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FORMATION P.M.E.

LIEGE

SECTION CHEF D’ENTREPRISE-HERBORISTERIE

BOTANIQUE
1ère Année

Ludovic SOTTIAUX
2021-2022
Organographie des plantes à fleurs (Angiospermes)

L’organographie est la description des organes des êtres vivants.

Dans ce cours nous n’aborderons, bien sûr, que les organes des Angiospermes, c’est à dire des
plantes à fleurs. Elles sont, généralement, feuillées, pourvues de racines et de tissus
vasculaires (bois et liber), se reproduisent par des graines et leurs ovules sont enfermés dans
un ovaire clos ceinturé de pièces florales.

Elles forment, actuellement, le plus grand groupe de plantes connues que ce soit en nombre
d’espèces, en importance écologique ou dans l’économie humaine. Elles forment le groupe de
plantes le plus important en herboristerie, en homéopathie, cuisine, aromathérapie ou
fleuristerie.

A. Appareil végétatif

1. La racine

1.1. Rôle, structure et types de racines

La racine est un organe le plus souvent souterrain, à symétrie radiaire, assurant la fixation de
la plante à son substrat et l’absorption de l’eau et des matières nutritives empruntées au milieu
extérieur. Elle peut aussi jouer un rôle important de mise en réserve des substances
nécessaires à la croissance de la plante.

Une racine est, généralement, constituée, du haut vers le bas, d’une coiffe (petit capuchon
protecteur), d’une zone lisse, d’une zone pilifère pourvue de poils absorbants et d’une zone
subéreuse, plus ou moins rugueuse et foncée (Fig. 1).

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Visibles sur la racine:

- des racines secondaires


- la zone subéreuse
- la zone pilifère( poils
absorbants)
- la zone lisse
- la coiffe

Figure 1. Régions caractéristiques de la racine

On distingue classiquement trois formes de racines:

 la racine principale ou primaire, provenant de l’évolution de la radicule de l’embryon


et sur laquelle croissent les racines secondaires;
 les racines secondaires, tertiaires, quaternaires naissant sur la racine principale ou
sur une racine secondaire d’ordre plus élevé (secondaire sur une primaire, tertiaire sur
une secondaire, etc). Les plus fines, celles qui sont terminales et qui permettent
l’absorption des minéraux et de l’eau sont appellées radicelles.
 les racines adventives (Fig. 2) formées sur une quelconque partie de la plante autre
que la racine (tiges, feuilles, etc).

Figure 2. Racines adventives de maïs.

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Lorsque la racine primaire est distinctement prépondérante et constitue un pivot qui s’enfonce
plus ou moins verticalement dans le sol, le système racinaire est dit pivotant (Fig. 3, A)
(exemples : carotte ou plantes des dunes).

Lorsque les racines secondaires deviennent prépondérantes et se développent à faible


profondeur à peu près parallèlement à la surface du sol, le système racinaire est dit alors
superficiel ou à extension latérale (Fig. 3, B) (exemples : épicéa, peuplier, cactus).

Lorsque le système exploite à la fois les couches superficielles et plus ou moins profondes du
sol, on le nomme système mixte (Fig. 3, C) (exemples : thym, chardon). C’est un système très
répandu.

Dans le cas, enfin, où la racine primaire cesse rapidement sa croissance ou disparaît


totalement et où les racines secondaires naissent au collet, le système racinaire est dénommé
fasciculé (Fig. 3., D) (exemples : renoncule et la plupart des Monocotylédones).

Figure 3. Types de systèmes racinaires.

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1.2. Variations et modifications des racines

Plusieurs variantes ou modifications peuvent apparaître:

