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Bodart Ophélie

Histoire de la philosophie
Temps modernes

Didier Debaise
Sylvain Delcomminette
Odile Gilon
Arnaud Pelletier

[TRAN-B100]

_________________________

Université Libre de Bruxelles

2017-2018
Préambules
« Nouveaux essais sur l’entendement humain » de Leibniz

La philosophie moderne et le problème de la connaissance.

La question de la connaissance ne se pose pas, on est obligé de faire confiance à


notre mémoire, nos expériences et ce qu'on nous dit, ce qu'on lit. Tout ça sont des
connaissances, mais on est pas en mesure de les vérifier par nous-mêmes.
Les philosophes de l'époques vont se demande ce qu'on peut connaitre
véritablement, ce qu'on peut attendre d'une connaissance.

3 manière d'aborder la question de la connaissance :

• Normative : approche de l'époque moderne. On peut établir des normes


de vérité qui ne souffre aucune exception. Normes définitives, absolues à
partir des quels on peut déterminer des savoirs stables qui ne sont pas
soumis à l'erreur.

• Faillibilité : on peut établir un certain nombre de règle de connaissances


sur lesquels s'appuyer, sur lesquels on peut bâtir des savoir extrêmement
certain (sciences...). Mais ces règles ne peuvent jamais écarter toutes
formes d'erreurs. Certain, mais pas absolument certain. On laisse encore la
place à l'erreur. C'est notre approche de contemporain.

• Sceptique : on ne peut rien connaitre absolument par l'homme. Tous les


savoirs qu'on a ne peuvent jamais être prouvé jusqu'au bout. Position
radicale. Le mot de connaissance est inapproprié.

Pourquoi chercher des normes définitives ? Ils (les modernes) ont une discipline
devant les yeux qui ne semble jamais soumise à la rectification, les
mathématiques. Ils se demande s'il est possible d'atteindre la certitude des
mathématiques dans tous les autres savoirs : science de la nature, toutes les
sciences.... Mais aussi à la pratique humaine, la politique humaine, aux choix qu'on
peut faire.

1. Caractérisation de la philosophie moderne


25 noms majeurs de l'histoire de la philosophie.

Philosophie moderne ? Tous ces auteurs sont différents, ne partagent pas la même
philosophies, certain sont croyant, d'autres athées... Quel peut être leur unité ?

1.1. Les récits usuels sur la philosophie moderne

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La philosophie moderne serait l'invention d'un sujet de connaissance
autonome : Ernst Cassirer, Paul Hazard. L'homme est compris comme celui qui
peut établir par lui-même ses connaissances et les moyens de les vérifier.
L'homme peut se donner ses propres règles de vérité et de connaissance.

 En effet, les conceptions modernes se détaches d'un certain nombre de


conception qui viennent de l'antiquité : l'esprit humain ne peut pas se
comprendre indépendamment d'un esprit divin. Les connaissances et les
idées qu'on a dans notre esprit sont des manières de participé aux idées et
à l'esprit d'un autre être, Dieu. Les idées que j'ai en moi, ce sont des
idées divines que je ne fais que contempler. Cette conception laisse des
traces dans le langage courant (quelqu'un d'inspiré lorsqu'il a une idée,
quelqu'un d'enthousiaste [avoir Dieu en soi]).

 (1) La conception moderne va au-delà de ça, le sujet est autonome.

(2) Un autre discours dit qu'à l'époque moderne se forme l'idée d'une
émancipation du sujet d'action (politique) : Karl Lowith, Éric Voegeli.
Autrement dit, sécularisation de la pensée dans le domaine pratique. L'époque
moderne serait celle dans laquelle l'idée que l'homme peut avoir par lui-même le
bonheur sur terre devient possible, imaginable.

Contestation post-moderne : Michel Foucault, Jean-François Ly. Le sujet se serait


émancipé (sujet d'action et de connaissance) parce qu'il regrette l'idée même de
sujet.

Pourquoi ces idées apparaissent au XVIIe ? époque où de nouvelles


connaissances et de nouveaux savoirs émergent et vont bouleverser le cadre de
la pensée en général : invention de la science moderne de la nature (science
physico-mathématique de la nature), (re)découverte des nouveaux mondes.

Ces deux faits historiques vont faire surgir la question philosophique de la


connaissance. Tout le monde a déjà parlé de la connaissance, sauf qu'à l'époque
moderne, elle va devenir la question préjudicielle, la première question, celle
par laquelle il faut commencer parce que tous les autres savoirs en dépendent.

Remarques sur ces deux bouleversements des savoirs :

a) Invention de la science moderne :

Renonce à une conception ancienne selon laquelle connaitre une chose, c'est
connaitre son intériorité et connaitre ses qualité internes. Les auteurs modernes
vont renoncer à cette prétention pour s'en tenir à la surface. On ne peut
connaitre que la surface des choses et ce qu'on peut en connaitre, ce sont des
propriétés mathématiques, c'est-à-dire qu'on peut mesurer. C'est le regard que
l'on porte sur les choses qui change à cette époque, on renonce à avoir une
perspicacité sur l'intériorité des choses.

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 Renoncer à une vieille conception du monde comme étant
hiérarchisé. Les différentes régions étaient caractérisées par des
conceptions différentes. Chez Aristote, distinction entre le monde supra-
lunaire et le monde sublunaire, l'idée étant que ses ont deux mondes
régis par des lois différentes. Les lois de la nature terrestre ne sont pas
les mêmes que les lois de la nature céleste. Ce qui différencie ces deux
mondes : le monde supra-lunaire ne sont pas soumis au changement, en
particulier les fixes, les étoiles, sont immobiles. Dans ce monde, les lois du
changement qui affecte notre terre ne valent pas, alors que nous, nous
faisons en permanence l'expérience du changement de toute chose, et c'est
ça qu'il faut expliquer.

Galilée :

• 1° thèse : les lois de la nature sont universelles. Plus de hiérarchisation


qualitative de deux mondes, il faut penser l'unité des lois qui s'applique dans
notre monde et celui d'en haut. Aucune exception.

• 2° thèse sur la capacité, peut-être que notre esprit humain n'est pas en
mesure de connaitre et de comprendre les véritables lois de la nature. Il
faut comprendre ce qui fait qu'elle change.

Pas de distinction entre un monde humain et divin. Pas de place pour une action
divine dans le monde, pas de miracle. Ce qui nous apparait comme miracle, ce
sont des phénomènes de la nature que nous ne comprenons pas parce qu'ils
dépassent nos capacités humaines, mais pour lesquels il faut supposer qu'il arrive
en fonction et suivant les lois universelles de la nature.

Spinoza : la nature est toujours la même.

Comprendre ou connaitre une chose, c'est essayer d'expliquer les phénomènes


tels qu'ils nous apparaissent, c'est-à-dire expliquer selon des lois universelles des
phénomènes qui apparaissent à l'esprit humain, quitte à ne pas pouvoir le faire.
On renonce à la prétention d'une prétention de connaissance de l'intériorité des
choses.

b) Bouleversement des savoir dans l'ordre de la pratique ou des valeurs, de


la morale

Du monde clos à l'univers infini. Représentation du monde comme fini et soumis à


des lois particulières. Le monde moderne à inscrit la terre sous un univers infini,
soumis aux mêmes lois.

On passe d'un monde clos à la découverte de nouveau monde. On va se poser


des questions sur l'universalité des lois morales.

Texte sur les indiens des côtes du brésilles, appelé cannibales. Montaigne fait
parler les indiens parce que c'est une manière de mettre en perspective l'occident.

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Ces indiens cannibales qui n'ont pas la même civilisation, religion, vont avoir un
autre regard sur l'établissement des valeurs et des institutions occidentales :

• Les grandeurs d'établissement ne sont pas naturelles, il n'est pas naturel


qu'un enfant dirige des grands hommes fort et armé.
• Il n'est pas normal qu'il y ait tant de gens riche à côté de tant de gens
pauvre, et il n'est pas logique que les pauvres n'attaquent pas les riches.

Montaigne met en avant le perspectivisme des valeurs et des pratiques.


Mettant en perspective les valeurs, il interroges les valeurs occidentales, la
certitude et la justice des mœurs occidentales par le décentrement des points de
vues. Que peut-on savoir de l'objet ? Des bonnes manières d'agirs ?

Autre question : le corps des indiens ont-ils une âme ? Méthode qui met en
scène le changement de perspective. Lorsque les européen rencontre les
indigènes, ce qu'ils voient en premier, c'est un corps animal. Ils se demandent si
ce corps à une âme ou pas... Une métaphysique particulière est engagée. Le point
de vue des indigènes est inverse, dans les autres, ils voient d'abord des âmes ou
des esprits, le monde n'est pas peuplé de corps, mais d'abord d'esprit. Leur
ontologie présupposée n'est pas la même.

Autre question : un chinois athée peut-il être sauvé ? Masse des écrits qui
viennent de Chine. Les Chinois comme les indiens ne sont pas chrétiens. Ça pose
des questions théologiques, est-ce que ceux qui n'ont pas reçu la révélation
peuvent être sauvé ou pas ? Si on n’a pas reconnu le christ comme fondement
universel et absolu des valeurs (ou de la morale), est-ce qu'on peut être vertueux ?

L'apparition des nouveaux savoir dans la science ou la connaissance des autres


peuples va faire de la question de la connaissance, la question
fondamentale. Descartes va poser la question dans une formulation
extrêmement clair : de quoi pouvons-nous être certain de manière totalement
absolu. Si nos connaissances dans les sciences ne cesse d'être corriger et si les
hommes ne peuvent pas s'accorder, en quoi peut-on être certain ?

• Soit on fait confiance dans ce qu'on nous a transmis : approche faillibilité


• Soit on se dit que le terme de connaissance ne peut avoir de sens que si on
peut déterminer des normes absolues, infaillibles, indubitable de la vérité.

2. Connaissance et scepticisme (Descartes)


La philosophie des modernes partage donc la même question (non pas la même
conception des choses), celle du scepticisme sur la connaissance, tant théorique
que pratique.

Parce que tous les grands philosophes vont écrire un traité de la connaissance, ou
de la réforme de la connaissance. Tous vont poser la question en référence au
modèle des mathématiques : transposer l'intelligibilité et l'efficacité des
mathématiques dans d'autres matières ?

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Descartes va le mieux formuler la question. Les méditations métaphysique
(traité). Question qu'il faut se poser une fois dans sa vie : "de quelle
connaissance sommes-nous absolument certains ?"

Toutes les pensées que nous avons et que nous tenons pour vrai ne sont pas
infaillibles. C'est-à-dire qu'on peut imaginer une occasion de se tromper,
d'erreur. Toutes les pensées qui nous viennent de notre expérience sensible, nous
les tenons pour vrai, mais nous n’avons pas de preuve infaillible, parce qu'on peut
imaginer qu'on se trompe dans nos sensations.

Par exemple :

• L'illusion d'optique : trompé par le jugement qu'on porte sur nos


perceptions.

• Le rêve : avons-nous un critère pour distinguer infailliblement la veille du


sommeil ? Est-ce qu'on a déjà fait un rêve en croyant que les évènements
dont on rêvait nous arrivaient vraiment ? Lorsque je rêve, que je crois que
c'est réel, est-ce que j'ai un critère pour savoir si je suis en train de rêver
ou pas ? Non. Il suffit qu'une seule fois j'ai été trompé pour me dire que je
me trompe toujours.

Sa pensée rejoint des récentes expériences psychologiques : 1/3 de nos souvenir


sont des faux souvenirs.

Descartes va mettre en place le doute méthodique, le doute hyperbolique. Le


doute est une sorte de teste qu'on fait passer à toutes nos pensées : est-ce que
je peux imaginer que je me trompe sur mes propres pensées ? Si je peux
l'imaginer, alors cette pensée ne sera pas infaillible, alors je peux la tenir pour
fausse.

2.1. Le mauvais génie ou le cerveau dans une cuve


Est-ce que l'idée vient de moi, ou est-ce qu'on me l’a insufflé et elles sont fausses ?

La réponse de Descartes va être de dire qu'il y a un mauvais génie. Hypothèse


qu'un mauvais génie vient rouiller nos pensées en permanence, nous tromper,
que ce soit sur les pensées sensibles ou intellectuelles. Toutes nos pensées
seraient déréglées en permanences.

Si tous les contenus de nos pensées sont faux, peut-on encore avoir une vérité ?

2.2. Le cogito
Cogito = je pense.

"Je suis, j'existe." Même si toutes mes pensées sont fausses, parce que je me
trompe ou qu'elles sont déréglées, quand je les pense, je suis au moins certain

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que c'est moi qui les pense. La seule chose dont je peux être infailliblement certain,
c'est que j'ai des pensées.

Pour Descartes, la phrase "je ne pense pas" est impossible, puis que le fait de
penser la phrase la contredis.

Deux plans : les


choses qui existe, et
ce qui est énoncés.

Je suis, j'existe est vrai, à condition que je pense quelque chose. Je suis à
chaque fois que je pense quelque chose. Je suis une chose qui pense.

Est-ce qu'on peut fonder la certitude absolue des choses, de la science, sur la
certitude de mon existence ? Oui et non.

Point à retenir dans cette expérience du Cogito :

• L'argument de Descartes ne porte que sur les pensées dont j'ai


conscience. Lorsque j'ai conscience de penser à quelque chose, on
conscience de quelque chose, alors je peux dire que "je suis, j'existe" est
nécessairement vrai. Mais est-ce qu'il n'y a que des pensées conscientes
dans notre esprit ? Quel est le rapport entre ces pensées consciente et non
conscientes ?

• L'argument présuppose quelque chose comme une capacité interne à


l'homme ou à l'esprit de reconnaitre la vérité de la proposition "je
suis, j'existe". L'argument repose sur une expérience de la conscience, la
conscience de l'impossibilité que je ne pense pas quand je pense. Donc
Descartes reconnait une capacité interne à l'esprit humaine de formuler
des capacités vraies. Présupposé philosophique fort, puis que l'esprit
humain peu par lui-même, et même en supposant que les contenus de
pensée sont faux, parvenir à une vérité. Il y aurait donc une source
indépendante de connaissance dans l'esprit humain. Peut-être que toutes
les connaissances qui me viennent de l'expérience sont fausses, mais au
moins je peux parvenir à UNE connaissance indubitable.

Mais quels sont les sources de la connaissance ? Deux grandes thèses : thèse
empiriste, thèse rationaliste.

• Thèse empiriste, soutenu par John Lock : toutes nos connaissances sans
exception (y compris celles les plus abstraite et intellectuels) dérivent de
l'expérience sensible, elles ont un fondement dans nos 5 sens. L'empiriste
nie donc que l'esprit est, par lui-même, la capacité de produire des
connaissances indépendamment de l'expérience sensible.

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• Thèse rationaliste : l'esprit humain peut parvenir à des connaissances au
sens propre indépendamment de toute expérience sensible. Sans nier
pour autant l'existence de connaissance par expérience sensible.

3. Les sources de la connaissance : cas problématique


3.1. Le problème de Molyneux
John Locke reprend le problème de Molyneux :

L'aveugle a par le toucher, une idée de ce qu'est le cube ou une sphère. Il a aussi
une idée de la comparaison des deux, il sait les distinguer. Si l'aveugle devient
voyant, il a une idée du cube et de la sphère par la vue. Est-ce qu'en les voyants,
il arrivera à les distinguer sans les toucher ? Les idées du touché sont-elles utiles
pour reconnaitre les idées de la vue (transférer les idées de l'une à l'autre) ?

Locke va dire que l'aveugle ne pourra pas reconnaitre, parce qu'il faudra qu'il
voit la sphère et le cube, mais aussi les touches pour pouvoir associer l'idée du
cube du toucher à l'idée visuelle du cube. Lorsqu'il aura associé les deux idées,
il pourra les comparer. Il faut une expérience supplémentaire pour savoir que tout
ce qu'il avait de l'idée du cube et de la sphère peuvent s'appliquer à la vue.

Tout doit avoir un fondement dans l'expérience.

Être rationaliste est plus simple : il y a beaucoup de choses qu'on peut connaitre,
dont on ne va jamais faire l'expérience par les sens, comme les mathématiques.

3.2. Les nuances de bleu


David Hume. Il était à la base empirique, mais va fournir un exemple contraire.

Si on a un nuancé absolu, avec toutes les nuances de bleu. Hume va dire que tout
le monde va pouvoir s'apercevoir qu'il manque une nuance, même sans jamais
l'avoir eu sous les yeux. Ça veut dire que par la pensée, l'homme est capable
d'atteindre toutes les nuances et de s'apercevoir qu'il en manque une et de
l'imaginer. L'esprit à la capacité de produire une connaissance. C'est une
expérience de pensée qui tendrai à faire pencher vers les rationalistes.

Qu'est-ce qu'on peut objecter d'un point de vue de l'empirisme à Hume ?

• Première étape : il manque une nuance de bleu ; elle peut être acquise
par comparaison des expériences sensibles, mais sans se reposer sur une
expérience sensible.
• Deuxième étape : on peut imaginer quelle est la nuance de bleu qu'il
manque. Pour pouvoir vraiment la connaitre, il faudra la voir, et non pas
l'imaginer.

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4. Les nouveaux essais de Leibniz
Tout ça forme le cadre général du livre de Leibniz. Ensemble de remarque qui
sont faites à propose d'un autre titre : l'essai sur l'entendement humain de John
Locke.

