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CHAPITRE 3

GENERALITES SUR LES MACHINES


ELECTRIQUES:

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3.1 Notions de base
3.1.1 Définition
C’est un Dispositif électromécanique
Énergie électrique Énergie mécanique Moteur
Énergie mécanique Énergie électrique Génératrice
Une seule et même machine : conversion dans les deux sens (Réversibilité)
Les machines électriques tournantes peuvent fonctionner en moteurs et en génératrices : elles sont
dites réversibles.

3.1.2 Types de machines électriques tournantes

Une machine électrique tournante peut fonctionner avec :

Machine à courant
Machine à courant
alternatif, monophasé
continu
ou triphasé

Moteur à courant Dynamo (génératrice


Machine asynchrone Machine synchrone
continu à courant continu)

Génératrice Alternateur synchrone


hypersynchrone

Moteur synchrone
Moteur asynchrone

3.1.3 Les lois de l’électromagnétisme

Les machines électriques tournantes fonctionnent grâce à :


La loi d’Ampère (ou de Biot et Savart)
La loi de Laplace
La loi de Faraday
La loi de Lenz

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A. La loi d’Ampère (ou de Biot et Savart)
Énoncé
Courant dans un conducteur → Champ d’induction magnétique 𝐵⃗
En tout point de l’espace (mais décroit en 1/r2)
Courant et champ de même nature
Courant continu → 𝐵⃗ continu
Courant alternatif → 𝐵⃗ alternatif
Utilité
On peut créer des champs magnétiques avec du
courant

B. La loi de Laplace
Énoncé
Un conducteur parcouru par un courant et plongé dans un champ magnétique subit une force
mécanique appelée force de Laplace
Conducteur libre → mouvement
Technologie → contrôle du mouvement
Utilité
On peut faire bouger des circuits avec des champs magnétiques
𝑭 = 𝑩. 𝑰. 𝒍

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C. La loi de Faraday
Énoncé
La force électromotrice e induite dans un circuit sous l’effet d’un champ
magnétique est proportionnelle à la variation du flux magnétique !.

e=−
𝐵⃗ Variable induit e variable
𝐵⃗ Continu n’induit pas de f.é.m
Circuit fermé → naissance d’un courant
Utilité
On peut induire des tensions et des courants (puissance électrique) à l’aide d’un champ magnétique

D. La loi de Lenz
Énoncé
Le sens du courant induit est tel que, par ses effets électromagnétiques, il s’oppose toujours à la cause
qui lui a donné naissance
Utilité
Décrit la conservation de l’énergie et permet d’établir les sens des tensions et des courants induits

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3.2 Le moteur à courant continu.
Le symbole des moteurs à courant continu :

3.2.1 Principe de fonctionnement du moteur à courant continu :

L'inducteur crée un champ magnétique, ce dernier


sort du pôle nord, traverse l'entrefer et pénètre
dans le rotor, en balayant l'enroulement rotorique,
puis rejoint le pole sud. Les enroulements rotorique,
déjà alimentée à travers le collecteur et les balais,
sont traversé par un courant électrique, qui garde le
même sens de circulation, grâce au collecteur, au
prés de chaque un des pôles statoriques. Les deux
brins d’une spire placée dans le champ magnétique
B , subissent des forces de Laplace F 1 et F 2 formant FIG 3.3 Circuit magnétique d’un moteur à continu
un couple de force qui fait tourner le rotor. bipolaire

FIG 3.4 Représentation des vecteurs s'exerçant


sur les conducteurs du rotor

3.2.2 Caractéristiques des moteurs à Courant continu


- Plage de variation de vitesse très grande (> 1000 en boucle d'asservissement)
- Couple de démarrage important, idéal pour l'entraînement de charges à forte inertie.
- Rapport volume/puissance très supérieur à toutes les autres technologies
- Rendement élevé
- Linéarité tension/vitesse, couple/courant
Mais :
- Prix élevé
- Maintenance coûteuse (remplacement des balais en graphite, usure du collecteur)
- Source importante de parasites (étincelles de commutation sur le collecteur Pb CEM)

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3.2.3 Relations fondamentales
La force contre électromotrice FCEM
Expression de la fém. L’induit étant en rotation, les conducteurs coupent le flux magnétique inducteur
et sont le siège d’une tension induite alternative. Le collecteur redresse cette tension ; le nombre
d’encoches étant important, la fém E entre les balais est quasiment continue.
𝐏
𝐄 = 𝐚 𝐍𝐧∅ Si on pose K = N
𝐄 = 𝐊 𝟏 𝐧∅ ⇒𝐄 = 𝐊∅𝜴 avec 𝐾 = π
N: Nombre de conducteurs actifs sous un pôle, Ω: Vitesse de rotation en rad/s, n: Vitesse de rotation en
tr/s,∅: Flux sous un pôle en (Wb), E: Force contre électromotrice en V, p: Nombre de paire de pôle ;
a: Nombre de paire de voie d'enroulement

Loi d’Ohm
𝐔 = 𝐄 + 𝐑𝐈
E : fém (V) ; U : tension d’induit (V) ;
I : courant d’induit (A) ;
R : résistance d’induit (V) qui tient compte de l’enroulement, du collecteur et des balais.

Vitesse de rotation
La loi d’Ohm et l’expression de la fém donnent :
E = K∅Ω ⇒ Ω = ∅
Ce qui donne
U − RI
Ω=
K∅
Lorsque le flux est nul la vitesse tend vers l’infini, le moteur s’emballe.
Il ne faut jamais alimenter l’induit d’un moteur à courant continu sans un courant d’excitation.
Si on néglige la chute de tension RI et si le flux est constant on peut considérer que:
Ω = Ku
Donc que la vitesse est directement proportionnelle à la tension moyenne d’alimentation

Puissance électromagnétique
Puissance électromagnétique est convertie en puissance mécanique.
𝐏𝐞𝐦 = 𝐄𝐈 = 𝐓𝐞𝐦 𝛀
P : Puissance électromagnétique;∅: Flux sous un pôle en (Wb) ; n: Vitesse en tr/s
T : Moment du couple électromagnétique (Nm) ; I: Intensité en A ; Ω: Vitesse de rotation en rad/s
E: Force contre électromotrice en V
Puissance électrique absorbée Pa
𝐏𝐚 = 𝐔𝐈
Couple moteur
Le couple moteur, calculé à partir de la relation:
𝐄𝐈 = 𝐓𝐞𝐦 𝛀
E = K∅Ω
D’où le couple moteur
𝐄𝐈 𝐊∅𝛀𝐈
𝐓𝐞𝐦 = = = 𝐊𝛟𝐈
𝛀 𝛀
Le couple utile est inférieur du fait des pertes mécaniques

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3.2.4 Les différents types des moteurs à courant continu :
Selon les différents montages possibles entre les enroulements rotoriques et statoriques on obtient
les différents types existants, on trouve donc :

a. Moteur à excitation indépendante :


Ce mode d’excitation nécessite deux sources d’alimentations distinctes. L’inducteur et l’induit sont
alimentés séparément.

