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Photo de couverture:

Haut à gauche:Réalisation d’un mur de soutènement-poids, renforcé par


des ancrages vissés. La technique adoptée SSS (Soil Screw System)
consiste à renforcer le talus par des ancrages hélicoïdaux vissés par une
machine rotative, à placer le maillage des armatures (treillis soudés) et
le fixer aux ancrages, et enfin construire le parement du mur par béton
projeté.Ce système de soutènement est caractérisé par un mode
opératoire rapide et facile, ce qui explique son large champ d’utilisation.
Haut à droite: Installation d’un pieu métallique foré instrumenté dans
un massif de sable humide au site expérimental du Rheu (Rennes,
France).
Haut au centre : Station d’essais du LCPC (Laboratoire Central des
Ponts & Chaussées) à Nantes pour le chargement d’un mur de
soutènement cantilever. Vue du mur au cours du remblaiement par
couches de sable.
Bas à droite : Réalisation d’une fondation en radier dans le chantier de
l’hotel Four Seasons en 1999 à San Francisco(états unis).Le radier a une
épaisseur variant de 1.2 à 2.4 m et se trouve à 21 m en sous-sol, ce qui a
nécessité un système de blindages sur les trois faces de l’excavation, afin
de renforcer les murs en parois moulés réalisées au préalable pour le
soutènement de la fouille.La photo illustre la phase finale de dépôt des
armatures du radier avant le coulage du béton.

I
SOMMAIRE

AVANT-PROPOS IV

1. INTRODUCTION AU CALCUL DES FONDATIONS


ET DES SOUTENEMENTS 1

2. CAPACITÉ PORTANTE DES FONDATIONS


A PARTIR DES ESSAIS DE LABORATOIRE 25

3. CAPACITÉ PORTANTE DES FONDATIONS


A PARTIR DES ESSAIS SUR PLACE 57

4. TASSEMENT DES FONDATIONS A PARTIR


DES ESSAIS DE LABORATOIRE 75

5. TASSEMENT DES FONDATIONS A PARTIR


DES ESSAIS SUR PLACE 103

6. CAPACITE PORTANTE DES PIEUX ISOLES 121

7. TASSEMENT DES PIEUX ISOLES 143

8. COMPORTEMENT D’UN PIEU ISOLE SOUS


FORCES LATERALES 163

9. EFFET DU GROUPE SUR LES PIEUX 183

10. STABILITÉ DES MURS DE SOUTENEMENT 195

11. STABILITÉ DES RIDEAUX DE PALPLANCHES 229

II
AVANT-PROPOS

En moins d’un siècle, la mécanique des sols a connu un développement


révolutionnaire en matière de caractérisation expérimentale du sol ainsi
que des méthodes de calcul des ouvrages géotechniques. Faisant partie du
génie géotechnique, cette jeune discipline enseignée aux élèves
ingénieurs impliqués dans leur future carrière à des projets de
construction, est une science appliquée qui a pour objectifs d’étudier le
comportement du sol et ses propriétés, et l’analyse des ouvrages en
interaction avec le sol.
Le sol supporte les fondations d’ouvrages, sert comme matériau de
construction tel que dans les barrages à noyau de terre et les remblais
routiers, contient des ouvrages souterrains tels que les tunnels, reçoit des
matériaux à stocker tels que les déchets industriels, et enfin sert à extraire
des minéraux et d’autres ressources de production de l’énergie et des
matériaux.
A l’heure actuelle, en dépit de l’épanouissement de cette discipline en
matière de développements théoriques et expérimentaux, certains
phénomènes souvent rencontrés en pratique sont encore mal connus et ne
peuvent être aisément analysés. En outre, certains aspects particuliers de
l’interaction sol/ouvrage et dont la théorie n’en tient pas compte par souci
de simplicité ne sont connus que vaguement.
En fait, le calcul des ouvrages géotechniques n’est pas une opération
automatique et nécessite souvent l’expérience ainsi que le sens du
jugement.
La formation d’ingénieurs en géotechnique doit viser à développer le
sens du jugement et l’art de décider, et ce parallèlement à un
enseignement des méthodes modernes de la mécanique des sols.
Un autre aspect marquant de la pratique géotechnique est la diversité
des méthodes et théories, et la large gamme d’approches expérimentales
pour caractériser le comportement du matériau sol, ce qui rend perplexe
un jeune ingénieur confronté à l’analyse des ouvrages.
La mécanique des sols est basée sur l’analyse expérimentale des
propriétés du sol et du comportement des ouvrages. Il va sans dire que
l’enseignement de la mécanique des sols aux futurs ingénieurs requiert le
recours à l’étude des cas rencontrés dans la pratique des projets. Le choix
des exercices et applications doit justement répondre à cette nécessité.
III
Cet livre s’inscrit dans ce cadre et se propose de présenter, à travers
des exercices résolus, l’étude du comportement des fondations
superficielles et profondes, et des murs de soutènement.
Fruit de plusieurs années d’enseignement de la mécanique des sols et
des fondations au département de génie civil de l’université de Blida, ce
recueil d’exercices organisé en onze chapitres, traite de l’application des
méthodes modernes de l’analyse de la capacité portante, des déformations
des fondations et de la stabilité des murs de soutènement.
Chaque chapitre commence par un bref rappel des notions et des
méthodes de calcul, expose l’énoncé des exercices et renvoie aux
solutions détaillées en fin du chapitre. Le rappel du cours résume en fait
des notions exposées en détails dans les références 1 à 4. Il va de soi que
l’acquisition de ces références permet d’avoir un ensemble didactique
complet traitant de l’analyse du comportement des fondations et des
soutènements. En outre, des références bibliographiques issues de la
littérature géotechnique mondiale y ont été incluses en fin de chaque
chapitre, invitant à approfondir les connaissances dans un thème donné.
Le premier chapitre expose les principes généraux de calcul des
fondations et des soutènements, en définissant la terminologie et les
concepts utilisés.
Les chapitres 2 et 3 se proposent d’étudier la capacité portante des
fondations superficielles à l’aide des paramètres de résistance de
cisaillement déterminés aux essais de laboratoire, ou à l’aide des
méthodes empiriques et semi-empiriques basées sur les essais in-situ.
On analyse aux chapitres 4 et 5 le tassement des fondations
superficielles à travers les essais de laboratoire ou in-situ. Ces derniers
permettent l’utilisation des méthodes modernes de nature semi-
empirique.
Le calcul de la capacité portante des pieux est présenté au chapitre 6, à
la base des essais in-situ, conformément à la tendance actuelle des
méthodes de calcul.
L’analyse du tassement des pieux sous charges axiales est souvent
exigée dans les projets importants ou dans des conditions particulières de
comportement des fondations sur pieux (sol de résistance médiocre,…)
où il est nécessaire d’étudier l’ensemble de la courbe de chargement du
pieu, c’est à dire la relation charge-tassement par le biais de méthodes
numériques. Une telle analyse sera abordée au chapitre 7.
Dans certaines configurations sol/pieu telles qu’en cas de poussées
latérales d’un sol mou sous le remblai d’accès à un pont, des pressions du
IV
vent sur un ouvrage élancé fondé sur pieux, ou des chocs latéraux dus aux
manœuvres d’accostage des bateaux sur les quais sur pieux, il importe
d’analyser la résistance latérale du sol et d’estimer les déplacements
latéraux sous charges latérales, ce qui est présenté au chapitre 8.
Le comportement d’un pieu au sein d’un groupe est différent de celui
du même pieu isolé. Cet effet de groupe se traduit en général par une
amplification des déplacements et une réduction de la capacité portante
du pieu au sein du groupe par rapport au pieu isolé. Il s’agit d’un
phénomène assez complexe encore en stade de recherche, et les méthodes
d’analyse sont assez rares. Le chapitre 9 se propose de présenter l’étude
du comportement d’un pieu au sein d’un groupe, à travers les méthodes
pratiques disponibles.
La détermination des pressions limites de poussée et de butée, ainsi
que l’analyse de la stabilité des murs rigides de soutènement sont
présentées au chapitre 10. En outre, le dimensionnement des rideaux de
palplanches, à travers les méthodes analytiques simplifiées, est présenté
au chapitre 11.
La majorité des exercices traités dans cet ouvrage sont issus de projets
réels de fondations, ce qui permet de concrétiser une diversité de
concepts et méthodes exposés dans un cours de mécanique des sols.
Dans certains passages de ce livre, des méthodes de calcul des
fondations sur pieux, ou de l’analyse de stabilité des murs de
soutènement nécessitent le recours à des programmes sur ordinateur. Une
copie de certains programmes mentionnés peut être obtenue sur simple
demande, en contactant l’auteur à l’adresse ci-après.
L’auteur estime qu’un tel ouvrage contribue modestement à
l’introduction aux ingénieurs d’une discipline clé dans la conception et
l’analyse des ouvrages de construction.

