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UNIVERSITE CHEIKH ANTA DIOP DE DAKAR

FACULTE DES SCIENCES ET TECHNIQUES

DEPARTEMENT DE CHIMIE

COURS DE CHIMIE ATOMISTIQUE

ATOMISTIQUE ET THEORIE MODERNE


DE LA LIAISON CHIMIQUE

PLAN
CHAP I: Structure de la matière - Aspects microscopiques

CHAP II: Radioactivité

CHAP III: Modèles atomiques

CHAP IV: Notions de mécanique quantique

CHAP V: Configuration électronique. Classification périodique des éléments

CHAP VI: La liaison chimique. Géométrie des molécules

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CHAPITRE I
-------------

A) ASPECTS MICROSCOPIQUES

L’atome, entité insécable apparaît de plus en plus complexe aux chercheurs du


19è siècle.
De nombreuses expériences réalisées dans les milieux homogènes, gazeux en
particulier nous ont apporté la preuve que les atomes ne sont pas les constituants
ultimes de la matière.
Actuellement on connaît plusieurs particules provenant de la dissociation de
l’atome.
Dans ce chapitre nous décrivons des expériences qui montrent que l’atome est
constitué d’un noyau (chargé positivement) et autour de ce centre gravitent un ou
plusieurs électrons.

1. DECOUVERTE DE L’ELECTRON

a) Expérience de CROOKES (1879) :


- Montage expérimental

Alimentation à
Haute tension Fig. 1 Trajectoire rectiligne des rayons
cathodiques

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Si on applique, en effet une différence de potentiel d’environ 50 000 volts entre
les extrémités d’un tube en verre contenant du gaz (pression très faible  0,01 mm
Hg), le tube devient fluorescent (région située perpendiculairement à la cathode).
De plus, un objet de forme défini, placé dans le tube laisse apparaître une image
à l’extrémité du tube.
INTERPRETATION

Cette fluorescence est due à l’impact sur le verre «rayons» émis par la cathode
suivant une trajectoire rectiligne. Ces rayons cathodiques sont constitués de particules
négatives identiques appelées électrons.

Remarques : Les effets de ce rayonnement sont identiques quel que soit le gaz
résiduel contenu dans le tube à décharge et la nature des électrodes.

b) Expérience de J. J. THOMSON : Détermination de e/m

En 1897 J. J. Thomson entreprit une étude quantitative des rayons cathodiques.


Ses expériences lui permirent de déterminer le rapport de la masse (m) à la charge (e)
de l’électron.

- Montage expérimental :

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 Application du champ électrique (seul).

La déviation du faisceau des rayons cathodiques est causée par la force électrique el

e = =
 Application du champ électrique (seul).
On observe une déviation du faisceau vers le bas.
Fm = Bev avec v = vitesse des électrons
 Action simultanée de et .

On peut ajuster les valeurs du champ électrique ( ) et du champ d’induction

magnétique ( ) de telle sorte qu’il n’y ait plus déflection :

Bev = eE  v =  5.107 m/s


Pour évaluer le rapport e/m : on maintient le champ ( ).

Bev =  = =
avec R = rayon de courbure de la trajectoire.
On trouve

e/m = 1,759.1011 c/ kg

2. EXPERIENCE DE MILLIKAN :

On introduit dans un caisson hermétique un brouillard de gouttelettes d’huile


sphériques de rayon r et de masse spécifique p. Elles tombent et pénètrent ensuite
entre les plateaux d’un condensateur plan. Un microscope permet de suivre le
mouvement des gouttelettes électrisées à l’aide des rayons X.

- Dispositif expérimental

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En dehors du condensateur et à l’absence de champs électrique
Les gouttelettes non chargées sont soumises à trois forces :
 4
P : force de pesanteur P = mg = r3g, avec  = masse spécifique de l’huile.
3
4 3
Pa: poussée d’Archimède Pa = r ’g, avec ’ = masse spécifique de l’air.
3
Ft force de Stokes Ft = 6rv1 ( = viscosité de l’air, r : rayon de la gouttelette,

v = vitesse limite de la gouttelette).

La gouttelette atteint très rapidement une vitesse limite uniforme (notée v1) donc

dv
0 et Pa <<< P (On néglige la Poussée d’Archimède devant le Poids)
dt
4 3
On peut alors écrire: 6v1 = r g (1)
3

r2 = d’où r =

La gouttelette pénètre à l’intérieur du condensateur :

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- Après ionisation de l’atmosphère, des ions gazeux se fixent sur les gouttelettes
et les chargent. Au niveau du condensateur, ces gouttelettes animées de la
vitesse limite v2 sont soumises à quatre forces.

- En présence du champ électrique E

Si Pa <<< P (On néglige la Poussée d’Archimède devant le Poids)


On peut écrire la relation suivante:

||m.g|| = ||Ft|| + ||Fe||


Ft = force de Stockes
Fe = force électrique
4 3
qE = r ()g - 6rv2 (2)
3
L’équation (1) nous permet d’écrire:

qE = 6r (v1 - v2)


6r (v1  v 2 ) 6r (v1  v 2 ) x d
q 
E U
Les charges (q) ainsi calculées sont toujours des multiples entiers d’une valeur
fondamentale, soit e = 1,6.10-19 Coulomb.

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Remarque:

Connaissant e/m et (e), on peut calculer aisément la masse (me) de l’électron.

1,6. 10

1,759 . 10
, .