𝑼𝒆 = 𝒓𝑰𝒆

𝑼𝒂 = 𝑬 + 𝑹𝑰

Réglage de la vitesse. FIG 2.5 Schéma d'un moteur à courant continu

On peut régler la vitesse en agissant sur∅, donc sur l’excitation, ou sur la tension U (alimentation de
l’induit) :
– L’action sur l’excitation, avec un rhéostat de champ ou une tension Ue réglable, n’offre qu’une
variation limitée, et n’est pas possible si l’inducteur est à aimants permanents.
– L’action sur la tension d’induit résout le problème du démarrage.
En conclusion, la souplesse de ces deux réglages indépendants confère à ce moteur une grande
précision.

Risque d’emballement:

Si l’excitation s’annule alors que l’induit est encore alimenté, le moteur s’emballe et peut détruire
l’induit. En conséquence :
– Il ne faut jamais couper le circuit d’excitation.
– Pour arrêter le moteur, il faut couper l’induit avant l’inducteur.

Conditions de démarrage

– On alimente l’inducteur avant l’induit en réglant Ie à sa valeur nominale.


– Il faut limiter le courant d’induit ID au démarrage (ID < 2IN en général) en démarrant sous tension
réduite, grâce à un hacheur ou un redresseur commandé.
𝐓
– On peut démarrer en charge si 𝐈𝐝 𝐑𝐃 ∅
où 𝐓𝐑𝐃 est le couple résistant opposé par la charge au
démarrage. En conséquence le moteur possède un couple important au démarrage.

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Bilan des puissances

Pjs Pfer Pm
Pjr

Pa Entrefer Pertes Puissance


Puissance Puissance électromagnétique mécanique
électrique constantes

𝐏𝐞𝐦 = 𝐄𝐈 = 𝐓𝐞𝐦 𝛀

Fig. 3.6 Arbre des puissances

Pertes La puissance mécanique


Puissance Pertes joule Les pertes utile Pu
électrique
absorbée
joule inducteur induit constantes 𝐏𝐮 = 𝐏𝐚 − (𝐏𝐣𝐞 + 𝐏𝐣𝐫 + 𝐏𝐦 + 𝐏𝐟 )
𝐏𝐚 = 𝐔𝐈 + 𝐔𝐞 𝐈𝐞 𝐏𝐣𝐞 = 𝐫𝐈𝐞² = 𝐔𝐞 𝐈𝐞 𝐏𝐣𝐫 = 𝐑𝐈𝟐 𝐏𝐜 = 𝐏𝐟𝐞𝐫 + 𝐏𝐦é𝐜 𝐏𝐮 = 𝐏𝐞𝐦 − 𝐏𝐜
𝐏𝐮 = 𝚻𝐮 𝛚

U : tension d’induit et Ue : tension de l’inducteur (V) ; I : courant d’induit et Ie : courant de l’inducteur


(A) ; R : résistance de l’induit et r : résistance de l’inducteur
(V) ; TU : couple utile sur l’arbre (Nm) ; 𝛀 : vitesse de rotation (rad/s).

Remarques :
• Toute l’énergie absorbée à l’inducteur et dissipée par effet joule. On peut omettre l’inducteur dans le
bilan des puissances et alors Pje n’apparaît pas et Pa=U.I.
• Les pertes fer et les pertes mécaniques sont rarement dissociées, la somme étant les pertes
constantes Pc.
• Si le moteur est à aimants permanents, Ue, Ie et Pje n’existent pas.

– Rendement
𝐏𝐮 𝐏𝐚 − (𝐏𝐣𝐞 + 𝐏𝐣𝐫 + 𝐏𝐦 + 𝐏𝐟 )
𝛈= =
𝐏𝐚 𝐏𝐚

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b. Moteur à excitation série :
Pour ce type de moteur, les enroulements statorique et rotorique sont alimentés en série. La tension
d'alimentation est partagée en le rotor et le stator.

Fig2.7 Schéma d'un moteur à courant continu à excitation série

Loi d’Ohm :
U=E+R I avec RT = R + r
Fém et couple.
Deux cas se présentent :
– La machine est saturée (zone b), le flux est sensiblement
constant et on retrouve le cas d’une machine à excitation constante.
– La machine n’est pas saturée (zone a) et le flux est proportionnel
au courant. La fém et le moment du couple deviennent :

𝐄 = 𝐊𝐈𝛀
Fig2.8 Saturation (excitation série)
𝐓𝐞𝐦 = 𝐊𝐈𝟐

Conditions de démarrage
– Le courant de démarrage doit être. limité comme dans l’excitation séparée
– On ne doit jamais démarrer à vide sous tension nominale car sinon, le moteur s’emballe et l’induit
peut être détruit.
Réglage de la vitesse.
Il se fait par action sur la tension d’alimentation, comme pour le moteur à excitation séparée.
En conclusion, ce moteur possède un fort couple au démarrage, supérieur au moteur précédent, mais
s’emballe à vide. Il est utilisé pour des couples élevés à basse vitesse : traction ferroviaire (TGV Sud-Est),
démarreur de voitures, etc.
c. Moteur à excitation composée (ou compound):
Dans le moteur compound une partie du stator est raccordé en série avec le rotor et une autre est de
type parallèle ou shunt. Ce moteur réunit les avantages des deux types de moteur : le fort couple à
basse vitesse du moteur série et l'absence d'emballement (survitesse) du moteur shunt.

exs

Fig2.9 Schéma d'un moteur à courant continu à excitation mixte

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3.2.5 Caractéristiques des moteurs à Courant continu
Ce sont des courbes qui traduisent graphiquement les relations entre les variables du courant absorbé,
vitesse et couple moteur. Elles varient selon le type du moteur.

