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ULTE DES SCIENCES JURIDIQUES ECONOMIQUES ET SOCIALES - SETTAT:340637514:88877257:196.77.38.

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Fiscalité des Groupes de sociétés
UE 1 du DSCG
Fiches de cours

Édition 2019/2020

4 rue de Villars – 42000 SAINT-ETIENNE


Tél : 04 77 79 92 46

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E-mail : infos@editions-corroy.fr

Auteur : Agnès Lieutier


Diplômée HEC
Avocat spécialisé en droit fiscal

« Est également un délit de contrefaçon toute reproduction, représentation ou diffusion, par quelque moyen que ce soit, d'une œuvre de l'esprit en
violation des droits de l'auteur, tels qu'ils sont définis et réglementés par la loi.
La contrefaçon en France d'ouvrages publiés en France ou à l'étranger est punie de trois ans d'emprisonnement et de 300 000 euros d'amende. »
(art. L335-2 et L335-3 du code de la propriété intellectuelle).
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TABLE DES MATIÈRES


(fiches à jour au 1er Août 2019)

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AUTONOMIE DU DROIT FISCAL ET DU DROIT COMPTABLE
Fiche 1 Autonomie du droit fiscal et du droit comptable p. 3

RÉGIME D’INTÉGRATION FISCALE


Fiche 2 Introduction – Précision concernant l’« intégration horizontale » p. 5
Conditions d’application du régime :
Fiche 3 Conditions relatives à toutes les sociétés du groupe p. 7
Fiche 4 Conditions relatives à la société mère du groupe p. 9
Fiche 5 Conditions relatives aux filiales du groupe p. 11
Formation du groupe :
Fiche 6 Formalités p. 13
Détermination du résultat d’ensemble et de la plus-value d’ensemble :
Fiche 7 Généralités p. 15
Fiche 8 Détermination du résultat d’ensemble p. 17
Fiche 9 Détermination de la plus-value d’ensemble p. 25
Sort du résultat d’ensemble et de la plus-value d’ensemble :
Fiche 10 Sort du résultat d’ensemble p. 29
Fiche 11 Sort de la plus-value d’ensemble p. 31
Fiche 12 Obligations déclaratives p. 33
Fiche 13 Paiement de l’impôt du groupe p. 35
Fiche 14 Répartition financière de l’impôt payé entre toutes les sociétés du groupe p. 39
Fiche 15 Sortie de groupe et cessation du groupe p. 41

RÉGIME DES SOCIÉTÉS MÈRES ET FILIALES


Fiche 16 Conditions d’application p. 43
Fiche 17 Exonération des produits de filiales p. 47

NOTIONS SUR LES AUTRES RÉGIMES DE GROUPE


Fiche 18 Notions sur le régime de consolidation du paiement de la TVA p. 49

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AUTONOMIE DU DROIT FISCAL


ET DU DROIT COMPTABLE

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Un « groupe de sociétés » est, selon les auteurs du Mémento F. Lefebvre Sociétés Commerciales,
« l’ensemble constitué par plusieurs sociétés ayant chacune leur existence juridique propre, mais
unies entre elles par des liens divers en vertu desquels l’une d’elle, dite société mère, qui tient les
autres sous sa dépendance, exerce un contrôle sur l’ensemble et fait valoir une unité de décision ».

Mais sur un plan strictement juridique (droit des sociétés), la notion de groupe n’existe pas, car le
groupe de sociétés n’a pas la personnalité morale.

Toutefois, la pratique des affaires montre que le groupe de sociétés a bien une existence
économique, car il est extrêmement fréquent que les entreprises y aient recours pour structurer leurs
activités.

C’est pourquoi le droit comptable et le droit fiscal ont pris en compte depuis longtemps l’existence des
groupes de sociétés :

le droit comptable avec les comptes consolidés

le droit fiscal avec un régime(1), l’intégration fiscale, ayant pour but de permettre la
détermination d’un résultat fiscal englobant plusieurs sociétés relevant de l’impôt sur les
sociétés, ou des régimes permettant la correction de doubles impositions provenant de
l’existence du groupe (par exemple régime des sociétés mères et filiales pour les
dividendes distribués au sein d’un groupe).

Toutefois, droit comptable et droit fiscal sont en matière de groupe totalement autonomes.

Si la réglementation comptable relative aux comptes consolidés est d’application obligatoire (les
comptes consolidés sont obligatoires pour certains types de sociétés –celles émettant des valeurs
mobilières admises aux négociations sur un marché réglementé par exemple– ou pour les groupes
dépassant certains critères de taille), en revanche l’application d’un régime fiscal de groupe est
facultative.

Par ailleurs, il n’existe aucun lien entre la prise en compte du groupe au niveau comptable et au
niveau fiscal :

un groupe peut être soumis à l’obligation de publication de comptes consolidés, et se


placer ou non sous un des régimes fiscaux de groupe ;

un groupe non soumis à l’obligation de publication de comptes consolidés peut de la


même façon choisir de se placer sous le régime fiscal de groupe, ou décider que chacune
des sociétés le composant sera soumise au régime de droit commun de l’impôt sur les
sociétés.

-----------------------------
(1) Jusqu’en 2011 existaient deux autres régimes de consolidation des résultats fiscaux au sein d’un groupe : le
« bénéfice mondial » et le « bénéfice consolidé ». Ces deux régimes, qui concernaient peu de groupes de
sociétés, ont été purement et simplement supprimés par la loi de Finances rectificative pour 2011 du
19/09/2011, et ce à compter des exercices clos le 06/09/2012.

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INTÉGRATION
INTRODUCTION -
FISCALE PRÉCISION CONCERNANT
L’INTÉGRATION DITE « HORIZONTALE »

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1. INTRODUCTION

Le régime de l’intégration fiscale a été institué par la loi de Finances pour 1988 (loi n°87-1060 du 30
décembre 1987).

Il s’est appliqué pour la première fois aux résultats de l’exercice 1988.

Il s’agit d’un régime facultatif de consolidation fiscale des résultats imposables à l’IS (aux taux normal
ou réduits) réalisés au sein d’un groupe de sociétés.

Ce régime permet principalement :

de définir un groupe de sociétés constitué :


- d’une société dite « tête de groupe », ou encore « société mère »,
- et d’une ou plusieurs sociétés membres, dites « sociétés filiales »

de déterminer un seul résultat imposable pour ce groupe de sociétés, avec compensation


entre les résultats bénéficiaires et déficitaires des différentes sociétés composant le
groupe (lorsqu’en droit commun, chaque société détermine à son propre niveau son
résultat imposable)

d’acquitter l’impôt sur les sociétés correspondant à ce résultat imposable du groupe au


niveau d’une seule société : la société mère du groupe.

Ce dispositif est régi par les articles 223 A à 223 U du CGI. Ces articles ont fait l’objet de nombreuses
modifications depuis 1988, notamment par les lois de Finances annuelles (on peut dénombrer pas
moins d’une vingtaine de modifications depuis la création du régime). Ces modifications ont permis
par exemple :
d’adapter le régime de l’intégration (suite à la création d’autres régimes fiscaux, comme l’IS au
taux réduit sur les bénéfices des PME),
de supprimer certaines caractéristiques qui en faisaient un régime trop rigide
d’ajouter des conditions d’application (pour les cas où l’utilisation de ce régime était détournée
de l’esprit du législateur –ex : amendement « Charasse » issu de la loi de Finances
rectificative pour 1988 et relatif à la déductibilité des charges financières)
de tirer les conséquences de la jurisprudence (ex. : élargissement du champ d’application
avec intégration possible depuis 2014 entre sociétés sœurs)
de supprimer certaines caractéristiques qui étaient avantageuses (ex. : suppression de la
neutralisation des subventions et abandons de créance intra-groupe depuis 2019).

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2. PRÉCISION CONCERNANT L’INTÉGRATION DITE « HORIZONTALE »

Jusqu’en 2013, le régime de l’intégration fiscale permettait de consolider fiscalement les résultats d’un
groupe de sociétés constitué uniquement à partir d’une société mère et de ses sociétés filiales
détenues au moins à 95% directement ou indirectement.

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Il n’avait pas été aménagé pour permettre de consolider fiscalement les résultats de « sociétés
sœurs » françaises détenues au moins à 95% par une société mère étrangère.
Or, la CJUE (Cour de Justice de l’Union Européenne) a jugé en 2014, à propos d’une impossibilité
équivalente issue du droit fiscal néerlandais, qu’il s’agissait d’une restriction à la liberté
d’établissement fans l'UE (arrêt CJUE 12/06/2014 aff. 40/13).
La Commission Européenne a alors adressé une mise en demeure à la France afin qu’elle adapte le
régime français de l’intégration fiscale en autorisant l’intégration dite « horizontale ».
La loi française a donc été adaptée fin 2014 (cf. loi de Finances Rectificative pour 2014 du
29/12/2014) et autorise depuis 2014 la constitution de groupes de sociétés entre sociétés sœurs
détenues directement ou indirectement par une « entité mère non résidente » située en UE (par
exemple société étrangère soumise à un impôt équivalent à l’impôt sur les sociétés et située dans
l’Union Européenne). Le régime de l’intégration fiscale a donc été aménagé pour que toutes ses
règles reçoivent une application particulière lorsqu’il s’agit d’intégration horizontale.

Compte tenu de la spécificité et de la technicité de ce régime dit de l’« intégration horizontale », nous
ne le traitons pas dans le présent ouvrage.

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INTÉGRATION CONDITIONS D’APPLICATION DU RÉGIME :


FISCALE
CONDITIONS RELATIVES À
TOUTES LES SOCIÉTÉS DU GROUPE

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Toutes les sociétés membres d’un groupe intégré fiscalement (c’est à dire à la fois la société mère et
les filiales membres du groupe) doivent satisfaire aux conditions suivantes.

1. ASSUJETTISSEMENT À L’IS (CGI art. 223 A-III al.1)


« Seules peuvent être membres du groupe les sociétés … dont les résultats sont soumis à l’impôt sur
les sociétés dans les conditions de droit commun ou selon les dispositions prévues à l’article 214 »
(CGI art. 223 A-III al.1).
De plus, les sociétés du groupe doivent déclarer leurs résultats selon le régime d’imposition du réel
normal.

1.1 Principe
Le régime de l’intégration fiscale est réservé aux sociétés soumises à l’impôt sur les sociétés dans les
conditions de droit commun sur la totalité des résultats de leurs exploitations françaises.

1.2 Forme juridique et nature de l’activité


Dès lors qu’une société est assujettie à l’impôt sur les sociétés, peu importe sa forme juridique et la
nature de son activité, elle peut être membre d’un groupe intégré fiscalement.

1.2.1 Forme juridique

Peuvent être membres d’un groupe intégré (1) :


les SA, SAS
les SARL
les sociétés en commandite par actions
les sociétés civiles exerçant des activités industrielles ou commerciales (donc soumises
de ce fait à l’impôt sur les sociétés)
les SNC ayant opté pour l’impôt sur les sociétés
les sociétés en commandite simple ayant opté pour l’impôt sur les sociétés

En revanche, ne peuvent pas être membres :


les entreprises individuelles (sauf les EIRL ayant opté pour l’IS qui peuvent être
« société » tête de groupe)
les SARL de famille ayant opté pour le régime des sociétés de personnes
les SNC n’ayant pas opté pour l’impôt sur les sociétés
les sociétés civiles exerçant une activité civile

1.2.2 Nature de l’activité

Les sociétés membres d’un groupe peuvent exercer toutes les activités :
activité industrielle, commerciale ou artisanale
activité non commerciale
activité agricole
activité de détention et gestion de titres de participation (holding).

------------------------------------
(1) Certaines entités ayant un statut juridique particulier peuvent sous certaines conditions faire partie d'un
groupe intégré (ex. : entreprise d'assurance dépourvue de capital, Epic établissement public industriel et
commercial.

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1.3 Cas particuliers


1.3.1 Sociétés exonérées d’impôt sur les sociétés

Les sociétés exonérées d’impôt sur les sociétés, sur la totalité ou sur une partie de leurs résultats, ne
peuvent pas en principe faire partie d’un groupe intégré.
Exemple de sociétés exonérées d’impôt sur les sociétés exclues du régime de l’intégration fiscale :
sociétés nouvelles implantées dans certaines zones bénéficiant du régime d’exonération de l’article 44

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sexies du CGI.
Exceptions : peuvent faire partie d’un groupe intégré les sociétés implantées en Zone Franche
Urbaine (ZFU) (NB : régime applicable à certaines sociétés créées au plus tard le 31/12/2020), les
sociétés implantées dans un bassin d’emploi à redynamiser (NB : régime applicable à certaines
sociétés créées au plus tard le 31/12/2020).

1.3.2. Sociétés étrangères

Lorsqu’une société étrangère dispose en France d’un établissement stable soumis à l’impôt sur les
sociétés, celui-ci peut être membre d’un groupe intégré (en qualité de société mère ou de société
filiale).

2. COÏNCIDENCE DES EXERCICES SOCIAUX (CGI art. 223 A-III al.2)


2.1 Principe

« Les sociétés du groupe … doivent ouvrir et clore leurs exercices aux mêmes dates : les exercices
ont en principe, une durée de douze mois. » (CGI art. 223 A-III al.2).

Cette condition doit être satisfaite dès le premier exercice d’application de l’intégration fiscale.

Exemple : Deux sociétés F et M souhaitent former un groupe fiscal le 1er janvier N


- la société M remplissant toutes les conditions pour être mère d’un groupe clôture son
exercice de 12 mois le 30 juin
- la société F remplissant toutes les conditions pour être filiale de ce groupe clôture son
exercice de 12 mois le 31 décembre
⇒ Il est nécessaire que les deux sociétés clôturent leur exercice à la même date : la
société M, après avoir clôturé son exercice le 30 juin N-1, doit donc réaliser un
exercice d’une durée de 6 mois du 1er juillet N-1 au 31 décembre N-1. Ainsi, les
sociétés M et F peuvent opter pour l’intégration fiscale avec effet au 1er janvier N.

2.2 Exception

Si l’article 223 A-III al.2 du CGI fixe le principe rappelé ci-avant, il fixe aussi l’exception suivante : la
date de clôture d’un exercice peut être modifiée et celui-ci peut être d’une durée inférieure ou
supérieure à douze mois ; mais ce changement ne peut être opéré qu’une seule fois au cours de la
période d’option pour le régime de l’intégration fiscale (soit 5 ans en principe).

À compter de l’exercice suivant celui dont la durée est inférieure ou supérieure à douze mois, les
sociétés membres du groupe (société mère et sociétés filiales) doivent de nouveau ouvrir et clore
leurs exercices aux mêmes dates et avoir une durée d’exercice de douze mois.

Cette exception permet, par exemple, à un groupe intégré de modifier la date de clôture de son
exercice, au début ou au cours de la période d’option pour l’intégration fiscale.
Cette modification de la date de clôture du groupe doit être notifiée à l’administration fiscale au plus
tard à la date limite de dépôt de la déclaration de résultat de l’exercice précédent celui concerné par le
changement. La notification doit être effectuée par toutes les sociétés membres du groupe (société
mère et sociétés filiales).

Exemple : un groupe intégré dont l’exercice s’étale du 1er janvier au 31 décembre peut notifier un
changement de date de clôture jusqu’au 2ème jour ouvré suivant le 1er mai N+1 (date
limite de déclaration du résultat de l’exercice N) pour l’exercice débutant le 1er janvier
N+1.

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INTÉGRATION CONDITIONS D’APPLICATION DU RÉGIME :


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CONDITIONS RELATIVES À

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LA SOCIÉTÉ MÈRE DU GROUPE

1. PRINCIPE (CGI art. 223 A-I al.3)


Outre les conditions exposées dans la Fiche N°3, la société tête du groupe doit respecter une
condition relative à la détention de son capital social.

« Le capital de la société mère … ne doit pas être détenu à 95% au moins, directement ou
indirectement, par une autre personne morale soumise à l’impôt sur les sociétés dans les conditions
de droit commun ou selon les modalités prévues à l’article 214. » (CGI art. 223 A-I al.3).

Ainsi, dans une chaîne de participation à 95% au moins entre sociétés respectant toutes les
conditions énoncées en Fiche N°3, seule la société au plus haut niveau de la chaîne peut être société
mère d’un groupe intégré.

2. APPLICATION ET CAS PARTICULIERS

2.1 Participations à prendre en compte


Selon le 1er alinéa de l’article 46 quater-O ZF de l’Annexe III au CGI, la détention de 95% au moins du
capital d’une société s’entend de la détention en pleine propriété :
de 95% au moins des droits à dividendes
et de 95% au moins des droits de vote,
attachés aux titres émis par cette société.

Par ailleurs, il est fait abstraction pour le calcul du taux de détention du capital), des titres émis dans le
cadre de l’actionnariat salarié (cf. CGI, art. 223 A-I al.6) :
options de souscription ou d’achat d’actions
attributions gratuites d’actions
augmentation de capital réservée aux adhérents d’un plan d’épargne d’entreprise
(PEE).
Ces titres émis en vue d’une attribution aux salariés ne sont exclus du calcul du taux de détention que
dans la limite de 10% du capital de la société (au-delà, ils sont retenus pour l’appréciation du taux de
détention).

