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‫الجمهورية الجزائرية الديمقراطية الشعبية‬
République Algérienne Démocratique et Populaire
Ministère de l’enseignement Supérieur et de la Recherche scientifique

Université M. EL IBRAHIMI de Bordj Bou Arreridj


Faculté des Sciences et de la Technologie
Département d'Electromécanique

Energies Renouvelables: Production et stockage


Cours

Dr. BELKAID ABDELHAKIM

Maître de Conférences Classe B

Année universitaire 2015/2016


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Énergies renouvelables : Production et stockage BELKAID A/H.

Avant-propos

Le contenue de ce polycopié de cours a été effectué au Département


d‟Electromécanique, Faculté des sciences et de la technologie, Université
Mohamed El-Bachir El-Ibrahimi - Bordj Bou Arreridj, Algérie. Il est destiné
spécialement aux étudiants de 3ème année licence Automatique. Mais aussi il
peut être utilisé par tous les étudiants de Génie électrique de différents niveaux.
C'est avec beaucoup d'effort, de persévérance et d'heures de travail qu‟on a pu
mettre ce cours en cette forme qui respecte le programme unifié du module
selon le canevas de mise en conformité. Ce support de cours intitulé « Energies
Renouvelables: Production et stockage », est divisé en cinq chapitres selon le
sommaire qui suit.

Dr. BELKAID ABDELHAKIM

Maître de Conférences Classe B

E-mail: belkaid08@yahoo.fr

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Énergies renouvelables : Production et stockage BELKAID A/H.

TABLE DES MATIERES

Chapitre I. Généralité sur l’énergie


I.1 Introduction
I.2 Quelques définitions sur les énergies
I.3 Mesures et unités de mesures

Chapitre II. Les différents types d’énergie et leur transformation


II.1 Les différents types d'énergies
II.2 Les transformations entre les différents types d'énergies
II.3 Quelques convertisseurs énergétiques

Chapitre III. Principales sources de production de l’énergie électrique


III.1 Production d‟électricité par des sources renouvelables
III.2 Production d‟électricité par des combustibles fossiles
III.3 Production d‟électricité d‟origine nucléaire

Chapitre IV. Principe de production à partir du solaire, de l’éolien


IV.1 Conversion photovoltaïque, du rayonnement solaire à l‟électricité
IV.2 Principe de conversion éolien

Chapitre V. Sources d’énergie autonomes avec systèmes de stockage


V.1 Systèmes électriques autonomes
V.2 Les différents types de stockage
V.3 Batteries électrochimiques
V.4 Condensateurs
V.5 Supercondensateurs

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Chapitre I. Généralités sur l’énergie

I.1. Introduction :

Les ressources énergétiques disponibles dans la nature sont très variées, et peuvent se
subdiviser en deux catégories selon qu‟elles sont épuisables ou non dans le temps. Alors, on
distingue les énergies renouvelables et les énergies épuisables. Ces dernières (charbon,
pétrole, gaz, uranium) s‟épuisent au fur et à mesure de leur exploitation contrairement aux
énergies renouvelables (hydraulique, biomasse, solaire, éolien, géothermie, énergie des
marées,…) qui seront disponibles encore à long terme. Il faut noter que la nature délivre
chaque année à la surface du globe terrestre des ressources énergétiques renouvelables
estimées à plus de 8000 fois la consommation humaine [1].Les énergies renouvelables
polluent peu l'environnement car elles dégagent moins de gaz à effet de serre et moins de
déchets. Elles permettent une production décentralisée adaptée aux ressources du site et
encore aux besoins des usagers locaux. De plus, elles présentent une meilleure autonomie
énergétique.

I.1.1. Historique:
L‟histoire de l‟énergie ne date pas d‟aujourd‟hui, elle est datée de la naissance du
premier Homme sur terre qui est Adam. Jusqu‟au Moyen Âge, l‟homme utilise sa propre
force musculaire et celle des animaux. Petit à petit, l‟être humain commence à exploiter la
nature par des inventions et des techniques nouvelles afin d‟améliorer son mode de vie.
L‟invention de l‟arc est utilisée comme moyen pour la chasse, la biomasse fut la plus
ancienne énergie grâce au feu et permet le chauffage, l‟éclairage et la cuisson de nourriture.
Après vient le tour à l‟énergie du vent grâce aux bateaux à voiles qui datent de 3 000 ans
avant Jésus-Christ [2]. Ensuite, Les premiers moulins à vent font leur venue par les Perses,
vers 200 ans avant Jésus-Christ et sont exploités pour la meunerie et l‟irrigation. Juste après,
naissait des moulins à eau. Les barrages à stockage d‟eau existent aussi depuis l‟antiquité et
servent pour l‟agriculture et l‟élevage ainsi que pour la consommation humaine. Le charbon a
été employé comme combustible dès le XIe siècle ; son extraction dans les mines a rendu
possible la révolution industrielle au XIXe siècle. Après arrive l‟ère du pétrole et du gaz
naturel au XXe siècle. Aussi au vingtième siècle est inventée l‟énergie nucléaire. Ces mêmes
énergies restent utilisées jusqu‟à maintenant mais avec des techniques plus performantes.

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Aujourd‟hui, les panneaux solaires permettent de convertir l‟énergie du soleil en électricité


(solaire photovoltaïque) ou en chaleur (solaire thermique), les turbines des centrales hydro-
électriques utilisent la force cinétique d‟eau pour produire de l‟électricité, pour ce même
objectif on se sert de la force du vent grâce à des éoliennes, de plus à l‟aide de centrales
modernes géothermiques on se sert de la vapeur ou de l‟eau capturée entre les roches et
chauffée par la chaleur interne de la Terre pour produire de l‟électricité et du chauffage.

I.1.2. Les besoins de l’Homme en énergie:


L'énergie est indispensable à la vie de tout le monde, peu importe quand et où ils sont.
Cela est particulièrement vrai en ce nouveau siècle, où les gens continuent à poursuivre un
haut niveau de vie. L‟Homme sert au quotidien de l'énergie, pour satisfaire ses différents
besoins comme l‟éclairage, le chauffage, le froid, la cuisson, la distraction, la communication
et l‟information, transports des Hommes et des biens, dans l‟agriculteur et dans l‟industrie,
etc.

I.2. Quelques définitions sur les énergies

I.2.1. Définition de l'énergie et de la puissance:


L'énergie est une grandeur physique définie comme la capacité à effectuer un travail
ou l‟aptitude d'un système à entraîner un mouvement ou produire de la lumière, de
la chaleur ou de l‟électricité. Généralement, l‟énergie ne peut pas être exploitée sous sa forme
primaire, il faut la transformer, sauf pour quelques cas particuliers comme séchage et
chauffage (aliments, vêtements, …) au soleil. L‟énergie est caractérisée par le pouvoir d‟être
convertie d‟une forme en une autre et d‟être conservée au cours des transformations.
Réellement, elle ne se produit pas mais se transforme. La transformation nécessite
l‟utilisation de procédés et technologies plus ou moins sophistiqués :
Divers formes d‟énergie sont à distinguer:
Énergie thermique : modification de la température ;
Énergie cinétique : modification de la vitesse ;
Énergie chimique : modification de la composition chimique ;
Énergie nucléaire: modification de la composition atomique.
L'énergie s'exprime en joules (dans le système international d'unités) ou souvent
en kilowatts-heures (kWh).

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La puissance 𝑃 est définit comme la quantité d'énergie 𝐸 par unité de temps 𝑡 apportée
par un système à un autre. Autrement dit, c‟est la quantité de travail, de mouvement, de
lumière produite pendant un temps donné. Elle se mesure en watts.

𝑃=𝐸 𝑡 (I.1)

avec 𝐸 en Joule et 𝑡 en seconde ou encore 𝑃 en kW, 𝐸 en kWh et 𝑡 en h

I.2.2. Energies primaires et énergies secondaires


L‟énergie finale ou secondaire est celle consommée ou utilisée par les usagers dans
différentes activités (électricité, chaleur, essence, kérosène, eau chaude). Elle n‟existe pas en
tant que telle dans la nature. Elle est le fruit d‟un processus de conversion d‟une ressource
naturelle, dénommée énergie primaire, par divers techniques de production. L‟énergie
primaire est l‟ensemble des produits énergétiques non transformés, exploités directement ou
importés. Par exemple : le feu à partir du bois ou d‟huile, la force animale (bœufs, chevaux,
chiens,...), combustibles fossiles (charbon, pétrole, gaz naturel), combustible fissile (uranium),
énergies renouvelables (eau, soleil, vent, biomasse, chaleur issue du noyau terrestre…).
L‟Agence Internationale de l'Énergie (AIE) a publié en 2009 la part de chaque source
d‟énergie primaire dans la consommation mondiale, voir figure I.1.

Figure I.1. Demande mondiale en énergie primaire en 2007 [3]

I.2.3. Energies épuisables et énergies renouvelables


Les énergies épuisables ou non renouvelables sont constituées de matières organiques
qui mettent des millions d‟années à se reconstituer. On les appelle également énergies fossiles

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(par exemple: charbon, gaz, pétrole,...) parce qu‟ils résultent de la fossilisation de substances
vivantes. Ainsi, on utilise le pétrole pour fabriquer les différentes genres de carburants
(kérosène, diesel, essence...), le fioul de chauffage, et les divers plastiques,...etc. L‟énergie
nucléaire fait partie aussi de ces énergies. Elle est basée sur la fission des atomes d‟uranium
pouvant libérer une importante quantité d‟énergie. Il faut noter que les réserves naturelles de
tous ces combustibles fossiles et fissiles sont limitées dans le temps, au maximum 200 ans au
rythme actuel de consommation. Les énergies renouvelables sont celles dont les sources ne
s‟épuisent pas malgré leur exploitation. Les différents types d‟énergies renouvelables sont: le
rayonnement du soleil, la chute d‟eau, le mouvement du vent, la chaleur interne de la terre, et
les matières organiques végétales ou animales. Les diverses énergies épuisables et
renouvelables sont généralement utilisées pour produire soit de la chaleur soit de l‟électricité.

I.2.4. Vecteurs énergétiques :


Tout ce qui est apte d‟assurer le transport de l'énergie peut être regardé comme un
vecteur de l'énergie. À l‟heure actuelle, les deux primordiaux vecteurs énergétiques sont
l‟électricité et la chaleur. Mais dans un avenir proche l‟hydrogène qui peut être converti en
chaleur et en électricité grâce aux piles à combustible peut devenir un nouveau vecteur
énergétique. L‟hydrogène se retrouve naturellement en association avec l‟oxygène dans l'eau
(H2O) ou avec le carbone dans les hydrocarbures (Cx Hy). A l‟aide d‟un électrolyseur on peut
produire de l‟hydrogène à partir d‟eau. Dans un chemin inverse on peut récupérer de l‟énergie
par la combustion de l‟hydrogène dans une pile à combustible. L‟avantage majeur de ce
nouveau vecteur énergétique est sa capacité de se stocker contrairement à l‟électricité.

I.3. Mesures et unités de mesures :

I.3.1. Quelques unités d’énergie [4]:


Le joule (J) est l'unité international permettant d‟évaluer l'énergie, qu'elle prenne la
forme d'un travail ou de chaleur. Il est défini par le travail produit par une force de 1 newton
dont le point d‟application se déplace de 1 mètre dans la direction de la force. Pour la mesure
d‟importante quantités d'énergie, on utilise l‟un de ses multiples qui est le giga-joule (GJ),
sachant que 41,855 GJ est équivalent à une tonne équivalent pétrole (tep).
1 J = 1 newton x 1m
= 1 volt x 1 ampère x 1 seconde
La calorie (cal), parfois utilisée comme unité de mesure de la chaleur, ne fait pas partie
du système international (SI). Une calorie correspond à la quantité de chaleur nécessaire pour

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élever la température d'un gramme d'eau de 14,5 à 15,5 °C sous une pression atmosphérique
normale de 1013,25 hPa. La thermie (th) est un multiple de la calorie qui vaut un million de
calories.
1 cal =4,18 J
1th =1 Mcal
Le British Thermal Unit (Btu) est employé au Royaume-Uni : il correspond à la
quantité de chaleur qu‟il faut pour élever de 1 degré Fahrenheit (°F) la température d'une livre
d'eau (450 g) sous pression atmosphérique normale de 1013,25 hPa et à une température de
départ de 58,1 °F, soit 14,5 °C.
1 Btu = 1055 J=0.29 Wh
La tonne équivalente pétrole (symbole tep), elle aussi une unité de mesure de l'énergie,
correspond à l'énergie dégagée par la combustion d'une tonne de pétrole.
1tep =11,6 MWh ≈ 42 GJ
L‟électron-volt (eV) est l'unité d'énergie utilisée en physique des particules : c'est
l'énergie acquise par un électron soumis à un potentiel électrique de 1V.
1 eV = 1,602 10-19 J, 1J=6,2.1018 eV
Le watt (W) unité de mesure de la puissance électrique. Un watt équivaut à un joule
par seconde. Pour évaluer la consommation électrique d'un foyer ou d'un équipement (Facture
d‟électricité), on emploie le kilowatt heure (kWh). Cette unité correspond à une puissance
électrique de 1 kilowatt utilisée pendant une heure, soit 3,6 MJ d'énergie consommée.
1 W = 1 J/s ou 1 Wh/h
1 Wh = 3600 J
Le cheval (cv) une autre unité de puissance utilisée dans les moteurs à combustion.
1 cv = 736 W

I.3.2. Mesures des énergies et puissances :

I.3.2.1. Mesures des énergies épuisables :


Le pétrole brut se mesure en baril (bbl). Un baril vaut 159 litre. La production
journalière d'une raffinerie de pétrole se quantifie en barils/jour ou en tonnes par an. Dans les
stations-service, les carburants sont vendus au litre ou au gallon (unité britannique et
américaine). Le gaz naturel se mesure en mètre cube (m3). Au Royaume-Uni, on utilise aussi
le pied cube qui vaut 0,028 m3. La mesure des volumes de gaz s'effectue à la même
température et à la même pression, soit 15°C et 750 hPa (hectopascal), car la masse
volumique (kg/ m3) du gaz évolue. Plus la masse volumique du gaz est importante, plus il

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contient de molécules hydrocarbures et plus sa combustion fournira d'énergie. Quant au Gaz


Naturel Liquéfié (GNL), on évalue aussi son volume en m3, en pieds cubes ou en gallons, et
sa masse en tonnes dans le cadre de son transport par méthanier (navire). Le charbon a une
masse qui se mesure en tonnes et en millions de tonnes. Le combustible nucléaire (fissile)
utilisé dans les centrales nucléaires, fabriqué à partir d'oxyde d'uranium, se présente sous la
forme de pastilles cylindriques d'une masse de 7 grammes. Chacune de ces pastilles peut
fournir autant d'énergie qu'une tonne de charbon.

