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Entretiens diagnostiques structurés


en psychiatrie
J.-M. Cloos, M.-C. Pull-Erpelding, C.-B. Pull

Les entretiens diagnostiques structurés et semi-structurés en psychiatrie ont été développés en parallèle
aux classifications internationales (DSM IV et CIM 10) suite à la nécessité de rationaliser les processus
d’évaluation classique. Ces outils de mesures de psychopathologie générale sont utilisés dans le domaine
de la recherche et en pratique clinique quotidienne afin d’obtenir une fidélité optimale des diagnostics. Ils
permettent d’évaluer d’une manière standardisée les troubles et leurs comorbidités, leur durée et leur
évolution. Dans l’entretien structuré, l’interviewer formé pose des questions ayant une sélection fixée de
réponses. Les entretiens semi-structurés permettent à l’enquêteur un certain choix dans l’ordre des
questions, les réponses étant ouvertes ou semi-ouvertes. Cet article passe en revue l’historique du
développement de ces outils. Il présente les objectifs, caractéristiques, mode et durée de passation,
qualités métrologiques, ainsi que les intérêts et limites des principaux entretiens diagnostiques structurés
et questionnaires de dépistage actuellement disponibles. Il informe des différentes versions (papier ou
informatisée) et de leur disponibilité en langue française. Un chapitre spécial donne un bref aperçu des
entretiens diagnostiques structurés en psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent.
© 2006 Elsevier SAS. Tous droits réservés.

Mots clés : Diagnostic psychiatrique ; Critères diagnostiques ; Entretiens diagnostiques structurés ;


Questionnaires de dépistage ; Évaluation clinique ; Validité ; Fidélité

Plan ¶ Entretiens diagnostiques semi-structurés pour les troubles


de la personnalité 11
¶ Introduction 2 « Structured Interview for DSM IV Personality » ou SIDP-IV 11
« Personality Assessment Schedule » ou PAS 12
¶ Procédé des critères diagnostiques 2
« Structured Clinical Interview for DSM IV Axis II Personality
¶ Opérationnalisation des critères diagnostiques 2 Disorders » ou SCID-II 12
Check-lists diagnostiques 2 « International Personality Disorders Examination » ou IPDE 14
Entretiens semi-structurés et entretiens structurés 2 « Diagnostic Interview for DSM IV Personality Disorders »
¶ Limites de l’opérationnalisation des critères diagnostiques 3 ou DIPD-IV 15
¶ Check-lists diagnostiques 3 « Diagnostic Interview for Borderline » ou DIB-R 16
Listes Intégrées de Critères d’Évaluation Taxinomiques (LICET-S Autres entretiens semi-structurés pour l’évaluation d’un seul
et LICET-D) 3 trouble de la personnalité 16
Liste de Critères Opérationnels (« Operational Criteria Checklist » ¶ Instruments diagnostiques de dépistage 16
ou OPCRIT) 3 Questionnaires de dépistage pour les troubles de l’axe I du DSM 16
Check-list de symptômes des troubles mentaux de la CIM 10 3 Questionnaires diagnostiques de dépistage des troubles
Check-lists Diagnostiques Internationales (« International
de la personnalité 19
Diagnostic Checklists » ou IDCL) 4
¶ Entretiens diagnostiques en psychiatrie de l’enfant
¶ Entretiens diagnostiques structurés 4
et de l’adolescent 21
« Diagnostic Interview Schedule » ou DIS-IV 4
« Diagnostic Interview Schedule for Children » ou DISC 22
« Composite International Diagnostic Interview » ou CIDI 5
Version « World Mental Health Survey Initiative » du CIDI ou « Children’s Interview for Psychiatric Syndromes » ou ChIPS 22
WMH-CIDI 6 « Diagnostic Interview for Children and Adolescents » ou DICA 22
« Mini International Neuropsychiatric Interview » ou MINI 6 « Interview Schedule for Children and Adolescents » ou ISCA 22
« Schedule for Affective Disorders and Schizophrenia
¶ Entretiens diagnostiques semi-structurés pour les troubles
for School-Age Children » ou Kiddie-SADS 22
de l’axe I du DSM 7
« Child and Adolescent Psychiatric Assessment » ou CAPA 22
« Schedule for Affective Disorders and Schizophrenia » ou SADS 7
Autres entretiens diagnostiques en psychiatrie de l’enfant
« Structured Clinical Interview for DSM IV Axis I Disorders »
et de l’adolescent 22
ou SCID-I 8
Entretiens diagnostiques pour les jeunes enfants 23
« Schedules for Clinical Assessment in Neuropsychiatry »
ou SCAN 9 ¶ Quelques instruments pour l’évaluation du handicap 23
Autres entretiens diagnostiques semi-structurés « WHO Disability Assessment Schedule » ou WHODAS II 23
pour les troubles de l’axe I du DSM 11 Autres instruments pour l’évaluation du handicap 24

Psychiatrie 1
37-102-B-10 ¶ Entretiens diagnostiques structurés en psychiatrie

¶ Discussion 24 Check-lists diagnostiques


Sensibilité 24 Les check-lists diagnostiques réunissent les critères diagnosti-
Fidélité inter-juges 25 ques d’un nombre variable de troubles et proposent des arbres
Validité 25 de décision basés sur les algorithmes définissant ces troubles
¶ Conclusion 25 dans les classifications officielles ou dans d’autres systèmes. Elles
ne comprennent pas de questions pour évaluer la présence ou
l’absence des signes et des symptômes.

■ Introduction Entretiens semi-structurés et entretiens


Les entretiens diagnostiques structurés en psychiatrie consti- structurés
tuent des instruments définissant les opérations impliquées dans Dans les entretiens diagnostiques structurés ou semi-
l’évaluation des critères diagnostiques explicites que proposent structurés, chaque critère est évalué au moyen d’une ou de
les classifications psychiatriques actuelles. Il s’agit d’instruments plusieurs questions devant permettre de procéder à une évalua-
d’évaluation d’un type particulier, dans la mesure où ils tion rigoureuse des éléments qui le composent. Les questions
contribuent à « opérationnaliser » les critères diagnostiques ont pour but de mettre en évidence chacun des éléments
explicites proposés par les systèmes de classification en vigueur. pathologiques recherchés, de préciser si ces éléments sont
Les entretiens diagnostiques structurés ont pour but : significatifs sur le plan clinique, de noter leur durée et le
• de guider, voire de diriger l’évaluation des signes et des moment de leur survenue, d’établir s’ils constituent une
symptômes psychiques inclus dans les critères diagnostiques ; déviation significative par rapport à un état antérieur prémor-
• de standardiser et de quantifier le recueil des données qui bide ou s’ils ont toujours été présents, et de vérifier si leur
permettent de conclure à la présence ou à l’absence d’un présence est effectivement en rapport avec un trouble psychia-
critère diagnostique ; trique spécifique et non pas avec une maladie somatique ou la
• de recueillir les données sous une forme qui permet de les prise d’une substance psychoactive.
faire analyser par un programme d’ordinateur utilisant les Dans l’ensemble, la construction d’un entretien diagnostique
algorithmes proposés dans les classifications. structuré ou semi-structuré implique le recours et l’adhérence à
Pour bien comprendre les caractéristiques de ces instruments, une « grammaire diagnostique » [20]. Dans cette grammaire,
il est indispensable de bien connaître les principes essentiels toute imprécision est considérée comme une « erreur ». Des
sous-jacents aux classifications psychiatriques actuelles. formulations du type « souvent », « persistant », « la plupart du
temps », « aigu » ou « plusieurs » sont considérées comme trop
■ Procédé des critères peu précises et doivent être corrigées.
De nombreux entretiens structurés et semi-structurés ont été
diagnostiques développés au cours des dernières années. Ainsi, l’Organisation
mondiale de la Santé (OMS) en a développé quatre - le CIDI, le
Les appellations « critères diagnostiques » et « critères opéra- SCAN, l’IPDE et le WHODAS II – qui ont été traduits en français
tionnels » se réfèrent, en psychiatrie, à un procédé dont les par notre équipe au Centre OMS Francophone de Formation et
principes et les modalités ont été élaborés au début des années de Référence (CFFR-OMS, sous la direction du Professeur Pull) et
1970 par un groupe de chercheurs de la Washington University qui seront décrits plus bas. Ces instruments ont permis d’éva-
à Saint Louis [1, 2]. Ce procédé a pour objectif la définition luer non seulement les CDR 10, mais également les critères du
rigoureuse et explicite de chacune des opérations qui condui- DSM III, ceux du DSM III-R, et les versions actuelles ont été
sent à un diagnostic psychiatrique. Il s’applique, schématique- adaptées pour permettre une évaluation des critères du DSM IV
ment, à trois types de critères : et de la CIM 10.
• aux critères de classification des troubles, c’est-à-dire aux
principes à partir desquels les classifications sont élaborées ; Entretiens semi-structurés
• aux critères de classement des sujets, c’est-à-dire aux règles Dans les entretiens semi-structurés, l’évaluateur est obligatoi-
que suit le clinicien pour vérifier à quel diagnostic répond la rement un clinicien expérimenté. Le clinicien doit poser les
pathologie observée dans chaque cas ; questions figurant dans l’entretien semi-structuré (questions
• aux critères d’évaluation du clinicien, c’est-à-dire aux moda- obligatoires), mais il peut, voire il doit, les reformuler quand le
lités d’investigation utilisées par le clinicien pour mettre en sujet ne les comprend pas. Il peut également poser des ques-
évidence des éléments psychopathologiques. tions supplémentaires à chaque fois que cela lui semble néces-
Réservé initialement au seul domaine de la recherche, ainsi saire pour préciser qu’un symptôme est présent ou absent.
que l’indiquent l’appellation originale de « Diagnostic Criteria for Enfin, il peut faire intervenir son jugement clinique pour
Use in Psychiatric Research », ou celle des « Research Diagnostic décider qu’un critère est présent ou absent.
Criteria » ou RDC, proposée un peu plus tard par Spitzer [3, 4], le
procédé a, par la suite, été appliqué de façon systématique dans Entretiens (entièrement) structurés
le « Manuel Diagnostique et Statistique des Troubles Mentaux » ou Dans les entretiens (entièrement) structurés, les questions
DSM, à partir de sa troisième édition, le DSM III [5, 6]. Il a été doivent être posées exactement comme indiqué. L’évaluateur,
repris dans la révision du DSM III, le DSM III-R [7, 8] et dans la parfois appelé ici « l’interviewer », n’a pas besoin (ni, dans
quatrième édition du manuel, le DSM IV [9, 10], et son texte certains entretiens, le droit) de poser des questions supplémen-
révisé, le DSM IV-TR [11-14]. Il constitue également la base de taires, non incluses dans l’entretien. Ce type d’instrument peut
l’une des versions de la 10e Révision du Chapitre (F) [15, 16] de de ce fait être utilisé par des non-cliniciens, ayant reçu une
la « Classification Internationale des Maladies » ou CIM 10 [17], à formation pour apprendre à utiliser un instrument donné. Les
savoir celle qui est proposée pour la recherche, sous l’appella- entretiens entièrement structurés sont le plus souvent utilisés
tion de « Critères Diagnostiques pour la Recherche » ou CDR 10 [18, dans les enquêtes épidémiologiques, nécessitant l’évaluation
19].
d’un nombre très important de sujets, ou parfois, à l’inverse,
dans certaines recherches cliniques dans lesquelles l’investiga-
■ Opérationnalisation des critères tion clinique approfondie concerne de petits échantillons.
Questionnaires diagnostiques
diagnostiques Les questionnaires diagnostiques sont des listes d’items en
Les critères diagnostiques explicites deviennent opérationnels rapport avec un ou plusieurs troubles. Ces items sont des
à partir du moment où les opérations impliquées dans leur propositions qui peuvent s’appliquer à la personne qui les lit et
évaluation sont définies et précisées. Ceci est réalisé, à des est invitée à y répondre par oui ou par non, respectivement par
degrés divers, à l’aide de check-lists diagnostiques, d’entretiens vrai ou par faux. Les réponses donnent des indications concer-
diagnostiques semi-structurés et d’entretiens diagnostiques nant la présence ou l’absence de manifestations psychopatho-
entièrement structurés. logiques. Le clinicien peut utiliser ces données pour préciser ou

2 Psychiatrie
Entretiens diagnostiques structurés en psychiatrie ¶ 37-102-B-10

pour orienter son examen clinique. Les questionnaires diagnos- Listes Intégrées de Critères d’Évaluation
tiques sont habituellement utilisés comme questionnaires de
dépistage. Ils ne conduisent pas, eux-mêmes, directement à un
Taxinomiques (LICET-S et LICET-D)
diagnostic. Les Listes Intégrées de Critères d’Évaluation Taxinomiques
(LICET) [22] sont des check-lists de critères polydiagnostiques,
l’une pour la schizophrénie et les autres psychoses non affecti-
■ Limites de l’opérationnalisation ves (LICET-S), l’autre pour les troubles dépressifs (LICET-D). La
LICET-S [23] réunit l’ensemble des critères requis dans 12 systè-
des critères diagnostiques mes diagnostiques pour un diagnostic de schizophrénie ou pour
celui d’un autre trouble psychotique. La LICET-D [24] réunit
L’opérationnalisation du diagnostic psychiatrique et des l’ensemble des critères requis dans neuf systèmes diagnostiques
critères diagnostiques à travers l’élaboration et l’utilisation pour le diagnostic de l’un ou l’autre trouble dépressif. Au terme
d’entretiens structurés présente essentiellement trois types de d’un examen psychiatrique approfondi, et en prenant en
limites [21]. compte toutes les informations disponibles, le clinicien coche la
En premier lieu, l’évaluation des critères à l’aide de questions présence ou l’absence de 78 (LICET-S) et de 100 critères (LICET-
appropriées, susceptibles d’engendrer des réponses valides, c’est- D). Les données sont analysées à la main, ou à l’aide d’un
à-dire permettant d’évaluer correctement un vécu ou un programme informatique très simple.
comportement, présente, en elle-même, des limites. Les listes ont été utilisées dans deux études nationales.
Certains critères peuvent être facilement évalués à l’aide de L’objectif de la première étude a été de mettre en évidence les
questions. Il en est ainsi, par exemple, des critères concernant critères diagnostiques utilisés par les psychiatres français pour
l’utilisation de substances psychoactives. D’autres critères sont faire un diagnostic de schizophrénie, ou pour faire le diagnostic
plus difficiles à évaluer à l’aide de questions préétablies. Tel est d’un trouble psychotique considéré comme ne faisant pas partie
le cas, par exemple, des critères concernant la vie intime du de la schizophrénie, en particulier un diagnostic de « bouffée
sujet, son vécu personnel, ou son identité. On doit se deman- délirante », de « psychose hallucinatoire chronique » ou de
der, en particulier, s’il est possible d’évaluer correctement, à « délire chronique d’interprétation ». Les résultats de cette étude
ont été utilisés pour proposer des critères diagnostiques explici-
l’aide de quelques questions, un critère tel que « perturbation
tes pour les principales catégories de psychoses incluses dans la
marquée et persistante de l’identité, caractérisée par une
classification française des troubles mentaux. Ces critères ont été
incertitude dans le choix des valeurs ». Les questions « Avez-
très utiles pour faire comprendre la position des psychiatres
vous du mal à savoir ce qui est important dans la vie ? » ou
français dans le domaine des psychoses au-delà des frontières de
« Avez-vous du mal à distinguer ce qui est bon de ce qui est
l’hexagone. Ces critères ont également permis aux psychiatres
mauvais ? », proposées dans l’IPDE, paraissent, a priori, trop français de mieux comprendre les points nosologiques sur
superficielles pour faire évaluer ce critère. lesquels ils divergeaient de leurs collègues à l’étranger, et ils ont
En deuxième lieu, il convient de préciser que les entretiens contribué à faire accepter les systèmes diagnostiques internatio-
structurés permettent, certes, aux évaluateurs d’éviter, dans une naux en France.
large mesure, de porter des jugements subjectifs, mais ils ne La deuxième étude a été entreprise pour mettre en évidence
sauraient bien évidemment pas éviter que les sujets évalués les pratiques diagnostiques des psychiatres français dans le
répondent, eux, de façon subjective. Le sujet évalué doit, domaine des dépressions. Les résultats de cette étude ont été
forcément, faire intervenir son propre jugement, et ses réponses utilisés dans l’élaboration de critères diagnostiques explicites de
vont dépendre, entre autres, de la façon dont il comprend ou « dépression » et pour distinguer entre « dépression psychoti-
interprète les questions, de ses capacités d’insight, et de sa que » et « dépression non psychotique ».
volonté à répondre selon les faits.
Les réponses du sujet vont également être influencées par ses Liste de Critères Opérationnels
capacités de (re)mémorisation, et par ses aptitudes à savoir (« Operational Criteria Checklist »
préciser quand un symptôme est survenu pour la première fois,
s’il est survenu en même temps que certains autres symptômes, ou OPCRIT)
s’il a persisté aussi longtemps que ces derniers, ou encore si sa La Liste de Critères Opérationnels (« Operational Criteria
survenue a précédé ou suivi la survenue de certains symptômes Checklist » ou OPCRIT) [25] est une check-list pour les troubles
déterminés. Il conviendra, de toute façon, de tenir compte de affectifs et pour les troubles psychotiques. Il s’agit d’un instru-
l’âge des sujets ainsi que de leurs capacités intellectuelles. ment polydiagnostique permettant de faire des diagnostics selon
Enfin, il convient de préciser que l’utilisation correcte des les critères et les algorithmes de 13 systèmes diagnostiques
entretiens structurés demande beaucoup de temps, allant de différents. Elle comprend en particulier les critères de la CIM 10,
2 heures en moyenne pour le CIDI à 3 ou 4 heures pour l’IPDE. ceux du DSM III-R et ceux du DSM IV.
Par ailleurs, elle présuppose une formation approfondie, dans La version originale de l’OPCRIT a été revue à plusieurs
des centres spécialisés, pendant au moins une semaine, suivie reprises. La version actuelle comprend 90 items. Chaque item
d’une période, variable selon les instruments, pendant laquelle est accompagné d’une description et d’instructions devant
les utilisateurs doivent s’entraîner sous le contrôle d’un forma- permettre de conclure à sa présence ou à son absence.
teur expérimenté. Les différentes versions de l’OPCRIT ont une bonne fidélité
inter-juges [26] . La validité concourante de l’OPCRIT a été
étudiée par Craddock et al., lesquels ont trouvé une bonne
■ Check-lists diagnostiques concordance entre les diagnostics établis à l’aide de l’OPCRIT et
ceux établis suite à un consensus entre cliniciens [27].
L’OPCRIT fait partie du Diagnostic Interview for Genetic
Les check-lists diagnostiques guident le clinicien dans
Studies (DIGS) (Cf. infra).
l’établissement du diagnostic. Le clinicien doit toutefois savoir
quelles questions poser pour mettre en évidence la présence ou
l’absence des critères requis pour un diagnostic, et pour vérifier
Check-list de symptômes des troubles
la signification clinique des réponses obtenues. mentaux de la CIM 10
Au terme d’un examen clinique approfondi, le clinicien La check-list de symptômes des troubles mentaux de la
coche la présence ou l’absence des critères requis pour l’un ou CIM 10 a été développée par Janca et al. [28-30] La check-list
plusieurs des diagnostics inclus dans une check-list et suit les réunit l’ensemble des critères requis pour le diagnostic des
algorithmes correspondant à ce(s) diagnostic(s). Les check-lists principaux troubles inclus dans les sections F0 à F6 de la
diagnostiques ne donnent aucune aide pour évaluer la présence CIM 10. Les symptômes sont groupés en quatre modules :
des critères diagnostiques. En particulier, elles ne comprennent troubles organiques et troubles liés à l’utilisation d’une sub-
pas de questions pour évaluer la présence des signes et des stance psychoactive (catégories incluses dans les sections F0 et
symptômes définissant chaque critère. F1 de la CIM 10), troubles psychotiques et troubles affectifs

Psychiatrie 3
37-102-B-10 ¶ Entretiens diagnostiques structurés en psychiatrie

(catégories incluses dans les sections F2 et F3 de la CIM 10), Tableau 1.


