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la revue gestion et organisation 10 (2018) 137–153

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Effet des caractéristiques du comité d'audit sur la


divulgation du capital intellectuel

Ibtissem Kaabi *, Mohamed Tahar Rajhi


Faculté des sciences économiques et de gestion de Tunis, université Tunis El Manar, B.P 248, El Manar II, 2092 Tunis, Tunisie

info article sume


re 

Historique de l’article : L'objectif de notre recherche est d'examiner l'effet des caractéristiques du comité d'audit sur
Reçu le 12 janvier 2018 la divulgation du capital intellectuel et ses trois composantes à travers un échantillon de
Reçu sous la forme révisée le 90 entreprises françaises cotées en bourse. Les résultats de régression montrent que la taille,
4 avril 2018 l'expertise financière, la fréquence des réunions, la présence de la femme et l'ancienneté des
Accepté le 8 septembre 2018 membres n'ont aucun effet sur la divulgation du capital intellectuel. Alors que, l'indépen-
Disponible sur Internet le 19 dance, la présence des membres indépendants étrangers, la multitude des mandats et l'âge
septembre 2018 des administrateurs du comité affectent significativement et négativement la diffusion
d'information. Cependant, les résultats prouvent également que cette divulgation est
Mots clés: positivement liée à d'autres facteurs tels que la taille de l'entreprise et l'interaction entre
Comité d'audit les membres indépendants au sein du comité d'audit et l'audit externe.
Caractéristiques © 2018 Holy Spirit University of Kaslik. Publishing services provided by Elsevier B.V. This
Divulgation is an open access article under the CC BY-NC-ND license (http://creativecommons.org/
Capital intellectuel licenses/by-nc-nd/4.0/).

abstract

This study investigates the influence of audit committee characteristics on intellectual


Keywords: capital disclosure and its three components of 90 French listed companies. Based on content
Audit committee analyse, the empirical results of regression reveal that size, financial expertise, frequency of
Characteristics meeting, female presence and tenure are not associated with intellectual capital disclosure.
Disclosure However, independance, presence of independant foreign member, multiple directshipship
Intellectual Capital and member's age are negatively associated with information disclosure. Whilist, we found
this disclosure is positively related to others factors such firm size and interaction between
independent member of audit committee and the external audit.
© 2018 Holy Spirit University of Kaslik. Publishing services provided by Elsevier B.V. This
is an open access article under the CC BY-NC-ND license (http://creativecommons.org/
licenses/by-nc-nd/4.0/).

* Auteur correspondant.
Adresses e-mail : ibtissem.kaabi8@gmail.com (I. Kaabi), mt.rajhi@gmail.com (M.T. Rajhi).
https://doi.org/10.1016/j.rgo.2018.09.003
2214-4234/© 2018 Holy Spirit University of Kaslik. Publishing services provided by Elsevier B.V. This is an open access article under the CC
BY-NC-ND license (http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/4.0/).
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1. Introduction

Après les scandales financiers et la faillite inattendue des grands groupes internationaux (Eron, Wordlcom et Vivendi), il est
devenu indispensable pour les entreprises cotées de mettre en œuvre tous les moyens et les dispositifs de contrôle nécessaires
pour instaurer la transparence et restaurer la confiance perdue des investisseurs sur la fiabilité des informations publiées. Bien
plus, ces scandales ont été expliqués par la défaillance du système de gouvernance ou le dysfonctionnement de l'un de ses
mécanismes internes. À cet égard, ces mécanismes de gouvernance sont appelés à accroître la qualité et la quantité de la
divulgation volontaire d'information, notamment celle relative au capital intellectuel (Cerbioni & Parbonetti, 2007).
Particulièrement, reconnu comme « le rouage essentiel de gouvernement d'entreprise1 », le comité d'audit se distingue, par ses
responsabilités, comme le premier dispositif engagé dans le contrôle de la qualité de l'information et celle des rapports financiers
(Persons, 2009). De ce fait, ce comité joue un rôle crucial dans la satisfaction des besoins des investisseurs par sa veille à une
information claire, complète et pertinente (Arcay & Vazquez, 2005) et à la protection des intérêts des actionnaires par la suivie
permanente des activités du conseil rapport de Smith (2003). Il assure, en d'autres termes, une divulgation volontaire notable pour
accomplir une évaluation plus adéquate du comportement des membres exécutifs (Samaha, Khlif, & Hussainey, 2015). En effet,
son efficacité influence la gestion et la publication des informations sur le capital intellectuel (Clemente & Labat, 2009). Cependant,
l'efficacité du comité d'audit est appréciée par l'examen de ses caractéristiques. À ce titre, DeZoort, Hermanson, Archambeault, &
Reed (2002) ont attaché explicitement l'efficacité du comité d'audit à ses qualités intrinsèques et ils ont précisé dans leur définition
qu'il s'agit des membres qualifiés possédant le pouvoir et les ressources nécessaires pour défendre et protéger les intérêts des
parties prenantes par une meilleure appréciation de risque et des rapports financiers plus fiables. Il est donc légitime qu'un
appel de désigner des comités d'audit efficaces a été approuvé par les organismes réglementaires2 en France qu'ailleurs dans le
monde. Dans le contexte français, l'apparition de LSF (2003) ainsi que les rapports Viénot (1995), Viénot (1999), Bouton (2002)
étaient le résultat d'une sérieuse réaction législative pour promouvoir la transparence dans les pratiques de divulgation
d'informations.
De surcroît, mettre en premier rang le rôle du comité d'audit dans ces pratiques avant les autres dispositifs s'illustre par les
preuves émanant des divers points de vue. Partant d'un point de vue professionnel, les experts comptables des grands cabinets
d'audit externe en France KMPG (2009, 2010, 2015), PricewaterhouseCoopers (2000) et PricewaterhouseCoopers (2015) étaient
toujours proactifs d'accentuer l'intervention du comité d'audit dans le domaine professionnel. Ceci s'est manifesté à travers les
efforts déployés pour établir des rapports, des chartes d'efficacité et des guides de bonnes conduites pour que ces comités
choisissent les pratiques appropriées pour remplir pertinemment leurs responsabilités. Ces efforts sont expliqués notamment par
l'utilité des rapports financiers et l'importance grandissante de leurs contenus3. D'un point de vue académique, de nombreuses
recherches ont souligné que le comité d'audit est intimement lié à la qualité de l'information divulguée et que certaines
caractéristiques ont une influence significative sur cette divulgation. Récemment, les travaux de Othman, Farhana, Siti, & Abdul
Aris (2014), dans le contexte malaisien, ont prouvé que l'ancienneté, les mandats multiples des membres indépendants ont un
effet direct sur la divulgation volontaire d'informations. En revanche, Madi, Ishak, & Abdul Manaf (2014) ont montré dans le même
contexte que les principaux déterminants de la divulgation volontaire sont l'indépendance, la taille et le cumul du mandat des
membres du comité. Dans la même veine, en étudiant les pratiques de divulgation d'éthique aux États-Unis, Persons (2009) a révélé
que la taille du comité et son activité incitent à une meilleure divulgation. Par ailleurs, dans l'analyse des pratiques de divulgation
du capital intellectuel au Royaume Unis, Li, Pike, & Haniffa (2012) ont prouvé que la taille et la fréquence des réunions sont les
principales caractéristiques ayant un effet positif sur cette divulgation. Toutefois, Mangena et Pike (2005) n'ont pas trouvé de
preuve sur la relation entre les caractéristiques du comité d'audit et la divulgation volontaire d'informations. Désormais, le rôle
des comités d'audit français dans la diffusion d'information n'a pas été soulevé d'une manière exhaustive, mais plutôt il a été
traité en se limitant à l'examen de quelques caractéristiques et leurs effets sur la diffusion volontaire (Barros, Boubaker, &
Hamrouni, 2013) et non pas sur la diffusion du capital intellectuel.
De toutes ces considérations, il est motivant de mener une recherche dans le contexte français. Une telle recherche présente de
multiples intérêts, elle va nous permettre de mieux comprendre les attributs des comités d'audit français, d'identifier
explicitement les caractéristiques susceptibles d'influencer la diffusion d'information dans les rapports annuels et d'explorer le
rôle de nouvelles caractéristiques à savoir (la présence de la femme, l'âge des administrateurs, la présence des membres
indépendants étrangers) dans la divulgation du capital intellectuel.
Par conséquent, notre étude essaye de répondre à la problématique suivante : quel est l'effet des caractéristiques du comité
d'audit sur la divulgation du capital intellectuel ? Cette étude a révélé que certaines caractéristiques n'ont aucun effet sur la
divulgation alors que d'autres, à savoir l'indépendance, la présence des membres étrangers indépendants, l'âge et le cumul de
mandats des membres indépendants affaiblissent la diffusion d'informations sur le capital intellectuel et que dans le contexte
français la diffusion est significativement liée à la taille de l'entreprise et l'interaction entre les membres indépendants du comité
d'audit et les auditeurs externes.

