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2020

2021

Didier Bensadon
Alain Burlaud
Vincent Lepève
Alain Mikol
Frédéric Romon
Sous la direction
d’Alain Burlaud

Comptabilité +MANUEL
et audit + APPLICATIONS
CORRIGÉS

D COURS
i MÉTHODOLOGIE
p APPLICATIONS,
APPLICATIONS, QCM
ET CAS CORRIGÉS
CORRIGÉS

ABCD Compléments numériques


gratuits sur www.editions-foucher.fr

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Expertise comptable

LMD

DSCG 4
Comptabilité
et audit

MANUEL + APPLICATIONS + CORRIGÉS


Sous la direction d’Alain Burlaud

Alain Burlaud
Didier Bensadon
Vincent Lepève
Alain Mikol
Frédéric Romon

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« Le photocopillage, c’est l’usage abusif et collectif de la
photocopie sans autorisation des auteurs et des éditeurs.
Largement répandu dans les établissements d’enseignement,
le photocopillage menace l’avenir du livre, car il met en
danger son équilibre économique. Il prive les auteurs d’une
juste rémunération.
En dehors de l’usage privé du copiste, toute reproduction
totale ou partielle de cet ouvrage est interdite. »

ISBN 978-2-216-15869-0

Toute reproduction ou représentation intégrale ou partielle, par quelque procédé que ce soit, des pages publiées dans le présen t ouvrage, faite sans autorisation de
l’éditeur ou du Centre français du Droit de copie (20, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris), est illicite et constitue une co ntrefaçon. Seules sont autorisées, d’une
part, les reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective, et, d’autre part, les analyses et courtes citations
justifiées par le caractère scientifique ou d’information de l’œuvre dans laquelle elles sont incorporées (loi du 1 er juillet 1992 - art. 40 et 41 et Code pénal - art. 425).
© Foucher, une marque des Éditions Hatier – Paris 2020

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Préface
Le monde de la comptabilité, du contrôle de gestion, de l’audit, de la finance et du droit des
affaires bouge. L’enseignement de ces disciplines aussi, s’ajustant en permanence aux évolutions
politiques (la normalisation comptable), économiques, juridiques, éthiques et technologiques (la
révolution numérique) qui transforment l’exercice du métier : apparition de normes mondiales
pour la formation initiale des professionnels de la comptabilité (International Federation of
Accountants), de normes européennes (Common Content Project), réorganisation des études
universitaires en trois niveaux (licence, master, doctorat ou LMD) dans la plupart des pays.

Les réformes des études supérieures comptables


Les études comptables supérieures comportent aujourd’hui trois diplômes :
e le diplôme de comptabilité et de gestion, DCG (bac + 3, grade licence) ;
e le diplôme supérieur de comptabilité et de gestion, DSCG (bac + 5, grade master) ;
e le diplôme d’expertise comptable, DEC, diplôme final qui ne peut être présenté qu’après le
stage professionnel réglementé de trois ans, soit 8 ans après le bac.
Le cursus a connu les évolutions récentes suivantes : après une refonte complète en 2007,
l’ouverture à la « validation des acquis de l’expérience » (VAE) du DCG et du DSCG (2010), puis
du DEC (2018), l’obtention du grade licence pour le DCG et du grade master pour le DSCG (ce qui
signifie qu’ils ouvrent les mêmes droits qu’une licence ou un master), les programmes ont fait
l’objet d’une nouvelle révision en 2019.
Ce cursus conserve l’esprit d’ouverture qui a fait son succès depuis plus d’un demi-siècle : des
unités d’enseignement (UE) indépendantes et capitalisables, la compensation des notes (avec,
toutefois, des notes éliminatoires), des entrées possibles à différents niveaux avec des dispenses
d’épreuves, des sorties à chaque niveau avec des débouchés professionnels clairement identi-
fiés, des diplômes reconnus et appréciés, délivrés par l’État. Depuis 2006, la « mesure » de
chaque UE en unités European Credit Transfer System (ECTS) facilite la portabilité des acquis
dans les différents établissements d’enseignement supérieur, y compris à l’étranger.
Le cursus intègre pleinement le dispositif de validation des acquis de l’expérience. Enfin, la
réforme de 2019 introduit dans les programmes la notion de « compétences », en lien avec les
connaissances, pour les rendre plus lisibles et plus attractifs, tant pour les étudiants que pour
leurs futurs employeurs. En effet, le monde du travail raisonne en termes de compétences
acquises.
Pour correspondre à ce nouveau référentiel, la collection « Expertise comptable » des Éditions
Foucher a été entièrement remaniée en 2019.
La réécriture des ouvrages s’inscrit dans une démarche de qualité, de recherche d’excellence qui
se construit pas à pas, souvent grâce au dialogue que nous entretenons avec nos lecteurs et les
professeurs des différentes disciplines concernées.

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Qu’apporte la collection « Expertise comptable »
PRÉFACE

des Éditions Foucher ?


Depuis plus de quarante ans, les Éditions Foucher publient des ouvrages de référence préparant
aux examens comptables de l’État, également très appréciés par les étudiants des universités,
grandes écoles, IUT, classes post-baccalauréat des lycées et, aussi, largement utilisés dans le
cadre de la formation continue.
Aujourd’hui, la collection « Expertise comptable » répond totalement aux ambitions d’un cursus
reconnu et recherché, aux nombreux débouchés professionnels.
Chaque ouvrage est un outil multimédia utilisant au mieux l’ergonomie de plusieurs supports. Le
livre offre le meilleur confort de lecture, des possibilités d’utilisation nomade, la facilité
d’appropriation et de mémorisation des contenus en annotant et en surlignant.
Le numérique apporte aussi la possibilité de mises à jour instantanées et d’applications
dynamiques comme l’utilisation du tableur.
Le contenu des ouvrages, fruit du travail des meilleurs auteurs et spécialistes des différentes
disciplines, est mis en valeur par une présentation particulièrement soignée.
Outre les manuels et les applications et cas, mis à jour régulièrement, la collection, qui couvre
l’ensemble des unités d’enseignement du DCG et du DSCG, offre une série, « Tout le DCG » et
« Tout le DSCG », comprenant des mémos et des batteries d’exercices corrigés pour faciliter vos
révisions.
Enfin et surtout, les ouvrages de la collection « Expertise comptable » ont pour ambition de
donner un sens à la connaissance ; ils privilégient le raisonnement sur la description, la déduction
sur l’énumération. Ils développent une pratique raisonnée des différentes disciplines qui,
conformément à l’esprit du LMD, conduit à la réussite académique et professionnelle.

Quelles perspectives universitaires et professionnelles ?


Le cursus comptable supérieur est marqué par une triple ouverture.
e Ouverture sur l’université : les ECTS associés à chaque épreuve du DCG ou du DSCG et le grade
licence pour le DCG ou master pour le DSCG permettent des passerelles dans l’ensemble des
universités de l’Espace européen de l’enseignement supérieur qui regroupe 48 pays.
e Ouverture sur les métiers : les nouveaux diplômes comptables de l’État ayant le grade licence
ou master, correspondent à des repères précis et appréciés des employeurs pour tous les
métiers de la comptabilité : comptabilité financière, contrôle de gestion, audit, finance. Tous
offrent de très beaux débouchés. De plus, la validation des acquis de l’expérience (VAE)
rapproche encore plus étroitement profession et formation.
e Ouverture sur le monde : les professions comptables sont celles qui sont le plus ouvertes sur
le monde, qu’elles soient exercées en entreprise, dans l’économie sociale et solidaire, dans le
secteur public ou en cabinet.

Quel projet personnel ?


Que faut-il de plus pour réussir dans cette voie ? Simplement un peu d’ambition, les moyens de
ses ambitions et de bons outils. Cet ouvrage de la collection « Expertise comptable » est un
excellent outil au service de votre ambition.
Alain BURLAUD
Professeur émérite du Conservatoire national des arts et métiers

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Programme
UE 4 – COMPTABILITÉ ET AUDIT
Niveau M : 180 heures – 20 ECTS

COMPÉTENCES VISÉES NOTIONS ET CONTENUS MANUEL

1. OPÉRATIONS DE RESTRUCTURATION (30 heures)

Sens et portée de l’étude Comprendre les enjeux des opérations de regroupement du type fusion et
assimilées notamment fusion à l’endroit, fusion à l’envers et fusion création ainsi que le choix entre TUP
et fusion simplifiée.
Analyser les modalités et représenter les conséquences comptables de l’agrégation financière de plusieurs
entités.

Ù Maîtriser le cadre juridique, Ù Les différentes formes de regroupement entre Chapitres 1 et 2


économique et comptable des sociétés commerciales : fusion création, fusion
opérations de restructuration. absorption, TUP, fusion simplifiée, scission, apport
Ù Déterminer l’impact des partiel d’actif. Les cas particuliers des fusions entre
opérations de restructuration. sociétés comportant des participations préalables
Ù Passer les écritures comptables (simples ou croisées) doivent être étudiés.
des opérations de restructuration. Ù La parité d’échange et le versement éventuel d’une
Ù Établir les documents de soulte (la valeur globale des sociétés commerciales
synthèse après restructuration. concernées ou les éventuelles soultes étant fournies)
Ù Les différents modes de comptabilisation des
apports (valeur comptable, valeur réelle)
Ù La rétroactivité des fusions et ses conséquences
comptables
Ù La comptabilisation de l’opération chez l’initiatrice
et la cible : comptabilisation à la valeur comptable, à
la valeur réelle ; détermination du boni ou du mali de
fusion et sa comptabilisation ; suivi comptable du
mali technique
Ù Le bilan après le regroupement

2. NORMES INTERNATIONALES (40 heures)

Sens et portée de l’étude Connaître et appliquer les normes internationales.

Ù Déterminer l’impact des normes Ù Cadre conceptuel Chapitres 3 et 4


sur les états financiers. Ù Information financière : présentation des états
Ù Passer les enregistrements financiers, état des flux de trésorerie, méthodes
comptables dans le référentiel comptables
comptable international. Ù Normes relatives à la consolidation
Ù Principales différences de traitement entre PCG et
IFRS affectant les immobilisations corporelles et
incorporelles, dépréciations d’actifs, contrats de
location, immeubles de placement, provisions,
avantages du personnel, instruments financiers,
reconnaissance des revenus

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PROGRAMME

COMPÉTENCES VISÉES NOTIONS ET CONTENUS MANUEL

3. COMPTES DE GROUPE (60 heures)

3.1 Principes de consolidation

Sens et portée de l’étude Il s’agit de comprendre les conditions d’établissement des comptes consolidés et
de détermination du périmètre de consolidation et d’apprécier l’utilité des comptes combinés.

Ù Maîtriser le cadre réglementaire Ù Cadre juridique des opérations (CRC 99-02 et IFRS) : Chapitres 5 et 6
et légal de la consolidation des – choix du référentiel de consolidation
comptes (règlements nationaux – critères rendant obligatoires l’établissement de
et normes internationales). comptes consolidés
Ù Définir le périmètre de – nature du contrôle et méthode de consolidation
consolidation. – pourcentages d’intérêt et de contrôle
– cas d’exemption et cas d’exclusion du périmètre
– cas où il est possible ou obligatoire d’établir des
comptes combinés

3.2 Processus d’élaboration des comptes de groupe

Sens et portée de l’étude Comprendre l’incidence comptable (CRC 99-02 et IFRS) de la définition d’une
entité et de son périmètre en tenant compte de la fiscalité différée.

Ù Maîtriser le processus Ù Retraitements de consolidation : Chapitres 7 à 14


d’élaboration d’une consolidation. e homogénéisation des méthodes de
Ù Déterminer l’impact des comptabilisation et de présentation en fonction de la
retraitements de consolidation. réglementation et/ou du manuel de consolidation du
Ù Enregistrer les opérations de groupe
consolidation. e élimination des opérations passées pour la seule
application des législations fiscales
e conversion de comptes établis en devises
e élimination des comptes réciproques et des
résultats internes
e traitement des écarts d’évaluation et d’acquisition :
détermination à l’entrée et postérieurement à
l’entrée
e partage des capitaux propres de filiales directes et
indirectes selon les méthodes de consolidation
e variations du pourcentage d’intérêts et du
périmètre de consolidation
– augmentation du pourcentage dans une entreprise
intégrée globalement
– intégration globale d’une entreprise précédemment
consolidée par mise en équivalence
– déconsolidation suite à la cession de titres

3.3 Documents de synthèse des groupes

Sens et portée de l’étude Connaître l’utilité et le contenu des documents de synthèse (en CRC 99-02 et en
IFRS).

Ù Élaborer les documents de Ù Bilan, compte de résultat / état du résultat global,


synthèse spécifiques aux annexe
comptes consolidés. Ù Tableau des variations des capitaux propres
Ù Tableau des flux de trésorerie

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PROGRAMME
COMPÉTENCES VISÉES NOTIONS ET CONTENUS MANUEL

4. AUDIT (50 heures)

4.1 Typologies des missions et organisation de la profession

Sens et portée de l’étude Connaître les missions et le cadre d’exercice professionnel des commissaires aux
comptes (CAC) et des experts comptables (EC).

Ù Distinguer et situer la notion Ù Les différentes missions : Chapitre 15


d’audit et son cadre conceptuel. – audit légal / audit contractuel ;
Ù Distinguer les missions – audit externe / audit interne ;
spécifiques aux commissaires aux – audit ayant pour but la certification des comptes /
comptes et aux autres missions
experts-comptables. – services autres que la certification des comptes
(SACC)
– missions menées par des CAC ou des EC / missions
menées par d’autres personnes
– CAC / EC, CNCC/OEC, H3C
– IFAC, IAASB, Accountancy Europe

4.2 Principes fondamentaux de comportement des CAC et des EC

Sens et portée de l’étude Connaître le code de déontologie et les responsabilités du professionnel CAC
et EC.

Ù Apprécier les principes Ù Intégrité (art. 3 Code déontologie CAC) et probité Chapitre 16
déontologiques essentiels et les (art. 145 Code de déontologie EC)
responsabilités du professionnel Ù Impartialité (art. 4)
CAC et EC. Ù Indépendance et prévention des conflits d’intérêt
Ù Identifier les situations (art. 5 Code déontologie CAC et 145 Code déontologie
d’incompatibilités. EC)
Ù Scepticisme professionnel et esprit critique (art. 6)
Ù Compétence (art. 7 et art. 145)
Ù Confraternité (art. 8), assistance et courtoisie
(art. 161)
Ù Secret professionnel et discrétion
Ù Devoir de conseil de l’EC
Ù Conscience professionnelle (art. 145)
Ù Responsabilité civile, pénale et professionnelle

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PROGRAMME

COMPÉTENCES VISÉES NOTIONS ET CONTENUS MANUEL

4.3 La démarche générale d’audit


Sens et portée de l’étude Mettre en œuvre une démarche d’audit du CAC et de l’EC.

Ù Mettre en œuvre une démarche Ù Les étapes de la mission d’audit : Chapitres 17


d’audit. – acceptation de la mission et 18
Ù Savoir situer chaque étape de la – évaluation des risques d’anomalies significatives et
mission d’audit. planification
Ù Faire le lien entre chaque étape. – réponses aux risques d’anomalies significatives
– travaux de fin de mission
– rapports et communications
– Les supports et techniques liés à ces étapes :
– lettre de mission
– plan de mission
– rapports relatifs aux comptes annuels et consolidés
(NEP 700 et 702)
– objectifs et modalités de réalisation des principales
techniques de contrôles : inspection, observation,
confirmation directe... (NEP 500-10)
– assertions vérifiées à l’aide de ces techniques :
exhaustivité, réalité... (NEP 500-9)

INDICATIONS COMPLÉMENTAIRES
(1) Pour les fusions, seules les cas de sociétés commerciales « classiques » et non d’autres formes
d’entreprises ou de sociétés soumises à des règlementations particulières doivent être traités.
(2) Le régime fiscal des fusions et opérations assimilées (scissions, TUP, APA...) n’est pas au programme. En
revanche, la traduction comptable du régime fiscal est au programme.
(3) Les USGAAP ne sont pas au programme.
(4) La préparation et l’établissement de comptes combinés n’est pas au programme.
(5) Les opérations de consolidation se positionnent dans le cadre de la technique de consolidation directe.

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Sommaire
Préface 3
Programme 5
Liste des sigles 11

Partie 1 Opérations de restructuration 13


Chapitre 1. Le cadre stratégique, juridique, financier et fiscal des opérations
de restructuration ........................................................................................ 15
Chapitre 2. La traduction comptable des opérations de restructuration .......... 41

Partie 2 Les normes comptables internationales 75


Chapitre 3. Les normes comptables internationales et leur cadre
conceptuel ..................................................................................................... 77
Chapitre 4. Le traitement comptable d’opérations particulières en IFRS ......... 105

Partie 3 Comptes de groupe 169


Chapitre 5. Présentation des comptes consolidés ................................................... 171
Chapitre 6. Détermination du périmètre de consolidation .................................... 193
Chapitre 7. Mise en œuvre des méthodes de consolidation ................................. 217
Chapitre 8. Les retraitements d’homogénéisation (pré-consolidation) ............. 233
Chapitre 9. Les opérations de consolidation ............................................................. 297
Sous-partie 1 : Traitement des capitaux propres et bilan consolidé
Chapitre 10. Partage des capitaux propres : périmètre simple .............................. 317
Chapitre 11. Partage des capitaux propres : méthode de la juste valeur dans
un périmètre simple .................................................................................... 327
Chapitre 12. Partage des capitaux propres : périmètre complexe ........................ 351
Chapitre 13. Partage des capitaux propres : méthode de la juste valeur dans
un périmètre complexe .............................................................................. 373
Chapitre 14. Variations du pourcentage d’intérêts et du périmètre
de consolidation .......................................................................................... 395

Partie 4 Audit 415


Chapitre 15. Typologies des missions et organisation de la profession .............. 417
Chapitre 16. Principes de comportement ..................................................................... 437
Chapitre 17. La démarche générale d’audit ................................................................. 451
Chapitre 18. Contrôle interne ........................................................................................... 473

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Corrigés 495
SOMMAIRE

Bibliographie 571
Index 573

10

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Liste des principaux sigles
AFC Association francophone de comptabilité
AMF Autorité des marchés financiers
ANC Autorité des normes comptables
CAC Commissaire aux comptes
CB Commission bancaire
CC Code du commerce
CNCC Compagnie nationale des commissaires aux comptes
CNUCED Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement
COSO Committee of Sponsoring Organizations of the Treadway Commission
CRC Comité de réglementation comptable
CSOEC Conseil supérieur de l’ordre des experts-comptables
ESG (Critères) Environnementaux, sociaux et de gouvernance
FASB Financial Accounting Standards Board
GRI Global Reporting Initiative
H3C Haut Conseil du commissariat aux comptes
IAASB International Auditing and Assurance Standards Board
IAS International Accounting Standard
IASB International Accounting Standards Board
IASC International Accounting Standards Committee
IFAC International Federation of Accountants
IFRIC International Financial Reporting Interpretations Committee
IFRS International Financial Reporting Standard
IFRSAC International Financial Reporting Standards Advisory Council
IOSCO International Organisation of Securities Commissions
ISA International Standards on Auditing
NEP Normes d’exercice professionnel
OPA Offre publique d’achat
OCAM Organisation commune africaine et malgache
OEC Ordre des experts-comptables
PCG Plan comptable général
RMCC Règles et méthodes pour les comptes consolidés
RSE Responsabilité sociétale des entreprises
SFAC Statement of Financial Accounting Concept
SFAS Statement of Financial Accounting Standard
SYSCOA Système comptable ouest-africain
UEMOA Union économique et monétaire ouest-africaine

11

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Opérations de 1
restructuration

Partie
La compréhension des enjeux des opérations de restructuration nécessite de maîtriser le cadre
stratégique, juridique, financier et fiscal propre aux regroupements d’entreprises. La traduction
comptable des opérations de restructuration est présentée en fonction des différentes configu-
rations possibles (absence de participation entre les sociétés, participation de la société
absorbante dans l’absorbée et participation de la société absorbée dans l’absorbante).

Chapitre 1 Le cadre stratégique, juridique, financier et fiscal des opérations de


restructuration ............................................................................................. 15
Chapitre 2 La traduction comptable des opérations de restructuration ...... 41

13

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Partie 1 Opérations de restructuration

Le cadre stratégique, 1
juridique, financier

Chapitre
et fiscal des opérations
de restructuration
COMPÉTENCES ATTENDUES
Ù Maîtriser le cadre juridique, économique et comptable des
opérations de restructuration.
Ù Mobiliser les méthodes d’évaluation des sociétés.
Ù Maîtriser le cadre fiscal des opérations de restructuration.

Dans ce premier chapitre, les compétences visées portent principalement sur la maîtrise du
cadre juridique, économique et comptable des opérations de restructuration. Afin de pouvoir
définir la parité d’échange, les méthodes d’évaluation des sociétés sont succinctement
présentées. Enfin, le régime fiscal des opérations de restructuration est exposé.
Les opérations de restructuration font aujourd’hui partie du paysage économique. Avec le
mouvement de mondialisation des économies, les opérations de fusions, scissions, apports
partiels d’actifs émaillent l’actualité financière. Nous analyserons dans un premier temps le
contexte stratégique des opérations de restructuration en identifiant les objectifs visés et les
stratégies de développement mobilisées. Ensuite, les rôles respectifs des acteurs des opérations
de restructuration seront présentés ainsi que les conditions de réussite de ces opérations.
L’accent est mis sur la dimension stratégique et managériale de ces opérations. Le cadre
juridique est ensuite présenté. La définition des différentes formes de restructuration est
analysée, tout comme, le sens des opérations et le rôle du commissaire à la fusion. Par la suite,
nous mettons en évidence les méthodes d’évaluation des sociétés mobilisées dans le cadre de
la détermination de la parité d’échange. Pour terminer, nous présentons le cadre fiscal des
opérations de restructuration. L’analyse porte de manière spécifique sur le régime de faveur.

15

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Partie 1 Opérations de restructuration

PLAN DU CHAPITRE

1 Le cadre stratégique des opérations de restructuration


A Objectifs des opérations de regroupement et stratégies de développement
B Processus des opérations de restructuration
2 Le cadre juridique des opérations de restructuration
A Définition des opérations de restructuration
B Analyse de la situation de contrôle au moment de l’opération
de restructuration et détermination du sens de l’opération
C Le calendrier des opérations
D Le commissaire à la fusion
3 Le cadre financier des opérations de restructuration
A Les différentes approches de la valeur
B Évaluation fondée sur le flux de profits
C Évaluation fondée sur le patrimoine
D La question du rapport d’échange
Synthèse
4 Le cadre fiscal des opérations de restructuration
A Le régime spécial des fusions APPLICATIONS P. 39
B Cas particuliers

16

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Le cadre stratégique, juridique, financier et fiscal des opérations de restructuration

1 Le cadre stratégique des opérations de restructuration

A Objectifs des opérations de regroupement et stratégies de développement


1 Les objectifs
1
Les motivations pour engager une opération de restructuration peuvent être très nombreuses.
Compte tenu d’une évolution des facteurs clés de succès de l’entreprise et/ou d’un choc de

Chapitre
nature réglementaire, une société peut être amenée à opérer un changement d’orientation
stratégique. Elle peut dès lors être conduite à diversifier ou recentrer son activité autour de son
cœur de métier. Une volonté d’internationalisation de son activité peut aussi conduire une
société à l’assaut de nouveaux marchés afin d’être présente sur des marchés émergents ou en
phase de développement. La nécessité de réaliser des économies d’échelle va aussi conduire une
société à mener une ou plusieurs opérations de restructuration pour réduire le coût de
production unitaire grâce à un étalement des charges fixes. Enfin, l’atteinte d’une taille critique
afin de devenir un acteur clé du secteur et la recherche d’une assise financière plus solide sont
des raisons qui conduisent les entreprises à se restructurer. Les opérations de restructuration
peuvent aussi avoir pour objectif de neutraliser un concurrent. Dans ce cas le Conseil national
de la concurrence veillera à ce que la société initiatrice de l’opération ne se retrouve pas en
situation de monopole. L’opération de restructuration peut aussi avoir pour raison de capter un
actif qui deviendra stratégique pour l’entreprise initiatrice comme, par exemple, une marque, un
brevet dont les retombées financières sont estimées importantes ou encore une équipe de
chercheurs mobilisés sur des thématiques hautement stratégiques.

2 Les stratégies
Les stratégies pour atteindre ces objectifs sont diverses et variées. L’entreprise peut opter pour
une croissance organique (ou croissance interne) que l’on peut définir comme une démarche qui
a pour effet l’accroissement des moyens de recherche, de production, de distribution à partir des
ressources internes (humaines, financières, techniques...) de l’entreprise. La croissance organique
repose sur une stratégie d’auto-développement. La croissance externe correspond quant à elle
à une démarche qui vise à acquérir des sociétés concurrentes ou complémentaires. Cette
opération est réalisée à partir de l’acquisition des titres de participations qui constituent tout ou
partie du capital de la société cible. Cette approche a pour avantage d’obtenir un contrôle de la
cible, de maîtriser l’opération de rapprochement et la mise en œuvre plus aisée des synergies
opérationnelles lorsque les aspects managériaux et humains ne sont pas négligés. En revanche,
cette opération oblige la cible à verser un complément de rémunération (prime de contrôle) à
la société absorbée. La dernière modalité que nous présentons est celle de l’alliance stratégique.
C’estune forme de coopération entre des entreprises concurrentes ou potentiellement concur-
rentes. Ces dernières choisissent de mener à bien un projet ou une activité spécifique en
coordonnant les compétences, les moyens et les ressources nécessaires. Ces alliances peuvent
prendre plusieurs formes (la coopération, le groupement momentané d’entreprises, le marché
de compensation, la coentreprise appelée aussi joint venture). Le tableau suivant présente les
principaux avantages et inconvénients des différentes formes de stratégies :

17

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Partie 1 Opérations de restructuration

Principaux avantages Principaux inconvénients


Croissance Simplicité de réalisation Lenteur relative
organique Stabilité de l’organisation en place Consommation de ressources financières
(interne) Contrôle des opérations car la Mode de croissance peu adapté aux marchés
gouvernance est inchangée matures, mal connus, en transformation ou à
Motivation des salariés barrière à l’entrée élevée
Croissance Rapidité de réalisation Réalisation plus complexe
externe Bénéfice/impact immédiat Coût de l’acquisition
Synergie/rationalisation Risque de démotivation des salariés et de
Choc psychologique choc des cultures entre les équipes
Alliances Flexibilité Partage des bénéfices
stratégiques Réversibilité Bénéfice fragile en raison des risques de
Coût conflits avec le partenaire
Mémento Fusions et Acquisitions, Francis Lefebvre et PWC, 2019

B Processus des opérations de restructuration


1 Les acteurs
Les acteurs engagés dans les opérations de restructuration sont nombreux et variés. Il y a d’une
part les acquéreurs qui sont les entreprises intéressées par la prise de contrôle d’une cible. Les
sociétés de capital-investissement sont des acteurs incontournables d’opérations de restruc-
turation.Les banques d’affaires (ou banque d’investissement) ne sont pas des banques de dépôt,
ni des établissements de crédit, mais des sociétés de conseil stratégique et financier qui
travaillent exclusivement pour des entreprises dans le cadre des opérations de corporate
finance. Les seules ressources de la banque d’affaires sont les honoraires qu’elle facture aux
clients pour ses conseils juridiques et financiers pour le montage de ces opérations. Les cabinets
d’avocats et juristes ont pour mission d’accompagner sur le plan juridique les dirigeants de la
société initiatrice de l’opération. Ils veillent principalement à défendre les intérêts de leurs clients
et sont les acteurs incontournables de la rédaction de tous les actes juridiques qui accompagnent
le processus de restructuration. Les cabinets d’audit et d’expertise comptable sont présents pour
tous les aspects comptables et fiscaux des opérations de restructuration. Ils sont au cœur de la
conduite des due diligences qui désignent un ensemble de vérifications qu’opère l’entreprise
initiatrice de l’opération dans le cadre de la transaction envisagée. Les agences de communi-
cation interviennent ensuite pour rendre public cette opération de restructuration auprès des
tiers. Une des clés du succès des opérations de restructuration tient à leur caractère confidentiel.
En conséquence, les agences de communication n’interviennent qu’après le closing, c’est-à-dire
une fois signé le traité de fusion. Dans cette nébuleuse d’acteurs, le directeur comptable et
financier joue aussi un rôle essentiel. Avant la transaction (le closing), Il participe à une meilleure
connaissance de la cible, Il accompagne le cabinet d’audit dans les due diligences. Il participe à
l’évaluation des risques, à l’élaboration du business plan (ou plan d’affaire) et à la mise en place
d’un plan B en cas d’échec. Il travaille en amont avec les banquiers pour trouver les financements.
Toute son action se fait dans la plus stricte confidentialité. Après la transaction, dès le 1er jour
de closing. Il met les actifs sous contrôle et favorise la mise en place d’indicateurs de performance
(rôle du contrôle de gestion), il réévalue en permanence les hypothèses du business plan. Il se
doit d’être très attentif à la dimension liée aux ressources humaines.

2 L’identification de la cible et la gestion des risques


L’identification des cibles nécessite une attention particulière. L’entreprise initiatrice devra
suivre une approche structurée de recherche de cibles. Elle doit d’abord valider le périmètre de
recherche. Ensuite, elle va élaborer une première liste de sociétés sur laquelle elle va par la suite
opérer un tri en fonction des critères qui sont pour elle essentiels. À partir de cette liste restreinte,
elle focalisera son attention sur des sociétés qui lui semblent les plus intéressantes. Afin de mener à

18

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Le cadre stratégique, juridique, financier et fiscal des opérations de restructuration

bien cette recherche de cibles, elle peut mettre en place une veille stratégique et sectorielle sur des

1
segments sur lesquels elle souhaite développer ses activités. Elle peut aussi avoir recours aux
réseaux professionnels qui fournissent des quantités non négligeables d’informations souvent très
importantes. Les praticiens visent aussi certaines sociétés qui rencontrent des difficultés passa-
gères. C’est notamment le cas de sociétés confrontées à des problèmes de transmission. Ce cas est
fréquent lorsque les héritiers ne sont pas d’accord sur le devenir de la société ou si le fondateur n’a
pas, en amont, organisé la transmission de la société. Enfin, l’entreprise initiatrice peut aussi être à
l’affût des entreprises en difficulté qui sont des proies plus faciles à capter en raison de la situation

Chapitre
financière délicate qu’elles traversent et de l’urgence qui réduit leur capacité de négociation.
Avant la transaction, les entreprises consacrent des moyens et des ressources très importants
pour analyser la cible, notamment au cours de la phase des due diligences : la stratégie de
l’entreprise et son positionnement, la politique commerciale, l’environnement juridique, les
assurances et risques sociaux, industriels et environnementaux, les comptes et la situation
financière et fiscale. Malgré toutes les précautions prises, les praticiens soulignent que :
– les acquéreurs méconnaissent le fonctionnement opérationnel de la cible,
– les acquéreurs sous-estiment le temps et les moyens nécessaires à l’intégration,
– les managers sous-estiment l’inertie et la résistance au changement de la cible.
Dès lors, il est important de mettre en place des bonnes pratiques qui consistent à impliquer
fortement le directeur comptable et/ou financier de la cible en amont de l’opération et à
constituer une équipe de pilotage de l’intégration (en mode gestion de projet). Il faut aussi
pouvoir élaborer un plan d’intégration détaillé sur 3 à 6 mois, prévoir un budget dédié à
l’intégration et définir les indicateurs précis de réussite du projet.
En effet, malgré toutes les précautions prises il peut y avoir une méconnaissance de la cible, une
guerre larvée ou ouverte entre les cadres managers de la société absorbante et de la cible.
L’excès de confiance, la certitude d’avoir raison, le sentiment de supériorité lié au closing réussi
ne doivent pas rendre aveugles les dirigeants de la société initiatrice. On le voit, la dimension
managériale est déterminante pour le succès des opérations de restructuration.

2 Le cadre juridique des opérations de restructuration


Nous allons dans un premier temps définir les opérations de restructuration et analyser le sens
des opérations. Ensuite, nous présenterons le calendrier des opérations avant d’exposer le rôle
spécifique du commissaire à la fusion.
A Définition des opérations de restructuration
1 La fusion d’entités
Elle est une opération définie à l’article L. 236-1 alinéa 1 du Code de commerce : « Une ou plusieurs
sociétés peuvent, par voie de fusion, transmettre leur patrimoine à une société existante ou à
une nouvelle société qu’elles constituent ». La fusion est une opération par laquelle une entité
disparaît, soit lors de son absorption par une autre entité (fusion-absorption), soit parce qu’elle
participe avec d’autres personnes morales à la constitution d’une nouvelle entité (fusion par
constitution d’une nouvelle entité).
La fusion-absorption entraîne la dissolution de la société absorbée selon les modalités prévues
dans le Code de commerce puis l’augmentation de capital réalisée par la société absorbante.
Cette augmentation de capital à vocation à rémunérer l’apport. La fusion-réunion, quant à elle,
prévoit la dissolution des sociétés qui sont rassemblées dans une nouvelle entité et la
constitution d’une nouvelle société.
Il ne faut pas confondre l’opération de fusion-réunion avec celle de la consolidation des comptes. Dans l’opération de
fusion-réunion, les sociétés qui participent à ce processus disparaissent totalement, alors que la consolidation des comptes
suppose que les filiales continuent à exercer une activité économique et financière. À l’issue du processus de consolidation, la
filiale n’est pas dissoute.

19

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Partie 1 Opérations de restructuration

Il faut souligner, qu’il s’agisse de la fusion-réunion ou de la fusion-absorption, que les titres de


la société dissoute sont échangés contre des titres spécifiquement créés par la société
absorbante, ou le cas échéant, par la nouvelle société constituée. Dans les deux cas, il y aura
transmission de la totalité des actifs de la société dissoute vers la société absorbante ou la société
nouvellement créée. En ce qui concerne le passif de la société dissoute, celui-ci sera pris en charge
par la société absorbante.
Dans le cadre des opérations de regroupement, la fusion simplifiée correspond à l’absorption
par une entité d’une ou plusieurs de ses filiales détenues à 100 %.
2 L’apport partiel d’actifs constituant une branche d’activité
C’est l’opération par laquelle une entité apporte un ensemble d’actifs et de passifs constituant
une branche autonome, à une autre personne morale et reçoit en échange des titres remis par
l’entité bénéficiaire des apports. L’apport partiel d’actif entraîne la création ou l’augmentation
de capital de la société bénéficiaire de l’apport. La société qui réalise l’apport partiel d’actif
possède toujours la personnalité morale et continue son activité selon les nouvelles orientations
stratégiques définies par la direction générale. Si la société qui réalise l’apport partiel d’actif
distribue à ses associés les titres qu’elle reçoit en rémunération de l’apport et si cette distribution
est imputée sur le capital, l’opération entraîne une réduction de capital de la société qui a réalisé
l’apport partiel d’actif. Concernant, « les apports de titres de participation conférant le contrôle
de cette participation à l’entité bénéficiaire des apports » ces apports spécifiques de titres sont
assimilés à des apports partiels d’actif constituant une branche d’activité. La notion de
« contrôle » est restrictive. Elle correspond à la définition du contrôle exclusif et du contrôle
conjoint tels qu’ils sont définis aux § 1002 et 1003 du règlement CRC n° 99-02 relatif aux comptes
consolidés des sociétés commerciales et entreprises publiques.
3 La scission de sociétés
Elle est définie à l’article L. 236-1 alinéa 2 du Code de commerce. C’est une opération de
transmission intégrale du patrimoine d’une société vers plusieurs sociétés existantes et/ou à
plusieurs sociétés nouvelles. La scission entraîne la dissolution de la société scindée et la
constitution ou l’augmentation de capital des sociétés substituées à la société dissoute. Les titres
de la société scindée sont échangés contre les titres des sociétés bénéficiaires du transfert de
patrimoine. Les actifs et le passif de la société scindée sont partagés entre les sociétés
bénéficiaires du transfert de patrimoine.
4 La confusion de patrimoine
C’est une opération visée à l’article 1844-5 du Code civil. Elle conduit à la dissolution de l’entité
dont toutes les parts sont réunies en une seule main. Elle entraîne la transmission universelle de
son patrimoine à l’associé unique, sans qu’il y ait lieu à liquidation.
B Analyse de la situation de contrôle au moment de l’opération
de restructuration et détermination du sens de l’opération
Pour chaque opération, il faut savoir s’il s’agit d’opérations impliquant des entités sous contrôle
commun ou sous contrôle distinct.
S’il s’agit d’opérations sous contrôle commun, cela signifie qu’une des entités participant à
l’opération contrôle préalablement l’autre de manière exclusive ou que les deux entités sont
préalablement sous le contrôle commun d’une même entité mère. Le contrôle commun d’une
entité correspond au contrôle exclusif, tel que défini au § 1002 du règlement n° 99-02 du CRC
relatif aux comptes consolidés des sociétés commerciales et entreprises publiques.
S’il s’agit d’opérations impliquant des entités sous contrôle distinct, cela signifie qu’aucune des
entités participant à l’opération ne contrôle préalablement l’autre de manière exclusive ou ces
entités ne sont pas préalablement sous le contrôle commun d’une même entité mère.

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Le cadre stratégique, juridique, financier et fiscal des opérations de restructuration

Dès lors, pour déterminer le sens des opérations, il conviendra de distinguer les opérations à

1
l’endroit et les opérations à l’envers.
Opérations à l’endroit
Dans une fusion à l’endroit, l’actionnaire principal de l’absorbante conserve, bien que dilué, son
pouvoir de contrôle. Dans une telle fusion, la cible est l’entité absorbée et l’initiatrice est l’entité
absorbante. L’apport à l’endroit traduit le cas d’un apport à l’issue duquel l’entité apporteuse
perdle contrôle de la branche d’activité apportée. Dans cette configuration, la cible est la branche

Chapitre
d’activité apportée et l’initiatrice est l’entité bénéficiaire des apports.
Opérations à l’envers
Il y a fusion à l’envers lorsqu’à l’issue de la fusion, la personne morale, actionnaire principal de
l’entité absorbée avant l’opération, prend le contrôle de l’entité absorbante, appelée cible. L’apport
à l’envers traduit le cas d’un apport à l’issue duquel l’entité apporteuse prend le contrôle de l’entité
bénéficiaire des apports ou renforce son contrôle sur celle-ci. Dans cette configuration, la cible est
l’entité bénéficiaire des apports et l’initiatrice est l’entité apporteuse (ou sa société mère).

C Le calendrier des opérations


Lorsqu’une opération de fusion est réalisée entre sociétés anonymes, il est nécessaire de
respecter un calendrier précis afin de satisfaire les attentes des actionnaires en matière
d’informations financières. Les praticiens identifient souvent cinq phases dans le processus de
fusion : la phase préparatoire (1), la phase de rédaction et de signature du projet de fusion (2),
les informations utiles avant les assemblées générales extraordinaires (3), la tenue des AGE (4)
et les informations utiles après les AGE. 1

1 La phase préparatoire
Dates limites Société absorbée Société absorbante
AGE – x jours (x>100) – Étude des conditions de l’opération de fusion envisagée
– Négociation des conditions de l’opération de fusion envisagée
– Établissement facultatif d’un protocole d’accord (tenu secret)
AGE – 100 jours – Information et consultation des comités d’entreprise
– Consultation des actionnaires sur la désignation du ou des commissaire(s)
à la fusion
– Information du projet à l’Autorité des marchés financiers

2 Rédaction et signature du projet de fusion


Dates limites Société absorbée Société absorbante
Entre AGE – 80 et 50 jours Rédaction du projet de fusion
Selon les statuts Convocation des conseils d’administration
AGE – 45 jours – Réunion du conseil d’administration de chaque société
– Arrêter le projet de fusion
– Décider de convoquer l’AGE
– Adopter les termes du rapport à l’AGE
– Déléguer à l’un des membres le pouvoir de signer le projet de fusion
AGE – 44 jours – Signature du projet de fusion par le représentant de chaque société
à – 30 jours concernée
– Communication officielle (commissaires à la fusion ou aux apports, au
public si la société est cotée sur un marché réglementé)

1 Pour des références juridiques plus détaillées , cf. mémento Fusions et Acquisitions, Éd. Francis Lefebvre, 2019.

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Partie 1 Opérations de restructuration

3 Information avant les AGE


Dates limites Société absorbée Société absorbante
AGE – 60 jours Information de l’AMF
AGE – 45 jours Information des actionnaires
AGE – 35 jours Publication au Bulletin des annonces légales obligatoires (Balo) d’un avis de
réunion
AGE – 30 jours – Dépôt au greffe du tribunal de commerce du projet de fusion
– Publication d’un avis au Bulletin officiel des annonces civiles et
commerciales (Bodacc)
– Mise à disposition des actionnaires du projet de fusion
– Diffusion du document d’information spécifique enregistré par l’AMF (si la
société est cotée)
AGE – 15 jours Convocations des AGE
AGE – 8 jours Publicité du rapport sur
l’évaluation des apports
Dépôt au greffe du tribunal de
commerce

4 Tenue des AGE


Dates limites Société absorbée Société absorbante
AGE – Approbation de la fusion – Approbation de la fusion
– Dissolution de la société – Augmentation de capital
– Constatation de la réalisation
définitive de la fusion et de la
dissolution de la société absorbée

5 Informations obligatoires, fiscales et comptables


Dates limites Société absorbée Société absorbante
AGE + 29 jours Établissement d’une déclaration de conformité
AGE + 1 mois – Publication dans un journal – Publication dans un journal
d’annonces légales d’un avis de d’annonces légales d’un avis
dissolution d’augmentation de capital
– Dépôt au greffe du tribunal de – Dépôt au greffe du tribunal de
commerce (PV de l’AGE, déclaration de commerce (PV de l’AGE,
conformité, déclaration de dissolution et déclaration de conformité,
de radiation du RCS) demande d’inscription
modificative au RCS)
Date de la publicité Envoi au centre de formalités des
de fusion au JAL entreprises de la déclaration de
+ 45 jours cessation d’activité
Avant la clôture Écritures comptables
de l’exercice

D Le commissaire à la fusion
1 La mission du commissaire à la fusion
La mission confiée à un commissaire à la fusion est de vérifier que les valeurs relatives attribuées
aux actions des sociétés participant à l’opération sont « justes » et que le rapport d’échange est
équitable. Il établit un rapport dans lequel il doit indiquer les méthodes suivies pour déterminer
le rapport d’échange. Il doit aussi se prononcer sur la pertinence des méthodes utilisées et
exprimer son avis sur le caractère équitable du rapport d’échange proposé.

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Le cadre stratégique, juridique, financier et fiscal des opérations de restructuration

Un commissaire à la fusion (ou à la scission) doit être nommé dans les cas suivants :

1
– fusion et scission de sociétés par actions et à responsabilité limitée ;
– apport partiel d’actif à des SA et SARL soumises au régime des scissions conformément aux
dispositions prévues par les articles L. 236-22 et L. 236-24 du Code de commerce.
Le commissaire à la fusion désigné assure également la mission de commissaire aux apports.
Le commissaire à la fusion est choisi parmi les commissaires aux comptes inscrits sur la liste
prévue à l’article L. 822-1 du Code de commerce ou parmi les experts inscrits sur l’une des listes

Chapitre
établies par les cours et tribunaux. La mission du commissaire à la fusion est ponctuelle et prend
fin avec le dépôt de son rapport.

2 Le déroulement de la mission
En pratique la mission de commissaire à la fusion se déroule selon les phases suivantes : prise
de connaissance générale, contrôle des opérations et établissement d’un rapport. La prise de
connaissance générale a pour but de permettre au commissaire à la fusion de comprendre
l’opération envisagée et le contexte dans lequel elle se situe. Dans ce cadre, le commissaire à la
fusion obtient notamment le projet de traité de fusion, le rapport des organes sociaux, le
calendrier juridique de l’opération et les documents juridiques, comptables et financiers estimés
utiles. Il peut aussi réaliser une analyse stratégique et un diagnostic financier des sociétés
concernées et se faire communiquer par les sociétés participant à l’opération les rapports établis
par leurs commissaires aux comptes au titre de leur mission légale.
Le commissaire à la fusion établit un rapport sur les modalités de la fusion dans lequel il rappelle
les méthodes suivies pour la détermination du rapport d’échange ; il doit signaler les difficultés
particulières d’évaluation s’il en existe. En conclusion, il exprime son avis sur la pertinence des
valeurs relatives et le caractère équitable du rapport d’échange proposé par les parties. Le
rapport du commissaire à la fusion est mis à la disposition des actionnaires ou associés de chaque
société participant à l’opération. Ce rapport est distinct de celui qui est déposé au titre de sa
mission de commissaire aux apports.

3 Le rapport du commissaire à la fusion


Le rapport est destiné aux assemblées de l’ensemble des sociétés participant à la fusion. Dans la
partie introductive, il peut rappeler : le contexte légal de son intervention et les conditions de sa
désignation ; les responsabilités respectives des dirigeants et du commissaire à la fusion ; la
référence à la doctrine de la Compagnie nationale des commissaires aux comptes applicable à cette
mission et l’objectif des diligences qu’elle propose. Le cœur du rapport porte sur la présentation de
l’opération et la description des méthodes d’évaluation retenues en faisant référence au projet de
traité de fusion. On retrouve ainsi une présentation des sociétés participant à l’opération ; la
description de l’opération ; une synthèse des apports et des caractéristiques de l’opération ; la
présentation des conséquences de l’opération pour les actionnaires ou associés de la société
absorbée d’une part et pour ceux de la société absorbante d’autre part ; la description des
approches de valorisations exposées dans le projet de traité de fusion et des valeurs relatives en
résultant ; le rapport d’échange retenu et l’augmentation de capital de la société absorbante ou
bénéficiaire des apports. En outre, le commissaire à la fusion précise les travaux qu’il a effectués
pour vérifier la pertinence des valeurs relatives attribuées aux actions des sociétés participant à
l’opération. Il met en évidence les points qu’il estime utiles à une bonne information des
actionnaires. Avant de présenter sa conclusion, le commissaire à la fusion peut synthétiser les points
clés qui lui permettent de formuler sa conclusion. Cette synthèse a pour objet d’apporter une
information claire et pertinente aux actionnaires. Elle peut s’articuler autour des diligences mises
en œuvre et sur les éléments essentiels ayant une incidence sur les valeurs et le rapport d’échange.
Au final, plusieurs types de conclusion peuvent être formulés. Lorsque le commissaire à la fusion
estime que le rapport d’échange présente un caractère équitable, il exprime une conclusion

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Partie 1 Opérations de restructuration

favorable du type : « Sur la base de nos travaux et à la date du présent rapport, nous sommes
d’avis que le rapport d’échange de y actions Y (société absorbante) pour x actions X (société
absorbée) arrêté par les parties présente un caractère équitable ». En revanche, lorsqu’il est
confronté à une limitation à l’étendue de ses travaux, ou à une incertitude dont la résolution
dépend d’événements futurs, pouvant avoir une incidence significative sur le rapport d’échange,
il exprime une impossibilité de conclure que le rapport d’échange est équitable : « Sur la base
de nos travaux et à la date du présent rapport, compte tenu des observations qui précédent,
nous ne sommes pas en mesure de conclure sur le caractère équitable du rapport d’échange de
y actions Y (société absorbante) pour x actions X (société absorbée) ». Enfin, lorsque le commis-
saire à la fusion estime que le rapport d’échange ne présente pas un caractère équitable, il
exprime une conclusion défavorable ainsi formulée : « Sur la base de nos travaux et à la date
du présent rapport, compte tenu des observations qui précédent, nous sommes d’avis que le
rapport d’échange de y actions Y (société absorbante) pour x actions X (société absorbée) n’est
pas équitable ».

3 Le cadre financier des opérations de restructuration


Nous l’avons vu dans le cadre des missions confiées au commissaire à la fusion, les questions liées
à la détermination de la valeur des titres sont essentielles. Nous présenterons donc dans un
premier temps les différentes approches de la valeur avant d’exposer les méthodes usuelles de
valorisation des titres 2. Nous terminerons cette section sur la détermination de la parité.

A Les différentes approches de la valeur


1 Valeur comptable
Les actifs et passifs sont généralement enregistrés à leur coût historique, c’est-à-dire au coût
constaté à la date de leur entrée dans le patrimoine de l’entreprise. Lorsque la valeur de cet actif
diminue, les dotations aux amortissements et/ou aux dépréciations permettent d’enregistrer
cette baisse de valeur. En revanche, si la valeur de l’actif vient à augmenter, aucune hausse de
la valeur ne doit être prise en compte en vertu du principe de prudence.
En conséquence, lorsqu’on évalue des actions, il est impératif de corriger les valeurs comptables
afin qu’elles reflètent au mieux la valeur des actifs concernés. L’exemple des immeubles est sur
ce point pertinent dans la mesure où il y a souvent des écarts significatifs entre la valeur
comptable d’un immeuble et sa valeur sur le marché de l’immobilier.

2 Valeur de marché
L’expression « valeur de marché » est une traduction approximative de market value qui signifie
plus exactement « valeur boursière ». Pour les actions cotées, le cours de Bourse constitue une
base d’évaluation permettant de connaître la valeur de marché. Ce cours constitue le prix
d’équilibre entre l’offre et la demande de titres sur un marché. La cotation permet une évaluation
rapide de la société qui a émis les actions ; on appelle capitalisation boursière d’une société le
produit du cours de l’action par le nombre d’actions. Cependant, la valeur de marché obtenue
à partir du cours de Bourse doit être maniée avec beaucoup de précaution car des mouvements
spéculatifs peuvent faire fluctuer de façon extrêmement sensible la capitalisation boursière.

3 Concept de juste valeur


Le concept anglais de fair value (traduit abusivement par « juste valeur ») est une notion
subjective. L’opinion que l’on peut avoir de l’équité d’une évaluation dépend largement du

2 À ce stade, nous présentons uniquement les méthodes fondées sur le patrimoine et sur les profits. Pour des
développements sur les autres approches en matière d’évaluation des sociétés et des groupes, cf. manuel DSCG 2
Finance, Éd. Foucher, 2019.

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Le cadre stratégique, juridique, financier et fiscal des opérations de restructuration

jugement individuel. C’est pourquoi les normalisateurs internationaux ont cherché à édicter des

1
critères objectifs de détermination de la juste valeur. La juste valeur est définie « comme le prix
qui serait reçu si l’on vendait un actif ou si l’on payait pour transférer un passif lors d’une
transaction normale entre les acteurs du marché à la date d’évaluation. » (IFRS 13, § 9).
À défaut de prix directement observables, l’entité usera de techniques d’évaluation pour estimer
le prix des biens considérés. Ces techniques peuvent être fondées sur : les prix observés pour
des transactions comparables ; le coût de remplacement ; l’actualisation des flux de trésorerie

Chapitre
prévisionnels ; des modèles d’évaluation. Certains considèrent que les multiples possibilités
d’obtenir une juste valeur remettent totalement en cause la pertinence de cette méthode
d’évaluation.
L’évaluation des entreprises impliquées dans les opérations de restructuration est une étape
déterminante. Il est donc essentiel de présenter les méthodes d’évaluation usuelles. Nous
limiterons notre étude aux méthodes fondées sur les flux de profits et sur les méthodes
patrimoniales. D’autres approches existent, notamment celles fondées sur la rente de goodwill,
celles sur les comparables ou encore celles sur les options réelles. 3

B Évaluation fondée sur le flux de profits


Dans ce type d’approche, les actions d’une société peuvent être évaluées :
– soit en actualisant le dividende pour obtenir la valeur financière ;
– soit en actualisant le bénéfice par action pour obtenir la valeur de rendement.

1 Actualisation des dividendes


a. La valeur financière (hypothèse de stabilité des dividendes)
Pour définir la valeur financière d’un titre, on forme l’hypothèse implicite que le dividende actuel
restera constant et se répétera indéfiniment. La valeur financière est ainsi obtenue en
capitalisant le dividende.
Désignons par :
V0 la valeur financière à l’époque 0 ;
D le dividende de l’action ;
i le taux d’actualisation.
D
Valeur financière (V0) =
i
En général, les praticiens utilisent la moyenne des derniers dividendes versés au cours des années
précédentes plutôt que le dernier dividende. Ils actualisent au taux de rendement des emprunts
d’État ou au taux de rendement moyen des actions sur le marché boursier (c’est-à-dire la
moyenne des rapports dividende/cours des actions) sans tenir compte du risque attaché à
l’entreprise considérée.

b. La valeur financière (hypothèse de croissance des dividendes)


Le modèle de Gordon-Shapiro repose sur l’observation de la relation existant entre le revenu
actuel d’un actionnaire (en général le dividende) et la valeur de ses capitaux propres (censés
représenter le cours de l’action). Ce modèle repose sur l’hypothèse d’une croissance régulière du
dividende à un taux annuel constant (inférieur au coût des capitaux propres). Cette approche
suppose que, chaque année, une fraction constante du bénéfice est mise en réserves et réinvestie
dans l’entreprise. Dès lors, ces investissements permettront d’augmenter le bénéfice de l’année
suivante et ainsi de suite...

3 Cf. manuel DSCG 2 Finance, Éd. Foucher, 2019.

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Partie 1 Opérations de restructuration

Désignons :
V 0 la valeur financière à l’époque 0,
i le coût des capitaux propres,
g le taux de croissance des dividendes (avec g S i),
d1 , d2,... dn les dividendes de rang 1, 2, ... n,
d1
Valeur financière (V0) =
(i – g)

2 Actualisation des bénéfices


a. La valeur de rendement (ou méthode du PER « Price Earning Ratio »)
La valeur de rendement d’un titre est définie comme étant la valeur actualisée d’une suite de
résultats courants par action supposés constants et répétés à l’infini. Le bénéfice servant de base
au calcul, doit être retraité pour en éliminer :
– les résultats exceptionnels (nets d’impôt),
– les produits et les charges non récurrents (c’est-à-dire censés ne pas se reproduire),
– les revenus et les charges des biens hors exploitation,
– les distorsions résultant d’une évaluation non pertinente des stocks et des amortissements.
Le taux d’actualisation retenu est en général le taux moyen de rentabilité du marché des actions,
c’est-à-dire la moyenne des rapports :
i = bénéfice par action/ cours de l’action
D’autre part, le taux de capitalisation des bénéfices ou PER moyen est défini comme la moyenne
des rapports :
PER = cours de l’action /bénéfice par action
Le PER est ainsi l’inverse du taux de rentabilité des actions :
1
PER =
i
La valeur de l’action est déterminée en fonction, indifféremment, du taux moyen i ou de son
inverse, le PER moyen.
Désignons
V 0 la valeur de rendement à l’époque 0 ;
B le résultat courant retraité par action ;
i le taux d’actualisation.
B
Valeur de rendement (V0) = = B Z PER
i
On considère souvent la moyenne des derniers résultats plutôt que le dernier résultat.
L’administration fiscale calcule une « valeur de productivité » en actualisant à l’infini le résultat
par action à un taux forfaitaire compris entre 12 % et 15 %.

C Évaluation fondée sur le patrimoine


1 La notion d’actif net
Les méthodes patrimoniales d’évaluation considèrent l’entreprise comme une juxtaposition
d’éléments d’actif et de passif qui sont chacun évalués séparément. La valeur de l’entreprise est
ainsi définie comme la différence entre le cumul des valeurs des biens figurant à l’actif et le cumul
des dettes et provisions du passif. Cette différence est appelée « actif net ».

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Le cadre stratégique, juridique, financier et fiscal des opérations de restructuration

Cependant, certains postes de l’actif ne représentent pas des biens qui contribuent à créer de
la valeur mais en réalité des charges étalées. Ces éléments n’ont strictement aucune valeur, ils
sont qualifiés d’actifs fictifs. On y trouve :
– les frais d’établissement,
– les frais d’émission d’emprunt,
1
– les primes de remboursement d’obligations,
– les écarts de conversion - actif (uniquement s’ils ne sont pas compensés au passif par une

Chapitre
provision pour pertes de change). En revanche, les écarts de conversion - passif doivent être
ajoutés à l’actif net car ils représentent des gains latents.
De façon évidente, les normes IFRS n’admettent pas l’inscription de non-valeurs à l’actif. En
normes françaises, la méthode préférentielle applicable aux frais d’établissement (enregistre-
ment des frais en charges de l’exercice ou imputation sur la prime d’émission – PCG, art. 361-1),
élimine cette catégorie de non-valeurs.
Compte tenu de l’existence d’un actif fictif, l’actif net peut être calculé de deux manières :

ACTIF NET = ACTIFS (autres que fictifs) – DETTES (et provisions)


ou
ACTIF NET = CAPITAUX PROPRES – ACTIF FICTIF

2 L’actif net comptable


L’actif net comptable est calculé directement sur la base de la valeur comptable des postes du
bilan. Il s’agit d’un bilan après affectation du bénéfice. Les dividendes dont la distribution est
envisagée doivent donc être retranchés des capitaux propres avant le calcul de l’actif net
comptable.
L’actif net comptable ne constitue qu’une approche très imparfaite de la valeur de l’entreprise.
Les valeurs comptables figurant au bilan sont, en effet, souvent éloignées des valeurs de marché.
Le calcul de l’actif net comptable ne représente qu’une première étape conduisant ensuite au
calcul de l’actif net comptable corrigé.

Bilan de la société A au 31.12.N (capital divisé en 20 000 actions de 250 3)


Exemple

ACTIF PASSIF
Brut Amort. Net Net
et dépr.
Frais d’établissement 150 000 40 000 110 000 Capital social 5 000 000
(250 1 Z 20 000)
Concessions, brevets ... (1) (a) 30 000 5 000 25 000 Réserves 4 330 000
Immobilisations 10 390 000 2 100 000 8 290 000 Résultat de l’exercice (d) 750 000
corporelles (b)
Immobilisations 1 100 000 1 100 000 Capitaux propres 10 080 000
financières (c)
Stocks et en-cours 1 200 000 1 200 000 Provisions 200 000
Créances d’exploitation 4 925 000 150 000 4 775 000 Dettes financières (e) 4 930 000
Disponibilités 160 000 160 000 Dettes d’exploitation 415 000
Dettes diverses 35 000
Total 17 955 000 2 295 000 15 660 000 Total 15 660 000
(1) Renvois (a) utilisés dans la suite de cet exemple. >>>

27

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Partie 1 Opérations de restructuration

>>> Déterminez l’actif net comptable de la société A.


Société A
Capitaux propres 10 080 000
moins actif fictif
Frais d’établissement (110 000)
Actif net comptable 9 970 000
La valeur d’une action de la société A peut ainsi être évaluée à 9 970 000 3/20 000 actions = 498,50 3

3 L’actif net comptable corrigé (ANCC)


L’actif net comptable corrigé (parfois appelé actif net intrinsèque) est obtenu en substituant, en
tant que de besoin, les valeurs « réelles » aux valeurs comptables. La notion de valeur « réelle »
est très discutable. Une valeur nette comptable est une valeur réelle comptable. Elle représente
fidèlement la réalité selon les principes comptables appliqués au sein de l’entreprise. La valeur
réelle est en fait tout autre valeur utilisée (valeur de marché, valeur d’usage, etc.) censée fournir
une meilleure information sur la valeur d’un actif.

a. Corrections opérées sur les postes d’actif


Les corrections concernent principalement les immobilisations et les titres.
Le fonds commercial
La valeur comptable du fonds commercial inscrite à l’actif du bilan n’a pas de véritable
signification. On évalue les éléments incorporels du fonds de commerce, distinctement de l’actif
net, en recourant à des méthodes fondées sur la notion de goodwill. En conséquence, la valeur
comptable du fonds commercial ne figure pas dans l’actif net comptable corrigé.
Les brevets, marques et licences
Les brevets faisant l’objet d’une licence sont généralement évalués en actualisant les redevances
à en attendre. Sinon, l’évaluation des brevets exploités par l’entreprise, des marques et des modèles
n’est pas distinguée de l’évaluation du fonds commercial. Elle est comprise dans le goodwill.
Les immobilisations corporelles
Les immobilisations corporelles doivent être réestimées :
– soit à leur valeur d’utilité, correspondant au prix que l’entreprise accepterait de payer pour
l’acquisition d’immobilisations corporelles équivalentes ; en pratique, il s’agit de la valeur de
remplacement, avec application d’un coefficient de vétusté ;
– soit à leur valeur vénale, sur la base d’expertises ou de cotations pour les biens hors exploitation.
Il s’agit, dans ce cas, d’immobilisations qui figurent à l’actif du bilan mais qui ne relèvent pas de
l’exploitation (ex. terrains conservés dans un but spéculatif, habitations louées au personnel).
Le portefeuille-titres
Les titres figurant à l’actif sont évalués selon les méthodes usuelles. Cette évaluation fait
apparaître :
– soit une moins-value latente qui, normalement, est déjà constatée par une provision pour
dépréciation ;
– soit une plus-value latente qui doit être ajoutée à la valeur comptable du titre.
Les contrats de crédit-bail
Les contrats de crédit-bail ont une valeur vénale représentée par la différence entre :
– la valeur vénale ou la valeur de remplacement des équipements faisant l’objet du contrat ;
– la valeur actualisée des redevances restant à payer et du prix de l’option d’achat.
La valeur des contrats de crédit-bail est un élément du patrimoine de l’entreprise bien qu’elle
n’ait pas de traduction comptable au bilan.

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Le cadre stratégique, juridique, financier et fiscal des opérations de restructuration

b. La prise en compte de la fiscalité différée

1
Certaines opérations induisent une charge d’impôt sur les bénéfices, non pas à la clôture de
l’exercice, mais lors d’exercices futurs. De même, des opérations donnent naissance à des
économies d’impôts qui ne se réaliseront que lors d’exercices futurs. Ces impôts sont des impôts
différés. Sauf exceptions, ils ne sont pas comptabilisés en France.
L’évaluation du patrimoine de l’entreprise doit cependant tenir compte :
– des impôts différés-passif qui représentent des dettes fiscales latentes et réduisent l’actif net,

Chapitre
– des impôts différés-actif qui représentent des créances fiscales latentes et augmentent l’actif
net.
Précisions relatives aux impôts différés - passif
Certains postes des capitaux propres doivent être rapportés aux bénéfices dans un certain délai.
Ils sont ainsi grevés des impôts différés qui seront payés à la suite de ce report. Il s’agit :
– de certaines provisions réglementées (provision pour hausse des prix, provision pour crédits
à l’étranger, provision pour essaimage) ;
– des amortissements dérogatoires ;
– des subventions d’investissement.
En conséquence, l’impôt différé correspondant à ces postes doit être soustrait de l’actif net.
Précisions relatives aux impôts différés - actif
Amortissement des non-valeurs : certains postes de l’actif fictif feront l’objet d’un amortisse-
ment fiscalement déductible. Il s’agit :
– des frais d’établissement et des frais d’émission d’emprunts,
– des primes de remboursement d’obligations.
Bien que ces éléments soient intrinsèquement des non-valeurs, ils accroissent indirectement la
valeur de l’entreprise du fait de l’économie d’impôt prévisible qui leur est attachée. Cette
économie d’impôt est généralement ajoutée à l’actif net.
Amortissement des immobilisations hors exploitation : si les éléments hors exploitation sont
amortissables, des économies d’impôt en résulteront, qui ne figurent pas dans la prévision des
recettes d’exploitation. Ces économies d’impôt accroissent cependant la valeur de l’entreprise ;
elles sont généralement ajoutées à l’actif net. En revanche, la valeur d’utilité des immobilisations
d’exploitation est fondée sur les flux de profits qui seront générés par ces immobilisations. En
théorie, la valeur d’utilité est égale à la valeur actualisée des recettes nettes d’exploitation
prévues pour les années à venir. Les économies d’impôt dues à l’amortissement des immobi-
lisations d’exploitation sont déjà incluses dans ces prévisions de recettes et, par conséquent,
elles sont déjà comprises dans la valeur d’utilité des immobilisations d’exploitation. Il n’y a donc
pas à les retraiter.
L’actif net comptable corrigé donne une évaluation de l’entreprise dans son ensemble.
L’évaluation de l’action d’une société est obtenue en divisant l’actif net comptable corrigé par
le nombre de titres émis par cette société. Cette valeur est appelée « valeur mathématique » de
l’action
Actif net comptable corrigé
Valeur mathématique =
Nombre d’actions
L’actif net étant défini après affectation du bénéfice, la valeur mathématique ainsi calculée est
une valeur « ex-coupon », c’est-à-dire sans le dividende. La valeur mathématique de l’action
« coupon attaché » est obtenue en ajoutant le montant du dividende par action à la valeur
obtenue « ex-coupon ».

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Partie 1 Opérations de restructuration

(suite)
Exemple

Dans le cadre d’un audit d’acquisition, les postes suivants sont évalués à :
Concessions, brevets et marques (a) : 35 000
Immobilisations corporelles (b) : 9 100 000
Immobilisations financières (c) : 1 220 000
Résultat de l’exercice dont résultat courant (d) : 680 000
Compte tenu de l’actualisation des dettes à long terme (e), celles-ci sont évaluées à : 4 740 000 3
Pour les autres postes du bilan, il n’y a pas d’écart entre la valeur dite « réelle » et la valeur comptable.
Les impôts différés-passif sont évalués à 240 000 3 et les impôts différés-actif à 20 000 3. Il n’est
pas prévu de distribuer de dividende.
Déterminez l’Actif net comptable corrigé (ANCC)
Déterminez la valeur mathématique de l’actif
L’actif net comptable corrige s’obtient à partir de l’actif net ajusté des plus et moins-values de la
fiscalité différée.
Actif net comptable 9 970 000
Plus-values sur concessions, brevets (35 000 - 25 000) + 10 000
Plus-values sur immobilisations corporelles (9 100 000 – 8 290 000) + 810 000
Plus-values sur immobilisations financières (1 220 000 – 1 100 000) + 120 000
Plus-values sur dettes financières (4 930 000 – 4 740 000) + 190 000
Impôts différés (actif) + 20 000
Impôts différés (passif) - 240 000
Actif net comptable corrigé (ANCC) 10 880 000
Valeur mathématique de l’action A :
10 880 000
= 544 3
20 000 actions

D La question du rapport d’échange


L’évaluation des sociétés absorbante et absorbée permet de définir la parité d’échange. Le
rapport d’échange représente le nombre d’actions de la société absorbante à émettre par cette
dernière en échange d’une action de la société absorbée. Pour les apports partiels d’actif soumis
au régime juridique des scissions, et en particulier les apports de branche d’activité, il n’est pas
possible, en l’absence de capital social de la branche, d’effectuer une pesée comparative par
action et donc de parler de rapport d’échange. La pesée effectuée porte donc sur les ensembles
en présence et conduit à déterminer ce qui est communément appelé un « poids relatif ».
Le nombre d’actions à émettre au titre de l’augmentation de capital de la société absorbante ou
bénéficiaire des apports, représentatif de la rémunération des apports, peut ainsi être obtenu,
soit en appliquant le rapport d’échange au nombre d’actions composant le capital de la société
absorbée, soit en appliquant le poids relatif au nombre d’actions composant le capital de la
société bénéficiaire des apports.
L’appréciation du caractère équitable du rapport d’échange est essentielle. Il faut à ce stade être
en mesure d’identifier les valeurs relatives jugées pertinentes et qui reflètent, de la manière la
plus complète possible, les valeurs relatives des entreprises en présence. Les praticiens de
l’évaluation qualifient de valeurs relatives celles qui tiennent compte, pour le présent et pour
l’avenir, de la rentabilité d’exploitation, de la politique d’investissement, de la structure
financière et du niveau de risque des entités.
Dans le cadre de l’analyse du positionnement du rapport d’échange, il faut aussi considérer le
contexte de l’opération. Pour apprécier le caractère équitable du rapport d’échange, il faut
déterminer si le rapport proposé n’entraîne pas d’appauvrissement durable pour chaque
catégorie d’actionnaires, en comparant leur situation avant fusion, hors synergies, à leur
situation après fusion, y compris synergies. En tout état de cause, il faut s’intéresser aux synergies

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dégagées par l’opération. Cette comparaison peut être faite à partir d’une évaluation de la
société absorbante avant et après fusion.

(suite)
1
Exemple

La SA A et la SA B envisagent de fusionner. La société A absorbera la société B et en prendra le


contrôle. Pour la détermination de la parité, les actions seront évaluées à la moyenne entre la valeur
mathématique et la valeur de rendement. Cette dernière correspond au résultat courant capitalisé
au taux de 15 %. Nous disposons déjà des informations pour la société A (cf. supra). Les données

Chapitre
concernant la société B sont indiquées ci-après.
Bilan de la société B au 31.12.N (capital divisé en 2 500 actions de 1 000 3)

ACTIF PASSIF
Brut Amort. et Net Net
dépr.
Frais d’établissement 100 000 80 000 20 000 Capital social (1 000 1 2 500 000
Z 2 500)
Concessions, brevets... (a) 300 000 300 000 Réserves 12 000
Immobilisations 8 000 000 1 450 000 6 550 000 Résultat de 40 000
corporelles (b) l’exercice (d)
Immobilisations 800 000 800 000 Subventions 8 000
financières (c) d’investissement
Stocks et en-cours 975 000 975 000 Capitaux propres 2 560 000
Créances d’exploitation 1 235 000 60 000 1 175 000 Provisions 35 000
Disponibilités 35 000 35 000 Dettes financières (e) 4 420 000
Dettes d’exploitation 2 190 000
Dettes diverses 650 000
Total 11 445 000 1 590 000 9 855 000 Total 9 855 000

Dans le cadre d’un audit d’acquisition les postes suivants sont évalués à :
Les concessions, brevets (a) sont évalués à : 95 000
Les immobilisations corporelles (b) évaluées à : 8 350 000
Les immobilisations financières (c) évaluées à : 1 155 000
Résultat de l’exercice dont résultat courant (d) : 30 000.
Compte tenu de l’actualisation des dettes à long terme (e) celles-ci sont évaluées à (e) : 4 300 000 3
Les autres postes du bilan sont évalués à leur valeur comptable. Les impôts différés-passif sont
évalués à 50 000 3 et les impôts différés-actif à 140 000 3. Des équipements utilisés en crédit-bail
présentent une plus-value de 200 000 3 par rapport aux redevances restant à payer. Il n’est pas
prévu de distribuer de dividende.
Déterminons l’actif net comptable corrigé :
Actif net comptable (2 560 000 – 20 000) 2 540 000

Moins-value sur concessions et brevets (95 000 – 300 000) (205 000)
Plus-value sur immobilisations corporelles (8 350 000 – 6 550 000) 1 800 000
Plus-value sur immobilisations financières (1 155 000 – 800 000) 355 000
Plus-values sur dettes financières (4 420 000 – 4 300 000) 120 000
Plus-value relative au crédit-bail 200 000
Impôts différés - actif 140 000
Impôts différés - passif (50 000)
Total des plus et moins-values 2 360 000

Actif net comptable corrigé (2 540 000 + 2 360 000) 4 900 000
Compte tenu de ces éléments, l’ANCC de la société B s’élève à 4 900 000 3.
La valeur mathématique de l’action B est donc de 4 900 000/2 500 = 1 960 3.
La valeur de rendement de l’action B correspond à : (30 000/0.15 = 200 000)/2 500 actions = 80 3 >>>

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Partie 1 Opérations de restructuration

>>> La valeur moyenne est donc de (1 960 + 80)/2 = 1 020 3.


