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Droit bancaire

Professeur Imane Oualji


INTRODUCTION

u Définition: Le droit bancaire est l’une des branches du droit les plus anciennes
mais aussi l’une des plus modernes. Car la fonction de paiement et de crédit,
consubstantielle à l’activité est ancestrale.
u Le droit bancaire est une matière vaste et complexe qui touche de près le
commerce de l'argent.
u Le droit bancaire peut être défini comme l’ensemble des dispositions juridiques
qui gouvernent l’exercice de commerce des banques, ces dispositions ne sont pas
contenues dans un seul texte, car il n’existe pas de code bancaire. il faut dire que
cette branche de droit fait l'objet d'une inflation législative, et d’un éparpillement
de textes de loi.
Les sources du droit bancaire

I- Textes législatifs:
1) La loi bancaire n° 103-12 relative aux établissements de crédit et organismes
assimilés, comme étant une loi spéciale qui régit le secteur bancaire, et les contrats et
opérations bancaires;
2) Le code de commerce constitue une véritable source de droit bancaire dans la
mesure où il régit certains contrats bancaires (compte bancaire, ouverture de crédit,
virement, crédit bail…..), et encadre la relation entre les commerçants (preuve,
prescription….), sans oublier la qualification des opérations de banque comme acte
de commerce.
3) Autres lois:
Ø La loi 76.03 portant statut de Bank Al-Maghrib;
Ø La loi n°18.97 relative au micro-crédit;
Ø La loi n°44.10 relative au statut de « Casablanca Finance
City »;
Ø La loi 31.08 édictant des mesures de protection du
consommateur, qui tend à protéger le client, lorsqu’il est un
simple consommateur, contre les abus des banquiers. Loi 78-20
modifiant l’article 202
II- Les textes réglementaires :

u les décrets d’application de la loi bancaire;


u les arrêtés du ministre chargés des finances;
u les circulaires de Bank-Al-Maghrib. Mais la question qui se pose dans ce
sens, quelle est la valeur juridique de ces circulaires, est ce que le client
peut les évoquer à l’encontre de la banque?
Signalons tout d’abord, que l’article 24 énonce que « Les circulaires du wali
de Bank Al-Maghrib prises en application de la présente loi et des
dispositions législatives et réglementaires en vigueur sont publiées au
Bulletin Officiel après homologation par arrêtés du ministre chargé des
finances ».
On peut ajouter aussi l’article 156 de la loi n°103.12 qui renvoie au
circulaire qui détermine les énonciations obligatoires dans les relevés
bancaires. On va voir aussi par la suite que les juridictions marocaines
n’hésitent pas à les appliquer, même dans la relation qui lie l’établissement
de crédit avec le client.
III- La jurisprudence:

La jurisprudence a un rôle très important dans l’évolution du droit bancaire, non


seulement pour interpréter les textes mais également pour créer en dehors de tout
texte, le régime juridique de certaines opérations.
IV- Les usages bancaires:
Les usages bancaires jouent un rôle important en matière bancaire. Nés de la
pratique bancaire, ils sont multiples et concernent tant les relations des
établissements de crédit entre eux que leurs relations avec les clients. on peut citer
celui des dates de valeur ou celui consistant à retenir une année de 360 jours pour le
calcul des intérêts de prêts accordés à des professionnels.
V- Les sources au niveau international:

u Les deux Conventions de Genève des 7 juin 1930 et 19 mars 1931 : celles-ci
sont spécifiques à l'activité bancaire et posent des règles matérielles. Ces
dispositions ont été intégrées au code de commerce, elles concernent les effets
de commerce (La lettre de change et le chèque).
u Les deux Conventions d’Unidroit d’Ottawa du 28 mai 1988 : elles portent sur le
crédit-bail international et l'affacturage international que le Maroc a ratifié le en
juillet 1988 .
Partie I : Le cadre juridique de l'activité bancaire

u Jusqu’au début des années trente, le secteur bancaire n’était soumis à aucune
réglementation particulière. Ce n’est qu’avec la Seconde Guerre mondiale que
s’est organisé le contrôle public des banques . Le système bancaire a ensuite
connu de profondes transformations à partir du milieu des années 1980
conduisant les pouvoirs publics à rénover le cadre juridique et institutionnel de
l’activité bancaire ; Pour des raisons d’ordre public, le législateur, définit,
encadre et contrôle l’activité bancaire. Visant ainsi la maîtrise de la création et
la circulation de la monnaie, la garanti de la stabilité du système bancaire, la
sécurité des déposants et créanciers des banques, mais également la préservation
de l’ordre public au sens plus large.
I- Les structures de la profession bancaire:

1- Les établissements de crédit:


les établissements de crédit effectuent, à titre de profession habituelle, une ou
plusieurs des activités suivantes :
u la réception de fonds du public;
u les opérations de crédit (mettre des fonds à la disposition d’une autre personne,
engagement par signature sous forme d’aval, de cautionnement, crédit-bail
affacturage..;
u la mise à disposition de la clientèle de tous moyens de paiement ou leur gestion
(comme le chèque, l'effet de commerce, le virement et l'avis de prélèvement).
2- Les sociétés de financements:

les sociétés de financement ne peuvent effectuer, parmi les opérations liées à


l'activité bancaire et définies par les articles 1 et 7 de la loi 103.12, «que celles
précisées» dans les décisions d'agrément qui les concernent ou, éventuellement,
dans les dispositions législatives ou réglementaires qui leur sont propres».
Par dérogation, les sociétés de financement peuvent être autorisées, dans le cadre de
leur agrément, à recevoir du public des fonds d'un terme supérieur à un an (extrait
de l'article 11 de la même loi).
3- les organismes assimilés:

Leur activité est tournée essentiellement vers les non-résidents (collecte de toute
forme de ressources en monnaies étrangères convertibles, opérations de placement
financier, d'arbitrage...). Mais elles peuvent, à l'instar des banques étrangères,
réaliser avec des résidents toutes opérations autorisées par l'Office des changes.

II- Condition d'accès à la profession bancaire:


Pour accéder à la profession bancaire, il faut remplir certaines conditions (la forme
juridique, l’honorabilité des dirigeants, non cumul des fonctions, La solvabilité et la
qualité des apporteurs) faisant l'objet d'un agrément délivré par le comité des
établissements de crédit. Cet agrément est une autorisation préalable imposée par la
loi, afin d'assurer la stabilité du système bancaire et de garantir de façon
harmonieuse, la protection de la clientèle et des tiers.
III- Le monopole bancaire:

Le monopole des établissements de crédit est défini par l’article 18 de la loi 103.12
qui montre bien que ce dernier porte sur toutes opérations de banque et qu’il est
renforcé en ce qui concerne les dépôts à vue ou à moins de deux ans de terme .
Quant au caractère habituel, l'exercice occasionnel semble devoir être supporté par
un raisonnement a contrario, et sous réserve de l'article 18 qui «interdit à toute
entreprise autre qu'une banque de recevoir du public des fonds à vue ou à moins de
deux ans de terme».
Selon la jurisprudence française, les opérations de banque ne sont pas illicites si
elles ne présentent qu’un caractère occasionnel et qu’en revanche, elles le sont si
elles sont accomplies de manière répétée dans le temps .
Le monopole bancaire se base sur la nécessaire protection des déposants qui doivent
être assurés de la liquidité du marché et garantis contre tout risque d’insolvabilité des
établissements de crédit, ainsi que sur le contrôle du crédit qui n’est efficace que si
la collecte des capitaux disponibles est réservée aux établissements de crédit.
En effet, c'est dans l'intérêt public et dans l'intérêt du crédit que la loi a réservé
certaines opérations à des entreprises offrant de sérieuses garanties financières de
compétence et de moralité .
IV- La sanction du non respect du monopole bancaire:

Sur le plan pénal :


