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LA COTATION FONCTIONNELLE

La cotation fonctionnelle

I - Généralités

I.1 La cotation fonctionnelle : Pourquoi ?

Un mécanisme est constitué de différentes pièces. Pour que ce système fonctionne, des conditions

La cotation

doivent être assurées (jeu, dépassement, serrage, réserve de filetage, montage

fonctionnelle permet la recherche des différentes cotes à respecter pour le bon fonctionnement du

mécanisme : elle permet la détermination des spécifications fonctionnelles du système.

).

Les cotes obtenues sont appelées cotes fonctionnelles.

I.2 La cote condition

r

La cote condition J est un vecteur qui exprime une exigence fonctionnelle.

Les 2 éléments qui limitent la cote condition sont appelées surfaces terminales.

Les surfaces de contact entre les pièces sont appelées surfaces de liaison.

Si la cote condition est positive on parle de jeu, dans le cas contraire on parle de serrage.

a a 1
a
a
1

3

Par convention, la cote condition (cc) sera représentée par un vecteur à double trait.

Une cc horizontale sera dirigée de gauche à droite (). Une cc verticale sera dirigée de bas en haut ( ).

 

r

Dans l'exemple ci-dessus, le jeu

J =

J

doit être positif pour éviter que le serrage de l'écrou supérieur

ne vienne appuyer la rondelle sur le palier lisse mais sur l'arbre.

I.3 Etablissement d'une chaîne de cotes

Une chaîne de cotes est un ensemble de cotes nécessaires et suffisantes au respect de la cote condition.

LA COTATION FONCTIONNELLE

Dans l'exemple ci-dessus, le jeu ne doit pas dépasser une valeur limite au delà de laquelle le mouvement axial du palier 1 deviendrait trop important.

Voici quelques règles simples qui s'appliquent à la construction des chaînes de cotes. La chaîne de cotes débute à l'origine du vecteur condition et se termine à son extrémité, de sorte que :

r

r J = a

1

r

+ a

3

1 - Chaque cote de la chaîne, commence et se termine sur la même pièce. Le problème initial est de coter les différentes pièces du mécanisme ;

2 - Il ne peut y avoir qu'une seule cote par pièce dans une même chaîne de cotes. La chaîne de cotes doit être la plus courte possible, afin de faire intervenir le moins de cotes possible. Si deux cotes de la chaîne appartiennent à la même pièce, c'est qu'il existe une chaîne de cotes encore plus courte réalisant le même vecteur condition ;

3 - Le passage d'une cote de la chaîne à la suivante se fait par la surface d'appui entre les deux pièces cotées. En effet, la fermeture vectorielle exprimée plus haut n'a de sens que si les origines des différents a i correspondent aux extrémités du a j précédent ;

La relation vectorielle écrite plus haut conduit en projection, aux relations suivantes :

J = a

1

a

3

JMAXI = a MAXI a mini Jmini = a mini a MAXI

1

1

3

3

pour les cotes nominales

pour les conditions extrêmes

La différence entre les deux dernières équations conduit à la relation sur les intervalles de tolérance :

IT

J

= IT

a1

+ IT

a3

4 - La somme des intervalles de tolérance des cotes intervenant dans une chaîne de cotes est égale à l'intervalle de tolérance de la cote condition. Cette propriété impose de choisir pour les cotes conditions de IT les plus larges possibles, afin de réduire le coût des pièces entrant dans la constitution de la chaîne.

Etablissement d’une chaine minimale de cotes - méthode -

Rechercher la fonction à assurer sur le dessin d’ensemble du système Repérer les surfaces fonctionnelles
Rechercher la fonction à assurer sur le
dessin d’ensemble du système
Repérer les surfaces fonctionnelles -
les surfaces terminales et de liaison
r
Installer le vecteur cote condition
J
r
A partir de l’origine de
J , tracer le vecteur qui aboutira
à la surface de liaison située sur la même pièce
Joindre, dans l’ordre indiqué par le sens de la condition, les
appuis consécutifs des pièces intermédiaires
Le dernier appui appartient à la dernière pièce, le dernier
r
vecteur va donc du dernier appui à l’extrémité de
J

LA COTATION FONCTIONNELLE

II – La cotation par la méthode iso-qualité

2.1- L'intervalle de tolérance

Une pièce peut être mesurée de façon précise, à l'aide d'un pied à coulisse, d'un micromètre ou d'un

autre instrument de mesure. On accède de cette façon à la dimension de la pièce. Sur un dessin technique, les solides sont modélisés. On y indique les dimensions admissibles pour le bon fonctionnement à l'aide des cotes. Celles-ci sont constituées d'une cote nominale et d'un intervalle de tolérance (IT) autour de cette cote nominale.

