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CPGE Devoir surveillé n 1 ◦ ∗

MP (20-21)
Centre Moulay Idriss - Fès Mardi 6 octobre 2020

Il sera tenu compte de la rigueur des raisonnements, la clarté de la rédaction et la qualité de la présentation.

Exercice
1. On considère
{ ∫ 1 }
⋄ H = P ∈ R[X] | P (t) dt = 0 et D : H → R[X], l'application dénie par D(P ) = P ′ .
0
Montrer que D est un isomorphisme d'espaces vectoriels.

⋄ Pour toute la suite, on considère


⋄ ϕ : R[X] → H l'isomorphisme réciproque de D.

 B0 = 1.
⋄ (Bn )n la suite polynômes dénie par la récurrence ∀n ∈ N∗ , Bn ∈ H.

∀n ∈ N∗ , Bn = n · ϕ (Bn−1 ) .
⋄ (bn )n la suite réelle dénie par bn = Bn (0).

2. (a) Expliciter Bi pour i ∈ [[0, 4]].



 ∀n ∈ N, deg(Bn ) = n.
(b) Vérier que l'on a (k) n!
 ∀(k ≤ n) ∈ N , Bn = 2
Bn−k
(n − k)!
(c) Comparer selon la parité de n, Bn (X) et Bn (1 − X).
Prouver que pour tout entier n ≥ 2, Bn (0) = Bn (1), et que pout tout n ∈ N∗ , b2n+1 = 0.
3. (a) Montrer que si h ∈ C 1 ([a, +∞[, R), est telle que h et h′ admettent des limites nies en +∞, alors
lim h′ (x) = 0.
x→+∞
,→ Si besoin on pourra admettre pour la suite la généralisation sous la forme suivante :
Si h ∈ C m ([a, +∞[, R), est telle que h et h(m) admettent des limites nies en +∞, alors pour tout
k ∈ [[1, m − 1]] toutes les dérivées lim h(k) (x) = 0 admettent des limites nulles en +∞.
x→+∞
(b) Prouver que pour toute fonction f ∈ C 2n+2 ([0, 1], R)
∫ 1
f ′ (0) + f ′ (1) ∑ b2j ( (2j) )
n
1
f (1) − f (0) = − f (1) − f (2j)
(0) − B2n+1 (t)f 2n+2 (t) dt.
2 j=1
(2j)! (2n + 1)! 0

(c) ⋄ Soient a ∈ R et g : [a, +∞[→ R une fonction de de classe C ∞ .



⋄ On considère la série dénie par sa suite des sommes partielles Sm = g(k).
a≤k≤m

i. Montrer que pour tous entiers q > p ≥ a et r ∈ N∗ on a


∫ ∑ b2j ( (2j−1) )
r
g(q) − g(p) q
Sq − Sp = + g(t) dt + g (q) − g (2j−1) (p) + Rp,q,r .
2 p j=1
(2j)!

q−1 ∫ n+1

1
où Rp,q,r = B2r+1 (x − n)g (2r+1) (x) dx.
(2r + 1)! n=p n
ii. On suppose en plus que g vérie les quatre conditions
∫ +∞
X g(t) dt est convergente.

a
X g(n) est convergente, de somme notée S .
n≥a
X lim g(x) = 0.
x→+∞

X Il existe r ∈ N∗ , tel que g (2r+1) soit intégrable sur [a, +∞[.


Prouver alors que Rp,q,r admet une limite notée Rp,r lorsque q → +∞ et que l'on a
∫ +∞ ∑r
g(p) b2j (2j−1)
S − Sp = − + g(t) dt − g (p) + Rp,r .
2 p j=1
(2j)!

