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Madame, Monsieur
08/09/2008

Multiplexage numérique

par Jean-Claude FAYE


Ingénieur à Alcatel - CIT
et Pierre HERMET
Ingénieur à Alcatel - CIT

1. Généralités................................................................................................. E 7 500 - 3
1.1 Multiplexage dans les réseaux d’accès ..................................................... — 3
1.2 Multiplexage dans le réseau de transport haut débit............................... — 3
2. Différents types de multiplexage........................................................ — 3
2.1 Multiplexage bas débit................................................................................ — 3
2.1.1 Canal à 64 kbit/s .................................................................................. — 3
2.1.2 Adaptation de débit dans le canal à 64 kbit/s................................... — 5
2.1.3 Multiplex à 2 048 et 1 544 kbit/s ........................................................ — 5
2.1.4 Accès de base au RNIS....................................................................... — 8
2.1.5 Liaisons spécialisées numériques..................................................... — 8
2.2 Multiplexage haut débit .............................................................................. — 8
2.2.1 Hiérarchies plésiochrone et synchrone ............................................ — 8
2.2.2 Multiplexage plésiochrone ................................................................ — 8
2.2.3 Multiplexage synchrone..................................................................... — 11
3. Fonctions de multiplexage .................................................................... — 14
3.1 Fonctions de multiplexage bas débit ......................................................... — 14
3.1.1 Présentation fonctionnelle des équipements de multiplexage et
de brassage ......................................................................................... — 14
3.1.2 Multiplexeur aiguilleur ....................................................................... — 15
3.1.3 Multiplexeur flexible........................................................................... — 17
3.1.4 Brasseur d’IT ....................................................................................... — 19
3.2 Fonctions de multiplexage haut débit ....................................................... — 20
3.2.1 Organisation d’une station de transmission .................................... — 20
3.2.2 Multiplexage plésiochrone ................................................................ — 20
3.2.3 Multiplexage synchrone..................................................................... — 23
4. Utilisation du multiplexage dans les réseaux.................................. — 29
4.1 Réseau d’accès............................................................................................. — 29
4.1.1 Réseau Transmic................................................................................. — 29
4.1.2 Évolution vers les réseaux multimédias........................................... — 30
4.2 Réseau de transport haut débit .................................................................. — 30
4.2.1 Sécurisation réseau ............................................................................ — 30
4.2.2 Synchronisation réseau ..................................................................... — 31
4.2.3 Exploitation réseau............................................................................. — 32
4.2.4 Exemples ............................................................................................. — 32
5. Perspectives et évolutions .................................................................... — 33
2 - 1997

Pour en savoir plus........................................................................................... Doc. E 7 500


E 7 500

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e multiplexage joue un rôle prépondérant dans la construction des réseaux


L de transmission. Il consiste à associer ou regrouper des débits incidents ou
primaires pour former un débit supérieur ou résultant qui est plus facile à trans-
mettre et à gérer dans le réseau de transmission. Il est en effet évidemment
impossible de transporter sans multiplexage l’ensemble des signaux à 64 kbit/s
du réseau téléphonique ! Afin de gérer la complexité, les réseaux sont généra-
lement réalisés sous la forme de plans, spécialisés dans une gamme de débits,
chaque plan étant géré de façon autonome. Chaque plan accepte les signaux
du plan inférieur via un multiplexeur et les signaux directement dans la gamme
de ses débits.
On montre que, dans la plupart des cas, la solution utilisant un multiplexeur
est moins coûteuse que la solution demandant la transmission directe de chacun
des signaux primaires.
Le réseau de transport est divisé dans ce document en deux parties qui sont :
— le réseau d’accès ou réseau local de raccordement qui est près de l’abonné ;
— le réseau de transport haut débit qui regroupe le réseau d’interconnexion
principal (appelé parfois « backbone »), le réseau sectoriel et les réseaux locaux
principaux.
■ Les niveaux de multiplexage sont présentés au paragraphe 2. On distingue :
— le niveau bas débit jusqu’à 2 Mbit/s (ou 1,5 pour le réseau US) qui
comprend l’adaptation de débit dans le canal à 64 kbit/s, l’accès de base au RNIS
(réseau numérique à l’intégration de services), le multiplexage de canaux à
64 kbit/s dans les conduits numériques à 2 ou 1,5 Mbit/s ;
— le niveau à haut débit à partir de 2 Mbit/s que l’on trouve sous forme plé-
siochrone ou sous forme synchrone [la hiérarchie européenne synchrone (SDH,
Synchronous Digital Hierarchy) et la hiérarchie US SONET].
■ Les fonctions de multiplexage sont présentées au paragraphe 3. Elles sont
découpées en deux parties qui sont :
— les fonctions bas débit, comme celles liées au multiplexeur-aiguilleur ou
aux multiplexeurs flexibles ;
— les fonctions haut débit qui comprennent les fonctions liées aux équipe-
ments plésiochrones et les fonctions liées aux équipements synchrones.
Les équipements synchrones acceptent les interfaces de la hiérarchie syn-
chrone et les interfaces de la hiérarchie plésiochrone, ils réalisent donc l’inter-
fonctionnement entre les deux hiérarchies.
Les fonctions de multiplexage sont souvent associées à des fonctions de bras-
sage. La fonction de brassage était antérieurement réalisée à l’aide de répar-
titeurs manuels extérieurs aux équipements de transmission. Les nouvelles
générations d’équipements offrent maintenant souvent des fonctions de bras-
sage intégrées permettant des reconfigurations automatiques et rapides. Aussi
il sera décrit par la suite sous ce titre, à la fois les fonctions de multiplexage et
les fonctions de brassage.
■ Les réseaux sont présentés au paragraphe 4. La description concerne les
réseaux d’accès et les réseaux de transport haut débit, ces derniers comprenant
des exemples d’architecture aux niveaux interurbain, sectoriel et local. Des
notions générales relatives à la sécurisation, à la synchronisation et à l’exploita-
tion des réseaux sont données en introduction dans le paragraphe relatif au
transport haut débit.
On remarque l’importance de plus en plus grande donnée aux anneaux à
tous les niveaux du réseau. Ces derniers offrent une bonne sécurisation et per-
mettent la distribution des fonctions de brassage, solution qui peut être moins
coûteuse dans de nombreux cas de trafic.
Quelques perspectives sont données au paragraphe 5. On y décrit en parti-
culier l’introduction prometteuse du multiplexage en longueurs d’onde qui
permet de nouvelles augmentations des débits de transmission.

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1. Généralités 1.2 Multiplexage dans le réseau


de transport haut débit
1.1 Multiplexage dans les réseaux d’accès ■ Les fonctions principales du réseau de transport haut débit sont :
— la collecte d’informations ayant un débit de 2 Mbit/s ou
Le rôle principal d’un réseau d’accès est de collecter les signaux supérieur ;
émis par les abonnés aux divers services de télécommunication et — la formation, grâce à des fonctions de multiplexages adap-
d’assurer leur acheminement vers un centre local où s’effectue leur tées, de débits supérieurs permettant l’utilisation optimisée des
aiguillage vers le réseau de service adéquat. Dans sa plus grande diverses ressources du réseau ;
généralité, un réseau d’accès multiservices peut être schématisé — la transmission de ces débits supérieurs à travers le réseau de
comme indiqué sur la figure 1 : façon sécurisée, ce qui demande une redondance des ressources
Le réseau d’accès effectue le regroupement des divers débits du réseau et des dispositifs de protection appropriés.
d’abonnés, généralement faibles, vers des artères à plus haut débit
assurant le raccordement aux réseaux de services tels que le ■ Le réseau de transport haut débit se caractérise aujourd’hui :
réseau téléphonique commuté, le RNIS (réseau numérique à — par l’utilisation généralisée de la fibre optique comme sup-
intégration de services) ou des réseaux de liaisons spécialisées port de transmission en remplacement de la paire de cuivre ;
comme Transmic. Le regroupement s’effectue dès que possible — par l’aptitude à fournir une grande diversité de services à
avec comme objectif de partager au moindre coût les supports partir d’une infrastructure de plus en plus intégrée ;
physiques de transmission. La fonction de multiplexage s’introduit — par l’automatisation de l’exploitation et de la gestion du
donc naturellement au sein de ce réseau pour réaliser cet objectif. réseau.
Dans le cas de l’accès au réseau téléphonique commuté, une
fonction de concentration sera très souvent associée à la fonction ■ Son évolution est marquée par l’introduction des techniques
de multiplexage. synchrones (SDH) qui se sont imposées vis-à-vis des techniques
plésiochrones (PDH). Le principe de multiplexage plésiochrone est
Dans le cas d’un réseau d’accès multiservices, on voit en outre de construire le débit supérieur directement à partir du débit inférieur
apparaître le besoin d’aiguiller au niveau du centre local les signaux (par exemple, le multiplexage de quatre signaux à 2,048 Mbit/s per-
vers différents accès de services. L’équipement susceptible de réa- met d’obtenir un signal à 8,448 Mbit/s, le multiplexage de quatre
liser cette fonction est un brasseur. Les multiplexeurs d’accès allie- signaux à 8,448 Mbit/s permet de former un signal à 34,368 Mbit/s...).
ront donc souvent des fonctions de multiplexage et de brassage. Le principe de multiplexage synchrone permet quant à lui la visibilité
■ Multiplexage numérique synchrone des affluents de différents débits au sein d’une même trame de base.
L’application des techniques numériques au traitement et à la Les techniques synchrones permettent au niveau du transport de
transmission des signaux de parole a naturellement conduit à la l’information :
notion de multiplexeur numérique synchrone représenté essentiel- — une amélioration du taux d’utilisation des lignes grâce à un
lement à l’origine par l’équipement MIC (modulation par impulsion multiplexage souple permettant de mettre en forme le trafic ;
et codage). Un tel système permet de grouper 30 voies téléphoniques — une meilleure souplesse et rapidité de réponse dans les nou-
basse fréquence et la signalisation associée, préalablement numé- velles demandes de services grâce à l’emploi de brasseurs électro-
risées, sur une paire métallique à un débit résultant de 2 048 kbit/s niques et de multiplexeurs à insertion et extraction.
comme on le verra dans la suite.
■ Au niveau de l’exploitation, les techniques SDH présentent trois
Les multiplex ainsi créés réalisent le multiplexage de canaux caractéristiques. Tout d’abord, la souplesse d’exploitation est inté-
numériques pouvant être affectés : grée au principe de gestion de réseau centralisé, la concrétisation est
— soit de manière fixe à des liaisons permanentes (réseaux le réseau de gestion des télécommunications (RGT). En deuxième
spécialisés de données) ; lieu, la SDH apporte des fonctions nouvelles de gestion, sous forme
— soit à des circuits téléphoniques avec concentration des voies de surveillance des états et des performances à tous les niveaux.
de parole par affectation dynamique des voies aux divers circuits. Enfin, les équipements SDH seront les premiers à bénéficier des
normes de gestion complètes, compatibles avec le modèle OSI
(Open Systems Interconnection ), définies par l’Union internationale
des télécommunications (UIT-T) et adoptées dans le monde entier.
■ Le réseau de transport évolue généralement par étapes des tech-
niques plésiochrones aux techniques SDH, chaque extension et
nouveauté étant justifiée par des critères d’investissement et sou-
mise à des impératifs de compatibilité avec l’existant.

2. Différents types
de multiplexage
2.1 Multiplexage bas débit
Figure 1 – Réseau d’accès multiservices 2.1.1 Canal à 64 kbit/s

2.1.1.1 Codage de la parole


L’apparition du canal à 64 kbit/s est associée à l’application des
techniques de transmission numériques à la téléphonie. Le canal a
ainsi été choisi pour s’adapter au mieux aux caractéristiques de la
voie de parole.

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Figure 2 – Échantillonnage du signal


Figure 3 – Loi de codage

On ne développera pas ici l’intérêt de la transmission numé-


Les échantillons de parole étant représentés par des octets, il est
rique, mais on se contentera de rappeler que ce type de transmis-
indispensable que le moyen de transmission utilisé respecte dans
sion permet une régénération parfaite de signaux reçus, à la seule
tous les cas l’ordre des bits transmis et permette de retrouver, à la
condition que le rapport signal à bruit au niveau du récepteur reste
réception, le cadrage des octets, c’est-à-dire savoir identifier la posi-
au-dessus d’une valeur minimale, déterminée par le type de
tion du bit de signe. On verra comment s’effectuent pratiquement
codage en ligne. Ainsi, à condition de régénérer les signaux par
ces opérations, par exemple, dans le cas de la trame à 2 048 kbit/s
tronçon de longueur convenable, la transmission à grande distance
(trame à entrelacement d’octets).
s’effectue pratiquement sans altération des messages, ce qui n’est
évidemment pas le cas des transmissions de signaux sous forme Pour mémoire, il existe d’autres méthodes de codage de la voix,
analogique dont les déformations s’amplifient à chaque passage telles que la méthode MICDA (modulation par impulsion et codage
dans un répéteur. différentiel adaptatif) (ADPCM en anglais). On peut citer deux
exemples d’utilisation :
Un autre aspect à prendre en compte pour la transmission sous
forme numérique de signaux continus à l’origine, comme la parole, — le codage du signal audiofréquence (ou la conversion du signal
est la nécessité de réaliser au préalable l’échantillonnage du signal. MIC à 64 kbit/s) en signal MICDA permet de réduire le débit néces-
Le laps de temps séparant deux échantillons successifs correspond saire à 40, 32, 24 ou même 16 kbit/s (voir Avis G.726). Cette technique
au temps de transmission de la suite des symboles résultant du permet de limiter à 5, 4, 3 ou 2 les bits occupés dans un octet et
codage, comme schématisé sur la figure 2. donc de transporter plusieurs voies de parole dans un seul canal à
64 kbit/s du réseau général. Cette technique est toutefois peu utilisée
L’échantillonnage du signal analogique doit alors respecter la dans les réseaux publics car les équipements de multiplexage et de
condition de Shannon. Cette condition indique que la reproduction commutation correspondants n’ont pas été développés ;
d’un signal occupant une bande de fréquence limitée à B = f2-f1 , ne — la méthode SB-MICDA (Avis G.722) autorise la transmission
peut se faire sans déformation à partir des échantillons reçus que d’un canal audiofréquence à 7 kHz dans le canal numérique à
si l’échantillonnage est effectué avec une fréquence au moins 64 kbit/s.
égale à 2B.
La bande de fréquence allouée à la téléphonie étant 300 à 3 400 Hz, 2.1.1.2 Codage des données
on a choisi une fréquence d’échantillonnage de 8 kHz, d’où une
période de 125 µs. Les besoins de la téléphonie ont donc conduit à la création de
réseaux capables de transmettre et d’aiguiller des canaux au débit
Le codage des échantillons doit, par ailleurs, permettre d’atteindre
universel de 64 kbit/s. Si l’on fait maintenant abstraction de la signi-
une résolution suffisante entre niveaux codés, prenant notamment
fication des octets transmis, on constate que le canal numérique à
en compte le signe de l’échantillon. Le codage retenu produit un octet
64 kbit/s constitue un support directement adapté à la transmission
par échantillon, dont le premier bit transmis est affecté au signe. Les
de données.
sept bits suivants codent l’amplitude en effectuant une compression
des niveaux selon une loi logarithmique approchée par segments Afin de permettre au lecteur de se faire une idée des avantages
linéaires (figure 3). Trois bits codent le numéro du segment et les de l’accès au réseau en mode numérique vis-à-vis de l’accès en
quatre derniers bits donnent la position sur le segment : mode analogique toujours en usage, on rappellera les éléments
techniques suivants :
— le réseau de transmission français peut maintenant être
considéré comme entièrement numérisé pour ce qui concerne le
transport à grande distance, les liens entre centraux téléphoniques,
la commutation et une partie du réseau d’accès. Seule la partie du
raccordement n’est pas numérisée (les quelques centaines de
Compte tenu de la fréquence d’échantillonnage et de la taille des
mètres à quelques kilomètres entre l’abonné et le point de
échantillons adoptée, le débit nécessaire pour la transmission du
concentration) ;
signal téléphonique est 64 kbit/s.
— le déport en mode analogique des signaux de données entre
Le procédé de codage de la voix à 64 kbit/s ainsi décrit est appelé l’installation d’abonné et le réseau commuté, ne peut s’effectuer
MIC (modulation par impulsion et codage) (PCM en anglais). Dans qu’à l’aide de modems mettant en œuvre des procédés de modu-
le détail, les lois retenues sont légèrement différentes suivant que lation souvent complexes, pour un débit numérique transporté
l’on considère les standards américains et européens : inférieur ou égal à 33 600 bit/s (voir Avis V.34). Ce signal analo-
— loi de codage A pour l’Europe ; gique sera de toute façon échantillonné et numérisé au point de
— loi de codage µ pour les États-Unis. concentration pour sa transmission sur le réseau numérique géné-
Les lois de codage sont définies par la recommandation G.711 ral. L’accumulation des opérations de modulation et de codage,
de l’UIT qui définit également les lois de conversion de A vers µ et jointe à la médiocre qualité des liaisons d’accès fait que le débit
de µ vers A. réellement disponible atteint rarement la limite autorisée ;