Caractéristiques Dérivation Série

Caractéristique
de vitesse Ω(I)

𝐔 𝐑 𝐔 𝐑𝐓
𝛀= − I 𝛀= −
𝐊∅ 𝐊∅ 𝐊𝐈 𝐊
La vitesse varie peu avec la charge
Le moteur s'emballe à vide

Caractéristique de
couple TU(I)

𝚻𝐮 = (𝐊𝛟)𝐈 − 𝚻𝐩 𝚻𝐮 = 𝐊𝐈𝟐 − 𝚻𝐩
(en l'absence de saturation)
La charge impose le courant dans l'induit
La charge impose le courant dans l'induit

Caractéristique
mécanique ou
couple-vitesse Τ (Ω)

𝐊𝐔 𝟐
𝐊𝛟𝐔 (𝐊𝛟)𝟐 𝚻𝐮 = − 𝚻𝐩
𝚻𝐮 = − 𝚻𝐩 − 𝛀 (𝐊𝛀 + 𝐑 𝐓 )𝟐
𝐑 𝐑 Le moment du couple est
maximal au démarrage

Caractéristique
mécanique Τ (Ω)
à tension d'induit variable

On règle la vitesse On règle la vitesse

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Excitation Particularités Emplois
Moteur auto-régulateur de Entrainement de
vitesse. La vitesse est machines-outils
Dérivation
relativement constante Remplacé par le moteur
quelque soit la charge asynchrone triphasé
Moteur auto-régulateur de le moteur qui convie
puissance le mieux en traction
Posséde un trés grand électrique
Série couple de démarrage mais
risque l'emballement à vide
La vitesse décroit quand la
charge augmente
Ne s'emballe pas Laminoirs, appareils de
composé Couple de demarrage levage et de manutention
Flux additif meilleur qu'en excitation Utilisé aussi en excitati
dérivation indépendante
Risque d'emballement du Pratiquement ce moteur
composé
fait de l'annulation du flux n'est plus utilisé
Flux soustractif
résultant des enroulements

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3.2.6 Démarrage d’un moteur à courant continu
Le courant absorbé par un MCC est:
𝐔−𝐄
𝐈=
𝐑
A la mise sous tension et au décollage, la
vitesse du moteur est nulle donc la FCEM
aussi, Le courant n’est donc plus limité que
par la valeur de R, résistance d’induit, d’où
𝐔
𝐈=
𝐑
L’intensité de démarrage est beaucoup trop
importante. Pour limiter cette pointe
d’intensité au démarrage on place en série
avec le moteur une résistance de démarrage.
On considère que l’intensité de démarrage
doit être comprise entre 1 et 2 fois l’intensité nominale.
𝐔
𝐈𝐝 =
𝐑 + 𝐑𝐡
Le Rhéostat comporte, en général, plusieurs plots de façon à diminuer progressivement la résistance
Rh, au fur et à mesure que la vitesse augmente.

Freinage
Le freinage du moteur utilise le principe de la
réversibilité (Fig.2.11).
L’induit est relié à un rhéostat. Entraînée par son inertie,
La machine fonctionne en génératrice et dissipe son
énergie dans le rhéostat. On peut aussi récupérer cette
énergie avec des procédés électroniques et la renvoyer
sur l’alimentation (freinage avec récupération). Fig2.11 Réversibilité
Schéma de puissance
Le sens de rotation est dépendant des polarités,
pour inverser le sens de rotation il suffit
d’inverser le sens du courant soit dans
l’inducteur soit dans l’induit.
A la fermeture de KM1 le moteur tourne dans un
sens, à la fermeture de KM2 le moteur tourne
dans l’autre sens. Dans les deux cas l’inducteur
est alimenté sous la même polarité par KM1 ou
KM2

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3.2.7 Réglage de la vitesse
Le moteur à courant continu offre de grandes possibilités pour obtenir des vitesses de rotation
variables.
En sachant que
U − RI
Ω=
K∅
, si on néglige RI, R très faible on a sensiblement:
U
Ω=
K∅
On peut modifier n en agissant sur la tension U et sur le flux ∅ (action sur le courant inducteur).

A) Action sur la tension d’alimentation


La vitesse est directement proportionnelle à la tension d’alimentation de l’induit.
Ω= ∅
Le couple est proportionnel au courant d’excitation
or comme il est constant, le couple est constant.
Le fonctionnement est alors dit à couple constant
pour une vitesse entre 0 et Ω nominal.

B) Action sur le flux


Pour dépasser la vitesse nominale on ne peut
plus agir sur la tension d’alimentation (U=Un),
on peut diminuer
le flux. Si Φ diminue, Ω augmente.
Le couple du moteur (T= KFI), est proportionnel
au flux donc si Φ diminue et si I est constant
le couple moteur diminue.
Le fonctionnement est dit à puissance constante

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Moteur à excitation séparée
– L’action sur l’excitation, avec un rhéostat de champ ou une tension Ue réglable, n’offre qu’une
variation limitée, et n’est pas possible si l’inducteur est à aimants permanents.
– L’action sur la tension d’induit résout le problème du démarrage.
En conclusion, la souplesse de ces deux réglages indépendants confère à ce moteur une grande
précision.
• Risque d’emballement. Si l’excitation s’annule alors que l’induit est encore alimenté, le moteur
s’emballe et peut détruire l’induit. En conséquence :
– Il ne faut jamais couper le circuit d’excitation.
– Pour arrêter le moteur, il faut couper l’induit avant l’inducteur.
Moteur à excitation série
Il se fait par action sur la tension d’alimentation, comme pour le moteur à excitation séparée.
En conclusion, ce moteur possède un fort couple au démarrage, supérieur au moteur précédent, mais
s’emballe à vide. Il est utilisé pour des couples élevés à basse vitesse : traction ferroviaire (TGV),
démarreur de voitures, etc.

Les dispositifs électroniques utilisés pour la variation de vitesse des moteurs à courant continu

Fournit à partir d’un réseau alternatif


Redresseur contrôlé
monophasé ou triphasé, une tension
à tension variable
redressée de valeur moyenne variable

Fournit à partir d’une source de tension


continue fixe, une source de tension
Hacheur
« continue » dont on contrôle la valeur
moyenne.

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3.3 Machines électriques alimentées à courant alternatif :
Se sont des machines qui se constituent d'un rotor et d'un stator. Le stator est alimenté par un courant
alternatif, qui produit un champ magnétique statorique tournant qui est à la base de leur principe de
fonctionnement. Il existe deux types de machine à courant alternatives : Les machines synchrones et les
machine asynchrones.
3.3.1 Les Machines Synchrones :
Le terme synchrone signifie que la vitesse de rotation du rotor est égale à la vitesse du champ tournant
statorique.
Constitution et principe de fonctionnement :
Deux parties séparées par un entrefer.

 Rotor : ou roue polaire : C’est la partie


tournante. Parfois c’est un aimant permanent pour
les petites machines, mais en général c’est un
électroaimant sous forme d’un cylindre
ferromagnétique massif recevant un bobinage qui,
alimenté en courant continu (excitation), génère p Fig. 3.11 Machine à pôles lisses et
paires de pôles sud et nord alternés. Machine à pôles saillants
Il existe des rotors à pôles saillants avec un nombre
de paires de pôles p élevé, ou à pôles lisses (Fig.3.11).

