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REPOBLIKAN' I MADAGASIKARA

FAHAFAHANA – TANINDRAZANA – FANDROSOANA

PLAN REGIONAL DE DEVELOPPEMENT

REGION BOENY

Mars 2005

PREFACE

Le Plan Régional de Développement de la Région BOENY, version 2005, s'appuie largement sur le développement socioéconomique du monde rural et se fixe comme principal objectif l'impact réel et pragmatique du fruit de la croissance au niveau de chaque foyer familial, dans le cadre de la lutte contre la pauvreté qui sévit dans notre région.

Il va sans dire que les deux communes urbaines de la Région, sur les quarante-trois serviront de locomotive et font partie des pôles de développement économique.

Les trois grandes filières stratégiques que nous avons pu dégager durant le processus participatif sont: l'aquaculture, la pêche qu'elle soit industrielle ou traditionnelle ; le tourisme (l'écotourisme, le tourisme balnéaire et culturel) et enfin le secteur agroalimentaire, permettant de passer d'une économie de subsistance à une économie de marché en créant une nouvelle dynamique de forte valeur ajoutée.

Le PRD de la région Boeny a comme finalité la trilogie stratégique du DSRP pour le développement régional, à savoir:

- Réduire la pauvreté régionale par la maîtrise des facteurs démographiques et par le renforcement accru de la sécurisation humaine et matérielle;

- Promouvoir des décisions décentralisées objectives et efficaces ainsi qu’une administration de proximité effective

- Susciter et promouvoir une croissance économique à base sociale très élargie

Pour leur contribution financière et technique et surtout pour leur encadrement efficace, à toutes les étapes du processus de planification, nous tenons à remercier les entités suivantes:

La Présidence de la République de Madagascar et les membres du Gouvernement, en l'occurrence le MIRA et le SEDDCR Les treize (13) parlementaires de la Région Boeny Le PNUD / DAP 1 et le Programme USAID /MISONGA Le Secrétariat Technique du CAPE - Antananarivo La Délégation Spéciale de la Province Autonome de Mahajanga et les services déconcentrés Les 43 Communes et les organisations de Société Civile, du Secteur Privé et confessionnel Les organismes d'appui opérant dans la région Boeny

Le Chef de Région RAKOTOMALALA Max Olivier Andriananja

ACRONYMES

AFID

Alphabétisation Fonctionnelle Intensive pour le Développement

AGR

Activités Génératrices de Revenus

APC

Approche Par les Compétences

BEPC

Brevet Elémentaire de Premier Cycle

CCC

Communication pour le Changement de Comportement

CCIAA

Chambre de Commerce, d'Industrie, d'Agriculture et d'Artisanat

CDCC

Centre de Développement de la Culture de Crevettes

CDAV

Centre de Dépistage Anonyme Volontaire

CEG

Collège d'Enseignement Général

CDPHM

Centre de Distribution des Produits Halieutiques de Mahajanga

CEPE

Certificat d'Etudes Primaire Elémentaire

CHD

Centre Hospitalier de District

COSAN

Comité de Santé

CRENA

Centre de Récupération Nutritionnelle Ambulante

CRENI

Centre de Récupération Nutritionnelle Intensive

CSB

Centre de Santé de Base

CTD

Collectivités Territoriales Décentralisées

DREMC

Délégation Régionale de l'Education de Masse et de Civisme

EAM

Entreprendre à Madagascar

EASTA

Ecole d'Application des Sciences et des Techniques Agricoles

EF

Education Fondamentale

EFEN

Equipe Féminine d'Education Nutritionnelle

EKA

Ezaka Kopia Ho an'ny Ankizy

EMTH

Ecole Majungaise de Tourisme et d'Hôtellerie

ENEM

Ecole Nationale d'Enseignement Maritime

EPP

Ecole Primaire Publique

EPT

Education Pour Tous

EVF

Education à la Vie Familiale

FANOME

Fandraisana Anjara No Mba Entiko

FIB

Fiche d'Identification des Bovidés

FID

Fonds d'Intervention pour le Développement

FISA

Fianakaviana Sambatra

FIVPAMA

Fivondronan'ny Mpandraharaha Malagasy

FOFIFA

Foibe Fikarohana Momban'ny Fambolena

FRAM

Fikambanan'ny Ray Aman-dRenin'ny Mpianatra

GCV

Greniers Communautaires Villageois

GTDR

Groupement de Travail pour le Développement Rural

IEC

Information-Education-Communication

IRA

Infection Respiratoire Aiguë

IST/SIDA

Infection Sexuellement Transmissible/Syndrome Immuno-Déficitaire Acquis

JCE

Jeune Chambre Economique

JIRAMA

Jiro sy Rano Malagasy

MAEP

Ministère del'Agriculture, de l'Elevage, et de la Pêche

MIRA

Ministère de l'Intérieur et de la Réforme Administrative

MITA

Moyens Intermédiaires de Transports Améliorés

OPCI

Organisme Public de Coopération Intercommunale

PADR

Plan d'Action pour le Développement Rural

PCD

Plan Communal de Développement

PEV

Programme de Vaccination Elargi

PF

Planification Familiale

PHAGECOM

Pharmacie de Gestion Communautaire

PHAGEDIS

Pharmacie de de Gros de District

PK

Point Kilométrique

PLAE

Projet de Lutte Anti-Erosive

PMI

Protection Maternelle et Infantile

PNRC

Programme National de Recherche Crevettière

PPN

Produit de Première Nécessité

PSDR

Projet de Soutien au Développement Rural

RFT

Réserve Foncière Touristique

RIP

Route d'Intérêt Provincial

RN

Route Nationale

RNT

Route Nationale Temporaire

SRA

Santé Reproductive des Adolescents

SRO

Système de Réhydratation Orale

TCV

Taux de Couverture Vaccinale

TUCE

Taux de Consultation Externe

TUPF

Taux d'Utilisation de Planning Familial

TUSNE

Taux d'Utilisation de Surveillance Nutritionnelle des Enfants

UFP

Unité de Formation Professionalisante

VINA

Vision "Madagascar Naturellement"

VNA

Vaomieran'Ny Ala

VOI

Vondron'Olona Ifotony

SOMMAIRE

 

PREFACE

2

ACRONYMES

3

I- INTRODUCTION

7

I-

1 CONTEXTE ACTUEL

7

I-

2 PRESENTATION DU PLAN REGIONAL DE DEVELOPPEMENT

7

I-3 LES METHODOLOGIES ET ETAPES PARCOURUES

9

A- MONOGRAPHIE SOCIOCULTURELLE

13

A-1 GENERALITES SUR LA REGION

14

A-1-1 Localisation de la région

14

A-1-2 Hydrographie

14

A-1-3 Pédologie

14

A-1-4 Formations végétales

14

A-1-5 Climat et pluviométrie

15

A-2 PRESENTATION DE LA POPULATION REGIONALE

16

A-2-1 La composition par âge et par sexe

16

A-2-2 La répartition géographique

16

A-2-3 Les conditions féminines

18

A-2-4 La répartition ethnique

18

A-3 ACCES DE LA POPULATION AUX SERVICES SOCIAUX DE BASE

21

A-3-1 Accès de lapopulation aux soins et à la santé

21

A-3-2 Accès à l'éducation et à la formation

26

A-4 ACCES A LA SECURISATION HUMAINE ET MATERIELLE

33

A-4-1 Accès aux infrastructures de transport et de communication

33

A-4-2 Les catastrophes naturelles

35

A-4-3 La sécurité publique

35

A-4-4 La sécurité alimentaire

36

B- MONOGRAPHIE ECONOMIQUE

40

B-1 AGRICULTURE

41

B-1-1 Les principaux produits agricoles

41

B-1-2 La Riziculture

43

B-1-3 Les contraintes

48

B-2 ELEVAGE

51

B-2-1 Cheptel et santé animale

51

B-2-2 Structures d'appuis et infrastructures de base

54

B

2-3 Les techniques d'élevage

54

B-2-4 Les contraintes

55

B-3 LES INVESTISSEMENTS PRIVES

56

B-3-1 LA REPARTITION SECTORIELLE ET SPATIALE

56

B-3-2 L' EVOLUTION DES INVESTISSEMENTS

56

B-3-3 Les ATOUTS

58

B-3-4 LES CONTRAINTES

62

B-4 L'AQUACULTURE et LA PËCHE

65

B-4-1 L'Aquaculture

65

B-4-2 La Pêche Maritime et Continentale

68

B-4-3 La Pêche Traditionnelle

70

B-5 LE TOURISME

74

B-5-1 Les produits touristiques

74

B-5-2 Les infrastructures d’accueils

75

B-5-3 Les contraintes

77

B-6 SECTEUR ENERGIE ET MINE

80

B-6-1 Secteur énergie

80

B-6-2 Secteur minier

80

B-7 SECTEUR FORESTIER

83

B-7-1 Les Potentialités

83

B-7-2 Les contraintes

84

B-8 ARTISANAT

86

B-8-1 Les Potentialités

86

B-8-2 Les contraintes

87

II-- IINNTTRROODDUUCCTTIIOONN

I- 1 CONTEXTE ACTUEL

Dans le cadre de la mise en œuvre de la Décentralisation, la Constitution, notamment en son article 126 alinéa 4, a prévu la mise en place de structures à différents niveaux, à savoir entre autres les Régions et les Communes.

La loi n° 2004-001 du 17 juin 2004 stipule des dispositions relatives aux Régions quant à leur mise en place et à leurs ressources, portant ainsi des précisions par rapport aux lois sur la décentralisation de 1993 et 1995.

De tout ceci, il appert que la Région a comme vocation d'assurer le développement économique et social dans son ressort territorial, de coordonner et d'intégrer les actions de développement initiées à la base.

Aux fins de leur conférer une efficacité totale et une opérationnalité effective, les Régions ont donc été organisées en tant que Collectivités Territoriales Décentralisées et Circonscriptions Administratives. La considération de la vocation économique, des critères d'homogénéité géographique, historique et sociologique ainsi que la capitalisation des acquis en matières d'actions de développement régional, eu égard notamment aux cadres régionaux d'intervention utilisée par le GTDR, est à la base de la délimitation actuelle des Régions à travers l'île. Par ailleurs, et dans ce sens, les moyens humains, matériels et les ressources des ex- Fivondronampokontany, des Préfectures et des sous-Préfectures correspondant à leurs limites territoriales feront l'objet de transferts au profit des Régions.

De la loi n°2004-001 citée ci-dessus, nous soulignerons entre autre l'article 8.1 qui stipule des domaines de compétence de la Région, notamment, à titre d'exemple :

"…

- l'identification des axes prioritaires de la Région ;

- l'établissement d'un programme-cadre et/ou plan régional de développement (PRD) ;

- le cadrage et la programmation des actions de développement d'envergure régionale

- …"

A ces différents égards, la Région Boeny a pris, dès la nomination des membres dirigeants de

son

développement à sa mesure et dans le respect strict de la philosophie et de la démarche qui définissent tout Plan Régional de Développement, tout "PRD" comme il convient de l'appeler actuellement.

initiatives, dont principalement l'élaboration d'un plan de

Exécutif,

diverses

I- 2 PRESENTATION DU PLAN REGIONAL DE DEVELOPPEMENT

I- 2-1 L’intérêt du PRD De par sa mission, la Région BOENY a élaboré son plan régional de développement (PRD ) pour lui servir d’outil à double aspect:

- Primo, un outil de gestion et de pilotage du développement régional dans la mesure où il consigne en ses termes et à travers ses différents chapitres, l'expression des "choix" de la population régionale quant au type de développement auquel elle aspire;

- Secundo, un outil de coordination et de communication à double facette, à savoir :

D'une part, Communication entre l'instance dirigeante et la population de la Région, afin qu'il y ait contact permanent et transparence réciproque quant au cheminement de la conduite du processus de développement régional, D'autre part, Communication entre la Région elle-même et les autres Régions, l'Administration centrale, l'Etat, mais aussi les partenaires -actuels ou potentiels- aux fins d'assurer une synergie permanente dans les actions demandées par la mise en œuvre du PRD.

I- 2-2 Les contenus du document

Par souci

interdépendants:

pratique,

le

Plan

Régional

de Développement

est

divisé en

deux

volumes

Dans le premier volume, une monographie analytique mettant en relief les indicateurs socio- économiques pertinents ainsi que des données spatialisées, ayant servi de support aux analyses et aux réflexions collectives durant le processus de planification. Enrichie par les synthèses des problématiques identifiées lors des ateliers de diagnostics concertés, elle donne un flash sur les réalités régionales en terme de développement, dans une vision intersectorielle et à échelle régionale.

Dans le deuxième volume, sont décrits :

La vision de la population pour sa région d’ici 2015 Les stratégies de développement jugées aptes à réduire la pauvreté de façon rapide et durable Les moyens de mise en œuvre comprenant les actions et acteurs, les résultats attendus et les indicateurs, l’évaluation des besoins temporels et budgétaires.

I- 2-3 Les limites du plan régional de développement

- L’absence et la non-fiabilité de certains indicateurs économiques dus à l’indisponibilité des statistiques, notamment concernant des données agricoles et fiscales.

- L’absence d’une évaluation globale des actions prévues pour les dix ans, le document se limitant à donner les priorités régionales à travers des actions concises, leurs natures et leurs localisations.

- La budgétisation touche seulement les actions à court terme

I-3 LES METHODOLOGIES ET LES ETAPES PARCOURUES

Sous le pilotage et la coordination du Directeur du développement Régional Hajasoa RAHARIMANGA, une équipe multidisciplinaire a assuré l'élaboration de ce plan régional de développement. La région leur adresse ses vifs remerciements.

Équipe des consultants venant du PNUD/DAP1 :

- ANDRIANASOLO Heritiana

- RAZAKARATRIMO Noël

- BERANTO Patrice

- RAKOTONARIVO Yvon Josian

- RAKOTOSON Philippe

Équipe d'appui de PACT Madagascar :

- RATOVIMBOAVIHELISON Andriniaina

I-3-1 Mise en place d’un système d’information :

D'emblée sur l’aspect technique, la région Boeny s’est fixé le défi de disposer un système d’information régional de nature à éclairer objectivement le processus de planification. Pour répondre à des soucis d’objectivité et de rapidité de résultats, elle a écarté l’idée de mettre en place un nouveau système et a opté pour la capitalisation des acquis régionaux en la matière. Cela l’a amené à développer un partenariat étroit avec l’unité technique de l’association OPTIQ (ou une Organisation de Promotion de Traitement d’Informations de qualité) qui dispose des bases de données statistiques et d’un système d’information géographique.

Avec des soutiens techniques et financiers du programme MISONGA/ USAID cogéré par PACT Madagascar et CRS, la région Boeny et l’association ont pu intégrer un système d’information performant dans le processus.

De façon formelle et tacite, des partenariats locaux s’y rajoutaient, notamment avec :

- La majorité des services techniques – clés détenant des informations sectorielles dont l’INSTAT régional

- Les projets et les organismes de développement intervenant dans la région

- Le GTDR Boeny qui a travaillé en concert avec la région pour l’analyse documentaire des 43 PCD(s) et des deux PRDR.

