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WP/13/144

Viabilité budgétaire, investissement public


et croissance dans les pays à faible revenu,
riches en ressources naturelles: le cas du
Cameroun

Issouf Samake, Priscilla Muthoora et Bruno


Versailles
© 2013 International Monetary Fund WP/13/144

Document de travail du FMI

Département Afrique

Viabilité budgétaire, investissement public et croissance dans les pays à faible revenu,
riches en ressources naturelles: le cas du Cameroun

Issouf Samake, Priscilla Muthoora et Bruno Versailles1

Distribution autorisée par Mario de Zamaróczy

Novembre 2013

Le présent document de travail ne doit pas être cité comme représentant les vues du FMI.
Les vues exprimées dans le présent document de travail sont celles des auteurs et ne représentent
pas nécessairement le point de vue ou la politique du FMI. Les documents de travail rendent
compte des études entreprises par les auteurs et sont publiés pour susciter des commentaires et
approfondir le débat.

Résumé
Le présent document évalue les effets de l'utilisation des recettes pétrolières à des fins
d’investissement public sur la croissance et la viabilité budgétaire au Cameroun. Les auteurs
construisent un modèle d'équilibre général stochastique dynamique (EGSD) pour analyser
l'impact de l'investissement public sur la croissance et sur la trajectoire des principaux
indicateurs budgétaires : le déficit primaire non pétrolier (DPNP) et la dette publique. Les
scénarios développés montrent que les gros besoins d'infrastructure du Cameroun et le niveau
actuel relativement bas de sa dette pourraient justifier de s'écarter temporairement de la
recommandation traditionnelle qui veut qu’une partie des recettes pétrolières soit épargnée
pour lisser progressivement les dépenses. Les résultats issus des simulations du modèle
montrent qu'un degré relativement élevé d'efficience dans l'investissement public est
nécessaire pour qu’il contribue sensiblement à la croissance sans compromettre la viabilité
budgétaire.

JEL : C11, C15, C61, E22, E23, E27, H61, O11


Mots clés : Cameroun, politique budgétaire, EGSD, pays riches en ressources naturelles, pays à
faible revenu, investissement public, croissance.

1
Les auteurs tiennent à remercier Mario de Zamaróczy et Mauro Mecagni pour leurs conseils et leur très utile contribution.
Ils remercient également Alfredo Baldini, Andy Berg, Katja Funke, Bin Li, Paolo Mauro, Giovanni Melina, Fabien
Nsengiyumva, Alex Segura-Ubiergo, Jean van Houtte, Susan Yang et Felipe Zanna pour leurs précieux commentaires. Les
auteurs assument seuls la responsabilité pour toute erreur ou omission.
2

Adresse électronique des auteurs: isamake@imf.org; pmuthoora@imf.org; bversailles@imf.org


Sommaire

I. Introduction ............................................................................................................................3 

II. Revue de la littérature: Gestion des revenus provenant des ressources naturelles non
renouvelables .................................................................................................................6 

III. Cameroun : Expérience et enjeux ........................................................................................9 

IV. Le modèle ..........................................................................................................................13 


A.  Problème de maximisation des agents représentatifs.......................................13 
B.  Production ........................................................................................................14 
C.  Politique budgétaire et le problème de Ramsey ...............................................16 

V. Calibrage du modèle et méthode de simulation ..................................................................19 

VI. Résultats des scénarios ......................................................................................................23 


A.  Scénario "augmentation avec réforme"............................................................23 
B.  Scénario "prudent" ...........................................................................................23 
C.  Scénario "augmentation sans réforme" ............................................................27 

VII. Conclusion ........................................................................................................................27 

Annexe. Conditions de premier ordre ......................................................................................29 

Bibliographie............................................................................................................................32 

 
3

I. INTRODUCTION

Le renchérissement des produits de base durant ces dernières années a mis en évidence la
question de la gestion optimale des recettes dans les pays en développement riches en
ressources naturelles. Plus particulièrement, le choix stratégique entre épargner les recettes
budgétaires tirées des ressources pétrolières pour lisser la consommation ou de les dépenser
immédiatement pour stimuler la croissance a fait l'objet d'un examen approfondi, surtout
compte tenu des dividendes de croissance que les investissements d'infrastructures sont
susceptibles de générer. De récentes études analytiques (Collier et al., 2010; Gelb et
Grasmann, 2010; Van der Ploeg et Venables, 2011; Arezki, Dupuy et Gelb, 2012;
Baunsgaard et al., 2012; Berg et al., 2013) ont illustré de manière convaincante le rôle joué
par les conditions propres à chaque pays, comme le volume des réserves de ressources, le
rendement de l'investissement dans les actifs financiers, les paiements d'intérêts sur la dette,
la gouvernance et l'efficacité de l’investissement public sur l'amplification des choix
stratégiques. Ces études concordent pour conclure que l'utilisation précoce des revenus
provenant des ressources naturelles pour accroître l'investissement public peut être bénéfique
en fonction du contexte national.

Cela étant, il semble y avoir une lacune dans les ouvrages en termes des cadres généraux
mais utilisables qui modélisent conjointement les idiosyncrasies et le comportement des
indicateurs macro-budgétaires (comme le déficit primaire non pétrolier (DPNP) et les ratios
d'endettement public) pertinents pour l'évaluation d'autres politiques d'investissement public
possibles. Ce point est renforcé dans une récente étude du FMI (FMI, 2012), qui suggère
d'évaluer les stratégies d'investissement public, en particulier celles qui s'appuient sur les
revenus tirés des ressources naturelles, dans un cadre de viabilité budgétaire qui tienne
compte des retombées de l’investissement public sur la croissance.

Dans le présent document, nous contribuons à combler cette lacune en examinant les
conséquences d'une augmentation de l'investissement public sur la croissance sans
compromettre la viabilité des finances publiques dans un pays en développement dont les
réserves pétrolières s’amenuisent. Plus particulièrement, il s’agit de répondre aux questions
connexes suivantes: i) dans quelles conditions peut-on justifier de s'écarter (temporairement)
de la politique de lissage de la consommation; et ii) quelles sont les conséquences d'une telle
stratégie sur la croissance et la viabilité budgétaire? Pour ce faire, nous utilisons un modèle
d'équilibre général stochastique dynamique (EGSD) présentant un lien entre l’investissement
public et la croissance ainsi qu’un traitement explicit de la dynamique de la dette. Berg et al.
(2013) ont récemment élaboré un modèle similaire axé sur l’investissement public qui tient
compte de la viabilité budgétaire dans les pays à faible revenu riches en ressources naturelles.
Bien que le modèle présenté ici utilise une approche comparable, il se distingue du modèle de
Berg en ce qu'il est adapté aux défis spécifiques à relever par le Cameroun en matière de
finances publiques et de croissance. En particulier, si le ratio de la dette publique/PIB est
4

relativement faible, la viabilité budgétaire peut être compromise si la trajectoire attendue du


déficit primaire à moyen terme est dangereusement élevée, et il y a un risque que des déficits
de financement successifs entraînent un cumul d'arriérés. De plus, les réserves budgétaires
existantes sont relativement limitées, si bien que la nécessité de créer une certaine marge de
manœuvre pour résister aux chocs exogènes et stimuler la croissance demeure une priorité.
Compte tenu de ces défis, notre modèle accorde une attention particulière à l'évolution de la
dette publique et à la trajectoire de la fonction de réaction de la politique budgétaire. Cette
dernière est basée sur des règles (mesures automatiquement engagées en matière de recettes
et de dépenses en fonction de l'activité économique), mais elle anticipe les chocs
discrétionnaires (systématiques et imprévisibles) dans lesquels les réserves budgétaires
jouent un rôle. Le modèle s'efforce donc de trouver le juste équilibre entre la nécessité de
stimuler la croissance grâce à l'investissement public (complété par l'investissement privé),
malgré des réserves budgétaires limitées et des ressources pétrolières qui s’amenuisent, et la
nécessité de maintenir la dette à un niveau soutenable en contenant le déficit primaire.

Le modèle est calibré pour le Cameroun et simule trois scénarios sur la période
2012–32: i) scénario «augmentation des dépenses avec réforme»; ii) scénario «prudent»; et
iii) scénario «augmentation des dépenses sans réforme»2. Pendant cette période, nous
supposons sur un cours du pétrole compris entre 95 et 110 dollars le baril et partons de
l'hypothèse que les réserves pétrolières seront épuisées en 2032.

