Vous êtes sur la page 1sur 35

‫الجمهوريـــة الجزائريـــة الديمقراطيـــة الشعبيـــة‬

‫وزارة المالية‬
‫المديرية العامة للمحاسبة‬

‫‪Avant projet de loi relative à‬‬


‫‪la comptabilité publique‬‬

‫‪EXPOSE DES MOTIFS‬‬


Les dispositions de la loi organique n°18-15 du 02 septembre 2018 relative
aux lois de finances ont introduit de nouveaux concepts induits par la modernisation
des systèmes budgétaires en vue du renforcement de la transparence de la stratégie
budgétaire et qui s’inscrit dans le cadre de la modernisation des finances publiques
engagée par le Ministère des finances.

Ces dispositions s’inscrivent dans une perspective budgétaire pluriannuelle,


déclinée en missions, programmes et actions, et orientée vers les résultats.

Ces innovations qui conditionnent la réussite des actions tendant à


l’amélioration de la gestion des services de l’Etat ainsi que la transparence et le
contrôle des opérations budgétaires, ont une incidence directe sur le système
comptable actuel.

Elles impliquent donc nécessairement, la refonte du cadre légal régissant la


comptabilité publique, institué par la loi n°90-21 du 15 août 1990, modifiée et
complétée, relative à la comptabilité publique.

Cette refonte intègre les innovations introduites par la loi organique relative
aux lois de finances tout en tenant compte des principes de gestion classique des
opérations financières et comptables de l’Etat, à l’instar des principes de séparation
des ordonnateurs et des comptables publics et de l’unité de caisse. Elle constitue
une étape décisive dans la modernisation des instruments d’exécution des
dispositions des lois de finances.

Cette réforme vise le passage de la comptabilité de caisse vers une


comptabilité en droits constatés, inspirée des normes internationales du secteur
public (IPSAS) permettant de générer des états financiers qui reflètent une image
fidèle du patrimoine, de la situation financière et du résultat à la date de clôture de
l’exercice.

Le passage de la comptabilité de caisse à la comptabilité des droits


constatés ou d’exercice, permettra au Parlement de disposer de l’ensemble des
informations pour apprécier et mesurer la situation financière réelle de l’Etat, afin de
pouvoir mieux orienter la prise de décision.

2
En application des dispositions de la loi organique suscitée, ce projet
introduit de nouvelles dispositions en matière de la comptabilité de l’Etat et des
autres entités publiques en définissant les différentes catégories à savoir, la
comptabilité budgétaire, la comptabilité générale ou d’exercice et la comptabilité
d’analyse des coûts.

Il prévoit également l’ensemble des principes régissant la comptabilisation


des recettes et des dépenses publiques ainsi que le rôle des différents acteurs
intervenant dans l’exécution du budget et des opérations financières et comptables
de l’Etat et des autres entités publiques.

En ce qui concerne la comptabilité budgétaire dite « caisse », qui enregistre


les évènements au moment où ils impactent la trésorerie, son maintien se justifie par
le fait qu’elle permet un suivi rigoureux de l’exécution budgétaire des recettes et des
dépenses publiques de l’année en cours.

La comptabilité générale permet le rattachement à l’exercice des charges et


des produits qui le concernent et par conséquent, l’enregistrement des droits et
obligations dès leur constatation effective indépendamment du moment de
l’encaissement de la recette ou du paiement de la dépense.

Cette comptabilité permet une visibilité sur la situation patrimoniale de l’Etat,


ainsi que sur ses dettes et créances.

Concernant la comptabilité d’analyse des coûts, elle permet de mesurer les


coûts des services rendus et des services fournis ainsi que l’analyse des coûts des
différentes actions engagées dans le cadre des programmes. Elle permet également
le contrôle de rendement des services et constitue un outil d’analyse et d’aide à la
décision.

La mise en œuvre effective de ces comptabilités, notamment la comptabilité


d’exercice, implique l’adoption d’un référentiel comptable inspiré des normes
comptables internationales du secteur public et adapté au contexte Algérien.

L’objectif visé par ce nouveau système est l’amélioration de la performance à


travers une bonne gouvernance grâce notamment à :

3
- La meilleure qualité des prévisions à travers la prise en charge d’une
partie des couts différés lors de la programmation et de l’exécution du
budget de l’Etat ;
- La situation des responsabilités de chaque intervenant dans les circuits
de la recette et de la dépense depuis le fait générateur jusqu'à l’exécution
ainsi que l’introduction de plus de transparence à travers la traçabilité
dans la collecte et l’utilisation des fonds publics ;
- La production d’une information de qualité permettant une meilleure
gestion des dettes et des créances ;
- Une gestion optimale de la trésorerie.

Par ailleurs et afin d’enrichir l’information comptable, ce projet de texte


vise à :

- améliorer la fonction comptable afin de partager équitablement les


responsabilités en fonction des périmètres d’intervention de chacun entre le
comptable public et l’ordonnateur ;

- développer la démarche du contrôle interne et de l’audit interne ;

- mettre en place une réorganisation adaptée à la nouvelle comptabilité.

A cet effet, la réforme de la comptabilité publique est un des chantiers


fondamentaux de la modernisation de l’Etat, qui va permettre de mieux informer les
citoyens, les élus, les responsables de l’action administrative, des enjeux et des
résultats des politiques publiques, pour une gestion rationnelle et efficace des
actions publiques.

Telle est l’économie du présent projet de loi.

Loi n°………….du………………………..……………relative à la comptabilité publique

Le Président de la République ;

- Vu la Constitution, notamment ses articles 112 et 140 ;

4
- Vu la loi organique n° 98-01 du 30 mai 1998, modifiée et complétée, relative aux
compétences, à l’organisation et au fonctionnement du conseil d’Etat ;

- Vu la loi organique n° 16-12 du 22 Dhou El Kaada1437 correspondant au 25 août


2016, fixant l’organisation et le fonctionnement de l’Assemblée Populaire Nationale
et du Conseil de la Nation ainsi que les relations fonctionnelles entre les chambres
du Parlement et le Gouvernement ;

- Vu la loi organique n° 18-15 du 22 Dhou El Hidja 1439 correspondant au 2


septembre 2018, modifiée et complétée,  relative aux lois de finances;

- Vu la loi n° 63-198 du 8 juin 1963, modifié et complétée, instituant une agence


judiciaire du Trésor ;

- Vu l’ordonnance n° 66-155 du 8 juin 1966, modifiée et complétée, portant code de


procédure pénale ;

- Vu l’ordonnance n° 66-156 du 8 juin 1966, modifiée et complétée, portant code


pénal ;

- Vu l’ordonnance n°70-81 du 23 novembre 1970, modifiée et complétée, portant


institution de remise gracieuse de dette ;

- Vu l’ordonnance n° 75-58 du 26 septembre 1975, modifiée et complétée, portant


code civil ;

- Vu l'ordonnance n° 75-59 du 26 septembre 1975, modifiée et complétée, portant


code de commerce ;

- Vu l'ordonnance n° 76-101 du 09 décembre 1976, modifiée et complétée, portant


code des impôts directs et taxes assimilées ;

- Vu l'ordonnance n° 76-102 du 09 décembre 1976, modifiée et complétée, portant


code des taxes sur le chiffre d’affaires ;

- Vu l'ordonnance n° 76-103 du 09 décembre 1976, modifiée et complétée, portant


code du timbre ;

5
-Vu l'ordonnance n° 76-104 du 09 décembre 1976, modifiée et complétée, portant
code des impôts indirects ;

- Vu l'ordonnance n° 76-105 du 09 décembre 1976, modifiée et complétée, portant


code de l’enregistrement ;

