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N° d’ordre : /2008-M/S.

République Algérienne Démocratique et Populaire


Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique
Université des Sciences et de la Technologie
«Houari Boumediène »
Faculté des Sciences de la Terre, de la Géographie et de l’Aménagement du Territoire

MEMOIRE

Présenté pour l’obtention du diplôme de MAGISTER

En : Sciences de la Terre

Spécialité : Hydrogéologie

Par : Mounir LAÏSSAOUI

Sujet

Etude hydrogéologique et modélisation mathématique pour une


gestion rationnelle des eaux souterraines du Bas et Moyen Isser
(Wilaya de Boumerdès)

Soutenu publiquement le 29/06/2008, devant le jury composé de :

M. TOUBAL A.C. Professeur (FSTGAT-USTHB) Président

M. MESBAH M. Professeur (FSTGAT-USTHB) Rapporteur

M. NEDJARI A. Professeur (FSTGAT-USTHB) Examinateur

M. GUENDOUZ A. Maître de conférences (USD-Blida) Examinateur

M. MEDJERAB A. Maître de conférences (FSTGAT-USTHB) Examinateur

Mme. SOUAG-GAMMANE D. Maître de conférences (FGC-USTHB) Examinatrice


Je dédie ce travail à mes parents qui m´ont
laissé suivre mon chemin dans cette longue
carrière «étudiante » et qui m´ont fait confiance,
merci à mes frères et mes soeurs pour leur soutien.
i

Résumé

Pour les agglomérations tributaires de l’aquifère de la plaine alluviale de l’oued Isser,


les eaux souterraines représentent la principale ressource en eau destinée à l’alimentation en
eau potable, l’agriculture et l’industrie. Avec le développement industriel et démographique
(228 466 habitants en 2003, estimés par l’ONS), la demande en eau devient importante et
interroge sur les menaces qui pèsent sur la pérennité et la qualité de la ressource. Dans ce
contexte, les eaux de l’aquifère ont fait l’objet d’un modèle mathématique de l’écoulement
souterrain ; celui-ci constitue un moyen de suivi qui permet de comprendre le comportement
réel du système et prévoir son évolution dans le futur. Ceci a nécessité d’entreprendre au
préalable une étude hydrogéologique à l’issue de laquelle on a pu mettre en évidence la
structure géologique de la nappe, sa géométrie, sa piézométrie, ses paramètres
hydrodynamiques, ses limites naturelles, son exploitation et les différentes relations
hydrauliques existantes entre la nappe et l’oued Isser.

Le modèle en régime permanent a pu reproduire la piézométrie de référence avec une


assez bonne précision; il nous a permis de chiffrer les éléments du bilan de la nappe et de
restituer la carte des perméabilités jusqu’alors mal connues. Les coefficients de perméabilité
obtenus s’échelonnent entre 1. 10-6m/s et 2. 10-3m/s dans le Moyen Isser et entre 1. 10-5m/s et
2. 10-2m/s dans le Bas Isser. Les scénarios proposés en régime transitoire ont montré une
baisse du niveau piézométrique dans les alluvions suite à des prélèvements croissants. Ces
effets ont sans doute été accentués par les valeurs faibles de la recharge annuelle issues du
bilan hydrique, soit 85mm pour le Moyen Isser et 93mm pour le Bas Isser. Dans une
perspective d’accroissement de l’exploitation de l’aquifère, l’implantation de forages devrait
être favorisée en dehors des zones surexploitées, comme c’est le cas du secteur compris entre
les Issers et Bordj-Ménaïel. Il est recommandé de tenir compte des débits d’exploitation
estimés par A. Guirkanov (1974) à 159l/s et 740l/s respectivement dans le Moyen et le Bas
Isser afin d’assurer la pérennité et la qualité de la ressource.

Mots clés: aquifère de la plaine alluviale de l’oued Isser - étude hydrogéologique - modèle
mathématique - bilan de la nappe - perméabilités.
ii

Abstract

For the agglomerations tributary of the aquifer of the alluvial plain of the Isser wadi, the
groundwater represent the principal water resource intended for the drinking water supply,
agriculture and industry. With the industrial and demographic development
(228 466 inhabitants in 2003, estimated by the ONS), the demand for water becomes
important and questions on the threats which weigh on the perenniality and the quality of the
resource. In this context, water of the aquifer was the subject of a mathematical model of the
underground flow; this one constitutes a means of follow-up which makes it possible to
understand the real behavior of the system and to envisage its evolution in the future. This
required to undertake as a preliminary a hydrogeologic study the following which one could
highlight the geological structure of the aquifer, his geometry, his piezometric heads, his
hydrodynamic parameters, his natural limits, his exploitation and the various existing
hydraulic relations between the aquifer and the Isser wadi.

The model in steady state could reproduce the initial head with a rather good precision;
it enabled us to quantify the elements of groundwater budget and to restore the chart of the
permeabilities hitherto badly known. The coefficients of permeability obtained spread out
between 1. 10-6m/s and 2. 10-3m/s in the middle Isser and between 1. 10-5m/s and 2. 10-2m/s in
lower Isser. The scenarios suggested in transient state showed a fall of the piezometric level in
the alluvia following increasing taking away. These effects undoubtedly were accentuated by
the low values of the annual recharge resulted from the water budget, that is to say 85mm for
the middle Isser and 93mm for lower Isser. From the point of view of increase in exploitation
in the aquifer, the establishment of drillings should be favoured apart from the overexploited
zones, as it is the case of the sector ranging between Issers and Bordj-Ménaïel. It is
recommended to hold account of the flows of exploitation estimated by A. Guirkanov (1974)
with 159l/s and 740l/s respectively in the middle and lower Isser in order to ensure the
perenniality and the quality of the resource.

Key words: aquifer of the alluvial plain of the Isser wadi - hydrogeologic study -
mathematical model - groundwater budget - permeabilities.
iii

Remerciements

La présente étude s’est déroulée à la FSTGAT-USTHB sous la direction du Professeur


Mohamed MESBAH que je tiens à remercier pour m’avoir fait bénéficier de son expérience.
Je lui exprime également toute ma gratitude pour la confiance et la liberté qu’il m’a accordées
tout au long de ce travail.

Je tiens également à remercier les membres du jury d’avoir pris le temps de se pencher
sur mon travail et de juger ce mémoire en apportant leurs critiques constructives :
M. TOUBAL A.C., M. NEDJARI A., M. GUENDOUZ A., Mme. SOUAG-GAMMANE D.
et M. MEDJERAB A.

Je tiens particulièrement à remercier M. CHEMLAL Nouredine qui a bien voulu me


prêter sa Thèse de Magister qui m’a été d’une grande utilité, je lui exprime ici ma profonde
reconnaissance.

M. Salhi Hamza, M. Belaid de la DHW de Blida ; M. Bouchoul Cherif de l’ANRH


d’Alger ; M.Djouahra, Mme. Ganibardi, M. Izri de la DHW de Boumerdès ; M. Boukrouna
Mourad de l’ABH d’Alger et le personnel de la Bibliothèque des Sciences de la Terre de
l’ANGCM à Alger : ont fourni les informations et les données nécessaires à l’élaboration de
ce travail. Je les remercie pour leur efficacité et pour leur accueil chaleureux.

Mes remerciements s’adressent aussi à tous les thésards de ma promotion, avec lesquels
j’ai passé d’excellents moments. Je pense à : Kader, Zouhir, Mouloud, Toufik, Aïda et Kamel.

J'aimerais enfin remercier mes amis d’études, qui m'ont témoigné leur amitié et m'ont
accompagné pendant cette aventure. Je pense plus spécialement à : Farès, Fatiha, Nabila,
Sofiane, Houcine, Madjid et Belkacem.
Table des matières

Introduction 1

PREMIERE PARTIE
ETUDE HYDROGEOLOGIQUE DE LA NAPPE ALLUVIALE
DU BAS ET MOYEN ISSER

1. Présentation du domaine d’étude 4

1.1. Situation géographique .............................................................................................. 4


1.2. Superficie et subdivision du bassin versant de l’oued Isser....................................... 6
1.3. Reliefs et altitudes caractéristiques du BV de l’oued Isser ........................................ 7
1.4. L’oued Isser et ses affluents....................................................................................... 8
1.5. Conclusion ................................................................................................................. 9

2. Hydroclimatologie 10

2.1. Introduction.............................................................................................................. 10
2.2. Les précipitations ..................................................................................................... 10
2.2.1. Réseau d’observation ....................................................................................... 10
2.2.2. Calcul de la moyenne des précipitations .......................................................... 11
2.2.2.1. Calcul de la moyenne arithmétique .......................................................... 12
2.2.2.2. Calcul de la moyenne pondérée................................................................ 14
2.2.2.3. La méthode des isohyètes (isovaleurs) ..................................................... 15
2.2.3. Discussion des résultats.................................................................................... 15
2.3. La température de l’air .............................................................................. ………..16
2.3.1. Les températures moyennes mensuelles annuelles .......................................... 16
2.4. L’évapotranspiration ................................................................................................ 17
2.4.1. L’évapotranspiration potentielle (ETP)............................................................ 17
2.4.1.1. Formule de Serra ...................................................................................... 18
2.4.1.2. Formule de Thornthwaite ......................................................................... 18
2.4.2. L’évapotranspiration réelle (ETR) ................................................................... 19
2.4.2.1. Formule de Turc ....................................................................................... 19
2.4.2.2. Formule de Coutagne................................................................................ 20
2.4.2.3. Bilan hydrique de Thornthwaite ............................................................... 20
2.4.3. Discussion des résultats.................................................................................... 22
2.5. Hydrologie de surface .............................................................................................. 23
2.5.1. Débits des oueds............................................................................................... 23
2.5.1.1. Les débits moyens mensuels annuels ....................................................... 23
2.5.1.2. Détermination de la lame d’eau écoulée................................................... 24
- Formule de Tixeront-Berkaloff ..................................................................... 25
2.6. Le bilan hydrique ..................................................................................................... 25
2.7. Conclusion ............................................................................................................... 27

3. Contexte géologique 28

3.1. Schéma structural de la région d’étude .................................................................... 28


3.2. Stratigraphie ............................................................................................................. 28
3.2.1. Socle cristallophyllien ...................................................................................... 30
3.2.2. Roches éruptives............................................................................................... 31
v TABLE DES MATIERES

3.2.2.1. Massif de Thénia ...................................................................................... 31


3.2.2.2. Granites de la bordure occidentale du massif du Djurdjura ..................... 31
3.2.2.3. Roches volcaniques du massif de Cap Djinet........................................... 31
3.2.3. Méso-Cénozoïque............................................................................................. 32
A- Unités allochtones ............................................................................................ 32
1. La dorsale...................................................................................................... 32
2. Unité des Temarkennit.................................................................................. 33
3. Unité des flyschs ........................................................................................... 33
4. Unité tellienne............................................................................................... 35
B- Unités autochtones............................................................................................ 36
1. flysch autochtone paléogène de la zone kabyle ............................................ 36
2. Maestrichtien................................................................................................. 36
3. Miocène......................................................................................................... 36
4. Pliocène......................................................................................................... 37
5. Quaternaire.................................................................................................... 38
3.3. Téctonique................................................................................................................ 38
3.4. Caractéristiques hydrogéologiques des différentes formations géologiques ........... 39
3.5. Conclusion ............................................................................................................... 40

4. Reconnaissance des formations aquifères par l’analyse des données géophysiques 41

4.1. Introduction.............................................................................................................. 41
4.2. Etude des terrasses quaternaires du Bas Isser .......................................................... 41
4.2.1. Terrasses marines ............................................................................................. 42
4.2.2. Terrasses alluviales........................................................................................... 43
4.3. Carte du substratum de l’aquifère du Bas Isser........................................................ 54
4.4. Etude des terrasses quaternaires du Moyen Isser..................................................... 56
4.4.1. Terrasses alluviales supérieures ....................................................................... 56
4.4.2. Alluvions de la septième terrasse (q7) .............................................................. 58
4.5. Carte du substratum de l’aquifère du Moyen Isser .................................................. 61
4.6. Conclusion ............................................................................................................... 62

5. Hydrodynamisme des eaux souterraines 64

5.1. Identification des réservoirs aquifères ..................................................................... 64


5.2. Piézomètrie............................................................................................................... 64
5.2.1. Inventaires et caractéristiques des points d’eau ............................................... 64
5.2.2. Interprétation des cartes piézométriques .......................................................... 66
5.2.3. Fluctuations des niveaux piézométriques......................................................... 67
5.3. Alimentation des nappes .......................................................................................... 68
5.4. Relation hydraulique oued-nappe ............................................................................ 69
5.5. Détermination des paramètres hydrodynamiques des aquifères .............................. 70
5.5.1. Méthodes d’interprétation des essais de pompage ........................................... 70
5.5.1.1. Approximation logarithmique de Jacob ................................................... 71
5.5.1.2. Solution de Theis ...................................................................................... 71
5.5.2. Mode opératoire des essais de pompage .......................................................... 72
5.5.3. Cartes des paramètres hydrodynamiques ......................................................... 74
5.5.3.1. Cartes des transmissivités ......................................................................... 74
5.5.3.2. Cartes des perméabilités ........................................................................... 76
5.6. Bilan des nappes....................................................................................................... 77
5.6.1. Les prélèvements.............................................................................................. 77
TABLE DES MATIERES vi

5.6.2. Les apports aux nappes..................................................................................... 79


5.6.2.1. Apports des formations de bordures ......................................................... 79
5.6.2.2. Apports de l’oued Isser et de ses affluents ............................................... 79
5.6.2.2. Apports des sources .................................................................................. 80
5.6.3. Equations du bilan ............................................................................................ 80
5.6.3.1. Bilan du Moyen Isser................................................................................ 80
5.6.3.2. Bilan du Bas Isser ..................................................................................... 81
5.7. Conclusion ............................................................................................................... 82

SECONDE PARTIE
MODELISATION MATHEMATIQUE DES EAUX SOUTERRAINES
DU BAS ET MOYEN ISSER

6.1. Introduction.............................................................................................................. 84
6.2. Principe et fonctionnement du modèle..................................................................... 84
6.2.1. Logiciel utilisé.................................................................................................. 85
6.2.2. Formulation mathématique............................................................................... 85
6.2.3. Les limites de MODFLOW.............................................................................. 88
6.3. Construction du modèle ........................................................................................... 89
6.3.1. Géométrie et discrétisation spatiale du modèle................................................ 89
6.3.2. Conditions aux limites...................................................................................... 92
6.3.3. Conditions initiales........................................................................................... 95
6.4. Calibration en régime permanent ............................................................................. 95
6.4.1. Choix de la situation piézométrique de référence ............................................ 95
6.4.2. Paramètres de calage ........................................................................................ 95
6.4.2.1. Perméabilités ............................................................................................ 96
6.4.2.2. Conductance du lit de l’oued Isser ........................................................... 96
6.4.3. Résultats et commentaires ................................................................................ 96
6.5. Simulations en régime transitoire .......................................................................... 104
6.5.1. Les scénarios envisagés.................................................................................. 104
6.5.2. Résultats et commentaires .............................................................................. 109
6.5.2.1. Moyen Isser ............................................................................................ 109
6.5.2.2. Bas Isser.................................................................................................. 116
6.5.2.3. Bilans hydriques des scénarios prévisionnels......................................... 122

Conclusion générale 124


Bibliographie 127
Annexes 133
Table des figures
Chapitre 1
Fig : 1 -Situation géographique de la plaine alluviale de l’oued Isser .......................................................1
Fig : 2 -Contexte hydrologique des plaines alluviales du Bas et Moyen Isser...........................................5
Fig : 3 -Carte du BV de l’oued Isser (09) et de ses SBVs .........................................................................6
Fig : 4 -Courbes hypsométriques des SBVs du Moyen Isser et Bas Isser (Mancer N, 2000) ....................7
Fig : 5 -Carte du réseau hydrographique du BV de l’oued Isser (Mancer N, 2000) ..................................8

Chapitre 2
Fig : 6 -Répartition des stations climatiques du BV de l’oued Isser (Mancer N, 2000).............................11
Fig : 7 -Précipitations moyennes mensuelles annuelles au niveau du Bas Isser (1970-2003) ...................12
Fig : 8 -Précipitations moyennes mensuelles annuelles au niveau du Moyen Isser (1970-2003) ..............13
Fig : 9 -Précipitations moyennes interannuelles au niveau du Bas Isser (1970-2003)...............................13
Fig : 10 -Précipitations moyennes interannuelles au niveau du Moyen Isser (1970-2003) .......................14
Fig : 11 -Moyennes mensuelles annuelles des températures au niveau du Bas Isser................................16
Fig : 12 -Moyennes mensuelles annuelles des températures au niveau du Moyen Isser...........................17
Fig : 13 -Bilan hydrique du Bas Isser selon la méthode de Thornthwaite (1970-2003)............................22
Fig : 14 -Bilan hydrique du Moyen Isser selon la méthode de Thornthwaite (1970-2003) ......................22
Fig : 15 -Débits moyens mensuels annuels à la station de La Traille (1970-1984) ...................................24
Fig : 16 -Débits moyens mensuels annuels à la station de Lakhdaria (1970-1979 et 1982-1999).............24
Fig : 17 -Termes du bilan hydrique du Bas Isser (1970-2003) ..................................................................26
Fig : 18 -Termes du bilan hydrique du Moyen Isser (1970-2003) .............................................................27

Chapitre 3
Fig : 19 -Carte structurale schématique de la chaîne des Maghrébide montrant la disposition des zones
internes et externes et coupe simplifiée sur la transversale de la grande Kabylie, d'après Durand-Delga
et Fontboté (1980). .....................................................................................................................................28
Fig : 20 -Schéma géologique de la côte algérienne à l’Est du cap de Ténès (Wildi W, 1983) ..................28
Fig : 21 -Carte géologique de la plaine alluviale de l’oued Isser (Ficheur E, 1885)..................................29
Fig : 22 -Légende de la carte géologique de la plaine alluviale de l’oued Isser (Ficheur E, 1885 et
Vesnin, 1968) .............................................................................................................................................30

Chapitre 4
Fig : 23 -Profils géoélectiques de la plaine alluviale du Bas Isser .............................................................42
Fig : 24 -Coupe géoélectrique étalonnée G à travers la 4ème terrasse marine .............................................43
Fig : 25 -Coupe géoélectrique étalonnée E à travers la 4ème terrasse marine .............................................43
Fig : 26 -Coupe schématique entre Laghata et la mer ................................................................................44
Fig : 27 -Coupe géoélectrique étalonnée M à travers la 3ème et la 4ème terrasses alluviales........................44
Fig : 28 -Coupe géoélectrique étalonnée Q à travers la 3ème et la 4ème terrasses alluviales ........................45
Fig : 29 -Coupe géoélectrique étalonnée A à travers la 7ème terrasse alluviale ..........................................46
Fig : 30 -Coupe géoélectrique étalonnée B à travers la 7ème terrasse alluviale...........................................47
Fig : 31 -Coupe géoélectrique composite étalonnée AD-E à travers la 7ème terrasse alluviale ..................47
Fig : 32 -Coupe géoélectrique étalonnée H à travers la 7ème terrasse alluviale ..........................................48
Fig : 33 -Coupe géoélectrique étalonnée J à travers la 7ème terrasse alluviale............................................49
Fig : 34 -Coupe géoélectrique étalonnée L à travers la 7ème terrasse alluviale...........................................49
Fig : 35 -Coupe géoélectrique étalonnée Q’ à travers la 7ème terrasse alluviale .........................................50
Fig : 36 -Coupe géoélectrique étalonnée S à travers la 7ème terrasse alluviale ...........................................51
Fig : 37 -Coupe géoélectrique étalonnée U à travers la 7ème terrasse alluviale ..........................................51
Fig : 38 -Coupe géoélectrique étalonnée Y à travers la 7ème terrasse alluviale ..........................................52
Fig : 39 -Coupe géoélectrique étalonnée AB à travers la 7ème terrasse alluviale........................................53
Fig : 40 -Coupe géoélectrique étalonnée W à travers la 7ème terrasse alluviale .........................................53
Fig : 41 -Coupe géologique schématique le long de la 7ème terrasse alluviale (q7) ....................................54
Fig : 42 -Carte du substratum de l’aquifère du Bas Isser ...........................................................................55
Fig : 43 -Vue en 3D du substratum de l’aquifère du Bas Isser...................................................................55
Fig : 44 -Profils géoélectiques et sismiques de la plaine alluviale du Moyen Isser ...................................56
Fig : 45 -Coupe géoélectrique étalonnée D à travers la plaine El Merdja..................................................57
viii TABLE DES FIGURES
Fig : 46 -Coupe géoélectrique étalonnée C à travers la 4ème terrasse alluviale..........................................57
Fig : 47 -Coupe géoélectrique S à travers la 7ème terrasse alluviale, Sud de Lakhdaria .............................58
Fig : 48 -Coupe géoélectrique G à travers la 7ème terrasse alluviale, Sud de Lakhdaria.............................59
Fig : 49 -Coupe géoélectrique H à travers la 7ème terrasse alluviale, Sud de Lakhdaria.............................59
Fig : 50 -Coupe géoélectrique B corrigée par la sismique, plaine d’El Merdja .........................................60
Fig : 51 -Coupe géoélectrique R corrigée par la sismique, plaine d’El Merdja .........................................60
Fig : 52 -Coupe géoélectrique A, aval de Kadiria......................................................................................61
Fig : 53 -Coupe géologique schématique M, amont de Kadiria.................................................................61
Fig : 54 -Carte du substratum de l’aquifère du Moyen Isser......................................................................62
Fig : 55 -Vue en 3D du substratum de l’aquifère du Moyen Isser .............................................................62

Chapitre 5
Fig : 56 -Inventaire des puits d’eau au Bas Isser (janvier-février 1994) ....................................................65
Fig : 57 -Inventaire des puits d’eau au Moyen Isser (décembre 1993- janvier 1994)................................65
Fig : 58 -Carte piézométrique du Bas Isser (février 1994).........................................................................66
Fig : 59 -Carte piézométrique du Moyen Isser (janvier 1994) ...................................................................67
Fig : 60 -Carte d’ équibattements des eaux souterraines du Bas Isser (septembre-avril 2003)..................68
Fig : 61 -Jaugeages différentiels des eaux de l’oued Isser (Chemlal N, 1983) ..........................................69
Fig : 62 -Puits parfait en nappe captive infinie (Detay M, 1993)...............................................................70
Fig : 63 -Essai de pompage de longue durée (72 heures)...........................................................................72
Fig : 64 -Carte des transmissivités de l’aquifère du Bas Isser....................................................................75
Fig : 65 -Carte des transmissivités de l’aquifère du Moyen Isser ..............................................................75
Fig : 66 -Carte des perméabilités de l’aquifère du Bas Isser......................................................................76
Fig : 67 -Carte des perméabilités de l’aquifère du Moyen Isser.................................................................77

Chapitre 6
Fig : 68-Exemple de discrétisation d’un aquifère selon un maillage rectangulaire....................................87
Fig : 69 -Cinq nœuds voisins sur un maillage de différences finies...........................................................87
Fig : 70 -Discrétisation spatiale de l’aquifère du Moyen Isser...................................................................90
Fig : 71 -Discrétisation spatiale de l’aquifère du Bas Isser ........................................................................90
Fig : 72 -Vue en 3D de l’aquifère du Moyen Isser et topographie du substratum .....................................91
Fig : 73 -Vue en 3D de l’aquifère du Bas Isser et topographie du substratum...........................................91
Fig : 74 -Schéma de la condition-limite « Rivière » de Modflow..............................................................92
Fig : 75 -Conditions aux limites de l’aquifère du Moyen Isser..................................................................94
Fig : 76 -Conditions aux limites de l’aquifère du Bas Isser .......................................................................94
Fig : 77 -Niveaux piezométriques mesurés et générés en régime permanent, modèle du Moyen Isser....97
Fig : 78 -Niveaux piezométriques mesurés et générés en régime permanent, modèle du Bas Isser .........97
Fig : 79 -Ajustement de la piézométrie calculée en régime permanent sur la piézométrie de référence
de l’aquifère du Moyen Isser......................................................................................................................99
Fig : 80 -Ajustement de la piézométrie calculée en régime permanent sur la piézométrie de référence
de l’aquifère du Bas Isser ...........................................................................................................................99
Fig : 81-Vue en coupe de la charge hydraulique générée par le modèle du Moyen Isser..........................100
Fig : 82 -Vue en coupe de la charge hydraulique générée par le modèle du Bas Isser ..............................100
Fig : 83 -Bilan hydrique de l’aquifère du Moyen Isser en régime permanent ...........................................101
Fig : 84 -Bilan hydrique de l’aquifère du Bas Isser en régime permanent.................................................101
Fig : 85 -Perméabilités de l’aquifère du Moyen Isser après calage en régime permanent .........................103
Fig : 86 -Perméabilités de l’aquifère du Bas Isser après calage en régime permanent ..............................103
Fig : 87 -Répartition des forages de pompage et des puits d’observation du Moyen Isser .......................106
Fig : 88 -Répartition des forages de pompage et des puits d’observation du Bas Isser ............................106
Fig : 89 -Carte piézométrique simulée de l’aquifère du Moyen Isser (janvier 2003), scénario 1 .............110
Fig : 90 -Carte des rabattements de l’aquifère du Moyen Isser (janvier 2003), scénario 1 .......................110
Fig : 91-Evolution des niveaux piézométriques dans les puits d’observation du Moyen Isser entre
janvier 1994 et janvier 2003, scénario 1 ....................................................................................................111
Fig : 92 -Bilan hydrique de l’aquifère du Moyen Isser d’après le scénario 1 ...........................................111
Fig : 93 -Carte piézométrique simulée de l’aquifère du Moyen Isser (janvier 2024), scénario 2 .............112
Fig : 94 -Carte des rabattements de l’aquifère du Moyen Isser (janvier 2024), scénario 2 .......................112
TABLE DES FIGURES ix
Fig : 95 -Evolution des niveaux piézométriques dans les puits d’observation du Moyen Isser entre
janvier 2003 et janvier 2024, scénario 2 ....................................................................................................113
Fig : 96 -Bilan hydrique de l’aquifère du Moyen Isser d’après le scénario 2 ...........................................113
Fig : 97 -Carte piézométrique simulée de l’aquifère du Moyen Isser (janvier 2024), scénario 3 .............114
Fig : 98 -Carte des rabattements de l’aquifère du Moyen Isser (janvier 2024), scénario 3 .......................114
Fig : 99 -Evolution des niveaux piézométriques dans les puits d’observation du Moyen Isser entre
janvier 2003 et janvier 2024, scénario 3 ....................................................................................................115
Fig : 100 -Bilan hydrique de l’aquifère du Moyen Isser d’après le scénario 3 .........................................115
Fig : 101 -Carte piézométrique simulée de l’aquifère du Bas Isser (janvier 2003), scénario 1 .................117
Fig : 102 -Carte des rabattements de l’aquifère du Bas Isser (janvier 2003), scénario 1 ..........................117
Fig : 103 -Evolution des niveaux piézométriques dans les puits d’observation du Bas Isser entre
janvier 2003 et janvier 2024, scénario 1 ....................................................................................................118
Fig : 104 -Bilan hydrique de l’aquifère du Bas Isser d’après le scénario 1 ...............................................118
Fig : 105 -Carte piézométrique simulée de l’aquifère du Bas Isser (janvier 2024), scénario 2 .................119
Fig : 106 -Carte des rabattements de l’aquifère du Bas Isser (janvier 2024), scénario 2 ...........................119
Fig : 107 -Evolution des niveaux piézométriques dans les puits d’observation du Bas Isser entre
janvier 2003 et janvier 2024, scénario 2 ....................................................................................................120
Fig : 108 -Bilan hydrique de l’aquifère du Bas Isser d’après le scénario 2................................................120
Fig : 109 -Carte piézométrique simulée de l’aquifère du Bas Isser (janvier 2024), scénario 3..................121
Fig : 110 -Carte des rabattements de l’aquifère du Bas Isser (janvier 2024), scénario 3 ...........................121
Fig : 111 -Evolution des niveaux piézométriques dans les puits d’observation du Bas Isser entre
janvier 2003 et janvier 2024, scénario 3 ....................................................................................................122
Fig : 112 -Bilan hydrique de l’aquifère du Bas Isser d’après le scénario 3................................................122
Liste des tableaux
Chapitre 1
Tableau 1 : Superficies et périmètres du BV de l’oued Isser et de ses SBVs (Mancer N, 2000)...............6
Tableau 2 : Altitudes caractéristiques des SBVs du Moyen Isser et Bas Isser (Mancer N, 2000) .............7

Chapitre 2
Tableau 3 : Caractéristiques des stations pluviométriques retenues ..........................................................10
Tableau 4 : Précipitations moyennes mensuelles annuelles dans le Bas Isser en (mm), (1970-2003)......12
Tableau 5 : Précipitations moyennes mensuelles annuelles dans le Moyen Isser en (mm), (1970-2003) 12
Tableau 6 : Moyennes pondérées des précipitations, selon la méthode des polygones de Thiessen .........14
Tableau 7 : Moyennes pondérées des précipitations, selon la méthode des isohyètes...............................15
Tableau 8 : Lames d’eau moyennes annuelles calculées par trois méthodes .............................................15
Tableau 9 : Valeurs moyennes mensuelles annuelles des températures en (°C) ........................................16
Tableau 10 : L’ETP calculée par la formule de Serra, Stations de Thénia et des Issers (1952-1961) .......18
Tableau 11 : L’ETP calculée par la formule de Serra, Station de Bouira (1990-1991 et 1993-1994) .......18
Tableau 12 : L’ETP calculée par la formule de Thornthwaite, Stations de Thénia et des Issers (1952-
1961) ..........................................................................................................................................................19
Tableau 13 : L’ETP calculée par la formule de Thornthwaite, Station de Bouira (1990-1991 et 1993-
1994) ..........................................................................................................................................................19
Tableau 14 : Réserves utiles évaluées par les pédologues .........................................................................20
Tableau 15 : Bilan hydrique du Bas Isser selon la méthode de Thornthwaite (1970-2003) ......................21
Tableau 16 : Bilan hydrique du Moyen Isser selon la méthode de Thornthwaite (1970-2003) .................21
Tableau 17 : Valeurs de l’ETR calculée par trois méthodes (1970-2003) .................................................22
Tableau 18 : Caractéristiques des stations hydrométriques du BV de l’oued Isser....................................23
Tableau 19 : Débits moyens mensuels annuels et interannuels à la station de La Traille.........................23
Tableau 20 : Débits moyens mensuels annuels et interannuels à la station de Lakhdaria.........................23
Tableau 21 : Termes du bilan hydrique au niveau des SBVs du Bas et Moyen Isser ................................26

Chapitre 4
Tableau 22 : Résistivités des alluvions et du substratum de la 7ème terrasse alluviale ...............................58

Chapitre 5
Tableau 23 : Résultats des jaugeages différentiels de l’oued Isser, (Chemlal N, 1983) ............................69
Tableau 24 : Paramètres hydrodynamiques de l’aquifère du Bas Isser......................................................73
Tableau 25 : Paramètres hydrodynamiques de l’aquifère du Moyen Isser ................................................74
Tableau 26 : Production annuelle des eaux souterraines au Bas Isser (DHW Boumerdès, 2003) .............78
Tableau 27 : Apports latéraux à la 7èmeterrasse alluviale du Bas Isser (Chemlal N, 1983)........................79
Tableau 28 : Caractéristiques techniques du barrage de Béni Amrane (ANB, 2003) ................................80
Tableau 29 : Débits des sources du Bas Isser (Chemlal N, 1983)..............................................................80

Chapitre 6
Tableau 30 : Entrées et sorties de l’aquifère du Moyen Isser en régime permanent..................................101
Tableau 31 : Entrées et sorties de l’aquifère du Bas Isser en régime permanent .......................................101
Tableau 32 : Ajustements des perméabilités de l’aquifère du Moyen Isser en régime permanent ............102
Tableau 33 : Ajustements des perméabilités de l’aquifère du Bas Isser en régime permanent..................102
Tableau 34 : Puits d’observation du niveau piézométrique du Moyen Isser..............................................105
Tableau 35 : Puits d’observation du niveau piézométrique du Bas Isser ...................................................105
Tableau 36 : Débits pompés dans l’aquifère du Moyen Isser selon le scénario 1......................................107
Tableau 37 : Débits pompés dans l’aquifère du Bas Isser selon le scénario1 ............................................107
Tableau 38 : Débits pompés dans l’aquifère du Moyen Isser selon le scénario 2......................................107
Tableau 39 : Débits pompés dans l’aquifère du Bas Isser selon le scénario 2 ...........................................108
Tableau 40 : Débits pompés dans l’aquifère du Moyen Isser selon le scénario 3......................................108
Tableau 41 : Débits pompés dans l’aquifère du Bas Isser selon le scénario 3 ...........................................108
xi LISTE DES TABLEAUX
Introduction
L’aquifère de la plaine alluviale de l’oued Isser constitue une ressource en eau de
grande importance pour la région de Boumerdès à cause de ses qualités hydrauliques et des
volumes d’eau en présence. Il est de plus en plus sollicité à des fins essentiellement
anthropiques telles que l’alimentation en eau potable, l’irrigation des parcelles agricoles et les
besoins de l’industrie. Or, la baisse du niveau piézométrique devient une situation
préoccupante et interroge sur les menaces qui pèsent sur la pérennité et la qualité de la
ressource.