 Le scénario d’«augmentation avec réforme» suppose que l'investissement public


augmente graduellement jusqu’à atteindre 12 % du PIB en 2032 (contre 6,5 % en
2012)3. L'investissement est financé par les recettes pétrolières et des emprunts
supplémentaires si nécessaire (à mesure que les ressources en pétrole s'épuiseront)4. Il
pourra être fait appel à l'emprunt si les réserves budgétaires (mesurées par les dépôts à
vue de l'État auprès de la banque centrale) ne suffisent pas du fait de la diminution
projetée des recettes pétrolières. Le scénario présume en outre une amélioration de
l'efficience de l'investissement public par rapport à la moyenne historique du
Cameroun; qui est comparable au niveaux d'efficience médians des pays à revenu
intermédiaire. L'élément «réforme» du scénario intègre l'hypothèse que les obstacles

2
Des études récentes semblent indiquer que les réserves pétrolières ne seront pas nécessairement totalement
épuisées en 2032. Toutefois, cela ne modifierait pas radicalement l'évaluation qualitative qui démontre que les
réserves du Cameroun s'orientent à la baisse.
3
En raison des complémentarités entre capital public et privé, les investissements privés devraient augmenter au
cours du temps.
4
Cette hypothèse cadre avec la vision des autorités camerounaises exprimée dans le Document de stratégie pour
la croissance et l'emploi (Gouvernement du Cameroun, 2009).
5

structurels sont levés de sorte qu'une part plus grande d'investissement public est
convertie en stock de capital effectif.
 Le scénario « prudent » suppose que l’investissement public (en pourcentage du PIB
reste globalement similaire à son niveau de 2012. Il suppose aussi une amélioration
de l'efficience, comme dans le scénario d'augmentation avec réforme. Parce que,
selon les projections, la production de pétrole devrait diminuer (sans compter une
marge de manœuvre présumée limitée sur le plan budgétaire, la possibilité restreinte
de solliciter le marché financier international et les futures difficultés financières
associées à la baisse des recettes pétrolières); un durcissement des contraintes
financières est également attendu durant 2012–32.
 Le scénario d’«augmentation sans réforme» part de l'hypothèse que l'efficience de
l'investissement public ne changera pas par rapport à son niveau historique, mais que
la croissance de l'investissement demeure similaire à celui du premier scénario.
Autrement dit, l'efficience est plus faible que dans les deux autres scénarios, comme
c’est le cas dans plusieurs autres pays à faible revenu qui n'adoptent pas de réformes
structurelles ou qui les adoptent lentement.

Ces travaux complètent l'analyse existante par deux contributions importantes.


Premièrement, la stratégie de modélisation proposée suit spécifiquement la fonction de
réaction de la politique budgétaire avec une dynamique de la dette publique explicite. Elle
diffère des approches de référence pour la trajectoire optimale des dépenses d'État sur les
revenus tirés des ressources naturelles, comme l'hypothèse du revenu permanent (HRP) qui
est tournée vers l'avenir. Ainsi, elle prend en compte les contraintes auxquelles se heurte le
gouvernement en s'intéressant à son comportement passé. Plus spécifiquement, dans
l'approche du revenu permanent, la valeur présente de la richesse en ressources naturelles est
le seul facteur contraignant qui pèse sur la dépense. En revanche, l’approche de la fonction
de réaction présentée ici est plus globale en ce qu'elle intègre la nécessité de constituer un
volant de réserves budgétaires. De plus, nous quantifions l'importance de l'efficience du
capital public en déterminant le rendement des infrastructures publiques en termes de
croissance. Cette considération est cruciale car les inefficiences liées aux investissements
publics peuvent constituer un canal important de transmission de la «malédiction des
ressources». Dabla-Norris et al. (2011), par exemple, établissent une corrélation négative
entre leur indice de qualité des investissements publics et la dépendance à l'égard des
ressources naturelles.

Dans l'ensemble, les simulations des scénarios montrent que les grands besoins
d'infrastructure du Cameroun pourrait justifier de s'écarter (temporairement) de l'approche du
HRP et de favoriser une augmentation progressive de l'investissement public, à condition que
son efficacité soit simultanément renforcée. Dans le scénario d’«augmentation avec
6

réforme», le paramètre d'efficience de l’investissement public est fixé à 0,54, et la croissance


du PIB réel est en moyenne 5,1 % par an pour la période 2012–32, soit 2,3 points de
pourcentage de plus que la moyenne enregistrée en 2006–11. Dans les deux autres scénarios,
la hausse de la croissance est plus faible et les résultats budgétaires sont moins bons (en
termes de DPNP et de dette). Les résultats obtenus montrent généralement que l'efficience
contribue à la croissance; si les pays à faible revenu riches en ressources naturelles pourraient
bénéficier en utilisant leurs revenus provenant des ressources naturelles pour accroître
l’investissement public, un effort est néanmoins nécessaire pour en rehausser l'efficacité de
façon à assurer une croissance plus élevée et durable.

Le reste du rapport suit le plan suivant : la section II présente un examen sélectif des
ouvrages existants. La section III porte sur l'expérience du Cameroun en matière de revenus
tirés des ressources naturelles. La section IV présente le modèle, dont le calibrage et la
simulation sont développés à la section V. La section VI examine les résultats des trois
scénarios. La section VII conclut.

II. REVUE DE LA LITTERATURE: GESTION DES REVENUS PROVENANT DES RESSOURCES


NATURELLES NON RENOUVELABLES

De nombreux ouvrages formulent des recommandations sur l’utilisation des revenus tirés des
ressources naturelles. Ils sont axés sur l'hypothèse du revenu permanent (HRP), qui
recommande aux gouvernements de lisser la dépense primaire au fil du temps, la fixant à un
niveau égal à leur revenu permanent (soit le niveau constant de recettes budgétaires pouvant
être généré à partir des ressources naturelles et autres revenus)5. En d'autres termes, cette
approche permet d’ancrer un objectif de déficit primaire non pétrolier (DPNP) au niveau du
revenu permanent de toute provenance. Concrètement, elle suppose que les revenus
provenant des ressources naturelles sont épargnés dans les premières années d'extraction et
que les réserves ainsi constituées seront graduellement dépensées à mesure que les ressources
naturelles s'épuisent. En ce sens, les politiques qui découlent de l’HRP touchent à la fois la
stabilisation, en ce qu'elle évite les politiques procycliques en raison de la volatilité des cours
des ressources naturelles, et à l'égalité entre les générations du fait qu'elle épargne la richesse
en ressources naturelles pour les générations futures.

L'incertitude quant à la détermination du revenu permanent reste toutefois un obstacle


important dans la mise en oeuvre du lissage des dépenses selon la HRP. Par conséquent, il a
été proposé d'adopter la théorie «Bird-in-Hand».6 Cette approche est plus prudente car elle

5
Voir par exemple Barnett et Ossowski (2003), et Segura (2006).
6
BIH pour le sigle anglais.
7

suppose d’épargner davantage les recettes provenant des ressources naturelles et repose sur
les rendements financiers de la richesse en ressources naturelles déjà épargner, et non pas les
réserves identifiées. Concrètement, elle exige des pays qu'ils utilisent tous les revenus
provenant des ressources naturelles pour accumuler des actifs financiers et qu’ils n'utilisent
que le rendement de ces actifs financiers cumulés pour financer les dépenses. C'est pourquoi
elle est relativement restrictive, surtout les premières années d'exploration lorsque la richesse
financière cumulée est faible. Katz et al. (2004) estiment qu'elle présente plusieurs avantages
par rapport à la HRP en ce qu'elle accroît les dépenses au cours du temps, ce qui est
politiquement plus intéressant que de les maintenir au niveau du revenu permanent présumé,
et qu'elle assure une stabilisation plus efficace par rapport aux dépenses car celles-ci reposent
sur des flux de recette prévisibles. La Norvège est un exemple notable de l'application de
cette approche7.

On craint néanmoins de plus en plus que les recommandations de ces deux approches, certes
optimales au sens du lissage de la consommation intertemporelle, peuvent ne pas se prêter
aux revenus tirés des ressources naturelles. En particulier, elles font entrer toutes les
dépenses publiques dans la consommation et ne font pas la distinction entre catégories de
dépenses comme les investissements à l'étranger et les investissements dans le pays, et leurs
effets sur la croissance, surtout dans les économies dont les possibilités d'emprunt sont
limitées (FMI, 2012). Par conséquent, les politiques budgétaires fondées sur ces approches
peuvent donner lieu à des niveaux d'investissement public sous-optimaux. Cela tient en partie
à i) ce qu'une attention limitée est portée aux incitations et contraintes auxquelles doivent
faire face les responsables des politiques économiques8; et ii) à un objectif unique qui fait
fonction de point d'ancrage budgétaire (comme le DPNP, objectif constamment réalisable,
dans l'hypothèse du revenu permanent), tandis qu’il n’est pas forcément pleinement remédié
aux préoccupations de viabilité des finances publiques et de croissance.

Plusieurs études ont répondu à ces préoccupations. Ainsi, Takaziwa, Gardner et Ueda (2004)
se demandent s'il vaut mieux que les pays dépensent immédiatement leur richesse en
ressources naturelles. Ils montrent que si la qualité des investissements publics est
suffisamment élevée pour stimuler la productivité, le niveau optimal à court terme de
l’investissement publique dans une économie pauvre en capitaux est plus élevé que celui
suggéré par l'approche HRP.