- Les maires ruraux

Ce système d’information a permis la constitution des indicateurs-clés et l’édition des cartes thématiques touchant divers aspects caractéristiques de la situation du développement socioculturel et économique de la Région. Entre autres, ces cartes ont servi d'outils d'animation dynamiques et efficaces dans les échanges et discussions dans les ateliers de concertation successifs.

I- 3- 2 Phase de diagnostic

Cette phase était initiée par des échanges préliminaires auprès des personnes ressources locales dont l’objet était axé sur leurs visions, les problématiques, et sur des pistes de stratégie de développement.

Les résultats ainsi obtenus, en plus des données synthétiques ( données statistiques et spatialisées) ont servi de supports aux ateliers de diagnostic participatif. Pendant une dizaine de jours, quatre ( 04) ateliers ont été tenus dont :

- Trois ateliers thématiques pour les trois sous-région ( Mahajanga I et II / Soalala et Mitsinjo / Marovoay et Ambato-Boeny)

- Un atelier sur le secteur privé, portant notamment sur la promotion des investissements dans le secteur agricole et dans le tourisme.

Ces ateliers ont permis de dégager, dans une approche participative, les atouts et les problématiques relatives au développement de la région ainsi que sur des pistes des stratégies et d’actions.

Grâce à l’appui du PNUD/DAP 1, la région a pu assurer un processus participatif, touchant environ 400 personnes issues des 43 communes, composées des élus et des autorités administratives, des services techniques et notamment des organisations de société civile, allant des organisations paysannes aux groupements des opérateurs économiques.

I-3-3 Phase d’analyse approfondie et de l’élaboration du plan de mise en œuvre

Cette phase est composée de :

La synthèse des résultats d’ateliers

La mise en cohérence avec le DSRP, la Vision de Madagascar « Naturellement » et Madagascar and the Millennium Challenge Account. La Région Boeny a également tenu compte de la complémentarité et la subsidiarité de son PRD par rapport aux aspects du PADR et des PCDs des Communes composant la Région, dans un souci d'intégration et d'articulation.

La définition des axes stratégiques

L’identification des moyens de mise en œuvre et la planification proprement dite

Un atelier de validation a eu lieu portant notamment sur les axes stratégiques identifiés, sur les zonages à vocation économique ainsi que sur les actions prioritaires par zone.

I-3-4 Phase de finalisation et de rédaction du PRD

Cette phase était consacrée à l’élaboration du présent document ainsi qu’à l’évaluation des actions à court terme.

Bref, le PRD Boeny a été élaboré selon un processus à la fois "participatif " et "itératif".

Participatif : car il est le fruit d'échanges et de concertations ayant sollicité l'intervention et la contribution actives et constructives de différentes entités, dont surtout les souches représentatives de la population régionale, issue des six Districts de Mahajanga I, Mahajanga II, Soalala, Mitsinjo, Ambato-Boeny et Marovoay, soit à travers des entretiens à bâtons rompus, soit à travers des ateliers spécifiques y afférents. Sur la base de ce principe de participation, tout un chacun continue d'être sollicité à y apporter toute idée et toute recommandation d’amélioration, surtout pour l'effectivité de sa mise en œuvre.

Itératif : car il ne s'est pas fait d'un seul trait. Il a fallu remettre à jour plusieurs fois certains points et revoir plus d'une fois certaines personnes et certaines entités pour assurer au maximum son bien fondé. Sur la base de ce principe d'itération, le PRD est un document destiné à être mis à jour tant que l'opportunité le permettra. C'est, en d'autres mots, un document qui reste ouvert.

PREMIERE PARTIE :

MONOGRAPHIE ANALYTIQUE DE LA REGION BOENY

A-

MONOGRAPHIE SOCIOCULTURELLE

AA--11 GGEENNEERRAALLIITTEESS SSUURR LLAA RREEGGIIOONN

A-1-1 Localisation de la région

Située sur la partie Nord-Ouest de l'île, la Région Boeny est composée des six Districts dont Mahajanga I comme Chef lieu de Région, Mahajanga II au nord, Soalala à l'extrême sud- ouest, Mitsinjo à l'ouest, Marovoay au centre–sud et Ambato Boeny à l'est. La Région occupe une superficie totale de quelques 29.830 Km².

Elle est délimitée :

-

Au Nord par la Région de Sofia

-

A l’Est par la région de Betsiboka

--

Au sud par la région de Melaky

Donnant sur la mer, du côté du Canal de Mozambique, la Région Boeny possède un relief varié :

- Sur la région littorale, de vastes plaines fertiles qui longent les grands fleuves et la côte maritime ( plaines de Madirovalo, d'Anjiajia, d'Ambato Boeni, grande plaine rizicole de Marovoay, plaines de Mitsinjo, …) ;

- Des zones sablo-grésieux : transition entre plateau et baiboho

A-1-2 Hydrographie

Par ailleurs, la région est largement drainée par un réseau hydrographique particulièrement dense qui met à sa disposition un capital eau estimable, susceptible de dynamiser les activités liées au transport fluvial et maritime, à l'alimentation en eau et à l'énergie hydroélectrique. Les principaux fleuves sont : la Betsiboka, la Mahavavy et la Mahajamba

Ce réseau est complété par la présence de grands lacs, tarissables ou permanents, avec des plans d'eau favorable à la pêche continentale et au transport fluvial, dont le lac Kinkony, le deuxième de l'île en superficie après l'Alaotra.

A-1-3 Pédologie

En matière de pédologie, les sols de la région sont composés par trois grands types de sols, d'origine ferrugineux tropicaux :

- Les sols des tanety latéritiques rouges, qui dominent en petite partie sur Ambato Boeni, Soalala, Mitsinjo, Marovoay et Mahajanga II

- Les sols hydromorphes des bas-fonds ou de plaines, qui occupent en général les parties amonts où commencent les mangroves, c'est-à-dire quelques kilomètres des embouchures des grands fleuves : Mahavavy, Betsiboka et Mahajamba

- Les baiboho, qui se trouvent sur les bourrelets de chaque berge des grands fleuves précédents.

A-1-4 Formations végétales

Les formations végétales, quant à elles, sont diversifiées grâce aux conditions naturelles de la région : des mangroves, des forêts denses sèches réputées pour leurs essences nobles, des

forêts ombrophiles, des savanes, des formations marécageuses qui constituent autant de ressources en matière de potentialités.

A-1-5 Climat et pluviométrie

Le climat de la région est de type tropical sec, chaud pendant 7 mois, et 5 mois de saison pluvieuse. Il est rythmé par l'alternance d'une saison pluvieuse qui s'étale généralement d'octobre à avril–avec une moyenne annuelle de 1 000 à 1 500 mm d'eau, et d'une saison sèche de d'avril à octobre. La température moyenne annuelle est de 27, 64°C. Par ailleurs, la région est régulièrement visitée par les cyclones.

AA--22 PPRREESSEENNTTAATTIIOONN DDEE LLAA PPOOPPUULLAATTIIOONN RREEGGIIOONNAALLEE

On dénombre environ 570 000 habitants dans la région Boeny, avec un taux de croissance annuel de 3.1%, devançant de quelques points le taux national qui affiche 2.9%. La population urbaine représente 40,30% de la population totale.

A-2-1 La composition par âge et par sexe

La répartition entre le sexe masculin et le sexe féminin est quasi-équitable. Sur la totalité de la population régionale 50,14% sont de sexe masculin, et

- 17,54% sont constitués des enfants moins de 4 ans

- 18% sont des enfants scolarisables

- 23 % sont de femmes en âge de procréer

- La population active représente environ 52,90% de la population totale. ( source l’INSTAT régional/réf.carte population)

A-2-2 La répartition géographique

La densité moyenne est de 17.5habitants/ km 2, mais une analyse spatiale a mis en exergue des pressions démographiques inquiétantes, particulièrement à :

- Mahajanga I, dont la population représente les 35,08% de la population régionale avec un nombre avoisinant les 200.000 personnes, pour une surface de 53Km2. La pression démographique est essentiellement due à un exode rural très important. Parfois, les riverains de la route nationale RN4 émigrent également vers Mahajanga I, en quête de travail temporaire ou définitif dans les unités industrielles, plus spécialement dans les pêcheries et le port pendant la saison morte agricole. Or, la capacité d'accueil de la ville est à un niveau de saturation telle que l’urbanisation des périphéries est devenue une gageure. D’ailleurs, ces dernières décades ont vu l'émergence de quartiers spontanés et populaires, occupant une surface étendue, caractérisés par l’absence de lotissement, d’infrastructures et d’équipements collectifs de base.

- Marovoay ville et Ankazomborona, deux communes voisines, comptent à elles seules 66 172 habitants, soit 11, 60 % de la population régionale. Le courant de migration a été amorcé dès le début du siècle (vers les années 1910-1920) par le mouvement de colonisation rizicole des plaines alluviales de Marovoay plus particulièrement avec les grands travaux de drainage et d’assainissement. Actuellement pour le cas particulier de Marovoay, la pression démographique a généré des problèmes tels que l’assainissement, l’habitat, l’accès à l’eau potable et l’insécurité. La ville a peu évolué en tant que centre urbain en terme d’aménagement et de fonctionnement.

- Soalala, une commune qui figure parmi les plus peuplées de la région. Elle présente une population d'une trentaine de mille. Les activités de pêche et d'élevage y ont promu le peuplement. Quoique l'enclavement quasi-permanente, soit 6 mois sur 12, l'insuffisance en infrastructures de base, freine son accession vers le plein développement, s'alignant sur ce point avec plusieurs communes.

Carte population

D’autres communes commencent également à subir des pressions démographiques même si l’ampleur est moindre par rapport aux trois communes susmentionnées. Citons les cas de :

- Ambato Ambarimay dont la migration était surtout motivée par la valorisation des zones de Baiboho pour les cultures industrielles et de rente

- Manaratsandry

- Andranomavo

A-2-3 Les conditions féminines

Les conditions féminines sont déplorables, avec la persistance de certaines mœurs et pratiques, comme l'union libre, la polygamie et de l’endogamie dans certaines ethnies. Ajoutée à cela, une nuptialité précoce chez les jeunes filles, une faible valorisation du travail de la femme, laquelle est souvent reléguée aux travaux d’appoints.

Comme partout à Madagascar, l’analphabétisme est un phénomène endémique qui constitue encore un frein au développement régional : les femmes sont majoritairement analphabètes avec un taux de 69%, contre pourcentage 61% pour les hommes.

Pour les femmes en âge de procréer, le cas de la région Boeny se révèle alarmant en matière de taux de couverture en Planning Familial. Les statistiques de 2004, issues de la Direction provinciale de la Santé, donnent un taux ne dépassant pas les 20% pour toutes les communes, à l'exception de Mahajanga ville. Pour 25 communes d’entre elles, ce taux n'atteint même pas 10%. (réf. Carte de planning familial )

A-2-4 La répartition ethnique

La population de la région est composée d’ethnies et de races disparates notamment dans les grands centres urbains telle que Mahajanga ville et Marovoay. Toutefois la prédominance de l’ethnie sakalava sur les zones côtières est plus marquée, ainsi que celle des immigrants de hautes terres dans la partie centrale à Marovoay et Ambato-Boeny. (réf carte ethnique)

Carte planning familial

Carte de répartition ethnique

AA--33 AACCCCEESS DDEE LLAA PPOOPPUULLAATTIIOONN AAUUXX SSEERRVVIICCEESS SSOOCCIIAAUUXX DDEE BBAASSEE

A-3-1 ACCES DE LA POPULATION AUX SOINS ET A LA SANTE

A 3-1-1 Les infrastructures sanitaires

Toutes les communes sont couvertes par des centres de santé de base niveau I, gérés par des paramédicaux. La région dispose d’un grand Centre Hospitalier Universitaire comprenant divers services spécifiques.

Pour les catégories intermédiaires, 31 communes sur 43 disposent de centres de santé de base niveau II, publics et privés confondus. Autrement dit, dans 12 communes au moins les soins ne sont pas encore dispensés par des médecins.

Sur les six (06) districts, Mitsinjo et Mahajanga II ne disposent pas de centre hospitalier. Pour les quatre restants, Marovoay est le seul à être doté d'un centre de niveau II apte à effectuer des actes chirurgicaux, en dehors de Mahajanga I. Le centre hospitalier de niveau I de Soalala ne dispose pas de dépôt de médicament.

En matière de sida, Mahajanga I s’est vu doter tout récemment de 05 centres de dépistage dont 03 sont des centres de dépistage Anonyme Volontaire et 02 centres de Prévention Transmission Mère-Enfant. ( réf carte infrastructures sanitaires)

Le taux moyen d’utilisation de consultation externe est de 50,6%, mais ce chiffre varie beaucoup d’une commune à une autre pour le monde rural. Le cas de Soalala ville, de Bekipay et d’Andranoboka méritent l’attention car le taux n'y dépassent pas 20%. La médecine traditionnelle y est encore un recours de prédilection dans la région, par rapport à la médecine classique.

A-3-1-2 Les Pathologies dominantes

Les trois pathologies dominantes sont identiques dans les 06 districts, avec en tête le paludisme, l’infection respiratoire aigu et la diarrhée (Voir tableau pathologie) Suivent d’autres maladies d’origine infectieuse, telles que l’infection cutanée, l’infection de l’œil, affectant surtout la population de plus de 5 ans, comme le cas de l’infection respiratoire, l’hypertension qui touche essentiellement les personnes âgées.

A priori, ce sont des maladies liées :

A l’environnement du milieu

A l’accès à l’eau potable

Aux conditions climatiques

A certains us et pratiques hygiéniques

Carte infrastructures sanitaires

Pour les maladies transmissibles, particulièrement pour les IST, il y a lieu de tirer la sonnette d'alarme pour le cas de :

- Soalala, avec un taux de prévalence culminant à 9,4% et Mitsinjo avec un taux de prévalence de 3,6% dont les causes peuvent être :

Le faible taux de fréquentation des formations sanitaires à 15.8%

L’analphabétisme élevé des femmes

Le nomadisme des éleveurs des bovidés et des pêcheurs

La Polygamie

L’accès à l’eau potable

- Mahajanga I, avec un taux de 3%

Pour le SIDA, la situation est tout aussi préoccupante, étant donné qu’à Anjiajia, une commune rurale d’Ambato-Boeny, le taux de prévalence atteint 7, 3%. Tandis que Marovoay ville affiche 2, 67% et Mahajanga I 1,49%. Indéniablement, la vigilance s’impose.

A-3-1-3 Santé de la mère et de l’enfant

Sur 61 770 enfants de moins de 3ans, 25 840 sont surveillés nutritionnellement, soit 41.83%. ( réf. Carte de taux de surveillance nutritionnelle )

Pour la couverture vaccinale, sur 22 132 enfants moins de 11 mois, 56.84% sont vaccinés en BCG, 46.71% en polio, 47.20% en DTCOQ. Pour la rougeole, une nette amélioration a été enregistrée, grâce à la campagne HIAKA, avec un taux de réussite de plus de 100%. (source DPS 2004/réf. Carte de taux de couverture vaccinale )

Les communes en rouge en terme de santé infantile se trouvent en majorité dans la sous- préfecture de Mahajanga II, de Soalala et dans la partie très pauvre de Mitsinjo : à savoir Soalala, Andranomavo, Ambalakida, Andranoboka, Mariarano, Betsako, Boanamary, Ambarimaninga et Bekipay.