 certaines plantes sont dépourvues de racines, ce sont souvent des plantes aquatiques,
parasites, saprophytes ou épiphytes;
 la coiffe ou la zone pilifère peuvent être manquantes;
 certains racines peuvent vivre en symbiose avec un champignon (mycorhizes des
arbres ou des orchidées par exemple) ou avec une bactérie (bactériorhizes sur les
légumineuses telles que, par exemple, la luzerne ou l’aulne glutineux);
 les racines adventives sont particulièrement fréquentes et abondantes sur les tiges
rampantes (exemples : fraisier, renoncule rampante, bugle) mais elles peuvent
apparaître en des endroits très variés tels que les feuilles ou même les pétales;
 certaines racines peuvent produire des bourgeons, capables de donner ensuite
naissance à des tiges (exemples : prunellier, ronce);
 les racines tubéreuses ou tubérisées sont celles qui assurent la mise en réserve de
substances nutritives (exemples : dahlia, carotte, betterave, navet, radis) (Fig. 4).
 il existe également des racines-lianes (exemple : figuier étrangleur), des racines-
échasses (exemple : palétuvier), des racines à pneumatophores dressées verticale-
ment de bas en haut et terminées par un orifice respiratoire (exemple : cyprès chauve),
des racines-épines adventives sur certaines tiges et des racines vrilles (exemple :
vanille).

Figure 4. Exemples de racines tubéreuses.

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2. La tige

2.1. Rôles et formes

La tige est un organe le plus souvent aérien qui permet le transport des sels minéraux et de la
sève entre les racines, les feuilles et le reste de la plante.
Elle sert, généralement, de support souple ou rigide aux autres structures de l’organisme
végétal. Son développement et les ramifications qui la composent déterminent le “port” ou
physionomie de la plante (elle ne doit pas être confondue avec la hampe florale qui mène aux
fleurs et inflorescences et non aux feuilles et/ou hampes florales).
Elle est constituée de noeuds (niveau d’insertion des feuilles) et d’entrenoeuds.
La tige et les rameaux sont terminés par un bourgeon terminal, ensemble d’entrenoeuds très
courts et de très jeunes feuilles qui constituent une sorte de capuchon protecteur pour la zone
méristématique de croissance terminale. Les rameaux naissent à partir de bourgeons axillaires,
c'est-à-dire situés à l’aisselle des feuilles et à structure analogue à celle des bourgeons
terminaux.
La tige peut être herbacée, c’est-à-dire de consistance molle, succulente ou charnue, plus ou
moins gorgée d’eau, ou ligneuse, c’est à dire dure et pérenne.
Chez les plantes ligneuses, la tige principale est appelée tronc ; les ramifications principales
sont nommées branches. Le terme de rameaux est réservé aux ramifications les plus fines,
formées en dernier lieu.
Chez les palmiers, la tige est souvent simple et terminée par une couronne de grandes feuilles
; on lui donne le nom de stipe.

2.2. Variantes et modifications des tiges

2.2.1. Les rhizomes

Les rhizomes (Fig. 5) sont des tiges souterraines, horizontales ou obliques, relativement
minces et allongées en même temps que plus ou moins charnues (exemples : anémone sylvie,
mercuriale) ou bien courtes et très charnues (exemples : iris, sceau de salomon, orchidée,
raifort). Ils sont souvent pourvus de racines adventives.

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FigureFigure 5. Exemples de rhizomes

2.2.2. Les tubercules

Les tubercules (Fig. 6) sont des tiges ou des portions de tiges renflées se formant sur des rhizomes
(exemples : gouet, orchidée), ou des stolons plus ou moins souterrains (exemples : pomme de terre,
topinambour) et spécialisées dans l’accumulation de substances de réserves.

Figure 6. Plant de pomme de terre avec ses racines, rhizomes et tubercules

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2.2.3. Les bulbes

Les bulbes (Fig. 7) sont des tiges profondément modifiées à entrenoeuds extrêmements
courts, recouverts d’écailles issues de la transformation de feuilles. Ils sont surtout fréquents
chez les Monocotylédones (exemples : ail, ciboulette, oignon, perce-neige, lis, tulipe,
jonquille, muscari, crocus, glaieul)

Figure 7. Coupe d’un bulbe de tulipe (oignon)

2.2.4. Divers

Les stolons (Fig. 8) sont des pousses grêles produites par la tige principale, rampantes,
s’enracinant au niveau de certains noeuds (exemple : fraisier).
Les cladodes (Fig. 9) sont des rameaux courts et aplatis ressemblant à une feuille. Elles
portent, au moment de la floraison, une ou des fleurs (contrairement aux feuilles qui ne
peuvent être à la base directe de fleurs) (exemples : fragon petit-houx, cactus).