7
En 2001, le gouvernement norvégien a mis en œuvre une règle budgétaire fondée sur le principe
«Bird-in-Hand» permettant au gouvernement de retirer 4% de la valeur du fonds d'épargne pétrolier de l'année
précédente, équivalent au rendement réel du fonds, pour financer le budget des administrations publiques de
l'exercice en cours (Bjerkholt et Niculescu, 2004; Harding et Van der Ploeg, 2009).
8
Pour une analyse des points d'ancrage budgétaire dans les pays en développement riches en ressources
naturelles, voir Baunsgaard et al. (2012) et FMI (2012).
8

Collier et al. (2010) examinent plusieurs options pour les dépenses publiques financées par
les revenus tirés des ressources naturelles, qu'ils résument comme suit: i) distribuer les
revenus tirés des ressources naturelles aux ménages par des transferts monétaires ou réduire
les impôts des ménages et/ou des entreprises; ii) accroitre les dépenses consacrées à la
consommation publique ou à l'investissement public; iii) épargner les ressources sous forme
d'actifs financiers publics pour les prêter au secteur privé intérieur (éventuellement en
réduisant la dette publique) et iv) prêter aux étrangers. Ils estiment que le taux optimal
d'épargne sur les revenus tirés des ressources naturelles ne dépend pas seulement du revenu
permanent, mais aussi d'autres facteurs tels que l'écart entre le prix actuel et le prix à long
terme de la ressource; la rareté du capital dans le pays; et le niveau de la dette extérieure de
l'État. Concrètement, compte tenu des coûts d'emprunt, des primes de taux d'intérêt sur la
dette et de la rareté du capital, le cadre proposé décrit la politique optimale, comme suit: i) si
le gouvernement se fixe comme objectif de lisser la consommation agrégée, il peut l’atteindre
par un emprunt initial, puis par un versement de dividendes grâce à l'intérêt qui rémunère les
recettes économisées; i) si l'intérêt dû sur la dette extérieure est supérieur au rendement des
actifs, les recettes provenant des ressources naturelles devrait être mobilisées pour
rembourser la dette ; et iii) les recettes tirées des ressources naturelles devraient être investies
dans l'infrastructure et non pas servir à acquérir des actifs financiers extérieurs.

Arezki, Dupuy et Gelb (2012) démontrent analytiquement qu'il convient de nuancer ces
conclusions parce que des capacités administratives faibles ne jouent pas en faveur d’une
hausse des dépenses d'investissement optimales du secteur public à la suite d'un boom des
ressources naturelles. Ce problème peut toutefois être atténué par une forte productivité totale
des facteurs. En outre, en présence de coûts d'ajustement qui augmentent avec l'ampleur de la
dépense induite par les recettes tirées des ressources naturelles, une redistribution en faveur
du secteur privé peut être préférable à une augmentation de l'investissement public.

Contrairement à l'approche classique de l’HRP, les récents travaux menés au FMI


(FMI, 2012; Berg et al., 2013) plaident en faveur d'un cadre plus intégré qui tienne
explicitement compte du rendement de l'investissement public et de la viabilité budgétaire.
De plus, une attention croissante, notamment dans les milieux politiques, est prêtée à ce que
cela implique d’aller au-delà des cadres analytiques économies de consommation/
investissement classiques qui sont utilisés pour les évaluations de la politique budgétaire et
du secteur extérieur. Les récents rapports du FMI reconnaissent l'importance d'une utilisation
efficiente de l'investissement public9. Nous adoptons une approche similaire dans notre

9
L'efficience de l'investissement public désigne le ratio dépenses d'investissement public/valeur du capital
public installé en résultant. En général, dans les environnements caractérisés par une information imparfaite
et/ou des entraves à la gouvernance, les projets présentant le rendement le plus élevé ne sont pas nécessairement
retenus et pas toujours bien exécutés. Une façon complémentaire de considérer l'efficience est qu'une partie de
(suite…)
9

modèle en mettant particulièrement l'accent sur l'ampleur de l'investissement public, son


efficacité et ses effets sur la croissance. Ce faisant, nous mettons l'accent sur les principaux
facteurs contraignants qui pèsent sur une augmentation de l'investissement public,
notamment comment la politique budgétaire a été mise en œuvre dans le passé, les limites au
financement par l'emprunt et l'efficience de l'investissement public. En particulier, comme
dans FMI (2012), le modèle souligne le rôle de l'investissement public, tant en termes
d’ampleur que d’efficience, de façon à évaluer sa contribution à la croissance.

III. CAMEROUN : EXPERIENCE ET ENJEUX

Ces 30 dernières années, le Cameroun a connu une croissance modérée, assortie d'une
amélioration limitée des indicateurs socioéconomiques. L'activité économique s'est fortement
contractée entre 1977, année où la production pétrolière a démarré, et 1986, lorsqu’elle a
atteint son pic10. La chute du revenu par habitant qui en est résulté a contribué à accroitre la
pauvreté et à détériorer des indicateurs de développement humain décevants11.

Les réserves pétrolières attestées du Cameroun sont relativement modestes, et son économie
est plus diversifiée que celle des pays producteurs voisins12. Comme il est constaté dans
Berg et al. (2013), la faible dotation en réserves et l'horizon à court terme qui lui est associé
amplifient encore les difficultés budgétaires. Aux termes des accords contractuels entre les
compagnies pétrolières internationales et le gouvernement, une part relativement élevée des
recettes pétrolières revient à l’État sous forme de redevances et d'impôts. Les recettes
pétrolières ont été économisées à l'étranger pendant les premières années d'exploitation et
peuvent avoir été en partie utilisées pour surmonter la crise économique entre 1985 et
1988 (Gautier et Zeufack, 2009). La graphique 1 montre que la trajectoire suivie par

la dépense est gaspillée par des processus d'exécution de projet sous-optimaux (pour des questions liées à la
passation des marchés, par exemple).
10
Gauthier et Zeufack (2009), par exemple, observent que le PIB s'est contracté en moyenne de 5 % par an
entre 1977 et 1985, ou de 27 % en données cumulées durant cette période. Arbache et Page (2007) estiment, à
partir d'une analyse de l'historique des événements, qu'un ralentissement de la croissance est intervenu en 1986.
La méthodologie et les critères qu'ils emploient suggèrent que la croissance s'est contractée pendant au moins
trois ans avant 1986.
11
Selon Essama-Nssah et Bassolé (2010), en 1990, le PIB réel était de 20 % inférieur à son niveau de 1985 ; et
le revenu par habitant avait diminué de 50 % entre 1986 et 1993. Gauthier et Zeufack (2009) indiquent que le
Cameroun était plus pauvre en 2007 qu'en 1986 en termes de PIB par habitant (mesuré en dollars constants de
2000).
12
En 2010, la production pétrolière du Cameroun se chiffrait à 63 800 barils par jour. Le pétrole représentait
environ la moitié des exportations totales et 27 % du montant total des recettes de l'État. En comparaison, la
même année, le Nigéria (qui est le plus grand producteur de pétrole d'Afrique subsaharienne) a produit plus de
2,4 millions de barils par jour ; le pétrole représentait 96 % des exportations totales, et 70 % du total des recettes
de l'État.
10

l'investissement public corrobore cette hypothèse, celui-ci ayant augmenté davantage que les
recettes pétrolières (en pourcentage de PIB) pendant cette période.

Graphique 1. Cameroun : Recettes et dépenses, 1980 – 2011


(En % du PIB)
25

Recettes pétrolières Dépenses courantes

20 Dépenses d'investissement Recettes non pétrolières

15

10

0
1980
1981
1982
1983
1984
1985
1986
1987
1988
1989
1990
1991
1992
1993
1994
1995
1996
1997
1998
1999
2000
2001
2002
2003
2004
2005
2006
2007
2008
2009
2010
2011
Source : Perspectives de l'économie mondiale, FMI ; et calculs des auteurs.

Au cours des années ultérieures, en phase avec la baisse de la production de pétrole,


l'utilisation des recettes pétrolières a été soumise à des règles budgétaires, certes implicites,
pour réduire l'effet de la volatilité et tenir compte de l'épuisement des recettes pétrolières13.
Pendant la deuxième Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance soutenue
par le FMI (2000-04), un objectif de zéro a été fixé pour le solde budgétaire global. Cet
objectif devait être atteint en procédant à un ajustement du DPNP. Les résultats mitigés
obtenus suite à l'application de cette règle et la nécessité d'avoir davantage de prévisibilité
dans les dépenses primaires ont donné lieu à un objectif budgétaire différent le programme

13
En sa qualité de membre de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC), le
Cameroun est soumis à la règle de l'équilibre budgétaire pour les administrations publiques, adoptée en 1996, et
à une règle sur la dette, adoptée en 2002, qui limite le ratio dette/PIB à 70 %. Depuis 2000, le Cameroun a
manqué à la première règle une fois seulement et n’a jamais manqué à la seconde depuis que l'allègement de la
dette a été octroyé en 2006. En 2008, le CEMAC a convenu de commencer à suivre d'autres critères budgétaires
(non contraignants), dont un élaboré sur la base d'un budget équilibré hors recettes pétrolières
(Iossifov et al., 2009).
11

économique du gouvernement durant la période 2005–0814. Les remboursements de


dette/d'arriérés rééchelonnés du pays, et non les dépenses primaires ont alors constitué les
variables d'ajustement en cas de contraintes de financement dues aux fluctuations des cours
pétroliers internationaux. Concrètement, un ralentissement du règlement de la dette/des
arriérés accompagnerait des recettes pétrolières inférieures aux prévisions et compenserait la
détérioration du solde global. À l'inverse, des recettes pétrolières supérieures au niveau
projeté devaient servir à accélérer le remboursement de la dette et des arriérés du
pays (Cossé, 2006). Dans l'ensemble, les dépenses d'investissement public ont suivi les
recettes du secteur pétrolier d’une manière relativement étroite entre 1980 et 2011. Toutefois,
depuis 1991, les recettes pétrolières ont été constamment supérieures aux dépenses
d'investissement, signe qu'elles ont aussi été utilisées pour financer les dépenses courantes ou
pour constituer des réserves (graphique 1).