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4. Applications
(a) Application 1

+∞
1
⋄ On rappelle que ζ est dénie pour x > 1 par ζ(x) = .
n=1
nx
,→ Pour m ∈ N donné, on se proposer de calculer ζ(2m + 2).
i. Montrer que pour tout entier naturel non nul n
∫ 1
(2m + 2)!
B2m+2 (t) cos(2nπt) dt = (−1)m 2m+2
.
0 (2nπ)

N
1
ii. En déduire une expression intégrale de la somme partielle 2m+2
.
n=1
n
B2m+2 (x) − b2m+2
iii. Montrer que x 7→ admet un prolongement continue sur [0, 1].
sin(πx)
(−1)m (2π)2m+2 b2m+2
iv. Conclure que ζ(2m + 2) = .
2((2m + 2)!)
(b) Application 2
Établir, à laide des résultats de la question 3. le développement asymptotique
( ) ∑
1 √ r
b2k 1 ( )
ln n! = n+ ln(n) − n + ln 2π + + O n−2r
2 (2k − 1)(2k) n2k−1
k=1

Problème
⋄ K désigne l'un des corps R ou C ; n un entier naturel supérieur ou égal à 2.
⋄ L'espace vectoriel canonique Kn , est muni de sa base canonique Bc = (e1 , · · · , en ).
⋄ φ1 , · · · , φn désignent les formes linéaires coordonnées dans la base canonique Bc

n
∀x ∈ Kn , x = φk (x) · ek
k=1
⋄ On munit Kn d'une structure d'algèbre où
La multiplication est dénie par : (x1 , · · · , xn ) · (y1 , · · · , yn ) = (x1 y1 , · · · , xn yn ).
Le neutre est : e = e1 + · · · + en = (1, · · · , 1).
⋄ La matrice d'une base B de Kn , est la matrice de passage de Bc à B, elle est notée MB .
⋄ Une forme linéaire φ sur Kn est dite multiplicative si pour tous x, y ∈ Kn , φ(xy) = φ(x)φ(y).

5. Montrer que φ1 , · · · , φn sont les seules formes linéaires multiplicatives non nulles sur Kn .
6. ⋄ Soient f un automorphisme de l'algèbre Kn , et φ une forme linéaire non nulle multiplicative.
(a) Montrer que φ ◦ f est une forme linéaire multiplicative non nulle.
(b) En déduire tous les automorphismes de l'algèbre Kn .
7. Soit a = (a1 , · · · , an ) ∈ Kn .
(a) Vérier que (X − a1 )(X − a2 ) · · · (X − an ) est annulateur de a.
(b) Montrer que Kn = K[a] , si et seulement si a1 , · · · , an sont toutes distinctes.
8. ⋄ Soit A une sous-algèbre de Kn .
⋄ On note φ1 , · · · , φn les restrictions respectives de φ1 , · · · , φn à A.
⋄ On suppose qu'il existe k ∈ [[1, n − 1]] tel que φ1 , · · · , φk soient distinctes, et que, pour tout i > k , il existe
j ≤ k vériant φi = φj .
(a) Établir que φ1 , · · · , φn sont toutes non nulles. (utiliser l'élément neutre e).
{
φi (uij ) = 1
(b) Montrer que, pour tout (i, j) ∈ [[1, k]]2 avec i ̸= j , il existe uij ∈ A tel que ; En donner
φj (uij ) = 0
une expression. (s'inspirer de 7.(a)).
{
φq (wq ) = 1
(c) En déduire que pour tout q ∈ [[1, k]], il existe wq ∈ A tel que (exprimer
φj (wq ) = 0, ∀j ∈ [[1, k]]\{q}
wq en fonction des uqj ).
(d) Les vecteurs w1 , · · · , wk sont-ils liés ? Quel est leur somme ? Quel est le sous-espace vectoriel qu'ils
engendrent ?

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⋄ Une base B = (v1 , · · · , vn ) de Kn est appelée base cohérente de Kn si elle vérie la propriété

∀(i, j) ∈ [[1, n]]2 , ∃k ∈ [[1, n]] , v i · vj = vk .

⋄ Une base B de Kn est dite base cohérente inversible , si B est une base cohérente, et tout élément a de B est
inversible dans l'algèbre Kn .