Alger, le 14 Janvier 2005

Ali BOUAFIA
Université de Blida\Département de Génie Civil
B.P : 270 R.P. Blida 09000 Blida, Algérie.
e-mail : geoblida@gmail.com

V
Figure 33. Photo en haut : Nouveau viaduc de l’autoroute A-10 sur la
Dordogne (France) avec une longueur de 1170 m et une hauteur
maximum de 26 m. Le viaduc repose sur 16 piles, dont 6 en rivière de la
Dordogne, et 2 culées. Chaque pile repose sur un groupe de 6 pieux.
Photo en bas: Travaux de réalisation des pieux des piles en rivière. Il
s’agit de pieux forés tubés de 2 m de diamètre et d’une longueur de 18 à
25 m. Le forage des pieux est réalisé au sein d’un système de batardeaux
formé de rideaux de palplanches IVS battues, longues de 24 à 31 m, ce
qui permet de mener des travaux de fondations à sec au sein de la rivière.
(Source : Chantiers de France N° 321, 1999).
120
CHAPITRE 6. CAPACITE PORTANTE DES
PIEUX ISOLES

6.1. SYMBOLES et NOTATIONS

B: Diamètre ou largeur frontale du pieu (m),


D: Fiche du pieu dans le sol (m),
De: Fiche équivalente du pieu (m),
h: hauteur de la partie du pieu dans la couche résistante (m),
S: Aire de la section droite d’un pieu (m2),
Ab: Aire de la section droite de la pointe du pieu (m2),
P: Périmètre du pieu (m),
Po: Pression horizontale des terres au repos (kPa),
Pl: Pression pressiométrique limite (kPa),
Pl*: Pression pressiométrique limite nette (Pl-Po),
Ple*: Pression limite équivalente nette (kPa),
qp: Pression mobilisée en pointe du pieu (kPa),
qs: Contrainte limite du frottement latéral (kPa),
qc: Résistance pénétrométrique mesurée au CPT (MPa),
qce: Résistance pénétrométrique équivalente (MPa),
ql: Pression verticale limite ou résistance en pointe (MPa),
Kp: Facteur de portance pressiométrique pour un pieu,
Kc: Facteur de portance pénétrométrique pour un pieu,
Ks: Facteur de résistance en pointe à partir de l’essai SPT,
N: Nombre de coups mesurés dans l’essai SPT,
Ne: Nombre de coups moyen au niveau de la pointe du pieu,
Ns: Nombre de coups moyen le long du fût du pieu,
ns: Facteur de frottement latéral à partir de l’essai SPT,
Qp: Charge verticale limite en pointe du pieu (kN),
Qs: Charge verticale limite du frottement latéral (kN),
Ql: Charge verticale limite en tête du pieu (kN),
Qc: Charge verticale critique ou de fluage (kN),
Q: Charge verticale appliquée en tête du pieu (kN).