2.2 Détention du capital de la société mère par une société non soumise à l’IS
Le capital de la société mère d’un groupe peut être détenu à 95% au moins par une société non
soumise à l’impôt sur les sociétés, qui peut être :
une société passible de l’impôt sur les sociétés mais exonérée de cet impôt
une société relevant du régime fiscal des sociétés de personnes (SNC n’ayant pas
opté pour l’impôt sur les sociétés par exemple)
une société étrangère non soumise à l’impôt sur les sociétés en France.

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2.3 Notion de détention indirecte


Selon le 2ème alinéa de l’article 46 quater-O ZF de l’Annexe III au CGI :
les droits détenus indirectement s’entendent des droits détenus par l’intermédiaire
d’une chaîne de participation
le pourcentage de ces droits est apprécié en multipliant entre eux les taux de
détention successifs

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toutefois, pour cette appréciation, la société qui détient 95% au moins du capital d’une
autre société est considérée comme détenant ce capital en totalité.

Exemple : La société M peut-elle être société mère d’un groupe fiscal, sachant que
les sociétés A, B, C et M remplissent les conditions énoncées en Fiche
A N°3 ?
- - M n’est pas détenue directement à plus de 95% par une autre
95% 97% personne morale soumise à l’impôt sur les sociétés dans les
conditions de droit commun.
- B C - M est détenue indirectement à plus de 95% par la société A. En
effet, A détenant B à 95%, A est considérée comme détenant 100%
2% 93% de B et A détient donc indirectement M par l’intermédiaire de B à
hauteur de 100% x 2% = 2%.
M Par ailleurs, A détenant C à 97%, A est considérée comme détenant
100% de C et A détient donc indirectement M par l’intermédiaire de
C à hauteur de 100% x 93% = 93%.
D’où M détenue indirectement par A à hauteur de : 2% + 93% =
95%. M ne peut pas être société mère d’un groupe intégré
fiscalement.

2.4 Cas particulier de détention indirecte par une société soumise à l’impôt sur les
sociétés

Selon la quatrième phrase de l’alinéa 3 de l’article 223 A-I du CGI, « le capital de la société mère peut
être détenu indirectement à 95% ou plus par une autre personne morale soumise à l’impôt sur les
sociétés dans les conditions de droit commun …, par l’intermédiaire d’une ou plusieurs personnes
morales non soumises à cet impôt dans ces mêmes conditions ou par l'intermédiaire d'une ou
plusieurs personnes morales qui y sont soumises dans ces mêmes conditions mais dont le capital
n'est pas détenu, directement ou indirectement, par cette autre personne morale à 95 % au moins ».

Exemple : Reprise de l’exemple du 2.3 ci-avant, en supposant que la société C est


une SNC (n’ayant pas opté pour l’impôt sur les sociétés) ou une société
étrangère non soumise à l’impôt sur les sociétés en France :
- M n’est pas détenue directement à plus de 95% par une autre personne
morale soumise à l’impôt sur les sociétés dans les conditions de droit
commun.
- M est détenue indirectement par A par l’intermédiaire de B à hauteur de
2%.
- En revanche, il n’est pas tenu compte de la participation de A dans M
détenue indirectement par l’intermédiaire de C, car cette société n’est pas
soumise à l’impôt sur les sociétés.
M n’est pas détenue indirectement à 95% au moins par une autre société
soumise à l’impôt sur les sociétés ; elle peut donc être la société mère d’un
groupe fiscal.

Autre exemple : Les sociétés A, B et C sont par hypothèse soumises à l’IS.


A C peut être société mère d’un groupe puisque, bien que détenue à plus de
80% 95% directement et indirectement par A, cette détention indirecte se fait par
l’intermédiaire de B qui est soumise à l’IS mais n’est pas détenue à plus de
95% par A (en effet, A ne détient que 80% de B).
B 90%

10%
C

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INTÉGRATION CONDITIONS D’APPLICATION DU RÉGIME :


FISCALE
CONDITIONS RELATIVES AUX
SOCIÉTÉS FILIALES DU GROUPE

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1. PRINCIPE (CGI art. 223 A-I al.1)
Outre les conditions exposées dans la Fiche N°3, la(les) société(s) filiale(s) du groupe doit(vent)
respecter une condition relative à la détention de son(leur) capital social.
Le capital social de chaque(chacune des) société(s) filiale(s) doit être détenu :
à 95% au moins
de manière continue au cours de l’exercice
directement
ou indirectement, par l’intermédiaire de sociétés du groupe.

2. APPLICATION ET EXEMPLES

2.1 Participations à prendre en compte


Ce sont les mêmes types de participation que celles relatives à la société mère (cf. Fiche N°4, 2.1).

2.2 Notion de détention indirecte


Ce sont les mêmes définitions que celles relatives à la société mère (cf. Fiche N°4, 2.2).
De plus, pour que la détention indirecte soit retenue, il est nécessaire que la société par l’intermédiaire
de laquelle la participation est détenue soit (voir exemples 1 et 2 ci-après) :
- ou une société membre du groupe intégré
- ou une société étrangère interposée (cette dernière ne faisant alors pas partie du périmètre
d’intégration) qui doit obligatoirement être située dans l’UE ou en Norvège ou en Islande.
NB : ce dernier cas est issu de la loi de Finances rectificative pour 2009 qui a intégré dans le droit fiscal
français l’arrêt du 27/11/2008 de la CJCE (Cour de Justice des Communautés Européennes).
Enfin, les pourcentages de détention directe et indirecte d’une société par la société mère sont
additionnés (voir exemple 3 ci-après).

2.3 Exemples (issus de la doctrine administrative)

Exemple 1 : La société M est la société mère.


M - F1 est détenue directement à 95% au moins : elle peut être membre du groupe.
- F2 peut être membre du groupe, à la condition que F1 soit aussi membre du
95% groupe, car F2 est détenue par M à 95% par l’intermédiaire de F1 (M détenant
F1 F1 à 95%, M est considérée comme détenant F1 à 100% et donc la détention
de M dans F2 est égale à 100% x 95% = 95%).
95%

F2
Exemple 2 : La société M est la société mère.
- F1 et F2 sont détenues à 95% au moins par M directement : elles
M peuvent faire partie du groupe intégré.
95% 95% - F3 peut être membre du groupe, à la condition que F1 soit aussi
membre du groupe, car F3 est détenue par M à 95% par
F1 F2 l’intermédiaire de F1 (M détenant F1 à 95%, M est considérée
95% 95% comme détenant F1 à 100% et donc la détention de M dans F2 est
égale à 100% x 95% = 95%).
- F4 peut être membre du groupe, à la condition que F2 soit aussi
F3 F4
membre du groupe (même raisonnement que pour F3 et F1).
- Si F2 est une société espagnole soumise à l’impôt sur les sociétés
espagnol, alors F2 ne peut pas être membre du groupe, mais F4
peut être membre du groupe car elle est détenue à 95% par M par
l’intermédiaire d’une société (F2) étrangère interposée.

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Exemple 3 : La société M est la société mère.


M - F1 et F2 sont détenues à 95% au moins par M directement : elles
95% 95% peuvent faire partie du groupe intégré.
- F3 est détenue :
* directement par M à 5%
F1 5% F2
* indirectement par F1 à 60% (M détenant F1 à 95%, M est
considérée comme détenant F1 à 100% et donc la détention de

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60% 30% M dans F3 est égale à 100% x 60% = 60%)
F3 * indirectement par F2 à 30% (M détenant F2 à 95%, M est
considérée comme détenant F2 à 100% et donc la détention de
M dans F3 est égale à 100% x 30% = 30%)
- Si F1 et F2 sont membres du groupe, alors F3 peut être membre du
groupe car elle est détenue à –cf. somme des détentions directes et
indirectes– 5% + 60% + 30% = 95%
- Si F1 est membre du groupe (mais pas F2), alors F3 ne peut pas être
membre du groupe car elle n’est détenue qu’à 5% + 60% = 65%
Exemple 4 : La société M est la société mère.
- F1 est détenue à 95% au moins par M directement : elle peut faire
M partie du groupe intégré.
95% 90% - F2 est détenue à 90% (<95%) par M directement : elle ne peut pas
faire partie du groupe intégré.
F1 44% F2 - F3 est détenue :
* directement par M à 44%
50% 6% * indirectement par F1 à 50% (M détenant F1 à 95%, M est
F3 considérée comme détenant F1 à 100% et donc la détention de M
dans F3 est égale à 100% x 50% = 50%)
* la détention par l’intermédiaire de F2 ne peut être prise en compte
car F2 n’est pas membre du groupe.
F3 ne peut donc être membre du groupe car elle n’est détenue
directement ou indirectement qu’à : 44% + 50% = 94% (<95%).
Exemple 5 : La société M est la société mère.
M - F1 est détenue à 95% au moins par M directement : elle peut faire
95% partie du groupe intégré.
- F2 est détenue à 60% directement par M et à 35% indirectement par
l’intermédiaire de F1 (100% x 35% = 35%). F2 peut faire partie du
60% F1 groupe si F1 en fait partie.
- F3 est détenue :
* directement par M à 33%
33% 35%
* indirectement par F2 à 60% (M détenant F2 à 95%, directement ou
F2
indirectement, M est considérée comme détenant F2 à 100% et
60% donc la détention de M dans F3 est égale à 100% x 60% = 60%)
F3 est donc détenue par M à 33% + 60% = 93%. Elle ne peut pas
F3
99% faire partie du groupe qui pourrait être composé de M, F1 et F2.
6% - F3 n’étant pas détenue directement ou indirectement par une autre
F5 F4 société à 95% au moins, elle peut être société mère d’un groupe
99% fiscal, composé de F3, F4 et F5 (F4 est détenue directement par F3 à
99% et F5 est détenue indirectement par F3 à 99%)

2.4 Détention du capital de manière continue


La détention à 95% au moins doit être effective pendant tout l’exercice.
Ainsi, une filiale dont le taux de détention de 95% est atteint en cours d’exercice ne peut faire partie
du groupe intégré qu’au titre de l’exercice suivant.
Une filiale dont le taux de détention passe en dessous de 95% au cours d’un exercice, même de
façon temporaire, sort automatiquement du groupe intégré.
Des opérations sur le capital des filiales peuvent être réalisées pendant la période d’intégration fiscale
dès lors que la détention est toujours au moins égale à 95%, quelles que soient les sociétés
détentrices (membres du groupe).
Exemple : dans le groupe décrit dans l’exemple 1 ci-avant, composé de M, F1 et F2, la cession des
95% du capital de F2 par F1 à M n’entraîne pas pour F2 une sortie de groupe, puisque celle-ci est
toujours détenue à 95% au moins par les sociétés du groupe.

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INTÉGRATION FORMATION DU GROUPE :


FISCALE
FORMALITÉS

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1. FORMALITÉS À EFFECTUER PAR LA SOCIÉTÉ MÈRE
Pour que le régime de l’intégration fiscale s’applique, la société mère doit formellement opter pour ce
régime.

1.1 Forme et date de l’option


L’option doit être expressément notifiée par la société mère à l’Administration fiscale (sur papier libre
au Service des Impôts dont celle-ci relève). Elle comprend le périmètre de l’intégration fiscale qui est
librement déterminé par elle (une société remplissant toutes les conditions pour faire partie du groupe
peut tout à fait ne pas en faire partie). Ce périmètre de l’intégration fiscale doit être notifié à
l’Administration fiscale par la société mère au titre de chaque exercice compris dans la période de
validité de l’option : il s’agit d’une liste des filiales faisant partie du groupe, avec mention des filiales
cessant de faire partie du groupe pour l’exercice.

L’option doit être formulée (CGI, art. 223 A-III al.2) au plus tard à l’expiration du délai de dépôt de
déclaration du résultat de l’exercice précédant celui au titre duquel le régime de l’intégration fiscale
s’applique (lorsqu’un délai supplémentaire est accordé par l’Administration pour le dépôt de la
déclaration de résultat, ce délai supplémentaire s’applique aussi pour l’option pour l’intégration
fiscale). Par exemple, pour un groupe de sociétés dont l’exercice est calqué sur l’année civile, l’option
devra être notifiée au Service des Impôts au plus tard le 2ème jour ouvré suivant le 1er mai N pour une
application du régime de l’intégration fiscale au titre de l’exercice N.

1.2 Durée de validité et renouvellement de l’option


L’option est valable pour 5 ans (CGI, art. 223 A-III al.2).

Elle est renouvelée par tacite reconduction, sauf dénonciation au plus tard à l’expiration du délai de
dépôt de la déclaration de résultat du dernier exercice de la période d’option.

Exemple : pour une option notifiée pour les exercices N à N+4, à défaut d’une dénonciation le 2ème
jour ouvré suivant le 1er mai N+5 (date limite pour le dépôt de la déclaration N+4), l’option est
tacitement renouvelée pour la période N+5 à N+9.

2. FORMALITÉS À EFFECTUER PAR LES SOCIÉTÉS FILIALES


Une filiale ne peut être membre d’un groupe que si elle a formellement donné son accord (CGI, art.
223 A-III al.1).

2.1 Forme et date de l’accord


L’accord est formulé sur une attestation conforme au modèle établi par l’Administration fiscale.
Il est adressé par la filiale au Service des Impôts dont elle relève.
Il est joint par la société mère à son propre Service des Impôts lors de l’option (si
la filiale devient membre en même temps) ou lors de la déclaration annuelle du
périmètre (si la filiale devient membre du groupe au cours de l’un des exercices
de la période couverte par l’option).
L’accord doit être formulé dans le même délai que pour l’option (cf. ci-avant 1.1).

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2.2 Durée de validité de l’accord


L’accord donné par une filiale pour faire partie du groupe est valable jusqu’à sa sortie du groupe (CGI,
art. 46 quater O ZE de l’Annexe III).

L’accord peut être dénoncé par la filiale au plus tard à l’expiration du délai de dépôt de la déclaration
de résultat du dernier exercice précédant la période couverte par le renouvellement de l’option (CGI,

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art. 46 quater O ZE de l’Annexe III).

3. FORMALITÉS À EFFECTUER PAR LES SOCIÉTÉS ÉTRANGÈRES INTERPOSÉES


Lorsqu’une filiale du groupe est détenue par l’intermédiaire d’une société étrangère intermédiaire (cf.
fiche N°5, 2.2), cette société intermédiaire doit formuler son accord pour l’entrée de sa filiale dans le
périmètre du groupe (même si elle n’est pas membre du groupe puisqu’elle est étrangère).

L’accord doit être formulé dans le même délai que pour l’option (cf. ci-avant 1.1).

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INTÉGRATION DÉTERMINATION DU RÉSULTAT


FISCALE ET DE LA PV D’ENSEMBLE :

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GÉNÉRALITÉS

Le résultat d’ensemble du groupe est égal à la somme algébrique des résultats individuels des
sociétés membres du groupe (société mère et sociétés filiales), après application de certaines règles
spécifiques à l’intégration fiscale.

De même, la plus-value à long terme d’ensemble du groupe est égale à la somme des PV à LT nettes
déterminées individuellement au niveau de chaque société membre du groupe, après application de
certaines règles spécifiques à l’intégration fiscale.

Pour déterminer le résultat d’ensemble ou la PV à LT nette d’ensemble, la démarche est donc la


suivante.

Chaque société membre (sociétés mère et filiale(s)) détermine son résultat et sa


PV à LT nette comme en l’absence d’intégration fiscale, selon les règles de droit
commun.

Ce résultat individuel et cette PVnLT individuelle font éventuellement l’objet de


correctifs liés aux règles spécifiques à l’intégration fiscale.

Les résultats individuels ainsi corrigés sont additionnés (somme algébrique) : les
PVnLT individuelles sont additionnées (somme algébrique).

Ces sommes font enfin l’objet d’ajustements spécifiques à l’intégration fiscale


(destinés à neutraliser les conséquences fiscales de certaines opérations
internes au groupe, à éliminer certains doubles emplois, à empêcher la déduction
de certaines charges financières). On aboutit ainsi au résultat d’ensemble et à la
PVnLT d’ensemble du groupe intégré.

