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Visionnez la vidéo de présentation de l’examen officiel UE1 2021

animée par Aimery de Vaujuas, directeur de ProCompta, en cliquant


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NOTE DES CONCEPTEURS DU CORRIGÉ

APPRÉCIATION GÉNÉRALE DU SUJET


Le sujet proposé pour la session 2021 était assez atypique : par le choix des thèmes, par les
références au programme du DCG, ce sujet a pu en dérouter certains. Les candidats qui
avaient travaillé sur les points importants pouvaient néanmoins s’en sortir très
honorablement.
Que fallait-il faire pour avoir la moyenne ?
Le dossier 2 et le dossier 4 étaient assez classiques et faciles. Ils permettaient de récolter 7 ou
8 points à eux seuls. Il restait alors à trouver 3 points sur les dossiers 1 et 3. Peut-être moins
faciles, mais franchement possibles (dossier 1, question 2 et 5 par exemple ou dossier 3,
questions 1 et 2). Finalement, obtenir la moyenne était tout à fait réalisable.
Mais l’objectif était évidemment d’aller chercher une note bien meilleure, ce qui était tout à
fait possible avec une préparation sérieuse et une méthode efficace.

FINALITÉ DU CORRIGÉ
Cette suggestion de corrigé sert un intérêt purement pédagogique. Elle a été constituée par
nos professeurs experts du DSCG. En ce sens, elle est destinée à reproduire « une copie
parfaite ». N’ayez donc pas d’inquiétude si vos réponses lors de l’examen ont différé de celles
proposées ci-dessous, cela ne vous empêchera pas de tout de même gagner des points. Par
conséquent, nous vous invitons à garder la tête haute jusqu’à la publication des résultats !

Frédéric Bottaro, Kahina Tadjadit et l’équipe de ProCompta

Suggestion de corrigé par ProCompta -1-


UE1 – GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET
SOCIALE
Durée de l'épreuve : 4 heures - coefficient : 1,5

Document autorisé :
Aucun document ni aucun matériel n’est autorisé. En conséquence, tout
usage d’une calculatrice est INTERDITE et constituerait une fraude.
Document remis au candidat :
Le sujet comporte 15 pages numérotées de 1/15 à 15/15.
Il vous est demandé de vérifier que le sujet est complet dès sa mise à votre
disposition.

Le sujet se présente sous la forme de 4 dossiers indépendants.


DOSSIER 1 – GROUPE PROCOMM (5 points)
DOSSIER 2 – SOCIETE HYDROCAR (5 points)
DOSSIER 3 – ENTREPRISE BEAUVERT (5 points)
DOSSIER 4 – SAS VENTURE (5 points)

Le sujet comporte 3 annexes.


Annexe A – Code Général des Impôts, article 239 bis AB.
Annexe B – Convention de double-imposition France-Espagne (extrait)
Annexe C – Extraits de l’arrêt : Cass. Crim., 25 novembre 2020, n°18-86.955.

AVERTISSEMENT
Si le texte du sujet, de ses questions ou de ses annexes vous conduit à
formuler une ou plusieurs hypothèses, il vous est demandé de la (ou les)
mentionner explicitement dans votre copie. Toutes les réponses devront
être justifiées.

Il vous est demandé d’apporter un soin particulier à la présentation de


votre copie et à la qualité rédactionnelle.

Suggestion de corrigé par ProCompta -2-


REMARQUE MÉTHODOLOGIQUE PRÉALABLE
Le rappel des faits n’est pas obligatoire dans la mesure où aucun point ne lui est
attribué. Toutefois, cette étape du syllogisme de droit constitue une aide
méthodologique certaine notamment pour synthétiser les faits essentiels et les
qualifier juridiquement. Dans cette perspective, il est fortement recommandé d’en
faire usage.

SUJET

DOSSIER 1 – GROUPE PROCOMM (5 points)

Le groupe PROCOMM est un groupe de sociétés spécialisées dans la conception


d’objets, outils et supports de communication à destination des entreprises. Au fil
du temps, le groupe s’est structuré et se présente de la manière suivante :

PROCOMM
(SA)

96 %
90 %

Société BULCOMM Société


6% ALMACOMM
(SAS)
(SAS)
2%

98%

Société
COMMPLUS

Suggestion de corrigé par ProCompta -3-


La société ALMACOMM est une SAS spécialisée dans la fabrication de « goodies »
à destination d’une clientèle d’entreprises. La société ALMACOMM dispose d’une
réputation bien établie car elle propose des objets publicitaires originaux et de
qualité à des prix raisonnables. Ses résultats sont bénéficiaires et la situation de la
société est saine. La société ALMACOMM envisage de développer une nouvelle
activité pour poursuivre son développement mais cette nouvelle activité risque,
en phase de démarrage et sur les premières années de développement, d’être
déficitaire.

Il a été décidé d’isoler cette nouvelle activité au sein d’une filiale (société
COMMPLUS) créée spécialement et qui serait détenue à 98% par la société
ALMACOMM et à 2% par la société PROCOMM.

Afin que les déficits nés de cette nouvelle activité ne restent pas dans la société
COMMPLUS mais puissent « remonter » au niveau de la société ALMACOMM, le
comptable de la société ALMACOMM a imaginé trois solutions :

- Solution 1 : la société COMMPLUS prendrait la forme d’une SAS avec création


d’un groupe fiscalement intégré entre la société ALMACOMM et la société
COMMPLUS ;

- Solution 2 : la société COMMPLUS prendrait la forme d’une SAS qui opterait


pour le régime de la transparence fiscale conformément aux dispositions
de l’article 239 bis AB du CGI (voir annexe A) ;

- Solution 3 : la société COMMPLUS serait créée sous forme de société en nom


collectif soumise à un régime de transparence fiscale.

Saisi de la question, le cabinet d’expertise-comptable de la société indique que, en


réalité, seule une de ces trois solutions est possible.

TRAVAIL À FAIRE

1.1 Quelle est la solution qui peut être retenue ? Indiquez pourquoi les
deux autres solutions doivent être écartées.

Droit fiscal – Droit des sociétés (aspects fiscaux) – Imposition du résultat des
sociétés de personnes

RAPPEL DES FAITS

Une société détenue indirectement à plus de 95% par une société française
soumise à l’IS s’interroge sur la forme que pourrait prendre une filiale qu’elle

Suggestion de corrigé par ProCompta -4-


détiendrait à plus de 50% afin de lui permettre d’imputer le résultat déficitaire sur
son propre résultat.

QUESTION DE DROIT

Quelles sont les conditions de création d’un groupe fiscalement intégré ?

Quelles sont les conditions de l’option pour le régime des sociétés de personnes par les
SAS ?

Quelles sont les conditions dans lesquelles sont imposées les sociétés fiscalement
transparentes ?

RAPPEL DES REGLES DE DROIT (1)

Afin d’imputer les résultats déficitaires d’une filiale sur une autre société, deux
solutions sont notamment possibles.

La première consiste à constituer un groupe fiscalement intégré. Le résultat du


groupe fiscalement intégré sera un résultat d’ensemble. Les déficits de l’une des
sociétés du groupe viendront ainsi en déduction des résultats bénéficiaires des
autres sociétés du groupe.

Un groupe fiscalement intégré ne peut être constitué qu’entre sociétés soumises à


l’IS. Cette possibilité est donc exclue si l’une des sociétés est fiscalement
transparente, ce qui exclut la possibilité dans les solutions 2 et 3 proposées par
l’expert-comptable.
Par ailleurs, une société ne peut être désignée comme tête de groupe si elle est
détenue, directement ou indirectement, à 95% ou plus, par une autre société
française soumise à l’IS.

APPLICATION AUX FAITS (1)

En l’espèce, il apparaît que ALMACOMM est détenue à plus de 95% par la société
PROCOMM. Elle ne peut donc pas être tête d’un groupe fiscalement intégré. La
constitution d’un groupe entre ALMACOMM et COMMPLUS n’est donc pas possible
pour cette raison.

RAPPEL DES REGLES DE DROIT (2)

La deuxième possibilité consiste à créer une filiale fiscalement transparente, c’est-

Suggestion de corrigé par ProCompta -5-


à-dire une société qui sera soumise, par nature, ou sur option, à l’IR. Dans ce cas,
la société n’est pas soumise à l’impôt en tant que tel. Ce sont ses associés qui paient
l’impôt. Le bénéfice vient donc augmenter leur bénéfice imposable. Les pertes
viennent en déduction de leur bénéfice (on parle en pratique « d’intégration
sauvage »). C’est ce mécanisme qui est envisagé dans les solutions 2 et 3.

APPLICATION AUX FAITS (2)

Dans la solution 2, le régime de l’imposition à l’IR résulterait d’une option exercée


par la société. Or, selon l’article 239 BIS AB du CGI des impôts, cette option ne peut
être exercée que si les associés personnes physiques détiennent plus de 50% du
capital de la société qui pratique l’option. Cette condition exclut donc la possibilité
de recourir à la solution 2. En effet, dans cette solution, la société COMMPLUS serait
une SAS qui opterait pour l’imposition au titre de l’IR. Mais, étant détenue à 98%
par ALMACCOM, elle ne satisferait pas à la condition d’être détenue à 50% ou plus
par des personnes physiques.

CONCLUSION

Le résultat recherché par PROCOMM ne peut être atteint que par la mise en œuvre
de la solution 3 proposée par le comptable.