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Figure 8. Stolons de fraisiers Figure 9. Cladode et fleur du fragon

Les bulbilles sont des bourgeons tubérisés (souvent à l’aisselle des feuilles) permettant une
reproduction végétative de la plante (exemple : ficaire).
Certaines plantes dites acaules ont une tige extrêmement réduite, les feuilles formant une
rosette à la base (exemples : pâquerette, pissenlit, plantain). Les tiges peuvent être également
rampantes-radicantes (exemple : lierre terrestre), grimpantes (exemples : lierre, courge),
volubiles (exemples : houblon, chèvrefeuille) ou épineuses (exemples : prunellier, aubépine,
vigne).
Les tiges sont généralement plus ou moins chlorophylliennes, et lorsque les feuilles sont
réduites et/ou absentes elles assurent la synthèse chlorophyllienne entièrement (exemples :
cactus, genêts méditerranéens).

3. La feuille

3.1. Rôles et structures

La feuille est l’organe assurant l’essentiel de la photosynthèse grâce à la chlorophylle. Elle


permet également grâce aux stomates la transpiration (perte d’eau par évapotranspiration) de
la plante.
Elle est caractérisée par une croissance limitée et est, en théorie, constituée de trois parties
distinctes (Fig. 10).
Le limbe est une lame aplatie, montrant une face supérieure ou adaxiale et une face inférieure
ou abaxiale. Il est pourvu de nervures.

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Figure 10. Structure d’une feuille

Le pétiole, plus ou moins cylindrique, relie le limbe à la tige.


La gaine, dilatation du petiole à la base, embrasse plus ou moins la tige au niveau d’un noeud.
Normalement, on reconnaît à la base de la feuille un bourgeon axillaire (rarement plusieurs).

3.1.1. Le limbe

Une feuille est dite simple si elle présente un seul limbe. Une feuille est dite composée si elle
présente plusieurs limbes. Chaque limbe élémentaire porte alors le nom de foliole et son
pétiole propre est appelé pétiolule (Fig. 11).

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Figure 11. Structures des feuilles simples (gauche) et composées (droite)

Il existe de nombreux types de limbes foliaires qu’on subdivise suivant leur forme générale, la
forme de leur base ou de leur sommet.

Nervation et découpure du limbe

On peut distinguer trois types fondamentaux de nervation du limbe (Fig. 12) :


- la nervation parallèle où toutes les nervures du limbe d’une feuille sont parallèles entre elles
(exemples : lis, graminées) ;
- la nervation palmée caractérisée par l’existence de plusieurs nervures principales disposées
en éventail et partant du même point sur le limbe (exemples : vigne, érable) ;
- la nervation pennée caractérisée par une nervure principale unique située dans l’axe du
petiole sur laquelle sont reliées les nervures secondaires. Des nervures tertiaires, quaternaires
peuvent poursuivre le processus (exemples : châtaignier, hêtre, bouleau).

Le bord de la feuille peut être dépourvu de toute trace de découpure : il est alors dit entier
(exemples : lilas, lierre, troène) ou pourvu de dents, lobes et alors nommé denté ou lobé
(exemples : charme, chataignier).

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Figure 12. Types de nervations foliaires (de gauche à droite : parallèle, pennée et palmée)

3.1.2. Le pétiole

Le pétiole est une partie amincie de la feuille reliant le limbe à la tige (Fig. 10 et 11).
Lorsque la feuille est dépourvue de pétiole ou la foliole dépourvue de pétiolule, on dit que la
feuille (ou la foliole) est sessile (Fig. 13).
Lorsque la base du limbe entoure, de plus, complètement ou partiellement la tige , on dit que
la feuille est embrassante ou semi-embrassante (Fig. 13).
Si le limbe se prolonge le long de la tige en une aile plus ou moins longue, on dit que la
feuille est décurrente (Fig. 13).

Figure 13. Principales parties de la feuille et modes d’insertion de celle-ci sur la tige

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3.1.3. La gaine et les stipules

La gaine est une partie plus ou moins dilatée de la base d’une feuille et entourant la tige (Fig.
13).
Les stipules sont des appendices le plus souvent foliacés ou membraneux, insérés au point où
le petiole se relie à la tige (Fig. 13 et 14) (exemple : rosier).

Figure 14. Stipules de rosier (Rosa sp.)