Pendant 10 ans, Leibniz va écrire un certain nombre de remarque. Il va essayer


de convaincre à distance Locke qu'il a mal compris et mal posé le problème
de la connaissance.

Livre sous forme de dialogue entre Philalèthe (ami de la vérité = Locke) et


Théophile (ami de Dieu = Leibniz). Locke va mourir et le texte de Leibniz ne sera
jamais publié de son vivant.

Locke est un empiriste, tout s'appuie sur des expériences sensibles. Leibniz va
penser le contraire et tenir une position radicale.

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Chapitre 1 : La préface des Nouveaux essais ;
Le différend philosophique
1. Un dialogue fictif
Entre Leibnitz et Lock.

Le problème de la connaissance est le problème fondamental de la philosophie


moderne. Tous ces auteurs vont devoir affronter le défi septique.

Les sources de la connaissance, opposition entre empiriste et rationaliste :

• Empiriste (Locke) : toutes nos connaissances sans exception même celles


intellectuelles (math) ont un fondement dans l'expérience sensible.
L'esprit humain ne peut avoir de connaissance sans passer par les sens.

• Rationaliste (Leibniz) : on peut admettre qu'il y a des expériences qui


dérive de l'expérience sensible, mais certaines autres connaissances
peuvent être acquissent indépendamment d'expérience sensible.

Une thèse rationaliste : l'innéisme = "Certains pensent qu'il y a dans


l'entendement des principes innés, des notions primitives, des notions communes,
des marques prétendument imprimées dans l'esprit de l'homme" (définition de
Locke). Grande critique de l'esprit innéiste, essai de Locke qui tend à la contester.

Le livre ici présent, est un dialogue entre Philalèthe (Locke) et Théophile


(Leibniz). Même si les deux personnages ne sont ni complètement Locke, ni
complètement Leibniz. Le livre parait en 1690, traduit 10 ans plus tard. Pendant
longtemps, Leibniz va annoter son œuvre, faire des remarques. Mais ces
remarques sont faites à un petit nombre de thèse de Locke... Leibniz va parfois
réécrire des propositions de Locke, ce qui fait que ce n'est pas toujours
totalement Locke qui s'exprime avec la voie de Philalèthe.

Et Théophile, n'est pas tout à fait Leibniz. Lorsqu'il commente les œuvres de Locke,
il démarre avec un point différent de celui de Locke... Il trouve juste un terrain
d'entente, rentrer en décalage avec lui-même, ce qui fait que ses propositions ne
sont pas forcément totalement celle de Leibniz non plus. Il a développé sa propre
métaphysique qui n'apparait que très peu dans l'essai sur l'entendement humain.

Qu'est-ce que faire de la philosophie pour Leibniz ?

• Opposition de thèse ? Alors tout le monde campera toujours sur ses


positions et la philo ne serait qu'une opposition de thèse irréconciliable.

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• Leibniz a une autre conception : réconciliation possible des positions, sans
forcément faire des compromis, mais par un surcroît d'analyse. Il pense
qu'en philosophie comme dans toutes les sciences, il n'y a qu'une vérité.
C'est-à-dire que deux propositions contradictoires ne peuvent pas être vrais
ensembles. Donc, soit l'une, soit toutes les deux sont mal pensée,
confuses... Le travail du philosophe va être de surmonter cette confusion
pour expliciter les concepts en jeu. Leibniz est là pour nous rendre attentif
à ce qu’on n’avait pas vu avant, c'est ce qu'il fera avec Locke.

Alors il dira à Locke que lorsqu'il reconnait une faculté de réflexion dans l'homme,
il n'a pas compris que cette thèse va à l'encontre de la thèse innéiste.

Controverse sur la question de la matière (Leibniz) : finalement toutes ces


abstractions qui s'opposent sont le fruit de notions incomplètes. Le danger
ou le poison des philosophes se sont les concepts mal définis.

Critique des présupposés de Locke. Ce dernier est empiriste, il a pour lui le sens
commun : la cible de Leibniz sera la théorie causale des idées = celles qu'on a
spontanément, à laquelle on n’échappe pas.

 Leibniz : ce n'est pas parce que c'est évident au premier abord que c'est
vrai.

Ce que l'on a dans l'esprit est le produit d'une série de causes externes qui
m'affecte = théorie causale des idées, thèse empirique. Chaine de causalité
depuis les impressions sensible jusqu'à mes pensées.

 Exemple, la douleur : si on nous frappe, c'est le bâton qui m'a frappé qui
est la cause d’un changement dans mon corps qui produit la sensation de
douleur dans mon esprit.

Leibniz va remettre cette théorie en cause. Il y a quelque chose qui est mal
pensée dans cette thèse : on ne peut pas penser un lien de causalité d'esprit
direct entre le corps et l'esprit. Entre les corps, c'est possible (que la lumière
affecte mon œil), mais pas que certains évènements physiques ont un effet causale
direct sur les idées que j'ai dans mon esprit.

Comment convertir l'empiriste ? Essayer de le rendre attentif à ses propres


paroles, le renvoyer aux points aveugle de sa présentation.

L'essaie de Locke est en 4 livres... Le différend philosophie que la question de


l’innéiste. On ne verra que les chapitre 2, 3, 21, 27 Chapitre 6 de Leibniz.

Pourquoi la question de l'entendement ? Question préliminaire pour remettre


en question la connaissance. Si on veut montrer que l'entendement est capable
par lui-même de déterminer des normes... Alors il faut expliquer la nature de
l'entendement. Ils vont tous le faire : Descartes « discours de la méthode »,
Spinoza « traité de la réforme de l'entendement »…

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Quel est le différent à propos de l'entendement ? (P 37) "Mon système à plus de
rapport à Aristote, et le sien à plus de rapport à Platon". -> renvoie à l'origine de
la question des idées.
Locke / Aristote Leibniz / Platon
« L’âme en elle-même estvide « L’âme contient originairement des
entièrement » ; principes de plusieurs notions et
doctrines que les objets externes
« Tout ce qui est dans l’âme vient réveillent seulement dans les occasions
uniquement des sens et de l’expérience » (p. 38)
» (p. 38).
Thèse : Les sensations sont la cause Thèse : Les sensations sont l’occasion
de l’acquisition de toutes nos idées. de réveiller des idées innées.
Avantage : donne une explication Avantage : donne une explication
plausible des idées sensibles plausible des vérités intellectuelles
(contingentes et particulières). (nécessaires et universelles) qui ne
sont pas directement données par les
sens.

Il faut alors poser des idées innées non


comme étant parfaitement formées
dans l’esprit, mais comme des
dispositions à penser : « Des
inclinations, des dispositions, des
habitudes, des virtualités naturelles »
(de même que la structure d’un corps
est une disposition du corps à agir de
telle manière).
Difficulté : Comment induire des Difficulté : Comment penser que
vérités nécessaires et universelles à l’esprit possède une infinité d’idées
partir d’idées particulières et innées, qui correspondent non
contingentes ? C’est le problème de seulement aux idées intellectuelles
l’induction : « Les sens ne donnent que mais à toutes les idées sensibles que je
des exemples, c’est-à-dire des vérités pourrai avoir (par exemple : voir telle
particulières et individuelles ». nuance de bleu) ?
Réponse à la difficulté : Locke Réponse à la difficulté : Leibniz va
introduit une 2ème source d’idées à faire remarquer que cette infinité de
côté de la sensation (source externe dispositions mentales – inconcevable
d’idées) : la réflexion sur les idées pour l’empiriste – est requise par
comme source interne de liaison n’importe quelle perception : toute
nécessaire entre des idées (p. 40). « Il perception sensible résulte d’une
reconnaît deux sources de infinité de perceptions insensibles en
connaissances, les sens et la réflexion nous (et donc d’une infinité d’idées
» (p. 41) innées). C’est la thèse des « petites
perceptions ». Une bonne partie de la
préface est alors consacrée à justifier
cette thèse, à première vue
déroutante.

Bodart Ophélie 12
Aristote : ce qui est de nature mentale est vide en lui-même, tout ce qui est dans
l'âme vient uniquement des sens et de l'expérience.

 L'empiriste : les sensations sont la cause de l'acquisition de toutes nos idées.

Tant qu'on a pas vu la nuance de Bleu, on ne peut pas se la représenter (voir


l'exemple du nuancé plus haut). Comme un peintre qui a créé une nouvelle nuance
de bleu, et effectivement, tant qu'on ne l'a pas vu, on ne sait pas se le
représenter, et même en photo, ce bleu n'est pas bien rendu.

Platon : l'âme contient originairement des principes de plusieurs notions et


doctrines que des objets externes réveillent seulement dans les occasions.

 Originairement : l'âme ou l'esprit à une certaine structure prés déterminé,


structure qui le prédispose à penser telle ou telle chose. À la manière dont
les corps les prédisposent à telle ou telle fonction, tel ou tel mouvement.

 Les sensations sont l'occasion de réveiller des idées innées. Elles


donnent des cas qui permette à la structure de l'esprit de s'actualiser. Mais
personne ne croit à cette thèse puisqu'elle est contre intuitive.

Innées : il y aurait dans l'esprit quelque chose qui correspond à la nuance de bleu,
quelque chose qui permet de présupposer cette nuance de bleu, mais tant que je
n'ai pas vraiment vu cette nuance, cette idée n'est pas encore réveillée.

Chaque thèse à ses difficultés, et c'est par ce point que Leibniz commence.

✓ Avantage de l'empiriste : on a une explication plausible des actions


sensible.

 Difficulté de l’empirique : la sensation est à l'origine de toutes nos idées,


mais alors quid des mathématiques ? Des vérités nécessaires ? Des
propositions universelles ? Telles sensations donnent accès à telles idées (je
vois cette table, j'ai cette idée de la table). Seulement, la sensation
particulière donne des idées particulières. Quand est-il des idées
universelles ? Comme dire que tous les signes (oiseaux) sont blancs. C'est
le problème de l'induction. Ce n’est pas parce qu'on a vu que des signes
blancs dans notre vie, qu'on peut dire qu’ils le sont tous. On ne peut pas
justifier l'universalité.

 Réponse à cette difficulté, donnée par Locke, c'est d'introduire une


deuxième source de connaissance : la réflexion. Il y a une première source
d'idées, de notions, ce sont les causes des sens. Ensuite, l'esprit à la
capacité de faire réflexion sur ses propres idées pour avoir des idées
d'idées. C'est en faisant réflexion sur ces propres idées particulières qu'on
peut justifier des propositions nécessaires et universelles et que par
exemple, la mathématique est possible.

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C’est sa réponse à l'expérience sur le cube et la sphère donnée à un aveugle ;
l'aveugle n'a su que toucher, avoir des réflexions sur la sensation. On peut être
aveugle et mathématicien. Mais lorsque l'aveugle devient voyant, il y a une
nouvelle source de sensation. Sauf que par la réflexion interne qu'il a déjà eue, il
ne pourra pas associer la sensation tactile avec les nouvelles idées de sensation
visuelles. Pour que l'aveugle puisse comprendre où est la boule et le cube, il va
devoir associer la sensation sensible tactile et visuelle. C'est quand il pourra
toucher et voir en même temps que les sensations pourront être associé.
Sans approche empirique, l'aveugle ne pourra pas associer les deux, avoir l'idée
des objets.

 Deux sources de connaissance, externes (sensation), interne (réflexion).


Mais alors qu'est-ce que la réflexion ? Si ce n'est qu'une disposition interne
à penser des choses qui ne sont pas données dans l'expérience ? (Leibniz)

✓ Avantage Platon, Leibniz : explication plausible des vérités intellectuelles.


Plausibles, c'est-à-dire qu'il n'y a aucune contradiction à penser que ces
principes idées permettent de rendre compte de toutes nos vérités
intellectuelles. Quels sont ces idées innées ? Se sont comme les veines
dans le marbre, des prédispositions de l'esprit de la même manière que les
zébrures du marbre sont des formes prés disposé dans le marbres. Ce qui
veut dire qu'il faut sculpter le marbre selon ces veines. Une idée innée, c'est
une disposition à penser, une inclination à penser ou une virtualité naturelle.

Disposition à penser, ça veut dire qu'on ne les pense pas actuellement.


Locke à fait cette erreur, de penser qu'une pensée innée est toujours là dans notre
esprit, comme si l'esprit avait toujours l'idée de la nuance de bleu, en permanence
dans l'esprit. Leibniz, plus subtile, dit qu'il y a une prés disposition à penser
dans l'esprit qui n'attend que d'être actualisé.

 Difficulté de l'approche innéiste : qu'en est-il de l'infinité des idées


sensibles ? Tout ce qu'on pense, voit, sent dans notre vie est déjà là dans
notre esprit sous forme de prédisposition. L'infinité des idées sensibles ?

 Réponse de Leibniz à la difficulté des innéistes : en effet, il y a des


prédispositions de l'infinité des idées dans notre esprit, mais sous une forme
très particulière, celle de la petite perception. Chez Leibniz, il n'y a pas de
source de connaissances établies tout de suite (ni même jamais), mais il
distingue deux modes de présence à l'esprit : idées présentes de manière
plus ou moins claires ou plus ou moins sensible dans l'esprit. C'est
le tout caractéristique de la philosophie de Leibniz. Il ne faut pas négliger le
petit : ce qui est petit, parfois insensible, infiniment insensible, n'en est pas
pour autant rien, ni négligeable.

C’est l’inventeur du calcule infinitésimale : pose des grandeurs infinitésimales


= grandeur qui est plus petite que toute grandeur qu'on ne pourra jamais donner.
Il pense à ce qui est plus petit que tout ce qu'on ne pourra jamais concevoir. Ça

Bodart Ophélie 14
lui permet d'inventer un autre calcule, le calcule intégrale (calcule des aires, de
pente d'une courbe). Pour calculer effectivement des choses qui existes, il faut
passer par la fiction d'une grandeur qui n'existe pas. Pour déterminer le réel, il
faut parfois faire passer par un artifice d'une fiction, grandeur fictive qui permet
de calculer des aires réelles.

On est face à deux thèses (empiristes, innéistes) différentes... Quelle est la


grande difficulté que tout le monde a toujours rencontrée quand il s'agit de
répondre à "Qu'est-ce que c'est que l'esprit ?".

Problème de l'autoréférence : on n’a pas d'autre moyen de connaitre notre


esprit, de la partie consciente de l'esprit que de faire confiance à notre esprit,
à notre conscience. Le seul moyen d'avoir une connaissance sur sa conscience,
c'est de passer par sa conscience. Donc pour en connaitre sa nature, on ne peut
pas mettre son esprit à distance. On ne peut pas objectiver l'esprit, puisqu'on
doit y passer pour en avoir l'idée. La conscience est immédiate, on doit étudier la
conscience à partir de la conscience sans avoir de regard extérieur sur sa propre
conscience... C'est le problème fondamental.

Le point de départ est le même pour tous : on doit partir de nos pensées
conscientes qui sont les seules qui nous sont immédiates. Qu'est-ce que ça
veut dire ? On peut sans doute avoir des connaissances de plus en plus précises
et affinées du fonctionnement du mental (neuroscience), du cerveau et du
mécanisme impliqué dans la vie matérielle de l'esprit. On peut établir des
corrélations de plus en plus précises entre des mécanismes du cerveaux
et de états psychiques (pouvoir guérir par médication des dépressions). Mais
Leibniz va faire observer que ça n'explique jamais quel est mon expérience en
première personne de ce qu'est l'esprit. Ce ne sont pas des mécanismes de la
conscience, mais j'ai une conscience.

Autrement dit, le problème de l'autoréférence, c'est qu'on peut avoir de rapport à


l'esprit que par l'esprit lui-même, sans pouvoir l'objectiver. C'est le même
problème avec l'œil, il ne peut pas se voir lui-même. Il est tellement essentiel à
lui-même qu'on ne peut pas l'éloigner.

2. Est-ce que l'esprit pense toujours ?


L'expérience de la conscience = l'expérience commune de tous les philosophes :

" Par le nom de pensée, je compris tout ce qui est tellement en nous que nous en
sommes immédiatement connaissant", Descartes, savoir immédiatement que je
sais = conscience. Donc tout ce qui est dans l'esprit est conscient.

Descartes tient deux thèses : toute pensée est consciente et l'esprit pense
toujours.

Bodart Ophélie 15
Pourquoi l'esprit pense toujours ? Raison métaphysique de cette thèse, la
pensée est le caractère distinctif ou essentiel de notre esprit. Essentiel, c'est-à-
dire que l'esprit ne peut pas être pensée.

Paradoxe de tenir les deux thèses ensembles : si l'esprit pense toujours, mais
que tout ce qui a dans l'esprit est conscient, des contres exemples
apparaissent :

• Comment comprendre le sommeil ? L'esprit pense toujours dans le sommeil,


si oui, est-ce vraiment conscient ?
• Et tous les états où on pense perdre conscience ?

Face à cette difficulté, Locke et Leibniz vont tenir deux positions différentes :

• Locke, toute pensée est consciente. Pourquoi ? On a directement accès


qu'à notre conscience. Donc, toute l'analyse de l'esprit qu'on pourra faire
doit s'appuyer sur cette expérience de la conscience. Ce qui revient au
même de dire que dans les cas où il n'y a pas de conscience apparente,
alors l'esprit ne pense pas. Il n’exclut pas qu'il y ait une activité inconsciente
de l'esprit, mais par définition pour lui, on en saura rien par la conscience.
Méthodologiquement, ça revient au même de dire que l'esprit ne pense
pas lorsqu'il n'est pas conscient. Ne pas penser = vide. C'est déjà un
argument contre l'innéisme des idées.

