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Article 170 : Recouvrement par paiement spontané

ARTICLE
CIRCULAIRE

CIRCULAIRE : 170
Article 170.I
En vertu des dispositions de l’article 170 du C.G.I.., l'impôt sur les sociétés donne
lieu, au titre de l'exercice comptable en cours, au versement par la société de quatre
acomptes provisionnels dont chacun est égal à 25% du montant de l'impôt dû au
titre du dernier exercice clos, appelé "exercice  de référence".
Les versements des acomptes provisionnels visés ci-dessus sont effectués
spontanément chaque trimestre auprès du receveur de l’administration fiscale du lieu
du siège social ou du principal établissement au Maroc de la société avant l'expiration
des 3è , 6è , 9è et 12è mois suivant la date d'ouverture de l'exercice comptable en
cours. Chaque versement est accompagné d'un bordereau- avis conforme à l’imprimé
- modèle établi par l'administration, daté et signé par la partie versante.
Par dérogation aux dispositions précitées, les exploitants agricoles imposables sont
dispensés du versement des acomptes provisionnels dus au cours de leur premier
exercice d’imposition.
B.- CAS PARTICULIERS
Article 170.II
1. Exercice de référence et exercice en cours ne sont pas de même
durée
Dans ce cas, le montant des acomptes à verser doit être réajusté en conséquence, à
savoir :
 si l'exercice de référence est d'une durée inférieure à douze (12) mois, le
montant des acomptes est calculé sur celui de l'impôt dû au titre dudit exercice,
rapporté à une période de douze (12) mois ;
 par contre lorsque l'exercice en cours est d'une durée inférieure à douze (12)
mois, toute période dudit exercice égale ou inférieure à trois (3) mois donne lieu au
versement d'un acompte avant l'expiration de ladite période.
Article 170.III
2. Exercice de référence des sociétés exonérées
En ce qui concerne les sociétés exonérées temporairement de la cotisation minimale
en vertu de l'article 144 (I-C-1°) du C.G.I., ainsi que les sociétés exonérées en
totalité de l'impôt sur les sociétés en vertu de l'article 6- I -B du C.G.I., l'exercice de
référence est le dernier exercice au titre duquel ces exonérations ont été appliquées.
Les acomptes dus au titre de l'exercice en cours sont alors déterminés d'après l'impôt
ou la cotisation minimale qui auraient été dus en l'absence de toute exonération
(Abrogé LF 2016).
Les acomptes sont calculés en appliquant les taux d’imposition auxquels sont
soumises les sociétés concernées au titre de l’exercice en cours (LF 2016).
Exemple :
Une société dont le chiffre d’affaire est réalisé en totalité à l’export a été créée en
janvier 2012. Elle bénéficie, à ce titre, de l’exonération totale de l’impôt sur les
sociétés pendant une période de 5 ans et de l’imposition au taux réduit de 17,5% au-
delà de cette période.
L’exonération totale couvre ainsi les exercices 2012 à 2016. Au titre du dernier
exercice d’exonération (2016), la société a déclaré les résultats suivants :
 chiffre d’affaires à l’export : ................................................ 19 000 000 DHS
Résultat fiscal : .................................................................... 1 300 000 DHS
 Cotisation minimale théorique : 19 000 000 x 0,50% .................. .95 000 DHS
La base de calcul des acomptes provisionnels à payer au cours de l’exercice 2017 est
déterminée comme suit :
 Résultat de l’année de référence (2016) ……….…………………………1 300 000 DHS
 IS calculé au taux réduit de 17,5% : 1 300 000 x 17,5% :………..227 500 DHS
L’IS étant supérieur à la CM, les acomptes provisionnels à acquitter au cours de
l’exercice 2017 sont déterminés sur la base de l’IS calculé au taux réduit soit 227 500
DH.
a. Sociétés exonérées de la cotisation minimale
L’exonération de la cotisation minimale visée à l’article 144-I-C-1 du C.G.I. s’applique
à toutes les sociétés, autres que les sociétés concessionnaires de service public,
pendant les trente-six (36) premiers mois suivant la date du début de leur
exploitation. Cette exonération cesse d'être appliquée à l'expiration des soixante (60)
premiers mois qui suivent la date de constitution des sociétés concernées.
a-1- Exercice de référence déficitaire
Lorsque l'exercice de référence de la dernière période d'exonération de la cotisation
minimale est déficitaire, les acomptes de l'exercice suivant sont déterminés d'après la
cotisation minimale théorique de l'exercice de référence.
En cas de déficit, et lorsque la période d'exonération de la cotisation minimale expire
en cours d'exercice, seuls les acomptes suivants sont exigibles, en tenant compte le
cas échéant de la règle du prorata temporis.
a-2- L'impôt calculé sur le bénéfice de l'exercice de référence est inférieur
à la cotisation minimale théorique
Trois (3) situations peuvent exister :