 Stator : C’est la partie fixe, sous forme d’une carcasse ferromagnétique feuilletée comportant un
bobinage triphasé qui, parcouru par des courants triphasés équilibrés génère un champ tournant à
répartition quasi-sinusoïdale de même nombre de pôles qu’au rotor. Les enroulements peuvent être
couplés en étoile (cas le plus fréquent) ou en triangle.
Le champ tournant du stator accroche le champ inducteur solidaire du rotor. Le rotor ne peut donc
tourner qu’à la vitesse de synchronisme ΩS.
Remarque : Généralement, l’inducteur est au rotor et l’induit au stator.
Principe
. Si on entraîne le rotor à la vitesse constante Ω les enroulements statoriques, soumis au champ
tournant rotorique, créent par induction un système triphasé de pulsation ω = pΩ ou f = pn (ω et Ω en
rad/s, f la fréquence en Hz et n la vitesse en tr/s), p étant le nombre de paires de pôles du rotor. C’est le
fonctionnement en alternateur, utilisé dans la production d’énergie électrique.
• Réversibilité. Fonctionnement en moteur. Si on alimente le stator en triphasé et si on lance le rotor,
celui-ci poursuit sa rotation à la vitesse de synchronisme Ω = du champ tournant (ce champ résulte
des champs tournants rotorique et statorique).
• Excitation de la machine
– Ce peut être une source extérieure qui
alimente le rotor en courant continu via un
système de bagues et de balais.
– Ce peut être la machine elle-même qui
fournit sa propre excitation via une
génératrice excitatrice ou un alternateur
auxiliaire relié sur l’arbre. La machine est FIG 2.12 Symboles et conventions
alors auto-excitée. TRIPHASÉ
3.2 ALTERNATEUR

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Symbole normalisé

3.3.2 Organisation simplifiée de l’alternateur


L’alternateur comprend deux parties principales : l’inducteur et l’induit
 L’inducteur
Il a pour rôle de créer un champ magnétique tournant à l’aide d’un rotor magnétisant mis en
rotation. L’inducteur comporte 2.p pôles (p : paires de pôles). Il existe 2 types d’inducteurs :
Rotor à pôles lisses Rotor a pôles saillants

Rotor a pôles lisses p = 1


Rotor a pôles saillants p = 2
Très robuste, il permet d’obtenir des fréquences
Tournant moins vite, et de ce fait
de rotation élevées (> 3000 tr/min). Il est utilisé
fournissant moins de puissance, il est
dans les centrales thermiques et les centrales
utilisé dans les centrales hydrauliques
nucléaires.
et les groupes électrogènes
 L’induit,
Constitué de trois groupes de conducteurs logés dans des encoches formant trois circuits
(un pour chaque phase) décalés les uns des autres d’un angle convenable (120°) et
fournissant de ce fait des courants triphasés.

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3.3.3 Caractéristiques de l’alternateur
Fréquence des f.é.m. induites
Les enroulements de l’induit sont soumis à un champ magnétique tournant à la fréquence n dite
fréquence de synchronisme.
Il apparaît donc aux bornes des enroulements de l’induit des f.é.m. induites de fréquence f telles que :
p : nombre de paires de pôles
f = p.n avec
n : fréquence de rotation du champ tournant
f : fréquence des f.é.m. induites

Valeur efficace de la f.é.m. induite par un enroulement


𝒅𝝋
Chaque enroulement génère une f.é.m. induite 𝒆 = 𝒅𝒕
, dont la valeur efficace s’exprime :
K : coefficient de Kapp qui ne dépend que des caractéristiques
E = K.p.n.N.Φmax technologiques de l’alternateur.
= K.f.N.Φmax avec N : nombre de conducteurs actifs par enroulement
Φmax: flux utile maximal sous un pôle

Couplage des alternateurs triphasés


La f.é.m. induite définie précédemment est générée par
chacun des enroulements. La formule précédente
donne donc la valeur efficace d'une tension simple si les
enroulements sont couplés en étoile, et la valeur d'une
tension composée s'ils sont couplés en triangle.
Exemple : A vide, si E = 230 V Couplage en étoile
U = E.√3 = 400 V
Couplage en triangle
U = E = 230 V
3.3.4 Excitation des alternateurs
Lorsque l’alternateur est à aimants permanents, il n’a pas besoin d’être excité.
Lorsque l’inducteur est constitué d’électro-aimants, ils doivent être traversés par des courants continus
fourni par :
 une source extérieure reliée au rotor par un système de bagues et de balais.
 ’induit lui-même : une partie des courants triphasés fournis par l’induit sont redressés à l’aide
d’un pont de diodes afin de pouvoir alimenter directement l’inducteur : l’alternateur est alors dit
auto excité
3.3.5 Caractéristique à vide ou interne :
(Fig. 3.13). Le point de fonctionnement P se situe
dans le coude de saturation. Du fait de l’hystérésis,
la courbe ne passe pas par l’origine. Il existe une fém
rémanente EREff (ainsi qu’un étroit cycle
d’hystérésis, non représenté sur la figure).

Fig. 3.13 Caractéristique à vide

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3.3.6 Alternateur autonome en charge
• Autonomie. Un alternateur est autonome s’il
alimente seul une charge. C’est par exemple le cas d’un
groupe électrogène. En revanche, il ne l’est plus s’il est
couplé sur le réseau.
• Réaction magnétique d’induit. Lorsque l’alternateur
débite, l’induit crée un champ tournant qui modifie le
flux utile, donc la fém. C’est la réaction magnétique
d’induit. La fém en charge est ainsi différente de la fém
à vide, créée par la roue polaire seule. Fig. 3.14 Caractéristique en charge

• Caractéristique en charge ou externe. L’alternateur n’étant pas une source parfaite, la réaction
magnétique d’induit modifie la fém suivant la charge (Fig. 40.6). Ie devra être modifié pour stabiliser la
tension.