I.3.2.2. Mesures des énergies renouvelables :


Le bois énergie, utilisé comme combustible (biomasse), s'évalue en stères (st). Lorsque
la biomasse se présente sous forme de plaquettes ou de granulés, on exprime sa masse en
tonnes.
Les éoliennes convertissent l'énergie cinétique du vent en énergie électrique. Une
éolienne se met à tourner à partir d‟un certain seuil de vitesse du vent de 3 à 5 m/s. La
puissance nominale d‟une éolienne est obtenue dès que la vitesse du vent atteint 12 m/s. En
revanche, si le vent devient trop fort, à une vitesse supérieure à 25 m/s, l'éolienne doit
s‟arrêter par mesure de sécurité et donc ne fournit plus d'énergie. C'est pourquoi on étudie
soigneusement les vents dominants lors du choix d‟un site favorable à l'installation d‟une
éolienne.
Les turbines hydrauliques transforment l'énergie dégagée par un écoulement ou une
chute d'eau en électricité. La taille de la turbine est proportionnelle au débit du cours d'eau
(mesuré en m3/s) et à la hauteur de la chute ou du dénivelé (exprimé en m). En plus de ces
deux facteurs, le calcul de la puissance électrique obtenue prend en compte la force de
pesanteur liée à la gravitation terrestre, qui entre en jeu dans la chute de l'eau. Pour un débit
de 1 m3/s, un système hydraulique fournit 9,8 kW d'électricité par mètre de chute. Ces
données sont cruciales pour décider du lieu de montage d'une centrale hydroélectrique.
Les systèmes géothermiques ont pour objectif de chauffer des habitations ou de
produire de l‟électricité en récupérant la chaleur de la Terre. Avant d'installer de tels
systèmes, on prend en compte la chaleur présente dans le sous-sol de l‟emplacement pressenti,
sachant qu'elle augmente de 3°C tous les 100 mètres, avec des variations importantes selon les
caractéristiques géologiques du lieu (cette valeur est nommée gradient géothermique).
Les panneaux solaires thermiques captent l'énergie du soleil pour la convertir en
chaleur servant à la production d'eau chaude, ou en électricité. Leur inclinaison (exprimée en
degrés) est essentielle car lorsqu'ils sont perpendiculaires aux rayons solaires, ils produisent

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un maximum d'énergie. De même pour les panneaux solaires photovoltaïques qui


transforment la lumière en électricité. Les facteurs géographiques et climatiques sont aussi
pris en compte lors de l'installation. Le watt crête (Wc) est l'unité qui permet de mesurer la
puissance électrique maximale fournie par un panneau solaire lorsque, correctement orienté et
incliné, il est dans les conditions standards de test qui sont la température de 25°C et
l‟éclairement de 1000 W/m2. Pour exprimer la puissance maximale fournie par une centrale
solaire dans les mêmes conditions, on utilise le mégawatt crête (MWc).

I.3.3. Valeurs énergétiques moyennes de quelques combustibles


Le contenue énergétique d‟un combustible se mesure en le Pouvoir Calorifique (PC).
Il s‟agit de l‟énergie dégagée par la combustion parfaite d‟une masse d‟un combustible. Des
valeurs énergétiques moyennes de quelques combustibles sont offertes dans le tableau I.1 [5].

Combustible Pouvoir Calorifique Combustible Pouvoir Calorifique


en kWh/kg en kWh/kg
Hydrogène 39 Gaz Naturel 17
Uranium naturel 116 000 Charbon 7,2
(fission)
Fuel 11,6 Bois 2à4
Essence 12 GPL Propane 19,7
Ordures ménagères 0,3 à 0,5 GPL Butane 19,7

Tableau I.1. Pouvoir Calorifique de quelques combustibles

I.3.4. Rendement énergétique :


En réalité, l‟énergie ne se produit pas mais se convertit d‟une forme à une autre. Lors
de cette conversion, l‟énergie entrante ne peut pas se transformer complètement en énergie
voulue, sauf cas idéal. Il existe des pertes et le rendement est inférieur à 100%. Le rendement
ou l‟efficacité énergétique est le rapport entre l‟énergie produite (sortante) et l‟énergie
consommée (entrante) :

é𝑛𝑒𝑟𝑔𝑖𝑒 𝑠𝑜𝑟𝑡𝑎𝑛𝑡𝑒 é𝑛𝑒𝑟𝑔𝑖𝑒 𝑝𝑟𝑜𝑑𝑢𝑖𝑡𝑒


𝑅% = 𝑅𝑒𝑛𝑑𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡 = é𝑛𝑒𝑟𝑔𝑖𝑒 = < 100% (I.2)
𝑒𝑛𝑡𝑟𝑎𝑛𝑡𝑒 é𝑛𝑒𝑟𝑔𝑖𝑒 𝑢𝑡𝑖𝑙𝑖𝑠 é𝑒

Par exemple, dans une centrale, seulement une partie de l‟énergie emmagasinée dans le
combustible est convertie en électricité,

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Chaque conversion contient une plus ou moins grande part de pertes, qui impacte
le rendement général de la transformation. Souvent, ces pertes se manifestent sous forme de
chaleur:

𝑃𝑒𝑟𝑡𝑒𝑠 é𝑛𝑒𝑟𝑔é𝑡𝑖𝑞𝑢𝑒𝑠 = é𝑛𝑒𝑟𝑔𝑖𝑒 𝑒𝑛𝑡𝑟𝑎𝑛𝑡𝑒 − é𝑛𝑒𝑟𝑔𝑖𝑒 𝑠𝑜𝑟𝑡𝑎𝑛𝑡𝑒 (I.3)

Ci-dessous, quelques rendements de conversions (tableau I.2) :

Machine Type de transformation 𝑹%


Chaudière énergie chimique→ énergie thermique ≈ 80 à 90
Moteur Diesel énergie thermique → énergie mécanique ≈ 40
Moteur à essence énergie thermique → énergie mécanique ≈ 20 à 25
Turbine à gaz énergie thermique → énergie électrique ≈ 25 à 30
Générateur électrique énergie mécanique → énergie électrique ≈ 70 à 99
Cellule photovoltaïque énergie rayonnement → énergie électrique ≈ 5 à 28
Centrale à charbon chimique-thermique-mécanique- électrique ≈ 30 à 40
Centrale nucléaire nucléaire -thermique-mécanique- électrique ≈ 30 à 35

Tableau I.2. Rendements de conversion de quelques éléments [6]

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Chapitre II. Les différents types d’énergie et leur


transformation

II.1. Les différents types d'énergies:

Différentes types d'énergies existent autour de nous. On s‟en sert depuis des milliers
d‟années et on continuera encore longtemps. L‟énergie peut passer d‟une forme à l‟autre par
différentes conversions. Parmi les différentes formes, on retrouve les énergies thermique,
mécanique, électrique, chimique, rayonnante, cinétique, et nucléaire. Il existe différents
moyens pour passer d‟une énergie à une autre. Certains sont naturels comme la photosynthèse
qui exploite la lumière du soleil pour synthétiser de la matière organique, certains sont
artificiels comme les moteurs, les éoliennes, etc.
Certaines productions d‟énergie passent ainsi par plusieurs états avant d‟obtenir l‟énergie sous
la forme souhaitée, exemple d‟une centrale thermique ou nucléaire : La chaudière ou le
réacteur nucléaire crée de la vapeur d‟eau (énergie thermique) qui entraîne une turbine
(énergie mécanique), la turbine entraîne un alternateur pour produire de l‟énergie électrique,
qui après distribution, peut être utilisée pour faire fonctionner un ventilateur
(énergie mécanique) ou un chauffage (énergie thermique).
Chaque transformation contient une plus ou moins grande part de pertes, qui impacte
le rendement général de la transformation. Dans l‟idéal, on essaie tant que possible de réduire
le nombre d‟étapes pour arriver à un même résultat.
Prenant l‟exemple des lampes. Pour une lampe à incandescence, on utilisait de
l‟électricité pour chauffer le filament par effet Joule (énergie thermique), dont une partie se
transformait en énergie rayonnante pour nous donner de la lumière. Aujourd‟hui, les lampes à
diode électroluminescente, ou lampe à LED passent directement de l‟énergie électrique à
l‟énergie rayonnante, ce qui explique la forte différence de consommation entre les deux
technologies, mais malheureusement, certaines lampes à LED sont nocives à la rétine de l‟œil.

II.1.1. L’énergie cinétique et l’énergie potentielle :


L‟énergie cinétique est l‟énergie qu‟il possède un objet du fait de son déplacement.
L‟énergie d‟un corps de masse 𝑚 (en kg) avec une vitesse 𝑣 (en m/s) est donnée en joules par
la formule suivante [7]:

1
𝐸𝑐 = 2 𝑚 ∙ 𝑣 2 (II.1)

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Le niveau de température d‟un corps peut être considéré à l‟échelle microscopique comme le
résultat d‟agitation des particules, ou l‟effet des énergies cinétiques des molécules et atomes
en mouvement. L‟énergie cinétique du vent permet de faire tourner les pales des éoliennes qui
elles-mêmes actionnent des générateurs d‟électricité.
L‟énergie potentielle gravitationnelle ou de pesanteur s'agit de l'énergie liée au poids d'un
corps. Elle dépend de la masse du corps 𝑚 (kg) et de son altitude ℎ (m), c'est à dire de sa
position par rapport au sol. Cette énergie en "réserve" sera convertie en énergie cinétique au
cours d'une chute libre. Elle se note 𝐸𝑝 et s'exprime en joule comme toutes les autres
énergies [7]:

𝐸𝑝 = 𝑚 ∙ 𝑔 ∙ ℎ (II.2)

avec 𝑔 l'intensité de la pesanteur prend la valeur de 9,81 N/kg.


C‟est elle qui est utilisée par exemple dans des barrages hydrauliques pour mettre en
mouvement des turbines par l‟écoulement de l‟eau dans des canalisations.

II.1.2. L’énergie thermique ou calorifique :


À l'échelle microscopique, l'énergie thermique (ou calorifique) se traduit par une
agitation désordonnée et plus ou moins rapide des particules (atomes ou molécules) d‟un
corps. À notre échelle, elle consiste en l'énergie mise en jeu quand la température change ou
lorsqu'une substance change d'état (fusion de la glace, évaporation de l'eau). La dissipation
d'énergie thermique lors du contact entre deux corps se fait toujours du corps le plus chaud
(celui dont la température est la plus élevée) vers le corps le plus froid. Les transferts
d'énergie thermique entre corps sont appelés transferts thermiques . Le point d‟équilibre est
atteint lorsque la température des corps en contact devienne égale.
Deux termes chaleur et température sont reliés à l'énergie thermique. Pour mesurer la
température d'un corps, on utilise un thermomètre. La chaleur représente un transfert d'énergie
thermique entre deux milieux. La quantité d'énergie thermique transférée (𝑄) est calculée
par [7]:

𝑄 = 𝑚 ∙ 𝑐 ∙ ∆𝑇 (II.3)

Où 𝑚 la masse du corps (kg), ∆𝑇 la variation de la température (K), et 𝑐 la capacité thermique


massique (J/kg/K)

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La géothermie, chaleur provenant du noyau de la terre, est un cas particulier de l„énergie


thermique. Cette dernière actionne aujourd‟hui les turbines et alternateurs générant de
l‟électricité.
Selon le niveau de la température, on distingue trois types d‟énergie thermique :
- à basse température (30 à 120°C) : eau chaude sanitaire, chauffage des locaux,
machines à absorption,…
- à moyenne température (100 à 500°C) : séchage, cuisson, stérilisation, distillation,…
- à haute température (500 à 1800°C) : verreries, cimenteries, métallurgie, traitements
chimiques,…
Plus la température à obtenir est élevée, plus le procédé et la technologie de transformation
sont complexes et le prix élevé.

II.1.3. L’énergie rayonnante ou radiative :


L‟énergie rayonnante, ou énergie radiative, est liée aux ondes électromagnétiques qui
peuvent se propager même dans le vide à la vitesse de la lumière. Ceux-ci sont, de natures
différentes suivant leur longueur d‟onde (ondes radio, lumière visible, rayons Ultra-Violets,
rayons X, etc.). C‟est l‟énergie radiative qui permet à une ampoule électrique d‟éclairer, à un
four micro-ondes de cuire les aliments, à un radar de mesurer une vitesse. Le Soleil fourni
environ 1000 W de l‟énergie rayonnante sur chaque m2 de la Terre [8]. Il émet des photons,
présentant des longueurs d‟ondes différentes. C‟est cette énergie qui est récupérée directement
en électricité dans les centrales photovoltaïques, ou encore en chaleur convertie ensuite en
électricité dans les centrales thermodynamiques.
l‟énergie rayonnante (notée 𝐸, exprimée en Joules ou en électron-Volt) se calcule selon la
formule suivante [9]:

𝐸 =ℎ∙𝑣 (II.4)

Où 𝑣 est la fréquence, et ℎ la constante de Planck (ℎ ≈ 6,62606957×10-34J⋅s).