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— la mise en place d’un accès numérique direct utilisant une Le premier bit, F, porte un motif fixe, réparti sur les 80 enveloppes
technique de déport en bande de base (à 64 kbit/s par exemple) de la trame. La recherche de ce motif dans le canal à 64 kbit/s permet
entre l’abonné et le point de concentration permet d’éviter l’étage au récepteur de déterminer le cadrage et la position de la première
de conversion numérique/analogique du modem ainsi que l’échan- enveloppe et donc l’aiguillage des données vers la sortie corres-
tillonnage du signal au point de concentration, tout en autorisant pondante.
un débit supérieur. Les convertisseurs en bande de base étant en Le derneir bit, S, porte une signalisation propre à la voie. L’utili-
principe moins coûteux que des modems, l’administration peut sation de ce bit est très ouverte et partant très variable de par le
prendre en charge le déport et offrir directement l’accès numérique monde.
chez l’abonné. Ceci est réalisé dans le cas du RNIS (Numéris) ou
des liaisons spécialisées numériques du service Transfix. Les 6 bits restants sont dédiés au transport de données avec un
débit par enveloppe de 600 bit/s. Le débit total attribué aux données
est ainsi de 48 kbit/s. L’utilisation de plusieurs enveloppes pour une
même voie permet de fournir les débits suivants :
2.1.2 Adaptation de débit dans le canal à 64 kbit/s
600 bit/s avec 1 enveloppe,
Si on examine les besoins actuels en matière de transmission de 1 200 bit/s avec 2 enveloppes,
données, on constate que nombre d’équipements informatiques uti- 2 400 bit/s avec 4 enveloppes,
lisent en fait des débits bien inférieurs à 64 kbit/s, par exemple les 4 800 bit/s avec 8 enveloppes,
débits normalisés les plus courants déjà offerts par les modems, à 9 600 bit/s avec 16 enveloppes,
savoir : 19 200 bit/s avec 32 enveloppes.
600 - 1 200 - 2 400 - 4 800 - 9 600 - 19 200 - 48 000 et 56 000 bit/s. L’avantage de ce multiplexage est une meilleure utilisation de la
bande dans le réseau de transport, par comparaison au cas d’utili-
Les administrations ont donc été amenées à offrir des accès aux
sation d’un modem. En revanche, les réseaux numériques basé sur
réseaux numériques à des débits inférieurs à 64 kbit/s par utilisa-
le transport et l’aiguillage des canaux à 64 kbit/s ne possèdent pas
tion d’adaptateurs de débit numériques. Les équipements d’accès
naturellement les organes de routage de ces sous-débits. Ce besoin
et la conversion sont alors à la charge de l’administration qui four-
de routage joint à celui de supervision des voies bas débit nécessite
nit à l’abonné une jonction normalisée par l’UIT, du type des jonc-
alors l’introduction de brasseurs de transit X.50 dont le coût vient
tions utilisées dans le cas des modems (voir les avis du CCITT V.10
singulièrement réduire l’intérêt du procédé. Le réseau Transmic
et V.11 pour la définition électrique et l’Avis V.24 pour la définition
utilise ce type de multiplexage pour transmettre les bas débits du
fonctionnelle).
service des liaisons spécialisées Transfix.
Deux classes de débits sont à considérer :
— les débits inférieurs ou égaux à 19 200 bit/s : pour ces débits, 2.1.2.2 Adaptation V.110
deux méthodes sont principalement utilisées :
L’adaptation de débit est réalisée ici en limitant le nombre de bits
• la première utilise une technique de multiplexage permettant
occupés par la voie dans les octets du canal à 64 kbit/s. Le débit
de grouper plusieurs voies bas débit dans le canal à 64 kbit/s. Cette
porté par chaque bit du canal étant de 64/8 = 8 kbit/s, le nombre de
technique est normalisée par l’Avis X.50 pour les débits inférieurs
bits nécessaires au transport d’un canal bas débit est :
ou égaux à 9 600 bit/s avec extension possible à 19 200 bit/s,
• la seconde adapte la voie numérique bas débit au canal à de 600 à 4 800 bit/s : 1 bit par octet à 64 kbit/s,
64 kbit/s par addition de bits supplémentaires portant des infor- à 9 600 bit/s : 2 bits,
mations d’exploitation ou de signalisation et des bits de à 19 200 bit/s : 4 bits.
« remplissage » porteurs d’aucune information. Cette technique L’adaptation s’effectue par création d’une structure à l’intérieur
est normalisée par l’Avis V.110 ; du canal porté par les bits utilisés. Outre les données bas débit,
— les débits 48 et 56 kbit/s : pour ces débits, deux méthodes assez cette structure contient des informations d’exploitation et de signa-
équivalentes sont généralement exploitées : Avis X.50 bis ou V.110. lisation de la voie, sans oublier les indicateurs de début de struc-
ture. On notera que l’Avis V.110 prévoit de supporter des débits
2.1.2.1 Multiplexage X.50 complémentaires par rapport aux débits de base normalisés.
Ce procédé n’utilisant qu’une partie des 8 bits disponibles dans
L’adaptation d’une voie bas débit consiste ici à n’accéder au canal
le canal à 64 kbit/s, il existe de ce fait une possibilité d’insertion de
à 64 kbit/s qu’une fois tous les m intervalles de temps (IT). Le débit
plusieurs voies V.110 dans un même canal 64 kbit/s (voir Avis I.460).
assuré à la voie est alors 64 000/m bit/s. Un tel procédé permet
d’assembler m voies de débits identiques en une structure répétitive Dans la pratique, les réseaux numériques de transport ne pos-
appelée trame X.50. Les m positions possibles au sein de la trame sèdent pas d’organe d’aiguillage bit à bit dans les canaux à 64 kbit/s.
X.50 sont appelées enveloppes. La mise en œuvre d’équipements de brassage aussi spéciaux dans
le réseau de transit n’étant pas envisagée, une seule voie peut être
De manière pratique, l’UIT offre deux options pour la trame
insérée par canal à 64 kbit/s.
X.50 : trame à 20 ou 80 enveloppes.
En outre, pour assurer la supervision des voies bas débits, ces
On décrira ici la trame à 80 enveloppes, mais les principes
équipements devraient connaître la structure d’adaptation voie par
restent les mêmes pour la trame à 20 enveloppes, la gamme des
voie pour exploiter certaines informations contenues. On retrouve
débits offerts étant simplement réduite.
ici une complexité d’un niveau équivalent à celle entrevue dans le
Le débit associé à une enveloppe de rang déterminé dans la trame cas du multiplexage X.50 pour un taux d’utilisation du canal à
est 64 000/80 = 800 bit/s. Les huit bits de l’enveloppe sont utilisés 64 kbit/s notablement inférieur.
comme indiqué ci-après : (0)

bit1 bit8 2.1.3 Multiplex à 2 048 et 1 544 kbit/s


F Données S Le traitement de la parole produit une suite d’échantillons codés
sur huit bits toutes les 125 µs. Le multiplexage de plusieurs voies
sur un même support consiste alors naturellement à entrelacer les
échantillons des diverses voies en respectant toujours le même
ordre d’émission. Il en résulte un motif répétitif sur la période de
125 µs appelé trame. Les bits composant les échantillons étant

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généralement transmis en série, on appelle intervalle de temps (IT) — bit no 3 : transmet vers l’extrémité distante de la ligne à
la durée correspondant à la transmission d’un échantillon (un octet 2 048 kbit/s une indication de défaut affectant la réception locale
ici). Si N est le nombre des voies multiplexées, la durée d’un IT (bit A). Ce bit doit être à 0 en l’absence d’alarme ;
sera 125 µs/N. — bit no 4 : bit réservé à la transmission d’un canal d’exploitation,
Afin de permettre, à la réception, de déterminer le début de trame de maintenance et de supervision à faible débit (chacun des bits Sa
et de retrouver le cadrage des octets, le premier IT de la trame, peut porter un canal à 4 kbit/s) ou à des applications spécifiques ;
appelé IT0, porte un motif caractéristique, le mot de verrouillage de — bit nos 5 à 8 : bits réservés à des applications nationales ou à
trame comme indiqué ci-après : des applications spécifiques à certains services, telles que trans-
mission d’alarmes ou d’indications supplémentaires.
Nota : les bits Sa non utilisés doivent être fixés à 1.

■ Utilisation du premier bit de l’IT0


Lorsqu’il est utilisé pour la détection d’erreurs de transmission,
le premier bit Si porte lui-même une structure de multiplexage par
entrelacement de bits. Cette structure s’étend sur 16 trames du
La trame constituée directement à partir des IT de parole multiplex à 2 048 kbit/s et porte le nom de multitrame CRC4. Le
représente un premier niveau de multiplexage. Plusieurs trames de contrôle est de type CRC (contrôle de redondance cyclique). À titre
premier niveau peuvent elles-mêmes être entrelacées au sein d’une de rappel, cette procédure consiste à associer à tout bloc de don-
« supertrame », conduisant ainsi à un second niveau hiérarchique. nées un mot de contrôle de 4 bits, reste de la division dans CG(2)
Le processus peut être réitéré plusieurs fois, aboutissant à la défi- du bloc par le polynôme X 4 + X + 1, le bloc de données ayant été
nition d’une hiérarchie complète (voir le multiplexage haut débit, multiplié au préalable par X 4. Le verrouillage de multitrame est
§ 2.2). assuré par un motif fixe réparti dans la multitrame (positions cor-
respondant aux IT0 impairs). La multitrame est elle-même divisée
Pour ce qui concerne le premier niveau, deux trames différentes en deux sous-multitrames, permettant ainsi de transmettre deux
sont normalisées, l’une européenne à 2 048 kbit/s, l’autre américaine mots de contrôle par multitrame, à raison d’un mot de contrôle par
à 1 544 kbit/s. Les structures correspondantes sont définies par l’Avis bloc de 2 048 bits. La figure 4 présente la structure de multitrame
G.704 de l’UIT. en la situant dans la structure de trame à 2 048 kbit/s.
Le contrôle des blocs reçus permet de détecter certains défauts
2.1.3.1 Trame à 2 048 kbit/s graves et de déterminer la qualité à long terme du conduit.
Le motif de verrouillage de multitrame (001011) est ici entrelacé
2.1.3.1.1 Présentation
avec les deux mots de contrôle contenant chacun les 4 bits de CRC :
La trame de période 125 µs est formée de 256 bits, soit 32 IT, uti- C1, C2, C3, C4. Deux bits E sont utilisés pour transmettre à l’extré-
lisés comme suit (Avis G.704, § 2.3 et 5) : mité distante une indication d’erreur CRC détectée localement en
■ IT 0 : porte le mot de verrouillage de trame ainsi que des bits réception.
d’exploitation réservés à des usages nationaux ou internationaux.
2.1.3.1.3 Structure et utilisation de l’IT16
■ IT 1 à IT 31 : les autres IT portent des données (octets de parole
L’IT16 est généralement réservé au transport de la signalisation
par exemple) ou de la signalisation. Ainsi :
des diverses voies du multiplex. Dans ce cadre, on peut distinguer
— les IT depuis 1 compris à 14 compris et 17 à 30 sont réservés deux modes principaux de transport de la signalisation :
aux données ;
— signalisation sémaphore (en anglais CCS : common channel
— l’IT 16 est généralement utilisé pour la signalisation associée
signalling ) ;
au multiplex, mais peut aussi être utilisé pour transporter des
— signalisation voie par voie (en anglais CAS : channel associa-
données ;
ted signalling ).
— les IT 15 et 31 sont généralement utilisés pour la transmission
de données mais peuvent aussi être employés pour la signalisation
(cas de l’interface V 5.1).

2.1.3.1.2 Structure et utilisation de l’IT0


La structure de l’IT0 est rappelée sur la figure suivante. (0)

1 Numéro du bit 8
Trame avec VT Si 0 0 1 1 0 1 1
Trame sans VT Si 1 A Sa4 Sa5 Sa6 Sa7 Sa8

Le premier bit de l’IT0, Si, est réservé pour usage international.


II est généralement dédié au contrôle des erreurs de transmission
par CRC4.
Une trame sur deux, outre le bit Si, l’IT0 porte le mot de
verrouillage de trame (VT) composé de 7 bits (l’IT0 portant le mot
de VT est appelé parfois commodément, bien qu’improprement,
IT0 pair).
Les IT0 ne portant pas le mot de VT (IT0 impairs), sont utilisés Figure 4 – Structure de multitrame CRC4 (trame à 2 Mbit/s)
comme suit :
— bit no 2 : fixé à la valeur 1, opposée à celle du bit de même
rang du mot de VT ;

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Figure 5 – Structure de la multitrame d’IT16 (CAS)

■ En mode signalisation sémaphore, l’IT16 transporte la signalisa-


tion en mode message, l’affectation à une voie particulière s’effec-
tuant par adressage explicite contenu dans le message. Ce mode
présente une grande souplese et permet également le transport
d’informations d’exploitation.
■ En mode signalisation voie par voie, l’IT16 porte une structure
permettant une affectation implicite et donc stricte de la signalisa- Figure 6 – Structure de multitrame (trame à 1,5 Mbit/s)
tion. Cette structure repose sur une multitrame d’IT16, composée de
16 trames. La multitrame d’IT16 est totalement indépendante de la
multitrame de CRC4.
2.1.3.2.2 Utilisation du bit F
La constitution de la multitrame est présentée en figure 5.
Le bit F porte plusieurs types d’informations, grâce à la constitution
Le premier IT16 de la multitrame (IT16 de la trame 0), porte le d’une multitrame. Deux multitrames sont normalisées comprenant
motif de verrouillage de multitrame : 0000 suivi de quatre bits dont respectivement 24 ou 12 trames. À titre d’exemple, on décrira la
trois bits de réserve plus le bit y servant à transmettre vers l’extré- multitrame de 24 trames.
mité opposée de la liaison une information de défaut de fonction-
Toutes les 4 trames, le bit F porte le motif de verrouillage de trame
nement local de la multitrame (par exemple, perte de verrouillage
et de multitrame : 001011. Ce motif débute en trame 4 de la multi-
multitrame en réception).
trame et se termine en trame 24.
Les quinze IT16 qui suivent le mot de verrouillage de multitrame
Toutes les deux trames, à partir de la trame 1, le bit F porte un
portent la signalisation de trente voies à 64 kbit/s à raison de quatre
canal à 4 kbit/s (m) utilisé pour une liaison de données d’exploita-
bits par voie (capacité de signalisation de 4 × 500 bit/s par voie).
tion ou pour la transmission vers l’extrémité opposée de la liaison
d’alarmes détectées localement.
2.1.3.1.4 Signaux à l’interface physique
Toutes les 4 trames, à partir de la trame 2, le bit F porte un CRC
Le signal correspondant au flux de données à 2 048 kbit/s est trans- pour la détection d’erreurs de transmission affectant le bloc de
mis par une interface physique, définie par l’Avis G.703, § 6. Les données constitué par la multitrame. Les 6 bits (e1 à e6) corres-
signaux sont émis sous forme bipolaire selon un code HDB3 (haute pondants portent le reste de la division dans CG(2) du bloc par le
densité binaire ) avec les conventions suivantes : polynôme X 6 + X + 1, après prémultiplication du bloc par X 6.
— à un « 1 » binaire correspond une impulsion de polarité posi-
tive ou négative, alternée par rapport à la précédente ; 2.1.3.2.3 Transmission de la signalisation
— à un « 0 » binaire correspond en principe une absence de
signal. En pratique, afin d’éviter, en réception, des défauts de récu- Deux modes de transmission sont prévus :
pération d’horloge bit dus à la transmission de longues suites de — la signalisation sémaphore (CCS) ;
données à zéro, des impulsions sont ajoutées, sans qu’il en résulte — la signalisation voie par voie (CAS).
un surdébit, en violant le principe d’altérnance des polarités (viols En signalisation sémaphore, un des IT de la trame est utilisé
de parité). Ces impulsions sont reconnues et retirées à la réception. pour le transport de ce canal à 64 kbit/s.
En signalisation voie par voie, les trames 6, 12, 18 et 24 de la mul-
2.1.3.2 Trame à 1 544 kbit/s titrame sont dédiées à la transmission de la signalisation. Pour cela
(et dans ces trames seulement), le dernier bit des 24 IT des voies
2.1.3.2.1 Présentation à 64 kbit/s (bit de poids faible du codage de la parole) est utilisé
La trame de période 125 µs est formée de 193 bits organisés comme bit de signalisation. Cela permet d’associer à chaque voie
comme suit (Avis G.704, § 2.1 et 3.1). à 64 kbit/s jusqu’à 4 canaux A, B, C, D, de signalisation, au débit uni-
taire de 333,33 bit/s. La dégradation du canal de parole qui en
Le premier bit de la trame, bit F, sert au verrouillage de trame, résulte est jugée acceptable.
au contrôle de la qualité et à la constitution d’une liaison de don-
nées d’exploitation.
Les 192 bits suivants portent 24 IT affectés à la transmission de
24 canaux à 64 kbit/s [bits d incluant la signification voie par voie
éventuelle (bits A, B, C, D)] (figure 6).

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2.1.4 Accès de base au RNIS 2.2 Multiplexage haut débit


2.1.4.1 Présentation 2.2.1 Hiérarchies plésiochrone et synchrone
L’accès de base au RNIS permet d’illustrer de façon pratique
l’accès direct d’abonnés aux canaux numériques à 64 kbit/s dans le ■ Les débits de base de la hiérarchie plésiochrone sont les suivants :
cadre du réseau commuté (service Numéris). Cet accès s’effectue 2,048, 8,448, 34,368, 139,264 Mbit/s en Europe et 1,544, 6,312 et
par une interface usager-réseau appelée interface S dont on rappelle 44,736 Mbit/s aux États-Unis. Des interfonctionnements 2,048 vers
brièvement les caractéristiques physiques (couche 1). 6,312 et 44,736 vers 139,264 Mbit/s sont prévus. Le principe du multi-
L’accès de base s’effectue en mode 2B + D, où 2B représente plexage plésiochrone est de construire le débit supérieur à partir du
deux canaux à 64 kbit/s (B1, B2) généralement utilisés pour le télé- débit immédiatement inférieur comme le montre la figure 7. Cette
phone ou les données et D un canal à 16 kbit/s pour la signalisation hiérarchie présente des limitations :
et éventuellement la transmission de données d’usager en mode — au niveau de la flexibilité des débits que l’on peut offrir aux
paquet. Le multiplexage de ces différents canaux est réalisé confor- abonnés (besoins de 1,5 et 45 Mbit/s pour les abonnés profes-
mément à l’Avis I.430 à l’interface S. sionnels) ;
— par le besoin d’améliorer le contrôle de la qualité ;
La trame correspondante est composée de 48 bits pour une
— et par la nécessité d’évoluer vers des débits plus élevés sur
période de 250 ms, ce qui représente un débit de 192 kbit/s à l’inter-
des supports optiques.
face. La fréquence de récurrence de la trame étant 4 kHz, on y trouve
deux octets de chacun des canaux B et quatre bits du canal D, les ■ Les débits de base de la hiérarchie synchrone sont
douze autres bits étant affectés au verrouillage de trame, à un canal 155,520 Mbit/s, 4 fois 155,520 (environ 620 Mbit/s) et 16 fois
en écho, à l’activation de l’interface et à l’équilibrage de la compo- 155,520 (environ 2,5 Gbit/s). Le passage de la trame de base à un
sante continue en ligne. débit supérieur s’effectue simplement par entrelacement octet. Il
apparaît aujourd’hui sur le marché les premiers systèmes à
2.1.4.2 Signaux à l’interface 64 × 155,520 Mbit/s soit environ 10 Gbit/s.
Le code utilisé en ligne est un code pseudoternaire où un « 1 » Le principe de multiplexage dans la trame de base à 155 Mbit/s
binaire est représenté par l’absence de signal et un « 0 » binaire est prend en compte de nombreux types d’affluents, dont les débits
représenté par une impulsion positive ou négative. Les bits d’équi- plésiochrones cités précédemment. Un des avantages est la visibi-
librage de composante continue permettent d’assurer l’égalité des lité directe des affluents dans la trame de base ce qui simplifie les
nombres d’impulsions positives et négatives pour chaque trame. opérations d’insertion et d’extraction au niveau des divers équipe-
ments. Le système synchrone est capable de fonctionner en plésio-
chrone car il possède des mécanismes internes de justification,
néanmoins une interconnexion facile avec l’existant, demande la
synchronisation des différents éléments de réseau sur une réfé-
rence d’horloge commune principalement à des fins de simplifica-
tion du filtrage des sauts de phase.
Lorsque les signaux doivent être transférés sur une distance
importante (un à plusieurs kilomètres), on utilise un système de ligne
(interface U) utilisant un codage plus performant : codage 2B1Q (Avis 2.2.2 Multiplexage plésiochrone
G.961). L’augmentation de portée est obtenue, en partie, grâce à la
réduction de l’étendue spectrale des signaux transmis. Par ailleurs, 2.2.2.1 Principe de multiplexage plésiochrone
l’utilisation d’annuleur d’écho autoadaptatif assure le fonctionne-
Le tableau 1 donne les différents débits de la hiérarchie numé-
ment sur ligne 2 fils.
rique, les 3 colonnes se rapportent respectivement de gauche à droite
aux hiérarchies utilisées au Japon, aux États-Unis et en Europe.(0)
2.1.5 Liaisons spécialisées numériques
Tableau 1 – Débits hiérarchiques
Les liaisons spécialisées numériques exploitent l’accès aux canaux
à 64 kbit/s de la trame à 2 048 kbit/s à deux niveaux : Débits hiérarchiques (kbit/s) pour les réseaux
— insertion des bas et moyens débits dans les IT à 64 kbit/s Niveau où la hiérarchie numérique est fondée sur un
comme vu précédemment par multiplexage X.50 ou par adaptation de la hiérarchie débit primaire de :
V.110 ; numérique
— insertion de débits plus élevés dans plusieurs IT de la trame 1 544 kbit/s 2 048 kbit/s
G.704 à 2 048 kbit/s. Ce type d’accès procure les débits n × 64 kbit/s 64 64
où n peut prendre des valeurs depuis 1 jusqu’à 30 et même 31 si
aucun transport de signalisation n’est requis. Les valeurs possibles 1 1 544 2 048
de n sont toutefois réduites dans les réseaux existants en raison de 2 6 312 8 448
limitations de certains équipements déjà installés.
3 32 064 44 736 34 368
On doit noter en outre, dans le cas des débits n × 64 kbit/s, la
nécessité pour le réseau de respecter l’ordre initial des n octets tout 4 97 728 139 264
au long du chemin suivi par les signaux. Une telle contrainte n’est
pas nécessaire pour le réseau téléphonique commuté (où n = 1) et Le caractère plésiochrone du multiplexage impose une opération
certains équipements de brassage ou de commutation ne respec- de démultiplexage à chaque niveau pour accéder à un signal
tent pas cette contrainte. affluent. Ainsi, pour extraire un train à 2 Mbit/s dans un multiplex
à 140 Mbit/s, trois démultiplexages sont nécessaires, 140 vers
4 × 34, 34 vers 4 × 8 et enfin 8 vers 4 × 2. Chaque opération
comporte une récupération de rythme et une recherche de trame.
Le multiplexage plésiochrone est basé sur l’adjonction d’un sur-
débit variable accolé à chacun des signaux à multiplexer.
Ceci permet d’adapter le débit affluent au débit qui lui est réservé
dans le signal résultant (justification).