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INTÉGRATION DÉTERMINATION DU RÉSULTAT


FISCALE ET DE LA PV D’ENSEMBLE :

DÉTERMINATION DU RÉSULTAT D’ENSEMBLE

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1. SPÉCIFICITÉS DE LA DÉTERMINATION DES RÉSULTATS INDIVIDUELS

1.1 Déficits antérieurs à l’intégration fiscale (CGI art. 223 I 1.a.)


Lorsqu’une société est membre d’un groupe intégré, les déficits qu’elle réalise sont compris dans le
résultat d’ensemble du groupe.
En revanche, les déficits reportables en avant dont une société membre dispose au titre de la période
précédant celle de son appartenance au groupe intégré ne peuvent s’imputer que sur les bénéfices que
cette société dégage à son propre niveau, et non sur les bénéfices d’ensemble du groupe. Il convient de
rappeler à cet égard que les déficits subis par les sociétés soumises à l’impôt sur les sociétés sont
reportables en avant sans limitation de durée mais avec une limitation en montant (CGI, art. 209 I al.3).
Cf. Fiche n°10 pour un exposé de ces règles d’imputation des déficits.
Toutefois, le bénéfice de la société membre disposant de déficits antérieurs à l’intégration fiscale doit
dans certains cas être corrigé pour neutraliser les opérations qui auraient pour effet d’accroître
artificiellement le bénéfice de ladite société afin d’augmenter ses capacités d’imputation des déficits
antérieurs. Sont notamment visés par l’article 223 I précité :
les abandons de créances intra-groupe (consentis par une autre société du groupe) : les profits
en résultant sont déduits du bénéfice d’imputation, uniquement lorsqu’ils sont déductibles du
bénéfice de la société les consentant
les cessions intra-groupe d’immobilisations ou de titres du portefeuille : les PV à court terme ou
profits sont déduit(e)s du bénéfice d’imputation
les opérations de réévaluation libre d’actifs : les PV à court terme sont déduites du bénéfice
d’imputation.

1.2 Déficits subis pendant l’intégration fiscale


Compte tenu du fait qu’ils sont compris dans le résultat d’ensemble du groupe, ils « n’appartiennent »
plus à la société membre les ayant subis : celle-ci perd définitivement le droit de les imputer (en avant ou
en arrière) sur son résultat individuel.

1.3 Charges financières


Les dispositions de l’article 212 bis du CGI (tel que modifié par la loi de Finances pour 2019), qui
prévoient la déduction partielle (et non totale) des charges financières nettes lorsque celles-ci excèdent
une certaine limite, ne sont pas applicables aux sociétés membres d’un groupe. Aucune limitation des
charges financières déductibles ne s’applique donc, à ce titre, lors de la détermination du résultat
individuel : cette limitation s’applique globalement au niveau du groupe lors des ajustements à opérer sur
la somme des résultats individuels (cf. 2.7 ci-après).

1.4 Produits financiers – Dividendes intra-groupe ouvrant droit au régime mère/fille (CGI
art.145 et 216)
Depuis les exercices ouverts le 01/01/2016, lorsqu'une société membre d'un groupe intégré perçoit des
dividendes ouvrant droit au régime mère/fille (régime étudié ci-après en Fiches N°16 et 17) en provenance
d'une filiale elle-même membre du même groupe, son résultat individuel doit être calculé en tenant
compte de la quote-part de frais et charges spécifique applicable aux dividendes intra-groupe intégré, qui
est égale à 1% (au lieu de 5% dans le cas général).
Ce calcul spécifique aux dividendes intra-groupe s'applique dès le premier exercice d'appartenance au
groupe des sociétés distributrice et bénéficiaire du dividende.

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2. AJUSTEMENTS À OPÉRER SUR LA SOMME DES RÉSULTATS INDIVIDUELS

2.1 Aucun ajustement sur les dividendes intra-groupe ouvrant droit au régime mère/fille

Les dividendes ouvrant droit au régime mère/fille perçus d'une société membre font l'objet d'un calcul
spécifique de la quote-part de frais et charges (cf. 1.4 ci-avant). Aucun retraitement ne doit être effectué

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sur le résultat d'ensemble du groupe concernant ces dividendes.

NB : Jusqu'en 2015, le régime mère/fille ne distinguait pas les dividendes intra-groupe des autres
dividendes. Chaque résultat individuel était calculé en tenant compte d'une quote-part de frais et
charges égale à 5%. Le résultat d'ensemble était ensuite diminué de cette quote-part de frais et
charges de 5%, aboutissant ainsi à l'exonération totale des dividendes intra-groupe ouvrant droit au
régime mère/fille, et ce à compter du 2ème exercice d'appartenance au groupe de la filiale
distributrice. Depuis 2016, il ne s'agit plus d'une exonération totale mais d'une exonération à 99% de
ces dividendes intra-groupe (contre une exonération à 95% en dehors de l'intégration fiscale). Même
si l'avantage lié à l'application de l'intégration fiscale dans cette situation a diminué, il existe toujours.
De surcroît, l'exonération à 99% s'applique dès le premier exercice d'application de l'intégration.

2.2 Déduction des dividendes intra-groupe n’ouvrant pas droit au régime mère/fille (CGI
art. 223 B al.2)

Les dividendes n’ouvrant pas droit au régime mère/fille sont normalement compris dans le résultat
imposable. Mais en intégration fiscale, lorsque ces dividendes (n’ouvrant pas droit au régime mère/fille)
proviennent d’une autre société du groupe, ils sont retranchés du résultat d’ensemble (donc exonérés) à
hauteur de 99% de leur montant (NB : 99% pour les exercices ouverts à compter de 2019, 100%
auparavant).
Toutefois, cette déduction n’est pas opérée pour les dividendes intra-groupe versés au titre du premier
exercice d’appartenance au groupe de la société distributrice (car ces dividendes sont alors prélevés sur
les bénéfices d’un exercice au cours duquel la société distributrice n’était pas membre du groupe).

Remarque : Cette déduction ne s’applique pas aux dividendes intra-groupe ouvrant droit au régime
mère/fille mais pour lesquels l’option pour ce régime n’est pas exercée par la société
percevant lesdits dividendes.

2.3 Neutralisation de certaines provisions ou dépréciations (1) (CGI art. 223 B al.3)

Le résultat d’ensemble doit être majoré :


des dotations aux dépréciations constituées par des sociétés du groupe à raison de créances
détenues sur d’autres sociétés du groupe
des dotations aux provisions constituées à raison des risques encourus du fait d’une autre société du
groupe
des dotations aux dépréciations sur éléments d’actif acquis auprès d’autres sociétés du groupe, à
hauteur de la fraction de leur montant correspondant à la plus-value nette antérieurement neutralisée
lors de la cession interne dudit actif
des dotations aux dépréciations sur titres de participation de sociétés à prépondérance immobilière
non cotées.

Seules doivent être prises en compte les dotations constituées au cours de la période d’appartenance au
groupe intégré (par exemple, une dotation constituée en N par une société A, relative à une créance
douteuse sur une société F1 formant un groupe intégré avec la société mère M, ne doit pas être
réintégrée si A n’entre dans ce groupe intégré qu’en N+1).
À l’inverse, les reprises ultérieures de ces provisions ou dépréciations sont déduites du résultat
d’ensemble, à condition que les sociétés en cause (par exemple société créancière et société débitrice
en cas de dépréciation de créance) soient toujours membres du groupe intégré au titre de l’exercice de
reprise.

(1) La terminologie comptable a été modifiée par un règlement du CRC (Comité de la Réglementation Comptable, devenu ANC
–Autorité des Normes Comptables– depuis 2009) du 03/11/2005 : le terme « Provision » est réservé pour un usage au
passif (provisions pour risques, pour charges, provisions réglementées) tandis que le terme « Dépréciation » remplace
l’ancien terme « provision pour dépréciation » (on parle ainsi de dépréciation des éléments d’actif). Les intitulés des comptes
du PCG (Plan Comptable Général) ont été modifiés en conséquence.
Toutefois, les textes fiscaux n’ont toujours pas, à ce jour (août 2019), été modifiés.

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2.4 Jetons de présence et tantièmes distribués par les sociétés filiales du groupe (CGI
art. 223 B al.4)
« Le montant des jetons de présence et tantièmes déduits du résultat des sociétés filiales du groupe est
ajouté au résultat d’ensemble » (CGI art. 223 B al.4).
Seuls sont visés les jetons et tantièmes distribués par les sociétés filiales ; les jetons et tantièmes
distribués par la société mère ne sont donc pas réintégrés au résultat d’ensemble.
Lorsque la société filiale a déjà dû réintégrer une fraction de ces jetons et tantièmes, en application de

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l’article 210 sexies du CGI (c’est à dire la fraction excédant, par membre du conseil, 5% de la moyenne
des rémunérations déductibles des 5 ou 10 salariés les mieux rémunérés), alors le retraitement ne porte
que sur la fraction non réintégrée de ces jetons et tantièmes.

2.5. Abandons de créances et subventions intra-groupe

Pour les exercices ouverts avant le 1er janvier 2019, il existait un mécanisme de neutralisation des
abandons de créances et subventions intra-groupe. Ce mécanisme a été supprimé par la loi de Finances
pour 2019, mais les anciens abandons de créances et subventions neutralisés avant 2019 ont encore
des conséquences sur le régime actuel.
Sont donc distingués ci-après les abandons de créances et subventions intra-groupe consentis au cours
d’exercices ouverts après ou avant le 1er janvier 2019.

2.5.1 Abandons de créances et subventions consentis au cours d’exercices ouverts


depuis le 1er janvier 2019

Ces abandons et subventions ne sont plus neutralisés au niveau du résultat d’ensemble.

Spécificité de l’intégration fiscale : possibilité de facturation à prix coûtant pour certains flux intra-groupe
(CGI art. 223 B al.5) :
L'avantage consenti entre des sociétés du groupe résultant de la livraison de biens, autres que ceux
composant l'actif immobilisé, ou de la prestation de services, pour un prix inférieur à leur valeur réelle
mais au moins égal à leur prix de revient, n'est pas pris en compte pour la détermination du bénéfice net
(le bénéfice fiscal).
Ainsi, pour ces flux intra-groupe, aucune subvention n’est qualifiée dès lors que la facturation s’effectue
pour un prix au moins égal au prix de revient.

2.5.2 Abandons de créances et subventions consentis au cours d’exercices ouverts avant


le 1er janvier 2019 (CGI art. 223 R)

2.5.2.1 Neutralisation sur l’exercice de l’abandon ou de la subvention (CGI ancien art. 223 B al.5)

Ces abandons et subventions ont dû être neutralisés au niveau du résultat d’ensemble : ainsi, le résultat
d’ensemble a été déterminé comme si ces abandons et subventions intra-groupe n’avaient pas été
octroyés (que l’aide octroyée revête un caractère normal ou anormal). Cette neutralisation permettait de
corriger la situation de déséquilibre fiscal qui existe lorsqu’une aide est imposable d’un côté, et non
déductible (en totalité ou en partie) de l’autre (pour rappel, ce déséquilibre n’est plus corrigé pour les
exercices ouverts depuis 2019).

Les subventions concernées comprenaient aussi les subventions indirectes, qui sont définies comme
(CGI art. 46 quater-0 ZG de l’annexe III) :
les renonciations à recettes provenant des prêts ou avances sans intérêt ou à un taux inférieur au
taux du marché.
les livraisons de biens ou prestations de services sans contrepartie ou pour un prix inférieur à leur
prix de revient ou, s’agissant de biens composant l’actif immobilisé, pour un prix inférieur à leur valeur
réelle
les excédents de charges provenant d’emprunts contractés ou avances reçues assortis d’un taux
d’intérêt plus élevé que celui du marché
les achats de biens ou services pour un prix plus élevé que leur valeur réelle.

Le retraitement à effectuer au niveau du résultat d’ensemble était le suivant :


les sommes déduites du résultat fiscal de la société du groupe ayant consenti l’abandon ou la
subvention à une autre société du groupe étaient réintégrées ;
NB : si l’aide n’avait pas été déduite fiscalement du résultat de la société l’ayant consentie (c’est à
dire si l’aide résultait d’un acte anormal de gestion), cette réintégration n’était pas opérée (à
hauteur de la fraction d’aide non déduite).

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les sommes incluses dans le résultat fiscal de la société du groupe bénéficiaire de l’aide étaient
déduites.
Exemple : Soit une créance d’une valeur nominale de 1 000 détenue par la société F1 sur la société F2.
Sur l’exercice 2018, F1 abandonne sa créance détenue sur F2.
- si c’est un acte normal de gestion : F2 constate un produit de 1 000, et F1 constate une
perte de 1 000. Le retraitement du résultat d’ensemble 2018 consiste à déduire le produit
de 1 000 constaté chez F2 et réintégrer la perte de 1 000 constatée chez F1 ;
- si c’est un acte anormal de gestion : F2 constate un produit de 1 000, et F1 réintègre

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fiscalement la perte comptabilisée de 1 000. Le retraitement du résultat d’ensemble 2018
consiste seulement à déduire le produit de 1 000 constaté chez F2 (la réintégration de la
perte a déjà été effectuée dans le résultat individuel de F1).
La société mère doit joindre à la déclaration du résultat d’ensemble un état des abandons de créances et
subventions consentis entre sociétés membres du groupe (à défaut, une amende de 5% est due sur les
sommes omises –amende ramenée à 1% si les sommes omises sont déductibles fiscalement). Cet état
concerne ces abandons et subventions antérieurs à 2019 et doit toujours être joint pour les exercices
ouverts depuis 2019.

2.5.2.2 Remise en cause éventuelle de la neutralisation (CGI art. 223 R)

La neutralisation initiale des abandons de créance et subventions, intervenue pour les exercices ouverts
avant 2019, n’est parfois pas définitive. Il en est ainsi lorsque l’une des deux sociétés concernées sort du
groupe intégré, ou en cas de cessation du groupe.

Le résultat d’ensemble de l’exercice de sortie ou de cessation doit être majoré :


des subventions indirectes provenant d’une remise d’éléments de l’actif immobilisé ou de titres du
portefeuille (exclus des PV LT) pour un prix différent de leur valeur réelle. Ainsi, pour les exercices
ouverts depuis 2019, toutes ces subventions antérieures à 2019 et initialement neutralisées sont
« déneutralisées » sur l’exercice de sortie ou cessation (quel que soit l’exercice de l’opération initiale
et donc de la neutralisation initiale).
des autres subventions indirectes ou directes et abandons de créances déduits (neutralisés) du
résultat d’ensemble de l’un des 5 exercices précédant celui de la sortie si cet exercice a été ouvert
avant 2019. Ainsi, en 2019, seuls les subventions et abandons de 2014 à 2018 sont déneutralisés
(pour ceux antérieurs à 2014, la neutralisation initiale est définitive) ; en 2020, seuls les subventions
et abandons de 2015 à 2018 sont déneutralisés ; en 2021, seuls les subventions et abandons de
2016 à 2018 sont déneutralisés ; ainsi de suite jusqu’en 2023.
NB : si l’aide a été intégralement déduite et réintégrée initialement, elle doit aussi être déduite sur
l’exercice de sortie.

2.6 Cession intra-groupe d’immobilisations et de titres du portefeuille (CGI art. 223 F al.1)

2.6.1. Neutralisation du résultat de cession

Lorsque ces cessions intra-groupe d’immobilisations et de titres de participation dégagent un résultat


imposable au taux de droit commun de l’impôt sur les sociétés, ce résultat (qu’il soit positif ou négatif) est
neutralisé au niveau du résultat d’ensemble.
NB : s’il s’agit d’une plus ou moins value à long terme, celle-ci est aussi neutralisée (cf. Fiche N°9, 2.2.1).

Le montant du résultat neutralisé est celui acquis depuis la date d’inscription du bien au bilan de la
société du groupe qui a effectué la première cession intra-groupe.

En cas de cessions successives du même bien à l’intérieur du groupe, le résultat neutralisé est calculé
par rapport à la valeur du bien lors de la cession précédente.

Cette neutralisation ne s’applique pas aux biens somptuaires visés au 4 de l’article 39 du CGI (véhicules
de société, résidences d’agrément …).

2.6.2 Neutralisation complémentaire pour les immobilisations amortissables

Les immobilisations amortissables faisant l’objet d’une cession intra-groupe sont ensuite amorties sur leur
prix d’acquisition par le cessionnaire. Il en résulte des suppléments d’amortissement par rapport aux

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amortissements précédemment pratiqués par la société cédante, lorsqu’une plus-value a été réalisée lors
de la cession.

Ces suppléments d’amortissement sont réintégrés au résultat d’ensemble de chaque exercice. Ils sont
égaux à la différence entre l’amortissement pratiqué par la société cessionnaire et celui calculé dans les
mêmes conditions sur la valeur nette fiscale que le bien avait au bilan de la société cédante (valeur
éventuellement diminuée des amortissements irrégulièrement différés par le cédant, c’est à dire ne
respectant pas la règle de l’amortissement linéaire minimum).

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Lorsque la cession intra-groupe porte sur une immobilisation décomposée (amortissement par
composant), les suppléments d’amortissement correspondants sont calculés en supposant que le résultat
de cession est réparti entre les composants et la structure de l’immobilisation proportionnellement à la
valeur d’acquisition par la société cessionnaire.

2.6.3 Exemple

Une immobilisation amortissable (non décomposée en structure + composants) est cédée par une
société A à une société B. A et B sont membres du même groupe fiscal.
Elle figurait à l’actif du bilan de A pour 10 000 € et était amortie à hauteur de 4 000 € (amortissement
linéaire sur 10 ans).
Elle est cédée à B pour un prix de 8 000 €. B va l’amortir en linéaire sur 5 ans.

