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Cours d’Épuration ... – Master 2 - HU CH I. Notions générales ... Pr. M.

CHERRARED

CH I. NOTIONS GENERALES – ELEMENTS DE BASE

I.1. Notion de la pollution des eaux – Capacité d’autoépuration d’une eau

Pollution des eaux : La figure I-1 illustre la notion de pollution des eaux.

Figure I-1. Notion de la pollution des eaux

Capacité d’autoépuration d’un milieu naturel : C’est la capacité du milieu à absorber la pollution
rejetée sans nuisances. La figure I-2 illustre ce phénomène appelé aussi « pouvoir d’autoépuration »
du milieu naturel.

Eaux
résiduaires
Une épuration physique

Eau
=> 3 phénomènes Une épuration chimique

naturelle Une biodégradabilité des


matières organiques

Figure I-2. Schéma de principe de l’autoépuration naturelle

Lorsque le milieu ne possède plus cette capacité (pollution trop importante), l’épuration artificielle
des eaux résiduaires devient nécessaire → Construc on d’une station d’épuration (STEP)

I.2. Caractérisation des eaux résiduaires urbaines

La qualité des effluents urbains varie selon :


 Le type de réseau (unitaire ou séparatif) ;
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 Les activités humaines (variation dans le temps et dans l’espace, types d’activités, ...) ;
 Les types d’occupation des sols (industriel, résidentiel, ...), et
 Le temps qu’il fait, pluvieux ou sec.

I.2.1. Les indicateurs de pollution de base

Le tableau I.3 résume les indicateurs de pollution utilisés dans la caractérisation des effluents
urbains d’assainissement.

I.2.2. Les EU domestiques et industrielles

Les eaux usées domestiques : sont chargées de détergents, de graisses, de solvants, de débris
organiques et de bactéries. Les tableaux I.1 et A-11 (Annexe) donnent quelques ordres de grandeur.

𝐃𝐂𝐎
Paramètre DBO5 DCO MES NK N-NH4 NGL P tot
𝐃𝐁𝐎𝟓
Moyenne (mg/l) 265,0 645,7 288,1 67,3 54,9 72,6 9,4
Littéra- Max. (mg/l) 570,0 1341,3 696,0 123,1 98,3 122,6 18,4
-----
ture1 Min. (mg/l) 39,0 122,0 53,0 14,1 12,0 20,2 2,0
Nombre de mesures 10 275 10 275 10 256 9 416 4 266 1 861 9 185
Valeurs françaises1 60 157,2 72,0 15,5 11,5 ----- 2,1
Étendue ----- 26 - 75 55 -130 5-9
Alger2 ----- ----- ------
Moyenne 32,0 51,0 80,0 7,0
Ratios Centre urbain 45 90 70 N total = 10 3
(g/EH/j) Alger3 Zones
35 65 45 N total = 7 2
périurbaines
Valeurs européennes
50 - 60 100 - 120 70 - 90 N total = 15 4
types
Valeurs françaises 60-806 75-100 1,5-37
4
Ordres de grandeur (mg/l) 400-600 600-1000 400-800 ----- 45-90 ----- ----- -----
Tebessa5 (mg/l) 200-275 243-740 333-693 60-100 12-17 1,63
35-147- 135-308- 42-311-
STEP Beni Messous8 (mg/l)
351 631 1351
108- 136-450- 113-312-
STEP Reghaia8 (mg/l)
276-464 748 1314
125- 710-760- 220-685-
STEP de Baraki8 (mg/l)
330-720 820 1120
1 : Mesures françaises réalisées en entrée de STEP sur des rejets d’EU domestiques de petites agglomérations (≤ 2000 EH)
2 : Mesures réalisés par la SEAAL sur différents collecteurs d’Alger - Mesures influencées significativement par des apports industriels.
3 : Synthèse de mesures réalisées par la SEAAL au niveau des 3 STEP de : Beni Messous, Reghaia et Baraki
4 : Tirés de la littérature (EU domestiques)
5 : Données de l’ANRH de Constantine
6 : Si réseau séparatif 60-75 et si réseau unitaire 75-80.
7 : Souvent entre 1,9 et 2,5
8 : Mesures SEAAL sur les eaux brutes entrée STEP : Minimale – Moyenne – Maximale (Rapport 2009)

Tableau I-1. Qualité des EU

Les eaux usées industrielles : sont différentes des eaux usées domestiques mais leurs
caractéristiques varient d'une industrie à l'autre. Le tableau I-2 illustre les résultats des mesures
réalisées par la SEAAL sur des rejets industriels de la wilaya d’Alger.