121
6.2. RAPPELS

6.2.1. NOTION DE CHARGE LIMITE ET CHARGE


CRITIQUE

La charge verticale limite totale se calcule comme suit:


D
Ql = Q p + Qs = S .ql + P. q s ( z ).dz
0

Parmi les concepts modernes postulés par les études expérimentales de


la capacité portante est celui de la charge critique (ou charge de fluage). Il
a été constaté, lors de l’interprétation des essais de chargement statique
des pieux que la courbe de chargement (Effort appliqué en fonction du
tassement en tête) est caractérisée par une portion initiale pratiquement
assimilable à une droite, jusqu’à une valeur de la force appliquée dite
force critique Qc. Cette force est aussi le seuil du début d’instabilité des
tassements du pieu, c’est à dire que pour des forces plus grandes que Qc,
la vitesse de tassement augmente considérablement et les tassements ne
se stabilisent plus dans le temps. Il s’agit d’une grandeur intrinsèque qui
caractérise le comportement du système sol/pieu, beaucoup plus que
l’effort limite Ql dont la définition elle-même est ambiguë. En effet, outre
la définition théorique de l’effort Qt comme étant correspondant à des
tassements infinis, il existe d’autres définitions conventionnelles, en
considérant Ql correspondant par exemple à un tassement en tête du pieu
égal à 10% du diamètre du pieu. La notion de la charge critique ou de
fluage est analogue à celle de la pression de fluage, fin de la partie
linéaire de la courbe d’expansion pressiométrique et seuil des grands
déplacements latéraux du forage pressiométrique.
Il est traditionnel de dimensionner une fondation en se basant sur
l’hypothèse que les charges de service correspondent à un comportement
linéaire du système sol/fondation, c’est à dire au domaine des petits
déplacements. Il se dégage de cela qu’usuellement les charges transmises
par un pieu sont à limiter en général par la charge de fluage Qc.
L’interprétation d’un essai de chargement vertical du pieu permet
d’obtenir expérimentalement la charge critique. En cas d’indisponibilité
d’essai, elle peut être estimée pour les pieux ne refoulant pas le sol (pieux
forés, barrettes, puits,….) par:

122
Qc = Q p / 2 + 0.7 xQs

et pour les pieux refoulant le sol (pieux foncés, battus,….) par:

Qc = 0.7 xQ p + 0.7 xQs

Conformément au règlement Français CCTG-93 (fascicule 62 titre 5),


le dimensionnement d’un pieu en compression se fait aux états limites
suivants:
• Etats limites ultimes. Les efforts des combinaisons de charges
fondamentale et accidentelle doivent être respectivement inférieurs
à 0.71xQl et à 0.83xQl .
• Etats limites de service. Les efforts des combinaisons de charges
rare et quasi- permanente doivent être respectivement inférieurs à
0.91xQc et 0.70xQc.

6.2.2. METHODE PRESSIOMETRIQUE

On se réfère ci-après aux nouvelles règles techniques françaises


CCTG-93 de calcul et de conception des fondations des ouvrages du
génie civil, appelées couramment le fascicule 62.
La méthode pressiométrique tient compte de l’hétérogénéité du sol en
se basant sur le concept du sol homogène équivalent, caractérisé par
une pression limite équivalente Ple et entourant un pieu ayant une fiche
équivalente De. Cette dernière sert à classer les fondations comme suit:
• fondation profonde pour De/B > 5,
• fondations semi-profondes pour 1.5< De/B< 5,
• fondation superficielle pour De/B< 1.5.

La pression pressiométrique limite équivalente sert au calcul de la


résistance en pointe. Il s’agit d’une moyenne des valeurs mesurées dans
une zone au voisinage de la pointe, épaisse de 3.a sous la pointe et de b
au-dessus (voir figure 34).

1 D+3.a *
b + 3.a D−b
Ple* = Pl ( z).dz

123
a = max (B/2, 0.50) en mètres,
b=min(a, h). h est la hauteur de la couche résistante dans laquelle la
pointe est encastrée. On voit que pour un sol ne présentant pas de couche
résistante h= b= 0, et a est égal à B/2 pour des diamètres supérieurs à 1.0
m. La zone d’influence de la résistance en pointe sera dans ce cas, épaisse
de 1.5 fois B sous la pointe. L’expression précédente peut se simplifier en
utilisant une sommation des trapèzes formant le profil pressiométrique:

1 D +3.a *
P 
*
le  Pl .z
b + 3.a D −b

Figure 34. Schéma de calcul de la pression limite équivalente

Identiquement aux cas d’une fondation superficielle, la fiche


équivalente est celle qui permet d’étudier le même pieu dans un sol
homogène caractérisé par une pression limite égale à Ple*. En pratique, on

124
utilise la formule approchée de sommation des N mesures nettes Pl* le
long du pieu, en considérant un pas Zi entre deux mesures consécutives:

1 i= N *
De = *  Pli .zi
Ple i =1
Ple* et De se réduisent évidemment en cas d'un sol homogène idéal, à Pl*
et D respectivement. La résistance en pointe se calcule comme suit:

ql = Kp.Ple*

Le facteur de portance dépend de la nature du sol et du mode


d’installation du sol. Le système de classification du LCPC permet de
définir la classe du matériau. Le tableau 39 donne la catégorie A, B ou C
du matériau sol en fonction des caractéristiques pressiométriques ou
pénétrométriques. Le facteur Kp est donné par le tableau 40.
Le frottement latéral limite qs augmente avec la pression limite nette, à
la même profondeur. Il dépend en fait de la nature du sol entourant le
pieu et du mode d’installation du pieu. La détermination de qs se fait à
partir de la figure 35. La courbe qs=f(Pl*) est sélectionnée du tableau 41.

