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Sécurité des ouvrages d’accumulation

Documentation de base pour la vérification des ouvrages


d’accumulation aux séismes

Berichte des BWG, Serie Wasser - Rapports de l’OFEG, série Eaux -


Rapporti dell’UFAG, Serie Acque

Version 1.2 (Mars 2003)


Office fédéral des eaux et de la géologie Section Barrages
Documentation de base sur la vérification des ouvrages d’accumulation aux séismes

PRÉAMBULE

L'ordonnance sur la sécurité des ouvrages d'accumulation du 7 décembre 1998


(Ordonnance sur les ouvrages d'accumulation, OSOA) est entrée en vigueur le 1er janvier
1999. L'article 26 OSOA est ainsi libellé :
"L'office peut élaborer des directives pour l'application de la présente ordonnance. Pour ce
faire, il collabore avec des représentants des autorités cantonales de surveillance, des
milieux scientifiques, des organisations professionnelles et de l'économie."
Sur la base de cet article, l'Office fédéral des eaux et de la géologie a entrepris la
préparation de directives.

La directive relative à la vérification des ouvrages d'accumulation aux séismes a été établie
par un groupe de travail durant la période 1999 et 2000. Ce groupe de travail était constitué
des personnes suivantes :
Amberg, Walter, Ing. dipl. ETHZ Lombardi SA, Minusio
Bossoney, Claude, Dr., Ing. dipl. EPFL Stucky Ingénieurs-Conseils SA, Renens
Darbre, Georges, Dr., Ing. dipl. ETHZ Office fédéral des eaux et de la géologie, Bienne
(Président)
Hammer, Jürg, Dr., Ing. dipl. ETHZ Office fédéral des eaux et de la géologie, Bienne
(Secrétaire)
Otto, Bastian, Dr., Ing. dipl. ETHZ Nordostschweizerische Kraftwerke, Baden
Studer, Jost, Dr., Ing. dipl. ETHZ Studer Engineering, Zurich
Wieland, Martin, Dr., Ing. dipl. ETHZ Elektrowatt Engineering, Zurich

Les personne suivantes ont également été auditionnées :

Giardini, Domenico, Prof. Dr. Service sismologique suisse (SED), École


polytechnique fédérale de Zurich

Fäh, Donath, Dr., Sismologue Service sismologique suisse (SED), École


polytechnique fédérale de Zurich

Deichmann, Nicolas, Dr., Sismologue Service sismologique suisse (SED), École


polytechnique fédérale de Zurich

En outre, les travaux du groupe ont été partiellement suivis par :


Lateltin, Olivier, Dr., Géologue Office fédéral des eaux et de la géologie, Bienne
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TABLE DES MATIÈRES

PRÉAMBULE

TABLE DES MATIÈRES 1

INTRODUCTION 8

PARTIE A - BASES 9

1. Objectifs 9
1.1 Objectifs de protection 9
1.2 Séisme de vérification 9
1.3 Aptitude au service 9

2. Domaine d'application et portée des directives 9


2.1 Soumission selon OSOA 9
2.2 Domaine d'application 9

3. Classes de barrages 10
3.1 Principe 10
3.2 Critères 10
3.3 Bassins de rétention 11

4. Situations exigeant une vérification 11


4.1 Nécessité de la vérification 11
4.2 Renouvellement de la concession 11
4.3 Autres situations exigeant une vérification 11
4.4 Première vérification 12
4.5 Objectif de la vérification 12
4.6 Etendue de la vérification 12
4.7 Classe de barrages I 12

5. Exigences 12
5.1 Déclaration de conformité 12
5.2 Professionnels 13

6. Annexes 14
6.1 Annexe A1 - Commentaires concernant la Partie A 14
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PARTIE B - SÉISME DE VÉRIFICATION 15

1. Principes 15
1.1 Séisme de vérification 15
1.2 Faille active 15
1.3 Danger sismique 15
1.4 Probabilité 15

2. Impulsion sismique 15
2.1 Principe 15
2.2 Accélération de pointe 16
2.3 Spectre de réponse 16
2.4 Trace temporelle 16

3. Conditions de fondation et du site 17


3.1 Principes 17
3.2 Classes de fondation 17
3.3 Spectres de réponse pour les classes de fondation B et C 17

4. Particularités 19
4.1 Exigences spécifiques aux types de barrages 19

5. Annexe B1 - Accélération de pointe 19


5.1 Procédé 19
5.2 Cartes d'intensité 19
5.3 Valeurs de l'accélération 20

6. Annexe B 2 – Commentaires concernant la Partie B 23


6.1 Spectres de réponse 23
6.2 Trace temporelle 24
6.3 Classes de fondation 24
6.4 Références 24

PARTIE C - BARRAGES EN REMBLAI (DIGUES) 25

1. Généralités 25
1.1 Principes pour la conception aux séismes des digues en terre 25
1.2 Valeurs caractéristiques des matériaux et méthodes d'investigation 26
1.3 Méthodes de calcul 27
1.4 Vérification de la sécurité 28
1.5 Cas de charge 28
1.6 Aperçu des exigences générales 29
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2. Classe de barrages III 30


2.1 Profil des spécialistes chargés de la vérification : Exigences 30
2.2 Aperçu des exigences pour les digues de la classe III 30
2.3 Propriétés des matériaux, méthodes d'investigation 31
2.4 Modélisation 32
2.5 Schéma du déroulement du calcul des digues de la classe III 32

3. Classe de barrages II 36
3.1 Profil des spécialistes chargés de la vérification : Exigences 36
3.2 Aperçu des exigences pour les digues de la classe II 36
3.3 Propriétés des matériaux, méthodes d'investigation 37
3.4 Modélisation 38
3.5 Schéma du déroulement des calculs pour les ouvrages de digue de la classe de
barrages II 38

4. Classe de barrages I 42
4.1 Profil des spécialistes chargés de la vérification : Exigences 42
4.2 Aperçu des exigences pour les ouvrages de digue de la classe de barrages I 42
4.3 Propriétés des matériaux, méthode d’investigation 43
4.4 Modélisation 43
4.5 Déroulement du calcul de digues de la classe I 44

5. Annexe C1 - Résistance au cisaillement 49

6. Annexe C2 - Conditions des fondations 49

7. Annexe C3 - Estimation de la célérité de l’onde de cisaillement pour différents types de


sol 49

8. Annexe C4 - Evaluation de l'augmentation des pressions interstitielles 50


8.1 Base 50
8.2 Critères d'évaluation 51

9. Annexe C5 - Compacité, faible compacité 51

10. Annexe C6 - Evaluation du potentiel de liquéfaction àl'aide d'essais SPT 51


10.1 Base 51
10.2 Détermination de (N1) 60-cs 52

11. Annexe C7 - Contrainte de cisaillement cyclique τ 52


11.1 Fondations 52
11.2 Corps de digue 53

12. Annexe C8 - Détermination de la période fondamentale de la digue (perpendiculaire à


l’axe de la digue) 54

13. Annexe C9 - Calcul des forces sismiques de substitution pour un bloc de glissement 54
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14. Annexe C10 - Accélération maximale au centre de gravité et au couronnement de la


digue 55
14.1 Accélération maximale aG au centre de gravité 55
14.2 Accélération maximale au couronnement 55

15. Annexe C11 - Calcul de la sécurité au glissement d’un bloc spécifique 56

16. Annexe C12 - Calcul de l’accélération critique aC pour une surface de glissement
potentielle 56

17. Annexe C13 - Détermination du déplacement du bloc de glissement 57

18. Annexe C14 - Analyse de la liquéfaction à l’aide d’essais cycliques en laboratoire 57

19. Annexe C15 - Calcul des déplacements à l’aide d’évolution temporelle de l’accélération
58

20. Annexe C16 - Commentaires explicatifs sur la Partie C 58

21. Bibliographie 69
21.1 Différentes directives et ordonnances 69
21.2 Références bibliographiques dans les présentes directives 69
21.3 Littérature approfondie 70

22. Liste des abréviations 71

PARTIE D - BARRAGES EN BÉTON ET EN MAÇONNERIE 73

1. Généralités 73
1.1 Principes 73
1.2 Déroulement de la vérification 73
1.3 Méthodes de résolution numérique 76
1.4 Vérifications de la sécurité 77
1.5 Cas de charge 77
1.6 Documentation 78

2. Classe de barrages III 78


2.1 Généralités 78
2.2 Déroulement 79

3. Classe de barrages II 85
3.1 Généralités 85
3.2 Déroulement 86

4. Classe de barrages I 94
4.1 Généralité 94
4.2 Déroulement 94

5. Annexe D1 - Modélisation bi-dimensionnelle d’un barrage poids 104


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6. Annexe D2 - Détermination de la masse d’eau entraînée 104

7. Annexe D3 - Détermination empirique de la première fréquence propre d’un barrage


poids 105

8. Annexe D4 - Accélération spectrale 105

9. Annexe D5 - Détermination empirique du premier mode de déformation de barrages


poids 106

10. Annexe D6 - Détermination de la charge sismique avec la méthode simplifiée du spectre


de réponse (un mode) 107

11. Annexe D7 - Détermination de la charge sismique selon la méthode pseudo-statique


avec un mode de déformation uniforme 108

12. Annexe D8 - Modélisation des fondations par éléments finis 109

13. Annexe D9 - Combinaisons des charges sismiques 110

14. Annexe D10 - Calcul de la déformation maximale et des sollicitations correspondantes à


partir des valeurs propres maximales 110

15. Annexe D11 - Masse oscillante avec le barrage 111

16. Annexe D12 - Vérification de la discrétisation 111

17. Annexe D13 - Valeurs de l’amortissement pour la vérification des ouvrages annexes112

18. Annexe D14 - Commentaires 112


Commentaire 1 (paragraphes 2.2.2, 3.2.2 et 4.2.2) 112
Commentaire 2 (paragraphes 3.2.2 et 4.2.2) 113
Commentaire 3 (paragraphe 4.2.2) 114
Commentaire 4 (paragraphes 3.2.4 et 4.2.4) 115
Commentaire 5 (paragraphe 3.2.4 et 4.2.4) 116
Commentaire 6 (paragraphe 4.2.4) 117
Commentaire 7 (paragraphe 4.2.5) 118

19. Bibliographie 118

20. Liste des notions utilisé es dans la directive, Partie D 119

PARTIE E - BARRAGES MOBILES 122

1. Généralités 122
1.1 Principes 122
1.2 Conditions structurelles 122
1.3 Contenu de la directive 123
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2. Méthodes de vérification 123


2.1 Comportement recherché 123
2.2 Vérifications demandées 123
2.3 Modélisation 123
2.4 Documentation 125

3. Vérifications 126
3.1 Combinaison de charges 126
3.2 Modèles de calcul 128
3.3 Vérification de la résistance de la structure porteuse 129
3.4 Résistance des vannes 129
3.5 Vérification de la stabilité du barrage mobile 129
3.6 Fonctionnement des organes de sécurité 129

4. Centrale 130

5. Bibliographie 130

PARTIE F - INSTRUMENTATION PAR ACCELEROGRAPHES 131

1. Objectif et étendue de l’instrumentation par accélérographes 131


1.1 Objectifs 131
1.2 Barrages nécessitant une instrumentation par accélérographes 131
1.3 Etendue 131

2. Spécifications minimales 131


2.1 Accéléromètres 131
2.2 Liaison 131
2.3 Entretien 131
2.4 Valeurs limites 131

3. Annexe F1 - commentaires concernant la Partie F 132


Situation actuelle 132
Dispositif d’auscultation de l’avenir 132
Avantages pour l’exploitant 132

PARTIE G - CONTRÔLES SUITE À UN SÉISME 133

1. Principes 133
1.1 Objectif 133
1.2 Principe 133
1.3 Niveaux et interventions 133
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2. Valeurs seuils 133


2.1 Barrages avec instrumentation 133
2.2 Disposition transitoire pour les barrages avec instrumentation 134
2.3 Barrages sans instrumentation 134
2.4 Exceptions 135
2.5 Dégâts et anomalies de comportement 135

3. Inspections 135
3.1 Étendue des inspections 135
3.2 Contrôle pour le niveau 1 135
3.3 Contrôle pour le niveau 2 135
3.4 Contrôle pour le niveau 3 135
3.5 Entraînement 136
3.6 Rapport 136

4. Annexe G1 - Chekliste pour les contrôles suite au séisme 137


Programme d’inspections 137
Dégâts aux structures 137
Dégâts non structuraux 138
Etat du sol et de la fondation 138
Le réservoir et ses berges 138
Dépouillement des mesures d’auscultation 139
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INTRODUCTION

La présente directive est à appliquer conjointement avec l'ordonnance sur les ouvrages
d'accumulation et les autres directives relatives aux ouvrages d'accumulation.
Les exigences présentées dans la directive sont des exigences minimales. Il est possible
d'appliquer d'autres méthodes que celles mentionnées par la présente directive pour autant
qu'il soit démontré qu'elles sont au moins équivalentes.
La directive relative à la vérification de la sécurité des ouvrages d'accumulation aux séismes
est divisée en six parties (A à G) dont le contenu est le suivant :
Partie A - Bases Définition du domaine d'application et
des classes de barrages.
Partie B - Séisme de vérification Définition du séisme servant de base
pour la vérification.
Partie C - Barrages en remblai (digues) Vérification pour les digues.
Partie D - Barrages en béton Vérification pour les barrages en
béton.
Partie E - Barrages mobiles Vérification pour les barrages mobiles.
Partie F - Instrumentation sismique Instrumentation nécessaires pour
l'équipement des grands barrages.
Partie G - Contrôles suite à un séisme Contrôles à faire après un séisme.

DISPOSITIONS PARTICULIERES

La partie F, traitant de l'instrumentation par accélérographes, ainsi que la


Section 3.5 de la partie G, traitant de l'entraînement du procédé d'intervention
de contrôles suite à un séisme, ne sont pas mises en vigueur pour l'instant.
Dans une phase transitoire, les ouvrages existants de la classe II peuvent être
vérifiés selon les dispositions applicables aux ouvrages de la classe III et les
ouvrages existants de la classe I selon les dispositions applicables aux
ouvrages de la classe II. Ceci ne concerne cependant pas la définition du
séisme de vérification. En particulier, les périodes de retour à considérer
restent celles de 5'000 ans pour les ouvrages de la classe II et 10'000 ans
pour les ouvrages de la classe I (1'000 ans pour ceux de la classe III).

Bienne, Mars 2003


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PARTIE A - BASES

1. Objectifs

1.1 Objectifs de protection


La présente directive vise à unifier les critères de vérification de la sécurité aux séismes des
ouvrages d'accumulation soumis à l'ordonnance sur la sécurité des ouvrages d'accumulation
en Suisse.
Les principaux objectifs de la protection contre les séismes peuvent être décrits comme suit :
- Protection des vies humaines et protection contre les blessures des personnes à
l'aval d'un ouvrage d'accumulation.
- Protection des biens à l'aval d'un ouvrage d'accumulation et contre les conséquences
économiques.
- Protection de l'environnement à l'aval d'un ouvrage d'accumulation dans les limites
décrites par le présent document.
La présente directive a pour but la mise en application des objectifs de protection pour les
ouvrages d'accumulation. Il s'agit d'exigences qui ont été fixées en considérant la faisabilité
économique et le principe de proportionnalité entre coût de protection et la réduction du
risque. Si la directive est correctement appliquée, les ouvrages dimensionnés et vérifiés sur
sa base sont considérés être sûrs contre les séismes.

1.2 Séisme de vérification


La présente directive vise à un comportement spécifique du barrage sous la sollicitation d’un
séisme particulier. Ce comportement souhaité détermine le dimensionnement du barrage.
Pour satisfaire aux objectifs de protection contre les séismes, le comportement suivant est
requis pour un barrage sollicité par le séisme de vérification :
- Aucune rupture du barrage avec écoulement incontrôlé des eaux ;
- Aucun dégât aux ouvrages annexes susceptible de mettre la sécurité de l'ouvrage
d'accumulation en danger.

1.3 Aptitude au service


Une vérification de l’aptitude au service n'est pas demandée suite à un séisme de faible
intensité. Il est dans l'intérêt de l'exploitant de maintenir son ouvrage en état de marche.

2. Domaine d'application et portée des directives

2.1 Soumission selon OSOA


La présente directive est applicable à la vérification de la sécurité aux séismes des ouvrages
d'accumulation soumis à l'ordonnance sur les ouvrages d'accumulation.

2.2 Domaine d'application


La directive est à appliquer dans les cas suivants :
- Nouveaux projets, projets d'agrandissement et de réhabilitation en phase de
conception.
- Ouvrages existants en guise d'un examen de sécurité.
Partie A - Bases
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La directive sert à garantir une exécution complète et efficace de la vérification de sécurité


conforme à l'état des connaissances scientifiques et techniques. Les méthodes et les valeurs
limites retenues sont à considérer comme exigences minimales que l'ingénieur se doit
d’adapter en fonction de la disponibilité de nouvelles connaissances. L'application d'autres
méthodes est admise pour autant qu'elles soient reconnues et au moins équivalentes aux
exigences établies par la présente directive.

3. Classes de barrages

3.1 Principe
En ce qui concerne la vérification de la sécurité aux séismes, les barrages sont divisés en
trois classes qui sont soumises à des exigences différentes. La classification se base sur le
critère des dégâts potentiels aux personnes et aux biens en cas de rupture du barrage. La
vulnérabilité d'un aménagement aux sollicitations sismiques n'est pas considérée pour
l'établissement des classes.

3.2 Critères
La classification se base sur les critères de l'OSOA concernant l'examen de sécurité (article
14) et l’exécution (articles 21 et 22). Les différentes classes sont énumérées dans le Tableau
1 avec les critères correspondants. Elles sont également représentées graphiquement sur la
Figure 1 en fonction du niveau d'eau et de la capacité de la retenue.

Pour la définition détaillée de la hauteur de retenue et de la capacité de la retenue, les règles


de la directive sur les critères d’assujettissement sont applicables.

CLASSE DESCRIPTION CRITÈRES


I Ouvrages soumis à un examen H ≥ 40 m ou
approfondi de la sécurité tous les cinq 3
ans par des experts confirmés H ≥ 10 m et V > 1'000'000 m

II Ouvrages qui n'appartiennent pas à la H ≥ 25 m ou


classe I, mais qui sont placés sous 3
surveillance directe de la Confédération H > 15 m et V ≥ 50'000 m ou
3
(sont exclus les ouvrages concernés H > 10m et V ≥ 100'000 m ou
par les dispositions transitoires de 3
l'article 29, alinéa 2 OSOA) H > 5m et V ≥ 500'000 m

III Ouvrages qui n'appartiennent ni à la


classe I, ni à la classe II

Tableau 1 - Classes de barrages (H = hauteur de retenue, V = capacité de la retenue)

Dans des cas limites, un changement de classe est possible avec l’accord des Autorités.

Partie A - Bases
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60

50 Classe I

Hauteur de la retenue [m]


40

30
Classe II

20

10

Classe III

0
0 250'000 500'000 750'000 1'000'000 1'250'000
3
Capacité de la retenue [m ]

Figure 1 - Représentation graphique des classes de barrages

3.3 Bassins de rétention


Les ouvrages d'accumulation qui ne retiennent qu'occasionnellement de l'eau (bassins de
rétention) sont classés dans la catégorie III pour la vérification de leur sécurité aux séismes.

4. Situations exigeant une vérification

4.1 Nécessité de la vérification


Une vérification aux séismes est nécessaire dans les situations suivantes :
- Nouvelle construction.
- Transformation d'un barrage en particulier en cas de surélévation .
- Suite à un changement significatif de l'état des connaissances dans les domaines
concernés (séismologie, construction des barrages, génie sismologique).
- La validité de la vérification précédente est à contrôler au moins une fois tous les vingt
ans.

4.2 Renouvellement de la concession


Lorsque la vérification précédente remonte à plus de dix ans, une nouvelle vérification de la
sécurité aux séismes est exigée :
- Lors d'un renouvellement de la concession.

4.3 Autres situations exigeant une vérification


La nécessité de procéder à une vérification aux séismes est évaluée dans les situations
suivantes :
- En cas d'anomalie de comportement du barrage.
- En cas de changement soudain dans le comportement du barrage.

Partie A - Bases
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4.4 Première vérification


Lorsque aucune des situations précédentes n'est rencontrée, la vérification aux séismes doit
être exécutée au plus tard dans les dix ans après l'entrée en vigueur de la présente directive.

4.5 Objectif de la vérification


Le but de la vérification de la sécurité des ouvrages d'accumulation aux séismes est de
démontrer que toute rupture conduisant à un écoulement non contrôlé de l'eau dues aux
sollicitations d’un séisme dont l'intensité correspond à celle du séisme de vérification peut
être exclue. Des dégâts locaux sans influence sur l’intégrité de l'ouvrage sont tolérables.

4.6 Etendue de la vérification


La sécurité de l'ouvrage d'accumulation aux séismes est à vérifier pour l'ensemble de
l'aménagement qui inclut :
- Les ouvrages de retenue.
- Les ouvrages annexes y inclus leurs organes mobiles (organes de vidange,
évacuateurs de crue, etc.) qui jouent un rôle pour la sécurité de l'aménagement.
- La zone de retenue (le réservoir et ses rives).

4.7 Classe de barrages I


Pour les barrages de la classe I, l’état actuel des connaissances et de la technique est à
considérer systématiquement. Les exigences de la directive sont à adapter le cas échéant.
En tous les cas, les consignes mentionnées correspondent à des exigences minimales.

5. Exigences

5.1 Déclaration de conformité


Une déclaration de conformité dûment signée par le professionnel compétent fait partie de la
documentation concernant la vérification aux séismes. Avec cette déclaration, il confirme que
la présente directive a été appliquée à la vérification aux séismes dans son intégralité et que
les résultats satisfont aux exigences requises. Si cela n'est pas le cas, les manquements
sont à énumérer de façon claire et précise en ajoutant :
- En cas d'utilisation d'un autre procédé, la preuve que ce dernier est au moins
équivalent à la méthode proposée par la directive.
- En cas de résultats insuffisants, l’indication des mesures de correction prises en
incluant la preuve de leur efficacité.
En tous les cas, les résultats sont présentés de manière détaillée en énumérant les
hypothèses et les conséquences.

Partie A - Bases
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5.2 Professionnels
La vérification de la sécurité des ouvrages d'accumulation aux séismes doit être exécutée
par des professionnels expérimentés possédant une formation et des compétences
appropriées. Pour le professionnel compétent, ces dernières comprennent :
- Pour les barrages des classes I et II : Une formation technique spécialisée et une
expérience reconnues en génie des barrages, en sécurité des barrages et en génie
parasismique.
- Pour les barrages de la classe III : Ingénieur civil expérimenté avec des
connaissances reconnues dans le domaine des constructions hydrauliques.

Partie A - Bases
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6. Annexes

6.1 Annexe A1 - Commentaires concernant la Partie A

Classe de barrages

La classification des barrages a pour but d'imposer des valeurs de risque homogènes. Par
conséquent la probabilité d’occurrence du séisme de vérification est plus élevée pour les
barrages dont la rupture a des conséquences faibles que pour ceux dont la rupture a
d’importantes conséquences. Parallèlement les incertitudes acceptées lors de la vérification
sont plus grandes dans le premier cas que dans le deuxième. Ainsi, le risque accepté est
toujours à peu près le même indépendamment de l'aménagement.

Partie A - Bases
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PARTIE B - SÉISME DE VÉRIFICATION

1. Principes

1.1 Séisme de vérification


La vérification aux séismes se fait pour un séisme de vérification normalisé qui est défini
dans la présente partie de la directive. Le séisme de vérification se base sur des
considérations probabilistes. Le point de départ en est les bases sismologiques habituelles.

1.2 Faille active


Il n’est pas permis de construire un nouveau barrage sur une faille de surface active connue.
Pour les barrages existants et en présence d'une faille de surface active, des études
particulières de la sécurité du barrage et du site doivent être effectuées. Le but est d'assurer
un niveau de sécurité similaire à celui défini par la présente directive. Les vérifications à
apporter ainsi que les dispositions à considérer ne font pas partie de cette directive.

1.3 Danger sismique


Le danger sismique est la probabilité d’occurrence d'un mouvement d'une certaine
importance en un endroit donné dû à un séisme. La probabilité d’apparition du séisme de
vérification est fixée en fonction de la classe de barrage, séisme pour lequel la sécurité du
barrage est vérifiée selon les parties suivantes.

1.4 Probabilité
La probabilité de dépassement est donnée pour un intervalle de 100 ans, exprimé sous
forme d'un temps de retour. Le Tableau 1 donne les valeurs du temps de retour valable pour
les différentes classes de barrages.

Intervalle de temps Probabilité moyenne Temps de retour


Classe de barrages
considéré de dépa ssement moyen
I 100 ans 1% 10'000 ans
II 100 ans 2% 5'000 ans
III 100 ans 10 % 1'000 ans

Tableau 1 - Temps de retour du séisme de vérification pour les différentes classes de


barrages

2. Impulsion sismique

2.1 Principe
L'impulsion sismique est définie par une accélération de pointe au sol, un spectre de réponse
et l'évolution temporelle de l'accélération correspondante. Le point de départ en est un site
rocheux sans effets de site éventuels.

Partie B – Séisme de vérification


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2.2 Accélération de pointe


L'accélération horizontale de pointe ah à prendre en compte pour la vérification et qui
correspond au temps de retour de 1'000, 5'000 et 10'000 ans est présentée à l'annexe B1.
Elle est indépendante de la direction.
L'accélération verticale de pointe av peut être calculée à partir de la composante horizontale
ah en la réduisant d'un tiers ( a v = 2 3 ⋅ a h ).

2.3 Spectre de réponse


Le spectre de réponse est la réponse dynamique maximale d'une masse oscillante excitée
en son point d’attache par un séisme. Le spectre est représenté en fonction de la fréquence
propre et de l'amortissement de la masse oscillante. Pour la vérification des barrages fondés
sur rocher (classe de fondation A selon chapitre 3) les spectres normalisés de réponse
d'accélération de la Figure 1 sont applicables (la valeur de l’amplification d’accélération est à
multiplier par l’accélération de pointe au sol).
5

Amortissement 2 %
Amplification de l'accélération

4
Amortissement 4 %
Amortissement 5 %
3 Amortissement 10 %
Amortissement 15 %

1 Figure 1 -
Spectre de réponse pour
fondations sur rocher
(classe de fondation A;
0 voir Figures. 3 et 4 pour
0.01 0.10 1.00 10.00 les autres classes de
fondation)
Periode [s]

Le spectre de réponse est le même aussi bien pour la direction horizontale que verticale.

2.4 Trace temporelle


Des enregistrements appropriés ou des traces générées artificiellement peuvent être utilisés.
Les enregistrements qui ne sont pas compatibles avec les spectres imposés doivent être
adaptés en conséquence.
Les traces temporelles générées artificiellement possèdent obligatoirement la durée
stationnaire suivante :
a 
Ts = 10 + 50 ⋅  h − 0.1 , mais au minimum Ts = 10 s
 g 
où Ts est donné en secondes.

Partie B – Séisme de vérification


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La compatibilité entre le spectre de réponse imposé et le spectre correspondant à la trace


temporelle est supposée satisfaite, si le décalage entre les deux vaut 10 % au maximum et si
le spectre enregistré n'est jamais inférieur au spectre imposé dans le domaine déterminant
de fréquences (autour de la fréquence propre de l'ouvrage).
Pour une vérification basée sur une trace temporelle, au moins trois séries de traces
temporelles stochastiquement indépendantes sont nécessaires. La durée stationnaire ne doit
pas varier de plus de ± 5 secondes entre deux séries. Une série se compose de trois
composantes stochastiquement indépendantes (deux horizontales et une verticale),
respectivement de deux composantes dans le cas d'une vérification bi-dimensionnelle.

3. Conditions de fondation et du site

3.1 Principes
Les conditions de fondation influent sur l'effet du séisme de par une réduction ou une
amplification de l’amplitude de ses composantes harmoniques par rapport à celles d'un site
rocheux. L'introduction du spectre de réponse correspondant tient compte de cet effet.
La topographie du site influence également la propagation de l'onde sismique et par
conséquent la sollicitation locale due au séisme. Ceci est également vrai pour des sites
rocheux. Cet effet n'est pas considéré dans la présente vérification aux séismes faute de
connaissances suffisantes dans ce domaine.

3.2 Classes de fondation


Il est distingué entre trois classes de fondation en fonction de leur profil des couches :
Classe de fondation A : Rocher et dépôts rigides de sable, gravier ou argile bien
compacté. Célérité d'onde de cisaillement supérieure à
400 m/s
Classe de fondation B : Dépôts profonds de sable ou de gravier de compacité moyenne
ou d'argile moyennement rigide. Célérité d'onde de
cisaillement entre 200 et 400 m/s.
Classe de fondation C : Dépôts de sols meubles non cohésifs avec des couches de
matériaux peu cohésives, ainsi que dépôts formés
essentiellement de sols cohésifs mous à moyennement
rigides. Célérité d'onde de cisaillement inférieure à 200 m/s.
Pour les barrages de la classe III, la classification des fondations peut être qualitative. Les
fondations sur matériaux meubles sont en général classées dans la catégorie de fondation
B.
Pour les barrages de la classe I et II, la classification se base en général sur une expertise
géologique.

3.3 Spectres de réponse pour les classes de fondation B et C


Les spectres de réponse normalisés pour les classes de fondation B et C sont représentés
sur la Figure 2 et la Figure 3 (voir la Figure 1 pour la classe de fondation A). Ces spectres de
réponse sont valables aussi bien pour la direction horizontale que verticale.

Partie B – Séisme de vérification


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Amortissement 2 %
Amplification de l'accélération

4
Amortissement 4 %
Amortissement 5 %
3 Amortissement 10 %
Amortissement 15 %

Figure 2 -
Spectre de réponse
0
pour une fondation
0.01 0.10 1.00 10.00 moyenne (classe de
Periode [s] fondation B)

4 Amortissement 2 %
Amplification de l'accélération

Amortissement 4 %
3 Amortissement 5 %
Amortissement 10 %
Amortissement 15 %
2

0 Figure 3 -
0.01 0.10 1.00 10.00 Spectre de réponse
pour une fondation
Periode [s] molle (classe de
fondation C)

Partie B – Séisme de vérification


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4. Particularités

4.1 Exigences spécifiques aux types de barrages


Les exigences des parties C (Barrages en remblai - Digues), D (Barrages en béton) et
E (Barrages mobiles) qui diffèrent de celles de la partie B, sont prioritaires par rapport à ces
dernières.

5. Annexe B1 - Accélération de pointe

5.1 Procédé
L'accélération de pointe entrant dans la vérification aux séismes est obtenue par une
transformation des cartes d'intensité publiées par le service sismologique suisse selon la
formulation mentionnée ci-dessous.
L'accélération horizontale de pointe entrant dans la vérification est déterminée comme suit :
- Définition de la période de retour déterminante selon la partie A Bases.
- Définition de l'intensité MSK déterminante IMSK selon la carte d'intensités
correspondante ci-dessous.
- Transformation de l'intensité en une accélération horizontale de pointe selon la
formule, respectivement le tableau ci-dessous.

5.2 Cartes d'intensité


Les cartes d'intensités (cf. Figure 4 et Figure 5) sont valables pour :
- Une période de retour de 1'000 ans (probabilité de dépassement de 10-3 par an).
- Une période de retour de 10'000 ans (probabilité de dépassement de 10-4 par an).
Les valeurs des intensités pour une période de retour de 5'000 ans sont interpolées comme
suit :
I 5' 000 = 0.3 ⋅ I 1' 000 + 0.7 ⋅ I 10' 000

Partie B – Séisme de vérification


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5.3 Valeurs de l'accélération


Les valeurs de l'accélération sont déterminées sur la base de la transformation suivante
[Carte suisse du risque de séismes – Détermination du danger dû aux séismes, 1977] :
log a h = 0.26 ⋅ I MSK + 0.19
où ah est en cm/s 2.
L'application de la formule donne les valeurs présentées au Tableau 2.

IMSK ah [%g] IMSK ah [%g] IMSK ah [%g]

7.0 10 8.0 19 9.0 35

7.1 11 8.1 20 9.1 37

7.2 12 8.2 21 9.2 39

7.3 12 8.3 23 9.3 41

7.4 13 8.4 24 9.4 44

7.5 14 8.5 26 9.5 47

7.6 15 8.6 27 9.6 49

7.7 16 8.7 29 9.7 53

7.8 17 8.8 31 9.8 56

7.9 18 8.9 33 9.9 59

Tableau 2 - Conversion des intensités MSK en une accélération horizontale de pointe au sol

Partie B – Séisme de vérification


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-3
Figure 4 - Valeurs des intensités pour une probabilité de dépassement de 10 p. a. selon la
carte suisse d'aléa sismique – Détermination du danger dû aux séismes, 1977

Partie B – Séisme de vérification


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-4
Figure 5 - Valeurs des intensités pour une probabilité de dépassement de 10 p. a. selon la carte
suisse d'aléa sismique – Détermination du danger dû aux séismes, 1977

Partie B – Séisme de vérification


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6. Annexe B 2 – Commentaires concernant la Partie B

6.1 Spectres de réponse


Les spectres de réponse correspondent à des spectres de réponse élastiques selon
l'Eurocode 8, Partie 1.1, paragraphe 4.2.2 [SIA V160.811]. Il s'agit de spectres de réponse
moyens normalisés qui sont multipliés par l'accélération du sol et qui sont définis comme
suit :
Accélération spectrale S [T]

ah · S · 2.5 · η B C

ah · S A
D

TB TC TD
Période T

T
0 ≤ T ≤ TB : S ( T ) = a h S ( 1 + ( 2.5η − 1 ))
TB
TB ≤ T ≤ TC : S ( T ) = ah S 2.5η
TC
TC ≤ T ≤ TD : S ( T ) = a h S 2.5η
T
TC TD
TD ≤ T : S ( T ) = ah S 2.5η
T2

Classe de fondation S TB[s] TC [s] TD [s]

A 1.0 0.10 0.40 3.0

B 1.0 0.15 0.60 3.0

C 0.9 0.20 0.80 3.0

η = 7 /( 2 + ζ ) ≥ 0.7
où ζ représente l'amortissement visqueux en % de l'amortissement critique.

Partie B – Séisme de vérification


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6.2 Trace temporelle


La durée du séisme correspond aux indications données par l'Eurocode 8, partie 1.1,
paragraphe 4.3.2.2 [SIA V160.811].

6.3 Classes de fondation


La classification des sols se fait selon les indications de l'Eurocode 8, partie 1.1, paragraphe
3.2 [SIA V160.811].

6.4 Références
Eurocode 8 "Dimensionnement des ouvrages aux séismes", Partie 1-1 "Bases –
Sollicitations dues aux séismes et exigences générales aux ouvrages", Norme suisse ENV
1998-1-1, Norme SIA V160.811, Association suisse des ingénieurs et architectes, Zurich.

Partie B – Séisme de vérification


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PARTIE C - BARRAGES EN REMBLAI (DIGUES)

1. Généralités

1.1 Principes pour la conception aux séismes des digues en terre

1.1.1 Types de digues

On distingue entre les digues homogènes, à noyau central et à masque amont.

1.1.2 Matériaux

Les propriétés des matériaux de fondation et du corps de digue sont d'importance


primordiale pour la sécurité aux séismes des digues.
Des sollicitations cycliques peuvent conduire à des pressions interstitielles importantes dans
les matériaux non cohésifs saturés. Ceci conduit à des contraintes effectives réduites et
dans le cas extrême à une perte complète de la résistance au cisaillement du matériau
(liquéfaction du sol). La mise en place de tels matériaux est à éviter.

1.1.3 Mise en place des matériaux de construction de la digue

Lors de la mise en place des matériaux, leur teneur en eau doit être proche de la teneur en
eau optimale afin d'obtenir un bon compactage. Ainsi, les tassements suite aux séismes
peuvent être minimisés.

1.1.4 Revanche

Une revanche suffisante sert à éviter un déversement par-dessus la digue suite aux effets
directs ou indirects du séisme.
Pour la détermination de la revanche, les déplacements de glissement et les tassements
provoqués par un séisme sont à prendre en compte.

