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GROUPEMENT «INSTITUT ALGERIEN DU PETROLE,

CORPORATE UNIVERSITY»
IAP-CU
Tél.:038/76-01-01

École des Techniques Pétrolières de SKIKDA

FORMATION INDUSTRIE
SEMINAIRE

Turbines à vapeur

Animateur:Mr H.SAAD DJABALLAH

Date:14/05/06 au 16/05/06
Site :IAP/CU Skikda
SH/ IAP-CU TURBINES

TURBINES

A) RAPPELS

1) Transformation adiabatique

On appelle transformation adiabatique le changement d'état du fluide moteur


Qui a lieu sans échange de chaleur avec le milieu ambiant. L'absence
d'échange de chaleur avec le milieu ambiant peut être mathématiquement
exprimé de la façon suivante dq= 0 et Q=0.

2) Chaleur massique de l'eau

C'est la quantité de chaleur qu'il faut fournir à un kilogramme d'eau pour


élever sa température de 1 degrés Celsius (°c).

3) La vaporisation

C'est le passage de l'eau de l'état liquide à l'état de vapeur.

4) La condensation

C'est le phénomène inverse de la vaporisation, elle est soumise aux mêmes


lois.

5) Vapeur saturée

Pendant le phénomène de vaporisation le fluide surmontant l'eau est constitué


par le mélange intime d'une vapeur sèche et de fines gouttelettes d'eau.

6) Vapeur surchauffée

Si l'on continue à chauffer la vapeur saturée sèche, sa température


augmente.

7) L'enthalpie

C'est la quantité de chaleur contenue dans 1kg de vapeur. Elle est la somme
de trois termes:
- la chaleur nécessaire à l'échauffement de l'eau(à la pression p)de 0°c
jusqu'à la température de vaporisation.
- La chaleur de vaporisation à pression constante
- La chaleur nécessaire pour surchauffer la vapeur depuis la
température de vaporisation jusqu'à la température t.

8) L'entropie
La température, la pression, l'enthalpie sont des grandeur physiques qui

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caractérisent l'état d'une masse de fluide( eau ou vapeur).Ce paramètre peut


être introduit d'une façon purement conventionnelle, en se basant sur des
raisonnements mathématiques.
Il est égal au rapport entre la chaleur extérieure dq prenant part à la
transformations en question et la température absolue du corps T,c'est- à – dire
ds = dq/T.

B) LA VAPEUR D’EAU

1°) Production de la vapeur d'eau

Dans la thermiques, parallèlement aux gaz,on utilise à large échelle les vapeurs
De différents liquides parmi lesquelles la plus répandue est la vapeur d’eau.Celle-
ci est utilisées comme fluide moteur dans les moteurs à vapeur,ainsi que comme
Agent caloporteur dans les appareils échangeurs de température.Dans les deux
Cas la vapeur d’eau est utilisée à des pressions et températures qui rendent
Impossible l’application des lois des gaz parfaits,donc de leurs équations
d’état .C’est pourquoi la vapeur doit être considérée comme un gaz réel.

La vapeur peut être obtenue de deux façons :

- Par évaporation
- Par ébullition du liquide

On appelle évaporation la formation de vapeur ayant lieu seulement à la surface


d’un liquide. Ce phénomène se produit à toutes les températures.Lors de
L’évaporation la surface du liquide laisse échapper des molécules qui disposent
d’une vitesse élevée,et celle-ci circulent dans le milieu ambiant. Lors de l’élévation
de la température du liquide, l’évaporation se produit plus intensivement.

L’ébullition est le phénomène de formation de la vapeur s’opérant dans toute la


masse du liquide. Lors de l’ébullition il se forme des bulles de vapeur aussi bien à
la surface qu’à l’intérieur du liquide.Ces bulles de vapeur, dont la densité est
inférieure du liquide, cherchent à regagner la surface en se joignant alors aux
autres bulles de vapeur.En atteignant la surface du liquide elles surmontent la
résistance des forces de tension superficielle et s’échappent dans l’espace
ambiant en provoquant l’agitation du liquide caractérisant. L’ébullition a lieu une
température déterminée pour un liquide donné et une pression donnée. Cette
température est appelée température (point) d’ebullition et sera désignée par
ts. La température d’ébullition reste constante jusqu’à ce que la totalité du liquide
soit transformée en vapeur.
Suivant ses propriétés, la vapeur peut être saturée ou surchauffée. On appelle
vapeur saturée la vapeur qui se forme en présence de l’eau.
La vapeur saturée peut être sèche ou humide. On appelle vapeur saturée sèche
une vapeur absolument exempte de gouttelettes de liquide.
On appelle vapeur saturée sèche humide le mélange mécanique de vapeur
saturée sèche et de liquide en ébullition.La vapeur est caractérisée par son titre

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x.On appelle titre le rapport massique de la vapeur saturée sèche comprise dans un
1KG de vapeur humide. Par exemple,1kg de vapeur contient 0,85kg de vapeur
saturée sèche et 0,15kg d’eau en ébullition. Donc, le titre de la vapeur sera
x=0,85kg.La grandeur (1-x)
est appelée degré d’humidité et sera désignée par y ;elle indique le rapport
massique du liquide en ébullition contenu dans un1kg de vapeur humide.Pour
l’exemple en question le degré d’humidité y=0,15.Pour la vapeur saturée sèche
x=1, pour l’eau en ébullition x=0.

Les paramètres déterminant l’état de la vapeur saturée sont la pression


(température) et le titre x (ou volume spécifique et température).

Si à la vapeur saturée sèche il est un supplément de chaleur à une pression identique à


celle de la vapeur saturée sèche , celle-ci devient surchauffée.
On dit que la vapeur est surchauffée si sa température est élevée que celle
De la vapeur saturée à une même pression .la température de la vapeur
surchauffée est désignée par la lettre t. la différence de température (t – t s) est
appelée degré de surchauffe où simplement surchauffe .plus la surchauffe est
élevée plus le volume spécifique occupé par la vapeur surchauffée sera considérable,
plus grande sera la distance séparant les molécules, et moins
importante sera l’influence que exerceront les forces d’attraction entre molécules sur les
propriétés de la vapeur surchauffée.

Les paramètres déterminant l’état de la vapeur surchauffée sont la pression p et la


température de la vapeur t (ou le volume spécifique).