Tableau 39. Catégories conventionnelles des sols


PMT CPT
Classe de sol Marges de Marges de
Pl (MPa) qc (MPa)
A– mous < 0,7 < 3,0
Argile, Limons B – fermes 1,2 à 2,0 3,0 à 6,0
C – fermes à dures > 2,5 > 6,0
A – Lâches < 0,5 <5
Sables, Graves B – Moyennement 1,0 à 2,0 8,0 à 15,0
compacts > 2,5 > 20,0
C – Compacts
A – Molles < 0,7 <5
Craies B – Altérées 1,0 à 2,5 > 5,0
C – Compactes > 3,0
Marnes, Marno calcaires A – Tendres 1,5 à 4,0
B – Compacts > 4,5 ------

125
Tableau 40. Valeurs du facteur de portance pressiométrique

Nature du sol Pieu ne refoulant pas le Pieu refoulant le sol


sol (forage,….) (battage, fonçage,….)
A 1.10 1.40
Argile /Limon B 1.20 1.50
C 1.30 1.60
A 1.00 4.20
Sables / Graves B 1.10 3.70
C 1.20 3.20
A 1.10 1.60
Craies B 1.40 2.20
C 1.80 2.60
Marnes, Marno- 1.80 2.60
Calcaires
Roches altérées 1.10-1.80 1.80-3.20

6.2.3. METHODE PENETROMETRIQUE

Suivant la classification du LCPC, et les valeurs de la résistance


pénétrométrique qc, les sols sont regroupés en catégories conventionnelles
au tableau 39.
La méthode pénétrométrique du LCPC est applicable aux sols
homogènes. Contrairement à la méthode pressiométrique, aucune règle
n’est énoncée dans ce code quant à l’appréciation de l’homogénéité
pénétrométrique du sol. Le jugement et l’expérience de l’utilisateur sont
ici nécessaires pour effectuer une telle appréciation.
Cette méthode se base sur le concept de la résistance équivalente qce et
la fiche équivalente De, qui caractérisent un sol homogène équivalent au
sol hétérogène étudié.
La résistance pénétrométrique équivalente qce est une valeur moyenne
des résistances mesurées dans la zone mobilisée par le sol lors du
chargement vertical par la fondation. Elle est calculée comme suit:
D +3 a
1
qce =
b + 3.a q
D −b
cc ( z ).dz

126
Tableau 41. Courbes de frottement latéral limite

Figure 35. Courbes de frottement latéral limite qS. en fonction de Pl*


127
a=max(B/2, 0.50) en mètres,
b=min(a,h) et h est la hauteur de la fondation dans la couche résistante.
Pour un sol ne présentant une couche résistant h=b=0 et la zone
d’influence de capacité portante est bien 3B/2 sous la fondation si la
largeur est supérieure à 1.0 m et égale à 1.50 m en cas contraire.
qcc est la résistance pénétrométrique corrigée. Elle est obtenue en
calculant la valeur moyenne qcm de la zone épaisse de b+3a avec la
formule ci-dessus, et en écrêtant éventuellement le diagramme
pénétrométrique dans cette zone à la valeur de 1.3x qcm.
En pratique, on utilise la formule approchée de sommation des trapèzes
limités par les N mesures qc sur la tranche [D-b, D+3a], en considérant un
pas Zi entre deux mesures consécutives :

1 i=N
q ce =  qcc .zi
b + 3a i =1
La fiche équivalente De, généralement inférieure à D, est la hauteur à
partir de la surface du sol, le long de laquelle les résistances
pénétrométriques peuvent être remplacées par une moyenne analytique
égale à qce. Elle est donnée par:

D
1
qce d
De = qc ( z ).dz

Le terme d est égal en général à 0 sauf s’il existe des couches


superficielles de mauvaise résistance dont on ne veut pas les introduire
dans l’évaluation de la fiche équivalente.
La résistance en pointe d’un pieu isolé est donnée par la formule
fondamentale suivante:

ql = Kc. qce

Kc est le facteur de portance pénétrométrique et dépend de la catégorie du


sol étudié et du mode d’installation. Il est donné par le tableau 42.
Le frottement latéral qs à la profondeur z est égal à la résistance
pénétrométrique à cette profondeur, divisée par un facteur  donné par le
tableau 43 pour quelques configurations courantes dans les projets, sans
toutefois dépasser une valeur maximale qsmax.
128
Tableau 42. Valeurs du coefficient de portance pénétrométrique

Type de sol Pieu ne refoulant pas Pieu refoulant le sol


le sol (forage,…) (battage, fonçage…)
Argiles et Limons 0.40 0.55
Sables et Graviers 0.15 0.50
Craies A 0.20 0.30
Craies B 0.30 0.45

Tableau 43. Valeurs de qs selon le fascicule 62 (qs et qsmax en kPa)

Argile/Limon Sable/Grave Craie


A B C A B C A B
Foré  - - - 200 200 200 125 80
qsmax 15 40 40 - - 120 40 120
Foré tubé  - 100 - 250 250 300 125 100
qsmax 15 40 40 - 40 120 40 80
Métal battu  - 120 150 300 300 300
fermé qsmax 15 40 80 - - 120
Battu  - 75 - 150 150 150
préfabriqué qsmax 15 80 80 - - 120

6.2.4. METHODE DE L’ESSAI SPT

Il existe une variété de méthodes de calcul de la capacité portante d’un


pieu isolé, à la base de l’essai SPT. Il s’agit de méthodes issues en
général de la corrélation purement empirique des résultats d’essais de
chargement vertical des pieux avec ceux de l’essai SPT. Les résultats de
calcul sont souvent divergents, ce qui est probablement dû au caractère
local de ces corrélations faites dans un contexte géologique donné.
Dans ce contexte, il est recommandé de ne pas se borner, dans un
projet de pieux, par une seule approche de calcul mais de comparer
plusieurs méthodes, avant de se prononcer sur le dimensionnement du
pieu. La référence 1 présente une revue détaillée de plusieurs méthodes
de calcul.
129
On suppose que la résistance en pointe est proportionnelle au nombre
Ne représentatif de la zone mobilisée autour de la pointe:

ql = Ks.Ne

Ks est le facteur de portance et a la dimension d’une contrainte.