Remarque
Cette question est sans doute une question qui va poser beaucoup de problèmes.
Car plusieurs écueils se présentent ici : 1°) la question ne peut que difficilement
être située dans le programme, sans doute car elle relève pour une grande partie
du programme de DCG (sur l’imposition des sociétés dites « transparentes »
fiscalement) ; 2°) la question oriente les candidats sur l’intégration fiscale (schéma
d’une part et solution 1 d’autre part) alors pourtant que la question ne concerne
que la remontée des pertes de sociétés dites de personnes sur leurs associés. Le
risque est évidemment que beaucoup ne voient pas ce « détail » et se lancent à
corps perdu dans l’intégration fiscale ; 3°) parce que sur l’intégration fiscale, il faut
faire attention aux conditions pour être une société mère, question qui est, à ce
jour, inédite au DSCG…

La société BULCOMM est spécialisée dans le flocage de vêtements. Elle a


volontairement choisi de se positionner sur des produits haut de gamme et a
rapidement acquis une forte notoriété en la matière.

Suggestion de corrigé par ProCompta -6-


Pour poursuivre son développement, elle a décidé de se faire connaître à l’étranger
en commençant par l’Espagne. En Espagne, elle a décidé d’ouvrir une succursale à
Barcelone gérée par trois salariés de la société BULCOMM qui sont détachés sur
place. Les dirigeants de la société BUCLOMM sont très satisfaits de ces débuts
prometteurs mais le responsable administratif et financier s’interroge sur le lieu
d’imposition des bénéfices retirés des ventes dans la succursale de Barcelone.

TRAVAIL À FAIRE

1.2 En vous aidant de l’annexe B, déterminez quel sera le lieu d’imposition


des résultats de l’activité réalisée en Espagne.

Territorialité de l’IS (question sur document)

RAPPEL DES FAITS

Une société française exerce des activités à l’étranger par l’intermédiaire d’un
établissement dépourvu de la personnalité morale, en l’occurrence une
succursale.

QUESTION DE DROIT

Les bénéfices réalisés par la succursale étrangère d’une société française sont-ils
imposés en France ?

RAPPEL DES REGLES DE DROIT

L’internationalisation croissante de l’activité économique aboutit fréquemment


à la situation dans laquelle une société réalise des bénéfices à l’étranger. Dès
lors que ces bénéfices sont réalisés par une entité dépourvue de la personnalité
juridique, la France a opté pour le régime de la territorialité stricte de l’IS. Il en
résulte que ne sont imposés en France que les bénéfices réalisés par les
entreprises exploitées en France. Dès lors que l’implantation à l’étranger est
considérée comme une entreprise exploitée à l’étranger, les bénéfices ne sont
donc pas imposés en France. Est considérée comme une entreprise
l’établissement autonome/stable, comme, par exemple la succursale.

Suggestion de corrigé par ProCompta -7-


La convention franco-espagnole, dans son article 1 confirme cette solution. Ce
principe peut être contredit par une convention fiscale bilatérale. Or, la
convention fiscale franco-espagnole, dans son article 7, confirme ce principe et
n’y déroge pas.

APPLICATION AUX FAITS

En l’espèce, la société BULCOMM s’est implantée en Espagne par la création


d’une succursale. La succursale est considérée, sauf exception, comme un
établissement autonome, ce que confirme l’article 1 de la convention franco-
espagnole.

Il en résulte que cette succursale n’est pas considérée comme une entreprise
exploitée en France. Ses bénéfices ne seront donc pas imposables en France,
conformément au principe de territorialité confirmé par l’article 7 de la
convention franco-espagnole.

CONCLUSION

Les bénéfices réalisés par la succursale devront donc être imposés en Espagne
et ne seront pas imposés en France.

Remarque
Il s’agit ici d’une question sur la territorialité de l’IS. La réponse est tout à fait
classique. Elle aurait pu être donnée même si la convention fiscale franco-
espagnole n’avait pas été communiquée. Car la convention ne fait ici qu’appliquer
les principes de territorialité stricte de l’IS, selon lesquels le bénéfice est imposé là
où il est réalisé. Il nous semble qu’insister sur ce point dans le rappel des règles
de droit serait bienvenu.
C’est pourquoi nous proposons ce corrigé.

La société BULCOMM dont les exercices coïncident avec l’année civile a fait l’objet
d’une procédure de vérification de comptabilité qui a débuté en janvier 2021 et
s’est terminée en avril de la même année. Le vérificateur, à l’issue de ses travaux,
a adressé une proposition de rectification qui porte sur différents points. Parmi
les motifs de redressement, l’administration conteste le prix de vente qui a été
retenu lors de la cession d’un immeuble réalisée par la société BULCOMM au profit
de la société ALMACOMM en mai 2017.

Suggestion de corrigé par ProCompta -8-


L’administration estime en effet que l’immeuble a été vendu à un prix inférieur
d’environ 200 000€ au prix qui aurait dû être normalement pratiqué. Elle réclame
donc à la société l’impôt correspondant ainsi que les pénalités pour intérêts de
retard.

Le comptable de la société BULCOMM est un peu désemparé et a entendu parler


de recours consultatifs devant la commission départementale des impôts directs
et des taxes sur le chiffre d’affaires ou de la commission départementale de
conciliation.

Interrogé sur ce point, l’expert-comptable a répondu que, commission ou pas,


l’administration allait être dans l’obligation d’abandonner ce chef de redressement.

TRAVAIL À FAIRE

1.3 Sur quel fondement se base l’administration pour remettre en cause la


cession à prix minoré de l’immeuble ?

Procédure fiscale – Détermination du résultat imposable

RAPPEL DES FAITS

A l’occasion d’une vérification de comptabilité, le vérificateur reproche à la


société vérifiée d’avoir cédé à une société appartenant au même groupe un
immeuble pour une valeur très inférieure à sa valeur réelle.

QUESTION DE DROIT

Que peut-on reprocher à la société dans ce cas ?

RAPPEL DES REGLES DE DROIT

Le système fiscal français repose sur une base déclarative. Il appartient donc au
contribuable de procéder à l’évaluation de sa base imposable et de la porter à la
connaissance de l’administration fiscale au moyen d’une déclaration.

Si cette déclaration est réputée être faite de bonne foi, c’est-à-dire correspondre
à la réalité de la situation fiscale du contribuable, l’administration fiscale peut
procéder à une vérification afin de s’assurer de la concordance entre les revenus
déclarés et les revenus réels du contribuable.

Suggestion de corrigé par ProCompta -9-


Lorsque l’administration fiscale détecte un décalage entre la situation réelle et
la situation déclarée elle peut prononcer des rehaussements. A cette occasion
elle peut, notamment, retenir l’existence d’un acte anormal de gestion.

L’acte anormal de gestion est celui qui prive l’entreprise d’une recette sans que
cela ne soit justifié par les intérêts de l’exploitation commerciale. Le cas est
souvent illustré par des cessions à « vil prix » entre sociétés appartenant à un
même groupe.

APPLICATION AUX FAITS

En l’espèce, la société BULLCOM aurait vendu à la société ALMACOMM, qui fait


partie du groupe « PROCOMM » un immeuble pour une valeur inférieure de 200
000€ au prix estimé par l’administration fiscale. Il en résulte une diminution du
bénéfice de l’entreprise (minoration d’une plus-value par exemple). Il ne semble
pas que ce prix soit justifié par les intérêts de BULLCOM et se présente donc
plutôt comme une faveur faite à une société du groupe.

CONCLUSION

L’administration fiscale procède ici à un rehaussement en se fondant sur


l’existence d’un acte anormal de gestion.

Remarque
La question n’est pas, nous semble-t-il, d’une clarté aveuglante. En tout cas, si l’on
s’en tient au programme du DSCG. Les fondements des rehaussements sont,
évidemment, l’existence d’une minoration du bénéfice déclaré par rapport au
bénéfice réel. Cela peut résulter d’une minoration des produits, d’une sous-
évaluation d’un bien, d’une diminution, d’une plus-value…
L’option pour l’acte anormal de gestion est donc donnée pour les raisons
suivantes. L’opération se réalise entre sociétés appartenant à un même groupe.
L’une des sociétés accorde une faveur à l’autre. D’un point de vue international
cela pourrait passer pour un transfert indirect de bénéfice.
Lorsque l’opération est interne, elle se traduit généralement par l’affirmation de
l’existence d’un acte anormal de gestion, notion purement jurisprudentielle.
Nous ne pouvons exclure qu’un autre fondement était attendu.

Suggestion de corrigé par ProCompta - 10 -


1.4 Devant laquelle des deux commissions le litige peut-il être porté ?
Quelle est la portée de la décision de la commission ?

Procédure fiscale – Voies de recours du contribuable

RAPPEL DES FAITS

Suite à une vérification de comptabilité qui a abouti à des rehaussements en


raison de l’évaluation erronée du prix de cession d’un immeuble, l’entreprise
vérifiée souhaite saisir une commission.

QUESTION DE DROIT

Quelles sont les commissions devant lesquelles un contribuable peut porter un


désaccord avec l’administration fiscale ?

RAPPEL DES REGLES DE DROIT

La procédure fiscale peut aboutir à des désaccords persistants entre


l’administration fiscale et le contribuable vérifié. Afin d’aboutir à une solution qui
n’implique pas le recours à une juridiction, le désaccord peut alors être soumis
à une commission.

Le contribuable peut ainsi s’adresser à la Commission départementale des


impôts directs et des taxes sur le chiffre d’affaires. Cette commission est
compétente pour connaître des litiges portant sur l’évaluation du montant du
résultat imposable.

Il peut également s’adresser à la commission départementale de conciliation.


Cette commission est compétente pour connaître des désaccords relatifs à
l’évaluation des biens lorsque le litige porte sur le montant des droits
d’enregistrement ou de la taxe de la publicité foncière.

Ces deux commissions rendent un avis qui ne lie pas l’administration fiscale.
Celle-ci peut donc retenir une solution différente de celle préconisée par la
commission. En pratique, on constate toutefois que l’avis est quasi
systématiquement suivi.