On constate donc que plus la fréquence est élevée, plus le rayonnement est énergétique.
Une photocellule transforme de l‟énergie rayonnante en énergie électrique.

II.1.4. L’énergie chimique :


L‟énergie chimique est celle qui est produite par des réactions chimiques. Lorsque
deux atomes s'unissent pour former une molécule, il y aura une libération d'énergie,
fréquemment sous forme de chaleur. Un exemple d‟énergie chimique est celle dégagée durant

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la combustion du charbon. Les voitures, les avions et beaucoup de machines fonctionnent


grâce à l‟énergie chimique dégagée lors de la combustion du charbon ou du pétrole. Les
batteries au plomb des voitures stockent ou produisent de l'électricité par des réactions
chimiques transformant le plomb en oxyde de plomb et vice versa.
Les énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon) sont une forme particulière d‟énergie chimique.
L‟énergie issue de la biomasse est également d‟origine chimique. Parmi les biocombustibles
citons la biomasse lignocellulosique (bois), les gaz issus de la fermentation des matériaux
organiques (méthane) et les carburants utilisant la biomasse à glucide (céréales, betterave) ou
la biomasse oléagineuse (colza).

II.1.5. L’énergie électrique :


L‟énergie électrique est basée sur le déplacement des électrons dans un matériau
conducteur. Elle est le résultat de la conversion d‟autres genres d‟énergie. C‟est elle qui
permet d‟actionner les moteurs électriques, de faire fonctionner les circuits électroniques
intégrés et les différents types d‟éclairage. Elle se caractérise par une grande facilité de
transport et de distribution mais en contrepartie présente une difficulté de stockage. Son
domaine d‟application ne s‟arrête jamais de croître.

II.1.6. L’énergie nucléaire :


L‟électricité d'origine nucléaire est naît de la réaction de fission des atomes lourds tels
que l‟uranium U235. Lors de la fission nucléaire, les atomes se divisent pour former des
atomes plus petits, en libérant de la chaleur qui actionne des turbines couplées à des
générateurs. L'uranium est un minerai radioactif extrait du sous-sol de la Terre. Contrairement
à la fission existe une autre réaction dite fusion nucléaire, qui libère elle aussi de l‟énergie
lorsque les atomes se fusionnent entre eux pour former un atome plus grand. Quand l‟une de
ces deux réactions se produit (fission nucléaire ou fusion nucléaire), les atomes perdent une
légère quantité de leur masse. Cette petite perte de masse 𝑚 se transforme en une importante
quantité d‟énergie thermique 𝐸 comme le remarqua le génie Albert Einstein dés 1905 dans sa
célèbre équation [7]:

𝐸 = 𝑚 ∙ 𝑐2 (II.5)

II.2. Les transformations entre les différents types d'énergies:


Les divers types d‟énergie ainsi que les différents convertisseurs énergétiques sont
présentés dans la figure II.1. Le principe de lampes fluorescentes repose sur la conversion de

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l‟énergie électrique vers l‟énergie rayonnante. Le chemin inverse de cette conversion peut être
réalisé grâce aux cellules photovoltaïques. L'électrolyse est une méthode de séparation
d'éléments dans l'industrie chimique comme le cas de la production de l‟hydrogène par
électrolyse de l'eau. On peut dire que l‟électrolyse est un processus de conversion de l‟énergie
chimique vers l‟énergie électrique. En conversion inverse, l'hydrogène produit et emmagasiné
peut être employé pour produire de l'électricité en utilisant une pile à combustible. Cette
transformation peut aussi être vue dans le principe des batteries où l‟électricité est récupérée
via des équations chimiques d‟oxydoréductions. La conversion énergie électrique- énergie
mécanique et inversement peut être trouvé dans les machines réversibles qui fonctionnent
tantôt en moteur tantôt en générateur. Les résistances alimentées par un courant électrique,
fournissent de la chaleur. En revanche, l'énergie thermique du rayonnement solaire est utilisée
indirectement pour obtenir de l'énergie électrique. Les frottements et chocs peuvent êtres
interprétés comme énergie mécanique transformée en une énergie thermique. Turbine à gaz de
combustion ou turbine à vapeur fournit de l‟énergie mécanique à partir de l‟énergie
thermique.

Figure II.1. Quelques exemples de convertisseurs entre les diverses sortes d‟énergie [10]

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La fission d‟un atome d‟uranium se traduit par un dégagement d‟une énergie importante
(chaleur) dans un réacteur. Les muscles du corps humain convertissent l‟énergie chimique en
énergie mécanique. La photosynthèse dans les plantes assure la transformation du
rayonnement solaire en énergie chimique. Le feu par combustion garantit la conversion de
l‟énergie chimique en chaleur et lumière. Un téléviseur convertit de l‟électricité en images
(énergie rayonnante) et en sons (énergie mécanique).

II.3. Quelques convertisseurs énergétiques :

II.3.1. Aérogénérateur :
L‟aérogénérateur est une machine qui acquiert de l‟énergie électrique à partir de
l‟énergie cinétique du vent. La majorité de ses machines qui se trouve actuellement dans le
marché sont à axe horizontal avec trois pales. Leur principe de fonctionnement repose sur la
création d‟un courant électrique par une génératrice couplé à l‟aide d‟un arbre à la turbine qui
se met en rotation quand elle est frappée par un vent suffisant. Les différents organes d‟un
aérogénérateur sont illustrés dans la figure II.2.

Figure II.2. Les différentes parties de la turbine éolienne [11]

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II.3.2. Cellule photovoltaïque :


La cellule PV ou la photocellule est un composant électronique semi-conducteur faite
généralement à base du silicium dans lequel l'absorption des rayons lumineux, libère des
électrons chargés négativement et des "trous" chargés positivement. Ces charges électriques
sont séparées par un champ électrique interne et collectées par une grille à l'avant et un
contact à l'arrière. Le déplacement de ces électrons crée un courant électrique. La cellule PV
constitue ainsi un générateur électrique élémentaire (Figure II.3).

Lumière

+
Grille
métallique
Circuit
Zone dopée N extérieur
Jonction P/N
Zone dopée P

Contact
métallique -

Figure II.3. Principe de fonctionnement d‟une photocellule [12]

II.3.3. Pile à combustible :


La pile à combustible (ou Fuel Cell en anglais) est un générateur d'électricité qui
convertit directement l'énergie d'une réaction chimique (de type oxydoréduction) en courant
électrique. Cette réaction fait interagir de l‟hydrogène (extrait d'une électrolyse d‟eau ou d'un
reformage d'hydrocarbures) et de l‟oxygène de l‟air ambiant pour en créer de l'eau, de la
chaleur et de l'électricité. La tension électrique produite par ce dispositif est d'environ de 0,7 à
0,8 volt. Le principe de fonctionnement peut être décrit comme suit [13]: A l‟anode, du
platine accélère la transformation du dihydrogène en ions H+ et en électrons. La membrane
n‟autorise que les ions H+ à passer vers l‟électrode positive tandis que les électrons créent un
courant électrique dans le circuit extérieur. A la cathode, les électrons et les ions d‟hydrogène
se combinent avec le dioxygène en eau. Le schéma de principe est donné à la figure II.4.
Les réactions d‟oxydoréductions sont les suivantes :

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2H2 = 2H+ + 2 e– (oxydation du dihydrogène)

O2 + 4 e– + 4H+ = 2 H2O (réduction du dioxygène)

La réaction globale: 2 H2 (g) + O2 (g) = 2 H2O (l) +électricité+chaleur

Figure II.4. Principe de fonctionnement d‟une pile à combustible [14]

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Chapitre III. Principales sources de production de


l’énergie électrique

III.1. Production d’électricité par des sources renouvelables :

Durant le vingtième siècle, la population mondiale a considérablement augmentée et


de même pour la consommation énergétique. Les combustibles fossiles et les sources
d'énergie à base d'hydrocarbures (pétrole et gaz) ont été largement utilisés ce qui s‟est traduit
par l'émission de grandes quantités de CO2 et d'autres gaz. Les données accumulées prouvent
de façon convaincante que les changements climatiques provoqués par les activités humaines
en sont à leur début, et que si l'on veut amoindrir les dramatiques conséquences que
pourraient provoquer d'importants changements climatiques, nous devons diminuer
grandement les diffusions collaboratrices à la combustion des hydrocarbures. Les énergies
renouvelables, après avoir éveillé un intérêt de courte durée en 1973 suite à la crise pétrolière,
semblent aujourd'hui sur une véridique montée de croissance durable, principalement pour
préserver l'environnement de la planète et la santé de ses occupants, mais également parce que
les réserves des combustibles fossiles s‟épuisent dans moins de 200 ans avec le rythme
d‟exploitation actuel.
Les sources d‟énergie renouvelable permettant de produire de l‟électricité sont très
variées: l‟eau, le soleil, le vent, La chaleur de la Terre (la géothermie), Les matières
organiques végétales ou animales (la biomasse). Ces énergies ne sont compétitives que
pour des sites isolés où le raccordement au réseau électrique est très coûteux. Les centrales
électriques à sources renouvelables peuvent aussi, sous certaines conditions, être directement
raccordées au réseau.
La production mondiale d'électricité en 2012 est estimée à 22 613 TWh dont 4 699,2
TWh est la part de l'électricité d‟origine renouvelable, ce qui représente un pourcentage de
20.8 %. La part de lion revient aux combustibles fossiles qui comptaient 68.1 %, tandis que
l'électricité d‟origine nucléaire a atteint 10.9% de la totalité de production. La part des
différentes ressources renouvelables dans la production d'électricité est présentée dans la
figure III.1.

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Figure III.1. Les parts des énergies primaires dans la production mondiale d'électricité [15]

III.1.1. Hydroélectricité :
L'hydroélectricité, ou l‟énergie hydroélectrique est l‟énergie électrique produite à
partir de l'énergie cinétique de l'eau en mouvement. L'énergie résultant de la chute d'une
masse d'eau est en premier lieu transformée en énergie mécanique dans une turbine
hydraulique. Cette énergie mécanique est ensuite convertie en électricité à l‟aide d‟un
alternateur. L'hydroélectricité présente la grande part parmi l‟électricité d‟origine
renouvelable avec 16.2%. D'une façon générale, la puissance extraite d'une chute d‟eau
dépend de la hauteur de la chute et du débit du cours d‟eau. Alors, le choix du lieu d'une
centrale hydro-électrique dépend de ces deux facteurs.
La puissance mécanique disponible sur l'arbre de la turbine est donnée par l'équation (III.1):

𝑃 =𝑔∙𝐻∙𝑄 (III.1)

où 𝑃(en KW) la puissance mécanique, 𝑔 = 9,81 (𝑚/𝑠 2 ) l‟accélération de la pesanteur,


𝐻 (𝑚) la hauteur de chute et 𝑄 (𝑚3 /𝑠) est le débit du cours d‟eau.

III.1.1.1. Types de centrales hydrauliques :


Trois types de centrales hydroélectriques sont à distinguer suivant la hauteur de chute:
 les centrales de haute chute : sont caractérisées par des réservoirs relativement petit,
sont destinées pour des hauteurs de chute supérieures à 300 m, et sont généralement
équipées de turbines Pelton.
 les centrales de moyenne chute : sont caractérisées par un réservoir de grand capacité,
sont destinées pour des hauteurs situées entre 30 et 300 m, et sont couramment
équipées de turbines Francis.
 Les centrales de basse chute dite aussi centrales au fil de l'eau, ont des hauteurs de
chute moins de 30 m ; elles emploient des turbines de type Kaplan ou Francis. Ces
centrales se trouvent sur des grands fleuves ou les rivières à fort débit.

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III.1.1.2. Eléments essentiels d'une centrale hydroélectrique :


Une centrale hydroélectrique comporte essentiellement: un barrage de retenue et le
déversoir ; une conduite d'amenée et une d'échappement ; les dispositifs de conversion en
électricité. Un schéma montrant le principe de fonctionnement d‟une centrale hydroélectrique
est illustré ci-après.

Figure III.2. Principe de fonctionnement d‟une centrale hydroélectrique [16]

Les barrages de retenue servent de réservoirs de stockage d‟eau pour compenser le manque
de débit pendant les périodes de sécheresse et assurer à l'usine un approvisionnement en eau
plus homogène. Les barrages sont construits soit en béton, en enrochement ou en terre.
Les déversoirs placés près des barrages sont destinés à évacuer sans dommages le surplus
d‟eau résultant des fortes pluies ou provoqués par la fonte des neiges.
La conduite d'amenée située à l'extérieur de l'usine, conduit l'eau du barrage vers les turbines.
Elle peut être un canal, un tunnel ou un tuyau. La conduite forcée qui se trouve à l‟intérieure
de l'usine, est en béton, en acier ou en fonte. On dispose des régulateurs de débit (vannes)
pour contrôler le débit d‟eau.
Conduite d’échappement permet d‟évacuer l'eau passée dans les turbines vers la rivière.
Salle de commande le lieu où sont regroupés toute les appareils de commande et de contrôle
pour que le personnel puisse surveiller le fonctionnement de l‟usine. Les appareils de
mesures, indicateurs et enregistreurs (voltmètres, ampèremètres, wattmètres, varmètres,
wattheuremètres, fréquencemètres, synchronoscopes, etc. .), les régulateurs de tension ainsi

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que les relais de protection et les divers systèmes d'alarme sont assemblés dans des armoires
de commande.