On suppose aussi que la contrainte limite qs du frottement latéral le
long du pieu est proportionnelle au nombre N représentatif de l’interface
sol/pieu, à la profondeur étudiée:

qs = ns.N

ns est le facteur de frottement latéral et a la dimension d’une contrainte.


Sur le plan de la réglementation, il est remarquable que les règles
techniques françaises de conception et de calcul des fondations des
ouvrages de génie civil (CCTG-93, fascicule 62) ignorent complètement
l’apport de cet essai au dimensionnement des fondations aussi bien
superficielles que profondes. Cette position est renforcée par celle du
règlement DTU 13.2, applicable aux fondations des bâtiments, qui ne
recommande aucune méthode de calcul, et appelle à la prudence envers la
diversité des formules de calcul.
D’autres pays ont opté plutôt vers la méthode de Meyerhof, réputée
pessimiste dans la prédiction de la capacité portante. Au Canada, par
exemple, le code Canadien des fondations CFEM-85, ainsi que les
recommandations des travaux publics du Canada stipulent que la charge
verticale limite d’un pieu isolé dans un sol pulvérulent se calcule comme
suit:

Ql = m.Ne.Ab + n.Ns.P.D

m = 0.40 MPa pour un pieu battu,


m = 0.12 MPa pour un pieu foré.

Ne est le Nombre de coups représentatifs au niveau de la pointe. Aucune


précision n’a été mentionnée sur cette valeur représentative. Néanmoins,
Meyerhof a proposé que la valeur représentative est une moyenne
arithmétique des nombres N dans une zone entre 8B au dessus de la base
et 3B en dessous. En cas d’un terrain immergé, Meyerhof suggère de
diviser les coefficients m et n par 2 [7].
130
n est égal à 2.0 kPa pour un pieu battu et à 1.0 kPa pour un pieu foré.
Il est à noter que le nombre N à introduire dans le calcul, selon ces
deux règlements, est une valeur corrigée par l’effet du poids des terres par
le facteur CN qui varie entre 0.4 et 2.0, comme le montre la figure 36.
Le règlement japonais des ports TSPHF(1980) recommande la formule
précédente pour les pieux battus dans les sols sableux, avec les mêmes
valeurs pour les coefficients m et n. Le nombre Ne est calculé comme
suit:
N =(N1+N2)/2
N1 = min( N à la pointe du pieu, moyenne des nombres N sur une zone
de 2B sous la pointe)
N2= moyenne arithmétique des nombres N sur une zone de 10B au
dessus de la pointe.
Dans des sables fins ou des sables limoneux saturés et ayant des
valeurs de Nm plus grandes que 15, celles-ci doivent être corrigées par la
formule de Terzaghi et Peck, vue au chapitre 5:

N m − 15
N = 15 +
2

Figure 36. Correction du nombre N de l’essai SPT

131
6.3. RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES

1. Bouafia, A (2004) Essais in-situ dans les projets de fondations,


éditions OPU, ISBN 9961.0.0692.5, année 2004, 305 pages.
2. Poulos, H & Davies, E.H (1980) Pile foundation analysis & design,
Series in geotechnical engineering, John Wiley & sons editors, USA.
3. AFNOR (1992) Fondations profondes pour le bâtiment", Document
Technique Unifié DTU-13.2, Recueil des normes françaises 1995,
tome 2, pages 409-482, éditions AFNOR.
4. Ministère de l'équipement, du logement et du transport (1993) Règles
techniques de calcul et de conception des fondations des ouvrages de
génie civil, C.C.T.G fascicule 62, titre V, Textes officiels N° 93-3,
182 pages, Paris.
5. Frank, R (1995) Fondations profondes, Cours de Mécanique des Sols,
enseignement T6-T9, ENPC, extrait de la collection Techniques de
l'Ingénieur C248, 43 pages.
6. Bustamante, M et Al (1991) Evaluation de quelques méthodes de
calcul des pieux forés, Revue française de Géotechnique N°54, pp:
39-52.
7. Cassan, M (1978) Essais in-situ en Mécanique des Sols, Tome II:
Applications & méthodes de calcul, Editions Eyrolles.
8. Combarieu, O (1996) L’essai pressiométrique et la charge portante en
pointe des pieux, Bulletin des LPC, N° 203, pp 61-73.
9. Fellenius, B.H et Al (1989) Geotechnical guidelines- Pile design,
Recommandations pour le travaux publics et maritimes du Canada, 72
pages.
10. Bowles, J.E (1997) Foundation Analysis & Design, 5e édition,
éditions Mc.Graw-Hill Inc, 1004 pages.
11. Ports and Harbours Research Institute (1980) TSPHF: Technical
Standards for Port & Harbour facilities in Japan, Chapitre 4:
Bearing capacity of pile foundation, pp 123-136.

132
6.4. APPLICATIONS

Problème 1. Capacité portante des pieux d’un pont rail- Calcul à


partir du PMT

La pile d’un pont rail repose sur un ensemble de gros pieux en béton
armé, forés au tube perdu, et dont chacun a un diamètre de 0.90 m et une
fiche de 11.0 m, et installés dans une argile raide de grande profondeur et
pratiquement homogène, caractérisée par un module pressiométrique
moyen de 23.5 MPa et une pression limite nette moyenne de 1210 kPa.
La rigidité à la flexion Ep.Ip du pieu est de 1030x106 N.m2. Les efforts
transmis à chaque pieu sont: force verticale de 900 kN, force horizontale
de 215 kN et un moment de flexion de 110 kN.m. On demande de
calculer la charge verticale limite (ou capacité portante) du pieu isolé,

Problème 2. Capacité portante des pieux battus d’un autopont-


Calcul à partir du CPT

Un autopont doit être fondé sur des pieux en béton armé préfabriqué de
1.5 m de diamètre et fichés par battage à 15 m par rapport à la surface
d'un sol limoneux saturé de grande profondeur. Le module d'Young du
pieu est de 28700 MPa.
Des essais de pénétration statique ont été menés à proximité de
l'emplacement des pieux. Les valeurs moyennes de la résistance
pénétrométrique en fonction de la profondeur sont regroupées au tableau
44.
On demande de calculer l'effort vertical limite en pointe Qp, celui du
frottement latéral Qs, ainsi que l'effort vertical limite total Ql.

