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Monoxyde d'azote

Monoxyde d'azote

Molécule de monoxyde d'azote.


Identification
Nom UICPA Monoxyde d'azote
No CAS 10102-43-9
No ECHA 100.030.233 (http://echa.europa.eu/fr/substance-information/-/substanceinfo/100.030.
233)
No CE 233-271-0
Code ATC R07AX01
PubChem 145068 (https://pubchem.ncbi.nlm.nih.gov/compound/145068)
SMILES N=O
PubChem, vue 3D
InChI InChI : vue 3D
InChI=1/HNO/c1-2/h1H
Apparence gaz comprime incolore 1 .
Propriétés chimiques
Formule NO [Isomères]
Masse 30,0061 ± 0,0005 g/mol
molaire 3 N 46,68 %, O 53,32 %,

Moment
0,15872 D 2
dipolaire
Propriétés physiques
T° fusion −163,6 °C 1

−151,8 °C 1
ébullition
Solubilité dans l'eau à 0 °C : 7,4 ml/100 ml 1
Masse 1,3 kg l−1 (liquide)
volumique

équation 4 :
Masse volumique du liquide en kmol·m-3 et température en kelvins, de 109,50
à 180,15 K.
Valeurs calculées :

T (K) T (°C) ρ ρ T (K) T (°C) ρ ρ


(kmol·m-3) (g·cm-3) (kmol·m-3) (g·cm-3)

109,50 −163,65 44,487 1,33488 147,18 −125,97 37,91979 1,13782

114,21 −158,94 43,79392 1,31408 149,54 −123,62 37,39199 1,12198


116,57 −156,59 43,4375 1,30339 151,89 −121,26 36,84047 1,10544

118,92 −154,23 43,07395 1,29248 154,25 −118,91 36,26188 1,08807

121,28 −151,88 42,70283 1,28134 156,6 −116,55 35,65201 1,06977

123,63 −149,52 42,32362 1,26996 158,96 −114,2 35,0055 1,05038

125,99 −147,17 41,93576 1,25832 161,31 −111,84 34,31533 1,02967

128,34 −144,81 41,53865 1,24641 163,67 −109,49 33,572 1,00736

130,7 −142,46 41,13156 1,23419 166,02 −107,13 32,7622 0,98306

133,05 −140,1 40,71372 1,22166 168,38 −104,78 31,86627 0,95618

135,41 −137,75 40,28422 1,20877 170,73 −102,42 30,85305 0,92578

137,76 −135,39 39,84203 1,1955 173,09 −100,07 29,66808 0,89022

140,12 −133,04 39,38599 1,18182 175,44 −97,71 28,19948 0,84615

142,47 −130,68 38,91472 1,16768 177,8 −95,36 26,13458 0,78419

144,83 −128,33 38,42662 1,15303 180,15 −93 17,234 0,51712

Pression de
vapeur
saturante équation 4 :

Pression en pascals et température en kelvins, de 109,5 à 180,15 K.


Valeurs calculées :

T (K) T (°C) P (Pa) T (K) T (°C) P (Pa)