Les mêmes calculs doivent être réalisés pour la société A.
La valeur mathématique de l’action A est de 10 880 000/20 000 = 544 3.
La valeur de rendement de l’action A correspond à : (680 000/0.15 = 4 533 333)/20 000 actions =
227 3
La valeur moyenne est donc A de (544 + 227)/2 = 385 3.
Le rapport théorique est 1 020/385 = 2,65 correspond à 2,65 actions A contre 1 action B. Les
partenaires à la négociation conviennent d’arrondir ce rapport et de fixer la parité à 2 actions B contre
5 actions A et une soulte en espèces de 100 3. Les 2 500 actions B seront donc échangées contre
6 250 actions A et une soulte de 125 000 3. Il est à noter que, conformément à la loi, la soulte de
125 000 3 n’excède pas 10 % de la valeur nominale des actions A émises en rémunération des apports
de B, soit : 10 % Z 6 250 Z 250 3 = 156 250 3.

4 Le cadre fiscal des opérations de restructuration

A Le régime spécial des fusions


1 Définition fiscale des opérations de fusion éligibles au régime de faveur
Aux termes de l’article 210-0 A du Code général des impôts (CGI) sont considérées comme des
fusions ouvrant droit aux régimes de faveur les opérations, réalisées en France comme à
l’étranger, qui présentent toutes les caractéristiques suivantes :
– la dissolution sans liquidation de la société absorbée ;
– la transmission universelle du patrimoine de la société absorbée ;
– l’attribution de titres de la société absorbante aux associés de la société absorbée ;
– l’absence de soulte ou attribution d’une soulte ne dépassant pas 10 % de la valeur nominale
des titres de la société absorbante attribués.

2 Définition des opérations de dissolution-confusion des patrimoines


La notion juridique de dissolution-confusion est définie à l’article 1844-5 du Code civil. Cet article
prévoit que la réunion de toutes les parts sociales d’une société en une seule main n’entraîne pas
la dissolution de plein droit de ladite société. Cette dissolution entraîne la transmission
universelle du patrimoine de la société à l’associé unique, sans qu’il y ait lieu à liquidation. Les
dispositions relatives aux fusions et aux scissions prévues à l’article 210 A du CGI sont applicables
aux opérations de dissolution-confusion des patrimoines.

3 Les conditions liées au régime fiscal des personnes concernées


Le régime spécial des fusions est réservé aux opérations auxquelles participent exclusivement
des personnes morales ou organismes passibles de l’impôt sur les sociétés, quelle que soit par
ailleurs leur forme juridique. Sont donc admises au bénéfice du régime spécial :
– des sociétés et autres personnes morales passibles de l’impôt sur les sociétés sur tout ou partie
de leurs bénéfices en raison de leur forme ou de leur activité ;
– des sociétés en commandite simple, en nom collectif ou civiles qui ont opté pour leur
assujettissement à l’impôt sur les sociétés ;
– des sociétés à objet civil passibles du même impôt ;
– des personnes morales de forme quelconque soumises à l’impôt sur les sociétés.

4 Les plus-values et profits de fusion


Le régime spécial comporte, en principe, l’exonération d’impôt sur les sociétés chez la société
absorbée de toutes les plus-values dégagées par l’apport des éléments de l’actif immobilisé ainsi
que, sous certaines conditions, des profits réalisés sur les éléments de l’actif circulant. Le sort
fiscal des plus-values est déterminé en fonction de la distinction entre la plus-value ou

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moins-value nette afférente aux éléments amortissables ou non amortissables. La société

1
apporteuse peut opter pour l’imposition immédiate, au taux réduit de la plus-value à long terme
afférente aux éléments amortissables. Dès lors, la société absorbante échappe, à due concur-
rence, à l’obligation de réintégration.
L’option doit être globale : elle doit porter sur la totalité de la plus-value nette à long terme
afférente aux éléments amortissables. Il est admis que la société absorbante peut librement
compenser la plus-value nette sur les éléments amortissables avec les déficits de la société

Chapitre
absorbée qu’un agrément l’a autorisée à reporter sur ses propres résultats. Les déficits utilisés
pour cette compensation cessent de pouvoir être reportés ; mais la somme à réintégrer dans les
résultats de la société absorbante se trouve réduite d’un montant égal à celui des déficits ainsi
utilisés.

a. Plus-values et profits de fusion


Lorsque les sociétés fusionnantes sont placées sous contrôle commun ou lorsque l’opération
réalisée à l’envers entre des sociétés sous contrôle distinct, la réglementation comptable impose
la transcription des apports par la société absorbante pour leur valeur comptable dans les
comptes de la société absorbée. Aucune plus-value d’apport n’est alors dégagée en comptabilité.
Les développements qui suivent, relatifs aux plus-values et profits de fusion, ne concernent donc
que les opérations de fusion qui sont transcrites sur la base des valeurs réelles des éléments
apportés.
Pour la détermination de la plus-value de fusion, une distinction doit être opérée, à cet égard,
selon que la fusion entraîne la création d’une société nouvelle ou s’effectue par voie d’apport
à une société préexistante.
Création d’une société nouvelle
Dans cette situation, chacune des sociétés absorbées reçoit en rémunération de son apport des
actions ou des parts sociales de la société nouvelle. La société nouvelle prend à sa charge le passif
dû aux tiers par la société absorbée. Le montant de la plus-value ou de la moins-value de fusion
est obtenu en ajoutant, à la valeur réelle des actions ou des parts remises en contrepartie de
l’apport, le montant du passif pris en charge par la société nouvelle, puis en retranchant du total
ainsi obtenu, la valeur comptable nette de l’actif apporté (prix de revient de cet actif diminué
des amortissements).
Dans ce calcul, on retient d’une manière générale, comme expression de la valeur réelle des titres
remis à la société absorbée, l’estimation nette attribuée, dans le bilan de la société nouvelle, aux
biens apportés. Cette estimation est obtenue, le cas échéant, en retranchant de la valeur pour
laquelle ces biens sont portés à l’actif du bilan de la société nouvelle, le montant des charges
grevant les mêmes biens et reprises au passif de ladite société.
Apport à une société préexistante
Lorsque la fusion est opérée par voie d’apport à une société préexistante propriétaire d’actions
de la société absorbée, il ne suffit pas de tenir compte de la valeur réelle des actions remises à
la société absorbée. Il faut ajouter à cette valeur celle qui doit être attribuée à la partie des
apports qui n’est pas effectivement rémunérée parce qu’elle se compense avec les droits que
possédait déjà la société absorbante dans la société absorbée. Par exemple, si la participation
de la société absorbante était d’un tiers du capital de la société absorbée, la valeur réelle des
actions délivrées à cette dernière doit être multipliée par 3/2, c’est-à-dire majorée de moitié pour
déterminer la valeur totale de l’actif net apporté, qui doit servir de base au calcul de la plus-value.
En revanche, lorsque la fusion est opérée par voie d’apport à une société préexistante qui ne
détient pas d’actions de la société absorbée, les règles sont identiques à celles prévues en cas
de création d’une société nouvelle.

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Partie 1 Opérations de restructuration

b. Régime fiscal des plus-values et profits de fusion


Les plus-values nettes et les profits dégagés sur l’ensemble des éléments d’actif apportés du fait
d’une fusion ne sont pas soumis à l’impôt sur les sociétés (art. 210 A du CGI). L’exonération couvre
l’intégralité de la plus-value nette sur les éléments d’actif immobilisé ou assimilés. Concernant
le sort de la moins-value nette partielle, il peut se faire que l’apport dégage une moins-value nette
partielle sur les éléments amortissables ou non amortissables. Dans ce cas, la moins-value nette
partielle dégagée par l’apport des éléments non amortissables ne peut être déduite par la société
absorbée. La déduction est reportée au profit de la société absorbante, puisque cette dernière,
lors de la cession ultérieure de ces éléments, calculera la plus-value ou moins-value nouvelle par
rapport à la valeur que le bien cédé avait, du point de vue fiscal.
À propos de la moins-value nette partielle dégagée par l’apport des éléments amortissables ; par
analogie avec la réintégration de la plus-value nette afférente aux éléments amortissables, il est
possible de reporter la moins-value nette afférente aux éléments de cette nature sur les résultats
de la société absorbante. Ce report qui n’est pas subordonné à un agrément préalable est opéré
dans les conditions et limites du report déficitaire.

c. L’apport de titres détenus en portefeuille


Ce point de l’article 210 A du CGI vise les titres du portefeuille dont le résultat de cession est exclu
du régime des plus-values ou moins-values à long terme. En cas de cession ultérieure de ces
titres, la plus-value est calculée d’après la valeur qu’ils avaient, du point de vue fiscal. Cette
mesure concerne l’ensemble des titres du portefeuille à l’exception des titres de participation,
des parts de fonds commun de placement à risque et qui sont détenues depuis au moins cinq
ans, ainsi que les parts de sociétés de capital-risque, également détenues depuis au moins cinq
ans.
Les titres exclus du régime des plus ou moins-values à long terme constituent des éléments
de l’actif circulant. Toutefois, par exception, ces titres sont assimilés à des éléments de l’actif
immobilisé pour l’application du régime de faveur des fusions quelle que soit leur durée de
détention par l’entreprise.
L’assimilation des titres du portefeuille à des éléments de l’actif immobilisé supprime l’obligation
d’apporter les titres en cause à leur valeur fiscale, pour que l’opération ne génère aucune
imposition immédiate chez la société bénéficiaire de l’apport. Cette imposition est reportée chez
la société bénéficiaire de l’apport.
De même, lorsque l’opération d’apport génère une perte pour les titres de placement considérés,
la déduction de la perte est reportée dans les mêmes conditions chez la société bénéficiaire de
l’apport.

d. Profits sur éléments d’actif circulant apportés


La neutralisation des profits réalisés sur les éléments de l’actif circulant est subordonnée à
la condition que la société absorbante inscrive à son bilan les éléments autres que les immo-
bilisations pour la valeur qu’ils avaient, du point de vue fiscal, dans les écritures de la société
absorbée.
Dans le cas contraire, la société bénéficiaire des apports doit comprendre dans ses résultats de
l’exercice au cours duquel intervient l’opération d’apport, le profit correspondant à la différence
entre la nouvelle valeur de ces éléments et la valeur qu’ils avaient, du point de vue fiscal.

5 Le sort des provisions constituées par la société absorbée


L’impôt sur les sociétés n’est applicable aux provisions de la société absorbée que si elles
deviennent sans objet. Nous analyserons le cas des provisions pour dépréciation avant
d’examiner celui, plus général, des provisions pour risques et des provisions réglementées.

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a. Provisions pour dépréciation

1
Ces provisions échappent à l’impôt lors de la fusion transcrite d’après les valeurs comptables,
dans la mesure où la valeur d’apport des éléments non amortissables auxquels elles se
rapportent n’excède pas le prix de revient de ces éléments, diminué des provisions correspon-
dantes. Inversement, lorsqu’une fusion est transcrite d’après les valeurs réelles, si la valeur
d’apport de certains biens non amortissables excède leur prix de revient diminué des provisions
constituées par la société absorbée, celles-ci doivent être, à concurrence de l’excédent :

Chapitre
– soit réintégrées dans les résultats de la société absorbée, si elles se rapportent à des éléments
autres que des titres ;
– soit ajoutées aux plus-values à long terme réalisées par cette même société, si elles concernent
des titres de portefeuille. Elles ne peuvent être compensées avec l’excédent éventuel des
moins-values dégagées par l’apport d’autres éléments non amortissables sur les provisions
afférentes à ces mêmes éléments.

b. Provisions pour risques


Les provisions pour risques constituées par la société absorbée conservent leur objet, et sont
donc exonérées lors de la fusion, si la société absorbante est appelée à assumer effectivement
les risques qui avaient été provisionnés par la société absorbée.

c. Provisions réglementées
Elles relèvent du régime de droit commun et sont donc en principe imposables lors de la fusion.
Toutefois, l’exonération prévue à l’alinéa 2 de l’article 210 A du CGl a été étendue aux provisions
pour hausse des prix, pour reconstitution de gisements pétroliers et miniers, pour risques
afférents aux opérations de crédit à moyen et à long terme ainsi qu’aux crédits à moyen terme
résultant de ventes ou de travaux effectués à l’étranger, spéciales des entreprises de presse, pour
investissement constituées par les sociétés coopératives de production (SCOP) dans le cadre de
la participation des salariés aux résultats de l’entreprise, pour charges exceptionnelles des
entreprises d’assurance.

6 Résultats de la société absorbée


La société absorbée fait l’objet d’une imposition immédiate à raison des résultats, augmentés le
cas échéant des provisions devenues sans objet. Les bénéfices d’exploitation ainsi augmentés
sont diminués le cas échéant de la moins-value nette partielle dégagée par l’apport des éléments
amortissables.

a. Cas des apports d’immobilisations subventionnées


En cas de cession d’une immobilisation amortissable ou non amortissable financée totalement
ou en partie par une subvention éligible au dispositif d’étalement, le solde de cette subvention
non encore rapporté aux bases de l’impôt doit être compris dans le bénéfice imposable de
l’entreprise bénéficiaire au titre de l’exercice au cours duquel intervient la cession. Ce solde est
imposable au taux normal de l’impôt sur les sociétés ou majore le bénéfice taxable au barème
progressif de l’impôt sur le revenu.

b. Cas des primes d’émission et de remboursement relatives aux emprunts obligataires


et non échues à la date de la fusion
Les « primes d’émission et de remboursement » afférentes à un emprunt obligataire attachées
aux obligations non encore remboursées au moment de l’absorption de la société émettrice ne
peuvent, quelles que soient les modalités convenues par les parties au traité de fusion pour
calculer la valeur nette d’apport du patrimoine de la société absorbée, constituer qu’une charge
de la société absorbante déductible au fur et à mesure des remboursements effectifs.

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7 Droits acquis par la société absorbée revenant à l’absorbante


a. Amortissements des éléments de l’actif immobilisé compris dans l’apport
Pour l’application des règles relatives à l’amortissement des biens apportés lors d’une fusion, il
convient de distinguer selon que l’opération a été transcrite dans les comptes de la société
absorbante sur la base des valeurs réelles des éléments apportés ou sur la base de leur valeur
comptable.

b. Fusion transcrite sur la base des valeurs réelles


En contrepartie de l’imposition des plus-values dégagées par l’apport des éléments amortis-
sables, la société absorbante est autorisée à calculer les amortissements et plus-values ultérieurs
afférents à ces éléments d’après leur valeur d’apport. Par ailleurs, même si les biens sont usagés,
ils peuvent être amortis selon le mode dégressif. La durée d’amortissement est égale à la durée
probable d’utilisation des biens apportés.

c. Fusion transcrite sur la base des valeurs comptables


Lorsque la fusion est transcrite dans les comptes de la société absorbante d’après la valeur
comptable des éléments d’actif apportés, celle-ci reprend à son bilan les écritures de la société
absorbée et continue de calculer les amortissements à partir de la valeur d’origine des biens dans
les écritures de la société absorbée.

B Cas particuliers
1 Société absorbante détenant des actions ou parts de la société absorbée – Effets de
l’annulation des titres
Lorsque la société absorbante détient des actions ou parts de la société absorbée, la dissolution
de celle-ci entraîne l’annulation des titres en cause. Le cas échéant, cette annulation dégage une
plus-value égale à la différence entre Ia valeur d’apport de la fraction de l’actif net de la société
absorbée qui correspond aux droits de la société absorbante et la valeur fiscale des titres. Cette
plus-value, qui est normalement imposable, est purement et simplement exonérée. Dans le cas
où l’annulation des actions de la société absorbée fait apparaître une moins-value, celle-ci doit
être limitée à la valeur intrinsèque desdites actions.

2 Société absorbée détenant des actions ou parts de la société absorbante


Dans l’hypothèse où la société absorbée détenait des actions ou parts de la société absorbante,
l’apport de ces titres dégage éventuellement une plus-value qui est normalement exonérée au
même titre que l’ensemble des plus-values dégagées par la fusion. En contrepartie de cette
exonération, Ia société absorbante est tenue de calculer les plus-values ultérieures afférentes
aux titres en cause d’après la valeur qu’ils avaient du point de vue fiscal, dans les écritures de
la société absorbée.
L’annulation de ces titres, par la société absorbante, fait donc apparaître, le cas échéant, une
plus-value égale à la différence entre leur valeur réelle au jour de l’annulation et la valeur fiscale
ainsi définie. Cette plus-value normalement imposable est exonérée d’impôt sur les sociétés.

3 Provision pour impôts sur les plus-values de fusion


La société absorbante est obligée de réintégrer progressivement (en cinq ans ou plus pour les
constructions) la plus-value nette sur les éléments amortissables qui lui ont été apportés. Il en
résulte une dette fiscale latente qui est constatée par une provision pour impôts. Cette provision
est :
– soit créée par la société absorbée dans ses écritures de dissolution, par le débit du « Résultat
de fusion » ; elle figure alors dans le passif transféré à la société absorbante ;
– soit créée par la société absorbante par prélèvement sur la prime de fusion.

36

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Le cadre stratégique, juridique, financier et fiscal des opérations de restructuration

La société Méga, société anonyme au capital divisé en actions de 100 3, absorbe la société anonyme

1
Exemple

Nano dont elle prend le contrôle. La fusion doit être opérée à la valeur réelle des éléments apportés.
Le bilan simplifié de la société Nano est présenté ci-après.
Bilan de la société Nano (au capital divisé en 5 000 actions de 400 3)

ACTIF PASSIF
Net Net

Chapitre
Actifs fictifs 50 000 Capital social (400 Z 5 000) 2 000 000
Immobilisations non 1 000 000 Autres réserves 2 060 000
amortissables
Immobilisations 2 000 000 Résultat de l’exercice 165 000
amortissables
Stocks et Créances 2 200 000 Subventions d’investissement 45 000
d’exploitation
Provisions réglementées (a) 80 000
Valeurs mobilières de 300 000 Provisions 200 000
placement
Dettes d’exploitation 1 000 000
Total 5 500 000 Total 5 500 000
(a) Dont amortissements dérogatoires : 55 000.

Les éléments apportés par la société Nano ont reçu les évaluations suivantes dans le traité d’apport :
Immobilisations non amortissables 1 360 000
Immobilisations amortissables 2 700 000
Valeurs mobilières de placement 350 000
Créances et stocks 2 230 000
Total 6 640 000
moins
Provisions et dettes 1 200 000
Actif net apporté 5 440 000
La parité est fixée à dix actions Méga pour une action Nano soit, au total 50 000 actions Méga
échangées contre les 5 000 actions de la société Nano.
Enregistrons les écritures de fusion chez la société absorbante.
Plus-values de fusion
Sur immobilisations non amortissables (1 360 000 – 1 000 000) 360 000
Sur valeurs mobilières de placement (350 000 – 300 000) 50 000
Sur créances et stocks (2 230 000 – 2 200 000) 30 000
Sur immobilisations amortissables (2 700 000 – 2 000 000) 700 000
Impôt latent (en retenant un taux d’Impôt sur les sociétés de 33,1/3 %)
Sur la plus-value des immobilisations amortissables (33 1/3 % Z 700 000) 233 333
Une provision pour impôts de 233 333 3 doit être constituée. Par contre, il n’y a pas à provisionner
l’impôt sur les plus-values concernant les immobilisations non amortissables et les titres car la
réintégration de ces plus-values est seulement éventuelle. Il n’y a pas non plus à provisionner l’impôt
sur la plus-value concernant les créances et stocks de l’actif circulant car cette plus-value est
immédiatement imposée.
Écritures de fusion dans les comptes de la société absorbante

4561 Actionnaires-société Nano 5 440 000


101 Capital social (100 Z 50 000) 5 000 000
1042 Prime de fusion 440 000
Augmentation de capital

>>>

37

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Partie 1 Opérations de restructuration

>>>

1042 Prime de fusion 258 333


155 Provisions pour impôts sur PV (élem. amortissables) 233 333
14 Provisions réglementées (80 000 – 55 000) 25 000
Inscription des provisions réglementées au passif du bilan (à
l’exclusion des amortissements dérogatoires)

SYNTHÈSE

Les opérations de restructuration s’inscrivent dans un environnement économique, financier


et fiscal marqué par une forte instabilité. Ces opérations visent à répondre à des objectifs
stratégiques clairs (diversification, recentrage sur le cœur de métier, internationalisation,
délocalisation, relocalisation ou encore acquisition d’actifs stratégiques). Pour atteindre ces
objectifs, l’entreprise peut s’engager dans une croissance interne, une croissance externe ou
nouer des partenariats dans le cadre d’alliances stratégiques. Les acteurs au cœur de ce
processus sont nombreux (société initiatrice, société cible, société de capital-investissement,
banque d’affaires ou encore le commissaire à la fusion qui devra se prononcer sur la qualité
des évaluations financières menées par les parties).
Le cadre juridique des opérations de restructuration est clairement défini dans le Code
commerce. Ainsi, une société peut s’engager dans un processus de fusion à proprement parler,
envisager un apport partiel d’actif, une scission ou encore opter pour la confusion de
patrimoine. Quelle que soit la modalité retenue, il faut pouvoir déterminer la situation de
contrôle (contrôle commun ou distinct) et le sens de l’opération (à l’endroit ou à l’envers).
Les opérations de restructuration nécessitent de mobiliser les différentes approches de
l’évaluation de sociétés (celles fondées sur les flux de profits, sur le patrimoine, sur les flux
de trésorerie, les comparables ou encore sur les options réelles). L’évaluation des titres des
sociétés impliquées dans le processus permettra de calculer le rapport d’échange et le nombre
de titres à créer en rémunération de l’apport.
Enfin, le cadre fiscal défini dans l’article 210 du Code général des impôts permet d’envisager
les conséquences fiscales des opérations de restructuration. Un régime spécial dit de faveur
présente les modalités d’imposition des différents éléments apportés ainsi que les exoné-
rations possibles.

38

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Applications

APPLICATIONS
QCM 01.01 QCM

Parmi les propositions suivantes, lesquelles sont correctes ?

1. La croissance externe vise à favoriser la rapidité de réalisation des opérations de


restructuration.
A. Correct
B. Incorrect
2. Les alliances stratégiques ont pour avantage d’accroître la flexibilité des opérations de
restructuration.
A. Correct
B. Incorrect
3. Les acquéreurs potentiels connaissent parfaitement le fonctionnement opérationnel de la
société cible.
A. Correct
B. Incorrect
4. Le closing correspond à l’opération de clôture des comptes.
A. Correct
B. Incorrect
5. La scission de sociétés est une opération de transmission partielle du patrimoine de la
société vers plusieurs sociétés existantes.
A. Correct
B. Incorrect
6. Le commissaire à la fusion intervient pour vérifier que le rapport d’échange est équitable.
A. Correct
B. Incorrect
7. Le rapport du commissaire aux apports est identique à celui rédigé par le commissaire à la
fusion.
A. Correct
B. Incorrect
8. L’actif net comptable corrigé ne tient compte que des moins-values latentes en raison du
principe comptable de prudence.
A. Correct
B. Incorrect
9. La valeur de marché d’un actif est systématiquement plus élevée que la valeur nette
comptable.
A. Correct
B. Incorrect
10. Le rapport d’échange représente le nombre d’actions de la société absorbante à émettre
par cette dernière en échange d’une action de la société absorbée.
A. Correct
B. Incorrect
11. Le régime fiscal de faveur tel que défini dans l’article 210 du Code général des impôts ne
s’applique que pour les opérations faites en France.
A. Correct
B. Incorrect

39

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Partie 1 Opérations de restructuration

La traduction 2
comptable

Chapitre
des opérations
de restructuration
COMPÉTENCES ATTENDUES
Ù Déterminer l’impact des opérations de restructuration.
Ù Enregistrer les écritures comptables liées aux opérations
de restructuration.
Ù Établir les documents de synthèse après restructuration.

Ce chapitre met l’accent sur les traitements comptables des opérations de restructuration. La
première partie est consacrée à l’évaluation des apports conformément à la réglementation en
vigueur. La distinction de l’évaluation à la valeur réelle et à la valeur comptable permet de
prendre conscience des impacts des deux solutions sur le résultat. La seconde partie est
consacrée aux spécificités dès lors qu’il existe une participation de l’absorbante dans l’absorbée.
La partie suivante traite de la situation inverse (participation de l’absorbée dans l’absorbante).
Lorsqu’il existe un décalage entre la date d’arrêté des comptes et la date de réalisation définitive
de l’opération nait une période dite intercalaire. Les traitements comptables liés à la clause de
rétroactivité sont présentés dans la quatrième partie. La dernière partie est consacrée au calcul
du boni/mali de fusion et au suivi comptable du mali technique.

41

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Partie 1 Opérations de restructuration

PLAN DU CHAPITRE

1 L’évaluation des apports


A Le principe de détermination de la valeur d’apport
B La détermination des valeurs individuelles des apports
2 La participation de l’absorbante dans l’absorbée
A Fusion-renonciation
B Fusion-allotissement
3 La participation de l’absorbée dans l’absorbante
A Modalités de la fusion
4 La rétroactivité des fusions
A Définition
B Comptabilité des opérations intercalaires
5 La détermination du boni/mali de fusion et le suivi Synthèse
comptable du mali
A Traitement du mali pour les opérations évaluées APPLICATIONS P. 67
à la valeur comptable

42

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La traduction comptable des opérations de restructuration

1 L’évaluation des apports

A Le principe de détermination de la valeur d’appor t


Les apports sont évalués en fonction de la situation de l’entité absorbante et de l’existence ou
2
non d’un contrôle commun entre les entités participant à l’opération. Rappelons que le contrôle
commun d’une entité correspond au contrôle exclusif, tel que défini au § 1002 du règlement

Chapitre
n° 99-02 du CRC relatif aux comptes consolidés des sociétés commerciales et entreprises
publiques.

1 Apports évalués à la valeur comptable


Pour les opérations à l’endroit ou à l’envers impliquant des entités sous contrôle commun : si
avant l’opération, la situation de contrôle est déjà établie entre l’entité initiatrice et l’entité cible,
il convient de ne pas réévaluer l’ensemble des actifs et passifs apportés.
Concernant les opérations à l’envers impliquant des entités sous contrôle distinct, les actifs et
passifs de la cible (correspondant à l’absorbante) ne peuvent pas être comptabilisés à leur valeur
réelle parce qu’ils ne figurent pas dans le traité d’apport. En effet, les actifs et les passifs figurant
dans le traité d’apport sont ceux de l’entité initiatrice ; ils n’ont pas vocation à être réévalués.

2 Apports évalués à la valeur réelle


Cette approche concerne les opérations à l’endroit impliquant des entités sous contrôle distinct.
Avant l’opération, il n’existe pas de contrôle entre l’entité initiatrice et l’entité cible. L’opération
de regroupement correspond donc à une prise de contrôle. Cette opération est traitée comme
une acquisition à la valeur réelle.
Cette analyse peut être synthétisée de la façon suivante.

Valorisation des apports à


Notion de contrôle
La valeur comptable La valeur réelle
Opérations impliquant des entités sous contrôle commun
Opérations à l’endroit X
Opérations à l’envers X
Opérations impliquant des entités sous contrôle distinct
Opérations à l’endroit X
Opérations à l’envers X
Le contrôle conjoint est défini au § 1003 du règlement n° 99-02 du CRC relatif aux comptes
consolidés des sociétés commerciales et entreprises publiques.
Les apports sous contrôle conjoint ou aboutissant au contrôle conjoint et qui n’impliquent pas
des entités sous contrôle commun au sens de l’article 741-2 du PCG sont évalués comme suit.
e Apports évalués à la valeur comptable : opérations n’entraînant aucun changement de
contrôle. Avant l’opération, l’entité cible est sous le contrôle conjoint de l’entité initiatrice et
le reste à l’issue de l’opération.
e Apports évalués à la valeur réelle : opérations entraînant un changement de contrôle, à savoir :
– l’entité cible, qui n’était pas contrôlée conjointement par l’entité initiatrice avant l’opération,
passe sous son contrôle conjoint à l’issue de l’opération ;
– ou l’entité cible, sous le contrôle conjoint de l’entité initiatrice avant l’opération, n’est plus
contrôlée conjointement par cette dernière à l’issue de l’opération.
En cas de création d’une entité spécifiquement destinée à recevoir des apports, l’analyse du
contrôle doit être appréciée en analysant les liens entre les entités parties prenantes à l’opé-

43

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Partie 1 Opérations de restructuration

ration à l’initiation de l’opération, c’est-à-dire avant la création de l’entité bénéficiaire des


apports. Le tableau suivant résume les différents cas :

Nature du contrôle sur l’entité cible après l’opération


Contrôle exclusif Contrôle conjoint Absence
de contrôle
Nature du contrôle Contrôle exclusif Valeur réelle
sur l’entité cible Contrôle conjoint Valeur réelle Valeur comptable Valeur réelle
avant l’opération
Absence de Valeur réelle
contrôle

B La détermination des valeurs individuelles des apports


1 Détermination des apports à la valeur réelle
Lorsque les apports sont évalués à la valeur réelle, les valeurs individuelles des actifs et passifs
apportés correspondent aux valeurs réelles attribuées à chacun des éléments inscrits dans le
traité d’apport, que ces derniers figurent ou non à l’actif ou au passif du bilan de l’absorbée. Ces
valeurs s’apprécient en fonction du marché et de l’utilité du bien pour l’entité. Pour l’établis-
sement de ces valeurs, on utilise les références ou les techniques les mieux adaptées à la nature
du bien, telles que les prix de marché, les indices spécifiques et des expertises indépendantes.
La différence éventuelle positive entre la valeur globale des apports et la somme algébrique des
valeurs réelles des actifs et passifs identifiés (estimées à la même date) est reprise au bilan de
l’entité absorbante sur une ligne intitulée « fonds commercial ».
Lorsque, dans des cas exceptionnels où la prise en compte des passifs conduit à rendre la valeur
du fonds commercial négative (constatation d’un badwill ), ce dernier est comptabilisé dans un
sous-compte de la prime de fusion lors de la réalisation de l’opération.
Les actifs et passifs identifiés lors de la fusion ou de l’apport partiel d’actif sont comptabilisés
dans les comptes de l’entité absorbante et ce quelles que soient ses méthodes comptables. Les
actifs et passifs qui ne sont pas habituellement comptabilisés par l’entité absorbante sont repris
en résultat en fonction de leur utilisation.

2 Détermination des apports à la valeur comptable


Lorsque les apports sont évalués à la valeur comptable, les valeurs comptables individuelles des
actifs et passifs apportés correspondent aux valeurs de chaque actif et passif figurant dans les
comptes de l’entité absorbée.
L’écart négatif entre la valeur globale de l’apport et la somme des actifs et passifs inscrits dans
le traité d’apport est comptabilisé dans un sous-compte de la prime de fusion lors de la
réalisation de l’opération.

3 La traduction comptable
Qu’il s’agisse d’apports à la valeur réelle ou la valeur comptable, les écritures sont réalisées en
deux étapes. Dans un premier temps, il s’agit de constater la dissolution de la société absorbée.
Dans un second temps, il faut passer les écritures correspondantes à l’augmentation de capital.
Les écritures de dissolution de la société absorbée traduisent les événements suivants :
1. La cession des actifs et des dettes à l’absorbante et la créance qui en résulte ;
2. Le paiement réalisé par l’absorbante (sous la forme de titres et le cas échéant d’une soulte) ;
3. La constatation des droits des associés sur l’actif net de la société absorbée (en soldant les
comptes de capitaux propres et le cas échéant d’actif fictif) ;
4. Le partage de l’actif (constitué des titres et le cas échéant de la soulte) entre les associés de
l’absorbée ;

44

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La traduction comptable des opérations de restructuration

Il s’ensuit l’écriture d’augmentation de capital de la société absorbante (ou la constitution du


capital dans le cas d’une société nouvelle).
Le capital social augmente d’un montant égal à la valeur nominale des titres créés pour
rémunérer les apports. Le nombre de titres créés est déterminé par la parité. La différence entre
l’évaluation des apports (sous déduction de la soulte éventuelle) et l’augmentation du capital
2
est inscrite au crédit du compte 1042 - Primes de fusion. L’évaluation des apports doit être au
moins égale au montant nominal des actions créées et la prime de fusion est nécessairement

Chapitre
positive. Le respect de cette règle contraint parfois à évaluer les apports à la valeur réelle lorsque
la valeur comptable est insuffisante. L’imputation des frais d’augmentation de capital sur la
prime de fusion est la méthode préférentielle (PCG 361-1). En cas de création d’une société
nouvelle (fusion-réunion), le montant nominal du capital est normalement égal à l’estimation des
apports ; il n’y a donc pas de prime de fusion.

Reprenons les éléments vus dans le chapitre 1 (« Le cadre financier des opérations de regroupe-
Exemple

ment »).
Évaluation à la valeur comptable (en supposant que A et B soient sous contrôle commun). Les biens
apportés ont les valeurs comptables suivantes :
Éléments d’actif apportés par la société B
Frais d’établissement 20 000
Concessions, brevets 300 000
Immobilisations corporelles 6 550 000
Immobilisations financières 800 000
Stocks et en-cours 975 000
Créances d’exploitation 1 175 000
Disponibilités 35 000
Moins passifs pris en charge par A
Provisions 35 000
Dettes financières 4 420 000
Dettes d’exploitation 2 190 000
Dettes diverses 650 000
Évaluation des apports
(= Actif net comptable non corrigé) 2 560 000
1. Présentons la cession des actifs et des dettes à l’absorbante et la créance qui en résulte.

46 Créance, Société A 2 560 000


2801 Amortissements des frais d’établissement 80 000
281 Amortissements des immobilisations corporelles 1 450 000
4911 Dépréciation des créances clients 60 000
15 Provisions 35 000
16 Dettes financières 4 420 000
40 Dettes d’exploitation 2 190 000
4 Dettes diverses 650 000
201 Frais d’établissement 100 000
205 Concessions et brevets 300 000
21 Immobilisations corporelles 8 000 000
26/27 Immobilisations financières 800 000
31 Stocks 975 000
41 Créances d’exploitation 1 235 000
50 Disponibilités 35 000
Cession des actifs et des dettes à l’absorbante

>>>

45

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Partie 1 Opérations de restructuration

>>> 2. Enregistrons à présent le paiement réalisé par l’absorbante (sous la forme de titres et le cas échéant
d’une soulte).

512 Banque (soulte) 125 000


27 Titres de participation de la société A 2 435 000
46 Créance, Société A 2 560 000
Paiement réalisé par l’absorbante

Le montant de 2 435 000 s’obtient par différence entre la Créance, Société A et la soulte déjà versée.
3. Constatons les droits des associés sur l’actif net de la société absorbée. Cette opération est réalisée
en soldant les comptes de capitaux propres et le cas échéant d’actifs fictifs.

101 Capital 2 500 000


106 Réserves 12 000
12 Résultat de l’exercice 40 000
13 Subvention d’investissement 8 000
456 Actionnaires, Opération sur capital 2 560 000
Constatation les droits des associés sur l’actif net de la
société absorbée

4. Procédons désormais à la traduction comptable du partage de l’actif entre les associés de


l’absorbée. Ce dernier est constitué des titres et le cas échéant de la soulte.

456 Actionnaires, Opération sur capital 2 560 000


512 Banque 125 000
27 Titres de participation de la société A 2 435 000
Partage de l’actif

5. Déterminons les éléments permettant de constater l’augmentation de capital.


Rappelons que le capital social augmentera d’un montant égal à la valeur nominale des titres créés
pour rémunérer les apports. La valeur nominale des titres A est de 250 3, il faut créer 6 250 actions
compte tenu de la parité qui est 2 actions B contre 5 actions A et d’une soulte de 125 000 3 librement
négociée entre les parties.
Détermination de la prime de fusion :
Évaluation des apports à la valeur comptable 2 560 000
Apports rémunérés par la soulte – 125 000
Apports rémunérés par les actions A 2 435 000

Apports rémunérés par les actions A 2 435 000


Augmentation de capital (250 Z 6 250) – 1 562 500
Prime de fusion 8 720 000 >>>

46

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La traduction comptable des opérations de restructuration

>>>

4561
101
1042
Actionnaires, Société B
Capital
Prime de fusion
2 560 000
1 562 500
872 500
2
512 Banque (soulte) 125 000
Augmentation de capital

Chapitre
201 Frais d’établissement 100 000
205 Concessions et brevets 300 000
21 Immobilisations corporelles 8 000 000
26/27 Immobilisations financières 800 000
31 Stocks 975 000
41 Créances d’exploitation 1 235 000
50 Disponibilités 35 000
2801 Amortissements des frais d’établissement 80 000
281 Amortissements des immobilisations corporelles 1 450 000
491 Dépréciation des créances clients 60 000
15 Provisions 35 000
16 Dettes financières 4 420 000
40 Dettes d’exploitation 2 190 000
4.. Dettes diverses 650 000
4561 Actionnaires, Société B 2 560 000
Libération des apports

Reprenons les éléments vus dans le chapitre 1 (« Le cadre financier des opérations de regroupe-
Exemple

ment ».)
Évaluation à la valeur réelle (en supposant que A et B soient sous contrôle distinct)
Capitaux propres 2 560 000
Frais d’établissement – 20 000
Actif net comptable 2 540 000
Plus et moins-values
Brevets (95 000 – 300 000) – 205 000
Immobilisations corporelles (8 350 000 – 6 550 000) 1 800 000
Immobilisations financières (1 155 000 – 800 000) 355 000
Dettes financières (4 420 000 – 4 300 000) 120 000
Sur impôts différés (actif) 140 000
Sur impôts différés (passif) – 50 000
Sur le crédit-bail 200 000
Actif net comptable corrigé 4 900 000 >>>

47

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Partie 1 Opérations de restructuration

>>> Éléments d’actif apportés par la société B


Concessions, brevets 95 000
Immobilisations corporelles 8 350 000
Immobilisations financières 1 155 000
Stocks et en-cours 975 000
Créances d’exploitation 1 175 000
Disponibilités 35 000
Moins les passifs pris en charge par la société A
Provisions 35 000
Dettes financières 4 420 000
Dettes d’exploitation 2 190 000
Dettes diverses 650 000
Valeur réestimée des biens apportés 4 490 000
Dans la mesure où la valeur des apports est de 4 900 000 et que la valeur réestimée des biens
apportés est de 4 490 000, il en résulte que la partie non affectée de la valeur réelle globale s’élève
à 4 900 000 – 4 490 000 = 410 000. La partie non affectée correspond ici aux plus/moins-values
sur le crédit-bail, sur les dettes financières à long terme et aux impôts différés. Cette différence est
positive. Elle apparaîtra à l’actif du bilan de la société absorbante dans la ligne « fonds commercial ».
1. Présentons la cession des actifs et des dettes à l’absorbante et la créance qui en résulte.

46 Créance, Société A 4 900 000


281 Amortissements des immobilisations corporelles 1 450 000
4911 Dépréciation des créances clients 60 000
15 Provisions 35 000
16 Dettes financières 4 420 000
40 Dettes d’exploitation 2 190 000
4.. Dettes diverses 650 000
205 Concessions et brevets 300 000
21 Immobilisations corporelles 8 000 000
26/27 Immobilisations financières 800 000
31 Stocks 975 000
41 Créances d’exploitation 1 235 000
50 Disponibilités 35 000
12 Résultat de fusion 2 360 000
Cession des actifs et des dettes à l’absorbante

2. Enregistrons à présent le paiement réalisé par l’absorbante (sous la forme de titres et le cas échéant
d’une soulte).

512 Banque (soulte) 125 000


27 Titres de participation de la société A 4 775 000
46 Créance, Société A 4 900 000
Paiement réalisé par l’absorbante

Le montant de 4 775 000 s’obtient par différence entre la « Créance, Société A » et la soulte déjà
versée. >>>

48

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La traduction comptable des opérations de restructuration

>>> 3. Constatons les droits des associés sur l’actif net de la société absorbée. Cette opération est réalisée
en soldant les comptes de capitaux propres et le cas échéant d’actifs fictifs.

101
106
Capital
Réserves
2 500 000
12 000
2
12 Résultat de l’exercice 40 000
12. Résultat de fusion 2 360 000

Chapitre
13 Subvention d’investissement 8 000
2801 Amortissement des frais d’établissement 80 000
201 Frais d’établissement 100 000
456 Actionnaires, Opération sur capital 4 900 000
Constatons les droits des associés sur l’actif net de la
société absorbée

4. Procédons désormais à la traduction comptable du partage de l’actif entre les associés de


l’absorbée. Ce dernier est constitué des titres et le cas échéant de la soulte.

456 Actionnaires, Opération sur capital 4 900 000


512 Banque 125 000
27 Titres de participation de la société A 4 775 000
Partage de l’actif

5. Déterminons les éléments permettant de constater l’augmentation de capital.


Rappelons que le capital social augmentera d’un montant égal à la valeur nominale des titres créés
pour rémunérer les apports. La valeur nominale des titres A est de 250 3, il faut créer 6 250 actions
compte tenu de la parité qui est 2 actions B contre 5 actions A et d’une soulte de 125 000 3 librement
négociée entre les parties.
Détermination de la prime de fusion :
Évaluation globale des apports à leur valeur réelle 4 900 000
Apports rémunérés par la soulte – 125 000
Apports rémunérés par les actions A 4 775 000

Apports rémunérés par les actions A 4 775 000


Augmentation de capital (250 Z 6 250) – 1 562 500
Prime de fusion 3 212 500

4561 Actionnaires, Société B 4 900 000


101 Capital 1 562 500
1042 Prime de fusion 3 212 500
512 Banque (soulte) 125 000
Augmentation de capital

>>>

49

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Partie 1 Opérations de restructuration

>>>

207 Fonds commercial 410 000


205 Concessions et brevets 95 000
21 Immobilisations corporelles 8 350 000
26/27 Immobilisations financières 1 155 000
31 Stocks 975 000
41 Créances d’exploitation 1 235 000
50 Disponibilités 35 000
491 Dépréciation des créances clients 60 000
15 Provisions 35 000
16 Dettes financières 4 420 000
40 Dettes d’exploitation 2 190 000
4.. Dettes diverses 650 000
4561 Actionnaires, Société B 4 900 000
Libération des apports

2 La participation de l’absorbante dans l’absorbée


La société absorbante n’a pas le droit de participer à l’échange des titres en sa qualité d’associé
de la société absorbée. Il lui est en effet interdit de recevoir ses propres titres en échange des titres
de la société absorbée. Il existe théoriquement deux procédés pour résoudre ce type de problème :
– le procédé de la fusion-renonciation (le seul utilisé en pratique) ;
– le procédé de la fusion-allotissement.

A Fusion-renonciation
1 Modalités de la fusion
La société absorbante « renonce » à présenter à l’échange les titres qu’elle détient. La société
absorbante crée seulement les titres nécessaires pour rémunérer les autres associés de la société
absorbée.

(suite)
Exemple

Reprenons les données de l’exemple. Nous supposons maintenant que les immobilisations finan-
cières de la société A sont constituées de 1 000 actions de la société B comptabilisées à leur prix
d’acquisition (1 100 000 3).
Calculons combien d’actions la société A doit émettre pour rémunérer les apports de la société B.
Rappelons que l’action A est évaluée à 385 3 et l’action B à 1 020 3. Le rapport théorique est 1 020/385
= 2,65 soit 2,65 actions A contre une action B. Dans cet exemple, les partenaires arrondissent ce
rapport à 2 actions B contre 5 actions A mais, cette fois, ils s’accordent pour ne pas prévoir de soulte.
Les 1 000 actions B détenues par la société A ne participeront pas à l’échange. Donc sur un total de
2 500 actions B, seules les 1 500 actions détenues par les actionnaires autres que la société A seront
échangées contre : 1 500 Z 5/2 = 3 750 actions A.
Les écritures de dissolution présentent les particularités suivantes :
– la valeur des titres remis en paiement par la société absorbante ne représente qu’une quote-part
de l’évaluation des apports de la société absorbée ; cette quote-part est proportionnelle au
nombre de titres détenus par les associés autres que la société absorbante ;
– la mise en évidence des droits des associés sur l’actif net distingue les droits de la société
absorbante, considérée en sa qualité d’associée, et les droits des autres associés ;
– l’écriture finale de partage de l’actif ne concerne que les actionnaires autres que la société absorbante. >>>

50

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La traduction comptable des opérations de restructuration

>>> 2. Écritures dans le cas où l’évaluation de l’apport est réalisée à la valeur comptable :

46
2801
Créance, Société A
Amortissements des frais d’établissement
2 560 000
80 000
2
281 Amortissements des immobilisations corporelles 1 450 000
4911 Dépréciation des créances clients 60 000
15 Provisions 35 000

Chapitre
16 Dettes financières 4 420 000
40 Dettes d’exploitation 2 190 000
4.. Dettes diverses 650 000
201 Frais d’établissement 100 000
205 Concessions et brevets 300 000
21 Immobilisations corporelles 8 000 000
26/27 Immobilisations financières 800 000
31 Stocks 975 000
41 Créances d’exploitation 1 235 000
50 Disponibilités 35 000
Cession des actifs et des dettes à l’absorbante

27 Titres de la société A 1 536 000


46 Société A 1 536 000
Paiement par la société absorbante 2 560 000 Z
(1 500/2 500)

101 Capital 2 500 000


106 Réserves 12 000
12 Résultat de l’exercice 40 000
13 Subvention d’investissement 8 000
46 Société A 1 024 000
456 Autres Actionnaires 1 536 000
Constatation les droits des associés sur l’actif net de la
société absorbée

1 024 000 = 2 560 000 Z (1 000/2 500)

456 Autres actionnaires 1 536 000


27 Titres de la société A 1 536 000
Échange de 1 500 actions B contre 3 750 actions A

>>>

51

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Partie 1 Opérations de restructuration

>>> 3. Écritures si l’évaluation est faite à la valeur réelle :

46 Créance, Société A 4 900 000


281 Amortissements des immobilisations corporelles 1 450 000
4911 Dépréciation des créances clients 60 000
15 Provisions 35 000
16 Dettes financières 4 420 000
40 Dettes d’exploitation 2 190 000
4.. Dettes diverses 650 000
205 Concessions et brevets 300 000
21 Immobilisations corporelles 8 000 000
26/27 Immobilisations financières 800 000
31 Stocks 975 000
41 Créances d’exploitation 1 235 000
50 Disponibilités 35 000
12 Résultat de fusion 2 360 000
Cession des actifs et des dettes à l’absorbante

27 Titres de la société A 2 940 000


46 Société A 2 940 000
Paiement par la société absorbante

4 900 000 Z (1 500/2 500) = 2 940 000


On vérifie également que : 1 536 000 + 1 024 000 = 2 560 000

101 Capital 2 500 000


106 Réserves 12 000
12 Résultat de l’exercice 40 000
12. Résultat de fusion 2 360 000
13 Subvention d’investissement 8 000
2801 Amortissement des frais d’établissement 80 000
201 Frais d’établissement 100 000
456 Autres Actionnaires 2 940 000
46 Société A 1 960 000
Constatation des droits des associés sur l’actif net de la
société absorbée

2 940 000 = 4 900 000 Z (1 500/2 500)


1 960 000 = 4 900 000 Z (1 000/2 500) >>>

52

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>>>

456
27
Autres actionnaires
Titres de la société A
Échange de 1 500 actions B contre 3 750 actions A
2 940 000
2 940 000 2
4. Situation de la société absorbante

Chapitre
La société absorbante doit enregistrer conjointement :
– une augmentation de capital à concurrence du nombre de titres créés en rémunération de la
quote-part des autres actionnaires ;
– l’annulation des titres de participation détenus dans la société dissoute et qui figuraient dans le
portefeuille de la société absorbante.

En conséquence, la prime de fusion comprend deux éléments :


– la prime d’émission des titres créés, égale à la différence entre la quote-part des autres
actionnaires dans les apports et le montant nominal de l’augmentation de capital ;
– le boni de fusion, qui correspond à la plus-value constatée lors de l’annulation des titres de
participation. Ce boni est égal à la différence entre la quote-part des apports représentée par
les titres annulés et leur valeur comptable dans les comptes de la société absorbante. Il est
comptabilisé en produits financiers à hauteur de la quote-part des résultats accumulés par la
société absorbée depuis l’acquisition et non distribués (si ces résultats peuvent être détermi-
nés de manière fiable). Le reste du boni est un élément de la prime de fusion.
Il existe souvent un mali de fusion quand les apports sont valorisés à la valeur comptable. Ce
mali technique est dû à l’existence de plus-values latentes sur les actifs de la société absorbée.
Dans ce cas, le mali technique est inscrit au débit d’une subdivision du compte 207. Fonds
commercial. Le mali technique doit être affecté aux différents actifs apportés compte tenu de
leurs plus-values latentes respectives. Il peut subir une dépréciation en cas de perte de valeur
des actifs sous-jacents.
En l’absence ou au-delà des plus-values latentes, le mali serait le signe que les titres de parti-
cipation de l’absorbante étaient surévalués. Ce vrai mali ne serait pas technique et il devrait être
enregistré au débit des charges financières de l’absorbante.
Fiscalement, le mali technique n’est pas déductible.

(suite)
Exemple

Calculons le montant de l’augmentation de capital et la prime de fusion, puis enregistrons la


fusion-renonciation dans les livres de la société A.
Calcul de l’augmentation de capital
L’augmentation du capital social de la société A s’élève à :
Valeur nominale de l’action A Z Nombre d’actions créées = 250 3 x 3 750 = 937 500 3
Déterminons la prime de fusion si l’évaluation est faite à la valeur comptable.
Calcul de la prime de fusion
Évaluation globale des apports 2 560 000
Quote-part des autres actionnaires (2 560 000 Z 1 500/2 500) 1 536 000
Montant nominal des actions A créées – 937 500
Prime d’émission 598 500
Quote-part de la société A (2 560 000 Z 1 000/2 500) 1 024 000
Valeur comptable des actions B annulées 1 100 000
Mali technique lié à la moins-value sur titres – 76 000
Prime de fusion 598 500 >>>

53

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Partie 1 Opérations de restructuration

>>>

4561 Actionnaires de la Société B 2 560 000


207 Fonds commercial (mali de fusion) 76 000
101 Capital 937 500
261 Titres de participation 1 100 000
1042 Prime de fusion 598 500
Total de l’apport et annulation des 1000 actions B

201 Frais d’établissement 100 000


205 Concessions et brevets 300 000
21 Immobilisations corporelles 8 000 000
26/27 Immobilisations financières 800 000
31 Stocks 975 000
41 Créances d’exploitation 1 235 000
50 Disponibilités 35 000
2801 Amortissements des frais d’établissement 80 000
281 Amortissements des immobilisations corporelles 1 450 000
491 Dépréciation des créances clients 60 000
15 Provisions 35 000
16 Dettes financières 4 420 000
40 Dettes d’exploitation 2 190 000
4.. Dettes diverses 650 000
4561 Actionnaires, Société B 2 560 000
Libération des apports

Déterminons la prime de fusion si l’évaluation est faite à la valeur réelle.


Calcul de la prime de fusion
Évaluation globale des apports 4 900 000
Quote-part des autres actionnaires (4 900 000 Z 1 500/2 500) 2 940 000
Montant nominal des actions A créées – 937 500
Prime d’émission 2 002 500

Quote-part de la société A (4 900 000 Z 1 000/2 500) 1 960 000


Valeur comptable des actions B annulées 1 100 000
Boni de fusion lié à la plus-value sur titres 860 000
Prime de fusion (2 002 500 + 860 000) 2 862 500

4561 Actionnaires de la Société B 4 900 000


101 Capital 937 500
261 Titres de participation 1 100 000
1042 Prime de fusion 2 862 500
Total de l’apport et annulation des 1 000 actions B

>>>

54

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La traduction comptable des opérations de restructuration

>>>

208
205
21
Autres immobilisations incorporelles
Concessions et brevets
Immobilisations corporelles
410 000
95 000
8 350 000
2
26/27 Immobilisations financières 1 155 000
31 Stocks 975 000

Chapitre
41 Créances d’exploitation 1 235 000
50 Disponibilités 35 000
491 Dépréciation des créances clients 60 000
15 Provisions 35 000
16 Dettes financières 4 420 000
40 Dettes d’exploitation 2 190 000
4.. Dettes diverses 650 000
4561 Actionnaires, Société B 4 900 000
Libération des apports

B Fusion-allotissement
La fusion-allotissement consiste :
– dans une première étape, à partager la société à absorber en deux lots dont l’un est dévolu
à la société absorbante et l’autre est conservé par les autres actionnaires ;
– dans une seconde étape, à fusionner la société absorbante et le lot qui a été conservé par les
autres actionnaires.
La plus-value sur titres réalisée par la société absorbante lors du partage (première étape) est
imposable à l’impôt sur les sociétés. Seules les opérations de fusion proprement dites (seconde
étape) bénéficient du régime fiscal de faveur des fusions. Pour cette raison, la fusion-allotisse-
ment n’est pas utilisée en pratique.

3 La participation de l’absorbée dans l’absorbante


La détention par la société absorbée de titres de la société absorbante a pour effet que la société
absorbante reçoit ses propres titres, inclus dans l’apport du patrimoine de la société absorbée.
Or, en principe, il est interdit à une société de détenir ses propres droits sociaux. Par exception
à cette règle, les sociétés par actions peuvent conserver leurs propres actions quand elles étaient
comprises dans un patrimoine transmis à titre universel par fusion, scission ou apport partiel
d’actif d’une branche d’activité (c. com. art. L 225-213). Cependant, même dans ce cas, une société
par actions ne peut détenir plus de 10 % de son capital.

A Modalités de la fusion
L’application de ces règles oblige donc à annuler les titres propres reçus par la société absor-
bante. Les modalités d’enregistrement comptable sont les suivantes :
– la société absorbante augmente d’abord son capital dans les conditions habituelles ;
– la société absorbante réduit ensuite son capital à concurrence du montant nominal des titres
propres qui doivent être annulés.
La différence entre la valeur d’apport des titres propres annulés et leur valeur nominale est
imputée sur la prime de fusion.

55

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Partie 1 Opérations de restructuration

Reprenons les données de l’exemple précédent. Rappelons que les 2 500 actions B sont échangées
Exemple

contre 6 250 actions A. Nous supposons cette fois que les immobilisations financières de la société B
sont constituées de 3 000 actions de la société A, comptabilisées à leur prix d’acquisition
(800 000 3). De son côté, la société A détient déjà 2 000 de ses propres actions achetées en vue de
lisser leur cours en bourse. Il n’est pas prévu de soulte.
Les modalités de l’absorption de la société B par la société A sont les suivantes :
L’augmentation du capital social de la société A s’élève à :
Valeur nominale de l’action A Z nombre d’actions créées = 250 3 Z 6 250 = 1 562 500 3
Néanmoins, la société A reçoit 3 000 actions propres qu’elle doit annuler puisqu’elle détient déjà 10 %
de son capital (2 000 actions sur 20 000).
La réduction du capital social de la société A s’élève à :
Valeur nominale de l’action A Z nombre d’actions annulées = 250 3 Z 3 000 = 750 000 3
La dissolution de la société absorbée est réalisée dans les mêmes conditions que celles vues
précédemment.
Présentons les écritures d’augmentation de capital et de réduction de capital de la société A.
Cas 1 : L’évaluation est faite à la valeur comptable

4561 Actionnaires, Société B 2 560 000


101 Capital 1 562 500
1042 Prime de fusion 997 500
Augmentation de capital

201 Frais d’établissement 100 000


205 Concessions et brevets 300 000
21 Immobilisations corporelles 8 000 000
277 Actions propres 800 000
31 Stocks 975 000
41 Créances d’exploitation 1 235 000
50 Disponibilités 35 000
2801 Amortissements des frais d’établissement 80 000
281 Amortissements des immobilisations corporelles 1 450 000
491 Dépréciation des créances clients 60 000
15 Provisions 35 000
16 Dettes financières 4 420 000
40 Dettes d’exploitation 2 190 000
4.. Dettes diverses 650 000
4561 Actionnaires, Société B 2 560 000
Libération des apports

101 Capital 750 000


1042 Prime de fusion 50 000
277 Actions propres 800 000
Réduction du capital

>>>

56

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La traduction comptable des opérations de restructuration

>>> Cas 2 : L’évaluation est faite à la valeur réelle

4561
101
Actionnaires, Société B
Capital
4 900 000
1 562 500
2
1042 Prime de fusion 3 337 500
Augmentation de capital

Chapitre
208 Autres immobilisations incorporelles 410 000
205 Concessions et brevets 95 000
21 Immobilisations corporelles 8 350 000
277 Actions propres 1 155 000
31 Stocks 975 000
41 Créances d’exploitation 1 235 000
50 Disponibilités 35 000
491 Dépréciation des créances clients 60 000
15 Provisions 35 000
16 Dettes financières 4 420 000
40 Dettes d’exploitation 2 190 000
4.. Dettes diverses 650 000
4561 Actionnaires, Société B 4 900 000
Libération des apports

101 Capital 750 000


1042 Prime de fusion 405 000
277 Actions propres 1 155 000
Réduction du capital

4 La rétroactivité des fusions

A Définition
Il y a lieu de distinguer :
– la date d’arrêté des comptes précédant la fusion, c’est-à-dire, en pratique, la date de clôture
de l’exercice comptable de la société absorbée ; les évaluations figurant dans le traité d’apport
sont basées sur la situation à cette date ;
– la date de réalisation définitive de la fusion (ou scission ou apport partiel) ; cette date est celle
où toutes les assemblées générales extraordinaires des sociétés concernées ont approuvé le
projet.
Entre ces deux dates, on définit la période intercalaire pendant laquelle la société absorbée
pours uit son activité et dégage un résultat (bénéfice ou perte). L’évaluation des apports s’en
trouve modifiée.

57

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Partie 1 Opérations de restructuration

Pour des raisons de simplicité, on insère souvent dans le traité d’apport une clause de rétro-
activité aux termes de laquelle la fusion prend effet à la date d’arrêté des comptes. Le résultat
de la période intercalaire (ou période de rétroactivité) bénéficie ainsi à la société absorbante
(ou est à sa charge s’il s’agit d’une perte).

B Comptabilité des opérations intercalaires


Si les opérations intercalaires dégagent une perte qui rend la valeur des apports inférieure à celle
qui est stipulée dans le traité d’apport, cette perte est imputée sur la prime de fusion lors de
l’affectation des résultats de l’exercice.
La société absorbée comptabilise ses opérations courantes pendant la période intercalaire.
La société absorbante centralise ces opérations dans ses propres comptes quand la fusion est
devenue définitive. Après cette centralisation, les créances et dettes réciproques, les produits et
charges réciproques et les profits et pertes réciproques sont éliminés.

(suite)
Exemple

L’absorption de la société B par la société A prend effet le 31.12.N, date d’arrêté des comptes des deux
sociétés. La fusion a été réalisée par délibérations des AGE des deux sociétés en date du 30/04/N+1.
Supposons que les seules opérations réalisées par la société B au cours de la période intercalaire aient
été :
Ventes au comptant (dont 21 000 3 vendu à A) 100 000
Achats au comptant 30 000
Charges de personnel 90 000
Variation des stocks (créditeur) (5 000)
Présentons les écritures passées dans les comptes de société B.

Janvier à avril N+1


60. Achats 30 000
64 Charges de personnel 90 000
31 Stocks 5 000
512 Banque 20 000
70 Ventes 100 000
603 Variations des stocks 5 000
Opérations courantes de la période intercalaire

30/04/N+1
70 Ventes 100 000
603 Variations des stocks 5 000
455 Société A, compte courant 15 000
60. Achats 30 000
64 Charges de personnel 90 000
Virement du résultat de la période intercalaire au compte
courant de la période de la société absorbante

>>>

58

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La traduction comptable des opérations de restructuration

>>>

512
31
Banque
Stocks
30/04/N+1
20 000
5 000
2
455 Société A, compte courant 15 000
Transmission du patrimoine à la date de réalisation de la

Chapitre
fusion

Présentons à présent les écritures de centralisation.

30/04/N+1
60. Achats 30 000
64 Charges de Personnel 90 000
455 Société B, compte courant 15 000
70 Ventes 100 000
603 Variation de stocks 5 000
Centralisation des opérations courantes de la période
intercalaire

30/04/N+1
455 Société B, compte courant 15 000
30 Stocks 5 000
512 Banque 20 000
Transmission du patrimoine à la date de réalisation de la
fusion

30/04/N+1
70 Ventes 21 000
60 Achats 21 000
Élimination des opérations réciproques

Courant N+1
1042 Prime de fusion 15 000
12 Résultat de l’exercice 15 000
Imputation de la perte sur la prime de fusion lors de
l’affectation du résultat de l’exercice N+1

59

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Partie 1 Opérations de restructuration

5 La détermination du boni/mali de fusion et le suivi comptable du mali


Lorsque l’entité absorbante a acquis des titres de l’entité absorbée antérieurement à la date de
l’opération de fusion, un boni ou mali peut apparaître lors de l’annulation de ces titres.
Comme nous l’avons déjà vu, le boni représente l’écart positif entre l’actif net positif reçu par
l’entité absorbante à hauteur de sa participation détenue dans l’entité absorbée et la valeur
comptable de cette participation. Le boni est comptabilisé dans le résultat financier à hauteur
de la quote-part des résultats accumulés par l’entité absorbée depuis l’acquisition et non
distribués et, dans les capitaux propres pour le montant résiduel ou si les résultats accumulés
ne peuvent être déterminés de manière fiable.

A Traitement du mali pour les opérations évaluées à la valeur comptable


Le mali de fusion représente l’écart négatif entre l’actif net, positif ou négatif, reçu par l’entité
absorbante à hauteur de sa participation dans l’entité absorbée et la valeur comptable de cette
participation. Le cas échéant, le mali est corrigé des ajustements de prix sur les titres de
participation, positifs ou négatifs, intervenus postérieurement à la fusion. Lorsqu’une fusion a
pour effet de transférer à l’entité absorbante ses propres titres, aucun mali de fusion n’est
constaté sur l’annulation de ces derniers.

1 Décomposition du mali de fusion


Le mali de fusion peut, le cas échéant, être décomposé en deux éléments.
e Le mali technique proprement dit, qui correspond, à hauteur de la participation antérieure-
ment détenue, aux plus-values latentes sur éléments d’actif comptabilisés ou non dans les
comptes de l’absorbée (éléments d’actifs identifiés hors fonds commercial) déduction faite
des passifs non comptabilisés dans les comptes de l’entité absorbée en l’absence d’obligation
comptable (cette composante est généralement constatée pour les fusions ou les opérations
de transmission universelle de patrimoine évaluées à la valeur comptable, lorsque la valeur
nette des titres de l’entité absorbée figurant à l’actif de l’entité absorbante est supérieure à
l’actif net comptable apporté). Les plus-values latentes sur éléments d’actif destinés à être
revendus à brève échéance sont évaluées nettes d’impôts. Les passifs reversés à court terme
sont évalués net d’impôt.
e Au-delà du mali technique, l’éventuelle dépréciation de la participation détenue dans l’entité
absorbée, nécessaire au moment de la fusion. Cette dépréciation doit être comptabilisée dans
le résultat financier de l’entité absorbante de l’exercice au cours duquel l’opération est réalisée.

2 Modalités de calcul du mali technique de fusion


Le mali technique de fusion correspond, à hauteur de la participation antérieurement détenue :
– aux plus-values latentes sur éléments d’actif comptabilisés ou non chez l’absorbée et évaluées
de manière fiable. Ces éléments incluent le fonds commercial s’il est évalué de manière fiable ;
– déduction faite des passifs non comptabilisés chez l’absorbée.
Le calcul du mali technique peut être réalisé sur la base d’une valeur globale de l’absorbée.

60

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La traduction comptable des opérations de restructuration

2
L’entité A absorbe l’entité B dont elle détient 60 % des titres. L’entité a l’intention de céder le terrain
Exemple

et l’immeuble dans un avenir proche. Un impôt latent est donc pris en compte. Une entité A détient
60 % d’une entité B. L’entité A absorbe l’entité B.
Valeur comptable des titres de B chez A 18 500
Actif net de l’entité B 22 000
Détermination de l’actif net corrigé de l’entité B
Actif net de l’entité B 22 000

Chapitre
– Frais d’établissement (1 000)
Plus-value sur terrain 6 000
Impôt sur la cession du terrain (2 000)
Plus-value sur immeuble 3 000
Impôt sur la cession de l’immeuble (1 000)
Plus-value sur titres 8 000
Fonds commercial non valorisé 10 000
– Moins-value sur matériel (1 000)
– Engagement de retraite (5 000)
Actif net corrigé 38 000
Calcul du mali total
Valeur comptable de la participation 18 500
Quote-part des apports à la valeur comptable 60 % Z 22 000 13 200
Total 5 300
Calcul du mali technique
Quote-part des apports à la valeur réelle 60 % Z 38 000 22 800
Quote-part des apports à la valeur comptable 60 % Z 22 000 13 200
Total 9 600

3 Détermination du mali technique en cas d’actif net comptable négatif


En cas d’actif net négatif apporté (transmission universelle de patrimoine, fusion simplifiée), les
modalités de détermination du mali technique conduisent à calculer un mali global supérieur à
la valeur des titres inscrits à l’actif de l’absorbante.
Or la définition générale du mali technique s’applique quel que soit l’actif net comptable de
l’entité absorbée, sans qu’il y ait lieu de limiter le montant du mali technique au seul montant
des titres comptabilisés par l’entité absorbante. Le calcul du mali technique n’est limité que par
les montants des plus-values latentes nettes sur éléments d’actifs et de passifs comptabilisés ou
non.

4 Affectation du mali technique


À la date de l’opération, on procède à l’affectation du mali technique aux différents actifs
apportés concernés, qu’ils soient inscrits ou non dans les comptes de l’absorbée :
– si le mali technique est supérieur à la somme des plus-values latentes (sur les éléments
d’actifs identifiés hors fonds commercial), il est affecté aux actifs apportés et le montant
résiduel au fonds commercial ;
– si le mali technique est inférieur à la somme des plus-values latentes (sur les éléments d’actifs
identifiés hors fonds commercial), il est affecté aux actifs apportés au prorata des plus-values
latentes.

5 La présentation au bilan du mali technique


L’absorbante va comptabiliser le mali technique dans un compte spécifique par catégorie d’actif
concerné après son affectation. Les différentes catégories retenues sont : mali de fusion sur
actifs incorporels, mali de fusion sur actifs corporels, mali de fusion sur actifs financiers, mali de
fusion sur actif circulant. Il va de soi que les entreprises peuvent créer autant de sous-comptes
que nécessaire pour suivre le mali affecté aux différents actifs.

61

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Partie 1 Opérations de restructuration

6 Amortissement du mali technique


Le mali technique est amorti ou rapporté au résultat selon les mêmes règles et dans les mêmes
conditions que les actifs auxquels il est affecté.
Le mali technique suit les règles d’amortissement de l’actif correspondant. Soulignons que la
fraction de mali affectée à un terrain ou à des titres n’est pas amortie mais fait l’objet, le cas
échéant, d’une dépréciation. La quote-part de mali résiduelle affectée à un fonds commercial suit
les règles d’amortissement du fonds commercial.
La quote-part de mali affectée à des actifs amortissables comme des brevets ou des outillages
est amortissable sur la durée d’utilisation résiduelle des actifs.
Enfin, précisons que chaque quote-part du mali affecté à un actif sous-jacent subit une dépré-
ciation lorsque la valeur actuelle de l’actif sous-jacent devient inférieure à sa valeur nette
comptable, majorée de la quote-part de mali affectée. La dépréciation est imputée en priorité
sur la quote-part du mali technique.
Les amortissements et dépréciations sont comptabilisés dans des comptes spécifiques par
catégorie d’actif concerné.

Exemple 1
Exemple

Soit l’entité B détenue par l’entité A. L’entité A absorbe l’entité B au 1 er janvier N. Les apports sont
évalués à la valeur comptable. La valeur des titres est de 50 000 3 et le mali technique dégagé lors
de cette opération est de 8 000 3. Le mali technique sera affecté aux différents actifs identifiables
apportés au prorata des plus-values latentes. Il sera tenu compte d’un impôt latent sur les plus-values
portant sur les actifs destinés à être cédés à brève échéance.
À partir des hypothèses suivantes, présentons le tableau d’affectation du mali tel qu’il est défini dans
la réglementation :
a. La valeur réelle au-delà de la valeur nette comptable du logiciel ne pouvant être estimée de manière
fiable, aucune plus-value latente n’a été identifiée.
b. L’entité a l’intention de céder le brevet A dans un avenir proche. Un impôt latent est donc pris en
compte. En revanche, l’entité n’a pas l’intention de céder le brevet B, il n’est donc tenu compte
d’aucun d’impôt latent.
c. L’entité a l’intention de céder le terrain dans un avenir proche. Un impôt latent est donc pris en
compte.
d. La valeur réelle des outillages est présumée au moins équivalente à la valeur nette comptable mais
sans écart significatif, aucune plus-value latente n’a donc été identifiée
e. L’entité affecte une quote-part de mali à l’impôt qui est présumé pouvoir être recouvré par l’entité
absorbante à raison des déficits reportables de l’entité absorbée en tenant compte de l’impôt latent
sur les plus-values de cession prévues à brève échéance.
f. Le fonds commercial non comptabilisé dans les comptes de l’entité absorbée est évalué à 3 500 3
mais le solde du mali à affecter étant de 2 700 le fonds n’est reconnu qu’à hauteur de ce montant.
g. La somme du mali de fusion sur actifs incorporels est égale à la somme du mali de fusion sur actifs
incorporels identifiables et du mali de fusion résiduel affecté au fonds commercial.

Affectation
du mali au
Valeur Plus- Plus-value prorata des
Durée Valeur Valeur Impôts
Actifs Amort. nette value latente nette plus-values
d’amort. brute réelle latents
comptable latente d’impôts dans la
limite de
celles-ci
Logiciel 5 ans 9 00 720 180 180 (a) 0
Brevet A (b) 10 ans 1 000 500 500 1 500 1 000 333 (b) 667 667
Brevet B (b) 15 ans 5 000 3 333 1 667 4 000 2 333 0 (b) 2 333 2 333
Total mali de fusion sur actifs incorporels 3 000 >>>

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>>>
Affectation

2
du mali au
Valeur Plus- Plus-value prorata des
Durée Valeur Valeur Impôts
Actifs Amort. nette value latente nette plus-values
d’amort. brute réelle latents
comptable latente d’impôts dans la
limite de
celles-ci

Chapitre
Terrain 1 000 1 000 2 200 1 200 400 (c) 800 800
Outillage 10 ans 2 000 1 800 200 200 (d)
Total mali de fusion sur actifs corporels 800
Titres de 1 000 1 000 1 500 500 500 500
participation
Total mali de fusion sur actifs financiers 500
Impôts sur (e) 1 000 1 000 1 000 1 000
déficits
reportables
Total mali de fusion sur actif circulant 1 000
Total des actifs affectés hors fonds commercial 6 033 733 5 300 5 300
Mali de fusion résiduel à affecter au fonds commercial (f) 2 700

Au 01/01/N, le mali de fusion de 8 000 est affecté et comptabilisé de la manière suivante :


Compte 2081 : « Mali de fusion sur actifs incorporels » : 3 000 + 2 700 = 5 700
Compte 2187 « Mali de fusion sur actifs corporels » : 800
Compte 278 : « Mali de fusion sur actifs financiers » : 500
Compte 478 : « Mali de fusion sur actif circulant » : 1 000

7 Suivi du mali technique

(suite de l’exemple 1)
Exemple

Le mali technique dégagé lors de cette opération est de 8 000.