Neutralisation du résultat de cession :


La cession intra-groupe génère une plus-value à court terme chez A de 2 000 € (soit 8 000 – (10 000 –
4 000) ), comprise dans le résultat individuel au taux de droit commun de A. Une déduction de 2 000 €
est donc opérée sur le résultat d’ensemble.

Neutralisation des suppléments d’amortissement :


B amortit l’immobilisation à hauteur de 1 600 € par exercice (soit 8 000 / 5).
Le supplément d’amortissement qui doit être réintégré dans le résultat d’ensemble au titre de chacun des
5 exercices est ainsi calculé :
1 600 – [(10 000 – 4 000) / 5) = 400 € par exercice

2.6.4 Remise en cause éventuelle des neutralisations

Les neutralisations prennent fin dans les situations suivantes :


cession hors du groupe de l’immobilisation ou des titres de portefeuille ayant donné lieu à
neutralisation
sortie du groupe de l’une des 2 sociétés concernées (société propriétaire du bien ou société l’ayant
cédé)
cessation du groupe
apport des immobilisations amortissables ayant donné lieu à neutralisation placé sous le régime
spécial des fusions.

Dans ces cas, le résultat d’ensemble doit être majoré ou minoré du résultat de cession (profit ou perte)
initialement neutralisé.

En cas de profit de cession initialement neutralisé (donc initialement déduit du résultat d’ensemble) le
montant qui doit être réintégré est égal à la plus-value à court terme pour sa fraction non encore
réintégrée dans le résultat d’ensemble sous forme de supplément d’amortissement (en conséquence,
aucune régularisation n’intervient lorsque le bien concerné est entièrement amorti).
NB : lorsque le bien concerné a fait l’objet de plusieurs cessions intra-groupe, la plus-value à réintégrer
tient compte de la valeur d’origine dans les écritures de la société qui a effectué la première
cession à une autre société du groupe.

Les moins-values précédemment neutralisées deviennent déductibles du résultat d’ensemble (quel que
soit l’amortissement ultérieur du bien s’il s’agit d’un bien amortissable).

Si les immobilisations objet du retraitement avaient précédemment fait l’objet d’une dépréciation retraitée
au niveau du résultat d’ensemble (cf. 2.3 ci-avant), alors elles peuvent être déduites du résultat
d’ensemble, si entre-temps elles n’ont pas été comptablement reprises.

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Toutefois, tous ces retraitements ne sont pas opérés si la sortie du groupe résulte d’une fusion soumise
au régime fiscal de faveur des fusions (de l’art. 210 A du CGI). Dans ce cas, la remise en cause de la
neutralisation initiale s’effectue lorsque la société absorbante sort elle-même du groupe intégré (et idem
en cas de fusions successives : c’est la sortie de la dernière société absorbante qui génère la
« déneutralisation »).

2.7 Charges financières : limitation de la déduction des charges financières nettes du

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groupe (CGI art. 223 B bis)

Précisions : - avant 2019, la déduction des charges financières nettes des sociétés était limitée
lorsqu’elles excédaient 3 millions d’euros et ce régime s’appliquait au niveau du groupe
intégré en cas d’intégration fiscale
- avant 2019, existait aussi un régime de déduction limitée des charges financières en cas
de sous-capitalisation des sociétés, avec des spécificités en cas d’intégration fiscale
- ces deux régimes ont été supprimés pour les exercices ouverts à compter de 2019 et ont
été remplacés par un mécanisme de déduction limitée des charges financières nettes, la
limite de déduction étant calculée en fonction de l’EBITDA fiscal (en anglais, Earning
Before Interest, Taxes, Depreciation and Amortization : résultat avant impôts, intérêts,
dépréciations et amortissements) : le principe est que la déduction des charges
financières nettes est plafonnée à 30% de l’EBITDA fiscal ou à 3 M€ par exercice (avec
des spécificités en cas de sous-capitalisation). Ce dispositif s’applique au niveau du
groupe en cas d’intégration fiscale.

Charges financières nettes concernées :


Il s’agit de l’excédent des charges financières déductibles (après limitation éventuelle des intérêts
servis aux associés et entreprises liées d’une part, et limitation au titre de la règle de l’imposition
minimale chez l’entreprise prêteuse si elle est liée) par rapport aux produits financiers imposables.

Plafond de déduction des charges financières nettes :


- Pour rappel (cf. Fiche n°8, 1.3), le mécanisme de limitation de la déduction des charges financières
nettes n’est pas appliqué par chacune des sociétés du groupe lorsqu’elles déterminent leur résultat
fiscal individuel.
- On distingue selon que le groupe est ou non sous-capitalisé.
- Si groupe non sous-capitalisé :
* plafond de déduction pour un exercice N = 30% de l’EBITDA fiscal N du groupe ou 3 M€ pour
12 mois (si EBITDA fiscal < 3M€) ; donc en pratique, pas de limitation de la déduction si les
charges financières nettes du groupe n’excèdent pas 3M€
* EBITDA fiscal groupe =
Résultat fiscal d’ensemble, avant imputation des déficits
+ charges financières nettes
+ somme des amortissements déduits du résultat de chaque société membre (nets de reprises)
+ somme des provisions pour dépréciation déduites du résultat de chaque société membre
(nettes des reprises)
– gains + pertes de chaque société membre soumis aux taux d’IS de 15% ou 19%
* Des spécificités s’appliquent pour les groupes intégrés faisant partie d’un groupe consolidé
comptablement.
- Si groupe sous-capitalisé :
* lorsque le montant moyen des dettes vis-à-vis d’entreprises liées est > 1,5 x fonds propres,
alors le plafond est ramené, pour les charges financières nettes vis-à-vis des entreprises liées,
à 10% x EBITDA fiscal N du groupe ou 1 M€ pour 12 mois (si EBITDA fiscal < 1M€)
* il est alors nécessaire de calculer 2 assiettes de charges financières nettes :
- les charges financières nettes relatives à la dette non liée à la sous-capitalisation : c’est le
plafond de 30% x EBITDA fiscal ou 3 M€ qui s’applique (avec une proratisation)
- les charges financières nettes relatives à la dette liée à la sous-capitalisation : c’est le
plafond de 10% x EBITDA fiscal ou 1 M€ qui s’applique (avec une proratisation)
* Il existe une « clause de sauvegarde » permettant de ne pas appliquer le plafond réduit de la
sous-capitalisation si le groupe intégré démontre que le ratio d’endettement du groupe
consolidé comptablement auquel il appartient est ≥ ratio d’endettement calculé au niveau du
groupe intégré (ou si la différence n’excède pas 2 points).

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Mécanisme de report :
* les charges financières nettes non déductibles au titre d’un exercice N peuvent être reportées sans
limitation de temps (sous réserve du respects des plafonds, avec une limitation s’agissant des
charges financières nettes correspondant à la dette liée à la sous-capitalisation)

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2.8 Charges financières (« amendement Charasse ») (CGI art. 223 B al.7 et s.)

Ce retraitement, qui consiste en une réintégration partielle des charges financières, s’applique lorsque les
titres d’une société qui devient membre du groupe ont été achetés auprès d’actionnaires qui contrôlent le
groupe directement ou indirectement, ou auprès de sociétés qui sont contrôlées par ces actionnaires.

Le retraitement consiste à rendre non déductibles les charges financières présumées liées à l’acquisition
des titres de la société devenant membre du groupe. En revanche, le retraitement ne s’applique pas aux
cessions de titres à l’intérieur du groupe.
Remarque : Ce retraitement résulte de la loi de Finances rectificative pour 1988 et était destiné à contrecarrer les
montages consistant à « créer » des charges financières (intérêts sur emprunts) au sein d’un groupe
intégré en opérant des rachats de titres.
Par exemple : soit une société A détenue à 70% par une société B ; une société C est détenue par A
à hauteur de 20% et par B à hauteur de 75%. Si A acquiert les 75% de C auprès de B, qui la contrôle,
et forme ensuite un groupe intégré comprenant A et C, la société A aura créé « artificiellement » des
charges financières (si elle s’endette pour financer l’acquisition de C) qui viendraient en déduction du
résultat d’ensemble, en l’absence de retraitement spécifique.

Réintégration Charges financières Prix d’acquisition des titres


Exercice = déduites par toutes x
montant moyen des dettes du groupe au titre de l’exercice N
N les sociétés du groupe

La réintégration s’effectue pendant une période de 9 ans (ou moins si la société rachetée sort du
périmètre d’intégration entre-temps), c’est à dire au titre de l’exercice d’achat et des 8 suivants. Mais la
réintégration ne peut toutefois commencer ni avant l’exercice précédant celui de l’entrée de la société
cessionnaire si celle-ci n’est pas encore membre du groupe lors de l’achat, ni avant l’exercice précédant
celui de l’entrée de la société rachetée lorsque cette entrée ne suit pas immédiatement l’achat. Même si
la réintégration commence au titre d’un exercice postérieur à celui d’achat, elle prend toujours fin au titre
du 8ème exercice suivant celui d’achat.
NB : cette période de 9 ans est applicable pour les titres achetés depuis 2007 (pour les titres achetés
jusqu’en 2006, cette période était de 15 ans).

Le cas échéant, cette réintégration est combinée avec le dispositif anti sous-capitalisation (dont les
conséquences sur le résultat d’ensemble sont étudiées en 2.8 ci-avant) : les charges financières du
groupe (1er terme de la réintégration) tiennent compte des charges éventuellement réintégrées au niveau
de chaque résultat individuel (en moins) et de la somme éventuellement déduite du résultat d’ensemble –
cf. 2.9 ci-avant– (en plus).

2.9 Quote-part de frais et charges sur plus-values à long terme exonérées (CGI art. 223 F
al.3)
Pour les exercices ouverts avant 2019, cette quote-part était neutralisée pour la détermination du résultat
d’ensemble, c’est à dire que la quote-part de frais et charges réintégrée au niveau de chaque société du
groupe était déduite du résultat d’ensemble, lorsqu’elle concernait des plus-values issues de cessions
intra-groupe de titres de participation. La déduction à opérer sur le résultat d’ensemble du groupe était à
calculer société par société.

Rappel : les plus-values à long terme sur cessions de titres de participation (de sociétés n’étant pas à
prépondérance immobilière) sont exonérées d’impôt sur les sociétés mais une quote-part de frais et
charges doit être réintégrée dans le résultat imposable au taux de droit commun. Cette quote-part est
égale à 12% du montant brut des plus-values à long terme de cession, à condition toutefois qu’une plus-
value nette soit réalisée au cours de l’exercice de cession, d’où absence de quote-part si réalisation
d’une moins-value nette de cession au titre de l’exercice. Cette quote-part ne tient pas compte des
dotations ou reprises de dépréciations sur ces titres de participation.
NB : l’Administration fiscale estimait que la quote-part devait être réintégrée quel que soit le résultat net des PV ou
MV nettes de cession (> 0 ou < 0), mais le Conseil d’Etat a annulé cette doctrine (CE 14/06/2017 n°400855).

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Pour les exercices ouverts depuis 2019 :
- cette quote-part n’est plus neutralisée
- les anciennes quote-parts neutralisées au titre des cessions intra-groupe antérieures à 2019, sont
imposables lors de la cession des titres concernés réalisée à compter de 2019 ou lorsque la société
qui est propriétaire des titres sort du groupe.

2.10 Avantages attachés à certaines souscriptions de parts (CGI art. 223 L 3.)

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Les déductions effectuées par des sociétés du groupe à raison des investissements dans des sociétés
financières d’innovation ou des sociétés exerçant leur activité dans les départements ou territoires
d’Outre-mer, doivent être réintégrées au résultat d’ensemble.

2.11 Produits de la propriété industrielle et des logiciels protégés (CGI art. 223 H.)
Depuis les exercices ouverts à compter de 2019, un régime d’imposition au taux réduit d’IS de 10%
s’applique sur option à certains produits de la propriété intellectuelle.
Spécificité dans les groupes intégrés : l’option pour ce régime est exercée par la société mère.

Pour rappel, ce régime de faveur est en pratique conditionné à la réalisation de dépenses de recherche
et développement par le contribuable lui-même. En intégration fiscale :
- le résultat d’ensemble de cession, concession ou sous-concession est déterminé par la société mère :
c’est la somme des résultats nets par groupe d’actifs, déterminés par chaque société du groupe ; pour
rappel, ce résultat net est égal au revenu généré diminué des dépenses de R&D de l’exercice
relatives à l’actif concerné
- le ratio « nexus » (plafonné à 100%) est calculé au niveau du groupe :
* numérateur = dépenses de R&D en lien avec la création et le développement de l’actif concerné,
réalisées par une société du groupe ou par des entreprises sans lien de dépendance avec le
groupe (ces dépenses sont majorées de 30%)
* dénominateur = numérateur + dépenses externalisées à des entreprises liées à une société membre
- le résultat d’ensemble de cession, concession ou sous-concession, après application du ratio
« nexus » du groupe, est soumis à l’IS au taux de 10%.

Optez pour nos fiches de cours en :

DCG
- Droit des sociétés (UE2)
- Droit social (UE3)
- Droit fiscal (UE4)
- Management (UE7)
DSCG
- Finance (UE2)
- Fiscalité des groupes de sociétés
(UE1)

elles vous seront d’une aide


précieuse.

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INTÉGRATION DÉTERMINATION DU RÉSULTAT


FISCALE ET DE LA PV D’ENSEMBLE :

DÉTERMINATION DE LA PLUS-VALUE D’ENSEMBLE

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1. SPÉCIFICITÉS DE LA DÉTERMINATION DES PLUS-VALUES INDIVIDUELLES

1.1 Moins-values à long terme antérieures à l’intégration fiscale (CGI art. 223 I 2.)
Lorsqu’une société est membre d’un groupe intégré, les moins-values à long terme (MV LT) qu’elle
réalise sont comprises dans la plus ou moins-value à long terme d’ensemble du groupe.

En revanche, les MV LT reportables en avant dont une société membre dispose au titre de la période
précédant celle de son appartenance au groupe intégré ne peuvent s’imputer que sur les PV LT
nettes que cette société dégage à son propre niveau, et non sur les PV LT nettes d’ensemble du
groupe.

Il convient de préciser à cet égard que les MV LT subies par les sociétés soumises à l’impôt sur les
sociétés sont en principe reportables en avant sur les PV LT des 10 exercices suivant celui de
réalisation des MV LT. Toutefois, deux catégories de MV LT antérieures sont distinguées :

les MV LT antérieures sur titres de participation relevant du secteur exonéré : elles ne peuvent
pas être imputées sur les PV LT ultérieures sur ces titres de participation (puisque ces PV LT sont
exonérées d’IS) ; elles ne servent pas non plus à diminuer la base ultérieure de la quote-part de
frais et charges de 12% des PV LT (car cette quote-part est calculée sur la base de la somme des
PV LT de cession de l’exercice ; ni les MV LT de cession de l’exercice ou antérieures, ni les
dotations ou reprises de dépréciation n’impactent cette base).
En conséquence, ces MV LT antérieures sur titres de participation ne sont utilisables d’aucune
manière.
les MV LT antérieures sur autres titres relevant du secteur taxable à 15% ou 19% : elles sont
imputables sur les PV LT ultérieures sur ces autres titres (taxables à l’IS à 15% ou 19%) des 10
exercices suivant celui de leur réalisation.

Rappel concernant les PV sur titres et autres immobilisations :


Les titres de participation relevant du secteur exonéré (taux d’IS de 0%) sont :
les actions et parts qualifiés de titres de participation en comptabilité (titres dont la possession
durable est estimée utile à l’activité de l’entreprise : influence sur la société dont les titres sont
détenus, ou contrôle de cette société)
les titres assimilés fiscalement aux titres de participation :
o titres acquis en exécution d’une offre publique d’achat (OPA) ou d’échange (OPE)
o titres ouvrant droit au régime des sociétés mères et filiales (cf. Fiches N°16 et 17) à la
condition (depuis 2017) d’en détenir au moins 5% des droits de vote
à condition qu’ils soient inscrits comptablement dans un sous-compte intitulé « titres relevant du
régime des PV LT »
certains titres de sociétés de capital risque et de fonds communs de placement à risque (les PV
LT de cession de ces titres sont exonérées dans une certaine proportion)
sont expressément exclus du secteur exonéré les titres de participation de sociétés à
prépondérance immobilière (sociétés, cotées ou non, dont l’actif est constitué pour plus de 50%
de sa valeur réelle par des immeubles, des droits portant sur des immeubles, des droits afférents
à des contrats de crédit-bail immobilier ou des titres d’autres sociétés à prépondérance
immobilière).

Les titres et autres immobilisations relevant du secteur au taux d’IS de 15% sont :
les titres de sociétés de capital risque et de fonds communs de placement à risque (pour la partie
de PV LT non exonérée)
les cessions de brevets, inventions brevetables et éléments assimilés

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Les titres relevant du secteur au taux d’IS de 19% sont :

les titres de sociétés à prépondérance immobilière répondant à la définition des titres de


participation, lorsqu’ils sont cotés
NB : ces titres ont relevé du taux d’IS de 16,5% en 2007 et 2008 ; le taux de 19% s’applique depuis 2009.