-Vu la loi n° 79-07 du 21 juillet 1979, modifiée et complétée, portant code des
douanes ;

- Vu la loi n° 83-11 du 2 juillet 1983, modifiée et complétée, relative aux assurances


sociales ;

- Vu la loi 88-01 du 12 janvier 1988, portant loi d’orientation relative aux entreprises
publiques économiques ;

- Vu la loi n° 88-09 du 26 janvier 1988, relative aux archives nationales ;

- Vu la loi n° 90-21 du 15 Août 1990, modifiée et complétée, relative à la comptabilité


publique ;

- Vu la loi n° 90-30 du 1 er décembre 1990, modifiée et complétée, portant loi


domaniale ;

- Vu la loi n°91-02 du 08 janvier 1991, relative aux dispositions particulières à


certaines décisions de justice ;

- Vu l’ordonnance n° 95-07 du 23 Chaâbane 1415 correspondant au 25 janvier 1995,


modifiée et complétée, relative aux assurances ;

- Vu l’ordonnance n° 95-20 du 19 Safar 1416 correspondant au 17 juillet 1995,


modifiée et complétée, relative à la Cour des comptes ;

- Vu l’ordonnance n° 95-24 du 30 Rabie Ethani 1416 correspondant au 25 septembre


1995 relative à la protection du patrimoine public et à la sécurité des personnes qui
lui sont liées ;

- Vu l’ordonnance n°03-11 du 27 Joumada Ethania 1424 correspondant au 26 août


2003, modifiée et complétée, relative à la monnaie et au crédit ;

6
- Vu la loi n° 04-04 du 5 Joumada El Oula 1425 correspondant au 23 juin 2004,
modifiée et complétée, relative à la normalisation ;

- Vu loi n°06-01 du 21 Moharram 1427 correspondant au 20 février 2006, modifiée et


complétée relative à la prévention et à la lutte contre la corruption;

- Vu l’ordonnance n° 06-03 du 19 Joumada Ethania 1427 correspondant au 15 juillet


2006 portant statut général de la fonction publique ;

- Vu l’ordonnance n° 07-01 du 11 Safar 1428 correspondant au 1er mars 2007


relative aux incompatibilités et obligations particulières attachées à certains emplois
et fonctions ;

- Vu la loi n° 07-11 du 15 Dhou El Kaâda 1428 correspondant au 25 novembre 2007,


modifiée, portant système comptable financier ;

- Vu la loi n° 08-09 du 18 Safar 1429 correspondant au 25 février 2008 portant code


de procédure civile et administrative ;

- Vu la loi n° 11-10 du 20 Rajab 1432 correspondant au 22 juin 2011 relative à la


commune ;

- Vu la loi n° 12-06 du 18 Safar 1433 correspondant au 12 janvier 2012 relative aux


associations ;

- Vu la loi n° 12-07 du 28 Rabie El Aouel 1433 correspondant au 21 février 2012,


relative à la wilaya ;

- Vu la loi n° 13-05 du 14 Ramadhan 1434 correspondant au 23 juillet 2013, relative


à l’organisation et au développement des activités physiques et sportives ;

- Vu la loi n° 15-02 du 13 Rabie El Aouel 1436 correspondant au 4 janvier 2015,


relative aux mutuelles sociales ;

- Vu la loi n° 16-09 du 29 Chaoual 1437 correspondant au 3 août 2016, modifiée et


complétée,  relative à la promotion de l’investissement ;

Après avis du Conseil d’Etat,

7
Après adoption par le Parlement

Promulgue la loi dont la teneur suit :

TITRE I : DISPOSITIONS GENERALES

Art. 1er : La présente loi a pour objet de définir les règles de la comptabilité publique
applicables aux budgets et aux opérations financières :
- de l’Etat ;

8
- des institutions publiques : institutions parlementaires, judiciaires, de
contrôle, consultatives et toutes autres institutions prévues par la
Constitution ;
- des collectivités territoriales ;
- des établissements publics à caractère administratif ;
- des établissements ou organismes publics bénéficiant de dotations du
budget de l’Etat ;
- des établissements ou organismes publics, chargés dans le cadre d’une
mission de maitrise d’ouvrage déléguée de l’exécution de tout ou partie d’un
programme.

Art. 2 : Cette loi détermine les obligations et les responsabilités des agents chargés
de l’exécution des budgets et des opérations financières de l’Etat, des collectivités
territoriales et des institutions et des organismes prévus à l’article 1 er de la
présente loi .

Elle porte également sur l’exécution des opérations de recettes et de


dépenses publiques, sur les opérations patrimoniales, sur les opérations de
trésorerie ainsi que sur le système de leur comptabilisation et de leur contrôle.

Art. 3 : Les ressources et les charges budgétaires de l’Etat sont prévues et retracées
dans le budget sous forme de recettes et de dépenses.

Elles sont fixées et autorisées annuellement par la loi de finances et réparties


dans un document unique qui constitue le budget général de l’Etat.

L’ensemble des recettes assure la couverture de l’ensemble de dépenses


sauf dérogation prévue par loi de finances.

Art. 4 : Le budget est élaboré, arrêté, voté et exécuté conformément aux dispositions
de la loi organique n°18-15 du 02 septembre 2018 susvisée et à la présente loi.

Art. 5 : Conformément aux articles 23 et 24 de la loi organique n°18-15 du 02


septembre 2018 susvisée, les crédits sont spécialisés par programme ou par
dotation pour les crédits non assignés. Ils sont présentés par activité et, le cas
échéant par titres, groupant les dépenses selon leur nature.

Les crédits non assignés à des ministères ou institutions publiques sont des
crédits groupés en dotations globales et gérés par le ministre chargé des finances au

9
titre des dépenses imprévues, dont leur répartition par programme ne peut être
déterminée avec précision au moment de l’adoption de la loi de finances ou devant
faire face à des dépenses imprévisibles.

Art. 6 : En vertu des dispositions de l’article 23 de la loi organique n°18-15 du 02


septembre 2018 susvisée, un programme regroupe l’ensemble des crédits
concourant à la réalisation d’une mission spécifique relevant d’un ou de plusieurs
services, d’un ou de plusieurs ministères ou institutions publiques et définie en
fonction d’un ensemble cohérent d’objectifs précis.

Les ministres peuvent charger les organes territoriaux et les établissements


publics sous tutelle de l’exécution de tout ou partie d’un programme relevant de leur
secteur.

Art. 7 : Les crédits ouverts sont constitués d’autorisations d’engagement et de


crédits de paiement.

Les autorisations d’engagement constituent la limite supérieure des


dépenses pouvant être engagées par les ordonnateurs. L’engagement demeure
valable sur plusieurs exercices tant qu’il n’a pas été annulé.

TITRE II : AGENTS CHARGES DE L’EXÉCUTION DES BUDGETS


ET DES OPERATIONS FINANCIERES
Chapitre 1 : Des ordonnateurs
Section 1 : De la définition et des catégories des ordonnateurs

Art. 8 : Est ordonnateur, au sens de la présente loi, toute personne élue ou nommée
ayant qualité pour prescrire l’exécution des recettes et des dépenses sur le budget
des personnes morales de droit public définies à l’article 1 er de la présente loi.

La nomination ou l’élection à une fonction ayant pour attribution, entre


autres, la réalisation des opérations visées à l’alinéa précédent confère de droit, la
qualité d’ordonnateur. Cette qualité prend fin à la cessation de cette fonction.

Art. 9 : Les ordonnateurs constatent les droits et les obligations, liquident les
recettes et émettent des ordres de recettes correspondants. Ils assurent
l’engagement, la liquidation et l’ordonnancement ou le mandatement des dépenses
dans les limites des crédits ouverts ou délégués à l’exception des crédits évaluatifs.

