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Phénomènes de Transport Avancé M1 Ingénierie et Gestion de L’eau

CHAPITRE III CONSERVATION DE QUANTITÉ DE MOUVEMENT


1.1 Notion de force en mécanique
Une force est associée à l'échange de quantité de mouvement entre deux systèmes. Si ces deux
systèmes sont isolés de l'extérieur, la somme de leurs quantités de mouvement reste constante au
cours du temps, quelle que soit leur interaction mutuelle. Par exemple deux boules de billard qui se
choquent échangent de la quantité de mouvement lors du choc, mais la somme des deux reste
constante. C'est en ce sens qu'il faut comprendre l'expression \conservation de la quantité de
mouvement" : on peut dire que le fluide subit (ou exerce) une force extérieure, mais aussi qu'il
échange de la quantité de mouvement avec l'extérieur, de telle sorte que la somme des quantités de
mouvement fluide + extérieur reste constante. Il est important de retenir cette notion pour bien
comprendre la physique sous-jacente aux équations qui vont suivre.
Important
Une force subie par le fluide correspond à un accroissement de sa quantité de mouvement. Une
force exercée par le fluide correspond à une diminution de sa quantité de mouvement.

1.2 Équation générale


Le principe dynamique stipule que la quantité de mouvement se conserve. Par conséquent un fluide
de masse volumique et de volume ( ) fixe dans l'espace peut accumuler de la quantité de
mouvement ou en échanger avec l'extérieur sous l’effet des forces exercées sur ce fluide.

L'équation de bilan de quantité de mouvement (QM) d'un fluide s’écrit sous la forme intégrale :

ouso s o ⺁ ‫݉ ݑ ܥ‬ o ⺁ 樰

Le bilan global donne :

Cette équation est exprimée en Newton et n’est d’autre que l’application du principe fondamental
de la dynamique sur un volume de fluide en mouvement (qui se déplace dans l’espace).
1.3 Forces extérieures
Il est d'usage de distinguer deux types de forces dans les milieux continus :
 Les forces volumiques qui s'exercent sur chaque particule fluide interne au volume (V).
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 Les forces surfaciques ou de contact qui s'exercent sur la frontière (S) du volume (V).
1.3.1 Forces de volume
Pour un fluide, en voici une liste possible :
 Le poids.
 Les pseudo-forces d'inertie d'entrainement et de Coriolis en référentiel non-galiléen
(importantes pour les mouvements de l'atmosphère par exemple).
 Les forces électriques et magnétiques pour les fluides chargés (suspensions de particules
magnétiques, magma).
Nous nous limiterons ici au poids. Exprimons le poids du volume de fluide ( ) : chaque volume
élémentaire a pour poids de telle sorte que le poids du volume ( ) s'exprime par :

1.3.2 Forces de surface


On distingue les forces normales ou force de pression et les forces tangentielles ou de frottement :
1.3.2.1 Force normale
La force moyenne qu'exerce le fluide sur la paroi, obtenue en comptant tous les chocs de molécules
par unité de temps : est donc également normale à la paroi et dirigée vers son intérieur. Cette force
est une force de pression. On définit la force de pression sur un élément de surface par :

1.3.2.2 Force tangentielle


La force tangentielle est aussi connue sous le nom de force de frottement.

Ainsi les forces de surface peuvent être exprimées sous cette forme :

1.3.2.3 Viscosité
Lorsque le fluide est en mouvement, on constate expérimentalement qu'il apparait également une
force tangentielle, en plus des forces de pression. L'expérience la plus simple permettant de le
constater est l'écoulement de Couette : un canal contenant du fluide initialement immobile est
équipé d'une paroi supérieure mobile. Lorsque l'on anime cette dernière d'un mouvement horizontal
uniforme à la vitesse on constate que :

 Le fluide est entrainé par la plaque, avec une vitesse horizontale


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 La plaque subit une force tangentielle F opposée au mouvement.


Au bout d'un temps suffisamment long, la vitesse du fluide devient constante au cours du temps (on
est en régime permanent) et on constate qu'elle varie linéairement de 0 à dans l'épaisseur du
fluide. On peut conclure de cette expérience que :
 La plaque adhère au fluide puisqu'elle l'entraine dans son mouvement.
 Les couches horizontales de fluide frottent l'une sur l'autre puisque le mouvement se
transmet de la plaque vers les couches plus basses. Cela signifie que chaque ligne
horizontale subit une force tangentielle de la part de ses voisines. Cette force tangentielle est
appelée cisaillement .
 Le taux de cisaillement ( est la déformation angulaire subit par le gradient de vitesse
au cours du temps.

Par conséquent : ce taux de cisaillement ( est proportionnel au contrainte de cisaillement


ce qui implique :

D’où :
Le coefficient de proportionnalité exprime la viscosité. Quand le coefficient est constant on
dit que le fluide est Newtonien et représente la viscosité dynamique du fluide. est la contrainte
de cisaillement. Les contraintes viennent en tenseur et possèdent neuf (9) composantes. Dans
l’expérience de couette, la contrainte définie est la composante 樰 ( 樰 exprime la direction de la
vitesse et est la normale de la surface tangentielle à la vitesse)
樰樰 樰t 樰
t樰 tt t
樰 t

En fonction des gradients de vitesse on obtient pour un fluide Newtonien :

樰 t

樰 t
t t t
樰 t

Le bilan global de la conservation de quantité de mouvement peut être écrit sous la forme intégrale :