troubles névrotiques et troubles du comportement (catégories Exemple d’une question du DIS.
incluses dans les sections F4 et F5 de la CIM 10), et troubles de
Section D – Anxiété généralisée
la personnalité (catégorie incluse dans la section F6 de la
CIM 10). Les modules comprennent des items relatifs aux D5 Durant la période de 6 mois ou plus où vous Non Oui
symptômes, ainsi qu’à l’âge de survenue du trouble, à sa vous faisiez beaucoup de soucis, ...
sévérité, sa durée, et éventuellement au nombre d’épisodes. Les GA4C1 a. étiez-vous tendu(e) ou aviez-vous les nerfs à 1 5
modules comprennent également des précisions concernant les fleur de peau ?
critères d’exclusion d’un diagnostic. La cotation de la check-list GA4C2 b. vous fatiguiez-vous facilement ? 1 5
prend 15 minutes. Le clinicien n’a pas besoin de suivre une GA4C3 c. aviez-vous des difficultés à avoir la tête 1 5
formation spécifique pour pouvoir l’utiliser. L’instrument est à ce que vous faisiez ?
disponible en 12 langues, dont en français. GA4C3 d. perdiez-vous souvent le fil de vos pensées ? 1 5
GA4C4 e. étiez-vous plus irritable que d’habitude ? 1 5
Check-lists Diagnostiques Internationales
GA4C5 f. vos muscles étaient-ils tendus, endoloris ou 1 5
(« International Diagnostic Checklists » douloureux ?
ou IDCL) GA4C6 g. aviez-vous du mal à vous endormir ou à rester 1 5
Les Check-lists Diagnostiques Internationales (« International endormi(e), ou avez-vous si mal dormi que vous
Diagnostic Checklists » ou IDCL) [31, 32] constituent deux ensem- vous réveilliez fatigué(e) ?
bles de listes de critères diagnostiques, le premier relatif aux Note explicative : les abréviations en marge gauche renvoient aux critères
critères et aux algorithmes des troubles inclus dans la CIM 10, diagnostiques des systèmes de classification, par exemple, GA4C6 = 6e critère
l’autre relatif aux critères et aux algorithmes des troubles inclus diagnostique de l’anxiété généralisée (General Anxiety = GA) du DSM IV (chif-
fre 4).
dans le DSM IV. Chaque liste comprend les critères d’un trouble
spécifique, des cases permettant de noter leur présence ou leur
absence, ainsi que des instructions pour faire un diagnostic. Les antisociale, troubles liés à la nicotine, à l’alcool et à l’utilisation
IDCL comprennent 30 check-lists relatives à des diagnostics de substances psychoactives, jeu pathologique, démence,
selon la CIM 10, et 30 check-lists également pour faire des trouble amnésique et autres troubles cognitifs. Deux sections
diagnostics selon le DSM IV. supplémentaires permettent de noter l’évaluation et les obser-
Les IDCL ont été élaborées pour être utilisées dans la pratique vations de l’interviewer (sections W et X).
quotidienne. Le clinicien peut les utiliser sans avoir besoin de Les diagnostics sont réalisés en se basant sur la vie entière.
suivre des règles particulières dans la conduite de son examen Un trouble est dit actuel s’il a été présent durant les 2 dernières
psychiatrique. Il peut examiner ses patients selon ses propres semaines, le dernier mois, les derniers 6 mois, la dernière année
règles et habitudes. En plus des données mises en évidence au ou durant toute période au cours de la dernière année. Pour
cours de son examen, il doit utiliser toutes les informations chaque trouble, une question supplémentaire permet de déter-
disponibles par ailleurs, telles que celles fournies par des tierces miner quand pour la première et dernière fois ce trouble est
personnes ou celles figurant dans le dossier médical. apparu et si le sujet a cherché de l’aide professionnelle. Chaque
diagnostic se base sur la présence d’un minimum de nombre de
critères rencontrés et des étiquettes diagnostiques dans la marge
■ Entretiens diagnostiques gauche illustrent comment chaque question est intégrée dans
les algorithmes diagnostiques. Le DIS permet également d’éva-
structurés luer la sévérité du trouble en déterminant le nombre total de
symptômes et le nombre de critères rencontrés pour chaque
« Diagnostic Interview Schedule » ou DIS-IV trouble, la durée de ces symptômes et leur interférence avec la
À l’initiative du Center for Epidemiological Studies du vie de tous les jours.
National Institute of Mental Health (NIMH), Robins et al. ont
développé en 1978 un entretien entièrement structuré destiné à Mode de passation
l’évaluation des troubles définis dans le DSM III : le « Diagnostic S’agissant d’un entretien hautement structuré, l’interviewer
Interview Schedule (DIS) » [33, 34]. Le DIS a été adapté par la suite doit tout au long de l’entretien se limiter à poser une série de
au DSM III-R, puis au DSM IV dans sa version actuelle appelée questions préétablies et à noter les réponses du sujet (Tableau 1).
DIS-IV [35]. Le DIS est conçu pour être utilisé auprès d’adultes.
Il existe une version pour enfants (le DISC, Cf. infra). Durée de passation
Selon qu’il s’agit d’un sujet de population générale ou d’un
Objectifs patient, la passation de l’entretien prend entre 45 et
Lors de son développement, le DIS a été assez unique, car il 75 minutes.
permettait d’établir des diagnostics selon le DSM à partir des
symptômes psychiatriques notés, avec une utilisation non Qualités métrologiques
exclusivement réservée à des cliniciens. De par ses règles claires La capacité du DIS (version II) de réaliser des diagnostics par
et établies, il peut en effet être employé par des non-cliniciens, des non-cliniciens identiques à ceux des psychiatres a été
ne possédant aucune expérience dans le domaine de la psychia- évaluée dans une étude de 216 patients par Robins et al. [38]
trie, mais préalablement formés [36]. L’interview a dès lors été avec une concordance des diagnostics variant entre 56 et 100 %
utilisé dans plusieurs études épidémiologiques [37]. La version (moyenne de 69 % pour l’ensemble des diagnostics). La sensi-
actuelle reste cependant aussi attractive pour la pratique bilité variait entre 44 et 100 % (moyenne : 75 %) et la spécifi-
clinique. cité entre 88 et 100 % (moyenne : 94 %). Une autre étude sur
370 patients par Helzer et al. [39] conclut que l’instrument
Caractéristiques parvient à établir des classifications acceptables dans des études
Le DIS-IV commence avec une section démographique épidémiologiques.
(section A) et couvre ensuite, dans 19 sections plus ou moins
indépendantes, les diagnostics suivants : troubles somatoformes, Traductions
phobies (spécifiques, sociale, agoraphobie, attaque de panique), L’instrument est disponible en langue anglaise auprès de la
anxiété généralisée, état de stress post-traumatique, troubles Washington University à Saint Louis (Missouri) via le site
dépressifs et troubles dysthymiques, trouble maniaque et officiel du DIS (http://epi.wustl.edu/dis/dishome.htm). Du
troubles bipolaires, schizophrénie et autres troubles psychoti- matériel de support, qui inclut des entretiens-type, des spécifi-
ques, trouble obsessionnel-compulsif, troubles de l’alimentation cations question-par-question, l’historique de l’entretien, des
et des conduites alimentaires, déficit de l’attention et compor- travaux à domicile et des enregistrements vidéo, est proposé lors
tement perturbateur, anxiété de séparation, trouble opposition- de la formation au DIS [40]. Une version antérieure du DIS a été
nel avec provocation, troubles des conduites, personnalité traduite en français par Kovess et Fournier en 1990, qui ont

4 Psychiatrie
Entretiens diagnostiques structurés en psychiatrie ¶ 37-102-B-10

Tableau 2.
Exemple d’une question du CIDI (avec PREC).
Section C - Troubles somatoformes (F45) et troubles dissociatifs (de conversion) (F44)
SOM10D13 C4 Avez-vous déjà eu des douleurs dans les bras ou dans les jambes, ailleurs que dans les articulations ? PREC: 1 2 3 4 5
PP10A
SOM4B1 DM: ___________________
PAIN4A AUTRE:_________________
Exemple d’une question « oui/non » du CIDI
Section D - Troubles phobiques (F40) et autres troubles anxieux (F41)
ANIM10C D4 Votre (peur/tendance à éviter) des insectes, des serpents, des oiseaux ou d’autres animaux a-t-elle déjà été excessive, NON ....... 1
ANIM4C c’est-à-dire beaucoup plus forte que chez d’autres personnes ? OUI ........ 5
ANIM10C A. Votre (peur/tendance à éviter) des insectes, des serpents, des oiseaux ou d’autres animaux a-t-elle déjà été irraisonnée, NON ....... 1
ANIM4C c’est-à-dire beaucoup plus forte qu’elle n’aurait dû l’être ? OUI ........ 5
ANIM10C B. Avez-vous déjà été très mécontent(e) de vous-même à cause de cette (peur/tendance à éviter) des insectes, des serpents, NON ....... 1
ANIM4E des oiseaux ou d’autres animaux ? OUI ........ 5
Note explicative : les abréviations en marge gauche renvoient aux critères diagnostiques des systèmes de classification, par exemple, ANIM10C = critère diagnostique C de la
phobie spécifique type animal (ANIM) de la CIM 10 (chiffre 10).

aussi proposé une version autoadministrée appelée DIS-SA, La version 2.1 connaît 15 sections : A. Données démographi-
décrite plus bas. La version actuelle DIS-IV a été traduite par ques, B. Troubles liés à l’utilisation de tabac, C. Troubles
notre équipe au CFFR-OMS. somatoformes et troubles dissociatifs (de conversion), D. Trou-
bles phobiques et autres troubles anxieux, E. Troubles dépressifs
Versions informatisées et trouble dysthymique, F. Trouble maniaque et trouble bipo-
Un programme PC a été développé pour l’entrée des données, laire, G. Schizophrénie et autres troubles psychotiques, H. Trou-
qui indique le diagnostic et l’âge de début [41]. Le programme bles de l’alimentation, J. Troubles liés à l’utilisation d’alcool,
proposé actuellement, appelé C-DIS (« Computerised Version of the K. Trouble obsessionnel-compulsif et état de stress post-
DIS ») inclut tout l’entretien et donne un rapport diagnostique. traumatique, L. Troubles liés à l’utilisation de substances
Le C-DIS tourne sur Windows 98/NT/2000/XP et est disponible psychoactives, M. Démence, trouble amnésique et autres
en langue anglaise via le site officiel du DIS. troubles cognitifs, O. Commentaires du sujet, P. Observations de
l’interviewer et X. Évaluation de l’interviewer.
Intérêts et limites Le CIDI doit être utilisé conjointement avec son matériel de
Certaines études suggèrent que le DIS présente une bonne support, qui comprend le cahier de l’interviewer, le manuel du
capacité diagnostique dans des populations pathologiques, mais formateur et le programme d’analyse par ordinateur.
que ses qualités métrologiques sont moins bonnes en popula-
tion générale [42]. Entretien américain reposant sur le DSM IV, le Mode de passation
DIS ne permet pas de faire des diagnostics selon la CIM 10. Il
présente comme avantage de pouvoir être administré par des Les questions du CIDI sont lues en entier et posées de la
non-cliniciens. même manière pour tous les sujets. Tout ce qui est écrit en
minuscules doit être lu au répondeur ; tout ce qui est écrit en
majuscules est une instruction destinée à l’interviewer. Dans de
« Composite International Diagnostic nombreux cas, une réponse positive à une question oblige « à
Interview » ou CIDI préciser » (« probe ») les conditions dans lesquelles un symptôme
Le « Composite International Diagnostic Interview (CIDI) » [43], s’est manifesté. Des instructions de passage sont fréquemment
développé par l’OMS et la United States Alcohol, Drug Abuse données en cas de réponse négative. Il y a six possibilités de
and Mental Health Administration (ADAMHA) [44], est - tout codage pour évaluer quand le symptôme a été présent pour la
comme le DIS - un entretien structuré conçu pour être adminis- première et pour la dernière fois. La durée, la fréquence et la
tré également par des non-cliniciens, en population générale, à sévérité sont également évaluées, permettant ainsi une approche
partir de l’âge de 12 ans. La version 1.0 est sortie en décembre dimensionnelle (Tableau 2).
1990, la version 1.1 en mai 1993 et la version 2.1, décrite ici,
en janvier 1997. Elle a été mise au point avec la collaboration Durée de passation
de nombreux experts et elle a été testée dans de nombreux Il est prévu que le CIDI soit réalisé en une seule session, mais
pays. Le CIDI constitue l’entretien structuré le plus utilisé
plus d’une séance est nécessaire parfois pour compléter l’entre-
mondialement.
tien. La durée moyenne est approximativement de 75 minutes.
Objectifs La version sur ordinateur est d’utilisation plus courte et plus
aisée car elle permet de sélectionner les différents modules au
Entièrement structuré, le CIDI utilise les mêmes stratégies que
début de l’entretien et automatise l’arbre de précision.
le DIS [45]. Il a été rédigé pour des personnes provenant de
cultures et de milieux différents et ayant des niveaux d’intelli-
gence hétérogènes. La construction du CIDI et les conditions de
Qualités métrologiques
son administration en font un instrument particulièrement Les qualités métrologiques du CIDI ont été démontrées dans
intéressant pour les enquêtes épidémiologiques, mais il peut plusieurs études [46], dont une étude de terrain dans 18 centres,
également être utilisé dans d’autres études, ainsi que dans la incluant 575 sujets [47] . La concordance diagnostique a été
pratique clinique courante. supérieure à 90 % et les valeurs kappa ont toutes été hautement
significatives. Une étude plus récente [48] montre des kappas
Caractéristiques modérés à excellents (.58 à .97) pour les diagnostics selon la
Le CIDI permet d’évaluer les troubles sur la vie entière et au CIM 10. La version 2.1 du CIDI a été testée au Brésil dans une
cours des 12 derniers mois. Il est conçu en modules, avec des population de 186 sujets [49], avec des kappas situés entre .50 et
questions entièrement structurées. Il utilise des cartes de 1, en cas d’une bonne formation préliminaire des interviewers.
référence pour aider l’interviewer, ainsi qu’un arbre de précision En conclusion, les qualités psychométriques du CIDI sont
pour éliminer les symptômes sans signification clinique ou bonnes avec une fidélité inter-juges excellente, une bonne
explicables par des causes physiques. fidélité test-retest et une bonne validité [50].

Psychiatrie 5
37-102-B-10 ¶ Entretiens diagnostiques structurés en psychiatrie

Traductions formation de 3 jours à l’instrument dans un des centres de


Le CIDI a été traduit dans environ 25 langues et est dispo- formation et de référence de l’OMS. Un programme d’entraîne-
nible via le site officiel du CIDI de l’OMS (http://www3. ment sur CD-Rom complète cette formation.
who.int/cidi/). L’instrument a été traduit en français par notre
Durée de passation
centre, ainsi que son cahier de l’interviewer (avec l’aide de
Reggers), et peut être obtenu auprès des auteurs. Le manuel du En moyenne, l’administration du WMH-CIDI prend 2 heures.
formateur est uniquement disponible en langue anglaise.
Qualités métrologiques
Versions informatisées Les sections diagnostiques du WMH-CIDI ont été révisées en
Le Centre OMS de Formation et de Référence à Sydney tenant compte de quatre problèmes méthodologiques majeurs :
(Australie) a produit une version informatisée du CIDI, appelée la compréhension du sujet des questions de l’entretien, la
CIDI-Auto 2.1, disponible en français, qui peut être utilisée aussi compréhension du sujet de la tâche sous-entendue par ces
bien pour une autoévaluation que pour l’entretien. La validité questions (qui demandent parfois une recherche minutieuse du
de la version 1.0 a été bien établie [51]. Le CIDI-Auto tourne sur passé), la motivation du sujet à répondre adéquatement aux
MS-DOS et est disponible via la page CIDI du CRUFAD (http: questions parfois embarrassantes et stigmatisantes, et la capacité
//www.crufad.unsw.edu.au/cidi/cidi.htm). du sujet à répondre correctement à certaines questions (telle que
L’OMS propose une version informatisée du CIDI 2.1 qui par exemple l’âge de début).
tourne sur Windows 95/98 et NT 4.0 [52] et qui est implémentée
dans le système « I-Shell » un outil développé par l’OMS pour Traductions
l’entretien clinique structuré assisté par ordinateur, utilisé aussi Le WMH-CIDI a été traduit en plusieurs langues, dont en
pour d’autres instruments de l’OMS. Le programme, disponible français, et a été utilisé pour évaluer la prévalence et la comor-
en français, peut être obtenu via l’OMS (http://www3. bidité des troubles psychiatriques dans la population générale
who.int/cidi/). Pour faire les diagnostics DSM IV et CIM 10, une française [56].
exportation des données vers SPSS (http://www.spss.com) est
nécessaire avec utilisation des algorithmes diagnostiques Version informatisée
adéquats. Le WMH-CIDI existe en version papier (« Paper and Pencil
Intérêts et limites Interview » ou PAPI) et en version informatisée (« Computer
Assisted Personal Interviewing » ou CAPI) via son site officiel.
À l’inverse du DIS, le CIDI permet de faire des diagnostics
selon les deux systèmes de classification en vigueur, à savoir le Intérêts et limites
DSM IV et la CIM 10. L’utilisation adéquate de cet instrument
nécessite une formation appropriée au recueil, à l’entrée et à Un changement important du WMH-CIDI par rapport aux
l’analyse des données. entretiens diagnostiques structurés décrits plus haut est l’éta-
blissement d’un protocole explicite pour modifier l’instrument.
Version « World Mental Health Survey Instrument exhaustif pour les études épidémiologiques, son
utilisation en pratique clinique demande un investissement
Initiative » du CIDI ou WMH-CIDI temporel important.
Le DIS et le CIDI ont été développés pour estimer la préva-
lence des troubles psychiatriques et évaluent peu leur sévérité et « Mini International Neuropsychiatric
leur prise en charge. Pour combler ce manque, le CIDI a été
élargi pour inclure des questions détaillées sur la sévérité, le Interview » ou MINI
traitement et le handicap associé aux troubles psychiatriques. Le « Mini International Neuropsychiatric Interview (MINI) » [57]
Ce nouvel instrument, appelé le « World Mental Health Survey est un entretien diagnostique structuré, qui a été développé
Initiative version of the CIDI » (WMH-CIDI) [53] a été implémenté simultanément en français et en anglais. La version actuelle
dans 28 pays et utilisé dans des études dans 14 pays [54], dont 5.0 s’accompagne d’un questionnaire de dépistage (« MINI
la « European Study of the Epidemiology of Mental Disorders Screen »). Il en existe une version pour enfants (« MINI Kid » et
(ESEMeD) » [55]. « MINI Kid - Parent Version »).
Objectifs Objectifs
La version « World Mental Health Survey Initiative » du CIDI Le MINI explore, de façon standardisée, les principaux
(WMH-CIDI) permet à l’investigateur de mesurer la prévalence troubles psychiatriques de l’axe I du DSM IV. Une version
des troubles psychiatriques, d’évaluer la sévérité de ces troubles, CIM 10 du MINI est également disponible. Le MINI peut être
d’estimer l’utilisation des services de santé mentale, de mesurer utilisé par des cliniciens, après une courte formation. Les
l’utilisation de médicaments pour traiter ces troubles, de vérifier enquêteurs non-cliniciens doivent recevoir une formation plus
qui est sous traitement (et qui ne l’est pas) et quelles sont les intensive. Le MINI est parfois utilisé comme questionnaire
barrières à l’accès aux soins. autoadministré, bien qu’il soit peu adapté à ce mode de
Caractéristiques passation.
Le WMH-CIDI est un entretien entièrement structuré qui Caractéristiques
évalue les troubles psychiatriques selon la CIM 10 et le DSM IV.
Le WMH-CIDI compte 41 sections : une section de dépistage La version 5.0 du MINI contient 120 questions et est divisée
qui revoit aussi l’histoire du sujet, 22 sections diagnostiques, en 16 modules qui peuvent être administrés séparément,
quatre sections supplémentaires évaluant le fonctionnement du chacun correspondant à une catégorie diagnostique : A. Épisode
sujet et les troubles physiques, deux sections sur le traitement, dépressif majeur, A’. EDM avec caractéristiques mélancoliques
quatre sections qui évaluent les facteurs de risque, six sections (optionnel), B. Dysthymie, C. Risque suicidaire, D. Épisode
sociodémographiques, ainsi que deux sections méthodologiques. (hypo-) maniaque, E. Trouble panique, F. Agoraphobie, G. Pho-
Les sections diagnostiques, qui se basent sur le CIDI, évaluent bie sociale, H. Trouble obsessionnel-compulsif, I. État de stress
les troubles de l’humeur, les troubles anxieux, les troubles liés à post-traumatique (optionnel), J. Alcool (dépendance/abus),
l’utilisation de substances, les troubles de l’enfance et d’autres K. Drogues (dépendance/abus), L. Troubles psychotiques,
troubles. Une liste complète des troubles évalués est fournie M. Anorexie mentale, N. Boulimie, O. Anxiété généralisée, et
sur le site du WMH-CIDI (http://www.hcp.med.harvard.edu/ P. Trouble de la personnalité antisociale (optionnel). Pour
wmhcidi/), qui fait également une comparaison de cet instrument chacun des troubles, deux à quatre questions-filtres sont
avec le CIDI 2.1. présentées au début de chaque module, permettant le dépistage.
Selon les modules, le MINI évalue la situation actuelle (2 der-
Mode de passation nières semaines, mois écoulé, 3 derniers mois, 6 derniers mois,
Le mode de passation est comparable aux entretiens structu- 12 derniers mois, 2 dernières années) et/ou la vie entière. À la
rés déjà décrits. L’utilisation du WMH-CIDI nécessite une fin de chaque module, une ou plusieurs boîtes diagnostiques