9. (a) Établir que, si B est une base cohérente de Kn , et f est un automorphisme d'algèbre de Kn , alors f (B)
est une base cohérente.
(b) Montrer que, si M ∈ Mn (K) est la matrice d'une base cohérente B, alors il en est de même de toute
matrice déduite de M par permutation des lignes ou par permutation des colonnes.
10. Soit B une base cohérente de Kn , et a un élément de B.
(a) Prouver que la forme linéaire qui vaut 1 pour chacun des vecteurs de B est multiplicative.
(b) Montrer que la matrice MB de B, comporte une seule ligne dont tous les termes sont égaux à 1.
(c) Donner les matrices de toutes les bases cohérentes de K2 .
(d) Établir l'existence d'un entier p ∈ N∗ tel que ap+1 = a. (Exploiter la suite (ak )k ).
Dans le cas de l'algèbre Rn , trouver une valeur p indépendante de B et de a.
11. Montrer que le nombre de bases cohérentes de Kn est ni.
12. (a) Soit a ∈ Kn , et µa l'endomorphisme de Kn , déni par µa (x) = a · x.
Calculer la trace de µa en fonction des φi (a).
,→ La trace de µa sera notée Tr(a) et appelée trace de a.
(b) Soient B une base cohérente de Kn , et a un élément de B.
Montrer que Tr(a) ∈ [[0, n]]. À quelle condition a-t-on Tr(a) = n ?
13. Soit B une base cohérente de Kn .
(a) Établir que MB comporte au moins 2n − 1 coecients non nuls.
(b) On suppose que MB comporte exactement 2n − 1 coecients non nuls.
Établir que MB se déduit par permutation de lignes et de colones de la matrice N dont tous les
éléments sont nuls sauf ceux de la première ligne et de la diagonale qui, eux, valent 1.
(c) Montrer que N est bien la matrice d'une base cohérente.
14. (a) Montrer que, si B est une base cohérente inversible, alors l'un des vecteurs de B est e.
(b) Montrer que les coecients de la matrice MB d'une base cohérente inversible sont tous de module 1.
15. Établir que, pour tout élément a d'une base cohérente inversible tel que a ̸= e, on a Tr(a) = 0.
16. Soient B = (v1 , · · · , vn ) une base cohérente inversible et s la somme des vecteurs de B.
Calculer Tr(s) ;
Calculer pour i ∈ [[1, n]], s · vi ; Puis s2 .
En déduire que s est le produit par n d'un vecteur de Bc .
17. Soit B une base cohérente inversible de Kn .
(a) Montrer que l'ensemble des vecteurs de B est un groupe multiplicatif.
(b) Montrer alors tMB × MB = nIn . (On distinguera les deux cas K = R et K = C)
(c) En déduire |det (MB )|.
( )
18. ⋄ Soient z ∈ C et Pz = z (p−1)(q−1) 1≤p≤n matrice élément de Mn (C).
1≤q≤n

Établir que Pz est la matrice d'une base cohérente inversible de Cn si et seulement si z engendre (Un , ×) le
groupe des racines nième de l'unité. Préciser les valeurs de z possédant cette propriété.
19. ⋄ On suppose que Rn a au moins une base cohérente inversible B = (v1 , · · · , vn ).
⋄ Une sous famille (vi1 , · · · , vip ) est dite partie génératrice de B si tout élément de B peut s'écrit sous la
forme d'un produit vim1 1 · · · vimp p où m1 , · · · , mp sont des entiers relatifs.
Montrer que B possède une partie génératrice et que le carré de chaque élément de B est le neutre e.
20. ⋄ Soit G = (vj1 , · · · , vjk ) une partie génératrice de B dont le nombre d'éléments k est minimal.
Établir que tout élément de B s'écrit de façon unique, sous la forme vjr11 · · · vjrkk où chacun des exposants
r1 , · · · , rk est dans {0, 1}.

Fin de l'épreuve

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