3.2. Positions des feuilles sur la tige

Il existe trois positions différentes des feuilles les unes par rapport aux autres sur la tige.
On parle de feuilles alternes lorsqu’il y a une seule feuille par noeud sur la tige et que, donc,
elles prennent une position alterne l’une par rapport à l’autre sur la tige (exemples : hêtre,
chêne, chataignier).
On parle de feuilles opposées lorsqu’il y a deux feuilles par noeud sur la tige et que, par
conséquent, les feuilles sont disposées de manière opposée, au même niveau sur la tige
(exemples : érable, lilas).
On parle de feuilles verticillées lorsqu’il y a trois ou plus de trois feuilles par noeud et que les
feuilles sont nombreuses au même niveau sur la tige (Fig. 15) (exemples : garance, gaillet).

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Figure 15. Positions des feuilles sur la tige

3.3. Variantes et modifications des feuilles

Les feuilles peuvent être persistantes, c’est-à-dire demeurant plusieurs années sur la plante
(exemples : houx, buis, sapin) ou caduques c’est-à-dire tombant à chaque saison défavorable
(froid ou sécheresse) (exemples : chêne, hêtre, forsythia).
Les feuilles peuvent être transformées en épines (exemples: houx, cactus), en vrilles (exem-
ples : gesse, bryone) ou en cornets-pièges à insectes (exemples : Nepenthes, Sarracenia).

B. Appareil reproducteur

1. La fleur et l’infloresence

1.1. La fleur

La fleur est l’organe qui permet la reproduction sexuée des Angiospermes. Elle est portée par
un pédicelle et constituée de quatre verticilles de pièces florales à savoir, de l’extérieur vers
l’intérieur, le calice, la corolle, l’androcée et le gynécée ou pistil. Le calice et la corolle sont
les deux ensembles de pièces florales non sexuées de la fleur tandis que l’androcée et le
gynécée sont les deux ensembles sexués de celle-ci.
La frontière entre feuille, sépale, pétale, étamine et carpelle est bien loin d’être nette ; ces
organes, fruits d’une longue évolution, sont d’origine foliaire. Les pièces intermédiaires ne
sont pas rares, comme chez la rose.

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Ces organes ne sont pas toujours profondément différents les uns des autres. Les sépales sont
parfois aussi vivement colorés que les pétales (exemples : tulipe, jonquille). Les stigmates de
l’iris ressemblent à des pétales.
Le réceptacle est l’axe très court situé au bout du pédicelle sur lequel sont fixées toutes les
pieces florales (Fig. 16).
La fleur est dite sessile lorsque le pédicelle est nul.

L’ensemble du ou
des carpelles forme
le pistil ou gynécée

anthère
étamine stigmate
filet style carpelle

ovaire

Les pétales forment la corolle


L’ensemble des
étamines forme pétale Calice et
l’ androcée corolle
forment le
sépale périanthe

Les sépales forment le calice

pédicelle réceptacle

Le périanthe est l’
ensemble des pétales et
des sépales

Figure 16. Structure de la fleur

Une fleur (le plus souvent on regarde la corolle de face pour distinguer la symétrie) peut avoir
une symétrie radiaire, une symétre bilatérale ou être asymétrique.
Une fleur est dite à symétrie bilatérale si elle n’a qu’un plan de symétrie (exemples : pensée,
orchidée) (Fig. 17).
Une fleur est dite à symétrie radiaire si elle a plus d’un plan de symétrie (exemples :
geranium, tulipe) (Fig. 17).
Une fleur est dite asymétrique si elle ne possède pas de plan de symétrie (exemple : Canna).
La répartition des sexes dans la fleur peut prendre trois formes.

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La fleur est soit hermaphrodite (Fig. 17) c’est à dire comprenant des étamines (partie sexuée
mâle) et des carpelles (partie sexuée femelle) sur la même fleur, soit unisexuée et donc ne
comprenant sur la même fleur que des étamines ou des carpelles. Les fleurs unisexuées sont
donc mâles ou femelles.
Les fleurs unisexuées sont scindées en deux groupes : les fleurs monoïques où les fleurs
unisexuées mâles et femelles sont portées par le même individu mais à des endroits différents
(exemples : noisetier, hêtre, chêne) (Fig. 18), et les fleurs dioïques où les fleurs mâles et
femelles sont portées par des individus différents (exemples : saule, compagnon) (Fig. 19).