6 Psychiatrie
Entretiens diagnostiques structurés en psychiatrie ¶ 37-102-B-10

Tableau 3. entière et n’identifie pas les antécédents. Vu les réponses


Exemple d’une question du MINI. C. Risque suicidaire. uniquement dichotomiques, il ne permet pas d’évaluer la
sévérité des troubles ou leur retentissement fonctionnel.
Au cours du mois écoulé, avez-vous :
Le MINI reste un bon outil de dépistage en médecine géné-
C1 Pensé qu’il vaudrait mieux que vous soyez NON OUI 1 rale, vu sa durée de passation plus courte que celle du CIDI ou
mort(e), ou souhaité être mort(e) ? du DIS.
C2 Voulu vous faire du mal ? NON OUI 2
C3 Pensé à vous suicider ? NON OUI 3
■ Entretiens diagnostiques semi-
C4 Établi la façon dont vous pourriez vous NON OUI 4
suicider ? structurés pour les troubles
C5 Fait une tentative de suicide ? NON OUI 5 de l’axe I du DSM
C6 Au cours de votre vie, NON OUI 6
Avez-vous déjà fait une tentative de suicide ?
Plusieurs entretiens diagnostiques semi-structurés ont été
développés pour assister le clinicien formé à faire des diagnos-
Y a-t-il au moins UN OUI ci-dessus NON OUI tics en accord avec les critères RDC, l’axe I du DSM IV et les
Si OUI, spécifier le niveau du risque Risque chapitres cotés F1-F5 dans la CIM 10.
suicidaire comme ci-dessous : suicidaire actuel
C1 ou C2 ou C6 = OUI : LÉGER Léger « Schedule for Affective Disorders
C3 ou (C2 + C6) = OUI : MOYEN Moyen and Schizophrenia » ou SADS
C4 ou C5 ou (C3 + C6) = OUI : ÉLEVÉ Élevé Pour le recueil des données requises dans le système des
Note explicative : dans le MINI, les questions d’une section donnée sont critères de diagnostic pour la recherche en psychiatrie (RDC),
numérotées en chiffres arabes continus dans la marge droite. Spitzer et al. ont proposé le « Schedule for Affective Disorders and
Schizophrenia (SADS) » [60], développé au New York State Psy-
permettent au clinicien d’indiquer si les critères diagnostiques chiatric Institute et à la Columbia University vers le milieu des
sont atteints. années 1970. Le SADS est un moyen d’augmenter la fidélité
inter-juges du diagnostic RDC.
Mode de passation
Objectifs
Les phrases écrites en minuscules doivent être lues « mot-à-
mot », tandis que les phrases écrites en majuscules sont des L’objectif du SADS fut de donner aux chercheurs une procé-
instructions auxquelles le clinicien doit se référer de façon à dure qui réduit les différences d’évaluation et d’information
intégrer tout au long de l’entretien les algorithmes diagnosti- diagnostique. Il évalue le diagnostic selon les critères RDC, qui
ques. Les phrases écrites en gras indiquent la période de temps représentent un des systèmes nosologiques mondialement
à explorer. Les phrases entre parenthèses sont des exemples utilisé pour les applications de recherche clinique en
cliniques décrivant le symptôme évalué. Quand un des critères psychiatrie.
nécessaires à l’établissement du diagnostic exploré n’est pas Caractéristiques
atteint, des instructions de passage permettent de passer au
Il existe trois formes complémentaires du SADS : le SADS
module suivant.
régulier [61] , le SADS-L (« lifetime ») [62] et le SADS-C
Les réponses sont dichotomiques (« oui » ou « non »). Toutes
(« change ») [63] . Le SADS régulier permet de recueillir des
les questions posées doivent être cotées. La cotation se fait à
informations détaillées concernant l’épisode actuel et des
droite de chacune des questions.
informations plus sommaires concernant les antécédents
Les symptômes imputables à une maladie physique, ou à la
personnels. Le SADS-L, assez similaire à la deuxième partie du
prise de médicaments, de drogue ou d’alcool ne doivent pas être
SADS, est consacré aux évaluations diagnostiques « longitudina-
cotés « oui ». Il existe une version plus détaillée du MINI, le
les », et a été modifié par Mannuzza et al. pour étudier les
« MINI Plus » qui explore ces aspects (Tableau 3).
troubles anxieux [64]. Finalement, le SADS-C permet l’évaluation
Durée de passation du changement.
La durée de passation du MINI est brève (moyenne Mode de passation
18,7 min ± 11,6 min ; médiane 15 minutes). Le SADS est organisé en deux parties [65]. La première partie
Qualités métrologiques donne une description détaillée de l’épisode actuel du sujet, des
conditions de vie et du fonctionnement du sujet dans la
Le MINI a été validé en le comparant au SCID-I/P [58] et au semaine qui précède l’entretien. La deuxième partie du SADS
CIDI [59]. Selon les troubles étudiés, la sensibilité du MINI variait évalue les pathologies psychiatriques antérieures à l’épisode
entre 45 % et 96 %, la spécificité entre 86 % et 100 %, avec des actuel et inclut une série de questions et de critères permettant
coefficients kappa de concordance entre .43 et .90. un diagnostic RDC.
Traductions À côté de l’évaluation actuelle, les items du SADS fournissent
donc également une description détaillée des symptômes au
Le MINI a été traduit dans 43 langues. Les versions originales moment où ils étaient au maximum durant la maladie, permet-
française et anglaise de l’instrument peuvent être demandées tent d’évaluer le passé psychopathologique, la sévérité globale
aux auteurs (pour la version française : Lecrubier & Hergueta, du trouble et des facteurs de fonctionnement importants pour
e-mail : hergueta@ext.jussieu.fr). l’évaluation du pronostic et du diagnostic, et fournissent une
mesure du changement, qui peut être rapidement évaluée par la
Versions informatisées version étude du changement, le SADS-C.
Trois versions électroniques du MINI, le eMINI, le eMINI- Le SADS fournit une progression de questions, d’items et de
Deluxe et le eMINI-Professional, ont été développées par critères qui passent en revue systématiquement et retiennent ou
Medical Outcome Systems, qui tournent sur Windows XP et éliminent les diagnostics RDC spécifiques. La plupart des items
contiennent la version anglaise et espagnole. sont prévus pour recevoir une cote quant au niveau de sévérité,
durant la semaine qui précède l’évaluation, ainsi que pour
Intérêts et limites chaque symptôme, au moment où il était le plus sévère pendant
Le MINI a été créé dans le but de remplacer les outils l’épisode actuel (Tableau 4).
diagnostiques tels que le CIDI ou le SCID, qui sont plus longs à
utiliser, mais a été critiqué de n’être pas assez spécifique pour Durée de passation
établir des diagnostics. Il détermine une prévalence actuelle et L’administration du SADS demande un investissement tem-
ne donne pas d’âge de début. Même s’il peut faire des diagnos- porel considérable, de sorte que certains auteurs en ont proposé
tics sur la vie pour certains troubles, il ne se base pas sur la vie une version abrégée [66].

Psychiatrie 7
37-102-B-10 ¶ Entretiens diagnostiques structurés en psychiatrie

Tableau 4.
Exemples de questions du SADS.
PARTIE I (ÉPISODE ACTUEL)
Désespoir, découragement, pessimisme 0 Pas d’information.
Avez-vous ressenti du découragement (du pessimisme, du
désespoir) ? 1 Pas du tout découragé par rapport à l’avenir
Comment voyez-vous votre avenir ? 2 Très léger, exemple : ressent occasionnellement un certain découragement par rapport à
(Comment pensez-vous que la situation peut évoluer ?) l’avenir.
3 Léger, exemple : se sent souvent quelque peu découragé
4 Modéré, exemple : envisage souvent l’avenir de façon très pessimiste
5 Sévère, exemple: sentiment envahissant de pessimisme intense
6 Extrême, exemple : idées délirantes ou hallucinations de condamnation ou de fin du
monde.
(Qu’en était-il de la semaine passée ?) SEMAINE PASSÉE 0 1 2 3 4 5 6
Note explicative : le symptôme à évaluer est en lettres romanes et les questions proposées pour son évaluation sont en italiques. Une échelle de 1-6 évalue la
sévérité maximale du symptôme durant l’épisode actuel, ainsi que son niveau de sévérité durant la semaine qui précède l’évaluation.
PARTIE II (ANTÉCÉDENTS)
Critère 1 du syndrome dépressif majeur
1. A eu une ou plusieurs périodes distinctes d’au moins 0 Pas d’information ou pas sûr ou faisant partie d’une simple réaction de deuil
une semaine pendant laquelle il était perturbé par une
humeur déprimée ou irritable ou avait une perte étendue
d’intérêt ou de plaisir
Avez-vous déjà eu une période d’au moins une semaine où 1 Non
vous vous sentiez déprimé, triste, mélancolique, désespéré,
abattu où « tout vous était bien égal » ou où vous n’aviez
plus aucun plaisir ?
Vous sentiez-vous irritable ou facilement dérangé ? 2 Oui

Qualités métrologiques Objectifs


Les qualités métrologiques des RDC ont été évaluées dans Le SCID-I a été initialement conçu pour répondre aux besoins
plusieurs études. Le SADS a été largement utilisé en tant que des cliniciens et des chercheurs en accord avec le DSM III et le
« gold standard » pour l’évaluation structurée en psychiatrie. Une DSM III-R. Cette double fonction a créé des problèmes pour la
formation aux méthodes d’entretiens structurés permet d’aug- recherche étant donné que bon nombre de spécifications
menter considérablement la fidélité inter-juges du diagnos- potentiellement utiles ont été omises de la version DSM III-R et
tic [67]. La première étude en population générale a été conduite que, d’autre part, en pratique clinique, l’accumulation de détails
en 1975 par Weissman et al. [68]. a rendu l’entretien trop long et trop complexe. C’est pourquoi
le SCID pour le DSM IV existe en deux versions : l’une clinique
Traduction (SCID-CV), l’autre destinée à la recherche. Il reprend d’une
Le SADS a été traduit en français et publié dans son entièreté manière systématique tous les critères et symptômes des
par Charles et Ansseau [69]. tableaux cliniques définis dans le DSM IV, et propose pour
chacun d’eux une question que le clinicien ou le chercheur doit
Version informatisée poser au patient. Il ne se limite pas à l’axe I du DSM, étant
Les études visant à traiter par ordinateur les informations donné qu’une version (le SCID-II, décrit plus bas) évalue les
données par le SADS via le système DIAGNO [70] se sont avérées troubles de l’axe II (troubles de la personnalité). Le SCID pour
infructueuses [71]. le DSM III-R comporte neuf modules totalisant approximative-
ment 360 items et permet d’identifier 33 diagnostics de l’Axe I.
Intérêts et limites Les modules sont plus détaillés et en plus grand nombre dans
Les RDC et le SADS ont été largement utilisés par les investi- la version DSM IV. Par exemple, des modules optionnels
gateurs, afin d’étudier un nombre impressionnant de questions permettent de spécifier davantage de sous-types diagnostiques
et de recherches, particulièrement celles en relation avec ou de détailler l’histoire clinique du sujet. Des items ont
l’épidémiologie, la génétique et les concomitants biologiques et également été ajoutés afin de vérifier la présence ou non d’une
les issues post-traitement. Le SADS-L, de par son évaluation cause organique aux désordres identifiés.
conjointe du passé et du trouble actuel, convient mieux dans les
études où on ne note pas d’épisode actuel de maladie. Le Caractéristiques
SADS-C permet la réévaluation d’un sujet précédemment La version clinique, le SCID-CV [74], est une adaptation du
interviewé. L’entretien, en général limité à l’évaluation du SCID destinée à introduire les bénéfices de l’évaluation structu-
diagnostic RDC, souffre cependant de son ancienneté. rée en pratique clinique. Il est publié en deux parties : un livret
d’administration réutilisable (avec des colonnes codées en
« Structured Clinical Interview for DSM IV couleur) [75] et des feuilles de cotation à usage unique [76]. Le
SCID-CV est divisé en six modules relativement indépendants :
Axis I Disorders » ou SCID-I A. Troubles de l’humeur, B. Symptômes psychotiques et associés,
Le « Structured Clinical Interview for DSM IV Axis I Disorders C. Diagnostic différentiel des troubles psychotiques, D. Dia-
(SCID-I) », est un entretien semi-structuré très utilisé qui a été gnostic différentiel des troubles de l’humeur, E. Troubles associés
développé par Spitzer et al. pour évaluer les troubles psychiatri- à l’utilisation de substances, et F. Troubles anxieux. D’autres
ques définis dans le DSM III et le DSM III-R [72, 73]. Il peut être catégories diagnostiques ne sont pas prises en compte, mais
utilisé par des cliniciens et des non-cliniciens suffisamment existent dans les autres versions du SCID ou en tant que
formés dans tout type de population d’adultes ou d’adolescents modules à part. Ainsi, un entretien semi-structuré spécifique (le
(à l’exception des sujets présentant un retard mental ou d’autres SCID-D-R, décrit plus bas) a été développé pour les troubles
troubles cognitifs). Une version préliminaire existe pour les dissociatifs du DSM IV. Le SCID-CV peut être utilisé en partie
enfants (le KID-SCID, décrit plus bas). pour confirmer et documenter un diagnostic DSM IV présumé

8 Psychiatrie
Entretiens diagnostiques structurés en psychiatrie ¶ 37-102-B-10

Tableau 5.
Exemple d’une question du SCID-I.
Syndrome dépressif majeur – critère A1 du DSM IV
Au cours du mois qui vient de passer ... (1) humeur dépressive la majeure partie de la journée, presque ? 1 2 3
... avez vous passé une période pendant laquelle vous vous êtes chaque jour (rapport subjectif [ex : sentiment de tristesse ou de
senti déprimé, ou découragé tout au long de la journée, presque vide] ou observé par les autres [ex : semble triste]).
tous les jours ? (comment vous êtes-vous senti au juste ?) À noter : chez les enfants et les adolescents, l’humeur peut être
SI OUI : ça a duré combien de temps ? (Aussi long que deux irritable.
semaines ?)
Note explicative : dans la marge droite, l’interviewer cote les symptômes individuels de la manière suivante: « information inadéquate (?) », « absent (1) », « subliminaire (2) »
(i.e., le critère est presque rencontré), et « présent (3) » (i.e., le critère est rencontré).

ou être administré dans sa totalité pour évaluer systématique- exhaustivement au sujet des études de validité et de fidélité
ment tous les diagnostics majeurs de l’axe I. Un guide de effectuées. Il y a plus de 700 études publiées dans lesquelles le
l’utilisateur qui contient des jeux de rôle et des devoirs à SCID-I a été l’instrument diagnostique utilisé.
domicile procure une formation de base dans l’utilisation du
SCID-CV [77]. Traductions
La version pour chercheurs du SCID-I et le SCID-CV couvrent La version clinique est disponible en langue anglaise auprès
plus ou moins les mêmes troubles, mais diffèrent au niveau de de l’American Psychiatric Press (http://www.appi.org). La
l’investigation détaillée. Les avantages principaux de la version version pour chercheurs en langue anglaise peut être obtenue
pour chercheurs sont la facilité d’adapter cet instrument pour auprès de Biometrics Research via le site officiel du SCID
un projet de recherche particulier et sa couverture plus complète (http://www.scid4.org/). Ce site reprend aussi les adresses de
des critères diagnostiques des troubles et de leurs sous-types. contact des traductions actuellement disponibles, dont la version
Trois éditions différentes de la version pour chercheurs du SCID française, qui a été traduite par le Groupe de Recherche sur le
sont disponibles pour le DSM IV [78] : Développement des Troubles Affectifs, du Département de
• le SCID-I/P (Edition Patient) est la version patient standard Psychologie de l’Université de Montréal (Lapalme et Hodgins,
avec une couverture complète des symptômes psychotiques ; 1998).
• le SCID-I/P (w/Psychotic Screen) (Edition Patient, avec module
de dépistage des troubles psychotiques), est une version Versions informatisées
patient qui contient une couverture très abrégée des symptô- Un certain nombre d’outils informatisés qui complètent
mes psychotiques destinée à être utilisée pour les populations le SCID ont été développés par Multi-Health Systems
de patients dans lesquelles les troubles psychotiques sont (http://www.mhs.com/). Parmi ceux-ci figure une version
présumés être rares ; informatisée du SCID-CV, appelée CAS-CV (Computer-Assisted
• finalement, le SCID-I/NP (Edition Non-patient) a été conçu SCID). Finalement, un questionnaire de dépistage, appelé
pour les études épidémiologiques des populations non SCID-Screen-PQ (SCID Screening Patient Questionnaire) est
cliniques (p.ex. études de communautés, études familiales, également proposé.
recherche en soins primaires).
Intérêts et limites
Mode de passation (exemple du SCID-I/P) Le SCID-CV est une version du SCID-I adaptée à la pratique
Le SCID-I/P commence avec une section générale (données clinique. En fonction des besoins, cette version peut également
sociodémographiques, problèmes et symptômes actuels, traite- être appropriée à l’utilisation en recherche. L’avantage majeur
ments antérieurs, échelle des événements de vie significatifs), de la version pour chercheurs reste son adaptabilité à une étude
suivie d’une feuille de cotation sommaire (diagnostics actuels et particulière et sa couverture plus complète des troubles (avec
prévalence sur la vie, échelle d’évaluation globale du fonction- leurs sous-types). Si la possibilité de modifier le SCID n’est pas
nement ou EDF), ainsi que de neuf modules pour les différents importante ou si l’on n’est pas intéressé dans les sous-types, le
troubles. L’organisation des modules est hiérarchique, avec des SCID-CV s’avère suffisant.
arbres décisionnels explicites qui indiquent quand il faut arrêter
d’investiguer chaque trouble. L’interviewer cote les symptômes « Schedules for Clinical Assessment
individuels de la manière suivante : « information inadéquate
( ?) », « absent (1) », « subliminaire (2) » (i.e., le critère est in Neuropsychiatry » ou SCAN
presque rencontré), et « présent (3) » (i.e., le critère est rencon- Les « Schedules for Clinical Assessment in Neuropsychiatry
tré). Pratiquement tous les symptômes sont cotés pour l’épisode (SCAN) » [80] ont été développés par le département de la santé
actuel. De surcroît, les cliniciens sont sollicités à faire quelques mentale de l’OMS et le « National Institute of Mental Health
évaluations supplémentaires : des cotations de l’épisode actuel (NIMH) Joint Project on Diagnosis and Classification of Mental
et d’épisode(s) du passé sont requis pour les troubles de Disorders, Alcohol and Related Problems » [81] . Il s’agit d’un
l’humeur, des jugements étiologiques (organique/non organi- ensemble d’instruments diagnostiques reposant sur la CIM 10 et
que) sont demandés pour les symptômes psychotiques et le DSM IV dont la version la plus récente (version 2.1) a été
affectifs. Les interviewers sont encouragés à utiliser toutes les traduite en français par notre équipe au CFFR-OMS. À l’inverse
sources de données cliniques en cotant l’entretien (Tableau 5). du CIDI, le SCAN doit être utilisé par des cliniciens expérimen-
tés. Instrument diagnostique très précis, le SCAN est destiné en
Durée de passation priorité à la recherche clinique et à l’enseignement.
L’évaluation d’un patient psychiatrique avec le SCID-I prend
habituellement 1-2 heures, en fonction de la complexité de son Objectifs
histoire psychiatrique et la capacité du sujet de décrire ses Le SCAN a pour objectifs de faciliter le recueil et l’enregistre-
troubles. Un SCID-I avec un non-patient prend entre 30 et ment d’informations relatives à la majorité des troubles psy-
90 minutes. chiatriques répertoriés chez l’adulte. Il aide l’interviewer dans
l’évaluation, la mesure, et la classification de ses observations.
Qualités métrologiques En réduisant la place laissée à la subjectivité de l’interviewer lors
Les qualités métrologiques du SCID-I pour le DSM III-R ont de l’évaluation d’un sujet, le SCAN accroît la fidélité inter-juges
été rapportées dans plusieurs études [79]. La fidélité inter-juges du diagnostic posé et constitue un moyen efficace pour décrire
est excellente si les interviewers sont formés d’une manière et classer les observations cliniques, afin de faire des comparai-
adéquate, avec des valeurs kappa supérieures à .75 pour les sons. Le clinicien est, certes, invité à poser une série de
symptômes et une exactitude de 90 % dans les diagnostics. Le questions préétablies, mais il est autorisé à en poser d’autres, et
site officiel du SCID (http://www.scid4.org/) informe il doit faire intervenir son propre jugement dans la cotation.

Psychiatrie 9
37-102-B-10 ¶ Entretiens diagnostiques structurés en psychiatrie

Principes Tableau 6.
Exemple d’une question du SCAN.
Même s’il fait partie de la catégorie des entretiens semi-
structurés, le SCAN reste hautement structuré. Il s’agit en Section 3 : soucis, tension, etc.
quelque sorte d’un « contre-interrogatoire » clinique qui se base 3.001 Soucis
sur la correspondance entre les concepts théoriques de l’exami-
Vous faisiez-vous beaucoup de soucis durant [PERIODE] ?
nateur (psychiatre ou psychologue clinicien) et les expériences
décrites par le sujet évalué. L’entretien se révèle cliniquement - Comment vous sentez-vous quand vous vous faites du souci ?
flexible et peut dès lors être utilisé même avec des sujets - Avez-vous l’esprit occupé par des pensées pénibles défilant sans
difficiles à évaluer. Ainsi, l’évaluateur peut par exemple passer cesse ?
une section, réaliser l’entretien sans respecter l’ordre numérique - Vous faites-vous trop de soucis, beaucoup plus que ne le mériterait
et revenir à une section déjà cotée. normalement le problème qui vous préoccupe ?
- Que se passe-t-il lorsque vous tentez de penser à autre chose ?
Caractéristiques
- Parvenez-vous à oublier vos soucis, p. ex. en regardant la télévision,
Le système SCAN comprend quatre instruments : un entretien en lisant, ou en essayant de penser à des choses agréables ?
semi-structuré clinique (la 10e édition du « Present State Exami- Pensées douloureuses, persistantes et irrépressibles, sans
nation ») composé de deux parties et de 25 sections, une check- commune mesure avec le sujet de préoccupation. Lorsque le
list de groupes d’items (« Item Group Checklist » ou IGC), un sujet se fait « trop de soucis », mais seulement en relation avec
tableau de l’histoire clinique (« Clinical History Schedule » ou des problèmes réels, coter « léger ».
CHS) et un glossaire détaillé de diagnostics différentiels. S’y
ajoutent un logiciel (I-Shell, décrit plus bas), du matériel
d’entraînement et un manuel de référence, qui décrit le déve- l’item suivant. Il existe différents types de cotations d’un item
loppement de l’instrument et donne une bonne introduction à à l’autre, qui se font le plus souvent à l’aide de diverses échelles
son usage [82]. de cotation. La cause présumée d’un symptôme peut être
Le noyau du SCAN est le Present State Examination (PSE), qui évaluée par une échelle facultative d’attribution causale.
a connu neuf versions préliminaires largement testées. Alors que L’interférence du ou des troubles avec le fonctionnement
la 9e version (PSE-9), traduite dans plus de 35 langues, a été normal du sujet est évaluée à la fin de chaque section. Des
raccourcie à 140 items [83], le PSE-10 (inclus dans le SCAN) a à échelles de cotation spéciales existent pour l’IGC et le CHS
nouveau été fortement élargi, retenant les items du PSE-9 et (Tableau 6).
permettant de faire des liens entre la CIM 10 et le DSM IV.
Le SCAN/PSE-10 se compose de deux parties. La partie 1 Durée de passation
(sections 0-14) couvre les symptômes non psychotiques : L’évaluation d’un patient psychiatrique avec le SCAN prend
symptômes somatoformes et dissociatifs, soucis et tension, habituellement 60 à 90 minutes.
anxiété et phobies, symptômes obsessionnels, humeur et idées
dépressives, pensée et concentration, énergie, intérêts, fonctions Qualités métrologiques
physiologiques, conduite alimentaire, humeur et idéation Les propriétés psychométriques du SCAN, jusqu’alors seule-
expansives, consommation d’alcool et d’autres substances ment établies pour certaines sections de l’instrument, ont été
psychoactives. La partie 2 (sections 15-25) porte sur les troubles testées pour la plupart des troubles par une équipe de Nij-
psychotiques et cognitifs, ainsi que sur les anomalies du megen [84], par deux méthodes différentes. Dans la situation
discours, des affects et du comportement. test-retest, avec évaluation de sujets réels par des psychologues
Le glossaire du SCAN, qui repose largement sur la phénomé- ayant peu d’expérience clinique, les valeurs du coefficient kappa
nologie de Jaspers avec intégration de certains textes de la ont été modérées à bonnes (.24 à .64). Dans la situation
CIM 10 et du DSM IV, constitue une partie essentielle du SCAN. standardisée, avec cotation d’entretiens préenregistrés et
Ce glossaire présente les items dans l’ordre numérique du SCAN données par des experts, la sensibilité et la spécificité ont été
et donne des définitions détaillées des termes utilisés. L’évalua- bonnes, voire excellentes (87 % à 94 %).
teur cote la présence d’un symptôme et évalue sa sévérité
lorsque la description par le sujet correspond à la définition du Traductions
symptôme décrite dans le glossaire. La version 2.1 du SCAN existe dans plus de 20 langues et a
La check-list de groupes d’items (IGC) de la section 26 est été traduite en français par notre équipe au CFFR-OMS. Son
une liste de 59 items cotés directement, à partir d’informations glossaire n’est pas encore disponible en français.
disponibles du dossier médical ou d’autres sources, plus parti-
culièrement si l’administration du SCAN/PSE-10 ou l’évaluation Versions informatisées
des antécédents du sujet s’avère impossible. Un programme de cotation, appelé CATEGO-5, permet de
Le tableau de l’histoire clinique (CHS) de la section 27 permet traiter les données et de coter des diagnostics selon la CIM 10 et
à l’évaluateur de se faire une idée sur l’histoire sociale et le DSM IV. Une version PSE assistée par ordinateur, appelée
clinique du sujet. Le CHS aborde l’enfance, l’éducation, le CAPSE-2, aide l’interviewer à faire le SCAN et permet d’entrer
niveau intellectuel, les rôles et performances sociaux, le handi- directement les cotations durant l’entretien.
cap social lié à la maladie, les troubles de la personnalité et les Ces deux programmes ont été remplacés par une version
diagnostics cliniques somatiques. L’utilisation du CHS est informatisée du SCAN (version 2.1) qui tourne sur Windows
facultative, mais recommandée. 95/98 et NT 4.0 et qui est incluse dans le système « I-Shell »,
déjà utilisé pour le CIDI. Le SCAN 2.1 pour I-Shell [85] contient
Mode de passation tout le texte du SCAN et son glossaire, ainsi que les algorithmes
Le SCAN permet de commencer l’examen par les sections qui diagnostiques du SCAN pour la CIM 10 et le DSM IV. Les
paraissent les plus pertinentes. Les périodes évaluées par le données recueillies et les résultats des algorithmes peuvent être
SCAN comprennent habituellement l’état actuel (« Present exportés en ASCII ou dans le format SPSS. Le programme peut
State » ou PS), à savoir les 30 derniers jours, et l’histoire de la être obtenu gratuitement via le site SCAN de l’OMS
maladie (« Lifetime Before » ou LB, « Lifetime Ever »). Un épisode (http://www.who.int/evidence/assessment-instruments/scan/)
représentatif (« Representative Episode » ou RE), caractéristique de après avoir accompli une formation au SCAN dans un des sites de
la maladie du sujet, peut également être choisi comme alterna- formation officiels de l’OMS, dont le nôtre.
tive au LB.
Les items des différentes sections, précédés d’un numéro de Intérêts et limites
cinq chiffres au maximum (numéro de la section + numéro de Le SCAN 2.1 ne permet pas une évaluation détaillée des
l’item), se composent fréquemment d’un texte à lire au sujet (en troubles sexuels ou des troubles de la personnalité (pour une
italique) et d’un texte destiné à l’interviewer (en caractères évaluation plus complète de ces derniers, voir l’IPDE, décrit plus
normaux). Après certains items, des points de coupure (« CUT bas) et fait une évaluation très superficielle du retard mental,
OFF ⇒ » ou « SKIP ⇒ ») permettent de passer directement à des troubles du développement, et des troubles ayant débuté