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●Synchronisation - Justification
La synchronisation en fréquence nécessaire au multiplexage bit
à bit des différents affluents se fait par accroissement du débit
propre Fe de chacun d’eux jusqu’à une valeur nominale commune
D1 telle que :
D1 = (1 + ε ) Fe avec ε  1
Cet accroissement des débits est obtenu par l’introduction d’élé-
ments binaires supplémentaires pour chaque affluent dans le train
binaire à 8 Mbit/s. Cette opération est appelée justification positive.
La fréquence nominale des justifications pour un affluent de débit
propre est donc de ε Fe .
● Insertion systématique
Pour permettre au démultiplexage l’identification dans le signal
numérique résultant à 8 Mbit/s des éléments binaires relatifs à
chaque affluent et l’élimination de leurs éléments de réserve, il est
introduit dans chaque signal résultant à 8 Mbit/s des éléments
binaires dits d’insertion systèmatique qui constituent le signal de
verrouillage de trame et les indications de justification.
● Trame
Elle est formée de quatre secteurs (groupes) de même longueur.
Le signal de verrouillage est formé de 10 éléments binaires groupés
à chaque trame du début du premier secteur. Sa configuration est
de 1111010000.
Les éléments binaires 11 et 12 du premier secteur constituent des
éléments binaires de service. L’élément binaire 11 est utilisé pour
transmettre une indication d’alarme émise vers l’équipement de
multiplexage numérique éloigné en cas de dérangement de l’équi-
pement de multiplexage numérique local (perte de verrouillage par
exemple). L’élément binaire 12 réservé à l’usage national peut être
utilisé pour transmettre la parité de la trame précédente. Sur le
conduit numérique traversant une frontière, la valeur de ce bit est
fixée à « 1 ».
Les indications de justification sont formées de 3 éléments binaires
par affluent, répartis au début des secteurs 2, 3 et 4 et placés dans
l’ordre de numérotation des affluents. La présence de justification
est indiquée par le signal 111, son absence par le signal 000. Dans
une trame, une justification éventuelle s’effectue dans le secteur 4
à l’emplacement du premier élément binaire de l’affluent considéré.
Le multiplexage est réalisé par entrelacement bit à bit dans l’ordre
de numérotation des affluents.
On trouvera la structure de la trame dans le tableau 2.
Exemple : quelques valeurs remarquables :
— longueur de trame : 848 bits ;
— nombre de bits par affluents : 206 bits ;
— débit maximal de justification par affluent : 10 kbit/s ;
— taux nominal de justification : 0,424.
(0)

2.2.2.2.2 Trame à 34 Mbit/s


Figure 7 – Principe de multiplexage plésiochrone et synchrone ■ Recommandation UIT-T G.751
● Caractéristiques générales
— Débit binaire résultant :
2.2.2.2 Différentes trames
Fs = 34,368 Mbit/s ± 20 × 10–6.
2.2.2.2.1 Trame à 8 Mbit/s
— Nombre de composants = 4.
■ Recommandation UIT-T G.742 — Débit binaire des signaux composants :
● Caractéristiques générales
Fe = 8,448 Mbit/s ± 30 × 10–6.
— Débit binaire résultant :
●Synchronisation - Justification
Fs = 8,448 Mbit/s ± 30 × 10–6. La synchronisation en fréquence nécessaire au multiplexage bit
— Nombre de composants = 4. à bit des différents affluents se fait par accroissement du débit
propre Fe de chacun d’eux jusqu’à une valeur nominale commune
— Débit binaire des signaux composants : D1 telle que :
Fe = 2,048 Mbit/s ± 50 × 10–6. D1 = (1 + ε ) Fe avec ε  1

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Tableau 2 – Structure de trame de multiplexage Tableau 3 – Structure de trame de multiplexage


à 8 448 kbit/s à 34 368 kbit/s
Plan Plan
Structure de trame de numérotage Structure de trame de numérotage
des bits des bits
Groupe 1 Groupe 1
Signal de verrouillage de trame (1111010000) 1 à 10 Signal de verrouillage de trame (1111010000) 1 à 10
Indication d’alarme émise à l’équipement éloigné 11 Indication d’alarme émise à l’équipement éloigné 11
Bit réservé pour usage national 12 Bit réservé pour usage national 12
Bits provenant des affluents 13 à 212 Bits provenant des affluents 13 à 384
Groupe 2 Groupe 2
Bits Cj1 d’indication de justification 1à4 Bits Cj1 d’indication de justification 1à4
Bits provenant des affluents 5 à 212 Bits provenant des affluents 5 à 384
Groupe 3 Groupe 3
Bits Cj 2 d’indication de justification 1à4 Bits Cj 2 d’indication de justification 1à4
Bits provenant des affluents 5 à 212 Bits provenant des affluents 5 à 384
Groupe 4 Groupe 4
Bits Cj 3 d’indication de justification 1à4 Bits Cj 3 d’indication de justification 1à4
Bits de justification provenant des affluents 5à8 Bits de justification provenant des affluents 5à8
Bits provenant des affluents 9 à 212 Bits provenant des affluents 9 à 384
Cji désigne le i ème bit d’indicatif de justification du j ème affluent. Cji désigne le i ème bit d’indicatif de justification du jème affluent.

Cet accroissement des débits est obtenu par l’introduction d’élé- On trouvera la structure de la trame dans le tableau 3.
ments binaires supplémentaires pour chaque affluent dans le train
binaire à 34 Mbit/s. Cette opération est appelée justification posi- Exemple : quelques valeurs remarquables :
tive. La fréquence nominale des justifications pour un affluent de — longueur de trame : 1 536 bits ;
débit propre est donc de ε Fe . — nombre de bits par affluent : 378 bits ;
— débit maximal de justification par affluent : 22,375 kbit/s ;
● Insertion systématique
— taux nominal de justification : 0,436.
Pour permettre au démultiplexage l’identification dans le signal
numérique résultant à 34 Mbit/s des éléments binaires relatifs à
2.2.2.2.3 Trame à 140 Mbit/s
chaque affluent et l’élimination de leurs éléments de réserve, il est
introduit dans chaque signal résultant à 34 Mbit/s des éléments ■ Recommandation UIT-T G.751
binaires dits d’insertion systématique qui constituent le signal de ● Caractéristiques générales
verrouillage de trame et les indications de justification.
— Débit binaire résultant :
● Trame

Elle est formée de quatre secteurs (groupes) de même longueur. Fs = 139,264 Mbit/s ± 15 × 10–6.
Le signal de verrouillage est formé de 10 éléments binaires groupés
— Nombre de composants = 4.
à chaque trame du début du premier secteur. Sa configuration est
— Débit binaire des signaux composants :
de 1111010000.
Les éléments binaires 11 et 12 du premier secteur constituent Fe = 34,368 Mbit/s ± 20 × 10–6.
des éléments binaires de service. L’élément binaire 11 est utilisé
pour transmettre une indication d’alarme émise vers l’équipement ● Synchronisation - Justification
de multiplexage numérique éloigné en cas de dérangement de La synchronisation en fréquence nécessaire au multiplexage bit
l’équipement de multiplexage numérique local (perte de à bit des différents affluents se fait par accroissement du débit
verrouillage par exemple). L’élément binaire 12 réservé à l’usage propre Fe de chacun d’eux jusqu’à une valeur nominale commune
national peut être utilisé pour transmettre la parité de la trame D1 telle que :
précédente. Sur le conduit numérique traversant une frontière, la D1 = (1 + ε ) Fe avec ε  1
valeur de ce bit est fixée à « 1 ». (0)
Les indications de justification sont formées de 3 éléments Cet accroissement des débits est obtenu par l’introduction d’élé-
binaires par affluent, répartis au début des secteurs 2, 3 et 4 et ments binaires supplémentaires pour chaque affluent dans le train
placés dans l’ordre de numérotation des affluents. La présence de binaire à 140 Mbit/s. Cette opération est appelée justification posi-
justification est indiquée par le signal 111, son absence par le tive. La fréquence nominale des justifications pour un affluent de
signal 000. Dans une trame, une justification éventuelle s’effectue débit propre est donc de ε Fe .
dans le secteur 4 à l’emplacement du premier élément binaire de ● Insertion systématique
l’affluent considéré. Pour permettre au démultiplexage l’identification dans le signal
Le multiplexage est réalisé par entrelacement bit à bit dans numérique résultant à 140 Mbit/s des éléments binaires relatifs à
l’ordre de numérotation des affluents. chaque affluent et l’élimination de leurs éléments de réserve, il est

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introduit dans chaque signal résultant à 140 Mbit/s des éléments 2.2.3 Multiplexage synchrone
binaires dits d’insertion systématique qui constituent le signal de
verrouillage de trame et les indications de justification. 2.2.3.1 Principe de multiplexage synchrone
● Trame
■ Recommandations UIT-T G.707, G.708, G.709, G70X
Elle est formée de six secteurs (groupes) de même longueur. Le
signal de verrouillage est formé de 12 éléments binaires groupés En février 1988 à Séoul (Corée) les accords internationaux ont
à chaque trame du début du premier secteur. Sa configuration est abouti à la première série de recommandations relatives à la nouvelle
de 111110100000. hiérarchie synchrone (Synchronous Digital Hierarchy SDH).
Les éléments binaires 13, 14, 15 et 16 du premier secteur consti- Les principes essentiels sont les suivants :
tuent des éléments binaires de service. L’élément binaire 13 est utilisé — définition d’une trame de base à 155,520 Mbit/s appelée STM-1
pour transmettre une indication d’alarme émise vers l’équipement (Synchronous Transport Module level 1) : une partie de cette trame
de multiplexage numérique éloigné en cas de dérangement de l’équi- est réservée au surdébit de section STM-1 (SOH Section Overhead ) ;
pement de multiplexage numérique local (perte de verrouillage par — définition de hauts débits d’ordre N qui sont obtenus par
exemple). L’élément binaire 14 réservé à l’usage national peut être entrelacement d’octets des trames de base (STM-N Synchronous
utilisé pour transmettre la parité de la trame précédente. Sur le Transport Module level N ) : le débit résultant est donc de
conduit numérique traversant une frontière, la valeur de ce bit est N × 155,520 Mbit/s. Il n’y a qu’un seul étage de multiplexage. Une
fixée à « 1 ». partie de cette trame est réservée au surdébit de section STM-N (SOH
Les éléments binaires 14, 15 et 16 sont disponibles à titre d’élé- Section Overhead ) ;
ments binaires de réserve. — définition du multiplexage à l’intérieur de la trame de base :
chaque signal à transmettre est inclus dans un conteneur
Les indications de justification sont formées de 5 éléments binaires (C Container ). Un surdébit de conduit (POH Path Overhead ) est alors
par affluent, répartis au début des secteurs 2, 3, 4, 5 et 6 et placés ajouté pour former un conteneur virtuel (VC Virtual Container ).
dans l’ordre de numérotation des affluents. La présence de justifi- L’ensemble des conteneurs virtuels sont multiplexés octet par octet
cation est indiquée par le signal 11111, son absence par le signal dans la trame de base ;
00000. Dans une trame, une justification éventuelle s’effectue dans — structure en couche de l’exploitation : les surdébits permettent
le secteur 6 à l’emplacement du premier élément binaire de l’affluent de disposer à un niveau donné des éléments de contrôle et de super-
considéré. vision de ce niveau en indépendance des autres niveaux, ainsi on
Le multiplexage est réalisé par entrelacement bit à bit dans l’ordre parle de couche « section » (entre extrémités des systèmes de ligne
de numérotation des affluents. STM-N ), de couche VC-4 (entre extrémités du conduit VC-4), de
On trouvera la structure de la trame dans le tableau 4. (0) couche VC-12 (entre extrémités du conduit VC-12), etc.
L’ensemble de ces opérations peut se représenter par le schéma
fonctionnel simplifié (figure 8). Il est limité pour une meilleure clarté
Tableau 4 – Structure de trame de multiplexage au conteneur de niveau 4.
à 139 264 kbit/s ● Hiérarchie américaine SONET (Synchronous Optical NETwork )

Plan Elle fait suite aux travaux sur le SYNTRAN (SYNchronous TRANs-
Structure de trame de numérotage mission) de 1984. Cette hiérarchie est basée sur des principes compa-
des bits rables aux principes de la SDH, la trame de base étant le STS-1 au
débit de 51,84 Mbit/s (155,520/3 Mbit/s). Ses conteneurs supportent
Groupe 1 jusqu’à 1 × 45 Mbit/s, 7 × 6 Mbit/s ou 28 × 1,5 Mbit/s, le mélange
étant permis.
Signal de verrouillage de trame (111110100000) 1 à 12
Indication d’alarme émise à l’équipement éloigné 13
Bit réservé pour usage national 14 à 16
Bits provenant des affluents 17 à 488
Groupe 2 à 5
Bits Cji d’indication de justification 1à4
Bits provenant des affluents 5 à 488
Groupe 6
Bits Cj 5 d’indication de justification 1à4
Bits de justification provenant des affluents 5à8
Bits provenant des affluents 9 à 488
Cji désigne le i ème bit d’indicatif de justification du j ème affluent.

Exemple : quelques valeurs remarquables :


— longueur de trame : 2 928 bits ;
— nombre de bits par affluent : 723 bits ;
— débit maximal de justification par affluent : 47,560 kbit/s ;
— taux nominal de justification : 0,419.

Figure 8 – Principe de formation d’une trame STM- N

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● Les octets 3 fois A1 suivis de 3 fois A2 sont le mot de verrouillage


de trame (A1 et A2 sont respectivement égaux à 11110110 et
00101000).
● L’octet J0 (Regenerator Section Trace ) est utilisé pour trans-
mettre périodiquement un identificateur de point d’accès de telle
façon que le côté récepteur puisse vérifier en permanence la conti-
nuité de la connexion.
● L’octet B1 est utilisé pour la surveillance de la qualité de la
section de régénération ce qui permet la localisation de défaut au
niveau de la section de multiplexage.
● Les octets E1 et E2 (Orderwire ) permettent d’établir deux voies
Figure 9 – Structure de trame STM-1
de service respectivement au niveau section de régénération et
section de multiplexage. Ces voies de service peuvent être utilisées
pour établir des communications téléphoniques le long de ces sec-
Le dénominateur commun aux hiérarchies numériques syn- tions (point à point ou plus généralement point à multipoints au
chrones exploitées en Amérique du Nord et en Europe est la trame niveau d’un réseau de voies de service).
STM-1 qui peut être considérée comme l’entrelacement de trois
● L’octet F1 (User Channel ) est réservé à des besoins particuliers
STS-1.
de l’utilisateur comme par exemple l’établissement d’un canal de
données.
2.2.3.2 Trame STM-1 ● D1-D3 et D4-D12 (Data Communication Channel DCC) sont
La trame de base est organisée en octets que l’on transmet de deux canaux de données respectivement à 192 kbit/s et 576 kbit/s
gauche à droite et de haut en bas. Sa durée est de 125 µs. Elle réservés à l’exploitation des équipements du réseau. Les protocoles
comprend 9 × 270 octets comme le montre la figure 9. Elle se associés sont décrits dans la Recommandation UIT-T G.784.
compose de trois parties : ● Les octets B2 sont utilisés pour la surveillance de la qualité de
— le surdébit de section ; la section de mutliplexage.
— les pointeurs ; ● Les octets K1 et K2 bits b 1 et b 5 (Automatic Protection
— la capacité utile (Information Payload ). Switching, APS channel) permettent la sécurisation automatique
d’une liaison. La sécurisation peut être du type 1 : N (1 pour N ) le
■ Unité administrative (Administrative Unit, AU)
long d’une artère, c’est-à-dire que l’on protège une des N sections
On appelle unité administrative, l’entité de gestion privilégiée à de multiplexage utiles par une section de multiplexage de secours.
l’intérieur de la trame STM-1. À l’ETSI il n’existe que l’entité de niveau La section de secours peut en dehors de son rôle de protection être
4. Elle est composée du containeur virtuel VC-4 et d’un pointeur. utilisée pour transporter un trafic non prioritaire.
Une entité administrative de niveau 3 demanderait l’adjonction ● L’octet K2 bits b6 à b8 (Multiplex Section Remote Defect
de 3 pointeurs dans la zone « pointeur(s) ». Indication, MS-RDI) permet à la réception d’envoyer à l’extrémité
émettrice, une indication indiquant qu’elle a détecté un défaut.
■ Surdébit de section
● L’octet S1 (Synchronisation Status ) permet de décrire la qualité
On distingue la section de multiplexage qui se situe entre deux du signal reçu en ce qui concerne son usage pour les fonctions de
terminaux d’une ligne électrique ou optique et la section de régé- synchronisation. L’équipement, à partir de différentes sources pos-
nération qui prend place entre deux régénérateurs. Le surdébit de sibles de synchronisation, peut choisir sous le contrôle de la gestion
section, mentionné ci-après, est relatif à ces deux entités. la meilleure qualité possible (précisions au paragraphe 4.2.1).
Le tableau 5 donne les différents octets utilisés dans le surdébit ● L’octet M1 (Remote Error Indication, REI) permet au récepteur
de section (SOH). On trouvera ci-après une description fonction- d’envoyer à l’émetteur le nombre d’erreurs.
nelle de ces différents octets.
■ Pointeurs et justification
(0)
La technique de transport SDH permet le rattrapage des écarts de
fréquence des signaux incidents par rapport à l’horloge du nœud
Tableau 5 – SOH du STM-1 ou les déphasages, en modifiant la valeur des pointeurs qui repèrent
le début de chaque VC. Dans le cas où le signal entre dans un nœud
A1 A1 A1 A2 A2 A2 J0 ✧* ✧* avec un rythme supérieur à son horloge locale, le débit supplémen-
B1 ✚ ✚ E1 ✚ F1 ✧ ✧
taire est transporté à intervalles réguliers dans une zone supplé-
mentaires « J – » de la trame.
D1 ✚ ✚ D2 ✚ D3 Dans le cas où le signal entre dans un nœud avec un rythme infé-
Pointeurs rieur à l’horloge locale, une partie de la capacité utile est remplacée
par des octets non significatifs à intervalles réguliers. Cette zone est
B2 B2 B2 K1 K2 appelée « J + » (figure 10).
D4 D5 D6 ■ Capacité utile
D7 D8 D9 Il s’agit de la capacité utilie transportée dans le conteneur C4. Le
140 Mbit/s y prend place conformément à la norme UIT-T G.70X
D10 D11 D12
(Asynchronous mapping ). Dans le cas de l’insertion de cellules ATM
S1 M1 E2 ✧ ✧ (Asynchronous Transfer Mode ), la couche physique effectue l’adap-
✧ octets réservés pour usage national
tation au débit du conteneur en délivrant le nombre de cellules vides
nécessaire.
✚ octets dépendant du média
 autres octets réservés pour futur usage international
* sans brouillage

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Figure 10 – Principe de justification

Figure 12 – Principe de multiplexage

— calcul du nouveau surdébit de section (SOH), nouveau car il


s’agit du début d’une nouvelle section de multiplexage. Le multi-
plexeur termine les sections de multiplexage aussi bien côté affluent
que côté résultant ;
— embrouillage de la trame résultante de façon à éviter les
longues suites de bits identiques et faciliter la récupération d’horloge
(polynôme générateur : x 7 + x 6 + 1).
■ Concaténation de VC-4
La capacité utile de la trame de base est d’environ 150 Mbit/s,
lorsqu’il est nécessaire de transporter des débits supérieurs (TVHD,
signaux ATM hauts débits) il est possible de concaténer plusieurs
VC-4 pour former un VC-4-Xc (X concatenated VC-4). Dans ce cas,
Figure 11 – Multiplexage de N AUGs dans un STM- N
seul le premier AU-4 du train résultant est porteur du pointeur et
du surdébit de conduit (POH).