APPLICATION AUX FAITS

En l’espèce, les deux commissions peuvent paraître compétentes. Il faut


toutefois retenir que le désaccord est né à l’occasion d’une vérification de
comptabilité. Or, cette vérification a pour objet de procéder au contrôle des

Suggestion de corrigé par ProCompta - 11 -


bases retenues pour l’impôt qui frappe les bénéfices réalisés par les entreprises.
Il ne porte donc pas sur les droits d’enregistrement ni sur la publicité foncière. Il
est donc probable que soit considérée comme compétente la CD ID TCA.

En tout état de cause son avis sera simplement consultatif.

CONCLUSION

Pas de conclusion nécessaire ici…

Remarque
La question est ici extrêmement délicate. Et nous la donnons sous réserve d’une
interprétation différente de la Cour de cassation qui semble considérer que la CDC
reste compétente lorsque la contestation sur la valeur apparaît à titre accessoire
d’une autre procédure. Nous maintenons toutefois la solution exposée car exiger
des étudiants qu’ils connaissent une telle jurisprudence nous semble irréaliste.
Par ailleurs, il nous paraît que si les candidats donnent la compétence de chacune
des deux commissions et ensuite penchent pour l’une ou pour l’autre, la réponse
ne peut pas être considérée comme fondamentalement fausse et donc une
grande partie des points devrait être attribuée malgré un aiguillage final erroné.
Nous ne pouvons exclure qu’une autre réponse était attendue.

1.5 Pourquoi l’expert-comptable précise-t-il que l’administration sera


tenue d’abandonner ce chef de redressement ?

Procédure fiscale – Délai de reprise de l’administration fiscale

RAPPEL DES FAITS

Au cours d’une procédure de vérification, l’administration fiscale prononce un


rehaussement sur la base de faits ayant impacté un exercice qui n’est pas l’un
des trois derniers exercices clos de l’entreprise vérifiée.

QUESTION DE DROIT

Quelle est la période qui peut faire l’objet d’une vérification de comptabilité ?

Suggestion de corrigé par ProCompta - 12 -


RAPPEL DES REGLES DE DROIT

Le droit fiscal repose sur un système déclaratif dans lequel le contribuable doit
porter ses revenus à la connaissance de l’administration fiscale au moyen d’une
déclaration. Cette déclaration ne peut être vérifiée par l’administration fiscale
que dans le cadre d’une procédure qui respecte les droits du contribuable.

C’est ainsi que la vérification de comptabilité suppose l’envoi préalable d’un avis
de vérification qui doit, entre autres mentions, indiquer la période contrôlée.
Celle-ci ne peut, sauf cas particulier, porter que sur les trois derniers exercices
clos et uniquement sur les exercices pour lesquels la date de déclaration est
échue.

APPLICATION AUX FAITS

En l’espèce, la vérification de comptabilité a commencé au mois de janvier 2021.


L’exercice de la société BULLCOMM est calqué sur l’année civile. Au 31 janvier
2021 les trois derniers exercices clos sont donc ceux clos :

- Le 31 décembre 2020 ;

- Le 31 décembre 2019 ;

- Le 31 décembre 2018.

La vente de l’immeuble a eu lieu en mai 2017. Il s’agit donc d’une opération qui
a impacté l’exercice clos le 31 décembre 2017. En conséquence elle est rattachée
à un exercice prescrit.

CONCLUSION

L’administration sera tenue d’abandonner ce chef de rehaussement car cela


l’obligerait à faire porter sa vérification sur un exercice prescrit.

Suggestion de corrigé par ProCompta - 13 -


DOSSIER 2 – SOCIETE HYDROCAR (5 points)

La société anonyme HYDROCAR (SA) a été créée en 1995 et a pour directrice


générale madame LAVIA. La SA a pour objet social « la conception et la
commercialisation de véhicules autonomes, de véhicules à hydrogène, de
véhicules à énergie solaire, ainsi que toutes activités connexes et/ou
complémentaires ».

Afin de développer son activité dans le secteur des taxis à hydrogène, la SA


HYDROCAR a candidaté à plusieurs appels d’offres internationaux et a remporté
plusieurs marchés, dont celui émis par la société AUTOPILOT LLC domiciliée dans
la République de PERUBIE. Après d’âpres négociations, le contrat conclu prévoit,
d’une part, la fourniture de 100 taxis à hydrogène pour un prix d’achat unitaire de
70.000 euros TTC et, d’autre part, l’application du droit français et la compétence
du juge français pour tout litige relatif à l’interprétation et à l’exécution du contrat.

La SA HYDROCAR ayant surestimé ses capacités de production, la livraison n’a pas


eu lieu dans le délai prévu qui expirait le 1er octobre 2019, et ce alors même que
la société AUTOPILOT LLC a déjà versé les ¾ de la somme due sous forme
d’acomptes. La SA HYDROCAR justifie l’absence de livraison dans le délai par les
troubles politiques qui ont débuté en décembre 2019 dans la République de
PERUBIE.

La société AUTOPILOT LLC souhaite assigner en justice la SA HYDROCAR devant le


juge français afin d’obtenir la remise en cause du contrat et elle informe celle-ci de
sa volonté de donner une suite judiciaire à ce litige. L’absence de livraison a eu
pour conséquence de la priver d’un important chiffre d’affaires et a généré une
atteinte importante à son image de marque.

Madame LAVIA, inquiète de ce possible contentieux, sollicite son expert-


comptable et lui pose les questions suivantes.

Suggestion de corrigé par ProCompta - 14 -


TRAVAIL À FAIRE

2.1 Quelles sont les conditions d’une demande de résolution judiciaire


d’un contrat ? Au cas présent, la société AUTOPILOT LLC peut-elle
obtenir gain de cause ?

Droit des contrats – Remèdes à l’inexécution d’un contrat

RAPPEL DES FAITS

Une partie à un contrat n’exécute pas la prestation à laquelle elle s’était engagée
dans les délais convenus de façon contractuelle. L’autre partie souhaite demander
la résolution judiciaire du contrat.

QUESTION DE DROIT

Quelles sont les conditions pour obtenir la résolution judiciaire d’un contrat ? Ces
conditions sont-elles remplies en l’espèce ?

RAPPEL DES REGLES DE DROIT

Les contrats légalement formés tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faits. Une fois
conclu, le contrat doit donc être exécuté. Et cette exécution doit se faire
conformément aux stipulations contractuelles. Celui qui n’exécute pas, ou mal, ses
engagements s’expose à différentes sanctions, dont la résolution du contrat, qui
emporte sa disparition rétroactive.

La résolution du contrat peut résulter d’une clause résolutoire, d’une décision de


l’un des cocontractants ou être demandée en justice. On parle, dans ce dernier cas,
de résolution judiciaire. Cette résolution judiciaire n’est soumise qu’à l’existence
d’une seule condition : l’inexécution qui motive la demande doit être suffisamment
grave (ce qui laisse une large marge de manœuvre au juge). En conséquence, la
faute de l’une des parties ou une mise en demeure préalable n’est pas exigée pour
prononcer la résolution du contrat. Le juge peut donc la prononcer lorsqu’il
constate qu’un événement de force majeure s’oppose à l’exécution du contrat.

Il faut toutefois préciser que le juge peut décider de ne pas prononcer la résolution
du contrat, mais qu’il pourra aussi ordonner son exécution en laissant un délai au
débiteur. Lorsqu’il prononce la résolution du contrat, le juge peut également
condamner l’auteur de l’inexécution à verser des dommages-intérêts s’il estime
que l’inexécution est fautive.

Suggestion de corrigé par ProCompta - 15 -


APPLICATION AUX FAITS

En l’espèce, il apparaît que la SA HYDROCAR a conclu un contrat avec AUTOPILOT


LLC. Ce contrat est, on le suppose, valablement conclu. Il prévoyait une livraison au
1er octobre 2019. Or, il apparaît que, à la date convenue, aucun des taxis
commandés par la SA HYDROCAR n’a été livré alors que de son côté HYDROCAR a
payé les ¾ du prix convenu. Il semble que nous soyons ici en présence d’une
inexécution grave du contrat de la part de AUTOPILOT LLC ce qui pourrait justifier
la demande de résolution de la part de HYDROCAR.

Il apparaît par ailleurs que cette inexécution est fautive. En effet, le retard est dû à
une mauvaise appréciation de ses capacités de production par AUTOPILOT LLC. Elle
ne saurait se réfugier pour justifier le retard de livraison derrière les troubles
politiques de la PERUBIE, qui n’ont débuté qu’au cours du mois de décembre 2019,
c’est-à-dire après la date de livraison prévue pour les taxis.

CONCLUSION

Il apparaît donc que rien ne s’oppose à ce que la SA HYDROCAR obtienne la


résolution du contrat. Elle peut également demander des dommages-et-intérêts
en raison du caractère fautif de l’inexécution de ses engagements par la société
AUTOPILOT LLC.

Afin de développer son activité, la SA HYDROCAR a décidé de créer un réseau de


concessionnaires pour être présente sur tout le territoire français. Pour ce faire,
elle a mis en place un réseau de distribution sélective. Chaque contrat conclu avec
les concessionnaires contient une clause leur imposant un prix minimum de
revente.

TRAVAIL À FAIRE

2.2 La clause prévoyant un prix minimum de revente est-elle valable ?

Droit de la concurrence – Pratiques restrictives de concurrence

RAPPEL DES FAITS

Dans le cadre de la mise en place d’un réseau de distribution sélective, le


producteur veut imposer un prix minimum de revente à ses distributeurs.

Suggestion de corrigé par ProCompta - 16 -


QUESTION DE DROIT

La clause prévoyant un prix minimum de revente est-elle valable ?