1
Cahier de recherche, l'efficacité du comité d'audit — les meilleures pratiques IFACI — 2002 —
2
Chander S, Mehra V (2011).
3
Cahier de recherche publié par l'IFACI : efficacité du comité d'audit : les meilleurs pratiques (Mai 2002).
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Notre travail de recherche est structuré comme suit : la seconde section présentera le cadre théorique à travers lequel les
hypothèses sont formulées. La troisième section énoncera la méthodologie de recherche, l'échantillon, la collecte des données et
la description des variables et leurs mesures pour pouvoir dégager dans la section suivante les résultats empiriques. Alors que la
dernière section sera consacrée pour la conclusion.

2. Revue de la littérature et développement des hypothèses

2.1. Caractéristiques du comité d'audit et la divulgation du capital intellectuel

2.1.1. La taille du comité d'audit


Le nombre d'administrateur est un facteur déterminant de l'efficacité du comité d'audit Pincus, Rusbarsky, & Wong (2004).
Bedard, Chtourou, & Courteau (2004) ont prouvé qu'une taille importante contribue à la résolution des problèmes potentiels
relatifs au processus de reporting financier et son ampleur permet de collecter des avis et des opinions divergents auprès des
différents membres afin d'assurer un contrôle de plus en plus efficace. De même, la théorie de dépendance des ressources soutient
l'idée qu'une taille importante du comité d'audit est susceptible de fournir les ressources et les capacités nécessaires pour mener
efficacement sa responsabilité Madi et al. (2014) et Allegrini et Greco (2013).
Concernant le lien entre la taille et la divulgation d'information, Felo et al. (2003), Pucheta-Martinez et Fuentes (2007) ont prouvé
l'existence d'une relation positive entre la taille du comité d'audit et la qualité de l'information financière. Ainsi, de leur côté, Yang
et Krishnan (2005) ont trouvé une association négative entre la taille et la gestion des résultats. Persons (2009) a affirmé que la taille
est associée à la divulgation d'éthique et que les entreprises avec des comités de grande taille diffusent généralement plus
d'informations sur le capital intellectuel dans leurs rapports annuels Li, Jing, Pike, & Haniffa (2008) et Hidalgo, Garcia-Meca, &
Martinez (2011). Cependant, d'autres recherches ont prouvé des résultats totalement contradictoires. Mangena et Pike (2005) n'ont
pas trouvé de relation entre la taille du comité et l'étendue de la divulgation volontaire dans les rapports financiers intermédiaires
et que les comités de grande taille peuvent probablement subir des pertes de suivi de processus de contrôle à cause des
responsabilités dispersées, Karamanou et Vafeas (2005). D'où l'hypothèse suivante :

H1. La taille du comité d'audit est associée à la divulgation du capital intellectual.

2.1.2. L'indépendance du comité d'audit


Le débat sur l'indépendance du comité d'audit est évoqué par Fama et Jensen (1983). Ces chercheurs ont envisage que le critère
d'indépendance est indispensable pour l'instauration d'une surveillance efficace. Alors que, Carcello et Neal (2003) et Mangena et
Pike (2005) ont contesté cette dernière idée et ils ont révélé que l'indépendance du comité est susceptible d'assurer plutôt la qualité
et la crédibilité des informations publiées. De même, Muttakin et al. (2015) ont soutenu que la mise en place d'un comité
indépendant élargie l'étendue du contrôle et il agit comme un levier incontournable pour renforcer l'indépendance des auditeurs
internes et externes. Également, ces chercheurs ont prouvé que lorsque le comité d'audit est composé majoritairement des
administrateurs indépendants, il est plus probable que ses membres agissent d'une manière objective dans l'évaluation de la
comptabilité, du contrôle interne et des pratiques de reporting financier.
D'un autre côté, les études proposées par Mangena et Tauringana (2007) et McMullen et Raghunanthan (1996) ont prouvé une
relation positive entre l'indépendance des membres du comité d'audit et la qualité d'information alors que d'autres études telles
que celles présentées par Agrawal et Chadha (2005), Yang et Krishnan (2005) n'ont pas réussi de témoigner l'existence d'aucune
relation particulière entre ces deux variables. D'autre part, divers organismes tels que Public Oversight Board (1994) et Blue Ribbon
Committee (1999) ont soutenu que l'efficacité optimale du comité d'audit ne peut être aperçue ou atteinte que si ses membres sont
indépendants, ce qui procure la fiabilité des états financiers.
Klein (2002) a recommandé que l'intégration de plusieurs membres indépendants au sein du comité réduise la présence de
fraude et d'anomalie financière. Chan et Li (2008) ont soutenu cette constatation et ont prouvé que cette intégration renvoie un
respect rigoureux des principes comptables. En outre, Abbott, Parker, & Peters (2004) ont affirmé l'existence d'une relation négative
entre l'indépendance du comité d'audit, la probabilité de fraude et les tentatives de manipulation financière. Dans leur étude
menée sur un échantillon de 171 entreprises américaines, Kouki, Elkhaldi, Atri, & Souid (2011) ont soutenu l'existence de cette
relation en affirmant que l'indépendance du comité d'audit délimite le comportement opportuniste du manager. À cet égard, le
maintien d'indépendance aide le comité à gouverner le conseil dans la mesure où il défavorise sa domination par le dirigeant
Rahman (2010).
De leur part, Persons (2009), Akhtaruddin et Haron (2010), Madi et al. (2014) ont trouvé une relation positive entre
l'indépendance du comité d'audit et la divulgation volontaire d'information ce qui confirme que les membres indépendants
assurent une meilleure divulgation d'informations dans les rapports annuels.
Ainsi, Li et al. (2012) ont testé l'hypothèse relative à l'existence d'une association positive entre l'indépendance des membres du
comité d'audit et la divulgation de capital intellectuel. Cependant leurs résultats empiriques ont confirmé que l'indépendance des
comités d'audit n'a aucun effet sur la divulgation du capital intellectuel, relationnel et structurel alors qu'elle affecte positivement
la divulgation du capital humain. Ces chercheurs ont envisagé qu'un tel résultat inattendu peut être expliqué par le fait que les
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administrateurs indépendants sont plus attentifs à communiquer ces informations à leurs concurrents, alors qu'ils sont incités
à communiquer les informations sur le capital humain pour attirer davantage les employés talentueux. D'où l'hypothèse
suivante :

H2. L'indépendance du CA est associée la divulgation du capital intellectuel.

2.1.3. L'expertise comptable et financière


L'expertise comptable et financière est une qualification faisant preuve à la compétence des ses possédants. Par conséquent,
l'acquisition d'une telle compétence professionnelle par les membres du comité d'audit est nécessaire pour un accomplissement
pertinent de leurs missions. Dans ce sens, une vague de littérature a étudié l'importance de l'expertise dans le bon fonctionnement
des activités de surveillance (Bedard et al., 2004 ; McDaniel, Martin, Maines, & Peecher, 2002 ; Beasley & Salterio, 2001 ; DeZoort
et al., 2001). Ces chercheurs ont affirmé que les connaissances comptables et financières sont directement associées à un
fonctionnement efficace du comité.
En effet, par leur expertise financière avérée, les membres sont capables d'identifier et de résoudre les principaux problèmes de
gestion, d'audit externe et ceux relatifs à la qualité d'information comptable et financière (Bedard & Gendron, 2010).
Les évaluations effectuées par les experts compétents sont susceptibles de renforcer la transparence d'information
financière et d'atténuer par conséquent les problèmes d'agence inhérents à la mauvaise circulation d'information (Madi
et al., 2014). Ces constatations ont été fortement soutenues par d'autres études qui ont prouvé une relation positive
respectivement entre l'expertise avec la qualité d'information financière (Kelton & Yang, 2008) et avec la divulgation volontaire
d'information Akhtauddin et Haron (2010). Également, Persons (2009) a noté que les connaissances comptables ou financières
des membres du comité d'audit est un critère essentiel pour lutter contre les pratiques discrétionnaires, les comportements de
manipulation et les stratégies contraires à l'éthique adoptées par les dirigeants. D'où l'existence d'une corrélation positive a été
prévue par ce chercheur entre la connaissance financière et comptable et la divulgation volontaire d'éthique. D'où l'hypothèse
suivante :

H3. L'expertise financière et comptable est associée à la divulgation du capital intellectual.