10 Psychiatrie
Entretiens diagnostiques structurés en psychiatrie ¶ 37-102-B-10

dans l’enfance. Enfin, cet entretien demeure long à faire passer, Tableau 7.
surtout en version papier, et de par sa complexité, exige de Exemple de l’évaluation d’un critère dans le SIDP-IV.
l’interviewer d’avoir été formé à son utilisation.
Personnalité évitante (4e critère)
Malgré les quelques inconvénients présentés ci-dessus, le
SCAN 2.1 reste un outil diagnostique très utile à tout inter- 12. Craint d’être critiqué ou rejeté dans 4-AVOID 0123
viewer soucieux de poser un diagnostic fiable. Un des avantages des situations sociales
majeurs du SCAN est qu’il est entièrement lié aux deux systè- Avez-vous peur d’être critiqué ou rejeté(e)
mes de classification les plus utilisés en psychiatrie, à savoir la par d’autres personnes ?
CIM 10 et le DSM IV. Sa conception mûrie, revue, et corrigée (Si BEAUCOUP) : Arrivez-vous à penser à autre
depuis de longues années sous l’égide de l’OMS constitue un chose ?
gage de sérieux et de qualité scientifique.

Autres entretiens diagnostiques l’utilisateur, l’instrument peut être administré par un non-
clinicien, après un mois de formation pratique.
semi-structurés pour les troubles
de l’axe I du DSM Objectifs
Une série d’autres entretiens diagnostiques semi-structurés Le SIDP-IV est un entretien diagnostique semi-structuré qui
ont été développés pour évaluer des troubles spécifiques de l’axe évalue 13 troubles de la personnalité. À côté des dix troubles de
I du DSM. À titre d’exemples : la personnalité officiellement définis dans le DSM IV, le SIDP-IV
• le « Structured Clinical Interview for DSM IV Dissociative permet également d’évaluer la personnalité dépressive et la
Disorders - Revised (SCID-D-R) » est un entretien semi-structuré personnalité passive-agressive (négativiste), telles que définies
avec une bonne validité et une fiabilité qui permet de dans l’annexe B du DSM IV, ainsi que la personnalité à conduite
confirmer le diagnostic des cinq troubles dissociatifs du d’échec (« self-defeating »), qui a été proposée dans le DSM III-R,
DSM IV [86-88] ; mais qui n’a pas été retenue dans le DSM IV. L’évaluation de ces
• le « Diagnostic Interview for Genetic Studies (DIGS) » [89] est un trois troubles de la personnalité optionnels n’est cependant
entretien clinique conçu par la NIMH Genetics Initiative pour prévue qu’à la fin de l’entretien, et peut être omise.
évaluer les troubles affectifs et psychotiques. Une étude de Caractéristiques
fiabilité a été effectuée avec une sensibilité et une spécificité
excellentes pour les diagnostics DSM III-R et RDC du trouble Les 86 questions du SIDP-IV sont regroupées en dix sections
dépressif majeur, du trouble bipolaire et de la schizophrénie, thématiques : A. Intérêts et activités, B. Style de travail, C.
et une précision diagnostique moins bonne pour les sous- Relations interpersonnelles, D. Relations sociales, E. Émotions,
types du trouble schizoaffectif [90]. F. Comportement observé au cours de l’entretien, G. Perception
Le lecteur intéressé trouvera des revues exhaustives de ces de soi, H. Perception des autres, I. Stress et colère, et J. Confor-
entretiens semi-structurés et d’autres protocoles et échelles mité sociale. Pour l’évaluation de chaque critère, les indications
d’évaluation en consultant deux références anglaises, le « Hand- fournies dans le SIDP-IV suivent le même schéma : présentation
book of Psychiatric Measures » de l’American Psychiatric Associa- du critère (en caractère gras), questions et demande de précision
tion [91] , avec CD-Rom, et le « Handbook of Diagnostic and en cas de réponse affirmative, cotation (Tableau 7).
Structured Interviewing » de Rogers [92]. Deux références franco- Mode de passation
phones informent de la disponibilité de ces instruments en
langue française, les « Protocoles et échelles d’évaluation en Dans le SIDP-IV, l’interviewer se contente initialement de
psychiatrie et en psychologie » de Bouvard et Cottraux [93] et les noter les réponses en marge de l’entretien. Il peut s’agir d’un
deux tomes de « L’évaluation clinique standardisée en psychiatrie » simple « oui » ou « non », mais il est préférable de noter une
sous la direction de Guelfi [94], tomes qui existent également sur phrase complète ou un exemple. À la fin de l’entretien, l’éva-
CD-Rom auprès des Editions Médicales Pierre Fabre luateur est amené à coter les critères DSM des troubles de la
(http://www.pierre-fabre.com). personnalité en tenant compte de l’ensemble des réponses. La
cotation proprement dite se fait quand l’interviewer dispose de
tous les renseignements disponibles, donc de toute façon à la
■ Entretiens diagnostiques fin de l’entretien seulement, quand il aura passé en revue
l’ensemble des questions du SIDP-IV. Selon les objectifs poursui-
semi-structurés pour les troubles vis, la cotation peut prendre en considération d’autres rensei-
de la personnalité gnements, tels que les informations obtenues par un
informateur, les notes figurant dans le dossier médical, ou
Les entretiens diagnostiques semi-structurés évaluant la encore les résultats d’autres évaluations cliniques.
personnalité consistent en des questions, des conseils et des Chaque critère du SIDP-IV peut être coté 0 (comportement ou
directives devant permettre à un interviewer, habituellement un trait de personnalité absent ou limité à de rares exemples isolés),
clinicien averti, de vérifier la présence ou l’absence des critères 1 (subliminaire – comportement ou trait de caractère présent,
généraux et spécifiques définissant les troubles de la personna- mais pas assez sévère ou envahissant pour être considéré comme
lité. Certains de ces entretiens se limitent à l’évaluation d’un un critère diagnostique), 2 (présent – le critère a été clairement
seul trouble de la personnalité, alors que d’autres permettent présent la plupart du temps, i.e. pendant au moins 50 % du
d’évaluer l’ensemble des troubles de la personnalité définis dans temps, au cours des 5 dernières années), et 3 (nettement présent
la CIM 10 et/ou le DSM IV. Les instruments d’évaluation de la – le critère est associé à un sentiment de détresse ou à une
personnalité ont déjà été présentés par deux des auteurs du altération du fonctionnement social ou professionnel ou à une
présent article [95]. Pour un aperçu exhaustif des questionnaires altération dans les relations interpersonnelles). Un critère doit
et échelles d’évaluation de la personnalité en français, le lecteur être coté 2 ou 3 pour intervenir dans le diagnostic du trouble
pourra consulter le livre de Bouvard [96]. de la personnalité.
D’après le DSM IV, un trouble de la personnalité constitue
« Structured Interview for DSM IV une déviation « durable » et « stable ». Le SIDP-IV tient compte
de ce critère de durée en demandant que les comportements
Personality » ou SIDP-IV anormaux persistent au moins 5 ans. Si la personnalité d’un
L’entretien structuré de la personnalité (« Structured Interview sujet a considérablement changé au cours des dernières années,
for DSM Personality » ou SIDP) est le plus ancien instrument on retient la personnalité qui prédomine depuis le plus long-
structuré pour l’évaluation des troubles de la personnalité. Il a temps durant les 5 dernières années. Le diagnostic de trouble
été introduit initialement pour le DSM III [97] et adapté succes- mixte de la personnalité est donné quand le sujet présente des
sivement pour le DSM III-R [98] et le DSM IV (SIDP-IV) [99]. Le critères en faveur de plusieurs troubles de la personnalité sans
SIDP-IV peut être utilisé en clinique et dans le domaine de la présenter le nombre de critères requis pour aucun de ces
recherche. D’après les informations figurant dans le guide de troubles.

Psychiatrie 11
37-102-B-10 ¶ Entretiens diagnostiques structurés en psychiatrie

Durée de passation Tableau 8.


Le temps de passation du SIDP-IV est de 60 à 90 minutes Exemple d’une question du PAS.
(plus 30 minutes d’entretien avec un proche) d’après les auteurs Agressivité (section E)
de l’entretien.
Perdez-vous facilement votre sang-froid ou en faut-il beaucoup pour que
Qualités psychométriques vous vous emportiez ?
Pour l’instant, il n’existe pas encore de données au sujet de Quand vous êtes en colère, comment le montrez-vous ?
la fidélité inter-juges et de la validité du SIDP-IV. En revanche, * Avez-vous déjà totalement perdu votre contrôle ?
les versions préliminaires ont une fidélité test-retest satisfaisante, * Êtes-vous souvent comme cela ou uniquement dans certaines occasions (par
avec un coefficient variant de .43 à .77 en cas d’une durée de exemple après avoir beaucoup bu) ?
moins de 1 semaine entre les deux passations, et de .16 à .84 en (Avez-vous déjà réagi par une violence physique ?)
cas d’une durée de 6 à 12 mois entre les deux passations. Quant (Avez-vous déjà eu des ennuis avec la justice)
aux études de validité, les études comparant les résultats du
SIDP-IV avec ceux obtenus avec d’autres instruments et avec le Cotations 1-3 : colère et agressivité ressenties fréquemment, mais gardées pour
lui/elle-même. L’agressivité passive doit être prise en compte ici. Cotations 4-6 :
diagnostic clinique ont montré des résultats beaucoup moins agressivité anormale entraînant des difficultés sociales (par exemple, difficultés
satisfaisants, avec un coefficient de concordance variant entre avec la police) et des actes de violence au foyer. Ne pas coter les condamnations
.17 et .45 [100]. criminelles ici sauf si elles sont les conséquences directes de l’agressivité. Cotations
7-8 : perturbation de l’adaptation sociale avec une longue histoire de
Traduction comportement antisocial et souvent des problèmes avec la justice.
Le SIDP-IV a été traduit en français par Pham et Guelfi, qui
ont également effectué une étude préliminaire de comportement à problème et continue à investiguer moyennant
validation [101]. des questions supplémentaires. Il s’appuie sur son jugement
clinique en recherchant le caractère durable et significatif du
Version informatisée
trait évalué.
Les données relevées avec le SIDP-IV peuvent être facilement La cotation de chaque trait se fait sur une échelle de 9 points
analysées à la main. Pour les travaux de recherche, il existe de 0 à 8, où 0 signifie que le trait est absent, 1 à 3 caractérise
toutefois également un programme d’exploitation automatique un trait présent mais non pathologique (absence de détresse ou
des données. d’interférence avec le fonctionnement social), tandis que 4 à
Intérêts et limites 8 indique un trait pathologique qui interfère avec le
fonctionnement.
Le SIDP-IV ne fournit pas de diagnostic selon la CIM 10. La cotation des critères CIM 10 se fait en trois degrés : absent
L’instrument est accompagné d’une version « à modules » pour (0), présent sans retentissement ni interférence sociale (1), et
les utilisateurs qui souhaitent limiter leurs évaluations à un ou présent avec retentissement et interférence sociale (2). Cette
plusieurs troubles de la personnalité. Dans cette version, les dernière cotation est réservée aux traits qui ont eu un score
critères sont regroupés en fonction des troubles et non pas en supérieur à 3 (Tableau 8).
sections.
Le SIDP-IV ne comporte pas de questionnaire de dépistage. Durée de passation
Pour le dépistage, les auteurs renvoient à d’autres instruments,
En fonction du profil de personnalité du sujet évalué, le PAS
tels que par exemple le module de la personnalité antisociale du
prend entre 45 et 90 minutes.
DIS, pour éviter d’avoir à évaluer systématiquement cette
personnalité à l’aide du SIDP-IV. Qualités métrologiques
« Personality Assessment Schedule » ou PAS La fidélité inter-juges a été évaluée à plusieurs reprises par
Tyrer. Elle varie selon les cadres : moyenne de .50 en cas
L’inventaire d’évaluation de la personnalité (« Personality d’enregistrement vidéo et de .55 en cas de deux passations avec
Assessment Schedule » ou PAS) a été développé par Tyrer [102]. Il le sujet. La stabilité test-retest moyenne a été de .51. Une étude
a été progressivement réduit de 45 caractéristiques de personna- sur 24 sujets [104] a montré une fidélité inter-juges entre .66 et
lité à 29, puis à 24 traits fondamentaux dans sa version .94 (évaluation des sujets), respectivement .51 et .91 (entretien
actuelle [103]. avec un proche).
Objectifs Traduction
Le PAS permet une évaluation des traits de personnalité,
suivie d’une évaluation des critères diagnostiques de la CIM 10. La version française, traduite par une équipe du service de
psychiatrie du groupe hospitalier Bichat-Claude-Bernard à Paris
Caractéristiques (Pelissolo, Teherani et Lepine), est en cours de validation.
Le PAS est décrit dans un manuel de 40 pages. Il comporte
des consignes générales, des questions spécifiques et des aides à
Intérêts et limites
la cotation des différents traits. Les 24 traits suivants sont Le PAS, de par son approche dimensionnelle, permet une
évalués : méfiance, sensitivité, attitude distante, excentricité, évaluation de la sévérité des traits de caractère. Il donne
agressivité, insensibilité, impulsivité, irresponsabilité, puérilité, également un score catégoriel pour chacun des troubles de la
labilité, méticulosité, rigidité, nature anxieuse, timidité, « sans personnalité de la CIM 10. Utilisé en Angleterre et aux États-
moyens », vulnérabilité, pessimisme, optimisme, soumission, Unis, il n’est pas très connu en France. Il ne donne pas de
hypocondrie, introspection, irritabilité, dépendance, et diagnostics selon le DSM IV. La validité du modèle de Tyrer par
dévalorisation. rapport aux autres méthodes d’évaluation de la personnalité
Les questions portant sur les critères de la CIM 10 sont reste à évaluer.
intercalées dans un déroulement logique par rapport aux traits
explorés. « Structured Clinical Interview for DSM IV
En utilisant les algorithmes décrits par Tyrer, le PAS donne
soit 13 troubles de la personnalité (sociopathique, passive-
Axis II Personality Disorders » ou SCID-II
dépendante, anankastique, schizoïde, explosive, sensitive- Le « Structured Clinical Interview for DSM IV Axis II personality
agressive, histrionique, anxieuse, asthénique, paranoïaque, disorders (SCID-II) » [105] est un entretien diagnostique semi-
hypocondriaque, dysthymique et évitante) soit quatre catégories structuré pour l’évaluation des 10 troubles de la personnalité du
récapitulatives (antisociale, dépendante, inhibée, introvertie). DSM IV, ainsi que de la personnalité dépressive et de la person-
nalité passive-agressive inclus dans l’Annexe B du DSM IV
Mode de passation regroupant les « Critères et axes proposés pour des études
L’évaluateur pose un certain nombre de questions obligatoi- supplémentaires ». Une version préliminaire de l’instrument a
res. Quand la réponse est positive, il demande des exemples du été développée pour l’évaluation des troubles de la personnalité

12 Psychiatrie
Entretiens diagnostiques structurés en psychiatrie ¶ 37-102-B-10

Tableau 9.
Exemple d’une question du SCID-II.
Trouble de la personnalité évitante (critère 4)
4. Vous avez dit que vous êtes [Êtes-vous] souvent préoccupé(e) à (4) craint d’être critiqué ou rejeté dans des situations sociales ?123
l’idée d’être critiqué(e) ou rejeté(e) dans des situations sociales. 3 = passe beaucoup de temps à être préoccupé(e) par des situations
Donnez-moi quelques exemples. sociales
Passez-vous beaucoup de temps à être préoccupé(e) par ceci ?
? = information inadéquate ; 1 = absent ou faux ; 2 = non significatif ; 3 = significatif ou vrai. Commentaire (guide de l’utilisateur) : les personnes présentant une personnalité
évitante ou une personnalité narcissique sont souvent exagérément sensibles quand on les critique, et ont tendance à se sentir blessées ou gênées par des critiques, même
minimes. Les personnes présentant une personnalité narcissique ne s’attendent pas à être critiquées et sont surprises, indignées et scandalisées quand cela leur arrive ; en
revanche, les personnes présentant une personnalité évitante s’attendent à être critiquées. Chacun peut se sentir blessé quand il ou elle subit des critiques particulièrement
sévères ; pour cette raison, il est important de vérifier que le degré de détresse dépasse nettement la réaction qu’auraient la plupart de gens en face de critiques similaires ; on doit
préciser par ailleurs que la personne est constamment sur ses gardes, qu’elle s’attend à être critiquée, et qu’elle passe beaucoup de temps à penser à cette possibilité.

selon le DSM III-R [106]. Le SCID-II peut être utilisé en clinique que la fréquence ou l’intensité d’un comportement, ou la
et dans le domaine de la recherche. D’après les informations présence d’un sentiment de détresse ou d’une perturbation du
figurant dans le guide de l’utilisateur, l’instrument semble fonctionnement social ou professionnel.
pouvoir être utilisé également par un non-clinicien. Avant de coter 3, l’interviewer doit vérifier que le comporte-
ment en question répond aux trois « p » suivants : il doit être
Objectifs pathologique, persistant, et envahissant (« pervasive »). D’après le
Dans le SCID-II, les dix troubles officiels du DSM IV et les DSM IV, un trouble de la personnalité est un trouble « stable »
deux troubles de l’Annexe B sont évalués, l’un à la suite de et débute tôt, à la fin de l’enfance ou au début de l’adolescence.
l’autre, dans l’ordre suivant : personnalité évitante, personnalité Le SCID-II tient compte de ce critère en demandant que le
dépendante, personnalité obsessionnelle-compulsive, personna- trouble soit présent depuis au moins 5 ans et en exigeant que
lité passive-agressive, personnalité dépressive, personnalité le sujet puisse faire remonter la première manifestation d’un
paranoïaque, personnalité schizotypique, personnalité schizoïde, comportement (au moins) à la fin de l’adolescence ou au début
personnalité histrionique, personnalité narcissique, personnalité de ses 20 ans.
borderline, personnalité antisociale. L’ordre dans lequel les
Durée de passation
troubles sont évalués diffère de celui dans lequel ils sont décrits
dans le DSM IV, ceci afin de ne pas choquer le sujet dès le début La durée de passation du SCID-II varie de 1 à 3 heures, selon
de l’entretien par des questions se rapportant à l’un ou l’autre qu’on utilise le questionnaire de dépistage (décrit plus bas) ou
des troubles du cluster A (personnalités « bizarres/ non.
excentriques »). Qualités métrologiques
Caractéristiques Plusieurs études de validation du SCID-II ont été effectuées
dans différentes populations de patients. Elles indiquent une
Pour chaque trouble de la personnalité, les critères sont
fidélité inter-juges satisfaisante du SCID-II, quand l’instrument
évalués dans l’ordre de leur parution dans le DSM IV. Le SCID-II
était utilisé par des interviewers bien formés. Pour la version
comporte trois colonnes : la colonne de gauche comprend les
DSM III-R, First et al. [107] retiennent un coefficient kappa
questions de l’entretien, celle du milieu les critères diagnosti-
supérieur à .70 pour les personnalités évitante et antisociale, un
ques, et celle de droite est réservée à la cotation. Pour chaque
kappa entre .50 et .70 pour les personnalités paranoïaque et
critère, le SCID-II comporte des commentaires destinés à aider
histrionique, et un coefficient kappa inférieur à .50 pour les
le clinicien dans l’interprétation du critère et à lui permettre de
personnalités dépendante, narcissique, borderline et
le différencier par rapport à des critères similaires faisant partie
obsessionnelle-compulsive. Dressen et Arntz [108, 109] retiennent
de la définition d’un autre trouble. Ces commentaires ne sont
un coefficient kappa global de .53 (.73 pour la personnalité
pas inclus dans l’instrument lui-même mais font partie du guide
évitante). L’étude du SCID-II pour le DSM IV de Maffei [110]
de l’utilisateur du SCID-II (Tableau 9).
trouve des coefficients de corrélations intra-classes très bons,
Mode de passation aussi bien pour les catégories que pour les dimensions, et une
fidélité inter-juges non affectée par des troubles concomitants
L’interviewer n’est pas obligé de faire passer l’entretien en de l’axe I. Une étude préliminaire de la version DSM IV du
entier. Il peut se limiter à évaluer certains troubles, par exemple SCID-II en langue française de Bouvard et al. [111] trouve des
ceux qui font partie d’une étude donnée. Il peut également faire corrélations faibles entre l’instrument et le jugement clinique,
précéder l’entretien par un questionnaire de dépistage (Cf. infra) avec des coefficients kappa variant de -.13 (narcissique) à .25
et limiter son évaluation à ceux des critères pour lesquels les (paranoïaque) et un seul coefficient kappa supérieur à .40, celui
items correspondants du questionnaire ont été cotés de la personnalité obsessionnelle-compulsive.
positivement. Pour ce qui est de la validité, initialement étudiée par l’équipe
Pour chaque réponse positive, l’interviewer doit poser des de Hyler [112], les études de validité concourante (comparaison
questions supplémentaires. Les questions initiales sont relative- avec le diagnostic clinique, comparaison avec d’autres instru-
ment larges. En cas de réponse positive, d’autres questions, plus ments), ont abouti à des résultats peu satisfaisants.
spécifiques, doivent être posées. Elles ont pour but de vérifier si
la caractéristique explorée est cliniquement significative, et si les Traductions
réponses du sujet vont effectivement dans le sens de la présence Le SCID-II est disponible en langue anglaise auprès de
du critère qui est évalué. l’American Psychiatric Press (http://www.appi.org). La version
La cotation du SCID-II est basée sur le fait qu’un comporte- DSM IV du SCID-II a été traduite en français par une équipe de
ment ou un trait de personnalité anormal peut être absent (1), Montréal, et, en France, par Cottraux et al. [113]. Le site officiel du
au-dessous du seuil, i.e. présent mais ne répondant pas entière- SCID (http://www.scid4.org/) reprend aussi les adresses de contact
ment ou ne répondant pas à toutes les caractéristiques du critère des autres traductions actuellement disponibles.
qui a été évalué (2), ou pathologique et répondre au seuil requis
pour constituer un critère diagnostique (3). La cotation « ? » est Versions informatisées
réservée à des situations où les réponses du sujet ne concordent Les données recueillies avec le SCID peuvent être facilement
pas avec les informations qui sont disponibles par ailleurs. analysées à la main. Pour les travaux de recherche, il existe
Pour déterminer si un critère doit être coté 2 ou 3, l’inter- toutefois également un programme d’exploitation automatique
viewer doit se référer à des instructions précises, variables d’un des données. Par ailleurs, il existe un programme d’aide par
critère à l’autre. Ces instructions figurent dans le guide de ordinateur (Computer-Assisted SCID-II ou CAS-II), commercia-
l’utilisateur. Elles concernent différentes caractéristiques, telles lisé par Multi-Health Systems (http://www.mhs.com), qui