Considérant les extractions actuelles et planifiées des eaux souterraines, il s'avère


nécessaire de déterminer si la nappe de la plaine alluviale de l’oued Isser offre la capacité de
desservir tous les exploitants sans engendrer une surexploitation.

L'évaluation de la capacité d'un système aquifère et du taux d'exploitation auquel il peut


être soumis de façon durable, requiert de bien décrire le système aquifère lui-même et de bien
estimer les quantités d'eau qui y circulent. D’où l’intérêt d’entreprendre une étude
hydrogéologique de l’aquifère de la plaine alluviale de l’oued Isser, dont les résultats
permettront de valider et d’appuyer une modélisation mathématique des écoulements
souterrains. Cet outil de modélisation sera utilisé par la suite pour évaluer la sensibilité de la
ressource aux pompages.

En premier lieu, l’étude hydrogéologique nous a permis de définir l’aspect conceptuel


de l’aquifère de la plaine alluviale de l’oued Isser. Certaines caractéristiques très spécifiques à
l’aquifère en question ont dicté les choix à prendre pour traduire par un modèle une réalité
complexe:

- la structure interne et les limites du système aquifère ont été définies à partir de
l'interprétation des informations géologiques et géophysiques disponibles. Cette
étape essentielle a permis de décrire les différents faciès des dépôts
sédimentaires et leur agencement, ces facteurs ayant un effet prépondérant sur
le comportement hydrogéologique du milieu, notamment sur la détermination
des limites de l'aquifère ;

- des paramètres hydroclimatologiques tels que les précipitations (recharge) qui


constituent la fonction de production d’un réservoir, et bien d’autres en rapport
avec la répartition de la lame d’eau précipitée entre l’infiltration, le
ruissellement de surface et l’évaporation ont été déterminés dans le but de les
intégrer dans le modèle;

- l’analyse de la piézométrie a mis en évidence les gradients hydrauliques


produisant l'écoulement, les directions d'écoulement, ainsi que les variations de
la quantité d'eau stockée dans le réservoir souterrain. Cette analyse ainsi que les
paramètres hydrodynamiques de l’aquifère (perméabilité et coefficient
d’emmagasinement) issues de l’interprétation des essais de pompage ont été
nécessaires à la calibration du modèle.

En second lieu, la modélisation mathématique de l'écoulement souterrain par le biais du


code MODFLOW, nous a permis d'intégrer l'ensemble des informations disponibles à
l'intérieur d'un modèle conceptuel du système aquifère de la plaine alluviale de l’oued Isser.

-1-
Introduction

La simulation numérique de l'écoulement en régime permanent vise notamment à tester


les hypothèses concernant les limites d'alimentation, la recharge et les quantités d'eau
circulant dans l'aquifère. La simulation numérique de l'écoulement en régime transitoire
permet de considérer la réaction du niveau piézométrique vis-à-vis de la variation des
sollicitations. Ainsi, une simulation numérique de l'écoulement des eaux souterraines réalisée
en régime transitoire peut donc être utilisée afin de gérer l'exploitation de l'eau souterraine et
pronostiquer le niveau piézométrique de la nappe alluviale de l’oued Isser.

-2-
PREMIERE PARTIE

ETUDE HYDROGEOLOGIQUE DE LA NAPPE ALLUVIALE


DU BAS ET MOYEN ISSER

1. Présentation du domaine d’étude


2. Hydroclimatologie
3. Contexte géologique
4. Reconnaissance des formations aquifères par l’analyse des données géophysiques
5. Hydrodynamisme des eaux souterraines

-3-
Chapitre 1

Présentation du domaine d’étude


1.1. Situation géographique
La plaine alluviale de l’oued Isser se situe à environ 60km à l’Est d’Alger, elle est
° °
comprise entre les méridiens 3 30’ et 3 51’ Est et les parallèles 36° 30’ et 36° 54’ Nord
(Fig : 1). Ses limites naturelles sont :

- au Nord la mer méditerranée ;


- au Sud un ensemble de Koudiets : koudiet Alliah, Koudiet Bouzougane, Koudiet Ali
Bouneb et Koudiet Azesch ;
- à l’Est les massifs montagneux de grande Kabylie ;
- à l’Ouest les collines des Issers-Ouidane, suivies au Sud-Ouest par : le Djebel Bou
Arrous, le Djebel Ifri, le Djebel Bou Zegza et le Djebel Zima.

Deux entités administratives se partagent le site : la wilaya de Bouira au Sud et celle de


Boumerdès au Nord. Longeant le cours de l’oued Isser, la plaine alluviale (Bas et Moyen
Isser) s’étend plus exactement de la localité de Kadiria jusqu’à l’embouchure de l’oued Isser
en méditerranée.

Fig : 1 -Situation géographique de la plaine alluviale de l’oued Isser.

Le massif schisto-cristallin de Krachna ainsi que les roches calcaires de la dorsale


Kabyle divisent la zone d’étude en deux entités hydrogéologiques distinctes : la plaine
alluviale du Bas Isser et la plaine alluviale du Moyen Isser. La liaison hydraulique entre ces

-4-
Chapitre1 Présentation du domaine d’étude

deux plaines se limite à l’écoulement superficiel de l’oued Isser le long des gorges de
Lakhdaria (Fig : 2).

Fig : 2 -Contexte hydrologique des plaines alluviales du Bas et Moyen Isser.

-5-
Chapitre1 Présentation du domaine d’étude

1.2. Superficie et subdivision du bassin versant de l’oued Isser

La plaine alluviale de l’oued Isser fait partie du bassin versant (BV) de l’oued Isser.
Celui-ci regroupe selon le répertoire hydrologique de l’Agence Nationale des Ressources
Hydrauliques (ANRH) cinq sous bassins versants (SBV).

Les codes et les caractéristiques géométriques du BV de l’oued Isser sont résumés dans
le tableau 1.

Tableau 1 : Superficies et périmètres du BV de l’oued Isser et de ses SBVs (Mancer N, 2000).

BV de SBV du SBV du SBV du Haut Isser


Paramètres l’oued Isser Bas Isser Moyen Isser SBV SBV SBV
(09) (0905) (0904)
(0901) (0902) (0903)
Superficies (km2) 4127 538 1038 652 777 1122
Périmètres (km) 414 109 168 130 155 168

Fig : 3 –Bassin versant de l’oued Isser et ses subdivisions.

La figure 3 montre les différentes subdivisions du BV de l’oued Isser. On remarque que


la plaine alluviale du Moyen Isser appartient au SBV du Moyen Isser (0904), tandis que celle
du Bas Isser se trouve dans le SBV du Bas Isser (0905). L’exutoire du SBV du Bas Isser
correspond à l’embouchure de l’oued Isser en méditerranée.

-6-
Chapitre1 Présentation du domaine d’étude

1.3. Reliefs et altitudes caractéristiques du BV de l’oued Isser

Les courbes hypsométriques du BV de l’oued Isser (Fig : 4) permettent de définir les


altitudes caractéristiques spécifiques aux SBVs du Moyen et Bas Isser. Les valeurs obtenues
sont résumées dans le tableau 3.

Fig : 4 -Courbes hypsométriques des SBVs du Moyen et Bas Isser (Mancer N, 2000).

Tableau 2 : Altitudes caractéristiques des SBVs du Moyen et Bas Isser (Mancer N, 2000).
SBV Moyen Isser (0904) Bas Isser (0905)
Altitude moyenne (m) 560 200
Altitude de fréquence 50 % 570 200
Altitude la plus fréquente 600-700 0-100
Altitude minimale 90 5
Altitude maximale 1200 900

Dans l’ensemble les reliefs des SBVs du Moyen et Bas Isser sont homogènes. Le SBV
du Moyen Isser est dominé par des reliefs moyens dont les altitudes varient entre 400 et 800m
représentant environ 64% de sa superficie, tandis que celui du Bas Isser se caractérise par des
reliefs bas avec une moyenne de 200m correspondant à 51% de sa superficie.

Par ailleurs, si on considère les valeurs faibles des indices de pente globale (Ig), soit
8m/km pour le Moyen Isser et 15m/km pour le Bas Isser, on peut conclure à priori que
l’infiltration est plus importante que l’écoulement superficiel. Mais cette tendance est vite
atténuée par les affleurements des formations très peu perméables (marnes, argiles…etc.), très
répandues dans la zone d’étude.

-7-
Chapitre1 Présentation du domaine d’étude

1.4. L’oued Isser et ses affluents

L’oued Isser prend sa source dans la région de Tablat (wilaya de Médéa) suite à la
jonction de deux oueds secondaires : l’oued Mellah Est et l’oued Mellah Ouest. Ces deux
oueds drainent le SBV du Haut Isser (Fig : 5).

Au niveau du Moyen Isser, l’oued Isser reçoit sur sa rive droite deux affluents majeurs :
oued Mallah et oued Molba, plus en aval entre Kadiria et Lakhdaria, il draine essentiellement
des formations de type flyschoïde appartenant à la chaîne calcaire ainsi que le remplissage
quaternaire de la plaine alluviale.
À partir des gorges de Lakhdaria, l’oued Isser appartient au SBV du Bas Isser et coule
encaissé entre les formations calcaires et métamorphiques jusqu’à Souk El Had. Puis jusqu’à
son embouchure en méditerranée sur environ 35km, il traverse les alluvions quaternaires de la
plaine alluviale du Bas Isser. Celui-ci reçoit d’amont en aval :

- sur la rive gauche: l’oued Menada, l’oued Ben Ridjel et l’oued Hazine ;
- sur la rive droite : l’oued Djemaâ, l’oued Ménaïel, l’oued Bou Ziane et l’oued Aoudja.

On peut noter que le cours de l’oued Isser est marqué par de nombreux méandres dus
aux pentes topographiques faibles ainsi qu’aux affleurements du substratum marneux et
argileux.

Fig : 5 -Carte du réseau hydrographique du BV de l’oued Isser (Mancer N, 2000).

-8-
Chapitre1 Présentation du domaine d’étude

1.5. Conclusion

Les SVBs du Moyen et Bas Isser couvrent respectivement une superficie de 1038km2 et
538km2. Ils s’étendent du pont de la Traille jusqu’à l’embouchure de l’oued Isser en
méditerranée.

Dans l’ensemble, les reliefs des SBVs en question sont homogènes. Au niveau du
Moyen Isser, environ 64% de la superficie correspond à des altitudes qui varient entre 400 et
800m. Au Bas Isser, 51% de la superficie est marquée par des altitudes inférieures à 200m.

Le massif schisto-cristallin de Krachna ainsi que les roches calcaires de la dorsale


Kabyle divisent la zone d’étude en deux entités hydrogéologiques distinctes : la plaine
alluviale du Bas Isser et la plaine alluviale du Moyen Isser. La liaison hydraulique entre ces
deux plaines se limite à l’écoulement superficiel de l’oued Isser le long des gorges de
Lakhdaria.

-9-
Chapitre 2

Hydroclimatologie
2.1. Introduction

Sous nos climats, l'apport d'eau au sol se fait sous forme de pluie, neige, rosée et
brouillard. Toute l'eau des précipitations n'atteint pas le sol: une part est évaporée directement
pendant et après la pluie; les gouttes peuvent être interceptées en partie par le feuillage. L'eau
qui atteint le sol ruisselle, s'infiltre et réhumecte le sol. Les racines absorbent cette eau que la
tige et les feuilles évaporent par transpiration. Une fraction réduite finalement gagne la
profondeur et atteint la nappe.

On va aborder dans ce chapitre certains facteurs intervenant dans ce processus naturel


afin d’estimer le bilan hydrique des nappes du Moyen et Bas Isser. Il s’agit en l’occurrence :
- des précipitations ;
- de la température de l’air ;
- de l’évapotranspiration ;
- du ruissellement.

2.2. Les précipitations

La fréquence et l’intensité des précipitations jouent un rôle important dans le


processus de la recharge des aquifères. C’est la raison pour laquelle une étude détaillée des
précipitations qui représentent la fonction de production, constitue le point de départ de toute
approche axée sur la modélisation de l’écoulement souterrain d’un aquifère donné.

2.2.1. Réseau d’observation

Afin d’étudier les précipitations moyennes mensuelles et annuelles à l’échelle des SBVs
du Bas et Moyen Isser, on a choisi trois stations climatiques pour le Bas Isser et quatre autres
pour le Moyen Isser (Fig : 6). Seules les stations qui couvrent le champ pluviométrique de la
zone d’étude et dont l’enregistrement est régulier sur la période considérée (1970 à 2003) sont
retenues.
Les listings des mesures pluviométriques ont été recueillis auprès du service
hydrologique de l’Agence Nationale des Ressources Hydrauliques (ANRH) et de son antenne
régionale de Blida. Le tableau 3 résume les différentes caractéristiques des stations choisies.

Tableau 3 : Caractéristiques des stations climatiques retenues (ABH, 2005).


Sous bassins Altitudes Périodes
Noms des stations Codes X (km) Y (km)
versants (m) considérées
Bordj-Ménaïel Pépinière 090510 27 591,000 390,250 1971-1995
Bas Isser
(0905) Tizi Gheniff 090506 415 596,300 366,100 1970-2003
Lakhdaria Gorges 090502 50 579,000 369,500 1970-2003
Tazerout 090406 450 571,100 361,650 1970-2003
Moyen Isser Djebahia 090403 520 594,800 353,450 1970-2003
(0904) Ouled Touati 090413 831 576,650 347,500 1971-1994
Khabouzia 090401 720 579,150 334,350 1971-2003

- 10 -
Chapitre 2 Hydoclimatologie

Fig : 6 -Répartition des stations climatiques du BV de l’oued Isser (Mancer N, 2000).

2.2.2. Calcul de la moyenne des précipitations

Le passage des mesures ponctuelles des précipitations à une estimation spatiale de


celles-ci, souvent nécessaire en hydrologie, est délicat. Les méthodes les plus simples et les
plus couramment utilisées sont les méthodes de calcul de moyennes ou les méthodes
d'interpolation des données pluviométriques collectées localement.

Parmi les méthodes généralement proposées pour calculer la moyenne des précipitations
à partir de l'ensemble des mesures ponctuelles obtenues à plusieurs stations pluviométriques
sur le bassin ou à proximité, on distingue la méthode de la moyenne arithmétique, la méthode
des polygones de Thiessen ou l'utilisation d'isohyètes. Le choix de la méthode dépendra
notamment de la longueur de la série de données dont on dispose, la densité du réseau de
mesure, et la variation du champ pluviométrique.

Pour déterminer les moyennes des précipitations de nos SBVs, on utilisera en ce qui
concerne la méthode arithmétique les données recueillies auprès du service hydrologique de
l’ANRH d’Alger et on reproduira à titre comparatif les résultats de calcul par les méthodes de
Thiessen et des isohyètes à partir du travail de Magister de N. Mancer (2000).

- 11 -
Chapitre 2 Hydoclimatologie

2.2.2.1. Calcul de la moyenne arithmétique

La méthode la plus simple qui consiste à calculer la moyenne arithmétique des valeurs
obtenues aux stations étudiées, s'applique uniquement si les stations sont bien réparties et si le
relief du bassin est homogène, c’est le cas pour nos SBVs.
a. Les précipitations moyennes mensuelles annuelles

Les tableaux 4 et 5 résument la répartition des moyennes mensuelles annuelles des


précipitations au niveau des sept stations climatiques retenues pour l’analyse pluviométrique
de la région d’étude.

Tableau 4 : Précipitations moyennes mensuelles annuelles dans le Bas Isser en (mm), (1970-2003).
Stations sep oct nov déc jan fév mars avril mai juin juil août Total annuel

B. Ménaiel Pépinière 32 70 97 101 90 97 71 61 36 12 4 8 679


Tizi Gheniff 36 60 80 114 110 94 91 77 55 11 4 6 738
Lakhdaria Gorges 30 51 90 109 96 95 77 68 48 13 4 7 688
Moyennes mensuelles 33 60 89 108 99 95 80 67 46 12 4 7 702

Tableau 5 : Précipitations moyennes mensuelles annuelles dans le Moyen Isser en (mm), (1970-2003).
Stations sep oct nov déc jan fév mars avril mai juin juil août Total annuel
Tazerout 33 64 95 143 103 101 80 74 49 11 6 8 767
Djebahia 29 45 70 96 83 75 69 56 42 10 4 7 586
Ouled Touati 29 42 55 74 77 77 67 55 30 10 4 2 522
Khabouzia 23 30 49 52 55 47 38 41 30 7 1 5 378
Moyennes mensuelles 29 46 67 91 79 75 64 56 38 9 4 5 563

Il ressort de l’analyse des diagrammes du régime mensuel des précipitations du Bas et


Moyen Isser (Fig : 7 et 8) que l’évolution des précipitations moyennes mensuelles annuelles
est sensiblement la même pour l’ensemble des stations climatiques.

P (mm)
120
B. Ménaiel Pépinière
Tizi Gheniff
100
Lakhdaria Gorges

80

60

40

20

0 Mois
sep oct nov dec jan fev mars avril mai juin juillet août

Fig : 7 -Précipitations moyennes mensuelles annuelles au niveau du Bas Isser (1970-2003).

- 12 -
Chapitre 2 Hydoclimatologie
P (mm)
160

140
Tazerout
Djebahia
120
Ouled Touati
Khabouzia
100

80

60

40

20

0 Mois
sep oct nov dec jan fev mars avril mai juin juillet août

Fig : 8 -Précipitations moyennes mensuelles annuelles au niveau du Moyen Isser (1970-2003).

On constate que les mois les plus pluvieux de l’année sont : décembre, janvier et février,
où l’on enregistre plus de 43% des précipitations moyennes annuelles, alors que les mois de
juin, juillet et août représentent les mois les plus secs. Le passage en saison sèche s’effectue
concrètement à partir du mois de mai, celle-ci s’étale jusqu’à fin août, puis c’est le retour
progressif à la saison humide.

b. Les précipitations moyennes interannuelles

Les périodes d’observations varient de 23 à 32 années. Les courbes des précipitations


moyennes interannuelles à l’échelle du Bas Isser (Fig : 9) montrent une certaine homogénéité
entre les valeurs des trois stations pluviométriques. Ces courbes sont légèrement décalées
pour le Moyen Isser (Fig : 10), traduisant une variation des précipitations sur une échelle de
temps pluriannuelle.
P (mm)
1600 B.Ménaiel Pépinière Tizi Gueniff Lakhdaria Gorges

1400

1200

1000

800

600

400

200

Années
0
02
98

00
94

96
86

88

90

92
80

82

84
74

76

78
70

72

20
19

19

20
19

19

19
19

19
19

19
19

19

19
19

19

19

Fig : 9 -Précipitations moyennes interannuelles au niveau du Bas Isser (1970-2003).

- 13 -
Chapitre 2 Hydoclimatologie
P (mm)
1600
Tazerout Djebahia Ouled Touati Khabouzia

1400

1200

1000

800

600

400

200
Années
0
70

72

74

76

78

80

82

84

86

88

90

92

94

96

98

00

02
19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

20

20
Fig : 10 -Précipitations moyennes interannuelles au niveau du Moyen Isser (1970-2003).

2.2.2.2. Calcul de la moyenne pondérée - méthode des polygones de Thiessen

La méthode du polygone de Thiessen est la plus couramment utilisée, parce que son
application est aisée et qu'elle donne en général de bons résultats. Elle convient notamment
quand le réseau pluviométrique n'est pas homogène spatialement (pluviomètres distribués
irrégulièrement).

Cette méthode permet d'estimer des valeurs pondérées en prenant en considération


chaque station pluviométrique. Elle affecte à chaque pluviomètre une zone d'influence dont
l'aire, exprimée en %, représente le facteur de pondération de la valeur locale. Les différentes
zones d'influence sont déterminées par découpage géométrique du bassin sur une carte
topographique. La précipitation moyenne pondérée Pmoy pour le bassin, se calcule alors en
effectuant la somme des précipitations Pi de chaque station, multipliées par leur facteur de
pondération (aire Ai), le tout divisé par la surface totale A du bassin. La précipitation moyenne
sur le bassin s'écrit :
n

∑ P .A i i
Pmoy = i =1

A
Avec :
Pmoy : précipitation moyenne sur le bassin versant (mm) ;
A : aire totale du bassin versant (=∑ Ai) (km2) ;
Pi : précipitation enregistrée à la station i (mm) ;
Ai : superficie du polygone associée à la station i (km2).

Les résultats des calculs, sont résumés dans le tableau 6.

Tableau 6 : Moyennes pondérées des précipitations, selon la méthode des polygones de Thiessen.
Bas Isser Moyen Isser
Méthode Période
(mm) (mm)
Polygones de Thiessen 1968-1994 681 589

- 14 -
Chapitre 2 Hydoclimatologie

2.2.2.3. La méthode des isohyètes (isovaleurs)

La méthode la plus rigoureuse mais qui présente l'inconvénient de demeurer lourde en


dépit des moyens actuels, est fondée sur l'utilisation des isohyètes.
Les isohyètes sont des lignes de même pluviosité (isovaleurs de pluies annuelles,
mensuelles, journalières,… etc.). Grâce aux valeurs pluviométriques acquises aux stations du
bassin et aux autres stations avoisinantes, on peut tracer le réseau d'isohyètes. Le tracé des
isohyètes n'est pas unique comme celui des courbes de niveau. Il doit être dessiné avec le
maximum de vraisemblance compte tenu de la région, du réseau, de la qualité de la
mesure,…etc. Il existe aujourd'hui des méthodes automatiques qui effectuent le tracé
d'isovaleurs par des moyens statistiques élaborés (technique de krigeage).

Lorsque les courbes isohyètes sont tracées, la précipitation moyenne peut être calculée
de la manière suivante :
k

∑ P .A i i
hi + hi +1
Pmoy = i =1
, où Pi =
A 2
Avec :
Pmoy : précipitation moyenne sur le bassin versant (mm) ;
A : surface totale du bassin versant (km2) ;
Ai : surface entre deux isohyètes i et i+1 (km2) ;
K : nombre total d'isohyètes ;
Pi : moyenne des hauteurs h de précipitations entre deux isohyètes i et i+1 (mm).

Après application mathématique on obtient les valeurs insérées dans le tableau 7.

Tableau 7 : Moyennes pondérées des précipitations, selon la méthode des isohyètes.


Bas Isser Moyen Isser
Méthode Période
(mm) (mm)
Isoyhètes 1968-1994 677 587

2.2.3. Discussion des résultats

Les résultats des différentes méthodes de calcul sont récapitulés dans le tableau 8.

Tableau 8 : Lames d’eau moyennes annuelles calculées par trois méthodes.


Méthodes Périodes Bas Isser Moyen Isser
(mm) (mm)
Polygones de Thiessen 1968-1994 681 589
Isoyhètes 1968-1994 677 587
Arithmétique 1970-2003 702 563

Bien que la méthode de la moyenne arithmétique est souvent peu recommandée car peu
représentative et qu’on lui préfère des méthodes graphiques (tracé d'isohyètes) ou statistiques
qui permettent de donner un poids différent à chacun des points de mesures (moyennes
pondérées), elle a cependant donné des résultats très proches de ceux obtenus par les
méthodes de Thiessen et des Isohyètes. Ceci confirme la qualité des données pluviométriques
choisies, leur homogénéité et leur représentativité. Ainsi, pour la suite des calculs on optera
pour la moyenne arithmétique des précipitations sur la période considérée (1970 à 2003), c’est
à dire une lame d’eau précipitée de 702mm pour le Bas Isser et de 563mm pour le Moyen
Isser.

- 15 -
Chapitre 2 Hydoclimatologie

2.3. La température de l’air

La température étant étroitement reliée au taux de radiation, lui-même directement


corrélé à l'évaporation, il s'ensuit qu'une certaine relation existe entre l'évaporation et la
température de la surface évaporante. Le taux d'évaporation est, en particulier, une fonction
croissante de la température de l'eau. Comme la température de l'eau varie dans le même sens
que la température de l'air, il est plus facile de mesurer cette dernière. On utilise ainsi dans les
formules de calcul de l'évaporation la température de l'air plutôt que celle de l'eau.

Le nombre des stations mesurant la température de l’air dans le SBV du Bas Isser est
insuffisant et les derniers relevés datent des années 1970. De ce fait on s’est contenté de deux
anciennes séries de données (1952 à 1961) recueillies aux stations de Thénia et des Issers. Au
niveau du Moyen Isser, à défaut de stations locales, nous avons opté pour la station de Bouira
qui fait partie du BV de l’oued Sébaou jouxtant à l’Est notre BV.

Le tableau 9 illustre les valeurs des températures moyennes mensuelles annuelles


relevées au niveau de trois stations de mesure.

Tableau 9 : Températures moyennes mensuelles annuelles en (°C).


Moyennes
Stations sep oct nov déc jan fév mars avril mai juin juil août Périodes
annuelles
Thénia 24 19 15 13 11 12 15 16 20 23 26 27 18 1952-1960

Issers 23 19 14 12 10 11 14 15 18 22 25 25 17 1952-1961
1990-1991
Bouira 23 18 12 8 8 10 11 12 18 24 26 26 16
1993-1994

2.3.1. Les températures moyennes mensuelles annuelles

Les mois de juin, juillet, août et septembre sont les mois les plus chauds de l’année
(Fig : 11 et 12), durant ces trois mois le pouvoir évaporant des plantes et des sols augmente et
se répercute sur les réserves en eaux souterraines qui atteignent leur niveau annuel le plus bas
(période d’étiages).
Les minima des températures correspondent à la période hivernale, c’est à dire les mois
de décembre, janvier, février et mars; l’effet de l’évapotranspiration s’atténue entraînant un
phénomène inverse : la recharge de la nappe souterraine.
T (°c)

30 Station de Thénia (1952-1960)

Station des Issers (1952-1961)


25

20

15

10

Mois
0
sep oct nov dec jan fev mars avril mai juin juillet août

Fig : 11 -Moyennes mensuelles annuelles des températures au niveau du Bas Isser.

- 16 -
Chapitre 2 Hydoclimatologie

T (°c)
30
Station de Bouira
(1990-1991) et
25 (1993-1994)

20

15

10

0 Mois
p

s
c

ût
in
n

et
v
t

ril
v

ai
oc

de

ar
se

no

fe
ja

ju

ao
av

ill
m

ju
Fig : 12 -Moyennes mensuelles annuelles des températures au niveau du Moyen Isser.

2.4. L’évapotranspiration

Dans la troposphère, soit la couche de l'atmosphère au voisinage du sol (son épaisseur


est de 2 à 3 kilomètres environ), l'air ambiant n'est jamais sec mais contient une part plus ou
moins importante d'eau sous forme gazeuse (vapeur d'eau) qui est fournie par :

- l'évaporation physique au-dessus des surfaces d'eau libre (océans, mers, lacs et cours
d'eau), des sols dépourvus de végétation et des surfaces couvertes par de la neige ou de
la glace ;
- la transpiration des végétaux qui permet à la vapeur d'eau de s'échapper des plantes
vers l'atmosphère.

En hydrologie, on utilise le terme d'évapotranspiration qui prend en compte la


combinaison de l'évaporation directe à partir des surfaces d'eau libre et des sols nus et de la
transpiration végétale. L'évaporation et plus particulièrement l'évapotranspiration jouent un
rôle essentiel dans l'étude du cycle de l'eau, ces mécanismes sont importants en regard des
quantités de précipitations incidentes aussi bien à l'échelle des continents qu'à celle du bassin
versant. On distingue :

- l’évapotranspiration potentielle (ETP) ;


- l’évapotranspiration réelle (ETR).

2.4.1. L’évapotranspiration potentielle (ETP)

Elle correspond à la quantité d’eau maximale pouvant être transpirée si le sol est
suffisamment approvisionné en eau. Si l’eau vient à manquer, l’évapotranspiration réelle
(ETR) est fonction de l’ETP et de la quantité d’eau disponible.

Nous appliquerons deux formules d’estimation de l’ETP, à savoir : la formule de Serra


et celle de Thornthwaite.

- 17 -
Chapitre 2 Hydoclimatologie

2.4.1.1. Formule de Serra

Elle est donnée par la relation suivante :


a
⎛ 10.T ⎞
ETP = 16.⎜ ⎟ et ETPC = ETP. K
⎝ I ⎠
12
I
Avec : I = ∑ i ; i = 0,09 T 3/2 et a = 1,6 + 0,5
i =1 100
Où :
ETP : évapotranspiration potentielle (mm) ;
ETPc : évapotranspiration potentielle corrigée (mm) ;
T: température moyenne mensuelle (°C) ;
I : indice thermique annuel ;
i : indice thermique mensuel ;
K: coefficient correctif mensuel en fonction de la durée et de l’altitude ;
a: exposant climatique.

Les résultats des calculs sont consignés dans les tableaux 10 et 11.

Tableau 10 : L’ETP calculée par la formule de Serra, Stations de Thénia et des Issers (1952-1961).
Total
Paramètres sep oct nov déc jan fév mars avril mai juin juil août
annuel
T (°C) 24 19 15 12 11 12 14 15 19 23 26 26 18
i 10,32 7,34 5,07 3,95 3,17 3,51 4,79 5,49 7,48 9,83 11,73 12,14 84,82
ETP (mm) 107 70 44 33 25 28 41 49 72 101 125 131 826
K 1,03 0,97 0,86 0,84 0,87 0,85 1,03 1,1 1,21 1,22 1,24 1,16 /
ETPc (mm) 110 68 38 27 22 24 43 54 87 123 155 152 903

Tableau 11 : L’ETP calculée par la formule de Serra, Station de Bouira (1990-1991 et 1993-1994).
Total
Paramètres sep oct nov déc jan fév mars avril mai juin juil août
annuel
T (°C) 23 18 12 8 8 9 11 12 18 24 26 26 16
i 10,19 6,93 3,65 1,96 1,89 2,31 3,42 3,98 6,65 10,38 11,86 12,07 75,29
ETP (mm) 110 71 34 17 16 20 32 38 68 112 131 133 782
K 1,03 0,97 0,86 0,84 0,87 0,85 1,03 1,1 1,21 1,22 1,24 1,16 /
ETPc (mm) 113 69 29 14 14 17 33 42 82 137 162 155 868

2.4.1.2. Formule de Thornthwaite


a
⎛ 10T ⎞
ETP = 16⎜ ⎟ ; ETPC = ETP. K
⎝ I ⎠
1, 514
12
⎛T ⎞
Avec : I = ∑ i et i = ⎜ ⎟
i =1 ⎝5⎠
Où :
ETP : évapotranspiration potentielle (mm) ;
ETPc : évapotranspiration potentielle corrigée (mm) ;
T: température moyenne mensuelle (°C) ;
I : indice thermique annuel ;
i : indice thermique mensuel ;

- 18 -
Chapitre 2 Hydoclimatologie

K: coefficient d’ajustement, facteur correctif mensuel en fonction de la durée et de l’altitude ;


a: exposant climatique. a = 6,75.10-7. I3 – 7,71.10-5. I2 + 1,79.10-2.I + 0.492.

Après calcul numérique on obtient les résultats consignés dans les tableaux 12 et 13.

Tableau 12: L’ETP calculée par la formule de Thornthwaite,


stations de Thénia et des Issers (1952-1961).
Total
Paramètres sep oct nov déc jan fév mars avril mai juin juil août
annuel
T (°C) 24 19 15 12 11 12 14 15 19 23 26 26 18
i 10,48 7,43 5,12 3,98 3,19 3,55 4,83 5,54 7,58 9,98 11,92 12,35 85,95
ETP (mm) 108 70 44 32 24 28 41 49 72 102 127 132 829
K 1,03 0,97 0,86 0,84 0,87 0,85 1,03 1,1 1,21 1,22 1,24 1,16 /
ETPc (mm) 111 68 38 27 21 24 42 54 87 124 157 154 907

Tableau 13 : L’ETP calculée par la formule de Thornthwaite,


station de Bouira (1990-1991 et 1993-1994).
Total
Paramètres sep oct nov déc jan fév mars avril mai juin juil août
annuel
T
23 18 12 8 8 9 11 12 18 24 26 26 16
(°C)
i 10,35 7,01 3,67 1,96 1,88 2,31 3,44 4,00 6,72 10,55 12,06 12,28 76,23
ETP (mm) 109 70 34 17 16 20 31 37 67 111 123 132 767
K 1,03 0,97 0,86 0,84 0,87 0,85 1,03 1,1 1,21 1,22 1,24 1,16 /
ETPc (mm) 112 68 29 14 14 17 32 41 81 136 161 153 858

Pour le calcul de l’évapotranspiration réelle (ETR), on retiendra la moyenne


arithmétique des ETPc issues de l’application des formules de Thornthwaite et de Serra.

2.4.2. L’évapotranspiration réelle (ETR)

Appelée aussi déficit d’écoulement, l’évapotranspiration réelle (ETR) est la lame d’eau
effectivement évaporée et transpirée, dans les conditions réelles de teneur en eau du sol. On a
déterminé l’ETR à l’aide de trois méthodes: la formule de Turc, la formule de Coutagne et le
bilan hydrique de Thornthwaite.

2.4.2.1. Formule de Turc

Turc a proposé une relation entre le déficit hydrique, la pluie annuelle moyenne et la
température annuelle moyenne. Il préconise pour une humidité relative moyenne supérieure à
50% (cas habituel des régions tempérées), la formule suivante :

P
ETR =
0,9 + P 2 / L2
Avec :
ETR : évapotranspiration réelle annuelle (mm) ;
P : précipitation moyenne annuelle (mm) ;
L : pouvoir évaporant qui est fonction de la température T (°C), L = 300 + 25T + 0,05 T 3 ;
T : température moyenne annuelle à l’altitude moyenne du bassin versant (°C).