Figure 17. Plans de symétrie d’ une fleur hermaphrodite


(bilatérale de lamier et violette en haut, radiaire de géranium en bas)

16
femelle

mâle

Figure 18. Fleurs monoïques


(de gauche à droite: fleur femelle et mâles de noisetier et fleurs mâles et femelles de bouleau)

Figure 19. Fleurs dioïques (de gauche à droite fleurs femelles et mâles de saule)

1.1.1. Le calice

C’est le premier verticille externe stérile des pièces florales. Il est constitué de sépales (Fig.
16), et souvent vert ou brun. Les sépales du calice peuvent être libres ou soudés (Fig. 20). Il
existe parfois à l’extérieur du calice un ensemble de pièces florales accessoires nommé
calicule (exemples : rose trémière, potentille, fraisier).

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1.1.2. La corolle

C’est le second verticille stérile des pièces florales. Il est en position interne par rapport au
calice et est constitué de pétales (Fig. 16) souvent vivement colorés. Les pétales de la corolle
peuvent être libres ou soudés (Fig. 20).
L’ensemble des pièces florales stériles de la fleur (corolle et calice; sépales et pétales) forme
le périanthe. Lorsque les pétales et les sépales sont de même taille, forme et couleur et qu’on
ne peut donc pas les distinguer (exemples : muguet, tulipe) on nomme la pièce florale tépale.
L’ensemble des tépales d’une fleur forme un périgone.

pétales soudés

sépales libres

sépales soudés

Figure 20. Formes de périanthes (de gauche à droite: primevère et campanule)

1.1.3. L’ androcée

L’androcée est constitué de l’ensemble des étamines d’une fleur. C’est la partie sexuée mâle
de la fleur. Il constitue le troisième verticille de pièces de la fleur et le premier de la partie
sexuée de celle-ci.
Une étamine est constituée d’un filet surmonté d’une anthère (Fig. 16).

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1.1.4. Le gynécée ou pistil

Le pistil ou gynécée est l’ensemble des carpelles d’une même fleur. C’est aussi la partie
sexuée femelle de la fleur. Il constitue le quatrième et dernier verticille de pièces de la fleur et
la deuxième et dernière partie sexuée de la fleur.
Un carpelle est constitué d’un ovaire, d’un style et d’un stigmate (Fig. 16).
L’ ovaire contient un ou plusieurs ovules qui, après fécondation deviendront des graines.
Le stigmate est un “collecteur” de pollen, et le style sert de voie de passage du pollen vers
l’ovaire et permet donc la fécondation.
Les carpelles peuvent être libres (exemples : magnolia, anémone, renoncule) ou plus ou moins
soudés entre eux (exemples : primevère, tulipe) (Fig. 21).

Figure 21. Formes de soudures des carpelles dans les pistils

Types d’ovaires et de placentations

Un ovaire est dit infère lorsque les pièces florales (sépales et/ou pétales) se rejoignent et se
soudent au réceptacle au-dessus de l’ovaire (Fig. 22).
Un ovaire est dit supère lorsque les pièces florales (sépales et/ou pétales) se rejoignent et se
soudent au réceptacle en-dessous de l’ovaire (Fig. 22).
Un ovaire est dit semi-infère lorsque les pièces florales (sépales et/ou pétales) se rejoignent et
se soudent au niveau de l’ovaire (et donc partiellement au-dessus et partiellement en-dessous
de l’ ovaire) (Fig. 22).
Dans le cas d’un ovaire supère simulant un ovaire infère, la paroi du réceptacle ne se soude
pas à celle de l’ovaire et simule donc un ovaire infère (exemples : rosier, pimprenelle).

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FFigure 22. Types d’ ovaires
A. Ovaire supère ; B. Ovaire supère simulant un ovaire infère ;
C. Ovaire semi-infère ; D. Ovaire infère

On distingue dans le cas d’un pistil dont les carpelles sont plus ou moins soudés entre eux
trois sortes principales de placentation (méthode d’insertion des ovules dans les ovaires).
La placentation pariétale est caractérisée par la présence du ou des placentas le long de la
paroi interne de l’ovaire (le long de l’endocarpe) (exemple : courgette) (Fig. 23).
La placentation axile est caractérisée par la présence du ou des placentas dans la partie axiale
de l’ovaire, dans l’angle interne de chaque loge de l’ovaire (exemples : tulipe, millepertuis)
(Fig. 23).
La placentation centrale est caractérisée par un ou des placentas situés sur un corps central
isolé au milieu de la cavité de l’ovaire (exemple : primevère) (Fig. 23).