En matière de patrimoine :

10
- Ils émettent les ordres de mouvement affectant les biens et matières de l’Etat
et des autres organismes publics cités à l’article 1 er de la présente loi ;

- Ils assurent la conservation des biens mis à leur disposition.

Art. 10 : Les ordonnateurs sont soit des ordonnateurs principaux soit des
ordonnateurs secondaires.

Art. 11 : Les ordonnateurs principaux sont :

- les ministres ;
- le ministre chargé des finances sur les crédits non assignés ;
- les responsables chargés de la gestion financière des institutions
parlementaires, judiciaires, de contrôle, consultatives et de toutes autres
institutions prévues par la Constitution ;
- les responsables dûment désignés des services de l’autorité nationale
indépendante des élections ;
- les walis, lorsqu’ils agissent sur le budget de wilaya ;
- les présidents des assemblées populaires communales agissant sur les
budgets des communes ;
- les responsables dûment désignés des établissements publics à caractère
administratif et organismes assimilés.
Art. 12 :Est ordonnateur secondaire, tout fonctionnaire régulièrement nommé au
poste de responsable chargé de la gestion des moyens financiers, humains et
matériels, ayant une délégation de crédits de l’ordonnateur principal pour effectuer
les opérations décrites à l’article 9 ci-dessus.

Art. 13 : Ont la qualité d’ordonnateurs secondaires :


- les responsables des services déconcentrés de l’Etat ;
- les responsables des collectivités territoriales, lorsqu’ils sont chargés de
l’exécution de tout ou partie d’un programme relevant d’un secteur donné.
- les chefs des postes diplomatiques et consulaires au titre de l’exécution des
opérations budgétaires du poste ;
- les responsables des démembrements des EPA dûment nommés.
Sont également ordonnateurs secondaires, les gestionnaires des opérations
entrant dans le cadre de la maitrise d’ouvrage déléguée.

Art. 14 : Les ordonnateurs principaux peuvent, sous leur responsabilité, déléguer
tout ou partie d’autorisation d’engagement et de crédits de paiement dont ils ont la
charge, à des ordonnateurs secondaires dans les conditions déterminées par la
réglementation en vigueur.

11
Art. 15 : La fonction d’ordonnateur principal est incompatible avec la fonction
d’ordonnateur secondaire, au titre du même programme.

Section 2 : De la délégation de signature et de l’accréditation des


ordonnateurs

Art. 16 : En cas d’absence, d’empêchement ou vacance momentanée du poste, les


ordonnateurs peuvent se faire suppléer, dans l’exercice de leur fonction, par un acte
de désignation régulièrement établi et notifié au comptable public assignataire.

Les élus ayant la qualité d’ordonnateur peuvent se faire suppléer selon les
modalités prévues par la législation en vigueur.

Art. 17 : Les ordonnateurs peuvent, dans la limite de leurs attributions et sous leur
responsabilité, donner délégation de signature à des fonctionnaires titulaires placés
sous leur autorité directe, par une décision de délégation de signature régulièrement
établie et notifiée au comptable public assignataire.

Les walis en leur qualité d’ordonnateurs principaux et dans la limite de leurs


attributions et sous leur responsabilité, peuvent donner délégation de signature aux
chefs des services déconcentrés de l’Etat, par une décision de délégation de
signature régulièrement établie et notifiée au comptable public assignataire.

Le président de l’assemblée populaire communale peut, dans la limite de ses


attributions et sous sa responsabilité, donner délégation de signature aux vice-
présidents ou à des fonctionnaires titulaires placés sous son autorité directe, par une
décision de délégation de signature régulièrement établie et notifiée au comptable
public assignataire.

Art. 18 : Les ordonnateurs, leurs délégués ou leurs suppléants doivent être
accrédités auprès des comptables publics assignataires des opérations dont ils
prescrivent l’exécution.

Les modalités d’accréditation sont fixées par voie réglementaire.

Section 3 : de la responsabilité des ordonnateurs

Art 19 : Les ordonnateurs sont personnellement et civilement responsables des


certifications qu’ils délivrent et des irrégularités, des erreurs qu’ils commettent et des
contrôles qui leur incombent dans l’exercice de leurs fonctions.

12
Ils encourent une responsabilité qui peut être disciplinaire, pénale ou civile,
sans préjudice des sanctions qui peuvent leur être infligées par la Cour des comptes
en raison des fautes de gestion.

Ils sont pécuniairement responsables de la non exactitude de calculs de la


dette et en cas de paiement d’une dépense en dépassement de crédits.

Art. 20 : Les ordonnateurs sont responsables civilement et pénalement de la


conservation et de l’utilisation des biens acquis sur les deniers publics. Ils sont
personnellement responsables de la tenue des inventaires des biens meubles et
immeubles acquis ou dont ils sont affectataires.

Art. 21 : Les délégués et les suppléants des ordonnateurs encourent, dans l’exercice
de leurs missions, les mêmes responsabilités que les ordonnateurs.

Chapitre 2 : Des comptables publics


Section 1 : De la définition et des catégories des comptables publics

Art 22 : Est comptable public, au sens de la présente loi, tout agent public
régulièrement nommé ou agréé pour effectuer les opérations mentionnées dans
l’article 31 de la présente loi.

Art 23 : Les comptables publics sont nommés par le ministre chargé des finances et
relèvent exclusivement de son autorité.

Certains comptables publics peuvent être agréés par le ministre chargé des
finances pour la gestion financière et comptable des établissements publics à
caractère administratif.

Les modalités de nomination ou d’agrément des comptables publics sont


fixées par voie réglementaire.

Art. 24 : Est considéré comptable de fait, au sens de la présente loi, toute personne
qui effectue une ou plusieurs opérations énumérées à l’article 31 ci-dessous, sans
avoir la qualité de comptable public.

Art. 25 : Les comptables publics sont soit des comptables assignataires ou


mandataires soit des comptables principaux ou secondaires, soit des comptables
deniers et valeurs ou d’ordre.

13
Les modalités d’application du présent article sont précisées par voie
règlementaire.

Art. 26 : Les comptables assignataires sont ceux qui sont habilités à imputer
définitivement dans leurs écritures les opérations ordonnées sur leur caisse.
Les comptables mandataires sont ceux qui exécutent des opérations pour le
compte des comptables assignataires.

Art. 27 : Les comptables principaux sont ceux qui rendent directement leurs comptes
à la Cour des comptes.

Les comptables secondaires sont ceux dont les opérations sont centralisées
par un comptable principal.

Art. 28 : Les comptables deniers et valeurs sont ceux qui sont chargés du
maniement et de la conservation des fonds, valeurs et titres appartenant aux
personnes morales de droit public citées à l’article 1er de la présente loi.

Les comptables d’ordre sont ceux qui centralisent et présentent dans leurs
écritures et comptes, les opérations financières exécutées par d’autres comptables.

La fonction du comptable deniers et valeurs n’est pas incompatible avec


celle du comptable d’ordre.

Art. 29 : Peuvent être créés des régies de recettes ou de dépenses pour le


recouvrement de certaines recettes ou le paiement de certaines dépenses, gérées
par des régisseurs.

Les régies constituent une procédure exceptionnelle d’exécution d’une


catégorie de recettes ou de dépenses publiques qui ne peuvent, en raison de leur
urgence, souffrir des délais normaux d’exécution de recettes et de dépenses.

Les modalités d’application du présent article sont précisées par voie


règlementaire.

