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Travaux pratiques du cours de Géotechnique et infrastructures

Synthèse sur le Fascicule 6 : Fondations superficielles

Calcul de la capacité portante – méthode classique (voir p. 6-10) :

La capacité portante limite (ou charge ultime, notée p ou qf ou ql) est la charge à partir de laquelle il
y a rupture du sol par cisaillement. Différents modèles plus ou moins simplifiés ont été proposés
pour expliquer comment le sol se rompt sous une fondation superficielle. Parmi ces modèles, nous
pouvons citer ceux de Rankine (p. 6-14), de Prandtl (p. 6-18), de Terzaghi (p. 6-22) et de Caquot et
Kérisel (p. 6-26).

La capacité portante admissible (ou charge admissible, notée pa ou qa) est la charge réellement
admissible et à partir de laquelle les structures sont dimensionnées face à la rupture du sol (p. 6-41).
Le passage de la capacité portante limite à la capacité portante admissible se réalise en appliquant
un coefficient de sécurité (SF) tel que :
𝑝
𝑝𝑎 =
𝑆𝐹
Avec SF qui équivaut habituellement à 3 pour les fondations superficielles.

a. Forme simplifiée
Les modèles aboutissent au calcul de la capacité portante limite (p aussi notée qf) sous une fondation
superficielle (Figure 1), selon la forme canonique additive suivante :

𝐵
𝑝 = 𝑞. 𝑁𝑞 + 𝛾 2 𝑁𝛾 + 𝑐. 𝑁𝑐 [N/m²]

𝑝 = 𝑡𝑒𝑟𝑚𝑒 𝑑𝑒 𝑝𝑟𝑜𝑓𝑜𝑛𝑑𝑒𝑢𝑟 + 𝑡𝑒𝑟𝑚𝑒 𝑑𝑒 𝑠𝑢𝑟𝑓𝑎𝑐𝑒 + 𝑡𝑒𝑟𝑚𝑒 𝑑𝑒 𝑐𝑜ℎé𝑠𝑖𝑜𝑛

Figure 1. Fondation superficielle.

Avec :
Nq, Nγ et Nc : coefficients sans dimension qui sont fonction uniquement de l’angle de frottement
interne du sol (𝜙). Des tables reprennent leur valeur en fonction de 𝜙 à la p. 6-45.
Différents modèles y sont proposés. Habituellement, nous considérons le modèle de
Prandtl pour Nq et Nc et le modèle de Caquot/Kérisel pour Nγ, sauf si le choix du
modèle est précisé dans l’énoncé.
Dans le terme de profondeur :
q = γ.D : contrainte verticale se trouvant à la profondeur (D) correspondant à la base de la
fondation superficielle (p. 6-14). Elle représente donc la surcharge des terrains sus-
jacents situés de part et d’autre de la fondation.
Dans le terme de surface :
γ: poids volumique du sol situé immédiatement sous la fondation superficielle
B: largeur de la base de la fondation superficielle
Dans le terme de cohésion :
c: cohésion du sol situé immédiatement sous la fondation superficielle

Fascicule 6 – Fondations superficielles 1


b. Coefficients correctifs
Les modèles mentionnés ci-dessus ne concernent que des cas très simples. Pour s’approcher au
mieux des situations rencontrées dans la réalité, différents coefficients correctifs doivent être
ajoutés à l’équation précédente qui devient alors :

𝐵′
𝑝 = 𝑠𝑞 . 𝛿𝑞 . 𝑞. 𝑁𝑞 + 𝑠𝛾 . 𝛿𝛾 . 𝛾 ′ 𝑁 + 𝑠𝑐 . 𝛿𝑐 . 𝑐. 𝑁𝑐
2 𝛾
- Forme de la fondation (p. 6-30) : coefficients sq, sγ et sc à ajouter dans chacun des termes
respectifs de l’équation de base (voir tableaux p. 6-31).
 Pour une semelle carrée ou rectangulaire :
𝐵 𝐵
𝑠𝑞 = 𝑠𝑐 = 1 + 0,2 ; 𝑠𝛾 = 1 − 0,4
𝐿 𝐿
Avec, L : longueur de la fondation superficielle.
 Pour une semelle circulaire :
𝑠𝑞 = 1; 𝑠𝑐 = 1,3; 𝑠𝛾 = 0,6

- Influence de l’eau (p. 6-31) :


En milieu saturé, considérer le poids volumique déjaugé (γ’) du sol et une cohésion nulle.