2.2.3.3 Multiplexage haut débit 2.2.3.4 Multiplexage à l’intérieur de la trame


■ Formation de la trame STM-N à partir de trames STM-1 À l’intérieur des unités administratives (AU), trois éléments sont
La trame STM-N est obtenue par multiplexage synchrone octet définis : l’unité d’affluent (TU-n ), le conteneur virtuel (VC-n ) et le
par octet des N trames de base STM-1 (en fait les groupes d’AU : conteneur (C-n ).
AUG). Le débit résultant est donc de N fois le débit de la trame de Les signaux plésiochrones 2 Mbit/s, 34 Mbit/s et 140 Mbit/s sont
base (figure 11). respectivement « enveloppés » dans les conteneurs C-12, C-3 et
Les opérations sont les suivantes : C-4. À ces derniers sont rajoutés des surdébits de conduit (POH) à
— il n’y a pas de remise en phase des trames STM-1 incidentes des fins entres autres de contrôle de qualité afin de former les
vis-à-vis du train résultant. Le multiplexage des VC-4 s’effectue au conteneurs virtuels (VC-N ). L’association d’un pointeur permet la
fil de l’eau, octet par octet, afin d’éviter tout retard dans la trans- formation de l’unité d’affluent (TU-N ) qui permet la gestion des
mission. La position des pointeurs est imposée par la structure de différences de phase et d’horloge dans les différents nœuds du
la trame résultante. Les trames incidentes n’étant pas en phase et réseau. L’ensemble des conteneurs virtuels se décompose en
pouvant présenter des écarts de fréquence vis-à-vis du signal résul- conteneur d’ordre supérieur (le VC-4) et en conteneurs d’ordre
tant, il convient de recalculer la valeur des pointeurs afin que chacun inférieur (les VC-12, VC-2 et VC-3). Comme le montre la figure 12,
indique bien le début du VC-4 associé et éventuellement de justifier ; un seul niveau de pointeur est nécessaire du STM-1 au VC-4 mais
deux niveaux sont nécessaires du STM-1 au C-n (n = 12, 2 ou 3).

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Figure 13 – Principe de multiplexage

La figure 13 donne la structure de multiplexage complète de ■ Surdébit de conduit


l’UIT-T. La partie en pointillé n’est pas à prendre en compte dans Comme avec la section de multiplexage détaillée précédemment,
le contexte de l’ETSI où l’entité administrative est l’AU-4 (l’unité à chaque conduit est associé un surdébit. Il est contenu dans le POH
administrative est l’AU-3 dans le contexte de l’Amérique du Nord). du conteneur virtuel VC-i. Il comporte principalement :
On trouve à droite de la figure les débits plésiochrones qu’il est
possible de transporter via les divers conteneurs C-i. — l’identifiant du conduit ;
— des informations permettant de vérifier la qualité du conduit ;
Dans le cas du 2 Mbit/s et comme on le voit sur le schéma, les — l’indication des alarmes distantes ;
opérations sont les suivantes : génération des C-12 à partir des — et des informations permettant de surveiller des connections
2 Mbit/s (Mapping ), ajout des surdébits de conduit pour former les en tandem.
conteneurs virtuels VC-12, ajout des pointeurs de VC-12 afin de
former les unités d’affluents (Tributary Unit, TU), multiplexage
octet par octet de 3 TU-12 afin de former un groupe d’unités
d’affluents (Tributary Unit Group, TUG-2), multiplexage octet par
octet de 7 TUG-2 afin de former un TUG-3, multiplexage octet par 3. Fonctions de multiplexage
octet de 3 TUG-3 et ajout d’un surdébit de conduit afin de former
un VC-4, ajout du pointeur de VC-4 afin de former l’unité adminis-
trative (Administrative Unit, AU-4), et enfin multiplexage des À titre de rappel, on distingue deux niveaux de multiplexage :
groupes d’unités administratives (Administrative Unit Group, AUG) — le multiplexage bas débit, jusqu’à 2 Mbit/s (ou 1,5 pour le
et ajout du surdébit de section afin de former le STM-N (Synchro- réseau US), incluant le multiplexage des canaux à 64 kbit/s ou
nous Transport Module level N ). n × 64 kbit/s dans les conduits à 2 ou 1,5 Mbit/s ;
Tous les assemblages respectant le schéma sont possibles, ainsi — le multiplexage haut débit à partir de 2 Mbit/s. Ce niveau se
il est possible de multiplexer dans un STM-1 par exemple 1 fois décompose lui-même en multiplexage plésiochrone et multiplexage
140 Mbit/s ou 63 fois 2 Mbit/s ou 3 fois 34 Mbit/s ou 21 fois 2 Mbit/s synchrone.
plus 2 fois 34 Mbit/s.
■ Pointeurs
Les pointeurs permettent de repérer le début des conteneurs
3.1 Fonctions de multiplexage bas débit
virtuels dans la trame, un peu comme on utilise un index en pro-
grammation informatique pour adresser un champ de données.
3.1.1 Présentation fonctionnelle des équipements
Ainsi le pointeur de VC-4 permet de repérer le début du VC-4 à
partir de la trame de base, et le pointeur de VC-12 permet de repé- de multiplexage et de brassage
rer le début du VC-12 à partir du VC-4. La visibilité des différents
affluents est donc directe à l’intérieur d’une trame grâce à l’utilisa- De manière générale, les fonctions principales d’un équipement
tion des différents pointeurs. de multiplexage et de brassage sont schématisées sur la figure 14.
Les pointeurs peuvent changer de valeur à la traversée d’un équi- ■ Fonctions d’aiguillage et de multiplexage
pement pour régler les problèmes de mise en phase (par exemple
L’équipement de multiplexage est organisé autour d’un noyau
transfert « au fil de l’eau » vers une autre trame de base intérieure
central regroupant les fonctions d’aiguillage et de multiplexage des
à un équipement et non en phase avec la trame reçue) et éventuel-
signaux.
lement de justification (par exemple lorsque l’horloge interne à un
équipement est différente du rythme de la trame reçue).

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3.1.2 Multiplexeur aiguilleur

On présentera ici, à titre d’exemple, la constitution d’un multi-


plexeur de données du premier ordre du réseau Transmic appelé
multiplexeur-aiguilleur. Cet équipement réalise les fonctions
suivantes :
— aiguillage des voies bas débit affluentes vers un multiplex
X.50 choisi parmi plusieurs mutliplex résultants ;
— multiplexage des voies bas débit dans un canal à 64 kbit/s
conformément à l’Avis X.50 (se reporter au paragraphe 2.1.2.1 pour
la constitution de la trame) ;
— brassage de voies bas débit entre plusieurs multiplex X.50.
Le multiplexeur-aiguilleur comprend différents types d’organes
(figure 15).

3.1.2.1 Fonctions d’aiguillage et de multiplexage


Le multiplexeur-aiguilleur décrit ici présente une architecture de
Figure 14 – Fonctions de multiplexage et de brassage
type distribué, organisée autour d’un bus commun synchrone consti-
tué de plusieurs lignes séries portant chacune un multiplex à
2 048 kbit/s. Des modules de multiplexage et d’aiguillage peuvent
être connectés au bus, en nombre variable, suivant la capacité totale
■ Interfaces de transmission désirée. Ce bus assure également la distribution de signaux de syn-
Les interfaces d’accès sont, d’une part, les accès de voies à multi- chronisation à partir d’une horloge centrale dupliquée. Le raccor-
plexer (accès affluents) et d’autre part les accès des signaux mul- dement des organes d’aiguillage s’effectue par l’intermédiaire de
tiplexés (accès résultants). Ces fonctions d’interface réalisent la cartes d’interface bus (Ibus) réalisant l’adaptation des signaux et la
terminaison physique des conduits supportant les voies ainsi que défense du bus. Sur ce bus central peut également être installée une
les fonctions nécessaires d’adaptation des signaux. carte d’injection de séquence de test voie par voie pour la mainte-
nance des liaisons.
Le schéma présenté est celui d’un multiplexeur où l’on fait la dis-
tinction entre les accès affluents et les accès résultants, en principe Les fonctions d’aiguillage et de multiplexage sont réalisées par
à plus haut débit. des cartes appelées unités de raccordement (UR) auxquelles sont
raccordées les cartes de voie affluentes et résultantes. Le nombre
Lorsque tous les accès sont de même nature, l’équipement
de cartes de voies connectées à une même UR dépend des débits
devient un brasseur dont le rôle est principalement d’aiguiller les
aux interfaces.
voies entre accès de même débit et de réorganiser les trames.
■ Synchronisation 3.1.2.2 Cartes de jonction avec les conduits résultants X.50
Les opérations de multiplexage exigent une grande précision et UR associée
pour ce qui concerne l’insertion des IT dans les trames résultantes. Une ou plusieurs cartes de quatre jonctions avec les conduits
Les opérations réalisées, non seulement dans le noyau de multi- numériques à 64 kbit/s peuvent être installées suivant la capacité
plexage mais aussi aux interfaces, doivent donc être parfaitement désirée. Une UR est associée à chaque carte de jonction. L’ensemble
synchronisées. Une horloge centrale sécurisée et asservie sur la fré- de ces deux organes réalise les fonctions suivantes :
quence du réseau est chargée de rythmer tout le fonctionnement
du multiplexeur en délivrant toutes les fréquences nécessaires : ■ En réception de ligne
horloge bits, horloge octets, horloge trame et même horloge mul- ● Conversion des signaux de ligne en signaux binaires NRZ (non
titrame, si nécessaire. retour à zéro) et récupération du signal d’horloge bit et du cadrage
octet avec suppression de la gigue des signaux reçus. Le signal en
■ Organe de commande
ligne est conforme à l’Avis G.703 § 1 (jonction codirectionnelle,
L’ensemble des fonctions de multiplexeur est piloté par un bloc anciennement connue sous l’appelation J.64).
assurant le contrôle du multiplexeur. Ce bloc permet, en particulier : ● Détection du défaut « manque signal » en réception.
— de configurer le multiplexeur et de garder en mémoire sa ● Synchronisation de la trame reçue et identification de la pre-
constitution physique et l’organisation du multiplexage. Sur les mière enveloppe de la trame.
petits équipements de première génération, cette fonction de confi-
● Détection et signalisation des défauts :
guration est souvent absente car l’agencement des cartes est fixé
par construction, et les quelques options possibles sont réalisées par — signal d’indication d’alarme en réception ;
un ensemble de cavaliers configurés manuellement. En revanche, — perte de verrouillage trame locale ou distance.
les multiplexeurs récents, dits flexibles, peuvent être configurés à ● Alignement de trame sur l’horloge trame d’enveloppes locale
partir d’un terminal portable ou à partir d’un centre de gestion, via du bus du multiplexeur.
un réseau de transmission de données ; ● Observation de l’état des bits S de signalisation voie par voie
— de collecter les indications d’anomalies et de défauts de pour la supervision des liaisons.
fonctionnement et de produire les signalisations d’alarmes corres-
● Insertion des enveloppes dans les IT convenables du bus
pondantes vers l’exploitant. Dans le cas de petits multiplexeurs, la
commun, en vue de leur acheminement vers les cartes de voies
présentation des alarmes est purement visuelle (voyants) alors qu’un
affluentes destinatrices (ou résultantes en cas de brassage).
multiplexeur flexible peut renvoyer toutes les indications d’alarme
vers un centre de gestion avec possibilité de filtrage ; ■ En émission vers la ligne
— d’élaborer des informations de performances relatives aux ● Sélection des IT et des enveloppes reçues sur le bus commun.
conduits affluents et résultants (qualité de transmission). Cette fonc-
● Injection, sur demande opérateur, d’état particulier des bits S
tion n’existe que sur les multiplexeurs récents.
d’une voie pour la supervision et la maintenance des liaisons.

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Figure 15 – Organes du multiplexeur-aiguilleur

● Constitution de la trame d’enveloppes X.50 à partir des ■ Carte de jonctions V.24


données sélectionnées sur le bus. La carte porte plusieurs jonctions numériques. Les circuits de
● Injection du motif de verrouillage de trame dans le bit F. jonction sont définis fonctionnellement par l’Avis V.24.
● Insertion du bit d’indication de défaut à destination de l’extré- Les caractéristiques électriques sont conformes à l’Avis V.10 pour
mité distante dans le motif proté par le bit F. des débits inférieurs ou égaux à 19 600 bit/s (bas débits du réseau
● Conversion des signaux NRZ en signaux bipolaires de ligne Transmic).
conforme à l’Avis G.703. La carte réalise :
En supplément, la carte permet d’effectuer le bouclage des signaux — la fourniture du rythme de transfert des données à 1 200, 2 400,
du côté ligne ou du côté équipement pour la maintenance. 4 800, 9 600 ou 19 200 bit/s à partir de la distribution d’horloge du
multiplexeur ;
3.1.2.3 Cartes de multiplexage et d’interface G.703 — la conversion du train binaire série de données présent à
à 2 048 kbit/s l’interface en une suite de sextets à insérer dans les enveloppes de
type X.50 ;
Dans les centres de transmission importants, le multiplexeur peut
— la conversion entre la signalisation d’interface (circuits 105,
être amené à traiter un grand nombre de conduits résultants X.50.
106, 107, 109, 122, 140, 141, 142) et l’état de la jonction (active,
Les systèmes de déport direct des jonctions à 64 kbit/s ayant des
inactive, en test...) ;
portées limitées, le transport des conduits X.50 à grande distance
— la conversion entre l’état de la jonction et la signalisation portée
ne peut être effectué qu’après multiplexage dans des conduits
par le bit S de X50 ;
à 2 048 kbit/s du réseau numérique général. Il devient alors avanta-
— le transfert des enveloppes au rang convenable dans les IT du
geux d’inclure dans l’équipement de multiplexage X.50, une carte
bus commun du multiplexeur ;
de multiplexage G.704 et d’interface G.703 à 2 048 kbit/s. Cette carte
— le bouclage des signaux de voie pour essai de maintenance.
est associée à un groupement fixe de cartes UR X.50 et réalise un
multiplexage « figé », c’est-à-dire que le rang des IT dans la Sur option, la carte peut présenter le comportement d’un ETTD
trame G.704 est défini par la position de la carte UR X.50 dans le (équipement de traitement de données) ou d’un ETCD (modem).
châssis. La carte d’interface G.703 à 2 048 kbit/s peut être dupliquée
■ Carte de deux convertisseurs en bande de base
pour des raisons de sécurité.
Lorsque l’abonné n’est pas situé à proximité du multiplexeur, (cas
3.1.2.4 Cartes de jonction avec les voies général des abonnés isolés à faible trafic ne justifiant pas l’instal-
de données affluentes lation d’un multiplexeur dans leurs locaux), on procède au déport
de l’interface V.24 en utilisant un couple de convertisseurs en bande
Plusieurs types de cartes de jonction peuvent être utilisées en de base sur paire cuivre. Le convertisseur placé du côté multi-
association avec une carte UR. plexeur est appelé convertisseur de station, le convertisseur placé
à l’autre extrémité est le convertisseur d’abonné. Il devient alors
économiquement intéressant de remplacer la carte V.24 par une

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carte intégrant la fonction convertisseur. Les convertisseurs utilisent 3.1.3 Multiplexeur flexible
généralement dans cette gamme de débits un code biphase diffé-
rentiel en ligne. Le déport de signalisation utilise un procédé par- 3.1.3.1 Présentation fonctionnelle
ticulier mettant en jeu un courant continu en ligne.
Les applications du multiplexage bas débit les plus fréquemment
■ Carte d’interface à 48 kbit/s rencontrées dans les réseaux, concernent la constitution de
Des cartes portant chacune une interface à 48 kbit/s (moyen multiplex à 2 048 kbit/s à partir de voies affluentes présentant une
débit du réseau Transmic) permettant d’utiliser des systèmes de grande diversité de débits et de type d’interfaces. Les organismes
transport de ces signaux sur paire de cuivre (le système de trans- de normalisation tels que l’UIT (Union internationale des télécommu-
port n’est pas inclus dans l’équipement). L’adaptation de ces nications) ou l’ETSI (European Telecommunication Standard Insti-
signaux dans le canal numérique à 64 kbit/s s’effectue par applica- tute) ont donc été conduits à émettre des recommandations
tion de l’Avis X.50 bis. spécifiques à ce type d’équipement. L’appellation multiplexeur
flexible a été choisi pour désigner un multiplexeur capable de traiter
une grande variété de services de transmission avec la plus grande
3.1.2.5 Fonctions de commande du multiplexeur transparence possible vis-à-vis des réseaux fournisseurs et d’assurer
L’organe de contrôle local du multiplexeur est appelé processeur une gestion performante de l’équipement et des services. La
d’exploitation et de maintenace (PEM). Cet organe dialogue avec figure 16 inspirée du document DE/TM-01013-1 de l’ETSI (Core func-
un centre d’exploitation et de maintenance distant (CEM), chargé tions, 2 048 kbit/s aggregate interface functions, tributary interface
de la gestion de plusieurs multiplexeurs. Le PEM coordonne l’exé- functions and special function of a flexible multiplexer ), présente
cution des commandes de configuration et centralise les informa- la description du multiplexeur flexible. Il s’agit ici d’une modélisation
tions de défauts du multiplexeur. en vue d’une spécification fonctionnelle, par opposition à la des-
cription organique adoptée dans le cas du multiplexeur aiguilleur
Le contrôle des interfaces affluentes et résultantes ainsi ques des
déjà présenté.
UR est effectué à partir du PEM par l’intermédiare de cartes, non
représentées sur le schéma, supportant chacune un processeur de Afin d’éviter les confusions, les sigles utilisés dans la suite sont
contrôle (PrC). Les cartes d’interface sont regroupées par châssis ceux employés dans la version anglaise des documents de norma-
spécialisés incluant un ou plusieurs processeurs de contrôle, lisation.
comme suit : La découpe fait apparaître des blocs fonctionnels sous forme de
— châssis de multiplexage X.50 incluant 2 × 12 jonctions G.703 rectangles, des points de référence identifiés par des lettres et des
à 64 kbit/s, piloté par deux PrC ; accès à certains signaux également repérés.
— châssis de multiplexage X.50 suivi d’un multiplexage G.704
■ Blocs fonctionnels du cœur de multiplexage
à 2 048 kbit/s, piloté par trois PrC ;
— châssis de 2 × 24 accès bas débit ou 2 × 12 accès moyen débit, Depuis les interfaces affluentes vers les interfaces résultantes, on
piloté par un PrC. trouve :
Le PEM est relié au CEM par une liaison de données, par exemple PI interface physique : ce bloc assure l’émission et la
en mode paquet X.25 (liaison Transpac). réception des signaux à l’interface, et réalise les trans-
codages nécessaires. Il assure la récupération d’hor-
loge (signaux T2 ou X) et détecte les pertes de signal.
3.1.2.6 Centre d’exploitation et de maintenance
et poste opérateur TPT/TST terminaison de liaison affluente : ce bloc termine
le chemin de données affluentes et en particulier
Le centre d’exploitation et de maintenace des multiplexeurs est la signalisation et les informations de contrôle
constitué de plusieurs unités centrales (UC) redondantes avec leurs associées.
mémoires vives associées. À tout instant, une des UC joue le rôle TSA adaptation des signaux affluents : ce bloc adapte le
de maître et maintient à jour la base de données, stockée dans une signal affluent, si nécessaire, dans le canal à 64 kbit/s
mémoire de masse commune (disque dur). En cas de défaut du (exemple : adaptation V.110).
maître, une autre UC prend à son tour le statut de maître avec les
données sauvegardées. L’opérateur gère le multiplexeur à partir XC fonction de brassage de canaux à 64 et n × 64 kbit/s
d’une console qui peut être : (aiguillage d’IT entre accès de ce bloc). Ce bloc
autorise plusieurs types d’interconnexions par
— soit locale, connectée au PEM par une jonction V.24 ; exemple : affluent-résultant, affluent-affluent,
— soit distante au CEM lorsque le multiplexeur est situé dans affluent-fonctions spéciales, résultant-résultant, résu-
des locaux non surveillés. tant-fonctions spéciales.
Dans tous les cas, les commandes doivent être acheminées CAS XC fonction de brassage de signalisation en mode asso-
jusqu’au CEM, seul organe capable de les exécuter. cié à la voie : aiguillage des canaux de signalisation
L’opérateur peut demander l’exécution des opérations suivantes : à 4 × 500 bit/s (quartets abcd) (§ 2.1.3.1.3).
— gestion de la configuration : SF fonction spéciale : ce bloc optionnel peut réaliser des
• déclaration, suppression de châssis, de carte ou de jonction. fonctions particulières telles que la conférence télé-
Mise en service/hors service, phonique, ou le multipoint dans le cas des liaisons
• déclaration, suppression de conduit ou de ligne. Mise en de données.
service/hors service, LPPSW commutation de protection de multiplex numérique :
• établissement, suppression de connection. Mise en cette fonction optionnelle permet d’assurer un
service/hors service de liaison, secours de type 1 + 1 ou 1 + n pour le multiplex à
• bouclage de jonction ou de liaison. Injection, réception de 2 048 kbit/s.
séquence de test ; PLPT terminaison de conduit numérique plésiochrone. Ce
— gestion des états et des alarmes : bloc assure la terminaison et l’émission du signal de
• envoi d’alarmes à l’opérateur en cas de défaut avec indication trame à 2 048 kbit/s aux accès résultants et traite en
du type de défaut et de l’origine affecté, particulier l’IT0. Il assure la détection et la signali-
• consultation des états des différentes éntités du multiplexeur ; sation des défauts conduits (perte de verrouillage
— gestion de l’observation et des performances : trame, erreurs CRC4...). Dans le sens résultant vers
• observation des états des jonctions et du bit S, affluent, il réalise l’alignement de trame sur l’horloge
• relevés de performance des conduits X.50 et 2 048 kbit/s. de référence centrale du multiplexeur avec absorp-
tion de la gigue.