La majorité de ces communes font partie des communes les plus pauvres, enclavées au moins pendant six (06) mois toute l’année. Betsako, Ambalakida et Boanamaro sont des cas exceptionnels à suivre de près, compte tenu du fait que malgré une accessibilité quasi- permanente, une proximité avec la ville de Mahajanga I, elles affichent un taux de couverture vaccinale très faible.

Pour les femmes enceintes, le taux moyen de consultations prénatales est de 62,3% même si dans quatre communes rurales cela est encore en dessous de 20% Toutefois, sur les accouchements attendus, 31, 1% sont assistés médicalement dans les centres de santé de base. Ce taux est au plus bas est dans la commune rurale d’Ambalakida, Commune rurale de Mahajanga II, à trente minutes de route en provenance de Mahajanga Ville.

Carte de taux de surveillance nutritionnelle:taux de couverture vaccinale

A-3-1-4 LES CONTRAINTES

Malgré les opportunités d’installations sanitaires, d’organisations et de moyens déjà déployés, des problèmes subsistent et empêchent l’accès de toute la population, sans exclusion à la santé.

a) Problèmes concernant le fonctionnement du système de santé

Certaines infrastructures demeurent non fonctionnelles en raison de l’absence ou de l’insuffisance d’équipements, de médicaments et/ou de personnel.

Leur fréquentation dépend aussi de leur emplacement par rapport aux lieux de résidence des patients, et parfois les problèmes de sécurité influent sur leur accessibilité, notamment dans les zones enclavées.

Par ailleurs, le personnel affecté dans les zones éloignées hésite souvent à rejoindre leur poste par manque de motivation, et par peur des problèmes de sécurité. L’approvisionnement en médicaments de certains centres éloignés pose problème à cause de l’acheminement et de la lourdeur des procédures.

Le système de référence mis en place ne fonctionne pas pleinement en raison des problèmes d’enclavement et de manque de moyens adéquats (communication, transport).

b) Problèmes concernant l’éducation et l’information de la population

Le manque d’éducation, le niveau d’instruction très bas notamment chez les femmes ainsi que le manque d’informations font que beaucoup de personnes hésitent à consulter les centres de santé. Ils préfèrent recourir aux tradi-praticiens par peur de la médecine moderne mais aussi par habitude. Pourtant, les pratiques et l’hygiène chez ces derniers aggravent souvent les problèmes.

Beaucoup de gens en milieu rural ne connaissent pas non plus la gratuité des soins et pensent à tort que consulter dans les centres de santé publics leur reviendrait cher pour les soins et les médicaments.

Les taux de consultation externe, de consultation prénatale et d’accouchement en centre de santé se voient ainsi réduits. De même, le suivi nutritionnel des enfants et leur vaccination ne peuvent s’effectuer correctement. Le taux de mortalité infantile peut même se voir augmenter.

Le manque d’éducation, entraîne, par ailleurs, la méconnaissance des règles minimales d’hygiène et favorise la résistance des souches de maladies et leur propagation. L’insalubrité des lieux de vie dans certaines zones, en raison de l’inexistence de latrines et de système correct d’évacuation des eaux usées, et la non-conformité des puits aux normes sanitaires entraînent la multiplication de maladies diarrhéiques et la non-éradication du paludisme.

Certaines catégories de population, notamment les éleveurs, les pêcheurs et les vendeurs de bovidés, de par leurs habitudes professionnelles, fréquents déplacements et absences du foyer familial, entretiennent, par méconnaissance, des pratiques à risque pour les IST (multiplicité de partenaires, polygamie, prostitution). D’où l’évolution du taux de prévalence des MST dans certaines parties de la Région.

A-3-2 ACCES A L' EDUCATION ET A LA FORMATION

A-3-2-1 Les infrastructures scolaires

La région compte 70 000 enfants scolarisés dont 34 900 filles et 35 100 garçons. La couverture en EPP est totale pour les 43 communes. En ce qui concerne les collèges, 16 communes à majorité enclavées en sont encore dépourvues. Sur les 06 districts, Soalala et Mahajanga II n’ont pas de lycée.

Dans le domaine de l'enseignement supérieur, Mahajanga ville est dotée d'une université des Sciences de la Santé ( EESSS ) à Ambondrona, de la Faculté des Sciences et de l'Institut d'Odonto-Stomatologie Tropicale de Madagascar ( IOSTM ), la Faculté de Médecine. Des formations en informatique et en langues étrangères sont également prodiguées au sein de l'Université.

En matière de formation professionalisante, les lycées techniques et commerciaux que compte la région proposent des spécialisations dans le bâtiment, les ouvrages bois et métalliques, la comptabilité et l’assistance de direction. La présence de l’Ecole d’application de Sciences et Techniques Agricoles à Amborovy, mérite d'être souligné, dans la mesure où il produit des techniciens de l'agriculture et de l'élevage.

Certains établissements privés offrent également des formations professionnalisantes à cycle court, sanctionnées par des certificats, telle l’Ecole de Métier de Tourisme et d’Hôtellerie pour le tourisme, le CFP OMEGA pour les petits métiers, etc.

La région ne dispose pas de laboratoire de langue et les laboratoires scientifiques sont quasi obsolètes et inutilisables dans les lycées. (réf carte infrastructures scolaires)

A-3-2-2 Ratio élève/ salle

En 2004, selon les statistiques du DIRESEB, le ratio moyen élève/salle est de 66, sauf dans 12 communes où le taux dépasse 70 élèves. A titre d’exemple, citons les cas de :

Ambohipaky, où ce ratio atteint 117 élèves/salle ( District de Soalala) Andranomavo 99 ( District de Soalala) Anosinalainolona 108 ( District de Marovoay)

( réf carte élève/salle)

A-3-2-3 Ratio élève/ maître

Pour l’enseignement primaire, le ratio moyen élève/maître est de 54. Pour certaines communes telles qu’ Andranomamy et Ankaraobato, ce taux est largement dépassé, atteignant respectivement 72 et 90 élèves par enseignant. (réf Carte ratio élève/ maître)

Carte infrastructures scolaires

Carte élève/salle-ratio élève/maître(epp)

Carte ratio élève-maître/élève salle (CEG)

Comme partout à Madagascar, certaines EPP recrutent des enseignants communautaires pris en charge par les parents d’élèves. Toutefois, pour le cas de la Région Boeny, force est de constater que, paradoxalement, ce sont surtout les communes très pauvres qui déboursent le plus. A titre d’exemple, citons :

Sitampiky, où 09 enseignants sur 10 sont tous communautaires

Ankijabe, 10 sur 15

Soalala, où 08 enseignants sont payés par les parents

Certes, l' enclavement semble justifier le renoncement des enseignants publics à y exercer, cependant, dans l’optique de la lutte contre la pauvreté, la situation mérite qu'on y remédie.

Pour les niveaux II et III, le problème d’insuffisance des enseignants se pose notamment pour les enseignants en matières scientifiques (mathématique, physique-chimie) et techniques.

A-3-2-4 La scolarisation

Prenant pour base des enfants ayant entre 05ans et 14 ans, le taux de scolarisation au niveau de l’enseignement primaire est de 70%. Généralement, le taux est plutôt élevé, sauf à Soalala où cela atteint à peine les 50%. Un taux élevé qui s'explique, à l'évidence, par les efforts poursuivis par l’Etat pour encourager la scolarisation des enfants.

A partir de l'enseignement secondaire, le taux de scolarisation diminue nettement. A part le district de Mahajanga I, moins de 10% des enfants scolarisables rejoignent les collèges. Au stade du lycée, la situation devient plus alarmante encore, qu’illustre les chiffres du tableau ci- dessus, car le taux de scolarisation n’atteint même pas 2% et même à Mahajanga ville, il dépasse à peine 20%. Autrement dit, le problème de ratio élève/ salle ne se pose donc pas pour les niveaux II et III.

 

Niveau I

Niveau II

Niveau III

District

TBS

TA

TBS

TA

TBS

TA

MJN II

69,3%

30,1%

3,5%

4,6%

0,0%

0,0%

MJN I

87,8%

100,2%

50,0%

50,8%

4,5%

20,1%

SOALALA

56,4%

13,5%

1,5%

1,3%

0,0%

0,0%

MITSINJO

79,8%

43,4%

8,6%

8,2%

0,9%

1,2%

AMBATO

54,7%

22,6%

4,4%

5,5%

0,5%

0,9%

MAROVOAY

70,6%

35,0%

6,9%

8,0%

0,8%

0,9%

TBS: Taux brut de scolarisation Source: DIRESEB 2004

TA: Taux d'achèvement

A-3-2-5 La performance régionale

Les indicateurs les plus alarmants sont les taux d’achèvement. Déjà au niveau du primaire, à part Mahajanga I, moins de 50% des enfants scolarisés parviennent jusqu’à la classe de 7 ème .

Toujours à Soalala, ce chiffre ne dépasse pas 15%, et 20% à Ambato-Boeny . Pour les niveaux secondaires, niveau II et III, le tableau est éloquent, avec des taux respectifs ne dépassant pas 10% et 2% en dehors de Mahajanga I.

 

Taux de redoublement

 

District

Niveau I

Niveau II

Niveau III

MJN II

26,8%

26,9%

 

MJN I

13,9%

16,3%

17,5%

SOALALA

34,9%

0,0%

 

MITSINJO

28,9%

15,6%

7,4%

AMBATO

31,3%

15,1%

10,1%

MAROVOAY

29,3%

16,9%

19,8%

Source: DIRESEB 2004

Pour les taux de redoublement, le tableau ci-dessus montre que le rang par district est similaire à celui des taux d’achèvement. Soalala et Ambato-Boeni détiennent les premières places, et Mahajanga I la dernière, suivie par Mahajanga II, un cas exceptionnel.

Un constat mérite d'être évoqué, c'est que, ces dernières années, le nombre des jeunes inscrits dans les séries scientifiques « C » tend à régresser d’une année à l'autre. Un phénomène qui, on en conviendra, nuira au développement, si à terme, le pays en venait à être à court de spécialistes dans ce domaine.

A-3-2-6 LESCONTRAINTES

Bien que des efforts aient été réalisés pour l’amélioration de l’éducation et la formation de la population, le niveau général de compétence, les taux de scolarisation et d’achèvement des cycles d’enseignement restent très bas dans plusieurs parties de la Région.

En effet, des séries de contraintes grèvent encore les conditions d’éducation et de formation locales.

a) Contraintes relatives aux conditions de travail des élèves

L’insécurité qui prévaut dans certaines zones dissuade certains parents d’envoyer les enfants à l’école, surtout quand les établissements sont éloignés des lieux de résidence, ce qui est le cas dans certaines contrées. Autrement, l’assiduité des élèves à l’école devient irrégulière et la déperdition scolaire s’en trouve augmentée.

De même, cet éloignement déjà évoqué pose problème puisque aucun moyen de transport, à la portée de la majorité de la population, n’est disponible et les élèves arrivent souvent fatigués en cours ou ne peuvent plus réviser une fois rentrés à la maison le soir, en raison des heures de marche effectuées.

Concernant les infrastructures existantes, elles n’offrent pas toujours les meilleures conditions de travail pour les élèves. En effet, dans certaines parties de la Région, les élèves sont en sureffectif dans une salle. Et l’exiguïté ne favorise pas la concentration. Dans ces établissements à sureffectif, les équipements( table-bancs) manquent aussi et les élèves ont du mal à suivre les enseignements.

Si les conditions de travail sont ainsi difficiles, la motivation peut manquer aux élèves même quand ils réussissent.

b) Contraintes relatives aux conditions de travail des enseignants

L'enclavement de certaines zones et les problèmes de sécurité qui en découlent souvent ne motivent pas toujours les enseignants à rejoindre leur poste ou à s’y maintenir. L’assiduité des enseignants est aussi souvent affectée par l’éloignement des lieux de paiement de leurs soldes.

Par ailleurs, le systèmes de suivi et d’appui aux enseignants ne semble pas entièrement performant pour certaines zones de la Région. On constate la présence d’enfants ne sachant même pas lire et écrire et qui intègrent quand même des classes supérieures. Les taux de réussite aux examens officiels attestent aussi de ce manque.

Certains enseignants doivent assurer leurs cours dans des conditions difficiles dans certaines parties de la Région. Il arrive, par exemple, qu’ils doivent suivre plus de soixante élèves dans une classe, ou assurer l’enseignement de classes multigrades. Cette situation témoigne du manque d’effectif de personnel enseignant.

c) Contraintes touchant les parents

L’illettrisme ou l’analphabétisme de certains parents ne les aide pas à saisir l’importance de scolariser les enfants. Aussi, le taux de scolarisation d’enfants est bas dans les zones où l’analphabétisme est important.

L’obligation de déclarer les naissances dans un délai de douze jours n’est pas toujours assurée par les parents. Ainsi, les enfants non déclarés dans les temps ne possèdent pas de copie de naissance et ne peuvent donc pas se présenter aux examens officiels. Faute de pouvoir passer les examens, les enfants ne sont souvent pas envoyés en classe. Ce type de cas est répandu dans les zones enclavées de la Région.

Le coût de l’envoi d’un enfant en classe augmente au fur et à mesure de son ascension en niveau supérieur. Les parents ne parviennent pas toujours à y faire face surtout quand les lieux d'enseignement sont éloignés. Les collèges et lycées ne se trouvent pas toujours dans les lieux de résidence et leur éloignement oblige à payer des frais de séjour pour les enfants. Ainsi, le taux de déperdition scolaire augmentent-il à chaque fin de cycle.

D’autre part, il arrive que des parents manquent de moyens pour leurs activités de production et se servent de leurs enfants pour y pallier, notamment en période d'intense activité (moisson, ouverture de la saison de pêche etc.). Les enfants ne suivent donc plus l’école à ces moments et prennent du retard dans leurs études.

Une certaine mentalité donnant la priorité au matériel et à l’argent facile se rencontre dans certaines parties de la Région. Et les parents ayant ce type de mentalité ne donne pas la priorité à la scolarisation des enfants non plus.

AA--44 AACCCCEESS AA LLAA SSEECCUURRIISSAATTIIOONN HHUUMMAAIINNEE EETT MMAATTEERRIIEELLLLEE

A-4-1 ACCES AUX INFRASTRUCTURES DE TRANSPORT

ET DE

COMMUNICATION

A-4-1-1 Les infrastructures existantes

La nature a avantagé la région BOENY de plusieurs atouts physiques, notamment une longue

côte de 630km, un vaste réseau de fleuves propices à la navigation maritime et fluviale, un

grand port ouvert sur le monde

Hormis cela, elle compte également quelques ports

intermédiaires tels que les Quais ORANGE, le Port SCHNEIDER, le Quai Barriquand, qui lui

permettent d’avoir des trafics régionaux et interrégionaux.