- 19 -
Chapitre 2 Hydoclimatologie

L’application numérique de la formule de Turc donne, lorsque la température moyenne


annuelle est de 18°C, une valeur de l’ETR égale à 603mm au Bas Isser, soit 86% des
précipitations. Si la température moyenne annuelle est de l’ordre de 16°C au niveau du Moyen
Isser, la valeur de l’ETR est de 499mm, soit 88% des précipitations.

2.4.2.2. Formule de Coutagne

Le déficit d’écoulement exprimé au pas de temps annuel, se déduit de la pluie annuelle


et de la température par la formule suivante :
l
D = ETR = P – λ P2 et λ=
0.8 + 0.14T
Avec :
D : déficit d’écoulement (m/an) ;
P : précipitation moyenne annuelle (m) ;
T : température moyenne annuelle (°C).

La formule de Coutagne ne peut être appliquée que si la condition : 1/ 8λ < P < 1/ 2λ est
satisfaite.

Dans le cas du Bas Isser : (1/ 8λ =0,42) < (P =0,70223) < (1/ 2λ = 1,67), donc la
formule de Coutagne est applicable et l’ETR est égale à 553mm, c’est à dire 79% des
précipitations.
La formule est valable aussi pour le Moyen Isser puisque :
(1/ 8λ =0,38) < (P =0,56352) < (1/ 2λ = 1,51). On obtient une ETR de 460mm correspondant
à 82% des précipitations.

2.4.2.3. Bilan hydrique de Thornthwaite

A partir de la recharge des nappes due aux précipitations et à la décharge liée à l’ETP,
C.W.Thornthwaite a pu définir un bilan hydrique du sol au pas de temps mensuel.
Néanmoins, l’établissement de ce bilan nécessite aussi l’estimation d’une réserve facilement
utilisable (RFU) contenue dans la tranche supérieure du sol, définie comme étant la quantité
d’eau nécessaire au bon fonctionnement physiologique des plantes.

D’une manière générale, la valeur de la RFU est estimée à 100mm en climat tempéré, et
jusqu’à 300mm en pays aride. Le tableau 14 donne les valeurs de la RFU déterminées par les
pédologues, selon le type de sol et les plantes qui s’y trouvent.

Tableau 14 : Réserves utiles évaluées par les pédologues.


Cultures Sols sablonneux Sols argileux Sols argileux
Maraîchères 95 80 70
Céréalières 50 130 130
Alfa-Luzerne 70 170 170
Arbres fruitiers 100 200 170

Vu la nature alluvionnaire des dépôts (sables et graviers argileux…etc.) qui constituent


les réservoirs aquifères de la plaine de l’oued Isser, le climat tempéré et le type de cultures qui
s’y développent (cultures maraîchères et arbres fruitiers), nous nous proposons d’estimer le
bilan hydrique des aquifères du Moyen et Bas Isser, en partant d’une valeur de la RFU égale à
100mm tout en considérant ce qui suit :

- 20 -
Chapitre 2 Hydoclimatologie

ƒ Si P > ETP → ETR = P : il reste une quantité d’eau P- ETP qui va alimenter la
RFU, s’il reste encore de l’eau, on aura un excèdent sous forme de ruissellement ;
ƒ Si P < ETP et la RFU = 0 : on aura ETR = P ;
ƒ Si P < ETP et la RFU ≠ 0 : deux cas sont possibles :
P + RFU > ETP → ETR = ETP
P + RFU < ETP → ETR = P + ETR
ƒ Si malgré l’apport de la RFU, l’ETR reste toujours inférieure à l’ETP : il y aura
déficit agricole (DA) tel que : DA = ETPi - (Pi + RFUi-1), où i est le mois en cours et
i-1 représente le mois précédent.

Les tableaux 15 et 16 regroupent le détail de calcul des termes du bilan hydrique.

Tableau 15 : Bilan hydrique du Bas Isser d’après la méthode de Thornthwaite (1970-2003).


Total
Paramètres sep oct nov déc jan fév mars avril mai juin juil août
annuel
ETPc (mm) 111 68 38 27 21 24 42 54 87 123 156 153 905
P (mm) 33 60 89 108 99 95 80 69 46 12 4 7 702
ETR (mm) 33 60 38 27 21 24 42 54 87 71 4 7 469
RFU (mm) 0 0 51 100 100 100 100 100 59 0 0 0 /

Excédent (mm) 0 0 0 32 77 71 38 15 0 0 0 0 233


Déficit agricole
78 8 0 0 0 0 0 0 0 52 152 146 436
(mm)

Tableau 16 : Bilan hydrique du Moyen Isser d’après la méthode de Thornthwaite (1970-2003).


Total
Paramètres sep oct nov déc jan fév mars avril mai juin juil août
annuel
ETPc (mm) 113 68 29 14 14 17 33 41 81 136 161 154 863
P (mm) 29 45 67 91 79 75 64 56 38 9 4 5 563
ETR (mm) 0 0 38 100 100 100 100 100 56 0 0 0 379
RFU (mm) 0 0 38 100 100 100 100 100 56 0 0 0 /
Excédent (mm) 0 0 0 15 65 57 58 31 15 0 0 0 184
Déficit
84 23 0 0 0 0 0 0 0 71 158 148 484
Agricole (mm)

L’évapotranspiration réelle annuelle calculée dans le Bas Isser par le bilan hydrique de
Thornthwaite est égale à 469mm, soit 67% des précipitations. Au Moyen Isser, l’ETR est de
379mm ce qui représente 67% des précipitations.

La saison sèche où l’irrigation devient nécessaire, commence en juin et peut se


poursuivre jusqu’à octobre. Elle engendre dans le Bas et le Moyen Isser un déficit agricole
respectivement de : 436mm correspondant à 62% des précipitations et 484mm représentant
86% des précipitations (Fig 13 et 14). Durant la saison humide la RFU atteint son niveau
maximal, celle-ci débute en décembre et se poursuit jusqu’à fin avril ; l’excèdent en eau
durant cette saison correspond à 233mm, soit 33% des précipitations au niveau du Bas Isser et
à 184mm, soit 33% des précipitations dans le Moyen Isser.

- 21 -
Chapitre 2 Hydoclimatologie
P ou ETPc
(mm)
180
P ETPc
160

140

120

100

80

60

40

20

0 Mois
sep oct nov dec jan fev mars avril mai juin juillet août
Fig : 13 -Bilan hydrique du Bas Isser selon la méthode de Thornthwaite (1970-2003).

P ou ETP
(mm)
180
P ETPc
160
140
120
100
80
60
40
20
0 Mois
sep oct nov dec jan fev mars avril mai juin juillet août

Fig : 14 -Bilan hydrique du Moyen Isser selon la méthode de Thornthwaite (1970-2003).

2.4.3. Discussion des résultats

Tableau 17 : Valeurs de l’ETR calculée par trois méthodes (1970-2003).


Bas Isser Moyen Isser
Méthodes
ETR (mm) ETR/ précipitations ETR (mm) ETR/ précipitations
Turc 603 86% 499 88%
Coutagne 553 79% 460 82%
Bilan de
469 67% 379 67%
Thornthwaite

On constate qu’il existe une différence entre les valeurs de l’ETR estimée par les
méthodes de Turc, de Coutagne et de Thornthwaite. En effet, les mécanismes régissant le
bilan hydrique sont tellement complexes que leur prise en compte par une simple estimation,
en appliquant les diverses expressions empiriques, reste insuffisante. Ces formules sont
faciles à appliquer et ont été établies et testées pour une zone ou une culture donnée. Leur
extrapolation à d’autres conditions climatiques nécessite un contrôle et un ajustement
adéquats.
La performance de la formule de Turc pour l’estimation de l’ETR sous climat humide a
été testée (Jensen et al., 1990), l’erreur d’estimation a été évaluée à 0,49. La formule de
Coutagne est tout aussi performante sous les mêmes conditions climatiques. Cependant, en

- 22 -
Chapitre 2 Hydoclimatologie

raison de la non disponibilité des mesures de certains paramètres météorologiques (vitesse du


vent, humidité de l’air…etc.) aux stations retenues pour cette étude, les résultats obtenus par
ces deux méthodes restent peu satisfaisants.

On s’est contenté d’utiliser les résultats de la méthode du bilan de Thornthwaite qui


nécessite peu de variables climatiques disponibles à cet effet, mais qui prend en considération
quelques paramètres agrométéorologiques (type de sol, culture, RFU).

2.5. Hydrologie de surface

2.5.1. Débits des oueds

D’une superficie totale de 4127km2, le bassin versant de l’oued Isser compte huit
stations hydrométriques (tableau 18) qui mesurent le débit sur ses différents affluents majeurs
et secondaires.
La station de La Traille contrôle les débits de l’oued Isser ayant transités par le SBV du
Haut Isser (superficie totale 2551km2) et qui s’acheminent dans le SBV du Moyen Isser.
La station de Lakhdaria qui se trouve à la jonction entre le Moyen Isser et le Bas Isser,
mesure quant à elle les débits qui proviennent du SBV du Moyen Isser (superficie totale de
1038km2) et qui entrent dans le SBV du Bas Isser.

Tableau 18 : Caractéristiques des stations hydrométriques du BV de l’oued Isser.


Coordonnées Lambert SBVs ou zones
Stations Codes
X (km) Y (km) Z (m) contrôlés
La Traille 090408 559,25 343,25 349 Haut Isser
Lakhdaria 090501 579,10 368,75 90 Haut et Moyen Isser
Bou Hamoud 090402
O.Djemâa 090416
El Omaria 090205 533,35 327,30 658 O.EL Besbes
Mezahim 090101 539,70 322,65 585 O.Mellah Ouest
Béni Slimane 090305 557,55 322,25 600 O.Mellah Est
Dechmya 090309 578,250 316,45 810 O.Zeroua

2.5.1.1. Les débits moyens mensuels annuels

On a analysé les débits de l’oued Isser grâce aux données fournies par l’Agence
Nationale des Ressources Hydrauliques (ANRH), regroupant les débits moyens mensuels
annuels et interannuels mesurés aux stations de La Traille et de Lakhdaria sur des périodes
d’enregistrement respectives de 15 et 28 années (tableaux 19 et 20).

Tableau 19 : Débits moyens mensuels annuels et interannuels à la station de La Traille.


Q moy
Année/mois sept oct nov dec jan fev mars avr mai juin juil août
annuel
Q moy mensuel (m3/s)
2 1 3 5 9 12 12 7 3 1 0,6 0,4 5
(1970-1984)

Tableau 20 : Débits moyens mensuels annuels et interannuels à la station de Lakhdaria.


Q moy
Année/mois sept oct nov dec jan fev mars avr mai juin juil août
annuel
Q moy mensuel (m3/s)
2 3 6 10 19 20 19 10 6 1 0,6 0,4 8
(1970-1979 et 1982-1999)

L’examen des histogrammes des débits moyens mensuels annuels aux stations de
Lakhdaria et de La Traille (Fig : 15 et 16), fait ressortir une période de hautes eaux qui débute

- 23 -
Chapitre 2 Hydoclimatologie

en novembre et pouvant se poursuivre jusqu’à mars, suivie d’une période de basses eaux
s’étalant sur le reste de l’année.
Qmoy (m3/s)
14

12

10

0 Mois
sep oct nov dec jan fev mars avril mai juin juillet août

Fig : 15 -Débits moyens mensuels annuels à la station de La Traille (1970-1984).


Qmoy (m3/s)
25.00

20.00

15.00

10.00

5.00

0.00 Mois
sep oct nov dec jan fev mars avril mai juin juillet août
Fig : 16 -Débits moyens mensuels annuels à la station de Lakhdaria (1970-1979 et 1982-1999).

2.5.1.2. Détermination de la lame d’eau écoulée

Connaissant les débits moyens annuels aux stations de La Traille et de Lakhdaria,


respectivement de l’ordre de 5m3/s et 8m3/s, on détermine le débit moyen annuel qui ruisselle
dans le SBV du Moyen Isser par simple différence. On obtient un débit de 3m3/s pour une
superficie de 1038km2, ce qui représente une lame d’eau de 99mm, soit 18% des
précipitations.

Faute de station hydrométrique mesurant le débit à l’embouchure de l’oued Isser, on a


eu recours à la méthode empirique de Tixeront-Berkaloff pour calculer le débit moyen annuel
d’exhaures du SBV du Bas Isser.

- Formule de Tixeront-Berkaloff

Le raisonnement tenu par ces deux chercheurs est le suivant :

- 24 -
Chapitre 2 Hydoclimatologie

- lorsque les précipitations augmentent, le ruissellement tend à les égaler, déduction faite
de l’évapotranspiration plafonnée à la valeur de l’ETP ;
- lorsque les précipitations tendent vers zéro, le ruissellement tend aussi vers zéro, et le
rapport du ruissellement à la pluviométrie tend vers zéro.

P3
R=
3ETP 2
Avec :
P : précipitations moyennes annuelles (m) ;
ETP : évapotranspiration potentielle moyenne annuelle (m).

La lame d’eau moyenne annuelle qui ruisselle dans le SBV du Bas Isser est égale à
141mm, représentant 20% des précipitations.

2.6. Le bilan hydrique

L’établissement du bilan hydrique d’une région donnée consiste à évaluer la répartition


des précipitations reçues sur une surface entre les composantes: évapotranspiration réelle
(ETR), ruissellement et infiltration. L’équation du bilan hydrique est basée sur l'équation de
continuité et peut, pour une période et un bassin considéré, s'exprimer comme suit:

P = ETR + R + I ± (∆S)

Avec:
P : précipitations moyennes annuelles (mm) ;
E : évapotranspiration réelle moyenne annuelle (mm) ;
R : ruissellement moyen annuel (mm) ;
I : infiltration moyenne annuelle (mm) ;
∆S : variations des réserves (mm).

Si le bassin versant naturel est relativement imperméable, la variation des stocks sur une
période donnée peut être considérée comme nulle (∆S = 0), par conséquent l’équation du bilan
hydrique s’écrira :

P = ETR + R + I...............[1.1]

1). Les précipitations moyennes annuelles

La pluviométrie moyenne annuelle représente la moyenne arithmétique des


précipitations mesurées aux niveaux du Bas et Moyen Isser, elle correspond respectivement à
702mm et à 563mm.

2). L’évapotranspiration réelle (ETR)

Il s’agit de l’ETR moyenne annuelle déterminée par le bilan hydrique de Thornthwaite


et qui représente 469mm pour le Bas Isser et 379mm pour le Moyen Isser.

3). Le ruissellement

Au Moyen Isser, le ruissellement moyen annuel a été estimé grâce aux valeurs des
débits moyens annuels enregistrées aux stations de La Traille et de Lakhdaria, il représente

- 25 -
Chapitre 2 Hydoclimatologie

99mm. Au Bas Isser, le ruissellement défini par la formule empirique de Tixeront-Berkaloff


est de 141mm.

4). L’infiltration

Les autres termes de l’équation du bilan étant connus, ont déduit directement la valeur
de l’infiltration moyenne annuelle à partir de la formule [1.1], on obtient :

[1.1] ⇒ I = P – ETR - R

L’application numérique donne une infiltration de l’ordre de 93mm pour le Bas Isser,
c’est à dire 13% des précipitations et de 85mm pour le Moyen Isser, ce qui correspond à 15%
des précipitations.

Le tableau 21 et les figures 18 et 19 résument les résultats des différents termes du bilan
hydrique du Bas et Moyen Isser.

Tableau 21 : Termes du bilan hydrique au niveau des SBVs du Bas et Moyen Isser.
Précipitations ETPc ETR Ruissellements Infiltrations
Sous Bassins Périodes
P (mm) (mm) (mm) R (mm) I (mm)
Bas Isser 1970-2003 702 905 469 141 93
Moyen Isser 1970-2003 563 863 379 99 85

(mm)
1000 905
900
800 702

700
600
469
500
400
300
141
200 93

100
0 Termes
P ETPc ETR R I

Fig : 17 -Termes du bilan hydrique du Bas Isser (1970-2003).


(mm)
900 863

800
700
600 563

500
379
400
300
200
99 85
100
0 Termes
P ETPc ETR R I
Fig : 18 -Termes du bilan hydrique du Moyen Isser (1970-2003).

- 26 -
Chapitre 2 Hydoclimatologie

2.7. Conclusion

La plaine alluviale de l’oued Isser jouit au niveau du Bas Isser d’un climat
méditerranéen humide et doux avec une moyenne annuelle des précipitations de 702mm et
une température moyenne de 18°C/an. Au Moyen Isser, le climat est subhumide et moins
doux, on en enregistre des précipitations moyennes annuelles de 563mm avec une
température moyenne de 16°C/an.

Environ 67% des précipitations sont évapotranspirées annuellement dans le Bas et le


Moyen Isser, soit en moyenne 469mm et 379mm respectivement.

Le ruissellement représente quant à lui 20% des précipitations pour le Bas Isser, soit une
lame d’eau moyenne annuelle de141mm et 18% des précipitations pour le Moyen Isser, soit
99mm.

L’infiltration moyenne annuelle, paramètre difficilement mesurable sur le terrain, est


égale à 93mm dans le Bas Isser, c'est-à-dire 14% des précipitations et représente 85mm au
niveau du Moyen Isser, soit 15% des précipitations.

L'application de la méthode du bilan hydrique est limitée par la difficulté de quantifier


les variables. Effectivement, les processus hydrologiques sont difficiles à observer
directement sur le terrain et donc à mesurer. Notons que les erreurs de mesure éventuelles des
termes qu'on retrouve dans l'équation hydrologique simplifiée se répercutent directement sur
les valeurs calculées de l'évaporation. Néanmoins, les mesures et les résultats obtenus par les
expressions empiriques seront par la suite exploités et intégrés sous forme de données de base
pour construire le modèle d’écoulement souterrain de la plaine alluviale de l’oued Isser.

- 27 -
Chapitre 3 Contexte géologique

Chapitre 3

Contexte géologique

3.1. Schéma structural de la région d’étude

L’orogenèse hercynienne et surtout l’orogenèse alpine sont les deux principales


manifestations tectoniques qui ont abouti à l’individualisation de trois grands ensembles
structuraux, constituant les traits essentiels de la géologie de l’Algérie du Nord
(Chemlal N, 1983).
On distingue du Nord au Sud algérien : l’Atlas tellien, les hauts plateaux et l’Atlas
saharien (Fig : 19).

Fig : 19 -Carte structurale schématique de la chaîne des Maghrébide montrant la disposition des
zones internes et externes et coupe simplifiée sur la transversale de la grande Kabylie, d'après
Durand-Delga et Fontboté (1980).

La région d’étude fait partie de l’ensemble géologique de l’Atlas tellien et constitue la


jonction entre le Tell septentrional au Nord et le Tell méridional au Sud (Fig : 20).

Fig : 20 -Schéma géologique de la côte algérienne à l’Est du cap de Ténès (Wildi W, 1983).

3.2. Stratigraphie

La carte géologique (Fig : 21 et 22) digitalisée par nos soins à partir de l’assemblage
d’anciennes feuilles au 1/50 000ème (MENERVILLE N° 22, PALESTRO N° 43 et
LAPERRINE N° 65) établies par les premiers auteurs [Ficheur E, 1895 et Vesnin ,1968],
permet de visualiser les différentes formations présentes dans la plaine alluviale de l’oued
Isser et son environnement direct.

- 28 -
Chapitre 3 Contexte géologique

Fig : 21 -Carte géologique de la plaine alluviale de l’oued Isser, (Ficheur E, 1895).

- 29 -
Chapitre 3 Contexte géologique

Fig : 22 –Légende de la carte géologique de la plaine alluviale de l’oued Isser,


(Ficheur E, 1895 et Vesnin, 1968).

En partant du faciès le plus ancien au plus récent, l’empilement stratigraphique des


formations géologiques se présente comme suit :

3.2.1. Socle cristallophyllien

Constitué d’une série puissante et monotone de roches métamorphiques, il affleure : au


Nord du massif granitique de Thénia, à l’Ouest de souk El Had, dans la région de Béni
Amrane, ainsi qu’au Nord-Est de Chabet El Ameur.

En fonction du degré de métamorphisme qui décroît de bas en haut, deux assises ont été
mises en évidence :

- 30 -
Chapitre 3 Contexte géologique

a- Assise inférieure des schistes cristallophylliens (X2)

Elle affleure sur les versants nord et sud de Djebel Bous-Arous où elle constitue les
flancs d’un synclinal de direction latitudinale. Elle est aussi très développée sur la bordure
occidentale du massif du Djurdjura. Cette assise est constituée de micaschistes à biotite et de
schistes à deux micas, renfermant des panneaux de gneiss œillets à biotites et des lentilles de
marbres d’une puissance de 0,5 à 100m.

b- Assise supérieure des phyllades (X3)

Très souvent associée à l’assise inférieure, elle représente le cœur du synclinal dans la
région du Djebel Bous-Arous. Les roches prédominantes sont des phyllades (schistes satinés à
quartz, chlorite et séricite) de 1 à 30m d’épaisseur qui contiennent des lentilles de calcaire
cristallin partiellement dolomitisé.

E. Ficheur (1885-1888) et B. Gorbonov (1969-1970, SONAREM) attribuent à ces deux


assises un âge précambrien.

3.2.2. Roches éruptives

3.2.2.1. Massif de Thénia (δd)

Au Nord de Thénia, la granodiorite forme un massif très altéré long de 7 à 8km et large
de 1 à 2km qui émerge à la limite sud du socle cristallophyllien. Sur la base de critères
stratigraphiques, Vesnin (1972) attribua à la granodiorite de Thénia un âge post-Burdigalien,
mais la datation radiométrique sur K-Ar réalisée par O. Belanteur (1989) lui confère un âge de
19 à 22 Ma.

On rencontre aussi dans la région de Thénia divers termes liparitiques qui sont de deux
catégories principales : liparites quartzifères et feldspathiques.

3.2.2.2. Granites de la bordure occidentale du massif du Djurdjura (δ)

Ces roches sont représentées par : des intrusions de granite gneissique dans la région de
Béni Amrane, un affleurement de gneiss leucocrate au Sud-Est de Bordj Ménaïel et des
chapelets de petits pointements de granite pegmatoïde sur le flanc Nord de Dj Bou-Arous.
Elles forment en général des filons peu puissants, parfois très réduits, se mêlant à la roche
encaissante.

3.2.2.3. Roches volcaniques du massif de cap Djinet (μ)

Ce sont des roches noirâtres de teinte grise ou vert foncé, se rattachant surtout aux
basaltes, aux labradorites et aux andésites. Elles sont individualisées entre Cap Djinet et Draâ-
Rahmane. On rencontre dans la région de Dar-Raïcha et de cap Djinet des dolérites sous
forme d’intrusions, respectivement dans les marnes helvétiennes et les terrains sénoniens.

Le mode de gisement de ces formations sous forme de coulées interstratifées dans les
marnes helvétiennes, leur confère un âge helvétien.

- 31 -
Chapitre 3 Contexte géologique

3.2.3. Méso-Cénozoïque

Les formations méso-cénozoïques se composent aussi bien des unités autochtones


qu’allochtones :

A- Unités allochtones

1. La dorsale

Mise en évidence par M. Durand Delga (1968), cette unité représente la couverture
méso-cénozoïque qui forme dans la subdivision de la chaîne calcaire de petites écailles et
nappes chevauchantes sur la bordure du massif kabyle.

a- Trias (t)

I. Flandrin (1952), attribue à l’ensemble des formations post-carbonifères et


antéliasiques un âge triasique. A. Saadalah (1992) appuie cette attribution puisque selon lui,
les conglomérats rouges à galets de quartz et de lydiennes caractérisant le Permien,
constituent un niveau très discontinu. De fait, l’assise triasique est constituée de calcaires
dolomitiques surmontés de grés siliceux, l’ensemble représente une épaisseur totale d’environ
500m.

b- Lias inférieur et Moyen (L3-6)

Il est représenté par des calcaires et dolomies massifs de teinte gris clair dont la
puissance totale est d’environ 500m.
L. Glangeaud (1932), cite la présence d’une faune du Lias moyen dans les calcaires
massifs. M. Durand Delga (1955) quant à lui, a récolté des fossiles sinémuriens dans les
calcaires lités de l’assise dolomitique.

c- Lias supérieur- Crétacé supérieur (L7-C6)

Il se manifeste sous forme de calcaires argileux gris rosâtre, renfermant des nodules à
silex, des lits de marnes et des formations pélitiques rouges, de faciès Ammonitico rosso. Ces
formations constituent de petites écailles isolées, qui recouvrent en concordance les calcaires
massifs du Lias inférieur et moyen. Cette assise a une épaisseur qui ne dépasse pas les 300m.

L. Glangeaud (1932), a récolté à la base de cette assise des fossiles toarcien-aaléniens,


alors que M. Lamèche et Y. Yassini (1972), ont déterminé à son sommet une faune du
Jurassique supérieur- Crétacé supérieur.

d- Paléogène supérieur- Lutétien (e1-4a)

On le rencontre sous forme de compartiments tectoniques, de petites nappes et


d’écailles, au sein du flysch paléogène supérieur de la chaîne calcaire et des formations
anciennes. Les formations sont représentées par une puissante assise de roches carbonatées
(500m), où prédominent les calcaires massifs de teinte grise. Ces derniers passent par
endroits, aux calcaires gréseux et aux grés calcaires massifs jaunâtres.

- 32 -
Chapitre 3 Contexte géologique

2. Unité des Temarkennit

Elle a été mise en évidence pour la première fois par M.Tefiani (1968), qui la décrit au
Djebel Bouzegza dans la région d’Ouled Temarkennit. Elle forme de petites écailles, pincées
entre les roches de la dorsale et celles du flysch du Lutétien supérieur de la chaîne calcaire
(faciès Néonummulitique).

L’unité des Termakennit est constituée des termes suivants :

a- Jurassique- Crétacé (J1-Ct)

La coupe lithostratigraphique établie par M.Tefiani (1968) montre de bas en haut :

- marnes pélitiques de teinte rouge violacée et lits de calcaires argileux jaunâtres;


- radiolarites rouges et verdâtres à intercalations d’argiles;
- calcaires marneux et marnes riches en Nano-connus, Calpionnella Alpina…etc.;
- microconglomerats calcareux et calcaires marneux à microfaune remaniée;
- marnes tendres à Lamellapthychus mortilleti.

b- Paléogène de l’unité des Temarkennit (et1-4a)

Il s’agit d’une unité flyschtoïde gréso-marneuse, constituée de marnes et d’argiles de


teinte rouge et jaunâtre à lits de calcaires gréseux organogènes (Nummulites, Globorotalia
Compressa…etc.) du Paléogène et de l’Yprésien, et de grès calcaires situés dans la zone du
grand charriage qui délimite au Sud la chaîne calcaire.

3. Unité des flyschs

a- Flysch maurétanien

Ce flysch englobe l’unité de Guerrouch, l’unité albo-aptienne du faciès sud kabyle et


l’unité de Djebel Zima. Cette dernière n’est pas présente à l’échelle de la région d’étude.

1). Unité de Guerrouch (Néocomien-Aptien n1-5g)

Les formations de cette unité chevauchent les terrains de la chaîne calcaire au Nord,
tandis qu’au Sud elles sont en contact tectonique avec le flysch albo-aptien du faciès sud
kabyle. A l’extrémité sud des gorges de Lakhdaria, ces formations sont constituées par un
flysch, où alternent des lits de grès quartzeux faiblement calcareux, des silts et des argilites.
L’épaisseur de cette unité avoisine les 500m.
M. Tefiani (1967-1968), donne un âge Néocomien-Aptien aux terrains en question, et ce
par analogie avec l’unité de Guerrouch distinguée par M. Durand Delga (1955) dans la partie
Est de la chaîne Numidique.

2). Unité albo-aptienne (faciès sud kabyle) (n5-7s)

Le flysch est représenté par des grès et des argilites interstratifiés. Il chevauche à l’Est
de l’oued Isser les formations de la chaîne calcaire, alors qu’à l’Ouest ils confinent aux
formations de l’unité Guerrouch sous forme de décollement. Ce flysch est chevauché à son
tour, au Sud, par l’unité tellienne.

- 33 -
Chapitre 3 Contexte géologique

b- Flysch massylien

Les terrains rapportés à ce flysch sont les suivants :

- Paléocène supérieur– Priabonien (e1-5)

Il s’agit d’un flysch qui se développe à l’Est et à l’Ouest des roches métamorphiques du
Djebel Ifri et qui le borde aussi au Nord, sous forme d’une bande étroite. Ce flysch est
constitué par des argiles, des marnes bleuâtres à gris verdâtre, intercalées de lits et paquets de
grès et de calcaires.

M. Lamèche et Y.Yassini (1971) ont déterminé dans ce flysch une faune qui a vécu du
Paléocène au Priabonien (Globorotalia Compressa, Discocyclina, Textularia…etc.).

- Oligocène (g1a)

Les formations oligocènes confinent, vraisemblablement par contact tectonique, aux


dépôts du flysch paléocène-préabonien. Elles sont représentées par un flysch épais de 500m et
constitué d’une alternance de grès quartzeux micacés assez durs de teinte blanche et d’argiles
grises légèrement claires.

Une microfaune oligocène (Lepidocyclines, Operculina, Rotalidae…etc.) a été récoltée


au niveau de ce flysch, notamment par : J. Mazzola et Y.Yassini (1970-1971).

c- Flysch paléogène supérieur de la chaîne calcaire (faciès Néonummulitique)

Différent des flyschs paléogènes des autres unités, le flysch de cette unité est représenté
par une série de formations paléogènes puissantes de 100m, et subdivisées en trois assises :

- Assise du flysch Lutétien supérieur (e4b)

Elle se manifeste sous forme de grosses écailles à structure complexe, séparées des
formations méridionales de la chaîne calcaire par des contacts tectoniques. Le flysch est
composé de grès calcaires polygéniques à litage fin à moyen de teinte grise, alternant avec des
marnes et des argiles calcaires de teinte grise. La base de ces séquences est parfois marquée
par des conglomérats polygéniques.

L’ensemble de la microfaune récoltée (Nummulites Perforatus, Discocyclina…etc.)


dans ce flysch a permis de les dater du Lutétien.

- Assise du flysch du Lutétien supérieur- Oligocène inférieur (e4bg1)

Ce flysch a tendance à se placer sur les versants septentrionaux de la chaîne calcaire et à


ce niveau, il est constitué de grès calcaires polygéniques et d’arkoses micacées, alternant avec
des marnes plus ou moins micacées. Presque partout l’assise du flysch est décollée de son
soubassement stratigraphique. Il ne reste que quelques lambeaux conglomératiques de base
qui sont discordants sur les calcaires de l’unité de la dorsale.

E. Ficheur (1891), L. Glangeaud (1952) et Y. Yassini (1971) ont découvert dans cette
assise épaisse de 800m, des microfossiles caractéristiques du Lutétien supérieur-Oligocène
inférieur tels que : Nummulites Perforatus, Discocyclina et Fabiana.

- 34 -
Chapitre 3 Contexte géologique

- Assise du flysch Oligocène (g1)

Cette assise se présente sous forme de petites écailles, coincées parmi les formations
plus anciennes de la chaîne et de la nappe chevauchant le flysch paléogène allochtone du
massif kabyle.
Elle est constituée dans sa partie inférieure par des grès calcaires grossiers
polygéniques, arkoses dures grossièrement litées avec par endroit des couches de
micropoudingues et de conglomérats à galets de calcaires, de phyllades et de grès. La partie
supérieure de l’assise est formée de bancs de grés micacés quartzeux et calcareux de teinte
grise, interstratifiés avec des marnes micacées. Son épaisseur est de 1000m.

Suite à l’étude de la microfaune qu’ils renferment (Cardita, Oligo-percostata…etc.),


E. Ficheur (1891), M. Dalloni (1916) et N. Fokina (1971) ont rattaché les formations en
question à l’Oligocène.

4. Unité tellienne

Au niveau de la région d’étude, le domaine tellien est représenté par l’unité tablatienne
(de Tablat) d’âge Sénonien. Les roches marneuses qui composent cette unité montrent une
structure disloquée très complexe.

a- Campanien (C5)

Ce sont essentiellement des marnes de teinte grise à gris foncé, mal stratifiées, dont
l’épaisseur varie de 150 à 300m.

E. Ficheur (1911) a pu déterminer l’âge de cette assise grâce à des restes organiques. Il
s’agit entre autres de : Ostra Renoui, Ostrea Acanthnota et Globotruncana.

b- Maestrichtien (C6)

On distingue de bas en haut deux assises :

- Assise inférieure (Ca 3-6)

Elle correspond à des marnes schisteuses monotones de teinte grise à gris foncé,
devenant par endroit plus massives et à structure esquilleuse caractéristique. Ces marnes sont
parfois pénétrées de petits filons de calcite. Des couches épisodiques discontinues sont parfois
observées dans les marnes, sous forme d’intercalations de calcaires (de 0,1 à 1m) fins
compacts. La puissance de l’assise inférieure varie de 500 à 600m.

- Assise supérieure (Cb 3-6)

Coiffant l’assise inférieure, elle se distingue par une stratification plus prononcée, due à
l’apparition dans les marnes schisteuses de nombreuses intercalations de calcaires argileux et
de marnes siliceuses jaunâtres plus compactes. L’épaisseur de l’assise supérieure peut
atteindre au maximum 400m. J. Hervouet (1974), attribue les formations de cette assise au
Campanien-Maestrichtien.

