Vous êtes sur la page 1sur 796

A propos de ce livre

Ceci est une copie numérique d’un ouvrage conservé depuis des générations dans les rayonnages d’une bibliothèque avant d’être numérisé avec
précaution par Google dans le cadre d’un projet visant à permettre aux internautes de découvrir l’ensemble du patrimoine littéraire mondial en
ligne.
Ce livre étant relativement ancien, il n’est plus protégé par la loi sur les droits d’auteur et appartient à présent au domaine public. L’expression
“appartenir au domaine public” signifie que le livre en question n’a jamais été soumis aux droits d’auteur ou que ses droits légaux sont arrivés à
expiration. Les conditions requises pour qu’un livre tombe dans le domaine public peuvent varier d’un pays à l’autre. Les livres libres de droit sont
autant de liens avec le passé. Ils sont les témoins de la richesse de notre histoire, de notre patrimoine culturel et de la connaissance humaine et sont
trop souvent difficilement accessibles au public.
Les notes de bas de page et autres annotations en marge du texte présentes dans le volume original sont reprises dans ce fichier, comme un souvenir
du long chemin parcouru par l’ouvrage depuis la maison d’édition en passant par la bibliothèque pour finalement se retrouver entre vos mains.

Consignes d’utilisation

Google est fier de travailler en partenariat avec des bibliothèques à la numérisation des ouvrages appartenant au domaine public et de les rendre
ainsi accessibles à tous. Ces livres sont en effet la propriété de tous et de toutes et nous sommes tout simplement les gardiens de ce patrimoine.
Il s’agit toutefois d’un projet coûteux. Par conséquent et en vue de poursuivre la diffusion de ces ressources inépuisables, nous avons pris les
dispositions nécessaires afin de prévenir les éventuels abus auxquels pourraient se livrer des sites marchands tiers, notamment en instaurant des
contraintes techniques relatives aux requêtes automatisées.
Nous vous demandons également de:

+ Ne pas utiliser les fichiers à des fins commerciales Nous avons conçu le programme Google Recherche de Livres à l’usage des particuliers.
Nous vous demandons donc d’utiliser uniquement ces fichiers à des fins personnelles. Ils ne sauraient en effet être employés dans un
quelconque but commercial.
+ Ne pas procéder à des requêtes automatisées N’envoyez aucune requête automatisée quelle qu’elle soit au système Google. Si vous effectuez
des recherches concernant les logiciels de traduction, la reconnaissance optique de caractères ou tout autre domaine nécessitant de disposer
d’importantes quantités de texte, n’hésitez pas à nous contacter. Nous encourageons pour la réalisation de ce type de travaux l’utilisation des
ouvrages et documents appartenant au domaine public et serions heureux de vous être utile.
+ Ne pas supprimer l’attribution Le filigrane Google contenu dans chaque fichier est indispensable pour informer les internautes de notre projet
et leur permettre d’accéder à davantage de documents par l’intermédiaire du Programme Google Recherche de Livres. Ne le supprimez en
aucun cas.
+ Rester dans la légalité Quelle que soit l’utilisation que vous comptez faire des fichiers, n’oubliez pas qu’il est de votre responsabilité de
veiller à respecter la loi. Si un ouvrage appartient au domaine public américain, n’en déduisez pas pour autant qu’il en va de même dans
les autres pays. La durée légale des droits d’auteur d’un livre varie d’un pays à l’autre. Nous ne sommes donc pas en mesure de répertorier
les ouvrages dont l’utilisation est autorisée et ceux dont elle ne l’est pas. Ne croyez pas que le simple fait d’afficher un livre sur Google
Recherche de Livres signifie que celui-ci peut être utilisé de quelque façon que ce soit dans le monde entier. La condamnation à laquelle vous
vous exposeriez en cas de violation des droits d’auteur peut être sévère.

À propos du service Google Recherche de Livres

En favorisant la recherche et l’accès à un nombre croissant de livres disponibles dans de nombreuses langues, dont le frano̧ais, Google souhaite
contribuer à promouvoir la diversité culturelle grâce à Google Recherche de Livres. En effet, le Programme Google Recherche de Livres permet
aux internautes de découvrir le patrimoine littéraire mondial, tout en aidant les auteurs et les éditeurs à élargir leur public. Vous pouvez effectuer
des recherches en ligne dans le texte intégral de cet ouvrage à l’adresse http://books.google.com
i21*
"!
' J ".*

I
DE LA FONTE

DES MINES.
DES FONDERIES, &c
TOME SECOND.

"^
Ti T "Vr O '-" f> T '>' *"F

2p M I IVJ C> w.1 vji


.o^c2Hiimar/iOri 2LI.CI
DE LA FONTE
DES MINES.
DES FONDERIES, DES GRILLAGES,
des Fourneaux de Fonte, d'Affinage, de Raffinage,
des Fabriques de Vitriol, de Fotajfe , 6>V.
Traduit de l'Allemand de Christophe-André
SCHLUTTER.

TOME SECOND.
Avec 55. Flanches repréfentant les differens Fourneaux
décrits dam ce Traite, auquel on a ajouté
quelques Notes,
Publié par M. HELLOT, de l'Académie Royale
des Sciences , & de la Société Royale de Londres.

A PARIS,
fJEAN-THOMAS HERISSANT, rue S. Jacques, à S. Paul & à S. HUaire.
^^^JACQUES-NÔELPISSOT, QuaydeConti, à la defeente du Ponc-Neuf.

M. DCC LUI.
AVEC JÎP P ROBArrON ET PRIVILEGE DU ROI.
I

à* '■ :j ! " .' ii


** ■

'. J.. . '.. '-\ v t \ .'j « -•- - -> J -. \ »„ .;. , «... ,. ■.. x. r —
* ri'"' *.» ■■•> y» t i/ f"\ '"> "_■ T"1
- .»v"V -.«. - x- • c.» •> for >''\v -« *- j r ■ t v\ .."i;;/, •_• ./. v ^•a
V_ VJ„ ' _l> l \ . ». .A i \ -' V

u . .. .■ .• » ■ t..

r/ ;i o c »
•* * v » ■

r/i\^".* ^.^••'Vl

ï -*ic ' .;. o i" r •. ' . i


r >

-t ;>

i . .1 ' '■ •. <" - ' - O Ji . I,., ...


I

» f- u l'iawïtv '. v iioî/u^';' ' ".'. ,!,..Lv.

v
PREFAC E
E premier Volume du Traité de
Schlutter , dont j'ai publié la traducr
tion en iy$o-, avec quelques addi
tions , ne contient que fart d effayer
les Mines ; mais je devois commencer par la
partie la plus néceffaire à ceux qui veulent en
entreprendre l'exploitation -,. car la prudence
exige, qu'on fçache ce qu'on doit attendre du
produit d'une Mine , avant que de rifquer la
dépenfe , toujours coniidérable , de l'entrepris
fe. Z,orfque ce produit y a déterminé , il faut
fçavoir préparer les Mines à la fonte ; faire les
nu-langes qui en afïu rén la réuflite, fans déchet
de Ja partie métallique ; les fondre dans les
vj PREFACE.
Fourneaux qui leur conviennent -, purifier la
partie métallique par des refontes , des affina
ges , des raffinages -, conferver les récrémens
qui peuvent être utiles à d'autres fontes > re-
jetter ceux qui ne feroientqu'embarraffer dans
une Fonderie ; conftruire cette Fonderie , & ce
qui en dépend, dans le lieu le plus avantageux^
n'employer que le nombre d'Ouvriers choifis
qui eft néceftaire j ménager le bois & le char
bon v autant qu'il eft poflible ; enfin , ne rien
faire de ce qui peut occafionner des dépenfes
fùperftues. C'eft ce qu'enfeigne le fécond Vo
lume de Schlutter , qui traite des Fontes & des
Fourneaux., . v r
i »' L'art de fondre les Mines dépend de plu-
fleurs opérations principales, dont la première
ell le Grillage du minéral dans lequel eft caché
le métal qu'on veut en féparer. Il y eft ordi
nairement minéralifé par le Souffre , ôc affez
fouvent par le Souffre & par l'Arfenic. Ce font
deux matières volatiles qu'il faut en chaner par
un feu modéré , fans quoi le métal ne pren-
droit jamais la forme & la malléabilité qu'on
lui connoit, lorfqu'il eft purifié de toute ma
tière hétérogène.
La féconde opération eft la fonte , ^u'on
nomme Crtti\ parceque la mine fë met au
Fourneau de fonte , ou fans avoir été grillée ,
ou. après l'avoir- été légèrement. Car , pour cet
te /onte , il faut qu'elle conferve une certaine
quantité de fon fouffre , lequel, avec les autres
fondans qu'on ajoute , fert à détruire , vitrifier
ou convertir en fcories , une partie confidéra-
ble de la matière pierreufe du minéral , 6c à
réduire le refte , ainfi que le méjt&l, en urtjiu-
tre corps aigre &. caffant , qu'on nomme Mat-
te , Vterre de flomb^ I*terre de cuivre. Cette mat-
te e&&oïYc\rr\ç.m,a£\£ï£ moyenne entre le mi*
néraJ ôcle métal-, & ce dernier s'y trouve con
centré, ou réduit en un moindre volume de
matières inutiles qu'il ne 1 etoit dans la mine.
Mais , comme cette matte eft toujours fulfu-
reufe , le métal n'a pu y prendre fa forme mé
tallique ; ainfi il faut la griller plufieurs fois ,
pour en faire évaporer le fouffre , avant que de
la refondre , fi Ton veut avoir le métal dans un
état plus voiiih de fa pureté.
Si la Mine eft de plomb & d'argent , le
plomb réduit quon en retire , tient alors l'ar
gent qui éroit difperfé dans le minéral. Il tient
viij PREFACE.
auffi Vor s'il y en avoit de mêlé avec l'argent.
Pour avoir ces deux métaux précieux , le feul
moyen eft de fcorifier ce plomb , & de le con
vertir par le feu en une efpece de liqueur qui
le fumage , qu'on fait couler hors du Four
neau, qui fe congèle en refroid iiïant, & qu'on
nomme Litarge. Alors l'argent relie feul Ôc
prefque fin au milieu d'un baffin formé de cen
dres battues , auquel on a donné le nom de Teft
ou Coupelle, Cette opération eft ce qu'on nom
me Affinage.
Si la Mine eft de cuivre , la matte qui vient
de fa fonte , ne rend jamais , même après plu-
fieurs grillages , qu'un cuivre noir , impur &
caftant. On le met fur un Fourneau de forme
particulière pour le purifier & le convertir en
rojettes ; c'eft ce qu'on nomme Raffinage du
cuivre.
Enfin , fi la Mine de cuivre contient de l'ar
gent , il eft raffemblé dans le cuivre noir : il
faut l'en tirer avant que de raffiner ce cuivre y
& l'on ne peut y réuffir qu'en faifant palier cet
argent dans du plomb , ainfi on eft obligé de
fondre ce cuivre noir avec des matières qui
puiffent fournir du plomb? c'eft ce que les Ou
vriers
P RE'F A C E. i*
vriers nomment Rafratchijfement , parceque le
cuivre ■> \mi à du plomb, fe fond avec beaucoup
moins de feu , que lorfqu'il eft feul & fans
pYomb. De ce cuivre & de ce plomb réunis ,
oa forme, dans des moules, des pièces cilindri- „
ques de moyenne épaiffeur, qu'on arrange de
champ dans un Fourneau en forme de goutie-
re. On les chauffe fuflifamment pour fondre le
plomb , mais non pas allez pour fondre le cui
vre. Le plomb coule & entraîne l'argent que
le cuivre contenoit. On a donné à cette opéra
tion le nom de Liquation.
S'\\ iefts. tx\co\ç. du plomb , $C par confé-
quenf de l'argent dans le cuivre , on porte ce
cuivre fur un autre Fourneau différent du pre
mier , qu'on nomme Fourneau à dejfécherou de
rejfuage^ & qu'on chauffe par un feu de flam
me plus fort. Le plomb , refté dans le cuivre *
fe fond & emporte avec lui l'argent. Le cuivre y
dont tout le plomb eft forti , s'appelle cuivre
torréfie.
Ce plomb * ainfî que tout autre plomb riche
en argent, fe nomme Oeuvre. On l'affine fur le
Teflçompofé de cendres leflivées, àinfi qu'on
l'a dit ci -devant? pour en féparer cet argent. .
Tome 11* k
* V R E'J'ACB
Quant au enivre , on le raffine pour k met*
fie en rofettesi-. ' . ' ; ;. '. . -.■■.• ■;■ j
Voilà en abrégé toutes les opérations d'une
Fonderie : pour les exécuter, il faut des Four
neaux de grillage , des Fourneaux^ de fonte i
des Fourneaux d'affinage & de raffinage, de9
foufflets. Ce font ces différens Fourneaux ôc
leurs ufages qu'on a décrits dans le Volume que
je publie. On y a joint cinquante -cinq Plan
ches qui en repréfentent les Plans , les Profils,
les Coupes , l'Elévation , afin de rendre plus
intelligible la defcription de ces Fourneaux.
On trouvera peut-être ce Traité des Fontes
en grand un peu trop diffus , j'en ai fupprimé
cependant des répétitions ; mais je ne les ai
pas fupprimé toutes. L'Ouvrage de Schlutter eft
eflimé malgré ce défaut. On lui fait grâce en
faveur de l'intention qu'il a eue d'inftruire par
des exemples de toutes les manières de fondre
qu'il a connues , & d'inftruire des Ouvriers
pour lefquels les exemples font ordinairement
plus utiles que des inftruftions qui exigent de
la réflexion. Leur imagination fixée fur tout
ce qui eft journellement fous leurs mains, voit
mieux dans un exemple ce qui eft conforme
PREFACE, *j
à leur routine & ce qui en diacre avec avan-
lage^ ainûii ne m'a pas paru que je dûiïe avoir
çlus d'égard pour ie Lecteur éclairé ou impa
tient que pour l'Ouvrier f-rançois en faveur
Aquei on donne cette Traduction ,qui,vrai-
Jêinblablement contribuera à perfectionner le
travail des Mines dans le Royaume.
Les Mines devroient y être un fond utile
•pour l'Etaît 3 auffi-bien que la fupedkie des
«meilleures terres 3 mais le fuccès piefque tou-
jouis m£ruc~tueux de leurs exploitations précé
dentes , effraye ceux qui feroient difpofés à les
reprendre.. On pç>\aïoit cependant , pour les
xaHa/er, leur <M£i en France quelques entre-
prifes de ce genre qui font actuellement utiles
& fort avantageufes pour tous ceux qui s'y
ifont intéreiïés. H n'y a qu% imkeir iew régie
pourfe convaincre que les fonds qu'on y em
ploie font auffi-.bien placés que dans toute au-
-tre afïaire -7 ôeperfonne ne doute que le bénéfice
■qu'on en retire ne ibit des plus légitimes.
En Saxe , on ne néglige aucune Mine , quel
que pauvre <qu -elle foit, pourvu qu'elle tienne
■un peu d'argent. Toutes font fondues avec bé
néfice , par ie moyen des mélanges qu'on en
xij PREFACE.
fait dans les Fonderies publiques & âutbrifées ,
avec des Mines plus riches, aufquelles elles fer
vent fouvent de fondans. On en trouvera des
exemples dans les Chapitres qui traitent des
Mines de Rammelsberg , de la vallée filtre , du
Comté de Mansfeldt, & de quelques autres en
droits. Ceux qui ont obtenu du Souverain la
permiffion de les tirer de terre , n'ont pas com
munément de dépenfes à faire pour les fondre :
on en fait des effais juridiques -, & enfuite on
les leur paye ce qu'elles valent , après avoir
prélevé le dixième Domanial, & un neuvième
en fus, fi le Conceffionnaire a pu profiter, pour
l'écoulement des eaux de fa Mine , des machi
nes entretenues par le Prince , & des galleries
profondes qui ont été creufées aux dépens des
Electeurs. En Saxe , le pais des Mines eft peu
étendu: les Souverains ont été obligés d'y faire
des dépenfes confidérables , pour procurer, par
le travail de ces Mines, une fubfiftance au peu
ple qui l'habite , 6c pour en prévenir la défer-
tion: -La fuperficie de la terre ne produit rien ,
l'intérieur peut enrichir ; auiîî a-t'on mis , à la
Carte Topographique de ce païs , le titre fin-
gulier de De/ineatio fterilitAtis aurea.
P R F F A C E. xiij
En France , toute proportion gardée , il y a
beaucoup plus de Mines qu'en Saxe ; mais elles
y (ont répandues dans une étendue qui exige
rait </es dépenfes énormes, fi l'on vouloit, com
me en Saxe , y conftruire des Fonderies publi
ques, où le miniftère fit fondre les Mines que
ks Conceffionnaires y apporteroient: ainfi les
Particuliers , qui en entreprendront l'exploita
tion , feront obligés de les fondre ; mais en mê
me tems ils en retireront tout le bénéfice , car
il ne faut pas s'imaginer que dans le tarif félon
lequel on paye les Mines en Saxe , on n'ait pas
Couvrait , outre \e Dixième , le Neuvième , ôc
les frais de fonte , un bénéfice particulier.
Les Mines , qu'on trouve le plus communé
ment dans ce Royaume , font des Mines de
plomb : il y en a aufïi de cuivre pur, & de cui
vre uni à des Mines d'argent. Parmi celles de
plomb , je pourrois en citer qui donnent fix on
ces d'argent par quintal, dont l'extraction du
minéral e/l facile -, fa fonte & l'affinage très-aifés,
qui auraient dû enrichir les Entrepreneurs , 6c
qui ont été abandonnées faute d'intelligence &
^conduite. J'en citerois d'autres, qui ne tiem-
nentque neufgros d'argent par quintal , ôcxmi
xiv F RF F A C E*
cependant fournirent par femaine, depuis près
de trois ans, vingt-fept à vkagt-huit milliers de
plomb ;» & vingt marcs d'argent , parcequ'elles
font exploitées par des afibciés habiles & éco
nomes. ;
On connoît dans quelques Provinces du
Royaume des établiiïemens qui peuvent four-
mx de très-bon cuivre. Le préjugé lui a fait
préférer le cuivre de Suéde > mais un peu plu*
d'attention dans le raffinage du cuivre, diflîpe-
ra ce préjugé , & l'on trouvera ce raffinage Wb
décrit dans ce Traité des Fontes.
Aux Pyrénées Françoifes , on eft entré de
puis deux ans dans d'anciens travaux -qu'on
croit être des Romains -7 & Ton y a trouvé des
filons de Mines de cuivre , unis à une Mine
d'argent griffe , qui donne depuis dix onces jus
qu'à trois marcs d'argentpar quintal. SileCon*
ceiuonnaire , qui eft habile 6c fage , peut dé
couvrir une Mine .de plomb à médiocre diftan-
cc>, i'-exploîtation de celle d'argent deviendra
très-utile. Au cas qu'il eut befoin d'inftructions,
il tes trouvera dans les Chapitres qui traitent
de i& Liqnation. Ces fortes de Mines font diffi
ciles à -bénéficier. L'art de féparer le cuivre &
PREFACE. xy
Vtrgent d'une feule mine , étoit un myftqre htf-
que Broker commença à en parier: ; MUnmr l'a
dévoué. Cette mine d'argentgrèCe n'cft pas k
feule qu on connoiffe. Il y en a de femblables
éns le Rouffillon & dans le Languedoc. .
De ce court expoie> il réfulte qu'il ctoit de
lafageiïe du Miniftère , de faciliter aux Sujets
du Roi les moyens de profiter des richeffes que
la nature leur offre; on ne pouvoitle faire avec
efpérance de fuccès, qu'en leur communiquant
les Procédés qui réuffiffent dans les autres Etats
de V Europe ic'eft ce qui a déterminé Monfieur
\e Garde des Sceaux a ordonner la Traduction
du meilleur Recueil que Ton connut de ces
Procédés les plus modernes. Elle a été faite fur
l'Allemand , comme celle du Volume des Ef-
fais , par M . K&nig, Ingénieur des Mines , ac
tuellement employé dans les Mines de Baffe-
Bretagne. Il fçavoit peu le François quand il
Ta faite -, mais il entendoit parfaitement la ma
tière qu'on y traite, ôc cela fuffifoit. A quelques
mots près , pour lefquels nous n'avons pas de
mots équivalens , il a toujours fuivi avec fcru-
pule le rexte de l'Auteur ; ainfi il m'a été facile
de faire un ufage convenable de cette Traduc
xvj PREFACE.
tion. J'ai ajoute quelques Notes au bas des pa
ges dans les endroits où je les ai jugées nécef-
faires, & dans un Chapitre particulier, j'ai don
né un extrait de quelques Mémoires fur le tra
vail des Mines d'étain , qu'on ne trouve pas dé
crit dans l'Ouvrage de Schlutter,
■ •

DES
DES FONDERIES
ET
DE LA FONTE
DES MINES.
CHAPITRE L
*De la Fonderie, & de ce quil efi necejfaitt
d'obfir'ver en la confimifawL,
A principale attention, qu'on doit'avoif'
dans Pexploitation des Mines ,-c'eft d'é
viter les depenfes inutiles', & de placer
avantageuiementla Fonderie , qui eft co
qu?iJy a de plus eflentiel dans cette forte de travail. Cap
il faut que tout tende à produire un grand bénéfice ,,
x. De la Fonderie. Chap. L
& Pon n'y parvient qu'en tirant exactement du miné
ral tout ce qu'il contient de métal , fans prodiguer le
bois & le charbon. Pour cela , il convient que la Fon-
derie foit le plus près de la Mine qu'il eft poilible , afin
que le tranfport du minéral foit moins difpendieux. Il
y a cependant des circonftances qui exigent qu'on aiç
égard à féloignement des bois , fans quoi les frais des
voitures deviendroient trop à charge.
§. z. Il ne fuffit pas d'avoir pris des mefures relatives
au befoin actuel qu'on peut avoir du bois & du char
bon , il faut prévoir encore s'il fera facile d'en avoir une
quantité formante pendant plufieurs années , afin que
par un emplacement convenable de la Fonderie , la Mi-r
ne puiffe donner un profit qui ne foit pas interrompu,
§. 3. Il faut que cette Fonderie (bit placée de ma
nière que le vent emporte ajfément la fumée & les
vapeurs, afin qu'elles n incommodent pas les ouvriers ;
pareeque celles , où le vent peut renvoyer les fumées
des grillages , dont il fera parlé cy-aprés , dans les eiv-
droits où l'on fond & où 1011 affine ; ou la fumée de
ces endroits , fur les grillages, rebutent les ouvriers,
& font quelquefois périr les meilleurs & les plus utiles,
Quoiqu'à la rigueur, on ne puiffe éviter que la fumée
n'en incommode quelques-uns , il faut au moins pren
dre les précautions convenables pour qu'elle ne fe ra
batte pas fur eux , de quelque côté que le vent foufle.
Ainfï , foit que remplacement foit dans un vallon , ou
dans une plaine , il eft à propos , quelques mois avant
que de bâtir , d'obferver Içs Yents , Qc de voir corn
De la Fonderie. Chap. î. •
méat ils fouffîent dans le lieu où Fon veut conftruirc
la Fonderie.
§. 4- L'eau eft encore un des principaux objets auf-
quclsofl doit faire attention, loriqu'on veut que le tra
vail Je la Fonderie ne foit jamais arrête. Si fou pou-
voit en trouver qui ne gelât pas pendant Fhyver , ii
faudrait Famener a la Fonderie , en dût-il coûter beau
coup , parcequ'alors le travail n'eft point interrompu
pendant les gelées ; le rouage des foufflets allant tou
jours. Schlurter avoit imagine un fourneau , qu'il avoit
fait placer auprès de la roue motrice des fournées , & il
réulîît à lui entretenir un mouvement rapide , pendant
un hyver fort rude, & fans que Fcau fe gelât. Ce Four
neau çonfifte en un foyer établi , derrière , h. un peu
a coté , de \a roué. Il avoit ménagé une ouverture par
laquelle iljettoit le bois, lequel fe confumoit dans Fen-
droit même où fe trouvoit la roue ; en forte qu'elle
en recevoir prefque toute la chaleur. Mais, comme ce
Fourneau occafionne une confommation de bois ,
qui , quoique choifi parmi le plus mauvais , ne doit
pas être brûlé mal-à-propos, fur-tout auand Fendrait
n'en fournit pas en abondance : on lent bien qu'il
conviendroit mieux de fe fervir de Feau d'une fource
chaude , fi Fon étoit aifez heureux pour en trouver
une peu éloignée de la Fonderie. Comme il eft im
portant que Feau , chaude ou froide , ne manque ja
mais dans un tel Attelier, il convient de conftruire la
Fonderie près de quelque rivière qui foit voifine de
la mine , fur-tout quand la grande abondance du mi-
Ai;
4 De la Fonderie. Chap. ï.
néral promet beaucoup d'occupation ; afin que fi le
travail vient à augmenter , on puifle donner plus dé
tendue à la Fonderie > fans être oblige' d'en conftruire
une féconde dans un autre endroit. Il eil toujours
mieux s pour le principal Employé' qui en a l'infpec-
tion , & plus utile pour les Entrepreneurs s que la
Fonderie & tous les Bâtimens qui en dépendent ,
foient dans un même lieu , que s'ils étoient difperfés
Çà & là.
$.5. Au défaut d'une rivière , on choifira le voifi-
nage de quelques étangs , pour profiter des eaux de leur
décharge..
§. 6. Si fendroit , où Ton fe trouve obligé de bâtir
la Fonderie , eft trop aquatique y il elt absolument né-
ceffaire de détourner les eaux par des faignées qui ren
dent le fol entièrement fec : un fol humide peut caufer
beaucoup de dommages dans le travail > malgré les
events & foupiraux que Fon pratique ordinairement
fous les Fourneaux , pareequ'ils ne font jamais funv.
fans pour attirer toute Fhumidité.
§. 7. Ainfl , fi la fituation & le cours de Feau le per
mettent y il eft à propos d'établir les Fourneaux d'une
Fonderie plus hauts que le rouage & les faignées rece
vant Feau y qui vient du terrain même ; car , quoiqu'il
faille defeendre quelques degrez pour aller au rouage,
c'efl: un très-petit inconvénient , s'il en réfulte , que
par-là y on décharge ce terrain de beaucoup d'humi
dité. La Fonderie en fera plus faine y & beaucoup
plus commode , pour fe débarraffer des feories. C'eft
De la Fonderie. Chap. ï. /
à, quoi il faut penfer > quand on prévoit qu'il y en
aura une grande quantité d'inutiles , afin qu'on puifïe
les ranger de manière qu'elles ne nuifent point aux
matières., & qu'elles n'occupent pas mal à propos les
banmens de la dépendance de Fattelier principal.
$.8. Il faut que le chenal de Feau } motrice des
joues y (bit tel que ces roues n'en foient pas inondées ,
mais qu'elles paiTent librement deflbus : fans cette at
tention il feroit difficile de conferver le mouvement à
ces roues pendant les gelées ■ , & les glaces les arrêtant ,
cauferoient un grand dérangement dans le travail. Cet
inconvénient n'eft point à craindre 3 quand on peut
employer ïeau d'une fource chaude , ou du moins qui
ne ^ele cas.
§. 9. X-orfqu'on fait un canal pour amener de feau
à une Fonderie } il ne faut pas qu'il foit trop large j
mais il doit être profond 3 fur-tout quand Feau vient
de loin. Il en fera plus facile à couvrir dans le temps
des neiges , qui , en arrêtant le cours de cette eau 3 ar-
rêteroient en même temps le travail des Fourneaux 3 &
cauferoient du dommage aux Entrepreneurs.
$.10. Il faut que la chute de Feau foit afTés haute
pour tenir lieu d'une plus grande quantité d'eau. Ce-*
jpendant 3 fi Fon confédéré que 3 dans une Fonderie y
la roue n'a pas un grand travail à faire 3 puifqu'on ne
peut adapter à fon arbre que deux paires de foufflets ,
défîmes pour deux Fourneaux 3 cette roue fera affez
grande 3 fi on lui donne feize à dix-huit pieds de dia-
Jnétre : alors il ne faut pas beaucoup d'eau pour. la.
6 De ia Fonderie. Chap. I.
mouvoir. Une roue , qui n'auroit que dix à onze pieds
de diamètre , feroit le même effet fi la rapidité de
Feau , ou fa chute fur la roue , étoit confiderable. Ces
petites roues conviennent même beaucoup mieux que
celle de feize à dix-huit pieds , quand on veut les ren
fermer dans les bâtimens de la Fonderie, qu'il faudroir
aggrandir & exhaufTer , fi ces roues étoient plus gran
des. Lorfqu'elles font d'un plus grand diamètre , on>
çft prefque toujours obligé de les placer hors des Fon
deries -, ce qui eil très-préjudiciable en hyver. Enfin;
une roue qui n'a feulement que dix pieds , peut très*
bien fervir , pourvu qu'elle loit bien faite.
§. n. On peut avoir aufïi dans une Fonderie ,
deux Emplacemens pour les roues, Fun à coté de Fau-
tre ; cela même eft inévitable , lorfqu'il y a plufieurs
Fourneaux dans FAttelier. Alors il faut bâtir cette Fon
derie plus longue qu'à Fordinaire, S'il n'y a dedans r
que quatre Fourneaux , il vaut mieux placer les roues
à chaque extrémité , afin qu'elles occupent moins de
place dans Fintérieur du Bâtiment : & quoiqu'il fem-
ble qu'on obtienne plus de place par un autre arrange
ment, on doit eonlidérer que Fefpace , fuperflu dans
une Fonderie , eft fouvcnt mal employé , & que Fon y
met beaucoup de chofes qu'on pourroit mieux placer
dehors.
§. xi. Quant à la Fonderie elle-même , celle qui fe
roit entourée de murs , feroit bien plus, fûre contre le
feu: mais, comme ordinairement la maçonnerie coû
te plus que la charpente , il faut fe régler félon les
De ia Fonderie. Chap. î. y
lieux , & voir fî la mine mérite qu'on faffe beaucoup
de dépenfe , après s'être informé du prix de la charpen
te, &c àc celui de la maçonnerie. Ces fortes de Bâti-
mtns font fouvent mieux conftruits qu'ils ne devroienc
Utrcjpuifquc ce ne font, à proprement parler , que
des Angars contre la pluye Se le vent , & que d'ail-
ieurs ils font fujets à de fréquens incendies.
$.13. A l'égard de ce qui eft. abfolument nécefTairc
dans une Fonderie , fur-tout pour un travail de mine ,
nouvellement établi , Schlutter eftime qu'il faut un
Fourneau à fondre le minéral , un Fourneau à affiner,
un Fourneau pour revivifier la litarge en plomb , ÔC
un àtre ou foyer à raffiner le cuivre. Si le minéral de
vient ç\us abondant & plus riche, il eft aifé d'augmen
ter \a Fonderie. \\ y aura affez de place pour tout le
pravail qu'on peut y faire , fi pour les quatre Four
neaux dont on vient de parler , on ordonne un bâti
ment de quatre-vingt-dix pieds de long , y compris les
magafins , fur fbixante-feize pieds de large , & fur on
ze pieds de hauteur , fans le comble ou couverture.
On peut lui donner plus d'étendue , fi la mine paroîc
fexiger par (on abondance & fa richeffe. On ajoute kï
d'après Schlutter un projet de cette forte de bâtiment,
dont on trouvera le Plan fur la Tianche 1. & l'élévation
(ùr Ja Tlanche IL avec une coupe fur chaque Planche,
ïhnsec projet, on trouve un emplacement pour qua
tre Fourneaux. Si pour un plus grand travail , la Fon
derie doit être plus vafte , on peut y ajouter des Four
neaux de chaque côté.
* De la Fonderie. Chap. ï.
§. 14. S'il y a lieu d'efpérer , de ce que le minerai
devient plus abondant 3 qu'il faudra 3 avec le temps >
augmenter la Fonderie ; & fi cette Fonderie a été cons
truite 3 ou commencée en maçonnerie , il eft à propos
de ne faire 3 du côté où Fon veut Fétendre y qu'une
cloifon de bois que Fon puifle facilement démonter en-
cas de befoin. ( a )
Explication de la Planée L delà batijfè d'une Fonderie; .
A. Le Plan.
N . 1. La fondation de la muraille extérieure 3 où ily d
trots portes. 1. Lafondation du mur qui eft derrière les Four^
veaux, p. Fondation des trois piliers qui fouttennent la che*
mmee. 4. Fondation des quatre Magasins 3 ayant chacun uns
forte. 1 . Deux arbres de roues, &• l'emplacement de ces roués;
6. Leviers pour lesfoufflets. 7. Mentonets pour les pilons dm
Bocard ou moulin à piler le minéral. 8. Fondation du Bocard.
$. Conduite par laquelle s'écoule teau du chenal des roués^
10. Fondation des piliers quifoutiennent les foufflets. 11. Fon*
dation des fupports au-devant des joufflets. 1 z. Le chenal garni
de madriers & entouré de pieux. 13. Conduite de l'eau fur lai
roue. 1 4. Trois degre^pour-défendre fur les roues, ly. Cuviert

< a ) Afin qu*on fçache de quelle me- données dans ce Traité , on a fait venir ^
fure on s'eft fervi pour lever ces Plans , de Saxe , une règle , fur laquelle font
on a fait graver Je pied réduit s divifé gravez.&divifei; par pouces & lignes,
en 11. pouces , tel qu'il eft en ivfaçe le piecfdu Hartz, dont Schluiter s'eft
dans le païs du Hartz , fur la Planche!. fervi , 8c le ptied'de Freyberg. En le*
Lettre.C. comparant avec attention à notre pied-
Et pour qu'il y ait encore moins de-Roy , j'ai trouvé que le pied diT
d erreur , lorfqu'on voudra conftruire • Haïti a 10 polices & lignes ,' de ligna
une Fonderie, des Fourneaux , &c. fans du pied-de-Roy ; & que celui de Frey
starter des mefures & proportions berg n'a que jo pouces 4 lignes î
a reefroidit
De la Fonderie. Chap. I. 9
* refroidir le cuivre raffiné. 16. Fondation du Fourneau à
fondre. 17. fondation du Fourneau à fondre la litarge. 18.
fondation du foyer pour le raffinage du cuivre. 19. Fondation
du fourneau de coupelle à affiner l'argent. 2.0. Un Fourneau
en br/fues dans Lequel on fait du feu en hyver.

B. La coupe de la Fonderie*
N°. 1. Lès trois murailles de la Fonderie, t. Le devant
des Magasins. $. L'endroit des roués. 4. La roué. $. Canal
qui fèrt à Fécoulement des eaux. 6. Le folfur lequel efl pofé
le rouage. Il efi de fix pieds plus profond que le fol de la Fon
derie. 7. Le fol de la Fonderie.
C. Un pied de 11 pouces 3 ou échelle fuivant laquelle tous
Us Flans de cet Ouvrage ont été levés.
'Explication de la Flanche 11.

A. Elévation d'une Fonderie , dans laquelle il y a


quatre Fourneaux.
i°. Les murs de la Ponderie 3 avec leurs trois portes, z.
Quatre Magasins , dont chacun a une porte. 5. Le fol de h
Fonderie. 4. Le mur qui règne derrière les Fourneaux. 5.
Fourneau à fondre le minéral. 6. Fourneau à fondre la litar
ge. ?. Foyer pour le raffinage du cuivre. 8. Foyer à affiner
Cargent. 9. Lesfouffels de bois >• il y en a deux pour chaque
Fourneau. 10. Le contre- poids des feuffiets. 11. Une roué.
11. La conduite de l'eau fur la roue. i$. La couverture de
tuiles qu'on a laijfée ouverte pour '•voir l'intérieur de la Fon
derie. 74. Deux ouvertures de cheminée 3 qui font faites de
bois garni de terre glaifè s on en a omis la continuation dans
Tom. 11. B
io De la Fonderie. Chap. I.
la Fonderie 3 en cat qu'il fut nécejfaire de l'étendre 3 ainfi
qu'on l'a dit ci-dejjus. ly Le chenal garni de madriers O*
de pieux.
B. La coupe.
i°. Le mur qui efl au fond de la Fonderie, i. Le mur du
devant de la Fonderie, j. Le mur mitoyen. 4. Le mur inté
rieur du pignon, y Le fil de la Fonderie. 6. Un Magasin.
7. Deux piliers fiutenant la cheminée. 8. La cheminée cons
truite en boù garni de terre grajfe. 9. Le fil fur lequel le
rouage efl pofé. 10. La roue. 11. Varbre de la roué. ir.
L'emplacement de la roue. 1 5 . Canal pour l'écoulement des
eaux. 14. La conduite de l'eau. 1 y Les piliers qui fiutien—
nent le fiujflet. 16. Les fùpports des fiuffletsfur le devant.
17. La marche qui fèrt à faire defiendre le fiujflet. 18. Le lit
des fiufflets. 19. Un fiujflet de boù. 2.0. Le contre-poids ou
balancier qui relève les fiufflets. -l\. Les chaînes de fer. 11.
Coiffe pour les cendres } placée deffous la roué, xy La coupe
d'un Fourneau à révivifier la litarge.

CHAPITRE II.
ÏÏe la conflruttion des autres Bâtiment
neceffaires a une Fonderie^

§. i.T E Angar pour le charbon doit être aflfez


-Ligrand pour contenir tout ce qu'on peut en
confommer pendant fix mois , de crainte qu'on ne
Toit obligé d'en faire pendant Fhyver , au milieu de la
Des Batjm. necess. a une Fond. Chap. H. rr
neige & des glaces. Pour trouver la jufte étendue de
ce charbonnier » il faut la calculer d'après la mefure du
charbon. Or une charete remplie de charbon au Pays
du H*rt\ y contient dix mefures de charbon de fapin ,
Rcuf mefures de charbon de hêtre 3 & neuf mefures &
demie, fï le charbon eit mêlé. Mais en mefurant le
charbon, > lorsqu'il arrive à la Fonderie , on ne compte
que neuf mefures Fune dans Fautre , pour une chare-
tée : ce qui fait 76 pieds cubes. Cela fuppofé'j un An-
gar qui doit contenir 400 charetées de charbon ,
aura 40 pieds de longueur fur 5 1 pieds de largeur &
15 pieds de hauteur, jufqu'au commencement de la
couverture , à. laquelle on donnera 20 pieds de hau
teur. Toute la charpente de ce Angar fera montée &
aflemblëc fur un mur de bonne maçonnerie de trois
pieds d'élévation. Ces Angars doivent être aufli près
p de la Fonderie , que le danger du feu peut le permet
tre , afin que les Fondeurs , qui n'ont pas d'aides ,
puiflent prendre aifement le charbon dont ils ont be-
ioin. S'il fe trouvoit près de la Fonderie quelque
hauteur , au pied de laquelle on pût placer le char
bonnier ; en conduifant les charetes fur cette hauteur,
on verferoit aifement le charbon dans le Angar, & Fou
éwiteroit la peine de le porter , depuis Fendroit où on
je ver/e y juiqu a cet Angar. Voyez U Planche III. let
tre A.
Explication de U Planche III. Lettre A.

A. Angar pour le charbon.


B ij
iz Des Batim. necess. a une Fond. Chap. II.
i . Bâtiment qui a 40 pieds de long fur $ 1 pieds de lar
ge 3 15 pieds de haut jufqu 'au-dejfous de la couverture , C* 3
pieds de mur pour porter la charpente. 1. Tortes par lefquel-
les on frit entrer le charbon. 5 . Tont par lequel on porte le
charbon à mefure que fa quantité s'élève } C> jufque Cous le
comble de la couverture.
§. i. Quant au Bocard , qui réduit le minéral en
poudre , on {ordonne avec plus ou moins de pilons ,
félon le travail des Fourneaux de la Fonderie. On le
voit repréfenté fur la Hanche III. lettre B : fon fol , ou
emplacement 3 eft de jo pieds de long fur 10 pieds de
large. * *
Explication de la Planche III. lettre B.

B. Sol d'un Bocard à réduire le minéral en poudre.


i°. Fondations de ce qui entoure le Bâtiment. 1. La roué
avec fin arbre. 5. Les leviers ou mantonets. 4. Le fil de trou
pilons, j . Une plaque de ferfondu qui firt de lit aux pilons,
&* fur laquelle ils tombent. 6. La place de la poudre prove
nant du minéral pulvénfé. 7. Trois Magasins firvant pour
mettre le charbon pulvérifé , l'argile C> la poudre fine de la
Brafque. 8. Un Crible par lequel on pajjè cette poudre. 9. Le
fond du Crible , qui ejl frit de bandelettes de fer entrelajfées.
Si Fon n'a befoin que d'un Bocard médiocrement
grand, il n'eft pas néceflaire de conftruire un Bâtiment
exprès pour le placer : car en fuppofant de la place
derrière les foufflets 3 on peut ajufter trois ou quatre pi
lons y que Farbre des foufflets fera lever > à Faide de
trois ou quatre mantonets qu'on y ajoutera. On épar?
Des BATrM. necess. a une Fond. Chap. II. i^
gnc par ce moyen un fécond canal pour Feau 3 & un
Bâtiment qui (eroit inutile. C'eit ce qu'on peut voir
fur la Planche I. lettre A. N°. 8. & ce qui eft en ufage
au Pays du Hartz , pour la fonte des Mines de cuivre.
§. /. Comme il faut avoir aufïi dans une Fonderie 3
un autre Bocard pour piler & laver les terres & les dé
iris des Fourneaux > on Fa repréTenté fur la Planche III.
iettre C. Le fol de ce Bocard a 43 pieds de long , fur
40 pieds de large.
Explication de la Hanche III. lettre C > contenant le Bocard
four les terres O débris.
C. Sol d'un Bocard pour les terres & de'bris des
Fourneaux.
\ . fondation du Bâtiment, t.. La roue. 5. Les leviers ou
mantonets. 4. Soipour troupilons. 5. L'auge aux pilons gar
nie d'une plaque deferfondu. 6. Canal incliné dans lequel le
minéral pilé fe dépojè. 7. Canal inférieur. S. Trois caijfes 3 où
la matière fe mêle avec l'eau. 9. Trois lavoirs qui font garnis
de drap. 10. Canal d'arrêt. 1 1. Canal dans lequel on conduit
le refte de feau. iz. Canal. 15. Kéfirvoir pour les effondril-
les. 14. Kéfervoir pour le déchet. 15. Le premier lavoir. 16.
CaiJJè au-dejfus de ce lavoir, fervant à mêler la mine avec
Feau. 17- Le réfervoir pour le premier fable. 18. Un foyer
pour faire du feu en hyver. 1 9. "Deux Magasins pour les
terres des lavures &* débris des Fourneaux, zo. La coupe d'un
lavoirgarni de drap. 11. La coupe du premier lavoir.
On peut auiTi ajouter à Farbre un Bocard pour pul-
rerifer ia Brafque } pareeque le premier ne va pas cou
i4 Des Batim. necess. a une Fond. Chap. II.
jours. Ainfi fi la roue motrice eft au milieu, on peue
établir des pilons , tant d'un côté que de l'autre.
Quand il s agit de fondre de la mine de plomb &:.
d'argent ,, au bas Hartz , on n'a pas befoin de Bocard
pour piler le mélange de ta. Bralque; pareeque celle
dont on fe fe.flr, çfll légeue , & a'cft preicjue compoleç
que de poudre de charbon* : mais pour piler ce char
bon , il y a , au bout de chaque arbre qui fait aller
deux foufflets , un gros marteau de bois allez pefànt ,.
lequel pile pendant Ta fonte autant de charbon qu'il en
faut pour ajufter deux Fourneaux.
§. 4. Lorfqu'en 1713 Schlutter eut introduit, dans
les Fonderies du bas Hartz , Pufàge de brûler des fa
gots pour Paffinage > il fut obligé de conftruire des An-
gars pour mettre ces fagots à couvert pendanc Phyver,
afin de pouvoir les employer fecs ^ mais comme le pre
mier Angar avoit été fait à la manière de ceux qui fer
vent pour le charbon , il remarqua que les fagots , qui
touchoient la terre , etoient tous moifis & preique
pourris ■> il fallut donc changer ces Angars , & ne laif-
fer autour, à la place d'un mur, que quelques piliers
pour foutenir la charpente , afin d'avoir des ouvertures
pour le pafTage du vent. On met à terre des pièces de
bois allez fortes : on range defius les fagots , afin que
Pair, ayant un libre paflage , les empêche de fe gâter.
Ces fagots font liés de deux liens , pour qu'on puifle
les faire entrer plus aifément dans la chaufte ou foyer
du Fourneau d'affinage. Ils ont $ pieds & demi de
long, & z pieds & demi de tour. Si fou veut avoir un*
Des Batîm. necess. a une Fond. Chap. H. *-$
Angar propre à -contenir 400 de ces fagots 3 il faut lui
donner 5orAeds de longueur, 40 pieds de largeur 3 ôc
15 pieds de hauteur , jufqu'au commencement du toit
ou couverture. Voyez ce Angar fur la Planche IV.
"Explication de la, Planche IV\ contenant la conftruïïion d'un
Angar four les fagots.
A. Plan d'un Angar du bas Pays du FJartz.
i°. Tilters de maçonnerie qui Jbutiennent la charpente.
%. Ouvertures pour laijfer entrer l'air. $ . T>eux grandes por
tes. 4. Toutres ou groffes pièces de boù fur lefquelles on pojè
les figots. 5 . Maçonnerie fur laquelle ces pièces de bots font
placées s afin que l'air puijfè paffer par-dejfom.
B. Coupe du Angar.
i°. Tiliers de maçonnerie four la charpente, 1. Soupiraux
ou évents. $. Quatre ouvertures garnies de contrevents. 4.
Unegrande porte, j. Une porte dans la partie fupérieure du
Angar. 6. Un pont par lequel on monte les fagots. 7. La cou
verture ou toit. 8. VAngar qui eflfermé tout autour avec
des planches.

CHAPITRE III.
*De$ différentes mejures de charbon , tant du bas
HartZj , que d'ailleurs.
%. 1. ÇChlutter s'étant propbfé d'écrire fur les tra-
Ovaux des Fonderies 3 non -feulement du bas
16 Du CHARBON, ET DE SES MESUR. ChAP. III.
Hartz , mais aufïi fur ceux de plufieurs autres pays , H
convenoit qu'il donnât les différentes mefures donc
on fe fert , tant à mefurer le charbon , qu'à mefurer la
mine; afin que lorfqu'on veut compafer le travail d'un
pays avec le travail d'un autre , on puiffe mieux juger
de la quantité de charbon qu'il faut confommer pour
fondre une certaine quantité de minéral , en faifant
un calcul de^ proportion d'après ces différentes mefu
res. On a repréfenté toutes ces mefures fur les Planches

§. z. A Fcgard du mefùrage du charbon au pays du


Hartz, voici comment on le fait. Lorfqu'on décharge
le charbon aux Fonderies , on fépare d'abord le plus
gros de chaque charetée , & on le mefure à part : le
menu fe mefure enfuite , Pun & fautre à mefure raze.
Si on mefure de nouveau le charbon dans le charbon
nier , on mêle enfemble le gros & le menu , & Fon
compte 9. mefures pour une charetée. On fe fert or
dinairement , pour ce dernier mefùrage , d'un panier
formé & arrête par le Vanier fur une brouette : ce pa
nier qui contient trois mefures , eft repréfenté fur U
Planche VI. lettre F,
Explication de la Planche V.
A. Mefure du charbon en ufage au bas Hartz : iî
en faut neuf, fi c'eft du bois dur réduit en charbon v
dix, fi c'eft du bois de fapin ; neuf & demie , fi c'eft
du charbon mêlé, pour faire une charetée»
1. La Coupe, z. Son élévation.
B. Mefure:
Dtf CHARBON, ET DE ses mesures. Ch. III. 17
B. Mcfure du charbon au pays du haut Hartz , avec
laquelle on fait Ja livraifon comme au bas Hartz.
1. La coupe, z. Son élévation.
C. Mefure du charbon à Stolberg : les douze font une
charerée.
/. La coupe. 1. Son élévation.
D. Mefure du charbon à Mansfeldt : il en faut aufli
douze pour une charetéc.
1. La coupe, z. Son élévation,
E. Mefure du charbon à Freyberg : douze font un
chariot plein.
F. Mefure du charbon \Gmmenthal: il en faut dou
ze pour une charetée.
G. Mefure du charbon à Kobtembottrg : douze pour
une charetée .
H. Mefure au charbon à Schemnit^ & à Cremnit^ 3
mines célèbres en Hongrie. On la nomme Rofc 3 Se
ion en compte quatre pour une charge.
J. Mefure du charbon en Bohême , on la nomme une
Trouche. Pour la remplir 3 il faut 10 petits paniers.
K. Mefure du charbon à Schmelmt^ douze font une
charete'e.
L. Mefure du charbon à Foelgebangen 3 appellée un
Sahm : un cheval en porte deux 3 dans deux lacs.
M. Mefure du charbon à Koenigsberg en Norwege :
quinze font un Lafi où charge.
N. Mefure du charbon à Breitembacb s cinq font une
charge , & deux charges rempliflentun chariot.
O. Mefure du charbon à Olne en Weftphalie : on la
C
18 Du CHARBON , ET DE SES MESURES. Ch. III.
nomme un Zenge. Quatre Zenges font une charecéc , Se
dix font une charge.
Explication de la Planche VI»
A. Un panier à charbon monté fur une brouette :
il contient trois mefures,
B. Une mefure appellée Scherbena avec laquelle on
mefure la mine au bas Hartz,
C. Une mefure nommée Scherben -Karren - Maafi,
avec laquelle on charie le minéral aux Fonderies du
bas Hartz.
D. Une brouette nommée Barre 3 dans laquelle on
charie en Hongrie & au Tirol le minéral pour le fon
dre.
E. Une cuve pour les cendres ; c'eft elle qui eft en
ufage au bas Hartz.
i. L'élévation. %. La coupe.
F. Cuve pour les cendres , au pays.du haut Hartz.
Quant à ce qu'on a repréfenté de plus , fur cette
Planche , on en trouvera Fexplication au Chapitre VII.
Des Grillages. Chai». IV. 19

CHAPITRE IV.
*De U confiruB'wn des Grillages : des Hutes ou
Angars à griller les mines d'argent ,
de cuivre & de flomb.
%. 1 . T E grillage des mines &r celui de la matte de
X—/cuivre ( Ufù cu^rem ) fe font de différentes
manières , & tout ne fe grille pas fous des Angars cou
verts , mais en partie fur une place préparée , à Fair ,
& en rafe campagne. Il y a cinq principales manières
de griller- i°. On fait beaucoup de grillages fur le ter-
Tain cpi cft ae.va.vu la îonderie & fans aucun toit.
z°. D'autres fc font fur une aire entoure'e de murailles,
Se auÛi fans aucun toit. f. D'autres, fous un toit, mais
fans que faire foit entourée de murs. 40. D'autres >
fur une aire murée, & couverte d'un toitr ce qu'on
nomme Hutte À griller, f. Il y a une autre manière de
griller, qu'on nomme brûler ou calciner le minéral :
elle fe fait dans un Fourneau particulier , qui fera dé
crit ci-après.
§. z. La première manière de griller eft celle qu'on
met en ufage à Ramelfierg , ou au bas pays du Hartz ,
pour les mines d'argent , de plomb & de cuivre , par-
ccqu'on leur donne le premier feu , fur une aire à dé
couvert devant la Fonderie. Ce grillage demande une
place quarrée , qui doit avoir neuf cordes ■ Cijde long &c
zo Des Grillages. Chap. IV.
autant de large i ce qui fait 5 1 pieds en quarré. Il faut
que Faire foit batue 3 bien unie , $c couverte de mine
pilée. Elle doit être auflï un peu élevée , afin que Feau
ne s'introduife pas fous le grillage pendant les fortes
pluyes. On a repréfenté ce grillage dans la Planche VIL
lettres A. B, C. D. E. En njoici l'exçlicxtwn.
A. Une place à griller.
1. ha manière d'arranger le lit du boù. 2. Arrangement
du boù qui doit griller le minéral. 3 . Un panier de charbon
fervant à allumer lefeu.
B. Un grillage y qui eft grille' environ à moitié',
1. Du boù pour griller, t. Mine brute. 5. Le noyau ou la
fleur 3 campofé du plus fin du minéral. 4. De la mine menue
à moitié grillée 3 que ton trie lorfquon change les grillages.
3. L'efpece de tuyau ou canal par ou l'on met le feu. 6. Un
madrier par le moyen auquel on charie le minéral fur le grih
lage.
C. La coupe d'un grillage.
1. Le boù pour griller, x. Un panier de charbon. 3. Le can
nai compofé de boù. 4. Mine groffiere ou brute. 5. Mine me
nue. 6. Le plus fin du minéral. 7. Ce qu'on nomme vitriol
dans la mine grillée.
D. Un grillage qui efl: achevé,
i.Le boù deffous le grillage, x. Deux cotés qui font couverts
avec du njitriol3 &*du menu minéral brûlé. 3. La partie fur
périeure du grillage. 4. Le trou par lequel on allume le feu.
5. Rebord ou bordage qui jefait avec du menu vitriol autour
d'un grillage*
Des Grillages. Chap. IV. n
E. Un grillage, deifous lequel le bois eft brûlé &
qui eft encore en feu,
i. Deux côtés 3 ou faces y qui font couverts de menu miné
ral, i. La partie Jupérieure du grillage 3 dans laquelle il y a
des trou* où le foufre fe rajfemble. $ . Une ouverture où le
gniage s'eft écroulé , e>» dans laquelle on voit dégoûter le fou->.
fie. 4. Un madrier quifert à garantir du e~vent.
§. 3 . Le fécond & troifiéme feu ou grillage de la mi
ne d'argent, de plomb & de cuivre de Kamelfierg3 fe
fait félon la troifïéme manière de griller , c'eft-à-dire,
fous un Angar ou Hutte. Ce bâtiment a 80 pieds de
long & 40. de large : il eft couvert de planches pour
garantir le grillage de la pluye. Il eft élevé fur un en
droit uni , 8t fon toit eft foutenu par lept poteaux de
bois c\e chêne de chaque coté i ainfi le vent peut y
pafler librement. Il n'y a aufïi que fept poutres , par-
ceque la crainte du feu ne permet pas d'y employer
beaucoup de bois de charpente ; mais comme les grands
vçnts pourroient l'ébranler , on met des arcs-boutans
autour de ce bâtiment. Sur ces arcs-boutans , on arrê
te des planches du côté d'où vient le vent , qui , fans
elles , chafïèroit la pluye fur les grillages : ces planches
n'y font pas attachées à demeure ; on peut aifément les
ôter & les remettre. Si Fon a , près de la Fonderie , une
place difpofée de manière qu'on puiffe y élever deux
de ces Angars à coté Fun de Fautre ; ce feroit une com
modité' de plus pour le grillage de la mine , puifqu'on
fè fèrviroit de ces Angars pour le fécond & troifïéme
grillage. Il n'y avoit point autrefois d'Angars pour le
zz Des Grillages. Chai». IV.
fécond grillage , & Fon n'en a eu pour la première fois
qu'en 1701. Depuis cette époque on en a bâti dans
tous les endroits du pays , où il y a des Fonderies * ôc
le fécond grillage fe fait à couvert , comme le troifié-
me. On voit de quelle manière ces Angars font conf-
truits3 à la Planche FIL lettre F. G. & à la Planche Vlll.
lettre H.
Suite de ï'explication de la Planche FIL lettre F. G.
T. Plan d'un Angar fous lequel on grille la mine
pour la féconde & la troifïéme rois.
1. Fondation des poteaux de chêne, z. L'effare d'un fécond
C?" troifiéme feu 3 dans lequel on a placé la matière de deux
grillages. 5. De la mine menue que l'on met par-deffous te
bots. 4. Boue pour griller 3 qui Je range fur la mine menue.
5. Mine du premierfeu : comment on la place fur le bots.
G. Elévation d'un Angar^
z. "Piliers de chêne, z. Couvertures de planches. 5. Mine
menue de la manière e> hauteur quelle je trouve arrangéefur
le bots. 4. Hauteur du bois. f.De la mine du premier feu &*,
Jà hauteur dans le fécond feu.
Explication de la Planche Vlll. lettre H*
H. Elévation d'un Angar à griller.
1 . Le bâtiment couvert de planches 3 qu'on n'a pas gravées
d'un coté 3 pour faire ''Voir ce qui èfi en dedans, z. Ouverture
quije trouve de chaque coté du toit 3 afin que la fumée puijjè
Jôrtir. 5. Mine menue O* fa hauteur dans le troifiéme feu.
4. La hauteur du bois. 5. Mine du fécond fèu s de quelle
hauteur on la metfur le bots.
Dis Grillages. ChaK IV. ±$
$. 4. Schlutter cherchant toujours à ménager le bois,
qui dès fon temps commençoit à devenir rare dans
le pays , imagina que Fon pourroit griller les mines de
kameiiberg dans des endroits murés , à la féconde &
à la rroifiéme fois : pour cela il fit préparer en 1711. à
la Fonderie du Duc JuMen3 une place femblable à celle
dont on fc fert pour le grillage découvert de la pre
mière façon de griller : il y fit Taire des foupiraux , afin
que le feu pût agir fous le minéral. C'efl ce qu'on peut
voir fur U Planche FUI. lettre J.
Suite de l'explication de la Planche FUI. lettre J.
J. Angar fous lequel on a grillé la féconde & la troi-
fiéme fois la mine de Rameliberg.
i. Angar couvert deplanches 3 qui manquent d'un cote pour
laijfer isoir le dedans, z, Murailles avec dés ÇoUpiraux pour
donner de Facltvite' au feu. 5 . Ouverture pat laquelle on fait
entrer le bois &• le minéral.
$.5. Le même Auteur rapporte en cet endroit ce
qu'un Mathématicien fit exécuter en 1714 : il s'étoit
propofé de griller la mine de Ramellberg avec fort
peu de Dois , pareeque cette mine contenant une gran
de quantité de fourre , elle devoit , félon lut , brûler
d'elle-même , & par- là épargner confidérablement lé
bois. Il choifit donc â la fonderie de ^Madame Sophie
une aire de grillage ordinaire : il la partagea en quatre,
6c fit un peu creufer chaque partie. Au deffous du mi
lieu de cette aire , il y avoit une voûte fous terre , avec
«joatfc ouvertures , femblables à fentbouchure d'un
14 Des Grillages. Chap. IV.
Fourneau , & dont chacune fe rendoit au milieu de cha
cune des divifions. C'étoit par ces ouvertures qu'on
devoit donner le feu au grillage } c'eft-à-dire , au mi^
néral mis fur ces divifions. Mais afin de mieux faire
concevoir ce que ce Mathématicien s'étoit propofé ,
on l'a repréfenté fur la Planche IX. lettres A. B. C. D.
Explication de la Planche IX. Lettres A. B. C. D.
A. Le Plan inférieur de la première place à griller.
i . Gallerie voûtée dejjous la place à griller j elle a un ef-
calier à chaque bout. z. Jguatre tuyaux de maçonnerie dans
lejquels onfaiÇoit lefeu, C* qui finijfent par un trou quatre*
B. Plan fupérieur de la place à griller.
i. Place qui efi quarrée €> divifée en quatre, z. JÇhtatrâ
profondeurs fus lefquelles on faijoit le grillage. 5. Quatre
trous par où la flamme entroit dans la mine àgriller. 4. Deux
ejcaliers qui vont a la gallerie voûtée.
C. La Coupe en long.
1. Un côté de la gallerie voûtée. 1. Deux tuyaux qui jèr-ï
voient à. introduire le feu. 5. Deux ejcaliers.
. D. La Coupe en travers.
1. La Gallerie voutee. 1. Deux tuyaux. 3. Deux trous par,
lejquels le feu s introduisit dans la mine. 4. Deux des quar-i
rés creufés.
Mais , comme après l'exécution de tout ce qu'on
vient de décrire > le grillage ne put pas réufïir 3 il ima
gina un autre moyen. Il choifit une place ronde & de
niveau avec le refte du terrain. Il fit conftruire deffous
trois voûtes , de chacune defquelles il fortoit deux
tuyaux 3

^\
Des Grillages. Chap. IV. ij
tuyaux , qui rendoient la place ronde ou eipece de baf-
fin , & le feu s'introduiloit dans le minéral qu'on y
avoitmis , pour être grillé. Le tout eft repréfenté fur
U Planche IX. lettres E. F. G, H. J. Mais malgré ces
cnangemens l'opération manqua 3 parcequ'il s'en fal
loir beaucoup qu'il s'introduisît aûez de feu dans les
grillages.
Suite de Vexplication de la Manche IX. lettres E. F. G. H. J.
E. Le Plan inférieur de la place à griller.
i. Trois voûtes Cous terre d'où fortent 3 [ z. ] Six tuyaux
far où ton chauffait.
F. Plan fupérieur de la place.
1. Trois trous ou canaux qui vont aux trois voûtes, i. Six
trous four la flamme qui vient àesfix tuyaux. 3 . Chemin Pra
tique' autour.
G. La Vbure ious terre.
1. Muraille à l'entour. z. Muraille qui va dans la voûte.
5. Deux canaux avec deux ijfuè's pour la flamme.
H. La Coupe en long.
1. Maçonnerie intérieure. z. Canalpour le feu. 5. Echelle
four monter &- dejcendre.
$. 6. Le grillage de la matte de cuivre fe fait au har
Hart^ dans des huttes ou angars, & c'eft la quatrième
manière de griller. Ces huttes font de maçonnefie en
dedans, & de bois en dehors. Elles ont 35. pieds de
long & 2.8. de large. On fait d'abord une fondation &
un emparement de maçonnerie } fur lequel on pofe ho
rizontalement de longues pièces de bois de chêne. Les
Tom. IL D
lé Des Grillages* ChaP. IV.
poteaux & piliers néceifaires foiit aufli de bois de chê
ne -, & entr eux on met, au lieu de mur , des elpeees de
palifïàdes de bois de fapin , fi près l'une de Fautre que
perlonne ne puiffe païTer entre deux : il y a tout autour
de l'intérieur de la hutte , une muraille de brique en
dedans où le feu touche , & de maçonnerie en dehors ,
ôc l'aire eft traverfée de deux ou trois autres petits murs.
Ces huttes fe ferment à la clef, pareequ on y grille fou-
vent des mattes qui tiennent de Fargent. La Fumée n'y
peut guères incommoder , pareeque le vent les traverie
librement. On les a repréfentées iur la Planche X. lettre
A 5 & pour en faire mieux voir la conitruction inté-
rieure , on a retranche' un côte' de la couverture.
Explication de la Planche X. lettre A.
A. Hutte à griller la matte de cuivre au bas Hartz.
i . 'Empâtement de maçonnerie, z. Bois rond de fapin qui
fert de Valijfades 3 O qui entoure la hutte , de façon que per-
fonne nepuiffey entrer 3 mais que le ventpuijfe pajfer à travers*
3. Toit de planches qu'on a laijfé ouvert. On aohmis aujfî quel
ques pièces de bois qui auroient empêché de voir le dedans.
4. Maçonnerie de deux aires à griller. 5. Briques avec lefquelles
on garnit les murs de féparation pour qu'ils réfijient au feu.
6. Deux places à griller. 7. Une porte qui fe ferme.
§. 7. Dans quelque Fonderie du haut Hartz on grille
la matte de cuivre en plein air, & fans place murée.
Dans d'autres on les grille dans des places murées, mais
à découvert , telle eft celle de la Fonderie d'Altenau. Sa
maçonnerie eft compoiée par dehors de pierres com~
Des Grillages. Chap. IV. ty
mûries, & en dedans , de pierres qui renflent au feu.
Elle a dans oçuvre 14, pieds fur %$. Voyez la Planche X.
lettre B.
Suite de l'explication de la Planche X3 lettre B.
B. Place à griller d'Alrenau.
1. La maçonnerie faite en dehors de pierres communes 3 O
en dedans de pierres qui réjiflent au feu. 2.. Soupirail qui
donne de l air au feu. 3. Ventrée.
$. 8. On grille auffi dans le haut Hartz des mattes
de cuivre dans des huttes fermées. Il y a des places mu
rées y comme on les voit 3 Planche X. lettre C. Elles font
couvertes de tuiles, & elles ont 31. pieds de longueur
(ur r5- de largeur. Cet etpace eft divifé en quatre pla
ces îéçarées par des murs , chacune ayant un foupirail
pour donner de J air au îeu> &c le tout n'eft conitruit
qu'eu pierres brutes.
Suite de l'explication de la Planche X. lettre C.
C. Hutte , telle qu'elle efl en ,ufage dans quelques
Fonderies du haut Hartz pour le grillage de la matte
de cuivre.
1. L'empâtement de la maçonnerie, z. Murs conflruits en
pierres brutes. 3, Toit de tuiles ouvert d'un coté 3 & fa che
minée. 4. Place à griller3 ayant un fil de terre glaifi 3 plus
haut de 9. pouces att fond que par devant, j. Soupirail qui
monte dans la muratlle. 6. Porte qui fe ferme.
$. 9. A Freyhergy les places fur lefquelles on grille
font de deux fortes ; mais Fune & Fautre entourées de
Dij
z8 Des Grillages. Chap. IV.
maçonnerie. Celles où Fon grille le minéral trié & lavé,
ont depuis zo. jufqu'à z6. pieds de long, & iz. pieds
de large. Le fol & les contours font garnis de briques,
& elles (ont couvertes d'un toit. On doit les mettre dans
la quatrième des cinq fortes de grillages , dont il a été
parlé au commencement de ce Chapitre.
Suite de texplication de la Planche X. lettres D. E.
D. Plan d'un grillage de Freyberg où Fon grille la
mine d'argent & de plomb.
- i. Sol de la maçonnerie, z. Places a griller , revêtues de
briques. $. Leurs entrées.
E. Elévation de ce grillage.
i . éMaçonnerie O* piliers à ïentour garnis de briques.
z. Grillages dont le fôlefl en brique. 3. Leurs entrées. 4. Le
toit ouvert au! milieu pour laijferfortir la fumée.
Les places où Fon grille la matte de plomb & de cui
vre , font conftruites en pierres brutes ; mais elles font
garnies de briques en dedans , &c elles n'ont point de
toit ; ainfi elles font de la féconde des cinq iortçs de
grillages. On les a repréfentées fur la Planche X. lettre F.
où il y a deux places, dont chacune a iz. pieds de lar
geur & 5. pieds de hauteur, le tout dans œuvre.
Suite de l'explication de la Planche X. lettre F.
F. Grillage de maçonnerie dans lequel on grille a
Freyberg la matte du plomb & du cuivre.
i. La maçonnerie , revêtue de briques en dedans, z. Places
à griller y dont lefol efi de briques ou de pierres qui reffient au
feu. 3. Leurs entrées,
Des Grillages. Chap. IV. x?
§. 10. A Falhum en Suéde , les grillages font à dé
couverts & conftruits en maçonnerie , ainfl ils font de
la féconde des cinq fortes de grillages. Ils ont une forme
à peu près ovale , plus large & plus haute au fond que
t>ar devant, où leur fol eft plus étroit. La place, ou Taire,
où Ton grille eft d'environ 16. pieds de long ; large au
fond de huit pieds, &c de 6. par devant. La hauteur
des murs eft de 7, pieds d'un côté, & de 5. de Fautre.
En haut Taire a 10. pieds, & fur le devant qui déclive ,
elle en a 1 8 : on en garnit le fol de feories, qui fervent
à lui donner un pied de hauteur de plus au Fond , que
par devant. On Fa repréfentée fur la Planche X. lettre G.
Suite de texplication de la Planche X. lettres G. H.
G. "Le p\an d'une place à griller , telles qu'elles font
en ufage à Falhttm en Sucde.
1. Les murs de maçonnerie quiÇont a l'entour. z. Le jou-
firail four introduire tair.
§. 11. 11 feroittrop long de décrire toutes les maniè
res de griller le minéral , qui font en ufage dans les dif-
férens pays où Fon exploite des mines : elles peuvent
toutes fe réduire aux quatre premières fortes de grillages
dont on a déjà parlé, A l'égard des Fonderies qui four-
niflènt une quantité un peu confïdérable de mattes ,
ou de minéral, riches en argent, il convient que les
huttes où elles doivent être grillées , foient fermées de
murs , afin de les mettre en fureté , & de les garantir
de la pluie. Voyez pour cela la Planche XL dont voici
l'explication.
jo Des Grillages. Chap. IV.
A. Le plan d'un grillage fermé de murs.
i. Fondation de la hutte de ce grillage, i. Fondation des
murs de feparation. 3 . Fondation des piliers qui font hors de la
hutte. 4. Deux grandes portes.
B. Un côté de l'intérieur du grillage 3 dont on peut
aufïi fe fervir fans toit.
1. Mur de face. i. Huit murs traverfans 3 qui fparent les
places du grillage. $ . Sept places à griller 3 dont lesfis peuvent
être de terre glatf ou de pierre. 4. Soupirail pour introduire
l'air.
C. La coupe d'une place à griller.
1. Le mur dufond. 1. Murs des cotés. $ . Le fol qui mante
vers le fond 3 O- que l'on peut paver de briques 3 ou le garnir
de terre glaijè. 4. Le foupirail.
D. Elévation d'une hutte à grilkr.
1. Murs de maçonnerie qui entourent le grillage, t. Po
teaux de chêne fur lefquels on établit le bâtiment. 3 . Toit de
tuiles qui efl ouvert d'un coté. 4. Ouverture pour laijfer forttr
la fumée 3 avecfon petit toit. j. Deux grandes portes. 6. Pla
ces à griller y féparées par des murs. 7. Soupiraux : un pour
chaque place à griller.
Cette hutte a 6$. pieds de long, 31. pieds de large.
Elle efl: entourée de murs. Il y a deux rangs de places
à griller, entre lefquelles fe trouve un pafTage pour
aller dune place à Fautre j & elle eft couverte de tuiles
qu'on a retranchées d'un côte' dans la Planche , pour
faire voir la conftruclion du dedans.
Î>es Fourneaux a calciner. Chap. V. 31

CHAPITRE V.
Des Fourneaux à brûler ou calciner le Minerai.
%. 1./^ Riller la Mine dans un Fourneau , c'eft } com-
V_Xme on le dit au §. 1 . du Chapitre précédent ,
h cinquième manière de griller. On conftruit ces Four
neaux dans des bâtimens que Fon nomme huttes à brûler
ou à calciner 3 parceque ces Fourneaux font voûtés , 6c
que la mine doit être préfervée de la pluie : ainn* il eft
abfolument néceffaire qu'ils foient fous un toit. Pour
en donner la defcription , on commence par celle du
Fourneau dans lequel on grille la mine de Ramelfberg.
§. x. On çeut mettre dans ce Fourneau jufqu'à 31
quintaux de minéral à h fois. Sa fondation doit être
de maçonnerie bien foiide 3 fans quoi il pourrait fa
cilement s endommager : mais cette folidité n'eft ne-
ceflaire que pour les murs de devant &c des deux côtés
qui ont à {outenir le plus d'effort. L'endroit du foyer
n'exige pas une conftru£tion il forte. Quand on a élevé
cette fondation jufqu'à la hauteur que doivent avoir
les hTuës que Fon y forme en croix pour biffer fortir
fhumidité du terrain 3 & que Schlutter nomme tantôt
Egouts & tantôt Soupiraux t on commence à élever les
murs des côtés & celui de derrière s jufqu'au niveau du
foyer. Quant au devant , on le laiffe ouvert } afin de
faire entrer par- là les pièces deftinées à conftruire le
foyer. Il n'efl: pas néceffaite d'employer de la pierre
$i Des Fourneaux a caiciner. Chap/V.
qui réfifte au feu, dans la conftruction des trois murs
dont on vient de parler. Les murs fe trouvant à 1 8 pou
ces hors de terre , qui eft la hauteur où doit être le foyer,
la voûte doit alors prendre naiffance. Mais avant que
de la commencer, on établit le foyer , pour lequel on
ne doit employer que Içs pierres qui rendent le mieux
au feu & les plus grandes que l'on puifTe trouver , en
les joignant Fune contre fautre , le mieux qu'il eft pof-
fible. Les trous qui peuvent refter, fe remplirent en-
fuite avec d'autres pierres de même qualité. On ne ci
mente pas ces pierres avec de Fargile , mais avec du fa
ble que Fon fait rouler & couler par tout pour qu'il ne
relie pas de vuide. Quand le foyer eft achevé , on com
mence la voûte. On place des ceintres de bois de la
grandeur qu'elle doit avoir , & fur ces ceintres on la
forme de on la conftruit avec des pierres qui puifTent
auffi réfifter au plus grand feu , & on les cimente avec
de Pargile, ou terre graffe. Du côté où la flamme doit fe
porter , on laiffe quatre trous qui traverfent l'épaifTeur
de cette voûte , & fe rendent dans le grand trou par
lequel cette flamme prend fon iffuë, parceque Pouver-
ture par laquelle on entretient le feu, & celle qui eft
deftinée à mire entrer le Minéral & à le remuer, font
fermées par des portes de fer ■ , ainfî ce Fourneau eft du
nombre de ceux qu'on nomme Fourneaux à feu clos.
Quand la voûte eft fermée , & qu'on a obfervé ce qu'on
vient de prefcrire pour Piffuë de la flamme, on élevé
alors le mur de devant. Mais comme le Fourneau de
meure ouvert jufqu'à la hauteur où commence la voû
te ;
Des Fourneaux a calciner. Chap. V. 53
te-, (ce qui doit être ainfi à caufe du foyer que Fon refait
& rétablit par-là 3 quand le feu Fa trop endommagée )
on remplit ce vuide , en y laifTant deux efpeces de rené*
très ou de portes ; Fune pour faire le feu 3 Fautre pour
introduire le minéral. On garnit le bas de ces fenêtres
dune plaque de fer fondu ^ les côtés, de deux forts bar
reaux de pareil fer qui foutiennent d'autres plaques de
fer, derrière lesquelles la fumée fort 3 & qui fervent à
la conduire avec la flamme dans la cheminée. Ce Four
neau a 15 pieds de long , 15 pieds de large au fond , ôc
1 1 pieds feulement fur le devant. Quand on confirme
plufieurs de ces Fourneaux à côté les uns des autres ,
on peut conduire la fumée de trois au moins dans la
même cheminée pour la faire fortir hors du toit.
ScVuutter inventa ce Fourneau en 171 3 3 & il le fît
conftruire pour h première fois au bas Hartz 3 à la fon
derie du Duc Julien s dans le delTein d'achever feule
ment avec des fagots , le grillage de la mine de Ra-
melfberg 3 commencé avec le bois 3 & de la mettre en
état d'être fondue. L'idée lui en vint à l'occafion d'un
minéral du haut Hartz 3 qu'on fubltitua aux pyrites,
pour aider la fonte de cette mine de Ramelfberg.
Quand on n'eft pas prelTé par le travail 3 on lailTe
fécher ces Fourneaux d'eux-mêmes après qu'ils font
finis i finon on peut y entretenir un petit feu. Lorfque
la maçonnerie eft féche 3 on chauffe le Fourneau jufqu'à
ce que le foyer , le dôme ou la voûte 3 foient rouges j ce
qui dure cinq à fix jours & autant de nuits. On a repré-
fenté un de ces Fourneaux fur U Planche X1L
Tom. IL E
54 Des Fourneaux a calciner, Chap* V.
A. Le Plan inférieur.
i . Fondation de la maçonnerie. z. Les foupiraux ou ijfue's
pour thumiditi.
B. Plan fupérieurdu Foyer. ■ <i - ~> -(
' i. Maçonnerie dans laquelle le fiyer efl placé, t. Le fol de
la calotte t voûte ou dôme. 3. Le foyer. 4. Embouchure par
laquelle on emplit le Fourneau £>• l'on remue la Mine. y. Porte
par laquelle onftit le feu. 6. Le tuyau de U flamme avecqua-
tre autres petits tuyaux 3 qui prient a la conduire avec U
fumée dans la- dominée. 7. Chauffe oufoyer où l'on fait lefeu.
C. Le côté de derrière du Fourneau.
1. Fondation de la maçonnerie du Fourneau, z. L'iffùë
pour l'humidité. 3; Mur de devant. 4. Partie de derrière de
la calotte. 5. Un foupirail.
D. Le côter dé devant du Fourneau.
1. Mur de devant, z. La profondeur de ce mur en terre.
$. IJJuë pour l'humidité. 4. Arceau en voûte de la calotte ou
dôme. 5. Une plaque de ferfondu. 6. Ouverture avec une porte
de fer. 7. Petite ouverture pour regarder dans le Fourneau.
8. Ouverture pour le feu 3 auffi avec une porte de fer. 9. Le
trou de U flamme ou de la fumée. 10. Trois cheminées.
E. La coupe du Fourneau.
'■'il Fondation du Fourneau, z. ÏJfuë pour l'humidité. $. Ca
lotte ou dôme. 4. Lefoyer: j .La chauffé. 6. Unfoupirail. y. La
cheminée. 8. Pièce de ferfondu qui fert à porter une plaque de
fer.. 9. Plaques de fer devant la cheminée.
• F. Elévation du Fourneau.
i. Mur de devant, z. Maçonnerie fous terre. 5. fondation
du Fourneau. 4. Calotte ou dôme. {. Sortie de l'humidité.
Des Fourneaux a calciner. Chap. V. ^
6. Arceau de la calotte. 7. Plaque de fer fondu. 8. Embou
chure avec la porte de fer. 9. Petite ouverture. 10. Trou du
feu &• [a porte de fer. 1 1 . Trou de la flamme qui efl fermé
en partie avec des briques, n. Six morceaux de fer fondu
«lu portent troisplaques de fer. 1 j . Trois plaques de fer popes
dnwtles cheminées. 14* Sortie de la cheminée.
§. }. Schlutter fit conftruire aufli d'autres Fourneaux
pour griller feule la mine qu'on apportoit du haut
Hartz. Ils ne font pas fi grands que celui qu'on vient
de décrire , & dont on fe fert pour la mine de Ra-
meluSerg. Ils font femblablcs , quant à la forme , mais
ils n'ont que 14 pieds de long fur 14 de large au fond,
& 4 pieds fur le devant. On les conftruit des mêmes ma
tériaux , ôc on les chauffe de même. Ils font repréfentés
lui la. Hanche XIII.
A. Plan inférieur de ces Fourneaux.
1. La Fondation. 1. ljfuës pour l'humidité.
B. Plan fuperieur qui repréfente le foyer.
1. Le fol qui comprend ce foyer, 2.. Sol de la calotte ou dô
me. 5. Lefoyer. 4. Porte par laquelle on fait entrer le minéral
&- on le remue, j. Le trou du feu. 6. Le tuyau de la flamme
avec quatre petits tuyaux par lefquels fortent la flamme e>* la
fumée fùperfluë. 7. T)eux fiupiraux ? mais qui font fermés
O* ne fervent pas. 8. Le foyer.
C. Derrière du Fourneau.
1. Fondation de la maçonnerie, z. Mur de devant. $. La
finie d'une des ijfuè's pour Chumidité. 4. La partie de derrière
de la calotte ou dvme. y Un fôupiraiL
Eij
je Des Fourneaux a calciner. Chap. V.
D. Le devant du Fourneau.
i. Le mur de devant, i. La profondeur dans terre. 5. IJfuë
de l'humidité. 4. Arceau de la calotte. 5. Une plaque de fer.
6. Embouchure avec fa porte de fer. 7. Petite ouverture pour
regarder dans le Fourneau. 8. Entrée du feu avec une porte de
fer. 9. Le trou de la flamme. 10. La cheminée qui efl derrière
une plaque defer.
E. La coupe en long.
1. fondation du Fourneau, t. Canaux en terre pour faire
fortir l'humidité, j. Leur fortie. 4. Le foyer dont les pierres ne
fontjointes qu'avec dufable, j. La chauffe ou place dufeu. 6. Un
foupirail. 7. Hauteur du Fourneau en dedans. %. La cheminée.
9. Pièce defer fondu 3 fur laquelle efl appuyée la plaque de fer
qui efl devant la cheminée. 10. Plaque de fer devant la che
minée.
F. Ele'vation.
1. Le mur de devant. 1. La maçonnerie dans terre, j. Fom
dation de la calotte ou dôme. 4. Calotte ou dôme du Fourneau,
5. Un foupirail. 6. Arceau de la calotte. 7. Plaque de fer.
8. L'embouchure avec fa porte de fer. 9. La petite ouverture.
10. Trou du feu avecfa porte de fer. 11. Le trou de la flamme
fermé en partie avec des briques. 1 1. Trois crochets de fer qui
contiennent les plaques. 13. Plaque de fer devant la cheminée,
14. Entrée de U cheminée.
§. 4. Les Fourneaux où l'on grille dans le haut Hartz,
font conftruits comme les précédens : toute la différence
efl: qu'on n'y calcine pas le minéral à feu clos. Les em
bouchures pour charger ce minéral & le trou du feu
font les mêmes •■, & quoique depuis quelques années on
1 Des Fourneaux a calciner. Chap. V. $7
y ait mis une porte de fer > on ne la ferme point à me-
lure que Fon charge, mais feulement quand le Fourneau
eft rempli. Ce Fourneau a 19 pieds de long lur 11 pieds
de large au fond , & feulement $ pieds par devant. Il
eft rcprefente' fur la Planche XIV. dont voici Fexplica-
tlOfl.
A. Plan inférieur.
1. Fondation de la maçonnerie. 1. Canaux pour fairefortir,
l'humidité du terrain.
B. Plan fupérieur.
I. La, maçonnerie qui renferme lefoyer, x. Solde la calotte
ou dôme. 3. Le foyer. 4. Chauffe ou ton met le bois. 5. Em
bouchure par laquelle on emplit ce Fourneau. 6. LefoupiraiL
C. Côté de derrière la calotte ou dôme.
1. Fondation du Fourneau. 1. Mur du devant. 3. Sortie
pour l'humidité. 4. Partie de derrière de la calotte. 5. Un fou-
firail.
D. Le coté du devant.
1. Le mur de face. %. Maçonnerie dans terre. $. Lefoupi-
wail. 4. Arceau de la calotte ou dôme. 5. Une plaque de fer
fondu. 6. L'embouchure avec une porte defer. 7. La cheminée.
S. Deux pierres fervant àfoutenir la cheminée,
E. La coupe en long.
1. La fondation. 2. Canaux dans terre pour la fortie de
thumidité. $. La calotte ou dôme. 4. Le foyer dont les pierres
font fimplement jointes avec du fable. 5. Le foupirail. 6. La
hauteur intérieure du Fourneau. 7. La cheminée. 8. Pierres
qui portent la cheminée, 9. Plaque de fer devant la cheminée,
io. La chauffe. ,
j8 Des Fourkeaux pour le Souffre. Ch. VI. •
F. Elévation du Fourneau.
i. Mur de devant, t. Maçonnerie dans terre. $. Fondation
& maçonnerie qui comprennent la calotte ou dôme. 4. La
calotte de ce Fourneau, y Sortie pour l'humidité. 6. L'arceau
de la calotte. 7. Plaque de ferfondu. 8. L'embouchure avecft
porte defer. 9. Une plaque defer devant la cheminée, ia. Sor*
tie de la cheminée.
\ . On trouve la manière de chauffer ce Fourneau au
Chapitre XXVil. où Fon traite fort au long du grillage
de la mine du haut Hart^.

CHAPITRE VI.
Des Fonderies ou Atteîiers four le SouffrLj
%, 1. (~*\ N a établi en Bohême &c dans PElettorat de
\^y Saxe , principalement à Sattel & à Sthwart-
zgmberg) des Fourneaux pour la préparation du fouffre >
xpi fe tire d'un minerai fulfureujc , commun dans le
pays. On les nomme Affineries , ou Fourneaux à diftiller
Je fouftre. Ils font conftruits fous de grandes cheminées,
& dans un lieu çhoifi dont le terrain n'eft ni humide
ni marécageux. Le Fourneau a 16 pieds de long fur 6 '
de large, & il eft enfoncé en terre de x pieds \ parec»
■jqu'il ne faut pas qu'il loit trop eleve pour le travail,
J-e côtés font de pierre brute , mais ils font revêtus de
briques en dedans. Dans le bas & tout le long du Four
neau , on laiife un vuide fervant de cendrier s au delîus
duquel on confbruit le foyer^ avec des briques qui fer.
Des Fourneaux pour le Souffre. Ch. VI. ft
vent de grille. Ce foyer, a deux iïTuè's qùi-fc ferment
ivec des portes de fer ; au-defTus de ce long canal où
fou fak le feu , & qu'on nomme Foyer> la maçonnerie fe
forme en une voûte , au milieu de laquelle on laifle une
ouverture tle 4 pouces, qui règne tout le long du foyer,
&rar laquelle la flamme fort , pour chauffer les tuyaux
km Iefquels on met le minéral , dont on veut feparer
/cfouffre. Ces tuyaux étant placés , on ferme la voûte t
n'y lailTant que quatre trous pour faire fortir la fumée.
Les tuyaux dans Iefquels on met le minéral , font
déterre à creufet. On en place onze en travers du Four
neau , & ?on met devant chacun d'eux , des récipiens
<k fer fondu. Du côté où Fon fait entrer le minéral
fulfureux dans ces tuyaux , on leur ajufte des couver*
clés de terre cuite & des coulnTes de fer. C'eit le Maî
tre Fondeur qui e/r chargé de faire ces tuyaux : il leur
donne 4 pieds de longueur, & la forme d'un cône al
longés en forte qu'à leur autre extrémité, ils n'ont que
trois quarts de pouce , ou un pouce au plus d'ouver
ture. Du côté de l'entrée du minéral, ils ont en dedans
fix pouces de large fur une longueur de huit pouces,
& deux pouces d épaifleur. Ce Fourneau eft repréfenté
for la Planche XV. dont voici Fexplication.
A. Le Plan inférieur.
1 . Fondation de la maçonnerie. 1. Cendrier.
B. Pian du foyer.
1. Les deux murs du long côté. 1. Le mur du derrière &•
du devant dufour. 5 . Les deux ouvertures pour faire le feu,
4- Foyer ou place du feu qui a une grille de briques.
40 Des Fourneaux pour le Souffre. Ch. Vf,
C Plan à la hauteur des tuyaux.
i. Les murs des longs côtés, t. Le mur de devant &* celui
de derrière. 5 . Une ouverture étroite qui règne le long du Four
neau y &* fur le travers de laquelle font pops les tuyaux où
l'on met le minéral. 4. La fondation du Fourneau.
D. Un côté du Fourneau.
1. La hauteur de la maçonnerie dans laquelle le cendrier pt
trouve. 1. Le mur du côté long où efl lefoyer 3 ou place du feu.
5 . Le mur à travers lequel les tuyauxfontpops. 4. Trois tuyaux
quifont ouverts, j. Quatre tuyaux quifontfermés par un cou
vercle de terre. 6. Le couvercle de terre. 7. Quatre tuyaux qui 3
outre les couvercles de terre 3 fontfermés par des coulijfes defer3
entre lefquelles & le couvercle de terre 3 on met du fable , pour,
que l'air n'en puijfe fortir. 8. La coulijfe defer.
E. La coupe en long.
\. Cendrier, z. Degrés qui dépendentpus terre. 5. La grille
de briques. 4. Les deux ouvertures pour le feu. 6. Un côté de
l'ouverture étroite. 7. Omp trous par lefquels les bouts pointus
des tuyaux prtent.
F. La coupe en travers.
1. Les deux murs des longs côtés. 1. Le cendrier. 5. La grille
de briques. 4. L'ouverture pour le feu. 5. L'ouverture par
laquelle la flamme monte dans le bau$ du Fourneau. 6. Les
deux murs des côtés longs qui putiennent les tuyaux, y* Un
tuyau 3 pourfaire voir de quelle façon ilsfont pops en travers
du Fourneau. 8. Récipient quarré de fer de fonte. 9. Veux
trous pour la fumée.
G. Côtés tant de devant que de derrière.
1 . Maçonnerie des côtés de devant O* de derrière qui p
présentent
Des Fourneaux pour le Souffre. Ch. VI. 41
tréfentent en même temps, t. Le Cendrier. $.Le trou du feu.
H. Elévation du Fourneau.
1 . La maçonnerie du coté de devant > dont le Cendrier efl
enfoncé en terre, x. Les degrés. $ . Le mur de devant c> ce-'
lui de derrière. 4. L'ouverture four le feu. j. Un mur du
cotélong où efi lefoyer. 6. éMur le long de la place où font les
tuyaux. 7. Le couvercle. 8. Jguator^e fiupiraux ou trous pour
Lfumée. 9. Six tuyaux 3 dont les becs firtent hors du Four
neau. 10. Cinq tuyaux qui ont leurs becs couverts d'un cou
vercle de plomb. 11. Six récipiens de fer fondu 3 qui nefont
tas couverts. 1 z. Cinq de ces récipiens couverts avec des cou*
vercles de plomb. 13. Un récipient de fer fondu. 14. Un cou
vercle de plomb qui a un trou au milieu. 15. Un tuyau de
terre tel qu'il efl en ufàge pour la fabrique ou fonte du fouffre.
16. Un peut morceau de terre en forme d'étoile } qui fe met à
t entrée de la pointe du tuyau 3 afin quelle ne fit pas bouchée
far le trou. îj.Le couvercle de terre avec lequel on.bouche
le tuyau. 18. Une plaque ou couliffe de fer qui fi met encore
devant le couvercle.
§. z. Les Fourneaux qui font en ufage en Bohême &
en Saxe , pour purifier le foufre par diftillation , ont
1 z pieds & demi de long fur 6 pieds de large ■> ils fe
montent & conftruifent aufll dans un lieu couvert. Ils
ont un Cendrier, qui eft environ un pied & demi en
terre , pour la raifon qu'on a dite au §. 1. de ce Cha
pitre : ils font entoures de fortes murailles en pierres
brutes ■ , mais revêtues en dedans de briques cuites. La
grille fur laquelle on entretient le feu au-deffusdu cen
drier , efl faite avec des briques comme dans les Four-
Tom. 11. F
4i Des Fourneaux pour le Souffre. Ch. VI.
neaux précédens , &c elle s étend depuis le devant du
Fourneau jufqu'au mur de derrière. A chaque côté de
cette grille on fait une banquette , fur laquelle on po-
fe des cucurbites de fer fondu , cinq d'un côté , & cinq
de Fautrej enfuite on forme la voûte avec des briques,
& on y lahTe huit trous pour la fumée. Ces cucurbites
ont i6 pouces de haut, 16 pouces de diamètre dans
leur renflement , & 10 à leur ouverture. Les autres
vaiffeaux qu'on employé à l'opération font de terre cui
te :#tels font le col, l'efpece de cruche ou vaiffeau, qu'on
nomme l'avant-coulant &c le récipient. Dans quelques
Fonderies l'avant-coulant efl de fer fondu. Voyez U
Planche XVI. dont voici Fexplication.
A. Plan inférieur de ce Fourneau.
i. La fondation en maçonnerie, z. Le Cendrier.
B. Plan fupérieur.
1 . Mur de devant <£> celui de derrière, z. Les deux murs
des longs côtés. 5. Dix trous parlefquels les cucurbitesjôrtent.
4. La grille de briques.
C. La coupe en long.
1 . Le mur de derrière, z. Le mur de devant. $ . L'ouver-*
ture four le feu. 4. Le cendrier. 5. La grille. 6. Banquette
fur laquelle les cucurbites font placées. 7. Cinq cucurbites de
fer. 8. L'intérieur du mur. 9. Quatre trous pour lafumée.
D. La coupe en travers.
1. Sol de la muraille dans terre, z. éMur de coté. $. Mur
de derrière. 4. Le cendrier. 5. La grille. 6. Lefoyer ou pla
ce du feu. 7. Deux trous pour la fumée. 8. L'intérieur du
Fourneau. 9. Une cucurbite de fer. 10. Un col de terre cuite.
Des Fourneaux pour le Souffre. Ch. VI. 4^
11. Ce que l'on nomme l'avant -coulant. 12.. Un récipient.
13. Une banquette.
E. Un des côtes de ce Fourneau à diftiller le fourTre*
1. Le. profondeur de la maçonnerie dans terre, z. Le mur
àe coté où Von rvoit la place du feu. 3. £Mur de côté de la
unie (aférieure du Fourneau. 4. Le mur de devant €> celui
Je derrière. 5. T>eux trous pour la fumée.
F. Le côté de devant du Fourneau.
1. La profondeur du mur dans terre, z. Le mur de de
vant. $ . Le cendrier. 4. L 'ouverture pour lefeu.
G. L'élévation.
1. ^Maçonnerie dans terre, z. Mur de devant. 3. Mur
de derrière. 4. Murs des longs côte^j 5. La <~uoute avec huit
trous pour la fumée. 6. Le cendrier. 7. L'ouverture pour le
jeu. %. Les embouchures àe cinq cucurbttcs de fer. 9. Cinq,
cols de terre cuite. îo.Cinqavant-coulans. n.Cinqrécipiens
déterre, iz. Une banquette. 13.. Une cucurbite de fer. 14. Un
avant-coulant, ij. Un col de terre. 16. Un récipient de ter
re. 17. Les deux parties du moule dans lequel on jette le
fiuffre.
$. 3. Comme le fouffre fè raflfemble au bas des gril'
lages des mines fulfureufes . dans les Fonderies du bas
Hartz , & qu'enfuite on le purifie dans les Fonderies
deftinées pour le foufire \ il faut pour cette opération
un Fourneau à purifier > & un autre à rectifier par dis
tillation : Fun &c Fautre font conftruits dans le même
bâtiment.
$. 4. Le Fourneau fervant à purifier le fourTre , con-
(jfte en une grande poêle de fer fondu 3 forte de fer &
Fij
44 D^s Fourneaux pour ie Souffre. Ch. VI.
de figure ovale 3 dont le grand diamètre a quatre pieds ;
& le petit , z pieds : elle n'a qu'un pied de profon
deur. On Fcntoure de murs , où Fon rélerve un trou
ou iiïue pour la fumée. Les endroits de la maçonne
rie , où le feu touche , font revêtus de briques ; le ref-
te eft conftruit en pierres brutes. On fait un rebord fur
lequel on pofe la poêle qui contient le fouftre gris.
Voyez la Planche XFIL
A. Plan inférieur.
i . Fondation de maçonnerie, z. Cendrier e>foyer.
B. Plan fupérieur.
i. ^Maçonnerie du Fourneau. %. Maçonnerie fur laquelle
efl pop le chaudron de cuivre. 3 . Le mur de derrière. 4. La
■poêle de firfondu fervant a purifier le foujfre. 5. La chemi
née.
C. Profil du Fourneau.
1. La maçonnerie qui enferme la poêle defer. 1. Murfur
lequel cette poêle efl pope. 3 . Le mur de derrière. 4. Ouverz
ture pour le feu. 5 . La cheminée.
D. La coupe en long.
1. ^Maçonnerie de la lettre C. z. Comment la poêle efl
prip dans la maçonnerie. 3. Place du feu.
E. La coupe en travers.
1 . La maçonnerie qui enferme la poêle defer. z. La ma
çonnerie de derrière. 3 . La poêle fervant a purifier. 4. Ouver^
ture pour le feu. 5. La place du feu avec la cheminée.
F. Elévation du Fourneau.
1. Maçonnerie qui eft autour de la poêle de fer. z. Mur
qui foutient cette poêle. 3. Mur de derrière. 4. Ouverture
Des Fourneaux f-our le Souffre. Ch. VI. 43.
four le feu. 5. La cheminée. 6. La poêle fervant à purifier.
7. Partie fuptrieure de cette poêle. 8. La coupe de cette poêle.
9. Un chaudron de cuivre dans lequel on rafraîchit lefouffre.
10. La Partie fupéneure du chaudron de cuivre. 11. La coupe.
iz. Douxe moules dans lefquels on jette le fouffre. 13. Moi
tié de ces moules.
§. f. A regard du Fourneau à diftiller le fouffre au
Aas-Hartz , il eft conftruit comme ceux de Bohême &
de Saxe i car on y nomme dtfliller ce qu'on appelle pu
rifier dans ces deux pais. Ainfi la conftru&ion de ce
Fourneau étant en tout femblable aux autres 3 on dira
feulement qu'ils ont élans œuvre huit pieds de long fur
cinq de large. Il y a une banquette de chaque côte
pour recevoir les récipiens de fer. Les cucurbitesde fer
cju on employé pour diftiller le fouffre 3 ont 17 pouces
de hauteur , // pouces de diamètre au ventre , & 6
pouces d'ouverture ; le refte des vaifTeaux , comme ré
cipiens , tuyaux , pots , baflins , font de terre cuite pat
le potier. On a repréfenté ce Fourneau fur la Planche
XF1II. dont voici ^explication.
A. Plan inférieur du Fourneau.
1. Fondation en maçonnerie, 1. Le Cendrier.
3. Plan fupérieur du foyer ou place du feu.
1. Mur extérieur. 1. Le Cendrier. $. Foyer fur la grille.
4. Banquette pour les cucurbites: j. Jguatre cucurbites
de fer.
C. Profil du côté de derrière & celui de devant.
4L.Maçonnerie, z. Cendrier. 3. Ouverture pour le feu.
46 Des Fourneaux pour le Souffre. Ch. VI,
D. Profil du côté long.
i. La maçonnerie. %. Les ouvertures des quatre cucurbites
defer. 5 . Deux trous pour U fumée. 4, Un banc de bois.
E. La coupe en long.
1. La maçonnerie autour du fourneau, t. Trous pour la
fumée dans la <~voute. 3. Le Cendrier. 4, Foyer fur U grille..
k. Les deux ouvertures pour le feu. 6. Banquette de briques
pour les cucurbites. 7. Une barre de fer avec des crochets pour
prévenir la chute de ces njaijjèaux. 8. Quatre cucurbites de
fer fondu.
F. La coupe en travers.
1. Maçonnerie de Fintérieur du fmrnéÀU. z. Le Cendrier..
j. Ouverture pour lefeu. 4. Banquette des cucurbites. 5. Cu~
curbite de fer fondu. 6. Tuyaux de terre. 7. Kécipuns de
terre. 8. Baffin de terre, f. Banc de bm~
G. Elévation du Fourneau.
1 . Le coté de devant. 1. Le Cendrier. $. Ouverture pour
le feu. 4. La n/oute du Fourneau. 5. Deux trous pour la
fumée- 6. Quatre tuyaux de terre. 7. Deux récipiens de
terre. 8. Deux baffîns de terre. 9. Un banc de bots. ïo. Une
meurbite de fer. n.Un tuyau de terre. 11. Un récipient de
terre. 15* Un baffin de terre.
Des Fourneaux de fonte. Chap. VII. 47

CHAPITRE VII.
Des Fourneaux de fonte en ge'ne'ral.
§.1. T Or s qu'on veut conftruire un Fourneau de
I vfrmre , il faut choifir un terrain bien fec , ou
en détourner Fhumidité par des tranchées , ainfî qu'on
h déjà dit en traitant des Fonderies y Chap. I. §. j.
Car toute humidité nuit à la fonte ; & plus la chaleur
eft grande dans un Fourneau , plus elle attire d'humi
dité du fol fur lequel il eft bâti: ainfi en rejoignant ou
la détournant par des tranchées , il faut faire en forte
<au'\Y rv en rette plus-, car les canaux vuides que Fon fait
dans la fondation d'un Fourneau ne fuffifent pas tou
jours pour en rendre le fol parfaitement fec } fur-tout
quand ils ne vont pas plus loin que remplacement de
ce Fourneau : il eft bon par conséquent de continuer
ces canaux fous Favant-foyer 3 011 eft le baflin de ré
ception des matières que Fon fond. Cet avant-foyer eft
pour Fordinaire une place quarrée remplie de poufïie-
rc de charbon , devant la face antérieure du Fourneau.
L'air circulant facilement dans ces tranchées, Fhumi
dité fort plus aifément de ces canaux , que des autres
nommés égouts 3 par leurs extrémités qu'on laiiîe ou
vertes. Il ne faut pas non plus que ces tranchées foient
trop profondes fous le Fourneau, de crainte que Fhu
midité' des environs ne s'y rende & ne s'approche de
48 Des Fourneaux de fonte. Chap. VII.
la matière en fufion -, car trop d'humidité occafionn^
des amas de matières dures , ce qui caufe beaucoup
d'embarras dans la fonte de la mine même la plus fu-
fible.
un feui arbre §• 2- « e^ moins difpendieux de conftruire deux
re -îier ^« Voul F°Lirneaux Pour un feul arbre de roue , que de n'en
flets de plufieurs bâtir qu'un feul ; ceux qui penfent le contraire s'expo-
Fourneaux. r \ 1 £ •■ B r t»>
ient a trop de trais , & ne içavent pas mettre ieau a
profit. Schlutter dit même qu'on a placé jufqu'à trois
Fourneaux devant un feul arbre avec fuceès ; & il y a
des circonftances où Ton peut en faire autant : mais il
eft mieux de n'en mettre que deux., fi ce n'eft dans le
cas où ces Fourneaux ne (ont pas toujours employés.
Enfin on pourroit ajouter au Fourneau d'affinage ,un
Fourneau a revivifier la litarge , un foyer à raffiner le
cuivre ; car par cette œconomie on épargnerait des
roues & des arbres fuperfiW
§. 3 . Ainfi 3 quand on veut conftruire un Fourneau
de fonte 3 il faut mefurer exactement la place qu'il
doit occuper ; puis y creufer pour une bonne fonda
tion , la faire en maçonnerie que les eaux du terrain
des environs ne puiffent pénétrer. On élève enfuite le
maftif de cette maçonnerie jufqu'à !a hauteur où doi
vent être les canaux pour l'humidité : ils font abfolu-
ment néceffaires fous ces Fourneaux ; & comme on
peut conftruire deux Fourneaux ordinaires Fun à côte
Lescanauxponr de Fautre , il faut continuer en droite ligne l'un des
mldUd'uïerrïn canaux pour Fhumidité ,.en lui faifant traverfer le pi-
font indifpenfa- lier de maçonnerie qui doit fe trouver entre ces deux
Fourneaux..
Des Fourneaux de fonte. Chap. VII. 49
Fourneaux. On faitenfuite un autre canal parallèle au
précédent , dans fendroit où fera Favant royer j puis
deux autres qui traverfent ces deux canaux à angles
droits , & qui doivent pafler fous chacun des Four
neaux j ainfi que fous chacun des avant-foyers. Ces
canaux traverfanc le deffous des Fourneaux 3 ont leur
iiTueou (ortie defTous les foufflets ; mais ceux qui font
le long des deux Fourneaux 3 doivent l'avoir à un pied
ou environ des murs de côté de chacun de ces Four
neaux : Pair circule par ces canaux qui fe croifent , &c
fhumidité du fol s'évapore aifément. On couvre ces
canaux , principalement dans Fendroit où ils fe croi
fent , avec des pierres épaiffes de trois à quatre pou
ces , ce que Ton nomme pierres de couvercle. Sur ces Des pierres de
pierres on \aiue un vuvde de la longueur & de la lar
geur que les Fourneaux doivent avoir. On élevé enfui-
te les piliers 6c le mur du fond ou de derrière ■ > mais
quand ce mur du fond efl à peu près de niveau avec
le fol de la Fonderie 3 on y laifle une ouverture 3 que
Fon ferme eniuite par une voûte ou arceau. Lorfquc
les piliers & le mur du fond font finis , on fait le Four
neau entre les deux piliers 3 & on élève fous Farceau ,
dont on vient de parler 3 ce que les Fondeurs nomment
le mur moyen ou mitoyen. Il n'elt pas néceflaire d'em- du mur m®y«i
ployer des pierres qui renflent au feu 3 tant à la fon- ou aaw'ta-
dation que pour conftruire les piliers & le mur de fond
ou de derrière : mais quant au Fourneau & au mur mi
toyen, il faut choillr les meilleures qu'on puiffe trouver
fur le lieu ou dans les environs. Celles qu'on employé
Tome II. G
jo Des Fourneaux de fonte. Chap. VTf.
ordinairement au bas Hart^ & dans une partie du haut
ArJ©;fes,bon-^^^ font des ardoifcs groflieres , epaifles & trop pê
nes pour les jfantes pour couvrir les maifons ; on les nomme K.nob~
loorneaux. r
ben dans le pays. Quand un Fourneau en eft confinât,
il peut durer un an & plus, quoiqu'on le faiTe travail
ler tous les jours de la lemaine , excepté le Dimanche.
La maçonnerie étant achevée, on fait un peu de
feu dans le Fourneau pour la fécher , & Ton augmente
ce feu à mefure qu'elle féche -, enfuite on fait un lit de
feories fur les pierres de couvercle dont on a parlé ci-
devant. Sur ce lit de feories on en fait un autre de ter
re grafle , dans lequel on forme la cafle que Ton garnit
de mine pilée ; ou bien, on pofe fur le fol des pierres,
que Fon nomme pour cette raifon pierres de fil , fî le
Fourneau les exiçe ; ce qui fera plus amplement dé
taillé dans la fuite de cet Ouvrage. On entoure Favant-
foyer de grandes pierres plâtres , ou de plaques de fer
fondu, & même dans quelques endroits, avec des pla
ques de cuivre. On fait enfuite ce qu'on nomme la
chemife du Fourneau , communément avec des briques,
quelquefois avec de Fardoife. Dans d'autres endroits ,
au lieu de chemife, on met des portes de fer 5 on en par
lera à mefure qu'on donnera Fexplicarion des Planches
où Fon a représenté ces différens Fourneaux.
Des Tuyères , $. 4. La manière de pofer la tuyère dans les Four-
de ks poîer.nicre neaux , eft un article efTcntiel pour la fonte. Le vent
des foufflets dirigé par cette tuyère, eft Funique moyen
d'accélérer cette fonte ; car on ne peut fondre aucune
ininc fans vent dans ces fortes de Fourneaux. Les tuye
Des Fourneaux de fonte. Chap. VII. j*
rcs font de cuivre rouge ou de fer : celles dont on fc
fcrtdans les Fonderies de Rameljberg font toutes de cui
vre , à caufe que la mine de plomb & d'argent qu'on
y fond coule luifante & fe fond fans ne% Or cette mi
ne étant très-rongeante^parcequ'elle eft fort fulfureu-
fe, clie auroit bien-tôt détruit les tuyères de fer ; elle
attaque même celles de cuivre , en forte qu'on eft obli
gé de les couper peu à peu pour en e'galifer l'extrêmi-
ré. Quand ces fortes de tuyères ne peuvent plus fervir,
on les reforge au martinet * elles pefent 50 à 60 livres :
elles font larges par un bout } afin qu'on puiffe y faire
entrer les bufes ou tuyaux de deux ioumets 3 & à Fau-
tre bout elles ont une ouverture ronde qui n'a que
deux pouces de diamètre ou environ : c'eft par cette
ouverture étroite que le vent des deux foufflets entre
dans le Fourneau. Voyez la Planche FI. lettre K.
Il y a différons /ènrimens fur la manière de bien po-
/êr Ja tuyère ; plufieurs foutiennent qu'elle doit être
fort inclinée , afin que le vent des foufflets allant dans
fendroit où les feories fe forment ou fe ralTemblent, il
puiffe les pouffer : mais lorfqu'une tuyère eft ain(i pla
cée y elle porte le vent dans le foyer 3 alors ce vent n'a
git plus par-deiTus , ce qui eft cependant néeeiTaire y
fur-tout dans la fonte des mines de plomb , pour em
pêcher que le plomb ne fe brûle ; pareeque le vent ne
donnant pas fur le charbon y refroidit au lieu de chauf
fer ; & quand même ce vent ne toucheroit pas au
plomb, ce qui eft cependant impofîible dans une telle
pofition , il iroit toujours dans le foyer où il fait des
Gij
jr Des Fourneaux de fonte. Chap. VII.
fcories chargées de plomb ; car tout le plomb qu'il (ai-
fît fe (confie ou fe brûle en partie. D'ailleurs 3 û les
fcories ne fortent pas d'un Fourneau , l'action des fouf-
flets n'y fera pas d'un fecours bien efficace j enfin ,
quand le vent eft ainfi dirigé , le charbon ne donne
jamais affés de chaleur : on peut citer pour exemple le
Fourneau d'affinage , où il faut que le vent du foufflet
frappe fur le plomb ; fon action immédiate le fcorifie
& le convertit en litarge.
D'autres pofent la tuyère fort haute dans le Four
neau j ce qui eft également à rejetter , pareeque la mi
ne qu'on jette dans ce Fourneau a trop peu de chemin
à faire jufqu'à cette tuyère , pour avoir le temps d'être
chauffée comme il faut > & louvent elle tombe encore
toute noire devant la tuyère. D'autre part } fi Fefpace
entre le foyer & la tuyère eft trop grand 3 ce foyer n'a
pas afTez de chaleur.
Il ne convient pas non plus de pofer la tuyère fort
bas , fuivant le fentiment de quelques-uns -, car le vent
des foufflets peut alors frapper fur la fonte & la refroi
dir -, & pour peu que la chemife du Fourneau foit un
peu élevée , le vent paffera en partie par-defïous , &
perdra toute fa force. De plus 3 û la tuyère eft trop
près du foyer s il arrivera que quelque matière mal
fondue tombera dans ce foyer , ce qui rendra les fco
ries impures. Si Fon n'enlève pas foigneufement les fco
ries , lorfquelles s'afTemblent dans le foyer qui eft de
vant le Fourneau , &c qu'on les iaiffe un peu monter ,
elles peuvent facilement s'introduire dans la tuyère, &
Des Fourneaux de fonte. Chap. VII. . jj*
teaf conféquent dans les foufflets , ce qui les brûle ,
comme cela arrive quelquefois.
Schlurter eft d'avis , comme beaucoup d'autres, que
la tuyère foit pofée horifontalement dans les Fourneaux
de tonte , parcequ'il vaut mieux que le vent y monte
plutôt que d'y descendre , attendu que c'eft par en
mut qu il doit agir avec plus de force. Il ne peut pas
non plus refroidir la matière en fufion , puisqu'il eft
dirige vers les charbons qui (ont mêlés avec le miné-
ral. Cette direction en accélère la fonte , & il ne fe
confomme pas tant de charbon.
Mais comme il faut faire une grande différence en
tre une mine douce , ou facile à fondre , & une mine
rebelle à la fonte , le même Auteur confeille , pour
fondre la mine douce , de placer la tuyère horifontale-
ment à quatre ou cinq pouces plus haut que le foyer ,
tel qu'ii cil auprès de la chemile , & de la mettre à huit
ou neufpouces de hauteur {1 la mine eft dure à fondre.
De plus , il faut que cette tuyère faille de ûx à huit
pouces hors du mur mitoyen , dans le Fourneau. Les
tuyères avancent depuis fix jufqu'à huit pouces dans les
Fourneaux qui fervent à fondre la mine de plpmb &
d'argent de Ramelfierg, ôc même elles n'y font pas pla
cées horifontalement, puifqu elles montent de cinq de
grés. On entend ici par degrés ceux dont 560 font la
circonférence du cercle j & pour qu'on puiûe pofer les
tuyères avec exactitude , tant dans les Fourneaux de
fonte , que dans les foyers du raffinage du cuivre, dont
il fera parlé dans la fuite , on a repréfenté fur la Plan
j4 . Des Fourneaux de fonte. Chap. VIL
che XIX. deux inftrumcns avce lefqucls on les incline
comme elles doivent Fêtre.
Le premier , lettre A , contient 45 degrés ; il faut
Fattacher à une règle bien drefTee , comme on peut le
voir 3 N°. 1 . Cet instrument (e tourne fur le degré où
Fon veut faire monter ou defeendre la tuyère ; on mec
enfuite une partie de la règle dans la tuyère ; Fautre
partie > à laquelle linftrument eft attaché 3 relie dehors
pour y voir les degrés*
Le fécond , lettre B , qui eft un quart de cercle x
s'employe comme le précédent 3 en prenant les mêmes
précautions y excepté qu'on ne Fattache pas à la règle-
On peut s'en fervir aufti pour juger fi les foufflets &c
leurs tuyaux ont une pente convenable. ( * ) .
$.5. La tuyère étant placée avec une inclinaifoii
convenable s on ajufte les ioufflets dans la même incli-
naifon , c'eft- à-dire y que il elle eft horifontale 3 le*
tuyaux des foufflets doivent Fêtre auilï : ils en demeu
rent plus fermes; car lorfque leur partie de derrière eft
Autre méthode facile de diriger tre le noir devienne blanc. On pofe
le Vent. cette planche , ainfi préparée , dans le
Fourneau à la place de la chemife , 1*
( a ) Il faut avoir une planche de la côté faupoudré en dedans. On la tient
largeur du Fourneau , d'un pouce d'é- ferme dans cette Situation , jufqu'à ce
paiffeur ,&: haute de trois pieds à trois Î|iie les foufflets, qu'on fait aller , ayent
pieds fix pouces , rabotée uniement ; oufflé chacun une ou deux fois tout
puis peinte à l'huile de deux bonnes au plus. Cela étant fait , on retire vite
couches de blanc ou de noir : la pein la planche , fur laquelle on reconnoît
ture étant féche , on mouille la planche par la couleur blanche ou noire, que le
avec de l'eau ; & fi elle eft peinte en vent a chaflee , de quel côté & à quel
blanc , on tamife deffus de la pouflîere le hauteur le vent des foufflets frappe.
de charbon ; fi elle l'èft en noir , on y Si Ton voit qu'ils ne font pas bien , iï
tamife de la craye ou de la chaux,ou des eft aifé alors de les ajufter mieux. An
cendres d'os , afin que fur la première, fuforia ftindamentalis à" expérimenta-
k blanc devienne noir y & que fur l'au Ut.