Compte tenu de ce qui précède, la faiblesse du lien entre investissement public financé par le
pétrole et croissance au Cameroun semble être une sorte d'énigme. Benjamin, Devarajan et
Weiner (1989) ont tenté d'expliquer cette fragile corrélation par les effets du «syndrome
hollandais»15. Gauthier et Zeufack (2009) estiment que des pratiques de gouvernance
douteuses, à l'origine de dépenses d'investissement improductives, ont joué un rôle clé. Ils
avancent que, si une grande partie des recettes pétrolières durant les premières années
d'exploitation a été épargnée à l'étranger, il n'y a guère d'informations sur leur véritable
ampleur. Leurs estimations suggèrent qu'un montant relativement important de ces
recettes (54%) ne peut être retracé. Une autre explication, qui a un rapport direct avec
l’analyse présentée ici, est la question de l'efficience de l'investissement public. Gupta et
al. (2011) constatent qu'ajuster le stock de capital aux fins de l'efficience de l'investissement
public16 amplifie la corrélation négative, établie par Bhattacharya et Collier (2011), entre les
bénéfices tirés des ressources et le stock de capital. Plus généralement, Gupta et al. (2011)

14
Cela semble tenir en partie à une prise en charge déficiente du programme. En outre, la règle, appliquée sur la
base des encaissements-décaissements (cash), a été contournée du fait d'un cumul d'arriérés en 2003-04 (Cossé,
2006).
15
Le «syndrome hollandais » désigne une série de conséquences négatives résultant d'une forte hausse du
revenu en devises d'un pays. Il est généralement associé à la découverte de ressources naturelles mais peut aussi
résulter d'une forte hausse des recettes en devises, tenant notamment à l'investissement direct étranger, à l'aide
étrangère ou à un vif renchérissement des ressources naturelles. En général, le syndrome hollandais entraîne à la
fois i) une baisse de la compétitivité des prix et, partant, des exportations, du secteur manufacturier et ii) une
hausse des importations. Il est généralement considéré comme l'une des causes profondes de la "malédiction des
ressources naturelles".

16
Gupta et al., (2011) mesurent l'efficience de l'investissement public au moyen de l'indice de gestion de
l'investissement public (Public Investment Management Index, PIMI) élaboré par Dabla-Norris et al., (2011).
Ils émettent l'hypothèse que les dépenses d'investissement public ne sont pas toutes entièrement consacrées à
acquérir des actifs de capitaux productifs.
12

montrent que la prise en compte de l'efficience réduit de plus de moitié le stock de capital
suggéré par l'investissement cumulé. Tabova et Baker (2011) constatent que l'investissement
ne stimule pas la croissance dans les pays producteurs de pétrole de la zone CFA, en raison
de l'inefficience de l'investissement, de l'absence d'institutions solides et d'une mauvaise
gouvernance.

Entre 2002 et 2011, le ratio investissement public/PIB du Cameroun était en moyenne de


3,5 %, comparé à 10 % dans la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale
(CEMAC) et plus de 7 % en Afrique subsaharienne17. Outre le fait que la faible efficience de
l'investissement public se traduisait par une moindre augmentation des stocks de capital du
secteur publique, les budgets d’investissement n'étaient pas non plus dépensés en intégralité
en raison de problèmes d’exécution. Cela tient à la faiblesse des capacités administratives et
aux problèmes de gouvernance récurrents, comme l’ont reconnu de récentes initiatives, dont
la mise en place, en 2012, d'un nouveau ministère de passation des marchés publics. Il
s'ensuit que, selon les résultats préliminaires de l'indice de gestion de l'investissement
public (PIMI), le Cameroun a un temps de retard sur la moyenne des pays d'Afrique
subsaharienne. L'évaluation des dépenses publiques et de la responsabilité financière (PEFA)
de 2007 de la Banque mondiale et son évaluation de la politique et des institutions
nationales (CPIA) de 2010 corroborent ce constat.

L'absence d'infrastructure adéquate reste un obstacle important à la croissance économique


du Cameroun. Dominguez-Torres et Foster (2011) estiment que pour atteindre le niveau
d'infrastructure des pays à revenu intermédiaire d'Afrique, le Cameroun devrait investir un
montant supplémentaire de 350 millions de dollars par an. Ils estiment les gains d'efficience
susceptibles d'être retirés de la réforme des services d’infrastructure d’utilité collective à
586 millions de dollars par an18. Si une pareille hausse de l'investissement public en termes de
quantité et de qualité s’était maintenue pendant 15 ans, le Cameroun enregistrerait une
progression du taux de croissance à long terme de son PIB par habitant d'environ 3,3 points
de pourcentage. C'est pourquoi il lui est recommandé d'investir à court terme une part de ses
recettes issues des ressources naturelles relativement plus importante que l'approche HRP le
préconise. Si la transparence des opérations pétrolières s'est améliorée ces dernières années,
particulièrement en raison de l’adhésion du pays aux principes de l'Initiative pour la

17
C'est aussi en deçà du niveau que les chercheurs ont jugé optimal. Fosu, Getachew et Ziesemer (2011)
situaient par exemple le niveau optimal de l'investissement public en Afrique subsaharienne entre 8 et 11 % du
PIB.
18
Un secteur qui a largement contribué à ces pertes était l'énergie électrique, en raison de la sous-tarification de
l'électricité et des pertes de distribution.
13

transparence dans les industries extractives (ITIE), le climat des affaires ne s'est guère
amélioré entre 2005 et 2009, selon les indicateurs Doing Business de la Banque mondiale19.

IV. LE MODELE

Nous proposons un cadre de croissance néoclassique standard avec deux produits homogènes
: le pétrole et un bien non pétrolier. L'économie modèle est constituée de quatre types
d'agents (ménages, entreprises, secteur public et le reste du monde). Les ménages choisissent
de manière optimale (dans un dispositif de Ramsey) leur niveau de consommation
intertemporel et le niveau d'investissement. Les entreprises ont accès au progrès technique et
se dotent d'intrants (capital et main d’oeuvre) pour produire le produit non pétrolier. Les
ressources pétrolières appartiennent au secteur public, tandis que les ménages bénéficieront,
le moment venu, du bien non pétrolier produit par des entreprises. Le secteur public fournit
en outre des biens publics, et le reste du monde répond aux besoins de financement extérieur
du secteur public.

A. Problème de maximisation des agents représentatifs

Le ménage représentatif dans l'économie résout le problème de la décision dans lequel son
utilité est aussi une fonction de la consommation du secteur public.


Ct1
MaxC p 0 E0   t
(1)
t 0 1 

Soumis à :
C t  I t  CAt  Yo ,t  Yno ,t
(2)
Yt  Yo ,t  Yno ,t
(3)
, 1
(4)

Où Ct, It, CAt, Yo,t , et Yno,t désignent la consommation intérieure, l'investissement, le compte
courant, le PIB pétrolier et le PIB non pétrolier, respectivement, à un moment t. Cp,t et Gt
correspondent à la consommation privée et publique et v au degré de gaspillage des dépenses
publiques (0 < ν < 1). Le PIB total, en termes réels, est donné par l'équation (3). La
consommation privée et la consommation publique sont des substituts. Plus v est élevé, plus
la consommation du secteur public est inefficiente. E0 est la valeur attendue de la somme
actualisée de l'utilité future. β est le facteur d'escompte et η l'élasticité de substitution

19
Il convient de noter, cependant, qu‘à février 2013, le Cameroun n'est pas un pays conforme à l’Initiative pour
la transparence dans les industries d'extraction (ITIE)
14

intertemporelle. La consommation du secteur public a une influence sur l'utilité des


ménages20. L'effet de Gt sur l'utilité des ménages dépend aussi de v, à savoir le degré de
gaspillage des dépenses publiques. Ceci suggère que certaines formes de dépenses du secteur
public ne procurent aucune utilité (par exemple, les dépenses excessives dans le secteur de la
défense). Dans ce qui suit, l'indice g correspond au secteur public et p au secteur privé.
Toutes les variables sont exprimées en termes réels. Il n'y a pas de loisirs dans la fonction
d'utilité, et nous supposons que la main d'œuvre est disponible indéfiniment au coût marginal.
Le ménage représentatif dans l'économie est en mesure d’emprunter et de prêter sur les
marchés financiers internationaux (à un taux d'intérêt mondial donné) et sa contrainte
budgétaire est exprimée par l'équation (2)21.
B. Production
L'économie produit deux biens homogènes: le pétrole et un produit non pétrolier. Les
fonctions de production pour le produit non pétrolier et le pétrole sont indiquées dans les
équations (5) et (6) respectivement. S'agissant du produit non pétrolier, nous suivons
Barro (1990) et Hulten (1996)22, la production étant tributaire du capital privé et public:

(5)
L’investissement intérieur, le stock de capital public, le stock de capital privé et le stock de
capital total sont respectivement :

(6)
(7)
(8)

(9)
(10)

20
Comme dans Finn (1998), les dépenses du secteur public en biens entrent de façon non séparable dans la
fonction d'utilité et modifie l'utilité marginale de la consommation des ménages, et de suite ont une incidence
directe sur les décisions de consommation des ménages.
21
En itérant la contrainte budgétaire du ménage représentatif, Husted (1992), Pattichis (2010) et Ramsey (1928)
montrent que la contrainte budgétaire intertemporelle peut être exprimée comme dans l'équation (2) dans
certaines conditions—voir l'analyse dans la section «la politique budgétaire et le problème de Ramsey».
22
Une autre approche de la modélisation est suggérée par Van der Ploeg (2012), qui utilise le coût interne
d'ajustement de Hayashi pour établir une distinction entre le coût total de l'investissement public et l'incrément
effectif de capital public. Sa spécification tient aussi compte du fait que plus le taux d'investissement public
augmente, et plus l'absorption et d'autres contraintes s’accentuent.
15

Où Kp, Kg , et z désignent le capital privé, le capital public et les chocs de productivité,


respectivement; φ représente l'efficience du capital public; et γ est la part du capital privé
dans la production. L'investissement public et privé sont complémentaires; et le stock de
capital, plutôt que les flux d'investissement proprement dit déterminent la capacité
productive23.

