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Explication linéaire de l'acte II scène 8 

: L'interrogatoire de Louison
Introduction

→ Situation de la scène 8 de l'acte II dans la pièce :
L'intrigue du Malade imaginaire est centrée autour du personnage d'Argan, père de famille tyrannique et
hypocondriaque, qui veut imposer un mariage d'intérêt à sa fille aînée Angélique avec un médecin. Celle-ci
amoureuse de Cléante l'aurait reçu dans sa chambre. Sa malveillante belle-mère Béline l'ayant dénoncée Argan
cherche à en savoir plus en soumettant Louison, la cadette à un interrogatoire. Mais celle-ci va résister.
→ Quelques idées de problématiques :
- Quel rôle joue l'enfant dans le théâtre de Molière ? Selon quel principe dynamique Molière parvient-il à nous
faire rire ?
- Comment cette scène d'interrogatoire est-elle révélatrice en montrant à la fois le côté tyrannique d'Argan et
son humanité ?
- Comment Molière réussit-il à redoubler la théâtralité de la scène ?
→ Lecture du texte
→ Mouvements (I- L'interrogatoire de Louison / II- Le stratagème de l'enfant de feindre la mort / III- Les
aveux de Louison au petit doigt)
I - L'interrogatoire de Louison
- Cette scène repose encore sur le principe de la mise en abyme, du théâtre dans le théâtre. En effet, chaque
personnage cherche à duper l'autre et joue un rôle. Argan joue les policiers et mène un interrogatoire, il
considère Louison pour une espionne. « Et vous n'avez rien vu aujourd'hui ?». L'adverbe « aujourd'hui »
suggère que cette demande est quotidienne. Cela traduit le caractère tyrannique d'Argan qui souhaite tout
maîtriser au point de faire de sa fille une informatrice. Cette question est un piège puisqu'il sait par Béline qu'un
homme était dans la chambre de sa sœur. L'interrogatoire est truqué.
- La tournure interro-négative de la question d'Argan « n'avez-vous rien vu.. ? » invite l'enfant à répondre
négativement. « Non, non mon papa » Elle joue le rôle de la fille modèle, innocente et obéissante en répétant
« mon papa ». Le déterminant possessif « mon » est une marque d'affection et « papa » est également plus
affectueux et enfantin que « père ». La répétition de « oui » montre sa soumission feinte face à l'autorité de son
père.
- Un passage de stichomythie fondé sur un jeu de répétitions : « assurément ? » « assurément ». Louison campe
sur ses positions. Le recours aux phrases nominales accélère le dialogue. Le comique est une question de
rythme.
- Le déni de Louison agace Argan. Il la menace de violence physique. La didascalie
indique en effet qu'  « il lui montre une poignée de verges » → c'est-à-dire Menus
brins de bouleau, de genêt, d'osier, etc., avec lesquels on fouette, on fustige. Argan
joue ici le rôle du père fouettard. Après un passage statique de dialogue, le texte se
fait plus dynamique. De la même façon que dans la farce l'incapacité
- « Vous ne me dîtes pas que vous avez vu un homme dans la chambre de votre
sœur ? » La menace est rendue plus sensible par l'allitération en « v »
- Louison recourt à la supplication « Je vous en supplie.. »
II - Le stratagème de l'enfant de feindre la mort 
- Acmé (=moment fort) de la scène : lorsque Louison contrefait la mort. Il y a une disproportion entre la cause
(Argan menace de frapper sa vie)
- L'effet comique est aussi présent dans la phrase au présent : « je suis morte » qui de fait se contredit elle-
même.
- Les rôles s'inversent : le bourreau devient un père malheureux. C'est au tour d'Argan d'utiliser le déterminant
possessif «ma ». Cette inversion des rôles joue sur le comique de situation.

Sa tirade se termine sur une lamentation pathétique.


- La résurrection opportune de Louison intervient au bon moment : quand son père lui donne son pardon.
III- Les aveux de Louison au petit doigt
- Louison finit par avouer qu'elle est témoin de la présence de Cléante dans la chambre de sa sœur aînée.

Conclusion- Les différents comiques (de mots, de gestes, de répétition, de situation, de caractère...) sont
présents dans la scène pour renouveler la théâtralité. Argan renouvelle la figure populaire du père fouettard est
manipulé par sa fille cadette. Cette scène annonce la suite de » la pièce et notamment la fausse mort d'Argan,
qui sur le conseil de Toinette va reprendre le stratagème de Louison pour confondre Bèline et Angélique afin de
voir leurs réels sentiments à son égard.

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