RAPPEL DES REGLES DE DROIT

Dans le cadre de la distribution de ses produits, un producteur peut mettre en


place un réseau de distribution. Il peut décider de choisir ses distributeurs sur la
base de critères objectifs définis. On parle alors de distribution sélective.
Par application du principe de liberté contractuelle, les parties décident librement
du contenu de leur contrat. Ce principe, qui s’applique donc aux contrats de
distribution sélective, ne peut toutefois s’affranchir des règles qui intéressent
l’ordre public.
Or il existe une réglementation des pratiques relatives au prix. Ainsi, si le
producteur peut imposer un prix de revente maximum ou conseiller un prix de
revente minimum, il ne peut pas en revanche imposer de prix de vente minimum.
Les moyens détournés d’imposer un prix de vente minimum sont sanctionnés
également (par exemple, imposer un prix de vente sous couvert d’un prix de vente
minimum conseillé).

APPLICATION AUX FAITS


Néant… Il s’agit d’une question mi cours, mi cas pratique.

CONCLUSION

La clause imposant un prix de revente minimum aux distributeurs de la SA


HYDROCAR ne sont pas valables.

Remarque
Il existe une condition spécifique : il faut que le distributeur soit indépendant du
producteur. La prohibition du prix de revente minimal imposé ne s’applique donc
pas lorsque le distributeur est un mandataire ou une succursale, voire un gérant
salarié. Mais les concessionnaires (et les franchisés d’ailleurs aussi) sont
considérés comme indépendants et donc la prohibition s’applique bien ici.

Suggestion de corrigé par ProCompta - 17 -


Bien que la création du réseau de franchise ait permis de développer le chiffre
d’affaires de la SA HYDROCAR, les objectifs prévisionnels d’évolution du chiffre
d’affaires et de rentabilité communiqués aux investisseurs n’ont pas été atteints.
Une des principales causes de cette situation résulte d’un manque de personnel
compétent (ingénieurs, commerciaux). Pour remédier à cela, la SA HYDROCAR
décide de recruter les salariés de son principal concurrent, la SAS LIDAR.

Grâce à des augmentations de traitement très importantes, la SA HYDROCAR a


réussi à recruter 63 des 126 salariés de la SAS LIDAR, lesquels salariés
constituaient des équipes en charge de projets très importants, dont la vente de
véhicules solaires ou à hydrogène, qui généraient une part très importante (90%)
du chiffre d’affaires de la société, chiffre d’affaires qu’elle a immédiatement perdu
à l’issue de ces agissements.

Monsieur DARPA, président de la SAS LIDAR, sollicite son expert-comptable pour


l’aider à traiter ce qui constitue une désorganisation de son entreprise.

TRAVAIL À FAIRE

2.3 Dans quelles conditions la SAS LIDAR peut-elle agir sur le fondement
de l’action en concurrence déloyale ?

2.4 Quelles sanctions peuvent être prononcées par le tribunal de


commerce contre la SA HYDROCAR ?

Remarque
Les 2 questions peuvent ici être traitées simultanément. Cela ne pose pas de
problème à condition que cela soit clairement indiqué dans la copie.

Droit de la concurrence – Concurrence déloyale – Désorganisation de


l’entreprise concurrente – Débauchage

RAPPEL DES FAITS

Une entreprise débauche de façon massive le personnel hautement qualifié de


son concurrent en augmentant artificiellement les niveaux de rémunération.

Suggestion de corrigé par ProCompta - 18 -


QUESTION DE DROIT

Ces agissements sont-ils constitutifs de concurrence déloyale et quelles sont les


sanctions encourues par l’auteur de la concurrence déloyale ?

RAPPEL DES REGLES DE DROIT

Le droit français est traversé par l’idée de liberté du commerce et de l’industrie.


Dans une société dite capitaliste, l’objectif pour les entreprises est d’accroître
leurs parts de marché.

Elles doivent toutefois agir dans le respect d’une certaine loyauté. C’est ainsi que
le droit de la concurrence réprime les agissements constitutifs d’actes de
concurrence déloyale. La concurrence déloyale peut prendre différentes formes,
dont la désorganisation de l’entreprise concurrente.

Cette désorganisation peut résulter du débauchage des salariés de l’entreprise


concurrente. Toutefois, conformément à la liberté d’entreprendre, chacun peut
choisir son employeur. Le débauchage ne constitue donc une pratique de
concurrence déloyale que dans la mesure où les circonstances caractérisent la
déloyauté de l’auteur des pratiques.

APPLICATION AUX FAITS

En l’espèce, il faudra que la SAS LIDAR démontre l’existence de ces éléments. Or


ceux-ci semblent en l’espèce réunis.

Il apparaît en effet que la SA HYDROCAR manque de personnel compétent, ce


qui laisse supposer que ce personnel est difficile à trouver en raison du haut
degré de qualification qu’il doit avoir.

Il apparaît également que la SA HYDROCAR a convaincu les salariés de son


concurrent de quitter leur entreprise en leur proposant des salaires que l’on
peut considérer comme anormalement élevés.

Enfin, par leur nombre et par les postes stratégiques occupés, on peut estimer
que la SA HYDROCAR a bien cherché à nuire à son concurrent autant qu’à se
procurer de la main d’œuvre.

CONCLUSION

La SAS LIDAR semble donc pouvoir agir en concurrence déloyale (Q. 2.3). L’action
en concurrence déloyale est en réalité une action en responsabilité civile

Suggestion de corrigé par ProCompta - 19 -


extracontractuelle. Elle suppose donc que soient réunies les conditions de cette
action : fait générateur (ici, le comportement constitutif de concurrence
déloyale) ; préjudice (ici, la perte importante et immédiate du chiffre d’affaires)
et enfin lien de causalité (ici la concomitance du débauchage et de la perte du
chiffre d’affaires).

Dès lors que ces éléments sont réunis, l’entreprise qui subit les agissements
constitutifs de concurrence déloyale peut obtenir l’indemnisation de son
préjudice d’une part, la cessation des agissements d’autre part. Elle peut enfin,
à titre accessoire, obtenir que soit publiée la condamnation de son concurrent
(Q. 2.4).

Remarque
La réponse que nous proposons est volontairement plutôt longue. Il est tout à fait
possible que la réponse puisse être bien plus courte. Toutefois, il faut dire que là
encore, la question laisse planer un petit doute sur ce qui est véritablement
attendu. En effet, la question est « Dans quelles conditions la SAS LIDAR peut-elle agir
sur le fondement de la concurrence déloyale ? ».
Cette formulation fait naître un double doute. En premier lieu, elle peut être lue
comme « Quelles sont les conditions de l’action en concurrence déloyale ». Et dans ce
cas, il faut juste rappeler que l’action en concurrence déloyale, en soi, n’existe pas.
Que cette action n’est qu’une application spéciale de l’action en responsabilité
civile délictuelle (extracontractuelle). Il faut alors développer un petit peu les
conditions de cette action (que nous avons ici placées en conclusion) et réduire les
développements sur les conditions du débauchage.
En second lieu, cette question peut aussi être lue de façon plus littérale : il faut
alors se contenter de rappeler les conditions du débauchage comme cause de
concurrence déloyale… et ensuite se dispenser d’appliquer au cas présent.
Mais il nous semble que, dans les deux cas, les options ainsi prises seraient
contraires sinon à la lettre, du moins à l’esprit de la question. C’est pourquoi nous
avons retenu la proposition ici présentée.

La SA HYDROCAR faisant maintenant face à une véritable concurrence sur son


marché, décide de proposer à ses principaux concurrents, les sociétés LIDAR,
ADAS, CAR2X, SLAM et LKA de limiter la guerre tarifaire à laquelle elles se sont
livrées ces dernières années sur le marché français aux motifs que le moment était
venu de penser un peu aux bénéfices et aux actionnaires.

Suggestion de corrigé par ProCompta - 20 -


Concrètement, ces six entreprises ont, pendant cinq années, pour le marché
français, procédé comme suit :

- Elles ont échangé tous les mois des informations commerciales


confidentielles portant sur leurs parts de marché respectives, ce qui a
permis de restreindre la concurrence entre elles ;

- Des rencontres bilatérales et multilatérales ont eu lieu, pour certaines aux


sièges des sociétés, qui leur ont permis de s’accorder sur les conditions
tarifaires à appliquer à l’égard de leurs clients et de leurs distributeurs,
notamment sur les augmentations des « barèmes de prix bruts » ;

- Pour ce faire, elles ont acheté des téléphones portables qu’elles se sont
prêtés et créé des adresses courriels spécifiques dévolues aux contacts
entre elles.

Un nouvel entrant sur le marché des véhicules autonomes et des véhicules à


hydrogène, la société PROMETHEUS, a participé à une réunion et a
immédiatement cessé tout contact avec les 6 entreprises lorsqu’elle a pris
conscience du caractère illégal des discussions et décisions prises.

La société PROMETHEUS souhaite que ces pratiques cessent et soient


sanctionnées.

TRAVAIL A FAIRE

2.5 Quelle qualification juridique donnez-vous à ces agissements ?

2.6 Le procureur de la République peut-il engager des poursuites pénales


à l'encontre des dirigeants ayant participé à ces agissements ?

Remarque
Les 2 questions peuvent ici être traitées simultanément. Cela ne pose pas de
problème à condition que cela soit clairement indiqué dans la copie.

Suggestion de corrigé par ProCompta - 21 -


Droit de la concurrence – Pratiques anticoncurrentielles – Ententes –
Sanctions de l’entente

RAPPEL DES FAITS

Plusieurs entreprises actives sur le même marché pertinent s’accordent


secrètement pour fausser le jeu de la concurrence et harmoniser leurs pratiques
tarifaires afin d’augmenter leurs marges. Ces pratiques surprennent un nouvel
entrant sur le marché.

