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Plan

Introduction

Chapitre 1 : Les futures et les forwards


1.Les contrats futures
2.Les contrats forwards

Chapitre 2 : Les swaps


1. Typologie des swaps
2. Risque et leur couverture par les swaps

Chapitre 3 : Les options

1. Caractéristiques d’une option


2. Les stratégies de couverture

Conclusion

Bibliographie
Introduction

L’importance des produits dérivées sur les marchées financiers s’est constamment accrue lors
des vingt cinq dernières années. Les contrats futures et les options font maintenant l’objet de
transactions considérables sur de nombreux marchés organisés. Les contrats forward, les
swaps et différents types d’options sont régulièrement échangées sur les marchés de gré a gré
par les institutions financières, les gérants de fonds et les trésoriers d’entreprise.

Certains de ces actifs dérivés sont parfois intégrés à des titres plus classiques comme les
actions ou les obligations. Un produit dérivé ou simplement un dérivé est un actif dont la
valeur dépend d’autres variables plus fondamentales comme les prix d’autres actifs négociés
sur les marchés, les taux d’ intérêt, les taux de change ou encore les indices, etc.

Cependant, les actifs dérivés sont généralement utilisés soit par des arbitragistes, soit par des
spéculateurs ou soit par des hedgers. Les premiers les utilisent dans l’intension de profiter des
perturbations momentanées du marché ; les seconds, comme leur nom l’indique sont de
simples spéculateurs autrement dit ils prennent des positions qui sont des paris sur l’évolution
future des actifs sous jacents ; les derniers font recours aux produits dérivés dans le but de se
couvrir contre les risques liés a leurs différents placements.

Principalement dans ce travail, nous nous intéresserons aux investisseurs utilisant les actifs
dérivés pour réduire leur exposition au risque de variation de la valeur des actifs sous jacent a
ces contrats. C est ainsi que s’impose notre problématique à savoir : quels sont les types de
couverture et leurs applications ? Pour répondre a cette interrogation, nous allons traiter trois
chapitres consacrées respectivement aux contrats a terme qui sont les futures et les forwards ;
les swaps ; et les contrats optionnels.

L'intérêt de ce travail est de comprendre a travers la présentation des différents instruments


financiers utilisés par les operateurs, comment ces derniers réduisent au maximum le risque
de la variation des actifs sous jacent dans lesquels ils investissent et ce, grâce aux méthodes
statistiques. Ce qui cadre bien entendu avec le contenu de notre cours qui est l’économétrie
des produits dérivés.
Chapitre 1 : Les futures et les
forwards

Les futures et forwards sont tous deux des engagements ferme a acheter ou a vendre une
quantité d’actif appelé sous-jacent a une date future donnée pour un prix convenu et ce, a
travers un marché organisé pour les premiers et un marché de gré a gré pour les seconds. Nous
allons traiter successivement les couvertures avec les contrats futures et les contrats forwards.

1. Les contrats futures

Depuis le début des années 80, le monde financier a été témoin d'innovations continuelles
prenant la forme d'instruments dérivés. Ces produits, parmi lesquels on trouve les contrats
Futures, les swaps et les options, sont transigés relativement à des produits sous-jacents de
base tels que les actions, les obligations, les denrées et les taux de changes.

Puisque ces produits dérivés offrent des faibles coûts de transactions ainsi que des fonctions
de profits innovatrices, ils sont devenus des outils essentiels afin d'établir des stratégies de
couverture, spéculer ou gérer les risques. Alors nous pouvons nous demander a savoir quels
sont les caractéristiques des futures ?

a. Caractéristiques du contrat future

Les contrats futures standardisés sont des instruments financiers auxquels les entreprises et les
investisseurs ont fréquemment recours. Ces contrats ont d’abord porté sur des échanges de
matières premières et de produits. Par la suite, le principe a été transposé aux devises, aux
taux d’intérêt et aux indices boursiers.
Par définition, un contrat futur ou contrat à terme est un contrat standardisé négocié sur un
marché organisé permettant de s'assurer ou de s'engager sur un prix pour une quantité
déterminée d'un produit donné (le sous-jacent) à une date future.

De cette définition, se dégage certaines caractéristiques qui sont propres aux contrats futures,
qui sont les suivantes : l’actif sous jacent sur lequel le contrat est portée (actifs financiers,
matières premières, etc) ; l’échéance du contrat ; la quantité du sous jacent achetée ou
vendue ; la date et le lieu de livraison, le prix unitaire de l’actif sous jacent ; les garanties
exigées par le contrat.

Acheteurs et vendeurs peuvent éventuellement se connaître lors de la négociation, ou bien


celle-ci peut s'effectuer de façon totalement anonyme. A l'échéance, les contrats sont liquidés
comme prévu dans les spécifications, soit par livraison effective du sous-jacent par le vendeur,
soit en cash au prix du marché, les vendeurs payant alors aux acheteurs la valeur atteinte par
les contrats le jour de la liquidation.

Il est important de noter que le prix des futures suit de près les prix de l'actif sous-jacent. Plus
on se rapproche de l'échéance, plus les deux marchés (le marché au comptant et le marché des
futures) tendent à converger.

b. Risque et leur couverture par les futures

Eventuellement, comptes tenu de nombreux risques liés aux variations des cours des actifs
financiers et autres produits qui peuvent faire l’objet d’achat et/ou de vente, les gestionnaires
d’entreprise font appel aux actifs dérivées tels que les futures pour minimiser le risque lié a
leurs différentes positions.

En effet, la couverture est un moyen de protéger un investissement contre les risques lies aux
retournements d’un marché, il consiste généralement à prendre une position dans un
instrument équivalent pour compenser une éventuelle variation contraire à la position
actuelle.