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Débit 𝐃𝐂𝐎
MES DCO DBO NTK Fe Mn Zn Co Cu Ni Pb Cr Cd
(l/s) 𝐃𝐁𝐎
Min 1 99 30 6 1,1 <0,1 0,063 0,171 0,006 <0,005 <0,003 <0,005 <0,005 <0.002 <0.004
Max 206 2234 1553 1222 11,7 95 1,512 0,377 0,101 0,058 0,028 0,031 0,316 0,549 0,032
Moy/Tot 23/457 739 699 557 1,3 33 0,453 0,256 0,043 <0.005 ----- ≈0,015 ----- ≈0,07 -----

Tableau I-2. Mesures de qualité des eaux industrielles réalisées sur 20 rejets industriels
(Alger – Rapport 2009) (mg/l)
I.2.3. Les eaux pluviales

→ Pollution très variable


→ La pollution dépend fortement des activités de la ville
→ La pollution a plusieurs origines :
 Dépôts et accumulations des polluants pendant les périodes de temps sec : dans
l’atmosphère et sur le sol ;
 Dépôts et accumulations des polluants dans les réseaux d’assainissement (remis
partiellement en suspension et transportés par les forts débits pluviaux) ;
→ La pollution se présente essentiellement sous forme de particules solides (à plus de 90 %),
auxquelles adhèrent les polluants. Cette caractéristique est très importante puisqu’elle conditionne
les modes de traitement éventuels puisque la pollution solide peut être éliminée par aspiration, par
filtration et par décantation.
→ Quelques ordres de grandeur de concentration de certains polluants dans les eaux de
ruissellement pluvial :
MES = 200 à 1000 mg/l
DCO = 100 à 150 mg/l
DBO5 = 40 à 150 mg/l

I.3. Évaluation des débits et des charges polluantes des EU

→ Pour des objectifs d’épuration, l’évaluation des débits et des charges polluantes des différents
paramètres doit être effectuée à l’exutoire du BV à connecter à la STEP (entrée de la STEP) (figure
I.3).
→ Des campagnes de mesure 24h (en temps sec et temps de pluie) sont obligatoires → Définir
« l’identité » ou la « morphologie » singulière de l’effluent
→ Les mesures de pollution devraient être réalisées sur des échantillons prélevés en continu durant
24h tels que les volumes de prises soient proportionnels aux débits instantanés de l’effluent avec
constitution d’un échantillon moyen 24h réfrigéré

→ Les principaux paramètres permettant de caractériser les effluents sont indiqués dans les
tableaux I-2 et I-3. Le choix des indicateurs polluants à mesurer dépend de la nature des effluents
(domestiques, industriels, réseau unitaire/séparatif, ...) et des objectifs de la STEP.
→ Le tableau I-5 résume les définitions des différents paramètres de débit et de pollution utilisés
lors de la conception d’une STEP.

→ Pour l’estimation des débits et de la pollution entrant à la STEP, se référer aux tableaux I-4 et I-5
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Type de
Désignation Définition / Origine Mesure / Unité Observations
pollution
Conséquences de la présence des
MES :
 Eau trouble ⟹ diminution de la
Séparées par photosynthèse ⟹ diminution d’O2
Matières non dissoutes

Matières En Suspension centrifugation, filtration, pour les organismes vivants.