3.3.7 Arbres des puissances


Puissance reçue.
L'alternateur reçoit une puissance mécanique Pm qui lui est fournie par le moteur d'entraînement
𝐏𝐚 = 𝐏𝐦 =𝚻𝐦 Ω
Si l’alternateur n’est pas auto-excité, 𝐏𝐚 = 𝐓𝐞𝐦 𝛀 + 𝐏𝐣𝐞
Puissance restituée :
Il restitue une partie de cette puissance sous la forme de puissance électrique P qui est reçue par la
charge : 𝐏 = √𝟑𝐔𝐈𝐂𝐎𝐒𝛗

Pje Pm Pjs Pfs

Pa Rotor Entrefer Stator Puissance


Puissance Inducteur Puissance électromagnétique Induit électrique
Mécanique utile

𝐏𝐞𝐦 = 𝐓𝐞𝐦 𝛀
Fig. 3.15 Arbre des puissances
La puissance
Puissance Mécanique Puissance 𝐏𝐣𝐬
Absorbée 𝐏𝐣𝐞 = 𝐫𝐈𝐞𝟐 électrique utile
électromagnétique 𝟑
𝐏𝐚 = 𝐏𝐦 = 𝚻𝐦 Ω 1 cas = 𝐔𝐞 𝐈𝐞 𝐏𝐞𝐦 = 𝐓𝐞𝐦 𝛀 = 𝐑𝐈𝟐 𝐏𝐮 = √𝟑𝐔𝐈 𝐜𝐨𝐬𝛗
𝟐
𝐏𝐚 = 𝐓𝐞𝐦 𝛀 + 𝐏𝐣𝐞 2 cas 𝐏𝐦 = 𝐂𝐭𝐞 𝐏𝐞𝐫 = 𝐂𝐭𝐞 𝐏𝐮 = 𝐏𝐚 − (𝐏𝐣𝐞 + 𝐏𝐦 + 𝐏𝐣𝐫 + 𝐏𝐟 )

U : tension d’induit et Ue : tension de l’inducteur (V) ; I : courant d’induit et Ie : courant de l’inducteur


(A) ; R : résistance de l’induit et r : résistance de l’inducteur (Ω) ; TU : couple utile sur l’arbre (Nm) ; 𝛀 :
vitesse de rotation (rad/s).

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Remarques
Pertes ne dépendant pas de la charge appelées pertes « constantes » :
Les pertes mécaniques 𝐏𝐦é𝐜 dépendent de la fréquence de rotation; les pertes𝐏𝐟𝐞𝐫 dans le fer
dépendent de la fréquence et du flux dans la machine. À tension et fréquence constantes, Pfs et pm
sont constantes.
Pertes par effet Joule :
Dans l'inducteur : la puissance perdue par effet Joule est égale à 𝐏𝐣𝐞 = 𝐫𝐈𝐞² = 𝐔𝐞 𝐈𝐞
𝟑
Dans l'induit : la puissance pjs perdue par effet Joule est égale à : 𝐏𝐣𝐬 = 𝟐
𝐑𝐈𝟐
Avec R la résistante entre deux phases, est indépendante du couplage des enroulements du stator.
– À vide, avec Ie nominal, on mesure PA0 ≈ Pm +Pfs
– À vide, avec Ie = 0, on mesure P A0≈ Pm. On en déduit Pfs = PA0 − PA
– Les résistances peuvent être déterminées par un essai en continu.
Expression du rendement :
Si l'alternateur est auto-excité, c'est-à-dire s'il ne reçoit de puissance que du moteur qui l'entraîne, le
rendement est alors égal à :

𝐏𝐮 √𝟑𝐔𝐈𝐂𝐎𝐒𝛗
𝛈= =
𝐏𝐚 𝚻𝐦 𝛀
Si l'alternateur n'est pas auto-excité, il faut ajouter à la puissance mécanique reçue, la puissance pje
qui a été fournie au circuit d'excitation.
Dans le cas général, nous pouvons aussi exprimer le rendement en fonction des différentes pertes de
puissance :

𝐏𝐮 √𝟑𝐔𝐈𝐂𝐎𝐒𝛗
𝛈= =
𝐏𝐚 √𝟑𝐔𝐈𝐂𝐎𝐒𝛗 + 𝐏𝐦 +𝐏𝐟 + 𝐏𝐣𝐞 + 𝐏𝐣𝐬

Plaque signalétique (Fig. 3.16)


– La tension la plus faible est la tension nominale d’un enroulement du stator.
– Le courant le plus faible est le courant nominal en ligne dans le cas d’un couplage en étoile. Une
plaque à bornes permet de réaliser le couplage.
– Sont aussi indiqués, pour le fonctionnement nominal, la puissance apparente, la fréquence
d’utilisation, les grandeurs nominales (tension et courant) de l’excitation et parfois un facteur de
puissance.

Fig. 3.16 Plaque signalétique

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3.4 Le Moteur Asynchrone :
3.4.1 Fonction
Le moteur électrique asynchrone a pour rôle de transformer l’énergie électrique apportée par le courant
alternatif en énergie mécanique de rotation.
3.4.2 Constitution:
Le moteur asynchrone triphasé, qui est le récepteur de puissance des installations industrielles, est
formé d’un :
 Stator : le stator constitue la partie fixe du moteur. Il comporte trois enroulements qui
peuvent être couplés en étoile Y ou en triangle. les trois enroulements alimentés par des tensions

triphasées de fréquence, f, qui produisent ainsi un champ magnétique tournant B à la fréquence de
rotation, ns, appelée fréquence de synchronisme :
n =

ns La fréquence de rotation du champ B en tours par seconde [tr.s-
f La fréquence des tensions d’alimentation en Hertz [Hz]
p Le nombre de paires de pôles du rotor
Une autre relation se déduit de la précédente :
f

Ω = 2πn s = 2π p La vitesse angulaire du champ B , en radians par seconde [rad.s-
 Rotor : la partie tournante du moteur. Cylindrique, il porte soit un bobinage
(d’ordinaire triphasé comme le stator) soit accessible par trois bagues et trois balais, soit une cage
d’écureuil non accessible, à base de barres conductrices en aluminium. Dans les deux cas, le circuit
rotorique est mis en court-circuit en étoile ou en triangle (par des anneaux ou un rhéostat).

Représentation des trois phases statoriques du


moteur à courant alternatifs

Machine asynchrone avec rotor à cage


d'écureuil

Rotor à cage d'écureuil pour machine


asynchrone

Page 41
3.4.3 Principe de fonctionnement
𝛚
Le stator crée un champ tournant au synchronisme 𝛀 = 𝐏 (en rad/s) qui induit au rotor un système
triphasé de courants, créant à leur tour un champ tournant à Ω . Le champ tournant résultant (du
stator et du rotor) et les courants triphasés génèrent un couple électromagnétique qui entraîne le rotor
à une vitesse Ω < Ω (loi de Lenz). On change le sens de rotation en permutant deux phases.