2.1.4. La fréquence des réunions


L'organisation fréquente et la tenue régulière des réunions sont interprétées comme des indicateurs d'engagement au travail et
d'activité du comité d'audit. Ainsi, le nombre de réunion au cours d'une année renseigne sur leurs préoccupations et diligences
avec une anticipation que les comités d'audit qui se réunissent d'une manière récurrente, sont jugés comme les plus efficaces dans
la réalisation de leur mission (Xie, Davidson, & Dadalt, 2003).
Li et al. (2008, 2012) ont constaté qu'au moins quatre réunions sont significativement liées à la divulgation volontaire du
capital intellectuel, particulièrement le capital relationnel et structurel. De même, Kelton et Yang (2008) ont confirmé une relation
positive entre la fréquence des réunions et le reporting financier publié sur internet. Cependant, Menon et Williams (1994) ont
indiqué que le nombre de réunion ne renseigne pas nécessairement sur le degré d'accomplissement du travail. De même, Madi
et al. (2014) ont prouvé que le nombre de réunion n'a aucun effet sur la divulgation volontaire d'information. D'où l'hypothèse
suivante :

H4. La fréquence des réunions est associée à la divulgation du capital intellectuel.

2.1.5. La présence des femmes au sein des comités


La féminisation des comités d'audit encourage essentiellement la parité professionnelle, selon Konard et Kramer (2006) la
présence de la femme au sein du comité d'audit peut contribuer à améliorer les pratiques de surveillance et celles de la
gouvernance d'entreprise (Adams & Ferreira, 2009), par conséquent, cette présence réduit les conflits d'agence (Jurkus, Park, &
Woodard, 2010 ; Terjesen et al., 2009). De leur côté et en analysant le comportement des femmes auditeurs, Chung et
Monroe (2001) ont précisé qu'elles sont plus sévères et responsables dans les traitements d'informations dans le cadre des
missions les plus complexes et difficiles en comparaison à leur homologue masculin. En outre, l'efficacité des femmes est
observée également dans leur opinion et jugement professionnel (O'Donnell & Johnson, 2001). Cette efficacité est expliquée
par Cohen, Pant, et Sharp (2001) et que leur intégration améliore la transparence et la qualité de la divulgation au public (Chen
et al. 2016).
Selon Gul, Srinidhi, et NG (2011) une telle composition améliore la quantité informative à travers le mécanisme d'incitation à la
divulgation volontaire. Joy (2008) a suggéré que les participations des femmes favorisent également une communication plus
fiable aux investisseurs. Cependant, Gold, Hunton, et Gomaa (2009) ont signalé que les femmes auditeurs sont perçues moins
compétentes que les hommes. D'où l'hypothèse suivante :

H5. La présence de la femme au sein du comité est associée à la divulgation du capital intellectuel.
la revue gestion et organisation 10 (2018) 137–153 141

2.1.6. La présence des membres indépendants étrangers


L'intégration des membres indépendants étrangers est une nouvelle caractéristique du comité d'audit, cette internationalisa-
tion peut influencer les pratiques de divulgation d'information. Dans ce cadre, Kandel et Lazear (1992) ont considéré la diversité de
nationalité des conseils comme un mécanisme de contrôle. Ils ont expliqué ainsi qu'une grande diversité améliore la surveillance
mutuelle. Cette hétérogénéité fournit, par conséquent, un large éventail de connaissances, d'informations et de ressources par
rapport aux groupes homogènes ou de même nationalité (Horwitz & Horwitz, 2007). Désormais, cette analyse est inversement
interprétée par Adams, Hermalin, et Weisbach (2010) dont ils ont supposé que les administrateurs étrangers sont plus réticents,
voire prudents à fournir et à partager l'information. Ainsi les différences culturelles, raciales et ethniques peuvent affecter la clarté
et l'efficacité des communications ce qui reporte éventuellement la prise de décision adéquate et au temps opportun. Miletkov,
Poulseny, & Babajide Wintoki (2014).

H6. La présence des administrateurs étrangers est associée à la divulgation du capital intellectuel.

2.1.7. La multitude des mandats


Le cumul de mandat représente l'engagement des membres du comité d'audit dans plus qu'un conseil d'administration, de ce
fait, la littérature a dévoilé qu'un tel engagement nécessite plus du temps, d'énergie et d'effort pour pouvoir contrôler efficacement
les activités des gestionnaires (Morck, Shleifer, & Vishny, 1988 ; Persons, 2005).
Liu et Sun (2010) ont constaté que les administrateurs procédant un cumul de mandat sont moins efficaces dans le suivi de la
gestion avec leur occupation absolue ainsi que leur temps insuffisant pour s'acquitter de leur mission. Également, Ferris,
Jagannathan, & Pritchard (2003) ont montré que le cumul des mandats affaiblit les responsabilités des administrateurs. Persons
(2005) a prouvé que les membres du comité d'audit des entreprises frauduleuses sont engagées dans un nombre important de
mandats par rapport à ceux des entreprises non frauduleuses. De ce fait, dans son étude, il a souligné que l'occupation de plusieurs
postes par les membres du comité d'audit est susceptible d'affaiblir leur efficacité et de réduire la divulgation volontaire d'éthique.
Cependant, Hannifa et Cooke (2002) ont précisé que la multitude des mandats aident les administrateurs à diversifier leurs
connaissances vers la découverte de nouvelles politiques et pratiques ce qui améliore la performance de l'entreprise. De même,
Haniffa et Cooke (2005) ont affirmé que l'occupation de plusieurs mandats par les administrateurs du comité d'audit améliore les
pratiques de divulgation d'information. D'où l'hypothèse suivante :

H7. Le cumul des mandants est associé à la divulgation volontaire du capital intellectuel.

2.1.8. L'âge des membres du comité d'audit


L'âge des administrateurs reflète leur expérience ainsi que leur attitude face au risque, Herrmann et Datta (2005). D'après cette
constatation, il est généralement connu que les administrateurs les plus âgés, par leur expérience cumulée, peuvent
considérablement impacter la performance de l'entreprise. Tandis que les plus jeunes sont les plus flexibles aux changements
Hambrick et Mason (1984) et à l'adoption des nouvelles idées et stratégies. Zajac et Westphal (1996). Dans ce sens,
Sartawi, Hindawi, Basoul, & Ali (2014) ont révélé une relation positive entre la divulgation volontaire d'information et l'âge
des administrateurs au sein du conseil d'administration. Ils ont affirmé que les administrateurs les plus âgés sont plus
indépendants et détiennent une bonne connaissance sur l'entreprise, son fonctionnement et ses performances. D'où
l'hypothèse suivante :

H8. L'âge des membres du comité d'audit est associé à la divulgation du capital intellectuel.

