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Table des matières

Chapitre 1 Eléments de logique et théorie des


ensembles
Eléments de logique

Dé…nition 0.1 : Une proposition logique (ou assertion) est une a¢ rmation qui est soit
vraie, soit fausse.

Généralement on note par 1 et 0 les deux valeurs de vérités ( 1 pour vraie et 0 pour
fausse) d’une proposition.
On utilise souvent P; Q; R; :::pour représenter une proposition.

Exemple 1 : L’expression "La pluie tombe" est une proposition, elle peut ètre vraie ou
fausse, par contre l’expression "quelle heure est-il ?" n’est pas une propsition, car elle ne
donne pas une information qu’on peut juger si elle est vraie ou fausse.
La proposition 1 + 2 = 6 est une proposition fausse, par contre la proposition "2 divise
20" est une proposition vraie.

A partir d’un ensemble de propositions, on peut construire une nouvelle proposition,


en utilisant les connecteurs logiques suivants :

Dé…nition 0.2 : (Les connecteurs logiques)


Négation : la négation d’une proposition P; est la propostion notée P qui est vraie si
P est fausse, et fausse si P est vraie.

1
Conjonction : La proposition P ^ Q; qu’on lit "P et Q" est vraie si et seulement si P
et Q sont toutes les deux vraies.
Disjonction : La proposition P _ Q; qu’on lit "P ou Q" est vraie si et seulement si
au moins P ou Q soit vraie.
Implication : La proposition P =) Q; qu’on lit "P implique Q" est fausse si et
seulement si P est vraie et Q est fausse.
Equivalence : La proposition P () Q; qu’on lit "P équivalente à Q" est vraie si
P et Q prennent la mème valeur de vérité. En d’autre terme, P () Q est équivalente
aux deux implications : P =) Q et Q =) P:

Exemple 2 : Soient P la poposition : "J’habite à Tlemcen"et Q la proposition : "J’étu-


diée à Tlemcen"
On peut construire par exemple les propositions :
La négation de la proposition P est la proposition : P :"J’habite pas à Tlemcen"
P ^ Q : J’habite à Tlemcen et J’étudie à Tlemcen.
Q ^ P : J’étudie à Tlemcen et j’habite à Tlemcen. (On peut remarquer que les propo-
sition P ^ Q et Q ^ P sont les mèmes)
P _ Q : J’habite à Tlemcn ou j’étudie à Tlemcen.
P =) Q : Si j’habite à Tlemcen alors j’étudie à Tlemcen.
Q =) P : Si j’étudie à Tlemcen, alors j’habite à Tlemcen. Remarquons que P =) Q
et Q =) P ne représetent pas la mème proposition.

Ces dé…nitions peuvent ce visualiser dans un tableau appelé tableau de vérité :

2
P P
1 0
0 1

P Q P ^Q P _Q P =) Q P () Q
1 1 1 1 1 1
1 0 0 1 0 0
0 1 0 1 1 0
0 0 0 0 1 1

On lit par exemple la deuxième ligne de ce tableau par : si les propositions P et vraie

et Q est fausse, alors les propositionss P ^ Q; P =) Q et P () Q sont fausses, par


contre la prosition P _ Q est vraie.

Exemple 3 : La négation de la proposition 1 + 2 = 6 qui est fausse, est la proposition


1 + 2 6= 6 qui est vraie.
Attention : La négation de 1 2 est 1 2 et non pas 1 2:

Propriétés 0.1 : Pour toutes propositions P; Q et R nous avons :

1. P () P:

2. P ^ Q () P _ Q et P _ Q () P ^Q : (Lois de Morgan)

3. (P ^ P ) () P et (P _ P ) () P:

4. (P ^ Q) () (Q ^ P ) et (P _ Q) () (Q _ P ) : (Commutativité de ^ et _)

5. [(P ^ Q) ^ R] () [P ^ (Q ^ R)] et [(P _ Q) _ R] () [P _ (Q _ R)] :

6. [P ^ (Q _ R)] () [(P ^ Q) _ (P ^ R)]. (Distributivité de ^ sur _)

7. [P _ (Q ^ R)] () [(P _ Q) ^ (P _ R)]. (Distributivité de _ sur ^)

8. (P =) Q) () P _Q :

3
9. P =) Q () P ^ Q : (Principe de la contraposée)

10. (P () Q) () (Q () P ) : (Commutativité de () )

La démonstration de ces propriètès ce fait en utilisant la table de vérité.

