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Les avantages d’une tôle profilée combinée à une dalle en béton (armé ou non) ont été mis enévidence

depuis longtemps. Ces avantages, en partie induits par le dimensionnement, portentsur une réduction
de coût lors de la construction. La structure mixte est fort bien adaptée pourles applications intérieures
comme les bâtiments administratifs ou commerciaux. Maisl’exploitation de ces avantages pressentis n'a
pas pu avoir lieu pendant longtemps en raison ducomportement complexe de ce genre de
construction.En Europe, par contre, les types de tôles profilées continuent d’augmenter; de nouveaux
bosselages et géométries sont encore développés actuellement. Les fournisseurs de tôles profilées
manifestent un très grand intérêt pour l’emploi de ces éléments en longue portée,efficaces pour des
charges importantes et concentrées statiquement et dynamiquement (parexemple, les surcharges
provoquées par les chariots élévateurs dans des bâtimentsindustriels). Cela a d’ailleurs largement
contribué à mettre ce type de construction au premierrang pour la réalisation de bâtiment en Grande-
Bretagne ces dernières années. De plus, ledéveloppement actuel des immeubles de grande hauteur à
ossature métallique et l’utilisationdes tôles profilées en coffrage perdu ont donné un nouvel essor à ce
type de plancher.La toute première étude

première étude de dalles mixtes a été entreprise en 1964 par BRYL. Dans sesconclusions, il propose une
méthode de dimensionnement basée sur la contrainte admissibleau niveau de la liaison tôle profilée-
béton et sur la résistance ultime des ancrages. Il n’avaitalors considéré qu’un comportement élastique
non fissuré. Cette méthode est décrite dans lesrecommandations du Centre suisse de la construction
métallique. En 1968, à l’Université del’Iowa, PORTER, SCHUSTER et EKBERG ont entamé un grand
programme de recherche.Pour commencer, seules des tôles profilées lisses (sans bosselage) ont été
testées, suivies, plustard, des tôles profilées bosselées. Dans leur programme de recherche, la rupture
due à l’effortrasant a été examinée en détail. D'abord, ce travail a abouti à la standardisation
deséprouvettes à travée simple, portant dans un seul sens. Depuis lors, cet essai standard est
lefondement servant à déterminer la performance des dalles mixtes. L’analyse des résultats decet essai
(appelée méthode " m et k " ou méthode de Porter et Schuster) a beaucoup attirél’attention partout
dans le monde.

Elle est maintenant acceptée, au moins comme base de plusieurs normes. Les raisons de ce succès sont
multiples, mais en particulier :- les essais standards sont faciles à réaliser ;- très peu de mesures sont
nécessaires ;- les essais peuvent être faits sur n’importe quelle tôle profilée ;- l’analyse théorique des
résultats est très simple ;- jusqu’à aujourd’hui (1990), aucun accident immuable à cette méthode n’a été
signalé.Malgré tout, il y a des inconvénients liés à cette méthode. En voici les plus importants :- les
essais de base ne représentent guère la façon de construire les dalles mixtes dans lemonde ;- il n’existe
aucun modèle théorique expliquant les phénomènes observés dans les essais ;- l'adhésion chimique
entre tôle profilée et béton, ainsi que la résistance en traction du béton, sont présents dans les essais
standard mais sont exclues dans les normes établies pour le calcul de la résistance ultime des éléments
en béton armé ;- la méthode nécessite beaucoup d’essais pour tester toutes les combinaisons
devariables liées à chaque type et épaisseur de tôle profilée.
D’autres programmes de recherche ont été mis sur pied. Schuster, à l’Université de Waterloo,a proposé
une extraction de la méthode " m et k " pour tenir compte de l’épaisseur de la tôle profilée, ce qui a
l’avantage de diminuer le nombre d’essais standards. L’analyse, par contre,est plus compliquée que celle
de la méthode " m et k ". Luttrell, à l’Université de WestVirginia, a proposé une méthode entièrement
différente. Plusieurs facteurs, liés auxgéométries des nervures et des bosselages, ont été établis au
cours d’un nombre très importantd’essais, et leur emploi est restreint aux dalles mixtes qui ressemblent
à un cas déjà étudié. Ily a peu de temps, la rédaction imminente de la nouvelle norme européenne pour
ledimensionnement des structures mixtes acier-béton (EUROCODE 4) a accéléré la formationd’un
groupe de travail pour les dalles mixtes (ECCS TWG 7.6.). Ce groupe a réexaminé laméthode " m et k ",
et lui a cherché une alternative pour le dimensionnement. A l’Universitéde Kaiserslautern, Bode a
proposé d’analyser les essais standards à l’aide d’un diagramme deconnexion partielle. Cette méthode
est presque identique à celle employée pour les poutresmixtes dans l’EUROCODE 4.Une dalle mixte est
constituée d’une tôle d’acier nervurée, profilée à froid, galvanisée,recouverte d’une dalle de béton
comportant un treillis d’armature. Des armaturessupplémentaires peuvent être ajoutées ainsi que des
connecteurs. Une telle dalle repose engénéral sur une structure porteuse de plancher composée de
poutrelles métalliques. Elle peutégalement être utilisée en liaison avec des structures porteuses
constituées d’autres matériaux,comme le béton armé ou le bois

Dans ce mode de construction, la tôle profilée joue plusieurs rôles :- plate-forme de travail au moment
du montage ;- coffrage pour le béton frais ;- armature inférieure de la dalle, à terme, après durcissement
du béton .

L’épaisseur hors-tout de la dalle mixte h et l’épaisseur de béton h

au-dessus de la surface plane principale du sommet des nervures de la tôle doivent vérifier les
conditions suivantes(EC4) :h

80 mm et h

40 mmSi la dalle a une action collaborante avec la poutre, ces conditions deviennent :h


90 mm et h

50 mm

Figure 2 -

Dimensions de la dalle utilisées pour les calculs

Avantages et inconvénients des planchers mixtes :

Les planchers mixtes présentent de nombreux avantages parmi lesquels :- une économie de la peau du
coffrage et de l’opération de décoffrage, le bac collaborant jouant le rôle de coffrage perdu ;- une
économie de l’étaiement pour les portées moyennes, où le bac est autoporteur (2 à 3m suivant les
profils) ;- un accès presque immédiat sous le plancher. Le bac collaborant, une fois posé, fournit une
plate-forme de travail. Sa forme permet d’attacher des faux-plafonds et ainsi de cacherl’ensemble des
câbles nécessaires lors de la construction d’un bâtiment ;- une propreté du chantier et une rapidité de la
mise en œuvre, les bacs étant formés de finesfeuilles d’acier extrêmement légères ;- avec une
interaction complète entre le bac collaborant et le béton, le bac joue le rôle desarmatures en traction
sous moments positifs, ce qui permet de réduire la hauteur de ladalle ainsi que la quantité de béton mis
en œuvre (environ 30%). Le poids de la dalle seraalors réduit.Cependant, la construction mixte présente
un certain nombre d’inconvénients qui restent faciles à surmonter.

La section d’acier mise en œuvre est généralement supérieure au minimum donné par lecalcul, mais on
a ainsi une plus grande raideur des planchers et donc une flèche réduite ;- les bacs collaborants sont
sensibles au feu, leur partie inférieure étant non protégée par le béton. Il est difficile d’assurer un degré
coupe-feu au-delà de 30 minutes sans l’ajoutd’une protection avec un matériau adéquat ;- la corrosion
du bac collaborant est un problème essentiel mais peut être facilement résolu par galvanisation ;- les
vents de forte intensité durant la construction peuvent endommager les bacscollaborants déjà mis en
place

II- Les matériaux mis en oeuvre

II.1- Le bac en acier

Il existe un très grand nombre de types de tôles profilées utilisées dans la construction desdalles mixtes.
Ces types varient par la forme, la hauteur, et l’entraxe des nervures, par lalargeur des plaques, par leur
mode de recouvrement latéral, par les moyens de raidissage deséléments plans constituant le profil et
enfin par les moyens de connexion mécanique assurantla liaison avec le béton. L’épaisseur des tôles
varie de 0,75 à 1,50 mm et leur hauteur varie de38 à 80 mm. Les tôles sont en acier doux laminé à froid
et sont galvanisées avec unrevêtement de zinc sur les deux 2 faces. L’acier utilisé pour la fabrication des
tôles profilées présente une limite d’élasticité minimale garantie de 220 N/mm². En général, les dalles
mixtessont construites avec des tôles profilées en acier galvanisé de nuance 280 à 350 N/mm selon la
norme européenne provisoire pr EN 10 147.

Par la forme, on peut distinguer deux principaux types de profilés : les profilés à nervuresrentrantes et
les profilés à nervures ouvertes ou trapézoïdales. Le profilé à nervures rentrantes permet une bonne
résistance à la séparation verticale du béton et du profilé.

Liaison acier-béton :

Pour assurer la liaison acier-béton, la tôle profilée doit être capable de transmettre lecisaillement
longitudinal (l’effort rasant) à l’interface entre la tôle et le béton. La simpleadhérence entre ces deux
éléments n’est pas considérée comme offrant une efficacitésuffisante pour une action collaborante.
Pour assurer le comportement mixte entre tôle profilée et béton, on réalise une connexion par
frottement, bosselures et indentations, barressoudées sur la partie supérieure du profilé et les
connecteurs de différents types qui setraduisent par un obstacle mécanique (ancrage d’extrémité) lié au
profilé support du bac d’uncoté et noyé dans le béton de la dalle de l’autre côté (voir le document ..
pour plus de détail).

Comportement des tôles profilées :

- Les profils à forme rentrante contenant des bosselures sur les nervures ont uncomportement ductile.-
Les profils ouverts contenant des bosselures sur les nervures ont soit un comportementductile soit un
comportement fragile en fonction des paramètres suivants :

- la géométrie des bosselures ;

- l’emplacement des bosselures ;

- la raideur du profilé près des bosselures (ratio largeur/épaisseur).La géométrie des bosselures, et en
particulier leur hauteur, est un facteur qui a une grandeinfluence sur le comportement des planchers
mixtes à bacs collaborants en tôles constitués detôles profilées en acier.

- Pour les profils sans bosselures, seul un comportement fragile a été observé.
II.2- Le béton

Le béton utilisé dans les dalles mixtes peut être à granulats normaux ou légers avec une
massevolumique du béton non armé qui ne doit pas être inférieure à 1750 kg/m

. Les classes derésistance du béton utilisé doivent être conforme à l’Eurocode 2. Les classes les plus
souventutilisées varient du C20 au C35 où le chiffre représente la résistance caractéristique du bétonà la
compression mesurée sur cylindre à 28 jours. Par contre, l’utilisation des classes derésistance
supérieures à C50/60 n’est pas permise à moins qu’elle soit dûment justifiée.