III.1.1.3. Les atouts et inconvénients :


Les avantages des installations hydroélectriques sont : une énergie renouvelable, non
polluante avec un bon rendement. Les inconvénients sont : Des surcoûts importants de
construction parce que les sites se trouvent souvent dans les montagnes, limitation du nombre
de sites, le risque de rupture des barrages. De plus ces centrales causent parfois la noyade des
plaines complètes de terre cultivable, où les hommes vivent avec depuis des générations.

III.1.1.4. Exercice d’application [7]:


Dans une centrale hydroélectrique, les chutes ont une hauteur de 324 m et un débit
moyen de 1370 m3/s. Le réservoir comprend une série de lacs ayant une superficie de 6400
km2. Calculer :
a) la puissance hydraulique disponible
b) le temps (en jours) pendant lequel cette puissance sera disponible avant que le niveau du
réservoir baisse d'un mètre
Solution :
a) La puissance hydraulique est :
P=gxHxQ
=9.81 x 1370 x 324
=4 350 000 kW
=4350 MW
b) Une baisse de niveau de 1 m correspond à un écoulement de 6400 x 106 m3 d'eau. Comme
le débit est de 1370 m3/s, le temps requis pour écouler ce volume d'eau vaut :
t = 6400 x 106/1370
= 4,67 x 106 s
= 1298 h = 54 jours

III.1.2. L’éolien :
Une éolienne ou un aérogénérateur est un ensemble de dispositifs permettant la
conversion de l'énergie cinétique du vent en énergie électrique. L‟électricité éolienne présente
une part de 2.4% du total de l‟électricité mondiale en 2012. La durée de vie des éoliennes peut
atteindre de 20 à 25 ans, ce qui est similaire avec beaucoup d‟autres technologies
traditionnelles. Ces différents constituants sont déjà présentés dans la figure II.2.

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III.1.2.1. Types de turbines éoliennes:

Suivant l‟arrangement géométrique de l'arbre sur lequel est fixée l'hélice, deux
principales catégories d'éoliennes sont à distinguées (Figure III.3) :
 les turbines éoliennes à axe horizontal ;
 les turbines éoliennes à axe vertical.

Eoliennes à axe horizontal Eoliennes à axe vertical

Figure III.3 : Technologies d‟éoliennes [17]

a) Turbines à axe horizontal :


La majorité des installations éoliennes qui existent aujourd‟hui sont de type à axe
horizontal. Elles peuvent êtres classées en trois catégories selon la puissance qu‟elles délivrent
et la longueur de la pale comme le montre tableau III.1.

Echelle Diamètre de l’hélice Puissance délivrée

petite moins de 12 m Moins de 40 kW


moyenne 12 m à 45 m De 40 kW à 1 MW
grande 46m et plus 1 MW et plus

Tableau III.1 Classification des turbines éoliennes [2]

b) Turbines à axe vertical :


Elles sont peu installées, destinées généralement aux sites urbains. Elles n‟ont pas
besoin de girouette et capable de bénéficier de tous les vents quelque soit leurs directions.
Elles sont caractérisées par une conception habituellement simple avec machinerie au sol. Vue
leurs vitesse de rotation faible, ces éoliennes sont peu bruyantes.

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III.1.2.2. Avantages et inconvénients des éoliennes:

Avantages :
- Energie renouvelable, gratuite, non polluante de l‟environnement, et ne génèrent pas
de déchets dangereux ;
- Caractère modulaire, adapté à la fois aux vents disponibles et aux besoins des usagers
(on peut trouver toute gamme d‟aérogénérateurs) ;
- Les grandes éoliennes en offshore peuvent faire concurrence avec l'énergie d‟origine
nucléaire ;
- Fiabilité et frais de fonctionnement relativement faible ;
- Installation et démantèlement facile ;
- Filière créatrice de richesse et d‟emplois ;
- La forte demande d‟électricité se trouve dans la saison hivernale, heureusement dans
cette période règne des vents forts permettant une haute productivité.

Inconvénients :
- L'énergie éolienne n‟est pas encore compétitive surtout en petite gamme ;
- Ressource intermittente d‟où la nécessité d‟un système de stockage (pour installation
autonome) qui est couteux. Mais en cas de raccordement au réseau électrique, le stockage
devient non obligatoire ;
- Effets sur le paysage : Il faut prendre en compte le lieu, la couleur et la forme des
aérogénérateurs ;
- Le bruit acoustique : il faut veiller à ce que les installations soient loin des habitations
au moins de 300m ;
- Cout d‟investissement encore élevé.
Nous revenons avec plus de détail sur l‟éolien dans le chapitre IV.

III.1.3. Biomasse :
En 2012, la biomasse est la troisième source d‟électricité mondiale d‟origine
renouvelable après l‟hydraulique et l‟éolien avec une part de 1.4% [15]. La biomasse désigne
toute matière organique d'origine végétale ou animale. Le bois-énergie, les biocarburants, le
biogaz font partie de cette filière. Le bois-énergie est l‟énergie dégagée par la combustion du
bois en présence de l‟oxygène de l‟air, est une ressource très abondante et la plus utilisée au
monde. Elle est destinée pour le chauffage et aussi pour produire de l‟électricité. On peut se
servir de toutes les ressources du bois : les chutes ou déchets des industries de transformation

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du bois. L‟application peut aller de petites chaufferies domestiques jusqu‟à des installations
industrielles de plus de 15 MW. Les biocarburants sont deux familles, l‟éthanol produit à
partir de betterave et de blé, incorporable dans le super sans plomb, et le biodiesel qui consiste
en des huiles végétales brutes comme le colza et le tournesol, présentent des avantages
écologiques remarquables dans le cadre du combat contre l‟effet de serre. Le biogaz est un
gaz combustible, composé en moyenne de 65 % de méthane (CH4) et de 35 % de CO2,
s‟obtient par la fermentation de matières organiques contenues dans les décharges et les
stations d'épuration, sa combustion produit de l‟électricité. Il peut être exploité directement
comme source brute ou injecté dans les canaux de distribution après l‟épuration. Le biogaz
peut servir à la production de la chaleur et à la génération de l‟électricité. En conclusion, une
centrale biomasse produit en premier lieu de la vapeur d'eau grâce à la combustion de
matières végétales ou animales, qui met en mouvement une turbine couplée à un alternateur
pour générer de l'électricité.

III.1.4. Solaire :
Le solaire rassemblant les installations photovoltaïques et thermiques, présente 0,5 %
du total de la production mondiale d‟électricité en 2012.

III.1.4.1. Solaire thermique :


L‟énergie solaire concentrée par focalisation des rayons de lumière, sert à produire de
la vapeur d‟eau. Cette vapeur à température élevée et à haute pression, active une turbine qui
est jointe à un générateur électrique. C'est-à-dire, de l‟énergie rayonnante convertie en énergie
mécanique, ensuite convertie en énergie électrique, de la même façon que le fonctionnement
d‟une centrale électrique thermique classique. Plus la chaleur obtenue au départ est haute, plus
le rendement final de ces conversions est grand.
Il existe plusieurs types d‟installations thermo-solaires se différenciant notamment par
la manière dont les rayons solaires sont concentrés. Ces installations ne conviennent que dans
des endroits où l‟ensoleillement est très important. Le rendement des centrales solaires est de
15 à 20%.
De plus, un autre inconvénient pour ces centrales est le besoin de beaucoup d‟espaces
de terrain plat. Aussi, il faut que ces surfaces soient prés à la fois des réseaux électriques
présents et des lieux de consommation.

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III.1.4.2. Solaire photovoltaïque :


Le principe de fonctionnement de la photocellule est déjà présenté dans la section
II.3.2. Un module photovoltaïque composé d‟un ensemble de cellules en série, produit un
courant électrique continu à partir d‟un rayonnement solaire. Le caractère modulaire des
systèmes PV, permet de construire des installations permettant de satisfaire le besoin en
puissance, par assemblage de plusieurs modules en série et en parallèle. Ces modules
photovoltaïques doivent être munis de diodes de protections (anti-retour et by-pass) et de les
éloigner au maximum des endroits présentant d‟ombre (arbres, cheminées ou chiens-assis).
Un onduleur de conversion continu-alternatif devient indispensable si on veut alimenter des
charges alternatives. Vue l‟intermittence d‟énergie solaire, un système PV doit être pourvu
d‟un moyen de stockage (batteries), ou être raccordé à un réseau de distribution électrique.

Avantages :
- énergie abondante partout sur la surface de la Terre ;
- exploitation non polluante, ne dégage pas de gaz à effet de serre ;
- longue durée de vie qui peut atteindre 30 ans ;
- caractère modulaire ;
- nécessite moins d‟entretien, n‟admet pas de pièces mobiles.

Inconvénients :
- énergie intermittente ;
- rendement des panneaux faible, moins de 20 % ;
- le coût de fabrication des cellules est très élevé. (extraction du silicium pur de la silice
nécessite une haute technicité) ;
- la confection des cellules dégage du CO2 ;
- occupation de beaucoup d‟espace pour des installations de grande envergure.
Nous traitons le photovoltaïque avec beaucoup de détails dans le prochain chapitre.

III.1.5. Géothermie :
La Géothermie est un mot composé d‟origine Grec : géo (la terre) et thermos (la
chaleur). Technologiquement, veut dire l‟extraction de l‟énergie contenue dans le sol. Le
principe est de faire circuler un fluide dans les profondeurs de la Terre, eau injectée sous
pression pour fracturer une roche chaude ou de faire monter de l‟eau chaude d‟une nappe
naturelle. Dans les deux cas, le fluide se réchauffe et remonte pour être exploité directement
pour chauffer ou convertie partiellement en électricité. La température de la croûte terrestre

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croît en profondeur depuis le sol jusqu‟au centre de la Terre de 3 °C chaque 100 m en


moyenne [18]. Cette chaleur en grande partie est créée par la radioactivité naturelle des roches
existantes dans la croûte terrestre. Il faut distinguer plusieurs types de géothermie selon la
température de gisement. La géothermie de surface à basse température (<30°C) est utilisée
pour le chauffage et la climatisation individuelle. La géothermie profonde avec des
températures situées entre 30 et 100 °C, jusqu'à 2 000 m de profondeur, sa principale
application est le chauffage urbain, chauffage de serres, utilisation de chaleur dans les
processus industriels.... La géothermie très profonde à haute température (>100°C) et la
géothermie très profonde à très haute température (>180°C), jusqu'à 10 000 m de profondeur,
favorisent la conversion en énergie électrique. En la comparant à d'autres ressources
renouvelables, la géothermie peut être considérée plus fiable et disponible tout le temps à
cause de son avantage de ne pas dépendre des conditions climatiques. Si les centrales
géothermiques sont technologiquement développées et que l'énergie qu'elles prélèvent est
gratuite, leur coût reste, dans certains cas, très élevé. La production mondiale d‟électricité à
partir de la Géothermie (pour des températures supérieures à 100°C) en 2012 était de 70,4
TWh, soit 0,3 % de la production mondiale.

III.2. Production d’électricité par des combustibles fossiles :


Les combustibles fossiles proviennent d‟une très lente transformation pendant des
millions d‟années de végétaux et d‟organismes vivants qui ont été enfouis sous le sol. Ils sont
des produits riches en carbone et en hydrogène, comme le charbon, le pétrole et le gaz
naturel. Ils sont classés dans la catégorie des sources d‟énergies non renouvelable car le taux
de leur création est très inférieur au taux de leur consommation. La combustion de ces
combustibles produit de la chaleur. Les combustibles fossiles offrent en 2012 une part de 68.1
% de l‟énergie primaire mondiale. Malheureusement, leurs usage émet beaucoup de CO2 qui
pollue l‟environnement et accélère le réchauffement climatique. La combustion du charbon
émet 44 % des émissions mondiale de CO2 en 2012, contre 35 % pour le pétrole et 20 % pour
le gaz naturel.
Les centrales à flammes fabriquent l'électricité depuis la chaleur dégagée de la
combustion du charbon, du mazout (issue de pétrole) ou du gaz naturel. La plupart de ces
installations ont une capacité importante située entre 200 MW et 2000 MW [7] afin d‟avoir
des bénéfices économiques. Les centrales à flammes font partie des centrales thermiques, on
les installe généralement à coté d'une rivière ou d'un lac, car elles ont besoin de beaucoup
d'eau pour refroidir et condenser la vapeur évacuant des turbines.

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Dans une chaudière, les réactions de combustion du combustible en présence


d'oxygène, produit de la chaleur à haute température créant un feu (centrale à flammes).
Celle-ci est employée pour créer de la vapeur d‟eau sous haute pression qui fait tourner une
turbine entrainant elle-même un alternateur. Il faut savoir que l'oxygène de l'air réagit
fortement avec les atomes de carbone (C), d'hydrogène (H), de soufre (S) et toutes les
substances contenant ces atomes (charbon, bois, mazout et gaz naturel). Le tableau III.2 donne
les produits de combustion ainsi que l‟énergie dégagée pour un kilogramme de chaque
élément. Par exemple, pour la combustion entière de 1 kg de carbone, il faut 2,67 kg
d'oxygène, pour délivrer 33,8 MJ de chaleur avec une nouvelle substance qui est le CO2.
Sachant que l'air sec comprend 23,2 % d'oxygène par unité de masse, alors il faut multiplier la
masse d'oxygène par 4,3 pour avoir la masse d'air (11,5 kg) nécessaire.

Elément Masse Chaleur Produits de Masse d’air Volume d’air


d’oxygène dégagée la requise (kg) requis (m3)
requise (kg) (MJ) combustion
carbone 2.67 33.8 CO2 11.5 9.6
hydrogène 8 120 H2O 34.5 28.8
soufre 1 9.3 SO2 4.3 3.6
méthane CH4 4 50 CO2+ H2O 17.2 14.3
éthane C2H6 3.73 47.5 CO2+ H2O 16.1 13.4
propane C3H8 3.64 46.5 CO2+ H2O 15.6 13

Tableau III.2 Combustibles et produits de combustion [7]

La majorité des centrales thermiques fonctionnent à une température de 550 °C et une


pression de 16,5 MPa (Méga Pascal) et ont un rendement global d‟environs de 40 %.