>
Des Fourneaux de ponte. Chap. VH. $$
plus haute que celle de devant , ils vacillent aifement ,
Ce Fon cft oblige de les ferrer fortement 3 ce qui les
endommage. Leurs bufès ou longs tuyaux doivent en
trer dans la tuyère > de longueur égale , en forte que
îun des deux n'avance pas plus que Fautre , ôc que
leu/s deux extrémités foient le plus près qu'il fera pof-
Hblc de la partie e'troice de la tuyère qui entre dans le
Fourneau.
On fe fèrt depuis 1610 , de foufflets de bois dans les
Fonderies du haut Hart^ s on en attribue finvention à
Un Evêque de Bamberg. Avant cette époque , on em-
ployoit des foufflets de cuir : ils font encore en ufage
dans plufieurs Fonderies de la Saxe a en Bohême , en
Hongrie , dans le Tirol , & dans plufieurs autres en
droits. La conftru&ion de ces foufflets de bois e'tant
fort ingenieuk , on les a repréfentés fur la Planche VI.
lerrres G, H,],K, Ôcc.
G. eft le Plan d'un foufflet de bois*
1. Soupirail 3 ame ou entrée de l'air t ponSlué. 1. La fou-
pape du foupirail. 5 . Liteaux qui font poupes par des rejforts
contre le couvercle du foufflet. 4. Rejforts de fil d'archal qui
tiennent les liteaux attachés au couvercle, f . Morceaux de
bots qui s'appliquent contre les liteaux dans les coins. 6. Cro
chets de boù qui ajfujettijfent les liteaux, 7. Vn fer avec deux
crampons pour ajfujettir le couvercle. 8. Vn tuyau de fer.
H. La coupe du foufflet de bois.
1. Le foupirail pon&né. 1. Lafoupape du foupirail. 5. Le
dedans d» foufflet. 4. Le coté intérieur du couvercle. 5. Vn
Uttm. 6. Des rejforts de fil d'archal. 7. Crochets. 8 . Le tuyau
'5 6 Des Fourneaux de fonte. Chap. VIL
de fer. 9. Lefer pour affermir le couvercle. 10. "Vn rouleau
qui donne contre le plus bas liteau. 1 1 . ZJne retenue de bois
qui empêche le foufflet de fe féparer.
J. Elévation du foufflet.
1. La partie inférieure du foufflet. z. Le tuyau ou but?.
5. Le couvercle. 4. Vn crampon de fer. 5. Vne pièce de bois
par laquelle le foufflet monte O* défend. 6. Vne retenue de
bots.
K. Une tuyère de cuivre.
1. Sa coupe, z. Son élévation.
Des différentes $• & Comme il y a différens Fourneaux de fonte, o»
fortes de Four- a cm néceffaire de les décrire ; on peut cependant les
neaux de fonte. . x f . » f r
réduire a iix elpeces ; lçavoir , 1 . le Fourneau a ton
dre fur creufet ou fur caffe. z°. Le Fourneau à percer.
30. Le Fourneau courbe. 40. Le Fourneau moyen ou de
moyenne hauteur. $°. Les hauts Fourneaux. 6°. Les
Fourneaux à vent , ou plutôt de réverbère.
Du Fourneau i°. Dans fe Fourneau à creufet ou caffe , la matière
«âffe?nte ' dlt a fondue defcend à travers la poufïïere du charbon dans
un creux où elle s'arrête, non fur cette poufïïere, mais
fur un fol plus folide, lequel eft légèrement enduit d'ar
gile avec laquelle on a mêlé de la mine pilée , & ce
loi eft formé en bafïin oblong. On fond dans ces for
tes de Fourneaux toutes les mines de plomb & d'ar
gent qui viennent de Ramelfberg , & Fon n'en voit
point de femblables dans aucune autre Fonderie.
Du Fourneau z°* Le Fourneau apercer n'eft qu'un avant -foyer
apercer. ou Daflm de réception formé dans le fol de la Fonderie.
La matière en fuûon y coule le long d'un petit canal,
qu'on
Des Fourneaux de fonte. Chap. VII. 57
qu'on nomme communément la trace 3 & fortant par
un trou qu'on appelle l'œil } elle entre dans cet avant-
foyer. Cette forte de Fourneau eft depuis long- temps
en ufage 3 & fon s'en fervoit autrefois au bas Hart\
pour refondre la litarge en plomb ; mais Fon y ajoute
un fécond foyer ou baflin , qu'on nomme bajfm four la
percées & comme ce fécond baflm eft à côté de celui de
réception , on peut mettre ces Fourneaux au nombre de
ceux qu'on appelle courbes. Aujourd'hui on fe fert à
Freyberg de ces Fourneaux à percer , pour la fonte de
la matte de cuivre ; & , dans la haute O* bajfe Hongrie ,
pour fondre les mines de plomb & d'argent. On peut
mettre encore au nombre de ces Fourneaux ceux qui
ont deux avant-foyers s ou baffins de réception , quoi
qu'ils n'ayent pas de bamn pour la percée, parcequ'on
le fert alternativement de ces deux baffins de récep
tion. En quelques endroits ces derniers Fourneaux fc
nomment Fourneaux à lunettes. Ils font en ufao-e à Lut-
terbourg s & ils Fétoient autrefois dans le Comté de
Mansfelât, avant qu'on y eut conftruit des hauts Four
neaux dont on fe fert préfentement ■ , on en voit encore
en plufieurs autres endroits y entr'autres dans la vallée
àîlttre au pays de Hejfe.
f. Les Fourneaux courbes font , ainfi qu'on vient d» Fourneau
de le dire s ceux qui ont un baiîin de réception , & àcourbe'
côté 3 un autre baflin plus petit pour la percée. Le pre
mier baflin eft devant le Fourneau , un peu plus élevé
que le fol de la Fonderie : on lui ajoute un ou deux
baiïins de percée 3 fuivant que le travail du Fourneau eft
Tom. U. H /
j8 Des Fourneaux de fonte. Chap. VII.
plus ou moins confidérable ; & lorfqu'il y en a deux ,
il s'en trouve un de chaque côté du baffin principal.
Il faut comprendre fous la dénomination de Fourneaux
courbes, ceux qu'on nommoit autrefois Fourneaux d'é-
coulemens , dont Mathefim a parlé au treizième Difcours
de fon Livre intitulé Sarepta. Ils font peu différens des
Fourneaux de fonte dont on fe fert dans les Fonderies
du haut Hart^ 3 principalement pour ce qui concerne
la préparation de ces Fourneaux , lorfqu'on y fond les
mines grillées après qu'elles ont été lavées. Les Four
neaux à revivifier la litarge en plomb & les Fourneaux
de rafraichijfcment ou de luptation 3 pour le cuivre tenant
argent , font aufîî des Fourneaux courbes ; on s'en fert
dans la plupart des Fonderies.
Du Fourneau 40. A ïégard des Fourneaux moyens , on les nomme
moyen' ainfi , pareequ'ils font plus hauts que les Fourneaux
courbes ■ , mais moins élevés que les hauts Fourneaux.
Dès qu'un Fondeur ne peut pas charger un Fourneau
par-devant, & qu'il eft obligé de monter quelques de
grés pour y verfer fa charge , on ne peut plus mettre
ce Fourneau dans le nombre des Fourneaux courbes.
Ces fortes de Fourneaux moyens font employés dans la
haute & bafte Hongrie.
Du haut Four- 50. On nomme hauts Fourneaux, ceux qu'on ne peut
neau
charger qu'en portant la compofition qu'on veut y
verfer au haut d un efcalier de plufieurs marches. De
puis quelques années on les a conftruits encore plus
élevés qu'ils n'étoient auparavant. C'eft le S'. Koch ,
Directeur des Mines dans le Comté de Stolberg 3 qui a
Des Fourneaux de fonte. Chap. VII. 59
fait faire les premiers à. Strajberg en 1717. Le Receveur
Ehremberg Fa imite' en 1717 , en faifant conftruire de ces
hauts Fourneaux dans le Comte' de éMansfeldt pour la
fonte des mines de cuivre , dites en Ardoifes. On en a
fait de femblables à Rothembourg en 1711. Dans ces
deux derniers endroits , ces Fourneaux étoient fi hauts,
m'ùs fatiguoient extrêmement les Fondeurs qui les
/«■voient , pareequ'ils étoient obligés de monter les
charges par un efcalier trop élevé : on a donc été obli
gé de bâtir un plancher au-defTus des foufflets , & Fon
y conduit dans des brouettes & fur un plan incliné, la
compoiition dont oh les charge , ce qui en rend le fer-
vice plus commode. Relativement à leurs doubles baf-
{îns de réception , ces fortes de Fourneaux peuvent
être nommés fourneaux à Lunettes. On y fond les mi
nes d'argent , de plomb & de cuivre ; on y a même •
fondu h ïitarge à Freybergs & Fon s'en fert , comme 011
fa déjà dit, à Strafiergdzns la haute Saxe , dans le Comté
de Mansfeldt , & à Rothembourg.
6°. Les Fourneaux de réverbère font ceux où Fon Du Fourneau
fond fans foufflets : le feu excité par Fair qui entre par ercver ere'
la porte du cendrier, dans le foyer qu'on nomme la
chauffe 3 porte (à flamme fur la mine , & la fait fondre :
on s'en lert dans toute FAngleterre , pour les mines de
plomb & pour celles de cuivre , & on les nomme Cu-
folss c'eft un Médecin Chy mille nommé Wrigt qui les
imagina en 1699 ou 1700: d'autres difent que l'inven
tion en cft due à un Orfèvre. En Allemagne on nom-
rne Fourneaux a Vent les Fourneaux de réverbère ; il y en
Hij
6o Des Fourneaux de fonte. Chap. VIL
a.a.fVtllach cnCarinthic une efpece particulière, où Ton
grille & fond en même temps la mine du pays. Il y
en a auiïi dans la Bavière ; & en 1696 on conftruifit à
Snéeberg un Fourneau à vent ou de réverbère , dans le
delTein d'y fondre le cobolt & d'en feparër Fargent.
$. 7. Après avoir parle luccintement de tous ces
Fourneaux lervant à la fonce des mines, il eft à propos
de les décrire. Lorfqu'on traitera dans la fuite de la ma
nière de fondre chaque mine en particulier t on indi
quera le Fourneau qui leur convient.
i°. Les Fourneaux à fondre fur creux } ou en creufèt } ou
en caffe. On ne peut compter dans cette clafle que le
Fourneau qui eft en ufage au bas Hartz , & avec le
quel on fond les mines de plomb & argent qui vien
nent de Ramelfberg ; on n en voit pas de femblables
dans d'autres Fonderies. Il eft repretenté fur la Plan
che XX.
t. Les Fourneaux à percer. De ce nombre font i°. le
Fourneau dans lequel on fond le cuivre à Freybergj on
Fa sravé fur la Planche XXL t. Le Fourneau dont on
s'eft fervi à Mansfêlât , & que Fon nomme Fourneau de
Hongrie. Ce Fourneau à lunette 3 auquel on a fubftitué
depuis quelques années le haut Fourneau? fe trouve fur
la Planche XXII.
$. Le Fourneau de Schemnit^dzns lequel on fond la
matte -, il eft repréfenté fur la Planche XXIII.
4. Un autre Fourneau un peu différent , parcequ'il
eft à lunette ; on s'en fert aufli à Schemmt\ pour fondre
la matte. Voyez la Planche XXIV,
Des Fourneaux de fonte. Chap. VII. 61
5. Le Fourneau de fonte de Foelgebangen , auflî repré-
fcnté fur U Planche XXIV.
T>es Fourneaux courbes.
i°. Le Fourneau du bas Hartz 3 dans lequel on
fond/a mine de plomb & d'argent 3 eft fur la Planche
XXVI.
1. On a repre'fenté fur la flanche XXVII. le Fourneau
du haut Hartz , où l'on fond la mine grillée & lave'e.
3. Sur la Planche XXVIII. celui qu'on employé à
Riegelsdorjfzu. pays de Hejjè t pour fondre la mine de
cuivre en lamines ou en ardoiies.
4. Sur la Planche XXIX. le Fourneau de la Fonderie
àcJoachim-Sthal en Bohême y où fon fond la mine d'ar
gent.
j- Sur U Planche XXX. un Fourneau de Schemnit\ ,
où Pon fond la mine de plomb & d'argent.
6. Sur la Planche XXXI. le Fourneau iervant à fondre
la mine de cuivre à Newfil en Hongrie.
7. Sur la Planche XXXII. le grand Fourneau 3 dans
lequel on fond là mine de cuivre à Falhum en Suéde.
8. Sur la Planche XXXIII. le Fourneau du bas Hart^3
où Ton revivifie la litarge en plomb.
9. Sur la Planche XXXIV. celui qui fert à fondre les
pièces de liquation.
T>es Fourneaux dits moyens.
i°. Sur U Planche XXXV. le Fourneau de Cremnit^y
où l'on fond la mine d'argent.
6z Des Fourneaux de ponte. Chap. VII.
■ i. Sur la Planche XXXVI. celui où Fon fond la mine
de cuivre de Scbmelnit^ en Hongrie.
Les hauts Fourneaux.
i*. Sur la Planche XXXVll. le Fourneau à fondre la
mine de plomb & 'd'argent de Strafierg dans le Comté
de Stolberg.
2. Sur la Planche XXX FI IL le Fourneau à fondre la
mine d'argent & de plomb à Freyberg en Saxe.
5. Sur la Planche XXXIX. celui qui fert à fondre la
mine de cuivre en ardoifes du Comté de Mansfeldt: on
peut le mettre au nombre des Fourneaux à lunettes.
4. Sur la Planche XL. le Fourneau à lunette, fervant
à fondre la mine de cuivre en lamines de Rothembourg,
territoire de Hall.
5. Sur la Planche XLI. autre Fourneau à lunette d'il-
menau 3 dans la Principauté de Weymar.
Les Fourneaux de réverbère ou à <-uent.
i°. Sur la Planche XLII. lettres A , B , C , D > E , le
Fourneau nommé Cupols , dans lequel on fond } en An
gleterre y la mine de plomb & celle de cuivre.
2. Sur la même Planche 3 lettres F, G3H, J3 celui
qui fert à griller & fondre la mine de Wilîach en Carin-
thie.
3 . Sur la Planche XLIII. un Fourneau de Schnécberg en
Saxe } dans lequel quelques Artiftes ont voulu fondre
autrefois le çobolt pour en tirer de forgent.
Des Fourneaux a casse. Chap. VIII. 6)
sas=
—■ ■ — i '———■—
—-~— a' v

CHAPITRE VIII.
Du Fourneau àfondre fur creufet ou cajft^
%. i.JL n'y a que dans le bas Hartz où Fon fafTe ufa- Fourneau w_
ige de ce Fourneau , ainfi qu'on Fa déjà dit ; il ïïtftZS
r/? petit &c d'une forme particulière : on le nomme £ plomb du bas
Fourneau avec creux 3 cane ou creufet. Sa maçonnerie
eft en ardoifès groflieres & épaiftes , liées avec de Far-
gile. Il a dans oeuvre trois pieds & demi de long fur
deux pieds de large près de la tuyère, & feulement un
pied près de la chemife , de forte qu'il eft plus large
d'un coté que de ïautre. Sa hauteur , depuis la pierre
qui couvre les canaux de Çhumidité du terrain jufqu'à
Fendroit où la chemi/e finit 3 eft de neuf pieds huit
pouces : de ce même endroit jufqu'à la tuyère 3 il y a
quatre pieds neuf pouces j mais du fond du creufet ou
cafte jufqu'au niveau de cette tuyère , il y a un pied
huit pouces; & de-là, quatre pieds huit pbuces jufqu'au
niveau de la chemilè. Ainfî on trouve cinq pieds du
fond de la cafte jufqu'à Fendroit où le Fourneau s'élar
git en montant deux pieds plus haut-, & alors il a deux
pieds de large fur toute fa longueur.
$. i. En cpnftruifant ce Fourneau , on couvre les ca
naux pour Fhumidité avec des ardoifès - celle du mi
lieu du Fourneau a quatre pouces dépaifteur ou envi- .
ron ; on jette deftiis des feories concaftees , de la hau
teur de neuf pouces , pour abforber ou retenir Fhumi-
64 Des Fourneaux a casse. Chap. VIII.
dite. Ces fcories font un peu relevées par les côtés 3
on établit defïiis un fol de briques de Fépaiffeur de
trois pouces ; fur celui-ci on en met un autre en argile
de fix pouces d'épais , & Fon y forme le creux 3 creu-
fet ou cafte s lequel monte jufqu'à deux pieds au-def-
fous de la tuyère , & un pied au-deffousde la chemife.
L'argile de la moitié d'en-bas de ce dernier fol ou lit,
eft mêlé avec du vitriol. [ C'eft la matière à demie
grillée d'une mine fulfureule 3 qu'on a réduite en pou
dre ] <k Pautre moitié avec de la mine crue aufli rédui
te en poudre , & qu'on a bien paitrie avec de Fargile
mouillée } pour en faire une efpece de mortier. Sur le
tout on répand & l'on prefTe un peu de mine pilée &
humectée. Il faut obferverde-ne pas trop mouiller ce
qu'on nomme ici àwv$triol> parcequ'on ne pourroit
le piler aifément : toute cette compofition doit être
paflée par un crible aifez fin. La tuyère 3 ainfi qu'on
fa déjà dit, eft élevée d'un pied huit pouces au-deifus
du plus profond de cette cafle : elle avance de fept à
huit pouces dans le Fourneau s & fon vent, ou plutôt
celui des foufflets, eft dirigé de cinq à huit degrés plus
haut que la ligne horifontale. Cette tuyère eft de cui
vre rouge , & les foufflets (ont de bois. Ce Fourneau
eft repréfcnté fur la Planche XX. dont voici l'explica
tion.
A. Plan inférieur d'un Fourneau fervant à fondre
. la mine de plomb & d'argent du bas Hartz.
i. Fondation de maçonnerie, i. Les canaux pur l'humi
dité du terrain.
B. Plan
Des Fourneaux a casse. Chap. VIII. 6j
B. Plan fupérieur.
i. Maçonnerie des pliers & du mur de derrière, z. Mur
dit mitoyen. 3. Doublure du Fourneau. 4. Sol inférieur.
5. Capacité du creux ou caffe qu'on a ponSiuée. 6. La trace.
7. ht tuyère. 8. L'affiette du fine. 9. La voye des feories.
10. Deux poêles de fer dans lefquelles on verfe le plomb.
C. Derrière du Fourneau.
1. Fondation dans terre, z. Mur de derrière. 3. ljfue'pouf
thumidité d'un des canaux. 4. Mur mitoyen. 5. La tuyère.
D. Le Profil.
1. Fondation du mur dans terre, z. Les deux piliers.
3 . Canal four thumidité. 4. Pierre qui couvre ce canal.
5. Les Jcories. 6. La caffe faite de briques. 7. Lit en argile.
8- Lit en mine O en vitriol criblés. 9. La caffe achevée dans
laquelle la fonte fe rajfemble. 10. Largeur du fond du Four-.
veau. 11. La tuyère, iz. Arcade par-dejfu le Fourneau.
E. Coupe en long.
1. Fondation de maçonnerie dans terre, z. Une partie du
mur die derrière. 3 . La tuyère. 4. Les canaux pour l'humidi
té. 5. La pierre de couvercle fur ces canaux. 6. Les Jcories.
7. Cajje en briques. 8. Lit à'argile. 9. Lit de mine C> de vi
triols cribles. 10. Le charbon que l'on Jette dans la caffe avant
que le Fourneau fit accommodé. 1 1 . Mélange de terre graffe
C^* de pouffére de charbon * avec lequel on prépare le Four
neau. 1 z. Le foyer avec la trace. 13. L'affiette du T^inc.
14. La chemifi. 1.5. Mur d'un côté du Fourneau. 16. Mur
mitoyen.
F. Autre Profil.
i. Les piliers, z. Mur derrière le Fourneau. 3. Murs des.
Tom. IL I
66 Des Fourneaux a percer. Oïap. IX.
deux côtés du Fourneau s ou jk doublure. 4. Le foyer avec U
trace, j. Digue avec la <uoye des jcories. 6. La chemife dans
le Fourneau. 7. Vintérieur du Fourneau. 8. Arcade par-
dejfus ce FourrreXu. 9. Deux lingotieres ou poêles de fer fon
du 3 dans lefquelles on ^uerfe le plomb fondu.

CHAPITRE IX.
'Des Fourneaux à percer.
Des anciens §. i.T E véritable Fourneau à percer, tel qu'il étoit
Fourneaux àper- JL,autrefois conftruit , •& que le décrit Mathefiut
dans fon Traité intitulé Sarepta, Difcours 1 3 , ncft plus
en ufage dans les Fonderies du haut & du bas Hart\ s
car ceux qu'on y nomme Fourneaux à percer 3 n'ont par
devant qu'un baflin de réception , fans autre balfin
pour la percée > & la matière en fufion coule dans ce
baflin de réception par un trou qu'on appelle l'œil. On
voit à Freyberg de ces fortes de Fourneaux -, ils fervent à
fondre la matte de cuivre , & à en féparer le cuivre
noir.
$. x. La fondation de ces Fourneaux fè fait comme
celles des Foufneaux courbes : leur hauteur , depuis la
pierre de couvercle julcju'à l'endroit où finit la chemi-
fe , eft de huit pie^s neuf pouces ■ , & depuis le foyer
jufqu'au même endroit 3 de cinq pieds : ils ont trois
pieds de profondeur fur deux piedsde largeur. Quand
on conftruic ces Fourneaux , on pofc for les canaux ,

^
Des Fourneaux a percer. Chap. IX. 67
réfervés pour la fortie de l'humidité 3 une pierre de
couvercle de fix pouces d'épaiffeur. On met fur cette
pierre un lit de icories de même épaiffeur , puis un lit
<k tetre grafle auffi de iix pouces , que Fon étend
jufqua lavant-foyer ou bafîin de réception , lequel
ejh ileur de terre 3 ou de niveau avec le fol de la Fon
derie : il cft retenu & entouré de pierres , ou de pla
ques de fer fondu. C'eft fur ce dernier lit que Fon fait
h Brafâuç. On a repréfenté ce Fourneau fur la Planche
XXL en voici la description.
A. Le Plan inférieur.
1. fondation de maçonnerie, z. Les canaux tour faire
finir t humidité du terrain.
B. Le Plan fupérieur,
1. La maçonnerie despiliers O.du mur de derrière, z. La.
• doublure du Fourneau. /. Le mur mitoyen, 4. La longueur
ûu profondeur, &< la largeur du Fourneau. <.. La place de la
tuyère. 6. Le contour de tavant-foyer ou baffin de réception*
7. L'avant-foyer. 8. La trace.
C. Le derrière du Fourneau. ......
1. Fondation dans terre. z- Mur de derrière. 5. La finie
d'un canalpour l'humidité. 4. Le mur mitoyen. $.La tuyère,-,
D. LeP*ofiL /..:"■ . /,;_
1. éMur dans terre* z. Les deux piliers. $*: La doublure-
du Fourneau. 4. Le mur mitoyen, p-±e casai d'humidité.
6. La pierre de couvercle. 7. Les furies. S. Le. lit d'argile.
9- Lefoyer fait de hpafque ou argile mêlée avec layoufferc de
'barbon, 10. La trace, ri. Lakuyeipe. ai. •■«•.'..
68 Des Fourneaux a percer. Chap. IX.
E. La coupe en long. - - - -•- .
i. Fondation de la maçonnerie dans terre, z. Le mur de
derrière. 5. Le mur mitoyen, 4. Le mur d'un des côtés du
Fourneau, j. Une partie de la chemife. 6. Les canaux pour
la jortie de l'humidité. 7. La pierre de couvercle. 8. Le lit de
Jcories. 9. Lit d'argile. 10. Lit de brajque. 11. La tuyère.
ii. L'œil. 15. La trace.
F. Elévation.
1. Les deux piliers. z. Le mur de derrière. 3. La dou
blure du Fourneau. 4. L'intérieur de ce Fourneau, j. La cbe-
mijè. 6. L'œil. 7. L'avant-foyer recevant la matière enfonte.
S. La trace.
t>u Fourneau §. 5. Les Fourneaux de Hongrie ou à là Hongroifè ,
Hongrois. etoient en ufage dans le Comté de Mansfeldt il y a en
viron cinquante ans 3 pour la fonte des mines de cuivre
en ardoifes. C'étoit un Directeur de Fonderies > Hon
grois , èc nommé Laminiec qui les avoit établis en
1698. Les mêmes Fourneaux fervent encore à Lutter-
berg ,< dans le territoire de Claufthal & dans la vallée
â'Ittre au pays de Hejfe , à fondre des mines de cuivre
femblables aux précédentes : on les nomme Fourneaux
à lunettes en plufieurs endroits. On en élevé la fonda
tion comme celle des autres Fourneaux \ mais il y a un
peu de différence dans le relie de la conftru£tion. Il a
trois pieds & demi de profondeur fur deux pieds de
largeur ■ , & fa hauteur y depuis la pierre de couvercle
julqu'à Fendroit où finit la chemife 3 eft de dix pieds
&c demi : celle depuis fœil ou depuis Pavant-foyer jus
qu'au même endroit , eft de fix pieds fix pouces. Ou
Des Fourneaux a percer. Chap. IX. 6$
met fur la pierre de couvercle un lit de fcories 3 qui a
deux pieds trois pouces d'épaifleur : fur ce lit de fco
ries on po(e une pierre , qu'on nomme pierre de fol s
elle eft d'un pied d'épaifleur ; on la garnit par-deffus
de brafque jufqu'à la hauteur de la tuyère -, ainfi Fon
ne met pas de lit d'argile dans ce Fourneau. La tuyère
c/Hcinq pieds neuf pouces plus haut que la pierre de
couvercle. Quant à la chemife de ce Fourneau 3 on la
fait en pierre de taille ; & comme cette chemife eft un
peu élevée > on place devant une pierre qui fert de de
gré pour donner au Fondeur plus de facilité à charger
le Fourneau : de chaque côté de cette pierre il y a un
baffmde réception. Ces deux bafïins fervent alternati
vement pendant la fonte. Les tuyères de ces Fourneaux
font de fer,ôc prefque toujours pofées horifontalement,
& les fourriers font de bois. Le tout eft repréfenté fur.
U Planche XXII. dont voici Fexplication,
A. Plan inférieur. .
i. Fondation de maçonnerie. 7.. Canaux pur la fôrtie de
l humidité.
B. Plan fupérieur. ...
1 . La maçonnerie des pliers &* du mur de derrière. 1. La
doublure du Fourneau. $.Le mur mitoyen. 4. Les deuxyeux
au bas de la chemijè. 5. La profondeur e> la largeur du
Fourneau. 6. La tuyère telle qu elle doit être placée, 7, Deux
bajjins de réception. 8. Le degré de pierre.
C. Derrière du Fourneau.
1. Fondation de la muraille dans terre. 2,. Le mur de der
rière. ;. Sortie pour l'humidité des canaux. 4. Le mur mi
toyen. $. La tuyère.
■jo Des Fourneaux a percer. Chap. IX*

D. Le Profil.
i . Fondation dans terre, x. Les deux piliers O* le mur de
derrière. $. La doublure du Fourneau. 4. Le mur mitoyen*
r . Les finies de l'humidité* 6. La pierre de couvercle fur les
petits canaux. 7. Des jcories. 8. La, pierre de fil ponctuée%
9. Lit de brajque. iq. La tuyère. 11. Deux avant -foyer\
ou baffins de réception.
E. La coupe en long. >
1. Fondation dans terre, x. Mur de derrière. ^..Siuf*
mitoyen. 4. Doublure du Fourneau. $• Une partie de la che-
mijè. 6. Les égouts. 7. La pierre de couvercle. 8. Les jcories.
9. La pierre de fil. 10. La tuyère. 11. La brajque. ix. Le
bajjin de réception ponctué. 1 3 . Brajque dont on a garni le
bajfîn de réception. 14. Degré ou marche de pierre pour aidev
à firvir le Fourneau.
F. Elévation. . .-.--._
1. Les deux piliers, x. Le mur de derrière. 3. La dou*
blure du Fourneau. 4. La chemifi. $. L'intérieur du Four
neau. 6. Deux yeux. 7. Les deux bajjins de réception.
8. Marche de pierre.
§. 4. On met pareillement au nombre des Four
neaux à percer , celui dont on fe fert en Hongrie pour
fondre en macte les mines qui font pauvres , fok en,
or foit en argent : & comme la marte s'y nomme Lech*
ce Fourneau eft appelle Fourneau à Lecb* Il a une fon
dation de maçonnerie comme les autres. Sa hauteur ,
depuis la pierre de couvercle dont on a deja parlé plu-
fieurs fois , jufqp a, fendroit où finit la chemife 3 cil de
fept pieds {ix pouces > depuis le foyer jufqu au même
Des Fourneaux à percer. Chap. IX. jt
endroit 3 de fix pieds ; & il a deux pieds & demi de
profondeur for deux pieds & demi de largeur. La che-
mrfe, qui eil de fer, s'ouvre & fe ferme comme une
porte , & elle cft garnie du côte' du feu d'un enduit de
terre grafîe , mêlé avec de la laine & du foin. On pla
ce au bas une pierre de fol à vingt-fix pouces au-def-
fousde la tuyère. Ç'eftfur cette pierre du .fol 3 qu'on
/net la brafque quand on prépare le Fourneau pour la
fonte. La tuyère eft de fer , & elle incline de douze
degrés : il y a par-deffus un coin de fer, que l'on nom
me le coin du ne^. Les {oufflets (ont de cuir. Dans ra-
vant-foyer, on fait une trace , que Pon nomme le creux
ou le creufet. Devant le creux , il y en a un autre ob-
4ong , cpie ton forme avec la brafque , & qui s'appelle
le Ut. On y verle la matte en la puiîant du premier
creux ; -ai/rn" il n'y.a point de percée à ce Fourneau ;
mais il y a à côté un ba/Iïn où fe raiTemblent les feories
qui coulent de la fonte. Voyez la Planche XXJU. dont
voici ^explication.
A. Le Plan inférieur.
i. Fondation de maçonnerie, z. Les canaux pour l'humi
dité.
B. Plan fupérieur.
i. ^Maçonnerie des piliers &* du mur de derrière, z. La
doublure du Fourneau. 5. Le dedans du Fourneau. 4. La
place de U tuyère, j. Vavant -foyer. 6. Le premier creux
ou creufet. 7. Le fécond creux , qu'on nomme le lit , C* dans
fyuel on rverfè la matte, Z. Le lit des, feories.
-j% Des Fourneaux a percer. Chap. IX.
C. Le derrière de ce Fourneau.
i . Le mur dans terre, t. Le mur de derrière. $ . La for~
tie d'un des canaux four l'humidité. 4. Le mur mitoyen.
5. La tuyère.
D. Le Profil.
1. fondation dans terre. 1. Les deux piliers. 5. Le mur
de derrière. 4. La doublure du Fourneau, j. Une porte de
fer. 6. Le côté qui eftaufonddu Fourneau. 7. Le canal pour
l'humidité. 8. Une pierre qui couvre ce canal. 9. La brafque.
10. Le premier creux ou creufet. 11. Le lit des Jcories. iz. La
tuyère. i$.Un coin de ferfur la tuyère 3 appellée le coin du
nez.
E. La coupe en long.
1. Mur dans terre, z. Le mur de derrière. 5. La' dou
blure du Fourneau. 4. Les canaux pour l'humidité. 5. La
pierre de couvercle. 6. La brafque. 7. La tuyère. 8. Le coin
du ne\. 9. Le premier creux.
F. Elévation.
1 . Les deux piliers. 1. Le mur de derrière. 5 . La doublure
du Fourneau. 4. Son intérieur. 5. Torte de fer. 6. Un trou
que l'on ferme avec de la terre grajfe 3 paitrie O mouillée ,
C> que l'on rouvre en cas de befoin. 7. L'œil qui efi fermé:
8. L'ouverture qui efi au-deffous de l'œil fermé j c'efipar cette
ouverture que la matière en fufion fort 3 &• qu'elle coule dans
le premier creux. 9. L'avant-foyer. 10. Le premier creux.
11. Le lit de brafque 3 dans lequel on verje la matte. 1 1. Ls.
lit des fiories.
Fourneau de §. 5. Il y a encore à Schemnit-%, en Hongrie , d'au-
'Hongrie1. '" très Fourneaux à percer , dans lefquels on fond la matte
qui
Des Fourneaux a percer. Chap. IX. 75
qui vient de la mine de cuivre. La fondation de
ceux-ci eft la même que celle des précedens. Ce Four
neau a dans oeuvre , depuis la pierre de couvercle juf-
Qu'à Fextrémite de la chemife , fix pieds & demi de
hauteur -, ôc du foyer jufqu'au même endroit y quatre
pieds huit pouces. Sa profondeur eft de quatre pieds &:
demi fur trois pieds de large. On met fur la pierre de
couvercle un pied & demi de feories , & par-deiTus un
demi pied d'argile , pour former l'épaifTeur du fol fur
lequel on met enfuite la brafque. La tuyère , qui eft de
fer, eft incliné de dix-fep; degrés. Il y a devant ce
Fourneau un creux que Fon nomme le creux du cuivre s
& tant à gauche qu'a droite de ce baffin de réception
cour le cuivre , deux autres creux que l'on nomme
foyers de coté 3 ou creux pour les feories. Voyez la Planche
XXIV. En voici f explication.
A. Plan inférieur.
1. Fondation de maçonnerie, t. Les canaux four thumi-
dité.
B. Plan (upérieur.
1 . La maçonnerie des piliers &* du mur de derrière. z. La
doublure du Fourneau. 5 . Le mur mitoyen. 4. Le fil du
Fourneau. ]. La tuyère* 6. L'œil dejjous la chemife. 7. Ar-
refl ou digue devant le creux pour le cuivre. 8. Vavant-
foyer. 9. Le creux. 10. "Deux creux ou baffins pour les
feories.
C. Derrière du Fourneau.
1. Fondation du mur dans terre, z. Le mur de derrière*
Tome IL K
74 Des Fourneaux a percer. Chap. IX.
5 . La [ortie du canal pour l'humidité. 4. Le mur mitoyen.
y La tuyère.
D. Profil.
1. fondation dans terre, t. Les deux piliers, 3. Le mur
de derrière. 4. La doublure du Fourneau. 5. Le côté aufond
du Fourneau. 6. Les canaux pour l'humidité. 7. La pierre de
couvercle. 8. Le fil fait d'argile. 9. La brafque. 10. La di
gue devant le creux du cuivre, 11. La tuyère. 11. Le creux
du cuivre.
E* La coupe en long, •
1. La maçonnerie dans terre. 2.. Le mur de derrière. }.Le
mur mitoyen. 4. La doublure. 5. ZJne partie de la chemijè.
6. Les canaux pour l'humidité. 7. La pierre de couvercle.
8, Des jcories. 9. Le folfait d'argile. 10. La brafque 3 dans
laquelle ily a un creux ou baffîn. 11. La tuyère, n. L'œil.
13. Le creux du cuivre.
F, Elévation.
1. Les deux piliers, t. Le mur de derrière. 3. La doublu
re du Fourneau. 4. La chemijè. 5 . L'intérieur du Fourneau.
6. L'œil. 7. Digue devant le creux } faite avec de la brafque.
8. ZJne petite ouverture par laquelle la fonte s'écoule dans le
creux du cuivre. 9. Le creux du cuivre. 10. *Deux baffins
pour les jcories..
Du Fourneau §, 5. Le Fourneau dans lequel on fond la mine de
deFoelgebangen. . , * . , /ij 1 J
plomb a Foelgebangen 3 eit un des plus petits de ceux
que Fon compte du nombre des Fourneaux à percer.
Sa fondation eft conftruite comme celle des précedens.
De la pierre de couvercle jufqu'à l'endroit où finit la
chcmife , on compte fept pieds de hauteur ; & du foyer
Des Fourneaux a percer. Chap. IX. *j$
jufqu a ce même endroit , trois pieds fix pouces : il a
deux pieds ôc demi de profondeur, fur un pied &c de
mi de largeur. On met des feories de la hauteur d'un
pied fur la pierre de couvercle , & le fol d'argile que
Ion fait deflus a une femblable epaiffeur. La tuyère
eft à quatre pieds fix pouces de hauteur au-deffus de
la pierre de couvercle. Elle eft de fer , Ôc inclinée de
quinze degrés. Les fouiHets font de cuir. Ce qui tient
lieu de chemife eft une porte de fer , couverte en de
dans d'un enduit de terre graffe : enfin, au-devant de
cette porte , eft un avant-foyer ou baffin de réception ;
mais il n'y a point à côté de baffin de percée» Voyez
la Vlanche XXV. dont voici Fexplication»
A. Plan inférieur.
i. La fondation de maçonnerie, a. Les canaux pour l'hu~-
miditc.
B. Plan /uperïeur.
i . La maçonnerie des pliers O du mur de derrière, z. Le
fol de la doublure du Fourneau. 5. Lefil du dedans du Four
neau. 4. Le mur mitoyen. 5. La tuyère* 6. L'avant-foyer
§u baffin de réception. 7. La trace.
C. Le derrière du Fourneau.
ï. Fondation dans terre, i. Le mur de derrière. 5. L*
firtie d un des canaux* 4. Le mur mitoyen, c.. La tuyère.
D. Le Profil.
1. La maçonnerie dans terre, i. Les deux piliers. 5. La.
doublure du Fourneau. 4. Un coté du fond du Fourneau,
f. Les canaux £humidité. 6. La pierre de couvercle. 7. Les
fortes. 8. Vn fol d'argile. 9. Vn Ut de brafque. 10. La,
Kij
76 Des Fourneaux a percer. Chap. IX.'
trace. 1 1. La tuyère. \i. La forte de fer qui fert de chemi
fe. 15. 'Une f>ierre taillée.
E. La coupe en long.
1 . Maçonnerie dans terre, t. Mur de derrière. 5 . Mur
mitoyen. 4. Vn côté de la doublure du Fourneau. 5. Vne
partie de la pierre taillée. 6. La chemife. 7. Les canaux d'hu
midité. 8. La pierre de couvercle. 9. T>es feories. 10. Lit ou
fil £argile. 11. Lit de brafque. 11. La trace. lyLa tuyère*
F. Elévation.
1. Les deux piliers. 1. Le mur de derrière, f. La dou
blure du Fourneau. 4. Une pierre taillée qui fert d'arceau.
5. L'intérieur du Fourneau. 6. La porte de fer firvant de che
mife. 7. L'oeil. 8. L'avant-foyer ou bafjin de réception. 9. Lu
praee.

CHAPITRE X,
Des Fourneaux courbes.
§. i.T A hauteur de tous les Fourneaux courbes eft
J ià peu près la même ; mais ils font diverfèment
conftruits. Ils ont ordinairement, depuis Favant-foyer
jufqu'à l'extrémité' de la chemife 3 trois pieds de hau
teur. Leur profondeur eft de trois à quatre pieds , &
la largeur de la plupart eft 3 depuis deux pieds jufqu'à
deux pieds & demi ; il y en a cependant en quelques
endroits qui font plus larges. Ils ont toujours un fé
cond baflin de réception 3 qu'on appellefoyer ou baffin
Des Fourneaux courbes. Chap. X. 77
'de percée s celui-ci eft à fleur de terre , & au niveau du
fol de la Fonderie. On en donne ici la defcription en
commençant par le Fourneau courbe du bas Hart^.
%. 1. Il fcrt pour la fonte de la mine de cuivre , &
même pour celle des mines étrangères >m qu'on apporte
quelquefois dans les Fonderies de ce canton : & du
temps de Schlutter on y a fondu de la mine qui ve-
noie des Indes Orientales , des terres de Monnoyes ,
& des tefts ou cendrées. On en commence la conftru-
ftion , comme on l'a enfèigné au §. 1. Se 5. du Cha
pitre VII. & l'ayant achevée, on fait la doublure du
Fourneau , avec des ardoifes épaifles & enduites de
bonne terre. La chemife de ce Fourneau eft de bri
ques : V enceinte de fon avant-foyer eft de pierres ou
de plaques de fer fondu, ou de vieilles plaques de
fer Forgé. Ce Fourneau a, depuis la pierre de couver
cle julqa'à fextrémité de la chemife , neuf pieds de
hauteur ; & du foyer jufqu'au même endroit , cinq
pieds & demi. Sa profondeur eft de trois pieds fix pou
ces i & fa largeur , d'un pied huit pouces. On couvre
les canaux pour l'humidité , avec des ardoifes d'envi
ron fix pouces d'épaiifeur. Sur ces ardoifes on jette des
(cories jufqu'à la hauteur de neuf pouces ; enfuite on
fait un fol ou lit d'argile de fix pouces , & par-deflus
on met la brafque , qu'on nomme pefante , pareequ'on
fait entrer beaucoup plus de terre grafle que de char
bon réduit en poudre. Cette brafque , haute d'un
pied , refte toujours dans le Fourneau ; & par-defTus
pn fait ua autre lit de brafque ordinaire. Les foufflets
78 Des Fourneaux courbes. Chap. X.
de ce Fourneau font de bois : la tuyère , qui efl de
cuivre , eft à deux pieds au-defïus du lie ou loi d'argi
le y & on la place horifontalement \ ce qu'on voit en
core mieux iur la Planche XXVI. dont voici l'explica
tion.
A. Plan inférieur.
i. Fondation de la maçonnerie, z. Les canaux four l'hu*
nudité.
B. Plan fupe'rieur.
i. La maçonnerie des piliers &* le mur de derrière. z. La
doublure du Fourneau. 3. Son fil. 4. La place de la tuyère*
5. L 'endroit de la cbemifi. 6. L'avant-foyer ou bajjin de ré
ception, y. La trace. 8. Lefoyer ou bajjinpour la percée.
C. Le derrière du Fourneau.
1. Fondation du mur dans terre* z. Le mur de derrière*
3. La finie d'un canal. ^.Le mur mitoyen. 5.. La tuyère.
D. Le Profil.
1. Fondation dans terre, z. Les deux piliers. 3. La dou
blure du Fourneau. 4. Un coté de la profondeur du Fourneau.
f. L arceau. 6. Les canaux pour l'humidité. 7. La pierre de
couvercle. 8..Desfcories.. 9. Un foyer ou lit de terre graj/è.-
10. De la brafque pefante. 11. De la brafque ordinaire.. 1 z. La>
tuyère. 13. La trace. 14. La percée.. 15, Le bajfin de percée..
E. La coupe en long.
1. Fondation de la maçonnerie dans terre, z. Le mur de
derrière. 3. Une partie du pilier.. 4. Un côté de la doublure du
Fourneau. 5. Vne partie de la chemifi. 6. Les canaux de l'hu
midité. 7. La pierre de couvercle. 8. Des feories. $. Lefil on
Des Fourneaux courbes. Chap. X. 79
lit d'argile. 1 o. La brajquepefante. 1 1 . La brafque ordinaire.
11. La tuyère. 13. L'œtL 14. La trace.
F. Elévation.
i. Les deux piliers, z. Le mur de derrière. 3 . Varcade du
Fourneau. 4. La doublure du Fourneau, j. La chemijè. 6. Le
Fourneau <~uu en dedans. 7. L'oeil. 8. L'avant-foyer ou bajjin
de réception. 9. La trace. 1 o. Le bajjin pour la percée. 11. La
rveye des fcories*
§. 3 . Le Fourneau dont on fe fert au haut Harts^ pour Fourneau cour-
fondre la mine triée , & celle qu'on a lavée , étant conf- ***»*>*«*»-
truit comme le précèdent 3 on y met la doublure t &
Fon fait le mur mitoyen , dans quelques endroits, avec
Ac bonnes ardoifes , liées avec de Fargilc bien choifie.
Quand on ne peut avoir d ardoifes , on y employé
des pierres , dites fauvages 3 ou elpece de chtfle > qu'on
ramafTe çà & là. Ce Fourneau a ordinairement lept
pieds de naureur entre la pierre de couvercle & Fex-
trêmiré de la chemilè : il a quatre pieds de profondeur
fur deux pieds de largeur ; & fa hauteur depuis le foyer
jufqu'où finit la chemife , eft de quatre pieds. Les ca
naux pour Phumidité font couverts d'ardoifes , d'envi
ron fix»pouces d'épaiffeur : fur ces ardoifes on met un
pied de feories i enfuite un lit d'argile de fix pouces
par-devant , & de deux pieds près le mur mitoyen ;
puis un lit de brafque avec lequel on prépare le bas
du Fourneau pour la fonte. Dans quelques-uns de ces
Fourneaux la tuyère efl: pofée horifontalement -, & dans
d'autres , elle eft inclinée de quatre degrés s lorfqu'on
y fond de la mine de plomb & d'argent -y mais quand
8o Des Fourneaux courbes. Chat. X.
on y fond de la mine de cuivre , elle eft pofée crois
pouces plus bas qu'à Fordinaire : elle eft de fer , & les
îoufflets font de bois. On entoure Favant-foyer , ou
baflïn de réception , avec des plaques de fer fondu ,
qui font ordinairement celles dont on ne peut plus fe
fervir fous les pilons des bocards. Cette forte de Four
neau eft employé dans toutes les Fonderies du haut
Hart^s & on les nomme Fourneaux à percer. Cependant
fi on les compare à ceux dont on fe fert dans d'autres
pays j on verra qu'il faut les mettre au nombre des
Fourneaux courbes. Selon ce que dit Mathefim 3 au Dit-
cours 15. de {a Sarepta 3 ce Fourneau feroit celui qu'on
nommoit autrefois Fourneau de coulage ou decoulement.
Voyez ci-après Fexplication de la Flanche XXVIL
A. Le Plan inférieur.
1. Fondation de la maçonnerie, z. Les canaux de l'humi
dité.
B. Le Plan fupérietrr.
1 . Maçonnerie des piliers 3 & le mur de derrière, i. Murs
de la doublure, j. Sol du Fourneau. 4. La place de la tuyère*
5. Coulée des fcories poncluée. 6. Bajjin de réception. 7. La tra~-
ce. S. Le bafjin pour la percée. #
C. Le derrière du Fourneau.
1. Fondation de la maçonnerie dans terre, i. Le mur dé
derrière. 3. La finie d'un canal. 4. Le mur mitoyen, y La
tuyère.
D. Le Profil.
1. Fondation dans terre. %. Les deux piliers. $. Murs de
la doublure. 4. Un coté du fond du Fourneau. 5. L'arcade
faitî
Des Fourneaux courbes. Chap. X. 8i
fiite de briques > O contenue par des liens de fer. 6. Les ca
naux &* leurs ij/ùès. 7. La pierre de couvercle qui efl> com
me on l'a dit 3 une ardoijè épaijfe. 8. Des fcories. 9. Le lit
£argile, io- Le lit de brafque. n. La tuyère, iz. La trace.
13. lîendroit de la percée. 14. Le bajfm pour la percée-
E. La coupe en long.
1. Fondation de maçonnerie dans t^rre. i. Mur de derrière
avec le mur mitoyen. 3. Une partie du pilier. 4. Un côté de la
doublure du Fourneau, y Unepartie de la chemife. 6. Les ca
naux pour l'humidité. 7. La pierre de couvercle. 8. DesÇcories.
9. Le filou lit d'argile. 10. Le lit de brafque. 11. La tuyère*
ix. La trace. \$.La percée. 14. Baffln pour la percée.
E. Autre coupe.
1. Fondation de maçonnerie dans terre. z< Mur de derrière
érvecle mur mitoyen. $<Ûne partie du pilier. 4. Un coté de la
doublure du Fourneau. ç.Une partie de la chemife. 6. Les ca
naux. 7. La pierre de couvercle. 8. Des feories. 9. Le fol d'ar
gile. 10. La brajque. n. La tuyère. 11. L'œil. 13. La trace".
14. L'écoulement de la matière enfujion dans la trace.
F. Elévation.
1. Les deux piliers. %. La muraille de derrière. 3. Lafôr-
tie de la cheminée. 4. L'arcade devant la cheminée 3 qui efi
de briques 3 <& retenue par des bandes de fer. 5. La doublu
re du Fourneau. 6. La chemife. 7. Le dedans du Fourneau.
S. L'œil. 9. L'avant-foyer. 10. La trace. 1 1. Le baffin de la
percée, n. Une marche de pierre devant le foyer. 13. La
ftrtie pour II humidité du canal ou tranchée. \*
§. 4. Le Fourneau courbe dont on fe fert à Riegelf- Fourneau de
dorfçn Hefe, poux fondre la mine de cuivre en ardoi- JjfKfe"
Tom. 11. L
8z Des Fourneaux courbes. Chap. X.
fe 3 reffemble au Fourneau courbe de Suéde 3 étant un
peu plus large vers la tuyère qu'en haut. On compte
neuf pieds depuis la pierre de couvercle jufqu'au haut
de la chemife. On met fur cette pierre un pied de fco-
ries y puis fix pouces d'argile , & enfin quinze pouces
de brafque pefante , & cette brafque monte jufqu'au-
deflus de la tuyère. La profondeur du Fourneau ell de
quatre pieds > & fa largeur de trois pieds trois pouces
auprès de la tuyère ; & comme il fe rétrécit toujours
en montant , il n'a plus que deux pieds trois pouces de
large 3 à Fendroit ou finit la chemife ; ainfi c'eft inté
rieurement une pyramide allongée à quatre côtés in
égaux. La tuyère qui eft de quinze pouces plus haut que
le baflin de réception , ou que le bas de la chemife, cfl
pofée horifontalement. Elle eft de fer , & les foufHets
font de bois. Voyez la Planche XXV111. dont voici Fex-
plication.
A. Plan inférieur.
i. Fondation de maçonnerie. %. Les tranchées pour la finie
de l'humidité.
B. Plan fupérieur.
i. Maçonnerie des piliers e> du mur de derrière, i. La
doublure du Fourneau. 3. Le fol du Fourneau. 4. Le mur mi
toyen dans lequel la tuyère fi trouve. 5. Bajjin de réception ou
avant-foyer. 6. La trace, -j. BaJ/in pour la percée.
C. Le*derriere du Fourneau.
1. Fondation du mur dans terre. 1. Mur de derrière.
3. Sortie pour l'humidité. 4. Mur mitoyen. 5. La tuyère.
Des Fourneaux courbes. Chap. X. 85.
D. Le Profil.
1. Fondation dans terre. %. Les deux piliers. 3. La dou
blure du Fourneau. 4. Le côté du fond du Fourneau, y Ca
naux four l'humidité. 6. La pierre qui couvre ces canaux*
7. Lit de feories. 8 . Le baffin de réception fait de brajque.
9. La trace. 10. La tuyère.
E. La coupe en long.
1. M.açonnerie dans terre. %. Mur de derrière< 3. Mur
mitoyen. 4. La tuyère, y Un coté de la doublure du Fourneau.
6. Une partie de la chemifi. 7. Canaux pour l'humidité.
8. Pierre qui les couvre. 9. Les jcories. \ç>. Le fil de terre
glaifi. 11. La brajque. 12.. La trace.
f. Elévation.
1. Les deux piliers. 1. Mur de derrière. 5. La doublure.
4. Le dedans du Fourneau. 5. La chemifi, 6. L'œil. 7. Le
baffin de réception. 8. La trace. 9. La percée. 10. Baffin pour
recevoir la matière qui en coule.
§. <. La mine d'argent de foachimflahl en Bohême . Fourneau de
r C J rr J r l r C i • JoachimihM, en
le tond auin dans un fourneau courbe : la fondation Bohême.
&c fa conftruction font les mêmes que celles des précé-
dens. Sa hauteur , depuis la pierre de couvercle jus
qu'au haut de la chemife y eft: de huit pieds \ & du
foyer jufqu'au même endroit , de quatre pieds : il eft
profond de trois pieds fix pouces , & large d'un pied
neufpouces. On met par-deflus la pierre de couvercle
un pied de feories 3 puis un lit de glaife de neuf pouces
d'épaifTeur. La tuyère , qui eft de fer , incline de fix
degrés : les foufflets font de cuir. Voyez, la Flanche
XXIX.
L ij
•4 Des Fourneaux courbes. Chap. X.
A. Plan inférieur.
i. Fondation de maçonnerie, z. Canaux pour l'humidité.
B. Plan fupérieur.
i . Maçonnerie des piliers e> du mur de derrière, z. Dou
blure du Fourneau. 5. Mur mitoyen. 4. La longueur O- la
largeur du Fourneau au-dejfusde la pierre de couvercle, j. La.
place de la tuyère. 6. Les deux cotés de la trace. 7. La partie
fupérieure de la trace. 8. La trace qui 'nient du Fourneau.
9. Le bajjîn de réception 3 entouré de plaques de fer fondu.
10. Le bafjin pour la percée,.
C. Côté de derrière.
1. Fondation de la muraille dans terre. z. Le mur de der
rière. 3. Le mur mitoyen. 4. La tuyère. 5. 'Des bandes de
fer.
D. Le Profil.
1. Fondation dans terre, z. Les deux piliers. 3. La dou
blure du Fourneau. 4. ^Bandes de fer pour retenir la maçon
nerie, j. Un côté du fond du Fourneau. 6. Arceau devant la
cheminée. 7. Canaux pour la fortie de l'humidité. 8. Tierre
qui les couvre. 9. Lit de fcories. 10. Lit d'argile pour le fol.
11. Lit de brafque. 11. La trace. 15. La percée. 14. TLafjin
pour recevoir ce qui en coule.
E. La coupe en long.
1. Mur dans terre, z. Mur derrière le Fourneau. 5. Par
tie d'un des piliers. 4. Un coté de la doublure du Fourneau.
j. Une partie de la chemifè. 6. Le mur mitoyen. 7. La tuyère.
b'. Canaux pour l'humidité. 9. La pierre de couvercle. 10. Des
fcories. 1 1 . Lit d'argile. 1 z. Lit de brafque formant le baffn
de réception. 13. La trace. 14. L'œil.
\

Des Fourneaux courbes. Chap. X. 8;


F. Elévation.
i. Les deux ptliers. %. La partie inférieure du Fourneau.
'3. L'arceau devant la cheminée. 4. Doublure du fourneau.
5. Deux barres de fer qui tiennent la doublure du Fourneau.
<*. La cbemijè. 7. Le dedans du Fourneau. S. L'œil. 9. Baffîn
de réception. 10^ La trace. 11. La percée C* fin baffm,
11. Une marche de pierre pour fervir ou charger le Fourneau.
$.6. Le Fourneau dans lequel on fond la mine de Fourne2u de
plomb & d'argent de Schemnit^ en Hongrie , eft du schemnitz en
nombre des Fourneaux courbes. Sa fondation , les pi
liers & le mur de derrière , font conftruits comme pour
les Fourneaux ci-devant décrits : il a huit pieds fix pou
ces depuis la pierre de couvercle jufqu'au haut de la
cViemiCe , & cinq pieds depuis le foyer jufqu'à la mê
me hauteur. Sa profondeur eft de trois pieds fur deux
pieds de large. Il y a au-deû'iis de la pierre de couver
cle un pied ôc demi *Je feories ,; enfuite fix pouces de
terre glaife : on fait au-devant un badin de réception,
& à côté de ce balïin un autre pour la percée , & un
lit de terre préparée pour recevoir les feories. Au-def-
fus .de la tuyère eft un coin de fer , qu'on nomme le
coin du ne% Les (oufflets font de cuir , & inclinés de
dix-huit à vingt degrés. La chemife fe fait quelquefois
d'une pierre de taille bien ajuftée dans le Fourneau >
Se d'autres fois d'une plaque de fer. Plus haut il y a
une arcade derrière laquelle la fumée fe raflemble.
.Voyez la Planche XXX,
A- Plan inférieur du Fourneau.
j.. Fondation de maçonnerie. 1. Canaux pour l'humidité.
86 Des Fourneaux courbes. Chap. X.
B. Plan fupérieur.
i . La maçonnerie des pliers 0* du mur de derrière. %. La
doublure du Fourneau. 5. Le mur mitoyen. 4. Le fil du
Fourneau. 5. La place de la tuyère. 6. LebaJJin de réception,
7. La trace. 8. Le baffmpour recevoir ce qui coule de la per
cée. 9. Lit pour les fiories.
C. Derrière du Fourneau.
1. Fondation'du mur en terre, z. Le mur de derrière. 5, La
finie de thumidité. 4. Le mur mitoyen. 5. La tuyère.
D. Le Profil.
1. ^Maçonnerie dans terre, 2.. Les deux piliers. 5. La
doublure du Fourneau. 4. Une porte de fer qui fin de che—
mifi. j. Face du fond du Fourneau. 6. L'arcade au-dejfm de
la chemifi. 7. Canaux pour l'humidité. %. La pierre qui les
couvre. 9. Lit de fcories. 10. Lit d'argile. 11. La brafque.
12.. La tuyère. i$.Le coin du ne\. 14. La trace. 15. Baffin
pour la percée. 16. Lit pour recevoir les fiories.
E. La coupe en long.
1. Fondation en tene. 1. Mur de derrière. 5. Tartie du
pilier. 4. La cheminée. 5 . Un coté de la doublure du Four—
neau. 6. Canaux pour l'humidité. 7. La pierre qui les cou
vre. 8. Lit de fiories. 9. Sol d'argile. 10. La brafque. n.La
tuyère, il. L'ail. 15. La trace.
. F. Elévation.
1. Les deux piliers. 1. Mur de derrière. 5. L'arceau du
Fourneau. 4. La finie de la cheminée. $. La doublure du
Fourneau. 6. Une porte de fer firvant de chemifi. 7. Le de
dans du Fourneau. 8. Un trou dans l'œil 3 par lequel on peut
aider le Fourneau en cas de befim. 9. Ce troufermé. 10. Baf
Des Fourneaux courbes. Chap. X. 87
fin de réception. 1 1. La trace. 11. Le bajfîn de la percée.
15. Lit tour les jcories. .
$. 7. A Newfol en Hongrie , on fond dans un Four- Fourneau de
1 1 • j ° ■ ol Newfol en Hon-
neau courbe la mine de cuivre , &c la matte qui en grie.
vient : la fondation de ce Fourneau eft la même que
celle des précédens. Sa Hauteur, depuis la pierre de
couvercle jufqu'au haut de la porte de fer qui fert de
cliemifè , eft de neuf pieds ; & du foyer jufqu'au mê
me endroit , de cinq pieds & demi : il a quatre pieds
& demi de profondeur fur deux pieds & demi de lar
ge au-devant , & quatre pieds au fond. Au lieu d'une
chemife ordinaire , on y met une porte de fer que Ton
a garnie de briques. Le lit de fcories s'élève de deux
pieds au-deftus de la pierre de couvercle , près du mur
mitoyen. Par-deûus ces fcories on fait un lit d'argile
d'un pied d'épais. La tuyère, qui eft pofée horifonta-
Jement , avance de dix pouces dans le Fourneau : on
place au-de/îous trois briques que Ton cimente avec de
la terre glaifè. Les foufflets font de cuir. Au-deffus de
ce Fourneau il y a une cheminée voûtée, dans laquelle •
on arrête la fumée. Enfin ce Fourneau a, comme les
précédens , un avant-foyer ou bafïïn de réception ,
un baflin de côté pour la percée , & une trace. L'a
vant-foyer eft, contenu par une forte plaque de cui
vre, afiujettie en haut par une bande de fer, dont les
extrémités font feeliées dans la maçonnerie. Voyez U
Planche XXXI.
A. Plan inférieur.
1. Fondation delà maçonnerie. 1. Les canaux pour l'bu-
midité.
88 Des Fourneaux courbes. Chap. X. "
B. Plan fuperieur.
i. Maçonnerie des piliers 6» du mur de derrière, z. La
doublure du Fourneau. ;. Mur mitoyen. 4, Sol du Fourneau.
j. Place de la tuyère. 6. Lit épaù de brafque. 7. Baflin de
réception. 8. La trace. 9. Le bajjin pour la percée.
C. Derrière du Fourneau.
1. ^Maçonnerie dans terre, z. Mur de derrière. 5. Sortie
de l'humidité. 4. %Mur mitoyen, y La tuyère.
D. Le Profil.
1. Fondation dans terre. z. Les deux piliers. 5. Murs de
la doublure. 4. Porte de fer garnie de briques qui fert de che-
mijè. 5. Le derrière du Fourneau* 6. La cheminée qui eft
conduite par une rvoute. 7. Les canaux pour l'humidité. S. La
pierre qui les couvre. 9. Un lit de fcoriesr 10. Le fil en terre
glaif. 11. La brafque. il. La tuyère dejfom laquelle dy a
des briques. 15. Petite ouverture par laquelle la matière en
fufionfort. 14. La trace. 15. La percée. 16. Bajfn pour re
cevoir ce que le percement fait couler.
E. La coupe en long.
1. Fondation dans terre, z. Le mur de derrière. 5. Mur
mitoyen. 4. Un coté de la doublure. $. La cheminée pajfant
par une njoute. 6. Les égouts. 7. La pierre qui les couvre.
8. Lit de Jcories. 9. Sol du Fourneau en argile. 10. La braf
que. 11. La tuyère contenue par des briques. 1 z. Une épaif
pur de brafque. 15. La trace.
F. Ele'varion.
i.Les deux piliers, z. Mur de derrière. 5. Varcade €> la
cheminée. 4. La doublure du Fqprneau. 5. Porte de fer qui
fert.de chemife. 6. L'intérieur du Fourneau. 7. Petite ouver
ture
Des Fourneaux courbes. Chap. X. 89
tore fous cette forte de fer 3 ç> par laquelle la fonte fort û>
toute. 8. Epaijftur de la brafque fur laquelle s'appuie la por
te de fer. 9. Bajftn de réception enfermé par une plaque de
cuivre y &• retenu par une bande de fer. io. La trace. 11, La
^nu 4 travers la plaque de cuivre. 11. Baffn pour recevoir
ce qui coule par la percée.
i 8. Le Fourneau dans lequel on fond la mine der Fourneaux de
Suivre a Falhum en Suéde , doit être mis auiii au nom
bre des Fourneaux courbes , quoiqu'il foit différem
ment conftruit > n'ayant point de baflin ou catin de
vant la chemife , & Fayant en dedans ; de forte qu'on
eft obligé de percer à travers le pilier 3 & de faire le
baflin de percée à côté du Fourneau. Ce Fourneau eft
de huit pouces plus large en bas qu'en haut ; mais tout
le refte eft comme dans les autres Fourneaux , excepté
que les canaux pour h /ortie de fhumidité font voû
tes. Ce Fourneau a , depuis la voûte de ces canaux juf-
u'à fextrémité fupérieure de la chemife 3 neuf pieds
l îx pouces de hauteur ; &c du foyer jufqu'au même en
droit , quatre pieds & demi. Il y a un pied de feories
fur la voûte des canaux , enluite , un demi pied d'argile
mêlée avec du fable : fur cette compofition de brafque
dure , on pofe une pierre de fol qui a un demi pied
d'épaifleur. Au-dedansdu Fourneau on forme un con
tour de pierres , au milieu defquelles on fait le creux
avec de la brafque tendre de terre & de poufïier de
charbon. Ce creux, catin ou creufet a, depuis la pier
re de loi jufqu'au-delTous de la tuyère , trois pieds de
hauteur ; & il y a quatre pieds & demi depuis la tuyère
Tom. II. M
90 Des Fourneaux courbes. Chap. X.
jufqu'au haut de la chemife. La profondeur ou enfon
cement de ce Fourneau 3 eft de quatre pieds fur trois
pieds de largeur en bas , & deux pieds huit pouces en
naut. La tuyère , qui eft de cuivre , eft pofee horifon-
talement y éc les foufflets font de bois. Voyez la Plan"
che XXXll.
A. Le Plan inférieur.
i. Fondation de maçonnerie, i. IJfuës pour l'humidité du
terrain.
B. Le Plan fupe'rieur.
I . La maçonnerie des piliers e>* du mur de derrière. 2. . Dou
blure du Fourneau. 5. Le mur mitoyen. 4. Le fol du Four
neau. 5. Le lieu où l'on met la tuyère, 6. Le creux. 7. La
percée. 8. Le bajjin pour recevoir ce qui coule par la percée.
9. La voie des fcories.
C. Le derrière du Fourneau.
1. Maçonnerie dans terre, z. Mur de derrière. 5. Sortie
d'un canal d'humidité. 4. Le mur mitoyen, j. La tuyère.
D. Le Profil.
1. Fondation dans terre. z. Les deux piliers. 5. La dou
blure du Fourneau. 4. Mur de derrière. y. Canaux pour l'hu
midité. 6. Lit de jcories. 7. Lit ttargile €> de fable mêlés.
8. Pierre de fil. 9. Pierres qui font rangées autour du creux
ou cajjè. 10. La tuyère. 1 1. La brafque qui forme le creux,
il. La percée. 1 5 . Baf/in pour recevoir ce qui en coule.
E. La coupe en long.
1. Fondation dans terre, z. Mur de derrière. 5. Mur mi
toyen. 4. Un coté de la doublure du Fourneau. 5. La tuyère.
6. Canaux pour l'humidité. 7. Lit de jcories. 8. Lit de terre
Des Fourneaux courbes. Chap. X. 91
fUtfe &* de fable. 9. La pierre de fol. 10. Les pierres qui
(ont autour du creux. 11. La brafque du crettx. 11. Le creux
in cajp.
F. Elévation.
1. Les deux piliers, z. Mur de derrière. 3 . La doublure
au Fourneau. 4. La chemife. 5. Le dedans du Vourneau.
f. L'ccil. 7. Le lu pour lesjcories. 8. La percée. 9. Lebajfm
Pour recevoir ce qui coule de la percée.
§. 9. Le Fourneau dans lequel on fond la litarge s Fourneau à re_
aux Fonderies du bas Hartz , diffère peu de celui dont vivifier la litarge.
ou fe ferc pour fondre la mine de cuivre > toute la dif
férence ne confifte que dans la manière d'y mettre la
brafque , laquelle fe fait autrement pour la litarge que
pour fondre la mine. Ces Fourneaux ont à prêtent un
baum pour \a percée , ce qui n'étoit pas autrefois ; car
il falloic puifer ie plomb revivifié dans le premier baf-
fin de réception ; ainii au lieu de les mettre alors an
nombre des Fourneaux courbes , on les regardoit com
me Fourneaux à percer. Pour en faire mouvoir les
ioufflets , on peut employer l'axe de la roue qui fait
aller ceux du Fourneau d'affinage de l'argent , ou du
raffinage du cuivre. Ce Fourneau a neuf pieds de hau
teur, depuis la pierre de couvercle jufqu'au haut de la
chemile, & cinq pieds depuis le foyer jufqu'au même
endroit : il eft, profond de trois pieds & demi , fur un
pied quatre pouces de large. Au-delTus de la pierre- de
couvercle 3 on met neuf pouces de feories ; eniuite un
pied de cerre glaife pour le fol -, & par-deiTus un autre
lit de brafque pefante : enfin fur cette brafque on ajuf-
M ij
9t Des Fourneaux courbes. Chap. X.
te le Fourneau avec de la brafcjue ordinaire. La tuyère
eft à quatre pieds neuf pouces plus haut que la pierre
de couvercle : elle eft de cuivre > & dans une fituation
horifontale. Les foufflets de ce Fourneau font de bois.
Voyez la Planche XXX111.
A. Plan inférieur.
i. 'Fondation de maçonnerie, t. Canaux pour la firtie de
l'humidité.
B. Plan fupéneur.
i. Maçonnerie des pliers & du mur de derrière, z. La
doublure du Fourneau. 3 . Le fil du Fourneau. 4. Le mur
mitoyen. 5. La place de la tuyère. 6. TSaJfin de réception.
7. La trace. 8. La fercee.
C. Derrière du Fourneau.
1 . Fondation du mur de derrière, z. Le mur. 3 . Sortie de
l'humidité d'un des canaux. 4. Le mur mitoyen, y La
tuyère.
D. Le Profil.
1. Fondation dans terre. 1. Les deux piliers. 3. La dou
blure du Fourneau. 4. Son arcade. 5. Les canaux pour la
firtie de l'humidité. 6. La pierre qui les couvre. 7. Lit de
feories. 8. Sol de terre. 9. La brajque du fil. 10. TSrajque
ordinaire. 1 1. La tuyère, iz. La trace. 13. La percée- 14. Son
bajfîn.
E. La Coupe en long.
1. Fondation en terre. z. Mur de derrière. 3. Un des pi^
liers. 4. Un coté de la doublure. 5. Une partie de la chemi
née. 6. Les canaux pour l'humidité. 7. La pierre de couvercle,
S. Lit de fiories. 9. Solde terre. 10. Brajque du fil, 11. Brafi
Des Fourneaux courbes. Chap. X. 95
que ordinaire, tz, La tuyère. 15. L'œil. 14. La pierre de
hil.
F. Elévation.
1. Les deux piliers. 2.. Le mur de derrière. 5. L'arcade
au Yourneau. 4. La doublure du Fourneau. 5. La chemifè.
6- Le dedans du Fourneau. 7» L'œil. 8. TSaffin de réception.
5>. La trace. 10. Le bajjinpour la gercée. 1 1. Six poêles ou
Itngotieres de fer fondu 3 dans lefquelles on njerfe le plomb.
iz. DouT^e fkumons de plomb.
Fourneaux du
§. 10. On emploie dans les Fonderies du bautjj^ Havtz pour
Hartz y pour la fonte de la litarge , les mêmes Four- f« mines & la
neaux qui fervent ordinairement à la fonte de la mi
ne , excepté qu'ils font moins profonds d'un pied >
lorsqu'on s'en fert pour la litarge > ainfi , au lieu de
quatre pieds 3 ils n'en ont que trois ; mais le Fourneau
dans lequel on a une fois revivifié de la litarge , eft
toujours réfervé pour cet ufage , afin qu'il refte pro
pre & ne (oit pas rempli de matières pierreufes & ai
gres , qui 3 dans la fuite , pourroient altérer le plomb.
-Voyez , pour ce Fourneau , la Planche XXVll. ôc fa
defeription au §. 5.
$. 11. Le Fourneau fervant à fondre les pièces ou Fourneaux pour
tourteaux de liquation , eft conftruit comme les Four- ,es ?kces de u"
neaux à fondre la litarge : ainfi il eft auffi du nombre
xlcs Fourneaux courbes j la feule différence eft , que
fon met une poêle de fer fondu à la place du baflin
pour la percée , & qu'on y fait couler la matière fon
due pour en former les pièces de liquation ; cepen
dant fi fon veut avoir aufli un baflin de percée auprès
94 Des Fourneaux courbes. Chap. X.
de ce Fourneau , on peut le placer de 'l'autre côté du
bafïïn de réception } qui eft devant le Fourneau -, ce
qui convient d'autant mieux _, qu'il furvient fouvent
des matières qu'il ne faut pas faire couler dans la poêle
de fer ou de liquation. On peut fe fervir de ce même
Fourneau pour revivifier la litarge 3 & y fondre en-
fuite le cuivre tenant argent & le plomb pour la liqua
tion y mais il fera encore mieux d'avoir un Fourneau
particulier pour chacune de ces opérations : elles s'en
feront mieux & plus proprement } pareequ'on ne rif-
que pas de rendre cuivreux le plomb venant de la li
targe ; fans quoi la fonte de la litarge , qui précède-
roit toujours celle des pièces de liquation, conviendroit
fort au cuivre tenant argent. Quant à k manière de
pofer les poêles de fer pour les pièces de liquation >
Schlutter a remarqué qu'il y en avoit qui } quoique
neuves > ne rélîftoient pas long- temps, & qu'elles fe
caflbient en plufieurs morceaux ; il en aceufoit d'abord
la mauvaife qualité du fer > mais il reconnut depuis
que cela venoit de la grande humidité que leur com
munique Peau qu'on jette fur les pièces de liquation
pour les rafraîchir. Il fit faire pour pofer ces poêles un
loi de briques avec un canal en croix ■ > puis il fit entou
rer les poêles de briques mâftiquées d'un bon lut : ce
moyen luy reuffic , & les poêles durèrent bien plus
long-temps fans fe fêler > cependant il fera toujours
fort à propos de les faire entourer d'un bon cercle de
fer. Le Fourneau Tervant à fondre & former les pièces
de liquation , eft fait comme celui où l'on revivifie 1a
Des Fourneaux courbes. Chap. X. 95
litar^e. Sa tuyère eft de cuivre , & Tes fouiflets font de
bois- Voyez la Planche XXXIV.
A- Plan inférieur.
1. Fondation de la maçonnerie, t. Canaux pour fhumi
dité.
B. Plan fupérieur.
/. La maçonnerie des piliers O* du mur de derrière. ' z,
Murs de la doublure du Fourneau. $. Sol du Fourneau.
4. Place de la tuyère. 5. Mur mitoyen, 6. Avant-foyer ou
baffîn de réception. 7. La trace. 8. La poêle de liquation,
9. Tsaffîn pour la percée.
C. Le coté de derrière.
1. Fondation en terre, z. Mur de derrière. 5. Sortie de
l'humidité. 4. Mur mitoyen. 5. La tuyère.
D. Le Profil.
1 . La fondation. 1. Les deux piliers. 5 . La doublure du
Fourneau. 4. Un côté du fond du Fourneau. 5. L'arcade du
Fourneau. 6. Canaux pour l'humidité. 7\ La pierre de cou-
vercle. 8. Lit de Jcories. 9. Solde briques. 10. Sol d'argile.
1 1 . Tîrafque dure O4 pejante. 1 1. BraÇque ordinaire. \$.La
tuyère. 14. La trace. 15. La percée. 16. La poêle de liqaa-
tion pûfée fur un maffifde briques. 17. Le baffin pour U
percée.
E. La coupe en long.
1. Fondation de maçonnerie dans terre, t. Le mur mi
toyen. 5 . Une partie du pilier. 4. La doublure du Fourneau.
j. Une partie de la chemijè. 6. Les canaux pour l'humidité.
7. La pierre qui les couvre. 8. Lit de Jcories. 9. Solde bri
ques. 10. Sol d'argile. 11. Brajque dure. 11. Brajque *ordi-
96 Des Fourneaux courbes. Chap. X.
nuire. 13. La tuyère. 14. L'œil. 15. La pierre de l'œil,
16. La trace.
F. Elévation,
1. Les deux piliers. 1, Mur de derrière, j. Arcade du
fourneau. 4. Sa doublure. 5. Ld chemife. 6. L'intérieur du
fourneau. 7. L'œil. 8. Lebaffn de réception. 9. Ld #v*f<r.
jo." £<* poêle de Uquation. 11. ^Bnjjin de percée 3 quifert lors
qu'on fond quelqu autre chofe que des pièces ou tourteaux de
Uquation : on y jette les fcories quand on fait ujàge de la poêle.
I z. Une marche de pierre pour fervir ou charger le Fourneau,
Fourneaux de $. n. Les Fourneaux dans lcfquels on fond des pie-
deMansfeidt?°tC ces ou tourteaux de liquation à Heckftedt dans le Com
té de- Mansfeldt 3 font femblables à ceux qu'on emploie
aux Fonderies du bas Hartz près de ÏOcker s on en
trouve auiïi de pareils à Grummenthal en Saxe ; ainfi il
eft inutile de les décrire.
Fourneaux du §.13. Schlutter n'a pas pu avoir un plan exact des
Fourneaux dont on fe lert dans le Tirol i mais on lui a
mandé que dans les Fonderies de Brixlegen } il y avoit
jufqu'à cinq fortes de Fourneaux ; fçavoir , des Four
neaux courbes à la Hongroife. Ces Fourneaux qui fer
vent à la fonte du minéral , ont quatre pieds de hau
teur, depuis le baflïn de réception ou foyer de devant
jufqu'au haut de la chemife : leur profondeur eft de
trois pieds fept pouces , fur trois pieds de largeur.
La féconde forte de Fourneaux fert à fondre le
plomb : ceux-ci ont aufïi quatre pieds de haut 3 trois
pieds quatre pouces de profondeur 3 fur trois pieds trois
pouces de largeur.
La
Des Fourneaux courbes. Chap. X. 97
La troifiéme forte , fervant à fondre la matte } a
trois pieds ôc demi de profondeur fur deux pieds 6c
demi de largeur.
La quatrième forte fert à fondre les fcories : ces
Pourneaux ont trois pieds neuf pouces de profondcur
furdeux pieds fix pouces de largeur.
La cinquième lorte de Fourneaux eft employée à
iôndre le cuivre , c'eft-à-dire , la matte de cuivre gril-
iée pour en tirer le cuivre noir : ils ont trois pieds nuit
f>ouces de profondeur fur deux pieds huit pouces de
arge -, & quoique la hauteur de ces Fourneaux ne foie
pas par tout exactement la même 3 il n'y a pas cepen
dant des différences confidérablesj puifqu'on les char
ge tous par devant -, ainfi ils ne doivent pas excéder
la hauteur d'un homme.
§. 14. On fe ferr pour la fonte de la mine d'argent Fourneaux de
à Konigsberb en Norwcgc 3 de Fourneaux courbes : ils Norwc£e-
onr dans leur fondation des canaux pour fhumidité ,
Se leur conftrudtion eft en tout femblable à celles des
Fourneaux du Hartz. Ces Fourneaux ont huit pieds de
hauteur depuis le fol de la Fonderie ; leur profondeur
eft de trois pieds & demi , & leur largeur eft de deux
pieds : il y a un baftin de réception > ôc un autre baflin
a côte' pour la percée.
$. i5. Les Fourneaux de coulage ou d'écoulement rameaux de
font les plus anciens de tous , puifqu'on s'en fervoit àa coulage.
°
Joachimfiahl en Bohême/, il y a au moins zoo ans.
5chiutter , malgré tous les foins qu'il s'eft donné 3 n'a
pu en avoir un plan complet , & il a fallu qu'il fe con-
Tome II. jsj
98 Des Fourneaux courbes. Chap. X.
tentât de ce qu'il en a trouvé dans le Manuicrit d'un
de Tes ancêtres : fçavoir , qu'un Fourneau de coulage
doit avoir des canaux pour la fortie de Fhumidité ; un
baflin de percée à côte duquel , & du bafïin principal
de réception , doivent être des ifTuè's pour Fhumidité :
que ce Fourneau avoit deux pieds de profondeur., Se
que fa largeur étoit de la longueur de deux briques j
que la tuyère étoit pofée à la hauteur du genou. éMa-
thefius dans fa Sarepta , Diicours ij , en parlant du tra
vail de ce Fourneau , dit qu'on y fond par écoulement
ou par-deffous le morceau de bois ; ce qui revient affez
à ce qui eft en ufage dans la fonte des grillages qui
viennent de la mine pilée du haut Hartz.
FourneauxTurcs §. 16. On trouva en 1711 à Meydambecl^3tn Servie,
des Fonderies des Turcs qui étoient ruinées, dans les
quelles on voyoit quelques vefhges de Fourneaux qui
avoient eu trois pieds de haut , un pied & demi de
profondeur fur autant de largeur ; & on prétend que
les Turcs y faifoient un quintal de cuivre par lemaine.
Fourneau d'E- §. 17. A F.égard des Fourneaux d'Ecofle , Schlutter
a appris de deux Seigneurs EcofTois , qui faifoient tra
vailler eux-mêmes aux mines de ce pays là , que ces
Fourneaux font de fer fondu , dont les pièces font ajuf-
tées enfemble ; que leur profondeur horifontale efi de
vingt pouces fur quinze de largeur , & qu'ils ont deux
pieds de haut : qu'il y a au bas du Fourneau une pla
que de fer qui panche un peu vers le devant ; que cet
te plaque a une efpece de rainure creufe qui fert à faire
couler le plomb dans un pot de fer que Fon met de-

■■\
Des Fourneaux moyens. Chap, XL 99
vant , & d'où on le puifc pour le verfer dans des lin-
gotieres : enfin } que les ioufflets font placés derrière
ces Fourneaux , comme le font ceux du Hartz.

CHAPITRE XL
'Des Fourneaux moyens.
$. i.T E Fourneau avec lequel on fond à Cremmt^ en Fourreau
J ^Hongrie , les mines d'or & d'argent, ne peut JJ?°yendeCr£m-
pas fe mettre au nombre des hauts Fourneaux , ni des
Fourneaux courbes , étant trop bas pour la première
daffe , & trop hauts pour la dernière ; c'eft pour cette
raifon que Schlutter en fait une claife particulière , &
qu'il les nomme Fourneaux moyens. Ces Fourneaux ©ne
leurs canaux d'humidité & leur fondation comme ceux
dont on a parle ci -devant. Depuis la pierre de cou
vercle jufqu'à Fextrémité de la chemiie , ils ont dix
pieds de hauteur , & depuis le ba-flin de réception juf
qu'à la même hauteur , ils ont fept pieds : leur profon
deur efr. de quarre pieds , & leur largeur de trois. Il y
a une cheminée à ce Fourneau 3 un eicalier à côté -y par
dcvaHt un bailinde réception, & un autre baiîin pour
recevoir ce qui en fort par h percée. On met fur la
pierre de couvercle un pied de feories , par-deffus un
demi pied d'argile pour former le fol , puis un piedôc
demi de brafque. La tuyère eft placée cinq pieds au-
deiTus de la pierre de couvercle , & elle eft pofée hori
N ij
ioo Des Fourneaux moyens. Chap. XL
fontalemcnt. Les foufflets font de cuir. Voyez la Plan-1',
cbe XXXV.
A. Plan inférieur.
i. Fondation de maçonnerie, i. Canaux pour l'humidité
du terrain.
B. Plan fupéneur.
i . La maçonnerie despiliers e> du mur de derrière, i. ZJn
efialier. j . Le mur mitoyen avec la tuyère. 4. La doublure
du Fourneau. 5. Le fil du Fourneau. 6. Le bajfin de récep
tion. 7. La trace. 8. Baffnpour la percée.
C. Derrière du Fourneau.
1. Fondation de maçonnerie dans terre. 1. £Mur de der
rière. 5. Cbemife de maçonnerie. 4. Sertie de l'humidité.
$. Mur mitoyen. 6. La tuyère.
D. Le Profil.
1. La maçonnerie dans terre. 1. Les deux piliers. 3. La
cheminée. 4. La doublure du Fourneau. $.Un coté du fond du
Fourneau. 6. La firtie pour l'humidité. 7. La pierre de cou
vercle. 8 . Lit de fiories. 9. Sol etargile. 10. Brafque de fil.
11. Brafque ordinaire, n. La tuyère. \$.La trace. 14. La
percée. 15. Baffm pour recevoir ce qui eu coule. 16. Partie
de l'efialier.
E; Coupe en long.
1. Maçonnerie dans terre. 1. Mur de derrière. 3. Un
coté de la cheminée. 4. Doublure du Fourneau. 5 . La chemi
née. 6. Partie de la chemife. 7. Canaux pour l'humidité. 8. La
pierre de couvercle. 9. Des fiories. 10. Sol etargile. n.Braf
que de fol. 1 %. Brafque ordinaire. 1 3 . Tuyère pofée dans le
mur mitoyen. 14. L'œil. 15. La trace.
Des Fourneaux moyens. Chap. XI. io*
F. Elévation.
i . Les deux piliers, i. Le mur de derrière. 5 . La cheminée.
4. "Un ejcalier. j. La doublure du Fourneau. 6. La chemife.
7. Le dedans du Fourneau. 8. L'œil. 9. Bajjin de réception..
10. La trace. 1 i- Le bajjin de la percée.
%. t. Le
1
Fourneau fervant
11
à tfondre
t
la mine
1 a
de cui- Fourneau
r de
vre de ScbmelmP\ dans la haute Hongrie , doit être, mis schmeiniu en
auflî au nombre des Fourneaux moyens : fa fondation °nsne'
& les canaux pour l'humidité } font les mêmes qu'aux
précédens. Sa hauteur depuis la pierre de couvercle jus
qu'au bord de la chemife , eft de onze pieds , & du
foyer jufqu'au même endroit de fix pieds fix pouces.
Il eft profond de cinq pieds ,&ena trois de largeur.
"En rabatant ïépaifleur de la chemife ., il refte quatre
pieds pour fa profondeur. Il y a un efcalier à côté de
ce Fourneau , & fon ba/ïîn de réception eft entouré de
pierre de rai/le. Il n'y a point de baflin pour la percée ;
mais à la place il y a une longue voye faite avec de la
poufliere de charbon mêlée de feories pilées ; c'eft ce
qu'on nomme la <-voye de la matte [ Lecb-Strajfe ] . Au- . .
deifus de la pierre de couvercle , eft le fol d'argile ,
épais d'un pied neuf pouces ; enfuite la brafque qui a
un pied fix pouces contre le mur mitoyen , &c deux
pieds neuf pouces près du baffin de réception. La
tuyère eft à cinq pieds fix pouces au-defTus de la pierre
de couvercle i elle eft de cuivre , & pofée horifontale-
ment. Le foufflet eft de bois. Voyez la Planche XXXVI.
A. Plan inférieur.
1. Fondation de la maçonnerie. 1. Les canaux pour fhu~
tnidité, ■
tôt Des Fourneaux moyens. Chap. XI.
B. Plan iuperieur.
i . Maçonnerie des piliers O* du mur de derrière, z. Dou
blure du Fourneau. 3. Mur mitoyen. 4. Le fol du Fourneau*
f. Les deux cotés de la trace. 6. L'efcalter. 7. La place de la
tuyère. 8. Le baffin de réception. 9. La trace. 10. Une par
tie de la njoye de la matte.
Q. Derrière du Fourneau.
1. Fondation dans terre, z. Mur de derrière. $. Sertie
d'un des canaux pour l'humidité. 4. éMur mitoyen. 5. La
tuyère.
D. Le Profil.
1. Fondation de maçonnerie, z. Les deux- piliers. 3. Le
mur de derrière. 4. Une partie de l'efcalter. $. La doublure
du Fourneau. 6. Un coté du fond du Fourneau, 7. Canal
d'humidité. S. La pierre de courvevcle. 9. Le foyer ou fol £ar
gile, io. La brafque. 11. La trace, m.. La tuyère. •
E. La coupe en long.
1. Fondation de maçonnerie dans terre, z. Le mur de der
rière. 3. Le mur mitoyen. 4. La doublure du Fourneau.
p ZJne partie de la chemtfè. 6. Les égputs. 7. Pierre qui les
couvre. 8. Lefol d'argile. 9. La brafque. 10. Z/n coté de la
trace. 11. La tuyère. îz.Lîœil.
F. Elévation.
1 . Les piliers. z^Le mur de derrière. 3. Un efcalier. 4. La
doublure du Fourneau, y La chemife. 6. L'intérieur du Four
neau. 7. L'œil. 8. 7$affinde réception, 9. La trace. 10. La
r<joye de la matte.
Des hauts Fourneaux. Chap» XII. ioj
as

CHAPITRE XII.
Des hauts Fourneaux,
$.i.l" E haut Fourneau dont on fe fert à Strafberg Haut Fourneau
I rfdans le Comté de Stolberg, & dans lequel on e6tras erg'
fond les mines de plomb & d'argent , eft d'une hau
teur extraordinaire : il a été inventé & conftruit en
17 17 par le nommé Kocl^3 Directeur des Mines du
pays. Depuis la pierre qui couvre les canaux pour Ja
lortie de l'humidité , il a dix-huit pieds de hauteur : fa
profondeur eft de cinq pieds fur trois pieds quatre pou
ces de largeur près de la tuyère : mais il fe rétrécit en
montant , en forte qu'il n'a plus qu'un pied huit pou
ces au plus haut du Fourneau. Au-deftous de ce Four
neau y il y a une tranchée de laquelle partent d'autres
petits canaux pour la fortie de Fhumidité du terrain , 8c
cette tranchée eft couverte par une pierre de dix-huit
pouces d'épaifteur. On met fur cette pierre un lit de
icories & d'argile , élevé d'un pied trois pouces auprès
du mur mitoyen. On pofe enfuite la pierre de fol qui
a aufli quinze pouces d'épaifteur. On met fur cette
pierre de fol de la brafque d'un demi pied de haut au-
delîous de la tuyère. Cette pierre de loi eft de grais ,
& fi Fon prévoit que le Fourneau travaillera quatre fe-
maines de fuite , on peut faire un fol d'argile à la pla
ce de la première pierre de fol. Ce Fourneau a un
io4 Des hauts Fourneaux. Chap. XII.
foyer en avant 3 ou banni de réception , & Fon fait
aux deux côtés deux autres baflins pour la percée j
mais il n'y en a qu'un qui ferve ordinairement : on
conferve Fautre pour le befoin > lorfque le Fourneau
travaille quatre ou cinq femaines fans interruption. Il
y a un efcalier qui paffe à travers le pilier d'un côté du
Fourneau : on monte par fes degrés ou marches la ma
tière pour le charger. Sa tuyère , qui eft de fer > eft
pofée hprifontalement* : les foufflets qui font derrière
font de bois. Voyez la Planche XXXVIL dont voici Fex-
plication.
A. Le Plan inférieur.
i. La Fondation de maçonnerie, z. Tranchée qui forme le
grand canal pour la fortïe de l'humidité du terrain. $. Les
petits canaux qui en partent.
B. Le Plan fupérieur.
i. Maçonnerie des piliers, i. La doublure du Fourneau.
$. Le fol du Fourneau. 4. La place de la tuyère. 5. Vefcalier.
6. Lajbrtie de l'efcalier. 7. La cheminée. 8. Le hajjin de ré
ception. 9. La trace, io- Deux bafjins pour la percée.
C. Le derrière du Fourneau.
1. Fondation de maçonnerie. %. Mur de derrière. 5. Sor
tie de la tranchée. 4. Mur mitoyen. 5. La tuyère.
D. Le Profil.
1 . Fondation dans terre, z. Les deux piliers. 5 . Une par
tie de l'efcalier. 4. La doublure du Fourneau. 5. Un coté du
fond du Fourneau. 6. L'arcade €>■ la cheminée. 7. Ce qui
couvre les canaux pour l'humidité. 8. Les petits canaux.
9. La pierre qui les couvre. 10. Lit de feories O d'argile.
11. La
Des hauts Fourneaux. Chap. XIL io|
II. La brafque. ix* La trace, 15. Les deux baffins de gercée.
14. La tuyère,
E. La coupe en long*
1 . Maçonnerie dans terret z. Mur de derrière. $ . Mur
mitoyen. 4. Vn côté de la doublure du Fourneau. 5. Vne
Partie de tarcade qui eft au-dejfus de l'efcalier. 6. Vne partie
de la chemife. 7. Vn coté de ce qui couvre la tranchée four
fhumidité. 8. Sortie de deux des canaux. 9. La pierre qui
les couvre. 10. Lit de Jcories e> d'argile, u. La pierre de
fil. ix. La brafque. 15. Vn coté de la trace, 14. La tuyère.
15. L'œil4
F. Elévation.
1. Les piliers, t. Le mur de derrière. $. Vn ejcalier.
"4. La doublure du Fourneau. 5. Lachemijè. 6. L'intérieur
du Fourneau. 7 . La [ortie de la cheminée. 8. L'oeil. 9. Le
baffîn de réception. 10. La trace. 11. La percée, n. Vne
tnarebe*
§. z. Les hauts Fourneaux des Fonderies de Freyberg, Hauts rom-
fèrvant à fondre la mine d'argent , ou feule & crue 3 Peaux dc FreF-
ou avec le plomb 3 font fondes en maçonnerie , com
me ceux dont on a parlé au Chapitre VIL La hauteur
de ces Fourneaux eft de dix-huit pieds huit pouces de
puis la pierre de couvercle jufqu'à Fendroit où l'on
^charge le Fourneau , & de huit pieds & demi depuis
le baffin de réception jufqu'au même endroit. La pro
fondeur de ce Fourneau 3 près de la tuyère, eft de cinq
pieds fur trois pieds de large. On met fur la pierre de
couvercle un pied de feories, & par-defïus un loi d'ar
gile d'un pied d'épaifleur ■ , enfuite une braique pefan-
Tom. II. O
io6 Des hauts Fourneaux. Chap. XII.
te , qui a fur le devant du Fourneau un pied > & près
du mur mitoyen un pied neuf pouces de hauteur : en
fin , on y ajoute de la brafque légère ordinaire , de la
hauteur de trois pieds fous la tuyère. Ce Fourneau a
par devant un baflïn de réception , & à côté de ce
baflin un autre plus petit 3 pour recevoir ce qui coule
de la percée ; &c pour les lier ensemble on y met des
barres de fer 3 que fon fcelle bien avant dans les murs
du Fourneau ; l'efcalier qui fe trouve à Fun des côtés
en facilite le fervice -y quant à la tuyère , on ne la pôle
pas toujours de même façon dans ces Fourneaux ; car
dans quelques-uns elle n'eft inclinée que de deux à
trois degrés ; dans d'autres , elle l'eft julqu'à dix : cet
te tuyère eft de fer , & lesfoufflets font de cuir. Voyez
la Planche XXXVlll.
A. Plan inférieur.
i. Fondation de maçonnerie, t. Canaux pour l'humidité.
B. Plan fupérieur.
i . Maçonnerie des piliers O* du mur de derrière, z. Dou
blure du Fourneau. 5 . Le fol du Fourneau- 4. La place de
la tuyère, j. La percée. 6. L'efcalier. 7. Le baffin de récep
tion. 8. La trace. 9. Lefoyer pour la percée.
C. Le derrière du Fourneau.
1. Fondation dans terre, t. Mur de derrière. 5. Sortie de
l'humidité. 4. Mur mitoyen. 5. La tuyère.
D. Le Profil.
I. ^Maçonnerie dans terre. %. Les deux piliers. 5. Mur
de derrière. 4. La doublure dn Fourneau, j. Le fond du
Fourneau. 6. Une partie de l'efcalier. 7. Narres de fer qui
Des hauts Fourneaux. Chas. Xïl. ro?
vtitiennent les murs du Fourneau, 8. Les égputs, 9. La pierre
qui les couvre* \o. Lit de [cortes. 11; Le foyer d'argile, n.
Vn fil qui eftfàit-de trois parties d'argile O* d'une partie de
charbon pubvérijl. i$, La brafque ordinaire. 14. La tuyère.
15. La tru.ce.
L La coupe en long.
1. Maçonnerie dans terre. %. Mur de derrière, 5. Vn coté
de U doublure du Fourneau. 4. IJne partie de la chemiÇe*
/. Canaux pour Fhumidité. 6. La pierre qui les couvre, y. Lit
defcories. S. Sol d'argile, 9, Lit de brafque pejànte. 10. Braf-
que ordinaire. 11. La tuyère, 11. L'œiL *$.- La trace.
F. Elévation*
1. Les deux piliers, u Mur de derrière. $. Doublure du
fourneau. 4, Son intérieur, $. Ouverture par laquelle on
charge le Fourneau. 6. Vejèalierpar lequel on monte la char-
gf~ 7. L'ail. %. Bajfin de réception. 9. La trace. 10. Baffin
four la percée.
On fond ôc revivifie aufïi la Iitarge dans ces fortes
de Fourneaux , & on y emploie ordinairement ceux
qui ont fèrvi pour lafonte crue > dont il fera parle dans
là fuite.
§, 5. On a introduit l'ufage des mêmes Fourneaux Hauts iw*
à Mansfeldt en 1717 > fous le Sieur Ehremberg de Et/le- K* de Manf-
ben 3 qui y éroit alors Receveur du Dixième. On y
fond la mine de cuivre en ardoife du pays. Ces Four
neaux ont dix-huit pieds & demi de nauteur 3 depuis
la pierre de couvercle jufqu'à l'extrémité de la chemi-
(e; ôc depuis la pierre de fol jufqu'au même endroit,
quinze pieds. Leur profondeur eft de trois pieds 8c
Oij-
ioS Des hauts Fourneaux. Chap. XII.
demi fur deux pieds neuf pouces de large près de la
tuyère , & deux pieds & demi près de la chemife : ils
vont en diminuant , de telle forte qu'ils n'ont plus
qu'un pied dix pouces de large en haut. Leur fonda
tion eft la même que celle des autres , fi ce n'eft que
les canaux pour l'humidité font plus grands & plus ou
verts aux côtés & par-devant le Fourneau , & plus
étroits par-deffous. On met fur la voûte de ces canaux
une pierre de couvercle qui a environ un demi pied
d'épaifTeur : par-deflus il y a un pied de fcories -, & fur
ces fcories on fait un fol de terre glaife de deux pieds
d'épaifTeur dans Fintérieur du Fourneau , & d'environ
demi pied fous les deux bafllns de réception qui font
devant le Fourneau : on pofe une pierre de k>1 , qui
eft de grais & de fix à huit pouces d'épaifTeur ? fur ce
lit de glaife 3 & enfuite on met la brafque jufque def-
fous la tuyère. Il y a devant le Fourneau deux bafïïns
de réception , qui font formés de brafque compofée
félon Fancien ufage du Comté de Mansfeldt ; ainfi
Fon peut mettre ce Fourneau au nombre des Fourr-
neaux à lunettes. La tuyère > qui eft de fer, eft pofée
horifontalement 3 &c les foufflets font de bois. Comme
ce Fourneau eft extrêmement élevée on a fait au-def-
fus des foufflets un plancher fur lequel il y a des fépa-
rations } Se Fon a conftruit un pont par le moyen du
quel on charie le minéral & le charbon fur ce plan
cher , &c dans les féparations qui leur fervent d'entre
pôt , afin qu'on puifïe plus commodément les porter
delà dans le Fourneau. Voyez cette conftru&ion fur
la Planche XXXIX.
Des hauts Fourneaux. Chai?. XII. 109
A. Plan inférieur.
1- fondation de maçonnerie, z. Les grands canaux pour^
ïhwmidité. 3 . Les petits canaux*
B- Plan fupérieur.
1. fondation des pliers .<&* du mur de derrière, z. La
doublure. 3 . Le mur mitoyen. 4. L'intérieur du Fourneau.
5. La place de la tuyère. 6. Les deux bajjins de réception. 7.
Des plaques de fer fondu 3 ou des pierres avec lefquelles on
renferme ces deux baffms.
C. Le derrière du Fourneau.
1. Maçonnerie dans terre, z. Mur de derrière. 3. Le
coté de derrière où eft la cheminée. 4. La jbrtie d'un des ca
naux. 5. Le mur mitoyen, 6. La tuyère,
D. Le Profil.
1. Fondation dans terre, z. Les deux piliers. 3. La che
minée. 4. La doublure du Fourneau. 5. Face du fond du Four
neau. 6. Les grands canaux pour l'humidité. 7. Les petits
canaux. 8. La pierre qui les couvre. 9. Lit de feories. 10.
Le fol d'argile. 11. La pierre de fol ponSluée. 1 z. La brafque..
13 . La tuyère. 14. Les deux baffins de réception.
E. La coupe en long.
1. Fondation dans terre, z. Le mur de derrière. 3. Un
coté de la cheminée. 4. Porte par laquelle on entre pour charger
le Fourneau. 5. Un coté de la doublure du Fourneau. 6. ZJne
partie de la cheminée. 7. Le grand &* les petits canaux.
8. La pierre qui les couvre. 9. Lit de feories. 10. Le fol d'ar
gile. 11. La pierre de fol. 12.. La brafque comme elle eft dans
le Fourneau. 13. BaJJïn de réception» 14. Le mur mitoyen
•avec la tuyère.
iw Des hauts- Foukneaox* Chap* Xlf.
F. Elévation.
i. Les deux piliers* x. La. cheminée. 3. La, doublure dit
Fourneau. 4. La chemijè. 5.. Deux. yeux. (%, Deux bajfîn&
de réception. 7. Z)n pont pour charter le minéral isr le char
bon. 8. Le plancher*. 5^ Séparations qui fervent de magasins
md'entrepotepoun la mine de charbon* ro. Sorte ceintréepan
laquelle om tranjjmte les matières:pour en. charger le. Four*
ne*tu.
Hauts Four- , §. 4. On a repréfenté fous, une même cheminée
tiïembourg. deux des hauts Fourneaux r donc on fe fext à Kothem—
bourg fur la rivière de Saale 3 pour fondre, la mine de
cuivre en ardoife de ce pays -là, : ils y o ne été. établis
en 1711 par M. Krug, Confeitler d'Etat. Ces Four
neaux ont feize pieds de hauteur depuis: la pierre de
couvercle y & quatorze pieds depuis le- foyer. Leur
profondeur eit de trois pieds fur; deux pieds fix pouces
de larçe près de la- tuyère 3 àc deux pieds près de la
chemifè : chaque: cherrrhe de ces Fourneaux a. deux
bandes de fer qui la. contient. & Pempêche de (e plier
facilement en dehors. La pierre de couvercle.a un pied
& demi d'épahTeur : on met parndeflus un demi pied
de feories 3 enfuite un demi pied d'argile pour le fol y
fur lequel on afliedr une pierre de fol quita-dïx à dou
ze pouces d'épaincur.j&quilert-de bafe à la>hrafque
que Fon met deiTus. Chacun de: ces Fourneaux a deux
Daflins de réception ; ainilon peut les mettre au nom
bre des Fourneaux à lunettesi La tuyère , qui efl de
fer , eft à trois pieds.neuf pouces au-deifus de la pierre
de couvercle. Les foufflets font de bois. Il y a auflî
Des hauts Fourneaux. Chap. XII. m
derrière ce Fourneau un plancher & un pont 3 fervant
au même ufage que ceux des Fourneaux précédons, &
la conftrucltion en eft la même. Voyez ta Planche XL.
A. Plan inférieur.
i. Fondation de maçonnerie des deux hauts Fourneaux.
i. Canaux four thumidité.
B. Plan {upérieuf.
i. Fondation des deux piliers , du murde derrière <&>dei*.
cheminée, z. Maçonnerie qui comprend les-deux Fourneaux.
5- La doublure de ces Fourneaux. 4. Le mur mitoyen, j. Le
fil des deux Fourneaux dans œuvre. 6. L'œil. 7. La place de
ta tuyère. 8. Les baffins de réception. 9. %Jn pajfage derrière
te Fourneau*
C. Derrière du Fourneau.
1. Maçonnerie dans terre, z. Le mur de derrière. j.V*
cotéde derrière de la cheminée. 4. Des poutres deffom le plan
cher, f. Le plancher. 6. Une porte par laquelle on paffe pour
aller charger le Fourneau. 7. Canaux de l'humidité. 8. Vn
fajfage pour aller derrière le Fourneau. 9. Le mur mitoyen.
10. La tuyère.
D. Le Profil.
i . Fondation dans terre, t. -^Maçonnerie des piliers &< de
la cheminée. 5 . La cheminée. 4. Une porte vu pajfage. 5 . Ma
çonnerie qui renferme les deux Fourneaux. 6. La doublure
de ces Fourneaux. 7. Le derrière des Fourneaux. 8. Vn
PaJfa&- 9- Les canaux de îhumidité. io. La pierre qui les
couvre. 1 1 . Des Jcories. u. Vn fol d'argile. 1$. La pierre
defôl. 14. La hrafque. 15. Les baffins de réception. 16. Les
tuyères.
in Des hauts Fourneaux. Chap. XIL
E. La coupe en long.
i . Fondation dans terre, z. Mur de derrière. 3 . ZJne targ
ue de la cheminée qui efi devant les Fourneaux. 4. Une autre
partie de la cheminée. 5. Une foutre.. 6. Le flancher. 7. La
doublure du Fourneau. S.. La chemijè. 9. Le mur mitoyen
avec la tuyère. 10. Les canaux four l'humidité. 11. La pierre
qui les couvre, n. Des jcories. 13. Le fol d'argile. 14. £*
pierre de fil. lyLa brajque. 16. Bajjin de réception.
F. Elévation. . .
1. Maçonnerie autour du Fourneau. 1. Maçonnerie qui
renferme les Fourneaux. 3 . Un pajfage derrière les Four
neaux. 4. Leur doublure. 5. La chemijè. 6. Les bandes de
fer qui l'empêchent de Je njoiler. 7. Les yeux. 8. Bafjins de
réception. 9 . Le plancher fur lequel on charte les matières pour
la fonte. 1 o. Des féparations fervant d'entrepôt a ces matières,
II. Le pont par lequel on monte les matières.
Hauts Four- §.. - On fe fert aufTi à Ilmenau , dans le Duché de
neauxd Ilmcnau. „. • 1 t- c 1 1 t
Weymar 3 de hauts Fourneaux pour tondre la mine de
cuivre feuilletée : ils (ont peu différents de ceux du
Comté de Mansfeldt & de Kothembourg 3 & comme ils
ont deux badins de réception , on les met au nombre
des Fourneaux à lunettes : leur fondation ne diffère en
rien de celle des autres , &c ils ont aulîi un efcalier
pour les charger plus commodément. La hauteur de
ces Fourneaux , depuis la pierre de couvercle jufqu'à-
fextrémité de la çhemife , eft de quinze pieds ; & de
puis le baflinde réception jufqu'au même endroit, de
douze pieds. Sa profondeur eft de deux pieds neuf
pouces j fur deux pieds trois pouces de largeur en bas,
& deux
Des hauts Fourneaux. Chap. XII. 115
& deux pieds feulement au plus haut du Fourneau. On
met fur la pierre de couvercle feize pouces de fcories ,
puis de Fargile de la hauteur d'un pied ; enfuite ', une
pierre de fol qui a huit pouces d'épaiffeur -, enfin la
brafque par-defliis cette pierre. La tuyère eft place'e à
cinq pieds & demi au-demis de la pierre de couvercle :
elle eft de fer y & on la met dans une fituation hori-
fontale. Les foufflets font de bois. Voyez la Flanche
XL1.
A. Plan inférieur.
1. Fondation de maçonnerie. z. Canaux four la finie de
?humidité. *
B. Plan fupérieur.
1 . Fondation des deux piliers £?* du mur de derrière, z. La
doublure du Fourneau. 3. Le mur mitoyen. 4. L'intérieur
du Fourneau, y Laplace de la tuyère. 6. Les deux bajjins qui
reçoivent la fonte.
C. Derrière du Fourneau.
1 . La maçonnerie dans terre, z. Le mur de derrière. 5 . Les
canaux. 4. Le mur mitoyen. 5. La tuyère.
D. Le Profil.
1. Fondation dans terre, z. Les deux piliers. 5. La dou
blure du Fourneau. 4. Un coté du fond du Fourneau, j. Les
canaux d'humidité. 6. La voûte qui les couvre. 7. Lit de fio-
ries. 8. Lit d'argile. 9. La pierre de fil poneluée. 10. Les deux
bajjins de réception. 11. La tuyère.
E. La coupe en long.
1. Fondation dans terre, z. Mur de derrière. 3. Mur ?ni—
toyen. 4. Un coté de la doublure. 5. Une partie de la chenufe.
Tom. 11. P

jfe.'
ii4 Des Fourneaux de réverbère. Ch.XIII.
6. Les canaux d'humidité. 7. Leur couverture. 8. Un lit de
fiories. 9. Vn fil d'argile. 10. La pierre de fil. 11. La brafi
que. 11. Un bajjin de réception. 13. La tuyère.
F. Elévation.
1. Les deux piliers où ily a un efialier. t. Le mur de der
rière. 3. Lintérieur du Fourneau. 4. 'Deux yeux. 5. Deux
baffins de réception.