• Leibniz, l'esprit pense toujours. Il refuse le critère de Descartes qui dit


que tout pensée est consciente, mais aussi l'alternative de Locke (= soit
pensée consciente, soit rien). Le génie de Leibniz dans cette préface, ça va
être de nous rendre attentif à ce qui est toujours insensible et inaperçu dans
la sensation même.

Pourquoi Leibniz refuse l'alternative de Locke ? Ça contreviendrait à ce qu'il


appelle la loi de continuité (p43) :

« Rien ne se fait tout d'un coup, et c'est une de mes grandes maximes et
des plus vérifiées que la nature ne fait jamais des sauts : ce que j'appelais
la loi de continuité (...). Elle porte qu'on passe toujours du petit au grand et
à rebours par le médiocre, dans les degrés comme dans les parties, et que
jamais un mouvement ne nait immédiatement du repos ni s'y réduit que par
le mouvement plus petit. »

Par le médiocre = le milieu. On peut toujours penser des cases


intermédiaires. Donc, on ne passe jamais d'un cas à un autre en faisant un saut.
Continuité au sens mathématique, si on pose un point dans l'espace, on peut
toujours faire des points entre les deux points, et d'autres encore... On peut
toujours, aussi proche soit-il, penser un point intermédiaire.

Bodart Ophélie 16
Il va appliquer ce principe de continuité en mathématique (calcule
infinitésimale), mais aussi en philosophie dans l'analyse de la conscience. Ce
qu'il va refuser chez Locke, c'est qu'on puisse passer d'un état de non
conscience absolue à un état de conscience. Il faut penser des cases
intermédiaires : un cas de non conscience des petites perceptions. Pourquoi cet
intermédiaire ? Deux arguments :

• Ce dont j'ai conscience (pensée intellectuel ou pensée sensible), c'est


toujours du changement, ce qui se manifeste, ce n’est jamais une
pensée, mais le changement d'une pensée à une autre, le passage. Alors
si on imagine un esprit qui n'a qu'une seule pensée, en permanence la vision
du blanc sans nuance, alors il n'y a aucune perception et aucune conscience.
Pour qu'il y ait perception et conscience, il faut du changement. Or comment
penser le changement dans la conscience ? Faire intervenir des pensées non
conscientes déjà là et qui deviennent conscientes. Comme des phénomènes
de perte de conscience, ce n’est pas une chute totale d'un état à l'autre. Ces
petites perceptions sont constitutives de la conscience même.

• (Une autre formulation du même argument) Si on se met dans le cas


cartésien et Lockien (toute pensée et consciente), alors on tombe dans une
régression à l'infini qui fait qu'on tombe toujours sur le cas qu'il n'y a qu'une
pensée... Si on est conscient, on est conscient d'être conscient... Si
on a que de la conscience, dans ce cas, on ne pourra toujours pensée qu'une
seule chose et on ne pourra jamais faire l'expérience du passage d'une
pensée à une autre. Par exemple, si on est face à une pièce de miroir qui se
reflètes les uns les autres à l'infini et à l'intérieur desquels il ne peut y avoir
autre chose.

3 exemples auditifs (p 41-42) :

• Le bruit qu'il arrête


• Le mugissement de la mer
• Le bruit qui réveille

Il y a toujours une infinité de perceptions en nous, mais sans aperception et


sans réflexion (car trop petite, en trop grand nombres...).

• À force de vivre à côté d'un moulin, on ne l'entend plus et on commence


à remarquer ce bruit lorsqu'il s'arrête. Mais pour remarquer son arrêt, il faut
que le bruit ait été perçu de manière au moins insensible, trop petite,
sensible. C'est une perception sans aperception.

• Pourquoi est-on réveillé par un bruit ? Ça ne peut se faire que si on pense


qu'il n'y avait aucune perception avant. Pour qu'on remarque qu'il n'y ait
pas de bruit avant, il faut avoir eu une aperception. Un sommeil profond
dans lequel il n'y a aucune perception, c'est impossible.

Bodart Ophélie 17
Ces 2 exemples font appel à une perception imperceptible. L'exemple de la mer
fait appel à une infinité de perception.

• On peut entendre le bruit de la mer, il faut entendre les parties qui


compose le tout, le bruit de chaque vague, bien qu'il se fasse dans un
ensemble. Chaque vague particulière produit le bruit d'ensemble de la mer.
On ne peut pas remarquer le bruit de chaque vague, mais uniquement
l'ensemble des vagues.

Au cœur de la conscience, contrairement à ce que disent Descartes et Locke, il


y a des perceptions non consciences, au sens où elles sont insensibles, mais
elle contribue à la conscience globale.

Leibniz n'a pas besoin de trancher le débat de l'origine de la connaissance, il dit


juste que dans la conscience, il y a des choses remarqués, et d'autres pas.

Remarque : Leibniz a une théorie des pensées non conscientes, donc en


quelque sorte de l'inconscient. Mais ça n'a rien avoir avec ce que Freud appellera
un inconscient. Pour Freud, la pensée inconsciente est exclue de la conscience,
opposition dynamique, théorie du refoulement. Chez Leibniz, c'est le non
conscient qui viennent constituer la conscience par un effet de sommation ou
d'agglomération.

3. Perception et aperception
Distinguer 3 termes pour comprendre l'idée/conception de la pensée de Leibniz :

• Les petites perceptions


• Les perceptions simples
• L'aperception

Une petite perception est non consciente, obscure, mais pas inexistante. Les
perceptions remarquées sont plus ou moins confuses, distinctes. Mais se sont
celles sur lesquelles porte mon attention, qui pourront peut-être être conservée
dans ma mémoire.

Une aperception est une perception de perception, qui ne concerne que les
êtres rationnels, ceux capable de faire retour sur leurs propres perceptions.

C'est par la réflexion, la perception de perception que Leibniz a pu inférer


l'existence des petites perception (via une thèse). Les petites perceptions ne
sont jamais conscientes. En ce sens, on en aura jamais de perception
remarquée/remarquable. Par contre, il les a mis en lumière par réflexion sur son
expérience sensible.

Le cas du sanglier. Les animaux sont tout à fait capables d'avoir des
perceptions, et donc des petites perceptions. Les bêtes peuvent focaliser leur
attention sur un objet (poursuivre une proie par exemple). Ça n'en fait pas une

Bodart Ophélie 18
aperception, les bêtes n'ont pas d'entendement. Il ne faut pas confondre la
perception simple et l'aperception.

4. Conséquence des petites perceptions


a) L'harmonie universelle de toutes choses

Tout conspire, "le présent est plein de l'avenir et chargé du passé". Si on suppose
la loi de continuité, notre perception présente actuelle a un lien continu avec
l'ensemble des perceptions qui se sont succédées avant, et avec un lien avec
l'ensemble des perceptions qui vont se succéder après. Pas de rupture. Bien
sûr, les perceptions du passé ne sont plus toutes conscientes, passées dans les
petites perceptions. Mais elles sont quand même présente dans le présent, mais
de manière confuse. C'est irréfutable si on tient à la loi de continuité (tout advient
selon des changements continus). Et cette loi est valide dans beaucoup de
domaines. Dans la perception présente, il y a une perception confuse de
l'infinité du passé et du future.

Fait référence au mécanisme de la mémoire. Comment on peut se souvenir s'il n'y


a pas de lien de continuité ?

b) La conservation de la personnalité

En raison de la continuité et de la réflexion que les hommes peuvent avoir sur eux-
mêmes, chacun conserve sa personnalité. La mort ne saurait-être qu'un
sommeil, les perceptions se réduisant à un état de confusion dans les animaux. Si
on tient le principe de continuité, alors il faut penser que l'état de mort n'est
pas l'absence de perception, mais le passage à des perceptions confuses.

c) L'harmonie préétablie de l'âme et du corps

Critique de la théorie de la causalité. La causalité des idées, possibilité de penser


une cause efficiente directe entre le corps et l'esprit. Vieil argument contre intuitif
mais irréfutable. Tous, on a conscience que notre corps à des esprit sur le corps
et inversément. Ce que Leibniz va contester, c'est, est ce qu'on peut expliquer
le lien de causalité de l'un à l'autre ? C'est impossible. Ce qu'on peut faire,
c'est expliquer des corrélations, à savoir, on observe une corrélation entre ce
qui se passe dans le corps et ce qui se passe dans l'esprit. Lorsqu'on modifie la
chimie du cerveau, on modifie l'état de conscience. Dire qu'il y a effet de causalité,
c'est dire quelque chose qu'on ne peut pas expliquer.

Il y a bien une corrélation permanente de tous les évènements du corps, avec ceux
de l'esprit (harmonie préétablie). Mais il refuse de dire qu'il y a un lien de causalité
efficiente entre les deux.

d) L'inquiétude et l'absence de l'indifférence

Bodart Ophélie 19
e) L'identité des indiscernables

Deux êtres réellement distincts se différencient toujours par autre chose que leur
position dans l’espace et dans le temps.

5. Le différent sur la matière


Est-ce que la matière pense ? Leibniz est clair : d'un point de vue conceptuel,
il ne faut pas être tromper sur l'illusion de la conscience. La matière est aussi peu
capable de produire machinalement du sentiment que de la raison. Les
pensées, contenus mentaux, ne peuvent pas être expliqué par des mécanismes de
la matière. La seule chose qu'on peut faire, c'est mettre en corrélation des
mécanismes matériel de la matière avec des événements.

Mécanisme de la conscience = expression mal faite pour Leibniz, il n'y a pas


d'explication mécanique ce qu'on a comme expérience de la pensée.

Distinction entre ce qui est :

• Explicable : les corps


• Naturel : de droit explicable, mais qu'on ne peut peut-être pas expliquer
• Inexplicable et miraculeux : pas d'explication mécanique = renoncer à la
philosophie de la raison

On peut admettre que la matière soit douée de pensée si un miracle apparait


(Locke). Leibniz dit que ça n'a pas de sens.

Exemple du moulin : quel est l'argument fondamental pour prouver


l'immatérialité de l'esprit ou des phénomènes de l'esprit. Pourquoi ils ne peuvent
pas être réduit à des phénomènes de la matière entièrement explicable. Si une
telle machine existe, un moulin doué de la capacité de pensée... On voit des
parties du moulin qui se poussent, s'entraide... On peut mécaniquement expliquer
tous les mouvements de la machine. La seule chose qu'on ne peut pas
expliquer mécaniquement, c'est l'expérience d'avoir une pensée parce
que percevoir, ou avoir une pensée, c'est toujours faire l'unité d'une multiplicité.
C'est ce que les petites perceptions nous apprennent. N'importe quelle perception
fait l'unité d'une multiplicité de petite perception.

Une machine, c'est une multiplicité de partie. Mais dans la machine, il n'y a
pas de rapport de l'unité à la multiplicité. La perception, le fait de percevoir
est inexplicable par des raisons mécaniques.

Distinction entre :

• Le plan de l'expérience de perception à la première personne :


expérience de la multiplicité

Bodart Ophélie 20
• Le plan de fonctionnement du corps : expérience explicable
mécaniquement

On ne peut toujours que poser une corrélation entre un plan et l'autre, mais jamais
ne on aura un argument pour réduit un plan à l'autre.

Bodart Ophélie 21
Chapitre 2 : Des notions innées :
Scepticisme moral et science morale
Livre I, chapitre 2 et 3.

1. Rappel : le différend sur la transparence de l'esprit


Opposition de deux thèses :

• Locke, empirisme : toute nos idées, donc toutes les vérités qu'on peut
formuler à travers ces idées sont issu de nos expériences.
• Leibnitz, l'innéisme d'idée : les idées viennent de l'esprit lui même

 Pourquoi et comment ils en viennent à tenir ces thèses ? L'argumentaire


est plus important que l'idée elle-même. Elles ne s'opposent pas
vraiment, elles n'entendent pas la même chose dans les termes. Ils ne
posent pas les mêmes questions.

Point important n'est pas l'innéisme ou le point de commencement des idées. Le


point important de la préface, c'est la thèse de la transparence de l'esprit =
nous sommes conscients de tout ce qu'il y a dans l'esprit. Il n'y a rien d'autre en
dehors des contenus conscient. Ou plutôt, quand bien même il y aurait des
contenus inconscients, on n’en pourrait rien dire puisqu'ils sont
inconscients. C'est la thèse de Locke, thèse que Leibnitz veut attaquer. L'esprit
n'est pas entièrement réductible à notre conscience : petite perception.

Petite perception : le bruit de la mer = lorsque je perçois ce bruit, je ne perçois


pas un objet, mais une infinité d'objet dont je ne suis pas conscient. Je perçois de
manière insensible, inconsciente, l'infinité de chaque vague consécutive.

Leibnitz : il y a des perceptions non conscientes, mais elles sont au cœur de


la conscience. Elles constituent notre expérience consciente. 2 arguments contre
l'empirisme :

• La thèse de l'empirisme rencontre un problème majeur : l'induction.


Comment en s'appuyant sur l'expérience sensible des cas, comment il peut
rendre compte des proposition nécessaire et universel. Comment faire de
l'universel depuis le particulier.

 (Locke) il faut à côté, admettre une autre source de connaissance : une


réflexion sur les sensations, sur base de laquelle se forme l'universel...
 (Leibnitz) Mais alors si toutes les idées ne dérivent pas de la sensation, alors
elles dérivent de l'esprits.

Bodart Ophélie 22
• Contre-sens sur ce qui est inné. Locke croit qu'une idée innée est
consciente. Idée pensée par l'esprit. La réponse de Leibnitz va être que
l'esprit n'est pas transparent à elle-même. Certaines pensées sont non
conscientes. Donc il peut admettre que les idées innées ne sont pas
actuellement conscientes dans l'esprit.

 Locke confond l'innée et le connus. Ce qui est inné n'est pas forcément
connu. L'esprit ne sait pas explicitement quels sont toutes les idées innées
de son esprit.

Thèse liée au refuse de la transparence : refuse de la causalité efficiente du


corps sur l'esprit. L'empiriste dit qu'une sensation véhiculée par les sens est la
cause des idées dans l'esprit. Les impressions sensibles, celles du corps, sont la
cause de nos contenu mentaux...

 C'est le point que Leibnitz attaque : on fait tous l'expérience qu'il y a une
causalité du corps sur l'esprit et de l'esprit sur le corps. Mais Leibnitz le
refuse en raison du principe de continuité = la nature ne fait pas de saut,
entre deux cas (deux sensations, deux idées, deux corps), on peut toujours
penser un cas intermédiaire.

 Pourquoi le principe de continuité vient objecter la thèse de la causalité


efficiente : si on a des pensées dans notre esprit, qui viennent de nous-
même, et qu'une sensation externe peut avoir un effet à l'intérieur de
l'esprit, alors on dit qu'il y a une discontinuité. Un élément étranger
s'ajoute à la vie intérieure.

Le principe de continuité est le refuse de la causalité efficiente, qui est-elle même


le refus de la transparence de l'esprit...

La causalité efficiente étant refusée, la seule manière de penser le rapport


entre esprit et corps c'est l'harmonie de l'esprit et du corps :

Thèse 1 : tout esprit est toujours associé à un corps, et inversément. Sauf


qu'aucun des deux n’agit directement l'un sur l'autre. Donc, la seule solution
méthodologique est de dire que les deux sont en corrélation. À chaque état du
corps est toujours lié un état de l'esprit. Thèse particulière, fruit d'une prudence
méthodologique, on n’est pas à l'abri de prouver un lien entre corps et esprit, on
est incapable d'expliquer le lien, on peut juste constater la corrélation entre corps
et esprit.

 Conceptuel : une perception, idées, contenu mental, penser = acte de


synthèse de la multiplicité = faire l'unité de la multiplicité = exemple du
bruit de la mer.
 Dans les corps matériels, on peut toujours des rapports, mais jamais
l'expliquer.

Bodart Ophélie 23
Point important pour Leibnitz : Locke se trompe dans l'innéisme parce qu'il tient la
thèse de la transparence de l'esprit.

Une idée innée n'est pas pensée, mais une disposition à penser. Inné = faculté de
les connaitre.

2. L'inné : l'enquête sur les conditions de la pensée


Exemple : opération arithmétique. 7+5=12. Proposition vraie, nécessairement
vrai (= ce dont le contraire est impossible >< contingent). Pour qu'il y ait cette
proportion, il va falloir la formuler avec un système de caractères (chiffres) et
avec une base particulière (base 10, avec les nombres de 1-10). Si on utilise les
bases des égyptien, base 12, 7+5=10... Il y a une part d'arbitraire qui tient sur la
formulation de la proposition. Point important : quel que soit la formulation, la
proposition reste nécessaire. Les caractères sont arbitraires, mais la manière
de lier les caractères est nécessaires (= idée innée).

Pour Leibnitz, 7+5=12 est une proposition inhérente à notre esprit, impossible que
quelqu'un qui, connaissance la base 10, ne pense pas que cette formule valle 12.
Ce n'est pas une invention arbitraire, produit d'un homme qui décide un jour
d'inventer la numération. C'est une disposition inhérente à l'esprit. Il a
simplement fallu que quelqu'un formule un jour cette proposition = idée innée.

 Argument factuel, l'esprit humain ne peut pas faire autrement que penser
ça, la nécessité de cette proposition.