Par hypothèse :
– le brevet A est amorti sur 10 ans et sa durée résiduelle d’utilisation à la date de la fusion est de 5 ans.
La quote-part du mali affectée au brevet est donc amortie sur 5 ans. Le brevet A est cédé le
30/06/N+2.
– le brevet B est amorti sur 15 ans et sa durée résiduelle d’utilisation à la date de la fusion est de 5 ans.
La quote-part du mali affectée au brevet est donc amortie sur 5 ans.
Le mali de fusion affecté à l’actif circulant portant sur des pertes fiscales reportables est repris au
même rythme que ces pertes seront utilisées >>>

63

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>>> Au 31/12/N

Valeur Valeur
Valeur Amort.
Valeur Amort. Affec- Mali comp- actuelle
comp- ou Dépré-
Actifs comptable Année tation net au table au au Écart
table au reprise ciation
au 1/1/N N mali 31/12/N 31/12/N 31/12/N
31/12/N mali
(1) (2)
Fonds 2 700 2 700 2 700 3 500 800 0
commercial
Brevet A (b) 500 100 400 667 133 533 933 1 000 67 0
Brevet B (b) 1 667 333 1 334 2 333 467 1 867 3 200 4 000 800 0
Total mali de fusion sur actifs incorporels 5 700 600 5 100
avant dépréciation
Dépréciation
Total mali de fusion sur actifs incorporels 5 100
après dépréciation (1)
Terrain 1 000 1 000 800 800 1 800 2 200 400 0
Total mali de fusion sur actifs corporels 800 800
Dépréciation
Total mali de fusion sur actifs corporels 800 800
après dépréciations (2)
Titres de 1 000 1 000 500 500 1 500 1 300 – 200 200
participation
Total mali de fusion sur actifs financiers 500 500
avant dépréciations
Dépréciation 200
Total mali de fusion sur actifs financiers 300
après dépréciations (3)
Impôts sur 1 000 450 550 550 550
déficits
reportables
Total mali de fusion sur actif circulant 550

La quote-part du mali affectée aux brevets est amortie sur la durée résiduelle d’utilisation des actifs
sous-jacents sur lesquels portent les plus-values, soit 133 3 pour le brevet A (667/5) et 467 3 (2 333/5)
pour le brevet B pour l’exercice N.
Par ailleurs, la quote-part du mali affectée à des pertes reportables est reprise au même rythme que
leur utilisation, soit 550 3 pour l’exercice N.
Que l’actif sous-jacent soit amorti ou non, la somme de la valeur nette comptable de l’actif et celle
de la quote-part du mali affectée à cet actif est comparée à la valeur actuelle de l’actif au 31/12/N.
Si cette dernière est inférieure à la valeur nette comptable de l’actif plus la quote-part du mali, une
dépréciation est comptabilisée. Ainsi, au 31/12/N, une dépréciation de 200 3 sur le mali de fusion sur
actifs financiers est comptabilisée.

68118 Dotation aux amortissements sur mali de fusion sur actifs 600
incorporels
28081 Amortissement du mali de fusion sur actifs incorporels 600

>>>

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>>>

686627

29781
Dotation aux amortissements sur mali de fusion sur actifs
financiers
Dépréciation du mali de fusion sur actifs incorporels
200

200
2

Chapitre
6959 Reprise de mali affecté à des pertes reportables 550
478 Mali de fusion sur actif circulant 550

Au 31/12/N+1
La quote-part du mali affectée au brevet est amortie sur la durée d’utilisation résiduelle des actifs
sous-jacents sur lesquels portent les plus-values, soit 133 3 pour le brevet A (667/5) et 467 3 (2 333/5)
pour le brevet B pour l’exercice N+1 et celle affectée à des pertes reportables est reprise pour 450 3.
La valeur nette comptable du fonds commercial plus la quote-part du mali technique affecté au fonds
commercial est comparée à la valeur actuelle du fonds commercial. Il en résulte une dépréciation de
la quote-part du mali affectée au fonds commercial de 400 3.

68118 Dotation aux amortissements sur mali de fusion sur actifs 600
incorporels
28081 Amortissement du mali de fusion sur actifs incorporels 600

681617 Dotation aux dépréciations sur mali de fusion sur actifs 400
incorporels
29071 Dépréciation du mali de fusion sur actifs incorporels 400

6959 Reprise de mali affecté à des pertes reportables 450


4781 Mali de fusion sur actif circulant 450

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SYNTHÈSE

La réglementation sur les opérations de restructuration précise que les apports sont évalués
en fonction de la situation de l’entité absorbante et de l’existence ou non d’un contrôle
commun entre les entités participant à l’opération. En fonction de la situation de contrôle,
les apports peuvent être évalués soit à la valeur comptable, soit à la valeur réelle. Lorsque
les apports sont évalués à la valeur réelle, les valeurs individuelles des actifs et passifs sont
définies à partir de la valeur de marché si cela est possible ou de l’utilité du bien pour l’entre-
prise absorbante. A contrario, lorsque les apports sont évalués à la valeur comptable, les
valeurs individuelles des actifs et passifs sont celles qui figurent dans les comptes de l’entité
absorbée.
La traduction comptable des opérations de restructuration est réalisée en deux temps. Il faut
d’abord passer les écritures de dissolution de la société absorbée ; en identifiant la créance
liée à la cession, le paiement réalisé par la société absorbante, la constatation des droits des
associés sur l’actif net de la société absorbée et enfin procéder au partage de l’actif (constitué
des titres et le cas échéant d’une soulte). Ensuite, il est nécessaire de procéder aux écritures
liées à l’augmentation de capital de la société absorbante (ou de la constitution d’une nouvelle
société le cas échéant).
Dans le cas où il existe une participation de la société absorbante dans la société absorbée,
la société absorbante n’a pas le droit de recevoir ses propres titres de la part de la société
absorbée. Elle optera alors pour le procédé de la fusion-renonciation qui consiste, pour la
société absorbante à renoncer à présenter à l’échange les titres qu’elle détient. Plus rarement,
car défavorable sur plan fiscal, elle pourra opter pour la fusion-allotissement. Ce procédé
consiste à partager la société à absorber en deux lots dont l’un est dévolu à la société absor-
bante et l’autre est conservé par les autres actionnaires. Il faut ensuite fusionner la société
absorbante et le lot qui a été conservé par les autres actionnaires.
Il peut aussi exister une participation de l’absorbée dans l’absorbante. Si tel est le cas, la
société absorbante augmente d’abord son capital dans les conditions habituelles. Puis, elle
réduit son capital à concurrence du montant nominal des titres propres qui doivent être
annulés. La différence entre la valeur d’apport des titres propres annulés et la valeur nominale
est imputée sur la prime de fusion.
Entre la date d’arrêté des comptes de la société absorbée précédant la fusion et la date de
réalisation définitive de l’opération de restructuration, on définit une période intercalaire
durant laquelle la société absorbée poursuit son activité. Il arrive souvent que l’on insère dans
le traité d’apport une clause de rétroactivité aux termes de laquelle la fusion prend effet à la
date d’arrêté des comptes.
Enfin, lorsque l’entité absorbante a acquis des titres de l’entité absorbée antérieurement à la
date de l’opération de fusion, un boni ou mali peut apparaître lors de l’annulation de ces titres.
Il convient dès lors de mettre en place un suivi du mali technique et de son amortissement,
le cas échéant.

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Applications

APPLICATIONS
QCM 02.01 QCM

Parmi les propositions suivantes, lesquelles sont correctes ?

1. Le contrôle commun d’une entité correspond au contrôle exclusif tel que défini dans la
réglementation sur les comptes consolidés.
A. Correct
B. Incorrect
2. Pour une opération à l’endroit impliquant des entités sous contrôle distinct, la valorisation
des apports se fera à la valeur réelle.
A. Correct
B. Incorrect
3. Pour une opération à l’envers impliquant des entités sous contrôle commun, la valorisation
des apports se fera à la valeur réelle.
A. Correct
B. Incorrect
4. La valeur réelle est systématiquement déterminée par le marché financier.
A. Correct
B. Incorrect
5. Les actifs et passifs non comptabilisés par l’entité absorbante sont repris en résultat en
fonction de leur utilisation.
A. Correct
B. Incorrect
6. La différence entre l’évaluation des apports et l’augmentation du capital est inscrite dans
le compte 1042 prime de fusion.
A. Correct
B. Incorrect
7. L’imputation des frais d’augmentation de capital sur la prime de fusion constitue la
méthode préférentielle.
A. Correct
B. Incorrect
8. La fusion-renonciation consiste à renoncer purement et simplement à la fusion pour
envisager plutôt un apport partiel d’actif.
A. Correct
B. Incorrect
9. Dans la vie des affaires, la fusion allotissement est largement pratiquée car fiscalement très
avantageuse.
A. Correct
B. Incorrect
10. La clause de rétroactivité de la fusion fixe la date à partir de laquelle la fusion prend effet.
A. Correct
B. Incorrect
11. Le mali technique est amorti ou rapporté au résultat selon les mêmes règles et les mêmes
conditions que les actifs auquel il est affecté.
A. Correct
B. Incorrect

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APPLICATIONS

EXO 02.02 Fusion absorption simple sans participation préalable

Dans le cadre du projet de fusion des sociétés AAA et BBB, les dirigeants des sociétés ont
retenu les valeurs d’échange suivantes :
– La société AAA vaut 120 000 euros (1 200 actions)
– La société BBB vaut 60 000 euros (300 actions)
La société AAA absorbe la société BBB.

Déterminer la parité d’échange.

EXO 02.03 Fusion absorption avec participation préalable de la société absorbante


dans la société absorbée

Dans le cadre du projet de la fusion des sociétés CCC et DDD, les dirigeants des sociétés ont
retenu les valeurs d’échange suivantes :
– La société CCC vaut 1 000 000 euros (10 000 actions)
– La société DDD vaut 500 000 euros (2 500 actions)
Il est précisé que ces valeurs ne tiennent pas compte de la participation de 500 actions que
détient CCC sur DDD souscrite lors de la création de la société pour 25 000 euros.
La société CCC absorbe la société DDD.

Déterminer la parité d’échange.

EXO 02.04 Fusion absorption avec participation réciproque

Dans le cadre du projet de la fusion des sociétés EEE et FFF, les dirigeants des sociétés ont
retenu les valeurs d’échange suivantes :
– La société EEE vaut 4 800 000 euros (10 000 actions)
– La société FFF vaut 500 000 euros (5 000 actions)
Il est précisé que ces valeurs ne tiennent pas compte de la participation de 1 000 actions que
détient EEE sur FFF souscrite lors de la création de la société pour 10 000 euros et
de la participation de 1 000 actions que détient FFF sur EEE acquise pour un prix de
150 000 euros.
La société EEE absorbe la société FFF.

1. Déterminer la parité d’échange.


2. Calculer la parité d’échange dans le cas où l’opération est inversée, c’est-à-dire où la société
FFF absorbe la société EEE.

EXO 02.05 Étude de cas

Sujet
Créée par Robert TREBOR en 1984, la société RTC est une société anonyme au capital de
100 000 euros (10 000 actions de 10 euros). Son activité est la distribution de matériaux de
construction et de bricolage. Elle exploite trois magasins dans l’audomarois. Parce qu’elle ne

68

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Applications

APPLICATIONS
disposait pas des ressources et compétences nécessaires, elle a pris la décision d’externaliser
la gestion de la supply chain auprès de la société LTDA en avril 2000. La société LTDA,
titulaire de la licence de transport, est une SARL au capital de 20 000 euros (20 000 parts
sociales de 1 euro). En avril 2000, RTC a acquis 35 % du capital (7 000 parts sociales) de LTDA
pour un prix de 52 500 euros. En janvier 2015, à l’occasion du départ à la retraite d’un associé,
elle a fait l’acquisition de 10 000 parts sociales pour un prix de 140 000 euros.
Pour permettre la réalisation d’économies sur les charges de fonctionnement et parce que
95 % du chiffre d’affaires de LTDA est facturé à RTC, Robert TREBOR, PDG et actionnaire
détenant 8 700 actions de RTC, souhaite procéder à la fusion des deux sociétés.
La société RTC absorbera la société LTDA.
Max WEBER, gérant et directeur des transports de LTDA, en est associé depuis la constitution
pour 1 000 parts sociales. C’est une personne clé de l’entreprise dans la mesure où il est le
seul à être titulaire de la capacité de transport (diplôme indispensable pour exercer l’activité
de transport pour le compte tiers).
En annexe 1, figurent les conditions de la fusion et diverses informations.
En annexe 2, figure le bilan de LTDA au 31/12/2018.
Pour l’ensemble du cas, il sera fait abstraction de la fiscalité différée et de la fiscalité latente
et nous nous plaçons en 2019.

1. La présence d’emprunts bancaires est-elle de nature à faire obstacle à la réalisation de


l’opération projetée ? Quelle précaution doit prendre M. TREBOR ? Expliquer.
2. Quel sort sera réservé au compte courant d’associé de RTC dans LTDA ?
3. À partir des données fournies, déterminer la parité d’échange.
4. Déterminer la valeur d’apport en justifiant la méthode retenue.
5. Déterminer :
– le nombre de titres RTC à créer,
– la soulte, le cas échéant,
– l’augmentation de capital à réaliser,
– la prime de fusion (proprement dite),
– le boni ou le mali de fusion. Préciser le sort du résultat que vous trouverez.
6. Passer l’écriture comptable relative aux capitaux propres.
7. Déterminer le nombre de titres qui seront remis à Max WEBER. Déterminer et expliquer le
sort de la plus-value.
8. Que devient le mandat social de Max WEBER ? Dans quelles conditions peut-il faire partie
de la direction de RTC ?

ANNEXE 1 : Conditions de la fusion et informations diverses

L’opération est à réaliser en 2019 et sera placée sous le régime fiscal de l’article 210 A du Code
général des impôts. Les parties souhaitent qu’il y ait un effet rétroactif au 1 er janvier 2018.
Une évaluation de la société a été réalisée par des experts indépendants. Ils ont conclu que
la valeur globale de la société LDTA était de 300 000 euros. Les évaluateurs estiment que
parmi les biens détenus par cette société, seuls le terrain et le bâtiment ont une valeur de
marché nettement différente de leur valeur nette comptable. Le terrain peut être vendu pour
50 000 euros et le bâtiment construit sur ce terrain pour 60 000 euros au plus. Un actuaire
a estimé les engagements de départ à la retraite à 25 000 euros. Ces derniers ne sont pas

69

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comptabilisés. En outre, ils ont pu estimer que la valeur globale de la société RTC est de
400 000 euros y compris les titres LTDA.
Les parties vont utiliser ces estimations pour déterminer la parité d’échange.

ANNEXE 2 : Bilan de LDTA au 31/12/2018

ACTIF PASSIF
Amortissements
Brut Nette
et dépréciations
Terrains 15 000 15 000 Capital social 20 000
(20 000 parts à
1 euro)
Constructions 80 000 50 000 30 000 Réserve légale 2 000
Matériels roulants 230 000 50 000 180 000 Réserves 48 000
facultatives
Mobiliers et 12 000 4 000 8 000 Report à nouveau 1 000
matériels
informatiques
Dépôts et 1 500 1 500 Résultat 135 000
cautionnement
Amortissements 44 000
dérogatoires
TOTAL I 338 500 104 000 234 500 TOTAL I 250 000
Provisions pour 10 000
risques et charges
(litige commercial)
TOTAL II 10 000
Stocks 2 000 2 000 Emprunts 180 000
bancaires
Créances clients 36 000 2 000 34 000 Compte courant 25 000
et d’exploitation RTC
VMP 230 000 230 000 Dettes 83 500
d’exploitation
Banque 48 000 48 000
TOTAL II 316 000 2 000 314 000 TOTAL III 288 500
TOTAL 654 500 106 000 548 500 TOTAL 548 500

EXO 02.06 Étude de cas : scission

La société APITA est une société holding d’un groupe exploitant plusieurs chaînes de
magasins de vêtements pour enfants. D’abord spécialisé dans la confection de vêtements,
le groupe s’est peu à peu centré sur la création et la vente de vêtements dans le domaine
du prêt-à-porter pour enfants. Il sous-traite dorénavant l’essentiel de sa production.
Le groupe a accéléré son développement avec l’arrivée à la direction de l’entreprise de la
troisième génération de la famille. La société holding a, par ailleurs, diversifié son action-
nariat en ouvrant le capital à ses salariés, à des franchisés et à un capital investisseur
spécialisé dans la mode. Ce dernier a pris une participation minoritaire de 22 % au capital
de APITA.

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APPLICATIONS
N.B. : pour tout le cas, toutes les entités sont soumises à l’IS au taux de 33 1/3 %.
En 2015, APITA a fait l’acquisition de l’intégralité des titres de la SAS BPIB. Cette dernière avait
acquis, en 2013, 85 % de la SA CTIC ; les 15 % restants sont détenus par des salariés de la
société.
CTIC est composée de trois branches d’activité :
– un magasin situé en région lilloise. À sa création, ce magasin pilote devait servir de
laboratoire d’expérience pour l’enseigne BPIB, il est devenu un magasin classique ;
– un site web marchand commercialisant les produits de la marque BPIB ;
– un service spécialisé dans l’aménagement de magasin (vente et installation de mobilier
commercial).
APITA a décidé de procéder à la scission de cette société aux activités hétérogènes, la date
de prise d’effet de l’opération a été fixée au 1 er janvier 2018. Ainsi, l’activité magasin est
reprise par la société BPIB, l’activité site web est cédée à FRINGUENELIGNE (société
spécialisée dans les activités numériques du groupe APITA et qui est contrôlée par le groupe
APITA), l’activité aménagement de magasin est reprise par BUILDSHOP, une société exté-
rieure au groupe APITA.
Cette opération sera placée sous le régime juridique de la scission.

1. Indiquer sous quelle condition l’intervention du commissaire à la scission peut être écartée.
2. Indiquer le mode de nomination du commissaire aux apports. L’un des commissaires aux
comptes de CTIC pourra-t-il exercer cette mission ?
Vous êtes également amené à intervenir sur les conditions de la scission.
À partir des annexes 1 à 4,
3. Justifier le type de valorisation comptable des apports retenu pour chacune des trois
sociétés participant à l’opération.
4. Dans le cadre de l’apport à BPIB, indiquer :
– le nombre d’actions émises,
– l’augmentation et création de capital,
– la prime de scission.
5. Présenter le tableau d’affectation du mali technique dégagé lors de l’opération de scission
avec BPIB, sachant que le mali technique est évalué à 100 000 3. Reproduire et compléter
le tableau présenté en annexe 3 sachant que les écritures constatées lors de l’opération de
scission au 01/01/2018 ne sont pas demandées.
6. Présenter les écritures d’inventaire au 31/12/2018 liées aux informations complémentaires
figurant dans l’annexe 4 et des résultats obtenus à la question précédente.

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ANNEXE 1 : Modalités de l’opération

Annexe e Évaluation des trois branches et valorisation comptable des apports

Valeur globale de la
Valeur comptable Valorisation
branche (y compris
Montant en euro des actifs nets des apports
plus-values et fonds
de la branche retenue
commercial)
Branche Magasin apportée à
90 000 230 000 Valeur comptable
BPIB
Branche Site Web apportée à
40 000 350 000 Valeur réelle
FRINGUENLIGNE
Branche Agencement
320 000 420 000 Valeur réelle
apportée à BUILDSHOP
Total des 3 branches CTIC 450 000 1 000 000

Annexe e Valorisation des actions des participantes à l’opération

CTIC BPIB FRINGUENLIGNE BUILDSHOP


16 000
Nombre d’actions au capital (avant (dont 12 000
1 000 10 000 2 000
l’opération) appartenant
à la SA COLIS)
Valeur nominale des actions (en euro) 100 12 20 20
Valeur d’échange des actions (en
1 000 75 80 70
euro)

ANNEXE 2 : Comptabilisation et évaluation des opérations de fusions et opérations assimilées –


Dérogation aux apports valorisés à la valeur comptable

Plan comptable général – Extrait de l’Article 743-1


Par dérogation, lorsque les apports doivent être évalués à la valeur nette comptable (...), et que
l’actif net comptable apporté est insuffisant pour permettre la libération du capital, les valeurs
réelles des éléments apportés doivent être retenues.

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ANNEXE 3 : Tableau d’affectation du mali technique dégagé lors de l’apport de la branche
Magasin à BPIB

Affectation
du mali
Plus-value
Valeur au prorata
Valeur Plus-value Impôt latente
comptable des plus-values
réelle fiable latente latent nette
sociale latentes dans
d’impôt
la limite
de celles-ci
Total Mali de fusion sur actifs incorporels –
Terrain (1) 30 000 35 000
Constructions (1) (2)
70 000 145 000
Total Mali de
fusion sur actifs
corporels
Total Mali de
fusion sur actifs
financier
Total Mali de
fusion sur actifs
circulant
Total Mali de
fusion affecté hors
au fonds de
commerce
Mali de fusion
résiduel à affecter
au fonds de
commerce
(1) Ces actifs ne sont pas destinés à être cédés à brève échéance.
(2) Informations complémentaires :
– la durée résiduelle d’amortissement de la construction au 1/01/2018 est de 12 ans ;
– la valeur actuelle du terrain au 31/12/2018 s’élève à 27 000 1.

ANNEXE 4 : Traitement du mali pour les opérations évaluées à la valeur comptable

Plan comptable général – Article 745-7


Le mali technique est amorti ou rapporté au résultat selon les mêmes règles et dans les mêmes
conditions que les actifs sous-jacents auquel il est affecté.
Règlement ANC n o 2015-06 du 23 novembre 2015 modifiant le règlement ANC No 2014-03
relatif au plan comptable général
Article 16 (extrait) : À l’article 932-1 sont insérés les comptes suivants :
N o du compte Intitulé
2081 Mali de fusion sur actifs incorporels
2187 Mali de fusion sur actifs corporels
278 Mali de fusion sur actifs financiers
4781 Mali de fusion sur actif circulant

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Les normes 2
comptables

Partie
internationales
La détermination de leur impact sur les états financiers se limite ici à quelques cas simples. Les
normes comptables internationales sont abordées sous deux angles :
– le processus de normalisation et les théories sous-jacentes ;
– le mode de traitement des principales opérations dans les états financiers.

Chapitre 3 Les normes comptables internationales et leur cadre


conceptuel ........................................................................................................ 77
Chapitre 4 Le traitement comptable d’opérations particulières en IFRS ........ 105

75

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Partie 2 Les normes comptables internationales

Les normes comptables 3


internationales et

Chapitre
leur cadre conceptuel
COMPÉTENCE ATTENDUE
Ù Connaître les normes internationales.

Remarque : Les normes internationales sont d’une grande complexité. Le Handbook de l’IASB
avec le guide d’application représente 4 500 pages ! Il n’est donc pas question de les connaître
de façon détaillée mais simplement d’en connaître le mode de production dans les grandes
lignes, la logique sous-jacente, pour pouvoir les consulter.
La normalisation comptable internationale a accompagné le développement de l’internatio-
nalisation des marchés financiers. Ce n’est donc pas une simple question technique mais un
changement fondamental touchant au rôle de la comptabilité dans la société. À qui et à quoi
sert-elle ? Afin de répondre à cette question, nous allons voir, au sujet des normes comptables
internationales :
– comment la normalisation qui portait traditionnellement, en France, essentiellement sur la
production des comptes a-t-elle évolué pour se focaliser sur la communication financière ;
– comment les normes comptables internationales sont-elles produites et adoptées ;
– quels sont le contenu et le rôle du cadre conceptuel ;
– comment les états financiers doivent-ils être présentés.

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Partie 2 Les normes comptables internationales

PLAN DU CHAPITRE

1 De l’information à la communication financière


A La distinction entre information et communication
B L’information financière
C La communication financière
D Le marketing financier
E La contextualisation de l’information financière : l’information
environnementale, sociale et de gouvernance
2 La source des normes comptables internationales et leur mode d’adoption
A La source des normes comptables internationales
B Le processus d’adoption des normes comptables internationales
3 Le cadre conceptuel
A Au début, une normalisation sans cadre conceptuel
B L’apparition d’un cadre conceptuel
C Le contenu du cadre conceptuel de l’IASB
4 Méthodes comptables, changements d’estimation comptable
et erreurs (IAS 8)
Synthèse
5 La présentation des états financiers
A Les définitions et principes APPLICATIONS P. 103
B Contenu des états financiers à usage général

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Les normes comptables internationales et leur cadre conceptuel

1 De l’information à la communication financière


Avec les normes internationales, on passe de la comptabilité « régulière (conforme à la règle) et
sincère », inventaire d’un patrimoine, instrument de preuve des transactions, au service du public
y compris le fisc, à une communication financière (financial reporting) destinée prioritairement
3
aux investisseurs opérant sur les marchés financiers mondiaux.
« Dans un bilan, il n’y a que la date qui n’implique pas de jugement. 1 » Cette prise de conscience

Chapitre
contrarie la représentation habituelle de la comptabilité et des comptes ; par exemple, un relevé
de compte bancaire ne comporte que très rarement des erreurs (erreur de saisie ou omission
d’une écriture) et sa préparation ne fait jamais l’objet d’une interprétation, d’une démarche
subjective. Il en est tout autrement des états financiers publiés par des entités publiques ou
privées qui reposent sur des hypothèses par définition discutables ; par exemple, la continuité
de l’exploitation, essentielle en matière d’évaluation, est un postulat reposant sur un jugement
professionnel, nécessairement subjectif, comportant une part de risque portant sur la situation
financière présente et à venir et non une démonstration objective. Nous passons ainsi de
l’information financière (le relevé de compte bancaire) à la communication financière (les
comptes annuels et le rapport de gestion). Les mandataires sociaux (dirigeants) rendent compte
(to report) de leur gestion aux mandats (les détenteurs du capital).

A La distinction entre information et communication


La distinction entre information et communication n’est pas simple. « La communication peut,
à partir de son étymologie, être considérée comme la mise en commun et l’échange d’infor-
mations. Tandis que l’information, en tant qu’ensemble de procédures, privilégiant la transmis-
sion et le traitement des données (...) emprunte volontiers des images physiques 2, (...) la
communication nous semble plutôt de l’ordre des processus (métaphores du vivant) (...). La
communication suppose des situations où des partenaires, en relations directes, échangent des
significations et produisent, de ce fait, des effets de sens (...). La communication, entre deux ou
plusieurs partenaires - adversaires, est toujours, potentiellement, conflictuelle, même si, au-delà
de ces différences et divergences, il y a place, à travers la négociation, pour des convergences,
des compromis et des accords. 3 »
Si, par exemple, la transmission du relevé de compte en banque relève de l’information, la
publication du rapport de gestion et de commentaires sur les états financiers relève de la
communication. Le reporting ouvre la voie à une discussion, un dialogue, un jugement. Il permet
de rendre compte à son mandant (généralement les actionnaires, dans le cas présent).

B L’information financière
Dans le contexte qui est le nôtre, l’information financière consiste à mettre à la disposition
du public ce que, légalement ou réglementairement, on est tenu de lui donner sans que les
conséquences de cette publication puissent influencer le contenu du message. L’image doit être
« fidèle ».
Il est important de comprendre que nous sommes dans un domaine où l’information n’a pas de
support matériel. Par opposition, les mesures physiques (dimensions, poids, etc.) figurant dans la

1 Roman WEIL, Financial Times, 25/4/03. Et encore, on sait que le rattachement des charges et produits à un exercice
n’est pas toujours une question simple...
2 Notamment, le modèle de Shannon et Weaver qui représente la procédure de transmission de l’information selon
le schéma de la liaison téléphonique : le message de celui qui parle (la source) est encodé (transformé en signaux
électrique par un micro), envoyé dans un canal (la ligne téléphonique) où il peut être parasité par des signaux non
souhaités et enfin décodé (transformé en sons par l’écouteur) pour être reçu par le destinataire. Le modèle est centré
sur la procédure et ignore le sens du message.
3 Sylvain AUROUX (sous la direction de), Encyclopédie philosophique universelle, PUF, 1998, p. 1299.

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Partie 2 Les normes comptables internationales

notice technique relative à une machine ne peuvent contredire la réalité que représente cette
machine. Mais l’information financière ne décrit pas un objet directement observable. Les agré-
gats et les ratios sont des constructions fondées sur un raisonnement à partir de postulats et
de conventions. L’information crée, dans une certaine mesure, la réalité. Elle est performative.
Il suffit qu’une entreprise publie des comptes bénéficiaires, dans les limites du crédible, pour que
le cours de ses titres se maintienne ou progresse avec toutes les conséquences bénéfiques que cela
peut avoir sur sa croissance. À l’inverse, si elle publie des comptes déficitaires, elle peut provoquer
un cycle cumulatif, un cercle vicieux, conduisant l’entreprise à une cessation de paiement qui aurait
pu être évitée en ne publiant pas cette information. Dès lors, il est tentant de manipuler
l’information pour faire de la communication. La limite à ne pas franchir est la perte de confiance
du public comme cela fut le cas pour des méga-faillites comme celle d’Enron en 2001, ayant aussi
entraîné la chute d’Arthur Andersen, un des plus grands cabinets d’audit mondiaux, ou comme cela
eut été le cas pour le Crédit Lyonnais en 1991 et 1992 s’il n’y avait eu la garantie de l’État.

En 2008, à la suite de la crise financière, le conseil ECOFIN (le conseil des ministres des finances des
Exemple

pays membres de l’Union européenne) a fait pression sur l’IASB pour qu’il modifie la norme IAS 39
(devenue IFRS 9) relative aux instruments financiers, rendue en partie responsable de l’aggravation
de la crise. Le résultat, à titre d’illustration, du changement de cette norme fut, pour la Société
Générale, une augmentation de son bénéfice de 1,5 milliard 3. Ce ne fut que la conséquence du
reclassement dans ses comptes de certains titres qu’elle avait en portefeuille sans qu’il y ait eu la
moindre transaction 4.
L’information financière étant performative, ce changement a contribué à rassurer les marchés et
à sortir d’un cycle baissier.
L’enjeu de la normalisation est donc considérable.

C La communication financière
La communication financière prend en compte les conséquences de la publicité des états
financiers, ce qui conduit, le cas échéant, à donner plus ou moins d’informations pour peser sur
le jugement qui sera émis à partir de cette information. Elle comporte une dimension stratégique
(recherche de la pérennité de l’entreprise, de sa performance économique, de la pérennité de son
contrôle, etc.) et englobe l’interaction entre l’émetteur et le récepteur de l’information.
L’information financière, qui est définie par la loi et les textes réglementaires, n’est qu’un élé-
ment de la communication financière qui, elle, n’est pas un concept juridique. On passe « de
l’image fidèle à l’image valorisante » 5. En plus du cadre stratégique qui oriente, donne un sens à
cette information, un certain nombre de méthodes empruntées au marketing sont mises en œuvre.
Les grands groupes segmentent la communication pour l’adapter aux différentes catégories
d’actionnaires : particuliers, institutionnels et, le cas échéant, salariés. Pour communiquer avec
les particuliers, ils achètent de pleines pages de publicité dans la presse quotidienne. Pour
communiquer avec les professionnels (analystes, investisseurs institutionnels, journalistes
financiers, agences de notation ou rating), les grands groupes organisent des réunions, les road
shows 6, et des rendez-vous individuels. Ils diffusent des plaquettes au contenu variable mais à

4 Cf. Alain BURLAUD & Bernard COLASSE : « Normalisation comptable internationale : le retour du politique ? »,
Comptabilité, contrôle, audit, décembre 2010, p. 168.
5 V.A. : Comptabilité financière des groupes, Gualino, 2006, p. 52.
6 Cf. à ce sujet Jean-Yves LEGER, La communication financière, Dunod, 2003, p. 167 & s. Les road shows sont des
présentations faites par les dirigeants des grands groupes à l’occasion de la publication de leurs résultats ou de
l’émission de titres. Ils visitent les principales places financières (d’où le nom road show) et réunissent dans des
hôtels de luxe les analystes financiers (presse et investisseurs institutionnels). Certaines agences sont spécialisées
dans l’organisation de ce type de manifestation. Dans certains cas, la réunion peut aussi être remplacée par une
visioconférence (conference call).

80

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Les normes comptables internationales et leur cadre conceptuel

la présentation généralement luxueuse. Toutes ces activités sont placées sous la responsabilité
d’un cadre en charge de la communication financière rattaché soit directement à la direction
générale, soit à la direction financière du groupe.
3
Pour mieux connaître leurs actionnaires 7 , certaines grandes entreprises font distribuer par les
Exemple

grandes banques de réseau des cartes d’admission à l’assemblée générale. Cela leur permet d’avoir
un fichier de coordonnées des actionnaires et de le tenir à jour grâce au couponing 8. Une lettre aux

Chapitre
actionnaires peut leur être adressée régulièrement.

D Le marketing financier
L’importance croissante des marchés financiers conduit les entreprises à communiquer avec les
investisseurs tout comme on communique avec ses clients sur les marchés des biens et services.
Le marketing financier est l’une des composantes d’une stratégie de valorisation des titres, de
fidélisation ou de diversification de l’actionnariat. Il permet, par exemple, de lever des capitaux
et d’investir ou de mener des opérations de fusion-acquisition ou de se protéger contre un risque
d’offre publique d’achat (OPA) hostile. Tout comme il y a des public relations, il y a des investors
relations. Le marketing financier conduit à une politique comptable qui consiste à utiliser des
montages parfois sophistiqués pour obtenir une image comptable valorisante 9. Il ne s’agit pas
de fraude mais d’une utilisation habile des possibilités qu’offre le droit comptable. L’évolution
des normes comptables internationales vers un raisonnement économique au détriment d’un
droit comptable fondé sur le droit de propriété permet, dans une certaine mesure, de limiter
ces pratiques en les déjouant, mais au prix d’une complexité accrue et de la perte d’autres
informations comme la connaissance du patrimoine.

E La contextualisation de l’information financière : l’information


environnementale, sociale et de gouvernance
Progressivement, sous la pression de l’opinion publique, des scientifiques et des organisations
non gouvernementales (ONG) impliquées dans la défense des droits de l’homme dans toutes
ses dimensions (santé, discrimination, libertés, etc.), du droit des animaux et de l’environne-
ment, les entreprises voient leur responsabilité sociétale (RSE) mise en cause. Cela les conduit
àcommuniquer sur leurs efforts visant à limiter les externalités négatives, c’est-à-dire les risques
et nuisances qu’elles occasionnent au détriment de tiers non contractants (par exemple les
riverains d’une usine chimique ou d’une voie empruntée par les poids lourds). Mais, par ailleurs,
des organismes privés et les pouvoirs publics interviennent pour encadrer la communication
environnementale, sociétale et de gouvernance (ESG) et la rendre contraignante afin qu’il ne
s’agisse pas de publicité.
Dans ce domaine, la France a été un précurseur avec la loi du 12 juillet 1977 qui a obligé les
entreprises d’une certaine taille à publier un bilan social composé d’un ensemble d’indicateurs

7 Lors des grandes privatisations faites en France dans les années 1990, le nombre de souscripteurs a pu atteindre
3 millions.
8 En français : couponnage. Dans la distribution, c’est une technique de promotion des ventes qui consiste à offrir des
coupons de réduction au consommateur pour l’inciter à acheter. Ici, le coupon permet à l’actionnaire d’avoir un droit
d’entrée à l’assemblée et à l’entreprise de récupérer les coordonnées de ses actionnaires et d’avoir ainsi des fichiers
d’adresses pour les actions de communication.
9 Cf. Nicolas VÉRON, Matthieu AUTRET et Alfred GALICHON, L’information financière en crise, Éd. Odile Jacob, 2004.
Les auteurs montrent, par exemple, comment la déconsolidation du siège social, cédé le 31 décembre à une entité
ad hoc, permet de dégager la plus-value latente sans faire peser sur les comptes de l’exercice les loyers qu’il faudra
payer les années suivantes à l’entité nouvellement propriétaire du siège pour qu’elle puisse rembourser les crédits
contractés pour l’acquisition de ce bien immobilier (cf. p. 246).

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Partie 2 Les normes comptables internationales

normalisés relatifs à l’emploi, aux rémunérations, aux conditions d’hygiène et de sécurité, aux
autres conditions de travail, à la formation, aux relations professionnelles (avec les organes de
représentation du personnel : le comité social et économique [CSE] qui remplace le comité
d’entreprise) et enfin aux autres conditions de vie relevant de l’entreprise (œuvres sociales, etc.).
Si plusieurs sources privées ont proposé des modèles de reporting non financier, les normes les
plus abouties au plan mondial sont celles de la Global Reporting Initiative (GRI) 10 . Mais les
normalisateurs privés, que ce soit pour les informations financières ou non financières, ne
disposent pas d’un pouvoir contraignant. Il faut donc le relais de la puissance publique. Ainsi,
l’ONU a publié en 2011 des Principes directeurs relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme.
Mais ce ne sont que des principes et non des normes et l’ONU n’a pas de pouvoir contraignant
dans ce domaine sans le relais des États membres. Plus contraignante est la directive européenne
2014/95 concernant la Publication d’informations non financières et relatives à la diversité par
certaines grandes sociétés et certains groupes. Il y a bien sûr un lien entre l’information
financière et l’information ESG. Cette dernière peut attirer l’attention des investisseurs sur des
risques ayant à terme un impact financier pouvant aller jusqu’à provoquer la disparition de
l’entreprise. Ainsi, en 1998, la sortie du film The Big One de Michael Moore, en dénonçant le
recours au travail des enfants chez les sous-traitants asiatiques de Nike, a nui gravement à
l’image de la marque. Le principe « pollueur-payeur » contraint les entreprises coupables à
indemniser les victimes ou à compenser le dommage par un versement à la collectivité. En
France, par exemple, la taxe spéciale sur certains véhicules routiers (taxe à l’essieu) qui frappe
les poids lourds contribue sans forcément compenser totalement les dommages infligés au
réseau routier. Autre exemple : la redevance pollution de l’eau. Dernier exemple : la marée noire
causée par l’incendie de la plate-forme de forage Deepwater Horizon dans le golfe du Mexique
coûta à BP Amoco 17 milliards 1 11.
Afin d’éviter que les marchés financiers et plus généralement les tiers et les pouvoirs publics ne
soient trompés par une communication financière proche de l’infox (info + intox ou fake news),
qu’on puisse échanger dans une langue commune, il faut des normes ayant pour source une
autorité légitime.

2 La source des normes comptables internationales


et leur mode d’adoption
Nous allons présenter ici la source des normes comptables internationales, c’est-à-dire l’IASB
et sa structure organisationnelle, puis le processus d’adoption des normes comptables interna-
tionales.

A La source des normes comptables internationales


Il y eut de multiples tentatives de normalisation comptable internationale, soit à l’initiative
d’organisations professionnelles, soit de sources publiques pour répondre au besoin d’un
langage commun. Ainsi, le Conseil de l’Europe a publié des normes comptables applicables dans
les États membres : 4 e directive sur les comptes des sociétés de capitaux en 1978 et 7e directive
sur les comptes de groupes en 1983 avant d’adopter finalement les International Financial
Reporting Standards (IFRS) par le règlement CE 1606/2002 pour les seuls comptes consolidés
des sociétés dont les titres sont admis à la négociation sur le marché réglementé d’un État
membre. Autre expérience de normalisation au plan régional, finalement mieux aboutie, celle
de l’Organisation commune des États africains, malgache et mauricien (OCAM) qui prépara un

10 GRI, Lignes directrices pour le reporting développement durable, 2013.


11 Sur l’ensemble de la question, voir : Jacques RICHARD & Emmanuelle PLOT, La gestion environnementale, Éd. La
Découverte, 2014.

82

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Les normes comptables internationales et leur cadre conceptuel

plan comptable dès 1970. Puis, la création de l’Union économique et monétaire ouest-africaine

3
(UEMOA), regroupant huit pays, conduisit à la publication en 1996 d’un nouveau plan comptable,
le Système comptable ouest-africain (Syscoa), toujours en vigueur après plusieurs mises à jour
sous le nom de « Syscohada révisé » 12. Au niveau mondial, la Conférence des Nations unies sur
le commerce et le développement (CNUCED) et plus précisément son Groupe de travail
intergouvernemental d’experts des normes internationales de comptabilité et de publication (dit
Groupe ISAR) a publié des directives ; mais elles sont restées peu connues et pas appliquées.

Chapitre
C’est finalement une organisation privée, l’International Accounting Standards Committe
(IASC), créé en 1973 à l’initiative de dix organisations professionnelles dont l’ordre des experts-
comptables français, qui sut imposer son référentiel comptable dans le plus grand nombre de
pays, à l’exception notable des États-Unis. En 2001, l’IASC fut réorganisé et devint l’Internatio-
nal Accounting Standards Board (IASB), composé, pour simplifier, des quatre grands organes
suivants :
– l’IASC Foundation, assemblée composée de 22 membres (les trustees), qui finance l’IASB et
nomme les membres des trois comités qui suivent ;
– l’IASB, organe techniquement indépendant, composé de 14 membres salariés, qui produit les
International Accounting Standards (IAS) puis les IFRS en s’appuyant sur une équipe de
profes sionnels eux-mêmes salariés ;
– l’International Financial Reporting Interpretations Committe (IFRIC), composé de 15 mem-
bres, qui publie des interprétations relatives aux normes afin d’en faciliter la compréhension
suite aux questions soulevées par leur mise en œuvre ; ces interprétations doivent être
approuvées par l’IASB et ont la même autorité que les normes ;
– l’IFRS Advisory Council (IFRSAC) qui a pour mission de conseiller l’IASB lors de la préparation
de son programme de travail. Il est composé de 50 membres représentant l’ensemble de la
communauté comptable : analystes financiers, préparateurs des comptes (entreprises),
universitaires, auditeurs, normalisateurs et organisations professionnelles (experts-comp-
tables et commissaires aux comptes). À l’IFRSAC s’ajoutent une vingtaine d’autres organes
consultatifs représentant diverses parties prenantes : marchés financiers, économies émer-
gentes, finance islamique, PME, assurances, etc.
Si la difficulté d’une normalisation à l’échelle mondiale et la qualité technique du travail réalisé
par l’IASB sont reconnues, deux points faibles doivent être soulignés : c’est une organisation de
professionnels n’ayant ni l’autorité ni la légitimité que peut avoir la puissance publique.
Autorité : l’IASB ne peut imposer à qui que ce soit l’usage des IFRS. Pour avoir force de loi, elles
doivent être ratifiées ou homologuées par une puissance publique. C’est ce qu’a fait l’UE avec
le règlement CE 1606/2002 en prenant toutefois la précaution de préciser que les IFRS doivent
« répondre à l’intérêt public européen » (art. 3, al. 2), concept qui n’est pas défini mais pourrait
émerger d’une jurisprudence. Cette disposition du règlement permet à l’UE de ne pas appliquer
une norme IFRS. Mais jusqu’à présent, elle n’a pas été utilisée. Dans les pays non membres de
l’UE, les IFRS sont adoptées ou leur usage autorisé par une décision du législateur national.
Légitimité : les IFRS ne sont pas issues de la représentation nationale garante de l’intérêt général,
même si cette dernière les a intégrées dans le droit comptable national. Il s’agit de normes
produites par des professionnels pour des professionnels et non pas pour les besoins de parties

12 L’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires (OHADA) est une organisation intergouverne-
mentale d’intégration juridique regroupant 17 États africains francophones. Le Syscohada est un plan comptable
largement inspiré du PCG français avec un souci de convergence avec les IFRS qui n’est pas sans poser de problèmes.
Cf. à ce sujet : Geneviève CAUSSE, Daniel GOUADAIN et Roger MIFETOU, « Le Syscohada à l’heure des interrogations »
in Comptabilité, contrôle et société, Éd. Foucher, 2011, p. 129 & s.

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Partie 2 Les normes comptables internationales

prenantes autres que les investisseurs. C’est d’ailleurs une des raisons pour laquelle elles ne sont
applicables, en France, qu’aux comptes consolidés des sociétés qui font appel public à l’épargne.

B Le processus d’adoption des normes comptables internationales


N’ayant pas de légitimité politique puisqu’elles doivent être homologuées par le législateur, seul
représentant de l’intérêt général, les IFRS ont une légitimité substantielle puisque leur contenu
est validé par des professionnels et une légitimité procédurale liée à une procédure précise, le
due process. Ce dernier est décrit en détail (58 pages !) dans le Due Process Handbook de l’IASB
dont la première version date de 2006 ; il repose sur trois grands principes :
– la transparence : les réunions de l’IASB et de l’IFRIC sont publiques et sont enregistrées ;
– la consultation complète et juste (full and fair) de toutes les parties prenantes dont toutes les
réponses qu’elles adressent sont publiées sur le site de l’IASB ;
– la responsabilité (accountability) : l’IASB doit évaluer, sans nécessairement quantifier, l’impact
des nouvelles normes ou la modification de normes existantes au regard de certains critères
dont l’amélioration de la comparabilité des états financiers et motiver ses décisions.
Deux cas de figure doivent être envisagés : l’adoption d’une nouvelle norme et les ajustements
annuels des normes existantes.
L’adoption d’une nouvelle norme passe par les étapes suivantes :
– préparation du programme de travail (agenda) de l’IASB à partir des sujets proposés par ses
membres ou par des tiers (normalisateurs nationaux, autorités de régulation des marchés
financiers, organisations professionnelles, etc.) puis présentation de ce programme pour avis
à l’IFRS Advisory Council ;
– l’IASB avec son équipe technique et, le cas échéant, avec l’appui d’autres normalisateurs
prépare un exposé des motifs (discussion paper) qui n’est pas obligatoire et le projet de norme,
l’exposé-sondage (exposure draft), accompagné d’une lettre de commentaire (comment
letter) ; toute personne intéressée est invitée à répondre ;
– les commentaires sur l’exposé-sondage, obligatoirement en anglais, proviennent essentielle-
ment des normalisateurs nationaux, des autorités boursières, des organisations profession-
nelles, des grands cabinets (les Big Four), des directeurs financiers de grands groupes inter-
nationaux et quelques universitaires ; ils sont publiés sur le site de l’IASB, font l’objet d’un
examen et parfois d’une réponse et sont synthétisés dans le Report and Feedback Statement ;
– en fonction des résultats de la consultation, l’IASB peut soit préparer un nouvel exposé-
sondage en cas de changements importants, soit adopter la norme avec ou sans modifications
mineures ;
– deux ans après la date d’entrée en application de la norme, l’IASB doit faire une étude d’impact
(Post-implementation Review) en interrogeant le « public » (Request for information) et en
prenant en compte ses propres observations.
La modification de normes existantes se fait dans le cadre d’une procédure annuelle (annual
improvements process). Un seul exposé-sondage regroupant toutes les propositions de modi-
fications est publié par l’IASB et fait l’objet d’un appel à commentaire.

3 Le cadre conceptuel
Le référentiel de l’IASB comporte des principes généraux (le cadre conceptuel et la norme IAS
8) et un ensemble de normes (les 39 autres IAS/IFRS) traitant du mode de comptabilisation
de transactions ou d’événements particuliers. Nous allons présenter successivement le cadre
conceptuel puis la norme IAS 8 sur les méthodes comptables, les changements d’estimations et
les corrections d’erreurs.

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La hiérarchie des textes publiés par l’IASB est la suivante :

Chapitre
Bien que le cadre conceptuel soit, dans la hiérarchie des textes, au niveau le plus bas, nous
pensons nécessaire de le présenter avant les normes car il est la source du raisonnement à défaut
d’être l’expression d’une prescription. C’est lui qui donne son sens à l’ensemble de l’édifice.
Le cadre conceptuel des IFRS est un document volumineux, de 90 pages avec ses commentaires,
d’une grande technicité et complexité, faisant l’objet de débats doctrinaux qui durent des années
tant l’enjeu est important. La présentation qui suit n’est donc qu’une synthèse schématique
permettant d’en avoir un aperçu et, pour ceux qui souhaiteraient en faire une étude plus
approfondie, d’avoir quelques repères.

A Au début, une normalisation sans cadre conceptuel


Comme nous l’avons vu précédemment, l’IASC a publié des normes, les IAS, en fonction de
l’urgence ou de l’importance perçue des questions comptables. Mais le processus d’élaboration
et d’adoption des normes étant long et la doctrine qui allait être celle du normalisateur n’étant
pas totalement clarifiée et stabilisée, ce fut initialement une sorte de normalisation « au fil de
l’eau ». On apprenait à marcher en marchant, ne pouvant savoir à l’avance quels compromis
allaient être trouvés au sein d’une organisation internationale dans laquelle s’affrontent des
cultures et des intérêts différents. Quelles parties prenantes ayant à utiliser les états financiers
fallait-il privilégier ? les investisseurs ? les salariés ? les créanciers ? fallait-il avoir une vision à long
terme ou à court terme ? fallait-il privilégier une approche par le bilan ou par le compte de
résultat ?
Les pratiques nationales étant variées du fait de la diversité des contraintes économiques et des
cadres juridiques, les premières normes s’apparentaient souvent à des recueils de solutions
possibles assortis de quelques interdits. Pour prendre une image, c’est un peu comme si on avait
rédigé le Code civil en publiant les articles les uns après les autres, pas nécessairement dans
l’ordre du document final, au fur et à mesure des débats parlementaires. De plus, ces normes
n’étant à l’époque rendues obligatoires par aucune puissance publique, elles n’avaient qu’une
valeur de « bonnes pratiques » (best practices).
En 1995, l’IASC passa un accord avec l’International Organisation of Securities Commissions
(IOSCO), organisme qui regroupe les régulateurs des marchés financiers des différents pays ayant
une ou des bourses des valeurs, dont l’Autorité des marchés financiers (AMF) pour la France.
L’IOSCO reconnaissait le référentiel comptable que constituent les IAS pour les cotations
transfrontalières afin que les entreprises concernées n’aient pas à préparer plusieurs « bilans »
en fonction des règles propres à chaque pays. De ce fait, l’IASC dut compléter son référentiel et
réduire les options pour rendre les états financiers comparables et en faciliter la lecture. Par
ailleurs, il fallait renforcer la cohérence de normes conçues indépendamment les unes des autres

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Partie 2 Les normes comptables internationales

à des dates différentes. C’est ainsi que fut approuvée en 1989 la première version du cadre
conceptuel 13.
Notons qu’en France, nous avons une normalisation (la « loi comptable », le Plan comptable
général dans ses différentes versions de 1943 à nos jours et le règlement CRC 99-02 relatif
aux comptes consolidés) sans cadre conceptuel. Mais il s’agit d’une comptabilité générale,
destinée à une « généralité » de parties prenantes et non d’une comptabilité financière
s’adressant principalement aux apporteurs de capitaux comme c’est le cas par exemple aux
États-Unis14 . Du fait de son caractère « général », le PCG est produit par l’Autorité des marchés
financiers où les différentes parties prenantes sont représentées. L’approche est « partenariale »
ou « représentative » (cf. Roubah CHANTIRI & Bernard COLASSE (coord.) : Normaliser la
comptabilité des entreprises. Enjeux sous-organisationnels et jeux d’acteurs, EMS, 2019, p. 138
et s.).

B L’apparition d’un cadre conceptuel


Dire que pendant longtemps les normalisateurs comptables ont travaillé sans cadre concep-
tuel n’est pas tout à fait exact. En réalité, il existait mais restait implicite et, de ce fait, pouvait
laisser place à des ambiguïtés et une perte progressive de cohérence entre des normes ou des
dispositions adoptées à des dates parfois éloignées.
Aux États-Unis, dans les années 1970, les grandes entreprises se développent à l’échelle
mondiale tant pour écouler leurs produits que pour drainer des capitaux. Dans ce contexte, le
Financial Accounting Standards Board (FASB), créé en 1973 tout comme l’IASC, fut le premier à
publier des méta-normes 15 , c’est-à-dire des normes qui encadrent les normes, assurant la
cohérence des objectifs et des principes dont les solutions aux différents problèmes découlent.
Un cadre conceptuel est donc un cadre pour celui qui produit les normes. L’utilisateur
est le normalisateur lui-même et il n’explicite son cadre conceptuel que par souci de transpa-
rence. Mais le FASB ne parvint pas à produire un cadre conceptuel complet dans un document
unique. Cela se fit par étapes successives en publiant six Statements of Financial Accounting
Concepts (SFAC) entre 1978 et 1985 16 . Un 7 e SFAC fut adopté en 2000. De ce cadre conceptuel
émietté doivent découler, théoriquement par un raisonnement hypothético-déductif rigoureux
assurant leur cohérence, les normes, en l’occurrence les Statements of Financial Accounting
Standards (SFAS) aujourd’hui au nombre de 168 en comptant les amendements. C’est évidem-
ment considérable ! Le cadre conceptuel, les SFAC, est donc un outil essentiel pour le normali-
sateur lui-même. La tradition américaine est celle d’une normalisation par des règles nom-
breuses et détaillées et non d’une normalisation par des principes généraux avec une liberté
d’interprétation faisant appel au jugement professionnel. La « judiciarisation » de la société
américaine, y compris dans le monde des affaires, pousse à cela afin de réduire justement le
champ d’application du jugement professionnel et, par conséquent, les risques pris par les
professionnels.

13 Conceptual Framework for Financial Reporting.


14 Cf. B. COLASSE, Les fondements de la comptabilité, Éd. La Découverte, 2012, p. 58.
15 En réalité, les choses ne sont pas si simples car les idées ne surgissent pas en un instant et en un lieu donné.
Elles font un long chemin avant d’arriver à maturité. Il y eut donc des précédents mais ils ne connurent pas la dif-
fusion du cadre conceptuel du FASB et, plus tard, de l’IASB. Il y eut notamment en 1936 une étude publiée par
l’American Accounting Association (homologue de l’Association française de comptabilité) : A Tentative Statement
of Accounting Principles Underlying Corporate Financial Statements. Cf. à ce sujet, Didier BENSADON, Nicolas
PRAQUIN & Béatrice TOUCHELAY (sous la direction de), Dictionnaire historique de la comptabilité des entreprises,
Éd. Septentrion, 2016, p. 412 & s.
16 Cf. Jacqueline LANGOT, Comptabilité anglo-saxonne. Normes US GAAP et rapprochement avec les IAS/IFRS,
Economica, 2006, p. 25 & s.

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L’IASC fut sensible au risque pris en n’explicitant pas les principes sous-jacents aux normes et,

3
s’inspirant largement du travail réalisé par le FASB, publia en 1989 son premier cadre conceptuel
complet (Conceptual Framework for Financial Reporting). Une réécriture fut lancée en 2010 par
l’IASB qui, rappelons-le a succédé à l’IASC. Il fallut attendre cinq ans, 2015, pour qu’un exposé-
sondage soit publié ; mais la nouvelle version complète s’est fait encore attendre après qu’une
collaboration avec le FASB en vue de faire converger les deux cadres eut échoué. Finalement, le
cadre conceptuel complet, mis à jour, fut publié par l’IASB en 2018. Les objectifs annoncés sont

Chapitre
les suivants :
– permettre à l’IASB de développer des normes fondées sur des concepts cohérents (usage
interne) ;
– permettre aux producteurs des comptes de développer des politiques comptables en
l’absence de norme relative à un événement ou une transaction particulière et permettre aux
autres tiers de comprendre et interpréter les normes (usage externe).
Le fait que l’usage externe du cadre conceptuel soit mentionné par l’IASB le distingue de celui
du FASB. Sans que le mot figure dans le cadre conceptuel, il se définit comme relevant d’une
démarche hypothético-déductive. Dès lors, il était logique de développer des normes fondées
sur des principes (principles based) plutôt que sur une multitude de règles détaillées (rules based).
Néanmoins, on arrive aujourd’hui à un total de 35 normes représentant plus de 4 000 pages alors
que le PCG actuel ne fait que 224 pages 17 ! Même si la comparaison ainsi faite est rudimentaire,
les ordres de grandeur sont significatifs. Pour les IFRS, le positionnement du curseur représen-
tant l’équilibre entre approche par les principes et approche par les règles est donc loin d’être
stabilisé.

C Le contenu du cadre conceptuel de l’IASB


Avant tout, il convient de préciser qu’un cadre conceptuel n’est pas une norme et ne peut se
substituer à l’une quelconque des normes.
Le chapitre 1 du cadre conceptuel précise les objectifs des états financiers : fournir des infor-
mations financières à caractère général utiles aux investisseurs actuels ou potentiels et aux
créanciers pour décider de leur participation au financement de l’entité. Ces décisions incluent
l’achat, la vente ou la conservation des titres émis par l’entité ou le fait de lui accorder ou non
un crédit. Les états financiers ne sont pas la seule source d’information pour prendre de telles
décisions. Ils n’ont pas pour vocation de donner la valeur de l’entreprise mais d’aider les
apporteurs de capitaux à l’évaluer. En application de la théorie de l’agence, ils permettent aussi
aux actionnaires d’exercer leur pouvoir de contrôle sur les dirigeants (stewardship) et d’appré-
cier leurs performances. Les autres parties prenantes, salariés, clients, fournisseurs, fisc, etc. qui
ont des objectifs et donc des besoins d’information pouvant être différents de ceux des
actionnaires, doivent se contenter des informations prévues pour ces derniers. Le contenu du
cadre conceptuel reflète la financiarisation de l’économie. Il n’est pas non plus conçu pour rendre
compte de la responsabilité sociétale et environnementale de l’entreprise (RSE). Enfin, il est
rappelé que les états financiers se fondent dans une large mesure sur des estimations, des
jugements et des modèles plutôt que sur des descriptions exactes.

17 Site de l’ANC.

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Le chapitre 2 du cadre conceptuel énumère les caractéristiques qualitatives de l’information


financière utile. Le schéma suivant en donne un aperçu :
Caractéristiques hiérarchisées d’une information financière utile

Qualités

Essentielles Auxiliaires

Pertinence Fidélité Comparabilité

Importance
significative Exhaustivité Vérifiabilité

Disponibilité en
Neutralité temps utile

Prudence

Exempte d’erreur Intelligibilité

Dans ce contexte, une information est pertinente si elle est susceptible d’influencer les décisions
économiques. Elle doit, de ce fait, avoir une valeur prédictive et/ou valider une évaluation
antérieure. Ces deux aspects ne sont pas indépendants. Ainsi, par exemple, la détermination du
résultat opérationnel courant de l’exercice peut servir de repère afin de faire des prévisions pour
l’exercice suivant. Les informations dont l’importance n’est pas significative, c’est-à-dire
inférieures à un seuil de signification que le cadre conceptuel ne précise d’ailleurs pas, peuvent
être omises. On s’en remet donc au jugement professionnel. L’incertitude affectant certaines
évaluations lorsqu’un actif ou un passif ne peut être observé directement (cas par exemple d’un
risque) ne fait pas obstacle à la pertinence de l’information à condition que les modes opératoires
soient clairement décrits. Il faut là aussi s’en remettre au jugement professionnel.
La représentation fidèle correspond sensiblement à l’image fidèle introduite par la réglemen-
tation européenne dès 1978 dans le droit comptable français avec toutefois une différence : la
notion d’image fidèle du patrimoine n’est pas reprise dans les IFRS car le concept de patrimoine
ne relève pas du droit comptable. Par ailleurs, la neutralité pose un problème. Neutre ne signifie
pas que l’information est sans influence sur le décideur et de ce fait ne s’oppose pas à la
pertinence. La neutralité est définie comme l’absence de parti pris dans la sélection ou la
présentation de l’information financière. Elle s’appuie sur la prudence qui consiste à faire usage
de circonspection dans l’exercice de son jugement en situation d’incertitude. Contrairement au

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PCG, fondé sur le coût historique, qui conduit à ne comptabiliser que les plus-values réalisées,

3
la prudence, telle que définie dans le cadre conceptuel, doit être comprise comme une simple
appréciation prudente d’une situation et de sa traduction comptable.
Enfin, le coût de production de l’information financière doit être proportionné aux avantages
qu’elle procure. Ces derniers peuvent d’ailleurs être différents selon la taille de l’entité, son
mode de financement (notamment, appel public à l’épargne ou non), la nature des besoins de
l’utilisateur des comptes, etc.

Chapitre
Le chapitre 3 du cadre conceptuel traite du rôle des états financiers et de la définition de l’entité.
Ils sont établis sur la base d’une hypothèse de continuité de l’exploitation. Il n’y a donc ni volonté
ni risque de liquidation ou de cessation de l’activité. Par ailleurs, les IFRS constituent un droit
comptable autonome, c’est-à-dire déconnecté du droit des affaires puisqu’il n’existe pas de
droit des affaires mondial. Le droit des sociétés, propre à chaque pays, ne peut donc servir à
définir une entité. La définition devient alors : « L’entité comptable est une entité qui, par
obligation ou par choix, prépare des états financiers. Elle peut être constituée d’une seule entité,
d’une partie d’une entité ou de plusieurs entités. Il ne s’agit pas nécessairement d’une entité
juridique » (c’est-à-dire d’une personne morale) (Cadre conceptuel, § 3.10). Lorsqu’une entité a
un pouvoir de contrôle sur une ou plusieurs autres entités, le périmètre se dessine selon les règles
applicables aux comptes consolidés.
Le chapitre 4 du cadre conceptuel traite essentiellement de la définition des actifs, passifs,
capitaux propres, charges et produits.
Toujours pour la même raison, l’inexistence d’un cadre juridique mondial, la notion de propriété,
définie en France dans le Code civil (articles 544 & s.), n’est pas mentionnée. Ainsi, selon le cadre
conceptuel, un actif est une ressource économique actuellement contrôlée par l’entité du fait
d’événements passés (Cadre conceptuel, § 4.6). Il doit remplir de façon cumulative, trois
conditions :
– existence d’un droit qui peut être un droit de propriété mais peut aussi être un droit résultant
d’un contrat (droit d’usage, engagement d’un tiers) ;
– existence d’un avantage économique futur (flux de trésorerie, réduction de coûts, etc.) ;
– existence d’un pouvoir de contrôle permettant à l’entité de capter l’avantage économique
produit et donc d’en exclure d’autres entités.
On voit que la définition est plus large que celle du patrimoine. Ainsi, par exemple, une compagnie
aérienne qui loue des avions à une autre entité doit considérer ces avions comme étant des actifs
au sens des IFRS puisqu’elle bénéficie contractuellement de leur usage et qu’elle en tirera un
revenu. La réalité économique prime sur la forme juridique (substance over form).
Le chapitre 5 du cadre conceptuel précise le fait générateur d’un enregistrement en compta-
bilité. Trois critères doivent être examinés pour décider :
– existence ou non d’un actif et possibilité de le distinguer de l’écart d’acquisition (goodwill) ;
– forte ou faible probabilité d’un avantage économique positif ou négatif ;
– existence éventuelle d’une difficulté d’évaluation de l’avantage économique mettant en cause
la pertinence de l’information produite.
Par exemple, le savoir-faire technique, le capital organisationnel ou le capital relationnel avec les
clients ou les fournisseurs peuvent être protégés par le secret des affaires sans pour autant faire
l’objet d’un droit de propriété intellectuelle. Normalement, ces ressources qui peuvent être
essentielles ne sont pas enregistrées à l’actif. Mais, par exemple, en cas de fusion-acquisition,
elles sont prises en compte dans l’évaluation de l’entreprise. Peut-on les isoler dans l’écart
d’acquisition ? Comment les évaluer pour en donner une représentation fidèle ?

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Partie 2 Les normes comptables internationales

Le chapitre 6 du cadre conceptuel aborde la question de la mesure de la valeur. Il y a deux familles


de méthodes :
Méthodes d’évaluation

Le coût historique qui est la méthode de référence dans le PCG a l’avantage d’être plus simple
et plus objectif en ce sens qu’il est plus facilement vérifiable et comporte un minimum de
conventions. Mais il n’est pas nécessairement représentatif de la valeur d’usage ou de
remplacement à la date du bilan.
La juste valeur est définie comme le prix qui serait perçu pour la vente d’un actif ou payé lors
du transfert d’un passif dans une transaction normale à la date de l’évaluation, c’est-à-dire
généralement la date de clôture des comptes. Faute d’une valeur de marché directement
observable (cours en bourse, argus, etc.), il faut estimer les flux futurs de trésorerie actualisés en
tenant compte du risque, y compris le risque de liquidité. Le recours à la juste valeur conduit, le
cas échéant, à une comptabilisation des plus-values latentes contraire à la règle de prudence telle
que la pratique le PCG. La référence à une valeur de marché a pour conséquence qu’un actif
déterminé a la même valeur quelle que soit l’entité qui en a le contrôle. Le cas échéant, la juste
valeur peut refléter la volatilité d’un marché.
La valeur d’usage est en revanche personnalisée en ce sens qu’elle est spécifique à une entité,
subjective, c’est-à-dire fonction du sujet. Un même actif peut en effet avoir une valeur d’usage
différente pour différentes entités si elles n’en font pas le même usage. La valeur d’usage ne se
calcule pas par référence au marché mais en actualisant les flux futurs de trésorerie attendus par
l’entité en incluant une prime de risque qui lui est propre. Si telle est l’intention, la valeur d’usage
peut être la valeur liquidative.
Le cadre conceptuel n’étant pas une norme, il ne prescrit pas une méthode de valorisation mais
définit les concepts et les critères de choix ou le raisonnement conduisant au choix d’une des
méthodes. La solution retenue doit satisfaire aux critères de qualité déjà énoncés : pertinence,
représentation fidèle, comparabilité, vérifiabilité et intelligibilité. L’annexe aux comptes annuels
doit exposer les difficultés et incertitudes éventuelles de mesure.
Le chapitre 7 du cadre conceptuel traite de la présentation et de la publication des états
financiers.
Ils doivent être structurés de façon intelligible, agrégés pour éviter les détails inutiles et présenter
les objectifs et principes plutôt que les règles pouvant conduire à une conformité purement
mécanique (Cadre conceptuel, § 7.2.c). Une information personnalisée est plus utile qu’un
langage standard (Ibid., § 7.6.a).
Le chapitre 8 du cadre conceptuel, le dernier, définit les concepts de capital et de maintien du
capital.

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Le mot « capital » a un triple sens :

3
– la valeur nominale des actions ou parts sociales émises par l’entité (capital juridique) ;
– la situation nette ou actif net (capital financier) ;
– l’outil de production au sens large de l’entité (capital physique).
L’optique à retenir est fonction des objectifs de l’utilisateur des états financiers : partager le
résultat ? maintenir le capital financier ou maintenir le capital physique ? Que cherche-t-on à
maintenir ? Selon la solution retenue, la définition du profit ou la variation du capital, ne sera pas

Chapitre
la même.
On voit que le cadre conceptuel ne prescrit rien. Il ne fait que définir des concepts et expliciter
des raisonnements en partant des besoins supposés des utilisateurs des états financiers qui sont
prioritairement les apporteurs de capitaux.

4 Méthodes comptables, changements d’estimation comptable


et erreurs (IAS 8)
Rappelons que l’IAS 8 18 a un statut différent du cadre conceptuel. Étant de nature prescriptive, elle
s’impose à lui. Néanmoins, le raisonnement s’appuie sur la définition des concepts et part donc du
cadre conceptuel. C’est pourquoi nous l’avons abordé en premier. Mais nous lui associons l’IAS 8
du fait de son contenu méthodologique. Les autres IAS/IFRS traitent d’opérations particulières.
Tout d’abord, la norme reconnaît que les entreprises ont une politique comptable fondée sur des
principes, conventions, règles et pratiques pour préparer leurs états financiers (§ 5). C’est aussi
reconnaître que la normalisation laisse des espaces de liberté. En l’absence d’IFRS traitant
spécifiquement d’une transaction ou d’un événement, les préparateurs des comptes font appel
à leur jugement professionnel en respectant les préoccupations suivantes :

18 Rappelons que les normes comptables sont tantôt les IAS, tantôt les IFRS. Il s’agit en fait d’un ensemble unique de
normes. Celles publiées du temps de l’IASC étaient nommées IAS et celles qui ont été ou sont publiées par l’IASB,
qui a succédé à l’IASC, sont nommées IFRS. La dernière version de l’IAS 8 date de 2005.

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Partie 2 Les normes comptables internationales

La prééminence de la réalité s’entend de la réalité économique sur la forme juridique d’une


transaction.
Les différents éléments du schéma précédent figurent également dans le cadre conceptuel. Mais
il est précisé que le jugement professionnel doit prendre en compte les contraintes juridiques
suivantes, par ordre hiérarchique décroissant :
– respect des IFRS traitant de questions similaires ou liées ;
– respect des définitions du cadre conceptuel ;
– prise en considération des travaux d’autres normalisateurs (en France, l’Autorité des normes
comptables), de la littérature académique et des pratiques du monde des affaires.
Ceci appelle un développement sur le jugement professionnel ne figurant pas dans l’IAS 8.
Le « jugement professionnel » peut se définir comme suit : « Capacité d’un membre d’une
profession d’apprécier une situation sans en connaître tous les éléments avec certitude et de
choisir la ligne de conduite acceptable dans le cas où les normes professionnelles laissent une
latitude. (...) L’exercice du jugement professionnel requiert du membre de la profession une
analyse objective et prudente, fondée sur son expérience et ses connaissances (y compris la
connaissance de ses propres limites) et une conscience de sa responsabilité envers ceux qui en
subissent les conséquences 19 . » S’il y a une part personnelle dans le jugement, il ne faut
cependant pas confondre jugement personnel et jugement professionnel. Le premier est plus
libre que le second qui se fonde sur un ensemble de règles et de normes qui ont été adoptées
par une profession.
L’IAS 8 traite également des changements de politique comptable. Ils ne sont possibles que si :
– une norme IFRS l’impose (nouvelle norme ou modification d’une norme ancienne ou
changement d’interprétation d’une norme par l’IFRIC)
– le changement permet une information plus fiable ou plus pertinente.
Dans le premier cas, la norme prévoit des dispositions transitoires. Un changement de politique
comptable justifié par la recherche d’une plus grande pertinence de l’information peut consister,
par exemple, à modifier la durée ou le mode d’amortissement. Les IFRS ne font pas référence
à la permanence des méthodes mais elles évoquent la comparabilité des états financiers. De ce
fait, les deux référentiels prévoient les mêmes obligations. L’entité doit publier des états
financiers selon la nouvelle méthode et retraiter ceux des exercices antérieurs afin de les rendre
comparables (méthode rétrospective). En cas d’impossibilité, on peut opter pour la méthode
prospective consistant à appliquer la nouvelle règle aux transactions et événements à compter
de la date du changement de méthode (IAS 8, § 25). Par exemple, un changement de méthode
consistant à inscrire à l’actif des frais de recherche et développement peut être appliqué de
manière prospective, c’est-à-dire aux nouveaux projets, si l’information passée est difficile à
reconstituer. L’annexe doit justifier et mesurer l’impact du changement en précisant notamment
la norme qui en est à l’origine, la nature du changement, le montant de l’ajustement ou l’impact
sur les comptes (IAS 8, § 28). Si le changement résulte d’une décision de l’entité et non d’une
contrainte réglementaire, elle doit être motivée (IAS 8, § 29).

PCG
Le PCG fait référence à la permanence des méthodes (art. 121-5) et aussi à la comparabilité des états
financiers (art. 121-2) alors que l’IAS 8 ne traite que de cette dernière. Les obligations prescrites par
le PCG (art. 122-1) sont les mêmes que celles de l’IAS 8, à l’exception de la notion de patrimoine qui
n’est pas utilisée par les IFRS.