2°) Vaporisatin dans le diagramme pv et Ts

Le processus de formation de la vapeur peut être divisé en trois étapes :

a) chauffage de l’eau jusqu’à la température d’ébullition


b) évaporation de l’eau en ébullition et formation de la vapeur sturée sèche
c) transformation de la vapeur saturée sèche en vapeur surchauffée

La vapeur saturée sèche constitue la limite entre la vapeur humide et la vapeur


surchauffée.Un tel état de la vapeur est particulièrement instable,car la moindre
modification de température fait passer la vapeur saturée sèche à l’état de vapeur
surchauffée ou humide.
Représentons les trois étapes de vaporisation citées plus haut dans les diagrammes pv
et Ts.On considérera que la transformation se déroule sous pression constante, ce qui a
pratiquement lieu dans les chaudières à vapeur.Voir fig 1a et b.
Admettons que 1kg d’eau soumis à une pression Po présente une température de O°C
et un volume Vo. Cet état de l’eau sera marqué par le point1 fig 1a.
Chauffons l’eau en conservant la pression Po invariable ; la température de celle-ci
monte et le volume augmente. L’élévation de la température et l’augmentation du
volume se prolongeront jusqu’à ce que la température de l’eau atteigne la température
de l’ébullition ( début de la vaporisation).A la température d’ébullition le volume de l’eau
est v’. Cet état de l’eau sera arquée par le point 2.Le processus de chauffage de l’eau
est représenté par l’isobare 1-2.Le prolongement de l’apport de chaleur ne sera pas
accompagné d’une augmentation de la température de l’eau,car toute la chaleur fournie

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est dépensée pour la transformation de l’eau en vapeur. La température restera


constante jusqu’au ou moment l’eau est transformée en vapeur saturée sèche. Cet état
est désigné parle point3 auquel correspond le volume de la vapeur saturée sèche v’’.
La variation sera représentée par l’isobare2-3.Entre les points 2 et 3 se trouve un
mélange de vapeur et d’eau c’est-à-dire de la vapeur saturée humide à titre x variable.
Lorsque l’apport de chaleur continue, la vapeur devient surchauffée . de chaleur
continue , la vapeur devient surchauffée . la température de la vapeur et son volume
augmenteront .
L’état de la vapeur sur chauffée est représenté par le point 5 le volume spécifique
de la vapeur à cet état est égal à le secteur 3-5 représente surchauffe de la vapeur
ayant lieu à pression constante.
Prenons une quantité d’eau à o°c et aux pressions P 1 Po et P2< Po.Le point
d’ébullition dans les deux cas n’est pas identique. Dans le cas de la pression P1il est
plus élevé qu’à la pression Po,et dans le cas de la pression P2 il est moins élevé. L’état
de l’eau froide à la pression P1 sera marqué par le point 1’.Etant donné qu’il est
pratiquement impossible de comprimer l’eau, le volume de celle-ci à
t=0°c reste presque invariable à toutes pressions. Cette variation de l’état de l’eau froide
dans le diagramme pv est représentée par la ligne1-1’ presque parallèle à l’axe des
ordonnées et sur le diagramme Ts. elle représentée(approximativement) par un point
situé l’axe T,car l’entropie de l’eau à t=0°c reste pratiquement invariable lors de la
modification de la pression, et on la considère conventionnellement nulle.

En chauffant l’eau sous pression P1,nous marquerons le début de la vaporisation par le


point 2’.L’état de la vapeur saturée sèche à la même pression P1sera marqué par le
point 3’.Les volumes de l’eau en ébullition et de la vapeur saturée sèche
auxpressionsP1 et P2 ne seront pas identiques :
à la pression P2 le volume de l’eau en ébullition sera supérieur et le volume de la
vapeur sera inférieur aux volumes correspondant à la pression P05 ( sur la figure ces
volumes ne sont pas représentés).

En considérant toute une série d’autres pressions et en raisonnant d’une façon


analogue, nous obtiendrons encore une série de points qui,étant reliés, donnent
trois lignes :І,ІІ,et ІІІ.

La première ligne,comme il l’avait été déjà dit,caractérise l’état de l’eau froide et c’est
une droite presque parallèle à l’axe des ordonnées.

La deuxième ligne est une courbe reliant les point 2-2’ et correspond à l’état de l’eau en
ébullition.Cette ligne est appelée courbe limite inférieure.

La troisième ligne, la courbe raccordant les point 3et 3’correspond à l’état de la vapeur
saturée sèche.Cette ligne est appelée courbe limite supérieure.

De cette façon, les courbes Іet ІІ limitent la zone de l’eau,les courbes ІІ et ІІІ la
zone de la vapeur saturée humide aux différents titres ;au-delà de la courbe ІІІ se
situe la zone de la vapeur surchauffée.

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En examinant les courbes limites ,nous remarquons q’en les prolongeant on obtient leur
point d’intersection k.
Le point K est appelé point critique ; à ce point les propriétés du liquide et de la vapeur
sont les mêmes, à des températures supérieures au point critique il peut seulement
subsister de la vapeur surchauffée.
Pour l’eau les paramètres du point critiques seront :
la pression critique Pcr= 221,3 bars ;
la température critique Tcr= 374,15C°;
le volume spécifique critique Vcr=0,00326M3/kg.

Fig.1.Transformation de vaporisation dans les coordonnées pv.

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Fig. 2.Transformation de vaporisation dans les coordonnées Ts.

3°)Diagramme de la vapeur d'eau, son contenu et mod e d'emploi

Lors de l’étude des transformations thermiques il est largement utilisé le diagramme


is(fig.2)qui simplifie considérablement les calculs concernant les vapeurs.Dans ce
diagramme,on porte en ordonnée l’enthalpie, et en abscisses l’entropie.

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Fig 3.Diagramme is de la vapeur d’eau.

Le diagramme is est concu d’après les données des tableaux.

4°) Représentation des transformations thermodynami ques principales de la


vapeur d'eau dans le diagramme is.

La vapeur d’eau étant un gaz réel,elle ne se conforme pas aux lois des gaz parfaits et
c’est pourquoi tous les calculs des transformations avec participation de la vapeur d’eau

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sont exécutés à l’aide de tableaux ou par méthode graphique, en utilisant le diagramme


is voir fig 3.

Fig.4.Transformations principales de la vapeur d’eau dans le diagramme is.

C) CYCLE PARFAIT DES INSTALLATIONS MOTRICES A VAPEUR

- Cycle principal de l'installation motrice à vapeur

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La transformation de la chaleur en travail, avec utilisation de la vapeur de l’eau comme


fluide moteur,est réalisée dans des installations motrices à vapeur fig.5.