Sur le marché à terme, les hedgers conviennent d’un cours déterminé, plusieurs semaines ou
mois avant d’acheter ou de vendre un produit. Leur position en futures contribue à protéger
leur investissement matériel (le produit lui même) contre une fluctuation des cours, avant que
la vente n’ait physiquement lieu. Parmi les risques auxquels ces derniers peuvent s’exposer,
on peut citer :

 Risque de taux : Risque d’une évolution défavorable du taux d’intérêt lorsqu’un


agent économique souhaite s’engager dans une opération financière à taux variable :
celui d’une hausse pour un emprunteur ; celui d’une baisse pour un créancier ;

 Risque de change : risque d’une modification de la contre-valeur en monnaie


nationale d’un flux de devises à payer ou à recevoir. Une dépréciation de la monnaie
nationale pénalisera l’agent économique qui doit honorer une dette libellée en
monnaie étrangère tandis qu’une dépréciation de la monnaie étrangère pénalisera un
agent devant recevoir une créance libellée dans cette même monnaie ;

 Risque de variation des cours : Risque d’une évolution défavorable du cours d’un
produit qu’un agent économique souhaite acheter ou vendre sur le marché financier ;

 Risque de crédit : Risque pour un créancier que l’un ou plusieurs de ses débiteurs
soient dans l’incapacité de rembourser tout ou partie de la dette qu’ils ont contractée ;

 Risque climatique : Risque d’une variation de l’activité économique d’une entreprise


et donc d’une variation de son chiffre d’affaires à la suite d’une variation des
températures.

Cependant, il existe de nombreuses méthodes de couverture contre les risques avec


l’utilisation des contrats futures.

Lorsqu’une couverture parfaite n est pas disponible, deux décisions doivent être prises à
savoir choisir l actif sous jacent du contrat parmi les contrats disponibles ou choisir le mois de
livraison.

Quand l’actif à couvrir est disponible comme support de contrat, la réponse a la première
interrogation est évidente et immédiate. Quand ce n’est pas le cas, il faut analyser
soigneusement l’offre de contrats pour sélectionner celui dont les prix futures sont le plus
corrélées avec l’actif à couvrir.
Le choix de l’échéance est influencé par plusieurs facteurs. Théoriquement, c est le mois de
livraison contenant la date a laquelle l’actif serait acheté ou vendu qui est retenu. Dans la
pratique, c est souvent un mois de livraison ultérieur qui est retenu. Il s agit d une simple
précaution car les prix futures ont parfois des comportements erratiques pendant le mois de
livraison.

De plus, quand la période de livraison est le mois entier, un hedger avec une position longue
peut se voir obliger de prendre livraison s il possède encore le contrat au début de cette
période, ce qui n est pas forcement son objectif.

c. Couverture du risque de taux d’intérêt par futures

Les Futures Rate Agreement sont des contrats réalisés le plus souvent entre les banques et des
entreprises. Ils permettent de fixer un taux d’intérêt relatif à l’octroi d’un emprunt ou d’un
dépôt futur d’un montant et d’une durée donnée et à une date future précisée. A cette date,
l’une des parties règle à l’autre la différence de frais financiers issus de la différence entre le
taux fixé contractuellement et le taux du marché.

La garantie liée au FRA porte donc uniquement sur les intérêts et non pas sur le capital, il
ne s’agit donc en aucun cas d’un engagement de prêt ou d’emprunt. Ces contrats sont, en
réalité, utilisés pour couvrir des opérations de courte durée. Le FRA est donc un contrat à
terme qui permet de figer le taux d’emprunt (ou d’un placement) qui sera réalisé
ultérieurement à une date et pour une période déterminée mais il n’y a aucun engagement
sur un transfert de capitaux. Si l’entreprise envisage un emprunt, elle achète un FRA, tant
qu’elle projette un placement, elle vend un FRA.
A l’échéance, date à laquelle l’emprunt ou le placement est programmé, l’agent dont les
anticipations sont erronées doit payer à la partie adverse le différentiel entre le taux garanti
et le taux de référence constaté sur le marché à ce moment.

2. Les contrats forwards

Comme, il a été précédemment évoqué, le forward se distingue du contrat future de par son
lieu de négociation qui est le marché de gré a gré. De ce fait, d’autres différences peuvent
apparaitre telles que sa difficulté d être liquidé dû au fait qu’il est fait sur mesure, sa non
standardisation.

Ce type de contrat est symétrique, c'est-à-dire que chaque contrepartie a autant de chance de
gagner ou de perdre de l’argent, dont toutes ses caractéristiques sont fixées à l’avance : date
de règlement, prix à terme, etc. Le prix conclu est appelé cours à terme, et l’échange se
fera à ce prix quelque soit le cours du marché à la date de livraison.

Ainsi à l’échéance, l’acheteur est obligé de livrer la quantité de marchandise fixée dans le
contrat ; le vendeur est obligé de payer le prix convenu, même si cette date le prix de la
marchandise n’est pas le même.

Deux types d’exécution peuvent se produire : Physical settlement ou le sous-jacent est


effectivement échangé ; cash settlement ou si le cours du sous-jacent est en dessous du prix
fixé, l’acheteur se fournit sur le marché et verse la différence au vendeur et inversement.

a. Typologie des Forwards

Plusieurs types des contrats existent, cependant nous allons en citer quelques uns :

 Forward – Forward (Terme contre Terme)

Le Forward-forward est un contrat à terme garantissant un taux d’intérêt futur. Comme le


FRA. Mais en plus avec la mise en place effective de l’emprunt ou du placement.

Il implique donc des mouvements de fonds, mais ne se solde plus par le paiement des
différentiels. Le taux garanti à la signature du contrat est celui qui sera effectivement versé.
Ce contrat impose au vendeur une double opération de trésorerie.
Le Forward-forward permet a une entreprise ou un investisseur qui désire emprunter ou
prêter une date future ou une période déterminée de fixer des maintenant le coût d’un
emprunt ou le rendement d’un placement grâces à une transaction réalisée auprès d’une
banque ou une institution financière avec laquelle cette opération a été initiée,

Il existe deux types d’opérations à terme- terme. Le premier porte sur un emprunt futur . le
second concerne un placement futur.

Dans le cadre d’un FORWARD-FORWARD emprunt, la banque ou l’institution financière


prend l’engagement de réaliser un prêt à une entreprise ou à un emprunteur pour un montant
et une période déterminée, à un taux préalablement garanti.

