Vous êtes sur la page 1sur 4

Histoire des neurosciences

pls_378_p000000_hist.xp_mm_0503 9/03/09 15:37 Page 78

Sous-thème

REGARDS
HISTOIRE DES SCIENCES

Dispute sur la parallaxe de la Lune


Une simple erreur de signe commise dans un calcul publié par Euler en 1751
a conduit à une brouille durable entre les astronomes français Jérôme Lalande
et Pierre-Charles Le Monnier.
Jacques GAPAILLARD

P
our naviguer en sécurité, le marin celles qu’elles prendraient si le lieu d’obser- années 1760 et 1761, imprimées en 1759.
doit être capable de déterminer vation était le centre de la Terre, puisque l’astre C’est à cette époque que remonte la querelle
ses coordonnées géographiques. ne serait pas visé exactement dans la même sur la parallaxe qui l’opposa à Le Monnier.
Le problème particulier posé par direction (voir la figure 1). Après l’expédition géodésique des aca-
la longitude a été une préoccupation du Cet effet dit de parallaxe diurne est négli- démiciens parisiens en Laponie (1736-1737),
XVIIIe siècle. Avant la mise au point des chro- geable pour les étoiles, en raison de leur très à laquelle prit part Le Monnier, et celle au
nomètres de marine, la connaissance de grand éloignement. Mais il est sensible pour Pérou (1735-1744), l’hypothèse d’une Terre
cette coordonnée reposait sur des techniques les planètes, et plus encore pour la Lune. ellipsoïdale aplatie aux pôles était très géné-
astronomiques dont la principale était la En particulier, la hauteur d’un astre au-des- ralement admise. La réalisation de calculs
méthode des distances lunaires, fondée sur sus du plan horizontal de l’observateur au précis, liés à la position apparente de la Lune
la position apparente de la Lune par rapport sol, qualifiée de « hauteur apparente », est dans le ciel, exigeait alors la prise en compte
à certaines étoiles. Les astronomes se sont généralement inférieure à celle qui serait de cet aplatissement de la Terre, et c’était
donc appliqués à améliorer leur connaissance mesurée depuis le centre de la Terre, rela- l’objet des nouvelles tables de Lalande dans
des paramètres permettant de préciser la tivement à un plan parallèle. En d’autres la Connaissance des Temps.
marche de notre satellite. termes, la hauteur apparente est inférieure Les astronomes savaient que la parallaxe
Ainsi, en 1751, sur la recommandation à la « hauteur vraie ». L’écart entre ces deux de hauteur d’un astre, qu’ils déduisaient aupa-
de son maître Pierre-Charles Le Monnier, hauteurs est la « parallaxe de hauteur ». ravant de sa hauteur apparente en supposant
Jérôme Lalande, âgé de seulement 19 ans, la Terre sphérique, devrait subir une révision
fut envoyé à Berlin par l’Académie royale dans l’hypothèse d’une Terre aplatie. Ainsi,
des sciences, afin d’y accomplir un pro-
Deux avis opposés Lalande prétendait que l’aplatissement de la
gramme d’observations concertées avec De retour à Paris après une année passée Terre se traduisait par une diminution de la
celles effectuées par Nicolas-Louis Lacaille à Berlin où il a longtemps été hébergé chez parallaxe de hauteur de la Lune. Or Le Mon-
au cap de Bonne-Espérance. L’objectif de Euler, Lalande s’est beaucoup occupé de la nier soutenait le contraire! Pourquoi?
ces observations était essentiellement de parallaxe de la Lune. Il rédigea ainsi deux Dans le volume des mémoires de l’Aca-
déterminer avec précision la « parallaxe » mémoires sur le sujet, qui lui valurent d’en- démie de Berlin de l’année 1749, paru
de la Lune, un paramètre angulaire étroi- trer à l’Académie des sciences en 1753. Ce en 1751, Euler avait publié un article où, à
tement lié à sa distance à la Terre. C’est à n’était que le début d’une longue et brillante la suite de savants calculs, il concluait qu’avec
propos de cette parallaxe que le grand savant carrière, au cours de laquelle il assura la une Terre aplatie, « la parallaxe de la hauteur
suisse Leonhard Euler fit une petite étour- direction de l’Observatoire de Paris et obtint sera pour l’ordinaire [hors des pôles et de
derie de calcul, erreur qui fut à l’origine d’une une chaire au Collège royal, dénomination l’équateur] plus grande, que suivant la règle
dispute entre Le Monnier et Lalande. du Collège de France sous l’Ancien Régime. vulgaire [où la Terre est sphérique] ». Nul
Qu’est-ce que la parallaxe ? Un observa- Par la suite, lorsque l’Académie lui confia doute que ce mémoire et l’autorité d’Euler,
teur situé à la surface de la Terre repère la en 1758 la responsabilité de la Connaissance immense figure de la science du XVIIIe siècle,
position d’un astre dans le ciel par deux angles, des Temps, Lalande apporta plusieurs modi- étaient pour beaucoup dans l’opinion de Le
la hauteur et l’azimut, mesurés par rapport fications au contenu de ces éphémérides. Monnier. De plus, Le Monnier devait appuyer
au plan de l’horizon et au méridien. Les valeurs En particulier, il inséra des tables relatives sa conviction sur un argument simple, mais
de ces coordonnées diffèrent en général de à la parallaxe lunaire dans les éditions des incorrect, comme nous le verrons.

