc égal à 200 / 10 = 20.

Le PER qui est de 20 signifie qu'il faudrait 20 ans pour que les bénéfices de
l'entreprise (dans l'hypothèse où ils restent constants) couvrent le prix de l'action.

Si n ∼> ∞ et si g < kc, nous allons partir du modèle de Gordon et Shapiro :

D1
P0 
Ke  g

D1  d  B1  d  B0  1  g 

Cette formule permet d’obtenir de manière explicite les variables déterminantes du


PER d’une société ; plus précisément, le PER est une fonction :

- croissante du taux de croissance des bénéfices g;

- croissante de la capacité de distribution des dividendes d,

- et décroissante du taux d’actualisation, coût des fonds propres, ke

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A partir de cette expression du PER, nous pouvons tirer l’expression du coût des fonds
propres, ke / :

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