1.1.5 Ouvrages annexes

La sécurité aux séismes des organes annexes d’exploitation (vidanges de fond et


intermédiaire, évacuateur de crue) qui jouent un rôle dans la sécurité du barrage est à
vérifier pour le séisme de vérification donné dans la Partie B.
Les zones le long de conduites traversant la digue sont particulièrement vulnérables à
l'érosion. La pose de conduites à l'intérieur du corps de la digue est par conséquent à éviter.

1.1.6 Documents nécessaires

Les documents suivants sont nécessaires pour une analyse correcte du comportement d’une
digue sous sollicitation sismique :
- Géométrie et propriétés du corps de la digue.
- Propriétés des fondations et des matériaux de construction utilisés pour la digue en
relation avec les sollicitations statique et dynamique.
- Connaissance suffisante des conditions géologiques et géotechniques des fondations
et des environs de la digue.

Partie C – Barrages en remblai (digues)


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Vérification des ouvrages d’accumulation aux séismes Version 1.2

- Sollicitation sismique selon l’aléa correspondant en tenant compte des conditions


locales du sol de fondation (cf. Partie B).
Des examens ciblés complémentaires peuvent être ordonnés pour des aspects
problématiques connus, en particulier en ce qui concerne les matériaux où les effets d'un
séisme peuvent conduire à des pressions interstitielles ou au cas où les informations
disponibles seraient insuffisantes.

1.2 Valeurs caractéristiques des matériaux et méthodes d'investigation

1.2.1 Exigences

Les exigences relatives aux propriétés des matériaux et aux méthodes d'auscultation pour
les différentes classes de barrages sont données dans les chapitres 2 à 4.

1.2.2 Propriétés

Une attribution de valeurs caractéristiques représentatives des matériaux aux différentes


zones du corps du barrage et aux fondations est essentielle pour une évaluation fiable de la
sécurité aux séismes.
Les matériaux du sol de fondation et de la digue sont composés de plusieurs phases (solide,
air, eau). Ceci peut fortement influencer la résistance à la sollicitation due aux séismes. La
vérification de la sécurité doit tenir compte de ces données de manière appropriée.
Les valeurs caractéristiques les plus importantes des matériaux en relation avec des
sollicitations dues aux séismes sont les suivantes :
- Résistances.
- Courbe granulométrique.
- Compactage.
- Module de cisaillement et d'élasticité.
- Amortissement.
Ces propriétés des matériaux dépendent en partie de manière importante de la déformation
de cisaillement apparaissant en cas de séisme.

1.2.3 Méthodes d'investigation

En général, l'étude se fait en plusieurs étapes :


- Etude préliminaire.
- Etude détaillée.
Le programme d'investigation concerne aussi bien le corps de la digue que les fondations.

Partie C – Barrages en remblai (digues)


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Vérification des ouvrages d’accumulation aux séismes Version 1.2

1.3 Méthodes de calcul

1.3.1 Exigences

Les exigences posées aux méthodes de calcul pour les différentes classes de barrages sont
indiquées aux chapitres 2 à 4.

1.3.2 Modélisation

Le modèle doit représenter le sol de fondation, l'ouvrage de retenue et la retenue.


En particulier, le modèle doit tenir compte des conditions hydrologiques (situation de la
nappe, conditions d'écoulement).
En général, il sera procédé à une analyse par étapes. Les problèmes potentiels seront
cernés à l'aide de méthodes de calcul simples. Dans une deuxième étape, ces problèmes
particuliers seront étudiés à l'aide de méthodes de calcul plus sophistiquées.

1.3.3 Analyse simplifiée de la stabilité au séisme

L’analyse simplifiée de la stabilité modélise les sollicitations dynamiques dues au séisme par
des forces statiques de substitution (forces de substitution selon une répartition donnée ou
sur la base de la première fréquence propre uniquement, selon spectre de réponse). La
vérification de la sécurité correspond à un calcul statique selon les méthodes habituelles en
tenant compte de ces forces de substitution.

1.3.4 Calcul simplifié des déplacements de glissement

Des méthodes de calcul simples ont été développées pour estimer les déplacements de
glissement et la sécurité au glissement (cf. Annexe C 13).
Strictement, ces méthodes simplifiées sont uniquement applicables aux matériaux sans
développement de surpressions interstitielles dues au séisme. En faisant preuve de la
prudence adéquate, elles peuvent cependant également être appliquées aux cas
caractérisés par de faibles surpressions interstitielles dues au séisme.
Les déplacements calculés sont à évaluer de manière critique, en particulier, la
détermination de la diminution de la revanche suite au séisme s'impose.

1.3.5 Analyse de la résistance et des déformations à l'aide d'un calcul dynamique par
éléments finis

La loi de matériau choisie pour un calcul dynamique par éléments finis doit reproduire au
mieux le comportement réel du matériau étudié.
Il existe plusieurs lois de matériaux élasto-plastiques appropriées. En général, un calcul avec
des valeurs caractéristiques linéaires équivalentes est suffisant lors de sollicitations faibles à
moyennes.
L'exécution concrète d'un calcul dynamique par éléments finis se déroule de la manière
suivante (selon le comportement du matériau, le calcul est itératif) :
1) Définition de la sollicitation sismique déterminante.
2) Essais afin de déterminer les propriétés de résistance statique et de rigidité dynamique
des matériaux.
3) Détermination des conditions initiales (état de contrainte, pressions interstitielles) à l'aide
de calculs statiques par éléments finis.

Partie C – Barrages en remblai (digues)


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Vérification des ouvrages d’accumulation aux séismes Version 1.2

4) Calcul dynamique du corps de la digue sous l'effet du séisme.


5) Essais de laboratoire afin de déterminer l'augmentation des pressions interstitielles sous
sollicitation cyclique (influence la résistance et la rigidité durant le séisme).
6) Appréciation de l'influence de l'augmentation des pressions interstitielles déterminées
sous 5) sur la sollicitation calculée sous 4).
7) Le cas échéant, adaptation des nouvelles propriétés des matériaux dans les éléments
concernés.
8) Suite du calcul selon point 4).
9) Différents calculs de glissement pour la vérification des déplacements de glissement et
de la stabilité durant et après le séisme.

1.4 Vérification de la sécurité


On distingue entre l'analyse de la stabilité et le calcul des déplacements de glissement.

1.4.1 Analyse de stabilité

Il est à vérifier que le séisme de vérification ne provoque aucune rupture partielle ou


complète de l'ouvrage qui conduise à un écoulement incontrôlé de l'eau. Les dégâts et les
déformations locaux sans influence sur l’intégrité de l'ouvrage sont tolérables.

1.4.2 Calcul des déplacements de glissement

Il est à vérifier que les déplacements limites admissibles ne sont pas dépassés dans l'état
déformé et que la stabilité de l'ouvrage est suffisante. En particulier, le débordement
éventuel de la digue est à éviter en garantissant une revanche suffisante.

1.5 Cas de charge

1.5.1 Situations

Les cas de charge suivants sont à considérer pour la vérification de la sécurité :


1) Niveau d’eau maximal d’exploitation (niveau d’exploitation)
en tenant compte de :
- Poids propre.
- Pressions interstitielles et conditions de percolation dans le corps de la digue et
ses fondations.
- Charges sismiques.
- Surpressions interstitielles suite aux sollicitations sismiques avec niveau d’eau
maximal d’exploitation.
2) Retenue vide :
Une vérification est superflue en présence de faibles volumes d’eau dans la retenue
qui n’engendrent aucun écoulement important en cas de rupture.
3) Vidange rapide :
Une vidange rapide conduit dans le corps de la digue à un écoulement des eaux de
percolation vers le parement amont. Cet écoulement a un effet négatif sur la stabilité
du parement amont de la digue. Une vidange rapide pendant ou juste après un
séisme est par conséquent fortement déconseillée. Ceci est à considérer lors de la
préparation des consignes d’exploitation.
Partie C – Barrages en remblai (digues)
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1.5.2 Direction de sollicitation

En principe, toutes les directions de sollicitation dues à un séisme sont à considérer en


tenant compte de toutes les combinaisons possibles horizontales et verticales :

Sollicitation Hor. Vert. Hor. Vert. Hor. Vert. Hor. Vert.

Direction droit haut droit bas gauche haut gauche bas

Combinaison → ↑ → ↓ ← ↑ ← ↓

1.6 Aperçu des exigences générales

Classe de Valeurs caractéristiques des matériaux et Modélisation et méthodes de calcul


barrages méthodes d’investigation
III Valeurs caractéristiques statiques - Analyse simplifiée de la stabilité
durant le séisme (méthode de la
- Nouvelles constructions :
force de substitution) avec
Investigations géotechniques statiques. sollicitation horizontale
uniquement.
- Ouvrages existants :
- Calcul des déplacements de
Documentation de construction,
glissement en cas de possibilité de
comparaisons admissibles (littérature,
glissement.
ouvrages similaires).
II Valeurs caractéristiques statiques, - Analyse simplifiée de la stabilité
éventuellement dynamiques : durant le séisme (méthode du
spectre de réponse avec un
- Nouvelles constructions :
mode), sollicitations horizontale et
Valeurs caractéristiques statiques : verticale.
investigations géotechniques.
- Calcul des déplacements de
Valeurs caractéristiques dynamiques : glissement en cas de possibilité de
comparaisons admissibles, essais glissement.
dynamiques recommandés.
- Ouvrages existants :
Valeurs caractéristiques statiques :
reprises de la documentation de
construction complétée par des essais le
cas échéant.
Valeurs caractéristiques dynamiques :
comparaisons admissibles.

Partie C – Barrages en remblai (digues)


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I Valeurs caractéristiques dynamiques et - Calculs bi-dimensionnels statique


statiques : et dynamique par éléments finis.
- Nouvelles constructions : - Analyse simplifiée dynamique de
la stabilité : vérification de la
Essais pour les valeurs caractéristiques
stabilité pendant et après le
statiques et dynamiques.
séisme, sollicitations horizontale et
- Ouvrages existants : verticale.
Valeurs caractéristiques statiques et - Calcul des déplacements de
dynamiques : documentation de glissement en cas de possibilité de
construction complétée par des essais glissement.
statiques et dynamiques le cas échéant.

2. Classe de barrages III

2.1 Profil des spécialistes chargés de la vérification : Exigences


Outre les critères mentionnés dans la Partie A, les spécialistes intervenants doivent avoir de
bonnes connaissances des méthodes d’auscultation géotechnique statique et avoir une
expérience suffisante dans ce domaine.

2.2 Aperçu des exigences pour les digues de la classe III


Les principes de vérification applicables sont les suivants :
- Valeurs caractéristiques statiques des matériaux obtenues à l’aide d’essais (nouvelles
constructions) ou de comparaisons.
- Détermination empirique de la sensibilité des matériaux de la digue à une
augmentation de la pression interstitielle suite à une sollicitation cyclique.
- Analyse de la stabilité de blocs de glissement sous la sollicitation d’une force
sismique horizontale statique de substitution.
- Le cas échéant, détermination du déplacement de glissement irréversible (en tenant
compte de manière empirique du comportement dynamique de la digue).
Ces principes conduisent aux exigences suivantes :
Temps de retour du Selon Partie B.
séisme de vérification
Propriétés de matériaux Propriétés nécessaires pour toutes les zones de matériaux :
et méthodes
- Paramètres de la résistance au cisaillement (statique), ϕ‘, c, su .
d’investigation
- Courbe granulométrique.
- Compacité.
- Éventuellement essais SPT ou similaires (cf. paragraphes 2.5.2 et
2.5.5).
Méthodes d’investigation :
- Essais géotechniques statiques pour les nouvelles constructions
- Pour les ouvrages existants : comparaison avec d’autres ouvrages,
respectivement référence à la littérature spécialisée.
- En cas de matériaux sensibles, analyse de l’augmentation des
pressions interstitielles sous sollicitations dues à un séisme à l’aide
d’essais SPT.

Partie C – Barrages en remblai (digues)


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Modélisation - Géométrie, modèle géotechnique des fondations et du corps de la


digue (ligne piezométrique incluse).
- Modèle bi-dimensionnel de la digue.
- Pressions hydrodynamiques négligeables.
Méthodes de calcul - Estimation simple de l’augmentation des pressions interstitielles
(courbe granulométrique, compacité, SPT ; l’effet de l’augmentation
des pressions interstitielles est pris en compte par une réduction de
la résistance au cisaillement).
- Analyse simplifiée de la stabilité lors de séismes (méthode de la force
de substitution) avec sollicitation horizontale uniquement.
- Éventuellement calcul simple du déplacement de glissement en cas
de possibilité de glissement (cf. paragraphes 2.5.3 et 2.5.4).

Tableau 1 - Exigences aux digues de la classe III

2.3 Propriétés des matériaux, méthodes d'investigation

2.3.1 Valeurs caractéristiques

Les valeurs de propriétés des matériaux de fondation et de la digue nécessaires sont les
suivantes :
- Paramètres de la résistance au cisaillement (ϕ‘, c, respectivement su, en conditions
non drainées).
- Courbes granulométriques.
- Compacité.
En outre, les propriétés de compactage des matériaux composant le corps de la digue (essai
Proctor, teneur en eau optimale) sont à déterminer.
Le cas échéant (cf. paragraphe 2.5.2), les propriétés relatives à une augmentation des
pressions interstitielles due au séisme (déterminées à l’aide d’essais SPT) sont également
nécessaires.
Pour la vérification, des valeurs raisonnablement conservatives seront choisies pour les
paramètres caractéristiques des matériaux. La provenance des valeurs caractéristiques est à
expliquer et une estimation de leur conservativité est à donner.
Pour les analyses simplifiées de la stabilité durant les séismes, l’angle de frottement maximal
ϕ’peak est utilisé. Pour le calcul du déplacement de glissement, l’angle de frottement résiduel
ϕ’r est utilisé (cf. Annexe C1).

2.3.2 Nouvelles constructions / ouvrages existants

Pour les nouvelles constructions, il faut au moins procéder à des essais statiques pour
déterminer les propriétés des matériaux mentionnées ci-dessus.
Pour les ouvrages existants, la documentation de construction disponible ainsi que les
mesures effectuées durant la phase d’exploitation sont à étudier soigneusement. Les
propriétés des matériaux nécessaires peuvent également être déterminées à l’aide de
comparaisons avec d’autres ouvrages ou à l’aide d’indications issues de la littérature.

Partie C – Barrages en remblai (digues)


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2.4 Modélisation
La géométrie et le modèle géotechnique du corps de la digue et de ses fondations doivent
être établis sur la base d’investigations qui documentent de manière irréfutable la
compos ition du corps de la digue et de ses fondations. Il s’agit de déterminer en particulier la
ligne pièzométrique et les conditions d’écoulement correspondantes.
Un modèle bi-dimensionnel est suffisant.
La considération d’une sollicitation sismique horizontale (force sismique de substitution) dans
la direction du cours d’eau est suffisante.
Une sollicitation sismique verticale de substitution ainsi que l’effet hydrodynamique de l’eau
retenue peuvent être négligés.
En cas d’une détermination éventuelle du déplacement de glissement résiduel, l’influence
des conditions locales du sol de fondation sur la sollicitation sismique est à prendre en
compte (différents spectres de réponse pour les types de fondation A, B et C selon la Partie
B).

2.5 Schéma du déroulement du calcul des digues de la classe III


Le calcul des digues de la classe III se déroule selon le schéma suivant :

Relevé des conditions géologiques et géotechniques des


fondations ainsi que des valeurs caractéristiques des
1)
matériaux du corps de la digue et des fondations

Evaluation de l’augmentation Critères pas


potentielle des pressions interstitielles satisfaits
2)
dues au séisme

Analyse de l’augmentation des


pressions interstitielles dues au
Critères satisfaits )
séisme 5
Glissement possible
3)
Analyses de stabilité

Analyses de stabilité en tenant


Aucun glissement compte de l’augmentation des pressions
6)
interstitielles dues au séisme

8)
Vérification satisfaite
Glissement possible

Déplacements
trop grands
4) Calculs des déplacements en tenant compte
Calculs de glissement
de l’augmentation des pressions interstitielles
7)
dues au séisme
Déplacements
acceptables Déplacements
acceptables
8) 8)
Vérification satisfaite Vérification satisfaite
9)
Mesures nécessaires

Partie C – Barrages en remblai (digues)


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Légende relative au schéma de calcul pour digues de classe III:

1)
Investigations géotechniques statiques et essais en laboratoire standard (selon paragraphe 2.5.1).
2)
Selon paragraphe 2.5.2.
3)
Par exemple selon Bishop, avec des charges sismiques de substitution (paragraphe 2.5.3).
4)
Calcul simplifié des déplacements de glissement (paragraphe 2.5.4).
5)
SPT, corrélation empirique (paragraphe 2.5.5).
6)
Par exemple selon Bishop, avec charges sismiques horizontales de substitution et surpressions
interstitielles (paragraphe 2.5.6).
7)
Calcul simplifié des déplacements de glissement avec surpressions interstitielles (paragraphe 2.5.6).
8)
La vérification de la sécurité aux séismes est satisfaite.
9)
La vérification de la sécurité aux séismes n’est pas satisfaite. Il est nécessaire de prendre des
mesures correctives (par exemple calcul plus détaillé à l’aide de valeurs moins conservatives
obtenues de manière plus précise, mesures constructives, abaissement du niveau d’eau dans le
réservoir).

2.5.1 Détermination des conditions géologiques et géotechniques du sol de fondation


ainsi que des valeurs caractéristiques des matériaux du corps de digue et des fondations

La détermination des conditions géologiques et géotechniques locales ainsi que des valeurs
caractéristiques se fait à l’aide d’essais statiques in situ (essais STP ou similaire inclus) et en
laboratoire. Des essais dynamiques ne sont en général pas nécessaires.

2.5.2 Évaluation de l’augmentation potentielle des pressions interstitielles due au


séisme

L’augmentation des pressions interstitielles due au séisme est estimée à l’aide des
paramètres suivants :
- Courbe granulométrique.
- Compacité.
Une analyse de l’augmentation des pressions interstitielles due au séisme selon le
paragraphe 2.5.5 s’avère nécessaire si les critères suivants sont tous remplis sur des zones
étendues de la digue ou dans des couches continues des fondations :
1) La courbe granulométrique se situe dans la zone critique reportée à l’Annexe C4.
2) Mise en place peu dense selon l’Annexe C5.
3) Matériau saturé.
Alternativement, des corrélations empiriques entre le potentiel de liquéfaction du sol et des
résultats d’essais de pénétration, tels que STP ou similaires peuvent être utilisés pour
l’estimation de l’augmentation des pressions interstitielles due au séisme.
L’évaluation du comportement de liquéfaction des sables sur la base d’essais STP est à
effectuer selon les indications de l’Annexe C6.

2.5.3 Analyse simplifiée de la stabilité sismique

La vérification de la sécurité sismique à l’aide d’une analyse de stabilité simplifiée comporte


les étapes de calcul suivantes :
- Choix des blocs de glissement potentiels.

Partie C – Barrages en remblai (digues)


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- Calcul de la sécurité au glissement des blocs de glissement choisis (à l’aide de la


méthode simplifiée par tranches selon l’Annexe C11) en tenant compte du poids
propre et d’une force sismique statique de substitution qui correspond au produit du
poids propre du bloc de glissement et de l’accélération horizontale de pointe ah selon
la Partie B multipliée par 1.5.
Aucune force sismique verticale de substitution n’est prise en compte.
Si la conclusion de ce calcul est que le bloc de glissement n’est pas stable, les
déplacements de glissement sont à calculer selon le paragraphe 2.5.4. Un bloc de
glissement est admis stable, si le facteur de sécurité selon l’Annexe C11 est supérieur à 1.0.

2.5.4 Calcul simplifié du déplacement de glissement

La détermination du déplacement de glissement à l'aide d'un calcul simplifié se fait selon les
étapes suivantes :
- Calcul de la période fondamentale T0 de la digue (dans la direction perpendiculaire à
l'axe de la digue) selon l'Annexe C8 au droit de la plus haute section de la digue.
- Calcul de la valeur de l'accélération aG (accélération moyenne au centre de gravité du
bloc de glissement) selon l'Annexe C10 et ac (accélération critique) selon l'Annexe
C12.
- Détermination du déplacement de glissement résiduel total u selon l'Annexe C13.
Les déplacements admissibles sont déterminés comme suit :

Objectifs Le but général de la détermination des déplacements de glissement est la


vérification de la sécurité à long terme de la digue. Ceci implique les objectifs
suivants :
- Eviter tout débordement par-dessus la digue.
- Exclure le risque d'érosion interne.
- Assurer la stabilité du bloc de glissement en état déformé.
Critères Ces objectifs sont en général atteints si les déplacements de glissement sont
inférieurs aux valeurs limites suivantes :
- 0.5 m pour des blocs de glissement profonds.
- 0.2 m pour des blocs de glissement superficiels.
La profondeur du bloc de glissement est déterminée
à l'aide d'une parallèle au parement de la digue :

Profondeur

Des blocs de glissement dont la hauteur ne dépasse pas 10 ÷ 20 % de la hauteur


de la digue sont considérés être "superficiels". Dans le cas contraire, ils sont
considérés être "profonds".
Pour les digues avec masque amont, l'intégrité du dispositif d'étanchéité après un
séisme est à vérifier.

Partie C – Barrages en remblai (digues)


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Mesures Si ces critères ne sont pas satisfaits, des études particulières sont nécessaires afin
d'atteindre les objectifs mentionnés ci-dessus.
En particulier, il faut procéder aux vérifications suivantes :
- Même en état déformé, la revanche doit être suffisante pour éviter à tout
moment un débordement de la digue.
- Le risque d'érosion interne est à exclure en s’assurant que les conditions
suivantes sont satisfaites :
a) Les critère de filtre sont respectés entre les différentes zones de la
digue.
b) Le noyau de la digue a une couverture suffisante de matériaux
autorégénérants, c’est-à-dire de matériaux liants qui peuvent s’adapter
aux déformations imposées sans changement significatif de leurs
propriétés de perméabilité.
c) L'épaisseur résiduelle des couches de filtre et de drainage en état
déformé est au moins égale à la moitié de l'épaisseur initiale en état non
déformé.
- La vérification de la stabilité du bloc de glissement en état déformé se fait
en en considérant la résistance liée uniquement à l'angle de frottement
résiduel ϕ'r selon l'Annexe C1.

2.5.5 Analyse de l'augmentation des pressions interstitielles due au séisme

L’intérêt se porte sur la diminution de la résistance au cisaillement après un certain nombre


de cycles de sollicitations sismiques.
Pour la détermination de cette diminution, on dispose de diagrammes qui ont été établis
empiriquement sur la base d'essais STP (cf. Annexe C16, paragraphe 2.5.5).
La résistance au cisaillement mobilisée sr à une profondeur donnée est déterminée sur la
base d'essais STP selon l'équation suivante [1]:

= 0.0055 ⋅ ( N 1 )60− CS
sr
σ ' v0
avec : (N1)60-CS : valeur SPT corrigée en considérant aussi bien l'effet d'énergie et des
installations que la teneur en matières fines. Voir l’annexe C6 pour la
détermination de (N1)60-CS.
σ'v 0 : contrainte normale verticale effective avant l'essai à la profondeur
correspondante.

2.5.6 Analyse simplifiée de la stabilité sismique et calcul des déplacements de


glissement en tenant compte de l'augmentation des pressions interstitielles due au
séisme

Le déroulement d'une analyse simplifiée de la stabilité sismique et des calculs des


déplacements de glissement en tenant compte d'une augmentation éventuelle des pressions
interstitielles due au séisme se distingue de l'analyse et calculs correspondants sans prise
en compte d'une augmentation des pressions interstitielles uniquement par le choix de la
résistance au cisaillement mobilisée sur les surfaces de glissement potentielles.
La résistance au cisaillement admise sur les surfaces de glissement potentielles correspond
à la résistance au cisaillement que le matériau possède sous l'augmentation maximale des
pressions interstitielles. Cette résistance au cisaillement est estimée à l'aide d'une corrélation
empirique selon le paragraphe 2.5.5 par exemple. En utilisant de telles corrélations

Partie C – Barrages en remblai (digues)


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empiriques, les surpressions interstitielles sont donc implicitement prises en compte par le
choix d'une résistance au cisaillement réduite.
Les calculs suivants se déroulent en analogie au cas sans prise en compte de
l'augmentation des pressions interstitielles selon les paragraphes 2.5.3 et 2.5.4 en
considérant cette résistance au cisaillement réduite.

2.5.7 Analyse de stabilité après le séisme en tenant compte d'une augmentation des
pressions interstitielles due au séisme

Outres les vérifications ci-dessus, la sécurité au glissement doit aussi être garantie après le
séisme (et par conséquent sans les forces d'inertie) en tenant compte de la persistance
d'une augmentation éventuelle des pressions interstitielles due au séisme. Un bloc de
glissement est considéré comme suffisamment stable, si le facteur de sécurité F selon
l'Annexe C11 est supérieur à 1.2 (le facteur de sécurité statique minimal sans surpressions
interstitielles est de 1.5 pour le cas d’exploitation normal).

3. Classe de barrages II

3.1 Profil des spécialistes chargés de la vérification : Exigences


Outre les critères mentionnés dans la Partie A, les spécialistes intervenants doivent avoir
des bonnes connaissances des calculs statiques et dynamiques par éléments finis ainsi que
de la détermination des valeurs caractéristiques statiques et dynamiques des matériaux et
avoir une expérience suffisante dans ces domaines.

3.2 Aperçu des exigences pour les digues de la classe II


Les bases de vérification sont les suivantes :
- Les valeurs caractéristiques statiques des matériaux obtenues à l’aide
d’investigations (nouvelles constructions et ouvrages existants).
- Détermination empirique de la sensibilité des matériaux de la digue à une
augmentation de la pression interstitielle suite à une sollicitation cyclique.
- Analyse de stabilité de blocs de glissement potentiels due à une accélération
dynamique horizontale déterminée empiriquement (1 mode) et sous une sollicitation
sismique verticale pseudo-statique.
- Le cas échéant, détermination du déplacement de glissement irréversible (en tenant
compte de manière empirique du comportement dynamique de la digue)
Ces principes conduisent aux exigences suivantes :

Temps de retour du Selon Partie B.


séisme de vérification
Propriétés des matériaux Propriétés nécessaires pour toutes les zones de matériaux :
et méthodes
- Paramètres de la résistance au cisaillement (statiques) : ϕ', c, su .
d’investigation
- Courbes granulométriques.
- Compacité.
- Éventuellement essais SPT ou similaires (cf. paragraphe 3.5.2).
- Éventuellement valeurs caractéristiques dynamiques des matériaux
(cf. paragraphe 3.5.5).

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Méthodes d’investigation :
- Pour les nouvelles constructions : essais statiques standard, essais
dynamiques souhaitables.
- Pour les ouvrages existants : selon documentation de construction
complétée par des essais le cas échéant.
- Pour les matériaux sensibles, analyse de l'augmentation des
pressions interstitielles dues au séisme à l'aide d'essais
cycliques en laboratoire ou à l'aide de méthodes d'auscultation
équivalentes.
Modélisation - Géométrie, modèle géotechnique de la fondation et du corps de la
digue (ligne piezomètrique incluse).
- Modèle bi-dimensionnel de la digue.
- Pressions hydrodynamiques négligeables.
Méthodes de calcul - Évaluation simple de l'augmentation des pressions interstitielles.
- Analyse simplifiée de la stabilité durant le séisme (méthode du
spectre de réponse avec un mode), sollicitations horizontale et
verticale.
- Éventuellement calcul simple des déplacements de glissement en
cas de possibilité de glissement (cf. paragraphes 3.5.3 et
3.5.4).
- Éventuellement calcul du déplacement de glissement sur la base de
l’évolution temporelle de l'accélération (cf. paragraphe 3.5.4).

Tableau 2 - Exigences pour les digues de la classe II

3.3 Propriétés des matériaux, méthodes d'investigation


3.3.1 Valeurs caractéristiques

Les propriétés nécessaires des fondations et des matériaux composant la digue sont les
suivantes :
- Paramètres de la résistance au cisaillement (ϕ', c respectivement s u en conditions non
drainées).
- Courbes granulométriques.
- Compacité.
En outre, les propriétés de compactage (courbe Proctor, teneur en eau optimale) des
matériaux composant la digue sont à déterminer.
Pour l'estimation de l'augmentation des pressions interstitielles due au séisme, les résultats
d'essais SPT ou d'essais similaires peuvent également être utilisés (cf. paragraphe 3.5.2).
Pour la vérification, des valeurs raisonnablement conservatives sont choisies pour les
paramètres caractéristiques des matériaux. La provenance des valeurs caractéristiques est à
expliquer et une estimation de leur conservativité est à donner.
Pour les analyses simplifiées de la stabilité durant les séismes, l’angle de frottement maximal
ϕ’peak est utilisé. Pour le calcul du déplacement de glissement, l’angle de frottement résiduel
ϕ’r est utilisé (cf. Annexe C1).

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3.3.2 Nouvelles constructions/ouvrages existants

Pour les nouvelles constructions, il faut au moins procéder à des essais statiques pour
déterminer les propriétés des matériaux mentionnées ci-dessus. Des essais dynamiques
sont recommandés.
Pour les ouvrages existants, des résultats d'essais statiques sont nécessaires. Les valeurs
caractéristiques dynamiques des matériaux peuvent être déduites de corrélations
empiriques. La documentation de construction éventuelle ainsi que les mesures durant la
phase d’exploitation sont à étudier soigneusement.

3.4 Modélisation
La géométrie et le modèle géotechnique du corps de la digue et de ses fondations est à
établir sur la base d’investigations qui documentent de manière irréfutable la composition du
corps de la digue et ses fondations. Il s’agit de déterminer en particulier la ligne
pièzométrique et les conditions d’écoulement correspondantes.
En général, un modèle bi-dimensionnel est suffisant (sollicitations simultanées selon les
directions horizontale et verticale).
L’effet hydrodynamique de l'eau de la retenue est négligé.
L'influence des conditions locales du sol de fondation sur la sollicitation est à prendre en
compte (spectres de réponse différents pour les types de sol A, B et C selon Partie B).

3.5 Schéma du déroulement des calculs pour les ouvrages de digue de la classe de
barrages II
Le calcul des digues de la classe II se déroule selon le schéma suivant. La légende en est :
Légende relative au schéma de calcul pour digues de classe II :
1)
Investigations géotechniques statiques standard et essais en laboratoire (paragraphe 3.5.1).
2)
Selon paragraphe 3.5.2.
3)
Par exemple selon Bishop avec les forces sismiques de substitution (paragraphe 3.5.3).
4)
Calcul simplifié des déplacements de glissement (paragraphe 3.5.4).
5)
Essais cycliques en laboratoire (paragraphe 3.5.5).
6)
Par exemple selon Bishop avec forces sismiques de substitution, surpressions interstitielles et
résistance au cisaillement réduite (paragraphe 3.5.6).
7)
Calcul simplifié des déplacements de glissement avec surpressions interstitielles et résistance au
cisaillement réduite (paragraphe 3.5.6).
8)
La vérification de la sécurité aux séismes est satisfaite.
9)
La vérification de la sécurité aux séismes n'est pas satisfaite. Des mesures s'avèrent nécessaires
(par exemple calcul plus détaillé avec des valeurs de paramètres moins conservatives obtenues de
manière plus précise, mesures constructives, abaissement du niveau de la retenue).

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Relevé des conditions géologiques et géotechniques des


fondations ainsi que des valeurs caractéristiques des
1)
matériaux du corps de la digue et des fondations

Evaluation de l’augmentation Critères pas


potentielle des pressions interstitielles satisfaits
2)
dues au séisme

Analyse de l’augmentation des


pressions interstitielles dues au
Critères satisfaits )
séisme 5
Glissement possible
3)
Analyses de stabilité

Analyses de stabilité en tenant


Aucun glissement compte de l’augmentation des pressions
6)
interstitielles dues au séisme

8)
Vérification satisfaite
Glissement possible

Déplacements
trop grands
4) Calculs des déplacements en tenant compte
Calculs de glissement
de l’augmentation des pressions interstitielles
7)
dues au séisme
Déplacements
Déplacements
acceptables
acceptables
8) 8)
Vérification satisfaite Vérification satisfaite
9)
Mesures nécessaires

3.5.1 Relevé des conditions géologiques et géotechniques du sol de fondation ainsi que
des valeurs caractéristiques des matériaux composant le corps de la digue et le sol de
fondation

Les conditions géologiques et géotechniques du sol de fondation ainsi que les valeurs
caractéristiques des matériaux sont relevées à l'aide d'investigations géotechniques
standard et à l'aide d'essais en laboratoire. Des essais dynamiques ne sont pas nécessaires,
mais souhaitables.

3.5.2 Évaluation de l'augmentation potentielle des pressions interstitielles due au


séisme

L'augmentation des pressions interstitielles due au séisme est estimée sur la base des
paramètres suivants des matériaux :
- Courbes granulométriques.
- Compacité.
Une analyse de l’augmentation des pressions interstitielles due au séisme selon le

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paragraphe 3.5.5 s’avère nécessaire, si les critères mentionnés ci-après sont tous remplis
sur des zones étendues de la digue ou dans des couches continues des fondations :
- La courbe granulométrique se situe dans la zone critique de reportée à l’Annexe C4.
- Mise en place peu dense selon l’Annexe C5.
- Matériaux saturés.
Alternativement, des corrélations empiriques entre le potentiel de liquéfaction du sol et les
résultats d’essais de pénétration, tels que STP ou CPTU peuvent être utilisés pour
l’estimation de l’augmentation des pressions interstitielles due au séisme.
L’évaluation du comportement de liquéfaction des sables sur la base d’essais STP est
effectuée selon les indications de l’Annexe C6.

3.5.3 Analyse simplifiée de la stabilité sismique

La vérification de la sécurité sismique à l’aide d’analyse d’une stabilité simplifiée comporte


les étapes de calcul suivantes :
- Détermination de la période fondamentale de la digue dans la direction
perpendiculaire à l'axe de la digue au droit de la plus haute section selon l'Annexe C8.
- Calcul des forces sismiques de substitution horizontales et verticales pour divers
blocs de glissement selon l'Annexe C9.
- Calcul de la sécurité au glissement pour les blocs de glissement choisis en tenant
compte du poids propre et des forces sismiques de substitution horizontale et
verticale selon l'Annexe C11. La combinaison la plus défavorable des directions des
forces sismiques de remplacement est déterminante pour la vérification.
Si la conclusion de ce calcul est que le bloc de glissement n’est pas stable, les
déplacements de glissement sont à calculer selon le paragraphe 3.5.4. Un bloc de
glissement est admis stable, si le facteur de sécurité selon l’Annexe C11 est supérieur à 1.0.

3.5.4 Calcul simplifié des déplacements de glissement

La détermination des déplacements de glissement à l'aide d'un calcul simplifié se fait selon
les étapes suivantes :
- Calcul de la période fondamentale T0 de la digue (dans la direction perpendiculaire à
l'axe de la digue) au droit de la plus haute section selon l'Annexe C8.
- Calcul des valeurs d'accélérations aG (accélération moyenne au centre de gravité du
bloc de glissement) selon l'Annexe C10 et ac (accélération critique) selon l'Annexe
C12.
- Détermination du déplacement de glissement résiduel total u selon l'Annexe C13.
Pour les digues de la classe II, la détermination du déplacement de glissement à l'aide d'une
telle méthode simplifiée n'est admissible que si les déplacements calculés ainsi sont
inférieurs aux valeurs limites suivantes :
- 0.3 m pour des blocs de glissement profonds.
- 0.15 m pour des blocs de glissement superficiels.
Dans le cas contraire, les déplacements de glissement sont à déterminer selon l'Annexe
C15. Ceci nécessite un calcul pas à pas dans le temps.