- 35 -
Chapitre 3 Contexte géologique

B- Unités autochtones

1. flysch autochtone paléogène de la zone kabyle (Lutétien supérieur-Oligocène e4bg)

Il apparaît au Nord de la chaîne calcaire, à l’Est et à l’Ouest de Djebel Ahmed, où il


recouvre les formations paléozoïques et le socle métamorphique par un niveau de brèches
conglomératiques basales. Ce flysch est représenté par une assise gréso-marneuse de teinte
grise, ou par des bancs de grès calcaires micacés à grains fins à moyens, alternant avec des
argiles calcaires et des marnes grises. L’épaisseur apparente de cette assise atteint 300m.

Au Nord de Djebel Ahmed, N. Fokina et Y. Yassini (1970-1971) ont récolté des


foraminifères caractéristiques du Lutétien supérieur-Oligocène (Discocyclina Marthae,
Lenticulina,…etc.).

2. Maestrichtien (C6)

Au niveau de Djebel Raïcha (Nord de Bordj-Ménaïel), les dépôts forment un dôme


étroit émergeant parmi les formations cénozoïques. L’assise maestrichtienne, d’une épaisseur
apparente de 300m, est constituée d’argiles grises ou beiges, alternant avec des bancs
décimétriques de calcaires bréchiques à petits éléments de teinte marron ou brune.
Des intercalations peu puissantes de grès calcaires apparaissent -parfois compacts ou
schistifiés- dans l’assise, avec de petites lentilles de grès fins quartziques et des couches de
poudingues (2 à 3m) à éléments de grès, quartz, phyllades,…etc.

3. Miocène

Les formations miocènes se subdivisent en deux termes : le Burdigalien et l’Helvétien.

a- Burdigalien (m1)

La base de cet étage surmonte le flysch massylien, alors que son sommet est arasé et
recouvert par des argiles et marnes plaisanciennes discordantes. L’épaisseur du Burdigalien
étant de l’ordre de 300m, sa coupe stratigraphique observée à l’Ouest de Thénia, montre de
bas en haut les faciès suivants :

- des poudingues grossiers de teinte rouge, intercalés de grès (m1a), puissant de 200m;
- marnes argileuses bariolées et couches gypseuses (m1b), épaisses de 30 à 40m;
- des bancs de grès calcaires jaunâtres (m1c), dont l’épaisseur varie de 50 à 60m;
- au sommet de la coupe, on trouve des marnes gris-vert (m1d).
C. Arambourg (1891) et P. Muraour (1956) ont mis en évidence des foraminifères
rattachés au Burdigalien (Ostrea Crassissima, Tuntella Orthezensis,…etc.).

b- Helvétien (m2)

Au centre de la zone d’étude, les terrains helvétiens forment une bande large de 2,5km
qui borde au Nord, au Sud et à l’Est les affleurements du socle cristallophyllien précambrien.
Dans la zone méridionale du Bas Isser, ils constituent l’essentiel des formations de la rive
droite de l’oued Isser. Les dépôts helvétiens dont l’épaisseur est de l’ordre de 100m, sont
subdivisés en quatre assises. On distingue de bas en haut :

- 36 -
Chapitre 3 Contexte géologique

- Une assise volcano- sédimentaire (m2a)

Cette assise épaisse de 300m, repose en discordance sur diverses formations du type :
granodiorites, phyllades, granites anciens,…etc. Par conséquent, la coupe lithostratigraphique
varie en fonction de la composition lithologique des roches du substratum ainsi que du
contexte tectonique.

Elle est représentée soit par des poudingues à éléments granodioritiques et à ciment
gréseux, soit par une alternance de grès grossiers et de grès calcaires avec des lentilles de tufs,
de liparites et de poudingues constitués de gneiss, phyllades et granites,…etc. La base est
composée de laves et tufs acides (dacites, liparites,…etc.) en forme de lentilles et de nappes
discontinues. Quant à la partie supérieure de l’assise, elle est constituée de couches de marnes
gréseuses (0,5 à 6m), interstratifiées avec des grès micacés et de rares intercalations de
micropoudingues polygéniques (5 à 10cm).

- Une assise marno-argileuse (m2b)

Le plus souvent, la base de cette assise est masquée en profondeur, tandis que son
sommet est surmonté en discordance par les marnes et argiles plaisanciennes. Son épaisseur
atteint 250m et est représentée par des argiles et des marnes gréseuses, avec de rares bancs de
grès calcaires et des calcaires épais de 0,5 à 2m. Les marnes et argiles sont caractérisées par la
présence de nombreuses fissures, colmatées par des filaments de carbonates de 0,5 à 1,5cm
d’épaisseur.

- Une assise de tufs (m2c)

Liée à l’assise marno-argileuse par des passages graduels (P. Muraour, 1956), cette
assise se développe dans le Nord-Est de la zone d’étude, où elle forme les flancs des
synclinaux. La sédimentation s’est faite dans un environnement marin, comme en témoigne
l’existence de pillow-lavas, d’alternance de laves, de tufs et de couches d’argiles ainsi que de
nombreux cas d’enfouissement des marnes foraminifères au milieu des roches volcaniques.

- Une assise de laves (m2d)

L’assise de laves coiffe en concordance le sommet de l’assise de tufs, tout en étant


surmontée par des marnes plaisanciennes discordantes. Les basaltes et les andésito-basaltes
composent cette assise et se présentent sous forme de laves et de brèches pyroclastiques.

M. Dalloni (1913), J. Flandrin (1913), J. Magne (1954), P. Muraour (1956) et


B. Gorbonov (1971) ont récolté dans ces assises des foraminifères caractéristiques de
l’Helvétien (Globigérinodae, Globoratalia Obésa, Cibicides,…etc.).

4. Pliocène

L’Astien étant très rare, le Pliocène est représenté essentiellement par les formations
plaisanciennes.

Plaisancien (p1-b)

Le Plaisancien repose en discordance stratigraphique et angulaire sur la quasi-totalité


des formations géologiques. Il se manifeste sous forme de marnes argileuses bleues et

- 37 -
Chapitre 3 Contexte géologique

d’argiles calcareuses bleues, avec quelques rares bancs métriques de calcaires. L’ensemble de
ces formations a une épaisseur totale de l’ordre de 200m.
Les terrains plaisanciens ont fourni une faune marine abondante caractéristique du
Plaisancien (Cardita Rhomboïdes, Oxystela Patula, Orbulina Universa, Globigérina
Diplostama,…etc.).

5. Quaternaire

Les terrains quaternaires sont très répandus dans la région d’étude, ils se manifestent
sous forme de faciès littoraux et alluviaux. Les formations alluviales y occupent une place
prédominante, tapissant le fond de la vallée de l’oued Isser ainsi que ses affluents. Les
formations littorales se rencontre plutôt le long de la mer, soit sous forme d’une bande de
quelques kilomètres de large, soit sous forme de lambeaux épars à l’intérieur des terres.

Dès le Pléistocène, la baisse continue du niveau de la mer engendra un creusement


progressif de la vallée de l’oued Isser. Ce creusement s’est effectué suivant une série de
phases, mises en évidence par E. Ficheur (1891), De Lamotte (1911), C. Arambourg (1954) et
A. Ayme (1962).

L’oued Isser, tout en étalant ses eaux de débordement sur les surfaces aplanies des
formations tertiaires, a contribué de la sorte à la formation de dépôts alluviaux et littoraux
(Chemlal N, 1983).

3.3. Téctonique

L’édifice structural complexe de la région d’étude est le fruit de plusieurs phases


tectoniques successives, qui ont modelé et remodelé les terrains anciens lors des
orogenèses hercynienne et alpine. Cette région peut être subdivisée en trois zones structurales,
on y distingue du Nord au Sud :

A- La zone kabyle

Elle comprend :

- les saillies du socle cristallophyllien, qui sont séparées par des dépressions, comblées
de formations néogènes et quaternaires;
- les lambeaux de dépôts autochtones paléogènes recouvrant en discordance les terrains
métamorphiques du socle kabyle, sous forme de plis synclinaux plus ou moins
accidentés;
- les nappes allochtones du flysch massylien qui chevauchent les roches métamorphiques
et le paléogène autochtone. Ce flysch est affecté d’un plissement sublatitudinal et de
failles normales et décrochantes d’âge post-Oligocène;
- les terrains mæstrichtiens autochtones développés en rive droite de l’oued Isser (Dar
Raïcha), qui forment des plis de pentes raides et de direction Est-Ouest.

B- La zone de la chaîne calcaire

Les formations constituant cette zone, sont représentées par les unités allochtones
suivantes : la dorsale kabyle, l’unité de Temarkennit et le flysch du Paléogène supérieur. Ces
formations sont déformées et charriées sur la partie marginale du massif kabyle.
Le mouvement de charriage se faisait sous la poussée des nappes du flysch maurétanien
et de l’unité tellienne provenant des zones les plus internes du sillon tellien. Les terrains de la

- 38 -
Chapitre 3 Contexte géologique

chaîne calcaire sont enclavés entre ces nappes de charriage et le massif kabyle. Du coup, les
roches des unités de la dorsale et des Temarkennit composant la base du flysch paléogène
supérieur, se sont retrouvées coincées sous forme d’écailles compartimentées. Les fragments
de structure plissée, conservés localement dans certaines écailles de la chaîne représentent en
général des plis étroits, renversés souvent au Nord et parfois même couchés.

Les accidents cassants sont nombreux et variés, on trouve un réseau de fractures qui
prend de l’ampleur dans le Sud-Ouest de la carte. Il s’agit de chevauchements, de
décrochements, de failles décrochées et de cassures interstratifiées conjuguées à l’écoulement
plastique.

C- La zone des nappes de flysch telliennes

La structure de la zone a pris forme au cours des mouvements des nappes vers le Nord.
On y retrouve :
- les nappes des terrains crétacés du flysch maurétanien, charriées sur les formations de
la chaîne calcaire;
- la nappe des terrains déformés du Sénonien tellien, charriée sur le flysch crétacé
maurétanien.

En plus des grands charriages bordant les nappes, on y distingue également des failles
inverses et normales, qui sont décrites comme postérieures à la formation de ces nappes.

3.4. Caractéristiques hydrogéologiques des différentes formations géologiques

Sachant que dans la nature, il n’existe pas de formations imperméables au sens strict, il
est admit comme telles les terrains présentant une perméabilité très faible, il apparaît alors
que :
- le socle cristallophyllien est constitué essentiellement de schistes et micaschistes, très
peu perméables en l’absence de fractures et de fissures;

- les roches éruptives constituées principalement de granites, d’andésites et de


Labradorites, sont marquées par l’existence de sources à faible débit (source de Rendja
au SE de Thénia, Sud de Bordj-Ménaïel) qui émergent à la faveur de fractures ou de
diaclases;

- les flyschs formés d’alternance de grès, calcaires avec argiles et marnes peu
perméables, peuvent être considérés comme imperméables;

- les argiles et marnes miocènes à intercalations de niveaux conglomératiques peuvent


être le siége de circulations d’eau souterraine, mais sans toutefois présenter un intérêt
quant à leur exploitation;

- les roches carbonatées massives de la dorsale kabyle sont caractérisées par de


nombreuses fractures et une fissuration assez intense. C’est le cas des roches
carbonatées des gorges de Lakhdaria, où l’existence d’une karstification très
développée a favorisé l’apparition de nombreuses sources à débit variable;

- les formations quaternaires se différencient par leur extension géographique, leur


épaisseur, leur granulométrie (graviers, galets, sables,…etc.) et leur comportement
hydrodynamique. Ainsi, les dépôts alluviaux qui occupent le fond de la vallée de
l’oued Isser, constituent la zone d’investigation la plus favorable des eaux souterraines.

- 39 -
Chapitre 3 Contexte géologique

3.5. Conclusion

La région d’étude se situe dans les limites de la zone alpine tellienne plissée. Elle
constitue la jonction entre le Tell septentrional et une partie du Tell méridional.

Du point de vue stratigraphique, la région est marquée par la présence de terrains


métamorphiques précambriens, recoupés localement par des intrusions de roches basiques et
acides, ainsi que par la présence de formations quaternaires.

Les dépôts quaternaires sont représentés sous forme de terrasses alluviales et marines,
correspondant à la fois aux lits mineur et majeur de l’oued Isser. Les terrasses alluviales, sont
liées dans leur formation et dans leur répartition géographique, aux différents déplacements
latéraux de l’oued Isser.

Dans la basse vallée de l’oued Isser, l’ensemble des dépôts quaternaires repose sur des
marnes plaisanciennes ; tandis qu’au niveau de la moyenne vallée, ces dépôts surmontent en
transgression et discordance totales le flysch Crétacé au Nord et les marnes sénoniènnes au
Sud.

Le schéma structural est très complexe, comme le montre les accidents tectoniques
variés (nappes de charriages, lentilles imbriquées, plis et réseaux de failles très
prononcées…etc.) affectant les différents ensembles géologiques.

On peut noter l’intérêt hydrogéologique que pourraient susciter les formations alluviales
quaternaires, qui en plus de leurs caractéristiques lithostratigraphiques et granulométriques
(poreuses, meubles et peu profondes), sont très répandues localement.

- 40 -
Chapitre 4

Reconnaissance des formations aquifères par


l’analyse des données géophysiques

4.1. Introduction

A partir du moment où il étale ses sédiments sur le plateau de Oulad El Bor (Sud-Ouest
de Zemmouri), l’oued Isser n’a cessé de migrer vers l’Est (Chemlal N, 1983). Ce déplacement
longitudinal qui commença dès le Pliocène supérieur suite à la baisse du niveau de la mer,
contribua à la formation de terrasses alluviales sous forme de gradins partiellement emboîtés,
d’altitudes décroissantes d’Ouest en Est.

Afin de reconnaître les possibilités aquifères de ces terrasses, la Compagnie Générale de


Géophysique (CGG) entreprit durant les années : 1964, 1966 et 1972, plusieurs compagnes
d’investigations géophysiques (Fig : 23). Dans le Bas Isser, l’existence d’un fort contraste
entre les résistivités des alluvions aquifères et celles du substratum a facilité l’application de
la méthode électrique. En revanche au niveau du Moyen Isser, la CGG a dû recourir dans
certains endroits à la sismique réfraction pour lever l’ambiguïté sur les valeurs de résistivité.

4.2. Etude des terrasses quaternaires du Bas Isser

Nous avons choisi deux compagnes de reconnaissance géophysique (Fig : 23) :

- la première de septembre à novembre 1966, durant laquelle 298 sondages électriques


ont été exécutés perpendiculairement au recouvrement alluvial du lit majeur de l’oued
Isser;

- la deuxième d’octobre à novembre 1972, où 173 sondages électriques ont été effectués
transversalement à la direction des terrasses littorales et alluviales supérieures.

Les différentes coupes géoélectriques obtenues sont corrigées et étalonnées sur la base
de logs lithostratigraphiques de forages.

- 41 -
Chapitre 4 Reconnaissance des formations aquifères par l’analyse des données géophysiques

Fig : 23 -Profils géoélectiques de la plaine alluviale du Bas Isser.

4.2.1. Terrasses marines

La troisième terrasse marine (q3m) ne fût l’objet d’aucune étude géophysique. La


cinquième (q5m) ainsi que la sixième (q6m) terrasses marines se présentent sous forme de
petites plages, de fait la description des terrasses marines va porter uniquement sur celles plus
étendues.

4.2.1.1. Plage des 53 mètres (q4m)

Cette plage se développe de part et d’autre l’embouchure de l’oued Isser et forme une
bande qui s’étire parallèlement au littoral sur une largeur de 1,5km.

Les coupes géoélectriques G et E (Fig : 24 et 25), ont été étalonnées sur les forages
3523 et 3524. Elles font ressortir cinq gammes de résistivité correspondant à cinq niveaux
distincts dont trois seulement sont confirmés par des logs de forages peu profonds (15m). Les
différents niveaux observés sont les suivants :

ƒ 20 < ρ < 1000Ω.m : sables argileux ou sables propres de 3 à 6m d’épaisseur;


ƒ 100 < ρ < 200Ω.m : graviers de 8 à 15m d’épaisseur;
ƒ 5 < ρ < 10 Ω.m : argiles bleues d’une puissance d’environ 5 à 20m;
ƒ 30 < ρ < 700Ω.m : graviers et galets plus ou moins argileux;
ƒ 50 Ω.m : marnes miopliocènes du substratum.

L’épaisseur totale de cette terrasse est de l’ordre de 25 à 30m dans sa partie occidentale,
alors que dans sa partie orientale elle varie entre 40 et 60m.

- 42 -
Chapitre 4 Reconnaissance des formations aquifères par l’analyse des données géophysiques

Fig : 24 -Coupe géoélectrique étalonnée G à travers la 4ème terrasse marine.

Fig : 25 -Coupe géoélectrique étalonnée E à travers la 4ème terrasse marine.

4.2.1.2. Dépôts éoliens actuels (dunes anciennes) (q7m)

Ce sont des sables plus au moins argileux, se développant le long du bord de la mer
sous l’aspect de dunes de 5 à 10m d’altitude.

Les données géophysiques, ont permis d’estimer une épaisseur de 10 à 20m de sables et
de graviers correspondant respectivement à des résistivités de 800Ω.m et de 1500Ω.m. Ces
graviers et sables reposent sur un substratum marneux (Fig : 24).

4.2.2. Terrasses alluviales

Vu que certaines terrasses alluviales : première terrasse (q1) et deuxième terrasse (q2), se
présentent sous forme de lambeaux isolés d’étendues très réduites et parfois même en
lambeau unique (sixième terrasse (q6)), on ne traitera dans ce qui suit que des alluvions des
quatre autres terrasses, à savoir :

- la troisième terrasse alluviale (q3) ;


- la quatrième terrasse alluviale (q4) ;
- la cinquième terrasse alluviale (q5) ;
- la septième terrasse alluviale (q7).

- 43 -
Chapitre 4 Reconnaissance des formations aquifères par l’analyse des données géophysiques

4.2.2.1. Alluvions de la troisième terrasse (q3)

Les alluvions de cette terrasse reposent sur les marnes bleues miopliocènes, elles
constituent une bande large de 1,2 à 1,5km qui s’étend sur 4km, soit de Leghata jusqu’au
plateau des Beni-Kous et dont l’altitude varie de 90 à 108m (Fig : 26).

Les coupes géoélectriques M et Q (Fig : 27 et 28), montrent de francs contrastes de


résistivité, correspondant à quatre niveaux différents dont l’épaisseur n’est pas vérifiée. Le
premier horizon de 10 à 20Ω.m de résistivité correspond à des limons ou à des argiles
sableuses. Le deuxième niveau d’une résistivité de 5 à 10Ω.m est représenté par des argiles
brun-jaune. Le troisième horizon quant à lui, a une résistivité qui varie entre 40 et 100Ω.m,
correspondant à des graviers et galets consolidés peu ou pas argileux.

Tout cet empilement d’une puissance d’environ 30 à 40m, repose sur un substratum
marneux de résistivité inférieure à 5Ω.m. La terminaison septentrionale de cette terrasse est
particulièrement marquée par la présence de sables rouges de faible épaisseur (2 à 4m), dont
la résistivité est de l’ordre de 40 à 70Ω.m.

Fig : 26 -Coupe schématique entre Laghata et la mer.

Fig : 27 -Coupe géoélectrique étalonnée M à travers la 3ème et la 4ème terrasses alluviales.

- 44 -
Chapitre 4 Reconnaissance des formations aquifères par l’analyse des données géophysiques

4.2.2.2. Alluvions de la quatrième terrasse (q4)

Les alluvions se présentent sous l’aspect d’une bande large de 1 à 2km, s’étendant de
Bérafaï jusqu’au plateau des Beni K’sir, soit une longueur totale de 5km. Cette terrasse forme
une série de replats (Fig : 27 et 28) dont les côtes varient de 64m à 70m.

Au Nord de l’oued Beni Miane, les alluvions forment un placage étroit contre les
marnes bleues, elles y pénètrent sous les sables rouges de la 4ème terrasse marine et finissent
en biseau prés de Mandoura où la largeur ne dépasse pas 100m (Chemlal N,1983). Cette
terrasse se rencontre aussi en rive droite de l’oued Isser entre Bordj-Ménaïel et Isser Ville.
Les affleurements montrent des conglomérats à éléments de phyllades, grès et quartzites, à
leur base émergent des sources.

Fig : 28 -Coupe géoélectrique étalonnée Q, à travers la 3ème et la 4ème terrasses alluviales.

Les coupes géoélectriques M et Q (Fig : 27 et 28) réalisées au niveau de cette terrasse,


distinguent les mêmes gammes de résistivité que celles de la 3ème terrasse. L’étalonnage des
coupes en question à l’aide des forages 3516 et 3559 a permis de déterminer la nature
lithologique des différents niveaux. Les logs de forages font ressortir une épaisseur
d’ensemble qui varie entre 30 et 40m.

Forage 3516

0 – 9m : argiles brun-jaune à intercalations de graviers.


9 – 13m : graviers un peu argileux.
13 - 27m : argiles brun-jaune à intercalations de graviers.
27 – 36m : galets et graviers avec remplissage de sables un peu argileux.
36 – 60m : marnes bleues.

Forage 3559

0 – 24m : argiles jaune-brun avec intercalations de graviers.


24 – 31m : graviers avec sables argileux.
31 – 80m : marnes bleues.

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Chapitre 4 Reconnaissance des formations aquifères par l’analyse des données géophysiques

4.2.2.3. Alluvions de la cinquième terrasse (q5)

Les premiers indices s’observent au niveau du village de Si-Mustapha. Delà jusqu’à


Bérafaï, les alluvions forment une série de lambeaux étroits plaqués contre le substratum
marneux. De Bérafaï à Laghata, cette terrasse s’élargit jusqu’à atteindre 400m, avec une
épaisseur apparente de 20 à 30m de conglomérats peu consolidés. Plus en aval, ces alluvions
semblent disparaîtrent, on les retrouve cependant au Nord de Bordj-Ménaïel, puis à Haouch
Bel Abbes où ils constituent des mamelons conglomératiques (30 à 35m d’altitude) à la faveur
desquels émergent des sources d’eau souterraine.

4.2.2.4. Alluvions de la septième terrasse (q7)

Elles tapissent tout le fond de la basse vallée de l’oued Isser, formant ainsi la première
terrasse alluviale au dessus du lit majeur. Cette terrasse est large de 1 à 4km et s’étend sur 20
à 25km de long, soit de Béni Amrane jusqu’à l’embouchure de l’oued Isser.

Jusqu’à présent, les alluvions de la septième terrasse sont les plus exploitées et les plus
reconnues par forage. Pour la décrire, on a choisi quelques coupes géoélectriques réparties en
travers de l’oued Isser (Fig : 23). On distingue d’amont en aval :

• Coupe A- Forage F9 Timzer

Cette coupe a été étalonnée grâce au forage F9 situé à l’Est de Souk El Had
(Fig : 29). Le niveau limoneux de faible épaisseur décelé par le forage F9 n’est pas mis en
évidence par la coupe géoélectrique, par contre le niveau graveleux est représenté par un
horizon résistant de 50Ω.m, reposant sur un substratum marneux de résistivité inférieure à
5Ω.m. L’épaisseur de l’horizon graveleux qui est de 25m dans le lit majeur de l’oued, diminue
vers les bordures de la vallée pour atteindre 5m.

Fig : 29 -Coupe géoélectrique étalonnée A à travers la 7ème terrasse alluviale.

Forage F9 Timzer

0 – 2m : limons sableux.
2 – 15m : graviers un peu argileux à la base.
15 – 21m : marnes bleues.

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Chapitre 4 Reconnaissance des formations aquifères par l’analyse des données géophysiques

• Coupe B- Forage F629

On observe a un niveau résistant (50 < ρ < 100Ω.m) constitué de galets et surmonté par
un horizon limoneux et sableux mince (Fig : 30). Tout cet empilement, dont l’épaisseur varie
entre 10 et 25m, repose sur un substratum de très faible résistivité (ρ < 5Ω.m). Le forage
F629, localisé à moins de 1km au Nord du profil précédent met en évidence les formations
suivantes :

Forage F629

0 – 2m : limons sableux.
2 – 17,50m : galets un peu argileux à la base.
17,50 – 20m : marnes bleues.

Fig : 30 -Coupe géoélectrique étalonnée B à travers la 7ème terrasse alluviale.

• Coupe AD-E -Forage 3638

Cette coupe est le résultat d’une corrélation effectuée par N. Mancer (2000) entre les
profils E (1966) et AD (1972) (Fig : 31). Elle montre un niveau formé de graviers et de galets
sableux de 50Ω.m de résistivité, recouvert par un horizon de sables fins de résistivité variable
(50 à 300Ω.m) qui reposent sur un substratum marneux (ρ < 5Ω.m).

Fig : 31 -Coupe géoélectrique composite étalonnée AD-E à travers la 7ème terrasse alluviale.

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Chapitre 4 Reconnaissance des formations aquifères par l’analyse des données géophysiques

Le niveau de graviers et galets sableux s’enrichit par endroits en argiles et son épaisseur
qui est en moyenne de 30m, se réduit considérablement prés des bordures de la vallée.

Forage 3638

0 – 2m : sables fins.
2 – 34m : graviers et galets sableux.
34 – 52m : marnes grises.

• Coupe H- Forage 4080

La coupe H (Fig : 32) montre un niveau résistant (ρ= 50Ω.m) composé de galets et de
graviers sableux ayant une épaisseur de 10 à 30m, recouvert en partie par des argiles épaisses
de 5 à 30m. Ces alluvions reposent sur un substratum marneux d’une résistivité inférieure à
5Ω.m.

Fig : 32 -Coupe géoélectrique étalonnée H à travers la 7ème terrasse alluviale.

Forage 4080

0 – 6,5m : limons graveleux.


6,5 – 30,5m : argile limoneuse brune.
30,5 – 43,5m : galets et sables hétérogènes.
43,5 – 45m : marne grise dure.

• Coupe J- Forages 3515 et 3802

On distingue une formation argileuse qui se présente sous l’aspect d’une grande lentille
de 5 à 20m d’épaisseur (Fig : 33). Cette lentille d’argiles sépare un niveau limoneux
superficiel d’un autre graveleux profond dont la résistivité est égale à 50Ω.m. Les alluvions
reposent sur un substratum marneux de 5 à 8Ω.m de résistivité.

Le forage 3515 a décelé un passage vertical des graviers grossiers aux limons et silts
fins, contrairement à la géophysique.

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Chapitre 4 Reconnaissance des formations aquifères par l’analyse des données géophysiques

Fig : 33 -Coupe géoélectrique étalonnée J à travers la 7ème terrasse alluviale.

Forage 3802 Forage 3515

0 – 2m : limons. 0 – 8m : silts et limons.


2 – 23m : argiles. 8 – 12m : sables fins.
23 – 30m : graviers et galets. 12 – 25m : graviers un petit peu argileux.
30 – 31m : marnes et gravillons.
31 – 37m : marnes.

• Coupe L- Forages 3552 et 3294

La coupe géoélectrique L (Fig : 34) fait apparaître deux horizons résistants (5 à


100Ω.m), constitués de sables argileux et de galets graveleux d’une épaisseur de 10m chacun.
Ces deux niveaux sont séparés par un puissant niveau argileux (20m) d’une résistivité de
10Ω.m. Le niveau graveleux repose directement sur un substratum marneux de très faible
résistivité (ρ < 5Ω.m).

Fig : 34 -Coupe géoélectrique étalonnée L à travers la 7ème terrasse alluviale.

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Chapitre 4 Reconnaissance des formations aquifères par l’analyse des données géophysiques

Forage 3552 Forage 3294

0 – 6m : limons sableux. 0 – 5m : limons sableux.


0 – 15m : sables argileux très fins. 5 – 11m : graviers et galets.
15 – 38,5m : argiles brun-jaune. 11 – 20m : marnes bleues.
38,5m – 49m : graviers et galets.
49 – 53m : marnes gris-bleu.

• Coupe Q’- Forages 3661 et 3656

Nous observons un horizon constitué de galets et de graviers sableux parfois argileux


épais de 15m à 40m (Fig : 35) qui est intercalé entre deux assises d’argiles graveleuses de 10
à 30m d’épaisseur, le tout repose sur un substratum marneux de résistivité inférieure à 5Ω.m.
Par ailleurs, on remarque entre les coupes L et Q’ une dépression du toit du substratum
à la faveur de laquelle les alluvions (galets, graviers et sables argileux) sont très épaisses (70 à
80m).

Fig : 35 -Coupe géoélectrique étalonnée Q’ à travers la 7ème terrasse alluviale.

Forage 3656 Forage 3661

0 – 9m : limons sableux. 0 – 4m : limons sableux.


9 – 21m : argiles graveleuses. 4 – 10m : argiles jaunes.
21 – 27m : graviers et galets argileux. 10 – 32m : argiles graveleuses.
27 – 45m : galets argileux. 32 – 47m : galets et graviers sableux.
45 – 54m : galets et graviers argileux. 47 – 58m : argiles graveleuses.
54 – 59m : graviers et gravillons. 58 – 60m : marnes bleues.
59 – 64m : argiles grises.
64 – 65m : marnes bleues.

• Coupe S- Forages 3549 et 3620

Les deux niveaux résistants (50Ω.m) décelés par cette coupe (Fig : 36), sont constitués
respectivement de sables graveleux et de graviers à galets parfois argileux épais de 5 à 20m.
Ils sont séparés par une épaisse masse d’argiles de 35m. Tous ces dépôts alluvionnaires
reposent directement sur un substratum marneux de très faible résistivité, soit moins de 5Ω.m.

- 50 -
Chapitre 4 Reconnaissance des formations aquifères par l’analyse des données géophysiques

Fig : 36 -Coupe géoélectrique étalonnée S à travers la 7ème terrasse alluviale.

Forage 3549 Forage 3620


0 – 10m : argile jaunâtre légèrement sableuse. 0 – 3m : sol sableux blanchâtre.
10 – 13m : graviers grossiers argileux. 3 – 10m : argile sableuse jaunâtre.
13 – 43m : argiles avec quelques graviers. 10 – 14m : sables et graviers argileux.
43 – 56m : graviers grossiers à petits galets. 14 – 45m : argile sablo-graveleuse.
45 – 53m : graviers et galets argileux.
• Coupe U- Forage 3537

Après corrélation avec la coupe géoélectrique U, le forage 3537 a permis de corriger les
épaisseurs des différents niveaux (Fig : 37). Ainsi, on distingue deux horizons de 5 à 20m
d’épaisseur, représentés respectivement par des sables graveleux et des galets graveleux. Ces
deux niveaux dont la résistivité est de 50Ω.m, sont séparés par une formation argileuse de
25m d’épaisseur, ayant une résistivité égale à 10 Ω.m. Cet empilement alluvial repose sur un
substratum marneux d’une résistivité inférieure à 5 Ω.m.

Fig : 37 -Coupe géoélectrique étalonnée U à travers la 7ème terrasse alluviale.

- 51 -
Chapitre 4 Reconnaissance des formations aquifères par l’analyse des données géophysiques

Forage 3537

0 – 8m : argile jaunâtre.
8 – 13m : sables graveleux.
13 – 38m : argile gris-bleu.
38 – 46m : galets graveleux.
46 – 50m : argile graveleuse grise.
50 – 57m : galets graveleux.
57 – 59m : marnes gris-bleu.

• Coupe Y- Forages 3535 et 3337

La coupe Y fait ressortir un niveau de graviers et de galets sableux dont l’épaisseur


moyenne est de 25m qui est recouvert de 40 à 45m d’argiles grises, le tout repose sur un
substratum marneux. La couche d’argiles est surmontée d’un niveau de 4m de limons sableux
(Fig : 38).

Fig : 38 -Coupe géoélectrique étalonnée Y à travers la 7ème terrasse alluviale.

Forage 3535 Forage 3357

0 – 45m : argiles grises. 0 – 1m : limons sableux.


45 – 69m : graviers et sables. 1 – 36m : argiles.
69 – 70m : marnes. 36 – 38m : galets graveleux et sableux.

• Coupe AB- Forages 3566 et 3558

La coupe géoélectrique AB se situe entre Haouch Allal et Haouch Bel Abbes. Elle
montre une diminution de l’épaisseur de l’horizon résistant des galets et graviers sableux à
environ 10m (fig : 39). Cet amincissement du niveau résistant se fait à la faveur d’un
épaississement des argiles et des limons de surface qui peuvent atteindre ensemble 30m
d’épaisseur. Le substratum marneux qui supporte ces alluvions, se biseaute au contact des
bordures de la vallée alluviale.

- 52 -
Chapitre 4 Reconnaissance des formations aquifères par l’analyse des données géophysiques

Fig : 39 -Coupe géoélectrique étalonnée AB à travers la 7ème terrasse alluviale.

Forage 3566 Forage 3558

0 – 13m : argile sableuse. 0 – 5m : limon jaunâtre.


13 – 15m : limons avec graviers. 5 – 21m : galets, graviers et sables argileux.
15 – 30m : argile grises. 21 – 40m : marnes bleues.
30 – 41m : galets, graviers sableux.
41 – 43,5m : marnes bleues.

• Coupe W- Forage 3512

La coupe W montre un niveau d’une résistivité de 50Ω.m correspondant à des sables


graveleux épais de 10m, recouvert d’un ensemble d’argiles brunes, de limons et de silts d’une
épaisseur de 35m (Fig : 40).