Dans le cadre, d’un FORWARD-FORWARD placement, l’investisseur prend l’engagement


d’effectuer auprès de la banque ou de l’institution financière un placement pour un montant et
une période déterminée à un taux préalablement garanti.

 Le Forward Rate Agreement (FRA) ou Accord de Taux Futur (ATF)

FRA est un contrat de gré à gré conclu entre deux parties (une entreprise et une banque ou
deux banques entre elles) qui permet de se garantir un taux d’intérêt futur sur un emprunt ou
un placement qu’elle envisage de réaliser.

Les termes du contrat, et les termes de la confirmation, ont fait l’objet d’une normalisation par
l’Association Française des Banques (convention cadre AFB relative aux opérations de
marché à Terme) en avril 1994. Après signature de cette convention par les deux parties, les
opérations ne donnent lieu qu’à une confirmation suivant le modèle lié à la convention. Le
contrat n’implique pas la mise en place effective d’un prêt pu d’un emprunt mais uniquement
le règlement de la différence d’intérêts qui résulte du différentiel entre le taux garanti et le
taux du marché.

 Contrat Forward sur devise

Les Forward sur devises est fixé pour se couvrir contre le risque de fluctuation de taux de
change, on peut citer les suivants :

 Forward Exchange Agreement : Il correspond au FRA pour le taux d’intérêt, il


permet de fixer aujourd’hui pour échéance future un niveau de point, à la mise en
place du contrat on fixe le montant de référence, les devises, les sens et la date de
transaction…etc. à l’issue de la période d’attente, les contreparties des règlent entre
eux le contrat ;
 Long Term Forex Agreement (LTFX): C’est un ensemble d’opérations de change à
terme successives dont la structure permet d’échanger les flux d’une opération de
dépôt dans une autre devise. On l’utilise pour couvrir une série de cash flow future, il
se rapproche d’un swap de change sans échange initial de capital ;

 Non Deliverable Forward (NDF) : Le NDF est un instrument destiné à couvrir le


risque de change sur une devise partiellement convertible, le NDF ne donne lieu à
aucune livraison de devise. Il porte sur un montant fixe dans la monnaie partiellement
convertible, les contreparties se mettent d’accord sur une date d’échéance sur un cours
de change ainsi que sur la façon dont sera déterminé le cours de référence

b. Les caractéristiques et risque d’un contrat Forward


Le contrat Forward stipule dans sa convention : la marchandise (prêt ou emprunt en euros ou
en devise) ; une quantité (le montant notionnel de l’opération) ; le prix fixé à l’avance (le taux
d’intérêt garanti) ; un taux de référence (le taux variable à comparer avec le taux garanti) ; une
date de liquidation (la date à laquelle le prêt ou l’emprunt sera contacté) ; la durée de la
couverture (elle correspond à la durée du prêt ou de l’emprunt).

Même si que le contrat Forward est fait pour faire face aux risques de variations des prix de
matière première ou les fluctuations des taux d’intérêt ou taux de change. Il arrive que les
contrats forward entrainer d’autre risque qui peuvent être très lourde sur l’activité de
l’entreprise.

 Risque d'effet de levier : si le marché évolue d'une façon non conforme aux attentes
de l'investisseur, l'effet de levier peut s'opérer au préjudice de l'investisseur. La perte
peut être très importante (en théorie illimitée) ;

 Risque de pertes : pour un achat à terme, la perte est limitée au montant de l’achat si
le titre chute. Par contre, en cas de vente à terme à découvert, c'est-à-dire sans avoir le
titre en portefeuille, il n’y a pas de limite théorique à la perte possible : si le titre vendu
à découvert connaît une hausse importante, la perte peut être très élevée car pour faire
face à son obligation, le vendeur devra racheter très cher le titre vendu ;

 Risque de contrepartie : Pour les contrats forward il est difficile de trouver la


contrepartie qui accepte conclure le contrat. il existe des intermédiaires spécifiques qui
ne peuvent pas être conclus. De plus ci la contrepartie se trouve dans le cas d’un
monopole elle peut pratiquer le prix qu’il souhaite : il y a donc une difficulté de
conclusion de contrat ;
 Risque de volatilité du cours : le marché des Futures est un marché extrêmement
liquide et donc il y a une grande négociabilité des Futures sur ces marchés ce qui
augmente la volatilité des sous-jacents. Dans un contrat forward il existe toujours un
risque de contrepartie : par exemple l'acheteur peut ne pas avoir suffisamment d'argent
pour acheter l'actif ou fait tout simplement faillite.

c. Les Avantages et les Inconvénients des forwards


L’avantage des contrats forwards réside dans leur souplesse, c à d que les caractéristiques du
contrat ne dépendant que de la volonté des deux parties contractantes. Toutefois, les forwards
possèdent deux inconvénients limitant leur utilisation.

En premier lieu, il peut être difficile pour une institution financière de trouver une autre
institution qui accepte de conclure un Forward, il existe certes des intermédiaires pour
faciliter le rencontre des parties, mais on peut imaginer que certains contrats spécifiques ne
puissent pas être conclus, faute de contreparties intéressée.

D’autre part même si une partie (institution financière) parvient à trouver une contrepartie
potentielle, si cette dernière sait qu’elle la seule à être intéressée par le contrat proposé par
l’institution, elle peut profiter, de son pouvoir (de monopole) pour obtenir un prix très
intéressant.

Un problème majeur du marché des forwards de taux d’intérêt est donc qu’il peut être difficile
de conclure un contrat ou que cette conclusion ne sera possible qu’a un prix désavantageux
pour celui qui propose le contrat. En langage financier on dira que ce marché souffre d’un
déficit de liquidité.

Le second problème des forwards est qu’ils sont sujets aux risques de défaut ou risque de
contrepartie. Si par exemple, durant l’année à venir, les taux d’intérêts augmentent et donc les
prix des actifs financiers vont baisser l’acheteur du contrat peu décider de faire défaut sur le
contrat qu’elle a conclu avec le vendeur du contrat parce qu’il lui est possible d’acheter les
titres moins cher directement sur le marché.