2.1.9. L'ancienneté des membres indépendants du comité d'audit


L'ancienneté des administrateurs indépendants renseigne généralement sur la qualité de ces derniers, elle favorise une
meilleure performance, efficacité de surveillance, expertises et expériences éligibles pour assurer un bon fonctionnement de
l'entreprise Bedard et al. (2004) et Thoopsamut et Jiakengkit (2009). En effet, un membre du comité indépendant qui manque
d'ancienneté peut rendre sa capacité de contrôler l'équipe dirigeante inefficace Persons (2009). Dans ce sens, Sahgal (2013) ont
constaté que les administrateurs avec une ancienneté notable sont plus susceptibles d'être présents dans les entités où l'équipe
dirigeante a moins de dominance.
Selon une étude dévoilée par Yang et Krishnan (2005) et Liu et Sun (2010), une relation négative a été affirmée entre la durée
moyenne vécue par les membres du comité et la manipulation des résultats. De même, Persons (2005) a constaté qu'une longue
ancienneté réduit la probabilité de risque de fraudes. De ce fait, les chercheurs initialement invoqués, ont prouvé que cette
ancienneté est considérée pertinente dans les pratiques de contrôle et de surveillance dont elle contribue à une divulgation
supplémentaire d'éthique.

H9. L'ancienneté des membres est associée à la divulgation du capital intellectuel.


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2.1.10. L'actionnariat des membres du comité d'audit


La protection des richesses des actionnaires nécessite un contrôle autonome sans influence édictée par les différentes parties
exécutives. Dans ce sens, Mangena et Pike (2005) ont mentionné qu'une participation élevée des membres du comité d'audit risque
d'affaiblir leur indépendance, objectivité et leur capacité de surveillance. Ces chercheurs ont prouvé également que cette
participation les amène à agir dans leurs propres intérêts au détriment des autres actionnaires. De même, l'actionnariat des
membres de comité d'audit est un vrai préjudice qui menace l'indépendance absolue des vérificateurs Li et al. (2012). Dans ce
cadre, Bronson et al. (2009) ont prouvé l'existence d'une relation positive entre la participation actionnariale de directeur du comité
d'audit et la révocation des auditeurs.
Ainsi, il a été prouvé par Mangena et Pike (2005) que l'actionnariat des membres de comité d'audit est négativement corrélé à la
divulgation d'information sur le capital intellectuel dans les rapports intermédiaires des entreprises britanniques. D'où
l'hypothèse suivante :

H10. L'actionnariat des membres du comité d'audit est associé à la divulgation du capital intellectual.

3. Méthodologie de recherche

3.1. L'échantillon

L'échantillon initial de notre étude est composé de 154 entreprises françaises cotées du CAC ALL TRADABLE. Ces entreprises
appartiennent aux secteurs industriels, de service et technologique. Le choix de ces secteurs est expliqué par le fait que la
divulgation du capital intellectuel est considérable dans certains secteurs par rapport à d'autres. Notre choix est justifié,
également, par les affirmations de Pike, Rylander, & Ross (2002) et Bontis (2003) qui ont énoncé que le capital intellectuel est un
facteur déterminant dans l'évaluation des entreprises de haute technologie. Alors que le choix du secteur industriel a été apprécié
dans les études élaborées par Williams (2001).
La classification sectorielle a été effectuée selon les normes internationales de classification de secteur en se référant au site
officiel de la Bourse de Paris « Boursorama4 ». Ainsi, il est important de signaler que la sélection des entreprises a été faite selon leur
activité de base5.
La collecte des données est effectuée à partir les documents des références (rapports annuels) des entreprises sélectionnées.
D'autres sources secondaires sont utilisées tels que les rapports de contrôle interne et le réseau social professionnel LinkendIn.
Lors de cette collecte, nous avons écarté les entreprises réalisant une introduction en bourse en 2013. Ces entreprises diffusent
considérablement dans leurs rapports des informations volontaires. Cette diffusion accrue peut ne pas indiquer une diffusion
habituelle, mais plutôt une divulgation pour des raisons relatives à leur introduction afin de renforcer la confiance des
investisseurs Haniffa et Cooke (2002).
Nous n'avons pas retenu parmi notre échantillon les entreprises choisissant de se situer dans le cadre d'exemption prévu par
l'article L823-20-46 du code de commerce qui autorise au conseil d'administration de remplir lui-même les fonctions de contrôle et
de la vérification et qu'il se réunit sous forme du comité d'audit. Nous avons également exclu les entreprises dont leurs sites web
officiels sont inaccessible et leurs données financières ou celles de la gouvernance sont manquantes. En effet, notre étude
empirique est menée sur un échantillon final composé de 90 entreprises françaises cotées.

3.2. Définition et mesures des variables

3.2.1. La variable de la divulgation du capital intellectuel (IDCI)


La variable dépendante dans notre étude est présentée par l'indice de la divulgation global du capital intellectuel (IDCI), cette
variable sera étudiée à partir de ses 3 indices relatifs à ses trois catégories à savoir l'indice de divulgation du capital humain (IDCH),
l'indice de divulgation du capital structurel (IDCS) et l'indice de divulgation de capital relationnel (IDCR).
De ce fait, cette variable a été opérationnalisée au regard des études dévoilées par Muttakin et al. (2015), Guthrie et Petty (2000),
Brennan (2001), Abeysekera et Guthrie (2005).
Pour procéder à la détermination de cet indice de divulgation, une liste de 65 items a été identifiée des travaux de Li et al. (2008),
Abeysekera et Guthrie (2005) et Beattie et Thomson (2004, 2007).

4
http://www.boursorama.com/
5
C'est-à-dire, nous avons écarté les entreprises qui appartiennent à un secteur particulier alors que la totalité de leur chiffre d'affaire
provient d'une autre catégorie d'activité. Ce choix est expliqué par l'analyse de la taille de l'entreprise qui est approximée par les chiffres
d'affaires réalisés par les enterprises.
6
« Les personnes et entités disposant d'un organe remplissant les fonctions du comité spécialisé mentionné à l'article L. 823-19, sous
réserve d'identifier cet organe, qui peut être l'organe chargé de l'administration ou l'organe de surveillance, et de rendre publique sa
composition. ».
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Une grille de calcul de score a été effectuée en adoptant une analyse dichotomique de sorte que l'indice calculé sera compris
entre deux valeurs extrêmes 0 < IDCI < 1. De ce fait, le total de l'indice de la divulgation du capital intellectuel est calculé pour
chaque entreprise de l'échantillon sous forme d'un ratio donc c'est évident qu'il sera exprimé en pourcentage. (Khodadadi,
Khazami, & Aflatooni, 2010).

X
nj
Xij
t¼1
IDCI j ¼
nj

8
>
> nj ¼ Nombre total d0 items divulguésð65 itemsÞpar l0 entreprise j
<
j varie ½1::::90
>
> n ¼ 65
:
Xij ¼ 1 si un item des 3 catégories du capital intellectuel identifié dans la liste est diffusé dans les rapports annuels: ¼ 0 sinon

Pour examiner la cohérence interne de l'indice de la divulgation, nous avons utilisé le coefficient alpha de Cronbach (1951).
Dans ce cadre, Gul et Leung (2004) ont affirmé qu'une valeur supérieure à 0,7 indique une faible erreur dans la mesure adoptée.
Dans notre étude, le coefficient de cohérence interne est égal à 0,83. Cette valeur est strictement supérieure à 0,7.

3.2.2. Les variables des caractéristiques du comité d'audit


3.2.2.1. La taille du comité d'audit. La taille du comité d'audit (TAILLECA) est déterminée par le nombre total des administrateurs
au sein du comité d'audit.
Cette variable a été approximée de cette façon par Mangena et Pike (2005), Li et al. (2008, 2012), Persons (2009), Hidalgo et al.
(2011), Othman et al. (2014) et Madi et al. (2014).

3.2.2.2. L'indépendance des membres du comité. L'indépendance des membres du comité d'audit (INDCA) est mesurée par
le rapport entre le nombre d'administrateurs indépendants et le nombre total d'administrateurs composants le comité
d'audit.
Cette mesure est adoptée dans les travaux de Persons (2009), Ismail, Iskander, & Rahmat (2008), Hidalgo et al. (2011), Li et al.
(2012), Othman et al. (2014), Madi et al. (2014).

3.2.2.3. L'expertise financière et comptable. L'expertise financière et comptable (EXPFINCA) est approximée par le pourcentage des
administrateurs détenant une expertise financière et comptable par rapport au nombre total des administrateurs. Ce proxy a été
également utilisé par Persons (2009), Othman et al. (2014) et Madi et al. (2014).