1-chaudière 2- surchauffeur 3- conduite 4- turbine 5-


condenseur 6-pompe

Fig.5.Schéma d’une installation motrice à vapeur

L’installation motrice à vapeur est constitué par une chaudière à vapeur 1,le
surchauffeur de vapeur 2,tuyauterie à vapeur 3, la machine motrice 4, le condenseur 5,
la pompe alimentaire 6.

Dans la chaudière à vapeur l’eau est transformée en vapeur saturée qui est ensuite
amenée au surchauffeur de vapeur pour être séchée et chauffée jusqu'à la température
imposée.La vapeur surchauffée issue du surchauffeur de vapeur est amenée à la
machine motrice dans laquelle se produit la détente du fluide avec réalisation d’un
travail utile à l’arbre moteur.Lors de la détente de la vapeur,la pression décroît de sa
valeur initiale P1à sa valeur finale P2 .Plus la chute de pression(P1-P2) sera
importante,plus la quantité de chaleur transformée en travail sera considérable.Pour
réduire la pression à la fin de la détente, la vapeur est dirigée vers le condenseur dans
lequel la dépression est maintenue d’une façon artificielle.La vapeur amenée au
condenseur est liquéfiée, et le fluide qui s’y forme est recyclé à l’aide d’une pompe
d’alimentation à la chaudière.Ensuite ce cycle se produit dans le même ordre.

Le cycle thermodynamique parfait de l’installation motrice à vapeur en question est


appelé cycle de RANKINE et c’est le cycle principal de l’installation motrice à vapeur.
Le cycle de RANKINE est représenté en coordonées pv sur la fig.6.Dans la chaudière à
vapeur l’eau est chauffée sous pression costante jusqu’au point d’ébullition.Ce qui est
représenté par la ligne 4-5.Le point 5 est le début de la vaporisation.La ligne 5-6
représente le phénomène de vaporisation dans la chaudière à vapeur.Le point ( 6
matérialise l’état de la vapeur saturée sèche. Ensuite a lieu la surchauffe de la vapeur
dans le surchauffeur, ce qui est représenté par la ligne horizontale 6-1. Comme on le

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voit d’après le diagramme, le chauffage de l’eau, la vaporisation et le surchauffe de la


vapeur sont considérées comme transformations
isobares.
La vapeur du surchauffeur est amenée à la machine motrice ou elle se détend
adiabatiquement de la pression P1 à la pression P2.Cette transformation est
représentée par la ligne1-2.Le phénomène de condensation est représenté par la ligne
2-3. Le débit du liquide condensé à la chaudière à vapeur par une pompe est proche de
l’isochore par suite de la faible compressibilité du liquide et il est représenté par
l’isochore 3-4.Donc,l’aire1-2-3-4-1représente le travail utile du cycle parfait d’une
installation motrice à vapeur.

Fig.6 Représentation du cycle de RANKINE en coordonnées pv.

En négligeant le volume du liquide en comparaison au volume de la vapeur, l’on peut


obtenir ainsi le cycle sommaire de l’installation motrice à vapeur en coordonnées pv
(fig.7a) ou la ligne3-4 coïncide avec l’axe des ordonnées.Sur (la fig.7b) le même cycle
est représenté en coordonnéesTs.

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Fig.7.Cycle sommaire de RANKINE en coordonnées pv et Ts.

Pour déterminer le rendement thermique du cycle d’une installations motrice à vapeur,


l’on applique la formule :

ηt= (Q1-Q2)/Q1
ou (Q1- Q2)= W est la chaleur réellement utilisée, en kj/kg ; Q1 la chaleur fournie en
kj/kg.La quantité de chaleur fournie au cours de la transformations 3-1 peut être
déterminée d’une façon simple à l’aide du diagramme Ts. Cette chaleur correspond à
l’aire 3’-3-4-5-1-2’-3’, et cette aire est alors égale à l’aire 0-0’-4-5-1-2’-0 dont il est déduit
l’aire 0-0’-3-3’-0.L’aire 0-0’-4-5-1-2’-0 représente l’enthalpie de la vapeur
I1correspondant au point 1, et l’aire 0-0’-3-3’-0, l’enthalpie I3 correspondant au point
3.De cette façon,Q1= I1-I3.
La quantité de chaleur cédée Q2est déterminée par l’aire 3-2-2’-3’-3 qui représente la
différence des aires 0-0-‘3-2-2’-0 et 0-0-’3-3-’0. La première aire donne l’enthalpie de la
vapeurI2 correspondant au point 3. De cette façon, Q2=I2-I3
En introduisant les valeurs de Q1et Q2 dans la formule du rendement thermique,nous
obtenons :

ηt=[(I
ηt=[ 1-I3)-(I2-I3)]/(I1-I3)

L’enthalpie I3 est celle du liquide en ébullition ( liquide condensé) amené à la


chaudière à vapeur sous une pression P2.On le désigne généralement par I’1.La
formule précédente prend la forme suivante :

η=(I1-I2)/(I’1-I2)

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Les grandeurs faisant partie de la formule sont déterminées à l’aide des tableaux ou
diagramme is.
Une des caractéristiques essentielles du cycle de l’installation motrice à vapeur est la
consommation spécifique de vapeur d0.
On appelle consommation spécifique la quantité de vapeur qu’il est nécessaire de faire
passer par la machine pour obtenir une énergie de 1MJ.Pour une installation idéale elle
est calculée de la façon suivante :

d0= 1000/(I1-I2),kg/MJ

ou (I1-I2) est le travail théorique pendant un cycle,en kJ/KG.

D) PROCEDES D’AMELIORATION DE LA RENTABILITE DES


INSTALLATIONS MOTRICES A VAPEUR

En analysant l’équation précédente, l’on voit que le rendement thermique du cycle d’une
installation motrice à vapeur dépend de I1,I2 et I’2.
Lors de la variation de ses grandeurs il se produit également un changement du
rendement thermique.L’enthalpie de la vapeur vive amenée au moteur est déterminée
par la pression initiale P1 et la températuret1.Si l’on modifie ces paramètres, la
grandeur I1varie également de même que le rendement thermique.

1°) Elévation de la pression

Si l’on élève la pression de la vapeur en laissant la température de celle-ci invariable,


alors, comme on le voit d’après le diagramme is (fig.8),la valeur de l’enthalpie sera
légèrement réduite, mais par contre la chute calorifique (I1-I2) augmente,
ce qui entraîne un relèvement du rendement thermique et un abaissement de la
consommation spécifique de vapeur. Donc, l’élévation de la pression initiale améliore la
l’éfficacité du cycle.
Toutes fois, l’élévation de la pression est d’une influence défavorable par suite de
l’augmentation de l’humidité de la vapeur vers la fin de sa détente, ce qui est visible sur
le diagramme.