Section 2 : Des droits et des obligations des comptables publics

14
Art. 30 : A l’ occasion de leur première installation, les comptables publics prêtent
serment devant les services des juridictions compétentes du lieu où se trouve le
siège du poste comptable.

Le prononcé de serment est comme suit :

‫وانين‬KKK‫ترم ق‬KKK‫ني وأن أح‬KKK‫ر المه‬KKK‫ة والس‬KKK‫ظ األمان‬KKK‫دق وإخالص وأن أحف‬KKK‫م باهلل العلي العظيم أن أؤدي عملي بص‬KKK‫»أقس‬ 
  « ‫الجمهورية وأحافظ على المال العام وهللا على ما أقول شهيد‬

Art. 31: Dans le poste comptable qu’il dirige, le comptable public est chargé :

- du recouvrement de recettes et/ou du paiement de dépenses ;


- de la garde et conservation des fonds, titres, valeurs, dont il a la charge,
- du maniement des fonds, titres, valeurs et mouvement de comptes de
disponibilité ;
- de la tenue de la comptabilité budgétaire fondée sur le principe de la
comptabilité de caisse ;
- de la tenue de la comptabilité générale fondée sur le principe des droits et
obligations constatés ;
- de la tenue de la comptabilité des valeurs inactives ;
- de la production des états financiers et de compte de gestion ;
- de la conservation des pièces justificatives et des documents comptables
des opérations exécutées au niveau du poste comptable.
Art. 32 : Dans la limite des dispositions statutaires, les comptables publics peuvent
déléguer des mandataires ayant qualité pour agir en leur nom et sous leur
responsabilité.

Les modalités d’application du présent article sont fixées par voie réglementaire.

Art. 33 : Dans le cadre de l’exercice de leurs attributions, les comptables publics
sont tenus, en matière de recettes, d’exercer le contrôle suivant : 

- de s’assurer que l’ordonnateur est autorisé par les lois et règlements en


vigueur à l’émission de l’ordre de recettes avant sa prise en charge ;
- de contrôler au plan matériel dans la limite des éléments dont ils disposent,
la régularité des annulations et des réductions des ordres de recettes, des
régularisations et des éléments d’imputation comptable.

Art. 34 : En matière de dépenses, les comptables publics sont tenus de s’assurer :

15
- de la conformité des pièces justificatives aux lois et règlements en vigueur ;
- de la qualité de l’ordonnateur ou de son délégué ;
- de la disponibilité des crédits ;
- de la disponibilité de la trésorerie sauf pour l’Etat ;
- de la justification du service fait ;
- de l’exactitude de calcul de la dette ;
- de l’exactitude de l’imputation budgétaire ;
- des visas des contrôles préalables prévus par la législation et la
réglementation en vigueur ;
- du caractère libératoire du règlement ;
- de l’existence éventuelle d’opposition ou de saisie-arrêt ;
- de l’application des règles de prescription et de déchéance ;
- du respect de la nomenclature des pièces justificatives de la dépense fixée
par voie réglementaire.
Art. 35 : Après avoir satisfait aux obligations des articles 33 et 34 ci-dessus, le
comptable public doit procéder au recouvrement de la recette ou au paiement de la
dépense dans les délais fixés par voie réglementaire.

Section 3 : De la responsabilité des comptables publics

Art. 36 : Les comptables publics sont personnellement et pécuniairement


responsables en cas de déficit de caisse ou perte d’objet de valeurs ou du non-
respect des dispositions visées aux articles 31, 33, 34 et 82.

Cette responsabilité peut s’étendre aux agents placés sous leurs ordres.

Art. 37 : Sans préjudice des dispositions des articles 33 et 34, la responsabilité
solidaire des comptables publics et des agents placés sous leurs ordres peut être
retenue.

La responsabilité personnelle et pécuniaire des agents relevant du poste


comptable demeure engagée, lorsque ces derniers sont coupables de malversations
ou opérations frauduleuses.

Art. 38 : Les comptables publics sont personnellement et pécuniairement


responsables depuis la date de leur installation jusqu’à la date de cessation de leurs
fonctions.

16
Toutefois, cette responsabilité ne peut être mise en jeu en raison de la
gestion de ses prédécesseurs que pour des opérations prises en charge après
vérifications sans réserves, ni contestations, selon des modalités fixées par voie
réglementaire.

Art.39: La responsabilité personnelle et pécuniaire du comptable public n’est pas


engagée à raison des erreurs d’assiettes, ni des erreurs commises dans la
liquidation des droits qu’il recouvre.

Les comptables publics ne sont ni personnellement ni pécuniairement


responsables des exonérations et des taux appliqués sur les opérations soumises
aux impôts, droits et taxes.

Art. 40 : Les régisseurs chargés d’effectuer, pour le compte d’un comptable public,
des opérations de recouvrement ou de paiement, sont personnellement et
pécuniairement responsables de ces opérations. Cette responsabilité s’étend aux
agents placés sous leurs ordres.

Le comptable public de rattachement est solidairement et pécuniairement


responsable du fait de la gestion des régisseurs, dans la limite du contrôle qu’il est
tenu d’exercer.

Art. 41 : Outre les sanctions encourues au titre de l’usurpation de fonction, le


comptable de fait est soumis aux mêmes obligations et contrôles et assume les
mêmes responsabilités qu’un comptable public.

Art. 42 : Sont mis en débet, les comptables publics, les agents placés sous leurs
ordres, les régisseurs et les comptables de fait dont la responsabilité est engagée et
ils sont tenus de couvrir de leurs deniers personnels, tout débet mis à leur charge.

Le cas échéant, le Trésor public peut avancer les fonds nécessaires à la


couverture du montant du débet visé à l’alinéa premier.

Les modalités d’application du présent article sont fixées par voie


réglementaire.

Art. 43 : La responsabilité personnelle et pécuniaire des agents cités à l’article


42 ci-dessus, ne peut être mise en jeu que par les juridictions compétentes, le
ministre chargé des finances ou par la Cour des comptes.

17
Le ministre chargé des finances peut faire décharge de responsabilité ou
remise gracieuse partielle ou totale, des débets prononcés à l’encontre des agents
cités à l’article 42 ci-dessus dans tous les cas où leur bonne foi est établie.

Les déficits ayant fait l’objet d’une décharge de responsabilité ou remise


gracieuse sont supportés par le budget de l’organisme concerné. Toutefois, ils font
l’objet d’une prise en charge par le budget de l’Etat dans les cas et conditions fixés
par voie réglementaire.

Art. 44 : Le recours formulé devant la Cour des comptes et la juridiction compétente,
par les agents cités à l’article 42 ci-dessus, contre les arrêts ou arrêtés de débet
prononcés à leur encontre, suspend le recouvrement jusqu'à ce qu’il soit statué sur
leur cas.

Art.45 : Est nulle et de nul effet, toute sanction prise à l’encontre d’un comptable
public s’il est établi que les ordres dont il a refusé l’exécution étaient de nature à
engager sa responsabilité personnelle et pécuniaire.

Section 4 : De la cessation de la fonction du comptable public

Art. 46 : La cessation de fonction d'un comptable public est prononcée dans les
mêmes formes que sa nomination.

Art.47 : Hormis le cas de décès ou d'abandon de poste, la cessation de fonction d'un


comptable public donne lieu à l'établissement d'un procès-verbal de remise de
service.

Le ministre chargé des finances ou son représentant dûment habilité peut


designer, dans l'attente de nomination d'un comptable titulaire, un comptable
intérimaire qui a les mêmes droits et obligations que ce dernier.

Chapitre 3 : des dispositions communes

Art. 48 : Les fonctions d’ordonnateur et celles du comptable public sont


incompatibles.