109,5 −163,65 21 956 147,18 −125,97 1 015 976,24

114,21 −158,94 42 265,09 149,54 −123,62 1 194 976,29


116,57 −156,59 57 221,65 151,89 −121,26 1 397 194,18

118,92 −154,23 76 325,53 154,25 −118,91 1 624 598,79

121,28 −151,88 100 399,87 156,6 −116,55 1 879 270,49

123,63 −149,52 130 359,17 158,96 −114,2 2 163 419,52

125,99 −147,17 167 208,27 161,31 −111,84 2 479 408,95

128,34 −144,81 212 040,23 163,67 −109,49 2 829 782,61

130,7 −142,46 266 033,48 166,02 −107,13 3 217 298,82

133,05 −140,1 330 448,54 168,38 −104,78 3 644 970,38

135,41 −137,75 406 624,56 170,73 −102,42 4 116 111,73

137,76 −135,39 495 976,21 173,09 −100,07 4 634 394,41

140,12 −133,04 599 991,28 175,44 −97,71 5 203 911,78

142,47 −130,68 720 229,4 177,8 −95,36 5 829 254,72

144,83 −128,33 858 322,34 180,15 −93 6 515 600

Point
65,8 bar, −93,35 °C 5
critique
Vitesse du
325 m s−1 (10 °C,1 atm) 6
son
Thermochimie
0
S gaz, 1 bar 211 J mol−1 K−1 [réf. souhaitée]
0
ΔfH gaz 90,29 kJ·mol-1 7
0
ΔfH liquide 87,7 kJ/mol [réf. souhaitée]
ΔvapH° 13,83 kJ mol−1 (1 atm, −151,74 °C) 8
Cp
équation 4 :

Capacité thermique du liquide en J·kmol-1·K-1 et température en kelvins, de


109,5 à 150 K.
Valeurs calculées :

T T Cp Cp T T Cp Cp
(K) (°C) (K) (°C)

109,5 −163,65 62 290 2 076 131 −142,15 100 336 3 344

112 −161,15 66 099 2 203 132 −141,15 103 245 3 441

113 −160,15 67 550 2 251 133 −140,15 106 345 3 544

114 −159,15 68 975 2 299 135 −138,15 113 159 3 771

116 −157,15 71 797 2 393 136 −137,15 116 897 3 896

117 −156,15 73 215 2 440 137 −136,15 120 870 4 028

118 −155,15 74 653 2 488 139 −134,15 129 567 4 318

120 −153,15 77 635 2 587 140 −133,15 134 314 4 476

121 −152,15 79 202 2 640 141 −132,15 139 341 4 644

123 −150,15 82 543 2 751 143 −130,15 150 283 5 008

124 −149,15 84 340 2 811 144 −129,15 156 221 5 206

125 −148,15 86 236 2 874 145 −128,15 162 484 5 415

127 −146,15 90 372 3 012 147 −126,15 176 034 5 867

128 −145,15 92 635 3 087 148 −125,15 183 344 6 110

129 −144,15 95 042 3 167 150 −123,15 199 090 6 635


Propriétés électroniques

1re énergie 9,26438 ± 0,00005 eV (gaz) 9


d'ionisation
Précautions

SIMDUT 10

A, C, D1A, E,
A : Gaz comprimé
température critique = −93 °C
C : Matière comburante
cause ou favorise la combustion d'une autre matière en dégageant de l'oxygène
D1A : Matière très toxique ayant des effets immédiats graves
Transport des marchandises dangereuses : classe 2.3
E : Matière corrosive
Transport des marchandises dangereuses : classe 8

Divulgation à 1,0 % selon la liste de divulgation des ingrédients


Directive 67/548/EEC

T+ C O
Symboles :
T+ : Très toxique
C : Corrosif
O : Comburant

Phrases R :
R8 : Favorise l’inflammation des matières combustibles.
R26 : Très toxique par inhalation.
R34 : Provoque des brûlures.

Phrases S :
S9 : Conserver le récipient dans un endroit bien ventilé.
S17 : Tenir à l’écart des matières combustibles.
S26 : En cas de contact avec les yeux, laver immédiatement et abondamment avec de l’eau et
consulter un spécialiste.
S28 : Après contact avec la peau, se laver immédiatement et abondamment avec … (produits
appropriés à indiquer par le fabricant).
S45 : En cas d’accident ou de malaise, consulter immédiatement un médecin (si possible, lui
montrer l’étiquette).
S36/37/39 : Porter un vêtement de protection approprié, des gants et un appareil de protection des
yeux/du visage.