Ceci étant, la région a l’avantage de pouvoir dynamiser le transport maritime et le transport fluvial. Jusqu’ici, Mahajanga et Katsepy sont reliés journalière ment par le BAC BAOBAB. Certaines communes situées dans la partie centrale, notamment Ambato-Boeny et Marovoay, sont également desservies par quelques bacs.

A l’aéroport international de Philibert TSIRANANA à Amborovy, des vols réguliers relient la région à Mayotte, aux Comores et à l’île de la Réunion, grâce aux lignes aériennes de l’AIRMAD et de l’AIR AUSTRAL. Tandis qu’un vol journalier Mahajanga – Tananarive a lieu au moins une fois. Viennent s’y ajouter également l’aérodrome public à Soalala et des pistes d’atterrissage privées dans certaines communes.

Pour le transport terrestre, la région est traversée par la route nationale RN4 la reliant à Antananarivo. Celle-ci passe par huit (08) communes avant d’atteindre la capitale de Boeny, Mahajanga I. Des routes nationales temporaires desservent les quatre autres chefs lieux du district, c’est à dire Marovoay, Ambato-Boeny, Mitsinjo et Soalala. Certaines communes telles que Madirovalo, Antongomenabevary, Ambohipaky, Katsepy, Ankijabe y ont également accès. Le reste du réseau est constitué de routes provinciales et autres routes non classées.

En tout, les routes bitumées dans la région mesurent 283 km. Cependant, leur praticabilité reste saisonnière pour une grande partie, et les moyens pour les emprunter demeurent assez limités pour la population. L’absence de route bitumée dans tout Soalala et tout Mitsinjo mérite d’être mentionnée en tant que chefs lieux de district. (réf carte infrastructures de transport)

A-4-1-2 L’enclavement

Les communes régulièrement accessibles par route sont celles traversées par la route nationale RN4, en plus de Marovoay, de Boanamaro, d’Anjiajia et Katsepy est joignable par voie maritime en provenance de Mahajanga I. En tout, seules 14 communes sur 43 sont accessibles toute l’année.

Les communes restantes ont des problèmes d’enclavement périodiques, dont:

09 pour une durée moyenne de trois mois toute l’année

12 pendant 06 mois

08 qui ne sont accessibles que par charrette et à pied toute l’année

carte enclavement-infrastructures de transport

Bref, 20 communes sont entièrement enclavées au moins pendant la moitié de l’année, ce qui représente environ 180 000 personnes, soit 32% de la population régionale, privées de tout contact avec l'extérieur 6 mois dans l'année.

Les périodes d’enclavement se situent surtout en saison de pluies, et avec les conséquences comme l'inondation, c'est l'occasion propice pour la propagation rapide des pathologies dominantes telles que la diarrhée, le paludisme et les maladies respiratoires. Pis encore, ces communes enclavées sont un foyer idéal pour la prolifération des virus mortels : le choléra, la peste, la fièvre thyphoïde et la toxicose.

Or, à posteriori la suite logique de l’enclavement est le dysfonctionnement du système de référence et l’insécurité alimentaire menaçant environ 28 000 enfants de moins de 04 ans.

A-4-2 Les catastrophes naturelles

De par sa proximité avec l’Océan Indien et le canal de Mozambique, la région Boeny est exposée aux cyclones. Elle a subi de sérieux dégâts après les passages successifs des cyclones KAMISY en 1984, GAFILO et ELITA en 2004.

La saison pluvieuse, comme mentionné supra, s’étale sur six mois à sept mois environ et la pluviométrie annuelle atteint en moyenne 1542 mm d’eau par an. Accompagnés de pluies abondantes, ces cyclones favorisent l’inondation principalement dans la plupart des communes rurales traversées par les grands fleuves. Il arrive que ceux-ci se rejoignent comme ce fût le cas pour Mahajamba et Kamoro dernièrement.

Les infrastructures économiques sont les premières à en pâtir et les productions rizicoles sont également les plus vulnérables, étant donné que dans la région les cultures sont en grande partie irriguées.

Les centres de santé et les écoles ne sont pas épargnés, privant les enfants de l’accès aux soins et souvent d’une année scolaire.

Au niveau de la Province se trouve un Comité Provincial de Secours, en réseau avec le Comité National. Dans les districts la même structure existe souvent en lien direct avec des comités locaux en cas de catastrophe naturelle.

A-4-3 La sécurité publique

Une brigade territoriale se trouve à Mahajanga ville et chaque district est doté de brigade. Quelques communes très exposées à l’insécurité ou ayant des enjeux économiques en disposent également telles qu’Andranomavo, Sitampiky, Ambondromamy, Manaratsandry, Ankazomborona et Matsakabanja avec la sucrerie de SIRAMA. Notons que ces brigades ont des limites d’interventions bien définies dont l’étendue couvre souvent plusieurs communes à la fois.

Les statistiques de 2004 issues de la gendarmerie révèlent que les criminalités et les actes de banditisme commencent à gagner du terrain dans la région. Néanmoins, comparée aux autres régions de la Province, voire du pays, elle peut encore se vanter de nos jours d’être sécurisée et paisible.

Effectivement, les cas d'attaques criminelles ou d'actes de banditisme recensés ne dépassent pas quarante (40) l'an. même dans les communes les plus exposées; En terme d’évolution, de 2002 à 2004, de nettes améliorations ont même été constatées. Parmi les actes réprimés par la loi, le banditisme tient la première place, suivi de près par les « coups et blessures volontaires » Heureusement, les cas d'homicide sont relativement rares.

Les zones rouges, avec des cas entre 30 et 40 fois par an sont localisées dans les communes de Mahajanga II, de Marovoay et d’Ambato-boeny. Les grands centres urbains, très peuplés, tels que Mahajanga I, Marovoay ville, Ambato-Boeny et Ankazomborona, viennent grossir le rang. ( Carte criminalité et actes de banditismes)

Les vols de bœufs, plus fréquents à Ambato-Boeny, ont fait de ce district une zone rouge, notamment dans la partie centrale à Sitampiky et à Ankirihitra. Pour la partie sud allant de Soalala à Ambohipaky et à Andranomavo, l’insécurité connaît des pics vers les quinzaines du mois, précisément à la date du grand marché de bovidés. Avec un cheptel bovin riche de plus d’une centaine de mille, la proximité avec la région du Melaky explique pourquoi le phénomène prend de l'ampleur.

Pour le cas de Mahajanga II, l’ampleur et la gravité sont moindres. Quoique, récemment, des plaintes à propos de vols d'attelage ( bœufs et charrettes ) soient parvenues aux autorités, notamment dans les communes d’Ambalakida, de Betsako et d’Ambalabe Befanjava.

En ce qui concerne le circuit des bœufs volés, les flux entrants viennent de la région Melaky (Maintirano et Besalampy) en rejoignant Andranomavo. Les flux sortants empruntent l'itinéraire des Terres centrales et de la Betsiboka. Tandis que les flux internes transitent souvent par Andranomavo, Ankazomborona ou rejoignent directement Mahajanga ville. (Carte vol de bœufs)

A-4-4 LA SECURITE ALIMENTAIRE

Dans 33 communes sur 43, la culture rizicole tient la première place, souvent suivies de la culture de manioc et de maïs. Hormis pour Marovoay et Ambato-Boeny, une grande partie de la production est destinée à la consommation domestique. Avec 570 000 habitants, les besoins annuels en riz sont de 66 117 Tonnes ( en se basant sur la consommation annuelle d’un adulte à Madagascar à 119 kg par an, la moitié pour un enfant moins de quatre ans)

Avec une production annuelle de paddy à 135 975 tonnes par an ( statistique agricole 2002), ces besoins devraient être largement couverts, compte tenu de la présence du deuxième grenier à Marovoay. Suit la quantité annuelle produite en manioc, elle-même non négligeable, avec 39 400 tonnes.

Toutefois, si la Région a une production excédentaire, la majorité de la production alimente le marché national. De ce fait, on comprend combien certaines communes non-productrices et enclavées soient lésées par cette situation. Or, les besoins en riz des 180 000 personnes de ces vingt communes enclavées sont estimés à 10 710 tonnes pendant les six mois d’enclavement. En premier lieu, citons le cas des districts dans la partie sud à Soalala et à Mitsinjo, avec des besoins avoisinant les 12 500 tonnes par an, alors que la production rizicole est de 16 625 tonnes de paddy. Une partie enclavée d’Ambato-Boeny est également menacée.

Carte criminalités et actes de banditisme

Carte vol de boeufs

En théorie, la pêche devrait également contribuer à la sécurité alimentaire de la région. Or, aucun chiffre sur la production de la pêche traditionnelle n’est jusqu'à ce jour disponible. En tout cas, au moins pour les 09 communes côtières et quelques communes de Mitsinjo et d’Ambato-Boeny, l’activité pourrait leur être une source d'apport continu en protéines. Quoique, il faille tout de même signaler que l'utilisation de techniques non appropriées engendrent des préjudices en chaîne :

1- perte de la valeur nutritive des produits halieutiques, due essentiellement au système de traitement et de stockage utilisé. Car, pour l'instant, à défaut d’énergie, le séchage et le fumage à base de bois de chauffe sont les techniques les plus répandues dans la majorité des communes productrices.

2- perte de la valeur commerciale des captures, et par conséquent, diminution du revenu

des pêcheurs traditionnels. 3- nuisance à l’environnement, par l'utilisation du bois de chauffe comme énergie, d'où atteinte au renouvellement des ressources. Par ricochet, et à terme, les pêcheurs

traditionnels s’exposent ainsi à l’insécurité alimentaire.

B- MONOGRAPHIE ECONOMIQUE

BB--11 AAGGRRIICCUULLTTUURREE

B-1-1 Les principaux produits agricoles

Les conditions climatiques, géologique et pédologique ont conféré à la région une vocation agricole, avec une forte potentialité en culture vivrière, de rente et fruitière.

Dans 33 communes sur 43, la culture rizicole tient la première place. Si, dans la majorité de cas, la production est essentiellement destinée à la consommation domestique, dans tout Marovoay et Madirovalo, la production est écoulée sur le marché régional et national. Généralement, la culture de manioc et de maïs suivent de près la riziculture.

D'autres spéculations sont également très développées dans la région selon les spécificités de chaque district et des communes.

Pour le cas de Mahajanga II, la culture maraîchère, de tomate et de concombre font la réputation de Belobaka, de Betsako et d'Ambalakida. L'anacarde a également connu une grande expansion ces dix dernières années avec des plantations privées à grande échelle.

Pour Mitsinjo et Soalala, la canne à sucre constitue le principal produit agricole en dehors de la riziculture. On en trouve notamment à Matsakabanja, à Bekipay et à Ambarimaninga.

Le district d'Ambato-Boeny est reconnu pour la culture de rente constituée essentiellement d'arachide huilier, de coton et de tabac.

Sinon, des blocs forestiers d'arbres fruitiers longent la route nationale RN4, notamment de fruits exotiques tels que les manguiers, les bananiers, les cocotiers, les tamariniers, les anacardiers et les jujubiers. Même si ces arbres sont cultivés de manière sauvage, des milliers de famille en soutirent des revenus non négligeables durant les campagnes.

(réf. carte des principaux produits agricoles/statistiques agricoles 2002 )

En terme d'occupation des sols, les statistiques sont incomplètes mais le tableau suivant peut nous montrer les tendances par type de culture.

Sous-préfecture

Superficie totale cultivée

Culture vivrière

Culture de rente

Culture

Industrielle

Majunga I

       

Majunga II

12 465

11560

-

905

Ambato -Boeni

24330

212360

-

2970

Marovoay

21550

20695

-

855

Soalala

5705

5470

-

235

Mitsinjo

9380

5050

70

4160

Carte principaux produits agricoles

Carte statistiques agricoles 2002

B-1-2 La Riziculture

La culture rizicole tient la première place dans l’économie régionale en terme de surface cultivée et d’adhésion des ménages. Elle couvre une superficie totale de 54 140 ha en 1999 contre 54 050 ha en 2002. La totalité des périmètres irrigués est de 24 050 ha dont 72,76%, se trouvent dans la plaine rizicole de Marovoay avec 17 500 ha de superficie. Le reste se trouve à Madirovalo (3 000 ha), à Mahajamba (1500 ha) et dans la partie sud de la région à Mitsinjo. Le rendement à l'hectare est plutôt faible, oscillant entre 2,5 t/ha et 3,5t/ha. ( réf. carte rizicole et périmètres irrigués)

B-1-2-1 Les Pratiques culturales

Pour les calendriers culturaux, les cycles de culture de la région ont lieu trois fois dans l'année, répartis comme suit:

- Vary asara

- Vary atriatry

- Vary jeby

La pratique culturale repose en grande partie sur les méthodes traditionnelles, avec un faible ensemencement et une faible mécanisation. Toutefois, dans certains périmètres, la situation a beaucoup évolué notamment à :

Marovoay et à Antongomena-Bevary (Mitsinjo) avec l’utilisation des engrais et des semences améliorées Marovoay et à Ambato Boeni avec l’utilisation des équipements non traditionnels (ex :

charrue) (réf. carte équipements et intrants)

B-2-1-2 L'évolution de la production et des superficies cultivées

Selon les statistiques agricoles de 2002, la région a produit 135 965 tonnes de paddy si en 2000 la production était de 138 295 tonnes.

Sous- préfectures

1999

 

2000

 

2001

 

2002

Majunga I

       

Majunga II

22

190

22

275

22

660

22

750

Ambato -Boeni

47

500

47

300

47

200

44

650

Marovoay

51

545

51

680

51

800

51

940

Soalala

9

400

9

140

9

150

8

675

Mitsinjo

7

875

7

900

7

930

7

950

Carte périmètres irrigués

Carte équipements et intrants

L'évolution des superficies (ha) :

Selon le tableau suivant, les superficies cultivées diminuent relativement dont les principales causes sont l'ensablement des rizières et les défaillances techniques des réseaux hydroagricoles.

Sous- préfectures

1999

2000

2001

2002

Majunga I

       

Majunga II

7

890

7

920

7

950

7

980

Ambato -Boeni

19

100

19

020

18

940

18

860

Marovoay

18

800

18

850

18

900

18

950

Soalala

4

900

4

890

4

880

4

870

Mitsinjo

3

450

3

460

3

470

3

480

TOTAL

54

140

54

140

54

140

54

050

La Région dispose d’un centre multiplicateur de semences dans la commune rurale de Tsararano, district de Marovoay, géré par une Coopérative dénommée LOVASOA, sur une superficie de 152 ha. La production des paysans semenciers leur permet à la fois de:

Se constituer un stock de semence pour la prochaine campagne (4%)

De dégager une quantité de semences destinée aux ventes (42%)

De dégager après épuration, une certaine quantité de riz de qualité très moyenne qu’ils appellent « tout venant », pouvant leur servir de stocks communs de sécurité

(54%)

A Mahajanga ville se trouve également le centre Nord Ouest de la FOFIFA. Ensemble, ces

deux entités sous le pilotage du Ministère de l’Agriculture, produisent des semences améliorées.