En outre, l'équation indique que dans le secteur non pétrolier, la production est déterminée
par i) le stock de capital de la période en cours qui, lui, dépend des flux d'investissement;
ii) le niveau d'efficience des investissements; et iii) les chocs d'offre inattendus (zt).
L'équation (5) montre en outre que la fourniture par le secteur public de biens publics (dont
les dépenses courantes et les dépenses d'investissement) peuvent avoir une incidence sur la
productivité. Kg est présumé non excluable et non rival24. Cela étant, il n'est pas tenu compte
de l'effet de congestion de l'investissement public, par lequel il influerait sur le taux
d'accumulation du capital privé (par exemple, Arzeki, Dupuy et Gelb, 2012)25. Comme dans
Hulten (1996), φ illustre l'efficience des dépenses d'investissement public en ce qu'il établit la
relation entre le stock de capital public réel (Kg) et l'efficacité de l'investissement public (soit
la mesure dans laquelle le stock de capital public contribue effectivement à la production du
bien non pétrolier). À supposer que 0 < φ < 1 indique que l'investissement public fait l'objet
d'inefficience, (7) devient  K g ,t 1   (1   ) K g ,t   I g ,t (7’) où  K g ,t 1 est le stock de capital
public qui est véritablement productif à la période ‘t+1’, et  I g ,t et  (1   ) K g ,t désignent
respectivement les flux et le stock d'investissement public qui contribuent à l'accumulation
effective de capital public. En outre, bien que les flux d'investissement fassent l'objet de
problèmes de faiblesse de la gestion publique et de capacité d'absorption, le stock de capital
existant, nette de dépréciation [ (1   ) K g ,t ], peut pâtir d'une mauvaise gouvernance dans son

23
Il n'y a pas de consensus dans les études empiriques au sujet de l'impact des dépenses d'investissement public
sur la croissance. Cela tient en partie à certains facteurs comme les différences de méthodologie, les questions
de mesure, collecte et qualité des données, et la prise en compte des encours (stocks) ou des flux
d'investissement. En outre, il a été démontré que les études par secteur (micro), par pays et par région tiennent
aussi compte des différences observées dans les résultats empiriques. Chakraborty et Dabla-Norris (2009)
montrent que la qualité de l'investissement peut expliquer le différentiel de revenu ou la variation des
estimations de l'élasticité des dépenses publiques d'investissement dans l'infrastructure par rapport à la
croissance entre pays riches et pays pauvres. Cette considération est cruciale pour des pays comme le
Cameroun.
24
Un bien public est tout à la fois non excluable (il n'est pas possible de fournir ce bien à certains ménages et
pas à d'autres—par exemple, les services du commissariat du police d'une ville) et non rival (sa consommation
ne prive pas les autres consommateurs - comme un concert à la télévision).

25
En tenir compte pourrait mener à une trajectoire optimale d'investissement public différente. Toutefois, nous
pensons qu'un pays à faible revenu comme le Cameroun dispose d'une grande marge de manœuvre pour
financer des investissements publics productifs avant que les effets négatifs se fassent sentir.
16

utilisation (par exemple, dispositions insuffisantes concernant les opérations et la


maintenance)26.

La production pétrolière est extraite à un taux prédéterminé et dégressif. L'équation (11)


décrit la production pétrolière à une période donnée.

Yo ,t  Yo,t 1    ut (11)

Où ρ est le taux de croissance du PIB pétrolier, κ est un terme constant27, et u est un terme
stochastique. À supposer qu'il n'y ait pas de facteur d'escompte, ρ est déterminé de manière
endogène par l'équation (12).

1
1
1
,0
1
1 0

(12)
Où Τ est l'horizon temporel auquel la production de pétrole est présumée épuisée ; F 28

correspond aux ressources avérées du pays en pétrole ; et Yo,0 est la première année de
production pétrolière.

C. Politique budgétaire et le problème de Ramsey

Les principales questions qui se posent pour la dépense du secteur public des recettes
pétrolières sont les suivantes: i) accroître l'investissement public dans un monde incertain (la
production non pétrolière fait l'objet de chocs inattendus; la production de pétrole diminue et
les ressources devraient être épuisées fin 2032; et les cours du pétrole sont volatils); et ii) si
l'investissement peut stimuler la croissance, il va aussi de pair avec un important déficit du
secteur public et à une lourde dette extérieure. Cela soulève des préoccupations quant à la
viabilité budgétaire. Le gouvernement investit Ig,t et dépense Gt en biens et services qui
procurent une certaine utilité aux ménages. La trajectoire de Gt est régie par deux indicateurs

26
Nous estimons que cette stratégie de modélisation est réaliste; toutefois, la non application du coefficient
d'inefficacité au stock de capital de l'année précédente ne modifie pas nos résultats de manière qualitative.
27
Au moyen de données historiques, nous commençons par estimer ρ et κ compte tenu du processus AR
(1) dans (11). Pour la période 2012–32, ρ est obtenu à partir de (12) en utilisant κ estimé dans (11). Un
changement de stratégie politique (par exemple quand l'épuisement des ressources déclenche un changement
dans la politique budgétaire) pourrait entraîner certaines différences entre ρ estimé à partir des données
historiques et ρ projeté.
28
T=21 (dans l'hypothèse que les ressources seront épuisées en 2032, 2011 étant l'année de référence).
17

d'orientation budgétaire: le DPNP en % du PIB29, et dt, le ratio dette (Dt) / PIB. Ces variables
sont définies comme suit:

Gt  I g ,t   no Pno ,tYno ,t (13)


NOPDt 
PY
t t

Dt
dt 
PY
t t
(14)

Où Pno,t désigne le niveau de prix implicite du bien non pétrolier, Pt est le déflateur du PIB et
τno le taux d'imposition applicable au secteur non pétrolier. Comme dans Gali et Perotti
(2003), le DPNP est régi par la règle d'ajustement suivante:

NOPDt   NOPDt 1   dt 1   g no ,t (15)

La décision budgétaire prise une année donnée (résumée par la fonction de réaction du
DPNP) est influencée par les résultats budgétaires de l'exercice antérieur, l'objectif en termes
de dette au moment de la décision budgétaire dt-1; et la production non pétrolière
gno,t (production attendue au moment de la décision)30. Nous anticipons que la valeur de
θ (paramètre de retard—ou effet de mémoire—qui rend compte des résultats budgétaires de
l'exercice antérieur) sera inférieur à 1 et que la valeur de ω sera négative. Ces paramètres
montrent l'influence des conditions de l'exercice antérieur sur l'amélioration de l'orientation
budgétaire adoptée au moment de la décision. Par exemple, une dette élevée ou un déficit
grave l'année passée peut conduire à un ajustement budgétaire dans l'exercice en cours. Nous
anticipons aussi que σ sera positive, signe que les autorités budgétaires mettraient en œuvre
une politique budgétaire anticyclique en phase descendante du cycle économique31. Par
exemple, FMI (2010) montre que, face à la crise financière mondiale de 2009, nombre de
pays à faible revenu ont adopté des politiques budgétaires anticycliques pour résister aux
chocs32.
29
Baunsgaard et al. (2012) estiment que l'utilisation d'une règle budgétaire basée sur le solde primaire non lié
aux ressources (comme le DPNP) revêt un intérêt pour les pays qui ont un horizon relativement court pour les
ressources, ce qui est le cas du Cameroun.
30
Voir Gali et Perotti (2003) pour un examen approfondi.
31
Un σ négatif serait dès lors associé à une politique budgétaire anticyclique.
32
Bien que la politique budgétaire anticyclique donne généralement de meilleurs résultats économiques, une
politique procyclique n'est pas nécessairement sous-optimale. Par exemple, Talvi et Végh (2005) montrent
qu'un excédent budgétaire peut exercer des pressions sur un pays pour qu’il accroisse les dépenses
publiques—un pays qui est confronté à d'amples fluctuations de ses recettes fiscales peut donc choisir de suivre
une politique budgétaire procyclique.
18

La fonction de réaction budgétaire (mesurée par le DPNP, équation (15)) ne tient pas compte
des paiements d'intérêts ou des éventuelles répercussions directes des recettes pétrolières sur
la dynamique de la dette. N'utiliser que le DPNP ne détermine donc pas nécessairement
l'orientation budgétaire générale ni ne donne d'informations exhaustives sur l'ajustement
budgétaire nécessaire. Nous examinons donc la dynamique de la dette classique:

1  rt
dt  dt 1  NOPDt   o,t t (16)
(1  zt )(1  gt )(1   t )
Po ,tYo ,t
et t 
PY
t t
(17)

Où Δzt, gt, πt, rt, et τo,t désignent les chocs de l'offre, la croissance du PIB réel, le taux
d'inflation, le taux d'intérêt nominal et la taxe sur la production de pétrole, respectivement.
L'équation (16) montre qu’un ajustement budgétaire et un surcroît de recettes pétrolières
peuvent réduire le ratio d'endettement.