Phrases R : 8, 26, 34,

Phrases S : 9, 17, 26, 28, 36/37/39, 45,


Transport
265
1660

Code Kemler :
265 : gaz toxique et comburant (favorise l'incendie)
Numéro ONU :
1660 : MONOXYDE D’AZOTE, COMPRIMÉ ; ou OXYDE NITRIQUE COMPRIMÉ
Classe :
2.3
Étiquettes :
2.3 : Gaz toxiques (correspond aux groupes désignés par un T majuscule, c'est-à-dire T, TF, TC,
TO, TFC et TOC).

5.1 : Matières comburantes

8 : Matières corrosives
Inhalation Dangereuse, peut conduire à la mort
Peau Irritant
Yeux Peut causer des irritations
Ingestion Utilisé à des fins thérapeutiques, mais présente des effets indésirables et est
dangereux en surdosage
Écotoxicologie
Seuil de bas : 0,29 ppm
l’odorat haut : 0,97 ppm 11

Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire.

Le monoxyde d'azote, oxyde azotique, oxyde nitrique ou NO est un composé chimique formé d'un atome d'oxygène et
d'un atome d'azote. C'est un gaz dans les conditions normales de température et de pression. C'est un important
neurotransmetteur chez les mammifères ; dissous, il franchit facilement les membranes biologiques et passe d'une cellule à
12
l'autre, constituant un « messager paracrine idéal » .

Le monoxyde d'azote (NO) ne doit pas être confondu avec d'autres oxydes d'azote, tels le protoxyde d'azote N2O, que l'on
appelle « gaz hilarant », et qui est un anesthésique général, ou le dioxyde d'azote NO2, gaz rouge-brun extrêmement irritant
et nocif, qui se forme par oxydation rapide de NO par l'oxygène de l'air.

Sa grande réactivité (en phase soluble notamment) vis-à-vis des composés radicalaires comme l'oxygène moléculaire — qui
est un biradical — ou l'anion superoxyde est due au fait qu'il est lui-même un composé radicalaire — son spin électronique
13 14
total vaut 1/2. En milieu biologique, sa demi-vie est estimée entre une et cinq secondes , voire trente secondes . Les
15
peroxynitrites obtenus sont de puissants agents oxydants et nitrants . Ceci explique des effets ubiquitaires encore mal
compris, allant de la réponse immunitaire aux agressions microbiennes et des processus inflammatoires au choc septique et à
la mort neuronale en phase d'ischémie. Il est aussi impliqué dans les mécanismes cellulaires de l'apprentissage mémoriel, ou
encore dans le phénomène de l'érection.

Équation chimique de synthèse du peroxynitrite.


Sommaire
Production et effets environnementaux
Propriétés
Préparation
Réactivité
Oxydoréduction
Dimérisation
Le monoxyde d'azote comme ligand
Réactions des complexes nitrosyle
Caractérisation du NO coordiné
Analyse quantitative
Applications techniques
Fonctions biologiques
Vasodilatateur
Microbicide
Neurotransmetteur
Relaxant des muscles lisses
Régulateur de l'apoptose
Donneurs exogènes de NO
Utilisations thérapeutiques
Sécurité
Bibliographie
Notes et références
Voir aussi
Liens externes

Production et effets environnementaux


16
Ce gaz peut être synthétisé en faibles quantités par de nombreux organismes, dont le corps humain .

Dans la nature, à haute température, le diazote et le dioxygène réagissent pour donner le monoxyde d'azote, par exemple
sous l'effet de la foudre.

L'activité humaine a radicalement modifié la production de monoxyde d'azote dans la biosphère, en raison de la formation
de grande quantité de ce gaz dans la chambre de combustion des moteurs à explosion, dans certaines chaudières et moteurs
17
industriels et lors de certains processus de l'industrie chimique . Un des buts des pots d'échappement catalytiques est
d'inverser cette réaction et diminuer les émissions de ce gaz.

Propriétés
18
Source .
Les propriétés chimiques du monoxyde d'azote sont très nombreuses. Ce qui suit est une bref survol de ses méthodes de
préparation et de sa réactivité.