CHAPITRE XIII.
T>es Fourneaux a vent ou de réverbère , fermant
a fondre la mine de flomb Çf celle de cuivrer

Fourneau An- §. i./^E Fourneau de réverbère , dans lequel on


çlois de rêver
bére. Vjf/fond la mine de plomb en Angleterre 3 eft
defliné d'après ceux dont on fe fert dans la principaux
té de Galles à Fintshire : il y en a de femblablès à Brifi
toi 3 & on Femploie à fondre la mine de cuivre : il n'a
point de foumets 3 & fon y entretient le feu avec le
charbon de terre. ( a ) On prétend qu'ils ont été in
ventés vers Fan 1698 3 par un Médecin Chymifte 3
nommé Whrigt. Les murs de ces Fourneaux font épais
& retenus tout autour avec de groffes barres de fer ;
( a ) Il eft confirmé } par des expé bois de hettre , même avec des fagots,
riences faites en France , que lorfqu'on fait rendre à la mine de plomb dix pour
fond la mine de cuivre avec le charbon cent de plus que fi on le chauffoit
de terre , cette mine rend beaucoup avec le charbon de terre , dont le fouf-
moins que quand elle eft fondue avec fre détruit & feorifie une partie du mé
le charbon de bois ; & qu'un Fourneau tal , quel qu'il foit , à l'exception de
de réverbère Anglois, chauffé avec le l'or.
Des Fourneaux de réverbère. Ch. XIII. iij
on fait defTous un canal pour faire évaporer Fhumidi-
té du terrain. Leur longueur eft de dix-huit pieds, en
y comprenant la maçonnerie : leur largeur de douze
pieds , & leur hauteur de neuf pieds & demi. Le foyer
cil élevé de trois pieds au-deflus du fol de la Fonderie.
A coté de ce Fourneau eft la chauffe ou la place du
feu ; elle a un foupirail ou cendrier 3 &c une grille de
fer: de Fautre côté, on fait un foyer ou bafïin de per
cée que Fon entretient , couvert de feu , lorfqu'il en
' eft befoin. Il y a à la face antérieure du Fourneau une
cheminée qui reçoit la flamme dû charbon de terre ,
après qu'elle a paffé par- défais le minéral , qu'on a
étendu fur le foyer : ce foyer , qui eft dans Fintérieur
du Fourneau , eft fait .d'une argile qui réfïfïe au feu.
L'avantage qu'on retire de ces fortes de Fourneaux ,
eft que comme ils n'ont pas de foufflets , on n'a pas
befoin d'un courant d'eau pour les faire agir •> ainfi
on peut les conftruire auprès de Fendroit d'où Fon tire
le minéral.
§. z. Ces Fourneaux à fondre avec le charbon de
terre 3 ont été introduits par quelques Anglois à Or-
iahlen ôc à K.onigsberg en Norwege > pour la fonte de
la mine de cuivre du pays \ on ne les chaufFoic qu'avec
du charbon de terre qu'on apportoit d'Angleterre. Ces
Fourneaux ont un trou par devant pour retirer les feo-
ries , & à côté un foyer formé en creux avec du fable ,
& dans lequel on fait, pour la fonte des mines de cui
vre , des traces oblongues qui fervent à recevoir la
matte ôc le cuivre noir lorfqu'on les fait couler. On a
u6 Djîs Fourneaux de réverbère. Ch. XIII.
repréfenté ces Fourneaux fur la Tlanche XLIl. lettres
A,B,C, D,E.
A. Plan inférieur.
i. Fondation de maçonnerie, z. Canal four l'humidité.
5 . Soupirail ou cendrier.
B. Plan fupérieur.
i. Contour du Fourneau en maçonnerie, z. Le foupirail.
5 . Porte far laquelle on met le charbon de terre dans la chauf
fe. 4. Endroit où l'on perce pourfaire couler le métal fondu.
f. Ouverture par laquelle on retire lesfeories. 6. Le foyer ou
plutôt le baffin qui ejlfait de fable. 7. La chauffe garnie d'u
ne grille de fer. 8, Un petit mur entre la chauffe Ci> l'aire ou
foyer où ton a mis le minéral.
C. Le Profil.
1. La maçonnerie extérieure du Fourneau, x. éftiur def
foui la cheminée. 3 . Muraille du Fourneau. 4. Canal d'éva-r
poration pour l'humidité du terrain. 5 . Ouverture par laquelle
on retire les feories. 6. Les barres qui contiennent les murs
du Fourneau e> les empêchent de s'écarter. 7. Le conduit de
la fumée. 8. La cheminée\
D. La coupe en long.
. 1. La maçonnerie. x. Lefoupirail <& le cendrier. 3. Ca-*
nal d'évaporation pour l'humidité. 4. La grille. 5. La chauffe
ou place du feu. 6. L'intérieur du Fourneau. 7. Le bajfn de
fable. 8. L'efface où fe tient la fonte. 9. Vouverture quifert
à retirer les feories. 10. Conduite de la flamme &• de laft"
/née. 1 1. Trémie'par laquelle on jette le minéral dans le Four
neau,
Des Fourneaux de réverbère. Ch. XIII. 117
E. Elévation.
1. La maçonnerie qui entoure le Fourneau, z. Le foupirail
& cendrier. z. Ouverture four mettre le charbon de terre
dans la chauffe. 4. Sortie du canal d'évaporation. j. L'en
droit où l'on perce. 6. Trémie pour mettre le minéral dans le
Fourneau. 7. Les barres de fer qui contiennent les murs du
Fourneau. 8. Fondation de la cheminée. 9. La cheminée,
10. Route de la flamme qui entre dans la cheminée. 11. Une
caijjè avec laquelle on tranjporte le minéral dans le Fourneau.
11. Un couvercle qui fert à fermer le Fourneau.
§. z . Les Fourneaux dont on fe fert au Bleybew près Fourneau de
de Willach en Carinthie , font plutôt des Fourneaux à vviiiach en ca-
fondre qu'à griller 3 puifque la plus grande partie du àgriiier&ïfo»-
plomb de cette mine fe tire par le grillage. Ces Four- dre-
neaux font du nombre des Fourneaux de réverbère :
ils font conftruits à peu près comme un four à cuire
des briques. L'emplacement eft de dix pieds en quar-
ré , entoure' de murs , & fermé en haut par une voûte.
Il y a deux trous 3 Fun devant 3 Fautre derrière J.C pre
mier au bas du Fourneau , & Fautre plus haut fervant
à faire le feu -, fçavoir, au commencement par le haut,
& à la fin" par le bas. Au-devant du Fourneau eft un
creux , baflin ou avant-foyer y dans lequel fe rafTem-
ble le plomb qui coule de Fouverture d'en-bas. Voyez.
la Planche XL1I.
F. Le Plan inférieur.
1. ^Maçonnerie qui entoure le Fourneau, z. Sol du Four
neau, z. Ouverture d'en-bas, 4. Le foyer..

£»
ii 8 Des Fourneaux de réverbère. Ch. XIII.
G. Coupe en long.
I. La maçonnerie, x. Maçonnerie au- deffks du fol. 5. Le
fol qui tfi fort incliné. 4. Ouverture d'en-haut. 5. Ouverture
d'en-bas ou la trace. 6. Le foyer. 7. Une pièce de boù fur
laquelle on arrange d'autre boù. 8. Cinq lits de boù rangés
les uns fur les autres. 9. Un autre ht de boù refendu. 10. De
la mine grillée.
H. Coupe en travers.
1. La fondation. 1. Maçonnerie deffous le fol. $. Le fup-
port du boù. 4. Les cinq lits de boù qui fe croifent. 5. Le lit
de boù refendu. 6. La mine grillée. 7. Le dedans du four
neau. 8. L'ouverture d'en-haut.
I. Elévation.
1. Maçonnerie qui entoure le Fourneau, t. L'ouverture
d'en-bas. 5 . Creux ou baffin dans lequel le plomb fondu je
rajfemble.
Fonmeau de re- §• 4- Il y avoit en 1701 r à Schnéeberg en Saxe, un
néebtrg^uHê F°urneau que quelques artiftes avoient conftruit vers
cobok tenant ar-l'anne'e 1696, pour confondre le cobolt & en féparer
Fargent. Ce Fourneau, qui eft fans foufRets, reffem-
ble beaucoup aux Cupols ou Fourneaux de réverbère
Anglois , étant conftruits comme une efpece de che-
mine'e couchée. La chauffe ou place du feu eft par-de
vant ; elle a un foupiraii ou cendrier, avec une grille
de fer fur laquelle on entretient le feu avec du bois.
La flamme y enfiloit une forte de tuyau , femblable à
une chemine'e , dont Fentre'e feroit beaucoup plus lar
ge que la fortie. Tout auprès de la chauffe eft une ou
verture pratiquée dans le tuyau , devant laquelle fe
Des Fourneaux de réverbère. Ch. XIII. u9
trouve un baflïn pour recevoir la matière en fufion.
Au-deflus de cette ouverture font dix petits trous , tant
d'un côté du Fourneau que de l'autre , par lefquels on
mettoit le cobolt dans le Fourneau avec une pelle de
fer. La cheminée elt au bout de ce canal ou tuyau.
Voyez, la Planche XL III.
A. Plan inférieur.
i . La fondation en maçonnerie, z. Canal d'évaporation»
y Le cendrier. 4. Le jôupirail.
B. Plan au-deflus de la grille.
1. La maçonnerie, z. Cinq barres de fer qui compofent la
grille. 5 . Lefoyer en dedans du Fourneau qui efifait avec de
la brafque. 4. La trace. 5 . TSajfin pour la percée. 6. Le jou-
firait. 7. Defcente qui ija au joupirail.
C. Un troifiéme Plan.
1. La maçonnerie, z. Cinq barres de fer. 5. Le foyer en
dedans du Fourneau, e># le fol du canal. 4. Cinq trous d'un
coté du Fourneau 3 par lefquels on mettoit le cobolt dans l'in
térieur du Fourneau avec des pèles de fer. y La trace. 6. Le
baffin de la percée. 7. Lejoupirail. 8. Un ejcalier.
D. Plan fupérieur.
1. Maçonnerie qui couvre le tuyau ou canal de la flamme:
z. La calotte du Fourneau. 3 . Le conduit ou route de la fu
mée. 4. La trace. 5. Lebaffin de percée. 6. Lejôupirail. 7. Un
ejcalier.
E. Un coté du Fourneau.
1. Maçonnerie dans terre, z. Maçonnerie hors de terre.
5 . La calotte qui efl par-deffpu la place du foyer. 4. La che~
no Des Fourneaux de réverbère. Ch. XIII.
minée. 5. Les trous par où l'on portoit le cobolt dans le Four
neau. 6. L'œil, y. Une plaque de fer devant le foyer. S. Le
baffin de percée. 9. Le canal d'évaporation.
F. L'autre côté du Fourneau.
1. Maçonnerie dans terre. z. Maçonnerie hors de terre.
3. La calotte. 4. La cheminée, j. Les cinq trous pour charger
le Fourneau. 6. Le foupirail. 7. Le canal d'évaporation de
l'humidité.
G. La coupe en long.
1 . Maçonnerie dans terre, z. Maçonnerie qui renferme le
Fourneau. 3. Le trou du feu. 4. La chauffe en dedans. $. Le
canal du feu dans lequel onfondoit le cobolt. 6. La route de la
fumée. 7. La grille de fer. 8. Le cendrier. 9. Le foupirail.
1 o. Les canaux pour l'humidité.
H. La coupe en travers.
1 . Muraille extérieure de pierres brutes, z. Mur intérieur
de briques. 3. Embouchure du canal. 4. Le dedans de la
chauffé. 5 . La grille de fer. 6. Le cSndrier. y.L'e JoupiraiL
I. Le devant du Fourneau.
1. Maçonnerie qui efl devant le Fourneau, z. Calotte def
Jus la chauffe. 3 . Le trou ou bouche dufeu*
K. Elévation.
1 . Maçonnerie extérieure, z . Calotte au-âejftts de U chauf
fe. 3. Le Joupiratl. 4. L'ejcalirr. 5. Le trou ou bouche du feu.
6. La cheminée. 7. Cinq trous par où l'on- cbarçeoitU Four-'
neau. 8. L'œil. 9. Baffin de réception de la matière 3 qui efl
entouré de plaques de fer. 10. La trace. 11. Le baffin pour U
percée.

CHAPITRE
Des Fourneaux d'affinage. Ch. XIV. 12,1
1

CHAPITRE XIV.
^Des "Fourneaux iïajfinagtJ
ON connoîc cinq fortes de Fourneaux fervant à fé-
parer l'argent du plomb qui en contient i°. ceux
qui ont été conftruits au bas Hartz en 1711 3 & qu'en
171 9 on a établi dans toutes les autres Fonderies du
pays i afin d'épargner le bois : il y a environ vingt ans
qu'on en a conftruit de femblables dans quelques Fon
deries du haut Hartz. C'eft un réverbère dans lequel
on ne brûle que des fagots pour épargner le bois de
corde. On a repréfenté ce Fourneau lur les Planches
XL-IF ôc XLVy lettres E,F,G.
z°. Les anciens Fourneaux du haut Hartz , où Fon
§/t obligé de faire le feu avec de grofTes bûches. On
en a repréfenté fur la 'Planche LXV. lettres A,, B, C, D.
50. Les Fourneaux d'affinage avec le chapiteau de
fer , qui font emploies dans les Fonderies de Saxe , de
Bohême , de Hongrie & du Tirol ^ ils ne font pas par
tout de la même grandeur , pareequ'on n'y affine pas
le même nombre de quintaux de plomb : le bois qu'on
y brûle eft refendu en façon de grofTes lattes. On a
repréfenté un de ces Fourneaux fur la Planche XLV1.
4°. Le Fourneau d'affinage dont on fe fert à Foelge-
bangen, fur les frontières de la Tranfylyanie ^ il confifte
en des foyers très-petits x fort bas, trèVprèsde terre,
Tom. IL ' Q^
it.% Des Fourneaux d'affinage. Ch. XIV.
& fans chapiteau , à la place duquel on place de groiïes
pièces de bois s fous lefquelles on affine. On le trouvera
fur la Planche XLWL lettres A,B,CiD.
c°. Il y a encore à Schneéberg une autre forte de Four
neau d'affinage fans fbufflet, & avec un réverbère ; mais
Schlutter croit qu'il n'a jamais fervi. Il eft repréfenté
fur la Planche XL FIL lettres E, F , G, H , L
De laconftruc- $. i. Lorfqu'oii veut conftruire un Fourneau d'affi-
" d'affinage.r" nage » on Fétablit fur le fol de la fonderie , fans aucune
neau
fondation , à moins que le terrain ne fût pas folide ; car
alors il faut creufer pour fonder : mais comme il eft
abfolument néceffaire de détourner Fhumidite qui
pourrait fe trouver fous ces fortes de Fourneaux , il faut
bien placer les canaux d évaporation. Il n'y avoir au
trefois fous les Fourneaux du Hart^y que deux grandes
tranchées qui fe croifoieat à angles droits : on les "cou-
vroit avec des ardoifes epaifïes , fur lefqueHes on jettoit
une grande quantité de feories ; & Fon faifoit defïùs un
lit d arçille : mais ces Fourneaux aind conftruits atti-
Tarit beaucoup d'humidité , oi\ y voyok bouillir le
plomb, & l'affinage é toit très - fouvent manque. En
1702, Schlutter changea toute cette conftrudtion dans
les fonderies du Bas Hart^ •■ ayant fait un canal d'éva-
poration en brique* & voûté dans les deux longueurs
qui fe croîfoiént , il leur *k>nna quatre ifïu'ës <jui mon-
toient jusqu'à une moyenne hauteur le long des quatre
angles du Fourneau. Outre ces quatre canaux , il en fît
au-deffus huit autres plus petits & feulement de trois
•"pouces , tarit en hauteur qu en" largeur j & çeft fur ces
Des Fourneaux dawïhage-. Ch. XIV. izj
derniers qu'il fie faire le foyer ^ ou baiïin de Faffinage ,
en briques. Alors ce baflin ne pouvant plus tirer de
Fhumidité de Fargile qu'il avoit fuppriméc, les affina
ges eurent dans la fuite un plein fuccès.
$. 3. Il faut que les foumets des Fourneaux foient
dirigés de manière que les tuyères foient placées de ni
veau avec le deftous de la bouche , par laquelle le feu
de la chauffe entre dans le Fourneau i & en traçant
deux lignes qui fe coupent à angles droits [ dont le
point de leur interfe&ion doit, être au centre du baffin]
il faut qu'une de ces lignes fe trouve au milieu de deux
tuyères, & que Fune en £oic aufïi éloignée que l'autre :
il faut laiûer entre ces deux tuyères un intervalle ou fé-
paratiaa de dix-huit pouces > & les incliner Fune & Fau-
tre de huit a neuf dégréa, les arrangeant de façon que
le vent qui fort éles deux /ourlets, fe rencontre & frappe
au centre du ba/fin , où le plomb le met en bain. Pour
çtic plus certain de cette pofition qui doit être exacte ,
il n'y a qu'à Yerfer un peu d'eau lur le foyer qu'on a
conftruit en briques , & faire agir les deux foufflets,
pour voir fi leur vent touche à Feau & Fagite , comme
il doit agiter Fargent ,lorfque Faffinage efi prêt de finir,
& que ce métal va faire f ce que Fon nomme ïédair.
$. 4- Il y a une différence cmïc la tuyère d'un Four
neau de fonte , Se celle d'un Fourneau d'affinage. La
première eft nommée Y&rmen par les Allemands , & la
féconde Kannen. Dans cette dernière on ne met qu'un
fourrier. ; dans la première il y en a deux. Les tuyères
des Fourneaux à fondre du bas Hart^ font de cuivre y au
Q-ij
ii4 £*ES Fourneaux d'affinage. Ch. XIV.
haut HartT^ elles font de fer fondu -, & dans les Fourneaux
d'affinage elles font de tôle ou fer battu. Aux Four
neaux d'affinage du bas Hart^ ces tuyères font toujours
inclinées de huit à neuf degrés , comme on vient de le
dire : la difpofition des deux foufflets eft toujours telle
que le vent 3 qui fert à former la litarge , puifTe frap
per à deux ou trois pouces de diftance des bords du
bain de plomb > fur-tout lorfque ce bain diminue &
s'abaifTe. En quelques endroits on fe fert de petites
plaques de fer rondes & minces y que Fon nomme
Klippen ou Scbnepperle 3 & que les Affineurs François
appellent Papillons j elles font à peu près de la grandeur
de la main : elles ont à leur bord un petit trou par le
quel on les accroche à une verge de fer recourbée en
crochet > & Fon ajufte cette verge à la tuyère > de ma
nière que ce papillon fe trouve devant Ion trou > ce
qui rabat le vent fur le plomb -, &: comme ces papil
lons peuvent aifément s'ôter & fe remettre en place ,
on les choiflt plus ou moins légers 3 félon que Faffina-
ge Fexige.
$. 5. C'eft la difette du bois qui a fait imaginer la
conftruc~bion de ces Fourneaux d'affinage en 1711 ;
Schlutter s'en dit Finventeur , & il trouva en effet le
moyen de les faire travailler utilement en n'y brûlant
que des fagots. On établit ces fortes de Fourneaux fur
le fol de la Fonderie , fi le terrain en eft ferme > fans
le creufer pour fa fondation. On fait d'abord le grand
canal pour la fortie de Fhumidité 3 & on le continue
depuis la bouche ou trou du feu jufqu'à la chauffe ; ce
Des Fourneaux d'affinage. Ch. XIV. izj
qui lui donne dix pieds ou environ de longueur. Mais
comme ce canal ne peut pas avoir fa fortie deflbus cet
te chauffe 3 il faut faire de. ce cote-là un autre petit
canal étroit , avec une fortie vers le foufflet : Fautre
partie du grand canal 3 qui forme la croix avec celui
de dix pieds de long , commence près de Fendroit que
Fon nomme la •-voye de la litarge j & va finir du côté des
foufflets i ce qui fait dix à onze pieds de longueur :
on forme ces canaux avec des briques > ou avec de la
pierre brute , & on les couvre en voûte avec les mê
mes matériaux ; on laifïè à cette voûte quatre trous de
trois pouces en quarré 3 pour que Fair puifTe pafTer dans
les fcories Ôcdefious le bafiinde briques; cela fait que
Fhumidité en defcend mieux : mais n les canaux , dont
on vient de parler , ne font couverts qu'avec des pier
res plattes & fans voûte , il y refte afTez de fentes pour
ic pa/Iàge de i'air; ainfi il n'eft pas néceffaire d'y fai
re des trous. Lorfque le grand canal d'évaporation eft
achevé & couvert 3 & que le maflif de maçonnerie
qui eft entre fes divifions , eft élevé à la hauteur de
dix-huit pouces 3 on fait d'autres petits canaux d'éva
poration , & on élevé encore de deux pieds le mur
qui entoure le Fourneau : on met cette maçonnerie de
niveau quand elle eft à cette hauteur 3 qui eft celle où
commence le trou du feu 3 & Fon pofe à cet endroit
une forte plaque de fer fondu j cette hauteur eft aufli
celle de la poiition des foufflets, & du trou par lequel
fort le feu de la chauffe. En élevant la voûte ou dôme
du Fourneau , on lauTe deux embrafures pour les tuye
il6 Des* Fourneaux d'affinage. Ch. XIV.
ses y où doivent être placées les bufes des foufflets. On
ménage aufli dans Pépaiffeur du mur qui entoure le
Fourneau , de petits trous^ de trois pouces en quarré ,
pour la fortie de rhumidité des petits canaux -, & dans
la partie du mur qui forme le pied du Fourneau , on
place deux plaques de fer fondu , une de chaque coté
de Pendroit où eft la voye de la litarge. Ce pied du
Fourneau doit avoir trois pieds &c demi de hauteur de
puis le fol de la Fonderie jufqu'au plan de niveau , où
la voûte commence à fe former : il faut qu'elle fott
eonftruite en briques de bonne qualité ; on la faifoit
ci- devant en ardoifes grofïieres , jufqu'à la hauteur de
la partie fupérieure du trou à feu , & Pon fe conten-
toit d'employer de la brique pour le refle : mais ces
iortes de voûtes étoient trop fujettes à fe fendre & à '
s'ouvrir ; & Pon a fubfhtué les briques aux ardoifes. Au
milieu de la voûte , c'eft-à-dire , dans Pendroit le plus
élevé , on laiffe une ouverture que Pon nomme ie tron
À flamme : on élevé la chauffe en même temps que le
maflif ou pied du Fourneau y ôc avant que de com
mencer fa voûte , on met le tout de niveau. Il faut
obferver, en conftruifant la chauffe, que (on foupi-
rail n'ait qu'un pied en quarré y car s'il étoit plus
grand , on confommeroit trop de bols : mais comme
D s'amaffe beaucoup de cendres fous la grille de la
chauffe , on laiffe un trou près de la voye de la litar
ge pour les mettre dehors. Ce trou fe ferme par une
porte de fer, quand on a retiré les cendres. La grille
de cette chauffe cft de briques y elle étoit auparavant
Des Fourneaux d'affinage. Ch. XIV. 117
de fer fondu : mais le grand feu en faifoit courber les
barreaux & les défôrmoit. L'ouverture par laquelle on
jette les fagots dam la chauflè , eft garnie de plaques
de fer fondu defius &c deffous , ■& il y a une porte de
fer pour la fermer : on fait entre cette chauffe & le
Fourneau d'affinage proprement dit , une arcade de
briques par laquelle la flamme palTe de la chauffe dans
ce Fourneau ; & comme la grande chaleur détruit affez
aife'ment cette arcade , on en lie les briques par plu
sieurs crampons de fer. Il eft nécefTaire au m" de conf-
truire autour du Fourneau pîufieurs arcs- boutans de
bonne maçonnerie pour empêcher les murs de s'écar
ter. La partie de ce Fourneau qui fert à raffinage , ou
plutôt qui le contient , doit avoir huit pieds de diamè
tre dans œuvre , & huit petits canaux d'évaporation ,
placés, comme on l'a <iit , deflus le grand canal en
croixj abou«flant tous au milieu du Fourneau, & ayant
Jeurs /orties dans fon enceinte : ces petits canaux font
formés par des briques , fans lut ni ciment , Se cou
verts d'ardoifes groilîeres : on remplit enfuite les efpa-
ces qui fe trouvent entr'eux , avec des feories concaf-
fées de moyenne groffeur ; on les arrange de façon
au'elles laiûent une efpece de bafïin ; le lit de briqués
(é place fur ces feories: on lui donne un pied d'épaif-
feur dans le milieu , & un demi pied feulement vers
les bords , en comptant cette épaiffeur du niveau de
faire , ou âtre du Fourneau. Il faut que les briques
foient bien faines , ni caïTécs ni écornées ; mais bien
droites , afin qu'elles fe joignent le plus exactement
ii8 Des Fourneaux d'affinage. Ch. XIV.
qu'il eft pofïlble : on met enfuite fur ce foyer y ou baC-
fin de briques 3 de la terre graffe ailes hume&ée pour
être liquide } & dans laquelle on a mêlé un peu de li-
targe en poudre fine, ce qui la rend plus folide. Lorf-
que le foyer de brique & le lit de terre &; de litarge
font un peu fecs , on y fait un petit feu avec du char
bon & du bois -, or comme on entretient le feu de ce
Fourneau avec des fagots pendant Faffinage , on fer
me le trou à feu , qui eft vis-à-vis la chauffe , par une .
porte de fer , laquelle eft garnie de terre greffe } mê
lée & paîtrie avec de la bourre & du foin : & pour
qu'il foit plus facile de retirer cette porte dans le be-
foin , elle eft fufpendue à un gruau , qui eft placé à
côté du Fourneau d'affinage : ce Fourneau pouvant
fervir aufïi à raffiner du cuivre , on y ajoute un baflin
pour la percée ; il eft en maçonnerie , & fon y fait
couler le 'cuivre par une ouverture faite au mur du
Fourneau. On a repréfenté ce Fourneau &c fa chaufle
fur la Planche XLIV.
A. Plan inférieur.
i. Fondation en maçonnerie, z. Canaux pour Fhumidité.
'$. Fondation de la chauffe. 4. Lejôupirail.
B. Plan à la hauteur des petits canaux d'évaporation
ou ventoufes.
1 . La maçonnerie des piliers O du mur de contour. . Les
petits canaux ou ventoufes faits avec des briques. 5. Des fo
rtes. 4. La chauffe. 5. Les trous qui fervent d'ijfu'e à l'humi
dité des grands canaux.
• C. Plan

>,
Des Fourneaux d'affinage. Ch. XIV. 12.9
C. Plan fupérieur.
1. Les piliers e> les murs du Fourneau, z. Le baffin de
briques. 3 . Bafè de la 'X'oute du Fourneau. 4. Le grand trou
à flamme Par lequel on fait entrer la matière qu'on <~veut af
finer. 5. Deux ouvertures pour les fbuffiets. 6. La ''voie de
la litarge. 7. La grille fur laquelle on fait le feu. 8. Ouver
ture de La chauffe pour y faire entrer le bois &* les fagots.
9. Baffin pour la percée lorfquon raffine du cuivre dans ce
Fourneau. 10. La percée.
D. Coupe en long.
1 . La maçonnerie des piliers O* des murs qui entourent le
Fourneau, z. Les canaux pour l'humidité. 3. Les autres pe
tits canaux qui fe joignent au milieu du bafjîn. 4. Le foyer
ou baffin de briques. 5. Le lit de cendres. 6. Creux ou baf-
fin pour le plomb que ton affine. 7. Le grand trou à feu.
8 . Les deux ouvertures pour les tuyères. 9. La njoute ou
dôme du Fourneau. 10. La chauffe, n. La grille. 11. Le
fbupirail. 1$. Le trou dans la voûte fervant à refroidir le
Fourneau.
E. Coupe en travers.
1. Maçonnerie qui entoure le Fourneau, z. Canaux pour
l'humidité. 3. L'endroit où les petits canaux s'ajfemblent.
4. Le bafjîn de briques. 5. Le lit de cendres. 6. L'efface que
le plomb doit occuper. 7. L'arcade qui efl entre la chauffe O*
le Fourneau d'affinage. 8. La ''voûte ou dôme. 9. Le trou de
cette voûte. 10. Maçonnerie à travers laquelle paffe la percée
pour le cuivre.
F. Ele'vation.
1 . La maçonnerie qui environne te Fourneauy compris les
Tome 11. R
150 Des Fourneaux d'affinage, Ch. XIV.
piliers, z. Sortie d'un des canaux pour l'humidité. 3. Sortit
des petits canaux. 4. Voie de la litarge ayant une plaque de
fer de chaque coté. j. La voûte du Fourneau. 6. La chauffe,
7. Porte de fer qui ferme l'ouverture par laquelle on jette les
fagots dans la chauffe. 8 . Autre porte de fer fermant l'ouvert
ture par laquelle on fait fortir les cendres. 9. Le grand trou>
à feu. 10. Le baffin de réception pour le raffinage du cuivre,
11. La percée pour le cuivre raffiné. 1 z. Gruau avec la porte
de fer qui Ce met devant le grand trou ou bouche a feu.
Fourneau daf- $• 6- ^ans les Fonderies du haut Hart^j on afïïnoit
finage «lu haut enc0re il y a zo à 2.1 ans y dans un Fourneau qui fe
chauffoit avec de girofles bûches : ce Fourneau s'élève
auflï fans fondation fur le fol de la Fonderie quand le
rerrein en eft ferme. On fait d'abord les deux canaux
d'évaporation qui fe croifent \ la longueur eft de onze
pieds , parceque la fortie de celui qui eft le plus long,
doit être près des deux trous à feu : celui qui le croife
a fa fortie entre les foufïïets 3 & dans la partie du mur
qui eft vis-à-vis : mais comme ce Fourneau eft bâti
contre un mur qui fe trouve entre lui & les foufflets ,
& qu'il y a- devant un pilier de maçonnerie pour em
pêcher qu'il ne s'e'carte & ne fe fende ■ , cela eft caufe
qu'une partie du grand canal eft plus longue que Fau-
rre 3 attendu qu'elle traverfe le mur & ce pilier ; ainfi
cette partie a treize pieds de long. Ces grands canaux
d'évaporation ont un pied de largeur & un pied de
hauteur : la voie de la litarge eft renfermée entre des
>laques de fejr , fcellées & prifes dans la maçonnerie,
i Lorfquç cette maçonnerie eft enfuite e'içve'e à la. Ji^u*
Dis Fourneaux d'affinage. Ch. XIV. i$*
tcur de ces grands canaux , on les couvre avec des ar-
doifes e'paines 3 ôc l'on continue d'élever le refte du
mafllf jufqu'à deux pieds & demi au-defTus du fol de
la Fonderie j Payant mis parfaitement de niveau. On
place une plaque de fer fondu pour chacun des deux
trous à feu ; on ménage aufïi deux embrafures pour les
deux tuyères : alors on commence la voûte fur des
ceintres ; & au haut de cette voûte & dans le milieu ,
on laine une ouverture : on met des feories fur les ca
naux , & fur ces feories on fait un baiïin en briques
bien entières , pour recevoir les cendres qui fervent à
l'affinage. Voyez la Planche XLV. lettres A, B , C , D*
A. Plan inférieur.
1 . Maçonnerie. 1. Les canaux pour l'humidité.
B. Plan fupérieur.
1. Un pied du Fourneau d'affinage, t. Le mur de derrière
à travers lequel pajfent les joufflets. $< Commencement de la
voûte. 4. Le lit de briques formant le bajjîn 3 6> fur lequel
on fait la coupelle avec des cendres. 5. Deux ouvertures pour
les tuyères. 6. Les deux trous à feu. 7. La voie de la litarge.
8 . La maçonnerie du dedans du Fourneau.
C. Coupe qui repréfente le dedans du Fourneau du
côté du fond.
1 . Pied du Fourneau, t. Les canaux d'évaporation. 5 . j4r-
doijes grojfieres qui les couvrent. 4. Plaques de fer de fonte
pojees au bas des trous ou bouches à feu. 5. L'intérieur de la
T/oute ou dôme. 6. Les deux bouches à feu. 7. Deux embra~
fores pour les tuyères. 8. Trou ou bouche de la flamme» 9.
¥)es fortesformant le premier lit du bajfn. 1 o. Second lit de
Rij
i$i Des Fourneaux d'affinage. Ch. XIV.
briques, ri. Les cendres formant la coupelle, it. Vefbace
que le plomb occupe.
D. Elévation.
i. Le pied du Fourneau, i. Maçonnerie devant le Four
neau. 3. Mur de derrière. 4. Le dôme owvoute. 5. La [or
tie des canaux pour l'humidité. 6. Arcade Cous laquelle en
trent les foujjlets. 7. Une plaque de fer fondu. 8. Vn trou
ou bouche à feu. 9. Lal~voie de U litarge qui a une plaque de
fer de chaque coté. 10. Le trou à flamme.
Fourneaux d'af- $. 7. Les Fourneaux d'affinage des Fonderies du bas
îïarts. dU baS HarK *■ font auffi avec chauffe ou réverbère y & Fon y
fait le feu avec des fagots : on les a conftruits à fimita
tion de ceux du bautHart^, afin de ménager le bois ;
ainfi dans les Fonderies de Claufthal & à'Altenau 3 les
anciens Fourneaux ne font plus en ufage-, on en a mê
me établi aux Fonderies d'Andreafberg 3 de Schulembergt
&c du Wildenman > & Fon commençait en 1737 à y affi
ner auffi avec des fagots. Ces Fourneaux du bas Hart^
font un peu plus petits que ceux du §. précèdent, par-
cequ'on n'y affine pas tant de matières à la fois -, mais
comme à la Fonderie de Clauflhal & à celle à'Altenau y
il y a quelquefois un grand nombre d'affinages a fai
re , ce qui fait que le travail eft plus prefTé, & que les
Fourneaux n'ont pas le temps de fe refroidir } on laifTe
une partie de leur dôme ouverte pour la couvrir en-
fùite par un chapeau de fer pendant Faffinage. Ce cha
peau y qui eft fufpendu à un gruau, a en dedans quan
tité de crochets de fer , rivés & difpofés de manière
qu'ils peuvent retenir le lut dont on. les garnit , pou?
Des Fourneaux d'affinage. Ch. XIV. i$$
empêcher que le fer ne fe brûle. Voyez ce Fourneau
fur la Planche XLV. lettres E, F, G.
E. Le Plan inférieur.
i. Les piliers e> le mur qui entoure le Fourneau. %, Le
foyer de briques. $ . Le commencement du dôme ou ruoute.
4. Le grand trou à feu 3 par lequel on fat entrer les cendres
O* le plomb, j. Deux trous pour les tuyères. 6. La "-voie
de la litarge. 7. La grille de la cbaujfe. 8. Ouverture par
laquelle en fait le feu.
F. La coupe.
1 . Le mur e* les piliers. %. Les canaux principaux pour
la [ortie de ^humidité. 3 . Les autres petits canaux. 4. Le
foyer ou lit de briques. 5. Un lit de cendres. 6. L'efpace que
le plomb doit occuper. 7. Le grand trou à feu. 8. Deux ou
vertures pour les fiufflets. 9. La calotte ou dôme. 10. La
chauffe de ce fourneau. 11. La grille. 1 ?.. Le foupirail ou
cendrier.
G. EléVation. - . .
1. Maçonnerie à tentour du Fourneau. 1. La finie d'un
canal. 5 . Les petits canaux réferve\ dans le lit de briques
qui forme le foyer. 5. La voie de la litarge qui a une pla~
que de fer de chaque côté. 5. Le dôme ouvert par le haut,
6. Chapeau defer avec lequel on ferme le Fourneau en le cou
vrant. 7. Le gruau quia un tourillon dejfus ,<& dejfous 3 afin
de pouvoir le tourner avec le chapeau defer. 9. Chauffe. 10.
Ouverture pour entretenir le feu. 11. La porte de fer avec
laquelle on ferme cette ouverture. 1 1. Soupirail pour retirer
h cendres avec fa forte de fer, iy Le grand trou à fiu,
ij4 Dès Fourneaux d'affinage. Ch. XIV,
14. La porte defer qui ferme ce trou } & qui eft fufyenâue à
un gruau fervant à l'enlever. 1 5 . Vlan du chapeau de fer.
Fourneau d'af- $.8. Les Fourneaux d'affinage dont an fe fert dans
be?|e, de h 2o- ^es Fonderies de Vreyberg en Saxe s font conftruits d'u-
héme,deiaHon-iie façon particulière. Le plan du foyer eft fans mur'
qui commence le dôme ; & a la place de ce dôme il y
en a un de fer garni d'argile en dedans, que Fon nom
me le chapeau : ce chapeau eft fufpendu à un gruau avec
lequel on Fenléve facilement quand Raffinage eft fini ,
afin que le Fourneau puiife fe refroidir plus vite ; ainiî
on peut y affiner tous les jours fans interruption ; par-
ceque la chaleur douce qui y refte n'empêche pas les
affineurs de travailler , pourvu qu'ils aient foin de ra
fraîchir le foyer fur lequel ils préparent une nouvelle
cendrée. On donne à la bafe de ce Fourneau onze
pieds de diamètre , & au dedans du foyer huit pieds
fix pouces : fous la bafe on fait un grand canal en
croix pour faire fortir Fhumidité du fol. Il y a encore
huit autres petits canaux qui ne font que traverfer la
muraille qui environne le Fourneau : cette muraille
eft garnie de plaques de fer par-deffus. Après qu'on à
couvert le grand canal , on met deftus fix pouces d'é-
paifteur de feories , fur lefquelles on fait un ht d'argi
le ; enfuite on établit un premier lit de cendres qui y
demeure toujours ; mais fur lequel on forme la cou
pelle avec d'autres cendres chaque fois qu'on veut af
finer. Le chapeau de fer , qui a en dedans quantité
de crochets , Te garnit de terre graffe mêlée & paîtrie
avec de la bourre & du fpin : on fufpend ce chapeau

/
Des Fourneaux d'affinage. Ch. XIV- i$j
au gruau, dont on a parlé ci-dcflus , avec des chaînes
de ter. On fe fert de ce Journeau 3 non-feulement à
Freyberg, mais aufïi dans la Bohême, dans la Hongrie, &
au Tirol s & on les conftruit grands ou petits , lèlon la
quantité' de matières qu'on a à y afEner, Il eft repré-
ienté fur U Planche XLV1.
A. Plan inférieur,
i. Fondation de maçonnerie, z. Canaux pour l'humidité.
B. Plan fupérieur.
j . Bord du mur de U bafe. z . Plaques defer avec lesquelles
ce mur eft couvert, j . Les deux ouvertures des tuyères. 4. La
{voie de la litarge. 5. Le foyer.
C. La coupe,
1 . Mur de U bafe ou pied du Fourneau. z. Canaux. 5 ,
Pierres qui les couvrent. 4. Lit de jcories. j. Lit d'argile.
6, Lit de cendres qui reftent toujours dans le Fourneau. 7.
Autre lit de cendres qui Ce fait chaque fois que l'on affine.
& L'efpace ou le plomb je trouve. 9. Le chapeau de fer. 10,
Deux trous ou embrafures pour lesfoujflets.
D. Autre coupe.
j. Mur de la bajè ou du pied. %. Les canaux. 5. Pierres
qui les couvrent. 4. Lit de jcories. j. Lit d'argile. 6. Lit de
cendres qui reftent toujours dans le Fourneau. 7. Autre lit de
cendres qu'on renouvelle chaque fois qu'on affine. 8 . L'ejpacc
que le plomb doit occuper. 9. Le chapeau de fer, jç. La, voit
(U U litarg.
E. Profil du côté de derrière,
1 . Fondation O* pied du Fourneau, z. Le canal pour l'hu-
piidité qui eft au b#s, j. Quatre autres petits canaux 9 qui
ïjé Des Fourneaux d'affinage. Ch. XIV.
ne font que traverjèr la muraille 3 & ne pénétrent point fitts
lefoyer. 4. Le chapeau de fer. }. Deux trous pour les tuyères.
F. Profil du devant.
1. Fondation &* pied du Fourneau, x. Le grand canal
pour la Jôrtie de l'humidité. 3 . Trois autres petits canaux.
4. Le chapeau de fer. 5. Le trou à feu. 6. La ''voie de la U~.
targe.
G. Elévation,
1. Pied du Fourneau. 1. Le grand canal. 3. Les petits
canaux. 4. La partie fupérieure des murs qui entourent le
Fourneau 3 O* qu'on a garnie de plaques de ferfondu. 5. Les
deux ouvertures pour les tuyères. 6. La voie de la litarge.
7. Le chapeau de fer. 8. Le trou à feu. 9. Le trou de la voie
de la litarge. 10. Le gruau qui porte le chapeau & qui efi
mobile fur deux tourillons. 1 1 . balancier ou levier auquel le
chapeau efl attaché par des chaînes de fer. iz. Crochets de
fer 3 aujquels on attache la chaîne lorfquon a levé le chapeau-
Fourneau d'af- $.9. On fe feit à Foelgebangen 3 fur les Frontières de
gebangen! la Transylvanie , de Fourneaux d'affinage fans cha
peau y & fur lefquels on affine avec de grofles bûches j
on dit qu'ils font aufïi en ufage à la montagne de Sahl-
berg en Sue'de. Ce Fourneau , ou plutôt ce foyer d'af
finage , eft fort petit , puifqu'on n'y affine que huit
quintaux de plomb à la fois : toute fa maçonnerie n'a
que trois' pieds de hauteur -, fçavoir, un demi pied au-
deffus du fol de la Fonderie , & deux pieds & demi
dans terre : fon diamètre eft de cinq pieds & demi 3 y
compris la muraille qui fait le tour : les canaux qui
font au bas du foyer > font couverts de feorics A fur lef-
quellcs
£>es Fourneaux d'affinage. Ch. XIV» i;y
quelles il y a un lit d'argile d'un demi- pied d épaif*
feur : il y a derrière le Fourneau deux fournets de cuir,
devant lefquels on met une large plaque de fer 3 afin
que le feu ne les endommage pas. On a repréTenté ce
foyer fur la Planche XLV1L lettres A , B 3 C > D;
A. Plan fuperieur.
i. Maçonnerie qui entoure le foyer, i. Canaux de(fous le
foyer j Us fontfeulement ponctués. 3. La njoie de la litarge.
4. La plaque devant les fouffets.
B. Autre Plan fuperieur.
1 . ha maçonnerie qui fait le tour. z. Le foyer. 5 . La voie
de la litarge. 4. Les bûches de bots 3 pour faire voir comment
on les arrange fur le foyer. 5. Deux fouffets de cuir.
C. La coupe.
1 . Maçonnerie dans terré, z. Maçonnerie autour dufoyer.
j. Les canaux. 4. Lit defeories. 5. Lit d'argile. 6. Lit de
cendres. 7. Efftace que le plomb occupe.
D. Elévation.
1. Maçonnerie autour du foyer. 1. Voie de la litarge. $<
Plaque de fer qui défend les foufflets. 4. Les foufflets de cuir.
f. Les bûches de bois.
$. 10. Schlutter a vu en 1701 „ a Schneéberg en Saxe, Fonmeaud'af-
un Fourneau d'affinage fans foufflets ; mais avec une Jnase fans fouf-
chaurTe ou Fourneau de réverbère : il avoit été inven
te' par les mêmes Artiiles , dont on a parlé au Chapitre
XIII. $. 4. en traitant du Fourneau de réverbère fer-
van t à fondre la mine : on ne le décrit ici que pour ne
rien omettre ; pareequ'il y a peu de fucces à efperer
<fun Fourneau d'affinage , auquel on n'adapte pas de
Tom.U. S
i$8 Des Fourneaux d'affinage. Ch. XIV.
foufflets. La chauffe de ce Fourneau avoit une grille
compofée de plufîeurs gros barreaux de fer fondu , &
fur laquelle on meteoit le bois : à côté de cette chauf
fe étoir le Fourneau d'affinage , & la flamme y entroit
par la bouche de communication. La coupelle fe for-
moit dans le baihn du foyer avec du Spath {a) calci
né 3 qui tenoitlieude cendres. V oyez la Planche XLVll,
lettres E , F , G , H , J.
E. Le Plan inférieur.
i . La maçonnerie qui entoure le Fourneau, t. Les canaux
four thumidité. 3 . Fondation de la chauffe ou réverbère.
F. Plan fupérieur.
1. Maçonnerie qui entoure le Fourneau, t. Le cendrier de
la chauffe 3 dit le foupirail. 3 . Defente njers le foupirail. 4.
La grille defer. 5. Trou ou ouverture pourfaire lefeu. 6. Com
munication du feu dans le Fourneau > ou bouche de la chauffe.
7. Le foyer. 8. Trois ouvertures pour regarder dans le Four-
peau d'affinage.
G. Coupe en travers.
1. Maçonnerie quifait le tour, 1. Les canaux pour l'hu
midité. 3 . L'intérieur du Fourneau. 4. Une coupelle de Spath-
calciné, f. Le paffage de la flamme. 6. Deux ouvertures.
H. Coupe en long.
1. Maçonnerie du Fourneau Raffinage, z. Les canaux pour
\afortie de l humidité, 3 . Le dedans du Fourneau. 4. Coupelle
de Spath calciné. 5 . Les deux trous pour regarder dans le
Fourneau, 6. La chauffe. 7. Le cendrier ou fôupirail. 8. L<t

( a ) Le Spath eft une pierre feuille fes , fort pefante , & qui eft ordinairç?
té en lamines fort minces & talcoueu- ment blanche.
Du Fourneau a rompre ie cuivre. Ch. XV. t$.#
trille defer. 9. L intérieur de U chauffe. 10. Ouverture four
filtre le feu. il. Le paffagede U flamme. ii< Dejcente njers
le foupirail.
J. Elévation.
1. Maçonnerie extérieure du Fourneau, i. Lanjoute ou
dôme. $ . Les canaux de l'humidité. 4. Trou four regarder
dans le Fourneau. 5. £<* chauffe avec jon dôme ou calotte. 6*
Le JouPirail &fa dejcente. 7. Ouverture pour faire lefeu*

CHAPITRE XV.
^Du Fourneau C5* de la machinefermant à rompre
le cuivres
3. 1. T E Fourneau & la machine à rompre le cuivre
■ jfnnr abfolument neceflaires dans une Fonde
rie , Iorfqu'on a du cuivre qui tient de fargent 3 Se
xui'il faut Fen leparer par Popération qu'on nomme
lujuation y & fur-tout lorfqu'on y reçoit le cuivre en ro*
Jettes 3 ou en culots entiers ; car il faut le rompre en pe^
lits morceaux avant que de le pefer pour la hquation.
$. i. Les cuivres en miettes fe rompent avec une mon â rompre
machine peu différente d'un pilon de bocard : on feleciuvre-
fèrt pour cela de Parbre du bocard , ou de celui qui
fait agir les foufflcis : on ajufte au bout du pilon à ce
de/Hné , une pièce de fer fondu en forme de coin , que
Fon nomme par corruption , Kanne. La pièce de fer Rannej Selle ;
fondu fur laquelle tombe la Kanne , eft encaftrée foli- quett
S ij
140 Du Fourneau a rompre le cuivre. Ch. XVf
dément dans un gros billot de bois , & elle eft fendue
au milieu pour recevoir jufte h Kanne ou coin ; cette
féconde pie'ce fe nomme Selle j c'eft lur cette Selle que
Fon met les rofettes pour les rompre par le moyen de
la Kanne. L'arbre de la roue eft garni de deux man-
tonnets de fer qui fervent à lever le pilon , comme on,
peut le voir fur la Planche XLVIU. lettre J.
J. Machine à rompre le cuivre.
i. nArbre de la roué avec des mantonnets de fer. t, Sup~
port de l'arbre de la roue. 3 . Charpente qui fouttent le pilon.
4. Pilon avec pi pièce de fer. 5, Kanne avec le coin de fer;
6. Un des deux mantonnets de fer 3 fervant à lever le pi-î
Ion. 7. "Une pièce de fer fondu 3 nommée Sattel ou Selle t
qui efi ajfurée dans un bloc de bots. 8 . Ce bloc enfonce de qua-~
tre ou cinq pieds dans terre. 9. La Selle telle quelle ejl hors,
de fa place.
§. 5 . Le Fourneau qui fert à rompre le cuivre , eft
femblable a celui qu'on nomme Fourneau de liquation
ou à refluer : il eft garni de plaques de fer fondu 3 fur
Jelquelles on place les gros culots de cuivre, ou d'autres
pièces fortes ; on les y fait rougir 3 puis on les met à
terre 3 & on les brifç auprès du Fourneau fur de vieil*
}es plaques de fer.
Des Fourneaux de liquation. Ch. XVI. 141

CHAPITRE XVI.
*Des Fourneaux ou Foyers de liquation.
LE s Foyers de liquation doivent être ou dans la
Fonderie , ou dans un autre bâtiment fait exprès.
Lorfqu'on veut en conftruire dans les Fonderies du haut
ou du bas Harfi^, on fait un canal en croix pour la for-
tie de Fhumidité , en élevant la fondation : on le cou»
vre bien , & deffus Fon fait la partie fupérieure de la
Voie avec des briques : l'intérieur du foyer , la doublu
re qui touche le feu , & le foupirail par lequel on le
gouverne , fe conftruifent de même avec des briques :
on fait pencher en devant la <-uoie & le foyer, afin que
Je plomb qui (c fond coule mieux, & feraffemble plus
anement dans le creux ou bafïin. Les plaques de fer
dont ce foyer eft garni par deffus , pefçnt environ huit
quintaux ; elles font plattes&: unies, pour qu'on puifle
mieux les tourner & les faire fervir plus long- temps i
mais afin qu'elles ne fe touchent pas dans le fommet
de Fangle qu'elles forment , lorfqu'elles font placées
fur le foyer , on met un fer entre deux à, chaque ex?
trémité ; & quand ces plaques font brûlées par leurs
bords , on retire ce fer pour les remettre à la même
diftance qu'elles étoient Fune de Fautre lorfqu'elles
étoient neuves. Les parois que Fon met à Fentour de
ç& foyer ne font que de tple forte ; afin qu'on puiffè.
1 4& Des Fourneaux m liquation. Ch. XVI.
aifément les courber , & leur donner la forme qui con
vient au travail. Voyez, U Planche XLV11L lettres A ,

A. Le Plan inférieur.
i . Fondation en maçonnerie, x. La 'voie. $ . Le creux 00
laffin.
B. La coupe en long.
1. Maçonnerie dans terre, t. Une partie du mur de der
rière. 5 . Une partie du mur de devant. 4. Le fol de la voie.
5. La doublure. 6. Soupirail ou ijfue pour la fumée. 7. Le
creux ou b.ijfîn. 8. Une plaque de fer fondu.
C. Elévation du foyer vuide.
1. Maçonnerie dans terre, z. Murs des cotés, ç. 3iur
de derrière. 4. Deux murs de la doublure. 5. Deux pla
ques de ferfondu, 6. La rvoie, 7. Le creux. 8. Le trou de
la flamme ou de la fumée.
D. Elévation du foyer chargé.
1. Deux murs des côtés, t. Mur de derrière avec le trou
de la flamme. j. Murs de ta doublure. 4. Deux plaques de
fer fondu, y La ''voie. 6. Le creux ou baffîn. 7. Six pièces
de liquation arrangées fur le foyer , &+ foutenues de champ
far des morceaux de bois que l'on met entre deux. {?. Les pa
rois qui font autour des pièces de liquation . 9. Jguatre poêles
vu bafjîns de ferfondu. 10. Six pièces de liquation. 1 1 . L une
des parois des côtés du foyer. 1 z. Une autre paroi pour le de-
rvant.
Foyers de il- §. z. Les foyers de liquation de la Fonderie.de Hec-
tè dV* M."nsfeidt kfiedt 3 dans le Comté de Mansfldt3 & ceux de la Fon-
&^de crmnen- £erje ^e Grumentahl , font conduits à peu près corn»
Des Fourneaux de liquation. Cri. XVI. 14$
me ceux du bas Hart^3 excepte' qu'ils font un peu plus
courts 3 & que les plaques de fer ont des crochets qui
les retiennent. Les parois font enchâffees dans des ca
dres , & elles ont de petits crochets pour mieux retenir.
Fargile qu'on applique deffus 3 afin de les garantir de
Fa&ion du feu. Voyez la Planche XLVlll. lettres E ,
F, G, H.
E. Le Plan inférieur.
1. Fondation en maçonnerie, t. La rvoie> 5. Le bajjin.
F. La coupe en long.
1 . Maçonnerie dans terre, t. Partie dit rhur de derrière*
5. Partie du mur de devant. 4. Lefol de la rvoie. j. La dou
blure d'un côté'. 6. Trou four la fumée. 7. Lebafjin. S. Une
flaque de fer fondu.
G. Elévation du foyer lorfqu'ii n'y a point encore
de pièces de liquation.
x. Maçonnerie dans terre, r. Deux murs du foyer. 3.
Mur de derrière avec la cheminée. 4. Deux flaques de fer
fondu, y La njoie. 6. Le baffin,
H. Elévation du même foyer avec les pièces de li
quation.
1 . Les deux murs du foyer, z. Mur de derrière. 5 . SoUn
pirail ou trou de la fumée. 4. Deux flaques de fer fondu.
5 . La voie. 6 . Le baffin . 7, Quatre pièces de liquation. 8 . Pa
rois que l'on met autour des pièces de liquation. 9. Èi* poê
les ou bajfîns de fer. \ o. Une paroi pour le coté, 1 1 . Autri
paroi pour le devant du Fourneau.
$. $. Schlutter a inventé en 1755 un Fourneau de Fourneau de K-
Jiquarion avec un réverbère , dans lequel on peut faire %£??" à revcr"
144 £*ES Fourneaux de liojjation. Ch. XVL
le feu avec des fagots : il Fa confirme pour la première
fois dans la Fonderie de Madame Marie au bas Hartç.
Le foyer n'a rien qui diffère du précédent ; il eft garni
de même de deux plaques de fer fondu -, mais il y a
à côté un réverbère ou chauffe, avec une grille de bri
ques & un cendrier ou foupirail , & le haut de ce réver
bère eft couvert , aufïi-bien que le foyer , par une voû
te de briques. Le Fourneau a , du côté du foyer, une
ouverture par laquelle on fait entrer les pièces de li-
quation à Fadied un madrier. Il y a de ce côté- là une
paroi de tôle enchâfTée dans une efpece de couliffe de
fer, & recouverte de terre graffe. Cette paroi eft fuf-
pendue à une chaîne de fer ; on la fait defeendre lorf-
que les pièces de liquation font arrangées dans le
Fourneau , & on Fenleve avec la même chaîne quand
la liquation eft achevée : cette liquation fe fait par un
feu clos qui vient de la chauffe ou réverbère , au cô
té duquel il y a une porte que Fon ferme aufïî-tÔE
qu'on y a jette du bois & des fagots -y & afin de pou
voir remettre de nouvelles pièces de liquation dans le
Fourneau , quand la liquation des précédentes eft fi
nie j, on a des tenailles foutenues par une chaîne de
fer qui pend devant le Fourneau. Voyez la Planche
XL IX.
A. Le Plan inférieur.
i. Fondation de maçonnerie, i. La <~voie. 5. Le bajjin.
4. Le trou de la flamme, y Le Courirail ou cendrier.
B., Le Plan fupérieur. . .
r1'[... Maçonnerie qui entoure le Fourneau. 2.. Un coté de U
voie.
Des Fourneaux de liquation. Ch. XVI. 145
voie. $ . "Une partie de l'arcade qui eft au-dejfus du creux eu
bajfîn. 4. Le baffn. 5. Le trou de la flamme. 6. L'intérieur
du Fourneau. 7. Les plaques de fer. 8. Douce pièces de li~
quation.
C. La coupe en long.
1. La maçonnerie. 1. Un côté de la njoie. 5. Vne partie
de £arcade qui efi au-dejfus du creux ou baffn. 4. Le baffn.
5. Le trou de la flamme. 6. L'intérieur du Fourneau. 7. Les
plaques de fer. 8. Dou^e pièces de liquation.
D. La coupe en travers.
1. La maçonnerie qui entoure le Fourneau, %. Les murs
de coté ou la doublure. 5. La voie. 4. Le dedans du Four
neau. 5. Le Joupirail ou cendrier. 6. La grille, y. Deux pla
ques de fer. 8. V'ne pièce de liquation. 9. ZJn banc fur le
quel on poÇe les pièces de liquation.
E. Elévation du Fourneau.
1. ^Maçonnerie du Bâtiment, t. La cheminée. ^Maçon
nerie du Fourneau de liquation. 4. L'arcade dejfm la ''Voie.
j. La voie. 6. Le bafjin. 7. Ouverture par laquelle on fait le
feu avec fa porte de fer. 8. Le foupirail ou cendrier. 9. Un
trou pour attirer la flamme O lui donner paffage. 10. L'in
térieur du Fourneau. 11. Quatre pièces de liquation qui font
pofées dans le Fourneau, n. Une pièce de liquation qu'un
homme met dans le Fourneau. 15. Sept pièces de liquation qui
doivent entrer dans le Fourneau. 14. La chaîne de fer qui
foutient les tenailles pour porter plus commodément les pièces
dans le Fourneau. \y Z)ne barre de fer qui eft arrêtée à la
cheminée , & à laquelle la chaîne de fer eft pendue de façon
qu'on puijfe la faire aller c> venir comme on veut. 16. Z-'n
Tom. H. T
146 Du Fourneau a dessécher. Chap. XVII.
banc fur lequel on pofe les pièces de li^uation . 1 7. Une porte
defer garnie de terre graffè 3 <£* fuffenduëfar une chaîne de
fer. 18. Une poulie' de ferfur laquelle roule la chaîne de fer.
19. Un tour ou treuil 3 avec lequel on monte &* defcend I4
porte ou la paroi de fer.
■ - ■"■!■ ■ .. 11 i.n un ni* .8

CHAPITRE XVII.
Du Fourneau a dejfécher,
f. i.T Or s qu'on conflruit dans le haut ou le bas
JL-jHart^ un Fourneau à deffécher , on le place
dans une Fonderie , ou dans le bâtiment des Four
neaux de Iicjuation -, & fî ces bâtimens font de maçon
nerie , on choiiit remplacement de ce Fourneau dans
une encoignure , afin qu'il foit plus folide , parcequc
le feu en force aifément les murs : mais fi les encoi
gnures intérieures de Fattelier font déjà occupées , il
faut le placer ailleurs 3 ôc en faire les murs ailes forts
pour réfifter à Faétion du feu : les principaux de ces
murs font les deux qui foutienncnt la voûte. Avant
que de commencer la maçonnerie il faut chercher un
bon fond , où Fon fait une tranchée en croix pour la
lortie de Fhumidité. Le fol de ce Fourneau doit pen
cher par-devant , & être garni de briques quarrées t
ou à leur défaut de briques ordinaires. On fait plu
sieurs foupiraux dans le mur qui eft au fond du Four
neau ; fçavoir , un pour chaque voie , afin qu'on
Du Fourneau a dessécher. Chap* XVII. 147
puiflfe gouverner le feu par ces foupiraux. La gran
deur du Fourneau à defîecher , ou fa capacité, dépend
du travail que fait le Fourneau de liquation j c'eft-à-
dire , de la quantité de pièces liquéfiées qu'on en re
tire -, car il faut faire en forte qu'elles puhTent être mi-
fes à temps dans le Fourneau à deiîécner. Il y a dans
ceux du bas & du haut Hartz^ quatre pièces de fer de
fonte y dont chacune pefe huit à neuf quintaux ; elles
font pofées fur les murs , ce qui les rend plus folides :
il y a aulli une porte de forte tôle avec laquelle on fer
me le Fourneau ; on la laiiTe telle qu'elle eft 3 ou bien
on la garnit de terre grafle : en ce cas il faut y river des
crochets de fer pour retenir cette terre. On appelle cet
te porte , Paroi de tonéfablton j elle eft fufpenduë par des
gonds , ou par une chaîne \ & fi Fon £c fert de la chaî
ne , on la fait monter & defeendre par le moyen d'u
ne poulie & d'un tour, fuivant que la fituation permet
de fermer & d'ouvrir commodément le Fourneau à
deffécher. Voyez la Planche L. lettres A,B,C,DjE.
A. Le Plan inférieur.
1. Fondation des murs des deux cotes. 1. Fondation en
briques pour les pièces de fer. 5 . Les voies.
B. Le derrière du Fourneau.
1. Mur de derrière, z. Trou degrés pour aller ^ers les
foupiraux. 3 . Les deux murs de coté. 4. La partie de der
rière du Fourneau, j . Les foupiraux.
C. Le Profil.
1. Les deux murs de coté avec une arcade. 1. Quatre pie-
ces de fer fondu , qui fontfoutenues par des murailles de brt
Tij
148 Du Fourneau a dessécher. Chap. XVII.
ques. 3. Trois voies. 4. Des foutiens de fer. y Le côté de
derrière en dedans du Fourneau. 6. Trois foupiraux.
D. La coupe en long.
1 . Mur de derrière. %. Lefil de la voie. 3 . Un mur de
briques fur lequel ily a une pièce de fer fondu. 4. La pièce
defer fondu. 5. Un côté du dedans du Fourneau. 6. Un fou-
pirail.
E. Elévation.
1. Les deux murs qui Çoutiennent la voûte du Fourneau,
i.. Les quatre pièces deferfondu. 3 . Vn fupport defer. 4. Une
porte de fer qui efl attachée avec des gonds.
Fourneau à def- §. i. C'cft , ainfï qu'on Fa déjà dit j fur la quantité
ftcher du Comté » p et t* J 1• •
deMansfddt. de cuivre que ion pâlie au Fourneau de liquation >
qu'il faut fc régler pour faire le Fourneau à defTécher
plus ou moins grand -, & cette grandeur confifle dans
le plus ou le moins de Voies 3 ou de pièces de fer qui fe
trouvent fur les féparations de ces voies. Schlutter a vu
un de ces Fourneaux à Heckjtedt 3 dans le Comté de
Mansfeldt , qui avoit fix petits murs de féparation 3 &
cinq voies : ces féparations n'étoient faites que de (im
pies briques qu'on avoit bien garnies de terre grafïè
par-deffus ; mais elles s'endommageoient chaque fois
qu'on retiroit le cuivre , en forte qu'il falloit toujours
les réparer. Le Fourneau de Grumentahl en Saxe, étoit,
du temps de cet Auteur , à cinq féparations & quatre
voies : on avoit couvert ces cinq féparations avec de
fortes plaques de cuivre : le déchet de ces plaques fc
trouvoit parmi le cuivre torréfié ou defféché ; & lorf-
qu'elles étoient ufées > on en mettoit de neuves. Ces
Du Fourneau a dessécher. Chap. XVII. 149
Fourneaux ont des fondations comme ceux du Hartz ,
& chaque voie a dans le haut un foupirail > évent ou
rcgiftre _, par lequel on gouverne le feu. La porte de
fer 3 qui eft devant ces Fourneaux 3 eft renforcée par
des barres de fer , & garnie de petits crochets pour re
tenir la terre grade dont on la recouvre , après Favoir
paitrie & mêlée avec de la bourre & du foin. Il y a
auili à ce Fourneau une cheminée- en maçonnerie.
.Voyez la Planche L. lettres F 3 G, H , I.
F. Plan inférieur.
1 . Fondation des murs de coté &* de derrière, r. Sols des
fix féparations. 3. Les cinq <x>oies. 4. Place des cinq foupi-
raux. j. Vefface de la voûte derrière le Fourneau.
G. Le Profil.
1. Les deux murs de coté. 2.. Six féparations en briques.
3. Cinq foupiraux. 4. L'arc de la voûte du Fourneau. 5. La
cheminée qui eft ouverte par devant. 6. Une porte ou paroi de
fer 3 contenuepar des barres. 7. La chaîne avec laquelle on
élève cette porte. 8. La poulie fur laquelle la chaîne pajfe. 9.
Un tour avec lequel on monte O l'on défend la porte.
H. La coupe en long.
1. La maçonnerie, z. Le mur de derrière. 3. Un foupirail.
4. Le fol. 5. Un côté d'une féparation. 6. L'intérieur du
Fourneau au-dejfus des féparations. 7. La paroi ou porte. 8.
■ Une barre de fer à laquelle la poulie eft attachée. 9. Vnepou-
Ue de fer. 10. La chaîne de fer quifouleve la paroi ou porte,
11. Le tour ou treuil avec lequel on monte cette porte.
I. Elévation.
1. Mur de côté. 1. La cheminée. 3. La cheminée vue en
i/o Des Fourn. a raff. le cuivre. Ch. XVIII.
dedans. 4. Les fèparations. 5. Les voies qui font entre les (é-
parations. 6. La paroi ou porte. 7. Une grojfe barre de fer
qui eft foutenu'è par des crochets, O* fur laquelle cette porte
pop. 8. Le tour de fer.

CHAPITRE XVIII.
*Des Fourneaux ou Foyers a raffiner le cuivra
§• i.T Orsquon veut con&ruire un Fourneau à
I ^raffiner le cuivre , il fauf fçayoir première
ment s'il y en aura peu ou beaucoup à raffiner \ car
s'il n'y en a pas beaucoup , on peut placer Iç foyer de
ce raffinage auprès d'un Fourneau d'affinage , pu d'un
Fourneau à fondre la litarge 3 afiq que le même arbre
de roue puijflTe faire agir les foufflets de ce foyer \ mais
fi cela ne fuffit pas y il faut lui donner une roue* ex
près ; & 4evant £pp arbre on pourrait établir deux
foyers s'il étoit nécefïàjre , enforte que quand le tra
vail de fun finirait , on pût recommencer fur Fau-
rre.
§. 1. On a place' 4ans une Fonderie du bat Hart^
un foyer à raffiner, $c un Fourneau d'affinage , auprès
d'un fèul arbre de roue ; & fous le foyer il y a un ca
nal en croix fur lequel on- a rais une forte pierre de
couvercle , & ensuite un lie de feories : lur ces kories
on a fait un lit de petites briques quarrées , ou de
moitiés de briques ordinaires, fous lefquellcs il y a
UÉi FoURtf. A RAFF. te €&&*&. Ctf, XVIIL t} t
quelques petites ventoufes pour févaporaciôtt de l'hu
midité. Aû-deffus de ce foyer eft une plaqua de fer
feelléé crans Je rrfuri pût** empêcher que rien nte sorn-
bc darts le foyer , péwdâlit qee Fol* ttiite k cuivre ,
for» quoi il pourfbit en àff-pve* quelque aeddem La
tuyère de ce Fourneau eft dé- cuivre > U îes foufflets
font de bois. De plus , le fc-yer eft cottftnftc de façon
que les feories peuvent s'écouler pendant le travail ;
en forte qu'il n'eft pas néceffaire d'arrêter les foufflets
pour les retirer , ce qui eft très-incommode 3 fur-tout
en été , & dans les temps chauds. Ce Foyer eft re-
préfenté fur la Planche Ll. lettres A , B , C , D , E,
F, G.
A. Le Plan inférieur.
i. Fondation de maçonnerie, z. Le grand canal four la
Jortie de l'humidité.
B. Plan du milieu.
i . Fondation du mur de derrière, %. Le mur mitoyen. $ .
Mur qui eft devant lefoyer. 4. Les petites rventouJès. j. Lit
de feories. 6. La voie four técoulement des feories.
C Plan fupérieur.
1 . Mur de derrière, z. Mur qui eft à coté du foyer. 3 . Pla~
ques de fer qui couvrent la muraille. 4. Le mur mitoyen.
5. La tuyère. 6. Foyeryfait avec des moitiés de briques. 7. La
voie des feories. 8 . Le mur de coté.
D. Le derrière du Fourneau.
1. Maçonnerie dans terre, z. Mur de derrière. 3. La for-
tie du canalpour thumidité. 4. Le mur mitoyen, 5. La tuyère.
if% Des Fourn. a raff. le cuivre. Ch. XVIII.
E. Le Profil.
i. Maçonnerie dans terre, z. Le mur de derrière. ;. Le
mur mitoyen. 4. Lafortie de l'humidité. 5. La pierre de cou
vercle. 6. Les petites ventoufes. y. Lit de fcories. 8. Le foyer
en briques. 9. Lit de brafque convenable à ce raffinage. 10. Le
creux ou baffm où l'on tient le cuivre en fufion four le raffi
ner. 11. La tuyère. ix.La voie des fcories. 1 3 . Le mur d'à
cote.
F. La Coupd.
1 . Maçonnerie dans terre, z. Mur de derrière. 3 . Le mur
mitoyen. 4. Mur quiefla côté du foyer. 5. La fortiède l'hu
midité. 6. La pierre de couvercle. 7. Les petites ventoujès.
8 . Lit de fcories. 9 . Lefoyer de briques. 10. Le lit de brafque.
11. Le baffin pour le cuivre. 1 z. La tuyère.
G. Elévation.
1. Mur devant le Tourneau 3 couvert avec des plaques de
fer fondu, z. La muraille de derrière. 5. Le mur mitoyen.
4. Mur qui efl à coté du foyer. 5. La fàrtie du canal de l'hu
midité. 6. Le lit de brafque. 7. Le baffin pour le cuivre en
fufion. 8. La tuyère. 9. La voie des fcories.
Fourneau de $• i' Le foyer fur lequel on raffine le cuivre dans le
^da?e ?" h"1 ^atti HartK > eft conftruit à peu près comme ceux du
raffina
vre
iilrtz. bas Hartz^ j mais il eft ouvert par devant 3 ayant un
mur de chaque côté : ces murs de côté foutiennent
une arcade qui les réunit au haut du foyer , en forte
que ce foyer ne peut avoir d'écoulement pour les fco
ries.
/§. 4. Comme on raffine beaucoup de cuivre dans
les Fonderies du Comté de Mansfeldt 3 il y a deux
foyers
DES FOURN- A RAFF.LE CUIVRE. Ch. XVIII. ijj
foyers auprès du même arbre de roue , qui fait aller
les foufRets , afin qu'aufli-tôt que le raffinage du cui
vre eft fini dans Fun 3 on puifTe recommencer fur fau-
tre : quant à la conftru&ion & préparation de ces
foyers > elle eft la même qu'aux bas Hartz,,
H. L,e Plan fupérieur.
i. Mur de derrière, z. Mur du milieu. 5. Murs des co
tés. 4. Une plaque de fer fondu. 5. Mur mitoyen. 6. La
tuyère. 7. Lefoyer qui contient le cuivre en fufion 3 autre
ment le creux. 8 . Lit de brafque.
J. La Coupe.
1 . Mur de derrière. 1. Mur de devant. 5 . Mur du mi
lieu. 4. Mur mitoyen. 5. La tuyère. 6. Les canaux pour
r humidité. 7. La pierre de couvercle. 8. Lit de fcories. 9. Le
foyer fait de terre graj/è. 10. Le lit de brafque. 11. Le creux
qui contient le cuivre.
K. ElëVation.
1 . Mur de derrière. 1. Mur de devant. 3 . Mur du milieu.
4. Mur mitoyen. $. La tuyère. 6. Creux qui contient le
cuivre. 7'. Lit de brafque: 8. Plaques de fer fondu. 9. Ca
naux pour l'humidité.

Tom. IL
JJ4 Pu FoURN, A RAFF. LE CUIVRE. Ch. XIX,

CHAPITRE XIX.
^u grand Foyer oh Fourneau à raffiner
le cuievrLJ

§. i.OChlutter ayant commencé en 1714 à raffiner


Ole cuivre dans le Fourneau de fon invention t
dont on a donné ci-devant la defeription , Chapitre
XIV. §. 5. en employant feulement des fagots pour
épargner le gros bois, il en parle encore dans ce Cha
pitre , quoiqu'il n'y ait fait d'autre changement que
d'ouvrir la voûte ou calotte , laquelle commence au
plan du foyer : le trou qu'il y a fait cft à deux pieds
de hauteur , & n'eft large que de quatre pouces. Il a
placé devant ce trou un badin de percée , conftruit de
groffes pierres de taille , taillées en cercle , ôc conte
nues par une bande de fer : on peut voir ce baffin de
percée à côté du Fourneau , fur la Planche XLIV.
De la meilleure §. 1. Le grand Fourneau qui fert à raffiner le cui-
11er ierciiivre2cn vre * Grurnentahl , dans PEle&orat de Saxe , cft peu
quantité. différent d'un Fourneau d'affinage -y il ce n'eft qu'on
fait le feu dans la chauffe , ou réverbère, avec du bois
de corde. Ce Fourneau a deux baffins pour les per
cées, &c deux foufflets de cuir, dont les tuyaux fe réu-
nifTent dans une tuyère de cuivre , qui fe tourne un
peu de côté ; ce qui eft ainfi pour que les foufflets ,
qu'on ne peut pas ranger autrement derrière ce Four
DU FOORN. A RAFF. LE CUIVRE. Ch. XIX- I fj
ncau , foufflenc entre les deux trous à flamme , ami
d'agiter les fcories qui furnagcnt le cuivre ; ce qui rend
le métal beaucoup plutôt net & pur. Le feu fe fait
dans une chauffe ou réverbère : on y brûle du bois pa
reil à celui dont on fè fert pour le grillage au bas Hartç.
Cette façon de raffiner le cuivre eft une des meilleu
res 3 fur-tout dans les endroits où fon fait paffer beau
coup de cuivre par la liquxtion , puifqu'on y peut raffi
ner , en une feule fois > jufqu'à quarante quintaux de
cuivre defféché ou torréfié j & li ces cuivres font de
bonne qualité , les finir dans dix ou douze heures.
Suppofé que le cuivre fût mauvais 3- en forte qu'il fal
lût plus de temps pour en achever le raffinage , il y ar
néanmoins plus d' avantage à fe fervir de ce Fourneau,;
qu'à raffiner le cuivre fur de petits foyeFS; d'ailleurs ort
y épargne & du bois & du temps.
§. j. La con/trudtion de ce Fourneau exige une Fourneau de
grande place , comme à Grumentabl 3 où Pon a fait un vîe'Toruaiea
bâtiment exprés : or comme ce Fourneau cil grand & uhlv
fes murailles fort épaifTes, il faut choifir un bon fond
pour les conftruire , & creufer bien avant pour trou
ver le folide. Lorfque Ton a élevé la maçonnerie au
niveau du fol de la Fonderie , on fait les canaux pour"
la fortic de Phumidité } tant du defïbus du Fourneau ,
que du deffous des baffins pour les percées ; enfuite on
continue d'élever les murs qui font le tour du Four
neau , &c ton y pratique encore de petites ventoufes ,
comme on le fait aux Fourneaux d'affinage. Le feu fe
faifant à côté dans une chauffe en réverbère , oui fe
Vij
156 'Du FOURN. A RAFF. LE CUIVRE. Ch. XIX.
trouve fous la voûte ou dôme dont le grand Fourneau
eft recouvert , il faut que cette chauffe foit conftruite
avec de bonnes briques qui réfiftent au feu > & qu'on
les cimente avec le moins de terre qu'il le peut ; autre
ment elle fe fondroit , & les briques fe détacheraient.
On met aufli fur cette youte un enduit de terre grafïè,
mêlée de paille hachée , pour rendre la conftruction
plus folide. Vis-à-vis la chauffe ou Fourneau de réver
bère , on fait deux trous à flamme , devant lefquels il
y a deux foyers ou baflïns pour les percées -, Se entre
ces badins & la chauffe , on met deux foufflets qui fer
vent moins à augmenter Faction du feu qu'à chaffer
les feories vers le trou qui eft devant la tuyère , &
par lequel on les retire. Allez près de ce dernier trou,
eft une autre ouverture qui fert à mettre le bois dans
la chauffe. Lorfque pendant la conftru&ion de ce Four
neau on a fait les canaux pour l'évaporation de l'hu
midité' , on les couvre avec des pierres plattes , fur les
quelles on jette des feories > qui fervent de bafe à un
lit de terre graffe : fur ce dernier lit on prépare le
creux du foyer avec une brafque particulière , dont il
fera parlé en fon lieu. On trouve de pareils Fourneaux
à Teyoba 3 à Mofiemit\3 & à Schmelnit^ en Hongrie.
Voyez la Planche L II,
A. Plan inférieur.
1. Fondation de maçonnerie. %. Canaux pour l'humidité,
5 . Lejoupirail c> le cendrier. 4. Les petites isentoups qui
font ponctuées.
Du FOURN. A RATF. LE CUIVRE. Ch. XIX. I57
B. Plan fuperieur.
1. Mur qui fait le tour du Fourneau, z. Bajè de la calotte
eu '-voûte. 5 . Lejôupirail C> le cendrier. 4. La grille qui efl
de briques. 5. Bajè de l ouverture far laquelle on retire les
jcories. 6. La tuyère qui eft courbée. 7. Vne partie des fouf
flets. 8 . Deux bajjinspour la percée*
C. Le Profil.
i . Maçonnerie qui dejcend jôus terre, t. Le pied du Four
neau, j . La calotte ou rvoute. 4. La jortie du grand canal.
5. Deux autres forties des petites njentoufes. 6. Le Jôupirail
€>• le cendrier. 7. La grille. 8. Porte de fer devant l'ouver
ture de la chauffe. 9. Le trou fervantà retirer les jcories 3 O*
qui efl bouché far des briques. 10. Un bajjinpour la percée.
D. La coupe en long.
1. Maçonnerie de la fondation, z. La maçonnerie qui en
vironne le Fourneau, j. La calotte owvouie. 4. Le jôupirail
0* le cendrier, j. La grille. 6. Le dedans du Fourneau. 7. Un
trou à flamme. 8, Les canaux pour la jortie de l'humidité.
j. La maçonnerie dejfus ces canaux. 10. Les petites ^ventou-
ps. 11. Lit de jcories. iz. Lit de briques. i$.Lit de brajque.
14- La tuyère. 15. Baffin pour la percée.
E. La coupe en travers.
1. Maçonnerie de la bajè du Fourneau, z. Maçonnerie
qui tentoure. 5. La calotte ou '-voûte. 4. Les grands canaux
de l*humidité. 5. ^Maçonnerie fur ces canaux. 6. Les petites
njentoufes. 7. Lit de jcories. 8. Lit de briques. 9. Lit de
brajque. 10. Trou pour retirer les jcories. 11, 'Deux trous
* flamme.
I j8 Du GRILLAGE DES MlNES. ChAP. XX-
F. Elévation.
i. Maçonnerie de la baÇe du Fourneau, i. La calotte ou
rvoute. 5 . Une jortie four L'humidité des grands canaux. 4,
Deux forties pour celle des rventoujès. 5 . Ouverture par la
quelle on fîttt le feu. 6. Sa porte de fer. 7. Trou par lequel
on retire les jcories du cuivre. 8. Les deux trous de la flam
me. 9. Les deux baffins pour la percée.

CHAPITRE XX,
T>u Grillage des Mines.

§.1. À Pre^s avoir décrit lès Fonderies & leurs Four-


jLjLneaux , Fordre de ce Traité exige que Fou
enfeigne la manière de conduire le travail des fontes
qui doivent fe faire dans ces Fonderies y & que Fon
commence par le grillage des Mines.
§. 2,. Griller ou rôtir une mine , c'efl: la mettre (ur
du bois qu'on allume > afin qu'en brûlant il faife rou-4
gir le minéral ; qu'il en dilate les pores , & que par-la
il perde une partie de fa dureté. Ce grillage fe fait ou
fur une place fans toît , ou defTous un angar & entre
deux murs 3 ainfi qu'on le dira ci-après. Par le grilla
ge 3 on brûle en partie le fouffre que les mines con
tiennent en quantité ; Fautre partie s'évapore en fumée
ou vapeurs j alors le minéral en devient plus facile à
fondre : le métal s'en fépare plus aifément, & n'étant
plus retenu par des parties hétérogènes qui le miné-
DU GRILLAGE DES MlNES. CHAP. XX. IJ9
ralifbient , il ne fè trouve plus mêle avec les feories.
Les mines qui contiennent de l'arfenic & de Fanti- a quelles mines
moine , doivent être grillées comme celles qui font J£i?ge ett ne"
fimplement fulfureufes s quoiqu'à la vérité le feu ne
chafTe pas aifément Fantimoine s & que ce minéral
refte en partie mêlé avec les métaux. Le grillage eft
principalement néceffaire pour les mines d'argent &c
de plomb , afin que dans la fonte elles ne donnent
pas tant de matte 3 & que le plomb qui en vient ne foit
point aigre. On ne peut fe difpenter pareillement de
griller la plupart des mines de cuivre , fans quoi elles
rourniffent dans leur fonte beaucoup plus de matte ,
ce qui en rend le travail long & pénible ; cependant
les mines qui font pauvres en argent & en cuivre , fe
fondent crues , c'eft-à-dire , fins être grillées.
§.5. La méthode de griller fur un feu de flamme Grillage au bois,
eft /ans contredit la meilleure de toutes , quoiqu'il y [e ! Ilcul a
tous.
ait des Auteurs qui penfent qu'il eft plus aifé de con
duire le feu d'un grillage , ert n'y employant que du
charbon ; mais il eft d'expérience que le charbon allu
mé ne grille bien que la partie du minéral ou de la
matte qui y touche -, ainfi Fon eft obligé après avoir
étendu le minéral ou la matte fur un premier lit de
charbon , de le recouvrir de charbon , puis d'y éten-
dredu minéral ou de la matte y enfuite du charbon ,
& ainfi de fuite , couche fur couche , jufqu'à ce qu'il
y ait dans un grillage au moins trois ou quatre cou
ches de charbon , & autant de couches de minéral ou
de matee ; au lieu que quand on grille par le feu de
léo DU GRILLAGE DES MlNES. ChAP. XX.
flamme , auflï-tôt qu'on a arrangé le bois 3 on mec
defïus le minéral ou la matte , qui dans les grands gril
lages peut monter jufqu'à quatre pieds de hauteur ,
fans ajouter d'autre bois à celui qu'on a mis d'abord.
Dès que le bois eft allumé y fa flamme traverfe les ma
tières & les fait rougir dans toute leur hauteur , & d'un
bout à fautre ; & lorfqu'il n'y a plus de flamme > la
braife qui refte chaufle encore long-temps le miné
ral y parcequ'il la couvre & Fempêche de fe confumer
trop tôt y ainil ce grillage dure plus long-temps que
celui qui fe fait avec le charbon de bois 3{a) & par
conféquent défouffre le minéral beaucoup mieux &
plus également.
§. .4. D'ailleurs s un grillage fait avec le charbon 9
coûte plus que celui qui fe fait avec le bois. Schlutter
a trouvé que 114 livres de bois de fàpin ( le quintal
De combien di- du Hartz eft de 1 14 livres ) rendoient x8 livres trois
1 C m
îeurduboBquc quarts : le quintal de bouleau 3 z8 livres un quart : le
chibon"" CD quintal de bois de chêne 3 18 livres trois huitièmes : le
quintal de bois de hêtre > 2,4 livres trois huitièmes ;
qu'ainfî il ne refte en charbon que le quart ou la cin
quième partie de la pefanteur du bois.
$. j. Si Fon s'appercevoit cependant que le feu de
( a ) On a voulu introduire en 1748, eft arrivé. Le fouffre du charbon de ter
dans le travail d'une mine de cuivre du re , réuni au fbufïre de la mine ,*a dé
Royaume , l'ufage du charbon de terre, truit une partie du cuivre , & a- caufé
tant pour le grillage quc'pour la fonte des pertes confi.iérables aux Entrepre
du minéral : on le mettoit fur du bois neurs , qui ont été obligés d'abandon
dans le grillage , & on en mêloit neuf ner cène méthode , qu'on donnait pour
Earties avec une partie de charbon de nouvelle , quoiqu'elle eût été introduite
ois, dans le Fourneau Allemand, pour ailleurs , plus de vingt ans auparavant^
la fonte ; mais ce qu'on dévoie prévoir Si abandonnée de même.
flamme

~
Du GRILLAGE DES MlNES. ChAP. XX. l6t
flamme attaque trop vivement le minéral , ou que fi
Fon grille de la matte il la mette en fufion , le remè
de e(t facile 3 il n'y a qu'à mettre moins de bois dans
le crrillage 3 on aura moins de flamme.
§. 6. Le meilleur bois pour les grillages à flamme > choix du boïs
eft fans contredit le bois de fapin 3 & celui de fin fiJesT; mines" ""
Fon peut en avoir ■ , mais à fon défaut on peut em
ployer du bois dur , comme chêne ou hêtre : on n'en â
pas d'autre en plufieurs endroits. Schlutter veut que
tout le bois qu'on employé aux grillages foit fec 3 &c
il condamne Fufage de ceux qui le choifîffcnt vert 3 &
qui même le mettent dans Feau pour qu'il foit mouil
lé 3 quand ils Farrangent fur Faire du grillage -y Fincon-
vénient réel de cette mauvaife routine 3 eft que le bois
vert ou mouillé ne brûle pas 3 qu'il ne donne qu'une
fumée humide & point de flamme 3 ou une flamme
Janguiiîànte qui ne peut griller le minéral , & qu'ainil
il en faut mettre beaucoup plus 3 & employer plus de
temps. A Fégard de la matte , fi Fon craint qu'elle fe
fonde dans le grillage à flamme 3 il n'y a qu'à met
tre moins de bois fur Faire 3 ainii qu'on Fa dit ci-
dcflus.
$. 7. On peut aufli fubftituer des fagots au bois 3
quand on veut Fépargner -, ils font à peu près le même
efret, & donnent une belle flamme, pourvu qu'on ne
les charge pas trop de minérale

Tome IL X
i6z De la mine de Rammelsberg. Ch. XXI.