Une autre possibilité est que si l’une des partie n’honore pas son engagement soit a fait faillite
durant l’année à venir ou que les difficultés financières l’empêchent d’honorer le contrat,
parce qu’il n’existe aucune institution indépendante chargée de garantir la bonne exécution du
contrat, le seul recours de la partie endommager est d’intenter une action en justice contre
l’autre partie, ce qui est long et coûteux.

L’existence d’un risque de défaut sur les forwards implique que chaque partie contractante
doit vérifier la solidité financière et l’honnêteté de l’autre .ce type de vérification est coûteux
du fait des problèmes d’anti-sélection et de risque moral .le risque de défaut est un frein
majeur à l’utilisation des forwards de taux d’intérêt .la conjugaison de ce risque au problème
du déficit de liquidité limite l’intérêt de ces contrats pour les institutions financières.

Tableau de comparaison des contrats forward et futurs

Forward Futurs

-Négocié sur un marché de gré à gré -Négocié sur un marché organisé

-Non standard : contrat privé entre deux -Contrat standard entre le client et la
parties chambre de compensation

-Une date de livraison Une période de livraison

-Un seul flux à la fin du contrat : Le profit ou


la perte sur une position n’est réalisé qu’à la -Marking to Market quotidien : les profits et
date de livraison les pertes sont réalisés immédiatement

-Livraison ou dénouement en cash sont la -Positions le plus souvent dénouées avant


norme l’échéance

-Contrats standard en termes de format et de


date de livraison
-Contrats adaptés aux clients, en termes de
format et de date de livraison
Chapitre 2 : Les swaps

Dans sa définition la plus large, le swap est un échange entre deux entités pendant une
certaine période de temps ; un contrat où deux parties s’échangent des paiements à intervalles
spécifiés sur une durée fixée. Les deux intervenants doivent, bien entendu, trouver chacun un
avantage à cet échange qui peut porter soit sur des actifs financiers, soit sur des flux
financiers.
Le mot swap désigne dans le langage courant un échange de flux financiers (calculés à partir
d'un montant théorique de référence appelé notionnel) entre deux entités pendant une certaine
période de temps. Contrairement aux échanges d'actifs financiers, les échanges de flux
financiers sont des instruments de gré à gré sans incidence sur le bilan, qui permettent de
modifier des conditions de taux ou de devises (ou des deux simultanément), d'actifs et de
passifs actuels ou futurs.

Le marché des swaps est un marché délocalisé et les contrats se pratiquent majoritairement de
gré à gré. D'où la création de ISDA (International Swaps and Derivatives Association) en
1985 qui est devenu un acteur incontournable.

Parmi les intervenants actifs sur le marché des swaps, nous citons : les traders ; les "sales" ;
les courtiers ; les risk managers ; les trésoriers d'entreprises

1. Typologie des swaps

Il est possible de classer les swaps selon différents critères : mono ou bi-devises, taux fixe ou
taux variable, etc.…Néanmoins, on a l'habitude de classer les swaps en 3 catégories, qui sont :
Le swap de devises : Il consiste à contracter simultanément un prêt et un emprunt portant sur
2 devises différentes et sur des taux fixes ou variables. Ces swaps sont assimilés à des
opérations de trésorerie. On a les combinaisons suivantes :

 L'échange porte sur des taux fixes dans chacune des 2 devises : on parle également de
swap de change ou encore de swap cambiste car à l'origine ce swap était utilisé par les
banques pour effectuer des opérations de trésorerie sans qu'elles ne soient inscrites
dans le bilan,
 L'échange porte sur un taux fixe dans une devise et un taux variable dans l'autre
devise,
 L'échange porte sur des taux variables dans chacune des 2 devises.

En pratique, cette catégorie de swap consiste à mettre en place simultanément 2 opérations de


change : une au comptant et l'autre à terme. Il y a donc échange de capital, à la mise en place
et à l'échéance.

Le swap de taux ou swap d'intérêts : Il consiste à contracter simultanément un prêt et un


emprunt (dont seuls les intérêts seront échangés) portant sur la même devise mais sur des
références de taux différentes.

Le montant de l'opération est appelé nominal et ne sert qu'au calcul des flux d'intérêts. Aucun
capital n'est échangé.

Le basis swap : Le basis swap constitue bien souvent une 3ème catégorie de swap, bien que
celui-ci soit plutôt un cas particulier des deux types de swap précédents.

Un Basis swap porte sur deux références de taux variables. A part cela, il peut être mono
devise (basis swap de taux) ou bi-devises (basis swap de devises).

Récapitulons les différentes possibilités de swaps selon les types de taux et par rapport aux
devises traitées. Le tableau ci-dessous ne présente que les swaps les plus courants ; il existe
bel et bien d’autres types, comme par exemple le « variance swap » que nous verrons plus
bas.

Bien que de structure différente, les swaps de change qui sont assimilés à des opérations de
trésorerie combinées figurent également dans ce tableau.
Variance swap : Un Variance Swap permet de bénéficier de l'évolution de la volatilité future
d'un actif, que cette volatilité future se traduise par une baisse ou par une hausse de la valeur
de l'actif.

On pourrait avoir bénéficié de cette variation de volatilité en ayant acheté des options d'achat
ou des options de vente de l'actif, mais dans ce cas il aurait fallu faire un pari sur l'évolution à
la hausse ou à la baisse du cours et acheter en conséquence des options de vente ou des
options d'achat et prendre deux risques : un risque d'évolution du cours à la hausse ou à la
baisse et un risque de volatilité. Dans un Variance Swap ce pari n'est pas nécessaire : on ne
parie pas sur l'évolution dans un sens ou un autre des cours mais sur le niveau de volatilité du
cours.

2. Risques et leur couverture par les swaps

Le swap est à la fois un instrument de gestion de trésorerie et de couverture des risques de


change et de taux d'intérêt. Les motivations de son utilisation sont multiples :

· Couverture des opérations de change à terme ;


Un swap consiste en une double opération de change: un change (ou « jambe ») comptant
exécuté dès la mise en place du contrat, à la date spot, et un change à terme, exécuté à une
date négociée. La différence entre le cours comptant et le cours à terme est désignée par
l'expression « points de swap ».
Le swap de change permet de se procurer immédiatement des devises, puis de les revendre à
un cours négocié lors de la mise en place du contrat, à l'échéance du swap. Par exemple un
client qui dispose de liquidités en Euro, et souhaite les placer en bons d'Etat américains, sur 3
mois, achète aujourd'hui des dollars, pour financer cet achat, puis les revend à l'échéance à un
cours connu.