De nombreuses structures d’appuis interviennent dans la région, ainsi que des projets et organismes intervenant dans l'agriculture. A savoir :

- Les GTDR

- Le "Tranoben’ny tantsaha"

- Le PSDR, le FID, le PLAE, le PAICAL, l'ANGAP

D’une manière générale, compte tenu des divers facteurs techniques et environnementaux, la superficie cultivée représente une tendance à la baisse. Or, les zones aménageables sont encore très étendues dans la région.

A titre d’exemple :

- Pour Ambato-Boeny : 32 535 ha

- Pour Marovoay : 18 560 ha

B-1-3 LES CONTRAINTES RELATIVES AU SECTEUR AGRICOLE

Avec l'existence de vastes superficies aménageables, ainsi que l'intervention de plusieurs organismes et projets d'appui, l'agriculture pourrait connaître une plus grande extension. Plusieurs facteurs freinent cependant le développement de ce secteur :

B-1-3-1 Les infrastructures

- La faible capacité de maintenance et d’entretien des réseaux hydro-agricoles engendre la dégradation de ces derniers (quasi-inexistence des drains dans certains périmètres).

- Le mauvais état des infrastructures routières et des pistes rurales de desserte, dont très peu sont praticables toute l’année, réduit les possibilités d'écoulement et d'acheminement des produits.

- Le problème de fonctionnalité des stations de pompage entraîne l’abandon des activités agricoles et partant, la diminution des superficies rizicoles.

- L'absence d'aménagement terminal (planage des parcelles et canaux tertiaires), implique une différence de cotes des rizières, d'où une difficulté de gestion et de maîtrise de l’eau.

- Les zones d’extension aménageables ne sont pas valorisées.

- Certains grands périmètres sont inexploités faute de réhabilitation périodique (cas du réseau d'Anosikely Ambato Boeni ).

B-1-3-2 Les techniques culturales

- Les pratiques sont traditionnelles et la mécanisation est encore très faible aussi bien pour le riz que pour les autres produits.

- L'utilisation accrue des semences dégénérées se fait bien évidemment au détriment de la qualité et de la quantité.

- L'insuffisance d’encadrement et de vulgarisation des techniques améliorées

- Persistance des problèmes phytosanitaires

- Difficulté d’accès aux intrants

- La production végétale est en stagnation, voire accuse une tendance à la baisse pour certains produits.

- Faible diversification des cultures

- Insuffisance de la recherche de la FOFIFA sur les cultures autres que le riz

B-1-3-3 Financement et micro-crédit

- Pour la micro-finance, les interventions demeurent insuffisantes, limitées à la culture rizicole, avec des produits faiblement diversifiés.

- Les crédits octroyés par les autres institutions existantes sont jugés faiblement harmonisés avec les calendriers culturaux.

- La faiblesse organisationnelle des mutuelles d’épargne et de crédit handicape largement leurs capacités de recouvrement.

- Les capacités de remboursement des producteurs sont alourdies par d’autres charges relatives à l’entretien des réseaux hydroagricoles et à la valorisation des terres qui leur appartiennent rarement.

- L’analphabétisme freine également le recours de certains producteurs à des systèmes formels, leur préférant les usuriers.

B-1-3-4 La commercialisation

- La faiblesse organisationnelle de certains paysans, dont les objectifs sont de surcroît rarement axés sur des filières bien précises, obère sur leur aptitude à faire des bénéfices.

- Les crédits octroyés sont rarement destinés, dans la majorité de cas, du marché.

à la maîtrise

- Ajoutées à cela, l'insuffisance d’appuis pour la maîtrise de marché proprement dit et la mise en relation des producteurs au secteur privé.

- Les producteurs n'ont qu'un faible accès à des systèmes de stockage et de traitement.

- L'analphabétisme et l'absence de culture des statistiques agricoles au niveau des élus dont les maires, et des producteurs, constituent des freins non négligeables aux interventions des opérateurs privés.

- Absence des systèmes de commercialisation

- Prédominance des opérateurs informels

- Des monopoles pour certaines filières

- Insuffisance de confiance entre producteurs et opérateurs privés

- Insuffisance

productrices

des

unités

de

transformation

agroalimentaires

dans

les

zones

B 1-3-5 Appui et encadrement

- Faibles encadrements et appuis aux structures gérantes de l’eau (AUE, Fédération)

- Inexistence de la promotion des organisations professionnelles agricoles

- Insuffisance de synergie et d’harmonisation des interventions (programmes et acteurs) en milieu rural

- Insuffisance d’encadrement technique de proximité

- Appuis faiblement axés sur des filières mais sur la base des requêtes

- Inexistence de synergie d’intervention entre les ONG et les services étatiques

- Insuffisance de centre de formation technique agricole

B-1-3-6 Gouvernance

- Pas de plan d’aménagement pour la gestion des terroirs ;

- Divagation des animaux

- Marchés non organisés

- Insécurité foncière entraînant des conflits paysans – grands exploitants

- Non-respectt des lois sur : les feux de brousse, exploitation ( légal ou illicite) des bois et défrichement entraînant dégradation des bassins versants entraînant des érosions et des ensablements

- Difficultés de circulation des matériels fluviaux sur le Betsiboka due à l'ensablement de certains réseaux hydrographiques (cas de la Betsiboka)

- Taux d’analphabétisme très élevé

- Insécurité régnante en milieu rural

- Lenteur des procédures judiciaires sur le domaine foncier

BB--22 EELLEEVVAAGGEE

B 2-1 CHEPTEL ET SANTE ANIMALE

B 2-1-1 Élevage Bovin

a) Le cheptel

Depuis toujours, dans la partie nord-ouest de Madagascar, la région BOENY détient sa part de marché dans la filière bovine après la région Melaky. Avec un cheptel de 419 582 têtes, cette activité occupe une grande partie de la population rurale. Géographiquement, ce cheptel est reparti comme suit:

- Dans le district d'Ambato-boeny qui compte 35% du cheptel régional, notamment à Ambato Ambarimay, Andranomamy, Ambondromamay, Tsaramandroso, Ankijabe, Anjiajia, Manerinerina

- Marovoay avec 81 804 cheptels, surtout à Ankazomborona

- Soalala où sont élevés les 18% du cheptel régional, essentiellement à Andranomavo et Ambohipaky

- Mitsinjo et Mahajanga II ont respectivement un cheptel à 61 343 et à 53 554 têtes. (réf. carte cheptel bovin)

b) La santé animale

La couverture vaccinale est de 60,4% pour toute la région. Toutefois, il faut signaler que pour le cas de Soalala la couverture demeure très faible avec un taux ne dépassant pas 20% ( 18,4%) alors qu' Andranomavo est la deuxième commune rurale disposant du plus de cheptel. Le cas se reproduit à Mitsinjo, quoique le cheptel y soit moins important comparé aux autres communes. Cela peut s'expliquer par l'absence de couloir de vaccination et des vétérinaires sanitaires dans la partie sud de la région.

Les pathologies dominantes, quant à elles sont en premier lieu le choléra aviaire avec une morbidité de 183 en 2003, suivi par le charbon symptomatique, la colibacillose et le lumpy skin disease.

B 2-1-2 Autres élevages

La taille des cheptels d'ovins/caprins confondus est de 13 706 têtes pour toute la région. Ambato-Boeny tient toujours la première place avec les 48,24% de la totalité. La couverture vaccinale est de 3,96%, Ambato-Boeny est le seul district concerné.

Pour le cheptel porcin, on a recensé 12 574 têtes dont la répartition géographique entre les districts est plutôt équitable. Notons qu'à Soalala, pour des raisons culturelles, l'élevage porcin n'est pas pratiqué. Le taux de couverture est de 12, 6% pour la maladie de teschen et de 6,1% pour la peste porcine classique.

Pour les volailles, Ambato-Ambarimay et Ankazomborona arrivent en tête avec des cheptels respectifs de 410 369 et de 215 000 têtes. Sitampiky compte également 120 000 têtes malgré son enclavement. ( réf carte cheptels ovins / caprin/ volaille).

Carte cheptel bovin

Carte cheptel porcin/ ovin/caprin/volailles

B-2-2 STRUCTURES D'APPUIS ET INFRASTRUCTURES DE BASE

Par rapport aux autres services techniques, le secteur élevage a une bonne couverture spatiale

en terme d'appuis et d'encadrement.

La région dispose de vingt-trois (23) techniciens en élevage dont 11 sont des docteurs vétérinaires, dispersés dans une dizaine de poste d’élevage. Parmi eux, cinq sont des vétérinaires sanitaires privés, implantés essentiellement à Marovoay et à Ambato-Boeny.

A Miadàna, une station de recherche de la FOFIFA est implantée, ayant comme objet la

recherche pour une amélioration de la race animale. Sinon, au sein de l'EASTA les techniques d'élevage font partie des filières traitées.

Dans la région, on dénombre quelques projets et organismes d’appuis intervenant dans l’élevage tels que :

- Le PSDR (ou Programme de Soutien au Développement Rural) et le FID, leur intervention s'illustrant par la mise en place d'infrastructures de base

- La Maison du Petit élevage à Marovoay

- Le PAICAL (Projet d’Appuis aux Initiatives des Communes et des Associations Locales)

- Etc.

De grands marchés de bovidés existent à Marovoay, Ambato-Boeny, Andranomavo, Amboromalandy, à Ankijabe et à Manerinerina. Ce sont dans la majorité de cas, des marchés faiblement structurés et équipés.

Il fut un temps où le district de Mahajanga I disposait d'un abattoir mis aux normes.

Malheureusement, au bout de quelques années de fonctionnement, l'abattoir a fermé ses portes. La majorité des abattoirs fonctionnels sont en fait des simples tueries, respectant peu les normes d'hygiène requises.

Peu d’opérateurs privés s'intéressent à la production d’aliments pour animaux dans la région, or, les activités agricoles offrent des variétés très riches ( riz, maïs, certaines fibres végétales comme les « vata-tsatrana », arachide, etc.). En tout cas, quelques-uns se sont déjà impliqués dans la distribution d'intrants vétérinaires comme l’AGRIVETO, MIZAMI, etc.

Le marché reste encore très large, notamment pour les bovins, caprins et ovins notamment pour la communauté musulmane de la région.

B 2-3 LES TECHNIQUES D’ELEVAGE

L’élevage demeure encore actuellement contemplatif dans les communes rurales pour

l’élevage bovin, ovin et caprin. D’ailleurs, peu d’éleveurs se tournent réellement vers la filière

de viande bovine et de lait.

Les activités pastorales sont souvent considérées comme des activités d’appoint des activités agricoles, notamment pour l’élevage des volailles, de porcins et d’ovins/caprins. Elles sont destinées à renforcer les revenus familiaux durant les périodes de soudure ainsi qu'aux funérailles, les fêtes familiales ou cultuelles. Les animaux sont élevés de façon sauvage, en liberté dans la nature et rarement réunis dans des lieux clôturés. L’intégration des bons géniteurs et des vaches laitières est très faible.

B-2-4 LES CONTRAINTES

De façon synthétique, on peut résumer en quelques points les contraintes qui pèsent sur l’élevage dans la région BOENY :

- L’insuffisance et l'absence de mise aux normes des infrastructures de base telles que les points d’abreuvage et les tueries.

- L’insuffisance et la mauvaise répartition des infrastructures sanitaires tel que le couloir de vaccination ou des stations de monte. La vétusté de certains abattoirs remet également en cause la qualité des viandes bovines

- L’accès au crédit est difficile pour les éleveurs dont une grande partie est analphabète, fédérant rarement à des structures légales.

- Les pratiques d’élevage encore très traditionnelles portent atteinte à la qualité de la viande et du lait

- Faible encadrement technique pour la valorisation des dérivés agricoles destinés à l'alimentation des animaux

- En terme d’appuis et d’encadrement, les éleveurs sont souvent très limités en matière de commercialisation et de la valorisation des produits

- Peu d’investissements en unité agroalimentaire dans les zones productrices

- Le faible accès des producteurs aux produits biologiques et médicamenteux

- L'absence de zonages pour la promotion des pâturages appropriés

- La persistance des feux de brousse dans certaines localités

- Le tarissement des points d'eau en saison sèche

- L'insécurité rurale liée aux vols de bœufs

- Le non-respect de la réglementation portant sur la castration des animaux élites et l’abattage des femelles

BB--33 LLEESS IINNVVEESSTTIISSSSEEMMEENNTTSS PPRRIIVVEESS

Le tissu économique privé de la Région se compose principalement de quelques grandes entreprises de pêches et d’aquacultures, d’exploitations minières et d’entreprises de commerce et de services ainsi que de quelques entreprises de collecte et de transformation de produits agricoles.

B-3-1 LA REPARTITION SECTORIELLE ET SPATIALE

Les statistiques concernant les investissements officiellement recensés démontrent une forte concentration en nombre des investissements dans le secteur tertiaire : services, commerce, transports, hôtellerie et restauration.

En comparaison, les investissements dans le secteur secondaire sont peu nombreux. En tout cas, le domaine de l’halieutique (pêche et aquaculture) tient une place importante en terme de volume d’investissement et d’emploi.

Pourcentage Pêche Santé, éducation Elevage Services fournis Agriculture Prestation de Mine aux entreprises
Pourcentage
Pêche
Santé, éducation
Elevage
Services fournis
Agriculture
Prestation de
Mine
aux entreprises
Bijouterie,
orfevrerie,
joaillerie fine, y.c
lapidaire
service
Industrie de
Hôtel, restaurant
transformation
BTP
Transport
Commerce des
produits agricoles
Commerce

En 2004, 84,23% des investissements sont concentrés à Mahajanga I et les alentours (Belobaka). Dans les autres districts, mis à part quelques commerces, on rencontre très peu de grands investissements sauf dans le domaine de l’aquaculture (Mahajanga II et Soalala), du sucre à Mitsinjo, du coton et du tabac à Ambato Boeny.

B-3-2 L'EVOLUTION DES INVESTISSEMENTS

La tendance générale de création d’entreprises en 2003 et 2004 consolide la composition déjà existante du tissu économique, à savoir :

Une répartition en nombre donnant au secteur tertiaire une prépondérance (plus de 80%) par rapport aux secteurs primaires et secondaires (cf. statistiques sur les créations d’entreprises 2003-2004)

Et selon les informations obtenues auprès du GUIDE local (créés en février 2004), les constitutions de dossiers et demandes d’informations s’orientent pour plus de la moitié vers les services notamment la restauration.

La répartition géographique place Mahajanga I en tête des choix d’implantation, suivi de Marovoay (7.25%), d’Ambato Boeny (3.4%) et de Mahajanga II (2.29%), et laissent Mitsinjo (1.23%) et Soalala (0.8%) à l’arrière du classement.

Le choix de Mahajanga I par la majorité des nouveaux investisseurs s’explique certainement par la concentration sur place de tous les services administratifs publics et privés, les services d’appuis privés aux entreprises (institutions financières, transits, assurances, télécommunication…) ainsi que les infrastructures nécessaires à la bonne marche des entreprises : port, aéroport, routes, moyens de communication et de télécommunication diverses (téléphone, Internet), infrastructures sanitaires etc.