Au Cameroun, comme dans d'autres pays à faible revenu, les objectifs de développement
sont ambitieux. Leur réalisation est plus ambitieuse encore quand l'accès au financement
concessionnel est limité et que la production de pétrole va en diminuant. L'équation de
comportement (15) ne prend pas adéquatement en compte l'échéancier des décisions de
politique budgétaire associé au processus budgétaire et aux chocs inattendus qui entraînent
des besoins de financement supplémentaires. Nous augmentons donc (15) de (FINt) comme
suit:

(18)

Où FIN représente une composante non systémique de la fonction de réaction du DPNP (15),
qui est causée par des incohérences et des incertitudes temporelles dans le processus
budgétaire. Il fait aussi fonction de volant de réserves budgétaires. Intuitivement, plus la
valeur de FIN est faible (  devant en principe être positive), plus l'effort budgétaire
nécessaire est important (excédent du solde primaire plus élevé) pour satisfaire à la contrainte
budgétaire intertemporelle dans une logique de viabilité des finances publiques et de
consolidation de la dette à long terme. Spécifiquement, FIN correspond aux dépôts à vue
discrétionnaires à la disposition du secteur public à un moment t (soit pendant l'exercice en
cours) qu'il utilise (pour faire face à des chocs inattendus, par exemple) et s'emploie à
satisfaire la condition de solvabilité (pour autant qu'il ne soit pas épuisé). Comme dans
Collier et al. (2010), nous supposons que l'investissement revêt la forme d'investissements
publics d'infrastructure et a des conséquences sur le capital privé (encours). Nous supposons
en outre qu'en cas de contraintes de financement à court terme et de dette publique
19

importante, la politique budgétaire vise à stabiliser la trajectoire du ratio dette publique/PIB


dans le temps. L'équation (16) ne fait pas la distinction entre les types de prêts (intérieur et
extérieur ou concessionnel et non concessionnel), qui a généralement tendance à empêcher
les pays à faible revenu (dont le Cameroun) de financer leurs déficits d'infrastructure. Cela
dit, les équations (16) et (18) permettent d'ancrer une politique budgétaire qui cible un DPNP
et un plafond de la dette à moyen terme.

Le gouvernement met en œuvre la politique budgétaire (fiscalité, investissement et dépenses


courantes) aux termes de (18). Si cela n'est pas une approche classique de budget équilibré
comme dans Ramsey (1928), les deux équations (dette et PNDP) assurent la viabilité
budgétaire. Le gouvernement fixe les taux d'imposition applicables à la production pétrolière
et non pétrolière de façon optimale (de sorte qu'une condition de transversalité soit atteint et
un ratio d'endettement n'explosent pas sur un horizon fini ou infini). Il choisit des politiques
fiscales de sorte que l'équilibre compétitif qui en résulte maximise l'utilité à vie pour les
ménages. Dans un sens, le problème de Ramsey peut être formulé comme si le gouvernement
choisit les trajectoires de , , , et les taux d'imposition pour maximiser (1), à
condition de réaliser l'équilibre .
33

V. CALIBRAGE DU MODELE ET METHODE DE SIMULATION34

Le modèle décrit ci-dessus est estimé à partir des données annuelles de l'économie
camerounaise de 1980–2011. Le filtre de Christiano et Fitzgerald est utilisé pour obtenir la
tendance (à partir des composantes cycliques) de variables clés tels que le PIB, la
consommation, l'investissement, la dette, l'inflation et le déficit primaire. Les paramètres du
modèle sont estimés en utilisant les méthodes bayésiennes et le maximum de
vraisemblance35. Comme l'ont démontré Beltran et Draper (2008), cette approche gère mieux
les questions d'identification des paramètres.

Afin d’obtenir des estimations convergentes, la méthode Metropolis-Hastings Markov Chain


Monte Carlo (MCMC) est utilisé pour estimer le modèle, à partir des informations de la série
temporelle et des distributions a priori. Pour ces dernières toutefois une part de jugement est

33
Le problème de Ramsey et le problème initial d'optimisation sont reliés en appliquant la théorie du contrôle
pour résoudre le problème par substitution (annexe).
34
La spécification de notre modèle doit être considérée au regard de deux importantes limitations : i) il n'y a pas
de modélisation explicite des effets de congestion du secteur public ni d'un secteur monétaire ; ii) les auteurs
n'envisagent pas d'autres solutions et objectifs possibles en matière de dépenses publiques (transferts de
redistribution du revenu visant à réduire l'inégalité, par exemple).
35
Les estimations d'EGSD sont généralement considérées comme étant guidées par les données quand elles sont
obtenues par des techniques de maximum de vraisemblance.
20

nécessaire. Le tableau 1 présente les distributions de probabilité a priori (priors). La plupart


des paramètres structurels du modèle reposent sur des études empiriques préexistantes
propres au Cameroun. Plus particulièrement, la part de capital privé dans la production γ
correspond à la moyenne, et les paramètres budgétaires θ (effet différé initial sur le déficit),
ω (effet différé sur la dette), σ (paramètre cyclique), r (taux d'intérêt nominal) et τ (taux
d'imposition pour les secteurs pétrolier et non pétrolier) sont estimés à partir de moyennes sur
cinq ans (2007–11). Les taux d'imposition moyens applicables à la production des secteurs
pétrolier et non pétrolier sont environ 27 % et 21 % respectivement. Le facteur d'actualisation
β est fixé à 0,96, ce qui correspond au taux d'intérêt commercial annuel de 4 % utilisé
actuellement par le FMI pour l'analyse de viabilité de la dette des pays à faible revenu.
Comme dans l’étude de Takizawa, Gardner et Ueda (2004) ,l'élasticité intertemporelle de
substitution est fixée à 1,1 pour les pays à faible revenu producteurs de pétrole. Côté
production, γ, la part du stock de capital privé dans la production, est fixée à 30 %, suivant la
plupart des études empiriques consacrées aux pays à faible revenu. Les paramètres ν et δ sont
établis en accord avec les récents ouvrages relatifs aux pays à faible revenu
(Berg et al., 2011). Comme Hulten (1996), l'indice d'efficience du capital public φ est
initialement fixé à 0,4536. Les chocs exogènes aux cours pétroliers, à la production, aux
volants de réserves budgétaires (FIN), à l'investissement public et au DPNP ont des
distributions bêta pour les coefficients d'autocorrélation, leur moyenne préalable étant fixée à
0,80. Les erreurs types ont des distributions gamma a priori, avec des valeurs moyennes de
0,5 % pour les cours et la production du pétrole (chocs durables) et de 0,25 % pour les autres.

Le tirage de la distribution postérieure est obtenue en générant des séries de


100 000 itérations et en écartant les 10 000 premières en guise de période de rodage. La
convergence de la chaîne de Markov est déterminée par moyenne cumulée et en utilisant le
test de diagnostic élaboré par Brooks et Gelman (1998). Sachant que les modèles EGSD
peuvent faire des prévisions imparfaites, notamment dans les modèles à petite échelle comme
celui-ci, même lorsqu'ils sont bien ajustés aux données, nous portons une attention
particulière à l'identification de certains paramètres structurels au moyen d’estimations
supplémentaires de vraisemblance. En outre, il faut user de prudence avec l'utilisation de
distributions de probabilité a priori (priors) tirées d'autres études, parce qu'elles dépendent

36
Le φ de Hulten est un indice qui intègre la panne du réseau électrique, l'état des routes, le réseau de téléphonie
et la disponibilité du transport ferroviaire. Avec l'aide du PIMI, Dabla-Norris et al., (2011) calculent un stock de
capital public corrigé de l'efficience et constatent que, pour 40 pays à faible revenu, seulement 47 % de
l'investissement public est transformé en capital public productif. Ce niveau est proche du chiffre de 0,45 utilisé
dans Hulten, même si le chiffre de Hulten intègre aussi l'utilisation du capital existant productif (on peut voir
ceci en substituant l'équation (9) dans l'équation (5)). Pritchett (2000) estime que la part d'investissement public
qui est productif s'élève en moyenne à 0,49 pour les pays d'Afrique subsaharienne. Le FMI (2012) signale
toutefois qu'il s'agit de mesures probablement corrélées mais pas d'une estimation directe de la part
d'investissement qui n'a pas été judicieusement dépensée.
21

fondamentalement des spécifications du modèle, des hypothèses, de la qualité des données et


de la période visée par l'analyse des données.

La forme de la vraisemblance au mode postérieur et le Hessien ont également été pris en


considération pour souligner l'absence d'identification pour certains paramètres. Le tableau 1
montre qu'il n'y a qu'un paramètre structurel où la vraisemblance ne domine pas la
distribution de probabilité a priori (prior). De plus, Canova et Sala (2009) indiquent que plus
le nombre de restrictions utilisées dans l'estimation est petit, plus le risque que des problèmes
d'identification soient présents est grand. Toutefois, Beltran et Draper (2008) montrent qu'un
plus grand nombre d'observations permettent de résoudre le problème d'identification et que
les estimations bayésiennes et de vraisemblance procurent un bon moyen de vérifier quels
paramètres sont mésestimés. Les auteurs ont alors réalisé une estimation du maximum de
vraisemblance au moyen de méthodes de gradient numérique et utilisé la méthode MCMC
pour déterminer la moyenne postérieure des paramètres du modèle (tableau 2). Le résultat
confirme on outre que seul le paramètre de volet de réserves budgétaires semble être
faiblement identifié, mais il a un effet limité sur les variables endogènes projetées.