Symboles et conventions

Rotor bobiné Rotor à cage

Symboles et conventions

Le glissement
Le rotor tourne à la fréquence de rotation n, il tourne moins vite que le champ tournant qui lui tourne à
la fréquence de rotation ns. La différence Δn entre ces deux fréquences de rotation est donnée par la
relation :
Δn = n − n
Δn La fréquence de rotation du glissement en tours par seconde [tr/.s]
On appelle glissement d'un moteur asynchrone le rapport de la fréquence de glissement à la fréquence
de synchronisme :

Ω Ω
g= Ω
= g Le glissement du moteur asynchrone en pourcentage [sans unités]

Ω , n : vitesse de synchronisme en rad/s et tr/s ou tr/min ; Ω, n : vitesse de rotation du rotor ; 0 < g ≤ 1 :


g = 1 (moteur à l’arrêt) et g ≈ 0 (à vide).

• Exemple : Soit un réseau triphasé (f = 50 Hz) alimentant un moteur à trois paires de pôles (p = 3) :
nS = 50/3 = 16,7 tr/s = 1000 tr/min
A la charge nominale, ce moteur tourne à 950 tr/min :
gN = (1000 - 950)/1000 = 0,05 = 5 %
A vide (pas de charge), n » 1000 tr/min :
g vide » 0 %
Au démarrage (n = 0) :
g = 1 (100 %)
• Remarques
En fonctionnement normal, le glissement n'excède pas quelques pour cent.
A vide, un moteur asynchrone tourne pratiquement à la vitesse de synchronisme.

Page 42
3.4.4 Plaque signalétique
Exemple :
UN = 400 V : tension d'alimentation nominale entre phases
IN = 3,3 A : courant de ligne consommé à charge nom.
Pu = 1,5 kW : puissance utile nom. (puissance mécanique fournie
à la charge)
nN = 1430 tr/min : vitesse de rotation nom.
cos jN = 0,85 : facteur de puissance nom.
3.4.5 Fonctionnement à vide
Les caractéristiques à vide ne figurent pas sur la plaque signalétique.
Pour le moteur précédent :
I vide = 1,3 A
P absorbée = 190 W

n vide = 1500 tr/min


d'où : 𝑝 = = = 2 𝑝𝑎𝑖𝑟𝑒𝑠 𝑑𝑒 𝑝𝑜𝑙𝑒𝑠
𝑃
cos 𝜑 = = 0,21
√3. 𝑈. 𝐼

3.4.6 Fonctionnement en charge


Commentaires :
- le courant consommé à vide est important
- la vitesse de rotation varie peu avec la charge
• Caractéristique mécanique Tu(n)

Dans la zone utile, le couple utile est proportionnel au glissement :

A.N.
- couple utile nominal A.N.
- couple utile nominal

Page 43
- couple utile à 1450 tr/min ?
glissement : (1500 - 1450)/1500 = 3,3 %

3.4.7 Le couplage
Les enroulements statoriques sont libres de couplage (Figure 3.17). Chacune est accessible par ses deux
bornes de connexion.
La disposition physique en deux rangées de trois bornes permet d’effectuer de manière aisée le
couplage des enroulements : interconnexion de X, Y et Z et alimentation par U, V et W en étoile (Figure
3.18) ou interconnexion et alimentation par les liaisons U-Z, V-X et W-Y pour le couplage triangle (Figure
3.19). C’est aussi ce repérage qui est noté sur le symbole de la machine (Figure 3.20).

Fig 3.17: Plaque à bornes. Fig 3.18 : Couplage étoile Fig 3.19 : Couplage triangle. Fig 3.20 : Symbole.
statorique

3.4.8 Bilan des Puissances – Rendement

Le bilan, peut être résumé à l’aide schéma suivant :

Le bilan des puissances décline toutes les puissances, depuis la puissance absorbée d’origine électrique jusqu’à la
puissance utile de nature mécanique.
Toutes les puissances mises en jeu dans ce bilan peuvent être calculées à partir des relations qui suivent.
Pu La puissance utile en watts [W]
P La puissance absorbée en watts [W]
Pjs Les pertes par effet Joule dans le stator en watts [W]
Pfs Les pertes dans le fer du stator en watts [W]
Pjr Les pertes par effet Joule dans le rotor en watts [W]
Pméca Les pertes mécaniques dans le rotor en watts [W]
Cu couple utile
Cem couple électromagnétique

Page 44
 P = UI 3 cos
3 2
 Pjs = RI R La résistance entre deux bornes de phases en ohms []
2
 Pfs = Pmagnétiques Les pertes magnétiques, dans les tôles de l’armature du stator sont pratiquement
indépendantes de la charge, elles sont liées à la valeur efficace U et à la fréquence f de la tension
composée u (t). Pour un réseau donnée, ces pertes sont considérées comme constantes, elles sont
données, ou calculées par un essai à vide.
 Ptr = P – Pjs – Pfs
Ptr = Tem.𝛺 s
 Pjr = g.Ptr
Pem = Ptr - Pjr
Pjr = Ptr - Pem = Cem.( s - r) = Cem. s.( s - r)/ s = g.Ptr = Pjr
Pem = Tem.Ω
 Pfr =0 Les pertes dans le fer du rotor en watts [W]
 Le rotor est également le siège d’un autre type de pertes. Les pertes fer ou magnétiques. Cependant
ces pertes seront toujours négligées devant les autres, la fréquence des courants étant très faible

Pu = Pem – Pméca
Pméca Les pertes mécaniques dans le rotor en watts [W]
Ces pertes sont considérées comme constantes, elles sont données, ou calculées par un essai à vide.
Très souvent elles sont égales aux pertes dans le fer du stator, la somme de ces deux types de pertes
sera communément appelée les pertes constantes.
Pu = P – Pjs – Pfs - Pjr – Pméca
Pu = Tu.Ω

Avec :


Pu
η
P
Ce résultat indique que le moteur asynchrone transmet intégralement le couple électromagnétique sur
son arbre

Page 45
Tableau récapitulatif
Démarrage direct Démarrage étoile Démarrage Démarrage par auto Démarrage Démarreur
triangle statorique transformateur rotorique électronique
Courant de
démarrage 100% 33% 50% 40/65/80% 70% 150 à 750%

Surcharge en
ligne 4 à 8 In 1.3 à 1.6 In 4.5 In 1.7 à 4 In <2.5 In

Couple en %
10 à50%
de Cd 100% 33% 50% 40/65/80%
(50 à 100% en 100ms)