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Fig.8.Influence de l’accroissement de la pression initiale sur le


rendement du cycle de RANKINE.

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2°) Elévation de la température

Fig.9 influence de la température sur Fig.10 influence de réduction de la


le rendement pression finale sur le rendement

L’amélioration du rendement thermique peut être obtenue en élevant la température


initiale de la vapeur sans modifier la pression. Comme on le voit d’après le diagramme
is (fig.9), la valeur de l’enthalpie I1augmente vers la fin de la détente alors que
l’humidité de la vapeur se réduit.
De cette façon, l’accroissement de la pression, de même que l’élévation de la
température favorisent l’amélioration du rendement thermique. C’est pourquoi
dans les installations motrices à vapeur modernes, on augmente simultanément la
pression et la température de la vapeur surchauffée.

3°) Réduction de la pression finale P2

Un des moyens effectifs d’amélioration du rendement thermique des installations


motrices à vapeur est la réduction de la pression finale P2 .Comme on le voit d’après le
diagramme is (fig.10),la chute calorifique(I1-I2) dans ce cas augmente,de meme que le
rendement thermique du cycle, tandis que la consommation spécifique de vapeur d0 se
réduit. La pression finale de la vapeur dans la plupart des installations à turbine à
vapeur est de 0,03 à 0,05 bar. L’amélioration du rendement du cycle par abaissement
consécutif de P2 est pratiquement impossible,vu l’absence d’élements de
refroidissement naturels dont la température serait plus faible que celle de la vapeur à la
pression P2.(Fig.10).

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En plus des procédés indiqués, pour l’amélioration du rendement thermique il est


appliqué toute une série de mesures. Parmi celles-ci on notera :

4°) la resurchauffe de la vapeur

5°) le réchauffage de l’eau d’alimentation par r écupération (soutirage).

- Resurchauffe de la vapeur.

Comme il a été plus haut, l’élévation de la pression initiale de la vapeur permet


d’améliore le rendement thermique du cycle d’une installation motrice à vapeur, mais
l’usage de d’une vapeur haute pression accroît le degré d’humidité de la vapeur à la fin
de sa détente. L’humidité de la vapeur est alors si élevée qu’elle provoque l’usure de
l’aubage des derniers étages de la turbine à vapeur. Pour remédier à cet inconvénient
on fait subir à la vapeur un chauffage intermédiaire. Ce procédé consiste en ce qui suit
(fig.11) :

1-chaudière 2- turbine 3- resurchauffeur 4-condenseur 5- pompe

Fig.11. Schéma de l’installation motrice à vapeur avec chauffage intermédiaire


de la vapeur.

La vapeur de la chaudière 1(fig.11), après sa détente partielle au premier étage de la


turbine2,est dirigée vers le resurchauffeur 3, ou elle est encore une fois chauffée à
pression constante soit jusqu'à une température égale à celle de la vapeur vive,soit à
une température légèrement inférieure à la température initiale.
Après que la vapeur est amenée à la température imposée dans le resurchauffeur,elle
est dirigée vers le dernier étage de la turbine ou se termine la transformation avec
détente jusqu'à la pression P2,ensuite la vapeur est acheminée au condenseur 4.

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Le liquide condensé se déposant dans le condenseur est recyclé à


l’aide de la pompe 5à la chaudière à vapeur. Le resurchauffeur de la vapeur permet
d’obtenir une certaine amélioration du rendement thermique.

- Le réchauffage de l’eau d’alimentation par récupération (soutirage)

Le réchauffage de l’eau d’alimentation par récupération avant son débit à la


chaudière à vapeur est réalisé par les calories de la vapeur partiellement soutirée à
la turbine.Ce procédé consiste en ce qui suit (fig.12) :

1-chaudière 2- turbine 3- condenseur 4- pompe 5- réservoir d’alimentation


6 et 7- réchauffeurs d’eau

Fig.12.Schéma de l’installation motrice à vapeur à récupération


(Soutirage)
La vapeur de la chaudière1 est amenée à la turbine à vapeur2.Aprés détente
partielle une partie de la vapeur est prélevée au premier étage de la turbine pour
être dirigée au réchauffeur d’eau d’alimentation 7,puis au réservoir d’alimentation
5.La vapeur restant dans la turbine débouche au deuxième étage de la turbine ou
elle continue à se détendre. A la sortie du deuxième étage une partie de la vapeur
est dérivée vers le réchauffeur d’eau6 et, ensuite, au réservoir d’alimentation5.La
vapeur restant dans la turbine après le deuxième soutirage est dirigée au troisième
étage de la turbine ou elle se détend jusqu’à sa pression finale pour être acheminée
au condenseur 3 d’où le liquide condensé sera transvasé à l’aide de la pompe4

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jusqu’au réservoir d’alimentation5. La pompe 8 débite l’eau du réservoir


d’alimentation, par l’intermédiaire des réchauffeurs d’eau6 et 7, à la chaudiere1. Le
chauffage de l’eau d’alimentation par la vapeur soutirée se produit pendant un cycle
dit cycle à soutirage.

Dans les installations motrices à vapeurs modernes à paramètres élevés, le nombre


de soutirages peut atteindre 6 à 8. Le chauffage de l’eau d’alimentation par
récupération permet d’obtenir une amélioration sensible du rendement thermique de
l’installation motrice à vapeur. Avec l’augmentation du de soutirage, le rendement du
cycle à soutirage s’améliore.

E) LA TURBINE À VAPEUR

1°) Définition

La turbine à vapeur est un moteur rotatif à ailettes dans lequel l’énergie de la vapeur
sous pression, issue d’une chaudière,est d’abord transformée en énergie cinétique de la
vapeur s’écoulant à grande vitesse par des tuyères, puis en énergie mécanique de
rotation de l’arbre dans les ailettes du rotor.
La conception schématique et le fonctionnement de la turbine sont les suivants fig.13:

1- ailettes 2- tuyère 3- arbre 4- roue

Fig.13.Schéma d’une turbine à vapeur élémentaire.