La question est de savoir quelle est la structure de l'esprit : on ne peut pas penser
autrement. Pourquoi notre esprit ne peut pas penser autrement, deux thèses (pas
examen) :

• Structure universelle de tout esprit, on ne peut pas penser autrement :


esprit des hommes et de Dieu, même Dieu doit se plier aux règles des
mathématiques.

• Si l'esprit humain pense d'une telle manière, c'est que Dieu l'a voulu ainsi
: Dieu aurait pu faire que 7+5 ne fasse pas 12.

La théorie innée met des mots sur les conditions transcendantales de la


pensée = conditions nécessaires d'usage de la pensée = l'ensemble des principes
et des idées auxquelles la pensée n'échappe pas, sinon pas de pensée du tout. 3
exemples :

• Principe d'identité : ce qui est, est. A=A. Ce principe est un principe qui
n'est pas contestable. Si on conteste le principe d'identité, alors il n'y a plus
de pensée possible. Si on change les termes de la pensée, elle ne peut plus
se formuler.

Bodart Ophélie 24
• Les règles des conséquences de la logique naturelle = la logique qu'on
emploi tous les jours. Par exemple la contraposition, la négation d'une
implication : si A implique B, alors logiquement on peut en tirer sa négation,
si non B, alors ça implique non A.

• L'idée de l'être, du possible, du même, sont si bien innées qu'elles entrent


dans toutes nos pensées et raisonnement, et je les regarde comme des
choses essentiels à notre esprit. Leibnitz ne veut pas expliciter l'origine des
idées, mais la conception des idées.

Leur problème est de se poser la question : est-ce qu'il y a de tels principes


innés en pratique ? Des principes incontestable et nécessaire de la morale et de
la religion. C'est ce qui intéresse Locke. Il refuse les idées innées, parce qu’il refuse
qu'il y ait des idées innées en morales. Pourquoi ? C'est dangereux d'affirmer
qu'il y a des principes universels inné de la morale : guerre de religion en
Angleterre à l'époque, où un chef de secte religieuse qui fait passe ses propres
préjugés pour des vérité universelles, pour des idées innées, pour la plus pars
d'entre eux, des idées révélée par Dieu...

Deux passages explicités sur le danger des idées innées en morale :

• Extrait 1 : éviter de justifier sa morales, ses principes, en disant qu'ils sont


absolus et inconstatables

« Philalèthe. En cela je crois que vous avez raison : et cette affirmation trop
générale que nous nous apercevons toujours de toutes les vérités qui sont dans
notre âme m’est échappée sans que j’y aie donné assez d’attention »

• Extrait 2 : chef de secte, docteur, maitre, qui se font passer pour plus
intelligent que les autres, et qui développe des idées de la morale en disant
qu'elles sont juste, innée, universelles et que donc il faut les suivre.

« Le but des habiles gens qui ont combattu les vérités innées, a été d'empêcher
que sous ce beau nom on ne fasse passer des préjugés et cherche à couvrir sa
paresse. »

• Extrait 3, Spinoza : s'attaque à ces chefs de sectes religieuses qui


s'arrogeaient le monopole des interprétations religieuses en disant que seul
certain ont accès à ce que l'écriture dit, capable de l’interpréter, et donc il
faut les suivre et suivre la manière dont ils interprètent les textes.

« Presque tous cherchent à faire passer leurs inventions pour parole de Dieu et
s’appliquent uniquement, sous prétexte de religion, à contraindre les autres à
penser comme eux »

Peur que les idées propres à certaines personnes ne soit masquée sous les dire
d'un Dieu.

Bodart Ophélie 25
Deux difficultés :

• Est-ce qu'on peut penser à des principes innés de la morale ? Leibnitz va


défendre que oui.
• Est-ce que ces principes innés peuvent être connu de manière aussi
distincte que les principes de mathématique ?

Difficile de soutenir cette proposition de principe inné en moral : le point qui


surprend, c'est la pluralité de toutes les morales. Deux mises en causes des
principes innées en raison de deux problèmes, deux formes de scepticisme morale.

3. Formes du scepticisme moral


(>< scepticisme épistémologique).

Incertitude morale : parfois, on n’est pas certain de nos choix. On ne sait pas
formuler des justifications définitives de nos choix.

• Exemple de Sartre : ses lycéens lui demandaient s'ils devaient rester


auprès de leur famille, ou est-ce qu'ils devaient quitter leur famille pour
entrer dans la résistance. Sartre répondait ne pas pouvoir répondre à leur
place. Lorsqu'on prend le choix, on ne sait jamais si on prend le bon
choix.

• Exemple de Proust : narrateur amoureux d'une fille, il se rend compte


qu'il n'avait rien à faire avec elle, il ne comprend même pas comment il a
pu être avec elle. Comment on peut s'illusionner sur ses propres choix ?

• Thèse de l'intellectualisme moral : si on se trompe moralement, si on fait


des fautes, c'est qu’on n’a pas bien compris la situation. Si on
connaissait mieux les causes, les circonstances, on agirait pas mal. On ne
pourrait jamais agir mal si on connaissait les circonstances. "Nul n'est
méchant volontairement" (Platon, Protagoras), nul ne fait le mal en
connaissance de cause.

Impuissance morale :

• Exemple d'Ovide : Je vois le meilleur et je l'approuve, mais je fais le mal.


Pourquoi est-ce que parfois on sait très bien que c'est mal, mais on le fait
quand même ?

• Exemple : le jour du dépassement de la Terre. Tous les ans, calcule qui


compare la consommation de la terre contre ce qu'elle peut régénérer. Les
ressources consommées sont au-delàs de ce qu'elle produit en un an. On
sait tous qu'on est dans une catastrophe écologique majeur, mais pourquoi
on ne fait rien, ou n'agit qu'à la marge ?

Bodart Ophélie 26
• Thèse d'Aristote : Pourquoi est-ce que la volonté est faible, concevoir le
bien, mais faire le mal ?

Ces deux questions, celle de l'incertitude morale et de l'impuissance morales,


sont au cœur de l'interrogation des principes innés en morale. Comment on peut
affirmer une idée innée de la morale, alors qu'on est toujours confronté à ces deux
questionnements.

Dilemme du Tramway : Tram sans conducteur, impossible de freiner et si on ne


l'arrête pas, 5 personnes mourront écrasées. Choix moral : on a la possibilité de
faire dévier le tram et de le mettre sur une voie de garage, mais alors une personne
va mourir.

 Laisser le tram sans intervenir


 Intervenir et avoir la mort d'une personne entre ses mains

Dilemme testé dans toutes les cultures du monde et les résultats sont toujours
les mêmes : 80% des gens décident d'intervenir. La justification étant toujours
la même, conséquentialiste, il vaut mieux que 1 personne meurt plutôt que 5.

Autre dilemme : un tram qui va écraser les 5 personnes, mais à côté de nous, une
personne obèse. Si on la pousse sur les rails, le tram va freiner et peut-être sauver
les 5 personnes.

 Pousser la personne
 Ne rien faire

Si on fait le même calcul des conséquences, il vaut mieux qu'une personne meurt
plutôt que 5. Dans ce cas, 90% des gens décident de ne pas intervenir, quel que
soit la culture. Pourquoi ? On n’est pas sûr que le tram va s'arrêter. Comment une
personne obèse peut arrêter le tram ? Le calcul des conséquences est vicié.

Cet exemple est pris dans la philosophie contemporaine et chez Leibnitz : ce


dilemme permet de manifester deux caractères de nos choix moraux :

• Déontologique : refus du calcul des conséquences, on refuse l'acte en lui-


même, indépendamment des conséquences.

• Conséquentialisme : il vaut mieux qu'une personne meurt plutôt que 5.

 Incertitude morale : nos choix moraux peuvent varier parce que nos
raisonnements varient totalement.

Institutionnaliste : on peut être conscient de nos choix moraux, sans pour autant
savoir les justifier

Bodart Ophélie 27
Rationaliste : on ne peut avoir de choix moraux que quand on est vraiment
conscient de nos choix.

Théorie de la distance en morale, Leibnitz : fondamentalement, qu'est ce qui


change dans les deux situations ? Dans la première, on est en distance avec l'acte,
pourtant la conséquence sera pareil. La conséquence de notre acte à nous causera
une mort. Alors que dans la deuxième, on doit pousser la personne avec nos
mains. C'est ce qui change fondamentalement d'une situation à l'autre.

4. Analyse de l'impuissance morale


Extrait 1 ; il arrive tous les jours qu'on sait que ce qu'on fait est mal, mais on le
fait quand même. C'est l'exemple de l'alcoolique qui sait que continuer à boire
est mauvais pour lui. Pourquoi ? L'avenir et le raisonnement frappe rarement
autant que le présent et les sens.

 Théorie de la proximité et de la distance en morale. On agit différemment


lors que nos actes concernent ce qui nous est le plus proche, ou le plus loin
et abstrait.

Et puis y a d'autres principes qui interviennent lorsque les actes nous concernent
plus directement : les gens autour de nous, notre propre corps. Ce qui est
toujours le plus proche l'emporte toujours sur ce qui est le plus lointains. Ce ne
sont pas les raisons universelles de la morale qui sont les plus proches, mais les
perceptions du corps et les sens.

La distance morale = la distance ou la proximité qui vient modifier le jugement


moral et notre manière d'agir. On peut avoir des normes universelles, mais ne
pas en tenir compte lorsqu'on est directement touché.

Principes innés de la morale et motif qu'on invoque dans nos différents choix : la
science morale.

5. Principes moraux et science morale


Morale fondée sur des principes incontestable, or elle doit d'abord faire face au
pluralisme de la moral (cannibalisme).

Locke dira qu'il y a différentes morales pour tenir la thèse qu'il y a en matière
de morale, un consentement général possible, mais ce consentement général ne
sera jamais universel, il y aura toujours des contres exemples qui feront que
visiblement on ne peut pas tenir la thèse des principes inné en morale.

 Morale des pirates auquel tous consentent. Donc y a un sentiment de justice


même chez les pirates, mais pour ça, pas de principes innés.

Bodart Ophélie 28
Leibniz va objecter deux choses : Locke est trop théorique. Aucun intérêt de
savoir qu’il y a des principes innés. Pourquoi ? Ce que Leibniz va faire, c'est la
d’intinction entre principe et vérité inné.

 L'instinct : ce qui est connu par instinct >< par lumière naturelle.

• La lumière naturelle = raison = capacité d'enchainer des propositions de


manière nécessaire.

• Instinct = conscience de certain principe en nous. On a conscience de


principe sans faire intervenir de raison (= ce qu'on pourrait appeler une
intuition morale aujourd'hui). C'est le fait d'avoir conscient d'un principe
moral sans pouvoir le justifier rationnellement. C'est le cas typique de
l'incertitude morale. Je sais ce que je dois faire, mais je ne suis peut-être
pas capable de le justifier rationnellement.

Modèle d'Aristote d'une démonstration (les seconds analytiques) : une


démonstration est l'échelonnement nécessaire de démonstration à partir de
première proposition ou de première prémisses, posé au départ comme
indémontrable. Une démonstration intégrale n'existe pas, parce qu'on
pourrait dire que dans ce cas les prémisses doivent être démontrés... Le point
important chez Aristote.

Leibniz va distinguer entre principe inné et vérité innée :

• Principes innés = saisi par instinct et par définition indémontrable. Il y a


une grande difficulté à pouvoir identifier quels sont les principes
indémontrables de la morale. Ils sont obscurs, au fond de notre esprit.
C'est dans ce sens qu'ils sont innés : inerrant à notre esprit, mais on en
est pas conscient. Il y a des principes innés, mais ils sont tellement obscure
qu'on est pas encore sûr de pouvoir les identifier.
 Exemple du départ : il faut chercher la joie et éviter la tristesse.
C'est un exemple de principe inné, mais en réalité, au cours du
chapitre 1, ce qui passait pour un principe inné, est qualifié de vérité
innée

• Vérité innée = totalité des formulations innée. Il y a des propositions de


morale qu'on connait simplement par instinct, qu'on ne sait pas
démontrer, même si elles sont de droit démontrable. Proposition
moralement vraie, ou moralement juste, même si on a pas de justification
rationnelle.
 Pourquoi l'homicide est interdit ? Justification de croyance, religieuse,
ou de droit positif.

• Vérité inné, loi naturelle : on peut explicitement démontrer, donc


explicitement démontrable. Ces propositions propres leur caractère avec
elle comme la géométrie. Le caractère donne à lire la proposition, on peut

Bodart Ophélie 29
toujours refaire le calcule soit même. Autrement dit, les vérités connues par
la lumière rationnelles, sont toujours distinctement connues.

En matière de morale, plus encore qu'en matière théorique, il faut faire la


distinction entre ce qui est obscure, claire et ce qu'on peut faire
distinctement démontrer. Les principes inné, incontestables, sont ce qu'il y a
de plus obscure. Il faut continuer à les expliciter par un effort d'attention.

Leibniz va faire intervenir des notions de morale qu'on a envie de dire universelle
: l'interdit de l'inceste, l'instinct général de société, l'instinct d'attraction du mâle
pour la femelle... Mais ce ne sont que des propositions générales = elles
valent pour la communauté, mais avec des exceptions. Proposition générale n'est
pas universelles. Seuls les principes véritablement innés sont universels. Mais les
morales dans le monde s’appuient sur des propositions générales.

Leibniz, point générale de sa morale :

6. Le renversement = l'accord de Locke et de Leibniz.


Disposition innée de la morale posée dans l'esprit humain, au même titre que des
dispositions théoriques. Sauf qu'elles ne sont pas explicité, pas de catalogues
des principes inné de la morale. Il faut se mettre en charge d'établir ce que
serait une telle morale universelle (>< générale). Page 78.

 La science morale, idéalement, serait une science qui serait entièrement


démontré par des principes irrévocables. Sauf qu'elle n'est pas encore
établies, elle est encore à constituer.

On en a jamais fini de chercher à établir les fondements de sa morale. On n’a


jamais fini de mettre nos principes à l'examen de la raison. Leibniz est d'accord
avec Locke, à savoir qu'il ne faut surtout pas faire comme si nous avions déjà
acquis les principes de nos morales. Il faut poursuivre l'enquête et ne pas faire
comme si nos principes, ceux acquis, étaient les principes inné et donc
incontestable.

(Chapitre 3 du livre abandonné)

Bodart Ophélie 30
Chapitre 3 : L'inquiétude de la liberté
Livre II, chapitre 21.

Pose la question du libre arbitre. Seul chapitre réécrit en partie. Le titre a été
modifié par Leibniz ("Power" à la base, "de la puissance et de la liberté"). Liberté
? Pourquoi le relier à la puissance plutôt qu'à la volonté comme on a l'a toujours
fait ?

1. Rappels : la profondeur de l'esprit


Leibniz développe une seule thèse dans tout son livre, c'est celle qu'on appelle la
thèse de la non transparence de l'esprit. À savoir celle opposé à Locke lorsqu'il
critique la position des idées innées. Leibniz répond à cette thèse durant tout son
livre. Lorsqu’il reprend l'hypothèse de l'innéisme : nous sommes inné à nous
même, tout notre esprit est inné de sorte qu'on est inné à nous même. Tout le
livre est un commentaire à cette formule.

Cette thèse est instanciée, exemplifiée de deux manières jusqu'à présent. Il y a


deux types de contenu mentaux, deux genres d'idée, de notions qu'on trouve dans
notre esprit :

• Les sensations qui renvoient à des objets perçus par les sens
• Les pensées qui renvoient à des objets intellectuels, pas nécessairement
perçu par les sens

Le point qui singularise Leibniz dans ce débat, c'est qu'il refuse de poser la
question de l'origine de ces contenus mentaux. On est tous naïvement des
empiriste Lockien, tous on a tendance à affirmer que les sensations sont l'effet de
causes externes. Il y a une table devant moi et elle m'affecte causalement, de
sorte que l'idée que j'ai de cette table est un effet, une série de causes externes.

Leibniz refuse cette théorie causale des idées. Parce qu'il tient au principe
de continuité. Il ne peut pas penser qu'une cause externe peut avoir des effets
qui s'introduisent dans la pensée. Des objets matériels puissent avoir un effet
causal sur un esprit immatériel.

Il pense un autre rapport entre le matériel et l'immatériel = rapport


d'expression.

Tout ce qui est dans notre esprit, que ce soit des sensations contraintes ou des
pensées abstraites sont d'abord des choses de notre esprit. Médiation
irréfragable.

Il va procéder à deux types d'inférences :

Bodart Ophélie 31
• À partir des sensations, de la conscience de nos sensations il va inférer
les petites perceptions insensibles mais actuelles (bruit de la mer). C'est du
non conscient au cœur de la conscience.

• Pour les pensées, nos principes, parfois abstrait, il y a des conditions non
remarquées, insensible, non notable de la pensée. Il y a des ingrédients
conceptuels qu'on ne remarque pas. Par exemple le principe d'identité.

Thèse de la non transparence de l'esprit. Même quand on croit avoir une


sensation extrêmement vive, une pensée très instinct, Leibniz dit qu'elles ne sont
possibles qu'à partir d'ingrédient qui ne sont ni pensée, ni sentie actuellement
(donc inné).

Ce vieux texte de métaphysique nous parle toujours parce qu'il part d'une
expérience qu'on fait tous, encore aujourd'hui : dans notre conscience, il y a
du non conscient, en réalité on ne comprend pas vraiment ce qu'on attend, on
ne comprend vraiment jamais complètement ce que les autres veulent dire.