Classes de béton C20/25 C25/30 C30/37 C35/45

f ck (MPa) 20 25 30 35f ctm(MPa) 2,2 2,6 2,9 3,2

Rd (MPa)0,26 0,30 0,34 0,37Ecm(GPa) 29 30,5 32 33,5

Tableau 1 -

Classes et résistances des bétons utilisés dans les dalles mixtes

II.3- L’acier d’armatures

Toutes les armatures mises en œuvre dans les dalles mixtes (barres lisses ou à hauteadhérence et treillis
soudés) doivent correspondre aux prescriptions de l’Eurocode 2. Lesaciers les plus couramment utilisés
sont les S500 ou les S550, aciers dont les limitesélastiques caractéristiques sont respectivement 500 et
550 MPa. Les aciers supplémentairessont des aciers ronds à haute adhérence assemblés sous forme de
treillis par soudure.Il est nécessaire de prévoir un faible treillis soudé sur toute la surface de la dalle
pourreprendre les efforts éventuels dus au retrait du béton. Le treillis soudé est dit ‘anti-retrait’. Ilest
disposé à mi-hauteur de section de la dalle, 1 à 2 cm² (par mètre de largeur de dalle).D’autre part, des
armatures en chapeau sur appuis sont nécessaires comme pour les dalles en béton armé traditionnelles.
Ces armatures réalisées le plus souvent en treillis soudé doiventcouvrir au minimum une zone égale à
0,3 fois la portée de part et d’autre de l’appui.Le treillis soudé dans la dalle doit satisfaire aux conditions
minimales suivantes (EC4) :- armatures perpendiculaires aux ondes (nervures) :espacement minimal : 20
cmsection (cm²/m) : max. [ 0,1h

2160 ]où h

est l’épaisseur du béton au-dessus des ondes (nervures) (

6 cm)

e est la limite élastique des aciers (en daN/cm²)- armatures parallèles aux ondes :espacement minimal :
33 cmsection : max. [ 0,05 h

1080 ]soit la moitié des valeurs du cas perpendiculaire.

Notons que des armatures H.A. peuvent être prévues en complément dans le lit inférieur pouraméliorer
le comportement du plancher en cas d’incendie.

Type d'acier S 500 (barres profilées) S 550 (treillis soudés)

f sk(MPa) 500 550f tk(MPa) 550-600 580(f t /f sk )k (minimum)+ 1,1 1,05Es(GPa) 210 210

Tableau 2 -
Types d'acier d'armature et leurs caractéristiques

II.4- L’acier de construction

Les aciers utilisées pour la construction mixte doivent être conformes à l’EC3. Les valeurs decalcul pour
les propriétés mécaniques sont les suivantes :- module d’élasticité longitudinale : E = 210000 Mpa-
module de cisaillement : )1(2

aa

EG

+=

- masse volumique :

mkg

/7850

III-

Comportement mixte

Il existe une liaison mécanique limitant le glissement relatif entre le béton et la tôle d’acier;nous parlons
de plancher mixte collaborant. Le fait de solidariser deux éléments constitutifsdu plancher reste l’idée
maîtresse de la construction mixte. La liaison entre les deux partiesaméliore la résistance et la raideur
du plancher.

III.1- Connexion de cisaillement

Des expériences antérieures ont montré qu’il existait trois types de liaison entre le béton et latôle
d’acier :
•Liaison chimique

: elle résulte de l’adhérence de la pâte de ciment sur la tôle profilée.Cette liaison peut être forte, mais
elle est toujours fragile et peut être facilement rompuesous l’effet d’un impact ou d’un chargement
répété.

Liaison par frottement

: c’est la résistance aux efforts rasants, proportionnelle à l’effortnormal agissant à l’interface entre le
bac collaborant et le béton.

Liaison mécanique

: cette interaction survient près des changements importants degéométrie tels que les bosselures ou les
indentations. C’est le lien le plus résistant entre le béton et l’acier.La liaison mécanique et la liaison par
frottement sont l’expression du même phénomène maisà des amplitudes et à des échelles différentes.
En effet, la liaison par frottement est due à desvariations microscopiques de la surface d’acier, tandis
que la liaison mécanique est due auxvariations macroscopiques present a la surface du bac collaborant.

III.2- Connexion totale ou partielle

Dans le cas d’un élément avec connexion totale, soumis à la flexion, on considère que leglissement
relatif est égal à zéro. Par contre, si la connexion est partielle, il est nécessaire deconnaître le
comportement de l'élément mixte en présence de glissement. Ainsi, d'aprèsl'Eurocode 4, l'interaction
est totale quand l'augmentation du nombre de connecteursn'augmente pas le moment résistant de
calcul de l'élément. Sinon, la connexion decisaillement est partielle. Celle-ci n’est vrai que si les
connecteurs ont suffisamment deductilité pour permettre un glissement relatif sans rupture entre l’acier
et le béton.Pour le dimensionnement des éléments mixtes à connexion partielle, l'Eurocode 4
permetdeux types de calcul pour le moment résistant plastique en fonction du degré de connexion.Un
calcul plastique exact qui consiste à écrire le moment résultant dans une section fonctionde l’effort
rasant qui lui même est défini par le degré de connexion. L’autre calcul consiste àconsidérer une loi
linéaire entre le moment résistant de la section et l’effort rasant. Cettedernière est donc déterminée à
partir des moments résistants du bac seul et de la section mixte en connexion totale. On n’a donc pas
besoin pour cette deuxième méthode de calculer lemoment plastique réduit d’une section a connexion
partielle. Cependant, cette méthode estconservatrice car elle donne des résistances inférieures à celles
que l’on peut avoir avec uneméthode exacte. Elle convient donc comme méthode de dimensionnement
rapide. Quels quesoient les connecteurs, le moment résistant plastique de calcul M

pl.Rd

assurant une interactioncomplète implique les hypothèses suivantes :- interaction complète entre la
structure acier, les armatures et le béton ;- l'aire efficace de la structure en acier subit une contrainte
égale à sa résistanceélastiquef

en traction et en compression ;- l'aire efficace des armatures longitudinale subit une contrainte égale à
sa résistanceélastiquef

sk

en traction et en compression. En outre, les armatures en compression dansle béton peuvent être
négligées ;- la partie de la tôle profilée en compression doit être négligée ;- l'aire efficace du béton en
compression résiste à une contrainte égale à 0,85f

ck

;- l'aire de la tôle profilée en traction incluse dans l'aire efficace subit une contrainteégale à la résistance
élastiquef

ap

.Ceci correspond à la connexion totale en cisaillement, mais la théorie plastique peut aussis'appliquer
dans le cas de la connexion partielle. Avec des connecteurs ductiles, leshypothèses et le mode de calcul
sont les mêmes que ceux de la connexion totale, mais enutilisant une valeur réduite de l'effort de
compression F
c

égale à l'effort rasant maximum quela connexion est capable de transmettre.

III.3- Aciers transversaux

Les armatures transversales de la dalle sont dimensionnées à l'E.L.U. de façon à prévenir uneruine
prématurée par cisaillement longitudinal ou une rupture par fendage longitudinal. Eneffet, quand le
nombre des connecteurs de cisaillement est suffisant, les plans de fissuration passent autour des
connecteurs ou au travers de la dalle. Pour cette raison, des armaturestransversales sont mises en place
dans le béton, perpendiculairement à la portée. Elles permettent à la dalle de béton de résister au
cisaillement longitudinal transmis par lesconnecteurs et par ailleurs elles participent à la largeur efficace.
Le paragraphe 6.6 del'Eurocode 4 traite ce problème. De plus, des armatures de renforcement doivent
être mises enœuvre pour éviter le fendage du béton au niveau des appuis.

IV- Dimensionnement des dalles mixtes

La méthode de calcul présentée dans la seconde partie concerne uniquement les dalles de planchers
mixtes dont la portée est disposée dans le sens des nervures. Pour l’étude d’unedalle, composée d’une
tôle profilée et de béton, on doit distinguer deux états structuraux trèsdistincts : la phase temporaire
lors du montage, où seule la tôle résiste aux charges deconstruction, et l'état d’utilisation, où le béton
est lié à l’acier, le tout constituant alors un profil mixte. Les états limites et les cas de charges doivent
donc être pris en considération pour ces deux situations:

Phase de montage (tôles profilées utilisées comme coffrage) :

Il est nécessaire de procéder à une vérification des tôles d’acier profilées pendant qu’ellesagissent en
tant que coffrage pour le béton frais. On doit tenir compte des effets des étaiséventuels.Phase
d’utilisation (dalle mixte) :Il est nécessaire de procéder à une vérification de la dalle de plancher en
considérant l’actioncollaborante (après durcissement du béton) et après retrait des étais éventuels.

IV.1- Etape non mixte

L'étude de l'étape non mixte se fait en considérant que le seul élément structurale est le bac enacier
(étayé ou pas). Le béton frais dans ce cas représente une charge de construction etn’apporte aucune
résistance. Il faut noter qu’il est nécessaire de limiter les flèches durant cette phase, car toute
déformation du coffrage sous l’effet du poids propre restera aprèsdurcissement du béton. Aussi, le
béton étant fluide, il aura tendance à avoir une surfacehorizontale ce qui accentue l’effet de mare dans
les partie ayant les flèches les plusimportantes du bac.
IV.1.1- Actions

Lors du calcul de la tôle profilée au stade de coffrage, on considère les charges suivantes:- poids propre
des plaques nervurées;- poids propre du béton frais ;- charges de chantier y compris l’amoncellement
local du béton en cours du montage ;- charge de stockage éventuel ;- effet de « mare » (surplus du
béton dû à la flèche des tôles).Les charges de chantier représentent les poids des ouvriers et de
l’installation de bétonnage,ainsi que la prise en compte d'éventuels chocs ou vibrations susceptibles de
se produire durantla construction. On peut admettre comme valeur représentative des charges de
construction (ycompris tout surplus de béton) une charge de 1,5 kN/m

, répartie sur une surface de 3m*3m,et de 0,75 kN/m

sur le reste de la surface de coffrage. Ces charges doivent être positionnéesde sorte à occasionner le
moment fléchissant et/ou l’effort tranchant maximal.

Figure 4-

Charges supportées par la tôle profiléeCes valeurs minimales ne sont pas nécessairement suffisantes
pour un impact ou unamoncellement de béton excessif, ou pour des charges de pompage ou
d'acheminement parcanalisations. Si nécessaire, le calcul doit tenir compte des charges supplémentaires
par desdispositions appropriées.

IV.1.2- Analyse et vérification des dalles (étape non mixte)

Les vérifications des tôles profilées en acier doivent être effectuées conformément à la Partie1.3 de
l'Eurocode 3. On doit tenir compte des effets des bossages ou des indentations sur lesrésistances
admises de la tôle seule soumise à la flexion.

A l'état limite de service :

La flèche

de la tôle sous son poids propre plus celui du béton frais, à l'exclusion des chargesde chantier, est
limitée à (

L180

ou 20 mm) où L représente la portée utile entre les appuis. Si

δ
est supérieure à

L250

ou 20 mm, il faut inclure l'effet de mare dans le calcul de la tôle d'acier, par exemple en supposant dans
le calcul de la charge que l'épaisseur nominale du béton estaugmentée de 0,7

sur la totalité de la portée. Les flèches peuvent être fortement réduites parl'utilisation d'étais
provisoires.