o

 si l'exercice en cours n'est pas passible de la cotisation
minimale, les acomptes sont calculés d'après l’impôt sur le bénéfice de l'exercice de
référence ;
 si l'exercice en cours est passible en totalité de la
cotisation minimale, les acomptes sont versés d'après la cotisation minimale
théorique ;
 si l'exercice en cours est passible pour partie seulement
de la cotisation minimale les acomptes sont versés d'après l'I.S. pour la période
exonérée et d'après la cotisation minimale théorique pour la période soumise à la
C.M. Si l'exonération prend fin en cours de trimestre, il est procédé par calcul au
prorata temporis par rapport au bénéfice ou à la CM (période- bénéfice, période-
C.M.).
b. Sociétés exonérées totalement de l'impôt sur les sociétés
b-1- La fin de l'exonération coïncide avec la fin de l'exercice de référence

o
 Passage de l'exonération de 100 % à l’application du taux réduit
de 17,50%  (Article 8 de la loi de finances n° 38-07 pour l’année budgétaire 2008 )
Pour le versement des quatre (4) acomptes égaux, l’exercice de référence est le
dernier exercice au titre duquel l’exonération totale de 100% a été appliquée.
Les acomptes dus sont alors déterminés d’après l’impôt ou la  cotisation minimale qui
auraient été dus, en l’absence de toute exonération, conformément aux dispositions  
de l’article 170- III du C.G.I.

o
 Passage du taux réduit au taux normal
Les acomptes à verser sont calculés sur la base de l’impôt ou de la cotisation
théoriques de l'exercice de référence abstraction faite de toute réduction d’impôt.
b-2- Fin de l'exonération de 100 % en cours d'exercice
A partir de la date d’expiration de l’exonération totale, les acomptes à verser sont
calculés sur la base de l’impôt ou de la cotisation théoriques de l'exercice de
référence abstraction faite de toute exonération. Il va sans dire qu'on aura recours le
cas échéant au prorata temporis pour calculer l'acompte relatif au trimestre
constituant le joint entre les périodes d'avant et d'après l'exonération.
Article 170.IV
II.- DISPENSE DE VERSEMENT D'ACOMPTES
La société qui estime que le montant d'un ou de plusieurs acomptes versés au titre
d'un exercice sera égal ou supérieur à l'impôt dont elle sera finalement redevable
pour cet exercice, peut se dispenser d'effectuer de nouveaux versements
d'acomptes.
A. – OBLIGATION DE DECLARATION DE DISPENSE
Pour pouvoir se dispenser de verser les acomptes provisionnels, la société concernée
doit remettre à l'inspecteur des impôts du lieu de son siège social ou de son principal
établissement au Maroc, quinze (15) jours avant la date d'exigibilité du prochain
versement à effectuer, une déclaration datée et signée selon un modèle fourni par
l'administration, conformément aux dispositions de l’article 170-IV du C.G.I.
B - SANCTIONS
Si lors de la liquidation de l'impôt, il s'avère que le montant de l'impôt effectivement
dû est supérieur de plus de 10% à celui des acomptes versés, l’article 170-IV du
C.G.I. prévoit l’application d’une sanction aux montants des acomptes provisionnels
qui n'auraient pas été versés aux échéances prévues.
Cette sanction est constituée par la pénalité et la majoration prévues à l'article
208 du C.G.I. à savoir :