La présence en nombre à Mahajanga de compétences et de main-d’œuvre qualifiée, ainsi que d’une population (200 000 personnes) pouvant constituer un débouché potentiel, contribue certainement aussi à l’attrait de cette partie de la Région pour les investisseurs.

Marovoay, Ambato Boeny et Mahajanga II attirent surtout pour leurs fortes potentialités agricoles (riz, culture de rente), et leur liaison plus ou moins facile avec Mahajanga I. Néanmoins, les investissements restent faibles hors des chefs lieux de District.

Mitsinjo et Soalala demeurent les Districts où les investissements se font rares pour le moment.

Concernant les secteurs d’investissement choisis, les données disponibles sur les créations d’entreprises 2004 montrent l’intérêt pour le commerce (61.86%), le bâtiment et les travaux publics (11.05%), suivis par les services divers (hôtelleries, éducation…) formant un total de 94.07% des créations.

L’agriculture n’a pas enregistré d’investissements conséquents. L’industrie de transformation n’a représenté que 5.12% de la totalité des nouveaux investissements.

La forme juridique choisie par les entreprises pourrait donner une idée de la dimension des investissements réalisés :

- Sur les années 2003 et 2004 : les entreprises individuelles (+93%) l’emportent de loin sur les autres formes de sociétés (-7%)

- Sur les 40 SARL qui se sont créées dans la Région en 2004, la totalité s’est installée à Mahajanga.

Il faut noter, par ailleurs, la fermeture, en 2004, de la Cimenterie SANCA Amboanio, installée à Mahajanga II, de la SORIMA (Société Rizicole) et de la FIFABE (Projet de Développement de la plaine de la basse Betsiboka) à Marovoay en 2001, ayant entraîné la mise au chômage d’à peu près 800 personnes. Le redressement en cours de la société sucrière SIRAMA de Namakia va aussi entraîner le déflatage de plus de 600 personnes.

Investissement par district

100,00

80,00

60,00

40,00

20,00

0,00

84,23 3,64 0,81 1,62 2,43 7,28 Pourcentage
84,23
3,64 0,81 1,62 2,43 7,28
Pourcentage

Mahajanga IAmbato Soalala Mitsinjo Mahajanga II Marovoay

AmbatoMahajanga I Soalala Mitsinjo Mahajanga II Marovoay

SoalalaMahajanga I Ambato Mitsinjo Mahajanga II Marovoay

MitsinjoMahajanga I Ambato Soalala Mahajanga II Marovoay

Mahajanga IIMahajanga I Ambato Soalala Mitsinjo Marovoay

MarovoayMahajanga I Ambato Soalala Mitsinjo Mahajanga II

B-3-3 Les ATOUTS régionaux pour la promotion des investissements

Au vu des domaines d'investissements existants, on retient que d’énormes ressources demeurent encore sous-exploitées dans les différents secteurs : agricoles, miniers, halieutiques, forestiers et notamment dans le secteur de la transformation. Malgré l’importance en nombre des entreprises de services, les besoins en investissement restent tout aussi importants.

Par ailleurs, des infrastructures, des organisations, des services et des réglementations déjà en place peuvent servir les investissements privés.

B-3-3-1 Concernant les transports et les déplacements de biens et de personnes :

En rappelant les infrastructures de transport disponibles, la région dispose des infrastructures stratégiques telles que le port de Mahajanga et l’aéroport international. Des routes et des pistes peuvent aussi relier les différentes communes même si leur praticabilité reste saisonnière pour une grande partie et que les moyens pour les emprunter demeurent assez limités pour la population.

B-3-3-2 Concernant la télécommunication et la communication :

Plusieurs types de moyens de télécommunication et de communication peuvent se trouver dans la Région : téléphonie fixe et mobile, BLU, stations de radios et de télévisions, intranet et internet. Et le secteur privé est très largement impliqué dans leurs exploitations. Cependant, la couverture spatiale est très restreinte.

En terme de couverture en infrastructures de communication, toute la région peut capter les ondes de la radio et de la télévision Malagasy. Deux stations audiovisuelles privées ayant pour siège Mahajanga ville ( RTA et M3FM/M3TV ), couvrent également Mitsinjo ville, Soalala ville, Mahajanga II et Marovoay. Marovoay et Ambato-Boeny ont également leurs radios

locales. Le moyen audio le plus sûr en matière de communication demeure la fameuse émission de la Radio Nationale « AMPITAPITAO »

Pour la télécommunication, TELMA est présent à Mahajanga I et à Marovoay ville. L’opérateur en téléphonie mobile ORANGE est installé à Mahajanga I couvrant en même temps cinq communes périphériques ( Katsepy, Boanamary, Ambalakida, Belobaka, Betsako), le deuxième opérateur MADACOM étant également présent au centre ville de Mahajanga I.

Pour les BLU, souvent les postes de gendarmerie et/ou les centres hospitaliers disposent de ce genre d'équipements. Sans détenir de chiffres précis, on peut avancer le chiffre approximatif de vingt communes non joignables directement, ni par téléphone, ni par BLU. ( réf carte infrastructures de télécommunication et médiatiques)

B-3-3-3 Concernant l’accès aux informations

La région abrite Chambre de Commerce, d’Industrie, d’Artisanat et de l’Agriculture à Mahajanga ville. De par sa fonction, elle offre certaines informations au service des opérateurs économiques. Différents centres et pourvoyeurs de statistiques sont également hébergés dans la chambre portant sur des veilles socioéconomique auprès de l’Association OPTIQ (Organisation de Promotion du Traitement de l’Information de Qualité) et des informations sur le MECIE.

Une Direction interrégionale de l’INSTAT produit également des données sur la province et au niveau national. Certains thèmes sont approfondis spécialement. Sinon certains centres de documentation et de recherche offrent des informations portant sur des domaines plus spécifiques.

B-3-3-4 Concernant l’accès aux crédits et aux financements

Plusieurs institutions financières offrent leurs services dans la Région qui sont malheureusement concentrées à Mahajanga (BNI-CL, BFV-SG, BMOI, BOA, SIPEM, ADEFI) et Marovoay (BOA)

Des structures mutualistes d’épargne et de crédit sont aussi implantées dans certaines communes, à Marovoay spécifiquement un réseau composé des centaines d’associations adhérentes intervient dans la culture rizicole ( réf. carte institutions financières)

B-3-3-5 Accès aux services d’appuis

Plusieurs réseaux et structures sont déjà en place à la Chambre de Commerce, d’Industrie et de l’Artisanat, le CAPE, FIVPAMA, GAPCM, le JCE, Tranoben’ny Tantsaha ainsi que d’autres associations professionnelles dans certaines branches d’activités.

Plusieurs types de services d’appuis publics et privés sont disponibles tels le GUIDE installé à Mahajanga, le PSDR ainsi que d’autres services d’appuis privés pour faciliter le fonctionnement des entreprises (transits, conseils, maintenance, sécurité, assurances, etc )

Carte infrastructures de télécommunication/médiatique

carte institutions financières

Ainsi, la Région Boeny dispose de beaucoup d’atouts pour intéresser les investisseurs. Cependant, des contraintes subsistent pour que l’environnement des investissements soit totalement incitatif et permette aux investissements existants de connaître un plein essor.

B-3-4 LES CONTRAINTES

B-3-4-1 Les problèmes de viabilisation des sites à fortes potentialités

a) Transports et déplacements des biens et des personnes

Plusieurs zones à fortes potentialités sont enclavées : 32/43 communes sont inaccessibles une partie de l’année. Les pistes et les routes existantes sont dégradés. Par ailleurs, le port de Mahajanga connaît un grave problème d’envasement, empêchant les gros porteurs d’accoster aux quais. Cette situation engendre des coûts supplémentaires pour les transactions opérées par les investisseurs.

Les infrastructures portuaires et aéroportuaires secondaires sont dégradés et non fonctionnelles pour la plupart. Les transports fluviaux et marins sont sous-exploités. Ainsi, la circulation des biens et des personnes reste pour le moment limitée dans la Région.

b) Accès à l'énergie

La JIRAMA fournit l’essentiel de l’énergie disponible de la Région par ses centrales thermiques. Un petit nombre d’investisseurs privés exploitent aussi de l’énergie au profit de leurs installations et de leurs communes d’implantation.

La couverture en énergie reste insuffisante, beaucoup de communes ne sont pas encore électrifiées actuellement et l’installation de nouveaux investissements se trouve limitée. La puissance produite par les centrales existantes est insuffisante, tous les besoins en énergie ne sont pas couverts.

Par ailleurs, les coûts d’énergie au niveau des consommateurs sont très élevés et entraînent des surcoûts pour les investisseurs. Par ailleurs, deux sites de production d’énergie hydroélectrique peuvent encore être exploités dans la Région, à savoir : celui d’Ambodiroka et celui de Mahavavy.

Les

l’exploitation de sources d’énergie renouvelable (éolienne et solaire) constitue un réel potentiel.

relief) de la Région permettent de penser que

qualités

géographiques (climat et

c) Problèmes d’accès aux crédits et aux financements

L’accès aux crédits est limité pour le moment en raison de l’insuffisance de couverture de la Région en matière d’institutions financières. Les institutions financières existantes se concentrent en majorité dans la ville de Mahajanga.

Pour les institutions existantes, les crédits octroyés ne couvrent pas les besoins. Les institutions mutualistes d’épargne et de crédits ne possèdent que des capacités limitées. Par ailleurs, les taux d’intérêt pratiqués sont très élevés et le recouvrement pose régulièrement des problèmes.

Il est à noter que les décisions dépendent souvent des sièges d’Antananarivo, ce qui rallonge les délais d’octroi de crédits et les procédures.

B-3-4-2 Un environnement institutionnel peu incitatif

a) Secteur informel

L’importance de l’exercice informel dans beaucoup de secteurs, la pratique de la corruption dans la passation de certains marchés ou pour l’octroi d’autorisations découragent les investisseurs potentiels et existants. Les opérations de contrôle et de sanction ne sont pas suffisantes pour le moment.

b) Problèmes de lenteur et de lourdeur administrative

Les procédures et les réglementations administratives ne sont pas souvent connues par les usagers. Cette situation peut faire naître un sentiment de découragement chez les investisseurs ou ouvrir la porte à la corruption.

La longueur de traitement de certaines opérations auprès de l’administration freine l’enthousiasme des opérateurs privés. Le système de guichet unique pour les investissements (GUIDE) n’est par exemple pas encore une réalité dans la Région bien que le bureau ait été ouvert depuis 2004.

c) La faible capacité des communes en matière de contrôle et de fiscalité de proximité

Favorise les exercices illicites et réduits, par ailleurs, les impacts socio-économiques des investissements sur les lieux d’implantation.

d) Les problèmes liés à la sécurité foncière

Le seul service de Domaine se trouve au chef lieu de la Région à Mahajanga I. Au-delà de la méconnaissance de la population des procédures d’acquisition des terrains et des facteurs démotivants tels que la corruption et la lourdeur administrative, le blocage principal est l’absence d’une administration de proximité dans le domaine. Malgré la présence des communes, le transfert formel des terrains domaniaux en terrains communaux est quasi inexistant en dehors de Mahajanga ville. Ceci dit, l’acquisition de la majorité des terrains au niveau de district se heurte souvent à des litiges et à des différents blocages d’ordre administratif et pratique.

La création des réserves foncières à vocation économique a été initiée ces deux dernières années et mérite d’être soutenue.

e) Problèmes d’accès aux informations

Le manque d’informations fiables et à jour, ainsi que la difficulté d’accès aux informations existantes empêchent les investisseurs de connaître les potentialités réelles et d’orienter les allocations de capitaux. En réalité, le système de collecte et de traitement d’informations manque de performance. La culture de la statistique fait défaut chez la majeure partie des producteurs et des services publics. Il en est de même pour les zones rurales à fortes

potentialités qui pourraient intéresser les investisseurs. Ainsi, les offres et les demandes de collaboration peuvent difficilement se rencontrer.

B-3-4-3 Les Problèmes de mise en relation du paysannat et des opérateurs privés

L’instauration de la confiance et de la compréhension mutuelle entre paysannat et opérateurs privés pose encore des problèmes puisque :

Le niveau d’instruction et de compétence de la population rurale est très faible.

Le paysannat parvient difficilement à répondre aux besoins et exigences des opérateurs économiques en terme de normes de qualité, de quantité, de constance des livraisons.

La capacité contractuelle des paysans reste pour le moment très faible.

Le paysannat connaît des difficultés de structuration et d’encadrement technique.

Le paysannat manque de moyens adéquats pour faire face aux engagements qu’il pourrait contracter avec les investisseurs privés (moyens financiers, matériels et intrants)

La faiblesse des moyens d’échanges d’informations entre le paysannat et les opérateurs économiques constitue une contrainte supplémentaire.

Le poids de certains us et coutumes dans certaines zones rurales, notamment l’application d’obligations traditionnelles d’arrêt de travail plusieurs fois dans la semaine, renforce l’incompréhension des opérateurs privés.

Le paysannat ne maîtrise pas la gestion prévisionnelle, ce qui handicape les partenariats qui pourraient se mettre en place.

LES SECTEURS PORTEURS

BB--44 LL''AAQQUUAACCUULLTTUURREE EETT LLAA PPÊÊCCHHEE

La production et l’exportation des produits halieutiques font la réputation de la région nord- ouest de Madagascar. Avec 630 km de côte, neuf mille hectares ( 9 000 ha ) de mangroves aménageables et plus de cinquantaines de lacs, la pêche et l’aquaculture constituent à dire vrai le poumon de l’économie régionale.

B-4-1 L'Aquaculture

B-4-1-1 Les atouts

L’aquaculture est une activité économique très porteuse pour le pays avec des effets induits non négligeables ; à la fois du point de vue économique et sociale. Pourvoyeuse de devises, elle crée également des emplois, permet le transfert des technologies, est génératrice d’autres revenus à travers différentes activités tant en amont qu'en aval.

Pour le cas de la région BOENY, l’aquaculture de crevettes est une activité en pleine expansion. Malgré les contraintes d’enclavement et le faible accès à l’énergie, elle compte actuellement quatre grandes exploitations, créant environ 1 500 emplois. Les sites d'aquaculture sont implantés à :

- Mahajamba : avec l' AQUALMA sur 688ha

- Boanamary : avec la SOMAQUA sur 250ha

- Matsakabanja : avec AQUABIO sur 250ha

- Soalala : avec AQUAMAS sur 250ha

Ces sociétés exportent essentiellement vers l’Europe, le Japon, la Thaïlande avec une production annuelle de 5 000 tonnes de crevettes environ.

Avec des surfaces aménageables non-exploitées de 9 000ha, la Côte ouest de Madagascar dispose encore d'un potentiel exceptionnel pour le développement de l’aquaculture, un secteur d’avenir très porteur non seulement pour la région mais également pour le pays. Actuellement, de nouveaux investissements à grande échelle et artisanaux sont au stade d’études d’impacts environnementaux dans les sites de Mataitromby, de Tambohorano, d’Andimaka et d’Ambodimirango, essentiellement dans les districts de Soalala et Mitsinjo.