L’élément essentiel de la turbine est le rotor constitué par l’arbre 3(fig.13) sur lequel est
calée la roue mobile 4 portant les ailettes motrices1 à profil courbé. En face du disque
portant les ailettes motrices se trouvent la tuyère 2 projetant la vapeur sur les ailettes
motrices de la turbine. La tuyère et la roue mobile de la turbine forment une cellule( un
étage).

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2°) Classification des turbines à vapeur


Les types des turbines à vapeur employés se distinguent par les indices suivants :

a) D’après leur application

-Turbines à condensation

-Turbines à contre-pression

Dans les turbines à condensation la totalité de la vapeur d’échappement est


condensée pour être réutilisé pour l’obtention de la vapeur.Dans les turbines
à contre-pression la vapeur d’échappement est utilisée à une certaine pression
à des fins de chauffage. Pour le chauffage industriel il est le plus souvent
utilisé des turbines à prélèvement de vapeur. Dans ces turbines
une partie de la vapeur est dérivée à un étage quelconque à l’usage des
consommateurs, tandis que la vapeur restante continue à se détendre dans les
Étages suivants pour être enfin amenée au condenseur.

b) D’après le procédé de détente de la vapeur et son action sur l’aubage


mobile
- Turbine à action (la détente de la vapeur s’effectue uniquement dans les canaux
Fixe)
- Turbine à réaction (la détente de la vapeur s’effectue dans les canaux fixes et
Mobiles)
- combinée (à action et à réaction)

Les turbines à action se divisent : en turbines à chutes de vitesses, à chutes de


pression et mixtes.

c) D’après le mouvement de la vapeur

-en turbines axiales avec la vapeur se déplaçant le long de l’axe de la turbine


-en turbines radiales avec la vapeur se déplaçant perpendiculairement à l’arbre ;
-en turbines axiales radiales constituées par des étages axiaux et radiaux

d) D’après la construction

- Turbines à disques : Roues à disques construites séparément et calées sur un


arbre.Fig14

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Fig.14.Roue à disque

- Turbines à tambour :Les aubes sont calées sur un tambour rapporté sur
l'arbre.Fig15.

Fig.15

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3°) Déscription

a) Rotor

Il comporte un arbre et des roues à aubes. L’arbre,en acier spécial, est muni d’une
longue portée de calage sur laquelle sont montés les disques des roues. A une de ses
extrémités, l’arbre est muni d’un tourillon et d’un accouplement à dilatation.
A l’autre extrémité , l’arbre est muni d’un second tourillon et de fines cannelures
destinée au labyrinthe .
les roues à aubes sont constituée par un disque et des aubes , le disque , en acier
coulé , comporte un moyeu , un voile et une jante munie d’une rainure circonférentielle
en T.
L’aube , en acier spécial , comporte un corps profilé,un talon et un embout de
rivure.
Elle sont d’abord forgée puis parachevée à la fraise .Une aube et une pièce intercalaire
alternativement placée dans la rainure en T de la jante .
les embouts des aubes sont rivés sur des bandes de liaison afin d’assurer la rigidité
l’ailettage.
Le rôle des intercalaires est de ménager un canal entre les aubes, canal dans lequel
circulera la vapeur fig.18.

Fig 16 . Schéma montrant les différentes parties d’une turbine à vapeur

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Fig. 17 . Rotor de la turbine

Fig18. Mode de fixation des aubes de la roue

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Fig.19 Rotor de la turbine

b)Stator

Il se compose d’un corps en deux pièces, de disques à aubes fixes, de palier et de


labyrinthes.
Le corps en fonte comporte le canal d’entrée de la vapeur, des logements annulaires
pour les disques fixes, les supports de paliers, et le canal de sortie de la vapeur.
L’étanchéité entre le corps inférieur et le chapeau est réalisée par simple pose tandis
que l’étanchéité corps et arbre est réalisé par labyrinthes.
Le corps inférieur est muni en outre d’une semelle de pose sur la fondation. Le corps
complet est garni après montage d’un calorifugeage externe.
Le disques à aubes fixes est constitué par un corps en fonte muni d’un moyeu à
labyrinthe et d’une jante rainurée enT dans laquelle sont logées les aubes et les
intercalaires fixes.
Les disques laissent entre eux des espaces dans lesquels les roues vont pouvoir se
mouvoir.
Les paliers sont du type lisse et à graissage sous pression avec coussinets en métal
antifriction.
Les labyrinthes constituent l’étanchéité entre l’arbre et le stator.
Il est basé sur la perte de charge créée par l’inflexion brutale d’un fluide dans des
chicanes.

Animé par : S.DJABALLAH. H 22


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Fig.20 . Etanchéité à labyrinthe

- Paliers - Roue fixe

Fig.21

Fig22 .Chapeau et aubes fixes

4°) Principe de fonctionnement de la turbin e à vapeur

Dans la turbine, la vapeur agit par sa vitesse( transformation de l’énergie de pression en


énergie de vitesse et transformation de cette dernière en travail sur l’arbre).

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a) Cas d’une seule roue

Dans la tuyèreT on provoque la détente continue de la vapeur.Cette détente


√ I1- I2
génère une élévation de la vitesse régie par : V=44,7√

I1- I2= chute d’enthalpie

Les particules de vapeur, animée de la vitesse V, communiquent à la roue une


impulsion dans le sens du bombage. Il s’ensuivra une rotation de la roue R et de
l’arbre A autour de leur axe fig.23.

Fig .23 . Cas d’une seule roue

b) Cas de plusieurs roues

Les roues R1 ,R2, R3 devant tourner dans le même sens, leur courbures auront la
même orientation.
Il y lieu de placer entre les roues R1,R2,R3 des aubes fixes D dites directrices courbées
en sens contraire de celui des aubes de la roues, en vue de donner à la vapeur une
direction d’entrée dans les roues R2 et R3 conforme au sens de rotation fig.15b.

Fig. 24.Cas de plusieurs roues

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1°) Turbines à vapeur type à action: de LAVAL

a) Principe de la turbine à action

La détente s’effectue dans les canaux fixes.

La pression reste constante dans les canaux mobiles.

b) les vitesses dans les aubages mobiles. (fig.25)

Fig.25.Vitesses dans les aubages mobiles et triangle des vitesses d’une

Fig. 26. Vitesse dans la roue mobile

Une masse de vapeur M(fig 26) circulant sur sa trajectoire ab est soumise à une vitesse
d’entraînement u qui est la vitesse tangentielle de la roue, et à une vitesse relative w qui
est la vitesse de circulation de la vapeur (w=Q/S).
La composition des deux vitesses donne la vitesse absolue qui est la vitesse constatée
par un observateur placé en dehors de la machine.
Au cours de son déplacement le long de ab, les vitesses u et w de la masse m sont
constantes en grandeur. Mais w change constamment de direction. Il s’ensuivra une
variation de v.