Tableau 44.Valeurs moyennes de résistance pénétrométrique


___________________________________________________________
Z(m) 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11
qc(MPa) 0 3.95 3.70 3.02 3.86 3.56 4.12 4.13 4.26 4.85 4.45 4.25

Z(m) 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21
qc(MPa) 5.10 4.51 5.17 5.17 5.25 5.12 4.95 5.15 5.15 5.25
___________________________________________________________
133
Problème 3. Capacité portante des pieux battus ancrés dans la
marne- Calcul à partir des essais PMT et CPT

La pile d’un autopont est fondée sur un groupe de pieux en béton armé
préfabriqué battus, ayant un diamètre de 1.0 m et une fiche de 18 m. Le
site est formé d’une couche d’argile molle de mauvaise résistance épaisse
de 15 m et surmontant un horizon de marne raide.
Les essais in-situ réalisés sur le site ont montré que la couche d’argile
est relativement homogène et peut être caractérisée par les valeurs
moyennes suivantes: Pl=450 kPa, Em=3.15 MPa, et qc=2.0 MPa. La
couche marneuse est caractérisée par Pl=1500 kPa, Em=27 MPa et
qc=5 MPa. La nappe phréatique est fluctuante en surface du sol.
1) Remplir le tableau 45.
2) Appliquer la méthode pressiométrique du CCTG-93 pour calculer la
résistance en pointe, la charge limite en pointe, la charge de frottement
latéral, la charge verticale limite et la charge de fluage.
3) Même question en appliquant la méthode pénétrométrique.

Le poids volumique saturé de l’argile est de 18 kN/m3 et celui de la


marne est de 21 kN/m3. Prendre K0 =1 pour l’argile et la marne.

Tableau 45. Caractéristiques pressiométriques et de frottement latéral


Z(m) 2.0 4.0 6.0 8.0 10.0 12.0 14.0 16.0 18.0
Pl*
(kPa
qs
(kPa)

Problème 4.Capacité portante des pieux du Viaduc d’El-Harrach

Des fondations sur pieux ont été conçues pour supporter un Viaduc
traversant Oued-El-Harrach (Alger). En phase d’avant-projet sommaire,
on a étudié la variante des groupes de 6 pieux en béton armé, chacun
ayant un diamètre de 1.20 m et une fiche de 20 m et placé par procédé
de forage simple.
La campagne d'investigation géotechnique a montré que le sol est
formé d'une couche d'argile grise hétérogène surconsolidée, saturée et
134
ayant une épaisseur moyenne de 24 m. La classe LPC de ce matériau
est Ap. Cette couche surmonte un horizon de sable grésifié et du cailloux
de grande profondeur, dont la résistance moyenne à la compression
simple est de 3700 kPa. La nappe d'eau a été décelée près de la surface.
Le poids volumique moyen de l'argile est de 18 kN/m3. Les essais au
pressiomètre de Ménard ont donné les valeurs moyennes regroupées au
tableau 46.
Calculer selon la méthode pressiométrique du fascicule-62 la pression
limite équivalente nette, la fiche équivalente du pieu, la charge limite du
frottement latéral Qs, celle à la base du pieu Qp, la charge limite totale Ql ,
ainsi que la charge de fluage Qc.

Tableau 46 : Caractéristiques pressiométriques du site (en kPa)


______________________________________________________________
Z(m) 2 3 4 5 6 8 10 12 14 16 18 20 21
Pl * 291 395 499 612 726 640 555 216 252 288 324 180 733
Em 852 1310 1760 2230 2700 2770 2850 240 130 120 340 1310 4610
_____________________________________________________________

Problème 5. Calcul des pieux d’un bâtiment RDC+6 à Sharjah à


partir de l’essai SPT

Un Bâtiment de 7 niveaux est à réaliser dans un site formé du sable de


grande profondeur à Sharjah (Emirats Arabes Unis). La nappe phréatique
a été détectée à 3.0 m par rapport à la surface. Les résultats de l’essai SPT
sont résumés au tableau 48.
Le système de fondations est formé de groupes de pieux en béton armé
forés à la bentonite, ayant un diamètre de 0.80 m et une fiche égale à
15.50 m.
On demande d’appliquer la méthode du CFEM-85 pour estimer la
capacité portante de cette fondation.

Tableau 48. Valeurs moyennes du nombre N de l’essai SPT


Z(m) 1 1.5 2 2.5 3.5 4.5 5.5 6.5 7.5 8.5 9.5 10.5 11.5
Nspt 10 26 20 28 1 1 0 8 28 30 38 12 35
Z(m) 12.5 13.5 14.5 15.5 16.5 17.5
Nspt 9 30 44 54 75 75

135
Problème 6. Calcul des pieux du Viaduc d’El-Harrach à partir de
l’essai CPT

Dans le projet étudié au problème 4, des essais au pénétromètre statique


du type Gouda 200 kN ont donné les valeurs moyennes de résistance
pénétrométrique du tableau 49. Reprendre les questions du problème 4 en
utilisant la méthode pénétrométrique du Fascicule 62.

