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Théorie variationnelle des équations elliptiques – Master 2 – Mathématiques – 2021/2022

Enseignant : Hadjou Brahim (email: brahim.hadjou@usherbrooke.ca)


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Solutions des exercices du chapitre 1

Exercice 1.1
Pour montrer que la forme bilinéaire . , . est un produit scalaire sur , il nous ne reste qu’à
prouver qu’elle est définie positive. Comme . , . est coercive sur , il existe une constante
> 0 telle que :
∀ ∈ , , ≥ ‖ ‖ . 1

S’ensuit que , ≥ ‖ ‖ >0,∀ ∈ ∖ 0 . Cela prouve que . , . est définie positive.

Désignons par ‖ ‖ la norme associée à . , . et montrons qu’elle est équivalente à ‖ ‖ . En


utilisant 1 , on déduit que

∀ ∈ , ‖ ‖ = , ≥ ‖ ‖ = ‖ ‖ . 2
Comme . , . est continue sur × , il existe une constante > 0 telle que :

∀ , ∈ , | , |≤ ‖ ‖ ‖ ‖ .
S’ensuit que

∀ ∈ , ‖ ‖ = , ≤ ‖ ‖ = ‖ ‖ . 3
De 2 et 3 , on déduit que les normes ‖ ‖ et ‖ ‖ sont équivalentes. S’ensuit que ! , . , . ",
i.e. muni du produit scalaire . , . , est un espace de Hilbert.

Montrons à présent que le problème PV1 admet une solution unique. Comme ℓ est continue sur
, il existe une constante ℓ > 0 telle que :
∀ ∈ , |〈ℓ, 〉| ≤ ℓ‖ ‖ .
En utilisant 2 , il s’ensuit que

∀ ∈ , |〈ℓ, 〉| ≤ ( )‖ ‖ .

D’où ℓ est une forme linéaire continue sur ! , . , . ", c'est-à-dire ℓ ∈ ! , . , . "′. Par le
théorème de Reisz, il existe donc un unique ∈ tel que 〈ℓ, 〉 = , , ∀ ∈ . Ce qui
revient exactement à dire que PV1 admet une solution unique.

Exercice 1.2.
Pour tout , ∈ × +, en utilisant le fait que . , . est bilinéaire, on a les équivalences :
, = 〈ℓ, 〉 ⇔ − ., + ., = 〈ℓ, 〉 ⇔ − ., = 〈ℓ, 〉 − ., .
On peut donc récrire PV2 sous la forme équivalente

1
123 42 ∈ 546 7 4 8
PV2 0
− . ∈ + 45 − ., = 〈ℓ, 〉 − ., ∀ ∈ +.

Posons 〈ℎ, 〉 = 〈ℓ, 〉 − ., et introduisons le problème

123 42 : ∈ + 546 7 4 8
PV3 0
:, = 〈ℎ, 〉 ∀ ∈ +.
On a l’équivalence : : est solution de PV3 ⇔ : + . est solution de PV2 .

Ainsi, pour démontrer la première partie du corollaire, il suffit de montrer que PV3 admet une
solution unique, et pour ce faire nous appliquerons le théorème de Lax-Milgram. Il est clair que
les conditions LM2, LM3 et LM4 sont déjà satisfaites du moment que les conditions C2, C3 et
C4 le sont. Il est également clair que LM1 est satisfaite puisque, par C1, + est un sous-espace
vectoriel fermé de . Pour pouvoir conclure, il nous ne reste qu’à prouver que ℎ est une forme
linéaire continue sur +. On a, en utilisant C2 et C5,
〈ℎ, ;< < + ; 〉 = 〈ℓ, ;< < + ; 〉 − . , ;< < + ;
= ;< 〈ℓ, < 〉 + ; 〈ℓ, 〉 − ;< ., < − ; .,
= ;< 〈ℎ, < 〉 + ; 〈ℎ, 〉, ∀ < , , ;< , ; ∈ + × + × ℝ × ℝ
et, en utilisant C3 et C6,
|〈ℎ, 〉| = |〈ℓ, 〉 − ., | ≤ |〈ℓ, 〉| + | ., |
≤ ℓ‖ ‖ + ‖ .‖ ‖ ‖ = ℓ+ ‖ . ‖ ‖ ‖ , ∀ ∈ +.