Psychiatrie 13
37-102-B-10 ¶ Entretiens diagnostiques structurés en psychiatrie

comprend les différents éléments du SCID-II (l’entretien d’autres questions, non prévues. En cas de réponse positive de
proprement dit, les commentaires pour la cotation, le la part du répondant, il doit vérifier (« probe ») si la caractéristi-
questionnaire de screening) et qui permet d’enregistrer que explorée est cliniquement significative, et demander des
directement les données. exemples, des anecdotes et d’autres précisions supplémentaires.
L’IPDE attache une importance particulière à la fréquence de
Intérêts et limites survenue des manifestations. Dans certains cas, les questions de
Le SCID-II ne fournit pas de diagnostic selon la CIM 10. l’IPDE comportent déjà des informations relatives à la fréquence
L’effet « halo » de l’instrument, du fait que les questions sont d’un comportement. Ailleurs, le clinicien doit rajouter des
regroupées par trouble de la personnalité, a été critiqué. Le questions concernant la fréquence de survenue d’un
questionnaire montre une grande sensibilité, en particulier dans comportement.
une population clinique, mais la concordance avec le jugement La cotation de l’IPDE est basée sur le fait qu’un comporte-
clinique est faible dans certaines études. ment ou un trait de personnalité peut être absent ou normal
(0), exagéré ou accentué (1), ou pathologique et répondre à un
« International Personality Disorders critère diagnostique (2). Certains items, peu nombreux, ne
Examination » ou IPDE s’appliquent pas à tous les sujets ; dans ce cas, ils sont cotés NA
(non applicable). La cotation « ? » est réservée à des situations
L’« International Personality Disorders Examination (IPDE) » [114] où le sujet refuse de répondre à une question ou déclare qu’il
est un entretien diagnostique semi-structuré réservé à l’évalua- est incapable d’y répondre. Cette cotation ne doit pas être
tion des troubles de la personnalité de la CIM 10 et/ou du utilisée pour noter les incertitudes de l’examinateur. Par ailleurs,
DSM IV. L’IPDE est une version adaptée et modifiée à utilisation les méthodes d’analyse, automatique ou à la main, donnent,
internationale du « Personality Disorder Examination » (PDE) [115]. pour chaque trouble, un score dimensionnel, obtenu en addi-
Il a été développé, à partir de 1985, par un groupe de travail, tionnant les scores 1 et 2 pour chacun des critères qui le
réuni par l’OMS, comprenant des représentants de la commu- caractérisent.
nauté psychiatrique internationale qui se sont mis d’accord sur Pour déterminer si un critère doit être coté 1 ou 2, le clinicien
la présentation de l’entretien, la formulation des items, et le doit se référer à des instructions précises, variables d’un critère
système de cotation. Il a été révisé à plusieurs reprises et reflète à l’autre. Ces instructions concernent différentes caractéristi-
l’expérience accumulée par les interviewers lors de l’utilisation ques, telles que la fréquence ou l’intensité d’un comportement,
de plusieurs épreuves successives. En août 1991, les principaux ou la présence d’un sentiment de détresse ou d’une perturbation
investigateurs de l’étude sur le terrain se sont réunis à Genève du fonctionnement social ou professionnel.
pour discuter des résultats et de l’expérience acquise avec l’IPDE. Si le patient est d’accord, on peut évaluer les caractéristiques
Ceci a conduit à la révision de certains items. Par la suite, de sa personnalité à partir d’une tierce personne qui le connaît
d’autres modifications ont été introduites pour adapter l’IPDE bien. Cette évaluation par un informateur (« informant ») est
au DSM III-R, puis au DSM IV. cotée séparément et notée à droite de celle obtenue à partir du
sujet lui-même.
Objectifs D’après la CIM 10 et le DSM IV, un trouble de la personnalité
L’entretien complet permet d’évaluer tous les troubles de la constitue une déviation « durable », débute tôt, à la fin de
personnalité décrits dans le DSM IV et la CIM 10. En raison de l’enfance ou au début de l’adolescence, et reste « stable ». L’IPDE
la longueur de l’entretien et afin de le rendre accessible à un tient compte de ces critères de durée, de début et de stabilité en
plus grand nombre de cliniciens et d’investigateurs, il a été demandant que les comportements anormaux et le trouble
décidé de le publier sous la forme de deux modules différents persistent au moins 5 ans, et en exigeant qu’au moins un critère
(un module DSM IV et un module CIM 10). La répartition de caractéristique du trouble se soit manifesté avant l’âge de
l’IPDE original en deux modules permet aux investigateurs de se 25 ans. L’instrument permet toutefois aussi, au moyen d’une
limiter à un seul système de classification, s’ils le souhaitent. cotation spéciale, de faire un diagnostic de trouble de la
personnalité « dans le passé » mais qui n’est plus présent au
Caractéristiques moment de l’évaluation. De même, il est possible, au moyen
Le module CIM 10 comporte 67 items et le module DSM IV d’une autre cotation spéciale, de relever les données nécessaires
en comporte 99. Le module CIM 10 a été publié dans une à un diagnostic de trouble « à début tardif » (Tableau 10).
monographie anglaise [116] . Notre équipe au CFFR-OMS a
développé en outre une version combinée comportant Durée de passation
124 items. L’administration de l’instrument varie entre 60 et 90 minutes.
Dans l’IPDE, les critères de personnalité sont regroupés en six Ce temps de passation peut être considérablement réduit par le
domaines : travail, moi, relations interpersonnelles, affects, questionnaire de dépistage de l’IPDE (Cf. infra).
appréhension de la réalité et contrôle des impulsions. Pour
chacun des critères diagnostiques CIM 10 et/ou DSM IV inves- Qualités métrologiques
tigués, l’IPDE propose plusieurs questions devant permettre à En 1988 et 1989, l’IPDE a fait l’objet d’une importante
l’évaluateur de conclure à la présence ou à l’absence de com- recherche sur le terrain [117], effectuée dans 14 centres, dans
portements ou de traits caractérisant le fonctionnement au long 11 pays différents, en Amérique du Nord, en Europe, en Afrique
cours du sujet depuis le début de l’âge adulte. Certains critères et en Asie, impliquant 58 psychiatres et psychologues cliniciens
ne peuvent pas être évalués par des questions. Pour la cotation comme interviewers et observateurs, et effectuée auprès de
de ces critères, le clinicien doit se baser sur l’observation du 716 patients. La fidélité inter-juges et la stabilité temporelle de
comportement du sujet au cours de l’entretien. l’IPDE étaient bonnes dans l’ensemble et équivalentes à celles
obtenues avec des instruments utilisés pour le diagnostic des
Mode de passation troubles psychotiques, des troubles de l’humeur, des troubles
L’administration de l’IPDE présuppose que l’interviewer est anxieux, ou des troubles liés à l’utilisation de substances
un clinicien, ayant une connaissance approfondie en psychopa- psychoactives.
thologie. Le clinicien souhaitant utiliser l’IPDE doit par ailleurs
se familiariser avec la signification de chaque critère de trouble Traductions
de la personnalité inclus dans l’entretien. Les différentes versions de l’IPDE ont été traduites dans plus
Pour chaque critère, les indications fournies pour l’évaluation de 20 langues. Les trois versions (DSM IV, CIM 10 et combinée)
sont données sur une page, réservée au critère en question. existent en anglais, français et allemand auprès du CFFR-OMS
Chaque page suit le même schéma : présentation du critère, au Luxembourg, qui assure également une formation pour
questions et demandes de précision en cas de réponse « oui », l’utilisation adéquate de l’instrument.
instructions concernant l’évaluation et la cotation, cotation
proprement dite. Versions informatisées
Pour évaluer un critère, le clinicien doit poser toutes les L’IPDE peut être analysé à la main. Il suffit de recopier les
questions incluses dans l’entretien. Si besoin, il peut poser cotations de l’interviewer sur les grilles d’exploitation qui

14 Psychiatrie
Entretiens diagnostiques structurés en psychiatrie ¶ 37-102-B-10

Tableau 10.
Exemple d’une question de l’IPDE (version combinée).
III. Relations interpersonnelles
037. 0 1 2 ? 0 1 2 Craint d’être critiqué ou rejeté dans les situations sociales
30 DSM IV Évitante: 4
Préoccupation excessive par la crainte d’être critiqué ou rejeté dans les situations sociales
24 CIM 10 Anxieuse (évitante) : 3
Êtes-vous souvent préoccupé(e) à l’idée que les autres ne vous aiment pas ?
Si oui : craignez-vous que les autres puissent vous critiquer ou vous rejeter ?
Si oui : à quel point cela vous affecte-t-il ?
Certaines personnes ont tendance à confondre les réactions normales et compréhensibles à des critiques ou à un rejet dans les situations sociales, et les
réactions qui sont excessives. Il est de ce fait particulièrement important que les déclarations du sujet soient confirmées par des exemples probants, attestant
que ses préoccupations sont sans commune mesure avec celles qu’éprouvent la plupart des gens dans des situations similaires.
2 Craint fréquemment d’être critiqué, ou rejeté dans les situations sociales.
1 Craint parfois d’être critiqué, ou rejeté dans les situations sociales.
0 Le sujet répond par non, ne présente que rarement ce type de comportement, ou la présence du critère n’est pas étayée par des exemples probants.

accompagnent l’IPDE et de suivre les instructions figurant sur avec des patients chez qui un dépistage de troubles
ses grilles. Les données peuvent être analysées sous l’aspect des co-occurrents de l’axe I a déjà été effectué.
diagnostics de la CIM 10 ou/et du DSM IV.
Il existe différents programmes d’ordinateur pour exploiter les Caractéristiques
résultats. L’OMS a développé un programme pour la version
Le DIPD-IV définit 108 critères visant à déterminer ce que le
CIM 10, qui tourne sur MS-DOS. Les cotations notées dans le
patient a pensé, ressenti ou fait pendant une période donnée
cahier de l’interviewer ou sur la feuille des réponses sont
(généralement au cours des 2 années qui ont précédé). Le
directement entrées dans un ordinateur. Le programme com-
patient est la seule source d’information permettant d’évaluer la
porte des indications pour l’entrée des données, l’utilisateur
majorité des critères. Toutefois, son comportement pendant
répond par ailleurs à quelques questions, et suit certaines
l’entretien constitue un facteur important, voire parfois l’unique
instructions simples. Les données peuvent être imprimées et être
facteur, permettant d’évaluer certains critères. L’interviewer
sauvegardées dans un fichier. Le programme fournit les résultats
prend en compte ce comportement si la réponse du patient à
suivants : nombre de critères cotés 2 ; diagnostic : certain
une question est contradictoire.
(présence d’un nombre de critères égal ou supérieur à celui
requis par les systèmes de classification), probable (un critère en
moins que le nombre de critères requis), négatif, à début tardif
Mode de passation
(facultatif), présent dans le passé (facultatif) ; score dimension- Le DIPD-IV se divise en 12 parties de longueurs variables.
nel ; nombre de critères basés sur des données obtenues par un Sauf mention contraire, le même système d’évaluation s’appli-
informateur. L’entrée des données prend environ 10 minutes. que à tous les 108 critères : 2 = critère présent avec implication
Le programme développé par notre équipe du CFFR- clinique, 1 = critère présent mais implication clinique incertaine,
OMS [118], qui utilise Filemaker Pro (http://www.filemaker.com) et 0 = critère absent ou sans implication clinique. Si un critère
et qui tourne sur Windows et Macintosh, permet également n’est pas pertinent, l’interviewer inscrit « NP » à droite de la
l’analyse des données selon le DSM IV et inclut la version feuille.
combinée de l’IPDE. À la fin de chaque partie, les informations recueillies permet-
tent d’attribuer une note à la phrase de synthèse (en majuscule),
Intérêts et limites indiquant que le patient répond aux critères du DSM IV pour
L’IPDE procure aux cliniciens un moyen plus univoque pour ce type de trouble de la personnalité. Le même système d’éva-
identifier les cas. L’évaluation des troubles de la personnalité luation s’applique à toutes les phrases de synthèse : 2 = oui,
avec l’instrument doit être faite par des cliniciens expérimentés 1 = en dessous du seuil (nombre de critères requis moins un), et
et elle prend beaucoup de temps. Une solution partielle est 0 = non.
représentée par le recours à son questionnaire de dépistage. Le pattern d’inadaptation définissant chacun des troubles doit
Dans la mesure où cet instrument ne semble pas donner de être caractéristique du fonctionnement actuel et à long terme
faux négatifs, il est, en effet, possible de n’évaluer plus à fond du patient et doit être la cause d’une détérioration importante
que les troubles dont la présence n’a pas été éliminée par le des relations sociales ou professionnelles ou bien d’une détresse
screening. subjective importante. Par ailleurs, le pattern aura probablement
Une étude espagnole avec 248 patients [119] a observé que la débuté à l’adolescence ou en début d’âge adulte et devra être
version DSM IV de l’IPDE produisait plus de diagnostics positifs envahissant dans des situations très diverses. Le pattern ne
que la version CIM 10. Étant donné que la CIM 10 subdivise la devra pas être attribuable à un autre trouble psychiatrique ni
personnalité émotionnellement instable en deux sous-catégories résulter directement d’une pathologie générale ou d’une lésion
et qu’elle n’inclut pas les personnalités narcissique et schizoty- du système nerveux central.
pique, le problème pourrait être inhérent au système nosologi- Le DIPD-IV permet également d’évaluer l’existence d’un
que utilisé. trouble de la personnalité non spécifié.

« Diagnostic Interview for DSM IV Durée de passation


Personality Disorders » ou DIPD-IV Le DIPD-IV dure généralement 90 minutes environ.
L’entretien diagnostique pour les troubles de la personnalité
selon le DSM IV (« Diagnostic Interview for DSM IV Personality Qualités métrologiques
Disorders » ou DIPD-IV) est un entretien semi-structuré déve- Les qualités métrologiques du DIPD-IV ont été testées par les
loppé par Zanarini et al. [120] , qui doit être utilisé par des auteurs [121, 122]. La fidélité inter-juges est moyenne à bonne
interviewers formés avec une bonne expérience clinique. (kappas entre .40 et .75) pour tous les troubles de la personna-
lité, à l’exception de la personnalité antisociale (1.0). La fidélité
Objectifs test-retest est également moyenne à bonne pour tous les
Le DIPD-IV vise à dépister les 12 troubles de la personnalité troubles, à l’exception de la personnalité narcissique (1.0) et de
décrits dans le DSM IV. Il peut être réalisé indépendamment la personnalité paranoïaque (.39).

Psychiatrie 15
37-102-B-10 ¶ Entretiens diagnostiques structurés en psychiatrie

Versions et traduction que l’instrument n’évalue qu’un seul trouble, il a certaines


Une version continue du DIPD-CV existe pour le module limites quand on l’utilise seul, vu les comorbidités éventuelles.
borderline (BPD-CV). Le BPD-CV passe en revue les neuf critères Comparé à l’IPDE, le DIB-R est moins inclusif.
du trouble de la personnalité limite du DSM IV et donne un
score total, ainsi que quatre sous-scores (perturbations des Autres entretiens semi-structurés
affects, perturbation cognitive, impulsivité et perturbations des pour l’évaluation d’un seul trouble
relations). Le DIPD-IV et le BPD-CV ont été traduits en français de la personnalité
par Pham et Guelfi.
Citons à titre d’exemple le « Diagnostic Interview for Narcissism
Intérêts et limites (DIN) » [128], un entretien semi-structuré développé par Gunder-
Le DIPD-IV est un entretien diagnostique qui se limite au son pour évaluer les pathologies narcissiques chez l’adulte,
DSM IV. Il a été utilisé par les auteurs dans une étude longitu- adapté pour l’adolescent par une équipe canadienne [129].
dinale sur les troubles de la personnalité. Le BPD-CV a été révisé
pour une étude pharmaceutique sur le trouble de la personnalité
limite (borderline).
■ Instruments diagnostiques
de dépistage
« Diagnostic Interview for Borderline » Un certain nombre d’instruments diagnostiques de dépistage
ou DIB-R existent pour aider à identifier les troubles mentaux. Ils sont
L’entretien structuré pour la personnalité borderline (« Dia- particulièrement intéressants en médecine générale. Certains de
gnostic Interview for Borderline » ou DIB-R) est un entretien semi- ces instruments sont des entretiens diagnostiques, mais la
structuré qui évalue les critères DSM III-R de ce trouble de la plupart sont en fait des questionnaires. Certains sont directe-
personnalité. ment rattachés à un entretien structuré ou semi-structuré
proprement dit, d’autres sont des instruments indépendants,
Objectifs mais couramment utilisés comme outils de dépistage avant une
La version publiée en 1981 par Gunderson [123] était destinée administration éventuelle d’un entretien diagnostique.
à l’évaluation de la personnalité borderline selon les critères du
DSM III. Il en existe une version révisée, le DIB-R, pour l’éva- Questionnaires de dépistage
luation de la personnalité borderline selon les critères du pour les troubles de l’axe I du DSM
DSM III-R [124, 125].
« General Health Questionnaire » ou GHQ
Caractéristiques Le « General Health Questionnaire (GHQ) » est une échelle
Dans le DIB et le DIB-R, qui ressemblent plus à des question- d’autoévaluation très utilisée pour dépister les troubles psychi-
naires qu’à des entretiens structurés, les critères de la personna- ques fréquents en population générale et dans les structures de
lité borderline sont évalués de façon indirecte à l’aide d’une soins non psychiatriques [130].
longue série de questions appartenant à quatre domaines : les
Objectifs
affects, les cognitions, les comportements impulsifs et les
relations interpersonnelles. Le GHQ évalue les problèmes du sujet au cours des semaines
passées, et mesure à quel point son état actuel diffère de son
Mode de passation état habituel. Le GHQ ne donne pas de diagnostic clinique.
Chacun des 129 items de l’entretien est coté 0 (non), 1 Caractéristiques
(probable) ou 2 (oui). L’entretien contient au total 22 affirma-
Le GHQ existe en quatre versions différentes [131] : le GHQ-
tions récapitulatives (5 pour les affects, 3 pour les cognitions,
12, une version de dépistage rapide, valide et sensible, qui
5 pour les comportements impulsifs et 9 pour les relations
donne un score unique ; le GHQ-28, qui reste le plus utilisé ; le
interpersonnelles), qui sont celles retenues dans la cotation
GHQ-30, qui est une version abrégée (sans les items physiques)
finale. À la fin de chaque domaine, des instructions spécifiques
du GHQ-60, qui permet un examen plus détaillé du sujet. Le
permettent de transformer les scores des affirmations récapitu-
GHQ-28 (à 28 items) couvre quatre domaines : symptômes
latives en scores gradués, qui donneront une note finale entre
somatiques, anxiété/insomnie, dysfonctionnement social, et
0 et 10 pour l’ensemble de l’entretien, indicative de la présence
dépression.
ou de l’absence d’une personnalité borderline.
Mode de passation
Durée de passation Le sujet entoure la réponse qui lui semble correspondre le
Le DIB-R prend environ 45 minutes. mieux à ce qu’il ressent. Chaque item comporte quatre réponses
possibles allant par exemple de « pas du tout » à « bien plus que
Qualités métrologiques d’habitude ». La cotation des réponses peut se faire de deux
Plusieurs études ont testé l’instrument dans le passé. Les façons : de 0 à 3 dans une perspective dimensionnelle (donnant
fidélités test-retest et inter-juges (de base, follow-up, et longitu- un score global), ou « 0 » et « 1 » dans une perspective catégo-
dinale avec des évaluateurs différents) ont été réévaluées en rielle (donnant une note-seuil au-delà de laquelle on définit un
2002 par Zanarini et al. [126] qui ont trouvé des coefficients cas) (Tableau 11).
kappa excellents (> .75) pour le diagnostic du trouble de la Durée de passation
personnalité borderline. Les coefficients ont également été
excellents pour la majorité des symptômes évalués. La fidélité Le GHQ prend 5 à 10 minutes.
test-retest a été très bonne, avec des coefficients excellents pour Qualités métrologiques
un tiers des symptômes évalués, et bons pour les autres deux La validité du GHQ-12 a été comparée à celle du GHQ-
tiers (entre .57 et .73). 28 dans une étude de l’OMS des troubles psychiques en méde-
Traduction cine générale, montrant que les deux instruments sont
Le DIB-R a été traduit en français et étudié sur 36 sujets par
Tableau 11.
Chaine et al. [127]. Il a été publié dans son entièreté dans le livre
Exemple d’une question du GHQ-28.
de Bouvard [93].
21. Avez-vous été capable d’apprécier vos activités quotidiennes
Intérêts et limites normales ?
L’approche dimensionnelle du trouble de la personnalité Plus que d’habitude Moins que d’habitude
borderline est une des particularités du DIB-R, qui se rapproche
Comme d’habitude Bien moins que d’habitude
ainsi de la conception classique de la personnalité. Étant donné