Préparation

Le monoxyde d'azote est formé à partir des éléments à haute température, comme indiqué plus haut.
Il peut être synthétisé au laboratoire selon les réactions d'oxydoréduction suivantes, où un dérivé azoté de degré d'oxydation
supérieur à +II (acide nitrique : +V ; acide nitreux : +III) est traité par le réducteur adéquat. Toutes ces réactions doivent être
mises en œuvre en l'absence d'oxygène, car celui-ci oxyde rapidement NO en dioxyde d'azote :

Ainsi la réduction de l'acide nitrique dilué par le cuivre

8 HNO3 + 3 Cu → 3 Cu(NO3)2 + 4 H2O + 2 NO

ou celle de l'acide nitreux (formé in situ) par les ions iodure ou ferreux

2 NaNO2 + 2 NaI + 2 H2SO4 → I2 + 4 NaHSO4 + 2 NO

2 NaNO2 + 2 FeSO4 + 3 H2SO4 → Fe2(SO4)3 + 2 NaHSO4 + 2 H2O + 2 NO

La réaction précédente est une méthode simple permettant d'obtenir NO au laboratoire.

Le monoxyde d'azote peut également être obtenu en milieu anhydre grâce à la réduction de nitrates et de nitrites par le
chrome(III) :

3 KNO2 (l) + KNO3 (l) + Cr2O3 (s) → 2 K2CrO4 (s) + 4 NO

La synthèse industrielle de NO consiste en l'oxydation de l'ammoniac par l'oxygène de l'air en présence de mousse de
platine vers 750 à 900 °C.

Réactivité

Oxydoréduction

Le diagramme de Frost à pH nul de l'azote montre que le monoxyde d'azote est instable et qu'il devrait se dismuter en
diazote N2 et acide nitrique HNO3. Il est en fait très facilement oxydé en dioxyde d'azote NO2, plus stable, par l'oxygène de
l'air. C'est pourquoi on observe les vapeurs rousses de ce dernier gaz lorsqu'on oxyde le cuivre par l'acide nitrique concentré.

Une hypothèse plausible est que le biradical O2 se lie à deux radicaux NO pour donner ON-OO-NO, qui subit ensuite une
rupture homolytique conduisant à NO2.

Cependant, en l'absence d'oxygène, il se dismute vers 50 °C en protoxyde d'azote N2O (gaz hilarant) et dioxyde d'azote
NO2 (vapeurs rousses). À 25 °C, la vitesse de la réaction est pratiquement nulle, et NO y est métastable.

En solution aqueuse, NO se dissout pour donner de l'acide nitreux HNO2, selon le schéma réactionnel possible suivant :

4 NO + O2 + 2 H2O → 4 HNO2
NO réagit avec le fluor, le chlore et le brome pour donner des composés du type X-NO, connus sous le nom d'halogénures
de nitrosyle. L'iode est trop peu oxydant pour donner lieu à la formation d'iodure de nitrosyle.

L'iodotrifluorométhane réagit avec NO pour donner un des rares gaz bleus connus, le nitrosotrifluorométhane :

NO + CF3I → I2 + CF3NO

La vitesse de formation de l'ion peroxynitrite à partir du monoxyde d'azote et de l'ion superoxyde est de
1,9 × 1010 mol−1 s−1, ce qui implique la présence de peroxynitrite in vitro et in vivo au moindre excès de ses deux
19
précurseurs .

Dimérisation

Contrairement au dioxyde d'azote, le monoxyde d'azote n'a pas tendance à se


20
dimériser . Ce comportement est attribué à la répartition de l'électron célibataire
sur l'ensemble de la molécule, ainsi que sur le fait que la structure la plus probable
O=N-N=O laisserait inchangée le nombre total de liaisons (2 × 2,5).