A l'état limite ultime :

La tôle profilée en acier est un élément mince dont la section transversale estsystématiquement de
classe 4 selon l'Eurocode 3. Cela signifie que ses parois soussollicitations de compression et/ou d'effort
tranchant sont très largement soumises aux phénomènes d'instabilité par voilement. Deux analyses
doivent être faites afin de procéderaux vérifications :- L'analyse globale de la structure permet de
déterminer les sollicitations dans les portées dela tôle ;- L'analyse locale des sections ou plans de ruine
détermine les caractéristiques mécaniques(E.L.S.) et leurs résistances (E.L.U.).Analyse locale des sections
:On sait que pour les éléments minces, le problème de l'instabilité des parties comprimées dela section
est important. Pour les éléments sujets au voilement, on utilise la notion de largeurefficace qui est une
partie de la largeur physique. Soit un profil de tôle décomposé en plusieurs éléments de largeur b

Figure 5 -

Décomposition en éléments plansLa largeur efficace de chaque élément est b

eff

.b

pour chaque paroi en compression. Les parois en traction sont complètement efficaces.
Figure 6 -

Largeur efficaceDeux cas de figure sont envisagés :-

Calcul des sections à l'état limite ultime (résistance)

La limite d'élasticité dans les éléments de tôles est f

et la résistance ultime en flexion estdonnée par la formule :M

=f

eff m

où : W

eff

est le module de résistance de la section efficace de la tôle profilée ;f

est la limite d'élasticité de la tôle profilée ;

est le coefficient partiel de sécurité appliqué à l'acier de la tôle profilée.-

Calcul des sections aux états limites de service (caractéristiques mécaniques)

On commence par calculer l'élancement de la paroi considérée sous

ainsi que l'élancementlimite correspondant à la limite d'élasticité f


y

pd

= 1,052

bt

com

EK

et

pu

= 1,052

bt

f EK

yp

où :

com

est la contrainte de compression effective de calcul sur la section efficace (

σ
com

) et k

est le coefficient de flambement.On calcule ensuite le coefficient d'efficacité de la paroi en fonction de

pd

et

pu

=(1-

0,22

pd

pd

+ 0,18

λ λλ
pupd pu

−−

0,6

si

pd

> 0,673

ne peut être supérieur à 1.

= 1 si

pd

0.673 ( la paroi est totalement efficace ).On doit tenir compte convenablement des effets de bosselures
ou des indentations sur lesrésistances ultimes. Ainsi, il convient de négliger les largeurs des bossages et
des indentationsde la tôle, sauf s’il est démontré par des essais qu'une section plus grande est efficace
(EC4-7.6.1.2)

IV.2- Etape mixteIV.2.1- Comportement des dalles mixtes :

Le comportement des dalles mixtes est quelque peu différent de celui des autres constructionsmixtes
apparentées que sont les dalles en béton armé et les poutres mixtes acier-béton. Dansles éléments en
béton armé, l'effet mixte est obtenu par la capacité d'adhérence des barres .

tendues dans le béton, due au profilage spécial de ces barres. Contrôlée par des essais, cettecapacité est
telle que la résistance ultime des armatures correspond à leur résistance à latraction et que les dalles
peuvent toujours développer leur pleine résistance à la flexion.Dans les poutres mixtes, la liaison est
réalisée par les connecteurs fixés à l'aile supérieure du profilé métallique. Cette connexion peut être
dimensionnée de telle sorte que la poutreatteigne sa résistance ultime à la flexion (connexion totale). La
connexion est partielle si lenombre de connecteurs est inférieur. Dans ce cas, la résistance ultime à la
flexion dépendessentiellement du nombre de connecteurs, de la forme du diagramme charge-
glissement desconnecteurs, de la portée de la poutre et du procédé de construction.La dalle mixte avec
tôle profilée se situe donc à mi-chemin entre ces deux systèmes. D'une part, les tôles comportent des
bossages ou des ancrages permettant de les assimiler à des barres d'armature, d'autre part la tôle est un
élément à rigidité flexionnelle, similaire aux poutres métalliques. La différence provient du fait que la
tôle profilée, de même que ses bossages, sont déformables. Ainsi, l'effet d'enrobage est moindre que
pour une barred'armature indéformable. Ces phénomènes de déformation de la tôle sont fonction
denombreux paramètres, ce qui rend l'analyse du comportement réel des dalles mixtes
trèscompliquée.Les études théoriques et expérimentales effectuées récemment ont permis de détecter
lesdifférents paramètres entrant en jeu et de mettre en évidence deux modes de comportement.

Figure 7-

Deux comportements typiques sous chargeCes modes sont basés sur l'analyse des courbes charge-
flèche que l'on peut relever parexemple lors d'un essai de flexion d'une dalle mixte sur deux appuis
soumise à deux chargesconcentrées.

Mode 1 ( fragile )

Ce mode est caractérisé par une courbe linéaire dans sa phase initiale, correspondant aucomportement
d'un matériau homogène solidarisé par effet de surface (adhérence chimique etfrottement) et par effet
mécanique (bossages et ancrages). Aucun glissement relatif importantentre l'acier et le béton n'a eu lieu
; au fur et à mesure que la charge augmente, la rigiditédiminue à cause de la formation de fissures dans
le béton tendu. Les contraintes decisaillement acier-béton augmentent dans la zone située entre l'appui
et la charge concentrée.

A un moment donné, le glissement relatif est tel que la liaison est rompue et la charge
décroîtsoudainement. Tout l'effort rasant doit être alors repris par frottement et par les
bossageséventuels. L'ampleur de la chute dépend donc de la qualité de cette liaison mécanique.
Encontinuant de déformer la dalle, la charge augmente un peu à nouveau, sans jamais atteindrele
niveau de la phase initiale. Cela signifie que tous les moyens mécaniques de connexion decette dalle ne
sont pas capables d'assurer un effet mixte supérieur à celui de la simpleadhérence de surface. Il faut
remarquer également que la chute de la charge n'est pas due àl'ouverture brusque des fissures du béton
tendu, car elle est empêchée par la tôle, mais bien auglissement relatif du béton sur la tôle.

Mode 2 ( ductile )

Ce mode est caractérisé par une phase initiale similaire à celle du mode 1. La deuxième phaseest par
contre différente : après la chute de la charge qui correspond à la rupture del'adhérence et au
glissement acier-béton dans la zone cisaillée, la charge augmente à nouveau jusqu'à un niveau
supérieur, signifiant que la connexion mécanique est alors tout à faitcapable de transférer l'effort rasant
jusqu'à des niveaux de flexion élevés. La rupture se produit soit par flexion, ce qui correspond à une
connexion totale, soit par cisaillementlongitudinal, ce qui correspond à une connexion partielle.
IV.2.2- Actions

Les charges à considérer agissant sur la dalle mixte sont les suivantes :- poids propre de la dalle (tôle
profilée et béton) ;- poids du revêtement et des finitions ;- charges utiles.

IV.2.3- Analyse des dalles mixtes

L’analyse des dalles mixtes peut être effectuée selon l’une des méthodes suivantes :- élastique linéaire,
avec ou sans redistribution des moments ;- plastique selon la théorie des mécanismes ;- analyse élasto-
plastique tenant compte du comportement non-linéaire des matériauxet du glissement relatif entre la
tôle et le béton.

à l’E.L.U. :

Dans la plupart des cas, l’analyse d’une dalle mixte continue sur plusieurs travées esteffectuée selon un
calcul élastique des efforts, en considérant une dalle de largeur unitaire (1m) assimilée a une poutre
d’inertie constante

.On considère alors l’inertie de la section non fissurée ou homogène. Ensuite, il est possible detenir
compte de la fissuration du béton de plusieurs façons :- en réduisant arbitrairement le moment sur
appui (réduction maximale de 30 %) et enaugmentant par conséquent les moments en travée

;- en négligeant totalement l’armature sur appui et en considérant la dalle comme une sériede poutres
simples. Cependant, une armature minimale doit être disposée sur appuis

;- en considérant que la dalle est une poutre à inertie variable, selon l’armature mise en place. L’inertie à
considérer est alors celle de la section fissuré.

Figure 8 -

Analyse d'une dalle mixte continueL’analyse consiste à appliquer à l’un des systèmes statiques ci-dessus
les sollicitations duesaux charges et actions données dans le paragraphe précédent. La valeur de
dimensionnementde la sollicitation s’obtient en multipliant les différentes charges par des coefficients
partielsde sécurité pour les actions appropriées.

à l’E.L.S. :

Pour l’analyse de la dalle mixte, il est possible de calculer les flèches en admettant lesapproximations
suivantes :- la dalle est assimilée à une poutre continue d’inertie constante égale à la moyenne
desinerties positives des sections fissurées et non fissurées ;- il faut tenir compte des effets à long terme
du chargement du béton en admettant uncoefficient d'équivalence
E En

ba

, différant selon la durée d’application des charges.On peut admettre : 7

pour les charges utiles de courte durée ;21

pour les charges permanentes.Il est également possible de considérer un coefficient d'équivalence
moyen égal à 15 en cas de béton de densité normale, valable pour toutes les charges. Pour les travées
de rive, il faut tenircompte des éventuels glissements acier-béton qui peuvent se produire a l’E.L.S. et
qui ont unegrande influence sur les flèches. Pour éviter tout risque de glissement, il est possible
dedisposer à l'extrémité des travées de rive des ancrages tels que des goujons soudés ou deséquerres
clouées. Ces ancrages peuvent alors être pris en compte également dans la résistancede la connexion.

IV.3- Largeur utile pour les charges concentrées

Le plus souvent les charges sont réparties de manière uniforme. Dans ce cas, la largeur utileest la largeur
de la dalle. Lorsque des charges concentrées ponctuelles ou linaires, parallèles àla portée de la dalle,
doivent être supportées par celle-ci, elles peuvent être considéréescomme des charges réparties sur une
largeur b

, mesurée juste au-dessus des nervures destôles et obtenue par la formule : b

=b

+2(h

+h

f
)où b

représente la largeur de la charge concentrée;h

représente l'épaisseur de la dalle au-dessus des nervures de la tôle profilée;h

représente l'épaisseur des finitions éventuelles.

Figure 9 -

Répartition de charge concentréePour les charges concentrées linaires, perpendiculaires à la portée de


la dalle, on peut utiliserla formule précédente pour le calcul de b

en prenant la valeur b

égale à la longueur de lacharge concentrée linéaire.La largeur de la dalle, considérée comme utile pour
l'analyse globale et pour le calcul de larésistance est la suivante :- pour le cisaillement longitudinal et le
fléchissement :

pour les portées simples et les portées extérieures de dalles continues : b

em

=b

+2L

−

LL
p

largeur de la dalle

pour les portées intérieures de dalles continues : b

em

=b

+ 1,33 L

−

LL

largeur de la dalle- pour le cisaillement vertical : b

ev

=b

+L

p
1

−

LL

largeur de la dalleoù : L

représente la distance mesurée entre le centre de la charge et l'appui le plus proche;L représente la
longueur de portée.Afin d'assurer la répartition des charges ponctuelles ou linéaires sur la largeur
considéréecomme utile, une armature transversale doit être placée sur ou au dessus de la tôle. Cette
armature transversale est calculée à partir des moments fléchissants transversaux, par lesrègles du
Béton Armé de l'Eurocode 2.On peut utiliser une armature transversale nominale sans calcul si les
charges d'exploitationcaractéristiques n'excèdent pas les valeurs ci-après :- charge concentrée : 7,5 kN-
charge répartie : 5,0 kN/m

Cette armature transversale nominale doit présenter une aire de section transversale d'aumoins 0.2 %
de l'aire de béton situé au-dessus des nervures, et doit avoir une largeur d'aumoins b

em

calculée précédemment. A défaut d'une telle armature, les largeurs utiles pour lescalculs de
cisaillement et de moment sont limitées à b

IV.4- Résistance des sections

Les sections critiques qu'il est nécessaire de vérifier lors du dimensionnement des dallesmixtes sont les
suivantes :

Figure 10-

Illustration de sections critiques possibles

SECTION I :
La rupture est donnée par la résistance en flexion positive : M

+ p.Rd

.Deux types de rupture peuvent avoir lieu :

1.