3.2.2.4. La fréquence des réunions. La fréquence des réunions (FRREUCA) est approximée par le nombre des réunions effectuées
par les comités d'audit au cours d'une année. Cette mesure est similaire à celle utilisée par Mangena et Pike (2005) et Li et al.
(2012).

3.2.2.5. Diversité du genre : la présence de la femme dans le comité d'audit. La détermination de la diversité du genre (FEMCA) est
effectuée par l'identification du nombre des femmes administrateurs au sein du comité d'audit par rapport à la taille totale du
comité. Cette mesure est utilisée par Sener et Karaye (2014).

3.2.2.6. Diversité de nationalité : la présence des administrateurs indépendants étrangers. La diversité de nationalité (ETRINDCA) est
exprimée par le rapport entre le nombre des administrateurs indépendants étrangers et le nombre total des administrateurs
(Estélyi & Nisar, 2016).

3.2.2.7. La multitude des mandants. Le cumul de mandats (MULMANCA) est approximé par le nombre moyen des mandats des
membres indépendants membres du comité d'audit dans d'autres sociétés (hors groupe). Cette mesure est utilisée par Persons
(2009) et Othman et al. (2014).

3.2.2.8. L'âge des membres. Cette variable (AGECA) est mesurée par l'âge moyen des administrateurs du comité d'audit. Sartawi
et al. (2014).

3.2.2.9. L'ancienneté des membres. L'ancienneté (ANCIENCA) est déterminée par le nombre d'année moyen des administrateurs
indépendants dans le comité. Othman et al. (2014).

3.2.2.10. L'actionnariat des membres. L'actionnariat est déterminé par le pourcentage cumulatif des actions détenues par les
membres du comité d'audit rapporté au nombre total d'action en circulation. Ce proxy est similaire à celui identifié par Li et al.
(2012).
144 la revue gestion et organisation 10 (2018) 137–153

3.2.3. Les variables de contrôle


Dans notre étude, nous avons inclus d'autres facteurs exogènes qui peuvent influencer la divulgation volontaire du capital
intellectuel. Williams (2001) a suggéré que les caractéristiques spécifiques de la firme sont susceptibles d'influencer le niveau et les
pratiques de la divulgation.

3.2.4. La taille de l'entreprise


L'importance de la taille en tant qu'un facteur déterminant pour la divulgation volontaire a été expliquée par les théories
d'agences, des parties prenantes et de signalisation. Plusieurs études ont confirmé une relation positive entre la taille et la
divulgation du capital intellectuel. Li et al. (2008, 2012), Mangena et Pike (2005), Bozzolan, O'Regan, et Ricceri, (2006) et Muttakin
et al. (2015). La taille de l'entreprise (TAILLEF) est approximée par le logarithme naturel des chiffres d'affaires réalisés en 2013
(Allegrini & Greco, 2013).

3.2.5. La profitabilité
Li et al. (2008, 2012) ont déclaré que la rentabilité réalisée peut être le résultat d'un investissement dans le capital intellectuel.
Par conséquent, les entreprises peuvent diffuser les informations pour déceler la qualité de leurs décisions d'investissements liés
à la valeur de l'entreprise.
Wijana, Sutrisno, et Wirakusuma (2013) ont indiqué que les actionnaires ainsi que les parties prenantes contrôlent la
performance à travers les pratiques des diffusions d'informations adoptées par l'entreprise. Ces arguments sont, en outre,
soutenus et adoptés par Ousama, Fatima, et Hafiz-Majdi (2012) dont ils ont trouvé que les entreprises les plus rentables diffusent
plus d'informations sur le capital intellectuel. Cette variable est mesurée par la rentabilité des actifs « ROA : Return On Assets ».
La profitabilité est approximée par le rapport entre le résultat net et total des actifs.

3.2.6. L'âge de cotation en bourse


Il est à signaler que l'âge de l'entreprise reflète son niveau de maturité Wijana et al. (2013). Muttakin et al. (2015) ont indiqué que
les entreprises les plus mûres sont celles les plus attentives à leur réputation. Donc, elles sont encouragées à divulguer plus
d'informations volontaires. D'autre part, Li et al. (2008, 2012) ont utilisé le nombre du jour de cotation en bourse suivant une échelle
de 365 j/année. (du premier jour de l'introduction en bourse jusqu'à l'année de l'étude (2013)).

3.2.7. La réputation de l'audit externe


Whiting et Woodcock (2009) ont attesté que la réputation des auditeurs externes influence la divulgation du capital intellectuel.
Ainsi, Wijana et al. (2013) ont affirmé que les cabinets d'audit les plus réputés possèdent plus d'expertise que les petits cabinets
pour inciter leurs clients à divulguer plus d'informations.
Dans notre étude la réputation des auditeurs externes est mesurée selon une variable binaire : 1 si l'entreprise est auditée par
les cabinets big-four et 0 si l'entreprise est auditée par un cabinet d'audit externe non-Big-four (Wijana et al., 2013).

3.2.8. L'interaction entre l'indépendance du CA et l'audit externe.


Gul, Lynn, et Tsui (2002) ont prouvé que cette interaction réduit les rendements anormaux, autrement dit, elle assure la fiabilité
des résultats. À cet égard, Ismail et al. (2008) ont supposé dans leur étude qu'il existe une relation positive entre l'indépendance du
comité d'audit et la qualité des rapports des entreprises auditées par les big-four (Tableau 1).

3.3. Modèle de recherche

IDCIi ¼ b0 þ b1 TAILLECA þ b2 EXFINCA þ b3 FRREUCA þ b4 INDCA þ b5 FEMCA þ b6 ACTICA þ b7 ANCIENCA


þ b8 MULMANCA þ b9 ETRINDCA þ b10 AGECA þ b11 TAILLEF þ b12 AGEC þ b13 ROA þ b14 REPAEX þ b15 IINDCAAE þ ei

4. Résultats et discussions

4.1. Analyse des statistiques descriptives

Le Tableau 2 présente les statistiques des diverses variables identifiées dans notre étude. La lecture de ce tableau montre que la
divulgation moyenne du capital intellectuel dans les rapports annuels des entreprises de notre échantillon est de 75,86 %. La
divulgation des composantes du capital intellectuel varie entre une diffusion moyenne du capital humain de 74, 22 %, du capital
structurel de 80,40 % et du capital relationnel de 75,80 %.
En ce qui concerne les caractéristiques du comité d'audit, nous distinguons une taille moyenne des comités de 3467. Ces
comités disposent en moyenne 71,6 % d'administrateurs indépendants.
Ainsi, nous remarquons que les comités tiennent en moyenne 4,47 réunions durant l'année. En ce qui concerne la part
moyenne des femmes dans les comités est de 22 %, alors que, 42,22 % des entreprises (38 entreprises sur 90) ne contiennent pas au
Tableau 1 – Définitions et mesures des variables.
Variables Mesures Source Abréviation Signe
attendu
Divulgation du capital intellectuel (3 composantes) Nombre d'items divulgués dans le rapport/nombre Khodadadi et al. (2010), Tejedo-Romero et al. (2017) IDCI
total des items (65 items)