19 Louis MENARD et al., Dictionnaire de la comptabilité et de la gestion financière, ICCA, OEC, CNCC, IRE, 2004, p. 931.

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Les normes comptables internationales et leur cadre conceptuel

Même si la distinction est parfois difficile à opérer, un changement d’estimation ne doit pas

3
être confondu avec un changement de politique comptable. Exemple : le changement de la
valeur observée d’un immeuble sur le marché de l’immobilier peut conduite à en réestimer la
valeur au bilan avec pour conséquence une modification du tableau d’amortissement. Un
changement de politique comptable (par exemple : réévaluer toutes les immobilisations) peut
avoir pour conséquence un changement d’estimation alors que l’inverse n’est pas possible. Une
estimation est par nature incertaine. Elle résulte d’un jugement professionnel à un moment

Chapitre
donné et va évidemment être modifiée si les circonstances changent. L’écart est constaté dans
les comptes de l’exercice en cours et dans ceux des exercices suivants (méthode prospective)
avec pour contrepartie une variation du résultat (IAS 8, § 36). L’écriture est justifiée par des
informations dans l’annexe.

PCG
Le PCG (art. 122-3) ne diffère pas de l’IAS 8.

Enfin, l’IAS 8 traite des corrections d’erreurs. Une erreur est une omission ou une inexactitude
significative, non intentionnelle car il s’agirait alors d’une fraude, découverte au cours de l’exercice
N et portant sur les états financiers antérieurs (IAS 8, § 41 & s). Ce serait par exemple le cas de la
mauvaise interprétation d’un contrat ou de l’ignorance d’un risque qui pourraient amener à
corriger cette erreur. La norme IAS 8 prévoit une imputation de l’erreur à l’exercice concerné
(méthode rétrospective), ce qui suppose un retraitement des états financiers antérieurs.

PCG
Le PCG (art. 122-5) prévoit la comptabilisation de la correction, si elle est significative, dans le bilan
et/ou le compte de résultat de l’exercice en cours. Lorsque l’opération affecte le compte de résultat,
elle est comptabilisée sur une ligne séparée, ce qui rend l’opération plus visible. Ainsi, une erreur
relative à l’exercice N-1 ne sera pas corrigée par une modification des comptes de N-1 mais sera
comptabilisée en N. Sur ce point, le PCG diverge de l’IAS 8.

Nous avons vu que le cadre conceptuel n’avait pas de valeur prescriptive puisqu’il ne constitue
pas une norme. C’est l’IAS 8, qui lui emprunte de nombreux éléments, qui lui donne en réalité,
pour partie, une valeur contraignante.

5 La présentation des états financiers


L’IAS 1, dont la dernière version date de 2007, précise :
– les définitions et principes régissant la production des états financiers ;
– le descriptif du contenu des états financiers à usage général.

A Les définitions et principes


La norme précise d’abord ce que l’on entend par « états financiers ». Ils sont définis comme étant
à « usage général », c’est-à-dire « destinés à répondre aux besoins des utilisateurs qui ne sont
pas en mesure d’exiger que l’entité prépare des rapports financiers adaptés à leurs besoins
particuliers d’information. » (IAS 1, § 7) Par exemple, un banquier, un actionnaire membre du
conseil d’administration ou le comité social et économique (CSE) peuvent en effet demander des
informations financières qui ne seront pas données au public. La norme s’applique aussi bien aux
comptes individuels qu’aux comptes consolidés d’une entité, quelle que soit sa forme juridique,
qu’elle soit à but lucratif ou non. Mais elle ne s’applique pas à l’information intermédiaire qui fait
l’objet d’une norme spécifique, l’IAS 34.

93

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Partie 2 Les normes comptables internationales

« Un jeu complet d’états financiers comprend :


1. un état de la situation financière (le bilan) à la fin de la période ;
2. un état du résultat net (le compte de résultat) et des autres éléments du résultat global de la
période ;
3. un état des variations des capitaux propres de la période ;
4. un tableau des flux de trésorerie de la période ;
5. des notes, contenant les principales méthodes comptables et d’autres informations explica-
tives (...). » (IAS 1, § 10)
Ces cinq composants des états financiers font l’objet d’une présentation détaillée ci-après.
Ils ont pour objectif de « présenter une image fidèle de la situation financière, de la performance
financière et des flux de trésorerie de l’entité. » (IAS 1, § 15) Cette formule est reprise dans le cadre
conceptuel, comme nous l’avons déjà vu. Pour atteindre cet objectif, ils doivent être conformes
aux IFRS dans toutes leurs dispositions. « Dans les circonstances extrêmement rares où la
direction (de l’entité) estime que le respect d’une disposition d’une IFRS serait trompeur au point
d’être contraire à l’objectif des états financiers (...), l’entité doit s’écarter de cette disposition. »
(IAS 1, § 19) Mais cette dérogation aux règles doit être motivée et documentée.
Les règles permettant d’atteindre l’objectif sont détaillées dans la norme, tout comme elles sont
reprises dans le cadre conceptuel.
e Continuité d’exploitation. « Lors de l’établissement des états financiers, la direction doit
évaluer la capacité de l’entité à poursuivre son exploitation. L’entité doit préparer les états
financiers sur la base de la continuité de l’exploitation sauf si la direction a l’intention, ou n’a
pas d’autre solution réaliste, que de liquider l’entité ou de cesser son activité. Lorsque la
direction prend conscience, à l’occasion de cette appréciation, d’incertitudes significatives
liées à des événements ou à des conditions susceptibles de jeter un doute important sur la
capacité de l’entité à poursuivre son activité, l’entité doit indiquer ces incertitudes. Lorsque
l’entité ne prépare pas les états financiers sur la base de la continuité de l’exploitation, elle doit
indiquer ce fait ainsi que la base sur laquelle ils sont établis et la raison pour laquelle l’entité
n’est pas considérée en situation de continuité d’exploitation. » (IAS 1, § 25)
e Comptabilité d’engagement. « L’entité doit établir ses états financiers selon la méthode de la
comptabilité d’engagement, sauf pour les informations relatives aux flux de trésorerie. »
(IAS 1, § 27)
e Importance significative. « L’entité doit présenter séparément chaque catégorie significative
d’éléments similaires. L’entité doit présenter séparément les éléments de nature ou de
fonction dissemblables, sauf s’ils sont non significatifs. » (IAS 1, § 29)
e Compensation. « L’entité ne doit pas compenser les actifs et les passifs ou les produits et les
charges, sauf si cette compensation est imposée ou autorisée par une IFRS. » (IAS 1, § 32)
e Fréquence de l’information. « L’entité doit présenter un jeu complet d’états financiers
(comprenant des informations comparatives) au minimum une fois par an. Lorsque l’entité
modifie sa date de fin d’exercice et présente ses états financiers pour une période plus longue
ou plus courte qu’une année, elle doit indiquer, outre la durée de la période couverte par les
états financiers :
– (a) la raison pour laquelle elle a utilisé une période plus longue ou plus courte ; et
– (b) le fait que les montants présentés dans les états financiers ne sont pas totalement
comparables. » (IAS 1, § 36)
e Information comparative. « Sauf autorisation ou disposition contraire des IFRS, l’entité doit
présenter des informations comparatives au titre de la période précédente pour tous les
montants figurant dans les états financiers de la période considérée. L’entité doit inclure des
informations comparatives pour les informations de nature explicative et descriptive si cela

94

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est utile à la compréhension des états financiers de la période considérée. » (IAS 1, § 38)

3
« L’entité doit présenter au minimum deux états de la situation financière, deux états du
résultat net et des autres éléments du résultat global, deux états du résultat net séparés (si
elle en présente), deux tableaux des flux de trésorerie et deux états des variations des capitaux
propres, ainsi que les notes annexes. » (IAS 1, § 38A)
e Changementde méthode. « L’entité doit présenter un troisième état de la situation financière
arrêté au début de la période précédente, en plus des états financiers comparatifs exigés au

Chapitre
minimum selon le paragraphe 38A, si :
– (a) elle applique une méthode comptable de façon rétrospective, effectue un retraitement
rétrospectif d’éléments de ses états financiers ou procède à un reclassement d’éléments
dans ses états financiers ; et que
– (b) l’application rétrospective, le retraitement rétrospectif ou le reclassement a une inci-
dence significative sur l’information contenue dans l’état de la situation financière arrêté
au début de la période précédente. » (IAS 1, § 40)
e Permanence des méthodes. « L’entité doit conserver la présentation et le classement des
postes dans les états financiers d’une période à l’autre, à moins :
– (a) qu’il soit apparent, suite à un changement important de la nature des activités de l’entité
ou à un examen de la présentation de ses états financiers, qu’une autre présentation ou un
autre classement serait plus adéquat eu égard aux critères de sélection et d’application des
méthodes comptables selon IAS 8 ; ou
– (b) qu’une IFRS impose une modification de la présentation. » (IAS 1, § 45)
Ces principes, rappelés par l’IAS 1, sont des principes comptables généralement admis qui ne font
que codifier les pratiques existantes.

PCG
Ces principes énoncés dans l’IAS 1 ne dérogent pas à ce qu’exige le PCG.
Seul l’objectif diffère puisque la directive européenne, la loi comptable et le PCG précisent qu’il s’agit
de l’image fidèle du patrimoine. Comme nous l’avons déjà dit, cette dernière notion ne peut être
reprise par les IFRS.

B Contenu des états financiers à usage général


Les IFRS ne normalisant que par des principes, ne donnent pas des modèles d’états financiers
comme le fait le PCG. Elles ne précisent que des contenus obligatoires mais sans en définir la
forme. Cette dernière est donc laissée à l’initiative du préparateur des comptes pour atteindre
au mieux les objectifs fixés dans le cas particulier de chaque entité.

1 État de la situation financière


L’état de la situation financière (statement of financial position) correspond au bilan (balance
sheet). Il « doit comporter les postes suivants :
(a) les immobilisations corporelles ;
(b) les immeubles de placement ;
(c) les immobilisations incorporelles ;
(d) les actifs financiers [à l’exclusion des montants indiqués selon (e), (h) et (i)] ;
(da) les groupes de contrats entrant dans le champ d’application d’IFRS 17 qui sont des actifs,
ventilés comme l’exige le § 78 d’IFRS 17 ;
(e) les participations comptabilisées selon la méthode de la mise en équivalence ;
(f) les actifs biologiques qui entrent dans le champ d’application d’IAS 41 Agriculture ;
(g) les stocks ;

95

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Partie 2 Les normes comptables internationales

(h) les clients et autres débiteurs ;


(i) la trésorerie et les équivalents de trésorerie ;
(j) le total des actifs classés comme étant détenus en vue de la vente et les actifs inclus dans des
groupes destinés à être cédés qui sont classés comme détenus en vue de la vente selon IFRS 5
Actifs non courants détenus en vue de la vente et activités abandonnées ;
(k) les fournisseurs et autres créditeurs ;
(l) les provisions ;
(m) les passifs financiers (à l’exclusion des montants indiqués selon (k) et (l)) ;
(ma) les groupes de contrats entrant dans le champ d’application d’IFRS 17 qui sont des passifs,
ventilés comme l’exige le § 78 d’IFRS 17 ;
(n) les passifs et actifs d’impôt exigible, tels que définis dans IAS 12 Impôts sur le résultat ;
(o) les passifs et actifs d’impôt différé, tels que définis dans IAS 12 ;
(p) les passifs inclus dans des groupes destinés à être cédés classés comme détenus en vue de
la vente selon IFRS 5 ;
(q) les participations ne donnant pas le contrôle, présentées au sein des capitaux propres ;
(r) le capital émis et les réserves attribuables aux propriétaires de la société mère » (IAS 1, § 54).
« L’entité doit présenter séparément dans l’état de la situation financière les actifs courants et
non courants et les passifs courants et non courants, (...) sauf lorsqu’une présentation selon le
critère de liquidité apporte des informations fiables et plus pertinentes. Lorsque cette exception
s’applique, l’entité doit présenter tous les actifs et passifs par ordre de liquidité » (IAS 1, § 60).
Est défini comme « courant », essentiellement ce qui entre dans le cycle normal d’exploitation.

2 État du résultat net et des autres éléments du résultat global


L’état du résultat net et des autres éléments du résultat global correspond au compte de
résultat. Il se compose de deux parties :
– le calcul du résultat net,
– les autres éléments du résultat global.
Résultat global total = résultat net + autres éléments du résultat global
« En plus des éléments exigés par d’autres IFRS, la section résultat net ou l’état du résultat net
doit comporter les postes suivants au titre de la période :
(a) les produits des activités ordinaires, avec présentation séparée des éléments suivants :
(i) les produits d’intérêts calculés selon la méthode du taux d’intérêt effectif,
(ii) les produits des activités d’assurance (voir IFRS 17 Contrats d’assurance) ;
(aa) les profits et pertes résultant de la décomptabilisation d’actifs financiers évalués au coût
amorti ;
(ab) les charges afférentes aux activités d’assurance découlant de contrats émis qui entrent dans
le champ d’application d’IFRS 17 ;
(ac) les produits ou les charges afférents aux traités de réassurance détenus (voir IFRS 17) ;
(b) les charges financières ;
(ba) les pertes de valeur (y compris les reprises de pertes de valeur ou gains de valeur) établies
selon le § 5.5 d’IFRS 9 Instruments financiers ;
(bb) les produits financiers ou charges financières d’assurance afférents aux contrats émis qui
entrent dans le champ d’application d’IFRS 17 ;
(bc) les produits financiers ou les charges financières afférents aux traités de réassurance
détenus ;
(c) la quote-part dans le résultat net des entreprises associées et des coentreprises comptabi-
lisées selon la méthode de la mise en équivalence ;

96

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(ca) lorsqu’un actif financier jusqu’alors classé comme étant évalué au coût amorti est reclassé

3
de façon à ce qu’il soit évalué à la juste valeur par le biais du résultat net, tout profit ou perte
résultant d’un écart entre son coût amorti antérieur et sa juste valeur à la date du reclassement
(au sens d’IFRS 9) ;
(cb) lorsqu’un actif financier jusqu’alors classé comme étant évalué à la juste valeur par le biais
des autres éléments du résultat global est reclassé de façon à ce qu’il soit évalué à la juste valeur
par le biais du résultat net, tout profit ou perte cumulé comptabilisé antérieurement dans les

Chapitre
autres éléments du résultat global qui est reclassé en résultat net ;
(d) la charge d’impôt sur le résultat ; (...)
(ea) un montant unique représentant le total des activités abandonnées (voir IFRS 5 Actifs non
courants détenus en vue de la vente et activités abandonnées). » (IAS 1, § 82)
Le résultat net ne correspond pas à proprement parler aux produits et charges d’exploitation,
même si elles en constituent l’essentiel. Les charges peuvent être classées par nature, c’est-à-dire
selon une nomenclature telle que celle du PCG (art. 823-2) ou par fonction (par exemple : coût
de production des marchandises vendues, coûts commerciaux, charges administratives, etc.). Le
choix entre les deux solutions doit être fait en recherchant la solution la plus fiable et la plus
pertinente.
« Les autres éléments du résultat global comprennent les éléments de produits et de charges
(ycompris les ajustements de reclassement) qui ne sont pas comptabilisés en résultat net comme
l’imposent ou l’autorisent d’autres IFRS. Les autres éléments du résultat global incluent les
composantes suivantes :
(a) les variations de l’excédent de réévaluation (voir IAS 16 Immobilisations corporelles et IAS 38
Immobilisations incorporelles) ;
(b) les réévaluations au titre des régimes (de retraite) à prestations définies (voir IAS 19 Avantages
du personnel) ;
(c) les profits et les pertes résultant de la conversion des états financiers d’un établissement à
l’étranger (voir IAS 21 Effets des variations des cours des monnaies étrangères) ;
(d) les profits et les pertes résultant de placements dans des instruments de capitaux propres
désignés comme étant à la juste valeur par le biais des autres éléments du résultat global selon
le paragraphe 5.7.5 d’IFRS 9 Instruments financiers ;
(da) les profits et les pertes sur les actifs financiers évalués à la juste valeur par le biais des autres
éléments du résultat global selon le paragraphe 4.1.2A d’IFRS 9 ;
(e) la partie efficace des profits et des pertes sur les instruments de couverture dans une
couverture de flux de trésorerie et les profits ou les pertes sur les instruments de couverture qui
couvrent des placements dans des instruments de capitaux propres évalués à la juste valeur par
le biais des autres éléments du résultat global selon le paragraphe 5.7.5 d’IFRS 9 (voir le chapitre 6
d’IFRS 9) ;
(f) pour certains passifs désignés comme étant à la juste valeur par le biais du résultat net, le
montant de la variation de juste valeur qui est attribuable aux variations du risque de crédit du
passif en question (voir § 5.7.7 d’IFRS 9) ; (...) 20 » (IAS 1, § 7)
On trouve essentiellement dans les autres éléments du résultat global les coûts de détention
(holding gains) ou les variations de valeur (écarts de réévaluation) des actifs et passifs,
c’est-à-dire des produits et charges comptabilisés directement en capitaux propres et non en
résultat net. Il ne s’agit pas nécessairement des charges et produits hors exploitation.
Les deux parties du compte de résultat peuvent être présentées en un seul tableau mais sans
être confondues.

20 Les éléments (g) à (j) ne sont pas repris ici. Leur compréhension nécessiterait un cours de finance avancé.

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PCG
Le PCG donne une place plus importante au compte de résultat en comparaison de celle qu’il a en IFRS.
Cela s’explique par le fait que le droit comptable français est traditionnellement fondé sur une vision
partenariale de la norme qui intéresse autant le fisc, les créanciers, les salariés que les actionnaires.
Le besoin d’information inclut, de ce fait, le processus de création de la valeur et son caractère
récurrent décrit par le compte de résultat du PCG. En revanche, les IFRS privilégient les investisseurs
qui sont supposés avoir pour objectif la croissance du capital financier décrit par le bilan 21 .

3 État de variation des capitaux propres


« L’entité doit présenter un état des variations des capitaux propres (qui) comprend les
informations suivantes :
(a) le résultat global total de la période, présentant séparément les montants totaux attribuables
aux propriétaires de la société mère et aux participations ne donnant pas le contrôle ;
(b) pour chaque composante des capitaux propres, les effets d’une application rétrospective ou
d’un retraitement rétrospectif comptabilisés selon IAS 8 ; et (...)
(d) pour chaque composante des capitaux propres, un rapprochement entre la valeur comptable
au début et à la fin de la période, indiquant séparément (au minimum) chaque élément de
variation trouvant son origine dans :
(i) le résultat net,
(ii) les autres éléments du résultat global, et
(iii) des transactions avec des propriétaires agissant en cette capacité, en présentant séparé-
ment les apports des propriétaires et les distributions aux propriétaires ainsi que les
changements dans les participations dans des filiales qui ne donnent pas lieu à une perte de
contrôle. » (IAS 1, § 106)
Ce tableau donne une image des relations entre l’entité et ses propriétaires ou, plus exactement,
entre l’entité et les propriétaires des capitaux propres.

4 Tableau de flux de trésorerie de la période


La présentation du tableau de flux de trésorerie n’est pas développée dans la norme IAS 1 bien
qu’il fasse partie intégrante des états financiers, mais fait l’objet d’une norme spécifique, l’IAS 7,
mis à jour en 2007. Il est nécessaire à une étude de la solvabilité de l’entité. En effet, la cessation
de paiement n’est pas la conséquence directe d’une perte mais la conséquence d’une insuf-
fisance de trésorerie qui peut éventuellement mais pas nécessairement résulter de pertes.
« Le tableau des flux de trésorerie présente les flux de trésorerie de la période classés en activités
d’exploitation, d’investissement et de financement. » (IAS 7, § 10). On entend par flux de trésorerie
les entrées et sorties de trésorerie (caisse et dépôts à vue) et d’équivalents de trésorerie (placements
à court terme, très liquides, facilement convertibles en un montant connu de trésorerie).
« Une entité doit présenter les flux de trésorerie liés aux activités d’exploitation, en utilisant :
(a) la méthode directe, suivant laquelle les principales catégories d’entrées et de sorties de
trésorerie brutes sont présentées ; ou
(b) la méthode indirecte, suivant laquelle le résultat net est ajusté des effets des transactions sans
effet sur la trésorerie, des décalages ou régularisations d’entrées ou de sorties de trésorerie
passées ou futures liées aux activités d’exploitation et des éléments de produits ou de charges
liés aux flux de trésorerie concernant les investissements ou le financement. » (IAS 7, § 18)
« Une entité doit indiquer les éléments qui composent sa trésorerie et ses équivalents de
trésorerie et doit présenter un rapprochement entre les montants de son tableau des flux de

21 Cf. à ce sujet Judith SAGHROUN & Claude SIMON, « Primauté du bilan et du compte de résultat, le principe du
pendule », Comptabilité, contrôle, audit, mars 1999, p. 59 à 76.

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trésorerie et les éléments équivalents présentés dans l’état de la situation financière. » (IAS 7,

3
§ 45) Il y a donc un recoupement du tableau de flux avec le bilan.

PCG
Seul le système développé, facultatif, prévoit un tableau de financement ou tableau des emplois et
ressources et en donne le modèle. Cf. art. 842-3 et 842-4.

Chapitre
5 Notes, contenant les principales méthodes comptables et d’autres informations
explicatives
Ces notes aux états financiers correspondent sensiblement à l’annexe requise par le PCG. Elles
comportent une déclaration de conformité aux IFRS. Cette conformité ne peut être partielle :
c’est tout ou rien sauf dérogation dûment justifiée. Le volume des notes peut atteindre plusieurs
milliers de pages pour les grands groupes cotés.
« Les notes doivent :
(a) présenter des informations sur la base d’établissement des états financiers et sur les
méthodes comptables spécifiques utilisées (...) ;
(b) fournir l’information requise par les IFRS qui n’est pas présentée ailleurs dans les états
financiers ; et
(c) fournir des informations qui ne sont pas présentées ailleurs dans les états financiers, mais qui
sont utiles à la compréhension de ceux-ci » (IAS 1, § 112).
« L’entité doit fournir des informations sur ses principales méthodes comptables, y compris sur :
(a) la ou les bases d’évaluation utilisées pour l’établissement des états financiers ; et
(b) les autres méthodes comptables utilisées qui sont utiles à la compréhension des états
financiers » (IAS 1, § 117).
De plus, les jugements portés par la direction lors de l’application des méthodes comptables de
l’entité et ayant le plus d’incidence sur les montants comptabilisés dans les états financiers doivent
être explicités. (IAS 1, § 122) Enfin, « l’entité doit fournir des informations sur les hypothèses qu’elle
formule pour l’avenir et sur les autres sources majeures d’incertitude relative aux estimations à
la fin de la période de présentation de l’information financière (c’est-à-dire la date de clôture de
l’exercice), qui présentent un risque important d’entraîner un ajustement significatif de la valeur
comptable des actifs et des passifs au cours de l’exercice suivant. » (IAS 1, § 125)
En conclusion, la grande liberté de forme que laissent les IFRS relève d’une logique fondée sur
l’obligation de résultat (fournir des informations pertinentes, avoir recours au jugement
professionnel) par opposition à une obligation de moyens (être simplement conforme à un
modèle prescrit). Il ne faut pas en conclure hâtivement qu’une solution serait supérieure à l’autre,
plus « intelligente » que l’autre. Les deux approches ont leurs avantages et inconvénients. La
standardisation de la présentation des états financiers facilité leur lecture, leur comparaison et
réduit les coûts de traitement et de contrôle. La liberté permet de mieux prendre en compte les
particularités mais elle laisse aussi plus de possibilités de manipulation de l’information.

PCG
Le PCG inclut dans l’annexe une série de tableaux selon un format normé : tableau des immobili-
sations, des amortissements, des provisions, des filiales et participations, du portefeuille de titres
immobilisés de l’activité de portefeuille (TIAP), état des créances et dettes et, pour les entreprises
soumises au régime développé, le tableau des soldes intermédiaires de gestion, de la capacité
d’autofinancement et des emplois et ressources.
Le PCG inclut dans l’annexe du système développé le tableau de financement (art. 810-7) alors que
les IFRS en font un élément à part entière au même titre que le bilan ou le compte de résultat.

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Partie 2 Les normes comptables internationales

SYNTHÈSE

L’information financière et la source des normes


Les normes comptables diffèrent d’un pays à l’autre et ont un impact considérable sur les
états financiers. Selon le cas, le résultat peut, par exemple, varier du simple au double ou
passer du bénéfice à une perte. Un marché financier mondialisé a donc besoin de normes
mondiales afin que les investisseurs puissent faire confiance aux informations financières qui
leur sont données et les comparer pour prendre leurs décisions.
L’information consiste à produire et diffuser des données de façon aussi neutre que possible
(la recherche de l’image fidèle). La communication suppose un échange entre le producteur
et l’utilisateur des données, donc des intentions et une volonté de convaincre. Le lien entre
communication financière et marketing financier peut être ténu.
L’information financière doit être contextualisée notamment grâce à l’information environ-
nementale, sociale et de gouvernance (ESG) afin de rendre compte de l’élargissement de la
responsabilité des entreprises (responsabilité sociale et environnementale ou RSE) et des
externalités négatives qu’elles produisent.
Des multiples tentatives de normalisation comptable au plan régional ou mondial afin d’avoir
un langage comptable commun, la seule à s’être imposée est celle de l’IASB avec les IFRS, leur
champ d’application en Europe étant limité aux comptes consolidés des sociétés qui font
appel public à l’épargne, après avoir été homologuées en application du règlement CE 1606/
2002 du Parlement européen et du Conseil.
La légitimité des IFRS ne se fonde pas seulement sur un contenu techniquement abouti. Leur
adoption doit également suivre une procédure détaillée, le due process, afin d’acquérir une
légitimité procédurale à défaut de légitimité politique. Cette dernière supposerait que la
norme émane d’une autorité représentant l’intérêt général, par exemple un Parlement, ce qui
n’est pas le cas. À défaut, la consultation des parties intéressées permet de recueillir les
observations d’un large public... à condition d’être un expert anglophone. Les IFRS, étant
produites par une organisation privée, n’ont pas force de loi et ne peuvent l’acquérir que grâce
à un mécanisme d’homologation ou d’adoption par une puissance publique, comme, par
exemple, la Commission européenne.
Cadre conceptuel et méthodes comptables
En vue d’améliorer l’intelligibilité et la cohérence des normes, l’IASB a publié un cadre
conceptuel inspiré de celui du normalisateur comptable américain, le FASB. Le cadre
conceptuel de l’IASB traite des objectifs des états financiers : essentiellement mettre à la
disposition des apporteurs de capitaux les informations pertinentes pour prendre leurs
décisions (gestion de leur portefeuille) relatives aux investissements et au contrôle des
dirigeants. Les marchés financiers sont donc considérés comme les principaux utilisateurs de
la comptabilité financière. Le cadre conceptuel énumère les caractéristiques ou qualités
exigées des états financiers : la pertinence, la représentation fidèle qui suppose l’exhaustivité,
la neutralité et l’absence d’erreur dans les enregistrements et enfin, des « qualités complé-
mentaires », à savoir la comparabilité, la vérifiabilité, la disponibilité en temps utile et
l’intelligibilité. Il définit le concept d’entité en réponse à la question « qui doit publier des états
financiers ? » Il définit également les actifs, passifs, capitaux propres, charges, produits et les
concepts de capital et de maintien du capital physique ou financier. Il précise le fait générateur
d’un enregistrement comptable puis les méthodes d’évaluation : coût historique ou valeur
actuelle, cette dernière pouvant être la « juste valeur » qui est une valeur de marché observée
ou estimée ou la valeur d’usage qui est propre à chaque entité. Enfin le cadre conceptuel
donne quelques règles générales relatives à la présentation des états financiers. L’ensemble
se réclame d’une normalisation par les principes plutôt que par des règles détaillées.

100

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Les normes comptables internationales et leur cadre conceptuel

La norme IAS 8 sur les méthodes comptables, les changements d’estimations et les cor-

3
rections d’erreurs complète le cadre conceptuel en ce sens qu’elle traite pour partie des
mêmes questions générales et leur donne une valeur prescriptive. Elle reconnaît que les
entreprises ont une politique comptable mais celle-ci doit être cohérente, pertinente et fiable,
cette dernière qualité supposant que la représentation soit fidèle, que la réalité économique
prime sur l’apparence juridique et que l’information soit neutre, prudente et exhaustive. La
mise en œuvre de cette politique comptable s’appuie sur le jugement professionnel de celui

Chapitre
qui prépare les états financiers. Du fait que tout jugement comporte des marges d’incertitude
et que les circonstances changent, il peut être nécessaire de modifier des estimations. Enfin,
les corrections d’erreurs, par définition passées, font l’objet d’un retraitement des états
financiers antérieurs concernés selon la norme IAS 8. Par exemple, une erreur constatée au
cours de l’année N générera un retraitement des comptes de N-1. En revanche, le PCG prévoit
que les corrections soient enregistrées dans les comptes de l’exercice en cours et que, si elle
a une incidence sur le résultat, celle-ci apparaisse sur une ligne séparée du compte de résultat.
Présentation des états financiers
Par états financiers, on entend ici l’ensemble des cinq documents suivants : bilan, compte de
résultat, état de variation des capitaux propres, tableau des flux de trésorerie et notes.
L’obtention d’une image fidèle de la situation financière, de la performance financière et des
flux de trésorerie suppose le respect des principales règles suivantes : continuité de l’exploi-
tation, comptabilité d’engagement, non compensation, comparabilité et permanence des
méthodes.
Les IFRS ne préconisent aucun format standard des états financiers, contrairement au PCG.
Le compte de résultat distingue le calcul du résultat net et, par ailleurs, les autres éléments
du résultat global qui regroupent essentiellement les produits et charges comptabilisés
directement en capitaux propres tels les écarts de réévaluation.
L’état de variation des capitaux propres donne une image des relations de l’entité avec les
propriétaires des capitaux propres.
Le tableau des flux de trésorerie permet une appréciation de la situation financière sous
l’angle de la solvabilité de l’entité.
Enfin, les notes correspondent à l’annexe du PCG mais sous une forme libre. C’est une
obligation de résultat et non de moyen.
Liste des IAS/IFRS en vigueur au 1/1/2020

IAS 1 Présentation des états financiers Adoptée UE


IAS 2 Stocks Adoptée UE
IAS 7 État des flux de trésorerie Adoptée UE
Méthodes comptables, changements
IAS 8 Adoptée UE
d’estimations comptables et erreurs
IAS 10 Événements postérieurs à la période de reporting Adoptée UE
IAS 12 Impôts sur le résultat Adoptée UE
IAS 16 Immobilisations corporelles Adoptée UE
IAS 19 Avantages du personnel Adoptée UE
Comptabilisation des subventions publiques et
IAS 20 Adoptée UE
informations à fournir sur l’aide publique
Effets des variations des cours des monnaies
IAS 21 Adoptée UE
étrangères
IAS 23 Coûts d’emprunt Adoptée UE

101

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Partie 2 Les normes comptables internationales

IAS 24 Information relative aux parties liées Adoptée UE


Comptabilité et rapports financiers des régimes
IAS 26 Adoptée UE
de retraite
IAS 27 États financiers individuels Adoptée UE
Participations dans des entreprises associées et
IAS 28 Adoptée UE
des coentreprises
Information financière dans les économies
IAS 29 Adoptée UE
hyperinflationnistes
IAS 32 Instruments financiers : Présentation Adoptée UE
IAS 33 Résultat par action Adoptée UE
IAS 34 Information financière intermédiaire Adoptée UE
IAS 36 Dépréciation d’actifs Adoptée UE
IAS 37 Provisions, passifs éventuels et actifs éventuels Adoptée UE
IAS 38 Immobilisations incorporelles Adoptée UE
IAS 40 Immeubles de placement Adoptée UE
IAS 41 Agriculture Adoptée UE
IFRS 1 Première adoption des IFRS Adoptée UE
IFRS 2 Paiement fondé sur des actions Adoptée UE
IFRS 3 Regroupements d’entreprises Adoptée UE
IFRS 4 (version avant le
Contrats d’assurance Adoptée UE
1 er janvier 2021)
Actifs non courants détenus en vue de la vente et
IFRS 5 Adoptée UE
activités abandonnées
IFRS 6 Prospection et évaluation de ressources minérales Adoptée UE
IFRS 7 Instruments financiers : informations à fournir Adoptée UE
IFRS 8 Secteurs opérationnels Adoptée UE
IFRS 9 Instruments financiers Adoptée UE
IFRS 10 États financiers consolidés Adoptée UE
IFRS 11 Partenariats Adoptée UE
Informations à fournir sur les intérêts
IFRS 12 Adoptée UE
détenus dans d’autres entités
IFRS 13 Évaluation de la juste valeur Adoptée UE
IFRS 14 Comptes de report réglementaires Non adoptée UE
Produits des activités ordinaires tirés des contrats
IFRS 15 Adoptée UE
conclus avec des clients
IFRS 16 Contrats de location Adoptée UE
IFRS 17 (version applicable
à compter du 1 er janvier Contrats d’assurance Non adoptée UE
2022)
Source : adapté de www.focusifrs.com

102

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Applications

APPLICATIONS
EXO 03.01 L’information financière et la source des normes

1. Qu’est-ce qu’un cadre conceptuel ?


2. À quoi sert un cadre conceptuel ?
3. Quelle différence y a-t-il entre un cadre conceptuel et une norme ?
4. Selon le cadre conceptuel de l’IASB, à qui les états financiers sont-ils prioritairement destinés
et pour quel usage ?
5. Qu’est-ce qu’un jugement professionnel ?
6. Pourquoi le cadre conceptuel de l’IASB ne se réfère-t-il pas à la notion de patrimoine pour
définir un actif ou un passif ?
7. Qu’est-ce que la juste valeur ?
8. Quand un changement de politique comptable est-il autorisé ?

EXO 03.02 Le cadre conceptuel et les méthodes comptables

1. Quelle différence fait-on entre information et communication ?


2. L’information environnementale, sociale et de gouvernance a-t-elle un lien avec l’informa-
tion financière ?
3. Quels sont les principaux organes de l’IASB ?
4. Les IFRS ont-elles force de loi ? dans quelles conditions ?
5. Quel est en France le champ d’application des IFRS ?
6. Quel nom porte le processus d’élaboration et d’adoption des IFRS en anglais ?
7. Quelles sont les principales étapes du processus d’élaboration et d’adoption des IFRS ?
8. Quelles sont les principales étapes du processus de mise à jour des IFRS ?

EXO 03.03 La présentation des états financiers

1. Les états financiers doivent-ils, selon l’IAS 1 :


– être réguliers et sincères,
– donner une image fidèle du patrimoine,
– donner une image fidèle de la situation financière,
– donner une image fidèle de la performance financière.
2. Peut-on déroger aux IFRS tout en prétendant les adopter ?
3. L’application des IFRS laisse-t-elle place au jugement professionnel ? Si oui, donnez quelques
exemples.
4. Selon quels critères classe-t-on les actifs et passifs dans l’état de situation financière ?
5. L’état du résultat net et des autres éléments du résultat global classe-t-il les charges et
produits selon leur nature ?
6. Qu’appelle-t-on « autres éléments du résultat global » ?

103

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Partie 2 Les normes comptables internationales

Le traitement 4
comptable

Chapitre
d’opérations
particulières en IFRS
COMPÉTENCES ATTENDUES
Ù Savoir déterminer l’impact des normes internationales sur
les états financiers.
Ù Savoir passer les enregistrements comptables.

La détermination de l’impact des IFRS sur les états financiers se limite à quelques cas simples.
Remarque. Il ne s’agit pas d’étudier toutes les opérations ayant fait l’objet d’une norme mais
d’en étudier quelques-unes ayant valeur d’exemple. Ce chapitre traite toutes les opérations au
programme du diplôme supérieur de comptabilité et de gestion (DSCG) et seulement ces
opérations. La présentation des IFRS rappellera, le cas échéant, la ou les solutions retenues par
le plan comptable général (PCG) dans les comptes sociaux.
Nous ne traiterons pas de toutes les normes IFRS, l’ensemble étant, comme nous l’avons déjà
vu, trop complexe du fait de la technicité de certaines normes et du volume que l’ensemble
représente. Cela relève du domaine des professionnels spécialisés. Nous nous limiterons donc
à quelques éléments importants des états financiers :
– les immobilisations corporelles, incorporelles et les immeubles de placement (IAS 16, 38 et 40) ;
– les instruments financiers (IAS 32, IFRS 7 et IFRS 9) ;
– les dépréciations et provisions (IAS 36 et 37) ;
– les contrats de location (IFRS 16) ;
– les avantages au personnel (IAS 19) ;
– les produits des activités ordinaires (IFRS 15).

105

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Partie 2 Les normes comptables internationales

PLAN DU CHAPITRE

1 Les immobilisations corporelles, incorporelles et les immeubles de placement


A Définition des immobilisations corporelles, incorporelles et des immeubles de
placement
B Fait générateur de la comptabilisation d’une immobilisation
C Évaluation des immobilisations
D Synthèse sur les immobilisations corporelles, incorporelles et les immeubles de
placement
2 Les instruments financiers
A Définition des instruments financiers
B Fait générateur de la comptabilisation des instruments financiers
C Évaluation des instruments financiers
D Synthèse sur les instruments financiers
3 Les dépréciations et provisions
A Amortissements
B Dépréciations affectant la valeur d’un actif
C Provisions pour risques et charges inscrites au passif
4 Les contrats de location
A Définition des contrats de location
B Évaluation des contrats de location
C Comptabilisation des contrats de location
D Informations à fournir sur les contrats de location
E Synthèse des opérations sur les contrats de location
5 Les avantages au personnel
A Définition et classement des avantages au personnel
B Traitement des avantages à court terme
C Traitement des avantages postérieurs à l’emploi
D Traitement des autres avantages à long terme
E Traitement des indemnités de cessation d’emploi
F Synthèse sur les avantages au personnel
6 Les produits des activités ordinaires
A Identification du contrat
B Obligations de prestations
C Comptabilisation et évaluation
D Informations à fournir
E Synthèse sur les produits des activités ordinaires
APPLICATIONS P. 159
7 Applications

106

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Le traitement comptable d’opérations particulières en IFRS

1 Les immobilisations corporelles, incorporelles et les immeubles


de placement
Selon le cadre conceptuel, « un actif est une ressource contrôlée par l’entité résultant de
transactions passées et dont les avantages économiques futurs sont attendus par l’entreprise. »
4
(CC, § 4.3) Ces actifs peuvent prendre différentes formes, par exemple des terrains, des bâtiments
ou des équipements et avoir une existence physique. Cette dernière n’est toutefois pas

Chapitre
nécessaire. Ils peuvent être incorporels, comme les brevets ou les droits d’auteurs. (CC, § 4.6).
Nous allons présenter :
– la définition des immobilisations ;
– le fait générateur de leur entrée à l’actif ;
– leurs modalités d’évaluation aux différentes étapes de leur vie.
Les instruments financiers feront l’objet d’une section séparée.

A Définition des immobilisations corporelles, incorporelles et des immeubles


de placement
Les immobilisations corporelles sont des actifs :
– qui sont détenus par une entité soit pour être utilisés dans la production ou la fourniture de
biens ou de services, soit pour être loués à des tiers, soit à des fins administratives ;
– dont on s’attend à ce qu’ils soient utilisés sur plus d’une période. (IAS 16, § 6).
Une immobilisation incorporelle est un actif non monétaire identifiable sans substance physique.
(IAS 38, § 8). Les actifs monétaires sont définis par leur montant en unités monétaires. Tel est le
cas, par exemple, d’un dépôt de garantie. En revanche, un brevet est un actif non monétaire
identifiable dont on espère qu’il produira des avantages économiques sur plusieurs périodes.
Les immeubles de placement sont une catégorie d’immobilisations corporelles mais ils occupent
une place particulière dans le référentiel IFRS. Ils sont détenus « pour en retirer des loyers, pour
réaliser une plus-value en capital ou les deux. Par conséquent, un immeuble de placement génère
des flux de trésorerie largement indépendants des autres actifs détenus par l’entité. Ceci
distingue un immeuble de placement d’un bien immobilier occupé par son propriétaire. La
production ou la fourniture de biens ou de services (ou l’utilisation d’un bien immobilier à des
fins administratives) génère des flux de trésorerie qui sont attribuables non seulement au bien
immobilier, mais aussi à d’autres actifs utilisés dans le processus de production ou de fourniture.
IAS 16 s’applique aux biens immobiliers occupés par leur propriétaire qui sont détenus en propre
et IFRS 16 s’applique aux biens immobiliers occupés par leur propriétaire qui sont détenus par
le preneur en tant qu’actifs au titre des droits d’utilisation » (IAS 40, § 7) tel un contrat de location.
« Sont par exemple des immeubles de placement :
(a) un terrain détenu pour réaliser une plus-value en capital à long terme plutôt que pour une
vente à court terme dans le cadre de l’activité ordinaire ;
(b) un terrain détenu pour une utilisation future actuellement indéterminée (si une entité n’a pas
déterminé qu’elle utilisera le terrain soit comme un bien immobilier occupé par son propriétaire,
soit pour le vendre à court terme dans le cadre de son activité ordinaire, le terrain est considéré
comme étant détenu pour réaliser une plus-value en capital) ;
(c) un bâtiment appartenant à l’entité (ou un actif détenu par l’entité au titre du droit d’utilisation
d’un bâtiment) et donné en location dans le cadre d’un ou plusieurs contrats de location simple ;
(d) un bâtiment vacant mais détenu en vue d’être loué dans le cadre d’un ou plusieurs contrats
de location simple ;
(e) un bien immobilier en cours de construction ou d’aménagement en vue d’une utilisation
ultérieure en tant qu’immeuble de placement. » (IAS 40, § 8)

107

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Partie 2 Les normes comptables internationales

A contrario, « sont par exemple des éléments qui ne sont pas des immeubles de placement et
qui, en conséquence, n’entrent pas dans le champ d’application de la présente norme :
(a) un bien immobilier détenu en vue de sa vente dans le cadre de l’activité ordinaire ou en cours
de construction ou d’aménagement en vue d’une telle vente (voir IAS 2 Stocks), par exemple un
bien immobilier acquis exclusivement pour être vendu ultérieurement dans un avenir proche ou
être aménagé et revendu ; (...)
(c) un bien immobilier occupé par son propriétaire (voir IAS 16 et IFRS 16), y compris (entre autres
choses) un bien immobilier détenu en vue de son utilisation future comme bien immobilier
occupé par son propriétaire, un bien immobilier détenu en vue de son aménagement futur et de
son utilisation ultérieure comme bien immobilier occupé par son propriétaire, un bien immobilier
occupé par des membres du personnel (que ceux-ci paient ou non un loyer aux conditions du
marché) et un bien immobilier occupé par son propriétaire en attendant d’être vendu ; (...)
(e) un bien immobilier donné en location à une autre entité dans le cadre d’un contrat de
location-financement. » (IAS 40, § 9)

PCG
L’art. 211-1 définit un actif de la façon suivante : « Un actif est un élément identifiable du patrimoine
ayant une valeur économique positive pour l’entité, c’est-à-dire un élément générant une ressource
que l’entité contrôle du fait d’évènements passés et dont elle attend des avantages économiques
futurs. »
Le PCG, en ce qui concerne les comptes sociaux, se réfère à la notion de patrimoine qui est défini dans
le Code civil. Cette différence par rapport aux IFRS est essentielle. En effet, les normes internatio-
nales constituent un droit comptable hors sol, autonome par rapport à toutes les autres branches du
droit (fiscalité, droit commercial, droit des sociétés, etc.) qui, elles, relèvent des droits nationaux. À
la notion de patrimoine (notion juridique, importante pour les créanciers, par exemple), les IFRS ont
substitué celle de contrôle (notion économique, importante pour les actionnaires). De ce fait, les IFRS
permettent l’activation d’un bien loué.
En ce qui concerne les immobilisations corporelles et incorporelles, le PCG diffère peu des IFRS. La
principale différence est la possibilité offerte par le PCG d’inscrire les frais d’établissement (compte
201) à l’actif, ce que l’IAS 38 ne permet pas. Ils ne constituent pourtant pas véritablement une
ressource ou un élément du patrimoine. Leur « activation », autorisée par le PCG, est une modalité
d’étalement des charges sur plusieurs exercices du fait qu’ils sont ensuite amortis.
Ce cas est intéressant car il montre la difficulté d’avoir en même temps une image fidèle du patrimoine
et du résultat. Un comptabilisant un actif qui n’en est pas un, le bilan ne donne plus vraiment une
image fidèle du patrimoine sauf à effectuer des retraitements. En revanche, le fait que ces frais soient
nécessaires à la création et/ou à la vie de l’entreprise conduit à les étaler dans le temps et à donner
ainsi une meilleure image fidèle du résultat en les amortissant. Une durée d’amortissement d’au
maximum cinq ans est généralement retenue bien que cette durée ne figure pas dans le PCG. C’est
une sorte de compromis car on pourrait défendre l’idée que l’amortissement devrait se faire sur la
durée de vie espérée ou prévue de l’entreprise.
Le PCG ne comporte pas de dispositions particulières pour les immeubles de placement.

B Fait générateur de la comptabilisation d’une immobilisation


Une immobilisation n’est enregistrée au bilan que si les deux conditions suivantes sont réunies :
– les avantages économiques futurs iront probablement à l’entité,
– le coût de l’immobilisation peut être évalué de façon fiable.
Pour les immobilisations corporelles, incluant les immeubles de placement, les deux conditions
sont relativement simples à apprécier.
Il faut préciser que « chaque partie d’une immobilisation corporelle ayant un coût significatif par
rapport au coût total de l’élément doit être amortie séparément. Une entité ventile le montant
initialement comptabilisé pour une immobilisation corporelle en ses parties significatives et
amortit séparément chacune de ces parties. Par exemple, il peut être approprié d’amortir
séparément la cellule et les réacteurs d’un avion » (IAS 16, § 43 & 44).

108

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Le traitement comptable d’opérations particulières en IFRS

Inversement, des actifs séparés peuvent être regroupés en unités génératrices de trésorerie. Il

4
s’agit du « plus petit groupe identifiable d’actifs qui génère des entrées de trésorerie largement
indépendantes des entrées de trésorerie générées par d’autres actifs ou groupes d’actifs »
(IAS 36, § 6). Ce concept est notamment utile pour évaluer la valeur actuelle d’un actif et pour
en mesurer la dépréciation.
En ce qui concerne la comptabilisation des immobilisations incorporelles, les choses sont plus
complexes. « La définition d’une immobilisation incorporelle impose que cette immobilisation

Chapitre
incorporelle soit identifiable afin de la distinguer du goodwill (« survaleur » en bon français). Le
goodwill comptabilisé lors d’un regroupement d’entreprises est un actif représentant les
avantages économiques futurs résultant des autres actifs acquis lors d’un regroupement
d’entreprises qui ne sont pas identifiés individuellement et comptabilisés séparément. Les
avantages économiques futurs peuvent résulter d’une synergie entre les actifs identifiables
acquis ou provenir d’actifs qui, pris individuellement, ne satisfont pas aux critères de compta-
bilisation dans les états financiers. » (IAS 38, § 11) Il peut également s’agir de la synergie entre
actifs de l’entité acheteuse et actifs de l’entité achetée dans le cas d’un regroupement. « Un actif
est identifiable s’il :
(a) est séparable, c’est-à-dire susceptible d’être séparé ou dissocié de l’entité et d’être vendu,
cédé, concédé par licence, loué ou échangé (...) ou
(b) résulte de droits contractuels ou d’autres droits légaux (...). » (IAS 38, § 12)
Les immobilisations incorporelles sont souvent générées en interne. Elles sont comptabilisées
à leur coût. Celui-ci étant difficile à déterminer, les immobilisations incorporelles développées en
interne ne sont généralement pas enregistrées en immobilisations. De même, « le goodwill
généré en interne ne doit pas être comptabilisé en tant qu’actif » (IAS 38, § 48) car il ne s’agit
pas d’une ressource identifiable (c’est-à-dire qu’elle n’est pas séparable et ne résulte pas de
droits contractuels ou d’autres droits légaux) contrôlée par l’entité et pouvant être évaluée à son
coût de façon fiable. Du fait de l’incertitude pesant sur les avantages économiques futurs,
« aucune immobilisation incorporelle résultant de la recherche (ou de la phase de recherche d’un
projet interne) ne doit être comptabilisée. Les dépenses pour la recherche (ou pour la phase de
recherche d’un projet interne) doivent être comptabilisées en charges lorsqu’elles sont enga-
gées » (IAS 38, § 54).
« Une immobilisation incorporelle résultant du développement (ou de la phase de développe-
ment d’un projet interne) doit être comptabilisée si, et seulement si, une entité peut démontrer
tout ce qui suit (critères cumulatifs) :
(a) la faisabilité technique de l’achèvement de l’immobilisation incorporelle en vue de sa mise en
service ou de sa vente ;
(b) son intention d’achever l’immobilisation incorporelle et de la mettre en service ou de la
vendre ;
(c) sa capacité à mettre en service ou à vendre l’immobilisation incorporelle ;
(d) la façon dont l’immobilisation incorporelle générera des avantages économiques futurs pro-
bables. L’entité doit démontrer, entre autres choses, l’existence d’un marché pour la production
issue de l’immobilisation incorporelle ou pour l’immobilisation incorporelle elle-même ou, si
celle-ci doit être utilisée en interne, son utilité ;
(e) la disponibilité de ressources techniques, financières et autres, appropriées pour achever le
développement et mettre en service ou vendre l’immobilisation incorporelle ;
(f) sa capacité à évaluer de façon fiable les dépenses attribuables à l’immobilisation incorporelle
au cours de son développement. » (IAS 38, § 57).

109

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Partie 2 Les normes comptables internationales

PCG
L’analyse par composants des immobilisations corporelles est également retenue par le PCG
(art. 213-20)
Le PCG n’évoque pas le concept d’unité génératrice de trésorerie.
Selon l’article 212-3, « la comptabilisation des frais de développement à l’actif est considérée comme
la méthode préférentielle. » Si l’IAS 38 en fait une obligation, le PCG en fait une option simplement
encouragée.

Frais de développement
Exemple

L’entreprise CMAL développe un nouveau procédé de fabrication. Au cours de l’année N, les dépenses
de développement de ce procédé se sont élevées à 2 millions d’euros dont 1,50 M 3 avant le
1er décembre N. À cette date, il est démontré que le procédé de fabrication générera des avantages
économiques futurs et doit donc être classé dans les immobilisations incorporelles.
Valeur à l’actif au 31/12/N : 2 M 3 – 1,50 M 3 = 0,50 M 3 (les charges antérieures au 1/12/N n’étaient
pas encore liées à une immobilisation).
Au cours de l’exercice N+1, le développement entraîne des charges supplémentaires de 3 M 3.
Valeur à l’actif au 31/12/N+1 : 0,5 M 3 + 3 M 3 = 3,5 M 3.

C Évaluation des immobilisations


L’évaluation des immobilisations se fait à différentes étapes de leur vie : coût d’entrée ou coût
d’acquisition, évaluations ultérieures et valeur de sortie du bilan.

1 Valeur d’entrée d’une immobilisation


La formule générale de calcul de la valeur d’entrée est :
Valeur d’entrée = coût d’acquisition = prix d’achat + coûts directs.
Plus précisément, « le coût (d’acquisition) d’une immobilisation corporelle comprend :
(a) son prix d’achat, y compris les droits de douane et les taxes non remboursables, après
déduction des remises et rabais commerciaux ;
(b) tout coût directement attribuable au transfert de l’actif jusqu’à son lieu d’exploitation et à
sa mise en état pour permettre son exploitation de la manière prévue par la direction ;
(c) l’estimation initiale des coûts relatifs au démantèlement et à l’enlèvement de l’immobilisation
et à la remise en état du site sur lequel elle est située, obligation qu’une entité contracte soit du
fait de l’acquisition de l’immobilisation corporelle, soit du fait de son utilisation pendant une durée
spécifique à des fins autres que la production de stocks au cours de cette période. » (IAS 16, § 16)
Si le point (a) ne pose pas trop de problèmes, les deux points suivants, (b) et (c), nécessitent
bien souvent un recours au jugement professionnel du préparateur des états financiers et de
l’auditeur qui doit certifier les comptes. Afin d’être plus concret, la norme donne des « exemples
de coûts directement attribuables :
(a) les coûts des avantages du personnel (tels que définis dans la norme IAS 19 « Avantages du
personnel ») résultant directement de la construction ou de l’acquisition de l’immobilisation
corporelle ;
(b) les frais de préparation du site ;
(c) les frais de livraison et de manutention initiaux ;
(d) les frais d’installation et de montage ;
(e) les coûts des tests de bon fonctionnement de l’immobilisation corporelle, après déduction du
produit net de la vente des articles produits pendant le transfert de l’actif sur ce site et pendant
sa mise en état (comme des échantillons produits pendant les tests de fonctionnement) ;
(f) les honoraires de professionnels » (IAS 16, § 17).

110

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Le traitement comptable d’opérations particulières en IFRS

Après cet énoncé illustratif des prescriptions, la norme énumère quelques cas d’interdiction :
« exemples de coûts qui ne sont pas des coûts d’une immobilisation corporelle :
(a) les coûts d’ouverture d’une nouvelle installation ;
(b) les coûts de lancement d’un nouveau produit ou service (y compris les coûts des activités de
publicité et de promotion) ;
4
(c) les coûts de l’exploitation d’une activité dans un nouveau lieu ou avec une nouvelle catégorie
de clients (y compris les coûts de formation du personnel) et

Chapitre
(d) les frais administratifs et autres frais généraux » (IAS 16, § 19).
En ce qui concerne les immobilisations incorporelles générée en interne, par exemple un brevet,
les seules qui posent nécessairement un problème d’évaluation du coût d’entrée, ce dernier
« comprend tous les coûts directement attribuables nécessaires pour créer, produire et préparer
l’immobilisation pour qu’elle puisse être exploitée de la manière prévue par la direction.

Coûts directement attribuables


Exemple

– Coûts des matériaux et services utilisés ou consommés pour générer l’immobilisation incorporelle.
– Coûts des avantages du personnel (tels que définis dans IAS 19) résultant de la création de
l’immobilisation incorporelle.
– Honoraires d’enregistrement d’un droit établi.
– Amortissement des brevets et licences qui sont utilisés pour générer l’immobilisation incorporelle.

L’IAS 23 spécifie les critères pour la comptabilisation des intérêts comme élément du coût d’une
immobilisation incorporelle générée en interne. » (IAS 38, § 66) Inversement, « ne constituent
pas des composantes du coût d’une immobilisation incorporelle générée en interne :
(a) les frais de vente, les frais administratifs et autres frais généraux à moins que ces dépenses
puissent être directement attribuées à la préparation de l’actif en vue de sa mise en service ;
(b) les inefficacités constatées et les pertes d’exploitation initiales subies avant qu’un actif
n’atteigne le niveau de performance prévu ; et
(c) les dépenses au titre de la formation du personnel pour exploiter l’actif » (IAS 38, § 67).
« Un immeuble de placement détenu en propre doit être évalué initialement à son coût. Les coûts
de transaction doivent être inclus dans l’évaluation initiale » (IAS 40, § 20).

PCG
1. Immobilisations corporelles : les coûts de transaction (droits de mutation, honoraires ou
commissions et frais d’actes) peuvent sur option, être rattachés au coût d’acquisition de l’immobi-
lisation ou comptabilisés en charges. (art. 213-8). L’IAS 16 ne laisse pas ce choix et impose leur
rattachement au coût de l’immobilisation. Ce point illustre encore la différence entre une vision
patrimoniale et une vision économique de l’entreprise, ces deux visions ayant leur logique propre.
Les coûts de transaction n’ajoutent aucune valeur au patrimoine de l’entreprise. Logiquement, dans
cette optique patrimoniale, ils ne doivent donc pas être activés. Mais d’un point de vue économique,
on ne peut pas considérer qu’ils doivent être rattachés aux charges de l’exercice d’acquisition de cette
immobilisation, ce qui conduit à les étaler dans le temps grâce à l’amortissement annuel. En laissant
le choix, le PCG ne tranche pas véritablement au bénéfice de l’une ou l’autre vision.
2. Immobilisation incorporelle : « le coût d’acquisition (...) est constitué de :
– son prix d’achat, y compris les droits de douane et taxes non récupérables, après déduction des
remises, rabais commerciaux et escomptes de règlement, et
– de tous les coûts directement attribuables à la préparation de cet actif en vue de l’utilisation
envisagée.
Dans les comptes individuels, les droits de mutation, honoraires ou commissions et frais d’actes, liés
à l’acquisition, peuvent sur option, être rattachés au coût d’acquisition de l’immobilisation ou
comptabilisés en charges. » (art. 213-22) L’IAS 38 appelle la même remarque qu’à propos de l’IAS 16.
3. Immeubles de placement : le PCG ne prévoit aucune disposition particulière.

111

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Partie 2 Les normes comptables internationales

2 Évaluation d’une immobilisation postérieurement à son entrée à l’actif


La valeur d’une immobilisation corporelle sera ensuite ajustée à la clôture de chaque exercice.
La norme IAS 16 laisse le choix entre deux méthodes.
e Le modèle du coût. « Après sa comptabilisation en tant qu’actif, une immobilisation corpo-
relle doit être évaluée à son coût diminué du cumul des amortissements et du cumul des
pertes de valeur. » (IAS 16, § 30) Il est cependant à noter que « l’intégration de coûts dans
la valeur comptable d’une immobilisation corporelle cesse lorsque l’élément se trouve à
l’endroit et dans l’état nécessaires pour être exploité de la manière prévue par la direction »
(IAS 16, § 20).
e Le modèle de la réévaluation. « Après sa comptabilisation en tant qu’actif, une immobilisation
corporelle dont la juste valeur peut être évaluée de manière fiable doit être évaluée à son
montant réévalué, à savoir sa juste valeur à la date de réévaluation, diminuée du cumul des
amortissements ultérieurs et du cumul de pertes de valeur ultérieures. Les réévaluations
doivent être effectuées avec une régularité suffisante pour s’assurer que la valeur comptable
ne diffère pas de façon significative de celle qui aurait été déterminée en utilisant la juste valeur
à la fin de la période de présentation de l’information financière » (IAS 16, § 31). Cette méthode
suppose qu’il y ait effectivement un marché suffisamment actif. Lorsque la juste valeur est
déterminée à la date de clôture de l’exercice, la valeur au bilan à cette date est égale à la juste
valeur.
Schématiquement, les deux options se présentent de la façon suivante :

Modèle du coût + Coût


– amortissements cumulés
– pertes de valeur cumulées
= Valeur comptable
Modèle de la réévaluation + Juste valeur à la date de réévaluation
– (éventuellement) cumul des amortissements entre à la
date de réévaluation et la date de clôture
– (éventuellement) cumul des pertes de valeur entre à la
date de réévaluation et la date de clôture
= Valeur comptable

L’entreprise a le choix mais elle doit appliquer la même méthode à l’ensemble des immobilisa-
tions d’une même catégorie. Des catégories différentes peuvent être traitées par des méthodes
différentes.

Exemple : Toutes les machines peuvent être évaluées au coût (parce que ces machines sont
spécifiques et ne font pas l’objet d’échanges sur un marché actif) alors que tous les véhicules sont
réévalués (dans la mesure où il existe un marché et donc une cote des véhicules d’occasion).

« Lorsque la valeur comptable d’une immobilisation incorporelle augmente à la suite d’une


réévaluation, l’augmentation doit être comptabilisée dans les autres éléments du résultat global
et cumulée en capitaux propres sous la rubrique écart de réévaluation. Toutefois, l’augmentation
doit être comptabilisée en résultat net dans la mesure où elle compense une diminution de
réévaluation du même actif, précédemment comptabilisée en résultat net » (IAS 16, § 39). La
même règle s’applique aux immobilisations corporelles.
Inversement, « lorsque, à la suite d’une réévaluation, la valeur comptable d’une immobilisation
incorporelle diminue, cette diminution doit être comptabilisée en résultat net. Toutefois, la
diminution de réévaluation doit être comptabilisée dans les autres éléments du résultat global
dans la limite de l’écart de réévaluation créditeur pour ce même actif. La diminution de

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Le traitement comptable d’opérations particulières en IFRS

réévaluation comptabilisée dans les autres éléments du résultat global réduit le montant
accumulé en capitaux propres sous la rubrique écart de réévaluation » (IAS 16, § 40). L’exemple
suivant détaille cette règle.
4
Choix des méthodes d’évaluation postérieurement à la comptabilisation initiale
Exemple

La société X acquiert un immeuble pour un coût (prix d’achat + frais) de 1 M 3 le 1/1/N. Le taux
d’amortissement est de 5 % linéaire. Au 31/12/N+1, la valeur de marché de l’immeuble est de 1,1 M 3.

Chapitre
Quelles sont les écritures au 31/12/N, au 31/12/N+1 et au 31/12/N+2, sachant qu’il n’y a pas de
réévaluation en dehors de celle au 31/12/N+1.
Hypothèse 1 : choix du modèle du coût
La dotation aux amortissements est de 1 M 3 Z 5 % = 50 000 3.
Coût d’acquisition au 1/1/N : 1 M 3
Valeur au bilan au 31/12/N = 1 000 000 – 50 000 = 950 000
Valeur au bilan au 31/12/N+1 = 950 000 – 50 000 = 900 000
Valeur au bilan au 31/12/N+2 = 900 000 – 50 000 = 850 000
Etc.
Hypothèse 2 : choix de la réévaluation
Coût d’acquisition au 1/1/N : 1 M 3
Valeur au bilan au 31/12/N = 1 000 000 – 50 000 = 950 000
Valeur au bilan au 31/12/N+1 = 1 100 000. Mais la valeur nette au bilan à l’ouverture de l’exercice N+1
étant de 950 000, il faut réévaluer l’immobilisation de 150 000 (écart de réévaluation inclus dans la
situation nette). Cette somme se décompose en une augmentation de la valeur brute de l’immobi-
lisation de 100 000 + une reprise ou annulation des amortissements antérieurs de 50 000. Les
100 000 sont inclus dans les autres éléments du résultat global alors que les 50 000 font partie du
résultat net.
Valeur au bilan au 31/12/N+2 = 1 100 000 – (1 100 000 Z 5 % = 55 000) = 1 045 000.
L’amortissement linéaire est comptabilisé chaque année comme en N+2 jusqu’à une éventuelle
réévaluation suivante.

Traitement des dépenses ultérieures


Exemple

L’entreprise CMAL a acquis au 1er janvier N un matériel dont le coût est de 200 k 3 amorti linéairement
sur 10 ans. Au 1 er janvier N+3, des travaux pour 50 k 3 ont été effectués pour en améliorer les
performances sans en allonger la durée de vie.
Valeur nette au 31/12/N : 200 – (200 Z 10 %) = 180 k 3
Valeur nette au 31/12/N+1 : 180 – 20 = 160 k 3
Valeur nette au 31/12/N+2 : 160 – 20 = 140 k 3
( )
Valeur nette au 31/12/N+3 : (140 + 50) − [200 × 0,1] + 507 = 163 k€
Ne s’agissant pas d’entretien, le coût des travaux vient augmenter la valeur brute de l’immobilisation.
Les 50 k 3 sont amortis sur la durée de vie restante de l’immobilisation, soit 7 ans. La dotation aux
amortissements correspondante est donc de : 50/7 = 7,14, soit, pour simplifier : 7 k 3.

Les deux modèles d’évaluation sont également applicables aux immobilisations incorporelles.
Les variations de valeur, à la suite d’une réévaluation, sont traitées de la même façon que pour
les immobilisations corporelles.
Pour les immeubles de placement, deux méthodes sont possibles : la méthode comptable du
coût ou la juste valeur (IAS 40, § 30). Ici, la juste valeur se distingue de la méthode de réévaluation
du fait qu’elle doit être déterminée à la date de clôture des comptes. L’existence d’un marché
actif est présumée. De ce fait, il est inutile de la corriger des amortissements et des pertes de
valeur ultérieurs. « Un profit ou une perte résultant d’une variation de la juste valeur d’un
immeuble de placement doit être comptabilisé en résultat net dans la période au cours de
laquelle il se produit » (IAS 40, § 35). Autrement dit, les variations de juste valeur constituent des
charges ou des produits.

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Partie 2 Les normes comptables internationales

Un immeuble de placement peut changer d’affectation sans être cédé. Il peut, par exemple, être
repris par l’entreprise qui en est le propriétaire pour en faire un immeuble de bureaux qu’elle
occupe pour ses besoins propres. L’immeuble de placement devient alors une immobilisation
corporelles évaluée à sa juste valeur à la date du changement d’affectation.
Il faut toutefois préciser ce qu’est la juste valeur (fair value). C’est « le prix qui serait reçu pour
la vente d’un actif (ou payé lors du transfert d’un passif) lors d’une transaction normale, réalisée
entre intervenants de marché à la date de l’évaluation » (IFRS 13 Évaluation à la juste valeur, § 9).
Il s’agit donc d’une valeur basée sur des hypothèses de marché (existence d’un marché actif) et
non de la valeur d’usage pour l’entité qui peut être très différente. Par exemple, un immeuble
de bureaux peut avoir une valeur d’usage particulièrement élevée pour une entreprise donnée
parce qu’il se trouve à proximité de son usine mais avoir une valeur de marché inférieure car cet
avantage n’en est pas un pour l’ensemble des acquéreurs potentiels. Les coûts de transaction
sont inclus dans le coût d’acquisition de l’immobilisation mais ne sont pas inclus dans sa juste
valeur.
Remarque. La « juste valeur » ne signifie pas que cette valeur soit exacte ou équitable selon le sens que l’on donne au mot
« juste » (fair en anglais). Elle est en fait une valeur de marché n’ayant rien de « juste » au sens commun du terme.

Lorsque le modèle de la réévaluation est appliqué, il doit concerner tous les actifs d’une même
catégorie (par exemple, tous les immeubles). Une sélection au sein de chaque catégorie n’est donc
pas possible mais une sélection des catégories l’est. On peut, par exemple, réévaluer tous les
véhicules mais ne réévaluer aucun immeuble ou l’inverse. Par ailleurs, la nécessité de se référer à
un marché actif exclut la possibilité d’utiliser le modèle de la réévaluation pour de nombreuses
immobilisations corporelles et surtout pour la plupart des immobilisations incorporelles.
Si un test de dépréciation doit être effectué chaque année et un amortissement annuel constaté
(cf. infra chapitre 3), une réévaluation annuelle n’est pas obligatoire. Toutefois, si la juste valeur
devient significativement inférieure à la valeur comptable, une dépréciation doit être enregis-
trée.

Exemple 1
Exemple

Une entité développe un nouveau procédé de fabrication. Durant l’exercice N, les dépenses engagées
s’élèvent à 1 000 k 3, dont 900 k 3 ont été engagés avant le 1er décembre N et 100 k 3 ont été engagés
entre le 1 er et le 31 décembre N. L’entité est en mesure de démontrer qu’au 1 er décembre N, le procédé
de fabrication a satisfait aux critères de comptabilisation d’une immobilisation incorporelle. La valeur
recouvrable (ce qui pourra être facturé au client par exemple) du savoir-faire qu’intègre le procédé
(y compris les flux de trésorerie futurs pour achever le procédé avant qu’il ne soit prêt à être mis en
service) est estimée à 500 k 3.
À la fin de l’exercice N, le procédé de fabrication est comptabilisé en tant qu’immobilisation
incorporelle pour un coût de 100 k 3 (dépenses engagées depuis la date à laquelle il a satisfait aux
critères de comptabilisation, c’est-à-dire depuis le 1er décembre N). La dépense de 900 k 3 engagée
avant le 1 er décembre N est comptabilisée en charges, car avant le 1er décembre N, le procédé n’a pas
satisfait aux critères de comptabilisation (reconnaissance d’un actif). Cette dépense ne fait pas partie
du coût du procédé de fabrication comptabilisé dans le bilan.
Durant l’exercice N+1, la dépense engagée s’élève à 2 000 k 3. À la fin de l’exercice N+1, la valeur
recouvrable du savoir-faire qu’intègre le procédé (y compris les flux de trésorerie futurs pour achever
le procédé avant d’être prêt à être mis en service) est estimée à 1 900 k 3.
À la fin de l’exercice N+1, le coût du procédé de fabrication est de 2 100 k 3 (dépense de 100 k 3
comptabilisée à la fin de N + une dépense de 2 000 k 3 comptabilisée en N+1). L’entité comptabilise
une perte de valeur de 200 k 3 pour ajuster la valeur comptable du procédé avant perte de valeur
(2 100 k 3) à sa valeur recouvrable (1 900 k 3). Cette perte de valeur sera reprise lors d’un exercice
ultérieur si les dispositions relatives à une reprise de perte de valeur selon IAS 36 sont satisfaites.

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Le traitement comptable d’opérations particulières en IFRS

Exemple 2

4
Exemple

La société CMAL acquiert le 1 er janvier N pour 2 millions d’euros un immeuble de bureau qu’elle
souhaite louer. La durée d’utilisation est estimée à 20 ans. Sa valeur vénale (juste valeur) au
31 décembre N est de 2,4 M 3 et chute à 1,8 M 3 au 31 décembre N+1.
Selon le modèle du coût, le compte de l’immeuble de placement se présente comme suit :

Impact sur le
Date Valeur d’acquisition Amortissement Valeur nette

Chapitre
résultat
1/1/N 2,0 0 2,0
31/12/N 2,0 – 0,1 1,9 – 0,1
31/12/N+1 2,0 – 0,1 1,8 – 0,1

Selon le modèle de la juste valeur, le compte de l’immeuble de placement se présente comme suit :

Impact sur le
Date Valeur au 1/1 Variation de valeur Juste valeur
résultat
1/1/N 2,0 0 2,0
31/12/N 2,0 + 0,4 2,4 + 0,4
31/12/N+1 2,4 – 0,6 1,8 – 0,6

Sur cet exemple, on voit que les deux méthodes, pour un impact cumulé sur le résultat identique de
– 0,2 M 3, ne lissent pas le résultat de la même façon. La méthode du coût conduira à une charge
annuelle de 0,1 M 3 totalement linéaire avec peut-être in fine une bonne surprise si l’immeuble a une
valeur résiduelle. En revanche, la méthode de la juste valeur donne des variations de résultat
importantes : + 0,4 M 3 en N puis – 0,6 M 3 en N+1. Elle accroît le risque de volatilité du résultat ce
qui n’est pas sans conséquences économiques (phénomènes procycliques). Le signal donné au
marché financier en affichant un résultat trop fluctuant peut avoir pour conséquence des variations
de cours plus importantes pouvant avoir des effets cumulatifs.

PCG
Le PCG ne fait état de la « juste valeur » qu’à propos de l’annexe et pour les seuls instruments
financiers dérivés. L’annexe doit indiquer « pour chaque catégorie d’instruments financiers dérivés
(...) la juste valeur des instruments, si cette valeur peut être déterminée par référence à une valeur
de marché ou par application de modèles et techniques d’évaluation généralement admis (...) » (PCG,
art. 833-20-13).
L’évaluation des actifs en juste valeur permet de comptabiliser des plus-values latentes, ce que les
IFRS admettent mais que le PCG rejette en application du principe de prudence (art. 121-4).
Toutefois, les entreprises peuvent procéder à des « réévaluations libres ». Ainsi, des « ajustements
de valeur portant sur l’ensemble des immobilisations corporelles et financières peuvent être effec-
tués dans le cadre de la réévaluation des comptes. L’écart entre la valeur actuelle et la valeur
nette comptable constatée lors d’une opération d’ensemble de réévaluation ne participe pas à la
détermination du résultat. Il est inscrit directement dans les capitaux propres. L’écart de réévaluation
peut être incorporé en tout ou partie au capital. Il ne peut pas compenser les pertes, sauf s’il a été
préalablement incorporé au capital » (art. 214-27).
La réévaluation ne peut s’appliquer aux immobilisations incorporelles, aux stocks et aux valeurs
mobilières de placement. De plus, l’écart de réévaluation est imposé selon les règles de droit commun
après imputation des éventuels déficits antérieurs. De ce fait, la réévaluation est peu pratiquée, sauf
si l’entreprise dispose de déficits antérieurs importants.