Les autres titres relèvent du secteur au taux normal de l’IS :

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titres de sociétés à prépondérance immobilière répondant à la définition des titres de participation,
lorsqu’ils sont non cotés
parts ou actions constituant des titres de placement
titres de placement dont le prix de revient est au moins égal à 22,8 millions d’euros mais qui
représentent moins de 5% du capital (et donc qui n’ouvrent pas droit au régime mère/fille)
obligations
titres participatifs
bons de souscription d’actions, certificats d’investissement
……

Les MV LT antérieures à l’intégration et reportables en avant (secteur à 15%, 16,5% et 19%), dont
une société membre dispose, ne peuvent donc s’imputer que sur les PV LT nettes réalisées par cette
société (dans le secteur à 15% et 19%).
Rappel : pour l’imputation des MV LT antérieures, les MV LT à 15%, 16,5% et 19% ne forment
qu’un seul secteur : par exemple, une MV LT à 15% peut s’imputer sur une PV LT à 19%,
une MV LT à 16,5% de 2007 peut s’imputer sur une PV LT à 15%.

Toutefois, la PV LT (à 15% ou 19%) de la société membre disposant de MV LT (à 15%, 16,5% ou


19%) antérieures à l’intégration fiscale doit dans certains cas être corrigée pour neutraliser les
opérations qui auraient pour effet d’accroître artificiellement cette PV LT de ladite société afin
d’augmenter ses capacités d’imputation des MV LT antérieures. Sont notamment visées par l’article
223 I les cessions intra-groupe de titres du portefeuille : les PV LT réalisées sont déduites de la PV LT
d’imputation.

1.2 Moins-values à long terme subies pendant l’intégration fiscale


Compte tenu du fait qu’elles sont comprises dans la plus ou moins-value d’ensemble du groupe, elles
« n’appartiennent » plus à la société membre les ayant subies : celle-ci perd définitivement le droit de
les imputer sur ses plus-values à long terme.

2. AJUSTEMENTS À OPÉRER SUR LA SOMME DES PLUS-VALUES INDIVIDUELLES

2.1 Neutralisation de certaines dépréciations (CGI art. 223 D al.6)

Le résultat d’ensemble doit être majoré des dotations aux dépréciations constituées par des sociétés
du groupe à raison de participations détenues dans d’autres sociétés du groupe à prépondérance
immobilière (qui constituent des sommes déductibles du résultat au taux de droit commun de l’IS pour
les sociétés les constatant).

Seules doivent être prises en compte les dotations constituées au cours de la période d’appartenance
au groupe intégré (par exemple, une dépréciation constituée en N par une société A, relative à des
titres de participation d’une société F1 (à prépondérance immobilière) formant un groupe intégré avec
la société mère M, ne doit pas être réintégrée si A n’entre dans ce groupe intégré qu’en N+1).

À l’inverse, les reprises ultérieures de ces dépréciations sont déduites de la plus ou moins-value
d’ensemble, à condition que les sociétés en cause soient toujours membres du groupe intégré au titre
de l’exercice de reprise.

Remarque : ces retraitements sont à opérer sur le résultat d’ensemble mais ont été placés dans ce paragraphe 2
car ils concernent les titres de participation.

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2.2 Cession intra-groupe relevant des plus ou moins-values à long terme (CGI art.
223 F al.1)

2.2.1 Neutralisation de la plus ou moins-value de cession

Lorsque ces cessions intra-groupe dégagent une plus ou moins-value à long terme, cette plus ou

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moins-value est neutralisée au niveau de la plus ou moins-value à long terme d’ensemble.

Toutefois, cette neutralisation est sans portée lorsque la cession intra-groupe concerne des titres de
participation relevant du secteur exonéré d’IS (taux d’IS de 0%) sur les PV LT (puisque la PV LT n’est
pas taxée compte tenu du taux de 0%). Pour rappel, pour les exercices ouverts depuis 2019, il n’y a
plus de neutralisation au niveau du résultat d’ensemble de la quote-part de frais et charges de 12%
(cf. fiche n°8, 2.9).

Le montant de la PV ou MV LT neutralisée (cf. secteur au taux d’IS de 15% ou 19%) est celui acquis
depuis la date d’inscription des titres ou biens au bilan de la société du groupe qui a effectué la
première cession intra-groupe.

En cas de cessions successives des mêmes éléments à l’intérieur du groupe, la PV ou MV LT


neutralisée est calculée par rapport à la valeur des éléments lors de la cession précédente.

2.2.2 Remise en cause éventuelle de la neutralisation

La neutralisation prend fin dans les situations suivantes :


cession hors du groupe des éléments ayant donné lieu à neutralisation
sortie du groupe de l’une des 2 sociétés concernées (société propriétaire des éléments ou société
les ayant cédés)
cessation du groupe.

Dans ces cas, la PV ou MV LT d’ensemble doit être majorée ou minorée de la PV ou MV LT


initialement neutralisée.

Les plus-values précédemment neutralisées s’ajoutent à la PV ou MV à LT d’ensemble.

Les moins-values précédemment neutralisées deviennent déductibles de la PV ou MV à LT


d’ensemble.
NB : lorsque les éléments concernés ont fait l’objet de plusieurs cessions intra-groupe, la PV ou MV
LT réintégrée ou déduite tient compte de la valeur d’origine dans les écritures de la société qui a
effectué la première cession à une autre société du groupe.

Si les éléments objet du retraitement avaient précédemment fait l’objet d’une dépréciation retraitée au
niveau du résultat d’ensemble (cf. 2.1 ci-avant), alors elles peuvent être déduites du résultat
d’ensemble, si entre-temps elles n’ont pas été comptablement reprises.

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INTÉGRATION SORT DU RÉSULTAT


FISCALE ET DE LA PV D’ENSEMBLE :

SORT DU RÉSULTAT D’ENSEMBLE

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1. IMPOSITION DU BÉNÉFICE D’ENSEMBLE
Lorsque le résultat d’ensemble est bénéficiaire, il est imposé à l’impôt sur les sociétés au nom de la
société tête du groupe.

Le bénéfice d’ensemble s’entend après imputation du déficit d’ensemble des exercices antérieurs (cf.
traitement d’un déficit ci-après au 2.).

Le taux applicable est en principe le taux normal de l’IS. Pour rappel, ce taux normal baisse
progressivement de 33,1/3% à 25%, applicable à compter des exercices ouverts en 2022 :
Exercice ouvert en 2018 : 28% pour la fraction de bénéfice ≤ 500 000 €, 33,1/3% au-delà
Exercice ouvert en 2019 : 28% pour la fraction de bénéfice ≤ 500 000 €, 31% au-delà
Exercice ouvert en 2020 : 28% (sur l’intégralité du bénéfice)
Exercice ouvert en 2021 : 26,5% (sur l’intégralité du bénéfice)
Exercice ouvert en 2022 et suivants : 25% (sur l’intégralité du bénéfice).
NB1 : Pour 2018 et 2019, le montant de 500 000 € est apprécié au niveau du résultat d’ensemble (et
non au niveau de chacune des sociétés membres du groupe intégré).
NB2 : Pour les sociétés dont le CA > 250 M€ la baisse des taux en 2019 et 2020 est décalée d’un an.

Toutefois, le taux réduit de 15% dont bénéficient les bénéfices de certaines PME est aussi applicable
dans le régime de l’intégration fiscale, dans les conditions suivantes :
le CA hors taxes de l’exercice ne doit pas excéder 7 630 000 € ; cette condition est appréciée en
faisant la somme des chiffres d’affaires de chacune des sociétés membres du groupe ;
le capital doit être entièrement libéré et détenu, de manière continue, pour 75% au moins (droits
de vote et droits à dividendes) par des personnes physiques, ou par des sociétés qui elles-mêmes
satisfont aux conditions de chiffre d’affaires et de détention du capital ; cette condition doit être
satisfaite par la société mère du groupe ;
le bénéfice d’ensemble est soumis à l’impôt sur les sociétés au taux de 15% à hauteur de
38 120 € par période de douze mois.

Comme indiqué ci-avant (cf. Fiche N°3, 1.3.1), les sociétés implantées en Zone France Urbaine (ZFU)
peuvent être membres d’un groupe intégré.
Rappel : régime d’exonération totale pendant 5 ans, puis partielle pendant les 3 ou les 9 années
suivantes (3 ans pour les activités créées depuis 2015, 9 ans pour les activités créées jusqu’en 2014),
avec plafonnement du bénéfice exonéré (à 50 000 € par exercice pour les activités créées depuis
2015, à 100 000 € par exercice pour les activités créées jusqu’en 2014), qui bénéficie aux entreprises
implantées dans certaines zones et respectant des critères de taille et nature d’activité.
Dans le cadre de l’intégration fiscale, chaque société membre calcule son bénéfice exonéré en
application de ce régime. Ensuite, la société tête du groupe calcule la fraction du bénéfice d’ensemble
qui est exonérée, en faisant la somme algébrique des exonérations applicables au niveau de chaque
société membre exerçant une activité en ZFU. Cette somme des exonérations est éventuellement
limitée à 50 000 € ou 100 000 € par exercice (selon l’année de création de l’activité), et est en tout état
de cause limitée au montant du bénéfice d’ensemble.

L’IS au taux de 10% (régime de la propriété industrielle et des logiciels protégés) s’applique aussi au
niveau de la société tête du groupe.

2. TRAITEMENT DU DÉFICIT D’ENSEMBLE

2.1 Report en avant (CGI, art. 223 C al.2)


« Le déficit d’ensemble est reporté dans les conditions prévues au troisième alinéa du I de l’article
209. » (CGI, art. 223 C al.2).

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Rappel des modalités du report en avant des déficits fiscaux des sociétés soumises à l’IS :

Les déficits subis par les sociétés soumises à l’impôt sur les sociétés sont reportables en avant :
sans limitation de durée (depuis 2004) : un déficit constaté au cours d’un exercice N est
imputable sur les bénéfices réalisés au cours des exercices suivants, à partir de l’exercice N+1 et
sans limitation dans le temps

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avec une limitation du montant imputable (depuis 2011) : le montant de déficit d’un exercice N
imputable sur le bénéfice de l’exercice N+1 est limité à la somme de 1 000 000 € majorée de 50%
du bénéfice N+1 excédant 1 000 000 € (NB : 50% depuis 2012, 60% en 2011). La fraction de déficit
non imputée sur le bénéfice N+1 est reportable sur le bénéfice N+2 et les bénéfices suivants
(sans limitation de temps) en appliquant chaque exercice la même limite (calculée en fonction du
bénéfice de chaque exercice d’imputation).
Exemple : Déficit N = – 2 800 000 €
Bénéfice N+1 = + 1 200 000 € Bénéfice N+2 = + 1 600 000 € Bénéfice N+3 = + 900 000 €
Résultat fiscal N+1 = 1 200 000 – [1 000 000 + (200 000 x 50%)] = + 100 000 €
et solde de déficit N à reporter = 2 800 000 – 1 100 000 = 1 700 000 €
Résultat fiscal N+2 = 1 600 000 – [1 000 000 + (600 000 x 50%)] = + 300 000 €
et solde de déficit N à reporter = 1 700 000 – 1 300 000 = 400 000 €
Résultat fiscal N+3 = 900 000 – 400 000 = + 500 000 €
et solde de déficit N à reporter = 0 €
Pas de limite d’imputation en N+3 car le bénéfice ne dépasse pas 1 000 000 €.
NB : La limitation en montant du déficit imputable (applicable depuis 2011) conduit à répartir l’imputation
des déficits sur une période plus longue qu’auparavant, et génère de l’IS à payer alors même que
des déficits restent encore à imputer. Dans l’exemple ci-dessus, un résultat positif est constaté en
N+1 et N+2 alors qu’il reste du déficit à reporter, et le déficit est imputé sur 3 exercices alors que
sans limitation en montant, il aurait été imputé en 2 exercices.

Application de ces principes aux groupes intégrés :


Pour les groupes intégrés, ces principes sont applicables : un déficit d’ensemble est imputable sur les
bénéfices d’ensemble des exercices suivants :
• sans limitation de durée
• avec application de la limitation du montant imputable, étant précisé que c’est au niveau du
bénéfice d’ensemble qu’est appréciée cette limite : un déficit d’ensemble N est imputable sur
le bénéfice d’ensemble N+1 dans la limite de 1 000 000 € + 50% du bénéfice d’ensemble N+1
excédant 1 000 000 €.

2.2 Report en arrière (CGI, art. 223 G)


La société mère du groupe peut opter pour le régime du report en arrière du déficit d’ensemble.
Dans ce cas, le déficit d’ensemble est imputé sur le bénéfice d’ensemble de l’exercice précédent,
selon les mêmes modalités que pour une société imposée séparément.

Rappel : le report en arrière d’un déficit N est effectué sur le bénéfice de l’exercice précédent N-1, et ce
déficit reporté en arrière est plafonné à 1 000 000 €.
Compte tenu du fait que les sociétés filiales du groupe ne sont plus redevables de l’impôt
correspondant à leurs propres bénéfices, elles ne peuvent pas opter, pendant la période de leur
appartenance au groupe, pour le report en arrière des déficits. Toutefois, si elles sont titulaires de
créances sur le Trésor Public au titre de l’application antérieure, à leur niveau, de ce régime, alors
l’article 223 G 3 prévoit qu’elles peuvent les céder à la société mère à leur valeur nominale ; la société
mère peut alors les utiliser pour le paiement de l’impôt sur les sociétés dû à raison du résultat
d’ensemble, mais seulement à hauteur de l’impôt sur les sociétés auquel aurait été soumise la société
filiale titulaire initial de la créance si elle avait été imposée séparément (cette filiale doit être membre
du groupe au titre de l’exercice d’imputation par la mère).
Les créances de report en arrière détenues par la société mère (qu’elles résultent de l’imputation en
arrière du résultat d’ensemble ou de l’acquisition à la valeur nominale auprès d’une filiale –cf. ci-avant)
qu’elle n’utilise pas dans le délai légal (5 ans) lui sont remboursées. Ces créances peuvent aussi être
mobilisées auprès d’un établissement de crédit en application de la loi Dailly.

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INTÉGRATION SORT DU RÉSULTAT


FISCALE ET DE LA PV D’ENSEMBLE :

SORT DE LA PLUS-VALUE D’ENSEMBLE

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1. IMPOSITION DE LA PLUS-VALUE NETTE D’ENSEMBLE

« La plus-value nette à long terme d’ensemble fait l’objet d’une imposition séparée dans les conditions
prévues au a bis du I de l’article 219. » (CGI, art. 223 D. al.3).

Rappel du champ d’application du régime des plus-values à long terme :


- Plus-values à long terme exonérées d’impôt sur les sociétés (taux d’IS de 0%) :
Il s’agit des plus-values à long terme sur les titres de participation tels qu’ils ont été définis ci-
avant (cf. Fiche N°9, 1.1), c'est-à-dire hors titres de participation de sociétés à prépondérance
immobilière (SPI).
Ces plus-values sont exonérées d’impôt sur les sociétés (une quote-part de frais et charges de
12% des PV de cession de l’exercice est ajoutée au résultat d’ensemble, cf. Fiche N°8, 2.9).
- Plus-values à long terme taxées au taux réduit d’impôt sur les sociétés de 15% :
Il s’agit des plus-values à long terme sur les titres de participation exclus du régime d’exonération
tels qu’ils ont été définis ci-avant (cf. Fiche N°9, 1.1).
NB : Pour rappel, jusqu’en 2018, ce taux de 15% s’appliquait aussi à certaines cessions de
brevets, inventions brevetables et éléments assimilés ainsi qu’aux résultats nets de
concessions de licences portant sur certains droits de propriété industrielle.
- Plus-values à long terme taxées au taux réduit d’impôt sur les sociétés de 19% :
Il s’agit des plus-values à long terme sur les titres de participation de sociétés à prépondérance
immobilière cotées (cf. Fiche N°9, 1.1)

La plus-value à long terme d’ensemble suit le même régime.

1.1 Traitement de la plus-value à long terme d’ensemble relevant du taux de 15%


- Sont d’abord imputées sur cette plus-value à long terme d’ensemble les éventuelles moins-values
à long terme d’ensemble antérieures imputables (cf. modalités d’imputation étudiées ci-après, cf.
2.).
- Puis elle peut être compensée (euro pour euro) avec le déficit d’ensemble de l’exercice ou des
exercices précédents.
NB : cette imputation relève d’une décision de gestion, elle n’est pas obligatoire (elle présente
l’avantage d’économiser immédiatement l’impôt sur les sociétés sur la PV LT d’ensemble,
mais il s’agit d’IS à 15% alors que le déficit peut engendrer une économie d’IS –de 33,1/3% à
25% selon l’année– s’il est imputé sur un bénéfice d’ensemble).
- Enfin, elle est imposée à l’impôt sur les sociétés au taux réduit de 15%.