Remarque : par rapport à un change à terme, les flux d'espèces échangés reviennent à ce que
cette fois le trader prête réellement la devise achetée à terme, et emprunte réellement la devise
vendue. Le cours à terme se calcule donc de la même manière.

Les caractéristiques d'un swap de change sont:

La jambe "aller" a les caractéristiques d'un change au comptant:

 Devise principale

 Sens: achat ou vente

 Devise secondaire

 Montant dans la devise principale

 Cours spot

 La date de valeur = date de négociation + 2 jours ouvrés

La jambe "retour" a les caractéristiques d'un change à terme, qui se déduisent de l'opération de
spot:

 La devise achetée est la devise vendue de la jambe aller

 La devise vendue est la devise achetée de la jambe aller

 Le montant exprimé dans la devise principale est identique

 La date de valeur est la date à laquelle l'échange inverse se fera

 Le cours est le cours spot + les points de swap

 · Couverture du risque de taux;

Prenons un cas pratique :

Soit une collectivité endettée à taux variable, sur Euribor 12 mois. Craignant une remontée
des taux d’intérêt, elle conclut un swap de taux par lequel elle échange l’Euribor 12 mois
contre un taux fixe de 4,5 %. Cette opération ne modifie pas la nature de son emprunt initial :
elle continue de payer à l’organisme prêteur les intérêts normalement dus.
Mais à chaque échéance, on compare le taux échangé dans le cadre du swap à celui de
l’Euribor 12 mois :

 supposons que l’Euribor 12 mois s’établisse à 5 %, supérieur au taux fixe : la


collectivité paie les intérêts sur sa dette sur la base de l’Euribor 12 mois (5 %) mais
reçoit de la banque avec laquelle elle a conclu le swap la différence entre 5 % et 4,5 %,
soit 0,5 %. Le taux réel du crédit est donc ramené à 4,5 %.

 supposons maintenant que l’Euribor 12 mois s’établisse à 4 %, inférieur au taux fixe :


la collectivité paie les intérêts sur sa dette sur la base de l’Euribor 12 mois (4 %) et
verse à la banque pour l’opération de swap la différence entre 4,5 % et 4 %, soit
0,5 %. En définitive le coût du crédit ressort à 4,5 %.

 · Couverture du risque de volatilité des actifs;


Le variance swap est utile pour cette couverture. Voyons donc un cas pratique.

Application :

Un Variance Swap est un contrat passé entre deux parties A et B dans lequel elles se mettent
d'accord sur un niveau de référence de la variance d'un actif donné, mettons 12 % et sur un
montant notionnel, mettons 100.000$.

A l'issue du contrat, on regarde quelle a été la variance réelle de l'actif en question. Si elle a
été supérieure à 12%, mettons de 15 %, à ce moment là 3 % appliqué au montant notionnel du
swap sont versés par A à B, soit 30.000$. Si la variance a été inférieure, mettons 8 %, la
différence 4 % est versée par B à A.

Dans cette opération, si B détient l'actif en question, B est ainsi assuré de la variance future de
l'actif (12% ici)puisqu'il touche une compensation monétaire si elle est supérieure et la paie si
elle est inférieure. A est par contre en risque sur les fluctuations de la variance et ne gagne que
si elle baisse.

 Couverture du risque de variation des prix de matières premières


Un commodity swap ou swap de matières premières correspond à un contrat entre deux
parties : la première s'engage à acheter (ou à vendre) à échéances fixes et durant une période
déterminée une matière première à un prix fixe. La deuxième s'engage quant à elle à acheter
ou à vendre dans les mêmes conditions la même matière première à un prix de marché
variable, qui sera déterminé à chaque échéance.

Les swaps de matières premières sont fréquemment utilisés par les entreprises industrielles
qui se fournissent régulièrement en matières premières. Ces commodity swaps contractés
généralement auprès des banques leurs offres une couverture contre le risque d’augmentation
des prix (sur le territoire national) mais aussi contre le risque de change de prix de ces
matières premières (lorsqu’elles sont importées) et leur permet ainsi de conserver leur marge
bénéficiaire.

Chapitre 3 : Les options

Une option est un contrat qui permet, moyennant le versement d’une prime, d’acheter (« call »
ou option d’achat) ou de vendre (« put » ou option de vente) à terme un titre (action, devise,
matière première, …) déjà émis, ceci à un prix d’exercice (le prix auquel la contrepartie
s’engage à vendre ou acheter ce titre) fixé le jour de la signature du contrat optionnel.
L'acheteur d'une option a le droit, mais non l'obligation, d'acheter ou de vendre une quantité
donnée d'un actif sous-jacent à un prix déterminé à une date prédéterminée ou avant cette
date.

Caractéristiques d’une option

De cette définition, on peut énumérer les caractéristiques suivantes :

 Une option d'achat (droit d'acheter l'actif sous-jacent) s'appelle un call ;

 Une option de vente (droit de vendre l'actif sous-jacent) s'appelle un put ;

 Une option qui peut être exercée à n'importe quel moment avant la date d'échéance est
dite option "à l'américaine" ;

 Une option qui ne peut être exercée qu'à la date d'échéance est dite option "à
l'européenne" ;

 La somme versée par l'acheteur de l'option au vendeur s'appelle la prime ;

 le prix déterminé à l'avance est le "prix d'exercice" (le "strike" en anglais) ;

 la date d'échéance s'appelle aussi date d'exercice. Après cette date l'option cesse
d'exister ;

 lever ou exercer son option consiste pour l'acheteur à faire jouer son droit d'acheter ou
de vendre.