Ceci complète la preuve de la première partie du corollaire. Prouvons maintenant la deuxième


partie. Soit ∈ la solution de PV2 . Alors

− . ∈ + et , = 〈ℓ, 〉, ∀ ∈ +. *

Soit < ∈ tel que < − . ∈ + et soit ? ∈ la solution de

@ 123 42 ? ∈ 546 7 4 8
PV2 0
?− < ∈ + 45 ?, = 〈ℓ, 〉 ∀ ∈ +.
Alors

?− < ∈ + et ?, = 〈ℓ, 〉, ∀ ∈ +. **

Nous devons prouver que ? = . De (*) et (**), on déduit, par soustraction, que

−?+ < − . ∈ + et , − ?, = 0, ∀ ∈ +.

2
Compte tenu du fait que + est un sous-espace vectoriel de et de la bilinéarité de . , . , il
s’ensuit que − ? ∈ + et − ?, = 0, ∀ ∈ +. En choisissant = − ? et utilisant la
coercivité de . , . , on obtient
1
‖ − ?‖ ≤ − ?, − ? = 0.

D’où ‖ − ?‖ = 0, i.e. ? = .

Exercice 1.3
En posant A , = , + ;B , , le problème PV devient
123 42 ∈ 546 7 4 8
PV 0
A , = 〈ℓ, 〉 ∀ ∈ .
Nous appliquons le théorème de Lax-Milgram. Il est clair que les conditions LM1, LM5 et LM6
sont satisfaites.

On a, en utilisant le fait que . , . et B . , . sont des formes bilinéaires sur × ,

A , ;< :< + ; : = , ;< :< + ; : + ;B , ;< :< + ; :


= ;< , :< + ; , : + ;!;< B , :< + ; B , : "
= ;< A , :< + ; A , : , ∀ , :< , : , ;< , ; ∈ × × × ℝ × ℝ,
et
A ;< :< + ; : , = ;< :< + ; : , + ;B ;< :< + ; : ,
= ;< :< , + ; : , + ;!;< B :< , + ; B : , "
= ;< A :< , + ; A : , , ∀ , :< , : , ;< , ; ∈ × × × ℝ × ℝ,

donc la condition LM2 est satisfaite.


D’autre part, du fait que . , . et B . , . sont continues sur × , il existe deux constantes
> 0 et C > 0 telles que :

∀ , ∈ , | , |≤ ‖ ‖ ‖ ‖ , 1

∀ , ∈ , |B , |≤ C‖ ‖ ‖ ‖ . 2

On a, en utilisant 1 et 2 ,
|A , |=| , + ;B , |≤| , | + ;|B , |
≤ ‖ ‖ ‖ ‖ +; C‖ ‖ ‖ ‖ = +; C ‖ ‖ ‖ ‖ ,∀ , ∈ ,
donc la condition LM3 est satisfaite.
Pour pouvoir conclure, il nous ne reste qu’à prouver que la forme bilinéaire A . , . est coercive
sur .

1) Supposons que . , . est coercive et que B . , . est positive. Alors

3
∃ > 0 , ≥ ‖ ‖ ,∀ ∈ ∗
et
B , ≥ 0, ∀ ∈ .
D’où
A , = , + ;B , ≥ ‖ ‖ + ;B , ≥ ‖ ‖ ,∀ ∈ ,
donc A . , . est coercive.

2) Supposons que . , . est positive et que B . , . est coercive. Alors

, ≥ 0, ∀ ∈
et
∃ C > 0 B , ≥ C‖ ‖ ,∀ ∈ . ∗∗
D’où
A , = , + ;B , ≥ , +; C‖ ‖ ≥; C‖ ‖ ,∀ ∈ ,
donc A . , . est coercive.

3) Supposons que . , . est coercive. Alors, compte tenu de 2 et de ∗ ,


A , = , + ;B , ≥ ‖ ‖ − ;|B , |
≥ ‖ ‖ −; C‖ ‖ = −; C ‖ ‖ ,∀ ∈ ,
GH
donc A . , . est coercive dès que ; < .
IJ

4) Supposons que B . , . est coercive. Alors, compte tenu de 1 et de ∗∗ ,


A , = , + ;B , ≥ −| , |+; C‖ ‖
≥− ‖ ‖ +; C‖ ‖ = − +; C ‖ ‖ ,∀ ∈ ,
I
donc A . , . est coercive dès que ; > GH .
J

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