QUESTION DE DROIT

Ces pratiques sont-elles constitutives d’agissements réprimés par le droit de la


concurrence ?

RAPPEL DES REGLES DE DROIT

Le droit de la concurrence vise différents objectifs. L’un de ces objectifs est la


protection du marché. C’est ainsi que sont prohibées ou encadrées les pratiques
anticoncurrentielles.

Il existe trois pratiques anticoncurrentielles. Parmi celles-ci on trouve l’entente.


L’entente est un accord conclu entre deux ou plusieurs entreprises et qui a pour
objet ou pour effet de restreindre la concurrence sur le marché pertinent.

L’entente peut échapper à la sanction lorsqu’elle participe au progrès


économique ou technologique et profite au consommateur. Cette exemption
est toutefois exclue lorsque l’entente porte sur la fixation des prix au détriment
du consommateur.

APPLICATION AUX FAITS

En l’espèce, il apparaît que les différentes sociétés se sont bien mises d’accord.
Il est précisé qu’elles ont procédé à des échanges d’informations qui ont eu pour
effet de restreindre la concurrence. Il s’agit donc d’une entente, pratique
anticoncurrentielle prohibée.

Cette entente porte par ailleurs sur la fixation des prix. Elle ne peut donc
bénéficier d’aucune exemption.

Suggestion de corrigé par ProCompta - 22 -


CONCLUSION

Nous sommes en présence d’une entente qui doit être réprimée. En dehors de
la répression par les autorités de concurrence (amende), des sanctions civiles
sont possibles (responsabilité civile obligeant les entreprises participant à
l’entente à réparer le préjudice) (Q. 2.5).

Sont également possibles des sanctions pénales. Mais ces sanctions ne peuvent
être dirigées que contre des personnes physiques. Pour que le délit soit
constitué, il faut que le dirigeant ait participé personnellement à l’élaboration ou
à la mise en œuvre des pratiques anticoncurrentielles. Enfin, il faut que son
intervention ait été déterminante. Enfin, il faut qu’il ait agi de mauvaise foi.

Dès lors que ces conditions sont réunies, des poursuites pénales peuvent être
engagées par le Procureur de la République. On ne saurait exclure que ces
conditions soient réunies ici (le dirigeant de la SA HYDROCAR semble être à
l’origine de l’entente, il a donc joué un rôle déterminant à titre personnel dans la
conception de la pratique ; le fait que des mesures soient prises pour dissimuler
les agissements semblent démontrer la mauvaise foi du dirigeant).

En pratique, on constate toutefois que ces pratiques sont très rarement


engagées (Q. 2.6).

Suggestion de corrigé par ProCompta - 23 -


DOSSIER 3 – ENTREPRISE BEAUVERT (5 points)

L’entreprise BEAUVERT produit des engrais pour espaces verts, parcs et jardins.
Elle est implantée dans la région toulousaine. C’est une société anonyme au capital
de 600 000 €, composé de 6000 actions d’une valeur nominale de 100€. Monsieur
DEFLORE est le président directeur général de la société.
La société détient depuis un an 300 des 2000 actions qui composent le capital de
la société JARDINS ORIGINAUX détient 200 actions du capital social de l’entreprise
BEAUVERT.

TRAVAIL À FAIRE

3.1 Que pensez-vous de cette situation ? Quelle conséquence les sociétés


doivent-elles en tirer ? Justifiez votre réponse.

PARTICIPATIONS CROISEES ENTRE SA/ RESTRICTIONS

RAPPEL DES FAITS

Une société détient des actions d’une autre société et cette autre société détient
d’autres actions dans la première société. La première société détient plus de 10%.

QUESTION DE DROIT

Une société par actions détenant plus de 10% une autre société (300 des 2000 actions)
peut-elle être réciproquement détenue par la société qu’elle détient à plus de 10% ?

RAPPEL DES REGLES DE DROIT

En droit des sociétés, une société peut prendre une participation dans une autre
société en acquérant des titres d’une société. L’opération de prise de participation
est soumise à des règles spécifiques, notamment celles relatives aux participations
croisées

Suggestion de corrigé par ProCompta - 24 -


Il s’agit de l’hypothèse dans laquelle une société A détient des actions dans une
société B et où la société B détient des actions dans la société A.
L’article L.233-29 du code de commerce prévoit que :
« Une société par actions ne peut posséder d'actions d'une autre société, si celle-
ci détient une fraction de son capital supérieure à 10 %.

A défaut d'accord entre les sociétés intéressées pour régulariser la situation, celle
qui détient la fraction la plus faible du capital de l'autre doit aliéner son
investissement. Si les investissements réciproques sont de la même importance,
chacune des sociétés doit réduire le sien, de telle sorte qu'il n'excède pas 10 % du capital
de l'autre.

Lorsqu'une société est tenue d'aliéner les actions d'une autre société, l'aliénation est
effectuée dans le délai fixé par décret en Conseil d'Etat (un an). La société ne peut exercer
les droits de vote attachés à ces actions. »

Il découle de ce texte qu’une société par actions détenue à 10% ou plus par une
autre société par actions ne peut détenir aucune action de la société qui la détient
à plus de 10%.
En ce cas, une solution doit être envisagée puisque tant que les actions sont
détenues en infraction aux règles prévues par le code de commerce alors ces
actions détenues sont privées du droit de vote.
Les sociétés peuvent se mettre d’accord pour résoudre la situation (cession des
actions). Faute d’accord entre les sociétés, celle dont la participation est la plus
faible doit procéder à la cession de sa participation dans le délai d’un an.

APPLICATION AUX FAITS


En l’espèce, la SA BEAUVERT détient depuis un an 300 des 2000 actions qui
composent le capital social de la société JARDINS ORIGINAUX et cette dernière
détient 200 actions du capital social de l’entreprise BEAUVERT.

Ainsi la société JARDINS ORIGINAUX est détenue à plus de 10% par la société
BEAUVERT. Il en découle que la société JARDINS ORIGINAUX ne peut détenir aucune
action de la société BEAUVERT.

Les sociétés doivent donc se mettre d’accord pour trouver une solution ou, à défaut
la société JARDINS ORIGINAUX, dont la participation est la plus faible, devra
procéder à la cession de sa participation dans un délai d’un an.

Suggestion de corrigé par ProCompta - 25 -


CONCLUSION

Les deux sociétés doivent trouver une solution pour ne plus être en violation des
règles du code de commerce sur les prises de participations croisées.

L’entreprise BEAUVERT détient par ailleurs des titres dans la société SITES
D’EXCEPTION qui est une société par actions simplifiée dont le capital d’un
montant de 300 000 € est composé d’actions de 50 €. Chaque action donne droit
à un droit de vote. L’entreprise BEAUVERT détient 3200 actions de la société SITES
D’EXCEPTION.

De son côté, la société SITES D’EXCEPTION détient 400 actions de l’entreprise


BEAUVERT.

TRAVAIL À FAIRE

3 .2 Comment qualifier les titres détenus par la société SITES D’EXCEPTION


dans le capital de l’entreprise BEUVERT ? Quels sont les effets
juridiques de la détention par la société SITES D’EXCEPTION de 400
titres de l’entreprise BEAUVERT ?

AUTOCONTROLE

RAPPEL DES FAITS

Une société détient des actions d’une autre société et cette autre société détient
elle-même des actions dans la première société. La première société détient plus
de 50 % des actions de la deuxième société.

QUESTION DE DROIT

Comment qualifier les titres détenus dans le capital d’une société qui détient elle-
même le contrôle de la société et quels sont les effets juridiques d’une telle détention ?

Suggestion de corrigé par ProCompta - 26 -


RAPPEL DES REGLES DE DROIT

Les participations croisées peuvent donner lieu à des situations d’autocontrôle.


Ainsi, en principe, si la société A détient 50% des titres de la société B et que B
détient à son tour des titres de la société A. La société A s’autocontrôle à hauteur
des titres détenus par la société B.

Cette situation est en principe exclue lorsque l’une des sociétés est une société
par actions en raison des mécanismes des participations croisées (voir question
précédente). En ce cas l’autocontrôle se réalise d’une autre manière : la société A
détient de façon directe le contrôle de la société B, la société B détient de façon
directe le contrôle de la société C et la société C détient de façon directe le contrôle
de la société A. Ainsi la société A détient indirectement le contrôle de la société C
et de ce fait elle peut se contrôler elle-même. Le contrôle ne peut donc s’exercer
que de manière circulaire.

Remarque : selon nos connaissances, les mécanismes d’autocontrôle s’opèrent de


manière circulaire mais une solution d’attente reste possible.

APPLICATION AUX FAITS


En l’espèce, la société BEAUVERT détient plus de 50% des titres dans la société par
actions simplifiée SITES D’EXCEPTION. Les actions détenues par la société SITE
D’EXCEPTION dans l’entreprise BEAUVERT sont alors considérés comme des
actions d’autocontrôle.
En pratique, la situation ainsi décrite n’est pas conforme à la législation puisque
s’agissant de deux sociétés par actions, les participations devraient être croisées.
La situation est ici particulièrement agressive mais, selon la doctrine (cf remarque
ci-dessus), une telle situation d’attente est possible.

CONCLUSION
Pas nécessaire

Remarque
Notre réponse est ici donnée à titre indicatif, car la réponse à la question « De quoi
veut-on me faire parler », qui doit être la première question que doit se poser le
candidat, ne s’imposait pas ici avec la force de l’évidence

Suggestion de corrigé par ProCompta - 27 -


Afin de développer la diffusion de ses produits, l’entreprise BEAUVERT a le projet
de constituer un groupement d’intérêt économique avec deux réseaux de
jardineries implantées sur le territoire national.