L’unité de masse (kg) n’est pas adaptée à la mesure de la masse de l’électron


ou d’un atome réel. On utilisera une unité particulière ou spécifique: l’unité de masse
atomique (notée u. m. a ou u).
Définition : l’unité de masse atomique (u. m. a) est le douzième de la masse du
nucléide du carbone.

,
1 . . .
, .

, . Kg

Caractéristiques de l’électron :
charge (e) = 1,6.10-19 C
masse (me) = 9,110.10-31 kg ou bien 0,00055 uma.

3. DECOUVERTE DU NOYAU : Expérience de Rutherford (1909)

L’expérience de Rutherford permet de déterminer la structure de l’atome. Elle est


réalisée à l’aide de la diffraction des particules alpha , provenant d’une source
radioactive (ex le radon) par une mince feuille d’or. IL a observé la direction prise par ces
particules au moyen d’un écran fluorescent recouvert de sulfure de zinc (ZnS).

- Dispositif expérimental

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OBSERVATIONS :
- La plupart des particules () passent à travers la feuille d’or sans une déviation
appréciable.
- Le nombre de particules  déviées est proportionnel à l’épaisseur de la lame d’or.

INTERPRETATION :
La lame d’or présente donc des très petits obstacles de même signe que les
particules  et situés les uns par rapport aux autres à une grande distance.
La matière a donc une structure lacunaire.

Schéma de déviation des particules 


CONCLUSION :
La majeure partie de l’atome est constituée par un vide et l’ensemble de la
masse est rassemblée dans un noyau minuscule chargé positivement.
Lorsqu’une particule  passe à proximité d’un noyau, elle est très fortement
déviée du fait de la répulsion des charges de même signe. Cette force de répulsion
coulombienne s’exprime par la relation suivant:

avec : charge du noyau, : charge de la particule


r : distance entre le noyau et la particule . (ou distance minimale d’approche).

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Rutherford proposa le modèle planétaire suivant pour l’atome: un noyau
renfermant la masse et la charge positive (+ Ze) et autour de ce centre gravitent (Z)
électrons de masse négligeable assurant la neutralité de l’édifice atomique.

CONSTITUTION DU NOYAU
Le noyau renferme des particules simples: (Z) protons et (N) neutrons.
Z indique le numéro atomique ou le nombre de charge.
Q
Z avec Q (charge du noyau).
e
N = nombre de neutrons dans le noyau.
A = Z + N est le nombre de masse de l’atome.
On représentera un élément chimique par le schéma suivant:

A
ZX

Caractéristiques des nucléons :

Particule Charge Masse


Proton + 1,6.10-19C 1,6724.10-27kg

ou bien 1,00727 uma


Neutron 0 1,6747.10-27kg

ou bien 1,00866 uma

Remarque 1 : Tous les atomes ayant le même nombre de nucléons présentent à peu
près les mêmes propriétés physiques. On les appelle des nucléides.
Remarque 2 : Compte tenu du rapport des masses de l’électron et du proton, on peut
écrire:

1
me = 9.10 -31
kg = 1835 mp

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m noyau Zm p  (A  Z ) m n

m atome Zm p  (A  Z ) m n  Zm e

m noyau Zm p  N m n m p  mn
2 mp
  
m atome Zm p  N m n  Zm e m p  m n  m e 1
2 mp  mn
1835
d’où

m noyau 2
  0,9997
m atome 1
2
1835
La quasi-totalité de la masse de l’atome est donc concentrée dans le noyau.

Dimensions des nucléons:


On admet que les nucléons sont des particules sphériques.

rproton  rneutron  1,2.10-15m


V(noyau) = 4 R3 = 4 r3.A
3 3

r = rayon des nucléons


R = rayon du noyau

A = nombre de masse du noyau considéré


On peut écrire :
3
A . r3 = R3  R = r. A

3
R = 1,2.10-15 A

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DEFAUT DE MASSE: courbe d’Aston.
Considérons un noyau renfermant Z protons de masse mp et N neutrons de
masse mn. La masse du noyau (A) s’écrit:

A = Zmp + N (mn)
L’expérience montre que la masse réelle M du noyau est toujours inférieure à
la somme des masses des particules qui le compose. Ce défaut de masse est noté

m = A – M  0 indique que l’atome est stable vis à vis de ses

constituants.

4
Exemple : masse du noyau 2 He = 4,0026 uma
mp = 1,007655 uma ; mn = 1,008665 uma

2p + 2n 4 He
2

m = (2mp + 2mn) – m He = 002986 uma

1 uma = 1,66.10-27kg

m = 0,04957.10-27kg

Dans les réactions nucléaires, la diminution de m est associée à l’apparition d’une

énergie E (énergie de cohésion du noyau) donnée par la relation d’Einstein:

E = mC2
E = quantité d’énergie, m = défaut de masse, C = vitesse de la lumière = 3.108
m/s

Exercice : calculons l’énergie (E) qui correspond à une perte de masse

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m = 0,02986 uma.
E = 0,04957.10-27 x 9.1016 = 0,446/1.10-11 J

On peut donner la valeur de l’énergie en eV

1eV = 1,6.10-19C x 1.V = 1,6.10-19J

0,4461
d’où E = . 10+19.10-11J =
1,6

E = 0,2788.108 eV

E = 27,88 MeV

La réaction est exothermique. On peut l’écrire de la manière suivante :

2p + 2n 4 E
2He +

Le rapport E/A est l’énergie moyenne de liaison par nucléon. La variation E en


fonction du nombre de masse A est représentée par la courbe d’Aston (ci-dessous).

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Cette courbe montre que les noyaux de masse moyenne sont les plus stables.

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