non dissoutes dans l’eau séchage puis pesée  Donnent aux rivières un aspect
décantables et non (mg/l)
(particulaires)

sale et trouble et peuvent gêner les


MES décantables. poissons ou entraîner leur mortalité
Ou
Englobent l’ensemble des par bouchage des branchies.
particules, organiques ou Mesure par turbidimètre  Sont à l’origine d’envasements ⟹
minérales, non dissoutes (utilisée surtout dans la problème d’entretien des cours
mesure en temps réel) d’eau et colmatage des frayères ⟹
perturbe la reproduction des
poissons.
 Encrassement du réseau
Matières Extractibles à l’Hexane (ou Substances Extractibles au Chloroforme)
MEH (ou SEC)
Donne une indication sur la teneur en graisses (composés lipophiles) des effluents.
Matières particulaires
Pollution organique (sous forme dissoute ou particulaire)

organiques obtenues
par différence entre les
Matières Volatiles en MES et leurs résidus Influence la production de boue
MVS Suspension secs après passage au biologique dans la STEP
four à 550°C; expression
des résultats en mg/L ou
en pourcent des MES
Demande Biochimique en  Les mesures sont réalisées selon
Oxygène à 5 jours : On réalise une 1ère des méthodes normatives, après
quantité d’O2 réclamée par mesure de la décantation des matières en
les micro-organismes concentration en O2 d’un suspension.
(bactéries) pour détruire échantillon d’eau. On  L’indice de biodégradabilité DCO /
DBO5 (oxyder, dégrader), par répète cette mesure 5 DBO5 donne une indication sur le
voie biochimique, la jours plus tard. DBO5 = caractère biodégradable des
matière organique d’un différence entre les 2 effluents.
échantillon d’eau maintenu concentrations
à 20°C, à l’obscurité, mesurées (mg O2/l). - DCO / DBO5 < 3 ⟹ eau
pendant 5 jours. facilement biodégradable.
- DCO / DBO5 > 5 ⟹ eau
Se mesure en oxydant,
difficilement biodégradable.
à chaud et en milieu
Demande Chimique en  MO = (2DBO5 ad2 + DCO ad2) /3 =
acide, toutes les
Oxygène : quantité d’O2 matière oxydable d’un échantillon
matières organiques
qu’il faut fournir à un
DCO échantillon d’eau pour
présentes dans  DCO = (1 à 2) x DBO5 pour les EU
l’échantillon. On utilise domestiques
réduire, par voie chimique,
un oxydant puissant tel  Nuisances : consommation
les matières oxydables.
que le bichromate de d’oxygène et eutrophisation
potassium (mg O2/l). Ad2 : après décantation de 2 heures
Hydrocar- Mercure,
Métaux ou métalloïdes
bures, Cadmium, Plomb,
(d’origine minérale) Toxicité à long terme généralement
Métaux Arsenic, Zinc …
lourds, due à la bio accumulation dans les
Pollution organismes
Produits de Industries de cosmétiques,
toxique synthèse, dérivés de produits ⟹ nuisances spécifiques
(micro Prélèvement
nitrés, … pharmaceutiques, ... d’échantillons
polluants)
(échantillonnage) puis
Azote (N, NTK, mesure au laboratoire
D’origine agricole
NGL, ...) (mg/l) Nuisances : Eutrophisation et
Nutriments Principalement d’origine Pollution bactérienne éventuellement risque de toxicité
Phosphore/phos- aiguë avec l’ammonium
agricole et rejets de (en u/ml, ppm, ...)
phates (P, PT, ...)
lessives.
Coliformes Totaux,
Pollution Col. Fécaux, Provenant essentiellement
Nuisances : maladies
bactérienne Streptocoques des EU domestiques
Fécaux, E. Coli, ...

Tableau I-3. Principale pollution liée aux effluents des réseaux d’assainissement
Définitions et méthodes de mesure

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Exutoire du BV = Entrée de la STEP

BV à connecter à la STEP STEP


Qts
Qtp
Cts
Ctp

Qts : débits de temps sec (eaux usées)


Qtp : débit de temps de pluie (eaux unitaires : EU + EP)
Cts : Concentrations en pollution par temps sec (EU)
Ctp : Concentrations en pollution par temps de pluie

Figure I-3. Point d’évaluation des débits et des charges polluantes des effluents à traiter