Partie C – Barrages en remblai (digues)


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Les déplacements admissibles sont alors déterminés comme suit :

Objectifs Le but général de la détermination des déplacements de glissement est la


vérification de la sécurité à long terme de la digue. Ceci implique les objectifs
suivants :
- Eviter tout débordement par-dessus la digue.
- Exclure le risque d'érosion interne.
- Aassurer la stabilité du bloc de glissement en état déformé.
Critères Ces objectifs sont en général atteints si les déplacements de glissement sont
inférieurs aux valeurs limites suivantes :
- 0.5 m pour des blocs de glissement profonds.
- 0.2 m pour des blocs de glissement superficiels.
La profondeur du bloc de glissement est
déterminée à l'aide d'une parallèle
au parement de la digue :

Profondeur

Des blocs de glissement dont la hauteur ne dépasse pas 10 ÷ 20 % de la hauteur


de la digue sont considérés être "superficiels". Dans le cas contraire, ils sont
considérés être "profonds".
Pour les digues avec masque amont, l'intégrité du dispositif d'étanchéité après à
un séisme est à vérifier.
Mesures Si ces critères ne sont pas satisfaits, des études particulières sont nécessaires
afin d'atteindre les objectifs mentionnés ci-dessus.
En particulier, il faut procéder aux vérifications suivantes :
- Même en état déformé, la revanche doit être suffisante pour éviter à tout
moment un débordement de la digue.
- Le risque d'érosion interne est à exclure en s’assurant que les conditions
suivantes sont satisfaites:
a) Les critères de filtre sont respectés entre les différentes zones de la digue.
b) Le noyau de la digue a une couverture suffisante de matériaux
autorégénérants, c’est à dire de matériaux liants qui peuvent s'adapter aux
déformations imposées sans changement significatif de leurs propriétés de
perméabilité.
c) L'épaisseur résiduelle des couches de filtre et de drainage en état déformé
est au moins égale à la moitié de l'épaisseur initiale en état non déformé.
- La vérification de la stabilité du bloc de glissement en état déformé se fait sur
la base d'une résistance liée uniquement à l'angle de frottement résiduel ϕ'r
selon l'Annexe C1.

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3.5.5 Analyse de l'augmentation des pressions interstitielles due au séisme

L'augmentation des pressions interstitielles due au séisme doit être analysée à l'aide
d'essais cycliques en laboratoire selon l'Annexe C14 ou à l'aide de méthodes similaires.

3.5.6 Analyse simplifiée de la stabilité sismique ou calcul des déplacements de


glissement en tenant compte de l'augmentation des pressions interstitielles due au
séisme

Le déroulement d'une analyse simplifiée de la stabilité sismique et des calculs des


déplacements de glissement en tenant compte d'une augmentation éventuelle des pressions
interstitielles due au séisme se distingue de l'analyse et des calculs correspondant sans
prise en compte d'une augmentation des pressions interstitielles uniquement par la présence
de surpressions interstitielles dues au séisme. Ces surpressions sont déterminées selon le
paragraphe 3.5.5, respectivement selon l'Annexe C14. Elles conduisent à une réduction des
contraintes effectives (selon σ' = σ – u) et par conséquent de la résistance au cisaillement.
A part cela, les méthodes décrites aux paragraphes 3.5.3 et 3.5.4 sont applicables sans
modifications.

3.5.7 Analyse de stabilité après le séisme en tenant compte d'une augmentation des
pressions interstitielles due au séisme

Outres les vérifications ci dessus, la sécurité au glissement doit aussi être garantie après le
séisme (et par conséquent sans les forces d'inertie) en tenant compte de la persistance
d'une augmentation éventuelle des pressions interstitielles due au séisme. Un bloc de
glissement est considéré comme suffisamment stable, si le facteur de sécurité F selon
l'Annexe C11 est supérieur à 1.2 (le facteur de sécurité statique minimal sans surpressions
interstitielles est de 1.5 pour le cas d’exploitation normal).

4. Classe de barrages I

4.1 Profil des spécialistes chargés de la vérification : Exigences


Outre les critères mentionnés dans la Partie A, les spécialistes intervenants doivent avoir de
bonnes connaissances des calculs statiques et dynamiques par éléments finis ainsi que de
la détermination des valeurs caractéristiques statiques et dynamiques des matériaux et avoir
une expérience suffisante dans ces domaines.

4.2 Aperçu des exigences pour les ouvrages de digue de la classe de barrages I
Les bases de vérification sont les suivantes :
- Les valeurs caractéristiques statiques et dynamiques des matériaux obtenues à l’aide
d’investigations (nouvelles constructions et ouvrages existants).
- Calcul dynamique par éléments finis du comportement de la digue pas à pas dans le
temps sous les sollicitations horizontale et verticale dues au séisme et en tenant
compte d'éventuelles surpressions interstitielles dues à la sollicitation cyclique.
- Analyse de stabilité de blocs de glissement potentiels après le séisme en tenant
compte d'éventuelles surpressions interstitielles résiduelles.
- Le cas échéant, détermination empirique du déplacement de glissement résiduel basé
sur le calcul pas à pas de la digue entière pendant le séisme dans l'espace temps.

Partie C – Barrages en remblai (digues)


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Ces principes conduisent aux exigences suivantes :

Temps de retour du séisme Selon Partie B.


de vérification
Propriétés de matériaux et Propriétés des matériaux nécessaires pour toutes les zones de
méthodes d’investigation matériaux :
- Valeurs caractéristiques statiques et dynamiques des matériaux.
Méthodes d'investigation :
- Pour les nouvelles constructions : valeurs caractéristiques basées
sur les résultats d'essais statiques et dynamiques.
- Pour les ouvrages existants : valeurs caractéristiques de la
documentation de construction complétées par des essais le cas
échéant.
Modélisation - Géométrie, modèle géotechnique de la fondation et du corps de la
digue (ligne piezomètrique incluse); analyse des fondations.
- Modèle bi-dimensionnel, éventuellement tri-dimensionnel de la
digue.
- Pressions hydrodynamiques agissant sur la digue négligeables.
Méthodes de calcul - Calculs dynamiques par éléments finis.
- Analyses dynamiques simplifiées de la stabilité.
- Eventuellement calcul du déplacement de glissement avec
évolution temporelle de l'accélération (cf. paragraphe 4.5.7).

Tableau 3 - Exigences pour les digues de la classe I

4.3 Propriétés des matériaux, méthode d’investigation


La détermination des propriétés dynamiques des matériaux (module de cisaillement,
amortissement du matériau, résistance) dans le corps de la digue et les fondations se fait en
principe à l'aide d'essais cycliques en laboratoire (Annexe C16, paragraphe 1.2).
Pour les analyses simplifiées de la stabilité sismique, l’angle de frottement maximal ϕ’peak est
utilisé. Pour le calcul des déplacements de glissement, l’angle de frottement résiduel ϕ’r est
utilisé (cf. Annexe C1).
Pour la vérification, des valeurs raisonnablement conservatives sont choisies pour les
paramètres caractéristiques des matériaux. La provenance des valeurs caractéristiques est à
expliquer et une estimation de leur conservativité est à donner.

4.4 Modélisation
La géométrie et le modèle géotechnique du corps de la digue et de ses fondations est à
établir sur la base d’investigation qui documentent de manière vérifiable la composition du
corps de la digue et ses fondations. Il s’agit de déterminer en particulier la ligne
pièzométrique et les conditions d’écoulement correspondantes.
En général, un calcul bi-dimensionnel par éléments finis est suffisant (sollicitation simultanée
selon les directions horizontale et verticale). Les sollicitations peuvent être admises parallèle
aux axes principaux de l'ouvrage.

Partie C – Barrages en remblai (digues)


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Vérification des ouvrages d’accumulation aux séismes Version 1.2

Dans des cas particuliers, un calcul tri-dimensionnel est nécessaire. Ceci est notamment vrai
pour les cas suivants :
- Vallées en V étroites pour lesquelles L / H < 3 (cf. Figure 1).
- Conditions de fondations variables dans la direction longitudinale de la digue.

Figure 1 - Définition de la longueur du


H couronnement L et de la hauteur de
la digue H

Les exigences formulées dans le


présent paragraphe sont alors à adapter en conséquence. En particulier, une sollicitation
sismique agissant selon trois directions est à prendre en compte.
Des mouvements inhomogènes du sol ne doivent pas être pris en compte.
L'effet hydrodynamique de l'eau de la retenue peut en général être négligé.
La fondation du corps de la digue est supposée rigide si la condition suivante est respectée :
B
< 0 .2 s [2]
vs
avec : B : largeur à la base de la digue
vs : célérité des ondes de cisaillement dans les matériaux de
fondation (cf. Annexe C2)
Si la condition ci-dessus n'est pas respectée, il faut procéder à une analyse plus détaillée de
l'interaction dynamique entre le sol et la fondation.

4.5 Déroulement du calcul de digues de la classe I


Le calcul des digues de la classe I se déroule selon le schéma suivant. La légende en est :
Légende relative au schéma de calcul pour digues de classe I :
1)
Détermination des valeurs caractéristiques nécessaires (statiques et dynamiques) (paragraphe
4.5.1).
2)
Calculs statique et dynamique par éléments finis (paragraphe 4.5.2).
3)
Essais cycliques en laboratoire afin de déterminer les surpressions interstitielles (paragraphe 4.5.3).
4)
retour éventuel au point 2 (paragraphe 4.5.4).
5)
Analyse de stabilité par exemple selon Bishop à l'instant des forces d'inertie maximales en tenant
compte de l'augmentation des pressions interstitielles correspondantes ; vérification pour les
parements amont et aval (paragraphe 4.5.5).
6)
Calcul des déplacements de glissement (paragraphe 4.5.6).
7)
Analyse de stabilité par exemple selon Bishop sans tenir compte des forces d'inertie dues au
séisme, mais en considérant l'augmentation maximale des pressions interstitielles; vérification pour
les parements amont et aval (paragraphe 4.5.7).
8)
La vérification de la sécurité n'est pas satisfaite. Des mesures sont nécessaires (par exemple
mesures constructives; abaissement du plan d'eau du réservoir).
9)
La vérification de la sécurité est satisfaite.

Partie C – Barrages en remblai (digues)


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Relevé des conditions géologiques et géotechniques des


fondations ainsi que des valeurs caractéristiques des matériaux
du corps de la digue et des fondations 1)

4)

Calcul dynamique de la digue sollicitée par


un séisme 2)

Evaluation et analyse de l’augmentation des


pressions interstitielles dues au séisme 3)

Sécurité pendant le séisme:


Critères
satisfaits Vérification de la sécurité au glissement
des parements amont et aval en tenant compte de l’augmentation
des pressions interstitielles due au séisme (à l’instant
des forces d’inertie maxim ales) 5)

Critères pas satisfaits

Analyse de glissement des parements amont et Déplacements trop grands


aval en tenant compte de l’augmentation des pressions
interstitielles due au séisme 6)

Déplacements acceptables Mesures nécessaires 8)

Sécurité après le séisme:


Vérification de la sécurité au glissement des parements
Critères pas satisfaits
amont et aval en tenant compte de l’augmentation des pressions
interstitielles due au séisme (à l’instant des
plus grandes pressions
interstitielles) 7)

Mesures nécessaires 8)
Critères satisfaits

Vérification satisfaite 9)

Partie C – Barrages en remblai (digues)


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4.5.1 Relevé des conditions géologiques et géotechniques du sol de fondation ainsi que
des valeurs caractéristiques des matériaux composant la digue et la fondation

Les valeurs caractéristiques dynamiques essentielles des matériaux doivent être


déterminées à l'aide d'essais dynamiques (cf. Annexe C16, paragraphe 1.2).

4.5.2 Calcul dynamique du corps de la digue

La réponse de la digue aux sollicitations dues au séisme et son évolution dans le temps sont
en général étudiées à l'aide d'un calcul dynamique par éléments finis (cf. paragraphe 1.3).
Préalablement, l'état initial doit être déterminé à l'aide d'une analyse compatible par
éléments finis.
Le calcul dynamique peut se faire avec des valeurs caractéristiques linéaires équivalents du
sol (cf. Annexe C16, paragraphe 1.2).
Les résultats de ce calcul pour des points représentatifs de la digue sont les suivants :
- Contraintes (valeurs maximales et évolutions dans le temps).
- Déformations.
- Accélérations (valeurs maximales et évolution dans le temps).

4.5.3 Évaluation de l'augmentation des pressions interstitielles due au séisme

L'augmentation des pressions interstitielles est à étudier sur la base de la réponse


dynamique de la digue aux sollicitations sismiques à l'aide d'essais cycliques en laboratoire
sur des échantillons représentatifs des matériaux de la digue (selon l’Annexe C14 ou selon
des méthodes similaires).

4.5.4 Retour au point 2 du calcul

Si l'analyse ci-dessus montre que les pressions interstitielles de plusieurs éléments ont
augmenté de 80 % à 100% à la fin du séisme (c'est-à-dire que la rigidité et la résistance de
ces éléments est réduite de manière significative), le calcul dynamique doit être répété en
plusieurs segments de temps.
Les conditions initiales de chaque segment de temps sont fixées de manière à ce que la
résistance au cisaillement et la rigidité des éléments concernés par une augmentation
significative des pressions interstitielles soient réduites de manière correspondante.
Ainsi, à chaque instant, une résistance au cisaillement et une rigidité correspondant à la
valeur des pressions interstitielles dues au séisme à cet instant sont attribuées aux différents
éléments pour le calcul dynamique.
Alternativement, l'analyse dynamique peut être effectuée en un seul segment de temps en
négligeant complètement la résistance au cisaillement et la rigidité des éléments subissant
une augmentation importante des pressions interstitielles.

4.5.5 Analyse de stabilité durant le séisme

L'analyse de stabilité durant le séisme peut se faire à l'aide de méthodes standard (selon
l’Annexe C11) en tenant compte des éléments supplémentaires suivants :
- Accélérations obtenues à l'aide du calcul dynamique (paragraphe 4.5.2)
- Surpressions interstitielles éventuelles sur la base des essais en laboratoire décrits en
Annexe C14.

Partie C – Barrages en remblai (digues)


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Si la sécurité au glissement n'en pas assurée, les déplacements de glissement doivent être
calculés selon le paragraphe 4.5.6 pour garantir la sécurité de la digue. Un bloc de
glissement est admis stable si le facteur de sécurité F selon l’Annexe C11 est supérieur à
1.0.

4.5.6 Déplacements de glissement

Le déplacement de glissement total est à déterminer sur la base de l'évolution temporelle de


l'accélération du séisme selon l'Annexe C15.
Ce calcul doit tenir compte de l'augmentation des pressions interstitielles déterminée à l'aide
des essais cycliques en laboratoire selon l'Annexe C14.
Les déplacements admissibles sont déterminés comme suit :

Objectifs Le but général de la détermination des déplacements de glissement est la


vérification de la sécurité à long terme d'une digue. Ceci implique les objectifs
suivants :
- Eviter tout débordement par-dessus la digue.
- Exclure le risque d'érosion interne.
- Assurer la stabilité du bloc de glissement en état déformé.
Critères Ces objectifs sont en général atteints si les déplacements de glissement sont
inférieurs aux valeurs limites ci-après:
- 0.5 m pour des blocs de glissement profonds.
- 0.2 m pour des blocs de glissement superficiels.
La profondeur du bloc de glissement
est déterminée à l'aide d'une parallèle
au parement de la digue :

Profondeur

Des blocs de glissement dont la hauteur ne dépasse pas 10 ÷ 20 % de la


hauteur de la digue sont considérés être "superficiels". Dans le cas contraire, ils
sont considérés être "profonds".
Pour les digues avec masque amont, l'intégrité du dispositif d'étanchéité après
un séisme est à vérifier.
Mesures Si ces critères ne sont pas satisfaits, des études particulières sont nécessaires
afin d'atteindre les objectifs mentionnés ci-dessus.
En particulier, il faut procéder aux vérifications suivantes :
- Même en état déformé, la revanche doit être suffisante pour éviter à tout
moment un débordement de la digue.
- Le risque d'érosion interne est à exclure en s’assurant que les conditions
suivantes sont satisfaites :
a) Les critères de filtre sont respectés entre les différentes zones de la digue.
b) Le noyau de la digue a une couverture suffisante de matériaux

Partie C – Barrages en remblai (digues)


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autorégénérants, c’est à dire de matériaux liants, qui peuvent s’adapter aux


déformations imposées sans changement significatif de leurs propriétés de
perméabilité.
c) L'épaisseur résiduelle des couches de filtre et de drainage en état déformé
est au moins égale à la moitié de l'épaisseur initiale en état non déformé.
- La vérification de la stabilité du bloc de glissement en état déformé est à
effectuer sur la base d'une résistance liée uniquement à l'angle de frottement
résiduel ϕ'r selon l'Annexe C1.

4.5.7 Analyse de stabilité après séisme

L'analyse de stabilité après séisme (sans forces d'inertie) peut se faire selon les méthodes
standard (selon l'Annexe C11) en tenant compte du surcroît des surpressions interstitielles
éventuelles dues au séisme sur la base des essais en laboratoire décrits en Annexe C14.
S'il n'y a pas de glissement lors du séisme selon paragraphe 4.5.5, ϕ’peak (cf. Annexe C1) est
utilisé pour la résistance au cisaillement. Dans le cas contraire, l’angle de frottement résiduel
ϕ’r est utilisé.
Un bloc de glissement est considéré comme suffisamment stable, si le facteur de sécurité F
selon l'Annexe C11 est supérieur à 1.2 (le facteur de sécurité statique minimal sans
surpressions interstitielles est de 1.5 pour le cas d’exploitation normal).

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5. Annexe C1 - Résistance au cisaillement


L'angle de frottement ϕ'peak
est en principe utilisé pour
les analyses de stabilité et
l'angle de frottement
résiduel ϕ'r est utilisé pour le
calcul des déplacements de
glissement.

6. Annexe C2 - Conditions des fondations

Largeur à la base B et célérité de l'onde


de cisaillement vs

B
vs

La fondation du corps de digue est supposée être rigide si la condition suivante est remplie :
B
< 0 .2 s
vs
avec : B : largeur à la base.
vs : célérité de l'onde de cisaillement dans les matériaux de fondation (selon [2]).
En cas d’absence d'indications in situ sur la célérité de l'onde de cisaillement, celle-ci peut
être approximée selon l'Annexe C3.

7. Annexe C3 - Estimation de la célérité de l’onde de cisaillement pour


différents types de sol

Type de sol vs [m/s]

Matériaux meubles
Couches de couverture de compacité faible, désagrégées, non saturées
110…480
(profondeur 3 à 6 m)
Ballast (gravier sableux), non saturé 220…450
Ballast, saturé par l'eau souterraine 400…600
Ballast cimenté 1000…1500

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Limon du fond du lac, non complètement saturé 290…540


Limon du fond du lac, saturé 390…530
Limon des berges, non saturé 120…400
Moraine 500…1150
Lœss 150…300

Rocher
Marne et grès mollassique, tendre, désagrégé 520…1050
Marne, non désagrégé 1000…1900
Grès mollassique, dur 1100…2200
Molasse du plateau 600…2500
Schiste 1100…3100
Calcaire 1800…3700
Gneis 1900…3500
Granite 2500…3900

8. Annexe C4 - Evaluation de l'augmentation des pressions interstitielles

8.1 Base

Argile Limon Sable Gravier


Pourcentage poids

Diamètre des grains en mm

Domaines granulométriques de sols liquéfiables : 1 - Sable de Niigata ;


2 - Enveloppe de 19 sables japonais qui se sont liquéfiés sous une sollicitation sismique ;
3 - Selon les essais en laboratoire de Lee et Focht

Le diagramme ci-dessus montre les types de sol subissant une augmentation importante des
pressions interstitielles lorsqu’ils sont soumis à une sollicitation cyclique en état saturé. Ceci
peut conduire, au cas extrême, à une perte complète de la résistance au cisaillement. La
partie de la courbe granulométrique entre 10 et 90 % (% poids) ainsi que le coefficient
d'uniformité dans cette plage sont essentiels.
Le coefficient d'uniformité d'une courbe granulométrique est défini comme le rapport entre
d60 et d10 où d6 0, respectivement d10 correspond au tamisat de 60, respectivement 10 pour-
cent du poids de l'échantillon.
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8.2 Critères d'évaluation


L'augmentation des pressions interstitielles est à étudier plus en détail (à l'aide d'essais STP
ou des essais cycliques en laboratoire), si la courbe granulométrique d'un matériau se situe
à l'intérieur des domaines de la figure ci-dessus (en particulier à l'intérieur du domaine "2"
entre 10 et 90 %) et si le coefficient d'uniformité est inférieur à environ 2.
Cette méthode simplifiée ne peut pas être utilisée pour les digues de la classe I.

9. Annexe C5 - Compacité, faible compacité


La compacité du sol est représentée par la densité relative Dr et vaut :
nmax − n γ − γ d min γ d max
Dr = = d ⋅
nmax − nmin γ d max − γ d min γ d
avec : n : porosité du sol in situ
n max : Porosité à compacité maximale
n min : Porosité à compacité minimale
γd : Poids volumique du sol sec
γd max : Poids volumique du sol sec à compacité maximal
γd min : Poids volumique du sol sec à compacité minimale
γd min respectivement γd max sont déterminés selon la procédure définie dans la norme
USBR 5525, respectivement USBR 5530 du Bureau of Reclamation [4].
La compacité est faible si la densité relative Dr est inférieure à 0.5.

10. Annexe C6 - Evaluation du potentiel de liquéfaction àl'aide d'essais SPT

10.1 Base

Liquéfaction Corrélation entre la liquéfaction du sable in


situ et la résistance de pénétration SPT
τ / σ' v normée (N1)60-cs (modifié selon [5]) :

τ / σ'v : Rapport de la contrainte de


cisaillement due à la sollicitation cyclique
et la contrainte effective géostatique σ'v . τ
Aucune liquéfaction est déterminé selon l'Annexe C7.

(N1)60-cs : Résistance de pénétration SPT


normée déterminée selon [1] (voir ci-après)

Valeur SPT (N1)60-cs

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10.2 Détermination de (N1)60-cs


Le nombre de coups directement mesuré lors des essais SPT est désigné par N60.
Une première correction selon l'équation ci-dessous permet d'obtenir (N1)60 (correspondant à
la résistance de pénétration avec une contrainte verticale effective normale de 100 kPa) :

( N1 )60 = N60
σ ' v0
avec : σ'v 0 : Contrainte effective normale à la profondeur correspondante avant l'essai.
Tant N60 que (N1)60 sont des grandeurs adimensionnels (nombre de coups). σ'v 0 doit être
introduit en [kg/cm2] dans l'équation ci-dessus.
Ensuite, une deuxième correction permet d'obtenir (N1)60-cs à partir de (N1)60 à l'aide de
l'équation ci-dessous :
( N 1 )60−CS = ( N1 )60 + ∆( N 1 )60
où ∆(N1)60 dépend de la teneur en éléments fins (pourcentage < 0.06 mm de la courbe
granulométrique) et est déterminé à l'aide du tableau ci-dessous :

Teneur en élément fins en % ∆(N1)60


(fraction < 0.06 mm)

10 1
25 2
35 3
50 4
75 5

Cette méthode simplifiée ne peut pas être utilisée pour les digues de la classe I.

11. Annexe C7 - Contrainte de cisaillement cyclique τ

11.1 Fondations
La contrainte de cisaillement cyclique τ est calculée à chaque profondeur (cf. figure ci-
dessous) à l'aide de l'équation suivante :
ah
τ = 0.65 ⋅ ⋅ σ v ⋅ rd
g
ah
avec :
ah : Accélération de pointe selon la Partie B
Surface
g : Accélération de gravité
σv : Contrainte normale verticale à la τ
profondeur z
Profondeur z
z : Profondeur
rd : Facteur de réduction selon la figure ci-dessous

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Profondeur[m] Valeur moyenne

Domaine pour
différents
profils de sol

Facteur de réduction pour les


contraintes de cisaillement
cycliques [5]

Facteur de réduction rd

11.2 Corps de digue


De manière analogue, la contrainte de cisaillement cyclique τ au centre de gravité d'une
surface de glissement est calculée dans le profil en travers de la digue selon l'équation
suivante :
aG
τ = 0.65 ⋅ ⋅σv
g
aD
avec :
aG : Selon l'Annexe C10. aG
Profondeur z
σv : Contrainte normale verticale
totale au centre de gravité étudié.

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12. Annexe C8 - Détermination de la période fondamentale de la digue


(perpendiculaire à l’axe de la d igue)
La période fondamentale T 0 de la digue est estimée à l’aide de la figure ci-dessous :

v s1 ρ 1
m =
vs2 ρ 2

v s1 h 2
q =
v s2h1
2 π h1
T0 =
a1 a1vs 1

q
Période fondamentale T0 pour une digue sur une couche de fondation élastique [6] :
vs : Célérité de l’onde de cisaillement.
ρ: Densité des matériaux.

a1 : Déterminé à l’aide de la figure à partir des valeurs calculées pour m et q.


T0 peut finalement être calculé.

Cette méthode simplifiée ne peut pas être utilisée pour les digues de la classe I.

13. Annexe C9 - Calcul des forces sismiques de substitution pour un bloc de


glissement
La force sismique horizontale de substitution Eh pour un bloc de glissement potentiel est
calculée à l’aide de l’équation suivante :
Eh = a G ⋅ m
avec :
aG : accélération moyenne selon l’Annexe C10 au centre de gravité du bloc de glissement.
m: masse du bloc de glissement
La force sismique verticale de substitution Ev est calculée de manière analogue en
supposant que le comportement dynamique dans la direction verticale est
approximativement rigide. Ainsi, l’accélération verticale dans le corps de digue correspond à
celle à la base :
Ev = av ⋅ m
av étant la composante verticale de la sollicitation sismique selon la Partie B.
Cette méthode simplifiée ne peut pas être utilisée pour les digues de la classe I.
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14. Annexe C10 - Accélération maximale au centre de gravité et au


couronnement de la digue

14.1 Accélération maximale aG au centre de gravité


La valeur de l’accélération aG est déterminée à l’aide de la figure ci-dessous en fonction de la
position de la surface de glissement :

Évolution de l’accélération de pointe du


bloc de glissement en fonction de la
position de la surface de glissement [7]

Domaine des valeurs

La figure permet de déterminer le


rapport entre a G et la valeur de
y/h
l’accélération maximale au
couronnement aD en fonction de la
profondeur y du bloc de glissement.
Le domaine des valeurs sur la
figure ci-dessus a été déterminé par
Valeur moyenne Madsidi et Seed [7] sur la base de
nombreux calculs. Les valeurs pour
le module de cisaillement G et
l’amortissement D de ces calculs se
trouvent dans la gamme de valeurs
habituelles de la pratique.

a G / aD

14.2 Accélération maximale au couronnement


La valeur de l’accélération maximale au couronnement aD est déterminée à l’aide de la
formule suivante [7] :

a D = ( 1.60 ⋅ a1 ) 2 + ( 1.06 ⋅ a2 )2 + ( 0.86 ⋅ a 3 ) 2


a1, a2 et a 3 étant les valeurs spectrales de l’accélération selon la Partie B (avec un
amortissement de 15 %) pour les trois premières fréquences propres ω1, ω2, respectivement
ω3 .
Il faut tenir compte de l’influence des conditions locales du sol de fondation sur la sollicitation
due au séisme (différents spectres de réponse pour les types de sol A, B et C selon Partie
B).
ω1, ω2, et ω3 peuvent être calculés selon les formules suivantes :
vs vs vs
ω 1 = 2.40 ⋅ ; ω 2 = 5.52 ⋅ ; ω 3 = 8.65 ⋅
h h h
avec : h : Hauteur de la digue.
vs : Célérité moyenne de l’onde de cisaillement dans les matériaux de la digue.

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Ces valeurs correspondent aux fréquences propres d’une digue homogène sur fondation
rigide.
Les périodes T1 à T3 correspondant aux valeurs de ω1 , ω2 et ω3 sont calculées par :
2 ⋅π
T=
ω
Cette méthode simplifiée ne peut pas être utilisée pour les digues de la classe I.

15. Annexe C11 - Calcul de la sécurité au glissement d’un bloc spécifique


Le facteur de sécurité F pour le bloc choisi est calculé à l’aide des méthodes statiques
usuelles en tenant compte des sollicitations sismiques horizontale et verticale données.
- Classe de barrages III : Sollicitation globale avec la force sismique horizontale de
substitution.
- Classe de barrages II : Sollicitation globale selon l’Annexe C9 / Annexe C10.
- Classe de barrages I : Accélérations locales dans les différents éléments
obtenues à l’aide d’un calcul par éléments finis. Pour des
cercles de glissement de faible profondeur, l’accélération
des éléments à l’interface de glissement peut être introduite
dans le calcul.
Les méthodes statiques applicables sont par exemple la méthode par tranches selon Bishop,
respectivement Janbu ou d’autres méthodes simplifiées.
La contribution à la résistance totale de chaque tranche est calculée par l’équation de la
résistance au cisaillement selon Coulomb :
τ f = σ ' tanϕ' + c'
Le facteur de sécurité est ensuite calculé par l’équation suivante sur la base de cette
résistance au cisaillement τf et de la contrainte τ due à la sollicitation sismique et à
l’ensemble des charges statiques :

F=
∑τ f

∑τ
avec : Σ : Somme de toutes les tranches le long de l’interface de glissement potentiel.
Pour les digues de la classe I, cette méthode simplifiée ne peut être appliquée qu’à la
vérification de l’état après le séisme.

16. Annexe C12 - Calcul de l’accélération critique aC pour une surface de


glissement potentielle
L’accélération critique d’une surface de glissement potentielle est celle qui conduit à un
facteur de sécurité F de 1.0 du bloc de glissement correspondant.
Le facteur de sécurité au glissement F est calculé à l’aide de méthodes statiques usuelles
(par exemple selon Bishop ou Janbu) en tenant compte des forces statiques de substitution
pour chaque tranche. La force statique de substitution horizontale I pour une tranche est
égale à :
I = m ⋅ ac
avec : m : Masse de la tranche.

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17. Annexe C13 - Détermination du déplacement du bloc de glissement


Le déplacement de glissement rés iduel total u est déterminé à l’aide de la figure ci-dessous :

u
[ s]
aGT0

Déplacement de glissement résiduel


selon une surface de glissement
(modifié selon [7] :

ac : Selon l’Annexe C12.


aG : Selon l'A nnexe C10.
T0 : Selon l’Annexe C8.

ac aG

Remarque

Selon Makdisi et Seed [7], Le déplacement total u calculé ainsi correspond à la déformation
totale équivalente le long d’une surface de glissement horizontale suite à la sollicitation
sismique, après le dépassement de l’accélération critique conduisant au glissement du bloc.
Sur la base d’investigations, le déplacement le long d’une surface de glissement inclinée est
environ 20 % supérieure.
Du fait que d’une part la figure ci-dessus indique une plage de déformation et d’autre part
que l’échelle est logarithmique, u correspond en première approximation tant au tassement
vertical total qu’au déplacement horizontal total du bloc de glissement.
Cette méthode simplifiée ne peut pas être utilisée pour les digues de la classe I.

18. Annexe C14 - Analyse de la liquéfaction à l’aide d’essais cycliques en


laboratoire
Lors des essais en laboratoire, le séisme de vérification est modélisé par une contrainte de
cisaillement moyenne τm et un nombre équivalent de cycles de charge.
La contrainte de cisaillement moyenne à une profondeur donnée de la fondation ou du corps
de digue est déterminée selon l’Annexe C7 (classes de digues II et III), respectivement à
l’aide d’un calcul par éléments finis (classe de digues I).
Il convient d’appliquer au moins 15 cycles de charge.
Les résultats suivants relèvent d’un intérêt particulier :
- Augmentation des pressions interstitielles due à une sollicitation cyclique.
- Déformations non élastiques sous sollicitation cyclique.

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19. Annexe C15 - Calcul des déplacements à l’aide d’évolution temporelle de


l’accélération
Le déplacement total le long d’une surface de glissement est obtenu à l’aide d’une double
intégrale de l’accélération due aux sollicitations sismiques qui dépassent la valeur de
l’accélération critique selon l’Annexe C12 (la différence entre l’accélération due à la
sollicitation sismique et l’accélération critique est déterminante).
Le calcul se base sur la méthode des blocs de glissement selon Newmark (cf. Annexe C16,
paragraphe 1.3).

20. Annexe C16 - Commentaires explicatifs sur la Partie C


1 GENERALITES
1.1 Principes pour la conception aux séismes des digues en terre
Types de digues

Par expérience, des digues homogènes ne peuvent être construites que jusqu’à une hauteur
du couronnement d’environ 30 m .
Même les digues homogènes doivent être munies d’une couche de drainage (par exemple
"chimney drain") qui empêche des éventuelles venues d’eau sur le parement aval de la
digue. Cela présuppose des zones de filtres correspondantes entre le matériau propre de la
digue et la couche de drainage.
Les digues plus hautes sont à concevoir en zones en attribuant une fonction bien définie à
chaque zone de matériaux.
Les différentes fonctions des zones de matériaux comprennent :
- Appui.
- Etanchéité.
- Filtre.
- Drainage.
- Protection contre l’érosion.
Pour atteindre un comportement satisfaisant pendant les séismes, l’épaisseur des zones de
filtre et du noyau doit être supérieure au strict nécessaire du point de vue hydraulique et
statique. L’objectif est de garantir une épaisseur suffisante de ces zones (de l’ordre de 0.5
fois l’épaisseur initiale au moins) après une sollicitation due au séisme de dimensionnement
afin de maintenir leur bon fonctionnement.
Matériaux

Les matériaux suivants sont à éviter par principe :


- Matériaux avec teneur en matière organique.
- Matériaux sensibles à l’eau.
- Matériaux contenant des matières solubles dans l’eau (effets de dégradation).
Revanche

Lors de la détermination de la revanche disponible il faut tenir comptes des points suivants :
- Hauteur des vagues suite aux glissements dans la retenue dus au séisme en tenant
compte du déferlement des vagues sur le parement amont de la digue.
- Tassement et glissement du corps de la digue dus au séisme.
Partie C – Barrages en remblai (digues)
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Données nécessaires

En général, l’élaboration des données nécessaires demande des investigations tels


qu’essais in situ et en laboratoire.
S’ils existent, les résultats d’investigations déjà exécutées dans la région ou des
connaissances acquises pour des ouvrages similaires peuvent être utilisés pour une
première estimation du comportement de la digue lors d’un séisme.
Pour l’analyse de la sécurité d’ouvrages existants, la documentation de construction
existante et les résultats d’auscultations antérieures doivent être étudiés soigneusement.
Une attention particulière doit être portée au comportement de l’aménagement jusqu’à
l’heure actuelle documenté par les différentes mesures durant l’exploitation. Les causes
d’anomalies de comportement éventuelles sont à étudier avec un esprit critique.
1.2 Valeurs caractéristiques des matériaux et méthodes d’investigations
Propriétés

Les matériaux du sol de fondation et de la digue sont constitués de plusieurs phases. Ce fait
peut fortement influencer le comportement de résistance sous la sollicitation due au séisme.
La vérification de la sécurité doit tenir compte de ces conditions de manière appropriée.
En général, des essais en laboratoire ainsi qu’in situ sont à effectuer. Les différents résultats
des essais en laboratoire et in situ doivent être comparés et les corrélations de certaines
propriétés du matériau doivent être établies en tenant compte des différentes conditions des
essais en laboratoire par rapport aux conditions in situ.
La résistance des matériaux à une sollicitation cyclique est en général inférieure à la
résistance à une sollicitation statique. Le paramètre caractéristique principal est la résistance
au cisaillement du matériau.
Les surpressions interstitielles dans les matériaux compacts sont réduites lors de l’apparition
de déformation du fait de la dilatance.
Valeurs caractéristiques des sols non linéaires et linéaires équivalents

Le comportement des matériaux soumis à une sollicitation cyclique est non-linéaire et non-
élastique. Les figures suivantes montrent l’évolution possible du module de cisaillement G et
de l’amortissement D en fonction du déplacement de cisaillement et des propriétés de
plasticité.

Evolution du module de
cisaillement G en fonction
de la déformation de
cisaillement cyclique et des
propriétés de plasticité
[selon Vucetic & Dobry,
1991 ; respectivement Sun
et al., 1988]
Traits tillés : Selon essais
de Sun et al.
Traits pleins : Selon essais
de Vucetic & Dobry.