Fig : 40 -Coupe géoélectrique étalonnée W à travers la 7ème terrasse alluviale.

On constate que plus on s’approche de l’embouchure de l’oued Isser, plus le niveau


résistant des alluvions à granulométrie grossière devient de moins en moins épais, en
revanche les niveaux argileux et limoneux le recouvrant sont quant à eux plus épais.

- 53 -
Chapitre 4 Reconnaissance des formations aquifères par l’analyse des données géophysiques

Forage 3512

0 – 4m : silts.
4 – 12m : limons.
12 – 35m : argiles brunes.
35 – 45m : sables graveleux un peu argileux.
45 – 48m : graviers.

• Coupe géologique schématique le long de la septième terrasse alluviale (q7)

Etablie à l’aide de 36 logs de forages (Mancer N, 2000), cette coupe traverse


longitudinalement la plaine alluviale du Bas Isser et ce, à partir de la région de Souk El Had
jusqu’au plateau de Aïne Mandoura (Fig : 41).

On y distingue un horizon susceptible d’être aquifère constitué de galets, de graviers et


de sables peu ou pas argileux, traversé par des lentilles d’argiles dont l’épaisseur peut
atteindre 25m, comme c’est le cas entre Laghata et l’Est de Ben Bata.

En aval de Si Mustapha cet horizon est surmonté par un niveau d’argiles peu sableuses.
La côte du substratum est très variable, elle varie entre +20m au niveau de Souk El Had et
-30m près de l’embouchure de l’oued Isser, ce qui représente une dénivelée totale de 50m.

Fig : 41 -Coupe géologique schématique le long de la 7ème terrasse alluviale (q7).

4.3. Carte du substratum de l’aquifère du Bas Isser

L’examen de la carte du substratum de l’aquifère du Bas Isser (Fig : 42) montre une
décroissance de la côte du toit du substratum qui s’effectue des bordures vers le centre de la
vallée. De fait, un sillon plus ou moins profond (de 20m à 80m) se dessine le long du cours de
l’oued Isser.
Nous remarquons aussi, l’existence de quelques dépressions qui marquent la surface du
substratum (Fig : 43). Il s’agit notamment, d’une dépression située entre Bordj-Ménaïel et les
Issers profonde de 80m (côte = -40m), d’une dépression située à l’Est de Ben Hammida

- 54 -
Chapitre 4 Reconnaissance des formations aquifères par l’analyse des données géophysiques

profonde de 55m (côte = -30m) et d’une dépression située au Sud de Haouch Bel Abbes
profonde de 70m (côte = -50m).

Fig : 42 -Carte du substratum de l’aquifère du Bas Isser.

Fig : 43 -Vue en 3D du substratum de l’aquifère du Bas Isser.

- 55 -
Chapitre 4 Reconnaissance des formations aquifères par l’analyse des données géophysiques

La morphologie du substratum telle qu’elle se présente va favoriser l’écoulement des


eaux souterraines en direction du fond de la vallée, particulièrement vers les dépressions
profondes du substratum.

4.4. Etude des terrasses quaternaires du Moyen Isser

Dans le Moyen Isser, les terrasses marines sont inexistantes. Cependant, on retrouve
quelques terrasses alluviales, il s’agit de :

- la septième terrasse alluviale (q7) ;


- la troisième terrasse alluviale (q3) ;
- la quatrième terrasse alluviale (q4).

La CCG entreprit à l’échelle de la plaine alluviale du Moyen Isser plusieurs compagnes


d’investigations géophysiques. Nous avons choisi les plus complètes (Fig : 44), à savoir :

- des profils électriques exécutés de 1964 à 1972, dans la région de Lakhdaria, dans la
plaine El Merdja et en aval de la localité de Kadiria ;

- des profils sismiques effectués en 1964, au Sud de Lakhdaria.

Fig : 44 -Profils géoélectiques et sismiques de la plaine alluviale du Moyen Isser.

4.4.1. Terrasses alluviales supérieures

4.4.1.1. Alluvions de la troisième terrasse (q3)

Les alluvions de cette terrasse se présentent sous forme de plages particulièrement


étendues dans la région de Lakhdaria et dans la plaine El Merdja. A ce niveau, elles forment
une bande longue de 2,5km.

La coupe géoélectrique D (Fig : 45), a révélé un niveau de limons argileux et graveleux


ayant une résistivité qui varie de 15 à 30Ω.m, en dessous duquel il y a un niveau de galets et
de graviers à remplissage sableux dont la résistivité est comprise entre 50 et 100Ω.m. Tout ce

- 56 -
Chapitre 4 Reconnaissance des formations aquifères par l’analyse des données géophysiques

recouvrement alluvial repose en concordance sur un substratum argileux d’une résistivité de


10Ω.m.

Fig : 45 -Coupe géoélectrique étalonnée D à travers la plaine El Merdja.

4.4.1.2. Alluvions de la quatrième terrasse (q4)

Ce sont des lambeaux discontinus au Sud de la plaine El Merdja, dans la localité de


Kadiria et en rive gauche de l’oued Isser.

La coupe C (Fig : 46) a mis en évidence trois horizons de résistivités différentes. Le


niveau le plus résistant (50 à 150Ω.m) est constitué de galets à remplissage sableux épais de
20m qui est surmonté par un niveau conducteur argileux de 2 à 12m. Ces alluvions reposent
sur un substratum schisteux dont la résistivité varie entre 40 et 200Ω.m.

Fig : 46 -Coupe géoélectrique étalonnée C à travers la 4ème terrasse alluviale.

On note que, les épaisseurs des différents niveaux ont été confirmées sur la base des
forages 3533 et 3534.

- 57 -
Chapitre 4 Reconnaissance des formations aquifères par l’analyse des données géophysiques

Forage 3533 Forage 3534

0 – 12m : argile. 0 – 4m: argile.


12 – 16m : galets et sables. 4 – 15m : gros galets et sable argileux.
16 – 25m : schiste noir. 15 – 20m : schiste.

4.4.2. Alluvions de la septième terrasse (q7)

Les limites d’extension de cette terrasse coïncident avec les bordures de la plaine du
Moyen Isser, ses alluvions forment une bande étroite de 100 à 500m le long du lit actuel de
l’oued. Dans les régions de Kadiria et de Lakhdaria (plaine El Merdja) la largeur de la terrasse
atteint respectivement 1,5 et 1,8km.

Un ordre de grandeur des résistivités pour chaque formation prospectée par sondage
électrique et/ou sismique est donné dans le Tableau 22.

Tableau 22 : Résistivités des alluvions et du substratum de la 7ème terrasse alluviale (Mancer N, 2000).
Niveaux Nature lithologique ρ (Ω.m) Vitesse de propagation (m/s)
Limons argileux 15-130 300 (tranche aérée)
Limons argilo-graveleux 20-50 300-400
Argile de surface 10 au moins 500-600
Recouvrement
Alluvions sableuses sèches 50-150 700-900
Alluvions grossières sèches 200-500 700-900
Alluvions imbibées d’eau 60-100 1400-1600
Calcaro-marneux 40-100 2900-4000
Substratum
Argileux 10-15 2500-3000

4.4.2.1. Septième terrasse alluviale au Sud de Lakhdaria

• Coupe géoélectrique S

La coupe S corrigée par la sismique réfraction montre un horizon superficiel limono-


argileux épais de 3 à 5m et caractérisé par une vitesse de propagation de l’onde sismique
égale à 300m/s (Fig : 47). Cet horizon recouvre en concordance des galets, des graviers et des
sables marqués par une vitesse de propagation qui varie de 1800 à 2400m/s.

Fig : 47 -Coupe géoélectrique S à travers la 7ème terrasse alluviale, Sud de Lakhdaria.

- 58 -
Chapitre 4 Reconnaissance des formations aquifères par l’analyse des données géophysiques

• Coupes géoélectriques G et H

On a un niveau constitué de galets et de graviers d’une épaisseur de 15m qui se biseaute


près des bordures (Fig : 48 et 49). Au dessus de ce niveau, reposent des limons graveleux et
argileux d’une épaisseur de 10m, caractérisés par une résistivité de l’ordre de 10 à 30Ω.m. Le
substratum de ce recouvrement alluviale est constitué de marnes calcaires sénoniennes.

Fig : 48 -Coupe géoélectrique G à travers la 7ème terrasse alluviale, Sud de Lakhdaria.

Fig : 49 -Coupe géoélectrique H à travers la 7ème terrasse alluviale, Sud de Lakhdaria.

4.4.2.2. Septième terrasse alluviale au niveau de la plaine El Merdja

• Coupes géoélectriques B et R

Situées à moins de 3km à l’Est de Lakhdaria, les coupes géoélectriques B et R (Fig : 50


et 51) montrent un niveau grossier formé de graviers et de conglomérats d’une épaisseur de
10 à 20m. La sismique réfraction différencie cependant un horizon sec d’une vitesse de
propagation de l’ordre de 300 à 900m/s et un horizon profond imbibé d’eau, dont la vitesse de
propagation varie entre 1600 et 2400m/s, avec une épaisseur de l’ordre de 5 à 15m.

- 59 -
Chapitre 4 Reconnaissance des formations aquifères par l’analyse des données géophysiques

Le niveau des alluvions grossières est surmonté par des limons argileux et graveleux,
caractérisés par une vitesse de propagation variant entre 300 et 400 m/s. Tout cet ensemble
repose sur un substratum argileux et calcaro-marneux.

Fig : 50 -Coupe géoélectrique B corrigée par la sismique, plaine d’El Merdja.

Fig : 51 -Coupe géoélectrique R corrigée par la sismique, plaine d’El Merdja.

4.4.2.3. Septième terrasse alluviale au niveau de la région de Kadiria

• Coupe géoélectrique A

Au Nord-Ouest de Kadiria, la coupe géoélectrique A (Fig : 52) a mis en évidence des


galets, des graviers et des sables d’une résistivité variable entre 100 et 150Ω.m. Ces dépôts
ont une épaisseur maximale de 30m au fond de la vallée et se biseautent en périphérie.

Les galets, les graviers et les sables sont recouverts de limons graveleux peu argileux de
quelques mètres d’épaisseur, caractérisés par des résistivités de l’ordre de 5 à 20Ω.m.

- 60 -
Chapitre 4 Reconnaissance des formations aquifères par l’analyse des données géophysiques

Fig : 52 -Coupe géoélectrique A, aval de Kadiria.

• Coupe géologique schématique M

En remontant le cours de l’oued Isser vers l’amont de Kadiria on trouve respectivement


les forages suivants : F39, F51, F18, F50, F17 (Fig : 53). Les logs de ces forages ont servi
(Mancer N, 2000) à établir la coupe géologique schématique M (Fig : 53).

Fig : 53 -Coupe géologique schématique M, amont de Kadiria.

On remarque que la côte du substratum marno-calcaire est peu variable. Celui-ci est
surmonté par des galets, des graviers et des sables d’une épaisseur de 10m. En haut de la
coupe on trouve des limons argileux et sableux de 2 à 3m d’épaisseur.

4.5. Carte du substratum de l’aquifère du Moyen Isser

Cette carte (Fig : 54) montre, comme pour le Bas Isser, une décroissance de la côte du
substratum qui s’effectue à partir des bordures jusqu’au fond de la vallée. Les côtes du
substratum varient entre +160m en amont de la localité de Kadiria et +100m au Sud de
Lakhdaria, soit une dénivelée totale de 60m. La profondeur du substratum dépasse rarement
les 25m.
Les courbes espacées de la côte du substratum témoignent de la présence de pentes
douces. Vu la structure du substratum de l’aquifère du Moyen Isser (Fig : 55), les eaux
souterraines vont à priori s’écouler vers le fond de la vallée qui représente l’axe principal de
drainage.

- 61 -
Chapitre 4 Reconnaissance des formations aquifères par l’analyse des données géophysiques

Fig : 54 -Carte du substratum de l’aquifère du Moyen Isser.

Fig : 55 -Vue en 3D du substratum de l’aquifère du Moyen Isser.

4.6. Conclusion

Les alluvions qui constituent le réservoir aquifère de la plaine alluviale de l’oued Isser
sont représentées par des galets, des graviers, et des sables renfermant par endroits des
lentilles argileuses. Ces alluvions se présentent sous forme de terrasses disposées en gradins
étagés partiellement emboîtés.

Au niveau du Bas Isser, les alluvions aquifères reposent sur des marnes mio-pliocènes
et sont recouvertes d’argiles et de limons à partir de Si-Mustapha. Dans le moyen Isser, elles
chevauchent sur des schistes marneux albo-aptiens et des marnes calcaires sénoniennes

- 62 -
Chapitre 4 Reconnaissance des formations aquifères par l’analyse des données géophysiques

Les sillons ainsi que les dépressions du substratum, renfermant de puissants dépôts
alluviaux représentent des d’axes de drainage privilégiés et des zones de convergence pour les
eaux souterraines.

- 63 -
Chapitre 5
Hydrodynamisme des eaux souterraines

5.1. Identification des réservoirs aquifères

Les alluvions aquifères de la plaine alluviale de l’oued Isser se présentent


essentiellement sous forme de terrasses alluviales et marines plus au moins étendues. Ces
terrasses étagées et partiellement emboîtées sont caractérisées par une porosité d'interstice et
une continuité latérale du faciès (galets, graviers et sables peu argileux), ce qui favorise le
développement des relations hydrauliques.

Au Bas Isser, la septième terrasse alluviale large de 1 à 4km et s’étendant sur plus de
20km, soit de Souk El Had jusqu’à l’embouchure de l’oued Isser, renferme l’aquifère le plus
exploité. La nappe est libre entre Souk El Had et Si-Mustapha, ailleurs, elle est semi-libre à
captive sous le recouvrement argilo-limoneux. L’épaisseur des alluvions aquifères est de
l’ordre de 10 à 70m. Près des bordures, l’aquifère s’amenuise à quelques mètres seulement.

Au niveau du Moyen Isser, la nappe est essentiellement contenue dans les alluvions de
la septième terrasse. Ces alluvions forment une bande large de 100 à 500m le long du lit
mineur de l’oued Isser. Dans les régions de Lakhdaria et Kadiria leur largeur atteint 1,5 à
1,8km. Les alluvions aquifères ont une épaisseur qui varie entre 8 et 22m et sont partout
recouvertes de limons graveleux plus au moins argileux, rendant la nappe libre à semi-libre.

5.2. Piézomètrie

5.2.1. Inventaire et caractéristiques des points d’eau

La plaine alluviale de l’oued Isser compte trois sortes de points d’eau :

ƒ des forages pour les besoins d’alimentation en eau potable, de l’irrigation et de


l’industrie. Soit plus de 100 forages au Bas Isser et prés de 30 forages au Moyen Isser, la
majorité de ces forages atteint le substratum de l’aquifère;

ƒ des puits utilisés pour la consommation quotidienne en eau et l’irrigation des


cultures, dont la plupart ont une profondeur inférieure à 25m, n’exploitant ainsi que l’horizon
superficiel de l’aquifère. On compte plus de 135 puits dans le Bas Isser et 51 puits au niveau
du Moyen Isser ;

ƒ des sources qui émergent à la base des terrasses littorales et alluviales. Certaines
sources captées sont utilisées pour des usages domestiques, voir même agricoles. Il y a 15
sources au Bas Isser et 5 sources dans le Moyen Isser (Guirkanov A, 1974).

Dans le cadre de l’étude de l’aménagement hydro-agricole du périmètre compris entre


Kadiria et l’embouchure de l’oued Isser, l’AGID (Agence de Gestion des Infrastructures
hydrauliques pour l’irrigation et le Drainage) a relevé entre décembre 1993 et janvier 1994,
les niveaux piézométriques de 35 puits appartenant à la plaine alluviale du Moyen Isser,

- 64 -
Chapitre 5 Hydrodynamisme des eaux souterraines

ensuite de janvier à février 1994, ceux de 81 puits situés dans la plaine alluviale du Bas Isser
(Fig : 56 et 57). On signale cependant que ces relevés ont été effectués essentiellement au
niveau des puits de la septième terrasse alluviale.

Fig : 56 -Inventaire des puits d’eau du Bas Isser (janvier-février 1994).

Fig : 57 -Inventaire des puits d’eau du Moyen Isser (décembre 1993- janvier 1994).

- 65 -
Chapitre 5 Hydrodynamisme des eaux souterraines

5.2.2. Interprétation des cartes piézométriques

a. Carte piézométrique du Bas Isser

L’écoulement des eaux souterraines s’effectue principalement d’amont en aval tout au


long du cours de l’oued Isser (Fig : 58), suivant un axe de drainage qui épouse le sillon
constitué par le substratum marneux.

Comme en témoignent les courbes isopièzes parallèles et subparallèles aux limites de la


septième terrasse alluviale, il y a apports en eaux souterraines à partir des formations de
bordures, notamment les apports provenant des terrasses latérales supérieures (q3, q4, q5) où
les relations hydrauliques sont confortées par la présence de quelques sources.

Les courbes isopièzes fermées en aval des Issers correspondent à des dépressions, vers
lesquelles les lignes de courant convergent. Ces dépressions qui coïncident avec les creux du
substratum sont dues à l’influence des champs de captage des Issers et de Borj- Ménaïel.
Au Nord, les eaux souterraines qui convergent à partir des terrasses marines vont
s’acheminer vers l’embouchure de l’oued. Cet écoulement est soutenu par un alignement de
sources qui émergent à la base de la quatrième terrasse marine (qm4).

Les gradients hydrauliques varient d’une manière irrégulière. En effet, au niveau des
bordures et des terrasses littorales, les valeurs sont fortes (1 à 2%), indiquant la mauvaise
perméabilité des alluvions argilo-sableuses; au fond de la vallée les valeurs sont faibles
(0,7%) et correspondent aux alluvions à granulométrie grossière de bonne perméabilité.

Fig : 58 -Carte piézométrique du Bas Isser (février 1994).

- 66 -
Chapitre 5 Hydrodynamisme des eaux souterraines

b. Carte piézométrique du Moyen Isser

L’axe principal de drainage coïncide avec la partie la plus profonde de la vallée et


traverse par endroits le lit de l’oued (Fig : 59). Ainsi l’écoulement des eaux souterraines
s’effectue de Kadiria à Lakhdaria suivant une orientation SE-NO.

Sur la rive droite de l’oued Isser, de Kadiria au Sud de Lakhdaria en passant par la
plaine El Merdja, les eaux souterraines convergent à partir des terrasses latérales supérieures
(q3, q4) et des formations de bordures, contribuant de ce fait à l’alimentation de la nappe.

En amont de la plaine le gradient hydraulique de la septième terrasse alluviale est faible


(0,2%), il augmente cependant au niveau de la quatrième terrasse alluviale où il atteint 2%. En
aval suite au resserrement des courbes isopièzes, les gradients hydrauliques augmentent
jusqu'à 3%.

Fig : 59 -Carte piézométrique du Moyen Isser (janvier 1994).

5.2.3. Fluctuations des niveaux piézométriques

On a établi la carte d’équibattements des eaux souterraines du Bas Isser (Fig : 60) grâce
aux relevés des campagnes piézométriques de septembre et de avril 2003 (service
hydrogéologique de Blida).

Cette carte montre des fluctuations de l’ordre de 1 à 2m le long de l’axe principal de


drainage qui s’accentuent en périphérie de l’aquifère pour atteindre 3 à 4m. En aval de Bordj-
Menaïel les courbes sont fermées et montrent une fluctuation de 4m au centre de la plaine,
due à l’influence des pompages.

Selon A. Guirkanov (1974), au niveau de la partie centrale de l’aquifère du Bas Isser, la


position minimale des niveaux a lieu en septembre-octobre, celle maximale correspond au
mois de février avec une amplitude annuelle des fluctuations variant entre 2 et 3m. Dans le
Moyen Isser, la position minimale des niveaux a lieu entre octobre et novembre tandis que le
maximum est atteint en février. L’amplitude annuelle des fluctuations piézométriques est de
1,5 à 2,5m près du lit de l’oued, sur la plaine El Merdja l’amplitude annuelle de la variation
des niveaux est de l’ordre de 4,5 à 5m.
- 67 -
Chapitre 5 Hydrodynamisme des eaux souterraines

Il y a donc un décalage de 1 à 2 mois entre le début des précipitations (excitation de


nappe) et la montée des niveaux des eaux souterraines (réponse de la nappe). On en déduit
que la recharge de la nappe aquifère dépend essentiellement des précipitations efficaces.

Fig : 60 -Carte d’ équibattements des eaux souterraines du Bas Isser (septembre- avril 2003).

5.3. Alimentation des nappes

L’interprétation des données géologiques, géophysiques et des cartes piézométriques


nous a permis de mieux appréhender les sources d’alimentation des nappes alluviales du Bas
et Moyen Isser. Dans l’ensemble l’alimentation s’effectue par :

- la recharge des précipitations efficaces, dans les zones libres de la nappe et dans un
degré moindre dans les parties recouvertes d’argiles et de limons peu perméables ;

- la vidange des terrasses marines et alluviales élevées (q4m, q3, q4) qui peut par endroits
s’effectuer à la faveur de sources de faibles débits;

- l’infiltration des eaux de l’oued Isser en période de hautes eaux, ainsi que les inféro-
flux des affluents majeurs tels que : l’oued Djemâa et l’oued Bordj Ménaïel pour le Bas
Isser, l’oued Djemâa et l’oued Bou Hamouda pour le Moyen Isser ;

- les apports difficiles à quantifier des formations compactes de bordures, marquées par
des discontinuités tectoniques, tels que les schistes et micaschistes altérés du socle
métamorphique, les conglomérats et les grès de la dorsale Kabyle.

- 68 -
Chapitre 5 Hydrodynamisme des eaux souterraines

5.4. Relation hydraulique oued-nappe

L’analyse de l’hydrogramme de l’oued Isser et des courbes de variation du niveau des


eaux souterraines du Moyen et du Bas Isser, montre qu’en période de hautes eaux (octobre-
avril) la nappe aquifère est alimentée par l’oued, tandis qu’en période d’étiages la tendance
s’inverse et l’oued draine la nappe (Guirkanov A, 1974).

Il y a dans le Bas Isser une relation hydraulique entre la nappe et l’oued Isser,
notamment dans le périmètre compris entre Souk El Had et Bordj-Ménaïel. En aval, la nappe
est séparée de l’oued par une assise d’argiles de 15 à 30m d’épaisseur, la relation hydraulique
devient de fait négligeable.

Les courbes de variation du niveau des eaux souterraines répètent en général celles des
eaux de l’oued Isser. On observe entre ces courbes un décalage de 10 à 20 jours et l’écart le
plus petit est enregistré dans les zones proches du lit actuel.

Deux campagnes de jaugeages différentiels ont été réalisées en période de basses eaux
au niveau des stations du Bas Isser (Chemlal N, 1980). Les résultats reportés dans le
tableau 23, ne sont pas représentatifs d’un débit moyen, mais permettent toutefois d’observer
les relations entre l’oued et la nappe.

Tableau 23 : Résultats des jaugeages différentiels de l’oued Isser en m3/s, (Chemlal N, 1983).

Dates de jaugeage Pont de 2km au Nord de Est d’Oulad


Souk El Had Si Mustapha
l’Isser Bordj-Ménaïel Ziane

Début août 1980 1,25 1,45 1,7 1,36 /


Mi-août 1980 0,58 0,63 0,93 0,80 0,63

Le débit de l’oued Isser (Fig : 61) augmente entre Souk El Had et le village des Issers et
indique une alimentation de l’oued Isser par la nappe, puis il diminue en aval et traduit le
phénomène inverse.

Q (m 3/s)
Q (m3/s) Début août 1980 Q (m3/s) Mi-août 1980
1.8

1.6

1.4

1.2

0.8

0.6

0.4

0.2
Stations
0
Souk El Had Si Mustapha Pont de l’Isser 2km au Nord de Est d’Oulad Ziane
B.Ménaïel

Fig : 61 -Jaugeages différentiels des eaux de l’oued Isser (Chemlal N, 1983).

Au Moyen Isser, il y a relation hydraulique étroite entre l’oued et l’aquifère à l’Est de


Kadiria et au niveau de la plaine El Merdja. Dans les zones proches du lit de l’oued les
variations de niveau des eaux souterraines et superficielles s’effectuent presque
simultanément. La courbe de variation du niveau des eaux souterraines se superpose à la

- 69 -
Chapitre 5 Hydrodynamisme des eaux souterraines

courbe de variation des eaux superficielles (Guirkanov A, 1974) avec un décalage de 15 à 25


jours (plaine El Merdja).

En période d’étiages, entre Kadiria et les gorges de Lakhdaria, le niveau de l’oued


descend brusquement, les roches du fond (schistes et marnes) apparaissent et l’oued coule
uniquement dans le lit imperméable. Simultanément la nappe se décharge dans l’oued, par le
biais de sources, dont le débit se réduit au fur et à mesure que le niveau de la nappe descend.
En période de hautes eaux, le niveau d’eau dans l’oued remonte et la vidange de la nappe
s’arrête : les relations hydrauliques s’inversent.

5.5. Détermination des paramètres hydrodynamiques des aquifères

Pour résoudre les équations de diffusivité on peut bâtir des situations simples dans
lesquelles ces équations sont algébriquement solubles, comme un pompage continu dans un
aquifère infini. Grâce à ces solutions, des essais de pompage, accompagnés de suivis de
piézomètres, pourront être « interprétés », c’est-à-dire qu’on déduira des observations les
paramètres de l’aquifère (P.A. Roche, 2001).

5.5.1. Méthodes d’interprétation des essais de pompage

En général, l’interprétation des essais de pompage se fait à partir des expressions de


l’écoulement de l’eau souterraine vers les ouvrages de captage, en régime transitoire, établies
par C.V. Theis (1935) et C.E. Jacob (1952).

Rappelons les hypothèses de base des formules de Theis et de Jacob (Fig : 62) :

- milieu infini, homogène et isotrope;


- transmissivité constante (nappe captive, nappe libre peu rabattue);
- charge constante dans la nappe sur une verticale;
- forage captant la nappe sur toute son épaisseur, pompant à débit constant, avec rayon du
forage négligeable;
- nappe initialement immobile.

Fig : 62 -Puits parfait en nappe captive infinie (Detay M, 1993).

5.5.1.1. Approximation logarithmique de Jacob

Lorsque le temps de pompage (t) croit, on peut adopter l’approximation logarithmique


de la fonction de Theis, dite alors formule de Jacob. Celle-ci s’écrit :

- 70 -
Chapitre 5 Hydrodynamisme des eaux souterraines

Q 2,25Tt
∆ = 0,183 log
T x2S
Avec :
∆ : rabattement mesuré dans un piézomètre (m) ;
Q : débit de pompage constant (m3/s) ;
T : transmissivité (m²/s) ;
S : coefficient d’emmagasinement ;
x : distance du piézomètre à l’axe du puits (m) ;
t : temps écoulé à un instant donné depuis le début du pompage en secondes.
La résolution de la formule de C.E. Jacob et obtenue par le tracé et l’interprétation de la
droite représentative : rabattements/logarithmes des temps de pompage.

Q 2,25T
∆= 0,183 (log 2 + log t)
T x S

La pente de la droite représentative qui représente l’accroissement des rabattements au


cours d’un module logarithmique permet de déterminer la transmissivité. Il convient donc de
choisir deux points arbitraires A et B sur cette droite, avec :

Q ⎛t ⎞ Q ⎛t ⎞
∆B - ∆A = 0,183 log⎜⎜ B ⎟⎟ soit T = 0,183 log⎜⎜ B ⎟⎟
T ⎝ tA ⎠ ΔB − ΔA ⎝ tA ⎠

Comme : tB = 10 tA , on aura :
Q
T = 0,183
ΔB − ΔA

Le coefficient d’emmagasinement est obtenu par calcul numérique dans le deuxième


terme de la formule de Jacob. Ou plus simplement, avec t0 lorsqu’il peut être déterminé, par
l’expression :
2,25Tt 0 2,25Tt 0
log 2
= 0 soit =1
x S x2S

2,25Tt 0
D’où : S =
x2
5.5.1.2. Solution de Theis

C.V. Theis (1935) a utilisé la réponse impulsionnelle à un débit constant à l’origine


(t=0), pour calculer la réponse au pompage. A la fin du pompage, le niveau d’eau remonte à
son état initial, ceci peut être considéré comme une injection d’eau dans le forage
correspondant à un débit négatif constant.

On mesure le rabattement résiduel Δ r qui correspond à la différence entre le niveau


statique et le niveau mesuré à l’instant t’, temps écoulé depuis l’arrêt du pompage. L’équation
de la remontée, après arrêt de pompage, est :

Q t + t'
Δ r = 0,183 . log
T t'

- 71 -
Chapitre 5 Hydrodynamisme des eaux souterraines

Avec :
Δ r : rabattement résiduel mesuré à un instant donné pendant la remontée (m) ;
t : temps écoulé à un instant donné depuis le début du pompage en secondes ;
t ' : temps de remontée en secondes.
Après la période de post-production (période durant laquelle le niveau de l’eau dans le
forage atteint celui de la nappe), les points s’alignent selon une droite moyenne, qui pour un
module logarithmique, a une pente (a) donnée par l’expression :

Q Q
a = 0,183 , d’où l’on obtient : T = 0,183
T a

5.5.2. Mode opératoire des essais de pompage

Les essais de pompage réalisés au niveau des plaines alluviales du Bas et Moyen Isser
ont été interprétés par les services hydrogéologiques de la DHW de Boumerdès. Par la suite
quelques essais ont été réinterprétés dans le cadre de travaux universitaires. Cependant, on
note qu’une grande partie des essais de pompage effectués à partir des années 1990 sont
inexploitables, vu l’absence d’une méthodologie appropriée lors de l’enregistrement des
données sur terrain.

Après le développement à l’air lift, on effectue un essai à blanc qui est un essai par
paliers (3 à 4 paliers) de débits enchaînés. On change de palier après avoir observé la
stabilisation du rabattement pendant 2 à 4 heures. Après l’arrêt du pompage, on laisse le
niveau reprendre son état initial. Cet essai à blanc permettra par la suite de déterminer le débit
de pompage de l’essai définitif (Fig : 63) ou essai de longue durée (48 à 72 heures). Une fois
l’essai définitif terminé, on observe la remontée du rabattement jusqu’à atteindre le niveau
statique de la nappe.
Vu l’inexistence de piézomètres, les mesures sont effectuées directement dans le forage
en cours de pompage.

Fig : 63 -Essai de pompage de longue durée (72 heures).

Les tableaux 24 et 25 récapitulent l’ensemble des paramètres hydrodynamiques des


aquifères du Bas et Moyen Isser, obtenus par l’interprétation des essais de pompage.

- 72 -
Chapitre 5 Hydrodynamisme des eaux souterraines
Tableau 24 : Paramètres hydrodynamiques de l’aquifère du Bas Isser.
Transmissivités T
Epaisseurs (10-3 m2/s)
Perméabilités
Codes des forages X (km) Y (km) aquifères Remontée de S (%)
Méthode de K (10-4 m/s)
H (m) Theis
Jacob
627 580,700 378,050 14 / 0,7 1 /
3291 589,800 384,750 19 / 2,8 / /
3294 587,450 380,450 6 / 4,4 7 /
3335 588,526 392,691 9 / 1,8 2 /
3336 590,939 389,979 5 / 0,2 0,4 /
3373 588,388 392,561 17,7 / 1,7 1 /
3489 590,161 391,092 10 / 13 12 17
3490 590,120 391,580 5 / 0,7 1 /
3491 589,500 391,200 10 / 0,7 1 /
3492 589,800 392,000 4 / 4,7 12 /
3519 586,590 382,800 17 / 3,4 2 /
3535 589,900 389,390 20 6,91 7,3 4 0,2
3536 590,190 385,660 14 6,58 7,2 6 0,15
3537 590,025 387,330 8 7,9 8 10 0,3
3538 587,380 381,880 53 1,56 1,3 0,2
3548 583,100 380,000 13 2,6 2,8 3 7
3549 590,380 386,140 14 / 7,5 6 2
3551 585,710 380,620 8 / 3 4 0,1
3552 587,025 381,810 9 4,2 5,9 7 1
3553 588,170 382,230 38 2,62 2,7 0,6 24
3554 589,380 389,140 8 5,02 3,5 5 2
3556 589,880 384,500 8 / 5 4 0,2
3558 590,520 390,715 13 / 11 8 12
3640 585,250 381, 000 30 / 2,9 1 /
3649 587,270 381,720 28 / 1,8 1 /
3645 587,810 381,450 55 / 0,9 0,2 /
3646 587,860 381,120 40 / 0,3 1 /
3647 587,880 380,720 25 / 3,5 0,1 /
3648 588,130 381,640 33 / 8,1 2 /
3516 588,820 387,240 9 / 0,9 1 /
3637 583,420 379,535 7 / 1,2 2 /
3639 582,045 379,585 25 / 4,6 2 /
3638 581,545 379,660 15 / 6,2 4,1 /
3657 588,807 382,099 30 / 4,1 4 /
3655 589,351 382,291 20 / 3,1 2 /
3658 589,160 383,440 22 / 4,7 2 /
3661 588,760 383,160 15 / 3,1 2 /
3666 589,350 384, 000 22 / 0,7 0,3 /
3668 589,850 387,400 15 / 1,2 1 /
4042 581,650 379,600 16 / 0,4 0,3 /

- 73 -
Chapitre 5 Hydrodynamisme des eaux souterraines
Tableau 25: Paramètres hydrodynamiques de l’aquifère du Moyen Isser.
Transmissivités
Epaisseurs T (10-2 m2/s)
Codes des forages Perméabilités
X (km) Y (km) aquifères Remontée de S (%)
et des puits K (10-3 m/s)
H (m) Theis

1244 591,425 355,950 6 0,8 0,1 /


1511 581,775 363,175 5 0,02 0,04 /
2370 581,425 362,575 8 0,4 0,5 /
2794 581,525 362,100 8 1,6 2 /
3273 579,38 362, 000 4 2,2 5,5 /
3274 579,420 362,300 3 0,6 2 /
3275 579,200 362,150 8 0,08 0,1 /
3358 588,200 359,300 6,5 0,5 0,8 /
3477 589, 000 358,260 5 1,1 2,2 /
3476 588,750 358,260 6 1,6 2,7 /
3340 580,570 361,675 4,25 2,5 5,8 /
23 bis/65 588,500 359,375 / 2,7 / /
29/43 582,570 363,200 / 0,1 / 9
31/43 582,050 363,060 / 0,7 / 12

5.5.3. Cartes des paramètres hydrodynamiques

5.5.3.1. Cartes des transmissivités

La quasi-totalité des valeurs de transmissivité de l’aquifère du Bas Isser ont été


déterminées au niveau des forages profonds de la septième terrasse alluviale. Les valeurs de
transmissivité sont du même ordre de grandeur (10-3m2/s). Elles varient d’une manière
irrégulière, entre 0,1. 10-3 et 13. 10-3m2/s, témoignant ainsi de l’hétérogénéité des dépôts
alluvionnaires.