Couple initiale
au démarrage 0.6à 1.5 Cn 0.2 à 0.5 Cn 0.6 à 0.85 Cn 0.4 à 0.85 Cn 0.4 à 0.85 Cn <2.5 Cn

commande T.O.R T.O.R 1 cran fixe 3 crans fixe De 1 à 5 crans électroniques


avantages - démarreur simple -économiques -possibilités de -bon rapport -très bon rapport -Démarrage sans à coup
et économique -bon rapport réglages des valeurs couple/courant couple/courant -montée progressive en
-couple au couple/courant au démarrage - possibilités de -possibilité de réglage vitesse
démarrage important - réglages des valeurs au des valeurs au -limitation de l’appel de
démarrage démarrage courant au démarrage
inconvénients -pointe de courant -couple de -faible réduction de -nécessite un auto -moteur à bague plus -prix
très importante démarrage faible la pointe de courant transformateur onéreux
-démarrage brutal -coupure au démarrage onéreux
d’alimentation au -nécessite des -présente des risques
changement de résistances de réseau perturbé
couplage volumineuses
-moteur 6 bornes

Page 46
3.4.9 Réglage de La Vitesse
La pulsation du rotor d'un moteur asynchrone est :

avec
g : glissement : nombre de paires de pôles, : pulsation du rotor (en rd/s), s : pulsation de
synchronisme(en rd/s),f : fréquence de la tension (Hz) ; : pulsation de la tension (rd/s)
Le réglage de la vitesse de rotation du moteur peut donc être obtenu par :
Action sur le nombre de paires de pôles
 machines à bobinage primaire unique (couplage d'enroulements du type Dahlander)
 machines à plusieurs bobinages primaires (machines à enroulements séparés)

Action sur la fréquence de la tension d'alimentation statorique


 convertisseurs de fréquence électromécaniques (gros alternateur pilotant plusieurs moteurs
asynchrones tournant à la même vitesse)
 convertisseurs statiques (onduleurs de courant, de tension, M.L.I, contrôle vectoriel de flux,
cycloconvertisseurs)

Action sur le glissement


 action sur la tension d'alimentation statorique (autotransformateur, gradateur)
 rhéostat de glissement au rotor
 cascade de récupération (cascade hyposynchrone)

3.4.10 Freinage
Il existe plusieurs possibilités suivant le type de charge entraînée. Citons :
A. Freinage hypersynchrone. En vertu de la loi de Lenz, si on entraîne la machine au-delà du
synchronisme, le champ tournant résultant s’oppose à cette survitesse et la machine est freinée.
Si la fréquence d’alimentation est fixe, la vitesse du champ tournant est fixe, donc ce type de
freinage ne permet pas l’arrêt de la machine.En revanche, alimenté par un convertisseur de
fréquence fournissant au moteur une fréquence progressivement décroissante, le champ
tournant ralentit et le rotor également.
B. Freinage à contre-courant. Il consiste à inverser deux phases
d’alimentation.Dans ce cas, le sens de rotation du champ tournant
s’inverse, et le moteur freine.
Lors du freinage, il y a ouverture de KM1 puis fermeture de KM2 :
le moteur est alimenté par un champ statorique inverse.
les pointes de courant sont très importantes et il est conseillé
d'insérer un jeu de résistances pour limiter ce courant.
KM2 doit s'ouvrir dès l'arrêt du moteur, pour éviter un redémarrage
en sens inverse : il est donc nécessaire de prévoir
un capteur détectant l'absence de rotation (capteur centrifuge).

Page 47
C. Freinage par injection de courant continu
Au moment du freinage, KM1 s'ouvre puis KM2 se ferme.
Un courant continu est envoyé dans le stator.
Le moteur se comporte comme un alternateur dont l'inducteur
est constitué par le stator, l'induit par le rotor en court – circuit ;
ce qui produit un flux constant, lequel engendre des courant
induits dans le rotor qui est alors freiné (loi de Lenz).

D. Moteur frein
Le moteur est muni d'un frein électromagnétique
à disque monté du côté opposé à l'arbre de sortie.
En l'absence de courant (ouverture de KM1 ou coupure du réseau),
un ressort de rappel permet d'assurer le freinage.
C'est un élément important de sécurité, en particulier dans
les applications de levage.

Page 48
3.4.11 Comparaison entres les différents types de moteurs :

Avantage Inconvénients Applications


Couple élevé au Dissipation d’énergie Haute précision
démarrage (au rotor) difficile à évacuer (robotique, etc.)
Moteur à courant

• Contrôle du couple • Collecteur : • Besoin d’un couple élevé


et de la - Coût élevé à l’arrêt (engins de levages,
vitesse indépendants - Complexité de fabrication etc.)
• Vitesse de rotation - Entretien nécessaire • Véhicules automobiles,
continu

stable et o - Durée de vie limitée  traction ferroviaire


 précise
Pas de collecteur  Fonctionnement en boucle Fortes puissances avec
• Dissipation fermée rotor bobiné (traction ferroviaire,
d’énergie  Commande électronique propulsion marine,
(au stator) bien complexe et coûteuse etc.)
évacuée  Coût élevé • Précision avec rotor à
• Rendement très aimant (robotique, entraînement
Moteur synchrone

élevé d’axes de machines -


• Faible inertie outils, appareils médicaux,
• Durée de vie élevée  etc.)
• Vitesse élevée
 (pour les moteurs
brushless)
Robustesse, fiabilité Inertie élevée Traction ferroviaire (TGV
• Pas de collecteur • Commande électronique Transmanche)
• Peu d’entretien complexe en variation • Pratiquement pour toutes
• Durée de vie élevée de vitesse les applications à vitesse
• Coût faible • Rendement plus faible constante
Moteur asynchrone

• Couple non nul au qu’un moteur synchrone • Applications à dynamique


démarrage • Difficulté de fonctionnement faible (pompes, enrouleurs,
• Pilotage de la  à faible vitesse  ventilateurs, etc.)
vitesse en
boucle ouverte avec
un fonctionnement
 stable

Page 49
3.5 Le Transformateur
3.5.1 Rôle
Le transformateur est un convertisseur statique (pas de pièce en mouvement). Il transforme une
tension sinusoïdale en une autre tension sinusoïdale de valeur efficace différente.
Symbole

Transformateur monophasé Transformateur triphasé


Transformateurs monophasés

Il est constitué de 2 enroulements placés sur un


circuit magnétique fermé :
• Le primaire est alimenté par le réseau et se
comporte comme un récepteur. Il crée un champ
et un
flux magnétique (Φ(t) alternatif) dans le circuit
magnétique feuilleté.
• Le secondaire est soumis à la variation de ce
flux, il est le siège d'une f.é.m. induite due à la loi
de Lenz et alimente la charge.