Art. 49 : Les conjoints, les ascendants et les descendants du premier degré des
ordonnateurs ne peuvent être en aucun cas, leurs comptables publics assignataires.

18
Art. 50 : L’incompatibilité visée à l’article 48 ci-dessus, n’est pas opposable aux
comptables publics des régies financières lorsqu’ils procèdent au recouvrement de
certaines recettes dont ils ont la charge ;

Art. 51 : La responsabilité pécuniaire des ordonnateurs et des comptables publics


est engagée solidairement en cas de la non exactitude de calculs de la dette.

TITRE III : DES OPERATIONS

Chapitre 1 : Des opérations de recettes

Art.52 : Les recettes de l’Etat comprennent les produits d’impôts, de taxes, de


redevances, d’amendes, de droits et autres produits autorisés par les lois de
finances.

Les recettes sont recouvrées par tous les moyens de droits autorisés par les
lois et règlements en vigueur.

Art. 53 : Les recettes fiscales, douanières, domaniales et les recettes assimilées
sont liquidées, et recouvrées dans les conditions prévues par la législation et la
réglementation en vigueur.

Art.54 : Il est fait recette du montant intégral des produits, sans contraction entre les
recettes et les dépenses.

Section 1 : de la phase administrative du recouvrement des recettes

Art.55 : Les recettes sont constatées, liquidées et ordonnancées avant d’être prises
en charge et recouvrées.

Les recettes recouvrées par les comptables publics sans ordres de recettes
préalables doivent faire l’objet de régularisation par l’émission d’un ordre de recettes
par l’ordonnateur concerné.

Art. 56 : La constatation est l’acte par lequel est consacré le droit d’un créancier
public.

Art.57 : La liquidation de la recette est l’acte qui permet de déterminer le montant


exact de la dette au profit d’un créancier public.

Art.58: Toute créance liquidée fait l’objet d’un ordre de recette émis par
l’ordonnateur concerné.

19
Art.59 : Les ordres de recettes doivent indiquer clairement l’ensemble des éléments
permettant l’identification du débiteur et de la liquidation.

Toute erreur de liquidation donne lieu à l’émission d’un titre d’annulation,


d’augmentation ou de réduction de recette.

Les modalités d’application du présent article sont fixées par voie


réglementaire.

Section 2 : de la phase comptable du recouvrement des recettes

Art.60 : Le recouvrement est l’acte libératoire de la créance publique.

Art. 61: Les ordres de recettes font l’objet d’un recouvrement amiable ou forcé. Le
recouvrement forcé est poursuivi après que l’ordre de recette ait été rendu exécutoire
à la demande du comptable public.

Les modalités de recouvrement des recettes sont déterminées par voie


réglementaire.

Section 3 : des dispositions particulières

Art. 62 : Les ordonnateurs des personnes morales citées à l’article 1 er de la présente
loi sont tenus dans la limite de leur compétence respective et sur demande du
comptable assignataire à émettre des états exécutoires pour le recouvrement des
créances étrangères à l’impôt et au domaine, dans les conditions prévues par voie
règlementaire.

Les états exécutoires sus visés peuvent faire l’objet d’un recours devant les
juridictions compétentes, dans les conditions fixées par la législation en vigueur.

Le recours formulé par les débiteurs contre l’état exécutoire suspend le


recouvrement.

Art. 63 : Pour le recouvrement des créances étrangères à l’impôt et au domaine et


après avoir rendu le titre exécutoire, les trésoriers sont habilités à émettre des avis à
tiers détenteurs.

Ils sont également habilités à effectuer des prélèvements d’office sur les
comptes des débiteurs ouverts dans leurs écritures comptables, après avoir rendu le
titre exécutoire.

20
Art. 64 : Les ordonnateurs sont autorisés à ne pas émettre les ordres de recettes
correspondant aux créances dont le montant est fixé par voie réglementaire.

Art. 65 : Les règles d’exigibilité ou de prescription des créances publiques sont


fixées par les lois et règlements en vigueur.

Art. 66 : Les recettes sont recouvrées par tout moyen de paiement prévu par les lois
et règlements en vigueur.

Art. 67 : Le débiteur est libéré de sa dette dans les cas suivants :

- S’il fait valoir le bénéfice de la prescription de sa dette ;


- S’il justifie l’encaissement des sommes dues par le comptable.

Art. 68 : Le comptable public doit préalablement à tout paiement et en fonction des


informations dont il détient, opérer la compensation au profit de l’Etat entre les dettes
et les créances assignées sur sa caisse.

Les débiteurs des personnes morales citées à l’article 1 er de la présente loi


ne peuvent s’opposer à la compensation.

Art. 69 : Les ordres de recettes, qui n’ont pas pu être recouvrés, après épuisement
de toutes les voies de droit exercées par les comptables publics, sont admis en non-
valeur conformément aux conditions déterminées par voie règlementaire.

Art.70 : Le ministre chargé des finances est habilité à émettre des arrêtés de débets.
Ces arrêtés sont émis à l’encontre de tout comptable public, ordonnateur et
contrôleur financier dont la responsabilité est engagée et tout rétentionnaire de
deniers publics.

Art. 71 : L’abandon des droits et créances publiques ne peut être accordé qu’en
vertu de dispositions de lois de finances ou de lois spécifiques.

Toute infraction aux dispositions du présent article expose son auteur aux
sanctions prévues par la législation et la réglementation en vigueur.

Chapitre 2 : Des opérations de dépenses

Art.72 : Les dépenses doivent être prévues au budget ou être autorisées par les lois
et règlements.

Les opérations de dépenses consistent en l’utilisation des crédits autorisés.

21
Section 1 : de la phase administrative de la dépense publique

Art. 73 : Avant d’être payées, les dépenses sont engagées, liquidées et


ordonnancées ou mandatées.

Art. 74 : L’engagement est l’acte par lequel une personne morale mentionnée à
l’article 1er de la présente loi créé ou constate à son encontre une obligation de
laquelle il résultera une dépense.

L’engagement doit respecter l’objet et les limites de l’autorisation budgétaire

Art. 75 : La liquidation consiste à vérifier la réalité de la dette et à arrêter le montant


exact de la dépense. Elle comporte :

- la certification du service fait, par laquelle l’ordonnateur atteste la conformité


à l’engagement, de la réalisation, de la livraison ou de la prestation.

- la détermination du montant exact de la dépense au vu des pièces justifiant


les droits acquis par les créanciers.

Art.76 : L’ordonnancement ou le mandatement est l’acte par lequel est donné l’ordre
de payer la dépense publique.

L’acte d’ordonnancement ou de mandatement prend la forme respective


d’une ordonnance ou d’un mandat de paiement selon les conditions prévues par un
arrêté du ministre chargé des finances.

Art. 77 : Par dérogation aux dispositions de l’article 09 de la présente loi, certaines
dépenses peuvent, eu égard à leur nature ou à leur montant, être payées sans
ordonnancement ou sans ordonnancement préalable.

Ces catégories de dépenses sont fixées par une disposition de loi de finances.

Section 2 : de la phase comptable de la dépense publique

Art. 78 : Le paiement est l’acte libératoire de la dette publique.

Art. 79 : Le paiement se fait par tout moyen de paiement prévu par la
législation et la réglementation en vigueur.

Art. 80 : Les ordonnateurs des personnes morales citées à l’article 1 er de la présente


loi peuvent recourir au mode de paiement par voie d’accréditif.
Les modalités d’application du présent article sont précisées par voie
réglementaire.

22
Section 3 : de la réquisition des comptables publics

Art. 81 : En cas de refus de payer par le comptable public, l’ordonnateur peut le
requérir par écrit et sous sa responsabilité qu’il soit passé outre à ce refus, selon les
conditions fixées à l’article 82 ci-dessous.