Les courbes d’isovaleurs évoluent globalement suivant le sens de l’écoulement des eaux
souterraines (Fig : 64). En aval de l’aquifère elles sont subparallèles aux limites des terrasses
alluviales perchées et se ferment entre Isserville et Haouch Bel Abbes, où l’on enregistre les
plus fortes valeurs de transmissivité qui correspondent aux alluvions épaisses à granulométrie
grossière.

Les transmissivités varient entre 2. 10-3 et 8. 10-3m2/s entre Isser Ville et Borj-Ménaïel
et atteignent 13. 10-3m2/s en amont de Haouch Bel Abbes. Les plus faibles valeurs, soit
0,2. 10-3m2/s, se situent au niveau de l’horizon superficiel de l’aquifère à remplissage argileux
capté par les puits peu profonds, ainsi qu’en bordures de la plaine avec 0,1. 10-3m2/s.

Les courbes de transmmissivité du Moyen Isser (Fig : 65) ont été tracées là où les
données sont suffisantes, c'est-à-dire au niveau de la plaine El Merdja et dans la région de
Kadiria. Les transmissivités varient sur une large gamme de valeurs, soit de 0,02. 10-2 à
2,7. 10-2m2/s et se répartissent d’une manière irrégulière.

Tout en épousant l’allure des courbes isopièzes, les courbes d’isovaleurs montrent un
accroissement de la transmissivite qui passe de 0,5. 10-2m2/s au niveau de la plaine El Merdja
à 2,5. 10-2m2/s au centre de la vallée. En amont de Kadiria, l’épaisseur des alluvions ne
dépasse pas les 10m, on remarque de fortes valeurs de transmissivité, de l’ordre de 1,1. 10-2 à
2,7. 10-2m2/s.

- 74 -
Chapitre 5 Hydrodynamisme des eaux souterraines

On note que les coefficients d’emmagasinement varient de 0,1 à 24% au Bas Isser. Le
coefficient d’emmagasinement de l’aquifère du Moyen Isser a été estimé par A. Guirkanov
(1974) à 10%.

Fig : 64 -Carte des transmissivités de l’aquifère du Bas Isser.

Fig : 65 -Carte des transmissivités de l’aquifère du Moyen Isser.

- 75 -
Chapitre 5 Hydrodynamisme des eaux souterraines

5.5.3.2. Cartes des perméabilités

Les perméabilités sont calculées grâce aux transmissivités et aux épaisseurs des
alluvions aquifères, fournies par l’interprétation des essais de pompage, et ce en utilisant la
relation suivante :

T
K=
e
Avec :
K : perméabilité des alluvions (m/s) ;
T : transmissivité des alluvions (m2/s) ;
e : épaisseur aquifère des alluvions (m).

Dans la région des Issers les courbes d’isovaleurs (Fig : 66) montrent une diminution
dans les valeurs de perméabilité, celle-ci passe de 7. 10-4m/s prés des limites de la 7ème
terrasse alluviale à 0,2. 10-4m/s au niveau de la confluence des oueds Isser et Djemaâ.

En aval de Bordj-Ménaïel, les courbes de perméabilité sont subparallèles aux terrasses


alluviales élevées et se ferment au centre de la plaine, les perméabilités varient entre
2. 10-4m/s près des bordures et 10. 10-4m/s dans le lit de l’oued Isser. Les valeurs de
perméabilité peuvent atteindre jusqu’à 12. 10-4m/s, comme c’est le cas au Sud de Haouch Bel
Abbes.

Fig : 66 -Carte des perméabilités de l’aquifère du Bas Isser.

Vu l’insuffisance des données de perméabilité au Moyen Isser, on s’est contenté de


tracer les courbes d’isovaleurs au niveau de la plaine El Merdja et ses environs directs.

- 76 -
Chapitre 5 Hydrodynamisme des eaux souterraines

On constate que les perméabilités augmentent de 0,5 10-3 à 5,5. 10-3m/s suivant le sens
de l’écoulement des eaux souterraines. En amont de Kadiria, les valeurs de perméabilité
varient entre 0,8. 10-3 et 2,7. 10-3m/s.

Fig : 67 -Carte des perméabilités de l’aquifère du Moyen Isser.

5.6. Bilan des nappes

Une deuxième difficulté, après la détermination des caractéristiques des aquifères, est
d’évaluer les apports naturels qui les alimentent. Le but du bilan est d’obtenir l’estimation des
réserves dynamiques en eau souterraine. Le bilan des eaux souterraines peut être considéré
d’après la quantité d’eau pour tout l’aquifère aussi bien que pour quelques zones isolées,
tenant compte des intervalles de temps déterminés. Comme on est en présence de deux
systèmes hydrogéologiques quasi-indépendants, les ressources du Moyen et du Bas Isser
seront estimées séparément.

5.6.1. Les prélèvements

Selon l’enquête du service hydrogéologique de la DHW de Boumerdès, la production


annuelle des eaux souterraines pour les besoins de l’AEP à l’issue de l’année 2003 serait de
l’ordre de 11,40Hm3 (Tableau : 26).
L’enquête réalisée par la DSA (Direction des Surfaces Agricoles) en 1998, évalue les
surfaces irriguées de la plaine alluviale du Bas Isser à 1472 hectares, ce qui représente une
consommation annuelle en eau d’irrigation de l’ordre de 5Hm3.

Les prélèvements d’eau souterraine sont mal connus dans le Moyen Isser, afin de les
représenter au mieux, des estimations sont possibles par compilation de diverses sources de
données.
Pour l’AEP et l’industrie, on utilise 9 forages exploités durant toute l’année dont les
débits varient entre 4 et 12l/s, totalisant ainsi 1,40 Hm3 par an. En plus 39 puits ruraux
fournissent un volume annuel de 0,64Hm3.
Pour les besoins de l’irrigation, il existe des stations de pompage qui fonctionnent de 6 à
12 heures en moyenne par jour durant 6 mois (de mai à octobre) ; les volumes d’eau extraits

- 77 -
Chapitre 5 Hydrodynamisme des eaux souterraines

annuellement de la nappe représentent 1,16Hm3, ceux extraits de l’oued sont de l’ordre de


0,74Hm3 (Guirkanov A, 1974).

Tableau 26 : Production annuelle des eaux souterraines au Bas Isser (DHW Boumerdès, 2003).
Durées
Volumes
Exploitant Noms des Débits Débits annuelles
annuels
Communes Codes gestionnaire forages Max Exp de
prélevés
(l/s) (l/s) pompage
(m3)
(Heures)
Bordj Ménaïel 3505 EPE 11 CR 15 15 317 033 8688
Bordj Ménaïel 3505 EPE 11 ER 15 11 275 701 6962
Bordj Ménaïel 3505 EPE 11D 15 15 332 985 7992
Bordj Ménaïel 3505 EPE BM1 15 10 250 560 8688
Bordj Ménaïel 3505 EPE BM2 12 10 292 896 8160
Bordj Ménaïel 3505 EPE BM3 15 10 240 192 8760
Bordj Ménaïel 3505 EPE BM4 15 12 353 503 8712
Bordj Ménaïel 3505 EPE BM5 18 15 414 965 8760
Leghatha 3535 EPE F1-Djinet 17 15 282 528 5160
Leghatha 3535 EPE F2 Djinet 25 15 287 712 5472
Koudiet
Leghatha 3535 EPE 40 20 288 160 5840
Laraiss
Leghatha 3535 EPE Moll 10 15 294 860 5460
Châabet El
3514 APC F2 10 / 69 120 /
Ameur
Issers 3510 EPE F1R Isser 10 10 267 129 8060
Issers 3510 EPE F2R Isser 12 12 173 229 8472
Issers 3510 EPE F3R Isser 20 10 238 230 8760
Issers 3510 EPE F4Isser 15 15 238 213 8040
Si Mustapha 3512 EPE F10R 15 13 194 040 8760
F13
Si Mustapha 3512 EPE 30 29 614 416 8760
Si Mustapha 3512 EPE F14 12 5 792 663 8136
Si Mustapha 3512 EPE F15 15 10 288 064 8520
Si Mustapha 3512 EPE F16 10 7 203 733 /
Si Mustapha 3512 EPE F19 15 15 229 582 /
Si Mustapha 3512 EPE F20 45 30 329 159 /
Si Mustapha 3512 EPE F6 1 105 075 /
Si Mustapha 3512 EPE F7 30 12 294 840 8640
Si Mustapha 3512 EPE F9R 18 15 241 528 8688
Timezrit 3518 EPE F1-Timezrit 50 30 292 896 8760
Timezrit 3518 EPE F2-Timezrit 50 40 633 600 840
F1 Cuvette
Béni Amrane 3530 APC 50 44 379 740 /
B.Amrane
F3 Cuvette / /
Béni Amrane 3530 APC 163 313 /
B.Amrane
F18-
Les Issers / APC 16 8 212 945 8721
Touzaline
Souk El Had 3531 EPE F21 S.E.H 50 27 560 939 4721
Souk El Had 3531 EPE F5R S.E.H 50 20 250 624 3480

Total / / / / / 11 404 173 /

- 78 -
Chapitre 5 Hydrodynamisme des eaux souterraines

5.6.2. Les apports aux nappes

5.6.2.1. Apports des formations de bordures

La carte piézométrique de la nappe alluviale du Bas Isser a mis en évidence l’apport en


eaux souterraines des formations de bordures. Ces apports correspondent au débit de
l’écoulement souterrain qui passe à travers une section de l’horizon aquifère normale à la
direction de cet écoulement. Les débits souterrains peuvent être calculés par la formule de
Darcy comme suit :

Q = T.L.I
Avec :
Q : débit transitant par la section de l’aquifère (m3/s) ;
T : transmissivité de l’aquifère à l’endroit considéré (m2/s) ;
L : longueur de la section ou de l’isopièze (m) ;
I : gradient hydraulique moyen.

Pour calculer ces apports, on considère d’une part, la longueur des isopièzes proches et
parallèles aux bordures de la vallée et d’autre part, les transmissivités obtenues par
l’interprétation des essais de pompage (Tableau : 27).

Tableau 27 : Apports latéraux à la 7èmeterrasse alluviale du Bas Isser (Chemlal N, 1983).


Longueurs
Gradients Valeurs Débits Apports
Transmissivités des
Rives Zones hydrauliques des souterrains annuels
T (10-3m2/s) isopièzes
I (%) isopièzes Q (l/s) (Hm3)
L (m)
S.El Had-
0,4 4000 0,7 40 11,2
Si Mustapha
Si Mustapha-
0,4 3000 1,6 35 19,2
Rive Berafaï
3,6
gauche Berafaï-
0,4 6000 2 25 48
Ben Bata
Ben Bata-
0,4 5500 1,6 10 35,2
Mandoura
Si Mustapha-
3 3000 1,4 25 126
O.Djemâa
O.Djemâa- 1,4
2,4 7500 25 252
Rive O.B.Ménaïel
13,8
droite O.B.Ménaïel- 1,4
0,3 4800 10 20,2
H.Bel Abbès
H.Bel Abbès- 1,4
1,5 2000 5 42
O.Mendil

Les apports latéraux en eaux souterraines qui s’acheminent vers la septième terrasse
alluviale sont évalués à 17,4Hm3/an.
On signale que cette valeur n’est qu’une approche de la réalité, vu le nombre insuffisant
des valeurs de transmissivité près des bordures de l’aquifère et les conditions nécessaires à
l’application de la loi de Darcy (milieu homogène isotrope, régime permanent,…etc.). Ce qui
n’est pas le cas des nappes alluviales.

5.6.2.2. Apports de l’oued Isser et de ses affluents

Dés 1988, les apports de l’oued Isser en amont de Souk El Had se limitent aux
déversements et vidanges du barrage de Béni Amrane. D’une capacité de 6Hm3 (2003), cet
ouvrage de prise d’eau est implanté sur l'oued Isser, à environ 5km en amont de la ville de

- 79 -
Chapitre 5 Hydrodynamisme des eaux souterraines

Thenia. Il a été conçu de sorte à stocker les eaux de cet oued afin de faciliter par la suite leur
pompage vers le réservoir de Keddara et éventuellement vers la station de traitement de
Boudouaou.

Pour la période allant de 1988 à 1996, les apports du barrage de Béni Amrane ont été
estimés à une moyenne annuelle de10Hm3 (Tableau : 28).

Même si la nappe est libre dans la région de Souk El Had, il faut reconnaître qu’il n’est
pas aisé d’y mesurer les volumes d’eau régulés par le barrage de Béni Amrane et s’infiltrant
dans la nappe.

Tableau 28 : Caractéristiques techniques du barrage de Béni Amrane (ANB, 2003).


Capacité Volume Volume
Nom Envasement moyen Capacité totale
initiale utile initial Usage affecté
du barrage annuel (Hm3/an) actuelle (Hm3)
(Hm3) (Hm3) (Hm3/an)

Transfert vers
Béni Amrane 4,10 16,00 11,60 6,00 110
Keddara

5.6.2.2. Apports des sources

On compte pas moins de vingt sources émergeant à la base des terrasses alluviales et
littorales du Bas Isser. On a choisi sept sources réparties entre la quatrième terrasse marine
(qm4) et la quatrième terrasse alluviale (q4) qui ont fait l’objet de mesures périodiques de débit,
soit de mars à août 1982 (Tableau : 29).

Tableau 29 : Débits des sources du Bas Isser (Chemlal N, 1983).


Numéros des Débits Q (l/s) Débits Q (l/s) Débits Q (l/s) Débits Q (l/s)
sources mars 1982 mai 1982 juillet 1982 août 1982
S6 0,07 0,06 1 1
S7 0,33 0,5 0,16 0,12
S8 3 3 3 2,5
S9 0,8 0,5 0,3 0,26
S10 0,14 0,5 0,4 0,37
S11 0,44 à 0,3 0,36 à 0,25 0,34 à 0,28 0,33 à 0,22
S12 0,44 0,33 0,23 0,15
Total 5,08 5,14 5,37 4,62

Les mesures montrent une baisse des débits qui s’effectue de mars à août, ce qui
correspond au tarissement de la nappe. Les sept sources totalisent un débit moyen de 5l/s.

5.6.3. Equations du bilan

5.6.3.1. Bilan du Moyen Isser

Les débits d’étiages aux stations hydrométriques sont les plus difficiles à déterminer car
le suivi n’est pas quotidien. C’est pourquoi, A. Guirkanov (1974) a entrepris une corrélation
entre la courbe de la station de référence : Lakhdaria et les courbes des stations secondaires :
Isser et Bou Hammoud. Il a obtenu pour les stations d’Isser et de Lakhadaria une bonne
dépendance avec un coefficient de corrélation égal à 0,79, pour les stations de Bou Hammoud
et de Lakhdaria le cœfficient de corrélation déterminé est de 0,09. Puis, afin de minimiser
l’erreur possible pour toutes les stations hydrométriques, il dégagea l’écoulement de base des
oueds.

- 80 -
Chapitre 5 Hydrodynamisme des eaux souterraines

En remplaçant l’écoulement superficiel par l’écoulement de base dans l’équation du


bilan, il a obtenu la formule suivante :

QLa + Qext O + Qext NP = QNP + QL+ QDJ + QBH

D’où : QNP = QLa + Qext O + Qext NP - QL- QDJ -QBH

Avec :
QLa : débit de l’oued Isser à la station de Lakhdaria (Hm3/an) ;
Qext O : débit extrait de l’oued (Hm3/an) ;
Qext NP : débit extrait de l’aquifère (Hm3/an) ;
QNP : débit de l’aquifère entre la station de Lakhdaria et Djebahia (Hm3/an) ;
QL : débit de l’oued Isser à la station Isser, prés de Djebahia (Hm3/an) ;
QDJ : débit de l’affluent Djemâa(Hm3/an) ;
QBH : débit de l’affluent Bou Hammoud (Hm3/an).

QNP = 276,84 + 0,74 + 3,2 – 218,7- 31,5 -24,91 = 5,67 Hm3/an, soit 180 l/s.

5.6.3.2. Bilan du Bas Isser

Sans la valeur des débits sortants au niveau de l’embouchure de l’oued Isser, l’équation
du bilan de la nappe du Bas Isser ne peut être établie. Cependant on peut estimé les ressources
dynamiques des eaux souterraines.

En partant de l’analyse de l’hydrogramme de l’oued Isser à la station de Lakhdaria


(entrée du Bas Isser), A. Guirkanov (1974) a calculé le module moyen annuel d’écoulement
souterrain qui exprime la valeur absolue du débit souterrain. Ainsi en supposant la surface
totale d’extension des alluvions de l’oued Isser et de ses affluents principaux égale à 135km2,
il a estimé les ressources dynamiques du Bas Isser selon la formule suivante :

QNP = mst . A
Avec :
mst : module moyen annuel d’écoulement souterrain, égale à 1,35l/s/km2 ;
A : surface totale des alluvions du Bas Isser (km2).

On obtient une valeur des ressources dynamiques égale à 5,7Hm3/an, à laquelle il faut
ajouter les réserves libérales par décompression, correspondant à la zone où la nappe est
captive, c’est à dire entre Laghata et l’embouchure de l’Isser. En considérant la surface
d’extension de l’aquifère à nappe captive égale à 18km2, la pression au dessus du toit de
l’aquifère (32m) et la valeur moyenne du coefficient d’emmagasinement en nappe captive de
l’ordre de 9 .10-3 (Guirkanov A, 1974); on calcule les réserves libérales par décompression
d’après la formule :

V = A. ∆H.S
Où :
A : surface de la nappe captive ;
∆H : pression au dessus du toit de l’aquifère;
S : cœfficient d’emmagasinement en nappe captive.

En substituant les valeurs nécessaires dans la formule précédente, on trouve 5,2Hm3 de


réserves libérales par décompression. Au total on aura pour le Bas Isser un volume moyen
annuel d’eau souterraine égale à 10,9Hm3, soit un débit de 346l/s.

- 81 -
Chapitre 5 Hydrodynamisme des eaux souterraines

5.7. Conclusion

L’approche du milieu souterrain nous a permis de dresser un portrait sur les aquifères
du Bas et Moyen Isser. Certaines caractéristiques très spécifiques aux aquifères en question
vont dicter les choix que nous seront amenés à prendre pour traduire par un modèle une réalité
complexe.

L’alimentation des aquifères du Bas et Moyen Isser est complexe et nous avons pu noter
plusieurs sources d’alimentation. Il s’agit en l’occurrence : des précipitations efficaces, des
infiltrations à partir de l’oued Isser et ses affluents, et des apports souterrains des formations
de bordures.

Par ailleurs, il est impératif de souligner que les débits réellement prélevés dans les
aquifères du Bas et Moyen Isser sont mal connus. C’est une information essentielle qui va
manquer à la modélisation. Il faudra alors un inventaire réactualisé des ouvrages de la zone
étudiée qui permettra une évaluation réelle des prélèvements.

Les caractéristiques hydrogéologiques de la zone d’étude susceptibles d’avoir une


influence sur les écoulements souterrains semblent connues dans leurs grandes lignes.
Néanmoins, la quantification de tous les phénomènes mis en évidence est difficile à cause
d’un manque d’informations sur les débits des oueds, les échanges souterrains oued-nappe, et
la contribution des formations périphériques.

- 82 -
SECONDE PARTIE

MODELISATION MATHEMATIQUE DES EAUX


SOUTERRAINES DU BAS ET MOYEN ISSER

- 83 -
Chapitre 6

Modélisation mathématique des eaux


souterraines du Bas et Moyen Isser

6.1. Introduction

A l’issue de l’étude hydrogéologique on a pu réunir l’ensemble des informations


nécessaires à une représentation simplifiée sur le système aquifère de la plaine alluviale de
l’oued Isser. En définissant l’aspect conceptuel du système aquifère, on a décrit de façon
symbolique et réduite la réalité dans des conditions statiques. La modélisation mathématique
permet d’apporter la composante dynamique.

Pour les agglomérations tributaires des aquifères du Bas et Moyen Isser, les eaux
souterraines représentent la principale ressource en eau destinée à l’alimentation en eau
potable (plus de 11Hm3 en 2003, selon la DHW de Boumerdès), l’agriculture et l’industrie.
Avec le développement industriel et démographique (228 466 habitants en 2003, estimés par
l’ONS), la demande en eau devient importante. C’est pour cela que l’exploitation du système
aquifère, suppose que les quantités d’eau extraites, la position des forages, les conditions de
recharge et leur taux, ainsi que les conditions aux limites doivent être connues.

Il est impératif de gérer rationnellement le système aquifère de la plaine alluviale de


l’oued Isser et de pronostiquer son niveau piézométrique en fonction des sollicitations
anthropiques croissantes. A cet effet, on a développé séparément deux modèles
mathématiques de l’écoulement souterrain pour les aquifères du Moyen et Bas Isser.

Les éléments constitutifs du modèle mathématique sont d'abord décrits, puis les
résultats du calage sont présentés pour les simulations en régime permanent. Enfin, des
extrapolations permettront d'avancer des prévisions quant à l'évolution future de la nappe
d'eau souterraine selon trois scénarios d'exploitation.

6.2. Principe et fonctionnement du modèle

Au sens général, un modèle est un schéma de la réalité. Les premiers en date furent les
modèles physiques (les maquettes). Ils furent suivis des modèles analogiques puis des
modèles mathématiques qui ont connu grande prolifération au cours des 3 dernières
décennies. Bien qu’une classification exhaustive soit impossible, certains auteurs ont envisagé
de différencier ces méthodes (Addiscott et Wagenet 1985; Vachaud et al. 1988; Vauclin 1994)
sur la base des schémas qu’ils emploient :
Une distinction est faite entre les modèles déterministes, qui ne considèrent aucune des
variables du modèle comme des grandeurs aléatoires et conduisent donc à un résultat unique,
et les modèles stochastiques qui prennent en compte le caractère aléatoire de certaines
variables du modèle sous la forme d’une fonction de distribution de probabilités.

La caractéristique essentielle de la méthode de modélisation consiste à étudier la


relation entre l’entrée et la sortie. Ainsi, tout en disposant d’une modélisation qui prend en
compte les paramètres d’entrée (recharge, pompage,…etc.) et le domaine souterrain, le

- 84 -
Chapitre 6 Modélisation mathématique des eaux souterraines du Bas et Moyen Isser

modèle utilise trois fonctions interconnectées pour schématiser le processus d’écoulement


souterrain :

- la fonction d’entrée. Elle prend en compte les précipitations et les échanges à


travers les limites du système modélisé ;
- la fonction production. Le domaine est divisé en zones de production auxquelles on
associe une fonction de production qui répartit l’entrée entre infiltration, ruissellement,
évapotranspiration et stockage dans le sol ;
- la fonction de transfert souterrain. Elle simule l’écoulement (issue de la fonction de
production) suivant les lois du milieu poreux.

Une étape de calage permet d’estimer de façon empirique la valeur des paramètres en
optimisant une fonction objectif du calage, encore appelée fonction coût. Cela consiste par
exemple à minimiser l’erreur quadratique de modélisation. Une fois les paramètres calés, une
étape de validation ou contrôle est nécessaire pour évaluer les performances du modèle sur un
jeu de données qui n’a pas été utilisé pour le calage.

6.2.1. Logiciel utilisé

La modélisation de l'aquifère de la plaine alluviale de l’oued Isser a été effectuée avec le


programme de simulation MODFLOW (McDonald et Harbaugh, 1988) en utilisant l'interface
Visual MODFLOWv. 3.0.0 (WHI, 2002). MODFLOW est devenu un standard dans la
modélisation des écoulements souterrains [Anderson and Woessner, 1991; Fetter, 1994]. Il a
été appliqué à de nombreux systèmes hydrogéologiques : des aquifères poreux, des aquifères
karstiques, des nappes alluviales, ou des aquifères complexes multicouches ; dans le cadre de
problématiques variées : les échanges nappe–rivière, l’influence du climat sur les
hydrosystèmes, les problèmes de transferts de polluants et de contamination des aquifères ou
encore l’impact de pompage sur les écoulements souterrains. Sa robustesse a ainsi été
éprouvée avec succès pour une grande variété d’études.

Le code MODFLOW est constitué d’un programme principal avec des sub-routines ou
modules indépendants. Ces modules fonctionnent selon une approche découplée; ainsi, les
données de sortie issues du module d’écoulement MODFLOW (profil des isopièzes et calcul
des vitesses) sont utilisées comme données d’entrée par les modules de transport PMPATH et
MT3D (module de transport développé par Zheng et la société Papadopoulos & Associates
avec l’aide financière de l’U.S. EPA 1990). Cette structure modulaire permet l’utilisation des
fonctions hydrologiques indépendamment les unes des autres. Elle a facilité le développement
de nouveaux modules sans modifier le code lui-même puisque les modules utilisent
généralement les données de sorties du code.

6.2.2. Formulation mathématique

MODFLOW est un modèle déterministe, à bases physiques, capable de simuler un


écoulement laminaire monophasique quasi-tridimensionnel dans des systèmes multicouches.
Il utilise une approximation en différences finies pour résoudre l’équation de diffusivité aux
dirivées partielles pour un écoulement souterrain, dans un milieu poreux hétérogène et
anisotrope.

Pour toute modélisation de nappe de type déterministe, trois lois physiques élémentaires
sont strictement nécessaires :

- 85 -
Chapitre 6 Modélisation mathématique des eaux souterraines du Bas et Moyen Isser
r ∂
- l’équation de continuité : div( ρU ) + ( ρω ) + ρq = 0
∂t
- la loi de Darcy : U = −k grad h
- l’équation d’état : d ( ρω ) = ρ .S s dh
Avec :
ρ : masse volumique du fluide, [M.L-3] ;
U : vitesse de filtration du fluide, [L.T-1] ;
ω : porosité totale du milieux poreux, sans dimension ;
q : débit par unité de volume de fluide prélevé (ou apporté) dans le milieu poreux, [T-1] ;
t : temps, [T] ;
k : tenseur de perméabilité, [L.T-1] ;
h : charge, ou hauteur piézométrique, [L] ;
Ss : coefficient d’emmagasinement spécifique de la nappe, [L-1].

La combinaison de ces trois équations conduit à une équation aux dirivées partielles
unique : l’équation de diffusivité. En négligeant le gradient de la masse volumique dans
l’espace nous aurons :
∂h
div(k grad h) = S s +q
∂t

Cette équation définit entièrement l’écoulement et permet la détermination du champ


des charges hydrauliques; ramenée à deux dimensions, elle s’écrit comme suit :

∂ ⎛ ∂h ⎞ ∂ ⎛ ∂h ⎞ ∂h
- en régime transitoire : ⎜ T ⎟ + ⎜⎜ Ty ⎟⎟ = S + q( x, y, t ) …… [6.1]
∂x ⎝ ∂x ⎠ ∂y ⎝ ∂y ⎠ ∂t

⎛ ∂h ⎞ ∂ ⎛ ∂h ⎞ ∂ ⎛ ∂h ⎞
- en régime permanent : ⎜ = 0⎟ : ⎜ T ⎟ + ⎜ Ty ⎟ = q ...........[6.2]
⎝ ∂t ⎠ ∂x ⎝ ∂x ⎠ ∂y ⎜⎝ ∂y ⎟⎠
Avec :
Tx et Ty : composantes de la transmissivité selon les directions X et Y [L2.T-1] ;
S : coefficient d’emmagasinement, sans dimension ;
q : débit prélevé (ou injecté) par unité de surface, [L.T-1] .

On montre en mathématique que l’équation de diffusivité possède une solution et une


seule, lorsque l’on s’est donné :

- un domaine d’intégration correspondant au domaine d’étude de l’écoulement saturé


(structure, géométrie, caractéristiques hydrogéologiques,…etc.) ;
- les conditions aux limites (conditions de Dirichlet, de Neumann et de Fourrier) ;
- les conditions initiales : cartes piézomètriques et/ou cartes des concentrations à
l’instant t correspondant au début de la simulation en régime transitoire.

Pour résoudre l’équation de diffusivité dans le cas d’un aquifère hétérogène possédant
des limites quelconques, on découpe le domaine à étudier en blocs homogènes ou mailles
(Fig : 68) à l’intérieur desquels les propriétés de l’aquifère sont supposées uniformes.

- 86 -
Chapitre 6 Modélisation mathématique des eaux souterraines du Bas et Moyen Isser

Fig : 68 -Exemple de discrétisation d’un aquifère selon un maillage rectangulaire


[McDonald and Harbaugh, 1988].

Les dérivées de l’équation [6.2] sont remplacées par leurs approximations aux
différences finies exprimées au centre des mailles.

Le principe de la méthode des différences finies est la recherche de la valeur numérique,


au centre de chacun des carrés, de la charge hydraulique qui est supposée représenter une
valeur “moyenne” de la vraie charge de chaque maille. Les mailles sont numérotées de 1 à r;
H1 à Hr sont les charges aux noeuds (les centres des carrés) et T1 à Tr , S1 à Sr et Q à Qr sont la
transrnissivité, le coefficient d’emmagasinement et le terme source dans chaque maille,
supposés être respectivement la moyenne de T et de S sur l’intégrale de q dans la maille (G.de
Marsily, 2004).

Fig : 69 -Cinq nœuds voisins sur un maillage de différences finies.

Si un noeud j tombe sur une limite à charge imposée, H sera connue à ce noeud; si le
côté d’une maille représente une limite à flux imposé, le flux entrant dans la maille à travers
cette limite sera connu. Considérons (Fig : 69) cinq noeuds voisins à l’intérieur du maillage,
que nous appellerons pour plus de facilité C, N, E, S et W (centre, Nord, Est, Sud et Ouest)
respectivement, bien qu’ils aient, en réalité, des numéros entre 1 et r selon le système de
numérotation choisi, généralement de l’Ouest à l’Est et du Nord au Sud.

Le nom “différences finies” vient de ce que les dérivées sont approximées par
différences. Si a est la taille d’un carré, nous pouvons écrire:
∂h H − HW
approximation de entre les noeuds W et C = C
∂x a
∂h HE − HC
approximation de entre les noeuds C et E =
∂x a
∂h HC − HS
approximation de entre les noeuds S et C =
∂y a
∂h H − HC
approximation de entre les noeuds C et N = N
∂y a

- 87 -
Chapitre 6 Modélisation mathématique des eaux souterraines du Bas et Moyen Isser

Maintenant nous devons approximer les dérivées du second ordre, ou plus précisément,
les dérivées telles que (∂h / ∂x)(T∂h / ∂x) . Soit TNC, TEC…les valeurs des transmissivités
évaluées entre N et C, E et C, …etc. Pour le noeud C, nous pouvons écrire:

∂ ⎛ ∂h ⎞ ⎛ ∂h ⎞ ⎛ ∂h ⎞
approximation de ⎜ T ⎟ dans C = [ ⎜ T ⎟ entre C et E - ⎜ T ⎟ entre W et C ] a
∂x ⎝ ∂x ⎠ ⎝ ∂x ⎠ ⎝ ∂x ⎠
⎡ H E − HC H − HW ⎤
= ⎢TEC − TWC C ⎥ a = TEC ( HE - HC ) / a2 + TWC ( HW - HC ) / a2
⎣ a a ⎦

De même, nous obtenons :


∂ ⎛ ∂h ⎞
approximation de ⎜⎜ T ⎟⎟ dans C = TNC ( HN - HC ) / a2 + TSC ( HS - HC ) / a2
∂y ⎝ ∂y ⎠

En additionnant ces deux termes, multipliés par a2, et étant donné [6.2], nous trouvons:

TNC (HN — HC) + TEC (HE — HC) + TSC (HS — HC) + TWC (HW — HC) = a2 q = QC …. [6.3]

Où q serait la moyenne du terme source q sur la maille. Cependant, a2 q est alors égal à
QC, l’intégrale de q sur la maille.