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Taille du CA Nombre des administrateurs au sein du comité d'audit Carcello et Neal (2000), Carcello et Neal (2003), Abbott et al. TAILLECA (+)
(2004), Li et al. (2008, 2012), Persons (2009)
Expertise financière Nombre des administrateurs possédant une expertise Othman et al. (2014) ; Madi et al. (2014) EXPFINCA (+)
financière et comptable/nombre total des
administrateurs
Fréquence de réunions Nombre de réunions durant l'année Mangena et Pike (2005), Li et al. (2012) FRREUCA (+)
Indépendance du CA Nombre des administrateurs indépendants/nombre Persons (2009) ; Li et al. (2012), Madi et al. (2014) INDCA (+)
total des administrateurs (%)
Diversité du genre dans le CA Nombre de femme au sein du CA/nombre total des Sener et Karaye (2014), Kyaw et al. (2015) FEMCA ()
administrateurs (%)
Actionnariat des membres Nombre cumulatif des actions détenues par les Li et al. (2012) ACCTICA ()
membres du CA/nombre d'action en circulation
Ancienneté des administrateurs L'ancienneté moyenne des administrateurs Othman et al. (2014) ANCIENCA (+)
indépendants
Cumul de mandats des membres indépendants Nombre moyen des mandats des membres Persons (2009), Othman et al. (2014) MULMANCA ()
indépendants dans les comités hors groupe
Diversité de nationalité Nombre des administrateurs indépendants étrangers/ Estélyi et Nisar (2016) ETRINDCA ()
nombre total d'administrateurs
L'âge des administrateurs du CA L'âge moyen des administrateurs du CA Sartawi (2014) AGECA ()
Taille de l'entreprise Logarithme naturel du chiffre d'affaire Allegrini et Greco (2013) TAILLEF (+)
Profitabilité (Résultat net/total des actifs) Li et al. (2008, 2012) ROA ()
L'âge de cotation en bourse Nombre de jours à partir de la date d'introduction en Li et al. (2008, 2012) AGEC (+)
bourse (365 j/an jusqu'à l'année d'étude)
Réputation de l'audit externe Variable binaire : 1 si l'entreprise est auditée par big- Wijana et al. (2013) REPAEX (+)
four, 0 sinon
Intera entre l'ind du CA et l'audit externe REFPAE* INDCA Ismail et al. (2008) IINDCAAE (+)
Inter : interaction entre les membres indépendants du comité d'audit et l'audit externe ; Ind : indépendance du comité d'audit. (REFAE*INDCA) (multiplication de la variable relative à l'audit externe et
celle relative à l'indépendance du comité d'audit).

145
146 la revue gestion et organisation 10 (2018) 137–153

Tableau 2 – Statistiques descriptives.


Variables Moyenne Écart-type Minimum Maximum
IDCI 0,7586 0,1049 0,4 0,9384
IDCH 0,7422 0,111 0,388 0,944
IDCS 0,804 0,142 0,308 1
IDCR 0,758 0,139 0,313 1
TAILLECA 3,467 1,193 1 6
INDCA 0,716 0,242 0,250 1
EXPFINCA 0,871 0,264 0 1
FRREUCA 4,478 2,409 0 13
FEMCA 0,220 0,222 0 0,800
ETRINDCA 0,131 0,242 0 1
MULMANCA 4,403 4,696 0 37
ANCIENCA 6,012 3,575 1,330 18
AGECA 59,80 6,437 40,50 72,66
ACCTICA 0,0256 0,0883 0 0,509
TAILLEF 13,84 2,234 8,619 18,31
ROA 0,0366 0,120 0,405 0,687
AGEC 8,359 0,745 5,900 9,661
REPAEX 0,856 0,354 0 1
IINDCAAE 0,621 0,323 0 1

moins une femme dans la composition de leurs comités d'audit et ils y intègrent en moyenne 13,1 % d'administrateurs étrangers.
Ce pourcentage est assez faible en comparaison avec 73,33 % des comités qui préfèrent être composés seulement des
administrateurs indépendants français.
Le nombre moyen des fonctions hors groupe sont au nombre de 4,40. Concernant l'ancienneté moyenne des membres
indépendants est de 6 années, l'âge moyen des administrateurs est de 59,80. Ainsi, l'actionnariat moyen des membres du comité
est de 2,56 %.
Il ressort également de l'analyse descriptive que le variable TAILLEF présente une moyenne de 13,84 et un écart-type 2234.
Ainsi, l'observation des statistiques descriptives indique que 85,6 % des entreprises choisies dans notre échantillon sont auditées
par des cabinets d'audit externes réputés de « big-four ». Néanmoins, 14, 4 % (13 entreprises sur 90) choisissent d'être auditées par
des non-big-four.

4.2. L'analyse de la matrice de corrélation

Le coefficient de corrélation dans la matrice de corrélation de Pearson reflète l'intensité de corrélation entre les différentes
variables. La lecture du Tableau 3 indique que les coefficients de corrélations des variables indépendantes sont inférieurs à 0,7.
Toute valeur dépassant cette valeur limite, précisée par Kervin (1992), indique la présence d'un sérieux problème de
multicolinéarité (Li et al., 2012). Ce problème n'est pas présent dans notre étude.
La lecture du Tableau 4 montre que R2 de notre premier modèle est égal à 0,3833. Ce résultat statistique indique que 38,33 % de la
divulgation d'information sur le capital intellectuel des entreprises de notre échantillon est expliquée par les variations des
variables indépendantes identifiées dans notre modèle.
Les résultats de régression dévoilent que la taille du comité d'audit n'a pas d'effet significatif sur la divulgation du capital
intellectuel ni sur l'une de ses composantes. De ce fait, la taille du comité d'audit ne semble pas un attribut fondamental à la
divulgation du capital intellectuel pour les entreprises de notre échantillon. Ce résultat peut être expliqué par le fait que cette
divulgation semble une question d'engagement plutôt que de taille (Uyar, Kilic, & Bayyurt, 2013). Ce résultat s'aligne avec les
études d'Othman et al. (2014), Mangena et Pike (2005). Ce qui nous amène à rejeter l'hypothèse H1.
Ainsi, le pourcentage des administrateurs indépendants affecte négativement la divulgation. Le coefficient associé à cette
variable est négatif (0,104) et significatif au seuil de 10 %. Ce résultat inattendu est en corroboration avec les résultats de Eng et
Mak (2003) qui ont montré que les membres indépendants peuvent être élus par les administrateurs majoritaires afin de présenter
leurs intérêts. Ce résultat peut être expliqué par le fait que les membres indépendants n'exercent pas leurs fonctions avec une
autonomie absolue et ils sont soumis probablement à l'intervention des actionnaires majoritaires. Ces actionnaires ne semblent
pas être incités à diffuser les informations sur le capital intellectual, plus précisément, celles relatives au capital relationnel
(clients, position concurrentielle, part de marché) et ils se trouvent attentifs à les offrir aux investisseurs. En effet, le rôle des
indépendants se transforme de l'incitation au contrôle de la divulgation d'information. Ce qui vient à l'appui de l'hypothèse H2.
Les variables expertise financière et fréquence de réunions font apparaître respectivement deux coefficients positifs et non
significatifs, par conséquent, elles n'ont aucun effet sur la divulgation du capital intellectuel. L'absence d'effet de l'expertise
financière sur la diffusion d'information sur le capital intellectuel peut être expliquée par le fait que cette expertise est la seule
connaissance exigée par les codes de gouvernance français (AFEP-MEDEF) dans la nomination des administrateurs du comité
d'audit. Cette exigence souveraine est édictée afin de renforcer la qualité de l'information financière communiquée. Néanmoins, il
la revue gestion et organisation 10 (2018) 137–153 147

Tableau 3 – Matrice de corrélation.

TAILLECA EXPFINCA FRREUCA INDCA FEMCA ACCTICA ANCIENCA


TAILLECA 1,0000
EXPFINCA 0,0126 1,0000
FRREUCA 0,4048 0,1801 1,0000
INDCA 0,1045 0,2101 0,1117 1,0000
FEMCA 0,1790 0,0120 0,2567 0,0592 1,0000
ACCTICA 0,0807 0,0513 0,1281 0,1004 0,0612 1,0000
ANCIENCA 0,0247 0,0686 0,1377 0,0546 0,2842 0,0619 1,0000
MULMANCA 0,0561 0,1866 0,0294 0,0781 0,0166 0,0584 0,0432
ETRINDCA 0,0998 0,0998 0,1820 0,1673 0,0032 0,0743 0,0832
AGECA 0,0966 0,0289 0,0239 0,0676 0,3748 0,0685 0,2963
ROA 0,2107 0,2092 0,2553 0,0522 0,0728 0,0215 0,0718
TAILLEF 0,4278 0,0352 0,4473 0,1047 0,2023 0,1082 0,0555
AGEC 0,0453 0,0366 0,0335 0,0135 0,1961 0,0109 0,0333
REPAEX 0,0291 0,1412 0,1611 0,0275 0,0755 0,0206 0,1120
IINDCAAE 0,0377 0,1009 0,1965 0,6031 0,1499 0,0823 0,0541