3 Amortissement et dépréciation des immobilisations


Nous allons étudier l’ensemble des opérations d’amortissement et de constatation des dépré-
ciations dans un paragraphe séparé (cf. infra chapitre 3) couvrant l’ensemble des actifs.

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Partie 2 Les normes comptables internationales

4 Evaluation d’une immobilisation lors de sa sortie de l’actif


Une immobilisation doit être sortie de l’actif (« décomptabilisée ») lors de sa cession ou
lorsqu’aucun avantage économique futur n’est attendu de son utilisation ou de sa vente. Dans
ce dernier cas, le produit, égal au prix de cession déduction faite de la valeur au bilan (valeur nette
comptable) à la date de cession, ne doit pas être comptabilisé dans les produits (ou les charges
s’il s’agit d’une perte) des activités ordinaires mais en résultat.

D Synthèse sur les immobilisations corporelles, incorporelles


et les immeubles de placement

Un actif est une ressource contrôlée et non forcément possédée par l’entité, résultant de transactions
passées et dont les avantages économiques futurs sont attendus par cette entité. Ces ressources sont
classées en immobilisations si elles sont utilisées sur plus d’une période. Les IFRS distinguent quatre
catégories d’immobilisations : corporelles, incorporelles, immeubles de placement et certains
instruments financiers, ces derniers étant traités dans un paragraphe séparé (cf. chapitre 4, § 2). Par
contrôle, il faut entendre le droit de recevoir les avantages futurs et (conditions cumulatives) le droit
de déterminer l’usage fait de cet actif. Le concept de contrôle est plus large que le droit de propriété.
Certaines immobilisations peuvent être générées en interne, ce qui est souvent le cas notamment des
immobilisations incorporelles. Ces dernières incluent sous certaines conditions les frais de dévelop-
pement mais excluent les frais de recherche.
La valeur d’entrée d’une immobilisation est égale à son coût d’acquisition, soit le prix d’achat plus
les coûts directement attribuables (dont les coûts de transaction). Pour les immobilisations générées
en interne, seuls les coûts directement attribuables sont retenus.
Postérieurement à son entrée, l’immobilisation peut être évaluée selon deux méthodes :
– modèle du coût : valeur à la clôture de chaque exercice = valeur d’entrée – cumul des
amortissements ou pertes de valeur ; ou
– modèle de la réévaluation : valeur à la clôture de chaque exercice = juste valeur à cette
date.
Au sein d’une même catégorie d’actifs, une seule et même méthode doit être appliquée. En revanche,
des méthodes différentes peuvent être appliquées aux différentes catégories d’actifs.
Les dotations aux amortissements sont comptabilisées dans le résultat net. Les écarts de réévalua-
tion positifs (plus-values latentes) sont comptabilisés dans les « autres éléments du résultat global »
et cumulés dans un compte de capitaux propres. Les écarts de réévaluation négatifs (moins-values
latentes) sont également comptabilisés dans les « autres éléments du résultat global » s’ils annulent
des plus-values latentes préalablement comptabilisées. À défaut, ils sont comptabilisés dans le
résultat net.
La juste valeur est égale au prix qui serait perçu pour la vente d’un actif lors d’une transaction normale,
réalisée entre intervenants de marché à la date de l’évaluation. Cela suppose l’existence d’un marché.
La juste valeur n’inclut pas les coûts de transaction.
Une immobilisation doit être décomptabilisée lors de sa cession ou lorsqu’aucun avantage écono-
mique futur n’est attendu de son utilisation ou de sa vente. La plus ou moins-value doit être
comptabilisée en résultat.

Applications Retrouvez en fin de chapitre les entraînements sur les immobilisations corporelles, incorporelles et les
immeubles de placement.

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Le traitement comptable d’opérations particulières en IFRS

2 Les instruments financiers


Trois normes, actuellement en vigueur, traitent des instruments financiers :
– IAS 32 « Instruments financiers : présentation ». Cette norme traite de la distinction entre
dettes et instruments financiers ;
4
– IFRS 7 « Instruments financiers : informations à fournir ». Cette norme traite de l’information
à fournir pour apprécier la situation financière, le résultat et les risques ;

Chapitre
– IFRS 9 : « Instruments financiers ». Cette norme de 176 pages, l’une des plus complexes, traite
du fait générateur, de la classification et de l’évaluation des instruments financiers.
L’IAS 39 a été intégrée dans l’IFRS 9 « Instruments financiers : comptabilisation et évaluation »
à l’exception de la partie relative aux instruments de couverture que nous ne traiterons pas ici.
L’objectif de la norme IFRS 9 est « d’établir des principes d’information financière en matière
d’actifs financiers et de passifs financiers en vue de la présentation d’informations pertinentes
et utiles aux utilisateurs des états financiers pour l’appréciation des montants, du calendrier et
du degré d’incertitude des flux de trésorerie futurs de l’entité » (IFRS 9, § 1.1). On notera dans cette
phrase l’usage des mots « pertinent » et « utile », très fréquents dans les IFRS. Cela relève de la
rhétorique car on n’imagine mal une norme annonçant qu’elle prescrit la publication d’infor-
mations non pertinentes et inutiles ! De plus, ces mots n’ont de sens que dans un contexte
singulier qu’il convient de spécifier.
C’est sans doute un des points les plus compliqués et controversés de la normalisation comptable
internationale, ayant suscité des interventions politiques et dont les normes ont fait l’objet de
maintes modifications. Ainsi, l’IAS 39, aujourd’hui largement intégrée dans l’IFRS 9, a fait l’objet
de vifs débats politiques au sein du Conseil européen et du G20, en 2008, au plus fort de la crise
financière. En répercutant rapidement dans le résultat les variations de valeur, à la hausse
comme à la baisse, des portefeuilles de titres, elle accroissait la volatilité des cours en bourse et
eut un effet procyclique 1 .
Il va de soi qu’une étude détaillée de l’information financière relative aux instruments financiers
n’est pas possible dans le cadre d’un manuel ayant un champ beaucoup plus large. L’ensemble
du référentiel normatif de l’IASB sur ce sujet représente environ 650 pages ! C’est la raison pour
laquelle nous nous limiterons aux règles et principes essentiels. Nous ne traiterons pas non plus
ici des instruments de couverture et des dérivés qui relèvent plus d’un cours de finance.

A Définition des instruments financiers


« Un instrument financier est tout contrat qui donne lieu à un actif financier pour une entité et
à un passif financier ou à un instrument de capitaux propres pour une autre entité. Est un actif
financier tout actif qui est :
(a) de la trésorerie ;
(b) un instrument de capitaux propres d’une autre entité (par exemple, des actions d’une autre
société) ;
(c) un droit contractuel (permettant) :
(i) de recevoir d’une autre entité de la trésorerie (par exemple, une créance) ou un autre actif
financier, ou
(ii) d’échanger des actifs ou des passifs financiers avec une autre entité à des conditions
potentiellement favorables à l’entité ; ou

1 Cf. Burlaud A. & Colasse B., « Normalisation comptable internationale : le retour du politique ? » Comptabilité,
contrôle, audit, tome 16, volume 3, décembre 2010, p. 168. Voir également Baert D. & Yanno G., Rapport d’information
relatif aux enjeux des nouvelles normes comptables, Assemblée nationale, 2009, Marteau D. & Morand P., Normes
comptables et crise financière, rapport au ministre de l’Économie, de l’Industrie et de l’Emploi, 2009.

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Partie 2 Les normes comptables internationales

(d) un contrat qui sera ou qui peut être réglé en instruments de capitaux propres de l’entité
elle-même (...) » (IAS 32, § 11).

Exemple : Obligations remboursables ou convertibles en actions acquises.

« Est un passif financier tout passif qui est :


(a) une obligation contractuelle :
(i) de remettre à une autre entité de la trésorerie (par exemple, une dette) ou un autre actif
financier, ou
(ii) d’échanger des actifs financiers ou des passifs financiers avec une autre entité à des
conditions potentiellement défavorables à l’entité ; ou
(b) un contrat qui sera ou qui peut être réglé en instruments de capitaux propres de l’entité
elle-même (...) » (IAS 32, § 11).

Exemple : Obligations remboursables ou convertibles en actions émises.

On notera que les instruments de capitaux propres émis par une entité, par exemple, les actions
qu’elle émet, ne sont pas un passif financier. En revanche, pour la société qui a acquis ces titres,
il s’agit d’un actif financier.
Les dettes ou créances d’impôt ne sont pas des instruments financiers car elles ne résultent pas
d’un engagement contractuel. Les charges payées d’avance, les produits différés et les obligations
découlant de garanties ne le sont pas non plus car ils ne correspondent pas à un flux de trésorerie.
Un certain nombre d’obligations contractuelles sont exclues des normes relatives aux instru-
ments financiers car ils relèvent d’autres normes.

Exemple : Contrats de location, contrats d’assurance, avantages au personnel.

« Un instrument de capitaux propres est tout contrat mettant en évidence un intérêt résiduel
dans les actifs d’une entité après déduction de tous ses passifs » (IAS 32, § 11).
Les différentes définitions issues de l’IAS 32 peuvent se résumer dans le schéma suivant :

118

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Le traitement comptable d’opérations particulières en IFRS

PCG

4
Le PCG traite des instruments financiers dans les articles 628-1 à 628-18 relatifs aux instruments
financiers à terme et aux opérations de couverture.
Le plan de comptes distingue les titres inscrits dans un compte d’immobilisations (actifs à long
terme) et ceux inscrits dans les comptes financiers (valeurs mobilières de placement réalisables et
disponibles).
Chaque catégorie d’actif financier ne fait pas l’objet d’une définition. Mais le plan de compte en décrit
les principaux éléments :

Chapitre
27. Autres immobilisations financières
271. Titres immobilisés autres que les titres immobilisés de l’activité de portefeuille (droit
de propriété)
272. Titres immobilisés (droit de créance)
273. Titres immobilisés de l’activité de portefeuille
274. Prêts
275. Dépôts et cautionnements versés
297. Dépréciations des autres immobilisations financières
50. Valeurs mobilières de placement
501. Parts dans des entreprises liées
502. Actions propres
503. Actions
505. Obligations et bons émis par la société et rachetés par elle
506. Obligations
52. Instruments de trésorerie
590. Dépréciations des valeurs mobilières de placement
Les IFRS ne proposent pas de plan de comptes.

B Fait générateur de la comptabilisation des instruments financiers


« L’entité doit comptabiliser un actif financier ou un passif financier dans son état de la situation
financière (c’est-à-dire le bilan) uniquement lorsqu’elle devient partie aux dispositions contrac-
tuelles de l’instrument. Lors de la comptabilisation initiale d’un actif financier, l’entité doit le
classer (...) et l’évaluer (...) » (IFRS 9, § 3.1.1).
L’importance de l’enjeu de la classification des instruments financiers est clairement apparue
avec la crise financière de 2008. Ainsi, le Conseil Ecofin 2 du 7 octobre 2008 a-t-il fait pression
sur l’IASB pour modifier l’IAS 39 (aujourd’hui largement intégrée dans l’IFRS 9) et permettre aux
entreprises de reclasser les instruments financiers dans une catégorie où ils ne sont plus évalués
à la juste valeur. Cette modification du 13 octobre 2008 a permis, par exemple, à la Société
Générale d’augmenter son produit net de 1,5 milliard 1 en un seul exercice et sans que la
composition réelle du portefeuille ait été modifiée, comme nous l’avons déjà signalé 3 !
« Après la comptabilisation initiale, l’entité doit évaluer un actif financier selon (...) l’une ou
l’autre des façons suivantes :
(a) au coût amorti ;
(b) à la juste valeur par le biais des autres éléments du résultat global ;
(c) à la juste valeur par le biais du résultat net » (IFRS 9, § 5.2.1).
« L’entité doit classer comme étant ultérieurement évalués au coût amorti tous les passifs
financiers à l’exception des suivants : (a) les passifs financiers à la juste valeur par le biais du
résultat net (...) » (IFRS 9, § 4.2.1).

2 Le Conseil pour les affaires économiques et financières ou Conseil ECOFIN, est la formation du Conseil de l’Union
européenne rassemblant les ministres des finances des États membres.
3 Cf. Burlaud A. & Colasse B., « Normalisation comptable internationale : le retour du politique ? » Comptabilité,
contrôle, audit, tome 16, volume 3, décembre 2010, p. 168.

119

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Partie 2 Les normes comptables internationales

Il en découle le schéma suivant concernant les actifs financiers :

Actifs financiers
Ò
Les conditions contractuelles de l’actif financier donnent lieu, à des
dates spécifiées, à des flux de trésorerie qui correspondent
uniquement à des remboursements de principal et à des
versements d’intérêts sur le principal restant dû.
Ò Ò Ò
Détention pour percevoir Détention pour percevoir des
les flux de trésorerie flux de trésorerie contractuelle
contractuelle et de la vente des actifs
financiers
Ò Ò
Actifs financiers évalués à la
Actifs financiers évalués à la
Actifs financiers évalués au coût juste valeur par le biais des
juste valeur par le biais du
amorti (1) autres éléments du résultat
résultat net (3)
global (2)
Les changements de classification doivent être motivés et sont soumis à de multiples restric-
tions. « Lorsque l’entité change de modèle économique pour la gestion des actifs financiers, et
seulement alors, elle doit reclasser tous les actifs financiers touchés (...) » (IFRS 9, § 4.4.1). Reste
à définir ce qu’est un « changement de modèle économique ». C’est une affaire de « jugement
professionnel » de la part du préparateur des comptes et de l’auditeur qui aura à se prononcer
sur la certification. En cas de reclassement (changement de catégorie pour un même instrument
financier), l’entité doit indiquer si, pendant la période de présentation de l’information financière
considérée ou la période précédente, elle a reclassé quelque actif financier (IFRS 9, § 4.4.1). « Au
sujet de chacun de ces reclassements, l’entité doit fournir :
(a) la date de reclassement ;
(b) une explication détaillée du changement de modèle économique ainsi qu’une description
qualitative de son effet sur ses états financiers ;
(c) le montant reclassé depuis et vers chacune des classes. » (IFRS 7, § 12B)

PCG
Le classement des instruments financiers dans les comptes découle du plan de compte présenté
ci-avant.
Il est fondé sur la distinction long terme/court terme. C’est une optique patrimoniale de solvabilité
à court terme (risque d’insolvabilité) appréciée à partir de l’équilibre liquidité / exigibilité.
Les IFRS n’imposent aucune forme de bilan (appelé « état de la situation financière ») mais obligent
à classer les actifs et passifs en distinguant les éléments courants / non courants sauf lorsqu’une
présentation en fonction de la liquidité apporte des informations fiables et plus pertinentes (IAS 1,
§ 60). Cette optique privilégie la vision économique en identifiant plus clairement ce qui relève de
l’exploitation.
Le PCG fait la distinction courant / non courant dans le compte de résultat et non dans le bilan. À notre
avis, les états financiers présentés selon le PCG permettent une analyse plus riche de l’activité de
l’entreprise en combinant le bilan, le compte de résultat et annexe. Les IFRS privilégient le bilan 4 .

4 Voir Claude Simon & Judith Saghroun, « Primauté du bilan ou du compte de résultat, le principe du pendule »
Comptabilité – Contrôle – Audit, 1999/1, tome 5, p. 59 à 76.

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C Évaluation des instruments financiers

4
Nous allons voir successivement l’évaluation à l’entrée, postérieurement à l’entrée et à la date
de sortie du bilan.

1 Valeur initiale d’un instrument financier


« À l’exception des créances clients (...), l’entité doit, lors de la comptabilisation initiale, évaluer
un actif financier ou un passif financier à sa juste valeur majorée ou minorée, dans le cas d’un

Chapitre
actif financier ou d’un passif financier qui n’est pas à la juste valeur par le biais du résultat net,
des coûts de transaction directement attribuables à l’acquisition ou à l’émission de cet actif
financier ou de ce passif financier » (IFRS 9, § 5.1.1).
Dans le cas d’un actif :
e Cas général : Valeur d’entrée = juste valeur (généralement le prix d’acquisition) + coûts de
transaction (honoraires, commissions, taxes, etc.)
e Pour les actifs évalués à la juste valeur par le compte de résultat : Valeur d’entrée = juste valeur
= prix d’acquisition

Cas général
Exemple

Un lot d’actions est acquis pour 100 k 3. Les coûts de transaction s’élèvent à 5 k 3.
Valeur d’entrée = juste valeur + coûts de transaction = 105 k 3
Les coûts de transaction (coût marginal directement attribuable) sont donc portés à l’actif et
viendront en déduction, le cas échéant, d’une plus-value de cession.
Pour les actifs évalués à la juste valeur par le compte de résultat (titres détenus à des fins de
transaction et titres évalués en juste valeur sur option)
Valeur d’entrée = juste valeur = 100 k 3
Les coûts de transaction passent directement en charges l’année de la transaction.

Dans le cas d’un passif :

Valeur d’entrée = juste valeur – coût de transaction (coût d’émission)

Des obligations sont émises pour 100 k 3 et les frais d’émission s’élèvent à 5 k 3.
Exemple

Valeur d’entrée au passif = encaissement = 100 – 5 = 95 k 3


Les coûts de transaction (frais d’émission) seront passés en charges l’année de remboursement
puisqu’il faudra décaisser 100 pour éteindre une dette comptabilisée pour 95.

Débit Crédit
Trésorerie 95
Obligations (passif) 95

PCG
« À leur date d’entrée dans le patrimoine de l’entité, les titres immobilisés sont évalués selon les règles
générales d’évaluation (...) » (art. 221-1), c’est-à-dire à leur coût (art. 213-1). On notera ici la référence
au concept de patrimoine qui n’existe pas en IFRS, comme nous l’avons déjà souligné.

121

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Partie 2 Les normes comptables internationales

2 Évaluation d’un instrument financier postérieurement à son entrée au bilan


« Un actif financier doit être évalué au coût amorti si les deux conditions suivantes sont réunies :
(a) la détention de l’actif financier s’inscrit dans un modèle économique dont l’objectif est de
détenir des actifs financiers afin d’en percevoir les flux de trésorerie contractuels ;
(b) les conditions contractuelles de l’actif financier donnent lieu, à des dates spécifiées, à des
flux de trésorerie qui correspondent uniquement à des remboursements de principal et à des
versements d’intérêts sur le principal restant dû » (IFRS 9, § 4.1.2). C’est par exemple, typique-
ment le cas d’un emprunt obligataire souscrit.
La méthode du coût amorti se définit comme suit : « valeur attribuée à un actif financier ou à
un passif financier lors de sa comptabilisation initiale, diminuée des remboursements en
principal, majorée ou diminuée du cumul de l’amortissement, calculé par la méthode du taux
d’intérêt effectif, de toute différence entre cette valeur initiale et la valeur à l’échéance et, dans
le cas d’un actif financier, ajustée au titre de la correction de valeur pour pertes, le cas échéant »
(IFRS 9, Annexe, p. 35). Le taux d’intérêt effectif (ou taux de rentabilité interne) est le taux « qui
actualise les sorties ou entrées de trésorerie futures estimées sur la durée de vie attendue d’un
actif financier ou d’un passif financier de manière à obtenir exactement la valeur comptable
brute de l’actif financier ou le coût amorti du passif financier. Pour calculer le taux d’intérêt
effectif, l’entité doit estimer les flux de trésorerie attendus en prenant en considération toutes
les modalités contractuelles de l’instrument financier (par exemple, options de paiement
anticipé, de prolongation, de rachat, etc.), mais elle ne doit pas tenir compte des pertes de crédit
attendues. Ce calcul inclut l’intégralité des commissions et des frais proportionnels qui sont
payés ou reçus par les parties au contrat et qui font partie intégrante du taux d’intérêt effectif,
les coûts de transaction et toutes les autres surcotes ou décotes » (IFRS 9, p. 37). Les pertes de
crédit sont celles générées par les créances douteuses.
Plus concrètement, l’évaluation se fait de la façon suivante dans le cas d’une obligation que
l’entité a l’intention de conserver jusqu’à son échéance :

Valeur comptable d’entrée de l’actif en N


– Remboursement en capital (N+1 et années suivantes)
+ Amortissement cumulé des différences entre le montant initial et le montant remboursé
– Dépréciations directes et provisionnées
= Coût amorti

L’entité FL acquiert le 1/1/N une obligation de nominal 1 000 3, avec une prime d’émission de 5,5 3,
Exemple

remboursable à son nominal au bout de 3 ans et portant un intérêt de de 5 % sur le nominal, versé
le 31/12 de chaque année. Passez les écritures au 1/1/N et à chaque 31/12.
1/1/N : acquisition de l’obligation

Débit Crédit
Titres évalués au coût amorti 994,5
Trésorerie (1 000 – 5,5 = 994,5) 994,5

31/12/N : versement du premier coupon

Débit Crédit
Trésorerie (1 000 Z 5 % = 50) 50,00
Titres évalués au coût amorti 1,70
Produit financier 51,70 >>>

122

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Le traitement comptable d’opérations particulières en IFRS

>>> Le taux actuariel ou taux effectif d’intérêt (TEI) est supérieur au taux nominal de 5 % car la somme
investie (994,5 3) est inférieure à la valeur nominale (1 000 3).
Calcul du taux actuariel au moment de l’émission :
50
1+i
+
50
(1 + i)2
+
1 000 + 50
(1 + i) (1 + i)3
= 994,5 Ì i = 5,2 % ou 0,052
4
Sur la base du taux d’intérêt actuariel, le coupon annuel devrait être de 994,5 (capital investi) Z 0,052
= 51,7.
La différence de valeur, 51,7 – 50,0 = 1,7 3. Elle correspond à la part de la prime d’émission

Chapitre
comptabilisée en profit au cours de l’année N. Compte tenu de cela, la créance (ou valeur du titre)
devient 994,5 + 1,7 = 996,2 et atteindra la valeur de 1 000 3 à la fin de l’année N+2.
31/12/N+1 : versement du deuxième coupon

Débit Crédit
Trésorerie (1 000 Z 5 % = 50) 50,00
Titres évalués au coût amorti 1,80
Produit financier 51,80

Sur la base du taux d’intérêt actuariel, le coupon annuel devrait être de 996,2 (valeur du capital
exigible au 1/1/N+1) Z 0,052 = 51,8.
La différence de valeur, 51,8 – 50,0 = 1,8 3. La valeur de la créance devient : 996,2 + 1,8 = 998 3
31/12/N+2

Débit Crédit
Trésorerie [(1 000 Z 5 % = 50) +
1 050,00
1 000]
Titres évalués au coût amorti 998,00
Produit financier 52,00

Sur la base du taux d’intérêt actuariel, le coupon annuel devrait être de 998 (valeur du capital exigible
au 31/12/N+2) Z 0,052 = 52 3.
La différence de valeur, 52 – 50 = 2 3.
Le mécanisme du coût amorti a bien permis de ne pas comptabiliser en produits la prime d’émission
de 5,5 3 dès l’année N mais de la répartir sur les 3 années. En effet, l’avantage procuré par cette prime
concerne toute la durée de vie de l’obligation.
On vérifie bien que : 1,7 + 1,8 + 2 = 5,5.

Cas no 2 : actif financier évalué à la juste valeur par le biais des autres éléments du résultat
global
« Un actif financier doit être évalué à la juste valeur par le biais des autres éléments du résultat
global si les deux conditions suivantes sont réunies : (a) la détention de l’actif financier s’inscrit
dans un modèle économique dont l’objectif est atteint à la fois par la perception de flux de
trésorerie contractuels et par la vente d’actifs financiers ; (b) les conditions contractuelles de
l’actif financier donnent lieu, à des dates spécifiées, à des flux de trésorerie qui correspondent
uniquement à des remboursements de principal et à des versements d’intérêts sur le principal
restant dû » (IFRS 9, § 4.1.2A).
La juste valeur a déjà fait l’objet d’une présentation à propos des immobilisations corporelles,
incorporelles et des immeubles de placement.

PCG
Les notions de « taux d’intérêt effectif » et de « juste valeur » ne sont pas présentes dans le PCG. En
revanche, une réévaluation des actifs est possible mais rare, comme nous l’avons déjà dit à propos
des immobilisations corporelles.

123

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Exemple 1
Exemple

La société OB acquiert le 1/1/N des obligations émises par la société LD pour 1 000 k 3, enregistrées
dans un compte « Actifs détenus jusqu’à l’échéance ». L’évaluation se fait donc en coût amorti. Les
coûts de transaction s’élèvent à 20 k 3. Une rémunération de 5 % est versée annuellement. Le
remboursement se fait à l’échéance, le 31/12/N+3, avec une prime de remboursement de 115 k 3. Quelle
écriture faut-il passer au 31/12/N ?
Évaluation initiale des titres : 1 000 + 20 = 1 020 k 3
L’évaluation au 31/12/N (et à la clôture des exercices suivants) nécessite l’actualisation des flux futurs
de trésorerie. Le taux d’actualisation ou taux d’intérêt effectif s’obtient en résolvant l’équation
suivante (actualisation des flux au 1/1/N) :

50 50 50 1 000 + 50 + 115
+ + + = 1 020
(1 + i) (1 + i) 2 (1 + i)3 (1 + i)4

La résolution de l’équation donne i = 0,07 soit 7 %


Au 31/12/N, l’actualisation des flux futurs, après encaissement de l’intérêt annuel de 50 k 3, au taux
d’intérêt effectif donne :
[50/1,07] + [50/(1 + i) 2 ] + [(1 000 + 50 + 115)/(1 + i)3] = 1 041 k 3

50 50 1 000 + 50 + 115
+ + =1 041
1,07 (1 + i)2 (1 + i)3
On constate une plus-value latente du fait que la prime de remboursement concerne un placement
à trois ans au 31/12/N et non plus un placement à quatre ans lors de l’émission au 01/01/N.
L’écriture au 31/12/N est la suivante :

Débit Crédit
Actifs détenus jusqu’à l’échéance : réévaluation pour 1 041 – 1 020 = 21 21
Banque 50
Produits financiers 71
Exemple 2
La société OB a acheté des actions cotées émises par la société LD pour 100 k 3 (coût d’acquisition)
dans le courant de l’année N. Au 31/12/N, le cours est de 108 k 3. Ces titres peuvent être comptabilisés
dans l’une ou l’autre des catégories suivantes :
– titres évalués en juste valeur sur option,
– actifs disponibles à la vente.
Selon la catégorie, l’écriture n’est pas la même.

Débit Crédit
Titres évalués en JV sur option 8
Produits financiers 8

ou

Débit Crédit
Actifs disponibles à la vente 8
Autres éléments du résultat global 8

Exemple 3
La société CMAL acquiert en N des obligations cotées pour une prix de 100 (on néglige les coûts de
transaction), remboursables au pair et rapportant 5 % par an d’intérêt. Elle a l’intention de conserver
ces titres jusqu’à leur échéance. Ils sont inscrits en « Actifs détenus jusqu’à l’échéance » puisqu’ils
font l’objet de paiements fixes, ont une échéance fixe et sont cotés sur un marché actif.

>>>

124

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Le traitement comptable d’opérations particulières en IFRS

>>> À la fin de l’exercice N+x, les obligations sont cotées 95 du fait des difficultés financières probables
de l’émetteur. Nous envisageons deux hypothèses :
1. La chute du cours est due à une augmentation des taux d’intérêt sur le marché. Mais les titres ayant
vocation à être remboursés pour leur valeur d’émission à l’échéance, donc à 100, la moins-value
latente ne doit pas être comptabilisée puisqu’à l’échéance, sauf concrétisation du risque de crédit,
CMAL touchera bien 100.
4
2. La chute du cours est due à un risque d’insolvabilité de l’émetteur. Il y a donc un risque de ne pas
recouvrir la valeur des titres à leur échéance. Les titres devront alors figurer à l’actif pour leur juste
valeur, soit 95, et la moins-value sera enregistrée dans le compte de résultat.

Chapitre
Exemple 4
La société IFB achète le 1/1/N+x des obligations à leur valeur nominale pour 150 k 3, échéance 10 ans,
remboursables au pair et intérêt annuel de 8 % correspondant au taux du marché pour des titres
ayant les mêmes caractéristiques. Le coupon annuel est donc de : 150 Z 0,08 = 12 k 3. Le taux de
référence est le Libor (London interbank offered rate : taux de référence du marché monétaire de
différentes devises sur le marché interbancaire londonien.). À cette date, il est de 5 %. Les titres sont
enregistrés dans la catégorie des titres disponibles à la vente.
Au 31/12/N+x, le Libor n’est plus qu’à 4,75 % et le cours des titres est de 153,811 k 3.
Le taux lié aux spécificités de cette émission est de : 8 – 5 = 3 %.
La juste valeur est égale à la valeur actuelle calculée au taux de 4,75 + 3,00 = 7,75 %, soit le taux de
référence du marché plus le taux spécifique :

12(1 – [1 + 0,0775]– 9)
JV = + 150 Z [1 + 0,0775]– 9 = 152,367 k 3
0,0775
Cette formule donne la valeur actuelle d’une suite d’annuités constantes de 12 k 3 plus la valeur
actuelle du remboursement final de 150 k 3.
La différence entre la juste valeur et la valeur nominale (152,367 – 150,000 = 2,367 k 3) est due à
l’évolution du marché, à savoir la baisse du taux du Libor de 0,25 points (5 – 4,75 = 0,25 %). Cette partie
de la plus-value (latente) n’est pas comptabilisée.
La différence entre le cours et la juste valeur est de : 153,811 – 152,367 = 1,444 k 3. Cette partie de
la plus-value est liée à une évolution favorable de la situation spécifique des titre émis. Elle est
enregistrée dans les « Autres éléments du résultat global ».
Le coupon annuel est comptabilisé dans le compte de résultat en produit.

PCG
Postérieurement à la date d’entrée dans le patrimoine, « un actif immobilisé dont la durée d’utilisation
est limitée fait l’objet d’un amortissement. Le cas échéant, il fait également l’objet d’une dépréciation. »
(art. 214-1) « Lorsqu’il n’y a pas de limite prévisible à la durée durant laquelle il est attendu qu’un actif
immobilisé procurera des avantages économiques à l’entité, la durée d’utilisation de cet actif est non
limitée et l’actif concerné ne fait pas l’objet d’amortissement. Le cas échéant, il fait l’objet d’une
dépréciation » (art. 214-2). La notion de juste valeur n’apparaît qu’à propos des informations à donner
dans l’annexe sur les instruments financiers à terme et les opérations de couverture (PCG, p. 137).
L’évaluation à la juste valeur n’est donc pas possible sauf réévaluation libre des immobilisations
financières. Cela interdit la comptabilisation des plus-values latentes. Mais elles doivent être indiquées
dans l’annexe en ce qui concerne les titres immobilisés de l’activité de portefeuille (art. 841-7).

3 Dépréciation des instruments financiers


Les dépréciations font l’objet d’une étude d’ensemble. Cf. infra.

4 Évaluation d’un instrument financier lors de sa sortie du bilan


« L’entité ne doit décomptabiliser un actif financier que dans l’un ou l’autre des cas suivants :
(a) les droits contractuels sur les flux de trésorerie de l’actif financier arrivent à expiration ;
(b) l’entité transfère l’actif financier (...) » (IFRS 9, § 3.2.3).
« Il n’y a transfert d’un actif financier par l’entité que dans l’un ou l’autre des cas suivants :
(a) l’entité transfère les droits contractuels de percevoir les flux de trésorerie de l’actif financier ;

125

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Partie 2 Les normes comptables internationales

(b) l’entité conserve les droits contractuels de percevoir les flux de trésorerie de l’actif financier,
mais assume une obligation contractuelle de verser les flux de trésorerie à un ou plusieurs
bénéficiaires dans le cadre d’un accord (...) » (IFRS 9, § 3.2.4).
Le schéma suivant résume les règles de décomptabilisation.
Décomptabilisation : arbre de décision

Réponse Question Réponse Action / décision


Déterminer si les principes de
décomptabilisation s’appliquent
Ò
Les droits contractuels sur les flux de Décomptabiliser
Oui X
trésorerie sont-ils arrivés à expiration ? l’actif
Non
Ò
L’entité a-t-elle transféré ses droits
Oui C
contractuels à recevoir des flux de
Ò
trésorerie liés à l’actif ?
Non
Ò
Ò
L’entité a-t-elle assumé une obligation de
Ò Non X Maintien à l’actif
payer les flux de trésorerie liés à l’actif
Oui
Ò
Ò
L’entité a-t-elle transféré les risques et Décomptabiliser
X Oui X
avantages ? l’actif
Non
Ò

L’entité a-t-elle conservé les risques et


Oui X Maintien à l’actif
avantages ?
Non
Ò
L’entité a-t-elle conservé le contrôle de Décomptabiliser
Non X
l’actif ? l’actif
Oui
Ò
Maintien à l’actif

Adapté de Mémento expert IFRS, 2014, Francis Lefèbvre, p. 1571, § 50 710.


L’état du résultat net (c’est-à-dire le compte de résultat) doit comporter, au titre de la période,
les produits des activités ordinaires, avec présentation séparée des éléments suivants :
« (...) les profits et pertes résultant de la décomptabilisation d’actifs financiers évalués au coût
amorti (...). » (IAS 1, § 82) S’il s’agit d’actif financiers évalués à la juste valeur, le profit ou la perte
résultant de la décomptabilisation doivent être enregistrés dans les « autres éléments du résultat
global ».

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D Synthèse sur les instruments financiers

Les différents instruments financiers de l’actif d’une entité doivent être classés dans l’une des trois
4
catégories correspondant à leur mode d’évaluation.
Selon la catégorie, les modes d’évaluation et de comptabilisation diffèrent. Le changement de
classification d’un instrument financier est soumis à des conditions restrictives strictes et doit être

Chapitre
motivé.
Après leur comptabilisation initiale, les actifs financiers doivent être évalués selon l’une des trois
méthodes suivantes :
– le coût amorti ;
– la juste valeur par le biais des autres éléments du résultat global ;
– la juste valeur par le biais du résultat net.
Les instruments financiers doivent être décomptabilisés notamment lorsque les droits contractuels
sur les flux de trésorerie de l’actif financier arrivent à expiration.

Applications Retrouvez en fin de chapitre les entraînements sur les instruments financiers.

3 Les dépréciations et provisions


Les opérations d’inventaire, et notamment les évaluations des actifs et passifs et la mesure de
leur dépréciation, font appel au jugement professionnel du préparateur des comptes et de
l’auditeur qui doivent apprécier des risques, des pertes potentielles. Elles sont l’expression d’une
politique comptable fondée sur les intentions des dirigeants (comptabilité d’intention), sur le
modèle économique de l’entité et non la traduction comptable de transactions matérialisant un
échange de consentements. Par exemple, un bien ne reçoit pas le même traitement comptable
selon que la direction le destine à la vente (stock) ou souhaite l’utiliser pour les besoins de la
production (immobilisation).
Nous distinguons trois cas de figure traités dans les normes IAS 36 « Dépréciation d’actifs » et
IAS 37 « Provisions, passifs éventuels et actifs éventuels » :
– les amortissements constituant une simple répartition du coût de l’investissement dans les
comptes de charge sur plusieurs exercices ;
– les dépréciations qui affectent la valeur d’un actif ;
– les provisions pour risques et charges inscrites au passif.

A Amortissements
Rappelons que « le choix du mode d’amortissement et l’estimation de la durée d’utilité des actifs
sont affaire de jugement » (IAS 16, § 75).
Nous allons voir :
– la définition ;
– les valeurs amortissables et les modes d’amortissement ;
– l’imputation de l’amortissement ;
– les informations à fournir.

1 Définitions
À mesure que les avantages économiques futurs d’un actif sont consommés, donc diminuent, cette
consommation est comptabilisée par le biais d’un amortissement. « L’amortissement est la
répartition systématique du montant amortissable d’un actif sur sa durée d’utilité » (IAS 36, § 6).
Le mot « systématique » est important. Restent à définir les deux autres termes de cette définition.

127

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Partie 2 Les normes comptables internationales

« Le montant amortissable est le coût d’un actif, ou tout autre montant substitué au coût dans les
états financiers, diminué de sa valeur résiduelle » (IAS 36, § 6). « La durée d’utilité est :
(a) la période pendant laquelle l’entité s’attend à utiliser un actif ; ou
(b) le nombre d’unités d’œuvre ou d’unités similaires que l’entité s’attend à obtenir de
l’actif. » (IAS 36, § 6)
La définition de l’amortissement est reprise dans les normes IAS 16 « Immobilisations corpo-
relles », 38 « Immobilisations incorporelles » et 40 » Immeubles de placement ».
« La valeur comptable est le montant auquel un actif est comptabilisé après déduction du cumul
des amortissements et du cumul des pertes de valeur y afférents. » (IAS 36, § 6) Elle correspond
à la valeur nette du PCG.
2 Valeurs amortissable et mode d’amortissement
Il convient de définir le montant amortissable, le mode d’amortissement, la valeur nette et les
changements d’estimation.
Montant amortissable
Montant amortissable = coût de l’actif – valeur résiduelle
« La valeur résiduelle d’un actif est le montant estimé qu’une entité obtiendrait actuellement de
la sortie de l’actif, après déduction des coûts de sortie estimés, si l’actif avait déjà l’âge et se
trouvait déjà dans l’état prévu à la fin de sa durée d’utilité » (IAS 16, § 6). Mais, « dans la pratique,
la valeur résiduelle d’un actif est souvent négligeable et donc non significative dans le calcul du
montant amortissable » (IAS 16, § 53).
En vertu de l’analyse par composants, « chaque partie d’une immobilisation corporelle ayant un
coût significatif par rapport au coût total de l’élément doit être amortie séparément » (IAS 16,
§ 43). Ainsi, l’amortissement d’un immeuble et celui de ses ascenseurs se feront à des rythmes
différents. Ceci se justifie notamment par le fait que les durées de vie des éléments et, par
conséquent, les durées d’amortissement sont différentes.
Mode d’amortissement
La dotation annuelle aux amortissements est calculée sur la base du montant amortissable. Ainsi,
une immobilisation dont le coût d’entrée est de 100, la valeur résiduelle estimée de 20 et le mode
d’amortissement retenu le linéaire sur 10 ans, sera amortie chaque année de 8.
« L’amortissement doit commencer dès que l’actif est prêt à être mis en service, c’est-à-dire dès
qu’il se trouve à l’endroit et dans l’état nécessaires pour pouvoir être exploité de la manière
prévue par la direction » (IAS 38, § 97).
« Le mode d’amortissement utilisé doit refléter le rythme selon lequel l’entité prévoit de
consommer les avantages économiques futurs liés à l’actif. Si ce rythme ne peut être déterminé
de façon fiable, le mode d’amortissement linéaire doit être appliqué » (IAS 38, § 97). On voit donc
que « différents modes d’amortissement peuvent être utilisés pour répartir de façon systéma-
tique le montant amortissable d’un actif sur sa durée d’utilité. Ces modes incluent le mode
linéaire, le mode dégressif et le mode des unités d’œuvre. Le mode d’amortissement utilisé est
choisi en fonction du rythme attendu de consommation des avantages économiques futurs que
l’actif est censé procurer ; il est appliqué de la même manière d’une période à l’autre, sauf si le
rythme attendu de consommation de ces avantages économiques futurs varie » (IAS 38, § 98).
Le mode d’amortissement fondé surles unités d’œuvre consiste, par exemple, à répartir le coût de
l’immobilisation en fonction de son usage et non du temps écoulé. Ainsi, on peut amortir un
véhiculeen fonction du kilométrageparcouruchaqueannée et non dunombre d’années écoulées.
Pour une machine, on peut retenir le nombre d’heures d’utilisation ou la quantité produite.
« (...) selon le mode d’amortissement fondé sur l’utilisation, la dotation aux amortissements peut
être nulle lorsqu’il n’y a aucune production » (IAS 16, § 55).

128

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Le traitement comptable d’opérations particulières en IFRS

« L’amortissement doit cesser à la date la plus proche entre celle à laquelle cet actif est classé
comme détenu en vue de la vente (ou inclus dans un groupe destiné à être cédé qui est classé
comme détenu en vue de la vente) selon IFRS 5 et la date à laquelle l’actif est décomptabilisé »
(IAS 38, § 97).
Valeur comptable ou valeur nette
4
« Après sa comptabilisation initiale, une immobilisation incorporelle (ou corporelle) doit être
comptabilisée à son coût diminué du cumul des amortissements et du cumul des pertes de

Chapitre
valeur » (IAS 36, § 74).
Changement d’estimation
Cependant, ces règles peuvent évoluer pour tenir compte des circonstances économiques. Ainsi,
« la durée d’amortissement et le mode d’amortissement d’une immobilisation incorporelle à
durée d’utilité déterminée doivent être réexaminés au moins à la clôture de chaque exercice. Si
la durée d’utilité attendue de l’actif est différente des estimations antérieures, la durée
d’amortissement doit être modifiée en conséquence. Si le rythme attendu de la consommation
des avantages économiques futurs représentatifs de l’actif a connu un changement, le mode
d’amortissement doit être modifié pour refléter le nouveau rythme. De tels changements
doivent être comptabilisés comme des changements d’estimation comptable selon IAS 8 5 »
(IAS 16, § 55). La même règle s’applique aux immobilisations incorporelles. Voyons quels sont
les principaux cas de figure possibles :
e Augmentation de la juste valeur de l’actif : « un amortissement est comptabilisé même si la
juste valeur de l’actif est supérieure à sa valeur comptable, pour autant que la valeur résiduelle
de l’actif n’excède pas sa valeur comptable » (IAS 16, § 52).

Au 1/1/N, le coût d’entrée d’une immobilisation est de 100 et sa valeur résiduelle de 20. L’amortis-
Exemple

sement est linéaire sur 10 ans.


Le montant amortissable est de 100 – 20 = 80
La dotation annuelle aux amortissements est donc de 80 Z 10 % = 8
Au 31/12/N+2, la juste valeur est de 80 et le cumul des amortissements est de 3 Z 8 = 24
Valeur nette comptable : 100 – 24 = 76
Nous sommes bien dans le cas de figure où : juste valeur O valeur comptable O valeur résiduelle.
On comptabilise pour l’année N+2 un amortissement de 8.

e Perte de valeur de l’actif : « après la comptabilisation d’une perte de valeur, la dotation aux
amortissements de l’actif doit être ajustée pour les périodes futures, afin que la valeur
comptable révisée de l’actif, diminuée de sa valeur résiduelle (s’il y a lieu), puisse être répartie
de façon systématique sur sa durée d’utilité restant à courir » (IAS 36, § 63).

Reprenons l’exemple précédent en supposant que le test de dépréciation au 31/12/N+2 donne une
Exemple

juste valeur de 62.


Valeur nette comptable au 31/12/N+1 = 100 – (80 Z 10 % Z 2) = 84
Dépréciation au 31/12/N+2 = 84 – 62 = 22
Nouveau montant amortissable = valeur révisée – valeur résiduelle = 62 – 20 = 42
Nombre d’années restant à courir : N+2 à N+9 = 7 années
Nouvelle dotation annuelle aux amortissements = 42/7 = 6
On vérifie que : Coût d’entrée – valeur résiduelle – dotations aux amortissements de N et N+1
– dépréciation – dotations aux amortissements de N+2 à N+9 =100 – 20 – (2 Z 8) – 22 – (7 Z 6) = 0

5 IAS 8 « Méthodes comptables, changements d’estimations comptables et erreurs ».

129

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Partie 2 Les normes comptables internationales

e Reprise de perte de valeur : « après la comptabilisation d’une reprise de perte de valeur, la


dotation aux amortissements de l’actif doit être ajustée pour les périodes futures, afin que la
valeur comptable révisée de l’actif, diminuée de sa valeur résiduelle (s’il y a lieu), soit répartie
de façon systématique sur la durée d’utilité restant à courir. » (IAS 36, § 121) « La valeur
comptable d’un actif, autre qu’un goodwill, augmentée en raison de la reprise d’une perte de
valeur ne doit pas être supérieure à la valeur comptable qui aurait été déterminée (nette des
amortissements) si aucune perte de valeur n’avait été comptabilisée pour cet actif au cours
d’exercices antérieurs » (IAS 36, § 117).

Reprenons l’exemple précédent en supposant que le test de dépréciation au 31/12/N+3 donne une
Exemple

juste valeur de 74.


La valeur nette comptable au 31/12/N+2 = 84 – 22 – 6 = 56
La juste valeur étant passée au-dessus de la valeur nette comptable, il convient de reprendre (annuler)
une partie de la dépréciation comptabilisée à la clôture de l’exercice précédent. D’où la reprise de
perte de valeur au 31/12/N+3 = 74 – 56 = 18
Nouveau montant amortissable = valeur révisée – valeur résiduelle = 74 – 20 = 54
Nombre d’années restant à courir : N+3 à N+9 = 6 années
Nouvelle dotation annuelle aux amortissements = 54/6 = 9
On vérifie que : Coût d’entrée – valeur résiduelle – dotations aux amortissements de N et N+2
– dépréciation + reprise de dépréciation – dotations aux amortissements de N+3 à N+9 = 100 – 6 – (16
+ 6) – 22 + 18 – (6 Z 9) = 0

e Augmentation de la valeur résiduelle au-delà de la valeur comptable : « la valeur résiduelle


d’une immobilisation (...) peut augmenter pour atteindre ou excéder la valeur comptable de
l’actif. Dans ce cas, la dotation à l’amortissement de l’actif est nulle, sauf si et jusqu’à ce que
sa valeur résiduelle baisse pour atteindre un montant inférieur à la valeur comptable de
l’actif. » (IAS 38, § 103).

Reprenons l’exemple précédent en supposant que la valeur résiduelle au 31/12/N+4 s’élève à 70.
Exemple

La valeur nette comptable au 31/12/N+2 = 56


La valeur nette comptable au 31/12/N+3 = 56 + 18 – 9 = 65
Comme la valeur résiduelle au 31/12/N+4 est supérieure à la valeur nette comptable au 31/12/N+3,
aucune dotation aux amortissements ne sera comptabilisée en N+4.

e Réparations et maintenance : « les réparations et la maintenance d’un actif ne remettent pas


en cause la nécessité de l’amortir » (IAS 16, § 52).
3 Imputation de l’amortissement
« La dotation aux amortissements de chaque période doit être comptabilisée en résultat net
sauf si elle est incorporée dans la valeur comptable d’un autre actif » (IAS 16, § 48). Le dernier
point appelle une explication. Dans le cas d’une immobilisation produite par l’entreprise pour
elle-même, évaluée à son coût de production, ce dernier peut inclure des dotations aux
amortissements d’équipements de l’entreprise utilisés pour cette production. Afin d’éviter une
double comptabilisation, ces dotations ne pouvant être en charges et également en augmen-
tation de l’actif (immobilisations produites par l’entreprise pour elle-même), il faut donc les
comptabiliser uniquement à l’actif.
4 Informations à fournir
En matière d’amortissement, « les états financiers doivent indiquer, pour chaque catégorie
d’immobilisations corporelles :
(a) les conventions d’évaluation utilisées pour déterminer la valeur comptable brute ;

130

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Le traitement comptable d’opérations particulières en IFRS

(b) les modes d’amortissement utilisés ;

4
(c) les durées d’utilité ou les taux d’amortissement utilisés ;
(d) la valeur comptable brute et le cumul des amortissements (ajouté aux cumuls des pertes de
valeur) en début et en fin de période (...) » (IAS 16, § 73).
« Pour chaque catégorie d’immobilisations incorporelles, une entité doit fournir les informa-
tions suivantes en distinguant les immobilisations incorporelles générées en interne des autres
immobilisations incorporelles :

Chapitre
(a) si les durées d’utilité sont indéterminées ou déterminées et, si elles sont déterminées, quels
sont ces durées d’utilité ou les taux d’amortissement utilisés ;
(b) les modes d’amortissement utilisés pour les immobilisations incorporelles à durée d’utilité
déterminée ;
(c) la valeur comptable brute et tout cumul des amortissements (regroupé avec le cumul des
pertes de valeur) à l’ouverture et à la clôture de la période ;
(d) le ou les postes de l’état du résultat global dans lesquels est incluse la dotation aux
amortissements des immobilisations incorporelles (...) » (IAS 38, § 118).

PCG
Les IFRS ne prescrivant pas une présentation standard des états financiers, ces exigences recoupent
parfaitement la présentation du bilan, du compte de résultat et de l’annexe présentés conformément
au PCG.

B Dépréciations affectant la valeur d’un actif


Si « l’amortissement est la répartition systématique du montant amortissable d’un actif sur sa
durée d’utilité » (IAS 36, § 6) la dépréciation mesure des pertes de valeur n’ayant pas un caractère
systématique, n’étant pas liées à la consommation de la ressource, mais reflétant par exemple
des fluctuations de prix sur un marché ou de la valeur d’usage d’un actif. Tel est le cas d’une
dépréciation d’un terrain, d’un immeuble, d’un brevet.
Nous allons voir :
– le fait générateur du constat d’une dépréciation d’un actif ;
– le calcul de la perte de valeur ;
– la comptabilisation de la perte de valeur et de sa reprise ;
– la dépréciation des unités génératrices de trésorerie ;
– la dépréciation du goodwill ;
– les informations à fournir.

1 Fait générateur du constat d’une dépréciation d’un actif


« Une entité doit déterminer à la fin de chaque période de présentation de l’information
financière s’il existe un quelconque indice qu’un actif a pu se déprécier. S’il existe un tel indice,
l’entité doit estimer la valeur recouvrable de l’actif » (IAS 36, § 9). La règle générale est donc que
le test de dépréciation à la date du bilan n’est obligatoire que si un indice existe.
Larègle est plus contraignante pour les immobilisations incorporelles qui doivent toujours faire
l’objet d’un test de dépréciation. « Qu’il y ait un indice de dépréciation ou non, une entité doit
aussi :
(a) effectuer un test de dépréciation annuel des immobilisations incorporelles à durée d’utilité
indéterminée et des immobilisations incorporelles qui ne sont pas encore prêtes à être utilisées,
en comparant leur valeur comptable à leur valeur recouvrable. Ce test de dépréciation peut être
effectué à tout moment au cours d’un exercice, à condition qu’il soit effectué au même moment
chaque année. Différentes immobilisations incorporelles peuvent être soumises à des tests de
dépréciation à des moments différents. Toutefois, si de telles immobilisations incorporelles ont

131

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Partie 2 Les normes comptables internationales

été comptabilisées pour la première fois pendant l’exercice considéré, elles doivent être
soumises à un test de dépréciation avant la fin de cet exercice ;
(b) effectuer un test de dépréciation annuel du goodwill acquis dans un regroupement
d’entreprises (...) » (IAS 36, § 10).
Il reste à préciser ce que l’on entend par « indice ». « Pour déterminer s’il existe un quelconque
indice qu’un actif a pu se déprécier, une entité doit au minimum considérer les indices suivants
(issus d’informations externes ou internes) :
Sources d’informations externes
(a) Il y a des indices observables selon lesquels, au cours de la période, la valeur d’un actif a diminué
beaucoup plus que du seul effet attendu du passage du temps ou de l’utilisation normale de l’actif.
(b) D’importants changements ayant un effet négatif sur l’entité sont survenus au cours de la
période, ou surviendront dans un proche avenir, dans l’environnement technologique, écono-
mique, juridique ou de marché dans lequel l’entité exerce ses activités, ou dans le marché auquel
un actif est dédié.
(c) Les taux d’intérêt du marché ou d’autres taux de rendement du marché ont augmenté durant
la période et il est probable que ces augmentations affecteront le taux d’actualisation utilisé dans
le calcul de la valeur d’utilité d’un actif et diminueront de façon significative la valeur recouvrable
de l’actif.
(d) La valeur comptable de l’actif net de l’entité est supérieure à sa capitalisation boursière.
Sources d’informations internes
(e) Il existe des éléments probants d’obsolescence ou de dégradation physique d’un actif.
(f) Des changements importants ayant un effet négatif sur l’entité sont survenus au cours de la
période, ou devraient survenir dans un proche avenir, dans le degré ou le mode d’utilisation
actuels ou attendus d’un actif. Ces changements incluent la mise hors service de l’actif, les plans
d’abandon ou de restructuration de l’activité à laquelle l’actif appartient, les plans de sortie de
l’actif avant la date antérieurement prévue, et le fait de constater que la durée d’utilité de l’actif
qui était considérée comme indéterminée est plutôt déterminée.
(g) Des éléments probants provenant du système d’information interne montrent que la
performance économique d’un actif est ou sera moins bonne que celle attendue » (IAS 36, § 12).
Il peut arriver qu’une perte de valeur devienne sans objet. Alors, « une perte de valeur comp-
tabilisée au cours de périodes antérieures pour un actif autre qu’un goodwill doit être reprise si,
et seulement si, il y a eu un changement dans les estimations utilisées pour déterminer la valeur
recouvrable de l’actif depuis la dernière comptabilisation d’une perte de valeur. Si tel est le cas,
la valeur comptable de l’actif doit être augmentée à hauteur de sa valeur recouvrable, sous
réserve des dispositions décrites au paragraphe 117. Cette augmentation constitue une reprise
de perte de valeur » (IAS 36, § 114). « La valeur comptable d’un actif, autre qu’un goodwill,
augmentée en raison de la reprise d’une perte de valeur ne doit pas être supérieure à la valeur
comptable qui aurait été déterminée (nette des amortissements) si aucune perte de valeur
n’avait été comptabilisée pour cet actif au cours d’exercices antérieurs » (IAS 36, § 117).
La reprise de la perte de valeur a pour contrepartie une hausse du résultat net. Toutefois,
lorsqu’un actif a été réévalué puis ultérieurement déprécié, la reprise de la perte de valeur de
l’actif concerné doit être comptabilisée comme une nouvelle réévaluation. En ce cas, elle passe
par les « autres éléments du résultat global », c’est-à-dire par un compte de capitaux propres
afin de conserver la cohérence de ces opérations. « Après la comptabilisation d’une reprise de
perte de valeur, la dotation aux amortissements de l’actif doit être ajustée pour les périodes
futures, afin que la valeur comptable révisée de l’actif, diminuée de sa valeur résiduelle (s’il y a
lieu), soit répartie de façon systématique sur la durée d’utilité restant à courir » (IAS 36, § 121).

132

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2 Calcul de la perte de valeur

4
Ayant constaté l’existence d’une dépréciation du fait des indices vus précédemment, il faut en
mesurer le montant. « Une perte de valeur est le montant par lequel la valeur comptable d’un
actif (...) excède sa valeur recouvrable » (IAS 36, § 6).
Il faut donc préciser ce que l’on entend par « valeur recouvrable ». « La valeur recouvrable d’un
actif (...) est la valeur la plus élevée entre sa juste valeur diminuée des coûts de sortie et sa valeur
d’utilité » (IAS 36, § 6).

Chapitre
Dans l’hypothèse où la valeur comptable est supérieure à la valeur recouvrable, il faut donc
déprécier l’actif selon le schéma suivant.
Perte de valeur d’un actif = Valeur comptable – Valeur recouvrable

La juste valeur est le prix qui serait perçu pour la vente d’un actif dans une transaction normale
réalisée entre intervenants de marché à la date de l’évaluation. Dans le cas présent, il est précisé
qu’elle doit être diminuée des coûts de sortie de l’actif évalués à leur coût marginal tels que des
frais de transport, des frais de recyclage de produits polluants, des honoraires d’intermédiaires,
des frais d’actes, etc.

« La valeur d’utilité est la valeur actualisée des flux de trésorerie futurs attendus d’un actif (...) »
(IAS 36, § 6) (avant impôt). « Le calcul de la valeur d’utilité d’un actif doit refléter les éléments
suivants :
(a) une estimation des flux de trésorerie futurs que l’entité s’attend à obtenir de l’actif ;
(b) les attentes relatives à des variations possibles du montant ou de l’échéance de ces flux de
trésorerie futurs ;
(c) la valeur temps de l’argent, représentée par le taux d’intérêt sans risque actuel du marché ;
(d) le prix pour supporter l’incertitude inhérente à l’actif ; et
(e) d’autres facteurs, tels que l’illiquidité, que les intervenants du marché refléteraient dans
l’estimation des flux de trésorerie futurs que l’entité s’attend à obtenir de l’actif » (IAS 36, § 30).

Le taux d’actualisation est égal au taux d’intérêt sans risque du marché (valeur du temps) plus
la prime de risque inhérente à l’actif considéré.

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La société OB détient un actif dont les caractéristiques au 31/12/N sont les suivantes :
Exemple

– valeur comptable : 500


– juste valeur diminuée des coûts de la vente : 400
– durée d’utilisation prévue : 5 ans
– prix de cession en N+5 : 34
Pour calculer le montant de la dépréciation, il faut calculer la valeur recouvrable, ce qui passe par le
calcul de la valeur d’utilité. Le calcul de cette dernière se fera à partir des éléments suivants :
e taux d’actualisation = par exemple, coût moyen pondéré du capital de l’entité = 12 %
e flux de trésorerie futurs (nets) :
– N+1 : 100
– N+2 : 120
– N+3 : 130
– N+4 : 125
– N+5 : 95 (hors prix de cession)
Valeur d’utilité :
100 120 130 125 (95 + 34)
VU = + + + + = 430
1,12 1,12 2 1,12 3 1,12 4 1,12 5
D’où : valeur d’utilité O juste valeur diminuée des coûts de la vente
La valeur recouvrable est donc égale dans ce cas à la valeur d’utilité.
La dépréciation est égale à : valeur comptable – valeur recouvrable = 500 – 430 = 70
Si la valeur d’utilité avait été par exemple de 350, la valeur recouvrable aurait alors été égale à la
juste valeur diminuée des coûts de vente, soit ici, 400. La dépréciation aurait alors été égale à : 500
– 400 = 100

3 Comptabilisation de la perte de valeur et de sa reprise


« Une perte de valeur doit être immédiatement comptabilisée en résultat net (...) » (IAS 36, § 60).

Débit Crédit
Dépréciation (charge) X
Dépréciation d’a ctif (diminution d’actif) X
Toutefois, il est possible qu’antérieurement, l’actif ait fait l’objet d’une réévaluation, laquelle est
enregistrée en capitaux propres. La reprise d’une réévaluation doit donc aussi passer en capitaux
propres.

La société OB a acquis un terrain en N pour un coût de 100.


Exemple

En N+1, ce terrain prend de la valeur et au 31/12/N+1 il est réévalué à sa juste valeur pour 140.
L’écart de réévaluation de 40 est comptabilisé en « autres éléments du résultat global » et intégré
aux capitaux propres.

Débit Crédit
Terrain 40
Autres éléments du résultat global (écart de réévaluation) 40

Au 31/12/N+2, la valeur recouvrable du terrain ne s’élève plus qu’à 94. La dépréciation totale est de
46 et s’analyse comme suit :

Débit Crédit
Écart de réévaluation 40
Dépréciation (charge) 6
Terrain 40
Dépréciation du terrain (diminution d’actif) 6

134

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4 Dépréciation des unités génératrices de trésorerie


Dans certains cas, un élément d’actif pris isolément n’a pas de valeur d’utilité et par ailleurs,
ne génère pas de flux de trésorerie clairement identifiable. Il faut alors considérer cet élément
d’actif dans son environnement, avec les autres actifs qui globalement génèrent des flux de
trésorerie et ont une valeur d’utilité. Cet ensemble est nommé : « unité génératricede trésorerie »
4
(UGT).« Une unité génératrice de trésorerie est le plus petit groupe identifiable d’actifs qui génère
des entrées de trésorerie largement indépendantes des entrées de trésorerie générées par

Chapitre
d’autres actifs ou groupes d’actifs. » (IAS 36, § 6)
Plus précisément, « s’il n’est pas possible d’estimer la valeur recouvrable de l’actif pris indi-
viduellement, la valeur recouvrable de l’unité génératrice de trésorerie à laquelle l’actif
appartient (l’unité génératrice de trésorerie de l’actif) doit être déterminée » (IAS 36, § 66).
Les actifs de support, tel par exemple, un siège social, ne génèrent pas de flux de trésorerie
directement par eux-mêmes. Ils doivent donc être rattachés à une UGT.

Exemple 1
Exemple

« Une entité minière possède une desserte ferroviaire privée pour ses activités d’exploitation minière.
La desserte ferroviaire privée ne pourrait être vendue que pour sa valeur à la casse et la desserte
ferroviaire privée ne génère pas d’entrées de trésorerie largement indépendantes des entrées de
trésorerie générées par les autres actifs de la mine.
Il n’est pas possible d’estimer la valeur recouvrable de la desserte ferroviaire privée car sa valeur
d’utilité ne peut pas être déterminée et est probablement différente de sa valeur à la casse. Par
conséquent, l’entité estime la valeur recouvrable de l’unité génératrice de trésorerie à laquelle la
desserte ferroviaire privée appartient, c’est-à-dire la mine dans son ensemble » (IAS 36, § 67).
Exemple 2
« Une société de transport par autocars travaille sous contrat avec une municipalité qui impose un
service minimum sur chacun des cinq différents itinéraires. Les actifs dévolus à chaque itinéraire et
les flux de trésorerie générés par chaque itinéraire peuvent être identifiés séparément. L’un de ces
itinéraires dégage une perte importante.
Puisque l’entité n’a la possibilité de réduire son activité sur aucun des itinéraires, le plus petit niveau
d’entrées de trésorerie identifiables générées qui soient largement indépendantes des entrées de
trésorerie générées par d’autres actifs ou groupes d’actifs, est les entrées de trésorerie générées par
l’ensemble des cinq itinéraires. L’unité génératrice de trésorerie pour chaque itinéraire est la société
de transport dans son ensemble » (IAS 36, § 68).
Exemple 3
« Une société exploite une mine dans un pays dont la législation impose au propriétaire la remise
en état du site à l’achèvement de ses activités d’exploitation minière. Le coût de remise en état
inclut la remise en place du terrain de couverture, qui doit être retiré avant le début des activités
d’exploitation minière. Une provision pour le coût de remise en place du terrain de couverture a été
comptabilisée dès l’enlèvement du terrain de couverture. Le montant provisionné a été comptabilisé
comme élément du coût de la mine et est amorti sur la durée d’utilité de la mine. La valeur comptable
de la provision pour les coûts de remise en état est de 500 k 3 ; elle est égale à la valeur actualisée
des coûts de remise en état. L’entité teste la dépréciation de la mine. L’unité génératrice de trésorerie
de la mine est la mine prise dans son ensemble. L’entité a reçu diverses offres d’achat pour la mine
à un prix avoisinant 800 k 3. Ce prix reflète le fait que l’acheteur assumera l’obligation de remettre
en état le terrain de couverture. Les coûts de sortie de la mine sont négligeables. La valeur d’utilité
de la mine est d’environ 1 200 k 3, hors coûts de remise en état. La valeur comptable de la mine est
de 1 000 k 3.
La juste valeur de l’unité génératrice de trésorerie, diminuée des coûts de sortie, est de 800 k 3. Ce
montant prend en compte des coûts de remise en état qui ont déjà été prévus. En conséquence, la
valeur d’utilité de l’unité génératrice de trésorerie est déterminée après prise en compte des coûts
de remise en état et est estimée à 700 k 3 (1 200 moins 500). La valeur comptable de l’unité
génératrice de trésorerie est de 500 k 3, ce qui correspond à la valeur comptable de la mine (1 000 k 3),
diminuée de la valeur comptable de la provision pour coûts de remise en état (500 k 3). Par
conséquent, la valeur recouvrable de l’unité génératrice de trésorerie excède sa valeur comptable. »
(IAS 36, § 78) Aucune dépréciation ne doit être constatée.

135

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Partie 2 Les normes comptables internationales

5 Dépréciation du goodwill
Le goodwill, qui est un écart d’acquisition global comptabilisé séparément, doit répondre à la
définition d’un actif incorporel et sa juste valeur doit pouvoir être estimée de façon fiable.
« Pour les besoins des tests de dépréciation, à compter de la date d’acquisition, le goodwill acquis
dans un regroupement d’entreprises doit être affecté à chacune des unités génératrices de
trésorerie de l’acquéreur ou à chacun des groupes d’unités génératrices de trésorerie qui
devraient bénéficier des synergies du regroupement d’entreprises, que d’autres actifs ou passifs
de l’entreprise acquise soient ou non affectés à ces unités ou groupes d’unités. Chaque unité ou
groupe d’unités auxquels le goodwill est ainsi affecté :
(a) doit représenter au sein de l’entité le niveau le plus bas auquel le goodwill fait l’objet d’un suivi
pour des besoins de gestion interne ; et
(b) ne doit pas être, avant affectation du goodwill, plus grand qu’un secteur opérationnel au sens
défini au paragraphe 5 d’IFRS 8 Secteurs opérationnels » (IAS 36, § 80).

Un goodwill a été antérieurement affecté à l’unité génératrice de trésorerie A. Or, suite à une
Exemple

réorganisation, A doit être supprimée. Il est décidé de la diviser en trois parties inégales pour pouvoir
l’intégrer dans trois autres UGT, soit B, C et D. Le goodwill affecté à A est donc réaffecté aux unités B,
C et D sur la base des valeurs relatives des trois parties de A avant que ces parties ne soient intégrées
à B, C et D.

6 Informations à fournir
Pour chaque catégorie d’actif ou UGT, il faut indiquer le montant des pertes de valeur ou des
reprises comptabilisées en résultat net ou comptabilisées en capitaux propres (autres éléments
du résultat global, écart de réévaluation). Nous avons donc quatre cas de figure :

Constatation de la perte Reprise de la perte


de valeur de valeur
Résultat net Cas 1 Cas 2
Écart de réévaluation (capitaux propres) Cas 3 Cas 4
De plus, « une entité doit fournir les informations suivantes pour un actif pris individuellement
(goodwill y compris), ou une UGT, à l’égard duquel une perte de valeur a été comptabilisée ou
reprise au cours de la période :
(a) les événements et circonstances qui ont conduit à comptabiliser ou à reprendre la perte de
valeur ;
(b) le montant de la perte de valeur comptabilisée ou reprise ;
(c) pour un actif pris individuellement : (...) la nature de l’actif (...) ;
(d) pour une unité génératrice de trésorerie :
(i) une description de l’UGT (par exemple, s’il s’agit d’une ligne de produits, d’une usine, d’une
activité, d’une zone géographique ou d’un secteur) (...),
(ii) le montant de la perte de valeur comptabilisée ou reprise par catégorie d’actifs (...), et
(iii) si le regroupement d’actifs composant l’UGT a changé depuis l’estimation précédente de
la valeur recouvrable de l’UGT (le cas échéant), une description du mode actuel et du mode
antérieur de regroupement des actifs ainsi que les raisons ayant conduit à changer le mode
d’identification de l’UGT ;
(e) la valeur recouvrable de l’actif (de l’UGT), en indiquant si elle correspond à sa juste valeur
diminuée des coûts de sortie ou à sa valeur d’utilité ;
(f) (...)

136

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Le traitement comptable d’opérations particulières en IFRS

(g) lorsque la valeur recouvrable est la valeur d’utilité, le ou les taux d’actualisation utilisés

4
dans l’estimation actuelle et dans l’estimation précédente (le cas échéant) de la valeur d’utilité »
(IAS 36, § 130).
Les IFRS ne précisent pas la forme selon laquelle ces informations doivent être fournies. Dans
le modèle français, il s’agit bien sûr de l’annexe.

C Provisions pour risques et charges inscrites au passif


La prise en compte des risques, c’est-à-dire d’événements défavorables potentiels, ne se limite

Chapitre
pas aux dépréciations d’actifs mais inclut les passifs potentiels dont les investisseurs doivent être
informés. Ils font l’objet d’une provision, c’est-à-dire de l’enregistrement d’un passif dont
l’échéance et/ou le montant sont incertains. Un passif est une obligation actuelle résultant
d’événements passés et dont l’extinction se traduira (dans le cas présent « pourrait se traduire »)
par une sortie de ressources générant des avantages économiques.
Nous allons voir :
– le fait générateur de la comptabilisation d’une provision ;
– l’évaluation de son montant ;
– son suivi ;
– sa comptabilisation ;
– les informations à fournir.

1 Fait générateur de la comptabilisation d’une provision


« Une provision doit être comptabilisée lorsque :
(a) une entité a une obligation actuelle (juridique ou implicite) résultant d’un événement passé ;
(b) il est probable qu’une sortie de ressources représentatives d’avantages économiques sera
nécessaire pour éteindre l’obligation ; et
(c) le montant de l’obligation peut être estimé de manière fiable.
Si ces conditions ne sont pas réunies, aucune provision ne doit être comptabilisée » (IAS 37, § 14).
Il convient de détailler ces trois conditions.
L’obligation doit exister à la date de clôture des comptes et résulter nécessairement d’un évé-
nement passé. Cela signifie qu’une provision ne peut couvrir les charges résultant d’un projet
futur non encore engagé. « Un fait générateur d’obligation est un événement qui crée une
obligation juridique ou implicite qui ne laisse pas à l’entité d’autre solution réaliste que d’éteindre
cette obligation. Une obligation juridique est une obligation qui découle :
(a) d’un contrat (sur la base de ses clauses explicites ou implicites) ;
(b) de dispositions légales ou réglementaires ; ou
(c) de toute autre source juridique.
Une obligation implicite est une obligation qui découle des actions d’une entité lorsque :
(a) elle a indiqué aux tiers, par ses pratiques passées, par sa politique affichée ou par une
déclaration récente suffisamment explicite, qu’elle assumera certaines responsabilités ; et
(b) en conséquence, l’entité a créé chez ces tiers une attente fondée qu’elle assumera ses res-
ponsabilités » (IAS 37, § 10). Le fait que l’obligation peut ne pas avoir de base contractuelle est
important.
La sortie probable de ressources représentatives d’avantages économiques, après la clôture
de l’exercice, pour éteindre l’obligation signifie que la survenance de cette obligation a une
probabilité supérieure à celle de l’hypothèse inverse. « Lorsqu’il existe un grand nombre
d’obligations similaires (par exemple, garanties sur les produits ou contrats similaires), la
probabilité qu’une sortie de ressources sera nécessaire à l’extinction de ces obligations est
déterminée en considérant la catégorie d’obligations comme un tout. Bien que la probabilité de

137

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Partie 2 Les normes comptables internationales

sortie pour chacun des éléments soit petite, il peut être probable qu’une certaine sortie de
ressources sera nécessaire pour éteindre cette catégorie d’obligations dans son ensemble »
(IAS 37, § 24).
Une estimation fiable du montant de l’obligation doit pouvoir être faite, ce qui ne signifie pas
qu’il n’y aura pas de marge d’erreur. Dans le cas relativement rare où cette condition ne peut être
satisfaite, il n’en demeure pas moins qu’il existe un passif éventuel. Celui-ci ne sera pas
comptabilisé mais fera l’objet d’une information par exemple dans l’annexe des comptes
annuels.
Les coûts de restructuration, qui peuvent être très élevés, peuvent faire l’objet d’une provision
à condition de satisfaire aux critères généraux de comptabilisation des provisions. Il peut s’agir
de la vente ou de l’arrêt d’une branche d’activité, de la fermeture ou de la délocalisation d’un site,
etc. Il ne peut s’agir d’un projet ; il faut une obligation implicite résultant d’un plan précis avec
un calendrier et qu’il ait créé chez les personnes concernées une attente du fait d’un accord
irrévocable de vente, d’un début d’exécution et/ou d’annonces.