En plus de l’élevage proprement dit, diverses activités y sont rattachées telles que les fermes de géniteurs, les écloseries et les unités de traitement. ( carte aquaculture + infrastructure de transport )

B-4-1-2 Les contraintes

Cette activité requiert des investissements plutôt lourds tant humains, matériels que financiers. Les contraintes se trouvent en premier lieu dans la disponibilité régulière des ressources humaines ayant les capacités techniques nécessaires dans les localités d’investissements.

( carte aquaculture + infrastructure de transport )

Ensuite, les problèmes susmentionnés dans les investissements privés demeurent valables pour le cas de l’aquaculture, c’est-à-dire l’accès à l’énergie, l’insuffisance des moyens de communication, l’insécurité et le coût moins compétitif du port de Mahajanga.

L’accès des opérateurs à des aliments pour crevettes pose également des problèmes à défaut de producteurs professionnels dans la filière. L’importation s’impose donc dans la majorité de cas.

Les faiblesses de la productivité et le manque de professionnalisme des producteurs ruraux réduisent les impacts et les effets d’entraînement escomptés dans les communes d’implantation. Par conséquent, la population locale et les opérateurs ont du mal à établir des transactions commerciales pour l’approvisionnement des sites d’élevage en matière d’alimentation ou autres.

Particulièrement, l’intégration sociale des investissements rencontre parfois des résistances auprès de la population locale.

Certains conflits et des sentiments de rejet se manifestent, souvent liés à des problèmes fonciers, à des vols d'outillages ou de produits, à des attentes déplacées de certaines autorités locales envers les investisseurs.

Les complexités des conditions phytosanitaires exigent également une certaine rigueur pour l’accès aux sites et aux installations, qui favorisent davantage un sentiment d’exclusion au sein de la population.

L’accès à la terre pour les promoteurs d’aquaculture artisanale demeure un blocage de taille ainsi que l’accès aux crédits. Un partenariat entre le CDCC et les institutions financières est nécessaire pour l’insertion professionnelle des sortants.

B-4-2 La Pêche Maritime et Continentale

B-4-2-1 La pêche industrielle et artisanale

Cinq sociétés industrielles et artisanales sont implantées dans la région. Leurs principaux produits sont les crevettes, les poissons et les crabes dont les productions annuelles, selon les statistiques de 2003, sont respectivement de 5 300 tonnes, 1 800 tonnes et 125 tonnes.

Ces sociétés créent actuellement environ 2 300 emplois, pêchent sur les côtes régionales et souvent jusqu’à Antsalova.

Différents produits demeurent encore sous-exploités et faiblement valorisés dans la région, entre autres:

- Les poissons de récifs

- Les petits et grands poissons pélagiques

- Les crabes de mangrove, de profondeur

- Les langoustes

- Les algues

- Les huîtres

- Etc.

Il en est de même des structures et des infrastructures d’appuis et de recherche

Différents projets et structures se sont installés dans la région, essentiellement à Mahajanga I dans le cadre de la promotion de la pêcherie en général.

- Le PNRC ou Programme National de la Recherche Crevettière, chargé d’apporter des éclairages scientifiques aux décideurs et opérateurs dans le cadre de la gestion durable et de l’aménagement rationnel de l’exploitation crevettière

- Le Projet d’Appui Technique à la Valorisation des Produits halieutique (ATVHPA), ayant la mission d’augmenter la disponibilité des poissons sur les marchés locaux

- Le MAEP/OFCF un projet d’expérimentation sur la pêche de fond

- Le Centre de Distribution des Produits Halieutiques de Mahajanga (CDPHM) chargé d’augmenter l’accès de la pêche traditionnelle et artisanale aux moyens de stockage et de distribution des produits destinés au marché intérieur.

La région abrite également des centres de formation dont l’ENEM qui forme des cadres navigants de la pêche, l’EASTA (Ecole d’Application de Sciences et Techniques Agricoles ), l’Université de Mahajanga avec sa Formation de Techniciens supérieurs en crevetticulture l'UFP et le CDCC qui dispensent des formations en aquaculture artisanale.

Malgré cette offre non négligeable en formation et ces différents projets de recherche, l’investissement du secteur privé local dans la production proprement dite demeure très faible, souvent limitée à la collecte et à la distribution des produits halieutiques issus de la pêche traditionnelle.

B-4-2-2 Les contraintes

Au-delà des problèmes déjà mentionnés, les contraintes pour la pêche industrielle et artisanale sont liées :

- À la faible diversification des produits

- A l’insuffisance des investissements locaux dus au faible intérêt qu’accordent les entrepreneurs locaux à la pêche proprement dite, en dehors de la collecte et de la distribution.

- Au non-respect des zones d’exploitations délimitées par les opérateurs, par exemple les aires protégées dans la partie sud à Soalala

- Au conflit éternel entre les différentes catégories de pêche dans la zone de deux miles

- À la faible vulgarisation des résultats de recherche au profit des opérateurs locaux

- Aux vols et au débarquement au large des produits de pêche qui constituent le principal objet des plaintes des opérateurs de pêches industrielles et artisanales.

- Aux exploitations illicites souvent par des opérateurs étrangers

- A l’insuffisance de ressources humaines spécialistes

B-4-3 La Pêche Traditionnelle

B-4-3-1 Les atouts

Dans cinq districts sur six, la pêche traditionnelle est une source de revenus pour des milliers de familles rurales.

Pour la pêche maritime, Boanamary et Andranoboka sont les communes qui abritent le plus de villages de pêcheurs, suivis par Mariarano, Mahajanga I, Katsepy et Matsakabanja.

En matière de pêche continentale, le district de Mitsinjo dispose d’une trentaine de lacs dont

KINKONY, le deuxième lac de Madagascar avec une surface de 14 000 ha, et quelques lacs

de plus d'une centaines d’hectares tels que Mitsinjo, Katondra et Tsiandahatra.

Le district d’Ambato-Boeny compte une soixantaine de lacs situés notamment dans les communes d’Ambato Ambarimay, d’Ambondromamy, d’Ankijabe et d’Anjiajia .

Malgré cette qualification de "traditionnelle ", il faut reconnaître que la production de cette catégorie de pêche tient une place importante dans le tissu économique régional même si les producteurs continuent de vivre dans des conditions très précaires.

A titre

continentale confondues, représente plus de 50% de la production totale en 2003.

d’exemple,

la

production

provinciale

de

la

pêche

traditionnelle,

maritime

et

Les produits exploités sont les crevettes, ainsi que différentes espèces de poissons et les crabes.

Les Infrastructures et les Services d’appuis existants

Plusieurs services et infrastructures sont offerts au profit des activités de pêche et de collecte dans la région savoir :

- Cinq entrepôts frigorifiques à usage public et privé confondus.

- Quatre magasins de stockage de poissons séchés

- Trois ports aux quais Barriquand, Orange et Schneider

- Une dizaine de fabricants de petites embarcations

- Trois commerçants des intrants destinés à la pêche (réf carte pêche )

B-4-3-2 Les contraintes

a) En terme de productivité et de l’amélioration des revenus

Les moyens de productions sont rudimentaires et insuffisants, souvent limités à:

- Des filets de faible capacité et dans certains cas ne respectant pas les réglementations en vigueur

- Des pirogues à voile, rarement motorisées

- Des glacières fabriquées de façon artisanale

carte pêche

L’analphabétisme et la faible structuration des pêcheurs traditionnels découragent souvent l’intervention des micro finances et par ricochet limitent la productivité.

Le faible accès à des systèmes de conservations adéquates, dont la principale cause est l'absence d’énergie, astreint les pêcheurs. à la technique du fumage et du séchage même si cela réduit de moitié la valeur commerciale des produits tout en détruisant l’environnement.

Ajoutées à cela, une faible maîtrise des techniques de valorisation des produits, une faible maîtrise du marché, accentuées par l’enclavement des zones de pêche et l’éloignement des dépôts frigorifiques.

Signalons également la disparition de certaines espèces maîtresses telles que les damba pour la pêche continentale

b) En terme d’appuis et d’encadrement

Comme déjà relevé supra, les pêcheurs traditionnels ne peuvent avoir la chance d'accroître leurs gains tant que subsisteront ces problèmes:

L’insuffisance et la concentration des agents techniques au niveau de Mahajanga I, qui privent les pêcheurs de la possibilité d'accroître et diversifier leur savoir-faire, et par conséquent, de la possibilité de hausser leurs revenus.

De même, l'éloignement des infrastructures et structures d’appuis trop concentrés à Mahajanga I, qui condamnent les pêcheurs à opter pour un certain mode de conservation de leurs produits de pêche.

L’absence de micro finance pouvant venir en appui aux groupements de pêcheurs

c) En terme de gouvernance

La méconnaissance des réglementations engendre souvent des frustrations et des mécontentements chez les pêcheurs traditionnels, en cas de sanction et de retrait des matériels de pêche, et partant, favorise également la corruption.

La faible harmonisation des textes sur les fiscalités de proximité, jettent le trouble sur l'attribution des « cartes de pêcheurs » et « cartes de collecteurs ».

Les statuts juridiques des associations, érigées sous le régime de l'ordonnance 60-133, ne cadrent pas avec les buts à caractères lucratifs poursuivis, limitant de fait l'accès des pêcheurs aux marchés.

L'insuffisance de marchés de produits halieutiques, en dehors de 05 poissonneries privées, de quelques étalages informels dans certains quartiers de la ville et d’une allée dans le marché de Mahabibo Mahajanga I, restreint le champ d'écoulement des produits.

Le conflit, interminable, qui oppose pêche artisanale et pêche traditionnelle dans la zone de deux miles occasionne des pertes de matériels au détriment de la pêche traditionnelle.

Et pour conclure sur ce volet, la dégradation de l’environnement marin et côtier, le tarissement des lacs ou l'envasement, sont autant de menaces qui pèsent sur le secteur de la pêche traditionnelle.

BB--55 LLEE TTOOUURRIISSMMEE

Le secteur touristique fait partie des secteurs porteurs en plein essor dans la région Boeny. Créant directement huit cent- cinquante sept (857) emplois, c’est une activité qui génère des richesses et qui fait la promotion de la biodiversité de Madagascar.

En 2003, Mahajanga I comptait 16373 touristes dont 26,84% des touristes non-résidents, 60,62% des touristes résidents nationaux et 12,52% des touristes résidents étrangers.

Les nuitées moyennes étaient 1,61 et 2,27 pour le reste.

de 2,77 pour les touristes non-résidents;

B-5-1 Les produits touristiques

et respectivement de

Depuis ces dix dernières années, le secteur touristique a connu un boom sans précédent dans la région. En effet, de par sa situation géographique et son « éternel été», la région Boeny fait partie des destinations les plus prisées des touristes nationaux. En effet, avec le fameux "baobab géant" de sa capitale, qui reste indubitablement une de ses fiertés, et son illustre promenade du bord de mer, on peut affirmer que la région BOENY dispose-là d'attraits qui ne lui feront rien envier aux autres régions

Si le tourisme balnéaire figure sur la liste des produits les plus reconnus du BOENY, la région dispose également de sites riches en faunes et en flores endémiques, ainsi que de sites culturels très renommés.

Ainsi, la palette de produits touristiques est bien diversifiée : écotourisme, tourisme balnéaire, tourisme culturel, tourisme d’affaires jusqu’au tourisme cynégétique.

Selon la carte touristique régionale, la région dispose:

En écotourisme, de trois parcs nationaux :

- Le Tsingy de Namoroka à Soalala sur une aire protégée de 22 227ha

- La réserve d’Ankarafantsika à Marovoay/ Ambato-Boeny sur une superficie de 130 026ha

- La Baie de Baly avec une superficie de 57 142ha

- Un site au lac Kinkony propice à l’ornithologie avec différentes espèces endémiques

Comme sites culturels, des sites suivants:

- La grotte d’Anjohibe et de la chute de Mahafanina de Mariarano

- Le cirque rouge

- La grotte de Belobaka

- Le site des fossiles de dinosaures

- Les vestiges d’Ambohitrombikely, d’Antsoheribory et des villages d’Antalaotsy

- Des ouvrages EIFFEL

- Les lacs sacrés

- Différents lieux cultuels Et un musée dénommé AKIBA.

En tourisme balnéaire

De nouvelles plages sont actuellement en pleine expansion dans la partie Nord de la région, en plus de la plage d’Amborovy et de grand pavois. Il s’agit de la plage d’Ampazony et d’Antsahanitia, des plages vierges où une réserve foncière touristique a été créée.

Pour la partie sud, la baie de BALI à Soalala et la baie de Boeny offrent des plages à sable fin et des récifs coralliens très intéressants pour les plongées sous-marines.

Les sables embouteillés, les vanneries en raphia et en « satrana », les maquettes de bateaux en palissandre, les peintures, les fossiles et les pierres ornementales (céléstite) constituent des produits d’artisanat typiquement BOENY qui enrichissent indéniablement les produits touristiques susmentionnés. L'immense cheptel bovin, les ressources forestières et les ressources marines constituent autant de potentialités pour la promotion de l’artisanat à base de bois, des cornes, de cuir et de corail.

La liste des sites touristiques n’est pas exhaustive et avec des prospections plus poussées d’autres sites sauvages, certainement plus intéressants les uns que les autres pourraient s’y rajouter.

B-5-2 Les infrastructures d’accueils

Avec 39 établissements hôteliers et deux aires de camping, la capacité d’accueil de la région est de 1473 lits en 2004. Le tableau ci-dessous nous montre les statistiques sur les infrastructures d’accueils existantes.

Type d’hôtel

Bungalow

Chambres

Aire

de

Nombre lits

Camping

Etoiles

63

361

 

989

Ravinala et NC

8

212

 

412

Périphérie

6

5

 

22

Parcs nationaux

 

10

40

50

Total

       

A l’aéroport international de Philibert TSIRANANA à Amborovy, des vols réguliers relient la région à Mayotte, aux Comores et à l’île de la Réunion, grâce aux lignes aériennes de l’AIRMAD et de l’AIR AUSTRAL. Tandis qu’un vol journalier Mahajanga – Tananarive a lieu au moins une fois.

Pour le transport terrestre, la liaison entre la région et la capitale est assurée par des taxi- brousses regroupés dans une dizaine de coopératives. Pour le réseau intérieur à la région,

quatorze (14) stationnements de taxi-brousse desservent les communes rurales. sites touristiques)

carte

(réf

.

carte sites touristiques

B-5-3 Les contraintes

B-5-3-1 Contraintes spécifiques au tourisme balnéaire

Actuellement, les sites balnéaires opérationnels se trouvent en majorité à Mahajanga I. Le premier se trouve en ville, dénommé « village touristique » qui, au fil des années, s'est progressivement dégradé du fait de l'érosion marine. L’accès, les baignades y sont devenus dangereux.

Les plages les plus fréquentées sont celles de Maroala, d’Amborovy et du "Grand Pavois", Malheureusement, plusieurs facteurs en freinent l'accès:

- En période de marée haute, la mer est polluée par les eaux boueuses de la Betsiboka, qui donne une couleur rougeâtre, donc des plus dissuasives pour les baigneurs. D'où l'importance d'un calendrier des marées pour les opérateurs touristiques, afin de déterminer le moment le plus propice à la baignade.