Déformation de cisaillement cyclique [%]

Partie C – Barrages en remblai (digues)


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Rapport d’amortissement [%]

Évolution de
l’amortissement D en
fonction de la déformation
de glissement et des
propriétés de plasticité
[selon Vucetic & Dobry,
1991]
Déformation de cisaillements cyclique γ [%]

A chaque cycle de charge et de décharge, il y a de la dissipation d’énergie. Pour tenir


compte de ce phénomène, un calcul en pas de temps est en général nécessaire.
Plusieurs méthodes de modélisation plus simple de la réponse non-linéaire et non-élastique
des matériaux soumis à une sollicitation cyclique sont applicables. La méthode la plus simple
est basée sur des valeurs caractéristiques linéaires équivalentes du sol. Le calcul non-
linéaire est remplacé par un calcul linéaire-élastique afin d’évaluer itérativement les
déformations de glissement. Dans chaque itération, le module de glissement ainsi que
l’amortissement est déterminé à nouveau pour la déformation de glissement calculée. Le
désavantage de cette méthode et que l’utilisation de valeurs caractéristique linéaires
équivalentes du sol ne permet pas la détermination des déformations résiduelles.
Méthodes d’investigation

Programme d’investigation

Tant les essais en laboratoire que les essais in situ ont des points forts et des points faibles
pour la détermination des propriétés des matériaux. Le programme d’auscultation doit en
tenir compte.
Les essais in situ sont recommandés à priori pour l’étude des conditions du sol de
fondations, car ils permettent de mieux apprécier la compacité et les conditions dans les
matériaux non-dérangés.
Les essais en laboratoire sont recommandés pour l’étude des matériaux pour la construction
d’une nouvelle digue ou pour une construction complémentaire, car ils permettent l’étude
d’un domaine de déformations plus étendu. Le désavantage du dérangement des
échantillons ne joue aucun rôle, car les matériaux pour les nouvelles constructions et les
constructions complémentaires sont de toute façon traités et revalorisés.
Les essais in situ sont à priori recommandés pour toute vérification de la sécurité des
ouvrages de digues existants.
Essais in situ

Les essais in situ cités dans le paragraphe présent servent essentiellement à déterminer :
- le tracé des couches dans le sol de fondation
- des différentes zones de matériaux dans le cas de digues existantes

Partie C – Barrages en remblai (digues)


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- les valeurs caractéristiques dynamiques des sols


- le potentiel de liquéfaction des matériaux
Les essais permettant de déterminer les paramètres dynamiques sont mentionnés
principalement.
D’autres valeurs caractéristiques, en particulier les caractéristiques statiques, sont
déterminées à l’aide d’essais in situ habituels. Il en va de même pour la prospection du sol
de fondation.
Essais géophysiques

Les essais géophysiques, tels que la sismique en puits croisés (crosshole), la sismique par
réfraction, etc., permettent d’une part de déterminer les limites des couches et d’autre part
l’évaluation de grandeurs caractéristique dynamique (module de cisaillement G ou élastique
E) pour des couches entières ou un ensemble de couches. L’interprétation des profils
sismiques doit tenir compte des auscultations géologiques.
De tels essais géophysiques sont uniquement appropriés au domaine des faibles
déformations.
En appliquant la méthode de l’état critique, les essais géophysiques permettent également
de déterminer le potentiel de liquéfaction de certaines couches.
Essais de pénétration dynamique et de sondages par pression (essais SPT et CPTU)

Les conditions in situ (par exemple cimentation, conditions de compacité particulières, etc.)
peuvent être déterminées au mieux à l’aide d’essais in situ, tels que l’essai de pénétration
dynamique (SPT) ou de pression ainsi que par les essais au scissomètre.
L’essai standard de pénétration (standard penetration test, SPT) est le plus utilisé et le mieux
documenté quant aux corrélations empiriques entre les valeurs mesurées et les différentes
propriétés statiques et dynamiques des matériaux.
Mais les essais SPT et CTPU sont uniquement applicables aux matériaux relativement fins.
Pour les matériaux grossiers, il faut recourir à l’essai avec le marteau de Becker dont
l’exécution est plus chère que les essais SPT ou CPTU. En outre, la corrélation empirique
entre les valeurs mesurées lors d’un tel essai et les propriétés du matériau est moins bien
validée que pour les autres essais.
Tant l’essai SPT que l’essai CPTU servent dans un premier temps à déterminer les
différentes couches du sol de fondation et à classifier ces couches dans les différentes
catégories de sol.
En appliquant des corrélations empiriques, les essais SPT permettent en plus de déterminer
le comportement du sol quant à une augmentation des pressions interstitielles due au
séisme. Des corrélations similaires existent également pour les essais CPTU. Ainsi, la
résistance résiduelle sr peut être déterminée pour le cas de surpressions interstitielles
importantes dues au séisme.
Essais en laboratoire

Les essais en laboratoire cités dans le présent paragraphe servent à déterminer :


- Des valeurs caractéristiques dynamiques du sol (module de cisaillement,
amortissement du matériau).
- Du potentiel de liquéfaction du sol.
A l’aide des essais en laboratoire, le comportement du matériau est évalué dans un domaine
étendu des déformations. Contrairement aux essais in situ, les paramètres peuvent en plus
être variés. Le désavantage de ces essais consiste en le fait que la prise d’échantillons

Partie C – Barrages en remblai (digues)


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conduit toujours à un dérangement de l’échantillon. Pour cette raison, les essais en


laboratoire doivent être comparés et corrélés aux essais in situ.
Les essais exécutés en laboratoire doivent couvrir le domaine de contraintes prévu in situ
lors d’un séisme.
Pour les nouvelles constructions, il est recommandé de prévoir non seulement des essais en
laboratoire, mais également des essais in situ pendant et après la construction. Ainsi, le
comportement du sol en place peut être étudié in situ.
Outre les essais en laboratoire mentionnés ci-après, qui permettent essentiellement de
déterminer les paramètres dynamiques, l’exécution d’autres essais en laboratoire standard
est également nécessaire. Il s’agit par exemple de la détermination de la courbe
granulométrique, de la densité du sol ou de la résistance aux sollicitations statiques. La
résistance au cisaillement résiduelle ϕ’r est également une grandeur importante car elle est
une caractéristique du sol fortement déformé. Elle est déterminer à l’aide d’essais de
glissement annuaire ou d’essais tri-axiaux.
Essai Resonant-Column (essai RC)

L’essai RC est un essai standard pour la détermination des modules de déformations


(module G et module E) selon la théorie d’élasticité.
L’amortissement du matériau peut également être calculé à l’aide de l’essai RC.
Essais de cisaillement cycliques

Les essais cycliques tri-axiaux, de torsion et de glissement simple font partie des essais de
cisaillement cycliques.
Outre les propriétés de résistance, ces essais de cisaillement cycliques permettent de
déterminer les propriétés de déformations dynamiques ainsi que le potentiel de liquéfaction
du matériau.
1.3 Méthodes de calcul
Modélisation

La transmission d’énergie dans les fondations peut être prise en compte, mais les conditions
géologiques réelles sont à étudier soigneusement.
L’effet hydrodynamique de l’eau peut en général être négligé à cause des faibles pentes du
parement amont.
Calcul simplifié des déplacements de glissement

Des méthodes simplifiées, par exemple selon Makdisi et Seed, basée sur les méthodes
selon Newmark, ont été développées pour estimer le déplacement de glissement et la
sécurité au glissement.
Méthode des blocs de glissement selon Newmark [8]

Dans un premier temps, cette méthode permet de calculer l’accélération critique ac qui
provoque une rupture selon une surface de glissement dans le parement étudié, à l’aide
d’une analyse de stabilité simplifiée.
Si le parement est sollicité par le séisme de dimensionnement, un déplacement incrémentiel
a lieu lors de chaque dépassement de l’accélération critique ac . Le déplacement total est la
somme des déplacements incrémentaux.

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Accélération [g] ac

Vitesse [cm/s]

Déplacement [cm]

Temps [s]

Méthodes simplifiées

L’ordre de grandeur du déplacement de


glissement peut être calculé de manière
simplifiée selon les diagrammes de Maksidi
et Seed par exemple. Le diagramme suivant
montre le déplacement total en fonction de
la magnitude du séisme.

Diagramme selon Makdisi et Seed [7]

Au paragraphe C 1.3 le domaine


correspondant à une magnitude de 7.5 a été
choisi. Ceci conduit à des valeurs
conservatives.

Analyse dynamique par éléments finis

Les calculs par éléments finis sont basés sur une division de la structure étudiée en
plusieurs éléments liés entre eux dans les nœuds.
Les déplacements (et les rotations) sont introduits comme inconnues aux différents nœuds.
Ils sont calculés à l’aide des conditions d’équilibres et des lois de comportement cinématique
des matériaux en chaque nœud. Les contraintes et les déformations des éléments résultent
des déplacements dans les nœuds.

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En général le comportement du matériau soumis à une sollicitation dynamique est modélisé


avec une précision suffisante à l’aide de valeurs caractéristiques linéaires équivalentes. De
telles analyses sont en général basées sur la contrainte totale. Elles ne permettent pas le
calcul des déformations résiduelles. Alternativement, les lois élasto-plastiques des matériaux
peuvent être utilisées qui permettent le calcul des déformations résiduelles.
Les différentes méthodes de calcul sont basées sur une intégration temporelle afin de tenir
compte de l’influence de la non-linéarité. L’influence de l’augmentation des pressions
interstitielles doit être déduite d’essais en laboratoire et intervient dans le calcul par pas de
temps comme adaptation progressive des propriétés de déformation et de résistance.
Des modèles représentant mieux la réalité et tenant compte de la non-linéarité doivent être
utilisés pour les études particulières. De telles analyses non-linéaires se basent sur les
contraintes effectives. Les méthodes de calculs sont basées sur une intégration directe de
l’équation de mouvement non linéaire. Les contraintes dues aux pressions interstitielles sont
intégrées dans l’équation de mouvement.
1.4 Vérification de la sécurité
Aucun commentaire.
1.5 Cas de charge
Aucun commentaire.
1.6 Aperçu des exigences générales
Aucun commentaire.
2. CLASSE DE BARRAGES III
2.1 Profile des spécialistes chargés de la vérification : Exigences
Aucun commentaire.
2.2 Aperçu des exigences pour les digues de la classe III
Aucun commentaire.
2.3 Propriétés des matériaux
Nouvelles constructions

Les forages sont particulièrement adaptés pour la détermination du tracé des couches ainsi
que pour leur classification. Ils peuvent ensuite être complétés par des essais en laboratoire
et si possible des essais SPT ou CPTU (pour les sols fins).
Les propriétés des échantillons obtenus à l’aide de forages dans les fondations ainsi que les
propriétés des matériaux de constructions de la digue peuvent être déterminées par des
essais en laboratoire. Les propriétés à déterminer concernent au moins les caractéristiques
suivantes :
- Courbe granulométrique.
- Densité des particules solides.
- Propriétés de plasticité pour les sols fins (limites d’Atterberg et indice de plasticité).
- Propriétés de résistance statique.
- Potentiel de liquéfaction.
- Propriétés de compactage.
En plus, il s’agit de déterminer l’état naturel du sol.

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Ouvrages existants

Le relevée des propriétés des matériaux pour les ouvrages existants se base en principe sur
les mêmes réflexions que pour les nouvelles constructions.
La documentation de construction et les résultats des mesures pendant l’exploitation, s’ils
existent, sont à étudier soigneusement.
Basé sur les propriétés des matériaux (courbe granulométrique, compacité) les zones
sensibles à une augmentation des pressions interstitielles due au séisme peuvent être
identifiées. Pour ces matériaux il faut obligatoirement procéder à des essais afin de
déterminer leurs propriétés dynamiques. Si exceptionnellement aucun nouvel essai n'est
prévu, les valeurs conservatives des propriétés du matériau doivent être choisies.
Les auscultations éventuelles sont à exécuter selon les même principes que pour les
nouvelles constructions.
2.4 Modélisation
Une éventuelle sollicitation asynchrone du sol de fondation dans l’axe de la digue peut être
négligée.
2.5 Schéma du principe de calcul des digues de la classe III
Estimation de l’augmentation potentielle des pressions interstitielles due au séisme

Les sables uniformes non cohésifs et de compacité faible sont en état saturé soumis à une
sollicitation cyclique sont particulièrement sensibles au développement de surpressions
interstitielles importantes. Des sables de forte compacité se dilatent lors d’une rupture. Ainsi,
les surpressions interstitielles dues au séisme se dissipent en général.
L’estimation à l’aide d’essais SPT se base sur les corrélations empiriques selon Seed et
Indriss [5] :

Liquéfaction
Aucune liquéfaction

Valeur SPT N 1 Valeur SPT N1

Estimation du potentiel de liquéfaction selon Seed et Indriss [5]

Dans l’Annexe C6 la courbe correspondant à une magnitude de 7.5 a été choisie. Ceci
conduit à des valeurs conservatives.

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D’autres corrélations ont été établies sur la base des études de H. B. Seed pour estimer la
résistance au cisaillement mobilisée. L’équation au paragraphe 2.5.5 pour le calcul de la
résistance au glissement résiduelle est basée sur des essais SPT selon la figure suivante
(selon Stark et Mesri [1]) :

Résistance au cisaillement
mobilisée déterminée sur la
base d’essais SPT selon
Stark et Mesri [1]

Les points 1 à 20
représentent différents
événements de la
liquéfaction du sol.

La prise en compte du comportement non drainé du matériau conduit finalement à la figure


suivante :

Corrélation entre
les résultats
d’essais SPT et
la résistance au
cisaillement en
état non drainé
selon Stark et
Mesri [1]

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Analyse simplifiée de la stabilité sismique

En analogie à la vérification au glissement, le bloc de glissement avec la sécurité au


glissement la plus petite est déterminant pour la vérification aux séismes.
Le facteur 1.5 qui multiplie l’accélération de pointe du sol correspond à la valeur maximale
constante du spectre de réponse avec un amortissement de 20 %.
Outre la vérification de la sécurité aux séismes, la vérification statique doit être satisfaite.
3. CLASSE DE BARRAGES II
3.1 Profil des spécialistes chargés de la vérification : Exigences
Aucun commentaire.
3.2 Aperçu des exigences pour les digues de la classe II
Aucun commentaire.
3.3 Propriétés des matériaux, méthodes d’investigation
Nouvelles constructions

Dans la littérature, on trouve différentes approximations décrivant l’évolution du module de


cisaillement G, respectivement de l’amortissement du matériau D en fonction de la
déformation de cisaillement γ. Ces approximations décrivent en général l’évolution de la
fonction G / Gmax , respectivement D / D max en fonction de la déformation de cisaillement γ.
Gmax, respectivement Dmax correspondent à la valeur maximale du module de cisaillement,
respectivement à la valeur maximale de l’amortissement (cf. Annexe C16, paragraphe 1.2).
Pour adapter ces courbes aux conditions locales (compacité, etc.) il faut déterminer au
moins la valeur de Gmax à l’aide d’essais dynamiques. Le rapport d’amortissement D peut en
règle générale être déterminé en restant du coté de la sécurité à partir de matériaux
similaires.
Ouvrages existants

Le relevée des propriétés des matériaux pour les ouvrages existants se base en principe sur
les même réflexions que pour les nouvelles constructions.
La documentation de construction et les résultats des mesures pendant l’exploitation, s’ils
existent, sont à étudier soigneusement.
Basé sur les propriétés des matériaux (courbe granulométrique, compacité) les zones
sensibles à une augmentation des pressions interstitielles due au séisme peuvent être
identifiées. Pour ces matériaux, il faut obligatoirement procéder à des essais afin de
déterminer leurs propriétés dynamiques. Si exceptionnellement aucun nouvel essai n'est
prévu, les valeurs conservatives des propriétés du matériau doivent être choisies.
3.4 Modélisation
Une éventuelle sollicitation asynchrone du sol de fondation dans l’axe de la digue peut être
négligée.
3.5 Schéma du déroulement des calculs pour les digues de la classe II
En principe, le déroulement du calcul des digues de la classe de barrages II correspond à
celui pour le calcul des digues de la classe de barrages III décrit au paragraphe 2.5.
Les seules différences au calcul des ouvrages de digue de la classe de barrages III sont les
suivantes :
- L’analyse de la liquéfaction.

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- Le calcul des déplacements de glissement.


4. CLASSE DE BARRAGES I
4.1 Profil des spécialistes chargés de la vérification : Exigences
Aucun commentaire.
4.2 Aperçu des exigences pour les digues de la classe I
Aucun commentaire.
4.3 Propriétés des matériaux, méthode d’investigation
Nouvelles constructions

Méthodes de relevé des propriétés des fondations

La détermination des propriétés statiques et dynamiques des matériaux se fait dans la


mesure du possible par des essais en laboratoire avec des échantillons non dérangés
obtenus à l’aide de forages.
Des corrélations empiriques entre les essais in situ et ces propriétés des matériaux peuvent
être admises pour des études préliminaires ou d’avant projet.
Méthodes de relevé des propriétés des matériaux de construction de la digue

Il faut tenir compte du fait que le comportement des matériaux du corps de digue en place
est différent du comportement des échantillons en laboratoire. Pour cette raison, des essais
complémentaires in situ pendant et après la construction de la digue sont en général
nécessaires. Ainsi, les hypothèses admises peuvent être vérifiées.
Ouvrages existants

En principe, il est admis que la documentation de construction disponible des digues de la


classe de barrages I contient une description détaillée tant des conditions de fondation que
du corps de la digue. En général, elle ne contient que les valeurs caractéristiques statiques.
Ces documents sont à évaluer soigneusement. En outre, les mesures des déformations et
des pressions interstitielles effectuées pendant l’exploitation donnent des indications sur des
éventuelles anomalies.
Basé sur les propriétés des matériaux (courbe granulométrique, compacité) les zones
sensibles à une augmentation des pressions interstitielles due au séisme peuvent être
identifiées. Pour ces matériaux il faut obligatoirement procéder à des essais afin de
déterminer leurs propriétés dynamiques. Si exceptionnellement aucun nouvel essai n'est
prévu, les valeurs conservatives des propriétés du matériau doivent être choisies.
Les auscultations éventuelles sont à exécuter selon les même principes que pour les
nouvelles constructions.
4.4 Modélisation
Des mouvements non-uniformes du sol peuvent être négligés.
4.5 Déroulement du calcul des digues de la classe I
Aucun commentaire.

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21. Bibliographie

21.1 Différentes directives et ordonnances


„Selecting Seismic Parameters for Large Dams“, ICOLD-Bulletin, Nr. 72, 1989.

„Updated Guidelines for Selecting Seismic Parameters for Dam Projects”, USCOLD
Committee on Earthquakes, Denver, 1999.

Bundesministerium für Land- und Forstwirtschaft, Österreichische


Staubeckenkommission, „Erdbebenberechnung von Talsperren, Band 3, Richtlinien“,
1996.

Ministère de l’économie, des finances et de l’industrie, Secrétariat d’état à l’industrie;


Direction du gaz, de l’électricité et du charbon, „Effets des séismes sur les barrages,
Guide d’évaluation“, Paris, 1997.

Canadian Dam Safety Association, „Dam Safety Guidelines“, Alberta, 1995.

Indian Standards Institution, „Indian Standard Criteria for Earthquake Resistant Design
of Structures, fourth revision”, Kap. 7, 1984.

Federal Energy Regulatory Commission, Office of Hydropower Licensing, „Engineering


Guidelines for the Evaluation of Hydropower Projects”, Washington, 1991.

Stauanlagenverordnung StAV, „Verordnung über die Sicherheit der Stauanlagen”, Stand


am 12. Januar 1999.

Decreto ministero dei lavori pubblici, 24 marzo 1982, „Norme tecniche per la
progettazione e la costruzione delle dighe di sbarramento”, Roma, 1982.

21.2 Références bibliographiques dans les présentes directives


[1] T.D. Stark, G. Mesri, „Undrained Shear Strenght of Liquefied Sands for Stability
Analysis“, Journal of Geotechnical Engineering Division, ASCE, 118 (11), pp 1727-
1747, 1992.
[2] M. Dibaj, J. Penzien, „Response of Earth Dams to Traveling Seismic Waves”, JSMED,
ASCE, Vol. 95, N. SM2, pp. 541-560, 1969.
[3] W.D. Liam Finn, „Soil dynamics and liquefaction of sand“, Proceedings of the
International Conference on Microzonation for safer Construction-Research and
Application, Seattle, Wash, 1972.
[4] U.S. Department of the Interior, Bureau of Reclamation, „Earth Manual, Part 2”, Materials
Engineering Branch, Research and Laboratory Services Division, Denver Office, 1990.
[5] H.B. Seed, I.M. Idriss, „Ground Motions and Soil Liquefaction during Earthquakes”,
Engineering Monograph on Earthquake Criteria, Structural Design and Strong Motion
Records”, EERC, 1982.
[6] S.K. Sarma, „Response and stability of earth dams during strong earthquakes”,
miscellaneous papers, GL-79-13, US Army Engineer WES, CE, Vivksburg, Miss, 1979.
[7] F.I. Makdisi, H.B. Seed, „Simplified procedure for estimating dam and embankment
earthquake-induced deformations”, Journal of the Geotechnical Engineering Division,
ASCE, Vol. 104, No. GT7, pp 849-867, 1978.

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Vérification des ouvrages d’accumulation aux séismes Version 1.2

[8] N.M. Newmark, „Effects of earthquakes on dams and embankments”, Geotechnique 15,
No. 2, pp 139-160, 1965.

21.3 Littérature approfondie

Etude des matériaux

Jost A. Studer, Martin G. Koller, „Bodendynamik, Grundlagen, Kennziffern, Probleme“, 2.


Auflage, Springer Verlag, Berlin, 1997.

W.D. Liam Finn, Geotechnical Earthquake Engineering and Soil Dynamics III, „Seismic
Safety of Embankment Dams, Developments in Research and Practice 1988-1998”,
Department of Civil Engineering, University of British Columbia, Vancouver, 1998.

Comitato Nazionale Italiano delle Grandi Dighe, „La verifica sismica delle dighe, criteri
generali e confronto con le normative“, ITCOLD, Roma, 1998.

H.B. Seed, „Design problems in soil liquefaction”, Journal of the Geotechnical


Engineering Division, ASCE, Vol. 113, No. GT8, pp 827-845, 1987.

R.B. Seed, L.F. Harder, „SPT-based Analysis of Cyclic Pore Pressure Generation and
Undrained Residual Strength”, Proceedings H. Bolton Seed Memorial Symposium, Vol.
2, BiTech Publishers, 1990.

H.B. Seed, K. Tokimatsu, L.F. Harder, R.M. Chung, „The Influence of SPT Procedures
in Soil Liquefaction Resistance Evaluations”, Journal of the Geotechnical Engineering
Division, ASCE, 105, No. 5, pp. 201-255.

H.B. Seed, I.M. Idriss, „Soil Moduli and Damping Factors of Dynamic Response
Analysis”, Report No. EERC-70-10 Earthquake Engineering Research Center, University
of California at Berkeley, California USA, 1970.

Méthodes de calcul

Georges R. Darbre, „Tremblements de terre: Modèles de calcul”, «wasser, energie, luft –


eau, énergie, air», 85. Jahrgang, Heft 1/2, Baden, 1993.

P. Simão Sêco e Pinto, „Dynamic analysis of embankment dams”, Geotechnique


Department, Lisboa, Portugal; Soil Dynamics and Geotechnical Earthquake Engineering,
1993.

K. Meskouris, C. Könke, R. Chudoba, „Erdbebensicherheit von Staudämmen“,


Dreiländertagung DACH 24./25. 11. 1999, DGEB Publikation Nr. 19, Herausgeber S.A.
Savidis, 1999.

C. Kaptan, State Hydraulic Works DSI, Turkey, „The Turkish approach to seismic
design”, Hydropower & Dams, Issue Four, 1999.

H.B. Seed, K.L. Lee, I.M. Idriss, F. Makdisi, „Analysis of Slides in the San Fernando Dam
during the Earthquake of February 1971”, Report No. EERC-73-2, Earthquake
Engineering Research Centre, University of California, 1973.

P.M. Byrne, „A model for Predicting Liquefaction Induced Displacements due to Seismic
Loading”, 2nd Int. Conference on Recent Advances in Geotechnical Earthquake
Engineering and Soil Dynamics, St. Louis, Missouri, 1991.

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M. Susumu, Y. Masami, A. Isamu, T. Hidekazu, „Effects of valley shape on seismic


responses of fill dams”, 12th world conference on earthquake engineering, Auckland,
New Zealand, 2000.

22. Liste des abréviations


ac accélération critique d'un bloc de glissement
aD accélération au niveau du couronnement de la digue
aG accélération moyenne d'un bloc de glissement
ah accélération horizontale de pointe
ai iième valeur spectrale selon spectre de réponse de l'accélération
B largeur de la base de la digue
c cohésion
CPTU Cone Penetration Test, avec mesure des pressions interstitielles u
Cu degré d'uniformité d'une courbe granulométrique
D amortissement du matériau
Dmax amortissement maximal du matériau
Dr compacité
Eh force de substitution horizontale
Ev force de substitution verticale
F facteur de sécurité au glissement
FE éléments finis
g accélération de gravité
G module de cisaillement
Gmax module de cisaillement maximal
H hauteur du couronnement
I force sismique de substitution sous accélération critique
IP indice de plasticité
L longueur du couronnement
m masse du bloc de glissement
M magnitude
n porosité
nmax porosité avec compactage minimal
nmin porosité avec compactage maximal
(N1)60-CS valeur corrigée de N6 0 (en tenant compte de l'effet de l'énergie et de la teneur en
matériaux fins)
N60 nombre de coups comptés lors d'un essai STP
(N1)60 valeur corrigée de N6 0 en tenant compte de l'effet de l'énergie
OCR rapport de surconsolidation (Overconsolidation Ratio)
rd facteur de réduction pour les contraintes de cisaillement cycliques en fonction de
Partie C – Barrages en remblai (digues)
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la profondeur
S centre de gravité
SPT Standard Penetration Test
sr résistance au cisaillement mobilisée en tenant compte des pressions
interstitielles
su résistance au cisaillement en conditions non drainées
Ti iième période propre
T0 période fondamentale (première période propre)
u pressions interstitielles ; déplacement total selon un plan de glissement
vs célérité des ondes de cisaillement
z profondeur

∆(N1)60 valeur corrigée de N6 0 en tenant compte de la teneur en matériaux fins


γ déformation de cisaillement
γd poids volumique du sol sec
γd min poids volumique du sol sec à compactage minimum
γd max poids volumique du sol sec à compactage maximal
ϕ angle de frottement
ϕ’ angle de frottement effectif
ϕ’peak angle de frottement effectif ; valeur maximale
ϕ’r angle de frottement effectif : résistance au cisaillement résiduelle
ρ masse volumique du sol
σ contrainte normale
σv contrainte normale verticale
σ’ contrainte normale effective (= σ - u)
σ’v contrainte normale effective verticale
σ’v 0 contrainte normale effective verticale dans le sol avant un essai in situ
τ contrainte de cisaillement, contrainte de cisaillement cyclique
τf contrainte de cisaillement à la rupture
τm contrainte de cisaillement moyenne
ωi iième fréquence propre

Partie C – Barrages en remblai (digues)


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PARTIE D - BARRAGES EN BÉTON ET EN MAÇONNERIE

1. Généralités

1.1 Principes

1.1.1 Classe de barrages et domaine d’application

Cette partie des directives concerne les barrages en béton et en maçonnerie. Les barrages
mobiles sont traités dans la Partie F de la présente directive.
Les présentes spécifications sont applicables tant à l’ouvrage principal qu’aux ouvrages
annexes importants du point de vue de la sécurité de l’aménagement.

1.1.2 Classification

Basé sur la Partie A les barrages sont divisés en trois classes qui sont soumises à des
exigences différentes. Ceci concerne tant la sévérité du séisme de vérification selon la Partie
B que le niveau de détail de la vérification selon la présente partie.

1.1.3 Matériaux

Les exigences aux valeurs caractéristiques des matériaux et la détermination de ces


dernières se réfèrent à priori au béton. En cas de présence d’autres matériaux (par exemple
maçonnerie), elles sont à appliquer en analogie. En présence de matériaux non homogènes
les propriétés différentes des composantes individuelles sont à considérer dans le sens de la
directive, en particulier lors des vérifications de la sécurité et de la stabilité.

1.1.4 Documents

L’analyse correcte du comportement d’un barrage sollicité par un séisme nécessite les
documents suivants qui sont à préparer en conséquence :
- Géométrie et propriétés du barrage.
- Propriétés des matériaux utilisés pour la construction du barrage en relation avec les
sollicitations statiques et dynamiques.
- Les conditions géologiques et géotechniques des fondations.
- Le comportement à long terme du barrage selon les rapports annuels et
quinquennaux éventuels.
Des documents complémentaires sont nécessaires en cas de problèmes reconnus ou
d’insuffisances des informations disponibles. Des investigations spécifiques sont alors à
ordonner.

1.2 Déroulement de la vérification

1.2.1 Déroulement général

La vérification se déroule comme suit :


- Rassemblement des documents déterminants concernant la conception et le
comportement du barrage et de ses environs.
- Identification de points faibles potentiels dans le système.

Partie D – Barrages en béton et en maçonnerie


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- Détermination de la classe de barrages (selon Partie A).


- Détermination du séisme de vérification correspondant (selon Partie B).
- Détermination du modèle de vérification correspondant (selon la présente Partie D).
- Modélisation correspondante.
- Détermination appropriée des valeurs caractéristiques des matériaux.
- Détermination appropriée des conditions statiques initiales.
- Exécution de la vérification du barrage et de ses fondations, ainsi que des ouvrages
annexes importants du point de vue de la sécurité et des environs proches de la
retenue.
- Appréciation du comportement durant un séisme.
- Exécution de mesures éventuelles.
- Rapport.

1.2.2 Méthodes de calcul

Les exigences minimales à la méthode de calcul dépendent de la classe de barrages. Par


principe, sont requis :
- Des bases empiriques peuvent être utilisées pour la modélisation et le comportement
des barrages de la classe III. Les valeurs caractéristiques des matériaux peuvent être
estimées sur la base d’ouvrages similaires et d’exemples présentés dans la littérature.
- Les propriétés dynamiques des barrages de la classe II doivent être déduites d’une
modélisation spécifique au barrage étudié. Les sollicitations dynamiques du barrage
peuvent être déterminées à l’aide de méthodes simplifiées. Les valeurs
caractéristiques dynamiques des matériaux doivent être déterminées par des essais
statiques spécifiques au barrage étudié ensemble avec des connaissances acquises
d’ouvrages similaires et d’exemples présentés dans la littérature.
- Les propriétés dynamiques ainsi que les sollicitations dynamiques d’un barrage de la
classe I doivent être évaluées à l’aide d’une modélisation détaillée du barrage et de
ses fondations. Les valeurs caractéristiques dynamiques des matériaux doivent être
déterminées par des essais statiques spécifiques au barrage étudié ensemble avec
des connaissances acquises d’ouvrages similaires et d’exemples présentés dans la
littérature.
Ces exigences minimales sont détaillées au Tableau 1.
Les barrages poids et les barrages à contreforts peuvent en général être modélisés en deux
dimensions. La section transversale déterminante doit être définie et son choix justifié. Si les
conditions géométriques et/ou constructives d’un barrage poids ou d’un barrage à contreforts
sont telles que son comportement lors d’un séisme est vraisemblablement tri-dimensionnel,
le modèle correspondant doit être tri-dimensionnel.
Les barrages-voûte sont en règle générale calculés à l’aide d’un modèle tri-dimensionnel.

Classe selon
III II I
Partie A
Sollicitation
Selon Partie B. Selon Partie B. Selon Partie B.
due au séisme
Propriétés
Empirique. Modélisation spécifique. Modélisation spécifique.
dynamiques

Partie D – Barrages en béton et en maçonnerie


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Modélisation Barrage, bi-dimensionnel : Barrage : Barrage :


- Modèle de barre ou - Poutres croisées ou - Éléments finis.
analytique. éléments finis.
Barrage, tri-dimensionnel :
- Poutres croisées ou
éléments finis.
Sol de fondation : Sol de fondation : Sol de fondation :
- Rigide. - Ressorts ou éléments - Éléments finis (sans
finis (sans masse). masse).
Retenue : Retenue : Retenue :
- Masse entraînée (eau - Masse entraînée (eau - Masse entraînée (eau
incompressible). incompressible). incompressible).
Matériaux Barrage : Barrage : Barrage :
- Linéaire-élastique avec - Linéaire-élastique avec - Linéaire-élastique avec
amortissement amortissement amortissement
visqueux. visqueux. visqueux.
- Valeurs caractéristiques - Valeurs caractéristiques - Valeurs caractéristiques
déterminées à l’aide de déterminées à l’aide déterminées à l’aide
la littérature ou d’essais statiques d’essais statiques
d’ouvrages spécifiques au barrage spécifiques au barrage
comparables. étudié. étudié.
Surface de contact Surface de contact Surface de contact
barrage-fondations : barrage-fondations : barrage-fondations :
- Valeurs caractéristiques - Valeurs caractéristiques - Valeurs caractéristiques
déterminées sur la base déterminées sur la base déterminées sur la base
de rapports ou de la de rapports ou de la de rapports ou de la
littérature. littérature. littérature.
Sol de fondation : Sol de fondation : Sol de fondation :
- Rigide. - Élastique. - Élastique.
- Valeurs caractéristiques - Valeurs caractéristiques
déterminées sur la base spécifiques au site
de rapports, de la déterminées sur la base
littérature ou de sites de rapports, de la
comparables. littérature ou de sites
comparables.
Méthode de - Spectre de réponse - Spectre de réponse - Évolution temporelle.
résolution (premier mode de (plusieurs modes de
numérique déformation) ou déformation).
pseudo-statique.
Vérifications - Contraintes. - Contraintes. - Contraintes.
nécessaires
- Stabilité du barrage. - Stabilité du barrage. - Stabilité du barrage.
- Intégrité des fondations. - Intégrité des fondations. - Intégrité des fondations.
- Ouvrages annexes - Ouvrages annexes - Ouvrages annexes
importants du point de importants du point de importants du point de
vue de la sécurité. vue de la sécurité. vue de la sécurité.
- Éventuellement rives. - Éventuellement rives. - Éventuellement rives.

Tableau 1 - Exigences minimales aux méthodes de calcul pour les différentes classes de
barrages

Partie D – Barrages en béton et en maçonnerie


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1.3 Méthodes de résolution numérique


Suivant la classe de barrages, les méthodes de calculs suivantes entrent en ligne de
compte :
- Méthode pseudo-statique.
- Méthode du spectre de réponse avec un seul mode de déformation.
- Méthode du spectre de réponse avec plusieurs modes de déformation.
- Méthode avec évolution temporelle.

1.3.1 Méthode pseudo-statique

La méthode pseudo-statique doit uniquement être appliquée aux barrages de la classe III.
L’accélération horizontale est introduite comme charge statique agissant de manière
uniforme sur l’ensemble du barrage. La valeur de cette accélération est obtenue en
multipliant l’accélération de pointe du sol par le facteur d’amplification issu du spectre de
réponse valable pour le cas étudié. La fréquence propre du barrage utilisée pour ce calcul
peut être déterminée de manière empirique. Pour simplifier, on peut choisir la fréquence
propre qui conduit au facteur d’amplification maximal. Les sollicitations sont déterminées par
les méthodes statiques habituelles.

1.3.2 Méthode du spectre de réponse avec un seul mode de déformation

La méthode du spectre de réponse en tenant compte d’un seul mode de déformation peut
uniquement être appliquée aux barrages de la classe III. Les forces dues au séisme sont
remplacées par des charges statiques de substitution qui conduisent en première approche
à la même déformée et aux mêmes sollicitations. Ces charges de substitution et ces
sollicitations ainsi que l’amplification correspondante (spectre de réponse) peuvent être
déduites du mode de déformation correspondant à la première fréquence propre.
Le premier mode de déformation et la fréquence propre correspondante peuvent être
déterminées à l’aide d’approches empiriques.