III.3. Production d’électricité d’origine nucléaire :

III.3.1. Fonctionnement d'une centrale nucléaire :


L‟énergie nucléaire consiste en la production d'électricité à partir de la chaleur libérée
par une réaction de fission nucléaire. Ce type de réaction est provoqué par la division du
noyau d'un atome, généralement de l‟uranium. Constatons qu'une réaction chimique ordinaire
telle que la combustion n‟affecte pas les noyaux contrairement aux réactions nucléaire (fission
ou fusion).

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Une centrale nucléaire ressemble beaucoup à une centrale thermique, la seule


différence c‟est que la seconde brûle le combustible fossile dans une chaudière, par contre la
première est basée sur une réaction de fission de l‟uranium dans un réacteur nucléaire. Le
réacteur produit de la chaleur qui sera convertie par la suite en électricité. Une telle centrale
contient alors en plus des réacteurs, des turbines à vapeur, des alternateurs, des tours de
refroidissement et des condenseurs, etc., comme dans une centrale thermique. L‟emplacement
de ces centrales doit être près des cours d'eau pour faciliter leurs refroidissements. Le
rendement de telles centrales est aux alentours de 30 % à 40 %. Un schéma synoptique d‟une
centrale nucléaire est à la figure III.4.

Figure III.4. Fonctionnement d‟une centrale nucléaire [19]

III.3.2. Énergie libérée par la fission nucléaire :


L‟effet de fission nucléaire par lequel le noyau d'un atome lourd (noyaux d'uranium et
de plutonium) se divise en deux noyaux plus légers, se traduit par un dégagement d‟une
importante énergie sous forme de chaleur. On distingue une différence de masse entre celle de
l'atome original et celle des deux atomes ainsi formés. S'il y a une réduction de la masse, il y
aura un dégagement d'énergie qu‟on peut évaluer par la formule d'Einstein :

𝐸 = 𝑚 ∙ 𝑐2 (III.2)

où 𝐸 est l‟énergie libérée, en joules [J], 𝑚 désigne la diminution de masse, en kilogrammes


[kg], et 𝑐 la vitesse de la lumière [3 x 108 m/s].

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Comme le prouve l‟expression (III.2), L‟énergie dégagée est importante, car une réduction de
1 g uniquement délivre une énergie de 9 x 1013 joules, soit l'équivalent énergétique d'environ
3000 tonnes de charbon [7].

III.3.3. Avantage et Contraintes :

Avantage :
 Le cout de revient de l‟énergie produite est faible
 Il n‟ya pas d‟émission de gaz à effet de serre

Contraintes :
 Elles produisent des déchets radioactifs,
 Leur démantèlement pose problème en fin de vie.

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Chapitre IV. Principe de production à partir du


solaire, de l’éolien

IV.1. Conversion photovoltaïque, du rayonnement solaire à l’électricité :


Le rayonnement solaire est une ressource d‟énergie renouvelable la plus importante,
peut être transformé directement en énergie électrique par effet photovoltaïque. La production
d‟électricité par panneaux solaires dépend de l‟intensité de la lumière incidente, de la durée de
l‟ensoleillement et de l‟orientation du panneau vis-à-vis du soleil. Actuellement, la conversion
PV en électricité est destinée à l‟approvisionnement d‟équipements et d‟habitations en site
isolé où le coût élevé du couplage au réseau la rend concurrentielle. L'énergie PV est
assurément une issue économique et technique pour l'électrification en sites isolés, car les
panneaux PV sont facile à installer et ne nécessite pas beaucoup d‟entretien.

IV.1. 1. Cellule photovoltaïque :

IV.1. 1.1. Technologies des cellules


La photocellule est construite par un matériau semi-conducteur qui est généralement le
silicium. Suivant la façon de fabrication, on obtiendra des cellules plus ou moins
performantes, sous forme amorphe, polycristalline, ou mono cristalline. D‟autres matériaux
sont employables : Arséniure de Gallium (AsGa), Tellurure de Cadmium (CdTe), Indium
Gallium Phosphide (InGaP), et Cu(InGa)Se2. La sélection d‟une technologie dépend du
montant et de l‟efficacité énergétique. Quelques photopiles avec leurs rendements sont
montrés ci-après [17, 20] :
 Les cellules monocristallines font partie de la première génération de photopiles. Elles ont
un taux de rendement excellent de 24,7% en laboratoire. Cependant, leur procédé de
fabrication est difficile et très chère.
 Les cellules polycristallines ont un coût de fabrication moins élevé, et utilisant une
méthode nécessitant moins d‟énergie, avec un rendement de 11 à 15% (19,8% en
laboratoire).
 Les cellules amorphes ont un coût de production bien plus bas, mais malheureusement
avec un rendement plus bas 5 à 8% (13% en laboratoire). Cette technologie permet
d'employer des couches très minces de silicium de 0,3 à 1,0 μ mm uniquement (500 μ mm
pour les deux autres types). Les panneaux amorphes ont besoin d'environ deux fois plus de

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surface pour produire la même quantité d'électricité, et semblent se dégrader plus


rapidement. Cependant, ils ont l'avantage de mieux réagir à la lumière diffusée et à la
lumière fluorescente et d'être plus performants à des températures élevées.
 Les cellules en composite monocristallin (AsGa) avec un rendement de 18 à 20% (27,5%
en laboratoire).
 Les cellules en composite polycristallin (CdS, CdTe, CulnGaSe2, etc.) ont un rendement
de 8% (16% en laboratoire).

IV.1.1.2. Modélisation de la cellule PV :


Pour modéliser la cellule PV, il faut chercher d‟abord son circuit électrique équivalent.
Trois types de modèles : modèle à une diode, modèle à deux diodes et le modèle polynomial,
existent dans la littérature. Le modèle à une diode est le modèle le plus utilisé. Il consiste en
un générateur de courant i ph qui est directement dépendant de l‟ensoleillement et de la

température pour la modélisation de la lumière incidente, une diode pour les phénomènes de
polarisation de la cellule, une résistance série rs représentant les diverses résistances de

contacts et de connexions et une résistance parallèle rp caractérisant les divers courants de

fuites dus à la diode et aux effets de bords de la jonction. Le circuit électrique équivalent de la
cellule est représenté dans la figure IV.1 ; Avec : id le courant qui traverse la diode, vd la

tension aux bornes de la diode, i pv le courant délivré par la cellule et v pv est la tension à la

sortie de la cellule.

Figure 0.1. Schéma équivalent d‟une cellule PV

L‟expression du courant de la cellule peut avoir la forme suivante [8]:

v pv   q  v pv  rs i pv    v pv  rs i pv
i pv  i ph  id   i ph  I s exp    1  (IV.1)
rp   a kbT   rp
   

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A la base de cette expression, on peut tracer la caractéristique courant-tension de la cellule PV


(Figure IV.2). Etant donné que le multiplication du courant par la tension vaut la puissance de
la cellule, alors de même, on peut tracer la caractéristique puissance-tension de la cellule PV
(Figure IV.3).

4
PPM

3 iopt
Courant (A)

1
vopt

0
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6
Tension (V)
Figure IV.2. Caractéristique courant-tension d‟une photopile

2
PPM

1.5 pmax
Puissance (W)

0.5 vopt

0
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6
Tension (V)
Figure IV.3. Caractéristique puissance-tension d‟une photopile

On peut conclure que la cellule PV présente une caractéristique I-V non linéaire, avec trois
points caractéristiques : le courant de court-circuit isc , la tension en circuit ouvert voc , le point

de puissance maximale (PPM). Les coordonnées du PPM, vopt et iopt peuvent être estimées par

les inéquations suivantes [21]:

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0, 71voc  vopt  0, 78 voc


(IV.2)
0, 78 isc  iopt  0,92 isc

La puissance maximale de la cellule pmax peut être exprimée comme suit :

pmax  vopt . iopt  voc .isc .FF (IV.3)

Avec 𝐹𝐹 est le facteur de forme. Ce facteur mesure la qualité de la photopile et son


éloignement du rectangle idéal voc .isc . Sa valeur se situe entre 0.7 et 0.8 pour une photopile
cristalline et diminue avec l‟augmentation de la température.

Pmax , voc , isc sont des paramètres donnés par le fabricant pour des conditions standards STC
(Standard test conditions) qui sont l‟ensoleillement de 1000 W/m2, la température de 25 °C et
l‟air de masse AM 1,5.
Le rendement de la photopile est le rapport de la puissance maximale produite pmax sur la
puissance incidente pin du rayonnement solaire qui frappe la photopile. Cette dernière
puissance est égale au produit de l‟éclairement G par la surface  .

pmax vopt . iopt


  (IV.4)
pin G.

IV.1.1.3. Influence de l’éclairement sur la cellule PV :

L‟éclairement est la grandeur qui agisse beaucoup sur la cellule PV. En effet, le photo-
courant est proportionnel à l‟éclairement. La figure IV.4 (a, b) montre respectivement les
courbes I-V et P-V de la photocellule simulée pour divers niveaux d‟éclairements. On
constate que la tension du circuit ouvert voc reste très peu changée en faisant varier

l‟éclairement G , par contre le courant du court-circuit isc change beaucoup en augmentant


l‟éclairement ce qui engendre une croissance de la puissance photovoltaïque.
L‟influence de l‟éclairement G sur le courant isc peut être énoncée par (IV.5) [22] :

 ki * T  T * 
G G
isc  isc* *
(IV.5)
G G

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Avec isc* est le courant de court-circuit dans les conditions STC

G *
 1000 W m2 , T *  25 C  , et ki est un coefficient de température du courant de court-

circuit (généralement donné dans le datasheet).

4
1000 W/m2 1000 W/m2
1.5 750 W/m2
3 500 W/m2

Puissance (W)
Courant (A)

750 W/m2 250 W/m2


1
2
500 W/m2

1 0.5
250 W/m2

0 0
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6
Tension (V) Tension (V)

a) Caractéristiques courant-tension b) Caractéristiques puissance-tension

Figure IV.4. Influence de l‟éclairement sur les caractéristiques de la cellule PV

IV.1.1.4. Influence de la température sur la cellule PV :


La température est le deuxième paramètre le plus important dans le comportement de
la photocellule. La figure IV.5 (a, b) présente successivement les caractéristiques I-V et P-V
de la cellule PV simulée sous différentes températures. On remarque que le courant du court-
circuit isc reste très peu sensible au changement de la température mais la tension du circuit

ouvert voc baisse en augmentant la température ce qui cause une réduction de la puissance à la
sortie de la cellule.
4 2

3 1.5
Puissance (W)
Courant (A)

0 °C 0 °C
25 °C 25 °C
2 1
50 °C 50 °C
75 °C 75 °C
1 0.5

0 0
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7
Tension (V) Tension (V)

a) Caractéristiques courant-tension b) Caractéristiques puissance-tension

Figure IV.5. Influence de la température sur les caractéristiques de la cellule PV

La tension du circuit ouvert en fonction de la température est donnée par [22] :

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voc  voc
*
  T  T *   (isc  isc* )rs (IV.6)

*
Avec voc est la tension du circuit ouvert dans les conditions STC et  est un coefficient obtenu
empiriquement (V/°C).

IV.1. 2. Générateur photovoltaïque GPV :

IV.1.2.1. Conception des panneaux solaires :


La cellule PV fait à peu près 150 cm2, produit 2,3 Watt-crête (Wc) sous
approximativement 0,5 Volt [23]. Dans le but d‟avoir une puissance suffisante aux différentes
applications PV domestiques et industrielles, il faut associer plusieurs cellules en série et en
parallèle. Un nombre de cellules connectées en série forme un module. Un ensemble de
module en série/parallèle forme ce qu‟on appelle panneau solaire (Figure IV.6).
Souvent, on trouve des modules de 12 V, composé de 28 à 40 cellules. Leurs puissance
s‟exprime en Watt-crête et représente la puissance maximale du module pour les conditions
STC. La tension fournée par un module dépend du nombre de cellules branchées en séries.
Pour les modules de petite puissance (< 75 Wc), la tension d‟usage est généralement comprise
entre 12 et 15 V. Des modules de puissance plus importante sont obtenus par une
augmentation du nombre de cellules en série (augmentation de la tension) et augmentation du
nombre de branches de cellules en parallèle (augmentation de la valeur du courant). La
tension d‟usage peut alors être de 24 V ou plus selon la configuration du système à alimenter.
La surface des modules est variable selon les fabricants et est généralement comprise entre 0,5
et 1 m2. Elle peut atteindre 3 m2 pour des fabrications spéciales et si l‟importance de la
commande le permet. L‟assemblage des modules en série et/ou en parallèle permettra de fixer
différentes tensions et puissances.

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Figure IV.6. Constitution d‟un générateur photovoltaïque [12]

IV.1.2.2. Protection des panneaux solaires :


Le passage d‟un module à un panneau se fait par l‟ajout de diodes de protection
(Figure IV.7). Deux types de protection sont à considérer :
Diodes anti-retour placés en série, protègent le panneau contre le courant inverse lorsque une
charge devient générateur, par exemple une batterie pendant la nuit ;
Diode by-pass placé en parallèle, isole un sous-réseau de cellules ombragées.

Figure IV.7. Diodes de protection des modules

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IV.1.2.3. Exemple de module solaire:


Les fabricants des panneaux solaires donnent dans le DATASHEET quelques
paramètres électriques de leur module sous les conditions standard de test (un éclairement de
1000W/m2, une température de 25°C et air mass de 1.5). Les caractéristiques typiques d‟un
module photovoltaïque, de type SOLAREX MSX 60, sont présentées dans le tableau IV.1.