Tableau 49. Valeurs moyennes de la résistance pénétrométrique du site


________________________________________________________
z(m) 0.5 1.0 1.5 2.0 2.5 3.0 3.5 4.0 4.5 5.0
qc(MPa) 5.0 1.0 0.5 0.5 0.5 0.7 3.5 2.5 1.2 1.2

z(m) 5.5 6.0 6.5 7.0 7.5 8.0 8.5 9.0 9.5 10 10.5 11 11.5
qc(MPa) 1.8 2.0 1.9 1.4 2.5 1.9 2.2 2.5 1.5 2.3 2.9 2.0 2.10

z(m) 12.0 12.5 13 13.5 14 14.5 15.0 15.5 16.0 16.5 17.0 17.5
qc(MPa) 1.4 1.3 1.7 1.5 1.2 1.1 1.2 1.15 1.5 1.55 1.60 1.61

z(m) 18.0 18.5 19.0 19.5 20 20.5 21 22


qc(MPa) 1.60 1.70 1.9 2.0 2.15 2.2 2.15 3.0
________________________________________________________

136
6.5. SOLUTIONS

PROBLEME 1

Le site est homogène vis-à-vis des caractéristiques pressiométriques.


La pression limite équivalente nette est 1210 kPa et la fiche équivalente
est 11 m.
Le sol sous la pointe et une argile catégorie B (car Pl > 1200 kPa). Le
facteur de portance d’après le tableau 40 est 1.20 et La résistance en
pointe est: ql = Kp.Ple*= 1.2x1200=1452 kPa, Qp=3.14x1452x0.92/4
Qp=923.3 kN.
Le tableau 41 indique d’utiliser la courbe Q1 de la figure 35 pour
évaluer la contrainte de frottement limite qs en fonction de Pl, ce qui
donne qs=38 kPa.
L’effort de frottement latéral limite Qs= P.B.D.qs=3.14x0.9x11x38
Qs=1181 kN.
La charge verticale limite totale Q l= Qp+Qs =2104 kN.

PROBLEME 2

Calculons la résistance pénétrométrique équivalente dans la zone utile


autour de la pointe du pieu. Le sol ne comporte pas d’horizon résistant,
donc h=0 et b= 0 et a=B/2=0.75 m.
qcm= [(5.17+5.25)x1/2 + (5.25+5.12)x1/2+ (5.09+5.12)x0.25/2]/(3x1.5/2)
qcm =5.18 MPa.
Puisque les valeurs de qc dans l’intervalle 15-17.25 m sont inférieures à
1.3xqcm=6.74 MPa, alors qce=qcm=5.18 MPa.
Le sol sous la pointe est un limon caractérisé par des valeurs de qc
situées entre 3 et 6 MPa, il appartient donc à la catégorie B. Le pieu étant
battu, le facteur de portance pénétrométrique du tableau 42 est 0.55.
ql = Kc.qce= 0.55x5180=2850 kPa, Qp=3.14x2850x1.52/4
Qp= 5032 kN.
Le tableau 43 indique que =75 sans toutefois dépasser qsmax= 80 kPa.
D
Qs =B qs(z).dz =3.14x1.5[(0+3.95)x1/2+………+(5.17+5.17)x1/2]/75
0
Qs=3863.0 kN. La charge verticale limite totale Ql = Qp+Qs = 8895 kN.
137
PROBLEME 3

La zone utile de résistance en pointe s’étale sur l’intervalle [D-b,


D+3a]. On a a= 0.5 m et b=0.5 m.
D + 3a
Ple*= 1  P*(z).dz = 1  (1500−(K0 v0'+u)dz =1156.5 kPa
2 D −b l 2
Dans la zone utile la pression limite nette se situe entre 1500 et 4000
kPa, il s’agit donc d’une marne catégorie A et Kp=2.60.
La résistance en pointe est ql=Kp.Ple*=2.6x1156.5=3007.0 kPa,
Qp=3.14x3007x1.02/4=2360.4 kN.
Le tableau 41 indique d’utiliser la courbe Q1 de la figure 35 pour
évaluer la contrainte de frottement limite qs en fonction de Pl, de 0 à 15 m
de profondeur, et la courbe Q3 de 15 à 18 m, ce qui donne les valeurs de
qs regroupées au tableau 45. L’effort de frottement latéral limite Qs est
évalué en utilisant la sommation des trapèzes du profil qs(z).
D
Qs =B qs(z).dz =3.14x1.0x[19x1/2+85.8x1/2+17.6+16.2+14.6+13.1 +
0
+11.5+9.86+88.0]x2=1402 kN.

La charge verticale limite totale Ql= Qp+Qs =3762.5 kN, et la charge


critique est donnée par :
Qc= Qpx0.7 + Qsx0.7 = 2633.7 kN.

Tableau 45. Caractéristiques pressiométriques et de frottement latéral


Z(m) 2.0 4.0 6.0 8.0 10.0 12.0 14.0 16.0 18.0
Pl* 414 378 342 306 270 234 198 1209 1167
(kPa)
qs 19.0 17.6 16.2 14.6 13.1 11.5 9.86 88.0 85.8.0
(kPa)

Utilisons la méthode pénétrométrique pour évaluer la capacité portante


de ce pieu.
qcm=(5x2)/2=5 MPa. Du fait de l’homogénéité de la couche de marne:
qce=qcm= 5 MPa.
Le facteur de portance est obtenu en considérant le matériau marneux
comme une argile (la marne est en fait un mélange d’argile et de
carbonate de calcium) :
138
Kc=0.55 et ql = 0.55x5000=2750 kPa. Qp=3.14x2750x1.02/4=2159 kN.
Le frottement latéral limite est donné par: qs=min(qc/, qsmax)
- Couche d’argile, qs= min(2000/, 15)= 15 kPa (sol argileux catégorie
A),
- Couche de marne, qs= min(5000/75, 80)= 66.6 kPa (sol argileux
catégorie B).
Qs= 3.14x1.0x(15x15+66.6x3)=1334.0 kN
La charge verticale limite totale Ql = Qp+Qs = 3492.7 kN.
Qc= Qpx0.7 + Qsx0.7 = 2445.0 kN.

PROBLEME 4

La base du pieu ne se trouve pas dans la couche résistante du sable


grésifié. On aura ainsi a=0.6 m, et b= 0. La pression limite nette
équivalente en pointe du pieu se calcule en joignant par des droites les
points du profil de Pl* (z), et on calcule la somme des surfaces des
trapèzes entre 20 et 21.8 m:
1 21.8

3x0.6 20
Ple =
*
Pl* ( z ).dz

Ple*= [(180+733)x1/2 + (1175.4+733)x0.8/2]/1.8= 677.8 kPa.