16 Psychiatrie
Entretiens diagnostiques structurés en psychiatrie ¶ 37-102-B-10

Tableau 12. Qualités psychométriques


Échelles SCL-90-R. Tant pour la version originale anglaise que pour la version
Dimensions de symptômes « primaires » française, les études de validation indiquent, pour les trois
indices globaux et les neuf dimensions de la SCL-90-R, une très
SOM Somatisation
bonne consistance interne, avec des coefficients alpha de
O-C Symptômes obsessionnels Cronbach allant de .77 à .90, ainsi qu’une bonne fidélité test-
I-S Sensitivité interpersonnelle ou vulnérabilité retest, avec des coefficients de corrélation allant de .78 à .86. Au
DEP Dépression niveau de la validité de l’instrument, alors que Derogatis
ANX Anxiété retrouve les neuf facteurs postulés, d’autres études ne permet-
HOS Hostilité
tent d’en retenir que trois comme consistants et stables (soma-
tisation, dépression et anxiété-phobie).
PHOB Anxiété-Phobie
PAR Traits paranoïaques Traductions
PSY Traits psychotiques Plusieurs versions étrangères de la SCL-90-R existent. Une
traduction française a été proposée par Pariente et al. en
Indices globaux de gravité
1989 [141], adaptée au Québec par Bergeron et Gosselin en 1993,
GSI Gravité globale (« Global Severity Index ») qui ont également évalué ses qualités psychométriques. En
PST Diversité des symptômes (« Positive Symptom Total ») France, la SCL-90-R a été testée dans une population psychiatri-
PSDI Degré de malaise (« Positive Symptom Distress Index ») que de 708 sujets par Pariente et al., et dans une population de
1523 sujets francophones libres de troubles psychiatriques [142].
Versions informatisées
remarquablement robustes [132, 133]. Une multitude d’autres Les versions pour ordinateur de la SCL-90-R ont été compa-
études de validité ont testé le GHQ. Le manuel de l’utilisateur rées à l’instrument standard par Schmitz et al. [143].
du GHQ en cite six pour le GHQ-12, 12 pour le GHQ-28,
29 pour le GHQ-30 et 16 pour le GHQ-60. Chaque version Intérêts et limites
donne de bons résultats de validité et de fidélité. Une revue Seule ou en combination avec d’autres instruments [144], la
française des études de validation est donnée par Pariente [134]. SCL-90-R peut être utilisée en médecine générale pour dépister
les troubles psychiques, avec un temps d’administration un peu
Traductions
plus long que par exemple celui du GHQ. Très largement
Le GHQ a été traduit en 38 langues, dont en français (Betts- utilisée, la SCL-90-R soulève cependant un certain nombre de
chart et al., révision par Pariente et al.), et a été publié notam- questions concernant sa structure, étant donné que ses neuf
ment par Pariente et Guelfi [135]. La version française du GHQ- facteurs n’ont pas été retrouvés de façon stable dans toutes les
28 a été validée dans un échantillon de population âgée de études. Ses indices globaux présentent un intérêt certain.
20 ans [136] et dans une population de diabétiques [137] ; cette
étude estime la sensibilité du questionnaire à 87,5 % et sa « Primary Care Evaluation of Mental Disorders »
spécificité à 86,7 %. ou PRIME-MD
Intérêts et limites Le « Primary Care Evaluation of Mental Disorders (PRIME-
Facile à utiliser et comprendre, le GHQ est bien accepté vu sa MD) » [145] a été développé par Spitzer et consiste en un
rapidité d’utilisation. Il facilite la détection des troubles questionnaire de 26 items, suivi d’un entretien structuré de
psychiques par des non-psychiatres, mais ne donne pas de 12 pages destiné à être utilisé par le médecin en fonction des
diagnostic psychiatrique selon le DSM IV et/ou la CIM 10. réponses du sujet.
Objectifs
« Symptom Checklist-90-Revised » ou SCL-90-R
L’objectif du PRIME-MD est d’assister le médecin généraliste
L’échelle de vérification des symptômes révisée (« Symptom dans le diagnostic des troubles mentaux.
Checklist-90-Revised » ou SCL-90-R), appelée « questionnaire de
santé mentale (QSM) » au Canada, a été initialement publiée Caractéristiques
par Derogatis en 1973 [138, 139]. L’entretien qui suit le questionnaire d’autoévaluation du
PRIME-MD couvre des troubles psychiatriques parmi les plus
Objectifs
fréquemment rencontrés en médecine générale : troubles de
Il s’agit d’un questionnaire global d’autoévaluation des l’humeur, anxiété, troubles somatoformes, troubles liés à
symptômes psychiatriques, permettant de mesurer un certain l’alcool, et troubles alimentaires. Le PRIME-MD a été développé
nombre de dimensions psychopathologiques considérées pour couvrir les critères du DSM IV, mais il existe également
comme pertinentes (les « symptômes primaires »). une version internationale qui utilise les critères de la CIM 10.
Caractéristiques Une version d’autoadministration intégrale, le PHQ (« Patient
Health Questionnaire »), a été testée par les auteurs [146] et peut
La SCL-90-R consiste en 90 phrases courtes, qui mesurent la
être utilisée pour détecter les troubles dépressifs (PHQ-9) [147] et
symptomatologie éprouvée au cours des 7 derniers jours. Elle
évaluer la sévérité des troubles somatoformes (PHQ-15) [148].
considère neuf dimensions et trois indices globaux de gravité
(Tableau 12). Mode de passation
Les scores sont calculés en additionnant les notes obtenues Les questions du PRIME-MD sont simples et requièrent des
aux items et en divisant le résultat obtenu par le nombre réponses « oui » ou « non ». L’entretien structuré permet une
d’items et sont ensuite portés sur une feuille comportant des exploration plus détaillée.
normes établies pour les patients psychiatriques ambulatoires,
Durée de passation
les sujets normaux et les adolescents. Des normes pour une
population féminine ont été établies par Fortin et Coutu- Le questionnaire du PRIME-MD prend quelques minutes au
Wakulczyk pour la version française [140]. sujet, la durée de l’entretien clinique dépend des réponses du
sujet, avec un temps moyen de passation de 8,4 minutes.
Mode de passation
Qualités psychométriques
Chaque item de la SCL-90-R est coté sur une échelle de cinq
réponses possibles (avec des scores de 0 à 4) qui indiquent La concordance entre le diagnostic du PRIME-MD et celui de
l’intensité de la détresse : « non », « oui, un peu », « oui, professionnels de la santé mentale est bonne, avec un coeffi-
moyennement », « oui, beaucoup », « oui, excessivement ». cient kappa global de .71. Une bonne concordance a également
été trouvée avec le CIDI dans une étude allemande [149]. Par
Durée de passation ailleurs, cette dernière étude trouve une sensibilité de 73 % et
Le temps requis pour remplir le questionnaire varie entre une spécificité de 67 %, la sensibilité restant pauvre pour les
15 et 20 minutes. troubles somatoformes.

Psychiatrie 17
37-102-B-10 ¶ Entretiens diagnostiques structurés en psychiatrie

Traductions Tableau 13.


La traduction française du PRIME-MD est utilisée au Canada. Les 26 questions de dépistage du SDDS-PC.
Le PHQ-9 a été traduit en 18 langues, dont le français, et peut Au cours du MOIS PASSÉ :
être obtenu gratuitement (http://www.phqscreeners.com/). 1. Vous êtes-vous senti(e) malheureux(se) ?
Version informatisée 2. Avez-vous eu des difficultés à vous endormir ?
Le PRIME-MD par ordinateur ou par téléphone reproduit les 3. Vous êtes-vous senti(e) déprimé(e) ?
mêmes résultats que l’instrument-mère. 4. D’autres se sont-ils inquiétés de votre consommation d’alcool ?
5. Votre pouls était-il rapide ?
Intérêts et limites
6. Avez-vous eu peur de devenir fou/folle ?
Le PRIME-MD est utile pour dépister les troubles mentaux en
7. Avez-vous eu le cafard ?
médecine générale et peut aider dans d’autres situations, par
exemple pour aider les infirmières à identifier un trouble affectif 8. Avez-vous souhaité être mort(e) ?
chez les personnes âgées. Il a l’avantage, par rapport aux autres 9. Avez-vous eu des tremblements ou des secousses musculaires ?
questionnaires de dépistage (tels que le GHQ-28 ou la SCL- 10. Avez-vous eu des palpitations ?
90-R) de donner un diagnostic DSM IV et/ou un diagnostic 11. Vous êtes-vous senti(e) tendu(e) ?
CIM 10. 12. Avez-vous plané ou eu la gueule de bois suite à la prise de drogues ?
13. Avez-vous bu trop d’alcool ?
« Symptom-Driven Diagnostic System for Primary 14. Avez-vous eu des attaques soudaines de panique ou d’angoisse ?
Care » ou SDDS-PC 15. Vous êtes-vous senti(e) obligé(e) de nettoyer et de re-nettoyer sans
Le « Symptom-Driven Diagnostic System for Primary Care (SDDS- cesse certaines choses ?
PC) » [150] est un instrument entièrement informatisé qui, tout 16. Vous êtes-vous fait des soucis ?
comme le PRIME-MD, a deux composantes majeures : un 17. Vous êtes-vous senti(e) obligé(e) de contrôler ou de compter
questionnaire d’autoévaluation et un entretien structuré destiné constamment certaines choses ?
au médecin. 18. Vous êtes-vous senti(e) triste ?
Objectifs 19. Avez-vous eu des problèmes au travail ou à la maison parce que vous
Reposant sur les critères du DSM IV, le SDDS-PC permet au preniez des drogues ?
médecin généraliste de dépister, diagnostiquer et évaluer les 20. Avez-vous eu des idées de suicide ?
patients souffrant d’un trouble mental ou d’un abus de 21. Avez-vous eu des pensées ou des idées dépourvues de sens ?
substance. 22. Avez-vous commencé à boire de l’alcool dès le matin ?
Caractéristiques 23. Votre famille a-t-elle pensé que vous preniez trop de médicaments ?
Le questionnaire de dépistage du SDDS-PC évalue six types de 24. Vous êtes-vous réveillé(e) au cours de votre sommeil ?
troubles mentaux fréquemment observés en médecine générale 25. Avez-vous eu le cœur qui battait vite ?
(dépendance à l’alcool, dépendance aux substances illicites, Au cours des DERNIERS 6 mois, avez-vous été:
trouble anxieux généralisé, trouble dépressif majeur, trouble 26. Anxieux(se) / inquiet(e) ?
obsessionnel-compulsif, et trouble panique), suivi de trois
questions qui mesurent le handicap du sujet (Tableau 13).
Mode de passation « Diagnostic Interview Schedule Self
Les patients qui cotent positivement pour un trouble dans le Administered » ou DIS-SA
questionnaire de dépistage sont évalués par le module corres-
Le « Diagnostic Interview Schedule Self Administered (DIS-SA) »,
pondant dans l’entretien, généré automatiquement par le
programme informatique. développé en 1990 par Kovess et Fournier [153], est un question-
naire d’autoévaluation ou d’hétéroévaluation (en face-à-face ou
Durée de passation par téléphone) abrégé du DIS qui peut être utilisé comme outil
Le questionnaire prend 5 minutes, l’entretien demande de dépistage des troubles psychiatriques en population adulte.
10 minutes au médecin. La durée de passation est beaucoup plus courte qu’avec le DIS.
Qualités psychométriques Il existe en anglais et en français.
Le SDDS-PC a été validé par les auteurs [151]. Les sensibilité, Objectifs
spécificité et valeur prédictive positive suivantes ont été Le DIS-SA a été développé pour dépister trois troubles
trouvées pour les différents troubles : abus ou dépendance à fréquents selon les critères du DSM III-R : les troubles dépressifs
l’alcool (62 %, 98 %, et 54 %), trouble anxieux généralisé (90 %, et dysthymiques, les troubles anxieux (phobie, anxiété généra-
54 %, et 5 %), trouble dépressif majeur (90 %, 77 %, et 40 %), lisée, attaques de panique) et les troubles liés à la consomma-
trouble obsessionnel-compulsif (65 %, 73 %, et 5 %), trouble tion d’alcool.
panique (78 %, 80 %, et 21 %), et idéation suicidaire (43 %,
91 %, et 51 %). Caractéristiques

Traduction Le DIS-SA évalue la sévérité de ces troubles à l’aide de quatre


questions qui permettent d’investiguer si le patient a demandé
Le SDDS-PC a été traduit en français par notre équipe au une aide professionnelle ou a pris un traitement pour ces
CFFR-OMS. troubles et si ces troubles ont eu une répercussion dans son
Version informatisée fonctionnement quotidien.
Instrument entièrement informatisé dans sa version anglaise, Qualités métrologiques
la traduction française du SDDS-PC n’a pas encore été incorpo-
Le DIS-SA a été rempli par 1074 patients à Montréal. Deux
rée dans le programme.
cent trente-sept sujets présentant au moins un trouble selon le
Intérêts et limites DIS-SA étaient ensuite interrogés par un non-clinicien utilisant
Le SDDS-PC est utile pour le diagnostic des troubles mentaux le DIS. Le DIS-SA a donné des résultats équivalents au DIS en
selon le DSM IV en soins primaires. Un article de revue de étant plus proche du diagnostic clinique que le DIS pour les
Klinkman et Okkes fait cependant remarquer que le développe- troubles dépressifs. Les sensibilités et spécificités suivantes ont
ment d’instruments de dépistage tels que le PRIME-MD et le été trouvées pour les différents troubles : troubles dépressifs
SDDS-PC n’a pas abouti à améliorer la prise en charge des (71,4 % et 84,2 %), troubles anxieux (84,4 % et 63,6 %), abus
patients dépressifs [152]. ou dépendance à l’alcool (70,3 % et 95,3 %).

18 Psychiatrie
Entretiens diagnostiques structurés en psychiatrie ¶ 37-102-B-10

Intérêts et limites psychiatriques du DSM. Il n’a été validé qu’en rapport avec
Court, simple d’utilisation et facile à coter, le DIS-SA est un l’outil-mère, le CIDI. Une révision de l’instrument est envisagée
outil de dépistage autoadministré qui présente de bonnes par l’équipe du WMH-CIDI.
qualités métrologiques. Son utilisation est cependant limitée au
diagnostic des troubles selon le DSM III-R.
Questionnaires diagnostiques de dépistage
des troubles de la personnalité
Deux versions abrégées du « Composite Les questionnaires pour l’évaluation des troubles de la
International Diagnostic Interview (CIDI) » personnalité consistent en des questions ou des propositions
« Composite International Diagnostic Interview Self auxquelles le sujet est invité à répondre par oui ou par non,
Administered » ou CIDI-SA respectivement par vrai ou par faux. Les questions ou proposi-
tions explorent la présence ou l’absence de chacun des critères
Le « Composite International Diagnostic Interview Self Administe- définissant les troubles de la personnalité décrits dans la
red (CIDI-SA) », développé en 1992 par Kovess et al. [154], est une CIM 10 ou/et le DSM IV. Les critères sont explorés à l’aide d’un
version française abrégée du CIDI qui peut être utilisée comme ou de plusieurs items.
outil de dépistage des troubles psychiatriques. Les questionnaires sont utilisés essentiellement pour le
Objectifs. Le CIDI-SA a cinq sections qui évaluent les troubles dépistage des troubles de la personnalité. En effet, les résultats
suivants selon les critères du DSM III-R et de la CIM 10 : les obtenus aux questionnaires peuvent, certes, faire évoquer la
troubles somatoformes et les conditions médicales générales, les présence d’un ou de plusieurs troubles de la personnalité, mais
troubles anxieux, les troubles dépressifs, les troubles liés à la ils ne permettent, en principe, pas de faire de diagnostic. Les
consommation de substances (alcool et autres) et les troubles questionnaires peuvent concerner l’évaluation d’un seul trouble
alimentaires. de la personnalité ou celle de l’ensemble des troubles de la
Caractéristiques. Le CIDI-SA évalue la sévérité de ces troubles personnalité.
et permet d’investiguer si le patient a demandé une aide
professionnelle ou a pris un traitement pour ces troubles et si
Questionnaires classiques et traditionnels
ces troubles ont eu une répercussion sur son fonctionnement Les tests psychologiques traditionnels continuent à être
quotidien. Un algorithme informatisé permet d’évaluer la utilisés en pratique clinique pour évaluer les patients ayant un
prévalence des troubles au cours de la vie entière et, pour les diagnostic probable de trouble de la personnalité. Parmi les plus
troubles les plus fréquents observés dans la population générale, connus figurent le « Minnesota Multiphasic Personality Inventory
au cours des derniers 6 mois. (MMPI et MMPI-2) » [158, 159] ou le 16-PF [160], mais aussi des
Qualités métrologiques. Le CIDI-SA a été validé en popula- méthodes projectives telles que le Rorschach [161] et le « Thema-
tion générale et a montré de bonnes qualités métro- tic Apperception Test (TAT) » [162]. Si ces tests peuvent suggérer la
logiques [155]. présence d’un trouble de la personnalité, les résultats doivent
Intérêts et limites. Court, simple d’utilisation et facile à cependant être confirmés par un entretien clinique ou
coter, le CIDI-SA peut être utilisé par le sujet lui-même. Il donne semi-structuré.
des diagnostics selon le DSM III-R et la CIM 10. « Personality Disorder Questionnaire » ou PDQ-4
« Composite International Diagnostic Interview Short Form » Le « Personality Disorder Questionnaire » (PDQ-4) a été élaboré
ou CIDI-SF par Hyler et al. [163] pour l’évaluation des troubles de la
Le « Composite International Diagnostic Interview Short Form personnalité du DSM III. Il a été révisé et adapté au DSM III-
(CIDI-SF) », développé par Kessler et Mroczek [156] dans le cadre R [164], puis au DSM IV [165].
du « National Health Interview Survey (NHIS) », est une autre Objectifs
forme abrégée du CIDI. Il s’agit d’un questionnaire d’autoéva- La dernière version du PDQ existe sous deux formes : le PDQ-
luation ou d’hétéroévaluation qui évalue certains troubles du 4 qui est réservé à l’évaluation des 10 troubles « officiels » de la
DSM III-R. La durée moyenne de passation est de 10 minutes. personnalité du DSM IV et le PDQ-4+ qui permet d’évaluer
Une forme abrégée pour la dépression majeure (CIDI-SFMD) ne également la personnalité passive-agressive (négativiste) et la
prend qu’une minute. Le CIDI-SF a été actualisé pour le DSM IV, personnalité dépressive, décrites dans l’Annexe B du DSM IV.
et comprend un module pour le trouble obsessionnel-compulsif.
Caractéristiques
Objectifs. Le CIDI-SF évalue l’anxiété généralisée, l’agorapho-
bie, le trouble panique, les phobies simples, la phobie sociale, Le PDQ-4 comprend 85 items et le PDQ-4+ en compte 99. La
les épisodes dépressifs majeurs, la dépendance à l’alcool et aux plupart de ces items explorent la présence ou l’absence des
substances illicites et, dans sa version DSM IV, le trouble critères caractérisant les troubles de la personnalité du DSM IV
obsessionnel-compulsif. (un item par critère).
Caractéristiques. Contrairement au CIDI qui pose des Mode de passation
diagnostics sur la vie entière, le CIDI-SF se base sur les 12 der- Le sujet doit répondre par « vrai » ou par « faux ». La formu-
niers mois. lation des propositions est telle que les réponses « vrai »
Qualités métrologiques. Le CIDI-SF a été mis au point en traduisent toujours la présence d’un critère. Le PDQ comprend
plusieurs étapes : on a d’abord effectué des analyses de régres- une échelle de validité avec quatre items pour vérifier si le sujet
sion des données obtenues avec le CIDI complet ; puis, on a a tendance à vouloir donner de lui une « image trop bonne » et
procédé à d’autres études de validation. Selon les troubles une échelle appelée « questionnaire suspect » avec deux autres
étudiés et, par comparaison au CIDI complet, la sensibilité items pour vérifier si le sujet a tendance à mentir. L’analyse des
variait entre 77 et 100 %, la spécificité entre 96 et 99,9 %, la données se fait à l’aide d’une grille qui regroupe les items en
valeur prédictive positive entre 75,7 et 99,6 % et la valeur fonction des troubles de la personnalité auxquels ils
prédictive négative entre 86,9 et 100 %. Les qualités métrologi- correspondent.
ques de l’instrument dans la dépression ont été étudiées par À chaque fois que les résultats obtenus au PDQ évoquent la
Patten, avec une sensibilité excellente [157]. présence d’un trouble de la personnalité, le clinicien doit
Traduction. Le CIDI-SF existe en langue anglaise sur le site vérifier si le sujet répond par ailleurs aux critères d’une échelle
officiel du CIDI (http://www3.who.int/cidi/). Une traduction de significativité clinique, afin d’éliminer les sujets faux-
française existe pour les troubles dépressifs. positifs. À l’aide de cette échelle, il doit vérifier que le sujet a
Intérêts et limites. La brièveté du CIDI-SF rend possible son bien compris la signification des items décrivant le trouble en
inclusion dans des enquêtes de grande envergure dans la question, que les éléments caractérisant ce trouble sont durables
population générale, dans les cas où il est impossible de réaliser et présents depuis de nombreuses années, qu’ils sont présents
des entretiens diagnostiques structurés approfondis. L’instru- (également) à des moments où le sujet ne présente pas un
ment surestime la prévalence de certains troubles et donne des trouble de l’axe I, et qu’ils s’accompagnent de difficultés dans
résultats faussement positifs. Pour ces raisons, le CIDI-SF devrait la vie courante ou dans les relations interpersonnelles ou/et sont
être réservé au dépistage. Le CIDI-SF ne couvre que huit troubles à l’origine d’un sentiment de détresse.