1.2 Traitement de la plus-value à long terme d’ensemble relevant du taux de 19%


- Sont d’abord imputées sur cette plus-value à long terme d’ensemble les éventuelles moins-values
à long terme d’ensemble antérieures imputables (cf. modalités d’imputation étudiées ci-après, cf.
2.).
- Puis elle peut être compensée (euro pour euro) avec le déficit d’ensemble de l’exercice ou des
exercices précédents.
NB : cette imputation relève d’une décision de gestion, elle n’est pas obligatoire (elle présente
l’avantage d’économiser immédiatement l’impôt sur les sociétés sur la PV LT d’ensemble,
mais il s’agit d’IS à 19% alors que le déficit peut engendrer une économie d’IS –de 33,1/3% à
25% selon l’année– s’il est imputé sur un bénéfice d’ensemble).
- Enfin, elle est imposée à l’impôt sur les sociétés au taux réduit de 19%.

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1.3 Traitement de la plus-value à long terme d’ensemble exonérée d’impôt sur les
sociétés (taux d’IS de 0%)
Cette plus-value à long terme exonérée n’est pas en pratique diminuée des moins-values à long terme
d’ensemble antérieures imputables, ni des éventuels déficits d’ensemble antérieurs, puisqu’elle est en
tout état de cause exonérée d’impôt sur les sociétés.

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2. TRAITEMENT DE LA MOINS-VALUE NETTE D’ENSEMBLE
2.1 Traitement de la MV à LT d’ensemble relevant du taux réduit de 15% et de la MV à
LT d’ensemble relevant du taux réduit de 19%
Ces moins-values à long terme d’ensemble relevant du taux réduit de 15% ou 16,5% ou 19% sont
imputables dans les conditions de droit commun, c’est à dire sur les plus-values nettes à long terme
d’ensemble réalisées par le groupe au cours des dix exercices suivant celui au cours duquel les
moins-value ont été subies.

Toutefois, cette imputation n’est possible que sur les plus-values nettes à long terme d’ensemble
ultérieures qui relèvent des taux de 15% ou 19%.

2.2 Traitement de la MV à LT d’ensemble exonérée d’impôt sur les sociétés


Cette moins-value à long terme d’ensemble exonérée d’impôt sur les sociétés ne peut faire l’objet
d’aucune imputation et est définitivement perdue, comme la MV LT constatée en dehors de
l’intégration fiscale :
elle n’est pas imputable sur les plus-values à long terme d’ensemble exonérées (puisque
justement elles sont exonérées …)
elle n’est pas imputable sur les plus-values à long terme d’ensemble relevant des taux de 15% ou
de19% (car seules les MV LT du même secteur à 15%, ou 19% sont imputables).

En revanche, il est tenu compte (cf. Fiche N°8, 2.10) des moins-values à long terme de cession de
titres de participation de l’exercice pour déterminer si une quote-part de frais et charges de 12% est
réintégrée au titre de cet exercice (cf. arrêt CE 14/06/2017 n°400855 ayant annulé la position en sens
contraire de l’Administration fiscale) :
si une moins-value nette à long terme est réalisée au cours de l’exercice de cession : aucune
quote-part de frais et charges de 12% n’est réintégrée ;
si une plus-value nette à long terme est réalisée au cours de l’exercice de cession : la quote-
part de frais et charges de 12% est réintégrée et elle est calculée sur le montant brut des plus-
values de cession de l’exercice.

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INTÉGRATION OBLIGATIONS
FISCALE DÉCLARATIVES

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1. OBLIGATIONS INCOMBANT À CHAQUE SOCIÉTÉ MEMBRE DU GROUPE
(SOCIÉTÉS MÈRE ET FILIALES)

Toutes les sociétés du groupe doivent souscrire la déclaration de leur propre résultat (selon le régime
d’imposition du réel normal). Mais il existe aussi des imprimés supplémentaires à souscrire qui sont
spécifiques du fait de l’appartenance à un groupe intégré.

Tous ces documents doivent être adressés au Service des Impôts dont relève chaque société
membre, obligatoirement selon la procédure de transmission électronique de données.

1.1 Imprimés fiscaux habituels


Il s’agit des imprimés habituels de la liasse fiscale(1) :
- Imprimés n°2050 à 2057 : ce sont les tableaux comptables (bilan, compte de résultat, état des
immobilisations, des amortissements, des provisions, des échéances des créances et des dettes).
Ils sont remplis dans les conditions habituelles.
- Imprimés n°2058-A à 2059-G : ce sont les tableaux fiscaux (détermination du résultat fiscal, suivi
des déficits, détermination des plus ou moins-values, documents divers, …). Ces tableaux doivent
être remplis en tenant compte de l’appartenance au groupe intégré. Par exemple :
l’imprimé n°2058-A (détermination du résultat fiscal) doit tenir compte des modalités
d’imputation des déficits en régime d’intégration fiscale (lignes XI à XO en cadre III) et des
modalités d’imputation des moins-values antérieures en régime d’intégration fiscale (lignes WV
à XB du cadre II)
l’imprimé n°2058-B (déficits, indemnités pour congés à payer et provisions non déductibles) ne
doit pas mentionner les déficits réalisés au cours d’exercices d’appartenance au groupe
intégré, mais seulement les déficits antérieurs à l’entrée dans le groupe
l’imprimé n°2059-A (détermination des plus et moins-values) doit faire apparaître (en les
encadrant) les éléments faisant l’objet de cessions intra-groupe.
- Imprimé n°2065 : c’est le document récapitulant les éléments d’imposition.

1.2 Imprimés fiscaux spécifiques à l’intégration fiscale

Il s’agit des imprimés suivants(1) :


- Imprimés n°2058-A bis et 2058-B bis : ils servent à déterminer le résultat fiscal comme si la société
avait été imposée séparément, c’est à dire comme si elle n’avait jamais été membre d’un groupe
intégré. Ils permettent :
de déterminer au niveau de la société mère la fraction de créance de report en arrière des
déficits qui peut être utilisée pour le paiement de l’impôt sur les sociétés du groupe (cf. Fiche
N°10, 2.2)

(1) Ces imprimés peuvent être téléchargés sur le site de la Direction Générale des Finances Publiques :
www.impots.gouv.fr rubrique « Recherche de formulaires ».

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de calculer l’éventuelle réserve spéciale de participation des salariés de chaque société (qui
doit donc tenir compte de la situation fiscale de la société en l’absence de toute conséquence
liée à l’intégration fiscale).

- Imprimés n°2058-ER et 2058-ES : ce sont deux imprimés souscrits par la société mère du groupe

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(cf. ci-après 2.). Ils doivent être joints en copie avec la déclaration du résultat de chaque société
membre.

2. OBLIGATIONS INCOMBANT À LA SOCIÉTÉ MÈRE

La société membre doit tout d’abord remplir l’ensemble des imprimés prévus pour toute société
membre d’un groupe intégré, étudiés ci-avant (cf. 1.).

Puis, en tant que société tête du groupe, la société mère doit déclarer le résultat d’ensemble en
souscrivant les imprimés suivants (ci-après sont mentionnés les principaux imprimés) :
- Imprimés n°2029-B et 2029-B bis : Liste des sociétés faisant partie du périmètre de l’intégration
fiscale (cf. Fiche N°6, 1.1).
- Imprimé n°2058-ER : État des rectifications apportées au résultat fiscal individuel de chaque
société membre ; elle est donc souscrite en autant d’exemplaires que le nombre de sociétés
membres (y compris pour la société mère) : il s’agit des ajustements à opérer sur les résultats
individuels (cf. Fiche N°8, 2.).
- Imprimé n°2058-TS : Synthèse des résultats et plus-values à long terme de chaque société
membre du groupe, tels que déterminés sur l’imprimé n°2058-ER
- Imprimé n°2058-RG : Détermination du résultat fiscal et des plus-values à long terme d’ensemble
- Imprimé n°2058-DG : État de suivi des déficits d’ensemble et affectation des moins-values à long
terme d’ensemble
- Imprimé n°2058-CG : État des crédits d’impôt et créances imputables : la société mère est
substituée aux sociétés du groupe pour l’imputation sur l’impôt sur les sociétés des crédits d’impôt
(exemples : CICE, crédit d’impôt recherche), réductions d’impôt (exemple : réduction d’impôt pour
dépenses de mécénat), créances nées du report en arrière des déficits.
- Imprimé n°2058-SG : État des subventions et abandons de créances entre sociétés du groupe ;
cet imprimé permet de suivre ces subventions et abandons (pour les cas où leur neutralisation
prend fin (cf. Fiche N°8, 2.).
- Imprimé n°2058-ES : État des rectifications apportées au résultat et aux plus et moins-values
nettes à long terme pour la détermination du résultat d’ensemble lors de la sortie, de la fusion ou
de la scission d’une société membre ; cet imprimé recense donc les corrections à apporter du fait
de la sortie du groupe d’une société membre.
- Imprimé n°2058-FC : État des plafonds pour l’imputation des déficits et MV antérieurs à
l’intégration.
- Imprimé n°2058-PV : État des plus-values et moins-values de cession d’éléments d’actif
immobilisé entre sociétés du groupe.

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INTÉGRATION PAIEMENT DE L’IMPÔT


FISCALE DU GROUPE

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1. REDEVABLE LÉGAL DE L’IMPÔT (CGI art. 223 A)

Seule la société mère du groupe intégré est redevable de :


- l’impôt sur les sociétés dû sur le résultat d’ensemble et la plus-value nette à long terme
d’ensemble
- la contribution sociale additionnelle de 3,3% de l’impôt sur les sociétés.
NB : jusqu’en 2017, la société mère était aussi redevable de la contribution sur les revenus distribués
des grandes entreprises (égale à 3% des montants distribués par les sociétés du groupe intégré
à des sociétés extérieures au groupe intégré) ; cette contribution a été supprimée à compter de
2018 par la loi de Finances pour 2018 (elle avait été déclarée inconstitutionnelle en 2017)..

Toutefois, selon le dernier alinéa de l’article 223 A, chaque société du groupe est tenue solidairement
au paiement des impôts dus par la société mère.

2. PAIEMENT DE L’IMPÔT SUR LES SOCIÉTÉS DU GROUPE INTÉGRÉ ET DE LA


CONTRIBUTION SOCIALE ADDITIONNELLE DE 3,3%
La société mère du groupe règle l’impôt sur les sociétés et la contribution additionnelle de 3,3% de
l’IS, pour l’ensemble du groupe, selon les règles habituelles de paiement de ces deux impôts. Pour un
exercice N :
paiement en N de 4 acomptes provisionnels (1 par trimestre)
régularisation en N+1 en fonction des résultats déclarés.

2.1 Paiement des 4 acomptes provisionnels

2.1.1 Rappel des règles de calcul des acomptes provisionnels (cas général)

• Dates d’exigibilité et de paiement des acomptes


Les 4 dates d’exigibilité et de paiement sont les suivantes :
15 mars 15 juin 15 septembre 15 décembre
Le premier acompte dû au titre d'un exercice est le premier qui suit la date d'ouverture de l'exercice
(exemple : 1er acompte le 15 mars pour un exercice calqué sur l’année civile).

• Base de calcul des acomptes


a. Acomptes d’IS
Base d’IS à 28% = fraction de bénéfice imposé au taux normal pour le dernier
exercice clos (donc hors PV LT) inférieure à 500 000 €
Base d’IS à 31% (1) = fraction de bénéfice imposé au taux normal pour le dernier
exercice clos (donc hors PV LT) supérieure à 500 000 €
1ère Base d’IS à 15% = bénéfice imposé à ce taux pour le dernier exercice clos (PME)
2ème Base d’IS à 15% = résultat net des concessions du dernier exercice clos, avant imputation
des MV à LT de ce dernier exercice clos ou des exercices antérieurs

Le 1er acompte d’un exercice est calculé sur la base de l’IS de l’avant-dernier exercice, car l’IS du
dernier exercice n’est pas encore connu à cette date ; une régularisation est opérée lors du versement
du 2ème acompte.
(1) Taux de 33,1/3% pour l’IS dû au titre de l’exercice ouvert en 2018, 31% au titre de 2019. À compter de 2020,
base unique d’IS à 28% en 2020, 26,5% en 2021 et 25% à compter de 2022 (sauf taux spécifiques pour les
groupes avec CA > 250 M€).

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b. Acomptes de contribution de 3,3% de l’IS (C3,3%)

Base de C3,3% = IS au taux normal (ou aux taux normaux) dernier exercice clos
+ IS au taux réduit des PV LT dernier exercice clos
− 763 000 €

Remarques : - l’IS ne tient pas compte des crédits d’impôt ni de la créance née du report en arrière

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des déficits
- l’abattement de 763 000 € est ajusté prorata temporis si l’exercice précédent n’est
pas de 12 mois
- comme pour les acomptes d’IS, le 1er acompte d’un exercice est calculé sur la base
de l’IS de l’avant-dernier exercice, car l’IS du dernier exercice n’est pas encore
connu à cette date ; une régularisation est opérée lors du versement du 2ème
acompte.

• Taux des acomptes


a. Acomptes d’IS

Taux des acomptes d’IS à 33,1/3% = 8,1/3%


Taux des acomptes d’IS à 31% = 7,75%
Taux des acomptes d’IS à 28% = 7%
Taux des acomptes d’IS à 15% = 3,75%
NB : Les taux des acomptes d’IS à venir à 26,5% et 25% seront respectivement de 6,625% et 6,25%.

Lorsque le résultat de l’exercice précédent est un déficit fiscal, aucun acompte n’est dû pendant
l’exercice.

b. Acomptes de contribution de 3,3% de l’IS (C3,3%)

Taux des acomptes de C3,3% =0,825%

Lorsque la base de calcul est négative, aucun acompte n’est dû pendant l’exercice.

2.1.2 Spécificités liées à l’intégration fiscale

Exercice de constitution du groupe


Chaque société membre du groupe (tête et filiales) est tenue de verser ses propres acomptes au
Comptable du Trésor dont elle relève (en fonction de ses propres résultats de l’exercice précédent).
Ces acomptes seront imputables sur l’IS et la contribution de 3,3% de l’IS dus par la société mère à
raison du résultat d’ensemble de l’exercice de constitution du groupe intégré (cf. 2.2.2 ci-après).

Exercice suivant celui de constitution du groupe


La société mère verse les acomptes d’IS et de contribution de 3,3% de l’IS, calculés sur la base des
éléments du dernier exercice clos (qui est un exercice intégré). En ce qui concerne le 1er acompte (qui
est calculé sur les résultats de l’avant-dernier exercice, qui n’est pas intégré), ce dernier est calculé
sur la base des éléments de l’avant-dernier exercice de la société mère.

Entrée d’une nouvelle société dans le groupe


La société membre qui entre dans le groupe est tenue de verser, pendant son premier exercice
d’intégration, ses propres acomptes au Comptable du Trésor dont elle relève (en fonction de ses
propres résultats de l’exercice précédent).
Ces acomptes seront imputables sur l’IS et la contribution de 3,3% de l’IS dus par la société mère à
raison du résultat d’ensemble de l’exercice (cf. 2.2.2 ci-après).
Toutefois, la filiale entrante peut limiter ses acomptes (ou se dispenser d’en verser) en fonction de la
cotisation d’impôt due par le groupe (cette mesure permet à une filiale entrant dans un groupe
déficitaire de ne pas verser d’acomptes).

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Spécificités relatives à la contribution de 3,3% de l’IS du groupe

Le paiement de cette contribution de 3,3% incombe à la société mère.

La société mère en est exonérée lorsque :


- le chiffre d’affaires total de toutes les sociétés du groupe < 7,63 millions €
- le capital de la société mère est détenu pour 75% au moins par des personnes physiques ou des

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sociétés répondant aux mêmes conditions.

L’abattement de 763 000 € s’applique donc à l’IS (au taux normal et réduit) du groupe (une seule fois
quel que soit le nombre de sociétés composant le périmètre d’intégration).

L’Administration fiscale estime (cf. BOI-IS-GPE-30-30-20, n°20) que lors de l’entrée d’une nouvelle
société dans le groupe, celle-ci est tenue, comme en matière d’IS (cf. ci-avant), de régler ses propres
acomptes de contribution pendant son premier exercice d’intégration (ces acomptes s’imputant
ensuite sur la contribution due par la société mère). Toutefois, il faut savoir que cette solution est
dépourvue de base légale (car l’article 223 N du CGI, qui prévoit le versement d’acomptes par toute
société sur l’exercice de son entrée dans le groupe, ne vise que l’impôt sur les sociétés).

2.2 Paiement du solde de liquidation

2.2.1 Rappel des règles de calcul du solde de liquidation (cas général)

Lorsqu'une entreprise soumise à l'IS établit sa déclaration de résultat, elle calcule l'IS net dû au titre
de l'exercice. Cet IS net est égal à :
+ IS à 28% (sur la fraction de bénéfice inférieure à 500 000 €)
+ IS à 31% (1) (sur la fraction de bénéfice supérieure à 500 000 €)
+ IS à 15% (bénéfices des PME et PV LT)
+ IS à 19% (PV LT)
− Crédits et réductions d’impôt : * Crédit d’impôt recherche
* Crédit d’impôt famille
* Réduction d’impôt mécénat
* Crédit d’impôt apprentissage
* etc …
(1) Taux de 33,1/3% pour l’IS dû au titre de l’exercice ouvert en 2018, 31% au titre de 2019. À compter de 2020,
base unique d’IS à 28% en 2020, 26,5% en 2021 et 25% à compter de 2022.