La dalle est sous-armée : le profilé métallique atteint alors sa limite d'élasticité sur toutesa hauteur
avant que le béton atteigne sa résistance à la compression. Dans la partieinférieure de la dalle, des
fissures dans le béton peuvent alors être observées.

2.

Si les armatures sont en nombre suffisant, la rupture a lieu dans la zone en compression par écrasement
du béton.Cette section peut être critique s'il y a une interaction complète à l'interface entre la tôle et le
béton.

SECTION II :

La rupture est donnée par la résistance en flexion négative sur appui : M

- p.Rd

SECTION III :

La rupture est donnée par la résistance au cisaillement vertical : V

v.Rd

SECTION IV :

La rupture est donnée par la résistance de la connexion (cisaillement longitudinal). C'est le premier
mode de rupture existant dans une dalle mixte. Il débute par une perte de l'action.

mixte en raison d'un transfert insuffisant de l’effort de cisaillement à l'interface béton/tôle profilée. Ceci
provoque une réduction de la résistance de la dalle mixte, qui dépend de laréserve de résistance des
connecteurs qui reste disponible. Ainsi, la capacité portante de ladalle est déterminée par la résistance
de la connexion. La résistance plastique totale à laflexion M

pl.Rd

dans la section I ne peut être atteinte. On se retrouve donc dans le cas de laconnexion partielle.

SECTION V :
La rupture est donnée par la résistance au poinçonnement sur l ’effet d’une charge concentréeappliquée
sur une surface réduite.

IV.4.1- Résistance en flexion positive

La résistance en flexion positive d'une section de dalle mixte, M

+ p.Rd

, peut être déterminée enadmettant une répartition plastique des contraintes et en prenant la limite
d'élasticité de calculde l'élément structurel en acier (dans notre cas, la tôle) égal àf

yp

ap

.Pour une section sous-armée (rapport faible de la résistance de la tôle en traction à celle de ladalle de
béton en compression), la position de l'axe neutre plastique est donnée par :x = N b.0,85.f

cf ck

où : N

cf

= Ap .f

yp

ap

où : A

: aire de la section efficace de la tôle profilée en traction ;f

yp

: limite d'élasticité de l'acier de la tôle ;

γ
ap

: coefficient partiel de sécurité pour la résistance applicable à la tôle profilée ; b : largeur de la dalle
considérée (b = 1 m) ;f

ck

: résistance caractéristique du béton à la compression ;

: coefficient partiel de sécurité pour la résistance applicable au béton.Pour la section efficace de la tôle
en acier, il convient de négliger la largeur des bossages etdes indentations de cette tôle.Une section est
sous-armée si : N

cf

b . 0,85 . f

ck

.h

Deux cas peuvent se présenter :

er

cas

: si l'axe neutre est situé au-dessus des nervures ( x

c
):

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Institut des Sciences de l'Ingénieur

de l'Université Blaise Pascal

Département Génie Civil3

ème

Année
Construction Mixte

Planchers MixtesAcier-béton

A. BOUCHAIROctobre 2002

CUST - BP 206 - 63174 AUBIERE CEDEX

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I. Généralités sur les dalles mixtes

Les avantages d’une tôle profilée combinée à une dalle en béton (armé ou non) ont été mis enévidence
depuis longtemps. Ces avantages, en partie induits par le dimensionnement, portentsur une réduction
de coût lors de la construction. La structure mixte est fort bien adaptée pourles applications intérieures
comme les bâtiments administratifs ou commerciaux. Maisl’exploitation de ces avantages pressentis n'a
pas pu avoir lieu pendant longtemps en raison ducomportement complexe de ce genre de
construction.En Europe, par contre, les types de tôles profilées continuent d’augmenter; de nouveaux
bosselages et géométries sont encore développés actuellement. Les fournisseurs de tôles profilées
manifestent un très grand intérêt pour l’emploi de ces éléments en longue portée,efficaces pour des
charges importantes et concentrées statiquement et dynamiquement (parexemple, les surcharges
provoquées par les chariots élévateurs dans des bâtimentsindustriels). Cela a d’ailleurs largement
contribué à mettre ce type de construction au premierrang pour la réalisation de bâtiment en Grande-
Bretagne ces dernières années. De plus, ledéveloppement actuel des immeubles de grande hauteur à
ossature métallique et l’utilisationdes tôles profilées en coffrage perdu ont donné un nouvel essor à ce
type de plancher.La toute première étude de dalles mixtes a été entreprise en 1964 par BRYL. Dans
sesconclusions, il propose une méthode de dimensionnement basée sur la contrainte admissibleau
niveau de la liaison tôle profilée-béton et sur la résistance ultime des ancrages. Il n’avaitalors considéré
qu’un comportement élastique non fissuré. Cette méthode est décrite dans lesrecommandations du
Centre suisse de la construction métallique. En 1968, à l’Université del’Iowa, PORTER, SCHUSTER et
EKBERG ont entamé un grand programme de recherche.Pour commencer, seules des tôles profilées
lisses (sans bosselage) ont été testées, suivies, plustard, des tôles profilées bosselées. Dans leur
programme de recherche, la rupture due à l’effortrasant a été examinée en détail. D'abord, ce travail a
abouti à la standardisation deséprouvettes à travée simple, portant dans un seul sens. Depuis lors, cet
essai standard est lefondement servant à déterminer la performance des dalles mixtes. L’analyse des
résultats decet essai (appelée méthode " m et k " ou méthode de Porter et Schuster) a beaucoup
attirél’attention partout dans le monde. Elle est maintenant acceptée, au moins comme base de
plusieurs normes. Les raisons de ce succès sont multiples, mais en particulier :- les essais standards sont
faciles à réaliser ;- très peu de mesures sont nécessaires ;- les essais peuvent être faits sur n’importe
quelle tôle profilée ;- l’analyse théorique des résultats est très simple ;- jusqu’à aujourd’hui (1990),
aucun accident immuable à cette méthode n’a été signalé.Malgré tout, il y a des inconvénients liés à
cette méthode. En voici les plus importants :- les essais de base ne représentent guère la façon de
construire les dalles mixtes dans lemonde ;- il n’existe aucun modèle théorique expliquant les
phénomènes observés dans les essais ;- l'adhésion chimique entre tôle profilée et béton, ainsi que la
résistance en traction du béton, sont présents dans les essais standard mais sont exclues dans les
normes établies pour le calcul de la résistance ultime des éléments en béton armé ;- la méthode
nécessite beaucoup d’essais pour tester toutes les combinaisons devariables liées à chaque type et
épaisseur de tôle profilée.

D’autres programmes de recherche ont été mis sur pied. Schuster, à l’Université de Waterloo,a proposé
une extraction de la méthode " m et k " pour tenir compte de l’épaisseur de la tôle profilée, ce qui a
l’avantage de diminuer le nombre d’essais standards. L’analyse, par contre,est plus compliquée que celle
de la méthode " m et k ". Luttrell, à l’Université de WestVirginia, a proposé une méthode entièrement
différente. Plusieurs facteurs, liés auxgéométries des nervures et des bosselages, ont été établis au
cours d’un nombre très importantd’essais, et leur emploi est restreint aux dalles mixtes qui ressemblent
à un cas déjà étudié. Ily a peu de temps, la rédaction imminente de la nouvelle norme européenne pour
ledimensionnement des structures mixtes acier-béton (EUROCODE 4) a accéléré la formationd’un
groupe de travail pour les dalles mixtes (ECCS TWG 7.6.). Ce groupe a réexaminé laméthode " m et k ",
et lui a cherché une alternative pour le dimensionnement. A l’Universitéde Kaiserslautern, Bode a
proposé d’analyser les essais standards à l’aide d’un diagramme deconnexion partielle. Cette méthode
est presque identique à celle employée pour les poutresmixtes dans l’EUROCODE 4.Une dalle mixte est
constituée d’une tôle d’acier nervurée, profilée à froid, galvanisée,recouverte d’une dalle de béton
comportant un treillis d’armature. Des armaturessupplémentaires peuvent être ajoutées ainsi que des
connecteurs. Une telle dalle repose engénéral sur une structure porteuse de plancher composée de
poutrelles métalliques. Elle peutégalement être utilisée en liaison avec des structures porteuses
constituées d’autres matériaux,comme le béton armé ou le bois.

Figure 1-

Plancher mixte avec tôle profilée en acierDans ce mode de construction, la tôle profilée joue plusieurs
rôles :- plate-forme de travail au moment du montage ;- coffrage pour le béton frais ;- armature
inférieure de la dalle, à terme, après durcissement du béton.

L’épaisseur hors-tout de la dalle mixte h et l’épaisseur de béton h

au-dessus de la surface plane principale du sommet des nervures de la tôle doivent vérifier les
conditions suivantes(EC4) :h

80 mm et h

40 mmSi la dalle a une action collaborante avec la poutre, ces conditions deviennent :h

90 mm et h

50 mm
Figure 2 -

Dimensions de la dalle utilisées pour les calculs

Avantages et inconvénients des planchers mixtes :

Les planchers mixtes présentent de nombreux avantages parmi lesquels :- une économie de la peau du
coffrage et de l’opération de décoffrage, le bac collaborant jouant le rôle de coffrage perdu ;- une
économie de l’étaiement pour les portées moyennes, où le bac est autoporteur (2 à 3m suivant les
profils) ;- un accès presque immédiat sous le plancher. Le bac collaborant, une fois posé, fournit une
plate-forme de travail. Sa forme permet d’attacher des faux-plafonds et ainsi de cacherl’ensemble des
câbles nécessaires lors de la construction d’un bâtiment ;- une propreté du chantier et une rapidité de la
mise en œuvre, les bacs étant formés de finesfeuilles d’acier extrêmement légères ;- avec une
interaction complète entre le bac collaborant et le béton, le bac joue le rôle desarmatures en traction
sous moments positifs, ce qui permet de réduire la hauteur de ladalle ainsi que la quantité de béton mis
en œuvre (environ 30%). Le poids de la dalle seraalors réduit.Cependant, la construction mixte présente
un certain nombre d’inconvénients qui restentfaciles à surmonter :- la section d’acier mise en œuvre est
généralement supérieure au minimum donné par lecalcul, mais on a ainsi une plus grande raideur des
planchers et donc une flèche réduite ;- les bacs collaborants sont sensibles au feu, leur partie inférieure
étant non protégée par le béton. Il est difficile d’assurer un degré coupe-feu au-delà de 30 minutes sans
l’ajoutd’une protection avec un matériau adéquat ;- la corrosion du bac collaborant est un problème
essentiel mais peut être facilement résolu par galvanisation ;- les vents de forte intensité durant la
construction peuvent endommager les bacscollaborants déjà mis en place.