o

 la pénalité de 10% ;
 la majoration de 5 % pour le premier mois de retard ;
 et la majoration de 0,50 %  par mois ou fraction de mois
supplémentaire.
En effet, la pénalité et la majoration précitée s’applique à la différence entre le
montant de l’impôt définitif dû à la fin de l’exercice et le montant des acomptes
versés, compte tenu du calendrier des acomptes qui aurait été respecté. En d’autres
termes la majoration de retard est calculée pour les mois ou fractions de mois allant
de la date d’échéance de l’acompte non versé jusqu’à la date de l’émission du rôle.
III.- LIQUIDATION ET RÉGULARISATION DE L’IMPÔT DÉFINITIF
Avant l'expiration du délai de déclaration, prévu aux articles 20 ou 150 du C.G.I., la
société procède à la liquidation de l'impôt dû au titre de l'exercice objet de la
déclaration en tenant compte des acomptes provisionnels versés pour ledit exercice.
A.- LIQUIDATION SE TRADUISANT PAR UN COMPLEMENT D'IMPOT
S'il résulte de la liquidation un complément d'impôt au profit du Trésor, ce
complément est acquitté par la société dans le délai de déclaration évoqué ci-dessus.
B.- LIQUIDATION SE TRADUISANT PAR UNE RESTITUTION D'IMPOT
Avant l’expiration du délai de déclaration prévu à l’article 20 ou 150 du C.G.I., la
société procède à la liquidation de l’impôt dû au titre de l’exercice objet de la
déclaration en tenant compte des acomptes provisionnels versés pour ledit exercice.
S’il résulte de cette liquidation un excédent d’impôt, l’article 170 (IV, dernier alinéa)
du C.G.I. prévoit que la société impute d’office l’excèdent sur le premier acompte
provisionnel échu de l’exercice suivant et, le cas échéant, sur les trois autres
acomptes restants.
Ainsi, si l'excédent est inférieur ou égal au premier acompte échu de l'exercice qui
suit, il est imputé immédiatement sur ce dernier à due concurrence et s'il subsiste un
reliquat d'excédent, il est imputé sur le 2ème acompte et éventuellement sur le
3ème et 4ème acompte.
Si après l'imputation sur ce dernier acompte il subsiste toujours un excédent, le
reliquat éventuel est alors restitué d’office à la société par le Ministre chargé des
Finances ou la personne déléguée par lui à cet effet dans le délai d’un mois à
compter de la date d’échéance du dernier acompte provisionnel.
La restitution peut concerner soit l’excédent de la retenue à la source au titre des
produits de placement à revenu fixe soit l’excédent des acomptes provisionnels
versés.
Exemple :
- I.S. dû au titre de l'exercice de référence N – 1......................... = 120.000 DH
- Acomptes versés au titre de l'exercice N .................................. = 120.000 DH
 I.S. dû selon le résultat fiscal, déclaré  au titre de l'exercice N...... = 40.000
DH
 Montant de l'excédent des acomptes versés sur le montant de l'I.S. dû :
120.000 - 40.000...................................................................... = 80.000 DH
Imputation du trop versé sur les acomptes dus au titre de l'exercice N + 1:
 Excédent d'impôt versé.                                                    =  80.000 DH
er 
- 1 acompte : 40.000 x 25%                                           = -10.000 DH
 Reliquat de l'excédent d'impôt après imputation sur le 1er  acompte :
=  70.000 DH
ème 
- 2 acompte : 40.000 x 25%                                        = - 10.000 DH
 Reliquat de l'excédent d'impôt après imputation sur le 2ème acompte :
= 60.000 DH 
ème 
- 3 acompte : 40.000 x 25%                                         =- 10.000 DH
 Reliquat de l'excédent d'impôt après imputation sur le 3ème acompte :
= 50.000 DH
- 4ème acompte : 40.000 x 25%                                        = - 10.000 DH
 Reliquat de l'excédent d'impôt après imputation sur le 4ème acompte :
= 40.000 DH
A la fin de l'exercice N + 1 et après l'imputation des 4 acomptes, il subsiste au titre
de l'exercice N un trop versé de 40.000 DH qui doit être  restitué d'office à la société
au cours du 1er mois de l'exercice N + 2.
L’excédent du montant de la retenue à la source au titre des produits de placement à
revenu fixe ( intérêts et autres produits similaires) échus au cours d’un exercice
déterminé , sur celui de l’impôt sur les sociétés dû au titre dudit exercice , est
restitué d’office. La déclaration de la société vaut demande de restitution.
(LF 2015)
La modification introduite par la loi de finances pour l’année budgétaire 2015
précitée prévoit que l'excédent d'impôt versé par la société est imputé d'office par
celle-ci sur les acomptes provisionnels dus au titre des exercices suivants et
éventuellement, sur l’impôt dû au titre desdits exercices.
Cette disposition s’applique à l’excédent d’impôt versé par la société au titre des