Ceci est l’équation des différences finies pour le noeud C de l’équation différentielle
partielle originelle. Cette équation est linéaire en Hi ; s’il y a n noeuds dans le maillage, où la
charge n’est pas imposée (c’est-à-dire que dans r - n noeuds situés sur les limites, la charge
est imposée), alors notre problème a n inconnues et nous pouvons écrire n équations linéaires
semblables à [6.3] pour ces n noeuds. La solution dans chaque noeud est ainsi obtenue en
résolvant un système linéaire de n équations avec n inconnues (G.de Marsily, 2004).

6.2.3. Les limites de MODFLOW

Les limites du code MODFLOW ont pour origine la représentation simplifiée de la


réalité [Oreskes et al., 1994]. Les écarts entre l’observé et le simulé sont directement liés à la
précision et à l’exactitude des données d’entrée, des approximations faites et des hypothèses
implicites de MODFLOW :

- MODFLOW est un modèle d’écoulement souterrain dans un milieu poreux saturé.


Dans le cas de nappe libre, la recharge atteint directement la nappe sans tenir
compte des conditions d’infiltration et des profils de réhumectation ;

- la recharge est distribuée uniformément sur le modèle ce qui ne correspond pas à


une recharge de la nappe sous forme d’évènements pluvieux ;

- dans MODFLOW, les caractéristiques de chaque cellule (porosité, perméabilité,


etc.) sont considérées homogènes. Les propriétés hydrauliques à l’échelle de la
cellule sont souvent approximées par des valeurs moyennes ;

- la discrétisation du modèle peut jouer un rôle sur les données de sorties. Le


rabattement d’un pompage calculé dans le modèle dépend de la taille des cellules.
Le débit prélevé concerne toute la surface de la cellule. Pour un volume donné, le
rabattement sera moindre dans des cellules de grandes tailles que dans des cellules
plus petites.

- 88 -
Chapitre 6 Modélisation mathématique des eaux souterraines du Bas et Moyen Isser

Les incertitudes sur les données d’entrée cumulées aux hypothèses et approximations du
code MODFLOW impliquent que l’incertitude sur les données de sorties du modèle peuvent
être significatives.

6.3. Construction du modèle

6.3.1. Géométrie et discrétisation spatiale du modèle

L’extension du domaine modélisé est présentée sur les figures 70 et 71. Les limites du
domaine correspondent pratiquement aux limites physiques de la septième terrasse alluviale
de l’oued Isser (q7). Il s’agit des pentes des terrasses alluviales élevées (q3, q4, q5) et des
terrasses marines (q4m, q7m) ainsi que des affleurements des formations antéquaternaires
(marnes, argiles, schistes, calcaires,…etc.). Au Nord de la plaine du Bas Isser le modèle
s’interrompt au contact de la mer méditerranée.

L’étude est consacrée plus exactement à deux systèmes aquifères indépendants :


l’aquifère du Moyen Isser d’une superficie de 22km2 et l’aquifère du Bas Isser d’une
superficie de 55km2. Dans le Moyen Isser les alluvions aquifères ont une épaisseur qui varie
entre 8 et 22m, tandis qu’au Bas Isser elle est de l’ordre de 10 à 70m. Prés des bordures du
modèle, l’aquifère s’amenuise à quelques mètres seulement.

Dans le plan horizontal, le modèle est discrétisé selon un maillage régulier, avec des
cellules carrées de 100m de côté. L’aquifère du Moyen Isser comporte 2199 mailles actives;
celui du Bas Isser en compte 5518. Toutes les cellules situées à l'extérieur du modèle ont été
désignées inactives. Dans le plan vertical un seul niveau définissant une seule couche aquifère
a été retenu pour tout le domaine modélisé.

La topographie de la surface des terrains et celle du substratum ont toutes deux été
importées (sous forme de fichiers « .grid ») à partir de SURFER v.8.0.1 [Golden Software,
Inc.2002]. Les systèmes du Moyen et Bas Isser correspondent dans l’ensemble à deux grandes
cuvettes comblées d’alluvions aquifères s’allongeant à la faveur du cours de l’oued Isser
(Fig : 72 et 73).

- 89 -
Chapitre 6 Modélisation mathématique des eaux souterraines du Bas et Moyen Isser

Fig : 70 -Discrétisation spatiale de l’aquifère du Moyen Isser.

Fig : 71 -Discrétisation spatiale de l’aquifère du Bas Isser.

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Chapitre 6 Modélisation mathématique des eaux souterraines du Bas et Moyen Isser

Fig : 72 -Vue en 3D de l’aquifère du Moyen Isser et topographie du substratum.

Fig : 73 -Vue en 3D de l’aquifère du Bas Isser et topographie du substratum.

6.3.2. Conditions aux limites

Le choix adéquat des conditions aux frontières exprimant mathématiquement, le mieux


possible, les limites physiques du problème, influence grandement la qualité d’un modèle.

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Chapitre 6 Modélisation mathématique des eaux souterraines du Bas et Moyen Isser

C’est pourquoi, le manque d’informations relatives à la zone externe mais contiguë au


domaine modélisé est parfois très préjudiciable (A. Dassargues, 1995).

Deux types de limites ont été proposés:

Limites naturelles à potentiel imposé, ou conditions de Dirichlet. En ces limites, le


niveau est fixé (par un cours d’eau, par la mer,…etc.) et le modèle calcule le débit d’échange
qui permet d’imposer ce niveau, c’est à dire le débit que l’oued fournit à la nappe ou au
contraire que la nappe fournit à l’oued; le débit de la nappe qui se perd dans la mer,…etc.

Les échanges souterrains entre l’oued Isser et l’aquifère qui l’accompagne sont
reproduits en fixant des limites à potentiel imposé le long de la surface couverte par le lit de
l'oued. Cette condition est définie sous MODFLOW, par des charges de type River affectées
à chaque maille-rivière. La fonction « River » simule l’interaction entre les eaux souterraines
et les eaux de surface (oueds, lacs) par l’intermédiaire d’un niveau d’infiltration séparant
l’oued du système souterrain (Fig : 74) [McDonald and Harbaugh, 1988].

Le code MODFLOW calcule la conductance Criv (m2/s) de la rivière, c’est à dire la


capacité du niveau d’infiltration à transmettre les écoulements entre l’oued et la nappe. Le
débit transitant à travers ce niveau d’infiltration dépend de sa conductance et de la différence
de charge hydraulique entre le niveau de l’oued et la nappe. MODFLOW pose l’hypothèse
que l’interaction entre les eaux souterraines et les eaux de surface est indépendante de la
localisation de la rivière dans la cellule.

Fig : 74 -Schéma de la condition-limite « Rivière » de Modflow [McDonald and Harbaugh, 1988].

K riv × Lriv × Wriv


C riv =
M riv
Avec :
Criv : conductance de la rivière en m²/s ;
Kriv : perméabilité des sédiments du lit de la rivière en m/s ;
Lriv : longueur de la section du cours d’eau dans la cellule en m ;
Wriv : largeur du cours d’eau en m ;
Mriv : épaisseur du lit de la rivière en m.
Qriv = Criv . ( hnappe – hriv )
Où :
Qriv : flux passant à travers le niveau d’infiltration en m3/s ;
hnappe : niveau de la nappe en m ;
hriv : niveau d’eau dans la rivière en m.

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Chapitre 6 Modélisation mathématique des eaux souterraines du Bas et Moyen Isser

Il s’agit dans un premier temps, de contrôler les infiltrations de l’oued ou la vidange de


la nappe par le positionnement topographique du lit et de la côte de l’oued ; puis dans un
second temps, de quantifier les échanges en fixant des valeurs de conductance qui seront par
la suite affinées lors du calage en régime permanent (Fig : 75 et 76).

Pour reproduire l’alimentation des terrasses de bordures (q3, q4, q4m) de part et d’autre
l’oued Isser, on a choisi des lignes équipotentielles sur lesquelles on impose les charges
piézométriques mesurées sur le terrain. Le modèle donne alors le débit d’échange par cette
limite. Si cette limite est suffisamment éloignée des exploitations prévues (captage), on peut
supposer que ce débit ne changera pas.

Afin de représenter le niveau de la mer au Nord du modèle du Bas Isser, des charges
sont imposées le long du littoral suivant la côte 0m (NGA).

Limites à flux imposé ou conditions de Neumann. Elles reviennent à spécifier le débit


sur les limites du modèle, indépendamment des hauteurs piézométriques (ou pression)
trouvées sur celles-ci (A. Dassargues, 1995). Pour des limites imperméables, le débit
d’échange est nul, on parle alors de conditions de flux nul. On distingue :

La recharge. Elle est le résultat des précipitations efficaces percolant dans le sol pour
rejoindre la nappe d’eau souterraine, c’est une limite à flux imposé. Le module de recharge
(Recharge Boundary Conditions) de MODFLOW permet de simuler une recharge distribuée
superficiellement sur le modèle. La recharge est calculée comme étant l’infiltration des
précipitations efficaces (période de 1973 à 2003) issue du bilan hydrique de l’aquifère,
considérant une réserve utile de 100mm (cf. chap.2). Soit une recharge moyenne annuelle de
85mm pour le Moyen Isser et de 93mm pour le Bas Isser.

Limites à flux nul. En bordures du domaine modélisé, il existe des limites naturelles
imperméables à peu perméables : affleurements des marnes mio-pliocènes (substratum du Bas
Isser), des schistes marneux albo-aptiens et marnes calcaires sénoniennes (substratum du
Moyen Isser), ainsi que des terrasses alluviales et marines riches en matériel limoneux et
argileux. Ces affleurements constituent une barrière imperméable définissant une condition-
limite de flux nul représentée par des cellules inactives dans le modèle.

Il en est de même pour les entrées des débits de l’oued Isser en amont de Kadiria et de
Souk El Had. En effet, faute de données fiables, nous avons préféré d’imposer un flux nul. Il
s’agit de l’hypothèse la plus pessimiste.

Ré-humidification des couches aquifères. Dans les versions antérieures de MODFLOW, la


désaturation d’une cellule d’une nappe libre superficielle liée à la chute de la surface libre
sous le niveau de la base de la cellule conduisait à la rendre inactive jusqu’à la fin de la
simulation même si les conditions de recharge permettent une remontée suffisante de la
surface libre. L’ajout d’un sous-programme Block-Centered-Flow-Package (BCF2) au code
MODFLOW a permis de s’affranchir de ce problème et de permettre la ré-humidifcation des
cellules, c’est-à-dire la possibilité de les restaurer [Visual Modflow v 3.0. User’s Manual, WHI.
(2002)]. Cette fonction a été activée tout au long des simulations en régimes permanent et
transitoire.

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Chapitre 6 Modélisation mathématique des eaux souterraines du Bas et Moyen Isser

Fig : 75 -Conditions aux limites de l’aquifère du Moyen Isser.

Fig : 76 -Conditions aux limites de l’aquifère du Bas Isser.

6.3.3. Conditions initiales

Pour faire tourner le modèle, MODFLOW requière des conditions initiales de charge
hydraulique. La définition des charges initiales n’a pas le même sens si l’on se trouve en

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Chapitre 6 Modélisation mathématique des eaux souterraines du Bas et Moyen Isser

conditions stationnaires ou en régime transitoire. Pour une solution en état stationnaire, une
bonne approximation des charges hydrauliques initiales pourra réduire significativement le
temps de calcul du modèle. Pour une solution en transitoire, les charges hydrauliques initiales
fournissent l’état initial du système. L’incertitude sur les conditions initiales peut conduire à
une impossibilité de calibrer le modèle dans les premiers pas de temps de la simulation et peut
empêcher la convergence de la solution du modèle ou encore conduire à un assèchement
inutile des cellules.

6.4. Calibration en régime permanent

Le régime permanent représente une tranche de temps où les caractéristiques du modèle


sont stationnaires. Lorsque l’on fait tourner le modèle, ce n’est pas pour une période donnée
mais pour des conditions données. Le modèle calcul un état d’équilibre du système. Ce mode
est généralement utilisé pour la phase de calibration pour obtenir un jeu de paramètres
optimisés.

6.4.1. Choix de la situation piézométrique de référence

Pour poser l’hypothèse d’un régime permanent, il faut que les conditions du système
soient stationnaires, d’où la nécessité de choisir une situation piézométrique de référence. On
préférera, dans la mesure du possible, une période représentant un état piézométrique pseudo-
permanent qui permettra de juger de la pertinence des paramètres calés. La qualité de la
simulation sur cette période est généralement évaluée en mesurant les écarts entre les séries
simulées et observées, l’ajustement des paramètres consistant à rechercher l’écart minimum.

Les niveaux piézométriques initiaux sont ceux mesurés dans les plaines du Moyen et
Bas Isser par l’AGID entre décembre 1993 et février 1994. Sur les 116 puits d’eau relevés, on
a choisi 26 puits pour le Moyen Isser et 44 puits pour le Bas Isser. Les coordonnées (X, Y) de
ces puits ainsi que les valeurs des charges piézométriques correspondantes seront rentrées
dans le module Head Observation Wells de MODFLOW. Grâce à ces mesures on est parvenu
à tracer deux cartes piézométriques représentatives (cf, chap.5) qui ont été utilisées pour le
calage du modèle en régime permanent.

6.4.2. Paramètres de calage

La calibration en régime permanent permet de déterminer la conductivité hydraulique


des alluvions aquifères. En faisant varier les paramètres de calage que sont la perméabilité des
aquifères et la conductance du lit de l’oued Isser, on tend à minimiser la différence de charge
hydraulique entre les valeurs observées et les valeurs simulées. Cependant il est nécessaire de
définir au préalable les valeurs initiales de ces paramètres que l’on ajustera au cours de la
calibration. Les paramètres hydrodynamiques (conductivité hydraulique, conductance de
l’oued) et les conditions aux limites du modèle (recharge et charge imposée) sont estimés à
partir des données de terrain ou de la littérature.

6.4.2.1. Perméabilités

Sans connaissances assez précises de la lithologie et de ses variations spatiales, on


considère, en première approximation, un milieu isotrope où la perméabilité horizontale Kxy
est équivalente à la perméabilité verticale Kz dans chaque aquifère.

Dans le Moyen Isser. Tout au long de l’oued Isser et au niveau de la plaine El Merdja,
les alluvions aquifères sont représentées par des galets avec un remplissage sableux à

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Chapitre 6 Modélisation mathématique des eaux souterraines du Bas et Moyen Isser

graveleux. On a fixé à ces endroits une valeur initiale de perméabilité égale à 8. 10-3m/s.
Partout ailleurs, la perméabilité initiale est fixée à 2. 10-3 m/s.

Dans le Bas Isser. La cuvette formée par le substratum est comblée par des galets, des
graviers et des sables. Cette zone correspond au principal axe de drainage des eaux
souterraines, à ce niveau nous avons fixé une perméabilité initiale de l’ordre de 1. 10-4m/s.
Sur les bordures du système, et dans les zones caractérisées par des passages argileux, en
particulier au niveau des méandres, la perméabilité des alluvions aquifères a été fixée à
5. 10-5m/s.

Un soin particulier a porté sur l’obtention d’une position adéquate des niveaux
pézométriques pour le point singulier du système d’écoulement situé entre Isser Ville et
Bordj-Ménaïel sur la rive droite de l’oued Isser, où les eaux souterraines convergent de tous
les sens. C’est la zone où les alluvions aquifères sont les plus épaisses (plus de 60m). On lui a
attribuée une perméabilité initiale de 1. 10-6m/s.

A la sortie du système, prés de l’embouchure de l’oued Isser, une valeur de perméabilité


égale à 7. 10-3m/s a été attribuée aux alluvions de la 7ème terrasse marine. Ceci afin de faciliter
la vidange de l’aquifère en méditerranée.

6.4.2.2. Conductance du lit de l’oued Isser

La conductance du lit de l’oued est un paramètre très sensible lors du processus de


calage. Une fois la topographie du lit et le niveau de l’oued Isser représentés, les valeurs de
conductance seront affinées sur certains tronçons de l’oued. Ainsi pour reproduire au mieux
les échanges oued-nappe, les valeurs de conductance utilisées vont s’échelonner entre 24m2/j
pour les zones où l’oued est isolé de la nappe par des niveaux argilo-limoneux, et 1200m2/j
pour les zones où les échanges oued-nappe sont importants.

6.4.3. Résultats et commentaires

La performance du calage en régime permanent est représentée par une régression


linéaire entre les valeurs de niveau d’eau mesurées et celles qui sont générées par le modèle
pour l’ensemble des puits d’eau.

Les régressions linéaires des vingt six et quarante quatre paires de valeurs de niveau
d’eau mesurées respectivement dans le Moyen et le Bas Isser, générées en régime permanent
sont présentées aux figures 77 et 78. Ces représentations graphiques démontrent la
concordance entre les valeurs de niveau d’eau générées par la simulation et celles mesurées
sur le terrain. En effet, une majorité de points se situe à l’intérieur ou en bordure de
l’intervalle de 95 %.

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Chapitre 6 Modélisation mathématique des eaux souterraines du Bas et Moyen Isser

Fig : 77 - Niveaux piezométriques mesurés et générés en régime permanent,


modèle du Moyen Isser.

Pour le modèle du Moyen Isser, la moyenne de la racine de la somme des écarts au


carré (en anglais RMS pour root mean squared error) normalisée est de 3,12%. Le résiduel
moyen et le résiduel moyen absolu entre les niveaux piézométriques mesurés et générés sont
respectivement de 0,80 et de 2,23m.

Fig : 78 - Niveaux piezométriques mesurés et générés en régime permanent,


modèle du Bas Isser.

Pour le modèle du Bas Isser, la moyenne de la racine de la somme des écarts au carré
normalisée est de 4,14%. Le résiduel moyen et le résiduel moyen absolu entre les niveaux
piézométriques mesurés et générés sont respectivement de 0,19 et de 1,39m.

Ces indicateurs statistiques de performance du calage sont calculés à partir des


équations présentées à l’annexe C.

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Chapitre 6 Modélisation mathématique des eaux souterraines du Bas et Moyen Isser

Il n’existe pas d’indicateur de performance du calage qui soit absolu. En effet, chacun
des indicateurs présentés peut être biaisé dépendamment du contexte simulé. Ainsi tous ces
indicateurs doivent être considérés pour évaluer la performance du calage.

Les puits pour lesquels les écarts sont les plus importants sont pour la plus part situés
en bordure du système, et sont relativement proches les uns des autres. Les causes de ces
écarts peuvent être :

- une forte hétérogénéité des formations alluviales ;


- des erreurs de mesure ;
- une mauvaise interprétation des mesures.

Pour apprécier la validité du calage, nous donnerons la priorité aux observations


quantifiées: la piézométrie et le bilan de masse du modèle, puis nous aborderons les cartes des
perméabilités qui sont en fait des résultats du calage plus subjectifs dans la mesure où ils sont
peu ou pas connus avant la modélisation.

a. Piézométrie

Les cartes piézométriques (Fig : 79 et 80) obtenues après ajustements des paramètres
hydrodynamiques représentent bien les charges hydrauliques mesurées sur le terrain. La
superposition des courbes simulées et observées met en évidence la capacité du modèle à
reproduire le fonctionnement hydrogéologique des aquifères alluvionnaires du Moyen et Bas
Isser.

Le modèle reproduit adéquatement l’allure des isopièzes et le sens d’écoulement


souterrain dans l’ensemble du domaine modélisé. On y retrouve :

- le sens d’écoulement de l’eau souterraine, qui est globalement SE/NO au Moyen


Isser et SO/NE puis Sud/Nord dans le Bas Isser ;

- les cônes de rabattement dus aux champs de pompage en aval des Issers ;

- les gradients hydrauliques forts prés des bordures des plaines (1 à 3%) et faibles au
centre de celles-ci (0,2 à 0,7%) ;

- les valeurs et l’allure des isopièzes.

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Chapitre 6 Modélisation mathématique des eaux souterraines du Bas et Moyen Isser

Fig : 79 -Ajustement de la piézométrie calculée en régime permanent sur la piézométrie de référence


de l’aquifère du Moyen Isser.

Fig : 80 -Ajustement de la piézométrie calculée en régime permanent sur la piézométrie de référence


de l’aquifère du Bas Isser.

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Chapitre 6 Modélisation mathématique des eaux souterraines du Bas et Moyen Isser

Les figures 81 et 82 illustrent la distribution verticale des charges hydrauliques


simulées. De plus, elles montrent la saturation en eau simulée et indiquent que le modèle
reproduit aussi la partie non saturée de l’aquifère au-dessus de la nappe libre.

Fig : 81-Vue en coupe de la charge hydraulique générée par le modèle du Moyen Isser.

Fig : 82 -Vue en coupe de la charge hydraulique générée par le modèle du Bas Isser.

b. Bilans de masse du modèle

La recharge par les précipitations et les charges hydrauliques imposées (Constant Head,
River) constituent des paramètres d’entrée préalablement définis dans le modèle numérique.
La comparaison entre les valeurs résultant de la simulation (Fig : 83 et 84) et celles estimées à
partir des données de terrain indique que la simulation reproduit adéquatement les volumes
d’eau entrant et ceux sortant aux systèmes modélisés. Le modèle reproduit aussi les échanges
oued-nappe qui n’ont pas été définis en début de simulation, faute de mesures de terrain.

Les bilans générés des aquifères du Moyen et Bas Isser qui apparaissent dans les
tableaux 30 et 31 montrent que l’oued Isser joue le rôle de drain de grande importance et
assure à lui seul la quasi-totalité des sorties.

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Chapitre 6 Modélisation mathématique des eaux souterraines du Bas et Moyen Isser

Fig : 83 -Bilan hydrique de l’aquifère du Moyen Isser en régime permanent.

Fig : 84 -Bilan hydrique de l’aquifère du Bas Isser en régime permanent.

Tableau 30 : Entrées et sorties de l’aquifère du Moyen Isser en régime permanent.


Echanges
Charge Ecart
Moyen Isser Emmagasinement oued- Recharge Total
imposée %
nappe
Entrées (m3/jour) 0 7735 2682 5116 15533 /
Sorties (m3/jour) 0 82 15451 0 15533 /
Entrées-sorties
0 7653 -12769 5116 0 0
(m3/jour)

Tableau 31 : Entrées et sorties de l’aquifère du Bas Isser en régime permanent.


Charge Echanges Ecart
Bas Isser Emmagasinement Recharge Total
imposée oued-nappe %
Entrées (m3/jour) 0 5088 11027 13784 29899 /
Sorties (m3/jour) 0 2843 27056 0 29899 /
Entrées-sorties
0 2245 -16029 13784 0 0
(m3/jour)

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Chapitre 6 Modélisation mathématique des eaux souterraines du Bas et Moyen Isser

c. Répartition spatiale des perméabilités

En fin de calage et après plusieurs modifications apportées aux perméabilités des


terrains, on a abouti à une représentation spatiale de ce paramètre à travers tout le domaine
modélisé. Les étapes d’ajustement sont consignées dans les tableaux 32 et 33.

Tableau 32 : Ajustement des perméabilités de l’aquifère du Moyen Isser en régime permanent.


K1 (m/s) K2 (m/s) K3 (m/s)
Etapes
(zone blanche) (zone bleue) (zone vert sapin)
1 2. 10-3 8. 10-3 /
2 1,09. 10-5 2,19. 10-4 /
3 1,55. 10-5 4,53. 10-2 /
-5 -2
4 2,89. 10 4. 10 /
5 1. 10-4 2. 10-3 1. 10-6

Tableau 33 : Ajustement des perméabilités de l’aquifère du Bas Isser en régime permanent.


K1 (m/s) K2 (m/s) K3 (m/s) K4 (m/s)
Etapes
(zone blanche) (zone bleue) (zone vert sapin) (zone vert turquoise)
1 5. 10-5 1. 10-4 7. 10-3 1. 10-6
-5 -3 -3
2 2. 10 5. 10 8.10 8. 10-6
3 2,2. 10-5 2,3. 10-4 2,9. 10-3 8. 10-6
-5 -4 -3
4 2,2. 10 2,3. 10 3. 10 5,65. 10-5
-5 -4 -2
5 1,73. 10 1,63. 10 3,77. 10 5,65. 10-5
-5 -4 -3
6 1,8. 10 2. 10 5. 10 5,65. 10-5
7 1,18. 10-5 5,97. 10-4 6,92. 10-3 5,95. 10-5
-6 -3
8 7,47. 10 2,22. 10 0,28 5,95. 10-5
-5 -4 -3
9 1,18. 10 5,97. 10 6,92. 10 2,22. 10-2
10 1,18. 10-5 5,97. 10-4 6,92. 10-3 2,5. 10-2
-5 -4 -3
11 1,09. 10 5. 10 6,92. 10 2,5. 10-2

On constate qu’il existe pratiquement trois zones de perméabilités pour l’aquifère


alluvionnaire du Moyen Isser, tandis que pour celui du Bas Isser il y a quatre zones de
perméabilités. Des cartes faisant apparaître les différentes zones de perméabilité ont été
réalisées (Fig 85 et 86).

On peut donc considérer que les conditions utilisées dans le modèle calé représentent
l’effet des perméabilités des alluvions et des conductances du lit de l’oued Isser. Considérant
ces limitations, les propriétés utilisées dans le modèle pour ces deux paramètres permettant de
reproduire les conditions d’écoulement adéquatement mais avec des valeurs qui diffèrent des
observations dans le cas de la conductivité hydraulique des alluvions aquifères.

Le régime permanent a permis d’obtenir un profil de charge qui va servir de condition


initiale au régime transitoire.

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Chapitre 6 Modélisation mathématique des eaux souterraines du Bas et Moyen Isser

Fig : 85 -Perméabilités de l’aquifère du Moyen Isser après calage en régime permanent.

Fig : 86 -Perméabilités de l’aquifère du Bas Isser après calage en régime permanent.

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Chapitre 6 Modélisation mathématique des eaux souterraines du Bas et Moyen Isser

6.5. Simulations en régime transitoire

Cette partie, consacrée au modèle en régime transitoire représente une continuité au


calage en régime permanent. La simulation en régime transitoire introduit la composante
dynamique (temporelle) dans le système. Elle a pour objectif d’ajuster les paramètres de
stockage des différents aquifères et l’homogénéisation des données du système hydraulique
en régime transitoire. De la même manière qu’en régime permanent, la calibration est réalisée
en ajustant les paramètres du modèle un à un afin d’aboutir à la meilleure correspondance
entre les données observées et les données simulées.

En plus de la conductivité hydraulique des alluvions aquifères, la simulation en régime


transitoire nécessite de définir les paramètres de stockage des différents aquifères, c’est-à-dire
les coefficients d’emmagasinement spécifique (Ss Specific Storage) et la porosité de drainage
(Sy Specific Yield). La littérature et les mesures de terrain ont permis une estimation préalable
de ces paramètres avant leur ajustement au cours de la calibration.

Les différentes études menées sur l’aquifère alluvionnaire de l’oued Isser


(Guirkanov A, 1974) ainsi que les résultats des essais de pompage (cf, chapitre 5) indiquent
un coefficient d’emmagasinement moyen de 0,1 pour le Moyen Isser et de 0,05 pour le Bas
Isser. L’épaisseur moyenne de l’aquifère du Moyen Isser est de 15m celle de l’aquifère du
Bas Isser est égale à 40m, permettant ainsi d’estimer le coefficient d’emmagasinement
spécifique des alluvions aquifères respectivement à 0,006 et 0,001.

La porosité de drainage des matériaux de type alluvionnaire (galets, graviers et sables)


varie entre 20 et 25% (Johnson, 1967). On fixe la porosité de drainage des alluvions du
Moyen et Bas Isser à 0,20, comme valeur initiale dans le modèle avant l´ajustement des
paramètres.

En l’absence de mesures disponibles de la porosité efficace, on a considéré que chaque


faciès géologique a une porosité relativement constante. De ce fait, on a fixé pour les
aquifères du Moyen et Bas Isser une porosité efficace égale à 20%.

Les conductivités hydrauliques sont fixées aux valeurs issues du calage en régime
permanent.

6.5.1. Les scénarios envisagés

La simulation en régime transitoire permettra d’apprécier le fonctionnement des


aquifères du Moyen et Bas Isser dans des contextes hydrodynamiques variables (pompages)
en vue d’obtenir un outil efficace pour une meilleure gestion de ces aquifères.

Plusieurs scénarios sont proposés. Une modification de l’exploitation de l’aquifère


(débit Q) est utilisée comme donnée d’entrée du modèle dans le but d’apprécier la sensibilité
et la vulnérabilité potentielle des nappes aquifères à de telles évolutions. Pour tous les
scénarios prévisionnels, la recharge est déterminée à partir des bilans hydriques des aquifères
du Moyen et Bas Isser, soit respectivement 85mm et 93mm.

MODFLOW permet d’estimer l’impact des pompages en fonction de leur débit et de


leur localisation, qui va se traduire par le rabattement du niveau de la nappe. L’introduction
des données de pompage dans le modèle se fait au niveau de chaque maille concernée par
l’addition d’un débit pompé, c’est pourquoi la localisation d’un pompage est d’autant plus
fine que le maillage est serré.

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Chapitre 6 Modélisation mathématique des eaux souterraines du Bas et Moyen Isser

Afin de représenter au mieux les volumes d’eau extraits des nappes alluvionnaires, on
admettra que l’on dispose de 18 pompes de forage, dont 8 seront affectées au Moyen Isser et
les 10 autres seront attribuées au Bas Isser (Fig : 87 et 88). Nous avons cherché à optimiser le
débit total pompé par les 18 forages tout en respectant les contraintes de gestion de la
ressource.

On observe le rabattement de la nappe à l’aide des puits d’eau utilisés lors du calage du
modèle en régime permanent, et qui seront affectés aux zones où on installe un pompage. On
a choisit 8 puits d’observation pour le Moyen Isser et 10 puits d’observation pour le Bas Isser,
les tableaux 34 et 35 donnent la numérotation de chaque point d’observation ainsi que ses
coordonnées géographiques.

Tableau 34 : Puits d’observation du niveau piézométrique du Moyen Isser.


Numéros Coordonnées géographiques
des puits d’observation X (m) Y (m) Z (m)
3 590800 355975 181,05
7 589490 358590 168,66
14 587745 359300 166,88
35 582580 362350 133,02
37 582050 363060 139,33
22 586280 360740 156,64
31 583290 361370 135,92
43 579590 361620 118,52
44 579380 362400 113,71

Tableau 35 : Puits d’observation du niveau piézométrique du Bas Isser.


Numéros Coordonnées géographiques
des puits d’observation X (m) Y (m) Z (m)
5 580770 376600 48,67
16 581435 380240 38,17
27 583700 380720 33,12
36 586150 381385 28,96
45 587895 381845 27,44
61 590175 382790 21,83
77 591530 384805 26,91
92 589454 388745 13,87
131 590150 391090 9,67
128 587240 393320 2,95

La quantité d'eau prélevée dans l'aquifère à partir des puits individuels privés est
considérée négligeable. Cette hypothèse est basée sur l'observation qu'une quantité importante
de cette eau retourne dans le même milieu aquifère après son utilisation.

- 105 -
Chapitre 6 Modélisation mathématique des eaux souterraines du Bas et Moyen Isser

Fig : 87 -Répartition des forages de pompage et des puits d’observation du Moyen Isser.

Fig : 88 -Répartition des forages de pompage et des puits d’observation du Bas Isser.

Le scénario 1. Le modèle calibré est utilisé pour simuler la période 1994-2003. Ce


scénario de référence permet d’observer la dynamique des eaux souterraines dans les
conditions réelles de recharge et d’exploitation des aquifères du Moyen et Bas Isser.

- 106 -
Chapitre 6 Modélisation mathématique des eaux souterraines du Bas et Moyen Isser

Le pompage au Moyen et Bas Isser est respectivement de 10794,52m3/jour et


47088m3/jour, correspondant aux conditions d’exploitation de 2003 (DHW Boumerdès,
2003).
Tableau 36 : Débits pompés dans l’aquifère du Moyen Isser selon le scénario 1.
Débits pompés
Forages Secteurs couverts Pourcentages
(m3/j)
FM1 2230,87
FM2 2230,87 Amont de Kadiria 62%
FM3 2230,87
FM4 1187,39
Plaine El Merdja 22%
FM5 1187,39
FM6 575,71
FM7 575,71 Kadiria à Lakhdaria 16%
FM8 575,71
Total 10794,52 / 100%

Tableau 37 : Débits pompés dans l’aquifère du Bas Isser selon le scénario 1.


Débits pompés
Forages Secteurs couverts Pourcentages
(m3/j)
FB1 1648,08
FB2 3296,16 Souk El Had à Si-Mustapha 17,5%
FB3 3296,16
FB4 8240,6
FB5 9135,07
Si-Mustapha à Laghata 36,9%
FB6 6074,35
FB7 6074,35
FB8 3625,77
Laghata à l’embouchure de
FB9 4661,71 45,6%
l’oued Isser
FB10 1035,93
Total 47088 / 100%

Le scénario 2 envisage une augmentation des débits d´exploitation avec 16200m3/jour


dans le Moyen Isser et 70632m3/jour dans le Bas Isser, ce qui représente un accroissement de
50% de l´exploitation.

Tableau 38 : Débits pompés dans l’aquifère du Moyen Isser selon le scénario 2.