1.3.3 Méthode du spectre de réponse avec plusieurs modes de déformation

La méthode du spectre de réponse en tenant compte de plusieurs modes de déformation


peut uniquement être appliquée aux barrages de la classe II et III. Les forces dues au
séisme sont remplacées – en analogie avec la méthode du spectre de réponse à un seul
mode de déformation - par des charges statiques de substitution qui conduisent en première
approche à la même déformée et aux mêmes sollicitations. Ces charges de substitution et
ces sollicitations sont par contre déterminées sur la base d’une combinaison de la réponse
maximale de plusieurs modes de déformation. Ces dernières peuvent être déduites des
valeurs d’amplification correspondant aux fréquences propres correspondantes (spectre de
réponse). La superposition correspondante des différentes contributions se fait à l’aide de la
méthode SRSS (racine carrée de la somme des carrés).
Les modes de déformations et les fréquences propres correspondantes sont calculées à
l’aide d’une analyse modale effectuée avec un modèle spécifique au barrage étudié.

1.3.4 Méthode avec évolution temporelle

La méthode avec évolution temporelle peut être appliquée à toutes les classes de barrages.
Le système complet et discrétisé et sollicité aux limites par un accélèrogramme. Les
sollicitations peuvent être calculées en chaque point pas de temps par pas de temps.

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1.4 Vérifications de la sécurité


Les vérifications suivantes doivent être satisfaites :
- Vérification des contraintes.
- Vérification de la stabilité.
- Vérification des fondations.
- Vérification de la stabilité des rives.
- Vérification du fonctionnement des ouvrages annexes importants du point de vue de
la sécurité.

1.4.1 Vérification des contraintes

La vérification des contraintes concerne le rapport entre la résistance du matériau et les


efforts internes dues à la combinaison des sollicitations statiques et dynamiques. En cas de
dépassement de la résistance dynamique des matériaux par les sollicitations combinées, il
faut vérifier qu’une redistribution des contraintes soit possible et qu’aucune instabilité locale
n’apparaisse dans l’ouvrage. Pour cette vérification, les approches de la mécanique de la
rupture peuvent être appliquées sous conditions que les valeurs caractéristiques
correspondantes spécifiques aux ouvrages sont disponibles. En outre, il est à vérifier
qu’aucune érosion pouvant entraîner l'écoulement incontrôlé des eaux de la retenue ne
puisse se développer dans les zones concernées.

1.4.2 Vérification de la stabilité

La vérification de la stabilité permet de s’assurer qu’aucun glissement entre le barrage et les


fondations ou sur une autre surface de glissement n’a lieu, respectivement aucun
basculement du barrage pouvant conduire à une instabilité locale ou globale n’apparaît.

1.4.3 Vérification des fondations

En cas de mauvaises conditions de fondation, l’intégrité des fondations suite au séisme est à
contrôler le cas échéant.

1.4.4 Vérification de la stabilité des rives

En cas de présence de versants ou autres zones potentiellement instables sur les rives de la
retenue, il est à vérifier qu’aucun glissement de terrain pouvant conduire à un déferlement
intolérable par-dessus le couronnement du barrage ou à un phénomène similaire, ne puisse
se produire.

1.4.5 Vérification du fonctionnement des ouvrages annexes importants du point de vue


de la sécurité

Le fonctionnement des ouvrages annexes importants du point de vue de la sécurité, en


particulier des organes de sécurité tels que les organes de vidange, doit être assuré après
un séisme. Leur fonctionnement doit être maintenu ou pouvoir être immédiatement rétabli.

1.5 Cas de charge

1.5.1 Combinaison de cas de charge

La sécurité aux séismes doit être vérifiée pour une combinaison du niveau d’exploitation le
plus défavorable avec l’effet de température correspondant et le séisme de vérification. Pour

Partie D – Barrages en béton et en maçonnerie


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les barrages qui ne retiennent qu’exceptionnellement de l’eau, il faut considérer le niveau


d’eau maximal.

1.5.2 Direction des sollicitations

Le barrage est en principe sollicité selon deux axes horizontaux orthogonaux et selon la
verticale par le séisme. Ces sollicitations sont déterminées selon les indications de la Partie
B.

1.6 Documentation
Outre les exigences formulées au chapitre 5 de la Partie A, la documentation contient les
éléments suivants :
- La classification du barrage (cf. Partie A).
- Le séisme de vérification (cf. Partie B).
- Le modèle de calcul.
- Toutes les valeurs caractéristiques des matériaux.
- Le déroulement du calcul.
- Les sollicitations résultantes.
- L’appréciation.
- Les mesures constructives et d’exploitation éventuellement prises.
Ces informations sont à présenter de manières vérifiables, claires et compréhensibles. Si les
valeurs caractéristiques des matériaux sont issues d’essais, les différents résultats d’essais
ainsi que leur analyse doivent également être consignés. Pour les valeurs tirées de la
littérature, il faut indiquer les références bibliographiques.

2. Classe de barrages III

2.1 Généralités

2.1.1 Principe

Les exigences minimales à l’analyse du comportement d’un barrage de la classe III lors d’un
séisme sont celles d’approches empiriques de la modélisation et du comportement, et d’une
estimation des valeurs caractéristiques des matériaux.

2.1.2 Approches empiriques

Uniquement les approches empiriques reconnues et établies (par exemple par une
publication dans une revue technique avec révision obligatoire) sont admissibles. Lorsque de
telles approches font défaut, il faut procéder à une modélisation spécifique au barrage, par
exemple selon les méthodes exposées aux chapitres 3 (Classe de barrages II) ou 4 (Classe
de barrages I).

2.1.3 Conditions d’appui

Les appuis du barrage peuvent être considérés comme rigides. Si la flexibilité des fondations
est prise en compte, il faut considérer les consignes correspondantes des chapitres 3
(Classe de barrages II) ou 4 (Classe de barrages I).

Partie D – Barrages en béton et en maçonnerie


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2.1.4 Eau dans la retenue

L’influence de l’eau oscillante dans la retenue pendant le séisme est à considérer comme
masse d’eau entraînée avec le barrage.

2.1.5 Exigences de sécurité

Tant la stabilité globale que locale du barrage doivent être garanties. En outre, le
fonctionnement des organes de sécurité doit être intacte suite au séisme, respectivement
pouvoir être rétabli immédiatement. Aucun glissement dans le réservoir ou aucun
phénomène similaire pouvant entraîner un débordement par dessus le couronnement
(conduisant à la perte de la stabilité) ou une surcharge du barrage (conduisant à la rupture)
ne doit avoir lieu.

2.1.6 Sollicitations dues au séisme

Une seule sollicitation horizontale est à considérer pour la vérification des barrages de la
classe III. Elle agit habituellement dans la direction de la rivière.

2.2 Déroulement
La vérification de la sécurité aux séismes des barrages de la classe III se déroule selon le
schéma de la Figure 1.
Détermination de la sollicitation
sismique selon la Partie B Figure 1 - Schéma du déroulement de la vérification
pour les barrages de la classe III

Relevé de l’état du barrage 1)

Relevé des valeurs caractéristiques 2) Détermination des conditions


(barrage et contact barrage-fondations) statiques initiales 3)

Analyse dynamique sur la base de


méthodes empiriques 4) 8)
Mesures nécessaires

Pas satisfaite
Vérification des
5)
contraintes
8)
Mesures nécessaires
Pas satisfaite
Satisfaite

Vérification de
6)
la stabilité 8)
Mesures nécessaires

Satisfaite Pas satisfaite

Autres vérifications 9)
Vérification satisfaite
(organes importants pour la sécurité,
7)
rives, fondations)

Satisfaite
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1)
Légende de la figure 1 : paragraphe 2.2.1
2)
paragraphe 2.2.2
3)
paragraphe 2.2.3
4)
paragraphe 2.2.4
5)
paragraphe 2.2.5
6)
paragraphe 2.2.6
7)
paragraphe 2.2.7
8)
La vérification de la sécurité aux séismes n’est pas satisfaite. Des mesures
s’avèrent nécessaires (par exemple calcul plus détaillé, mesures constructives,
mesures d’exploitation).
9)
La vérification de la sécurité dans le sens des présentes directives est
satisfaite .

2.2.1 Relevé de la géométrie et de l’état du barrage

La géométrie effective du barrage y compris le tracé exact de la zone de contact entre le


barrage et les fondations sont à relever et à documenter de manière détaillée. Si des
indications détaillées sur les conditions de fondation manquent, les valeurs des paramètres
nécessaires pour la vérification aux séismes doivent être admises de manière conservative.
Pour le relevé de l’état du barrage, il faut étudier les rapports sur la sécurité et les rapports
annuels existants, ainsi que toutes les informations importantes du point de vue de la
sécurité.

2.2.2 Relevé des valeurs caractéristiques des matériaux

Valeurs caractéristiques des déformations et des dimensions du barrage

Pour la représentation correcte du comportement du barrage, les valeurs caractéristiques les


plus probables (valeurs médianes) des paramètres sont utilisées.
Pour les barrages de la classe III, il est suffisant d’admettre un matériau isotrope linéaire-
élastique avec amortissement visqueux. Les valeurs suivantes sont par conséquent à
déterminer :
- Module d’élasticité dynamique Ed .
- Coefficient de poisson ν .
- Densité ρ .
- Amortissement du matériau ζ .
Si aucune information sur le module d’élasticité dynamique Ed n’est disponible (cf. l’Annexe
D14, commentaire 1), il peut être déterminé en première approche en augmentant le module
élastique Es selon l’équation suivante :
Ed = 1.25E s
Lorsque des valeurs du module statique sont disponibles d’essais, elles serviront de base
aux calculs. En cas d’absence de résultats d’essais, les valeurs peuvent être estimées sur la
base d’une comparaison avec des ouvrages similaires ou de valeurs données dans la
littérature. Les valeurs pour le coefficient de poisson ν et la densité ρ peuvent également être
estimées par expérience et comparaisons.
La valeur de l’amortissement critique du matériau ζ ne doit pas dépasser 4 %. Ce paramètre
de l’amortissement influence l’amplification dynamique du spectre de réponse (Partie B).

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Résistance du barrage

La résistance à la compression uni-axiale dynamique fcd et à la traction ftd sont applicables


lors de l’analyse de l’état de contraintes de barrages de la classe III déterminé sur la base
d’un calcul linéaire-élastique avec amortissement visqueux.
Afin de ne pas surestimer les réserves de résistance du barrage, les valeurs de résistance
prise en compte doivent être conservatives. L’utilisation de valeurs moyennes est seulement
admissible, si une série d’essais suffisamment importante est disponible et a été analysée
statistiquement. En cas d’un petit nombre d’éprouvettes, une valeur inférieure à la moyenne
doit être introduite.
L’utilisation de valeurs issues de la littérature ou d’ouvrages similaires sont admissibles en
cas d’absence de résultats d’essais. Les valeurs choisies doivent alors être conservatives.
Les valeurs utilisées doivent correspondre à l’âge de l’ouvrage (dans le sens de la
vérification).
La résistance dynamique peut être déterminée de manière empirique à partir de la
résistance statique :
- Résistance à la compression dynamique fcd en fonction de la résistance à la
compression statique fcs
f cd = 1.5 ⋅ f cs
respectivement résistance à la traction dynamique ftd en fonction de la résistance à la
traction statique fts
f td = 1.5 ⋅ f ts ≤ 4 Mpa
- Résistance à la traction dynamique ftd en fonction de la résistance à la compression
dynamique fcd
f td = 0.1⋅ f cd ≤ 4 Mpa
La résistance dynamique à la traction déterminée à l’aide d’une formule empirique ne doit
pas dépasser 4 MPa.
Résistance de la surface de contact barrage-sol de fondation

La surface de contact barrage-sol de fondation peut être admise comme plan. S’il est tenu
compte d’un encastrement du corps du barrage dans les fondations, la plausibilité de cet
effet doit être démontrée. Si cette démonstration manque ou si les documents d’exécution
sont incomplets, l’effet d’encastrement doit être négligé.
Les paramètres suivants de la surface de contact barrage-sol de fondation peuvent être tirés
de la littérature :

Rocher ([1] à [4])


- Angle de frottement ϕ (angle de frottement de matériaux béton/rocher).
- Angle de dilatation i (angle de dilatation de l’imbrication mécanique des fondations
barrage/rocher).
- Cohésion c (cohésion des matériaux béton/rocher due à une micro-imbrication).

Matériaux meubles
- Valeurs caractéristiques du sol.

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2.2.3 Conditions statiques initiales

Le séisme de vérification est à considérer comme sollicitation extraordinaire. Les


sollicitations correspondantes sont par conséquent à superposer avec celles dues aux
charges statiques d’exploitation usuelles qui sont les suivantes :
- Poids propre.
- Poussée de l’eau.
- Température (correspondant au niveau maximal).
- Poussée des terres due aux remblais à l’aval ou aux sédiments dans la retenue.
- Eventuellement poussée des glaces (correspondant au niveau maximal).
L’étude du cas avec retenue pleine est suffisante pour la vérification de la sécurité. Le niveau
admis dans la retenue correspond au niveau maximal d’exploitation (niveau de retenue).
Pour les barrages qui ne retiennent qu’occasionnellement de l’eau (bassin de rétention de
crues), il convient de considérer le niveau maximal (retenue pleine). Du coté aval, une force
stabilisante due à une pression d’eau peut être prise en compte uniquement si un
abaissement du plan d’eau en-dessous de ce niveau peut être exclu à cause des conditions
topographiques. Tant du coté amont que du côté aval, la répartition des pressions est
admise hydrostatique. La poussée de l’eau agit perpendiculairement au parement du
barrage.
Une estimation de la répartition des températures dans le corps du barrage est suffisante. La
répartition de la température peut être admise linéaire sur la section transversale.
Les sous-pressions agissant sur la surface de contact entre le barrage et le sol de fondation
sont uniquement considérées pour la vérification de la stabilité. La répartition des sous-
pressions peut être basée sur les mesures des sous-pressions effectives à retenue pleine ou
admise linéaire entre l’amont et l’aval en cas d’absence de mesure. Les sous-pressions
agissent perpendiculairement à la surface d’appui du barrage.
Les déformations et les sollicitations évaluées correspondent aux conditions initiales
statiques pour la vérification aux séismes.

2.2.4 Analyse dynamique basée sur des méthodes empiriques

Déroulement

L’exigence minimale à une vérification aux séismes des barrages de la classe III est une
analyse dynamique basée sur des méthodes empiriques. Cette analyse se déroule comme
suit :
- Modélisation géométrique.
- Détermination de la première fréquence propre (respectivement de la première
fréquence propre symétrique dans le cas de barrages voûtes).
- Détermination du mode de déformation correspondant.
- Détermination de l’accélération spectrale correspondant à la première fréquence
propre.
- Calcul des sollicitations dues au séisme.
Modélisation géométrique

Une modélisation analytique ou une autre modélisation simple de l’ouvrage de retenue est
admissible. Pour les ouvrages à comportement essentiellement bi-dimensionnel, tels que
barrages poids, il peut s’agir d’un modèle à barres (porte à faux avec section transversale

Partie D – Barrages en béton et en maçonnerie


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Vérification des ouvrages d’accumulation aux séismes Version 1.2

variable). Dans ce cas, l’étude de la section principale est suffisante.


Une telle section transversale ainsi que les notions fondamentales sont représentées à
l’Annexe D1 pour un barrage poids.
Détermination de la masse d’eau entraînée

Le modèle doit tenir compte de l’influence d’une masse d’eau entraînée avec le barrage en
admettant un liquide incompressible (Annexe D2). L’introduction de la compressibilité de
l’eau sans modélisation simultanée de l’ensemble de la retenue n’est pas admissible.
Détermination de la première fréquence propre, respectivement de la première période

La détermination de la première fréquence propre (respectivement de la première fréquence


propre symétrique dans le cas de barrages-voûte) peut être basée sur l’expérience (valeurs
d’ouvrages similaires) ou à l’aide de relations empiriques. Une démarche correspondante est
introduite à l’Annexe D3 pour un barrage poids.
Si aucune détermination empirique n’est effectuée, il faut procéder à une modélisation
détaillée selon le chapitre 3 ou 4. Il est également possible d’admettre la valeur pour la
fréquence propre, respectivement pour la période propre du barrage, qui conduit à
l’amplification maximale du spectre de réponse (selon la Partie B ; cf. Annexe D4). Une
détermination expérimentale de la fréquence propre in situ est également admissible
("ambient vibration tests" ou "forced vibration tests").
Accélération spectrale

L’accélération spectrale est obtenue en multipliant l’accélération maximale du sol associée


au site et à la classe de barrages (selon la Partie B) par le facteur d’amplification spectrale
correspondant à la première fréquence propre, respectivement la première période propre du
barrage (selon la Partie B). Ceci est présenté à l’Annexe D4.
Détermination du premier mode de déformation

Le premier mode de déformation peut être déterminé par expérience (valeurs pour des
ouvrages similaires) ou à l’aide de relations empiriques. Un exemple est donnée à l’Annexe
D5 pour un barrage poids. Si aucune détermination empirique n’est effectuée, il faut
procéder à une modélisation détaillée selon le chapitre 3 ou 4. Lorsqu’il y est renoncé, on
peut également admettre une déformation uniforme. Ainsi, toute la masse du barrage est
soumise à l’accélération de base multipliée par le facteur d’amplification (Annexe D7).
Détermination de la sollicitation due au séisme

La sollicitation due au séisme agit sur la surface de contact entre le barrage et les
fondations. Pour l’analyse des barrages de la classe III, il est suffisant de considérer qu’une
seule composante horizontale de la sollicitation due au séisme, celle qui agit dans la
direction horizontale la plus faible (en générale dans la direction de la rivière).
La sollicitation due au séisme est déterminée à partir de la réponse au séisme du premier
mode de déformation (méthode du spectre de réponse à un seul mode, Annexe D6),
respectivement sur la base des valeurs admises pour la fréquence de base, l’accélération
spectrale et le premier mode de déformation.

2.2.5 Vérification des contraintes

La vérification des contraintes (vérification de la résistance) consiste à démontrer que les


sollicitations maximales dues à une combinaison des charges statiques et des charges dues
au séisme ne dépassent pas la résistance dynamique (tant en traction qu’en compression).

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Satisfaction de la vérification

Si ce dernier critère n’est pas satisfait, il faut vérifier que :


- Une redistribution des contraintes dans les zones avoisinantes est possible.
- Les dégâts au barrage (fissures) n’entraînent pas un écoulement incontrôlé de
masses d’eau.
Le cas échéant, on peut recourir à des méthodes de vérification plus précises selon le
chapitre 3 (Classe de barrages II) ou 4 (Classe de barrages I). Si les vérifications exigées ne
peuvent pas être satisfaites, des mesures constructives ou d’exploitation correspondantes
doivent être prises.

2.2.6 Vérification de la stabilité

La vérification de la stabilité consiste à s’assurer qu’aucun glissement ou basculement du


barrage ou d’une partie du barrage n'a lieu lors du séisme. Les deux vérifications se font à
l’aide d’un modèle de corps rigide avec la géométrie effective du barrage et des fondations.
Glissement

Pour la vérification de la sécurité au glissement, la résistance maximale entre le barrage et


les fondations doit être supérieure au cisaillement total selon l’équation suivante :
c + σ m ⋅ tan (ϕ + i ) ≥ τ m
avec : ϕ : angle de frottement béton/rocher sur la surface de glissement
i : angle de dilatation barrage/rocher sur la surface de glissement
c : cohésion béton/rocher sur la surface de contact et
éventuellement de l’excavation de fondation
σm : contrainte normale effective moyenne à la surface de contact
τm : contrainte de cisaillement moyenne à la surface de contact
L’encastrement du barrage dans le sol de fondation (excavation de fondation) doit
uniquement être pris en compte dans la résistance par l’intermédiaire d’une cohésion, si une
action composite (imbrication) entre le barrage et le rocher peut être démontrée. Si cet effet
ne peut être démontré, seule la résistance sur la surface de contact horizontale (surface
d’appui du barrage) doit être considérée.
Basculement

Il est à vérifier que les contraintes dans la surface de contact entre le barrage et les
fondations sont inférieures aux valeurs extrêmes de la résistance. En cas de dépassement
de la contrainte dynamique de traction admissible au pied amont, il faut s’assurer que
l’ouverture du joint de fondation à l’amont ne conduit pas à des contraintes de compression
supérieures à la résistance à la compression au pied aval.
Satisfaction de la vérification

Si la vérification de la stabilité n’est pas remplie, il s’agit de vérifier que :


- La stabilité globale du barrage en tenant compte d’instabilités partielles n’est pas
menacée.
- Les dégâts au barrage (fissure, instabilité de blocs particuliers, etc.) n’entraînent pas
un écoulement incontrôlé de masses d’eau.

Partie D – Barrages en béton et en maçonnerie


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Si les vérifications exigées ne peuvent être satisfaites, des mesures constructives ou


d’exploitation correspondantes doivent être prises.

2.2.7 Autres vérifications

Vérification des fondations

En cas de mauvaises conditions de fondation, l’intégrité des fondations en cas de séisme est
à contrôler.
Vérification de la stabilité des rives

En cas de présence de versants potentiellement instables ou d’autres zones similaires sur


les rives de la retenue, il est à vérifier qu’aucun glissement de terrain ne puisse conduire à
un déferlement intolérable par-dessus le couronnement du barrage ou à un phénomène
similaire.
Vérification du fonctionnement des ouvrages annexes importants du point de vue de
la sécurité

Le fonctionnement des ouvrages annexes importants du point de vue de la sécurité, en


particulier des organes de sécurité tels que les organes de vidange, doit être assuré après
un séisme. Leur fonctionnement doit être maintenu ou pouvoir être immédiatement rétabli.

3. Classe de barrages II

3.1 Généralités

3.1.1 Principe

Les exigences minimales à l’analyse du comportement d’un barrage de la classe II lors d’un
séisme est une modélisation simple spécifique au barrage étudié. Les valeurs
caractéristiques dynamiques des matériaux nécessaires pour la modélisation doivent être
déterminées à partir des valeurs caractéristiques statiques spécifiques aux matériaux du
barrage étudié.

3.1.2 Approche pour la modélisation

Le comportement du barrage lors d’un séisme peut être vérifié à l’aide de modèles
numériques simples en tenant compte de l’effet spatial de la statique du barrage. L’exigence
minimale à une modélisation statique tri-dimensionnelle est la méthode des poutres croisées.
En règle générale, la méthode des éléments finis est cependant préférable. Les sollicitations
du barrage peuvent être déterminées de manière simplifiée par la méthode du spectre de
réponse en considérant plusieurs modes de déformation.

3.1.3 Conditions d’appui

La modélisation doit tenir compte de la flexibilité des fondations du barrage. Cet effet peut
être représenté de manière simplifiée par un appui sur ressorts du barrage.

3.1.4 Eau dans la retenue

L’influence de l’eau oscillante dans la retenue pendant le séisme est à considérer comme
masse d’eau entraînée avec le barrage.

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3.1.5 Exigences de sécurité

Tant la stabilité globale que locale du barrage doit être garantie. En outre, le fonctionnement
des organes de sécurité doit être intact suite au séisme, respectivement pouvoir être rétabli
immédiatement. Aucun glissement dans le réservoir ou autre phénomène similaire pouvant
entraîner un débordement par dessus le couronnement (conduisant à la perte de la stabilité)
ou une surcharge du barrage (conduisant à la rupture) doit avoir lieu.

3.1.6 Sollicitations dues au séisme

Pour les barrages de la classe II avec un comportement statique essentiellement bi-


dimensionnel, une sollicitation selon une direction horizontale, habituellement dans l’axe de
la rivière (plan de symétrie), et une selon la direction verticale sont à considérer. Pour les
barrages avec un comportement statique tri-dimensionnel, il faut considérer deux directions
horizontales orthogonales et la direction verticale.

3.2 Déroulement
La vérification aux séismes pour un barrage de la classe II se déroule selon le schéma
présenté sur la Figure 2:
1)
Légende de la figure 2 : paragraphe 3.2.1
2)
paragraphe 3.2.2
3)
paragraphe 3.2.3
4)
paragraphe 3.2.4
5)
paragraphe 3.2.5
6)
paragraphe 3.2.6
7)
paragraphe 3.2.7
8)
La vérification de la sécurité aux séismes n’est pas
satisfaite. Des mesures s’avèrent nécessaires (par exemple
calcul plus détaillé, mesures constructives, mesures
d’exploitation).
9)
La vérification de la sécurité dans le sens des
présentes directives est satisfaite.

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Détermination de la sollicitation
sismique selon la Partie B

Relevé de la géométrie et de l’état du


barrage 1)

Relevé des valeurs caractéristiques 2) Détermination des conditions


(barrage et contact barrage-fondations) statiques initiales 3)

Analyse dynamique à l’aide de la méthode


du spectre de réponse 4)

Vérification des Pas satisfaite


5) 8)
contraintes Mesures nécessaires

Satisfaite

Vérification de Pas satisfaite


6) 8)
la stabilité Mesures nécessaires

Satisfaite

Autres vérifications Pas satisfaite


(organes importants pour la sécurité, 8)
7) Mesures nécessaires
rives, fondations)

9)
Vérification satisfaite Figure 2 - Schéma du déroulement de la vérification
pour les barrages de la classe II

3.2.1 Relevé de la géométrie et de l’état du barrage

Géométrie

La géométrie effective du barrage y compris le tracé exact de la zone de contact entre le


barrage et les fondations sont à relever et à documenter de manière détaillée. En cas
d’incertitudes concernant le tracé de la zone de contact, il faut procéder à des auscultations
in situ pour les éliminer.

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Etat

Lors du relevé de l’état du barrage, les rapports de sécurité et annuels ainsi que les
informations importantes du point de vue de la sécurité de l’aménagement doivent être
évalués et d’éventuels points faibles concernant la vérification de la sécurité aux séismes
considérés.
Il doit être tenu compte d’événements extraordinaires lors de la construction ainsi que
d’autres aspects de la phase de construction importants pour la vérification de la sécurité
aux séismes.

3.2.2 Relevé de valeurs caractéristiques des matériaux

Valeurs caractéristiques des déformations et des dimensions du barrage

Pour la représentation correcte du comportement du barrage, les valeurs caractéristiques les


plus probables (valeurs médianes) des paramètres sont utilisées.
Pour les barrages de la classe II, il est suffisant d’admettre un matériau isotrope linéaire-
élastique avec amortissement visqueux. Les valeurs suivantes sont par conséquent à
déterminer :
- Module d’élasticité dynamique Ed .
- Coefficient de poisson ν .
- Densité ρ .
- Amortissement du matériau ζ .
Lorsque des valeurs caractéristiques dynamiques déterminées à l’aide d’essais en
laboratoire ou de mesures de vibration sont disponibles (cf. Annexe D14, commentaire 1),
elles serviront aux calculs. Si de tels résultats d’essais ne sont pas disponibles, le module
élastique dynamique peut être déterminé en première approche en augmentant le module
élastique Es selon l’équation suivante :
Ed = 1.25 ⋅ Es
La valeur caractéristique du module d’élasticité statique Es du barrage doit être déterminée
spécifiquement pour l’ouvrage. La valeur peut être déterminée sur la base d’essais effectués
lors de la construction, si les résultats de ces derniers peuvent être adaptés à l’âge de
l’ouvrage. En cas d’absence de résultats d’essais, le module d’élasticité statique ou
dynamique doit être déterminé à l’aide d’essais sur l’ouvrage lui-même. Les valeurs du
coefficient de poissons ν et de la densité ρ peuvent être évaluées par expérience.
La valeur admise pour l’amortissement critique du matériau ne doit pas dépasser 5 %. Ce
paramètre d’amortissement influence l’amplification dynamique du spectre de réponse
(Partie B).
Propriétés de déformation du sol de fondation

Pour la représentation correcte du comportement du barrage, les valeurs caractéristiques les


plus probables (valeurs médianes) des propriétés de déformation du sol de fondation sont
utilisées. Pour les sols de fondation des barrages de la classe II, il est suffisant d’admettre un
matériau isotrope linéaire-élastique sans masse et un amortissement visqueux. Les valeurs
suivantes sont par conséquent à déterminer :
- Module d’élasticité dynamique Ed .
- Coefficient de poisson ν .

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Vérification des ouvrages d’accumulation aux séismes Version 1.2

- Amortissement du matériau ζ .
Si aucune indication sur le module élastique dynamique du sol de fondation n’est disponible
(cf. Annexe D14 commentaire 2), il faut procéder de la manière suivante :
Pour les barrages fondés sur rocher, le module d’élasticité dynamique des fondations peut
être estimé. Si le module d’élasticité statique du sol de fondation a été déterminé à partir
d’essais in situ, le module d’élasticité dynamique peut être déterminé en augmentant le
module statique [1]. Si aucun essai n’est disponible, le module d’élasticité dynamique peut
être déterminé à l’aide de la littérature [1].
Pour les barrages fondés sur sol meuble, il faut se baser sur les explications de la Partie C
(Barrages en remblai – Digues) paragraphe 3.3 concernant le sol de fondation.
Résistance du barrage

La résistance à la compression uni-axiale dynamique fcd et à la traction ftd sont applicables


lors de l’analyse de l’état de contraintes de barrages de la classe II déterminé sur la base
d’un calcul linéaire-élastique avec amortissement visqueux.
Afin de ne pas surestimer les réserves de résistance du barrage, les valeurs de résistance
prise en compte doivent être conservatives. L’utilisation de valeurs moyennes est seulement
admissible, si une série d’essais suffisamment importante est disponible et a été analysée
statistiquement. En cas d’un petit nombre d’éprouvettes, une valeur inférieure à la moyenne
doit être introduite.
Les valeurs utilisées doivent correspondre à l’âge de l’ouvrage (dans le sens de la
vérification).
La résistance dynamique peut être déterminée de manière empirique à partir de la
résistance statique :
- Résistance à la compression dynamique fcd en fonction de la résistance à la
compression statique fcs
f cd = 1.5 ⋅ f cs
respectivement résistance à la traction dynamique ftd en fonction de la résistance à la
traction statique fts
f td = 1.5 ⋅ f ts ≤ 4 Mpa
- Résistance à la traction dynamique ftd en fonction de la résistance à la compression
dynamique fcd
f td = 0.1⋅ f cd ≤ 4 Mpa
La résistance dynamique à la traction déterminée à l’aide d’une formule empirique ne doit
pas dépasser 4 MPa.
Les valeurs caractéristiques de la résistance doivent être déterminées spécifiquement pour
le barrage. Les essais exécutés durant la phase de construction sont admis comme données
de base pour cette détermination.
Résistance de la surface de contact barrage-sol de fondation

La surface de contact barrage-sol de fondation peut être admise comme plan. S’il est tenu
compte d’un encastrement du corps du barrage dans les fondations, la plausibilité de cet
effet doit être démontrée. Si cette démonstration manque ou si les documents d’exécution
sont incomplets, l’effet d’encastrement doit être négligé.
Dans le cas de fondations sur rocher, les paramètres (valeurs médianes) suivants de la
surface de contact entre barrage et les fondations peuvent être estimés sur la base de la
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Vérification des ouvrages d’accumulation aux séismes Version 1.2

littérature :
- Angle de frottement ϕ (angle de frottement de matériaux béton/rocher).
- Angle de dilatation i (angle de dilatation de l’imbrication mécanique des fondations
barrage/rocher).
- Cohésion c (cohésion des matériaux béton/rocher due à une micro-imbrication).
En cas de fondations sur sol meuble, les indications de la Partie C (Barrages en remblai -
Digues) paragraphe 3.3 concernant le sol de fondation doivent être respectées.

3.2.3 Conditions initiales statiques

Le séisme de vérification est à considérer comme sollicitation extraordinaire. Les


sollicitations correspondantes sont par conséquent à superposer avec celles dues aux
charges statiques d’exploitation usuelles qui sont les suivantes :
- Poids propre.
- Poussée de l’eau.
- Température (correspondant au niveau maximal).
- Poussée des terres due aux remblais à l’aval ou aux sédiments dans la retenue.
- Eventuellement poussée des glaces (correspondant au niveau maximal).
L’étude du cas avec retenue pleine est suffisante pour la vérification de la sécurité. Le niveau
admis dans la retenue correspond au niveau maximal d’exploitation (niveau de retenue).
Pour les barrages qui ne retiennent qu’occasionnellement de l’eau (bassin de rétention de
crues), il convient de considérer le niveau maximal (retenue pleine). Du coté aval, une force
stabilisante due à une pression d’eau peut être prise en compte uniquement si un
abaissement du plan d’eau en-dessous de ce niveau peut être exclu à cause des conditions
topographiques. Tant du coté amont que du coté aval, la répartition des pressions est
admise hydrostatique. La poussée de l’eau agit perpendiculairement au parement du
barrage.
Les sous-pressions agissant sur la surface de contact entre le barrage et le sol de fondation
sont uniquement considérées pour la vérification de la stabilité. La répartition des sous-
pressions peut être basée sur les mesures des sous-pressions effectives à retenue pleine ou
admise linéaire entre l’amont et l’aval en cas d’absence de mesures. Les sous-pressions
agissent perpendiculairement à la surface d’appui du barrage.
Une estimation de la répartition des températures dans le corps du barrage est suffisante. La
répartition de la température peut être admise linéaire sur la section transversale.
Les déformations et les sollicitations évaluées correspondent aux conditions initiales
statiques pour la vérification aux séismes.
Les sollicitations dues aux charges d’exploitation normales sont superposées à celles dues
au séisme.

3.2.4 Modélisation spécifique à l’aide de la méthode du spectre de réponse

Déroulement

L’exigence minimale à la vérification de la sécurité des barrages de la classe II aux séismes


est une analyse spécifique au barrage étudié à l’aide de la méthode du spectre de réponse.
Cette analyse se déroule comme suit :
- Modélisation géométrique.
- Calage du modèle sous les charges statiques normales.
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- Détermination de la fréquence propre, de l’amortissement modal et des masses


oscillantes.
- Détermination des déformations modales maximales et des sollicitations
correspondantes.
L’ingénieur est libre d’utiliser des méthodes de calcul dynamique plus détaillées avec des
modèles viscoélastiques ou non-linéaires ainsi qu’évolution temporelle.
Modélisation géométrique

Généralités
Le calcul sismique doit tenir compte des influences de l’interaction entre le barrage et le sol
de fondation ainsi qu’entre le barrage et la retenue (cf. Annexe D14, commentaire 5).
La modélisation du barrage se fait en règle générale par éléments finis, mais au moins par
des poutres croisées (pour les barrages-voûte). La flexibilité des fondations doit être
reproduite par la modélisation du sol de fondation, par exemple par des ressorts, des
éléments finis, des différences finies, des éléments de contour ou une combinaison de
plusieurs de ces éléments. Le modèle complet doit pouvoir simuler le domaine de
fréquences déterminant du séisme et l’influence de l’interaction entre le barrage et le sol de
fondation ainsi qu’entre le barrage et la retenue.

Barrages avec comportement essentiellement bi-dimensionnel (par exemple barrages poids )


Les barrages poids peuvent être analysés à l’aide d’un calcul bi-dimensionnel en se basant
sur la section transversale déterminante pour la sécurité sismique. La section transversale
déterminante doit être évaluée et son choix justifié. Le sol de fondation doit au moins être
modélisé comme système d’amortisseurs et ressorts. La base pour la détermination des
paramètres correspondants (rigidité des ressorts et valeurs de l’amortissement) est la rigidité
dynamique des fondations (par exemple [7]) qui correspond à la première fréquence propre
du barrage.

Barrages à comportement essentiellement tri-dimensionnel (par exemples barrages-voûte)


Le sol de fondation doit être modélisé par des éléments finis sans masse ou par des ressorts
discrets (appelés éléments de Vogt [8]). Dans le premier cas, les délimitations du modèle et
les conditions de bords doivent être choisies en fonction des conditions de rigidité réelles du
sol de fondation. Les bords du modèle du sol de fondation doivent avoir des appuis fixes
(tous les déplacements bloqués). La délimitation du modèle doit être choisie selon les
indications données à l’Annexe D8.
Calage du modèle avec les charges statiques normales

Le modèle doit être calé pour différents cas de charges à l’aide de résultats de mesures de
déplacements existantes. Il faut procéder au moins au calage du cas de retenue pleine et le
documenter. Les valeurs de déformations statiques ainsi déterminées servent de base pour
l’évaluation des valeurs caractéristiques dynamiques.
Détermination de l’eau entraînée

Les masses d’eau entraînées peuvent être représentées par des masses couplées
rigidement. Ces masses peuvent être déterminées selon Westergaard [6] (incompressible,
Annexe D2). Elles sont introduites comme masses concentrées dans les nœuds
correspondants du modèle. Elles agissent perpendiculairement au parement amont du
barrage.