En phase liquide, une dimérisation partielle intervient. La forme C2v (cis) est plus
Structure du dimère N2O2.
stable que son homologue trans, et la forme C2h (molécule rectangulaire avec la
liaison d'un atome d'azote d'une molécule avec un atome d'oxygène de l'autre, et
réciproquement) n'est pas observée.

Des calculs ab inito SCF ont montré que la forme cis du dimère (NO)2 présenterait les distances d(N-N) = 174 pm et d(O-
21
O) = 116 pm et un angle O-N-N de 107° . Ces valeurs sont sensiblement différentes de celles déduites de données de
22
diffraction de rayons X en phase solide désordonnée (voir figure ci-contre) . Cette disparité des valeurs confirme la
difficulté d'étudier un dimère dont la formation est fugace.

Le monoxyde d'azote comme ligand


23
Source
La molécule de monoxyde d'azote est apparentée à celle du monoxyde de carbone CO, avec la différence qu'il comporte un
électron supplémentaire, qui occupe une orbitale antiliante. C'est ainsi que NO forme des complexes du même type que
ceux formés avec CO, l'angle de la liaison M-N=O étant pratiquement égal à 180° — en réalité cet angle varie entre 160° et
180°.

Ces complexes sont donc considérés comme linéaires. Dans ce cas, l'azote engage formellement son doublet libre dans la
liaison de coordination. Cependant, l'azote est oxydé car il donne son électron célibataire au métal qu'il coordonne et qui est
donc réduit. Ainsi les complexes tétracarbonylonickel, nitrosylotricarbonylocobalt et dicarbonylodinitrosylofer sont-ils
isostructuraux (tétraédriques) car isoélectroniques.

NO peut former des complexes en ne donnant qu'un seul électron au métal. Cela conduit à un groupe M-N-O où l'angle de
liaison est compris entre 120° et 140°.

Il peut également jouer le rôle de pont entre deux centres métalliques par le biais de l'azote.

Réactions des complexes nitrosyle

La chimie des composés de coordination de NO est vaste et ne sera abordée que brièvement. Par exemple NO s'insère entre
le niobium et un ligand méthyle dans la réaction suivante :

Caractérisation du NO coordiné
Les NO terminaux peuvent être reconnus par leur absorption infrarouge intense à 1 610 cm−1. Les nombres d'onde
d'absorption IR des dérivés angulaires sont inférieurs.

Analyse quantitative
L'analyse quantitative la plus classique du monoxyde d'azote met en œuvre une
24
simple réaction chimiluminescente avec l'ozone . Voir Mesure des oxydes d'azote.

Un échantillon contenant NO est mélangé avec une quantité d'ozone en excès. Le


monoxyde d'azote réagit en formant du dioxygène et du dioxyde d'azote. La
réaction libère aussi de l'énergie sous forme d'ondes électromagnétiques dans le
visible : c'est la chimiluminescence. L'intensité de la lumière produite, mesurée
grâce à un photodétecteur, est proportionnelle à la quantité de monoxyde d'azote.
Monoxyde d'azote (en blanc) rendu
Un exemple d'application thérapeutique du NO est sa mesure dans l'air expiré des
visible dans des cellules de
patients (asthmatiques pour la plupart). Le principe consiste à souffler dans un
conifères, par l'utilisation de DAF-2
appareil de chimiluminescence et ainsi mesurer le NO exhalé et donc mesurer
DA (diacétate de
l'inflammation des voies respiratoires. diaminofluorescéine).

On peut également doser par diverses méthodes électrochimiques (potentiométrie


25
avec le permanganate de potassium , polarographie).

Applications techniques

Fonctions biologiques
26
Source

NO est une molécule endogène libérée


par les cellules endothéliales, les
macrophages, les cellules du foie et les
neurones.

Dans l'organisme le monoxyde d'azote


remplit plusieurs fonctions.