Puissance maximale aux conditions STC Pmax 60 W


Tension du circuit ouvert Voc 21.1 V
Courant de court-circuit I sc 3.8 A
Tension au PPM Vmpp 17.1 V
Courant au PPM I mpp 3.5 A
Coefficient de température pour Voc -0.08 V/°C
Coefficient de température pour I sc 0.003 mA/°C

Tableau 0IV.1. Paramètres Principales du Module MSX 60 [24]

IV.1.3. Chaînes de conversions photovoltaïques :


Les chaines de conversion PV ou systèmes PV peuvent être conçus pour des
puissances allant de quelques Wc (système de signalisation routière, 20 Wc à peu prés) à
quelques centaines de MWc (centrale connectée au réseau, plus de 100 MWc). Les systèmes
PV peuvent être autonomes ou branchés aux réseaux publics, comme on peut rajouter d‟autres
sources pour avoir un système hybride, par exemple éoliennes et/ou groupes électrogènes.

IV.1.3.1. Systèmes PV autonomes:


Une installation autonome fonctionne indépendamment du réseau électrique. Trois
possibilités de couplage sont offertes : couplage direct à une charge adaptée, couplage
avec interface électronique de poursuite du point de puissance maximale MPPT et couplage
avec système de stockage. L'énergie produite par les panneaux solaires PV est utilisée
immédiatement (pompage d‟eau, ventilation, …etc.) ou stockée dans des batteries pour une
utilisation différée. Le courant continu produit alimente directement des appareils prévus à cet
effet ou est converti en 230 V alternatif à travers un onduleur.

IV.1.3.1.1. Couplage direct sur une charge adaptée:


La structure la plus simple des systèmes autonomes est le couplage direct où le
générateur GPV est directement connecté à la charge continue (Figure IV.8). Dans cette
connexion, la charge ne peut être opérationnelle que durant les périodes d‟ensoleillement

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suffisant. Ce qui est faisable pour des applications qui n‟ont pas besoin de fonctionner la nuit
ou dans l‟obscurité comme le pompage de l‟eau.

G Charge (s)
P DC
V
D
C Figure IV.8. Couplage direct GPV-charge.

IV.1.3.1.2. Couplage avec batterie:


Pour des applications qui ont besoin de l‟énergie électrique même la nuit et lors des
moments d‟obscurité, un moyen de stockage peut être additionné au système. L'énergie créée
par le dispositif solaire est stockée dans l‟accumulateur d‟énergie en vue d'être utilisée à
l‟instant du manque de l‟éclairement. En effet, c'est presque toujours la batterie qui dure le
moins longtemps dans une application solaire. Alors, en vue d‟améliorer la durée de vie d'une
batterie, on doit empêcher la surcharge (éviter que la tension dépasse un certain seuil) et la
décharge profonde (éviter que la batterie soit vidée de plus de 60% de sa charge). Cela est
possible par le biais d‟un contrôleur de charge (régulateur). Ainsi, quand l'énergie produite est
supérieure à l'énergie consommée, l'excédent d'électricité est stocké dans les batteries jusqu'à
ce que la limite de charge des batteries soit atteinte. Inversement, quand l'énergie produite est
inférieure à l'énergie consommée, les batteries fournissent la quantité d'énergie manquante
jusqu'à ce que la limite de décharge des batteries soit atteinte. Un régulateur charge-décharge
est alors indispensable. A titre d‟exemple, quand la tension aux bornes de la batterie atteint
14,5 V (seuil haut typique pour une batterie au Plomb de 12 V nominale), le régulateur coupe
la liaison panneau - batterie. Cette charge est rétablie vers 13,5 V. De même, quand la tension
atteint 11,5 V (seuil bas typique pour 12V), le régulateur coupe la liaison batterie - utilisation,
mettant ainsi la charge électrique hors service jusqu'à ce que la tension batterie soit revenue à
un niveau de 12,5 V. Il rétablit alors l'utilisation.

IV.1.3.1.3. Poursuite du point de puissance maximale:


Un panneau solaire présente des caractéristiques courant-tension non linéaires et qui
sont impactées par le niveau d‟éclairement et la température. En outre, suivant les
caractéristiques de la charge sur laquelle le panneau débite, on peut trouver une très forte
différence entre la puissance potentielle du générateur et celle réellement transférée à la
charge en mode de couplage directe.

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Afin d‟extraire, à tout moment, le maximum de puissance disponible aux bornes du


panneau et de la transférer à la charge, on utilise un étage d‟adaptation appelé : convertisseur
MPPT. La Figure IV.9 montre une connexion GPV-charge via un étage d‟adaptation. Ce
dernier consiste en un convertisseur DC/DC si la charge est de type continu ou d‟un
convertisseur à deux étages DC/DC suivi par un autre DC/AC si la charge est de type
alternatif. Divers types de convertisseurs DC/DC peuvent être employés, soit sans isolation
galvanique comme Buck (dévolteur), Boost (survolteur), Buck-Boost (dévolteur - survolteur),
Cuck ou Sepic ; soit avec isolation galvanique comme Flyback ou Forward. Le convertisseur
DC/AC peut être monophasé ou triphasé. Cet étage d‟adaptation doit être doté d‟une
commande de poursuite MPPT.
Etage d‟adaptation

Convertisseur Charge
G
DC/DC DC
P
V

Rapport cyclique
I pv
Commande
V pv
MPPT

Figure 0.9. Couplage GPV-charge via un convertisseur DC/DC.

IV.1.3.2. Systèmes PV connectés aux réseaux :


Trois types de configurations sont généralement rencontrés dans les applications PV
raccordées au réseau (GRID dans la littérature Anglo-Saxonne). Figure IV.10 présente un
exemple typique de grande centrales PV qui ont pour but la fourniture d‟électricité en haute
(50 à 400 kV) ou en moyenne tension (3 à 50 kV) aux réseaux électriques. La totalité de
l‟énergie produite sera vendue et les charges sur place seront alimentées par le réseau public.
Figure IV.11 montre un exemple d‟installations connectées au réseau et fabriquant de
l‟électricité au lieu même de consommation tout en évitant les pertes de transport et de
distribution. Ces systèmes peuvent être dispensés du moyen de stockage d‟énergie. D‟autre
part, si la consommation locale est supérieure à la production de la centrale, le complément
est fourni par le réseau. Dans le cas contraire, l'énergie est fournie au réseau public et sert à
alimenter les usagers voisins. Troisième type de configuration est illustré dans la figure IV.12.
Cette topologie est branchée au réseau et en même temps admet un moyen de stockage qui
peut être profitable en cas de panne du réseau. L‟énergie créée nourrit les usagers sur place,

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l‟excédent sera stocké dans des batteries jusqu‟à la limite de charge et puis le reste sera injecté
dans le réseau. Dans le cas où la production et le stockage ne suffit pas pour alimenter toutes
les charges, on fait appel au réseau public. De plus, les réseaux triphasés sont favoris par
rapport aux réseaux monophasés à cause de leurs avantages techniques et économiques.
D‟une part, un réseau triphasé avec neutre permet d‟allouer deux tensions d‟utilisation
distinctes, une tension simple de 230 V (entre phase et neutre) ou tension composée de 400 V
(entre deux phases) et d‟autre part, l‟emploi du triphasé permet de diviser la section des câbles
sur deux.

G AC G
P R
DC I
V
D

Figure IV.10. Système PV raccordé au réseau central

G AC G
P R
DC I
V
D
Charge (s)
AC

Figure IV.11. Système PV raccordé au réseau sans stockage d‟énergie

G
AC R
G I
P DC Charge (s) D
V AC

DC
DC

Figure IV.12. Système PV raccordé au réseau avec stockage d‟énergie

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IV.2. Principe de conversion éolien :


La conversion de l'énergie cinétique du vent en électricité est connue sous le nom de
l'énergie éolienne. Ce transfert est possible grâce à des pales raccordées par un arbre à une
génératrice. Grâce aux développements technologiques, à la croissance du niveau de
production et à l'emploi de grandes turbines, l‟éolien devient compétitif avec un coût
d‟investissement réduit et plus respectueux de l‟environnement. Mais, les fluctuations
naturelles et difficilement prévisibles de la production éolienne posent des problèmes pénibles
de stabilisation des réseaux dans lesquels le stockage d‟énergie risque de se révéler
indispensable.

IV.2.1. Constituants et fonctionnement d’une éolienne :


Les principaux organes d‟une turbine éolienne sont, une génératrice, une tour, un
multiplicateur de vitesse, une nacelle et des pales, comme le montre la figure II.2. Les
pales fixées sur un moyeu, permettent de transformer l‟énergie du vent en énergie mécanique.
Ils sont longs de 30 à 40 mètres, ils peuvent être 1, 2, 3 ou multiples. La technologie de
conception des pales est grandement issue de l‟aviation. Dans l‟objectif d‟extraire une vitesse
de vent importante, la tour (le mât) qui a pour fonction de supporter la nacelle, doit être de
hauteur élevée (50 m environ). La tour est généralement de forme conique, tubulaire et menée
à l‟intérieur d‟une échelle qui permet d‟accéder à la nacelle pour l‟entretien. La nacelle
renferme tous les appareils qui permettent à l‟éolienne de fonctionner automatiquement. Le
multiplicateur ou la boite de vitesse permet l‟accouplement de l‟arbre lent de petite vitesse à
l‟arbre rapide de grande vitesse, il s‟agit d‟un composant lourd, coûteux et demande beaucoup
de maintenance. La génératrice électrique peut être une machine synchrone, asynchrone ou
une machine spéciale. Elle transforme l‟énergie mécanique en énergie électrique.
La majorité des éoliennes modernes sont à trois pales, le rotor étant maintenu dans une
position face au vent par un mécanisme d‟orientation actionné par des moteurs électriques. On
appelle normalement cette construction la conception danoise classique, et elle tend
aujourd'hui à constituer le standard d'après lequel les conceptions alternatives sont jugées. La
plupart des éoliennes vendues sur le marché universel sont effectivement de cette conception.
Les principes fondamentaux furent d'abord introduits par l‟éolienne de Gens construite en
1956. Une autre caractéristique de la création danoise est l'utilisation d'une génératrice
asynchrone. L‟énergie aérodynamique du vent est transmise à l‟arbre de faible vitesse
(généralement de 30 à 900 tr/min) sous forme mécanique à travers les pales. La vitesse de
rotation de la génératrice est généralement de 1500 tr/min est obtenue via une boite de vitesse.

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IV.2.2. La puissance récupérable du vent :


La puissance cinétique globale du vent qui frappe un disque éolien de rayon R peut
être exprimé par la relation suivante :

1
Pvent  R 2Vvent
3
(IV.7)
2

où R correspond pratiquement à la longueur de la pale, ρ (   1.225kg / m3 ) représente la

densité de l‟air et Vvent la vitesse du vent.

Une partie de cette puissance est captée par l‟éolienne, elle est caractérisée par un facteur C p ,

appelé coefficient de performance ou coefficient de puissance. Ce coefficient est limiter par la


valeur de 16/27 (limite de Betz) du fait des pertes aérodynamiques et mécaniques, est fonction
du rapport entre la vitesse linéaire des extrémités des pales sur la vitesse du vent. On exprime
alors la puissance captée par la turbine comme suit:

Ptr  C P  .Pvent avec C P 


16
. tr (IV.8)
27

où : ηtr est le rendement de la turbine ou le rendement aérodynamique de l‟éolienne.


Le paramètre λ appelé, rapport de la vitesse en bout de pales ou rapport d‟avance est défini
comme le rapport de la vitesse linéaire des extrémités des pales sur la vitesse du vent :

 tr .R
 (IV.9)
vvent

où tr (en rad/s) est la vitesse de la turbine :

g
 tr  (IV.10)
G

avec g (en rad/s) est la vitesse de la génératrice.

Sachant que la vitesse de la génératrice est obtenu en multipliant celle de la turbine par le gain
du multiplicateur de vitesse G , on peut alors exprimer le rapport λ en fonction de la vitesse
de la génératrice par :

R
 . g (IV.11)
G.vvent

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IV.2.3. Le coefficient de puissance des turbines:


Le coefficient de puissance montre l'efficacité avec laquelle l'éolienne transforme
l'énergie du vent en énergie électrique. Ce paramètre dépend du nombre de pales de l'éolienne.
La figure IV.13 présente l‟évolution du coefficient de puissance C p pour des turbines réelles à

axe horizontal avec 1, 2, 3 et 4 pales. On constate que pour chaque type d‟éolienne correspond
une vitesse normalisée, pt (≈ 7 pour une turbine tripale) qui maximise le rendement
aérodynamique de la turbine. Ainsi un fonctionnement à vitesse de rotation variable, selon la
vitesse du vent, peut permettre de rester sur le maximum de la courbe.
On peut alors déterminer une famille de caractéristiques de puissance mécanique disponible
sur le rotor de la machine en fonction de sa vitesse pour différentes vitesses du vent.
Sur la figure IV.14, nous avons montré une famille de courbes, ainsi qu‟une
caractéristique de fonctionnement qui fait correspondre pour chaque vitesse de vent, la
puissance mécanique maximale avec la vitesse du générateur correspondante.

 Ptr max  C p max (opt ).Pvent (IV.12)

Figure IV.13. Coefficient de puissance pour différentes turbines à axe horizontal [2]

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Figure IV.14. Influence de la vitesse du vent sur la caractéristique Puissance/Vitesse de


rotation de la turbine. La position des maxima est désignée par des cercles.