TRAVAIL À FAIRE

3 .3 Afin de poursuivre la mise au point de ce sujet, Monsieur DEFLORE vous


demande, d’une part, de lui préciser le but et l’activité que doit avoir
un GIE au regard de la loi et, d’autre part, de lui indiquer si le GIE peut
répondre aux besoins de l’entreprise BEAUVERT.

LE GIE : BUT / ACTIVITÉ

RAPPEL DES FAITS

Une société souhaite constituer un GIE pour développer la diffusion de ses


produits.

QUESTION DE DROIT

Quels sont les objectifs et activités du GIE ? La constitution d’un GIE peut-il répondre
au besoin de développement des produits d’une entreprise ?

RAPPEL DES REGLES DE DROIT

Les entreprises recherchent la structure la plus apte à répondre à leurs objectifs


particuliers.

Le code de commerce prévoit la possibilité pour deux ou plusieurs personnes


physiques ou morales de constituer entre elles un groupement d’intérêt
économique pour une durée déterminée.

Le but du groupement doit être de faciliter ou de développer l’activité


économique des membres du groupement.

Par ailleurs, l’activité du GIE doit logiquement se rattacher à l’activité


économique des membres du GIE et ne peut avoir qu’un caractère auxiliaire par
rapport à cette activité.

Suggestion de corrigé par ProCompta - 28 -


APPLICATION AUX FAITS
En l’espèce, l’entreprise BEAUVERT envisage de constituer un GIE avec deux
réseaux de jardineries. Il s’agit d’une activité auxiliaire à celle des membres du
GIE.
La constitution de ce GIE pourrait permettre à l’entreprise BEAUVERT et aux
deux autres jardineries d’assurer une meilleure diffusion de leurs produits. (Il
pourrait s’agir de la mise en commun d’outils/ moyens de diffusion, par
exemple).
Le but du GIE étant de développer l’activité économique de ses membres, y
recourir permettrait à l’entreprise BEAUVERT de répondre à ses besoins.

CONCLUSION

L’entreprise BEAUVERT pourrait constituer un GIE avec les deux réseaux de


jardinerie afin de développer son activité économique par la diffusion de ses
produits.

Monsieur DEFLORE a contacté le dirigeant de la « JARDENIERIE PLANTES ET


FLEURS », Monsieur ROSIERE, et celui de la « JARDINERIE ESPACE VERTS »,
Monsieur PELOUSE.

Les deux directeurs sont vivement intéressés par la constitution d’un GIE qui leur
permettrait d’accroitre le volume de leurs ventes. Toutefois, ils ne veulent pas faire
d’apports financiers pour la création du GIE.

Monsieur DEFLORE pense que l’entreprise BEAUVERT pourrait investir


financièrement dans un GIE.

Suggestion de corrigé par ProCompta - 29 -


TRAVAIL À FAIRE

3.4 La constitution du GIE est-elle possible ? Justifiez votre réponse.

CONSTITUTION DU GIE/ CAPITAL SOCIAL

RAPPEL DES FAITS

Lors de la constitution d’un GIE certains adhérents souhaitent ne pas réaliser


d’apports financiers.

QUESTION DE DROIT

La constitution du GIE est-elle possible en l’absence d’apports financiers de tous les


membres ?

RAPPEL DES REGLES DE DROIT

Le Groupement d’Intérêt Économique est défini selon des caractéristiques


propres puisqu’il est un groupement de personnes dont le but est de mettre
des moyens en commun.
A la différence des sociétés, il n’existe pas d’obligation de constituer un capital
social, cela reste donc une simple faculté.
Il est donc possible de constituer un GIE sans apport ou au contraire d’effectuer
différents apports en nature, en numéraire ou en industrie. Le capital peut, par
ailleurs, être variable.

APPLICATION AUX FAITS


Les entreprises « Jardinerie Plantes et Fleurs » et « Jardinerie Espaces Verts »
sont intéressées par la constitution d’un GIE. Elles ne veulent pas faire d’apports
financiers. Au contraire, l’entreprise « BEAUVERT » envisage d’investir
financièrement.
La constitution d’un GIE n’oblige aucunement à constituer un capital social, c’est
toutefois permis.

Suggestion de corrigé par ProCompta - 30 -


Les entreprises du groupement sont donc libres de prévoir dans leur contrat la
constitution d’un capital social ou non.

CONCLUSION

En conséquence, il est tout à fait possible pour les trois entreprises de constituer
un GIE, à charge pour les membres de décider de la constitution ou non d’un
capital social. Le cas échéant, il n’y a pas de maximum.

Suggestion de corrigé par ProCompta - 31 -


DOSSIER 4 – SAS VENTURE (5 points)

La SAS venture a pour objet social le développement et la commercialisation de


logiciels de gestion. Son capital social est détenu à égalité par 3 associés : la SAS
PRIMUS, la SAS SECUNDUS et la société civile TERTIUS. Les résultats de la SAS
VENTURE étant structurellement déficitaires, les associés envisagent de la
transformer en société en nom collectif entre (SNC) pour pouvoir imputer
directement les pertes sur leurs propres résultats.

TRAVAIL À FAIRE

4.1 Quelle est la majorité requise en cas de transformation d'une SAS en SNC
? Justifiez votre réponse.

4.2 Est-il possible de transformer la SAS VENTURE en SNC ?

Remarque
Les 2 questions peuvent ici être traitées simultanément. Cela ne pose pas de
problème à condition que cela soit clairement indiqué dans la copie.

CHANGEMENT DE FORME JURIDIQUE D’UNE SOCIETE (SAS VERS SNC) /


MAJORITE REQUISE

Lors de la constitution d’une société, les associés doivent choisir la forme juridique
qu’ils lui donnent et l’inscrire dans les statuts. Ce choix n’est toutefois pas figé et
est appelé à évoluer en fonction des besoins de la société. Ainsi, une nouvelle
forme sociale est donnée à la société sans que sa personnalité morale ne s’éteigne.
La transformation volontaire est, en pratique, utilisée pour des considérations
d’ordre économique ou d’ordre fiscal.
La transformation de la société en une autre forme sociale suppose ainsi, en
premier lieu, la modification des statuts et doit être décidée à l’occasion d’une
assemblée générale extraordinaire. Si les règles de quorum et de majorité
applicables aux AGE s’appliquent aussi pour la transformation de la société,
certaines règles particulières s’appliquent toutefois.

Suggestion de corrigé par ProCompta - 32 -


C’est ainsi que la transformation d’une SAS suppose, en tout état de cause, une
décision unanime des associés. La même règle s’applique lorsqu’une société,
quelle que soit la forme de départ, se transforme en SNC.
La transformation suppose, en second lieu, que les conditions nécessaires pour la
forme cible soient remplies. Pour la SNC, cela suppose notamment que tous les
associés aient la capacité commerciale.
La société civile a en principe un objet civil mais peut devenir commerciale en
réalisant une activité commerciale (Q.4.1).

RAPPEL DES FAITS

Les associés d’une SAS (deux SAS et une SC) envisagent de la transformer en SNC

QUESTION DE DROIT

Est-il possible de transformer une SAS en SNC et à quelles conditions ? (Q. 4.2)

RAPPEL DES REGLES DE DROIT

Pas nécessaire car vu à la question de cours 4.1.

APPLICATION AUX FAITS


Les associés d’une SAS structurellement déficitaire envisagent de transformer la
forme de la société en SNC.
La transformation d’une SAS en SNC est possible et doit se faire à l’unanimité des
associés ayant tous la capacité de faire du commerce et la qualité de commerçants.
Au cas présent, deux associés ont la qualité de commerçants et un des associés, la
société TERTIUS est une société civile, l’activité de la société n’est pas précisée.
Faute de précision, il s’agira de distinguer deux hypothèses :
- Si les trois associés sont commerçants, la transformation est possible.
- Si la société TERTIUS est civile et qu’elle exerce, en conséquence, une activité
civile, la transformation de la SAS en SNC ne pourra se faire car l’un des
associés de la SNC n’aurait pas pu avoir la qualité de commerçant.

CONCLUSION

Si l’unanimité des associés est atteinte et que les trois associés sont commerçants
alors la SAS VENTURE pourra être transformée en SNC. Ici le doute est permis (4.2).

Suggestion de corrigé par ProCompta - 33 -


Remarque
S’agissant ici d’une pure question de cours, la méthodologie du cas pratique n’est
pas requise et le syllogisme juridique n’est donc pas utilisé (Q.4.1).

La SAS PRIMUS vient d'acquérir, moyennant 50 000 €, une marque de commerce


enregistrée à l’INPI et exploité pendant plusieurs années par l'un de ses
concurrents. Elle propose à SECUNDUS de l'apporter à une SARL à constituer,
SECUNDUS apportant 50 000 € en numéraire. Aux termes du projet de statut, la
marque est évaluée à 50 000 € et le commissaire aux apports certifie qu'elle n'est
pas surévaluée. Juste avant que ce dernier ne rende son rapport aux associés,
PRIMUS apprend que la marque vient d'être annulée pour « banalité » par une
décision de justice devenue définitive. Il se garde bien de donner cette information
au commissaire aux apports et convainc même son associé que la valeur de la
marque est finalement de 70 000 €. Les statuts signés et déposés au greffe
reprennent cette valeur.

TRAVAIL À FAIRE

4.3 Envisagez les conséquences civiles et, éventuellement, pénales du


comportement de PRIMUS, à l'exception de l'éventuelle nullité de la
société.

SUREVALUATION D’APPORTS EN NATURE/ SANCTIONS

RAPPEL DES FAITS

A l’occasion de la constitution d’une société, l’un des associés réaliserait un apport


en nature. L’associé apporteur en nature tait délibérément un fait qui réduit très
fortement la valeur de son apport.