Psychiatrie 19
37-102-B-10 ¶ Entretiens diagnostiques structurés en psychiatrie

Le PDQ donne des diagnostics DSM IV catégoriels, ainsi Traduction et version informatisée
qu’un score total qui est un index général de perturbation de la Le questionnaire de dépistage du SCID-II existe sous forme
personnalité. papier crayon et sous forme informatisée. La version française,
Durée de passation réalisée par Cottraux et al., a été informatisée par Cungi [169].
Le PDQ-4 prend entre 20 et 30 minutes, le PDQ-4+ est un Intérêts et limites
peu plus long. En comparaison avec les questions de l’entretien semi-
Qualités métrologiques structuré complet, celles du questionnaire sont, à dessein,
nettement plus générales. Cela est à l’origine de nombreux faux-
Il n’existe pas d’étude de fidélité inter-juges ou de validité du positifs, mais a l’avantage d’éviter les faux-négatifs.
PDQ pour le DSM IV. Les études faites avec les versions anté-
rieures, avec plus de 50 articles cités sur le site officiel du PDQ, Questionnaire de dépistage de l’IPDE
ont montré une fidélité test-retest satisfaisante, mais variable L’IPDE est accompagné d’un questionnaire de dépistage
selon les troubles de la personnalité considérés. Les études de permettant l’autoévaluation.
validité effectuées avec les versions antérieures concernent
uniquement des études de validité concourante : comparaison Objectifs
avec le diagnostic clinique et comparaison avec différents Le questionnaire de dépistage de l’IPDE élimine les réponses
entretiens semi-structurés. Les résultats sont divergents et négatives et permet de raccourcir l’administration de l’IPDE
variables, selon les troubles, et selon les méthodes d’évaluation complet.
ayant servi de comparaison. Caractéristiques
Traduction Le questionnaire de dépistage comprend 59 items dans la
Le PDQ-4+ a été traduit en français par Bouvard et al. et a version CIM 10, 77 items dans la version DSM IV. Notre équipe
bénéficié d’une retraduction du français en anglais (« back- au CFFR-OMS a produit deux versions combinées distinctes,
translation »). Il est publié dans son entièreté dans le livre de avec 94 items chacune, la première commençant avec la version
Bouvard [93]. DSM IV suivie des questions CIM 10 non incluses dans le
DSM IV (module A), la deuxième commençant avec les items
Version informatique CIM 10 suivis de ceux du DSM IV non inclus dans le CIM 10
Il existe une version anglaise informatisée connue sous le (module B).
nom de PDQ-4 (CA), basée sur MS-DOS, qui permet une Mode de passation
exportation des données vers SPSS. Elle est disponible, tout
Le questionnaire consiste en questions auxquelles le sujet est
comme l’instrument en anglais, sur le site officiel du PDQ
invité à répondre par vrai ou par faux. La formulation des
(http://www.pdq4.com).
questions est telle que c’est tantôt une réponse « vrai », tantôt
Intérêts et limites une réponse « faux » qui oriente vers la présence de l’un des
L’instrument est très sensible, mais peu spécifique. La critères de l’un des troubles de la personnalité décrits dans l’un
concordance avec les entretiens structurés est faible [166]. Il doit ou l’autre, ou simultanément dans les deux systèmes
dès lors être réservé au seul dépistage des troubles de la nosologiques.
personnalité. On doit évoquer la présence d’un trouble de la personnalité
à chaque fois que les réponses du sujet sont au moins 3 fois en
Questionnaire de dépistage du SCID-II faveur de la présence d’un trouble. Dans ce cas, le clinicien doit
interroger le sujet à l’aide des questions de l’entretien semi-
pour le DSM IV
structuré complet.
Le SCID-II est accompagné d’un questionnaire de dépistage
Qualités psychométriques
d’autoévaluation, qui prend moins de 30 minutes au sujet.
Dans une étude faite par Lenzenweger et al. [170], et confirmée
Objectifs par une étude non publiée de notre équipe au CFFR-OMS, le
Le questionnaire de dépistage du SCID-II, conçu pour être très questionnaire de dépistage de l’IPDE ne donne pas de
sensible, a l’avantage d’éliminer les faux-négatifs. Il part du faux-négatifs.
principe qu’une réponse négative au questionnaire le sera aussi Traduction et versions informatisées
dans l’entretien complet. Il permet dès lors de raccourcir
l’administration du SCID-II. Les différentes versions du questionnaire de dépistage de
l’IPDE (version CIM 10, DSM IV et combinées) ont été traduites
Caractéristiques en français par notre équipe au CFFR-OMS et ont été informa-
La version DSM IV du questionnaire de dépistage du SCID-II tisées en utilisant Filemaker Pro. Les questionnaires informati-
comprend 119 questions, auxquelles le sujet est invité à sés, qui tournent sur Windows et Macintosh, reprennent le
répondre par oui ou par non. La formulation des questions est texte intégral de toutes les questions et permettent l’autoéva-
telle que toute réponse « oui » oriente vers la présence de l’un luation devant l’ordinateur. À la fin du questionnaire, le
des critères de l’un des troubles de la personnalité décrits dans clinicien peut immédiatement exploiter les résultats.
le DSM IV. Intérêts et limites
Mode de passation En comparaison avec les questions de l’IPDE, celles du
Quand le nombre de questions cotées « oui » est inférieur à questionnaire sont, à dessein, nettement plus générales. Cela est
celui des critères requis pour un diagnostic positif, le clinicien à l’origine de nombreux faux-positifs, mais a l’avantage d’éviter
n’a pas besoin de poser les questions du SCID-II correspondant les faux-négatifs. En fonction de l’échantillon examiné et de
à ce diagnostic. Il peut toutefois le faire, s’il est intéressé à noter l’importance relative de la sensibilité versus spécificité, le seuil
des traits de caractère, certes présents, mais en nombre insuffi- standard des trois questions peut être augmenté ou diminué par
les chercheurs et les cliniciens. Le questionnaire de dépistage de
sant pour faire un diagnostic de trouble de la personnalité.
l’IPDE ne devrait toutefois pas être utilisé seul pour faire des
Qualités psychométriques diagnostics.
Une comparaison du questionnaire de dépistage avec le
SCID-II complet sur 69 sujets [167] montre une corrélation de Questionnaire « Assessment of DSM IV Personality
.84 pour le nombre de critères trouvés entre les deux instru- Disorders » ou ADP-IV
ments (54 % de sujets positifs avec l’instrument complet contre Le questionnaire d’évaluation des troubles de la personnalité
73 % de sujets avec le questionnaire). Les mêmes auteurs ont selon le DSM IV (« Assessment of DSM IV Personality Disorders
comparé le questionnaire au diagnostic clinique [168], avec une Questionnaire ») ou ADP-IV [171] est un outil d’autoévaluation
sensibilité de 86 % et une spécificité de 64 % pour l’instrument. développé par une équipe belge.

20 Psychiatrie
Entretiens diagnostiques structurés en psychiatrie ¶ 37-102-B-10

Objectifs Caractéristiques
La particularité de l’ADP-IV est qu’il mesure non seulement Le SPQ est constitué de 74 items, se rapportant à différents
les caractéristiques de la personnalité et les traits de caractère aspects des neuf critères caractérisant la personnalité schizoty-
définis dans le DSM IV, mais aussi leurs répercussions sur le pique du DSM IV. Chacun de ces critères correspond à une
sujet et son entourage. échelle dans le questionnaire, échelles intitulées respective-
ment : 1. Idées de référence, 2. Anxiété sociale excessive, 3.
Caractéristiques
Croyances bizarres ou pensée magique, 4. Expériences percepti-
L’ADP-IV propose certaines façons de penser, de sentir et ves inhabituelles, 5. Comportement bizarre ou excentrique, 6.
d’agir qui peuvent être typiques pour le sujet. Ces traits de Absence d’amis proches, 7. Discours bizarre, 8. Pauvreté des
caractère doivent être présents dès le début de l’âge adulte et affects, 9. Méfiance.
s’exprimer dans une multitude de situations personnelles et
sociales. L’ADP-IV vise essentiellement des caractéristiques de la Mode de passation
personnalité difficiles à changer et pouvant être problématiques. Les réponses « oui » sont cotées 1, les réponses « non » sont
Il s’agit donc souvent de traits de caractère qui peuvent être une cotées 0. Le questionnaire aboutit à une note globale et à une
source de stress, de problèmes, ou de conflits, et qui empêchent note par critère. La note globale est indicative de la présence ou
de mener une vie adaptée ou heureuse dans la société. de l’absence d’une personnalité schizotypique.
Mode de passation Durée de passation
L’ADP-IV se compose de 94 propositions se rapportant à des Le temps de passation du SPQ est court (approximativement
traits de personnalité. Pour chaque proposition, le sujet est 10 minutes). Une version réduite à 22 items, le SPQ-B, a été
invité à répondre à deux questions. La première question proposée pour le dépistage [174]. Le SPQ-B ne peut être utilisé
apprécie dans quelle mesure la proposition est caractéristique de seul pour le diagnostic.
sa personne, les réponses variant de « pas du tout d’accord » Qualités métrologiques
(score 1) à « tout à fait d’accord » (score 7). Si le score est
Les qualités psychométriques du SPQ ont été étudiées par
inférieur ou égal à 4, le sujet passe à la proposition suivante ;
l’auteur et l’équipe de la traduction française. Le questionnaire
en revanche, si le score est supérieur ou égal à 5 (« plutôt
montre une très bonne consistance interne globale (.91), qui est
d’accord », « d’accord » ou « tout à fait d’accord »), le sujet
comprise entre .71 et .78 (version anglaise), respectivement .57
répond à la deuxième question : « Ce trait de personnalité a-t-il
à .76 (version française) pour chacune des neuf sous-échelles. Le
déjà été une source de stress, de souffrance ou de dommage
SPQ a une bonne fidélité test-retest (.82). Il permet de corrobo-
pour vous ou pour d’autres personnes, ou vous a-t-il empêché
rer un diagnostic clinique dans 55 % des cas chez des sujets
de mener une vie adaptée ou heureuse dans la société ? ». À
ayant une note-seuil élevée au questionnaire.
cette deuxième question le sujet peut répondre par « pas du
Les résultats d’une analyse factorielle des réponses au SPQ
tout » (score 1), « dans une certaine mesure » (score 2) ou « très
suggèrent par ailleurs que trois facteurs distincts caractérisent la
certainement » (score 3).
schizotypie : les déficits cognitifs-perceptifs, les déficits interper-
Les scores peuvent être exploités d’une manière dimension-
sonnels, et la désorganisation.
nelle. Des diagnostics catégoriels sont obtenus via des algorith-
mes qui soulignent soit l’aspect « trait de caractère », soit Traduction
l’aspect « détresse du sujet ». Le SPQ a été traduit, adapté et publié en français [175] .
Qualités psychométriques L’équipe de traduction l’a validé dans une population saine de
232 étudiants [176].
Les auteurs de l’ADP-IV ont testé le questionnaire flamand
dans une population générale de 659 sujets et une population Intérêts et limites
psychiatrique de 487 sujets et l’ont comparé au SCID-II pour Simple d’utilisation, le SPQ permet aussi bien une approche
59 sujets [172] . Les échelles dimensionnelles et les mesures dimensionnelle que catégorielle du trouble de personnalité
catégorielles de l’ADP-IV ont une bonne capacité de différencier schizotypique décrit dans le DSM IV. La version française
entre la population générale et la population clinique. Comparé apparaît valide. En attendant des études de confirmation sur des
au SCID-II, l’ADP-IV a une concordance de .67 pour les scores populations cliniques plus importantes, l’examinateur doit
dimensionnels et un coefficient kappa de .50 pour les diagnos- rester prudent en utilisant les notes-seuil actuelles. À noter
tics catégoriels. Selon les algorithmes de l’ADP-IV, la prévalence finalement que la CIM 10 inclut la schizotypie au chapitre F2
des troubles de la personnalité en population générale varie (schizophrénie, trouble schizotypique et troubles délirants) et ne
entre 2,28 et 20,64 %. la considère donc pas comme un trouble de la personnalité
Traduction mais comme une forme mineure de schizophrénie.
La version flamande a été traduite en français et peut être
obtenue chez les auteurs (chris.schotte@uza.be). ■ Entretiens diagnostiques
Intérêts et limites en psychiatrie de l’enfant
L’ADP-IV, qui est encore peu utilisé, propose une approche à
la fois dimensionnelle et catégorielle des troubles de la person-
et de l’adolescent
nalité définis dans le DSM IV. Il permet d’éviter les nombreux La plupart des entretiens diagnostiques standardisés en
faux-positifs rencontrés dans l’utilisation d’autres questionnaires psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent existent en deux
de dépistage, tels que celui du SCID-II ou de l’IPDE par exem- versions : l’une destinée à l’enfant lui-même, l’autre destinée
ple, qui ne font qu’une description catégorielle des traits de aux parents. Ces instruments sont en remaniement permanent
caractère. Il s’avère dès lors utile en pratique clinique et du fait de l’évolution constante des classifications et des critères
psychothérapeutique. diagnostiques dans ce domaine [177]. Un mémoire original de
Renou et al. [178] recense et décrit les outils standardisés
« Schizotypal Personality Disorder généraux d’aide au diagnostic psychiatrique actuellement
Questionnaire » ou SPQ disponibles. Il retient deux entretiens structurés et quatre
Le questionnaire de personnalité schizotypique (« Schizotypal entretiens semi-structurés en se basant sur quatre critères
Personality Disorder Questionnaire » ou SPQ) a été développé par principaux : la compatibilité avec les systèmes nosologiques
Raine et al. [173] et permet l’autoévaluation de ce trouble selon (DSM IV et CIM 10), le nombre de troubles évalués, les publi-
le DSM III-R et le DSM IV. cations dans des revues à comité de lecture, et les qualités
métrologiques des instruments. Nous les présentons briève-
Objectifs ment ; le lecteur intéressé se référera au mémoire original et à
Le SPQ est un questionnaire adapté à l’étude de la personna- une référence anglaise [179]. Une expertise collective de
lité schizotypique sur des échantillons de grande taille issus de l’INSERM, qui passe en revue le dépistage et la prévention des
la population générale. troubles mentaux chez l’enfant et l’adolescent, donne par

Psychiatrie 21
37-102-B-10 ¶ Entretiens diagnostiques structurés en psychiatrie

ailleurs un excellent aperçu des entretiens et questionnaires comprend 900 questions et prend entre 1 et 2 heures. Compa-
disponibles pour des troubles spécifiques [180]. Ces outils n’ont rée aux autres entretiens diagnostiques, la validité du DICA
pas toujours été traduits en français. semble moins bien établie [195, 196].

« Diagnostic Interview Schedule « Interview Schedule for Children


for Children » ou DISC and Adolescents » ou ISCA
Le « Diagnostic Interview Schedule for Children (DISC) », L’« Interview Schedule for Children and Adolescents (ISCA) »,
initialement développé pour le DSM III à partir du DIS par développé par Kovacs et initialement appelé ISC [197], est un
Costello et al. sous l’égide du NIMH [181] , est l’entretien entretien semi-structuré réservé aux cliniciens pour les études
diagnostique structuré chez l’enfant et l’adolescent le plus épidémiologiques longitudinales [198]. Il existe en deux ver-
utilisé. Adapté au DSM III-R (le DISC-R), puis au DSM IV et à la sions distinctes : une version administrée lors de la période
CIM 10 [182], l’actuel DISC-IV, qui couvre plus de 30 diagnostics, d’inclusion (ISCA-C&L) et une pour le suivi (ISCA-C&I) [199].
est divisé en quatre parties et contient 2930 questions (dont L’ISCA prend entre 45 et 90 minutes avec l’enfant, ainsi que 2
2000 optionnelles et 358 questions de dépistage). Il peut être à 2,5 heures (version d’inclusion), respectivement 1 à 1,5 heure
administré par des non-cliniciens, après formation. Il existe en (version de suivi) avec les parents. Peu de données de validation
trois versions selon la période explorée (4 dernières semaines, sont disponibles sur cet instrument. Destiné aux enfants âgés de
12 derniers mois et vie entière) et comporte une version pour 8 à 17 ans, l’ISCA est réservé à la recherche.
les parents (DISC-P) et une version pour les enfants et les
adolescents (DISC-Y). Le DISC prend entre 70 et 120 minutes. « Schedule for Affective Disorders
Sa version DSM III-R, le DISC-R, présente une validité modérée and Schizophrenia for School-Age
à excellente selon les diagnostics [183, 184], meilleure avec les
adolescents qu’avec les enfants, lesquels comprennent mal des Children » ou Kiddie-SADS
questions trop longues. La version 2.25, traduite en français, a Le « Schedule for Affective Disorders and Schizophrenia for School-
été testée au Québec [185]. L’entretien anglais a été informatisé Age Children (Kiddie-SADS) » a été développé depuis 1978 par
(C-DISC) et existe en version DSM IV autoadministrée Puig-Antich et Chambers à partir du SADS [200]. Sa version la
(« Voice DISC »). Des échelles brèves de dépistage (« DIS Predictive plus récente permet des diagnostics selon les critères du
Scales » ou DPS), qui prennent 10 à 20 minutes, sont disponi- DSM IV [201] chez les sujets âgés de 6 à 18 ans. Elle existe sous
bles pour 18 troubles et existent en français. L’entretien trois formes : le K-SADS-P (présent), le K-SADS-E (épidémiologie)
complet, développé surtout pour les études épidémiologiques, et le K-SADS-PL (actuel et vie entière), introduit par Kaufman et
s’avère long en pratique clinique et devrait être réservé aux al. [202] . Le K-SADS-PL comporte un entretien de dépistage
sujets âgés de 9 à 17 ans [186, 187]. explorant 82 symptômes-clés de 20 troubles, ainsi que cinq
sections supplémentaires pour le diagnostic de ces troubles, si le
« Children’s Interview for Psychiatric dépistage s’est avéré positif. L’entretien est réalisé avec les
Syndromes » ou ChIPS parents puis avec l’enfant ou l’adolescent. Il prend en moyenne
90 minutes avec l’enfant et également 90 minutes avec les
Le « Children’s Interview for Psychiatric Syndromes (ChIPS) » [188] parents. Le K-SADS-PL a une consistance interne et une fidélité
est un entretien hautement structuré de 30 pages, plus court et test-retest et inter-juges satisfaisantes à bonnes. Disponible aux
plus récent que le DISC. Le ChIPS peut être utilisé par des éditions INSERM, il a été traduit en français, mais n’a pas été
cliniciens et des non-cliniciens formés. Il couvre 20 troubles validé.
fréquents de l’axe I du DSM IV répartis en 15 sections, évalue
les facteurs de stress psychosociaux en deux sections supplé- « Child and Adolescent Psychiatric
mentaires et permet une évaluation de l’adaptation sociale.
Publié par l’American Psychiatric Press, il existe en deux Assessment » ou CAPA
versions : une version pour les enfants et les adolescents [189] et Le « Child and Adolescent Psychiatric Assessment (CAPA) » [203,
une version pour les parents, le P-ChIPS [190], qui est identique 204] est un entretien semi-structuré dérivé du K-SADS, mais
au ChIPS (à l’exception de la section sur les psychoses) avec des destiné à explorer un plus grand nombre de symptômes et
questions reformulées pour les parents. Il est accompagné d’un compatible avec le DSM III-R, le DSM IV et la CIM 10. À côté
manuel de l’utilisateur [191] , qui donne des informations de l’exploration des symptômes par catégories, le CAPA permet
complémentaires au sujet du développement de l’entretien, des aussi d’évaluer le retentissement psychosocial et le fonctionne-
instructions détaillées au sujet de son administration et de sa ment familial, scolaire et extrascolaire du sujet. Il peut être
cotation, et contient des cas cliniques. Sa durée de passation administré par un non-clinicien formé, qui se base sur les
varie entre 20 minutes en population générale et 50 minutes définitions décrites dans le glossaire. La durée de passation est
chez des patients hospitalisés. Les qualités psychométriques de d’une heure pour les parents et pour les enfants. La fidélité test-
la version DSM III-R du ChIPS et de son adaptation au DSM IV retest est comprise entre .55 (pour le trouble des conduites) et
sont bonnes à excellentes et ont été testées en 12 années 1 (substances psychoactives) [205] . Il est utilisable chez les
d’études [192]. Bref et simple d’utilisation, le ChIPS peut être enfants et les adolescents âgés de 9 à 17 ans. Des versions pour
utilisé en recherche clinique et comme outil de formation des le jeune adulte (YAPA) et l’enfant préscolaire (PAPA), ainsi qu’un
professionnels de la santé mentale. Il est plus facile à compren- instrument de dépistage dérivé du CAPA, sont en cours
dre par les enfants que le DISC et peut être utilisé avec des d’élaboration.
sujets âgés entre 6 et 18 ans.
Autres entretiens diagnostiques
« Diagnostic Interview for Children en psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent
and Adolescents » ou DICA Les trois instruments suivants sont à utiliser avec précaution,
Le « Diagnostic Interview for Children and Adolescents (DICA) », car ils sont soit trop anciens, soit encore insuffisamment
premier instrument de ce genre, était initialement un entretien étudiés.
structuré développé par Herjanic et Campbell à partir du
DIS [193]. Devenu semi-structuré dans sa version DSM III-R, le « Children Assessment Schedule » ou CAS
DICA actuel est également compatible avec le DSM IV et la Le « Children Assessment Schedule (CAS) », développé par
CIM 10 [194]. Malgré son format, il peut être utilisé, selon les Hodges et al. [206, 207], est un entretien semi-structuré organisé
auteurs, par des non-cliniciens longuement formés. Il comprend en trois catégories d’âge (5-7 ans, 7-12 ans, 13-16 ans), particu-
en fait trois versions distinctes adaptées à l’âge du développe- lièrement intéressant pour les enfants prépubères. Les données
ment, l’une destinée aux enfants de 6 à 12 ans, l’autre aux de validation sont satisfaisantes et sa concordance avec le
adolescents âgés de 13 à 17 ans, et une version unique qui K-SADS est bonne [208]. N’évaluant les troubles que selon le
s’adresse aux parents pour les deux groupes. L’entretien DSM III, il souffre de son ancienneté.