IV.2.4. Caractéristique d’une éolienne en fonction de la vitesse du vent :


Il faut noter qu‟une éolienne ne peut pas être exploitée pour des vitesses de vent
faibles. C‟est à partir d‟une vitesse minimale dite vitesse seuil (3 à 5m/s) qu‟elle débute à
tourner et dés qu‟une vitesse maximale est atteinte, l‟éolienne doit s‟arrêter. Cette vitesse
maximale est au voisinage de 25m/s pour des petites éoliennes et de 30m/s pour les autres. La
puissance de la turbine suit la puissance aérodynamique ( Pvent  k.vvent
3
) avec un facteur prés,
c‟est à dire, elle augmente avec le cube de la vitesse du vent jusqu‟à atteindre sa puissance
nominale, puis elle reste constante.
Sur la Figure IV.15, la puissance aérodynamique et la puissance de la turbine sont
présentées en fonction de la vitesse du vent.

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Figure IV.15. La courbe idéale de la puissance de la turbine éolienne

Une turbine éolienne est conçue pour développer sur son arbre une puissance dénommée
puissance nominale Pn. La puissance Pn est obtenue à partir d‟une vitesse de vent vn
dénommée vitesse nominale. En cas de vitesses de vent supérieures à vn, il est nécessaire de
perdre une partie de l'énergie supplémentaire contenue dans le vent afin d'éviter tout
endommagement de l'éolienne, de sorte que sa vitesse de rotation reste pratiquement
constante.
A coté de la vitesse nominale vn, on spécifie aussi :
 La vitesse de démarrage ou la vitesse seuil, vseuil, à partir de laquelle l‟éolienne commence
à fournir de l‟énergie.
 La vitesse maximale du vent, vmax, pour laquelle la turbine ne convertit plus l‟énergie,
pour des raisons de sûreté de fonctionnement.

IV.2.5. Chaines de conversion d’énergie éolienne:


Une éolienne peut être munie d‟une génératrice synchrone ou asynchrone. Elle peut
être autonome ou connectée au réseau sous certaines configurations, directement ou
indirectement. Le raccordement direct au réseau signifie que la génératrice est connectée
directement au réseau. Par contre le couplage indirect au réseau, notifie que le courant produit
par l'éolienne passe à travers une série de dispositifs électriques ajustant le courant de façon à
le correspondre à celui du réseau. Avec une génératrice asynchrone, cet ajustement se fait
automatiquement.

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Les systèmes électriques éoliens sont deux catégories, à vitesse fixe et à vitesse
variable. Les turbines éoliennes à vitesse fixe, sont dotées d‟un générateur branché
directement au réseau et ont l‟avantage de simplicité et de prix réduit du système électrique
utilisé. Quand aux systèmes à vitesse variable présentent des avantages qui se résument en la
qualité accrue de puissance, la réduction du bruit et aussi la réduction de l‟effort mécanique
sur la turbine. Les turbines à vitesse variable peuvent produire de 8 à 15 % plus d'énergie que
les turbines à vitesse constante, mais elles doivent être munies d'un convertisseur statique
pour générer une tension et une fréquence fixes.

IV.2.5.1. Chaîne de conversion à vitesse fixe :

Généralement, les systèmes à vitesse fixe (Figure IV.16) utilisent des génératrices à
inductions branchées directement au réseau. Puisque la fréquence du réseau est fixe, la vitesse
de la turbine est réglée par le gain du multiplicateur de vitesse et par le nombre de paires de
pôles de la machine. Un démarreur mou pour la limitation du courant de démarrage est
employé. Un banc de condensateurs est utilisé afin de compenser l‟énergie réactive
consommée.

Générateur Démarreur
Multiplicateur
à induction mou

Réseau

Turbine Banc de capacités

Figure IV.16. Chaîne de conversion éolienne à vitesse fixe.

IV.2.5.2. Chaîne de conversion à vitesse variable :


La chaine de conversion à vitesse variable est plus compliquée, elle est dotée d‟un
convertisseur de fréquence. Ce type de système comporte trois parties essentielles : la
génératrice, le redresseur et l‟onduleur. La sélection de ces trois pièces principales peut être
subdivisée en deux choix presque indépendants. Le générateur et le redresseur doivent être
choisis comme une combinaison, et l‟onduleur peut être choisi indépendamment des deux
autres. Quand on s‟intéresse aux aspects de qualité de puissance, seul l‟onduleur est d‟intérêt.
Les différentes configurations possibles du système électrique à vitesse variable sont
représentées sur la figure IV.17.

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Convertisseur Onduleur
de tension à thyristors
MAS

Réseau
Redresseur à
thyristors

MS Redresseur à Convertisseur
diodes DC/DC de tension

Générateurs Redresseurs Onduleurs

Le sens de transfert de l‟énergie

Figure IV.17. Différentes configurations du système électrique à vitesse variable

IV.2.6. Exercice d’application [7]:


Une turbine éolienne de 400 kW à 3 pales est conçue pour fournir sa puissance nominale pour
un vent de 15 m/s. Les pales ont une longueur de 14 m et la vitesse nominale de la turbine est
de 48 tr/min.
Calculer :
a) la surface balayée par les pales
b) la puissance du vent disponible pour actionner la turbine
c) le rapport, en %, entre la puissance électrique et la puissance du vent
d) la vitesse de l'extrémité des pales
e) le rapport entre la vitesse de l'extrémité des pales et la vitesse du vent

Solution

a) Surface balayée par les pales : A = π.r2 = π x 142 = 616 m2


b) Puissance du vent disponible par mètre carré P = 0,6 v3= 0,6 x 153 = 2025 W/m2
Puissance disponible pour faire tourner la turbine
P = 2025 x 616 = 1 247 400 W = 1247 kW
c)
𝑝𝑢𝑖𝑠𝑠𝑎𝑛𝑐𝑒 𝑑𝑒 𝑠𝑜𝑟𝑡𝑖𝑒 400𝑘𝑊
=. = 32%
𝑝𝑢𝑖𝑠𝑠𝑎𝑛𝑐𝑒 𝑑𝑖𝑠𝑝𝑜𝑛𝑖𝑏𝑙𝑒 𝑑𝑎𝑛𝑠 𝑙𝑒 𝑣𝑒𝑛𝑡 1247𝑘𝑊

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d) Circonférence du cercle décrit par l'extrémité des pales :


C=2 π r=88m
Vitesse de l'extrémité des pales :
v=C.N=88x48
= 4224 m/min
= 70,4 m/s ou 253 km/h
e) D'où le rapport
𝑣𝑖𝑡𝑒𝑠𝑠𝑒 𝑑𝑒 𝑙′𝑒𝑥𝑡𝑟é𝑚𝑖𝑡é 𝑑𝑒𝑠 𝑝𝑎𝑙𝑒𝑠 70.4
=. = 4.7
𝑣𝑖𝑡𝑒𝑠𝑠𝑒 𝑑𝑢 𝑣𝑒𝑛𝑡 15

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Chapitre V. Sources d’énergie autonomes avec


systèmes de stockage

V.1. Systèmes électriques autonomes :


Un système électrique autonome est choisi pour des endroits où le réseau public est absent ou
éloigné du site d‟installation. Il représente une source d‟énergie indépendante et qui sert à
alimenter des usagers en électricité sans être branché au réseau électrique. Ce type de système
est fiable et est indépendant des coupures de courant causés par les problèmes climatiques ou
par les pannes du réseau. Il est habituellement utilisé pour alimenter les habitations en site
isolé, sur des îles, en montagne ainsi qu‟à des applications de pompage de l‟eau. Les systèmes
solaires, éoliens, et micro-hydrauliques sont tous des sources d'énergies renouvelables
généralement employés dans les systèmes électriques autonomes. Mais il y a aussi des
milliers de sites dans le monde qui produisent leur électricité en utilisant seulement des
groupes électrogènes diesel. Ces derniers sont sources de bruit et de pollution et encore le
carburant est coûteux. L'installation d'un système électrique autonome équipé d'un moyen de
stockage peut réduire les coûts de carburant. De plus, un moyen de stockage est indispensable
surtout si les ressources sont intermittentes comme le cas du photovoltaïque ou de l‟éolienne.
Généralement, un système autonome ne peut pas subvenir seul à la demande en énergie des
utilisateurs. Ci-dessous, exemples de configurations des systèmes électriques autonomes
utilisant comme source les panneaux solaires et comme moyen de stockage des batteries
électrochimiques (Figure V.1). Ces architectures plus courantes des systèmes PV autonomes
alimentent à la fois des charges DC et AC. La seule différence entre les deux c‟est que la
sortie du panneau est couplée à un convertisseur DC/AC pour la première, et à un
convertisseur DC/DC pour la seconde.

G AC Charge (s)
P DC AC
V

DC Charge (s)
DC DC

(a)

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G DC AC Charge (s)
P DC DC AC
V
Charge (s)
DC

(b)
Figure V.1. Système PV autonome alimentant des charges DC et AC,
(a) étage 1 est DC/AC, (b) étage 1 est DC/DC.

V.2. Les différents types de stockage :


Généralement, l‟énergie électrique se stocke indirectement via une autre forme d‟énergie sauf
dans certains cas particuliers comme condensateurs ou super condensateurs. Il est donc
indispensable de transformer l‟électricité en énergie stockable et déstockable. Selon l‟Agence
internationale de l‟énergie (AIE), 99 % des stations de stockage de l‟électricité dans le monde
est à base des STEP, Stations de Transfert d‟Energie par Pompage. Aujourd‟hui, les STEP
sont aux environ de 400 unités pour une capacité globale de 150 GW [25]. Beaucoup d‟autres
formes de stockage existent comme le stockage électro chimique, le stockage à volant
d‟inertie, etc.

V.2.1. Les Stations de transfert d’énergie par pompage (STEP) :


Ces systèmes stockent de l‟énergie électrique sous forme de l‟énergie potentielle liée à la
gravitation. Les STEP sont construites de deux retenues d‟eau (lac ou barrage), situées à des
altitudes différentes et reliées par des canalisations, elles sont équipées d‟un système de
pompage/turbinage réversible. Le principe de fonctionnement des STEP est illustré dans la
figure V.2. Ce système utilise l‟excédent de l‟électricité moins chère en période creuse pour
pomper l‟eau du réservoir inférieur vers le réservoir supérieur. Ce dernier devient un lieu de
stockage d‟une énergie potentielle qui peut être réutilisée pour produire de l‟électricité en
période de pointe, à la façon d‟une centrale hydroélectrique traditionnel. C'est-à-dire, l‟eau de
la retenue supérieure descend sous l‟action de la gravité en passant par une turbine couplée à
un générateur de l‟électricité. C‟est donc un système de stockage réversible avec de faibles
pertes de conversion assurant un bon rendement qui se situe aux environs de 70 à 85 % [26].
Ce rendement se calcule par le rapport de l‟énergie électrique produite lors du cycle de

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turbinage sur l‟énergie électrique utilisée lors du cycle de pompage. Il dépend des pertes de
charges liées aux pompes, aux turbines et aux frottements dans les conduites.
Il est important de concevoir des STEP de grande taille ayant des réservoirs de grande
dimension séparés par de très forte différence de hauteur. Il est encore possible de construire
des STEP au bord de mer, dans ce cas le bassin supérieur se trouve au sommet d‟une falaise.
De ce qui précède on a parlé des STEP « pures », mais si un apport d‟eau naturelle est
additionné au pompage, la station devient une STEP « mixte ».

Figure V.2. Le principe de fonctionnement d‟une centrale STEP [26]

V.2.2. Stockage par compression de l’air :


Le principe du stockage par l‟air comprimé (Compressed Air Energy Storage - CAES) repose
sur l‟élasticité de ce dernier. Durant les heures creuses de la consommation de l‟électricité,
des compresseurs à très haute pression (100 à 300 bars) ont été alimentés par le surplus
d‟électricité à bas coût pour comprimer l‟air présent dans une cavité naturelle ou artificielle
(cavités salines, anciennes mines, etc.). Donc un stockage d‟une énergie potentielle s‟est
produit. Lors de forte demande de l‟électricité on fait le chemin inverse afin de récupérer de
l‟énergie. Le déstockage s‟effectue par la détente de l‟air dans une turbine entrainant un
alternateur générant donc de l‟électricité.

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V.2.3. Stockage par volant d’inertie :


Un volant d‟inertie permet le stockage temporaire d‟électricité sous forme d‟énergie cinétique
de rotation. Il consiste en une masse généralement cylindrique creuse ou pleine. Cette masse
est mise en rotation autour d‟un axe, fixe en général, et enfermée dans une enceinte sous vide.
Elle est jointe à une machine électrique qui permet de transformer l‟énergie cinétique en
électricité et vice-versa. L‟apport de l‟énergie électrique au moteur permet de faire tourner le
volant à des vitesses très élevées en quelques temps. Une fois lancée, même si on coupe
l‟alimentation, la masse continue à tourner. L‟électricité est donc stockée dans le volant
d‟inertie sous forme d‟énergie cinétique. Elle pourra être restituée en utilisant la machine
comme génératrice, entraînant la diminution graduelle de la vitesse de rotation de la masse.
L‟énergie stockée augmente avec la masse et est proportionnelle au carré de la vitesse de
rotation. De tels systèmes exige peu de maintenance et leurs durée de vie est importante
supérieure à 20 ans.

V.2.4. Stockage sous forme chimique au moyen de l’hydrogène :


Lorsque l‟offre d‟électricité est supérieure à la demande des charges, l‟excès d‟énergie fourni
par des sources renouvelables comme l'éolienne et/ou des panneaux solaires est envoyé à
l'électrolyseur pour réaliser une électrolyse de l‟eau afin de produire de l'hydrogène H2 et
ensuite le stocker. Quand la demande en énergie dépasse la quantité d‟électricité produite, on
utilise alors la pile à combustible, qui reconvertit l‟hydrogène emmagasiné et l‟oxygène de
l‟air en électricité et en eau. L'hydrogène se présente comme un vecteur énergétique dont son
utilisation n‟engendre que peu de sous-produits dangereux pour l'environnement [27].