78] Histoire des sciences © Pour la Science - n° 378 - Avril 2009


pls_378_p000000_hist.xp_mm_0503 9/03/09 15:37 Page 79

Regards

À son retour de Berlin, Lalande avait


entamé une correspondance avec Euler
dont il nous reste 15 lettres de lui-même, A
la dernière datant de 1768. Dans sa lettre p
du 1er janvier 1761, Lalande n’attaquait pas N
frontalement Euler sur sa conclusion au O
sujet de la parallaxe, mais il lui faisait ha

© Shutterstock/Brad Thompson, cofkocof, montage Pour la Science


part de son désaccord sur l’un des termes
d’une formule, lequel était responsable de E
cette conclusion. hv
C
Cette formule d’Euler, établie dans le
cas général d’une Terre ellipsoïdale aplatie,
était censée exprimer le sinus de la paral-
laxe de hauteur en fonction de la hauteur
apparente. Mais, avec les précautions qui S
s’imposent quand on conteste un savant
aussi prestigieux qu’Euler, Lalande sug- H’ H
gérait qu’il y avait peut-être une confusion,
car il lui semblait que la formule serait plus
correcte si elle s’entendait avec la hauteur occupe, il lui arrive même de développer des 1. QUE LA TERRE SOIT ELLIPSOÏDALE apla-
vraie au lieu de la hauteur apparente. Ce fai- fonctions jusqu’au troisième ordre (c’est- tie (cas représenté ici) ou sphérique, la hau-
sant, Lalande mettait le doigt sur une à-dire jusqu’au terme de puissance trois) teur apparente ha de l’astre A, par rapport au plan
horizontal H de l’observateur en O, est inférieure
anomalie qui avait échappé à Euler. sans nécessité puisque, pour ses calculs à sa hauteur vraie hv relative au centre C de la
ultérieurs, le premier ordre lui suffit ! Ayant Terre et au plan H’ parallèle à H passant par C.
Une « inadvertance établi une expression exacte, mais incom- Sa parallaxe de hauteur est p = hv – ha. Dans le
mode, du sinus de la parallaxe de hauteur cas particulier où A est observé lors de son
légère » dans l’hypothèse de la Terre aplatie, c’est au passage dans le plan du méridien de l’observa-
Après avoir établi cette formule générale moyen d’approximations légitimes qu’il en teur (ici, le plan de la figure), p est l’angle sous
lequel le rayon CO, joignant le centre C de la Terre
– comme nous la désignerons dans la déduit sa formule générale contestée par à l’observateur, serait vu depuis A.
suite –, Euler l’avait testée en l’appliquant Lalande. Pour ce faire, et sans donner le détail
au cas particulier où l’ellipsoïde terrestre de ses calculs, Euler utilise un développe-
serait une sphère. Il espérait retrouver ainsi ment limité au second ordre par rapport à
une expression habituelle du sinus de la la quantité r/z, quotient du rayon terrestre
parallaxe de hauteur et, en effet, il eut la r allant du centre de la Terre à l’observateur
satisfaction d’obtenir une formule qu’il par la distance z séparant les centres de la
L’ A U T E U R
connaissait. Avec toutefois cet inconvé- Terre et de la Lune. Or, si l’on reprend ces cal-
nient que cette dernière exprimait le culs, il apparaît que le premier de ses termes
sinus de la parallaxe de hauteur en fonc- du second ordre, qu’Euler affecte d’un signe
tion de la hauteur vraie. +, devrait être précédé d’un signe –.
De façon purement fortuite, le test d’Eu- L’astronome Jean-Baptiste Delambre,
ler produisait une formule classique... qui élève de Lalande et qui fut, comme lui, direc-
n’était pas la bonne. Et c’est ainsi qu’Euler teur de l’Observatoire de Paris, a rédigé une
s’est laissé piéger : faute d’avoir remarqué Histoire de l’Astronomie au dix-huitième
l’impossible mutation de la hauteur entre ses siècle, parue en 1827, où il écrit : « Lalande
deux formules, il a pris pour une cohérence avait eu raison en réparant une inadver- Jacques GAPAILLARD
confirmant la justesse de ses calculs ce qui tance légère commise par Euler ou par est professeur émérite
à l’Université de Nantes
était en réalité une incohérence prouvant son imprimeur, car il s’agissait d’un signe où il a enseigné
que sa formule générale était fausse ! + ou –. » Passons sur l’« inadvertance les mathématiques
Euler était un habile calculateur et il affec- légère » qu’est toujours une erreur de signe, et l’histoire de l’astronomie.
tionnait particulièrement les développe- bien qu’elle puisse se révéler lourde de
ments de fonctions en séries de puissances conséquences. Ce jugement de Delambre
de la variable. Dans le mémoire qui nous prouve qu’il n’avait pas une connaissance