Exemple 4 : Montrer que P ^ Q () P _Q :


P Q P Q P ^Q P ^Q P _Q P ^ Q () P _Q
1 1 0 0 1 0 0 1
1 0 0 1 0 1 1 1
0 1 1 0 0 1 1 1
0 0 1 1 0 1 1 1

Pour prouver que les deux propositions sont éuivalentes, il faut prouver que les deux
propositions ont les mèmes valeurs de vérités, ce qui ce visualise dans les colonnes de
P ^ Q et P _ Q:

Exemple 5 : La négation de la proposition P =) Q : "Si j’habite à Tlemcen alors


j’étudie à Tlemcen" est la proposition P ^ Q : "J’habite à Tlemcen et je n’étudie pas
à Tlemcen".

Dé…nition 0.3 : (Quanti…cateurs)


Notons par P (x) une proposition qui prend sa valeur de vérité lorsque x est …xé. Il
existe deux quanti…cateurs en mathématiques :

1. Le quanti…cateur universel : noté 8 et qui se lit : "pour tout" ou "quelque soit" .


La proposition 8x 2 E; P (x) est vraie si et seulement si pour tout x dans E, P (x)
soit vraie.

2. Le quanti…cateur existentiel : noté 9 et qui se lit : "Il existe au moins".

La proposition 9x 2 E; P (x) est vraie si et seulement s’il existe x dans E, tel que
P (x) soit vraie.

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Exemple 6 : La proposition quel que soit le réel x; nous avons : (1 + x) 2 = 1 + 2x + x2
est une proposition vraie.
On utilise le quanti…cateur 8; La proposition précédente s’écrit symboliquemet :

8x 2 R; (1 + x) 2 = 1 + 2x + x2

Remarque 0.1 : On peut utiliser deux quanti…cateurs (ou plus) dans une même pro-
position. Dans ce cas l’ordre des quanti…cateurs est important. On peut permuter deux
quanti…cateurs s’ils sont identiques.

Par exemple la proposition :

8x 2 R; 9y 2 R; xy = 1

est vraie, alors que la proposition :

9y 2 R; 8x 2 R; xy = 1

est fausse.

Proposition 0.1 : (Négation des quanti…cateurs)

1. La négation de 8x 2 E; P (x) est : 9x 2 E; P (x):

2. La négation de 9x 2 E; P (x) est : 8x 2 E; P (x):

Par exemple, la négation de la proposition :

8x 2 R; 9y 2 R; xy = 1

Est la proposition :
9x 2 R; 8y 2 R; xy 6= 1

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Di¤érents types de raisonnements

Le raisonnement mathématique le plus courant est l’implication directe, aussi appelé


raisonnement déductif.
Pour montrer que P =) Q; on suppose que P vraie et on en déduit que Q est vraie.
Certaines démonstrations utilisent des variantes très utiles du raisonnement déductif.
Raisonnement par contraposé : Pour démontrer une proposition de type P =) Q;
il su¢ t de démontrer sa contraposée Q =) P :

Exemple 7 1. : Montrer que Si n2 impair, alors n impair.

2. Montrer que Si n est le carré d’un nombre entier non nul, alors 2n n’est pas le carré
d’un nombre entier.

Raisonnement par absurde : Pour montrer q’une proposition P est vraie, on suppose
que P est vraie, et on tombre en contradiction.

Exemple 8 : Montrer que Si n est le carré d’un nombre entier non nul, alors 2n n’est
pas le carré d’un nombre entier.