Art. 82 : Lorsque le comptable public défère à la réquisition, sa responsabilité


personnelle et pécuniaire se trouve dégagée et transférée à l’ordonnateur.

Un compte rendu est transmis par le comptable public au ministre chargé


des finances, dans les conditions et modalités fixées par voie réglementaire.

Cependant, tout comptable public doit refuser de déférer à la réquisition


lorsque le refus est motivé par :

- l’indisponibilité des crédits ;


- l’indisponibilité de trésorerie sauf pour l’Etat ;
- l’absence de justification de service fait ;
- le caractère non libératoire du paiement ;
- l’absence de visa du contrôle des dépenses engagées ou du passer outre
lorsque le visa est obligatoire ;
- l’absence du visa de la commission des marchés compétente ou du passer
outre, lorsqu’un tel visa est prévu par la réglementation en vigueur.

Section 4 : de la prescription des créances détenues par l’Etat

Art. 83 : Sauf dispositions contraires expresses d’une loi de finances, toutes
créances dues à des tiers par les personnes morales citées à l’article 1 erde la
présente loi, sont prescrites et définitivement éteintes au profit des personnes
morales en cause, lorsque lesdites créances n’auront pas été dûment acquittées
dans un délai de quatre ans (04) à partir du premier jour de l’exigibilité de la créance.

Les créances dues à des tiers par les établissements ou organismes publics
chargés dans le cadre d’une mission de maitrise d’ouvrage déléguée de l’exécution
de tout ou partie d’un programme, sont prescrites et définitivement éteintes au profit
du budget du maitre de l’ouvrage concerné, lorsque lesdites créances n’auront pas
été dûment acquittées dans le même délai suscité.

23
Art. 84 : Les dispositions de l’article précédent ne s’appliquent pas aux créances
dont l’ordonnancement et le paiement n’auraient pas pu être effectués, dans les
délais susvisés par le fait de l’administration. Elles ne s’appliquent pas également
dans les cas prévus à l’alinéa 1 et 2 de l’article 316 du code civil, modifié et
complété.

Le cas échéant et en cas de recours devant une juridiction, les délais de


déchéance quadriennale sont suspendus entre la date à laquelle le recours a été
introduit et celle de la décision juridictionnelle définitive constatant le droit du
créancier.

Art. 85 : Toute créance demeurant due en application de l’article 84 ci-dessus, sera
couverte conformément à la réglementation en vigueur.

Art.86 : Sauf dispositions expresses, sont définitivement prescrites et acquises au


profit de l’Etat, les sommes figurant dans les écritures des comptables publics au titre
de consignations administratives et judiciaires et qui n’auront pas été libérées dans
un délai de quinze (15) ans, à partir du premier jour de l’exercice pendant lequel elles
ont été comptabilisées.

Chapitre 3 : Des opérations de trésorerie

Art.87 : Les opérations de trésorerie sont :

- les mouvements de fonds, en numéraires, en valeurs mobilisables, en


comptes de dépôt, en comptes courants, en comptes créances et de dettes.
- les émissions et remboursements d’emprunts faits conformément aux
autorisations données par la loi de finances ;
- les opérations de prêts et d’avances ;
- l’encaissement des produits de cession d’actifs ;
- les opérations de dépôt sur ordre et pour compte de correspondants du
Trésor.
Les opérations de trésorerie sont décrites par nature pour leur totalité sans
contraction entre elles.

Elles sont exécutées par les comptables publics, soit spontanément, soit sur
ordre des ordonnateurs ou à la demande de tiers qualifiés.

24
Art. 88 : Les opérations sur les comptes spéciaux du Trésor, à l’exception des
comptes de prêts et d’avances, de participation et d’obligation et les comptes des
opérations monétaires, sont prévues, autorisées et exécutées dans les mêmes
conditions que les opérations du budget général de l’Etat.

Art. 89 : Les comptables publics procèdent à l’encaissement des traites et


obligations qu’ils détiennent. Les conditions de leur escompte sont définies par la
réglementation en vigueur.

Art.90 : On entend par correspondants du Trésor, les organismes et particuliers qui,


soit en application des lois et règlements, soit en vertu de conventions, déposent à
titre obligatoire ou facultatif des fonds au Trésor ou sont autorisés à procéder à des
opérations de dépôt et de retrait par l’intermédiaire des comptables du Trésor.

Art. 91 : En application de l’article 60 de la loi organique relative aux lois de finances,
aucun découvert ne peut être consenti aux correspondants du Trésor.

Art. 92 : Conformément aux dispositions de l’article 63 de la loi organique relative


aux lois de finances, les conditions d’ouverture et de fonctionnement des comptes de
dépôt de fonds ouverts par le Trésor public au profit des correspondants, sont fixées
par voie réglementaire.

Art. 93 : La loi de finances détermine les catégories d’organismes et établissements


publics tenus de déposer totalement ou en partie leurs disponibilités financières
auprès du Trésor.

Art. 94 : Sauf disposition expresse de loi de finances, les titres d’emprunts émis par
l’Etat, sont libellés en Dinar algérien et ne peuvent ni prévoir d’exonération fiscale ni
être utilisés comme moyen de paiement d’une dépense publique.

Art. 95 : Les dons octroyés par les gouvernements étrangers et les organismes
internationaux sont gérés selon les dispositions contenues dans les conventions et
protocoles d’accords les régissant.

Art. 96 : Les opérations de transactions réalisées par le Trésor public sont libellées
en Dinar algérien.

Art. 97 : Les deniers publics sont détenus et gérés par les comptables publicsselon
le principe de l’unité de caisse quelle qu’en soit la nature ou l’origine.

25
Art.98 : Les ordonnateurs, les gestionnaires de programmes ou tout autre agent
n’ayant pas la qualité de comptable public ou de régisseur ne peuvent manier des
fonds publics, ni ouvrir es-qualité, un compte de disponibilité.

Chapitre 4 : de la justification des opérations de recettes,

de dépenses et de trésoreries

Art. 99 : Les opérations de recettes, de dépenses et de trésoreries doivent être


justifiées par des pièces prévues dans la nomenclature des pièces justificatives
établie par voie réglementaire.

Art. 100 : La production, la transmission et la conservation des documents et pièces


justificatives peuvent être effectuées sous forme dématérialisée et ce, dans les
conditions prévues par arrêté du ministre chargé des finances.

Art. 101 : Les pièces justificatives des opérations de gestion des ordonnateurs et de
comptables publics doivent être conservées jusqu’à leur présentation à la Cour des
comptes ou jusqu’à l’expiration du délai de dix (10) ans.

Lorsque la conservation des pièces incombe à l’ordonnateur, le comptable


public peut exercer à tout moment un droit d’évocation de tout ou partie de celles-ci.

TITRE IV : DE LA COMPTABILITE ET DES COMPTES DE L’ETAT

Chapitre 1 : Des généralités

Art. 102 : La comptabilité publique est un système d’organisation de l’information


financière permettant :

- de saisir, de classer, d’enregistrer et de contrôler les données des opérations


budgétaires, comptables et de trésorerie afin d’établir des comptes réguliers
et sincères ;
- de présenter des états financiers reflétant une image fidèle du patrimoine, de
la situation financière et du résultat à la date de clôture de l’exercice ;
- de contribuer au calcul du coût des actions ou des services ainsi qu’à
l’évaluation de leur performance ;
- présenter des informations financières et comptables en vue de
l’établissement des ratios et des indicateurs de performance servant à des
analyses économiques.
Elle est également organisée en vue de permettre le traitement de ces
opérations par la comptabilité nationale.