V.2.5. Stockage électro chimique :


Ce type de stockage se fait essentiellement par des batteries (ou accumulateurs
électrochimiques). Les batteries stockent de l‟énergie sous forme chimique et la restituent
sous forme électrique. Les batteries sont rechargeables contrairement aux piles qui ne peuvent
pas être rechargées. Elles sont composées de deux plaques conductrices immergées dans un
électrolyte isolant. Des réactions chimiques auront lieu entre les électrodes et la solution
électrolytique causant le déplacement des électrons et des ions dans la solution créant ainsi le
passage d‟un courant électrique entre les deux électrodes :
– une électrode positive constituée d‟un corps oxydant, capable d‟attirer des électrons ;
– une électrode négative constituée d‟un corps réducteur, capable de céder des électrons.

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Plusieurs variantes de batterie existent comme : Plomb-Acide, Nickel-Cadmium, Nickel-


MétalHydrures, Lithium, Sodium-Soufre, Zinc-Air, etc…. Généralement, elles sont utilisées
pour des applications embarquées ou portables mais encore pour des fonctions de secours
dans des systèmes connectés au réseau, avec des quantités d‟énergie emmagasinée
relativement faibles allant de quelques Wh à quelques dizaines de kWh. Néanmoins, quelques
technologies comme Plomb-Acide, Nickel-Cadmium, et Sodium-Soufre ont été utilisées dans
de nombreux projets de stockage à grande dimension.

V.2.6. Stockage électrostatique :


Il s‟agit des condensateurs, des supercondensateurs et des bobines supraconductrices. Un
condensateur est un composant électronique constitué de deux armatures séparées par un
diélectrique. Sa capacité s‟évalue en microfarad. Il est présent dans tous les dispositifs
électroniques. Un supercondensateur se situe techniquement entre un condensateur et une
batterie. Leur capacité prend des valeurs entre 0,1 et 9500 Farads, leur tenue en tension est
faible comprise entre 2,5V et 3V. En effet, les supercondensateurs sont des appareils
permettant un stockage transitoire et possédant des dynamiques bien supérieures aux
accumulateurs. Il est à noter que dans le but d‟assurer un bon rendement et une durée de vie
meilleure, la profondeur de décharge de ces supercondensateurs est fixée à 50 %. La
combinaison batterie/supercondensateur peut être efficace dans beaucoup d‟applications et
surtout dans le cas des véhicules hybrides.

V.3. Batterie électrochimique :

V.3.1. Généralités :
Une batterie est un ensemble d'accumulateurs électrochimiques (cellules) reliés entre
eux pour concevoir un générateur électrique de tension et de capacité désirée. Une cellule est
composée de deux électrodes immergées dans un électrolyte. On nomme aussi batteries les
accumulateurs rechargeables qui se trouvent dans les appareils électriques et électroniques
domestiques (téléphone, PC portable). Les batteries convertissent l‟énergie électrique en
énergie chimique et vice-versa lors des cycles de charge et de décharge, respectivement.
L‟état de charge SoC (State of Charge en Anglais) est une grandeur importante d‟une batterie,
est définie comme le rapport entre la capacité actuelle sur la capacité de la batterie totalement
chargée. SoC prend la valeur de 100% lorsque la batterie est complètement chargée et 0%
quand elle est entièrement déchargée. La tension d‟une batterie dépend fortement du
paramètre SoC. Le principe d‟une batterie consiste en des réactions d‟oxydoréductions entre

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les électrodes et la solution électrolytique causant le mouvement des électrons et des ions dans
l‟électrolyte générant ainsi un courant électrique de la cathode vers l‟anode. Suivant leurs
domaines d‟application, les batteries peuvent êtres classées en trois principales catégories ;
batterie de démarrage employée dans les voitures, batterie de traction utilisée dans les chariots
élévateurs, batterie stationnaire utilisée dans les alimentations sans interruption (ASI).

V.3.2. Exemple de batterie (batterie au plomb):


Une batterie au plomb de 12 volts est schématisée dans la figure V.3. Cette batterie est
formée, lorsqu‟elle est chargée, d‟une anode en dioxyde de plomb (PbO2 ) et d‟une cathode en
plomb (Pb), et d‟un électrolyte composé de H3 O+ et de HSO4 −. Les deux demi-réactions qui
régissent le fonctionnement de cet accumulateur sont les suivantes :

Oxydation de 𝐏𝐛 en 𝐏𝐛𝐒𝐎𝟒
décharge

Pb + HSO4 + H2 O PbSO4 + H3 O+ + 2e−
charge

Réduction de 𝐏𝐛𝐎𝟐 en 𝐏𝐛𝐒𝐎𝟒


décharge
PbO2 + HSO4 − + 3H3 O+ + 2e− PbSO4 + 5H2 O
charge

La réaction globale d‟oxydoréduction s‟obtient alors en additionnant les deux demi-réactions :


décharge
PbO2 + Pb + 2H2 SO4 2PbSO4 + H2 O
charge

Figure V.3. Vue en coupe d‟une batterie

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V.3.3 Avantages et inconvénients d’une batterie au plomb :


Les avantages sont :
– Peu couteux, peu d‟entretien ;
– Se charge facilement ;
– Risque d‟autodécharge faible, ce qui permet un stockage de durée allongée ;
– Recyclage facile.

Les inconvénients sont :


– Risque de sulfatation de la batterie si sa profondeur de décharge dépasse 80% ;
– Puissance spécifique faible entre 7 et 20 Ah/kg;
– Après sulfatation la batterie devient inutilisable;
– Durée de vie faible, en moyenne 500 cycles ;
– Lors de destruction en fin de vie, le plomb pollue l‟environnement

V.4. Condensateurs :

V.4.1. Rappel sur les condensateurs :


Un condensateur est un composant électronique passif dont la capacité s‟évalue à
l‟échelle du microfarad. Il consiste en deux plaques conductrices (électrodes) séparées par un
isolant (diélectrique) comme le montre la figure V.4. Il permet d‟emmagasiner
temporairement une charge électrique. Selon la nature de l‟isolant, on distingue trois
technologies de condensateurs : condensateur céramique ; condensateur électrochimique ou
électrolytique ; condensateur à film plastique.
La charge d‟un condensateur peut être exprimée par la formule ci-après:

𝑄𝑐 = 𝐼 ∙ 𝑑𝑡 (V.1)

où 𝑄𝑐 charge du condensateur [C], 𝐼 intensité dans le condensateur [A], 𝑡 temps [s]


La capacité d‟un condensateur est le rapport de sa charge sur la tension à ses bornes:

𝐶𝑐 = 𝑄𝑐 /𝑈 (V.2)

où 𝐶𝑐 capacité du condensateur [F], 𝑈 tension entre les électrodes [V]

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Figure V.4. Constitution d‟un condensateur

Cette capacité dépend de la configuration géométrique du condensateur (plan, cylindrique,


sphérique,…). En effet, la capacité est fonction de l‟épaisseur et de la nature de l‟isolant ainsi
que de la géométrie des électrodes. Pour un condensateur plan, la capacité se calcule par
[28]:

𝐶𝑐 = 𝜀0 ∙ 𝜀𝑟 ∙ 𝑆/𝑒 (V.3)

𝜀0 étant la permittivité du vide (≈8,854 C/Vm), 𝜀𝑟 permittivité relative du diélectrique ou


constante diélectrique, 𝑆 la surface en regard des électrodes [m²], 𝑒 épaisseur de l‟isolant [m]
Enfin, l‟énergie pouvant être stockée dans un condensateur est proportionnelle à sa capacité et
au carré de sa différence de potentielle suivant la relation [28]:

1
𝑊𝑐 = 2 ∙ 𝐶𝑐 ∙ 𝑈 2 (V.4)

où 𝑊𝑐 énergie stockée dans le condensateur [J]


Il faut noter qu‟un condensateur est caractérisé par :
– une capacité de stockage très faible
– une tenue en tension élevée allant jusqu‟à 300V
– une constante de temps très faible: la décharge d‟un condensateur s‟effectue en
quelques fractions de millisecondes.

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V.4.2 Applications des condensateurs :


Les condensateurs permettent de stocker l‟énergie directement sous forme
électrique. Ils sont employés dans tous les domaines de l‟électronique: télécommunications,
informatique, automobile, spatial, ... Ils sont généralement utilisés pour le filtrage,
découplage, liaison, dans les circuits magnétiques oscillants, résonateur (identifié à un modèle
composé d‟une bobine et deux condensateurs), ou encore compensation en température…

V.5 Supercondensateurs :

V.5.1 Principe de fonctionnement :


L‟expression (V.3) démontre que pour accroître la capacité de stockage d‟un
condensateur, deux approches sont possible : augmenter la permittivité relative ou accroître la
valeur du rapport 𝑆/𝑒. Le principe de base des supercondensateurs est lié à la valeur élevée de
ce dernier, c'est-à-dire une surface très importante (électrodes poreuses) et une épaisseur très
faible. Le stockage d‟énergie dans un supercondensateur est réalisé sous forme de
champ électrostatique entre deux électrodes comme dans le cas d‟un condensateur. Plusieurs
technologies de supercondensateurs existent, elles se différencient par la nature de leurs
électrodes ou par le type d‟électrolyte (aqueux ou organique). Les plus répandus sont à
électrodes en charbon actif. Ceux à électrolyte aqueux ont pour avantage une faible résistance
et pour inconvénient une faible tension (environ 1V). Ceux à électrolyte organique ont une
tension plus élevée (environ 3V) mais aussi une résistance élevée.
Un supercondensateur prend des valeurs de quelques Farad jusqu‟à plusieurs milliers
de Farad. Il est composé de deux collecteurs métalliques faites généralement en aluminium,
deux électrodes poreuses en charbon actif baignées dans un électrolyte liquide et un
séparateur à base de polymère ou de papier qui assure la conduction ionique et évite la
conduction électronique. Quand on met les deux électrodes sous tension, une double couche
électrique s‟établit à l‟interface entre l‟électrolyte et les électrodes. Des charges vont
apparaitre à l‟interface électrolyte/électrode (effet de Helmholtz). Ainsi les charges entassées
à la surface de l‟électrode sont équilibrées par celles, de nature ionique, qui s‟accumulent dans
l‟électrolyte. On a alors apparition de ce qu‟on appelle double couche électrique, des charges
de signes contraires, séparées par une distance infiniment petite. Les deux couches électriques
ainsi formées s‟agissent comme un condensateur avec une capacité qui dépend de la surface
réelle de contact.
La charge d‟un supercondensateur 𝑄𝑠𝑐 est donnée par la formule (V.5):

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𝑄𝑠𝑐 = 𝐼 ∙ 𝑑𝑡 (V.5)

La capacité d‟un supercondensateur 𝐶𝑠𝑐 est donnée par le rapport de sa charge sur sa tension à
ses bornes :

𝐶𝑠𝑐 = 𝑄𝑠𝑐 /𝑈 (V.6)

L‟énergie stockée dans un supercondensateur 𝑊𝑠𝑐 est proportionnelle à sa capacité et au carré


se sa tension :

1
𝑊𝑠𝑐 = 2 ∙ 𝐶𝑠𝑐 ∙ 𝑈 2 (V.7)

La puissance maximale qu‟un supercondensateur peut restituéer 𝑃𝑠𝑐𝑚𝑎𝑥 est exprimée par :

𝑈2
𝑃𝑠𝑐𝑚𝑎𝑥 = 4∙𝐸𝑆𝑅 (V.8)

Avec : 𝐸𝑆𝑅 résistance interne du supercondensateur [Ω]


Un supercondensateur permet le stockage d‟énergie sous forme électrostatique. La
récupération de cette énergie se fait sans recours aux réactions chimiques, contrairement à une
batterie électrochimique, d‟où un meilleur comportement dynamique (charge/décharge). Le
rendement d‟un supercondensateur qui est défini comme le rapport d‟énergie assurément
récupérée pendant la décharge sur l‟énergie stockée durant la charge, est relativement grand et
est aux alentours de 95 à 98% [29].

V.5.2 Les avantages et inconvénients :


Les avantages des supercondensateurs sont :
– Longue durée de vie, centaine de milliers de cycles, contre mille cycles pour une
batterie. En nombre d‟années, un supercondensateur dure de 8 à 10 ans.
– Importante densité de puissance (2000-4000W/kg)
– Grande capacité (de quelque F à 5000F)
– Meilleures performances à basse température
– La dynamique de charge/décharge est très rapide par rapport à celle des batteries. La
décharge d‟un supercondensateur s‟effectue en quelques secondes [30].
– Faible pertes lors de la charge et de la décharge (résistance série faible)

Les inconvénients des supercondensateurs sont :


– Basse énergie (de l‟ordre de 10 Wh/kg) ;

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– Plage de tension limitée (2.5 à 2.7 V) ;


– Technologie moins mûre que celle des batteries (inflammable et explosif) ;
– Comportement non linéaire du composant

V.5.3 Les applications des supercondensateurs :


Les domaines d‟application des supercondensateurs sont :
– Véhicules électriques et hybrides : pour réduire l‟émission de gaz à effet de serre et la
pollution acoustique ;
– Transport collectif urbain : les supercondensateurs en remplacement des batteries,
aident aux démarrages fréquents des moteurs thermiques ;
– La traction électrique autonome entre deux stations du transport urbain, basée sur le
principe du biberonnage en station pendant l‟arrêt ;
– En électronique domestique, pour la sauvegarde de mémoire pendant quelques
minutes, voire quelques heures, en cas de coupure de courant;
– Stockage dans des dispositifs embarqués ou isolés (l‟énergie spécifique des
supercondensateurs étant faible, cela nécessite des volumes importants de
composants) ;
– et dans l‟aéronautique.

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