Le montant de l'IS net dû est comparé aux acomptes versés pendant l'exercice :
Si IS net dû > acomptes versés : le solde de liquidation d'IS doit être spontanément payé
pour le 15 du mois suivant celui d'expiration du délai de déclaration (exemple : pour le 15 mai
pour un exercice calqué sur l’année civile).
Si IS net dû < acomptes versés : l'excédent de versement est remboursé à l'entreprise par
le Trésor, ou est imputé par l'entreprise sur son premier acompte dû au titre de l'exercice
suivant.
NB : Cet excédent peut aussi servir à régler les échéances fiscales dues à la DGI (TVA, taxe
sur les salaires, taxe d’apprentissage par exemple) dont la date limite de paiement se
situe au moins 30 jours plus tard.

S’agissant de la contribution de 3,3% de l’IS, le solde de liquidation est calculé de la même façon, et
payé (ou remboursé) dans les mêmes conditions que le solde d’IS.

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2.2.2. Spécificités liées à l’intégration fiscale

Calcul de l’IS net dû par le groupe (CGI, art. 223 O 1)


L’impôt sur les sociétés calculé par la société tête du groupe tient compte du résultat d’ensemble
déclaré au titre du groupe, mais aussi des crédits et réductions d’impôt imputables calculés par toutes
les sociétés membres. En effet, « la société mère est substituée aux sociétés du groupe pour

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l’imputation sur le montant de l’impôt sur les sociétés dont elle est redevable » de ces crédits et
réductions.

Il en est ainsi (liste non exhaustive) :


- des crédits d’impôt sur valeurs mobilières (CGI, art. 223 O 1.a)
rappel : il s’agit principalement des crédits d’impôt sur valeurs mobilières étrangères
- du crédit d’impôt recherche (CIR) (CGI, art. 223 O 1.b)
précisions : * le CIR est calculé par chaque société membre du groupe en fonction des règles de
droit commun
* la société mère impute sur l’IS du groupe son CIR et les CIR des filiales
* l’excédent de CIR non imputé sur l’IS du groupe constitue une créance qui
appartient à la société mère (et lui reste acquise en cas de cessation du groupe).
- de la réduction d’impôt pour mécénat (CGI, art. 223 O 1.e)
précisions : * la réduction est calculée par chaque société membre : le plafond de versement est
apprécié au niveau de chaque société (les excédents de versement d’une société
ne peuvent être utilisés ultérieurement que par cette société)
* la société mère impute sur l’IS du groupe les réductions de toutes les sociétés
membres ; en cas d’excédent (réduction d’IS > IS dû) le solde non imputé est utilisé
par la société mère pour le paiement de l’IS du groupe des 5 exercices suivants.
- du crédit d’impôt famille (CGI, art. 223 O 1.f)
précision : * le crédit est calculé par chaque société membre : le plafond est appliqué au niveau
de chaque société (le crédit imputé par la société mère sur l’IS du groupe n’est donc
pas plafonné).
- du crédit d’impôt apprentissage (CGI, art. 223 O 1.h)
- du crédit d’impôt formation du chef d’entreprise (CGI, art. 223 O 1.m)
- etc …

Paiement de l’IS net du groupe par la société tête

Le solde de l’impôt sur les sociétés net du groupe ainsi calculé, diminué des acomptes payés par la
société mère (et dans certains cas par les sociétés filiales, cf. 2.1.2 ci-avant) est payé par la société
mère auprès du Service des impôts du lieu de souscription de la déclaration du résultat d’ensemble
(c’est à dire le Service dont dépend la société mère).

Il en est de même du solde de liquidation de la contribution de 3,3% de l’IS due au niveau du groupe
dans les conditions rappelées ci-avant.

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INTÉGRATION RÉPARTITION FINANCIÈRE DE


FISCALE L’IMPÔT PAYÉ ENTRE TOUTES
LES SOCIÉTÉS DU GROUPE

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La loi n’impose aucune répartition financière (et donc comptable) de l’impôt payé par la société mère
(IS et contribution de 3,3%) entre toutes les sociétés du groupe.

En général, la constitution d’un groupe intégré conduit à payer globalement un impôt moins élevé que
la somme de chaque impôt dû par chaque société du périmètre d’intégration. La question qui se pose
est de savoir comment et à qui attribuer cette économie d’impôt. C’est pourquoi un contrat appelé
« convention d’intégration fiscale » lie les sociétés membres d’un groupe et la société tête de
groupe : cette convention prévoit la répartition de la charge d’impôt (ou de l’économie d’impôt) entre
toutes ces sociétés.

1. LES TYPES DE CONVENTION D’INTÉGRATION FISCALE


Quatre types de convention existent : elles se rattachent à quatre conceptions de la répartition de
l’impôt du groupe :

Conception n°1 : l’économie d’impôt n’est pas prise en résultat


• Chaque filiale calcule sa charge d’impôt comme en l’absence d’intégration (en cas d’impôt dû
par une filiale, celui-ci est payé à la société tête de groupe ; en cas de déficit, aucun impôt n’est
payé à la société tête de groupe).
• Les économies d’impôt liées aux déficits sont conservées temporairement chez la société tête
de groupe (sans être comptabilisées en produit) ; lorsque les sociétés filiales redeviendront
bénéficiaires elles paieront moins d’impôt à la société tête de groupe (puisqu’elles imputeront
leurs déficits dans ce calcul de leur impôt comme en l’absence d’intégration).

Conception n°2 : l’économie d’impôt est prise en résultat chez la société tête de groupe
• Chaque filiale calcule sa charge d’impôt comme en l’absence d’intégration (en cas d’impôt dû
par une filiale, celui-ci est payé à la société tête de groupe ; en cas de déficit, aucun impôt n’est
payé à la société tête de groupe).
• Les économies d’impôt liées aux déficits sont conservées définitivement chez la société tête de
groupe (donc comptabilisées en produit) ; lorsque les sociétés filiales redeviendront bénéficiaires
elles paieront moins d’impôt à la société tête de groupe (puisqu’elles imputeront leurs déficits
dans ce calcul de leur impôt comme en l’absence d’intégration) et la société tête de groupe
constatera une charge d’impôt.

Conception n°3 : l’économie d’impôt est prise en résultat chez les sociétés déficitaires
• Les filiales bénéficiaires calculent leur charge d’impôt comme en l’absence d’intégration (l’impôt
dû est payé à la société tête de groupe).
• Les économies d’impôt sont immédiatement réallouées aux filiales déficitaires concernées (ces
filiales constatent un produit immédiat en contrepartie d’une créance sur la société tête de
groupe). Lorsque ces filiales redeviennent bénéficiaires, elles calculent leur impôt à payer à la
société tête de groupe sans tenir compte de leurs déficits antérieurs puisqu’elles ont bénéficié
d’un produit immédiat.

Conception n°4 : seule la société tête de groupe constate en charges l’impôt du groupe
• Les filiales ne calculent aucun impôt : elles ne supportent vis-à-vis de la société tête de groupe
aucune charge d’impôt et ne bénéficient de celle-ci d’aucun produit lié à une économie d’impôt.
• Les charges d’impôt totales sont supportées par la société tête de groupe ; cette dernière est
aussi la seule à bénéficier des économies d’impôt.

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2. CONSÉQUENCES FISCALES DES CONVENTIONS D’INTÉGRATION


La position de l’Administration fiscale a évolué sur cette question.

Initialement, l’Administration estimait que chaque société membre du groupe devait calculer l’impôt
dont elle serait redevable en l’absence d’intégration fiscale, et comptabiliser une charge d’impôt en

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contrepartie d’une dette vis-à-vis de la société tête de groupe. La créance que détenait ainsi la société
tête de groupe n’était pas un produit imposable pour cette dernière.
Lorsque qu’une convention d’intégration fiscale prévoyait une répartition aboutissant à une créance ou
une dette différente de celle-ci-dessus indiquée, alors cette différence était assimilée par
l’Administration à une subvention consentie, selon le cas, par la société tête de groupe ou par des
filiales. Cette subvention devait alors suivre le régime des subventions intra-groupe avec les
retraitements nécessaires (cf. Fiche N°8, 2.5).

Mais la jurisprudence fiscale, ayant eu à se prononcer sur cette question, avait estimé que cette
position de l’Administration fiscale n’était pas conforme à la loi sur l’intégration fiscale, et avait donc
conclu que les sociétés d’un groupe intégré étaient libres de répartir la charge d’impôt du groupe
comme elles l’entendaient, à la condition de ménager l’intérêt propre de chaque société membre (cf
arrêts du Conseil d’État du 12/03/2010 et du 24/11/2010, arrêt CAA Versailles 14/06/2011, arrêt du
Conseil d’État du 05/07/2013 à propos d’une convention de conception n°4).

L’Administration fiscale a donc pris acte de cette jurisprudence du Conseil d’État dans une instruction
du 20/03/2012, dans laquelle elle a « rapporté » sa doctrine antérieure ci-dessus rappelée (celle-ci
n’est donc plus en vigueur) et s’est ralliée à la position du juge fiscal.

La position de l’Administration est donc désormais la suivante (cf. BOI-IS-GPE-30-30-10, n°250) :


« Les groupes peuvent désormais répartir à leur gré la charge d’impôt entre leurs membres, en
déterminant librement le quantum de cette répartition et la date à laquelle elle est opérée, au cours de
la période d’appartenance des membres concernés au périmètre d’intégration et au plus tard à la
date de leur sortie du groupe.
Toutefois, ce principe de libre répartition de la charge d’impôt s’exerce dans le cadre général tracé par
le Conseil d'État, à savoir sous réserve que : "les stipulations de la convention procèdent à une
répartition tenant compte des résultats propres de chaque société du groupe dans des conditions
telles que cette répartition ne porte atteinte ni à l'intérêt social propre de chaque société ni aux droits
des associés ou des actionnaires minoritaires".
En pratique, la méthode retenue par les groupes doit ainsi faire référence, pour le calcul des
économies d'impôts et des versements corrélatifs, aux résultats individuels des sociétés membres du
groupe déterminés comme si elles étaient imposées séparément, et aux éventuels réductions d'impôt,
crédits d'impôts … définitivement attribués à la société mère. Cette méthode ne peut toutefois pas
conduire à faire supporter à une filiale une charge d’impôt supérieure à la charge d’impôt qu'elle aurait
dû supporter si elle n'avait pas appartenu au groupe intégré : une telle méthode serait en effet
constitutive d'un acte anormal de gestion, sauf circonstances particulières qui justifieraient la normalité
de cette méthode. Elle ne doit pas non plus léser les droits des associés ou actionnaires
minoritaires. »

En conséquence, les conventions de conception n°1 à n°4 présentées au 1. ci-avant peuvent être
adoptées par les groupes intégrés, dès lors qu’elles n’aboutissent pas à faire payer aux filiales une
charge d’impôt supérieure à celle qu’elles auraient dû supporter en l’absence d’intégration, et qu’elles
ne lèsent pas les droits des minoritaires.

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INTÉGRATION SORTIE DE GROUPE


FISCALE ET
CESSATION DU GROUPE

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1. DÉFINITIONS (CAS DE SORTIE ET DE CESSATION)

1.1 Sortie d’une filiale


La sortie de groupe d’une filiale est constatée lorsqu’elle cesse de remplir les conditions d’application
du régime de l’intégration fiscale.
Exemples : - baisse du taux de détention par la société mère à moins de 95%
- modification de la date de clôture
- perte de l’assujettissement à l’impôt sur les sociétés
- décision de la société mère de ne plus inclure une filiale dans le périmètre
- etc …

Lorsqu’une filiale qui sort du groupe détenait elle-même des participations dans d’autres sociétés
membres du groupe, il n’est plus tenu compte de ces participations pour le calcul du taux de détention
de 95%, et d’autres filiales peuvent donc sortir automatiquement du groupe du fait de la sortie de cette
filiale.

1.2 Cessation du groupe


La cessation du groupe est constatée lorsque :
- seule la société mère reste membre du groupe
- la société mère ne remplit plus les conditions pour être mère (par exemple si elle est
détenue à plus de 95% par une autre société soumise à l’impôt sur les sociétés).

2. CONSÉQUENCES
La sortie de groupe ou la cessation du groupe prennent effet à l’ouverture de l’exercice au cours
duquel a lieu l’événement entraînant la sortie ou la cessation (par exception, lorsque la société mère
est détenue à plus de 95% par une autre société soumise à l’impôt sur les sociétés, le régime de
l’intégration perdure jusqu’à la clôture de cet exercice ; cf. CGI, 223 L.6.d ).
C’est à partir de cet exercice que :
- en cas de sortie d’une filiale, les résultats de celle-ci ne sont plus pris en compte pour la
détermination du résultat d’ensemble (exemple pour un groupe dont l’exercice est calqué sur
l’année civile : si une filiale n’est plus détenue à 95% au moins par la société mère le 20
décembre N, la société mère ne tient pas compte des résultats de cette filiale à compter de la
détermination du résultat d’ensemble de l’exercice N)
- en cas de cessation du groupe, les résultats ne sont plus déterminés selon le régime de
l’intégration fiscale.

Par ailleurs, la sortie d’une filiale ou la cessation du groupe entraînent un certain nombre de
réintégrations liées à des retraitements passés. Ces réintégrations ont été précédemment étudiées,
lors de l’examen de chaque retraitement lié à l’intégration fiscale :
- réintégrations liées aux plus ou moins-values, ou résultats de cessions intra-groupe
antérieurement neutralisés (cf. Fiche N°8, 2.6 et Fiche N°9, 2.2.2)
- réintégrations liées aux subventions et abandons de créance antérieurement neutralisés (cf.
Fiche N°8, 2.5).

Enfin, s’agissant du paiement de l’IS au titre de l’exercice de sortie d’une filiale : la société mère reste
redevable des acomptes d’IS dus par la société sortante au titre de l’exercice de sa sortie. La société
mère doit payer ces acomptes au Service des impôts du lieu d’imposition de cette société sortante.

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RÉGIME DES
SOCIÉTÉS CONDITIONS
MÈRES ET D’APPLICATION
FILIALES

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Ces conditions doivent être appréciées à la date de mise en distribution des produits de la filiale.

1. CONDITION TENANT À LA SOCIÉTÉ MÈRE

1.1 Assujettissement à l’impôt sur les sociétés (CGI, art. 145 1.)
La société mère doit être soumise à « l’impôt sur les sociétés au taux normal ».

Il peut s’agir d’un assujettissement de plein droit (par exemple : société anonyme, société à
responsabilité limitée, société en commandite par action, …) ou sur option (par exemple : société en
nom collectif ayant opté pour l’IS, …).

L’assujettissement peut être total ou partiel.

La société peut être de nationalité française ou étrangère (pourvu qu’elle soit soumise à l’IS).

S'agissant de la notion d' "IS à taux normal", l'Administration fiscale a précisé que le régime s'applique
aux PME, sociétés mères, relevant du taux réduit d'IS de 15% sur la fraction de leur bénéfice limitée à
38 120 € (BOI-IS-BASE-10-10-10-10, n°110).

2. CONDITIONS TENANT À LA SOCIÉTÉ FILIALE


Si la forme juridique est sans incidence au regard de l’application du régime mère/fille, les produits
qu’elle distribue à sa société mère doivent être des dividendes (ou produits assimilés, cf. Fiche
N°17, 1.), en sorte que sont exclues du régime les sociétés relevant du régime fiscal des sociétés de
personnes (exemples : société en nom collectif n’ayant pas opté pour l’IS, SARL de famille ayant opté
pour le régime des sociétés de personnes).

Par ailleurs, le régime mère/fille ne s’applique pas à certains titres spécifiques (exemples : sociétés
d’investissement, sociétés de développement régional, SICOMI, sociétés de capital risque, …) (CGI
art. 145 6.).

Enfin, la société filiale peut être française ou étrangère.

2.1 Forme des titres (CGI, art. 145 1.a)


« Les titres de participation doivent revêtir la forme nominative ou être déposés ou inscrits dans un
compte tenu par l’un des intermédiaires suivants … » (CGI, art. 145 1.a).

- Titres revêtant la forme nominative : le seul fait de leur possession suffit.


- Titres au porteur : ils n’ouvrent droit au régime mère/fille que s’ils sont déposés auprès de certains
organismes (ex. : Trésor public, Banque de France, La Poste, établissements de crédits habilités à
exercer dans l’UE, …)

2.2 Titres en pleine propriété ou en nue-propriété


La société mère doit détenir les titres de la société filiale en pleine propriété ou (depuis 2015) en nue-
propriété (qu’ils aient été acquis ou souscrits à l’émission).

NB : Le Conseil d’État a confirmé dans un arrêt du 20/02/2012 que les titres détenus en usufruit n’ouvrent pas
droit au régime des sociétés mères et filiales.