Tableau 1. Moyennes bayésiennes posteriori du modèle 1/ 2/


Paramètre Description A priori A posteriori
Moyenne Moyenne Écart type

Ménages
η Élasticité de la substitution intertemporelle Gamma inversé (ο, +∞) 1.1000 2.3279 0.0100
ν Degré de gaspillage des dépenses courantes Beta [0,1) 0.1500 0.1900 0.9800
Production
γ Part du capital privé dans la production Beta [0,1) 0.3000 0.4500 0.0000
φ Indice d'efficience du capital public Beta [0,1) 0.4500 0.5386 0.0901
Κ Déterminant inexpliqué de la production Normal (-∞, +∞) 0.2300 0.2304 0.0009
Δ Dépréciation du stock de capital Beta [0,1) 0.0800 0.1158 0.0037
Paramètres budgétaires
θ Effet initial sur le déficit Beta [0,1) 0.7400 0.7137 0.0001
ω Effet initial sur la dette Normal (-∞, +∞) -0.1000 -0.1755 0.0008
σ Effet cyclique Normal (-∞, +∞) -0.0700 -0.0051 0.2122
τo Taxe sur la production pétrolière Beta [0,1) 0.2700 0.3100 0.2721
τno Taxe sur la production non pétrolière Beta [0,1) 0.2100 0.2400 0.0051
r Taux d'intérêt nominal moyen sur la dette publique Beta [0,1) 0.0350 0.0330 0.0109

ν FIN(t), paramètre de coussins (ou de volant de Gamma (ο, +∞) 0.1000 0.0633 1.2071
réserves) budgétaires
Probabilité postérieure (d'indétermination) 1.0000
Log de densité marginale des données -817.0713
Taux de réjection3/ 0.5709
1/
On génère des séries de 100 000 itérations et on en écarte les 10 000 premières en guise de période de rodage.
2/
Pour les autres paramètres du modèle, β (facteur d'actualisation) et K (déterminant inexpliqué de la production pétrolière) et T (horizon temporel
auquel il est présumé que la production pétrolière s'épuise), on utilise 0,96, 0,23 et 20 ans, respectivement.
3/
se rapporte à la probabilité de réjection dans l'algorithme de marche obligatoire MetropolisHastings.
22

Tableau 2. Estimations du maximum de vraisemblance

Paramètre Description
Moyenne MCSE1/

Ménages
η Élasticité de substitution intertemporelle 2.3261 0.0118

ν Degré de gaspillage des dépenses courantes 0.1924 0.9838

Production
γ Part du capital privé dans la production 0.4507 0.0008
φ Indice d'efficience du capital public 0.5389 0.0927
Κ Déterminant inexpliqué de la production 0.2313 0.0018

Δ Dépréciation du stock de capital 0.1169 0.0044


Paramètres budgétaires

θ Effet initial sur le déficit 0.7131 0.0007


ω Effet initial sur la dette -0.1753 0.0013
σ Effet cyclique -0.0057 0.2131
τo Taxe sur la production pétrolière 0.3108 0.2731
τno Taxe sur la production non pétrolière 0.2412 0.0059
r Taux d'intérêt nominal moyen sur la dette 0.0334 0.0113
publique
ν FIN(t), paramètre de coussins (ou de volant 0.0661 1.4444
de réserves) budgétaires
1/
MCSE est l'erreur type de Monte Carlo de la moyenne.
23

VI. RESULTATS DES SCENARIOS

A. Scénario "augmentation avec réforme"

Comme déjà indiqué, nous examinons trois scénarios dont les caractéristiques clés sont les
suivantes : i) le niveau d'efficience de l'investissement public (paramètre φ) ; et
ii) 'l’augmentation de l'investissement public en 2012-32 (graphique 2). Dans le scénario
"augmentation avec réforme", l'investissement public augmente graduellement pour atteindre
10 % du PIB en 2032 et attire ainsi l'investissement privé, qui passe de 13,1 à 21 % du PIB
entre 2012 et 203237. Suivant Hulten (1996), le paramètre φ permet d'établir une distinction
entre stocks de capital effectif et réel. L'indice d'efficience moyenne des trois premiers pays
(riches) aux trois derniers (pauvres) varie entre 0,65 et 0,45. Le modèle semble bien répliquer
la structure de l'économie. Avec un indice d'efficience implicite de φ=0,5438 (selon
l’estimation bayésienne, tableau 1), la graphique 3 montre que les prédictions du modèle
pour 2012 concordent avec les données disponibles dans les Perspectives de l'économie
mondiale (2012) du FMI avec des intervalles de confiance étroits. Le ratio dette/PIB, le
DPNP, la croissance du PIB non pétrolier et la croissance du PIB total correspondent pour
l'essentiel aux valeurs réelles pour 2011. Toutefois, les incertitudes restent grandes
concernant les projections de croissance du PIB réel (global) en raison d'amples fluctuations
du niveau projeté de la production pétrolière (terme stochastique de l'équation 6). Les
résultats de la simulation stochastique montrent bien plus d'incertitude pour ce qui est du
ratio dette/PIB et de la croissance du secteur pétrolier, tandis que les intervalles d'erreur
associés à la croissance du PIB non pétrolier, au DPNP et à la croissance du secteur non
pétrolier sont relativement étroits. D’après ces résultats, la fonction de réaction budgétaire
évolue dans un intervalle stable et relativement étroit. Un accroissement de l'investissement
va de pair avec une croissance hors pétrole durablement élevée, ce qui contribue fortement à
réduire le DPNP grâce à une augmentation des recettes (graphique 4). Toutefois, à mesure
que les recettes pétrolières diminuent, la dette publique augmente avant de se stabiliser à
environ 26 % du PIB en 2029.

B. Scénario "prudent"

Les coûts politiques et ceux d'ajustement peuvent entraver une augmentation de


l'investissement public. À titre d'illustration, les auteurs simulent une trajectoire plus
prudente de l'investissement (tout en maintenant φ à un niveau semblable à celui utilisé dans
37
Les cours pétroliers sont présumés être compris entre 95 et 110 dollars le baril, quasi conformément aux
projections des Perspectives de l'économie mondiale du FMI. Il y a en outre une certaine convergence de vues
entre les analystes qui pensent que les prix courants du pétrole devraient fluctuer dans cette fourchette.
38
Cela concorde avec la moyenne pour les pays à revenu intermédiaire dans Hulten (1996) et s'apparente à ce
que Dabla-Norris et al. (2011) constatent pour ces pays.
24

le scénario d'augmentation avec réforme) pour tenir compte des contraintes financières et des
problèmes de gouvernance susceptibles de se poser si les recettes pétrolières servent à
financer les projets d'investissement public.

Bien que l'amélioration du climat des affaires et de l'infrastructure publique soit propre à
accroître l'investissement du secteur privé, l'accès au financement (concessionnel) peut
s'avérer problématique pour le Cameroun. Les auteurs envisagent donc une accélération
modérée du rythme des investissements publics (0,04 point de pourcentage par an en
moyenne), légèrement plus que la moyenne historique (graphique 2). Il est possible que la
confiance des investisseurs s'améliore, mais à un rythme modéré. Un moindre investissement
public va en outre de pair avec des répercussions plus limitées sur le secteur privé, ce qui
aboutit à une baisse de la croissance du secteur non pétrolier. Comme prévu, le ratio
d'endettement se détériore et le DPNP est plus élevé dans le scénario d'augmentation avec
réforme (graphique 4).

Graphique 2. Cameroun : trajectoire de l'investissement


public, 2012– 32 (En % du PIB)
12

10

Augmentation (avec et sans réforme)


Document de stratégie pour la croissance et l'emploi (vision)
Scénario prudent
Moyenne historique (2007–11)
Sources : Cameroun : Document de stratégie pour la croissance et l'emploi (DSCE) ; et simulation des auteurs
25

Graphique 3. Cameroun: Scenario–Augmentation avec reforme, 2012–32


(S.E. est l'erreur type)

DPNP (en % du PIB) ± 2 S.E. Ratio de la dette publique (% du PIB) ± 2 S.E.


7 28

6 26

5
24
4
22
3
20
2

1 18

0 16
12 14 16 18 20 22 24 26 28 30 32 12 14 16 18 20 22 24 26 28 30 32

Croissance reelle hors petrole (en %) ± 2 S.E. Croissance reelle totale (en %) ± 2 S.E.
6.0 7

5.6
6

5.2
5
4.8

4
4.4

4.0 3
12 14 16 18 20 22 24 26 28 30 32 12 14 16 18 20 22 24 26 28 30 32

Source: Authors' simulation results.


26

Graphique 4. Scénarios prévoyant que les ressources pétrolières s'épuiseront


d'ici 2032
10 40
DPNP (en % du PIB) Dette/PIB (en %)
9
35

8
30
7

25
6

5 20

4
15

3
10
2

5
1

0 0

8 8
Croissance du PIB réel hors pétrole (en %) Croissance du PIB réel total (en %)
7 7

6 6

5 5

4 4

3 3

2 2

1 1

0 0

Augmentation avec réforme Augmentation sans réforme Prudent

Source : résultats de la simulation des auteurs.