Ratio de dimensionnement
Charge de dimensionnement
l/EH/j – g/EH/j
Paramètre Unité
Béni Messous Baraki Reghaia
Béni Messous Baraki Reghaia
(250 000 EH) (900 000 EH) (400 000 EH)
Qmj m3/j 35 700 149 040 80 000 140 165 250
Qpts 1 800 7 920 5 022 Cp = 1,2 Cp = 1,3 Cp = 1,5
m3/h
Qptp ------- 15 840 8 118 ------ Cp = 2,5 Cp = 2,4
MES 15 000 67 500 19 960 60 65 63
DBO5 12 500 45 000 15 800 50 50 50
DCO Kg/j 25 000 75 000 28 560 100 85 90
NTK 2 500 ---- 1 580 10 ---- 5
P Tot 625 ---- 540 2,5 ---- 1,7
Qmj = débit moyen journalier Qpts = débit de pointe de temps sec Qptp = débit de pointe de temps de pluie

Tableau I-4. Capacités nominales de 3 STEP d’Alger (données 2009)

I.4. Normes de rejet dans le milieu récepteur

I.4.1. Normes de rejets industriels

En annexe, le tableau A-1 définit les valeurs limites des rejets d'effluents liquides industriels vers le
milieu naturel, et le tableau A-2 présente les valeurs limites des paramètres de rejet d’effluents
industriels admises dans les réseaux d’assainissement algériens.

I.4.2. Normes de rejets dans le réseau (hors industries)

Le tableau A-3 (annexe) présente les produits interdits de rejet dans les réseaux d’assainissement
publics algériens.

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Paramètre Désignation Définition Observation (s)


Débit moyen
QmEU Journalier d’EU
domestiques
Débit moyen  Ces différentes grandeurs
Spécifiques aux types QmEI Journalier d’EU sont utilisées pour définir le
d’eaux (Exprimés en industrielles profil hydraulique ;
m3/j) Débit moyen 𝑄 =𝑄 +𝑄
Journalier d’eaux
𝑄 = 𝐷. 10 . 𝑁 . (1 − 𝑝)
QmECP claires parasites (ou
de drainage 𝑄 =𝐶 .𝑄
permanent)
Débit moyen de 𝑄 = .𝐶 +
Qmts
Débits de temps sec

temps sec .𝐶 +
Débit de pointe de
Qpts 𝐶 = 1,5 +
temps sec
,
Coefficient de ( / )
≤ 4
pointe de temps
,
CpEU sec des EU 𝐶 = 1,5 + ( / )

strictement 4
3 domestiques
Exprimés en m /j, en  CpEI = 2 à 3
Coefficient de
m3/h ou en l/s
pointe de temps
CpEI
sec des EU D : dotation (l/EH/j)
industrielles p : pertes en eaux (20 à 30%)
Coefficient de
Cpts pointe de temps
sec
Temps (durée)
tEI moyen de rejet des
eaux industrielles
Débit de pointe
Qptp admis en temps de
pluie à la station
 Qmax prétraitement >> Qmax
Débit max horaire biologique s’il y a un by-pass
admis au en aval du prétraitement ou
prétraitement (cas du décanteur primaire.
Qmax
de la présence de
prétraitement ≈ Qmax biologique sinon.
bassin d’orage (BO)
avec DO en amont  Qmax = Qptp = Cd.Qpts
Débits de temps de pluie (cas
du prétraitement) Avec Cd coefficient de
d’un réseau unitaire)
Débit horaire dilution
Qmax admis au
alimentant le BO
bassin d’orage Cd ≥ 3 en France
situé à la station
Débit horaire = 1,5 à 2,5 en Algérie
Qvidange du BO
vidange du BO  Si BO :
Débit horaire max Qmax > Qptp + Qvidange du BO
admis en temps de
Qmax biologique pluie sur le
réacteur biologique
et sur le
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clarificateur (hors
débit max de
recirculation)
Débit horaire max
en temps de pluie
alimentant le
Qmax décanteur
décanteur primaire
primaire
(cela suppose qu’il
y a un by-pass en
aval de ce dernier)
Détermination de
Paramètres de C(t) horaires au
base + autres moins sur 24h →
Mesurée selon moyennes ; Voir tableau I-1 et §I.3
caractéristiques nocturnes ;
du projet diurnes ; pointes ;
Pollution des EU domestiques

...
 Débit = 80 à 250 l/EH/j (à boucler avec la consommation AEP avec 20 à
30% de pertes dans le réseau) ;
Zone hors industrie