exercices ouverts à compter du 1er janvier 2015.
En ce qui concerne les dispositions de l’article 170-IV du code général des impôts en
vigueur avant le 1er janvier 2015, celles-ci demeurent applicables à l’excédent d’impôt
versé par la société au titre des exercices ouverts avant ladite date.
N.B : - En cours d’exploitation, la société n’a pas le droit de demander la restitution
du reliquat de l'excédent d'impôt versé ;
- En fin d’exploitation, la société peut demander la restitution de l'excédent d'impôt
versé dans le cadre de la régularisation de sa situation fiscale.
Exemple d’application :
- I.S. dû au titre de l'exercice de référence 2014 .................................... = 120.000 DH
- Acomptes versés au titre de l'exercice 2015 ....................................... = 120.000 DH
- I.S. dû selon le résultat fiscal, déclaré au titre de l'exercice 2015 ............ = 40.000 DH
- Montant de l'excédent des acomptes versés sur le montant de l'I.S. dû au titre de l’exercice
2015 :
120.000 - 40.000. .............................................................................. = 80.000 DH
Imputation du trop versé sur les acomptes dus au titre de l'exercice 2016 :
- Excédent d'impôt versé au titre de l’exercice 2015 = 80.000 DH
- au 31/3/2016, 1er acompte: 40.000 x 25% = -10.000 DH
- Reliquat de l'excédent d'impôt après imputation sur le 1 er acompte : = 70.000 DH
- au 31/6/2016, 2ème acompte : 40.000 x 25% = - 10.000 DH
- Reliquat de l'excédent d'impôt après imputation sur le 2 ème acompte : = 60.000 DH
- au 31/9/2016, 3ème acompte : 40.000 x 25% = - 10.000 DH
- Reliquat de l'excédent d'impôt après imputation sur le 3 ème acompte : = 50.000 DH
- au 31/12/2016, 4ème acompte : 40.000 x 25% = - 10.000 DH
A la clôture de l’exercice 2016, et après imputation des quatre acomptes, il subsiste au titre
de l’exercice 2015 un trop versé de = 40.000 DH
Reliquat de l’excédant d’impôt après imputation sur le 4 ème acompte de l’exercice 2016 : =
40.000 DH
Régularisation de l’IS dû au titre de l’exercice 2016:
I.S. dû selon le résultat fiscal déclaré au titre de l'exercice 2016................ = 36.000 DH
Imputation des 4 acomptes versés au titre de l'exercice 2016 .................. = 40.000 DH
Montant de l'excédent des acomptes versés sur le montant
de l'I.S. dû au titre de l’exercice 2016 :
40.000 - 36.000. ................................................................................. = 4.000 DH
A la clôture de l’exercice 2016, la société dispose d’un excédent d’impôt de 44.000 DH
(40.000+4.000) qu’il s’agira d’imputer sur les acomptes dus au titre de 2017.
Imputation du trop versé sur les acomptes dus au titre de l'exercice 2017:
- Excédent d'impôt versé = 44.000 DH
- au 31/3/2017, 1er acompte : 36.000 x 25% = - 9.000 DH
- Reliquat de l'excédent d'impôt après imputation sur le 1 er acompte : = 35.000 DH
- au 31/6/2017, 2ème acompte : 36.000 x 25% = - 9.000 DH
- Reliquat de l'excédent d'impôt après imputation sur le 2 ème acompte : = 26.000 DH
- au 31/9/2017, 3ème acompte : 36.000 x 25% = - 9.000 DH
- Reliquat de l'excédent d'impôt après imputation sur le 3 ème acompte : = 17.000 DH
- au 31/12/2017, 4ème acompte : 36.000 x 25% = - 9.000 DH
A la clôture de l’exercice 2017 et après imputation des quatre acomptes, il subsiste au titre
de l’exercice 2016 un trop versé de 8.000 DH, qu’il s’agira d’imputer sur le montant de l’IS
dû au titre de l’exercice 2017.
Régularisation de l’IS dû au titre de l’exercice 2017:
I.S. dû selon le résultat fiscal déclaré au titre de l'exercice 2017 = 100.000 DH
Acomptes versés au titre de l'exercice 2017 = 36.000 DH
Trop versé au titre de l’exercice 2016 = 8.000 DH
Le reliquat à payer au titre de l’exercice 2017 est de 100.000 - (36.000 + 8.000),
soit 56.000 DH.
Article 170.VI
IV.- PAIEMENT DE L'IMPÔT DÛ PAR LES SOCIÉTÉS NON RÉSIDENTES
AYANT OPTÉ POUR L'IMPOSITION FORFAITAIRE
En vertu des dispositions de l’article 170-VI du C.G.I., l'impôt dû par les sociétés non
résidentes ayant opté pour l'imposition forfaitaire prévue à l'article 16 du C.G.I. est
versé spontanément par les intéressées dans le mois qui suit chaque encaissement
auprès du receveur de l’administration fiscale.
Le fait générateur étant l'encaissement, la société non résidente doit acquitter le
montant de l'impôt dû sur tous les encaissements : avances financières et
règlements de décomptes. 
Les versements sont effectués par bordereau-avis à la caisse du receveur de
l’administration fiscale du lieu du siège social ou du principal établissement de la
société non résidente au Maroc. A défaut de versement, l'impôt est établi par voie de
rôle conformément aux dispositions de l'article 172 du C.G.I. .