© Pour la Science - n° 378 - Avril 2009 Histoire des sciences [79


pls_378_p000000_hist.xp_mm_0503 9/03/09 15:37 Page 80

Regards

précise du mémoire d’Euler. Mieux informé, il n’était certainement pas peu fier d’avoir cien Alexis-Claude Clairaut qui avait accom-
il aurait su que cette erreur ne figurait pas détecté une erreur importante dans un écrit pagné Le Monnier en Laponie, pour consti-
dans une phase finale de l’étude, mais qu’elle du célèbre savant. tuer une commission. Celle-ci rendit son
était précisément à l’origine de la conclu- Avec un Lalande ainsi conforté dans son rapport dès le 3 février suivant, en des
sion erronée énoncée par Euler cinq pages opinion et opposé à un Le Monnier dont l’obs- termes qui en disent long sur l’exaspéra-
plus loin ! Si plusieurs fautes du mémoire tination était coutumière, la polémique ne tion provoquée chez ses confrères par l’en-
sont vraisemblablement dues à l’imprimeur, pouvait que rebondir... au point que Le têtement de Le Monnier.
ce n’est certainement pas le cas de celle-là. Monnier alla jusqu’à proclamer sa doctrine Le préambule de ce rapport, dont l’ori-
Le rétablissement du signe correct dans en pleine séance de l’Académie des sciences, ginal, de la main de Lacaille, est conservé
le développement limité d’Euler change le 27 janvier 1762. aux Archives de l’Académie des sciences,
complètement le terme litigieux de sa for- ne laissait augurer rien de bon pour Le Mon-
mule générale. Ainsi corrigée et appliquée Le Monnier imprudent nier : « M. le Monnier ayant demandé que
au cas de la Terre sphérique, cette formule l’Académie nommât des Commissaires pour
se réduit encore à une expression classique Le Monnier ignorait-il qu’il était sans doute décider si la parallaxe de la Lune, dans le
du sinus de la parallaxe de hauteur, mais le seul de son avis ? Toujours est-il que lors méridien, est plus grande ou plus petite
cette fois, comme il se doit, en fonction de de cette même séance, et tant il était per- dans l’hypothèse de la Terre aplatie par les
la hauteur apparente. suadé d’avoir raison, il commit l’imprudence pôles que celle qu’on emploie, en supposant
Par une lettre que Lalande adressa ulté- d’en appeler au jugement de ses confrères, la même parallaxe horizontale, dans l’hy-
rieurement à Euler, nous savons que ce der- demandant qu’une commission fût consti- pothèse de la Terre sphérique, nous, com-
nier lui a répondu le 2 février 1761 en tuée pour trancher la question. missaires nommés à cet effet, déclarons
reconnaissant son erreur, à la grande satis- L’Académie nomma donc les astronomes que cette question, se réduisant à une
faction de son correspondant. Non seule- Nicolas-Louis Lacaille et César-François proposition de la Géométrie la plus élé-
ment Lalande ne s’était pas trompé, mais Cassini de Thury, ainsi que le mathémati- mentaire, elle n’est pas susceptible de
délibération dans l’Académie. »
Cependant, comme Le Monnier avait
V2 V1 déclaré qu’il augmentait toujours ses paral-