L'option permet donc à l'acheteur non seulement de fixer à l'avance un prix pour l'actif qui
l'intéresse, mais en plus de ne régler ou recevoir effectivement ce prix que si le moment venu
les conditions du marché sont telles que cela devient intéressant de le faire. Si à l'échéance, il
est intéressant pour l'acheteur d'exercer son option on dit qu'elle est "dans la monnaie", c'est-
à-dire que:

 pour un call, le prix de l'actif sur le marché au comptant est supérieur au prix
d'exercice ;

 pour un put, le prix de l'actif sur le marché au comptant est inférieur au prix d'exercice

A l'inverse, si le prix de l'actif rend inintéressant le fait d'exercer l'option, on dit qu'elle est "en
dehors de la monnaie". Et pour finir, si le prix d'exercice est strictement égal au prix de l'actif,
l'option est "à la parité".

Quelle que soit la décision de l'acheteur d'exercer ou non son option, la prime reste acquise au
vendeur. Cette prime rémunère en fait le risque qu'il prend en étant vendeur de l'option. En
effet le risque du vendeur de l'option d'achat est potentiellement illimité, puisqu'il n'y a pas en
principe de limite supérieure au prix que l'actif sous-jacent peut atteindre. Si l'acheteur décide
d'exercer son option, le vendeur va devoir se procurer l'actif au prix du marché pour le
revendre à l'acheteur au prix d'exercice, ou, s'il détient déjà l'actif en portefeuille, perdre
l'opportunité de le revendre sur le marché à un bien meilleur prix que le prix d'exercice de
l'option! Le flux généré par l'exercice d'une option est appelé pay-off et pour être intéressant il
doit dépasser le niveau de la prime versée au vendeur de l'option.

Le risque du vendeur de put est quant à lui limité par la valeur zéro de l'actif sous-jacent. Au
lieu d'acheter l'actif pour rien, le vendeur va devoir l'acheter au prix d'exercice.

Quant à l'acheteur de l'option, son risque maximal est simplement la valeur de la prime payée
au vendeur, puisqu'il peut, si les conditions du marché ne présentent pas d'intérêt, choisir de
ne pas lever son option.

Les stratégies de couverture

L’operateur achète une option d’achat, call (une option de vente, put) lorsqu’il anticipe une
hausse (baisse) du prix de l’actif support. Lorsqu’il vend une option d’achat (option de vente),
il anticipe une baisse (hausse) de la valeur support.

L’option achetée (vendue) est à la parité, (at the money) lorsque la valeur du support est égale
au prix d’exercice. Elle est dans les cours (in the money) lorsque le support est supérieur
(inférieur) au prix d’exercice pour un call (un put). L’option achetée (vendue) est en dehors
des cours (out of the money) lorsque le prix du support est inférieur (supérieur) au prix
d’exercice pour le call (un put).

Le prix d’une option dépend du prix de l’actif sous-jacent, S, du prix d’exercice, E ou parfois
K, du taux d’intérêt sans risque sur les bons du trésor r, de la volatilité ou encore le risque de
l’actif sous-jacent, de l’échéance à la maturité T. Pour une option sur une action, le prix peut
dépendre du dividende. Pour une option sur le taux d’intérêt, le prix dépend des coupons, pour
une option sur le taux de change, le prix dépend des taux d’intérêt dans deux pays et des
valeurs d’une devise par rapport à l’autre. Pour une option sur les matières, le prix dépend des
coûts de portage et de stockage de la matière, etc.

L’investisseur couvre l’achat (la vente) des options par achat (la vente) d’autres options. Il
peut également se couvrir par l’achat et (ou) la vente de l’actif support.

Ainsi, l’achat (la vente) d’options peut être couvert ou non selon le profit de rentabilité et de
risque désiré par l’opérateur. L’achat (la vente) d’un call peut être couvert par la vente
(l’achat) d’une certaine quantité de l’actif support. L’achat (la vente) d’un put peut être
couvert par l’achat. La couverture s’effectue en fonction d’un certain ratio appelé le delta de
l’option. Ce ratio est donné par la dérivée du prix de l’option par rapport à son actif support.
Une position couverte est appelée delta neutre car elle génère un résultat équivalent à celui
d’un placement dans des bons du trésor. Le delta représente la dérivée du pris de l’option par
rapport à acheter ou à vendre pour obtenir un portefeuille parfaitement couvert contre la
variation du prix de l’actif sous-jacent. C’est le taux de variation du delta. Le delta et le
gamma définissent des grandeurs caractéristiques dans la gestion d’un portefeuille d’options.
Exemple du mécanisme du contrat optionnel

 Le « call » ou option d’achat :

Un importateur espagnol de pétrole doit acheter l’équivalent de 1000 dollars de pétrole dans 3
mois. Le dollar est à 1,10 euros aujourd’hui. Que va faire notre importateur espagnol ? Se
couvrir contre une éventuelle montée du dollar d’ici 3 mois (date d’échéance), vu que si le
dollar grimpe à 1,20 euros, il devra débourser 1200 euros au lieu des 1100 qu’il devrait payer
si la transaction avait lieu aujourd’hui (où le dollar est à 1,10 euros).

Comment va-t-il se couvrir ? En achetant un « call » sur l’euro (sous-jacent) à 1,10 euros pour
1 dollar (prix d’exercice) à l’échéance de 3 mois. L’achat de ce « call » nécessite le versement
d’une prime (de 1 cent par option par exemple). En clair, cela signifie que l’exportateur vise à
terme (dans 3 mois) l’achat du dollar à 1,10 euros, la contrepartie cherchant quant à elle à
vendre le dollar plus cher que son prix réel (1,20 euros par exemple et ainsi gagner 0,10 euros
à chaque dollar vendu).

A l’échéance (3 mois), 2 solutions :

- Soit le dollar s’est apprécié, comme prévu par l’importateur espagnol (il est monté à 1,20
euros) ; du coup, il se félicite d’avoir prévu cette évolution et exerce son option à 1,10 euros
pour 1 dollar et gagne par là 1,20 - 1,10 = 0,10 euro par dollar, duquel il faut soustraire la
prime de 1 cent, soit un gain de 0,09 € (9 cents) par dollar. Donc, avec 1 cent de mise (la
prime) il gagne 9 cents par dollar, soit un bénéfice de 900%, pour une augmentation de moins
de 10% du dollar (c’est ce qu’on appelle l’effet de levier : une mise de départ modeste pour
un gain démultiplié à terme) .