II- Les matériaux mis en oeuvreII.1- Le bac en acier

Il existe un très grand nombre de types de tôles profilées utilisées dans la construction desdalles mixtes.
Ces types varient par la forme, la hauteur, et l’entraxe des nervures, par lalargeur des plaques, par leur
mode de recouvrement latéral, par les moyens de raidissage deséléments plans constituant le profil et
enfin par les moyens de connexion mécanique assurantla liaison avec le béton. L’épaisseur des tôles
varie de 0,75 à 1,50 mm et leur hauteur varie de38 à 80 mm. Les tôles sont en acier doux laminé à froid
et sont galvanisées avec unrevêtement de zinc sur les deux 2 faces. L’acier utilisé pour la fabrication des
tôles profilées présente une limite d’élasticité minimale garantie de 220 N/mm². En général, les dalles
mixtessont construites avec des tôles profilées en acier galvanisé de nuance 280 à 350 N/mm
²

selonla norme européenne provisoire pr EN 10 147.Par la forme, on peut distinguer deux principaux
types de profilés : les profilés à nervuresrentrantes et les profilés à nervures ouvertes ou trapézoïdales.
Le profilé à nervures rentrantes permet une bonne résistance à la séparation verticale du béton et du
profilé.

Liaison acier-béton :

Pour assurer la liaison acier-béton, la tôle profilée doit être capable de transmettre lecisaillement
longitudinal (l’effort rasant) à l’interface entre la tôle et le béton. La simpleadhérence entre ces deux
éléments n’est pas considérée comme offrant une efficacitésuffisante pour une action collaborante.
Pour assurer le comportement mixte entre tôle profilée et béton, on réalise une connexion par
frottement, bosselures et indentations, barressoudées sur la partie supérieure du profilé et les
connecteurs de différents types qui setraduisent par un obstacle mécanique (ancrage d’extrémité) lié au
profilé support du bac d’uncoté et noyé dans le béton de la dalle de l’autre côté (voir le document ..
pour plus de détail).

Comportement des tôles profilées :

- Les profils à forme rentrante contenant des bosselures sur les nervures ont uncomportement ductile.-
Les profils ouverts contenant des bosselures sur les nervures ont soit un comportementductile soit un
comportement fragile en fonction des paramètres suivants :- la géométrie des bosselures ;-
l’emplacement des bosselures ;- la raideur du profilé près des bosselures (ratio largeur/épaisseur).La
géométrie des bosselures, et en particulier leur hauteur, est un facteur qui a une grandeinfluence sur le
comportement des planchers mixtes à bacs collaborants en tôles constitués detôles profilées en acier.-
Pour les profils sans bosselures, seul un comportement fragile est observé.

Figure 3-

Les deux principaux types de profilés

II.2- Le béton
Le béton utilisé dans les dalles mixtes peut être à granulats normaux ou légers avec une
massevolumique du béton non armé qui ne doit pas être inférieure à 1750 kg/m

. Les classes derésistance du béton utilisé doivent être conforme à l’Eurocode 2. Les classes les plus
souventutilisées varient du C20 au C35 où le chiffre représente la résistance caractéristique du bétonà la
compression mesurée sur cylindre à 28 jours. Par contre, l’utilisation des classes derésistance
supérieures à C50/60 n’est pas permise à moins qu’elle soit dûment justifiée.

Classes de béton C20/25 C25/30 C30/37 C35/45

f ck (MPa) 20 25 30 35f ctm(MPa) 2,2 2,6 2,9 3,2

Rd (MPa)0,26 0,30 0,34 0,37Ecm(GPa) 29 30,5 32 33,5

Tableau 1 -

Classes et résistances des bétons utilisés dans les dalles mixtes

II.3- L’acier d’armatures

Toutes les armatures mises en œuvre dans les dalles mixtes (barres lisses ou à hauteadhérence et treillis
soudés) doivent correspondre aux prescriptions de l’Eurocode 2. Lesaciers les plus couramment utilisés
sont les S500 ou les S550, aciers dont les limitesélastiques caractéristiques sont respectivement 500 et
550 MPa. Les aciers supplémentairessont des aciers ronds à haute adhérence assemblés sous forme de
treillis par soudure.Il est nécessaire de prévoir un faible treillis soudé sur toute la surface de la dalle
pourreprendre les efforts éventuels dus au retrait du béton. Le treillis soudé est dit ‘anti-retrait’. Ilest
disposé à mi-hauteur de section de la dalle, 1 à 2 cm² (par mètre de largeur de dalle).D’autre part, des
armatures en chapeau sur appuis sont nécessaires comme pour les dalles en béton armé traditionnelles.
Ces armatures réalisées le plus souvent en treillis soudé doiventcouvrir au minimum une zone égale à
0,3 fois la portée de part et d’autre de l’appui.Le treillis soudé dans la dalle doit satisfaire aux conditions
minimales suivantes (EC4) :- armatures perpendiculaires aux ondes (nervures) :espacement minimal : 20
cmsection (cm²/m) : max. [ 0,1h

e
2160 ]où h

est l’épaisseur du béton au-dessus des ondes (nervures) (

6 cm)

e est la limite élastique des aciers (en daN/cm²)- armatures parallèles aux ondes :espacement minimal :
33 cmsection : max. [ 0,05 h

1080 ]soit la moitié des valeurs du cas perpendiculaire.

Notons que des armatures H.A. peuvent être prévues en complément dans le lit inférieur pouraméliorer
le comportement du plancher en cas d’incendie.

Type d'acier S 500 (barres profilées) S 550 (treillis soudés)

f sk(MPa) 500 550f tk(MPa) 550-600 580(f t /f sk )k (minimum)+ 1,1 1,05Es(GPa) 210 210

Tableau 2 -

Types d'acier d'armature et leurs caractéristiques

II.4- L’acier de construction


Les aciers utilisées pour la construction mixte doivent être conformes à l’EC3. Les valeurs decalcul pour
les propriétés mécaniques sont les suivantes :- module d’élasticité longitudinale : E = 210000 Mpa-
module de cisaillement : )1(2

aa

EG

+=

- masse volumique :

mkg

/7850

III-

Comportement mixte

Il existe une liaison mécanique limitant le glissement relatif entre le béton et la tôle d’acier;nous parlons
de plancher mixte collaborant. Le fait de solidariser deux éléments constitutifsdu plancher reste l’idée
maîtresse de la construction mixte. La liaison entre les deux partiesaméliore la résistance et la raideur
du plancher.

III.1- Connexion de cisaillement

Des expériences antérieures ont montré qu’il existait trois types de liaison entre le béton et latôle
d’acier :

Liaison chimique
: elle résulte de l’adhérence de la pâte de ciment sur la tôle profilée.Cette liaison peut être forte, mais
elle est toujours fragile et peut être facilement rompuesous l’effet d’un impact ou d’un chargement
répété.

Liaison par frottement

: c’est la résistance aux efforts rasants, proportionnelle à l’effortnormal agissant à l’interface entre le
bac collaborant et le béton.

Liaison mécanique

: cette interaction survient près des changements importants degéométrie tels que les bosselures ou les
indentations. C’est le lien le plus résistant entre le béton et l’acier.La liaison mécanique et la liaison par
frottement sont l’expression du même phénomène maisà des amplitudes et à des échelles différentes.
En effet, la liaison par frottement est due à desvariations microscopiques de la surface d’acier, tandis
que la liaison mécanique est due auxvariations macroscopiques présentes à la surface du bac
collaborant.

IndentationsConnecteurs NelsonConnecteurs HiltiDéformation des extrémitésdes NervuresLiaison par


frottement

Figure 3 –

Quelques types de liaisons bac-béton

III.2- Connexion totale ou partielle

Dans le cas d’un élément avec connexion totale, soumis à la flexion, on considère que leglissement
relatif est égal à zéro. Par contre, si la connexion est partielle, il est nécessaire deconnaître le
comportement de l'élément mixte en présence de glissement. Ainsi, d'aprèsl'Eurocode 4, l'interaction
est totale quand l'augmentation du nombre de connecteursn'augmente pas le moment résistant de
calcul de l'élément. Sinon, la connexion decisaillement est partielle. Celle-ci n’est vrai que si les
connecteurs ont suffisamment deductilité pour permettre un glissement relatif sans rupture entre l’acier
et le béton.Pour le dimensionnement des éléments mixtes à connexion partielle, l'Eurocode 4
permetdeux types de calcul pour le moment résistant plastique en fonction du degré de connexion.Un
calcul plastique exact qui consiste à écrire le moment résultant dans une section fonctionde l’effort
rasant qui lui même est défini par le degré de connexion. L’autre calcul consiste àconsidérer une loi
linéaire entre le moment résistant de la section et l’effort rasant. Cettedernière est donc déterminée à
partir des moments résistants du bac seul et de la section mixte

10

en connexion totale. On n’a donc pas besoin pour cette deuxième méthode de calculer lemoment
plastique réduit d’une section a connexion partielle. Cependant, cette méthode estconservatrice car elle
donne des résistances inférieures à celles que l’on peut avoir avec uneméthode exacte. Elle convient
donc comme méthode de dimensionnement rapide. Quels quesoient les connecteurs, le moment
résistant plastique de calcul M

pl.Rd

assurant une interactioncomplète implique les hypothèses suivantes :- interaction complète entre la
structure acier, les armatures et le béton ;- l'aire efficace de la structure en acier subit une contrainte
égale à sa résistanceélastiquef

en traction et en compression ;- l'aire efficace des armatures longitudinale subit une contrainte égale à
sa résistanceélastiquef

sk

s
en traction et en compression. En outre, les armatures en compression dansle béton peuvent être
négligées ;- la partie de la tôle profilée en compression doit être négligée ;- l'aire efficace du béton en
compression résiste à une contrainte égale à 0,85f

ck

;- l'aire de la tôle profilée en traction incluse dans l'aire efficace subit une contrainteégale à la résistance
élastiquef

ap

.Ceci correspond à la connexion totale en cisaillement, mais la théorie plastique peut aussis'appliquer
dans le cas de la connexion partielle. Avec des connecteurs ductiles, leshypothèses et le mode de calcul
sont les mêmes que ceux de la connexion totale, mais enutilisant une valeur réduite de l'effort de
compression F

égale à l'effort rasant maximum quela connexion est capable de transmettre.

III.3- Aciers transversaux

Les armatures transversales de la dalle sont dimensionnées à l'E.L.U. de façon à prévenir uneruine
prématurée par cisaillement longitudinal ou une rupture par fendage longitudinal. Eneffet, quand le
nombre des connecteurs de cisaillement est suffisant, les plans de fissuration passent autour des
connecteurs ou au travers de la dalle. Pour cette raison, des armaturestransversales sont mises en place
dans le béton, perpendiculairement à la portée. Elles permettent à la dalle de béton de résister au
cisaillement longitudinal transmis par lesconnecteurs et par ailleurs elles participent à la largeur efficace.
Le paragraphe 6.6 del'Eurocode 4 traite ce problème. De plus, des armatures de renforcement doivent
être mises enœuvre pour éviter le fendage du béton au niveau des appuis.