1.2. Les inflorescences

Une inflorescence est un ensemble de fleurs (accompagnées de pédicelles, pédoncules et/ou


bractées) d’une plante.
Elle est constituée d’un pédoncule qui constitue l’ axe de l’ inflorescence et est souvent
ramifié, de pédicelles qui portent chacun une fleur, de bractées (petites feuilles transformées,
réduites et souvent vertes situées à la base de l’inflorescence, des rameaux ou des pédicelles)
et des fleurs proprement dites.
On appelle involucre un ensemble de bractées insérées au même niveau ou à des niveaux
rapprochés sous des fleurs (exemples : pâquerette, pissenlit, artichaut, fenouil) (Fig. 24).

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Figure 23. Principaux types de placentations
(de haut en bas : placentation axile, pariétale et centrale)

21
involucre de bractées

capitule

bractées

Figure 24. Inflorescence d’artichaut

Il existe un nombre très important d’inflorescences différentes (Fig. 25) ; certaines peuvent
caractériser une famille particulière d’Angiospermes même si les exceptions existent toujours
dans chaque famille (exemples : ombelle des Apiaceae, capitule des Asteraceae (Fig. 24),
cyathium des Euphorbiaceae).

Figure 25. Exemples d‘inflorescences

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2. Fruits

Le fruit résulte de la transformation de l’ovaire ou des ovaires d’une fleur fécondée. Il


renferme la ou les graines provenant de la transformation du ou des ovule(s). La graine
résulte donc de la transformation de l’ovule après fécondation de la fleur.
La paroi externe du fruit ou péricarpe est issue de la transformation de la paroi de l’ovaire
après fécondation de la fleur.
Les fruits sont donc constitués, généralement, de la transformation après fécondation de
l’ovaire et de la paroi d’une fleur.
Ils peuvent, néanmoins, comprendre une partie issue de la transformation du réceptacle après
fécondation (exemple : fraise, etc).
Le fruit peut être issu de la transformation d’une seule fleur (à un ou plusieurs carpelles) ou
de plusieurs fleurs.
La délimitation entre les différents groupes de fruits est variable suivant les auteurs et les
publications.
Dans le cadre de ce cours nous considérerons qu’on distingue généralement les fruits en deux
grands groupes : les fruits simples et les fruits différents.
Dans le cas du fruit simple une fleur donne un fruit (à un seul carpelle ou à plusieurs
carpelles soudés).
Dans les autres cas on peut avoir soit des fruits multiples (une fleur donne plusieurs fruits
simples ; chaque carpelle libre donne un fruit), des fruits complexes (ou faux-fruits ; le fruit
est constitué de la transformation après fécondation du ou des carpelles avec leur(s)
péricarpe(s) mais aussi d’autres tissus) ou des fruits composés (plusieurs fleurs participent à
la formation d’un groupe de fruits ou infrutescence).

2.1. Fruits simples

2.1.1. Fruits secs

Les fruits secs sont des fruits dont le péricarpe est sec à maturité.

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2.1.1.1. Fruits secs indéhiscents

Les fruits secs indéhiscents sont des fruits secs qui ne s’ouvrent pas naturellement à maturité
(par une fente, un pore ou un opercule).

Akène, samare et caryopse


Un akène est un fruit sec indéhiscent typique avec un péricarpe sec de taille, consistance et
importance variable (exemples : noisetier, chêne).
Une samare est un akène où le péricarpe est formé d’une aile permettant une meilleure
dispersion par le vent (exemples : frêne, orme).
Les akènes plumeux (exemples : pissenlit, clématite) sont des akènes prolongés par une
“aigrette” issue de la transformation du style ou du calice après fécondation.
Un caryopse est un fruit sec indéhiscent proche de l’akène mais dont la graine est soudée à la
paroi interne du péricarpe (exemples : maïs, tournesol, blé). Il est présent uniquement chez les
Graminées (ou Poaceae).
Il existe aussi des disamares qui sont une union de deux samares (exemple : érable) et des
polyakènes (exemples : capucine, menthe, rose trémière) qui correspondent à l’union de
plusieurs akènes.