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Figure 16 – Blocs fonctionnels du multiplexeur flexible

LSPSW commutation de protection de conduit numérique : — dans les conduits ordinaires de transmission par
cette fonction optionnelle permet d’assurer un utilisation d’un IT particulier (U2) ou de voies
secours de type 1 + 1 du conduit numérique à réservées à cet usage (EOC, embedded operation
2 048 kbit/s. channel ) comme le bit 4 des IT0 impairs des
PI interface physique : ce bloc assure les mêmes fonc- conduits à 2 048 kbit/s (U1, U3) ;
tions que du côté affluent, mais ici, il s’agit toujours — par des interfaces de type F (ou m) vers le réseau
d’une interface G.703 à 2 048 kbit/s. de gestion des transmissions (TMN) ou par une
interface pour exploitation locale simplifiée à
Le bloc PI de la figure 16, accédant directement au point de réfé- partir d’un terminal « constructeur », non norma-
rence G, indique que le multiplexeur flexible peut, optionnellement, lisé (LC).
assurer le transfert transparent d’un signal à 2 048 kbit/s. Dans ce
cas, le train de bit affluent peut être converti arbitrairement en octets
et aiguillé en bloc vers une interface résultante. 3.1.3.2 Présentation des interfaces affluentes
Le bloc « système de transmission intégré » indique ici, en option, Le multiplexeur flexible présente de nombreuses possibilités en
la possibilité d’utiliser un multiplexeur d’ordre supérieur intégré au matière d’interfaces affluentes :
multiplexeur flexible, par exemple un multiplexeur plésiochrone à
■ Interfaces analogiques
34 Mbit/s ou synchrone à 155 Mbit/s. Le multiplexage réalisé peut
être « figé ». ● Interface de voie téléphonique analogique 2/4 fils (300-3 400 Hz)
pour ligne louée, avec signalisation dans la bande et codage numé-
■ Blocs fonctionnels pour la synchronisation rique en loi A.
MTS horloge du multiplexeur : ce bloc produit et distribue ● Interface de voie téléphonique analogique 2/4 fils pour PABX
tous les signaux de synchronisation du multi- (Private Automatic Branch eXchange ) ou commutateur télépho-
plexeur.Il est lui-même synchronisé à partir de plu- nique analogique, avec signalisation TRON/RON.
sieurs sources d’horloges de référence (T1, T2, T3). ● Interface audio 4 fils de qualité supérieure (50-7 000 Hz) avec
TIPI entrée de synchronisation: ce bloc termine un lien codage SB-ADPCM (G.722).
de synchronisation externe conforme à G.703 § 10
(signal TI à 2 048 kHz). ■ Interfaces numériques synchrones
TOPI sortie de synchronisation : cette sortie permet de ● Interface G.703 codirectionnelle à 64 kbit/s.
transmettre l’horloge vers un autre équipement. ● Interface X.24 pour voie de données à n × 64 kbit/s (n allant de
1 compris à 31 compris). Une telle voie permet par exemple d’assu-
■ Fonctions de commande rer le déport transparent d’un circuit X.21.
EMF fonction de commande du multiplexeur : permet, en ● Interface V.24 avec circuit de caractéristiques électriques V.10
particulier, d’exploiter localement le multiplexeur à ou V.11 pour voie à n × 64 kbit/s.
partir d’un terminal connecté à ce bloc. Le bloc
● Convertisseur bande de base intégré pour transmission de
échange des signaux avec tous les autres blocs du
multiplexeur. données au débit définies pour les interfaces numériques précé-
dentes.
MCF organe de traitement de la messagerie d’exploita-
● Interface n × 64 kbit/s dans un canal G.704 à 2 048 kbit/s.
tion : cet organe termine les canaux supportant les
messages de gestion et d’exploitation du multi- Lorsque n devient important, il peut être intéressant d’utiliser l’inter-
plexeur à partir de stations opérateur locales ou face G.703 à 2 048 kbit/s avec un format de trame G.704 pour trans-
distantes. Ces messages peuvent être acheminés : porter une voie unique à n × 64 kbit/s. Dans ce cas, le flux de bits à

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l’interface est arbitrairement découpé en octets qui sont alors trans-


mis dans les n premiers IT de la trame G.704.
● Interface pour les accès de base (2B + D) et les accès primaires
(30B + D) au RNIS (spécification en cours).
● Interface G.703 à 2 048 kbit/s transparente. Cette interface
permet de transporter un signal à 2 048 kbit/s sans tenir compte de
sa structure.

3.1.4 Brasseur d’IT

Comme pour le multiplexeur flexible, l’UIT et l’ETSI se sont


employés à modéliser et normaliser l’équipement de brassage d’IT
dans les conduits à 2 048 kbit/s. Un document de référence a été pro-
duit par l’ETSI : « Synchronous cross connection equipment. 64 and
n × 64 kbit/s cross connection rate, 2 048 access ports », référence
ETS 300 010, comportant deux parties :
— fonctions de bases, caractéristiques et performances ;
— gestion.
On présentera un exemple de réalisation d’un brasseur d’accès
au réseau Transmic, le BNX30.
Le schéma d’un tél équipement est présenté figure 17 :

3.1.4.1 Fonctions de brassage


Les fonctions de brassage sont réalisées ici par deux organes cen-
traux constitués chacun de deux matrices en redondance active :
Figure 17 – Brasseur d’accès au réseau Transmic
— l’organe de brassage d’IT d’une capacité, par matrice, de
128 multiplex bidirectionnels synchrones de 32 IT chacun à
2 048 kbit/s. Une partie des accès est réservée au raccordement de
l’organe de brassage de signalisation dans l’IT16 et pour le rac- regroupés vers un conduit particulier à 2 048 kbit/s connecté sur un
cordement de fonctions spéciales ultérieurement. L’autre partie est équipement extérieur au brasseur (par exemple un équipement de
utilisée pour le brassage des IT de 64 conduits numériques traitement de la messagerie portée par le bit 4 des IT0 impairs).
G.703-G.704 ; Les IT16 sont envoyés vers la matrice de brassage d’IT comme
— l’organe centralisé de traitement des multitrames d’IT16 en de simples IT de données pour être acheminés vers les organes de
mode voie par voie (CAS) et de brassage des quartets de signali- brassage et de traitement de la multitrame de signalisation.
sation de l’IT16. Les IT16 des 64 conduits sont regroupés sur deux
multiplex à 2 048 kbit/s par la matrice de brassage d’IT. ■ Sens PLPT vers PI
— réception du multiplex à 2 048 kbit/s sur deux liens V.11 en
3.1.4.2 Carte de deux interfaces G.703-G704 à 2 048 kbit/s provenance de chacune des matrices. Le choix du lien en réception
est piloté par l’organe central de commande. Les IT de données et
En référence au schéma fonctionnel du multiplexeur flexible aux l’IT16 ont été rangés à leur place par la matrice de brassage d’IT ;
accès résultants, cette carte réalise les fonctions suivantes : — assemblage des IT0 impairs avec insertion des bits d’indica-
— interface physique (PI) G.703 à 2 048 kbit/s ; tions de défauts à destination de l’extrémité distante (IAD). Lors de
— terminaison de conduit numérique (PLPT). l’assemblage, tout ou partie des bits 4 à 8 des IT0 impairs, peut
Les fonctions correspondantes sont rapportées ci-après. être prélevé parmi les bits correspondants des IT0 en provenance
de la matrice de brassage d’IT ;
■ Sens PI vers PLPT — calcul du CRC4 et insertion des résultats dans la multitrame
— recherche de l’IT0 pour le cadrage d’octet et la synchroni- de CRC4 (premier bit des IT0) ;
sation de trame reçue ; — envoi du multiplex à 2 048 complété par l’IT0 vers PI.
— détection des défauts : En supplément, la carte permet d’effectuer le bouclage des
• réception du « signal d’indication d’alarme » (SIA), signaux à 2 048 kbit/s du côté ligne ou du côté équipement pour la
• erreur dans le mot de verrouillage trame, maintenance.
• perte de verrouillage trame (PVT) définie par l’Avis G.706,
• erreur de transmission détectée par le CRC4 ; 3.1.4.3 Organe de traitement de la signalisation voie par voie
— présence d’une indication de défaut distant reçue dans l’IT0 :
• indication d’alarme distante (IAD) dans le bit 3 des IT0 impairs, Cet organe, situé dans le même bloc que l’organe de brassage
• erreur CRC4 distante dans les bits E de la multitrame de CRC4 ; de signalisation voie par voie, permet, en particulier, de traiter le bit c
— alignement de la trame reçue sur l’horloge trame locale du des quartets (abcd) de l’IT16 (voir le paragraphe traitant du multiplex
brasseur avant accès à la matrice. En cas de gigue excessive ou de à 2 048 kbit/s). Ce bit est utilisé pour la supervision et la maintenance
glissement de rythme, un saut de trame est effectué ; des liaisons spécialisées Transfix dans le réseau Transmic. Dans ce
— émission du multiplex de 32 IT sur deux liens V.11 vers les deux but, l’organe permet :
matrices redondantes de brassage d’IT. Ce multiplex ne porte plus, — en réception, d’observer l’état du bit c (0 = normal, 1 = défaut,
en principe, d’IT0 significatif. Sur option, les positions correspon- tramé = information ou commande de bouclage) ;
dantes aux IT0 peuvent porter les IT0 impairs dupliqués pour res- — en émission, de transmettre le bic c reçu en transparence ou
pecter le débit. Ces IT peuvent alors être dirigés par la matrice de d’insérer une commande de bouclage dans le bit c.
brassage vers n’importe quel autre multiplex sortant et à n’importe
quel rang d’IT y compris l’IT0. Ces IT peuvent, par exemple, être

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3.1.4.4 Synchronisation 3.2 Fonctions de multiplexage haut débit


Le brasseur peut recevoir jusqu’à quatre sources de synchroni-
sation raccordées sur deux cartes d’horloge en redondance active :
— deux sources G.703 (§ 10) à 2 048 kHz ; 3.2.1 Organisation d’une station de transmission
— deux sources extraites de deux conduits numériques parmi
les 64 possibles. Dans le domaine du haut débit, les signaux à transporter sont
d’abord les 2 Mbit/s en provenance des commutateurs et des
Il existe un algorithme pour le choix de la source active en fonc-
réseaux de transport de données. L’augmentation des services
tion de l’état des diverses sources ainsi que des priorités fixées par
conduit aujourd’hui à l’utilisation de débits supérieurs, comme les
l’opérateur.
34, 45 Mbit/s ou davantage. La station de transmission se présente
Les deux cartes échangent en permanence des signaux de sur- comme l’association de fonctions de multiplexage, afin d’obtenir
veillance mutuelle. Une des deux cartes possède le statut de maître, des débits plus élevés permettant de diminuer les coûts de trans-
l’autre restant en secours en cas de défaillance du maître. Chaque port, et de terminaux de lignes en général à interfaces optiques. Il
carte porte une horloge à quartz d’une précision de l’ordre de 5 ppm est associé un dispositif de sécurisation afin d’assurer la protection
pour le cas où toutes les sources de synchronisation viendraient à des lignes et des conduits du réseau. La figure 18a représente un
disparaître. exemple d’architecture de station bâtie à partir d’équipements
La distribution d’horloge est elle-même doublée dans le brasseur. plésiochrones de type 2-8 Mbit/s et 8-140 Mbit/s.
L’introduction de la hiérarchie synchrone et les possibilités tech-
3.1.4.5 Processeur de contrôle des cartes de voies nologiques actuelles autorisent une gestion plus automatisée du
à 2 048 kbit/s réseau de transmission et permettent de remplacer les cascades de
multiplexeurs et de répartiteurs numériques manuels par des équi-
Cet organe dupliqué porte l’agent de gestion des interfaces
pements de brassage électroniques. On se reportera à la
G.703 à 2 048 kbit/s.
figure 18b.
Il assure la surveillance de l’état des cartes et des conduits
raccordés. Les anomalies et défauts de conduit détectés par les
cartes sont collectés par le processeur pour : 3.2.2 Multiplexage plésiochrone
— traitement des alarmes associées ;
— élaboration des paramètres de gestion de performance et de 3.2.2.1 Présentation fonctionnelle des équipements
qualité des conduits. de multiplexage
Ces informations sont envoyées vers l’organe de commande La gamme des équipements multiplexeurs couvre les deuxième,
central. troisième et quatrième ordres : 2/8, 8/34, 34/140 auxquels il faut
ajouter 2/34 et 8/140. On trouvera ci-après une description fonction-
3.1.4.6 Organe central de commande et interface nelle de différents types de ces multiplexeurs. Quatre objectifs sont
vers le réseau de gestion à examiner plus particulièrement : la compacité des équipements,
Le processeur central de commande est dupliqué par mesure de leur faible consommation énergétique, la simplicité de la main-
sécurité. Il dialogue en permanence avec toutes les cartes proces- tenance et la qualité de l’exploitation.
seur du système pour :
— assurer la configuration des cartes, des conduits, des
connexions et des liaisons suivant les instructions en provenance des
opérateurs. Les données correspondantes sont sauvegardées dans
une mémoire non volatile ;
— collecter les informations de défauts en provenance des
diverses cartes. À partir de ces éléments :
• il coordonne les actions de localisation de défaillance et
assure la défense du système,
• il élabore l’état opérationnel des équipements et émet les
alarmes après filtrage des indications de défauts non confirmées
ou redondantes ;
— exécuter les commandes opérateur pour :
• bouclage local des conduits à 2 048 kbit/s,
• bouclage des liaisons n × 64 kbit/s,
• dérivation de liaison vers un conduit particulier pour raccorde-
ment à un appareil de test extérieur au brasseur ;
— collecter les résultats de l’observation de signalisation voie
par voie (bit c) pour la supervision des liaisons et piloter l’émission
de commande de bouclage distant ;
— collecter les mesures de performance des conduits (compteurs
15 min et 24 h) et mesurer leur niveau de qualité de transmission
(qualité normale, dégradée ou intolérable).
Le dialogue avec l’OS de gestion est assuré via une carte portant
une interface de type Q3.