Débits pompés
Forages Secteurs couverts Pourcentages
(m3/j)
FM1 3348
FM2 3348 Amont de Kadiria 62%
FM3 3348
FM4 1782
Plaine El Merdja 22%
FM5 1782
FM6 864
FM7 864 Kadiria à Lakhdaria 16%
FM8 864
Total 16200 / 100%

- 107 -
Chapitre 6 Modélisation mathématique des eaux souterraines du Bas et Moyen Isser
Tableau 39 : Débits pompés dans l’aquifère du Bas Isser selon le scénario 2.
Débits pompés
Forages Secteurs couverts Pourcentages
(m3/j)
FB1 2472,12
FB2 4944,24 Souk El Had à Si-Mustapha 17,5%
FB3 4944,24
FB4 12360,6
FB5 13702,6
Si-Mustapha à Laghata 36,9%
FB6 9111,52
FB7 9111,52
FB8 5438,66
Laghata à l’embouchure de
FB9 6992,57 45,6%
l’oued Isser
FB10 1553,9
Total 70632 / 100%

Le scénario 3 prévoit une augmentation des débits d’exploitation jusqu'à atteindre les
valeurs admissibles fixées par A. Guirkanov (1974). Il s’agit de pomper 17280m3/jour dans le
Moyen Isser et 73440m3/jour dans le Bas Isser. Cela va nous permettre d’étudier le
comportement des nappes vis-à-vis des sollicitations extrêmes.

Tableau 40 : Débits pompés dans l’aquifère du Moyen Isser selon le scénario 3.


Débits pompés
Forages Secteurs couverts Pourcentages
(m3/j)
FM1 3571,2
FM2 3571,2 Amont de Kadiria 62%
FM3 3571,2
FM4 1900,8
Plaine El Merdja 22%
FM5 1900,8
FM6 921,6
FM7 921,6 Kadiria à Lakhdaria 16%
FM8 921,6
Total 17280 / 100%

Tableau 41 : Débits pompés dans l’aquifère du Bas Isser selon le scénario 3.


Débits pompés
Forages Secteurs couverts Pourcentages
(m3/j)
FB1 2570,4
FB2 5140,8 Souk El Had à Si-Mustapha 17,5%
FB3 5140,8
FB4 12852
FB5 14247,36
Si-Mustapha à Laghata 36,9%
FB6 9473,76
FB7 9473,76
FB8 5654,88
Laghata à l’embouchure de
FB9 7270,56 45,6%
l’oued Isser
FB10 1615,68
Total 73440 / 100%

- 108 -
Chapitre 6 Modélisation mathématique des eaux souterraines du Bas et Moyen Isser

6.5.2. Résultats et commentaires

6.5.2.1. Moyen Isser

Le sens général des écoulements souterrains représenté par les cartes piézométriques
simulées est similaire à celui mesuré en janvier 1994. Il est SE-NO en amont du modèle et
devient E-O à partir du centre de celui-ci (Fig : 89, 93 et 97).
Dans la zone avale du modèle, au Sud de Lakhdaria, le resserrement des isopièzes
indique des gradients hydrauliques élevés, alors qu’ailleurs, l’espacement des isopièzes
indique une surface libre plane et s’écoulant lentement. Sur la rive droite amont de l’oued
Isser, les isopièzes sont perturbées par les effets de bord. En effet, les contrastes de
perméabilités sur les bords du modèle impliquent un resserrement localisé des isopièzes.
Cependant, cet effet se dissipe rapidement dans la partie interne du modèle.

Les simulations prévisionnelles présentées à la section 6.5.1 considèrent trois scénarios


d'exploitation dont les variations du niveau d'eau font l'objet de prévisions sur 10 à 20 ans.
D’après les résultats des simulations, on constate qu'une augmentation du débit d'exploitation
entraîne une baisse du niveau d'eau dans l'aquifère sur une portion plus ou moins importante
du model.

D’une manière générale on adopte comme rabattement admissible pour les nappes
aquifères libres 70% de l’épaisseur mouillée de la nappe, et la valeur de la charge pour les
nappes aquifères captives. Si le rabattement calculé est inférieur ou égal au rabattement
admissible on estime les réserves comme assurée, sinon, on diminue les débits des forages et
on refait les calculs avec les nouvelles conditions de débit.

Le premier scénario suppose des quantités d’eau prélevées dans l’aquifère de l’ordre
de 10794,52m3/jour, s’étalant sur la période de 1994 à 2003. En appliquant ces conditions, on
remarque une baisse généralisée et plus ou moins concentrique du niveau d’eau, notamment
autour des forages FM1, FM2 et FM3 appartenant au secteur de Kadiria, ce dernier étant le
secteur le plus fortement affecté (Fig : 89 et 90). Directement au Sud-Ouest de Kadiria, la
variation est de –1 à –2m, tandis que le secteur même de Kadiria présente un abaissement du
niveau d’eau de –2 à –4m. Le centre du model est également affecté par une baisse d’environ
–2 à –4m. En périphérie de l’aquifère, la baisse estimée est de –0,5 m.

Le scénario 2 prévoit une augmentation de 50% des prélèvements, soit 16200m3/jour,


qui s'opère de 2003 à 2024. En augmentant uniformément de 50% la quantité d'eau
souterraine exploitée pour tous les forages et en supposant que les précipitations demeurent
sous la normale de 85mm, la baisse du niveau d'eau calculée est d'environ -5m au centre du
modèle, de -0,5 à -4m pour le secteur de Kadiria et de -2m pour la zone au Sud de Lakhdaria
(Fig : 93 et 94). Il semble selon ces simulations que les zones en bordure de l'aquifère
subissent de façon moins marquée les baisses de niveau d'eau.

Le troisième scénario envisage des quantités d’eau prélevées dans l’aquifère de 160%
supérieures au débit de pompage moyen journalier réel. En appliquant ces conditions
pessimistes qui correspondent à un prélèvement de 17280m3/jour, on remarque une légère
baisse du niveau piézométrique (Fig : 97 et 98). De fait, on a des similitudes avec les
tendances piézométriques du 2ème scénario, mais le rabattement s’accentue cependant de 0,5 à
1m sur l’ensemble du modèle.

- 109 -
Chapitre 6 Modélisation mathématique des eaux souterraines du Bas et Moyen Isser

Les chroniques piézométriques générées par le modèle (Fig : 91, 95 et 99), montrent
dans l’ensemble une tendance à la baisse du niveau d’eau. Cependant, quelques puits
d’observation enregistrent une remontée variable du niveau piézométrique. En effet, au droit
des puits 7, 35, 43, la remontée de la nappe est de 2,34m, 2,74m et 2,31m respectivement,
pour un débit pompé de 17280m3/jour.

Les conditions-limites du modèle, en particulier les charges de type River imposent un


biais systématique de la piézométrie du modèle par rapport aux données observées. En
simulant un système où les pompages sont actifs, la charge hydraulique est influencée par le
potentiel de l’oued, à partir duquel les eaux souterraines affluent et amortissent par
conséquent le rabattement du niveau d’eau.

Fig : 89 -Carte piézométrique simulée de l’aquifère du Moyen Isser (janvier 2003), scénario 1.

Fig : 90 -Carte des rabattements de l’aquifère du Moyen Isser (janvier 2003), scénario 1.

- 110 -
Chapitre 6 Modélisation mathématique des eaux souterraines du Bas et Moyen Isser

Fig : 91 -Evolution des niveaux piézométriques dans les puits d’observation du Moyen Isser
entre janvier 1994 et janvier 2003,scénario 1.

Fig : 92 -Bilan hydrique de l’aquifère du Moyen Isser d’après le scénario 1.

- 111 -
Chapitre 6 Modélisation mathématique des eaux souterraines du Bas et Moyen Isser

Fig : 93 -Carte piézométrique simulée de l’aquifère du Moyen Isser (janvier 2024), scénario 2.

Fig : 94 -Carte des rabattements de l’aquifère du Moyen Isser (janvier 2024), scénario 2.

- 112 -
Chapitre 6 Modélisation mathématique des eaux souterraines du Bas et Moyen Isser

Fig : 95 -Evolution des niveaux piézométriques dans les puits d’observation du Moyen Isser
entre janvier 2003 et janvier 2024, scénario 2.

Fig : 96 -Bilan hydrique de l’aquifère du Moyen Isser d’après le scénario 2.

- 113 -
Chapitre 6 Modélisation mathématique des eaux souterraines du Bas et Moyen Isser

Fig : 97 -Carte piézométrique simulée de l’aquifère du Moyen Isser (janvier 2024), scénario 3.

Fig : 98 -Carte des rabattements de l’aquifère du Moyen Isser (janvier 2024), scénario 3.

- 114 -
Chapitre 6 Modélisation mathématique des eaux souterraines du Bas et Moyen Isser

Fig : 99 -Evolution des niveaux piézométriques dans les puits d’observation du Moyen Isser
entre janvier 2003 et janvier 2024, scénario 3.

Fig : 100 -Bilan hydrique de l’aquifère du Moyen Isser d’après le scénario 3.

- 115 -
Chapitre 6 Modélisation mathématique des eaux souterraines du Bas et Moyen Isser

6.5.2.2. Bas Isser

En fonction des conditions de pompages envisagées dans les scénarios 1, 2 et 3, le


modèle a pu calculé trois cartes piézométriques de la nappe du Bas Isser. La direction
générale des flux est SO-NE de l’amont au centre du modèle, puis plus en aval elle devient
sensiblement S-N (Fig : 101, 105 et 109).

Globalement, la modification des isopièzes de la nappe autour des forages de pompage


est clairement observée. Lorsque le débit Q augmente, les isopièzes se resserrent et sont
notamment concentriques autour des forages FB1, FB2, FB3 et FB4. On observe clairement
l’extension et l’approfondissement du cône de rabattement dans le centre de l’aquifère, entre
Isser Ville et Bordj-Ménaïel. Le même effet est observé aussi autour du forage FB9 situé au
Nord de Bordj-Ménaïel, mais dans un degré moindre.

Les prévisions sur le niveau d’eau du premier scénario présentent une baisse variable
par rapport au niveau d’eau mesuré en février 1994. Cette baisse du niveau d’eau atteint son
maximum, soit de -5m, pour le secteur compris entre Isser Ville et Bordj-Ménaïel. Elle est
égale à -3m dans la zone située en aval de Bordj-Ménaïel (Fig : 101 et 102).Cette baisse tend
cependant à se résorber en périphérie de l’aquifère.

Lorsqu’on augmente le débit d’exploitation de 50% (scénario 2) sur la période de 2003


à 2024, le rabattement de la nappe se poursuit et atteint -6m au centre du modèle (Fig : 105 et
106). Il est moins accentué en aval du système où l’on enregistre -1 à -4m. Entre Souk El Had
et Si Mustapha les rabattements varient entre -2 et -4m.

Le troisième scénario envisage des quantités d'eau prélevées dans l'aquifère égales au
débit de pompage admissible sur la période de 2003 à 2024. En augmentant le débit pompé la
surface libre des alluvions s’abaisse globalement sur tout le modèle et de façon plus marquée
dans la partie centrale où le rabattement atteint -8m. On note l’assèchement de la cellule
[147 ; 81] à l’Est d’Isser Ville. En amont du modèle le rabattement est moins accentué, soit en
moyenne -3m. En aval, les isopièzes sont peu perturbées et subissent l’effet combiné des
charges imposées le long du littoral et en périphérie du système. Le rabattement moyen est de
l’ordre de -2m.

Les chroniques simulées du niveau piézométrique montrent un abaissement de la nappe


(Fig : 103, 107 et 111). Cette baisse de la surface libre est générale sur l’ensemble du model et
varie entre -0,08 et -5,59m. On remarque cependant une remontée variable du niveau d’eau,
au droit des puits d’observation : 5, 45 et 128. Celle-ci est plus importante en amont du
modèle, atteignant 2,23m, qu’au centre et en aval, où elle est de l’ordre de 1m. En effet, les
conditions-limites de charge imposée (Constant Head Boundary) impliquent que la
piézométrie simulée au pourtour de l’aquifère, correspondent exactement aux valeurs utilisées
comme données d’entrée.

L’influence des conditions-limites est importante sur les forages et sur l’ensemble du
modèle, elle se traduit en apports d’eau souterraine qui amortissent le rabattement, contribuant
de la sorte à la remontée du niveau d’eau. Cependant la piézométrie à l’intérieur du modèle
est sensible aux modifications de la recharge et/ou des caractéristiques hydrauliques de
l’aquifère. Les contraintes des conditions de charge imposée se limitent à un niveau de base
surélevé mais laisse le modèle dans sa partie interne évoluer en fonction des conditions de
recharge et d’exploitation.

- 116 -
Chapitre 6 Modélisation mathématique des eaux souterraines du Bas et Moyen Isser

Fig : 101 -Carte piézométrique simulée de l’aquifère du Bas Isser (janvier 2003), scénario 1.

Fig : 102 -Carte des rabattements de l’aquifère du Bas Isser (janvier 2003), scénario 1.

- 117 -
Chapitre 6 Modélisation mathématique des eaux souterraines du Bas et Moyen Isser

Fig : 103 -Evolution des niveaux piézométriques dans les puits d’observation du Bas Isser
entre janvier 2003 et janvier 2024, scénario 1.

Fig : 104 -Bilan hydrique de l’aquifère du Bas Isser d’après le scénario 1.

- 118 -
Chapitre 6 Modélisation mathématique des eaux souterraines du Bas et Moyen Isser

Fig : 105 -Carte piézométrique simulée de l’aquifère du Bas Isser (janvier 2024), scénario 2.

Fig : 106 -Carte des rabattements de l’aquifère du Bas Isser (janvier 2024), scénario 2.

- 119 -
Chapitre 6 Modélisation mathématique des eaux souterraines du Bas et Moyen Isser

Fig : 107 -Evolution des niveaux piézométriques dans les puits d’observation du Bas Isser
entre janvier 2003 et janvier 2024, scénario 2.

Fig : 108 -Bilan hydrique de l’aquifère du Bas Isser d’après le scénario 2.

- 120 -
Chapitre 6 Modélisation mathématique des eaux souterraines du Bas et Moyen Isser

Fig : 109 -Carte piézométrique simulée de l’aquifère du Bas Isser (janvier 2024), scénario 3.

Fig : 110 -Carte des rabattements de l’aquifère du Bas Isser (janvier 2024), scénario 3.

- 121 -
Chapitre 6 Modélisation mathématique des eaux souterraines du Bas et Moyen Isser

Fig : 111 -Evolution des niveaux piézométriques dans les puits d’observation du Bas Isser
entre janvier 2003 et janvier 2024, scénario 3.

Fig : 112 -Bilan hydrique de l’aquifère du Bas Isser d’après le scénario 3.

6.5.2.3. Bilans hydriques des scénarios prévisionnels

En régime permanent, les bilans hydriques du Moyen et Bas Isser ont montré que les
flux entrants sont : les précipitations efficaces, les infiltrations de l’oued Isser et les charges
imposées aux limites du système. Les flux sortants sont les fuites vers l’oued ainsi que la
décharge de la nappe en méditerranée. La recharge correspond aux précipitations totales
amputées de l’évapotranspiration réelle. L’oued Isser assure à lui seul la quasi-totalité des
sorties des nappes du Moyen et Bas Isser.

- 122 -
Chapitre 6 Modélisation mathématique des eaux souterraines du Bas et Moyen Isser

En régime transitoire, les bilans du Moyen Isser (Fig : 92, 96 et 100) montrent que les
charges imposées (Constant Head) contribuent à 49% du flux total entrant dans la nappe. Les
flux de l’oued vers la nappe représentent seulement 22% du flux total entrant. La recharge
constitue 29% des entrées. Les volumes d’eau extraits de la nappe constituent 33% des
sorties. L’oued Isser draine 67% des eaux de la nappe.

Les bilans du modèle du Bas Isser (Fig : 104, 108 et 112) font état que les eaux de
l’oued constitue plus de 65% du flux total entrant dans la nappe, la recharge contribue à
hauteur de 24% du flux total entrant. L’alimentation à partir des limites du modèle (charges
imposées) équivaut à 10% du flux total entrant. Les prélèvements effectués par pompage
constituent à eux seuls 80% des sorties. Les flux d’eau qui s’échappent de la nappe et
contribuent au débit de l’oued représentent près de 15% du flux total sortant.

On constate que les relations hydrauliques oued-nappe sont significatives. La continuité


hydraulique des charges souligne le caractère connecté entre les nappes des alluvions et
l’oued Isser. En situation stationnaire l’oued Isser draine la nappe. Quand les pompages sont
activés un processus hydrodynamique d’inversion des circulations se met en place dans la
nappe du Bas Isser. Ceci en réponse aux contraintes d’exploitation qui perturbent l’équilibre
naturel des eaux souterraines.

De façon générale, des activités anthropiques telles que le prélèvement d'eau


souterraine, doivent nécessairement avoir comme conséquences une diminution de la
décharge naturelle d'un aquifère, une baisse du niveau d'eau dans le réservoir aquifère,
possiblement une augmentation de la recharge, ou encore une combinaison de ces trois
phénomène. Toutefois, ces conséquences ne signifient pas d'emblée qu'il y a surexploitation
de la ressource. Par exemple, la diminution d'emmagasinement d'eau dans les terrains en
répercussion à une augmentation des quantités d'eau prélevées constitue un phénomène
transitoire suite auquel le système recouvrera un nouvel équilibre.

- 123 -
Conclusion générale
Ce travail a été subdivisé en deux parties une étude hydrogéologique et une
modélisation mathématique des eaux souterraines de la nappe alluviale de l’oued Isser.
L’étude hydrogéologique adoptée en premier lieu a permis de dégager un portrait global de
l’aquifère alluvial de l’oued Isser et d’aborder avec beaucoup plus de facilité la seconde partie
du travail.

L’aspect conceptuel de cet aquifère a été défini à partir d’un ensemble d'informations
provenant de nombreuses sources, incluant les données sur la topographie du terrain, des
cartes géologiques, la description des données stratigraphiques de nombreux sondages et des
résultats d'essais de pompage. L'aquifère de la plaine alluviale de l’oued Isser consiste en une
longue cuvette comblée d’alluvions quaternaires disposées sous forme de terrasses étagées
partiellement emboîtées, reposant sur un substratum marneux mio-pliocènes au Bas Isser et
sur des schistes marneux albo-aptiens et des marnes calcaires sénoniennes au Moyen Isser.

L’estimation des composantes du bilan hydrique a montré qu’environ 67% des


précipitations sont évapotranspirées annuellement dans le Bas et le Moyen Isser, soit en
moyenne 469mm et 379mm respectivement. Le ruissellement représente quant à lui 20% des
précipitations au Bas Isser, soit une lame d’eau moyenne annuelle de 141mm et 18% des
précipitations au Moyen Isser, c'est-à-dire une lame d’eau moyenne annuelle de 99mm. La
recharge moyenne annuelle, paramètre difficilement mesurable sur le terrain, a été estimée à
partir du bilan hydrique. Elle est égale à 93mm dans le Bas Isser, ce qui correspond à 14% des
précipitations, et représente 85mm au niveau du Moyen Isser, soit 15% des précipitations.

L’alimentation des aquifères du Bas et du Moyen Isser est complexe et nous avons pu
noter plusieurs sources d’alimentation. Il s’agit en l’occurrence, des précipitations efficaces,
des infiltrations à partir de l’oued Isser et ses affluents, et des apports en eaux souterraines des
formations de bordures.

Par ailleurs, il est impératif de souligner que les débits réellement prélevés dans les
aquifères du Bas et du Moyen Isser sont mal connus. C’est une information utile à la
modélisation. Il faudrait alors un inventaire réactualisé des ouvrages de la zone étudiée qui
permettrait une évaluation réelle des prélèvements.

Nous sommes arrivés à construire et à caler un modèle mathématique destiné à


apprécier le comportement de la nappe vis-à-vis des prélèvements. Ce modèle qui demeure
suffisamment réaliste en dépit des simplifications inéluctables a été calé en régime
d'écoulement permanent sur les niveaux piézométriques de 26 puits d’eau pour le Moyen Isser
et de 44 puits d’eau pour le Bas Isser.

Les résultats de la simulation numérique en régime permanent corroborent l'estimation


du bilan hydrique faite à partir des données de terrain. Le système du Moyen Isser a tendance
à retrouver son équilibre puisque la somme des entrées est égale à la somme des sorties, soit
approximativement 15534m3/jour. Il en est de même pour le Bas Isser, l’équilibre est atteint
avec un débit de l’ordre de 29899m3/jour. On a constaté que l’oued Isser joue le rôle de drain
de grande importance et assure à lui seul la quasi-totalité des flux sortants.

- 124 -
Conclusion générale

Les simulations en régime transitoire ont servi à analyser le niveau de la nappe selon
trois scénarios prévisionnels. Ainsi, une baisse du niveau d'eau dans les alluvions a été
observée suite à l'augmentation de la quantité d'eau prélevée dans l'aquifère lors de la mise en
exploitation des forages d’eau. Ces effets ont sans doute été accentués par les valeurs faibles
de la recharge annuelle issues du bilan hydrique, soit 85mm pour le Moyen Isser et 93mm
pour le Bas Isser.

Au Moyen Isser, le rabattement atteint -6m à l'endroit des puits d’observation situés au
centre du modèle et environ -1 à -4m dans la région de Kadiria. En aval du modèle, les
rabattements calculés varient entre -2 et -3m. Les secteurs en bordure de l'aquifère subissent
de façon moins marquée les baisses de niveau d'eau.

Au Bas Isser, lorsque le débit augmente, les isopièzes se resserrent et sont notamment
concentriques autour des pompages. On observe clairement l’extension et
l’approfondissement du cône de rabattement dans le centre de l’aquifère, où le rabattement
atteint son maximum, soit -8m. Le même effet est observé aussi plus en aval, mais dans un
degré moindre, le rabattement avoisine les -2m. Entre Souk El Had et Si Mustapha les
rabattements varient entre -2 et -4m.

Les effets ressentis suite à l'augmentation de l'exploitation étaient prévisibles; ils


peuvent être considérés comme des phénomènes transitoires s'apparentant à un réajustement
vers un nouvel équilibre en réponse à l'application d'un nouveau stress, en l’occurrence un
pompage accru.

Une remontée localisée du niveau d'eau, d'environ 1 à 3m, s'est amorcée au cours du
premier scénario et s'est poursuivie jusqu'à la fin du troisième scénario due à l’influence des
conditions-limites de type charge imposée. L’influence des conditions-limites est importante
sur les forages et sur l’ensemble du modèle, elle se traduit en flux d’eau souterraine qui
amortissent le rabattement, contribuant de la sorte à la remontée du niveau d’eau. Cependant
la piézométrie à l’intérieur du modèle est sensible aux modifications de la recharge et/ou des
prélèvements. Les contraintes des conditions de charge imposée se limitent à un niveau de
base surélevé mais laisse le modèle dans sa partie interne évoluer en fonction des conditions
de recharge et des paramètres hydrauliques de l’aquifère et des conditions d’exploitation.

Concernant l’augmentation éventuelle de l’exploitation de l’aquifère de l’oued Isser


dont les réserves ne sont pas encore exploitées à leur maximum, les résultats montrent très
clairement qu’un accroissement des débits pompés ne ferait qu’accroître les risques pesant sur
la nappe. Cependant, il est clair que cette situation dépend essentiellement de la position des
forages dans la plaine ainsi que des volumes d’eau extraite. Or on constate une mauvaise
répartition des ouvrages de pompage à travers la zone d’étude, lesquels sont très nombreux le
long de l’oued en particulier dans la partie centrale. Dans une perspective d’accroissement de
l’exploitation de l’aquifère, l’implantation de forages devrait être favorisée en dehors des
zones surexploitées, comme c’est le cas du secteur compris entre les Issers et Bordj-Ménaïel.
Il est recommandé de tenir compte des débits d’exploitation estimés par A. Guirkanov (1974)
à 159l/s et 740l/s respectivement dans le Moyen et le Bas Isser afin d’assurer la pérennité et la
qualité de la ressource.

La nature des appréciations et de l’explication fournie découle bien entendu de la


fiabilité du modèle. D’une façon générale, la qualité d’un modèle dépend de sa
conceptualisation, c’est à dire de la validité et de la finesse des hypothèses retenues pour
passer du terrain au modèle, et de la précision et de la richesse des données utilisées pour
effectuer le calage. Il est toujours délicat d’évaluer la qualité de la conceptualisation car cela

- 125 -
Conclusion générale

nécessite une connaissance parfaite de la réalité, ce qui est rarement le cas. Finalement, on
estime la validité d’un modèle à la qualité de la restitution des niveaux piézométriques et
historiques des débits des cours d’eau et des sources. Dans la présente application, on ne
dispose malheureusement que de données anciennes sur les niveaux piézométriques;
l’historique des prélèvements, qui est un élément important n’est pas connu. Pour ces raisons
la confrontation calcul/mesure est affaiblie et ne permet pas de véritablement apprécier la
qualité de la restitution et donc de la fiabilité de l’outil.

Compte tenu du contexte hydrogéologique de la nappe de la plaine de l’oued Isser et du


niveau actuel du modèle mis en oeuvre, la seule façon de progresser significativement dans la
connaissance du système passe par un renforcement des observations de terrain. A cet effet,
nous suggérons donc de créer un observatoire de la nappe destiné à mettre en place un suivi
précis et détaillé des prélèvements et des niveaux piézométriques. Parallèlement à cette
collecte, l’observatoire établira chaque année un annuaire des données recueillies et un
diagnostic sur l’évolution générale de la nappe. Cet ensemble d’informations permettra la
mise en oeuvre périodique du modèle pour assurer sa mise à jour et affiner son calage si cela
s’avère nécessaire.

D’autres améliorations pourraient être apportées au modèle, telle que l’introduction


d’une prise en compte du transfert souterrain d’éléments chimiques par le biais du module de
transfert réactif MT3D de MODFLOW. Ce point constitue une des voies de recherche à
poursuivre. Il serait intéressant aussi de coupler le modèle d’écoulement souterrain avec un
modèle hydrologique de surface, en tenant compte des débits de l’oued Isser et des processus
hydrauliques observés à l’interface oued- nappe.

- 126 -
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- 132 -
Annexes

- 133 -
Annexe A
COORDONNEES ET ALTITUDES DES FORAGES UTILISES POUR ETALONNER
LES COUPES GEOPHYSIQUE DU BAS ET MOYEN ISSER.

Numéros des forages X (km) Y (km) Z (m) Aquifères


3516 588,820 387,240 / Bas Isser
3559 587,660 384,210 / Bas Isser
F9 Timzer 581,500 376,763 / Bas Isser
F629 580,700 378,050 / Bas Isser
3638 581,545 379,660 / Bas Isser
4080 584,570 381,065 26 Bas Isser
3802 586,240 381,160 / Bas Isser
3515 585,530 381,540 / Bas Isser
3552 587,025 381,810 / Bas Isser
3294 587,450 380,450 30 Bas Isser
3656 589,052 382,263 / Bas Isser
3661 588,760 383,160 / Bas Isser
3549 590,380 386,140 / Bas Isser
3620 580,430 386,120 / Bas Isser
3537 590,025 387,330 / Bas Isser
3535 589,900 389,390 Bas Isser
3357 590,174 389,564 11,46 Bas Isser
3566 590,135 390,700 / Bas Isser
3558 590,520 390,715 / Bas Isser
3512 588,420 391,400 / Bas Isser
3533 584,220 361,850 / Moyen Isser
3534 584,190 361,685 / Moyen Isser

- 134 -
Annexe B
B.1. PUITS D’EAU UTILISÉS POUR LE CALAGE EN REGIME PERMANENT
MODELE DU MOYEN ISSER.

WellName WellType ObsPoint Species ObsTime ObsValue Confidence InterpValue


1 Flow 1 Head 3285 175.79 1 0
3 Flow 3 Head 3285 171.87 1 0
6 Flow 6 Head 3285 162.13 1 0
7 Flow 7 Head 3285 161.04 1 0
8 Flow 8 Head 3285 160.38 1 0
10 Flow 10 Head 3285 160.02 1 0
14 Flow 14 Head 3285 163.49 1 0
15 Flow 15 Head 3285 152.04 1 0
16 Flow 16 Head 3285 150.59 1 0
17 Flow 17 Head 3285 160.08 1 0
18 Flow 18 Head 3285 150.84 1 0
22 Flow 22 Head 3285 154.63 1 0
23 Flow 23 Head 3285 156.72 1 0
25 Flow 25 Head 3285 138.41 1 0
26 Flow 26 Head 3285 130.76 1 0
27 Flow 27 Head 3285 135.07 1 0
28 Flow 28 Head 3285 131.18 1 0
31 Flow 31 Head 3285 133.78 1 0
35 Flow 35 Head 3285 126.41 1 0
36 Flow 36 Head 3285 135.38 1 0
37 Flow 37 Head 3285 134.75 1 0
38 Flow 38 Head 3285 123.51 1 0
42 Flow 42 Head 3285 131.92 1 0
43 Flow 43 Head 3285 112.05 1 0
44 Flow 44 Head 3285 105.95 1 0
49 Flow 49 Head 3285 95.6 1 0

- 135 -
Annexe B

B.2. PUITS D’EAU UTILISÉS POUR LE CALAGE EN REGIME PERMANENT


MODELE DU BAS ISSER.

WellName WellType ObsPoint Species ObsTime ObsValue Confidence InterpValue


5 Flow 5 Head 3285 37.45 1 0
9 Flow 9 Head 3285 40.61 1 0
12 Flow 12 Head 3285 41.34 1 0
16 Flow 16 Head 3285 30.88 1 0
19 Flow 19 Head 3285 29.39 1 0
24 Flow 24 Head 3285 30.19 1 0
27 Flow 27 Head 3285 26.93 1 0
36 Flow 36 Head 3285 21.17 1 0
37 Flow 37 Head 3285 30.82 1 0
38 Flow 38 Head 3285 26.31 1 0
45 Flow 45 Head 3285 12.97 1 0
46 Flow 46 Head 3285 14.37 1 0
49 Flow 49 Head 3285 21.47 1 0
55 Flow 55 Head 3285 21.05 1 0
58 Flow 58 Head 3285 15.52 1 0
59 Flow 59 Head 3285 27.57 1 0
61 Flow 61 Head 3285 20.26 1 0
77 Flow 77 Head 3285 26.08 1 0
78 Flow 78 Head 3285 21.27 1 0
79 Flow 79 Head 3285 17.97 1 0
82 Flow 82 Head 3285 11.35 1 0
86 Flow 86 Head 3285 14.62 1 0
100 Flow 100 Head 3285 10.65 1 0
102 Flow 102 Head 3285 16.3 1 0
106 Flow 106 Head 3285 4.64 1 0
107 Flow 107 Head 3285 2.68 1 0
109 Flow 109 Head 3285 6.52 1 0
110 Flow 110 Head 3285 5.71 1 0
111 Flow 111 Head 3285 7.87 1 0
112 Flow 112 Head 3285 2 1 0
121 Flow 121 Head 3285 1.79 1 0
127 Flow 127 Head 3285 7.85 1 0
128 Flow 128 Head 3285 0.55 1 0
130 Flow 130 Head 3285 2.31 1 0
131 Flow 131 Head 3285 7.13 1 0
132 Flow 132 Head 3285 14 1 0
134 Flow 134 Head 3285 25.82 1 0
88 Flow 88 Head 3285 15.05 1 0
91 Flow 91 Head 3285 3.79 1 0
92 Flow 92 Head 3285 4.24 1 0
93 Flow 93 Head 3285 9.66 1 0
94 Flow 94 Head 3285 5.4 1 0
96 Flow 96 Head 3285 4.18 1 0
98 Flow 98 Head 3285 5 1 0

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Annexe C
C.1. EQUATIONS DES INDICATEURS DE PERFORMANCE DU CALAGE.

Le contenu de cette annexe est tiré en majeure partie de : Visual Modflow v 3.0. User’s Manual,
Waterloo hydrogeologic (2002).

Le résiduel moyen (en anglais ME pour mean error) se calcule par l'équation suivante :

Où :
hgén : est le niveau d'eau généré dans une cellule par le modèle de simulation;
hmes : est le niveau d'eau mesuré sur le terrain dans le piézomètre situé dans la même cellule;
n : correspond au nombre total de piézomètres sur lesquels la simulation a été calée.

Le résiduel moyen absolu (MA) effectue la sommation de la valeur absolue de la


différence entre le niveau d'eau généré et le niveau d'eau mesuré pour une même cellule. Cet
indicateur calcule la magnitude moyenne du résiduel quel que soit son signe; il constitue par
conséquent un meilleur indicateur de performance du calage que le résiduel moyen.

Le résiduel moyen absolu (MA) se calcule par l'équation suivante :

L'écart-type du résiduel aussi appelé le résiduel du calage, est exprimé par l'équation
suivante :

La racine carrée de la moyenne des écarts au carré (en anglais RMS pour root mean
squared error) est définie par l'équation suivante :

La moyenne de la racine de la somme des écarts au carré (RMS) normalisée est la RMS
divisée par l'écart maximum entre les valeurs mesurées :

La RMS normalisée est exprimée en pourcentage. Elle est considérée comme un


meilleur indicateur de performance du calage que le RMS elle-même, parce qu'elle tient
compte de l'étalement de la fourchette des valeurs.

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Annexe D

D.1. SUBSTRATUM ET TOIT DE L’AQUIFÈRE DU MOYEN ISSER ELABORES


GRACE AU MODULE VMOD 3D-EXPLORER DE MODFLOW.

D.2. SUBSTRATUM ET TOIT DE l’AQUIFÈRE DU BAS ISSER ELABORES


GRACE AU MODULE VMOD 3D-EXPLORER DE MODFLOW.

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