QUESTION DE DROIT

Quelles sont les conséquences civiles et pénales d’une surévaluation d’apports en


nature par un associé d’une SARL ?

Suggestion de corrigé par ProCompta - 34 -


RAPPEL DES REGLES DE DROIT

La vie des affaires peut être sujette à des comportements illicites, c’est pourquoi
différentes sanctions sont prévues par le législateur en cas de comportements
prohibés.
Dans une SARL, le fait, pour toute personne, de faire attribuer frauduleusement à
un apport en nature une évaluation supérieure à sa valeur réelle est puni de cinq
ans d’emprisonnement et 375 000 euros d’amende.
Les éléments constitutifs de l’infraction doivent être caractérisés, à savoir :
- l’élément légal (le texte prévu par le code de commerce),
- l’élément matériel : dans une SARL : toute personne qui fait attribuer
(commissaire aux comptes, associés, dirigeant, expert-comptable …etc) une valeur
vénale excessive, c’est-dire qui surévalue la valeur vénale de manière frauduleuse :
les juges apprécient souverainement l’importance de la surévaluation pour qu’elle
soit considérée comme frauduleuse.
- l’élément moral : l’intention en rapportant la mauvaise foi de l’apporteur.
La surévaluation d’un apport en nature fausse la position économique et politique
de l’apporteur puisque ce dernier va se voir conférer des parts sociales et des
droits de vote supérieurs à la réalité de l’apport réellement effectué.
Les autres associés de la société peuvent donc agir en responsabilité civile en
démontrant que la surévaluation frauduleuse a diminué leurs droits politico-
économiques.
De la même manière, les créanciers éventuels qui seraient lésés pourraient agir
en responsabilité civile de la société qui, en surévaluant l’apport en nature, l’a
trompée sur sa solvabilité.

APPLICATION AUX FAITS


En l’espèce, une surévaluation d’un apport en nature a été commise par PRIMUS,
associée de la SAS VENTURE. En effet, la marque a été annulée mais la société
PRIMUS s’est gardée de donner cette information au commissaire aux apports et
a convaincu son associé que la valeur de la marque est de 70.000 euros.
La surévaluation est faite en connaissance de cause et la mauvaise foi semble
aisément démontrable, l’élément intentionnel peut parfaitement être caractérisé.
S’agissant des conséquences civiles, les autres associés peuvent démontrer que la
surévaluation a eu pour conséquence de diminuer leurs droits de vote ou encore
leur position économique.
D’éventuels créanciers peuvent également subir un préjudice puisque cette
surévaluation fausse la solvabilité réelle et effective.

Suggestion de corrigé par ProCompta - 35 -


CONCLUSION

Donc PRIMUS risque d’engager sa responsabilité pénale et sa responsabilité civile.

La SAS SECUNDUS envisage d’absorber par voie de fusion la SAS QUARTUS. Peu
avant la signature du projet de fusion, le dirigeant de SECUNDUS apprend que
QUARTUS a commis, en janvier 2021, des faits de corruption, susceptibles de
donner lieu à des poursuites pénales.

TRAVAIL À FAIRE
4.4 En vous appuyant sur l'annexe C, SECUNDUS est-elle susceptible d'être
inquiété par les infractions commises par QUARTUS avant la fusion ?

FUSION ABSORBTION ET POURSUITES PENALES DE LA SOCIÉTÉ ABSORBEE

RAPPEL DES FAITS

Une société envisage d’en absorber une autre qui aurait commis une infraction
susceptible d’entraîner des poursuites pénales.

QUESTION DE DROIT

Une société absorbante peut-elle être inquiétée par les infractions commises par la
société absorbée avant la fusion

RAPPEL DES REGLES DE DROIT

En droit des sociétés, les sociétés ont parfois recours à des opérations de
restructuration pour répondre à une stratégie de marché.
Dans ce cadre une ou plusieurs sociétés peuvent transmettre leur patrimoine à
une autre société déjà existante (fusion absorption) ou nouvellement
constituée. La fusion a pour effet de transmettre le patrimoine de l’absorbée à
l’absorbante.
Aux termes d’un arrêt rendu par la chambre criminelle le 25 novembre 2020, la
Cour de cassation est revenue sur une jurisprudence jusque-là constante.
Jusqu’à cette décision de novembre 2020, la Cour de cassation estimait que
l’article 121-1 du Code pénal, qui pose le principe de personnalité des peines,

Suggestion de corrigé par ProCompta - 36 -


s’opposait à ce que la société absorbante soit condamnée pour des faits commis
par la société absorbée dès lors que ces faits n’avaient pas encore donné lieu à
l’engagement de poursuites.
Dans cet arrêt, la Cour de cassation revient sur cette jurisprudence. Estimant
que la personne morale de la société absorbée est continuée par la société
absorbante, elle en déduit que la société absorbante peut faire l’objet d’une
condamnation pénale pour des faits commis par la société absorbée avant la
réalisation de l’opération, que des poursuites aient déjà été engagées ou non.

APPLICATION AUX FAITS


En l’espèce, un projet de fusion est envisagé mais la société qui pourrait être
absorbée- QUARTUS- aurait commis des faits de corruption susceptibles de
donner lieu à des poursuites pénales.
En ce cas, conformément à la jurisprudence de la Cour de cassation, le
patrimoine de la société absorbée QUARTUS étant universellement transmis à
la société absorbante SECUNDUS, cette dernière pourrait être condamnée
pénalement pour les faits commis par QUARTUS avant l’opération de fusion.

CONCLUSION

En conséquence, SECUNDUS est bien susceptible d’être inquiétée pour les faits
commis par la société QUARTUS avant la fusion. Si le juge caractérise l’infraction,
la société absorbante pourra être condamnée pour ces faits.

Suggestion de corrigé par ProCompta - 37 -


Annexe A

Code général des impôts - Article 239 bis AB

I.- Les sociétés anonymes, les sociétés par actions simplifiées et les sociétés à
responsabilité limitée dont les titres ne sont pas admis aux négociations sur un
marché d'instruments financiers, dont le capital et les droits de vote sont détenus
à hauteur de 50% au moins par une ou des personnes physiques et à hauteur de
34% au moins par une ou plusieurs personnes ayant, au sein desdites sociétés, la
qualité de président, directeur général, président du conseil de surveillance,
membres du directoire ou gérant, ainsi que par les membres de leur foyer fiscal
au sens de l'article 6, peuvent opter pour le régime fiscal des sociétés de
personnes mentionnées à l'article 8.

Pour la détermination des pourcentages mentionnés au premier alinéa, les


participations de société de capital-risque, des fonds communs de placement à
risques, des fonds professionnels spécialisés relevant de l'article L.214- 37 du code
monétaire et financier dans sa rédaction antérieure à l'ordonnance n° 2013- 676
du 25 juillet 2013 modifiant le cadre juridique de la gestion d'actifs, des fonds
professionnels de capital-investissement, des sociétés de libre partenariat, des
sociétés de développement régional, des sociétés financières d'innovation et des
sociétés unipersonnelles d'investissement à risque ou de structure équivalente
établie dans un autre État de la Communauté européenne ou dans un État ou
territoire ayant conclu avec la France une convention fiscale qui contient une
clause d'assistance administrative en vue de lutter contre la fraude ou l'évasion
fiscale ne sont pas prises en compte à la condition qu'il n'existe pas de lien de
dépendance au sens du 12 de l'article 39 entre la société en cause.

II- L'option prévue au I est subordonnée au respect des conditions suivantes :

1° La société exerce à titre principal une activité industrielle, commerciale,


artisanale, agricole ou libérale, à l'exclusion de la gestion de son propre patrimoine
mobilier ou immobilier ;

2° La société emploie moins de cinquante salariés et a réalisé un chiffre d'affaires


annuel ou a un total de bilan inférieur à 10 millions de euros au cours de l'exercice ;

3° La société est créée depuis moins de 5 ans.

Suggestion de corrigé par ProCompta - 38 -


La condition relative à l'effectif salarié mentionnée au 2° du présent II est
appréciée selon les modalités prévues au I de l'article L.130-1 du code de la
sécurité sociale. En cas de dépassement du seuil d'effectif salarié déterminé selon
les modalités prévues au II du même article L.130-1, l'article 206 du présent code
devient applicable à la société. Les conditions mentionnées au 1° et 2° du présent
II, autres que celles relatives à l'effectif salarié, ainsi que la condition de détention
du capital mentionnée au I s'apprécient de manière continue au cours des
exercices couverts par l'option. Lorsque l'une de ces conditions n'est plus
respectée au cours de l'un de ces exercices, l'article 206 est applicable à la société,
à compter de ce même exercice. La condition mentionnée au 3° du présent II
s'apprécie à la date d'ouverture du premier exercice d'application de l'option.

III.- L'option ne peut être exercée qu'avec l'accord de tous les associés, à l'exclusion
des associés mentionnés au deuxième alinéa du I. Elle doit être notifiée au service
des impôts auprès duquel est souscrite la déclaration de résultat dans les trois
premiers mois du premier exercice au titre duquel elle s'applique. Elle est valable
pour une période de 5 exercices, sauf renonciation notifiés dans les trois premiers
mois de la date d'ouverture de l'exercice à compter duquel la renonciation
s'applique.

En cas de sortie anticipée du régime fiscal des sociétés de personnes, quel qu'en
soit le motif, la société ne peut plus opter à nouveau pour ce régime en application
du présent article.

Suggestion de corrigé par ProCompta - 39 -


ANNEXE B

CONVENTION DE DOUBLE IMPOSITION FRANCE-ESPAGNE


Extraits
Article 5
Établissement stable
1. Au sens de la présente Convention, l'expression « établissement stable »
désigne une installation fixe d'affaires par l'intermédiaire de laquelle une
entreprise exerce tout ou une partie de son activité.