Il est synthétisé naturellement par le


corps à partir de la L-arginine et de
l'oxygène par plusieurs enzymes dites Schéma de synthèse du monoxyde d'azote.
NO synthases (NOS), qui sont des
27
hémoprotéines proches du
cytochrome P450. Le catalyseur de l'oxydation par l'oxygène du groupe iminourée de l'arginine est donc le fer de l'hème qui
passe du degré d'oxydation +II aux degrés +III et +IV et vice-versa.

La liaison du NO aux thiols de bas poids moléculaire — tels que le glutathion — conduit à la formation de S-nitrosothiols
qui constitueraient un déterminant important pour l’activité et le transport du NO. Ces composés peuvent subséquemment
28
agir comme donneurs de NO et ainsi augmenter substantiellement sa demi-vie .

L'activité cellulaire du monoxyde d'azote passe par deux voies essentielles, celle qui consiste en la production de guanosine
monophosphate cyclique intracellulaire (GMPc) à partir de la guanosine triphosphate (GTP), et la formation de
29
peroxynitrites cytotoxiques . L'augmentation de la concentration de GMP cyclique passe par l'activation d'une guanylate
cyclase cytoplasmique (non membranaire).

Vasodilatateur

L'endothélium des vaisseaux sanguins se sert du NO pour déclencher le relâchement de sa tunique de muscle lisse,
provoquant ainsi une vasodilatation et un accroissement du débit sanguin et une diminution de l'agrégation des plaquettes
30
sanguines (thrombocytes). C'est le plus important des neuromédiateurs « non adrénergiques non cholinergiques » ; il est à
l’œuvre dans l'érection (pénis, clitoris, tétons) et semble également jouer un rôle important pour la préservation de
l'endothélium. Chez une grande proportion d'humains, cette synthèse de NO se révèle insuffisante, augmentant par là même
leur risque de présenter une maladie cardiovasculaire. [réf. souhaitée] Ce mécanisme explique l'utilisation des dérivés nitrés
comme la trinitrine dans le traitement de ces mêmes maladies cardiaques : Ces médicaments sont transformés en NO, d'une
manière non encore totalement élucidée, qui à son tour dilate les artères coronaires, vaisseaux sanguins irriguant le cœur,
augmentant son apport sanguin.

L'EDRF (endothelium-derived relaxing factor) est le nom ancien du NO. D'anciens médecins avaient remarqué son rôle
vasodilatateur mais ne l'avaient pas encore identifié chimiquement.

Microbicide

Les macrophages, cellules du système immunitaire, produisent du NO dans le but d'éliminer des bactéries pathogènes, NO
qui peut, dans certaines circonstances, provoquer des effets secondaires nuisibles : c'est le cas dans les infections fulminantes
dites septicémies, où la production excessive de NO par les macrophages conduit à une vasodilatation massive, cause
principale de l'hypotension artérielle rencontrée dans le choc septique.

Neurotransmetteur

Le NO joue le rôle d'un neurotransmetteur entre cellules nerveuses. À la différence de la majorité des autres
neurotransmetteurs, dont l'action dans la fente synaptique a pour cible unique le neurone post-synaptique, la petite molécule
de NO diffuse largement et peut atteindre plusieurs neurones environnants, y compris des neurones non interconnectés par
des synapses. On pense que ce processus est impliqué dans la mémorisation en assurant la mémorisation à long terme. Les
endocannabinoïdes, neurotransmetteurs lipidiques, ont des propriétés de diffusion similaires.

Relaxant des muscles lisses

Le NO est présent dans plusieurs organes du tube digestif comme neurotransmetteur non adrénergique, non cholinergique. Il
est responsable de la relaxation des muscles lisses de l'appareil gastro-intestinal. En particulier il accroît la capacité de
l'estomac à stocker des liquides alimentaires.