- Soit le dollar a baissé (à 1 dollar par exemple) et dans ce second cas, l’importateur va
sacrifier le montant de sa prime (1 cent par option), vu que les 1000 dollars ne valent plus que
1000 euros (au mieu des 1100 déterminés par le contrat call), auxquels il faut ajouter la prime
de 1 cent par option, soit 1 cent multiplié par 1000 dollars = 10 euros. Au total, l’importation
de pétrole coûte donc 1010 euros au lieu des 1100 euros demandés par le contrat optionnel
« call ». L’importateur va donc abandonner son call et laisser sa prime à l’émetteur de ce call
(l’émetteur a donc gagné son pari et empoche la prime).

 Le « put » ou option de vente :

Un vendeur allemand de voitures « Opel » doit dans 6 mois livrer aux USA 10 voitures valant
100 000 dollars au total. Le prix de l’euro est aujourd’hui à 1,10 euro pour un dollar US.
Ayant peur de voir le dollar baisser d’ici 6 mois (ce qui entraînerait une perte pour notre
vendeur allemand, vu que si le dollar baisse à 1 euro pour 1 dollar, il ne recevra plus que
l’équivalent de 100 000 euros, alors que si le dollar reste à 1,10 euros, il recevra l’équivalent
de 110 000 euros, et que si le dollar grimpe à 1,20 euros, il recevra l’équivalent de 120 000
euros), notre vendeur allemand va vouloir se couvrir contre une éventuelle baisse du dollar
d’ici 6 mois (date de la vente) .
Pour ce faire, il va acheter (par le versement d’une prime de 400 euros au total par exemple)
un « put », c’est-à-dire une « option de vente » sur le dollar à 1,10 euros. En clair, le vendeur
signe un contrat avec l’émetteur du « put », qui s’engage à acheter le dollar (sous-jacent) à
1,10 euros à l’échéance (dans 6 mois). Cet émetteur recevra de son côté le montant de la
prime payée par notre vendeur d’Opel. Le vendeur (porteur du put) peut en outre exercer à
tout moment, c’est-à-dire qu’il peut à tout moment (entre le moment auquel il signe le contrat
et la date d’échéance de ce contrat) décider de revendre son option et en acheter une autre plus
profitable.

Exemple : le dollar grimpe pendant le temps concerné par le contrat « put » à 1,30 euro pour 1
dollar ; donc, le vendeur se trouve désavantagé par son « put », vu que celui-ci implique qu’il
sera payé à un cours de 1,10 euro pour 1 dollar – il recevra donc l’équivalent de 110 000 euros
-, alors qu’au cours actuel – 1,30 -, il recevrait l’équivalent de 130 000 euros.

Que va donc faire notre vendeur ? S’il pense qu’il n’y a que peu de chance pour que le dollar
retombe en dessous de 1,10 euro, il ne va pas exercer son « put » - il laisse ainsi tomber sa
prime de 400 euros à l’émetteur qui fait donc un bénéfice de 400 euros dans l’opération - et va
en acheter un nouveau à 1,30 euro pour 1 dollar . Par cette opération, il s’assure de vendre à
1,30 euro – il recevra ainsi l’équivalent de 130 000 euros -, moyennant le versement d’une
nouvelle prime évidemment (toute option nécessite le versement d’une prime). Donc, si cette
nouvelle prime est de 400 euros, il recevra l’équivalent de 130 000 euros (prix des voitures
selon le second « put ») moins la première et la seconde prime de chacune 400 euros, soit 130
000-400-400=129 200 euros (il fait donc un bénéfice de 19 200 euros par rapport à son
premier « put » à 1,10) .

Si, au contraire, le porteur du « put » (c’est-à-dire le vendeur de voitures-acheteur du « put »)


décide de mener le contrat « put » à échéance, 2 cas de figure sont possibles :

- soit le dollar a baissé à 1 euro ; dans ce premier cas, le vendeur se félicite d’avoir contracté
ce « put » et l ‘émetteur essuie la perte à sa place. En effet, il achète le dollar à 1,10 euros,
alors que celui-ci ne vaut plus qu’1 euro.

- Soit le dollar a augmenté et vaut 1,20 euros ; dans ce second cas, le vendeur allemand va
abandonner son option de vente « put ». Il peut ainsi décider de perdre le montant de sa prime
(400 Euros) et vendre ses voitures « Opel » au cours plus avantageux de 1,20 euros pour 1
dollar, vu qu’il gagnera ainsi l’équivalent de 120 000 euros, desquels il faudra soustraire le
montant de la prime perdue (400 euros), ce qui fait 119 600 euros empochés, soit un bénéfice
de 9600 euros par rapport au « put » (à 1,10 euros pour 1 dollar, soit 110 000 euros au total
pour les voitures « Opel ») .

Le vendeur va ainsi tenter de revendre son Put pour être remboursé de sa prime perdue face à
l’émetteur de ce premier « put », celui s’étant engagé à acheter le dollar à 1,10 euros. Ainsi,
vu que le vendeur allemand (le porteur du « put ») se rend compte que son Put n’est plus
rentable et qu’il a donc perdu la somme de la prime versée à l’émetteur (400 euros), il va
tenter de le vendre à une tierce personne pour empocher à son tour une prime, dont le montant
viendra compenser en partie la somme perdue par la première prime .
Il vendra donc son Put tout simplement pour ne plus l’avoir en portefeuille et ceci,
normalement, pour autant que le produit de cette vente rapporte encore quelque chose. Si la
valeur du put est descendue tellement bas que sa prime compense simplement les frais de
transaction, à quoi bon vendre, puisqu’il détient seul le droit d’exercice ? Donc, "laisser
tomber" son option peut aussi signifier "conserver" et ne perdre « que » la prime versée à
l’émetteur. A l’échéance, l’option perd de toute façon toute sa valeur et disparaît.