CHAPITRE XXL
*Z)# Grillage de la mine de plomb & d'argents
de Rammelsberg , dans le haut Hart7<»

§. i.T A mine de plomb & d'argent de Rammelf-


■ rfbcrg , eft en partie très-pure , & en partie
mêlée de pyrites cuivreufes & de fouffre ; & dans le
milieu de ces pyrites on trouve quelques veines de
mine de plomb brillante : on charie ce minéral , tel
qu'il fort de la minière, aux Fonderies -, on ïy met en
monceau , & on Fen tire enfuite > fans choix > &: pèle
mêle y pour Fétendre fur le grillage,
produit de la §■ *•• Le produit de cette mine en argent eft depuis
jninc dç Ram- un gros iu{qU'à une once ; & en plomb , depuis fix
julqu a quarante livres. On ne peut réduire cette mine
en moindre volume par le bocard & le lavage, parce-
que fa gangue eft trop dure & trop pefante j mais elle
a Favantagé d'être aflèz pure , ainfi on peut la regar
der comme mine triée.
comment l'on §. $ . Cette mine arrive aux Fonderies en très-grands
n1TneddeffRam-amorceaux > & comme elle eft trop dure , & par confé-
mçisberg. quent difficile à cafter , il n'eft pas d'ufage de Feffayer
crue pour fçavoir ce qu'elle contient ; on attend qu'
elle ait reçu fes trois feux au grillage , ce qui la rend
plus tendre & plus menue ; alors on en prend un peu
de chaque quintal ou mefure , avec la main ; mais ak

■\
De la mine de Rammelsberg. Ch. XXI. 163
fez à chaque fois pour qu'il s'en trouve un ou deux
quintaux quand on a tout raffemblé. On pile le tout
enfemble , & on en divife le tas en deux parties égales •>
on en met une à part , & Fon pile Fautre plus menue :
on la redivilè , & Fon repile la moitié' ; ce qu'on con
tinue de faire jufqu'à ce qu'il n'en refte que huit à dix
livres qu'on réduit en poudre fine pour la paffer par le
tamis , & en prendre FefTai au poids du quintal nôtif\
cet eflfai fe fait par le Directeur des Fonderies , & par
FEflayeur des Mines.
§. 4. Comme la mine de Rammeliherg contient
beaucoup de fourTre , de que Fon en tire le plomb dés
la première fonte -, c'eft pour cette raifon qu'il faut la
griller au moins trois fois , avant que de la mettre au
Fourneau de fonte.
$.5. Le premier grillage de cette mine fe fait com- Comment ?■
me on fa dit au Chapitre IV. §. 1. c'eft-à-dire y en du'gnfbgc.1301*
raie campagne , & fur une place bien unie : on y ar
range neuf mefures en longueur 3 & autant en largeur
du bois deftiné à ce grillage 3 ce qui fait trente-un
pieds un pouce & demi en quarré ( car la mefure dont
on parle ici a trois pieds cinq pouces & demi de lon
gueur. ) i°. Ce font des bûches que Fon met à quel
que diftance les unes des autres , & que Fon nomme
les foutiens. i°. Sur ces bûches on met d'autre bois en,
plein ; mais de façon que fes extrémités fe touchent Se
foient pofées bien également fur les foutiens , lefquels,
étant à quelque diftance les uns des autres } biffent des
vuides ou efpece de foupiraux fous le bois 3 afin que
Xij
164 De la mine de Rammelsberg. Ch. XXI.
le vent puiffe y entrer & mettre plus vite le grillage en
feu. Les deux rangs de menu bois 3 que Fon arrange
fur les bords 3 ont environ Fépaiffeur de deux bûches,
& ils ont un pied de hauteur avec les Contiens s le refte
n'a qu'un pied & demi de haut avec les mêmes fou-
tiens. On laifle au milieu de ce bois ainfi arrange'
o , une
ouverture de deux pieds en quarré , dans laquelle on
jette un panier de charbon, & par-deffus on forme
encore une efpece de tuyau quarré , avec quatre grof-
fes bûches larges, que Fon place perpendiculairement
Fune contre Fautre : fur ces quatre bûches , on en met
quatre autres dans la même fituation , ainf] ce tuyau
eft de la hauteur de deux bûches ; on Fentretient dans
cette pofition verticale , par d'autres bûches fervans
d'arcs-boutans , & par de gros morceaux de minéral ,
& Fon met dedans de gros tilons non allumez , pour
le rendre encore plus iolide. Après avoir place ces
gros morceaux de minéral , on arrange fur le lit de
bois le reite du minéral qui fe trouve aufïï en gros
morceaux ; mais de manière qu'il refte tout autour une
largeur de trois pieds , où le bois ne foit pas recouvert
de ces gros morceaux , & que la mine foit arrangée à
quatre pieds huit pouces de hauteur ; elle forme une
forte de pyramide tronquée , dont on recouvre enfui-
te les faces par çle la mine menue de huit pouces d'é-
paiffeur : fur le haut on met ce que Fon tire du vitriol,
& que les ouvriers nomment Noyaux de ^vitriol s & aux
côtés de la mine , on met du vitriol rompu en petits
morceaux. On dira inceffamment d'où proviennent les
De la mine de Rammelsberg. Ch. XXI. 16$
matières aufquelles on a donné le nom de Vitriol. On
arrange ces matières d'un pied d'épais fur la partie du
bûcher qui eft reftée découverte , &c de quatre pouces
feulement aux extrémités des faces de la pyramide
tronquée ; mais comme il arrive quelquefois que Fon
manque de Noyaux de vitriol 3 ou de menu vitriol3 nou
vellement faits , on garde celui qui a déjà été rôti une
fois , afin de le mêler avec le nouveau , qu'on em
ploie à garnir les faces d'un nouveau grillage : on ne
met pas non plus du ^vitriol menu fur le defîus du gril
lage y de crainte d'empêcher la chaleur d'en fortir par
le haut ; mais on en garnit les côtés & tout le tour ,
afin qu'ils ne prennent point d'air , 6c que toute la
chaleur foit concentrée & fe conferve : ù fon man-
quoità cette précaution, il en réfulteroit un inconvé
nient préjudiciable. Lorfque ce grillage eft arrangé ,
fuivant ce qu'on vient de preferire , il eft fort en talus,
& ie trouve avoir neuf mefures, ou trente- un pieds
un pouce •& demi en quarré dans le bas : le talus de
chaque coin de la pyramide eft de cinq mefures , ou
*de dix-fept pieds trois pouces & demi, & le deffus, de
trois mefures , ou dix pieds quatre pouces & demi en
quarré ; ce qu'on peut voir repréfenté fur la Planche
VU. lettres A , B , C , D , E. Le bois de fapin qu'on
emploie à ce premier grillage , va à trente des mefu
res dont on a parlé ci-deffus , fur la longueur d'une
bûche.
$. '6. Les noyaux de vitriol & le menu vitriol , dont IT1ee n"-0^"0*é
on a parlé ci-deflus . fe tirent d'une terre qu'on nom-vi!rio!'5iVitrio1
r • -l menu.
î66 De la mine de Rammelsberg. Ch. XXI.
me Fumée cuivreujè 3 qui fournit le vitriol vert de Ram-
meliberg \ on la trouve dans quelques minières du
pays -, ce font des lamines minces , liées par une eau
vitriolique , &c qui en font une matière H dure 3 qu'on
a de la peine à la tirer de terre : lorfqu'on veut en fai
re du vitriol , on la jette dans une cuve remplie d'eau ,
où elle fe difTout en partie -, Feau fe charge du vitriol _,
& les lamines relient en arrière en forme de fédiment.
On lave enfuite pour en féparer ces lamines & au
tres impuretez ; mais comme ce lavage fe fait dans des
paniers, à travers defquels la mine la plus menue pafTe,
laiiTant deifus le plus groflîer , c'eft ce qui fournit ce
qu'on a nommé ci- deifus , le Vitriol menu 3 & le noyau
de Vitriol 3 qui tous les deux font employés dans le gril
lage : on amafTc aufli quelque quantité de cette forte
de mine hors du Kammeljherg3 & on la nomme Décom
bres de mine. Enfin lorfque Fon change les grillages ,
c'eft- à-dire , lorfqu'on donne un fécond feu au miné
ral 3 on y emploie- aufli ces deux matières. •
§. 7. Quand on a achevé d'arranger le grillage , on
jette par le haut du tuyau plein une grande cuilliere de"
feories 3 rouges de feu 3 &c telles qu'elles fortent du
Fourneau de fonte : ce qui met le feu aux tifons , en-
fuite au charbon qui eft deifous , & enfin 3 par com
munication, à tout le bois du grillage. Ce bois fe trou
ve prefque tout confumé vers le troifiéme jour , fur-
tout dans Fendroit où le minéral fulfureux a pris feu
& brûlé de lui-même \ mais comme le grillage s'af-
faiffe & fe refend 3 tant en haut que par les côtés 3 il
De la mine de Rammelsberg. Ch. XXI. 167
faut avoir attention de le réparer en bouchant ces
fentes j, tant avec du minéral un peu gros , que par
du minéral menu , pour empêcher que la chaleur fe
perde.
$. 8. Quand un grillage a refté en feu pendant
quinze jours ou environ , le minéral &c le noyau de
vitriol qui eft par-deflus , deviennent très-gras , c'eft-
à-dire * qu'ils paroiffent comme enduits dune efpece
de vernix ; alors il faut faire dans le defïus du grillage
vingt ou vingt- cinq trous , avec une maffue qui ell
une barre de fer , au bout de laquelle il y a un globe
de plomb : on unit ces trous avec du menu vitriol , ôc
c'eft-là où le fouffre fe rafiemble ; on l'y puife trois
fois par jour , le matin , à midi & le foir , pour le jet-
ter dans un feau où fon a mis un peu d'eau. Ce fouf
fre , tel qu'il vient des grillages , fe nomme fouffre
crudj on fenvoie aux Fabriques de fouffre pour le pu
rifier. Lorsque les trous dont on vient de parler font
ajufte's , on ramafTe tout autour la matière du grillage,
c'eft-à-dire 3 qu'on ôte le minéral du bas du grillage ,
d'un pied ou environ , afin que Fair puhîe pénétrer
dans ce grillage y & par la chaleur du feu qu'il anime,
y féparer le fouffre. S'il arrive que ce fouffre refte un
peu en arrière , on ramalTe une féconde fois le grilla
ge pour introduire plus d'air , ce qui fe fait jufqu'à
trois fois. Pendant toute cette manœuvre , il faut bien
prendre garde que le grillage ne fe refende , loit par-
deffus , loit par les côtés : 11 cela arrivoit , il faudroit
boucher les fentes fur le champ -, car faute de cette pré-
i68 De la mine deRammelsberg. Ch. XXI.
caution , il arrive fouvenc que le grillage fe met en
feu, que tout le fouftre le brûle ôc le conlume , auili-
bien que la partie fulfureule du noyau de '-vitriol 3 ce
fui fait perdre tout ce qu'on doit eipérer du produit
1 u fourrre , qu'on avoit deflein de retirer par cette
opération.
§. 9. Il arrive auiîi quelquefois que le defïus da
........ grillage fe lie 11 fort , que le noyau du -cnrwl fe raiTem-
ble en une furface unie & continue comme une plan
che \ ce qui vient , fans doute , de ce qu'on n'a pas af-
fés lefïivé ce noyau , ou le minéral dont on Fa tiré , ou
de ce que le grillage s'eft fait dans un temps humide ;
en pareil cas , il faut fendre & entr'ouvrir le delfus de
ce grillage ; mais il eft encore plus à propos de ne fai
re ces fortes de grillages que dans un temps fec ; car
s'il vient à pleuvoir , le minéral & le bois qui eft def-
fous fe mouillent , le grillage fe met mal en feu , 8c
Fon n'en retire pas le îourTre qu'il doit fournir.
§. 10. Comme il faut un feu de flamme pour ce
grillage, on préfère le Bois de fapin au bois dur, par-
cequ'il s'en faut bien qu'il donne autant de flamme
que le premier ; on pourroit croire peut-être que les
fagots feroient le même effet; mais cela n'eft pas, par-
ceque le minéral qu'on met deffus les écraferoit telle
ment , qu'ils ne pourroient pas même s'allumer.
Durée des gril- §• 1 1. Le grillage dont on vient de parler, doit ref-
dcRammcbbere! ter au moms tro^s m°is au premier feu , & il ne con-
° vient pas de le tourner plutôt ; fi Fon peut même l'y
laifTer quelques femaines de plus , il n'en fera que
mieux ;
De la mine de Rammelsberg. Ch. XXI. 169
mieux ; parceque le minéral de Rammelibcrg ne le
grille jamais trop , & lorsqu'il eft parfaitement grillé
il rend plus d'argent & de plomb ; cependant fi Fon
vouloir biffer ce grillage fans le tourner jufqu'à ce
qu'il fut refroidi , il faudrait attendre prés de neuf
mois , ce qui n'eft ni nécelTaire ni avantageux , atten
du que le feu ne brûlant vers la fin qu'au milieu du
orillage , la plus grande partie du minerai qui eft au
tour refte fans feu , par conféquent fans le griller ,
ainfi il deviendroit fangeux s'il venoit à pleuvoir def-
lus.
§. \t. Les grillages font fouvent gâtés par les lon
gues pluies, en forte que le fouffre ne le raiîemble pas
dans les trous dont on a parlé ci-devant ■ > on n'y fçait
pas de remède. Schlutter avoit efïaié d'élever de petits
toits foutenus par des pierres fur le grillage , ce qui
ûifoit aiTes bien ; mais outre que cela demandoit trop
de foins, le grillage s'échauffoit trop fous ces toits pen
dant les chaleurs de Jeté ; le feu s'y mettoit,& le fouf
fre fe confumoit : il a fait aufïi des grillages du pre
mier feu fous un angar , pour voir s'ils rendraient plus
de fouffre que les autres 5 mais ce moyen n'a pas réuiïî,
parceque le grillage devenoit de beaucoup trop chaud,
ce qui bruloit pareillement le fouffre. Le printemps
& fautomne font les faifons les plus convenables pour
raffembler le fouffre dans les trous dont on a parlé ,
fur- tout quand Fair eft fec.
§.15. C'cft donc félon que Fair eft Ccc ou humide y.
qu'on peut puifer peu à peu, depuis dix jufqu'à vingt
Tom.ll. ' ' Y
170 De la mine de Rammelsberg. Ch. XXL
quintaux de fouffre crud -y autrefois on n'en recueilloic
point fur les grillages : ce fut vers Fan 1570 qu'un
nommé Chriftophe Sander inventa le moyen de le
raffembler à peu près comme on fa ci -devant en-
feisné.
$. 14. S'il arrive que pendant un beau temps le gril
lage devienne extrêmement gras d'un côte ou de Fau-
tre, que le fouffre perce & traverfe le menu vitriol qui
en fait la couverture , on y fait une autre couverture
avec du même métal , qu'on humecte d'un peu d'eau
avant que de le mettre lur cette première couverture ,
& Ton choifit ordinairement pour cela les côtés d'un
grillage qui ne font pas expofes au vent d'Eft, parce-
qu'il les lèche trop. Lorfque cette couverture eit. fer
me , on ouvre & Fon creufe un peu le grillage , d'a
bord feulement d'un pied , & Fon met des planches
devant pour en entretenir la chaleur , en empêchant
le vent d'y entrer \ alors le (bu fifre y dégoutte & for
me différentes figures, que Fon ôte le matin & le foir
pour les garder : quand le fouffre ne dégoutte plus dans
ce premier trou a on le creufe peu à peu jufqu'à deux
pieds de profondeur , fur dix pieds de long de chacun
des côtés préparés à cet effet ; mais auffi-tôt qu'il fur-
vient une forte pluie la couverture s'affaiffe , & le fouf
fre nç dégoutte plus. On n'a pas toujours du fouffre à
retirer de chaque grillage , à moins que le temps ne
fait extrêmement favorable, & (bu vent il s'en trouve
qui n'en rendent pas. Il n'y a point de fouffre à efpé-
yçr- pe.nda.nt Fhyver dans lç$ fortes pluies 3 quand Fair
De la mine de Rammelsberg. Ch. XXI. 171
eft très-chaud 3 & quand le vent d'Eft foufnc un peu
fort. On a repréfenté la manière de retirer le fouifre
de ces grillages fur la Planche VIL lettre E.
$.15. Quand un grillage a demeuré pour le moins
treize femaines au premier feu } on le levé pour le
mettre au fécond feu pour lequel il y a des angars ,
tels qu'on les a décrits au Chapitre IV. §. 5. Cette fa
çon de griller eft la troidéme de celles dont on a par
lé dans le même Chapitre , c'eft-à-dire 3 fous des toits,
mais fans murailles autour du grillage. On tranfportc
toujours deux grillages du premier feu dans ce fécond
feu , ce qui s'exécute comme il fuit. On détache le
minéral du premier feu -, on concafle un peu les gros
morceaux pour les trier & féparer de la mine menue
qui s'y fait : on garde une partie de cette, mine menuej
& s'il eft nécefïàire on Remploie dans un autre gril
lage de premier feu ; le refte fe tranfporte à fendroit
du fécond feu , où l'on étend toute la mine menue
qui refte de deux grillages du premier feu ; on la met
fur Faire d'un pied & demi de hauteur ou environ :
for ce lit de minéral on arrange le bois comme pour
le premier feu > ce qui forme un bûcher d'environ un
pied de hauteur. On charie fur ce bois le gros miné
ral du premier feu 3 en obfervant de commencer par
un bout du grillage i & lorfque ce minéral y eft à peu
près à quatre ou cinq pieds de hauteur au-deffus du
bois , on y pofe de fortes planches fur lefquelles on
continue de charier le minéral en le déchargeant de
haut en bas fur la partie du bûcher qui refte a décou-
Yij

y
• 171 De la mine de Rammelsberg. Ch. XXI.
vert ; ce qui fait cjue les plus gros morceaux tombent
fur le bois , & le plus menu demeure en haut ; ainfi il
relie plus d'efpace pour le paffage de la flamme à tra
vers le ruinerai. Quand le minéral de deux orillacres
d un premier reu a ete porte & arrange 3 comme on
vient de le dire , fur le bois , pour le fécond feu , cela
Fait un grillage qui a cinquante-cinq pieds de long fur
trente- un de large 3 & quatre à cinq pieds de hauteur i
on peut le voir fur la Planche FIL lettres F y G. On
coniomme dans ce fécond feu à peu près quatre-vingt
mefures de bois de fapin : on allume ce grillage de
très-grand matin , afin que la plus grande partie du
feu loit paffee avant la nuit 3 & qu'il ne falfe point de
mal -, ordinairement c'eft le famedi matin qu'on Fallu-
mc , pareeque le grillage continuant de brûler le Di
manche , il n'y a perfonne au travail qui puiffe être
incommode par la fumée. Lorfqu'on allume ce gril
lage 3 il faut que ce foit du côté où le vent ne frappe
pas , afin que le vent qui pafTe entre les bûches, qu'on
a nommées ci-devant les Contiens 3 ait fa direction con
tre le feu allumé , qui , félon Schlutter , doit s'avan
cer vers lui pour que le bois brûle mieux & plus éga
lement j au lieu que fi l'on mettoit le feu du côté d'où
vient le vent, il le chafferoit aufli-tôt tout autour du
grillage , & ne l'allumeroit que par dehors : alors le
minéral en tombant étoufFeroit le bois du milieu ,
qui ne pouvant plus donner de flamme , fe converti
rons en charbon , ôç ne rendroit pas tout le fervice
qu'on doit en attendre. On a rnis aufli plufieurs fois
De la mine de Rammelsberg. Ch. XXL 175
des tifons & du charbon au milieu de ce grillage ,■
comme on a fait au premier, pour- l'allumer par cet
endroit ■ , mais le feu a gagné aufîi-tôt les bords du
orillao-e 3 & ne l'a jamais (i bien mis en feu que lorf-
qu'il eft allume' contre le vent : au refte 3 il ne faut ja
mais allumer aucun feu de grillage pendant que le
vent eft fort ; il luffit que Pair foit légèrement agité ,
c'eft alors le temps convenable. Il n'y a point d'autre
remarque particulière à faire fur ce lecond feu y û ce
n'eft qu'au bout de fix femaines prefque tout le feu eft
éteint i ainfi le grillage eft en état d'être change & ■
porté au troifiéme feu.
§. 16. Le troifiéme feu du grillage fe fait comme Troifiéme feu
Ir 1 ' n v J- » ' >. ■/- / du grilkqe de la
e lecond y c elt-a-dire , qu on met encore a ce trome~mine de Rani
me feu deux grillages du fécond feu 5 on y employé mclsbers-
aufli quatre-vingt mefures de bois de fapin qu'on ar
range de même. On cafTe de nouveau le minéral rôti
deux fois; on ne réferve rien du minéral menu qui en
provient: mais quand il arrive qu'il y a trop de ce me--
nu pour être mis tout à la fois uir le bois , on en garde
une partie pour l'étendre enfuite fur les côtés du gril
lage , fans en mettre fur le haut de la pyramide tron
quée , pareequ'il étoufferdit le feu. Le minéral ayant
demeuré dans le troifiéme feu pendant quatre femai
nes ou environ , ce feu eft éteint pour la plus grande
partie , ainfi on commence à enarier cette matière
grillée à la Fonderie. Ici Scklutter dit que c'eft lui qui
le premier a prévenu les accidens qui arrivoient à ces
grillages par trop de pluie ou par la neige , en faifant
i74 De la mine de Rammelsberg. Ch. XXI.
conftruirc des angars pour le fécond & le troifiérnc
feu s & que par ce moyen le produit de la mine de
Rammelfberg en plomb a considérablement aug
menté.
§. 17. On fe conduit de telle forte dans les Fonde
ries du bas Hart\i qu'il y a toujours du minerai fuffi-
famment grillé en provision , & que 'pendant le troi-
fiéme feu on le calte tous les jours , de façon que les
plus gros morceaux n'excèdent pas la grofTeur d'une
noix. On compte douze Scherben du minéral grillé de
Rammelfberg ( mefure dont on a donné la capacité au
Chapitre III. ) pour une journée ou Scbicht, ce qui fait,
félon le poids de Cologne y trente-deux quintaux } à
115 livres le quintal. On verra de quelle manière on
fond ce minéral dans le 40e. Chapitre de ce Traité.
§. 18. Le travail des grillages
DO
ci- devant décrits *, fe
fait à prix convenu par un Entrepreneur y que l'on
nomme Dinge-heers } éc auquel on fournit pour Faider
d'autres Ouvriers, nommés Hoff-Arbeïter.
§. 19. Schlutter avoit imaginé , pour épargner le
bois des grillages de la mine de RammelnSerg , de
conftruire le grillage dont on a parlé , Chapitre I V.
§. 4. & qu'on a repréfenté fur la Planche VI II. lettre J.
parceque le minéral s'y mettant contre le mur , & par
conféquent d'égale épaiffeur lur toute l'étendue du
bois , on en grilloit une plus grande quantité , qu'a
vec la même quantité de bois fur laquelle on eft obli
gé d'arranger le minéral en talus : le feu y bruloit fort
bien , & la mine s'y grilloit de même ; mais comme il
De la mine de Rammelsberg. Ch. XXI. 175
falloir enfuite la caflèr en petits morceaux pour la tranl-
porter à la Fonderie 3 il s'en élevoit tant de poufliere ,
que les Ouvriers ne pouvoient y réfifter , enforte que
cette façon de griller au troifiéme feu a été abandon
née.
§. zo. On a fait mention dans le Chapitre IV. §. j.
d'une efpece de Fourneau à vent qu'un Mathématicien
avoit inventé , & qu'on a repréfenté fur la Planche IV.
lettres A 3 B , C , D. Comme la première place , où le
premier elpace avoit quatre Fourneaux , fur lefquels
le trouvoient quatre creux que Flnventeur nommoit
des Poiles : on mettoit dans ces quatre creux une quan
tité fuffifante de gros minéral pour être de niveau avec
le terrain , & on arrangeoit defTus le refte de la mine
comme à Fordinaire , en lui donnant l'étendue qui
cft en ufage au bas Hartz. Ce grillage étant arrangé ,
on commençoit à faire le feu dans les Fourneaux -, il
falloit que la flamme du bois entrât dans le minéral :
après avoir brûlé douze mefures de bois , il croyoit
avoir fuffifamment échauffé ce minéral pour qu'il brû
lât de lui-même , ainfi il faifoit ceffer le feu des Four
neaux -, mais en même temps celui de la mine s'étei-
gnoit , & le minéral ne rendoit point de fouffre :
quand on tournoit le grillage , on ne trouvoit de feu
qu'aux endroits où la flamme des Fourneaux avoit tou
ché ; Flnventeur s'étoit flatté que la mine étant fort
fulfureufe , fe mettroit auffi-tôt en feu. Les quatre
creux ou poiles dévoient fervir 3 félon lui , lorfque le
minéral feroit grillé la première fois, à recevoir le
i-j(> De ia mine de Rammelsberg. Ch. XXI.
minerai encore fulfureux le premier , & par defîiis ce
lui qui étoit déjà grillé , afin qu'il grillât à Faide de
celui de defïbus , qui en s'enflammant devoit y mettre
le feu \ mais le premier feu ayant manqué, comme on
vient de le dire , Flnventeur abandonna de lui-même
fon premier projet.
Il fit conftruire un autre grillage en rond , tel qu'il
eft décrit dans le Chap. IV , ôc repréfenté fur I4 Plan
che IX. lettres E , F , G > H , J. Au-deflous il y avoir,
fîx tuyaux par lefquels on devoir faire le feu ; Faire
étoit de niveau > & n'avoit point de creux comme la
première : il avoit fait lier aulîi trente fagots de bran
ches de fapin 3 les avoit fait pofer à terre , depuis les
tuyaux jufque vers le milieu de l'aire où il y avoit une
mefure de flambeaux de charbons : on couvroit ces
fagots de gros morceaux de minéral 3 lur lefquels 011
en mettoit de plus menus pour achever Farrangement
du minéral i on avoit aufli lcié & refendu onze mefures
de bois pour entretenir le feu. L'Inventeur prétendoit
que le feu des tuyaux 3 en fuivant les fagots 3 feroit
plutôt le tour du grillage , & l'allumeroit plus vite ;
cela réuflit un peu mieux que dans la première difpo-
lition y mais non pas de beaucoup : la flamme avoit
mis quelques parties du minéral en feu , & ce-grillage
rendit environ 136 livres de fouffre ; mais un pareil
grillage , fait à l'ordinaire } en auroit rendu y félon la
laifon , depuis douze jufqu'à vingt quintaux. Le feu
ayant ceiTe dans ce grillage > on commença à le tour
ner , & l'on reconnut que le§ fagots n'a voient pas été
d'une
De la mine de Rammelsberg. Ch. XXI. 177
d'une grande utilité 3 puifque quelques-uns avoient
été tellement écrafés par le poids du minéral 3 qu'ils
n'avoient pas pu brûler ; d'ailleurs la flamme forçant
des tuyaux n'ayant fait que monter 3 elle n'avoit
point touché au minéral du bas du grillage 3 & la plus'
crrande partie y étoit encore crue , fans avoir reçu le
moindre feu : enfin 3 on abandonna cette façon de
griller.
§. zi. Il eft bien vrai que la mine de Rammelfberg
fe met en feu ; mais il faut lui donner au commence
ment afTés de chaleur pour qu'elle rougiffe : alors elle
peut brûler d'elle-même pendant un temps , ce qui
arrive dans le grillage ordinaire du premier feu ; ou ,
après que le bois y eft confommé 3 ce qui exige trois
jours ou environ , elle garde du feu depuis fix jufqu'à
neuf mois : mais il faut un bon feu pour lui faire
abandonner (on foufFre 3 & même elle en conferve en
core après un troifiéme feu. On verra la manière de
rôtir cette mine dans un Fourneau au Chap. XXVI.

CHAPITRE XXII.

'iDu grillage des mines de Freyberg.


$• 1. rTpOuTEs les mines du territoire de Freyberg Se
A. du haut Uart\ 3 font apportées aux Fonderies
de Vreyberg y & mifes en entrepôt dans un bâtiment
où font les balances. Pour les peièr, ainfi que les
Tome IL Z

^
178 De la mine de Freyberg. Chap. XXII.
mines bocardées & lavées , il y a un Maître pefeur , ôc
deux Aides qui ont ferment en Julhce. Lorfqu'on a
livré des mines lavées , qui font encore mouillées 3 le
Maître pefeur en prend un peu du deflous & du deflïis
•de chaque partie i il en forme un petit tas de dix à
douze livres : après l'avoir divife & lubdivifé toujours
en parties égales , il en prend un effai encore humide
& qui pefe deux onces ; ce qui fe perd d'humidité de
cet eiTai de deux onces , pendant qu'il (éche , cit. pro
portionnellement retranché de la partie de mine lavée
qu'on a délivré. Le quintal de mine eft de 1 10 livres:
la mine fe pefe , félon ce poids 3 par les deux Aides pe»
feurs , en prelence du Maître > & de ceux qui ont ap
porté cette mine.
§. t. Outre Fefl'ai ci-de(Tus3 le Maître pefeur prend
avec la main un peu de mine de chaque quintal de
mine lavée ou triée , pour Fcffai des Eflayeurs : toutes
ces portions raffemblees en un feul tas., montent (ou-
vent à un huitième de quintal : on les mêle exacte
ment , puis on partage le tas en deux parties égales ,
dont la moitié eit pilée par un pileur juré > & confer-
vée pour Teflai -, fautre moitié rerte à la Fonderie- On
la met dans une boete , fur laquelle on écrit le nom
de la minière , & le nombre des quintaux qu'on a dé
livrés ; ce qui elt vi(îté le Lundi fuivant par le pre
mier & le fous- Directeur des Fonderies , qui jugent
en quelle cLuTe on doit mettre cette mine , afin de fi
xer le prix qu'on doit en payer. On voit comment on
fait ce payement au Propriétaire de la mine , dans la.
De la mine de Freyberg. Chap. XXII. 179
Déclaration de l'Electeur de Saxe , Roy de Pologne,
au fujet de Padminiftration générale des Fonderies , &
imprimée à Drefde en 171 i , petic in folio. On eflàye la
mine fuivant un poids de quintal fictif , repréfentant
110 livres réelles ( & qui pefe environ 89 grains du
poids de marc de France ) . Cet cflai le fait par le Se
crétaire ou teneur de Livre de la Fonderie , & par PEf-
fayeur de la Compagnie : fi ces eflais fe trouvent
égaux , & que le Vendeur en foit content , cela fuffit ;
finon le Schieds-Guardain ou premier Eflayeur , recom
mence les Eflais ; &c û le Vendeur de mine n'eft pas
encore content de fon rapport, ils font refaits par le
Guardain ou Eflayeur , qu'on nomme neutre & impar
tial. Le Vendeur, ainiique les Officiers de la Fonde
rie , font obligés de s'en tenir à ce troifiéme eflai.
Lorfqu'on elc convenu du produit par les eflais , on
grille ia mine qui doit Fêtre ; celle qui n'en a pas be-
ioin eff réfervée pour la fonte crue.
§. 5. On fond les mines de deux façons différentes
dans les Fonderies de Freyberg 3 celle qui eft pauvre en
argent, & qui ne contient pas de plomb , fe fond crue
& fans être grillée -, celle qui contient plus ou moins
d'argent que la précédente , mais qui a du plomb , ou
qui confifte en mine chaidée & triée , fe fond en
plomb ; c'eft pourquoi on la grille deux ou trois fois ,
afin qu'elle ne donne pas de matte , ou fort peu , &:
que le plomb s'en fépare mieux avec Parlent.
§. 4. Le grillage du premier feu ne fe fait pas dans
des Fourneaux ^ mais fur des aires murées & couvertes,
Zij
j8o De la mine de Freyberg. Chap. XXIL
afin que la pluyc ne nuife pas à ce grillage * ces aires à
grilleront été décrites , Chapitre IV. §. i. elles ap
partiennent à la quatrième façon de griller ; on les a
auffi repréfentées lur la Planche X. lettres D, E. Quand
il s'agit de mettre la mine au grillage 3 on n'en prend
que ce qu'il en faut pour l'ouvrage d'une femaine ,
pareequ'on y ajoute ordinairement de la mine de Ha-
h^brucke _, pour reprimer la fluidité : ces mines confif»
tent moitié en minéral rebelle ou dur à fondre _, riche
en argent , & qui ne dent que très-peu de plomb ;
Fautre moitié eiï mine de plomb \ mais qui tient peu
d'argent : on prend , de chacune de ces deux mines .
quarante quintaux ou environ } ce qui rait quatre-vingt
quintaux qu'on met en deux grillages ; mais ces qua
tre-vingt quintaux font compofés de petites parties ,
dont il y en a qui lie pefent qu'un ou deux quintaux,
v Cependant j pour rendre le mélange égal avant que de
la mettre au grillage , le Directeur marque d'abord
comment on chaque partie dans le Magafïn de Fentrepôt , afin de
férenTe^minï" fçavoir le nombre de quintaux , ce que chacun d'eux
d'un grillage, tient d'argent fuivant Feflai , & ce que le total doit en
rendre $ eniuite les Ouvriers du grillage prennent une
partie de mine , ils la portent fur une place nette , &
ils Fétendent en quarré & bien mince : fur cette partie
ils en mettent une autre , 8c Fétendent de même , &
ainfi de fuite ; mais ils ont attention d'étendre alter
nativement de la mine rebelle à la fonte , & de la mi
ne de plomb douce & de facile fufion , jufqu'à ce que
çouf. ce qui doit compofer le grillage {oit raifemblé,

i
De la mine de Freyberg. Chap. XXII. 181
On mêle enfuite tous ces lits avec une efpece de râ
teau : on couvre Faire des deux grillages avec du pouf-
{ier de charbon : par-defïus ce pouflier on arrange foi-
xante bûches : fur ce bois on étend fept à huit paniers
de charbon -, enfuite on y charie le minerai 3 mélangé
comme on Fa dit ci-deffus \ fçavoir > une brouettée fur
un des grillages ■ , la féconde > fur Fautre , & ainfl de
fuite & alternativement > jufqu'à ce que toute la mine
foit arrangée fur les deux grillages \ on les égalife en-
fuite , & on y met le feu \ lorfqu'ils ont été en feu fepç
à huit jours , on les lève pour le fécond feu.
§. 5. On couvre aufft les aires de ce fécond feu avec
du poufïîer de charbon -, on y arrange cinquante bû
ches , fur lefquelles on étend cinq à fix paniers de
charbon 3 qui fervent de lit à la mine du premier feu,
qu'on arrange deflus après l'avoir caffée , afin que s'il
s'en trouve qui ne foit pas bien grillée , on puiffe la
mettre la première fur le charbon du fécond feu :
quand toute la mine eft arrangée , on met le feu au
grillage ; il faut qu'elle y refte encore fept ou huit
jours.
§. 6. Quand le feu du fécond grillage eft éteint, on
tranfporte la mine au troifiéme : on couvre encore
Faire de ce grillage avec du poufïîer de charbon , fur
lequel on arrange trente bûches , & l'on étend trois
paniers de charbon ; enfuite on y met la mine grillée
du fécond feu } & Fon allume : quand les trois feux
font finis , on charie la mine devant le haut Fourneau
pour la fondre , comme on le dira au Chap. LVIU.
i8i De la mine de Freyberg. Chap. XXII.
DcUminedou- §. y. Les mines qui le tirent des minières de Hafc-
cc de Halzbruc- , . * , 1 • i •
ke, & de fon bruche 3 ne contiennent par quintal que depuis demie
" *fie' once jufqu'à deux onces & demie d'argent ; mais elles
rendent depuis vingt-huit jufqu'à foixante-cinq livres
de plomb par quintal : elles ont outre cela un quart^
fort fufible ; ainfî comme elles font tendres , il faut les
griller feules , & ne leur donner que deux feux pour
les ajouter enfuite aux autres dans la fonte. On les
grille fur des aires mure'es , & Fon met dans un feul
grillage } depuis trente jufqu'à foixante quintaux de
mine , & Fon y employé du bois & du charbon à pro
portion j enlorte que Fon compte , pour foixante quin
taux de cette mine 3 foixante bûches , & fept paniers
de charbon , fur lequel on étend la mine , qui y de
meure fept à huit jours en feu ; auffi-tôt qu'elle eft
éteinte y on la porte au fécond feu : on ne prend pour
celui-ci que trente bûches, & fix paniers de charbon.
Ce fécond grillage étant fini , on porte la mine dans
la Fonderie , oà on la fond avec la mine grillée trois
fois. Comme il arrive quelquefois que les grillages ne
font pas forts > on met fouvent , pour épargner le bois,
trois grillages du premier feu fur le fécond grillage , ce
qui le pratique tant pour la mine de Hdiyruckf 3 que
pour celles dont on a parlé ci-devant.
Grillage de la $.8. Quant à la matte qui le fait aux Fonderies de
marte de plomb -ni n • t 1 • » fi
tenant argent, rreyberg, elle provient de la mine qu on y rond crue,
ou qui n'a pas été grillée : cette matte contient Fargent
& le plomb de ces mines \ mais comme elle eft rem
plie de fouffre , il faut Fen chaffer par le grillage , fi
De la mine de Freyberg. Chap. XXII. i8j
Fon veut en tirer Fargent & le plomb -, ainfi on la grille
jufqu'à quatre fois dans des. places murées , couvertes,
fuivant la quatrième façon de griller , dont il a été
parlé auChapicre IV. §. ï. Anes louvent on grille aufïi
la matte en plein air , comme on Fa dit au même Cha
pitre , §. 9. voyez la Planche X. lettre E. Pour gril
ler la matte on jette d'abord fur Faire quelques pa
niers de pouflier de charbon , afin d'empêcher que la
matte ne s'attache au fol : on met neuf à dix panier»
de charbon fur ce pouflier , & ordinairement depuis
3uatre-vingt dix juiqu'à cent quintaux de matte par-
eflus , après Favoir un peu brifée avec des mafles j
puis on allume. Dès que le feu eit éteint, on met une
matte au fécond feu qu'on prépare comme le premier,
& ainft de fuite , au troifiéme & au quatrième feu.
Cette matte étant grillée comme il faut , on la fond
dans le haut Fourneau : cette fonte fera décrite aii
Chapitre LVIII. §. 8.
§. ?. On n'employé point de bois à ces grillages ,
pareeque le feu de flamme donnant trop de chaleur ,
feroit fondre la matte en une feule maflè : la chaleur
du feu de charbon eft plus douce ■ , elle défouffre la
matte plus lentement , & Fempêçhc de s'attacher au
terrain fur lequel on fait le grillage.
§. 10. Si la matte qui provient d'une fonte crue ne Enrichir la mat-
contient qu'une once ou une once deux gros d'argent teice^uecc,K
par quintal , on ne la grille que deux fois , puis on la
refond ; elle rend une nouvelle matte en moindre
Quantité 9 mais qui contient plus d'argent ; c'eft ce
1 84 De la mine a Joachimstahl. Ch. XXIII.
qu'on appelle Enrichir la matte. Cette féconde matte
enrichie le grille aufTi quatre fois.

CHAPITRE XXIII.
*Du grillage de la mine , & de la matte
à Joachimjkihl.
§. i.'T A mine que Fon fond à Joachimflahl 3 elt une
I jminp de plomb brillante 3 qu'on y apporte
d'une minière nommée "\Bleyflatt 3 qui en cft éloigne'e
de trois lieues ; on met jufqu'à deux cent quintaux de
cette mine à la fois fur un (eul grillage ; c'eft celui de
la première forte qu'on a décrit au Chap. IV. §. i.
§. t. On arrange cette mine fur du bois , & on la
couvre tout autour avec du charbon ; on fait la même
chofe pour le fécond feu ; mais pour le troifiéme , le
quatrième & le cinquième feu 3 on n'employé point
de charbon. On a décrit la fonte de cette mine au Cha
pitre L.
§. 5. La matte qui provient de la fonte crue de la
même mine fe grille fous des angars } félon la quatriè
me façon de griller ; voyez le Chapitre IV. §. 1. On ne
met. que douze quintaux de cette matte fur un grilla
ge 3 & on la grille quatre ou cinq fois , fuivant la mé
thode de Freybergs voyez le Chapitre L. §. y on y par
le de la fonte de cette mine.

CHAPITRE
Du GRIILAGE A SCHEMNITZ,, &C. Ch. XXIV. l8j

CHAPITRE XXIV.
T>u Grillage a Schemnitz^ & a CremnitZj.
$. 1 . T E grillage de la mine de Schemnit^ fe fait fur
JL_jdes places murées 3 qui font fans toît •■, on en
a repréfentées fur la Planche X. lettre D , & fur la Plan
che XL lettre B ; c'elt la féconde façon de griller dont
il eft parlé , Chapitre IV. §. i. On arrange d'abord fur
Faire, du bois à la hauteur d'un demi pied : par-deffus
on met un pied & demi de charbon , enfuite un lit
bien mince de mine lavée ; puis un pied de charbon
cru' on recouvre de mine , d'un troiiiéme lit de char
bon y & enfin d'un lit de mine : on ne grille cette mi
ne qu'une feule fois , & pour chaque quintal de mi
néral on employé environ deux Kof^3 ou mefures de
charbon. Ce grillage brûle pendant cinq jours ou en
viron y on fond enfuite la mine comme on le dira au
Chapitre LI. §. 5 . & 4.
§. 1. Le Lech ou matte provenant de la fonte crue •
à Schemmt^, fe grille jufqu'à deux fois fur les mêmes
places que le grillage précédent ; eniuite on la fond
comme il fera dit au Chapitre LI. §. 4.
§. 5. Quant à la matte ou Lech de Cremnit^ prove
nant aufïi de la fonte crue , on n'en grille que douze
quintaux à la fois } une feule fois , & fur du charbon :
la fonte s'en fait dans un Fourneau à Lech 3 qui. efl„
Tom'. IL A a
l86 DV GRILLAGE DE FoELGEBANGEN. Ch. XXV.
conftruit fuivant Pufage de Schemmt^ 3 ainfî qu'on le
verra dans le Chapitre LVI. §. 2..

CHAPITRE XXV.
Du Grillage de Foelgebangen.
§. 1. /^\N trouve à Toelgebangen de la mine de plomb
V^/à gros brillans, dont le quintal rend depuis
foixante-dix jufqu'à quatre-vingt livres de plomb > ôc
depuis {îx gros jufqu'à une once & demi d'argent : on
y trouve auili de la mine de plomb à petits brillans ,
contenant un peu plus d'argent & moins de plomb :
on trie les meilleurs morceaux de ces mines , & l'on
pile & lave le refte : les premiers fe grillent à découvert
dans des places rondes ou ovales , a peu près félon la
deuxième façon de griller , dont il a été parlé au Cha
pitre IV. §. 1. D'abord, on couvre la place de pouf-
fier de charbon , fur lequel on met du charbon entier
d'un pied de hauteur , & par-deifus ce charbon de la
mine à la hauteur de quatre ou cinq pouces -, enfuite
un fécond lit de charbon épais d'un pied} .puis quatre
à cinq pouces de minéral 3 ce qu'on continue alterna
tivement jufqu'à ce que Faire du grillage foit couverte
à une hauteur convenable } ou jufqu'à ce qu'il n'y aie
plus de mine ; ainfi ce grillage ne fe fait qu'avec du
charbon. Un fort grillage eft ordinairement de cent
quarante quintaux de mine ; & pour chaque dix quin
Du GRIILAGE DES MINES , &C. Ch. XXVI. 187
taux on employé douze Scbams ou mefures de charbon ;
Je grillage étant monte', on y met le feu par les ouver
tures ou registres qui font dans les murs dont Faire eft
entourée.
§. x. La mine lavée du même lieu fe grille aufïi
comme la mine entière du §. précédent , mais féparé-
ment ; & l'on en met jufqu'à quatre-vingt feize quin
taux fur un feul grillage j Fune & Fautre ne fe grillent
qu'une fois : quant à la fonte de cette mine de plomb
de Foelgebangen , on la trouvera décrite dans le Chapi
tre LU. §. i. x.

CHAPITRE XXVI.
T>u Grillage des Adines dans un Fourneau
fermé,

§. i./^Omme on ne peut pas, dans les grillages ordi-


V^jnaires,tels qu'on les a décrits précédemment,
donner aux mines pilées un feu convenable , pour en
chaffer le fouffre & les autres parties hétérogènes , on
a invente des Fourneaux qu on nomme Fourneaux à
brûler ou calciner , afin de ne rien perdre de la mine , en
la mettant en état d'être fondue , & de rendre fon
plomb fans qu'il s'arrête dans la matte.
§. z. On n'étoit pas autrefois dans Fufage de griller
la mine de Kammelfierg dans des Fourneaux ; mais
quand on eut reconnu qu'après un plus fort grillage ,
A a ij
188 Du GRILLAGE DES MlNES, &C. Ch. XXVI.
pouffé jufqu'à quatre feux , au lieu de trois , cette mi
ne rendoit plus de plomb & plus d'argent , & que
Fayant mêlée avec de la mine lavée du haut Hart^, la
fonte qui s'en fit dans la Fonderie du Duc Julien ,
n'avoit pas rendu tout Fargent qu'elle devoit rendre
félon Fefïai : quoiqu'elle eut donné du plomb abon
damment , Schlutter jugea que ce moindre produit ne
pouvoit être attribué qu'à la mine lavée qui n'avoit
pas été rôtie 3 ou à la mine de Rammelfierg qui ne l'a-
voit pas été fuffifamment ; ainfi il fit mettre la mine
lavée du haut Hart^ dans un Fourneau , ôc après Favoir
fait aflez calciner , il fit étendre dans le même Four
neau feize quintaux de mine de Rammelfierg 3 déjà rô
tie trois fois , & Fayant fait calciner quelques jours de
fuite , la fonte de ce grillage rendit beaucoup plus de
plomb , & Fargent, plus aifément qu'elle ne faifoit au
paravant. Cette expérience faite en 171 j le détermina
à faire conftruire le Fourneau dont on a donné la def-
criptian au Chapitre V. §. z. ôc la Figure, fur A* Planche
XII. on peut y griller tout un Schicht 3 c'eft-à-dire ,
jufqu'à trente-deux quintaux à la fois de mine déjà
grillée à l'ordinaire , & qui a reçu fon troifiéme ou
quatrième feu ; ôc quoique ce grillage au Fourneau
dure ordinairement douze heures , on n'y brûle ce
pendant qu'une demie mefure de bois , ôc environ
cent fagots faits de branches de bois vert, ôc de bran-r
chages de fapin : quand même on n'y employeroic
que du bois , fa consommation n'iroit qu'à trois mer
fures,
Du GRILLAGE DES MlNES, &C. Ch. XXVI- l$9
§.3. Il eft démontre que le fort grillage n'eft pas ie grillage ré
contraire à la mine de Kammeljherg 3 mais qu'il lui ^piomMi dé
fait rendre -plus de plomb &c plus d'argent: il eft vraitr"ic Pas cetmi-
que Loehnefi^^ dans (on lnflruSlion fur les Mines 3 dit ,
page 83 , que le plomb doit le brûler dans un fort
grillage , comme dans un feu de fouffre dévorant : ce
pendant les Regiftres du bas Hart\ prouvent le con
traire ; car fî Fon examine le produit des Fonderies de
puis 1701 &c 1701 jufqu'à prefent, on y trouve une
augmentation conddérable 3 qu'on ne peut attribuer
qu'au grillage } puifqu'on le donne à prefent beaucoup
plus fort qu autrefois , à la mine de Kammeljherg dont il
eft queftion. Ce fort grillage & Faugmentation du pro
duit qui en réfulte 3 ont pour époque Fannée 1703 ,
pendant laquelle on fit conftruire un plus grand nom
bre de angars pour le fécond & troifiéme feu ; mais
comme dans les commencemens les changemens, quel-
qu'utiles qu'ils (oient , ne font pas toujours générale
ment approuvés, ilfe trouva en 1706 un ancien Offi
cier de Fonderie 3 qui prétendit qu'il n'étoit pas né^
ceflaire de griller tant de fois la mine de Kammeljherg ,
& que Fon pouvoit épargner du bois èc beaucoup d'au
tres frais 3 puifque lui-même avoit fait fondre cette
mine immédiatement après le fécond feu 3 & qu'elle
avoir rendu de bon plomb. Sa propofirion approuvée Le grillage eft
d> r^.02 1 • C 1 1 ■ r prouve néceflai-
autres Omciers de mine 3 rut écoutée \ amii on «.pour augmen-
or donna qu'il fut fait une épreuve en grand dans la •J[,JeJ'™duu
Fonderie de Madame Marie 3 mais elle réufht (i mal ,
qu'il en réfulta une grande perte , & Fon continua de
Ï^O Du GRILLAGE DES MlNES, &C Ch. XXVI.
griller cette mine jufqu'à trois & quatre fois. On doit
conclure de ce détail , que c'eft le bon grillage qui
augmente le produit du plomb & de Fargent d'une
mine. #t
§. 4. A Pégard du grillage par le Fourneau , Pufagc
ordinaire eft de mettre chaque fois un Schkht entier
de mine dans ce Fourneau 3 c'eft-à-dire , trente-deux
quintaux , à cent vingt-trois livres le quintal 3 après
l'avoir grillée à l'ordinaire trois fois auparavant , puis
l'avoir caffée en petits morceaux \ cela s'exécute le ma
tin & le foir à huit heures. On jette dans le Fourneau
une demie mefure de bois en deux fois : on remue la
mine une fois par heure 3 ayant foin de l'entretenir
dans une grande chaleur ; mais dès qu'on a commencé
à remuer l'a mine , & qu'on la trouve fuffifamment
échauffée 3 on n'entretient plus le feu qu'avec des fa
gots , ayant foin de fermer les portes du Fourneau &
de la chauffe 3 aufïi-tôt qu'on a agité la mine avec le
rable de fer 3 & qu'on a mis le fagot , afin qu'il ne
fe perde pas de flamme inutilement : on retire la mine
calcinée , le matin & le foir , & il y a deux hommes
pour le fervice do ce Fourneau : ils fe relèvent de dou
ze heures en douze heures -, mais ils s'aident mutuelle
ment pour charger le minéral au bout des douze heu
res. On a vu ci-devant la confommation de bois & de
fagots qui fe fait dans ce Fourneau. Voyez la manière
• de fondre cette mine, au Chapitre XL. §. 9.
Du Grillage de la Miné } &c. Ch. XXVII. 191
ç ——---—-■- 1 <i 1 — nT'îrt

CHAPITRE XXVII.
<Du Grillage de la mine filée du haut Harix^
dans le Fourneaufermé.
§. 1. T A mine du haut Hart^ efl: de deux fortes, fça-
JLivoir, la mine triée que l'on pile à fec ; c'en:
une mine pure : fautre eft pilée à l'eau y Ôc lavée. On
met fur un grillage du bon y du médiocre , & du pau
vre de la première forte : quant à la féconde , qui eft
pilée à l'eau , on en met de plufieurs qualités > com
me idu groilier, de la mine à queue 3 de la mine du Cal-
nabas 3 de la mine lavée fur table y de celle lavée au
crible ; ôc comme on travaille chaque forte en particu
lier , on prend ordinairement trois ou quatre de ces
différentes madères pour un grillage.
§. r. A Claufthal 3 à Altenau ôc à Andreasberg 3 la mi
ne fe pefe au poids de quintal de cent vingt trois li
vres ; à JVildenmann 3 Lanthenthal ôc Schulemberg 3 on ne
compte que cent dix-huit livres pour le quintal 3 le
tout poids de Cologne. Les grillages des mines triées
ôc pilées de Claufthal ôc d Andreasberg , font de foixante-
huit quintaux pour deux grillagés .; ceux à'Altenau ne
(ont cjue de foixante-quatre. Dans toutes ces Fonde
ries on rabat trois quintaux fur deux grillages pour le
déchet & l'humidité ; enfuite on ajoute un quintal
avec la plume : ôc comme on met différentes fortes de
192. Du Grillage de la Mine , &c. Ch. XXVIL
mine dans ces deux grillages 3 ce quintal ajouté par la
plume dans la Fonderie de Clauflhd 3 eft fuppofé de la
mine la plus pauvre ; au lieu qu'à la Fonderie d'Mte-
nxu il Feil de la plus riche. A la Fonderie de Wildcn-
mann les deux grillages font de foixante-fix quintaux
de mine trie'e & pilee : à celle de Lauthenthal & de
Schulemberg 3 ces deux grillages font de foixante- douze
quintaux 3 & Fon ne rabat rien. Les deux grillages de
mine pilée à l'eau & lavée , font aux Fonderies de
Claujlhal 3 Andreasberg &c Altenau , de foixante-fix quin
taux , ôc l'on en rabat fix pour l'humidité. A la Fon
derie de Chufthd on ajoute avec la plume un quintal
de la mine la plus pauvre , & à celle à'Altenau deux
quintaux 3 fçavoir , un de la meilleure mine 3 & un-de
la plus mauvaife 3 & cela pareeque cette mine venant
de loin fe féche davantage ; ainfi on ne compte dans
le premier endroit que les foixante-un quintaux pour
deux grillages 3 & dans le dernier foixante-deux. On
pefe à la Fonderie de Wildenmann foixante-fix quintaux
de la mine lavée pour deux grillages 3 & l'on en rabat
fix quintaux pour l'humidité. A celle de Lauthenthal 8c
de Schulemberg 3 les deux grillages de mine pilée à l'eau
& lavée , font de foixante-douze quintaux _, dont on
rabat aulïi fix quintaux pour l'humidité ; mais lorf-
qu'on tranfporte de la* mine du vallon près de Zeller-
feldt à la Fonderie de Schulemberg 3 on prend foixarite-
fix quintaux , foit de mine triée & pilée , foit de mine
lavée , & l'on ne rabat que quatre quintaux pour l'hu
midité par rapport au long trajet, qui donne le temps
à la
Du Grillage de la Mine, &c. Ch. XXVIÏ. 195
à la mine de fe fécher en partie.
§.5. Il arrive quelquefois que l'on manque de mi*
ne , de forte qu'on ne peut remplir les grillages qu'au
tiers , à la moitié , aux deux tiers ou aux trois quarts -,
ou bien , l'on eit obligé de faire entrer dans les deux;
grillages trois ou quatre fortes de mines. En ce cas ,
on rabat l'humidité à proportion de la quantité de
mine que l'on délivre , ce qui fert aufîi de règle pour
les eiTais ; ainfi fi l'on délivre à Claufthd > Andreasberg
& Altenau , depuis fix jufqu'à quatorze quintaux y on
rabat un quintal-, depuis quinze jufqu'à vingt-quatre
quintaux 3 deux^ depuis vingt-cinq jufqu'à trente-qua
tre , trois i depuis trente-cinq jufqu'à quarante-quatre,
quatre -, depuis quarante-cinq juîqu'à cinquante-qua
tre , cinq ; enfin , depuis cinquante -cinq jufqu'à foi-
xante-fix, iix : on fuit le même ufage aux Fonderies de
Wtldenmann 3 de Lauthenthal &c de Schulemberg s mais
cette première diminution fe fait par-tout fur là mine
commune & grofliere , lavée dans un premier lavoir ,
lorfqu'on la fait entrer dans les deux grillages ; le refte
de cette diminution , pour aller jufqu'à quatre & fix
quintaux , fe rabat de la mine lavée lur les tables ; ce
pendant comme on apporte ordinairement des miniè
res de Schulemberg beaucoup de mines groffieres à la
Fonderie , on en rabat quelquefois deux quintaux s Ôc
les trois autres fe rabattent de la mine lavée fur les ta
bles.
§. 4. Depuis qu'on a conftruit près des Fonderies
des bocards pour les mines triées , on y tranfporte la
Tome IL B b

*
i94 Du Grillage de la Mine > &c. Ch. XXVII.
mine pour l'y piler ; enluite on la charie vers le Four
neau a griller > dans des cailTes montées fur un cha
riot : lorfqu'elles arrivent il y a fouvent beaucoup,
d'eau deflus } pareeque la mine s'eft affaifTée pendant
le.tranlport. On verle cette eau avant que de déchar
ger la mine , & l'on peie cette mine après Favoir tirée
des cailles. Si cette mine tient peu de plomb , elle s'af-
faiffe très- peu dans la calife i ainfi les Fonderies peu
vent perdre fur le poids , fur-tout quand la mine eft
riche en argent ; la même chofe peut arriver en hyver,
pareeque la mine mouillée gelé ailément , & ne peut
alors s'affaiffer , donc il arrive beaucoup d'eau à la
Fonderie 3 & on la pefe à la place de la véritable mi
ne ; cependant on ne rabat pas plus pour l'humidité
en hyver qu'en été , & il faut que les Fonderies four-
nifTent fargent trouvé par Feflai.
§. 5. Ainfi lorfqu'on reçoit des mines lavées , où
l'on a lieu de foupçonner qu'il refte plus d'humidité
qu'à l'ordinaire , les Officiers des Fonderies , au lieu
de fe plaindre , feroient beaucoup mieux d'efTayer la
mine , par rapport à l'humidité , ce qui fe fait aifé»
ment de la manière qui fuit.
On prend de chaque efpece de mine autant de gros
que l'on veut pefer de quintaux pour les deux grilla
ges : on féehe la mine fur une plaque de fer bien net
te ■ ) enfuite on la repefe , & par la différence du poids,
on connoît fi la mine contient plus d'eau que ce qu'on
rabat ordinairement pour Fhumidité.
$, (5, Lorfqu'on livre la mine à la Fonderie 3 elle eft
Du Grillage de la MinEj&c. Ch. XXVII. 195
pefée / comme on l'a déjà dit 3 par deux hommes qui
ont prêté ferment •■, l'un eft un pefeur juré , qui prend
l'intérêt de celui qui vend la mine ; l'autre eft un
Maître Gnlleur , qui prend l'intérêt de la Fonderie.
Ce dernier lève de chaque quintal de mine que fon pé-
fe , une petite quantité pour l'effai ; il les met toutes
enfemble dans une grande febille de bois , jufqu'à ce
qu'il y ait de la mine pefée pour deux grillages. On
mêle bien enfuite ce qu'il a mis dans la febille -, s'il y
en a trop > on le réduit à une moindre quantité : on
le féche , & on le mer dans des boëtes que le Maître
Grilleur cachette. Aux environs de Clauftbal } après
avoir pris les elfais de deux grillages y on en remplit
quatre boëtes : il y en a une pour la Fonderie 3 dont
l'Ecrivain ou Teneur de Livres faits des efTais ; on
envoyé la féconde boëte à TEfTayeur de mine -, la troi-
fiéme, au contre-EfTayeur; la quatrième demeure dans
la Fonderie pour y avoir recours, fi l'on s'appercevoit
de quelque erreur. Lorfqu'en examinant les rapports
îles trois efTais 3 on les trouve les mêmes dans le pro
duit , on les admet comme bons & valables -, mais fi
dans ces trois rapports il n'y en a aucun qui foit fem-
blable à l'autre , on fait une addition de leurs pro
duits •, on divife le montant par trois , & le quotient
donne le produit décifif : fi cependant la différence efï
trop grande , on recommence les efTais. Daiis le terri
toire de Zellerfeldt on ne remplit que trois boëtes , dont
l'une refte dans la Fonderie pour leTeneur de Livres,
l'autre pour l'EfTayeur'de mines ; on garde la troifiéme
Bbij
196 Du Grillage de la Mine, &c. Ch. XXVIL
en cas d'erreur , ou d'une différence trop confiderar
ble entre les deux premiers effais : dans ce dernier cas
les deux EfTayeurs s'aifemblent pour effayer de nou
veau y ou bien Tefïài le fait par un tiers ; & ce dernier
eflài eft celui fur lequel on calcule enfuite le produit
des grillages. ; ' ; . , , ., ■ . , - -
§: 7. Le produit des mines pilées du haut Hart^ va
rie, beaucoup -, car il y en a dont le quintal ne tient
qu'une demi once d'argent , d'autres qui en tiennent
jufqu'à un marc j enforte^que deux, grillages peuvent
rendre depuis cinq jufqu'à cinquante marcs de ce mé
tal. Il y en a encore de plus riches a Andreasberg 3 par?
cequ'on y trouve de l'argent vierge , & de la minera
argenti mbra , dont les grillages fourniiTent beaucoup
4'argent y enfin , il y en a d'autres qui , fans argent
vierge ni mine d'argent rouge, fourniiTent dans deux
grillages julqu'à quatre-vingt fix marcs d'argent.
§. 8. Quand on pefe les grillages devant le Four
neau à griller , 011 partage ordinairement les deux
grimages en cinq ou fix parties, que Ton fait , autant
qu'il eft poflible , égales en bonté avant que de les
porter au Fourneau. La raifon pour laquelle on ne par
tage pas toujours ces deux grillages en parties égales ,
eft que jorfque les mines font riches en plomb , elles
ne font pas beai^çoup; de volume -, ainil on peut facÏ5
jement des porter au Fourneau , divifées en cinq par
ties ; & épargner par-là le bois & les frais des Ouvriers
pour une (ixiéme partie >, mais dès que les mines ne
jfcnt pas .abondantes, en pjbnib y qu'elles font remplies
■■ , <■
Du Grillage de la mine > Sec. Ch. XXVH. 197
àt pyrites & de cobolc 3 comme le font prefque toutes
celles &Andreasberg s elles ne font pas u peintes , &
d'ailleurs elles demandent plus de feû \ c'eft pour cela
qu'il faut les partager en fix parties , pour diminuer le
volume de chacune des parties 3 &c empêcher qu'il y
en ait une trop grande épaiffeur dans le Fourneau ; ce
la fait aufïi qu'elles fe grillent beaucoup mieux.
§. 9. On employé ordinairement dans le haut Hart^
douze heures pour chacune des parties dans lefquelles
les grillages ont été partagés -, fçavoir , trois heures de
puis le moment qu'on a mis la mine au Fourneau jus
qu'à ce qu'il faille la remuer \ (lx autres heures jufqu'à
ce qu'on la forte 3 ôc trois heures depuis qu'elle efl:
fortie jufqu'à ce qu'on y mette d'autre mine 3 ce qui
fait en tout douze -heures ; ainfi fi l'on ne divife la
matière de deux grillages qu'en cinq parties, il leur faut
foixante heures pour être grillées > ôç foixante & douze
fï elle eft divifée en fix parties. Ce grillage fe fait dans
le Fourneau repréfenté lur la Planche XIV.
§. 10. Quand on veut fe 1ervir d'un Fourneau à
griller nouvellement fait , il faut le fécher peu à peu
en y faifant un petit feu , ôc enfuite le chauffer vive
ment : ce font les Maîtres Grilleurs qui chauffent un
Fourneau neuf 3 fans que cela interrompe leurs autres
travaux de la journée. Ce premier chauffage dure or
dinairement foixante ôc douze heures t quand le foyer
ôc le dôme font neufs ; maisfi on n'y a refait qu'un
foyer feulement y un feu de quarante-huit à foixante
heures doit moire } alors on peut remplir le Fourneau

y
198 Du Grillage de la Mine, &c. Ch. XXVII.
de mine. Si l'on n'eft point obligé de biffer éteindre
le feu du Fourneau à griller, il expédie beaucoup plus^
& s'il étoit pofïible que le foyer durât plufieurs an
nées fans avoir befoin de réparations , on bruleroit
beaucoup moins de bois pour le chauffer -, mais il ne
peut fervir tout au plus que dix-huit mois ou deux ans
fans interruption ; ainfi dans l'établiffement nouveau
d'une exploitation , il eft à propos d'attendre qu'on
ait raffemblé beaucoup de minéral avant que de chauf
fer un Fourneau de grillage , afin qu'il puifle travail
ler long-temps fans refroidir , & ce d'autant plus que
les premiers grillages que Fon fait dans un Fourneau
neuf réuiliffent rarement, pareequ'il faut que le«foyeir
de ce Fourneau foit vivement échauffé pour fournir de
lui-même de la chaleur au grillage.
§. 1 r. Quand un Fourneau neuf à griller eft échauf
fé comme il faut , ou que l'on veut remettre de la
mine dans un vieux , cela fe fait , félon l'ufage du
haut Hartz , à une heure après midi : on égalife bien
par-deffus la première partie du minéral , qu'on a
mife à part pour deux grillages , lorfqu'elle eft éten
due fur le foyer. Ci-devant on jettoit du bois dans
l'ouverture de la chauffe j & quand il étoit brûlé , on
en mettoit encore quelques morceaux ; mais à préfenr
qu'il y a des portes de fer devant les ouvertures de
tous les Fourneaux à griller , on met quelques mor
ceaux de bois quand le Fourneau eft chargé , & l'on
ferme la porte. La mine refte dans ce feu clos pendant
quatre heures j c'eft ce qu'on nomme la griller s enfuite
Du Grillage de la Mine, &c. Ch. XXVII. i$*
on ouvre cette porte , on fait plus de feu , & on laille
la porte toujours ouverte. Si la mine paroît couverte
d'une croûte épaifTe d'un doigt ou environ , & qu'en
rompant cette croûte elle foit rouge , la mine eft afTez
grillée : fi cela n'elt pas , le foyer ou l'aire du Four
neau n'a pas eu allez de chaleur, fur- tout vers la di
xième heure où la mine doit fe mettre en une efpece
de fullon , à moins qu'elle ne foit du nombre de cel
les qu'on nomme rebelles à la fonte. Quoiqu'il en
foit , il faut la remuer toutes les heures & même plus
fouvent : à la dixième heure on fait un grand feu : on
retire la première partie des grillages qu'on a mife au
Fourneau , en continuant de chaufter le foyer pendant
ïheure qu'on employé à en ôter tout le minéral ; il eft
alors onze heures. On laifle le Fourneau vuide jufqu'à
une heure après minuit, qu'on y remet Une autre portion
des deux grillages : à dix heures du matin on en retire
cette féconde portion , & l'on continue de mettre les
autres , pour les calcine^ comme les deux précédentes.
$. 12.. Le feu fe fait avec du bois dans ce Fourneau,
fî ce n'eft au commencement qu'on y met quelques
fagots pour Fallumer plus vite j mais comme on em
ployé à préfent les fagots pour Faffinage , fur- tout à
C/auJlbal & à Altenau 3 on ne fe fert plus que de bois
pour le grillage de la mine , & Fon en confomme qua
torze mefures pour deux grillages divifés en cinq par
ties. A Saint-Andreasberg on en brûle vingt meuires ,
parecque les deux grillages font divifés en (ix parties.
Toute Fattention qu'on doit avoir pour bien conduire '

<
ioo Du Grillage de la Mine, &c. Ch. XXVII.
les grillages j confiite à entretenir le feu également , à
ue pas mettre trop de bois à la fois , pour négliger en-
fuite le Fourneau , & lai (Ter éteindre le feu. Il faut
aufïi remuer & retourner fréquemment le minéral ; car
quand il n'eft pas calciné également , il rend beau
coup de matte y ce qui diminue la quantité du plomb
qu'il doit rendre dans la fonte : on parlera de cette
fonte au Chapitre XLIII.

CHAPITRE XXVIII.
*Du Grillage de la mine filée du haut HartZj dans
un Fourneau a griller a lafaçon du bas HartZj.
§. i./^Omme on a ajouté pendant quelques années
V_jde la mine du haut Hart^ à celle de Rammel-
fierg 3 pour les fondre enfemble dans la Fonderie du
Duc Julien s on a fait venir la première de Lautentbaly
& on fa grillée dans le Fourneau s qui eft repréfenté
fur la Planche XI IL pendant dix-huit heures, pour qu'
elle convînt mieux à la fonte du bas Hartz 3 & qu'elle
rendît moins de matte.
§. z. La manière de pefer cette mine 3 le déchet
qu'on rabat pour Fhumidité & les efTais , font les mê
mes qu'au haut Hart^. On partage en cinq parties les
deux grillages , & Fon n'en porte qu'une feule à cha
que fois dans le Fourneau pour la griller ; & comme
cette mine y refte dix-huit heures , les Ouvriers qui
conduifent
Du GRILLAGE DE LAMiNE PILe'e. Ch. XXVIII. 101
eonduifent ce grillage y employait trois quarts du
jour, & un quart de la nuit } ainfï les heures ne re
viennent pas au même temps comme dans les grillages
du haut Hartz , dont il a été parlé au Chapitre pré
cédent.
§. 5. La manière de travailler dans ce Fourneau a
été imaginée pour épargner le bois } & il ne s'y perd
point de chaleur : on y peut faire le feu uniquement
avec des fagots , qu'on n'employoit pas auparavant
aux grillages. Après qu'on a mis la mine dans ce Four
neau le lundi à une heure 3 & qu'on en a rendu Té-
paifïeur égale fur le foyer 3 on ferme la porte qui eft
devant le grand trou à feu ■ , & comme la chauffe eft à
côté 3 on y jette des fagots &; du bois pour faire rou
gir la mine -, lorfque ce premier bois eft brûlé y on en
remet d'autre en petite quantité , ce qui fuffit jufqu'à
quatre heures ; ce premier feu fert à griller la mine. A
quatre heures on ouvre la porte du Fourneau 3 & on
la remue : Il elle a fait croûte par-deffus , &• fi le dek-
fous de cette croûte eft rouge s c'eft une marque qu'
elle fe calcine bien. On referme alors le Fourneau, &
Fon augmente le feu , foit avec des fagots ou avec du
bois , n'en mettant pas cependant trop à la fois , par-
ceque la flamme en deviendroit noire & fuligineufe ;
ainfï il eft beaucoup mieux de le mettre peu a peu &:
fouvent , afin que la mine s'entretienne rouge jufqu'au
temps qu'on la retire. Pour voir en quel état fe trouve
ce grillage , il y a au milieu de la grande porte du
Fourneau une petite ouverture , par laquelle on peut
Tome 11. C c
101 Du GRILLAGE DE LA MlNE PILe'e. Ch. XXVIIÎ.
obfcrver ce qui s'y palTe , & Fon referme cette ouver
ture après qu'on y a regarde'. Il faut remuer la mine
au moins une fois toutes les heures ■ > pour cela on ou
vre la grande porte du Fourneau 3 & on la referme
auiïi-tôt- Il y a auffi vis-à-vis le côté où Fon fait le feu
quatre petits trous qui font à {ix pouces au-defTus du
foyer 3 6c par lefquels la flamme fort après avoir pa(Té
par-defïus la mine 3 fans s'élever plus haut que ces fix
#jrous vers lefquels elle Ce dirige. Cette flamme en for
çant des trous 3 entre dans un tuyau qui a fa fortie au
près du grand trou à feu 3 ôc deifous la même plaque
de fer qui reçoit la fumée. On retire la mine grillée
& calcinée le mardi à fept heures du matin ; on en re
met une autre des cinq parties. On confomme pour
ces cinq parties , compofant deux grillages , quinze à
feize melures de bois , ou feulement une mefure & de
mie de bois , avec trois cens quatre-vingt dix fagots. Il
faut gouverner le feu fuivant la qualité de la mine : fi
elle efl: fufible il ne faut pas faire un trop grand feu ;
fi elle ne Feft pas 3 il faut qu'il foit très-fort. On aura
(oin de Fentretenir toujours égal 3 & de remuer fou-
vent le minéral : le grillage que Fon vient de décrire a
été fondu avec la mine de Rammelfberg , dans le
fourneau repréfenté fur la Planche XX.
DU GRILLAGE AU FOURNEAU, &C. Ch. XXIX- 10$

CHAPITRE XXIX.
Œ)u Grillage dans un Fourneau dont on fifèr'voit
autrefois a Johann-Georgen-Stadt en SaxLJ

S. i. & i./AUoiciu'oN ne fe ferve plus depuis trente


V^ans de ce Fourneau dans aucun endroit
de la Saxe , Schluttcr , pour ne rien omettre , a jugé
à propos d'en donner une courte defeription. Ce Four
neau étoit conftruit auprès de la minière _, & c'étoit le
Maître mineur qui conduifoit le grillage. On cafloit le
minéral en petits morceaux , & comme il étoit charge
de beaucoup d'antimoine 3 on fe regloit fur la quan
tité qu'il en contenoit. Quand par le trop d'antimoine
la mine fe trouvoit fort mauvaiiè., on n'en mettoit que
quatre quintaux dans le Fourneau 3 au lieu que la
charge ordinaire étoit de cinq à {ïx quintaux ; & fur
chaque quintal on ajoutoit douze & demi pour cent
de ferraille , qui devoit être confumée par Pantimoine
ou par fon fourfre. On grilloir la mine pendant douze
ôc quelquefois pendant feize heures ; & la marque
qu'elle étoit furnfamment grillée , étoit lorfqu'elle ne
fumoit plus : après qu'elle étoit grillée 3 on en remet-
toit d'autre. Le feu le faifoit dans ce Fourneau avec des
bûches entières.

Ccij
104 Du GRILLAGE DE LA MINE,&C. Ctf. XXX.

CHAPITRE XXX.
*Du Grillage de la mine de cuivre ,& delà matte
qui vient de fafonte } au bas Hartz,.

§. i. T Es mines de cuivre du bas Hartz font jaunes,


l__^compacT:es & dures , à peu près comme les
mines de plomb &c d'argent dont il eft parlé au Cha
pitre XXI, §. i. & comme la plus grande partie de
cette mine de cuivre fe trouve mêlée avec de la mine
de plomb , elle en tient beaucoup -, comme il y a
aufïi beaucoup de fouffre dans ces mines , il leur faut
un fort grillage , ainfi qu'à la matte qui en provient.
On fait ce grillage comme celui de la mine de plomb
& d'argent , & on lui donne également trois feux com
me à cette dernière -, ce qui a été décrit au Chapitre
XXI. & repréfenté fur la Planche FIL e* FUI. On bru-
îe autant de bois dans Pun que dans Fautre } toute la
différence pft que le fécond feu du grillage de la mine
de cuivre fe fait fur une place découverte ou fans an»
gar , 6c qu'il n'y a que le troifiéme feu qui fe faffe à
couvert,
§. %. Après que ces mines ont été grillées trois fois,
on lçs fond dans un Fourneau courbe , tel qu'il eft re
préfenté fur la Planche XXVh elles y rendent la mattc
crue \ on amalfe cette matte pendant trois mois pour
çn faire deux grillages ■-, fçavoir ^ la matte des fepç prç*
Du GRILLAGE DE LA MINE , &C. Ch. XXX. IOJ
micres fcmaines pour un grillage 3 & celle des fîx
dernières femaines pour l'autre : on en fait entrer en
viron cent trente quintaux dans ce grillage , que Fon
nomme grillage crud : ce grillage eft enfermé dans un
angar qui ferme à la clef , & dans lequel il y a des
places murées ; ce qui eft repréfenté fur la Planche X >
lettre A. On range le bois dans ces places , à la hau
teur de deux bûches couchées , ce qui fait environ
huit à neuf pouces ; & à mefure que la matte arrive de
la fonte _, on la cafte & on la porte fur le grillage , de
femaine en femaine : quand on y a raftemblé la matte
de fix à fept femaines , on met le feu au bois. Lorf-
que ce grillage n'eft plus en feu 3 on met du bois dans
une autre place murée , & Fon arrange deffus la matte
retirée du premier grillage _, que l'on cafte de nou
veau avec ce qui s'eft trouvé adhérent au fol , afin que
le feu puiftè mieux la griller : ce grillage doit être tour
né ou changé de place quatre fois pour qu'il reçoive
quatre feux ■ , & comme en caftant le minerai il fe fait
de la pouftiere , on met d'abord cette pouflîere fur le
fol y & le bois par-deftus. On confomme pour ces
quatre feux douze mefures de bois pendant l'efpace de
vingt-quatre heures ■> enfuite on fond la matte , ainfi
grillée , par le Fourneau courbe ; ( voyez le Chapitre
IJCXXVI ) & Pon en tire la< matte moyenne , & uri
peu de cuivre noir 3 que Fon nomme cuivre de grillage
crud.
$. 5. Cette matte moyenne peut monter jufqu'à foL-
zanterfix brouettée? d'un quintal & demi chacune , &
106 Du GRILLAGE DE LA MINE 3 &C. Ch. XXX.
toute cette quantité fe grille en un grillage mure' fous
un angar fermant à clef 3 fuivant la quatrième façon
de griller du Chapitre IV. §. i. on Fappelle Grillage de
cuivre 3 & on lui donne fix feux : il faut avoir foin de
cafTer cette matte moyenne à chaque fois que Fon tour
ne ou chance le grillage d'un feu à Fautre , & de met-
tre immédiatement fur le bois & dans le milieu du bû
cher ce qui n'a pas été affez grillé dans le précédent
feu. On brûle pour ces fix feux , qui durent quinze
jours , jufqu'à huit mefures de bois ; enfuite on fond
cette matte par le 'même Fourneau courbe -, la plus
grande partie coule en cuivre noir , que Fon nomme
cuivre de gn/Iage de cuivre s & la matte qui en vient en
core , fe nomme matte appauvrie.
§. 4. Cette dernière matte ell ainfi appellée , parce-
que le cuivre qu'elle rend contient peu d'argent ; ce
pendant on le pefe à la liquation , dont il fera parlé
ailleurs ; mais il vient peu de cette matte appauvrie s car
lorfqu'un Fourneau travaille de fuite 3 il n'en fournit
en trois mois qu'environ dix brouettées ou quinze
quintaux. On les met enfemble fur un feul grillage ,
que Fon nomme grillage appauvri 3 & on la grille avec
du bois comme les autres. Pour empêcher que ce gril
lage rende trop de cuivre , ce qui difperferoit Fargent,
on ne lui donne que trois feux qui durent fix jours } de
pendant lefquels on confomme environ trois mefures de
bois. La fonte de cette matte appauvrie fe fait encore par
le Pourtfeau courbe , & ce qui en provient fe nomme
cuinjre pauvre : il y vient aiuli un peu de matte , que
Du GRILLAGE DE LA MINE , &C Ch. XXX. 107
les Fondeurs Allemands nomment Sfor-Stein s elle re£
femble à celle qui fe fépare du cuivre noir ordinaire.
$.5. S'il y a trop peu de cette dernière mante ra-
marfée pendant trois mois , on attend jufqu'à un an,
afin qu'il y en ait allez pour un grillage : il fe fait aufli
fous un angar dans des places murées , Se cette matte y
reçoit huit feux > pour lefquels on confomme environ
quatre mefures de bois en dix jours que dure ce gril
lage. On fond cette matte par le Fourneau ordinaire ,
repréfenté fur la Planche XXVI. Il vient encore avec le
cuivre de cette dernière fonte y un peu de matte que
Ton ne grille point à part -, mais on Fajoute au prochain
grillage de la matte précédente.
y ■'<■ * " —'

CHAPITRE XXXI.
\Du Grillage de la mine de cuivre y & de la matte
qui en provient , au haut Hart&.

#. 1. T Es mines de cuivre qu'on trouve dans le haut


I >Ha rr? 3 font jaunes > brillantes ou luifantes :
la plupart font mêlées de Kiefa, ou pyrites fulfureufes ;
airrfi il faut abfolument les griller.
§. 1. Ce qu'on en tire des minières aux environs de
CLuflhal , fe tranfporte à la Fonderie à'Altenau pour y
être fondu : il y en a de bonne 3 de médiocre 3 & dç
mauvaife , qui n'eft prefque que pyrite -, on ne les dif-
ringue ôc fépare ainfi que pour les effais j car pour h
2.08 Du GRILLAGE DE LA MINE , ÔCC. Ch. XXXI-
grillage on mêle tout enfemble s & Fon en met depuis
quatre cens jufqu'à douze cens quintaux dans un gril
lage , qui ne reçoit qu'un feul feu : il fe fait fur une
place murée & à découvert ; ce qui eft de laTeconde
des manières de griller dont on a parle , Chapitre IV.
§. i. voyez aufli la Planche X. lettre B. Lorfque la mi
ne eft bien triée , on n'employé pour le grillage de
quatre cens quintaux y que dix à douze melures de
bois. On arrange le bois à la hauteur de deux bûches
couchées Pune lur Fautre \ on place deflus la matière >
comme elle vient de la minière, c'eft-à-dire } en mor
ceaux gros comme le poing ; on en met quatre pieds
de hauteur , & Fon ne fepare pas le gros d'avec le
menu , à moins qu'il n'y eut trop de ce dernier \ car
dans ce cas on Farrange autour du plus gros. On mec
le feu au grillage , & il y eft pendant trois ou quatre
femaines à s'éteindre ; lorfqu'iî eft éteint , on fépare la
mine qui eft mal grillée , & on la fait griller une fé
conde fois fur du bois qu'on arrange dans un coin de
la place. Tout étant grillé > on le tranfporte à la Fon
derie , où on le fond dans un Fourneau courbe : ce
Fourneau eft repréfenté fur la Planche XXVII. De cette
fonte on retire de la matte crue , dont on a rapporté
tout le travail au Chapitre LXXXVIII.
§. 5. La matte crue de la fonte précédente fe grille
félon la féconde façon du Chapitre IV. §. 1. fous un
angar, èc fur une place entourée de murs : ce grillage
fè trouve fur U Planche X. lettre C : on met jufqu à
cent quintaux de cette matte dans un grillage , où ion
brûle
Du GRILLAGE DE LA MINE > &C Ch. XXXI. Z0£
brûle pour chaque feu deux mefures de bois , & on
lui donne jufqu'à cinq & fix feux j félon qu'elle eft.
plus ou moins fulfureuie : à chaque feu on la change
d'une place fur une autre ; mais deux places fufîifent
pour cela. On laifle ouvert le foupirail qui eft au mur
du fond , jufqu'à ce que le feu brûle bien -, alors on le
bouche avec une brique , afin que la flamme patte à
travers le grillage : cette matte étant fuffifamment gril
lée y on la fond dans le Fourneau qui a fervi à la fon
te de la mine \ & de cent quintaux il vient huit à%x
quintaux de cuivre noir, & quarante à cinquante quin
taux de matte moyenne. Cette fonte eft décrite au Cha
pitre LXXXVIIL
§. 4. On met foixante à foixante-dix quintaux de
matte moyenne , dans une place murée fous un angar ;
on Fy grille cinq à fix fois, & pour chaque feu on
confomme environ cinq mefures & demi de bois :
étant grillée on la fond dans le même Fourneau qui
a fervi pour la précédente : elle rend à peu près la
moitié de fon poids en cuivre noir 3 & un quart ou un
tiers au plus de matte {impie 3 nommée Spor-Stein.
§. j. Le Spor-Stein fe grille aufli fept à huit fois en
place murée & couverte \ ôc lorfque cette matte a reçu
tous les feux , on la fond par le même Fourneau.
Comme la plus grande partie de ce Spor-Stein fe
fond en cuivre noir, le peu de matte qui s'en fépare fe
con(èrve jufqu'à ce qu'il y en ait une quantité fuffi-
fante. Voyez comment on fait cette fonte au Chapitre
LXXXVIIL
Tome IL Dd
2. IO Du GRILLAGE DE LA MINE , &C. Ch. XXXI.
§. 6. Les mines de cuivre qui fc fondent à la Fon
derie de Lautbenthd3 viennent de Wildenmann, de Hufiçs-
cbentbal 3 de Bockj^wicjc &c de Lautbentbal même ; on les
grille fur une place découverte , où Fon range du bois
à la hauteur d'un pied &c demi , & par-defïus de la
matte à la hauteur de quatre pieds ou environ : il y en
a quelquefois jufqu'à deux cent quintaux , de même
jufqu'à cinq cent dans un grillage qui brûle pendant
quatre , cinq ôc flx femaines : aufli-tôt que ce premier
grtflage eft éteint , on fépare la mine qui étoit deffus ,
ôc on la grille à part une féconde fois ; enfuite on por
te le tout à la Fonderie pour en faire la fonte qui rend
de la matte crue. Cette fonte eft décrite au Chapitre
LXXXIX.
§. 7. On met environ cent quintaux de matte crue
dans un grillage qui fe fait en place murée , & fous
un angar : le bois y eft à la hauteur d'un pied trois
pouces ou à peu près : après Favoir grillée quatre ou
cinq fois , on la rond dans le Fourneau ordinaire \ elle
y rend quelque petite quantité de cuivre noir , qu'on
nomme culots 3 & environ quarante quintaux de matte
moyenne. Voyez fur cette fonte le Chapitre LXXXIX.
$. 8. Cette matte moyenne fe grille comme la mat
te crue , & quand elle a reçue huit feux , on la fond
dans le Fourneau qui a iervi pour la matte crue. La
plus grande partie fe fond en cuivre noir fans donner
beaucoup de matte ; on la garde lorfqu'il n'y en a
que fîx quintaux jufqu'à ce qu'il y en ait davantage.
§. 9. Mais fi de la fonte du §. précédent, il vient
Du GRILLAGE DE LA MINE, &C. Ch. XXXI. Zl i
plus de fix quintaux de matte > on la grille à cinq feux :
on brûle pour le grillage de cent quintaux de mine ,
& pour celui de la matte qui en vient 3 dix à douze
mefures de bois.
§. 10. On tire de, Lutterberg trois fortes de mine s
fçavoir, de la mine triée , de la mine médiocre , & de
la mine groflïere ; cette dernière fe divife encore en
mine commune blanche 3 &c mine commune rouge.
On ne grille ces mines qu'une feule fois } félon la qua
trième façon du Chapitre IV. §. i. On arrange douze
fagots fur le terrain d'une place murée ; on met fur
ces fagots une demie mefure de bois de hêtre \ enfuite
on y arrange la mine triée & la mine médiocre mê
lées enfemble , & la commune blanche & rouge par-
deflus : on en met cent quintaux fur un grillade. On
fait devant la place où Fon grille une muraille féche y
dans le milieu de laquelle on laiffe vers le bas un trou
quarré pour mettre le feu ; & à mefure que Fon porte
la mine fur le bois , on jette entr'elle & la muraille fé-
che , du pouflier de charbon , qui aide à entretenir le
feu du grillage par-devant. Quand la mine eft bonne
& fulfureufe , ce grillage brûle pendant quatre jours ;
auftï-tôt qu'il eft éteint on porte la mine à la Fonde
rie , pour la fondre dans le Fourneau qui eft reprélen-
té fur la Planche XXIII. Le travail de cette fonte eft
décrit au Chapitre XC.
J. ii- Le grillage de la mine crue fe fait aufti fui-
vant la quatrième façon de griller du Chapitre IV.
$. i . c'eft-à-dire , dans des places murées , & fous des
Dd ij
2. 1 1 Du GRILLAGE DE LA MINE s &C Ch. XXXI.
angars ; on y met depuis cent jufqu'à cent cinquante
quintaux de matte pour un feul grillage > & on lui
donne fept feux -, chaque feu eft de treize fagots , &
d'un quart de mefure de bois de hêtre. La matte étant
arrangée, on fait par-devant une muraille feche com
me dans le §. précédent, & Fony met le feu qui brûle
pendant trois à quatre jours ; quand il eft éteint , on
porte la mine dans une autre place , où Fon met d'a^
bord la matte qui n'a pas été bien grillée , &c le refte
par-deffus : on y employé la mpme .quantité d,e bois &
de fagots qu'au premier feu ; mais au .quatrième feu ,
on met vingt-quatre fagots , & trois quarts de mefure
de bois. On caflè exactement la matte 3 on mouille la
plus menue avec fuffifa.nte quantité d'eau } &: après
Favoir étendue fur ce qui eft refté plus gros , on la bat
avec un large morceau de bois , ann qu'elle ferve à. le
couvrir de trois doigts d'épaiffeur ou environ : on y
fait enfuite des trous avec un pic > pour donner de Fair
au feu : -on couvre de même les trois derniers feux ,
mais on augmente la quantité du bois ; pour le fixié-
mc feu y d'une mefure & demi -y fy. pour le feptiéme 3
de deux mefures 3 fans compter les vingt-quatre fagots
qu'on y met toujours. Quand la matte a eu {es fept
reux , on la fond par le même Fourneau qui a fervi À
fondre la mine : jl en fort du cuivre noir & du Spor-
Stein : on mêle cette dernière matte avec la matte crue,
Le travail çle cette fonte eft décrit clans le Chapitre
XC.
Du GRILLAGE DES MINES 3 &C. Ch. XXXII. X1$

CHAPITRE XXXII,
'Du grillage des mines de cuivrefeuilletées , quon
nomme aujji mines en ardoifes-, & de leur matte3
tant du Comté de Aiansfeldt 7 que du Comté de
Kothembourg & tfllmenau,

$. i.T Es mines de cuivre écaillcufes , qu'on tire


jLrfdes minières du Comté de Mansfeldt 3 ne fe
grillent qu'une feule fois 3 & ce, fuivant la première fa
çon du Chapitre IV. $. i. c'eft à-dire , fur une place
découverte qui eft devant la Fonderie 3 où Fon met des
fagots , partie couchés , partie inclinés , & par-deffus
vingt chariots de minéral , qui font environ neuf cent
foixante quintaux. Quand le feu eft éteint , on porte le
minéral à la Fonderie, & on le fond dans un haut Four
neau repréfenté fur la Tlanche XXXIX. ou dans le Four
neau à lunettes" de la Hanche XXIL Le travail de cette
fonte dont il vient de la matte crue , eft détaillé dans
les Chapitres XCIV. & XCV.
§. t. On met toute la matte crue d'une fonte entiè
re dans un même grillage , qui fe fait fur une place
murée & découverte , luivant la féconde façon de
griller du Chapitre IV. §. i. Cette place eft repréfen-
tée fur la Planche 11. lettres B & C. Après avoir arran
gé quelques fagots fur cette place , on jette du char
bon delîus i on y met enfùite de la matte , puis du
ZI4 Du GRILLAGE DES MINES, &C. Ch. XXXII.
charbon , & ainil alternativement , enforte qu'il y ait
trois lits de matte , & autant de lits de charbon. On
arrange quelques pierres devant ce grillage , de crainte
qu'il ne s'éboule : enfuite on y met le feu ; & lorfque
les fagots (ont confumés , on pafTe par un crible de
la matte menue , qu'on a confervée des grillages pré-
cédens : on la détrempe avec de Feau pour la réduire
en une efpece de pâte , & Ton en couvre tout le gril
lage encore chaud , ce qui forme un enduit fi dur ,
qu'il n'y a ni pluie ni fumée qui puhTe le pénétrer ;
mais afin que le relie du feu puifTe encore y brûler , il
y a dans le mur de derrière de la place un trou , par
lequel la fumée peut fortir •■, Fair pafle à travers le mur
de pierres feches qu'on a élevées devant. Ce grillage
dure une femaine fans qu'on le tourne 3 après quoi on
le porte fur une autre place après avoir caffé la matte
avec foin , & en avoir retiré le cuivre noir qui s'y
trouve quelquefois ; après Favoir changé fix fois & lui
avoir donné autant de feux , on tranfporte cette matte
à la Fonderie pour la fondre dans le même Fourneau,
où Fon a fondu la mine \ elle rend du cuivre noir , &
encore un peu de matte que Fon mêle avec de la matte
crue pour la griller. î
. §. y. A Fégard des mines en ardoifès , que Fon fond
a Kothembourg 3 on les tire de Navembour<r 3 de Koenden
& de GolbitT^y qui en font peu éloignés : la Fonderie
eft auprès de la rivière de Saule. On grille cette mine
fur une place découverte, où Fon fait un lit de bois ,
de fagots , & d'un peu de charbon ; & Fon met fur ce
Du GRILLAGE DES MINES, &C. Ch. XXXII. ZIJ
bûcher , depuis quatorze jufqu'à vingt-quatre quin
taux de minéral ^ ce grillage dure deux mois & demi
fans s'éteindre : on fond enfuite la mine dans le haut
Fourneau , repréfenté fur la Planche XL. Par cette fon
te , on a la matte crue que Fon grille enfuite comme
celle des Fonderies de Mansfeldt : le travail de cette
fonte eft décrit au Chapitre XCVI.
§. 4. On trouve dans les minières d'ilmenatt des ma- Les mines les
tieres feuilletées cuivreufes,, & une efpece de grais qui f^ p'JTnéqii-'1
tient du cuivre : le quintal des matières feuilletées rend sé" » pow peu
,, l . . qu elles tiennent
un gros d argent , ou un peu plus , & une demie livre d"argent.
de cuivre : on ne le grille qu'une feule fois , 8c à dé
couvert. Quant à l'efpece de grais cuivreux , on ne le
grille pas -, mais on le pile à fec , &c on le fond avec le
relie. Lorfqu'il s'agit de faire le grillage , on place de
diftance en diftance quelques bûches mr faire, & par-
deffus des fagots qui les croifent -, on charge enfuite
les matières a la hauteur de fix à fept pieds , & Fon
met le feu ; quand tout eft éteint, on charie la mine
à la Fonderie pour la fondre dans le haut Fourneau ,
repréfenté fur la Planche XLL
§.5. On grille la matte , qui vient de cette fonte ,
fur des places murées , couvertes , & avec du bois : on
y met jufqu'à trente quintaux de matte, à laquelle on
donne cinq feux. En changeant ce grillage du premier
au fécond feu , on paffe par le crible la menue matte
pour en couvrir le fécond grillage j après que le bois
eft confumé , on fait des trous avec un pic à la croûte
ui s'efr. formée deffus , pour donner de l'air au feu :
enaque feu dure environ fix jours.
Zl6 Du GRILLAGE DE LA MINE, &C. Ch. XXXIIL
,ii -.i ; -r-r ii.-rn—r i n É

CHAPITRE XXXIIL
*Du grillage de la mine de cuivre ,6^ de fa matte
a Breitembach.
$. i. /^\N fond dans la Fonderie de ^reitembach 3 de
V^/la Principauté de Hejfe-Darmjladt3 les mines
de cuivre qui viennent de Humbertzbaufcn & de Burft^-
bach : ces mines font triées & pures ; celle de Hum—
bert^haufen fe grille dans des places murées , & fous- un
toît ; celle de Bttt^bach fe grille à découvert ; mais aufîi
dans des places murées & près de la minière , parce-
que le bois y eft moins cher : Fune & Pautre mine ne
reçoivent qu'un feu , qui fe fait avec du bois de hêtre
& un peu de charbon : chaque grillage eft de vingt à
trente quintaux.
Grillage■■ d'une §. 2. On erille la mine pilée & lavée des mêmes
mine de cuivre i • 1 1 / . \ h
avec i» chaux vi- endroits dans une place murée & couverte , ou elle ne
ve.
reçoit aufli qu'un feu ; mais auparavant on met qua
tre brouettées de certe mine dans une caiffe , èc une
brouettée de chaux vive par-deffus ; on détrempe le
tout avec de Feau > & on les mêle jufqu'à cdnfiftence
épaiflfe -, enfuite on porte ce mélange fur le bois , au
quel on met le feu qui dure jufqu'au {ixiéme jour. La
mine fe fond comme dans celle du §. précédent t dans
un Fourneau courbe qui eft repréfenté fur la Planche.
XXVI, &c Pon a la matte de cuivre.
Dû GRILLAGE DE LA MATTE , &C. Ch. XXXIV. 1 1 7
$. 5 . Cette matte de cuivre le grille comme la mine,
dans des places murées & couvertes avec du bois èc
du charbon : on lui donne neuf feux , & à chaque fois
qu'on tourne ou change le grillage _, on le couvre
avec de la matte criblée &c mouillée , comme on Fa dit
à Farticle qui traice de la mine de Mansfîldt. Quand ce
grillage a reçu tous fes feux , ce qui demande trois fe-
maines ou un mois , on fond cette matte dans le mê
me Fourneau qui a fervi à fondre la mine , il en vient
du cuivre noir , & de la matte nommée Spor-Stein : s'il
y a beaucoup de cette matte 3 on lui donne encore fix
feux ; linon on la mêle avec de la matte de cuivre. La
fonte de cette matte eit décrite au Chapitre XCII.

CHAPITRE XXXIV.

'Du Grillage de la matte de cuivre en Hongrie^

$.1. À Neujol en Hongrie, on fond les mines dff


XjLcuivre fans les griller ; mais la matte qui çi\
vient fe grille dans des places murées & fous un toit t
félon la quatrième façon du Chapitre IV. §. i. Ces
grillages font repréfentés fur la Planche II. lettre D. Il Grillage de mar-
y a fous un grand bâtiment trente-deux de ces places^ bjf^S!0
murées, dont chacune a douze pieds de long iur fix
pieds de large : on y arrange un lit de bois de fept à
huit pouces de hauteur ; ce bois eft verd & choifi par
mi le bois dur ; il y a même des cas où on le fait trem-
Tome IL E e
2l8 Du GRILLAGE DE LA MATTE, &C. Ch. XXXIV.
per pendant fix femaines dans Feau , avant que de
l'employer pour les premiers feux. On eft dans Fopi-
nion qu'il doit être numide , parceque le mine'ral con
tenant beaucoup d'arfenic , cette matière volatile em-
porteroit trop de cuivre avec elle en s'èvaporant , fi on
la chauffe trop fort dès les premiers feux. Par-defïus le
bois humide , dont on vient de parler , on met huit
mefures de charbon de bois dur , qu'on étend le plus
également qu'il eft pofïible , & eniuite feize quintaux
de mine pauvre dont le quintal ne tient que iix livres
de cuivre ou environ : on couvre cette mine de cent
cinquante quintaux de matte , & Fon met le feu aux
quatre coins du grillage. Lorfque le feu eft éteint, on
porte la matière fur une autre place pour le fécond
feu , &c la mine pauvre qu'on avoit mife au premier
fe mêle avec la matte. Après les trois premiers feux y
on n'employé que du bois fec , que Fon arrange à la
hauteur d'un pied ou à peu près , mettant à chacun
des quatrièmes & cinquièmes feux , neuf mefures de
charbon par-defïus \ au fixième & feptième feu le lit
de bois eft de quinze à feize pouces d'èpaifleur ; on le
recouvre de dix mefures de charbon : au huitième ôc
neuvième feu 3 ce lit de bois eft de vingt à vingt-
deux pouces de hauteur , & recouvert de douze me
fures de charbon. La matte étant grillée , on la fond
dans le Fourneau rcprèfentè fur la Tlanche XXXÎ11 i
]a matte qui en provient fe nomme Ober-Lech 3 ou
matte fupérieure , on la remet avec la première dans
le grillage j on employé près de cinq femaines au
Du GRILLAGE DE LA MATTE, &C. Ch. XXXIV*. Z19
grillage de ces mattes , qui ie fait avec beaucoup de
loin & d'attention ; pareequ'on eft perfuadé que fi
Fon n'avoit pas chafle exactement toutes les mau-
vaifes matières qui Te trouvent dans cette mine , on
en tireroit de mauvais cuivre 3 ôc qu'il faudroit y ajou
ter enfuite beaucoup de plomb pour le raffiner. Le
travail de la fonte de cette matte eft rapporté au Cha
pitre XCVIII.
$. z. On fond auffi de la mine de cuivre à Chmelnit^
dans la haute Hongrie > fans la .griller y & elle donne
de la matte qui rend depuis dix - huit jufqu'à vingt-
quatre livres de cuivre par quintal ; on la grille , mi-
vant la quatrième façon du Chapitre IV. §. i. fur des
places murées qui font enfermées dans un bâtiment ,
nommé Hutte en Allemagne : il eft repréfenté fur la
Planche XL lettre D. On couvre d'abord Faire avec du
pou/fier de charbon, fur lequel on met du bois verd de
la hauteur de cinq à fix pouces, & huit paniers de
charbon par- demis , & enfin cent foixante quintaux
de matte : on lui donne trois de ces feux -, enfuite on
la grille encore cinq fois , & à chaque fois on aug
mente la quantité du bois & du charbon. La féconde
matte qui eft venue de la fonte de la première , fe
mêle avec elle pour le feptiéme & huitième feu , ainii
elle eft encore grillée deux fois : on fait au milieu du
grillage un tuyau avec trois ou quatre bûches placées
verticalement , & on le nomme le bajjînet s l'ayant
rempli de charbon > on y met le feu. On fe fert de
bois verd dans ce grillage pour empêcher que la mine
E e ij
HO DU GRILLAGE DE LA MINE, &C. Ch.. XXXV.
ne grille pas trop vice : la fonte de cette mine cil dé-
crite au Chapitre C,

CHAPITRE XXXV.

Du Grillage de la mine de cuivre ,& de la matte


qui en frottent a Falbum en Suéde,

§, i. T Es mines de cuivre que Ton trouve en Suéde,


I idans la montagne nommée K.upferberg> font
des efpeces de pyrites dont on trie les plus pures , ap-
pcllées Stahl-Ert^ , pour les griller à part. La mine de
cuivre ordinaire n'eft grillée qu'une fois dans une pla
ce murée , découverte & ovale , ayant une ouverture
par-devant : on Fa repréfentée fur la Planche X. lettres
G , H , & on peut y griller jufqu'à ûx cent quintaux
de mine. On étend fur Faire trois voitures de bois de
Pin , lequel a environ huit pieds çle long : fur ce bois
on arrange i°. la plus grofle mine , & celle qui a le
plus befoin d'être grillée -, enfuice le refte de la mine ,
îuivant fa différente grofTeur , enforte que la plus me
nue fe trouve fur le haut du grillage : quand on en
manque, on lui fubftitue du fable groflier , mais en
petite quantité, afin que la fumée puiife fortir aifé-_
ment. L'entrée de ce grillage fe ferme avec un mur de
pierres féches. S'il arrive que la mine qui fe trouve
defTus & par- devant le grillage , ne foit pas bien grilr
lée , on la fépare , & on la grille une féconde fois, ou
I
Du GRILLAGE DE LA MINE , &C. Ch. XXXV. ZZ I
bien on Fajoute à un nouveau grillage. On peut gril
ler j fuivant la grandeur des places 3 jufqu'à mil quin
taux de mine à la fois ; & ce grillage refte en feu pen
dant un mois.
§. z. On ne mêle pas le Stabl-Ert^3 ou mine triée ,
avec la mine commune -, mais on la grille dans de pe
tites places comme la matte , & on lui donne cinq
feux : on met du charbon au troifiéme feu 3 & on cou
vre le grillage avec de la mine criblée & humectée.
Quand cette mine a reçu tous fes feux, on la fond 3 ôc
Fon en retire du cuivre 3 avec un peu de matte.
§. 5 . On grille fix fois la matte crue dans de petites
places murées & couvertes 3 qui ont dix à douze pieds
de long fur trois pieds de large. Au premier feu on met
cette matte en gros morceaux & jufqu'à cent quintaux
à la fois fur un grillage -, mais on la cafTe à chaque
nouveau feu : au fixiéme 3 on y employé le charbon :
on en fait lix lits , & autant de lits de matte que Fon
couvre à la fin avec de la matte criblée & humectée.
Le grillage entier dure environ cinq femaines ; & fi
dans la fonte de cette matière il fe fait encore de la
matte, on la grille feule à cinq feux s'il y en a fumTam-
ment •■> ou bien on la mêle avec la matte crue d'un autre
grillage. Le travail de la fonte de cette matte eft dé
crit au Chapitre CIL & le Fourneau dont on fe fert
eft repréfenté fur U Planche XXX1L
xxx De la fabrication du souffre. Ch. XXXVI.

CHAPITRE XXXVI.
^De lafabrication du Souffre au bas Hartz,.
$. i. T E Souffre cruel fe puife au bas Hart\y comme
A—ion Fa rapporté au Chapitre XXI. §. -8. en
parlant des grillages de la mine de Rammeljl>erg3 d'où
on le porte à la Fabrique pour le purifier & en faire
du fouffre marchand. Purifier le iouflre , c'elt le fé-
parer de Tes impuretés 3 qui font ordinairement quel
que peu de vitriol ou de la mine menue.
§. x. On met d'abord deux quintaux & demi de
fouffre , tel qu'il vient des grillages 3 dans un chaudron
de fer encaftré dans un Fourneau de Crique ; on le
cafTe en morceaux pour les mettre Fun après Fautre
dans le chaudron 3 où on le fond avec un feu doux de
bois de fapin : il faut cinq heures de temps pour cette
première opération ; mais la féconde n'en exige que
trois ou environ. Le vitriol & la mine qui fe trouvent
encore dans le fouffre , fe précipitent par leur propre
poids au fond du chaudron , & on les en retire avec
une efpece d'écumoire 3 après quoi on verfe le fouffre
liquide dans un chaudron de cuivre où il fe rafraîchit,
& dans lequel ce qui peut être reflé d'impuretés achève
de fe dépofer y tant au fond que contre les parois du
purification du chaudron. Si après cette dépuration le fouffre paroît
fouffreparfonte. cjair & jauQe } Qn fe puife fa^ fe cnaudron pOUT le
De la fabrication du Souffre. Ch. XXXVI. zi$
jetter dans des moules de bois , qu'on a trempés dans
Fcau auparavant, afin que le foufFre puifTe s'en déta
cher auement , & fe retirer entier des moules qui font
en forme de cilindres creux ; c'eft ce qu'on nomme
Souffre jaune s on peut le vendre tel qu'il eft: : il faut
deux heures pour verfer & rafraîchir ce foufFre , ainfl
Fon peut en purifier dans un jour près de trois chau—
dronnées. On a repréfenté fur la Planche XVII. le Four
neau 3 & tout ce qui convient à ce travail.
§. 5 . Ce qui fe précipite dans le commencement de
la fonte du foufFre brut & de la mine menue 3 ne
fert plus de rien ; mais ce qui fe dépofe & s'attache
dans le fond & contre les parois du chaudron de cui
vre y eft: du foufFre gris : lorfqu'on en a une quantité
fuffifante , on le remet dans un chaudron de fer pour
le fondre , & de-là on le verfe dans le chaudron de
cuivre s où le tout fe refroidit pendant que les impu
retés fe dépofent \ ce qui forme des pains de foufFre
de près de deux cent livres : le deffous en eft: encore
gris y mais le foufFre jaunâtre qui eft: par-defFus fe per
fectionne par la diftiilation , &c fe convertit en foufFre
jaune.
§.4. Il eft: efTentiel , pour la purification du fouffire,
de ne pas le fondre dans le chaudron de fer avec trop
de feu , & de ne pas le chauffer trop fort dans la fuite,
pareequ'il perdroit fa belle couleur jaune 3 &c devien
drait gris.
$. j. La diftiilation qui fè fait au bas Hart^3 a aufïï
pour objet de purifier le foufFre qui n'eft que jaunâtre",
*Z4 De la fabrication du Souffre. Ch. XXXVI.
parcequ'il ne feroit pas de vente s'il n'étoit pas con
verti en fouffre jaune -, ainfi on raffemble tout le fcuf-
fre jaunâtre que Fon fait pendant trois mois pour être
diftillé pendant les trois autres mois fuivans 3 Se en
tirer le fouffre jaune.
§. 6. Cette diftillation fe fait dans un Fourneau où.
il y a huit cucurbites de fer fondu , fçavoir , quatre de
chaque côté comme on Fa dit au Chapitre VI. §. j.
On met dans ces huit cucurbites fix quintaux de fouf
fre jaunâtre, dont on a féparé le deffous: devant cha
que cucurbite qui eft inclinée ôc qui fort un peu dit
Fourneau , on adapte un tuyau de terre , qui eit large
à un bout pour pouvoir s'ajufter fur la cucurbite ; mais
il eit étroit à Fautre extrémité , n'ayant que le diamé-
Furification du tre d'un écu. Il y a pour deux tuyaux un pot de terre
lacbn!par ' 'auquel on les joint tous les deux, en les luttant bien
avec ce pot , ainfi qu'avec les cucurbites : ce pot eft
percé en bas & par-devant ; il y a un bafïin dans le
quel le fouffre coule par le trou du pot. Lorfque le
Fourneau eft ainfi préparé , on le laifTe une nuit fans
y faire de feu, pour donner le temps au lut de fécher
un peu : le lendemain on le chauffe , mais lentement ,
avec du bois , afin que le fouffre fe fonde dans les cu
curbites , ce qui demande environ deux heures ; après
quoi il faut lahTer le Fourneau fans feu encore pen
dant deux heures , pour que le fouffre s'affaiffe ; puis
on recommence à faire du feu pendant près de deux
heures ; alors le fouffre diftillé par les tuyaux dans les
pots , & de-là il s'écoule dans les terrines ou baflins. A
r melure
De la fabrication du Soufpre. Ch. XXXVL rtf
mefure que ces terrines s'empliffent de fouffre > on le
verfe dans un chaudron de cuivre } que Fon nomme
bdjfin dtt jàujfre j où il fe rafraîchit dans une heure &
demie de temps , comme à la précédente purification*
Quand ce bailïn eit plein > il a dinHllé des cucurbites
environ la moitié du fouffre qu'elles contenoient ;
alors il faut faire ceffer le feu juiqu'à ce que le foufïre
du baffin foit jette en moule 3 ce qui dure environ
une demie heure -, enfuite on recommence le feu pour
achever de diftiller Fautre moitié du fouffre 3 que Fon
verfe encore dans le bafïin du cuivre ; après qu'il s'y
eft rafraîchi , on le coule dans les moules de bois y
qu'on a trempés dans Feau y comme on l'a dit ci-de
vant. Le Fourneau & les utenfiles nécefTaires à ce tra
vail, font repréfentés fur U Planche XVU1. Il faut dans
toute cette opération conduire le feu avec beaucoup
d'attention , autrement on courre le rifque de mettre
le fouffre en feu. Cette diftillation dure huit heures :
on ne peut la faire qu'une fois par jour -, & tout ce
travail occupe deux hommes.
fe— _ ! ' ! ! \

CHAPITRE XXXVII.
De Ufabrication du Souffre en Saxe & en Bohême.
$. 1 . T E Souffre fe fait en Saxe & en Bohême d'une1
JLjtoute autre manière qu'au bas Hartz : il y a
des Attcliers conflruits exprès a Schwartzemberg en S*r
Tome U* Ff
n6 De lafabric. du Souffre, &c. Ch. XXXVIL
xe 3 dans le haut pays des Mines ; & en Bohême 3 dans
un endroit nommé Alten-Sattel , & peu éloigné de
c1onîme^t Pn Carelfoath. On y tire le foufFre des pyrites fulfureuiès ; les
tire le fouffrç (ks n ■ I • i
pyrites. Fourneaux conitruits pour cela reçoivent des tuyaux
de terre dans lefquels on met ces pyrites j & après que
ces tuyaux ont été bien luttes pour que le foufFre ne
puifTe en fortir 3 on adapte les récipiens de fer dans
lefquels on a mis un peu d'eau , aux becs de fes tuyaux
qui fortent du Fourneau 3 & on les lutte enfemble ;
enfuite on chaufïe les Fourneaux avec du bois 3 pour
faire diftiller le foufFre des pyrites dans Feau des réci
piens.
§. t. Le Fourneau qui fert à cette première opéra
tion , fe nomme Fourneau à chaffer le jouffre : on Fa re-
préfenté fur la Planche XV. & le foufFre qu'on y fait fe
nomme Souffre crud : on le purifie enfuite dans un au
tre Fourneau.
§. 5. Cette opération fe fait donc comme la diftil-
lation d'un efprit , fi ce n'eft que Fefprit diftille en li
queur , au lieu que le foufFre venant des pyrites ,
prend après fa diftillation une forme féche & concrète,
& ne trouvant d'autre iflue s lorfqu'il eft pouffé par le
feu , que le col des tuyaux de terre 3 dont on a parlé
ci-deffus , il eft obligé d'enfiler cette route \ puis trou
vant Feau qui le refroidit 3 il s'arrête dans les réci
piens.
$. 4. Avant que de commencer cette opération ,
on vifite tous les tuyaux pour changer ceux qui font
endommagés : les becs de ces tuyaux doivent fortir
De la fabric. du Souffre, &c. Ch. XXXVII. 117
du Fourneau de cinq ou fix pouces , & y être pla
ces à peu près horifontalement 3 c'eft- à-dire , qu'ils
ne doivent avoir qu'un pouce de pente. On met dans
chaque tuyau , à Fendroit où il commence à fe ré
trécir , une étoile de terre 3 ayant un trou au mi
lieu , pour pouvoir plus aife'ment la placer avec un
fer dans le tuyau. On cafle les pyrites de la groffeur
d'une petite noix ; on en fait entrer trois quintaux
dans onze tuyaux 3 de manière qu'il n'y «en ait pas
plus dans fun que dans Fautre : on bouche enfuire le
tuyau du côté le plus ouvert avec des couvercles de
terre , qui ont aufh* des trous pour pouvoir les ôter &
les remettre avec un fer ; outre cela 3 il y a de chaque
côté d'un tuyau des bandes de fer pour foutenir une
plaque de fer que Fon y met s entre laquelle &c le cou
vercle on jette du fable , afin que le tuyau ne prenne
pas d'air de ce côté-là , & ne lailfe pas fortir du fouf-
£re qui fe bruleroit. Après avoir bien lutté de Fautre
côté du Fourneau ces mêmes tuyaux avec les récipiens,
Jefquels font couverts d'une plaque de plomb percé
d'un petit trou pour donner de Fair au fouffre 3 on fait:
du feu dans le Fourneau 3 mais peu à peu , afin que
les tuyaux ne prennent de chaleur que ce qu'il en faut
pour faire difhller le fourîre; ainfi lorfqu'ôn a mis une
certaine quantité de bois de fapin dans le Fourneau ,
on en referme auflî-tôt les portes. Le feu ayant duré
pendant huit heures ou environ 3 on trouve que le
fouffre des pyrites a paûe dans les récipiens : on en
ôte les plaques de plomb > on ouvre auflî les tuyaux
Ffij
zi8 De lafabric. du Souffre, &c. Ch. XXXVII.
de terre } &c Fon en fait fortir les pyrites ufées pour
en remettre de nouvelles , ce qui fe fait de fuite jus
qu'à ce que les onze tuyaux (oient remplis de trois
nouveaux quintaux de pyrites caflees en petits mor
ceaux : on rebouche les tuyaux ; on les relutte com
me auparavant , & Fon répète tout ce qu'on a fait à
la première diftillation , de quatre heures en quatre
heures j ainfi ce Fourneau pourrait aller de fuite un
an entier, s'il n'y avoit pas des accidens aufquels il
faut néceffairement remédier. On a repréfenté ce
Fourneau fur la Planche XV. Les pyrites qu'on retire
des tuyaux fe nomment brûlures de fouffre 5 on les met
fur une place découverte pour en raffembler une cer
taine quantité y dont on fait enfuite du vitriol : fi ,
pendant le travail , un tuyau vient à le fêler , on ar
rête le feu, afin que la trop grande chaleur fe difïîpe;
enfuite on retire le tuyau endommagé 3 on en remet
un neuf à fa place , &c après Favoir un peu chauffé au
paravant , on le remplit de pyrites pour continuer Fo-
Î)ération. De douze heures en douze heures on ouvre
es récipiens , & Fon retire le fouffre provenant de trois
mifes ou charges , puis on y remet de Feau fraîche t &c
pyriteT rendent on les referme. Ces onze tuyaux dans lefquels on a mis
de louffre en Sa- en tro[s f0js neuf quintaux de pyrites , rendent pen
dant les douze heures 3 depuis cent jufqu'à cent cin
quante livres de fouffre crud ; & comme on pafTe cha
que femaine environ cent vingt-fix quintaux de pyri
tes par le Fourneau , on en retire depuis quatorze juf-
<au a dix-fept quintaux de fouffre crud : quant à la con-.
De la fabric. du Souffre , Sec. Ch. XXXVII. Z19
fommation du bois , elle peut être de quatre cordes &
demie , tant pour la diftillation du fouffre crud , que
pour fa purification , qui fe fait deux fois la femaine.
Il y a pour tout ce travail quatre Ouvriers qui fe relè
vent , deux à deux , de douze heures en douze heures,
& un Chef qui a Finfpe&ion fur eux.
§.5. La purification du fouffre en Saxe & en Bo
hême , fe fait comme la diftillation du fouffre cris y
qui vient au bas Hartz. de la purification du premier
fouffre -, ainfi ce n'eft encore qu'une diftillation du
fouffre brut.
§. 6. On a dit dans le Chapitre XXXVI , qu'il y a
dans le Fourneau fervant à cette purification , cinq
cucurbites de fer de chaque côté j ces cucurbites font
inclinées , & ont leurs ouvertures hors du Fourneau :
on y met jufqu'à huit quintaux & demi de fouffre crud,
que fon partage , autant qu'il fe peut , en portions
égales pour chaque cucurbite : devant chacune de ces
cucurbites, on met un tuyau de terre qui leur fert cota-
me de chapiteau ; on Fy lutte bien de crainte que le
fouffre ne le perde par les jointures. Ce tuyau a un
bec à Fautre extrémité ■> on le fait entrer dans une ef-
pece de cruche de terre , qu'on nomme avant coulant y
par un trou fait exprès. Au bas de cet avant coulant il
y a un autre trou de la groffeur du doigt , que Fon
bouche par unecheville de bois , & en haut un autre
petit trou qui demeure ouvert!; ir fert à donner de Fair
au fouffre quand tous les autres trous &c .jointures
font exactement luttes , & à rouvrir avec un petit bâ?
zjo De la fabric. du Souffre, &c. Ch. XXXVIÎ.
ton le bec du tuyau , s'il vienr à fe boucher. Lorfque
tout eft bien prépare , on commence à faire du reu
vers les fept heures du foir , & on le diminue un peu
dès que le fouiïre commence à diftiller : à trois heures
du marin on tire pour la première fois la cheville de
bois qui bouche le trou de ïavant coulant 3 & le fouf-
fre coule dans un pot de terre à deux ances. Quand on
a reciré le (buffre d'un avant coulant, on remet la che
ville j on en fait autant aux autres avant coulans pour
faire couler le fouiFre dans le pot de terre à ances , &
Ton continue jufqu'à ce que tout le fouffre (oit retiré,
ce qui demande en tout quatorze à quinze heures, au
bout defquelles ce travail eft fini. Le feu le fait avec
du bois de fapin fendu v mais il faut le conduire avec
prudence, & ne pas mettre trop de bois à la fois , fans
quoi le produit de fouffre eft moins confidérable , &
d'ailleurs il ne prend pas une belle couleur jaune : il
devient gris. Le déchet ordinaire fur huit quintaux de
fouffre brut , eft tout au plus d'un quintal.
§. 7. Lorfque tout le foufire eft écoulé , & un peu
jefroidi dans les pots de terre , on le jette dans des
moules de bois qui ont été trempés auparavant dans
Feau , & qu'on a bien égoutés : les pots de terre étant
vuides , on les remet devant les avant coulans pour y
faire couler d autre fouffre. Auili-tôt que le fouffre eft
refroidi dans les moules , on les ouvre , & fon fort les
cilindres de foufifre pour les arranger dans des ton
neaux , c'eft ce qu'on nomme fouffre en canon. Les
moules dans lefquels on coule le fouffre > font faits de
Tirer les me'taux , &c. Chap. XXXVIII. 13 t
bois de hêtre , ayant fix cannelures dans chaque mor
ceau de ce bois ; & quand on a joint enfemble les
deux parties du moule 3 il y a fix ouvertures de neuf
lignes de diame'tre , & de quinze pouces de longueur ;
on ferre ces deux moitiés avec des brettes ou cercles de
fer.
A Fegard des impurete's qui relient dans les cucur-
bites , après Fenriere diftillation du fouffre , on les em
ployé avec les feories qui viennent du fouffre crud ,
dans la fabrication du Realgal.
La diftillation qu'on vient de décrire fe fait deux
fois la femaine , par un Maître & deux Manœuvres.