 On serait incapable de pouvoir analyser tous les concepts que le professeur


emploi, parce que c'est impossible, pas parce qu’on n’est pas assez armé.
Il y a le langage et il fonctionne toujours sur une pétition de principe, on
croit, on projette un sens sur les mots que quelqu'un d'autre emploi en étant
incapable de les expliciter nous-même.

 Par exemple, le mot "esprit", qu'est-ce que c'est ?

Les mots qu'on utilise concevez toujours une réserve d'opticité, certains sont
toujours opaque comme Dieu, le Bonheur et la Vertu. Le monde nous est donné
de manière opaque, on a d'abord entendu parler de Dieu comme un mot hérité
d'une tradition. Et quel contenu on va lui donner ? Pareil avec tous les concepts
comme le bonheur et la vertu. Et ici, la liberté.

Leibniz dit que tout ce qui est nous apparait comme des idées immédiates de la
conscience, qui nous apparait comme simple, évident, ne l'est jamais
totalement, mais toujours composé, média, le produit d'une composition de
l'esprit.

Exemple : le langage. « Les langages en général estant les plus anciens


monuments des peuples, avant l'écriture et les arts. Et quand il n'y auroit plus de
libre ancien à examiner, les langues tiendront lieu de livres et ce sont les plus
anciens monuments du Genre humain ».

On apprend les langues et elles portent une complexité qu'on ne peut jamais
déplier.

Il ne faut pas distinguer deux sources d'idée (sensation et pensée), mais deux
modes d'arrivé à la conscience :

Bodart Ophélie 32
• Le mode clair qui peut être confus
• Le mode obscur, mais présent et actuel.

Il compare le fond de l'âme, de l'esprit, aux veines du marbre pour lui donner une
forme en puissance. Les plis du cerveau et les plis de l'esprit...

 Locke dit que l'esprit est comme une chambre noire et les 5 sens seraient
des fenêtres ouvertes vers l'extérieur, avec un écran vierge qui reçoit les
idées projetées du dehors.

 Leibniz dit que dans la chambre noire, il y a une toile pour recevoir les
idées, une toile diversifiée par des plis représentant les connaissances
innées. Métaphore du cerveau, plié dans l'esprit et dans l'âme.

Données apparemment immédiates : les perceptions, les propositions, les idées

Avec chacune des constituant : petites perceptions, principes innés, idées innées.

Chacune à des ingrédients : ingrédients insensibles, ingrédients insensibles.

Distinction entre principes inné et vérité innée, le passage entre les


proposition innée et l'ingérence aux principes inné qui les constitues : une vérité
pour Leibniz, c'est une proposition démontrable de droit. La position et la thèse de
certaines principes (= ce qui est premier) permettent de déduire des conclusions.
Le modèle de Leibniz : il y a des propositions premières et des dérivés des
propositions premières. C'est aussi la conception d'Aristote.

3 types de proposition de pour Leibniz :

• Les propositions démontrées : les propositions qu'on peut distinctement


expliciter par une démonstration, ce sont les vérités par lumières naturelles
(= raison). Accessible à notre esprit.

• Les propositions vraies dans notre esprit qui sont démontrable, mais pas
démontrées, proposition qu'on tient provisoirement pour vrai sans être
capable d'expliquer pourquoi elles sont vraies : les vérités d'instinct (=
caractérisation négative, celles qui ne sont pas démontrées explicitement,
pas saisie par la raison). Accessible à notre esprit.

• Principes innés, ce qui n'est pas encore accessible à notre esprit, pas
encore démontré et qui sont indémontrable.

Pourquoi y a-t-il de l'indémontrable ? Parce que nos capacités d'analyse sont


limitées. C'est la conséquence de l'opacité de l'esprit. On n’arrive jamais au bout
de l'analyse, que ce soit dans les sciences ou les savoirs usuels. Seul Dieu peut
aller jusqu'au bout.

Bodart Ophélie 33
C'est la manière de Leibniz de parler de la thèse de la finitude de l'esprit. On
est des esprits finis parce qu'on a accès à un nombre limité de choses. Et
même dans cet finitude on peut avoir accès à des choses claires, certaines (c'est
la pensée générale de l'époque). Leibniz, quant à lui, dit qu'on est fini parce
qu'on est limité en intention, même au cœurs du plus certain, il y a de l'impensé
et de l'inanalysable pour nous. Tout ce qui nous apparait comme simple et
immédiat ne l'est jamais vraiment, c'est le produit d'une synthèse qui nous
échappe.

Perception de la couleur verte, elle nous apparait son immédiateté, pourtant c'est
une fusion du jaune et du bleu. Donc percevoir clairement du vert, c'est percevoir
confusément (sans s'en rendre compte) du bleu et du jaune.

2. Contre Locke : le vocabulaire des idées


Locke parle des idées, sa conception est de dire que toutes nos pensées sont
soit des idées simples (qui viennent des sensation), soit des idées composées
à partir de ces idées simples (idées complexe qui viennent de la réflexion).

 Leibniz : ce qu'on prend pour idées simples ne sont jamais que des idées
apparemment simples, mais toujours effectivement et actuellement
complexe. Il n'y a jamais d'idée simple, mais des idées qu'on tient pour
simple.

 Cette distinction entre simple et complexe ne va pas à Leibniz. Il va faire


trois distinctions :

• Idées obscure - idées claires


• Idées claires confuse ou distinct
• Idées distincte inadéquate ou adéquate

Pour Locke il n'y a que des idées adéquates. Leibniz dit qu'il n'y a jamais d'idée
adéquate dans notre esprit. Seul Dieu peut aller jusqu'au bout.

a) Distinction entre idée claire et idée obscure

Une idée est claire quand elle permet de reconnaitre la chose.

 J'ai l'idée d'une plante, alors je sais reconnaitre la plante.

Une idée obscure ne permet pas de reconnaitre la chose. Le souvenir trop


vague que pour être réactualisé.

 Le visage de quelqu'un qu'on ne sait pas reconnaitre. Le vague souvenir, on


sait qu'on connait cette personne, mais on ne sait plus qui c'est.

Bodart Ophélie 34
Idée, notion, perception, pensée en terme lockien = tout ce qui est général dans
l'esprit.

b) Distinction entre idées claires confuse et distincte

Une idée est claire et distincte lorsqu'on peut expliquer ce qui nous fait
reconnaitre l'objet. Formuler et le dire à quelqu'un.

 On sait donner la définition d'une chose.

L'idée est confuse, on sait reconnaitre la chose, mais on ne sait pas


l'expliquer. Et toutes les données claires sont confuse.

 On sait reconnaitre les couleurs, ce qu'est le rouge et le bleu, mais on ne


sait pas expliquer la différence du rouge et du bleu à quelqu'un qui ne l'a
jamais vu. On ne sait pas expliquer le rouge à un aveugle.

c) Distinction entre les idées distinctes adéquates et inadéquate.

Une idée est adéquate lorsque la totalité de son contenu peut être expliqué.
Inadéquate lorsqu'on ne sait expliquer qu'une partie de son contenu.

Par exemple, l'idée à peu près d'un nombre. L'idée d'un nombre donne une idée
de ce que serait une idée adéquate. Mais il n'y a pas d'idée adéquate. On peut
donner une définition entièrement distincte de chaque nombre, par addition d'unité
à unité, on peut engendré tous les entier naturel et définir que deux = 1+1..

Mais il nous échappe toujours quelque chose, les propriétés des nombres qui sont
comprise, inhérente dans la définition sans qu'on le remarque. Donc on en a une
idée inadéquate. Comment on sait qu'un nombre est premier ou pas ? On ne sait
pas le déterminer autrement qu'en essayant de diviser, en cherchant des diviseurs.
Donc on est incapable d'expliciter la règle qui fait que tel nombre à tel propriété
ou pas.

 Ingrédient du nombre qu'on ne sait pas expliquer. Même la notion du


nombre n'est pas totalement explicitable.

Idées confuses : n'a aucun ingrédient explicitable (couleur).

Idées distinctes, mais inaccomplie : n'a que quelques ingrédients explicitables.

On a que des idées incomplètes de tout. Mais elles vont être plus ou moins
incomplètes.

 Le bruit de la mer : on ne sait pas entendre le bruit de chaque vague. C'est


une propriété de chacune de nos idées, de nos pensées.

Bodart Ophélie 35
Les philosophes, comme tous les modes, emploi des idées incomplètes, en
particulier lorsqu'ils font des abstractions.

Exemple d'une idée abstraite pour Leibniz : le cogito de Descartes (je pense,
je suis). Pour Leibniz, "je pense" c'est avoir une notion abstraite et incomplète de
l'esprit. Lorsque je pense, il faut poser une variété de pensée, un flux de penser
à partir duquel on peut formuler la proposition de "je pense". Le plus évident et le
plus immédiat, ce n’est pas « je pense », c'est qu'il y a des choses qui sont
pensée pour moi (ce qui vient en premier, c'est le multiplicité). Nous nos idées
sont des simplifications de la multiplicité qui résulte d'un travail de sélection de la
multiplicité.

Nietzsche dirait que les idées de la conscience sont le fruit de falsification : notre
esprit n'enlève qu'une partie de la multitude.

Cette thèse ne concept pas seulement la question théorique de la connaissance.


Elle a des aspect métaphysique et pratique. Ce qui est le plus immédiat, le plus
évident, n'est pas le plus simple, ni le plus distinct.

Ce qui est le plus immédiat, c'est ce qui est le plus facile, ce qui vient en
premier = essay dans l'anglais de Locke.

Ce qui est le plus facile se distincte toujours de ce qui est le moins facile. Locke va
utiliser un terme de Leibniz va reprendre : uneassaynes traduit par inquiétude
ou malaise.

Il y a une inquiétude fondamentale de l'esprit (thèse de l'opacité) : il y a des


tourbillons dans le corps, des irritations, vibration, oscillation, sollicitations... =
inquiétude, petite sollicitation imperceptible qui nous tiennent en haleine.

L'inquiétude n'est pas consciente, la conscience de ce qui nous manque, mais c'est
l'infinité des perceptions inconscientes qui nous tirailles... Leibniz va appliquer
cette conception à l'analyse de la liberté.

3. L'inquiétude
Il y a en nous des actions volontaires et involontaires (=celles qui se passe
sans qu'on y pense consciemment = les pensées volantes).

Est-ce que la volonté est libre ? Est-ce que l'esprit est libre lorsqu'il exprime
une volonté ? Finalement la question est de savoir si la volonté peut être
indépendante dans ses choix ou son exercice. Lorsqu'on dit qu'elle doit être
indépendante, on suppose que la volonté est déterminée par l'entendement,
par différentes conceptions. On pense qu'il n'y a d'acte libre lorsqu'on peut se
représenter différents choix distinctement et qu'on opte pour l'un deux.
S'il n'y a pas d'alternative, alors il n'y a pas de libre arbitre. Est-ce qu'on a la
capacité de choisir entre différentes alternatives de manière totalement
indépendante ?

Bodart Ophélie 36
Il y a une manière traditionnelle d'illustrer cette thèse du libre arbitre :
l'expérience de pensée de l'âne de Buridan (moine). Un âne affamé et à égale
distance de deux bottes de foin, de sorte qu'il n'a aucune raison d'aller à gauche
plutôt qu'à droite = équilibre parfait des déterminations de la faculté d'agir. Dans
cette situation, l'âne ne saura pas de décider et il mourra sur place. Un tel cas
n'arrivera jamais à l'être humain qui pourra toujours se décider d'aller à droit ou
à gauche, même s'il n'a pas de raison objective ou particulière de faire ce choix.
Alors que l'âne n'a aucune raison de se décider et qui n'a pas de libre
arbitre.

Expérience de Libet : réfute la thèse du libre


arbitre. On mesure l'activité du cerveau lorsqu'on
exécute un acte volontaire. L'acte peut être de lever
la main à chaque fois que l'aguille passe sur midi.
Ce qui est observé par l'électroencéphalogramme,
c'est le temps entre la conscience et le temps de
l'acte. L'action est à droite, avant l'action, l'agent
est conscient (200 millisecondes). Avant que le sujet ne soit conscient, le cerveau
avait une activité. L'activité du cerveau augmente avant la conscience de l'acte,
ce qui fait que la conscience existait avant l'acte.

 Interprétation la plus courante : tous les actes conscient résulte d'une série
d'acte inconscient, et donc déjà déterminé par des actes antécédent.

Donc le libre arbitre n'existe pas. Mais entre la conscience et l'action, il reste
une fenêtre de tir de 200 millisecondes pour ne pas poser l'acte... Il resterait le
pouvoir de refuser, un léger libre arbitre.

Protocole biaisé, ce n’est pas ce qu'on appelle un acte volontaire :


délibération entre des alternatives, et délibération qui ne dépend que de l'individu
ou d'autre chose ? Ici on n’est pas dans un modèle de délibération...

Quand je suis dans une situation de ne pas savoir quoi faire, qu'est ce qui fait que
je décide d'une option, que je me détermine ? Est-ce que le choix est indépendant
?

4. Problème de la liberté
Locke va faire une objection contre le libre arbitre : il faudrait qu'il y ait une
autre volonté ou faculté de vouloir antécédente pour déterminer les actes de cette
volonté... À l'infini. (Que me donne l'envie, l'envie d'avoir envie). Objection de la
régression à l'infini.

Leibniz : la volonté consciente, comme les pensées, perception consciente résulte


d'une infinité de petite volonté qui vont incliner le choix et faire qu'on se décide
pour l'un plutôt que pour l'autre. Il y a toujours des déterminant du choix, mais ils
ne sont pas nécessairement conscients.

Bodart Ophélie 37
Exemple : pourquoi est-ce que je commence par le pied gauche ou le pied droit
quand je marche ? C'est machinal. Mais il y a une série de détermination physique,
mentale... Ressort caché du corps et de l'esprit.

Deuxième objection de Locke contre le libre arbitre : on ne choisit pas


toujours le meilleur pour nous. La volonté peut se porter sur des choses dont on
sait qu'elles ne sont pas le meilleur pour nous (impuissance de la volonté, je vois
le meilleur, mais je fais le pire).

Exemple : l'ivrogne. Il doit arrêter de vivre, la ruine son estime de lui, ses amitié,
ses finances... Mais il va quand même au bar pour boire... Les raisons d'aller boire
l'emporte sur celles de ne pas y aller. Le retour du malaise devant l'absence de
ses compagnons, le désire de ses petits verres habituels le rappel au bar, à la
taverne... Il y a au fond des actes, une inquiétude qui est la raison dernière de
tous les actes. Les sens, les besoins, les passions vont toujours l'emporter. L'effet
sur la sensibilité est plus fort que sur la maxime morale abstraite. Problème
de morale philosophique : on peut connaitre le bien, mais choisir ce qui n'est pas
bien pour nous.

Leibniz : non, l'axiome selon laquelle on se tourne toujours vers le bien, est
toujours valable. Même si je me tourne vers ce qui semble être mal pour moi,
l'inquiétude se porte vers le bien apparent. Qu'est ce qui fait que les deux
valeurs n'ont pas le même poids dans les délibérations ? Elles n'ont pas le même
encrage dans les sens. Il y a des pensées qui sont plus présentes parce qu’elles
ont un encrage sensible. Une maxime morale générale (tu ne dois pas boire
pour préserver ta santé), en elle-même est inefficace si elle n'est pas lestée
par l'expérience sensible. Sans encrage sensible, toutes les maximes sont des
mots vides qui ne peuvent pas faire le poids dans la délibération.

 Lorsque l'ivrogne va à la taverne, c'est parce qu'il sent le bien dans l'acte
qu'il va faire, alors qu'il ne sent pas le bien de la maxime morale. P 146. On
ne choisit pas volontairement le pire, mais on sent le bien qu'il
renferme alors qu'on ne sent pas le mal qu'il y a et qu'on ne sent pas
le bien qu'il y a dans le choix contraire. Il y a des choses qu'on sait, mais
qu'on ne sent pas. Celles-ci ne font pas le poids par rapport aux choses
qu'on sent et qui accapare la partie sensible de l'esprit. Il y a des idées
actuelles, présente, sensible. De l'autre côté, il y a un vide d'idée, des
caractères nus, des mots vides. Il y a autre chose dans l'esprit en dehors
des idées claires, confuses, distinctes, il y a des mots vides d'idées. Souvent,
on emploi le langage en se référant aux mots sans leur associer d'idée
expresse. C'est comme ça qu'on pense à Dieu, la vertu, le bonheur (= 3
mots vides qu'on emploi en faisant comme s'ils avaient un sens précis).

Le danger pour Leibniz, c'est que pour les hommes, on se paie des mots, on emploi
des mots sans s'assurer qu'il y a des idées derrières = les pensées aveugles,
sourdes. On est nécessairement obligé de faire un usage symbolique des mots.

Bodart Ophélie 38
 Quand on fait des mathématiques, on en tire des conclusions, des
théorèmes, sans repenser tout le détail parce qu'on l'a déjà pensé. On se
repose sur la mémoire de ce qui a été acquis pour progresser dans la
démonstration. On n’explique pas le sens de chaque mot lorsqu'on parle,
sinon régression à l'infini. On suppose toujours qu'il y a un sens, sans être
capable de l'expliciter dans l'instant. C'est le danger, certains mots sont
peut-être vides.