MULMANCA ETRINDCA AGECA ROA TAILLEF AGECA REPAEX IINDCAAE


TAILLECA
EXPFINCA
FRREUCA
INDCA
FEMCA
ACCTICA
ANCIENCA
MULMANCA 1,0000
ETRINDCA 0,0574 1,0000
AGECA 0,0915 0,0082 1,0000
ROA 0,2018 0,1521 0,0551 1,0000
TAILLEF 0,0954 0,0290 0,0933 0,0165 1,0000
AGEC 0,0257 0,0756 S0,0155 0,0552 0,0563 1,0000
REPAEX 0,0463 0,1354 0,0448 0,0107 0,2210 0,1595 1,0000
IINDCAAE 0,0674 0,2314 0,0801 0,0381 0,2066 0,0490 0,6556 1,0000

semble intéressant de mettre en exergue d'autres expertises (recherche et développement, ressources humaines) dans la sélection
des administrateurs afin de promouvoir la communication d'informations autres que financières (Li et al., 2012).
Les résultats de régression révèlent également que le coefficient relatif à la variable FEMCA est négatif (0,0299), mais non
significatif ( p = 0,569). En effet, la présence des femmes au sein du comité n'apparaît pas comme un déterminant à la divulgation
du capital intellectuel. Cette absence de corrélation peut être expliquée par le fait qu'uniquement 9 % des entreprises de notre
échantillon assurent une égalité entre le nombre des femmes et des hommes présents dans les comités d'audit. De ce fait, la non-
désignation d'un nombre important de femmes peut être indirectement attachée aux préférences des gestionnaires pour alléger le
contrôle puisque les femmes auditeurs sont considérées comme les plus performantes dans le monitoring de la haute direction
Chen et al. (2016) et Adams et Ferreira (2009). Ainsi que la présence de la femme est susceptible d'influencer la sélection des
administrateurs au sein du conseil de surveillance (Farrell & Herseh, 2005). Par conséquent, nous pouvons conclure que la haute
direction des entreprises françaises préfère être contrôlée par des comités d'audit composés en majorité des hommes plutôt que
des femmes avec une croyance qu'avec une telle composition exempte des femmes, le problème d'assiduité n'est plus soulevé de
Adams et Ferreira (2009). À cet égard, nous ne pouvons pas retenir l'hypothèse H5.
Ainsi, les résultats révèlent une corrélation négative et significative au seuil de 5 % entre la présence des membres étrangers
indépendants au sein des comités d'audit et la divulgation du capital intellectuel, particulièrement, le capital humain. Ce qui vient
à l'appui de notre hypothèse H6. Cette corrélation négative peut être expliquée par le fait que les administrateurs indépendants
étrangers sont appelés à se déplacer afin d'assister aux réunions des comités d'audit d'une manière permanente Masulis et al.
(2012) et Hahn et Lasfer (2016). De ce fait cette présence régulière génère des coûts supplémentaires puisque l'assiduité des
membres indépendants étrangers n'est pas toujours vérifiée suite à leur statut des « non résidents ». Une telle présence
conditionnée est fortement liée à un taux d'assiduité faible donc les réunions peuvent être annulées ou retardées ce qui rompra
par conséquent l'activité du comité. En effet, Plus le nombre des membres indépendants étrangers est limité, moins qu'il y a des
problèmes de discontinuité dans l'activité de l'entreprise ce qui entraine une amélioration de la divulgation du capital intellectuel.
En dernier lieu, ce résultat peut être expliqué par l'inefficacité des membres indépendants étrangers à cause de leur dépendance
sociale. De ce fait, la distance génère plusieurs inconvénients comme l'inadaptation rapide donc il est difficile de réussir une
adéquation entre efficacité, fatigue de voyage, perte de temps et le décalage horaire. Par conséquent, ils sont aperçus comme les
moins efficaces dans le processus de contrôle.
148 la revue gestion et organisation 10 (2018) 137–153

Tableau 4 – Résultats des régressions.


Variables (1) (2) (3) (4)

IDCI IDCH IDCS IDCR


Constante 0,543*** 0,560*** 0,632** 0,432*
(0,160) (0,160) (0,248) (0,217)
TAILLECA 0,00656 0,0109 0,000260 0,00240
(0,0130) (0,0124) (0,0169) (0,0171)
INDCA 0,105* 0,109 0,0188 0,165*
(0,0618) (0,0756) (0,0703) (0,0955)
EXPFINCA 0,000661 0,0120 0,0144 0,0179
(0,0372) (0,0335) (0,0597) (0,0570)
FRREUCA 0,000671 0,00193 0,00599 0,00220
(0,00476) (0,00526) (0,00702) (0,00711)
FEMCA 0,0299 0,0634 0,0414 0,0125
(0,0522) (0,0554) (0,0726) (0,0725)
ETRINDCA 0,0905** 0,122*** 0,0240 0,0732
(0,0449) (0,0417) (0,0785) (0,0641)
MULMANCA 0,00121 0,000740 0,00390* 0,00341*
(0,00165) (0,00174) (0,00223) (0,00202)
ANCIENCA 0,00381 0,00465 0,00419 0,00162
(0,00245) (0,00285) (0,00356) (0,00371)
AGECA 0,00170 0,00258* 0,000162 0,00126
(0,00141) (0,00145) (0,00265) (0,00214)
ACCTICA 0,0169 0,0284 0,0185 0,118
(0,141) (0,152) (0,182) (0,208)
TAILLEF 0,0224*** 0,0175** 0,0256*** 0,0309***
(0,00711) (0,00697) (0,00833) (0,00916)
PROF 0,164** 0,140* 0,209** 0,181**
(0,0683) (0,0816) (0,0910) (0,0907)
AGEC 0,00514 0,0136 0,0235 0,00925
(0,0138) (0,0149) (0,0159) (0,0180)
REPAE 0,0766* 0,0593 0,0594 0,129*
(0,0417) (0,0454) (0,0641) (0,0746)
IINDCAAE 0,139** 0,151** 0,0402 0,191**
Observations 90 90 90 90
R2 0,3833 0,3048 0,3042 0,3675
Fisher 3,62 3,52 3,68 3,44
Sig 0,0001 0,0002 0,0001 0,0002
Note. Résultats de la régression des 4 modèles empiriques. *** p < 0,01 significativité au seuil de 1 % ; ** p < 0,05 % significativité au seuil de 5 % ; *
p < 0,1significativité au seuil de 10 %.

Nous avons pu également discerner une association négative et significative au seuil de 10 % entre la multitude des mandats
des membres indépendants et la divulgation du capital structurel et relationnel. Ce résultat prouve que l'exercice simultané de
plusieurs fonctions dans des sociétés hors groupe réduit la divulgation d'informations. Ce résultat se corrobore avec les études de
Core, Holthausen, et Larcker (1999) ; Morck et al. (1988) et Othman et al. (2014) alors qu'il ne s'aligne pas avec les études de Haniffa et
Cooke (2005), Persons (2009) et Madi et al. (2014). Ce qui confirme notre hypothèse H7.
L'âge des administrateurs est en corrélation négative significative au seuil de 10 % avec la divulgation du capital humain dans le
rapport annuel des entreprises de notre échantillon. Ce résultat illustre que les administrateurs âgés au sein des comités d'audit ne
sont pas motivés à encourager la divulgation d'information sur le capital humain (créativité, motivation, développement de
personnel). Ce résultat peut être expliqué par les affirmations de Hambrick et Mason (1984) que les jeunes administrateurs sont
reconnus par leur flexibilité au changement et ils sont considérés comme les meilleurs promoteurs de nouvelles idées (Zajac &
Westphal, 1996). Alors dans notre travail, nous remarquons que les comités d'audit des entreprises mis à l'étude sont composés
majoritairement des administrateurs âgés qui sont réticents aux partages d'information. À ce propos, Grimm et Smith (1991)
affirment que les jeunes administrateurs sont plus innovants et efficients dans le contrôle et la gouvernance. D'où la confirmation
de l'hypothèse H8.
La lecture des résultats de régression dévoile que le coefficient relatif à la variable ANCIENNCA est positif (0,0038), mais il est
statistiquement non significatif. Le résultat n'est pas concluant également pour la variable ACCTICA, le coefficient relatif à cette
dernière est négatif (0,0169) et non significatif. À cet égard, on ne peut pas accepter les hypothèses H9 et H10.
Par ailleurs, la taille de l'entreprise est un déterminant fondamental à la divulgation du capital intellectuel, nous avons trouvé
une association positive (0,0224) et significative au seuil de 1 %. Ce résultat confirme l'idée que les entreprises de plus grandes
tailles sont celles les plus incitées à offrir des informations sur le capital intellectuel sous ses trois formes. La théorie des parties
prenantes supporte notre résultat et affirme que les grandes entreprises sont appelées d'attirer plus l'attention des investisseurs et
la revue gestion et organisation 10 (2018) 137–153 149