2. L'expression établissement stable comprend notamment :

a) un siège de direction,
b) une succursale,
c) un bureau,
d) une usine,
e) un atelier, et
f) une mine, un puits de pétrole ou de gaz, une carrière, ou tout autre lieu
d'extraction de ressources naturelles.

3. Un chantier de construction ou de montage ne constitue un établissement


stable que si sa durée dépasse douze mois.

4. Nonobstant les dispositions précédentes du présent article, on considère qu'il


n'y a pas « d’établissement stable » si :

a) il est fait usage d'installations aux seules fins de stockage, d'exposition ou


de livraison de marchandises appartenant à l'entreprise ;

b) des marchandises appartenant à l'entreprise sont entreposées aux seules


fins de stockage, d'exposition ou de livraison ;

c) des marchandises appartenant à l'entreprise sont entreposées aux seules


fins de transformation par une autre entreprise ;

d) une installation fixe d'affaires est utilisée aux seules fins d'acheter des
marchandises ou de réunir des informations pour l'entreprise ;

e) une installation fixe d'affaires est utilisée aux seules fins d’exercer, pour
l'entreprise, toute autre activité de caractère préparatoire où auxiliaire ;

f) une installation fixe d'affaires est utilisée aux seules fins de l'exercice
cumulé d'activités mentionnées aux alinéas a à e à condition que l'activité
d'ensemble de l'installation fixe d'affaires résultant de ce cumul garde un
caractère préparatoire où auxiliaire.

Suggestion de corrigé par ProCompta - 40 -


5. Nonobstant les dispositions des paragraphes 1 et 2, lorsqu'une personne -
autre qu'un agent jouissant d'un statut indépendant auquel s'applique le
paragraphe 6 - agit pour le compte d'une entreprise et dispose dans un Etat
contractant de pouvoir qu’elle y exerce habituellement lui permettant de
conclure des contrats au nom de l'entreprise, cette entreprise est considérée
comme ayant un établissement stable dans cet Etat pour toutes les activités
que cette personne exerce pour l'entreprise, à moins que les activités de cette
personne ne soit limitée à celles qui sont mentionnées au paragraphe 4 et qui,
si elles étaient exercées par l'intermédiaire d'une installation fixe d'affaires ; ne
permettraient pas de considérer cette installation comme un établissement
stable selon les dispositions de ce paragraphe.

6. Une entreprise n'est pas considérée comme ayant un établissement stable


dans un Etat contractant du seul fait qu'elle y exerce son activité par l'entremise
d'un courtier, d'un commissionnaire général ou de toute autre agence jouissant
d'un statut indépendant, à condition que ces personnes agissent dans le cadre
ordinaire de leur activité.

7. Le fait qu'une société qui est un résident d'un Etat contractant contrôle où
est contrôlée par une société qui est un résident de l'autre Etat contractant où
qui y exerce son activité que ce soit par l'intermédiaire d'un établissement
stable ou non ne suffit pas, en lui-même, à faire de l'une quelconque de ces
sociétés un établissement stable de l'autre.

(…)

Article 7
Bénéfices des entreprises

1. Les bénéfices d'une entreprise d'un Etat contractant ne sont pas imposables
que dans cet Etat, à moins que l'entreprise n'exerce son activité dans l'autre Etat
contractant par l'intermédiaire d'un établissement stable qui y est situé. Si
l'entreprise exerce son activité d'une telle façon, les bénéfices de l'entreprise sont
imposables dans l'autre Etat mais uniquement dans la mesure où ils sont
imputables de cet établissement stable.

2. Sous réserve des dispositions du paragraphe 3, lorsqu'une entreprise d'un Etat


contractant exerce son activité dans l'autre Etat contractant par l'intermédiaire
d'un établissement stable qui y est situé, il est imputé, dans chaque Etat
contractant à cet établissement stable les bénéfices qu'il aurait pu réaliser s’il avait
constitué une entreprise distincte exerçant les activités identiques ou analogues
dans les conditions identiques ou analogues et traitant en toute indépendance
avec l'entreprise dont il constitue un établissement stable.

Suggestion de corrigé par ProCompta - 41 -


3. Pour déterminer les bénéfices d'un établissement stable, sont admises en
déduction les dépenses exposées aux fins poursuivies par cet établissement
stable, y compris les dépenses de direction et les frais généraux d'administration
ainsi exposés, soit dans l'Etat contractant où est situé cet établissement stable, soit
ailleurs.

4. S'il est d'usage, dans un Etat contractant de déterminer les bénéfices imputables
à un établissement stable sur la base d'une répartition des bénéfices totaux de
l'entreprise entre ses diverses parties, aucune disposition du paragraphe 2
n'empêche cet Etat de déterminer les bénéfices imposables selon la répartition en
usage ; la méthode de répartition adoptée doit cependant être telle que le résultat
obtenu soit conforme aux principes contenus dans le présent article.

5. Aucun bénéfice n'est imputé à un établissement stable du fait qu'il a simplement


acheté des marchandises pour l'entreprise.

6. Aux fins des paragraphes précédents, les bénéfices à imputer à l'établissement


stable sont déterminés chaque année selon la même méthode, à moins qu'il
n'existe des motifs valables et suffisants de procéder autrement.

7. Lorsque les bénéfices comprennent des éléments de revenu traités séparément


dans d'autres articles de la présente Convention, les dispositions de ces articles ne
sont pas affectées par les dispositions du présent article.

Suggestion de corrigé par ProCompta - 42 -


Annexe C

Extraits de l’arrêt : Cass. crim., 25 novembre 2020, n°18-86.955

(…)
13. Les moyens posent la question de savoir dans quelles conditions, en cas de
fusion-absorption, la société absorbante peut être condamnée pénalement pour
des faits commis, avant la fusion, par la société absorbée.
(…)
15. Aux termes de l'article 121-1 du code pénal, nul n'est responsable pénalement
que de son propre fait.
16. Selon la jurisprudence constante de la Cour de cassation, ce principe, dans
l'interprétation doit respecter l'article 6 de la Convention européenne des droits
de l'homme, s'oppose à ce qu’à la suite d'une opération de fusion-absorption, la
société absorbante soit poursuivie et condamnée pour des faits commis
antérieurement à ladite opération par la société absorbée, dissoute par l'effet de
la fusion.
(…)
19. Cette interprétation de l'article 121-1 du code pénal se fonde sur la
considération que la fusion, qui entraîne la dissolution de la société absorbée, lui
fait perdre sa personnalité juridique et entraîne l'extinction de l'action publique en
application de l'article 6 du code de procédure pénale. La société absorbante,
personne morale distincte, ne saurait en conséquence être poursuivie pour les
faits commis par la société absorbée.
20. Elle repose sur la simulation de la situation d'une personne morale dissoute à
celle d'une personne physique décédée.
21. Or, cette approche anthropomorphique de l'opération de fusion-absorption
doit être remise en cause car, d'une part, elle ne tient pas en compte de la
spécificité de la personne morale, qui peut changer de forme sans pour autant
être liquidée, d'autre part, elle est sans rapport avec la réalité économique.
22. En effet, selon l'article L.236- 3 du code de commerce, la fusion-absorption, si
elle emporte la dissolution de la société absorbée, n'entraine pas sa liquidation.
De même, le patrimoine de la société absorbée est universellement transmis à la
société absorbante et les actionnaires de la première deviennent actionnaires de
la seconde. En outre, en application de l'article L.1224-1 du code du travail, tous
les contrats de travail en cours au jour de l'opération se poursuivent entre la
société absorbante et le personnel de l'entreprise.
23. Il en résulte que l'activité économique exercée dans le cadre de la société
absorbée, qui constitue la réalisation de son objet social, se poursuit dans le cadre
de la société qui a bénéficié de cette opération.

Suggestion de corrigé par ProCompta - 43 -


(…)
26. L'article 6 du code de procédure pénale, qui ne prévoit pas expressément
l'extinction de l'action publique lors de l'absorption d'une société, ne s'oppose pas
non plus à cette interprétation.
27. Dès lors que la nouvelle interprétation de l'article 121-1 du code pénal est
possible, elle devient nécessaire si elle est la seule à même, en l'état du droit
interne, de permettre de tirer les conséquences de l'arrêt de la Cour de justice du
5 mars 2015, précité.
(…)
34. En l'état actuel du droit interne, l'interprétation de l'article 121-1 du code pénal
autorisant le transfert de responsabilité pénale entre la société absorbée et la
société absorbante est la seule voie permettant de sanctionner pécuniairement la
société absorbante pour des faits commis avant la fusion par la société absorbée.
35. Il se déduit de ce qui précède qu’en cas de fusion-absorption d’une société par
une autre société entrant dans le champ de la directive précitée, la société
absorbante peut être condamnée pénalement à une peine d’amende ou de
confiscation pour des faits constitutifs d’une infraction commise par la société
absorbée avant l’opération.
36. La personne morale absorbée étant continuée par la société absorbante, cette
dernière, qui bénéficie des mêmes droits que la société absorbée, peut se
prévaloir de tout moyen de défense que celle-ci aurait pu invoquer.
37. En conséquence, le juge qui constate qu’il a été procédé à une opération de
fusion-absorption entrant dans le champ de la directive précitée ayant entraîné la
dissolution de la société mise en cause, peut, après avoir constaté que les faits
objet des poursuites sont caractérisés, déclarer la société absorbante coupable de
ces faits et la condamner à une peine d’amende ou de confiscation.

PAR CES MOTIFS, la Cour :

CASSE et ANNULE l’arrêt susvisé de la cour d’appel d’Amiens en date du 26


septembre 2018, …

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