Raisonnement par réccurence : Le principe de récurrence permet de montrer qu’une


proposition P (n), dépendante d’un entier naturel n est vrai pour tout n supérieur ou égale
à n0 . La démonstration se déroule en 3 étapes :
Initialisation : On prouve que P (n0 ) est vraie.
Hérédité : On suppose que pour tout n supérieur ou égale à n0 , P (n) est vraie et on
démontre que P (n + 1) est vraie.
Conclusion : on rappel que par le principe de récurrence, P (n) est vrai pour tout n
supérieur ou égale à n0 :

Exercice 0.1 :
Montrer que :
n(n + 1)
1. 8n 2 N ; (1 + 2 + ::: + n) = :
2
6
n2
2. 8n 2 N ; (1 + 2 + ::: + n) :
2
3. 8n 2 N; (20 + 21 + 22 + 23 + ::: + 2n ) = 2n+1 1:

4. Montrer que pour tout entier naturel n; 10n ( 1)n est divisible par 11.

Notions sur les ensembles

Dé…nition 0.4 :
Un ensemble est une collection des objets, appelés éléments que l’on peut énumérer
ou dé…nir par une propriété. Certains ensembles ont des notations particulières comme
par exemple N; Z; Q et R. Lorsqu’on énumère les éléments d’un ensemble, on dit que cet
ensemble est dé…ni par extension, lorsqu’on dé…nit un ensemble par une propriété, on dit
que cet ensemble est dé…ni par compréhension.

Exemple 9 : L’ensemble E = f0; 1; 2; 3g est dé…ni par extension. On peut dé…nir le


mème ensemble par : E = fx 2 N; x 3g et l’ensemble E est dé…ni dans ce cas par
compréhénsion.

Si a est un élément d’un ensemble E; on écrit a 2 E, et on lit : "a appartient à E":


L’ensemble vide est l’ensemble qui ne contient aucun élément. Il est noté ";":
On dit qu’un ensemble A est un sous-ensemble de l’ensemble E si et seulement si tout
élément de A est élément de E ou si A = ;. On dit alors que A est inclus dans E:
A partir d’une famille d’ensembles, on peut construire une nouvelle ensemble en uti-
lisant des opérations sur ces ensembles.

Dé…nition 0.5 : (Opérations sur les ensembles)


Soit E, F deux ensembles et A un sous ensemble de E:

1. Inclusion : On dit que E est inclu dans F si chaque élément de E est un élément
de F: On le note par : E F:

E F () 8x 2 E; x 2 F

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2. Egalité : On dit que E est égal à F si E est inclu dans F et F est inclu dans E:
On le note par : E = F:

E = F () E F et F E

3. Intersection : l’intersection de E et F est l’ensemble des éléments x qui appartient


à E et à F: On le note par : E \ F:

E \ F = fx; x 2 E et x 2 F g

4. Réunion : la réunion de E et F est l’ensemble des éléments x qui appartient à E


ou à F: On le note par : E [ F:

E [ F = fx; x 2 E ou x 2 F g

5. Complémentaire : Le complémentaire de A est l’ensemble des éléments de E qui


n’appartient pas à A: On le note par CE A ou simplement A:

A = fx 2 E, x 2
= Ag

6. Di¤érence : La di¤érence E8F entre les deux ensembles E et F; est le sous ensemble
de E dé…nit par :
E8F = E \ F = fx 2 E, x 2
= Fg

Par exemple : N Z Q R C:
[0; 1] \ ]1; 2] = ;; [0; 1] [ ]1; 2] = [0; 2] ; CR R = R = f0g :
Atention : Il ne faut pas confondre les deux notations : P qui est la négation de la
proposition P; et A qui est le complémentaire de l’ensemble A:
(Dessin)

Propriétés 0.2 : Pour tout sous ensembles A; B et C de E nous avons :

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1. A \ B = B \ A et A [ B = B [ A:

2. (A \ B) \ C = A \ (B \ C) et (A [ B) [ C = A [ (B [ C) :

3. A \ E = A et A [ E = E:

4. A \ ; = ; et A [ ; = A:

5. A \ A = A et A [ A = A:

6. A \ A = ; et A [ A = E:

7. A \ (B [ C) = (A \ B) [ (A \ C) :

8. A [ (B \ C) = (A [ B) \ (A [ C) :

9. E = ; et ; = E:

10. A = A:

Dé…nition 0.6 : (Ensemble des parties)


Soient E un ensemble. On appelle ensemble des parties de E l’ensemble, noté P (E)
constitué des sous-ensembles de E. On remarquera bien que les ´ éléments de P (E) sont
des ensembles de E:

Exemple 10 : Si E = f1; 2; 3g ; alors P (E) = f;; f1g ; f2g ; f3g ; f1; 2g ; f1; 3g ; f2; 3g ; f1; 2; 3gg

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