Figure 18 – Exemple d’évolution de la station de transmission

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Un accès aux signaux des différentes jonctions doit être prévu à ● Fonctions de multiplexage/démultiplexage
des fins de maintenance, par exemple sur un connecteur en face Le multiplexage temporel est un mutliplexage bit à bit de 4 signaux
avant des cartes. numériques plésiochrones composants par la méthode dite à jus-
Les recommandations relatives de l’UIT-T sont les suivantes : tification positive, en un signal numérique résultant. Ce multiplexage
• G.703 Caractéristiques physiques et électriques des jonctions ; bit à bit se fait dans l’ordre de numérotation des signaux composants,
• G.742 Équipement de multiplexage numérique du deuxième c’est-à-dire : 1, 2, 3, 4, 1, 2, 3, 4, 1, etc. La fréquence résultante est
obtenue par un oscillateur à quartz fonctionnant en libre.
ordre fonctionnant à 8 448 kbit/s avec justification positive ;
• G.751 Équipement de multiplexage numérique fonctionnant L’équipement de démultiplexage est chargé, à partir du signal
au débit binaire du troisième ordre de 34 368 kbit/s et au débit résultant, de restituer chaque signal numérique composant à sa
binaire du quatrième ordre 139 264 kbit/s et utilisant la justification fréquence propre. Le démultiplexeur, après s’être synchronisé sur
positive ; la trame reçue grâce au signal de verrouillage, extrait du signal à
8 Mbit/s les signaux d’affluents. Chaque fois qu’il détecte au moins
• G.821 Performance d’erreur sur une communication numé- deux indications de justifications relatives à un affluent dans une
rique ;
même trame, il élimine l’élément binaire de justification correspon-
• G.823 Régulation de la gigue et du dérapage dans les dant. Il réalise ensuite, par « lissage » du débit discontinu ainsi
réseaux numériques fondés sur la hiérarchie de 2 Mbit/s ; obtenu, la régénération de la fréquence initiale fe grâce à un oscilla-
• M.20 Principes de maintenance pour les réseaux de télé- teur asservi en phase.
communication ; ● Fonctions relatives à la jonction à 2 Mbit/s
• M.30 Principes pour un réseau de gestion de télécommuni- L’adaptation à la jonction numérique à 2 Mbit/s nécessite les opé-
cation ; rations suivantes :
• M.550 Limites de qualité pour la mise en service et la main- — à l’émission : élaboration du code HDB3 utilisé en ligne à des
tenance des conduits, sections et sections de ligne numériques. fins de protection contre les longues suites de zéros et d’élimina-
tion de la composante continue ;
3.2.2.2 Multiplexeurs du deuxième ordre 2-8 — à la réception : extraction de la fréquence rythme, régéné-
ration du signal, décodage du code HDB3 et détection du manque
■ Fonctions de base
signal.
Cet équipement (figure 19) permet de multiplexer 4 signaux ● Fonctions relatives à la jonction à 8 Mbit/s
composants plésiochrones à 2 048 kbit/s en un signal résultant à
8 448 kbit/s et d’effectuer l’opération inverse, suivant les recomman- De même que précédemment les opérations sont les suivantes :
dations de l’UIT-T. Les fonctions se découpent en 5 catégories : fonc- — à l’émission : élaboration du code HDB3 ;
tions de multiplexage/démultiplexage, fonctions à la jonction à — à la réception : extraction de la fréquence rythme, régénéra-
2 Mbit/s, fonctions à la jonction à 8 Mbit/s, fonction relative à la gigue tion du signal, décodage HDB3 et détection du manque signal.
et fonctions d’alarme et de surveillance de la qualité. ● Fonction relative à la gigue
— Au multiplexeur, l’équipement doit pouvoir tolérer une gigue
propre à chaque signal composant à 2 Mbit/s.
— Au démultiplexeur, l’équipement doit pouvoir tolérer une gigue
propre au signal résultant à 8 Mbit/s et restituer chaque signal
composant avec le minimum de gigue.
Les mémoires internes et les boucles à verrouillage de phase
doivent satisfaire aux recommandations UIT-T G.742 et G.823.
● Fonctions d’alarme et de surveillance de la qualité
L’équipement doit pouvoir détecter et permettre la localisation
rapide des défauts, ainsi que la non-propagation de ces défauts en
aval.
L’équipement doit par ailleurs, élaborer des informations d’erreurs
permettant leur traitement en vue d’une surveillance de la qualité
des conduits : comptage des trames à parité reçue erronée,
comptage du nombre d’erreurs sur le mot de verrouillage de trame.
■ Interfaces
● Jonctions numériques à 2 048 kbit/s

La jonction est du type « 4 fils » une paire pour l’émission et une


paire pour la réception de type dissymétriques ou symétriques
suivant les besoins de l’exploitant.
Le débit numérique est de 2 048 kbit/s ± 50 · 10–6. Le code de
l’information est HDB3.
L’affaiblissement des paires d’interconnexion est compris entre 0
et 6 dB (à la fréquence de 1 024 kHz). On admettra que l’affaiblis-
sement de ces paires suit une loi f .
● Jonctions numériques à 8 448 kbit/s
La jonction est du type « 4 fils » une paire pour l’émission et une
paire pour la réception de type dissymétrique.
Le débit numérique est de 8 448 kbit/s ± 30 · 10– 6. Le code de
l’information est HDB3.
Figure 19 – Multiplexeur 2-8

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L’affaiblissement des paires d’interconnexion est compris entre 0 ■ Interfaces


et 6 dB à la fréquence de 4 224 kHz. On admet que l’affaiblissement ● Jonctions numériques à 8 448 kbit/s
de ces paires suit une loi f . La jonction est du type « 4 fils » une paire pour l’émission et une
paire pour la réception de type dissymétrique.
3.2.2.3 Multiplexeurs du troisième ordre 8-34
Le débit numérique est de 8 448 kbit/s ± 30 · 10–6. Le code de
■ Fonctions de base l’information est HDB3.
Cet équipement permet de multiplexer 4 signaux composant L’affaiblissement des paires d’interconnexion est compris entre 0
plésiochrones à 8 448 kbit/s en un signal résultant à 34 368 kbit/s et et 6 dB à la fréquence de 4 224 kHz. On admettra que l’affaiblisse-
d’effectuer l’opération inverse, suivant les recommandations de ment de ces paires suit une loi f .
l’UIT. Les fonctions se découpent en 5 catégories : fonctions de mul- ● Jonctions numériques à 34 368 kbit/s
tiplexage/démultiplexage, fonctions à la jonction à 8 Mbit/s, fonc-
tions à la jonction à 34 Mbit/s, fonction relative à la gigue et fonctions La jonction est du type « 4 fils » une paire pour l’émission et une
d’alarme et de surveillance de la qualité. paire pour la réception de type dissymétrique.
● Fonctions de multiplexage/démultiplexage Le débit numérique est de 34 368 kbit/s ± 20 · 10–6. Le code de
l’information est HDB3.
Le multiplexage est un multiplexage temporel bit à bit de 4 signaux
numériques plésiochrones composants par la méthode dite à jus- L’affaiblissement des paires d’interconnexion est compris entre 0
tification positive, en un signal numérique résultant. Ce multiplexage et 12 dB à la fréquence de 17 184 kHz. On admettra que l’affaiblis-
bit à bit se fait dans l’ordre de numérotation des signaux composants, sement de ces paires suit une loi f .
c’est-à-dire : 1, 2, 3, 4, 1, 2, 3, 4, 1, etc. La fréquence résultante est
obtenue par un oscillateur à quartz fonctionnement en libre. 3.2.2.4 Multiplexeurs du quatrième ordre 34-140
L’équipement de démultiplexage est chargé, à partir du signal ■ Fonctions de base
résultant, de restituer chaque signal numérique composant à sa
fréquence propre. Le démultiplexeur, après s’être synchronisé sur Cet équipement permet de multiplexer 4 signaux composants
la trame reçue grâce au signal de verrouillage, extrait du signal à plésiochrones à 34 368 kbit/s en un signal résultant à 139 264 kbit/s
34 Mbit/s les signaux d’affluents. Chaque fois qu’il détecte au moins et d’effectuer l’opération inverse, suivant les recommandations de
deux indications de justifications relatives à un affluent dans une l’UIT-T. Les fonctions se découpent en 5 catégories : fonction de
même trame, il élimine l’élément binaire de justification corres- multiplexage/démultiplexage, fonctions à la jonction à 34 Mbit/s,
pondant. Il réalise alors par « lissage » du débit discontinu ainsi fonctions à la jonction à 140 Mbit/s, fonction relative à la gigue et
obtenu, la régénération de la fréquence initiale fe grâce à un oscilla- fonctions d’alarme et de surveillance de la qualité.
teur asservi en phase. ● Fonctions de multiplexage/démultiplexage

On se reportera à la figure 19. Le multiplexage est un multiplexage temporel bit à bit de 4 signaux
● Fonctions relatives à la jonction à 8 Mbit/s numériques plésiochrones composants par la méthode dite à jus-
tification positive, en un signal numérique résultant. Ce multiplexage
L’adaptation à la jonction numérique à 8 Mbit/s nécessite les opé- bit à bit se fait dans l’ordre de numérotation des signaux composants,
rations suivantes : c’est-à-dire : 1, 2, 3, 4, 1, 2, 3, 4, 1, etc. La fréquence résultante est
— à l’émission : élaboration du code HDB3 utilise en ligne à des obtenue par un oscillateur à quartz fonctionnant en libre.
fins de protection contre les longues suites de zéros et d’élimina-
L’équipement de démultiplexage est chargé, à partir du signal
tion de la composante continue ;
résultant, de restituer chaque signal numérique composant à sa
— à la réception : extraction de la fréquence rythme, régénéra-
fréquence propre. Le démultiplexeur, après s’être synchronisé sur
tion du signal, décodage du code HDB3 et détection du manque
la trame reçue grâce au signal de verrouillage, extrait du signal à
signal.
140 Mbit/s les signaux d’affluents. Chaque fois qu’il détecte au
● Fonctions relatives à la jonction à 34 Mbit/s moins trois indications de justifications relatives à un affluent dans
De même que précédemment les opérations sont les suivantes : une même trame, il élimine l’élément binaire de justification
— à l’émission : élaboration du code HDB3 ; correspondant. Il réalise alors par « lissage » du débit discontinu
— à la réception : extraction de la fréquence rythme, régénéra- ainsi obtenu, la régénération de la fréquence initiale fe grâce à un
tion du signal, décodage HDB3 et détection du manque signal. oscillateur asservi en phase.
● Fonction relative à la gigue ● Fonction relative à la jonction à 34 Mbit/s

— Au multiplexeur, l’équipement doit pouvoir tolérer une gigue L’adaptation à la jonction numérique à 34 Mbit/s nécessite les
propre à chaque signal composant à 8 Mbit/s. opérations suivantes :
— Au démultiplexeur, l’équipement doit pouvoir tolérer une gigue — à l’émission : élaboration du code HDB3 utilisé en ligne à des
propre au signal résultant à 34 Mbit/s et restituer chaque signal fins de protection contre les longues suites de zéros et d’élimina-
composant à 8 Mbit/s avec le minimum de gigue. tion de la composante continue ;
Les mémoires internes et les boucles à verrouillage de phase per- — à la réception : extraction de la fréquence rythme, régénéra-
mettent de satisfaire aux recommandations UIT-T G.751 et G.823. tion du signal, décodage du code HDB3 et détection du manque
signal.
● Fonctions d’alarme et de surveillance de la qualité
● Fonctions relatives à la jonction à 140 Mbit/s
L’équipement doit pouvoir détecter et permettre la localisation
rapide des défauts, ainsi que la non-propagation de ces défauts De même que précédemment les opérations sont les suivantes :
en aval. — à l’émission : élaboration du code CMI ;
L’équipement doit, par ailleurs, élaborer des informations — à la réception : extraction de la fréquence rythme, régénéra-
d’erreurs permettant leur traitement en vue d’une surveillance de tion du signal, décodage du code CMI et détection du manque
la qualité des conduits : comptage des trames à parité reçue signal.
erronée, comptage du nombre d’erreurs sur le mot de verrouillage ● Fonction relative à la gigue
de trame. — Au multiplexeur, l’équipement doit pouvoir tolérer une gigue
propre à chaque signal composant à 34 Mbit/.

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— Au démultiplexeur, l’équipement doit pouvoir tolérer une


gigue propre au signal résultant à 140 Mbit/s et restituer chaque
signal composant à 34 Mbit/s avec le minimum de gigue.
Les mémoires internes et les boucles à verrouillage de phase per-
mettent de satisfaire aux recommandations UIT-T G.751 et G.823.
● Fonctions d’alarme et de surveillance de la qualité
L’équipement doit pouvoir détecter et permettre la localisation
rapide des défauts, ainsi que la non-propagation de ces défauts
en aval.
L’équipement doit, par ailleurs, élaborer des informations
d’erreurs permettant leur traitement en vue d’une surveillance de
la qualité des conduits : comptage des trames à parité reçue erronée,
comptage du nombre d’erreurs sur le mot de verrouillage de trame.
■ Interfaces
● Jonctions numériques à 34 368 kbit/s
La jonction est du type « 4 fils » une paire pour l’émission et une
paire pour la réception de type dissymétrique.
Le débit numérique est de 34 368 kbit/s ± 20 · 10–6. Le code de
l’information est HDB3.
L’affaiblissement des paires d’interconnexion est compris entre 0
et 12 dB à la fréquence de 17 184 kHz. On admettra que l’affaiblis-
sement de ces paires suit une loi f .
● Jonctions numériques à 139 264 kbit/s
La jonction est du type « 4 fils » une paire pour l’émission et
d’une paire pour la réception de type dissymétriques.
Le débit numérique est de 139 264 kbit/s ± 15 · 10–6. Le code de
l’information est CMI.
L’affaiblissement des paires d’interconnexion est compris entre 0
et 12 dB à la fréquence de 70 MHz. On admettra que l’affaiblisse-
ment de ces paires suit une loi f .

3.2.2.5 Multiplexeurs 2-34


Les fonctions de multiplexage de 2 à 34 Mbit/s et de démulti- Figure 20 – Multiplexeur 2-34
plexage peuvent être réalisées économiquement sans un passage
aux interfaces physiques à 8 Mbit/s. Ce multiplexeur ne permet
alors plus l’accès externe à ce débit. Le schéma fonctionnel est
donné figure 20. L’analyse de ces résultats et leur comparaison à des valeurs pré-
définies permettent l’émission d’alarmes. L’exploitation de ces équi-
pements n’a pas toujours suivi l’évolution des normes (se reporter
3.2.2.6 Exploitation des multiplexeurs à l’exploitation des systèmes synchrones).
■ Modes d’exploitation
L’exploitation est réalisée en général via des postes d’exploitation
pouvant être connectés sur le multiplexeur ou sur un élément de 3.2.3 Multiplexage synchrone
médiation (interface F). L’interface au centre d’exploitation est de
type Q3. Une fonction de signalisation permet la génération des 3.2.3.1 Présentation fonctionnelle
diverses alarmes de station et l’activation des voyants d’alarme des équipements de multiplexage
majeure et mineure au niveau de l’équipement. Les équipements de multiplexage peuvent se découper fonction-
■ Fonctions de configuration nellement en deux familles, celle qui traite les VC-4 et celle qui
traite les VC-N d’ordre inférieur. Ceci résulte d’une découpe hiérar-
Une caractéristique importante est la capacité de configurer les chique du réseau et du besoin en résultant d’optimiser le coût de
diverses entités physiques (les cartes, les bacs) et les différents para- chacun des équipements. Les équipements de la deuxième famille,
mètres associés aux fonctions de surveillance (critère de génération traitant les VC-N d’ordre inférieur, permettent en général de traiter
des alarmes, paramètres associés à la qualité). aussi le VC-4.
■ Gestion des alarmes Les équipements dans chacune des familles sont les multi-
Les alarmes sont principalement relatives : aux entités physiques plexeurs, les équipements à insertion et dérivation et les brasseurs.
du multiplexeur, au manque du signal résultant reçu, à la perte de Le paragraphe 4 étudie l’utilisation de ces différents équipements
verrouillage de trame, à la détection du SIA ou à la détection de dans plusieurs exemples de réseau.
l’alarme distante. Les équipements sont décrits ci-dessous en utilisant les notions
de blocs fonctionnels indiquées dans les recommandations UIT-T
■ Gestion de la qualité G.782 et G.783 (janvier 94).
De nombreuses interfaces d’exploitation d’équipement four-
nissent aujourd’hui des informations de qualité comme les
secondes erronées (SE), les secondes sévèrement erronées (SSE),
les secondes indisponibles (SI) et les minutes dégradées (MD).

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3.2.3.2 Traitement des VC-4

3.2.3.2.1 Multiplexeur
■ Fonctions de base
Cet équipement remplit les fonctions de terminal de ligne et peut
être accompagné de régénérateurs ou d’amplificateurs optiques (§ 5)
afin d’augmenter sa portée. Il permet le mutliplexage d’affluents à
140 Mbit/s ou VC-4 de STM-1 dans une trame STM-4, 16 ou 64. Il
peut être représenté sous forme de blocs fonctionnels comme indi-
qué figure 21.
● Fonction du bloc TTF
— superviser le signal STM-N et en réception le convertir en un
signal interne ;
— terminer (générer) la section et la superviser ;
— gestion des pointeurs d’AU-4 qui indiquent le premier octet des
POH de VC-4 associés, assemblage (désassemblage) de la trame
STM-N.
On rappelle que l’ajustement des pointeurs permet :
— lors du multiplexage, de compenser les différences de phase
qui peuvent exister entre les AU-4 affluents ;
— après le démultiplexage, de s’adapter (si nécessaire) par justi-
fication au débit interne. Ce dernier est issu de la référence d’hor-
loge locale.
Figure 21 – Exemple de multiplexeur de VC-4
● Fonction du bloc HOI
— superviser le signal 140 Mbit/s affluent et le convertir en un
signal interne ;
— remplir (vider) le conteneur C-4 (justification au niveau bit) ;
— génération (terminaison) du surdébit de conduit POH du conte-
neur virtuel VC-4 associé.
● Fonction du bloc SET
— fournir une référence d’horloge à l’ensemble de l’élément
réseau à partir d’un signal de synchronisation externe. Cette fonc-
tion permet également de fournir une sortie de synchronisation
vers un autre équipement.
● Autres fonctions
Fonctions du bloc HSU/HPOM (Higher order SUpervisory/Higher
order Path Overhead Monitor ) décrites dans le paragraphe 3.2.3.2.3.
■ Interfaces
Les interfaces de transmission sont les signaux 140 Mbit/s et
STM-N conformes aux normes ITU G.703 en ce qui concerne les
interfaces électriques (140 Mbit/s et STM-1), et G.957 en ce qui
concerne les interfaces optiques (STM-1 et STM-N ).
À titre d’exemple, on trouvera (tableau 6) un ordre de grandeur
des portées dans différentes configurations. Il convient de noter que
les pertes de l’installation de câbles à fibres optiques dépendent des
caractéristiques des fibres telles qu’elles sont définies par les
fournisseurs ; l’affaiblissement sur les fibres et les réparations de
câbles, par exemple, sont des facteurs importants que les clients
doivent prendre en compte lorsqu’ils établissent un bilan de liaison.
(0)
Figure 22 – Exemple de multiplexeur à insertion-extraction de VC-4
Tableau 6 – Portée dans différentes configurations
3.2.3.2.2 Multiplexeur à insertion-extraction
Courte
Application Intraoffice Longue distance ■ Fonctions de base
distance
La principale fonction de cet équipement est l’insertion ou l’extrac-
Longueur d’onde 1 310 1 550 tion de 140 Mbit/s ou de VC-4 de STM-1 dans un train STM-N. Il ne
nominale ......(nm)
présente pas d’accès à 2 Mbit/s aussi il ne se justifie que sur des
Rec. grosses artères, par exemple STM-16 ou STM-64. Il peut être accom-
Type de fibre Rec. G.652
G.652/G.654 pagné de régénérateurs ou d’amplificateurs optiques (voir para-
Distance ........ (km) <2 ≈ 15 ≈ 40 ≈ 80 graphe 5) afin d’augmenter sa portée. Cet équipement peut prendre
place dans plusieurs types de réseau, comme les gros réseaux
I-1.1 S-1.1 L-1.1 L-1.2 urbains ou les réseaux d’infrastructure interurbaine ou régionale. On
Niveau STM-1/4/16 I-4.1 S-4.1 L-4.1 L-4.2 se reportera au paragraphe 4.2 sur les réseaux de transport pour son
utilisation en différents modes point à point ou anneau.
I-16.1 S-16.1 L-16.1 L-16.2
Il peut se représenter sous forme de blocs fonctionnels comme
indiqué figure 22.