Exemple des illusions des sens : penser aux superlatifs, qu'est-ce que le plus
grand nombre ? Il n'existe pas, comme tous les superlatifs, on peut toujours
penser un nombre plus grand. C'est une expression comprise par tous, mais
vide de sens. Pareil pour le mouvement le plus rapide... Ou encore parler "un cercle
carré", on comprend le sens de chaque mot, mais on ne sait pas penser un cercle
carré. Toutes nos pensées sont composées et séparément, elles ont un sens, mais
ensemble, on ne peut pas les penser (cercle d'accord, carré d'accord, mais on ne
peut pas penser un cercle carré, juste les associés en mots).

Leibniz dit ce que tout le monde sait déjà : qu'est-ce que je peux faire pour
agir plus librement ? Finalement, on a rien d'autre à faire que d'essayer de faire
réflexion sur nos propres actes tout en étant d'avance certain qu'on n'arrivera
jamais à une saisie distincte de nos pensées.

"C'est assés qu'en considérant le procédé de nostre ame, on voye la source


de nos foiblesses dont la connoissance donne en même temps celle des
remèdes"

Il est bon que nous soyons stylés nous rendre cet office à nous même. Être stylé
= se poser les questions de nos propres fins. Et cette considération sera forcément
inadéquate, mais on ne vivra pas dans l'illusion du libre arbitre.

 Seule capacité à réfléchir sur nos propres actes, ce qui ne veut pas dire
qu'on ne s'illusionne pas : opacité de langage et de l'esprit qui peut nous
faire croire qu'on pense des choses alors qu'on ne pense rien du tout.

Celui qui ne se pose jamais ces questions, de considérer sa fin, n'est pas
libre, c'est certain.

Bodart Ophélie 39
Chapitre 4 : Individualité et personnalité
Livre II, 27. La partie la plus importante et la plus débattue encore aujourd'hui du
livre.

Qu'est-ce que le sentiment du moi, de moi ? Qu'est ce qui fait mon identité
personnelle ? Qu'est ce qui est présupposé pour que je puisse déterminer ce
qu'est mon identité personnelle ? Deux thèses différence entre Locke et Leibniz.

Pour Locke, l'identité personnelle n'est que la succession de l'apparence du


moi. Je me souviens, je peux me souvenir, mais pas besoin de supposer quelque
chose comme un moi substantiel, quelque chose comme une réalité différente de
ces apparences pour définir l'identité de sa propre personne.

Leibniz tente de surmonter les difficultés de Locke : en réalité, les apparences


du moi ne suffisent pas, parce que ce dont j'ai accès par ma conscience est
toujours lacunaire, intermittente, discontinue et parfois même trompeur.

1. Rappels : le rôle central de la réflexion


La grande thèse que Leibniz défend : la non transparence de l'esprit. L'esprit
ne se réduit pas à ses manifestations conscientes. Thèse qui permet d'introduire
l'idée qu'il y a des principes innés en nous auxquels ont à pas accès
directement. On ne peut pas les analyser, elles sont toujours un petit peu confus
ou incomplet.

Thèse des petites perceptions traduites dans le vocabulaire de Locke, celui de


l'inquiétude. Inquiétude (uneasyness), qui signifie que les pensées ne sont pas
toutes pures, il peut y avoir un mélange qui les rend inquiétante, malaisée. Comme
l'exemple du plaisir, pour lequel il y a toujours une pointe de douleur au cœur du
plaisir. Mais pour Locke, comme c'est toujours le cas, toutes les pensées sont
toujours actuelles dans le temps. Il y a toujours une partie de douleur dans une
sensation de plaisir.

Leibniz exploite cette conception de Locke, sauf qu'il dit que ces sensations, ces
parties de douleurs ne sont pas actuelles dans l'esprit, mais insensible ou
confusément saisie. L'esprit est saisi en permanence d'une inquiétude. Il
distingue la puissance de la liberté : qu'est ce puisque l'esprit est toujours incliné
par des motifs qui nous échappes (= qui est obscure, qui peut être claire mais
confus = dont on ne peut pas rendre raison discursivement) ?

La puissance de la liberté, ce n'est pas de s'opposer à son inquiétude


fondamentale, mais la puissance de réfléchir sur ses propres actions. C'est-à-
dire faire attention et tenter de discerner les fins, les buts de l'actions qu'on mène,
tout en sachant que ce qui emporte toujours les choix, les décisions, ce sont les
perceptions présentes.

Bodart Ophélie 40
C'est comme ça qu'il explique qu'on peut savoir ce qui est bien pour nous, mais
faire le contraire. Savoir (abstraitement) ce qui est bien ne peut jamais emporter
la décision de la volonté par rapport à ce que je vois comme bien. On peut choisir
le mal, parce qu'on considère ce qu'il y a de bien dans ce mal en ignorant ce qu'il
y a de néfaste.

Cette analyse de la liberté se conclus sur des maximes pratiques très simple et
banales. Comment bien agir ? Essayer de discerner le mieux qu'il peut les
raisons de nos actes. Essayer d'anticiper les conséquences de nos actes et
se souvenir des maximes. Donc s'arrêter et réfléchir à son propre présent.

Pour Locke, la réflexion est intellectuelle, compétence de l'entendement qui


peut comparer des idées entres elles. Réfléchir, c’est comparer les idées que la
sensation libre à l'entendement. C'est une deuxième source d'idée, la première
étant la sensation.

Leibniz, dans ce chapitre, c'est que la réflexion intervient sur soi-même, sur la fin
de nos propres actes. Donc pas un contexte théorique, mais pratique, l'exercice
de sa propre liberté. La réflexion s'identifie avec cet exercice. Celui qui ne se
pose jamais la question de la fin de ses actes n'est jamais libre. Il agit
comme les animaux ou les empiriques.

Difficulté : comment savoir comment Leibniz décrit cette capacité de réfléchir,


comment elle se rapporte aux principes introduit précédemment ?

Locke distingue perception et aperception. Une aperception est une perception


devenue consciente.

Leibniz ici distingue la perception de la réflexion. Perception conscientes et


réflexion sur ses propres perceptions. Alors est-ce que la réflexion s'identifie
avec la faculté d'apercevoir ou d'aperception ? Est-ce que toute conscience est
par essence réflexive, ou est-ce qu'on peut penser une conscience qui a une
forme non réflexive ?

Point important : la question de la réflexion est centrale dans tout l'essai. Leibniz
part de la réflexion lockienne pour la considérer comme une conception, une porte
d'entrée dans son propre système. Pourquoi deux auteurs tenant des thèses sur
la philosophie de la conscience peuvent entrer en contact, en débat sans être
contraint à une confrontation brutale ? Par la question de la réflexion. Locke admet
la réflexion comme une capacité interne de former des idées. Leibniz montre
que Locke admet aussi que l'esprit peut par lui-même, de manière innée,
produire des idées.

Au début du livre 2, Leibniz met en scène la concession de Locke (rien ne nait dans
les sens autrement que dans les sens, sauf l'entendement qui serait inné). Mise
en scène de concepts abstrait pour monter qu'ils ne peuvent être donné que parce
qu'il y a des disposition interne à les penser. Dispositions qui ne sont pas
données par les sens.

Bodart Ophélie 41
Tableau. Pour Locke, Tout est conscient et les idées viennent des sensation et de
la réflexion.

Comment Leibniz introduit le lien entre aperception et réflexion ? Réflexion sur


soi. Est-ce que l'aperception se superpose à la conscience ? Où est la limite entre
perception et aperception ? Et est-ce que la réflexion sur superpose à l'aperception
? Finalement, la question est : qu'est-ce que la réflexion ?

Qu'on l’apprenne au sens théorique (Locke) ou pratique (Leibniz), la réflexion est


une question de la philosophie qui met en scène les concepts d'identité et
d'apparence. Réfléchir, c'est toujours mettre en œuvre les concepts d'identité ou
de différence/diversité comme étant les concepts les plus fondamentaux de la
pensée = il n'y a pas de pensées qui se fasse sur fond d'identité ou de différence.
Le premier acte de l'esprit confronté à une diversité de pensée ou d'objet, va être
de pensée soit l'identité des objets/idées, soit la diversité des objets/idées.

 Comparer des idées = réflexion théorie.


 Discerner les motifs de son acte et identifier les motifs qui y président =
réflexion pratique.

Question du discernement, réfléchir, c'est discerner, distinguer les idées pour


pouvoir conclus soit à leur identité, soit à leurs différences.

Le chapitre 2 a été ajouté à la seconde édition des essaies (Locke). Ajouté suite à
la suggestion d'un de ses amis. Un médecin, Moyneux (qui a posé le problème de
l'aveugle) lui suggère parce qu'il pose l'identité de la différence des idées. Avoir
une identité par une approche sensible permet d'avoir une identité mentale...?
Chapitre divisé en deux parties :

• L'individuation des choses, qu'est ce qui fait l'identité d'une chose ?


Distingue l'individualité.
• Qu'est ce qui fait l'identité d'une personne ? Distinguer la personnalité.

2. L'individuation des choses


Locke énonce le critère fondamentale de l'individuation des choses : la marque
distinctive des choses, avant même de considérer leur propriété interne, c'est
qu'elles sont situé dans l'espace et dans le temps.

Bodart Ophélie 42
Citation II. 27.1. : « Lorsque nous demandons si une chose est la même ou
non, cela se rapporte toujours à une chose qui, dans un tel temps, existe
dans un tel lieu »

 Avant d'entrer dans la caractéristique des choses, il faut admettre


qu'elles sont présente dans l'espace et dans le temps. Donc leur présence
dans l'espace et le temps et leur première caractéristique et permet de
distinguer ce qui est indistingable.

Œuvre d'Andy Warhol : boite de soupe toute identique et la seule façon de les
distinguer, c'est par leur place, leur positionnement dans l'espace. Lorsqu’on a des
objets manufacturés tous identique, on ne peut les distinguer que par l'espace
et le temps.

Leibniz n'est pas d'accord. Il objecte certaines choses au principe spatio-


temporel. L'espace et le temps sont des moyens "commodes" pour nous, pour
distinguer des choses qu'on ne sait pas bien distinguer par elles-mêmes. C'est-
à-dire que lorsque je ne sais pas voir une différence interne entre deux
objets, je n'ai pas d'autres moyens de les distinguer qu'en indiquant leur place
dans l'espace et dans le temps. Cette individuation spatio-temporelle, est une
individuation relative parce qu'elle ne prend en compte que des différences
externes enter les objets : leur lieu et leur place dans le temps.

Leibniz, deux manières d'identifier deux objets :

• Lorsqu'on a identifié une propriété interne à l'objet, on en a une


dénomination intrinsèque.

• Lorsqu'on a une propriété externe de l'objet, on en a une dénomination


extrinsèque.

"Le précis de l'identité et de diversité ne conssite donc pas dans le temps et


dans le lieu, quoiqu'il soit vrai que la diversité des choses est accompagnée de
celles du temps ou du lieu, parce qu'ils amènent avec eux des impressions
différentes sur les choses"

 La différence spatio-temporelle accompagne la différence entre les choses.


Autrement dit, il y a une diversité interne entre toutes les choses du monde
et cette diversité interne est accompagné par une diversité externe
(espace-temps). Le lieu et le temps sont des moyens externe et commode
pour distinguer des choses, mais distinction qui n'est que seconde pour
Leibniz, elle ne fait qu'accompagner une distinction plus fondamentale.

Leibniz tient cette idée qu'il n'y a jamais deux choses absolument identiques
dans la nature. Donc, il y a toujours une différence interne entre deux choses.
Même entre les deux boites de conserves, il y a une différence interne, même si
on ne la perçoit pas. Si on ne voit pas la différence entre deux objets, c'est que
notre perception est défaillante. Il prend l'exemple des feuilles d'arbres. Si on

Bodart Ophélie 43
prend n'importe quel objet empirique, il suffira d'observer les choses de plus en
plus précisément pour se rendre compte qu'elles ne sont pas identiques.

Thèse de l'identité des indiscernables = indiscernable conceptuellement. Ils sont


absolument identiques.

 Différent de la discernabilisé empirique qui n'a rien avoir : quand on


rencontre des jumeaux, on a pas assez de détail pour pouvoir des discerner,
savoir auquel on parle. Il prend aussi l'exemple de l'enfant qui peut prendre
sa nourrice pour sa mère.

Dans l'indiscernable conceptuelle, si deux choses ont exactement les mêmes


propriétés intrinsèques, alors elles sont identiques. Les choses ne se distinguent
jamais uniquement par des propriétés dans l'espace et dans le temps, mais par
des propriétés internes.

Objection : Hélium, si on prend deux élections, apparemment ils sont tous les
mêmes propriété internes. Et la seule chose qui les distinguerait, serait leur
position dans l'espace et dans le temps. Objection de l'atomisme. Leibniz y
répondra par la suite. Est-ce que deux électrons ont une différence intrinsèque ?

Autre contre-exemple, celui d'Immanuel Kant : les objets non-confluents, la


chiralité. Par exemple nos deux mains. Il y a des choses que l'on ne peut pas
distinguer par concepts, mais uniquement par leur position dans l'espace et dans
le temps. Chez Kant, l'espace et le temps = l'intuition. Pour nos deux mains,
essayons de décrire à quelqu'un ce qu'est la main gauche, de la distinguer de ce
qu'est la main droite. Expliquer ce qui fait pourquoi la main droite est à droite...
On laisse de côté les caractéristiques empiriques. Toutes les propriétés
mathématiques qu'on pourra formuler sur une de nos mains (opposition du pouce
aux autres doigts...) sont exactement valable pour l'autre mains. Conclusion, il n'y
a pas d'autre moyen de distinguer la gauche et la droite que de montrer dans
l'intuition ce qu'est la gauche et la droite. Même type de concepts que les sensibles
de Leibniz qui sont confus (apprendre ce qu'est le rouge, expliquer à un aveugle
ce qu'est le rouge).

Kant donne aussi l'exemple de la spirale, comment décrire une spirale qui va à
gauche ou à droite ? Exemple des escargots : la plus pars ont une spirale à droite,
donc s'enroulant dans le sens des aguille à gauche. Et une petite partie des
escargots ont une coquille qui s'enroule dans le sens inverse des aiguilles d'une
montre. Kant en conclus que ce n'est pas explicable par une propriété interne, on
est obligé de voir les escargots, de les montrer, donc montrer une différence
externe, avoir un point de référence externe pour pouvoir mathématiquement
décrire ce qu'est une spirale à gauche ou à droite (en prenant des coordonnées
par exemple). La gauche et la droite, par définition ça se définit par rapport à nous,
c'est un point de vue externe.

Soit Kant à un argument dévastateur contre la théorie de Leibniz, soit Kant a


manqué quelque chose. Il a manqué quelque chose. Leibniz peut quand même dire

Bodart Ophélie 44
qu'il y a une différenciation interne. Kant a faussé la question : il parle des
propriétés mathématiques. Mais pour ça, il faut déjà avoir des choses qui sont
données à partir desquels on peut abstraitement déterminer certaines
propriétés mathématiques.

Différence entre abstrait et concret : il n'y a de propriété abstraite mathématique


identifié, entre les deux mains, que parce qu’on considère qu'il y a deux mains, à
savoir des choses concrètes. Donc, des choses qui ont bien d'autre propriété que
celles des mathématiques. Ce qui nous est donné toujours en premier, ce sont des
choses concrètes. Les abstraits ne viennent que dans un second temps, par
abstraction du concret. Les propriétés abstraites ne sont que des concepts
incomplets de la chose. Concept complet comprend bien d'autres propriétés, qui
elles permettent de justifier une différence interne, pas qu’externe. C'est
l'objection que Leibniz donne à Locke (toujours valable contre Kant, un siècle plus
tard).

Lorsque Kant dit qu'il n'a pas de concept qui permettent de distinguer la gauche
et la droite, il dit qu'il n'a pas de représentation générale de ce qu'est la gauche
et la droite. Pourquoi ? Ce qui est d'un côté ou de l'autre est toujours singulier par
rapport au point de repère, par rapport à l'observateur. Kant, fondamentalement,
dit que nos concepts sont toujours des représentations générales. Donc, pour Kant,
le concept de chien, est un concept général qui permet d'identifier tous les chiens,
et quand il en regarde un particulièrement, il en a une intuition =
représentation singulière. Il ne peut jamais y avoir de concept des individus
pour Kant. Mais des intuitions des individus.

Or, Leibniz dit qu'il y a un concept individuel de chaque chose. Concept qui
permet d'identifier, discerner chaque individu d'un autre individu. C'est le concept
complet qui contient toutes les propriétés de l'objet, y compris celle que je ne
perçois pas.

Pour Leibniz, chaque individu enveloppe l'infini, une infinité de propriété dont celles
certaines nous sont accessibles. Donc pour l'électrons, du point de vue de nos
connaissances, nous ne connaissons que certaines propriétés des électrons.
Pour nous, ils semblent avoir les mêmes propriétés, mais notre concept d'électron
est un concept abstrait, la somme des propriété qu'on connait, propriété générales.
Mais on ignore sans doute d'autres propriété des électrons. En particulier
les propriétés individuelles des électrons qui font qu'ils sont chacun différents.

Citation : « Ce qu'il y a de plus considérable en cela, est que l'individualité


enveloppe l'infini, et il n'y a que celui qui est capable de le comprendre qui
puisse avoir la connaissance du principe d'individuation d'une telle ou telle
chose »

 Réponse par avance de l'objection des électrons...

Il faut fonder une différence interne, il y en a toujours une entre tous les individus.
Locke prend l'exemple d'une plante, d'un homme... Qu'est-ce que la différence

Bodart Ophélie 45
interne des plantes ? Son organisation, la structure. Alors en fait encore
référence à une différence extrinsèque. Une structure = assemblage de
partie dans l'espace et dans le temps. Une certaine matière qui a une certaine
forme. Alors, peut-être qu'on peut penser une plante qui a exactement la même
forme que l'autre, mais pas la même matière, ou inversément.