 MES = 60 à 90 g/EH/j (suivant le type de réseau)


- 70 g/EH/j pour réseau séparatif
Pollution - 90 g/EH/j pour réseau unitaire
moyenne  DBO5 = 60 g/EH/j ;
estimée en  DCO = 120 à 140 g/EH/j ;
utilisant  NTK = 15 g/EH/j ;
des ratios  PTOT = 4 g/EH/j ;
en g/EH/j  MEH = 10 à 15 g/EH/j
 Débit = 6 m3/ha/j ou 100 l/emploi/j ;
Zone  MES = 2,2 Kg/ha/j ou 40 g/emploi/j ;
industrielle  DBO5 = 3,1 Kg/ha/j ou 57 g/emploi/j ;
 DCO ad2 = 60 g/emploi/j
Pollution de t de pluie

Paramètres de
base + autres Détermination de C(t) pour des pluies petite,
Mesurée selon moyenne et importante → moyenne/événement ;
caractéristiques pointe ; 1er flot ; ...
du projet

BO : Bassin d’orage D : dotation (l/EH/j) Nh : nombre d’habitant ou d’EH (hab ou EH) p : pertes en eau (en 1/100 ème)

Tableau I-5. Caractérisation des effluents urbains à traiter

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I.4.3. Normes de rejets dans le milieu récepteur

→ Objectif de l’épuration = respecter les objectifs de qualité applicables aux eaux réceptrices des
rejets selon les usages de celles-ci.
→ En l’absence de normes de rejets en Algérie, le tableau I-6 présente quelques normes
internationales. Le traitement doit au minimum permettre d’atteindre les rendements et la
concentration prévus dans ce tableau.

Normes
France1
européennes2
Cmax (mg/l) Rmin (%) Cmax (mg/l)
50 si DBO5 brute ≤ 120 Kg/j
MES 35 35(3)
90 si DBO5 brute > 120 Kg/j
60 si DBO5 brute ≤ 120 Kg/j
35 si DBO5 brute ≤ 120 Kg/j
DBO55 70 si 120>DBO5≤600 Kg/j 25(3)
25 si DBO5 brute > 120 Kg/j
80 si DBO5 > 600 Kg/j
60 si DBO5 brute ≤ 120 Kg/j
DCO 125 125(3)
75 si DBO5 brute > 120 Kg/j
15 si 600 < DBO5 brute ≤ 6000 Kg/j
Rejet en zone NGL 70 si DBO5 brute ≥ 600 kg/j NT = 10(4)
10 si DBO5 brute > 6000 Kg/j
sensible à
2 si 600 < DBO5 brute ≤ 6000 Kg/j
l’eutrophisation PT 80 si DBO5 brute ≥ 600 Kg/j 1(4)
1 si DBO5 brute > 6000 Kg/j
pH 6 – 8,5 -------
T (°C) < 25 -------
1 : Arrêté du 22 juin 2007 relatif à la collecte, au transport et au traitement des eaux usées des agglomérations d'assainissement
2 : Directive 91/271/CEE relative au traitement des eaux résiduaires urbaines & AGRBC du 23 mars 1994 relatif au traitement des
eaux résiduaires urbaines (et son arrêté modificatif du 8 octobre 1998)
(3) : normes imposées au niveau de la moyenne annuelle et pour chaque échantillon mais un certain ratio de non-conformité est
accepté
(4) : normes imposées au niveau de la moyenne annuelle
5 : une concentration supérieure à 35 mg/l de DBO5, dans la limite d’une concentration inférieure à 70 mg/l, peut
exceptionnellement être tolérée pendant de courtes périodes en cas de situations inhabituelles (Max 85, 50 et 250 mg/l
respectivement pour les MES, DBO5 et DCO).

Tableau I-6. Quelques normes de rejets internationales

I.5. Critères de conception d’une STEP

Voir tableau I-7.

I.6. La réutilisation des EU épurées – Éléments de base


I.6.1. Comment justifier un projet de réutilisation des EU épurées ? Lorsqu’on veut :

 Réaliser des économies d’eau de 1ère main ou accroitre la ressource ;


 Protéger les cours d’eau, les plans d’eau, les eaux littorales, voire les eaux souterraines qui,
autrement, auraient pu être pollués par les rejets des STEP.