- Terrains stratifiés (p. 6-33) : cas où une couche résistante dans laquelle repose la fondation
superficielle surmonte une couche de caractéristiques mécaniques médiocres.
Dans ce cas, il faut calculer une largeur de semelle fictive (B’) au sommet de la couche médiocre,
en tenant compte de la diffusion des charges avec la profondeur.

- Charges inclinées et/ou excentrées (p. 6-36) :


 Dans le cas d’une charge verticale excentrée (Figure 2A) appliquée sur une semelle de fondation
horizontale, il faut recalculer les dimensions d’une semelle fictive équivalente (B’) qui
correspond à :
𝐵′ = 𝐵 − 2𝑒
Avec, e : l’excentricité de la charge

Figure 2. A. Charge excentrée ; B. Charge inclinée.

 Dans le cas d’une charge inclinée d’un angle ϑ par rapport à la verticale (Figure 2B), appliquée
au centre de la base de la semelle de fondation, il faut ajouter les coefficients δq, δc et δγ (voir
tableau p. 6-38).
Utiliser les valeurs suivantes :
𝜃 2 𝜃 2
𝛿𝑞 = 𝛿𝑐 = (1 − ) ; 𝛿𝛾 = (1 − ) 𝑜𝑢 0 𝑠𝑖 𝜃 > 𝜙
90° 𝜙
Avec, 𝜙 : l’angle de frottement interne

Fascicule 6 – Fondations superficielles 2


Calcul des tassements – méthode classique (voir p. 6-48) :

Méthodologie à suivre :

1. Discrétisation du problème (voir p. 6-65) :


On discrétise le sol sous le niveau de la fondation en un certain nombre de sous-couches
pouvant être considérées comme homogènes, et dans chacune desquelles on peut
raisonnablement considérer les contraintes comme constantes. L’épaisseur de ces sous-
couches est choisie en fonction des dimensions de la fondation et de la précision souhaitée.

2. Estimation des contraintes verticales effectives initiales (σ’i) :


Ce calcul est réalisé en considérant les contraintes situées au milieu de chaque sous-couche.

3. Estimation de l’accroissement de contraintes dans chaque sous-couche (Δσ’v) :


Pour tenir compte de la diffusion de la charge en fonction de la profondeur, on utilise le
modèle élastique de Boussinesq (voir p. 6-50). Pour des raisons de simplification, la semelle
est souvent considérée comme étant circulaire. Il faut alors recalculer une semelle circulaire
équivalente de même superficie que la semelle originelle. Dans ce cas, les contraintes
verticales engendrées par la fondation (σz) se calculent comme suit (voir p. 6-56) :
𝑧³
𝛥𝜎′𝑣 = 𝜎𝑧 = 𝑞 {1 − 2 }
(𝑧 + 𝑅 2 )3/2
avec,
q [N/m²] : charge de la fondation
z [m] : profondeur sous la semelle de fondation
R [m] : rayon de la semelle circulaire équivalente

4. Estimation des contraintes verticales effectives finales :


Somme des contraintes verticales effectives initiales (σ’i) et de l’accroissement de contraintes
(Δσ’v).

5. Calcul du tassement dans chaque sous-couche i (ΔHi) :


Ce calcul considère le modèle oedométrique vu précédemment dans le fascicule 4 (voir
p. 4-6).

6. Calcul du tassement total (ΔH) :


Somme des tassements de chaque sous-couche considérée.

Fascicule 6 – Fondations superficielles 3


Méthodes basées sur le CPT (voir p. 6-89) :

Calcul de la capacité portante :

L’essai de pénétration statique (CPT) mesure la résistance à l’enfoncement d’un cône (qc) en fonction
de la profondeur. Puisque ce seul paramètre est mesuré, alors qu’il y a deux inconnues (c et 𝜙), il
faudra choisir entre deux situations :
- soit c ǂ 0 et 𝜙 = 0
- soit c = 0 et 𝜙 ǂ 0
Remarque : dans le cas des travaux pratiques, nous considérerons le second cas.

a. Calcul de 𝜙 :
Dans le cas d’un sol pulvérulent (c = 0), qc est interprété comme étant la force portante limite de la
pointe du CPT.
Alors, la formule de base du calcul de la capacité portante pour les fondations superficielles se voit
simplifiée :
- terme de cohésion = 0 car c = 0
- terme de surface négligeable car la surface de la pointe du CPT est très petite (10 cm²)
Il en résulte que, pour une profondeur z donnée :
𝑞𝑐 (𝑧) = 𝑞(𝑧). 𝑁𝑞
avec,
q = σ’v0 = γ’.z
Nq : coefficient valable pour les fondations profondes  les tables p. 6-45 ne sont pas applicables !
D’après Meyerhof,
𝑁𝑞 = 𝑒 7.𝑡𝑎𝑛𝜙
Remarque : d’autres formulations ont été proposées et sont présentées graphiquement à la p. 4-51.