26
Art.103 : La comptabilité publique comporte :

- une comptabilité budgétaire qui se décompose en comptabilité des


engagements et en comptabilité des recettes et des dépenses budgétaires
fondée sur le principe de la comptabilité de caisse ;
- une comptabilité générale de l’ensemble de ses opérations, fondée sur le
principe de la constatation des droits et obligations ;
- une comptabilité d’analyse des coûts destinée à analyser les coûts des
différentes actions engagées dans le cadre des programmes ;
- une comptabilité matières et des valeurs inactives.
Les modalités d’application du présent article sont précisées par voie
réglementaire.

Art. 104 : La comptabilité est tenue au moyen d’un système d’information intégré.

Les modalités d’application du présent article seront précisées par voie


réglementaire.

Art. 105:La comptabilité est tenue pour une année civile du 1 er janvier au
31 décembre de l’année considérée.

Elle peut être assortie d’une période complémentaire qui ne peut excéder le
31 janvier de l’année suivante.

Chapitre 2 : de la comptabilité budgétaire

Art.106 : La comptabilité budgétaire a pour objet de retracer, pour l’exercice


considéré, les opérations d’exécution du budget en recettes et en dépenses, des
personnes morales citées à l’article 1er de la présente loi.

En comptabilité budgétaire, les recettes et les dépenses sont prises en


compte au titre du budget de l’année au cours de laquelle elles sont encaissées, ou
payées par les comptables publics.

Conformément aux articles 36 et 66 de la loi organique relative aux lois de


finances, des recettes et des dépenses budgétaires peuvent être comptabilisées au
cours d’une période complémentaire à l’année civile, qui ne peut excéder le
31 janvier de l’année suivante. 

27
En matière de dépenses, cette période est destinée à l’enregistrement
comptable des opérations effectuées, à l’exclusion de toute possibilité
d’ordonnancement ou de mandatement.

La comptabilité budgétaire dégage un résultat qui correspond à la différence


entre les recettes encaissées et les dépenses payées sur le budget et les comptes
spéciaux au titre de l’année considérée.

Art.107 : Les opérations budgétaires de recettes et/ou de dépenses enregistrées à


des comptes d’imputation provisoire doivent être soldées et comptabilisées au
compte d’imputation définitive, au plus tard à la date d’expiration de la période
complémentaire.

Art.108 : La comptabilité budgétaire est tenue par les ordonnateurs et les


comptables publics.

Art.109 : La comptabilité budgétaire couvre respectivement la phase administrative


et comptable des opérations de recettes et de dépenses.

Elle est tenue :

- par l’ordonnateur en partie simple et sanctionnée par la production d’un


compte administratif ;
- par le comptable public en partie double et sanctionnée par la production
d’un compte de gestion.

Chapitre 3 : de la comptabilité générale

Art.110 : La comptabilité générale retrace l’ensemble des mouvements affectant le


patrimoine, la situation financière et le résultat. Elle est fondée sur le principe de la
constatation des droits et obligations.

Les opérations sont prises en compte au titre de l’exercice auquel elles se


rattachent, indépendamment de leur date de paiement ou d’encaissement.

Art 111: Les règles applicables à la comptabilité générale, s’inspirent des normes
comptables internationales du secteur public.
Elles sont arrêtées après leur approbation par le conseil chargé de la
normalisation comptable, prévu à l’article 144 ci-dessous.
Les modalités d’application de cette disposition sont fixées par voie
règlementaire.

28
Art 112 : La comptabilité générale est une comptabilité d’exercice. Elle a pour objet
de retracer :

- les opérations budgétaires ;

- les opérations de trésorerie ;

- les opérations faites avec les tiers et les opérations d’attente et de


régularisation ;

- les mouvements du patrimoine et des valeurs ;

- les stocks ;

- les flux de gestion internes : amortissements, provisions, les produits et les


charges rattachés.

Chaque opération est comptabilisée suivant le fait générateur déterminé


dans le plan comptable prévu à l’article 113 cité ci-dessous.

Art. 113 : la comptabilité générale est tenue en partie double exclusivement par les
comptables publics sur la base du plan comptable établi par arrêté du ministre
chargé des finances.

Art.114 : Les ordonnateurs constatent les droits et obligations et procèdent à


l’inventaire des biens. Ils produisent et transmettent aux comptables publics les
documents nécessaires à la tenue de la comptabilité générale.

Les comptables publics peuvent demander aux ordonnateurs, la


communication de tout document ou renseignement nécessaire à l’exercice de leurs
missions.

Art. 115 : La comptabilité générale des personnes morales citées à l’article 1 er de la


présente loi permet de produire la balance générale des comptes et des états
financiers tels que définis par le référentiel comptable.

Chapitre 4 : de la comptabilité d’analyse des coûts

Art. 116 : La comptabilité d’analyse des coûts a pour objet de mesurer le coût des
services rendus et des services fournis ainsi que de permettre le contrôle des
rendements et performances des services notamment, dans le cadre des budgets de
programmes et de la gestion axée sur les résultats.

29
Art. 117 : La comptabilité d’analyse des coûts est tenue par les ordonnateurs et
fondée sur les données de la comptabilité budgétaire et de la comptabilité générale.

Les modalités de mise en œuvre de la comptabilité d’analyse des coûts sont


définies par voie réglementaire.

Chapitre 5 : de la comptabilité matières et valeurs inactives

Art. 118 : La comptabilité matières est une comptabilité d’inventaire permanent ayant
pour objet la description, le suivi et le contrôle des existants, des biens mobiliers et
immobiliers, et des stocks.

Art. 119 : La comptabilité matières est tenue par des agents désignés par
l’ordonnateur. Ces derniers sont responsables personnellement et pécuniairement
des mouvements qu’ils ordonnent sur les éléments du patrimoine.

Des rapprochements contradictoires périodiques sont effectués par


l’ordonnateur et le comptable public assignataire, entre les données de la
comptabilité matières et celles de la comptabilité générale.

Les modalités de mise en œuvre de la comptabilité matières sont définies


par voie réglementaire.

Art. 120 : La comptabilité des valeurs inactives a pour objet la description des
existants et des mouvements concernant les valeurs, titres, tickets, timbres et
vignettes destinés à l’émission et à la vente, ainsi que les valeurs et les objets remis
en dépôt par des tiers.

La comptabilité des valeurs inactives est assurée par le comptable public.

Chapitre 6 : des comptes de l’Etat

Art.  121 : Les comptables publics sont chargés de l’établissement des états
financiers dans le respect des principes et règles de la comptabilité publique.

Ces états financiers servent à l’établissement du compte général de l’Etat.

Art. 122 : Les états financiers sont :

- le bilan ou l’état de la situation nette financière ;


- le compte de résultats ou état de la performance financière ;
- le tableau des flux de trésorerie ;
- annexes.

30
Art. 123 : Le compte général de l’Etat présente l’ensemble des informations
permettant de fournir une image fidèle du patrimoine et de la situation financière de
l’Etat. Il comprend : la balance générale des comptes et les états financiers.

Art. 124 : les états financiers cités à l’article 122 ci-dessus feront l’objet d’une
consolidation selon les règles et les modalités fixées par voie réglementaire.

Art. 125 : La qualité des comptes des personnes morales mentionnées à l’article
1erde la présente loi est assurée par le respect des principes comptables, tels que
définis par le système comptable.

