Vous êtes sur la page 1sur 3

2021/2022 Chapitre 3 Dr. MAHMOUDI W. F.

Théorème de Gauss

I) Introduction :
Dans le cas où la distribution de charges présente une symétrie suffisante qui conduit à un champ
électrostatique qui ne dépend que d’une seule variable et qui n’a qu’une composante non nulle,
généralement le théorème de Gauss permet de déterminer ce champ.
II) Théorème de Gauss :
Avant de définir le théorème de Gauss à travers une surface S, nous allons préciser comment orienter
la surface S.
II-1) Orientation de la normale d’une surface :
Dans la pratique, on rencontre deux types de surfaces : les surfaces fermées et les surfaces ouvertes.
- Une surface fermée est une surface qui délimite un volume et sépare l’espace en intérieur et extérieur.
Par convention, la normale d’une surface fermée est toujours dirigée vers l’extérieur.
- Une surface ouverte est une surface qui s’appuie sur un contour fermé.

Si le contour  est orienté, le sens de la normale n en un point de la surface est le sens de progression
d’un tire- bouchon qu’on fait progresser dans le sens de parcourt de .
Si  n’est pas orienté, on choisit un point P de la surface et on oriente la normale en P
arbitrairement. Ceci permet de définir une face positive et une face négative de la surface ; la normale

n est orientée de la face négative vers la face positive. En tout autre point de la surface, la normale est
orientée de la face négative vers la face positive.
II-2) Enoncé :

Le flux du champ électrostatique E créé par une distribution de charges discontinue ou continue à
travers une surface fermée est égal à la charge à l’intérieur de cette surface divisée par  0 :
  Q
 E.d S  int .
 0
La démarche pour utiliser le théorème de Gauss est la suivante :
- On analyse la symétrie de la distribution de charges.
- On choisit une surface fermée S dite surface de Gauss. Cette surface doit passer par le point M où on
  
veut déterminer le champ E. Elle est choisie telle que le produit scalaire E ( M ).n est nul ou constant.

( n est le vecteur normal à la surface de Gauss)

- On détermine le flux sortant  de E à travers S.
- On détermine la charge Qint se trouvant à l’intérieur de S.
 Q
- On déduit E de l’expression   int .
0
Remarque :
- Le théorème de Gauss que nous venons de voir dans le cadre de l’électrostatique est valable quand les
charges sont en mouvement.

ur
- Le théorème de Gauss est valable pour tous les champs de vecteurs de la forme 2 , en particulier le
r

champ de gravitation g .

1
2021/2022 Chapitre 3 Dr. MAHMOUDI W. F.

III) Règles de symétries :


L’étude quantitative des phénomènes électrostatiques nécessite de relier les effets (champ, potentiel,
énergie…) aux causes qui leurs donnent naissance (distribution de charges). Ceci fait appel, en général,
à des calculs complexes. Cependant, les calculs se simplifient considérablement lorsque la distribution
présente une symétrie particulière.
III-1) Symétrie plane des champs scalaires :
On dit qu’un champ scalaire f possède la symétrie paire par rapport à un plan ( ) si les valeurs de ce
champ en deux points P et P ' symétriques par rapport à ( ) sont identiques : f ( P )  f ( P ' ).
Si le plan ( ) est confondu avec le plan ( xOy ), alors : f ( x, y, z )  f ( x, y,  z ).
On dit qu’un champ scalaire f possède la symétrie impaire par rapport à un plan ( ) si les valeurs de
ce champ en deux points P et P ' symétriques par rapport à ( ) sont opposées : f ( P )   f ( P ' ).
Si le plan ( ) est confondu avec le plan ( xOy ), alors : f ( x, y, z )   f ( x, y,  z ).
- Si la distribution de charges à la symétrie paire par rapport à un plan ( ), alors le champ et le

potentiel électrostatiques ont aussi cette symétrie. En particulier, si M  ( ) alors E ( M ) est contenu
dans ce plan, c’est-à-dire sa composante normale à ( ) est nulle.
- Si la distribution de charges à la symétrie impaire par rapport à un plan ( ), alors le champ et le

potentiel électrostatiques ont aussi cette symétrie. En particulier, si M  ( ) alors E ( M ) est
perpendiculaire à ce plan, c’est-à-dire sa composante tangentielle à ( ) est nulle.
III-2) Invariance par translation et par rotation :
Invariance par translation / Symétrie de translation :

On dit qu’un champ scalaire f ou vectoriel E est invariant par translation le long d’un axe  si les
valeurs de ce champ en deux points P et P ' (où P ' est obtenu par translation de P parallèlement à  )
sont égales.