Le problème de la cotation est lié au problème de la fabrication des pièces mécaniques. La dispersion

des dimensions d'une pièce exécutée en série suit une distribution gaussienne. Cette dispersion varie

suivant le procédé utilisé. Les pièces se trouvant en dehors de l'IT iront au rebut. La réduction de l'IT a

pour conséquence d'augmenter considérablement le coût d'une pièce.

De plus, on comprend qu'une précision importante sera plus difficile à obtenir sur un cylindre de 100

mm de diamètre que sur un cylindre de 10 mm de diamètre. La méthode retenue pour prendre en

compte ces différentes remarques est le système ISO : On affecte à une pièce une dimension

nominale prise de préférence dans les dimensions de la série Renard de façon à pouvoir utiliser un outillage normalisé ; on définit l'intervalle de tolérance (qui n'est plus forcément centré autour de la

cote nominale) par deux symboles :

- une lettre caractérisant la position de l'IT par rapport à la cote nominale

- un chiffre caractérisant l'amplitude de l'IT.

En ce qui concerne les lettres, les minuscules sont réservées aux pièces contenues (arbres,

majuscules aux pièces contenantes (alésages,

).

) et les

La classe de qualité d'une tolérance (symbolisée par un chiffre) caractérise la valeur de l'IT. Cet intervalle varie de façon discrète en fonction de la cote nominale . La relation liant la valeur moyenne de l'IT en fonction de la cote nominale est du type :

IT = k 3
IT = k
3

dans laquelle k est l'indice de classe

INTERVALLE DE TOLERANCE EN FONCTON DE LA COTE NOMINALE 120 100 q = 5 80
INTERVALLE DE TOLERANCE EN FONCTON DE LA COTE
NOMINALE
120
100
q
= 5
80
q
= 6
q
= 7
60
q
= 8
40
q
= 9
20
0
0
25
50
75
100
125
150
175
200
intervalle de tolérance en micron

cote nominale en mm

Le tableau ci-après donne la corrélation entre les valeurs des indices k et les valeurs de la classe de qualité q. La valeur de l'IT est donc de plus en plus grande pour des indices de classe de plus en plus grands.

LA COTATION FONCTIONNELLE

Pour des usinages précis, on utilise les classes 6, 7 et 8. Pour une précision moyenne, on utilise les classes 10, 11 et 12. Les classe 4 et 5 sont réservées à des qualités exceptionnelles d'usinage.

q

4

5

6

7

8

9

10

11

12

k

2

3,3

4,6

7,5

11,5

18,5

30,5

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2.2 - Le principe de cotation iso-qualité

La règle 4 ci-dessus relie l'IT de la cote condition aux IT qui interviennent dans la chaîne par la relation :

IT

J

=

i

IT

ai

(1)

Cette dernière relation assure que le montage sera possible même si toutes les dimensions des pièces à assembler sont aux extrémités de leur IT. Mais cette dernière situation a une probabilité assez faible. Aussi, lors de la réalisation de pièces en série, puisque la répartition des dimensions des pièces est du type gaussien, il est préférable d'utiliser, pour une question de coût, une répartition plus rationnelle des IT dès que le nombre de cotes dans la chaîne étudiée est suffisant ; on montre qu'alors :

2

IT

J

=

2

ai

IT

2.3 - La méthode de résolution iso-qualité

(2)

Dans une liaison, il n'est pas rare qu'une même cote a i intervienne dans plusieurs chaînes (j). La résolution doit se faire alors de façon globale.

Supposons qu'il y ait k cotes intervenant dans la réunion de toutes les chaînes de cotes. Il faut alors écrire ces n chaînes sous la forme :

J

j

i

=

k

=

i = 1

ij

a

i

et

p

Jj

IT

i

=

k

=

i

= 1

ij

p

ai

IT

dans lesquelles, p est un exposant qui vaut 1 si les chaînes contiennent moins de 4 cotes, et 2 dans le cas contraire. ij est un chiffre qui vaut -1, 0 ou +1 suivant le sens de la cote dans la chaîne lorsqu'elle intervient.

Parmi les k cotes certaines proviennent de composants du commerce, supposons leur nombre égal à m. Leur cote moyenne et leur IT sont imposés. Il reste donc à déterminer les k-m cotes restantes. Pour ces cotes, on peut exprimer que :

IT

ai

= k a

i

1/3

i

p

Jj

IT

m

=

i

1

ij

p

ai

IT

=

i

k

=

+

m

1

ij

p

i

k

a

p /3

i

Si l'on souhaite une iso-qualité pour chaque chaîne j, l'indice de qualité associé à chaque cote a i doit être identique pour toutes les cotes de la chaîne. On pose ainsi :

k i = k j , et l'on cherche la plus petite valeur des k j , que l'on calcule par :

k

j


=

 

m p p IT ∑ IT Jj ij ai i = 1 k p /3
m
p
p
IT
IT
Jj
ij
ai
i
= 1
k
p /3
a
ij
i
i
=
m
+
1