Les comptes doivent :

- être  conformes aux règles et procédures en vigueur ;


- être réguliers et sincères ;
- être établis selon des méthodes permanentes, dans le but d’assurer la
comparabilité entre exercices comptables ;
- appréhender l’ensemble des événements de gestion, en fonction du degré
de connaissance de leur réalité et de leur importance relative, dans le
respect du principe de prudence ;
- s’attacher à assurer la cohérence des informations comptables fournies au
cours des exercices successifs en veillant à opérer le bon rattachement des
opérations à l’exercice auquel elles se rapportent ;

- être exhaustifs et reposer sur une évaluation séparée et une comptabilisation


distincte des éléments d’actif et de passif ainsi que des postes de charges et
de produits, sans possibilité de compensation ;

- s’appuyer sur des écritures comptables fiables, intelligibles et pertinentes


visant à refléter une image fidèle du patrimoine et de la situation financière.

TITRE V : DU CONTROLE

Chapitre 1 : Du Contrôle administratif

Art. 126 : Le contrôle administratif est exercé soit par la hiérarchie, soit par des
organes de contrôle habilités.

31
Section 1 : du contrôle exercé par le contrôleur financier

Art.127 : Le contrôleur financier exerce un contrôle a priori sur les opérations


budgétaires et évalue a postériori les résultats et les performances des programmes
au regard des objectifs fixés, des moyens utilisés et de l’organisation des services de
l’ordonnateur.

Les modalités d’application du présent article sont fixées par voie


règlementaire.

Art. 128 : Le contrôleur financier relève du ministre chargé des finances et placé
auprès de l’ordonnateur.

Art. 129 : Le contrôle des dépenses engagées est sanctionné par un visa. En cas de
refus de visa du contrôleur financier et dans les conditions prévues par voie
réglementaire, l’ordonnateur peut passer outre sous sa responsabilité.

Art. 130 : Le contrôleur financier est personnellement responsable des visas qu’il
délivre.

Il est personnellement et pécuniairement responsable dans le cadre de


l’exécution du budget, des visas qu’il délivre sur la régularité de l’opération,
l’exactitude de l’imputation budgétaire, la disponibilité de crédits, la vérification des
prix et la validité de la créance.

Art. 131 : Les contrôleurs financiers et les comptables publics sont responsables
pécuniairement et solidairement de l’exactitude de l’imputation budgétaire et de la
régularité des pièces justificatives.

Art. 132 : La responsabilité pécuniaire des contrôleurs financiers, des ordonnateurs


et des comptables publics est engagée solidairement en cas de paiement d’une
dépense en dépassements de crédits.

Section 2 : du contrôle interne et de l’audit interne

Art. 133 : Un dispositif de contrôle interne et d’audit interne est mis en place auprès
de chaque personne morale mentionnée à l’article premier de la présente loi.

Art. 134 : Le contrôle interne englobe un contrôle interne budgétaire et comptable.

32
Le contrôle interne budgétaire a pour objet de neutraliser tout risque connexe
à la quête des objectifs en matière de la qualité de la comptabilité budgétaire et de la
soutenabilité des programmes et leur exécution.

Le contrôle interne comptable a pour objet de neutraliser tout risque connexe


à la quête des objectifs de la qualité des comptes depuis le fait générateur jusqu’à
l’achèvement de l’opération comptable.

Les modalités d’application du présent article sont fixées par arrêté du


ministre chargé des finances.

Art. 135 : Le ministre chargé des finances définit le cadre de référence


interministériel des contrôles internes budgétaire et comptable et veille à sa mise en
œuvre.

Art. 136 : La programmation des audits budgétaires et comptables est arrêtée par
une cellule d’audit interne installée auprès de chaque personne morale prévue à
l’article 1er de la présente loi.

Les modalités d’application du présent article sont précisées par arrêté du


ministre chargé des finances.

Chapitre 2 : Du contrôle juridictionnel

Art. 137 : La Cour des comptes, conformément aux dispositions prévues par la
constitution et la législation en vigueur, est chargée notamment, d’examiner et de
certifier le compte général de l’Etat et les comptes de tous les services publics.

Art. 138 : Les ordonnateurs et les comptables publics sont tenus de déposer leurs
comptes au greffe de la Cour des comptes au plus tard le 31 mai de l’année suivant
l’exercice budgétaire considéré.

Art.139 : La Cour des comptes assiste le Parlement dans le contrôle de l’exécution


de la loi de finances. Elle établit deux rapports :

- un rapport relatif aux résultats d’exécution de la loi de finances de l’exercice


concerné et à la gestion des crédits examinés en particulier au regard des
programmes mis en œuvre ;
- un rapport relatif à la certification des comptes au regard des principes de
régularité, de sincérité et de fidélité. Cette certification est appuyée par un
rapport qui retrace les vérifications effectuées à cette fin.

33
Chapitre 3 : le contrôle parlementaire

Art. 140 : En cours d’année, le Parlement veille à la bonne exécution de la loi de


finances et du budget de l’Etat au moyen de demandes d’informations,
d’investigations sur place et d’auditions des ministres.

Le contrôle parlementaire est exercé, sur pièces et a posteriori sur


l’exécution du budget général de l’Etat, particulièrement à l’occasion de l’examen et
du vote du projet de loi de règlement budgétaire.

Art. 141 : La loi de règlement budgétaire constate et arrête le montant définitif des
recettes encaissées et des dépenses effectuées au titre d’une année. Le projet de
cette loi se rapporte à l’exercice N-1.

Art. 142 : Le projet de loi de règlement budgétaire est déposé sur le bureau de
l’Assemblée Populaire Nationale avant le 1 er août de l’année. Il est accompagné :

- d’annexes explicatives relatives aux résultats des opérations budgétaires,


des comptes spéciaux du Trésor et des opérations de trésorerie;
- d’un compte général de l'Etat comprenant : la balance générale des
comptes, le compte de résultats, le bilan, le tableau des flux de trésorerie,
l’annexe ou les annexes et une évaluation des engagements hors bilan de
l'Etat, un rapport de présentation indiquant notamment, les changements des
méthodes et des règles comptables appliquées au cours de l'exercice ;
- d’un rapport ministériel de rendement précisant les conditions dans
lesquelles les programmes inscrits au budget ont été exécutés ainsi que le
degré d’atteinte des objectifs prévus, qui sont mesurés et suivis par des
indicateurs de performance qui leur sont associés, les résultats obtenus et
les explications relatives aux écarts constatés.

Art. 143 : Le projet de loi de règlement budgétaire est accompagné, en outre, de


rapports établis par la Cour des comptes cité à l’article 139 de la présente loi.

TITRE VI : DES DISPOSITIONS FINALES

Art. 144 : Il est créé, auprès du ministre chargé des finances, un conseil de
normalisation de la comptabilité publique.

La création, les missions et le fonctionnement de ce conseil sont définis par


voie règlementaire.

34
Art.145 : Les dispositions de la présente loi peuvent faire l’objet, en tant que de
besoin, des textes d’application.

Art. 146 : Sont abrogées toutes dispositions contraires à la présente loi.

Art. 147 : les textes réglementaires, pris en application de la loi n° 90-21 du


15 août 1990, susvisée demeure en vigueur jusqu’à la publication des textes de la
présente loi tant qu’ils ne sont pas en contradiction aux dispositions de cette
dernière.

Art. 148 : Les dispositions de la présente loi entrent en vigueur à compter du


1er janvier 2023.

Les projets de loi portant règlement budgétaire afférents aux années 2023,
2024 et 2025 sont préparés, discutés et adoptés à titre transitoire, par référence à
l’exercice budgétaire N-2.

Art. 149 : La présente loi sera publiée au journal officiel de la république algérienne
démocratique populaire.

Fait à Alger, le…………….....

Correspondant au…………..……

Abdelmadjid Tebboune

35

Vous aimerez peut-être aussi