2 Évaluation du montant d’une provision


« Le montant comptabilisé en provision doit être la meilleure estimation de la dépense
nécessaire à l’extinction de l’obligation actuelle à la fin de la période de présentation de
l’information financière » (IAS 37, § 36). Cette estimation est nécessairement risquée et
incertaine.
« Lorsque l’effet de la valeur temps de l’argent est significatif, le montant de la provision doit être
la valeur actualisée des dépenses attendues que l’on pense nécessaires pour éteindre l’obliga-
tion » (IAS 37, § 45). L’actualisation se fait au taux du marché pour des placements sans risque,
avant impôt, auquel on ajoute le taux correspondant au risque spécifique à ce passif.
« Une provision pour restructuration ne doit inclure que les dépenses directement liées à la
restructuration, c’est-à-dire les dépenses qui sont à la fois :
(a) nécessairement entraînées par la restructuration ; et
(b) non liées aux activités poursuivies par l’entité » (IAS 37, § 80).

Selon IAS 37, § 39


Exemple

Provision pour garantie. Une entité vend des biens avec une garantie aux termes de laquelle les clients
sont couverts pour les coûts de réparation de tout défaut de fabrication constaté dans les deux ans
suivant l’achat. Si des défauts mineurs étaient détectés sur tous les produits vendus, le montant des
réparations qui en résulteraient serait de 1 million d’euros (M 3). Si des défauts majeurs étaient
détectés sur tous les produits vendus, le montant des réparations qui en résulteraient serait de 4 M 3.
L’expérience passée de l’entité et ses attentes futures indiquent que, pour les deux années à venir,
75 % des produits déjà vendus et sous garantie ne présenteront aucun défaut, 20 % ne présenteront
que des défauts mineurs et 5 % présenteront des défauts majeurs. La valeur attendue du coût des
réparations faisant l’objet d’une provision est la suivante :
(75 % Z zéro) + (20 % Z 1 M 3) + (5 % Z 4 M 3) = 400 000 3.

3 Suivi du montant d’une provision


« Les provisions doivent être revues à chaque date de clôture et ajustées pour refléter la
meilleure estimation à cette date. Si une sortie de ressources représentatives d’avantages
économiques nécessaires à l’extinction d’une obligation n’est plus probable, la provision doit
être reprise » (IAS 37, § 59).

138

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4 Comptabilisation de la provision

4
La constitution de la provision tout comme sa reprise passent par un compte de résultat.
Les pertes d’exploitation futures ne peuvent faire l’objet d’une provision car elles sont motivées
par des événements futurs. Cela serait contraire à la règle de rattachement des charges et
produits propre à une comptabilité d’engagement. Cependant, « si une entité a un contrat
déficitaire, l’obligation actuelle résultant de ce contrat doit être comptabilisée et évaluée comme
une provision » (IAS 37, § 66). S’agissant d’une obligation actuelle, il ne s’agit pas d’une perte

Chapitre
d’exploitation future.

5 Informations à fournir
« Pour chaque catégorie de provisions, l’entité doit indiquer :
(a) la valeur comptable à l’ouverture et à la clôture de la période ;
(b) les provisions supplémentaires constituées au cours de la période, y compris l’augmentation
des provisions existantes ;
(c) les montants utilisés (c’est-à-dire engagés et imputés à la provision) au cours de la période ;
(d) les montants non utilisés repris au cours de la période ; et
(e) l’augmentation au cours de la période du montant actualisé résultant de l’écoulement du
temps et de l’effet de toute modification du taux d’actualisation.
L’information comparative n’est pas imposée » (IAS 37, § 84). Outre ces informations comp-
tables, l’entité doit décrire la nature de l’obligation, son échéance probable, les incertitudes
relatives au montant, les hypothèses retenues, etc.

6 Synthèse des amortissements, dépréciations et provisions

La mesure des dépréciations fait appel au jugement professionnel du préparateur des comptes.
L’amortissement est la répartition systématique de la consommation des avantages économiques
futurs d’un actif sur sa durée de vie estimée en tenant compte de sa valeur résiduelle. À la clôture
de chaque exercice, le plan d’amortissement doit être réexaminé.
La dépréciation mesure la perte de valeur d’un actif n’ayant pas un caractère systématique,
indépendamment de la consommation de la ressource, reflétant, par exemple, une variation de la
valeur de marché (juste valeur) ou de la valeur d’usage. Un test de dépréciation est effectué en fin
ou au cours de chaque exercice.
Lorsque des actifs pris isolément n’ont pas de valeur d’utilité, ils sont regroupés en unités qui,
globalement, génèrent des flux de trésorerie (UGT).
Les provisions pour risques et charges permettent de prendre en compte les obligations nées
d’événements passés potentiellement défavorables.

Applications Retrouvez en fin de chapitre les entraînements sur les dépréciations et provisions.

4 Les contrats de location


Le fait de ne pas définir un actif à partir du droit de propriété, de ne pas faire du bilan une image
fidèle du patrimoine, de faire appel au concept managérial de contrôle, pose la question de la
nature de certains contrats de location. Selon les IFRS, un actif est défini par le fait qu’il produit
un avantage économique futur contribuant à des flux de trésorerie ou d’équivalents de
trésorerie au bénéfice de l’entité. Dès lors, le fait de pouvoir bénéficier de ces avantages, même
si ce n’est que grâce à une location, peut suffire à qualifier et constater l’existence d’un actif.
De plus, la norme IFRS 16 « Contrats de location » peut éviter une manipulation des états financiers
en ayant recours à la location uniquement pour limiter le volume de l’actif et des dettes alors que

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Partie 2 Les normes comptables internationales

les immobilisations concernées sont durablement exploitées par l’entreprise. Toutes choses égales
par ailleurs, le ratio du bénéfice sur le total du bilan s’en trouverait artificiellement amélioré.
Nous allons voir :
– la définition des contrats de location ;
– la comptabilisation ;
– l’évaluation et
– les informations à fournir.

A Définition des contrats de location


Un contrat de location est un contrat, ou partie d’un contrat, par lequel le propriétaire (bailleur)
cède au preneur (locataire) le droit d’utiliser un bien (le bien sous-jacent), de contrôler son
utilisation, pour un certain temps moyennant une contrepartie. La norme IFRS 16 ne s’applique
qu’aux contrats d’une durée au moins égale à un an. Mais, selon qu’il existe ou non une option
d’achat, on distingue :
– la location simple,
– la location financement (crédit-bail ou leasing).
Dans un contrat de location simple, le bailleur ne transfère pas au preneur la quasi-totalité des
risques et des avantages inhérents à la propriété du bien sous-jacent.
Au contraire, le contrat de location financement a pour effet de transférer au preneur la
quasi-totalité des risques et des avantages inhérents à la propriété d’un bien sous-jacent.
Le bon classement des contrats est important du fait qu’il a des conséquences comptables. Pour
ce faire, on se réfère à la réalité de la transaction plutôt qu’à sa forme juridique. C’est ce que l’on
appelle aussi le principe de prééminence de la réalité sur l’apparence. « Pour apprécier si un
élément satisfait à la définition d’un actif, d’un passif ou des capitaux propres, il convient de
prêter attention à la substance sous-jacente et à la réalité économique, et non pas seulement à
la forme juridique. Ainsi, par exemple, dans les cas de location-financement, la substance et la
réalité économique sont que le preneur acquiert les avantages économiques liés à l’utilisation
de l’actif financé par location pour la majeure partie de sa durée d’utilité, en contrepartie d’une
obligation de payer pour ce droit un montant proche de la juste valeur de l’actif et de la charge
financière afférente. Aussi, la location-financement donne-t-elle naissance à des éléments qui
satisfont à la définition d’un actif et d’un passif et qui sont comptabilisés comme tels dans le bilan
du preneur » (Cadre conceptuel, § 4.6).

B Évaluation des contrats de location


L’évaluation est fonction de différents cas de figure récapitulés dans le tableau suivant.
Modes d’évaluation des contrats de location

Évaluation initiale Évaluation ultérieure


Location financement
Preneur Cas 1 Cas 2
ou simple
Location financement Cas 3 Cas 4
Bailleur
Location simple Cas 5
Nous allons détailler ces cinq cas de figure qui montrent que le mode d’évaluation dépend de
la position du contractant (preneur ou bailleur) et de la nature réelle de l’opération (location
financement ou location simple).

140

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1 Évaluation initiale chez le preneur

4
Le preneur doit à la fois comptabiliser une obligation contractuelle de versement du loyer, c’est-
à-dire un passif, et constater qu’il contrôle une ressource procurant des avantages économiques
futurs, c’est-à-dire un actif.
« À la date de début, le preneur doit évaluer l’obligation locative à la valeur actualisée des
paiements de loyers qui n’ont pas encore été versés. La valeur actualisée des paiements de loyers
doit être calculée à l’aide du taux d’intérêt implicite du contrat de location s’il est possible de

Chapitre
déterminer facilement ce taux. Sinon, le preneur doit utiliser son taux d’emprunt marginal »
(IFRS 16, § 26). Le taux d’intérêt implicite du contrat équivaut au taux de rentabilité interne de
l’opération prise isolément.
« À la date de début, le preneur doit évaluer l’actif au titre du droit d’utilisation au coût » (IFRS 16,
§ 23). Ce coût doit intégrer les coûts directs initiaux engagés par le preneur pour mettre en service
le bien loué et les éventuels coûts de démantèlement ou d’enlèvement pour remettre le site en état.
2 Évaluation ultérieure chez le preneur
Il faut ici également distinguer l’actif sous-jacent et le contrat.
e Évaluation de l’actif sous-jacent : « Après la date de début, le preneur doit évaluer l’actif au
titre du droit d’utilisation en appliquant le modèle du coût, à moins qu’il n’applique l’un ou
l’autre des modèles d’évaluation décrits aux paragraphes 34 et 35 » (IFRS 16, § 29). Ces autres
modèles d’évaluation visés sont la juste valeur et le modèle de la réévaluation. Si le bailleur
évalue les immobilisations corporelles dont il est propriétaire en juste valeur ou en modèle de
réévaluation, il doit appliquer la même méthode aux autres biens qu’il utilise dans le cadre d’un
contrat de location.
e Évaluation du contrat au passif : le bailleur actualise les loyers qui lui seront versés en utilisant
le taux implicite du contrat.
3 Évaluation initiale chez le bailleur, cas de la location financement
« Le bailleur doit classer chacun de ses contrats de location soit en tant que contrat de location
simple, soit en tant que contrat de location-financement » (IFRS 16, § 61). « Un contrat de location
est classé en tant que contrat de location-financement s’il transfère au preneur la quasi-totalité
des risques et des avantages inhérents à la propriété du bien sous-jacent. Un contrat de location
est classé en tant que contrat de location simple s’il ne transfère pas au preneur la quasi-totalité
des risques et des avantages inhérents à la propriété du bien sous-jacent » (IFRS 16, § 62). On voit
à quel point cette distinction peut parfois être subtile.
Ce choix étant fait, nous devons déterminer le mode d’évaluation chez le bailleur dans le cas
d’une location financement. « À la date de début, le bailleur doit comptabiliser dans l’état de la
situation financière (c’est-à-dire le bilan) les actifs détenus en vertu d’un contrat de location-
financement et les présenter comme des créances pour un montant égal à l’investissement net
dans le contrat de location » (IFRS 16, § 67).

4 Évaluation ultérieure chez le bailleur, cas de la location financement


« Le bailleur doit comptabiliser les produits financiers sur la durée du contrat de location en
considérant un taux de rentabilité de l’investissement net du bailleur dans le contrat de location
pour la période qui est constant » (IFRS 16, § 75). Le bailleur doit actualiser les loyers restant dus
et, le cas échéant, prendre en compte les modifications du contrat.

5 Évaluation initiale et ultérieure chez le bailleur, cas de la location simple


« Le bailleur doit comptabiliser en produits les paiements de loyers provenant des contrats de
location simple soit selon la méthode linéaire, soit selon une autre méthode systématique. Il doit
utiliser une autre méthode systématique si celle-ci est plus représentative du rythme auquel les
avantages tirés de l’utilisation du bien sous-jacent diminuent » (IFRS 16, § 81).

141

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C Comptabilisation des contrats de location


Il faut distinguer les deux catégories de contrats selon le point de vue du bailleur et du preneur.
Modes de comptabilisation des contrats de location

IFRS 16 Bailleur (propriétaire) Preneur (locataire)


Cas 1 Cas 2
« Le bailleur doit comptabiliser en Le preneur doit comptabiliser en
produits les paiements de loyers charges les échéances du contrat de
provenant des contrats de location location.
simple soit selon la méthode linéaire,
Location simple soit selon une autre méthode
systématique. Il doit utiliser une autre
méthode systématique si celle-ci est plus
représentative du rythme auquel les
avantages tirés de l’utilisation du bien
sous-jacent diminuent. » (§ 81)
Cas 3 Cas 4
« À la date de début, le bailleur doit « À la date de début, le preneur doit
comptabiliser dans l’état de la situation comptabiliser un actif au titre du droit
financière (bilan) les actifs détenus en d’utilisation et une obligation locative. »
Location
vertu d’un contrat de (§ 22)
financement
location-financement et les présenter
comme des créances pour un montant
égal à l’investissement net dans le
contrat de location. » (§ 67)
Reprenons en détail ces quatre cas de figure.

1 Location simple, comptabilité du bailleur (cas 1)


Le bailleur comptabilise le loyer en produits.
Dans l’hypothèse où le rythme des loyers ne correspondrait pas aux avantages économiques
tirés de l’utilisation du bien loué, il faut dissocier le montant du loyer des produits.

La société AB a donné en location un équipement pour 5 ans le 01/01/N. L’analyse du contrat montre
Exemple

que c’est une location simple. L’équipement figure à l’actif du bilan du bailleur quelle que soit
l’hypothèse retenue.
Hypothèse 1 : Le loyer annuel est de 100 k 3.
Solution : Le loyer est entièrement comptabilisé en produits chaque année pour 100 k 3.
Hypothèse 2 : Le loyer, toujours égal à 500 k 3 sur les 5 ans, est progressif selon le calendrier suivant :
N = 60 k 3
N+1 = 80 k 3
N+2 = 100 k 3
N+3 = 120 k 3 et
N+4 = 140 k 3.
On voit que comptabiliser en produits en N le seul loyer de 60 k 3 conduirait à une sous-évaluation
du résultat et, inversement, à une surévaluation en N+4 avec un loyer de 140 k 3. L’avantage étant
constant, il faut lisser le produit. Passer les écritures à la clôture des exercices N à N+4.
Solution :

Débit Crédit

31/12/N
Trésorerie 60
Créance 40
Produit 100 >>>

142

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>>>
Débit Crédit
31/12/N+1

Trésorerie
Créance
80
20
4
Produit 100
31/12/N+2

Chapitre
Trésorerie 100
Produit 100
31/12/N+3

Trésorerie 120
Créance 20
Produit 100
31/12/N+4

Trésorerie 14 0
Créance 40
Produit 100

On voit qu’au terme de la cinquième année, la créance est soldée.

2 Location simple, comptabilité du preneur (cas 2)


Le preneur comptabilise le loyer en charges.
Dans l’hypothèse où le rythme des loyers ne correspondrait pas aux avantages économiques
tirés de l’utilisation du bien loué, il faut dissocier le montant du loyer des charges.

L’équipement loué rend le même service pendant toute la durée du contrat.


Exemple

Hypothèse 1 : Le loyer annuel est de 100 k 3.


Solution : Le loyer est entièrement comptabilisé en charges chaque année pour 100 k 3.
Hypothèse 2 : Le loyer est progressif selon le calendrier de l’exemple précédent :
On voit que comptabiliser en charges en N le seul loyer de 60 k 3 conduirait à une surévaluation du
résultat et, inversement, à une sous-évaluation en N+4 avec un loyer de 140 k 3. L’avantage étant
constant, il faut lisser la charge. Passer les écritures à la clôture des exercices N à N+3.
Solution :

Débit Crédit

31/12/N
Charges 100
Trésorerie 60
Dette 40
31/12/N+1

Charges 100
Trésorerie 80
Dette 20
31/12/N+2

Charges 100
Dette 100 >>>

143

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>>>
Débit Crédit
31/12/N+3

Charges 100
Dette 20
Trésorerie 120
31/12/N+4

Charges 100
Dette 40
Trésorerie 100

On voit qu’au terme de la cinquième année, la dette est soldée.

3 Location financement, comptabilité du bailleur (cas 3)


Bien que le bailleur soit le propriétaire du bien loué, il ne l’enregistre pas à son actif puisqu’il n’en
tire pas les avantages économiques liés à son utilisation. En revanche, il a une créance sur le
preneur qui doit verser un loyer.

La société OB a acquis comptant un équipement le 01/01/N pour 180 k 3 plus 657 3 de coûts directs
Exemple

(frais de transport, etc.) qui est loué jusqu’au 31/12/N+5 moyennant un loyer annuel de 32 k 3. À la
fin de la période, le preneur peut lever l’option d’achat en versant 47 k 3.
Le coût total de l’acquisition est de : 180 000 + 657 = 180 657
Écriture dans le bilan du bailleur à la date d’acquisition :

Débit Crédit
Prêts et créances 180 657
Banque 180 657

Comptabilisation de la première échéance au 31/12/N :


Le loyer de 32 k 3 doit être décomposé en intérêt et amortissement de la « dette contractée par le
preneur » (plus exactement, de l’engagement de payer les loyers futurs). Pour cela, il faut calculer le
taux d’intérêt. Il n’est pas stipulé dans un tel contrat. On retient le taux interne de rentabilité de
l’opération pour le bailleur :

1 − (1 + i)-6
TIR = 32 000 + [47 000 × (1 + i) -6 ] = 180 000 + 657
i

D’où : i = 7,5 %
Intérêts de l’année N : 180 657 Z 0,075 = 13 549
Amortissement de la dette : 32 000 – 13 549 = 18 451
Écriture au 31/12/N :

Débit Crédit
Banque 32 000
Intérêts reçus 13 549
Prêts et créances 18 451

La même décomposition doit être effectuée les années suivantes. Ainsi, au 31/12/N+1, les intérêts
seront calculés sur une dette de 180 657 – 18 451 = 162 206 3.

144

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4 Location financement, comptabilité du preneur (cas 4)


Le preneur prend livraison de l’équipement et, du fait que c’est une location-financement, peut
exercer à la fin de la période de location une option d’achat. En fonction de cette intention
d’exercer ou non l’option, la traduction comptable (comptabilité d’intention) ne sera pas la
même.
4

Chapitre
Le preneur prend livraison le 01/01/N d’un équipement acquis par le bailleur, la société OB, pour
Exemple

180 k 3 mais doit payer comptant 500 3 de coûts directs (frais de branchement, essais, etc.). Il s’engage
à payer un loyer annuel de 32 k 3 pendant 6 ans, payable en fin d’année, et peut, au terme de cette
période exercer une option d’achat pour 47 k 3.
Hypothèse 1 : le preneur pense ne pas lever l’option d’achat
La valeur actuelle du contrat de location, sur la base d’un taux retenu par le preneur de 10 % (le taux
d’emprunt marginal) est de :
1 – (1 + 0,1)– 6
32 000 = 139 638
0,1
Si le loyer était payable en début d’année, il faudrait multiplier la valeur actuelle de 139 638 par (1 + i),
soit ici 1,1. En effet, la formule utilisée ici correspond à une dépense ou une recette payée à la fin de
chaque période.
Coût de l’immobilisation : 139 638 + 500 = 140 138
Écriture au 01/01/N :

Débit Crédit
Immobilisation 140 138
Dette 139 638
Banque 500

Au 31/12/N, il faut constater l’amortissement de l’immobilisation et de la dette.


Amortissement linéaire de l’immobilisation sur 6 ans : 140 138/6 = 23 356
Amortissement de la dette : chaque annuité de 32 k 3 sera décomposée en intérêts reçus et en
remboursement de la dette.

Débit Crédit
Dotation aux amortissements 23 356
Amortissement de l’immobilisation 23 356

Débit Crédit
Banque 32 000
Intérêts (139 638 Z 10 %) 13 964
Dette (32 000 – 13 964) 18 036

Hypothèse 2 : le preneur pense lever l’option d’achat


Pour acquérir l’équipement, le preneur doit verser 47 k 3. Il pourra ainsi l’utiliser 4 années de plus. Cette
décision est prise dès le 01/01/N. La juste valeur de l’équipement à cette date est de 180 k 3. Elle
n’inclut pas les coûts directs.
Le taux implicite du contrat (taux interne de rentabilité) est de :

1 − (1 + i)-6
TIR = 32 000 + [47 000 × (1 + i) -6 ] = 180 000 + 657
i

D’où : i = 7,6 %
La décomposition des loyers annuels en intérêts et remboursement de la dette résulte du tableau
d’amortissement suivant.
>>>

145

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>>> e Tableau d’amortissement de la dette

Décomposition de l’échéance
Date Échéance annuelle Restant dû
Intérêts Capital
31/12/N 32 000 13 688 18 312 161 688
31/12/N+1 32 000 12 296 19 704 141 984
31/12/N+2 32 000 10 797 21 203 120 782
31/12/N+3 32 000 9 185 22 815 97 967
31/12/N+4 32 000 7 450 24 550 73 417
31/12/N+5 32 000 5 583 26 417 47 000

Les intérêts de l’année N sont de : 180 000 Z 7,6 % = 13 688


Le capital remboursé le 31/12/N : 32 000 – 13688 = 18 312
Le restant dû au 31/12/N est de : 180 000 – 18 312 = 161 688
À la signature du contrat, le 01/01/N, l’écriture est la suivante :

Débit Crédit
Immobilisation 180 500
Dette financière 180 000
Banque 500

Règlement de la première échéance au 31/12/N :

Débit Crédit
Dette financière 18 312
Intérêts 13 688
Banque 32 000

Amortissement de l’équipement au 31/12/N, linéaire sur 10 ans : 180 500/10 = 18 050

Débit Crédit
Dotation aux amortissements 18 050
Amortissement de l’immobilisation 18 050

PCG
Le PCG, en ce qui concerne les comptes sociaux, du fait d’une conception du droit comptable en
relation avec d’autres branches du droit (droit de propriété, droit fiscal, droit commercial, etc.), est
attaché au respect de la règle, de la forme juridique. Les comptes doivent être « réguliers ».
« Art. 121-3 La comptabilité est conforme aux règles et procédures en vigueur qui sont appliquées
avec sincérité afin de traduire la connaissance que les responsables de l’établissement des comptes
ont de la réalité et de l’importance relative des événements enregistrés. Dans le cas exceptionnel où
l’application d’une règle comptable se révèle impropre à donner une image fidèle, il y est dérogé. La
justification et les conséquences de la dérogation sont mentionnées dans l’annexe. »
Déroger à la forme juridique ne peut donc être qu’exceptionnel. De ce fait, les contrats de location
ne peuvent donner lieu à une inscription à l’actif du preneur (locataire) les biens loués.
Toutefois, en ce qui concerne les comptes consolidés, les principes comptables du PCG sont
aménagés. Ainsi, en vertu du principe de prééminence de la substance sur l’apparence, la définition
d’un actif s’étend aux ressources contrôlées.
Règlement CRC 99-02
« Art. 300 Les contrats de location financement devraient être comptabilisés chez le preneur au bilan
sous forme d’une immobilisation corporelle et d’un emprunt correspondant ; au compte de résultat,
sous forme d’une dotation aux amortissements et d’une charge financière. »

146

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D Informations à fournir sur les contrats de location

4
Il faut distinguer le preneur et le bailleur.
« Le preneur doit fournir les montants suivants pour la période de présentation de l’information
financière :
(a) la dotation aux amortissements pour les actifs au titre de droits d’utilisation, par catégorie
de biens sous-jacents ;
(b) la charge d’intérêts sur les obligations locatives ;

Chapitre
(c) la charge comptabilisée en application du paragraphe 6 relativement aux contrats de location
à court terme, le preneur n’étant pas tenu d’inclure les charges relatives aux contrats de location
dont la durée est d’un mois ou moins ;
(d) la charge comptabilisée en application du paragraphe 6 relativement aux contrats de location
dont le bien sous-jacent est de faible valeur, le preneur ne devant pas inclure les charges de cette
sorte qui sont déjà présentées en application du paragraphe 53(c) ;
(e) la charge relative aux paiements de loyers variables non pris en compte dans l’évaluation de
l’obligation locative ;
(f) les produits de sous-location tirés d’actifs au titre de droits d’utilisation ;
(g) le total des sorties de trésorerie relatives aux contrats de location ;
(h) les entrées d’actifs au titre de droits d’utilisation ;
(i) les profits ou pertes résultant de transactions de cession-bail ;
(j) la valeur comptable des actifs au titre de droits d’utilisation à la date de clôture, par catégorie
de biens sous-jacents » (IFRS 16, § 53).
« Le bailleur doit fournir les montants suivants pour la période de présentation de l’information
financière :
(a) pour les contrats de location-financement :
(i) le profit ou la perte sur vente,
(ii) les produits financiers tirés de l’investissement net dans le contrat de location,
(iii) les produits se rapportant aux paiements de loyers variables non inclus dans l’évaluation
de l’investissement net dans le contrat de location ;
(b) pour les contrats de location simple : les produits locatifs, en présentant séparément les pro-
duits se rapportant aux paiements de loyers variables qui ne sont pas fonction d’un indice ou
d’un taux » (IFRS 16, § 90).

PCG
Dans les comptes individuels, selon l’article 212-5 : « Le titulaire d’un contrat de crédit-bail comp-
tabilise en charges les sommes dues au titre de la période de location. À la levée de l’option d’achat,
le titulaire d’un contrat de crédit-bail inscrit l’immobilisation à l’actif de son bilan pour un montant
établi conformément aux règles applicables en matière de détermination de la valeur d’entrée. » Le
bien sous-jacent reste donc à l’actif du bailleur tant que l’option d’achat n’est pas exercée car il reste
le propriétaire. Le bilan donne une image fidèle du patrimoine. Toutefois, l’annexe doit alors décrire
dans le « Tableau des autres opérations non inscrites au bilan à détailler par nature en indiquant
l’objectif commercial » les contrats de longue durée (art. 831-2).
Dans les comptes consolidés, le Règlement CRC 99-02, article 300, préconise comme méthode
préférentielle pour la location financement, la solution de l’IFRS 16.

147

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Partie 2 Les normes comptables internationales

E Synthèse des opérations sur les contrats de location

Du fait de la prééminence de la réalité sur la forme juridique, les contrats de location peuvent conduire
à inscrire à l’actif du preneur une immobilisation dont il n’est pas le propriétaire.
On distingue les contrats de location financement (transfert au preneur de la quasi-totalité des
risques et avantages inhérents à la propriété du bien sous-jacent) des contrats de location simple
(transfert partiel des risques et avantages).
En cas de location simple, le bien reste à l’actif du bilan du bailleur. Les loyers qu’il reçoit sont des
produits et, pour le preneur, les loyers versés sont des charges.
En cas de location financement, le contrat est analysé comme une cession avec un paiement différé.
Dans le bilan du bailleur, on ne trouve plus à l’actif le bien mais une « créance » repré-
sentant le montant de l’investissement. Les loyers reçus sont décomposés en produits finan-
ciers et diminution de la « créance ». Dans le bilan du preneur, on trouve à l’actif le bien pour
son coût d’acquisition qui fait l’objet d’un amortissement annuel avec pour contrepartie
une « dette ». Les loyers versés sont décomposés en frais financiers et remboursement de la « dette ».

Applications Retrouvez en fin de chapitre les entraînements sur les contrats de location.

5 Les avantages au personnel


Au-delà des salaires versés à leurs salariés, les organisations leur procurent des avantages très
variés et parfois importants. Afin d’éviter que des montages juridiques complexes n’aboutissent
à différer la constatation de certaines charges, à ne pas les rattacher correctement aux différents
exercices, la constatation et l’évaluation de ces avantages ont fait l’objet d’une norme, l’IAS 19 :
Avantages au personnel. Nous allons voir successivement :
– la définition et le classement des avantages au personnel ;
– le traitement des avantages à court terme ;
– le traitement des avantages postérieurs à l’emploi ;
– le traitement des autres avantages à long terme ;
– le traitement des indemnités de cessation d’emploi.

A Définition et classement des avantages au personnel


L’IAS 19 distingue différents types d’avantages. « Les avantages du personnel sont les contre-
parties de toutes formes accordées par une entité pour les services rendus par les membres de
son personnel ou pour la cessation de leur emploi.
(1) Les avantages à court terme sont les avantages du personnel (autres que les indemnités de
cessation d’emploi) dont le règlement intégral est attendu dans les douze mois qui suivent la
clôture de l’exercice où les membres du personnel ont rendu les services correspondants. (Il s’agit
essentiellement des primes, de l’intéressement, des congés payés et des avantages en nature.)
(2) Les avantages postérieurs à l’emploi sont les avantages du personnel (autres que les indem-
nités de cessation d’emploi et les avantages à court terme) qui sont payables après la fin de
l’emploi. (Il s’agit essentiellement des régimes de retraite.)
(3) Les autres avantages à long terme sont tous les avantages du personnel autres que les
avantages à court terme, les avantages postérieurs à l’emploi et les indemnités de cessation
d’emploi. (Il s’agit par exemple des primes d’ancienneté ou des prestations pour invalidité de
longue durée.)

148

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Le traitement comptable d’opérations particulières en IFRS

(4) Les indemnités de cessation d’emploi sont les avantages du personnel fournis en contrepartie

4
de la cessation d’emploi d’un membre du personnel résultant :
(a) soit de la décision de l’entité de mettre fin à l’emploi du membre du personnel avant l’âge
normal de départ en retraite ;
(b) soit de la décision du membre du personnel d’accepter une offre d’indemnités en échange
de la cessation de son emploi » (IAS 19, § 8).
Il s’agit des indemnités de licenciement ou de rupture conventionnelle et des plans de départs

Chapitre
volontaires.
La distinction de ces quatre catégories est importante, dans la mesure où elle détermine
l’évaluation et le traitement comptable des opérations.
Au sein des avantages postérieurs à l’emploi, on distingue trois sous-catégories.
« Un régime à cotisations définies est un régime d’avantages postérieurs à l’emploi selon lequel
une entité verse des cotisations définies à une entité distincte (le fonds) et n’aura aucune
obligation juridique ou implicite de payer des cotisations supplémentaires si le fonds n’a pas
suffisamment d’actifs pour servir toutes les prestations correspondant aux services rendus par
le personnel pendant la période considérée et les périodes antérieures.
Un régime à prestations définies est un régime d’avantages postérieurs à l’emploi autre qu’un
régime à cotisations définies.
Un régime multi-employeurs est un régime à cotisations définies (autre qu’un régime général et
obligatoire) ou un régime à prestations définies (autre qu’un régime général et obligatoire) qui :
(a) met en commun les actifs apportés par différentes entités qui ne sont pas sous contrôle
commun ;
(b) utilise ces actifs pour servir des prestations à des membres du personnel de ces entités en
fixant le niveau des cotisations et des prestations sans tenir compte de l’identité de l’entité qui
emploie ces membres du personnel » (IAS 19, § 8).
Le schéma suivant récapitule les différents cas de figure :

149

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Partie 2 Les normes comptables internationales

B Traitement des avantages à court terme


« Sont des avantages à court terme les avantages tels que les suivants si leur règlement intégral
est attendu dans les douze mois qui suivent la clôture de l’exercice où les membres du personnel
ont rendu les services correspondants :
(a) les salaires et les cotisations de sécurité sociale ;
(b) les congés annuels payés et les congés de maladie payés ;
(c) l’intéressement et les primes ;
(d) les avantages non pécuniaires (assistance médicale, logement, voiture et autres biens ou
services gratuits ou subventionnés) dont bénéficient les membres du personnel en activité »
(IAS 19, § 9).
« Lorsqu’un membre du personnel a rendu des services à l’entité au cours d’une période comp-
table, l’entité doit comptabiliser le montant non actualisé des avantages à court terme qu’elle
s’attend à lui payer en contrepartie des services :
(a) au passif (charge à payer), après déduction du montant déjà payé, le cas échéant. Si le montant
déjà payé excède la valeur non actualisée des prestations, l’entité doit comptabiliser l’excédent
à l’actif (charge payée d’avance) dans la mesure où le paiement anticipé conduira, par exemple,
à une diminution des paiements futurs ou à un remboursement en trésorerie ;
(b) en charges, à moins qu’une autre IFRS n’impose ou n’autorise l’incorporation des prestations
dans le coût d’un actif (exemple : immobilisation produite par l’entreprise pour elle-même) »
(IAS 19, § 11).
Dans le cas du paiement comptant, comme les salaires mensuels, la charge est constatée par le
crédit d’un compte de trésorerie.

C Traitement des avantages postérieurs à l’emploi


Comme le schéma ci-avant l’indique, trois cas de figure doivent être envisagés.
« Les avantages postérieurs à l’emploi comprennent des avantages tels que les suivants :
(a) les prestations de retraite (par exemple, les pensions et les sommes forfaitaires versées à la
retraite) ;
(b) les autres avantages postérieurs à l’emploi, comme l’assurance vie postérieure à l’emploi et
l’assistance médicale postérieure à l’emploi » (IAS 19, § 26).

1 Cotisations définies
Dans les régimes à cotisations définies, la seule obligation de l’employeur est de verser les
cotisations patronales et/ou salariales à un organisme gestionnaire tel une caisse de retraite.
Le risque actuariel (les prestations peuvent être moins importantes que prévu) et le risque
de placement (les actifs investis ne permettent plus de verser les prestations prévues)
sont supportés par le salarié ou plus généralement, le bénéficiaire. En France, le régime
de retraite de la Sécurité sociale ou les retraites complémentaires correspondent à cette
situation.
Ce système est relativement simple puisque les engagements de l’entité employeur, le taux et
la base de la cotisation, sont connus.
« Lorsqu’un membre du personnel a rendu des services à l’entité au cours de la période, l’entité
doit comptabiliser les cotisations à payer à un régime à cotisations définies en échange de ces
services :
(a) au passif (charge à payer), après déduction des cotisations déjà payées, le cas échéant. Si le
montant des cotisations déjà payées est supérieur au montant des cotisations exigibles pour les
services rendus avant la date de clôture, l’entité doit comptabiliser l’excédent à l’actif (charge

150

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Le traitement comptable d’opérations particulières en IFRS

payée d’avance) dans la mesure où le paiement anticipé conduira, par exemple, à une diminution

4
des paiements futurs ou à un remboursement en trésorerie ;
(b) en charges, à moins qu’une autre IFRS n’impose ou n’autorise l’incorporation de ces
cotisations dans le coût d’un actif » (IAS 19, § 51).
« Si le règlement intégral des cotisations au régime à cotisations définies n’est pas attendu dans
les douze mois qui suivent la clôture de l’exercice où les membres du personnel ont rendu les
services correspondants, les cotisations doivent être actualisées (...) » (IAS 19, § 52). Le taux

Chapitre
d’actualisation à retenir est le taux de rendement des obligations d’entreprises de haute qualité.
La seule différence par rapport aux avantages à court terme est la nécessité d’actualiser les
engagements lorsque l’échéance excède douze mois.

2 Prestations définies
Dans le régime à prestations définies, l’employeur a l’obligation de verser les presta-
tions convenues aux bénéficiaires. C’est le cas, par exemple, d’une indemnité de départ à la
retraite ou du droit à percevoir une rente pendant la durée de la retraite. Il peut ne pas y
avoir de cotisations pendant la période d’activité. Les risques actuariels et de placement
sont supportés par l’employeur, y compris si les fonds sont gérés par un organisme extérieur.
En cas de défaillance de ce dernier, l’employeur reste responsable du versement de la
prestation.
Ce système est beaucoup plus complexe du fait que les engagements sont fonction de trois
inconnues : les taux d’actualisation, la date de départ des prestations et la durée des versements
en fonction de l’espérance de vie des bénéficiaires. Par exemple, quand il s’agit de retraites, on
ne peut connaître de façon précise ni la date de départ du retraité ni la date de son décès et celle
de son éventuel conjoint dans le cas des pensions de réversion. Ainsi, « l’entité doit établir ses
hypothèses portant sur la mortalité en fonction de sa meilleure estimation des taux de mortalité
chez les participants au régime, pendant et après l’emploi » (IAS 19, § 81).
La prestation étant généralement proportionnelle au service rendu, le plus souvent le temps de
travail du salarié ouvrant des droits, elle crée une dette comptabilisée au fur et à mesure avec
pour contrepartie une charge.
De plus, « l’entité doit comptabiliser non seulement l’obligation juridique ressortant des dispo-
sitions du régime à prestations définies, mais aussi toute obligation implicite découlant de ses
usages. Les usages donnent lieu à une obligation implicite lorsque l’entité n’a pas d’autre solution
réaliste que de payer les avantages du personnel. À titre d’exemple, une obligation implicite
existe dans le cas où un changement des usages de l’entité entraînerait une dégradation
inacceptable de ses relations avec le personnel » (IAS 19, § 61).
Le taux d’actualisation à retenir est, comme précédemment, celui des obligations d’entreprises
de haute qualité à la date de clôture des comptes.

3 Régime multi-employeurs
Selon leurs spécificités, ils sont traités comme des régimes à cotisations définies ou à presta-
tions définies. Les régimes généraux et obligatoires sont considérés comme des régimes multi-
employeurs.

D Traitement des autres avantages à long terme


« Les autres avantages à long terme comprennent des avantages tels que les suivants,
à condition que leur règlement intégral ne soit pas attendu dans les douze mois qui
suivent la clôture de l’exercice où les membres du personnel ont rendu les services correspon-
dants :
(a) les absences de longue durée rémunérées, comme les congés liés à l’ancienneté ou les congés
sabbatiques ;

151

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Partie 2 Les normes comptables internationales

(b) les primes d’ancienneté et autres avantages liés à l’ancienneté ;


(c) les prestations pour invalidité de longue durée ;
(d) l’intéressement et les primes ;
(e) la rémunération différée » (IAS 19, § 153).
Tant qu’ils n’ont pas été versés, ces avantages font l’objet d’une inscription au passif pour un
montant égal à la valeur actuelle des sommes dues à la date de clôture de l’exercice. La variation
du passif entre deux exercices consécutifs (en général, une augmentation) est enregistrée en
charges.

E Traitement des indemnités de cessation d’emploi


« Dans le cas des indemnités de cessation d’emploi, ce ne sont pas les services rendus par
le membre du personnel qui constituent l’événement qui génère l’obligation, mais la
cessation d’emploi. (...) Les indemnités de cessation d’emploi résultent, en effet, soit de la
décision de l’entité de mettre fin à l’emploi du membre du personnel, soit de la décision
de ce dernier d’accepter les indemnités offertes par l’entité en échange de la cessation de son
emploi » (IAS 19, § 159). Le fait générateur est donc différent de celui des autres avantages au
personnel.
L’entité constate une charge et, en contrepartie, un passif. Si le règlement des indemnités doit
intervenir dans les douze mois, le montant comptabilisé est égal aux sommes dues. Dans le cas
contraire, les sommes doivent être actualisées.
PCG
Dans les comptes individuels, selon l’article 324-1 : « Les passifs relatifs aux engagements de l’entité
en matière de pensions, de compléments de retraite, d’indemnités et d’allocations en raison du départ
à la retraite ou avantages similaires des membres de son personnel et de ses associés et mandataires
sociaux peuvent être, en tout ou en partie, constatés sous forme de provision. La constatation de
provisions pour la totalité des engagements à l’égard des membres du personnel actif et retraité,
conduisant à une meilleure information financière, est considérée comme la méthode de référence. »
Lorsqu’aucune provision n’est constatée, une information doit être donnée dans le tableau des
engagements financiers (art. 831-2). Cette dernière possibilité n’a de justification théorique que dans
le cas des retraites par répartition (les actifs paient la même année les retraites des retraités).
Dans les comptes consolidés, le Règlement CRC 99-02, article 300, préconise à titre de méthode
préférentielle, un alignement sur l’IAS 19. L’engagement est provisionné et systématiquement pris en
compte dans le résultat sur la durée d’activité des salariés.

F Synthèse sur les avantages au personnel

L’IAS 19 distingue quatre catégories d’avantages au personnel :


e avantages à court terme : l’entité comptabilise le montant restant dû à la date de clôture en charges
avec, pour contrepartie, un compte de charges à payer au passif ;
e avantages postérieurs à l’emploi : il faut distinguer deux cas de figure :
– régime à cotisations définies : les cotisations qui restent dues à la clôture sont enregistrées en
charges à payer. Si l’échéance de la dette est supérieure à un an, elle doit être actualisée ;
– régime à prestations définies : l’évaluation de la dette est fondée sur des hypothèses relatives
aux taux d’actualisation, à la date de départ des versements et à la durée de ces versements en
fonction de l’espérance de vie des bénéficiaires. Si l’échéance de la dette est supérieure à un an,
elle doit être actualisée ;
e autres avantages à long terme : leur montant actualisé figure au passif ;
e indemnités de cessation d’emploi : leur montant actualisé figure au passif.

Applications Retrouvez en fin de chapitre les entraînements sur les avantages au personnel.

152

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6 Les produits des activités ordinaires


La norme IFRS 15 « Produits des activités ordinaires tirés de contrats conclus avec des clients »
est très importante car elle détermine pour la plupart des entreprises la comptabilisation de
l’essentiel de leurs produits récurrents et de leur résultat hors opérations exceptionnelles. Il s’agit
4
d’assurer le rattachement des produits aux charges correspondantes et une séparation correcte
des exercices afin d’obtenir des états financiers qui représentent fidèlement les phénomènes

Chapitre
économiques.
Nous allons voir :
– l’identification du contrat ;
– les obligations de prestation ;
– la comptabilisation des opérations et leur évaluation ;
– les informations à fournir.

A Identification du contrat
Le produit d’une activité ordinaire d’une entité résulte de l’exécution de contrats sous certaines
conditions. « L’entité doit comptabiliser un contrat conclu avec un client qui entre dans le champ
d’application de la présente norme uniquement lorsque toutes les conditions suivantes sont
remplies :
(a) les parties au contrat ont approuvé celui-ci (par écrit, verbalement ou selon d’autres pratiques
commerciales habituelles) et se sont engagées à remplir leurs obligations respectives ;
(b) l’entité peut identifier les droits de chaque partie en ce qui concerne les biens ou les services
à fournir ;
(c) l’entité peut identifier les conditions de paiement prévues pour les biens ou les services à
fournir ;
(d) le contrat a une substance commerciale (c’est-à-dire qu’on s’attend à ce qu’il cause une modi-
fication du calendrier ou du montant des flux de trésorerie futurs de l’entité ou du risque qui leur
est associé) ;
(e) il est probable que l’entité recouvrera la contrepartie à laquelle elle a droit en échange des
biens ou des services qu’elle fournira au client. Pour évaluer s’il est probable qu’elle recouvre le
montant de contrepartie, l’entité ne doit tenir compte que de la capacité et de l’intention du client
de payer ce montant de contrepartie quand il est exigible. Le montant de contrepartie auquel
elle a droit peut être inférieur au prix stipulé dans le contrat si la contrepartie est variable du fait
d’une concession sur le prix que l’entité peut accorder au client » (IFRS 15, § 9).
En France, le contrat est défini dans le Code civil et se caractérise par le consentement des par-
ties, leur capacité de contracter, l’objet de l’obligation de chacune des parties qui doit être pré-
cisé et la cause du contrat qui doit être réelle et licite. Une norme comptable à vocation mondiale
ne peut évidemment pas s’appuyer sur un droit national pour définir un concept. Elle a par
conséquent redéfini le contrat en termes économiques à caractère universel.

B Obligations de prestations
« À la passation d’un contrat avec un client, l’entité doit apprécier les biens ou les services promis
dans le contrat et identifier comme une obligation de prestation chaque promesse de fournir
au client :
(a) soit un bien ou un service (ou un groupe de biens ou services) distinct ;
(b) soit une série de biens ou de services distincts qui sont essentiellement les mêmes et qui sont
fournis au client au même rythme » (IFRS 15, § 22).

153

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Partie 2 Les normes comptables internationales

Cette norme ne traite pas des contrats de location qui font l’objet d’une norme spécifique comme
nous l’avons vu précédemment. Elle exclut aussi d’autres types de contrats, notamment les
contrats d’assurance.

Garanties données au client


Exemple

Dans le cas de la garantie légale ou lorsque la garantie est indissociable de la vente, elle fait simplement
l’objet d’une provision égale au montant des prestations que le vendeur devra réaliser gratuitement
dans le cadre de son obligation légale ou contractuelle. L’obligation de prestation n’est pas compta-
bilisée séparément car il ne s’agit pas d’un bien ou service distinct. Elle est incluse dans le prix de vente
du bien, c’est-à-dire dans le chiffre d’affaires du vendeur.
Dans le cadre d’une garantie achetée séparément du produit par le client (exemple : extension de la
garantie de base), celle-ci constitue une obligation de prestation à laquelle il faut affecter une partie
du prix de la transaction. Ainsi, pour un bien vendu 100, le client peut acheter une extension de
garantie de 10 qui, statistiquement, générera au cours des années futures une obligation de prestation
dont le coût est estimé à 6.
La vente du bien et la garantie doivent être comptabilisées séparément.
Par ailleurs, le vendeur comptabilisera une provision égale à 6.

C Comptabilisation et évaluation
« L’entité doit comptabiliser des produits des activités ordinaires lorsqu’elle a rempli (ou à
mesure qu’elle remplit) une obligation de prestation en fournissant au client un bien ou un service
(c’est-à-dire en transférant un actif) promis. Un actif est transféré lorsque le client en a obtenu
(ou à mesure qu’il en obtient) le contrôle » (IFRS 15, § 31).
L’obligation peut être remplie à un moment précis. C’est, par exemple, le cas lorsqu’il s’agit de
la vente d’un bien dont la propriété est transférée à la livraison. Mais l’obligation peut être, dans
d’autres cas, remplie de façon progressive. C’est, par exemple, le cas dans un chantier. Le degré
d’avancement doit alors pouvoir être mesuré soit en fonction des intrants (les coûts déjà
engagés : matières, main-d’œuvre, etc.), soit en fonction des extrants (le pourcentage d’achè-
vement ou degré de réalisation du produit final).
« Pour déterminer le prix de transaction, l’entité doit prendre en compte les conditions du contrat
et ses pratiques commerciales habituelles. Le prix de transaction est le montant de contrepartie
auquel l’entité s’attend à avoir droit en échange de la fourniture de biens ou de services promis
à un client, à l’exclusion des sommes perçues pour le compte de tiers (par exemple les taxes de
vente [telles la TVA collectée]). La contrepartie promise dans un contrat conclu avec un client
peut consister en des montants déterminés, des montants variables, ou les deux » (IFRS 15, § 47).
Les montants variables de la contrepartie sont constitués de rabais, de remises, d’incitations, de
pénalités ou de primes liées à une performance.
« Pour déterminer le prix de transaction dans le cas de contrats dans lesquels le client promet
une contrepartie autre qu’en trésorerie, l’entité doit évaluer à la juste valeur la contrepartie »
(IFRS 15, § 66).

Exemple 1
Exemple

La société V dont l’exercice est clos le 31/12/N vend des ordinateurs à d’autres entreprises et propose
leur installation en réseau.
La société A passe commande de 50 ordinateurs qui lui sont livrés et facturés par V le 15/12/N.
Faute de disponibilité de ses techniciens, V ne peut procéder à l’installation avant le 05/01/N+1.
Jusqu’à cette date, elle supporte tous les risques inhérents à la propriété des ordinateurs.
La vente sera comptabilisée à l’achèvement de l’installation, le 05/01/N+1.

154

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Exemple 2

4
Exemple

L’entreprise de vente au détail B a mis en place un programme de fidélisation de ses clients. 100 3
d’achats donnent droit à 80 points. Chaque fois qu’un client accumule 1 000 points, il a droit à 60 3
de marchandises (au prix de vente). La marge sur coût d’achat est de 50 %. Les points doivent être
utilisés dans les deux ans qui suivent l’année d’achat. Au-delà, ils sont perdus. En moyenne, 1 point
sur 6 n’est jamais utilisé, le client ayant laissé passer la date d’utilisation, ne revenant pas dans le
magasin ou ayant oublié ou perdu sa carte. Nous allons passer les écritures au 31/12 des années N,

Chapitre
N+1 et N+2.
Année N :
Le chiffre d’affaires est de 15 M 3. On suppose qu’il n’y a pas de TVA. Mais ce chiffre d’affaires comporte
des obligations (honorer les points de fidélité) qui constituent des charges futures.
Nombre de points émis : (15 000 000/100) Z 80 = 120 000 points. En N, les clients utilisent
50 000 points échangés contre des marchandises.
Valeur théorique d’un point pour le client : 60/1 000 = 0,06 3 de pouvoir d’achat pour le client.
Mais cette valeur inclut une marge. Un article acheté 100 est revendu 100 Z 1,5 = 150. On a donc :
100/150 = 2/3. Valeur théorique au coût des marchandises vendues : 0,06 Z (2/3) = 0,04 3. La charge
que représentent les 50 000 points utilisés est donc potentiellement de : 50 000 Z 0,04 = 2 000 3.
La juste valeur du point doit intégrer le fait que tous les points accordés ne seront pas utilisés. On
obtient : 0,04 Z (100/120) = 0,03 3. Comme il reste 120 000 – 50 000 = 70 000 points en circulation
au 31/12/N, il faut prévoir une charge statistiquement égale à 70 000 Z 0,033 = 2 333 3 (compte tenu
des points qui ne seront pas présentés) avec pour contrepartie une dette : des produits perçus
d’avance par rapport à la vente. En effet, le chiffre d’affaires génère des charges ayant pour
contrepartie une dette envers les clients qui s’éteindra par une livraison gratuite de marchandises.
D’où les écritures suivantes :

Débit Crédit
Trésorerie 15 000 000
Ventes 15 000 000
Utilisation de 50 000 points : 50 000 Z 0,04 = 2 000 1 :
Charge 2 000
Stock de marchandises 2 000
Enregistrement d’une charge à payer :
Charge 2 333
Produits perçus d’avance (dette) 2 333

N.B. : les IFRS ne donnent pas de plan de compte, contrairement au PCG.


Année N+1 :
En N+1, 10 000 points de l’année N sont utilisés par les clients. Par ailleurs, on estime que la proportion
de points qui ne seront jamais utilisés passe de 1 pour 6 à 1 pour 4.
La valeur totale de ces points au coût des marchandises vendues est de : 10 000 Z 0,04 = 400 3.
La juste valeur des points non utilisés est donc de : 0,04 Z (90 / 120) = 0,03.
Nombre de points en circulation au 31/12/N+1 : 70 000 – 10 000 = 60 000 points.
Montant des produits perçus d’avance à leur juste valeur : 60 000 Z 0,03 = 1 800 3.
Diminution du compte de produits perçus d’avance : 2 333 – 1 800 = 533 3.
D’où les écritures suivantes :
Débit Crédit
Utilisation de 10 000 points au titre des ventes de N : 10 000 Z 0,04 = 400 1
Charge 400
Stock de marchandises 400
Ajustement des produits perçus d’avance au titre de l’année N (diminution de la dette)
Produits perçus d’avance (dette) 533
Produits 533 >>>

155

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>>> Année N+2 :


En N+2, 20 000 points de l’année N sont utilisés. Leur valeur au coût d’achat des marchandises
vendues est de : 20 000 Z 0,04 = 800 3. Les autres points sont perdus ou échus au 31/12/N+2.
Il reste 60 000 – 20 000 = 40 000 points en circulation. Le compte de produits perçus d’avance,
créditeur de 1 800 3, doit être soldé puisque les titres correspondants sont annulés au 31/12/N+2.

Débit Crédit
Utilisation de 20 000 points : 20 000 Z 0,04 = 800 1
Charge 800
Stock de marchandises 800
Solde du compte de produits perçus d’avance au titre de l’année N
Produits perçus d’avance (dette) 1 800
Produits 1 800

On vérifie bien que le compte de produits perçus d’avance est soldé : 2 333 – 533 – 1 800 = 0

L’annexe à la norme développe un certain nombre d’opérations particulières.


Relation d’agence
Schématiquement, une entreprise agit comme principal lorsqu’elle est exposée aux risques et
avantages significatifs liés à la vente des biens ou services rendus. Dans le cas contraire, elle agit
en qualité d’agent. Exemple : une compagnie aérienne est un principal alors que le voyagiste qui
vend des billets d’avion au détail est un agent. Comptablement, les conséquences de cette
distinction sont importantes. Le principal comptabilise en chiffre d’affaires le prix du bien ou
service (dans notre exemple, le prix du billet d’avion). Le mandataire ne comptabilise dans son
chiffre d’affaires que ses honoraires ou commissions (dans notre exemple, le voyagiste n’inclut
pas dans ses ventes le prix auquel il achète les billets d’avion revendus à ses clients mais
uniquement sa marge brute sur prix d’achat, c’est-à-dire sa commission).
L’annexe à la norme donne quelques critères permettant de distinguer le mandant (ou principal)
du mandataire (ou agent). Les caractéristiques du principal, données à titre indicatif, sont les
suivantes :
« (a) la responsabilité première de fournir comme promis le bien ou le service spécifié incombe
à l’entité et englobe habituellement la responsabilité de l’acceptabilité du bien ou du service
spécifié (par exemple, la responsabilité première de la conformité du bien ou du service aux
spécifications du client). Le fait que la responsabilité première de fournir comme promis le bien
ou le service spécifié incombe à l’entité peut indiquer que le tiers qui intervient dans la fourniture
du bien ou du service spécifié agit pour le compte de l’entité ;
(b) l’entité est exposée au risque sur stocks avant que le bien ou le service spécifié ne soit fourni
au client ou après que le contrôle lui en a été transféré (par exemple, si le client a un droit de
retour). Par exemple, si l’entité obtient (ou s’engage à obtenir) le bien ou le service spécifié avant
d’avoir contracté avec le client, ce fait peut indiquer que l’entité a la capacité de décider de
l’utilisation du bien ou du service et d’en tirer la quasi-totalité des avantages restants avant qu’il
ne soit fourni au client ;
(c) l’entité dispose d’une latitude pour fixer le prix du bien ou du service spécifié. Le fait que
l’entité fixe le prix que le client paie pour le bien ou le service spécifié peut indiquer qu’elle a la
capacité de décider de l’utilisation de ce bien ou de ce service et d’en obtenir la quasi-totalité des
avantages restants. Cela dit, un mandataire peut avoir une certaine latitude dans l’établissement
des prix. Par exemple, il peut disposer d’une marge de manœuvre pour fixer des prix afin de tirer
des produits supplémentaires de la prestation d’un service d’intermédiation en vue de la
fourniture par un tiers de biens ou de services au client » (IFRS 15, § B37).

156

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Le traitement comptable d’opérations particulières en IFRS

Revenus de la propriété intellectuelle

4
Les revenus issus de la licence d’utilisation d’éléments incorporels tels les logiciels, brevets,
marques, franchises, droits d’auteur, œuvres cinématographiques ou musicales, etc. doivent-ils
être considérés comme des produits d’une vente dès la signature du contrat ou être compta-
bilisés comme des produits au fur et à mesure de l’utilisation de la licence ?
Tout dépend du contrôle exercé par le client.
Si la licence fait partie intégrante d’un produit vendu au client, elle est une composante du prix

Chapitre
du produit et ne fait pas l’objet d’une comptabilisation distincte. Ainsi, un garage vendant des
voitures neuves ne comptabilise pas séparément la vente de la licence d’utilisation des logiciels
de gestion du moteur, pas plus que le détail des autres composants de la voiture achetés à des
sous-traitants (pneus, optiques, amortisseurs, etc.). Il en est de même, par exemple, pour le
système d’exploitation vendu avec l’ordinateur.
Si le vendeur de la licence garde le contrôle de la propriété intellectuelle et ne cède qu’un simple
droit d’accès, il s’agit alors d’une obligation de prestation remplie progressivement parce que le
client recevra et consommera simultanément les avantages de la prestation par laquelle l’entité
lui donne accès à sa propriété intellectuelle, et ce, au fur et à mesure que la prestation a lieu. Il
comptabilisera donc les redevances en produit des activités ordinaires au fur et à mesure des
échéances. S’il s’agit d’un montant forfaitaire initial, il sera réparti, généralement linéairement,
sur la durée du contrat.
Dans le cas d’une redevance en fonction des ventes ou d’une redevance en fonction de
l’utilisation qui a été promise en échange d’une licence de propriété intellectuelle, l’entité doit
comptabiliser des produits des activités ordinaires « uniquement lorsque (ou à mesure que)
survient le plus tardif des deux événements suivants :
(a) la vente ou l’utilisation en question se produit ;
(b) l’obligation de prestation à laquelle est affectée la redevance en fonction des ventes ou la
redevance en fonction de l’utilisation est remplie (ou partiellement remplie) » (IFRS 15, § B63).
Lorsque l’acheteur acquiert le contrôle, l’opération s’analyse comme une vente dans les comptes
du vendeur, ce qui signifie que le revenu ou produit est constaté immédiatement et en totalité.
Il en est ainsi quand la redevance est fixe, l’acheteur exploite librement les droits attachés à la
licence (par exemple, la revendre, la modifier, etc.) et le vendeur n’a pas d’obligation à acquitter
après la livraison.

D Informations à fournir
« L’objectif des obligations d’information est de (...) permettre aux utilisateurs des états finan-
ciers de comprendre la nature, le montant, le calendrier et le degré d’incertitude des produits des
activités ordinaires et des flux de trésorerie provenant des contrats conclus avec les clients. Pour
atteindre cet objectif, l’entité doit fournir des informations qualitatives et quantitatives sur tous
les éléments suivants :
(a) ses contrats conclus avec des clients ;
(b) les jugements importants portés, et les modifications qui leur sont apportées, pour
l’application de la présente norme à ces contrats ;
(c) les actifs comptabilisés au titre des coûts d’obtention ou d’exécution des contrats conclus
avec des clients » (IFRS 15, § 110).

PCG
La différence essentielle entre l’IFRS 15 et le PCG (art. 323-2) est que ce dernier ne prévoit pas
d’actualiser les sommes provisionnées au titre de la garantie accordée aux clients.

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Partie 2 Les normes comptables internationales

E Synthèse sur les produits des activités ordinaires

L’IFRS 15 traite de la comptabilisation des produits des activités ordinaires en applications des trois
principes suivants :
– rattachement des charges aux produits ;
– séparation des exercices ;
– prééminence de la réalité économique sur l’apparence juridique.
Chaque obligation de prestation distincte doit être comptabilisée séparément.
Lorsque l’obligation est remplie de façon progressive, en fonction de l’avancement, celui-ci peut être
mesuré à partir des intrants (consommations de ressources) ou des extrants (degré de réalisation du
produit final).
Les mandataires ou agents ne comptabilisent en produit que leurs honoraires ou commissions.
Les revenus des licences peuvent être comptabilisés de trois façons différentes selon les caracté-
ristiques de l’opération :
– incorporés dans le prix de vente du bien ou service lorsqu’ils ne sont pas dissociables ;
– enregistrés en produit au rythme de leur utilisation ou des échéances ;
– enregistrés comme un produit immédiat, une vente, si le client a la pleine liberté de l’usage de la
licence (possibilité de la revendre, de la modifier, etc.).

Applications Retrouvez en fin de chapitre les entraînements sur les produits des activités ordinaires.

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Les immobilisations corporelles, incorporelles et les immeubles de placement

EXO 04.01 Questions

Répondre aux questions suivantes.


1. Comment traiter les dépenses de remplacement des composants d’une immobilisation
corporelle s’ils sont destinés, dès l’origine, à être régulièrement remplacés ?
2. Comment sont comptabilisées les dépenses de démantèlement des immobilisations et de
remise en état des sites ?
3. Le coût de travaux de réaménagement d’une immobilisation corporelle peut-il être activé ?
4. Quels sont les frais accessoires à l’acquisition d’une immobilisation corporelle ou incorpo-
relle pouvant ou devant constituer un élément de son coût d’entrée ?
5. Comment évaluer une immobilisation reçue en échange d’un actif non monétaire (une autre
immobilisation) ?
6. Comment évaluer une immobilisation corporelle reçue à titre gratuit ou pour une valeur très
faible ?
7. Dans quels cas une dépense peut-elle être enregistrée en charges comptabilisées d’avance
à l’actif ?

EXO 04.02
L’entreprise DG2L fabrique divers produits pharmaceutiques. Elle doit présenter des comptes
en IFRS pour les besoins de la consolidation de la maison mère située au Canada. Le directeur
comptable s’interroge sur les trois opérations suivantes et vous demande votre avis.
1. Achats de produits pour des catalyseurs qui seront actifs plusieurs années.
2. Achat d’un équipement pour filtrer des émissions de gaz.
3. Achat de divers végétaux durables pour agrémenter le jardin municipal dans la commune
où se situe l’usine.

EXO 04.03
La société FL a lancé en N– 1 un projet de recherche pour créer un nouveau produit P. La
phase de recherche, qui a coûté 200 k 1, s’est entièrement déroulée en N– 1. La phase de
développement se déroule entièrement sur la période allant du 01/01/N au 31/10/N. Le
30/06/N, l’entreprise constate que le projet remplit toutes les conditions de l’IAS 38 § 57
permettant de le comptabiliser en immobilisation.
Du 01/01/N au 30/06/N, les coûts de développement ont été de 70 k 1.
Du 30/06/N au 31/10/N, les coûts de développement ont été de 150 k 1.
En outre, postérieurement au 30/06/N, il a fallu former le personnel commercial chargé de
la vente de ce nouveau produit pour 25 k 1 et engager des dépenses de publicité et de
promotion pour 20 k 1.

Quel est l’impact de ces événements sur les états financiers ?

159

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Les instruments financiers

EXO 04.04 Questions

Répondre aux questions suivantes.


1. Quelles sont les différentes catégories d’actifs financiers selon l’IAS 32 ?
2. Les instruments de capitaux propres émis sont-ils un passif financier ?
3. Quelles sont les trois grandes catégories d’actifs financiers selon l’IFRS 9 ?
4. Pourquoi les titres cotés détenus jusqu’à l’échéance et les créances sont-ils nécessairement
évalués au coût amorti ?
5. Pourquoi les titres disponibles à la vente sont-ils évalués à la juste valeur ?
6. À quelle valeur initiale les actifs financiers doivent-ils être évalués ?

EXO 04.05
La société CMAL a acquis 60 % du capital d’une société cotée F pour 980 k 1 + 20 k 1 de frais
le 01/01/N.
Au 31/12/N+3, les informations concernent F sont les suivantes :
– capitaux propres au bilan : 1 200 k 1
– capitaux propres au bilan corrigés des plus-values latentes sur des actifs : 2 000 k 1
– capitalisation boursière : 2 500 k 1

Quelle est la valeur des titres F dans les comptes individuels de CMAL au 31/12/N+3 ?

EXO 04.06
La société IFB émet, le 01/01/N, 2 000 obligations à leur valeur nominale de 1 000 1 par titre.
Elles sont convertibles en actions à tout moment, à l’initiative du porteur. Les intérêts sont
payables à terme échu, annuellement, au taux de 6 %. À la date d’émission, le taux d’intérêt
du marché pour des obligations non convertibles ayant par ailleurs les mêmes caractéris-
tiques est de 9 %. Le remboursement, pour les obligations qui n’auront pas été converties,
se fera à l’échéance, le 31/12/N+2.

Quelle écriture faut-il passer à la date d’émission ?

160

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Les dépréciations et provisions

EXO 04.07 Questions

Répondre aux questions suivantes.


1. Définir l’amortissement.
2. Définir le montant amortissable.
3. Définir le mode d’amortissement selon les unités d’œuvres (UO).
4. Le tableau d’amortissement peut-il être modifié au cours de la vie de l’immobilisation ?
5. Quelle différence y a-t-il entre dépréciation et amortissement ?
6. Quand un test de dépréciation des immobilisations corporelles et incorporelles doit-il être
effectué ?
7. Définir la valeur d’utilité.
8. Définir l’unité génératrice de trésorerie (UGT).
9. Préciser les trois conditions devant être réunies pour qu’il faille comptabiliser une provision.

EXO 04.08
Hervé S., associé dans un cabinet d’audit, s’interroge sur le traitement comptable de cer-
tains actifs incorporels et de leur éventuelle dépréciation, difficultés qu’il a rencontrées chez
divers clients.

Quelles réponses faut-il apporter dans les différents cas suivants ?


1. Client 1. Il a acheté un fichier d’adresses mail pour diffuser des publicités qui devraient lui
apporter du chiffre d’affaires pendant au moins un an et, au plus, trois ans.
2. Client 2. C’est une compagnie aérienne qui a acquis une autorisation pour relier deux villes,
valable cinq ans puis renouvelable par périodes de cinq ans. Habituellement, les renouvel-
lements sont quasi-automatiques pour un coût faible. La compagnie envisage d’exploiter
cette ligne indéfiniment.
3. Client 3. Un fabricant de produits de consommation courante a acheté une marque connue
pour donner de la visibilité à son produit phare. La marque est protégée pendant cinq ans
avec une prolongation possible par tranches de dix ans. L’acquéreur prévoit d’utiliser cette
marque de façon illimitée.
4. Client 4. Il a acquis il y a plusieurs années, dans le cadre d’une fusion-absorption, une marque
utilisée pour commercialiser une ligne de produits. Aucune date limite n’était prévue.
Aujourd’hui, la direction a décidé d’abandonner cette ligne de produit à un horizon de quatre
ans et de ne plus utiliser la marque.
5. Client 5. Il a acheté il y a dix ans une marque et a commercialisé sous ce nom des produits
sans prévoir de date limite d’utilisation. Aujourd’hui, on constate que le chiffre d’affaires des
produits vendus sous ce nom a baissé durablement de 20 % mais l’utilisation de la marque
n’est pas remise en question.

161

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EXO 04.09
Selon IAS 36, § 107.
Une machine a subi un dommage matériel mais continue toutefois de fonctionner, moins
bien qu’avant d’avoir été endommagée. La juste valeur de la machine diminuée des coûts
de sortie est inférieure à sa valeur comptable. La machine ne génère pas d’entrées de
trésorerie indépendantes. Le plus petit groupe d’actifs identifiables qui inclut la machine et
qui génère des entrées de trésorerie largement indépendantes des entrées de trésorerie
provenant d’autres actifs est la chaîne de production à laquelle la machine appartient. La
valeur recouvrable de la chaîne de production montre que la chaîne prise dans son ensemble
ne s’est pas dépréciée.
Hypothèse 1 : les budgets approuvés par la direction ne reflètent pas d’engagement de la
direction de remplacer la machine. La valeur recouvrable de la machine seule ne peut pas
être estimée puisque la valeur d’utilité de la machine :
(a) peut être différente de sa juste valeur diminuée des coûts de sortie ; et
(b) peut être déterminée uniquement pour l’unité génératrice de trésorerie à laquelle la
machine appartient (la chaîne de production).
Hypothèse 2 : les budgets approuvés par la direction reflètent un engagement de la direction
de remplacer la machine et de la vendre dans un proche avenir. Les flux de trésorerie générés
par la poursuite de l’utilisation de la machine jusqu’à sa sortie sont estimés négligeables.

Dans chacune des deux hypothèses, quels sont les amortissements ou dépréciations devant
être comptabilisés ?

EXO 04.10
L’entreprise DG2L a acquis un matériel amortissable linéairement sur 10 ans pour 19 500 k 1
le 01/01/N.
Le 31/12/N+5, elle effectue un test de dépréciation car les évolutions technologiques sont un
indice suffisant pour penser qu’il y a un risque. À cette date, on estime que :
– les flux futurs de trésorerie annuels pour les 4 années restantes sont de 1 750 k 1 ;
– le taux d’actualisation retenu est de 5 % ;
– la juste valeur est de 6 400 k 1.
Le 31/12/N+7, les perspectives s’améliorent :
– les flux futurs de trésorerie annuels pour les 2 années restantes sont de 2 500 k 1 ;
– le taux d’actualisation retenu est de 5 % ;
– la juste valeur est de 4 000 k 1.

1. Quelle est la valeur recouvrable au 31/12/N+5 ?


2. Quelle est la perte de valeur au 31/12/N+5 ?
3. Quel est le montant des dotations aux amortissements des années N+6 à N+9 ?
4. Quelle est la valeur recouvrable au 31/12/N+7 ?
5. Quelle est la reprise de valeur au 31/12/N+7 ?
6. Quel est le nouveau montant des dotations aux amortissements des années N+8 et N+9 ?

162

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Les contrats de location

EXO 04.11 Questions

Répondre aux questions suivantes.


1. Définir la location simple et la location financement.
2. En cas de location financement, comment, chez le bailleur et chez le preneur, comptabilise-
t-on initialement le transfert des risques et avantages inhérents à la propriété du bien sous-
jacent ?

EXO 04.12
Selon : Catherine Maillet-Baudriet & Anne Le Manh, Les normes comptables internationales
IAS-IFRS, Éd. Foucher, 2007, p. 91 & s.
Une entreprise (le preneur) a conclu le 01/01/N un contrat de location financement (crédit-bail)
avec une société spécialisée (le bailleur) portant sur un matériel industriel. À cette date, la juste
valeur du matériel est estimée à 200 000 1. Les modalités du contrat sont les suivantes :
– versement initial d’un dépôt de garantie restituable si l’option d’achat n’est pas exercée :
10 000 1 ;
– 8 loyers semestriels de 26 000 1 versés à terme échu ;
– option d’achat au 31/12/N+3 : 25 000 1.
La valeur résiduelle du bien à l’issue du contrat est de 40 000 1. Sa durée de vie estimée est
de 5 ans.

Quelles écritures faut-il passer dans les comptes du preneur au cours de l’année N dans
l’hypothèse où il exerce l’option d’achat ?

Les avantages au personnel

EXO 04.13 Questions

Répondre aux questions suivantes.


1. À quelle période (exercice) les avantages au personnel doivent-ils être comptabilisés en
charges ? En vertu de quel principe ?
2. Quels sont les deux principaux systèmes de retraite mentionnés dans l’IAS 19 ?
3. Quelle différence de traitement des engagements de retraite y a-t-il entre l’IAS 19 et le PCG ?
4. Les avantages à court terme font-ils l’objet d’une écriture au bilan hors comptes de trésorerie ?
5. Dans un système de retraite à cotisation définie, faut-il actualiser les engagements de
l’employeur ?
6. Dans un régime à prestations définies, que doit comptabiliser l’employeur au fur et à mesure
du service rendu ?
7. Qu’est-ce qu’une obligation implicite dans le cadre des avantages au personnel ?
8. Quel est le fait générateur d’une indemnité de cessation d’emploi ? Quelle conséquence cela
a-t-il sur les comptes ?