CHAPITRE XXXVIII.

*Des différentes méthodes de tirer les Adétaux des


mines , & en particulier de Famalgame
avec le merenre^

$. 1 . TL y a deux manières de tirer les Me'taux de leurs


Aminés \ la. première , par le Mercure j de la fé
conde , par la Fonte.
§. i. Il eft impoiEblc de tirer les métaux hors de
leurs mines par le moyen du mercure , quand ils font
minéralifés , c'eft-à-dire , lorsqu'ils ne fe trouvent pas
fous leur forme naturelle dans le minéral : de plus ,
comme il faut employer beaucoup de vif argent dan*
%$z Tirer ies me'taux, ôcc. Chap. XXXVIII.
cette ope'ration 3 on ne peut en efpérer du bénéfice
que dans le cas où la mine contiendrait or & argent,
ou Fun de ces deux métaux ■ , car le mercure étant cher,
il ne conviendroit pas de s'en fervir pour le cuivre 3 ou
pour tout autre métal de bas prix. L'amalgame a été
d'un grand ufage , &c Feft encore aux Indes Occiden
tales , & même aux Indes Orientales , ou Fon trouve
dans les mines l'or & l'argent fous forme de métal ,
ce que l'on nomme or & argent natifs ou <-uierges s alors
le mercure n'eft pas un objet de grande dépenfe , par
le profit corifidérable que Fon fait fur Fopération; on
s'en fert aufli à Koenigslerg en Norwege , où il y a des
moulins à amalgamer : il y en a aum dans différentes
Villes de FAllemagne 3 pour tirer par amalgame Far-
gent & l'or des terres lavées des Monnoyes & des Or
fèvres , fur-tout lorfque les Fonderies font trop éloi
gnées pour les y fondre 3 & qu'on ne peut pas en raf-
lembler une ailes grande quantité pour que le produit
puiffe payer les frais du tranfport : l'inconvénient de
cette opération eft qu'on y perd une grande partie du
vif argent qu'on y employé -, de plus 3 elle eft pénible
& fatiguante 3 & quelque attention qu'on ait , on ne
peut jamais par fon moyen retirer tout l'or & tout Far-
gent de la matière que Fon broyé au moulin ; & Fon
peut fe natter que le travail a réulïi , quand il ne refte
qu'une once ou une once & demie d'argent dans le
quintal de terre qu'on a- réduit en limon.
§. 3. Ainfi on ne confeille pas d'entreprendre cette
opération pour aucune des mines de FAllemagne ■ > la
fontç
Tirer les me'taux,&c Chap. XXXVÎII. 13$
fonte y convient mieux 5 & que la mine foit riche ou
pauvre } une fonte bien conduite en tire tout le métal
qu'elle contient.
$. 4. Par Famalgame on introduit For & Fargent dans
le mercure : il les répare de la terre de la mine fans le
fecours du feu.
$. 5. On a befoin pour ce travail d'un moulin à.
moudre les lavures : c'ed une badine de fer fondu à
fond plat ; il y a au milieu un tourillon , & les parois
de la baffine font perpendiculaires à fon fond : on
ajude une croix de fer fondu 3 percée d'un trou au
milieu , fur le tourillon ou petit axe vertical ôc conique
qui ed au fond de la baume } enforte que cette croix
puiiTe tourner librement , quoiqu'appuyée fur le fond
plat de la badine , laquelle eft encadrée dans un bac-
quet, dont le dedans en joint les bords extérieurs. On
ajude fur la croix une tige de fer , qui a à fon extré
mité fupérieure une manivelle fervant à la faire tour
ner : on couvre le bacquet avec un couvercle de bois >
afin de pouvoir le fermer pendant le travail : ce bac
quet a deux trous Fun au-dediis de l'autre 3 par les
quels on fait écouler Feau mêlée avec la terre. Com
me il y a à K.oemgsberg en Norwege , dix-huit de ces
moulins placés autour d'une roue horifontale que Feau
fait tourner 3 on les a repréfentés fur la Planche LUI.
dont on trouvera Fexplication au §. 9. de ce Chapitre.
$. 6. Lorfqu'on veut faire Famalgame 3 il faut pi-»
1er , laver & réduire au moindre volume qu'il ed po£-
fîble , les matières qui contiennent l'or & l'argent ,
Tome IL Gg
254 Tirer les me'taux s &c. Chap. XXXVIII.
afin qu'elles n'entrent pas dans le moulin , ni trop
groilîeres > ni trop terreufes. On peut piler ces matiè
res , ou dans des mortiers , ou fous des pilons armes
de fer par le bas , & que l'on fait aller au moyen d'un
petit arbre horiiontal qu'un icul homme peut tour
ner -, mais fi l'on n'avoit pour matière qu'un fable fin,
on n'auroit befoin ni de mortiers ni de pilons : ces
matières étant enfuite lavées , on en met quarante à
cinquante livres dans le moulin ; on verfe de Feau def-
fus , & l'on y ajoute quarante livres de mercure ; ce
mélange n'étant ni trop liquide ni trop épais , un feul
homme peut faire tourner la manivelle , & la tourner
fans difeontinuer ; mais il ell bon qu'il y ait deux ou
trois hommes qui puifTent fe relever. Il faut que la ma
tière foit afïes moulue pour qu'elle fe réduife en li
mon \ on le fait écouler enfuite avec l'eau par les trous
qui font au bacquet : ce limon étant forti, on remet
d'autre terre lavée dans le bacquet , & Fon recom
mence à moudre comme auparavant. Par cette tritu
ration For & Fargent s'introduifent dans le mercure ,
ce qui l'épaiflit & le durcit ; dés qu'il l'eft afTés pour
qu'on ait de la peine à tourner la manivelle _, on finir,
& l'on retire l'amalgame qui eft le mercure uni à l'or
& à. l'argent. On lave ce mercure, pour le nettoyer du
limon ■ > & s'il refte encore quelque matière qui ne foit
pas fuffjfamment broyée 3 on la remet avec d'autre
dans le moulin > pareequ'ordinairement ce qui s'en
trouve à la fin d'un moulinaee contient encore beau-
coup de Fin. L'amalgame étant lavé on le féche , en
Tirer les me'taux,&c. Chap. XXXVIII. 2.55
fuite on l'exprime dans une peau de veau pour en re
tirer une partie du mercure que Ton remet dans le
moulin , ajoutant ce qu'il faut pour faire les quarante
livres -, on continue toute cette manœuvre juiqu'à ce
qu'on n'ait plus de matière à moudre.
§. 7. On met ce qui eft demeure' dans la peau dans
une cornue que l'on place au Fourneau à vent , de fa
çon que fextrêmité du col de cette cornue qui fort du
Fourneau , puifle tremper dans un fcau d'eau ; enfuite
on y fait un feu doux que Fon augmente peu à peu ;
le mercure diitille & palfe dans l'eau : lorfqu'il efl; tout
palTe on fait bien rougir la cornue 3 avec l'or & l'ar
gent qu'elle contient : lorfqu'elle eft refroidie , on la
calfe s & l'on retire le métal pour le fondre & le gre-
nailler. Le mercure qui a paiTe par la peau n'elt pas
fans or ni argent , ainfi il eft à propos de s'en fervir à.
faire d'autres amalgames ; &: 11 l'on veut en féparer
entièrement les métaux, il faut les diftiller,, comme on
vient de le dire.
§. 8. On peut moudre de même les terres des M'on-
noyes & des Orfèvres , & comme il y en a rarement
une grande quantité , on fe fert de petits moulins ,
dans lefquels on met du mercure à proportion ; à. l'é
gard du travail il eft toujours le même ; on conçoit -co
ailement que le mouvement rapide , donné à Peau par
la croix de fer , fait élever les parties terreufes & les
tient fufpendues : l'or , l'argent & le mercure fe te
nant au fond par leur propre poids , & ne s'élévant
que très-peû, malgré l'agitation circulaire que la croix
Ggij

,
i j6 Tirer les minéraux , &c. Chap. XXXVIII.
de fer leur donne y leur contact devient immédiat , &
Je mercure qui a la propriété de les difïoudre & de
les divifer 3 les faifit , & forme avec ces deux métaux
une pâte qui s'épaiiïît à mefure qu'il s'en charge.
§. 9. Ce moulinage fait par des hommes eft difpen»
dieux ôc les fatigue ; c'eft pour cette raifon qu'en Nor-
wege on employé un courant d'eau pour faire aller les
/dix- huit moulins qui font placés autour d'une roue
horifontale, ainfi qu'on Fa dit dans le §. j. On s'en
fert pour repafler les décombres des mines , parmi les
quels on a lahTé autrefois un peu de mine d'argent :
on y met ces décombres fous les pilons d'un bocard ;
puis on les lave avant que de les mettre avec le mer
cure ; & comme tout ce travail eft affermé , on paye
huit écus de PEmpire le marc d'argent qui en provient.
La Planche LHJ. repréfente la conftru&ion de cet affem-
t)lage de moulins * en voici Fexplication.
A. Plan de la roue horifontale.
1. Vemplacement de la roue. z. L'arbre de roue garni de
tourillons &* de cercles de fer. 5. La roué qui efl dans l'eau.
4. Les fupports. 5. Le rouet. 6. L'arbre de roue perpendicu
laire. 7. Les bras de la roue horifontale. 8. Les dents qui
font aller les lanternes qui [ont autour de la roué horifontale,
9. Dix-huit lanternes. \ç>. D'autres dents qui prennent dans
le rouet.
B. Elévation.
1. L'emplacement de la roué. 1. L'arbre de roue. 5. Le
rouet. 4. La roue que l'eau fait aller, y Les fupports. 6. Une
lanterne. 7» Un arbre de roue perpendiculaire avec des tou-
I De la fonte des Mines. Chap. XXXIX. zyj
niions de fer. 8. Les dents qui prennent dans la lanterne des
machinesfèrvant à Famalgame. 9. Lanterne d'une de ces ma
chines. 10. Une machine à amalgamer qui efi dans un bac~
quet cerclé de fer. 1 1 . Une barre à laquelle la croix de fer efi
attachée. 1 t. Deux trous par lefquels on fait écouler le limon.
1 3 . La coupe d'un moulin ou machine à amalgamer j on y
njoit le fond de la bafjine de fer3 avec le tourillon dans lequel
fi place la croix defer.

CHAPITRE XXXIX.
1>e la fonte des Adines.
$. i.TL eft abfolument ne'ceflaire de fondre les Mi-
Anes , fi l'on veut en retirer tout le métal qu'el
les contiennent * il eft auflï très-important de bien
conduire le travail des fontes s parœque s'il fe perd
quelque portion du métal qu'on doit en retirer > il en
coûte trop de frais & de temps pour le recouvrer. La
fonte de fcorics , dans lefquelles il faut chercher ce
qu'on a perdu , paye rarement le charbon qu'on y
confomme , & les autres dépenfes qu'il faut faire j
ainfi il eft à propos de traiter cette matière avec exac
titude y ce qui en rend les détails nécefTaires.
§. z. La fonte eft, à proprement parler, une fe'pa-
ration qui (e fait par le fecours du feu & dans le Four
neau , de la pierre ou gangue de la mine 3 d'avec le
me'tal qu'elle recelé j car la violence du feu mettant

-
t} 8 De la fonte des Mines. Chap. XXXIX.
ces mines en flux liquide , les métaux qui font les r -
ties les plus pefantes de la mine tombent au fond , la
pierre ou la gangue étant beaucoup plus légère fuma
ge j il en réfulte donc la féparation du métal , & de la
matière inutile qui l'envcloppoit.
§. 5. Ainfi Fon donne de la fluidité aux mines dans
le Fourneau : or fi Ton y fond des mines d'argent qui,
comme celles de Rammelfberg , ou comme celles du
haut Hartz , font abondantes en plomb , on en a un
oeuvre; «que plomb riche, que l'on nomme Oeuvre , tant au Hartz
c'cit- ' que dans d'aXitres endroits. Je me fervirai de ce terme,
au lieu de celui de Plomb riche en argent , dans la fuite
de ce Traité. Ce plomb a pris pendant la fufîon de
la mine , l'argent qu'elle contenoit , & avec cet ar
gent d'autres parties hétérogènes , tels que le cobolt ,
le fer, le zinck , le cuivre , s'il s'en eft trouvé dans la
mine : quoique le cuivre qui entre dans le plomb ne
puiife être mis au rang des impuretés inutiles , puif-
qu'il eft plus cher que ce métal , cependant il le rend
aigre & plus difficile à affiner.
§. 4. Si l'on fond de la mine d'argent , qui ne con
tienne pas de plomb , on en ajoute dans h fonte ,
pareequ'il en- faut néceffairement pour en tirer Tar
ée que c'effgeiK : il arrive auffi que prefque toutes les mines d'ar-
JSomb &ad'ar-e £ent donnent de la matte outre le plomb ; c'eft le fouf-
gent. fre de la mine qui la forme avec la partie des métaux
qu'il feoriftev auflî cette efpece de feorie contient-elle
beaucoup de plonib '& de Fargent à proportion de la
richelfe de la mine. '.■• ■:...:
De la fonte des Mines. Chap. XXXÏX. zj?
$. j. Lorfqu'on trouve dans une minière du miné
ral pauvre en argent & fans plomb 3 on lui ajoute des
pyrites fulfureufes pour le convertir en matte crue; c'eft
pour cette raifon qu'on le fond fans le griller ; ainfi la
matte crue n'eft qu'un compofé de fcories 3 de fouffre
& du peu d'argent que contenoit le minerai : s'il y
avoit un peu de plomb dans ce minéral 3 il fe joint aufli
par la fonte aux trois matières précédentes qui compo-
lent la matte : on grille cette matte 3 & on y ajoute du
plomb pour la fondre.
""$. 6. A l'égard de la mine de cuivre 3 qui contient Ce que c'eft
ordinairement beaucoup de fouffre 3 dont le grillage 3"se m7nësCC<k
ne la délivre pas entièrement, elle rend dans. la pre-culvre*
miere fonte une matte qu'on nomme aufli matte crue :
cette matte eft donc compofée de fcories , de fouftre
& de cuivre : ce métal y eft concentré dans une plus
f>etite mafle 3 & il faut Fen tirer à Faided'un fort gril-
age & de la fonte.
$. 7. Lorfqu'on a fondu & grillé commeîl faut la ce que c'eft
matte de cuivre 3 elle rend un cuivre qu'on nomme w? le cmvre
cuivre noir j au moins c'eft le nom qu'on lui donne le
plus généralement ; pareequ'ordinairement il fort noir
de la fonte : il contient aufli prefque toujours du
plomb & du fer 3- qu'il en faut féparer par le raffinage
pour le rendre cuivre parfait. Il y a quelques endroits où
la mine de cuivre ne contient pas de fouffre : alors cette
mine donne du cuivre noir dés la première fonte ;
telle eft la mine de cuivre écailleufe ou enJamines, de
la vallée d'itter dans la principauté de Hejfe d'Amfttdt,
Z40 De la fonte des Mines. Chap. XXXIX.
Ce qu'il y a encore de remarquable fur quelques-unes
de ces mines fingulieres & rares , c'eft que la mine de
Meydambeck en Servie » rend dès la première fonte un
cuivre parfait que Fon vend aux Turcs.
§.8. La pierre ou gangue des mines de cuivre fe
convertit en fcories , qui (urnagent & tiennent le haut
du Fourneau : ïœuvre 3 le cuivre & la matte , comme
plus pefants s fe trouvent defTous : on retire les fco
ries , & on les met à part.
§. 9. Comme il y a plufleurs méthodes de fondre
les mines ,ona jugé à propos de les comprendre par
ordre dans les trois méthodes principales qui fuivent ,
fçavoir :
i°. La fonte fur poufliere légère s & dans le creux
ou creufet.
%. La fonte fur poufïïere pefante.
30. La fonte dans des Fourneaux à vent.
■m r ,e Nota. Ce que l'Auteur nomme ici pouflîere , fe nomme Brafque en France;
* IL <îne;Ce<îue Se c'eft de ce terme que je me Servirai dans la fuite.

fondre fur brafque légère > c'eft fondre fur du charbon


en poudre > avec lequel on n'a mêlé ni argile ni terre
grafTe , c'eft pour la feule mine de Kammelfberg qu'on
employé cette brafque ; & la fonte de cette mine fe
nomme fonte fur le creux ou creufet.
Tondre fur brafque pefànte 3 c'eft lorfque l'on mêle de
l'argile avec la poudre de charbon ; dans cette métho
de ie trouvent comprifes prefque toutes les fontes des
mines d'argent , de plomb & de cuivre , foie qu'on
les
De la fonte sur brasque ,■ &c. Ch. XL. 141
les faiTe par les Fourneaux à percer 3 Fourneaux cour
bes y Fourneaux moyens , ou par les hauts Fourneaux.
Fondre dans des Fourneaux à ^vent ou de réverbère ,•
c'eft i°. fondre de la mine de plomb dans des Cupols
à la manière des Anglois. a*?, fondre la mine de cui
vre comme on la fond à Briflolcn Angleterre. $°. fon
dre la mine de plomb comme 01^ fond celle de Wd~
lacb en Carinthie. 40. enfin , c'eft fondre fuivant Fufa-
ge établi à Snéeberg pour le cobolt. '■•' ^ . \ | 1

CHAPITRE XL

2)? la, fonte des Adines d'argent & de plomb fur


la brafque légère , ou poudre de
charbon au bas HartZj.

$. i-/^\N a déjà dit au Chapitre précédent, que la


V^S méthode de fondre la mine d'argent &c de
plomb de Rammeljberg étoit Punique qui fut en ufage.
Il eft néceffaire de faire connoître par quelque dé
tail , la différence qu'il y a entre cette façon de fon
dre & la fonte qui le fait fur brafque pefante. .•• i
§. z. On a décrit au Chapitre VIII. la conftru&ion
du Fourneau fermant à fondre fur creux ou creufet > &
avec brafque légère* > ôc.qïï Fa repréfenté fur ta Planche
XX. On y a dit qu'il y a au bas du Fourneau un creux
ui eft fait d'argile & de menue mine , ce qui fait un
2ol folidc que le plomb ne peut pas pénétrer. On jette
Tome IL H h
2,4*- De la fonte sur brasque , ôcc. Ch. XL.
ce que c'eft du charbon dans ce creux , &c on Fen remplie : quand
rèedenpioiTfbm& ce charbon eft allumé , on mec delTus du charbon pi-
cKwoacnukt^» avec ^eclue^ on na Pas me^c ^a p^us petite quan
tité de terre. C'eft à travers de cette poudre de charbon
que le plomb qui fe revivifie pendant la fonte, pafle
dans le creux au milieu des charbons allumés -, les feo-
ries reftent deflus , enforte que la poudre de plomb le
trouve entre le plomb & ces feories -, ainfi les feories
ne peuvent pas le brûler : tout le plomb qui fe fait
dune ( a ) journée, laquelle dure environ dix-huit heu
res , y refte jufqu'à ce qu'on ouvre les Fourneaux
pour y puifer ce métal.
§. } . Si l'on compare cette façon de fondre fur pou
dre de charbon, avec celle qui exige que Fon prépare le
Fourneau avec de la brafque pefante , de manière que
le plomb ne puifTe pénétrer à travers cette brafque, on
verra que Fon ne pouvoir pas imaginer une méthode
plus ingénieulè de fondre avec profit une mine aufli
pauvre en argent & en plomb, que Feft celle de Ram-
meljberg : on ne fçait pas précifément quel en eft Fin—
venteur ; mais Schlutter dit d'après un ancien Manuf-
crit , qu'on en eft redevable à Hugues , dit le Grand y
Roy de France , & fils du Roy Robert ; qu'en ioij
il envoya des Franconiens en Saxe pour fondre la mi
ne dont il eft queftion , fuivant la méthode actuelle
que les Saxons ignoraient alors.
§. 4. Quant à la poudre de charbon qu'on employé
( a ) On trouvera dans la fuite ce qu'on doic entendre par journée , terme ea
ufage dans les Fonderies.
1 De la fonte sur brasque, &c. Ch. XL. 2.43
à accommoder le Fourneau 3 on FamafTe en été lors
qu'on apporte le charbon dans les Magafins fervans à
(a provinon ; & en hyver , quand on trie le plus gros
charbon avec un râteau , on porte le men^ (ous une
efpece de marteau ou maillet 3 avec lequel deux Fon
deurs peuvent pulvérifer en un jour tout ce qu'il leur
faut de poufîiere de charbon pour préparer le lende
main les creux de deux Fourneaux. Quoique cette
pouffiere doive être afTez fine , cependant on ne la
crible pas ,&on Femploye telle qu'elle fort de deffous
le marteau , après Favoir un peu humectée.
§. y. Les Fourneaux dans lefquels on fond la mine
de plomb & d'argent de Kammelfierg font mis en feu
tous les jours de la femaine 3 excepté le Dimanche ; &
tous les matins on en remplit le creux de nouveau ,
c'eit-à-dire t qu'aufïi-tôt que la fonte eh1 finie., & qu'on
a retiré lœuvre du creux , on y jette un panier de
charbon , ce qui fait une demie mefure ou environ.
Lorfque ce nouveau charbon eft allumé , il fe raffem-
ble encore un peu de plomb dans le creux , le Fon
deur l'en ôte avec une cuilliere ; enfuite il égalife le
charbon avec une pèle de fer. Sur ce charbon on jette
plein deux paniers de poufïiere humectée 3 que l'on
bat bien avec une grande pèle de fer qu'il faut ré
chauffer fouvent de crainte que la poufliere ne s'y at
tache. Par-defïus cette poufliere on en met encore
deux autres paniers 3 que l'on bat comme la première,
pour que le tout faffe fur le devant du Fourneau une
epaifTeur de huit pouces ou environ 3 depuis le deffus
Hhij
i44 De la fonte sur brasque , &c. Ch. XL.
du charbon -, mais vers Iç derrière du Fourneau, où il
y a du charbon de l'épahTeur d'un pied, on met de la
poufliere fur ce charbon à la hauteur de deux pieds ,
en forte qu/elle doit y être de fix pouces plus haut que
la tuyère , qui elle-même eft de fix pouces plus éleve'e
que la poudre de charbon , battue fur le devant du
Fourneau. Lorfque tout eft ainfi préparé , on débou
che la tuyère avec une barre de fer que Ton patte à
travers ; après quoi on fait , depuis la tuyère julqu'à
la trace qui eft devant le Fourneau , une voye ou ri
gole que Fon creufe & qu'on bat de façon qu'elle ait
deux bords folides entre lefquels la fonte puifTe couler
dans la trace: enfin, le ht de poufliere de charbon bat
tu doit avoir vingt degrés de pente. Tout étant ainfi
ajufté , on commence à fermer le Fourneau par de
vant , où Ton met une pierre de grais que Fon loutient
à la hauteur de trois pouces , par deux morceaux de
tourbes, ou par deux gros charbons mis fur. le lit de
poulliere. Ce grais doit être auiïi long que le Fourneau
eft large , & fa hauteur doit être de niveau avec le trou
de la tuyère : on l'affermit des deux côtés du Fourneau,
en dedans & en dehors , avec de l'argile. C'eft fur ce
grais que l'on fait l'afliette du zinc de la manière fui-
vante. On choifitune pierre chifieuÇe platte 3 ou efpece
d'ardoife pareillement aufli longue que le Fourneau
eft large y & ayant, huit pouces de largeur : on la place
fur la pierre ou grais dont on vient de parler , de fa
çon qu'elle panche considérablement vers le devant
du Fourneau , & qu elle touche exactement par le bas
De la fonte sur brasque t &c. Ch. XL. 145-
à ce grais : on Paffermit avec de l'argile , & l'on mec
aufli de la même terre fur Falfiette du zinc. Après
avoir placé, fur cette alfiette qui doit recevoir le zinc,
deux petits charbons ronds , on pôle defTus la pierre
dite pierre de ^inc : elle a environ un pied & demi de
longueur , & elle ferme une partie du devant du Four
neau : on Paftèrmit aufli des deux côtés avec de l'argi
le , & l'on met de la même terre par-defTous entre les
deux charbons , qui empêchent que cette pierre ne
touche à l'affiette du zinc : on ne bouche que légère
ment ce deffous de la pierre , afin que lorfque la Fonte
eft finie , le Fondeur puiffe ouvrir cet endroit , &r en
faire couler le zinc. On fait ainfi cette alfiette ou ré
ceptacle du zinc , pour arrêter ce minéral en fufion ,
lequel fans cela tomberoit dans l'endroit le plus chaud
du fèu, que les Ouvriers nomment le fondant > & s'y
bruleroit , au lieu qu'il s'amaiTe pendant la fonte fur
Fafïiettc où il eft à l'abri des.foufflets, &c par confé-
quent de fa trop grande chaleur. Ayant achevé de fer
mer le refte de l'efpace , on met fur le fol devant le
Fourneau un panier de poudre de charbon humectée,
que l'on élevé un peu vers le Fourneau , après quoi
on la bat ; on met encore deffus un mélange de feo-
ries y de fable & de poufïïcr de charbon , que Pon a
confèrvé d'une précédera fonte ; on Phumc&e , & on
le bat ; c'eft ce qu'on nomme la digue : cette digue eft
de trois; pouces ou environ plus baffe que la tuyère v
ainfi il y- a -peu de pente de l'un à l'autre. La trace qui
eft aufli devant le Fourneau , a huit pouces de largeur

.
i^6 De la fonte sur brasque , &c. Ch. XL.
fur fix de longueur : on la creufe jufqu'au lit de pou
dre de charbon qui eft dans le Fourneau. A l'un des
murs de face du même Fourneau , foie à droite , fbit à
gauche , fuivant qu'il eft fitué , on fait un lit de feo-
ries battues & humedtées , auquel on donne un peu
de pente. C'eft fur ce lit qu'on jette les feories qu'on
retire du Fourneau avec une cuilliere. Tout ce qu'on
vient de décrire eft repréfenté fur la Planche XX.
$. 6. Lorfque le Fourneau eft ainfi prépare, on met
. du charbon fur le foyer ; on fallume , ann que l'hu
midité s'exhale, ce qui demande trois heures au moins:
on peut fubftituer des tourbes au charbon , elles font
aum-bien.
Ce que c'eft $. 7. Ce qu'on nomme une journée de mine de Ram-
JïmînedeTam-^^^^ c& une quantité de vingt Scberbens: le Scher-
mcisberg. yen efl. unc mefure faite de planches aflez fortes , qui
font liées avec des bandes de fer : elle a dans œuvre
deux pieds cinq pouces de long fur un pied fept pou
ces de large , & un pied un pouce fix lignes de pro
fondeur. On fe fert aufïi de brouettes , qui contien
nent autant que le Scherben 3 pour porter la mine
& les autres matières fur la place où l'on fait la jour
née. On les à repréfentées fur la Planche VI. Lettres B ,
C. Cette journée de vingt Scherbens eft compofée de
trois différentes fortes de matmes > qui toutes peuvent
donner un peu de profit -, au lieu qu'il faut fouvent ,
dans d'autres fontes, ajouter des matières qui ne tien
nent point de métal , foit pour rendre les mines plus
fufibles , foit pour diminuer leur trop grande fluidité.
De la fonte sur brasque , Sec. Ch. XL. 147
On mec donc pour une journée douz.e Scherbens de la
mine de Kammelsberg, grillée trois fois fuivant I'ufage
ordinaire , ce qui fait trente-deux quintaux , à cent
vingt-trois livres le quintal , poids de Cologne ; on y
ajoute {ix Scherbens de feories , qui proviennent de la
fonte de la mine pilée du haut Hart^. Ces flx Scherbens
pefent dix-huit quintaux , & le quintal contient vingt
livres de plomb. Avec ces deux matières on mêle deux
Scherbens de Knobben , efpece de feories impures qu'on
a jettees autrefois comme décombres , & qu'on fait re
chercher par les Ouvriers de la Fonderie qui font de
venus impotents , & par de pauvres veuves & orphe
lins , afin de leur procurer quelque fubfiftance : elles
contiennent un peu d'argent & du plomb. Les deux
Scherbens pefent environ cinq quintaux : fur ces vingt
Scherbens on met encore plufieurs matières qui contien
nent du plomb , comme de la litarge impure , du Teft
ou cendrée qui a fervi aux affinages , des craffes de
plomb , & du déchet jaune , qui toutes viennent du
plomb lorfqu'on l'affine. Toute cette quantité ne s'em-
ploye pas toujours fur une feule journée, pareequ'il y a
des temps où la fonte fournit beaucoup de plomb ;
alors on garde un peu de ces matières tenant plomb ,
lorlqu'on en a befoin pour un autre temps où k mine
ne fournit pas tant de plomb. Les débris qu'on retire
du Fourneau, après la fonte d'une journée, s'ajoutent à
la journée fuivante , afin qu'il ne fc trouve pas d'autre
refte que les débris de la dernière journée.
J>. $• La fonte de la mine de Rammehberg eft très-*
•53.
148 De la fonte sur brasque , &c. Ch. XL;
ardente &c excrêmemenc fluide , ce qui provient du fer
qu'elle contient , & du fouffre qu'on ne peut pas dé-
truire entièrement par le grillage -y le fer qui la rend fi
ardente , empêcherait toujours l'argent & le plomb de
couler , fi cette fonte n'étoit pas tempérée par les ma
tières qu'on y ajoute ; car les fcories du haut Hartz
font tenaces &c froides , félon le langage des Ouvriers,
ainfi elles diminuent le trop de fluidité de la mine du
jlammelsùerg. Les fcories qu'on nomme Knobbens font
chaudes ôc rongeantes 3. parcequ'elles ont été faites
dans un temps où Fon najoutoit pas des fcories du
haut HartT^a. la fonte de la mine du bas Hart^s & com
me c'eft une matière qui a déjà été fondue, elles accé
lèrent le travail de la fonte , fur-tout lorfqu'on a trop
chargé le Fourneau, parcequ'elles rongent & entraî
nent fur le champ ce qui s'eft amaffé devant la tuyè
re. A Fégard des autres matières jqui viennent de Faf-
finage du plomb , on n'en met pas affez fur une jour
née pour caufer quelque changement dans la fonte, &
on ne les y ajoute que pour recouvrer le peu d'argent
qu'elles peuvent contenir , &c pour en retirer le plomb
qui fert aufïi à féparer & entraîner Fargent de la mine.
Car dans les fontes où la mine qui contient peu de
plomb 3 doit rendre beaucoup d'argent , il faut ajou
ter abondamment des matières qui contiennent du
plomb , attendu qu'il faut avoir moins d'attention au
plus ou moins clç temps, que dure la fonte -, qu'aux
moyens de ne rien perdre du, produit de l'argent, &
il faut lui donner ft^farnment de matière à (laquelle
il
De la fonte sur brasque > &c. Ch. XL. 149
il puifle s'unir ; ce qui fera plus au long explique' dans
la fuite de ce Traité.
$.9. La fonce de la mine de Rammelfberg coule
claire devant la tuyère où l'on ne fait pas de ne^ 3 ( a )
comme dans les autres fontes ; & quoiqu'il s'amafle
quelquefois une matière noire dans la tuyère , il faut
là laifler difparoître fans y toucher. Depuis qu'on a
commencé à employer de la tourbe dans le Fourneau,
on y en met deux paniers , & par-deflus un panier de
{>etits charbons qu'on jette contre la chemife, afin que
e vent des foufflets ne puifle pas pénétrer jufqu'à Faf-
fïette , ou lit d'argile ou le zine doit fe conferver fans
fe brûler , à mefure qu'il y tombe. Le Fourneau étant
rempli de charbon & de tourbe } on ne le charge pas
d'abord avec des feories comme on fait ordinairement;
mais avec la compofition ou mélange de la journée 3
on y met pour la première fois 3 à deux différentes re-
prifes , deux bacquets pleins de ce mélange -, après
quoi on jette fur chaque panier de charbon qu'on met
enfuite dans le Fourneau deux bacquets du mélange }
puis un panier de charbon qu'on recouvre de trois ou
quatre bacquets de fa même matière , ce qu'on conti
nue dans cet ordre & dans la même proportion , juf-
qu'à ce que toute lzjourne'e foit employée. On puhe
les feories de cette fonte avec une cueilliere de fer ,
ayant Fattention de ne la pas trop enfoncer , pour ne
pas enlever du plomb avec elles : fouvent on les retire
(a) On appelle nez, un trou rond , fond : ce trou eft fouvent long ou pro
que l'on fait avec un ringard , introduit fond de iix pouces & plus.
par la. tuyère , dans la matière qui fe
Tome IL I i
zj-o De la fonte sur brasque, &c. Ch. XL.
en forme de rofettes quand leur furface s'eil congelée;
& il feroit à fouhaiter qu'on pût le faire toujours ;
mais comme elles ne fe refroidiffent pas auili-tôt qu'on
le voudroit , & que d'ailleurs ces efpeces de roîettes
font fort fragiles , on ne conleille pas d'attendre qu'
elles foienc congelées pour les retirer. L'écoulement
des feories ne convient pas non plus , parcequ'elles
n'ont pas le temps de fe raffeoir -, & comme elles fe
forment fans difeontinuation, (i Fon attendoit qu'elles
coulaflent d'elles-mêmes 3 elles entraîneroient avec el
les beaucoup de plomb , ce qui cauferoit un déchet
confidérable. Schlutter a cherché dès 1701 des moïens
de rectifier ce qu'il y a de défectueux dans cette fon
te ; il fît faire fur le lit de poufïier de charbon battu ,
un baiïin de réception avec de la brafqtte 3 afin de pou
voir en retirer continuellement les feories : il eft vrai
que cela réuflit pour quelques journées 3 enforte qu'il
n'étoit plus néceflaire de puiler les feories -, mais on
bruloit plus de charbon , fans que le produit de la
fonte augmentât ; ainfi , fans parler des autres incon-
véniens qui réfultoient de ce changement, il a fallu
en revenir à Pancienne routine de puifer les feories ,
fans trop enfoncer la cuilliere. Il faut bien prendre
garde aufïi que le plomb ne s'arrête pas dans le foyer
où il fe brulerok ; ce qui provient de ce que la matiè
re hétérogène de la mine s'endurciflant fur la poudre
de charbon battu > y forme cette efpece de kories >
qu'on a nommé ci-devant Knobbenst ce qui arrive pref-
que toujours, ou au moins fréquemment j & quoiqu'il
De la fonte sur brasque, &c. Ch. XL. xj 1
faille ôter ces Knobbens à plufîeurs reprifes , il ne faut
pas cependant le faire trop fouvent > parcequ'on en
levé toujours avec elles une partie de la pouflîere de
charbon du fol , & qu'à la fin ces feories toucheroient
à tœuvre. Ce fol ou lit de pouffiere de charbon dure
rarement jufqu'à la fin de la fonte d'une journée 3
ainfi il faut faire enforte de le conferver le mieux
qu'il eft poflible , en retirant les Knobbens. Tant que
cette feorie n'eft pas trop accumulée 3 on la détache
aifément avec un fer j alors le plomb touchant fans ob-
ftacle à la pouflîere , il la pénétre 3 la traverfe auifi-
tôt 3 & coule dans le creux. Autant de fois qu'on re
tire une Knobbe , il faut la rejetter dans le fourneau ,
parcequ'elle contient de l'œuvre 3 qui doit fe retrouver
dans le produit de la fonte : on la cafte en morceaux
pendant qu'elle eft encore rouge , afin que s'il y a de
dans quelque amas de plomb encore en fufion , il
puifTe s'e'couler s ôc qu'elle foit plus aifée à remettre
dans le fourneau.
Il arrive aufli que la fonte devient crue ou pàteufe }
e'eft- à-dire , que les feories s'épaifliffent & fument
beaucoup ; alors il n'y a guères de Knobbe, & le plomb
refte en arrière : cet accident doit s'attribuer le plus
fouvent à ce que la mine n'a pas été affez grillée : un
grillage bien fait eft ce qu'il y a de plus néceffaire
pour empêcher que la mine ne fonde pas trop vite _,
& pour qu'elle ne donne de la matte que le moins
qu'il eft poftible -, car fi la fonte fournit de la matte ,
les matières ne rendent pas tout leur argent & tout
I i ij
zjz " De la fonte sur brasque, &c. Ch. XL.
leur plomb : une bonne partie de ces deux métaux
s'échappe & fe mêle avec les fcories. L'expérience a
confirmé ce qu'on vient de dire ; puifque la mine de
Rammelfberg ne fournit tout le plomb & tout Par-
gent , que Peffai en petit promet , que depuis 170Z ,
qu'on a commencé a la calciner dans le Fourneau ,
après Pavoir grillée trois fois à Fordinaire ; c'eft auflï
depuis cette époque qu'elle ne donne plus de fcories
lentes & pâteufes : il faut donc veiller fur les Ouvriers
pour que cette fonte aille doucement , parcequ'afTez
îouvent les Fondeurs donnent trop d'eau fur les roués
qui font agir les foufHets , pour être plutôt quittes de
leur travail ; d'ailleurs, quand la fonte va trop vite, on
brûle plus de charbon , & le produit diminue , atten
du que la matière n'a pas le temps de fe r'afTeoir , ni
les fcories de fe rafraîchir , enforte qu'il faut les puifer
trop chaudes ; ainfl la fonte la plus lente eft la plus
profitable ; mais il feroit encore plus mal de la rai-
lentir au point qu'elle s'arrêtât ; alors le remède eft fa
cile : il n'y a qu'à faire agir les foufflets plus vîte qu'à
Fordinaire ; mais pour qu'ils aillent bien , il faut que
*' **■ chaque fourrier, ne foufHe tout au plus que quatre fois
dans une minute,
comment on §. 10. Quand on a mis toute [ajournée dans le Fôur-
îamfnèdeRam! nçau » on continue de fouffler jufqu'à ce que la ma-
mcisberg. tiere y foit defeendue : lorfqu'elle eft à la moitié du
Fourneau ou environ , on puife les fcories , afin que
celles qui viennent enfuite puiffent s'arrêter quelque
temps dans le foyer. Dès que ces fcories y font un peu
De la fonte sur brasque 3 Sec. Ch. XL. ij,j
refroidies & figées , on mec tout auprès du Fourneau
deux pelletées de menues feories humectées, ou du
fable , &: on les bat avec la pelle -, enfuite on ouvre
Pafliette ou réceptacle du zinc , & l'on frappe contre
la pierre dite pierre de %inc pour faire couler ce miné
ral. Auffi-tôt que le plus pur en eft forti , on Parrofe
avec de l'eau , & on le retire -, enfuite on détache en
tièrement la pierre de T^inc 3 en la foutenant avec un
morceau de bois s de crainte qu'elle ne tombe , & Pon
continue de frajpper à petits coups , afin que les petits
grains de zinc qui font dilperfés dans le enarbon puif-
ient tomber aufïi \ cela étant fini , on retire tout-à-fait
cette pierre , & Pon fépare avec un fer le zinc qui eft
encore attaché au charbon ; ce zinc étant nettoyé, on le
refond avec le premier qu'on a fait couler , & on en
fait des culots ronds. La raifon pour laquelle on re
tire le zinc avant qu'on ceffe de fouffler 3 eft que fi on
le laifToit jufqu'à ce que tout le charbon qui eft fur
Pafliette de ce minéral fut confumé , il fe bruleroit , &
Pon en retireroit peu de chofe ; ainfi , après avoir retiré
le zinc, on achevé la fonte en foufHant jufqu'à la fin,
où les dernières feories qui fe trouvent au fond du
foyer , fe nomment les dernières Çcories de la cuetlliere :
mais comme ces feories contiennent encore un peu
d'oeuvre 3 on les met à part pour les répandre fur une
autre journée 3 à la place des Knobbens.
$. ii. Aufli-tôt qu'on a fait fortir les débris du
Fourneau , & qu'on a ôté la poudre de charbon de
deffus le plomb 3 on verfe ce métal dans des poêles de
2£4 D£ LA FONTE SUR BRASQUE 3 &C- Ch. XL,
fer ; dès que le creux eft vuide , on y remet du char
bon pour le nouvel accommodage du Fourneau. Autre
fois on verfoit le plomb du creux dans un autre banni
fait de brafque qui étoit tout auprès -, & lorfque le mé
tal y étoit un peu refroidi , on le rafraîchifioit encore
avec de Feau ; puis on le retiroit en rofette comme on
retire le cuivre de fon raffinage \ mais cette manoeuvre
expofoit les Ouvriers à tant d'accidens , qu'on a été'
force' de Fabandonner.
$. iz. On a déjà dit, en parlant des matières qu'on
ajoute à la fonte , que la mine de Rammelfberg con-
tenoit beaucoup de fer \ en effet , il s'en formoit au
trefois des amas confidérables dans le Fourneau ; mais
ces amas font beaucoup plus rares depuis qu'on grille
trois fois cette mine 9 & qu'on la calcine une quatriè
me dans le Fourneau clos : & comme depuis ces gril
lages; répétés-,. on en retire beaucoup plus de plomb
& beaucoup plus d'argent , c'eft une preuve que les
grillages n'en détruifetv; pas le plomb comme le croyoit
Lochnàfo.
$.13. En grillant plufieurs fois cette mine, fon fouf-
frç ne s'évapore qu'en partie , Fautre partie fe trans
porte fur le fer , & le feorifie de telle forte qu'il ne
peut plus reprendre fa, forme métallique; dans le Four
neau , même à Faide du phlogiftique des charbons :
mais h dans le grillage la mine de Rammeliberg n'a
pas été fuffifamment pénétrée par le feu , le foufFre
n'a pu ni s'évaporer ni attaquer le fer de cette mine.
Il réfulte de ce défaut , que la fonte en elt rebelle j les
Ùe là fonte sur brasque 3 Sec. Ch. XL. ±fo
■Çcotits en font dures & pâreufes , & le fer qui n'a pas
été feorifié , (c précipite fur le fol ou lit de charbon
pulvérifé &c battu : il y forme des amas qu'il faut arra
cher , ou que Fon trouve à la fin de la fonte quand
on nettoyé le Fourneau. C'eft donc un grand avanta
ge pour les mines dont il s'agit dans ce Chapitre 3 que
le ter en foit exactement détruit par leurs longs gril
lages , parcequ'alors il entre dans les feories , & s'unic
avec elles.
§. 14. D'une journée de la mine de Rammelfberg ,
telle qu'on Fa décrite 3 on retire depuis fix jufqu'à huit
quintaux d'oeuvre ou plomb tenant argent 3 dans le
quel on doit trouver au moins un marc de ce dernier
métal-, quelquefois h journée rend davantage , taiit en
plomb qu'en argent. On brûle pour la fonte de cette
journée trente à trente quatre mefures de charbon de
fapin , ou vingt-(ix à vingt- huit de charbon de bois
dur. C'eft de la bonté dû charbon que dépend la du
rée de la fonte. Le meilleur eft le charbon mêlé, parlé
moyen duquel on peut fondre une journée en dix-
huit heures , pourvu que la fonte ait été bien condui
te , ce qui n'arrive pas quand on employé du char
bon dur & fans mélange, fur-tout de celui qu'on a
fait avec de vieux hêtres ; car alors à peine peut- on fi
nir une journée en vingt heures : quant au produit du
plomb & de l'argent 3 il eft toujours le même , foie
qu'on fe (èrve de Fun Ou de FaUtre charbon.
§» 15. Les Ouvriers qui travaillent à cette fonte ,
font le Fondeur, un Aide, & un Manoeuvre qui

s
t$6 De la fonte sur brasque, &c. Ch. XL.
charie les fcories hors de la Fonderie. Le premier ac
commode le Fourneau , le chauffe & commence la fon
te a. onze heures du matîn : il doit fondre onze Scher-
bens des matières de la journée : fon Aide le relevé à
fept heures du foir : il a charie le matin les matières de
la journée à leur place , & il doit faire fondre pendant
la nuit les neuf Scherbens reftans de cette journée. Il
faut que le Maître Fondeur rentre dans la Fonderie le
matin vers Fheure que la fonte doit finir. C'eft lui qui
retire le zinc du Fourneau , & qui achevé enfuite la
fonte ; mais tous les deux doivent ouvrir le Fourneau ,
& les nettoyer. L'Ouvrier qui charie les fcories , doit
les porter aux décombres de la Fonderie.
§. 16. On a dit de quelle manière on tire le zinc de
la mine de kammelfberg pendant la fonte de cette
De h Cadmia mine ; mais on n'a point encore parlé de la Cadmie s
Fun & Fautre ont la même origine. La mine eft com-
pofée de pyrites fulfureules 3 d'autres parties tenant de
la mine de plomb luifante , & le refte qui eft très-dur
ôc fort compadt -, eft d'un gris obfcur tirant fur le brun.
Il y a toute apparence que c'eft une efpece de calamine
qu'on fçait être la mine du zinc. Ces matières ne (e
trouvent que rarement féparées les unes des autre*, &
on ne les fépare point 3 ni pour les griller ni pour les
fondre \ ainli il Ce trouve du zinc dans toutes les par
ties de la mine grillée , & Fon en retireroit beaucoup
plus qu'on ne fait , iicc femi-métal n'étoit pas aUftï
facile a s'enflammer. Ce qu'on en conferve tombe en
fuflon derrière la chemife du Fourneau , qui eft faite
comme
De la fonte sur brasque, &c* Ch. XL. 157
comme on Fa dit , d'une efpece de chyfte qu'on nom
me Stabl-Stein ou pierre d'acier : mais la partie de ce
femi-métal qui tombe au milieu du Fourneau > près
du mur mitoyen , ou vers les côtés , fe trouvant ex-
pofé à la plus grande ardeur du feu , y eft brûlé 3 &
par conféquent perdue ; quand même par quelque
moyen qu'on n'a pas encore trouvé , on parviendroic
à le ralTembler ou à le recueillir , il ne ieroit jamais
pur , parcequ'il s'y mêleroit beaucoup de plomb qui
le gâteroit ■ , ain(i toute la peine qu'on auroit prife de-
viendroit inutile. Comme il faut même beaucoup de
{>eine & d'attention pour conferver dans le Fourneau
e zinc tel qu'on le retire à préfent , c'eft ce qui a dé
terminé les Propriétaires de la fonte à donner aux Fon
deurs quatre fols pour chaque livre de zinc qu'ils leur
remettent , afin de les engager à en perdre le moins
qu'il eft poflible ; il arrive aufïi quelquefois que les
mines de cuivre , qui (ont fort chargées de plomb }
rendent du zinc dans leur fonte.
Quant au caractère de ce femi -métal 3 on fçait qu'il
cft fort aigre ; Schlutter le regarderoit volontiers corn--
nie une efpece d'étain , s'il étoit plus malléable ; & il
foupçonne que venant dune mine aufïi fulfureufe que
Feft celle de Rammelfberg , qui , malgré les quatre
feux de fon grillage , fournit encore dans fa fonte des
feories qui s'enflamment quand on les en a féparées ; il
conferve une partie de ce foufFre. Cette idée eft, félon
lui 3 d'autant plus vrai-femblable , que par le foufFre
on peut rendre aigre le meilleur étain : c'eft. même pour
Tome 11. Kk
zj8 De la fonte sur brasque, &c. Ch. XL.
cette raifon qu'avant que de fondre les mines d ctain ,
on a grand loin d'en féparer les pyrites qui peuvent
s'y trouver, & de les griller enluite avec foin. On fçait
aùfll que le zinc ôc Fétain peuvent Fun & Fautre ren
dre jaune le cuivre rouge. Il cite pour exemple le mé
tal fingulier qu'Aloii7.o Barba a décrit dans fon Trai
te des Mines & des Métaux , Partie icrc , Chap. 34.
A Fé^ard de ce qu'on nomme Cadmie , cette ma
tière provient du zinc qui s'eit brûlé dans la fonte 3
& dont la fumée s'attache de tous côtés contre les pa
rois du Fourneau ; elle- y devient fi dure & fi épaifle ,
qu'il faut Fôter du Fourneau après la fonte de quatre
journées , ou tout au plus de fix. Celle qui fe trouve
attachée à la pierre la plus élevée de la chemife , eft
la meilleure : celle qui eft adhérente par tout ailleurs
dans le Fourneau 3 n'eft pas fi bonne s parcequ'cllc
tient du plomb qui Faltére : celle de la chemiie , dans
les fontes d'à prêtent , eft verdâtre \ on la nomme
Cadmie ijerte ou Cadmie fraîche : on ne Femploye dans
les Fabriques de cuivre jaune , que pour celui dont
on fait les Canons ; mais pour le véritable laiton en
plaques ou battu y fervant à faire des chaudrons , du
hl de laiton & d'autres ouvrages , on cherche en triant
de Fancienne Cadmie , dans les vieux décombres ou
amas de feories t comme elle y a été jettée avec les
feories dans des temps reculés où Fon ignoroit fon uti
lité , elle y a blanchi par Fhumidité pendant une lon
gue fuite d'années \ &c il y a des gens qui prétendent
que c'eft fa vétufté qui Fa rendue propre à l'ufagc
De la fonte sur brasque , &c. Ch. XL. Z59
qu'on en fait. C'cft vers Fan 1550 qu'un nomme Eraf-
nic Ebener , de Nuremberg , a fait connoîcre fon uti
lité , fuivailt des A&es rapportés par Loebnafa, pag. 88
de fon Traité des Mines. La meilleure raifon de Fétat
où on la trouve à préfent , eft qu'autrefois on fondoit
la mine de Rammelsberg , fans y ajouter les feorics du
haut HartT^s elle ne rendoit pas par confequent beau
coup de plomb , ainfi la Cadmie pouvoit être & meil
leure & plus pure : à préfent qu'on employé ces feo-
ries , la mine rend en plomb le double de ce qu'elle
rendoit autrefois j ainfi la fumée du zinc brûle' doit
fe mêler avec beaucoup plus de fumée de plomb , &
par confequent charger de ce métal la Cadmie qu'on
nomme <x>erte. Or comme le plomb aigrit le cuivre ,
ccft pour cela que la Cadmie verte ne fait pas de bon
laiton.
$. 17. On a cru, d'après quelques épreuves, que
la mine de Rammelsberg pourroit convenir , comme
d'autres mines, à la fonte crue dans le haut Fourneau,
félon la méthode de Freyberg j parccqu'elle eft pleine
de pyrites , pauvre en argent , & contenant peu de
plomb-, mais il ne conviendroit pas, félon Schlutter ,
d'introduire aujourd'hui cette manière de fondre dans
les Fonderies du bas Hartz^, attendu que li Fon vouloit
traiter la mine de Rammelfbcrg par la fonte crue , il
faudroit y ajouter beaucoup de matières rebelles à la
fonte , parce que cette mine étant fort fufible , il
n'en viendroit que de la matte : fi Fon prenoit ce par
ti, Fopération en feroit plus longue j on y confomme
Kkij
z6o De la fonte sur brasque , &c. Ch. XL.
roic une bien plus grande quantité de charbon ; le
produit en argent & en plomb n'en augmenteront pas.,
parcequ'il faudroit griller cette matte à plufieurs feux.i
il faudroit auili Fenrichir par d'autres matières , parce-
que feule elle ne feroit pas affés riche pour une der
nière fonte > & fon produit ne payeroit pas la prodi-
gieufe quantité de bois & de charbon qu'on employé-,
roit à toutes ces opérations.
§. 18. Mais en refléchifTant fur la méthode qu'on
fuit à préfent 3 & qui eft beaucoup meilleure que la
fonte crue 3 on verra que les deux fortes de feories
qu'on ajoute à la mine de Rammelfberg , contiennent
du plomb & de Fargent -, que celles du haut Hartz
ne peuvent pas être toutes refondues dans l'endroit
d'où elles viennent -, qu'étant riches il y auroit un dé
faut d'économie à les abandonner comme inutiles :
qu'on ne peut pas les mieux employer qu'en les fon
dant avec la mine dont il eft queftion dans ce Chapi
tre -, qu'on en tire fans aucun déchet tout Fargent &
tout le plomb qu'elles contiennent encore -, enfin ,
qu'on tire de tout le mélange de la journée beaucoup
plus de plomb que par toute autre voyç.
D£ XA FONTE DANS LE FoURN. &C. Ctfi XLL %6l

CHAPITRE XLÏ.
1)e lafonte dans le Fourneau a percer,

S. i . T A fonte dans le Fourneau à percer eft d'un


J iufage fore ancien : autrefois on fe fervoit
de ce Fourneau du bas Hartz pour refondre la litar-
ge en plomb ; mais depuis trente ans ou environ 3
on a changé de méthode : ce Fourneau n'eft plus en
ufage qu'à Vreyberg s pour fondre la matte de cuivre en
cuivre noir , & pour fondre d'autres mattes qu'on
ajoute dans certaines fontes : on Fa abandonné aufïi
depuis trente ans à Weimberge en Bohême , à Schemnit^,
à SmelnitJ^ & à Foelgebangen en Hongrie \ on ne s'en
fert plus dans ce dernier endroit que pour la fonte de
la mine de plomb.
§. z. On employoit pour accommoder le Fourneau
à percer , de la brafque pefante , qui eft , comme on Fa
dit , un mélange d'argile & de poudre de charbon :
on met cette brafque fur le fol du Fourneau jufqu'à une
certaine hauteur \ on la bat \ puis on y en remet juf-
qu'au-deflbus de la tuyère : on la bat encore en lui
donnant une pente vers le baflin de réception j Se
comme ce Fourneau n'a pas de baflin pour la percée ,
on n'y fait qu'un feul baflin de réception. Au bas de
la chemife on laifle un trou , qu'on appelle Fa/7 , pour
fécoulement des matières. Quand ces Fourneau* font
AÔ2. De LA FONTE ,&c. Chap. XLII.
préparés , on les chaufïe à Fordinaire. On les a repré-
fentés fur les Planches XXI. XXIII. XXIV. & XXV.
§. 5. Après avoir fait la compofition ou mélange
des matières pour la fonte , on les met dans le Four
neau y fur le charbon , à Fordinaire. Les matières en
fufîon fortent par ïœil 3 on en fépare les fcories pour
les ranger de côté , & quand le baflin de réception eft
plein 3 loir de plomb 3 de cuivre ou de matte , on ar
rête les foufflets , ou bien on met une pelotte d'argile
dans la tuyère , afin que leur vent ne puiffe pas entrer
dans le foyer. On vuide ce baflin , puis on recom
mence à fourrier ôc à fondre comme auparavant ; mais
la brafque ne peut fèrvirque pour vingt-quatre heures
de feu.

CHAPITRE XLII.
2V la fonte, dite par écoulements
$. 1. /^\N ne connoît plus cette manière de fondre ,
V^/que de nom ; elle étoit en ufage à Joachim-
fiahl en Bohême y il y a 100 ans ou environ s fuivant
ce qu'en dit Matbeftus dans fa Sarepta 3 Difcours XIII.
Ce qu'il en rapporte convient allés à Fancienne façon
d'accommoder le Fourneau dans le haut Hart^s pour
la fonte de la mine pilée ; elle n'eft pratiquée dans
aucune autre Fonderie : on y fondoit autrefois le plomb
feul dans le foyer devant le Fourneau , & Fon ne paf
De la fonte sur brasque , &c. Ch. XLIII. i6j
foie que le teft &: la licarge dans le Fourneau même -,
croyant que par ce moyen la mine rendoit un plomb
plus pur & plus doux. ;
§. z. Schlutter a vu aufïï dans un autre Manufcrit ,
aue la profondeur de ce Fourneau etoit de deux
pieds i la largeur de deux briques , que la tuyère
etoit élevée de quatre à cinq pouces au-deflus de la
brafque , & qu'il y avoit à côté un badin de réception
avec un foyer.
Nota. Ce Chapitre , obfcur dans l'Original , eft peut-être mal rendu dans la
tradu&ion ; mais comme iln'eft pas d'une grande utilité, on peut fe difpenfer de
le lire : on n'a pas jugé à propos de le fupprimer , pareeque le Public paroît fou-
faaicer d'avoir le Traité de Schlutter fans retranchement.

— ! i . . . i Sg

CHAPITRE XLIIL -

<De la fonte fur brafque pe/ante dans


le haut HartZj.
i. i«/^\N a dit dans le Chapitre XXXIX, qu'il y
V_y avoit trois fortes de fonte \ la plus ufitée étant
celle qui fe fait fur la brafque pefante ; on commence
par celle du haut Hart^3 dont le Fourneau eft repré—
fenté fur la Manche XXVll.
§. z. Cette fonte , qui a quelque chofe de particu
lier, Ce nomme zvSk fonte parfait ou par écoulement
ou couUe : cet écoulement eft ménagé par uu morceau
de bois. On prépare le Fourneau de telle forte , que
la matière en fuuon coule , pour ainfi dire , invifible-

« V
2.64 De la fonte sur brasquë , &c. Ch. XLIII.
ment dans le bafïin de réception. On retire les fcories
fans qu'il foit befoin de mettre de la brafque devant
l'oeil ; c'eft pourquoi cette fonte paroît plus propre &
plus nette qu'aucune autre ; mais la véritable raifon
eft que , comme on ne fond qu'un feul grillage à cha
que fois qu'on a accommodé le devant de ce Fourneau,
qu'on nomme la poitrine , il peut durer affés de temps
fans que rien s'en détache. Cette façon de fondre pour-
roit bien être celle qu'on nommoit autrefois fonte par
écoulement. Voyez Fendroit cité de Matbefius.
§.5. La brafque fervant à cette fonte eft compoféc
d'une partie d'argile , & de trois à quatre parties de
charbon réduit en poudre , & paffé par un crible , puis
humectées avec de Feau , & paitries jufqu'à ce que lé
mélange fe pelotte bien , lorfqu'on le lerre dans la
main. On met de cette brafque fur le fol , & on lui
donne de la pente depuis la tuyère jufqu'au bafïin de
réception -, & depuis ce baffin jufqu'à celui qui reçoit
la matière qui coule de la percée ; de façon que cette
brafque foit , dans le bafïin de réception , de deux
pieds plus baffe que la tuyère : cela étant fait, on pla
ce fur cette brafque, & au milieu de la face antérieure
du Fourneau, uit morceau de bois rond , qu'on nom
me bois de poitrine 3 long de quinze pouces , & de cinq
pouces de diamètre, & on le fait excéder d'un ou deux
pouces le bas de la chemife. On en met un autre nom
mé le bois de percée vers la trace , afin d'avoir dans la
fuite y pour- la percée , une marque pour diriger le fer,
fervant à percer , au fond du foyer de réception. Ces
morceaux
'
De la fonte sur brasque , Sic. Ch. XLIÏI. 165
morceaux de bois étant bien afTurés dans leur place ,
on met defTus de la brafque pour achever le badin de
réception , dont le defTus doit être un pied plus bas
que la tuyère , dans Fendroit le plus voifin du foyer.
Enfuite , on fait le baflin qui doit recevoir la matière
quand on a percé : la brafque de ces deux baflîns doit
être tellement battue , qu'elle ne cède plus à la plus
forte prefïion. On détache enfuite le morceau de bois,
de poitrine, & Fon élargit jufqu'à fix pouces ou envi
ron , Fouverture de la poitrine , à laquelle il a fèrvi de
noyau. Si la mine qu'on veut mettre dans le Fourneau
elt rebelle à la fonte 3 on élargit encore un peu plus
cette ouverture. La trace doit avoir 3 dans Fendroit le
plus élevé 3 un pied de large fur un pied de profon
deur y ce qu'on peut voir fur U Tlancke XXVll. Uœil ,
qui eft encore ouvert au-defTus du foyer , fe ferme
avec quelques charbons enduits d'argile : s'ils en font
bien recouverts, tant en dedans qu'en dehors , ils peu-
yent durer jufqu'à la fin de la fonte. On chauffe toute
cette brafque avec du gros charbon, que Fon met tout
à la fois pour remplir prefque entièrement le Four
neau. Il faut une heure & demie à deux heures pour
que le foyer (oit chauffe comme il faut , fans quoi la
fonte bouillonneroit & s'attacheroit à la brafque il elle
e'toit encore humide, ce qui porteroit un grand préju
dice au travail.
§. 4. Le mélange deftiné pour la fonte , & que Fon
nomme compofition , fe fait de la mine triée & de la
mine lavée , comme aufli de la mine fufible & de la
Tome U. L1
t66 De la fonte sur brasque,&c Ch. XLIIL
mine rebelle ; on y ajoute des mines grillées : parmi
ces dernières , il y en a qui font riches en plomb &c
pauvres- en argent -y communément on croit bien faire
de mêler ces différentes fortes de mines avant le gril
lage , & de les griller toutes enlemble dans un même
Fourneau à calciner i Schlutter condamne cette mé
thode , pareequ'il ne convient pas de griller une mi
ne fufible avec une mine rebelle. La première de
mande peu de feu , Fautre en exige un fort & long ;
ainii il vaut beaucoup mieux les griller féparément, &
c'eft ce qu'on fait aujourd'hui ; puis mêler enfemble
celles qui fe conviennent , lorfqu'on veut en commen
cer la ronte \ il faut même les caffer pour les mieux
mêler. Ce mélange étant fait , on Fétend fur une pla
ce bien nette , & on le recouvre avec des feories tri-
fées , venant d'une fonte de mines fufibles. On régie
la quantité de ces feories fur la qualité de la mine : fi
elle eft fufible , on en prend quatre à cinq quintaux
pour commencer , Se enfuite on le îert de Les propres
feories pour les fontes fuivantes ; mais pour les mines
dures à fondre , on mec jufqu'à trente quintaux : me»
me, quand elles font par trop rebelles , on va chercher
d'anciennes feories abandonnées depuis long-temps ,
& qu'on trouve ça & là dans le Hart\. A l'égard des,
matières contenant plomb, qu'on ajoute dans la fon
te , comme Tefi, crajps 3 déchetjaune , il ne faut en met-»
tre que ce qui eft néccflàire pour aider à féparer l'ar
gent de la mine fans déchet, fur- tout quand la mine
eft par elle-même jridbe en plomb ; e'eit-à-£ure, xjuand
De la fonte sur brasque 3 &c. Ch. XLÏII. 167
deux grillages qni ne fourniffent que dix marcs d'ar
gent au plus , peuvent donner quarante quintaux de
plofnb & davantage. Il faut auiïi conddérer que les
matières qu'on ajoute à la fonte pour faciliter Fextrac-
tion de Fargent 3 y perdent la fixiéme 3 même la cin
quième partie de leur plomb : de plus 3 parmi les ma
tières tenant plomb 3 il n'y a que les crafTes & les fco-
ries qui puiffent fervir de fondans : le Tefi ou cendrée
& le déchetjaune 3 ne peuvent pas fe fondre fans le fe-
cours des fcories -., aind en y mettant toutes ces matie-
- res indifféremment & fans faire attention à leurs pro
priétés , on ne fait qu'augmenter en volume les jour
nées de la mine , & brûler plus de charbon qu'on ne
doit. Mais s'il faut peu de ces matières tenant plomb
pour la fonte d'une mine pauvre en argent 3 il eft à
propos d'en mettre beaucoup plus quand elles font ri
ches, parceque l'argent en fufion doit trouver fum"-
famment de plomb 3 où il puiffe 3 pour ainfi dire, fe ré
fugier. Les Fonderies du haut Hart^ont ordinairement
bonne proviilon de toutes ces matières. Dans les Fon
deries où Fon eft obligé d'acheter le plomb 3 on y in
troduit le plus qu'on peut d'argent , & le quintal en
contient fouvent jufqu a cinq marcs •■, mais Schlutter
ne confeille pas de fuivre cet ufage , Il ce n'efl: dans
les Fonderies cYAndreasbcrg3 dont il fera parlé au Cha
pitre fuivant. Le plomb qui fe fait dans les Fonde
ries du haut Hart\ 3 contient depuis deux jufqu'à
douze marcs d'argent , & Fon ajoute fur deux grillages
de mine, depuis dix-huit jufqu'à vingt-quatre quin
Llij
168 De la fonte sur brasque, Sec. Ch. XLIII.
taux de matières tenant plomb. Dans les autres Fon
deries de Clauftakl & èÎAltenau , le quintal de plomb
rend depuis trois jufqu'à fept onces & demie d'argent.
Quand y outre ce métal 3 la mine donne une quantité
raifonnable de plomb , on ne met que quinze à dix-
huit quintaux de matières tenant plomb ; mais lors
qu'elle eft plus riche en argent &c plus pauvre en plomb,
on y ajoute jufqu'à "trente-fix quintaux de ces mêmes
matières -, ce que Fon retire après la fonte 3 tant en dé-
bris de Fourneau qu'en déchet noir , s'ajoute à la pro
chaine fonte.
§.5. Après avoir fait la composition & chauffe' le
Fourneau, on commence la fonte le foir à neuf ou dix
heures 3 fi la mine eft rebelle : fi elle eft fluide , on ne
commence qu'à une ou deux heures après minuit : on
remplit le Fourneau de charbon fuivant Fufage. On met
defîus deux bacquets pleins de feories noires : le char
bon e'tant un peu bai^Té , on en remet un panier ,
que Ton charge de deux bacquets de la compontion ou
mélange de mine -, ce qu'on augmente enfuite peu à
peu , à chaque fois qu'on met un panier de charbon ,
jufqu'à le charger de quatre à cinq bacquets de mine'*
rai. On fait un ne\ dans cette fonte , & c'eft par ce
ne\ qu'on juge combien il faut mettre de mine dans le
Fourneau -, mais un habile Fondeur doit fçavoir con
duire fa fonte fans ce fecours. Pour qu'un ne\ foit
tel qu'il doit être , il doit s'élargir dans Fintérieur du
Fourneau , & ne pas en pafTer le milieu. Si un Fon
deur charge trop .dans la fpntç des mines rebelles , çç
De la fonte sur brasque, &c. Ch. XLIII. 169
«^s'allonge jufqu'à la chemiiè j alors il n'y a pas d'au
tre remède que d'ajouter à propos un ou deux bacquets
de feories du Hartz ; fi cela ne réuflit pas 3 il faut ou
vrir Fa?// de la chemife , pour pouvoir rétablir ce ne\
qui fert à diriger le travail. Il arrive quelquefois que
la fonte s'attache à la brafque 3 ce qui vient de ce que
le Fourneau n'a pas été afïes chauffé d'abord : il y a
aufli des mines qui font fujettes à cela. On appelle Fa-
mas qui fe fait fur la brafque dans ces fortes de fontes,
une Bihne s le Fondeur doit Farracher avec foin , de
crainte qu'elle n'endommage le foyer. Il ne faut pas
non plus faire aller les foufflets trop vite , pareequ un
vent violent confomme plus de charbon qu'il ne faut,
& la fonte en coule moins nette ; car lorfque la mine
eft fufible , les feories venant trop abondamment ,
elles n'ont pas le temps de fe refroidir ; on ne peut pas
les retirer , elles fe répandent , & la partie des feories
qui eft pâteufe , refte & vole du plomb : fi le Fondeur
ne peut pas faire autrement , il faut qu'il les levé avea
une pelle _, & les fépare de l'œuvre le plutôt qu'il eft
poffible. Dans ces circonftances embarraffantes , le
mieux eft de rallentir Faction des foufflets.
Lorfque la mine eft rebelle à la fonte , fes feories
font tenaces , & le plomb s'y attache par-deffous 5 c eft
pourquoi en les retirant congelées , a la manière or
dinaire , iL eft à propos de les renverfer , pour voir fi
elles enlèvent du plomb : quand on le reconnoît , il
faut ajouter à la fonte plus ou moins de feories fon
dantes. Si Ton voit dans les feories une infinité de,
i-jo De la fonte sur brasque, &c. Ch. XLIII.
petits points 3 femblables à des grains de matte ou à
des grains de plomb , c'eft que la mine n'a pas été zf-
fés grillée j alors il faut ajouter des fcories dures à
fondre. La mine triée eft ordinairement de fufion
difficile y au lieu que les mines lavées font douces &
fufibles i parceque dans les premières il refte plus de
gangue terreufe que dans les autres \ ainfi on a foin de
faire un mélange convenablement proportionné des
unes & des autres : fi malgré cela le mélange eft en
core, trop difficile à fondre > on y ajoute des icories.
§. 6. Il ne faut pas négliger de percer à temps pour
faire écouler le métal en fufion , fans cela il monte-
roit trop haut dans le bafïin de réception , & fa fur-
face s'y bruleroit. Pour ne pas fe tromper 3 on aura
foin de ranger fouvent les fcories au bord du baïïîn ,
avec la pelle , pour voir fi c'eft la matte ou le plomb
qui monte y alors on juge aifément s'il faut percer ou
non. Quand. en enfonçant une cueilliere de fer dans
la matière en fufion qui a coulé dans le bafïin de per
cée j on s'apperçoit qu'elle eft pâteufe , & qu'elle s'at
tache à cette cueilliere , c'eft encore une preuve que
la mine n'a pas été affés grillée. L'œuvre ne fe fepare
pas comme il faut de fes impuretés , crafifes & parties
hétérogènes : dans ce cas il faut jetter de k fonte de
fer dans le Fourneau j elle s'y fond , & coule dans le
bafïin de réception , ce qui rend la matière plus liqui
de : ce remède eft certain ; mais il ne peut être de
Î>ratique ordinaire } pareequ'il faudroit trop de fer pour
es grandes fontes.
De la Ft>NTE ©es Mines , &c. Ch. XLIV. 171
§. 7. Au bouc de quiuze à dix-huit heures la fonte
d'un grillage eft ordinairement finie : on nettoyé le
Fourneau. Les débris qui font contigus au «^ appar
tiennent à la Fonderie -, ks crafTes & le déchet noir s'a
joutent à la fonte fuivante. Si la mine eft rebelle > on
brûle pour fondre deux grillages jufqu'à quatre-vingt
mefures de charbon ; {i elle eft douce 3 on n'en con-
fommc que quarante-cinq. Cette fonte fe fait par un
Fondeur & par un Aide : il n'y a pour le tranfport des
fcories qu'un feul Manœuvre qui les charie de plu-
fleurs Fourneaux.
$. 8. Pour empêcher que les matières qu'on ajoute
dans la fonte 3 donnent un plomb trop riche en ar
gent , on fond une partie des mines riches au com
mencement de la femaine , & les pauvres après , afin
que celles-ci appauvriflent le plomb qui viendra d« la
fonte du refte des mines riches.

CHAPITRE XLIV,
*De la fonte des Adines d'argent de
Saint-Andreaxberg.
$. 1. T A préparation ou aaxmmodage du Fourneau.
I >pmir la fonte des mines de SziiVL-Andreasberg,
eft à peu près la même que celle dont il a été parlé
dans le Chapitre précédent-, mais le travail eft un peu
différent. Comme ces mines ne reflemblent pas aux
172. De la fonte des Mines , 6cc. Ch. XLIV.
autres mines du haut Hart^3 en ce que celles qui font
de plomb font à facettes brillantes , & pauvres en ar
gent , & que d'un autre côté on trouve dans quelques
minières de Saint Andreasberg des mines d'argent blan
ches &c rouges -, la compofition eft par conféquent dif
férente de celles que fon fait dans les autres Fonderies
du haut Harfiç.
$. z. Outre cela, il y a fouvent dans les mines de
Saint Andreasberg, du Coboltcpii remplit le plomb & la
matte de Spei%3 (efpece de bronze ou matière aigre, )
ce qui fait que le travail de la fonte de ces mines eft
encore différent de celui des autres Fonderies ; c'eft
aufïi pour cette raifon qu'il faut griller les mines qui
contiennent du cobolt beaucoup plus que d'autres-, ce
qu'on a déjà fait obferver au Chapitre XXVII. §. 9.
§. 5. Pour faire la brafque de cette fonte, on prend
deux parties de charbon pulvérifé , & une partie d'ar
gile. L 'accommodage eft pareil à celui des Fonderies de
Claufthal , où Fon, fait le fol avec de la vieille brafque,
& la trace avec'de la neuve , en lui donnant dix pou
ces de profondeur. La tuyère n'a point de faillie hors
du mur mitoyen , & elle eft de dfx à douze pouces
plus haute que le deffus du baftin de réception. Quand
on a chauffé le Fourneau , on ferme avec des briques
Fœil qui eft au bas de la chemife. Lorfqu'on a charié
la mine que Pon veut fondre , devant le Fourneau , on
la bnfe , & l'on en fait deux journées l'une après Pau-
tre. On couvre la première avec des feories fondan
tes j & fi la mine eft fufible, on fe fert enfuite des feo
ries.
'
De la fonte des Mines > &c. Ch. XLIV. 27^
ries qu'elle rend 3 Se que Fon nomme fortes propres. Si
la fonte paroi{Toit difficile , on y ajouteroit de vieilles
feories du Hart^. On mec auffi fur une fonte à peu près
douze quintaux de litarge , autant de quintaux de ccft
ou cendrées d'affinage 3 &c le déchet jaune & noir de
la fonte précédente. On remplit le Fourneau de char
bon à quatre ou cinq heures du matin -y Ôc après y
avoir mis deux fois de fimples feories y on le charge
à Fordinaire de mine & de charbon alternativement.
Uaccommodage du Fourneau , c'eit-à-dire , la brafquc
dont on Fa garni , ne peut durer que vingt à vingt-
quatre heures , pendant lefquelles on fond la mine
d'un grillage -, on retire de cette quantité douze à
quinze quintaux de plomb, ôc cinq quintaux de mat-
te qui le levé ordinairement par placques 3 ôc Fon con-
fomme pour la tonte depuis cinquante jufqu'à cent
mefures de charbon , fuivant que la mine eft plus oiï
moins dure à fondre.
§. 4. Les mines riches de Sainf-Andreasberg font com-
pofées d'argent natif ou vierge , de mine d'argent
rouge , ôc de mine d'argent vitrée : on vend', fur le
pied de la taxe ou évaluation , ce qu'on trouve d'ar
gent vierge y ôc fans mélange ; ou bien on la fait im
biber dans le plomb d'un affinage. Comme ces fortes-
de mines riches fe trouvent aufli fort fouvent mêlée*
avec des mines ordinaires , Ôc qu'un quintal de ce
mélange contient jufqu'à cinquante marcs d'argent ,
on fe contente de piler ces fortes de mines à fec , ôc oui
les fond enfuite crues, ou fans les griller.
Tome IZr Mm-
^74 De la fonte des Mines, Sec. Ch. XLIV.
§. 5. Le Fourneau s'accommode & fe chauffe à For-
dinaire y mais avec beaucoup d'attention pour ne rien
perdre de ces mines riches. Il faut que le fol du foyer
& la trace foient garnies de bonne brafque pour que
l'œuvre ne puiffe la pénétrer. On ajoute à la compo-
fition ou mélange de la journée , autant de litarge &
de teft ou cendrée d'affinage , qu'il en faut pour que
le quintal à'œuvre ne contienne que quatre à cinq
marcs d'argent. C'eft fur le produit de l'eflai qu'on a
fait de la mine , qu'on fe régie pour ajouter telle ou
telle quantité de ces matières tenant plomb. On étend
d'abord des feories fur la place de la journée 3 on
met par-defTus de la litarge , enfuite une couche peu
épaifle de mine riche , & Fon recouvre le tout de li
targe 3 de feories & de tefts : toutes ces matières doi
vent être bien étendues &c bien égalifées > afin qu'il
ne s'en trouve pas plus en un endroit que dans Fau-
trc. On jette d'abord fur le Fourneau , mis en feu ,
une petite quantité de {impies feories pour enduire
le foyer & la trace d'unç elpece de vernix ; puis on
-. chargé quelques bacquets de la compofition , & en*
fuite du charbon, ce qu'on continue ain fi alternative
ment julqu'à ce que toute la journée foit fondue ;
ayant foin de mettre toujours du charbon fur chaque
charge de mine , afin d'empêcher que le vent des
foufïtets ne Femporte. Ge font les plus habiles Fon
deurs du pays qu'on employé à la fonte de cette
'mine.
§. 6, On perce à Fordinaire le baflin de réception
De la fonte, &c. Chap. XLV. %j$
pour faire pafTer l'œuvre dans le baffin de percée 3 où
on le puife pour le mouler en culots : on remet fur la
journée la matte qui fe fait pendant la fonte , & on
en employé les fcories à la place des fcories ordinaires,
dans la fonte fuivante. Quand une fonte de mine ri
che eft achevée , on commence dans le même Four
neau une fonte de mine commune , afin qu'elle raf-
femble & entraîne ce qui pourroit y être refté de la
fonte de la mine riche , & que les débris du Fourneau
contiennent moins d'argent. Il n'y a pour le travail
de cette mine d'argent qu'un Fondeur, un Aide & un
Ouvrier qui enlève les fcories.

CHAPITRE XLV.
^De lafonte far un Fourneau courbtJ
S.i. f~\N peut fondre par le Fourneau courbe rotr-
Y^/tes fortes de mines d'argent, de cuivre , de
plomb , les terres des Monnoyes , les vieilles cendrées
d'affinage. On s'eft fervi de ce Fourneau dans le hauC
pays des mines en Saxe f fur-tout à Joachim-Georgen-*
Stadt s à la place du haut Fourneau : on s'en fert en
core à Joachimjîhal en Bohême y où les hauts Four
neaux ne font plus en ufage •■, pareequ'ils ne font uti
les que pour les Fonderies où ion apporte beaucoup
de minéral. On a repréfenté ces Fourneaux courbes
fur la Planche XXVI*
Mm ij
ij6 De la fontEj&c. Chap. XLV.
$. z. L 'accommoddge du Fourneau courbe & la com*
pofition de la brafque varient fuivant la qualité de la
mine qu'on veut fondre -y mais en général , lorfqu'on
fond une mine d'argent 3 il convient que cette braf
que foit moins pefante que pour toute autre mine ,
c'eft-à-dire , qu'on y faûe entrer moins d'argile 3 par-
ceque les matières en fufion s'attachent à la partie ter-
reufe 3 & par conféquent le plomb s'y brûle. Cepen
dant s'il s'agiffoit de fondre plufieurs jours de fuite
dans le même Fourneau 3 il faudroit alors employer
la brafque pefante 3 attendu qu'elle réfifle plus long
temps que la légère. Lorfque la matière eft riche en
argent 3 il faut éviter avec foin de mêler de la vieille
brafque avec de la nouvelle. Si l'on n'a qu'une mé
diocre quantité de matière 3 qui ne puiiTe occuper le
Fourneau que vingt-quatre heures au plus , trois par
ties de charbon & une partie d'argile feche & tamifée
fufnTent pour compofer la brafque : fi le Fourneau
doit travailler plus long-temps 3 il faut alors plus d'ar-i
gile & moins de charbon j c'eft au Fondeur habile à
juger de ces différentes proportions. Quant à la ma
nière d'accommoder le Fourneau , il faut que la braf-
ique 3 toute battue 3 -touche au bas de la tuyère 3 &
que du côté de la chemife elle foit un pied plus bas
que la tuyère : cette tuyère fera placée de niveau ,
afin que le vent des fourriers foit dirigé trois pouces
plus haut que Fendroit le plus élevé de la brafque.
On commence à former la trace à fix pouces de la
tuyère j on la prolonge jufqu'à un demi pied hor|
De ia* ponte, &c. Chap. XLV. 2.77
«!u Fourneau , & on lui donne fïx pouces de profon
deur. Hors du Fourneau 3 le fond de la trace doit être
creufé en demie fphere, fur-tout dans les fontes de ma
tières tenant plomb ; mais dans la fonte des mines de
cuivre , le même endroit extérieur de cette trace doit
être allongé. On pofe la pierre de l'œil, qui en: au bas
de la chemife , deux pouces plus haut que le fol du
Fourneau , afin que le Fondeur ait plus de facilité à
déboucher le Fourneau lorfqu'il s'engorge. Tout
étant préparé , on forme le foyer de devant 3 que j'ai
nommé jjufqu'à préfent 3 Bajfln de réception s puis on
chauffe le Fourneau pendant huit heures. Ce qu'on
vient de lire ne concerne que les Fourneaux courbes
du bas Hartt^s .car dans cl'autres endroits raccommodage
n'en* pas toujours le même 3 pareequ'on fond dans ce
Fourneau courbe différentes fortes de mines 3 ainfî
qu'on le dira lorfqu'pn traitera de chaque façon de
fondre dans ce Fourneau.
$. 5. Il y a , pour faire une bonne compofition de
mine , deux chofes à obferver \ i°. d'ajouter aux ma
tières qu'on veut fondre , d'autres matières qui leur
fervent de fondans \ pareequ'il y a peu de mines qui
puiffent s'en pafîèr : ce fondant conïifte en toutes for-
res de feorics -, on les trouve aifément dans les Fonde
ries où il y a du travail 3 & c'eft au Fondeur à juger
fi elles conviennent à la fonte qu'il veut faire j fi elles
font tendres & fufibles 3 dures ou rebelles à la fon-
le. On a aifément dans les forges de fer du laitier ,
4e fufion facile , & dans certaines minières , des.
178 De la fonte, &c. Chap. XLVr
Fluors, qui font aufïide très- bons fondans. Aux Fon
deries de Rammelfterg on trouve abondamment des
fcories excellentes pour la fonte des mines rebelles •>
primo 3 celles qui viennent de la fonte des mines de
plomb & d'argent , & qu'on nomme fcories de plomb :
elles font fufibles & rongeantes , à caufe du fouffre &c
du fer qu'elles contiennent 3 ne donnant tout au plus
que trois à quatre livres de plomb par quintal \ ce (ont
celles que les Ouvriers appellent fcories chaudes. i°. Cel
les qui viennent de la fonte des mines de cuivre 5 el
les font fufibles & affés pures ; & comme elles ont
aufïi du fouffre & du fer, on les nomme pareillement
Jcories chaudes. 30. Les fcories du haut Hart\, provenant:
de la fonte des mines triées , pilées & lavées , & te
nant environ vingt livres de plomb par quintal : on
les met au nombre des jcories froides. En prenant de
ces trois fortes de fcories , à parties égales , pour les
ajouter à une mine de fufion dure & difficile , on fait
une très-bonne compofition 5 û cependant il arrivoit
qu'un mélange ainn compofé ne fe fondit pas aifé-
ment , on pourrait en retrancher la moitié ou toute
la partie entière des fcories du haut Hart\, & ne fe
fervir que des fcories de plomb & de cuivre du bas
HartT^, lefquelles ne feront jamais de tort à une fonte-
Les fcories de Kammelfberg 3 tant les anciennes autre
fois négligées , que celles qu'on fait à prefent y ont la
propriété , ainfi qu'on Fa dit ailleurs , de rouvrir le
Fourneau lorfqu'on Fa trop chargé , & que le ne\ cft
devenu trop long , parcequ'elles rongent & font cou-
De la fonte, &c. Chaj». XLV. 179
1er 3 prefque fur le champ, la matière épailïïe qui for
ment une efpece de voûte dans le Fourneau. Il eft de
la prudence des Fondeurs de conferver dans chaque
Fonderie des (codes dures &c des feories fondantes,
pour s'en lervir dans le befoin , félon la nature des
mines qu'ils auront à fondre. Us doivent prendre gar
de de ne pas mettre trop de feorics dans une fonte ,
pareeque ce feroit allonger le travail fans néceflité , &c
divifer trop fargent & le plomb , lequel fe brûle alors
plus facilement ; d'ailleurs le travail devient plus pé
nible pour les Ouvriers , &on y brûle plus de char
bon.
z°. Il faut en compofànt la journée d'une fonte , y
ajouter des matières tenant plomb , à proportion de
la quantité d'argent que la mine doit rendre , fuivant
Feffai qu'on en a fait , afin que ce métal puiffe , pour
ainfi dire , s'y réfugier , & n'être pas dévoré par les
feories , fur-tout quand elles font encore fulfureufes.
Si une fonte, qui tient beaucoup d'argent, donne du
plomb abondamment , Fargent s'en lépare beaucoup
mieux , au lieu qu'il peut s'en perdre fi Fon ménage
trop les matières qui doivent fournir ce plomb •■, ainfi
il eft toujours avantageux de faire ces fortes de fontes
dans les lieux où le plomb eft commun &: à bon mar
che' : mais fi Fon eft forcé de la faire dans un endroit
où le plomb foit rare, il faut calculer (i ce qu'on perd
de plomb qu'on ajoute , ne coûte pas plus que la pe
tite augmentation d'argent qu'il peut procurer au pro~
duitde la mine j car quoique Fargent foit une matière
z8o De la fonte, &c. Chap. XLW
précieufe , il faut toujours qu'il y ait un bénéfice réef
a le retirer du minerai qui le contient : tout cela ne
regarde que les mines ou les débris de Fourneaux y.
qui font riches en argent , &c qui ne contiennent pas
du plomb ; car à Pégard des mines qui tiennent du
plomb & peu d'argent y ce dernier métal ne peut pas
refter en arrière : il ne faut pas cependant ajouter plus
de plomb qu'il n'en eft beloiii , parceque plus on en
met , plus on en brûle , & par conféquent plus on
augmente les frais de la fonte. Il fumt , lorfqu'une
mine eft riche en argent , de faire la compofition de
telle forte que le quintal à'œuvre qui en viendra , con
tienne un mare d argent : il eft vrai qu'on trouvera r
ci- après au Chapitre LVHI , qu'on peut introduire
jufqu'à deux marcs d'argent dans un quintal £œuvre s
mais c'eft qu'il eft queftion dans ce Chapitre de mines
du haut Hart^} qui font fort riches en argent, & qu'
ordinairement il en refte dans les feories ; cependant
comme on eft dans Fulàge aux Fonderies de ce canton
là , de remettre ces feories dans les fontes fuivantes , il
ne fe perd rien de ce métal. On fè conduit autrement
dans les Fonderies, dont les Fourneaux ne travaillent pas
toujours de fuite ; parceque s'il reftoit de Fargent dans
les feories , & qu'il fallut chauffer le Fourneau exprès
pour le recouvrer, les frais excéderoient le profitv Un
Fourneau courbe peut refter en feu une femaine enr
tiere , comme un haut Fourneau ; mais dans le pre
mier on ne peut fondre que cent cinquante quintaux
4e miae paç fèmaine , au lieu que dans fautre on en
fon4
De la fonte , &c, Chap.XLV. iSi
fond davantage ; cependant , proportion gardée , on
ne brûle pas plus de charbon dans Fun que dans Fau-
tre.
§. 4. Il peut arriver qu'on ait à fondre des mines ,
dont le quintal contienne depuis dix jufqû'à cinquante
marcs chargent & davantage : (1 Fan vouloit faire la
compontion de ces mines , de telle forte que le quin
tal a oeuvre 3 qui en viendroit 3 ne contint que deux-
marcs d'argent 3 le travail feroit trop long & la fonte
couteroit trop i ainfi il eft à propos de faire un mé
lange qui puiffe rendre un œuvre dont le quintal tien
ne cinq à. fix marcs d'argent ; mais il ne convient pas
de commencer par la fonte de ce mélange , fur -tout
quand le Fourneau eft nouvellement accommodé .• il
faut y fondre d'abord une petite journée de quelque
matière de peu de valeur 3 pour donner un degré de
chaleur convenable à ce Fourneau , & commencer en-
fuite la fonte du mélange de mine riche : cette fonte
étant finie 3 on y fondra encore quelque matière pau
vre , pour empêcher que les débris du Fourneau ne
demeurent trop riches j & Fon y ajoutera des feories
de la fonte riche. On aura foin auiïi de conferver les
kories & les débris de Fourneau après la fonte de la
matière pauvre , pour les ajouter à la première fonte
qu'on fera enfiiite du mélange de mine riche.
§. 5. On peut fondre les mines crues par le Four-*
ncau courbe j on s'en fervoit il y a très-long-temps a
à Joban -Georgen-Stadt en Saxe, & Fon s'en (ert encore"
pour la fonte crue à jfoackimjladt en Bohême & dan*
Tome IL N n>
iSi De la fonte, &c. Chap. XLV.
d'autres endroits -, mais on ne peut pas y fondre au
tant de ces matières non grillées , que dans un haut
Fourneau. Comme une mine nouvellement ouverte
ne fournit pas afTez. de minerai pour faire aller un haut
Fourneau 3 il eft avantageux de fe fervir d'un Four
neau courbe dans le commencement d'une exploita
tion. Quant à la fonte crue qui fe fait dans ce Four
neau , on la conduit comme celle qu'on fait dans le
haut Fourneau : voyez fur cela le Chapitre LVIII.
$. 6. A Fégard des fontes de mines de plomb par
le Fourneau courbe _, on en a déjà parlé fuffiiamment ;
fi Fon eit obligé d'y ajouter des matières tenant plomb,
pour tirer fans déchet Fargent que la mine de plomb
contient } il faut tellement proportionner ces matières
ajoutées , que l'œuvre qui en viendra ne foit pas trop
jriche en argent.
§^7. La mine de Rttmmelsberg ne pourrait pas fe
fendre avec avantage dans un Fourneau courbe , par
ce qu'elle ne rendrait pas tant d'œuvre , que lorfqu'on
la rond fur la feule poufliere de charbon 3 & fans mé
lange de terre ; ainli il faut fuivre _, pour la fonte de
cette mine , ce qu'on en a dit au Chapitre XL. Tou
tes les autres mines , fans exception , peuvent fe fon
dre par ce Fourneau > quand même on fe ferviroit de
l'accommodage qu'on a coutume de faire , & que Fon
nomme à poitrine ouverte s pareequ'on fondra toujours
plus de matière fur un tel accommodage 3 que par Fou-
verture que l'on ménage ordinairement à Faide d'un
morceau de bois : les expériences qu'on en a faites en
De la fonte, Sec. Chaî>. XLV. z$$
plufieurs endroits en ont prouvé Favantage.
$. 8. On commence d'abord à remplir le Fourneau
courbe de charbon , quelque foit la mine qu'on veut
fondre : on y met enfuite un peu de feories , puis la
compofition ou mélange de mine -, mais il faut que ce
foit arvec prudence , de crainte que le Fourneau ne foit
engorgé par une trop forte charge , & afin que le nez
conferve une forme convenable : il ne faut pas faire
aller les fbufflets trop vite fans nécefhté 3 parcequ'uiv
vent trop fort occanonne une trop forte confomma-
tion de charbon , 8c un déchet fenfïble dans le pro
duit du plomb & de Fargent : fi Fon craignoit trop de
précipitation de la part des Ouvriers 3 il vaudroit
mieux les obliger de fè relever d'heure en heure 3 on
éviteroit par-là la fbrtie trop prompte des feories , qui
ne donnant pas le temps à la partie métallique de les
traverfer pour fe dépoler fur le foyer , en entraînent
alors une partie confidérable avec elles.
$. ?. A l'égard des matières qu'on ajoute à la mine,
on ne fè fert jamais de plomb pur ni à'œurvre s parce-
qu'étant fondu prefqu aufïï-tôt qu'il eft chargé 3 il
tombe fur le champ au fond du Fourneau 3 où il ne
fait qu'augmenter l'œuvre , fans avoir eu le temps de fe
fàifir de Fargent de la mine. Cette mine fe fondant:
enfuite 3 & ne trouvant pas affez de plomb pour la li
quéfier, elle refte épaific & pàteufe : le métal fin ne
peut s'en féparer , de forte qu'elle tombe comme elle
eft dans le foyer. Si dans cette matière épaiffe il ù
trouve quelques grains de Pauvre tenant argent , fe
Nnij
Z84 De LA fonte,&c. Chap.XLV.
plomb de cet œuvre fe fcorifîe fur le foyer , & l'argent
eft perdu \ ainfi il eft bien plus avantageux d'ajouter
dans la fonte , de la litarge ou du teft ; mais quand les
autres matières tenant plomb font abondantes fur le
lieu 3 il eft encore plus profitable de les fubftituer à la
litarge } à moins qu'elle ne fut fort impure. Ces ma
tières tenant plomb font ordinairement les vieilles cen
drées d'affinage , les craftes d'une fonte de mine de
plomb , le déchet jaune : on les brife en menus mor
ceaux pour les étendre fur Faire de la journée s & les
diftribuer avec le plus d'égalité qu'il eft pofïible fous
la mine qu'on veut fondre , & qu'on étend par-def-
fus. Le mélange étant mis dans le Fourneau > y des
cend peu à peu , & fe fond en une même mafTe dans
fendroit où le feu eft le plus fort , & là le plomb fc
fépare peu à peu , prend Fargent , & devient ce que
Fon nomme Fœuvre. Si la mine n'a pas été bien gril
lée 3 elle rend de la matte > & le furplus fe convertit
en feories : Fune &c Fautre féparation s ou de l'œuvre j
ou de la matte , le fait , comme on vient de le dire ,
dans Fendroit le plus chaud du Fourneau. Alors., quand
les matières fondues font defeendues juiques fur le
foyer , la partie métallique , qui eft la plus pelante ,
fe dépofe lur la brafque 3 & les icories la lurnagent. Si
Fon s'eft trompé en compofant le mélange de la jour-?
née 3 les feories font épaiffes & lentes : elles retiennent
des gouttes de l'œuvre s les plus grolTes , comme plus
pefantes > tombent quelquefois dans ce qu'il y a à'œu-
v* déjà raffemblé dans le foyer 5 mais les plus petites
De la r on te , &c. Chap. XLVI. 2.8j
n'ayant pas affez de pefanteur 3 relient dans ces fcorics,
s'y {confient auiïi , & s'y brûlent.

CHAPITRE XLVI.
1)es Mines des Indes Orientales , & de leurfonte
far le Fourneau courba
§. I.T7N 1704 Schlutter reçut, par une voie particu- .
JLÎyliere 3 vingt-cinq quintaux de mine venant
des Indes Orientales : il en entreprit la fonte par un
Fourneau courbe, qui e'toit ordinairement employé
pour les mines de cuivre , & qu'on a repre'fènté fur la
Planche XXVI. On fondoit aûez. fouvent de ces fortes ne 1°T?T^~
a or & d ar-
de mines des Indes . envoyées par les Hollandois , à la sent des Inde$
* * Orientales.
Fonderie A'Altenau au haut Hart^ 3 mais on n'en avoit
jamais fondu dans celle du bas Hart\: cette mine étoit
en morceaux gros comme des noix , & comme des noi-
fettes. Il les fit piler de nouveau , & palier par un cri
ble de fil d'archal. Par PefTai on trouva que le quintal
de cent dix livres contenoit une once fix gros d'or , &
trois onces & demi d'argent.
§. z. L'accommodage du Fourneau fe fit comme fi Fon
eût voulu y fondre de la mine de cuivre , fçavoir , avec
la trace ouverte au-delà de la chemife , & arrondie par-
devant. D'abord on fe fervit d'une brafque , compo-
fée de trois parties de charbon & d'une partie d'argile :
mais comme la fonte fe trouva chaude & rongeante ,
z86 De ia fonte, Sec. Chap. XLVT.
elle pénétra le fol du Fourneau j ainfi pour un fécond
accommodage , on fit une brafque de partie égale d'ar
gile & de poudre de .charbon > puis le Fourneau fut
bien chauffé comme la première fois.
§. 3. On pefa pour chaque fonte deux quintaux de
cette mine , huit quintaux de litarge , quatre quintaux
de teft ou cendrée d'affinage , quatre quintaux de feo-
ries du haut Hartz , quatre quintaux de feories prove
nant d'une fonte de mine de plomb , ôc quatre quin-
. taux de celles d'une fonte de mine de cuivre. On mêla
d'abord la litarge pulvérifée avec la mine criblée, afin
de la mieux divifer& de la mettre plus en état d'être
attaquée par le plomb revivifié. On diftribua ce mé
lange fur la journée compofée de teft , de feories , Se
autres matières tenant plomb , qu'on y avoit mifes en
abondance , ainfï qu'on le voit par ce détail, tant par-
cequ'on ne fçavoit pas encore comment il falloir trai
ter cette mine , que pareeque ces matières plombées ne
font pas rares au bas Hartz. -, néanmoins lî l'on avoir
à préient de pareilles mines à fondre , on pourroit re
trancher une bonne partie de toutes ces matières,
$. 4. Après avoir chauffé le Fourneau , on le char
gea de feories pour chauffer aufli le foyer -, enfuite on
y mit la mine mélangée 3 comme on Fa dit dans le §.
précédent , ajoutant le charbon alternativement com
me dans les fontes des mines ordinaires du pays. On
conduifit le travail , en conlèrvant la forme convena
ble du nev^, Se retirant les feories qui couloient par la
foitrine ouverte. Cependant , comme cette mine conte
De la fonte , &c. Chap. XLVÏ. 187
nant or & argent , étoit en poudre aflfez. fine pour que
le vent des louffiets pût la chafTer en partie hors du
Pourneau , on attendoit que chaque charge fut un
peu defeendue pour en remettre une nouvelle , & auf-
fi-tôt on la couvroit d'un ou deux paniers de char
bon ; c'elt ce qu'on appelle charger fous charbon. Tout
Faccident qui arriva à cette fonte , c'eft que l'œuvre de
vint fi extraordinairement chaud > qu'il fouleva le fol
du foyer y enforte qu'il fallut arrêter la fonte lorfquc
le tiers de la compofition fut pafle , & refaire une
brafque plus pefante , avec partie égale de charbon
pulvérifé & d'argile 3 ainfi qu'on Fa déjà dit au §. z.
Ce fut fur cette aerniere brafque qu'on acheva la fon
te de cette mine des Indes. Cette fonte ôc celle des
débris du Fourneau & des feories 3 rendit cent vingt-
quatre quintaux d'œuvre 3 dont on tira par un premier
affinage cent dix- neuf marcs quatre onces* d'argent :
cet argent fut réduit en le raffinant à cent onze marcs
{ix onces , qui donnèrent au départ quatre marcs fept
onces d'or. Le déchet en plomb fut de trente quin
taux vingt-cinq livres 3 & la confommation du char-,
bon fut de trente-quatre charettées.
i88 Fonte des*debris,&c. Ch. XLVIL

CHAPITRE XLVIL
Fonte des débris & déchets far un Fourneau
courb^j

Fonte de terres.$* I'f\^ envoyé fouvent , dans quelques Fonde-


âeucanojre. p V^/ries du bas ]îa.rt\3 des débris & déchers de
la Monnoye de Bmnjwicfc, dans des banques qui con
tiennent trois quintaux de matière y dont la plus gran
de partie eft une poudre ou fable lavé. Ces débris ,
terres de lavures & déchets > tiennent ordinairement
un marc d'argent par quintal.
Braque pour la §. z. On accommode le Fourneau comme pour fon>-
fonte des mine» t • J • 1LT cl C l
de- cuivre- «re une mme de cuivre -, la braique eit compolee de
deux parties de charbon en poudre » & dune partie
de terre. On laifle la poitrine ouverte , & Fon arrondit
Fextrêmité de la trace 3 afin d'enlever plus aifément les
feories.
§- }\ Pour la compofîtion de la fonte s on met or
dinairement fur une barrique de ces terres , quatre
quintaux de litarge , deux quintaux de teffc, trois quin
taux de feories de plomb x ôc ûx quintaux de feories
de mine de cuivre.. Il faut bien caffer la litarge & le
teft 3 en ehoinr le plus menu pour le mêler avec le fa
ble lavé, afin qu'il foit plus divifé. Il ne faut pas non
plus que les feories qu'on employé foient trop fufibles,
pareequ'autrement le fable paflant à travers pendant
qu'elles
/
Ponte des débris, &c. Ch. XLVII. 189
qu'elles font en fufion , il fait des loupes ou maflTes
devant la tuyère , ce qui caufe beaucoup d'embarras
& de peine au Fondeur.
§. 4. Après avoir chauffe le Fourneau on le charge
d'un peu de feories pour bien échauffer le foyer. Là
forme du nez^ fert à conduire la fonte 3 & Ton enlève
les feories du bafïin de la trace comme à, Fordinaire :
on charge la compofition ci-deffus j<w/ charbon 3 ce qui
a été expliqué dans le §. 4. du Chapitre précédent ,
afin que le vent des foufHets n'enlève rien du fable
lavé qui contient du fin. Quand le foyer ou baflin
de réception eft rempli de matière fondue x on perce
fans s'affujettir à des heures marquées.
Il arrive quelquefois que le fable ou terre lavée des
débris tombe à travers le charbon 3 devant le trou de
la tuyère 3 ce qui rend le travail difficile &c la fonte re
belle. Pour éviter cet inconvénient y qui eft confidé-
rable 3 il faut avoir grand foin de bien mêler la litarge
la plus menue , & prefqu'en poudre s avec ce fable.
Si malgré cette précaution le fable s'amaffe encore de
vant la tuyère , il n'y a qu'à charger un peu de feo
ries de plomb du bas Hart^s fur le champ elles facili
tent fa fufion > & elles le font couler dans le bas du
Fourneau. On doit même charger de temps en temps
un peu de ces feories fondantes 3 pour prévenir Fen-
gorgement de ta tuyère , & conduire la fonte fans
trop de précipitation. Si les matières fe fondent; trop
fluides 3 il fe fait de la matte \ mais il ne s'en forme
pas quand la fonte eft plus lente. Enfin , Iorfque mai-
Tome IL Go
i9o Fonte des débris j&c. Ch. XLVII.
gré Fattention à bien conduire le vent des foufflets ,
on a de la matte 3 il faut la remettre fur le Fourneau ;
& il après la dernière charge des matières de la com-
pofition 3 il en vient encore , on la fond avec des dé
bris de Fourneau 3 ou avec des fcories contenant en
core de l'œuvre.
§. 5. Chaque barrique de terres des Monnoyes de
Brunfvick. » jointe aux matières qu'on y ajoute , rend
quatre quintaux à'œuvre , dont on tire environ trois
marcs d'argent ; & pour la fonte de cette barrique on
confomme une charettée & demie de charbon , c'eft-
a- dire } quinze mefures.
§. 6. A Fégard des déchets & débris des Monnoyes
du haut Hart^ , qu'on amafTe dans la Monnoye de
CUufîhal pendant un an ou deux , on les porte au bo-
card du même lieu -, tk après les avoir piles & lavés ,
on les fond à Fordinaire avec des fcories fufibles , en
y ajoutant des matières tenant plomb , à proportion
de la quantité d'argent que contiennent ces terres la
vées ; ainfi le quintal A'œuvre qui en vient rend depuis
deux jufqu'à trois marcs d'argent. Les Fondeurs &
leurs Aides (ont payés à raifon de douze heures pair
journée i qu'ils les employent ou non à leur travail,
De iâ fonte des Tests , &c. Ch. XLVIÏI. 19 1

CHAPITRE XLVIII.
*De la fonte des Tefls par un Fourneau courbt^
$. 1. /^\N appelle Tefi la cendre durcie par Pimbibi- ce mHé c'ert
V»y tion du plomb d'un affinage : il y en a de £ ou cen-
deux fortes , fun qui vient de Fargent affine dans les
Fonderies des mines tenant argent ; Pautre eft celui
qui a fervi a raffiner fargent allie dans les Fabriques
de Monnoyes , chez les Départeurs d'or & d'argent , <
chez les Tireurs d'or & Fabriquans de Galons s & chez
les Orfèvres. Les premiers fe fondent au haut Hartz^
tous les crois mois -, les autres ne fe fondent que tous
les ans vers le mois de Juin,
$. t. Les refis du bas Harfi^, qui ont fervi au raffi
nage de Fargent affiné , fe fondent avec du déchet de
{>lomb des affinages qu'on a amaffé peu à peii , & dans
e Fourneau qui fert à revivifier la litarge. Dans le
temps du grand travail des Fonderies de ce pays-là , on
avoit tous les ans jufqu'à fix barriques pleines de teft
& de moufles caffees , qui:, fondus avec le déchet donc
on vient de parler , rendoient au bout de Fan dix marcs
d'argent raffiné -, mais à préfent que faute de bois la
moitié' des Fonderies ne travaillent pas , on ne tire par
an de ces tefts que cinq à fix marcs d'argent raffiné.
$. 5. A CellerfeU on fond les tefts qui viennent du
raffinage de fargent affiné des Fonderies de Wildenmat?*
Ooij

,
2.91 De la fonte des Tests , &c. Ch. XLVIIL
de Lauthenthal & de Sshulemberg3 tous les ans une fois,-
& vers la fin du mois de Juin : on en amafTe tous les
ans à peu près douze barriques. Après avoir pulvérifé
grofïïerement ces matières , on y ajoute pour compo
sition des fcories fondantes , & de la litarge ; le mé
lange rend à peu près dix-huit quintaux d'attvre 3 qui
peuvent donner jufqu'à vingt marcs d'argent. "Cette
fonte fè fait dans le Fourneau donc on fe fert pour la
mine de cuivre ; & ce Fourneau fe prépare avec la braf*
que ordinaire.
$. 4. Dans les endroits où il n'y a ni mines ni Fon*
deries qui puiflent fournir de Fargent fin , dont on a
cependant befoin pour différens ouvrages, on a grand
foin de râffembler les tefts qui ont fervi au raffinage
de Fargent allie' ; pareequ'ils tiennent aflez fouvent juf
qu'à un marc d'argent par quintal , outre le cuivre
qu'ils ont retenu de Falliage de cet argent. Si on vou-
loit paflTer ces tefts par la liquation , (ans y ajouter de
matières tenant plomb 3 cela feroit poflible j mais il
refteroit beaucoup d'argent dans le cuivre & dans les
recrémens de la fonte. D'autres ont prétendu fondre
ces tefts feul« dans le Fourneau ordinaire , & en affi
ner l'oeuvre tel qu'il fortoit de cette première fonte des
tefts 5 mais le Blicken ou éclair fe faifoit fur le cuivre ,
au lieu de fe faire fur Fargent > attendu qu'il n'y a pas
dans ces tefts aflez de plomb pour détruire le cuivre
en le feorifiant , &c ne biffer que Fargent -, & que d'ail*
leurs une partie de ce plomb le brûle dans la fonte. Il
cil donc absolument néceffaire d'ajouter à ces tefts
/
De LA FONTE DES TeSTS , &C. Ch. XLVIII. 195
d'autres matières qui puifTent fournir aflez de plomb
pour laifler Fargent pur dans Faffinage qu'on en fera
cnfuite. On pourra auflï par cette addition avoir aflez
de plomb pour en faire des tourteaux ou pièces de li
quation : par ce dernier moyen il n'y auroit rien de
Ï>erdu y ni du cuivre ni de Fargent que contiendroient
c teft & la litarge j mais pour le faire réufïir 3 il faut
joindre à un quintal de teft 3 provenant d'un raffinage
d'argent , trente -cinq livres de litarge 3 ou pareille
quantité de teft de premier affinage , avec un peu de
kories fondantes. Au bas Hart^, celles des fontes de
mine de suivre font les meilleures ; elles conviennent
auffi , & font préférables par-tout ailleurs , quand on
peut en avoir -, mais il n'en faut pas ajouter beaucoup,
pareequ'ordinairement elles s'enrichifTent dans la fon*
te , ce qu'elles ne peuvent faire fans abforber du fin.
§. j. La fonte des tefts s'eft faite ci-devant au bai
Hkft^par un Fourneau courbe ; mais on pourroit fort
bien lès fondre par le Fournçau qui fèrt à faire des
pièces , tourteaux ou pains de liquation , en faifant un
taftin à coté de celui où fe moulent ordinairement ces
pièces de liquation , pour recevoir la matière en fu-
{ion qui coulera lorfqu'on aura fait la percée de ce pre
mier baflin j mais il faudra garnir ce Fourneau d'une
brafque convenable comme le Fourneau courbe. Après
«voir chauifé ce Fourneau de liquation , on le remplit
«le charbon , & on y met deux fois des fcorie«fcavant
que d'entamer la compofition s faite comme on. Fa dit
ci-devant. Quoique les tefts fpient durs à fondre 9 on.