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● Fonction du bloc TTF, fonction du bloc HOI,


fonction du bloc SET
On se reportera à la description précédente.
● Fonction du bloc HPC
Cette fonction permet une interconnexion flexible entre les entrées
et les sorties du bloc (VC-4 transportés). Les interconnexions pos-
sibles sont résumées dans le tableau 7. (0)

Tableau 7 – Interconnexions possibles


entre entrées et sorties du bloc HPC
Localisation du VC-4i
Localisation
du VC – 4j Résultant
Résultant est Affluent
ouest
seulement oui, fonction
Résultant ouest bouclage du oui, fonction d’insertion-
de transit
VC – 4 (i = j ) d’extraction

oui, fonction seulement oui, fonction


Résultant est de transit bouclage du d’insertion-
VC – 4 (i = j ) d’extraction
oui, fonction oui, fonction oui, bouclage si
Affluent d’insertion- d’insertion- même affluent
d’extraction d’extraction (i = j )

Figure 23 – Exemple de brasseur de VC-4


● Autres fonctions
Fonctions du bloc HSU/HPOM (Higher order SUpervisory/Higher
order Path Overhead Monitor ) décrites dans le paragraphe 3.2.3.2.3. ●Fonction du bloc HSU/HPOM
■ Interfaces — superviser le conduit VC-4 sans le terminer ;
On se reportera au paragraphe 3.2.3.2.1. — générer dans la POH du VC-4 une étiquette de signal à la
valeur « non équipé » (octet C2) si le VC-4 est non valide en émis-
sion, superviser en réception.
3.2.3.2.3 Brasseur
● Fonction du bloc HOI
■ Fonctions de base — superviser le signal 140 Mbit/s affluent et le convertir en un
Le brasseur prend place dans les nœuds du réseau interurbain signal interne ;
(Infrastructure, Backbone ) et il assure les fonctions de base — remplir (vider) le conteneur C-4 (justification au niveau du bit) ;
suivantes : — génération (terminaison) du surdébit de conduit POH du conte-
— une répartition flexible et dynamique du trafic au niveau 140 neur virtuel VC-4.
et 155 Mbit/s ; ● Fonction du bloc HPC
— une protection automatique du réseau en quelques secondes, — Interconnecter de façon flexible les différents VC-4 [point à
alors qu’une telle opération pouvait demander plusieurs heures ou point (monodirectionnel, bidirectionnel), diffusion...].
jours avec les répartiteurs manuels ;
— une surveillance permanente des différents signaux trans- ■ Interfaces
portés ; Les interfaces de transmission sont les signaux 140 Mbit/s et
— et un passage en douceur du réseau plésiochrone au réseau STM-1 conformes aux normes UIT G.703 en ce qui concerne les inter-
synchrone. faces électriques, et G.957 en ce qui concerne les interfaces optiques.
La protection du réseau par un gestionnaire centralisé se déroule La distance entre deux nœuds pouvant être assez importante en
de la façon suivante (au niveau du réseau on utilise, par exemple, interurbain, ces derniers peuvent être reliés par des systèmes de
environ 20 % des liaisons optiques comme secours) : ligne au débit STM-16 ou STM-64. Dans ce dernier cas, les interfaces
— détection des alarmes par les brasseurs ; optiques du brasseur peuvent être d’assez courte portée (de type I-1
— transmission des alarmes au gestionnaire et sélection par ce ou S.1 de la norme G.957, de portées respectives inférieures à 2 km
dernier des routes de secours ; et environ 15 km). Un autre scénario consiste à choisir des interfaces
— téléconfiguration des connexions modifiées aux brasseurs. STM-16 intégrées au brasseur.
La figure 23 symbolise à l’aide de blocs fonctionnels TTF, ■ Exemple de réalisation
HSU/HPOM (accès STM-1), HOI (accès à 140 Mbit/s) et HPC (matrice)
les différentes traitements effectués dans le brasseur. On trouvera (figure 24) à titre d’exemple la description du répar-
titeur d’ALCATEL (1 644 SX).
● Fonction du bloc TTF
— Fonctions principales : répartition (circuit monodirectionnel ou
— superviser le signal STM-1 affluent et en réception le convertir
bidirectionnel ou diffusion, notion de plan de routage actif et de
en un signal interne ;
secours, basculement de plan à plan, association de ports afin de
— terminer (générer) la section et la superviser ;
réaliser une sécurisation automatique au niveau VC-4), supervision
— traiter le pointeur d’AU-4, s’adapter en réception au débit
(des sections, des conduits en terminaison ou en transit, des équi-
interne (issu de la référence d’horloge locale) si nécessaire (justifi-
pements).
cation).

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Figure 24 – Système répartiteur Alcatel 1 644 SX

Figure 25 – Exemple de multiplexeur de VC-N d’ordre inférieur


— Protection du réseau : protection décentralisée (1 + 1 au
niveau des VC-4 en moins de 100 ms) ou centralisée (niveau
connexion ou plan de routage en quelques secondes). ● Fonction de bloc LOI
— Caractéristiques : jusqu’à 512 accès bidirectionnels à 140 ou — convertir et superviser le signal plésiochrone en un signal
155 Mbit/s, matrice de commutation (réseau de Clos à trois étages) interne et vice-versa ;
sans blocage, redondance de tous les éléments, extension du sys- — remplir (vider) le conteneur C-1/3 (justification au niveau bit) ;
tème sans interruption du trafic, surveillance de la qualité sur tous — génération (terminaison) du surdébit de conduit POH du
les accès. conteneur virtuel VC-1/3 associé.
— Redondance : matrice en 1 + 1, contrôle en 1 + 1, horloge en ● Fonction du bloc SET
1 + 1, interfaces d’entées-sorties en 8 + 1 et alimentation en 1 + 1 Voir précédemment
ou 3 + 1.
● Autres fonctions

3.2.3.3 Traitement des VC-N d’ordre inférieur Bloc LSU/LPOM (Lower order SUpervisory/Lower order Path Over-
head Monitor ) décrit dans le paragraphe 3.2.3.3.3.
3.2.3.3.1 Multiplexeur ■ Interfaces
■ Fonctions de base Les interfaces de transmission sont les signaux 2, 34 Mbit/s et
STM-1 conformes aux normes UIT G.703 en ce qui concerne les
La fonction de base consiste à multiplexer des trains plésio-
interfaces électriques, et G.957 en ce qui concerne les interfaces
chrones à 2 Mbit/s, 34 Mbit/s ou STM-1 en un train résultant STM-1.
optiques (STM-N ).
Le produit permet de réduire la complexité et le coût des fonctions
que réalisent les anciens systèmes multiplexeurs plésiochrones
avec des facilités supplémentaires au niveau du fonctionnement et 3.2.3.3.2 Multiplexeur à insertion-extraction
de la maintenance. Le produit peut être employé au titre d’un simple ■ Fonctions de base
terminal afin de se raccorder à un réseau synchrone, en mode point
à point via une fibre optique (terminal à terminal) ou en fonction- Ce multiplexeur synchrone permet l’insertion et l’extraction
nement en étoile (par exemple 3 STM-1 affluents utilisés au 1/3 vers d’affluents à 2, 34 et 155 Mbit/s sur un signal de ligne le traversant
un signal résultant STM-1). au débit de N fois 155 Mbit/s (N égal généralement 1 ou 4). Il doit
pouvoir être extensible du débit résultant STM-1 au débit plus élevé.
Il peut être représenté sous forme de blocs fonctionnels comme Il peut être protégé en configuration point à point ou en anneau.
indiqué figure 25. L’équipement est flexible et modulaire et peut être employé dans
● Fonction du bloc TTF de très nombreuses applications, liaisons point à point, réseau en
On se reportera à la description précédente. bus, réseau en étoile, réseau en anneau grâce à ses différentes pos-
● Fonction de bloc HOA
sibilités de configuration. Un cas particulier de fonctionnement d’un
multiplexeur à insertion et extraction est le fonctionnement en
— termine (génère) le VC-4 en lisant (ajoutant) l’overhead de mode terminal ou un seul signal résultant côté ouest ou est est
conduit POH ; connecté. Ces multiplexeurs sont principalement utilisés dans les
— désassemble le VC-4 en VC-1/2/3 ou assemble les VC-1/2/3 en réseaux régionaux ou locaux.
VC-4 en traitant leur pointeur respectif.
Il peuvent être représentés sous forme de blocs fonctionnels
comme indiqué figure 26.

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Figure 27 – Agencement mécanique d’un multiplexeur


à insertion et extraction

● Les affluents électriques principaux sont aux débits de 2, 34,


45 Mbit/s et STM-1. Les affluents et agrégats optiques sont STM-1.
Les affluents STM-1 sont démultipléxés jusqu’aux niveaux des
Figure 26 – Exemple de multiplexeur à insertion-extraction
entités gérées (par exemple, il est possible de démultiplexer un
de VC-N d’ordre inférieur
STM-1 jusqu’au niveau VC-12). Les affluents au niveau STM-1 ne sont
usuellement pas pleins, afin de pouvoir former les STM-1 résultants
côté est ou ouest.
● Fonction du bloc TTF, fonction de bloc HOA, ● Le produit est upgradable en signaux résultants STM-4.
fonction de bloc HPC, fonction du bloc LOI
● Le brassage est au niveau VC-12, VC-2 ou VC-3 selon les
Voir précédemment. configurations demandées, affluents vers aggregate ou affluents
● Fonction du bloc LPC vers affluents et inversement. Le brassage est non bloquant et sans
Interconnecter de façon flexible les différents VC-N [point à point erreur, c’est-à-dire que le matériel permet sans limitation toutes les
(monodirectionnel, bidirectionnel), diffusion...]. Interconnexion connexions internes demandées. On remarque que le système ne
d’affluents à affluents n’est pas toujours fournie. comporte pas de carte matrice. Pour des raisons de limitation des
coûts, le brassage est décentralisé aux niveaux des diverses cartes
● Fonction du bloc SET
affluentes ou résultantes.
Voir précédemment. ● La protection des équipements est en général assurée par
● Autres fonctions l’adjonction de cartes supplémentaires de protection. Ainsi la
Bloc LSU/LPOM (Lower order SUpervisory/Lower order Path Over- commutation d’une carte affluente (2, 34 ou 45 Mbit/s) vers la carte
head Monitor ) du paragraphe 3.2.3.3.3. de secours est réalisée grâce à un commutateur optionnel situé au
niveau du panneau de raccordement. La protection des cartes STM-1
■ Interfaces est réalisée en même temps que la ligne qui leur est associée.
Les interfaces de transmission sont les signaux 2, 34 Mbit/s et ● Les protections réseau sont du type linéaire 1 + 0, 1 + 1, 1 : 1 ou
STM-1 conformes aux normes UIT G.703 en ce qui concerne les une sécurisation d’anneau 2 fibres unidirectionnelles (SNCP) (Sub
interfaces électriques, et G.957 en ce qui concerne les interfaces Network Connexion Protection ).
optiques (STM-N ). ● On accède aux surdébits de sections et conduits via la carte

■ Exemple de réalisation « AUX/EOW » (un accès téléphonique, 3 × 64 Kbit/s codirectionnels


G.703 et 3 × 64 Kbit/s V-11).
La figure 27 donne, à titre d’exemple, la description du multi-
● Le contrôleur d’équipement assure la gestion de l’ensemble du
plexeur à insertion et extraction au niveau STM-1 d’Alcatel
système et présente des interfaces F ou QBx.
(1 641 SM).
● Le produit est synchronisable en fréquence à partir de l’horloge
Les principales caractéristiques de ce produit sont décrites de la station qui est une source de la carte d’horloge de référence
ci-après. protégée. Les sources possibles de synchronisation sont les deux

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sources externes qui sont les horloges de la station, un des deux ● Fonction du bloc LSU/LPOM
agrégats est ou ouest, un des affluents STM-1 ou un affluent 2 Mbit/s — superviser les conduits VC-12, VC-2 et VC-3 sans les terminer ;
sélectionnable librement. En cas d’absence de ces signaux, une — générer dans le POH du VC-N une étiquette de signal à la
source d’horloge interne stabilisée à 4,6 · 10–6 est sélectionnée valeur « non équipé » (Signal label unequipped ) si le VC-N est non
(mode maintenance ou mode libre). valide en émission, superviser en réception.
● Fonction du bloc LOI
3.2.3.3.3 Brasseur — superviser les signaux 2 Mbit/s et 34 Mbit/s affluents et les
■ Fonctions de base convertir en un signal interne ;
— vider (remplir) les conteneurs C-12 et C-3 (justification au
Il est principalement utilisé dans les réseaux régionaux et les niveau du bit) ;
réseaux urbains. Il apporte une grande souplesse dans la réallocation — génération (terminaison) des surdébits de conduit POH des
dynamique des ressources ce qui optimise la capacité offerte par conteneurs virtuels VC-12 et VC-3.
les artères de transmission. Ses fonctions principales sont les
● Fonction du bloc LPC
suivantes :
— interconnexion et brassage sans blocage des signaux plésio- Interconnecter de façon flexible les différents VC-N [point-à-point
chrones 2 Mbit/s, 34 Mbit/s et des conduits synchrones supportés (monodirectionnel, bidirectionnel), diffusion...].
par la trame STM-1 (VC-12, VC-2 et VC-3) ; ■ Interfaces
— supervision permanente de la qualité des différents signaux ;
— passage en douceur du réseau plésiochrone au réseau Les interfaces de transmission sont les signaux 2 Mbit/s, 34 Mbit/s
synchrone. et STM-1 conformes aux normes UIT G.703 en ce qui concerne les
interfaces électriques, et G.957 en ce qui concerne les interfaces
La figure 28 symbolise à l’aide de blocs fonctionnels TTF, HOA, optiques.
LCS (accès STM-1), LOI (accès plésiochrones à 2, 34 Mbit/s) et LPC
(matrice) les différents traitements effectués. Un scénario est l’interconnexion avec des brasseurs de VC-4 ou
des multiplexeurs à insertion-extraction (côté affluents). Dans ce
● Fonction du bloc TTF
cas, les interfaces optiques du brasseur peuvent être d’assez courte
— superviser le signal STM-1 affluent et en réception le convertir portée (de type I-1 ou S.1 de la norme G.957 de portées respectives
en un signal interne ; inférieurs à 2 km et environ 15 km).
— terminer (générer) la section et la superviser ;
— traiter le pointeur d’AU-4, extraire (insérer) le VC-4. Un autre scénario consiste à intégrer dans le brasseur la ligne ou
les équipements multiplexeur, il convient alors de choisir des inter-
● Fonction du bloc HOA
faces STM-N longues portées.
— terminer (générer) le conduit VC-4 et le superviser ;
— traiter les pointeurs de VC-12, VC-2 et VC-3, extraire (insérer) 3.2.3.4 Exploitation
les conteneurs virtuels associés au VC-4, s’adapter en réception au
débit interne (issu de la référence d’horloge locale) si nécessaire L’un des atouts de la SDH est dans ses possibilités potentielles
(justification). de gestion incluses dans la trame SDH elle-même. Des surdébits
importants permettent de gérer les entités transportées dans cette
trame (sections, conduits...), mais aussi de véhiculer les messages
de gestion entre les différents éléments réseau (canaux DCC). Les
équipements peuvent être gérés à distance au travers d’interfaces
d’exploitation (interface Q) ou en local (interface F).
Les fonctions d’exploitation se découpent en fonctions :
— de gestion de la configuration (configuration des équipements,
configuration des points de terminaison des chemins, construction
des conduits...) ;
— de gestion des fautes (traitement des alarmes) ;
— de gestion de la performance (analyse de la qualité des dif-
férentes entités sections, conduits...) ;
— et de gestion de la sécurité (contrôle d’accès pour éviter toute
intrusion non désirée, gestion des habilitations).
Les blocs fonctionnels assurant ces fonctions du côté de l’élé-
ment réseau sont indiqués figure 29.
● Fonction du bloc SEMF
Ce bloc convertit les données de performances et les alarmes
liées à l’implémentation, en messages objet-orienté à transmettre
vers les interfaces Q et DCC.
● Fonction du bloc MCF
Ce bloc transporte les messages de gestion en provenance
(destination ) de l’élément réseau ou en transit.
● Fonction du bloc OHA
Ce bloc fournit un accès aux surdébits comme les voies de service
(order wire ).

Figure 28 – Exemple de brasseur de VC- N d’ordre inférieur

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• des multiplexeurs d’abonnés pour les clients importants, utili-


sateurs de plusieurs liaisons numériques. Ce multiplexeur peut
être du premier ordre pour conduit résultant X.50 à 64 kbit/s
(Muldex), ou du second ordre pour conduit G.704 à 2 048 kbit/s ;
— les équipements de centre comprenant essentiellement des
multiplexeurs brasseurs du second ordre du type multiplexeur
flexible avec une grande variété d’interfaces affluentes multi-
services et plusieurs interfaces résultantes à 2 048 Kbit/s.
Dans le cas des grands centres où le nombre de conduits
résultants devient important, on peut utiliser un brasseur d’accès
pour raccorder l’ensemble des multiplexeurs du second ordre au
réseau de transport.
Le rôle des équipements de centre est double :
• assurer un remplissage suffisant des trames G.704 à
2 048 kbit/s vers le transit,
• trier les canaux 64 et n x 64 kbit/s par service afin de les
aiguiller vers le réseau associé pouvant être Transmic lui-même,
mais aussi le réseau téléphonique commuté ou le RNIS (Numeris) ;
— les équipements de transit constitués essentiellement de
Figure 29 – Blocs fonctionnels d’exploitation brasseurs G.704 à 2 048 kbit/s à grande capacité. Les lignes et les
équipements de transmission à hauts débits utilisés (PDH ou SDH)
sont des éléments banalisés du réseau général de transmission.
Synchronisation : le réseau Transmic est synchronisé à partir du
4. Utilisation du multiplexage réseau général de synchronisation français, piloté lui-même par
dans les réseaux une station centrale de précision 10–11. Des accès de synchroni-
sation sont disponibles dans les centres. La synchronisation des
équipements de raccordement intermédiaires ou d’abonnés est
4.1 Réseau d’accès effectuée directement à partir de la récupération d’horloge du lien
vers le centre. Les terminaux de traitement de données (ETTD) de
Le réseau d’accès a pour rôle essentiel de collecter les signaux l’abonné sont nécessairement synchronisés par Transmic.
d’abonnés avec les moyens adaptés aux types de répartition
rencontrés sur le terrain (abonnés disperses comme en zone rurale 4.1.1.2 Exploitation
ou relativement groupés comme en zone urbaine ou industrielle) et
de les acheminer vers les réseaux de transport ou les réseaux L’exploitation du réseau est réalisée à partir de centres de gestion
prestataires de services appropriés. des équipements et du réseau. Ces centres sont utilisés pour la
configuration, la détection des défauts et la localisation des défail-
Avec l’émergence de nouveaux services, le réseau d’accès voit
lances. Ils sont reliés aux équipements par un réseau de transmission
ses aspects multiservices renforcés et des évolutions dans ce sens
par paquets (Transpac).
se confirment au sein des réseaux existants.
Un des principaux objectifs d’un réseau de liaisons spécialisées
On présentera ici le réseau de liaisons spécialisées français
est de fournir aux abonnés un service présentant le taux d’indispo-
Transmic dont les éléments de multiplexage et de brassage princi-
nibilité le plus faible possible. Dans ce but :
paux ont été présentés dans les paragraphes traitant du multi-
plexage bas débit. — le réseau de transmission doit présenter une grande fiabilité.
Ceci est obtenu en utilisant systématiquement des redondances au
sein des équipements de transmission et en doublant les conduits
4.1.1 Réseau Transmic de transmission avec des acheminements différents ;
— les anomalies et les défaillances doivent être détectées très
rapidement. Pour cela, les liaisons sont surveillées individuellement
4.1.1.1 Structure de bout en bout grâce à l’utilisation généralisée de canaux de super-
Le réseau Transmic (figure 30) supporte le service de liaisons vision associés au cheminement des données, par exemple :
spécialisées Transfix. • utilisation, pour les besoins de l’exploitation, du bit c des
Il comprend des équipements de transmission spécifiques inté- canaux de signalisation voie par voie dans les conduits G.704 et
grant des dispositifs particuliers pour la supervision et la mainte- 2 048 kbit/s,
nance des liaisons (bouclages) : • utilisation du bit S de signalisation dans les conduits X.50,
— des brasseurs et multiplexeurs pour circuits permanents • surveillance des lignes terminales d’abonnés grâce à une télé-
(trames X.50 et G.704 à 2 048 Kbit/s) ; mesure en courant continu.
— des conduits de transmission à 2 048 kbit/s spécialisés avec Les équipements traversés (multiplexeurs, brasseurs) sont munis
certaines particularités d’exploitation ; de dispositifs permettant l’observation permanente et l’envoi rapide
— des équipements de lignes terminales d’accès aux abonnés d’alarmes au centre directeur de chaque liaison ;
munis de dispositifs propres de surveillance. — les temps d’intervention doivent être réduits, y compris durant
Depuis l’abonné vers le réseau, on trouve : les jours fériés.
— les équipements raccordement d’abonnés comprenant : Toujours dans le but de réduire le nombre de cas de rupture de
• des équipements de terminaison de circuits de données (ETCD) liaison, la qualité de transmission est évaluée en permanence sur
monovoie, pour les bas et moyens débits de Transfix (conver- les conduits et les systèmes de déport d’abonné. Cette gestion de
tisseurs en bande de base de 1 200 bauds à 64 kbit/s), la qualité est basée sur l’utilisation des Avis G.821, M.2100 et
• des ETCD monovoie pour les hauts débits de Transfix (64 kbit/s M.2120.
à 1 920 kbit/s),