Si  correspond à l’axe Oz , f et E sont invariants par translation le long de Oz est équivalent à dire

que f et E sont indépendants de z.
Invariance par rotation / Symétrie de révolution :
On dit qu’un champ scalaire f est invariant par toute rotation d’angle  autour de Oz lorsque f ne
dépend pas de l’angle  .

On dit qu’un champ vectoriel E est invariant par rotation d’angle  autour de Oz lorsque
 ' '  
E ( M )  E ( M ) où M ' et E ' sont les images par la rotation d’angle  respectivement de M et E.

Autrement dit, en tournant M de  , le champ de vecteurs E subit la même rotation.

En conséquence, si le champ de vecteurs E est invariant par toute rotation  autour de l’axe Oz alors

les composantes cylindriques de E ne dépendent pas de l’angle  .
Symétrie cylindrique :
On dit qu’un champ scalaire f possède la symétrie cylindrique (symétrie de révolution et de
translation) d’axe Oz lorsque f est invariant par toute translation le long de l’axe Oz et par toute
rotation autour de Oz. En utilisant les coordonnées cylindriques, f ne dépend alors que de la distance
 à l’axe Oz : f ( P )  f (  ).
2
2021/2022 Chapitre 3 Dr. MAHMOUDI W. F.
 
On dit qu’un champ vectoriel E possède la symétrie cylindrique d’axe Oz lorsque E est invariant par
toute translation le long de l’axe Oz et par toute rotation autour de Oz. Il vient que les composantes

cylindriques de E ne dépendent ni de z ni de l’angle  .
Symétrie sphérique :
On dit qu’un champ scalaire f possède la symétrie sphérique de centre O lorsque f est invariant par
toute rotation autour du point O. En utilisant les coordonnées sphériques, f ne dépend alors que de la
variable r : f ( P )  f (r ).
 
On dit qu’un champ vectoriel E possède la symétrie sphérique de centre O lorsque E est invariant par

toute rotation autour du point O. Il vient que les composantes sphériques de E ne dépendent ni de
l’angle  ni de l’angle  .
IV) Loi de Curie :
IV-1) Enoncé :
La loi de Curie stipule que l’effet (champ ou potentiel électrostatiques par exemple) possède au moins
la symétrie de sa cause (distribution de charges).
IV-2) Règle de symétrie du champ et du potentiel électrostatiques :
A partir de la loi de Curie, on déduit :
- Si la distribution de charges est invariante pour toute translation le long de l’axe , alors le champ et
le potentiel électrostatiques sont aussi invariants pour toute translation le long de l’axe .
- Si la distribution de charges est invariante pour toute rotation d’angle  autour de Oz , alors le champ
électrostatique et le potentiel ne dépendent pas de  .
- Si la distribution de charges est symétrique par rapport à un point O, alors le champ et le potentiel
électrostatiques ne dépendent ni de l’angle  ni de l’angle  .
Récapitulation :
L’invariance par translation ou par rotation permet de déterminer le système de coordonnées le plus
adéquat et détermine les variables d’espace qui n’interviennent pas dans la description du système.
Par contre la symétrie par rapport à un plan renseigne sur la direction du champ. Elle permet de
déterminer les composantes du champ qui sont nulles.

Symétrie paire Symétrie impaire

Champ de contenu dans perpendiculaire


vecteurs le plan de au plan de

polaires E ( M ) symétrie symétrie
E  0 E//  0

Les symboles  et  signifient respectivement composante perpendiculaire au plan de symétrie et


composante parallèle au plan de symétrie.

Vous aimerez peut-être aussi