<
t94 DE la ponte des Mines , &c. Ch. XLIX.
y ajoute le moins qu'on peut de fcories , parcequelles
prennent du fin , ainfi qu'on Fa déjà dit , & que d'ail
leurs elles fournifTent de la marte. Il eft à propos aufli
d'effayer l'œuvre avant que de Fafrlner , pour voir fi
Féclair fe fait fur Fargent & non fur le cuivre ; car dan*
ce dernier cas il faudroit ajouter du plomb à TarE-
naçe.

CHAPITRE XLIX.
^De la fonte à Johen-Georgen-Stadt ,
en haute Saxe
$. i.TL y a trente ans qu'on fondoit à fohen-Georgen-
±Stadt par un Fourneau courbe ; mais depuis ont
lui a fubftitué le haut Fourneau comme à Treyberg. Les
mines qu'on y fondoit alors contenoient quelqucfois-
de Fargent vierge , de la mine d'argent rouge , & le
plus fouvent de la mine remplie de cobolt. La braf-
que étoit compofée de partie égale d'argile & de pou
dre de charbon \ & la fonte d'une femaine ctoit de
quatre-vingt quintaux de mine , & d'autant de brouet
tées de fcories j on y ajoutoit ce qu'il falloit de pyrites
fulfureufes , pour que le quintal de la matte , prove
nant de cette fonte , contint jufqu'à cinq onces d'ar
gent S: davantage. Après qu'on avoit grillé cette
matte -quatre fois , on la fondoit avec des matières te
nant plomb , & avec la mine riche.
De la fonte des Mines , &c. Ch. XLIX. 195
S- t. Pour cette féconde fonte , on employoit la rai
ne riche , la matte précédente grillée , & le plomb
«dans les proportions , dont on a donné le détail au
Chapitre XXIX. §. 1. ou bien , on faifoit la compo
sition comme il fuit : Dix quintaux de mine , huit
brouettées de feories , deux charretées de Fluor ou fon
dant d'Elftns, trois quintaux de plomb , & quatre quin
taux de teû & de litarge : cette fonte rendoit julqu'à
deux cent marcs d'argent. On commençoit cette fonte
le mardi matin -, on la continuoit jufqu'au Dimanche
quand "il y avoit affez de mine , & Fon perçoit deux
fois pendant cette fonte des dix quintaux. Les matiè
res tenant plomb , qu'on ajoutoit pendant la fonte, le
pefoient à part pour chaque percée > &c on les chargeoit
peu à peu avec le refte. On verfoit l'œuvre dans de pe
tites poêles de fer i le quintal contenoit depuis quatre
jufqu'à dix marcs d'argent, & vingt-fïx quintaux d'oeu
vre faifoient le produit du travail d'une femaine. Il
y avoit peu de matte à la fin de la fonte , pareequ'à
mefure qu'il en fortoit , on la remettoit dans le Four
neau ; & tout ce qu'il en reftoit le Dimanche montoit
à deux quintaux au plus; on FamafToit jufqu'à ce qu'il
y en eut vingt-cinq a trente quintaux ; on la grilloit à
quatre , flx & huit feux , fuivant qu'on y trouvoit de
Jpeijfe i après quoi on fondoit le tout avec le plombu
On retiroit encore de la matte de cette dernière fonte -y
& comme elle e'toit riche en argent, on la grilloit pour
la fondre avec le plomb : enfin , lorfque la dernière
matte ne contenoit plus d'argent , on la vendoit aux
196 De la fonte des Mines , Sec. Chap. Lr
Fabriquans d'azur : on refondoit aufïi deux fois les-
feories , ôc fur dix brouettes on ajoutoit douze à treize
livres de fer , deux quintaux de plomb , & trois quin
taux de litarge & de teft. Si Pceuvre qui en venoit étoic
pauvre en argent 3 on le rcmettoit fur une autre fonte.
§. 5. Quant à la mine d'argent rouge 3 on la gril-
loit à part \ on y ajoutoit des matières tenant plomb ,
proportionnellement à Fargent qu'elles contenoient ,
& on la fondoit à la fuite d'une autre journée. Quand
la fonte étoit achevée, on fondoit quelque pauvre mi
ne dans le même Fourneau , pour en entraîner ce qui
pouvoit y être refté de riche.

CHAPITRE L.
^De lafonte des Àlines £argent de Joachimfihal
en Bohême , far un Fourneau courber
$.1. À Joachimfihal les mines d'argent pauvres fe
xVfondent crues, & les riches avec du plomb ,
comme en Saxe , avec cette différence , que ces der
nières entrent auili crues dans le plomb ; la ma'tte crue
qui en vient fe grille , puis s'ajoute à la dernière fon-
Mincs d'arène te , comme on Fa dit au Chapitre XXIII. On trouve
arfenicales le 1 .. _
confument elles- de temps en temps parmi ces *mines , de
111»
1a mine d ar
H.emcs. gent rouge y & de Fargent vierge -, mais malgré cela
elles font (1 arfenicales , que fi on les laiffe quelque
temps en tas > elles fe confument en partie , parce qu
elles
De Ia ponte des Mines , &c. Chap. L. . t^l
elles s'échauffent tellement t à proportion de farfenic
& du cobolt qu'elles contiennent , que fouvent on
n'y fçauroit tenir la main ; c'eft à quoi il faut bien
prendre garde , afin d'étendre à temps les mines qui
s'échauffent.
§. i. Ces mines font en partie triées 3 Ôc en partie
pilées & lavées pour les mettre dans des barriques &
les traniporter à la Fonderie , où on les pcfe & on
les répand à mefure fur une aire jufqu'à douze pouces
d'épaiffeur ou à peu près ; enfuite FEfTayeur en lève
FefTai en plufieurs endroits, en préfenec de Flnfpec- '
teur , & le met dans un vaifTeau de bois. On réduit ,
par des divifions répétées , ce qui a été levé à la quan
tité de cinq livres, & Fon met ces cinq livres dans une
poêle de fer pour les fécher : c'eft fuivant la diminu
tion qui s'eft faite à ce poids en féchant , que Fon ra
bat Fhumidité de toute la partie de mine qu'on a li
vrée. On pile enfuite ces eflfais, & on les pafTe au ta
mis y ayant foin de repiler ce qui n'a pas paffé 3 afin
qu'il ne refte rien en arrière. Tout étant tamifé , on le
partage en cinq portions égales , qui font autant de
pacquets que Fon cachette : on en remet un au pre
mier Confeil des Mines , un autre au Directeur des Manier? & fe-
Fondèries , un à FEfTayeur de la Compagnie 3 un au effais domines
Chef des Fonderies, & le cinquième à celui qui HmÈS* en "*"
la mine.
$. j. On fait enfuite trois effais , & s'il y en a deux
dont les produits foient égaux , on s'y tient ; finon on
fait Faddirion des trois produits , & Fon en. prend le
ïme &. Pp
2.98 De la fonte des Mines , &c. Okàp. L.
tiers : mais torique la différence eft trop grande , on
les recommence ; Se fi feffai de FEffayeur de la Com
pagnie fe trouve jufte avec les autres > cela fuflît \ au
trement , la Compagnie a huit jours pour faire exa
miner les elTais.
§. 4. Lorfqu'on veut faire la fonte par le Fourneau
courbe , on y met une brafque compofée de trois par
ties d'argile , & de deux parties de charbon en pou
dre : cette brafque , après qu'on Fa battue , doit être
un pouce plus baffe que la tuyère, vis-à-vis de laquelle
il refte un efpace de quatre pouces pour former le ne%.
Le bailin de réception eft de llx pouces plus bas que
la tuyère , laquelle eft pofée de niveau. La trace qui
eft arrondie par devant , & à poitrine ouverte 3 a dix pou
ces de profondeur ; ainfi il y a feize pouces depuis le
niveau de la tuyère jufqu'au fond de la trace. La che-
mife s'élève avec des briques , & on laiffe un œil par-
dcfTus la première rangée , ce qui a été repréfenté fur
U Hanche XXIX. On chauffe le Fourneau & la brafque,
en y mettant du feu par trois fois : on employé a la
fonte d'une femaine cent quintaux de mine la plus
pauvre 3 & dont le quintal tient deux onces d'argent
tout au plus. Quand les mines font de différente ri-
cheffe , on les charie toutes pelé mêle fur la place , ôc
la compofition s'en fait de telle forte , que le quintal
de matte qui en vient ne contienne que trois once.4
d'argent. Si ces mines pauvres font remplies de pyri
tes , & qu'elles rendent trop de matte , on diminue
alors la quantité des autres pyrites fujfureufes , qui
De la fonte des Mines , &c. Chap. L. 299
communément fournirent avec la mine cinquante
pour cent de matte : mais lorfqu'on a fait une com-
pofition qui donne une matte , dont le quintal tient
plus de trois onces d'argent , on augmente alors la
quantité de ces pyrites. Il ne faut pas que les feories
de la fonte coulent toujours & fans interruption ; on a
foin de les arrêter & retenir de temps en temps , afin
qu'elles n'entraînent pas de Fargent : il convient auflî
pour la même raifon , qu'elles ne foient pas trop flui
des. On a déjà parlé de la perte qu'occafionnent ces
feories dans le Chapitre XL 3 au mjet de la fonte fur
brafque légère. Cette fonte d'une femaine rend qua
rante-cinq à cinquante quintaux de matte crue : on en
met douze .quintaux fur chaque grillage 3 auquel 011
donne quatre à cinq feux. La fonte de cette matte
commence le lundi à quatre heures après midi 3 & elle
dure jufqu'au famedi à pareille heure. On y brûle ,
fuivant que la mine a été dure ou facile à fondre 3 de
puis cent trente jufqu'à deux cent mefures de charbon,
&,il en vient à peu pres trente -{ix quintaux d'autre
matte.
$. 5. A fégard des fontes qu'on fait auflî dans le
Fourneau courbe avec des matières tenant plomb , on
Jes difpofe comme celles qui fe font en Saxe dans le F°ntesftu"des,
r "1 ou par le plomb,
haut rourneau : on ne grille pas non plus les mines
qu'on fait entrer dans ces fontes. L'accommodage du
Fourneau & la braique fe font & fè compofent com
me on Fa dit dans le §. 4. de ce Chapitre ; mais com
me prefque toutes ces mines contiennent beaucoup
Ppij
joo De la fonte des Mines , &c. Chap. l£;
d'arfenic, on ajoute de la ferraille & des fcories de
fer dans la fonte. Si Fon n'a mis de fer que ce qu'il
en faut, l'œuvre qui eft arfenical, le ronge & fort avec
lui par la percée : n Fon en a trop mis , il s'en fait des
amas dans le Fourneau ; on a foin de les retirer après
la fonte finie , pour s'en fervir dans une autre fonte à
la place du vieux fer. La fonte d'une femaine 3 foit de
mine 3 foit de matte crue , eft de cent quintaux. On
fait la compofition & la fonte de chacune en particu
lier , quoique le tout foit fondu dans le même Four
neau. Lorfqu'il eft queftion de fondre la matte 3 com
me elle eft divifée en grillages de douze quintaux cha
cun , on partage chaque grillage en deux parties 3 & à
chaque partie 3 fourniflant la quantité de matière qui
convient à une perce'e } on ajoute foixante -quinze à
quatre-vingt livres de litarge & de teft 3 trente à qua
rante livres de plomb , & quarante livres de vieilles
ferrailles , recouvrant le tout fur Faire , avec des dé-
bris de Fourneaux & des fcories •■, mais quand c'eft de
la mine qu'on veut fondre , on en prend par journée
flx à fept quintaux. Le quintal de cette mine 3 conte
nant ordinairement depuis quatre jufqu'à cinq onces
d'argent 3 on met fur cette mine étendue quatre-vingt
livres de plomb , cent cinquante à deux cent livres de
litarge & de teft , & trente livres de ferraille. C'eft ce
pendant fuivant la qualité de la mine qu'on fait ces
mélanges ; car il faut plus de plomb 3 de fer & de fco
ries de fer , lorfque les fcories propres de la fonte de
viennent tenaces & pâteufes. Auiïi-tôt que les fix quin»-
De la fonte des Mines , &c. Chap. L. 301
taux de mine font fondus , il faut en avoir {ix autres
tout prêts , & ainfi toujours de même jufqu'à la fin de
la femaine. On n'affine point l'œuvre de ces fontes ,
lorfqu'il ne contient encore qu'un marc ou un marc &
demi d'argent : on Fajoute dans une autre fonte riche,
ou bien on le met dans le foyer de devant , ou baflin
de réception , pour qu'il s'y ronde & fe mêle avec l'œu-
tyre qui coule de la fonte riche.
Si Ton a à fondre une mine tenant dix onces d'ar
gent par quintal , on y joint autant de matières tenant
plomb qu'il en faut pour que le quintal d'oeuvre con
tienne depuis fix jufqu'à huit marcs d'argent. S'il ar
rive que la fonte ne donne pas de matte } on en ajou
te , ann que Fceuvre en foit couvert , & que les feories
ne fe dépofent pas immédiatement fur la partie métal
lique en bain. Cette fonte s'attache quelquefois à la
brafque , fur-tout quand on a mis trop de fer avec la
mine ; alors il faut charger deux ou. trois fois le Four
neau avec de la compoiition fans fer , & ce qui adhé-
roit à la brafque fe confume. La fonte de la mine
e'tant finie on fond les feories, aufquelles on ajoute la
matte qui a été grillée quatre ou cinq fois. Si la matte
qui en vient encore fe trouve fuffifamment appauvrie,
on la vend pour la fabrication de Fazur , & elle en
donne de fort beau , qui peut porter depuis huit jus
qu'à douze fois (on poids de cailloux calcinés. On
brûle pour la fonte dune femaine cent cinquante à
deux^ent mefures de charbon , & Fon en retire quin
ze à feize quintaux à'œuvre 3 que Fon moule en culots
dans de petites poêles de fer.
$02. De la fonte des Mines, &c. Chap. Ll.

CHAPITRE LL
T>e la fonte des Aimes d'argent par le Fourneau
courbe a Schemnitz^ en Hongrie^
$. i. T E travail des Fonderies de Schamnit^ en Hon-
JLjgrie , étoit encore en 1711 peu différent de
celui de la Saxe, en ce qu'on introduifoit par la fonte
fargent de la mine dans la matte , en fe fervant cepen
dant du Fourneau courbe s & comme les mines de ce
canton , quoique mêlées de quartz , de (a) Pierre cor
née & de ( b ) Bleinde , tiennent par quintal depuis
trois jufqu'à cinquante onces de fin , tant en or qu'en
argent , 6c qu'elles n'ont pas de plomb , on eft obligé
d'en faire venir de loin à grands frais. La manière de
fondre des Hongrois eft, i°. de réduire en poudre la
mine crue & pleine de pyrite , de la laver pour en
avoir le Schlich s de Fondre ce Schlich dans une efpcce
de Fourneau à percer , &c de le convertir en matte
crue. 2.0. de fondre cette matte crue , après qu'elle a été-
grillée une ou deux fois , dans un Fourneau courbe y
avec de la mine de plomb pilée & lavée. 30. de con
duire cette fonte , dite fluide , comme la fonte pour
( a ) La Pierre cornée, en Allemand, (b)Eleinde, matière ordinairement
Ïlorn-Stein , eil une pierre fauvage fort talequeufe , noire , brune , jaunâtre, de
dure , de couleur grife. Les Mineurs couleur plombée , de fufion fort diffi
comprennent fous ce nom toutes les cile ; les Mineurs François lappelleoc
pierres ou gangues qui ne font niQuartz Mine morte*
ni Spatb.
De la fonte des Mines , &c. Chap. LI. $oj
lïiatte , ou comme la fonte des mines riches qui fe fait
fans plomb : ils y font entrer auffi des mines non pi-
lées, mêlées de quarts^* de pierre cornée , de Spath
blanc & de Bleinde noir & jaunâtre : ces mines impu
res contiennent cependant jufqu'à cinquante onces
d'argent , ainfi qu'on vient de le dire. On y ajoute
quelquefois Fargent vierge & la mine d'argent vitrée.
§. x. La fonte crue le fait à Schemnit\\wx brafquc
pefante , dans un Fourneau repréfenté fur la Planche
XXIII. Cette brafque eft compofée de deux parties
d'argile , & de cinq parties de charbon en poudre : on
Fhume&e pour la mettre fur le fol du Fourneau , qui
eft de pierre , &c on la bat tout de fuite. Ce fol de
pierre eft à trente-un pouces au-defTous de la tuyère ,
6c quand le Fourneau eft préparé , il y a vingt-quatre
à vingt- cinq pouces de dïftance du bord de cette tuyè
re julqu'au fond de la trace. La tuyère , qui eft de fer,
eft inclinée de onze degrés vers Fintérieur du Four
neau : à deux pouces au-deffus il y a un coin de fer de
trois pouces eu quarré, & enduit d'argile ; on le nomme
coin du«^. Les foufflets ont vingt-un degrés de pente.
On fait devant le Fourneau 3 & à quinze pouces de dis
tance , un creux ou baiTin de dix à douze pouces de dia
mètre , dans lequel la fonte fe raifemble ; car elle coule
par l'œil qui eft au bas de la ehemife. Avant que d'ache
ver ce creux , il faut bien réparer la doublure du Four
neau, pareeque le feu Fendommage beaucoup pendant
la fonte : lorfque tout eft en état , on chauffe l'accommo-
dage avec du charbon. Comme la partie fupérieure de
504 De £A fonte des Mines , &c. Chap. LI.
la chemife eft une porte de fer } qui n'a que trois pieds-
de hauteur s le deflous eft fermé avec des briques aux
quelles on a fait un trou de quatre à cinq pouces en
quarré , & qu'on ne bouche qu'avec de Fargile , afin
de pouvoir Fouvrir facilement 3 &c réparer le dedans
du Fourneau en cas que le ne^ devînt trop long , ou
qu'il s'y fît quelque amas de matière. La journée de
cette fonte eft compofée des matières fuivantes : Huit
combien la mi- ( a ) barres de mine lavée , mêlée avec beaucoup de py-
ne de Schemnitz rite & qu'on n'a pas grillée. [ Cette mine tient de-
contient d or &
d'argent, puis 'deux^ julqu
■ r >\
a cinq gros di»argent •■, & dans
1 1
le marc
de cet argent il y a depuis cinq jufqu'à fept deniers
d'or ] . Quatre barres de mine de fer 3 qui fert à ab-
forber le fouffre de la mine d'argent ; quatre barres de
fcories. On commence cette fonte le lundi matin à
trois heures , & l'on charge d'abord le Fourneau de
fcories à deux différentes fois -, puis on y met une pe
tite journée 3 qui confifte en mine triée 3 dont le quin
tal tient fïx à huit gros d'argent : cette petite journée
fert à former le nez dans le Fourneau ; enfuite on com
mence à charger de la grande journée: on fe fert pou*
cela de petits bacquets 3 &c de plus grands pour char
ger le charbon. La matière en fuuon coule par l'œil
dans le creux ou baflïn : les fcories fe répandent à cô
té , & toutes celles qui fè refroidilTent lur le creux (ont
rejettées lur le Fourneau ; on porte les autres au tas des
décombres. Comme le creux eft petit dans le com-
(a ) Une Barre eft fuivant le poids I cinquante livres ; elle eft repréfentéc
de Hongrie , à peu près de deux cew | for h Planche B-t lettre D.
mencemen*
' De la fonte des Mines 3 &c. Chap. LL 50/
ttiencement de la fonce 3 il fe remplit en huit ou neuf
heures de temps > mais il faut enfuite douze & quator
ze heures pour le remplir quand il s'eft aggrandi. Lors
que le creux eft plein 3 on bouche l'œil avec de fargilc
Î>our retenir la fonte dans le Fourneau \ enfuite on en-
éve les fcories ; ôc pour vuider plutôt le creux 3 on
puife la matte , & on la verfe fur un lit de brafque j
enfuite on rouvre l'œil 3 & la fonte coule comme au
paravant dans le creux. La première journée étant pres
que finie , on en compofe une autre , ce qu'on conti
nue pendant toute une femaine 3 s'il y a beaucoup de
mine en provifïon : lorfque le creux devient trop
grand pendant la fonte, on le rétrécit avec de la braf
que. On peut , dans une fonte qui dure quatre jours ,
fondre environ cent quintaux de mine mêlée de pyri
tes , vingt quintaux de mine pauvre triée , & cent vingt
à cent trente quintaux de mine de fer fans compter les
fcories. De toutes ces matières on fait vingt-cinq à tren
te quintaux de matte 3 dont le quintal tient environ
deux onces & demi d'argent , &îe marc de cet argent
laifle au départ fepc deniers d'or ou envrro'n. Outre cts
deux métaux 3 le quintal de cette matte pourroit ren
dre encore quatorze à quinze livres de cuivre j mais
ordinairement on le néglige. On confomme pour cette
fonte trois cent foixante-dix Rofc de charbon , ce qui
fait , fuivant la mefure du bas Hartz > quatre cent foi-
xante-deux mefures. Ce Rofr eft repréfenté fur la Plan
che V. lettre D. On grille une ou deux fois cette matte »
puis on la fait entrer dans la fonte avec le plomb.
Tmc 11. Q.q
$o6 De la fonte des Minés , Sec. Chap. LI.
$. 5 . On fait cette fonte avec le plomb , dans le Four
neau courbe , repréfenté for la Planche XXX. La bra£-
que eft compofée de efroet parties cîe charbon , & de
deux parties à- argile : après en avoir garni le Fourneau
à peu près comme ceux de la haute Saxe , on forme un
avant foyer , ou bafïin rond de réception , qui a huit
à neuf pouces de diamètre , &c onze à douze pouces de
profondeur , avec poitrine ouverte j & à côte de ce baf-
fln , un autre creux rond pour la percée. Il faut que la
brafque bien batue foit de deux pouces plus baffe que
la tuyère ; qu'elle ait un pied de pente vers l'avant
foyer 3 avec Une trace qui va de ce badin de réception
jufqu'à la tuyère , laquelle eft de fer. Au-deffous de
cette tuyère eft un coin de fer, qu'on a nommé ci-de
vant le coin du ne\. Dans la partie baffe de la ehemife ,
qui eft de brique , il y a un trou de fept pouces en
.iCjuarré , fervant à dégorger le Fourneau , lorfqu il s'y
fait quelque embarras pendant la fonte ; on ferme ce
trou avec de la terre graffe. Après avoir chauffé le Four
neau ,. on commence le lundi à quatre heures du ma
rin , la fonte d'une journée , qui eft compofée de quatre
havres de mine de plomb lavée & grillée , de trois
ou quatre barres de matte provenant de la fonte crue'
précédente s ce qui rend des feories fort fluides , mars
qui reeellent encore urt peu de plomb : on n'ajoute
point d'autres matières tenant plomb dans cette fonte,
qu'on ne commence qu'après avoir chargé trois ou
quatre fois des feories fimples dans le Fourneau. Éc
charbon fe charge avec des bacquets qui tiennent* un
P* jw bonté pf5 Mines 3 &c. Chap. Lî. $07
ècmi panier , félon la mefur-e du bas Hartz : les mê
mes bacquets fervent à charger les matières de la jour
née ; cette fonte fe conduit auflî par le moyen du ne%
Lesféeries qui Ce refroidirent fur le baifin de réception,
ou qui s'y attachent .3 font remifes fur le Fourneau ,
on porte aux décombres celles qui coulent à côté.
Quand k bafe de réception eft rempli 3 on le perce
pour fàke epuier h matière dans le creux ou ba/ïïn
de percée. On en retire en plaques la matte qui s'y
trouve y & Ton nettoyé l'œuvre qui eft au fond avec
une cueilbere de fer percée , après quoi on |le verfe
dans des poêles rondes de fer , & l'on remet peu à
peu la «natte .qu'on a levée fur le refte de la journée
pour la repaiTer au Fourneau. Avant que d'achever
une journée on en prépare une autre, ôç ainfi de fuite,
jufi^u'à ce que la fonte ait duré trente- fix ou quarante-
huit heures, pendant lesquelles on fond fbixante à foi-
zanie &c dix quintaux de mine de plomb. On y con-
fbmme cent vingt Rofi^dç charbon. Le produit de cette
fonte efl ile dix à onze quintaux d'oeuvre qui rend fept
à huit onces d'argent par quintal. Le marc de cet ar
gent contient alors depuis cent-vingt jufqu'à cent-
trente deniers d'or. On remet encore cette œuvre dans
la fonte fluide pour qu'il s'enrichiffe davantage ; mais lî
la Compagnie n'a pas l'occafion ou la facilité de faire
cette dernière opération , on le vend à la Chambre des
Mines fur le pied du fin , que l'Effayeur-Juré y trouve >
fçavoirr -
Le quintal de plomb à huit écus de PËmpire.
OH*
$o8 De ia ïgnte des Mines, &c. Chap. LI.
Le marc d'argent, à quarante florins & quarante
deniers de Hongrie.
Et le marc d'or, à foixante-cinq ducats & demi.
Manière d'en- $• 4« On a déjà dit au Chapitre précédent ce qu'on
nchir un œuvre entend par fonte fluide. & Pon a nommé les mines qu'on
qui tient déjà du c • Y \\ T C - 1 n ^ ^
fin- y tait entrer ; elle le tait par le rourneau a percer , que
l'on prépare comme pour la fonte crue. Une journée
pour la fonte fluide , eft compofée de ce qui fuit :
Sçavoir , fix barres de plufieurs fortes de mines , trois
barres de mine de fer , une barre ou une barre & demie
de mine grillée. Quoique les matières de cette fonte ne
contiennent pas de plomb ou très - peu , cependant on
n'y en ajoute pas \ mais pour avoir l'or & l'argent qu'el
les contiennent quelquefois jufqu'à cinquante onces
par quintal , on fait fondre ou quelque œuvre , ou du
plomb dans le baflinde réception, & l'on y fait imbiber
de là litarge. On n'ajoute pas non plus de feories parce-
que la mine de fer en tient lieu. La fonte commence le
lundi matin à quatre heures , & fe continue jufqu'au
mercredi au foir ou jeudi matin. On charge le Four
neau de feories pour former le ne\ que l'on entretient
comme dans la fonte crue. Dès le commencement de
la fonte, on met fur le bafîin de réception deux pièces
de bois avec un culot à'œuvre 3 contenant fept a huit
onces de fin par quintal , & du poids de cinquante ou
foixante livres. Toutes les quinze ou dix-huit heures ,
on en ajoute vingt à trente livres. La fonte s'écoule par
l'œil dans le bafïiri qui s'emplit peu à peu : quand il eft
plein , les feories fortent ôc (è répandent par le côté :
De la fonte des Mïnes, &c. Chap. LI. 509
alors on bouche l'œil avec de la terre pour retenir la
fonte dans le Fourneau ; on enlevé ce qui efl refté de
fcories dans le bafïin jufqu'à la matte , dans laquelle
on fait imbiber douze à quinze livres de litarge en
poudre groiliere , ce qui le fait en remuant la fonte
avec un fer ; & comme la chaleur efl: très-forte vers
cet endroit , les Ouvriers font obligés de fe relever de
temps en temps. On levé enluite la matte en plufïeurs
placques , & l'on rejette fur le Fourneau les deux der
nières , parceque l'œuvre s'y attache ordinairement. On
laifle l'œuvre dans le baflîn jufqu'à la fin de la fonte , à
moins qu'il n'arrive quelque accident à ce bafïfn ; mais
s'il faut le réparer, on jette cet œuvre dans des poêles
de fer. Aufii - tôt que le baflin eft réparé , on ouvre
tœil pour que la fonte coule comme auparavant : on
remet deux pièces de bois fur le baffin , & pardeffus
foixante à foixante & quinze livres* d'œuvre de pareille
richefTe que le précédent. Il faut prendre garde en
bouchant l'œil que la matière en fuiion ne monte juf
qu'à la tuyère &sne coule par ce trou. Ainfi, fi le bafïin
ne peut pas être vuidé afïez. vite , il faut faire aller les
foufflets fort doucement, ou même les arrêter tout-à-
fait, jufqu'à ce qu'on puiffe r'ouvrir l'œil. On met aufli
dans la matière fondue qui fe rafTemble dans le baffm,
l'argent vierge & la mine d'argent vitré -, mais il ne faut
pas attendre pour cela que ce baflîn foit.trop plein.
La matte qui fe fait pendant cette fonte s'ajoute aux
journées fuivantes. On continue de compofer des jour
nées jufqu'à ce qu'on ait fondu cinquante à cinquante"
5.io De jla fonte des Mines, &c. Chap. LL
cinq quincaux de mine , de lamine de fer &c de la matte
grillée à proportion. Vœuvre qu'on y ajoute peut aller
à trois ou quatre quintaux , ôc la litarge à ûx ou (epty
ce qui rend quatre à cinq quintaux d'oeuvre dans lequel
on trouve cinquante marcs d'or & d'argent. On con-
fomme dans cette fonte depuis trois cent jufqu a trois,
cent-vingt Rofr de charbon. Comme les feories de cette
fonte, dite fluide > contiennent encore considérable
ment d'argent , on les refond enfuite & même jufqu'9.
deux fois. On prend pour cette dernière fonce qua
tre barres de feories , deux barres de mines de fer , une
ou deux barres de débris ; mais pour pouvoir conferver
un ne\ dans le Fourneau , on joint à ces matières une
petite journée , compoièe de baiayeures de fonderie?
& de mine pauvre. Le travail fie conduit comme celui
de la fonte ci-deflus , &: Fon fait fondre toutes les vingt
à vingt-quatre heures , quinze à vingt livres de plomb
dans le creux ou bafhn de réception , fans compter
quatre à cinq quintaux de litarge qu'on fait imhiocr
dans la marte éc dans l'œuvre qui eft dans ce bailùi.
Cette fonte desfeories commence le mercredi au foir, &
va jufqu à la nuit du vendredi ; elie fournit trois quin
taux & demi £œuvre ou environ ; on l'écume à la fin de
la fonte avec une cueidiiere de fer percée de petits trous,
après quoi on le Verfe dans des poêlesde fer. Si la fonte
des feories eft finie avant le vendredi , on fond encore
un peu de mine pure mêlée avec de la marte des feories
& de la mine de fer dure à fondre -, mais on finit tou
jours la nuit du vendredi \ êc s'il refte encore de l&
Dff lAfonife dis Mjnïs, &c. Chap. LU. 5 ri
drhatce r on la garde pouf une autre fonte. Il- y a pour
rout ce travail deux Fondeurs , deux: Aides, & deux
Manœuvres qui tranfportent ksfeories. Ces Ouvriers
fe relèvent dé douze en douze heumv

CHAPITRE Llh

*De la fente des Alines de piomèÇf £argent


a Foelgebangen dans la fiante" Hongrie 3
far un Fourneau a péYcef,
$. 1 . T E Fourneau dont on fe fert à Foelgebangen eft
» -t bas, & femblable à un Fourneau à percer.
La brafque eft faite d'une partie d'argile & de deux
parties de charbon en jîbudrd ; niais comme cette terre
eft trop grafte , on là fait rougir avant que de Pcm-
pîoyer. La tuyère s qui éft de fer , fe pôle à fleur du
mur mitoyen fin1 quinze degrés de pente ; les foumets
font de cuirs. On bat la brafque au niveau de la tuyère ,
& de-Ià on- la fait defcendré jufqu'au niveau de la che-
mife , lequel eft de "huit à neuf pouces jtfus bas que la
tuyère. Le ba-flfm de réception que l'on rare1 à un pied
fix pouces de diftànce de la face1 antérieure du Four
neau, a dix pouces de" diamètre, &. neuf pouces de pro
fondeur. Une porte de fer fert de- cfcemife à: ce Four
neau ; on enferme le deflbus avec de l'argile , & l'on
ne lahTe qu-'un trou1 pour le paftage de là fonte dans
le baflki de réception: Toute cette diïpofitiori à été rc-
jii De la fonte des Mines,, &c. Chap. LU.
préfentée fur la. Planche XXV. On accommode le Fourneau
le mercredi & le famedi de chaque femaine, chaque
fonte finiflant ces jours-là à huit heures du matin. L'ac-
commodage du mercredi étant achevé , on le chauffe auflr-
tôt , & on recommence à fondre le jeudi au matin ;
mais on ne chauffe Raccommodage du famedi que le Di
manche au foir , afin de recommencer la fonte le lundi
à minuit.
§. z. La journée de ces fontes fe compofe à peu près
comme il fuit : Un quintal de mine de plomb luifante-,
cinq quintaux de mine lavée ; un quintal de débris
grolïiers , & un quintal de menus débris de Four
neaux ■ , cinq quintaux de feories de mine de plomb ■_,
qui ne foient pas encore fans métal. On charge d'abord
le Fourneau avec des feories un peu métalliques pour
former le nez , puis on met les matières de la journée.
Les foufflets donnent beaucoup de vent, & l'on eft
dans l'opinion en cet endroit, que plus le vent eft fort,
plus on a de plomb. On penfe précilément le contraire
au basHart^y où l'on eft convaincu par l'expérience que
fi les foufflets vont doucement , on brûle moins de
charbon, & que comme la fonte a le temps de fe dé-
pofer fur le foyer , l'œuvre fe fépare mieux. On levé par
ce qu'on- en- placques les feories de cette fonte ; mais elles font fort
tend par feories t. ;} „ . , v .; , -
impures. fragiles , & louvent impures , c elt-a-dire , que ce n elt
pas fïmplement une gangue vitrifiée , mais qu'elle eft
vitrifiée avec du plomb qui peut fe revivifier \ c eft pour
quoi on les remet avec les matières d'une autre jour
née ou d'une autre fonte. Quand le Fourneau eft une
fois
De la fonte e»es Mines > &c. Chap. LU. $\*
fois échauffé, on peut fondre une journée en fîx heu
res i mais la première journée en dure fept à huit. Lors
qu'il y a environ trente livres i'œuvre dans le baffin
de réception , on bouche l'œil avec de la terre grafTe ;
on levé les fcories & l'on puife l'œuvre avec une cueil-
liere de fer, puis on rouvre Fœil pour remettre la fonte
en train, ce qu'on continue ainfî jufqu'au mercredi
matin , ou depuis le jeudi jufqu'au famedi. Lorfque le
Fourneau a été trop chargé & que le ne% eft devenu trop
long, on y met des fcories fimples, ou des débris tout
purs , par ce moyen le Fourneau fe nettoyé. On peut
aufli y remédier en fe fervant d'un ringard que l'on
fait entrer par le trou qui eft au bas de la chemife du
Fourneau. On fond ordinairement pendant chaque
demie femaine neuf à dixjournées , pour lefquelles on
brûle cent-vingt (a) Sohm de charbon,qui eft fait de bois
dur & de peuplier. On retire de chaque fonte fept à
huit quintaux d'œuvre , tenant par quintal fîx à huit
onces d'argent, dans lequel on trouve depuis fîx juf-
qu'à dix deniers d'or. Il y a pour ce travail deux Fon
deurs , &c deux Aides qui fe relèvent de fîx en fîx heu
res.
(a) Un Sobm eft une Caifle qui a douze pouces de profondeur, trente de fer-
geur & vingt-quatre de longueur. Il eft répréïenté fur la Planche F. Lettre J»

Tome ÏL «x
514 De la fonte des Mines, &c. Chap. LUI.

CHAPITRE LUI.
Tte la fonte des Mines de TSrixlegen 3 dans le
Comté de Tirol,
§. i . T A manière de fondre dans le Tirol eft une fois
JLrfplus ancienne ; elle écoit même en ufage en
Bohême } au Hartz^ & ailleurs, avant qu'on eût perfeo
tionné la limitation &c le rejfuage .,• car au Tirol on ne fé-
pare point la mine de cuivre de celles qui contiennent
de l'or & de l'argent } on les fond toutes enfemble :
enforte que pour avoir enfuite Fargent , le plomb & lç
cuivre féparement, il faut fondre lept fois les mêmes
matières ; ce qui rend le travail difficile & fort long.
Pour féparer Fargent, il faut trois fontes , & quatre
autres pour avoir le cuivre net & pur. On voit bien
que par cette méthode , on brûle beaucoup de plomb
&c de cuivre en pure perte, & que le cuivre au on en
fépare n'eft jamais fans argent. Au lieu que fi en çaf-
faut ces mines , on en fe'paroit celle qui eft de cuivre t
de celles qui font de plomb & argent, pour les fondre
enfuite féparement , on en tireroit beaucoup plus de
bénéfice.Cependant fi Fon y trouvoit trop peu de plomb
& que d'ailleurs on manquât de pyrites, on feroit con
traint de fe fervir de la mine de cuivre , qui eft fulfu?
reufe , pour la fonte crue.
$. 7ft La plupart des mines de cç pays- là fç fondent
De la fonte des Mines, &c. Chap. Lîïï. jïj
crues, hors celles qui font riches en plomb. i°. Des
journées , où l'on a fait entrer plufieurs fortes de mines,
pauvres en plomb & toutes crues , on retire de la mat-
te , avec un culot de fpeifze que l'on nomme Cobolt.
r°. La fonte qui fuit , fe nomme une riche journée de
*>lomb ; on y fait entrer la matte de la fonte précé
dente fans la griller, & d'autres mines, parmi lefquelles
jl y en a de grillées : on ajoute de la litarge & du teft ,
des pie'ces cuivreufes de liquarion, & de l'œuvre encore
riche 3 que les Ouvriers appellent œuvre gras 3 Se qui
relie dune quatrième fonte. De tout ce mélange , on a
une matte de plomb & de cuivre qu'on pafle par la
Uquation , pour en feparer l'œuvre,
3°. La troifîeme fonte eft une pauvre journée de
plomb , qui eft compofée de matte de la journée riche en
plomb ; c'eft la matte de la fonte précédente qu'on n'a
pas grillée. A cela , on joint les mines tant triées que
pilées, partie grillées, parties crues, & des pièces tenant
cuivre quifcrtent de la Uquation. On en retire une matte,
fondue deux fois, avec du plomb que Fon pafTe à la ti+
quAtion. Les œuvres qui viennent de cette Uquation & de
la précédente, & les culots de la fonte des mines, faite
fans plomb , s'affinent enfemble. C'eft ici que finiiTent
les fontes pour retirer ou féparer le plomb & Fargent -,
car on prend la matte qui fort de la dernière hquatior*
pour la fondre en cuivre.
4°. La quatrième fonte ou la première pour cuivre y
s'appelle journée de matte en grand volume : on y fond la
Jnattc , qui a pafTé deux fois par le plomb : on y ajoute
Rrij
3 lé DE LA FONTE DES MlNES , &C CHAP. LUI.
quelque œuvre tenant peu d'argent , & qui vient ordi-
nairement d'une cinquième fonte. De cette quatrième
fonte fort la première matte qu'on nomme torréfiée , ôc
l'œuvre riche ou gras.
j°. La cinquième fonte eft nommée journée de matte
en petit volume : on y fait entrer la première matte tor-r-
réfiée 3 & l'œuvre maigre. De ce mélange fondu, vient
la féconde matte torréfiée ou matte de l'œuvre moyen ,
parceque cet œuvre fe trouve au-deflous.
6°. La fixiéme fonte s'appelle journée de grillage : on
y met la matte de l'œuvre moyen , après l'avoir grillée
une feule fois ; il en fort 4e la matte de cuivre avec de
l'œuvre maigre.
7°. La feptiéme & dernière fonte , qui eft la qua~
triéme pour la féparation du cuivre, eft la fonte & con-
verfion de la matte de cuivre , en cuivre noir : mais on
grille cinq fois cette matte avant que de la fondre \ &ç
lorfqu'elle eft fondue , on perce pour faire couler le
cuivre noir dans le baflin d'un foyer , où on le raf-,
fine fur le champ.
§. j . On ajoute à ces fontes quantité de matières qui
ont été déjà fondues ; & entre autres celles qui ont ré~
fîfté à la liquation du produit de la féconde & de la
troifiéme fonte. L'œuvre riche ou gras de la quatrième
fonte , dont le quintal tient environ trois onces & demi
d'argent , & trente-cinq livres de cuivre , s'ajoute à la
féconde fonte de la riche journée en plomb. La cin
quième fonte donne l'œuvre moyen , qui contient à
peu près trois onces & demie d'argent , & cinquanter

\
De ia fonte des Mines, &c. Chap. LUI. 517
Irmit livres de cuivre par quintal. Enfin, dans la fixiéme
fonte fe fait l'œuvre maigre , qui contient feulement
une once ôc demie d'argent par quintal.
Les noms des fontes cy-deffus ne font pas faciles à
entendre ; on en va donner une explication.
i°. Journée de matte en gros volume. On veut dire par
cette expreflion que la matte qui fort de la dernière
fonte pour le plomb & Fargent, eft beaucoup plus épaiflc
<que quand on fa refondue. On nomme aufli œuvre
gras , celui qui s'en fépare , parcequ'il eft riche en
plomb & en argent, & qu'il contient peu de cuivre.
Quand ce dernier métal le rend plus dur qu'à Fordi-
naire , on le nomme alors œuvreras & dur.
z°. Journée de matte en petit volume , eft celle de la
matte en gros volume , qui fe congèle en placques plus .
minces quand elle a été refondue. Ce nom vient aufli
de ce qu'à la refonte, il s'en fait une moindre quan
tité. De même , l'œuvre qui fort de cette fonte étant ;
plus pauvre, tant en argent qu'en plomb, & conte
nant plus de cuivre que le précédent , fe nomme
œuvre moyen &* dur.
j°. La matte mince qui vient de la cinquième fonte
ayant été grillée une fois , la fonte qu'on en fait fè
nomme journée de grillage s mais comme elle a aban
donné, dans les fontes précédentes , prefque tout fon
argent & fon plomb , & qu'elle n eft prefque plus que
matte de cuivre , l'œuvre qu'elle rend encore ne peut
être que fort cuivreux -, par conféquent on le nomme
ffjtvre maigre O* dur*
518 De la fonte des Mines , &c. Chap. LIÏL
c. 4. Toutes ces fontes fe font à Brixlegen > par urf
Fourneau courbe tk par un autre Fourneau qu'on 3
nommé cy-devant Fourneau a percer. Il eft bas & large"
à peu près comme ceux de Schemmt^ en Hongrie. La
brafque , pour ces Fourneaux s eft compofée dune
partie d'argile & de deux parties de poudre de charbon
lorfqu'il s'agit de fondre les mines ; mais pour les jour
nées en plomb , cette brafque fe fait de parties égales
de terre Se de charbon. L'accommodage du Fourneau eft
dirigé de telle forte que les feories puifTent couler pas
l'œil dans le bafïin de l'avant-foyer qu'on nomme creux
ou bafjin de l'œils quant à la fonte , on la fait paffer de ce
/ bafïin dans un autre creux qui eft plus bas. Ces deux
creux font ce qu'on nomme trace & bajjin de percée dans
les autres fontes. On ne fond qu'une journée de matière
fur chaque accommodage 3 ainfi on remet une nouvelle
brafque au Fourneau , autant de fois qu'il s'agit de
fondre une journée. On a déjà dit que la plus grande
partie de ces mines fe fondent fans avoir été grillées. Il
n'y a que quelques petites parties de mine de plomb
que l'on rôtifTe j mais feulement une fois. Il en eft de
même de la matte des cinq premières fontes-, on ne 1»
grille pas & on la refond comme elle vient de la fonte.
La fonte d'une journée de mine eft compofée de vinge
quintaux de mine d'argent & de mine de cuivre mêlées
enfemble. Ces vingt quintaux tiennent environ cinq à
fix marcs d'argent ; mais il faut obferver qu'il y entre
|>lus de mine de cuivre que de mine d'argent, parceqn'on
en féparc la mine, tenant beaucoup de plomb, poui
De la fonte des Mines, &c. Chap. LUI. 519
la mettre fur la journée riche en plomb. On ajoute aulli
dans celle-ci , une barre de pierres feuilletées pour fervir
<le flux ou fondant {a). Quant au produit de cette fonte
il eft ordinairement de quatre à cinq quintaux de matte
riche 3 tenant par quintal fept onces ou fept onces &
demie d'argent , & cinquante livres de cuivre. On y
trouve aum un culot dc/peifee nommé cobolty ainfi qu'on
l'a déjadit, & qui peut pefer foixante .&: quinze livres.
JLe quintal entier de cette dernière matière tient com
munément deux marcs d'argent & plus. Cette journée
dure huit heures à fondre. On y confomme jufqu'à
quatre charretées de charbon de fapin & d'autre bois
tendre.
Pour une journée riche en plomb, on prend dix-
fept quintaux de la matte riche , qui vient de la fonte
cy-deffus ; fix quintaux de la mine riche en plomb
grillée une fois j trois quintaux de mine pilée , non
grillée & mêlée avec de la mine triée j cinq quintaux
& demi de litarge, treize quintaux de débris de foyer
& de teft ; fur quoi on ajoute encore les matières qui
réfutent à la liquation , lorfqu'on fait relTuer l'œuvre
de ces fontes , & l'œuvre gras qui provient de la journée
de matte en gros volume. Cette fonte dure environ douze
heures , & l'on y brûle quatre charretées & demie de
charbon. On verfe l'œuvre qui en fort dans des poêles

(a) Ces fortes de pierres feuilletées , la féparation du métal , foir en rendant


efpéce de Cbyftt , font dures â fondre ; les feories plus liquides , foit en préfeiv
on ne devroit donc pas les nommer des tant une terre qui abforbe les fouffres par
fondant ; mais les Ouvriers donnent ce leïquels k métal ctoit miit^ralifé.
nom i toutes les matières qui facilitent

"
$to De la fonte des Mines y &c. Ghap. LUI.
de fer , qu'on a frottées avec de la brafque humectée Se
mêlée d'un peu de fable. Il fe forme dans chaque poêle
un culot de fix à fept quintaux. On en met deux fur un
Fourneau de limitation , garni à l'ordinaire de placques
de fer fondu. Cette liquation fe fait au feu de charbon,,
ce qui en refte fe remet fur les mêmes journées _, & l'œuvre
qui a coulé s'affine enfuite avec d'autre plomb riche
en argent.
La matte qui vient de la précédente fonte fe remet
avec la journée pauvre en plomb , dans laquelle on fait
entrer deux quintaux de mine riche en plomb & gril
lée ; cinq quintaux de mine lavée & d'autre mine qui
n'eft que pilée ; quatre quintaux de litarge^ treize quin
taux de teft: on y joint les matières qui font reftées de
la liquation de l'œuvre provenant des journées pauvres.
Le travail de cette fonte dure aufli onze à douze heures,
& l'on met ce qui en fort au Fourneau de liquation 3
afin d'avoir l'œuvre pur pour l'affinage. La matte de
cette fonte 3 qui a pafTé deux fois par le plomb , entre
dans la fonte du cuivre.
§. 5. Quand les mines ont donné leur plomb & leur
argent dans les trois précédentes fontes, on fait entrer
dans la fonte fuivante trente quintaux de la matte cui-
vreufe qui eft reftée & fans la griller; on en compofe
la journée dite de matte en gros volume s on y ajoute hs
dix quintaux de l'œuvre moyen qui eft forti de hjournée
riche eh plomb 3 pour en faire une fonte à laquelle 011
confomme deux charretées de charbon. Elle rend à
peu prèToiue quintaux d'œuvre gras , dont le quintal
contient
De la fonte des Mines /&c. Chap. LIIÏ. $zï
contient trois onces & demie d'argent & trente-cinq
livres de cuivre. On remet cet œuvre dans {ajournée ri
che en plomb : la matte , qui refte de cette fonte , eft
la première matte torréfiée 3 ou matte appauvrie. C'eft cette
matte qui fait la journée en petit volume , quoiqu'on en
prenne également trente quintaux non grillés : on y
ajoute dix quintaux à'œuvre pauvre & dur, & des feo-
ries venant des fontes pauvres , mais qui tiennent en
core du plomb : on confomme aufli pour cette fonte
deux charretées de charbon. Elle donne treize quintaux
d'œuvre moyen 3 qu'on remet dans la fonte de la- matte
paffée deux fois parle plomb ; elle rend de plus quinze
quintaux de matte y qu'on nomme matte de l'œuvre
moyen 3 ou féconde matte torréfiée. On grille cette matre
une feule fois (ur une aire qui a vingt pieds de long fur
trois de large : on couvre cette aire avec du bois de piii
fendu en menus morceaux j c'eft. fur ce bois qu'on ar
range la matte de PépaifTeur de neufpouces ou environ :
on la recouvre de bois ; puis ce bois , de matte > ôc ainfi
alternativement, jufqu'à ce que toute la matte foit en
trée dans ce grillage : on en garnit le devant avec des
pièces de bois aum hautes que la matte , puis on met le
feu à ce grillage , qui brûle pendant deux jours & deux
nuits -, après quoi on commence à le fondre , Se l'on
nomme cette fonte la. journée du grillage. Cette journée
eft compofée de quarante quintaux ou environ de ma
tière y à laquelle on ajoute une barre de feories de mine
pure y ce qui rend vingt-fix quintaux de matte de cui—'
vrc , dont le quintal tient fix gros d'argent, & foixante-
Tome IL Sf
jit De la fonte des Mines , &c. Chap. LIV.
dix livres de cuivre ; plus dix cfuintaux à'œuvre maigre
& dur , contenant une once & demie d'argent, & qua
tre-vingt livres de cuivre par quintal : on remet cet
œuvre dans la journe'e dite de petit volume , & la matte
fe grille cinq fois. On en met jufqu'à deux cent quin
taux dans un grillage que Fon commence par un très-
petit feu j lorique cette matte de cuivre a eu fes cinq
feux y on en fait la fonte par journées, chacune de cin
quante quintaux : le quintal contient alors, comme on
l'a dit, (ix gros d'argent , & les vingt quintaux rendent
trois quintaux de cuivre noir -, on ajoute à ces cinquante
quintaux de matte fix barres de feories de mine pure ,
puis on charge le Fourneau de ce mélange. Auiïî-tôt
que le ba(ïin de réception eft rempli , on le perce pour
faire écouler la matière dans le creux du raffinage du
cuivre , qui eft tout auprès ; ce creux ou bafïin a un
pied & demi de diamètre & quinze pouces de profon
deur : on y raffine ce cuivre noir en fort peu de temps,

CHAPITRE LIV.
De la fonte des Mines d'argent a Koenigsberg
en Norwege , par un Fourneau courbe,
§. î.T A plupart des mines des environs de Koenig-
JL-jfeerg font d'argent vierge, dont on tire le plus
pur pour le faire entrer dans le plomb par une forte
ainfufîon. Les autres fe nomment mines moyennes^ on
De la fonte des Mines , &c. Chap. LIV* /ij
les fait entrer dans la fonte riche : la troifiéme forte eft
la mine triée , que Fon fait entrer aufïï dans la fonte
riche; le refte fe porte au bocard pour être pilé & lavé.
Ces mines fe fondent comme à Frcybcrg -, partie en fonte
crue, partie en fonte riche, c'efl:- à-dire , avecdu plomb.
Celles qui ne contiennent que deux onces &: demie d'ar
gent par quintal , & au-deffous, font employées dans
la fonte crue ■ , on ne grille aucune de ces mines avant
la fonte , mais feulement la matte qu'elles ont fournie.
L'efTai s'en fait aux Fonderies, parFEffayeur, Flnlpec-
teur & le teneur de Livres -, & des trois produits , s'ils
différent, on tire le produit moyen.
§. i. Le Fourneau courbe, fervant à la fonte crue, fe
préparc avec une brafque compofée d'une partie de
charbon & de deux parties d'argile ; cette brafque mon
te, lorfqu'elle eft battue, jufqu'à deux pouces au def-
fous de la tuyère , laquelle eft de cinq à fix pouces plus
haute que le bafïîn de réception : la trace eft plutôt ron
de que longue ; enfin tout Faccemmodage doit durer de
puis le lundi jufqu'au vendredi, même jufqu'au famedL
Quant à la fonte , on la compofe de foixante à quatre-
vingt quintaux de mine lavée, dont le quintal contient
depuis une once jufqu'à deux onces1 & demie d'argent;.
de dix barriques de pyrites cuivreufes & fulfureufes,
qui péfent enfemble cent vingt quintaux ; on ajoute en
core des débris des fontes précédentes , & un baequet
de feories fur chaque charge de matières que l'on porte
au Fourneau. On confomme pour cette fonte trente
laths de charbon , dont chacun fait , fuivant la mefurc
Sfij
5 %. 4 De la fonte des Mines,, &c. Chap. LIV.
du bas Hartz, quinze mefures ou -environ; le produit
eft de quatre-vingt-dix à cent vingt quintaux de matte,
laquelle contient de Fargent à proportion de la riçhefTe
des matières qu'on a fondues. Cette matte ayant été
grillée à quatre feux fe met dans la fonte riche.
De h fonte ri- §. • , Les matières dont on compofe la fonte riche ou
che , ou fonte c 1111 1/ 1 r c ■
avec le plomb, tonte avec le plomb, dont on a parle piulieurs rois.,
font cinq quintaux de mine pilée ou triée , cinq quin
taux de matte grillée, foixante-dix livres de litarge, cin
quante livres de teft,&deux cent livres de plomb pur
que Fon met en morceaux fur le Fourneau : on verfc
l'œuvre qui en provient dans des poêles de fer ; ce qui
fort d'une percée doit contenir depuis trois jufqu'à dix
niarcs d'argent , & Fon fait cinq percées par femaine ,
la confommation du charbon eft de vingt-fix à trente
Uths. On ajoute les feories de cette fonte dans la fonte
crue : la matte, qu'on retire avant que de percer, fe
nomme matte deplomb. Après Favoir grillée trois ou qua
tre fois, on la fond par journée de quatorze quintaux,
ôc Fon en retire encore de l'œuvre qu'il faut paflèr par le
Fourneau de liquation : ce qui en fort en coulant par la
rainure du Fourneau , eft affiné avec d'autre œuvre7, &
ce qui a réflfté au feu, étant matière cuivreufe, s'ajoute
dans la fonte pour le cuivre. Il fe fait encore un peu de
matte dans la fonte de la matte de plomb , quoique gril
lée. Après Favoir rôtie trois fois, elle rend du cuivre
noir au Fourneau de fonte ; s'il s'en fépare encore un
peu de matte , on la mêle avec la matte de cuivre de§
autres opérations. Enfin on paffe au Fourneau de li-r
De la fonte des Mines, &c. Chap. LV: 515
équation le cuivre noir qui fe trouve riche en argent.
§. 4. Pour infufer ou imbiber dans le plomb Fargent imbiber rar-
cCC • ' ■ • ' J 1 • 6cnt Hatif dans
maflir ou vierge qu on pourroit avoir tire de la mine j le plomb.
on fait un foyer creux avec de Fargile : on y fait fondre
cent vingt livres de plomb , on le couvre avec du char
bon, & Fon fouffle vivement avec des foufflets à main
pour faire rougir ce plomb fondu, dans lequel on fait
entrer peu à peu jufqu'à cent marcs d'argent ; ce culot
<le plomb enrichi fe met enfuite à Faffinage.

CHAPITRE LV,

De la fonte des Mines de plomb en Ecojfe , dans


un Fourneau de ferfondu.
%. 1 .TL y a trois fortes de mines de plomb en Ecofle :
JL la première , nommée Lump-Lead eft prefque le
Î)lomb pur : la féconde , Swelling-Lead , ou Smethom , eft
a mine trie'e : la troifiéme eft , la mine pauvre. On ne
fond pas la première ni la féconde : on les vend aux
Potiers de terre pour vernir leurs poteries.
§. i. Le Fourneau de fer fondu, fervant à fondre
la mine pauvre, a été décrit au Chapitre X. §. 16. Com
me on n'employé pas de brafque a préparer ce Four
neau , on y met une plaque de fer , qui a une rainure
en forme de trace pour faire couler le plomb fondu
dans un pot de fer , fous lequel il y a toujours du feu.
Pour fondre le minçral , on le mêle ayec de la chaux,-
$i6 .De la fonte des Mines , &c. Chap. LVI.
& le feu fe fait avec de la tourbe & un peu de charbon
de terre. On fait pafler en huit heures par ce Fourneau
environ vingt quintaux de minéral > qui rendent dix à
douze quintaux de plomb ; on tire ce plomb du pot
de terre pour le couler en petits faumons, & le vendre.

CHAPITRE LVI.

De la fonte des Mines d'argent a CremnitZj en-


Hongrie 3 par un Fourneau moyen.
$. i.T"7 N 17x2. on fondoit aCremnirz prefque routes-
llrf les mines dans un Fourneau qui étoit plus élevé
que le Fourneau courbe-, mais qui ne l'étoit pas allez
pour être du nombre^des hauts Fourneaux ; ainfi on le
doit mettre dans celui des Fourneaux moyens. On Fa
repréfenté fur la Planche XXXV. on n'y fait que des fon
tes crues : la brafque avec laquelle on le prépare , efl
compofée d'une partie d'argile , & de deux parties de
charbon \ &c lorfqu'elle eft mife & battue , le Fourneau;
efl: à poitrine ouverte. On y fond de la mine lavée, rem
plie de pyrites , dont le quintal ne tient que depuis un
jufqu'à deux gros d'argent ; &c de la mine d'argent, dite
pauvre 3 qui vient de Schemnifi^, &c qui ne tient tout au
plus qu'une once d'argent par quintal. On fait entrer
dans fa fonte d'une femaine cent trente quintaux de la;
première de ces deux mines, trente quintaux de la fé
conde , & vingt- cinq quintaux de pierre à chaux. La.
"..
De la fonte des Mines , &c. Chap. LVI. 517
fonte, qui commence le lundi matin , dure jufqu'à la
nuit du mercredi au jeudi : c'eft ce qu'on nomme la
fonce d'une femaine ; il en vient trente à quarante quin
taux de matte , à une once d'argent le quintal. On la
levé par placques , qu'on jette fur le champ dans Peau
pour les refroidir. On brûle dans ces trois jours quatre-
vingt-dix voitures de charbon de fapin , qui font à peu
près quarante- cinq charretées, mefure du bas Hart^s
ôc comme on compte en Hongrie quatre rofè pour une
voiture ; il s'enfuit qu'un rofo de charbon fait une me
fure & un quart du bas Hari^.
§. z. On grille la matte de la fonte préce'dcnte une
feule fois avec du charbon , & fans bois -, on la fond
enfuite dans un Fourneau conftruit comme ceux de
Schemnit^i qui fervent à fondre la matte. Sur quarante
quintaux de cette matte, on ajoute autant de mine ap
portée de Schemnit^} & dont le quintal tient une once
d'argent comme la matte. Cette fonte fournit une autre
matte qui donne trois onces & demie à quatre onces
d'argent par quintal \ on la grille une feule fois ainfi
que la première , puis on la fond , en y ajoutant de la
même mine de Schemnit^, ce qui fournit une nouvelle
matte , tenant neuf onces & demie d'argent par quintal j
on grille encore cette matte enrichie à un lcul feu > 8c
on la fond avec du plomb , félon la méthode de Schem-
nit^. Dans cette fonte , qui (è fait fur un feul accommo-
dage du Fourneau, on met jufqu'à quatre- vingf quintaux
de cette matte enrichie ; plus , la quantité de Icories
ncceiTaire , mais point de mine dé fer ; on fait fondre
3z8 De la fonte des Mines 3 Sec. Chap. LVH.
lentement dans le baflïn du grand foyer fept à huit'
quintaux de plomb, aufquels on joint fept quintaux de
litarge que Fon fait imbiber peu à peu dans la matte , en
les distribuant par vingt livres à chaque percée. On
commence la fonte par du teft qui fe revivifie en plomb y
& Fon remet ce plomb dans la ronte de la matte. Quand'
on n'a pas affez de plomb dans le pais , on en fait venir
de Gofîar j car on n'employé point celui de Pologne :
on y ajoute aurE de la mine riche y quand on en a. Le
produit de cette fonte eft de dix à douze quintaux à'œu
vre , dont le quart contient depuis (îx jufqu'à dix marcs-
d'argent, & très-fouvent une once d'or : elle donne
aufïi un peu de matte , que Fon met à part pour la join»-
dre à une.autre fonte : on confomme à cette dernière
opération quarante-cinq voitures de charbon, qui font
vingt- deux charretées & demie du bas Hart^.

CHAPITRE LVII.
De la fonte des Alines de plomb & dargent fat'
le haut Fourneau y a Stral&berg dans
le Comte de Stolberg.
§. r./^E n'eft que depuis quelques années que les
V^/ travaux des mines ont du fuccès à Stral^ergy
&les Fonderies n'y ont jamais été tant occupées que
depuis 17A. Les mines qu'on tire de ce canton du Com
té de Stolberg font de plomb &' d'argent , mêlées d'un
peu
De là fonte des Mines, &c. Chap. LVII. ^19
peu de pyrite , & de mines de cuivre. Il fe trouve aufïi
dans les mêmes filons de la mine de fer jaune & blan
che qu'on ne peut en féparer entièrement , ni en pilant,
ni en lavant le minéral. Ainfï on la trie le mieux qu'il
eft poffible, en la pilant grofïierement &la faifant pafTer
par un crible.
§. z. Pour avoir le produit de cette mine, on a in-»
vente une fonte crue particulière que Fon nomme fonte
crue en plomb3 pour laquelle le Directeur des mines, nom
mé K.ock.3 a fait construire deux Fourneaux d'une gran
deur & d'une hauteur Singulière. On en a donné la des
cription au Chapitre XII. §. 1. & on les a repréfenués
fur la Planche XXXVII. Cette fonte rend, outre la mat -
te , de Fceuvre ou plomb enrichi ; ainfi elle diffère de
la fonte de Freyberg en Saxe , qui ne rend que de la
matte : il en fera parlé dans le Chapitre fuivantv
$. $. On accommode le Fourneau avec de la brafque
compofée de deux parties d'argile & de trois parties de
charbon en poudre. Le fol , qu'on en forme dans le
Fourneau , va en pente depuis la tuyère jufqu'à Favant-
fbyer ou baflin de réception , où il eft de près de deux
pieds plus bas que la tuyère. On met fur ce fol le mor
ceau de bois qui forme Izperee'e , & un autre morceau
plus menu & plus long , qui fert à marquer la hauteur
de ce fol, afin qu'en creufant enfuite la trace, on n'en
dommage pas ce fol. Après avoir placé ces deux mor
ceaux de bois, on jette deffus quatre paniers de braf
que que Fon bat jufqu'à ce que cet avant-foyer foit à fa
Hauteur convenable , laquelle doit être , à Fendrait de
Tome IL Te
JJO DE LA FONTE DES MlNES , &C ChAP. LVII.
la chemife , de douze à quatorze pouces plus baffe que
la tuyère •■> on creufe enfuite une trace large de dix à
onze pouces, & longue de douze, devant la chemife \
mais de la profondeur à laquelle fe trouve le morceau
de bois qui eft fur le fol. Tout ce qu'on vient de lire eft
repréfenté fur la Planche XXXVlh On employé quatre
heures à préparer ainfi. le Fourneau , & fix autres.heures
à le chauffer : il ne faut pas oublier , fi on Faccommode
après qu'il a fervi , de le bien nettoyer & de n'y laifTer
aucun débris, pareeque les mines de Strafierg étant très-
ferrugineufes, s'attachent beaucoup aux parois du Four-»
neau, & y forment de grands amas de fer qu'on nomme
durillons dans le pais. Ce fer pénétre la brafque , & s'atta
che tellement au fol intérieur du Fourneau , qu'on eft
obligé d'employer plufieurs jours pour Fen ôter peu à
peu. Quelquefois même on eft forcé doter ces durillons
pendant la fonte , &c après avoir percé ; ce qui dégrade
tellement le foyer, qu'on eft obligé d'arrêter la tonte.
§. 4. Les mines brutes qui entrent dans cette fonte
font de plufieurs fortes ; ainfi il faut en faire différentes
comportions 3 afin que celles qui font dures & rebelles
foient fondues avec les douces ou fufibles, & qu'il n'en
refte rien en arrière , pareequ'on ne peut pas fondre les
unes fans les autres. On prend ordinairement, pour
cette fonte crue en plomb , des mines pauvres , dont le
quintal ne tienne que depuis deux jufqu'à douze gros
d'argent : on les nomme mines blanches, mines moyennes &
mines noires : elles font entremêlées déroche : à cela, on
joint lamine grillée ou lamine en grains j & les curages
De la toNTÉ dès Mines, &c. Chap. tiVît. $$i
<îu bocard. Ces mines portent leur flux avec elles , à caufe
de la mine de fer & des autres abforbans des fourTres qui
s'y trouvent : le tout enfemble fait une compofition
moyenne , qui n'eft ni trop fufible ni trop dure ; &
comme chaque compofition n'eft que de trente quin
taux de matières , lelquels font une journée t il y entre
ordinairement trois quintaux de mine moyenne , trois
quintaux de mine blanche , & quatre de mine noire :
Fune & Fautre mêlées de roches ; trois quintaux de mine
criblée ou en grains, deux quintaux d'une autre forte de
mine blanche & en grains ; cinq quintaux d'une mine
encore différente quoiqu'en grains -, cinq quintaux de
déchet gro(Tier,&cinq quintaux de curage de bocard:
on trouve dans ces trente quintaux de matières quinze
onces d'argent & quatre cens livres de plomb. Avant
que de les étendre fur la place de {■ajournée , on y répand
i°. deux bonnes brouettées de fcories provenant de la
fonte de matières grillées ; puis fîx quintaux de fcories
de la Fonderie de Viederflalt au Comté de Mansfeldt :
elles viennent de la refonte des icories. Aulli-tôt que
cette journée eft finie , on en recommence une autre ,
toujours mêlée de matières dures à fondre & de matiè
res fufibles. Si Faccommodage du Fourneau ne fe dé
grade pas , on peut y fondre unejournée en huit ou neuf
heures ; & pourvu qu'on ait foin dele rétablir à mefure
qu'il s'endommage, la fonte peut fè continuer, fans
interruption, pendant un mois ou cinq femaines.
$. 5 . Quand la brafque du Fourneau eft fumTamment
échauffée , on commence la fonte en chargeant ce Fouf
Ttij
33 1 De j.a Fonte des Mines, &c. Chap. LVIL
neau de charbon à la hauteur de quatre pieds au-defîus
de la tuyère. Enfuite on charge trois fois avec des fco-
ries ; puis avec la matière de {ajournée : fçavoir , d'abord
deux bacquets de matières par charge 3 jufqu'à ce que
le Fourneau foit mieux en train ; car alors on charge
trois &c quatre bacquets à la fois. Le premier emplijfage
du Fourneau demande treize mefures de charbon : les
charges fuivantes fe règlent fur Fétat du Fourneau , où
le ne\ peut s'allonger jufqu'à dix-huit pouces fans in-
comment le convénient. Pourvu qu'il foit obfcur près de la tuyère ,
p".rquciafonte & clair à Fautre extrémité, on peut être affuré que le
aille bien. Fourneau chauffe bien , & que tout eft en bon état. Une
charge de charbon & de matière n'arrive ordinairement
qu'en fept heures devant la tuyère. Les trente quintaux
de matières fe fondent dans Fefpace de huit à neuf heu
res , fi le Fourneau va bien , & Fon y brûle depuis dix
jufqu'à douze mefures de charbon. Lyournée étant fon
due 3 on en commence une autre } & ainfi de fuite ,
autant que ïaccommodage du Fourneau peut réiifter ; &
comme fa durée peut aller à un mois & cinq femaines,
ainfi qu'on Fa dit ci-devant , on peut y fondre depuis
cinquante jufqu'à foixante-dixy<?»r»/(?Jj & par confé-
quent depuis quinze cens jufqu'à deux mille quintaux
de mine. Quoique la fonte foit ordinairement aflez
fluide^ cependant à caufe des matières ferrugineufes de
Ja mine & de la pyrite qui accompagne la mine de
plomb , il arrive quelquefois que cette fonte devient
pâteufe , & qu'il fe forme des durillons de fer qui s'atta
chent à la brafque ; on en a parlé au $. 3. Chaque fois.
De la fonte des Mines 3 &c. Chap. LVII. 355
que Fon perce s on les fouléve avec des leviers 3 & on
les cire avec une longue tenaille. Si cependant la fonte
alloit bien , maigre' ces amas de fer , on pourroit ne les
ôter que toutes les vingt-quatre heures 3 parceque cha
que fois qu'on les ôte , on dégrade toujours un peu le
foyer 3 & il faut le réparer avec de la brafque qu'on a
toute préparée & toute mouillée ; mais avec la précau
tion de n'en pas mettre aux endroits où il y auroit de
fœuvre ou de la matte , parceque Fhumidité de la braf
que les feroit fauter avec rifque de blefler le Fondeur.
Les fcories de cette fonte s'écoulent d'elles-mêmes dans
le baflin de Favant-foyer par une rainure que Fon nom
me U voye des fortes. Elles font quelquefois très- chau
des -, alors la fonte donne beaucoup de matte & peu
&œuvre 3 encore eft-il abforbé par les amas de fer.
Lorfqu'on perce ( ce qui fe fait une fois pour chaque
journée ) il fort environ trois quintaux à'œuvre & autant
de quintaux de matte. L'œuvre contient quatre onces à
quatre onces & demie d'argent par quintal ; & la même
quantité de matte tient quatre gros d'argent & une livre
de cuivre rempli de plomb : mais quand une percée rend
la moitié moins de matte que à'œuvre 3 on eft beaucoup
plus content de la fonte. Lorfqu'on a réparé le Four
neau , ainfï qu'on vient de le dire 3 il ne faut pas le char
ger autant .qu'on le faifoit avant la réparation 3 parce-
qu'il faut donner le temps à la nouvelle brafque de fe
chauffer, attendu qu'elle fe fouleveroit fi on ne rallen-
thToit pas Faction des foufflets. Il arrive quelquefois
que la fonte s'approchant trop prés de la tuyère , elle
554 De la fonte des Mines , &c. Chap. LVIII.
rend le ne^Ci long , qu'il force la chemife -, alors il faut
arrêter fubitement les foufflets, afin que la fonte s'ar
rête aufïi, & que Fon puifTe afTurer la chemife dans fa
place.
§. 6. La confommation du charbon eft proportion
née au temps que dure la fonte , on en a déjà parlé , &:
fon a indiqué ce qu'il s'en brûle par journée. Les Ou
vriers, qui travaillent à cette fonte, font deux Fondeurs,
ayant chacun un aide & deux rouleurs de feories : les
deux premiers qui fatiguent beaucoup , à caufe des dé-
grés qu'il faut monter pour charger le Fourneau , fc
relèvent de huit heures en huit heures. Les rouleurs
travaillent douze heures de fuite.

CHAPITRE LVIII.
fDe la fonte des Mines £argent ($ de plomb k
Frejberg en Saxe ', far le haut Fourneau.
$. i.T A fonte des mines fe fait à Treyberg dans un?
jL-J haut Fourneau qu'on a repréfenté fur la Plan
che XXXVL1L On y fait des fontes crues & des fontes
en plomb.
/
$. 2.. On fait entrer dans la fonte crue des mines
pauvres, dont le quintal ne tient fouvent que deux gros
d'argent & point de plomb , & qu'on peut cependant
Des deux ma fondre avec bénéfice , fans y ajouter de matières tenant
"'argent dVml- plomb , Biais uniquement des pyrites fulfureufes , par
nés.
De la fonte des Mines , &c. Chap. LVIII. jj$
le moyen defquelles Fargent fe réduit dans un plus petit
volume de matières, c'eft- à-dire, dans la matte , Se c'eft-
là la féconde manière de tirer Fargent des mines. L'au
tre eft de fondre d'abord les mines dans le plomb.
Quoique Fargent qu'on fait entrer dans la matte ne
puiffe enfuite en être tire' fans plomb , il a pourtant cet
avantage, dans la fonte crue, que cent quintaux de mine
pauvre , dont le quintal ne tient que deux gros d'argent,
peuvent être réduits à dix-huit ou vingt quintaux de Moyen de tirer
matte crue : alors il faut bien moins.de plomb pour tirer fc^pius pauvre"
Fargent concentré dans ces dix-huit quintaux , que fi
Fon avoit fait d'abord une compofition des cent quin
taux de mine avec la quantité néçefTaire de matières
tenant plomb. On voit aifément que les frais excède-»
roient de beaucoup le produit , furtout dans un endroit
où les matières de plomb font rares & chères ; ainfi il
refteroit quantité de mines en pure perte pour le pais
& pour le Souverain , fi on ne les réduifoit pas en matte
par le moyen des pyrites. Outre cela, un haut Fourneau
où Fon fait la fonte crue , travaille cent vingt heures de
fuite ; ainiî on peut y fondre fans interruption jufqu'à
trois cens quintaux de minéral. Cette manière de fon-
<lre les mines pauvres avec les pyrites , a été introduite
a Freyberg en 1$$$. par un nommé Berthold Koehkr.,
*jui en eft Finventeur.
§. 3. Pour Fautre méthode de fondre les mines &
mattes crues dans le plomb, on fe fert aulïi du haut
Fourneau j on fait entrer dans cette fonte toutes fortes
-de mines de plomb , triées ou pilées , les mines richej>
536 De la fonte des Mines , &c. Chap. LVIIÏ.
qui ne contiennent pas de plomb, & la matte crue , le
tout convenablement grillé. Ces mines peuvent aller à
cent quarante quintaux , & la matte à cent.
§. 4. Il faut préparer ce Fourneau avec de la brafque
pefante ; car elle doit réfifter pendant cent vingt heu
res y ainfi on y met deux parties d'argile fur une partie
de charbon : on pile bien le tout enlemble , on le cri
ble, puis on Phume&e allez pour en faire des pelottes -,
on la met d'un pied d'épaifleur dans le Fourneau , & on
la bat de telle forte que le pouce ne puifle pas y faire la
moindre impreflion , furtout quand il s'agit d'une fonte
en plomb -, car pour la fonte crue , il n'eft pas néceflfaire
qu'elle foit fi ferme , pareeque la matière en fufion s'y
attachèrent trop.
Quand le fol eft fini , on place au-defïbus de la che-
mife quelques morceaux de bois mince pour régler la
profondeur de la trace , laquelle ne doit pas entrer dans
ce fol , & un autre morceau de bois pour marquer Fen-
droit de la percée 3 qui doit aboutir au milieu du fond de
la trace : on met là-defTus, & tout à la fois, autant de
brafque qu'il en faut pour donner à Pavant-foyer une
hauteur convenable. Lorfqu'il eft achevé, il doit être,
à fendroit de la chemife , de dix-huit pouces plus bas
que la tuyère , & monter vers elle le plus près qu'il eft
polTible , par une pente de vingt-trois dégrés : enfuite
on fait la trace , & on la commence pour la fonte crue,
à fept pouces de diftance de la tuyère : on la fait d'un
pied de profondeur au-defTous de la chemife, d'o* elle
doit avancer encore d'un pied hors du Fourneau -, on
lui
De la fonte des Mines , &c. Chap. LVIÎÎ. 337
lui donne un pied de largeur à fon commencement , un
pied quatre pouces fous la chemife, & un pied ôc demi
devant le Fourneau, où elle doit être arrondie & for
mer un baiïin. On fait autrement cette trace pour la
fonte en plomb j car elle commence à dix pouces de la
tuyère , & prend un pied & demi de pente vers la che*
mife , où elle a dix pouces de profondeur ; mais on lui
conferve une largeur toujours égale. Quand la trace
cil achevée , on met à Fendrait de la ehemife un mor
ceau de planche en travers du Fourneau ; fur cette plan
che on pofe la pierre de l'œil 3 de façon qu'il y ait entre
cette pierre & Favant-foyer,ou le fol du Fourneau, un
intervalle de trois pouces ; après avoir bien affermi cette
pierre avec de Fargile, on fait le bafïm de percée 3 tel
qu'on peut le voir fur la Planche XXX VI IL
§. y On prend pour la compojîtion de la fonte crue ,
ainiï qu'on Fa déjà dit , la mine la plus pauvre en ar
gent, & qui ne contient pas de plomb. [ Car toute mine
qui tient de l'argent 3 ne fut-ce qu'un gros par quintal 3 doit
être papee par la fonte crue 3 pourvu quelle jbit jointe à des
matièresjulfureujès : il rieft pas même nécejfaire que ces ma~
tieres fulfureufes ou pyrites contiennent du fin. ~] On a vu ci-
devant que ce fon.t ces pyrites qui fournirent la matte,
& que c'eft dans cette matte que Fargent fe concentre.
Comme les mines pauvres de Freyberg font remplies de
quartz., de Hornftein ou pierre cornée , & de Bleinde 3 qui
font fort difficiles à fondre, on y ajoute des mines fort
pyriteufes , tant afin que la matte qu'elles rendent fai-
fiffe Fargent de la mine pauvre, que pour fervir de fon-
Tome II. Vu
$$$ De la fonte des Mines , ôcc. Chap. LVIII. '•
dant aux matières dures qui accompagnent cette mine.
On fond deux cens à trois cens quintaux de ce mélange
par femaine , félon qu'il eft fuiible ou réfiltant à la fonte.
Cerce quantité donne ordinairement dix-fept marcs
d'argent dans foixante quintaux de matte qu'on enrc-*
tire \ ce produit va même quelquefois à quatre-vingt-
dix quintaux de matte , tenant vingt à vingt-deux marcs
4'argent ; mais ce métal doit être étendu dans une fuffi-
fante quantité de matte , fans quoi les fcories pourroient
en emporter une partie. Il convient aufli d'effayer la
pyrite pour fçavoir fi elle rendra cinquante pour cent
de matte ; car c'eft ce qu'on doit en attendre , pour que
la fonte ait un entier fuccès : & il funSt que chaque quin
tal de matte tienne une once & demie à deux onces d'ar
gent y fi elle étoit plus riche, les fcories le feroient aufïî,
$£ en ce cas il faudroit ajouter de la pyrite. Si la matte,
provenant d'une mine trop pauvre, tenoit moins d'ar-?
gent , il ferok néceffaire de fenrkhir , comme on le dira
ci-après. On fait entrer affez fouvent dans la fonte crue
des pyrites cuivreufes : c'eft une mauvaife méthode i le
travail en devient plus Long Se plus difficile , pareeque
Je cuivre prend Ôc garde beaucoup d'argent ; il Faut alors
le paffer à la liquation 3 ce qui occafio^ne beaucoup- de
frais pour retirer une médiocre quantité d'argent. D'ail
leurs , les pyrites cuivreufes ne rendent jamais tant de
matte que les pyrites fimples , qui font ordinairement
plus fulfureufès. Ainfi, à moins que les pyrites cuivreu
fes ne tiennent auili de Fardent, il eft beaucoup plus
avantageux de les mettre à part pour les fondre feules»
De la fonte des Mines , &c. Chap. LVIIÎ. $3?
il ne convient pas non plus de laiffer de la mine de
plomb dans cette fonte y pareeque la plus grande paître
du plomb s'y feorifie & s'y brûle. Outre ks mines dont
on a forme ci-deims h. composition , on y ajoute des
feories venant d'une fente de mine douce , ou d'une
fonte en plomb , ou de- celles qu'on fait tirer dans des
décombres abandonnés , & on en met jufqn'à cent qua
tre -vingt brouettées, chacune d'un quintal & demi ; Se
encore , tous les débris d'une fonte précédente 3 & des
traffes d'affinage y attendu qu'elles conviennent mieux
ici que dans une fonte en plomb. Lorfqu'on a raffem-
blé toutes les matières qui doivent entrer dans une fonte
crue., on les tranfporte à la Fonderie ; on employé pour
vingt-quatre heures de fonte depuis cinquante-trois-
jufquà foixante quintaux de mine, & trente- trois à
trente- fix brouettées de feories : on en étend la moitié
fur une place balayée de la Fonderie : par-deffus on met
chaque efpéce de mine Fune après Fautre ; celles qui
font triées ôc en grains, les premières ; puis les mines
pauvres & fans plomb , enfuite celles qui font pilées &:
lavées : après quoi on étend fur ces couches fautre moi
tié des feories ; enfin les déchets & les débris de la fonte
précédente. Si Fon avoit à craindre que la fonte fût
trop dure ou trop lente à couler s on garderoic une partie
des débris pour les ajouter enfuite.
§. 6. Après avoir bien chauffé le Fourneau, on com
mence à fondre le lundi à midi. On remplit d'abord ce
Fourneau de charbon jufqu'à la moitié7 } on met enfuite
pour chaque panier de charbon deux bacquets de fèo
Vu ij
540 De la fonte des Mines , &c. Chap. LVIII.
ries de la mine de HalfiJ>ruc^3 ce qui va à une brouettée
& demie ou environ-, puis on entame la journée , en
chargeant auilî deux bacquets de matières fur chaque
panier de charbon. Le Fourneau étant rempli , on fait
aller les foufflets : il faut que le ne\ s'y forme aufli-tôt,
pareeque c'eft par ce ne\ qu'on conduit la fonte. On le
laiffe s'allonger juiqu a un pied & dix-huit pouces : il
faut qu'il foit d'une clarté' vive du côté de la chenùfe*,
obfcur vers la tuyère , & qu'il n'ait aucun ventre ou
renflement : il faut aufli pendant la fonte , &z fur-tout
dans le commencement , vifiter fouvent le foyer , afin
d'en arracher avec le ringard les amas & durillons qui s'y
forment. On a laiflfé à ce deifein un intervalle de trois
pouces entre la pierre de ïccil&c le fol du Fourneau. On
f>erce de huit heures en huit heures : le mieux eft d'eiir
ever la marte par plaques, à moins qu'elle fonftrop
chargée de plomb ; car alors il faudroit la retirer avec
une ecumoire. Quelquefois, mais rarement, cette matte
devient pâteufe àc fi epaifle qu'on ne peutladiftinguer
des feories : cela vient , ou de quelque erreur dans la
compofition , ou de ce qu'on a ajoute dans la fonte des
feories qui étoient pleines de matte \ ainfi , pour éviter
que les feories n'emportent de l'argent, ce qui arriverait
immanquablement lorfqu'elles ont ce défaut , il faut
changer la compofition , &: y ajouter des mines plus
Les feories pn- dures à fondre, & d'autres feories, afin que celles qui
r" dennerTpïs viennent de la fonte (oient moins riches; car les feories
de métal. d'une fonte crue doivent être pures ôc nettes , attendu
qu'on ne les remet plus jdàns aucune fonte , à moins
De LA TONTE DES MlNES , &C. ChAP. LVIII. 54I
qii elles ne foient très-fufibles , parcequ'alors elles fer
vent de fondant. On a déjà dit que cette fonte doit
.rendre depuis foixante jufqu'à quatre-vingt-dix quin-
,taux de matte crue; mais on n'a pas toujours cette quan
tité , fi la fonte eft trop lente ou trop prompte. Si elle
eft trop lente , il y a (i peu de matte qu'elle fe trouve
trop riche en argent i fi la fonte eft trop fluide, il fe fait
beaucoup plus de matte qu'il n'en faut : elle eft par con-
féquent trop pauvre , & Fon eft obligé de Fcnrichir j
mais le trop de matte eft le moindre des deux défauts
de la fonte. Il faut enlever fouvent les feories qui cou
lent vite , parcequ'elles pourroient brûler le Fondeur :
{1 elles font trop abondantes , il peut les jetter de côté
avec une cueilliere de fer , mais en prenant garde de ne
pas Fenfoncer trop avant , de crainte d'enlever en mê
me temps de la matte.
Lorfqu'on charge plus de deux bacquets de matières
fur chaque panier de charbon, on en épargne à la vérité
une bonne partie , ce qui eft de quelque confidération
dans les endroits où le bois eft rare •, mais alors il faut
faire agir les foufflets beaucoup plus vite , pareeque la
fonte en devient trop lente : le ne^ s'allonge aufli beau
coup plus qu'il ne faut. Le feul remède eft de remettre
moins de matière & plus de charbon aux autres charges :
on fait 1« contraire, fi le ne\ vient à s'accourcir jufqu'à
.difparoître.
Comme par un long travail & par Fenlévement con
tinuel des kories, le foyer de devant le Fourneau, ou
le. baflin de réception s'élargit beaucoup plus qu'il ne
342< De ia fonte des Mines , &c. Chap. LVIII.
le doit , on eft oblige de le reparer. Après avoir percé
& vuidé ce bafiin , on arrête les foufïïets : on humeétc
enfuite ce baffin à Fendroit où il eft le plus endommagé,-
pour le refroidir ; puis on y met de la brafque un pea
numide , & on la bat. Si fon a aiïèz de temps , on
chauffe les endroits réparés avec du charbon ; puis or*
recommence à faire aller les foufflets , mais doucement,
&en donnant peu d'eau fur leur roue, afin que le bafîin
rétabli ne fè remplifTe pas fitôt : autrement la nouvelle
èrafque fè lève, &fe détache aifément. Enfin, lorfqu'on
voit qu'il n'y a plus rien à craindre , on rend à la roue
motrice toute Feau dont elle a befoin pour faire aller les
Soufflets comme avant la réparation du bafiin. Cette'
lonte, qui commence le lundi à midi, va jufqu'au fa—
medi à pareille heure : ces cent vingt heures fedivifent
toujours en trente-fix journées 3 foit qu'on y fonde peu;
ou beaucoup de mine. On brûle vingt chariots de char
bon , chacun faifant douze mefures du bas Hart^ On
a déjà dit que le produit de cette fonte eft de fbixante à
v quatre-vingt-dix quintaux de matte , & de dix-fept à
vingt- deux marcs d'argent,
comment oa §. . 7. On « a dit
enrichit une mat-
ci- devant ,i
. \ 1.
que quand
l
une -in
macte ne
te pauvre enar- tenon que huit a dix gros d argent par quintal, elle
senc" étoit trop pauvre pour entrer dans la fonte en plomb ;
& qu'il falloit l'enrichir en la grillant deux fois , tk la
refondant enfuite. Voyez le §. 10 du Chapitre zz. Elle:
eft donc enrichie , pareeque , diminuant beaucoup de
volume & de poids , elle contient toujours la même
quantité d'argent. Pour faire cette opération , on eft
£>E LA FONTE DES MlNES, &C CHAP. LVIIÏ. $43
«dans l'ufage à Freybtrg, d'y employer deux cent quatre-
-vkigt quintaux de matte crue , & d'y ajouter jufqu'à
cent trente brouettées de fcories qui viennent de vieux
idecombres, & environ cinquante brouettées de icories
xle la mine de Halfcbruck
§. 8. On conduit cette fonte , ainfi que la fonte de
mine crue précédente ; mais comme la matte ei! fort
fulible , on y ajoute des fcories dures pour en diminuer
la trop grande fluidité. On en retire en matte enrichie
à peu près la moitié de ce qu'on a mis de matte pauvre
au Fourneau- Les fcories qui forte ik de cette fonte font
trés-fufibles ; & comme elles font encore un peu mé
talliques , &c pour cela nommées Jcories enrichies 3 on les.
ajoute à une fonte de mine crue.
§. 9. On ne met dans la fonte en plomb aucune ma- De la fonte des
. . '■ ; .11 / o J T ce ' • C ■ ruines d'argent &
ticrç qui n ait ete grillée & deiouttree -, mais on y raitdes mattes enri-
entrer des mines qui font riches en plomb , & dont le chies' en plomb*
quintal en rend vingt-huit livres & plus : il eft indifFé- •
rent qu'elles tiennent de l'argent ou Qu'elles n'en ayent
que fort peu. On y employé auflï des mines riches en
argent, & ne tenant que peu de plomb. De ces der
nières , il y en a quantité qui font remplies de matiè
res voracesj comme Bleinde jaune & noir, mine lui-
fante de cobolt , quartz , mine d'argent blanche Oc
rouge, toujours arfenicale : il s'en trouve dans ce nom
bre qui tiennent jufqu'à cinq marcs cinq onces d'ar
gent par quintal , & quelquefois de Fargent vierge ou
non minéralifé -, par conféquent elles ne conviennent
pas à la fonte ct\vè. On y fait entrer encore de la mine
344 De la fonte des Mines, &c. Chap. LVIIL
lavée , de la matte crue première , de la féconde matte
enrichie, .des mines, dont le quintal rend cincj livres-
de cuivre & davantage : mais il faut que toutes ces ma
tières foient grillées au moins trois fois-, car s'il y relie
du fouffre , il nuit à leur fonte.
La fonte d'une femaine eft de cent vingt heures ,
qui font ce qu'on nomme femaine à Freyberg. On en
employé loixante-douze à fondre la mine , & quarante-
huit à la refonte des fcories : on la compofe de cent ou
cent vingt quintaux des mines ci-deffus, tant triées que
lavées-, & de cent quintaux de matte : mais fi Fon n'a-
voit pas cette quantité de matte , il faudroit la partager
pour la mettre par parties dans la fonte en plomb.
Lorfqu'on a provifion fuffifante de toutes ces matiè
res, on fond pendant les premières vingt- quatre heu
res, vingt-kpt à vingt- huit quintaux de mine maigre
& de mine luifance , grillée à trois feux j dix à onze
quintaux de mine luilante de Halfârucb grillée deux
fois , & trente-deux à trente-trois quintaux de matte ;
ayant étendu le tout fur Faire de la journée s le plus
également qu'il eft poflibie , on le recouvre de deux
brouettées des fcories de la mine de Halfeùrucb- On
commence la fonte par fix brouettées de ces mêmes
fcories ; & s'il eft néceflaire de mettre encore des fco
ries pendant les vingt- quatre heures , on fe fert de
celles qui viennent de la fonte même , & que l'on
nomme jcories propres ou fcories de mine 3 ce qui va quel
quefois jufqu'à trente brouettées.
Le produit en argent de la fonte des cent vingt heu
res
î>£ LA FOMTE DÉS MlNËS , &C. CïîAP. LVIII. 34^
tés n'eft pas toujours le même ; cependant il ne faut?
pas que la compofition qu'on doit fondre dans ces1
cent vingt heures , contienne moins de cinquante
marcs d'argent : ordinairement quand on a afTez de:
matières rafïemblées pour la bien faire , elle fournit
jufqu'à quatre-vingt marcs. A Pégard des matières te
nant plomb , il faut qu'il en entre afTez dans la com
pofition, pour que le quintal à'œuvre ne tienne qu'un
marc & demi , ou deux marcs d'argent au plus. Pour
chaque percée , il faut deux quintaux de plomb pur^
On prend cesjnatieres tenant plomb, comme elles fe
trouvent dans les Fonderies. Si Ton peut-, on pefe pour
chaque percée, foixante - quinze livres de plomb, ôc
deux cent livres de litarge, ce qui fait les deux quin-^
taux de plomb au moins , quand cette litarge eft revi
vifiée par \zflogiftique des charbons. Si Fon a- quelque
œuvre pauvre , dont le quintal ne tienne que cinq à fix
onces d'argent, on Fajoute aufïi dans la fonte. Plus il-
y a de matte dans la compofition , moins on doit met-'
tre de fcories , parceque la matte eft afTez fufible par
elle-même. La matte de plomb qui fort du Fourneau s
s'ajoute aux journées j ainfi il n'en refte que celle de la'
dernière percée.
§. 10. On commence auffi la fonte eh plomb le
lundi à midi. Après avoir bien chauffé le foyer du haut
Fourneau , on le remplit prefque entièrement de char
bon : on ne charge par-defTus ce charbon , qu'une
brouettée de fcories, mais divifée de deux en deux;
bacquets pour chaque panier de charbon ■> enfuite orp
Tome IL Xx
546 De la fonte des Mines , &c. Chap. LVIII.
entame les matières de la compofltion ou journée. Au
trefois on fondoit d'abord une petite journée des débris
de Fourneau ; on la compofoit avec de la litarge &c
du teft , qui puffent fournir cent cinquante livres de
plomb 3 &c fon mettoit des feories par- deflfus. Cette
fonte étant finie entre fix & fept heures du foir, on
perçoit pour avoir Ion produit 3 puis on entamoit la
première journée de la fonte principale : mais depuis
quelques années on a changé cette méthode , &c fon
commence par charger les matières de la fonte en
plomb immédiatement après les feories., ainil qu'on
Fa dit ci-delTus. On conduit aurti cette fonte par le
moyen du ne\3 lequel panche vers la trace , & eft fort
clair à fon extrémité. Il eft à propos qu'elle fe faiTe un
peu lentement , pareequ'il en vient plus d'oeuvre &c
moins de matte ; & d'ailleurs les feories en font plus
pures, c'eft-à-dire , moins métalliques. S'il y avoit
cependant excès de lenteur , les feories feroient riches
en métal , parcequ'elles feroient pàteufes & tenaces j
elles retiendroient ïœuvre & la matte ; Fun & Fautre
brûleroient, &c le Fourneau fe boucheroit. On juge
par ce qu'on vient de lire , combien il eft néceffaire
que le Fondeur foit habile pour prévenir ces inconve-
niens : Fhabitude Finftruit mieux que tous les préceptes
qu'on pourrait lui donner. Il faut cependant ajouter
encore , qu'une fonte trop fluide rend ordinairement
des feories trop chaudes : la matte s'épaiffit en devenant
pâteufe -, il s'en fait beaucoup , Fœuvre diminue , Far-
gent ne fe fépare pas bien. C'eft encore au Fondeur *
De la fonte des Mines , &c. Chap. LVIII. $47
prévenir ce défaut , foit par le fecours des feories diffé
rentes s foit en changeant quelque chofe au mélange
des mines & des mattes. Quand les matières font de
.facile fufion , on en charge davantage , & moins de
charbon qu'à l'ordinaire. Si elles lont dures à fondre ,
on en met moins & plus de charbon : alfez fouvent
cette fonte s'attache au foyer ; il faut , comme on Fa
dit ailleurs , arracher les amas qui s'en forment. Quand
les matières dont on a rempli le Fourneau font dépen
dues de Felpace que quatre charges peuvent occuper,
on remplit le Fourneau de charbon & de matières 3 tou
jours dans la proportion de deux bacquets de mine, &c,
puis un panier de charbon. Le plomb & ïaurvre pau
vre qu'on employé , comme on fa dit au §. 9. pour
prendre Forgent des matières de la fonte , fe mettent
dans le baflîn de Favant-foyer , immédiatement après
la première percée , afin qu'ils s'uniffent & fe mêlent
avec ïœuvre &le peu de matte qui coulent du Fourneau
pour la féconde perç/'e. Quant à la litarge , lorfqu'on
eft obligé d'en employer > on la jette dans le Fourneau
même.
On perce toutes les huit heures t &c chaque percée rend
depuis trois jufqu'à quatre quintaux &c demi d'eeuvre.
On rebouche le mieux qu'on peut le trou qu'on a fait
au premier baflin de réception , même pendant Fécou-
lement de Ja matière , afin qu'il y refte beaucoup de
matte. On, enlève par placques celle qui fe trouve fur
ïœuvre dans le bafïin de la percée 3 & fi elle ne fe fige pas
bien , on (e fert d'une écumoire pour en faire égouter
Xx ï)
548 De la fonte des Mines , &c. Chap. LVIIT.
tout le plomb qu'elle pourroit avoir retenu. Lorfque
ïœuvre eft bien purifié de matte, on le jette dans de pe
tites poêles rondes, en culots, dont trois doivent pefer
enfemble un quintal. On remet ïœuvre impur reftant,
dans le premier ballin de réception, après Favoir bien
nettoyé de toutes les matières inuciles qui fe feraient
attachées à fes bords , ou dans le fond. Si ce baffin fe
trouve endommagé , on le raccommode, comme on Fa
«nfeigné au §. de la fonte crue. Lorfque la fonte ne don
ne pas beaucoup de matte , on la remet dans le Four>-
neau ; mais fi elle en fournit en abondance , on en cotb- .
ferve une partie pour la refonte des feories. Enfin,
quand il vient trop de matte , on eft obligé de percer
avant les huit heures ; mais alors on perce par deflus
ïœuvre , afin de ne faire écouler que la matte , & de laif-
fer ïœuvre dans le foyer, pour y recevoir par une forte
d'infufion Fargent des matières qui y viendront enfuite.
Il ne faut pas ôter toute la matte , pareequ'il en doit
jefter, ain/i que des feories , pour.couvrir jWwv , & lui
conferver fa chaleur.
Lorfqu'il vient une fi grande quantité de matte , c'efi:
une preuve que les matières n'ont pas été bien grillées*
Ainn, fi deux & trois feux ne fuffilent pas pour en en
lever tous les fouffres, il faut leur donnerun quatrième
-feu.
Dans Fintcrvalle de foixante-.douze heures on fond
cent vingt quintaux de mine, cent quintaux de matte,
vingt- quatre brouettées de feories de la mine de Halfer
hmcb j & cent brouettées de celles qui viennent de h
De la fonte des Mines , Sec. Chap. LVIII. $49
fonte même. On brûle pendantees foixante-douz.e heu
res huit à neuf chariots de charbon , & le produit de
toute la fonte eft de trente-trois jufqu'à quarante quin
taux à*oeuvre 3 dans lefquels on doit trouver depuis cin
quante jufqu'à quatre- vingt marcs d'argent ; &c enfin
la matte de la dernière percée.
J. 11. Comme les feories de la fonte en plomb con
tiennent encore du métal 3 on les refond ; ce qui s'ap
pelle changer lesjcories. Pour cela , on ajoute fur la journée
des feories , la matte de la dernière percée de la fonte
précédente \ puis celles qui s'etant trouvées de trop ,
auroient été mifes à part. On met cette matte fur la par
tie des feories e'tendues > par laquelle on doit commen
cer la fonte, afin que cette matte entre d'abord dans le
Fourneau, & le relie de la charge enfuite. On y ajoute
aufll des débris de Fourneaux des fontes précédentes,
& fuivant ce qu'il eft refté d'argent dans ces feories , 011
y met trois à quatre quintaux de teft , qui fournirent
depuis cent cinquante jufqu'à deux cent livres de plomb;
mais on n'employé que les deux tiers de ce teft fur la
première percée , pareequ'il fe trouve encore dans le
fourneau de ïœuvre reliant de la fonte en plomb précé^
dente. Lorfqu'aprés la première refonte des feories , on
trouve par Feflai qu'on n'a pas encore tout Fargent que
les matières de la première compofition ont dû rendre,
on refond une féconde fois ces feories, en ajoutant aflez
de matières tenant plomb pour faire un quintal ou cent
cinquante livres de plomb pur à chaque percée. Cette
fonte des feories fe commence le jeudi à midi, ou à
550 De la fonte des Mines , &c. Chap. LVîII.
deux heures , c'efi-à-dire , quelques heures après que la
dernière charge de la compofirion pour la fonte en
plomb, a été mile dans le Fourneau. Ainfi, la fonte
des fcories le fait de fuite , & fans le laifler refroidir ;
on perce auflï de huit heures en huit heures, & chaque
partie de teft deftinée à fournir le plomb , qui doit faifir
l'argent refte' dans les fcories , fe charge fur le Fourneau
après la percée , afin qu'il revienne bientôt de ïœuvn
dans le premier baûin de réception. On remet fur la
jjattruée la mattc qui vient encore de cette refonte ; ainfi
il ne relie que celle de la dernière percée. Quant à ïœu-
vre 3 on le verfe dans des poêles comme celui de la fonte
•en plomb. Les madères de cette refonte des fcories fe
chargent à deux bacquets fur un demi panier de char
bon , & certe première fonte finit le (amedi à midi , ou
une heure ; on y confomme cinq à fix chariots de char
bon. On ai retire vingt-cinq à trente quintaux d'œuvre,
qui peuvent rendre depuis vingt-cinq jufqu a trente
marcs d'argent i il fou ne trouve pas tout Fargent
qu'on doit retirer de tout le travail fuivant Feffai , on
rechargera encore les fcories , ainfi qu'on Fa dit ci-def-
fus, on leur joindra la matre de la dernière percée de la
précédente refonte $ ce qui confommera encore cinq
chariots de charbon,& Fon en retirera fix quintauxd'œu-
vre, &douzei quinze quintaux de matte de plomb. Il
y a quatre Ouvriers pour {èrvir un haut Fourneau i fça-
voir, deux Fondeurs, deux Aides, dont deux fe relèvent
de douze en douze heures , deux Brouetteurs de fcories
pendant le jour, un autre pour la nuit : ces Ouvriers ont
De la fonte des Mines, &c. Chap. LIX. 551
foin aufli du grillage des matières. A l'égard de ta matte
de plomb, on en décrira la fonte au Chap. LXXX1V.
de ce Traité.

CHAPITRE LIX.
<De la fonte des Mines d'argent a Kuttemberp
en Bohême,
$. 1. /^\N fond les mines d'argent de Kuttemberg fc-
V>/ Ion la méthode de Saxe , ou dans un Fourneau
courbe, ou dans un haut Fourneau. L'un & Fautre font
employés pour la fonte crue & pour la fonte en plomb.
On accommode le Fourneau des le lundi matin > on
commence à fondre le même jour 3 & la fonte dure juf-
qu'au famedi. Les mines de cet endroit font cuivreufes,
& contiennent une once d'argent par quintal. On fait
entrer dans la compofïtion de chaque journée dix quin
taux de mine , trois quintaux & demi de feorits de
plomb , quatre quintaux de feories maigres , deux quin
taux de pierre à chaux brifée en menus morceaux , au
tant de pyrites qu'il eft nécefTaire pour faiie de la matte,
Se des débris de Fourneau d'une fonte précédente.
$. 2.. On fond par femaine dans le haut Fourneau
cent à cent vingt quintaux de mine, dont il vient trente
à quarante quintaux de matte crue. On ne peut fondre,
pendant le même temps dans le Fourneau courbe , que
quatre-vingt à cent quintaux , qui rendent depuis vingts
552, De la fonte des Mines, Sec. Chai». LIX.
quatre jufqu'à trente quintaux de pareille matte, & le-
quintal de cette matte donne à Feûai environ deux on
ces & demie d'argent. On en met quarante-deux quin
taux dans un grillage ; & après Favoir grillée trois fois
avec bois & charbon , on la fond avec du plomb. On
brûle par femaine dans le haut Fourneau quarante à
quarante- quatre Truhen de charbon , au lieu qu'on n'en
confomme que vingt-cinq ou trente dans le Fourneau
courbe. Une Truhe eft une mefurc qui a cinq pieds deux
pouces de longueur, trois pieds lix pouces de haut, &c
deux pieds quatre pouces de large. Voyez la Planche V.
§. 5. A Fégard de la fonte en plomb, on la fait aufïï
à Kuttemberg , ou par le haut Fourneau , ou par le
Fourneau courbe. Elle commence auffi le lundi, & dure
toute la femaine fur une même brafque \ mais comme
on fait entrer peu de mine riche dans cette fonte , il
n'eft prcfque queftion que de palTer la matte par le
plomb après Favoir grillé trois fois, afin d'en tirer Far-
gent qu'elle contient. On prend pour une journée de
douze heures quatre brouettées de cette matte grillée ,
un quintal de plomb ou d*œuvre pauvre , & un quintal
de tell; : on perce de fix heures en fix heures j on enlevé
par placques la matte qui fe trouve fur la matière qui a
coulé dans le baffin , & on puife Xœuvre pur à Fordinai-
re. Chaque femaine on fond par le haut Fourneau la
matte de quatre ou cinq grillages , qui , comme on Fa
dit, font de quarante-deux quintaux chacun. On grille
à deux feux la matte de plomb qui en provient : puis on
la refond avec du plomb. Si la matte, qui fort de cette
re/onte ,
De la fonte des Mines , &c. Chap. LX. f$$
refonte , n'eft pas affez. euivreufe , on la grille encore
deux fois pour la refondre avec du plomb. Lorfque
celle qui fore de cette dernière refonte eft afTez euivreu
fe , on la nomme matte de cuivre. Alors on la grille fept
fois ; après quoi on la fond en cuivre noir , qui rend
encore un peu de cette matte , qu'on a nommé ailleurs
jperftein , elle fe remet avec la matte de cuivre de la fonte
îuivante. L'œuvre qui fort de vingt percées peut monter
à vingt quintaux, lefquels compofent un affinage, fait
fous un chapeau1 , comme en Saxe. Le cuivre noir pro
venant de cette fonte de l'argent en plomb , eft três^
riche \ car le quintal en contient cinq à fix marcs , &
quelquefois davantage -, ainfi on le pafTe deux fois dt
mite par la liquation y à caufe de fà richefTe.