On peut alors déterminer toutes les cotes de la chaîne correspondante. On considère maintenant ces cotes comme connues et l'on recommence le procédé pour les n-1 chaînes restantes. On remplace

LA COTATION FONCTIONNELLE

les cotes obtenues qui deviennent des grandeurs connues au même titre que les composants du commerce et on cherche le nouvel inf (k j )

2.4 - Application

Reprendre l’articulation dont on a modifié localement certaines longueurs pour faire apparaître les jeux de manière visible. Après avoir tracé les chaînes de cotes des conditions Ja et Jb, appliquer la méthode décrite au § précédent pour déterminer les tolérances sur les solides 1, 2 et 3 afin que les jeux fonctionnels Ja et Jb soient respectés. On prendra :

a

1

= 21,5 ,

a

3

= b

3

= 22 ,

b

1

= 2,5 ,

b

2

= 19 ,

Ja

=

0,3

±

0,15

et

Jb

=

0,5 ±

0,2

(la lettre correspond à la condition et le chiffre au solide coté.)

2.5 - Les conditions unilimites

La méthode iso-qualité atteint ses limites lorsque l'on se trouve dans le cas de conditions unilimites. Prenons l'exemple ci-après :

de conditions unilimites. Prenons l'exemple ci-après : Deux solides s'emboîtent, par l'intermédiaire

Deux solides s'emboîtent, par l'intermédiaire d'une rainure et des exigences fonctionnelles plus ou moins évidentes, imposent les cotes conditions J A et J B .

Suivant la direction des efforts appliqués dans la liaison, la surface d'appui est différente et l'on aboutit à deux configurations :

b' 2

J A 2 J B 1
J
A
2
J
B
1
b' 1 2 J B 1 a 2 J A a 1
b' 1
2
J
B
1
a
2
J
A
a
1
J A 2 a 2 J B b a 1 1 1 b 2
J
A
2
a
2
J
B
b
a
1
1
1
b
2

Dans les deux cas, la localisation de J A à droite ou à gauche du guidage n'a pas d'effet sur la chaîne de cotes. Ce sont toujours a 1 et a 2 qui interviennent. Par contre, suivant le contact, la chaîne de cotes équivalente à J B est différente. Dans un cas on fait intervenir b 1 et b 2 , dans l'autre b' 1 et b' 2 . Les équations qui en découlent sont :

J A = a 1 - a 2

et

ITJ A = ITa 1 + IT a 2

J BMAXI = b 2MAXI - b 1mini J Bmini = b' 2mini + b' 1MAXI

Les cotes b i et b' i sont unilimites, la notion d'intervalle de tolérance n'a plus de sens. Il n'est plus possible de résoudre ce type de problème par la méthode iso-qualité. De plus, si on reporte ces cotes sur chacune des pièces 1 et 2, on remarque qu'il y a surabondance de la cotation.

b’ 2mini

  a 2 ± a 2   b 2MAXI    
 

a 2 ± a 2

 

b 2MAXI

  a 2 ± a 2   b 2MAXI
  a 2 ± a 2   b 2MAXI    
  a 2 ± a 2   b 2MAXI    
 
   
 
   

b' 1MAXI

  a 1 ± a 1 b 1mini  
  a 1 ± a 1 b 1mini  
 

a 1 ± a 1

b

1mini

  a 1 ± a 1 b 1mini  
  a 1 ± a 1 b 1mini  
 

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En effet, la pièce 1 réalisée en respectant les cotes a 1 et b 1 peut être plus longue que la condition b' 1MAXI imposée. Il est donc nécessaire d'analyser plus finement ces conditions. Si on reporte autour de la pièce les zones possibles occupées par les plans orthogonaux à la chaîne. On a :

b 2mini a 2MAXI b' 2MAXI a 2mini
b
2mini
a
2MAXI
b' 2MAXI
a
2mini
b' 1MAXI a 1MAXI b 1mini a 1mini
b' 1MAXI
a 1MAXI
b 1mini
a 1mini

Pour que les conditions unilimites soient compatibles, il faut que :

b

1MAXI

b

2mini

> a

1MAXI

+ b

1mini

< a

2mini

+ b'

2MAXI

En ce qui concerne la démarche de résolution des problèmes contenant des conditions bi-limite et unilimite, on procède de la façon suivante :

On résout en premier lieu, par une méthode d'iso-qualité, le système des chaînes de cotes bilimites ;

On reporte ensuite les valeurs obtenues dans le système des chaînes unilimites ;

de

On

résout

les

équations

aux

dimensions

restantes

en

respectant

les

conditions

compatibilité.