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Analyse modale

Le comportement dynamique du modèle complet est déterminé à l’aide d’une analyse


modale. Les fréquences propres, les amortissements modaux, les masses effectives
oscillantes et leur rapport à la masse totale doivent être calculés séparément pour chaque
direction du modèle. Les valeurs propres les plus importantes doivent être représentées.
Détermination du mode de déformation maximale et des sollicitations
correspondantes (spectre de réponse)

Les spectres de réponse d’accélération sont utilisés comme charges sismiques. Les
modèles bi-dimensionnels tiennent comptes des charges selon une direction horizontale et
une direction verticale, les modèles tri-dimensionnels selon deux directions horizontales
orthogonales et la direction verticale. Les charges sismiques sont à superposer selon les
indications de l’Annexe D9.
Les déformations maximales et les sollicitations correspondantes sont calculées à partir de
la valeur maximale de chaque valeur propre selon la méthode du spectre de réponse. Les
contributions aux différentes valeurs propres pour chaque direction de sollicitation
(composante) sont superposées séparément selon la méthode SRSS (Annexe D10).
La somme des masses oscillantes partielles de toutes les valeurs propres considérées doit
correspondre au minimum à 80 % de la masse totale (Annexe D11).
Pour tenir compte de l’incertitude sur les paramètres du modèle, il faut procéder à des
considérations de plausibilité (cf. Annexe D14, commentaire 4).

3.2.5 Vérification des contraintes

La vérification des contraintes (vérification de la résistance) consiste à démontrer que les


sollicitations maximales dues à une combinaison des charges statiques et des charges dues
au séisme ne dépassent pas la résistance dynamique (tant en traction qu’en compression).
Les contraintes principales sont calculées pour chaque cas de charge à partir des
composantes des contraintes. Les valeurs minimales et maximales des contraintes
principales des cas de charge 1 à 4 (pour les modèles bi-dimensionnels), respectivement 1 à
8 (pour les modèles tri-dimensionnels) selon l’Annexe D9 sont comparées à la résistance
dynamique du matériau.
Si cette vérification n’est pas satisfaite, il faut en plus démontrer que :
- Une redistribution des contraintes dans les zones avoisinantes est possible, et que
- Les dégâts au barrage (fissures) n’entraînent pas un écoulement incontrôlé de
masses d’eau.
Le cas échéant, on peut recourir à des méthodes de vérification plus précises selon le
chapitre 4 (Classe de barrages I).
Si les vérifications demandées ne peuvent pas être satisfaites, des mesures de correction
constructives ou d’exploitation correspondantes doivent être prises.

3.2.6 Vérification de la stabilité

La vérification de la stabilité consiste à s’assurer qu’aucun glissement ou basculement du


barrage ou d’une partie du barrage n'a lieu lors du séisme. Les deux vérifications se font à
l’aide d’un modèle de corps rigide avec la géométrie effective du barrage et des fondations.
Glissement

Pour la vérification de la sécurité au glissement, la résistance maximale entre le barrage et

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les fondations doit être supérieure au cisaillement total selon l’équation suivante :
c + σ m ⋅ tan (ϕ + i ) ≥ τ m
avec : ϕ : angle de frottement béton/rocher sur la surface de glissement.
i : angle de dilatation barrage/rocher sur la surface de glissement.
c : cohésion béton/rocher sur la surface de contact et
éventuellement de l’excavation de fondation.
σm : contrainte normale effective moyenne à la surface de contact.
τm : contrainte de cisaillement moyenne à la surface de contact.
L’encastrement du barrage dans le sol de fondation (excavation de fondation) doit
uniquement être pris en compte dans la résistance par l’intermédiaire d’une cohésion, si une
action composite (imbrication) entre le barrage et le rocher peut être démontrée. Si cet effet
ne peut être démontré, seule la résistance sur la surface de contact horizontale (surface
d’appui du barrage) doit être considérée.
Basculement

Il est à vérifier que les contraintes dans la surface de contact entre le barrage et les
fondations sont inférieures aux valeurs extrêmes de la résistance. En cas de dépassement
de la contrainte dynamique de traction admissible au pied amont, il faut s’assurer que
l’ouverture du joint de fondation à l’amont ne conduit pas à des contraintes de compression
supérieures à la résistance à la compression au pied aval.
Stabilité des fondations

La vérification de la stabilité des fondations elles-mêmes consiste à s’assurer que pendant le


séisme, aucune rupture locale de la fondation menaçant la stabilité du barrage n’apparaît.
Satisfaction de la vérification

Si la vérification de la stabilité n’est pas satisfaite, il s’agit de vérifier que :


- La stabilité globale du barrage en tenant compte d’instabilités partielles n’est pas
menacée.
- Les dégâts au barrage (fissure, instabilité de blocs particuliers, etc.) n’entraînent pas
un écoulement incontrôlé de masses d’eau.
Si les vérifications exigées ne peuvent être satisfaites, des mesures constructives ou
d’exploitation correspondantes doivent être prises.

3.2.7 Autres vérifications

Vérification de la stabilité des rives

En cas de présence de versants potentiellement instables ou d’autres zones similaires sur


les rives de la retenue, il est à vérifier qu’aucun glissement de terrain ne puisse conduire à
un déferlement intolérable par-dessus le couronnement du barrage ou à un phénomène
similaire.
Vérification du fonctionnement des ouvrages annexes importants du point de vue de
la sécurité

Le fonctionnement des ouvrages annexes importants du point de vue de la sécurité, en


particulier des organes de sécurité tels que les organes de vidange, doit être assuré après
un séisme. Leur fonctionnement doit être maintenu ou pouvoir être immédiatement rétabli.

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Vérification des ouvrages d’accumulation aux séismes Version 1.2

4. Classe de barrages I

4.1 Généralité

4.1.1 Principe

L’exigence minimale à l’analyse du comportement d’un barrage de la classe I lors d’un


séisme est une modélisation du barrage étudié par éléments finis, dans le domaine du
temps. Les valeurs caractéristiques des matériaux sont spécifiques au barrage étudié.
L’analyse se déroule en deux étapes. Dans un premier temps les caractéristiques
dynamiques du système (fréquences propres, déformées modales, facteurs de participation)
sont évaluées à l’aide d’une analyse modale, il est ensuite procèdé au calcul dans le
domaine du temps.
Conditions d’appui

La flexibilité de la fondation doit être prise en compte.


Eau dans la retenue

L’influence de l’eau oscillante dans la retenue pendant le séisme est à considérer comme
masse d’eau entraînée avec le barrage.
Exigences de sécurité

Tant la stabilité globale que locale du barrage doit être garantie. En outre, le fonctionnement
des organes de sécurité doit être préservé suite au séisme, respectivement pouvoir être
rétabli immédiatement. Aucun glissement dans le réservoir ou autre phénomène similaire
pouvant entraîner un débordement par dessus le couronnement (conduisant à la perte de la
stabilité) ou une surcharge du barrage (conduisant à la rupture) doit avoir lieu.
Sollicitations dues au séisme

Pour les barrages de la classe I avec un comportement statique essentiellement bi-


dimensionnel, une sollicitation selon une direction horizontale, habituellement dans l’axe de
la rivière (plan de symétrie), et une selon la direction verticale sont à considérer. Pour les
barrages avec un comportement statique tri-dimensionnel, il faut considérer deux directions
horizontales orthogonales et la direction verticale.

4.2 Déroulement
La vérification de la sécurité aux séismes d’un barrage de la classe I se déroule selon le
schéma de la Figure 3 :
1)
Légende de la figure 3 : paragraphe 4.2.1 et 4.2.2
2)
paragraphe 4.2.3 et 4.2.4
3)
paragraphe 4.2.3
4)
paragraphe 4.2.4
5)
paragraphe 4.2.4
6)
paragraphe 4.2.5
7)
paragraphe 4.2.6
8)
paragraphe 4.2.7
9)
La vérification de la sécurité aux séismes n’est pas
satisfaite. Des mesures s’avèrent nécessaires (par exemple
calcul plus détaillé, mesures constructives, mesures
d’exploitation).
10)
La vérification de la sécurité dans le sens des
présentes directives est satisfaite.

Partie D – Barrages en béton et en maçonnerie


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Vérification des ouvrages d’accumulation aux séismes Version 1.2

Détermination de la sollicitation
sismique selon la Partie B

Relevé de l’état du barrage et des conditions


géologiques et géotechniques du sol de
fondation ainsi que des valeurs caractéristiques
des matériaux du barrage et des fondations 1)

Détermination du comportement dynamique Détermination des sollicitations


du barrage, des fondations et de la retenue sous charges d’exploitation
à l’aide d’une analyse des fréquences normales 3)
propres avec un matériau linéaire élastique 2)

Analyse dynamique avec évolution


temporelle et un matériau linéaire élastique
avec amortissement visqueux 4)

Superposition des
5)
sollicitations

Pas satisfaite
Vérification des 9)
contraintes
6) Mesures nécessaires

Satisfaite
Pas satisfaite
Vérification de
7) 9)
la stabilité Mesures nécessaires

Satisfaite

Pas satisfaite
Autres vérifications 9)
(organes importants pour la sécurité, Mesures nécessaires
8)
rives, fondations)

Satisfaite

10)
Vérification satisfaite

Figure 3 - Schéma du déroulement de la


vérification pour les barrages de la classe I

Partie D – Barrages en béton et en maçonnerie


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4.2.1 Relevé de la géométrie et de l’état du barrage

Géométrie

La géométrie effective du barrage est à relever et à documenter de manière détaillée. Le


tracé exact de la zone de contact entre le barrage et les fondations, la configuration de cette
zone, les couches géologiques et les fissures dans toute la zone de fondation ainsi que la
situation et la configuration des joints dans le corps du barrage font également partie de la
géométrie. En cas d’incertitudes concernant le tracé de la zone de contact, il faut procéder à
des auscultations in situ pour les éliminer.
État

Lors du relevé de l’état du barrage, les rapports de sécurité et annuels ainsi que les
informations importantes du point de vue de la sécurité de l’aménagement doivent être
évalués et d’éventuels points faibles concernant la vérification de la sécurité aux séismes
considérés.
Il doit être tenu compte d’événements extraordinaires lors de la construction ainsi que
d’autres aspects de la phase de construction importants pour la vérification de la sécurité
aux séismes doivent être considérés. Pour les barrages-voûte, le déroulement temporel des
injections des joints verticaux et du bétonnage sont à prendre en compte si nécessaire et
dans la mesure du possible pour le calcul des contraintes dues au poids propre. Il en va de
même pour la mise en eau dans le calcul des contraintes initiales.

4.2.2 Relevé des valeurs caractéristiques de matériaux

Valeurs caractéristiques des déformations et des dimensions du barrage

Pour la représentation correcte du comportement du barrage, les valeurs caractéristiques les


plus probables (valeurs médianes) des paramètres sont utilisées.
Pour les barrages de la classe I, il est suffisant d’admettre un matériau isotrope li néaire-
élastique avec amortissement visqueux. Les valeurs suivantes sont par conséquent à
déterminer :
- Module d’élasticité dynamique Ed .
- Coefficient de poisson ν .
- Densité ρ .
- Amortissement du matériau ζ .
Lorsque des valeurs caractéristiques dynamiques déterminées à l’aide d’essais en
laboratoire ou de mesures de vibration de l’ouvrage sont disponibles (cf. Annexe D14,
commentaire 1), elles serviront aux calculs. Si de tels résultats d’essais ne sont pas
disponibles, il est recommandé de déterminer les valeurs caractéristiques dynamiques à
l’aide d’essais dynamiques en laboratoire. Il faut utiliser les valeurs correspondant aux
vitesses de déformation liées au séisme déterminant.
En l’absence d’essais dynamiques, le module d’élasticité dynamique peut être déterminé en
augmentant le module d’élasticité statique (Es ) spécifique au barrage selon l’équation
suivante :
Ed = 1.25 ⋅ Es

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La valeur peut être déterminée sur la base d’essais effectués lors de la construction si les
résultats de ces derniers peuvent être adaptés à l’âge de l’ouvrage. En cas d’absence de
résultats d’essais, le module d’élasticité statique ou dynamique doit être déterminé à l’aide
d’essais sur l’ouvrage lui-même. Les valeurs du coefficient de poissons ν et de la densité ρ
peuvent être déterminées par expérience.
L’amortissement du matériau doit être déterminé en fonction du niveau des sollicitations,
respectivement en fonction des dégâts attendus. L’amortissement visqueux du matériau peut
être déterminé à l’aide d’essais en laboratoire (cf. Annexe D14, commentaire 3). Lorsque ce
n’est pas le cas, la valeur admise pour l’amortissement critique du matériau ne doit pas
dépasser 5 %. Au cas d’une modélisation discrète des fissures, l’amortissement des
éléments de fissure est pris en compte en partie implicitement par le frottement. La valeur de
l’amortissement pour la partie homogène du modèle doit être réduite en conséquence.
Propriétés de déformation du sol de fondation

Pour la représentation correcte du comportement du barrage, les valeurs caractéristiques les


plus probables (valeurs médianes) des propriétés de déformation du sol de fondation sont
utilisées. Pour les sols de fondation des barrages de la classe I, il est suffisant d’admettre un
matériau isotrope linéaire-élastique sans masse et un amortissement visqueux. Les valeurs
suivantes sont par conséquent à déterminer :
- Module d’élasticité dynamique Ed .
- Coefficient de poisson ν .
- Amortissement du matériau ζ .
Si aucune indication sur le module élastique dynamique du sol de fondation n’est disponible
(cf. Annexe D14, commentaire 2), il faut procéder de la manière suivante :
Pour les barrages fondés sur rocher, le module d’élasticité dynamique des fondations peut
être estimé. Si le module d’élasticité statique du sol de fondation a été déterminé à partir
d’essais in situ, le module d’élasticité dynamique peut être déterminé en augmentant le
module statique [1]. Si aucun essai n’est disponible, le module d’élasticité dynamique peut
être déterminé à l’aide de la littérature [1].
Les valeurs caractéristiques déterminées à l’aide de la littérature, doivent être variées d’au
moins ±30 % pour tenir compte de l’incertitude lors du calcul.
Pour les barrages fondés sur sol meuble, il faut se baser sur les indications de la Partie C
(Barrages en remblai - Digues) paragraphe 4.3 concernant le sol de fondation.
Résistance du barrage

La résistance à la compression uni-axiale dynamique fcd et à la traction ftd sont applicables


lors de l’analyse de l’état de contraintes de barrages de la classe I déterminé sur la base
d’un calcul linéaire-élastique avec amortissement visqueux.
Afin de ne pas surestimer les réserves de résistance du barrage, les valeurs de résistance
prises en compte doivent être conservatives. L’utilisation de valeurs moyennes est
seulement admissible, si une série d’essais suffisamment importante est disponible et a été
analysée statistiquement. En cas d’un petit nombre d’éprouvettes, une valeur inférieure à la
moyenne doit être introduite.
Les valeurs utilisées doivent correspondre à l’âge de l’ouvrage (dans le sens de la
vérification).
La résistance dynamique peut être déterminée de manière empirique à partir de la
résistance statique :

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- Résistance à la compression dynamique fcd en fonction de la résistance à la


compression statique fcs
f cd = 1.5 ⋅ f cs
respectivement résistance à la traction dynamique ftd en fonction de la résistance à la
traction statique fts
f td = 1.5 ⋅ f ts ≤ 4 Mpa
- Résistance à la traction dynamique ftd en fonction de la résistance à la compression
dynamique fcd
f td = 0.1⋅ f cd ≤ 4 Mpa
La résistance dynamique à la traction déterminée à l’aide d’une formule empirique ne doit
pas dépasser 4 MPa.
Les valeurs caractéristiques statiques de la résistance doivent être déterminées
spécifiquement au barrage. Les essais exécutés durant la phase de construction sont admis
comme données de base pour cette détermination.
Au cas d’un calcul non-linéaire, différents types de modèles de matériaux et/ou de critères
de ruptures peuvent être appliqués suivant la méthode utilisée. Toutes les hypothèses de la
modélisation doivent être vérifiées à l’aide d’essais en laboratoire sur des matériaux
similaires. Ces vérifications doivent être documentées de manière claire et compréhensible.
Résistance de la surface de contact barrage-sol de fondation

La géométrie de la surface de contact barrage-sol de fondation doit être introduite dans le


modèle. S’il est tenu compte d’un encastrement du corps du barrage dans les fondations, la
plausibilité de cet effet doit être démontrée. Si cette démonstration manque ou si les
documents d’exécution sont incomplets, l’effet d’encastrement doit être négligé.
Dans le cas de fondations sur rocher, les paramètres (valeurs médianes) suivants de la
surface de contact entre barrage et les fondations peuvent être estimés sur la base de la
littérature :
- Angle de frottement ϕ (l’angle de frottement de matériaux béton/rocher).
- Angle de dilatation i (angle de dilatation de l’imbrication mécanique des fondations
barrage/rocher).
- Cohésion c (cohésion des matériaux béton/rocher due à une micro-imbrication).
En cas de fondations sur sol meuble, les indications de la Partie C (Barrages en remblai -
Digues) paragraphe 4.3 concernant le sol de fondation doivent être respectées.

4.2.3 Conditions initiales statiques

Le séisme de vérification est à considérer comme sollicitation extraordinaire. Les


sollicitations correspondantes sont par conséquent à superposer avec celles dues aux
charges statiques d’exploitation usuelles qui sont les suivantes :
- Poids propre.
- Poussée de l’eau.
- Température (correspondant au niveau maximal).
- Poussée des terres due aux remblais à l’aval ou aux sédiments dans la retenue.
- Eventuellement poussée des glaces (correspondant au niveau maximal).

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L’étude du cas avec retenue pleine est suffisante pour la vérification de la sécurité. Le niveau
admis dans la retenue correspond au niveau maximal d’exploitation (niveau de retenue).
Pour les barrages qui ne retiennent qu’occasionnellement de l’eau (bassin de rétention de
crues), il convient de considérer le niveau maximal (retenue pleine). Du coté aval, une force
stabilisante due à une pression d’eau ne peut être prise en compte que si un abaissement du
plan d’eau en dessous de ce niveau peut être exclu à cause des conditions topographiques.
Tant du coté amont que du coté aval, la répartition des pressions est admise hydrostatique.
La poussée de l’eau agit perpendiculairement au parement du barrage.
Les sous-pressions agissant sur la surface de contact entre le barrage et le sol de fondation
sont uniquement considérées pour la vérification de la stabilité. La répartition des sous-
pressions peut être basée sur les mesures des sous-pressions effectives à retenue pleine ou
admise linéaire entre l’amont et l’aval en cas d’absence de mesure. Les sous-pressions
agissent perpendiculairement à la surface d’appui du barrage.
Les déformations et les sollicitations évaluées correspondent aux conditions initiales
statiques pour la vérification aux séismes.
Les sollicitations dues aux charges d’exploitation normales sont superposées à celles dues
au séisme.

4.2.4 Modélisation spécifique au barrage étudié dans le domaine du temps

Déroulement

L’exigence minimale à la vérification de la sécurité des barrages de la classe I aux séismes


est une analyse spécifique au barrage étudiée dans le domaine du temps. Cette analyse se
déroule comme suit :
- Modélisation géométrique.
- Calage du modèle sous charges statiques.
- Détermination du comportement dynamique du barrage à l’aide d’une analyse
modale.
- Détermination des sollicitations maximales dans le domaine du temps (intégration
discrète ou superposition des modes).
Modélisation géométrique

Généralités
Le modèle de calcul doit représenter le barrage ainsi que le sol de fondation (cf. Annexe
D14, commentaire 6). La modélisation explicite de la retenue n’est pas demandée. La
modélisation du barrage se fait par éléments finis.

Barrages avec comportement essentiellement bi-dimensionnel (par exemple barrages poids)


Les barrages poids peuvent être analysés à l’aide d’un calcul bi-dimensionnel en se basant
sur la section transversale déterminante. La section transversale déterminante doit être
évaluée et son choix justifié. Le sol de fondation doit être modélisé comme système de
ressorts. La base pour la détermination des paramètres correspondants (rigidité des ressorts
et valeurs de l’amortissement) est la rigidité dynamique des fondations (par exemple [7]) qui
correspond à la première fréquence propre du barrage. Du fait des incertitudes, les
paramètres seront variés dans un domaine adéquat.

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Barrages à comportement essentiellement tri-dimensionnel (par exemples barrages-voûte)


Les modèles des barrages-voûte doivent être tri-dimensionnels et représenter la
géométrique actuelle du barrage de manière précise. La modélisation de la surface de
fondation du barrage doit se baser sur les plans d’excavation et de construction. Au cas de
calculs non-linéaires en tenant compte des processus d’ouverture et de fermeture des joints,
la discrétisation du barrage doit tenir compte des joints entre les blocs. Le modèle doit en
principe contenir des nœuds discrets aux positions d’instrumentation d’auscultation ou
d’appareils de surveillance sismique (existants ou prévus) afin de pouvoir comparer les
résultats de calculs aux mesures.
Le sol de fondation doit être modélisé par des éléments finis sans masse. La délimitation du
modèle et les conditions aux bords doivent être adaptées aux conditions de rigidité réelles du
sol de fondation. Les bords du modèle du sol de fondation doivent avoir des appuis fixes
(tous les déplacements bloqués).

Exigences aux types d’éléments finis


La taille maximale des éléments finis choisis doit remplir les exigences à la transmission des
ondes de cisaillement et de compression pour la fréquence maximale déterminante du
système complet. Les propriétés des matériaux du barrage et des fondations étant
différentes, la taille des éléments finis dans les zones de transition doit être choisie de
manière appropriée. Une attention particulière sera portée à la compatibilité de la
transmission des contraintes dans la zone de transition entre le barrage et les fondations. Le
choix du type d’éléments finis doit garantir la représentation réaliste des contraintes dans le
corps du barrage.
La qualité du modèle d’éléments finis doit être garantie. Un exemple de contrôle de la
garantie du modèle d’éléments finis est donnée à l’Annexe D12.

Modélisation de la retenue
L’influence de la retenue sur le barrage ne doit pas être modélisée géométriquement.
L’influence de l’eau oscillante dans la retenue peut être prise en compte par une masse
d’eau entraînée par le barrage. L’influence de la compressibilité de l’eau est négligée et les
masses d’eau entraînées (incompressible) sont déterminées selon Westergaard [6]. Elles
sont introduites comme masses concentrées dans les nœuds correspondants du modèle.
Elles agissent perpendiculairement au parement amont du barrage.
Pour la vérification de la sécurité des barrages de la classe I, d’autres modèles plus
complexes peuvent être appliqués pour la retenue (cf. Annexe D14, commentaire 5).
Calage du modèle sous charges statiques normales

Le modèle doit être calé pour différents cas de charges à l’aide de résultats de mesures de
déplacements existants. Il faut procéder au moins au calage du cas de retenue pleine et le
documenter. Les valeurs de déformation statiques ainsi déterminées servent de base pour
l’évaluation des valeurs caractéristiques dynamiques.
Détermination du comportement dynamique du barrage à l’aide d’une analyse des
fréquences propres

Il est toujours recommandé de procéder d’abord à une analyse de la fréquence propre à


l’aide d’un modèle élastique selon le chapitre 3 (Classe de barrages II), afin d’acquérir une
connaissance solide du modèle et de pouvoir déterminer préliminairement le comportement
global. Ceci contribue à une meilleure interprétation des résultats de l’analyse dans le
domaine du temps.

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Détermination de la sollicitation maximale à l’aide d’une analyse dynamique dans le


domaine du temps (intégration directe)

Le système complet discrétisé de manière appropriée (modèle) est sollicité aux bords par
des accélérogrammes. Les sollicitations correspondantes peuvent ensuite être calculées en
chaque point et pour chaque pas de temps. La charge sismique correspond à l’évolution
temporelle de l’accélération dans trois directions orthogonales. Elles sont générées selon la
Partie B. L’évolution temporelle des déplacements et des vitesses doit également être
représentée, car elles sont utilisées directement comme charges sismiques par certains
logiciels.
Les résultats du calcul sont les évolutions temporelles des déformations et des sollicitations
avec leurs signes respectifs. Ces résultats peuvent être directement superposés aux
résultats du calcul du cas de charge d’exploitation pour les modèles linéaires. Dans le cas
d’un calcul non-linéaire, les sollicitations dues au séisme et dues à l’exploitation normale
sont prises en compte simultanément.
Afin de tenir compte des incertitudes des paramètres du modèle, il faut procéder à des
considérations de plausibilité (cf. Annexe D14, commentaire 4).
Détermination de la sollicitation maximale à l’aide d’une analyse dynamique dans le
domaine du temps (superposition des modes)

La méthode avec superposition des modes implique que l’équation de mouvement couplée
puisse être découplée à l’aide d’une transformation des variables. Uniquement les systèmes
linéaires avec amortissement proportionnel remplissent cette condition. Pour cette raison,
cette méthode est uniquement applicable aux systèmes élastiques linéaires avec
amortissement visqueux. Sous ces conditions la réponse du système peut être évaluée à
l’aide d’une superposition des réponses des différents modes à la sollicitation du système.
Afin de garantir la précisions des résultats, la somme des masses de tous les modes
considérés doit correspondre au moins à 80 % de la masse totale.

4.2.5 Vérification des contraintes

La vérification des contraintes (vérification de la résistance) consiste à démontrer que les


sollicitations maximales dues à une combinaison des charges statiques et des charges dues
au séisme ne dépassent pas la résistance dynamique (tant en traction qu’en compression).
Les valeurs extrêmes des trois contraintes principales (respectivement des deux contraintes
principales pour une modélisation bi-dimensionnelle d’un barrage poids) doivent être
représentées pour les charges d’exploitation normale, pour le séisme de vérification ainsi
que pour la superposition des deux sur les parements amont et aval et dans des sections
transversales typiques. Les valeurs extrêmes dans les poutres et les consoles peuvent
également être représentées sur les parements amont et aval. Si la vérification des
contraintes met en évidence des dépassements de la résistance dans certaines zones, la
valeur ainsi que le nombre de ces dépassements peuvent être appréciés à l’aide de
l’évolution temporelle des contraintes (cf. Annexe D14, commentaire 7).
Si la vérification des contraintes n’est pas satisfaite, il faut en plus démontrer que :
- Une redistribution des contraintes dans les zones avoisinantes est possible.
- Les dégâts au barrage (fissures) n’entraînent pas un écoulement incontrôlé de
masses d’eau.

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Redistribution des contraintes/fissures

Les résultats d’une analyse dans le domaine du temps basée sur un matériau viscoélastique
sans éléments non-linaires mettent en évidence les zones faibles et permettent de localiser
des concentrations de contraintes ainsi que les zones susceptibles de se fissurer (cf. Annexe
D14, commentaire 7). Sur la base de ces résultats, on peut procéder à des études
complémentaires à l’aide de méthodes de calculs et des modèles non-linéaires. Si les dégâts
attendus sont faibles, il suffit d’étudier les zones avec dépassement de la résistance à l’aide
d’un modèle local. Il est également pensable d’introduire la zone fissurée avec les propriétés
des matériaux correspondants dans le modèle complet et de répéter le calcul avec ces
nouvelles données.
Les méthodes de calcul non-linéaires sont encore jeunes. Une large expérience pratique
n’existe par conséquent pas encore. En outre, la modélisation dynamique non-linéaire du
béton est un sujet de recherche actuelle. Pour cette raison, les calculs non-linéaires sont à
appliquer avec prudence. Les méthodes et les hypothèses choisies ainsi que les exemples
de vérification sont à documenter pour cette raison.
Lors des calculs non-linéaires les paramètres déterminants pour la stabilité du calcul
(critères de convergence, précision de calcul, nombre maximal d’itérations, forces résiduelles
non compensées) sont à observer pendant toute la durée du calcul. La durée d’un calcul
non-linéaire doit être de quelques secondes supérieure à la durée du séisme.

4.2.6 Vérification de la stabilité

La vérification de la stabilité consiste à s’assurer qu’aucun glissement ou basculement du


barrage ou d’une partie du barrage n'a lieu lors du séisme.
Stabilité des fondations

La vérification de la stabilité des fondations elles-mêmes consiste à s’assurer que pendant le


séisme, aucune rupture locale de la fondation n’apparaît.
Satisfaction de la vérification

Si la vérification de la stabilité n’est pas satsifaite, il s’agit de vérifier que :


- La stabilité globale du barrage en tenant compte d’instabilités partielles n’est pas
menacée.
- Les dégâts au barrage (fissure, instabilité de blocs particuliers, etc.) n’entraînent pas
un écoulement incontrôlé de masses d’eau.
Si les vérifications exigées ne peuvent être satisfaites, des mesures de correction
constructives ou d’exploitation correspondantes doivent être prises.

4.2.7 Autres vérifications

Vérification de la stabilité des rives

En cas de présence de versants potentiellement instables ou d’autres zones similaires sur


les rives de la retenue, il est à vérifier qu’aucun glissement de terrain ne puisse conduire à
un déferlement intolérable par-dessus le couronnement du barrage ou à un phénomène
similaire.

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Vérification du fonctionnement des ouvrages annexes importants du point de vue de


la sécurité

Le fonctionnement des ouvrages annexes importants du point de vue de la sécurité, en


particulier des organes de sécurité tels que les organes de vidange, doit être assuré après
un séisme. Leur fonctionnement doit être maintenu ou pouvoir être immédiatement rétabli.
La modélisation des ouvrages annexes peut se faire selon les méthodes de modélisation
statique habituelles (barres, treillis, plaques). Les valeurs d’amortissement pour différents
matériaux sont données à l’Annexe D13. Les déformations résultantes du calcul du séisme
sont introduites en tant que déplacements imposés pour en déterminer les sollicitations. Pour
la vérification de la résistance, la sollicitation doit être inférieure à la résistance de la partie
de l’ouvrage étudiée. Pour la vérification du fonctionnement, les déformations sont à
comparer aux tolérances acceptables pour un fonctionnement correct.

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5. Annexe D1 - Modélisation bi-dimensionnelle d’un barrage poids


La Figure D1.1 montre une coupe transversale d’un barrage poids ainsi que les notions de
bases les plus importants pour le calcul.

m w (h ) = 7 ⋅ ρ w ⋅ h w ⋅ 1 − h
8 hw

bi
hs hw
h
mw i ∆ hi ms i QHi
ρs ρ, Ed
hi hi
bs

mw ms QH

ms : masse du barrage ∆hi : épaisseur de la tranche i


msi : masse du barrage dans la tranche i bs : largeur du barrage
mw : masse de l’eau bi : largeur de la tranche i
mwi : masse de l’eau dans la tranche i ρ: densité du barrage
hs : hauteur du barrage ρw : densité de l’eau
hw : hauteur d’eau Ed : module d’élasticité dynamique
h: hauteur (variable) QH : forces sismiques de substitution horizontales
hi : hauteur de la tranche i QH i : forces sismiques de substitution agissant sur
la tranche i

Figure D1.1 - Coupe transversale d’un barrage poids et notions de base essentielles

6. Annexe D2 - Détermination de la masse d’eau entraînée


La masse oscillant avec le barrage représentant l’effet hydrodynamique de l’eau sur le
barrage avec un parement amont approximativement vertical se calcule en fonction de la
hauteur h selon l’équation suivante de Westergard [6] :

m w (h ) =
7 h
⋅ ρ w ⋅ hw ⋅ 1 −
8 hw
Pour des raisons pratiques, le barrage est divisé en plusieurs tranches horizontales. Le choix
de cette division se fait en fonction de la forme du barrage, du niveau d’eau et de la précision
souhaitée du calcul. Les différentes tranches peuvent être d’épaisseur variable. Pour la
tranche i, on peut écrire :

7 h
m wi = ⋅ ρ w ⋅ hw ⋅ 1 − i ⋅ ∆ hi
8 hw
Si l’étude se fait pour plusieurs sections transversales du barrage, il faut utiliser pour chaque
section la hauteur h w correspondante. Le même principe est valable pour les barrages-voûte
où la masse d’eau totale peut être combinée des masses provenant de différentes sections
verticales avec leur hauteur hw correspondante.

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7. Annexe D3 - Détermination empirique de la première fréquence propre


d’un barrage poids
Pour les barrages poids à section transversale triangulaire, la première fréquence propre
(fréquence de base) fs peut être calculée en première approximation par la formule ci-
dessous. Un barrage avec une section transversale de forme légèrement différente peut être
approché par un triangle de la même hauteur et de la même surface que la section
transversale effective.

bs Ed
fs = α ⋅ ⋅ , mais au maximum 10 Hz
2
hs ρ
La limitation à 10 Hz se base sur des observations selon lesquelles la flexibilité des
fondations devient alors déterminante.
La période fondamentale Ts en seconde s’exprime alors par :
1
Ts =
fs
α est un coefficient de forme qui dépend de la forme du barrage. Il est représenté au
Tableau D3.1 en fonction du rapport bs / hs et pour les cas d’une retenue pleine et vide. Pour
les cas intermédiaires, le coefficient peut être interpolé.

bs / hs α (retenue vide) α (retenue pleine)


0.6 0.19 0.13
0.8 0.17 0.12
1.0 0.15 0.11

Tableau D3.1 - Coefficient de forme pour le calcul de la première fréquence propre


(fréquence de base).

8. Annexe D4 - Accélération spectrale


L’accélération spectrale déterminante peut être déterminée à l’aide du spectre de réponse à
partir de la première période propre (période fondamentale, période de résonance) (cf.Figure
D4.1).

Spectre horizontal de dimensionnement

Domaine d’amplification maximale de l’accélération


Accélération horizontale

Accélération spectrale
maximale a s max

Accélération spectrale
déterminante as
Figure D4.1 -
Détermination de
Accélération
du sol ah Période fondamentale l’accélération
du barrage Ts horizontale à l’aide du
spectre de réponse
Période T

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Si la détermination empirique de la période fondamentale n’est pas possible, il faut admettre


qu’elle se situe dans le domaine de l’amplification maximale du spectre de réponse.
Une partie substantielle des charges sismiques sont prises en compte de par la
détermination de la première fréquence propre et de l’accélération spectrale correspondante.
La participation des modes plus élevés est prise en compte par un facteur de correction. La
Figure D4.1 montre que les valeurs propres les plus élevées ne sont pas amplifiées si la
période est inférieure à une valeur limite. L’accélération spectrale est alors égale à
l’accélération du sol. L’influence de la première valeur propre augmente par conséquent
avec la différence entre l’accélération spectrale et l’accélération du sol, càd. avec le rapport
entre as et ah. Si le rapport entre as et ah diminue, les valeurs propres plus élevées gagnent
en importance. Le facteur de correction correspondant est représenté sur la Figure D4.2.

Facteur de correction ψk
1.10

1.09

1.08
bs / h s = 1.0
1.07
bs / hs = 0.8
1.06
bs / hs = 0.6
ψk 1.05

1.04

1.03

1.02

1.01

1.00
1.0 1.5 2.0 2.5 3.0 3.5

as /a h

Figure D4.2 - Facteur de correction ψk pour la prise en compte des valeurs propres plus
élevées

9. Annexe D5 - Détermination empirique du premier mode de déformation


de barrages poids
Le premier mode de déformation consiste en un balancement du barrage dont l’amplitude
maximale se situe au niveau du couronnement. La forme de la déformée est semblable pour
tous les rapports bs / hs est peut être décrite par la formule suivante :
3 2
h  h  h 
ψ i = 0.69 ⋅  i  + 0.14 ⋅  i  + 0.17 ⋅  i 
 hs   hs   hs 
Le facteur de forme ψi ainsi calculé représente la déformation à la hauteur hi par rapport à la
déformation maximale au niveau du couronnement (hauteur hs ). Il est utilisé pour la
répartition de la sollicitation sismique sur la hauteur du barrage et représenté graphiquement
sur la Figure D5.1

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Facteur de forme ψi
1.0
0.9

0.8

0.7
0.6
hi / hs

0.5

0.4
0.3

0.2

0.1
0.0
0.0 0.2 0.4 0.6 0.8 1.0
ψi
Figure D5.1 - Facteur de forme ψi utilisé pour la répartition de la charge sismique de substitution sur la
hauteur du barrage.