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2.3 Pourcentage de détention > 5% (CGI, art. 145 1.b)

« Les titres de participation doivent être détenus en pleine propriété ou en nue-propriété et doivent
représenter au moins 5 % du capital de la société émettrice … » (CGI, art. 145 1.b al.1).
NB : Il existe un cas, non étudié ici, dans lequel la participation peut être ramenée à au moins 2,5% du capital
et 5% des droits de vote (si la société mère est contrôlée par des organismes à but non lucratif).

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Le 2ème alinéa de l’article 145 1.b précité prévoit une exception à ce taux minimum de 5% : il s’agit du
cas où le taux de détention par la société mère est réduit à moins de 5% à la suite de la levée
d’options de souscription d’actions par les salariés de la société filiale (opération qui a pour effet
d’augmenter le capital de la filiale, et donc qui entraîne automatiquement la baisse du taux de
détention par la société mère –on dit que la société mère est « diluée »). Dans ce cas, le régime
mère/fille reste applicable à la condition que le pourcentage de 5% soit à nouveau atteint à la suite de
la première augmentation de capital suivant la levée d’option et au plus tard dans un délai de trois
ans.

Il existe d'autres exceptions à ce taux minimum : il s’agit des participations détenues par certaines
banques mutualistes et du cas dans lequel la société mère est contrôlée par un organisme à but non
lucratif (exceptions non étudiées ici).

S’agissant du taux de 5% : une société peut prétendre à l’application du régime mère/fille si elle
détient une participation d’au moins 5% du capital de la filiale, quel que soit le pourcentage de droits
de vote attachés à cette participation (et donc même si elle détient moins de 5% des droits de vote –
cf. arrêt du Conseil d’État du 05/11/2014, n°370650).

Titres sans droit de vote : l’article 145.6-b ter du CGI (selon lequel le régime mère fille n’était pas
applicable aux titres de participation sans droit de vote, sauf si la société détenait des titres
représentant au moins 5 % du capital et des droits de vote de la société émettrice) a été jugé
inconstitutionnel (cf. Conseil Constitutionnel 08/07/2016, n°2016-553 QPC). Ainsi, dès lors que la
société mère remplit la condition de détention de 5% du capital (cf. ci-avant), la totalité des dividendes
perçus peut bénéficier du régime mère/fille.

2.4 Conservation des titres

2.4.1 Règle générale (CGI, art. 145 1.c al.1)

« Les titres de participation doivent avoir été conservés pendant un délai de deux ans» (CGI, art. 145
1.c). NB : Ce délai est porté à 5 ans lorsque le taux de détention est limité à au moins 2,5% (cas non étudié).

Aucun engagement formel n’est nécessaire ; le simple fait de conserver les titres pendant cette durée
suffit à ne pas remettre en cause le bénéfice du régime.

Le régime mère/fille s’applique dès la première année de détention des titres de la filiale, mais n’est
définitivement acquis que si le délai de conservation de deux ans est respecté (si cette condition n’est
pas respectée, la société mère doit verser au Trésor l’impôt dont elle a été exonérée indûment, majoré
de l’intérêt de retard).

Cette obligation de conservation pendant deux ans s’applique à la participation représentant au moins
5% du capital de la filiale (et non à tous les titres ainsi que l’Administration fiscale l’estimait jusqu’en
2016). Ainsi, dès lors qu’une société garde la qualité de société mère, les dividendes qu’elle perçoit
bénéficient du régime mère/fille, alors même qu’une fraction des titres n’aurait pas été conservée deux
ans.
NB : Cet assouplissement est issu d’un arrêt du Conseil d’État (cf. arrêt du 15/12/2014, n°380942) et
l’Administration fiscale s’est alignée sur cette position depuis juin 2016.

Précision : le prêt de titres pendant la période de conservation de deux ans entraîne la rupture de la
conservation des titres (même si aucun détachement de droit à dividende n’intervient pendant la
période de prêt).

2.4.2 Incidence des restructurations (CGI, art. 145 1.c al. 2 à 4)

La règle de conservation des titres pendant deux ans est assouplie dans trois situations de
restructuration.

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Situation 1 : Apports de titres placés sous le régime des fusions (CGI, art. 145 1.c al.2)

Ces apports sont considérés comme des événements intercalaires pour l’appréciation du délai de 2
ans. Lorsque la société mère apporte les titres de la filiale (avant l’expiration du délai de 2 ans) sous le
régime des fusions, le délai est décompté depuis la date d’acquisition (ou de souscription) par la
société mère et jusqu’à la date de cession par la société bénéficiaire de l’apport. Ce décompte du
délai est valable à la fois pour la société mère apporteuse, et ensuite pour la société bénéficiaire de

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l’apport.

Rappel : Les apports de titres susceptibles d’être placés sous le régime des fusions sont ceux
réalisés dans le cadre de l’absorption de la société mère ou d’un apport partiel d’actif par
la société mère comprenant dans l’actif apporté les titres de la filiale.

Situation 2 : Échanges de titres dans le cadre d’une fusion ou d’une offre publique d’échange
(CGI, art. 145 1.c al.3)

Pour ces opérations, le délai de conservation de 2 ans est reporté sur les titres reçus en échange,
lorsque l’une des opérations suivantes est réalisée sur les titres de la filiale (avant l’expiration du délai
de 2 ans de détention de la filiale par la société mère) :
- absorption de la filiale, placée ou non sous le régime fiscal de faveur des fusions,
bénéficiant des dispositions de l’article 38.7 bis du CGI (la société mère se voit remettre
des titres de la société absorbante à la place de ceux de la filiale)
- offre publique d’échange portant sur les titres de la filiale, bénéficiant des dispositions de
l’article 38.7 du CGI (la société mère remet à l’échange les titres de la filiale et reçoit en
contrepartie des titres d’une autre société).

Le délai de 2 ans est, dans ces situations, décompté jusqu’à la date de cession par la société mère
des titres reçus en échange.

Situation 3 : Annulation de titres résultant de la fusion entre la société mère et la société filiale
(CGI, art. 145 1.c al.4)

Le délai de 2 ans n’est pas interrompu en cas de fusion entre la société mère et la société filiale (quel
que soit le sens de la fusion), à condition que l’opération de fusion soit placée sous le régime de
faveur des fusions.

2.5 La société filiale doit être dotée d'une substance économique (clause anti-abus –
CGI, art.145 6.k)

Les dividendes distribués dans le cadre d'un montage mis en place afin d'obtenir un avantage allant à
l'encontre de la finalité du régime mère/fille n'ouvrent pas droit à ce régime si le montage n'est pas
"authentique" (c'est-à-dire s'il ne repose pas sur une justification économique).

3. NÉCESSITÉ D’UNE OPTION

Le régime mère/fille est optionnel : en effet, l’article 216 du CGI prévoit que « Les produits nets des
participations … peuvent être retranchés… ».

L’option doit concerner tous les produits attachés aux titres d’une même société filiale, mais elle ne
doit pas obligatoirement concerner toutes les sociétés filiales d’une société mère (autrement dit, une
société mère peut décider d’appliquer le régime mère/fille aux dividendes d’une filiale A et pas à ceux
d’une filiale B).

L’option est annuelle : une fois exercée, elle s’applique à tous les titres détenus par une société mère
dans une filiale, et à tous les produits distribués par cette filiale au cours de l’exercice.
L’option résulte de l’inscription du montant des dividendes sur la ligne correspondante de l’imprimé de
détermination du résultat fiscal (ligne XA de l’imprimé 2058-A millésime 2019).

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RÉGIME DES
SOCIÉTÉS EXONÉRATION DES
MÈRES ET
FILIALES
PRODUITS DE FILIALES

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C’est l’article 216 qui fixe ce régime d’exonération.
Ce régime mère/fille permet d’éviter l’imposition des produits de filiales : en effet, dans le régime de
droit commun, les dividendes sont compris dans le résultat fiscal imposable.

1. NATURE DES PRODUITS OUVRANT DROIT AU RÉGIME


Le régime mère/fille est applicable aux dividendes distribués.
Le régime mère/fille est aussi applicable aux autres produits que la société mère reçoit de sa filiale en
sa qualité d’actionnaire (ou porteur de parts), notamment les distributions de réserves, de droits
sociaux d’autres personnes morales, de droits de souscription, ou encore le boni de liquidation.
Rappel : les dividendes distribués par des filiales étrangères ouvrent droit au régime mère/fille.

2. MODALITÉS DE L’EXONÉRATION APPLICABLE

2.1 Principe (CGI, art. 216 I. al.1)


Les produits ouvrant droit au régime mère/fille sont retranchés du bénéfice net de la société mère,
défalcation faite d’une quote-part de frais et charges (cf. ci-après 2.2).
Dans le cas où un crédit d’impôt est attaché au dividende (cas de certains dividendes de filiales
étrangères), le montant à retrancher au bénéfice net de la société mère est égal au dividende net
encaissé par cette dernière (donc hors impôt payé dans le pays d’origine qui constitue le crédit
d’impôt). Le crédit d’impôt ne peut alors être utilisé par la société mère (il n’est pas imputable sur
l’impôt sur les sociétés dû par cette dernière, car le dividende auquel il se rattache n’est pas imposé).
En revanche, ce crédit d’impôt reste imputable sur l’impôt sur les sociétés dû par la société mère si
celle-ci n’applique pas le régime mère/fille au dividende correspondant.

2.2 Quote-part de frais et charges (CGI, art. 216 I. al.2)


La quote-part de frais et charges est égale à 5% du produit total des participations, crédit d’impôt
éventuel compris.

Exception pour les dividendes intra-groupe (intégration fiscale, étudiée ci-avant) : taux de 1%
Pour les dividendes versés (depuis les exercices ouverts le 01/01/2016) entre des sociétés
appartenant à un même groupe d'intégration fiscale, la quote-part de frais et charges est égale à 1 %
du produit total des participations (ce taux s'applique aussi à certains dividendes versés par des
filiales situées en Union Européenne, en Islande, en Norvège ou au Liechtenstein).

Sur le plan formel, le montant du dividende à retrancher du bénéfice net (c’est à dire la différence
entre le dividende perçu et la quote-part de frais et charges) est inscrit sur l’imprimé de détermination
du résultat fiscal, ligne XA (cf. imprimé 2058-A) intitulée « Régime des sociétés mères et des filiales,
Produit net des actions et parts sociales ». La quote-part de frais et charges doit être mentionnée sur
cette même ligne XA, dans la case 2A prévue à cet effet intitulée « Quote-part de frais et charges
restant imposable à déduire des produits nets de participations ».

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2.3 Exemples

Exemple n°1

Une société mère M reçoit en N un dividende de sa filiale française F (hors intégration fiscale),
ouvrant droit au régime mère fille. Ce dividende s’élève à 20 000 euros.

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M doit déduire de son résultat imposable la somme de :
20 000 – (20 000 x 5%) = 20 000 – 1 000 = 19 000 €

Sur l’imprimé 2058-A, la société M inscrit la somme de 19 000 € en case XA et la somme de 1 000 €
dans la case 2A « quote-part … » de la même ligne.

Avec un taux d’IS de 33,1/3%, l’IS est égal 1 000 x 33,1/3% = 333 €,
soit un taux effectif d’imposition de 333 / 20 000 = 1,67%.

Avec un taux d’IS de 31%, l’IS est égal 1 000 x 31% = 310 €,
soit un taux effectif d’imposition de 310 / 20 000 = 1,55%.

Avec un taux d’IS de 28%, l’IS est égal 1 000 x 28% = 280 €,
soit un taux effectif d’imposition de 280 / 20 000 = 1,40%

Exemple n°2

Une société mère M reçoit en N un dividende de sa filiale française F, ouvrant droit au régime mère
fille. M et F sont membres du même périmètre d’un groupe ayant opté pour l’intégration fiscale. Ce
dividende s’élève à 20 000 euros.

M doit déduire de son résultat imposable la somme de :


20 000 – (20 000 x 1%) = 20 000 – 200 = 19 800 €

Sur l’imprimé 2058-A, la société M inscrit la somme de 19 800 € en case XA et la somme de 200 €
dans la case 2A « quote-part … » de la même ligne.

Avec un taux d’IS de 33,1/3%, l’IS est égal 200 x 33,1/3% = 67 €,


soit un taux effectif d’imposition de 67 / 20 000 = 0,33%.

Avec un taux d’IS de 31%, l’IS est égal 200 x 31% = 62 €,


soit un taux effectif d’imposition de 62 / 20 000 = 0,31%.

Avec un taux d’IS de 28%, l’IS est égal 200 x 28% = 56 €,


soit un taux effectif d’imposition de 56 / 20 000 = 0,28%

Exemple n°3

Une société mère M reçoit en N un dividende de sa filiale étrangère F, ouvrant droit au régime mère
fille. Ce dividende s’élève à 20 000 euros (montant brut) ; une retenue à la source de 10% a été payée
dans l’État de la filiale, soit 2 000 euros ; la société M a donc encaissé (et par hypothèse comptabilisé)
la somme de 18 000 euros. La retenue à la source de 10% constitue un crédit d’impôt pour la société
M.

M doit déduire de son résultat imposable la somme de :


18 000 – [(18 000 + 2 000) x 5%] = 18 000 – 1 000 = 17 000 €

Sur l’imprimé 2058-A, la société M inscrit la somme de 17 000 € en case XA et la somme de 1 000 €
dans la case 2A « quote-part … » de la même ligne.

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NOTIONS SUR
LES AUTRES NOTIONS SUR LE RÉGIME DE
RÉGIMES DE CONSOLIDATION DU
GROUPE
PAIEMENT DE LA TVA

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Les groupes étant de plus en plus nombreux dans l’économie, de nouvelles problématiques voient le jour,
notamment en matière fiscale. En effet, les dirigeants sont en demande de régimes fiscaux qui tiennent compte
de la spécificité des groupes. Si, en matière d’imposition des bénéfices, le législateur a, depuis 1988, répondu
aux attentes des groupes (avec le régime de l’intégration fiscale), la TVA n’avait encore pas été abordée par la
loi fiscale jusqu’en 2010.
La loi de Finances rectificative pour 2010 (du 29/12/2010) a commencé l’ébauche d’une intégration fiscale en
matière de TVA, en commençant par instaurer un régime permettant à compter de 2012 de consolider le
paiement de la TVA (CGI, art. 1693 ter). Peut-être que dans les prochaines années, on aboutira à la création
d’un régime qui permettra, comme en matière de bénéfices, de déterminer une unique base d’imposition à la
TVA pour un groupe de sociétés ? À suivre …

1. ENTRÉE EN VIGUEUR DU RÉGIME


L’option pour ce régime peut être exercée depuis le 1er janvier 2012.
Compte tenu des effets de l’option (cf. ci-après 3.), une option formulée en 2019 s’applique pour la première
fois :
- en cas d’exercice calqué sur l’année civile : au 1er janvier 2020 si option en 2019
- en cas d’exercice clôturant en cours d’année : au 1er jour de l’exercice suivant l’option (par exemple si
exercice 1er mai – 30 avril et option en février 2019, application pour l’exercice 1er mai 2019 – 30 avril
2020).

2. ENTITÉS CONCERNÉES
- Il s’agit des groupes dans lesquels le capital des sociétés filiales est détenu, directement ou indirectement, à
plus de 50% par la société mère. La détention doit être continue sur la période d’application du régime.
Le périmètre de ce régime en matière de TVA peut donc être différent du périmètre applicable pour
l’intégration fiscale.
- Toutes les sociétés membres du groupe doivent respecter plusieurs conditions :
o Être soumises à l’obligation de déclarer leur TVA par voie électronique auprès de la DGE (Direction
des Grandes Entreprises)
o Clôturer leurs exercices à la même date
o Relever du régime du réel normal de TVA.

3. OPTION À FORMULER
- La société mère doit formuler une option auprès de la DGE.
- Les sociétés membres du groupe doivent formaliser avec la société leur accord pour l’application de ce
régime (par exemple en signant une convention prévoyant la répartition des crédits de TVA).
- L’option couvre une période initiale de 2 exercices comptables, démarrant au 1er jour de l’exercice
comptable suivant celui au cours duquel elle est notifiée à la DGE.
- À défaut de dénonciation, l’option continue d’exister.

4. FONCTIONNEMENT DU RÉGIME DE CONSOLIDATION


- Chaque société membre du groupe effectue sa propre déclaration mensuelle de TVA, mais sans
l’accompagner d’un paiement (en cas de solde à payer) ou d’une demande de remboursement (en cas
d’excédent).
- La société mère dépose une déclaration récapitulative pour elle et l’ensemble des sociétés membres du
groupe consolidé, mentionnant les soldes à payer et/ou les excédents de toutes les sociétés. Une
compensation est opérée entre les soldes à payer et les excédents de toutes les sociétés. Cette déclaration
récapitulative est accompagnée du règlement global (en cas de solde positif) ou d’une demande de
remboursement (en cas de solde négatif).

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Fiscalité des groupes
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de sociétés
Fiches
DSCG

ISBN : 978-2-35765-842-4

Imprimé en septembre 2019 par Impremium, Marseille


Dépôt légal : septembre 2019
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