Animé par : S.DJABALLAH. H 25


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2°) La turbine de LAVAL

a) Principe
La vapeur, venant de chaudière à la pression P1, se détend complètement et
adiabatiquement dans une tuyère et passe à la pression du condenseur P2.
La vapeur en se détendant augmente sa vitesse.
Le jet de vapeur, rencontrant les aubes en arc de cercle,s’infléchit sur leur courbure, et
par son impulsion tangentielle imprime à la roue et à son arbre une rotation motrice.

Fig 27. Turbine à action

b) Conséquences de la turbine à action (fig.28).

Fig.28

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1. La pression étant constante dans les canaux mobiles,p=p’, et les


poussées P=P’ dues à la vapeur sont égales sur les 2 faces de la roue. Il
n’y a donc pas de poussée axiale.

2. Puisque p=p’, la vapeur n’aura pas tendance à passer par le joint j en


court-circuitant l’aube A de la roue.

On pourra donc prévoir entre le rotor et le stator,de grands jeux (facilité de


construction et sécurité pour dilatation).

Fig 29 .Roue de la turbine à action.

Remarque :
- Le disque de la roue est muni de quatre ouverture circulaire en vue d’alléger la
roue.(Noter que les pressions de chaque coté sont égales)
- L’angle α est de l’ordre de 17à 20°
- Le dessin ne présente qu’une seule tuyère, mais on pourrait en disposer
plusieurs, ou mieux encore en disposer un grand nombre sur partie de la
circonférence ( injection partielle) ou sur la totalité( injection totale).

Animé par : S.DJABALLAH. H 27


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c) Explication technique du fonctionnement

Fig.30.Diagramme des pressions et des vitesses

La vapeur, avant d’entrer dans la tuyère, est à la pression P1 et contient i1 l (Mollier).A


la sortie de la tuyère, après sa détente adiabatique,elle contient encore i2 . La chute de
pression est traduit sur le diagramme par l’arc d’hyperbole AB. Quant à la vitesse
supposée nulle à l’entrée de la tuyère, v1=0 ,elle augmente suivant la courbe DE et
vaut, à la sortie v2=44,7√(i1-i2).
Dans la, roue la pression reste constante et égale a la pression du condenseur P2
Cette constance de pression se marque par l’horizontale BC.
Quant à la vitesse,de par la courbure des aubes de la roue, elle diminue et sort de la
roue avec une vitesse v3 avec laquelle elle se dirige vers le condenseur.Le diagramme
montre cette évolution par la courbe EF.

d) Rendement maximal

D’après la relation du rendement


w = ½( v2- v3)

w est maximal quand v3 est minimal


La figure 31 montre que v3 est minimal quand il est perpendiculaire à la roue.
Calculons u pour avoir v3 minimal.

Les triangles hachurés sont égaux .

D’où CE=u et dans le triangle ACD , AC= ADcosά

AC=2u; AD = v2 D’où u= (v2 cosά)/2 mais cos17°= 1

D’ou u=v2/2

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Fig .31.Les vitesses dans la roue.

Fig.32

e) Travail et puissance communiquée

Wsp= ½(v2-v3) en J/Kg

Pu= Wsp x Qm en Watt


Qm = débit massique en kg/s

f ) Inconvénient de la turbine de LAVAL

Comme v2 est de l’ordre de 1500m/s. La vitesse d’entraînement donnant le

Animé par : S.DJABALLAH. H 29


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rendement maximal ηsera u=750 m/s.


Cette haute vitesse tangentielle conduit :

- soit à des roues de trop grands diamètre (5m).


- soit à des vitesses de rotation excessives (20 000 tr/min)

En outre, une telle vitesse tangentielle conduit à des tensions inadmissibles


dans les disques et dans les aubes.

Les turbines Curtiss et de Rateau apportent un correctif à cet inconvénient.

3°) Turbine à action à chute de vitesse( C urtiss )

1-arbre 2- disque tournant 3-premier aubage mobile 4- tuyère 5- corps


6- deuxième aubage mobile 7- aubage fixe

Fig. 33. Schéma d’une turbine à action à deux chutes de vitesses

a)Principe

Le défaut des turbines de LAVAL est l'obligation de conférer une très grande
vitesse d'entraînement pour obtenir un bon rendement.
Deux procédés sont utilisés pour remédier à cet inconvénient :

- soit le fractionnement de la vitesse


- soit le fractionnement de la pression.

Animé par : S.DJABALLAH. H 30


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b) Explication technique du fonctionnement


( diagramme des pressions et des vitesses)

Dans la tuyère, il y a détente complète de la vapeur.


La vitesse générée passe de v1 (suppose nulle) à v2 avec v2 =44,7√ i1-i2
Le diagramme traduit ces évolutions.

Fig.34.Diagrammes des vitesses et des pressions

Remarquez que P2 reste constant dans tous les étages.Comme il y a


Trios roués, on fractionne V2 en trios valeurs égales.
Dans la première roue, la pression est P2 et la vitesse passe de V2 à V3 telle
que V2-v3= V2/3.
Dans le premier distributeur, la pression est encore P2 et la vitesse reste
V3.La vapeur change tout simplement de direction, mais pas d'intensité
( les frottements sont supposés nuls).
La deuxième roue reçoit la vapeur du premier distributeur avec une direction
convenable évitant les chocs. La deuxième roue utilise à son tour le tiers de
la vitesse. La vapeur, après avoir évolué dans la deuxième roue, passe dans
le second distributeur et dans la troisième roue, d’où elle sort avec une
vitesse pratiquement nulle, et se rend au condenseur.
La vitesse d'entraînement donnant un rendement maximale est égales à la
moiti' de la vitesse utilisée dans les roues.
Donc, dans ce cas, la vitesse d'entraînement est égale au sixième de la
vitesse générée dans la tuyère,et, dans le cas général,

U= v/2n n étant le nombre de roues.

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c) Nombre de roues utilisées

Les turbines à chute de vitesses se rencontrent le plus souvent avec deux


roues , et s'appellent dans ce cas Curtiss.La roue Curtiss ne comporte en
réalité q'un seul disque dont la jante porte deux couronnes d'aubes mobiles.
Elle n'est pas souvent employée seul et se combine avec une turbine à chute
de pression lui faisant suite.
Son éfficaçité réside dans le fait qu'elle absorbe la plus grande partie de la
chute de pression.