2.1.1.2. Fruits secs déhiscents

Les fruits secs déhiscents sont des fruits secs qui s’ouvrent naturellement à maturité (par une
fente, un pore ou un opercule).

Follicule
Un follicule est un fruit sec déhiscent formé à partir d’un seul carpelle et s’ouvrant par une
seule fente de déhiscence (exemples : pivoine, hellébore, magnolia) (Fig. 26).
Gousse
Une gousse est un fruit sec déhiscent formé par un seul carpelle et s’ouvrant par deux fentes
ou valves (exemples : pois, haricot) (Fig. 26).
Silique et silicule
Une silique est un fruit sec déhiscent provenant d’un gynécée bicarpellé (à deux carpelles) et
s’ouvrant en deux valves avec développement d’une fausse cloison médiane d’origine placen-
taire par quatre fentes de dehiscence (exemples : chou, moutarde).

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La silique a un rapport hauteur-largeur de plus de trois et une silicule de moins de trois
(exemples : tabouret, monnaie du pape) (Fig. 26).
Capsule et pyxide
Un capsule est un fruit sec déhiscent s’ouvrant par des dents (exemple : céraiste), par des
fentes longitudinales (en nombre différent des siliques, follicules et gousses) (exemples : iris,
tulipe) ou par des pores (exemples : pavot, coquelicot) (Fig. 26). Les capsules qui s’ouvrent
par des opercules se nomment pyxides (exemples : jusquiame, mouron).

Figure 26. Coupes transversales des principaux types de fruits secs déhiscents
(de gauche à droite et de haut en bas: follicule, gousse, silique, silique,
capsule à placentation pariétale, capsules à placentation axile)

2.1.2. Fruits charnus

Les fruits charnus sont des fruits à péricarpe charnu.


Le péricarpe charnu comprend, de l’extérieur vers l’intérieur, l’exocarpe (ou épicarpe), le
mésocarpe et l’endocarpe.

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2.1.2.1. Baie

Les baies sont les “fruits à pépins” et sont caractérisées par un exocarpe mince et par un
mésocarpe (et éventuellement un endocarpe) charnus renfermant des graines (ou “pépins”)
(exemples : raisin, courgette, tomate, orange).
Les agrumes (exemples : orange, citron, etc), sont des baies particulières où l'endocarpe
constitue la partie charnue (constituée de poils succulents remplis de liquide) de la baie.

2.1.2.2. Drupe

Les drupes sont les “fruits à noyaux” et sont caractérisées par un endocarpe dur (sclérifié)
entourant le ou les graines (ou amandes) (exemples : café, houx, cerisier, prunier, olivier,
cocotier).

2.2. Autres formes de fruits

2.2.1. Fruits multiples

Les fruits multiples sont constitués d’un ensemble de fruits simples issus de la
transformation des carpelles libres d’une seule fleur fécondée (exemples : clématite, aconit,
hellébore (Fig. 27 et 28), pivoine, mûre, etc).

Figure 27. Fleur simple et fruit multiple de l’hellébore (Helleborus viridis)

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2.2.2. Fruits complexes (ou faux-fruits)

Les fruits complexes (ou faux-fruits) sont des fruits issus pour l’essentiel de la
transformation après fécondation d’autres structures que l’ovaire (pièces florales, réceptacle,
etc) (exemples : fraise, rosier, etc) (Fig. 29).

Figure 28. Mûres

27
akènes

pédicelle

réceptacle charnu

restes de stigmates et
d’étamines

Figure 29. Coupe longitudinale d’un cynorhodon de rosier (Rosa sp.)

2.2.3. Fruits composés

Les fruits composés sont des fruits issus de la transformation après fécondation de plusieurs
fleurs en un groupe de fruits (ou infrutescence) (exemples : figue, ananas) (Fig. 30 et 31).

Figure 30. Exemple de la structure d’un fruit composé : l’ananas

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Figure 31. Exemple de la structure d’un fruit composé : la figue

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