- L’absence de récifs coralliens

- L’accès difficile à cause de l’état dégradé de la piste menant à Amborovy

- L’accès à la plage qui est devenu privé de fait, à défaut de ruelles séparant les bungalows privés

Du côté d’Ampazony et d’Antsahanitia, d’autres sites balnéaires sont encore vierges, offrant l’avantage d'une mer stable, saine et limpide. Les problèmes sont plutôt liés à l’absence d'infrastructures de base, car, actuellement la praticabilité des pistes est difficile et saisonnière, d’autant que cette région n’est pas encore servie en matière de réseaux téléphoniques.

Vers le sud, à Mitsinjo et Soalala, en dehors de Katsepy qui n’a jamais été valorisé, la BAIE de BALY et la BAIE de BOINA constituent encore des atouts sous-exploités du produit balnéaire de la région avec leurs récifs coralliens et leurs plages vierges.

Sinon, les principaux blocages pour la promotion du tourisme balnéaire sont dus :

- A l'insuffisance d'infrastructures d’accueil aux normes et de haut de gamme

- A l’absence d'infrastructures routières régulièrement praticables

- A la prolifération d' infrastructures d’accueil informelles ( location des bungalows privés )

- Aux services d’hébergement et de restauration qui sont majoritairement concentrés en ville

- A l'absence d'ouvrages d’accueil tels que les parkings, les toilettes publiques, etc. dans les sites.

- A l’absence d’animation au niveau des plages

- Au non-accès à l’eau potable près ou dans les sites

- A l’insuffisance de guides locaux professionnels

B-5-3-2 Contraintes spécifiques à l’Ecotourisme

Les problèmes sont surtout la viabilité des sites touristiques en terme d’accès et de communication. Cela dissuade les opérateurs à s’y installer, une situation qui rend davantage difficile toute stratégie de promotion.

D’autres produits touristiques requièrent également des moyens humains et matériels spécifiques tels que l'observation de certains animaux nocturnes.

La persistance des feux de brousse dans certaines localités constitue encore une menace importante, ainsi que le faible aménagement des périmètres avoisinants. Les facteurs socioculturels tels que les tabous et les « fady » sont autant de blocages pour une pleine expansion du secteur.

B-5-3-3 Contraintes spécifiques au tourisme culturel

Les spécificités des grottes et des vestiges demandent également des ressources humaines ayant la maîtrise du milieu et de l’histoire, qui malheureusement sont encore très insuffisantes.

Sur les sites, peu d’aménagements ont été réalisés, les infrastructures de base en terme d’accueil ( aire de camping, adduction en eau potable, toilettes publiques, parking, etc.) sont quasi inexistantes.

En conclusion, le potentiel touristique de la région reste très largement sous-exploité. Beaucoup reste à faire pour la promotion de la destination qui est handicapée par :

- L’absence de circuits opérationnels et diversifiés

- L’insuffisance des tours opérators et des prestataires de services en matière de location de moyens de locomotion

- L’absence de syndicats d’initiatives fonctionnels et dynamiques ainsi que de promoteurs d’évènements

- La méconnaissance des produits existants par la population locale et certains opérateurs touristiques ( absence d’inventaire, d’éductour)

- Un certain cloisonnement entre les opérateurs hôteliers, les promoteurs de l’écotourisme, les responsables communaux, le secteur transport et les acteurs dans l’artisanat

- L’insuffisance des vols aériens

- L’insuffisance des circuits d’envergure régionale en transport maritime

- L' absence de services d’accueil à l’aéroport et dans les villes de Mahajanga et de Soalala

- La faible intégration du volet artisanat et culturel dans les produits touristiques proposés sur le marché

- La méconnaissance de la population locale de la valeur touristique de leurs ressources naturelles

- L’insécurité dans certaines zones ( Namoroka)

- Le faible sécurisation sanitaire des zones à forte potentialité touristique ( ex.Soalala )

B-5-3-4 Contraintes du point de vue gouvernance

- La prolifération des infrastructures d’accueils informelles, avec ce que cela suppose de violation des normes et des réglementations en vigueur

- Le non-respect des zones de pas géométriques

- La gestion foncière qui défavorise les investissements privés en tourisme et en hôtellerie au profit des installations privées qui dénaturent souvent la beauté des sites

- Le non-recouvrement des vignettes touristiques

- La prolifération du tourisme sexuel due en partie à la faible application des réglementations

- L'absence d’une politique de lutte contre l’érosion marine

- L’absence de systèmes de nettoyage des sites

- L’absence de barrières sécuritaires et d'organisations préventives aux accidents pour le tourisme cynégétique

- L’absence d’initiatives en matière d’éducation citoyenne pour offrir des services performants, hygiéniques et respectant les principes de base en matière de qualité et de fixation de prix, etc.

BB--66 SSEECCTTEEUURR EENNEERRGGIIEE EETT MMIINNEE

B-6-1 Secteur énergie

Jusqu’ici, l’économie régionale dépend de l’énergie non renouvelable, souvent très onéreuse et portant atteint à l’environnement local. Le charbon de bois arrive en tête comme combustible principal à usage domestique. Les bois exploités vont du bois ordinaire, aux mangroves voire au bois précieux tel que le palissandre.

En terme d’éclairage, l’énergie utilisée actuellement par la JIRAMA et par la plupart des secteurs privés est à base thermique. A l'extérieur de Mahajanga ville, les chefs lieux de district sont électrifiés, mais en dehors de Marovoay et d' Ambato-Boeny l’accès est limité à raison de quelques heures seulement avant minuit. Sinon, la source d’éclairage la plus utilisée dans les communes rurales est le pétrole.

Cependant, avec son capital soleil, la région dispose d'une potentialité inestimable qui pourrait être exploitable en matière d'énergie. D’ailleurs, le secteur santé et certains secteurs privés y ont déjà recours pour leurs besoins spécifiques.

Au sein de l’Université de Mahajanga, une recherche sur l’énergie renouvelable est entreprise, notamment sur l'énergie solaire. Différents matériels à usage domestique et agricole sont actuellement créés tels que le séchoir solaire ( pour le séchage des produits halieutiques et des produits agricoles), la cuisinière solaire portative, etc. Le secteur privé commence également à s’y intéresser comme MADASOLEIL qui propose sur le marché des radios solaires.

Mais la solution idéale à laquelle rêve tout le secteur privé et la population régionale est d’accéder à une énergie plus puissante, à des coûts plus compétitifs. Avec son important réseau hydrographique, la région dispose également d'un capital eau qui n'attend que d'être mis en valeur pour la fourniture d'énergie hydroélectrique.

On pense notamment à la grande chute d’eau de la Mahavavy dans la commune d’Ambarimaninga , à Mitsinjo qui pourrait fournir la solution adéquate. Il en est de même du côté d’Ambato-Boeny et de Maevatanàna sur Betsiboka à Ambodiroka.

La concrétisation d'un tel projet nécessiterait sûrement des études de grande envergure et ne saurait être envisagée sur le court terme. Néanmoins, cela n'empêche pas la région d'y croire et d'y compter pour la promotion des investissements durables dans son monde rural.

B-6-2 Secteur minier

B-6-2-1 Les potentialités

Si la région ne regorge pas de gisements en pierres précieuses qui font généralement la réputation de Madagascar, elle dispose de produits à vocation industrielle. En effet, la région BOENY est en bonne position en la matière pour contribuer à la politique nationale sur la promotion des industries, routes, des bâtiments et des travaux publics.

Les minerais existants pouvant développer le secteur sont:

- le gisement immense de fer et de magnétite à Soalala, pour la métallurgie

- Autres dérivés des roches calcaires et du gypse du côté de Boanamaro et d’Ambato-Boeny pour la cimenterie

- Gravelles à Mahajanga II où la Société COLAS et Beton Ouest sont déjà installées

- Souffre à Marovoay,

D'autres produits peuvent également être valorisés

Marovoay et le célestite, pierre à destination ornementale à Sankoany, un petit village de Katsepy.

comme les ammonites et le septariat à

Le gisement de l’or de la région de Betsiboka profite également à l’économie régionale sachant que c’est surtout à Mahajanga I que s’est développée la bijouterie, une activité occupant une place importante dans le tissu économique local.

Pour conclure, le secteur minier est un secteur porteur pour le développement socio- économique de la région.

(réf. carte ressources minières )

B-6-2-2 Les CONTRAINTES

a)

Pour les petites exploitations

-

Faible capacité de valorisation rationnelle, absence d’encadrement technique

-

Exploitation archaïque, faiblement mécanisés

-

Méconnaissance des réglementations en vigueur

-

Prolifération des exploitations illicites

-

L’insuffisance des appuis organisationnels pour la restructuration des exploitants

b)

Les contraintes sont surtout liées à la bonne gouvernance

-

Capacités limitées des communes en matière de fiscalité de proximité

-

Méconnaissance des codes miniers

-

Absence des coopérations intercommunales pour les suivis et contrôles des exploitations illicites

-

Litiges fonciers du à la complexité des réglementations ( entre permis d’exploitation, autorisation de ramassage, etc.)

-

Impacts environnementaux et dégradations de certaines infrastructures de base ( pistes rurales)

c)

Contraintes techniques

-

Faible maîtrise technique de l’exploitation et de la valorisation

-

L’absence de l’énergie non renouvelable qui favorise la déforestation

-

Le coût élevé de l’énergie existante

-

L’absence des études approfondies sur les gisements existants

-

Accès limités aux informations de base sur l’existant en terme de ressource

(réf. carte ressources minières )

BB--77 SSEECCTTEEUURR FFOORREESSTTIIEERR

B-7-1 Les Potentialités

Les conditions naturelles de la région contribuent à la diversification des formations végétales, offrant d'importantes ressources, nonobstant la déforestation rapide des dix dernières années rapide des dix dernières années à cause des feux de brousse et de l’utilisation massive du bois de chauffe. L’exploitation illicite est un fléau de plus qui continue d’ailleurs de miner le secteur.

Les produits forestiers sont très diversifiés: citons en exemple le bois d’œuvre, le bois précieux et le bois ordinaire. La majorité des produits sont exportés vers les pays européens et aux Etats-Unis, souvent sous forme des produits semi-finis, très rarement en produits finis.

Les unités de transformation sont peu nombreuses, la plupart est concentrée à Mahajanga I et évolue dans l’informel. Les prestations sont, dans la majorité de cas, de qualité trop moyenne, alors que les besoins sont immenses en tenant compte du secteur pêche, tourisme et bâtiment.

Les exploitants dans toute la région sont au nombre de 55 dont :

- 02 exploitants particuliers en bois d’œuvre à Mahajanga II et Marovoay

- 03 exploitants particuliers en perche de palétuviers et mangroves à Mahajanga II et Mitsinjo

- 14 charbonniers dont 06 à Mahajanga II et 08 à Ambato-Boeny,

- 36 VOI qui exploitent le charbon dont 23 à Ambato-Boeny, 08 à Marovoay et 05 à Mahajanga II

En tout, par ordre de priorité Ambato-Boeny tient la première place, suivi de près par Mahajanga II.

District

%

Ambato-Boeny

56,36

Mahajanga II

25,45

Marovoay

16,36

Mitsinjo

1,82

Les ressources en fibres végétales occupent également une place importante sachant que les zones raphières sont très vastes notamment dans les communes rurales de Sitampiky et d’Ambarimaninga. A Sitampiky, 80% des ménages vivent du raphia pendant la campagne Les « satrana » décorent également les paysages de la partie sud de Katsepy à Soalala et dans le district de Mahajanga II. Comme le bois, le raphia est souvent exporté sous forme brute vers l’Europe et la Chine.

Globalement, les ressources forestières régionales s’étalent sur une surface de 667 640ha et se répartissent comme suit:

District

Surface

Soalala

168

288

Marovoay

214

780

Mahajanga II

113

336

Ambato-Boeny

92

296

Mitsinjo

78

940

Source : Eaux et forêts

Les zones sensibles composées de mangroves, de plantations de raphias ainsi que les périphéries des aires protégées occupent une surface de 147 755ha. Sinon, la répartition des domaines forestiers est la suivante :

Nature

Surface

Forêts classées

125200

ha

Périmètre de reboisement

46169

ha

Parcs nationaux

153742

ha

Stations forestières

33097

ha

Source : Eaux et forêts

B-7-2 Les contraintes

- La prolifération des exploitations illicites ne respectant pas les techniques requises

- La méconnaissance des réglementations en vigueur

- La faible maîtrise de la fiscalité de proximité au niveau des communes rurales

- L'absence des contrôles réguliers et transparents

- Le faible accès à l’énergie renouvelable, l’exploitation massive des mangroves par les fabricants de chaux vive et par les pêcheurs traditionnels qui ont recours au fumage et séchage de leurs produits comme système de conservation.

- La faible capacité des VOI pour la valorisation des produits forestiers, qui se limite souvent à la production de charbon

- L'absence de renforcement de capacité des VOI pour devenir des artisans aptes à créer des valeurs ajoutées et à préserver les ressources forestières

- L'insuffisance des centres de production de pépinières en arbre fruitiers

- L'insuffisance d’accompagnement des communes pour l’utilisation efficiente du fonds de reboisement

- L'exploitation sauvage des zones raphières par le non-respect du calendrier de campagne, d’où faible rendement des produits

- La faible structuration des femmes artisans

- Le faible accès aux matériels de collecte, de stockage et de traitement des fibres végétales

- Le faible accès des petits exploitants aux procédures

- La démotivation des VNA

- La faible organisation pour les marchés et les points d’embarquement et de débarquement des produits forestiers

- L'insuffisance d’un partenariat étroit entre les autorités locales et les VNA

- L'absence pour Soalala spécialement, d'agent forestier

- La fermeture et la compression de personnel au sein de certaines industries qui favorisent directement des exploitations sauvages des forêts

- Dans l’optique de la promotion du tourisme et de la pêche : le faible accès aux produits forestiers, aux crédits et aux encadrements techniques pour les professionnels en ameublement bois, en artisanat spécifique et en fabrication de petites embarcations

BB--88 AARRTTIISSAANNAATT

Riche en matières premières valorisables, la Région Boeny ne possède pourtant pas un artisanat vraiment développé qui puisse assurer aux artisans un revenu conséquent et stable. L’artisanat ne constitue, pour la majorité de ceux qui s’y adonnent, qu’une source de revenus d’appoint ou de subsistance minimale. Néanmoins, certains atouts existent et peuvent contribuer au développement de ce secteur.

B-8-1 Les Potentialités

B-8-1-1 Les ressources en matières transformables

D’une extrémité à l’autre de la Région, on peut trouver des matières nombreuses et variées, transformables en articles artisanaux, notamment :

- Des fibres végétales tel le raphia, en quantité très importante à Sitampiky

et les

environs mais aussi un peu partout dans les districts de Soalala, Mitsinjo et dans une partie de Mahajanga II (Mariarano)

- De même, le satrana

est répandue dans presque toute la Région, souvent utilisé

pour la toiture et les articles en vannerie

- La Région possède, par ailleurs, beaucoup de ressources en bois précieux et en bois d’œuvre presque dans tous les districts et des arbres à essence autochtone notamment dans ses parties sud