Régulateur de l'apoptose

Le monoxyde d'azote est un régulateur essentiel de l'apoptose cellulaire. Il peut avoir un effet antiapoptotique, ou,
31
inversement, un effet apoptotique . Cette bascule est intimement liée à la présence ou non de réducteurs cellulaires tels de
glutathion.
19
En présence d'un taux élevé d'ion superoxyde O2–, le monoxyde d'azote permet la formation d'ion peroxynitrite ,
probablement responsable de la modification du potentiel de membrane mitochondrial ainsi que de nombreux phénomènes
32, 33
d'apoptose cellulaire, en particulier celle des cellules du système immunitaire .

Donneurs exogènes de NO

Ce sont des substances comportant une ou plusieurs liaisons azote-oxygène, azote-azote ou inhibant la destruction de NO
34, 35
(viagra). On y retrouve par exemple les nitrates, nitrites, dérivés nitrés, azotures .

Utilisations thérapeutiques
36
Utilisations thérapeutiques :

il est utilisé en médecine comme vasodilatateur inhalé. L'utilisation de vasodilatateurs inhalés permet de
vasodilater de façon sélective les capillaires des zones pulmonaires bien ventilées. Ceci permet de
réduire l'hypertension artérielle pulmonaire liée à la vasoconstriction hypoxique et d'augmenter
l'oxygénation du sang ;
un composé nommé « diméthylarginine asymétrique » (ADMA) est un inhibiteur connu de la synthèse de
NO, et est donc considéré comme un marqueur biologique de dysfonction cardio-vasculaire ;
la production de NO joue également un rôle important dans l'obtention et la conservation d'une érection
durable. Des concentrations accrues de GMPc conduisent à une vasodilatation et une érection de
meilleure qualité. On pense que l'effet des « poppers » est obtenu également par l'intermédiaire du NO,
provoquant une relaxation des fibres musculaires lisses qui entourent les artérioles irriguant les corps
caverneux du pénis et augmentent l'afflux sanguin. Le sildénafil (Viagra) et le tadalafil (Cialis), sont des
inhibiteurs compétitifs de l'enzyme phosphodiestérase type 5 (PDE5) responsable de l'inactivation du
GMP cyclique en GMP.

La découverte des propriétés biologiques du NO dans les années 1980 fut complètement inattendue et provoqua une
certaine agitation. Le journal Science nomma le NO « Molécule de l'année » en 1992, une société savante du NO fut créée
37
et une revue scientifique entièrement consacrée au NO parut. Le prix Nobel de médecine et de physiologie fut remis en
1998 à Ferid Murad, Robert F. Furchgott et Louis J. Ignarro pour leurs travaux sur les fonctions de neurotransmission du
NO. Ces travaux sont à l'origine de la fondation de la société pharmaceutique française Nicox. On estime à trois mille par an
la parution d'articles scientifiques sur le rôle en biologie du monoxyde d'azote.

Sécurité
Référence ONU pour le transport de matières dangereuses :

nom (français) : monoxyde d'azote comprimé ;


classe : 2 ;
numéro : 1660.

Bibliographie
Nathan S. Bryan, Janet Zand et Bill Gottlieb, La solution : l’oxyde nitrique (NO), Institut Scientifique et
38
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(ISBN 978-1-4200-6679-1), p. 10-205.
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www.nobel.se/medicine/laureates/1998/index.html).
38. La solution : l’oxyde nitrique (NO) (http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article2382), Note de lecture
de Louis-Marie Houdebine, sur pseudo-sciences.org, 31 décembre 2014.

Voir aussi
Syndrome de détresse respiratoire aiguë
Neurotransmetteur
Transduction de signal
Mesure des oxydes d'azote
Endothelium-derived relaxing factor (en) (EDRF), nom donné à la molécule de NO avant que l'on
connaisse sa formule chimique

Liens externes
Nitric Oxide: Biology and Chemistry (http://www.elsevier.com/inca/publications/store/6/2/2/9/2/6/), journal
scientifique

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