163

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EXO 04.14
L’entreprise DG2L emploie le 31/12/N– 1 Madame MN, âgée de 41 ans, pour un salaire brut
mensuel de 3 050 1. On négligera les charges patronales. Elle a déjà 15 ans d’ancienneté et
prendra sa retraite dans 20 ans, au 31/12/N+19. La convention collective prévoit une
indemnité de départ à la retraite de 12,5 % du salaire moyen mensuel des 12 derniers mois,
multiplié par le nombre d’années travaillées. Elle prévoit également une hausse annuelle des
salaires de 3 % à compter du 1 er janvier de chaque année. Pour simplifier, il n’y a pas d’autres
augmentations : promotions, primes d’ancienneté, etc.
L’entreprise utilise un taux d’actualisation de 5 %. Du fait du taux moyen de rotation du
personnel, la probabilité que Mme MN soit présente dans l’entreprise au moment de son
départ à la retraite est de 68 %. Rien ne lui sera versé à ce titre si elle démissionne avant ou
est licenciée. Selon les tables de mortalité, la probabilité à l’âge de 41 ans d’être en vie dans
20 ans est de 96 %. En cas de décès prématuré, aucune indemnité n’est due aux ayants droit.

1. Calculez le montant figurant au passif du bilan au 31/12/N–1 au titre de l’indemnité de départ


à la retraite de Mme MN.
2. Calculez et comptabilisez l’ajustement du passif au 31/12/N en supposant que l’espérance
de vie à l’âge de la retraite est la même à 42 ans qu’à 41 ans.

Les produits des activités ordinaires

EXO 04.15 Questions

Répondre aux questions suivantes.


1. Un contrat doit-il faire obligatoirement l’objet d’un écrit ?
2. La garantie légale, dont bénéficie le client, doit-elle être comptabilisée séparément de la
vente ? Doit-elle être provisionnée ?
3. Comment constate-t-on les droits conférés aux clients dans le cadre d’un programme de
fidélisation ( miles des compagnies aériennes, points donnant droit à des réductions sur des
achats futurs ou à des prestations gratuites, etc.).
4. Le vendeur d’une prestation peut être principal ou agent. Comment comptabilise-t-on une
vente dans chacun de ces deux cas ?
5. Quels sont les trois types de cession d’une propriété intellectuelle et les modes de
comptabilisation correspondants ?
6. Quelles sont les conditions devant être réunies pour comptabiliser une vente ?
7. Un consultant commence une mission le 1/10/N. À la clôture de l’exercice, le 31/12/N, la
mission n’est pas achevée, aucune facturation n’a été faite, les budgets de temps sont
largement dépassés et le résultat à terminaison est difficilement estimable. Que faut-il
comptabiliser en produits au 31/12/N ?
8. L’éditeur F livre les dernières éditions de ses ouvrages à son réseau de libraires qui règlent
au fur et à mesure des ventes en magasin. Si les livres ne sont pas vendus dans les 3 mois,
le libraire peut soit les retourner sans frais à l’éditeur, soit les conserver et les payer. Quand
les ventes sont-elles constatées ?

164

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EXO 04.16
L’entreprise DG2L vend également du matériel médical électronique dont le fonctionnement
nécessite des logiciels avec une mise à jour et une maintenance.

Comment doit-on enregistrer les deux opérations suivantes ?


1. Un client achète un matériel médical pour 50 000 3 le 1/7/N, prix incluant une assistance
technique d’un an. Le matériel sera livré le 01/10/N et payé le 01/11/N. L’assistance technique
est estimée à 4 000 3 et n’est évidemment assurée qu’à partir de la date de livraison.
2. Par ailleurs, DG2L doit renouveler son parc informatique. Les spécificités des ordinateurs et
la date de livraison sont fixées mais au 31/12/N, date de clôture des comptes, le prix est
toujours en négociation.

EXO 04.17

Une entreprise du bâtiment a signé un contrat avec un promoteur pour la réhabilitation d’un
immeuble incluant le remplacement des ascenseurs pour un prix total de 5 M 1. Le coût prévu
est de 4 M 1 (matériaux et main-d’œuvre) dont 1,50 M 1 pour l’achat des ascenseurs. Ces
derniers seront livrés sur le chantier le 1/12/N mai ne seront installés par l’entreprise que le
30/06/N+1.
L’exercice est clos le 31/12/N et, à cette date, les coûts engagés sur le chantier, hors achat
des ascenseurs, s’élèvent à 0,50 M 1. Aucune facture n’a été émise. L’entreprise doit
constater le profit selon le degré d’avancement.

Passer les écritures au 31/12/N.

EXO 04.18 Cas de synthèse

La société AGB, domiciliée en France, est la filiale d’un groupe multinational tenu de
présenter des comptes consolidés selon le référentiel IFRS. Vous partez du bilan des
comptes sociaux d’AGB pour l’année N (annexe 1) et devez le retraiter pour le présenter en
IFRS afin de le transmettre à la société mère. Vous disposez d’une explication relative à
toutes les opérations faisant l’objet d’un retraitement (annexe 2).

165

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ANNEXE 1 : Bilan de l’année N selon le PCG

Annexe e Actif année N selon le PCG (en k 3)

Amortissement
Brut Net
& dépréciation
Immobilisations incorporelles
Frais d’établissement 1 000 600 400
Frais de RD 5 000 2 000 3 000
Concessions, brevet, marques 3 000 100 2 900
Fonds commercial 35 000 14 000 21 000
Autres immobilisations incorporelles 1 000 500 500
Actif immobilisé

Immobilisations corporelles
Terrain 2 000 2 000
Constructions 8 000 800 7 200
Matériel et outillage 19 200 5 600 13 600
Autres immobilisations corporelles 15 000 4 000 11 000
Immobilisations financières
Participations 5 000 5 000
Autres titres immobilisés 3 090 3 090
Prêts 200 200
Total 1 97 490 27 600 69 890
Stocks
Actif circulant

Matières premières 16 000 8 000 8 000


Produits finis 40 000 40 000
Marchandises 100 000 100 000
Créances
Clients 96 000 6 000 90 000
Autres créances 4 300 4 300
Valeurs mobilières de placement
Titres 4 710 1 800 2 910
Disponibilités 1 100 1 100
Charges constatées d’avance 700 700
Total 2 262 810 15 800 247 010
Charges à répartir sur plusieurs
2 600 2 600
exercices
Écarts de conversion actif 5 500 5 500
Total général 368 400 43 400 325 000

166

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Annexe e Passif année N avant répartition selon le PCG (en k 3)

E Comptes
Capital 30 000
Prime d’émission 4 000
Capitaux propres

Réserve légale 2 000


Réserve statutaire 5 000
Réserve réglementée 11 000
Autres réserves 54 300
Résultat 40 000
Provisions réglementées 16 000
Total 1 162 300
Provisions pour risques 20 000
Provisions pour charges 7 400
Total 2 27 400
Emprunts bancaires 27 750
Autres dettes financières 4 250
Fournisseurs 76 800
Dettes

Dettes fiscales et sociales 10 150


Dettes sur immobilisations 5 500
Autres dettes 3 650
Produits constatés d’avance 2 600
Total 3 130 700
Écart de conversion passif 4 600
Total général 325 000

ANNEXE 2 : Opérations de retraitement

1. Les frais d’établissement ont été constatés le 1/1/N– 2 et sont amortis en linéaire sur 5 ans.
2. Les frais de R&D se décomposent en 4 500 k 1 de frais de recherche et 500 k 1 de frais de
développement. Ils ont été constatés le 1/1/N– 1 et amortis en linéaire sur 5 ans.
3. Les concessions, marques et brevets incluent 600 k 1 de frais de création d’une marque et
d’un site internet passif (ne permettant pas de passer des commandes en ligne) comptabilisés
en N– 1. Aucun amortissement n’a été pratiqué. Ils incluent également un brevet acquis le 1/1/N
pour 1 000 k 1 et amorti linéairement sur 10 ans. Au 31/12/N, on estime qu’il générera un flux
de trésorerie actualisé de 1 100 k 1.
4. Le terrain et les constructions ont été acquis le 1/1/N– 2. Le bâtiment est amorti linéairement
sur 20 ans. Un test de dépréciation au 31/12/N fait apparaître une perte de valeur de 20 % par
rapport à la valeur nette comptable pour le terrain comme pour la construction. Ne générant
pas de flux de trésorerie de manière indépendante, ils font partie d’une UGT.
5. Le matériel et outillage est constitué d’une importante chaîne de production acquise le 1/1/N
pour 19 200 k 1, amortie en dégressif sur 6 ans mais dont la durée de vie est estimée à 8 ans.
Un élément E de cette machine, d’une valeur de 5 600 k 1, doit être remplacé tous les 4 ans.
Pour anticiper cette dépense, une provision pour charge de 1 400 k 1 (5 600/4 = 1 400),
fiscalement non déductible, a été constituée.

167

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APPLICATIONS

6. Un autre équipement a été loué le 1/1/N aux conditions suivantes :


loyer annuel : 2 500 k 1 payable à terme pendant 5 ans ;
transfert de propriété en fin de contrat sans versement additionnel ;
durée de vie de l’équipement : 5 ans ;
le taux implicite du contrat (ici, le taux de financement marginal de l’entité) est de : 7,93 %.
7. Les différentes réserves et le report à nouveau devront être virés dans le compte « Bénéfices
mis en réserves ».

168

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Comptes 3
de groupe

Partie
Face à la croissance externe des entreprises, il est devenu indispensable d’élaborer une nouvelle
forme d’états financiers qui présenteraient aux investisseurs la situation financière, économique
de l’ensemble des entreprises détenues (groupe de sociétés) comme si elles ne formaient qu’une
seule entreprise. Les comptes de groupe ou comptes consolidés sont ainsi créés dès la fin du
XIXe siècle aux États-Unis. Ils deviennent obligatoires à partir de 1933 aux États-Unis et 1985 en
France.

Chapitre 5 Présentation des comptes consolidés .................................................... 171


Chapitre 6 Détermination du périmètre de consolidation .................................... 193
Chapitre 7 Mise en œuvre des méthodes de consolidation ................................. 217
Chapitre 8 Les retraitements d’homogénéisation (pré-consolidation) ............ 233
Chapitre 9 Les opérations de consolidation ............................................................... 297
Chapitre 10 Partage des capitaux propres : périmètre simple .............................. 317
Chapitre 11 Partage des capitaux propres : méthode de la juste valeur
dans un périmètre simple ......................................................................... 327
Chapitre 12 Partage des capitaux propres : périmètre complexe ....................... 351
Chapitre 13 Partage des capitaux propres : méthode de la juste valeur
dans un périmètre complexe .................................................................. 373
Chapitre 14 Variations du pourcentage d’intérêts et du périmètre
de consolidation .......................................................................................... 395

169

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Partie 3 Comptes de groupe – Traitement des capitaux propres et bilan consolidé

Présentation 5
des comptes consolidés

Chapitre
COMPÉTENCES ATTENDUES
Ù Comprendre l’objectif des comptes consolidés.
Ù Comprendre l’utilité des comptes consolidés.
Ù Comprendre les limites des comptes consolidés.
Ù Connaître le cadre légal et réglementaire des comptes
consolidés.
Ù Comprendre le processus de consolidation.
Ù Connaître le contenu des états financiers consolidés.

Selon l’article L. 123-12 du CC, « toute personne physique ou morale ayant la qualité de
commerçant ... doit établir des comptes annuels à la clôture de l’exercice au vu des
enregistrements comptables et de l’inventaire. Ces comptes annuels comprennent le bilan, le
compte de résultat et une annexe, qui forment un tout indissociable ».
L’article L. 123-14 du CC précise que « les comptes annuels doivent être réguliers, sincères et
donner une image fidèle du patrimoine, de la situation financière et du résultat de l’entreprise ».

171

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PLAN DU CHAPITRE

1 Insuffisance des comptes individuels

2 Une solution : les comptes consolidés


A Définition
B Utilités des comptes consolidés
C Limites potentielles des comptes consolidés
3 Législations applicables aux comptes consolidés
A Les règles françaises
B Les normes IFRS
4 Les étapes du processus de consolidation
A Étape 1 : Détermination du périmètre du groupe ou de consolidation
(chapitre 6)
B Étape 2 : Retraitements d’homogénéisation ou de pré-consolidation
(chapitre 8)
C Étape 3 : Cumul des comptes (chapitre 9)
D Étape 4 : Élimination des comptes réciproques (chapitre 9)
E Étape 5 : Élimination des résultats internes (chapitre 9)
F Étape 6 : Partage des capitaux propres et établissement des états financiers
consolidés (chapitres 10, 11, 12 et 13)
5 Présentation des documents consolidés (bilan, compte de résultat et annexe)
A Le bilan consolidé
B Le compte de résultat consolidé Synthèse
C Annexe
APPLICATIONS P. 191
6 Applications

172

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Présentation des comptes consolidés

1 Insuffisance des comptes individuels


Ces deux articles du Code du commerce précisent bien le contenu et les attentes des comptes
individuels. Mais, que se passe-t-il lorsqu’une société détient de façon directe et indirecte un grand
nombre de sociétés ? Est-ce que le bilan individuel de cette société donne réellement une image
5
fidèle du patrimoine, de la situation financière et du résultat de l’ensemble de ces sociétés ?
Prenons comme exemple le cas de la société LVMH. Les deux tableaux suivants présentent les

Chapitre
comptes sociaux ou individuels (bilan et le compte de résultat) de la société LVMH.
Tableau 1 e Bilan individuel de la société LVMH

Rapport annuel LVMH 2019

173

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Partie 3 Comptes de groupe – Traitement des capitaux propres et bilan consolidé

La lecture des comptes sociaux de LVMH révèle que 96 % (26 284/27 255) du total bilan est
constitué de titres de participation. Or, ces titres de participation sont enregistrés à leur prix
d’acquisition, éventuellement dépréciés ou réévalués. Ils ne fournissent aucune information sur
la valeur des actifs et des dettes de la société détenue. L’exemple 1 illustre notre propos.

Exemple 1
Exemple

La société M vient d’acheter 100 % des sociétés A et B. Les deux sociétés ont 100 de capitaux propres
mais la société A n’a aucune dette, alors que la société B a 100 de dettes.
Bilan de M

ACTIF PASSIF
Titres A 100 Capitaux propres 150
Titres B 100
Dettes 50
TOTAL 200 TOTAL 200

Bilan de A

ACTIF PASSIF
Actif 100 Capitaux propres 100

Dettes 0
TOTAL 100 TOTAL 100

Bilan de B

ACTIF PASSIF
Actif 200 Capitaux propres 100

Dettes 100
TOTAL 200 TOTAL 200

Bien que le montant des capitaux propres soit identique et donc la valeur des titres de participation
(100 pour les sociétés A et B), le total de l’actif et le montant de dettes des sociétés A et B sont
totalement différents, mais cela ne se voit pas dans le bilan individuel de la société détentrice (société
M) car il ne mentionne que la valeur des titres de participation. Une société peut être très endettée
(société B) ou pas du tout endettée (société A), la valeur de la participation est identique. Le même
raisonnement s’applique au montant des actifs. De plus, nous ne connaissons pas du tout la nature
des actifs. Il peut très bien s’agir d’actifs d’exploitation (machines...) ou hors exploitation (voitures
de luxe, villas...). Enfin, si les titres ont été acquis il y a plus de 30 ans et qu’ils n’ont jamais été
réévalués, leur valeur au bilan n’a plus aucune signification, car ils ont été enregistrés au coût
historique. Le bilan de M n’a donc pas de signification économique.

174

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Présentation des comptes consolidés

Tableau 2 e Compte de résultat individuel de la société LVMH

Chapitre
Rapport annuel LVMH 2019

De même, lorsque nous étudions le compte de résultat individuel de LVMH, nous observons un
résultat d’exploitation très faible (– 304 M 1) et un résultat financier très important (+ 3 997 M 1),
qui provient principalement des « produits financiers de filiales et participations », en d’autres
mots : des dividendes. Le résultat comptable avant impôt est de + 3 991 M 1, soit 92 % du résultat
financier. Or ce résultat financier provient des dividendes qui sont déterminés par les sociétés
détentrices en appliquant un taux de distribution aux résultats des sociétés détenues. La société
détentrice peut très bien manipuler son résultat en modifiant le taux de distribution de la société
qu’elle détient. L’exemple 2 illustre notre propos, en caricaturant la situation. Bien que le résultat
de la société détenue soit divisé par 4 en 3 ans, le résultat de la société détentrice ne varie pas
car le taux de distribution a été modifié. Le résultat de la société détentrice n’a donc pas de sens
économique.

Exemple 2 : Manipulation du résultat


Exemple

N– 2 N– 1 N
Résultat de la société détenue 100 50 25
Taux de distribution 25 % 50 % 100 %
Dividende versée 25 25 25
Résultat de la société détentrice (1) 25 25 25
(1) Nous supposons que la société détentrice n’a pas d’activité d’exploitation et qu’elle ne possède qu’une seule
société.

Une solution serait d’analyser séparément, individuellement les bilans, les comptes de résultats
et les annexes de l’ensemble des sociétés détenues et de synthétiser les résultats. Ce travail long
et fastidieux pourrait être envisagé dans les situations où le nombre de sociétés détenues est
faible. Mais, par exemple, il est impossible à réaliser pour la société LVMH qui détient directement
ou indirectement plus de 900 sociétés. De plus, cette approche ne conduirait pas à une bonne
représentation de la situation économique de l’ensemble des sociétés détenues car elle prendrait
en compte les opérations à l’intérieur du groupe, comme les achats et ventes, les créances clients
et dettes fournisseurs, ou les cessions internes, opérations qui augmentent artificiellement les

175

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Partie 3 Comptes de groupe – Traitement des capitaux propres et bilan consolidé

comptes individuels, mais qui n’ont aucune incidence sur les comptes de l’ensemble des sociétés
détenues. L’exemple 3 illustre notre propos.

Exemple 3
Exemple

La société A achète un crayon pour 1 euro à un fournisseur. Elle vend ce crayon pour 1 euro à B qui
à son tour revend le crayon à 1 euro à A. A revend le crayon à B... et ainsi de suite. Au bout de
500 allers-retours, A vend le crayon à un client pour 3 euros. Analysons les situations individuelles
(à des fins de simplifications, nous ne prenons pas en compte de marge lors des achats/ventes entre
A et B).

Compte de résultat de A Compte de résultat de B


Achat pour 1 euro Achat à A : 500 fois à 1 euro
Vente à B : 500 fois à 1 euro Vente à A : 500 fois à 1 euro
Achat à B : 500 fois à 1 euro Le résultat est de 0
Vente à un client pour 3
Le résultat est de 2 euro

Individuellement, nous avons l’impression que A et B ont réalisé d’importantes ventes et achats, mais
en réalité, il n’y a qu’un seul achat et une seule vente. Voici une limite essentielle de l’analyse
individuelle des comptes des sociétés détenues.

2 Une solution : les comptes consolidés

A Définition
Les Américains ont été les premiers à trouver une solution, en établissant pour la première fois
au début du 20e siècle des comptes consolidés. Les comptes consolidés permettent de pallier
l’insuffisance des comptes individuels en établissant pour l’ensemble des sociétés détenues un
seul jeu de comptes qui se compose généralement :
– d’un bilan,
– d’un compte de résultat,
– d’un tableau de flux de trésorerie,
– d’un tableau de variation des capitaux propres,
– d’une annexe.
De façon très simplifiée, les comptes consolidés sont obtenus en additionnant les états financiers
de toutes les sociétés du groupe. Les comptes consolidés présentent la situation financière,
économique de l’ensemble des sociétés détenues (groupe de sociétés) comme si on n’avait à
faire qu’à une seule société. La terminologie « comptes de groupe » est aussi utilisée. La société
qui contrôle le groupe de sociétés est appelé société « mère » ou société « consolidante ». Les
sociétés détenues directement et indirectement par la société mère sont les sociétés « conso-
lidées ».
L’élaboration des comptes consolidés n’a aucune conséquence fiscale. Le montant des impôts
payés par les sociétés du groupe n’est pas affecté par la consolidation. Les comptes consolidés
sont établis à partir des comptes sociaux clos des sociétés appartenant au groupe et l’impôt est
toujours calculé sur la base des comptes sociaux clos de ces sociétés.
Bien entendu, les comptes consolidés ne consistent pas simplement à additionner l’ensemble des
comptes des sociétés détenues afin d’obtenir des documents comptables uniques (un bilan, un
compte de résultat...). Il existe une procédure à respecter pour établir les comptes consolidés ;
l’objectif de cette partie est de vous la présenter.

176

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Présentation des comptes consolidés

B Utilités des comptes consolidés

5
Les comptes consolidés sont à la fois un outil d’information interne et un outil d’information
externe.

1 Information interne
Comme nous le verrons dans les chapitres suivants, l’élaboration des comptes consolidés
nécessite l’homogénéisation des méthodes d’évaluation et de comptabilisation utilisées par les

Chapitre
sociétés du groupe. En effet, il n’est pas possible par exemple d’additionner :
– des stocks évalués en « premier entré, premier sorti » (FIFO) avec des stocks évalués au coût
moyen pondéré (CMP) ;
– des frais de R & D comptabilisés en charges dans certaines sociétés et comptabilisés à l’actif
dans d’autres sociétés.
Or, avec les choix comptables autorisés au sein d’un même référentiel comptable (CMP ou FIFO
par exemple) et la mondialisation de l’économie, qui obligent les sociétés à appliquer des
référentiels comptables locaux différents (référentiel chinois, américain...), il devient difficile de
comparer les états financiers des différentes sociétés du groupe. Avec des comptes homogé-
néisés (même méthode d’évaluation et de comptabilisation), il est beaucoup plus facile pour
l’équipe dirigeante de comparer les performances des sociétés, leur structure bilancielle et de
prendre les décisions stratégiques adéquates.

2 Information externe
Comme nous l’avons vu dans la première partie de ce chapitre, l’analyse des comptes individuels
de la société mère est très limitée à cause de la prédominance des titres de participation et des
dividendes. Les comptes consolidés permettent réellement d’analyser la situation économique
et financière du groupe car ils fournissent pour l’ensemble du groupe :
– le chiffre d’affaires, le résultat d’exploitation, le résultat financier...,
– les actifs immobilisés, circulants...,
– les dettes financières,
– les capitaux propres,
– les investissements.
Les tableaux 3 et 4 présentent le bilan et le compte de résultat consolidés du groupe LVMH.
À partir de ces informations, vous pouvez par exemple réaliser une analyse financière pertinente
car les comptes consolidés permettent de comparer des groupes de sociétés organisés de
manières différentes. En effet, pour la même activité, les dirigeants peuvent très bien créer une
seule société ou créer plusieurs sociétés. Par exemple, pour l’activité de production et de vente
de meubles, vous pouvez très bien :
– créer une société qui regroupe la production et la vente de meuble ;
– créer deux sociétés, une société qui assure la production et une société qui assure la vente. La
société qui vend détient la société qui produit ;
– créer trois sociétés, une holding sans activité d’exploitation, la société de production et la
société qui assure les ventes.

177

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Partie 3 Comptes de groupe – Traitement des capitaux propres et bilan consolidé

Tableau 3 e Bilan consolidé de LVMH

Rapport annuel LVMH 2019

En dehors du fait que le total du bilan consolidé soit plus de deux fois supérieur à celui du bilan
individuel, le plus important c’est que le bilan consolidé soit constitué :
– d’actifs incorporels et corporels ;
– de créances clients ;
– de stocks ;
– de dettes financières ;
– de dettes fournisseurs ;
qui reflètent l’activité économique des sociétés du groupe LVMH.
Les investissements financiers et participations mises en équivalence (sociétés détenues) ne
représentent plus que 2 % du total actif contre 96 % dans les comptes individuels.

178

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Présentation des comptes consolidés

Tableau 4 e Compte de résultat consolidé de LVMH au 31/12/2018

Chapitre
Rapport annuel LVMH 2019

De même, le résultat consolidé est deux fois plus élevé que le résultat individuel. Mais, il est
surtout composé de :
– ventes ;
– charges commerciales ;
– charges administratives ;
qui reflètent l’activité économique des sociétés du groupe LVMH.
Le résultat financier est maintenant négatif (– 559 M 1) contre un résultat financier positif de
3 995 M 1 dans les comptes individuels.

C Limites potentielles des comptes consolidés


Malheureusement, les comptes consolidés présentent des limites qu’il ne faut surtout pas
négliger sous peine de tirer des conclusions erronées. En effet, les comptes consolidés :
– sont soumis au principe comptable des coûts historiques. Ils sont établis à partir des comptes
individuels des sociétés du groupe. Ces comptes sont établis en respectant le principe
comptable des coûts historiques, sauf si des réévaluations ont été effectuées. Par conséquent,
les comptes consolidés présentent des états financiers respectant le principe des coûts
historiques. Sauf réévaluation des états financiers de l’ensemble des sociétés du groupe, les
comptes consolidés ne sont pas établis à la juste valeur.
– se prêtent difficilement à des comparaisons sur plusieurs années : dans un groupe comme
LVMH détenant plus de 900 sociétés, chaque année, des sociétés sont achetées et vendues et
entrent ou sortent du groupe. Dès lors, il devient difficile d’effectuer des comparaisons d’une
année sur l’autre, surtout lorsqu’il y a des entrées ou des sorties importantes. Afin de remédier
à ce problème, le groupe doit établir des comptes pro-forma ou comptes à périmètre constant

179

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Partie 3 Comptes de groupe – Traitement des capitaux propres et bilan consolidé

ou comptes à structure constante dès lors que le périmètre du groupe évolue de façon
significative.
NB : Le périmètre du groupe ou périmètre de consolidation permet d’identifier les sociétés dont
les comptes individuels doivent être consolidés.
L’exemple 4 illustre notre propos.

Exemple 4 : Évolution du périmètre du groupe


Exemple

Le tableau suivant fournit l’évolution du chiffre d’affaires sur 2 ans pour les sociétés du groupe M.
En N, la société M a acquis une nouvelle participation.

Chiffre d’affaires N– 1 N
Société Mère 10 11
Société A 5 6
Société B 7 8
Société C 10
Total 22 35

Le chiffre d’affaires du groupe est de 22 et 35, respectivement en N– 1 et N. Sur deux ans, il a augmenté
de 59 %. Bien que cette progression soit réelle, les chiffres fournis ne nous permettent pas d’analyser
l’évolution du groupe car le périmètre a changé. L’élaboration des comptes pro-forma consiste à
considérer que l’acquisition de la société C a été réalisée en N– 1, ce qui permet de comparer
l’évolution du chiffre d’affaires sur une base commune (les mêmes sociétés). À partir des données
N– 1 de la société C, le consolidateur établit de nouveaux comptes consolidés. Le chiffre d’affaires de
C en N– 1 était de 9. Le tableau suivant présente l’évolution du chiffre d’affaires en pro-forma.

Chiffre d’affaires N– 1 N
Société Mère 10 11
Société A 5 6
Société B 7 8
Société C 9 10
Total 31 35

Le chiffre d’affaires du groupe passe donc de 31 à 35 entre N– 1 et N, soit une croissance de 13 %. Nous
sommes bien loin de la croissance de 59 %.
Dès que le périmètre du groupe évolue de façon significative, les comptes pro-forma ou comptes à
périmètre constant ou comptes à structure constante sont indispensables pour réaliser une analyse
économique et financière du groupe. Le groupe fournit les données pro-forma pour la plupart des
indicateurs pertinents (chiffres d’affaires, résultat, actifs, dettes...).

– se prêtent difficilement à des comparaisons entre groupes : même si un des objectifs des
comptes consolidés est de pouvoir comparer des groupes organisés de manière différente, la
comparaison a des limites lorsque les pourcentages de détention dans les sociétés sont
différents. L’exemple 5 illustre notre propos.

180

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Présentation des comptes consolidés

Exemple 5

5
Exemple

Une holding dispose de 100 qu’elle souhaite investir dans des sociétés valant chacune 50. Chaque
société dégage un résultat de 5. Voici deux propositions faites par leur conseiller financier.

Chapitre
Schéma 1 : La société mère contrôle 100 % de chacune des deux sociétés qui valent 50, soit un investissement
de 100.
Schéma 2 : la société mère contrôle 50 % de chacune des quatre sociétés qui valent 50, soit un investissement
de 100.
Qu’en est-il du résultat de l’ensemble, du résultat consolidé ?
Pour le schéma 1, le résultat consolidé est de 100, alors qu’il est de 200 pour le schéma 2 (en application des
règles de consolidation que nous étudierons plus tard), alors que l’investissement initial est identique, soit 100.

À partir de ces éléments, il est difficile de comparer ces deux groupes. À des fins de comparaisons,
les comptes consolidés ont créé :
– le résultat part groupe (résultat qui revient aux actionnaires de la société mère) ;
– le résultat des minoritaires (résultat qui revient aux intérêts [actionnaires] minoritaires, soit les
investisseurs qui ont participé avec la société mère à l’acquisition de la société).
La somme de ces deux résultats est égale au résultat consolidé.
Le tableau suivant reprend les différents indicateurs.

Schéma 1 Schéma 2
Résultat consolidé 100 200
dont résultat part groupe 100 100
dont résultat des minoritaires 0 100

Grâce à ces deux indicateurs, il est plus facile de comparer des groupes entre eux.
Si nous reprenons le compte de résultat de LVMH (tableau 4), nous constatons qu’en 2018, le résultat
net avant part des minoritaires était de 6 990 et le résultat part du groupe était de 6 354. Nous en
déduisons que les minoritaires sont peu présents dans le groupe LVMH.

– sont influencés par l’utilité attendue de ces comptes : selon les pays et les réglementations,
l’utilité attendue des comptes sociaux est différente. Ainsi, la France a plus une approche
patrimoniale des comptes sociaux, alors que les américains ont plus une approche économique
et financière. Par exemple, le crédit-bail en France ne figure pas dans le bilan parce qu’il n’appar-
tient pas à la société (approche patrimoniale), alors qu’aux États-Unis, le crédit-bail est immé-
diatement retraité et apparaît dans les comptes sociaux (approche économique et financière).
Il en va de même pour l’établissement des comptes consolidés. Quelle approche a été choisie par
le normalisateur du pays ? Est-ce une approche patrimoniale, économique ou financière ?

181

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Partie 3 Comptes de groupe – Traitement des capitaux propres et bilan consolidé

Approche patrimoniale : les comptes consolidés et plus particulièrement le bilan consolidé


représentent ce que le groupe possède et doit.
Approche économique : les comptes consolidés doivent donner une image globale de l’ensemble des
actifs et des dettes utilisés ou contrôlés par le groupe et des résultats du groupe sans faire de
distinction entre la part qui revient aux actionnaires majoritaires et celle qui revient aux actionnaires
minoritaires.
Approche financière : les comptes consolidés doivent donner une image globale de l’ensemble des
actifs et des dettes utilisés ou contrôlés par le groupe et des résultats du groupe en se concentrant
sur ce qui revient aux actionnaires majoritaires, c’est-à-dire aux actionnaires de la société mère. Les
actionnaires minoritaires sont considérés comme des tiers.

3 Législations applicables aux comptes consolidés


Pour les exercices ouverts à compter de 2021, un référentiel français modernisé s’appliquera à
l’établissement des comptes consolidés et des comptes combinés (ANC, règlement 2020-01
relatif aux comptes consolidés du 6 mars 2020). À la date de la rédaction de cet ouvrage, ce
nouveau règlement n’a pas encore été homologué. Une fois homologué, le règlement ANC
2020-01 remplacera le règlement CRC 99-02.
En France, deux référentiels sont applicables aux comptes consolidés :
– les règles françaises, principalement le CRC 99-02 ;
– les normes IFRS.
Par contre, les comptes individuels des sociétés non cotées et cotées doivent toujours être
établis selon les règles françaises du PCG.
Récapitulatif des référentiels comptables
Comptes individuels Comptes consolidés
Sociétés cotées PCG IFRS
Sociétés non cotées PCG CRC 99-02 ou IFRS sur option

A Les règles françaises


Les règles françaises sont applicables pour toutes les sociétés non cotées sur un marché
réglementé qui n’optent pas pour le référentiel IFRS.
Exemption : sont exemptés d’établissement de comptes consolidés, les groupes qui ne
dépassent pas deux des trois seuils suivants (art. R.233-16 du CC) :
– total du bilan : 24 000 000 1
– total du chiffre d’affaires : 48 000 000 1
– Nombre moyen de salariés : 250
Plusieurs textes régissent les comptes consolidés établis en normes françaises :
– la directive comptable n° 2103/34/UE du 26 juin 2013 relative aux états financiers annuels et
aux états financiers consolidés transposée en 2015 dans le Code du commerce (art. L 233-16
à L 233-28 et art. R 233-3 à R 233-16) ;
– le règlement du Comité de réglementation comptable, CRC 99-02, relatif aux comptes
consolidés qui a été modifié de nombreuses fois par des règlements du CRC et des règlements
de l’Autorité des normes comptables (ANC). Il présente les Règles et méthodes relatives aux
comptes consolidés (RMCC) qui doivent être appliquées par les sociétés qui établissent des
comptes consolidés.
Comme nous le verrons par la suite, il existe trois méthodes pour consolider les comptes d’une
société :
– la méthode de l’intégration globale ;

182

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Présentation des comptes consolidés

– la méthode de l’intégration proportionnelle ;

5
– la méthode de la mise en équivalence.
Le CRC 99-02 traite en détail la méthode de l’intégration globale (pages 10 à 23) et passe très
rapidement sur les deux autres méthodes. Ainsi, une page est consacrée à l’intégration
proportionnelle (page 24) et deux pages sont consacrées à la mise en équivalence (pages 25 à
26) car il y a souvent des renvois à la méthode de l’intégration globale.

B Les normes IFRS

Chapitre
Depuis le 01/01/2005, le règlement européen n° 1606/2002 impose aux sociétés européennes
cotées sur un marché réglementé d’établir des comptes consolidés selon le référentiel IFRS.
Le règlement permet aux États membres d’autoriser ou d’obliger les sociétés non cotées à établir
des comptes consolidés selon le référentiel IFRS.
La France autorise, sur option, les sociétés non cotées sur un marché réglementé à établir leurs
comptes consolidés en normes IFRS.
NB : Le lecteur désirant plus d’informations sur les normes IFRS peut se référer à la partie II de
cet ouvrage qui est consacrée aux normes IFRS.

4 Les étapes du processus de consolidation


L’élaboration des comptes consolidés ne consiste pas simplement à additionner l’ensemble des
comptes des sociétés du périmètre afin d’obtenir des documents comptables uniques (un bilan,
un compte de résultat et une annexe). Il existe une méthodologie à respecter pour établir les
comptes consolidés, dont le premier élément est le processus de consolidation.
Le processus de consolidation est constitué d’un certain nombre d’étapes dont l’ordre est
immuable.

– Étape 1 : Détermination du périmètre du groupe ou de consolidation


– Étape 2 : Retraitements d’homogénéisation ou de pré-consolidation
– Étape 3 : Cumul des comptes
– Étape 4 : Élimination des comptes réciproques
– Étape 5 : Élimination des résultats internes
– Étape 6 : Partage des capitaux propres et établissement des états financiers consolidés

La partie consolidation de cet ouvrage est principalement organisée selon ces étapes. Nous les
présentons brièvement.

A Étape 1 : Détermination du périmètre du groupe ou de consolidation


(chapitre 6)
La détermination du périmètre de consolidation est une étape essentielle du processus de
consolidation car si le périmètre est mal défini, les comptes consolidés ne donneront pas une
image fidèle de la situation économique et financière du groupe. En effet, la détermination du
périmètre de consolidation nous permet d’identifier les sociétés dont les comptes seront inclus
dans les comptes consolidés.

B Étape 2 : Retraitements d’homogénéisation ou de pré-consolidation


(chapitre 8)
L’élaboration des comptes consolidés nécessite l’homogénéisation des méthodes d’évaluation
et de comptabilisation utilisées par les sociétés du groupe. En effet, comme nous l’avons vu, il
n’est pas possible par exemple d’additionner des stocks évaluer en FIFO avec des stocks évaluer
au CMP ou de prendre en compte des frais de R & D en charges dans certaines sociétés et des

183

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Partie 3 Comptes de groupe – Traitement des capitaux propres et bilan consolidé

frais de R & D à l’actif dans d’autres sociétés. L’objectif de cette étape est d’appliquer les mêmes
règles à l’ensemble des sociétés du groupe.

C Étape 3 : Cumul des comptes (chapitre 9)


L’objectif des comptes consolidés est de fournir un bilan, un compte de résultat et une annexe
pour l’ensemble des sociétés du groupe. Il faut donc cumuler les comptes des différentessociétés.

D Étape 4 : Élimination des comptes réciproques (chapitre 9)


En cumulant les comptes, nous prenons en compte toutes les opérations effectuées par les
sociétés, qu’elles soient réalisées :
– en interne (avec une autre société du groupe) ;
– ou en externe (avec un tiers).
Pour obtenir une image fidèle de l’activité et de la situation du groupe et pour pouvoir comparer
entre eux des groupes ayant des structures différentes, il faut retenir uniquement les opérations
avec les tiers, que cela soit au niveau du bilan ou du compte de résultat. Il faut donc éliminer les
opérations entre entreprises consolidées qui ont une incidence sur leur bilan ou leur compte de
résultat. Nous pouvons distinguer deux grandes catégories d’opérations :
– les opérations n’affectant ni le résultat ni les réserves ;
– les opérations affectant le résultat ou les réserves.
L’élimination des comptes réciproques concerne les opérations qui n’affectent ni le résultat,
ni les réserves, par exemple les achats et ventes ou les créances clients et dettes fournisseurs.

E Étape 5 : Élimination des résultats internes (chapitre 9)


En cumulant les comptes, nous prenons en compte toutes les opérations effectuées par les
sociétés, qu’elles soient réalisées :
– en interne (avec une autre société du groupe),
– ou en externe (avec un tiers).
Pour obtenir une image fidèle de l’activité et de la situation du groupe et pour pouvoir comparer
entre eux des groupes ayant des structures différentes, il faut retenir uniquement les opérations
avec les tiers, que cela soit au niveau du bilan ou du compte de résultat. Il faut donc éliminer les
opérations entre entreprises consolidées qui ont une incidence sur leur bilan ou leur compte de
résultat. Nous pouvons distinguer deux grandes catégories d’opérations :
– les opérations n’affectant ni le résultat ni les réserves,
– les opérations affectant le résultat ou les réserves.
L’élimination des résultats internes concernent les opérations qui affectent le résultat et les
réserves, par exemple les cessions d’immobilisations en interne ou les dividendes.

F Étape 6 : Partage des capitaux propres et établissement des états


financiers consolidés (chapitres 10, 11, 12 et 13)
Quelle que soit la méthode de consolidation retenue, la consolidation consiste :
– à remplacer les titres de participation de la société à consolider qui sont valorisés au coût
historique par la quote-part de la société détentrice dans cette société au jour de la
consolidation ;
– à déterminer l’accroissement de la valeur comptable de la société consolidée depuis son
acquisition et à la répartir entre les réserves consolidées et le résultat consolidé.
Le tableau de partage des capitaux permet de déterminer les réserves et résultat consolidés
et d’éliminer les titres de participation.
Après l’élaboration du tableau de partage, il ne reste plus qu’à établir les états financiers
consolidés.

184

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Présentation des comptes consolidés

5 Présentation des documents consolidés (bilan, compte de résultat


et annexe)
Nous présentons uniquement les états financiers selon la réglementation française. Vous pouvez
vous référer à la partie 2, chapitre 3, pour la présentation des états financiers selon les normes IFRS.
5
Selon le CRC 99-02 Section IV, « les documents de synthèse consolidés comprennent obligatoi-
rement le bilan, le compte de résultat et une annexe qui forment un tout indissociable et doivent

Chapitre
être présentés sous une forme comparative avec l’exercice précédent ». L’annexe comprend
obligatoirement un tableau de flux de trésorerie et un tableau de variation des capitaux propres.
Nous allons vous présenter les modèles proposés par le CRC 99-02 sachant que le CRC précise :
– qu’ils sont indicatifs,
– que la liste des informations figurant dans les modèles sont les informations minimales
obligatoires.
Les états financiers d’un groupe qui ne présenteraient pas ces informations ne seraient pas
conformes au règlement CRC 99-02.
D’autres agrégats que ceux présentés dans les modèles de tableaux ci-après peuvent être
retenus par les groupes, à condition d’en donner une définition précise dans l’annexe. À plusieurs
reprises l’Autorité des marchés financiers (AMF) a rappelé aux sociétés cotées d’arrêter d’utiliser
des agrégats sans les définir clairement car cela nuisait à la compréhension des états financiers
(par exemple un EBITDA retraité).

A Le bilan consolidé

Selon le CRC 99-02 § 40, « le bilan consolidé est présenté sous forme de tableau (ou éventuellement
sous forme de liste pour les entreprises qui le faisaient précédemment). Il est établi avant répartition
(ou éventuellement avant et après répartition) ».

Tableau 5 e Bilan consolidé

CRC 99-02

185

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Partie 3 Comptes de groupe – Traitement des capitaux propres et bilan consolidé

B Le compte de résultat consolidé

Selon le CRC 99-02 § 41, « le compte de résultat consolidé est présenté sous forme de liste (ou
éventuellement de tableau) selon un classement des produits et des charges soit par nature, soit par
destination. Dans tous les cas, il convient de retenir une forme synthétique comportant les lignes
spécifiques liées à la consolidation ».

Tableau 6 e Compte de résultat consolidé (classement des charges et des produits


par nature)

CRC 99-02

186

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Présentation des comptes consolidés

Tableau 7 e Compte de résultat consolidé (classement des charges et des produits

5
par destination)

Chapitre
CRC 99-02

C Annexe

Le CRC 99-02 § 420 définit les principes généraux relatifs au contenu de l’annexe : « L’annexe doit
comporter toute information de caractère significatif permettant aux utilisateurs des comptes
consolidés de porter une appréciation sur le patrimoine, la situation financière et le résultat de
l’ensemble constitué par les entreprises comprises dans la consolidation. L’information porte au
minimum sur l’exercice écoulé et sur le précédent. La liste des informations recensées ci-après, dont
l’ordre est indicatif, ne doit en aucun cas être considérée comme limitative. En revanche, celles qui ne
présentent pas un caractère significatif ne sont pas à fournir. »

Nous présentons brièvement le contenu de l’annexe défini par les articles 421 à 426 du CRC 99-02
en insistant davantage sur le tableau de variations des capitaux propres et le tableau de flux de
trésorerie.
1 Le contenu de l’annexe
1/ Référentiel comptable, modalités de consolidation, méthodes et règles d’évaluation
(CRC 99-02 § 421)
a) Référentiel comptable
b) Modalités de consolidation
c) Méthodes et règles d’évaluation
d) Non-application des méthodes préférentielles
2/ Informations relatives au périmètre de consolidation (CRC 99-02 § 422)
3/ Comparabilité des comptes (CRC 99-02 § 423)
4/ Explications des postes du bilan et du compte de résultat et de leurs variations (CRC 99-02
§ 424)

187

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Nous retrouvons dans cette partie le tableau de variation des capitaux propres.
5/ Autres informations (CRC 99-02 § 425)
6/ Tableau de financement par l’analyse des flux de trésorerie (CRC 99-02 § 426)

2 Le tableau de variation des capitaux propres consolidés

CRC 99-02

3 Tableau de financement par l’analyse des flux de trésorerie


Ce tableau est communément appelé tableau de flux de trésorerie. Il peut être établi à partir :
– du résultat net intégré ;
– du résultat d’exploitation intégré.
Tableau 8 e Tableau de flux de trésorerie consolidé à partir du résultat net
des sociétés intégrées
Flux de trésorerie liés à l’activité
Résultat net des sociétés intégrées xxxx
Élimination des charges et produits sans incidence sur la trésorerie ou non liés à
l’activité :
- Amortissements, dépréciations et provisions (1) xxxx
- Variation des impôts différés xxxx
- Plus-values de cession, nettes d’impôt xxxx
Marge brute d’autofinancement des sociétés intégrées xxxx
Dividendes reçus des sociétés mises en équivalence xxxx
Variation du besoin en fonds de roulement lié à l’activité (2) xxxx

Flux net de trésorerie généré par l’activité xxxx


Flux de trésorerie liés aux opérations d’investissement
Acquisition d’immobilisations xxxx
Cession d’immobilisations, nettes d’impôt xxxx
Incidence des variations de périmètre (3) xxxx

Flux net de trésorerie lié aux opérations d’investissement xxxx


Flux de trésorerie liés aux opérations de financement
Dividendes versés aux actionnaires de la société mère xxxx
Dividendes versés aux minoritaires des sociétés intégrées xxxx

188

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Augmentations de capital en numéraire xxxx

5
Émissions d’emprunts xxxx
Remboursements d’emprunts xxxx

Flux net de trésorerie lié aux opérations de financement xxxx


Variation de trésorerie xxxx
Trésorerie d’ouverture xxxx
Trésorerie de clôture xxxx

Chapitre
Incidence des variations de cours des devises xxxx
CRC 99-02
(1) À l’exclusion des dépréciations sur actif circulant.
(2) À détailler par grandes rubriques (stocks, créances d’exploitation, dettes d’exploitation).
(3) Prix d’achat ou de vente augmenté ou diminué de la trésorerie acquise ou versée — à détailler dans une note annexe.

Tableau 9 e Tableau de flux de trésorerie consolidé à partir du résultat d’exploitation


des sociétés intégrées
Flux de trésorerie liés à l’activité
Résultat d’exploitation des entreprises intégrées xxxx
Élimination des charges et produits d’exploitation sans incidence sur la trésorerie :
- Amortissements, dépréciations et provisions (1) xxxx
Résultat brut d’exploitation xxxx
Variation du besoin en fonds de roulement d’exploitation (2) xxxx

Flux net de trésorerie d’exploitation xxxx


Autres encaissements et décaissements liés à l’activité :
- Frais financiers xxxx
- Produits financiers xxxx
- Dividendes reçus des sociétés mises en équivalence xxxx
- Impôt sur les sociétés, hors impôt sur les plus-values de cession xxxx
- Charges et produits exceptionnels liés à l’activité xxxx
- Autres xxxx
Flux net de trésorerie généré par l’activité xxxx
Flux de trésorerie liés aux opérations d’investissement
Acquisition d’immobilisations xxxx
Cessions d’immobilisations, nettes d’impôt xxxx
Incidence des variations de périmètre (3) xxxx

Flux net de trésorerie lié aux opérations d’investissement xxxx


Flux de trésorerie liés aux opérations de financement
Dividendes versés aux actionnaires de la société mère xxxx
Dividendes versés aux minoritaires des sociétés intégrées xxxx
Augmentations de capital en numéraire xxxx
Émissions d’emprunts xxxx
Remboursements d’emprunts xxxx

Flux net de trésorerie lié aux opérations de financement xxxx


Variation de trésorerie xxxx
Trésorerie d’ouverture xxxx
Trésorerie de clôture xxxx
Incidence des variations de cours des devises xxxx
CRC 99-02
(1) À l’exclusion des dépréciations sur actif circulant.
(2) À détailler par grandes rubriques (stocks, créances d’exploitation, dettes d’exploitation).
(3) Prix d’achat ou de vente augmenté ou diminué de la trésorerie acquise ou versée — à détailler dans une note annexe.

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Partie 3 Comptes de groupe – Traitement des capitaux propres et bilan consolidé

SYNTHÈSE

Ù Lorsqu’une société détient des participations directes et indirectes, les comptes consolidés
permettent de pallier l’insuffisance des comptes individuels en établissant pour l’ensemble
des sociétés détenues un seul jeu de comptes qui se compose généralement :
– d’un bilan,
– d’un compte de résultat,
– d’un tableau de flux de trésorerie,
– d’un tableau de variation des capitaux propres,
– d’une annexe.
Ù Les comptes consolidés présentent la situation financière, économique de l’ensemble des
sociétés détenues (groupe de sociétés) comme s’il ne formait qu’une seule société. La
terminologie « comptes de groupe » est aussi utilisée. La société qui contrôle le groupe de
sociétés est appelée société « mère » ou société « consolidante ». Les sociétés détenues
directement et indirectement par la société mère sont les société « consolidées ».
Ù L’élaboration des comptes consolidés n’a aucune conséquence fiscale.
Ù Les comptes consolidés sont à la fois un outil d’information interne et un outil d’information
externe. Ils présentent certaines limites potentielles.
Ù L’élaboration des comptes consolidés ne consiste pas simplement à additionner l’ensemble
des comptes des sociétés du périmètre afin d’obtenir des documents comptables uniques
(un bilan, un compte de résultat, etc.). Il existe une méthodologie à respecter pour établir
les comptes consolidés.
Ù Le processus de consolidation est constitué d’un certain nombre d’étapes dont l’ordre est
immuable :
– Étape 1 : Détermination du périmètre du groupe ou de consolidation
– Étape 2 : Retraitements d’homogénéisation ou de pré-consolidation
– Étape 3 : Cumul des comptes
– Étape 4 : Elimination des comptes réciproques
– Étape 5 : Elimination des résultats internes
– Étape 6 : Partage des capitaux propres et établissement des états financiers consolidés
Ù En France, deux référentiels sont applicables aux comptes consolidés :
– les règles françaises, principalement le CRC 99-02 ;
– les normes IFRS, pour les sociétés ayant émis des titres admis en négociation sur un
marché réglementé.

190

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Applications

APPLICATIONS
6 Applications

EXO 05.01 Questions de révision

1. Quel est le référentiel comptable applicable aux comptes consolidés d’un groupe non coté
en Bourse ?
2. Quel est le référentiel comptable applicable à la seule société mère d’un groupe de société ?
3. Tout groupe non coté en Bourse doit-il systématiquement établir des comptes consolidés ?
4. Toutes les sociétés cotées en Bourse doivent établir des comptes consolidés selon les
normes IFRS.
5. Quelles sont les limites potentielles des comptes consolidés ?
6. Quelle est l’utilité des comptes consolidés ?
7. Quelles sont les principales étapes du processus de consolidation ?

191

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Détermination 6
du périmètre

Chapitre
de consolidation
COMPÉTENCES ATTENDUES
Ù Déterminer le périmètre de consolidation.
Ù Savoir calculer les pourcentages de contrôle et d’intérêts
dans des situations simples.
Ù Savoir calculer les pourcentages de contrôle et d’intérêts
d ans des situations complexes.
Ù Savoir identifier les méthodes de consolidation à utiliser.

La détermination du périmètre de consolidation est la première étape du processus de


consolidation (cf. chapitre 5). C’est une étape essentielle, car si le périmètre est mal défini, les
comptes consolidésne donneront pas une image fidèle de la situation économique et financière
du groupe. En effet, la détermination du périmètre de consolidation nous permet d’identifier :
– les sociétés à consolider ;
– les méthodes de consolidation à retenir ;
– le pourcentage d’intérêts à utiliser.

193

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PLAN DU CHAPITRE

1 Périmètre de consolidation (les sociétés à consolider)


A L’entreprise consolidante
B Le contrôle exclusif
C Le contrôle conjoint
D L’influence notable
E Les exclusions du périmètre de consolidation
2 Détermination du pourcentage de contrôle
A Détention directe et indirecte
B Calcul des droits de vote détenus
3 Détermination du pourcentage d’intérêts
A Participation directe
B Participation indirecte
C Participation indirecte et directe
D Appartenance à plusieurs groupes
4 Approfondissement : les situations complexes
Synthèse
A Les sociétés ad hoc
B Les participations réciproques APPLICATIONS P. 216
C Les comptes combinés

194

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Détermination du périmètre de consolidation

1 Périmètre de consolidation (les sociétés à consolider)

Selon le CRC 99-02 § 1 000, « toutes les entreprises contrôlées (contrôle exclusif ou contrôle conjoint)
ou sous influence notable doivent être consolidées ; les exceptions à ce principe sont très limitées.
6
Les entreprises à retenir en vue de l’établissement de comptes consolidés sont :
– l’entreprise consolidante ;

Chapitre
– les entreprises contrôlées de manière exclusive ;
– les entreprises contrôlées conjointement ;
– les entreprises sur lesquelles est exercée une influence notable ».

A L’entreprise consolidante
Le CRC 99-02 § 1 001 précise que « l’entreprise consolidante est celle qui contrôle exclusivement
ou conjointement d’autres entreprises quelle que soit leur forme ou qui exerce sur elles une
influence notable ».
La société consolidante est aussi appelée société mère.

B Le contrôle exclusif

Le CRC 99-02 § 1 002, définit le contrôle exclusif comme « le pouvoir de diriger les politiques
financière et opérationnelle d’une entreprise afin de tirer avantage de ses activités. Il résulte :
– soit de la détention directe ou indirecte de la majorité des droits de vote dans une autre entreprise ;
– soit de la désignation, pendant deux exercices successifs de la majorité des membres des organes
d’administration, de direction ou de surveillance d’une autre entreprise ; l’entreprise consolidante
est présumée avoir effectué cette désignation lorsqu’elle a disposé, au cours de cette période,
directement ou indirectement, d’une fraction supérieure à quarante pour cent des droits de vote
et qu’aucun autre associé ou actionnaire ne détenait, directement ou indirectement, une fraction
supérieure à la sienne ;
– soit du droit d’exercer une influence dominante sur une entreprise en vertu d’un contrat ou de
clauses statutaires, lorsque le droit applicable le permet ; l’influence dominante existe dès lors que,
dans les conditions décrites ci-dessus, l’entreprise consolidante a la possibilité d’utiliser ou
d’orienter l’utilisation des actifs de la même façon qu’elle contrôle ses propres actifs ».

Selon le CRC 99-02, la méthode de consolidation retenue en cas de contrôle exclusif est la
méthode de l’intégration globale. Cette méthode consiste à intégrer dans les comptes de
l’entreprise consolidante la totalité des actifs et des dettes (cette méthode sera présente dans
le chapitre 7).

IFRS 10 : États financiers consolidés


§ 1 « L’objectif de la norme IFRS 10 est d’établir des principes pour la présentation et la préparation
des états financiers consolidés d’une entité qui en contrôle une ou plusieurs autres. »
§ 6 « Un investisseur contrôle une entité faisant l’objet d’un investissement lorsqu’il est exposé ou qu’il
a droit à des rendements variables en raison de ses liens avec l’entité faisant l’objet d’un investisse-
ment et qu’il a la capacité d’influer sur ces rendements du fait du pouvoir qu’il détient sur celle-ci. »
§ 7 « Par conséquent, l’investisseur contrôle une entité faisant l’objet d’un investissement si et
seulement si tous les éléments ci-dessous sont réunis :
(a) il détient le pouvoir sur l’entité faisant l’objet d’un investissement ;
(b) il est exposé ou a droit à des rendements variables en raison de ses liens avec l’entité faisant
l’objet d’un investissement ;
(c) il a la capacité d’exercer son pouvoir sur l’entité faisant l’objet d’un investissement de manière
à influer sur le montant des rendements qu’il obtient. »

195

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Partie 3 Comptes de groupe – Traitement des capitaux propres et bilan consolidé

Pouvoir
§ 10 « Un investisseur détient le pouvoir sur une entité faisant l’objet d’un investissement lorsqu’il
a des droits effectifs qui lui confèrent la capacité actuelle de diriger les activités pertinentes, à savoir
les activités qui ont une incidence importante sur les rendements de l’entité faisant l’objet d’un
investissement. »
§ B15 « Les droits qui, pris individuellement ou conjointement, peuvent conférer à l’investisseur le
pouvoir sont notamment :
(a) les droits qui prennent la forme de droits de vote (ou de droits de vote potentiels) dans l’entité
faisant l’objet d’un investissement ;
(b) le droit de nommer, de réaffecter ou de révoquer les principaux dirigeants de l’entité faisant
l’objet d’un investissement qui ont la capacité de diriger les activités pertinentes ;
(c) le droit de nommer une autre entité pour diriger les activités pertinentes ou de révoquer l’entité
qui les dirige ;
(d) le droit de diriger l’entité faisant l’objet d’un investissement de manière qu’elle conclue des
transactions, ou d’opposer son veto à la modification de transactions, au profit de l’investisseur
(e) d’autres droits (comme les droits décisionnels stipulés dans un contrat de gestion) qui donnent
à leur détenteur la capacité de diriger les activités pertinentes. »
Rendements
§ 15 « Un investisseur est exposé ou a droit à des rendements variables en raison de ses liens avec
l’entité faisant l’objet d’un investissement lorsque les rendements qu’il tire du fait de ces liens peuvent
varier selon la performance de l’entité faisant l’objet d’un investissement. L’investisseur peut obtenir
des rendements uniquement positifs, uniquement négatifs, ou tantôt positifs, tantôt négatifs. »
§ B57 « Les rendements peuvent notamment être :
(a) des dividendes, des variations de la valeur de la participation de l’investisseur dans l’entité
faisant l’objet d’un investissement ;
(b) une rémunération rattachée à la gestion d’actifs ou de passifs de l’entité faisant l’objet d’un
investissement, des commissions et l’exposition au risque de perte pour l’octroi de facilités de
crédit ou de caisse, une participation résiduelle dans l’actif et le passif de l’entité faisant l’objet d’un
investissement en cas de liquidation de celle-ci ;
(c) des rendements dont ne peuvent bénéficier les autres détenteurs d’intérêts. Par exemple,
l’investisseur pourrait utiliser ses actifs en les conjuguant avec ceux de l’entité faisant l’objet d’un
investissement pour, entre autres, regrouper des fonctions opérationnelles afin de réaliser des
économies d’échelle, réduire des coûts, s’approvisionner en produits rares, avoir accès à des
connaissances exclusives ou limiter certaines activités ou l’utilisation de certains actifs de l’entité
faisant l’objet d’un investissement en vue d’accroître la valeur des autres actifs de l’investisseur. »
Liens entre pouvoir et rendements
§ 17 « Un investisseur contrôle une entité faisant l’objet d’un investissement si non seulement il
détient le pouvoir sur celle-ci et est exposé ou a droit à des rendements variables en raison de ses
liens avec elle, mais qu’en outre il a la capacité d’exercer son pouvoir pour influer sur les rendements
qu’il obtient du fait de ces liens. »
§ 18 « Par conséquent, l’investisseur qui a des droits décisionnels doit déterminer s’il agit pour son
propre compte ou comme mandataire. L’investisseur qui est un mandataire (...) ne contrôle pas l’entité
faisant l’objet d’un investissement lorsqu’il exerce les droits décisionnels qui lui ont été délégués. »

Selon le référentiel IFRS, la méthode de consolidation retenue en cas de contrôle est la méthode
de l’intégration globale.
Contrairement au référentiel CRC 99-02, le contrôle n’est pas défini par rapport à un pourcentage
de droits de vote. Il est défini par rapport à des circonstances et des caractéristiques. Il a une
approche plus large, plus globale.

C Le contrôle conjoint

Le CRC 99-02 § 1 003 définit le contrôle conjoint comme « le partage du contrôle d’une entreprise
exploitée en commun par un nombre limité d’associés ou d’actionnaires, de sorte que les politiques
financière et opérationnelle résultent de leur accord.
Deux éléments sont essentiels à l’existence d’un contrôle conjoint :
e un nombre limité d’associés ou d’actionnaires partageant le contrôle ; le partage du contrôle
suppose qu’aucun associé ou actionnaire n’est susceptible à lui seul de pouvoir exercer un contrôle

196

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Détermination du périmètre de consolidation

exclusif en imposant ses décisions aux autres ; l’existence d’un contrôle conjoint n’exclut pas la

6
présence d’associés ou d’actionnaires minoritaires ne participant pas au contrôle conjoint ;
e un accord contractuel qui :
– prévoit l’exercice du contrôle conjoint sur l’activité économique de l’entreprise exploitée en
commun ;
– établit les décisions qui sont essentielles à la réalisation des objectifs de l’entreprise exploitée en
commun et qui nécessitent le consentement de tous les associés ou actionnaires participant au
contrôle conjoint ».

Chapitre
Selon le CRC 99-02, la méthode de consolidation retenue en cas de contrôle conjoint est la
méthode de l’intégration proportionnelle. Cette méthode consiste à intégrer dans les comptes
de l’entreprise consolidante la quote-part de ses intérêts dans les actifs et les dettes de
l’entreprise consolidée (cette méthode sera présentée dans le chapitre 7).

IFRS 11 : Partenariats
§ 1 L’objectif de la norme IFRS 11 est « d’établir des principes d’information financière pour les entités
qui détiennent des intérêts dans des opérations contrôlées conjointement (partenariats) ».
§ 2 La norme IFRS 11 « définit le contrôle conjoint et exige d’une entité qui est partie à un partenariat
qu’elle détermine le type de partenariat auquel elle participe en évaluant ses droits et obligations,
et qu’elle comptabilise ces droits et obligations selon le type de partenariat dont il s’agit. ».
§ 4 « Un partenariat est une opération sur laquelle deux parties ou plus exercent un contrôle
conjoint. »
§ 5 « Le partenariat possède les caractéristiques suivantes :
(a) les parties sont liées par un accord contractuel ;
(b) l’accord contractuel confère à deux parties ou plus le contrôle conjoint de l’opération. »
§ 14 « L’entité doit déterminer le type de partenariat auquel elle participe. Le classement d’un
partenariat en tant qu’activité conjointe ou que coentreprise est fonction des droits et des obligations
des parties à l’opération. »
§ 15 « Une activité conjointe (joint operation) est un partenariat dans lequel les parties qui exercent
un contrôle conjoint sur l’opération ont des droits sur les actifs, et des obligations au titre des passifs,
relatifs à celle-ci. Ces parties sont appelées coparticipants. »
§ 16 « Une coentreprise (joint venture) est un partenariat dans lequel les parties qui exercent un
contrôle conjoint sur l’opération ont des droits sur l’actif net de celle-ci. Ces parties sont appelées
coentrepreneurs. »
Activité conjointe (joint operation)
§ 20 « Le coparticipant doit comptabiliser les éléments suivants relativement à ses intérêts dans une
activité conjointe :
(a) ses actifs, y compris sa quote-part des actifs détenus conjointement, le cas échéant ;
(b) ses passifs, y compris sa quote-part des passifs assumés conjointement, le cas échéant ;
(c) les produits qu’il a tirés de la vente de sa quote-part de la production générée par l’activité
conjointe ;
(d) sa quote-part des produits tirés de la vente de la production générée par l’activité conjointe ;
(e) les charges qu’il a engagées, y compris sa quote-part des charges engagées conjointement, le
cas échéant. »
Coentreprise (joint venture)
§ 24 « Un coentrepreneur doit comptabiliser ses intérêts dans une coentreprise à titre de
participation selon la méthode de la mise en équivalence, conformément à IAS 28 Participations dans
des entreprises associées et des coentreprises. »

L’approche IFRS est bien différente de l’approche CRC 99-02, tant par la définition du contrôle
conjoint, que par les méthodes utilisées pour consolider les entreprises.
Ainsi, même si la méthode utilisée dans le cas d’une activité conjointe ressemble à la méthode
utilisée dans le cas d’une intégration proportionnelle, elle est en fait bien différente car la
quote-part du coparticipant peut varier selon la nature des postes intégrés alorsqu’en intégration
proportionnelle, la quote-part est la même pour tous les postes du bilan et du compte de résultat

197

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Partie 3 Comptes de groupe – Traitement des capitaux propres et bilan consolidé

(elle est égale au pourcentage d’intérêts de la société consolidante dans la société consolidée).
Ainsi, dans le cadre d’une activité conjointe, la quote-part peut être de 30 % pour certains actifs
et 50 % pour d’autres actifs. De même pour le passif ou les postes du compte de résultat.

D L’influence notable

Le CRC 99-02 § 1 004 définit l’influence notable comme « le pouvoir de participer aux politiques
financière et opérationnelle d’une entreprise sans en détenir le contrôle. L’influence notable peut
notamment résulter d’une représentation dans les organes de direction ou de surveillance, de la
participation aux décisions stratégiques, de l’existence d’opérations interentreprises importantes, de
l’échange de personnel de direction, de liens de dépendance technique. ». Dans ces cas-là, il n’est pas
nécessaire de calculer un pourcentage de droits de vote, car le seul fait d’être dans une des situations
précédentes permet de démontrer l’influence notable.
« L’influence notable sur les politiques financière et opérationnelle d’une entreprise est présumée
lorsque l’entreprise consolidante dispose, directement ou indirectement, d’une fraction au moins
égale à 20 % des droits de vote de cette entreprise. »

Selon le CRC 99-02, la méthode de consolidation retenue en cas d’influence notable est la
méthode de la mise en équivalence. Cette méthode consiste à remplacer la valeur comptable
des titres détenus par la quote-part de la société consolidante dans les capitaux propres de la
société consolidée à la date de la consolidation (cette méthode sera présentée dans le chapitre 7).

IAS 28 : Participations dans des entreprises associées et des coentreprises


§ 2 « L’objectif de la norme est (...) d’énoncer les dispositions concernant l’application de la méthode
de la mise en équivalence lors de la comptabilisation des participations dans des entreprises associées
et des coentreprises.
§ 3 « Une entreprise associée est une entité sur laquelle l’investisseur exerce une influence notable.
L’influence notable est le pouvoir de participer aux décisions relatives aux politiques financières et
opérationnelles de l’entité émettrice, sans toutefois exercer un contrôle ou un contrôle conjoint sur
ces politiques. »
§ 5 « Si l’investisseur détient, directement ou indirectement (par exemple par le biais de filiales), 20 %
ou plus des droits de vote dans l’entité émettrice, il est présumé exercer une influence notable, sauf
s’il peut être démontré clairement que ce n’est pas le cas. Inversement, si l’investisseur détient,
directement ou indirectement (par exemple par le biais de filiales), moins de 20 % des droits de vote
dans l’entité émettrice, il est présumé ne pas exercer d’influence notable, sauf s’il peut être démontré
clairement qu’il exerce une telle influence. L’existence d’une participation importante ou majoritaire
d’un autre investisseur n’exclut pas nécessairement que l’investisseur puisse exercer une influence
notable. »
§ 6 « L’exercice d’une influence notable par un investisseur est habituellement attesté par une ou
plusieurs des situations suivantes :
a) représentation au sein du Conseil d’administration ou de l’organe de direction équivalent de
l’entité émettrice ;
b) participation au processus d’élaboration des politiques, et notamment participation aux
décisions relatives aux dividendes et autres distributions ;
c) transactions significatives entre l’investisseur et l’entité émettrice ;
d) échange de personnel de direction ;
e) fourniture d’informations techniques essentielles. »
§ 7 « Un investisseur peut posséder des bons de souscription d’actions, des options d’achat d’actions,
des instruments d’emprunt ou de capitaux propres convertibles en actions ordinaires ou d’autres
instruments similaires qui, s’ils étaient exercés ou convertis, pourraient lui conférer des droits de vote
supplémentaires ou réduire les droits de vote d’un tiers en ce qui concerne les politiques financières
et opérationnelles d’une autre entité (appelés ci-après « droits de vote potentiels »). L’existence et
l’effet de droits de vote potentiels qui sont actuellement exerçables ou convertibles, y compris les
droits de vote potentiels détenus par d’autres entités, sont pris en considération au moment
d’apprécier si un investisseur détient une influence notable. »

198

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Détermination du périmètre de consolidation

Selon le référentiel IFRS, l’investisseur qui détient une participation dans une entreprise

6
associée (influence notable) doit comptabiliser sa participation selon la méthode de la mise en
équivalence.
Il n’y a pas beaucoup de différences entre les deux référentiels comptables. La plus importante
est peut-être la prise en compte dans le référentiel IFRS des droits de vote potentiels qui sont
actuellement exerçables ou convertibles.
Letableau suivant présenteles méthodes de consolidation à appliquerselon les types de contrôle.

Chapitre
Types de contrôle CRC 99-02 IFRS
Contrôle exclusif Intégration globale Intégration globale
Contrôle conjoint activités Quote-part dans les actifs,
Intégration proportionnelle
conjointes (joint operation) passifs.... (1)
Contrôle conjoint coentreprise
Intégration proportionnelle
(joint venture) Mise en équivalence
Influence notable Mise en équivalence
(1) La quote-part peut être différente selon la nature des actifs et passifs. Par exemple 30 % sur les immobilisations
corporelles et 50 % sur les actifs circulants.

E Les exclusions du périmètre de consolidation


Les exclusions du périmètre sont limitées. Nous pouvons distinguer les exclusions obligatoires,
des exclusions facultatives.

1 Exclusion obligatoire

Selon le CRC 99-02 § 101, « une entreprise contrôlée ou sous influence notable est exclue du périmètre
de consolidation lorsque :
e dès leur acquisition, les titres de cette entreprise sont détenus uniquement en vue d’une cession
ultérieure ; mais si le projet de cession ultérieure porte seulement sur une fraction des titres, le
contrôle ou l’influence notable est défini par référence à la fraction destinée à être durablement
possédée ;
e des restrictions sévères et durables remettent en cause substantiellement :
– le contrôle ou l’influence exercée sur cette entreprise ;
– les possibilités de transferts de trésorerie entre cette entreprise et les autres entreprises incluses
dans le périmètre de consolidation ».

2 Exclusion facultative

Selon le CRC 99-02 § 1 000, « une entreprise est comprise dans le périmètre de consolidation dès lors
que sa consolidation, ou celle du sous-groupe dont elle est la tête, présente, seule ou avec d’autres
entreprises en situation d’être consolidées, un caractère significatif par rapport aux comptes
consolidés de l’ensemble des entreprises incluses dans le périmètre de consolidation ».

Par conséquent, une entreprise pourra être exclue du groupe dès lors qu’elle ne présente pas un
caractère significatif par rapport aux comptes consolidés.
De plus, le CRC 99-02 § 1 000 précise que « le caractère significatif ne peut être fixé de manière
arbitraire et chiffrée par le présent texte. En effet, un seuil sur la base du chiffre d’affaires ou
d’un autre poste des états financiers n’est pas nécessairement pertinent. Par exemple, une
entreprise consolidante peut souhaiter consolider une entreprise nouvellement créée qu’elle
contrôle ou sur laquelle elle exerce une influence notable, et qui n’a pas un total de chiffre

199

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Partie 3 Comptes de groupe – Traitement des capitaux propres et bilan consolidé

significatif, parce qu’elle considère qu’il s’agit d’un investissement stratégique. L’annexe indique
les critères retenus par le groupe pour définir son périmètre de consolidation ».

IFRS 10 : États financiers consolidés


§ 4 « Une société mère n’a pas l’obligation de présenter des états financiers consolidés si toutes les
conditions suivantes sont remplies :
(i) il s’agit d’une filiale entièrement détenue, ou encore d’une filiale partiellement détenue par une
autre entité et tous ses autres propriétaires, y compris ceux qui ne sont généralement pas habilités
à voter, ont été informés que la société mère ne présente pas d’états financiers consolidés et ne s’y
opposent pas,
(ii) ses instruments de dette ou de capitaux propres ne sont pas négociés sur un marché organisé (une
bourse des valeurs nationale ou étrangère ou un marché de gré à gré, y compris un marché local ou
régional),
(iii) elle n’a pas déposé, et n’est pas en voie de déposer, ses états financiers auprès d’une autorité de
réglementation des valeurs mobilières ou d’une autre autorité de réglementation, aux fins d’émettre
des instruments d’une catégorie quelconque sur un marché organisé,
(iv) sa société mère ultime ou l’une de ses sociétés mères intermédiaires produit des états financiers
consolidés mis à la disposition du public, qui sont conformes aux normes IFRS, dans lesquels les filiales
sont consolidées ou évaluées à la juste valeur par le biais du résultat net selon la présente norme.