I.6.2. Domaines de réutilisation des EU épurées

L’irrigation de cultures ou d’espaces verts est, de très loin, le mode le plus répandu de réutilisation
des EU épurées urbaines. D’autres domaines sont aussi exploités tels que : les usages industriels, les
recharges aquifères, et le double réseau urbain.
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Critères de conception Paramètres / Directives / Dispositions


 Nombre d’EH
Capacité
 Charges hydrauliques (débits – Tableaux I-4 et I-5)
Données nominale
 Charges polluantes (kg/j, g/EH/j, mg/l – Tableaux I-4 et I-5)
de bases  Normes de rejet → Niveau de rejet ≤ Concentration maximale sortie STEP
Objectifs de
l’épuration  Rendement : R = ; Ce, Cs : concentrations d’entrée et de sortie
 Zone non inondable (sinon protéger les équipements des eaux)
 Données géotechniques (portance du sol, qualités de sol, imperméabilité pour un
lagunage ...) → conditionnent fortement le coût la STEP (GC, ...)
 S'éloigner le plus possible des zones de captage ;
 Ne pas construire à proximité d’habitations, de zones d’activités diverses →
réserver une distance minimale de 200 m + Tenir compte de la dominance des
Implantation de la STEP vents (si possible) ;
 Prendre des précautions particulières lorsqu’un aquifère se situe à faible
profondeur (clapets en fond de bassins, ...) ;
 Ne pas implanter les ouvrages dans les zones plantées d’arbres à feuilles
caduques (lit bactérien, lagunage, bassin d’aération...) ;
 Penser aux extensions ou aux aménagements futurs (disponibilité et réservations
de terrains, ...).
Tenir compte de :
 La forme et la surface du terrain destiné à la STEP ;
 Nombres et dimensions des ouvrages (bassins de traitement notamment) ;
 La possibilité d’obtenir un profil hydraulique le plus économique.
Plan de la STEP
 L’accès à la station dans de bonnes conditions durant toute l’année : adéquation
de la voirie aux véhicules utilisés pour les livraisons (facilité de manœuvrer ...),
dépotages, curage des boues et des sous-produits, montages et démontages des
équipements, unités de déshydratation mobiles, ...
 Profil hydraulique = déterminer (par calculs) les différents niveaux d’eau le long
de la chaine de traitement → Définir la position de la ligne de charge et fixer les
côtes projet (de fond et de crête) des ouvrages en favorisant des écoulements
gravitaires et en évitant leur débordement
 Pour construire le profil hydraulique, commencer du point de rejet et agencer les
Implantation en Profil en
différents ouvrages en fonction de la surface disponible tout en réservant des
long – Profil Hydraulique
accès de voiries adaptés
 Pour les boues activées, les dénivelés entre bassin d’aération et décanteur sont à
calculer à partir des pertes de charge : par sécurité, il est prudent de rajouter une
perte de charge d’environ 20 cm. Cette dénivelée totale (bassin d’aération /
clarificateur) doit être fortement limitée pour éviter les entraînements d’air
 Penser à pouvoir isoler tous les ouvrages (prétraitements, ...) séparément
→ Éviter l’arrêt total de la station lors des interventions lourdes (travaux, ...)
→ Me re en place des disposi fs d’isolement adaptés et surveiller régulièrement
leur bon fonctionnement
 Équiper systématiquement les ouvrages hors sol d’escaliers munis de garde-corps
 Éviter que les canalisations de liaison traversent les voies d’accès et proscrire la
Dispositions
superposition ou le croisement de canalisations sous la voirie (pour limiter les
constructives diverses
risques de leur rupture)
 Réduire autant que possible la longueur des conduites de liaison (bassin
d’aération - décanteur par exemple) ainsi que le nombre de coudes
 Simplifier au max l’accès aux différents postes d’évacuation des boues et des
refus et prévoir un revêtement de sol particulièrement résistant (Engins de
transport lourds et fréquents)
Tableau I-7. Éléments préliminaires de base dans la conception d’une STEP

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