laxes quand il prenait en compte l’aplatis-
A2 sement de la Terre, les commissaires
consentaient à donner la démonstration du
ε p2 contraire. Pour cela, ils supposent que, depuis
N un point de l’hémisphère Nord, la Lune est
d A1
ε observée vers le Sud lors de son passage
O p1 au méridien, ce qui se produit toujours pour
d
r ha un observateur en Europe et est une don-
ε ha née implicite du problème.
E
C Dans cette situation, la parallaxe de hau-
teur est alors simplement l’angle sous lequel
le rayon de la Terre aboutissant à l’observa-
teur serait vu depuis la Lune, et cela que la
Terre soit sphérique ou ellipsoïdale (voir la
S figure 1). La démonstration des commis-
saires revenait à comparer le cas de la Terre
H1 H2 sphérique, où la verticale de l’observateur
est dirigée vers le centre de la Terre, à celui
de la Terre ellipsoïdale aplatie, où cette ver-
2. UN ASTRE A, À LA DISTANCE d DU CENTRE C DE LA TERRE, est vu vers le Sud avec la hau- ticale se redresse vers l’axe terrestre, entraî-
teur apparente ha, dans le plan méridien de l’observateur (plan de la figure) situé en un point O de nant une diminution de l’écart angulaire entre
l’hémisphère Nord. Dans le cas où la Terre est sphérique (en vert), le plan horizontal de l’observa- le plan horizontal et celui de l’équateur.
teur est H1, perpendiculaire en O au rayon CO de longueur r, la verticale OV1 prolonge OC, et A se
trouve en A1 avec la parallaxe p1. Mais si la Terre est ellipsoïdale aplatie (en orange), la direction
Dans ces conditions, pour la même dis-
du plan horizontal H2 se rapproche de celle du plan équatorial E d’un angle ⑀, qui est aussi celui tance de la Lune au centre de la Terre, la même
dont la verticale OV2 s’écarte de OV1 du côté de l’axe polaire SN. L’astre A est alors situé en A2 et sa hauteur observée correspondra à des posi-
parallaxe p2 est visiblement inférieure à p1. tions différentes de la Lune selon que la Terre

80] Histoire des sciences © Pour la Science - n° 378 - Avril 2009


pls_378_p000000_hist.xp_mm_0503 9/03/09 15:37 Page 81

Regards

est sphérique ou aplatie et, sans calcul, il est trouverez point de bâton assez fort pour
déjà évident que la parallaxe de la Lune sera, m’éloigner de vous. » Plus tard, selon
dans ce dernier cas, inférieure à ce qu’elle Delambre, Lalande se plaisait à dire que Le
serait dans le premier (voir la figure 2). Monnier lui avait fermé sa porte « pendant
Pour s’obstiner à prétendre le contraire, une révolution entière des nœuds de la
il a fallu que Le Monnier se laisse abuser par Lune », soit 18 ans !
ce qui était vraisemblablement le sophisme
suivant : (a) Pour un éloignement donné de
l’astre, quand sa hauteur apparente augmente,
sa parallaxe diminue (assertion vraie); (b) La
hauteur apparente d’un astre observé
vers le Sud depuis un lieu de l’hémisphère
Nord serait plus grande si la Terre était sphé-
rique que si elle était aplatie (assertion
vraie) ; (c) Par conséquent, la parallaxe d’un