3.5.2 Principe de fonctionnement


Loi de Faraday : une variation de flux à travers une spire créer une f.é.m. e. Inversement une
f.é.m. e dans une spire crée une variation de flux à travers celle-ci.𝑒 = −
Flux magnétique
Pour un transformateur parfait L’enroulement du primaire, formé de N1 spires, est le siège d’une f.é.m.
𝑒 = −𝑁 𝑒𝑡 𝑢 = −𝑒 : u1 est sinusoïdal; Posons 𝑢 = √2𝑐𝑜𝑠𝜔𝑡
√ √
D’où =U cosωt ⟹ φ = cos(ωt − )
Le flux étant défini par la relation 𝛽 =
où 𝛽 est le champ magnétique à travers les spires et s la section
(supposée constantes) du circuit magnétique.
√ √
Soit 𝛽 = 𝑐𝑜𝑠(𝜔𝑡 − ) posons 𝛽 =

𝛽 la valeur maximum du champ magnétique 𝛽.


Comme𝝎=2𝜋f, nous obtenons l’expression de la valeur efficace U1 :

U1=4,44N1 fs𝜷 C’est la formule de Boucherot.

B (champ magnétique) en Tesla , S (section de fer ) en m2 et f (fréquence ) en Hz

Page 50
Relation entre les tensions
Pour un transformateur parfait tout le flux crée par l’enroulement primaire traverse l’enroulement
secondaire. Parfait : il n’y a aucune perte ; le rendement est de 100%
𝑑𝜑 𝑑𝜑
𝑒 = − 𝒖𝟏 = 𝑵𝟏 𝑒 = 𝒖𝟐 = −𝑵𝟐
𝑑𝑡 𝑑𝑡

𝑢 𝑰𝟏 𝑵𝟐
= =− =𝒎
𝒖𝟏 𝑰𝟐 𝑵𝟏

m est le rapport de transformation. Les tensions u1 et u2 sont en opposition de phase.


si m > 1, le transformateur et élévateur de tension ;
si m < 1, le transformateur est abaisseur de tension.
Puissance active P = P = U I COSφ = U I COSφ
Puissance réactive Q = Q = U I sinφ = U I sinφ
Puissance apparente S = S = U I = U I
𝐏𝟐
𝛈= =𝟏
𝐏𝟏
3.5.3 Transformateur réel
La magnétisation du circuit magnétique crée des pertes par hystérésis et par courant de Foucault
appelées pertes magnétiques ou pertes dans le fer.
Un essai à vide(pas de charge, I2=0) permet de mesurer les pertes fer (les pertes joules à vide étant
négligeables (Pjv<<) P10=Pfer 𝑢 𝑰𝟏 𝑵𝟐
Cet essai permet de déterminer Le rapport de transformation 𝒎=
𝒖
= =
𝑰 𝑵
𝟏𝒏 𝟐 𝟏

Les enroulements du transformateur présentent des résistances r1 et r2 qui créent des pertes joules :
Pj=r²1 I²1 + r2 I²2 = RsI²2
En court circuit sous tension réduite, les pertes fer sont négligeables (pfer = kB2~ kU²1cc
<<<Pfer U1n car U1cc<<<U1n ) P1cc = Pj (pour les mêmes courants).

Pj1 Pj2

Puissance Circuit Secondaire Puissance


Absorbé primaire Primaire électrique utile
magnétique
secondaire

Fig. 2.6 Arbre des puissances

Pertes Puissance active P = U I COSφ


Puissance active 𝐏𝟏 = 𝐔𝟏 𝐈𝟏 𝐂𝐎𝐒𝛗𝟏 ;
ferromagnétique s Puissance réactive Q = U I sinφ
Puissance réactive Q = U I sinφ Pfer Puissance apparente S = U I
Puissance apparente 𝐒𝟏 = 𝐔𝟏 𝐈𝟏

𝐏𝟐 𝐏𝟐
𝛈= =
𝐏𝟏 𝐏𝟐 + 𝐏𝐟𝐞𝐫 +𝐏𝐣𝟏 + 𝐏𝐣𝟐

Page 51
3.5.4 Le Transformateur Triphasé
ORGANISATION
Un transformateur triphasé peut être constitué :
soit par l'association de trois transformateurs monophasés identiques,
soit en bobinant les enroulements sur trois colonnes d'un circuit magnétique commun.
C'est le plus souvent, la deuxième solution qui est retenue car offrant, sur le plan de la construction,
un prix de revient plus faible. Culasse supérieure
2. Constitution
2.1. Circuit magnétique
Le circuit magnétique canalise le flux magnétique.
Il est constitué d’un empilage de tôles. Ces tôles sont :
· Isolées entre elles par oxydation (diminutions des pertes
par courant de Foucault) ;
· à cristaux orientés (diminution des pertes par hystérésis) ; Culasse inférieure
· assemblées en alterné pour limiter l’entrefer (réductions des fuites magnétiques).
2.2. Circuit électrique
Il comprend les enroulements primaires et secondaires ainsi que les éléments permettant les
connexions avec les circuits extérieurs. Pour les transformateurs triphasés, il y a 3 enroulements
primaires et 3 enroulements secondaires.
REPÉRAGE DE LA PLAQUE À BORNES
Les bornes HT sont repérées par les lettres capitales A, B et C
et les bornes BT par les minuscules a, b et c.
Dans le cas où le neutre est disponible et distribué, on trouve une borne supplémentaire.
COUPLAGE DES ENROULEMENTS
Sur chacune des colonnes sont disposés un enroulement primaire et un enroulement secondai secondaire.
Comme tous les récepteurs triphasés, le primaire d’un transformateur peut avoir ses enroulements
couplés en étoile ou en triangle.
De la même façon, les bobines secondaires pourront être connectées en étoile, en triangle ou en zig zig-
zag.
Remarque :
Le couplage zig-zag
zag est obtenu en divisant les trois bobines d’un enroulement en six bobines. Pour
avoir une phase, on met en série deux demi demi-bobines
bobines prises sur des colonnes différentes en sens
inverse Couplages
Chaque mode de couplage est symbolisé par une lettre :
étoile : Y ou y; triangle: D ou d; Zi
Zigzag : z Etoile Y Triangle D Zig-zag Z
Il en résulte six combinaisons possibles de
couplage :
Coté HT
Y D
Y-y ou Y-d ou Y-z ou D-y ou D-d
d ou D-z Coté BT y d z

RENDEMENT
Quel que soit le couplage retenu, le rendement du transformateur triphasé est :
𝐏 𝐏𝟐
𝛈 = 𝐏𝟐 = 𝐏 𝐏𝐟𝐞𝐫 𝐏𝐣𝟏 𝐏𝐣𝟐
< 𝟏 avec
vec : P = √3U I COSφ
𝟏 𝟐

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