De son côté, l’émetteur du put à 1,10 reste engagé à acheter les dollars à 1,10 à l’échéance,
sauf s’il décide de racheter son put avant terme. En clair, le put peut disparaître si c’est
l’émetteur du put qui le rachète à son acheteur tentant de le revendre. Mais le put peut être
revendu à une tierce personne qui n’est pas l’émetteur ; dans ce cas de figure le put ne
disparaît pas du marché et continue son itinéraire. Enfin, le porteur du put peut le conserver
jusqu’à échéance et le laisser « mourir » naturellement.

Quel est l’intérêt de l’émetteur d’une option, si celui-ci doit la racheter lorsqu’il y gagne et
payer les pertes lorsqu’il y perd? L’émetteur va tenter de faire un bénéfice avec les différences
entre le montant de la prime perçue et celui de la prime payée pour le rachat de son option.

Explication : l’émetteur d’une option s’engage. Or, si l’option évolue défavorablement pour
son porteur (celui qui l’achète à l’émetteur), sa prime baissera (plus une option est risquée et
plus sa prime est peu élevée, et inversement). Un émetteur aura alors tout intérêt à racheter
l’option qu’il a émise pour se débarrasser de son engagement et, surtout, d’empocher
définitivement la prime initiale diminuée de la prime du rachat.

L’émetteur, tout comme l’acheteur, peut remplir deux fonctions :

 soit il est spéculateur et alors il a tout intérêt à racheter l’option pour garantir son
bénéfice,

 soit il se couvre (dans le cas du put : en plafonnant son prix d’achat du sous-jacent) et
agit alors en fonction de sa stratégie. Si le cours du sous-jacent continue d’augmenter,
pourquoi irait-il clôturer sa position (c’est-à-dire racheter son option émise) ? Si
l’option arrive à échéance sans valeur intrinsèque (sans rentabilité pour son porteur),
l’émetteur n’aura même pas à la racheter et ne devra payer aucun frais : la prime
encaissée sera nette. En effet, pour reprendre notre exemple de put à 1,10 € pour 1$, le
porteur ne va pas l’exercer si le dollar grimpe à 1,30, vu qu’il perdrait 0,20 € par dollar
vendu. L’option est dans ce cas sans valeur intrinsèque à son échéance et meurt donc
de sa belle mort (le porteur ne l’exerce pas et ne trouve personne pour la revendre).

Pour résumer de manière plus théorique, le porteur (l’acheteur) d’une option peut exercer
(c’est-à-dire faire valoir son contrat) à tout moment, alors que l’émetteur s’engage à remplir le
contrat à l’échéance, sauf s’il rachète son option avant l’échéance.

Donc, l’émetteur ne peut que racheter son option pour se débarrasser de son engagement –
sauf si l’option se révèle sans valeur intrinsèque pour le porteur qui l’abandonne. Donc, à
l’échéance, l’option perd toute sa valeur et disparaît. En général cela a lieu le troisième
vendredi du mois à une heure fixe.
Les porteurs ont parfois le temps jusqu’au lendemain midi pour exercer leur option. Celui qui
a oublié d’exercer son option alors qu’elle avait une valeur intrinsèque positive (c’est-à-dire
qui présentait un bénéfice par la différence entre le prix d’exercice et la valeur du sous-jacent
à l’échéance) perd tout son avantage et n’a sans doute plus qu’à se mettre en quête d’un
nouveau métier.

Que se passe-t-il si l’acheteur ne veut pas lui vendre l’option ? L’émetteur reste alors contraint
de remplir ses engagements. L’émetteur s’engage à remplir son contrat tant que l’acheteur du
contrat n’a ni levé, ni abandonné l’option. L’émetteur est lié à la décision de l’acheteur. Il y a
deux parties pour une option, la première (l’acheteur) a le droit, l’autre (l’émetteur)
l’obligation d’effectuer la transaction.

Enfin, précisons que dans des conditions normales (sans tension particulière), tout acheteur et
tout émetteur trouvera toujours contrepartie. Ce n’est que dans des cas extrêmes (krach
boursier, dévaluation, ...) que le marché devient illiquide et qu’aucune des deux parties ne
parviendra à "prendre bénéfice" ou à clôturer sa position sans accepter de lourdes pertes ou
une forte amputation du bénéfice.

Lors du krach de 1987, on a vu des porteurs de « put », dont la valeur avaient théoriquement
décuplé (ex. : l’action GM chute de 100 à 40 et l’émetteur doit donc payer 60 par action
achetée), incapables de prendre leur bénéfice ou, s’ils réussissaient, devoir se contenter d’un
effet de levier minime par rapport à ce qu’ils avaient en fait gagné. Pourquoi ? Tout
simplement parce que l’émetteur était incapable d’assumer ses pertes et de payer. Donc, le
droit du porteur est en période d’instabilité très aléatoire.

Conclusion
Un produit dérivé ou contrat dérivé ou encore derivative product est un instrument financier,
un contrat entre deux parties, un acheteur et un vendeur, qui fixe des flux financiers futurs
fondés sur ceux d'un actif sous-jacent, réel ou théorique, généralement financier.

Il convient néanmoins de distinguer deux types de produits dérivés bien distincts : les produits
fermes et les produits optionnels. Nous avons donc vu les produits fermes, à savoir futures-
forward-swaps et les options comme produits optionnels mais il en existe bien d’autres tels
que les warrants et produits hybrides…
Chacun de ces produits présente des spécificités que ce soit au niveau de leurs marchés (de
gré à gré ou organisé), au niveau de l’exécution de la transaction à l’échéance du contrat qui
est optionnelle pour les options et obligatoire pour les produits fermes, au niveau de la
présence de prime ou dépôt de garanties…etc.

Néanmoins ils ont tous le même objectif : la protection, l’échange, ou la diminution des
risques éventuels dans toute sorte d’activité économique. Nous avons eu à énumérer avec
quelques exemples, comment l’utilisation de ces produits pourraient palier aux différents
risques : risque de contrepartie, de change, de taux, de volatilité

Aussi, chaque type de produit chaque type de produit comporte aussi bien des avantages et
inconvénients, il serait judicieux de les utiliser à bon escient et à leur juste valeur pour éviter
de rentrer dans une éventuelle crise qui pourrait être due à l’utilisation abusive de cette
innovation financière.

Bibliographie

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