La fiche équivalente est donnée par:


1 20
De = 
*
*
Pl ( z ).dz
0
Ple
En remplaçant l’intégrale par la somme des trapèzes, on obtient :
De =[291x2/2 +(395+291)x1/2 + (499+395)x1/2
+…+(324+180)x2/2)]/677.8 =7761.5/677.8 =11.45 m
Puisque De /B =11.45/1.2 = 9.54 > 5 on a bien le fonctionnement d’une
fondation profonde. La zone utile de résistance en pointe est formée de
l’argile dont la pression pressiométrique limite est en deçà de 700 kPa, et
appartient donc à la catégorie A d’après le tableau 39. Le facteur de
portance pressiométrique est, d’après le tableau 40, égal à 1.10.
La résistance en pointe est ql = Kp .Ple * = 1.10x677.8 = 745.6 kPa et la
charge limite en pointe est Qp =.B2.kp.Ple*/4 = 843 kN.
La contrainte limite qs du frottement latéral est décrite, d'après le
tableau 41, par la courbe Q1 de la figure 35. Les valeurs de qs sont
139
regroupées au tableau 47. La valeur de qs en surface a été extrapolée
linéairement.

Tableau 47. Valeurs de qs (kPa) le long du pieu


________________________________________________________
Z(m) 0 2 3 4 5 6 8 10 12 14 16 18 20
qs 5.4 14.0 18.3 22.2 26.0 29.3 26.8 24.0 10.7 12.3 13.9 15.4 9.0
________________________________________________________

L’effort limite mobilisé par le frottement latéral sol/pieu se calcule par :


20
Qs =  .B  q s ( z )dz
0
Le calcul de l'intégrale est remplacé par celui de la somme des aires des
trapèzes du profil qs(z)le long du pieu.
Qs =3.14x1.2x[(5.4+14)x2/2+ (14+18.3)x1/2 + (18.3+22.2)x1/2
+……+(15.4+9.0)x2/2] =1326.5 kN
L’effort vertical limite est Ql = Qp + Qs =843 +1326.5 =2170 kN.
La charge de fluage est définie approximativement pour un pieu ne
refoulant pas le sol par: Qc = Qp/2 +0.7x Qs = 1350.0 kN

PROBLEME 5

D’après le tableau 5.9, on remarque que le site est hétérogène, avec un


coefficient de variation de Nspt de 71% le long du pieu. Il est caractérisé
par une augmentation de la résistance au-delà de 12 m de profondeur.
L’effort vertical limite est donné selon le CFEM-85 par:
Ql = Ks.Nspte..B2 /4 + .B (ns.Nspt.z)
Le frottement latéral limite est obtenu par intégration de la courbe qs(z) le
long du fût du pieu.
Ks=0.060 MPa (sol submergé par une nappe), et Nspt doit être corrigé par
la courbe de la figure 36.
Près de la pointe dans la zone [9.1, 17.9] on aura :
Ne=(CNi.Ni)/9=[1.02x38 +0.97x12 +0.93x35 +0.89x9 +0.86x30
+0.83x44 +0.80x54 + 0.78x75+ 0.75x75]/9 =34.58 coups.
ns =0.5 kPa pour le frottement latéral (sol submergé par l’eau).
Qp =60x34.58x3.14x0.82/4=1042.9 kN.
Qs= 3.14x0.8x0.5x[(20+20)x1/2+ (20+52)x0.5/2 + (52+56)x1/2+
+ (56+1.69)x1/2 + ..........+(36.52+43.2)x1/2]=468.2 kN.
L’effort limite total est Ql = 1511.0 kN.
140
PROBLEME 6

L’examen des valeurs de qc du tableau 49 montre une hétérogénéité de


la résistance pénétrométrique en fonction de la profondeur. La résistance
pénétrométrique moyenne est égale à :
qcm =[(2.15+2.2)x0.5/2 + (2.2+2.15)x0.5/2 + (2.15+2.83)x0.8/2]/1.8 =
2.315 MPa.
Dans la zone [20 m, 21.8 m], les valeurs de qc sont inférieures à 1.3 x
qcm=3.00 MPa. Donc la résistance pénétrométrique équivalente en pointe
du pieu qce=qcm=2.315 MPa.
La fiche équivalente du pieu selon la méthode pénétrométrique est :
1 20
De =
q ce 
0
q c ( z ).dz

De = [5x0.5/2 + (5+1)x0.5/2 + (1+0.5)x0.5/2 + (0.5+0.5)x0.5/2 +….…….


……. +(2+2.15)x0.5/2 ]/2.315 =34.34/2.315 =14.8 m > 5B= 6 m.
D'après le tableau 42, le coefficient de portance pénétrométrique est
égal à 0.40 et la charge limite en pointe est Qp = 3.14x1.22x 0.4x2.315/4
= 1047 kN.
D’après le tableau 43, le forage simple est un procédé délicat dans une
argile saturée de la catégorie A. On ne doit pas dépasser la valeur plafond
du frottement latéral pour ce matériau, soit de 15 kPa.
Ainsi Qs=.B.D.qs max = 3.14x1.2x20 x15=1130 kN.
L’effort vertical limite est Ql = Qp + Qs = 1047 +1130 =2177 kN.
La charge de fluage est définie approximativement pour un pieu ne
refoulant pas le sol par :
Qc = Qp/2 +0.7x Qs = 1315 kN.
Il est à remarquer que les deux méthodes sont en très bonne
concordance aussi bien pour la charge limite totale que pour celle du
fluage. Lors du dimensionnement aux états limites, les efforts des
combinaisons de charges fondamentale et accidentelle doivent être
respectivement inférieurs à 0.7xQl =1525 kN et à 0.83xQl = 1808 kN.

141

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