1.3.3 Applications
Les applications se traduiront par l’établissement de l’équation de Navier-Stockes.
1.4 Équation de Navier-Stockes
Ces équations peuvent être résolues analytiquement dans plusieurs configurations classiques où
l'écoulement s'effectue dans une direction privilégiée, notamment l'écoulement de Couette,
mentionne précédemment, et celui de Poiseuille, le long d'un tube. Les écoulements

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unidirectionnels ont quelques propriétés générales intéressantes. Les équations du mouvement


prennent la forme des équations dites de Navier-Stokes sous les hypothèses suivantes :
1.4.1 Écoulement incompressible
Comme on peut dire fluide incompressible, on dit le fluide est en écoulement incompressible
si sa masse volumique est constante au cours du mouvement, ce qui se traduit par une dérivée
particulaire du champ scalaire de masse volumique nulle (description eulérienne).
Si l'on note la masse volumique en un point M à un instant t et si l'on considère
l'écoulement incompressible alors :

( ) est la dérivée particulaire.


On peut caractériser un tel écoulement par la relation suivante :
div
où est la vitesse d'une particule fluide en un point M à un instant t.
En effet, l'équation de continuité (qui traduit la conservation de la masse)

div

et d'après les formules d'analyse vectorielle (divergence du produit d'un champ scalaire et d'un
champ vectoriel) :

grad div

On reconnaît la dérivée particulaire de :

grad

1.4.2 Fluide Newtonien


L'expérience de Couette nous montre que la force visqueuse nait de l'existence de couches de fluide
voisines se déplaçant à des vitesses différentes. L'expression est une dérivée spatiale d'une
composante de la vitesse. Voyons combien de dérivées spatiales de la vitesse nous pouvons définir
dans le cas général : il y a trois composantes t que nous pouvons chacune dériver par rapport
aux trois variables d'espace 樰 t , ce qui fait 9 dérivées. On les regroupe dans le tenseur gradient
de vitesses, qui s'écrit, en coordonnées cartésiennes :

樰 t
grad
樰 t
t t t
樰 t
Rappelons que l'expérimentation montre l'apparition d'un profil de vitesse linéaire au bout d'un
certain temps, et que la force qu'il faut exercer sur la plaque pour la déplacer à une vitesse constante
U est proportionnelle à la variation de la vitesse dans la hauteur du fluide :

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Puisque la plaque bouge à vitesse constante, cette force est donc opposée à celle qu'exerce le fluide
sur la plaque. Exécutons maintenant le bilan des forces sur une tranche de fluide comprise entre la
plaque supérieure et une ordonnée z quelconque. On voit que :
- Suivant , il n'y a pas de mouvement, les seules forces sont les forces de pression, nous
allons retrouver la loi de l'hydrostatique, comme si le fluide était immobile.

- L’accélération du fluide étant nulle, la force tangentielle exercée par la plaque sur la tranche
de fluide est égale à celle qu'exerce cette tranche de fluide sur la couche de fluide inferieure.
Par conséquent, la contrainte tangentielle exercée en tout point par le fluide supérieur sur le
fluide inferieur est constante dans l'épaisseur et vaut :

La contrainte normale exercée par la couche supérieure sur la couche inferieure est celle de pression
et nous pouvons donc écrire la contrainte totale sous la forme :

Pour faire simple :

樰 t

樰 t
t t t
樰 t
Or :

uo

Avec : est le symbole linéaire du tenseur ainsi est le tenseur identité (diagonal) et uo est le
tenseur des gradients de vitesse. Généralement la contrainte totale s’écrit :

uo uo

uo est la transposé du tenseur. Cette expression définie la symétrie du tenseur des


contraintes tangentielles :

Démonstration dans le cours.

Considérons l’équation intégrale de quantité de mouvement :

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Pour passer de l’intégral surface à l’intégral volume on applique les formules de Green ou
Ostrogradski. Si représente une surface fermée limitant un volume , on a :
- Pour un produit vectoriel

div ∇

- Pour un produit scalaire

grad

- Pour un produit tensoriel

div

grad ∇

Alors on obtient :

div div -grad

Ou

∇ grad ∇

Par conséquent, l’équation intégrale s’écrit sous sa forme locale :

∇ grad ∇

Cette équation avec l’équation de la continuité expriment les équations de Navier-Stokes. Le


produit ∇ est formellement le produit scalaire du vecteur vitesse par le vecteur nabla et est
donc (en coordonnées cartésiennes) l'opérateur : 樰 t
t . Par conséquent le terme ∇
est cet opérateur nabla appliqué à chaque composante de , soit :

t
樰 t
∇) t
樰 t
t t t
t
樰 t
L’opérateur grad s’applique sur un scalaire comme sur un vecteur ou un tenseur se traduit par

樰 t

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grad
t

Le terme ∇ des contraintes visqueuses s’écrit :

樰 t


樰 t
t t t
樰 t
Pour un écoulement incompressible et un fluide Newtonien, les équations de Navier-Stokes
s’écrivent comme suit :

div

∇ grad ∇

1.5 Autre écriture


Dans un système cartésien de cordonnées 樰 t : les variables des équations de Navier-Stokes sont
樰 t . Les inconnus sont le vecteur vitesse t et le scalaire pression .

t
樰 t

t 樰
樰 t 樰 樰 t

t t
樰 t t 樰 t

t t t t t t
t
樰 t 樰 t

Donc il y’a quatre inconnus pour quatre équations le systèmes Navier-stokes peut être résolu.

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