10. Annexe D6 - Détermination de la charge sismique avec la méthode


simplifiée du spectre de réponse (un mode)
Dans un modèle bi-dimensionnel, il faut tenir compte de la composante horizontale et de la
composante verticale du tremblement de terre. La détermination de la charge sismique de
substitution horizontale est décrite ci-dessous en référence à la Figure D1.1. Pour des
raisons pratiques, le barrage est divisé en plusieurs tranches horizontales. Le choix de cette
division se fait en fonction de la forme du barrage, du niveau d’eau et de la précision
souhaitée du calcul. Les différentes tranches peuvent être d’épaisseur variable.
La masse du barrage dans la tranche i peut être calculée comme suit :
msi = ρ s ⋅ bi ⋅ ∆hi
Avec la masse de l’eau oscillant avec le barrage m wi, on obtient la masse totale de la tranche
i par :
mi = mwi + msi
Cette masse est réduite par un coefficient de masse indiquant la part de la masse totale
oscillant à la première fréquence propre. Le coefficient de masse ψm est représenté au
Tableau D6.1.
bs / hs ψ m (retenue vide) ψ m (retenue pleine)
0.6 0.39 0.41
0.8 0.39 0.43
1.0 0.40 0.44

Tableau D6.1 - Coefficient de masse de la première fréquence propre (fréquence de base)

Partie D – Barrages en béton et en maçonnerie


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La charge sismique de substitution totale agissant sur le barrage se calcule à partir de


l’accélération spectrale, du coefficient de masse, du facteur de correction et de la masse
totale du barrage à l’aide de l’équation suivante :
QH tot = as ⋅ψ k ⋅ψ m ⋅ ∑ mi
Cette charge est répartie sur la hauteur de l’ouvrage en utilisant le facteur de forme de la
déformée :
mi ⋅ψ i
QH i = QH tot ⋅
∑ mi ⋅ψ i
Les charges ponctuelles de chaque tranche calculées par cette méthode sont à introduire
comme charges statiques dans le modèle de barres, respectivement dans le modèle
d’éléments finis. Ainsi, la sollicitation du barrage due à la composante horizontale du séisme
peut être déterminée.
La charge sismique de substitution verticale est déterminée en tenant compte de la masse
du barrage uniquement. L’eau n’a pas d’influence sur les oscillations du barrage dans la
direction verticale. Les fréquences pour les oscillations dans la direction verticale sont en
général si élevées, que le barrage complet est sollicité par l’accélération verticale du sol. Il
n’y a aucune amplification. L’accélération verticale av est déterminée selon la Partie B
La charge sismique de substitution verticale totale peut être calculée comme suit à partir de
la masse du barrage oscillante :
QVtot = a v ⋅ ∑ msi
La valeur pour une seule tranche est :
QVi = a v ⋅ msi
La charge sismique de substitution verticale est assimilable à – suivant son sens d’action -
une réduction, respectivement une augmentation du poids propre du barrage. Il faut tenir
compte de l’excentricité de la ligne d’action par rapport à la section transversale de calcul. Il
faut tenir compte des deux sens d’action (vers le haut et vers le bas).

11. Annexe D7 - Détermination de la charge sismique selon la méthode


pseudo-statique avec un mode de déformation uniforme
Si la détermination de la fréquence de base et du premier mode de déformation selon une
méthode empirique ou plus détaillée (par exemple selon l’Annexe D5) n’est pas possible ou
si la géométrie du barrage ne peut pas être approchée par un triangle, la charge due au
séisme peut être déterminée à l’aide de la méthode pseudo-statique avec un mode de
déformation uniforme. Il faut tenir compte tant de la composante horizontale que de la
composante verticale du séisme. La détermination de la charge sismique de substitution
horizontale est décrite ci-dessous en référence à la Figure D1.1.
La masse du barrage dans la tranche i peut être calculée comme suit :
msi = ρ s ⋅ bi ⋅ ∆hi
Avec la masse de l’eau oscillant avec le barrage m wi, on obtient la masse totale de la tranche
i par :
mi = mwi + msi

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Finalement, la charge de substitution horizontale totale peut être calculée à partir de la


masse oscillante totale et de l’accélération spectrale as à l’aide de l’équation suivante :
QH tot = as ⋅ ∑ mi
La valeur pour une seule tranche est :
QH i = as ⋅ msi
La charge sismique de substitution verticale est déterminée en tenant compte de la masse
du barrage uniquement. L’eau n’a pas d’influence sur les oscillations du barrage dans la
direction verticale. Les fréquences pour les oscillations dans la direction verticale sont en
général si élevées, que le barrage complet est sollicité par l’accélération verticale du sol. Il
n’y a aucune amplification. L’accélération verticale av est déterminée selon la Partie B.
La charge sismique de substitution verticale totale peut être calculée comme suit à partir de
la masse du barrage oscillante :
QVtot = a v ⋅ ∑ msi
La valeur pour une seule tranche est :
QVi = a v ⋅ msi
La charge sismique de substitution verticale est assimilable à – suivant son sens d’action -
une réduction, respectivement une augmentation du poids propre du barrage. Il faut tenir
compte de l’excentricité de la ligne d’action par rapport à la section transversale de calcul. Il
faut tenir compte des deux sens d’action (vers le haut et vers le bas).

12. Annexe D8 - Modélisation des fondations par éléments finis


Au cas d’une modélisation des fondations par éléments finis, la délimitation du modèle doit
satisfaire les relations suivantes [12] (cf. également Figure D8.1 exemple pour un modèle de
forme semi-circulaire) :
Eb
R f > 1.0 ⋅ H pour = 1.00
Es
E
R f > 1.5 ⋅ H pour b = 0.50
Es
E
R f > 2.0 ⋅ H pour b = 0.25
Es
avec : Es : module d’élasticité du barrage
Eb : module d’élasticité des fondations
H : hauteur du barrage
Rf : dimensions spatiales du modèle des fondations

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amont
Rf

barrage

aval

vallée prismatique

Figure D8.1 - Dimensions spatiales du modèle d’éléments finis

13. Annexe D9 - Combinaisons des charges sismiques


Les combinaisons des charges sismiques pour l’analyse à l’aide de la méthode du spectre
de réponse sont les suivantes (cf.Tableau D9.1) :

Cas de
Modèle bi-dimensionnel Modèle tri-dimensionnel
charge
gauche-
horizontal vertical amont-aval vertical
droite

1 + + + + +
2 + - + + -
3 - + + - +
4 - - + - -
5 - + +
6 - + -
7 - - +
8 - - -

Tableau D9.1 - Signes du séisme de vérification

Les déplacements et les sollicitations sont à représenter séparément pour chaque cas de
charge partiel.

14. Annexe D10 - Calcul de la déformation maximale et des sollicitations


correspondantes à partir des valeurs propres maximales
Les déformations maximales et les sollicitations correspondantes sont calculées selon la
méthode du spectre de réponse à partir des différentes valeurs propres. Les contributions
des différentes valeurs propres sont superposées séparément pour chaque direction de la
sollicitation (composantes) selon la méthode SRSS (racine carrée de la somme des carrés
des contributions des différents modes).

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n n n
Sx = ∑ S ix2 ,
i =1
Sy = ∑ S iy2 ,
i =1
Sz = ∑S
i =1
2
iz

avec : Sx , Sy , Sz : déformation ou sollicitation maximale totale due à la


composante selon x, y ou z du séisme
Six, Siy , Siz : déformation ou sollicitation maximale due à la composante
selon x, y ou z du séisme et correspondant à ièmei valeur
propre
n : nombre de valeurs propres prises en compte
Si les différentes fréquences propres sont presque égales (différence entre les fréquences
inférieures à 10 %), leurs contributions doivent être additionnées directement, car leurs
valeurs maximales se produisent pratiquement simultanément. Supposant que la fréquence
propre j a par exemple pratiquement la même valeur que la fréquence propre k, l’équation ci-
dessus pour le calcul d’une déformation ou d’une sollicitation due à la composante selon x
(et en analogie selon y et z) du séisme est modifiée comme suit :

+ (S jx + S kx )
n*
Sx = ∑S 2 2
ix
i =1

avec : n* : nombre des valeurs propres prises en compte sans j et k


Les réponses sismiques selon les différentes directions de la sollicitation peuvent être
combinées selon l’Eurocode 8 (ENV 1998-1-2) [19] comme suit:
± S x ± 0.3 ⋅ S y ± 0.3 ⋅ S z
± 0.3 ⋅ S x ± S y ± 0.3 ⋅ S z
± 0.3 ⋅ S x ± 0.3 ⋅ S y ± S z
Avec la variation du signe, les équations ci-dessus conduisent à 24 cas de charge. Les
combinaisons de charges les moins défavorables peuvent être négligées.

15. Annexe D11 - Masse oscillante avec le barrage


La somme des masses oscillantes associées à toutes les valeurs propres prises en compte
doit correspondre au moins à 80 % de la masse totale ou il faut tenir compte de tous les
modes d’une fréquence inférieure ou égale à 33 Hz (fréquence d’un corps solide). Si tel n’est
pas le cas, des valeurs propres supplémentaires doivent être considérées en introduisant
une contribution statique correctrice. L’équation pour la superposition des déformations ou
des sollicitations avec une contribution statique correctrice s’écrit comme suit pour la
composante x du séisme (et en analogie pour les autres composantes) :
n
Sx = ∑S + S stx
2 2
ix
i =1

avec : Sstx : déformation ou sollicitation due au cas de charge statique avec


la masse résiduelle et l’accélération d’un corps solide ah pour la
composante selon x du séisme

16. Annexe D12 - Vérification de la discrétisation


La continuité des déplacements est assurée dans un modèle d’éléments finis, la continuité
des contraintes dans les éléments n’est par contre pas garantie. Une erreur de discrétisation
apparaît selon le maillage et le type des éléments finis. Le modèle de calcul doit être vérifié
pour éviter cette erreur. La plupart des logiciels d’éléments finis proposent une vérification à
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l’aide de l’erreur normalisée par rapport à l’énergie. Pour une accélération uniforme dans la
direction de la vallée, l’erreur normalisée par rapport à l’énergie du modèle complet doit être
inférieure à 5% [13]. Un maillage approprié au type d’éléments finis choisi et l’absence
d’éléments trop distordus est en général utile pour satisfaire à cette condition.

17. Annexe D13 - Valeurs de l’amortissement pour la vérification des


ouvrages annexes

Matériaux Classe III Classe II Classe I


Béton armé 5% 7% 7%
Béton non-armé 4% 5% 5%
Acier boulloné 5% 7% 7%
Acier soudé 2% 4% 4%

Tableau D4.1 - Valeurs de l’amortissement par rapport à l’amortissement critique

18. Annexe D14 - Commentaires

Commentaire 1 (paragraphes 2.2.2, 3.2.2 et 4.2.2)


Beaucoup d’essais ont montré que le module d’élasticité, la résistance à la compression et la
résistance à la traction du béton augmentent avec la vitesse de charge. Le bulletin 46 du
CIGB [14] cite comme exemple les résultats d’essais du barrage Big Tujunga en Californie :
Résistance à la compression : 12 à 15 % d’augmentation
Résistance à la traction : 62 à 83 % d’augmentation
Module d’élasticité : 22 à 25 % d’augmentation
Selon [15], l’augmentation de la résistance en fonction de la vitesse de déformation peut être
représentée par le graphique de la Figure D14.1.

Séisme
traction

traction par flexion


compression Figure D14.1 : Augmentation
de la résistance en fonction de
la vitesse de déformation
(selon [15])

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Commentaire 2 (paragraphes 3.2.2 et 4.2.2)

Propriétés de déformation des fondations

Essais in situ

Les essais in situ permettent la détermination des valeurs caractéristiques élastiques des
matériaux et les valeurs de l’amortissement, dans certains cas même des propriétés non-
linéaires. En admettant un continuum élastique, les résultats de mesures permettent de
déterminer la vitesse de compression vk et la célérité des ondes de cisaillement vs , les
constantes élastiques, module d’élasticité E, module de cisaillement G et coefficient de
poisson ν, à l’aide des équations suivantes :

E = 2 ⋅ ρ ⋅ vS ⋅ (1 + ν )
2

E
G=
2 ⋅ (1 + ν )
v K − 2 ⋅ vS
2 2
ν =
(
2 ⋅ v K − vS
2 2
)
avec : ρ : masse spécifique du matériau
Pour les essais in situ les méthodes de la sismique de réflexion, de la sismique de réfraction
et des mesures dans des forages [9] sont utilisées :
Sismique de réflexion : La surface du sol est sollicitée par des impulsions
(par exemple par des explosions) et le temps
d’arrivée des ondes réfléchies à la surface des
couches est mesuré en plusieurs points à la surface.
Sismique de réfraction : La surface est également sollicitée par des
impulsions et le temps d’arrivée aux points à la
surface est mesuré. La vitesse est calculée en
admettant une réfraction des ondes.
Mesures dans des forages : Il existe plusieurs variantes de cette méthode :
− Propagation verticale des ondes dans le forage,
soit de bas en haut ou le contraire ("up-hole" ou
"down-hole").
− Propagation horizontale des ondes d’un forage à
l’autre ("cross-hole").
La méthode par forage nécessite également une sollicitation impulsive ; en général par une
explosion ou un coup de marteau. Outre la célérité des ondes de compression, la vitesse de
propagation des ondes de cisaillement est également mesurée en utilisant un sismomètre à
trois composantes.
Essais en laboratoire

Les essais en laboratoire permettent de déterminer le module de cisaillement et


l’amortissement dans le domaine des petits déplacements de cisaillement à l’aide des
"Resonance Column Tests" et des petites éprouvettes de sol. Ces essais consistent à
déterminer la fréquence de résonance d’éprouvettes de sol cylindriques sollicitées avec une
fréquence variable à partir des déformations mesurées. Le module de cisaillement étant
proportionnel au carré de la vitesse de propagation des ondes, ces mesures permettent d’en
déduire le module de cisaillement et l’amortissement. Pour le domaine de déplacements de

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cisaillement, la courbe d’hystérèse pour les valeurs des contraintes et des déplacements de
cisaillements définies est déterminée à l’aide d’échantillons de sol placés dans des appareils
tri-axiaux ou de cisaillement soumis à une sollicitation dynamique. Les résultats permettent
de déduire la relation entre le déplacement de cisaillement et le module de cisaillement, et
de l’amortissement du matériau.
Résistance du barrage

La résistance à la traction du béton peut en général être déterminée à l’aide d’un essai uni-
axial à la traction, Brésilien, de fendage de coin ou de traction par flexion. L’essai de traction
par flexion est le plus approprié pour juger la contrainte de traction calculée à l’aide d’une
analyse linéaire par éléments finis [18]. Le type d’essai, la taille des éprouvettes et la vitesse
de la charge influencent par contre la résistance à la traction. Dans un état de contrainte tri-
axial, la résistance à la traction dépend des contraintes dans les autres directions
orthogonales. Afin de déterminer des valeurs réalistes pour un béton de masse sollicité par
un séisme à partir d’essais statiques ou dynamiques en laboratoire, ces aspects doivent être
considérés selon les indications données par la littérature.
Détermination de l’amortissement

L’amortissement visqueux du matériaux peut être déterminé à partir d’essais en laboratoires


selon la Figure D14.2. Cet amortissement est pris en compte implicitement ou explicitement
suivant la méthode de calcul ou le logiciel utilisé. Au cas d’une modélisation numérique des
valeurs caractéristiques non-linéaires des matériaux soumis à une sollicitation dynamique,
l’amortissement est pris en compte implicitement. Sinon, l’amortissement visqueux peut être
donné explicitement par une valeur d’amortissement moyenne.

τ
G0

AT

γ
Amplitude du déplacement de cisaillement Figure D14.2 - Définition
du module de cisaillement
(G0), de l’amortissement
AT du matériau (ζ) et de
l’amplitude du
A
Amortissement: ζ = 4 ⋅ π Z⋅ A déplacement de
T cisaillement (selon [14]).

Commentaire 3 (paragraphe 4.2.2)


Selon [17]
H. Bachmann, M. Wieland; Einführung in die Erdbebensicherung von Bauwerken;
Vorlesung ETH Zürich; 1979.
« L’amortissement résulte de :
(i) Amortissement interne :
− Amortissement du matériau dû à des effets thermo-élastiques et de plastification
(par exemple amortissement d’hystérèse)
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− Amortissement de la structure (structure interne du matériau)


1) Frottement de Coulomb en fonction de l’état de contrainte
La force de frottement peut approximativement être calculée comme suit :
f d = c o + σ ⋅ tan ϕ ; avec ϕ : angle de frottement
2) Frottement liquide
Correspond à un amortissement visqueux proportionnel à la vitesse
f d = c ⋅ x&
(ii) Frottement sur des surfaces de contact
(joints constructifs, frottement aux appuis, fissures, surfaces de ruptures dans le
rocher de fondation, etc.)
(iii) Transmission d’énergie aux fondations :
Une partie des fondations oscille ensemble avec l’ouvrage. Cet amortissement, dit
amortissement géométrique (« radiation damping ») peut être simulé par des
éléments d’amortissement visqueux.
Le terme d’amortissement de la structure (« structural damping ») désigne également
l’amortissement dans l’ouvrage qui est indépendant de la fréquence.
Les mécanismes de l’amortissement ne sont en général pas connus complètement et les
valeurs déterminées expérimentalement montrent une grande dispersion. Pour cette raison,
uniquement l’amortissement visqueux (équivalent) est utilisé en pratique. Cet amortissement
est par exemple déterminé sur la base de considérations énergétiques. »
L’amortissement modal représente l’amortissement des différentes parties de l’ouvrage et
des fondations par une pondération de l’énergie de déformation.
D’autres méthodes peuvent être utilisées avec profit pour tenir compte de l’amortissement
différent, si des données plus détaillées concernant les caractéristiques d’amortissement de
la structure du barrage et des fondations sont disponibles. Comme ces méthodes conduisent
à une matrice d’amortissement « non proportionnelle », une analyse modale à valeurs
propres complexes, un calcul à l’aide de fonctions de transfert, la transformée de Fourier et
l’intégration directe entrent en ligne de compte pour le calcul. Les deux dernières méthodes
de calculs ne sont pas compatibles avec la méthode du spectre de réponse.
La restriction de l’amortissement aux valeurs usuellement indiquées est recommandée au
cas où la détermination de l’amortissement et la prise en compte de cette dernière par la
méthode de calcul se basent sur des hypothèses simplifiées.

Commentaire 4 (paragraphes 3.2.4 et 4.2.4)


Afin de tenir compte de l’incertitude des paramètres du modèle, il est utile de procéder à une
analyse de plausibilité. Ainsi, des hypothèses trop conservatives peuvent être évitées. La
fréquence de base d’un barrage peut par exemple être déterminée à l’aide de mesures
d’oscillations lors de vibrations ambiantes (« ambient vibrations ») et les paramètres du
modèle correspondant peuvent ainsi être calés. Sinon, l’intervalle des incertitudes doit être
déterminé par calcul en variant les valeurs des paramètres. Des données sismiques
historiques (sismogrammes mesurés) du barrage éventuellement disponibles peuvent être
analysées et interprétées afin d’évaluer le comportement dynamique réel. Les considérations
de plausibilité concernent également une étude bibliographique, les résultats de calcul
d’analyses de barrages similaires ou des rapport d’expérience sur des séismes réels.

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Commentaire 5 (paragraphe 3.2.4 et 4.2.4)


La pression dynamique de l’eau est toujours influencée par la compressibilité de l’eau. La
masse d’eau oscillante avec le barrage dépend par conséquent de la fréquence et l’énergie
sismique est dissipée par les effets de propagation d’onde dans la direction amont (retenue-
vallée) et par des effets d’absorption dans les rives de la retenue. Ces effets surgissent, si la
longueur de la retenue prise en compte pour le calcul est infinie et si la fréquence du barrage
est inférieure à celle de la retenue. Une analyse détaillée de l’influence de la compressibilité
demande une analyse lourde dans le domaine des fréquences [11].
Sur la base des fréquences propres mesurées ou calculées du barrage et de la retenue, il
est possible de savoir si la compressibilité de l’eau est significative. Si la fréquence du
barrage est largement inférieure à celle de la retenue, le mouvement du barrage oscillant à
la fréquence propre est plus lent que celle de la retenue. Le comportement de la retenue est
similaire au comportement de l’eau incompressible. Le comportement correspond au modèle
de Westergaard avec des masses complémentaires. Si la fréquence du barrage se
rapproche de celle de la retenue ou la dépasse, le comportement change de manière
significative. Le mouvement du barrage est plus rapide que celui de la retenue et l’eau ne
peut pas l’éviter à cause de son inertie. Physiquement, une propagation d’onde de
compression et par conséquent une dissipation d’énergie apparaissent.
La fréquence de la retenue pour un lac de longueur admise infinie pour le calcul peut être
estimée selon les formules indiquées sur la Figure D14.3.
Figure D14.3 : Fréquence
cw: célérité des ondes de compression dans l’eau (1451 m/s) propre d’une retenue de section
transversale simple (selon [16])

H H

Section rectangulaire Section semi-circulaire

cw cw
fr = fr =
4⋅ H 3.4 ⋅ H

La fréquence estimée de la retenue fr est comparée à la fréquence propre du barrage à lac


vide fs . L’influence de le compressibilité de l’eau peut être négligée, si la condition suivante
est remplie :
fs
< 0 .7
fr
La longueur de la retenue peut être admise infinie pour le calcul, si le temps d’aller et de
retour d’une onde de pression générée au parement amont du barrage dans l’eau est
supérieur à la durée du séisme. Ce temps peut être calculé comme suit :
2⋅ L
tw =
cw
avec : L : longueur de la retenue
c w : célérité des ondes de pression (ondes de compression) dans
l’eau (1451 m/s)

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Au cas d’une durée du séisme de 10 secondes la longueur de la retenue doit par exemple
être supérieure à 7.3 km pour être admise d’une longueur infinie pour le calcul. La plupart
des retenues suisses ont une longueur inférieure.

Commentaire 6 (paragraphe 4.2.4)


Selon [10]
G.R. Darbre; "State of Practice in Eartquake Analysis of Dams; Nachdiplomkurs in
angewandten Erdwissenschaften, Naturgefahren-Erdbebenrisiko; ETH Zürich und
Volkshochschule im Schwarzwald; 15.- 19. Mai 2000.

"4.2.3 Foundation-dam interaction


Because of the three-dimensional nature of the foundation-dam system, different aspects of
foundation-dam interaction can contribute in a non-negligible way to the dynamic response of
an arch dam.

a) b)

c) d)

Figure 17 - Dam-foundation
interaction:
a) Canyon effects;
b) Kinematic interaction;
c) Inertial interaction;
d) Incoherent excitation.

First, the topography of the valley and the inertia and energy dissipation properties of the
foundation rock leads to a non-uniform earthquake excitation, and this also in the absence of
a dam (canyon effects, Figure 17a). Then, assuming that the dam has no mass (flexibility
only), the motion along the abutment of the dam is affected by the static resistance that the
dam offers to a deformation (kinematic interaction, Figure 17b). Canyon effects and
kinematic interaction are more pronounced when the significant wave lengths of the
excitation are short compared to a characteristic dimension of the site and of the dam.
Finally, the motion along the abutment is modified by the inertial response of the dam (inertial
interaction, Figure 17c). All these elements are considered approximately or not at all in the
established methods of analysis due to the fact that only the flexibility of the foundation is
considered in the calculation and that the excitation is introduced as uniform along the
external boundary of the model of the foundation rock."

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Commentaire 7 (paragraphe 4.2.5)


Selon [12]
V.H. Persson, R. Ahmad; Criteria for Safe Dam Performance in California; Personal
Communication.

"Safe Performance
Nonlinear dam behavior is indicated by factors of safety less than 1.0. Evaluation of
nonlinear behavior on the basis of linear elastic result is a difficult task. DSOD (Department
of Safety of Dams) uses the following as a guideline until more rigorous procedures are
developed. Important parameters which help in evaluating the performance of nonlinear
behavior are a) The number of times the stress exceeds the strength during the earthquake;
b) The durations of stress pulses beyond the strength; c) The degree of overstressing; d)
Location and extent of overstressed zone.
Three or more stress pulses exceeding the strength warrant serious consideration. It is
generally believed that arch tensile stresses may not exist because of the likely opening of
contraction joints. Behavior of arches under seismic tensile stress beyond the strength of
contraction joints is an area of active research.
If severe overstressing (e.g. cracking through more than 20 percent of the thickness due to
cantilever tensile stresses) is indicated in early stages of the earthquake, one may assume a
cracked section and repeat the stress analysis.
Arch and cantilever stresses are redistributed if overstressing occurs during a seismic event.
Therefore the simultaneous capacity of two structural components is examined. If the other
structural component can be shown to carry the redistributed load, it is acceptable."

19. Bibliographie
[1] Vutukuri & Lama; Handbook on Mechanical Properties of Rock, Vol. 1-4; 1974-78.
[2] Link H.; zur Beurteilung und Bestimmung der Gleitsicherheit von Gewicht- und
Pfeilerstaumauern, Die Wasserwirtschaft 1/1967, p. 35.
[3] Link H.; The sliding stability of dams, Water Power May 1969, pp 172-179.
[4] A. Soriano & F.J. Sanchez; Evaluation of Safety Against Foundation Failure of
Concrete Dams, Proceedings of the International Symposium on New Trends and
Guidelines on Dam Safety (ed. L. Berga), Barcelona, Juni 1998, pp. 537 - 544.
[5] Seed, Idriss; Soil Moduli and Damping Factor for Dynamic Response Analyses;
University of California Berkeley; EERC 70-10, 1970.
[6] H.M. Westergaard; Water Pressures on Dams During Earthquakes; American Society
of Civil Engineers, Paper No. 1835; November 1931.
[7] Sieffert, Cevaer; Manuel des Fonctions d'Impédance; Fondations Superficielles,
1991, Ouest Éditions.
[8] A. Holland, E. Alstedt; Arch Dam Analysis by the Finite Element Method; Division of
Structural Mechanics, Technical University of Norway, Trondheim; 1968.
[9] H. Lorenz, G. Klein; Bodendynamik und Erdbeben; Grundbau Taschenbuch 3.
Auflage, Teil 1; 1980.
[10] G.R. Darbre; "State of Practice in Eartquake Analysis of Dams; Nachdiplomkurs in
angewandten Erdwissenschaften, Naturgefahren-Erdbebenrisiko; ETH Zürich und
Volkshochschule im Schwarzwald; 15.- 19. Mai 2000.
[11] Tan, Chopra; EACD-3D-96, A Computer Program for Three Dimensional Earthquake
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Analysis of Concrete Dams; Department of Enviromental Engineering, University of


California Berkeley, California; 1996.
[12] V.H. Persson, R. Ahmad; Criteria for Safe Dam Performance in California; Personal
Communication.
[13] Zienkiewicz, R.L. Taylor; The Finite Element Method Volume 1; Basic Formulation
and Linear Problems; Mc Graw Hill Book Company.
[14] Seismicity and Dam Design; ICOLD-Bulletin Nr. 46; 1983.
[15] W. Suaris, S.P. Shah; Properties of Concrete Subjected to Impact; ASCE, Vol. 109;
1983.
[16] T. Szczesiak, B. Weber; Hydrodynamic Effects in a Reservoir with Semi-Circular
Cross-Section and Absorptive Bottom; Soil Dynamics and Earthquake Engineering, Vol
11, 1992.
[17] H. Bachmann, M. Wieland; Einführung in die Erdbebensicherung von Bauwerken;
Vorlesung ETH Zürich; 1979.
[18] R. Dungar, H. Kreuzer; Apparent Tensile Strength for Arch Dam Design: A Review of
Rate, Site and Strength Dependency; Dam Engineering Vol III, Issue 3; 1992.
[19] Eurocode 8 (ENV 1998-1-2)- Design Provisions for earthquake resistance of
structures- Part 1-2; General rules for buildings.

20. Liste des notions utilisées dans la directive, Partie D


ah: accélération horizontale du sol
as : accélération spectrale
as max : accélération spectrale maximale
av : accélération verticale du sol
bi: largeur de la tranche i
bs : largeur du barrage
c: constante d’amortissement pour l’amortissement visqueux
c: cohésion
c 0: cohésion
c w: célérité des ondes de compressions dans l’eau
fcd: résistance à la compression dynamique du béton
fcs : résistance à la compression statique du béton
fd: force de frottement
fr: fréquence de la retenue
fs : fréquence fondamentale du barrage
ftd: résistance à la traction dynamique du béton
h: hauteur (variable)
hi: hauteur de la tranche i
hs : hauteur du barrage
hw: niveau d’eau
i: angle de dilatation

Partie D – Barrages en béton et en maçonnerie


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m i: masse totale de la tranche i


ms: masse du barrage
m si: masse du barrage dans la tranche i
m w: masse d’eau
m wi: masse d’eau dans la tranche i
n: nombre de valeurs propres retenues dans la méthode du spectre de réponse
n*: nombre de valeurs propres retenues dans la méthode du spectre de réponse
sans les valeurs proches les unes des autres
tw: temps de parcours des ondes de compression du barrage et à l’arrière de la
retenue et retour
vK: célérité de l’onde de compression
vS: célérité de l’onde de cisaillement
x& : vitesse de déplacement

AT : énergie élastique stockée en état de déformation maximale


AZ : dissipation d’énergie pendant un cycle de charge-décharge
E: module d’élasticité
Ed: module d’élasticité dynamique
Es : module d’élasticité statique
G: module de cisaillement
G0: module de cisaillement moyen
H: hauteur du barrage
L: longueur du réservoir
MKipp: moment de renversant
MRück: moment stabilisant
QH: charges sismiques horizontales de substitution
QHi: charges sismiques horizontales de substitution agissant sur la tranche i
QHtot : charge sismique horizontale de substitution totale
QVi: charges sismiques verticales de substitution agissant sur la tranche i
QVtot : charge sismique verticale de substitution totale
Rf : dimension spatiale du modèle de fondation
Sd y n: résistance dynamique
Six: déformation ou sollicitation maximale de la valeur propre i pour la composante x
du séisme
Siy : déformation ou sollicitation maximale de la valeur propre i pour la composante y
du séisme
Siz: déformation ou sollicitation maximale de la valeur propre i pour la composante z
du séisme
Sjx: déformation ou sollicitation maximale de la valeur propre j, proche de k, pour la

Partie D – Barrages en béton et en maçonnerie


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composante x du séisme
Skx : déformation ou sollicitation maximale de la valeur propre k, proche de j, pour la
composante x du séisme
Sstat : résistance statique
Sstx : déformation ou sollicitation due à la partie correctrice statique de la composante
x du séisme
Sx : déformation ou sollicitation maximale totale due à la composante x du séisme
Sy : déformation ou sollicitation maximale totale due à la composante y du séisme
Sz: déformation ou sollicitation maximale totale due à la composante z du séisme
T: période
Ts : période fondamentale du barrage

α: facteur de forme pour le calcul de la période fondamentale du barrage


γ: déformation
e& : vitesse de déformation
ζ: amortissement du matériau
ν: coefficient de poisson
ρ: masse spécifique
ρ w: masse spécifique de l’eau
σ: contrainte normale
σm : contrainte normale moyenne
τ: contrainte de cisaillement
τm: contrainte de cisaillement moyenne
ϕ: angle de frottement
ψi: facteur de forme pour la méthode du spectre de réponse simplifiée
ψk : facteur de correction tenant compte de l’augmentation de la valeur propre pour la
méthode du spectre de réponse simplifiée
ψm : coefficient de masse pour la méthode du spectre de réponse simplifiée
∆hi: épaisseur de la tranche i

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PARTIE E - BARRAGES MOBILES

1. Généralités

1.1 Principes

1.1.1 Type de barrage et domaine d’application

Cette partie des directives concerne les barrages mobiles et leurs fondations ainsi que les
ouvrages annexes importants du point de vue de la sécurité.

1.1.2 Classification

En référence à la Partie A, les barrages mobiles sont divisés en trois classes qui doivent
satisfaire à des exigences différentes. Ceci concerne tant la sévérité du séisme de
vérification selon Partie B que le niveau de détail de la vérification selon la présente Partie E.

1.1.3 Documents

L’analyse correcte du comportement d’un barrage mobile sollicité par un séisme nécessite
les documents suivants qui sont à préparer en conséquence :
- Géométrie et configuration du barrage mobile.
- Propriétés concernant les sollicitations statiques et dynamiques des matériaux de
construction utilisés pour le barrage.
- Conditions géotechniques et géologiques des fondations.
- Comportement à long terme du barrage mobile selon les rapports annuels et
d’expertises éventuels.
Des documents complémentaires sont nécessaires en cas de problèmes reconnus ou
d’insuffisances des informations disponibles. Le cas échéant, des investigations appropriées
sont exécutées.

1.2 Conditions structurelles

1.2.1 Configuration

Les barrages mobiles sont par leur configuration des structures plutôt élancées dont le
comportement statique est comparable aux bâtiments et ponts dans plusieurs aspects. En
outre, ils peuvent reprendre des importantes charges horizontales (charges dues à l’eau),
tant dans la structure elle même que dans les fondations et à la zone de contact structure-
fondation. Les barrages mobiles sont également constitués de différents éléments
constructifs, tels que piliers, seuil, ponts ainsi que d’éléments de retenue mobile et leurs
installations d‘entraînement.

1.2.2 Matériaux

Les barrages mobiles et leurs éléments sont en règle générale construits de matériaux
différents tel que béton damé, béton armé et acier de construction. En outre, la zone de
fondation avec les matériaux naturels correspondants est une partie importante de la
structure porteuse complète.

Partie E – Barrages mobiles


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1.3 Contenu de la directive


La diversité des conditions structurelles des barrages mobiles est prise en compte par la
recommandation et l’autorisation explicites de se référer à des directives et les normes tiers
existantes ([1] à [4]). Sous réserve des dispositions générales de la Partie D et de celles de
la présente Partie E, ceci concerne en particulier :
- Les directives et les normes relatives au dimensionnement des constructions aux
séismes.
- Les directives et les normes relatives au dimensionnement des fondations aux
séismes.

2. Méthodes de vérification

2.1 Comportement recherché


Le comportement recherché des barrages mobiles sollicités par un séisme correspond à
l’exigence qu’aucune rupture des piliers ou des organes de fermeture et des ouvrages
annexes n’entraîne l’écoulement incontrôlé de masses d’eau. Des dégâts importants –
jusqu’à l’écroulement partiel d’éléments de la structure se situant au-dessus du niveau d’eau
maximal – sont tolérés si les organes de sécurité (vannes) peuvent être commandés en tout
temps par d’autres moyens après le séisme.

2.2 Vérifications demandées


Correspondant au comportement recherché, les vérifications suivantes doivent être
satisfaites :
- Vérification de la résistance de la structure porteuse.
- Vérification de la résistance des éléments de retenue.
- Vérification de la stabilité du barrage mobile.
- Fonctionnement des organes de sécurité.

2.3 Modélisation
Les barrages mobiles ont en règle générale un comportement bi-dimensionnel. Un modèle
bi-dimensionnel avec un niveau de détail déterminé en analogie aux dispositions de la Partie
D est par conséquent en général suffisant. Lors de la modélisation, les particularités
suivantes sont à considérer :
- Délimitation du modèle.
- Ponts et ponts de service.
- Directions déterminantes.
- Géométrie de la zone de fondation.
- Valeurs caractéristiques des matériaux.
- Valeurs caractéristiques des matériaux de la structure porteuse et des organes de
fermeture.
- Masse d’eau oscillante avec le barrage mobile.

Partie E – Barrages mobiles


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2.3.1 Délimitation du modèle

En règle générale, l’analyse d’une seule passe du barrage mobile est suffisante. En général,
il s’agit d’un seul pilier et d’une demi-passe de chaque coté du pilier étudié. L’influence
d’éventuels ponts et ponts de service ainsi que des machines sur le comportement sismique
du pilier analysé est à représenter de manière vérifiable et la délimitation du modèle est à
expliquer.