La norme IFRS 10 ne précise pas les cas d’exclusion de sociétés. Elle précise seulement la situation
ou la société mère n’est pas obligée d’établir des comptes consolidés. Les cas d’exclusion du
périmètre IFRS sont extrêmement rares.
Tableau de synthèse sur les exclusions du périmètre de consolidation

CRC 99-02 IFRS


Indications que le contrôle est destiné à être
temporaire du fait que la filiale est acquise et Exclusion obligatoire Pas d’exclusion
détenue exclusivement en vue de sa cession
Remise en cause du contrôle ou des transferts
Exclusion obligatoire
de trésorerie (administrateur judiciaire...) (2)
Les informations nécessaires à la consolidation Pas d’exclusion
de la filiale ne peuvent être obtenues sans frais Exclusion facultative
ou délais excessifs.
Filiale n’a pas un caractère significatif par
Exclusion facultative (1)
rapport aux comptes consolidés.
(1) Pas écrit dans la norme IFRS 10, mais fait partie du cadre conceptuel des normes IFRS.
(2) Par exemple, les groupes ayant des participations au Venezuela, confronté à une crise économique et politique, ne
peuvent pas les exclure du périmètre de consolidation en normes IFRS, alors que c’est possible en normes françaises.

2 Détermination du pourcentage de contrôle


Avant toutes choses, il faut bien distinguer :
– le pourcentage de contrôle qui permet de définir le périmètre de consolidation et la méthode
de consolidation à utiliser ;
– le pourcentage d’intérêts qui représente la quote-part de la société consolidante dans les
capitaux propres de la société consolidée.
Le pourcentage de droit de vote ou pourcentage de contrôle est l’un des critères essentiels pour
déterminer le contrôle exclusif, le contrôle conjoint ou l’influence notable.
La société mère ou société consolidante ne détient pas toujours une participation directe dans
la société à consolider. Elle détient souvent des participations dans les sociétés à consolider au
travers d’autres sociétés (détention indirecte). De plus, avec l’existence d’actions spécifiques et
de clauses particulières, le pourcentage de droit de vote n’est pas toujours facile à calculer.

200

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Détermination du périmètre de consolidation

A Détention directe et indirecte

Selon le CRC 99-02 § 10 050, « les contrôles exclusif et conjoint et l’influence notable s’entendent,
dans tous les cas, directement ou indirectement. Ainsi pour l’appréciation des droits de vote dont
6
dispose une entreprise dans les assemblées d’une autre entreprise, il doit être fait masse de l’ensemble
des droits de vote attachés aux actions détenues par l’entreprise consolidante et par toutes les
entreprises qu’elle contrôle de manière exclusive ».

Chapitre
En d’autres termes, le contrôle de la société consolidante se propage dans l’arborescence des
sociétés du périmètre tant que ces sociétés sont contrôlées de manière exclusive.
Les schémas suivants illustrent cet article du CRC 99-02.
Illustration 1

Schéma 1 : Avec une participation de 70 %, M exerce un contrôle exclusif sur A. Par conséquent, nous pouvons retenir
le contrôle de A sur C à hauteur de 60 %.
Au final, M exerce un contrôle exclusif sur C à hauteur de 70 % (60 + 10).
Schéma 2 : Avec une participation de 30 %, M exerce une influence notable sur A. Par conséquent, nous ne pouvons
pas retenir le contrôle de A sur C à hauteur de 60 %, car A n’est pas contrôlée de manière exclusive.
Au final, C est hors périmètre, car la participation directe de M sur C (10 %) est insuffisante.

B Calcul des droits de vote détenus


En règle générale, les droits de vote sont assez faciles à calculer car normalement, à chaque
action est attaché un droit de vote. Mais, il existe des situations particulières qui modifient cette
règle de base.

Selon le CRC 99-02 § 10 051, « pour le calcul (...) des droits de vote détenus, il convient de tenir compte :
– des actions à droit de vote double,
– des certificats de droit de vote créés lors de l’émission de certificats d’investissement,
– des titres faisant l’objet d’engagements ou de portage 1 fermes détenus pour le compte de
l’entreprise consolidante ».

1 Selon le CRC 99-02 § 10 051 le terme « portage » recouvre un ensemble d’opérations par lesquelles une entreprise
a l’obligation d’acheter des titres à un porteur au terme d’une période et à un prix déterminés à l’avance, ce porteur
ayant l’obligation de les lui vendre. Ces titres sont considérés comme détenus pour le compte de l’entreprise
consolidante, et leurs droits de vote sont à ajouter à ceux déjà détenus par l’entreprise consolidante.

201

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Nous pouvons y ajouter les actions détenues par l’usufruitier (démembrement du droit de
propriété) qui ont généralement le droit de vote en assemblée générale ordinaire.
Rappelons que les droits de vote à prendre en compte dans la détermination du périmètre sont
les droits de vote détenus en assemblée générale ordinaire et non ceux détenus en assemblée
générale extraordinaire (Bull. CNCC n° 117, mars 2000, EC 99-81, p. 85 s.).

IAS/IFRS
Les normes IFRS 10 et IAS 28 précisent qu’il faut prendre en compte, dans le calcul des droits de vote,
les droits de vote potentiels qui sont actuellement exerçables ou convertibles.

3 Détermination du pourcentage d’intérêts


Il faut bien distinguer :
– le pourcentage de contrôle qui permet de définir le périmètre de consolidation et la méthode
de consolidation à utiliser ;
– le pourcentage d’intérêts qui représente la quote-part de la société consolidante dans les
capitaux propres de la société consolidée.
Dans le processus de consolidation, le calcul des pourcentages d’intérêts est important car il
représente la contribution, la quote-part financière des sociétés consolidées aux réserves et
résultat de la société consolidante. Le pourcentage d’intérêts impacte donc directement la
performance du groupe.
Malheureusement, le règlement CRC 99-02 ne fournit aucune précision sur la détermination du
pourcentage d’intérêts.
Selon le Mémento comptes consolidés Francis Lefebvre, « l’expression “pourcentage d’intérêts”,
exprime la part de capital détenue par l’entreprise consolidante, directement et indirectement,
dans les entreprises du périmètre. Le pourcentage d’intérêts se calcule donc uniquement pour
les entreprises faisant partie du groupe ».

A Par ticipation directe


Dans le cas d’une participation directe, le pourcentage d’intérêts dans l’entreprise consolidée
correspond au pourcentage de participation au capital.

B Par ticipation indirecte


Dans le cas d’une participation indirecte, le pourcentage d’intérêts dans l’entreprise consolidée
est obtenu en multipliant le pourcentage de participation au capital de chaque entreprise
constituant la chaîne.

202

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Détermination du périmètre de consolidation

Nous illustrons notre propos à l’aide de ces trois schémas.

Chapitre
Schéma 3

Méthode de
Sociétés % de contrôle Type de contrôle % d’intérêts
consolidation
A 60 Contrôle exclusif Intégration globale 60
B 70 Contrôle exclusif Intégration globale 42 (1)
(1) 60 Z 70 = 42

B est sous contrôle exclusif. Le pourcentage d’intérêts de M dans B est de 42 %


Schéma 4

Méthode de
Sociétés % de contrôle Type de contrôle % d’intérêts
consolidation
A Intégration
20 Contrôle conjoint 20
proportionnelle
B Hors périmètre
B est hors-périmètre. Il est inutile de calculer le pourcentage d’intérêts.
Schéma 5

Méthode de
Sociétés % de contrôle Type de contrôle % d’intérêts
consolidation
A Mise en
20 Influence notable 20
équivalence
B Hors périmètre
B est hors-périmètre. Il est inutile de calculer le pourcentage d’intérêts.

203

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C Par ticipation indirecte et directe


Dans le cas d’une participation directe et indirecte dans une société du groupe, pour calculer le
pourcentage d’intérêts, il faut distinguer si dans la chaîne de participations indirectes, une des
sociétés est :
– sous contrôle exclusif (schéma 5)
– sous contrôle conjoint (schéma 6)
– sous influence notable (schéma 7)
Dans le cas d’une participation indirecte (en plus d’une participation directe) par l’intermédiaire
d’une société sous contrôle exclusif ou conjoint, le pourcentage d’intérêts de l’entreprise
consolidante est obtenu en additionnant :
– le pourcentage d’intérêts de la participation directe ;
– le pourcentage d’intérêts obtenu en multipliant le pourcentage de participation au capital de
chaque entreprise constituant la chaîne.
Dans le cas d’une participation indirecte (en plus d’une participation directe) par l’intermédiaire
d’une société sous influence notable, le pourcentage d’intérêts de l’entreprise consolidante est
obtenu en additionnant :
e le pourcentage d’intérêts de la participation directe ;
e selon le choix de l’entreprise :
– le pourcentage d’intérêts obtenu en multipliant le pourcentage de participation au capital de
chaque entreprise constituant la chaîne (conforme à l’approche par palier) ;
– aucun pourcentage d’intérêts.

IAS 28 : Participations dans des entreprises associées et des coentreprises


§ 27 « La part d’un groupe dans une entreprise associée ou une coentreprise est l’agrégation des
participations dans l’entreprise associée ou la coentreprise détenues par la société mère et ses filiales.
À cette fin, les participations détenues par les autres entreprises associées ou coentreprises du
groupe ne sont pas prises en compte. »

En d’autres termes, selon le référentiel IFRS, dans le cas de participation directe et indirecte, le
pourcentage d’intérêts indirects n’est retenu que si la participation indirecte est sous contrôle
exclusif.
Calcul du pourcentage d’intérêts dans le cas de participations directes et indirectes

CRC 99-02 IFRS


Participation indirecte via
contrôle exclusif % d’intérêts retenu obligatoirement
Participation indirecte via % d’intérêts retenu
contrôle conjoint obligatoirement
Participation indirecte via
influence notable % d’intérêts retenu sur option

204

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Chapitre
Schéma 6
Méthode de
Sociétés % de contrôle Type de contrôle % d’intérêts
consolidation
A 60 Contrôle exclusif Intégration globale 60
B 95 Contrôle exclusif Intégration globale 67 (1)
(1) 60 Z 70 + 25 = 67

A est sous contrôle exclusif


B est sous contrôle exclusif.
Le pourcentage d’intérêts de M dans B est de 60 Z 70 + 25 = 67 car :
– B est dans le périmètre ;
– A est sous contrôle exclusif.
Schéma 7
% de Type de % d’intérêts % d’intérêts
Sociétés Méthode de consolidation
contrôle contrôle CRC 99-02 IFRS
Contrôle Intégration proportionnelle /
A 20 20 20
conjoint Mise en équivalence (IFRS)
Influence
B 25 Mise en équivalence 39 (1) 25
notable
(1) 20 Z 70 + 25 = 39

A est sous contrôle conjoint.


B est sous influence notable à hauteur de 25 % car seuls les droits de vote de M sur B comptent
dans la détermination du pourcentage de contrôle.
Selon le CRC 99-02, le pourcentage d’intérêts de M dans B est de 39 % (20 Z 70 + 25) car :
– B est dans le périmètre ;
– A est sous contrôle conjoint.
Selon les IFRS, le pourcentage d’intérêts de M dans B est de 25 % car :
– B est dans le périmètre ;
– A n’est pas sous contrôle exclusif et A est consolidée selon la méthode de la mise en équivalence.

205

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Schéma 8
Type de Méthode de % d’intérêts % d’intérêts
Sociétés % de contrôle
contrôle consolidation CRC 99-02 IFRS
Influence Mise en
A 20 20 20
notable équivalence
Influence Mise en
B 25 39 ou 25 (1) 25
notable équivalence
(1) 20 Z 70 + 25 = 39

A est sous influence notable.


B est sous influence notable à hauteur de 25 % car seuls les droits de vote de M sur B comptent
dans la détermination du pourcentage de contrôle.
Selon le CRC 99-02, le pourcentage d’intérêts de M dans B est de 39 % (20 Z 70 + 25) ou 25 %
selon le choix de la société consolidante car :
– B est dans le périmètre ;
– A est sous influence notable.
Selon les IFRS, le pourcentage d’intérêts de M dans B est de 25 % car :
– B est dans le périmètre ;
– A n’est pas sous contrôle exclusif.

D Appartenance à plusieurs groupes

Selon le CRC 99-02 § 1 000, « toutes les entreprises contrôlées (contrôle exclusif ou contrôle conjoint)
ou sous influence notable doivent être consolidées » , mais le règlement ne précise pas si une société
peut être consolidée dans plusieurs groupes.

Le schéma 9 présente une situation dans laquelle des sociétés sont consolidées dans plusieurs
groupes.
Schéma 9

(1) La société C est contrôlée conjointement par A et la société Romedge.


Les deux tableaux suivants présentent les périmètres des groupes M et N.

206

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Détermination du périmètre de consolidation

Périmètre du groupe M

Sociétés

A
% de
contrôle
60
Type de contrôle

Contrôle exclusif
Méthode de consolidation

Intégration globale
% d’intérêts

60
6
B 30 Influence notable Mise en équivalence 18
C 30 Contrôle conjoint Intégration proportionnelle 18

Chapitre
Périmètre du groupe N

% de
Sociétés Type de contrôle Méthode de consolidation % d’intérêts
contrôle
A 30 Influence notable Mise en équivalence 30
B 60 Contrôle exclusif Intégration globale 60
C 25 Influence notable Mise en équivalence 25
Comme vous le constatez, la société A est consolidée en :
– intégration globale dans le groupe M ;
– mise en équivalence dans le groupe N.
De même, la société B est consolidée en :
– mise en équivalence dans le groupe M ;
– intégration globale dans le groupe N.
Enfin, la société C est consolidée en :
– intégration proportionnelle dans le groupe M ;
– en mise en équivalence dans le groupe N.

Ainsi, une société peut donc être consolidée dans plusieurs groupes, mais il y a des limites :
– une société ne peut pas être contrôlée de manière exclusive par deux groupes ;
– une société ne peut pas être contrôlée de manière exclusive par une société et de manière
conjointe par une autre.
Le tableau suivant présente l’ensemble des cas de figure, compatibles et non compatibles :

Groupe X Groupe Y Groupe Z


Combinaisons A Contrôle exclusif Influence notable Influence notable
possibles B Contrôle conjoint Contrôle conjoint Influence notable
Combinaisons C Contrôle exclusif Contrôle exclusif
impossibles D Contrôle exclusif Contrôle conjoint
Ainsi, la société A peut être contrôlée par le groupe X et sous influence notable du groupe Y et
du groupe Z.

4 Approfondissement : les situations complexes


Dans la détermination du périmètre de consolidation, le consolidateur peut être face à des
situations complexes comme le cas :
– des sociétés ad hoc ;
– des participations réciproques ;
– ou l’existence de fortes relations entre des sociétés, sans l’existence de participations
financières.

207

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A Les sociétés ad hoc


À des fins d’optimisation de leurs états financiers consolidés, certains groupes essaient de sortir
des sociétés du périmètre de consolidation. Pour cela, ils créent des sociétés spécifiques dans
lesquelles ils viennent héberger les actifs et/ou dettes qu’ils ne veulent plus voir apparaître dans
les états financiers du groupe et excluent par des artifices juridiques ces sociétés spécifiques.

Le CRC 99-02 § 10 052 définit une entité ad hoc comme « une structure juridique distincte, créée
spécifiquement pour gérer une opération ou un groupe d’opérations similaires pour le compte d’une
entreprise. L’entité ad hoc est structurée ou organisée de manière telle que son activité n’est en fait
exercée que pour le compte de cette entreprise, par mise à disposition d’actifs ou fourniture de biens,
de services ou de capitaux.
Une entité ad hoc est comprise dans le périmètre de consolidation dès lors qu’une ou plusieurs
entreprises contrôlées ont en substance en vertu de contrats, d’accords, de clauses statutaires, le
contrôle de l’entité.
Afin de déterminer l’existence de ce contrôle, il est nécessaire d’apprécier l’économie d’ensemble de
l’opération à laquelle l’entité ad hoc participe et d’analyser les caractéristiques de la relation entre
cette dernière et l’entité consolidante.
Dans cette optique, les critères suivants seront pris en considération :
1. l’entreprise dispose en réalité des pouvoirs de décision, assortis ou non des pouvoirs de gestion sur
l’entité ad hoc ou sur les actifs qui la composent, même si ces pouvoirs ne sont pas effectivement
exercés. Elle a par exemple la capacité de dissoudre l’entité, d’en changer les statuts, ou au contraire
de s’opposer formellement à leur modification ;
2. l’entreprise a, de fait, la capacité de bénéficier de la majorité des avantages économiques de l’entité,
que ce soit sous forme de flux de trésorerie ou de droit à une quote-part d’actif net, de droit de
disposer d’un ou plusieurs actifs, de droit à la majorité des actifs résiduels en cas de liquidation ;
3. l’entreprise supporte la majorité des risques relatifs à l’entité ; tel est le cas si les investisseurs
extérieurs bénéficient d’une garantie, de la part de l’entité ou de l’entreprise, leur permettant de
limiter de façon importante leur prise de risques ».

Si deux des trois critères sont satisfaits, alors la société ad hoc est considérée comme contrôlée
et elle doit faire partie du périmètre du groupe. La méthode de consolidation retenue est donc
la méthode de l’intégration globale et le pourcentage d’intérêts des minoritaires peut aller
jusqu’à 100 % lorsque la société consolidante ne détient aucune action.

IFRS 10 : États financiers consolidés


§ 7 « L’investisseur contrôle une entité faisant l’objet d’un investissement si et seulement si tous les
éléments ci-dessous sont réunis :
(a) il détient le pouvoir sur l’entité faisant l’objet d’un investissement ;
(b) il est exposé ou a droit à des rendements variables en raison de ses liens avec l’entité faisant
l’objet d’un investissement ;
(c) il a la capacité d’exercer son pouvoir sur l’entité faisant l’objet d’un investissement de manière
à influer sur le montant des rendements qu’il obtient. »

La norme IFRS 10 s’applique bien sûr aux sociétés ad hoc. Nous renvoyons le lecteur au début
de ce chapitre (contrôle exclusif).

B Les participations réciproques


Même si les participations réciproques ne sont pas souvent présentes au sein des groupes 2 , il
est important d’en comprendre le mécanisme et leur traitement dans les comptes consolidés.

2 Les participations réciproques sont également étudiées dans l’UE 1 sous l’aspect juridique et dans l’UE 2, dans le cadre
des montages juridico-financiers.

208

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Détermination du périmètre de consolidation

Le schéma suivant présente un très bel exemple de participations réciproques. Vous remarquez

6
que les sociétés listées en haut à droite sont des filiales indirectes de la société Bolloré (par
exemple Compagnie du Cambodge ou Financière Moncey).
Organigramme du groupe Bolloré

Chapitre

Rapport annuel de la financière ODET 2017

209

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Partie 3 Comptes de groupe – Traitement des capitaux propres et bilan consolidé

1 Principes généraux de détermination des pourcentages des droits de vote


et d’intérêts
À l’intérieur du groupe, des participations réciproques apparaissent dès lors que nous sommes
en présence de titres d’autocontrôle qui sont :
– soit détenus par l’entreprise consolidante ;
– soit détenus de façon directe ou indirecte par les entreprises contrôlées par l’entreprise
consolidante.

Les titres d’autocontrôle sont encadrés par l’art. L. 233-29 du CC, qui précise qu’« une société par
actions ne peut posséder d’actions d’une autre société, si celle-ci détient une fraction de son capital
supérieure à 10 %.
À défaut d’accord entre les sociétés intéressées pour régulariser la situation, celle qui détient la
fraction la plus faible du capital de l’autre doit aliéner son investissement. Si les investissements
réciproques sont de la même importance, chacune des sociétés doit réduire le sien, de telle sorte qu’il
n’excède pas 10 % du capital de l’autre ».

Par conséquent, une société par actions (M) ne peut pas assurer son propre contrôle par
l’intermédiaire d’une filiale (A) car la participation est plafonnée à 10 %.
Par contre, la société M pourrait organiser son autocontrôle par l’intermédiaire d’une troisième
société (B). Ainsi M détient des actions de A, qui détient des actions de B (autocontrôle indirect).
Afin de limiter les effets de l’autocontrôle et notamment d’empêcher le verrouillage du conseil
d’administration et de l’assemblée générale, l’article L. 233-31 du CC précise que « les droits de
vote attachés à ces actions ne peuvent être exercés à l’assemblée générale de la société. Il n’en
est pas tenu compte pour le calcul du quorum ».
Précisons que :
– seul le droit de vote attaché aux actions d’autocontrôle direct est supprimé ; les dividendes
peuvent toujours être perçus.
– dans le cas d’autocontrôle indirecte, les sociétés ne sont pas tenues de vendre les titres qu’elles
détiennent, même au-delà du seuil de 10 % fixé par la loi (contrairement à l’autocontrôle
directe).
Normalement pour déterminer le pourcentage d’intérêts, il faut résoudre un système d’équa-
tions car dans le cadre d’une participation réciproque, le dividende versé par la société A modifie
le résultat de M, et le résultat de M modifie à son tour le résultat de A. À des fins de simplifications,
nous pouvons utiliser une formule qui permet de calculer le pourcentage d’intérêts dans le cas
de participations réciproques. Cette formule calcule un coefficient qui permet d’ajuster le
pourcentage d’intérêts. Pour déterminer ce coefficient, il faut distinguer les cas où :
– la société consolidante est à l’origine de la participation réciproque (schéma 9) ;
– une entreprise du groupe est à l’origine de la participation réciproque (schéma 10).

210

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Détermination du périmètre de consolidation

2 La société consolidante est à l’origine de la participation réciproque


Illustration
6

Chapitre
Dans le schéma 9, nous sommes face à une participation circulaire (boucle) M-C-D, avec M, la
société consolidante à l’origine de la boucle.
Coefficient d’ajustement : (1 – m) / (1 – c Z d Z m) avec :
– au numérateur : le pourcentage de capital qui n’est pas autocontrôlé (1 – m) ;
– au dénominateur : 1 – le produit des pourcentages de capital des sociétés composant la boucle.
Le pourcentage d’intérêts est ensuite calculé de la manière suivante :
(pourcentage d’intérêts calculés comme s’il n’y avait pas de participations réciproques) Z
(coefficient d’ajustement)
Schéma 9

Sociétés % de contrôle Type de contrôle Méthode de consolidation % d’intérêts


(1)
C c Contrôle exclusif Intégration globale
D d Contrôle exclusif Intégration globale (2)

(1) % intérêts de M dans C : c Z (1 – m) / (1 – c Z dZ m) = c Z coef d’ajustement


(2) % intérêts de M dans D : c Z d Z (1 – m) / (1 – c Z d Z m) = c Z d Z coef d’ajustement

Illustrations

211

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Partie 3 Comptes de groupe – Traitement des capitaux propres et bilan consolidé

Schéma 10

Sociétés % de contrôle Type de contrôle Méthode de consolidation % d’intérêts


A HP
Même si M détient des actions de A et A détient des actions de M, nous ne sommes pas en
présence d’une participation réciproque car aucune des deux sociétés n’exerce un contrôle ou
une influence sur l’autre.
Schéma 11

Sociétés % de contrôle Type de contrôle Méthode de consolidation % d’intérêts


A 60 Contrôle exclusif Intégration globale 57,98
Nous sommes face à une version simpliste d’une participation réciproque. M contrôle A, donc les
actions que A possède de M sont des actions d’autocontrôle.
Coefficient d’ajustement : (1 – 0,08) / (1 – 0,6 Z 0,08) = 0,966
% intérêts de M dans A : 0,6 Z Coef d’ajustement = 0,6 Z 0,966 = 57,98 %
Schéma 12

Sociétés % de contrôle Type de contrôle Méthode de consolidation % d’intérêts


(1)
C 60 Contrôle exclusif Intégration globale
D 70 Contrôle exclusif Intégration globale (2)

(1) % intérêts de M dans C : 0,6 Z Coef d’ajustement = 0,6 Z 0,94 = 56,36 %


(2) % intérêts de M dans D : 0,6 Z 0,7 Z Coef d’ajustement = 0,6 Z 0,7 Z 0,94 = 39,45 %

La société M contrôle C, et C contrôle D à hauteur de 70 %. La société D détient donc des actions


d’autocontrôle sur M.
Coefficient d’ajustement : (1– 0,1) / (1 – 0,6 Z 0,7 Z 0,1) = 0,94

3 Une entreprise du groupe est à l’origine de la participation réciproque


Schéma 13

212

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Détermination du périmètre de consolidation

Dans le schéma 13, nous sommes face à une participation circulaire (boucle) A-C-D, et la société

6
consolidante n’est pas dans la boucle.
Coefficient d’ajustement : 1 / (1 – c Z d Z m) avec :
– au numérateur : 1 car la société mère n’est pas impactée par la participation réciproque ;
– au dénominateur : 1 – le produit des pourcentages de capital des sociétés composant la boucle.
Sociétés % de contrôle Type de contrôle Méthode de consolidation % d’intérêts
A a Contrôle exclusif Intégration globale (1)

Chapitre
C c Contrôle exclusif Intégration globale (2)

D d Contrôle exclusif Intégration globale (3)

(1) % intérêts de M dans A : a Z 1 / (1 – c Z d Z m) = a Z coefficient d’ajustement


(2) % intérêts de M dans C : a Z c Z 1 / (1 – c Z d Z m) = a Z c Z coefficient d’ajustement
(3) % intérêts de M dans D : a Z c Z d Z 1 / (1 – c Z d Z m) = a Z c Z d Z coefficient d’ajustement

Illustrations

Schéma 14
Sociétés % de contrôle Type de contrôle Méthode de consolidation % d’intérêts
A 80 Contrôle exclusif Intégration globale 80
C 60 Contrôle exclusif Intégration globale 48
D HP
M contrôle A et A contrôle C, mais le contrôle s’arrête à C car C ne détient que 15 % de la société D.
D est hors périmètre et il n’y a pas d’actions d’autocontrôle. Le pourcentage d’intérêts se calcule
normalement, sans prendre en compte le coefficient d’ajustement.

213

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Schéma 15

Sociétés % de contrôle Type de contrôle Méthode de consolidation % d’intérêts


(4) (1)
A 88,89 Contrôle exclusif Intégration globale
(2)
C 60 Contrôle exclusif Intégration globale
(3)
D 70 Contrôle exclusif Intégration globale
(1) % intérêts de M dans A :0,8 Z Coef d’ajustement = 0,8 Z 1,043 = 83,51 %
(2) % intérêts de M dans C : 0,8 Z 0,6 Z Coef d’ajustement = 0,8 Z 0,6 Z 1,043 = 50,10 %
(3) % intérêts de M dans D : 0,8 Z 0,6 Z 0,7 Z Coef d’ajustement = 0,8 Z 0,6 Z 0,7 Z 1,043 = 5 %
(4) 80/(100 – 10) = 88,89 car les actions détenues par D sont privées de droits de vote.

M contrôle A, A contrôle C et C contrôle D. D détient bien des actions d’autocontrôle.


Le pourcentage d’intérêts se calcule en utilisant le coefficient d’ajustement.
Coefficient d’ajustement : 1 / (1 – 0,6 Z 0,7 Z 0,1) = 1,043

C Les comptes combinés


Dans la détermination du périmètre de consolidation, le consolidateur peut être face à l’existence
de fortes relations entre des sociétés, sans l’existence de participations financières.
Par exemple, pour Groupama, les liens entre les différentes entités du groupe sont régis :
e dans le pôle Groupama SA, par des relations capitalistiques. Les filiales incluses dans ce pôle
font l’objet d’une consolidation ;
e dans le pôle mutualiste :
– par une convention de réassurance interne liant les caisses régionales à Groupama SA ;
– par un dispositif de sécurité et de solidarité entre l’ensemble des caisses régionales et
Groupama SA (« Convention portant dispositifs de sécurité et de solidarité des Caisses de
réassurance mutuelle agricole adhérentes à la Fédération nationale Groupama »).
Comment prendre en compte, « intégrer » dans les comptes du groupe l’activité du pôle
mutualiste alors qu’il n’y a aucun lien capitalistique entre Groupama et les caisses régionales qui
sont indépendantes ?
Les comptes combinés apportent une réponse car ils comprennent l’ensemble des activités du
Groupe (activité des filiales consolidées dans Groupama SA et activité des Caisses régionales).

Selon le CRC 99-02 § 61, « le lien de combinaison résulte du fait que deux ou plusieurs entités ont, en
vertu de relations suffisamment proches (affectio familiæ) ou d’un accord entre elles, soit une
direction commune, soit des services communs assez étendus pour engendrer un comportement
social, commercial, technique ou financier commun. La simple poursuite d’objectifs communs,
notamment moraux ou sociaux, voire économiques, ne suffit pas à présumer ce lien.
Les critères déterminants du choix du groupe auquel l’entité doit être rattachée sont l’accord des
entités entre elles et l’importance et la durabilité du lien qui sont appréciées en fonction du centre réel
de décision (direction et réseau de distribution) et du niveau d’autonomie de l’entité, c’est-à-dire de
la capacité de l’entité à rompre ce lien unilatéralement et sans compromettre la continuité de son
exploitation.
Par ailleurs, un périmètre de combinaison ne peut reconnaître simultanément plusieurs centres de
décision. Le périmètre de combinaison est constitué par l’ensemble des entités qui sont soit combinées
entre elles, soit consolidées par l’une ou plusieurs des entités combinées ».

214

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Détermination du périmètre de consolidation

SYNTHÈSE

Les entreprises à retenir en vue de l’établissement de comptes consolidés sont :


– l’entreprise consolidante
– les entreprises contrôlées de manière exclusive
6
– les entreprises contrôlées conjointement
– les entreprises sur lesquelles est exercée une influence notable.

Chapitre
Les exclusions du périmètre sont limitées.
Méthodes de consolidation à appliquer selon les types de contrôle

Types de contrôle CRC 99-02 IFRS


Contrôle exclusif Intégration globale Intégration globale
Contrôle conjoint activités Quote-part dans les actifs,
Intégration proportionnelle
conjointes (joint operation) passifs... (1)
Contrôle conjoint coentreprise
Intégration proportionnelle
(joint venture) Mise en équivalence
Influence notable Mise en équivalence
(1) La quote-part peut être différente selon la nature des actifs et passifs. Par exemple 30 % sur les immobilisations
corporelles et 50 % sur les actifs circulants.

Il faut bien distinguer :


– le pourcentage de contrôle qui permet de définir le périmètre de consolidation et la méthode
de consolidation à utiliser ;
– le pourcentage d’intérêts qui représente la quote-part de la société consolidante dans les
capitaux propres de la société consolidée.
Dans la détermination du périmètre de consolidation, le contrôle de la société consolidante
se propage dans l’arborescence des sociétés du périmètre tant que ces sociétés sont
contrôlées de manière exclusive.
Calcul du pourcentage d’intérêts dans le cas de participations directes et indirectes

CRC 99-02 IFRS


Participation indirecte via
contrôle exclusif % d’intérêts retenu obligatoirement
Participation indirecte via % d’intérêts retenu
contrôle conjoint obligatoirement
Participation indirecte via
influence notable % d’intérêts retenu sur option

215

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APPLICATIONS

EXO 06.01 Questions

Répondre aux questions suivantes.


1. Quels sont les types de contrôle possibles sur une société ?
2. Donnez deux situations dans lesquelles nous sommes face à un contrôle exclusif en normes
françaises ?
3. Dans quelles situations sommes-nous face à un contrôle conjoint en normes françaises ?
4. Dans quelles situations sommes-nous face à une influence notable en normes françaises ?
5. En CRC 99-02, quelles sont les trois méthodes de consolidation ?
6. Quelles sont les différences entre le contrôle conjoint selon le CRC 99-02 et le contrôle
conjoint en IFRS ?
7. Le périmètre du groupe est défini à partir du pourcentage d’intérêts ou du pourcentage de
droits de vote ?
8. Dans le cas d’une participation indirecte (en plus d’une participation directe), quelle est la
différence entre les normes CRC 99-02 et IFRS dans le calcul du pourcentage d’intérêts ?
9. Dans la détermination du périmètre de consolidation, le contrôle de la société consolidante
se propage dans l’arborescence des sociétés du périmètre. À quelle condition ?

216

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Mise en œuvre 7
des méthodes

Chapitre
de consolidation
COMPÉTENCES ATTENDUES
Ù Savoir consolider, dans un cadre simplifié, une société
mise en équivalence.
Ù Savoir consolider, dans un cadre simplifié, une société
en intégration proportionnelle.
Ù Savoir consolider, dans un cadre simplifié, une société
en intégration globale.
Ù Maîtriser les différences et similitudes entre les trois
méthodes de consolidation.

Le processus de consolidation est constitué d’un ensemble d’étapes dont l’ordre est immuable.
Si l’élaboration des états financiers selon l’une des trois méthodes de consolidation est la
dernière étape de ce processus, nous allons présenter dès maintenant, de manière très simple,
les trois méthodes de consolidation. En effet, l’objectif de ce chapitre est de montrer comment
les états financiers d’une entreprise dans le périmètre de consolidation sont repris dans les
comptes consolidés selon la méthode de consolidation retenue. Le lecteur sera ainsi mieux à
même de comprendre les chapitres suivants sur les retraitements d’homogénéisation et sur les
éliminations des opérations réciproques et des résultats internes car il aura compris la finalité
du processus de consolidation. Rappelons également que l’objectif des comptes consolidés est
de présenter la situation financière d’un groupe de sociétés comme s’il ne formait qu’une seule
société.

217

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PLAN DU CHAPITRE

1 Les méthodes de consolidation

2 Illustrations des trois méthodes de consolidation


A Détermination de la valeur comptable de l’entreprise ou de son actif net
comptable
B Mise en équivalence
C L’intégration proportionnelle
D L’intégration globale
Synthèse
3 Comparaison des 3 méthodes de consolidation
APPLICATIONS P. 230
4 Applications

218

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Mise en œuvre des méthodes de consolidation

1 Les méthodes de consolidation

Selon le CRC 99-02, « les méthodes de consolidation sont :


7
– pour les entreprises sous contrôle exclusif : l’intégration globale ;
– pour les entreprises sous contrôle conjoint : l’intégration proportionnelle ;
– pour les entreprises sous influence notable : la mise en équivalence ».

Chapitre
Quelle que soit la méthode de consolidation retenue, la consolidation consiste à remplacer les
titres de participation de la société à consolider qui sont valorisés au coût historique par la
quote-part de la société détentrice dans cette société au jour de la consolidation. La consoli-
dation réévalue donc la participation de la société détentrice dans la société consolidée à la
dernière valeur comptable des capitaux propres. L’objectif de la consolidation est de fournir
une image plus détaillée et plus précise de la situation économique et financière du groupe et
non une situation patrimoniale.
En fonction de la méthode de consolidation retenue, la quote-part de la société détentrice dans
la société consolidée se matérialise de manière différente :
– en mise en équivalence, nous retenons la quote-part de la société détentrice dans les capitaux
propres de la société consolidée ;
– en intégration proportionnelle, nous intégrons la quote-part de la société détentrice dans tous
les actifs et passifs, excepté les capitaux propres ;
– en intégration globale, nous intégrons la totalité des actifs et passifs (excepté les capitaux
propres) de la société consolidée et des intérêts minoritaires sont constatés.
Le remplacement des titres de participation valorisés au coût historique par la quote-part de la
société détentrice dans les capitaux propres de la société consolidée à la date de la consolidation,
va générer une différence qui traduit l’accroissement de la valeur comptable de la société
consolidée depuis son acquisition.
Quelle que soit la méthode de consolidation retenue, cette différence est reportée dans les
capitaux propres de la société mère dans les postes réserves consolidées (quote-part des
réserves depuis l’acquisition de la société) et résultat consolidé (quote-part du résultat de
l’année). L’élaboration du tableau de partage des capitaux propres permet d’obtenir très
rapidement le montant des réserves consolidées et du résultat consolidé.

IFRS 11 : Partenariats
Pour le contrôle conjoint, la méthode de l’intégration proportionnelle n’existe plus dans les normes
IAS/IFRS depuis le 1er janvier 2014 et l’application de la nouvelle norme IFRS 11 « Partenariats ».
Cette norme distingue dans le contrôle conjoint :
– la coentreprise (joint venture) qui sera consolidée selon la méthode de la mise en équivalence ;
– les activités conjointes (joint operation) dont la quote-part dans les actifs, passifs, charges et
produits sera intégrée dans les comptes consolidés. Cette méthode bien que ressemblante
à l’intégration proportionnelle est en fait bien différente car la quote-part du coparticipant
peut varier selon la nature des postes intégrés. Ainsi, la quote-part peut être de 30 % pour
certains actifs et 50 % pour d’autres actifs. De même pour les postes du passif ou du compte de
résultat.

219

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Partie 3 Comptes de groupe – Traitement des capitaux propres et bilan consolidé

2 Illustrations des trois méthodes de consolidation


L’élaboration des états financiers consolidés est la dernière étape du processus de consolida-
tion. Afin d’illustrer simplement les trois méthodes de consolidation, nous considérons dans nos
exemples que :
1) l’établissement des comptes consolidés ne nécessite pas dans les comptes de la mère et de
la société consolidée :
– de retraitement d’homogénéisation (hypothèse 1) ;
– d’élimination d’opérations réciproques et de résultats internes (hypothèse 2) ;
2) la société détentrice (mère) a acheté la société consolidée à sa quote-part dans les capitaux
propres à la date de l’acquisition (hypothèse 3) ;
3) la société détentrice (mère) détient 42 % de la société consolidée et qu’il est possible de la
consolider selon l’une des trois méthodes de consolidation :
– la méthode de la mise en équivalence ;
– la méthode de l’intégration proportionnelle ;
– la méthode de l’intégration globale.
En effet, comme nous l’avons vu dans le chapitre consacré à la détermination du périmètre de
consolidation, dans certaines situations, un même pourcentagede participation dans une société
peut conduire à consolider la société selon l’une des 3 méthodes. Mais, en aucun cas, le groupe
ne choisit librement la méthode de consolidation. Le choix de la méthode de consolidation
dépend du contrôle de la société mère sur la société consolidée.
Dans nos exemples, nous nous plaçons dans ces situations particulières pour bien montrer les
conséquences de l’application de l’une de ces trois méthodes sur :
– la présentation des états financiers consolidés ;
– la valorisation de la société consolidée.
Car n’oublions pas que l’objectif des comptes consolidés est de fournir une image plus pertinente
de la situation économique et financière du groupe.
Le premier point sera consacré à un rappel sur la détermination du montant des capitaux propres
ou actif net comptable.

A Détermination de la valeur comptable de l’entreprise ou de son actif net


comptable
Voici le bilan de la société MuCa au 31/12/N. Quelle est la valeur de cette société ?
Bilan de MuCa au 31/12/N

Actif Passif
Camaro 90 Capital social 40
Actifs circulants 10 Réserves 15
Résultat 5
Dettes 40
Total 100 Total 100
Il existe deux méthodes pour calculer à partir du bilan la valeur de la société ou son actif net
comptable ou le montant de ses capitaux propres :
– soit directement à partir du montant de ses capitaux propres : 40 + 15 + 5 = 60 ;
– soit indirectement, en soustrayant aux actifs le montant des dettes : 100 – 40 = 60.

220

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Mise en œuvre des méthodes de consolidation

Ainsi, si un actionnaire détient 42 % de la société MuCa, sa quote-part dans l’actif net comptable

7
de la société peut s’exprimer sous deux formes :
– 42 % Z 60 (total des capitaux propres) = 25,2
– 42 % Z 100 (total actifs) – 42 % Z 40 (total dettes) = 25,2
Sa quote-part dans cette société est toujours égale à 25,2 ; mais elle se matérialise de manières
différentes.
Dans la suite de l’ouvrage, nous utilisons indifféremment les terminologies suivantes :

Chapitre
– actif net comptable ;
– capitaux propres ;
– valeur comptable de l’entreprise.
B Mise en équivalence
Voici les états financiers de la mère et de la société consolidée au 31/12/N.
Bilan de la Mère au 31/12/N
Actif Passif
Bâtiment 1 000 Capital social 600
Titres de participation (42 % MuCa) (1) 18 Réserves 250
Actifs circulants 50 Résultat 60
Dettes 158
Total 1 068 Total 1 068
(1) Prix payé le 1/7/N– 3 sur la base des capitaux propres.

Bilan de MuCa au 31/12/N


Actif Passif
Camaro 90 Capital social 40
Actifs circulants 10 Réserves 15
Résultat 5
Dettes 40
Total 100 Total 100
La mère détient une participation de 42 % dans la société MuCa. En l’absence d’informations
complémentaires, nous considérons que la société mère exerce une influence notable sur la
société MuCa. La méthode de consolidation retenue est donc la mise en équivalence.

Selon le CRC 99-02 (§ 1102), la mise en équivalence consiste à :


1) « éliminer les opérations et comptes entre l’entreprise mise en équivalence et les autres entreprises
consolidées dans les conditions définies par le CRC ;
2) substituer à la valeur comptable des titres détenus, la quote-part des capitaux propres, y compris
le résultat de l’exercice déterminé d’après les règles de consolidation. »

Par hypothèse simplificatrice, nous avons supposé l’absence de retraitements. Le point 1)


ci-avant est donc sans objet.
Pour effectuer le point 2), nous utilisons le tableau de partage des capitaux propres qui permet :
e de déterminer :
– la nouvelle valeur comptable des titres de participation ;
– les réserves consolidées ;
– le résultat consolidé ;
e d’éliminer les titres de participation.

221

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Partie 3 Comptes de groupe – Traitement des capitaux propres et bilan consolidé

Tableau de partage des capitaux propres de MuCa


Postes Total 42 %
Capital 40,0 16,8
Réserves 15,0 6,3
Capitaux propres hors résultat 23,1 (1)
Élimination des titres de participations 18,0 (2)
Réserves consolidées 5,1 (3)
Partage du résultat 5,0 2,1 (4)
La quote-part de la mère dans les capitaux propres de la société MuCa, y compris le résultat de
l’exercice, est égale 25,2 (23,1 + 2,1). C’est la nouvelle valeur comptable de la participation qui
sera inscrite dans le compte « titres mis en équivalence ». En contrepartie, le compte « Titres
de participation » est soldé. La différence de valorisation se retrouve dans les réserves
consolidées et le résultat consolidé.
Les réserves consolidées (3) égales à 5,1 sont obtenues par différence entre :
– la quote-part de la société mère dans les capitaux propres avant résultat au 31/12/N de la
société MuCa (1) et
– le prix payé (quote-part dans les capitaux propres à la date de l’acquisition) de la société MuCa
par la mère (2).
Les réserves consolidées correspondent à la quote-part de la mère dans l’accroissement des
capitaux propres de la société MuCa depuis son acquisition, avant prise en compte du résultat
de l’année.
Remarque. Autre formulation : les réserves consolidées correspondent à la quote-part de la mère dans l’accroissement des
réserves depuis l’acquisition de la société MuCa.

Le résultat consolidé (4), égal à 2,1 et correspond à la quote-part de la mère dans le résultat de
l’année N.
L’établissement du bilan consolidé consiste à :
– remplacer la valeur d’origine des titres de participation par la quote-part de la mère dans les
capitaux propres de la société consolidée à la date de la consolidation (titres mis en
équivalence) ;
– reporter les réserves consolidées ;
– reporter le résultat consolidé.
BILAN consolidé Mère + MuCa (selon la méthode de la mise en équivalence)

Avant Après Avant Après


Retrai- Retrai-
Postes retrai- retrai- Postes retrai- retrai-
tements tements
tements tements tements tements
Bâtiment 1 000,0 1 000,0 Capital 600,0 600,0
Titres de 18,0 – 18,0 0,0 Réserves 250,0 5,1 255,1
participation consolidées
ME
Titres mis en 25,2 25,2 Résultat 60,0 2,1 62,1
équivalence ME consolidé

Actifs 50,0 50,0 Dettes 158,0 158,0


circulants
Total 1 068,0 7,2 1 075,2 Total 1 068,0 7,2 1 075,2

222

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Mise en œuvre des méthodes de consolidation

Cette méthode modifie les postes :

7
– titres de participation ;
– réserves consolidées ;
– résultat consolidé.

IAS/IFRS
Pas de différence par rapport au règlement CRC 99-02.

Chapitre
C L’intégration propor tionnelle
Voici les états financiers de la mère et de la société consolidée au 31/12/N.
Bilan de la Mère au 31/12/N
Actif Passif
Bâtiment 1 000 Capital social 600
Titres de participation
(42 % de MuCa) (1) (2) 18 Réserves 250
Actifs circulants 50 Résultat 60
Dettes 158
Total 1 068 Total 1 068
(1) Prix payé le 1/7/N– 3 sur la base des capitaux propres.
(2) La société Mère et la société PoMe contrôlent conjointement la société MuCa.

Bilan de MuCa au 31/12/N


Actif Passif
Camaro 90 Capital social 40
Actifs circulants 10 Réserves 15
Résultat 5
Dettes 40
Total 100 Total 100
La mère détient une participation de 42 % dans la société MuCa. Selon la note (2), nous
considérons que la société mère exerce un contrôle conjoint sur la société MuCa. La méthode
de consolidation retenue est donc l’intégration proportionnelle.

Selon le CRC 99-02 (§ 1101), l’intégration proportionnelle consiste à :


1) « éliminer les opérations et comptes entre l’entreprise intégrée proportionnellement et les autres
entreprises consolidées dans les conditions définies par le CRC ;
2) intégrer dans les comptes de l’entreprise consolidante la fraction représentative de ses intérêts
dans les comptes de l’entreprise consolidée, après retraitements éventuels ; aucun intérêt minoritaire
n’est donc constaté ».

IFRS 11 : Partenariats
La méthode de l’intégration proportionnelle n’existe plus dans les normes IAS/IFRS depuis le
1/01/2014 et l’application de la nouvelle norme IFRS 11 « Partenariats ».

Par hypothèse simplificatrice, nous avons supposé l’absence de retraitements. Le point 1) est
donc sans objet.

223

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Partie 3 Comptes de groupe – Traitement des capitaux propres et bilan consolidé

Pour effectuer le point 2), nous utilisons le tableau de partage des capitaux propres qui permet :
e de déterminer ;
– les réserves consolidées ;
– le résultat consolidé ;
e d’éliminer les titres de participation.
Tableau de partage des capitaux propres de MuCa
Postes Total 42 %
Capital 40,0 16,8
Réserves 15,0 6,3
Capitaux propres hors résultat 23,1 (1)
Élimination des titres de participations 18,0 (2)
Réserves consolidées 5,1 (3)
Partage du résultat 5,0 2,1 (4)
Les réserves consolidées (3) égales à 5,1 sont obtenues par différence entre :
– la quote-part de la société détentrice dans les capitaux propres avant résultat au 31/12/N de
la société MuCa (1) et
– le prix payé (quote-part dans les capitaux propres à la date de l’acquisition) de la société MuCa
par la mère (2).
Les réserves consolidées correspondent à la quote-part de la mère dans l’accroissement des
capitaux propres de la société MuCa depuis son acquisition, avant prise en compte du résultat
de l’année.
Remarque. Autre formulation : les réserves consolidées correspondent à la quote-part de la mère dans l’accroissement des
réserves depuis l’acquisition de la société MuCa.
Le résultat consolidé (4) égal à 2,1 et correspond à la quote-part de la mère dans le résultat de
l’année N.
L’établissement du bilan consolidé consiste à :
– intégrer dans le bilan de la mère, la quote-part de la société mère dans tous les actifs et passifs
(excepté les capitaux propres) ;
– éliminer les titres de participation ;
– reporter les réserves consolidées ;
– reporter le résultat consolidé.
BILAN consolidé Mère + MuCa (selon la méthode de l’intégration proportionnelle)
Avant Après Avant Après
Retrai- Retrai-
Postes retrai- retrai- Postes retrai- retrai-
tements tements
tements tements tements tements
Bâtiment 1 000,0 1 000,0 Capital 600,0 600,0
Camaro 37,8 (1) 37,8 Réserves 250,0 5,1 255,1
consolidées
Titres de 18,0 – 18,0 0,0 Résultat 60,0 2,1 62,1
participation IP consolidé
Actifs circulants 50,0 4,2 (2) 54,2 Dettes 158,0 16,8 (3) 174,8
Total 1 068,0 24,0 1 092,0 Total 1 068,0 24,0 1 092,0
(1) 37,8 = 42 % Z 90
(2) 4,2 = 42 % Z 10
(3) 16,8 = 42 % Z 40

224

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Mise en œuvre des méthodes de consolidation

Nous intégrons les actifs et les dettes de MuCa selon le pourcentage d’intérêts de la société mère,

7
soit ici 42 %.

D L’intégration globale
Voici les états financiers de la mère et de la société consolidée au 31/12/N.
Bilan de la Mère au 31/12/N

Actif Passif

Chapitre
Bâtiment 1 000 Capital social 600
Titres de participation (42 % de Réserves
MuCa) (1) (2) 18 250
Actifs circulants 50 Résultat 60
Dettes 158
Total 1 068 Total 1 068
(1) Prix payé le 1/7/N– -3 sur la base des capitaux propres.
(2) La société Mère nomme la majorité des membres du conseil d’administration de la société MuCa.

Bilan de MuCa au 31/12/N

Actif Passif
Camaro 90 Capital social 40
Actifs circulants 10 Réserves 15
Résultat 5
Dettes 40
Total 100 Total 100
La mère détient une participation de 42 % dans la société MuCa. Selon la note (2), nous
considérons que la société mère exerce un contrôle exclusif sur la société MuCa. La méthode de
consolidation retenue est donc l’intégration globale.

Selon le CRC 99-02 (§ 1100), l’intégration globale consiste à :


1) « intégrer dans les comptes de l’entreprise consolidante les éléments des comptes des entreprises
consolidées, après retraitements éventuels ;
2) éliminer les opérations et comptes entre l’entreprise intégrée globalement et les autres entreprises
consolidées ;
3) répartir les capitaux propres et le résultat entre les intérêts de l’entreprise consolidante et les
intérêts des autres actionnaires ou associés dits « intérêts minoritaires » ».

Par hypothèse simplificatrice, nous avons supposé l’absence de retraitements. Le point 2) est
donc sans objet.
Pour effectuer le point 3), nous utilisons le tableau de partage des capitaux propres qui permet :
e de déterminer :
– les réserves consolidées ;
– le résultat consolidé ;
– les intérêts minoritaires ;
e d’éliminer les titres de participation.

225

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Partie 3 Comptes de groupe – Traitement des capitaux propres et bilan consolidé

Tableau de partage des capitaux propres de MuCa


Postes Total 42 % 58 %
Capital 40,0 16,8 23
Réserves 15,0 6,3 9
Capitaux propres hors résultat 23,1 (1) 31,9 (5)
Élimination des titres de participations 18,0 (2)
Réserves consolidées 5,1 (3)
Partage du résultat 5,0 2,1 (4) 3 (6)
Les réserves consolidées (3) égales à 5,1 sont obtenues par différence entre :
– la quote-part de la société mère dans les capitaux propres avant résultat au 31/12/N de la
société MuCa (1) et
– le prix payé (quote-part dans les capitaux propres à la date de l’acquisition) de la société MuCa
par la mère (2).
Les réserves consolidées correspondent à la quote-part de la mère dans l’accroissement des
capitaux propres de la société MuCa depuis son acquisition, avant prise en compte du résultat
de l’année.
Remarque. Autre formulation : les réserves consolidées correspondent à la quote-part de la mère dans l’accroissement des
réserves depuis l’acquisition de la société MuCa.

Le résultat consolidé (4) égal à 2,1 correspond à la quote-part de la mère dans le résultat de
l’année N.
Contrairement aux deux autres méthodes de consolidation, en intégration globale, le tableau de
partage comporte une colonne de plus (dernière colonne du tableau). Cette colonne matérialise
la part des minoritaires dans les capitaux propres de la société consolidée. En effet, comme le
précise le point 1) du CRC 99-02 § 1100, la méthode de l’intégration globale consiste à intégrer
100 % des actifs et passifs de la société consolidée dans le bilan de la société consolidante car
cette dernière à tous les pouvoirs sur les actifs et passifs de la société consolidée (contrôle
exclusif). Or, la société consolidante ne détient pas toujours 100 % de la société consolidée. Il faut
donc matérialiser dans les comptes consolidés la part des actifs et passifs (ou la part des capitaux
propres) qui ne reviennent pas aux majoritaires. Cette part représente les intérêts minoritaires.

Dans notre exemple qui, rappelons-le, est un cas particulier, la société mère détient 42 % des
capitaux propres mais elle a le pouvoir sur les actifs et passifs car elle contrôle la majorité des
membres du conseil d’administration. La part des minoritaires est donc de 58 %.
La part des minoritaires dans les capitaux propres sans le résultat est de 31,9 (5) et la part des
minoritaires dans le résultat de l’année est de 3. Au total, la part des minoritaires est de 34,9 (31,9
+ 3).
L’établissement du bilan consolidé consiste à :
– intégrer dans le bilan de la mère, tous les actifs et passifs (excepté les capitaux propres) de la
société MuCa ;
– éliminer les titres de participation ;
– reporter les réserves consolidées ;
– reporter le résultat consolidé ;
– reporter les intérêts minoritaires qui représentent la quote-part des minoritaires dans les
capitaux propres de la société consolidée.

226

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Mise en œuvre des méthodes de consolidation

BILAN consolidé Mère + MuCa (selon la méthode de l’intégration globale)

Postes
Avant
retrai-
tements
Retrai-
tements
Après
retrai-
tements
Postes
Avant
retrai-
tements
Retrai-
tements
Après
retrai-
tements
7
Bâtiment 1 000,0 1 000,0 Capital 600,0 600,0
Camaro 90,0 90,0 Réserves 250,0 5,1 255,1
consolidées

Chapitre
Titres de 18,0 – 18,0 0,0 Résultat 60,0 2,1 62,1
participation IG consolidé
Intérêts 34,8 34,8
minoritaires
Actifs 50,0 10,0 60,0 Dettes 158,0 40,0 198,0
circulants
Total 1 068,0 82,0 1 150,0 Total 1 068,0 82,0 1 150,0

IAS/IFRS
Pas de différences par rapport au règlement CRC 99-02.

3 Comparaison des 3 méthodes de consolidation


L’objectif des comptes consolidés est de fournir une image plus détaillée et plus précise de la
situation économique et financière du groupe. Dans ce chapitre, en prenant volontairement le
même pourcentage de participation (42 %), nous avons montré les conséquences de l’applica-
tion de l’une des trois méthodes de consolidation sur :
– la présentation des états financiers consolidés ;
– la valorisation de la société consolidée.
Les trois tableaux suivants reprennent les bilans consolidés selon les 3 méthodes de
consolidation :
BILAN consolidé Mère + MuCa (selon la méthode de la mise en équivalence)

Avant Après Avant Après


Retrai- Retrai-
Postes retrai- retrai- Postes retrai- retrai-
tements tements
tements tements tements tements
Bâtiment 1 000,0 1 000,0 Capital 600,0 600,0
Titres de 18,0 – 18,0 0,0 Réserves 250,0 5,1 255,1
participation consolidées
ME
Titres mis en 25,2 25,2 Résultat 60,0 2,1 62,1
équivalence ME consolidé

Actifs 50,0 50,0 Dettes 158,0 158,0


circulants
Total 1 068,0 7,2 1 075,2 Total 1 068,0 7,2 1 075,2

227

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Partie 3 Comptes de groupe – Traitement des capitaux propres et bilan consolidé

BILAN consolidé Mère + MuCa (selon la méthode de l’intégration proportionnelle)

Avant Après Avant Après


Retrai- Retrai-
Postes retrai- retrai- Postes retrai- retrai-
tements tements
tements tements tements tements
Bâtiment 1 000,0 1 000,0 Capital 600,0 600,0
Camaro 37,8 37,8 Réserves 250,0 5,1 255,1
consolidées
Titres de 18,0 – 18,0 0,0 Résultat 60,0 2,1 62,1
participation IP consolidé
Actifs 50,0 4,2 54,2 Dettes 158,0 16,8 174,8
circulants
Total 1 068,0 24,0 1 092,0 Total 1 068,0 24,0 1 092,0

BILAN consolidé Mère + MuCa (selon la méthode de l’intégration globale)

Avant Après Avant Après


Retrai- Retrai-
Postes retrai- retrai- Postes retrai- retrai-
tements tements
tements tements tements tements
Bâtiment 1 000,0 1 000,0 Capital 600,0 600,0
Camaro 90,0 90,0 Réserves 250,0 5,1 255,1
consolidées
Titres de 18,0 – 18,0 0,0 Résultat 60,0 2,1 62,1
participation IG consolidé
Intérêts 34,8 34,8
minoritaires
Actifs 50,0 10,0 60,0 Dettes 158,0 40,0 198,0
circulants
Total 1 068,0 82,0 1 150,0 Total 1 068,0 82,0 1 150,0
Quelle que soit la méthode utilisée, nous constatons que les montants des réserves consolidées
(5,1) et du résultat consolidé (2,1) sont identiques. À pourcentages d’intérêts identiques, la
méthode de consolidation n’a pas d’impact sur la quote-part de la mère dans l’accroissement des
capitaux propres de l’entreprise depuis son acquisition.
Ce qui distingue les 3 méthodes de consolidation c’est la contrepartie des actifs et passifs (hors
capitaux propres) qui sont pris en compte dans le processus de consolidation :
– en mise en équivalence, cette contrepartie se matérialise par une nouvelle valeur comptable
des titres de participation, égale à 25,2 ;
– en intégration proportionnelle, cette contrepartie se matérialise par une augmentation des
actifs de 42 (37,8 + 4,2) et des dettes de 16,8, soit une situation nette comptable de 25,2 ;
– en intégration globale, cette contrepartie se matérialise par une augmentation des actifs de
100 (90 + 10), des dettes de 40 et des intérêts minoritaires pour 34,8, soit une situation nette
comptable de 25,2.
Ainsi, quelle que soit la méthode de consolidation utilisée, la société consolidée est prise en
compte dans les comptes du groupe pour la même valeur comptable, mais cette valeur se
matérialise de manière différente.

228

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Mise en œuvre des méthodes de consolidation

SYNTHÈSE

Ù Selon le CRC 99-02, les méthodes de consolidation sont les suivantes :


– pour les entreprises sous contrôle exclusif, l’intégration globale ;
7
– pour les entreprises sous contrôle conjoint, l’intégration proportionnelle ;
– pour les entreprises sous influence notable, la mise en équivalence.
Ù Quelle que soit la méthode de consolidation retenue, la consolidation consiste à remplacer

Chapitre
les titres de participation de la société à consolider qui sont valorisés au coût historique par
la quote-part de la société détentrice dans cette société au jour de la consolidation. La
consolidation réévalue donc la participation de la société détentrice (mère) dans la société
consolidée à la dernière valeur comptable des capitaux propres.
Ù En fonction de la méthode de consolidation retenue, la quote-part de la société détentrice
dans la société consolidée se matérialise de manière différente :
– en mise en équivalence, nous retenons la quote-part de la société détentrice dans les
capitaux propres de la société consolidée ;
– en intégration proportionnelle, nous intégrons la quote-part de la société détentrice dans
tous les actifs et passifs, excepté les capitaux propres ;
– en intégration globale, nous intégrons la totalité des actifs et passifs (excepté les capitaux
propres) de la société consolidée et des intérêts minoritaires sont constatés.
Ù Quelle que soit la méthode de consolidation retenue, l’accroissement de la valeur comptable
de la société consolidée depuis son acquisition est reporté dans les capitaux propres de la
société mère dans :
– les postes réserves consolidées (quote-part des réserves depuis l’acquisition de la
société) ;
– le résultat consolidé (quote-part du résultat de l’année).
Ù Ainsi, avec un même pourcentage d’intérêts, les réserves et résultat consolidés seront
identiques quelleque soit la méthode de consolidation retenue. Par contre, le total de l’actif
et le total des dettes seront différents, mais leur valeur nette comptable sera identique.
L’élaboration du tableau de partage des capitaux propres permet :
e de déterminer :
– les réserves consolidées ;
– le résultat consolidé ;
e d’éliminer les titres de participation.

229

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APPLICATIONS

4 Applications

EXO 07.01 Questions

Répondre aux questions suivantes.


1. Quelles sont les différences et les similitudes entre la méthode de l’intégration globale, la
méthode de la mise en équivalence et l’intégration proportionnelle ?
2. Quelle est l’utilité du tableau de partage des capitaux propres ?
3. À quoi correspondent les réserves consolidées ?

EXO 07.02 Les 3M : les 3 méthodes de consolidation

La société LilleTech détient des participations dans 3 sociétés. Ces sociétés ont été achetées
à la quote-part dans leur valeur nette comptable au cours des dix dernières années.

À l’aide des annexes 1 et 2 et en respectant les règles du CRC 99-02, établir le bilan consolidé
du groupe en procédant par étape successive. À l’issue de chaque étape, vérifier que votre bilan
consolidé est bien équilibré.
Étape 1 : Tableau de partage de LensTech, écritures au bilan suite au partage, puis élaboration
du bilan consolidé LilleTech + LensTech
Étape 2 : Tableau de partage de ValTech, écritures au bilan suite au partage, puis élaboration
du bilan consolidé LilleTech + LensTech + ValTech
Étape 3 : Tableau de partage de ArTech, écritures au bilan suite au partage, puis élaboration
du bilan consolidé LilleTech + LensTech + ValTech + ArTech

ANNEXE 1 : Informations sur les acquisitions

Méthode de % d’intérêt des


Société Type de contrôle Prix payé
consolidation majoritaires
Intégration
65 %
LensTech Contrôle exclusif globale 1 400
Intégration
40 %
ValTech Contrôle conjoint proportionnelle 250
Mise en
30 %
ArTech Influence notable équivalence 120
TOTAL 1 770

230

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Applications

APPLICATIONS
ANNEXE 2 : Bilan des sociétés au 31/12/N

Bilan de LilleTech au 31/12/N

Actif Passif
Immobilisations corporelles 12 000 Capital social 10 000
Titres de participation 1 770 Réserves 4 200
Actifs circulants 7 620 Résultat 620
Dettes 6 570
Total 21 390 Total 21 390

Bilan de LensTech au 31/12/N

Actif Passif
Immobilisations corporelles 3 000 Capital social 2 000
Actifs circulants 1 500 Réserves 600
Résultat 100
Dettes 1 800
Total 4 500 Total 4 500

Bilan de ValTech au 31/12/N

Actif Passif
Immobilisations corporelles 700 Capital social 700
Actifs circulants 370 Réserves 250
Résultat 50
Dettes 70
Total 1 070 Total 1 070

Bilan de ArTech au 31/12/N

Actif Passif
Immobilisations corporelles 800 Capital social 500
Actifs circulants 300 Réserves 100
Résultat 70
Dettes 430
Total 1 100 Total 1 100

231

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Partie 3 Comptes de groupe – Traitement des capitaux propres et bilan consolidé

Les retraitements 8
d’homogénéisation

Chapitre
(pré-consolidation)
COMPÉTENCES ATTENDUES
Ù Comprendre les objectifs des retraitements
d’homogénéisation.
Ù Maîtriser les méthodes d’évaluation et de comptabilisation
selon les normes françaises.
Ù Maîtriser les méthodes d’évaluation et de comptabilisation
selon les normes IFRS.
Ù Déterminer l’impact des retraitements d’homogénéisation.
Ù Maîtriser et enregistrer au bilan et au compte de résultat
des retraitements d’homogénéisation simples.
Ù Maîtriser et enregistrer au bilan et au compte de résultat
des retr aitements d’homogénéisation complexes.

Comme nous l’avons montré précédemment, le processus de consolidation est constitué d’un
ensemble d’étapes dont l’ordre est immuable. Les retraitements d’homogénéisation repré-
sentent une étape importante du processus de consolidation tant par la quantité de
retraitements à réaliser que par la complexité de ces retraitements.
L’objectif des comptes consolidés est de présenter la situation financière d’un groupe de
sociétés comme s’il ne formait qu’une seule société. Ainsi, selon le CRC 99-02 § 300, « les
comptes consolidés visent à donner une représentation homogène de l’ensemble formé par
les entreprises incluses dans le périmètre de consolidation, en tenant compte des caractéris-
tiques propres à la consolidation et des objectifs d’information financière propres aux comptes
consolidés. Les comptes consolidés sont établis suivant des méthodes définies par le groupe
pour sa consolidation et conformes à la réglementation française. »
La première partie de ce chapitre sera consacrée à la présentation des méthodes d’évaluation
et de comptabilisation, en débutant par l’illustration d’un retraitement simple afin de bien cerner
les enjeux, les conséquences et la mise en œuvre de ces retraitements. Dans une seconde partie,
nous présenterons une première série de retraitements relativement simples et classés par
difficultés croissantes. Enfin, la troisième partie présentera, toujours par difficultés croissantes,
des retraitements plus complexes. Le lecteur désirant avoir une vue d’ensemble du processus
de consolidation, sans trop de complexité, pourra ainsi éviter cette troisième partie.

233

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Partie 3 Comptes de groupe – Traitement des capitaux propres et bilan consolidé

PLAN DU CHAPITRE

1 Les méthodes d’évaluation et de comptabilisation


A Illustration
B Les retraitements d’homogénéisation
C Les impôts différés
D Date de clôture
E Synthèse
2 Première série de retraitements d’homogénéisation
A La durée d’amortissement
B Les frais d’établissement
C Les frais de développement
D Les engagements de retraite
E Participation des salariés au fruit de l’expansion
F Les écarts de conversion actif et passif
G Les stocks
3 Deuxième série de retraitements d’homogénéisation : approfondissements
A Gros entretien, grandes révisions
B Provision réglementée
C Amortissements dérogatoires
D Subventions d’investissement
E Contrat à long terme
F Crédit fournisseur trop long
G Contrat de location
H Instruments financiers : actifs et passifs financiers Synthèse
I Conversion des états financiers en monnaies étrangères
J Frais d’acquisition des titres ou frais connexes APPLICATIONS P. 294
au regroupement d’entreprise

234

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Les retraitements d’homogénéisation (pré-consolidation)

1 Les méthodes d’évaluation et de comptabilisation

A Illustration 8
Selon le CRC 99-02 § 300, « les comptes consolidés visent à donner une représentation homogène
de l’ensemble formé par les entreprises incluses dans le périmètre de consolidation... ».

Chapitre
Mais, comment obtenir une représentation homogène de l’ensemble formé alors qu’un groupe
est constitué par un ensemble de sociétés, présentes parfois dans différents pays, qui peuvent
respecter des règles et des principes comptables et fiscaux différents.

Pour illustrer notre propos, prenons l’exemple d’un actif d’une valeur de 100 acquis le 1/1/N qui est
Exemple

amorti en comptes sociaux sur 5 ans dans la société FB et le groupe considère que ce type d’actif doit
être amorti sur 4 ans. Vous comprenez tout de suite que les valeurs des postes comptables au bilan
vont être différentes.
Extrait du bilan dans les comptes sociaux au 31/12/N

Valeur brute Amortissements VNC


Matériels 100 20 80 Résultat – 20

Extrait du bilan dans les comptes consolidés au 31/12/N

Valeur brute Amortissements VNC


Matériels 100 25 75 Résultat -25

Pour obtenir une présentation homogène du groupe, le consolidateur doit appliquer aux comptes
sociaux les règles des comptes consolidés. Il va procéder à un retraitement d’homogénéisation. Ce
retraitement consiste tout simplement à augmenter les amortissements de 5 et à diminuer le résultat
de 5. Il devrait passer cette écriture :

Dotations aux amortissements 5


Amortissements 5

Mais il ne peut pas enregistrer cette écriture car les comptes consolidés sont établis à partir des
comptes sociaux clos. Le compte de résultat a été soldé, le résultat du compte de résultat est reporté
dans les capitaux propres ; il n’y a plus de relation entre le bilan et le compte de résultat.
Le consolidateur doit donc passer deux écritures pour effectuer le retraitement :
– une écriture pour le bilan,
– une écriture pour le compte de résultat.
Écritures de retraitement du bilan au 31/12/N

Résultat FB 5
Amortissements 5

>>>

235

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Partie 3 Comptes de groupe – Traitement des capitaux propres et bilan consolidé

>>> Écritures de retraitement du compte de résultat au 31/12/N

Dotations aux amortissements 5


Résultat global 5

Si nous synthétisons ces deux écritures, nous retrouvons la première écriture comptable (dotations
aux amortissements et amortissements) car dans les écritures de fin d’exercice en comptes sociaux,
le compte « résultat » au compte de résultat est soldé pour créer le compte « résultat » au bilan.
Il est indispensable de préciser dans l’écriture au bilan le nom de la société qui est affectée par ce
retraitement, ici FB. Car, c’est bien les comptes de la société FB que nous sommes en train
d’homogénéiser et c’est le résultat retraité de FB que nous allons partager à la fin dans le tableau de
partage des capitaux propres. En revanche, inutile de mentionner le nom de la société dans le
retraitement au compte de résultat, car nous avons déjà l’information grâce au bilan. Le libellé
« résultat global » est utilisé.
Prenons maintenant en compte la fiscalité (par convention, nous retenons un taux d’IS de 33,33 %).
Une dotation aux amortissements entraîne une baisse du résultat et donc diminue le montant de
l’impôt à payer. Le retraitement d’homogénéisation, qui diminue le résultat de FB devrait donc
entraîner un remboursement d’impôts. C’est impossible car les comptes consolidés sont établis à
partir des comptes sociaux clos des sociétés faisant partie du groupe. Les comptes consolidés ne
servent pas au calcul de l’impôt, car l’impôt sur les sociétés est calculé sur les résultats sociaux des
sociétés, y compris la société mère (impôt exigible). En aucun cas, un retraitement de consolidation
peut affecter la trésorerie d’une société. Par conséquent, pour comptabiliser cette différence
d’impôts, le consolidateur utilise le compte impôts différés actifs qui matérialise une créance latente
d’impôts.
Écritures de retraitement du bilan au 31/12/N

Impôts différés actifs 1,67


Résultat FB 1,67

Le taux de l’impôt sur les sociétés étant de 33 1/3 %, on a bien : 5 Z 0,33 = 1,67
Une écriture similaire est effectuée dans le compte de résultat, pour matérialiser l’économie d’impôts.
Écritures de retraitement du compte de résultat au 31/12/N

Résultat Global 1,67


Impôts sur les bénéfices 1,67

En résumé, grâce à ces 4 écritures de retraitement, le consolidateur vient de transformer un


amortissement sur 5 ans en un amortissement sur 4 ans, en prenant en compte l’impact de la fiscalité.
Que se passe-t-il maintenant, si l’actif que le consolidateur doit retraiter est présent dans la filiale
depuis le début de l’année N– 1 ?
Extrait du bilan dans les comptes sociaux au 31/12/N

Valeur brute Années Amortissements VNC


Matériels 100 N– 1 20 80 Réserves – 20
N 20 60 Résultat – 20

>>>

236

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Les retraitements d’homogénéisation (pré-consolidation)

>>> Extrait du bilan consolidé au 31/12/N

Matériels
Valeur brute
100
Années
N– 1
N
Amortissements
25
25
VNC
75
50
Réserves
Résultat
– 25
– 25
8
Dans les comptes sociaux, le bilan au 31/12/N est établi à partir du bilan de l’année au 31/12/N– 1, plus
ou moins les opérations de l’année N. C’est pourquoi, en début d’année, le comptable passe des

Chapitre
écritures d’ouverture du bilan. En revanche, dans les comptes consolidés, le bilan au 31/12/N est établ