CHAPITRE LX.
1)e la fonte de la Adine de plomb en Angleterre?
dans un Fourneau de réverbère quon
nomme Cupols.
$. i. T E Fourneau dont il eft ici queftion eft repré-'
Ljfenté fur la Planche'XLÎ1. lettres Aj, B, C;>D;,E,
H peut travailler plus d'un an de fuite, fans être confî-1
dérablement endommagé.. Sur fon fol de maçonnerie
il y a un lit fort épais d'argile, qui ré#fte au feu, & fur
lequel on forme un foyer avec du fable de la mer & de
la terre à pipe , mêlés enlemble, piles & humectés corn-
Tome IL Yy
5;4 De la fonte des Mines , &c. Chap. LX.
me il faut. On trie la mine fur le lieu même de l'extrac
tion : on porte au bocard ce qui eft plein de gangue ,
pour en avoir le Schhch3 8c Fon met le tout, lans être
grille , dans le Fourneau par une efpece de trémie qui
(e trouve dans fa voûte , & qu'on referme auili-tôt qu'on
a fait entrer le minéral, dont on met deux ou trois ton-
?oidsdeiaton-nes à la fois. [Chaque tonne pefe deux milliers, ou dix-
ne Ang o e. n£u£ qUjntaux & demi , fuivant le poids de Cologne. ]
La matière demeure dans ce Fourneau depuis vingt
jufqu'à trente heures, fans fe fondre ■ > ce qui lui donne
le temps de fe griller. Lorfque cette quantité eft fondue,
on la fait couler par une ouverture qui eft à fun des
côtés du Fourneau , dans un bafïm de réception formé
avec du fable de mer, puis on remet de la mine dans le
Fourneau pour une autre fonte -, ce qu'on continue tant
que le Fourneau peut fervir. On ajoute quelquefois de
la chaux vive , ou du fpath , ou d'une autre forte de pierre
blanche qui fe trouve dans le païs , & dont on le ferc
pour la fonte des mines d'argent & de cuivre, quaruf
elles font difficiles à fondre \ pareeque fans ces abfor-
bans des fouffres toutes ces mines deviendroient fi pâ-
teufés, que le métal ne pourroit jamais s'en feparer ■ , &z
même l'on eft obligé , dans quelques cawlroits deFAiv-
gleterre x d'ajouter de la ferraille , pour faire couler le
plomb de fa mine. Depuis quelques années, an fe ferc
d'un fondant qu'on nomme lLole : c'eft: urne matierqt
noire & légère , qu'on trouve dans la Province de Gwv
noailles. & au païs de Galles avec le charbon de terre. Le^
Fourneau de réverbère fe caauife eu Auglctexrc a*cc^
De ia k>nte des Mines, &c. Chap. LX. $jj
<îu charbon de terre, dont deux charretées rendues à
la Fonderie, ne coûtent que quatre fchelings. il a une
chauffe garnie d'une grille , fur laquelle on jette ce char
bon. Le feu excite par Fair , qui entre fous cette grille
par le cendrier , donne une flamme qui pafle de la
chaurlè dans le foyer, où Fon a étendu le minéral ■ , &
comme la cheminée cft à Fautre extrémité de ce foyer,
& vis-à-vis la bouche de la chauffe , cette flamme cir-
cule fous la voûte du Fourneau , grille le minéral , & le
fond. On retire avec un fer une partie des feorics de
cette fonte ; le refte coule avec le plomb dans le bailîii
de fable , dont on a parlé : on le levé de ce bafïin pour
le mouler en faumons ou en culots de deux cens cin
quante à trois cens livres. Communément cinq cens
quintaux de mine rendent trois cens quintaux de plomb
bon à vendre.
$. i. Ce qu'il y a de fingulicr dans cette fonte à FAn-
gloifè , ou du moins ce qui paroît tel aux Fondeurs Al
lemands , c'eft que la mine de plomb s'y fonde par le
feul feu de flamme, & fans toucher au charbon. Ils pré
tendent qu'un feu de flamme n'a pas à beaucoup prés
tant de chaleur que le feu de charbon ; mais ils ne font «cs>
pas attention , que le feu de flamme leur fert tous les
jours dans ks affinages à convertir en litarge le plomb
dont ils veulent féparer Pargent ; &c que pour le com
mencement de vitrification du plomb, il faut un feu au
moins auffi fort que pour féparer le plomb de fa mine ,
fur-tout lorfqu'on joint à cette mine des matières qui
puiffent'cnabforber les fouffres, & tenir lieu d'un bon
fyij .
3 j6 DE LA FONTE DES MlNES , &C ChAP. LXI.
grillage. Si c'eft par le phlogiftique du charbon plutôt
que par la grande chaleur, que la réduction du métal
s'opère , la flamme du charbon de terre en peut four
nir , puifqu'elle fort d'une matière fort bitumineufe ;
mais il paroît par pluficurs expériences , que ce phlo
giftique n'eft pas pur , & qu'il eft mêlé d'un véritable
ioufFre brûlant, vorace, & qui détruit une partie du mé
tal ; & il y a tout lieu de croire , que fi le bois étoit en
Angleterre à aufïî bas prix que le charbon de terre , les
Angloisle préféreroient pour chauffer leurs Fourneaux
de réverbère.

CHAPITRE LXI.
IDe la fonte des Mines de plomb a Bleyberg près
W^illach en Carinthie , par une ejj?ece de
Fourneau àgriller la Aline deplomb,
§. i. T E Fourneau dont on fe fert pour la fonte de
■ j mine de plomb , nommée communément de
Willach , eft repréfènté fur,/<* Planche XLll. lettres F, G>
H, I. Les mines qu'on y fond font des mines de plomb,
luifantes & aifcz. pures , qu'on a triées. On les grille
d'abord fur du bois vert , coupé en bûches de dix pieds
de longueur, & qu'on arrange fur une aire, à quatre
pieds Fune de Fautrë; on metdeffus, un lit de menu
bois, dont les morceaux fe touchent-, puis fur ce lit, un
çroifiéme , dont le bois eft moins ferré, On étend en*
De la fonte des Mines, &c. Chap. LXI. 557
iliitc fur ce bûcher trente quintaux de mine pour un
grillage fîmple , & foixante pour un grillage double ;
puis on met le feu. Lorfque le bois a brûlé quelque
temps , la mine commence à abandonner fon plomb :
il coule d'un côté & d'autre ; mais la plus grande partie
demeure fous le grillage , où on le trouve quand on
porte la mine à un fécond feu. Ce plomb fe nomme
flomb vierge s ôc d'un double grillage on en tire jufqu a Plomb vierge
fix quintaux : on y brûle environ cent quarante pièces que^ifh : w
de bois. Lorfque cette mine a reçu fon premier feu , on
la fait caûer par des femmes en petits morceaux , gros
au plus comme des pois y enfuite on la fepare de fa gan
gue par des cribles.
$. 2. Le Fourneau dans lequel on met cette mine
grillée, n'a pas befoin de brafque ; on répare feulement
avec de Fargile la partie du fol qui delcend vers Fouver-
rure inférieure. Il y a devant cette ouverture un foyer
pour h percée : ri eft fait de brafque, & reçoit le plomb
qui coule Au Fourneau. Lorfqu'il s'agit de griller ou de
fondre , on met une pièce de bois du côté & au-deffus
jde Fouverture inférieure, de façon qu'elle traverfe tout
le Fourneau. Sur cette pièce de bois & fur Fautre partie
du fol , qui eft vis-à-vis & de niveau, on place d'autres
pièces de bois , qui ont dix pieds de long , & forment la*
premiere rangée d'un bout du Fourneau à Fautre. Les
pièces de bois , quoique ferrées autant qu'il eft poiîi-
tle , font encore garnies dans leurs interftices de mor
ceaux de gazon. On met par-deffus, & en croifantj
quatre autres rangées de femblables pièces de bpis, que
558 De la fonte des Mines, &c. Chap. LXI.
Fon garnit de même , de gazon, afin que le tout foit
bien folide. Ces cinq rangées de bois ont deux pieds
de hauteur , parceque chaque pièce de bois peut avoir
quatre à cinq pouces de diamètre. Enfin, lur ces cinq
rangées de bois vert, on met encore un lit de bois de
pin fec & refendu , afin que le grillage puiffe s'allumer
plus vîte. C'eft fur ce bois ainfi arrangé qu'on étend
trente à trente-cinq quintaux de mine grillée & criblée,
mais de manière qu'il relie au milieu & jufqu'au bois,
un vuide de la largeur de la main , afin que le feu punie
par cet endroit allumer le bois de tous côtés , & le plus
également qu'il eft poffible. Il faut aufli que la mine
foit un peu plus épaiffe prés de Fouverture fupérieure
du Fourneau, que près du mur qui eft vis^à-vis. Tout
•étant ainfi préparé, on niet le feu au Fourneau par Fou
verture fupérieure, en jettant furie minéral fix bûches
de bois de pin bien fec , ce qu'on répète de temps en
temps pendant vingt-quatre heures, & jufqu à ce que
les trois premières rangées de bois foient brûlées , &
que le plomb pénétre jufqu'au fol du Fourneau. Alors
on commence à faire du feu par Fouverture inférieure
avec du bois fec : lorfqu'il a duré quelque temps , le
plomb commence à traverfer le bois de toutes parts ;
• mais pour qu'il puifTe mieux fe raffembler dans le balïin
de réception , on a eu loin de faire , au fol d'argile avec
un racloir , de petites rainures qui vont en pente aboutir
à ce bailïn, A mefure qu'il fe remplit de plomb , on le
tire avec une cueillierejpour le verfer dans des 'moules
de fer qui en font des laumons de cent cinquante à cent
De la fonte des Mines, &c. Chap. LXÏ. 559
foirante- dix livres. Le plomb étant écoulé , les autres
rangées de bois achèvent de fe brûler j & tout ce qui
relte de la mine grillée, tombe furie fol du Fourneau :
on nomme ce relie déchet ou débris 3 on le tire du Four
neau pour le moudre , comme on va le dire. Ce grillage
& cette fonte , par un même feu , durent environ vinge-
fîx heures : on y brûle pour trois florins cV demi de bois,
monnoye de FEmpire , & les trente à trente-cinq quin
taux de mine rendent depuis douze jufqu à dix-huit
quintaux de plomb , qui n'a pas beioin d'être purifie
pour la vente. Tout ce travail fe fait par un Grilleur &
deux Aides.
§. 3." On broyé entre deux pierres les déchets ou dé~
bris dont on vient de parler ■ > enfuitc étant lavés & fleP-
toyés de toute ordure r on les fond dans un Fourneau
haut de trois pieds fix pouces fur deux pieds fîx pouces
en quarré. On y fait avec de la brafque un fol qui va
en pente, Se Fon y fond en vingt- quatre heures fix à
fcpt quintaux de ces débris, qui produifent quatre à
cinq quintaux de plomb. On confomme à cette fonte
deux Krupfrels de charbon. Un Krttppel contient trois
lacs de trois pieds de haut fur fîx pieds de circonféren
ce. Il y a pour cette fonte un Fondeur & un Aide , & if
&trr qu'ils fafïent deux de ces fontes par jour. On pré
tend qu'on fait tous les ans trois à quatre mille quin
taux de pfomb par cette méthode.
$. 4. Le plomb de Willach eiï renommé & paffe
pour Fe plus pur de tous les plombs. La caufe de cette
homogénéité, félon Schlutter, vient de ce que la mine
j6o De la fonte des Mines , &c. Chap. LXIT.
n'étant pas fondue à Fordinaire, ne rend Ton plomb que
par le feul fecours du grillage , dont le feu n'eft pas allez*
fort pour fondre la roche & les autres matières dures qui
fe trouvent avec la partie métallique. Ainfî toutes ces
matières étrangères , même le cuivre qu'elles pourroient
contenir, reftent en arrière. La difficulté d'avoir des
bois en abondance dans les autres Fonderies , a empê
ché jufqu'à préfent d'y introduire la méthode qu'on-
vient de décrire.

CHAPITRE LXIL
T>e la fonte du Coboît four en tirer £argent a
Schneebergi dans la Haute Saxe,
§. i. TL eft dit dans la Chronique de Schneeberg, liv. i.
Xtit. ii. que deux Chymiftes avoient fondu en
1696» pour un Marchand de Leipfick , le cobolt pour
en féparer largent, dans un Fourneau qu'on a repréfenté
fur la Planche XLII1. mais cette fonte ayant été fuipen-
due peu de temps après, Schlutter n'a vu ce Fourneau^
que quand il n'étoit plus d'aucun ufage. Voici ce qu'il
a appris de cette fonte. On cafToit le cobolt en petits
morceaux : on le mettoit dans des pots de terre -, & après-
avoir bien luté ces pots, on en rangeoit feiz.e à la fois-
dans un Fourneau de.calcination-, conftruit à ce deffein,
& ayant par-deffous un efpace pour le feu, & au-deflus.
4e ce foyer > une iflue pour la flamme. On y brûloir
pendant
De la fonte des Mines , &c. Chap. LXIt. 561
pendant vingt-quatre heures quatre cordes de bois ; en-
fuite on retiroit ce cobplt pour le cafTer en morceaux
plus menus , & le préparer pour la fonte. On mettoit un
peu de brafque fur le fol du Fourneau fervant à cette
fonte , & il y avoit en dehors un foyer ou baifin de ré-
ception > & à côté ,' un autre baffin pour la percée. Ce
Fourneau fe chaufToit avec du bois qu'on jettoit fur la
grille d'une chauffe , d'où la flamme palïbit fur la ma
tière le long du Fourneau. Lorfque ce Fourneau étoic
fumTamment chaud , on y faifoit entrer le cobolt par
dix ouvertures, dont cinq étoient d'un côté & cinq de
Fautre, puis on les fermoit avec des briques. La fonte
ayant coulé paruna?// dans le bafïin de réception, on
levoit les feories , & on la faifoit couler en perçant dans
Fautre baffin d'à côté -, mais k matière ne rendoit que
de la matte , dont Faffinage fera décrit ci- après au Cha-^
pitre LXXII. En général cette fonte ne donnait aucun
bénéfice; on y calcinoit, & on y fondoit en vingt-
quatre heures trente quintaux de cobolt, & Fon y bru»;
loit inutilement fept cordes de bois, moitié hêtre , nioi>~
rie Jâpin. • >

Tume IL Z&
$6%. Des differens Affinages, &c. Chap. LXIII.

CHAPITRE LXIII.
2> l'affinage s & des différentes fines de Four*
. neaux qui y font propres.
§. i. ^F/W^c'eftléparerfargent d'avec le plomb de
Ul îœuvre retire des mines par la fonte. Le feu de
flamme le chauffe fi vivement dans l'affinage , que ce
qui eft plomb le feorifie & fe change en litarge. Cette
litarge étant une forte de vitrification plus légère & plus
fluide que le plomb en fufion, laifle précipiter Fargent:
par ce moyen ce métal précieux le fépare d'avec le
plomb , & fans cette manipulation on ne pourroit l'a
voir pur.
§. i. L'afjînage ne fe faifant pas par tout de la même
manière, il eft à propos de rapporter dans ce Traité
les differens ufages. On compte ordinairement quatre
méthodes.
i°. L'affinage du basHart\ ou celui des Fonderies dç
Rammelfeergy qui fe fait dans un Fourneau de réverbère,
où Ton peut brûler des fagots ou du bois , comme on
le veut : il a , outre les foufflets , des portes de fer
devant le grand & le petit trou à feu; par conféquent
il eft à feu clos, il ne peut s'échapper aucune partie de
la flamme : elle eft toute employée utilement. On a re-
préfenté ce Fourneau fur la Vhnche XLIV. & fur U Plan-,
<:^ZL^lectresE,F,G.
îtes dîîférens Affinages , &c. Cha£. LX11L $6$
2.°* L'affinage du haut Hartz fùivant Fancienne mé
thode. On y brûle du bois d'affinage, qui eft de dix-
huit pieds de longueur, & donc quelques pièces , fer-
vant à commencer , ont douze à quatorze pouces de
diamètre : la moins groffe doit avoir cinq pouces. Le
Fourneau eft gravé fur la Planche XLV. lettres A , B , C, D,
$°, L'affinage du Comté de Mansfeldt, & qui eft aufli
en ufage dans la Saxe 3 la Bohême & la Hongrie. Il fe fait
fur un foyer que Pon couvre d'un chapeau de fer. Cette
manière damner eft bonne , lorfqu'il faut travailler
fouvent dans le même Fourneau , & fur- tout quand
on a de Fœuvre pur. Elle eft auiîi plus commode pour
les Affineurs, pareeque le Fourneau n'ayant qu'un {im
pie pied de maçonnerie , dont le chapiteau qui le cou
vre peut fe lever par le moyen d'un gruau , aufli -tôt que
ïaffinage eft fini, le foyer en eft plutôt refroidi ; & par;,
conféquent , lorfqu'il s'agit de commencer un nouvel
affinage , fAffineur peut accommoder fon Fourneau fans
être incommodé de la chaleur. On a repréfenté ce Four-
fteau fur la Planche XLVL On y brûle du petit bois d'af
finage , qui eft refendu , & qui n'a pas douze pieds de

4*. L'affinage de Poelgebangen , fur les frontières délai


Tranfilvanie. Il fe fait fur un foyer prefque à terre &"
fan» chapiteau : on met en travers le foyer de grottes
pièces de bois , ôc c'eft fous ce bois qu'on affine ; ce qui
eft peu différent de la manière de brûler ou raffiner Par
lent en Saxe & en Hongrie. On peut voir ce Fourneau;
g ir U Plamhe XLVll. lettres À , B , C , D. Il eft en ufage:
Z ï i>
5^4 Des difmrens Affinages, &c. Chap. LXIII.
aufïi dans quelques endroits de la Suéde 3 comme à Sahl-
berg.
5°. Enfin , on a repréfenté , pour ne rien omettre £
un autre Fourneau d'affinage fur la Planche XLVJI. let
tres E, F, G,H,J:, quoiqu'il foit de peu d'utilité,
pareequ'on y affine fans foufflets.
§. 5. Dans Faffinage, Fœuvre ne touchant à aucun
charbon , & n'étant échauffé & tenu en fufion que par
la flamme , le plomb fe feorifie & perd fa forme métal
lique en perdant fon phlogiftique, qu'il ne peut recou
vrer , pareequ'il eft éloigné de toute matière qui en
contienne. Mais avant que le plomb de Fœuvre foit
feorifié , c'eft-à-dire , converti en litarge , on en retire ,
fur-tout au bas Hart^3 deux fortes de matières hétéro
gènes. La première qu'on nomme Ab^ug 3 écume , ou
premier déchet 3 &c que ion ôte auffi-tôt que lœuvre eft
fondu \ elle reffemble à une peau ou toile , & elle eft
compofée de cuivre 3 de fer &c de zinck , qui dans la fonte
de la mine fe font mêlées avec fœuvre s & comme ces ma
tières font dures & rebelles 3 elles ne fe fondent pas aufïi«j
tôt que ïœuvre3 lequel fe détache de ces matières hété
rogènes par une forte de liquation 3 enforte qu'elles
furnagent Yœuvre 3 comme une efpéce d'écume, tant que
le plomb n'eft pas affez chaud pour qu'elles puifTent fe
fondre ; c'eft pourquoi il eft facile de les retirer d'abord.
Comme on ne peut pas, en ôtant cette écume, en
lever toutes les impuretés de ïœuvre 3 qui conferve en
core des matières cuivreufes & ferrugineufes , lefquelles
lie paroiffent, en fe (confiant; qu'après que Fceuvre a pris
Des ditferens âfhnages , &c. Chap. LXIII. $65
un degré de chaleur fuffifant , on appelle cette impureté Récrémens fê-
Abftrtch on fécond déchet. Ccft auffi une matière dure & SSe?!^
rebelle. Il faut donc féparer ces matières avant que la
Iitarge commence à paraître , parceque s'il s'y en mê-
loit quelques parties , elle en ferait aigrie, ainfi que le
plomb qui en viendrait. La Iitarge fe forme , tant par
Faction de la flamme , qu'à Faide des foufflets , dont le
vent la chafTe vers la rigole ou voye par laquelle elle
s'écoule hors du Fourneau, & s'y fige. La matière qui
fe trouve au milieu des plus gros morceaux, & qui en
fait environ la moitié ou le tiers, eft friable, & le met
en poufliere comme du fable. On en fait des barriques
du poids de cinq quintaux , & on la nomme Iitarge mar
chande. L'autre partie, qui demeure entière fe nomme
Iitarge fraîche : on la refond , & la fonte fe nomme auiïï
fontefraîche3 ou rafraîchijfement , & le plomb qui envient
s'appelle plomb frais : il eft de vente.
Lorfque les deux tiers de ïœuvre3 ou environ , fe (ont
convertis en Iitarge , il ne s'en forme plus : une partie
s'eft imbibée dans les cendres du tefl ou grande coupelle
de cet affinage. L'argent qui s'y trouve, fe couvre d'une
efpéce de peau blanche , que les Affineurs nomment
éclair s & le métal , argent éclairé , ou argent affiné. Cet Combien 1*»-
r 1 v <r ■ j 1 i_ Sent affine con"

argent lortant de raffinage , contient encore du plomb, tient depiomb.


fbuvent jufqu'à quatre gros par marc. On va voir incef-
famment le détail circonftancié de cette opération.
L'affinage étant fini, le teft, dont on vient de parler,
eft fi dur, qu'on eft obligé de le rompre avec des mar
teaux pour pouvoir le retirer. C'eft ce teft qu'on ajoute
fouvent dans la fonte des mines.
$66 Des differîns Afpinages , Sec. Chap. LXIII.
§. 4. Comme le foyer du Fourneau doit erre renou
velle à chaque affinage , il faut pour cela une matière
qui refifte au feu , qui ne s'endurcifTe point par elle-
même , qui ne puifle fe fondre, qui outre cela foit po-
reufe , pour boire une partie du plomb converti en li-
targe , mais fans que Fargent puiffe s'y imbiber : or, cette
matière, la meilleure qu'on ait pu trouver , eft la cendre
de bois dur, principalement celle du bois de hêtre. On
peut faire aufïi un affinage fur àuftath pile & calcine7 ;
mais cela n'eft que de curiofité , car il eft cher, difficile à
trouver bon, & long à calciner. On n'en fait ufage que
dans les effais, au lieu qu'on peut trouver par- tout des
cendres de bois dur.
choix deseen- §. j. Les meilleures cendres font celles de bois de hê-
j-es pour .1- ^ ^£ qUJon vienc Je lc dire : fi Fon ne peut en avoir,,
il faut au moins qu'elles foient de quelques bois durs ;.
car celles de fàpin , de pin , ou de tout autre bois ten
dre ne valent rien : encore moins celles de chaume ou
de paille. Quoique les cendres de hêtre foient les meil
leures , il ne faut pas prendre celles des hêtres tombés de
vieilleffe dans les Forêts , & dont on fait la potaffe , en
les brûlant dans les endroits où ils font tombes,, parce-
que ces cendres font prefque toujours mêle'es avec de \x
terre. Lorfqu'on a ralfemblé de bonnes cendres, il-faus
en féparer les fels par leffive , fans quoi elles fe fonde
raient. Cette leflive , mife à part & évapore'e , fournie
une bonne potaffe. Les cendres , qui ont fervi aux lef*
fives des blanchiffeufes, font auffi fort bonnes, parce-
qu'elles ont eu foin de les bien choi£ir , & que Fecm
Des lufferens Affinages, &c. Chap. LXIII. 567
chaude en a emporte les Tels. Les cendres des Fabriques
.de favon peuvent fervir pareillement aux affinages ,
quand même il y auroit un peu de chaux mêlée avec
elles , pourvu qu'il n'y en ait pas trop \ car à Treyberg on
mêle exprès de la chaux avec les cendres , lorfqu'on veuc
préparer un teft s mais on a foin de Féteindre auparavant,
Se de n'en mettre qu'un dixième tout au plus, pareeque
s'il y en avoit trop , elles feroient fondre les cendres (a)»
Il fauc les paffer toutes par un tamis, après qu'elles ont
été exactement defalées & féchées, afin d'en féparer la
braife , les pierres , les pailles , & toute autre ordure ,
(ans quoi il y auroit de la perte dans Farfinage.
Quelques Affineurs prétendent que les cendres vieil
les d'une année lont meilleures que celles qui font nou
velles , parcequ'elles fe perfectionnent, miles en tas.
Cela peut être vrai ; mais la différence avantageufe eft
{1 peu de chofe , qu'il n'eft pas néceffaire de les garder
fî long-temps , & Fon peut les employer fans attendre ,
pourvu qu'on les ait bien leflivées. Lorfque Farfinage
eft fini , toutes les cendres qui ne fe trouvent pas imbi
bées de Jitarge, ayant été vivement calcinées, font en
core beaucoup meilleures que les cendres ordinaires.
On les nomme cendres de foyer. Il y a des endroits où Fon
s'en fert pour former la voye de la litarge , & pour gar
nir le fond du bafïïn -, d'autres les mêlent avec les au
tres cendres.
( a ) Quoique la chaux & les cendres ne (oient ni fnfibles ni vitrifiables féparé-
ment , elles fe fondent quand elies font mêlées dans une certaine proportion, il en
eft de même de la chaux & de l'ardoile , qui féparées ne fe fondent pis ,Si qui'
remues, donnent un émail noir.

r
}68 De l'Affinage de Rammelsberg. Ch. LXIV-

CHAPITRE LXIV.
1)e 1Affinage du bas Hartz^ dans les Fonderie*
des mines de Rammelsberg.
$, i. A~\N affine au bas Hart^ dans le Fourneau de
V>/ réverbère qui eft repréfenté fur la Planche
XL1V. Après avoir leffivé & tamifé les cendres , on les
hume£be de nouveau à diverles reprifes jufqu'à ce qu'on
puifle les peloter dans la main , fans qu'elles s'y atta
chent. On les met ainfi humectées fur le banni du Four
neau , en commençant par le côté des foufflets. Il faut
qu'il y en ait de la hauteur de fix à fept pouces , lors
qu'on les a égalifées avec la main 3 ôc avant qu'elles
foient battues. Elles doivent être un peu plus hautes
vers les bords > comme auffi du côté de la voye de la
litarge , afin que ïœuvre en bain ne panche pas de ce
côté- là -y mais 3 de tous les autres côtés > il faut ménager
un peu de pente vers la petite profondeur qui eft au
milieu du teft, pour qu'il ne s'arrête point d'argent ail
leurs que vers cet enfoncement , où le métal doit fe raf-
Comnwnr on fembler. On a déjà dit que pour former cet enfonce-
j£andcC coupelle! ment & la voye de la litarge , on fe fert ordinairement
de cendres qu'on a nommées cendres de foyer dans le
Chapitre précédent. Quelques Affineurs battent les
cendres avec les poings, à mefure qu'ils en verfent un
bacquet , puis avec une efpéce de pilon : d'autres verfeat
x
De i Affinage de Rammelsberg. Ch. LXIV. 369
à la fois toutes les cendres dont ils ont befoin , & les
battent d'abord avec un morceau de bois large en for-^-
me de palette , & enfuite avec un pilon de bois. Toutes
Ces différentes manœuvres font bonnes 3 pourvu que ces
cendres foient fortement battues autour des bords dû
baifin avec un autre pilon , de crainte que dans le com
mencement de Faffinage ïœuvre ne s'introduife entre
elles & le bord du baffin , ce qui feroit foûlever le teft.
Si après avoir battu les cendres , on voit des bofTes en
differens endroits 3 on les enlevé pour les unir avec un
couteau à lame mince & large comme la main y coude
en demi cercle, dont le diame'tre ait au moins dix-huit
pouces ■ , puis on bat encore de telle forte qu'avec le
£ouce on ne puifTe pas faire la moindre impreflion dans
ces cendres : on examine enfuite ce teft avec un niveau,
pour voir s'il a de touscôté's une pente e'gale vers Fen-
roncement conferve ou creufé au milieu du foyer ; car
cet enfoncement eft abfolument nécefTaire , quand on
attend beaucoup d'argent de Faffinage : & il faut que le
Vent des deux foufflets y foit exactement dirigé. Quel
ques Affîneurs font autour de Fenfoncement dont on
vient de parler , un cercle de la largeur d'un pouce, &
«Tùti demi pouce de profondeur. Ce cercle bien exe'cuté
donne une belle forme à la platine d'argent qui doit
refter. On chauffoit autrefois le teft avec 'du bois & du
charbon ; mais comme on a reconnu que cela eft peu
nécefTaire s on en a fupprimé Fufage 3 parceque le teft
fe chauffe fuffifamment pendant que ïœuvre fe met en
fonte.
Tome 11, Aaa
$jo De l'Affinage de Rammelsberg. Ch. LXIV.
§. z. Aufli-tôt que le Fourneau eft garni de cendres,
on met tout ïœuvre à la fois fur le teft froid , c'eft-à-
dire, foixante-quatre quintaux pour un feul affinage.
On Farrange de manière qu'il loit diftribué par tout ce
teft , fans lortir au-delà de fes bords , & fans qu'il puifle
s'en détacher aucun morceau pendant la fufion, parce-
qu'en tombant il pourrok fendommager. Lorfque
ïœuvre eft arrangé , on ferme le grand trou à flamme
avec fa porte de fer, maisenforte que cette porte, pofée
fur deux briques , laiflfe en bas une ouverture de fïx
pouces de hauteur pour la fortie de la flamme. On fait
alors du feu dans la chauffe ou Fourneau à vent, avec
des fagots : on ferme aufïi le trou qui eft au haut du
dôme avec une pierre ou avec une plaque de fer \ & dès
que ïœuvre eft en fufion , on fait aller les foufflets \ mais
il ne faut trop prefler la fufion , afin que le tefl ait le
temps de s'échauffer, pareeque fi le plomb s'étend fur
le tefl avant qu'il foit fuffilamment chaud, il bouillonne
violemment, & les cendres fe foulevent. Les Affineurs
cochon, terme appellent cette levée du teft un cochon. Le remède à ce
ceft. L bouillonnement violent du plomb eft d'arrêter les fouf
flets jufqu'à ce qu'il ceffe.
$. 5. Quoique ïœuvre du bas Hart^ foit afTez: pur, il
rend cependant une efpéce d'écume , contenant du
cuivre, du fer , du zinck & de la matte , qui altèrent uu
peu la litarge , & rendent aigre le plomb qui en vient,
ainfî qu'on Fa dit ailleurs. On fépare cette écume pen
dant la fufion de ïœuvre , & on la garde pour en tirer le
cuivre : (fa fonte fera décrite au Chapitre LXXXI. ) &
De l'Affinage de Rammelsberg. Ch. LXlV. $7*
le cuivre qui en vient fe nomme cuivre d'écume. Il faut
chauffer vivement un affinage avant que ïœuvre com
mence à rendre les matières hétérogènes dont on vient
de parler, & il doit être prefque blanc d'ardeur. Mais
aulîi-tôt que ces matières s'élèvent, on peut diminuer
le feu i alors on les enlevé bien plus àifément que fi Fou
continuoitun feu plus violent. De plus , la litarge coule
mieux, & elle en eft beaucoup meilleure. Cependant ft
le feu a été trop foible , & que Pimpurete' foit entrée
dans F'œuvre , Fafrinage fe refroidit, la furface du bain
fe couvre d'une efpéce de peau, on a bien de la peine
à lui rendre la chaleur qui lui convient , la voye de la
litarge s'altère, & le plomb non litarge y coule avec la
litarge. Les matières hétérogènes y dont on a parlé ci-
deïfus, s'enlèvent avec un morceau de bois qui eft atta
ché à un fer ; elles font trop chaudes pour qu'on ofe les
faire couler. Avant qu'elles foient entièrement ôtées, on
met le long de la cavité , qui eft devant le grand trou à
feu , de vieilles cendres endurcies qu'on a confervées-
d'un affinage précédent. On fait la même chofe devanc
Fouverture de la chauffe , &c on met le morceau de cen
dres dures le plus prés qu'il eft pofïible; & cela pour em
pêcher que le plomb en fufion ne creufe dans les deux?
endroits , où il pourroit enfui te s'arrêter.
$► 4- Quand toutes les impuretés ont éré feparées s
on examine fi la voye de la litarge n'eft pas trop haute
de cendres : dans ce cas on fabbaiffe en les raclant, &
fon y fait deux rigoles pour l'écoulement de cette litar
ge, afin que fi Fune vient à manquer, on puiffe fe ferviff
Aaa ij.
57* De l\A.ffinage de Rammeisberg. Ch. LXIV.
de Fautre ; car quoiqu'une fuffile ordinairement pour la
faire couler, il arrive quelquefois que le plomb en four
nit affez pour les deux rigoles. Auiïi-tôt que la litargc
commence à couler , il faut faire aller les foufflets plus
doucement , en ôtant un peu d'eau de deflus leur roue,
afin qu'il ne fe faffe pas trop de litarge d'abord , & pour
bien établir fa voye, que les Ouvriers appellent aufli
Drang [imprégnation] : d'ailleurs, c'eft dans ce temps-
là que le teft le fouleve , fi Faffinage va trop vite.
§. 5. On voit au commencement de Faffinage de pe
tits bouillons en forme de globules autour du difque de
Faffinage. Ces globules ou bouillons proviennent de
Fhumidité qui fort en partie de la maçonnerie du Four
neau & en partie des cendres du teft. La litarge ne pou-
yant s'écouler .entièrement à mefure qu'elle fe forme ,
elle s'imbibe dans le bord circulaire du teft qui retient
le bain de plomb en fufion , c'eft ce qu'on a nommé
çi-deflus Drang [imprégnation, imbibition. ] Ainfi, à
mefure que le bain diminue le Drang baiffe : par con
séquent la litarge trouve de nouvelles cendres , qui ,
précédemment couvertes par le bain , n'ont pu fe fécher
entièrement 5 il eft donc néceflaire qu'il furvienne un
petit bouillonnement, lorfque la litarge, en s'imbibant
dans les cendres qui fe découvrent, chaffe cette hu-
midité. La marque que cette imbibition le fait bien, eft
lorfqu'il fe forme autour du bain de Faffinage un cor
don circulaire de petites bulles qui fe touchent prefque
fans intervalle qui les interrompe, & fans qu'il s'en for
me ailleurs que dans la ligne circulaire de ce cordon :
De -l'Affinage de Rammelsberg. Ch. LXIV. 57$
& quand ce cordon fe trouve en-dedans du bain , éloi
gné de cinq à fix pouces de fes bords , Faffinage va en
core mieux ; enfin , il eft à délirer qu'il foit encore plus
près du centre. Il faut prendre garde que les globules du
cordon ne grofuiTent & ne fe fuivent mal en ordre ; car
alors il faudroit rallentir le feu 3 & ne pas laifTer tant de
litarge lur le bain ; ce défordre des globules eft une
marque que le teft boit de la litarge , ce qui vient de ce
que l'œuvre eft trop chaud. Aufïi-tôt que le cordon des
globules reparoît comme il doit être , on peut alors don
ner plus de feu , & faire couler plus de litarge.
Il arrive affez. fouvent que Fon n'apperçoit point les
marques de fimbibition, cela vient de ce que les cen
dres font très-bonnes j de ce que le foyer d'affinage &
le teft fe font trouvés fuffifamment fecs , de ce que les
canaux de Phumidité ne fe font pas bouchés. Alors Paf-
fînage fe fait beaucoup plus vite ; les globules font très-
petits y ils difparoifTent même pendant que ïœuvre dimi
nue , & on ne les revoit qu'à la fin 3 quand il a peu d'é-
paifTeur. Les affinages qui vont ainfi font les meilleurs,
.& rendent beaucoup de litarge.
$. 6. Il faut qu'il y ait toujours fur le bain de plomb
.du côté des foufflets , au moins deux travers de doigt
de litarge , pour être fur que le métal eft afTez chaud ;
car s il fe refroidiffoit de ce côté-là , il s'y arrêteroit des
grains d argents Quand on s'apperçoit que la matière
refroidit , & que le plomb ne litarge pas bien , c'eft une
marque que les foufflets faufilent trop obliquement, ou
que le teft eft trop élevé. Il faudra y remédier au pre
374 De l'Affinage de Rammelsberg. Ch. LXIV.
micr affinage. Si la litarge vient à fe refroidir du côté de
la voye, on chauffera cette voye avec de petits morceaux,
de bois fec ,. fans quoi la litarge pourroit cefTer de cou
ler.
§. 7. Lorfque la litarge paroît blanche de feu fur
ïœuvre en bain, l'affinage a le degré de chaleur qui lui
convicnt. Il faut avoir loin de Fentretenir eii cet état \
mais quand on ne diflingue plus la blancheur de la li
targe fur ïœuvre 3 & que le plomb fume beaucoup, la
chaleur eft trop forte ; alors les cendres boivent beau
coup de litarge , ce qui diminue le produit de celle qui
eft bonne à vendre.
§. 8. A mefure que le bain fe rétrécit, ou que Yœu~
vre diminue, il faut augmenter le feu, fur-tout vers la
fin, lorfque fargent eft prêt de faire fin éclair, & faire
couler le plus qu'on peut la litarge hors du Fourneau ,.
autrement fargent affiné en fortiroir fort impur 3 & re
couvert de ce que les Ouvriers nommentfaccum plumùi :■
c'eft-à-dire , que ce métal paroîtra net & pur par-deffus
& autour de fes bords ; mais par-defTous & vers le milieu
il fera enduit de plomb , & les Raffineurs aufquels on le-
remetpour le brûler ou raffiner, y trouveront quelque
fois julqu'à une once de déchet par marc , quoique ce-
déchet ne foit ordinairement que de quatre gros , fur-
tout au bas Hart% L'argent étant près de faire fin éclairx
fAffineur doit avoir près de lui de Peau qu'on eft en
ufage de chauffer , en trempant dedans des morceaux
de fer rouge, jufqu'à la faire bouillir. Après féclair , on
arrête les foufflets, on laiffe Fargent tranquille jufqu'à
De l'Affinage de Rammelsberg. Çh. LXIV. 375
ce qu'il fe foit couvert une ou deux fois d'une apparence-
de pellicule ; enfuice on y fait couler Feau chaude par
un petit canal, afin de Féteindre & de le congeler en
tièrement pour le fortir du Fourneau. Il ne faut pas que
le bout du canal foit immédiatement fur Fargent, mais
un peu à côte' , pour que Feau, tombant d'abord fur le.
teft , coule enfuite fur Fargent. Il faut aufïï , comme 011
vient de le dire, qu'elle loit très-chaude , autrement Iç
me'tal fauteroit en Fair , divifé en une infinité de gre
nailles , qu'on ne pourroit raffembler fans perte.
§. 9. En donnant la defcription du Fourneau d'affi
nage dont il eft quefhon ici, on a dit qu'on y entrete-
noit le feu avec des fagots faits de branches de fapin ,
ou d'autre bois commun. Ces fagots doivent avoir cinq
pieds de long fur deux pieds & demi de circonférence -y
il en faut à peu près cent quatre- vingt pour un affinage :
on en confommeroit deux cent quarante , s'ils étoient
de quelqu'autre bois dur. Si les fagots de fapin venoient
à manquer , on leur fubflitucroit du bois de grillage :
on confomme aufïi une demie mefure ou environ de
bois de grillage pour chauffer la voye de la litarge, par-
cequS les fagots n'y font pas propres : on choifit pour
cela de petits morceaux de bois rond , & non du bois
refendu.
$.10. Avant que Scblutter eut établi au bas Hartz ce
Fourneau qui épargne le bois à préfent fort cher dans le
pais, on en brûloit beaucoup pour un affinage \ c'étoit
du bois de fapin. On cmployoit huit gros tronçons,
trente moyens, & vingt- deux petits, chacun de dix-huit
576 De l'Affinage df Rammelsberg. Ch. LXIV.
pieds de longueur, &du diamètre de fix à douze pouces,,
pour commencer Raffinage. La confommation ou la dé-
penfe en bois , eft diminuée de plus d'un ilxiéme de
puis qu'on n'y brûle que des fagots.
§. ii. En décrivant dans le Chapitre XIV. la conf-
tru6tion de ce Fourneau, on a parlé de la pofition des
foufflets. Quant à la direction de leur vent, on eft dans
Fufage au bas Harfi^ de mettre de petites plaques de fer
mobiles devant les tuyères : on les avance , ou on les
recule , fuivant que le travail Fexige , parceque les trous,
qui font au bas du dôme , font aflez grands pour y ajuf-
ter les tuyères dans la direction qui convient le mieux.
Ces plaques de fer rondes , que les Ouvriers François
nomment papillons 3 font pefantes ou légères. L'Affineur
en fufpend une légère devant chacune des deux tuyères,
de manière que le vent des foufflets fe croife au milieu
du Fourneau , afin de faire des ondulations fur la furfacc
de ïœuvre en bain. Lorfque ce bain diminue , on change
les papillons, & Fon en met de plus pefans , qui forcent
le vent des foufflets à bahTer, à frapper fur lœuvre &c à
pouffer les ondulations vers la voye de la litarge. Ainfï,
le principal ufage des papillons eft de diriger le vent com
me on le juge à propos, afin d'agiter ïornvre en bain,
fur-tout dans le commencement de l'affinage. Ce mou
vement qu'il excite ne peut pas mieux fe comparer qu'à
celui qu'on donneroit à de Fhuile qu'on auroit mife fur-
de Feau dans un grand vafe , lorfqu'on fouffleroit vers;
le milieu de fa furface , on Pobliçeroit à fe ranger vers
les bords. Il en eft de même du plomb qui fe convertit'
ai
I5e l'Afpïnage de Rammelsberg. Ch. LXIV. 577
en litarge. Cette litarge chaffee par le vent des fouf-
netsfè range circulairement vers les bords de la coupelle
ou teft, & enfile la voye de la litarge.
§. 11. Lorfqu'il s'eft fige dans la voye une quantité
de litarge qui empêche le refte de couler par-deflus ,■
FAffineur doit Farracher , & la mettre en morceaux à-
côté du Fourneau , pour qu'elle fe refroidiffe : on la
rompt enfuite, & une partie fe mettant d'elle-même eu
poudre , s'entaffe dans des barriques qui en contien
nent cinq quintaux. C'eft de la litarge dite marchande.
Le refte , qui n'eft pas friable, fe nomme litarge fraîche :
on la révivifie en plomb.
$.15. Lorfque le travail ne preïTe pas , on laine re*
froidir le teft pendant vingt-quatre heures avant que
de le rompre. Si Fon eft prelfe , on le retire plutôt du
foyer ; mais il faut toujours le vifîter avec foin 3 pour
voir il Fon n'y trouvera pas des grains d'argent parfeme's.
On les nomme ( a ) Hanen3 ( b ) Koemer, & (c ) Ambruche*
§. 14. Un affinage de foixante-quatre quintaux d'œu-
vre rend environ huit à dix marcs d'argent affine 3 tren*
te-cinq à quarante quintaux de litarge : fçavoir , douze
a dix-huit de litarge marchande 3 & vingt-deux à*viii2t-
trois de litarge fraîche s plus, vingt à vingt-deux quin
taux de teft 3 &fix à fept quintaux de craffes. Il dure feize
à dix- huit heures. Les Ouvriers qui y travaillent, font
un AfEneur & un Chauffeur.
(a) Ce. font des grenailles de figure ronde & oblongiie.
(b ) Ce font desgrains d'argent ronds comme des pois , & quelquefois plus gros".,
( c ) Ce font des morceaux de ce métal , qui fe font détachés de la platine prin~
cipale, en la retirant, & qu'on peut remettre en leur place.
Tome U. Bbb

y"
578 De l'Affinage du haut Hartz. Chap. LXV,

CHAPITRE LXV.
*De tancienne méthode d'affiner dans
le haut Hartz»
§. 1. À Utrefois on affinoit dans le haut Harts^ un
jLJLpeu différemment qu'on ne le fait à préfent
qu'on fuit la méthode du bas Hart^. i°. L'œuvre qu'on
y affine eft rempli de matte , ce qui le rend fort aigre.
i°. Les Fourneaux étoient chauffes avec du gros bois;
on en a parlé au §. 10. du Chapitre précédent. Voyez
auMl ce Fourneau repréfenté fur la Planche XLV, lettres
AjBjCj D. Au contraire _, ïocuvre eft beaucoup plus
pur au bas Hartg^, le Fourneau eft à feu clos & à réver
bère , & Fon peut y faire le feu avec des fagots, comme
on Fa dit ci- devant.
§. z. Le teft doit être fait avec les meilleures cendres
■qu'on puifTe trouver 3 pareeque ïœuvre mêlé de matte lç
creufe aifément. Il faut que ces cendres foient de ilx à
fept pouces d épaiiTeur , & plus hautes du côté où fe fait
ordinairement h coulée, que du côté des foufflets. On
les bat d'abord avec un morceau de bois large, en com
mençant par le milieu du baflin de Faffînage ; puis avec
une efpéce de pilon , jufqu'à ce qu'elles foient afTez fer
mes, pour qu'on ne puiffe y faire d'imprcfïion avec le
pouce jenfuite on forme avec un couteau courbe la place
où doit fe raffembler Fargent , lorfqu'il fera affiné.
Î)e l'Âffinàge du haut Hàrtz. Ch. LXV. 57^
• §. 5. Auffi-tôt que Fa?»x>r<r eft forti du Fourneau de
fonce , on le péfe & on le porte devant le Fourneau
d'affinage , pour en mettre d'abord, quinze à vingt
quintaux fur la cendrée ou teft ; il ne faut pas que les
premiers lingots qu'on y place ayent des coins ni des
arrêtes tranchantes , parcequ'ils feroienr des trous ou
des écorchures à cette cendrée.
§. 4. Lorfque ces quinze ou vingt quintaux d'œuvre
(ont arrangea, on met par-deffus & du côté des fouf-
flets des riions qu'on a eu de refte d'un affinage précé
dent. On fait agir les foufflets aufïi-tôt qu'on a mis le
feu. On ferme le trou du milieu du dôme ou voûte avec
une plaque de fer. Quand ïœuvre eft en fufion , & qu'il
bouillonne beaucoup, on arrête les foufflets, fans quoi
il creuferoit le teft, ou le feroit foulever. Aulh -tôr qu'il
a cefTé de bouillir, on rend le vent pour achever de con-
fommer les riions. Peu de temps après on arrête encore
les iouffiers , & Fon fair defeendre vers le milieu du reft
les morceaux d'œuvre , qui, ayanr beaucoup de marte,
ne fonr pas encore fondus ; puis on arrange par-deffus
le bois d'affinage , mais de relie forte que le venr des
foufflers puifîe paffer fous ce bois. On remer encore de
vant les foufflets le plus qu'on peut de tifons, & les pièces
de bois qu'on nomme les commençantes : on arrange par--
defTus tous les lingots d'œuvre qui peuvent s'y placer, &
Fon bouche tous les trous à feu avec des tifons. Alors,
on fait aller les foufflets qu'on avoit arrêtés. S'il arrive
que tout ïœuvre j, qui pour chaque affinage peut monter •
* quarante ou cinquante quintaux, & quelquefois da-*
B b b ij
580 De l'Affinage du haut Hartz. Ch. LXV.
vantage , ne puiffe pas fe mettre fur les commençantes i
il faut ajouter au bain ce qui en refte , avant qu'on ait
ôté toutes les craffes ; parcequ'autrement ce refte à'œu
vre fourniroit de nouvelles craffes qui fe mêleroient
avec la litarge , & qui gâteraient , tant celle qui eft mar
chande , que celle qu'on doit révivifier en plomb. On
a déjà dit qu'affez fouvent ïœuvre ronge & creufele teft
devant les loufflets ; de plus , il fe forme au même en
droit une croûte que le froid de leur vent endurcit. Si
ce creux paroît profond , il y a à craindre que ïœuvre
ne touche au fol du bafïin, & qu'une partie de la matière
ne fe perde. Il faut alors arrêter les foufflets, & remplir
ce creux avec des cendres préparées, enforte que le vent
des foufflets puiiTe paffer par-deffus. Si les cendres ne
s'y arrêtent pas bien d'abord , il faut les y tenir affujet-
ties pendant quelque temps , pour voir 11 ïœuvre ne fe
refroidira pas alentour : ou bien on fera couler un peu
d'eau defTus , pour en refroidir les bords , & fur le
champ ces cendres ajoutées s'arrêteront fans fe détacher.
Cette réparation fe fait par le trou de la tuyère. A Fégard
.de la croûte qui fe forme &: qui fe durcit fur le bain, il
faut la détacher avec adreffe avant qu'elle foit trop en
durcie ou trop épaifTe, parce qu'alors on courroit le rif-
cjue, en la détachant, d'emporter les bords du teft. Si
on Fa trop laifTé durcir , il fera mieux de la faire fondre ,
en mettant defTus plufieurs tifons ou petits morceaux dç
.bois , & faifant aller les foufflets.
Les deux trous à feu doivent être exactement fermés
avec des tifons pendant le commencement de l'affina^
De l'Affinage du haut Hartz. Ch. LXV. 581
ge , afin qu'il ne puifTe pas entrer d'air froid dans Fin-
térieur du Fourneau. Quand cer intérieur eft fuffifam-
ment chaud , on remue avec la barre de fer , qu'on
nomme \cTtjonnier3 pour ranger de côté ce qui n'eft pas
fondu de l'œuvre j enforte que le vent puilîe paffer &
achever de fondre cette matière , qui eft fouvent re
belle à la fonte. Si elle étoit trop dure , il feroit encore
mieux de la retirer pour la jetter avec les crafTes, parce-
que fe fondant trop tard , elle fe mêleroit avec la li-
targe. Lorfqu'on reconnoît qu'elle s'y eft mêlée , il
faut fermer la rigole de la voie de cette^ litarge pen
dant quelques minutes , chauffer vivement l'affinage ,
afin que cette matière hétérogène puifTe s'imbiber dans
les cendres du teft : par ce moyen la litarge s'épurera.
Si les bulles d'air qui font un cordon circulaire autour
du bain deviennent trop grofTes , c'eft un indice qu'il
y a quelque endroit du teft qui a été trop rongé par
l'œuvre : un habile Affineur fçait y mettre à propos
une petite quantité de cendres pour le réparer. C'eft
ordinairement vers la voie d'écoulement & devant les
deux trous à feu , qu'il faut faire ces fortes de répara
tions. Au refte^ un Affineur expérimenté fçait, d'a
vance jufqu'où ïœuvre en bain doit s'étendre •■, ainfi il
prévient tous ces petits accidens avant que de mettre
le feu au Fourneau. Lorfque toutes les crafTes font for-
ties par leur coulée 3 ou qu'elles fc font imbibées dans
les cendres 3 on ouvre les deux rigoles de la voie de la
litarge pour la faire couler aufïi ; & quand même il n'y
auroit pas atfez. de litarge pour occuper ces dfux rigo
3 8 2, De l'Affinage du haut Hartz. Ch. LXV.
les , il eft toujours à propos de les ouvrir , parcequc
Fune des deux peut s'engorger. Il ne faut pas qu eces
rigoles foient profondes près de Yœuvre , mais plutôt
plattes & larges , afin que le plomb riche en argent r
ne coule pas avec la litarge , ou par-deffous. Si les cen
dres font Donnes , on peut laiffer couler la litarge plus-
vite que fi Fon n'avoit pas été libre de les bien choifir,.
pourvu cependant qu'il refte toujours devant la voie
lèize à dix-huit pouces de litarge étendue & nageante
fur Yœuvre. Si la litarge a cette largeur devant fa voie,
il y en a afler fur le refte du bain , pareeque celle des
deux côtés en couvre alors la moicié pour le moins* Si
au contraire les cendres font mal choifies T le cordon
circulaire des bulles d'air effc interrompu : les bulles
font inégales, & il coule peu de litarge. Il arrive quel
quefois , lorfque Yœuvre s'eft réduit à un difque de
deux pieds & demi de diamètre , que les bulles diipa-
joiffent , pareequ'il n'y a pas affez de litarge , & que
Yœuvre eft trop à découvert : on eft obligé alors d'y
remettre ou de la litarge marchande > ou de la litarge'
fraîche pilee.-
Comme la litarge qui commence à couler defcencE
jufqu'au pied du Fourneau , & qu'il eft mieux pour la
litarge à vendre qu'elle s'arrête plus haut, on arrofe
avec de l'eau ce pied du Fourneau , jufqu'à la hauteurs
où Fon veut que cette litarge fe fige-
On a dit ci-devant que trop de chaleur diminue le
produit de la litarge \ cependant il y a des circonftan-'
ces qui en exigent beaucoup : il eft prefque impolhble
De l'Affînage du h*ut Hartz. Ch.LXV. 583
4e les indiquer toutes , puilqu'elles dépendent du plus
ou moins de fufibilité des matières dont l'œuvre eft
.allié. Plus cet œuvre diminue , plus il. approche de XécUir
de l'argent. Il fajt que les bulles dilparoiflent avant
cet éclair & lorfque l'œuvre n'a plus que le diamètre
àc la trace circulaire 3 dont on a parlé dans le Chapitre
précédent ; ainfi on doit rallentir Faction des foufflets
pendant quelque temps. Mais dés que le difque de
l'œuvre a encore diminué d'un quart , il faut alors don
ner aufli chaud qu'il eft pofïïble , pour que Fargent
falTe bien (on éclair > & qu'il n'ait pas le faccum plutnbi.
§. y L'argent s'étant couvert une première fois de
cette apparence de pellicule , dont on a déjà parlé ail
leurs , il ne faut pas aufïi-tôt l'éteindre avec Feau chau
de , fur -tout (i la plaque ou platine de ce métal eft
forte. Il faut la laiffer fe couvrir jufqu'a trois fois.»
afin de donner le temps au petit refte de plomb de
- s'évaporer : alors on peut y faire couler Feau chaude
avec les précautions qu'on a indiquées.
$.6, On ne brûle pour cet affinage que du bois de
iàpin -, c'eft le meilleur. S'il arrivoit cependant qu'on
en manquât, on pourroit lui fubftituer du hêtre & du
bouleau -, mais ni Fun ni Fautre ne font pas une {1 belle
flamme , &c la flamme eft eftentielle dans un affinage.
Lorfque les premiers morceaux de bois qu'on a mis
dans le Fourneau font confumés ou prêts à Fêtre } on
en met d'autres , gros ou petits , fuivant que l'affinage
Fexige ; mais il faut en conlèrver de petits pour la fin.
En mettant une grande pièce de bois dans le Fourneau ,
584 De l'Affinage du haut Hartz. Ch. LXW
il ne faut pas qu'elle traverfe d'un bouc à Fautre , if
fuffit qu'elle entre jufqu'au milieu , & on Favance en*-
fuite peu à peu. Si le Fourneau paroîc trop chaud , on
fait lever par un contrepoids mis en dehors , le bouc
de la pièce de bois qui eft dans Fintérieur > afin qu'il
ne foit pas trop près de l'œuvre. On obferve aufn de
mettre toujours eu côte des foufflets le nouveau bois
qu'on ajoute y afin que la flamme , dirigée par le vent
des foufflets , frappe defTus le bain. Toutes les fois qu'il
fe forme une elpéce de toile lur ce bain, fur-tout de
vant la voie de la litarge ,. il faut augmenter le feu en
mettant du bois , & fourrier vivement.
Quand une pièce de bois eft tellement brûlée, qu'on
ne peut plus la foutenir élevée par aucun moyen , elle
tombe dans l'œuvre s alors on en retire les tifons r on
les met de côté , & on les éteint pour les employer an
prochain affinage. Il feroic à propos de retirer ces tifons
avant qu'ils tombaffent dans ïœuvre y pareequ'ils re-
froidiifent d'abord la litarge & la révivifient en plomb ,
lequel fe mêle avec elle ■> mais les Ouvriers n'ont pas
toujours cette attention. On brûle pour cet affinage
quinze à dix- huit pièces de bois d'affinage , y compris
les commenfautes j fix à fept pièces moyennes , & lept
à huit petites bûches.
§. 7. A Fégard des foufflets , on les pofe deux pouces
plus haut que le deifous des trous à feu , & cela parce-
que ïœuvre du haut Hart^ étant plein de matte , ne fe
découvre pas auffi -tôt que celui du bas Harfi^, mais
rejette beaucoup de craffe.
Les
De l' Affinage eu haut Hartz. Ch. LXV. 385
... Les placques de fer ou papillons qu'on place devant Autre rfaged*
les trous d'une tuyère , outre qu'elles fervent à diriger , P*?11100*"
comme on le veut , le vent des foufflets fur le bain ,
elles empêchent encore le charbon ou la braife d'entrer
dans ces foufflets ; car comme chaque foufflet fouffle
dans une tuyère féparée de Fautre 3 ils ne peuvent pas
réciproquement re pouffer cette braife ; & lorfqu'on 3
laifïe détruire ces papillons parle feu, & qu'on n'a pas
eu Fattention de les renouveller s les foufflets attirent
tant de feu dans leur capacité , qu'ils fe brûlent.
Le vent des foufflets fert à former la litarge ; s'il n'y
en avoit pas , le plomb en fourniroit beaucoup moins
à fa furface , & Fon feroit obligé de faire un teft bien
plus épais 3 & d'y employer le double ou le triple de
cendres , afin que la litarge, qui ne s'écouleroit pas par
fa voie , pût s'y imbiber : alors Faffinage feroit plus
long & confbmmeroit beaucoup plus de bois ; de
plus , umc partie confldérable du plomb fe brûleroit
prefque en pure perte. Un affinage bien conduit dure
dans ce Fourneau environ douze a quinze heures , fui-
vant la pureté de ïœuvre ; un Affineur & un Chauffeur
y fuffifent.
§, 8. Mais on ne fe fert plus dans les Fonderies du
ba»t Hartz^ de ces fortes de Fourneaux -, on y en a conf*
truit de fembkbles à ceux du bas Hnrt\3 tels qu'on les
a rcpréfèntés fur la Planche XLV. lettres E , F , G > avec
un dôme de £er -, & Fon y brûle ou des fagots ou du
bois d'affinage. Il y a déjà [en 1755] quatre de ces
Fourneaux dans k Fonderie de Claufthal , deux dans
Tome IL Ccc

y
586 De i/Aff. dans le haut Hartz. Ch. LXVT.
celle d'Altenau , & un à faint Andreafterg. On doit aban
donner inceûamment les autres. A Fégard de la Fon
derie qui eft commune pour Schulemberg & Wtldenmann»
on commence aufïï à y faire les mêmes changemens.

CHAPITRE LXVL
»

De l'Affinage dans le haut HartZj.

£. i.T 'Affinage fe fait à S. Andreajherg, fuivant Pan-


JL—jcienne méthode qu'on a décrite au Chapitre
précédent ; cependant comme ïœuvre eft moins dur,
mais plus chargé de cobolt , il y a des différences qu'il
eft à propos de faire oblerver. Le teft doit être préparé
avec les cendres le plus exactement leflivées. On cou
vre une partie de ïœuvre avec des tifons ; enfuite on
pafle une grofle pièce de bois de trente à trente - fix
pouces de circonférence & une autre moins grofle à
travers le Fourneau ; fur ces deux pièces on arrange
l'autre partie de ïœuvre , on y met le feu, & Fon com
mence a fourrier doucement. Quand ïœuvre eft fondu, on
ajoute un peu du mêmç bois. 11 entre trente à quarante
quintaux d'œuvre dans cet affinage , partie rangée à
plat fur les cendres mêmes, ainii qu'on vient de le
dire , & fautre partie fur le bois. Lorfque toute la
quantité d'œuvre qu'on y a deftinée eft en bain , on
met dans le Fourneau les pièces de bois qu'on a nom
mées ailleurs les Commençantes : on ferme le trou à feu
"De l'àpf. ôans iê haut Hartz. Cha?. IXVf. 3 g?
de derrière avec des tifons . & Fon fait aller les fouf-*
flets un peu plus vite ; mais fi Y-ceuvre fe couvroit d'une
cfpéce de toile , il faudroit les arrêter 3 jufqu'à ce qu'il
fe fût éclairci.
§. z. Au bout de quatre otreinq heures s le bain étant
fumTamment chaud , on retire les crafTes qui le fur-
montent , ou comme on levé les feories dans une fonte i
ou en les faifant couler par une rigole que Fon ouvre
au bord de la cendrée, & Fon y conduit ces crafTes avec
un fer qui eft aufli gros que le manche du crochet or
dinaire fervant à diriger Fécoulement de la litarge j
Fépurement de Yœuvre dure deux ou trois heures» Ces
crafTes contiennent ordinairement le cuivre & le cobolc
qui étoient mêlés avec le plomb & Fargent de cet au-*
vre-3 c'eft ce qui fait qu'elles font fort épaiffes., & qu'oa
eft obligé de fe fervir d'un fer pour les ôter. Il fkïitf
' chauffer vivement pendant toute cette manoeuvre. La?
quantité de ces craffes peut aller de cinq à neuf quin
taux. Après qu'elles font enlevées 3 on laifTe repofetf
le bain r & Fon fouffle moins vivement pour qu'il fer
rafraichiffe un peu»
§.3. L'écoulement de la litarge fe fait comme dans
les autres affinages ; mais Yœuvre rend beaucoup plus
d'argent t pareeque dans tout le hautMarP^ il n'y a point
de mines aufli riches qu'à S. Andreafeerg, où Fon trouve
même beaucoup d'argent natif ou vierge. Ordinaire-* Commentr m
ment on le fépare du minerai avec le- marteau . pour ^g/dlmf"*
Fintroduire dans le plomb de Farfinage : il faut pour'Plombdeiaffin*'
cela que la litarge coule bien 3 & que le bain de plomb
Ceci;
5 88 De i/Aff. dans le haut Hartz. Chap. LXVIi
ou de ïœuvre foit fuffifamment ample. Si l'argent vierge
eft en gros morceaux , on le tient fur un fer dans le
Fourneau , julqu'à ce qu'il foit rouge i après quoi on
le fait entrer dans ïœuvre. S'il eft en petits morceaux,
on Penveloppe avec des lames de plomb pour le mettre
dans le bain : pendant cette efpe'ce d'infufion , on arrête
les foufflets , afin qu'ils ne chafTent pas cet argent, avant
qu'il (bit fondu , dans la voie de la litarge. La moindre
plaque ou platine d'argent qui vient de cet affinage ,
pefe dix marcs : elle eft ordinairement de douze & quin
ze marcs -, mais les affinages, qu'on nomme riches , ren«*
dent deux cens , trois cens, & jufqu'à huit cens marcs
d argent. On porte ces platines d'argent à Clauftbal,
où on les raffine.
$. 4. Un affinage dans lequel on fait entrer qua^
rante quintaux à'œuvre , dure quatorze à quinze heu-»
res : on y brûle quatorze à quinze grandes pie'ces de *
bois , parmi lefquelles il y en a de hêtre & de bouleau ,
les autres font de fàpin. La plus petite a quatre pouces ,
& la plus grofie, quinze pouces de diamètre. On retire
treize à quinze quintaux de litarge , depuis cinq juf
qu'à neuf quintaux de çrafles , &c feize à dix-fept quin
taux de teft ou cendrée endurcie , fans compter le dé*
chet jaune. On ne fépare point la litarge marchande de
la litarge fraîche dans cette Fonderie , & prefque tou
jours on les ajoute à la fonte des mines , pareeque le
teft & les autres matières tenant plomb , ne font pas
toujours fuffifantes ; & quand on a trop de litarge, or*
h revivifie en plomb > mais cela arrive rarement,
De l'Affinage a Freyberg. Cfiap. LXVII. 389
$. j. On a introduit auffi depuis quelques années à
S. Andreafierg la méthode d'affiner avec la flamme des
fagots s & Pon y a conftruit des Fourneaux avec chauffe
ôc réverbère 3 pareils à ceux du Hartz^ qu'on peut voir
fur la Planche XL1V.

CHAPITRE LXVII.
"De 1*Affinage filon la méthode de la haute Saxe,
oh de Freyberg-, fous un chapeau de fer.
§. i.T 'Affinage qui fe fait à Freyberg fous un cha-
i ' peau de fer , eft très-commode , quand on a
des oeuvres pures , parcequ'on peut affiner tous les jours
fur le même foyer , fans que les ouvriers foient expofés
à une trop forte chaleur ; car auffi-tôt que l'affinage eft
Bai y on levé le chapeau , & Pon rafraîchit le teft pour
pouvoir le rompre ôc le refaire avec de nouvelles cen
dres. Outre cela y il ne faut dans une Fonderie qu'un
feul Fourneau pour cinq ou fix affinages par femaine :
par conféquent on épargne beaucoup de dépenfe en
bàtimens ôc chutes d'eau. Ce Fourneau eft repréfenté
fur U Planche XLVL
§. 1. On prend chez les Fabriquans de favon les cen
dres qu'on employé dans* ce Fourneau -, mais comme les
cendres ne font pas auffi bonnes à Freyberg qu'au Hart^*
parcequ'on n'y brûle que du bois léger, on eft obligé
d'ajouter une demie barrique de chaux éteinte avec ua
390 De l'Affinage a Freyberg. Chap. LXVIf.
chaux em- peu d'eau , à cinq ou fix barriques de cendres , afin'
«S pV<Sr ks qu'elles fe lient mieux. Si Fon y mêloic plus de chaux,
coupelles. Je tefl; pourroit fondre : on y joint aufli les cendres non
endurcies du teft précédent. Ce mélange étant fait
avec foin , on le place fur le foyer y où il y a déjà un
lit de cendres battu fur un lit d'argile. Le nouveau teft
que fon prépare pour chaque affinage , eft épais de fix:
pouces avant qu'il foit battu \ & on le bat d'abord avec
une malTe de fer qui eft dentelée , puis avec un pilon
de bois qui eft aufli- garni de dents très-ferrées par Iè
bas i ce qu'on continue , jufqu'à ce que le pouce ne
puifle plus y faire d'impreflion : enfuite on le racle
avec tin fer courbe > large de trois pouces , & de deux
pieds de long , pour le rendre le plus uni qu'il eft pof-
iîble. Avec un autre racloir , FAfhneur forme les bords
de la trace, & lui donne le diamètre néceflaire pour
contenir cent à cent quinze marcs d'argent. S'il arrive
que les cendres ayent été trop humectées , on jette
environ deux bacquets de cendres bien féches fur le
teft lorfqu'on a achevé de Funir ; & en les ôtant en-
fuite , on trouve qu'elles ont attiré beaucoup d'humi
dité. Le teft étant achevé , on y met trois paniers de
charbon : on abbat defliis le chapeau , & on met le feu
au charbon pour chauffer ce teft.
§. 3. On ne conduit pas le vent des foufflets comme
auHart^; les tuyères font fcellées dans le mur, il n'y a
point d'ouvertures où elles puifTent être mobiles. Les
placques de fer ou papillons-, dont on a parlé ailleurs , fc
placent devant les tuyères* aufli-tôt qu'on a préparé le
ce l'Affinage a Freyberg. Chap. LXVIÏ. 591
teft, & elles y relient pendant tout l'affinage , fans qu'on
*>uhîe les renouveller. Néanmoins s'il étoit néceffaire
de changer la direction du vent, on poufïèroit d'un
<ôté ou d'autre les fourrlets dans les tuyères qui font
4arges.
§. 4. Après que le charbon eft confumé , & que le teft
paroît afTez chaud, on le nettoyé & on y met un peu de
paille fur laquelle on arrange tout ïœuvre à la fois; fça-
-voir, pour chaque affinage cinquante à cinquante- huit
quintaux, qui doivent être d'un oeuvre pur, & contenir
un marc & demi à deux marcs d'argent par quintal. On
ne fait point d'affinage audeffousde cinquante quintaux.;
Quand on a de ïœuvre qui n'eft pas bien pur, on le place
dans un Fourneau à percer fur quelques morceaux de
bois , pour en faire une efpéce de rejfuage avant que de
Faffiner. L'oeuvre ayant été arrangé fur la paille 3 on met
defTus des tifbns, ainfi que devant les loufflets; puis
ayant pofé le chapeau , on le lutte fur les bords du Four
neau avec de Fargile. On allume , on fait agir les fouf-
flets, & on remplit les trous à feu avec des morceaux de
bois. Comme ces trous à feu font petits, & le chapeau
de fer afTez bas , la flamme n'a pas beaucoup d'efpacej
jaind, lorfque Faffinage eft une fois chaud comme il con
vient , on peut Fentretenir dans ce degré de chaleur
av.ec deux morceaux de bois de fapin , qu'un homme
peut tenir d'une feule main. Deux heures après que
ïœuvre a été fuffifamment chauffé , les crafTes commen
cent à couler par la rigole qu'on a faite exprès dans la
voye de la litarge.
59^ De l'Affinage en Bohême. Chap. LXVIII.
§. 5. La litarge fuit immédiatement les crafTes, &on
la fait couler par la rigole ■ , mais quand Fargent eft prêt
de faire Ion éclair, on ferme la rigole, afin que cet éclair
fe fafTe au milieu de la litarge. Dès que Fargent a fait
fon éclair, on arrête les foufflets, & Fon retire le bois du
Fourneau. On levé le chapeau de demis le teft ,. & Fort
ôte la platine d'argent.
§. 6. Cet affinage dure quinze à feize heures, pen
dant lefquelles on brûle depuis quatre- vingt-dix jufqu'à
cent vingt pièces de bois , &c Famnagc rend depuis qua
tre-vingt-dix jufqu'à cent quinze marcs d'argent, vingt-
cinq à trente-trois quintaux de litarge , & depuis vingt-
fix jufqu'à trente-quatre quintaux de celé.
quatre fortes La litarge s'y divife en quatre fortes, la rouge , \ajait~
èAnd>Z%^am ne 3 ^ verte & ^ no*re' La noire vient après les crafTes ;
la verte eft la litarge non friable & en gros morceaux ;
la rouge & la jaune fe mettent à part pour être vendues.
La non friable eft celle qu'on a nommée ailleurs litarge
fraîche. Il n'y a qu'un Affineur & un Chauffeur pour cet
affinage.

CHAPITRE LXVIII.
*De l'affinage de Joachimfihal, en Bohême.
$• 1. À Joachimflhalow affine, comme à Freyberg, fous
Ilun chapeau de fer, fur un foyer garni d'un
lit d'argile > d'uç lit de cendres qu'on ne change pas ,
d'un
De l'Affinage en Bohême. Chaf. LXVIII. $9$
d'un autre lit de cendres de Savoniers de fïx pouces
d'épaifteur , & d'un troifiéme lit de cendres retirées du
teft d'un précédent affinage. On les bat } comme on Fa
enfeigné dans le Chapitre précèdent j on unit le teft en
le raclant, puis on le chauffe trois fois , & chaque fois
avec deux (eaux de charbon,
§. z. Lorfque le teft eft chaud 3 on y arrange vingt a
vingt- fïx quintaux à'œuvre > qui eft formé en plaques
rondes. Si tout ïœuvre ne peut s'arranger fur le teft mê
me , on en réferve une partie pour la mettre fur le bois
d'affinage , après que ce qui eft fur le teft a commencé
à fondre : on jette des copeaux & du charbon fur ïœwvre 3
on y met le feu , puis on defeend le chapeau ; on fait
pafter le bois d'affinage à travers le Fourneau ( ce bois
eft du fapin & du pin fendu ) , enfuite on fait aller les
foufBets pour mettre l'affinage au degré de chaleur con
venable.
§. 5. On enlève les crafTes de cet affinage : fi ïœuvre
eft rempli ùcjpetjè 3 on jette fur le bain un peu de vieilles
ferrailles ; & peu de temps après la litarge fe forme , &
coule par la rigole. On retire de cet affinage depuis cent
vingt jufqu'à deux cent marcs d'argent, dix à quatorze
quintaux de litarge , neuf à dix quintaux de tefty & en
viron un quintal de crafTes.

Tome Il< Ddâ


594 De l'Affinage en Hongrie. Chap. LXIX-

CHAPITRE LXIX.
T>e Vjijjinage a Scbemnitz, & à Cremnitz, >
en Hongrie.
$. i. T 'Affinage fe fait à Scbemnit^ & à Cremnit^t
I irnmmp dans la haute Saxe , & fous un chapeau
de fer •■, mais comme la plupart des mines de Hongrie
font fans plomb , & que les matières tenant plomb (ont
chères & rares dans le pais, on les e'pargne , &par con-
iéquent on y fait peu &œuvre .,• mais ces mines font riches
cii argent & en or: ainfi , comme on n'affine que depuis
fix jufqu'à dix quintaux à!œuvre à la fois 3 les tefts n'ont
tjue fept pieds de diamètre.
sable mile avec Les cendres qu'on peut raffembler en Hongrie font
flireCCia coupeiï ordinairement fort grafTes , & Fon eft oblige' d'y mêler
enHongne. moitié de fable fin de rivière, pour préparer le teft, {a)
ce qui fe fait deux jours avant Faffinage -, ôc pendant ces
deux jours , on chauffe le teft fans interruption avec du
charbon , jufqu'au moment où Pon commence Faffinage*
$ . r. Les (ix à dix quintaux d'œuvre font affinés en
huit à dix heures. Le bois qu'on employé eft ordinai
(a) On ajôutoit autrefois du fable du grains à'aavre , & vers la fin de l'opé
Rhône aux cendres dont on formoit les ration, des grains d'argent qui ne pou-
coupelles dans les affinages de Lyon ; voient fe réunir au bain àmefure qu'il
nuis on a reconnu que le plomb, en le diminuoit , ce qui caufoit un decheç
vitrifiant , faiïbit une infinité de trous confidérable. On a fubltitué à ce fable
aux bords de la coupelle, & que toutes de la cendre d'os, qui rend la coupelle
ces cavités retenoient beaucoup de beaucoup meilleure.
Dé l'Affinage bu Tirol. Chap. LXX. 395
rement du bouleau i on en refend les tronçons qui ont
quinze pieds de long > & chaque moitié péfe quarante-
cinq à cinquante livres : on en brûle dix-huit à vingt
pour chaque affinage 3 duquel on retire depuis quarante
jufqu'à foixante-dix marcs d'argent > leiquels rendent
par le départ depuis quatre jufqu'à fept marcs d'or. Le
même affinage rend à peu près huit quintaux de litarge ,
& environ deux quintaux de teft.

CHAPITRE LXX.
De FAffinage de Brixelegen, dans le Comté
de Tirol.
$. 1. T 'Affinage fe fait à Brixelegen fur un tcft
M /rnnvprf d'un chapeau de fer. Le Fourneau
n'a qu'un pied & demi de hauteur au-deffus du fol de
la Fonderie. Le mur qui Fentoure eft épais d'un pied.
Les canaux pour Fe'vaporation de Fhumidité font dans
le terrein même y &c le foyer entier a treize pieds de
diamètre : il y a deux voyes pour Fécoulement de la li
targe , & deux trous à feu, dont Fun fe trouve entre les
foufflets y & Fautre entre les deux voyes de la litarge.
Le bord du foyer eft couvert tout autour par des pla
ques de fer.
§. z. Le teft fe prépare avec des cendres de bois de Ar?'te "^^
%, r 1 , t . avec les cendres
111 & de pin , pareequ on n en a pas d autres ; mais<fcboisiegerPour
comme elles font fort légères, on y mêle de Fargiîclacoupe /
Ddd ij
396 De l' Affinage "du Tirol. Chap. LXX.
pour les rendre plus tenaces & plus fermes. Sur cent
ftoerrs [ mefure d'un pied cube ] on met vingt moyens
• bacquets d'argile , chaque bacquet faifant à peu près
le tiers àuftoerr. Si ces cendres viennent des Fabriques
de favon , on double la dofe de cette argile , qui eft
rouge : le mélange étant fait , on le porte fur le baffin ,
où on le foule & paîtrit d'abord avec les pieds , puis
on le bat avec des pilons. Après avoir creufé la trace
.avec un racloir , on la couvre de cendres d'os ; puis 09
chauffe ce teft avec du charbon.
$. 3. On met dans un feul affinage le produit de fix
riches journées , & celui de fix pauvres ; ce qui fait en
viron cent quatre-vingt quintaux d'oeuvre , aufquels on
ajoute encore dix à douze quintaux de culots , qu'on
nomme coholt dans le Tirol , & que la fonte dont on
a parlé ailleurs s a fournis. Ils tiennent près de deux
marcs & demi d'argent par quintal. L'œuvre eft en lin
gots ou faumons de fix à fept quintaux , tenant cinq
& demie à fix onces par quintal : tous ces faumons s'ar
rangent fur la cendrée , on met par-deffus du charbon
allumé & des bûches de bois bien [ce , enfuite on fait
defeendre le chapeau de fer; & quand ïceuvre eft fondu ,
on fait paffer à travers le Fourneau 3 du bois d'affinage ,
puis on fait aller les foufflets. On agite le bain avec un
ce que c'eûKiffe ; c'eft un morceau
«jrt>inKi/?f,fei- ,J. .
de11/
bois rond &c vert
>
d'un fpiedn
vant 4 raffinage de long , de trois pouces de diamètre, qu on attache a
un fer crochu & pointu : on prend enfuite un effai par
chaque voie de la litarge } puis on chauffe vivement ,
â£n que les impuretés ou craffes , qu'en cet endroit-là
De l'Affinage en Ecosse. Chap. LXXI. 597
on nomme Lech, puiflent s'écouler. La litarge coule en-
milite par les deux voies y tout le temps que Yœuvre en
peut fournir ; mais quand le bain diminue , une feule
voie peut fervir pour cet écoulement. Cet affinage dure
trente-trois à trente-quatre heures i il rend cent trente à
cent quarante marcs d'argent affiné } foixante quintaux
de litarge , cent cinquante quintaux de teft , y compris
les crades : on y brûle vingt-cinq à vingt-fix pièces de
bois.

CHAPITRE LXXI.
Œ)e l'Affinage en Ecojfe.
*.
o N fait beaucoup de plomb en EcoflTe , mais
on en affine peu , parcequ'il n'cit pas riche
en argent ; d'ailleurs le bois y manque s & par con-
féquent les cendres: cependant, quand on y trouve du
plomb afTez riche pour être regardé comme œuvre 3 on Affinage par le
l'affine par une méthode afTe* curieufe, qui ne paroît clurbondeterre-
être en ufage que dans ce feul Pays (a). Le tcft n'a que
deux pieds de long , fur un pied & demi de large , il
efl couvert d'un chapeau de fer fondu que Fon met fur
( a ) Schlutter ignoroit fans doute un peu d'argent. L'affinage , par la cou
qu'on n'affine pas autrement en An pelle Angloife, va beaucoup plus vîte
gleterre , où le bois mangue aufli ; & que par la coupelle Allemande ; mais la
que dans quelques Fonderies de France litarge qui en vient tient quelquefois
on a affiné paredlement avec le charbon jufqu'à cinq & fix gros d'argent, au lieu,
de terre. Ce chai bon donne une flamme que celle du Hartz n'en tient qu'onze
& fulfureufe , qu'elle détruit toujours à douze grains.
598 De l'Aff. sans soufflets. Chap. LXXII.
le Fourneau , qui eft aulfi de même métal : ce teft cfl
fait avec des cendres dos fans autre mélange. On met
defïus jufqu'à feize quintaux £œuvre , mais peu à peu -y
le feu fe fait avec du charbon de terre qu'on jette
fur la grille d'une chauffe ou réverbère qui eft à coté y
& la flamme de ce charbon eft forcée de circuler fort
bas fur ïœuvre en bain.

CHAPITRE LXXII.
Œ)e VAffinage fans foujjlets qui étoit autrefois
en ufàge a Schnéeberg dans la haute Saxe.

o N ne parle ici de cet affinage , que pour ne rien


obmettre de ce qui a été mis en ufage pour tirer
fargent des mines. Cet ancien Fourneau de Schnéeberg
L'Affinage deavoit une chauffe & un réverbère , une grille & un
piomifne rSfl'î cenclrier : on Pa repréfenté fur la Planche XLV11. lettres
Pas- . EjF_,GjH,J. On en préparait le teft avec du Spath
calciné 3 pilé Se tamifé, puis on le chaurToit avec du
charbon. La première &c la feule fois qu'on fe fervit de
ce Fourneau , la matière qu'on avoit fondue n'avoit
rendu que de la matte : on la mit en poudre grolTiere ,
dont on étendit trois quintaux fur le teft de Spath : on
mit delfus fix faumons de plomb ; Fopération qui dura
vingt-quatre heures , confomma quatre cordes de bois :
on fit couler la litarge à Fordinaire , mais il ne refta fur
le teft que très -peu d'argent •> ainfi on cefla de fuivre
cette mauvaife méthode.
X)e l'Affinage sous billot. Chjvp. jLXXHI. 599

CHAPITRE LXXIII.

T>e 1*Affinage de Foelgebangen fur les frontières


de Tranjylvanie.
$. 1. /^\N nomme Affinage fous billot ou fous bûche 3 Affinage fbà«
V--/ celui de Foelgebangen. On ne pourroic pas \ctti\. ' " quc
mettre en ufage dans les Fonderies où Fon auroit beau
coup à'œuvre a affiner , & peu de bois. Cette méthode
reflemble affez. à celle de raffiner Fargent devant le
foufflet , dont il a été parlé dans le premier Volume
qu'on a publié en 1750.
Le foyer de cet affinage n'eft élevé que d'un demi
pied au-deffus du fol de la Fonderie \ il eft fans cha-'-
peau ni dôme j & a trois pieds & demi de diaméye.
Le bafîin du teft eft un peu creux , on le forme avec
un lie d'argile de fix pouces d'épaiffeur, & par-deffus
on met un lit de cendres de bois de chêne , mêlées avec
moitié de quart\ pulvérifé $ & quand il eft bien battu ,
il lui refte trois pouces d'épaiffeur. On prépare ce teft
F'après-jjnidi, & pendant la nuit on le chauffe avec
trois Çthm de charbon. Le matin on le couvre de paille ;
& comme on n'affine chaque fois que huit quintaux
&œuvre 3 on en met d'abord cinq \ les trois auçres s'a
joutent peu à peu.
$. z. On arrange fur ce teft des bûches de (ix à fept
pieds de long , & de fix pouces de diamètre ; on les
terre bien Fune contre Fautrc , parcequ'il faut qu'elles
400 De l'Affinage sous billots. Chaï». LXXIII.
fervent de chapiteau : mais comme dans le commen
cement ces bûches (ont trop près de ïœuvre , on met
deffous ce bois quelque morceau de teft pour l'élever
du coté des foufflets , qui font de cuir. On arrange
auffi du bois refendu fous ces bûches , puis on y met
le feu : on fouffle doucement jufqu'à ce que ïœuvre foit
fohdu ; & enfuite plus vite , pour donner à ïœuvre en
bain toute la chaleur qui lui convient. Cet œuvre étant
affez pur , ne donne point de crafïes ; & au bout d une
heure de grande chaleur., la litarge commence à couler:
alors on ajoute les trois derniers quintaux d 'œuvre qu'on ■
avoit réfervés , en les faifant entrer peu à peu fous les
bûches. La voie de la litarge eft entre deux de ces bû
ches : lorfque le bois ne donne plus de flamme , on le
retire pour en mettre d'autre à la place -, & Fon garnit
le deiïous de ces bûches de menu bois.
§. 5. Cet affinage dure environ fix heures; on en
retire fept à huit marcs d'argent affiné , cinq à fix quin
taux de litarge Se deux quintaux de teft , & Pon y brûle
douze à quinze bûches, félon leur groffeur. Le teft
s'employe dans les fontes fuivantes du minéral, & l'on
révivifie la litarge qui fournit un plomb très-(ioux. On
ne peut mettre cette manière d affiner en ufage que
dans les endroits où le bois eft à vil prix , pareequ'avec
la même quantité de bois qu'on y employé , on pour-
roit , au lieu de huit quintaux d'œuvre , en affiner jus
qu'à trente Se davantage dans un Fourneau autrement
conftruit, Il n'y a que deux Ouvriers employés à cet
affinage de Foelgebangen*
CHAP. LXXIV,

v
De la refonte de la lïtarge. Ch. LXXIV. 401

CHAPITRE LXXIV.
*De la refonte de la litarge fraîche en flomb.
§. 1 . T A refonte de la h&ïgcfinticbe en plomb eft une
JLj opération qu'on ne doit faire que quand on
ne peut pas la vendre ou Fcmployer à des fontes de mi
nes. Il eft vrai que le plomb qu'on en retire eft le plus
pur de tous les plombs 3 excepté celui de Willach , le
quel fort pur dès la première fonte du minéral , comme
on fa dit ailleurs. Si Fon vend cette litarge pour Fufage
des Fonderies 3 on ne doit la faire payer que relative
ment au plomb qu'elle rend : aufli rabat-on ordinaire
ment un fixiéme de fon poids 3 & pour fix quintaux dé
livrés, on n'en paye que cinq. Il y a de Favantage à la
vendre fur ce pied , pareequ'on épargne tous les frais
de la refonte. Celui qui l'acnete y trouve aufli du béné
fice , malgré ce qu'il lui en coûte pour le tranfport 3 at
tendu qu'elle lui fert, tant pour la fonte de les mines
tenant argent, que pour la liquation. Enfin , la litarge
fraîche eft aufli bonne pour le vernis des Potiers y que
celle qu'on nomme marchande 3 à moins qu'il ne s'y foit
mêlé beaucoup, de crafles ; car toute la différence eft
que la litarge marchande eft tombée d'elle-même en pou
dre , ôc que l'autre eft reftée entière ; mais comme les
Potiers {ont obligés de mettre celle-ci en poudre fine
pour s'en fervir, &: que ce travail eft mal fain, ils préfè
rent la litarge marchande.
Tome II* Eee
402, De la refonte de la litarge. Ch. LXXV.
§. i. On nomme rafrakhijjement, la refonte de la litarge
en plomb. C'eft la flamme qui convertit ce métal en
litarge ; c'eft le charbon , oui , par Ton phlogiftique , la
révivifie en plomb dans le Fourneau qu'on nomme
Fourneau à rafraîchir, & le plomb qui en vient fë nom
me plomb frais. La fonte rendant peu de feories , ce
plomb eft communément pur & homogène. Le char
bon de fapin eft celui qui convient le mieux à cette opé
ration i mais quand on n'en peut avoir, celui de hêtre
fait à peu près le même effet,

CHAPITRE LXXV.

*Du Rafrakhijfement ou refonte de la litarge dam


les Fonderies du Bas HartZj.
§. i . T E Fourneau , fervant au bas Harti à refondre
■ y la litarge , eft conftruit auprès des Fourneaux
d'affinage, pareeque Farbre de la roue fert à faire aller
les foufflefs des uns &: de Fautre. Le Fourneau pour la
litarge eft repréfenté fur la Planche XXXIII. on le pré
pare avec une brafque , qui eft compofée de partie
égale d'argile & de charbon en poudre : le lit battu de
cette brafque commence immédiatement au-deiTbus de
la tuyère , & il defeend jufqu'à la chemife , où il eft de
fix pouces plus bas ; on continue la pente jufqu'au baiTïn
de réception , lequel fe trouve de deux pieds au-deftbus
de la tuyère, & creufé d'un pied plus bas que le foyer
De ia refonte de la litarge. Ch. LXXV. 40J
intérieur du Fourneau. A côté de ce premier bafïïn, on
en établit un autre pour la percée, par laquelle on fait
couler le plomb revivifié. On chauffe bien toute cette
ferafcule ^ après quoi on ferme la chemile avec une pierre
d'ardoife, au milieu de laquelle on a fait un petit trou,
qu'on nomme ïœil3 & qui fert à Fécoulement de la ma
tière mife en fufion. .
§. r. On n'ajoute rien dans la refonte de la litarge
du bat Hart^, parcequ'elle fe fond aifément fans fecours,
au lieu que dans le haut Hart\ on eit dans Fufage d'y
joindre des feories pour avoir de meilleur plomb : on
fe contente de cafler la litarge fraîche en menus mor
ceaux ; &c Fon en employé pour chaque fonte cent cin
quante quintaux 3 dont on a cent cinquante faumons de
plomb, chacun de cent trente à cent quarante livres.
Pour commencer cette fonte , on remplit le Fourneau Déchet far la ii-
de charbon , & fur chaque panier de charbon on charge enrpî©^b.m ce
un bacquetde litarge : ce qu'on augmente enfuite (i Fon
voit que le charbon puifîe en porter davantage. Cepen
dant, il ne faut pas en mettre trop , pareeque ne fe révi
vifiant pas toute en plomb , le refte fe convertiroit en
fcories \ ce qui cauferoitun déchet confidérable fur le
plomb qu'on doit retirer. Or ce déchet ne doit être que
du fixiéme du poids de la litarge.
§. 3* Il ne faut pas non plus que les (burBets 'donnent
trop dé vent , pareeque la matière pafleroit trop vite
dans îé Fourneau, & n'auroit pas le temps de fe con
vertir en plomb ; mais trop de lenteur feroit aufli un in
convénient, attendu qu'on conibmmeroit trop de char-
"Eee ij
404 De la refonte de la litarge. Ch. LXXV.
bon. Un habile Fondeur fçait éviter ces deux extrémités:
par Fune , la fonte fort trop e'paiife & en forme de fco-
ries ; par Fautre , il ne vient pas aflez. de plomb dans le
Fourneau de réception. Le mieux eft que la fonte coule
fans difeontinuer , de la grolfeur du doigt.
$. 4. Pendant que le bafïïn de réception fe remplit
de plomb, on enlève les feories, ou bien Fon perce pour
le faire couler dans le baflîn d'à côté , où. il doit refter
quelque temps pour fe refroidir un peu : en attendant,
on le purifie en Fécumant à fa furface jufqu'à ce qu'il
ne foitplus rouge j après quoi on le verfe dans des poê
les de 1er qu'on a chauffées & enduites en-dedans avec
des cendres. Si Fon avoit laiffé tellement refroidir le
plomb , qu'on ne pût le puifer avec la cueilliere , ce ne
ieroit pas un grand inconvénient , pareeque le plomb
de la percée fuivante eft toujours affez chaud pour le re
fondre. Aufli-tôt qu'une poêle eft pleine , le Fondeur
doit avec un petit racloir de fer racler le fond de cette
poêle pendant que le plomb eft encore liquide : il en
retire une efpécc de craffe , qui paroît toute frifée ; ce
qu'il répète jufqu'à trois fois, s'il y a beaucoup d'im
puretés , & fi le plomb permet de le faire avant que de
le figer. Ainfi , il faut que ce Fondeur fçache percer à
propos , afin que le plomb puiflfe être verfé affez chaud
dans les'poëles, & lui donner le temps de le purifier.
On fourre dans chaque culot ainfi purifié , & avant
qu'il fe.refroidifle entièrement, un morceau de fer, qui
a à Fun de fes bouts un anneau, avec lequel on retire ce
culot de fa poêle.
De la reïonte de la litarge. Ch. LXXV. 40c
$. j. Ce qu'on retire du plomb par la purification
précédente , fe nomme Bleypaut^en s c'eft une matière
cuivreufe. Or , comme tout cuivre nuit à la dudtilite du
plomb qu'on veut couler en tables pour le laminer on
remployer à des couvertures , chefneaux , tuyaux , &c.
il faut fen purifier autant qu'il eft poflible : c'elt à quoi
la percée & le refroidilfement , dont on vient de parler ,
peuvent contribuer , pareeque fi le plomb eft refroidi
comme il faut, on en lépare aifément le cuivre, attendu
que ce métal , fe refroidiffant plutôt que le plomb , le
congèle avant lui. Si Fon puifoit, dans le balTin de percée*
le plomb encore rouge pour le verfer dans les poêles ,
on ne pourroit jamais en enlever le cuivre, il y refteroit Défaut dupiomb
& le rendroit inutile à plufieurs ufages , fur-tout pour ^ ùeuedueui-
vre.
les tables à couvrir , pareeque lorlqu'il eft rempli 3e
cuivre , il s'y fait des taches brunes , & fi Fon couvre
Quelques maifons ou quelques terralTes avec ce plomb,
/e rouille & fe perce en peu d'années , & ces couver
tures , laiffant palTer Feau de la pluie , deviennent inu
tiles. Si cependant on vouloit refondre cette forte, de
plomb cuivreux pour le couler en tables, ( ce qui fe fait
ordinairement dans des vaifleaux de fer ) il faudrait
auffi-tôt qu'il eft fondu en retirer les crafTes en queftionj
mais comme cela caufe un déchet , il eft rare que les
Plombiers veuillent faire ce qu'on vient de conleiller ;
peu leur importe qu'on fe plaigne de leur plomb , quan4
il eft employé7 , & qu'ils en ont reçu le prix.
§. 6. Le plomb du bas Hart^ a toujours eu la préfér
rence pour les ouvrages ordinaires des Plombiers ; cç-
406 De la refonte de la lttarge. Ch. LXXV.
pendant on s'en plaignoit il y a quelques années : on
rexamma , & Ton reconnut qu'il avoit des taches cui-
vreufes. Il y avoit peu de temps qu'on avoit introduit
la méthode de griller plus qu'auparavant la mine de
Rammelfierg. Comme de temps en temps il fe trouve dans
cette mine , qui elt de plomb ôc d'argent, un peu de
mine de cuivre qu'on ne fçauroit en leparer , & que
d'ailleurs on en conduit la fonte de telle manière qu'elle
ne donne pas de matte , & encore moins de cuivre , il
en efl arrivé que quand on grilloir moins cette mine ,
celle de cuivre & les pyrites u'avoient pas reçu aiTez de
feux pour pouvoir laifîer couler leur cuivre. Il fe con-
vertiuoit en matte , que les feories entraînoient avec el
le^ , pareeque la fonte étoit extrêmement chaude , en-
forte que ïccuvre ne pouvoir gu ères fe charger de cuivre,
ni par conféquent en rendre dans la refonte de la litar-
ge : & quoique dans ce temps- là on puisât le plomb
dans le premier bafïin de réception , (ans le laiiier re
froidir ni le purifier, pour le verfer tout rouge dans les
poêles de fer; il étoit néanmoins propre à toutes fortes
d'ufages , & principalement aux tables des Plombiers :
mais après qu'on a en commencé à mieux griller la mine
de Rammeliberg , ïœttvre provenant de cette mine fe
chargea de cuivre , lequel étant entré enluite dans la
litarge , introduifit ce métal dans le plomb. C'elt pour
remédier à ce défaut, qu'on a fait les baiïins de percée ,
& qu'on y a fait couler & refroidir le plomb , pour pou
voir en féparer la matière cuivreufe. De plus, Fufage
nouvellement établi de féparer les crafTes dans le com
E)e la refonte de la litarge. Ch. LX3ÇV. 407
mençement de faîfînage, Fa délivre de la plus grande
partie de cette matière hétérogène : le refte s'enlève
dans la poêle avec Fefpeçe de racloir dont on a parlé.
Ainfi , on a fait recouvrer au plomb du ùat Uart\{d. pre
mière réputation, & de plus, on a profité de 6our.e$ fo
craffespour en faire beaucoup de cuivre , ç@rntne on
le dira au Chapitre LXXXI.
§. 7. Après le plomb en tables , la plus grande con-
fommation cjui s'en fait, eft pour le plomb en grenaille
ou plomb de chafTe , & pour les Vitriers. A Fégard de Du plomb de
la grenaille, il importe peu que le plomb foit fi parfait ; chaffe'
on peut y employer coûtes fortes de plomb , d'autant
mieux qu'on Faigrit par le fel ammoniac & Forpiment
qu'on y ajoute : mais le plomb des Vitriers doit être
pur , autrement il feroit trop difficile à tirer. Comme
ces Ouvriers font rarement une grande fonte , & ne
chauffent pas le plomb jufqu'à le rougir, il -eu rare
qu'ils rcjcctcnt celui qu'on leur vend.
§. 8. Les feories qui viennent de cette refonte de la
litarge, fe nomment feones fraîches s & comme elles
tiennent beaucoup de plomb, on les remet dans la fonte
des mines. Il faut pour cette refonte deux Ouvriers , un
Fondeur & un Aide- Pour faire cent culots de plomb »
on employé dix-huit heures, &Fon brûle quatre char
retées de charbon. •
Les amas de crafifes de plomb qui fe font à chaque
fercée» fe mettent à part: on les fond tous les trois mois,
& on les moule en culots pour les mettre au Fourneau
de liquation un à feu très-doux : le plomb qui en coule ,
408 De la refonte de la litarge. Ch. LXXVI.
fe moule de nouveau dans des poêles de fer , où on le
nettoyé à Fordinaire > après quoi on le met avec d'autre
Î>lomb frais pour le vendre. Ce qui refte en cuivre fur
e Fourneau de liquation* fe joint aux impuretés ou
craffes > pour les fondre enfemble , comme on le dira:
au Chapitre LXXXI. & Fayant fait entrer dans la fonte
de cuivre > on en retire de bon cuivre raffiné.

CHAPITRE LXXVI.
<De la refonte de la litarge au haut Hartz,.
$. i. /""^Ette refonte fe fait au haut Hart^ dans des
V^i Fourneaux qui fontconftruits comme les Four
neaux ordinaires à fondre les mines. Il y en a un re—
prefenté fur la Planche XXFIL & Fon en réferve tou
jours un qui ne fert qu'à cette refonte. La brafque fe
compofe aufïi comme pour une fonte de mine : on pré
pare le Fourneau de même, excepté que le bain de
percée eft plus grand pour la litarge y parceque lé plomb
de chaque percée ne s'épuife jamais entièrement * mais
on en laiffe toujours un peu 3 afin que celui de la percée
prochaine fe refroidilTe plutôt.
$.* z. Comme la litarge du haut Hart^} eu égard à la
matte qui fe trouve avec ïœuvre 3 dont elle vient , ne
fond pas bien toute feule , on y ajoute des fcories flui
des , a proportion du befoin qu'elle en a. On la caflfe-
d'abord, & onFétend en petitesjournées 3 fur lefquelles
on
De la refonte de la litarge. Ch. LXXVT. 4c?
On diftribue les feories ; ce qui va à un bacquet de feo-
ries fur deux ou trois bacquets de litarge y lorfqu'ellc-
contient dujpeifi : mais fi elle eft riche en plomb 3 on
ne met cette quantité de feories que fur cinq à fix bac
quets de litarge , & Ton choifit ces feories parmi les
plus fondantes. Il entre dans chaque fonte juiqu a cent
trente quintaux de litarge qui rendent foixante-fix fau-
mons de plomb de cent cinquante livres chacun 3 ou
environ : on eftime à peu près au cinquième le déchet
de la fonte.
- §. 3 . Pour faire cette fonte , on remplit le Fourneau
de charbon , après favoir bien chauffé , enfuite on le
charge de litarge mêlée de feories ; d'abord un bacquet',
puis davantage 3 félon la bonté du charbon. Comme
cette litarge eft un peu chargée de matte 3 & que par
cette raifon elle contient plus de cuivre que Celle du
bas Hart^, le plomb qui en vient eft par conféquènf
plus chaud : ainfï ce travail exige plus de foin , fi For*
veut avoir du plomb qui foit de vente ; car il faut en*
enlever toute la matière cuivreufe.
Lorfque le baifm de réception eft rempli de plomb,:
& qu'on a enlevé les feories peu à peu y on perce 86
Fon fait écouler ce plomb dans le baftin d'à côté } où
on le lauTe jufqu'à ce qu'il foit un peu refroidi : pen
dant cet intervalle le Fondeur en retire Fimpureté qui
monte à lafurface. Dès qu'il a refté un temps conve
nable & qu'il 11 eft plus (1 chaud , on en puife pour
faire quelques culocs 3 qu'on nettoyé encore avec grand
foin y pour en fépaxer la matière cuivreufe & les autres*
Tome IL ïf£
410 DE LA REFONTE DE 1A LITARGI. Ch. LXXVlï.
faletés. Ces matières fe nomment Bleypaut^en 3 comme
au bas Hart^. On fait entrer dans le culot un morceau
de fer à anneau 3 pour pouvoir le retirer de fon moule.
$. 4. Aufli-tôt qu'on a fondu la litarge , on fond les
(èories féparément , & Fon conferve celles qui viennent
de cette dernière fonte pour les ajouter à une fonte de
mine ; mais le plomb qui en vient fe fépare par une
percée & fe mêle avec le précédent , qui eft marchand.
Le Bleypaut^en qui vient de la refonte de la litarge,
eft refondu , puis pafTe au Fourneau de la liquation -, ôc
le cuivre qui en vient eft refondu , & enfuite raffiné.

CHAPITRE LXXVII.
*De la refonte de la litarge a Freyberg en Saxe,
f. 1. /^ Ett e refonte fe fait à Freyberg dans des hauts
V 1 Fourneaux , comme la fonte crue & comme
la fonte en plomb : on les a repréfentés fur la Planche
XXXVlll. On prépare les foyers & les badins 3 ainfï
qu'on l'a dit , en parlant de la fonte crue ; mais on fait
la trace différemment 3 afin que le plomb foit plus éloi
gné du Fourneau 3 que ne l'eft la matière en fufion qui
vient de la fonte crue ; & l'on rend cette trace aflez
large pour contenir douze à quinze quintaux de plomb,
pareequ'on croit que fi le plomb, une fois forti du Four
neau 3 demeuroit aufïi long-temps expofé à une extrê
me chaleur que la fonte de la mine , il s'y brûleroit ea
De la refonte de la litarge. Ch. LXXVIÎ. 4*1
partie. On fait aufE devant le Fourneau , trois difîérens
baflins de fercée , afin que dès qu'on a percé , le plomb
coule du premier baiïin dans le fécond , & de celui-ci
dans le troifiéme.
$. z. Sur chaque cent quintaux de litarge que Fon
met enjournée, on ajoute quinze brouettées de feories
fraîches , que l'on tire des décombres ; & la fonte de
cette litarge peut aller par femaine à quatorze cens quin
taux. Avant que de commencer à charger de cette jour
née, on met un peu de feories de Halsbruck. fur le char
bon qui cft déjà dans le Fourneau ; enfuite on charge
pendant la fonte , deux bacquets de la journée fur un
{>anier au plus de charbon 3 & le travail fe conduit par
e moyen du ne^3 lequel defeend droit dans la trace.
$. 3. On perce toutes les trois ou quatre heures : ôc
comme le plomb entraîne avec lui de la matte qui le
fumage , on la retire avec les feories qui pourroient
avoir paiîe par la fercée j ce qui fe fait avec une écu—
moire. Le plomb étant purifié _, on le verfe dans des
moules de fer qui en forment des faumons de cent li
vres. Une feule percée en fournit jufqu'à quinze , &
d'une fonte entière d'une femaine , on a lept à huit
cens de ces faumons. On brûle pour cette quantité juf
qu'à douze cens chariots de charbon : il y a un Fon
deur & rreis Aides qui travaillent à cette fonte.
$. 4. Mais comme les feories qui en fortent, font
encore fort riches en plomb , puifqu'elles en contien
nent jufqu'à quatre-vingt livres par quintal, on les re
fond pendant le courant de la femaine fuivante dans
Fffij
%<it De la refonte de la litarge. Ch. LXXVIiï.
le même haut Fourneau : la brafque le prépare comme
pour la fonte de la litarge. On ajoute à la quantité de
icories qui eft venue de quatorze cens quintaux de li
targe , quinze brouettées de feories de fer : on brûle
jufqu'à dix chariots de charbon , & l'on en fait envi
ron deux cens cinquante faumons de plomb. Quoique
ces feories diminuent de moitié de richeflè en plomb
par cette fonte , & que le quintal n'en tienne plus que
■quarante livres , elles font encore trop riches ; ainfî
on les refond une féconde fois , ce qui dépenfe en
core dix chariots de charbon , & l'on en tire quatre-
vingt faumons de. plomb. Les feories qui fortent de
xette fonte , font refondues une troifiéme fois : on
brûle pour cette troifiéme fonte dix chariots de char
bon , & le produit eft de quarante faumons ou envi
ron.

CHAPITRE LXXVIII.
*De la refonte de la litarge en Ecojfe,
§. i • /~\ N ne fait pas fouvent la refonte de la litarge
V^/ enEcoflè t pareequ'on y affine peu de plomb,
attendu que communément il n'eft pas riçjhe en ar
gent : cependant lorfqu'on a amafle allez de litarge
-pour la revivifier en plomb , on fe fert des Fourneaux
de fer fondu , dont on a parlé au Chapitre X. §. 16. ôc
que c'eft. ' fon fjùt le feu avec du Couche 9 c'ejl-à-dire 3 ayee du
De la refonte du Test. Chap. LXXIX. 415
charbon de terre qu'on a allume' & lailTé brûler jufqu'à
ce qu'il donnât plus de flamme. Le plomb coule du
Fourneau dans un pot de fer placé devant > & qu'on
chauffe avec du charbon de terre ordinaire : on le levé
avec une cueillicre pour le mettre en faumons.. .

CHAPITRE LXXIX.

1)e la rçfonte du Tefi.