IV- Dimensionnement des dalles mixtes

La méthode de calcul présentée dans la seconde partie concerne uniquement les dalles de planchers
mixtes dont la portée est disposée dans le sens des nervures. Pour l’étude d’unedalle, composée d’une
tôle profilée et de béton, on doit distinguer deux états structuraux trèsdistincts : la phase temporaire
lors du montage, où seule la tôle résiste aux charges deconstruction, et l'état d’utilisation, où le béton
est lié à l’acier, le tout constituant alors un profil mixte. Les états limites et les cas de charges doivent
donc être pris en considération pour ces deux situations:Phase de montage (tôles profilées utilisées
comme coffrage) :

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11

Il est nécessaire de procéder à une vérification des tôles d’acier profilées pendant qu’ellesagissent en
tant que coffrage pour le béton frais. On doit tenir compte des effets des étaiséventuels.Phase
d’utilisation (dalle mixte) :Il est nécessaire de procéder à une vérification de la dalle de plancher en
considérant l’actioncollaborante (après durcissement du béton) et après retrait des étais éventuels.

IV.1- Etape non mixte

L'étude de l'étape non mixte se fait en considérant que le seul élément structurale est le bac enacier
(étayé ou pas). Le béton frais dans ce cas représente une charge de construction etn’apporte aucune
résistance. Il faut noter qu’il est nécessaire de limiter les flèches durant cette phase, car toute
déformation du coffrage sous l’effet du poids propre restera aprèsdurcissement du béton. Aussi, le
béton étant fluide, il aura tendance à avoir une surfacehorizontale ce qui accentue l’effet de mare dans
les partie ayant les flèches les plusimportantes du bac.

IV.1.1- Actions

Lors du calcul de la tôle profilée au stade de coffrage, on considère les charges suivantes:- poids propre
des plaques nervurées;- poids propre du béton frais ;- charges de chantier y compris l’amoncellement
local du béton en cours du montage ;- charge de stockage éventuel ;- effet de « mare » (surplus du
béton dû à la flèche des tôles).Les charges de chantier représentent les poids des ouvriers et de
l’installation de bétonnage,ainsi que la prise en compte d'éventuels chocs ou vibrations susceptibles de
se produire durantla construction. On peut admettre comme valeur représentative des charges de
construction (ycompris tout surplus de béton) une charge de 1,5 kN/m

, répartie sur une surface de 3m*3m,et de 0,75 kN/m

sur le reste de la surface de coffrage. Ces charges doivent être positionnéesde sorte à occasionner le
moment fléchissant et/ou l’effort tranchant maximal.

Figure 4-

Charges supportées par la tôle profiléeCes valeurs minimales ne sont pas nécessairement suffisantes
pour un impact ou unamoncellement de béton excessif, ou pour des charges de pompage ou
d'acheminement parcanalisations. Si nécessaire, le calcul doit tenir compte des charges supplémentaires
par desdispositions appropriées.

12

IV.1.2- Analyse et vérification des dalles (étape non mixte)

Les vérifications des tôles profilées en acier doivent être effectuées conformément à la Partie1.3 de
l'Eurocode 3. On doit tenir compte des effets des bossages ou des indentations sur lesrésistances
admises de la tôle seule soumise à la flexion.

A l'état limite de service :

La flèche

de la tôle sous son poids propre plus celui du béton frais, à l'exclusion des chargesde chantier, est
limitée à (

L180

ou 20 mm) où L représente la portée utile entre les appuis. Si


δ

est supérieure à

L250

ou 20 mm, il faut inclure l'effet de mare dans le calcul de la tôle d'acier, par exemple en supposant dans
le calcul de la charge que l'épaisseur nominale du béton estaugmentée de 0,7

sur la totalité de la portée. Les flèches peuvent être fortement réduites parl'utilisation d'étais
provisoires.

A l'état limite ultime :

La tôle profilée en acier est un élément mince dont la section transversale estsystématiquement de
classe 4 selon l'Eurocode 3. Cela signifie que ses parois soussollicitations de compression et/ou d'effort
tranchant sont très largement soumises aux phénomènes d'instabilité par voilement. Deux analyses
doivent être faites afin de procéderaux vérifications :- L'analyse globale de la structure permet de
déterminer les sollicitations dans les portées dela tôle ;- L'analyse locale des sections ou plans de ruine
détermine les caractéristiques mécaniques(E.L.S.) et leurs résistances (E.L.U.).Analyse locale des sections
:On sait que pour les éléments minces, le problème de l'instabilité des parties comprimées dela section
est important. Pour les éléments sujets au voilement, on utilise la notion de largeurefficace qui est une
partie de la largeur physique. Soit un profil de tôle décomposé en plusieurs éléments de largeur b

Figure 5 -

Décomposition en éléments plansLa largeur efficace de chaque élément est b

eff

.b

pour chaque paroi en compression. Les parois en traction sont complètement efficaces.
13

Figure 6 -

Largeur efficaceDeux cas de figure sont envisagés :-

Calcul des sections à l'état limite ultime (résistance)

La limite d'élasticité dans les éléments de tôles est f

et la résistance ultime en flexion estdonnée par la formule :M

=f

eff m

où : W

eff

est le module de résistance de la section efficace de la tôle profilée ;f

est la limite d'élasticité de la tôle profilée ;

est le coefficient partiel de sécurité appliqué à l'acier de la tôle profilée.-

Calcul des sections aux états limites de service (caractéristiques mécaniques)

On commence par calculer l'élancement de la paroi considérée sous


σ

ainsi que l'élancementlimite correspondant à la limite d'élasticité f

pd

= 1,052

bt

com

EK

et

pu

= 1,052

bt

f EK

yp

où :

σ
com

est la contrainte de compression effective de calcul sur la section efficace (

com

) et k

est le coefficient de flambement.On calcule ensuite le coefficient d'efficacité de la paroi en fonction de

pd

et

pu

=(1-

0,22

pd

λ
pd

+ 0,18

λ λλ

pupd pu

−−

0,6

si

pd

> 0,673

ne peut être supérieur à 1.

= 1 si

pd

0.673 ( la paroi est totalement efficace ).On doit tenir compte convenablement des effets de bosselures
ou des indentations sur lesrésistances ultimes. Ainsi, il convient de négliger les largeurs des bossages et
des indentationsde la tôle, sauf s’il est démontré par des essais qu'une section plus grande est efficace
(EC4-7.6.1.2)

IV.2- Etape mixteIV.2.1- Comportement des dalles mixtes :

Le comportement des dalles mixtes est quelque peu différent de celui des autres constructionsmixtes
apparentées que sont les dalles en béton armé et les poutres mixtes acier-béton. Dansles éléments en
béton armé, l'effet mixte est obtenu par la capacité d'adhérence des barres
14

tendues dans le béton, due au profilage spécial de ces barres. Contrôlée par des essais, cettecapacité est
telle que la résistance ultime des armatures correspond à leur résistance à latraction et que les dalles
peuvent toujours développer leur pleine résistance à la flexion.Dans les poutres mixtes, la liaison est
réalisée par les connecteurs fixés à l'aile supérieure du profilé métallique. Cette connexion peut être
dimensionnée de telle sorte que la poutreatteigne sa résistance ultime à la flexion (connexion totale). La
connexion est partielle si lenombre de connecteurs est inférieur. Dans ce cas, la résistance ultime à la
flexion dépendessentiellement du nombre de connecteurs, de la forme du diagramme charge-
glissement desconnecteurs, de la portée de la poutre et du procédé de construction.La dalle mixte avec
tôle profilée se situe donc à mi-chemin entre ces deux systèmes. D'une part, les tôles comportent des
bossages ou des ancrages permettant de les assimiler à des barres d'armature, d'autre part la tôle est un
élément à rigidité flexionnelle, similaire aux poutres métalliques. La différence provient du fait que la
tôle profilée, de même que ses bossages, sont déformables. Ainsi, l'effet d'enrobage est moindre que
pour une barred'armature indéformable. Ces phénomènes de déformation de la tôle sont fonction
denombreux paramètres, ce qui rend l'analyse du comportement réel des dalles mixtes
trèscompliquée.Les études théoriques et expérimentales effectuées récemment ont permis de détecter
lesdifférents paramètres entrant en jeu et de mettre en évidence deux modes de comportement.

Figure 7-

Deux comportements typiques sous chargeCes modes sont basés sur l'analyse des courbes charge-
flèche que l'on peut relever parexemple lors d'un essai de flexion d'une dalle mixte sur deux appuis
soumise à deux chargesconcentrées.

Mode 1 ( fragile )

Ce mode est caractérisé par une courbe linéaire dans sa phase initiale, correspondant aucomportement
d'un matériau homogène solidarisé par effet de surface (adhérence chimique etfrottement) et par effet
mécanique (bossages et ancrages). Aucun glissement relatif importantentre l'acier et le béton n'a eu lieu
; au fur et à mesure que la charge augmente, la rigiditédiminue à cause de la formation de fissures dans
le béton tendu. Les contraintes decisaillement acier-béton augmentent dans la zone située entre l'appui
et la charge concentrée.
15

A un moment donné, le glissement relatif est tel que la liaison est rompue et la charge
décroîtsoudainement. Tout l'effort rasant doit être alors repris par frottement et par les
bossageséventuels. L'ampleur de la chute dépend donc de la qualité de cette liaison mécanique.
Encontinuant de déformer la dalle, la charge augmente un peu à nouveau, sans jamais atteindrele
niveau de la phase initiale. Cela signifie que tous les moyens mécaniques de connexion decette dalle ne
sont pas capables d'assurer un effet mixte supérieur à celui de la simpleadhérence de surface. Il faut
remarquer également que la chute de la charge n'est pas due àl'ouverture brusque des fissures du béton
tendu, car elle est empêchée par la tôle, mais bien auglissement relatif du béton sur la tôle.

Mode 2 ( ductile )

Ce mode est caractérisé par une phase initiale similaire à celle du mode 1. La deuxième phaseest par
contre différente : après la chute de la charge qui correspond à la rupture del'adhérence et au
glissement acier-béton dans la zone cisaillée, la charge augmente à nouveau jusqu'à un niveau
supérieur, signifiant que la connexion mécanique est alors tout à faitcapable de transférer l'effort rasant
jusqu'à des niveaux de flexion élevés. La rupture se produit soit par flexion, ce qui correspond à une
connexion totale, soit par cisaillementlongitudinal, ce qui correspond à une connexion partielle.

IV.2.2- Actions

Les charges à considérer agissant sur la dalle mixte sont les suivantes :- poids propre de la dalle (tôle
profilée et béton) ;- poids du revêtement et des finitions ;- charges utiles.

IV.2.3- Analyse des dalles mixtes

L’analyse des dalles mixtes peut être effectuée selon l’une des méthodes suivantes :- élastique linéaire,
avec ou sans redistribution des moments ;- plastique selon la théorie des mécanismes ;- analyse élasto-
plastique tenant compte du comportement non-linéaire des matériauxet du glissement relatif entre la
tôle et le béton.

à l’E.L.U. :

Dans la plupart des cas, l’analyse d’une dalle mixte continue sur plusieurs travées esteffectuée selon un
calcul élastique des efforts, en considérant une dalle de largeur unitaire (1m) assimilée a une poutre
d’inertie constante

.On considère alors l’inertie de la section non fissurée ou homogène. Ensuite, il est possible detenir
compte de la fissuration du béton de plusieurs façons :- en réduisant arbitrairement le moment sur
appui (réduction maximale de 30 %) et enaugmentant par conséquent les moments en travée


;- en négligeant totalement l’armature sur appui et en considérant la dalle comme une sériede poutres
simples. Cependant, une armature minimale doit être disposée sur appuis

;- en considérant que la dalle est une poutre à inertie variable, selon l’armature mise en place. L’inertie à
considérer est alors celle de la section fissurée.