b. Calcul de p et pa :
Une fois que l’angle de frottement (𝜙) du sol est connu, on peut appliquer la formule des fondations
superficielles à la fondation en question :
𝐵
𝑝 = 𝑞. 𝑁𝑞 + 𝛾 𝑁 + 𝑐. 𝑁𝑐
2 𝛾
avec le terme c.Nc = 0, puisque c = 0 (hypothèse de départ)

La capacité portante admissible brute se calcule de la même manière que dans la méthode classique.
Remarque : il est également possible de calculer la capacité portante admissible comme suit :
𝑝 − 𝛾𝐷
𝑝𝑎 = 𝛾𝐷 +
𝑆𝐹
Avec SF qui équivaut habituellement à 3 pour les fondations superficielles et où le second terme
équivaut à la capacité portante admissible nette (pa,nette).

Enfin, il existe également une formule empirique proposée par L’Herminier qui relie qc et pa (voir p.
6-90) :
𝑞𝑐
𝑝𝑎 =
10

Fascicule 6 – Fondations superficielles 4


Méthodes basées sur le pressiomètre (voir p. 6-76) :

Il existe une méthode simplifiée lorsqu’on est en présence d’un sol homogène, et qui le reste
suffisamment en profondeur sous la fondation (voir p. 6-77 et p. 6-84). Il existe également une
méthode adaptée à un sol hétérogène sous la fondation (voir p. 6-79 et p. 6-86).
Remarque : seul le cas d’un sol homogène sera réalisé aux séances de travaux pratiques.

Calcul de la capacité portante en terrains homogènes (voir p. 6-77) :

La capacité portante limite (ql) au moyen du pressiomètre se calcule comme suit :

𝑞𝑙 = 𝑘. (𝑝𝑙 − 𝑝0 ) + 𝑞0

En présence d’eau, l’équation devient :

𝑞𝑙 = 𝑘. ((𝑝𝑙 − 𝛾𝑤 . ℎ) − 𝐾0 . (𝛾 − 𝛾𝑤 ). ℎ) + 𝛾. ℎ
avec,
ql : capacité portante limite
p0 : contrainte horizontale au repos
q0 : contrainte verticale au repos
k : facteur de portance pressiométrique qui est déterminé via l’abaque proposé par Ménard p. 6-81
et présenté ci-dessous (Figure 3). Ce facteur de portance pressiométrique dépend :
- de la nature du sol : répartition en différentes catégories de sol en fonction de la valeur de pl
(utiliser tableau p. 6-79).
- de la forme de la fondation : L/2R avec R = B/2
- de l’encastrement : he/R avec R = B/2 et he = D

Figure 3. Abaque de k – fondations superficielles – méthode pressiométrique (Ménard).

Le calcul de la capacité portante admissible se fait de la même manière que dans la méthode
classique.

Fascicule 6 – Fondations superficielles 5


Calcul du tassement en terrains homogènes (voir p. 6-84) :

L’évaluation du tassement final (S) sous une fondation superficielle au moyen des paramètres
pressiométriques Ep (module pressiométrique) et pl (pression limite) vaut :

2 ′ 𝐵 𝛼
𝑆= 𝑞 . 𝐵0 . (𝜆𝑑 . )𝛼 + . 𝑞 ′ . 𝜆𝑐 . 𝐵
9𝐸𝑑 𝐵0 9𝐸𝑐
avec,
Ed : module pressiométrique du champ lointain sous la fondation
Ec : module pressiométrique du champ proche sous la fondation
q’ : contrainte nette appliquée par la fondation avec :
𝑞 ′ = 𝑞𝑎 − 𝑞0
B : largeur d’une fondation rectangulaire ou filante, ou bien le diamètre d’une fondation circulaire
B0 : largeur d’une fondation de référence qui équivaut à 0,6 m

α : facteur de forme lié au type et au degré de surconsolidation du sol (voir tableau p. 6-85)
λd et λc : coefficients de forme de la fondation (voir tableau p. 6-85)

Remarque :
- si sol homogène, Ed = Ec
- si D < B, alors le tassement final (S) doit être majoré de 10 % si D = B/2 et de 20 % si D = 0 (voir p.
6-87)

Fascicule 6 – Fondations superficielles 6

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