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Figure 30 – Structure du réseau Transmic dans la partie accès

4.1.2 Évolution vers les réseaux multimédias 4.2.1.2 Sécurisation au niveau du réseau
Elle permet d’améliorer l’indisponibilité d’un conduit en cas de
Comme le montre l’exemple précédent, les réseaux d’accès bas panne grave d’un nœud, non prise en compte par la protection équi-
débit deviennent progressivement numériques et multiservices. pement, ou en cas de coupure des lignes de transmission.
Par ailleurs, la croissance des besoins concernant la distribution La sécurisation d’un conduit de réseau peut être réalisée soit
de services à haut débit comme la vidéo, a conduit à créer de nou- sous l’autorité d’un gestionnaire de réseau centralisé chargé de la
veaux réseaux d’accès, analogiques pour la plupart et indépendants protection, soit par des actions très rapides locales grâce à des
des précédents (distribution par câble). automatismes réalisés dans les éléments de réseau eux-mêmes.
La croissance des besoins, jointe aux progrès du numérique dans
le domaine de l’image, va peut-être remettre en question cette sépa- ■ Sécurisation via un gestionnaire de réseau
ration. L’introduction de la fibre optique dans le réseau d’accès, si Le principe de fonctionnement est basé sur l’envoi d’alarmes des
elle se confirme, va apporter un élargissement considérable de la éléments de réseau en défauts au gestionnaire chargé de la sécu-
bande que les opérateurs de réseaux vont mettre à profit pour dif- risation. Ce dernier détermine alors une nouvelle route pour le
fuser de nouveaux services large bande. L’utilisation des techniques conduit en défaut considéré, et envoie aux éléments du réseau
numériques de traitement et de compression d’images (MPEG2 par concernés la nouvelle configuration. Les performances dépendent
exemple) et d’un support universel et large bande tel que l’ATM en grande partie du gestionnaire (génération automatique de la
(asynchronous transfer mode ) peuvent induire de grands boulever- nouvelle configuration par le logiciel ou intervention humaine). On
sements dans le réseau d’accès, y compris dans sa topologie. veillera à ne pas dégrader les performances par des saturations du
réseau de contrôle et du gestionnaire. Cette saturation peut être
causée par un trop grand nombre de messages d’alarmes émis par
4.2 Réseau de transport haut débit les éléments du réseau. On peut remédier à de telles situations
grâce à des filtrages adéquats dans les éléments du réseau. À titre
d’exemple, dans le cas d’une intervention d’un opérateur au
4.2.1 Sécurisation réseau gestionnaire de réseau, le temps de sécurisation peut varier d’une
dizaine de minutes à plusieurs heures. Dans le cas contraire, ce
On peut distinguer deux types de sécurisation : la sécurisation temps peut varier de quelques secondes à quelques minutes.
au niveau des équipements et la sécurisation au niveau du réseau.
■ Sécurisation réflexe
4.2.1.1 Sécurisation au niveau des équipements Ce type de fonctionnement, basé sur les actions réflexes des élé-
ments de réseau, concerne la protection au niveau du conduit
Elle permet d’améliorer les diverses indisponibilités de l’élément (Path protection, SubNetwork Connection SNC ) ou la protection au
de réseau (comme celles d’un port, d’un segment de conduit à niveau de la section (Section Protection ).
l’intérieur d’un équipement, de l’ensemble de l’élément réseau ou
de la commande). Les valeurs d’indisponibilité sont données par le La protection d’une section linéaire permet la protection d’un
constructeur. À titre d’exemple, il est parfois demandé une indispo- ensemble de N sections normales grâce à une section complé-
nibilité d’un « segment de conduit » à l’intérieur d’un brasseur de mentaire de secours. On se reportera à la recommandation UIT-T
VC-4 de quelques minutes par an. G.783. La protection peut être uni- ou bidirectionnelle (bidirec-
Nota : indisponibilité = temps de non-fonctionnement/temps moyen entre deux pannes tionnelle veut dire que les deux sens de transmission sont protégés
(en anglais : MTBF Mean Time Between Failures ). Le temps de non-fonctionnement est même en cas de panne sur un seul sens de transmission). La
d’autant plus petit que des mécanismes de protection internes rapides ont été mis en œuvre. commutation peut être ou non réversible (réversible veut dire qu’il
Il dépend également du temps moyen pour réparer (en anglais : MTTR Mean Time To Repair )
qui dépend des moyens mis en œuvre par l’exploitant. À titre d’exemple, une valeur de
y a retour automatique à la position initiale à la fin de l’alarme
4 heures est souvent retenue dans le cas d’une alarme urgente. (revertive ). La sécurisation doit avoir lieu en moins de 50 ms.

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Deux des principaux types de protection au niveau section, dans le


cas des structures en anneaux, sont la protection avec partage de la
bande dans l’anneau (en anglais : Multiplex Section Shared Protec-
tion RING MS-SPRING) et la protection sans partage de bande (en
anglais :Multiplex Section Dedicated Protection Ring MS-DPRING).
Ces notions ne sont pas toutes complètement normalisées, mais
nous donnerons ci-après des exemples simples permettant de
comprendre le principe de ces méthodes de sécurisation. On se
reportera en particulier à la recommandation G.SHR-1 (types et
caractéristiques des protections réseau SDH) et G.SHR-2 (interfonc-
tionnement de protection SDH) de l’UIT-T.
● Protection au niveau conduit
Cette protection peut être utilisée aussi bien de bout en bout que
sur des segments de conduit, dans différentes architectures phy-
siques comme des réseaux maillés (meshed networks ) ou des Figure 31 – Protection au niveau conduit
réseaux en anneaux (rings networks ). Elle s’applique à tous les
niveaux de conduits. Conformément à la figure 31, le principe est
basé sur une diffusion du conduit dans un nœud 1 et une sélection
dans un nœud 3 selon des critères liés à la coupure ou à la dégra-
dation du conduit.
● Protection au niveau section : MS-SPRING
Cette protection d’anneau peut se mettre en œuvre avec 2 fibres
ou 4 fibres (figure 32). Entre deux nœuds, une section de multi-
plexage transporte le trafic normal (les deux sens) alors que l’autre
supporte le trafic de secours. Les deux sens de la transmission
empruntent toujours la même route le long de l’anneau. La pro-
tection peut être une protection au niveau de l’anneau lorsque les
quatre fibres sont coupées le long d’une artère, ou au niveau de
l’artère lorsque seules les deux fibres transportant le trafic normal
sont coupées (en anglais : respectivement ring switch et span
switch ). Un des avantages principaux de ce mode de sécurisation
est que la bande n’est consommée que sur la route empruntée par
le trafic. Ainsi plusieurs nœuds voisins peuvent utiliser la même
bande à condition bien sûr que leur trafic n’ait pas de partie
commune le long de l’anneau. Les objectifs sont une commutation
pouvant être réversible et des temps de commutation très rapides
de 50 ms. Le temps de 50 ms est très ambitieux, car la protection
peut mettre en œuvre des traitements élémentaires tout le long de
l’anneau. La synchronisation des opérations est assurée par des
protocoles sur les octets K1 et K2 des surdébits de section tout le
long de l’anneau. Les critères de commutation sont des défauts ou
des dégradations de performance le long des sections de multi-
plexage. Un trafic non prioritaire peut utiliser les sections réser-
vées au secours, lorsque ces dernières sont disponibles. Figure 32 – Protection MS-SPRING 4 fibres (coupure de fibre)
Ce principe de protection pourrait néanmoins conduire à des
mauvaises connexions le long de l’anneau, comme le montre la
figure 33. Des mécanismes de forçage de AU-SIA dans les canaux
où de telles mauvaises connexions peuvent se produire doivent
être mis en œuvre par les éléments de réseau (squelching ). Ces
fonctions complexifient la réalisation et demandent le chargement
dans les éléments réseaux d’informations de configuration de
l’anneau.

4.2.2 Synchronisation réseau

Les réseaux de synchronisation, tels qu’ils existent aujourd’hui,


sont nécessaires à la commutation numérique et furent déployés en
étroite collaboration avec celle-ci. En effet, pour assurer l’intégrité
des données numériques au travers des différents commutateurs il
est impératif de maîtriser l’écart de fréquence entre les différents
trains numériques à 2 Mbit/s arrivant sur ces commutateurs (on vise
le fonctionnement synchrone de tous les commutateurs du réseau). Figure 33 – Protection MS-SPRING (coupure de nœud)
Ceci permet d’éviter ou du moins de réduire les glissements pério-
diques de la trame (sauts ou doublements) qui entraînent des
erreurs de transmission particulièrement inacceptables dans les
transmissions de données. La recommandation G.822 de l’UIT-T
indique que les horloges à 2,048 Mbit/s doivent être situées dans
une plage d’exactitude de plus ou moins 10–11 (taux de glissement

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max de 256 éléments binaires une fois tous les 70 jours). Le réseau
de transmission qui se mit en place à la même époque sur la base
de la hiérarchie plésiochrone ne nécessitait pas de synchronisation
et pouvait être employé indépendamment, néanmoins il fallait qu’il
fournisse au réseau de synchronisation des services de distribution
de référence de synchronisation.
Dans le cas du réseau synchrone un écart de fréquence entre deux
nœuds (brasseurs de VC...) provoque des sauts de pointeurs régu-
liers sur la trame SDH (§ 3.2.3). Ce mécanisme n’a pas de consé-
quence si la couche cliente reste synchrone. Par contre, dans le cas
où le réseau SDH transporte des signaux plésiochrones, chaque saut
de pointeur induit sur le signal plésiochrone, à l’interface de termi-
naisons, un saut de phase difficile à filtrer. Pour éviter l’accumulation
des bruits de phase, les ajustements de pointeurs doivent être rares.
On limite les sauts de pointeurs grâce à la synchronisation du réseau
SDH. Le lissage des discontinuités de phase de manière à satisfaire
les spécifications de gigue admissibles aux interfaces PDH est assuré
par la fonction « désynchroniseur » des éléments de réseau syn-
chrone. Par exemple, un désynchroniseur ETSI à 140 Mbit/s doit
ramener la phase de pointeur de 24 UI (quantification par pas de
3 octets dans le cas du VC-4) à moins de 0,1 UI, la mesure étant effec- Figure 34 – Réseau de gestion
tuée à travers un filtre de mesure UIT-T à 200 Hz. On se reportera
aux recommandations de l’UIT G.811, G.823 et G.824.
À terme, dans le cas du réseau France Télécom, cette synchroni-
sation qui est du type « maître-esclave », pourrait être organisée de
la manière suivante :
— horloges de référence, au niveau national, dont la fréquence
est exacte à 10–12 ;
— distribution de l’horloge de référence vers les nœuds du
réseau en utilisant le débit physique des signaux STM-N, pour des
raisons de fiabilité chaque nœud sera atteint par deux liaisons ;
— unité de synchronisation en chaque nœud exacte à 10–10 qui
alimente les équipements de centre (commutateurs et équipements
de transmission).
Figure 35 – Gestionnaire et agent

4.2.3 Exploitation réseau


générique et quelques fonctions universelles de support de gestion
■ Réseau de gestion des télécommunications du système est définie par un ensemble de recommandations de
l’UIT-T : G.774, X.721, X.734, X.735, M.3100, Q.821 et Q.822.
Un système de transmission SDH (figure 34) est associé à un (ou
des) système(s) de gestion (OS) d’équipements et de réseau (voire ■ Gestionnaires et agents (figure 35)
de sous-réseau : un sous-réseau étant par exemple un bus ou un La notion de réseau est une application distribuée où le pro-
anneau SDH). Les fonctionnalités d’application offertes par les ges- cessus de gestion peut prendre deux rôles :
tionnaires concernent :
— le rôle de gestionnaire (système de gestion) : il émet des opé-
— les fautes : traitement des alarmes ; rations de gestion et reçoit des notifications ;
— la performance : analyse de la qualité ; — le rôle d’agent (système géré) : il donne la vue des objets
— la configuration : construction des conduits, affectation des gérés, réagit aux opérations de gestion et émet des notifications
ressources ; reflétant le comportement des objets gérés.
— la sécurité : contrôle d’accès pour éviter toute intrusion non
désirée, gestion des habilitations.
Une gestion « face aux équipements » est également possible 4.2.4 Exemples
par des terminaux par exemple de type PC.
Le réseau de gestion des télécommunications (RGT) doit assurer Le choix entre les différentes méthodes de construction de réseau
(cible) l’échange des informations de gestion au moyen d’interfaces et de sécurisation repose sur les différentes qualités attendues. Il
normalisées en terme de protocole et de messagerie. Il peut physi- convient de définir (dans le désordre) :
quement se représenter comme indiqué sur la figure suivante. — la taille du réseau initial et la croissance attendue ;
Les notions de structuration en couches (§ 2.2.3.1) et de parti- — sa granularité (les différentes entités à transporter) ;
tionnement du réseau permettent de réduire la complexité de la — les performances attendues lors de la protection ;
gestion. — la flexibilité (modification des origines et destinations des dif-
férents conduits au cours du temps) ;
■ Modèle d’information — la topologie du réseau et des échanges ;
Les différentes ressources gérées doivent être modélisées afin que — la longueur des différents liens.
les informations de gestion soient échangées de façon normalisée. Les figures suivantes illustrent différentes architectures possibles
Le formalisme utilisé pour représenter les ressources à gérer ainsi dans différents types de réseau.
que leurs utilisations possibles est fondé sur la représentation objet,
introduite à l’ISO pour l’administration des systèmes ouverts. Les
4.2.4.1 Réseau interurbain
applications de gestion gèrent ainsi les objets conformément à cette
modélisation. La plus grande partie du modèle englobant les fonc- Le trafic est de type distribué entre les différents commutateurs
tions de transmission des équipements SDH, leur structure physique de transit du réseau interurbain (backbone ).

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Figure 37 – Exemple de réseau urbain

Figure 36 – Exemple de réseau maillé

L’architecture de transmission est généralement maillée


(figure 36) (brasseurs numériques de VC-4 dans les différents
nœuds) mais on envisage des architectures en anneaux à très haut
débit (multiplexeurs d’insertion et extraction avec une protection 2
ou 4 fibres en bidirectionnel).

4.2.4.2 Réseaux sectoriels


Le trafic principalement à 2 Mbit/s ou VC-12 est de type centralisé
entre les commutateurs d’abonnés et les commutateurs de transit
qui sont associés.
Un exemple d’organisation est une structure en anneau, compor- Figure 38 – Exemple de réseau rural
tant des multiplexeurs à insertion et extraction traitant les VC-12,
avec une protection au niveau conduit.
■ Augmentation de la portée
4.2.4.3 Réseaux locaux principaux
Afin d’optimiser les coûts au kilomètre des réseaux de trans-
On distingue les zones urbaines où le trafic à 2 Mbit/s ou VC-12 mission on utilise des amplificateurs optiques. Ils permettent de
est distribué entre les commutateurs urbains et les zones rurales réduire le nombre de répéteurs en augmentant la portée des sys-
où le trafic à 2 Mbit/s ou VC-12 est centralisé des unités distantes tèmes de transmission haut débit notamment dans la fenêtre de
d’abonnés vers le commutateur d’abonnés. 1 550 nm.
Les figures 37 et 38 montrent deux exemples de structures de Différents types d’amplificateurs peuvent être utilisés : sur-ampli-
transmission associées. Les protections peuvent être au niveau ficateur (Booster ) que l’on place en émission, amplificateur de ligne
conduit dans les zones rurales, et au niveau conduit ou au niveau (Inline ), et pré-amplificateur (Preamplifier ) en réception. Ces ampli-
section dans le cas des zones urbaines. ficateurs peuvent être intégrés dans les nouveaux équipements ou
L’évolution est d’accéder directement aux commutateurs via une s’associer avec des équipements plus anciens.
section STM-N plutôt que par un canal à 2 Mbit/s.
Exemple : des portées de l’ordre de 220 km à 622 Mbit/s ou
190 km à 2,5 Gbit/s peuvent être obtenues avec un sur-amplificateur
et un pré-amplificateur sur une fibre atténuant à 0,25 dB/ km.
5. Perspectives et évolutions ● Principe de fonctionnement (figure 39)
L’amplification repose sur l’émission stimulée qui se produit
■ Multiplexage haut débit dans un milieu en état inversé sous l’action d’un flux lumineux
fourni par un flux incident. Le milieu inversé est une fibre dopée à
Les axes importants d’évolution sont : l’erbium dans laquelle est injecté un flux lumineux fourni par une
— côté équipement, l’augmentation des débits et des portées ; source de pompage à 980 ou 1 480 nm. Les ions erbium du niveau
— côté réseau, l’introduction croissante des architectures en d’énergie supérieur descendent au niveau d’énergie le plus bas,
anneaux simples ou multiples ; abandonnant de l’énergie qui vient amplifier le signal optique. Les
— côté exploitation, l’évolution vers des interfaces normalisés Q3. fibres de silice dopées à l’erbium assurent une amplification impor-
On détaille ci-après l’évolution relative aux nouvelles techniques tante dans la bande spectrale de 1 525 à 1 570 nm.
d’amplification et multiplexage.

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Figure 39 – Schéma d’un amplificateur à fibre dopé à l’erbium

Figure 41 – Composant à insertion-extraction de longueur d’onde

● Principe de fonctionnement (figure 40)


Les différentes porteuses du signal sont émises à des longueurs
d’onde distinctes et en réception, les signaux sont identifiés par l’uti-
lisation de filtres accordables sur les différentes longueurs d’onde.
Les canaux optiques sont séparés de 1,5 à 2 nm, dans l’état actuel
des connaissances. Afin de pouvoir propager plusieurs longueurs
d’onde, le postamplificateur doit présenter un gain plat dans une
bande plus large (1 535-1 560 nm).
Par comparaison avec le multiplexage temporel, le multiplexage
à 10 Gbit/s de quatre longueurs d’onde à 2,5 Gbit/s augmente
d’environ 16 fois la distance de propagation limitée par la dis-
Figure 40 – Principe du multiplexage en longueur d’onde
persion. En effet, les effets de dispersion chromatique de la fibre et
de dispersion du mode de polarisation sont moins sensibles sur
■ Augmentation des débits plusieurs longueurs d’onde multiplexées à bas débit, que sur une
Pour la transmission à très haut débit, 10 Gbit/s par seconde et seule longueur d’onde à haut débit.
plus, la capacité des systèmes à une seule longueur d’onde est non Cette technique de multiplexage est applicable dans de
seulement limitée par la dispersion et les non-linéarités de la fibre, nombreuses architectures de réseau, comme les réseaux en anneau
mais aussi par la vitesse des composants électroniques. En dehors (figure 41) ou dans des brasseurs à matrice entièrement optique.
des axes de recherche sur l’amélioration du multiplexage tempo-
rel, une technique du multiplexage prometteuse est le multi-
plexage en longueur d’onde (WDM).

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P
O
U
Multiplexage numérique R

E
par Jean-Claude FAYE N
Ingénieur à Alcatel - CIT
et Pierre HERMET
Ingénieur à Alcatel-CIT
S
Bibliographie A
SDH/SONET et les systèmes de communication de
l’entreprise. Revue des télécommunications Alcatel,
V
4e trim. 1993.
Les télécommunications en pleine mutation. Revue
des télécommunications Alcatel, 3e trim. 1994.
O
ADM 155 et la réalisation des réseaux d’accès
synchrones. RPN4-4-1 641 SX. Commutation et
transmission no 1 (1992).
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La hiérarchie numérique synchrone dans les
réseaux de transmission. Compte rendu des Jour-
R
nées d’études SEE 8 juin 1994.
SONET and the Synchronous Digital Hierarchy.
Transmission networking Mike Sexton, Andy Reid.

P
L
U
S
2 - 1997
Doc. E 7 500

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