Musée Calouste Gulbenkian


astre ainsi observé sera plus petite sur la Académie des Sciences

Terre sphérique que sur la Terre aplatie


(conclusion fausse).
Le défaut provient des conditions qui
sont différentes en (a) – deux positions 3. LES TROIS PRINCIPAUX PROTAGONISTES de l’histoire. De gauche à droite : Jérôme Lalande
d’un astre par rapport au même plan hori- (1732-1807), Pierre-Charles Le Monnier (1715-1799) (portrait – supposé – de Nicolas-Bernard
zontal – et en (b) – positions d’un même Lépicié) et Leonhard Euler (1707-1783) (portrait de Emmanuel Jakob Handmann).
astre relativement à deux plans horizon-
taux. De toute façon, la conclusion (c) est La démonstration des académiciens
fausse pour l’astre observé au méridien, de la commission ne prouvait pas seulement
puisque sa parallaxe, angle sous lequel le que Le Monnier avait tort. Elle mettait en évi-
rayon allant du centre de la Terre à l’obser- dence que le grand Euler avait commis une
vateur est vu depuis l’astre (voir la figure 1), bévue en énonçant, à la suite de longs cal-
est indifférente à la forme de la Terre. culs, un résultat que des considérations géo-
métriques élémentaires mettaient pourtant
Une bévue étonnante facilement en défaut.
Par ailleurs, il est vrai que dans le cas
Le Monnier aura curieusement perdu de où l’observateur, toujours dans l’hémisphère
vue que la hauteur apparente est une Nord, serait suffisamment proche de l’équa-
donnée d’observation (et qu’il n’y a donc teur, il pourrait observer la Lune vers le Nord
pas deux hauteurs en cause), et qu’il ne lors de son passage au méridien, et la même
✔ BIBLIOGRAPHIE
s’agit pas de savoir si la parallaxe est plus démonstration donnerait alors un résul- J. Gapaillard, « Lalande à Berlin
ou moins grande selon la forme de la tat en accord avec l’opinion d’Euler et de Le et sa correspondance avec Euler»,
dans Jérôme Lalande (1732-1807).
Terre, mais si l’estimation qu’on en fait Monnier. Sauf que ce dernier, dans son inter- Une trajectoire scientifique
d’après la hauteur observée est plus ou vention malheureuse à la séance de l’Aca- (sous la dir. de G. Boistel, J. Lamy
moins grande en fonction de cette forme, démie des sciences du 27 janvier, prenait et C. Le Lay), à paraître.
ce qui n’est pas la même chose. explicitement l’exemple d’un observateur J.-B. Delambre, Histoire
Finalement, l’affaire avait tourné à la situé à Paris, où la circonstance précédente de l’Astronomie au dix-huitième
confusion de Le Monnier, qui se brouilla dura- ne se produit jamais. siècle, publiée par Claude-Louis
blement avec Lalande. Celui-ci, qui savait ce Victime d’un malencontreux hasard et Mathieu, Paris, Bachelier, 1827,
pp. 234-235 et pp. 549-550 (réim-
qu’il devait à son ancien maître, a vainement d’un excès de confiance dans ses calculs, pression Jacques Gabay, 2005).
insisté pour obtenir une réconciliation, d’au- Euler aura donc manqué deux occasions de
tant qu’ils eurent par la suite d’autres déceler son erreur, étonnante défaillance de L. Euler, De la parallaxe de la Lune
tant par rapport à sa hauteur qu’à
occasions de s’opposer. Lalande écrit à ce l’illustre mathématicien d’où devait résulter son azimuth dans l’hypothèse de
propos, dans sa Bibliographie astronomique un regrettable faux pas de Le Monnier, et la Terre sphéroïdique, Mémoires
parue en 1792: «Je n’ai cessé de dire, comme une petite victoire que Lalande n’était cer- de l’Académie de Berlin, année
1749 (1751), pp. 326-338.
Diogène à son maître Antisthène : Vous ne tainement pas fâché d’avoir remportée. ■

© Pour la Science - n° 378 - Avril 2009 Histoire des sciences [81

Vous aimerez peut-être aussi