Fig.35. Roue Curtiss

d) Fractionnement de la vitesse
(Procédé Curtiss)

Dans la turbine à chute de vitesse, la détente s'effectuée encore entièrement


dans la tuyère, mais au lieu d'utiliser toute la vitesse dans une seule roue, on
la fait tomber sur un certain nombre de roués placées en série, et chacune
des roués utilise une fraction de la vitesse générée par la tuyère.
Entre les roues, on place bien entendu des aubes directrices fixes laissant
des passages d'égales section modifiant la direction de la vapeur de façon à
ce qu'elle se présente sans choc à l'entrée de la roué suivante.

c) Avantage

Puisqu'on n'utilise, dans chaque roue,qu'une fraction de la vitesse générée à


la tuyère, la vitesse d'entraînement sera moitié de cette fraction de vitesse
pour pouvoir travailler au rendement maximal.Il s'ensuit que la vitesse
d'entraînement est fortement diminuée par rapport à celle exigée par la
turbine de LAVAL et les aubes ne sont plus soumises à de grandes forces
centrifuges dangereuses pour la résistance des métaux.

4°) Turbine à action à chute de pression (Rateau )

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a) Principe

Au lieu de provoquer la détente complète de la vapeur dans la première


tuyère fixe, on fractionne la chute de pression. Les détentes successives
s'opèrent dans les divers aubages fixes. Chaque détente donne lieu à une
vitesse réduite qui est utilisée sur la roue mobile suivante. Cette turbine est
une succession de turbines de Laval placées en série.Chaque roue n'utilise
de ce fait qu'une vitesse d'autant plus restreinte qu'il y a de chutes de
pression et la vitesse d'entraînement conférant le rendement maximal sera
réduite dans les mêmes proportions..

b) Fonctionnement

Examinons le cas d'une turbine à trois chutes de pression.


La pression d'entrée est P1 et la pression de sortie P4. Le diagramme de
Mollier a fixé les pressions intermédiaires P2 et P3.
Dans la première tuyère, on provoque une chute de pression de P1 à P2.
Il s'ensuit une élévation de la vitesse de 0 à v telle que:
V = 44,7√ i1-i2

La première roue utilise entièrement la vitesse v, la pression P2 restant


constante.Fig.36
.

Fig.36. Diagrammes des vitesses et des pressions.

c) Travail sur chaque roue

Puisqu'on épuise entièrement la force vive de la vapeur dans la roué, on


écrira :

Animé par : S.DJABALLAH. H 33


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W = mv2 / 2 si m =1kg alors le travail W= v2 / 2.

C'est donc le travail par kg de vapeur.

d) Particularité

Afin d'obtenir des travaux égaux sur toutes les roués, les vitesses
utilisées sur chacune d'elles doivent être égales.Or, l'égalité des vitesses
implique une égalité des chutes d' enthalpies puisque
V=44,7√∆ ∆H .
Il faut donc fractionner en parties égales la chute d'enthalpie et non la
chute de pression. Les diverses pressions intermédiaires s'obtiennent

par le diagramme de Mollier. La figure 34 donne le processus de


détermination des pressions

Fig.37. Pressions intermédiaires


Dans la seconde tuyère, on provoque la chute de pression de p2 à p3.Il
s'ensuivra une élévation de la vitesse de o à v telle que:

v = 44,7√i2-i3.

Cette dernière sera égale à celle générée dans la première tuyère, puisque
les chutes d'enthalpies sont égales.
La seconde roue utilisera entièrement la vitesse v et la pression p3 restera
constante.

Animé par : S.DJABALLAH. H 34


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Le même phénomène se produira autant de fois qu'il y a des roues.

e) Réduction de la vitesse d'entraînement

Avec une turbine à une seule roue , pour une chute d'enthalpie totale de ∆i
la vitesse d 'entrenement vaut :
√∆i
u=1/2 44,7√

Avec une turbine à n chute de pression pour une chute d'enthalpie totale de
∆i, la vitesse d'entraînement devient :
u'= 1/2 44,7√ √∆i/n
∆i

√n montre que la vitesse d'entraînement est réduite


Le rapport u'/u=1/√
proportionnellement à la racine carrée du nombre de roues mobiles.

5°) Turbine mixte

C'est une combinaison en série d'une turbine à chute de vitesse et d'une turbine
à chute de pression.

a) On place en général une roué Curtiss (2chutes de vitesses) utilisant une


chute de pression de P1à P2 et générant une vitesse v' qui est utilisée en
deux chutes sur les roués mobiles.

b) On procède ensuite à une chute fractionnée de la pression dans n éléments


Rateau à chute de pression.
La figure 35 donne les diagrammes des pressions et des vitesses.
Le but de la roue Curtiss est de faire tomber la vitesse pour diminuer le
nombre de roues à la partie Rateau.

Animé par : S.DJABALLAH. H 35


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Fig.38.Diagrammes des vitesses et des pressions

6°) Turbine à vapeur type à réaction :Parsons

a) Principe de la turbine à réaction

On appelle turbine à réaction les engins dans lesquels la détente de la vapeur


s'éffectue non seulement dans les tuyères (aubages fixes) avant son amenée à
l'aubage mobile,mais également sur les ailettes de la roue mobile.Fig.24

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Fig. 39. Schéma montrant les différentes partie d’une turbine à réaction :

1 ,4 – aubage redresseur ; 2,5 – aubages mobiles


3 – corps de turbine 5 – rotor ; 7- tuyauterie ; 8- piston de décharge ;
9 - chambre

Fig.40. Canaux fixes et mobiles d'une turbine à réaction

c) Degré de reaction

C'est le rapport entre la chute d'enthalpie des aubes mobiles et la chute


d'enthalpie totale.

D = chute d'enthalpie aubages mobiles/ chute d'enthalpie totale


Si D=1/2 cela veut dire que la chute d'enthalpie dans les roues =chute
d'enthalpie dans les aubages fixes.
Puisqu'il y a détente dans les aubes fixes et mobiles, ces canaux seront tous
deux des tuyères.

c) Fonctionnement

Animé par : S.DJABALLAH. H 37


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Les chutes de pressions dans les tuyères sont= ab,cd,ef, gh.