ce par une divulgation supplémentaire d'information. En outre, ce résultat empirique peut être expliqué par le fait que les grandes
entreprises utilisent ces informations comme un signal positif sur le marché des capitaux (Théorie de signalisation). Plusieurs
recherches sur la divulgation du capital intellectuel et les caractéristiques de la firme représentent un support concis à notre
résultat empirique (Bozzolan et al., 2003 ; Li et al., 2012 ; Beldi, Dammak, & Elleuch 2014) sur un échantillon composé des
201 entreprises familiales et non familiales françaises. Alors que certaines études ont prouvé des résultats totalement opposés
(Williams, 2001 ; Azman & Kamaluddin, 2012 ; Sartawi et al., 2014).
Quant à la profitabilité, le coefficient relatif à la variable ROA est négatif (0,163) et statistiquement significatif au seuil de 5 %.
Ce résultat valide l'idée que les entreprises les plus performantes sont les moins engagées à divulguer aux investisseurs des
informations sur le capital intellectuel. Ce résultat n'est pas en accord avec les études antérieures sur la divulgation du capital
intellectuel. Désormais, il est prouvé par Williams (2001) que les entreprises peuvent atténuer la divulgation sur le capital
intellectuel lorsque leur performance atteint un seuil à partir duquel elles risquent de perdre leur avantage concurrentiel. Ce
résultat a été également soutenu par Beldi et al. (2014), Abhayawansa et Guthrie (2016). Alors qu'il est contrairement prouvé par Li
et al. (2008, 2012) et Madi et al. (2014). En revanche, nous avons révélé que l'âge de cotation en bourse de l'entreprise n'a aucun effet
sur la diffusion d'information sur le capital intellectual. Ce résultat est en corroboration avec les travaux de Alsaeed (2006).
L'interaction entre l'indépendance du comité d'audit et l'audit externe a un effet positif (0,138) et significatif au seuil de (5 %) sur
la divulgation volontaire d'information. Ce résultat valide l'idée que la synergie entre les membres indépendants du comité et les
auditeurs externes intensifie la divulgation des informations généralement sur capital intellectuel et particulièrement sur le
capital humain et relationnel. Nous pouvons apercevoir cette interaction par l'intervention des auditeurs externes dans les
réunions écartées des membres exécutifs ou leurs représentants avec les administrateurs indépendants. Par conséquent, l'un des
sujets qui peut être traité dans ces réunions est la demande d'information sur le capital intellectuel (humain et relationnel).

5. Conclusion

Cette recherche vise à examiner l'effet des caractéristiques du comité d'audit sur la divulgation du capital intellectual dans le
contexte français. Pour ce faire, nous avons choisi d'extraire à partir des études antérieures dix caractéristiques fondamentales. En
outre, la légitimité de notre choix s'aperçoit à partir des textes réglementaires français exigeant la vérification de certaines
conditions dans les comités d'audit. Ces caractéristiques évoquent essentiellement la composition, les diligences et les activités
du comité d'audit.
Pour mieux comprendre cette relation, nous avons introduit également les caractéristiques de l'entreprise et l'audit externe en
étudiant son interaction avec l'indépendance des membres du comité d'audit.
Nos résultats ont révélé l'absence de relation entre certaines caractéristiques (la taille, l'expertise, la fréquence de réunion, le
genre, l'ancienneté) et la divulgation du capital intellectuel. En revanche, d'autres attributions, influencent soit la divulgation du
capital intellectuel soit l'une de ses composantes. Nous avons constaté que le cumul de mandats des membres indépendants
affecte négativement la diffusion d'information sur le capital structurel et relationnel. Une telle conclusion se corrobore avec celle
prouvée (Liu & Sun, 2010). Quant à l'internationalisation des comités d'audit, nos investigations indiquent l'existence d'une
relation négative entre l'intégration des membres indépendants étrangers dans les CA et la diffusion d'information sur le capital
intellectuel plus précisément celle relative au capital humain.
Cependant, bien que l'indépendance des membres du CA ait reçu un intérêt particulier en matière de divulgation
d'information, dans notre étude, nous avons constaté que les membres indépendants affectent négativement la communication
d'information sur le capital intellectuel et spécialement celle du capital relationnel. En effet, un résultat pareil est expliqué
probablement par la complexité du processus de nomination des membres du comité d'audit est effectuée par le conseil.
De même, le comité d'audit est l'organe chargé de désigner, d'évaluer et de remplacer les auditeurs externes. De ce fait, la
sélection des auditeurs externes peut être conditionnée par les consignes des actionnaires. Toutes ces considérations expliquent
en partie notre deuxième résultat relatif à la corrélation négative entre la réputation d'audit externe et la divulgation global de
capital intellectuel notamment le capital relationnel. Ces résultats peuvent être également expliqués par la présence d'une
association positive entre l'interaction de l'audit externe et le comité d'audit (hors la présence des membres exécutifs) avec l'indice
de diffusion d'information sur le capital intellectuel.
Finalement, nous retenons que la taille de l'entreprise est un déterminant significatif à la divulgation du capital intellectuel. Par
contre, les entreprises les plus performantes sont moins incitées à divulguer ces informations.
Comme tout travail de recherche, notre étude présente certaines limites. La première limite réside dans la taille réduite de
l'échantillon. Ainsi, cette recherche mérite d'être menée sur une période plus longue pour avoir des résultats plus généralisés et
robustes. De plus, il est intéressant d'ajouter d'autres caractéristiques de la firme tels que le niveau d'endettement et le ratio Q de
Tobin et d'examiner leur effet sur la diffusion d'information sur le capital intellectuel pour mieux comprendre les spécificités des
grandes entreprises françaises.
Désormais, à l'issue de ce travail, plusieurs perspectives de recherches peuvent être envisagées à savoir étudier l'effet de
l'interaction entre le comité d'audit et l'audit interne sur la divulgation du capital intellectuel dans les rapports annuels et explorer
le rôle du comité d'audit dans la diffusion d'autres types informations telles que l'information sur la responsabilité sociétale
à partir de nouvelles sources de diffusion d'informations (les rapports des analystes financiers Muttakin et al., 2015) et les
communiqués de presses (Abhayawansa & Guthrie, 2016) dans le contexte français.
150 la revue gestion et organisation 10 (2018) 137–153

Annexe 1. Liste des items du capital intellectuel et ses trois composantes

Capital Humain Capital Structurel Capital Relationnel

Compétence Propriété Intellectuelle Image de l'entreprise


Créativité Nouvelles Technologie Concurrence
Éducation/Diplôme Base de données Concurrents
Innovation Recherche et Développement Réputation de l'entreprise
Motivation Système d'Information Relation avec les Fournisseurs
Développement du personnel Marque Accords
Employés Culture d'entreprise Clients
Absentéisme Logiciel (Software) Parties Prenantes
Expertise Technologie/Haute Technologie Part du marché
Flexibilité/Souplesse Infrastructure Succès Commercial
Connaissance Laboratoires Satisfaction du client
Savoir faire Brevets Partenariat
Recrutement Networking (Internet/Intranet) Recherche de collaboration (Business collaboration)
Effectifs Activité sur l'environnement externe
Ressources Humaines Position Concurrentielle
Ancienneté Leader
Licenciement
Satisfaction du personnel
Loyauté/Sincérité/Fidélisation
Expérience
Heures Supplémentaires
Représentant du personnel
Communication
La perception
Égalité (Genre)
Sensibilité/Sensibilisation
Adaptabilité
Âge
Intégrité
Régime de la retraite
Démission
L'Esprit d'Equipe
sécurité de personnel
Formation
Apprentissage/e-Learning
Contrat lié au travail

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