Le bateau de Thésée (allégorie du corps de l'homme), exemple de la Grèce


antique. Le bateau est dans le port, il y reste des années. Au fur et à mesure des
années, le bois pourri, alors on remplace les planches. On met les planches
pourries de côté. À la fin, toutes les planches initiales ont été remplacées. Alors,
est-ce que c'est le même bateau ? Lorsqu'on substitue toutes les parties d'un
individu, est-ce que l'individu demeure ?

Puisqu'on a laissé toutes les planches de côté, on peut refaire un bateau avec les
planches pourrie. Alors est-ce que le bateau reconstruit avec les planches originels
est le bateau de Thésée ? Dans ce cas, quel est le bateau de Thésée ? Celui des
planches pourries ou celui rénové ?

Question de la Permanence de l'individu à travers les changements.

Pour Leibniz, la question est mal formulée, ce qui fait l'individu, ce n’est ni la
forme, ni la matière. Ici, la forme est conservée, mais la matière change. Et dans
le cas du bateau refait, la matière est gardée, mais la forme est refaite... Or,
l'individuation ne se fait jamais par la matière et par la forme. Alors il faut
poser la question de l'identité du bateau ou d'un être à travers le temps. Distinction
entre deux choses pour se faire :

• Identité apparence des choses : celle qui s'accommode d'un changement


matériel des choses. La matière est dans un flux permanant.

• Identité réelle des choses.

En soit, comme le bateau, toutes nos cellules ont changé. Depuis qu'on est bébé,
on est plus composé de la même chose, pourtant on dit qu'on est la même
personne...

Leibniz pose la permanence de l'âme. L'identité = être le même = rester le


même. Alors on distingue ce qui perdure à travers les changements temporels et
ce qui y est perdu.

3. Locke : l'identité personnelle sans substance.


« Le mot de personne emporte un être pensant et intelligent, capable de raison
et de réflexion, qui se peut considérer soi-même comme le même, comme une
même chose, qui pense en différents temps et en différents lieux, ce qu'il fait
uniquement par le sentiment, qu'il a de ses propres actions. Et cette
connaissance accompagne toujours nos sensations et nos perceptions

Bodart Ophélie 46
présentes, et c'est par là que chacun est à lui-même ce qu'il appelle soi-
même. »

« (…) La conscience (consciousness ou conscienciosité) accompagne toujours


la pensée, et c'est là ce qui fait que chacun est ce qu'il nomme soi-même et
par où il se distingue de toute autre chose pensante. »

Je peux penser mon identité au-delàs de tous les changements. Pour Locke, c'est
la conscience de soi même à travers le temps qui fait l'identité personnelle.

 On peut penser l'identité de la personne uniquement par la conscience qu'on


a de soi-même.

Remarque : conscience, mot utilisé par Locke dans un sens nouveau pour
l'époque. C'est le premier à l'utiliser dans ce sens. Il y avait un usage du terme
conscience en France et en anglais, mais en anglais, conscious = conscience
morale = rapporter des faits à des valeurs = avoir des cas de conscience.

Descartes : je suis conscient = le fait de savoir que je pense. Je suis conscient =


concerne toujours une pensée de l'instant, se fait toujours dans l'instant.

Locke, en introduisant la consciousness introduit une conscience à travers le


temps, non plus dans l'instant. Conscience de soi à travers le temps qui permet
de se considérer comme un soi, un self.

Descartes : le sujet de la conscience est un égo qui se pense dans l'instant.

Locke : le sujet de la conscience fait retour sur lui-même à travers le temps


et se considère par simplement comme un sujet, mais un objet pour soi-même. Il
fait ressortir de caractère temporel de toute identité. Pour parler d'une identité de
la personne, il faut la considérer de manière temporelle. Le soi n'est pas donné
dans l'instant, mais construit dans le temps, comme le produit de narration à
soi-même. L'identité personnelle et temporel.

Néologisme chez Locke = consciousness. Terme qui n'existe pas en français,


mais Leibniz est gêné par la traduction de conscience, alors il utilisera
conscienciosité ou consciosité.

Quels sont les deux dimensions de la personne pour Locke :

• Dimension psychologique : la personne est un être conscient.


• Dimension pratique : la personne est le sujet de ses actes, qu'il fait par
le sentiment qu'il a de ses propres actions.

Notion juridique d'une personne = redevable de ses actes.

Définition de Locke qui amènent plusieurs difficultés (identifier la personne à la


conscience de soi) : si l'ivrogne commet un crime alors qu'il est sous l'emprise de

Bodart Ophélie 47
l'alcool et donc pas conscient, est ce qu'il est redevable de ses actes ?
Pourquoi punir quelqu'un qui n'était pas conscient de ses actes ? La personne ne
se confond pas avec l'homme, deux concepts différents. On peut être un être
humain et ne pas être une personne au sens de Locke si on ne dispose pas
de la conscience de soi. Un enfant sans conscience, ou un vieux sénile qui n'a
plus de conscience, pour Locke, ce ne sont pas des personnes, simplement des
êtres humains. Et inversément, des hommes sans être des personnes : un orang
outan, les anges, parce qu'ils ont une conscience de soi.

La difficulté de la définition de Locke, c'est qu'un être humain peut être une
personne par intermittence. Deux cas :

• Quand on dort, il n'y a plus de conscience de soi, et donc plus de personne.


Pourtant on se réveil la même personne que quand on s'est endormis.

• Quand on oublie, s'oublie, quand on a plus conscience de ce qu'on a été.


Est-ce que l'identité de la personne se maintient ? Cas Alzheimer qui ne sait
plus qui elle est.

Pour Locke, il n'y a plus de personne derrière Alzheimer. Spinoza raconte le cas
d’un poète Espagnol qui a oublié qui il était à la suite d'un accident, il lisait ses
œuvres comme celles d’un étranger, les redécouvrant.

Locke donne à la fin du chapitre un exemple qui anticipe une œuvre de fiction
future (Mister Jecking et Mister Eist), une personne avec une personnalité de jour
et une de nuit. La personne du jour ignorant ce qu'il fait la nuit. Schizophrénie.
Dans ce cas, il y a le même homme, mais pas la même personne. Difficulté de
la conscience par intermittence pour Leibniz.

Leibniz y répond en reprenant la caractérisation de Locke : c'est la conscience


de soi qui fait l'identité personnelle. Sauf que par définition, Leibniz ne va pas
reprendre la théorie de l'intermittence de la conscience, puis que l'esprit n'est
jamais vide. Locke : lorsque la personne oublie quelque chose de sa propre
histoire, il y a un vide dans son histoire. Pour Leibniz, lorsque la personne oublie
ce qu'elle a été, l'identité personnelle se maintien, mais de manière confuse,
non explicite. Il n'y a qu'un vide apparent, pas réel. Différence entre l'apparence
du soi, le soi comme il apparait dans la conscience, et le soi lui-même.

4. Leibniz : l'identité personnelle sans lacune


« Je suis aussi de cette opinion, que la conscienciosité ou le sentiment du moi
prouve une identité morale ou personnelle. L'âme garde encore l'identité
morale et apparente à-nous-mêmes pour constituer la même personne,
capable par conséquent de sentir les châtiments et les récompenses »

« Pour ce qui est du soi, il sera bon de le distinguer de l’apparence du soi et de


la conscienciosité. Le soi fait l’identité réelle et physique, et l’apparence du soi,
accompagnée de la vérité, y joint l’identité personnelle. L'identité réelle et

Bodart Ophélie 48
personnelle se prouve le plus certainement qu'il se peut en matière de fait, par
la réflexion présente et immédiate ; elle se prouve suffisamment pour
l'ordinaire par notre souvenir d'intervalle ou par le témoignage conspirant des
autres » (II, 27, § 9).

L'identité personnelle se prouve par la réflexion présente et immédiate = Locke.

Témoignage conspirant des autres : même si on est dans le coma et qu'on a oublié,
il y a une manière de restituer l'identité personnelle en passant par ce que les
autres peuvent dire que la continuité qu'on a oubliée. L'oubli n'est qu’une pensée
obscure.

« Cette continuation et liaison de perceptions fait le même individu réellement,


mais les aperceptions (c’est à dire lorsqu’on s’aperçoit des sentiments passés)
prouvent encore une identité morale, et font paraitre l’identité réelle »

Leibniz distingue deux choses :

• La réflexion qu'on fait au présent sur soi, la conscience qu'on a dans le


présent = mémoire du présent. Dans notre esprit, toutes les pensées
sont liées les unes avec les autres.

• L'apperception, quand on s'aperçoit des sentiments passés.

3 concepts introduit : tableau.

Distinction du Soi, de l'apparence de soi et la conscience de soi.

Bodart Ophélie 49
Le soi perdure substantiellement et qui fait l'identité réel de l'individu. Pour Leibniz,
la personne qui souffre d'Alzheimer reste toujours le même soi même si elle
n'y a plus accès.

L'apparence de soi, la matière dont je m’apparais à moi-même au présent,


de la manière la plus immédiate. L'apparence est infaillible, parce que la mémoire
du présent est tellement immédiate qu'on ne peut pas se tromper sur cette
mémoire. On peut peut-être se tromper sur la mémoire passée, on peut avoir des
souvenirs faux, mais la mémoire du présent est infaillible. Elle fait l'identité
personnelle.

Conscience de soi qui se fait par réflexion sur les états passé, par la liaison
de l'état présent des états passé de notre histoire. Cette continuité du passé dans
le présent fait l'identité morale.

Individualité -> Identité personnelle qui est le sens Lockien de la succession


des apparences qui est concerné même si le soi n'est plus là -> Personnalité
morale qui fait que je suis la même personne à travers le temps même si
ma conscience est là par intermittence.

Le soi réel ? Celui qui perdure, qu'est-ce ? C'est celui constitué d'une infinité de
petites perceptions, de pensée confuse dont on ne s'aperçoit pas. Donc, pour
Leibniz, le soi réel échappe toujours, on a accès qu'à son écume dans la
conscience, on a accès qu'à l'identité personnelle (apparence de soi).

Lien entre Locke et Leibniz, c'est le rôle de la mémoire. Mémoire au fondement


de la conscience du présent, mais aussi au fondement de la conscience des actes
passé. Mémoire qui fait que je suis redevable de mes actes.

Donc manière de confronter les deux concepts : pour Locke, il suffit d'avoir une
conscience pour définir son identité personnelle, avec tous les dangers que ça a
(risque de disparaitre lorsque pas de conscience). Alors que pour Leibniz, c'est
l'âme qui fait qu'on est le même individu à travers tous les changements.

Quid de l'ivrogne ? Est-ce que la personnalité morale se maintient ?

 Pour Locke, l'homme ivre n'est plus la même personne. Si la personne est
absolument non consciente, ce n'est pas la personne qui a agi, donc pas
responsable de ses actes et donc on ne peut pas le punir. C’est le cas du
somnambule, malade qui ne peut pas être puni pour ce qu'il fait pendant
son sommeil. Mais il faut quand même punir l'ivrogne. Pourquoi ? On ne
peut pas prouver extérieurement que l'homme ivre n'était pas conscience.
Peut-être qu'il dit ne pas être conscient, mais on ne peut pas le
prouver. Dans ce cas, il faut le punir. Justice provisionnelle : si on peut
établir qu'on était inconscient, alors on n'est pas redevable de nos actes.

Bodart Ophélie 50
 Leibniz donne une raison moins métaphysique. Ont puni les ivrognes parce
qu’on peut éviter l'ivresse. On est conscient de nos actes présents et de
leurs conséquences.

Leibniz, comme toujours, fait la distinction entre les perception apparence que j'ai
de moi-même et les perceptions insensibles que je n'ai pas de moi-même et qui
constitue pourtant ma personnalité et mon moi profond.

Bodart Ophélie 51
Chapitre 5 : Les mots et les choses
Livre 3, chapitre 6.

1. Rappels : la transparence et opacité


Locke : pensées obscures dans notre esprit, en marge de la conscience. Mais, elles
restent dans l'inconscience.

Métaphore de la vision et de la transparence, clarté, qui est à l’arrière-plan de la


description de l'esprit. Tous définissent les étapes de l'esprit et de la connaissance
selon une plus ou moins grande transparence et opacité des idées dans l'esprit.
Pourquoi ? L'origine des mots de la philosophie, la vision est le modèle même de
l'immédiateté la plus grande entre celui qui voit et celui qui est vu. Pour ça il faut
qu'il y ait une transparence du milieu, du lien entre ce qui est vu et celui qui voit.
La transparence c'est ce qui permet d'écarter tout risque d'erreur. C'est ce
qui permet de faire transparaitre l'objet le plus immédiatement.

 Vocabulaire de la philosophie : le terme idée vient d’un mot grec, oida, qui
veut dire "j'ai vu", et "je sais", autrement "je sais parce que j'ai vu", "je
connais". Le mot vient aussi de eidos, la forme visuelle et idea, l'aspect
visuel.

Quand on parle de l'intuition, on parle de pouvoir regarder les choses. La


perspicacité = pouvoir regarder à travers. Théoraime = contemplation.

Vocabulaire qui se justifie par une thèse métaphysique. Si on dit que notre idée
peut aussi être celle d'une chose dehors, on fait l'hypothèse d'une double
transparence :

• Transparence de l'esprit à ses propres idées (= thèse de la


transparence de l'idée), et donc qu'il ne se trompe pas puisqu'il est
transparent.

• Transparence de l'idées aux choses, les idées qui nous permettent de


distinguer plus ou moins clairement/distinctement les choses du monde.

On considère toujours la médiation que constitue le langage. On signifie les choses


d'une part et les idées de ses choses au moyen du langage, des mots. Quid de
l'adéquation du langage aux choses et aux idées ? Est-ce que le langage restitue
parfaitement des choses du monde ?

La question n'est pas que d'utiliser le langage pour désigner une chose. La question
est celle de l'adéquation potentielle. Est-ce qu'on peut parler au langage, dire
quelque chose de la réalité elle-même ? Où est-ce que les mots sont
irréductiblement des conventions arbitraires qui ne nous permettent pas de

Bodart Ophélie 52
saisir le sens des choses ? Et donc serait un filtre indépassable entre nous et le
monde...

Question fondamentale et difficile : la transparence des mots aux choses.


Maintenant on va voir la question de la transparence aux choses (après avoir vu
la transparence des idées à l'esprit).

Il y a la transparence subjective (le rapport de l'esprit à lui-même), la transparence


objective (le rapport de l'esprit aux choses), la transparence linguistique...

Les idées, pour Platon, désigne les essences immuables des choses. Il distingue
les essences immuables intelligible de toutes les formes sensibles,
phénoménale et qui sont transitoire. La grande distinction en philosophie
occidentale, c'est l'être et l'apparaitre, ce qui est et ce qui apparait. Les choses
ne se réduisent pas à leur apparence.

On peut avoir une autre philosophie, qu'il n'y a que de l'apparaitre. Mais alors, on
aurait la question de l'apparaitre de quoi ? D'autres apparence ou de quelque chose
qui fondamentalement fonder ces apparences ?

Est-ce que les mots et le langage on est tenus aux seules apparences du réels,
aux surfaces des choses. Ou est-ce que par la perspicacité ou peut tirer
l'essences des choses (essence de la justice, de la beauté...), qu'on peut
exprimer au moins en partie.

Pourquoi les philosophes ont articulé les enquêtes sur l'être et le paraitre ? On ne
sait pas, mais c'est pour quoi on fait tous l'expérience. Balaize Pascale faisait
remarquer qu'on est tous absolument convaincu de la distinction entre être
et apparaitre dans nos relations sociales. Elles reposent sur l'histoire de nos
apparences et celle qu'on donne aux autres, la manière dont on peut ne rien
révéler de ce qu'on est réellement en trompant les autres via nos apparences.
Question toujours d'actualité, apparence du moi via l'identité numérique, repose
sur un présupposé métaphysique : ce que je vous montre dit quelque chose de
moi (existentialiste). Mais tout le monde sait que l'histoire de soi sur internet n'est
pas sa vraie vie.

Que peuvent dire les marques extérieures des choses, de l'intérieur des choses ?

Pascal Blaise : "personne ne parle de nous en notre présence comme il en


parle en notre absence."

Le langage est un moyen d'occultation des choses, la description qu'on a des


apparences (des choses ou du moi), sont au fond toujours arbitraire, des
constructions de l'esprit. Pourquoi ? Les apparences dont on parle font d'abord
l'objet d'une sélection arbitraire (certains caractères de la choses) et cette
sélection dépend de la manière de les formuler.

Bodart Ophélie 53
Question de l'arbitraire du langage dans toutes ses formes traverse le livre III :
arbitraire des mots et des essences des choses. Locke et Leibniz n'ont pas les
mêmes positions.

• Locke : position anti-cratyléen (référence au texte de Platon où il fait


allusion au personnage Cratyle qui dit que les mots expriment naturellement
les choses, donc motivation naturelle derrière les mots qu'on utilise, sens
naturel des mots, sens qui n'est pas conventionnel, les mots sont des
pures conventions, aucun lien naturel entre les mots et la choses)
pour les mots. Position anti-essentialiste pour l'essence des choses
(l'homme n'a jamais accès aux essences des choses, ce qu'on appelle justice
ne sont que des concepts arbitrairement forgés par les hommes, on aura
jamais son essence), approche conceptualiste.