Elles entraînent des élévations de vitesses mn, pq, rs,tu, avec
V=44,7√∆ ∆i
Ces détente provoquent dans les roues des élévation de vitesse xy qui
n'apparaissent pas directement sur le diagramme , car elles sont
transformées immédiatement en travail dans la roué elle mệme contrairement
à ce qui se passe pour les aubages fixes .
Le travail sur chaque roue proviendra donc de deux chutes de vitesse, l'une
np et l'autre x' y' …….
Pour déterminer xy,il suffirait de rechercher la chute d'enthalpie correspondent
à la chute de pression bc (Mollier), et on écrirait
v'=44,7√∆ ∆i'.Fig.41.

Fig.41.Diagrammes des vitesses et de pressions dans la turbines à


réaction

d) Travail
Le travail sur une roué vaudrait donc:

W= v2/2+v'2/2

e) Particularité

En raison du grand nombre de roues,on remplace l'arbre par un tambour


afin d'augmenter la rigidité. De plus, il faudra toujours la présence de piston
d'équilibrage pour équilibrer la poussée axiale.

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Fig.42 Turbine à vapeur à réaction.

e) Conséquences de la turbine à réaction

a) Si nous considérons une roue de turbine à réaction, nous constatons que


P>P', il en résulte une poussée axiale A= P- P' qui sera reprise par le palier
de butée.
b) D'autre part, puisque P> P , la vapeur aura tendance à passer par le jeu ( j)
en court-circuitant l'aube. Afin d'éviter cette tendance, on réalise j très petit;
mais cela nécessite un grand soin dans l'exécution et des précautions dans la
mise en marche (dilatations); j= 0,4 mm à froid, 0,2 mm à chaud.
Fig.43.

Fig .43

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7°) NOTIONS SUR LES TURBINES A GAZ.

a) Généralités

Dans une enceinte fermée E, est comprimé un mélange gazeux


combustile.Fig.44.

.
Fig.44

Faisons jaillir l'étincelle à la bougie B:


La combustion se produit et sous l'action de l'élévation de température il'y a
Augmentation de la pression. Ouvrons le robinet R:
Il y a écoulement des gaz brûlés par la tuyère T dans laquelle la pression des
gaz tombe tandis que la vitesse augmente. Nous transformons ainsi l'énergie
de pression et l'énergie calorifique en énergie cinétique.

c) Réalisation de principe

La figure 45 montre les diverses transformations de l'énergie ainsi que


les éléments fondamentaux.

Fig.45.

L'enceinte E est appelée chambre de combustion. La tuyère T, les aubes A et le


disque D constituent la turbine à gaz.Si nous dirigeons les gaz détendus sur les aubes
d'une turbine, nous avons transformé l'énergie cinétique en énergie mécanique. Nous
nous trouvons en présence d'une turbine à combustion interne généralement appelée
turbine à gaz.
Pour assurer un fonctionnement continu, il faudra répéter la combustion, c'est-à-dire
qu'on introduira en permanence dans la chambre de combustion de l'air et du

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combustible comprimés. Le moteur nécessite la présence d'un compresseur d'air et


d'une pompe à combustible.

Fig.46. Turbine à gaz

Fig .47. Turbine à gaz avec combustion sous pression constante:


– schéma de l’installation :1_ compresseur ; 2- pompe d’injection;
3_ injecteur ; 4- chambre de combustion ; 5- tuyère ; 6- aubage mobile
de la turbine; 7- rotor de de turbine à gaz ; 8- tubulure
d’échappement ; 9- arbre de turbine ;
b – cycle théorique de l’installation.

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L’air éxterieur est amené au compresseur 1 ou il est comprimé. Le


rotor du compresseur est calé sur le meme arbre 9 que la turbine . L’air comprimé issu
du compresseur est amené à la chambre de combustion 4 ou la pompe 2 débite
simultanément le combustible. Dans la chambre de combustion, s’opère la formation du
mélange combustible ainsi que que sa combustion.
Les produits de combustion, dont la température est de 700°c environ, passent par la
tuyère 5 ou il se produit une détente partielle. La détente ulterieure s’éffectue dans
l’aubage mobile 6 de la turbine à gaz. Les gaz d’échappement sortent à une
température d’environ 400°C de la turbine par la tu bulure d’échappement 8 sous une
pression proche de celle du milieu ambiant.
Dans le cycle théorique de l’installation de turbine à gaz la ligne 1-2 caractérise la
compression adiabatique de l’air dans le compresseur. La transformation 2-3 représente
la fourniture de la chaleur au fluide moteur, par la source superieure, s’éffectuant sous
pression constante. La détente du fluide moteur dans les tuyères et dans l’aubage
mobile de la turbine s’opère suivant l’adiabatique 3-4 et le retrait de la chaleur à
pression constante, suivant l’isobare 4-1 Cette dernière transformation remplace le
refroidissement réel des produits de combustion dans l’atmosphère , et elle boucle
conventionnellement le cycle.
Afin d’améliorer le rendement dans ces installations on applique la récupération de la
chaleur, c’est-à-dire l’utilisation des calories emportées par le gaz d’échappement de la
turbine pour le chauffage de l’air comburant amené à la chambre de combuistion.

Dans les installations de turbine à gaz à récupération( fig .48) la chaleur des gaz
d’échappement est partiellement utilisée dans le rechauffeur à surface
( récupérateur),dans lequel est chauffé l’air issu du compresseur. L’air chauffé, dans le
récupérateur débouche dans la chambre de combustion.L’application de la récupération
de la chaleur releve le rendement effectif de l’installation jusqu’à 35-40%.

Fig .48 Schéma d’une turbine à gaz avec récupérateur

1- compresseur ;2- pompe d’injection ; 3- bruleur ; 4- chambre de combustion ;


5- aubage fixe ;6- aubage mobile ; 7- roue de turbine;
8- tubulure d’échappement; 9- arbre; 10- récupérateur.

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d) Avantages et inconvénients

- Avantages

a) sur les moteurs a piston

- suppression des pièces à mouvement alternative


- détente plus complète des gaz brûlés
- suppression des pièces frottantes (graissage moins onéreux - pas de réalésage)
- rendement de l'ordre de 25%.

b) par rapport aux turbines à vapeur

- frais de première installation bas, puisque suppression de la chaudière (dont on


ne garde que le foyer devenu chambre de combustion) et du condenseur;
- amélioration du rendement puisque suppression du fluide intermédiaire (vapeur)
- mise en marche rapide.

- Inconvénients

- difficulté d'obtenir des matériaux résistant aux hautes températures

- nécessité d'un compresseur et d'une pompe à combustible (ou d'un


compresseur).

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