$• 1 • f~\ N avoit interrompu cette refonte du teft dans


V>/ les Fonderies du bas Hart^ pendant plufieurs
années , tant parcequ'on n'y manquoit pas de plomb ,
que parceque celui qu'on en tiroit n'étoit pas fî bon
que le plomb venant de la litarge ; mais on Fa reprife .
depuis peu , & le plomb fe trouve beaucoup meilleur
qu'autrefois. On prépare le Fourneau comme pour une
refonte de litarge ; la brafque eft la même 3 ainfi que
le Fourneau ; & comme le tell eft plus difficile à fondre
que la litarge 3 on y ajoute des feories du haut Harts^y
que Fon diftribue defTus> après Favoir cafTé & étendu
fur une place nettoyée. Ce plomb n'étoit pas bon au
trefois , parcequ'on ne féparoit pas alors Fimpureté qui
s eleve fur le bain , & qu'elle avoir le temps de s'intro-s
duire dans les cendres du teft.
Cette refonte du teft n'eft nécefîaire que dans très-
peu de Fonderies. Dans celles où les matières tenant
plomb font rares 2 & où fon ne peut s'en paiTer pour.
,414 De ia refonte du Test. Chap. LXXX.
féparer tout l'argent des mines, on employé plus avan-«
ta^eufement le teft dans leurs fontes \ il y tient heu de
la litarge qu'on feroit obligé d'acheter. Ce n'eft. donc
que dans les Fonderies où Ton fond des mines pauvres
en argent & riches en plomb , qu'on peut refondre le
teft pour en retirer le plomb -7 car il ne conviendroic
pas de le mêler avec ces mines.

CHAPITRE LXXX.
De U refonte de l'écume ou première crajfe
des jifjinages.

$. 1. /*""^E n'eft qu'au bat Hart^ qu'on refond cette
V—icrafTe des affinages, & Fon n'a commencé à
Je Etire qu'en 1690. Mais on en tire peu de plomb dans
le courant de Fan née , pareeque la plus grande partie
de cette craffe s'employe dans les fontes de mine. La
brafque eft la même que pour la refonte de la litarge :
on fe fert du même Fourneau , & Fon n'ajoute point
de feories , quoique cette crafle (bit plus difficile à fon-,
dre que la litarge.
§. i. Le plomb qu'on en retire eft fi aigre, que fi
Fon frappe un coin de fàumon avec un marteau , if Ce
cafte comme de la mine ; & pour qu'il ait cette aigreur ,
on ne fond que la première crafte des affinages : on ne
perce pas pendant la fonte , & on verfè le plomb tout
de fuite dans les moules.
De la fonte des Crasses. Chap. LXXXI. 415
$. j. Ce plomb aigre s'cmploye par les Fondeurs de plomb qui con-
cara&eres d'Imprimerie : ce qui leur épargne Fantimoi- ^caraCtereT6
ne qu'ils ieroient obligés d'y mêler. Mais comme cette d'imprimerie.
première crafTe contient un peu d'argent , on n'en fait
pas toujours la refonte ; & plus communément on Fa-
joute dans les fontes des mines tenant argent.

CHAPITRE LXXXI.
<Des impuretés quon retire des Affinages du bas
Hartz, y de leur fonte avec le B/eypaut&en
qui vient de la refonte de la litarge,
f 1. 1 'I mp u r e t e' ou les crafTes dont il cft queftîon
J /dans ce Chapitre , vient des affinages : on en
a parlé au Chapitre LXIII. §. 5. & au Chapitre LXIV.
j. j. Le BleypaHtzfin fe retire du plomb dans la refonte
de la litarge , ainfi qu'on Fa dit au Chapitre LXXV.
L'une & Fautre de ces matières contiennent du cuivre,
& c'eft pour le retirer qu'on les fond.
$.i. On amaflfe toutes les crafTes des affinages faits
pendant un ou deux quartiers de Fannée , puis on les
pa(Te par le Fourneau dit à rafraîchir 3 & Fon en fait des
culots dans les mêmes poêles > qui fervent à mouler le
plomb de la refonte de la litarge : on met ces culots fur
le Fourneau de liquation-, le plomb qui en coule fe verfe
de nouveau dans les mêmes poêles ; & comme il dent
encore de Fargent , on Faffine ; ce qui refte fur le Four-
4ié De iXtoNTÉ des Crasses. Chap. -LXXXf.
neau de liquation eft une matière cuivreufe ; fi cette
matière contenait encore beaucoup de plomb , on pour
rait la pafTer une féconde fois par le Fourneau à rafrai-<
chir3 & la remettre au Fourneau de liquation, s'il étoit
nëcelTaire.
§. 5. Le Bleypattt^en fe fond auffi dans le Fourneau à
rafraîchir j le plomb qui en vient fe met pareillement ait
Fourneau de liquation y & il en refte une matière cui
vreufe. Ce plomb qui en a coulé peut fe vendre tel qu'il
eft, fous la dénomination de plomb frais.
Retirer le cui- §. 4. On fond enfuite au Fourneau d'affinage , repré-
d'affinage &'des fente fur U Manche XLIV. les deux matières cuivreufes
Bieypautzen. qUj çQnt reflees fur le Fourneau de liquation. Il y a pour,
cette fonte un' baffin de percée au Fourneau d'affinage
fervant à cet ufàge. On prépare ce Fourneau avec une
brafque qui eft compofée de parties égales d'argile &
de charbon , comme pour le raffinage de Fargent , ex
cepté que le baffin formé par la brafque eft plat vers la:
percée qui paffe à travers le mur : il doit même avoir un»
peu de pente vers ce côté-là, afin que la matière puifle
s'écouler (ans qu'il en refte en arrière ; enfuite oivferme
cette percée avec des briques & de fargile. On la chauffe
bien ainfi que fon baffin de réception ; mais non pas le
grand baffin du Fourneau d'affinage, fur lequel on pôle
d'abord à froid trente à trente-trois quintaux de matière
cuivreufe y puisTon ferme le grand trou à feu avec des
briques , ne laiflànt en bas qu'une ouverture de fix
pouces de hauteur fur toute la longueur de cette bouche
rafeur Tout étant préparé, on fait du- feu avec des fa
gots
De ia fonte des Crasses. Chap. LXXXI. 417
gots dans la chauffe pour mettre la matière en fufïon ?
& avec une efpéce d'écumoire on retire les feories qui
furnagent. Cette matière étant encore remplie de plomb,
on ne peut pas en retirer du cuivre pur dès cette première
fonte ; elle ne fert qu'à la défouffrer : la matte qui s'y
trouve fe grille, & le plomb le feorifie : cette opération
dure vingt-cinq à trente heures. Comme cette matière
eft extrêmement chaude & rongeante, elle creufe con-
fidérablement le bafïin ; par conféquent elle baifle , &
le vent du foufflet ne pouvant plus la frapper comme au
commencement, les feories font alors très- difficiles à
retirer. Si ces feories, qui au commencement font noi-*
res, prennent une couleur bleuâtre, & que le cuivre,
qui s'attache au fer avec lequel on prend Peffai, com-
mence à fe faire ou à fe purifier, on perce pour faire
couler ce métal dans le bafïin de réception qu'on a
tenu très-chaud : on le retire en plaques de cuivre noir,
à la quantité de huit à douze quintaux. On brûle, pour,
chauffer le bafïin de la. percée , deux mefures de charbon ,
& trois cens cinquante fagots dans la chauffe ou réver
bère,
§. 5. On raffemble tout le cuivre noir qui vient des
matières cuivreufes après plufieurs des opérations qu'on
yient de décrire : on refait une nouvelle brafque dans
le foyer y on y met vingt -cinq quintaux de cuivre
noir , & on le chauffe vivement avec la flamme des fa
gots pour le raffiner : on en tire les feories comme dans
le défoujfre' précédent, & lorfqu'elles prennent une cou
leur tirant tur le brun , on levé dans le bain un efTai
T«me Ur Ggg

r
418 De la fonte des Crasses. Chap. LXXXI.
avec uil fer qui eft au bout d'un long manche -, fi Ton
en trouve le grain très-lin, on juge que le cuivre eft
pur : on perce pour le faire couler dans le bafïin de ré
ception qui doit être très-chaud , & on le levé enfuitc
par plaques. Mais comme ces plaques font grandes ôc
pefantes , deux Ouvriers font pafïer une pièce de bois
par-defTous : un troifiéme tient cette plaque avec des
tenailles , & de cette manière on la met plus facilement
dans Feau pour Feteindre. Il n'y a que trois hommes
employés au commencement de cette opération du raf
finage ; mais il en faut cinq , quand il s'agit d'enlever le
cuivre du bafïin de la percée.
produit du cuL- Des vingt-cinq quintaux de cuivre noir qu'on a mis
vre noir en cuivre rr* ° .**,.. ,.%.*. ,
raffiné. rarhner, on retire ordinairement dix-huit quintaux de
cuivre rofette ou raffiné ; &c pour ce raffinage , on brûle
deux mefures de charbon pour chauffer le bafïin de la
percée , & jufqu à trois cens fagots dans la chauffe on
réverbère.
$.6. Les fcories qui reftent de la première opération
font fondues dans le Fourneau deftiné à la fonte des mi
nes de cuivre : on leur joint, fi Fon veut, quelques fco*
ries de fonte de mine. Si la matière fondue qui en pro
vient eft cuivreufe , Fon perce & on la laifie en culot dans
le bafïin de la percée ; mais lorfqu'elle tient beaucoup de
plomb , on la moule dans des poêles de fer , & Fon pafle
ce plomb, ordinairement cuivreux, au Fourneau de li-
quation. Les culots qui font riches en cuivre , font dé^
fouffrés fur le foyer du Fourneau d'affinage j puis on en
raffine le cuivre noir, comme on Fa enfeigné au §. $+
De l'Affilage, &c. Chap. LXXXÏL 41?

CHAPITRE LXXXïL
fDe Vaffinage de la matte de plomb ,Jùivant Van~<
cien ufage du haut Hartz, , aux Fonderies
de SchuUemberg & d?Altenau.
§. 1. TL y a plufieurs années que Paffinagc dont orî
_i_ traite dans ce Chapitre > eft en ufage dans les
Tonçteries du haut Hartz. L'œuvre qui vient de la fonte
des mines de ce pais efr chargé de matte. On la retirait
de chaque percée avec une écumoire, pour la faire entrer
dans un affinage de matte ■ , mais on a réformé cette
méthode. Pour avoir plus d'argent, on mêloit la matte
avec ïccuvre qu'on affinoit enfuite à Fordinaire , & Fon
chaufFoit fi fort, que la matte, qui tenoit encore de
fargent, étoic obligée de s'en féparer avec les crafTes \
mais cette nouvelle méthode n'a pas eu un {uccès*
confiant dans tous les affinages , fur-tout quand ïœu-
vre éroit fort cuivreux, comme- Feft celui d'à préfent.
On fépare aujourd'hui de ces fortes d'affinages, la plu*
grande quantité de la matte avec les crafTes , pour les>
refondre enfuite > & fon affine ce qui en vient comme
autrefois. Quant à k matte , ou la purifie deux fois
avant que de la faire entrer dans la ronte en cuivre :
c'eft-à-dire , qu'on pafTe deux fois par le Fourneau de
fufion, la matte qui a été affinée une fois, & qu'on re
met à Faffinage celle qui en fort. Comme alors elle ne
4io Df l'Affinage, &c. Chap. LXXXIL
contient que très-peu de plomb , on la grille , pour la-
fondre en cuivre noir.
On a toujours fait cet affinage tel qu'on vient de le
décrire, à S. Andreajbergs Se comme les fontes de cet en
droit rendent beaucoup de matte qui efl remplie de
jpeijè , on la mec à part en forçant du Fourneau , pour la
faire entrer dans Faffinage de la matte ; mais on n'y met
pas les craffes des affinages ordinaires.
$. z. La matte & les craffes dont on a parle' au com
mencement du §. précédent, fe fondent enfemble dans
le Fourneau de fonte ordinaire , préparé comme pour
une fonte de mine. On en fait entrer quarante-lix à
quarante-huit quintaux pour une feule journée, 6c Fon
confomme à cette fonte vingt mefures de charbon. On
en retire environ huit quintaux &œuvre , & feize à dix-
huit quintaux de matte , qu'on affine enfuite,
Ce que c'eft §• 5- affiner la matte de plomb, c'eft en brûler le fouf-
qnaffioeriamat- £re ^ agn ^ue %œuvre fe fépare. On n'y peutréuflïr que
fur le foyer d'un Fourneau d'affinage, pareeque ces for
tes de mattes étant trop fufibles , ne peuvent fe griller
à Fordinaire \ elles s'attachent trop tôt à Faire du grilla
ge ; mais dans le Fourneau d'affinage , où la chaleur efl
vive , le fouffre s'allume & fe brûle ; la plus grande partie
de ïœuvre fe fépare , &: ce qui en refte fè retire enfuite
par la fonte. On fait à préfent cette opération au haut
Harfi^ dans les nouveaux Fourneaux d'affinage qu'on y
a conftruits avec une chauffe & un réverbère, & où Fon
brûle des fagots : & comme Fobjet eft de féparer ïœuvre
de la matte ? on ne fait pas de teft ou cendrée j, mais pu
De l'Affinage , &cc. Chap. LXXXII. 411
garnit le badin du foyer dune brafque qui ne peut s'im
biber de litarge , parcequ'il ne s'en forme pas.
$. 4. Cette brafque eft compofée d'une partie d'ar
gile & de trois parties de charbon , le tout pile j, tamifé,
mêlé & humecté. Avec ce mélange , on forme le badin
&c on le bat aufïi ferme que s'il étoit de cendres à For-
binaire i & devant la voye , qui , dans un affinage or
dinaire , ferviroit à l'écoulement de la litarge , on fait
un baiîîn de percée pour y faire couler la matte lorfqu'elle
a rendu ïœuvre qu'elle contenoit. On ne chauffé pas
avec du charbon le badin de Fintérieur du Fourneau ,
mais feulement celui de percée , lorfqu'il s'agit d'y faire
entrer ïœuvre & la matte qui fortent rouges du Four-
Jieau. La brafque dont on vient de parler , ne peut fer-
vir que pour deux affinages de matte.
§• 5- Quand le Fourneau eft accommodé, on fait
pafler au travers trois pièces de bois d'affinage : il faut
qu'elles foicnt droites , & qu'elles rempliffent le bas des
trous à feu. Sur ces trois pièces de bois on met vingt-
cinq à trente quintaux de matte. Vers les foumets, &
du côté du mur où eft la percée , on arrange autant qu'il
eft poflible de tifons & de bois de grillage ; enfuite on
y met le feu , & Fon fait agir les foumets : il faut chauf
fer vivement 3 pour que la matte ne foit pas trop long
temps a fe fondre ; par conféquent il ne faut pas épar
gner le bois ni les tifons, & s'il eft nécefTaire, on y re
met encore de longues pièces de bois d'affinage. Quand
on fe fert du nouveau Fourneau à chauffe féparée & ré
verbère, deux de ces pièces fuffifent pour y placer la
4tt De l'Affinage , &c. Chap. LXXXIT.
matte , & alors on fait le feu avec des fagots , mais fans
interruption.
Lorlque la matte eft fondue , fi elle paroît couverte
«Tune elpe'ce de vernis tenace qui lui ôte tout mouve
ment, il faut la découvrir en retirant un peu de cette
matière tenace pour lui donner la liberté de céder à
Faction des foufflets & de circuler } mais pendant cette
manœuvre, il eft néceffaire d'entretenir toujours- un feu-
très-vif. Quand la matte tient beaucoup de plomb ,
elle n'eft pas long-temps à fe mettre en fonte claire.
Si le degré de chaleur du Fourneau eft toujours tel
qu'il doit être , le iouffre de la matte fe brûle en partie *•
elle abandonne (on œuvre : il fe forme des fcories qui
la furnagent , & qu'on a foin de retirer peu à peu. Lorf-
que vers la fin elle devient plus pàteufe y il faut chauf
fer davantage , & jufqu'à ce qu'on voye qu'on ne pour-
roit plus l'empêcher de s'épaiiïir : alors on retire entiè
rement les fcories qui la furnagent encore , & Pon perce
afin que ïœuvre ôc la matte coulent dans le baftin de
réception : on en retire la matte , & Pon verfe ïœuvrc
dans des poêles de fer. Cet affinage dure huit à dix
heures •> on en retire quatre à cinq quintaux à'œttvre r
douze à treize quintaux de matte , & Pon y brûle de
puis dix jufqu'à quinze jpieces de bois d'affinage,. &£.
environ cent fagots.
$» 6. La matte qui fort de deux des précédens affi
nages , fe fond daqs le Fourneau de fonte préparé com
me pour la fonte d'une mine ; on y ajoute des ftories
démines de cuivre. On confomme pour cette fonte, qui
De l'Affinage , &c. Chap. LXXXII. 415
dure huit ou dix heures , quinze à vingt mefures de
charbon , & il en vient cinq quintaux d'œuvre & jufqu'à
douze quintaux de matte , que Pon affine une féconde
fois, quand on en a vingt- cinq quintaux. On y brûle
deux pièces de bois d'affinage , & quatre-vingt dix à
cent ragots ■ > elle rend foixante - quinze à cent livres
d'oeuvre 3 & quatorze quintaux de matte. On amafTc
celle de deux de ces affinages pour la fondre encore au
Fourneau : on en retire cinquante à cinquante - cinq
livres d'oeuvre, & feiz.e à dix-huit quintaux de matte.
Le quintal de cette dernière matte tenant jufqu'à foi
xante - dix livres de cuivre mêlé d'un peu de plomb ,
on la fait entrer dans une fonte pour cuivre.
§. 7. On reconnoît que la matte abandonne fon œu
vre & qu'elle augmente en cuivre > quand elle devient
plus difficile à fondre , & que fon bain eft tenace ou
pâteux : il faut lui donner alors le plus de feu qu'il eft
poiTiblc } pendant dix heures au moins \ c'eft ce que les
Ouvriers appellent Affinage jttfqu'au poil.
§. 8. Ainfi 3 affiner jufqu au poil 3 c'eft brûler tellement Ce que c'eft
1 r -r 1 1 » \ wi- qn affiner la mat-
le iouttre de la matte , qu on commence a y diuinguer te jufqu'au poil.
le cuivre. Pour en avoir la preuve , on en prend un peu
avec une cueillierc de fer , dans laquelle on laiffe re
froidir cette matière : Fayant enfuite ôtée de la cueil-
liere , on apperçoit au fond du culot un peu de cuivre
en forme de poils. Tout le travail de cet affinage fe fait
par un Affincur & un Chauffeur.
§• 9- Cette matte étant réduite à cet état de concen
tration de foixante- dix livres de cuivre par quintal, on
4i4 De l'Affinage , &c. Chap. LXXXII.
en met depuis cent jufqu'à cent cinquante quintaux fur
du bois rangé dans des grillages fermés , & on lui donne
quatre ou cinq feux. Chaque feu dépenfe trois mefures
de bois ; on la fond enfuite dans le Fourneau qui fert
à la fonte de cuivre , fur une brafque compofée de
quatre parties de charbon en poudre & d'une partie
d'argile , & cette fonte fe fait a poitrine ouverte. Une
feule brafque peut fervir , fans être réparée } pour la
fonte de deuxjournées de trente quintaux de matte cha
cune : on y ajoute des feories ordinaires, & la con-
fommation du charbon pour chaque journée, peut aller
à vingt mefures : on en retire trois à quatre quintaux
de cuivre noir , dont le quintal contient trois onces à
trois onces & demie d'argent > & dix-huit quintaux de
nouvelle matte , que Fon grille encore trois Ôc quatre
fois y pour la refondre comme la précédente. Le cuivre
noir qu'on en retire , ne tient plus qu'une once ôc de
mie à deux onces d'argent : on Fajoute à la fonte du
déchet : mais on met le précédent à la liquation dont
jl fera parlé ailleurs.

CHAP. LXXXIIL
Dé i'AffWage , &c. Chap. LXXXIIL 41 j
i■ ' 1

CHAPITRE LXXXIIL
<De l'affinage de la matte de plomb dans la Fonderie
de S. jéndreasberg.
• • '*- - ■
'§. 1. /^Omme il fe fait beaucoup de matte dans la
\^j fonte des mines de .S". Andreajberg, on la lève
par plaques \ ainfl on ne la mêle pas avec ïœuvre } com
me on eft dans l'ufage de le faire aux autres Fonderies
du haut HartT^ Quand il s'agit d'affiner cette matte y
on prépare un baftïn fur un Fourneau d'affinage ordi
naire , avec de la brafque compofe'e de deux parties de
charbon & d'une partie d'argile. On ne chauffe pas ce
bafîïn lorfqu'il eft achevé , mais on paffe trois pièces
de bois d'amnage un peu fortes à travers le Fourneau ,
& Fon place deflus vingt - cinq quintaux de matte de
plomb , puis on met des tifons confervés des affinages
pre'cédens devant les foufflets : on les allume & Fon
iouffle doucement d'abord , jufqu'à ce que cette matte
(oit fondue : enfin on augmente le feu par des tifons ,-
jufqu'à ce qu'elle foit liquide s & qu'elle commence à
fe {confier à fa furface. Alors on fait une rigole pour-
faire couler les feories par la voie ordinaire , & Fon
continue de chauffer vivement jufqu'à ce que la matte
devienne pâteufe , & que fes ondulations foient lentes
& paroifTent epaiffes. Lorfqu'on a cette marque qu'elle
eft aflez affinée , on fait une ouverture profonde dans
Tome IL Hhh
V
4^6> De l'Affilage , &c. Chap. LXXXIII.
la voie pour la faire couler avec ïœuvre dans le baffin
de réception. Quand ces deux matières s'y font raf-
femblées , on retire la matce avec une écumoire , &
Ton verfe ïœuvre dans des poêles de fer. Cet affinao-c
dure dix à douze heures , félon que la matce eft bonne
ou mauvaife. On brûle dfx à douze pièces de bois,
& fon en retire fix quintaux d'oeuvre , fans compter la
mafte. . . .':
$, x. On repaûe cette matte au Fourneau de fonte
ordinaire, & on faffine une féconde fois fur une braf-
que compofée comme-la première : on y remet encore
vingt-cinq quintaux de matte fur des pièces- de bois
d'affinage qui traverfent le Fourneau r le refte du tra
vail eft conduit comme le précédent : mais cette matte
contenant moins de plomb que la première , elle eft
moins facile à fondre -y il faut lui donner plus de feu.
Ce fécond affinage dure dix à doiïz.e heures^ on y brûle
depuis diz jufqu'à quatorze pièces de bois d'affinage ,
& fon retire depuis cinquante jufqu'à- deux cens livres
à'œuvre fort aigre , & qu'on nomme Spetfi*
§. f. On amaife ce Speife jufqu'à ce qu'on en ait une
fuffifante quantité. Quand la matte d'un fécond affi
nage a coulé entièrement du Fourneau , on le chauffe
speifr : ce que vivement. Le SfeiÇe qu'on y a mis fe fond ; on le fait
c di couler à fon tour , dans k baffin qui eft dans le Four
neau , & fon en a huit à neuf quintaux de cuivre mêlé
de plomb , que fon verfe dans des poêles de fer ; mais
comme le quintal de ce cuivre tient jusqu'à quinze on
ces d'argent, on le fait pafter par la liquatiofl. Cet affir
Dje j/Aefinàgb , &cc, Cbap. tXXXlîh 417
nage dure cinq à fix heures , & $on y brûle depuis
cinq jufqu'à huit longues pièces de bois,
$. 4. Lorsque la marre de plomb eft afcéc, on la
fond dans un Fourneau fervant à la fonte des mines :
on y &it paffer la matte de deux affinages avec celle qui
eft forcie de quelque fonte de mine riche qui ordinaire
ment contient encore du mmlj &: Fon y ajoute les débris
des Éontes précédentes. Cette* fonte d'une journée dure
feize à dix-fept heures , on y coniomme julqu'à dix-
huit mefures de charbon, & Fon en retire dix à onze quin
taux $œuvre y & feize à vingt quintaux de matte. Com
me les feories qui viennent de cette fonte font très-f
fibles, on les conferve pour la fonte d'une mine rebell
$. 5. La matte affinée deux fois ayant été fondue
on la porte dans un grillage muré & fermé ; on en m<
jufqu'à cent quintaux fur du bois , & on la grille fi
fois. Chacun de ces feux dure près de trois jours ^ o,
consomme pour les fix, vingt -une mefures de bo
de hêtre. Après les (ix feux , on fond cette matte dan
un Fourneau ordinaire , en y ajoutant des feories pro
venant de la fonte de quelque mine riche. Il faut re-
nouveller deux fois la brafque pour la fonte de ces cent
quintaux de matte , & elle rend par journée de trente
quintaux ^ quinze quintaux de cuivre noir } ôc environ
le cinquième en nouvelle matte de cuivre. Le quintal
de ce cuivre noir tient jufqu'à cinq onces & demie
d'argent i ainfï on le met au Fourneau de liquation.
On orale cinquante mefures de bois de hêtre pour la
fonte dont on vient de parler.
Hhhij

r
4i8 De la fonte de la Matte , &?c. Ch. LXXXIV.
Comme il en fort environ vingt quintaux de nou
velle matte de cuivre , on la grille fix ou fept fois , ce
qui confomme encore huit melures de bois : on la fond
enfuite comme la précédente. La fonte dure huit heu
res, & consomme vingt mefures de charbon. Le pro
duit eit encore de quinze quintaux de cuivre noir , 8c
de deux quintaux de matte de cuivre : on met à la li-
quation ce cuivre noir# parcequ'il tient environ trois
onces & demie d'argent par quintal.

CHAPITRE LXXXIV.

^De lafonte &grillage de la matte deplomb a Frey-


bergy & de la manière d'en tirer le cuivre,
$. i, T A matte qui vient de la fonte en plomb dans
\ JLjles Fonderies de Freyberg , fe nomme auffi
n Matte de plomb 3 & contient de Fargent y du cuivre , ôc
du plomb. On ne faffine pas comme celle du haut Hart\.
C'eft par d'autres fontes qu'on en tire les métaux qu'on
vient de nommer, & ce à la fin de chaque quartier ,
afin de pouvoir mettre en recette tout ce qu'on a eu
de métaux pendant trois mois , des mines qui ont été
apportées à la Fonderie.
$. t. Comme cette matte contient encore beaucoup
de fouffre , on la grille fur une aire qu'on a couverte
d'abord de pouffier de charbon , puis de cinq à fix pa
niers de charbon , fur lequel on arrange quatre-vingt
De la fonte de la Matte, &c. Ch. LXXXIV. 419
à quatre- vingt-dix quintaux de matte. Quand le pre
mier feu eft fini , on la change au fécond , puis au troi-
{iéme & au quatrième ■-, enfin on lui donne un cinquiè
me feu , il elle paroît encore fulfureufe : on n'employé
point de bois à aucun de fes grillages.
■S. 5. Quand la matte de plomb a eu tous fes feux,
on la fond dans le haut Fourneau , préparé comme
pour la fonte en plomb \ & fur cinquante-deux quin
taux de matte ainfi grillée 3 qu'on met en une feule
journée , on ajoute vingt-deux brouettées ^le fcories
provenant d'une fonte pour cuivre. Si Fon n'a pas de
ces fcories , on leur fubftitue dix brouettées de fcories
d'une fonte de mine. La fonte d'une femaine peut aller
à trois cens dix quintaux de matte , fur lesquels on
ajoute dix quintaux de litarge. On conduit cette fonte
comme la fonte en plomb , & par le moyen du ne\ s
mais comme cette matière fond très- aifé ment } on char
ge ordinairement deux bacquets de matière fur un demi
panier de charbon. On perce de fept heures en fept
heures , & on enlevé à chaque percée 3 la matte qui s'eft
formée de nouveau. Le travail commence le lundi à
midi 3 & finit le famedi à pareille heure ; ce qui fait
cent vingt heures qu'on divife en trente - fix journées.
On conlommc pendant ce temps-là treize chariots de
charbon -, on retire de cette fonte vingt-cinq à trente
quintaux $œuvre tenant depuis cinq jufqu'à huit onces
d'argent par quintal , & environ cent vingt quintaux
de matte de cuivre 3 dont le quintal tient depuis trois
jufqu'à quatre oaces & demie d'argent. Comme Vœuvre
4jo DelafontedelaMatte,&c.Ch.LXXXIV.
cft cuivreux^ on le palTe au Fourneau de liquation , &
fon remet dans la fonte pour cuivre 9 ce qui relie fur
ce Fourneau.
§. 4. Quant à la fonte pour cuivre , quoique ce rre
foit point ici le lieu d'en parler y on a cependant jugé
à propos de la décrire de fuite s pareeque cette matte
Je cuivre vient de la fonte <iune muie de plomb &
d'argent. On grille donc à douze ou quatorze feux la
matte qui fort de la fonte de la matte de plomb des §.
précéder* , & que Fon nomme Matte de cutvre : le gril
lage eit de cinquante à ioixance quintaux. Les fept ou
huit premiers feux fe font avec le charbon ; & quandr
on croit que la matte ne peut plus s'attacher au loi du
grillage y on fait les autres feux avec du bois : on a foin
en tournant chaque grillage 3 que la matte qui s'eft
trouvée fur les bords , (ok mile au milieu pour le feu
fuivant -, & que ce qui étoit au milieu dans ce fécond
feu , foit fur les bords dans le troisième. Les premiers-
feux durent près de huit jours , les autres ne font pas
fi longs : aux derniers feux on trouve auez fouvent du
cuivre a demi pur , on le détache de la macte , & on
le met à part 3 pour la fonte en cuivre à laquelle on
fajoute. . .
§.5. La matte de cuivre étant grillée , on la fond
clans un Fourneau bas qui eft prelque femblable au
Fourneau à rafraîchir ou à fondre la litarge du bas Hart^3
mais à celui-ci il n'y a pas de bafïin de percée. On le
nomme cependant Yowrneau apercer, pareeque la ma
tière en fufion s écoule par fW d'un avant-foyer. Il eft
De la fonte de la Matte, Sec. Ch. LXXXIV. 4$ 1
repréfenté fur la Planeht XXL La brafque avec laquelle
on prépare ce Fourneau. , eft compofée d'une partie
de charbon & de deux parties d'argile. Le baflin de
réception de Yavant-foyer qui eft à fleur de terre & tout
auprès de la chemife , a deux pieds neuf pouces de dia
mètre , & un pied & demi de profondeur ; ce qui lui
donne aiTez. de capacité pour recevoir tout le cuivre &
la matte de la fonte. De ce baflin jufqsu'au niveau de
la tuyère , il y a deux pieds de diftance j & de cette
tuyère jufqu'au fol de Fourneau, quatorze pouces de
pente : enfin du fol jufqu'au baflin, il y a un talus de
icize degrés. LW fe ferme avec du charbon enduit
d'argile comme dans le hétut Hart^. On le met dans
l'endroit où fe fait l'écoulement de la matière , biffant
une petite ouverture par-deffous-, enfuite on allume
du charbon dans le Fourneau & fur le baflin de récep
tion , pour les chauffer l'un & l'autre. On charrie de
vant ce Fourneau vingt-fix à vingt-huit quintaux de
la matte de cuivre qui a été grillée à douze ou quatorze
feux , avec fept brouettées de feories fondantes de la
mine de Habbruck., & quatre brouettées de feories de
plomb , d'un demi quintal chacune. On charge d'a
bord avec les feories fondantes , & enfuite on entame
la journée y en mettant deux bacquets de matière fur
un panier de charbon qu'on n'emplit pas entière
ment. On fait aller les foufflets fort vite , & le ne^doit
defeendre jufqu'à neuf pouces de longueur. Comme
le cuivre & la matte qui fortent du Fourneau reftent
cnfemble dans le baflin de réception , pendant la fontç.
4J i De la fonte de la Matte, &c. Ch. LXXXJV-
qui dure jufqu'à midi ou une heure , on fait brûler
defTus du bois & des flambeaux de charbon , pour ert
entretenir la chaleur. On enlevé les fcories^de cette
fonte j & comme elles font fufibles , on les conferve
pour d'autres fontes. Pour les lever plus aifément , on
met une pelotte de terre dans la tuyère , afin d'empê
cher le vent des foufflets de frapper dans le bafîïn de
réception. Les fcories étant enlevées jufqu'à la furface
du cuivre, on le rafraîchit avec un peu d'eau pour le
lever en plaques. Ce cuivre fe nomme Cuivre à ajouter,
pareequ'on le remet dans la première fonte que ion-
fait de la matte de cuivre en cuivre noir. On confomme
pour cette fonte , jufqu'à un chariot & demi de char
bon. Le produit eft de dix à onze quintaux de cuivre à
ajouter ou refondre , & de un à- deux quintaux de matte
de cuivre.
§.6. La fonte de la matte en cuivre noir fe fait com
me la précédente , &c dans le même Fourneau représenter
fur la Planche XXI. On y ajoute aufïî le cuivre dont on
vient de parler * ainfi il faut faire le bafîïn de réception
un peu plus grand. On compofe la journée de quatorze
à quinze quintaux de matte grillée à douze ou quatorze
feux , de huit à dix quintaux de cuivre de la fonte pré
cédente , de la matte de la même fonte , de fèpt brouet
tées de fcories fondantes de la mine de HaliWuck , 6c
de quatre brouettées de fcories de plomb. Lorsqu'on
a chauffé fumTamment le Fourneau, on commence ht
fonte à quatre heures du matin , & elle eft finie à midi
ou à une heure. Elle dépenfe un chariot & demi àt
charbon 3
De la fonte des Mines", &c. Ch. LXXXV. 45$
charbon , & elle rend quatorze à quinze quintaux de
cuivre noir qu'on lève en plaques , & un ou deux quin
taux de matte de cuivre. Cette matte s'ajoute à une au
tre fonte , & ainifi jufqu a la fin de toute Fopération,
Le quintal de ce cuivre noir tient depuis un marc juf-
qu'à un marc & demi d'argent , & depuis quatre-vinert-
{ix jufqu'à quatre-vingt-quatorze livres de cuivre : on
Fenvoye à la Fonderie de Gmnenthal pour être mis à la
liquation. Il faut s'arranger de telle forte pour les deux
précédentes fontes 3 que la première ne rende pas plus
de cuivre qu'il n'en faut pour la féconde. Il n'y a pour
tout ce travail qu'un Fondeur & un Aide.

CHAPITRE LXXXV.
T)e la fonte des Aîines de cuivre,
§■ i.TL n'y a que deux manières de tirer le cuivre ée
JLfa mine. i°. Par la fonte, c'eft la principale, k
plus connue, & la plus exacte. %. Par lefïive : on ne
fond pas la mine, on fe contente de la griller , de la
jetter rouge dans Feau, de retirer cette eau qui devient
verte , & d'en précipiter le cuivre par le fer. Cette mé
thode qui eft très-ancienne , étoit en ufage au bdsHart^,
quand on introduite la fonte dans les Fonderies de
Rammelfberg.
$. i. Ce fut vers Fan 1577. qu'on commenta à tirer
du. cuivre de la mine de Rammellberg. Un nommé
Tome li. lii
434 De la fonte des Mines , &c. Ch. LXXXV.
Georges NeJIer, Fondeur de Joa,chtmfthal en Bohême,
fut le premier qui fit cette fonte ; il faifoit d'abord trier
la mine de cuivre , il en faifoit mettre deux à trois cens
quintaux fur du bois dans un feul grillage $ il Fallumoit,
&c quand ce grillage étoit aflaifle , il le couvroit par
tout avec de la mine fort menue & humedtec , de Fé-
paifTeur de trois à quatre doigts , & il le laiiîoit en cet
état jufqu'à ce que le feu fut éteint ; enfuite il faifoit
porter cette mine grillée dans une grande cuve, & met-
toit de Feau deflus: il y faifoit macérer la mine pendant
vingt-quatre heures , pour en faire une lefïive dont on
fabriquoit enfuite du vitriol ; puis on ôtoit la mine
de la cuve, on la brifoiten morceaux de la grofTeur d'un
œuf, on en prenoit trente brouettées pour une journée ,
ôc Fon ajoutoit dix à douze brouettées de feories. Il fal-
loit qu'un Fondeur & fon Aide fondiflent cette quan
tité dans Fefpace de vinet-quarre heures : on entiroit
* r ■ j t r ' rc
cinq a iix quintaux de matte. Loriqu on avoit amalle
cent quintaux de cette matte , on la grilloir deux fois \
après quoi on la remettoit dans la cuve avec de Feau
pour en tirer une féconde lcflive^ dont on faifoit encore
du vitriol. On prenoit vingt-quatre brouettées de cette
matte grillée & leflivée pour une journée 3 à laquelle on
ajoutoit du plombfiais de litarge & du tefi , pour les fon
dre enfemble. On grilloit cinq à fix fois la matte qui
provenoit de cette fonte \ on la refondoit encore avec
du plomb frais de litarge &c du teft ; mais comme ïœuvre
de ces fontes contenoit du cuivre , on le mettoit a la li-
quation. On çroyoit dans ce temps-là que par cette
De ia fonte t>ts Mines, &c. Ch. LXXXW 4$$
double fonte Fargent fe féparoit entièrement de la
matte
La matre , qui vient de la dernière fonte , fe grille
encore trois fois avant que d'être fondue en cuivre noir.
On raffine enfuite ce cuivre noir en cuivre parfait.
$. 5. On a établi aufïi cette fonte pour cuivre dans le
haut HartZf Comme on y trouvoit peu de mine de cui
vre , on la portoit alors au bas Hartz^, où on la fondoic
dans deux Fonderies particulières; mais depuis 1680.
cette fonte pour cuivre fe conduit très- bien dans le lieu
même.
$. 4. On employé pour fondre les mines de cuivre
une brafque pelante y & Fon en garnit le Fourneau, au
quel on tait un baffin pour la percée. Cette fonte peut fe
faire, i°. parle Fourneau courbe, fuivant Fufagc du
bas Hart^j, t°. Par le Fourneau courbe dont on (e fert
dans le hxut Hart%. $°. Par le Fourneau à la Hongroife,
ou à lunettes, comme dans le Comté de M,ansfeldt<
4°. Par le haut Fourneau que Fon prépare comme le
Fourneau à lunettes. $°. Par fe Fourneau dont on le
fert à Schmdnits^àzns. la baffe Hongrie. 6°. Enfin , par
le Fourneau courbe, en fuivant la méthode des Suédois
a Yalhum. ., „ - . , ■•..•'.-.; .::".• •j-.lt.* l. _>,...'
$. j. Il y a différentes fortes de mines.dc cuivre, La
plupart font fi fulfureuies qu'on n'en peut pas chaffer
entièrement le fouffre par les grillages -, ainu ces mines
ne rendent pas fi facilement. leur métal , que les mines
de plomb & d'argent rendent ïcettvre. Elles ne donnent
d'abord que de la matte : il y a cependanr quelques
lii ij
4$ 6 De la fonte des Mines , &c. Ch. LXXXV.
endroits où la mine de cuivre , contenant peu de fbuf-
fre, rend du cuivre noir dès la première fonte ; mais ces
endroits-là font rares. Telle eft la Vallée à'itter dans la
Principauté de Hejfe d'Armftadt, où Fon fait du cuivre
noir dès la première fonte d'une mine de cuivre feuil
letée, & de couleur brune. Il y a auffi à Meydemberg
dans la Servie une mine qui rend d'abord du cuivre
qu'on peut employer comme cuivre raffiné. D'autres
mines rendent aufli du cuivre noir dès la première fon
te , mais mêlé avec de la matte. Enfin , les mines feuil
letées ou en ardoifc du Comté de Mansfeldt, quoique
très-peu fulfureufes , ne donnent fouventque de la mattc
a la première fonte.
§. 6. Les mines de cuivre de Rammelfierg & celles du
haut Hart^ ne font aue des pyrites cuivreufes. Les plus
rebelles à la fonte font fans contredit celles de Ram
melfierg, parcequ elles font en même temps fortferru-
gineufes. Ainfi , il n'eft pas étonnant qu'on y ait ignoré
li long-temps Fart d'en tirer le cuivre. Il y a peu de mi
nes aufquelles il faille donner un fi grand nombre de
feux pour les griller, & qui, dans la fonte , foient auffi
chaudes & auifi rongeantes. Le cuivre , qu'on avoit
centé de faire avant Georges Nepr, ne valoit rienf $£
Jon ne pouyoit en faire aucun ufage.
A
De la Fonte , &c. Chaï>. LXXXVI. 457

CHAPITRE LXXXVI.
*De lafonte de la mine de cuivre par un Fourneau
courbe , Juivant la méthode du bas Hartz,
(f de Rammelsberg*
$. 1. T E Fourneau dont on fe fert à Rammelfbergy cft
I ^repréfenté fur la Planche XXVL Premièrement
on y fond la mine* fecondement, les matières qui vien
nent de cette fonte , après les avoir grillées.
§. z. Pour la fonte de la mine, on employé une Brafque légère,
brafque compofée d'une partie d'argile & de trois par-ce quc
ties de charbon , ce qu'on nomme Brafque légère. On
met cette brafque humectée au fond du Fourneau pour
en former un fol qui aille en pente vers le bafïin de
réception. Sur cette brafque , on place une petite pierre
au milieu du Fourneau 3 & immédiatement au-deflbus
de la chemife -, & pour diriger la percée , on y met un
morceau de bois pointu dont la pointe eft devant la
pierre. On charge Fune & Fautre de nouvelle brafque.
On la bat à mefure qu'on la met 3 enforte qu'elle com
mence du dcûous de la tuyère 3 & qu'elle aille en pente
jufqu a la chemife , où elle doit être plus baffe de qua
tre pouces , que le niveau de la tuyère : on fait enfuite
le badin de percée 3 & Fon retire le morceau de bois
pointu ou conique qui a formé le canal de cette percée
dans la brafque qu'on a battu deffus & tout autour : en-
4j8 De la Fonts , &c. Chap. LXXXVI.
fuite on crcule la trace qui a quinze pouces de lon
gueur devant la chemife , & fept pouces en-dedans du
Fourneau. On lui donne cinq pouces de largeur, &
douze pouces de profondeur jufqu'à la pierre dont ont
a parlé ci-deflus ■ , mais il faut prendre garde de toucher
au fol en creufant trop bas. Cette trace eft en angle
aigu & ne va que jufqu'au fol de brafque y afin que
fi la fonte s'y attache & forme des amas , on puiffe fa
cilement les en 6ter. Comme la trace eft à découvert i
on nomme cette préparation , ttn accommodage à poitrine
mverte : on le peut voir repréfenté fur la Planche XXVU
Le morceau de bois pointu & la petite pierre dont
on a parlé ci- demis , fervent donc à indiquer fendroit
où il faut percer quand il en eft temps , afin d'arriver
précifément au fond de la trace. Après que la trace eft
creufée , on ferme iW par-defliis avec des briques &
de Fargile ; enfuite on chauffe les baflins de réception
& de percée , avec de la tourbe ou avec du charbon de
fapin. La brafque doit réfifter pendant toute la fonte
de cinq journées % elle tiendroitmême plus long-temps,
s'il y avoit plus de cinq journées à fondre par iemaine»
Le creux & la voie des feories fe font avec du fable.
La matière cuivreufe de Kammetfierg n'étant, comme
on Fa dit , qu'une pyrite fort fulfureufe & fans mélange
d'aucune forte de roc, elle fe fond très- aifémcnr; car
c'eft le roc qui rend ordinairement ces matières difficiles
à fondre. Or, comme cette mine eft trop fufible , on
cft obligé d'y ajouter des matières dures , telles que du
§ath 3 ou quelque roc feuilleté. Celui qu'on trouve
De la Fonte , &c. Ch ap. LXXXVL 45 9
dans les environs contenant aufïi un peu de cuivre ,
convient très-bien à cette fonte ; on le nomme Knieft ;
il a la propriété de reprimer la trop grande fufihilité
de la mine de cuivre t & de lui fournir aufh un peu de
ce métal. Cependant il ne faut pas que la compofition
de h journée (oit trop rebelle à la fonte ; car les feories
doivent fe (eparer aifement & furnager la matte : ainfi.
il faut y ajouter quelque matière qui ait été déjà fon
due, comme des feones confervees de fontes précé
dentes qui ont bien réufli. A fegard des feories qui
fortiront dans la fuite de la fonte des mattes qui auront
été grillées , il faut les conierver toutes pour les join
dre a la fonte des mines.
Une journée de la mine de cuivre de Rammelfierg eft
de vingt-deux feberbens s fçavoir , dix feberbens de mine
grillée trois fois ; quatre feberbens de knieft grille une
fois; fix feberbens de feories de mine de cuivre } & deux
feberbens de celles qui proviennent de matières grillées.
Si dans d'autres circonftances où Fon n'a pas provifion
de toutes ces matières , on met plus de mine & de lenieft
dans une journée 3 qu'on ne vient de le dire , on rabbat
alors cet excédent fur la quantité de feories : outre le
mélange ci-deflus , on fait encore entrer dans les cinq
journées d'une femaine 3 les feories impures & les débris
de Fourneau de la fonte précédente.
$. ). Lorfquon veut fondre , on commence par
remplir le Fourneau de charbon. Quand la bxafque a
été bien chauffée , on charge deux bacquets de matière
fur un panier de charbon : on augmente enfuite peu
440 De la Fonte , &c. Chap. LXXXVI.
à peu la charge de la matière ; car lorfque la fonte coule
bien 3 on peut en mettre jufqu'à quatre bacquets fur
un feul panier de charbon : mais il faut dans les pre
mières charges avoir attention que le ne\ fe forme bien
& lentement > &c qu'il s'allonge jufqu'au milieu du
Fourneau , où il doit s'élargir par le haut 3 afin que le
vent des foufflets puifle y monter. C'eft alors qu'on
connoît mieux combien il faut de charbon pour fon
dre une quantité de matière à peu près déterminée.
Ordinairement la fonte s'attache à la brafque , fur-tout
au commencement ; ainfi le Fondeur doit vifiter fou-
vent le Fourneau pour en arracher les kpobbens ou amas ,
les brifer & les rejetter fur le charbon. Il arrive aufïi
que la fonte ou matière en fufion , devient pâteufe ,
pareequ'on a fait entrer dans la journée 3 la matière des
bords du grillage qui n'a pas eu afTez de feu. Un ha
bile Fondeur le reconnoît au »^qui fe perd, aux feo-
ries qui fument beaucoup } à la matte qui devient plus
épaifle & plus pefànte , & quelquefois fi épaifle > qu'on
ne peut plus en diftinguer ni féparer les feories. Pour
prévenir ces accidens 3 il ne faut faire entrer dans la
journée , que de la mine bien grillée, prife au milieu
des grillages 3 & non fur les bords j faire un mélange
le plus exact des matières qu'on veut fondre avec .la
mine , afin que chaque charge loit femblable à celle
qui la précède & à celle qui la fuit. Si malgré cette
précaution , la fonte eft encore trop pâteufè , il fau6
mettre moins de matière fur le charbon , ou bien ajou
ter un peu de k?Mfl> &. faire aller les foufflets 3 comme
De la Fonte , &c. Ckap. LXXXVI. 441
on Fa enfcigné au Chapitre XL. §. 9. c'eft-à-dire „
qu'il faut que chaque iourHet fouffle environ quatre
coups dans le Fourneau pendant une minute : alors ii
fe fera moins de matte crue.
Il arrive aufïi quelquefois que la mine de cuivre eft
trop grillée, & que la fonte coule trop lentement, ce
qui eft cependant rare à Rammelsberg. Alors la matte
ne s'enlève pas nette du baflin de réception , & fes pla
ques emportent toujours un peu de brafique autour de
leurs bords : d'ailleurs,cette matte ne vient pas en quan
tité fuffifante ; & quoiqu'elle tienne du cuivre ,■ elle
«l'eft pas afTez riche. Le remède à cet inconvénient eft
facile, il n'y a qu'à ajoutera la composition àzsjour-*
nées , de la mine qui foit moins grillée : la fonte eft
bientôt rétablie,
§. 4. Il faut obferver fouvent à quelle hauteur la
matte monte dans le baflin de réception , & fi elle ne
fè mêle point avec les fcories : on le reconnoît aifé-
ment , puifque la matte coule plus vite que les fcories -
Si elle s'y mêle , les fcories en entraînent une partie.
Il faut, pour s'afTurer qu'elles font féparées Fune de
Fautre , enfoncer dans la matière en fuflon , rafTemblée
dans le baffin , un morceau de fer pointu : la matte s'y
attache , & forme autour un enduit afTez mince ; les
fcories au contraire y font un enduit épais* Si Fon voit
que F'enduit des fcories foit de trois ou quatre pouces
au-defïus de la matte , il faut percer. Dés que la matte
s'eft écoulée & que les fcories commencent à la fuivre ,
on bouche la percée avec un morceau de bois , au bouE
Tome II Kkk,
442, De la Fonte, &c. Chap. LXXXVI. ,
duquel on a ajouté un morceau d'argile humecté. On.
enlevé le peu de feories qui a coulé dans le baflin de
percée avec la matte ; & on le rejette lur le Fourneau ,
pareeque ces feories retiennent toujours quelques grains
de matte : enfuite on levé cette matte par plaques ou
feuilles, à mefure qu'elle fe congelé à fa furface, &*
on la met de côté. Pour connoître ce qu'elle tient de
cuivre , on prend un eflai de la troidéme des plaques
Différences de qu'on a levées. Si la matte eft riche en cuivre , clic fe
dV^mn'epu'-figc en feuilles minces qui ont de la confiftence , &
vie en cuivre. qu'on peut lever avant qu'elles foient de'rougies. Si elle
tient peu de cuivre , les feuilles deviennent des plaques
epaifles qu'on ne peut enlever qu'après qu'elles font
devenues noires , parcequ'elles fe cafTeroient.
$. j. Quelques Auteurs prétendent que la matte
crue qui provient d'une fonte de mine de cuivre, ne
doit contenir que dix- huit à vingt livres de cuivre par
quintal , pareeque (i elle étoit plus riche , il fe perdroit
du cuivre dans la fonte fuivante. Cela peut être quand
la mine eft pauvre ; mais quand on fond une mine ri-r
che , le quintal de la matte qui en vient , peut fans au-r
cun inconvénient contenir jufqu'à. quarante livres de
cuivre. La fonte fuivante le concentre ou le réduit plus
aifément, & Fon épargne des frais & du charbon. Ainfi,
pour que la matte s'enrichifTe à ce point , le moyen
principal eft de bien griller la mine , parccqu'alors elle
rend moins de matte , & tout le cuivre de (a mine fc
trouve dans cette moindre quantité. Il faut cependant
régler le nombre des feux du grillage fur la qualité de
la mine.
De la Fonte , &c. Chap. LXXXVL 44$
$. 6. Lorfque le Fourneau fe trouve furchargé par
inattention , le »*rç s'allonge jufqu'à la chemife ; alors la
fonce ne peut plus couler. Le feul remède eft, ainfi qu'on
fa déjà dit ailleurs, de charger un ou deux paniers de
charbon fans ajouter de matières de h journée 3 de bien
ouvrir le nes^3 afin que le vent des (ourlets puifle agir -,
après quoi il faut charger fur le charbon un ou deux
bacquecs de feories de la mine de plomb de Rammelfierg*
Au/Ii- tôt que ces feories font parvenues jufqu'au ne\*
elles le rongent , ôc r'ouvrent le Fourneau : on peut
mettre encore plus de ces feories , s'il eft néceffaire. Il
arrive quelquefois , quoique rarement > que ce remède
eft fans fuccès. Dans ce cas , on eft obligé d'arrêter les
foufflets , &c d'ouvrir le bas de la chemile pour brifer le
netj Ce moyen , quoique pénible , eft praticable , &c
fans cette dernière reffource on feroit obligé d'arrêter la
fonte , ce qui occafionne une plus grande confomma-
tioa de charbon , pareequ'il faut réchauffer le Fourneau
pour recommencer la fonte. Quand on a été affez heu
reux pour rompre le nes^} on referme le trou qu'on a fait
à la chemife, & fon recommence à fouffler. On charge
encore des feories de la mine de plomb & d'argent de
Kammelfierg j & le Fourneau eft bientôt rétabli.
§. 7. Les feories de cette fonte étant raffemblées en
fufHiante quantité, s écoulent fur le lit qui leur eft: pré
paré par une voie qui les conduit dans un creux formé
avec du fable humecté : à mefure qu'elles le refroidit*
fent dans ce creux , on les levé par plaques.
La fonte des cinq journées dure ordinairement qua-
Kkk i)

• r
444 De la Fonte , Sec. Chap. LXXXVT.
rante-cinq heures; alors on nettoyé le Fourneau, on*
perce pour faire couler la dernière matte ■ , & les feorics
impures , qui le trouvent à la fin de cette fonte , (e
joignent aux débris du Fourneau qu'on employé dans
la fonte prochaine. On retire de ces cinq journées vingt-
un quintaux de matte crue , & Fon brûle dix chariots de
charbon. Il y a pour cette fonte deux Fondeurs qui fè
reléyentdeyWtfa? en journée, & deux Aides qui ne fc
relèvent qu'après qu'on a fondu deux journées.
$. 8. Autrefois on ne fondoit fur une même brafque
que deux journées de mine de Kammelfhergi mais , pour
ménager le charbon dont le prix étoit augmenté , on
fit conflruire en 170t. un Fourneau (emblable à ceux
du Comte de Mansfeldt. On a représenté ce Fourneau
fur la Planche XXII. alors on y fondoit dix journées de
matte par femaine ; le produit de la mine étoit tel qu'on
pouvoit le defirer , & fon épargnoit trois charretées de
charbon. Malgré ces avantages, on a été obligé d'abanr-
donner ce Fourneau , pareeque la matière en fufion
s'attachoit fi fort à la brafque , qu'il falloit fans cefle la
réparer ; ainfi on s'en eft tenu à la méthode qui a été
décrite dans les §§. précédera.
§■ 9. Après qu'on a retiré la matte crue de la fonte
précédente, on fait encore d'autres fontes , i°. de cette
matte, après l'avoir grillée i i°. de celle qu'on nomme
matte de cuivre s après qu'on Fa grillée, )ç. de h matte
appauvrie, pareillement grillée^0, de la dernière matte,
a laquelle on donne auiïi quelques feux.
,$. 10. La matte crue efl celle qui fe retire cle la fonte
De la Fonte , &c. Chap. LXXXVI. 445
de la mine. Après lui avoir donné quatre feux, comme
on Fa enfeigné au Chapitre XXX. §. z. on la nomme
matte crue gnllée , ou grillage crud , on en fait tous les trois
mois par chaque Fourneau deux cens quarante quin
taux. On fond cette matte dans le même Fourneau qui
a fèrvi à fondre la mine* mais comme cette fonte donne
un peu de cuivre noir , il faut que le fol du Fourneau foie
plus ferme ; ainiï on le garnit d'une brafque compofec
•d'une partie d'argile & de deux parties de charbon en
poudre , mêlées , criblées & humectées : il faut battre
jeette brafque beaucoup plus que pour la fonte d'une
mine. On peut mettre de la brafque légère autour du
morceau de bois en pointe qui ièrt à former le canal de
4a percée , parcequelle eft plus facile à percer : on en met
aufli de Fepaifleur de quatre à cinq pouces fur le deflus
xle Favant-foyer ou baftin de réception , pareeque les
feories fe détachent mieux de la brafque légère , que
4c celle qui eft pefante. Quand cet accommodage eft fini;
£>n le chauffe bien pour le fécher.
$. 1 1 . La matte crue grillée étant chaude & rongeante ,
quand elle eft en fufion , fur-tout quand elle ne contient
pas beaucoup de cuivre, on y ajoute au bas Hart^ du
Knieft, qui rend la fonte un peu moins liquide, & qui
outre cela fournit un peu de cuivre. Ainfi, h journée de
cette fonte eft compofée de vingt- deux Scherbens : fça-
voir , dix-huit Scherbens de matte crue grillée , & quatre
Scherbens de Kniefi. Si la fonte eft encore trop chaude ou
,trop fluide , on ajoute un peu plus de Kmeft.
S, \%. Quand le Fourneau a été fuffifamment chauffé,
44« Dfe la Ponte , fcc. Chap. LXXXVI.
on le remplit de charbon comme à ^ordinaire ; & par-
deffus on charge deux bacquets de feories , puis on en
tame {ajournée de macte grillée. Il ne faut pas que le meeçy
qui (e forme, s'allonge au-delà du milieu du Fourneau;
s'il eft plus long , la tonte va trop lentement , & (è re
froidit ordinairement dans le baiïin de réception. Dans
ce cas, il faut mettre quelques charges de matte grillée
fons ¥Lnkft-3 pour ronger & raccourcir ce ne\. Si ce xe\
(è perdoit ou difparoifïbit , on chargeroit duKmefi&ns
ftiàtte , ou bien fon en feroit , pour quelques charges,
Un mélange différent de celui de la journée. Si la fonte
eft trop chaude , elle rend peu de cuivre & trop de matte v
fi elle eft trop lente , la matte raâfemblée dans le baflïn*
eft pâteufe ; & lorsqu'on la lève en plaques , elle s'at
tache à là brafque ; •& le cuivre noir , epi peut avoir
jpafte par la priée , fe mêle avec cotte marte : ce qui fait
Une fonte brouillée, & qui n'eft pas netee. Lorfqu'on
fonde avec la verge de fer , la partie qui a traverfé le cui*-
vre raffemblé doit fortir (ans aucun enduit ; il n'y a que
la matte & les feories qui s'y attachent, quand ces trois
matières ne fe foflt pas brouillées dans le baifin.
§. 15. Lorfque h Fondeur a pet>cé , il ne doit pas
mettre de fargile route pure au bout dû 4>âton avec le
quel il doit reboucher \apewe> mais une efpéce 4etam*
pon de brafque pefante humectée , pareeque ïargile
fcule ferok éclater le cuivre quiiêroit rcfbé dans le canal
de h percer > ce qui pôurroit bleifer cet Ouvrier; il y a
moins de rifque a fc fervir <fe la brafque , c'eft-à-dire y
«l'un mélange d'argile & de charbon. Les feories , qui
De ia Fonte x éVc. Chap. L3£XXV|. 447
(ùrnagent la matière écoulée dans le baflio 4e ta fër<4ft
fe rejettent dans le Fourneau ; enfuite on lève la mattf
par plaques 3 lorfqu étant un peu refroidie elle n/eft
plus que d'un rouge obfcur. Quand on a retiré la mat-r
te, on trouve le cuivre noira on le laifle yn peu refroi
dir i mais avant qu'il foit figé y le pondeur en prend un
peu pour en faire Feffaj. Comme ce cuivre doit être mis
en liquation j on le rompt en morceaux , & on Fappellç
cuivre degnU^ge crud : quant à la matte qu'pn efl a iépar
rée , on la nomme matte moyenne. Des deux cens qua
rante quintaux de matte crue > grillée quatre foisj, on a
ordinairement quarante quintaux de cuivre noir , tenant
depuis quatre onces & demie jufqu'à (îx onces, d'argent
par quintal , & quatre-vingt-dix-neuf à cent quJnF3U¥
de matte moyenne. On confonmie dix çharioçsde çhêfr
bon : chaque journée s'achève -en huil heures > les Fon.T
deurs fe relèvent au bout de ces huit heures., & leurs
Aides j au bout de feize.
§. 14- La matte moyenne3 qui vient de cette fonte ,
ayant été grillée huit fois , ainfi qu'on h enfeignç au
Chapitre XXX. $. 5. fe nomme matte de cuivre ,ou gril
lade de cuivre, lorfqu on veut la fondre , on prépare le
"Fourneau comme pour la fonte précédente , excepté
que les Fondeur font dans Fufage au ko* Hart^3 lorfqus
Ja trace eft faite, de tirer une raye depuis la tuyère juf*
qu'à la trace , U de la ergufer d'un à deux pouces..
$.15. Cette matte, dite de cuivre, fe fond ordinaires
ment fans addition d'aurre mariere , à moins que la fonte
ne frit crue ou \#m ; .car alors gp pevtt y djonisr des &§n
448 De la Fonte , &c. Chap. LXXXVÏ.
ries venant de la fonte des déchets. Ce qu'on appelle
ici déchet vient du cuivre , lorfqu'on te pafïe par le Four
neau de liquation & de refïuage. Chaquejournée de cette
fonte eft aufli compofée de vingt- deux fcherbens.
§. 16. On commence cette fonte comme celle de la
matte crue grillée ; mais on la conduit à feu clair , &
non par le moyen du ne^. Car s'il s'y formoit un nc^y
la matière fondue donnerait trop de matte dans le bafïia
de réception : il faut par conséquent en diminuer la
fluidité par des feories de la fonte des déchets.
§. 17. Le baflm de réception fe remplit affez vite
pendant cette fonte ; ainfi il faut percer plus fouvent
que dans la précédente , & refermer la percée avec de la
brafque pefante. On lève auiïi la matte dès qu'elle eft
devenue d'un rouge brun : & auiïi-tôt qu'on a pris FefTai
du cuivre qui fc trouve au-defious, &que ce cuivre eft
figé , on peut le retirer du baffin & le rompre en mor
ceaux , pareequ'il doit pafTer par la liquation. Il vient
peu de matte de cette fonte ; le principal du produit eft
en cuivre, que Fon nomme cuivre de grillage de cuivres Se
la matte , matte appauvrie. Les trente fcherbens de matte
de cuivre rendent jufqu'à foixante quintaux de cuivre
noir , dont le quintal tient depuis trois jufqu'à quatre
onces & demie d'argent , & douze quintaux de matte
appauvrie. On brûle a peu près autant de charbon que
dans les fontes précédentes. Ce font les mêmes Fondeurs
qui y travaillent , & pendant le même temps.
§. r8. Comme il y a peu de matte appauvrie 3 on Famafle
pendant le courant de fannée y au bouc de laquelle on
la
De la Fonte , Sec. Chaî>. LXXXVÏ. 44$
la fond dans le Fourneau qui a fervi aux fontes précé-*
dentés. Après qu'on Fa grillée , on la nomme grillage
appauvri. Le Fourneau fe prépare comme pour les autres
fontes de matte , & avec une femblable brafque , & Fon
fond la matte fans addition. On nomme cuivre appauvri
celui qu'on en retire. C'eft la dernière forte de cuivre
qu'on fait entrer dans la liquation ; on nomme Jjorr^
ftem 3 ou dernière matte fimfle de cuivre > celle qui vient
encore avec le cuivre. On ne fond la matte appauvrie que
parcequ'elle tient encore un peu d'argent ;■ on lui donne
trois feux de grillage avant que de la fondre. Le cuivre
qui en vient n'eft nommé cuivre appauvri , que pareequ'il
eft moins riche en argent que les cuivres précédens %
car il eft plus pur que les autres.
§. 19. On ramaûe aufti le Sporr-fiein d'une année pour
le griller huit fois. Il n'y a rien de particulier à faire
oblerver dans fa fonte , elle eft toute femblable à celle
de la matte appauvrie. Le cuivre qui en vient , Se qu'on
nomme Cuivrefimple y contient très-peu d'argent ; ai-nfï
on ne le met pas à la liquation 3 mais on le raffine : s'il
vient encore un peu de matte , on la garde pour la fon^
dre avec le Sporr-flein 3 raflemblé pendant Fatfnée.
§. zo. Ce qu'on appelle Débris de Fourneau 3 provient ceque c'en que
de ce qui s'attache de la fonte àfes parois i on les retiré 4^s de Foiu"
avec la brafque à la fin de fa fonte y Se comme le Fon
deur eft obligé d'employer dans la fonte prochaine les
plus gros morceaux qu'il en a triés ,. on crible Te refte y
on le mêle avec la compofition d'une nouvelle braf
que > & on lave ce qui refte fur le crible 3 pour le foii*
Tome IL L11
450 De la Fonte , &c. Chai». LXXXVI.
dre enfuite. C'eil cette matière qu'on appelle propre*
ment Débris de Fourneau. Pour la fondre , on prépare
le Fourneau avec la même brafque qu'on employé à la
fonte de la mine de Kammelsberg 3 mais on la bat beau
coup plus. Le débris des Fourneaux eft fort dur à fon
dre j c'eil pourquoi on y ajoute des fcories de la mine
de plomb &: d'argent de Kammelsberg , quelquefois à
partie égale ; & Pon fait de ce mélange , une journée dç
ving-deux Scherbens.
§. 2,1. La fonte fe conduit comme celle de la mine de
cuivre de Kammelsberg , & le fait dans le même Four
neau -, mais le ne^ qui s'y forme , n'y eft pas 11 confiant,
ce qui provientde la grande quantité de feoriesde plomb
qu'on y ajoute. Cette matière rend ordinairement un
peu de cuivre , pauvre en argent & rempli de plomb :
elle donne aufïi de la matte qu'on enlevé du baflin de
percée. On laiffe refroidir le cuivre plombe' qui fe trouve
defTous pour le lever en culot 3 & enfuite on le paiTe à
la liquadon pour en féparer le plomb.

CHAPITRE LXXXVII.

\De lafonte de la mine de cuivre ou pyrite cuivreufi


du- haut Hart&.
§. 1. (~*\ N faitaulîi double fonte des pyrites cuivreu-
\^/ fes du haut Hart^i fçavoir d'abord , celle de
la mine , puis celle des matières grillées. Ces pyrites fe
Ï>E LA fONTË , &C CïïAP. tXXXVtl. 4/<
trouvent communément unies à un Jpatb qui les rend
rebelles à la fonte. Celles qu'on chaide avec le mar
teau pour les avoir pures y font très-fufîbles: on tire .
ces pyrites dans les minières du haut Hart\ avec des mi*
nés d'argent, dont on les fépare y autant qu'il eft pof-
fible y parcequ'il y auroit de la perte à laiffer de la
mine d argent parmi la mine de cuivre , attendu que
Fargent fe mêlerait avec ce cuivre , qui fans cela en
contiendrait fort peu s & qu'alors il faudroit le paffer' "
à la liquation pour Fen retirer -y ce qui coûte beaucoup
de frais & de plomb 3 dont une partie fe perd. Si d'un
autre cèté , on laiffe de la mine de cuivre; avec celle
d'argent & qu'on les porte enfemble au bocard, Feau
entraîne avec elle une partie de la mine de cuivre qui
eft légère \ & ce qu'il en refte avec le fchlich ou mine
lavée , augmente la matte dans la fonte. Une partie de
cette matte s'en va fouvent avec les fcories ; une autre
partie fe mêle avec ^oeuvre s le rend aigre & difficile à
affiner , ce qui caufe beaucoup de déchet : ainfî 3 pour
retirer avec bénéfice Fargent & le cuivre de ces mines >
il faut les féparer Fune de Fautre avec grand foin.

LU n
4jz De la Fonte , &c. Chap. LXXXVIII.

CHAPITRE LXXXVIII.
'De la fonte de la mine de cuivre à la Fonderie
d'Altenau dans le haut HartZj , Par un
Fourneau courbe.
$. i. /^ E s mines font encore des pyrites cuivreufès ;
V_J on les grille une fois comme on Fa enfeigné
au Chapitre XXXI. §. t. enfuite on les porte devant
un Fourneau courbe , pareil au Fourneau donc on fe
Ijèrt pour fondre les mines lavées , & qu'on a repré—
fente fur la Planche XXV11. mais on y place la tuyère
trois pouces plus bas.
§. z. L 'accommodage de ce Fourneau eft à poitrine ou-*
verte 3 comme celui du Fourneau courbe du bas Hart^>
repréfenté fur la Planche XXVI. La brafque eft com-
pofée d'une partie d'argile fur deux parties de charbon :
on ajoute des fcories à ces mines } à proportion de leur
fufibilite'. Si elles font faciles à fondre , on fe fert de
fcories de mines : fi elles font dures y on y mêle des fco
ries provenant de fonte de matières grillées , ou bien
des fcories du Hart\. Mais communément on employé
celles qui viennent d'une fonte 4e matte crue grillée, ôc
Ton en met environ trois quintaux fur huit quintaux
de pyrites cuivreufès grillées une fois.
§. j. Pour une journée 3 on employé vingt-cinq quin-
riuîx de ces pyrites , fuivant le poids qu'elles avoient
De la Fonte , ôcc. Chap. LXXXVIIL 4§i
avant ce grillage. On paye au Fondeur cinquante fols
pour la fonte d'une journée des mines difficiles à fon
dre , à caufe de la peine qu'il a à choifir les fcories qui
leur font propres ; ôc on ne lui donne que quarante fols
pour celles qui font de fufion facile : fon Aide a auffi
cinq fols de plus.
§. 4. La fonte fè conduit par le moyen du ne% 3 ôc
peut aller quarante-huit heures fur une même brafque ;
ôc pendant ces quarante-huit heures , on fond depuis
cent foixante-dix jusqu'à deux cens quintaux de mine,
dont il vient un tiers de matte crue qui contient jufqu'à
quarante-cinq livres de cuivre par quintal. Pour cent
quintaux , on brûle depuis foixante jufqu'à foixante-dix
mefures de charbon.
§. 5. Après que la matte a été grillée , comme on fa
enfeigné au Chapitre XXXI. §. 5. on la fond dans le
Fourneau qui a fervi à la fonte précédente : on le pré
pare avec une brafque femblable , & Fon ajoute a h
matte des débris de Fourneau ôc des fcories d'une fonte
de mine : on en met trois quintaux fur huit quintaux
de matte. S'il arrive que cette matte s'attache à la braf
que , on ajoute à cette quantité deux brouettées , ou
environ trois quintaux d'une efpéce de fcories de plomb
qui eft noire Ôc menue. La fonte.dure dix-Jiuit heures
fur la même brafque , ôc pendant ce temps, on fond
ordinairement foixante quintaux de matte grillée -, mais
fi la brafque réfifte , on en' peut fondre jufqu'à cent.
On a de ces cent quintaux , huit à dix quintaux de cui
vre noir , ôc quarante - cinq à cinquante quintaux de
454 De la Fonte , &c. Chap. LXXXVIIÏ.
matte moyenne j & Fon brûle cinquante mefures de char
bon.
§. 6. La matte moyenne ayant été' grillée fix ou fèpc
fois, comme on Fa dit au Chapitre XXX. §. 4. on la
fond fur une brafque fcmblable à la précédente. Outre
les débris & fcories de mine qu'on ajoute pareillement
à cette fonte, on y fait entrer encore le déchet d'un raf
finage de cuivre après qu'on Fa lavé. Dans dix -huit
heures de temps , on fond jufqu'à quatre-vingt quin
taux de cette matte moyenne. Il en vient environ trente
quintaux de cuivre noir , & vingt-quatre quintaux de
matte /impie , & Fon brûle quarante mefures de char
bon.
§. 7. A Fégard de la fonte de la mattefimple qu'on a
fuffifamment grillée , elle ne diffère en rien de la fonte
précédente : on y ajoute également des débris de Four
neau & du déchet de raffinage de cuivre ; mais comme
cette fonte de la matte fimple qui eft ordinairement
la. dernière , rend encore de la matte avec fon cuivre
noir , on la conferve ; & lorfqu'on en a fumTamment ,
on la fond.
Pour toutes ces diflféren tes fontes, il y a quatre Fon
deurs qui fe relèvent de douze en douze heures , ainfi
que leurs Aides. Pendant qu'ils font de relâche , il»
s'occupent à. d'autres ouvrages.
De J-a Fonte , &c. Chap. LXXXIX. 45 j

CHAPITRE LXXXIX.
*De la fonte des Aiines de cuivre a Lautenthal-,
par un Fourneau courbe,
§. 1. T Or s au e les mines de cuivre de la Fonderie
f jAc- Lautenthal font grillées 3 on les fond par un
Fourneau courbe ordinaire , repréfenté fur La Planche
XXV II.
La brafque eft compofée d'une partie d'argile 8c de
trois parties de charbon. Lorfqu'elle eft placée & bat
tue 3 le Fourneau refte à poitrine ouverte > comme pour
les fontes des mines de cuivre. On y fait une trace d'un
pied de long fur un pied de profondeur & fix pouces
<de largeur ; on la chauffe enfuire avec du charbon pen
dant trois ou quatre heures.
Après que la mine a été grillée une feule fois., on
la fait voiturer devant le Fourneau dans une brouette
-qui en contient environ deux quintaux : on diftribuc
jdefTus un ou deux bacquets de fcories , venant d'une
fonte de matte , & un bacquet de knobheins , triés des
"vieilles fcories des mines de Rammehberg.
§. t. Si 1* mine le trouve dure à fondre , on n'en
fond par jour que dix-huit à vingt quintaux. Si elle eft
fufible, on en peut fondre jufqu'à trente dans le même
clpace de temps. On conduit la fonte à Fordinaire par
k moyen du ne\ s &c quand le baflin de réception eft
4j6 De la Fonte , &c. Chap. LXXXIX.
rempli de matte crue , on la fait couler & on la lève
par plaques. A Fégard des fcories , elles s'écoulent par
une voie qui eft à côté du bafïin : c'eft fuivant que la
fonte va bien ou mal , qu'on ajoute plus ou moins de
fcories. Le Fondeur habile doit connoître ce qu'il faut
faire pour bien conduire cette opération.
$. j. Lorfque la mine eft riche en cuivre, la matte
qui en vient eft riche aufli , & va ordinairement au tiers
de la mine. Il arrive quelquefois qu'une mine peu ri
che , rend beaucoup de matte ; mais c'eft une matte
pauvre, épaifte , & difficile à diftinguer des fcories y
pareeque la mine n'a pas été afTez grillée , relative
ment à la grande quantité de fouffre qu'elle contenoit.
On eft alors obligé d'y ajouter des matières^ abforban-
tes & plus dures à fondre , ou bien de la griller une fé
conde fois. Il faut , pour qu'une fonte réuftifTe bien ,
que le quintal de matte contienne au moins trente li^
vres, de cuivre ; autrement on feroit obligé de donner
trop de feux à cette matte pour la griller, & de la refon
dre trop de fois. Pour vingt quintaux de mine difficile
à fondre, 0:1 brûle environ trois charretées de charbon^
& quand une journée eft finie , on cefTe de fondre.
§. 4. Dès qu'on a grillé la matte , comme on Fa en-
feigné au Chapitre XXXI. §.'7. on la porte devant le
Fourneau qui a fervi à la fonte de la minf. On accom
mode ce Fourneau avec une brafque compofée de deux
parties d'argile & de trois parties de charbon pulvérifé.
On étend vingt quintaux de matte fur faire pour une
journée , & Fon brûle trois charretées de charbon pour la
fondre j
De tA ÉONÎE DE LA MlNE , &CC. ChAP. XC. ^f
fondre -, il en vient trois à quatre quintaux de cuivre
noir i qu'on nomme culots. Ils Font environ la cinquième
partie de cette matte-, & la mattefimple s que cette nou
velle fonte fournit , va à peu près à la moitié.
$. y On grille fept à huit fois cette matte {Impie fur
du bois, & dans des places murées ; puis on la fond com
me la précédente. Elle rend à peu près les deux tiers en
cuivre noir , & encore un peu de matte que Fon garde
pour la fondre avec de la matte {impie. Comme le cui
vre noir de ces fontes contient peu d'argent y on ne le
met pas au Fourneau de liquation : on le raffine.
■■il i ! j m

CHAPITRE XC.
De la fonte de la mine de cuivre a Lutterberg par
un Fourneau a lunettes ou à la Hongroije ^fui-
<vant la méthode introduite dans le Comté dé
IWansfeldt.
$• i • f**E fut cn r7°f' qu'on introduifit à Lutterberg
\^j la manière de fondre du Comté de Mansfèldt*
lorfque la minière > qu'on nomme Kupfer Bltihme, ou
fleur de cuivre 3 eut commencé à fournir beaucoup de
minéral. Le Fourneau reflemble aux Fourneaux Hon
grois ou à 1 u nettes, qu 'on a repréfe ntés fur la Planche XXIL
La brafque , fur laquelle on fait cette fonte , eft corn-
poféc de trois parties de charbon Ôc d'une partie d'ar
gile. Il y a dans la Fonderie deux de ces Fourneaux qui
fervent alternativement*
tme IL JVt m m
4j 8 De la fonte de la Mine, &c. Chap. XC.
§, i. Les mines de cuivre de Lutterberg reflemblent
aulli à des pyrites cuivreufes; mais elles différent de cel
les du haut & du bas Hartz , i°. En ce qu'elles ne font
pas fi fulfureufes, & qu'on n'eft obligé de les griller
qu'une feule fois. z°. Elles (ont jointes à une roche,
qui en fortant de terre^reiTemble à àufyatb, mais plus
dur, & qui quelques jours après fe réduit en un fable
blanc. On tiroit , il y a quelques années, de la même
minière , du La.%ur-Ert^ ou mine d'azur , mêlé avec Je
fable , de la véritable mine de cuivre en fable , & dune
autre mine aullî de cuivre , mais mêlée avec une vraie
mine de fer brune. Ces mines rendent la fonte très-dif
ficile -, ainfi , il faut y joindre beaucoup de matières fu-
{ibles. La mine la plus abondante fe divife en mine
triée, en mine moyenne , & en mine groiliere. La mine
grofîiere fe fubdivife encore en mine commune blanche
& en mine commune rouge , à caufe de la mine de fer
qui lui donne cette couleur. On tire auffi de la même
minière une autre forte de mine commune qu'il faut
néceffairement bocarder & laver pour la joindre aux
autres.
§. 3 . Pour fondre ces mines, il faut les mêler : fçavoir ,
un tiers de mine triée oc de mine moyenne avec un tiers
de mine commune blanche , & un autre tiers de mine
commune rouge. On peut faire auffi ce mélange d'une
moitié de mine triée & moyenne , avec un quart de
mine commune blanche & un quart de mine commune
rouge.. Sur huit quintaux de Fun de ces deux mélanges,
on diitribue, le plus également qu'il eft poflible, quatre
De la-fonte de la Mine, &c. Chap. XC. 459
quintaux de fcories tirées de vieux décombres. Le tout
compofe une journée qu'on nomme ajfortte s Se Ton en
fond (ix ou fept en vingt quatre heures.
§.4. Avant que de fondre cette mine , on fond en
viron cent quintaux de matte grillée , ralTemblée de
plufieurs fontes , & aulquels on ajoute trente quintaux
de fcories de mine, dix quintaux de déchets de raffinage,
& dix quintaux de débris de Fourneau.
§. j. La fonte de cette matte fe conduit comme celle
de Mansfeldt. Elle commence à Lutterberg le Dimanche
à quatre heures après-midi, & finit le famedi fuivant à
la même heure \ ainfi , elle dure cent quarante-quatre
heures fur la même brafque : mais ce n'elt pas une régie
que Fon fonde toujours la matte avant la mine , parce-
que la matte retirée de la fonte d'une femainc , ne fe
met pas feule en grillage , on famaffe jufqu'à ce qu'on
en ait cent ou cent trente quintaux ; & alors on lui donne
dix feux. La matte qui vient de la fonte de cette matte
grillée } fe nomme matte Jimple. On la met avec la matte
crue que fournit la fonte de la mine pendant une femai-
ne , & on lui donne fes dix feux ; mais celle qui fort de
cette fonte , à la fin de chaque quartier ,- fe met à part ,
& ayant été grillée feule à quatre feux , on la fond avant
la mine , afin de porter le cuivre en recette à la fin des
trois mois.
Quand on a fini la fonte de la matte grillée, on fond
la mine mélangée, comme on Fa dit ci-dcilus §. 5. &.
Fon brûle pour chaque journée fix mefures de charbon.
On perce les hafiïns de réception de huit heures en huic
M m m i)

y-
46g De la fonte de la Mine, &c. Chap. XCI.
heures. Comme les fcories fe refroidiffent aflez vite ,-
on les lève de fuite pour les mettre de côté. Il n'y a qu'un
Fondeur & (on Aide pour la fonte de la mine ; mais il
lui faut encore deux Aides pour celle de la matte, par-
cequ'elie va beaucoup plus vite.

CHAPITRE XCI.
*De la fonte de la Adine de cuivrefeuilletée , ou,
en ardoifè , a Riegelsdorffdans le pais
„ de Hejfe-Cajfel,
§. i . T Es mines de cuivre feuillete'es , vulgairement
JL_J dites en ardoifè, qu'on trouve à Riegelsdorff', ne
tiennent que deux à trois livres de cuivre par quintal.
On les grille une feule fois fur des fagots, comme dans
le Comté de Mansfeldt j & on les fond dans une efpéce
de Fourneau courbe , qui eft repréfenté fur la Planche
XXVlll.
§. z. On prépare le fol du Fourneau avec de la braf-
que , compofée d'une partie de charbon & de trois par
ties d'argile ; mais celle qu'on employé à former le bafïin
de réception , eft plus légère ; car on met deux parties
jde charbon fur une feule partie d'argile. La fonte fe fait
à poitrine ouverte , & à trace arrondie. Lorfqu'on a chauffé
. le Fourneau, on commence à fondre le lundi , on con
tinue fans interruption jufqu'au famedi de la quatrième
femaine. On n'ajoute à ces mines pauvres, après qu'on
De la fonte de la Mine, &c. Chap. XCI. 461
les a grillées , que des fcories impures d'une fonte pré-
çédente.
§. j. Cette fonte eft lente, parceque cette mine eft
ferrugineufe : de plus, elle s'attache au foyer & y for
me des amas qu'il faut arracher avec des leviers de fer;
ce qui endommage fouvent ce foyer , enforte qu'on eft
obligé de le raccommoder avec de nouvelle brafque ,
& d'arrêter pour cela le vent des foufnets , en mettant
une pelotte de terre dans la tuyère ; & Fon foutient la
charge , c'eft- à-dire , la matière qui eft dans le Four
neau, par des morceaux de bois qu'on étançonne, &
que Fon n'ôte que quand le Fourneau eft raccommode.
§. 4. Lorfque la fonte a duré pendant foixante heu
res ou environ , on perce pour la faire couler ; & cette
percée fournit fept à huit quintaux de matte , dont le
quintal contient quarante à cinquante livres de cuivre;
Cette matte eft impure & mêlée de fer : on trouve mê
me des amas de fer dans le baftin de réception ; on caiîe
ces amas auffi-bien que la matte , pour les mettre au
grillage , & le fer s'y Drûle. En fept jours, on fond dans
le Fourneau plus de trois cens quintaux de ces mines
feuilletées , ou en ardoife : on n'en retire que dix-huit
quintaux de matte crue , deux quintaux de matte ferru
gineufe , & deux quintaux d'amas de fer ; & Fon con
somme cent quarante-quatre mefures de charbon. Il y
a ordinairement à chaque Fourneau un maître Fondeur
qui a Finfpedtion fur le travail , & un autre Fondeur
avec fon Aide , qui tous les deux font releve's de huit
heures .en huit heures. »
46r De la fonte de la Mine, &c Chap. XCII.
§. 5. Après que la matte crue a été grillée fur des
fagots , des bûches & du charbon , & qu'on lui a donné
quatorze feux dans des aires de dix-neuf pieds de lon
gueur , &c de cinq pieds de large fur douze pieds de
hauteur , on la fond dans le même Fourneau, en y ajou
tant un peu de fcoriesde matte. On en rerire les deux
tiers en cuivre noir, & le rcfte en matte (Impie., qu'on
remet au grillage avec d'autre matte crue. Enfin , le
produit de la fonte complette des trois cens quintaux de
cette mine de cuivre en ardoife , eit d'environ douze
quintaux de cuivre parfait.

CHAPITRE XCII.
*De lafinie de la Aline de cuivre a Breytembach,
dans la Principauté de Hejfe-dArmjtadt ,
far un Fourneau courbe.
S, 1 . T A mine de cuivre que Fon fond à Breytembach
■ 4 vient de Hambertshaufen & de Buïzbach : on fe
fert d'un Fourneau courbe pareil à celui du bas Hartz,
& que Fon prépare avec une brafque compofée de trois
parties de charbon & d'une partie d'argile , en le laif-
fànt à poitrine ouverte. Un grillage de cette mine , tanc
choifîe que lavée, eft ordinairement de trois cens quin
taux. Après qu'elle a été tirée du premier feu , on la met
en un monceau, dont on prend ce qu'il faut pour cha
que journée. On la caffe , & Fon y mêle des icories de
DE LA FONTE DE LA MiNE.j'&C.-.ChAP. JCCIIf. 46,3
matte grillée & de la pierre à chaux pour lui fervir de
fondant.
§. t. Chaque journée eft douze heures à fondre : oa
continue la fonte fur la même brafque; pendant douze
à quatorze jours , & Fon tire des trois eens quintaux
cent trente à cent quarante quintaux de matte , dont le
quintal tient quarante à cinquante livres de cuivre noir.
§. $. On grille cette matte à neuf feux, ainfi qu'on
Fa dit au Chapitre XXIII. Puis on la fond dans le même
Fourneau qui a fervi à fondre la mine^en y ajoutant
des feories de mine. Cette fonte dure cinq jours fur la
nouvelle brafque , dont on a préparé le Fourneau ; elle
rend la plus grande partie de fon poids en cuivre noir.
La feorie fimple qui en vient fe grille avec d'autre matte
crue. On brûle pour les deux fontes de mine & de matte
douze à treize chariots de charbon. La fonte eft con
duite par un Fondeur & fon Aide, qui font relevés par
d'autres au bout de douze heures.


CHAPITRE XCIII.
*De la fonte de la Mine de cuivre dite en ardoife,
de la Vallée d^Itre dans la Principautéde Hejfe-
d'ArmJkidt , par un Fourneau à lunettes.
$• 1. (^\N fond la mine de cuivre de la Vallée d'hre
V-/dans un Fourneau à la Hongroifè ou à lu
nettes. Cette mine , qui eft en écailles & en James de
464 D£ LA FONTE DES MlNES, &C CHAP. XCIV.
couleur brune , eft tachetée çà & là de vert. Le cjuintat
tient cinq à fix onces de cuivre : on ne grille pas cette
mine ; on la fond crue , & cependant elle rend d'abord
du cuivre noir fans matte. Ce cuivre noir ne tient pas
d'argent, ainfi on le raffine fans le paffer à la liquation -r
& comme il eft très-bon , on s'en fert à fabriquer du
léton.

CHAPITRE XCIV.
%)e Fancienne manière defondre les mines de cuivre
en ardoife du Comté de Mansfeldt , par un
Fourneau a la Hongroifi.
%, 1. /^v N fond les mines de cuivre de Mansfeldt de
V/ deux façons différentes , i°. fuivant Fan-
cienne méthode par un Fourneau à la Hongroife -, elle
a été en ufage depuis 1701. jufqu'en 1718. On en a
déjà parlé au Chapitre IX. §. 3. & Fon a repréfenté ce
Fourneau fur U Planche X1L.
Les roches cuivreufes de Mansfeldt & d'Eifleben font
feuilletées ou eft lames , & fort pauvres , puifque le
quintal ne contient fouvent qu'une livre & demie de
cuivre & tout au plus, mais rarement, trois livres & de
mie. Cependant on trouve du bénéfice à les fondre x
pareequ'uné feule fonte dure cent quarante-quatre heu
res fur une même bralque & fans interruption \ ce qui
épargne beaucoup de charbon, fylais pour que laccom
modage
De la fonte des Mines, &c, Chap, XCIV. 46/
modage du Fourneau puiffe réfifter pendant ce temps ,
il y a deux baflïns de réception Fun à côté de Fautre ,
fe dont on fe fert alternativement de vingt- quatre en
vingt-quatre heures. Dans les autres Fonderies 3 on
fond d'abord la mine , puis la matte qui en vient. À
Mansfeldt y la fonte de la mine rend aulTi de la matte
crue , mais on ne la fond pas féparément : on la met à
la fin de chaque femaine avec la mine qu'on doit foiv-
dre la femaine fuivante.
§. x. Comme cette fonte commence le Dimanche à
quatre heures après midi , & dure jufqu'au famedi fui-
vant à la même heure , & qu'on recommence à fondre
le lendemain Dimanche à pareille heure 3 vingt- quatre
heures ne fufhroient pas pour refroidir le Fourneau ,
s'il falloit le réparer j ainfi il y a deux Fourneaux qui
fervent Fun après l'autre. La brafque de ces Fourneaux
eft compofée de deux parties de charbon & d'une partie
d'argile : on la bat dans le Fourneau de façon que d'un
côté elle touche à la tuyère, & qu'elle aille en pente
jufqu'à la chemife , où elle doit être d'un pied plus bas
que le niveau de cette tuyère 3 laquelle avance de cincj
pouces dans le Fourneau , fans être inclinée de plus
d'un pouce. On fait enfuite devant le Fourneau , les
deux baffins dont on vient de parler ; on les fépare par
une pierre qui fert en même temps de marche ou dé-
gré." Pour chacun de ces ba/ïins , il y a un œil âu-deflbus
de la chemife ; ils fervent alternativement à Fécoule-
ment de la matière en fufion , pour fe rendre dans Fuir
ou Fautre de ces bafïins, formés en cône renverfé 3 ayant
Tme IL N~u a
466 De la fonte des Mines , &c. Chap. XCIV.
dix pouces d'évafement & deux pieds de profondeur ^
& dont la brafque doit être battue très-dure. On ferme
chaque œil avec une pierre. On remplit de feu ces deux
bamns pour les chauffer pendant vingt-quatre heures \
mais à Fégard du Fourneau , on n'y met du charbon
que quatre ou cinq heures avant de commencer la fon
te. La raifon pour laquelle on chauffe ain{i ces baflins,
cft que Ton commence toujours cette fonte par la matte
dont le cuivre noir coule le premier dans ces bafïïns.
$.5. La mine feuilletée de Mansfeldt n'eft pas tou
jours la même. Il y en a de dures à fondre > & c'eft la
plus grande quantité. On en trouve de plus fufibles
près de Wiederflxtt .,■ elle efl: mêlée d'un peu de char
bon de terre. Celle qu'on nomme Streb 3 cft très-aifeç
à fondre j celle qu'on appelle Noberg 3 efl: plus rebelle
à la fonte : ainfi on les mêle à peu près à parties égales,
Lorfque les mines de Mansfeldt ont été grillées une fois
fur des fagots , on en fait porter à la Fonderie cent qua
rante quatre quintaux, qu'on divi(è également fur deux
aires féparées par des murs -, & fur chaque aire on jette
deux brouettées de feories, qui ont e'té triées de vieux
décombres. Chacune de ces divifions fè nomme une
journée : on en fond fix dans un Fourneau pendant une
femaine : quant à celle de Wiederftatt 3 on en peut fon
dre aufïi par femaine jufqu'à cinq cens vingt-nuit quin
taux.
§. 4. Apres que le Fourneau a été rempli de charbon,
on y charge de la marte qui provient de la fonte d'une
femaine & qu'on a grillée hx fois. La fonte de cette
De la fonte ses Mines 3 tec. Chap. XCIV. 467
matte dure cinq ou fuc heures , pendant lefquelles on
change trois fois de bafïin , car dés qu'un de ces baiïins
s'eit afTez rempli de cuivre pour qu'on ne puiife plus
en enlever les kories , on bouche ïml par lequel ce
cuivre coulok , & Fon ouvre celui de Fautre baflin pour
le remplir à fon tour. On vuide le premier ; mais com
me les feories font (i chaudes qu'on ne peut pas les en
lever fur le champ , on les retire avec un kffire 3 qui cft
une barre de fer garnie au bout d'un morceau de bois*
Des feories retirées ainfï ne peuvent pas être bien net
tes , elles emportent un peu de cuivre noir avec elles >
mais comme on les remet dans la fonte de la mine 3 il
ne s'en perd rien. Le peu de matte que Fon trouve fur
ce cuivre après qu'on en a retiré les feories, fc levé en
efpéce de feuilles , qu'on nomme matte mime ou matte
/impie. On mêle cette matte avec celk qui fort de là
fonte de la mine pour n'en faire qu'un feul &c même
grillage.
On arrofe le cuivre noir avec de Feau pour le lever
par plaques : comme ce cuivre eft dép. aflez pur t if
ibunre peu de déchet dans le raffinage. Le quintal de
ce cuivre contient depuis quatre julqu'à huit once»
d'argent : ainfi on le tranfporte à Hecbefiedt pour le
pafïcr à la liquation. Si Fun des baiïins a été endom
magé par la fonte , on le répare avec de nouvelle braf*
que. Le fccond baffin ne recevant plus de cuivre noir*
ce que le Fondeur connoît aux feories , il ferme ïœiL
Il charge le Fourneau avec ta mine feuilletée y & ouvre
ïatl du premier bafiGn dont il a ôté le cuivre noir , afin
N n n i)
468 De la fonte des Mines ," &c. Chap. XCIV.
que la matte venant de cette mine , puhTe y coulef.-
La matière en fufion fe raffemble dans ce baflïn jus
qu'au lundi fix heures du foir i alors on ferme cet ail
& on enlevé la matte : aufli-tôt on ouvre Pautre ail 3
pour que Fautre badin fe rempliffe à Ion tour -, & Fon
fait cette manœuvre toutes les vingt - quatre heures
quand la mine eft pauvre. Cette mine eft fi dure à fon
dre , qu'on n'en peut charger que deux bacquets fur
un panier de charbon. S'il arrivoit que le ne\ qui fert
à conduire cette fonte , vint à fe détruire près de la
tuyère , il ne faudroit pas pour cela charger plus qu'à
Fordinaire, mais jetter la matière dans le Fourneau,
de façon qu'elle y defeendît le long du mur mitoyen :
par ce moyen on conferve le ne^3 & le Fourneau reçoit
de Fair par- devant- Lorfque le Fourneau fe bouche,
on charge un peu de feories de matte , fans mine ; com
me elles font fondantes , elles r'ouvrent le Fourneau :
enfin on eft quelquefois obligé de faire des changement
à. la compofition de la journée.
Les mines feuilletées de Wiederftatt étant plus fufibles
que celles de Mansfeldt 3 elles rendent plus de matte j
' âinfi Fon eft obligé de changer de bafïïn de douze heu
res en douze heures. La fonte s'attache affez fouvent à
la brafque , & pénétre quelquefois jufqu'à la pierre de
fol ; mais cela ne porte aucun préjudice , pareeque la
matière en fufion rentre aifément dans le ba/ïin de ré
ception. S'il fe fait des amas } on les arrache pour les
rejetter dans le Fourneau ; mais en même temps on y
ajoute des feories fondantes de matte > pour facilite^
. De la fonte des Mines 3 &c. Chap. XCV 469
leur fufion. On trouve quelquefois avec la matte qui
a coule' dans le baflin , des amas de fer qu'on nommç
Cochons : on les met à part , & après les avoir brifes ,
on les grille avec la matte crue , dont le fouffre les fco-
rifie fi bien qu'on ne les retrouve plus dans la fonte
de cette matte. On peut conclure de ce qu'on vient de Le cuivre de
lire , que le fer qui fe trouve dans les mines de cuivre dl^meificmî de
n'altère pas ce métal, puifque le cuivre de Mansfeldt{'Emo^
"a toujours été eilimé comme un des meilleurs de FEu-
ropc.

CHAPITRE XCV.
Œ>e la nouvelle méthode de fondre les Mines de
cuivre de Adansfeldt far le haut Fourneau.
§. 1. T 'Usage des hauts Fourneaux a été introduit
JLrfpar le Sieur Ebremberg Receveur du dixième
des mines. Il y en a cinq à Mansfeldt 3 mais à Etfleben on
a confervé le Fourneau à la Hongroife jufqu en 17x1.
Voyez U Planche XXXIX. Le travail par le haut Four
neau eft peu différent de celui qu'on a décrit dans le
Chapitre précédent ; & quoiqu'on prépare ce Four*
neau avec une brafque plus épaifle 3 cependant la plus
grande partie de la fonte pénétre jufqu au fol : on fait
aufïi devant le haut Fourneau deux baflins de récep
tion , comme au Fourneau Hongrois ou à lunettes ; &
•ce Fourneau travaille fans interruption au moins pen
dant un mois.
47© t>E LA FONTE DTS MlNES , &C. ChAP. XCV.
§. z. Lorfqu'il faut le préparer, on commence par
4e reparer en-dedans ; car s'il a déjà fervi , la fonce Fa
considérablement calciné. On y met une poufliere grof-
fiere <ie charbon fans aucun mélange d'argile , & on la
fait monter depuis la pierre de fol jufqu à la tuyère -y àc
•de cette rtuyere jufqu'à ¥œtl3 on lui donne vingt-huit
tiégrésde pente : quant aux deux baflins de réception ,
on les fait avec de la brafque pefante s compofée de
tieux parties de charbon & d'une partie d'argile. On
les chauffe avec des feories rouges y pareequ'il y a or
dinairement un autre Fourneau actuellement en feu f
qui les fournit.
$. $. La mine feuilletée fe grille près de la minière -r
de-là on la tranfporte à la Fonderie dans des chariots-
tenant vingt-quatre quintaux : on compte deux de ces
chariots pour une charge : on roule cette mine avec des*
brouettes , fur le plancher qu'on a conftruit au haut de
ces Fourneaux , afin d'avoir plus de facilité à hs char
ger. Sur quarante-huit quintaux de cette mine , on ré
pand huit quintaux de Icories de matte 3 &: des feories
impures: fi la mine eft dure à fondre 3 on y ajoute en
core du fluor ou fondant de Strasherg. On- fond depuis*
douze jufqu'à feize de cesjournées par femaine. Le quin
tal de cette mine feuilletée ne tient , comme on Fa déjà
dit, <jiie trois livres & demie de cuivre tout au plus,
& fouvent moitié moins.
$. 4. On commence la fonte le lundi à quatre heures-
après midi. On remplit d'abord le Fourneau de char
bon jufqu'à la moitié 4e fa hauteur ; on charge par
De la fonte des Mines , &c. Chap. XCV. 471
defllts un panier de mine qui peut pefer depuis cin
quante jufqu'à foixante-quinze livres, puis du char
bon , & encore de k mine qu'on augmente peu à peu
jufqu a trois paniers , ce qui fait la phis force charge.
Les paniers dont on fe fert pour charger la mine , font
de la moitié moins grands que ceux qui fervent pour
le charbon. Cette fonte doit être toujours fombre ou
obfcure , pareequ 'on prétend que s'il y avoit de la flam
me , elle enleveroit le plus léger des lamines cuivreu-i
fes : ainfi Fon fait aller les foufflets lentement , & la
matee deicend très- bien au bas du Fourneau*.
Le ws^doit être tout droit dans cette fonte 8c n'avoir
que dix-huit pouces de longueur au plus. Si la fonte
devient difficile , ce nez^ s'allonge : on ceffe alors de
charger pendant quelque temps, afin que ce qui eft
dans le Fourneau defeende un peu , après quoi on
charge un panier de fluor de Strasberg , & Fon retranche
enfuite quelque choie de la charge de mine ordinaire ,
jufqu'à ce que le Fourneau foit rétabli \ car alors on
peut charger comme auparavant.
Quand un des baflms a été rempli par la fonte qui
y coule, ce qui arrive au commencement & félon que
la mine eft' riche , au bout de cinq , fix ou fept heures,
on ferme fon «7, & Fon ouvre celui de Fautre badin
qui eft vuide. Celui-ci le remplit plus vite, pareeque
lé Fourneau eft fuffifamment échauffe-, mais dans la
fuite Fun 6c Fautre font plus long- temps à fè remplir ,
pareequ ils s'aggrandifTent : on peut cependant changer
trois ou quatre fois de baflin , avant qu'il foit nécefr
47* De la fonte des Mines , &c. Chap. XCV*
faire de les réparer avec de nouvelle brafque : fi néan
moins il arrivoic qu'un de ces bafhns ne tint plus la
fonte , il faudroit , aufli-tôt qu'on en auroit retiré la
matte , arracher la vieille brafque & en mettre de nou
velle à la place, la chauffer avec des fcories rouges, &
y faire rentrer la fonte. Si les fcories qui en viennent ,■
font pures, c'eft-à-dire, fi elles ne tiennent point de:
matte , on les tranfporte hors de la Fonderie : fi elles
s'en font chargées , on les rejette dans le Fourneau.
La poudre groffiere de charbon dont on a garni le
Fourneau, n'y demeure pas long-temps : on ne fy a mife
que pour chauffer la pierre de fol -, & c'eft du deffus de
cette pierre , que la fonte coule dans le baffin de récep
tion. Lorfqu'on fait la fonte des mines de cuivre dans
un haut Fourneau, il faut que les Fondeurs foient atten
tifs à la bien conduire , parceque s'il y arrive quelque
accident , il eft bien difficile d'y remédier , attendu
qu'il y a beaucoup plus de charge que dans un Four
neau de grandeur ordinaire. Ces accidens fontj que la
pierre de fol peut fe fendre ou fe calciner -y la chemife ,
le mur mitoyen & la doublure peuvent s'enfoncer j,
alors une partie du Fourneau s'écroule , & il faut ceffer
la fonte. S'il n'arrive aucun de ces accidens , la fonte
peut durer > comme on Fa dit , jufqu'à la quatrième fè-
maine. ,
L'avantage des hauts Fourneaux fur les Fourneaux
à la Hongroife, eft qu'on peut y fondre plus de ma*-
ùere , en confommant moins de charbon.

CHAP. XCVÎ
De la fonte des Mines , &c. Chap. XCVI. 47^

CHAPITRE XCVL
*De la fonte des Mines de cuivre feuilletées de
Rothembourg près de la Saale , dans le haut
Fourneau,
f. i„ /^\N fe fert s pour fondre la mine feuilletée de
V>/ Rothembourg , du haut Fourneau repréfenté
fur /<* Planche XL. & dont on a donne' la defeription au
Chapitre XII. §> 4. Ce Fourneau y a été mis en ufage
par M. Gmg > Confeiller au Confeil de Guerre du Roi
de PrufTe. Le fol eft fait d'une pierre aflfez femblable au
grais, & qui peut réfifter pendant une ou deux fontes;
après quoi il faut en remettre une autre. Sur cette pier
re , on bat une brafque compofée d'une partie d'argile
&de deux parties de charbon. Il y aauffi devant le Four
neau deux bafïïns de réception 3 faits de la même braf»
que y ôc comme ils ne fervent qu'alternativement } on
ne chauffe que celui qui doit fervir le premier , & il ré-
iîftc ordinairement pendant douze heures.-
§. x. La mine ayant été grillée feulement une fois,
on la charie par un plan incliné fur le plancher élevé
de la Fonderie , où Fon fait enfiiite la compofition par
chariots; fur un de ces chariots } on ajoute depuis un
jufqu'à trois quintaux de flux ou fondant , qui vient du
Comté de Stolberg3 & un peu de feories de matte. Lorf-
que la brafque a été fuffifàmment chauffée , on chargp
Tome IL Ooo
474 De la fonte des Mines , &c. C«ap. XCVI.
le Fourneau, & aufli-tôt qu'un des baffins eft rempli par
la fonte , on bouche fon oeil , & Fon ouvre celui qui
conduit la matière en fufion dans le bafïin d'à côte, &
qu'on a dû chauffer auparavant ; on vuide le précèdent,
& on le raccommode s'il eft endommagé : même , s'il
eft néceflaire , on le refait à neuf, & on le chauffe fur
le champ , pour qu'il foit en état de fervir quand Fautrc
fera rempli. La brafque ne réfifte pas pendant toute la
fonte dans Fintérieur du Fourneau ; ordinairement la
matière en fufion la pénétre julqu'à la pierre du fol, &
de-là elle fe rend dans le baflin de réception , dont on
a foin d'enlever les fcories à mefure qu'elles s'y raffen>
blent. Ce haut Fourneau refte en feu pendant cinq 6c
fix femaines fans interruption. On y fond par femainc
jufqu'à quinze chariots de mine feuilletée ^ chaque cha
riot contenant quarante-huit quintaux -, & pour chaque
chariot on brûle un chariot de charbon qui contient
douze mefures. Comme ces mines ne font pas également
riches , leur produit n'eft pas toujours le même ; mais
communément on en tire par femaine foixante quintaux
_dc mattc à trente livres de cuivre le quintal. Les Ou
vriers font un Fondeur, fon Aide, & un Chargeur de
charbon, que de femblables Ouvriers relèvent au bout
de douze heures. >
§. j. Comme il y a toujours dans la Fonderie de Ro~
thembourg deux hauts Fourneaux en feu , on rafTemble
toute la matte qu'ils fourniffent pour un feul grillage ,
& on lui donne jufqu'à fept feux , qui font compofes de
b.ois de corde & de fagots.
a
Ce ou
grillage fe fait fur des
De la fonte des Mines , &c. Chaê. XCVI. 47/
places murées &: couvertes ; &c pour les deux derniers
feux, on ajoute du charbon. On fond cette matte dans
un Fourneau à la Hongroife : le fol en eft de pierre, fur
lequel , au lieu de brafque , on met un lit de mine pilée
& criblée j mais les deux baflins font faits d'un mélange
de deux parties de charbon & d'une partie d'argile. La
compofition de cette fonte eft de lept parties de matte
& dune partie des fcories qui font forties de la fonte de
la mine. Sur un feul accommodage on fond de fuite juf-
qu'à (ix cens quintaux de matte crue-, il en vient un peu
plus de cent quintaux de cuivre noir & de matte (impie.
On mêle cette dernière matte avec la matte crue , après
que celle-ci a eu quatre feux, & pour chaque trente-fix
quintaux on brûle douze mefures de charbon.
Le cuivre noir de cette fonte contient depuis fix on
ces & demie jufqu'à huit onces d'afgent par quintal : 011
le tranfportc à la Fonderie de Neufladt{\u la Dojfe , pour
le paffer à la liquation. Il y a pour cette fonte un Fon*
deur & un Aide, qui font relevés par d'autres au boue
de douze heures.

Ooo ij
476 De iA FONTE DES Mines , &c. Chap. XCVII.

CHAPITRE XCVII.
*De la fonte des écailles cuivreufès , f$ de la mine
de cuivre enfable d'Ilmenau3 far le
haut Fourneau,
%. i. f^\N grille ces écailles cuivreufes avant que de
\^/ les fondre , mais on ne grille point la mine en
fable : fune & Fautre fe fondent dans le haut Fourneau
qui efl repréfenté fur la Planche XLL On met f