22 Psychiatrie
Entretiens diagnostiques structurés en psychiatrie ¶ 37-102-B-10

KID-SCID, une version du SCID pour enfants maladies somatiques ou/et les troubles psychiatriques répertoriés
Une version semi-structurée du SCID pour évaluer les troubles dans la CIM 10. Il guide l’interviewer dans l’évaluation du
en psychiatrie de l’enfant en recherche clinique, appelée le KID- handicap, et dans la détermination de sa sévérité. En réduisant
SCID, existe en tant que version préliminaire. Cet instrument la place laissée à la subjectivité de l’interviewer lors de l’évalua-
inclut la plupart des troubles « adultes » du SCID (à l’exception tion du handicap, le WHODAS II accroît la fidélité inter-juges
des troubles somatoformes et des troubles alimentaires), avec dans l’évaluation du handicap et facilite les comparaisons des
des questions adaptées et réécrites pour enfants, ainsi que les résultats de la recherche dans le domaine du handicap.
troubles de l’enfance suivants : déficit de l’attention/ Caractéristiques
hyperactivité, trouble des conduites, trouble oppositionnel avec Les items du WHODAS II ont été construits pour permettre
provocation, anxiété de séparation. Il est facile à utiliser. Deux une évaluation structurée et standardisée du handicap accom-
études préliminaires (non publiées) ont montré une bonne pagnant un trouble somatique ou/et psychique. L’instrument
fidélité test-retest pour certains de ces troubles. La version peut être utilisé par un enquêteur non-clinicien.
anglaise peut être obtenue gratuitement (fmatzner@nyc.rr.com). Le WHODAS II est disponible sous deux versions : une
« MINI Kid » et « MINI Kid - Parent Version » version longue, qui comprend 36 items et une version courte
Le MINI Kid et sa version pour les parents, développés à qui en comprend 12. Les items ont été construits pour permet-
partir du MINI, explorent de façon standardisée les principaux tre une évaluation du handicap dans six domaines différents.
troubles du DSM IV chez les enfants. Divisé en 16 modules, le L’instrument s’applique aux difficultés présentes au cours du
MINI Kid présente une structure et un mode de passation dernier mois.
similaires au MINI, avec des réponses dichotomiques. Il n’y a Les six domaines du WHODAS II concernent : 1. La compré-
pas de données de validation disponibles pour cet instrument. hension et la communication (capacité à comprendre les autres
Adapté aux enfants et aux adolescents âgés de 8 à 16 ans, le et à communiquer avec eux), 2. La mobilité (capacité à bouger
MINI Kid prend environ 15 minutes. Il est disponible en et à se déplacer), 3. Les soins personnels (capacité à prendre
plusieurs langues, dont le français. soin de son hygiène, à s’habiller, à manger, à rester seul), 4. La
capacité de s’entendre avec son entourage (capacité à entretenir
Entretiens diagnostiques pour les jeunes des relations avec autrui), 5. Les activités de la vie quotidienne
(capacité à assumer les activités de la vie quotidienne à la
enfants maison, pendant les loisirs, au travail), 6. La participation à la
Certaines études montrent que les entretiens diagnostiques société (capacité à participer à la vie en commun).
structurés et semi-structurés décrits ci-dessus sont à utiliser avec
prudence chez les jeunes enfants [209-211]. Ils rapportent beau- Mode de passation
coup moins de symptômes que leurs parents, et le début, la Le clinicien ou l’enquêteur qui fait passer le WHODAS II
durée, l’évolution et les fluctuations des symptômes restent des explique à la personne interrogée qu’il/elle va lui poser des
notions difficilement obtenues par l’interrogatoire direct des questions concernant les difficultés qu’il/elle éprouve « à cause
enfants. L’utilisation de ces instruments dans cette tranche de son état de santé ». Sous l’appellation « état de santé », on
d’âge doit être réservée à des cliniciens expérimentés et bien regroupe toutes les maladies et autres problèmes de santé, de
formés. Ces difficultés d’utilisation ont d’ailleurs conduit à courte ou de longue durée, les suites d’accidents, les problèmes
l’élaboration de nouveaux outils standardisés basés sur une série psychologiques ou émotionnels, et les problèmes liés à la
d’images illustrant les critères du DSM : consommation d’alcool ou de drogues.
• le Dominic-R [212] est destiné aux enfants âgés de 6 à 11 ans Le clinicien ou l’enquêteur détermine, ensemble avec le sujet,
et se base sur le DSM IV. Il s’agit d’un questionnaire en quel est le problème de santé qui sera évalué au cours de
images informatisé dans lequel le stimulus visuel est complété l’entretien. À titre d’exemple, si la personne présente un épisode
par une information auditive et écrite. La plupart des enfants dépressif sévère, toutes les questions sur le fonctionnement
complètent les 90 situations du Dominic-R en 10 à 15 minu- concerneront des difficultés éprouvées à cause de l’état dépressif.
tes. Sa version française a été testée en France [213] ; Les questions sont formulées comme suit : « Au cours des
• le « Pictorial Instrument for Children and Adolescents (PICA-III- 30 derniers jours, combien de difficultés avez-vous eues à ... ».
R) » [214] évalue tous les troubles de l’axe I du DSM III-R des Si la personne a éprouvé des difficultés, elle doit indiquer, à
enfants et adolescents âgés entre 6 et 16 ans, d’une manière l’aide d’une carte, si elle a eu « un peu » (2), « moyennement »
catégorielle (diagnostic présent ou absent) et dimensionnelle (3), ou « beaucoup » (4) de difficultés à avoir/faire l’activité
(sévérité), via des échelles visuelles analogiques. Il consiste en étudiée à l’aide de l’item en question, et préciser le cas échéant
137 images organisées en modules. Il présente de bonnes qu’elle est rigoureusement incapable d’avoir/de faire cette
qualités psychométriques et peut être utilisé dans des popu- activité (5). L’absence de difficultés est notée 1.
lations non anglophones et avec des enfants malentendants. Les notes brutes sont recodées puis additionnées par domaine
et transformées en notes standardisées. Les résultats compren-
■ Quelques instruments nent une note par domaine et une note globale (avec travail et
sans travail). La note globale varie entre 0 (absence de tout
pour l’évaluation du handicap handicap) et 100 (handicap maximal) (Tableau 14).

« WHO Disability Assessment Schedule » Durée de passation


La durée de l’évaluation avec la version longue du WHO-
ou WHODAS II DAS II prend habituellement une vingtaine de minutes. Elle
Publiée initialement en 1988, la deuxième version complète- varie en fonction de la pathologie, somatique ou/et psychiatri-
ment actualisée du « Disability Assessment Schedule (DAS) » ou que, présentée par le patient.
WHODAS II [215] a été développée par le département de la
santé mentale de l’OMS et le NIMH dans le cadre du « Joint Qualités métrologiques
Project on Diagnosis and Classification of Mental Disorders, Alcohol Les propriétés psychométriques des deux versions, longue et
and Related Problems ». Il s’agit d’un entretien diagnostique courte, du WHODAS II ont été étudiées par différentes équipes,
entièrement structuré reposant sur la Classification Internatio- dans différentes cultures, et dans différentes populations (y
nale du Fonctionnement, du Handicap et de la Santé [216] compris dans la population générale). L’instrument a une
(International Classification of Functioning, Disability and consistance interne élevée, une structure factorielle stable
Health) ou ICF [217]. (ICC = .96), une fidélité test-retest élevée (.98, avec une varia-
tion de .69 et .89 selon les items et entre .93 et .96 selon les
Objectifs domaines), des corrélations élevées avec des instruments établis
Le WHODAS II a pour objectifs de faciliter l’évaluation du (variant entre .45 et .65, ce qui indique que le WHODAS II
handicap associé aux maladies, y compris aux troubles men- évalue des concepts similaires à ceux évalués par les autres
taux, et de standardiser et d’objectiver le recueil et l’enregistre- instruments, mais qu’il évalue également des dimensions
ment d’informations relatives au handicap accompagnant les supplémentaires).

Psychiatrie 23
37-102-B-10 ¶ Entretiens diagnostiques structurés en psychiatrie

Tableau 14. Objectifs


Exemple d’une question du WHODAS II.
Le SF-36 mesure la santé physique et mentale du sujet telle
Questions relatives au domaine 6 (Participation à la société) qu’il la ressent.
Au cours des 30 derniers jours :
Caractéristiques
D6.1 Avez-vous eu des difficultés à participer à une activité
communautaire, p.ex., à une fête, une kermesse, une cérémonie Le SF-36 fournit huit dimensions de santé perçues par le
religieuse ? sujet : 1. État et fonctionnement physique, 2. Limitations dues
D6.2 Avez-vous eu des difficultés parce que vous avez rencontré des à des problèmes physiques, 3. Douleurs physiques, 4. Santé
barrières qui vous empêchaient de participer à la vie en société ? générale, 5. Vitalité (énergie et fatigue), 6. Fonctionnement
social, 7. Limitations dues à des problèmes émotionnels, 8.
D6.3 Avez-vous eu des difficultés à vivre dignement suite à des attitudes
ou des comportements de certaines personnes ?
Santé mentale (détresse psychologique et bien-être).
D6.4 Combien de temps avez-vous perdu à cause de votre état de santé Mode de passation
ou de ses conséquences ?
Le sujet est invité à répondre à une série de questions avec
D6.5 À quel point avez-vous été émotionnellement affecté par votre état
des échelles de Lickert.
de santé ?
D6.6 À quel point votre santé a-t-elle été à l’origine d’une diminution de Durée de passation
vos ressources financières ou de celles de votre famille ?
Le SF-36 prend environ 10 minutes au sujet.
D6.7 Combien de difficultés votre famille a-t-elle eues à cause de votre
état de santé ? Qualités métrologiques
D6.8 Combien de difficultés avez-vous eues pour vous relaxer ou pour Le SF-36 a donné lieu à des milliers de publications. Sa
éprouver du plaisir ? version française a notamment été validée en Belgique dans une
Si au moins l’un des items en D6 est coté 2 ou plus, demander : « À quel étude sur des patients en cardiologie [220] et en France dans une
point ces difficultés ont-elles interféré avec votre vie ? » étude sur des patients migraineux [221]. Une étude suisse sur
1007 jeunes adultes sains [222] a montré une validité excellente
(98-100 %) en comparaison avec des critères préétablis, le
Tableau 15. coefficient alpha de Cronbach se situant entre .76 et .92.
Exemples d’autres instruments utiles pour évaluer le handicap.
Traductions
Activities of Daily Living (ADLs)
Le SF-36 est disponible via son site officiel (http://www.
EuroQol sf-36.org/). L’instrument a été traduit en plus de 40 langues, dont
Instrumental Activities of Daily Living (IADLs) le français.
Health Utility Index (HUI)
London Handicap Scale Version informatisée
Quality of Well-Being Scale (QWB) Le site officiel du SF-36 propose un certain nombre d’outils
Nottingham Health Profile (NHP) informatisés qui peuvent être utilisés avec l’instrument.
Short Form (SF-12 et SF-36) Intérêts et limites
Instrument le plus largement utilisé dans le domaine de la
qualité de vie, le SF-36 peut être utilisé dans toutes sortes
Traductions
d’études et a montré de bonnes qualités psychométriques dans
Le WHODAS II a été traduit en 27 langages et est disponible des populations cliniques et chez des adultes sains. Il est en
sur le site officiel de l’instrument (http://www.who.int/icidh/ principe possible de comparer tout sous-groupe à des scores
whodas). Il a été traduit en français par notre équipe au normatifs établis en population générale.
CFFR-OMS selon les procédés actuellement recommandés
(traduction de l’anglais en français, retraduction du français en
anglais par une équipe différente, correction de la traduction ■ Discussion
initiale).
Il existe actuellement de nombreux instruments diagnosti-
Version informatisée ques structurés ou semi-structurés, souvent accompagnés de
questionnaires de sondage (de « screening »), pour aider des
Il n’existe, pour l’instant, pas de version informatisée du
utilisateurs divers (cliniciens, chercheurs, enquêteurs) à procéder
WHODAS II.
à des évaluations psychiatriques approfondies et à faire des
Intérêts et limites diagnostics psychiatriques selon les critères et les algorithmes de
l’une ou de l’autre des deux classifications actuelles des troubles
Dans l’ensemble, le WHODAS II est un excellent instrument mentaux. L’intérêt et l’utilité de ces instruments dépendent
d’évaluation du handicap. Il a de très bonnes qualités psycho- directement de leurs qualités métrologiques, à savoir de leur
métriques. Il peut être administré facilement dans des popula- sensibilité, de leur fidélité et de leur validité. Les trois qualités
tions variées, chez des patients présentant des troubles métrologiques prennent toutefois ici des aspects particuliers.
somatiques ou/et physiques très divers. Enfin, il peut être utilisé
dans de nombreuses cultures différentes, dans la pratique
quotidienne comme dans la recherche. Sensibilité
Un entretien diagnostique structuré est sensible quand il
Autres instruments pour l’évaluation permet à son utilisateur de repérer tous les troubles qu’il est
censé identifier. Un entretien peu sensible risque de passer à
du handicap côté d’un diagnostic (faux-négatifs), un entretien trop sensible
Au cours des 30 dernières années, beaucoup d’autres instru- peut conduire à des diagnostics par excès (faux-positifs). La
ments (Tableau 15) ont été développés pour évaluer le sensibilité d’un entretien diagnostique structuré doit de ce fait
handicap. être mise en correspondance avec sa spécificité. À titre d’exem-
Comme il s’agit en fait de questionnaires et non pas d’entre- ple, les questions relatives à une utilisation abusive d’alcool
tiens structurés ou semi-structurés, seul le plus connu de ces doivent permettre de repérer les abus d’alcool chez tout patient
instruments est brièvement décrit ci-dessous. qui abuse d’alcool et ne pas conduire à ce diagnostic chez les
Le « Short-Form-36 (SF-36) » est un questionnaire autoadmi- patients qui n’en abusent pas. En règle générale, les entretiens
nistré de 36 questions [218], qui existe également sous d’autres diagnostiques structurés actuels ont une très bonne sensibilité et
formes plus longues ou plus courtes [219]. une moins bonne spécificité.

24 Psychiatrie
Entretiens diagnostiques structurés en psychiatrie ¶ 37-102-B-10

Fidélité inter-juges instruments bien connus, comme par exemple le SCID, ont
souvent été utilisés pour étudier la validité de nouveaux
La fidélité des instruments d’évaluation diagnostiques est instruments.
habituellement étudiée de deux façons différentes. Dans la
première, deux personnes évaluent un même sujet et cotent les Comparaisons avec les diagnostics établis à l’aide
items de façon indépendante. Les résultats sont ensuite compa- du procédé LEAD (Longitudinal, Expert, All Data)
rés pour déterminer le degré de concordance entre les deux
Le procédé LEAD (Longitudinal Expert All Data) [226] a été
évaluateurs (fidélité inter-juges). Dans la deuxième, l’évaluateur
proposé par Spitzer en 1983 pour vérifier la validité des instru-
procède à un deuxième entretien, après un certain délai (fidélité
ments diagnostiques. Il s’agit d’un procédé impliquant une
test-retest) et les résultats des deux entretiens sont comparés
évaluation « longitudinale », prenant en compte les résultats de
entre eux.
plusieurs examens. Les diagnostics sont faits par des « experts »,
La fidélité inter-juges revêt une importance particulière dans
à savoir des cliniciens expérimentés. Ces cliniciens utilisent
le domaine des évaluations diagnostiques. Un entretien dia-
« toutes les données », mises en évidence à la suite d’entretiens
gnostique structuré présente une bonne fidélité inter-juges
avec le sujet, ou obtenues par d’autres sources, comme par
quand il permet à deux utilisateurs évaluant un sujet de façon
exemple des entretiens avec des membres de la famille ou avec
indépendante de recueillir les mêmes informations et d’aboutir
d’autres personnes bien informées, ou encore des données
aux mêmes diagnostics. À titre d’exemple, un bon instrument
provenant des infirmières ou d’autres membres de l’équipe d’un
doit permettre à plusieurs évaluateurs interrogeant une per-
service d’hospitalisation, ou encore figurant dans le dossier
sonne de façon indépendante, de repérer les mêmes symptômes
médical.
dépressifs et d’aboutir au(x) même(s) diagnostic(s) de trouble(s)
Le procédé LEAD a été utilisé dans plusieurs études pour
de l’humeur. Les entretiens diagnostiques entièrement structurés
étudier la validité d’un instrument d’évaluation diagnostique,
et standardisés sont construits de façon à éviter au maximum
tel le DIS [227] ou pour vérifier la validité du diagnostic de
les interprétations individuelles. Leur fidelité inter-juges est
trouble de la personnalité [228].
généralement excellente. Ils sont utilisés essentiellement par les
enquêteurs non-cliniciens, dans le cadre des études épidémiolo- Comparaisons avec le « diagnostic par consensus
giques. Les entretiens semi-structurés sont habituellement moins et meilleure estimation possible » (« consensus
standardisés et ils font intervenir dans une plus large mesure le best-estimate diagnostic procedure »)
jugement personnel des évaluateurs. Leur usage est réservé à des
cliniciens. De nombreux travaux ont montré que la fidélité Le « diagnostic par consensus et meilleure estimation possi-
inter-juges de la plupart des instruments décrits plus haut était ble » est un procédé proposé par Leckman en 1982 [229] .
très bonne, voire excellente. L’ensemble des données obtenues par différentes méthodes
La fidélité test-retest soulève des questions difficiles dans le (entretiens avec le sujet, antécédents familiaux établis avec des
domaine des évaluations à visée diagnostique. En effet, un membres de la famille, dossiers médicaux) est évalué par
diagnostic psychiatrique peut être présent à un moment donné plusieurs experts. Ces derniers formulent un diagnostic de façon
mais ne plus l’être à un autre moment, par exemple après un indépendante, puis, en cas de désaccord, se concertent pour
intervalle de 3 mois. Cette constatation est vraie plus particu- arriver à un diagnostic de consensus. Le procédé a été utilisé
lièrement pour de nombreux troubles de l’axe I, mais elle dans le domaine de la recherche, en particulier en
s’applique aussi dans une certaine mesure aux troubles de génétique [230].
l’axe II, c’est-à-dire aux troubles de la personnalité. De ce fait,
la fidélité test-retest d’un instrument diagnostique varie en ■ Conclusion
fonction du potentiel évolutif de chaque trouble.
Cliniciens et chercheurs disposent actuellement de nombreux
instruments d’évaluation du diagnostic en psychiatrie. Ces
Validité instruments diffèrent entre eux sur plusieurs points importants :
le(s) système(s) de classification qu’ils évaluent, la formation et
Les entretiens diagnostiques sont construits de façon à avoir l’expérience qu’ils présupposent de la part de leurs utilisateurs,
une bonne validité de face et de construct. Leur validité leur coût (en temps et en argent), le type de données recueillies.
concourante est évaluée en comparant les diagnostics auxquels Robins [231] a décrit des critères spécifiques et des critères
ils aboutissent avec ceux établis par un clinicien à l’aide d’un généraux pour aider les cliniciens et les chercheurs à choisir les
examen psychiatrique classique. La validité concourante entre instruments les mieux adaptés à un contexte ou à un projet
entretiens diagnostiques structurés et examen classique a donné.
souvent été décevante. Ceci soulève la question de la validité Les critères spécifiques à un contexte ou à un projet concer-
des entretiens diagnostiques structurés d’une part et de celle de nent le degré de précision avec lequel les troubles étudiés ou
l’examen psychiatrique classique de l’autre. Il n’existe pas, en traités doivent être évalués par les instruments. Ils tiennent
effet, d’instrument ou d’examen de référence parfait (étalon or), compte notamment des formes cliniques qui sont évaluées, de
dans la mesure où la validité des diagnostics établis suite à un l’âge de début des troubles, de leur évolution. Ils prennent
examen clinique classique n’est pas parfaite. également en considération les caractéristiques de la population
étudiée, et plus particulièrement le fait qu’il s’agit d’un échan-
Comparaisons avec l’évaluation libre du clinicien
tillon clinique ou d’un échantillon provenant de la population
Les comparaisons entre diagnostics obtenus à l’aide d’un générale. Enfin, ils tiennent compte des ressources disponibles.
entretien structuré ou semi-structuré et diagnostics établis par Les critères généraux concernent des questions d’efficacité
des cliniciens à la suite d’un entretien psychiatrique classique (facilité d’administration/de compréhension des questions), de
ont le plus souvent révélé une concordance médiocre entre les présentation (clarté des instructions et des codes), de transpa-
deux procédés [223]. Les comparaisons de ce type soulèvent rence des programmes d’ordinateur (possibilité de comprendre
toutefois des problèmes dans la mesure où les diagnostics faits les algorithmes du programme d’analyse des données), d’accep-
par les cliniciens ne sont pas toujours fiables eux-mêmes, tation (par les sujets et par les enquêteurs/les cliniciens),
comme en témoignent les taux de concordance souvent bas d’assistance (manuels d’utilisation, programmes pour entrer les
constatés entre cliniciens évaluant un même patient de façon données) et de fidélité et de validité des instruments.
indépendante [224, 225].

Comparaisons avec d’autres instruments ■ Références


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J.-M. Cloos, Psychiatre, Psychothérapeute (cloosj@pt.lu).


Service d’addictologie et de médecine psychosomatique, Clinique Sainte-Thérèse, 36, rue Sainte Zithe, L – 2763 Luxembourg.
M.-C. Pull-Erpelding, Psychologue clinicienne, Docteur en psychologie.
Service de psychiatrie ambulatoire et de liaison, Centre hospitalier de Luxembourg, 4, rue Barblé, L - 1210 Luxembourg.
C.-B. Pull, Professeur de Psychiatrie.
Centre OMS francophone de formation et de référence (CFFR-OMS), service de psychiatrie ambulatoire et de liaison, Centre hospitalier de Luxembourg, 4,
rue Barblé, L - 1210 Luxembourg.

Toute référence à cet article doit porter la mention : Cloos J.-M., Pull-Erpelding M.-C., Pull C.-B. Entretiens diagnostiques structurés en psychiatrie. EMC
(Elsevier SAS, Paris), Psychiatrie, 37-102-B-10, 2006.

Disponibles sur www.emc-consulte.com


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