16

Figure 8 -

Analyse d'une dalle mixte continueL’analyse consiste à appliquer à l’un des systèmes statiques ci-dessus
les sollicitations duesaux charges et actions données dans le paragraphe précédent. La valeur de
dimensionnementde la sollicitation s’obtient en multipliant les différentes charges par des coefficients
partielsde sécurité pour les actions appropriées.

à l’E.L.S. :

Pour l’analyse de la dalle mixte, il est possible de calculer les flèches en admettant lesapproximations
suivantes :- la dalle est assimilée à une poutre continue d’inertie constante égale à la moyenne
desinerties positives des sections fissurées et non fissurées ;- il faut tenir compte des effets à long terme
du chargement du béton en admettant uncoefficient d'équivalence

E En

ba

, différant selon la durée d’application des charges.On peut admettre : 7

pour les charges utiles de courte durée ;21

n
pour les charges permanentes.Il est également possible de considérer un coefficient d'équivalence
moyen égal à 15 en cas de béton de densité normale, valable pour toutes les charges. Pour les travées
de rive, il faut tenircompte des éventuels glissements acier-béton qui peuvent se produire a l’E.L.S. et
qui ont unegrande influence sur les flèches. Pour éviter tout risque de glissement, il est possible
dedisposer à l'extrémité des travées de rive des ancrages tels que des goujons soudés ou deséquerres
clouées. Ces ancrages peuvent alors être pris en compte également dans la résistancede la connexion.

17

IV.3- Largeur utile pour les charges concentrées

Le plus souvent les charges sont réparties de manière uniforme. Dans ce cas, la largeur utileest la largeur
de la dalle. Lorsque des charges concentrées ponctuelles ou linaires, parallèles àla portée de la dalle,
doivent être supportées par celle-ci, elles peuvent être considéréescomme des charges réparties sur une
largeur b

, mesurée juste au-dessus des nervures destôles et obtenue par la formule : b

=b

+2(h

+h

)où b

représente la largeur de la charge concentrée;h

représente l'épaisseur de la dalle au-dessus des nervures de la tôle profilée;h


f

représente l'épaisseur des finitions éventuelles.

Figure 9 -

Répartition de charge concentréePour les charges concentrées linaires, perpendiculaires à la portée de


la dalle, on peut utiliserla formule précédente pour le calcul de b

en prenant la valeur b

égale à la longueur de lacharge concentrée linéaire.La largeur de la dalle, considérée comme utile pour
l'analyse globale et pour le calcul de larésistance est la suivante :- pour le cisaillement longitudinal et le
fléchissement :

pour les portées simples et les portées extérieures de dalles continues : b

em

=b

+2L

−

LL

largeur de la dalle


pour les portées intérieures de dalles continues : b

em

=b

+ 1,33 L

−

LL

largeur de la dalle- pour le cisaillement vertical : b

ev

=b

+L

−

LL

p

largeur de la dalleoù : L

représente la distance mesurée entre le centre de la charge et l'appui le plus proche;L représente la
longueur de portée.Afin d'assurer la répartition des charges ponctuelles ou linéaires sur la largeur
considéréecomme utile, une armature transversale doit être placée sur ou au-dessus de la tôle. Cette

18

armature transversale est calculée à partir des moments fléchissants transversaux, par lesrègles du
Béton Armé de l'Eurocode 2.On peut utiliser une armature transversale nominale sans calcul si les
charges d'exploitationcaractéristiques n'excèdent pas les valeurs ci-après :- charge concentrée : 7,5 kN-
charge répartie : 5,0 kN/m

Cette armature transversale nominale doit présenter une aire de section transversale d'aumoins 0.2 %
de l'aire de béton situé au-dessus des nervures, et doit avoir une largeur d'aumoins b

em

calculée précédemment. A défaut d'une telle armature, les largeurs utiles pour lescalculs de
cisaillement et de moment sont limitées à b

IV.4- Résistance des sections

Les sections critiques qu'il est nécessaire de vérifier lors du dimensionnement des dallesmixtes sont les
suivantes :

Figure 10-

Illustration de sections critiques possibles

SECTION I :

La rupture est donnée par la résistance en flexion positive : M


+ p.Rd

.Deux types de rupture peuvent avoir lieu :

1.

La dalle est sous-armée : le profilé métallique atteint alors sa limite d'élasticité sur toutesa hauteur
avant que le béton atteigne sa résistance à la compression. Dans la partieinférieure de la dalle, des
fissures dans le béton peuvent alors être observées.

2.

Si les armatures sont en nombre suffisant, la rupture a lieu dans la zone en compression par écrasement
du béton.Cette section peut être critique s'il y a une interaction complète à l'interface entre la tôle et le
béton.

SECTION II :

La rupture est donnée par la résistance en flexion négative sur appui : M

- p.Rd

SECTION III :

La rupture est donnée par la résistance au cisaillement vertical : V

v.Rd

SECTION IV :

La rupture est donnée par la résistance de la connexion (cisaillement longitudinal). C'est le premier
mode de rupture existant dans une dalle mixte. Il débute par une perte de l'action

19

mixte en raison d'un transfert insuffisant de l’effort de cisaillement à l'interface béton/tôle profilée. Ceci
provoque une réduction de la résistance de la dalle mixte, qui dépend de laréserve de résistance des
connecteurs qui reste disponible. Ainsi, la capacité portante de ladalle est déterminée par la résistance
de la connexion. La résistance plastique totale à laflexion M
pl.Rd

dans la section I ne peut être atteinte. On se retrouve donc dans le cas de laconnexion partielle.

SECTION V :

La rupture est donnée par la résistance au poinçonnement sur l ’effet d’une charge concentréeappliquée
sur une surface réduite.

IV.4.1- Résistance en flexion positive

La résistance en flexion positive d'une section de dalle mixte, M

+ p.Rd

, peut être déterminée enadmettant une répartition plastique des contraintes et en prenant la limite
d'élasticité de calculde l'élément structurel en acier (dans notre cas, la tôle) égal àf

yp

ap

.Pour une section sous-armée (rapport faible de la résistance de la tôle en traction à celle de ladalle de
béton en compression), la position de l'axe neutre plastique est donnée par :x = N b.0,85.f

cf ck

où : N

cf

= Ap .f

yp

ap

où : A

: aire de la section efficace de la tôle profilée en traction ;f


yp

: limite d'élasticité de l'acier de la tôle ;

ap

: coefficient partiel de sécurité pour la résistance applicable à la tôle profilée ; b : largeur de la dalle
considérée (b = 1 m) ;f

ck

: résistance caractéristique du béton à la compression ;

: coefficient partiel de sécurité pour la résistance applicable au béton.Pour la section efficace de la tôle
en acier, il convient de négliger la largeur des bossages etdes indentations de cette tôle.Une section est
sous-armée si : N

cf

b . 0,85 . f

ck

.h

Deux cas peuvent se présenter :

er

cas

: si l'axe neutre est situé au-dessus des nervures ( x


):

20

Figure 11 -

Répartition des contraintes pour la flexion positive si l'axe neutre est situé au-dessus de la tôleLa
résistance ultime en flexion positive vaut alors :M

+ p.Rd

=N

cf

(d

-x2 )où d

est la distance entre le haut de la dalle et le centre de gravité de la section efficace de latôle en
acier.Pour les tôles profilées couramment utilisées ( h

60 mm ), avec un recouvrement minimalde 50 mm de béton , l'axe neutre plastique est toujours situé
au-dessus des nervures.2ème cas : Pour les tôles profilées de plus grande hauteur ( x

h
c

) :L'axe neutre plastique peut se trouver dans la hauteur de profil de la tôle. Dans ce cas, larésistance à
la flexion positive peut être calculée comme ci-après, en négligeant le béton situédans les nervures :

Figure 11-

Répartition des contraintes pour la flexion positive si l'axe neutre est situé dans latôleM

+ p.Rd

=N

cf

.z

+M

pr

avec z

=h-

2-e

+(e

- e ) NA.f

cf pyp

ap

N
cf

=h

. b . 0,85 .f

ck

pr

= 1,25 M

pa

( 1 - NA.f

cf pyp

ap

)où : M

pr

est la résistance ultime à la flexion de la section efficace de la tôle ;e est la distance de l'axe passant par
le centre de gravité du profil à la fibre inférieure ;e

est la distance de l'axe neutre plastique de la section efficace du profil à la fibreinférieure.

IV.4.2- Résistance à la flexion négative.

La section sur appui des dalles mixtes continues peut être assimilée à une section de bétonarmé. Par
simplification, la contribution de la tôle profilée est négligée.

Figure 12 -

Répartition des contraintes pour la flexion négativeLa résistance en flexion négative, M


- p.Rd

, est donnée par la plastification de l'armature surappui (section sous-armée) :M

- p.Rd

=A

.f

sk

.z

où z

est le bras de levier des forces internes équivalentes aux contraintes N

cf

et N

.La condition d'équilibre entre ces forces (absence d’effort normal sur la section) permet dedéterminer z

:N

cf

=b

. x . 0,85 .f

ck

c
et N

=A

.f

sk

x =A.f b.f

ssk cck

γγ

sc

085,.

=d

-x2 avec A

: aire de la section d'armature ;f

sk :

limite d'élasticité caractéristique de l’armature ;


γ

: coefficient partiel de sécurité pour la résistance applicable à l'armature ;d

: hauteur utile ; b

: largeur du béton en compression, admis, par simplification, commeétant la largeur moyenne des
nervures sur 1 m de dalle ( b

).

IV.4.3- Résistance en cisaillement vertical

On admet en général que la résistance à l'effort tranchant est donnée par la section de béton, la
participation de la tôle étant négligée.

Figure 13-

Dimensions de la dalle mixte à considérer lors des calculsLa valeur de calcul de la résistance en
cisaillement vertical pour une largeur égale à l'entraxedes nervures de la tôle vaut donc :V

v.Rd

=b

.d

τ
c

est la contrainte limite de calcul en cisaillement propre aux dalles mixtes (

déjà inclus):

Rd

.k

.k

avec k

=1,6 - d

1,0 ( d

p
en m )k

= 1,2 + 40 .

=A b.d

pcp

< 0,02où :

Rd

est la résistance de base au cisaillement du béton ( voir tabeau 1) ;et A

l'aire de la section efficace de la tôle en traction. Dans les régions de moment négatif, onremplace A

par A

, aire de l'armature en traction chargée de répartir la fissuration.

IV.4.4- Résistance au poinçonnement

Ce comportement est peu connu que ce soit pour les charges statique ou dynamiques. Dansune dalle
mixte, les charges concentrées les plus importantes sont:- la pose de murs non-porteurs (statiques) ;- les
appuis des agencements de stockage dans les dépôts industriels (statique), les machineslourdes
(statique ou dynamique) à cause des vibrations ;- les roues des porte-charges, chariot-élévateurs et
autres machines mobiles lourdes(statique, non-statique et dynamique).Les principales différences entre
une dalle mixte et une dalle pleine en béton vis à vis descharges concentrées sont :- la géométrie
complexe de la dalle mixte. Dans beaucoup de cas, l'aire de béton résistanteffectivement à l'effort
tranchant n'est pas évidente à déterminer ;- la participation à la résistance aux efforts tranchants de la
dalle de béton et de la tôle profilée Cette dernière peut reprendre les efforts tranchants dus au poids
propre du béton,ceci parce que la tôle profilée soutient le poids du béton avant son durcissement. Pour
lescharges variables, il semble très douteux que la tôle profilée soit solidaire du béton, car ellereste à
l'extérieur de la dalle ;- on doit se poser la question de savoir si la tôle profilée peut être indirectement
employée pour augmenter la résistance à l'effort tranchant du béton. On devra alors déterminer le
pourcentage effectif d'armature.