1/ Le scénario d'augmentation avec réforme et le scénario prudent prennent comme hypothèse un

indice d'efficience de l'investissement plus élevé que la moyenne historique. Le scénario


d'augmentation sans réforme présume que cet indice ne change pas. Les deux scénarios
d'augmentation supposent que l'investissement public augmente, pour atteindre 10 % du PIB en
2032 (contre 6,5 % en 2012). Le scénario prudent prend comme hypothèse une augmentation de
l'investissement public de seulement 0,04 point de pourcentage par an.
27

Curieusement, conformément aux ouvrages consacrés aux pays riches en ressources, le


scénario d'augmentation avec réforme et le scénario prudent supposent une première
réduction du PNDP (après un ample déficit initial, soit environ 6,5 % du PIB). Le PNDP ne
cesse de diminuer tandis que le ratio d'endettement est maintenu à un niveau soutenable en
2012–32 (graphique 4). Cet objectif est atteint essentiellement grâce à une croissance plus
élevée et à un recouvrement plus efficace des recettes, comme établi dans FMI (2012), qui
fait remarquer que cette question présente un intérêt particulier dans les pays riches en
ressources ayant des horizons courts pour les réserves. Dans une certaine mesure, les
préoccupations de viabilité à long terme sont reflétées dans l'utilisation de l'approche du
revenu permanent pour déterminer les points d'ancrage budgétaire appropriés pour ce type de
pays.

C. Scénario "augmentation sans réforme"

Dans le scénario d'augmentation sans réforme aucune réforme n’est engagée pour améliorer
la gouvernance et l'efficacité de l'investissement public ; et en l'occurrence, il n'y a pas de
phénomène d'attraction du secteur privé39. Le scénario présume que l'efficience de
l'investissement public est plus faible que dans les deux autres scénarios (φ =0,45). La
simulation montre qu'un indice d'efficience plus bas va de pair avec une croissance plus
faible du PIB non pétrolier, qui va de pair avec un PNPD plus important et des ratios
dette/PIB et dette/PIB non pétrolier plus élevés. L'efficience de l'investissement, en plus de sa
quantité, a donc un effet déterminant sur la croissance. Ce résultat rejoint ceux de
Chakraborty et Dabla-Norris (2009) et al., Esfahani et Ramirez, 2003 et Hulten, 1996, par
exemple. Au niveau d'efficience donné de l'investissement public, la croissance du PIB réel,
pétrole exclu semble être limité à moins de 2,5 % à long terme si l'on considère que
l'investissement public atteindra 10 % du PIB en 2032. Ce scénario montre aussi qu'une dette
publique plus lourde semble exercer un effet de frein sur la croissance. Cette constatation est
corroborée par Reinhart et Rogoff (2010).

VII. CONCLUSION

Les auteurs montrent ici, au travers d'un modèle EGSD à petite échelle appliqué au
Cameroun qu'il pourrait être justifié de s'écarter de l'approche du revenu permanent en cas
d'importants besoins d'investissement. Le modèle intègre i) des recettes pétrolières épuisables
et volatiles; ii) l'impact de l'investissement sur la croissance hors pétrole; et iii) un examen de
la dynamique de la dette explicite et d'une fonction de réaction budgétaire.

39
Ce scénario sert à illustrer le risque d’une absence d’amélioration de la gouvernance, qui peut rendre
insuffisant le recours aux recettes tirées des ressources naturelles pour stimuler la croissance et améliorer les
indicateurs sociaux.
28

Dans l'ensemble, les résultats obtenus confirment que l’investissement public financé par les
recettes pétrolières contribuent, tant pas son ampleur que par son efficience, à renforcer la
croissance au Cameroun. L'investissement public agit sur la croissance du fait qu’il accroît
les stocks de capital public. Sa complémentarité avec l'investissement privé semble être le
principal canal de transmission. Toutefois, ces résultats sont conditionnés par un niveau
présumé d'efficience, qui est plus proche de ce qui est observé dans les pays à revenu
intermédiaire type.

Quelques conclusions, quoi que préliminaires, peuvent être tirées des résultats et analyses
des simulations. Le pays présente d’importants goulets d'étranglement dans l'infrastructure et
dispose d'une marge de sécurité budgétaire limitée, de réserves pétrolières qui s'amenuisent et
d'un accès aléatoire au financement. Dans ce contexte, le pays pourrait envisager une
stratégie budgétaire à moyen terme viable prévoyant une augmentation graduelle de
l'investissement public financé par les recettes pétrolières. Si le volant (ou coussin) de
réserves budgétaires existant ne suffit pas, emprunter pour financer l'investissement pourrait
être justifiable, à condition que les réformes améliorent véritablement la qualité de
l'investissement. Les travaux de recherche des auteurs soulignent l'importance des réformes.
Si le scénario avec réforme offre des résultats relativement meilleurs, le scénario sans
réforme a tendance à freiner la croissance et affaiblit les résultats budgétaires au cours du
temps. Par conséquent, les réformes structurelles devraient présenter des conditions qui
améliorent l'efficience de l'investissement public et les résultats budgétaires (une assiette
fiscale élargie et un meilleur recouvrement des impôts, dont les redevances d'utilisation). De
plus, les points d'ancrage budgétaire qui ciblent un ratio d'endettement à moyen terme et le
déficit primaire non pétrolier pourraient intégrer une marge suffisante pour faire face à
l'incertitude (par exemple, les résultats montrent que les intervalles d'erreurs de +/- 2 erreurs
types autour des indicateurs budgétaires et d'endettement sont relativement étroits). C’est
important compte tenu de la volatilité des cours pétroliers et de la nécessité pour le
gouvernement de disposer d'un niveau confortable de réserves pour amortir les chocs
exogènes. Le dispositif présenté ici est conforme aux avis du FMI dans les pays à faible
revenu, riches en ressources parce qu’il a été conçu pour assurer un niveau tenable de
production non pétrolière de façon à ancrer la viabilité à moyen et long terme. Toutefois, ces
conclusions reposent sur l'hypothèse principale que les questions liées à l'investissement
public (sa budgétisation, son ampleur et son efficience) soient vite résolues de façon que
l'investissement public rapporte des dividendes de croissance.
29

ANNEXE. CONDITIONS DE PREMIER ORDRE

Procédant aux substitutions correspondantes dans l'équation (2) et optimisant la fonction


objective décrite en (1), il est possible de démontrer que les conditions intra et
intertemporelles pour la consommation privé sont indiquées par les conditions de premier
ordre décrites par les équations40 (A.1.)–(A.3.)

C t  t (A.1.)
(A.2.)

(A.3.)

Ct, Kt, et l'opérateur de Lagrange t (ou prix de référence) redistribuent les termes de
l'équation pour obtenir l'expression du problème représentatif figurant en (1) et satisfont aux
conditions de premier ordre :

La productivité du capital public est donnée par

40
Les auteurs mettent l'accent sur les conditions de premier ordre pour trouver des solutions optimales reposant
sur la méthode de Lagrange et il n'est pas nécessaire de connaître la valeur pour résoudre le problème
d'optimisation dynamique.
30

Graphique 5. Cameroun: principaux indicateurs économiques, 1980–2010

9.5 2.3 8 Croissance du PIB pétrolier réel 6.3


Croissance du PIB réel hors pétrole
(Log constant, 2000 = 100) (Log constant, 2000 = 100)

7 Niveau 5.3
9
1.8 (g)

6 4.3
8.5
Tendance (g)
Niveau (g) 1.3
Tendance
5 (g) 3.3
8

0.8 4 2.3

7.5
Composante cyclique 3 1.3
(d) 0.3
7 Composante cyclique
2 (d) 0.3

-0.2
6.5
1 -0.7

6 -0.7 0 -1.7

8 6 10 2.8
Déficit primaire non pétrolier Dette publique
(en % du PIB hors pétrole) (Log du niveau de la dette, en millions de dollars)
9.5 2.3
6 4
Niveau (g) 1.8
Tendance
(g) 9

1.3
4 2 8.5
Composante cyclique Tendance
(d) (g) 0.8
8
2 0 Composante cyclique 0.3
(d)
7.5
-0.2
0 -2
7
Niveau (g) -0.7

6.5 -1.2
-2 -4

6 -1.7

-4 -6

Sources : Statistiques f inancières internationales 2012 ; et calculs et estimations des auteurs.


31

Graphique 5 (Suite). Cameroun : principaux indicateurs économiques, 1980–2010

7 Investissement public 12
PIB constant
(Log de milliards de F CFA, 2000=100) (Log de milliards de F CFA, 2000=100)
6
10
Tendance
5
Tendance
8
4 Niveau

3 Niveau 6

2
4

1
Composante cyclique 2
0 Composante cyclique

0
-1

-2 -2

5 5
Inflation hors pétrole Inflation pétrolière
(Log de l'indice, 2000=100) (Log du prix du baril, en dollars)
4.8 1
4
4.6
0.8 Tendance
4.4
3

4.2 0.6
Niveau Niveau
4 2
Tendance 0.4
3.8
1
3.6 Composante cyclique 0.2
(d)
Composante cyclique
3.4
0
0
3.2

3 -0.2 -1
1980
1982
1984
1986
1988
1990
1992
1994
1996
1998
2000
2002
2004
2006
2008

Source: Statistiques financières internationales 2012 ; et calculs et estimations des auteurs.


32

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