• Leibniz : défend une forme de naturalité des mots, la thèse de l'arbitraire


complet des mots, ce sont des conventions, mais ils ne sont pas
totalement arbitraires. Il y a des essences naturelles, on va pouvoir en
dire quelque chose, on peut dire quelque chose de l'intérieur des choses, de
ce qu'il appel essence ou substance des choses.

On fait la différence entre un éléphant et un épagnole, mais sur base de caractère


externes. Alors qu'est-ce que ces caractères externes nous disent de l'intérieur des
choses, et est-ce qu'on peut prétendre dire quelque chose grâce à l'extérieur. Est-
ce qu'on peut écarter radicalement l'idée que deux animaux aussi distincts ont
fondamentalement une structure proche à l'intérieur, même s'ils sont différents à
l'extérieur ? Qu'est-ce qu'on peut dire de l'essence des choses ?

2. Le naturel des mots


Cratyle : il y a pour chaque chose un nom qui lui est propre et qui lui appartient
par nature.

 Donc les mots ont une valeur expressive de la nature des choses. Une
valeur plus ou moins expressive des choses. Comment on peut restituer
cette valeur ? En recourant à l’étymologie. Ne donne pas que l'histoire du
mot et son usage, mais permet de dévoiler quelque chose du contact
originel entre le mot et la chose.

Exemple de Platon : le mot corps en grecque (soma), vient du fait sema = le


tombeau. Cratyle dit que le corps est un tombeau, originellement. C'est le
tombeau de l'âme. L'âme est comme emprisonné dans le corps et cherche à
se libérer.

Étymologiquement, y a des racines communes entre les termes de soma et sema,


mais ça ne veut pas dire que l'un permet de révéler le sens profond de l'autre.

Leibniz défend une autre forme de naturalité : « Je sais qu'on a coutume de


dire dans les écoles et partout ailleurs que les significations des mots sont

Bodart Ophélie 54
arbitraires (ex instituto) et il est vrai qu'elles ne sont point déterminées par
une nécessité naturelle, mais elles ne laissent pas de l'être par des raisons
tantôt naturelles, où le hasard a quelque part, tantôt morales, où il y entre
du choix »

 Première partie il reflète la vision de Cratyle.


 Deuxième partie il s'oppose à Locke.

Il donne trois raisons :

a) Il y a des mots forgés par imitation de bruit naturel

Le bruit des grenouilles.

Il y a quelque mot forgé par imitation des bruits de la nature

b) Il y a des mots forgés par la facilité anatomique

"Il y a quelque chose de naturelle dans l'origine des mots, qui marque un
rapport entre les choses et les sons de l'organe de la voix".

Certains sons, mouvement des organes de la voix, qui sont plus facile et plus
propre à exprimer certaines choses. Argument compliqué, parce qu'il faut varier
les langues, culture et peuples, et on n’y trouvera jamais la même facilité à faire
certains sons, dire certains mots...

c) La proximité géographique des locuteurs de différentes langues

Les langues ont une histoire, une histoire de dérivation successive à partir d'autres
langues qui vont être appelée langue primitive (>< langue dérivatives). Leibniz,
un des premiers à avoir formulé l'idée que l'histoire des langues permet de dire
quelque chose de l'histoire des peuples et de leur migration. S'il y a des mots
qui viennent de différences racines, c'est peut-être que les peuples ont été en
contact.

Hypothèse de la racine indo-européenne commune.

 Même fond, mais avec des variations historiques.

L'élément de naturalité concerne surtout la proximité et la facilité d'usage de


certain mots dans un certain contexte. Vu l'histoire des langues et des locuteurs.
Mais ce n'est pas le point le plus important, savoir si l'histoire d'un mot rend plus
ou moins propre de dire ce qu'ils veulent dire, mais le rapport intérieur d'un esprit
aux mots qu'il emploi. L'usage des mots qu'on fait, est fondamentalement opaque,
aveugle. C'est-à-dire qu'un certain nombre de concept (dieu, félicité) sont
employé sans être capable de restituer la signification des mots. C'est le
fonctionnement normal du langage. Quand on parle, on ne peut pas faire
autrement que de supposer que les mots qu'on emploi ont un sens explicitable et

Bodart Ophélie 55
qu'on peut comprendre. Mais en même temps, quand on emploi ces mots, on
explique pas leur sens, on fait comme si on ne se comprenait. Cet usage
aveugle est fondamental.

« Il est vrai pourtant qu'on prétend de designer bien souvent plutôt ce que
d'autres pensent, que ce qu'on pense de son chef, comme il n'arrive que
trop aux laïques dont la foi est implicite. Cependant j'accorde qu'on entend
toujours quelque chose de général, quelque sourde et vide d'intelligence que
soit la pensée ; et on prend garde au moins de ranger les mots selon la
coutume des autres, se contentant de croire qu'on pourrait en apprendre le
sens au besoin. Ainsi on n'est quelquefois que le truchement des pensées,
ou le porteur de la parole d'autrui, tout comme serait une lettre ; et même
on l'est plus souvent qu'on ne pense »

 On emploi des mots de manière aveugle, sans restituer la signification des


mots, mais la signification passe à travers nous sans qu'on ne le sache.
Mots chargés d'une signification, de sorte que je suis le truchement des
pensées ou de la parole d'autrui. Quand je parle, ce n’est pas moi qui parle,
c'est autrui, à travers moi, et je ne m'en rends pas compte.

Finalement, de quelle parole sommes-nous vraiment l'auteur ? Combien ne fait-on


que répéter parce qu'on les a déjà entendus ? Leibniz montre pourquoi c'est
essentiel de l'usage de la langue, qu'on parle à travers moi...

Leibniz est dans une position où, avec l'usage aveugle des mots, qu'est-ce qu'on
peut dire de l'usage des choses si on ne sait pas restituer l'essence des mots ?
L'usage aveugle n'empêche pas d'avoir un usage plus distinct.

3. Michel Foucault, les mots et les choses


Au cœur de sa thèse, il y a exactement la question de la transparence et de
l'opacité du langage. 3 périodes avec 3 manière de percevoir des choses et les
mots

• Période de la renaissance : similitude entre les choses qui permettait


de déterminer l'usage des et mots

• Période classique : mot opaque aux choses et entre les deux, le


langage classique met en œuvre un idéal de transparence, transparence
des mots aux choses, le fait que les idées puissent être transparente aux
mots et les mots transparences aux choses. Les catégories du réels
correspondent effectivement aux divisions réelles des choses. Cet idéal
est formulé parce que le langage n'est pas transparent aux choses, il est
traversé d'ambiguïté, de brouillage, d'obscurité. À l'âge classique, on
veut défaire cette obscurité grâce à une métaphysique clairement
articulée. La tâche de la philosophie va être d'essayer de trouver quels
sont les jointures de l'être.

Bodart Ophélie 56
• Période moderne

4. L'essence des choses


Cartésien (on sait ce qu'il faut faire avant) >< spinosiste (on est lancé dans
l'expérience sans avoir eu d'explication antérieur).

Distinction entre les êtres : être et apparaitre. Mais dans l'apparaitre, comment
diviser les différents apparaitre ? ... Réponse du lexique qu'on emploi.

La question du lexique : selon les différents langages, on n’a pas les mêmes
lexiques pour décrire les choses.

Les inuits ont 93 termes pour désigner la neige, la glace de mer.

Les lexiques sont comme des filet lancé sur les choses, avec des émailles
plus ou moins grandes (un terme ou plusieurs termes). Les lexiques sont
différents, plus ou moins précis, mais permettent de dire quelque chose des choses
elles-mêmes, de la division réelle des choses, non pas simplement de notre usage
des choses.

Les articulations de l'être :

• Platon : la jointure naturelle. Il y a des manières plus ou moins naturelles


de diviser les choses. Par exemple le dialecticien comparé au boucher :
lorsqu'on découpe une bête, on peut y aller à la hache, ou couper l'animal
selon les articulations naturelle, comme le fait le boucher. De même
manière, nos concepts doivent être de distinction, des découpures du réel
qui soit naturelles (>< artificielles).

• Aristote : les catégories. Ils proposent les manières les plus adéquiste pour
décrire le réel. Il fait une différence entre substance et accident, deux
manières d'être. Différente manière pour une chose d'être réelle, une chose
peut être une quantité avec une grandeur, une qualité, en un temps et un
lieu... Ces propriétés se rapportent à une chose par rapport à ce qu'elle dit
être : la substance (= ce qui se tient dessous).

Substance = terme qui traduit deux mots grecques différents :

• Ousia : substance qui oppose des accidents, la chose permanente qui se


maintient à travers tous les changements phénoménaux. Par exemple, un
cheval est une substance et ont peu prédiquer des accidents comme sa
taille, sa couleur, son lieu... Accident qui ne sont pas des substances parce
qu'ils ne peuvent pas être prédiquer par autre chose. La substance est au
cœur de la réalité et se maintient de manière permanente.

Bodart Ophélie 57
• Hypostasis (>< épinoia, ce qui est dans l'entendement) : ce qui existe
réellement indépendamment de l'esprit qui le connait. Ce qui se maintient,
même si on ne la connait pas.

Distinction entre les choses qui existe indépendamment de moi, et les


choses qui n'existe que dans mon esprit. Deux conceptions du réels qui ont
toutes été traduites par le même terme de substance. Deux conceptions qui
fondamentales posent quelque chose dans l'être au-delàs de ses apparences. Il y
a une substance au-delàs des accidents qu'on peut connaitre (ousia) et une
substance qui est au-delàs des idées que j'ai de la chose (hupostasis).

Locke va refuser cette hypothèse, il va fondamentalement refuser la distinction


entre substance et accident. Il refuse que ce soit une manière adéquate de décrire
le réel. Que reste-il ? Il ne reste que des apparences et des manières de
classer les apparences.

• Leibniz disait qu'on ne peut pas confondre une Epagneul et un éléphant.

• Locke tien l'autre thèse : les genres et les espèces des substance ne sont
que des sortes (= concept arbitrairement forgé, ensemble de propriété qui
sont rassemblé et désigné par un mot). On peut faire une liste des propriétés
des éléphants et appeler ça concept de l'éléphant. Ainsi, on aura distingué
des propriétés externes, et on aura une essence nominale, une manière
superficielle de distinguer les choses. Et quand on l'aura fait pour l'éléphant
et l'épagneul on ne sera rien sur l'essence réelle des deux choses.

Tous les concepts qu'on emploi, toutes les classifications qu'on emploi (classer les
plantes, classer les éléments) correspondent bien à des propriétés pour Locke,
mais ce sont des classifications arbitraires = qui correspond à quelque chose
dans l'expérience, mais c'est le produit de nos abstractions. Finalement, on ne sera
jamais rien de l'intérieur des choses. Et pire, on ne peut pas croire aux substances
naturelles, parce qu'il est impossible de discerner des espèces réelles.

 Thèse : il n'y a pas de vide dans les variétés du monde corporel =


harmonie de l'univers. Ça veut dire qu'on peut penser toute sorte d'espèce
animal et non animal, toute sorte d'espèce intermédiaire. Pour Locke, il n'y
a aucune raison d'exclure qu'il y a une variété infinie d'espèce entre
toutes les espèces qu'on a caractérisé/identifié. Ça veut dire que chaque
individu est une variation singulière. Il est à lui-même sa propre espèce.

Locke dit que c'est par commodité qu'on regroupe l'espèce des chiens, qu'on le
distingue au chat... En sélectionnant des caractères. Mais on pourrait constituer
une ligne de variation continue de tous les vivants. On peut imaginer un
animal qu'on ne serait pas exactement classe dans une espèce ou une autre.

C'est l'idée à l'origine de la variation des espèces, les Pinsons de Darwin qui selon
les îles se ressembles mais n'ont pas le même bec. Chaque bec est adapté à un
type de nourriture, de sorte que tous les Pinsons observé, à l'origine dérive d'une

Bodart Ophélie 58
seule espèce, mais qui s'est différencié par des variation adaptative. C'est un peu
l'idée de Locke.

 Une fois qu'on aura rassemblé toutes les sous-espèces, on a aucune raison
de les catégoriser comme ça, on peut encore penser des espèces
intermédiaires. On peut penser une infinité d'animaux qui ont des formes
qu'on ne connait peut-être pas.

Il y a eu une grande extinction avant les dinosaures, 95% des espèces auraient
disparus. C'est un peut se dont parle Locke, ces espèces ont existé, on ne sait pas
ce que c'est.

Leibniz : on peut penser une infinité d'espèce, des espèces intermédiaires. Mais
toutes les espèces animales ne peuvent pas vivre en même temps, sur la
même terre, puisqu'une terre finie n'est pas compatible avec une infinité
d'espèce. Ce qui existe, c'est toujours un ensemble déterminé d'être compossible
= compatible dans un même temps. Les dinosaures ne sont pas compatibles avec
les hommes.

« Qu'il y ait des créatures mitoyennes entre celles qui sont éloignées, c'est
quelque chose de conforme à cette même harmonie quoique ce ne soit pas
toujours dans un même globe ou système, et ce qui est au milieu de deux
espèces, l'est quelquefois par rapport à certaines circonstances et non pas par
rapport à d'autres. Les oiseaux si différents de l'homme en autres choses
s'approchent de lui par la parole ; mais si les singes savaient parler comme les
perroquets, ils iraient plus loin. La loi de la continuité porte que la Nature ne
laisse point de Vide dans l'ordre qu'elle suit ; mais toute forme ou espèce n'est
pas de tout ordre »

 On peut penser l'oiseau qui parle comme les hommes, le singe qui parle
comme les perroquets... Mais ces espèces ne sont pas compatible sur
terre. Pour des raisons métaphysiques, il y a nécessairement une
discontinuité entre les espèces de la nature. Pourtant son (Leibniz)
principe fondamentale, c'est la loi de continuité... Disant que la nature ne
fait pas de saut, que tout se développe selon une succession de case
intermédiaire. Sauf que tout ne fait pas de saut dans la nature, mais il y a
des sauts dans la nature, c'est l'ordre de la nature. Épagneul et éléphant
se développe continuellement, mais sans continuité entre toutes les
espèces.

« La loi de la continuité porte que la Nature ne laisse point de vide dans l'ordre
qu'elle suit » : L'ordre qu'elle suit = de la nature telle qu'elle nous est donné
maintenant. Certaines espèces sont actuelles, et d'autres sont des potentialités
qu'on peut penser, qui existeront peut-être après nous. C'est une série de
compossible, d'espèce qui peuvent exister ensemble. Dieu fait exister les espèces,
dont il choisit la sélection des compossible (pour l'époque). Leibniz critique la
distinction que Locke fait entre essence nominale et réelle.

Bodart Ophélie 59
Leibniz distingue plutôt entre définition nominale (marque distinctive, décrire
un chien par exemple) et définition réelle.

On peut avoir une définition réelle des choses, c'est-à-dire non pas une collection
de propriété, mais un concept qui permet d'expliquer pourquoi la chose existe.
Concept qui permet d'établir la possibilité de la chose. Pour les être vivant, on
peut le faire en comprenant comment ils sont engendrés, comment les espèces
s'engendre et que toutes les espèces ne se reproduisent pas entre elle... Alors on
a une définition réelle de l'espèce, alors on approche de l'essence de la chose.
Dans ce cas, la définition réelle n'est pas arbitraire et nominale, mais dit
quelque chose de fondamentale et de constitutif.

Pour comprendre la distinction définition nominal >< réelle, il faut savoir comment
on définit un cercle :

• Le cercle est la figure du plan dont tous les plans sont à égale distance d'un
autre = définition nominale, permet d'identifier tous les cercles.
Cette définition en elle-même ne dit pas qu'une telle figure est possible,
c'est qu'une caractérisation nominale. C'est comme si on définissait un
vampire, sans pouvoir dire si ça existe ou pas.

• Figure du plan qui est engendré en faisant tourner un segment autour d'une
de ses extrémités = définition réelle, on dit comment le cercle est
engendré. On est sûr qu'il peut exister.

Il faut proposer des définitions réelles, pas simplement arbitraire jeté sur les
choses (comme le pense Locke), mais des définitions qui permettent d'établir
l'engendrement des choses et donc des distinctions d'essence.

Pourquoi c'est important ? Enjeu fondamental entre ces distinctions : définition de


l'homme. Est-ce que l'homme est une espèce particulière, qui a des
caractères particuliers par rapport à toutes les autres espèces ?

Si on pense comme Locke, continuum d'espèce, alors on ne peut pas dire si tel
individu est un homme ou pas. Est-ce qu'un homme qui n'a pas la raison n'est pas
un homme ? Oui pour Locke, c'est un homme avec des caractéristique de la bête.

Leibniz veut maintenir des différences spécifiques et maintenir la possibilité de


réserver une essence rational aux seuls hommes. Le cas d'un singe ramené
des indes, un chimpanzé, on en a fait l'anatomie. Anatomie qui a fait parler parce
que le chercheur a formulé qu'il n'y a rien dans l'anatomie interne du singe

Bodart Ophélie 60
qui le distingue essentiellement d'un homme. Quelque variation, mais les
marques extérieures de l'anatomie étaient en réalité très semblables aux marques
extérieures de l'homme. Donc est-ce qu'on peut savoir qu'ils ont une raison
? On ne peut pas juger de l'intérieur par l'extérieur.

Leibniz maintien l'hypothèse que l'homme est une espèce radicalement


différente.

Bodart Ophélie 61

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