2.3.2 Ponts et ponts de service

L’influence structurelle d’éventuels ponts et ponts de service (rigidité perpendiculaire à l’axe


de la rivière) peut être déduite d’une modélisation du barrage mobile complet dans la
direction transversale.

2.3.3 Directions déterminantes

En règle générale, les directions suivantes sont déterminantes pour les différentes
vérifications et des modèles appropriés doivent être préparés :
- Vérification de la résistance de la structure porteuse : dans l’axe de la rivière et
perpendiculairement à cette dernière.
- Vérification de la résistance des éléments de retenue : dans l’axe de la rivière.
- Vérification de la stabilité du barrage mobile : dans l’axe de la rivière et
perpendiculairement à cette dernière.
- Fonctionnement des organes de sécurité : en fonction de l’organe étudié.

2.3.4 Géométrie de la zone de fondation

Le type de fondation de la structure porteuse du barrage mobile (pilier) est à documenter


selon les plans de construction et d’excavation ou de fondations pour les trois classes de
barrages mobiles. Le choix des conditions statiques d’appuis sont à expliquer. En particulier,
les conditions d’encastrement de la structure porteuse dans les fondations doivent être
clarifiées. En cas d’incertitude concernant l’exécution des fondations (concernant la
géométrie et la construction), les paramètres du modèle statique des fondations doivent être
conservatifs ou il faut procéder à des auscultations in situ.

2.3.5 Valeurs caractéristiques des matériaux de fondation

La détermination de la structure du sol de fondation (tracé des couches inclusivement leur


délimitation spatiale) et ses propriétés géotechniques (valeurs caractéristiques des
différentes couches) sont à reporter dans un rapport séparé. Les zones faibles du sol de
fondation, tel que fissures et zones de faible résistance, sont à étudier avec une attention
particulière. Les analyses de stabilité doivent tenir compte de ces zones.
Pour les barrages mobiles de la classe I, il est indispensable de disposer de forages
spécifiques au site (afin de déterminer le tracé des couches et pour prélever des échantillons
de matériaux) ainsi que de résultats d’essais de matériaux (valeurs caractéristiques des
matériaux).
Pour les barrages de la classe II et III, on peut se baser sur des expertises géotechniques et
géologiques de conditions de fondations similaires dans la région du barrage mobile. Dans
ce cas, les références et un aperçu de toutes les données sont à reporter dans un rapport
séparé. Des valeurs conservatives doivent être choisies pour les paramètres des matériaux
nécessaires pour les vérifications de la sécurité (matrice et éléments de la structure du sol
de fondation). Au cas où l’analyse de stabilité de la structure porteuse, en particulier
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l’analyse de la sécurité au glissement, conduit à un facteur de sécurité inférieur à 1.5


(barrages mobiles de la classe II), respectivement à 1.25 (barrages mobiles de la classe III),
il faut procéder à un relevé des paramètres du sol de fondation à l’aide d’auscultations.

2.3.6 Valeurs caractéristiques des matériaux de la structure porteuse et des organes de


fermeture

La détermination de valeurs caractéristiques de la structure porteuse et pour les vannes peut


se faire en fonction de la classe de barrages selon la Partie D. En partie, il est admissible
d’évaluer les paramètres des matériaux sur la base d’indications trouvées dans la littérature
ou de comparaisons.
Les valeurs caractéristiques dynamiques des matériaux peuvent dans tous les cas être
déduites des valeurs statiques (Partie D). L’amortissement à prendre en compte pour les
analyses est indiqué au Tableau 1:

Matériaux Classe III Classe II Classe I


Béton armé 5% 7% 7%
Béton non armé 4% 5% 5%
Acier boulonné 5% 7% 7%
Acier soudé 2% 4% 4%

Tableau 1 : Valeurs d’amortissement par rapport à l’amortissement critique.

Ces valeurs tiennent compte d’une dissipation de l’énergie due à une déformation non-
linéaire qui n’est pas modélisée par une analyse linéaire. Au cas d’une modélisation non-
linéaire, les valeurs d’amortissement introduites ne doivent pas dépasser la moitié des
valeurs indiquées ci-dessus.

2.3.7 Masses d’eau oscillantes avec le barrage mobile

Dans l’axe de la rivière

L’eau dans la retenue oscille avec le barrage mobile dans la direction de l’axe de la rivière.
La masse d’eau oscillante [5] est à déterminer selon la Partie D (Annexe D2). Il faut tenir
compte ici tant de l’eau oscillant avec les piliers que de l’eau oscillant avec les vannes.
Perpendiculairement à l’axe de la rivière

L’eau dans la retenue et l’eau à l’aval du barrage mobile oscillent avec le barrage mobile
dans la direction perpendiculaire à l’axe de la rivière. La masse d’eau oscillante
correspondant à toute la masse de l’eau située entre les piliers (à l’amont et à l’aval).

2.4 Documentation
Outre les exigences formulées au chapitre 5 de la Erreur! Source du renvoi introuvable.,
la documentation contient les éléments suivants :
- La classification (cf. Partie A).
- Le séisme de vérification (cf. Partie B).
- Le modèle de calcul.
- Toutes les valeurs caractéristiques des matériaux.
- Le déroulement du calcul.
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- Les sollicitations résultantes.


- L’appréciation.
- Les mesures constructives et d’exploitation éventuellement prises.
Ces informations sont à présenter de manière vérifiable, claire et compréhensible. Si les
valeurs caractéristiques des matériaux sont issues d’essais, les différents résultats d’essais
ainsi que leurs analyses doivent également être consignés. Pour les valeurs déterminées par
une analyse comparative, il faut consigner toutes les données et indiquer les références
bibliographiques.
Le choix du système statique joue un rôle déterminant pour la vérification de la sécurité aux
séismes. Par conséquent, une attention particulière est à porter à la présentation vérifiable,
claire et compréhensible. En particulier, les éléments suivants sont à commenter :
- Liaison transversale des différents éléments de l’ouvrage.
- Rigidité transversale des piliers par d’éventuels ponts et ponts de commande des
organes mobiles.
- Imbrication du seuil avec le reste du corps du barrage mobile.
- Conditions de fondations et d’encastrement dans le sol de fondation du corps du
barrage mobile.
- Effet du bassin amortisseur, autres constructions de protection contre l’affouillement
ou affouillements à l’aval.
- Liaison entre le seuil et le corps du barrage mobile.
- Influence d’éventuels ponts sur le système statique.
- Influence d’éventuels ponts de commande des organes mobiles sur le système
statique.
- Influence des éléments de retenue sur le système statique.
Une attention particulière doit également être portée aux propriétés géotechniques des
fondations. La détermination de ces propriétés géotechniques et le choix du système
statique pour l’analyse de la sécurité au glissement sont à documenter dans un rapport
séparé. La manière dont les échantillons ont été prélevés et les essais correspondants
effectués et/ou l’analyse comparative avec des ouvrages de référence sont à exposer
ensemble avec l’appréciation des valeurs caractéristiques des matériaux.

3. Vérifications

3.1 Combinaison de charges


Le séisme de vérification est à considérer comme sollicitation exceptionnelle. Les efforts
internes, les contraintes et les déplacements correspondants doivent être superposés à ceux
dus aux charges d’exploitation usuelles qui incluent :
- Poids propre et surcharges permanentes.
- Poussée de l’eau.

3.1.1 Niveau d’eau

Le niveau admis dans la retenue correspond au niveau maximal d’exploitation. Le niveau


d’eau admis à l’aval correspond au niveau minimal. La répartition des pressions est admise
hydrostatique à l’amont ainsi qu’à l’aval.
La pression de l’eau agissant sur la structure du barrage mobile est due à la retenue à

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l’amont et à l’aval. Perpendiculairement à la direction d’écoulement, la pression de l’eau à


gauche du barrage mobile est admise égale à celle à droite (écoulement par toutes les
passes, pas de vidange d’une passe).

3.1.2 Sous-pressions

Les sous-pressions agissant sur la surface d’appui des piliers sont uniquement prises en
compte pour la vérification de la stabilité.
Pour les barrages mobiles de la classe I, la répartition des sous-pressions de l’amont à l’aval
doit obligatoirement être déterminée sur la base de valeurs mesurées. Si de tels résultats de
mesure ne sont pas disponibles, il faut procéder à une campagne de mesures
correspondantes.
Pour les barrages de la classe II et III, la répartition des sous-pressions est déterminée sur la
base de mesures éventuellement disponibles. Si de telles mesures ne sont pas disponibles,
la répartition des sous-pressions est admise linéaire de l’amont à l’aval. L’écran d’étanchéité
constitue la limite amont. À l’amont de l’écran d’étanchéité, la sous-pression est admise
correspondre à la pression maximale de l’eau. S’il existe un bassin amortisseur ou des
constructions de protection contre l’affouillement à l’aval du barrage mobile, il est admis que
les sous-pressions agissent sur toute la longueur de cet ouvrage jusqu’à son extrémité aval.
Dans la direction perpendiculaire à l’axe de pilier, la sous-pression est moyennée entre la
valeur amont et aval. Les sous-pressions agissent perpendiculairement à la surface d’appui.

3.1.3 Composantes de la sollicitation

Les composantes de la sollicitation sont indiquées en se basant sur les dispositions de la


Partie B dans les trois directions principales : dans l’axe de la rivière, perpendiculairement à
l’axe de la rivière et verticale. Les composantes influencent le comportement des diverses
parties du barrage mobile ainsi que les vérifications correspondantes de manière différente.
Par conséquent, elles sont combinées comme suit :
Résistance de la structure porteuse

- Direction principale de la sollicitation : perpendiculairement à l’axe de la rivière (peut


conduire à une déformation imposée des vannes).
- Première direction secondaire de la sollicitation : dans l’axe de la rivière (influence
l’état de contrainte dans la section transversale du pilier.
- Deuxième direction secondaire de la sollicitation : verticale (influence l’état de
contrainte dans la section transversale du pilier.
- Remarque : La direction principale pour la vérification de la résistance d’éventuels
ponts et ponts de service, peut également correspondre à la direction de l’axe de la
rivière.
Résistance des vannes

- Direction principale de la sollicitation : dans l’axe de la rivière.


- Première direction secondaire de la sollicitation : aucune.
Vérification de la stabilité du barrage dans l’axe de la rivière (glissement et
basculement)

- Direction principale de la sollicitation : dans l’axe de la rivière.


- Première direction secondaire de la sollicitation : verticale (soulagement de la force
verticale stabilisante).

Partie E – Barrages mobiles


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Vérification de la stabilité perpendiculairement à l’axe de la rivière (glissement)

- Direction principale de la sollicitation : perpendiculairement à l’axe de la rivière.


- Première direction secondaire de la sollicitation : verticale (soulagement de la force
verticale stabilisante)

3.2 Modèles de calcul

3.2.1 Barrages mobiles de la classe III

Les dispositions énumérées ci-dessus ainsi que celles de la partie D concernant les
barrages de la classe III forment les principes de la modélisation des barrages mobiles de la
classe III. En outre, les points suivants sont à considérer :
- Pour la vérification de la résistance, il est suffisant de prendre en compte la
composante principale de sollicitation selon le paragraphe 3.1 uniquement. Par
conséquent, on peut renoncer à une sollicitation simultanée de la composante dans
l’autre direction horizontale et de la composante dans la direction verticale.
- Pour la vérification de la stabilité, il faut obligatoirement tenir compte de la
composante principale de la sollicitation selon paragraphe le 3.1 et de la composante
dans la direction verticale. Cette dernière peut être substituée par une force statique
agissant vers le haut et correspondant à l’accélération maximale du sol selon la Partie
B multipliée par la masse totale.

3.2.2 Barrages mobiles de la classe II

Les dispositions énumérées ci-dessus ainsi que celles de la partie D concernant les
barrages de la classe II forment les principes de la modélisation des barrages mobiles de la
classe II. En outre, les points suivants sont à considérer :
- La vérification de la résistance doit tenir compte de la composante selon la direction
principale de la sollicitation selon le paragraphe 3.1 et simultanément de
composantes secondaires (une composante horizontale supplémentaire et une
composante verticale). La composante horizontale secondaire doit être introduite
comme sollicitation dynamique selon les dispositions correspondantes de la Partie D.
La composante verticale peut être introduite sous la forme d’une force statique de
substitution égale à l’accélératiopn de pointe du sol selon la Partie B, multipliée par la
masse de l’ouvrage. Elle agit une fois contre le haut et une fois contre le bas.
- Pour la vérification de la stabilité, il faut obligatoirement tenir compte de la
composante principale de la sollicitation selon paragraphe 3.1 et de la composante
dans la direction verticale. Cette dernière peut être substituée par une force statique
agissant vers le haut et correspondant à l’accélération maximale du sol selon la Partie
B multipliée par la masse totale.

3.2.3 Barrages mobiles de la classe I

Les dispositions énumérées ci-dessus ainsi que celles de la partie D concernant les
barrages de la classe I forment les principes de la modélisation des barrages mobiles de la
classe I. En outre, les points suivants sont à considérer :
- La vérification de la résistance doit tenir compte de la composante selon la direction
principale de la sollicitation selon le paragraphe 3.1 et simultanément des
composantes secondaires (une composante horizontale supplémentaire et une
composante verticale). La composante horizontale secondaire et la composante

Partie E – Barrages mobiles


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verticale doivent être introduites comme sollicitation dynamique selon les dispositions
correspondantes de la Partie D.
- Pour la vérification de la stabilité, il faut obligatoirement tenir compte de la
composante principale de la sollicitation selon le paragraphe 3.1 et de la composante
verticale. Cette dernière peut être substituée par une force statique agissant vers le
haut et correspondant à l’accélération maximale du sol selon la Partie B multipliée par
la masse totale.

3.3 Vérification de la résistance de la structure porteuse


La vérification de la résistance et des déformations se base sur les méthodes habituelles
pour bâtiments et ponts. Les contraintes calculées sont directement comparées à la
résistance. Au cas où ces contraintes dépassent la résistance correspondante, il s’agit de
vérifier si une distribution des contraintes dans les zones avoisinantes est possible sans
autres conséquences graves (cf. dispositions correspondantes de la Partie D). D’éventuels
dégâts aux piliers sont seulement tolérables en garantissant que :
- Ceci n’entraîne aucun écoulement incontrôlé de masses d’eau.
- Le fonctionnement des installations de sécurité (en particulier des vannes) n’est pas
menacé, respectivement peut être rétabli immédiatement à l’aide d’autres moyens.
Si les vérifications correspondantes ne sont pas satisfaites, des mesures appropriées
constructives ou d’exploitation doivent être prises.

3.4 Résistance des vannes


La vérification de la résistance et des déformations se base sur les méthodes habituelles
pour bâtiments et ponts. Les contraintes calculées sont directement comparées à la
résistance. Au cas où ces contraintes dépassent la résistance correspondante, il s’agit de
vérifier si une distribution des contraintes dans les zones avoisinantes est possible sans
autres conséquences graves (cf. dispositions correspondantes de la Partie D). Si la
vérification n’est pas satisfaite, des mesures appropriées constructives ou d’exploitation
doivent être prises.
La vérification doit également considérer les installations de suspension. Tant les vannes
que les installations de suspension sont à vérifier soigneusement pour les déformations de
bords et les contraintes qui en découlent.

3.5 Vérification de la stabilité du barrage mobile


Les vérifications de la stabilité (glissement et basculement, cf. également Partie D) se font
selon les méthodes habituelles de la mécanique des sols et des roches. Il s’agit de vérifier
qu’aucun glissement ou basculement ne se produise (selon Partie C et Partie D) peut être
exclu.
Si les vérifications correspondantes ne sont pas satisfaites, des mesures appropriées
constructives ou d’exploitation doivent être prises.

3.6 Fonctionnement des organes de sécurité


Il s’agit de vérifier que le fonctionnement des organes importants du point de vue de la
sécurité n'est pas menacé, respectivement peut être rétabli immédiatement. En particulier, il
faut étudier toutes les installations mécaniques et de commande qui sont nécessaires à
l’ouverture d’urgence des vannes. Le cas échéant, cette ouverture peut être opérée par des
moyens d’urgence dont la mise en œuvre doit être préparée. Si la vérification n’est pas
satisfaite, des mesures appropriées constructives ou d’exploitation doivent être prises.

Partie E – Barrages mobiles


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4. Centrale
Une vérification de la sécurité aux séismes de la centrale est nécessaire, si elle sert
d’élément de retenue.

5. Bibliographie
[1] SIA-Norm 162 "Betonbauten"; Ausgabe 1989, Teilrevision 1993.
[2] SIA-Norm 162/1 "Betonbauten Materialprüfung"; Ausgabe 1989.
[3] SIA-Norm 161 "Stahlbauten"; Ausgabe 1979.
[4] Eurocode 8 - Design Provisions for Earthquake Resistance of Structures, CEN 1994.
[5] Westergaard; Water Pressures on Dams During Earthquakes, American Society of
Civil Engineering, Paper No. 1835, November 1931.

Partie E – Barrages mobiles


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PARTIE F - INSTRUMENTATION PAR ACCELEROGRAPHES

1. Objectif et étendue de l’instrumentation par accélérographes

1.1 Objectifs
L’instrumentation par accélérographes sert d’une part d’alarme en cas d’une perturbation
due au séisme et d’autre part, elle permet de déterminer le comportement dynamique du
barrage in situ et de récolter les informations nécessaires à la reconstitution d’un événement
extraordinaire lié à un séisme.

1.2 Barrages nécessitant une instrumentation par accélérographes


Les barrages de la classe I doivent obligatoirement être munis d’une instrumentation par
accélérographes.
Dans des cas exceptionnels, les barrages des classes II et III sont également instrumentés,
par exemple pour :
- Les barrages ayant montré une anomalie de comportement.
- Les barrages situés dans une zone fortement active ou proche d’une faille active.

1.3 Etendue
Les barrages doivent être munis d’au moins trois accélérographes ; ils doivent être installés
aux endroits suivants :
- En champ libre.
- Sur le couronnement.
- Au pied du barrage.
L’installation de capteurs supplémentaires est optionnelle.

2. Spécifications minimales

2.1 Accéléromètres
Les spécifications des accéléromètres doivent être conformes aux objectifs fixés.
Le fonctionnement des instruments est à vérifier périodiquement (par enregistrement de
signaux de calibrage).

2.2 Liaison
Une liaison permanente entre les appareils de mesure et la centrale de piquet doit être
assurée afin de pouvoir déclencher une alarme le cas échéant.

2.3 Entretien
Les instruments doivent régulièrement être entretenus et testés par des spécialistes.

2.4 Valeurs limites


Les valeurs limites pour le contrôle suite à un séisme sont à fixer selon la Partie G.

Partie F – Instrumentation par accélérographes


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3. Annexe F1 - Commentaires concernant la Partie F

Situation actuelle
Les instruments de mesures installés sur la plupart des barrages et les intervalles de mesure
de ces appareils ne sont pas appropriés à une analyse du comportement à court terme du
barrage suite à un événement subit et imprévu. Une inspection suite à un tel événement est
à priori possible, la nécessité de cette dernière ne peut par contre pas être déterminée au
préalable à l’aide de mesures existantes du barrage.
L’alarme en cas d’une perturbation sismique est actuellement activée par l’autorité de haute
surveillance (OFEG) qui est de sa part informée par le service suisse sismologique suisse
(SED) – le cas échéant via la centrale de piquet de l’armée – sur les événements sismiques
en suisse. La sollicitation sismique effective au site du barrage ainsi que le comportement de
l’ouvrage sont inconnus et le temps entre l’apparition du tremblement de terre et l’inspection
in situ est relativement longue. Une détermination détaillée de la nécessité et de l’urgence
d’une inspection extraordinaire de l’aménagement n'est actuellement pas possible.
Le comportement dynamique des barrages suisses de la classe I a été évalué pour très peu
d’ouvrages. En règle générale, le comportement dynamique effectif des barrages suisses est
complètement inconnu ; au maximum, il a été estimé sur la base de modèles numériques
ainsi que des auscultations des matériaux. Du fait de ce défaut de connaissance détaillée,
les hypothèses de dimensionnement pour la vérification de la sécurité d’un aménagement
aux séismes doivent être conservatives.

Dispositif d’auscultation de l’avenir


Les accéléromètres (trois composantes) doivent au minimum être disposés sur le
couronnement (le plus souvent dans la section principale), au pied du barrage ainsi que sur
le rocher de fondation à une certaine distance. Des capteurs supplémentaires sont
optionnels et peuvent être prévus en fonction des besoins de l’exploitant. Les valeurs seuils
pour les inspections sont à fixer spécifiquement à l’ouvrage par les experts du barrage. Il est
conseillé d’utiliser des valeurs limites différentes pour le comportement des fondations et
pour le comportement du barrage.
Les enregistrements doivent être archivés. La première interprétation des mesures
(dépassement de la valeur seuil) et la mise en route d’une inspection extraordinaire
appartient au personnel de service de l’exploitation de l’ouvrage de retenue. Le relevé des
mesures et l’entretien des appareils sont – comme pour les autres instruments de mesure -
par principe à la charge de l’exploitant.

Avantages pour l’exploitant


La connaissance détaillée du comportement dynamique d’un aménagement permet une
intervention différenciée et appropriée à l’ouvrage et à la sollicitation dynamique suite à un
séisme. Tant la nécessité que l’urgence d’une inspection peuvent être déterminées de
manière univoque. Ainsi, des inspections inutiles, en partie faites sous des conditions
difficiles et dangereuses (nuit, avalanche, météorologie etc.) peuvent être évitées ou
optimisées dans le temps. Les responsables peuvent être avertis directement sans
intervention de l’autorité de haute surveillance ce qui a des avantages du point de vue de la
rapidité et de l’organisation.
Quant à la vérification de l’ouvrage aux séismes, le comportement dynamique peut être
déterminé de manière univoque à l’aide de l’instrumentation sismique. Les vérifications ne
doivent par conséquent pas être basées sur des hypothèses conservatives, mais sur les
valeurs effectives des paramètres. Ceci peut conduire à des charges de dimensionnement
nettement plus faibles.

Partie F – Instrumentation par accélérographes


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PARTIE G - CONTRÔLES SUITE À UN SÉISME

1. Principes

1.1 Objectif
L’objectif de contrôles suite à un séisme est de pouvoir prendre des mesures éventuelles de
protection des personnes et des biens immédiates. Ceci demande que les dégâts possibles
et un changement de comportement de l’ouvrage après un séisme soient découverts
rapidement.

1.2 Principe
Le niveau de détail et l’urgence des contrôles suite à un séisme dépendent de l’intensité du
séisme sur le site du barrage. Les valeurs limites correspondantes sont spécifiques à
l’ouvrage.
De plus, on fixe des valeurs limites différentes si l’intensité du séisme est déterminée par des
accélérographes sur le site du barrage ou si elle est estimée. Dans ce dernier cas, il faut
tenir compte des incertitudes en se plaçant du coté de la sécurité.

1.3 Niveaux et interventions


On fixe trois niveaux qui demandent les interventions suivantes :
- Niveau 1 : Un contrôle immédiat sur place n’est pas nécessaire.
Lors de la prochaine visite, il faut procéder à un contrôle visuel du
barrage. Les résultats de mesures automatiques télétransmises doivent
être analysés immédiatement afin de pouvoir déceler une éventuelle
anomalie de comportement. Les résultats des mesures non
télétransmises doivent être analysés dès qu’ils sont disponibles.
L’autorité de surveillance est informée sur l’événement et sur les
éventuelles mesures prises.
- Niveau 2 : Il faut procéder à un contrôle sur place dans les 24 heures
(inspection selon le chapitre 3.3 Inspections). L’ingénieur compétent,
l’éventuel expert du barrage et l’autorité de surveillance sont informés
immédiatement sur l’événement et sur les éventuelles mesures prises.
- Niveau 3 : Contrôle immédiat sur place. Inspection selon le chapitre 3.3
Inspections. L’ingénieur compétent est averti immédiatement et se rend
au barrage afin de coordonner les mesures éventuellement nécessaires.
L’éventuel expert du barrage, l’autorité de surveillance et l’autorité
cantonale compétente sont informés sur l’événement. Les résultats des
contrôles effectués et les éventuelles mesures prises sont
immédiatement communiquées à l’éventuel expert du barrage et à
l’autorité de surveillance.

2. Valeurs seuils

2.1 Barrages avec instrumentation


Les valeurs seuils indiquées au présent paragraphe sont valables pour les barrages munis
d’au moins trois accélérographes qui sont reliés en permanence avec la centrale de piquet
de l’aménagement.

Partie G – Contôles suite à un séisme


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Les accélérations de pointe mesurées sur le site du barrage servent de base aux décisions.
Les seuils sont considérés comme atteints, si au moins deux appareils indiquent des valeurs
supérieures aux valeurs indiquées au Tableau suivant.

Niveau Accélération de pointe dans le Accélération de pointe dans ou sur


rocher l’ouvrage
(appui ou en champ libre)
1 > 10 % ah > 20 % ah
2 > 25 % ah > 50 % ah
3 > 50 % ah > 100 % ah

ah correspond à l'accélération horizontale de pointe déterminée selon la Partie B des


présentes directives.

2.2 Disposition transitoire pour les barrages avec instrumentation


Les valeurs limites indiquées ci-dessus doivent être divisées par deux pour les barrages
avec accélérographes pour lesquels la vérification de la sécurité aux séismes dans le sens
des présentes directives n’a pas encore été exécutée.

2.3 Barrages sans instrumentation


Pour les barrages qui ne sont pas munis d’instruments sismologiques, respectivement munis
de moins de trois instruments ou sans liaison permanentes avec la centrale de piquet de
l’aménagement, les valeurs limites suivantes sont valables. Ces valeurs sont basées sur le
mouvement ressenti sur le site du barrage et dans les environs proches selon l’échelle
d’intensité de Medvedev, Sponheurer et Karnik (MSK).

Niveau Intensité MSK Description


sur le site
1 IV Ressenti en général par les personnes se trouvant dans les
maisons, réveillant. Les vitres tremblent
2 V – VI Ressenti en général par les personnes se trouvant à l’extérieur,
éventuellement effrayant. Écaillement du crépi des maisons,
éventuellement dégâts aux cheminées, des objets suspendus
balancent, déplacements de cadres.
3 ≥ VII Beaucoup de personnes se réfugient à l’extérieur, frayeur générale
allant jusqu’à la panique. Dégâts modérés à importants aux
bâtiments.

Intensité selon Medvedev, Sponheurer et Karnik (MSK)

Si l’exploitant reçoit une estimation de l’intensité du séisme sur le site du barrage de l’autorité
de surveillance, l’intensité déterminante est la valeur la plus grande entre l’intensité estimée
par l’autorité et l’intensité des mouvements de la terre ressentie sur le site.

Partie G – Contôles suite à un séisme


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2.4 Exceptions
Si la vérification de la sécurité structurelle respectivement aux séismes d’un ouvrage n’est
pas totalement satisfaite, les valeurs limites sont réduites en accord avec l’autorité.

2.5 Dégâts et anomalies de comportement


En cas d’une mise en évidence de dégâts ou d’une anomalie de comportement, l’ingénieur
compétent est averti immédiatement. L’ingénieur se rend tout de suite à l’ouvrage. L’expert
éventuel du barrage et l’autorité de surveillance sont avertis immédiatement sur l’événement.

3. Inspections

3.1 Étendue des inspections


L’exploitant, respectivement son ingénieur ou les éventuels experts, se charge en principe
de fixer l’étendue des inspections pour les différents niveaux et les prépare. Il considère les
principes suivants.

3.2 Contrôle pour le niveau 1


Des dégâts à l’ouvrage sont peu probables pour le niveau 1 de sollicitation.
Le contrôle a pour objectif de mettre en évidence d’éventuels changements dans le
comportement du barrage et des environs proches à l’aide d’observations visuelles ou
d’instruments. Ceci se fait d’une part à l’aide de contrôles visuels du barrage, de ses
fondations et des rives de la retenue et d’autre part à l’aide d’une interprétation des résultats
principaux des mesures du comportement (déplacements de sections déterminantes, sous-
pressions, débits de percolation).

3.3 Contrôle pour le niveau 2


Des dégâts à l’ouvrage susceptibles de menacer la sécurité de l’aménagement sont peu
probables mais ne peuvent être exclus. En outre, des dommages qui n’influencent pas la
stabilité mais qui peuvent par contre entraver des actions rapides en cas d’urgence (par
exemple approvisionnement en électricité, accès, installations mécaniques) sont possibles.
L’objectif est à priori la mise en évidence de changements du comportement du barrage et
des environs proches ainsi que de signes d’une amorce de changement de comportement.
Ceci se fait d’une part à l’aide d’un contrôle visuel approfondi du barrage, des ses
fondations, des rives de la retenue, des ouvrages annexes, des installations et des
dispositifs nécessaires en cas d’urgence et d’autre part à l’aide d’une interprétation de tous
les résultats de mesures disponibles habituellement analysées lors du contrôle annuel.
Pour les digues, les contrôles sont à répéter pendant une période plus longue fixée par
l’ingénieur compétent, respectivement par les experts éventuels du barrage. Ceci s’avère
nécessaire à cause d’une augmentation retardée possible des pressions interstitielles.

3.4 Contrôle pour le niveau 3


Des dégâts réduisant la sécurité de l’ouvrage à court terme sont peu vraisemblables pour le
niveau de sollicitation 3, mais ne peuvent être exclus. Il faut vérifier soigneusement dans
quelle mesure la sécurité à long terme du barrage est affectée.
Un séisme correspondant au niveau 3 est une sollicitation extrême qui n'a
vraisemblablement encore jamais été supportée par l’ouvrage. Par conséquent, le
comportement correspondant de l’ouvrage est complètement inconnu et un examen

Partie G – Contôles suite à un séisme


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soigneux, complet et immédiat s’avère nécessaire.


L’étendue des contrôles est essentiellement identique à ceux pour le niveau 2. Tous les
autres résultats de mesures disponibles sont à prendre en compte.
Tous les contrôles sont à exécuter immédiatement et doivent être répétés pour tous les
barrages sur une période plus longue fixée par l’ingénieur compétent, respectivement par
l’expert éventuel du barrage.

3.5 Entraînement
Un entraînement du procédé d’intervention (visite et contrôles à exécuter, liaisons, structure
de sécurité interne de l’entreprise) doit être accompli à intervalles réguliers. Cet intervalle est
de une année pour les barrages des classes I et II et de deux ans pour les barrages de la
classe III. Tous les aspects du procédé d’intervention doivent être considérés.
L’entraînement fait objet d’un rapport qui est transmis à l’autorité de surveillance.
L’organisation des entraînements est à la charge de l’exploitant.

3.6 Rapport
L’autorité de surveillance est avertie dès qu’un niveau d’intervention est atteint. Elle est
informée sur les mesures prises et les mesures prévues. Elles sont à justifier.

Partie G – Contôles suite à un séisme


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4. Annexe G1 - Chekliste pour les contrôles suite au séisme

Programme d’inspections
Une liste d'éléments à considérer lors de la préparation de programmes d'inspections après
tremblements de terre est reportée dans le bulletin 62 du Comité International des Grands
Barrages Inspection des barrages après séisme – Recommandations, CIGB, 1988. Les
éléments principaux sont repris ici.

Dégâts aux structures

Digue

Examen soigneux des talus, des protections de talus, repérer d’éventuelles amorces de
glissements, noter les fissures possibles, les tassements, nouveaux déplacements,
soulèvements, phénomènes d’érosion, érosion interne, augmentation de sous pressions ou
des percolations, sources, zones humides, débit des drains, présence de dolines (sink
holes), de dépôts solides. Observer la couleur de l’eau de percolation. Examen des appuis
avec les mêmes critères que pour la digue.

Barrage en béton

Examen soigneux des parements, noter les fissures nouvellement apparues, le déplacement
relatif des joints, les tassements, soulèvements, érosion interne dans les galeries,
augmentation de sous pressions ou des percolations, variation du débit des drains, présence
de dépôts solides. Observer la couleur de l’eau de percolation. Examen des appuis :
observation des éboulements et chutes de pierres éventuels, des nouvelles sources et
suintements.

Evacuateur de crue et ouvrages de vidange

Observation des débris, bois morts et dépôts de toutes sortes. Etat des parois rocheuses au-
dessus du coursier de l’évacuateur de crue. Relevé de la fissuration, recherche de signes de
mouvements d’ouvrages ou de parties d’ouvrages (murs bajoyers, radier, pont, piliers, seuil,
galerie de l’évacuateur). Etat de fonctionnement des galeries de drainage sous radier, des
drains eux-mêmes, variation des débits, de la couleur de l’eau drainée. Examen du bassin
d’amortissement, des puits et conduits des ouvrages de vidange. Observer l’état des
ouvrages annexes, prises d’eau, grilles, vannes, seuils, conduites en métal, pompes et
moteurs, chambres des vannes, grues ou ponts roulants, appareillage de contrôle –
commande, éclairage, ventilation. Essais de fonctionnement des vannes et de l’appareillage
hydromécanique « à sec » s’il y a lieu.

Galeries, voies de circulation

Contrôler l’accès aux galeries et voies de circulation. Vérifier l’état du revêtement et les
obstructions possibles (éboulement, glissement de terrain). Observer les fissures, les
déplacements relatifs des parois, les venues d’eau éventuelles, l’état des ponts.

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Dégâts non structuraux

Routes d’accès

Même types de problèmes que pour les voies de circulation internes.

Alimentation électrique

Ce point est très important et mérite d’être contrôlé en priorité. Contrôler également l’état de
marche des générateurs de secours et des lignes électriques internes.

Eclairage

Contrôler l’éclairage dans tous les locaux.

Moyens de communication (téléphone, e-mail, fax)

Dans la mesure où les téléphones portables ne fonctionnent pas (pas d’émetteur en état de
marche à proximité), ce point est également très important pour transmettre les informations
recueillies aux différentes instances responsables. A contrôler en priorité.

Etat du sol et de la fondation

Glissements de terrain

Ce point a déjà été signalé au niveau du contrôle des barrages, de leurs appuis et des voies
d’accès. Les mouvements possibles de terrain sont à observer dans tous les alentours de
l’aménagement.

Mouvements de failles

A contrôler pour les affleurements des failles répertoriées et lorsqu’elles apparaissent dans
les galeries et cavernes.

Liquéfaction

Les sols fins non cohésifs saturés peuvent être le siège d’une augmentation de la pression
des pores. Ce phénomène peut conduire à l’instabilité de la fondation ou des talus. Si de tels
sols existent à proximité des ouvrages on examinera leurs déformations et l’apparition de
sable fin.

Le réservoir et ses berges

Seiches

On contrôlera les mouvements du plan d’eau et tentera d’estimer l’ampleur des oscillations
de la retenue pendant et après le tremblement de terre.

Instabilité des rives

Les rives de la retenue seront inspectées le plus rapidement possible pour déceler des
glissements de talus, des éboulements ou pentes rendues instables par les secousses
dynamiques.

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Dépouillement des mesures d’auscultation


Si des dégâts ont été constatés ou si l’on suspecte un comportement inhabituel du barrage,
on effectuera une série complète de mesures d’auscultation, indépendamment de l’intensité
du tremblement de terre ressenti au site. On contrôlera l’état de chaque appareil, pour
s’assurer que le mesure effectuée est correcte. On dépouillera rapidement les mesures, (si
possible sur place) et les analysera promptement pour avoir une première estimation du
comportement.

Etat général du système d’auscultation

La visite comprendra nécessairement un contrôle du dispositif d’auscultation, même si une


campagne de mesures n’est pas requise.

Les accéléromètres à fortes secousses

On examinera l’état de ces appareils et récoltera leur support d’enregistrement si celui-ci


n’est pas télé transmis. On contrôlera aussi l’alimentation de l’appareil et le cas échéant,
rechargera la batterie ou remplacera les piles.

Les pendules

Si les mesures de pendules sont enregistrées, on examinera si un effet du séisme a été


enregistré.

Les pertes d’eau

Si l’on suspecte une variation des débits d’infiltration, celles-ci seront mesurées. En cas
d’enregistrement, celui-ci sera relevé.

Les sous-pressions

On procédera de même que pour les pertes d’eau.

Partie G – Contôles suite à un séisme

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