Etant donné l'état actuel des recherches concernant les charges concentrées statiques, il n'est pas
surprenant que la question des charges concentrées non-statiques ou dynamiques n'ait pasencore été
abordée. Cette lacune est d'ailleurs préjudiciable aux fournisseurs de tôles profilées, car une grande part
du marché ne leur est pas accessible. En guise de réflexion, ilfaut mentionner que les seuls problèmes de
dalles mixtes enregistrés à ce jour ont étéoccasionnés par des porte-charges (chariots élévateurs) dans
les bâtiments industriels.La résistance au poinçonnement V

p.Rd

d'une dalle mixte sollicitée par une charge ponctuelleest donnée par : V

p.Rd

=C

.h

où C

est le périmètre déterminant.

Figure 14-

Périmètre critique pour la résistance au poinçonnement

IV.4.5- Résistance en cisaillement longitudinal

La résistance à l'effort rasant est due à la liaison acier-béton, réalisée à l'interface entre cesdeux
matériaux par le frottement, par les bossages ou par le connecteurs placés à l'extrémitédes travées. La
résistance de ces connexions est à déterminer par essais pour chaque type de bac collaborant et pour
chaque renforcement supplémentaire de la connexion par desconnecteurs à l’extrémité de la dalle. On
détermine à partir de ces essais soit les paramètres met k pour la méthode empirique soit la résistance
au cisaillement par unité de surface (

u) pourla méthode de la connexion partielle (voir polycopié connexion).

IV.4.6- Caractéristiques élastiques des sections

Le calcul des flèches des dalles mixtes s'effectue à l'aide des caractéristiques élastiques dessections.

Section fissurée

Le moment d'inertie I

b,f

d'une section mixte fissurée est donné par la relation.

b,f

= bx3n

.+A

.(d

-x

+I

p
où x

est la position de l'axe neutre élastique en section fissurée (distance mesurée à partir dela fibre
supérieure de la dalle mixte):x

=n.A b

. 12b.dnA1

pp

+ −    

avec b : la largeur de la dalle ( b = 1 m );n =EE

ac

;et I

: le moment d'inertie non réduit de l'aire de la section nette d'acier de la tôle profilée.

Section homogène ( non fissurée )

Le moment d'inertie I

b,h

d'une section mixte non fissurée (ou homogène) est donné par larelation :I

b,h

= b.h12n

+ b.hn

.x-h2
hc

    

+ b.h12n

cp

+ b.hn

cp

.h-x-h

hp

    

+A

()

dx

ph

+I

avec x

h
: position de l'axe neutre élastique en section homogène :x

= b.h+b.h.dn.A.d b.h+b.hn.A

ccppppccpp

++

et b

: largeur totale moyenne des nervures pour une largeur de dalle de 1 mètre.( b

IV.5- Vérification des dalles mixtes

On procède aux différentes vérifications nécessaires pour montrer que les exigences relativesà l'E.L.U.
(résistance, stabilité) et à l'E.L.S. (déformations, vibrations) sont respectées.

IV.5.1- Vérification à l'E.L.U.

Flexion positive ( section I ) :

Cette vérification s'effectue dans la section de moment positif maximal, située en général dansla travée
de rive d'une dalle continue. On a la condition suivante : M

+Sd


M

+ p.Rd

.où M

+Sd

est la valeur de calcul du moment de flexion ;et M

+ p.Rd

est la résistance de calcul à la flexion.

Flexion négative ( section II ) :

Cette vérification sur appui se fait avec le moment négatif (considéré dans l'analyse). Lacondition est : M

-Sd

- p.Rd

où M

-Sd

est la valeur de calcul du moment négatif;et M

- p.Rd

est la résistance de calcul à la flexion négative.

Cisaillement vertical ( section III ) :

Cette vérification est rarement déterminante. Elle peut l'être en cas de dalle très compacte ettrès
sollicitée. Elle intervient dans la section d'appui d'extrémité (le moment de flexion estalors nul) ou sur
un appui intermédiaire. Dans ce dernier cas, on admet qu'il n'y pasd'interaction entre M et V.La
condition est la suivante : V

Sd


V

p.Rd

où V

Sd

est la valeur de calcul de l'effort tranchant;et V

p.Rd

est la résistance de calcul au cisaillement de la section mixte.

Poinçonnement ( section IV ) :

Si une charge concentrée P est appliquée sur une dalle mixte, la vérification de l'état limiteultime
correspondant est : P

Sd

p.Rd

où P

Sd

est la valeur de calcul de la charge concentrée;et V

p.Rd

est la résistance de calcul au poinçonnement de la section mixte.

Cisaillement longitudinal ( section IV ) :

Cette vérification est souvent déterminante pour les dalles mixtes avec tôle profilée sansancrage. Cela
signifie que la rupture de la dalle a lieu par épuisement de la résistance de laliaison. La résistance ultime
en flexion dans la section I ne peut être atteinte. C'est ladéfinition même de la connexion partielle.Si on
utilise la méthode semi-empirique, la condition est la suivante :V

Sd

l.Rd

où V

Sd

est la valeur de calcul de l'effort tranchant;et V

l.Rd

est la résistance de calcul à l'effort tranchant, à utiliser pour cette vérification.Pour la méthode de la
connexion partielle, elle est basée sur la connaissance de la contraintede cisaillement ultime

u.Rd

, et du diagramme d'interaction partielle limite de la dalle liantM

Rd

au diagramme moment sollicitant dans la dalle M

Sd

, fonction de la portée de la dalle.Cette méthode n'est applicable que pour les dalles se comportant de
manière ductile.Ondétermine le diagramme de calcul en connexion partielle.Dans ce diagramme, la
résistance à la flexion M

Rd

d'une section transversale située à unedistance L

de l'appui le plus porche est tracée en fonction de L

. La longueur L

sf

minimumnécessaire pour obtenir une connexion complète est donnée par la formule suivante :L

sf
=

Nb

cf

uRd

u.Rd

est la force de résistance ultime b la largeur de la dalle de bétonet N

cf

l'effort dans le béton ou l'acier en considérant une connexion complète.La valeur de N

cf

vaut suivant le cas : N

cf

=0,85f

ck

.b.h

pour une rupture par insuffisance du bétonoù N

cf

=f
yp

ap

.A

pour une rupture par insuffisance de l'acier.Si la dalle contient des ancrages d'extrémité, ils peuvent
être pris en compte dans cediagramme en modifiant N

cf

de la façon suivante :

Pour L

sf

, la connexion est totale, donc la grandeur déterminante est la résistance à laflexion (ruine suivant le
mode 1).Pour L

<L

sf

, la connexion est partielle, donc la grandeur démettante est la résistance aucisaillement longitudinal
(ruine suivant le mode 2).Au niveau d'une section transversale quelconque, la valeur de moment
fléchissant de calculM

sd

ne doit pas être supérieure à la résistance de calcul M

Rd .
Si la dalle contient des aciers supplémentaires :Les aciers supplémentaires reposant dans les nervures de
la tôles peuvent être pris en compteen modifiant le diagramme d'interaction partielle en remplaçant M

Rd

par :M

Rd

=N

.z

+M

pr

+N

as

.z

où N

=b.L

u.Rd

as

=A

s
.f

sk

et M

pr

est le moment plastique réduit de la résistance de la tôle.

Figure 15-

Contribution des aciers longitudinaux supplémentaires

IV.5.2- Vérification à l'E.L.S.

Vérification des déformations

Les flèches verticales ne doivent pas dépasser les valeurs limites données dans le paragrapheconcernant
le plancher durant son étape non mixte :

ser

adm

= minL180;20 mm



Si l'élancement de la dalleLd

(portée/hauteur utile) ne dépasse pas les valeurs limites donnéesdans l'Eurocode 2, la vérification des
flèches n'est pas indispensable. Pour les dalles continues portant une seule direction, faiblement
sollicitées, la limite est :Ld
p

32Si cette condition n'est pas vérifiée, l'Eurocode 3 recommande les valeurs suivantes pour les
planchers de bâtiment :

max

L250 avec

L300 où L est la portée de la dalle .

max
la flèche totale du plancher, incluant:

une contre flèche éventuelle,

la flèche instantanée due au poids propre,et

la variation de la flèche due à la charge variable agissant sur ladalle, y compris les effets de longue durée
éventuels.Si la dalle mixte supporte des éléments fragiles (revêtements de sol, parois, etc.),

doit êtrelimitée à :

L350 On tiendra compte des exigences relatives au fonctionnement, à la construction et à


l'aspectarchitectural.

IV.6- Vérification de l'ouverture des fissures du béton

Etant donné la présence de la tôle profilée à la face inférieure de la dalle, seule l'ouverture desfissures
du béton sur appui doit être vérifiée. Cette vérification s'effectue selon les règles propres aux
constructions en béton armé, celles énoncées dans l'Eurocode 2 par exemple. Encas d'exigences
normales (faibles agressivités physiques et chimiques, pas de dommages lorsde l'apparition des fissures,
pas d'exigences relatives à l'étanchéité de la dalle, fissurationtolérée), une armature minimale disposée
sur appui est suffisante. Elle est nécessaire lorsquela dalle mixte est dimensionnée comme une série de
poutres simples. Cette armaturesminimale est la suivante :- pour les dalles étayées lors du bétonnage :

ρ
min

=A b.h

sc

= 0,4 %- pour les dalles non étayées lors du bétonnage :

min

Bibliographie

(1) DURAIN Valérie, « Comportement et étude des planchers mixtes soumis à une charge ponctuelle »,
Mémoire d’ingénieur CUST, juin 1996.(2) Eurocode 4 : Conception et dimensionnement des structures
mixtes acier-béton - Partie1.1 : Règles générales et règles pour le bâtiment. Document d’application
nationale.Editions Eyrolles 1997.(3) ESDEP Leçon n0. 7 du groupe de travail 10(4) Eurocode 2 :
Conception et dimensionnement des structures en béton - Partie 1.1 : Règlesgénérales et règles pour le
bâtiment. ENV 1992-1-1 : 1991. Comité Européen de Normalisation (CEN), Bruxelles, 1991.(5) Eurocode
3 : Conception et dimensionnement des structures en acier - Partie 1.1 : Règlesgénérales et règles pour
le bâtiment. ENV 1993-1-1 : 1992. Comité Européen de Normalisation (CEN), Bruxelles, 1992.(6) Johnson
R. P. and D. Anderson. « Designer’s handbook to Eurocode 4. Part 1.1. Designof composite steel and
concrete structures. Thomas Telford House. 1993.(7) Crisinel M., « Planchers mixtes à dalles
collaborantes – Etat de l’art – réglementationeuropéenne EC4 ». Cours CUST 1994

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