u Méconnaître le monopole bancaire constitue un exercice illégal de la profession
de banquier, peut encourir des peines d’emprisonnement (6 mois à 3 ans) et
d’une amende de 100.000 à 5.000.000 de dirhams ou de l’une de ces deux peines
.
u La loi bancaire protège aussi les banques contre une usurpation de leur
appellation, c’est ainsi que l’article 182 punit d’une peine très sévère
(emprisonnement de 3 mois à un an et d’une amende de 20.000 à 200.000
dirhams, ou de l’une de ces deux peines seulement toute personne qui , agissant
pour son compte ou pour le compte d’une personne morale.
Sur le plan civil :
La cour de cassation françaises affirme que la méconnaissance du monopole bancaire
n’entraîne pas la nullité en plein droit du contrat, mais il est susceptible d’être annulé,
On évoque par exemple l’arrêt rendu par la chambre commerciale le 19 novembre 1991:
«Attendu qu'en statuant ainsi, alors que l'interdiction pesant sur toute personne autre qu'un
établissement de crédit d'effectuer à titre habituel des opérations de crédit-bail protège,
non seulement l'intérêt général et celui des établissements de crédit, mais aussi celui des
crédit-preneurs, et que sont, dès lors, recevables les actions engagées par eux et tendant à
l'annulation des conventions conclues en infraction à la règle précitée, la cour d'appel a
violé les textes susvisés;»
Il y a aussi l’arrêt rendu par l’assemblée plénière le 04/03/2005:
« Mais attendu que l’infraction de l’exercice illégal de la profession de banquier,
éventuellement commise par le dirigeant de la société "CABINET GARY", ne portant
atteinte qu’à l’intérêt général et à celui de la profession de banquier que la loi a voulu
protéger, n’est pas de nature à entrainer la nullité du contrat de prêt; »
Axes:

Dans un premier temps, on déterminera le cadre juridique de trois types de


contrats bancaires, à savoir, le compte bancaire, l’ouverture de crédit, et le
crédit-bail, ensuite on s’arrêtera aux litiges bancaires qui peuvent naître entre
l’établissement de crédit et le client.
Plan:
Première partie: Le compte bancaire
Deuxième partie: L’ouverture de crédit
Troisième partie: La gestion des moyens de paiement
Quatrième partie: Les surêtés
Cinquième partie: Les litiges bancaires
Première partie: Le compte bancaire

Comme tout compte, le compte bancaire est un tableau des crédits et des dettes
réciproques de deux personnes, Il s’agit donc d’un document qui retrace les
opérations effectuées par le client dans sa relation avec un établissement de crédit.
Dès lors, le compte est l'une des notions essentielles du droit bancaire car il est le
support par excellence des opérations de clientèle.
Le compte bancaire est également destiné à enregistrer les remises faites entre ces
correspondants – et l'on entend par remise la créance de l'un des correspondants sur
l'autre. Ces remises vont alimenter le compte dont le banquier assure la gestion
matérielle et, à chaque fois que le client devient pour une cause quelconque
créancier ou débiteur de la banque, le montant de cette créance ou de cette dette est
passé en compte et forme un article de compte.

La loi distingue entre deux types de comptes bancaires ; le compte à


vue et le compte à terme.
Chapitre I: L’ouverture du compte bancaire
L’ouverture d’un compte bancaire donne lieu à une convention régie à la
fois par le droit commun des contrats et par un ensemble de règles
spéciales. Le jeu de liberté contractuelle y est encadré. La conclusion du
contrat lui imposant aussi certaines obligations.
Il n’existe en principe aucune obligation de se faire ouvrir un compte
bancaire. L’étendue de la liberté de contracter étant très large, la banque
reste libre de refuser l’ouverture d’un compte pour un demandeur.
I- L’étendue de la liberté de contracter:
A priori, chacun est libre d’ouvrir un compte auprès de qui il le souhaite
et, inversement, les établissements bancaires sont libres d’avoir pour
clients qui ils veulent.
Toutefois, cette liberté est atténuée par le principe du « droit au compte »
qui après avoir été consacré par l’ancienne loi bancaire est confirmé par la
nouvelle loi bancaire.
Selon l’article 150 de la loi 103.12 «Toute personne ne disposant pas d'un compte à
vue et qui s'est vu refuser, par une ou plusieurs banques, l'ouverture d'un tel compte
après l'avoir demandé par lettre recommandée avec accusé de réception, peut
demander à Bank Al-Maghrib de désigner un établissement de crédit auprès duquel
elle pourra se faire ouvrir un tel compte.
Lorsqu'elle estime que le refus n'est pas fondé, Bank Al-Maghrib désigne
l'établissement de crédit auprès duquel le compte sera ouvert. Ce dernier peut
limiter les services liés à l'ouverture du compte aux opérations de caisse ».
La liberté de se faire ouvrir un compte bancaire se mesure aussi quant aux
personnes pouvant bénéficier de l’ouverture de compte bancaire. Un compte ne peut
être ouvert qu’aux personnes physiques et morales , c'est-à-dire un client disposant
de la personnalité juridique.
1- Les personnes physiques :

Le statut de certaines personnes physiques doit attirer la vigilance du


banquier.
u 1- Le mineur représenté: Il peut être ouvert un compte bancaire à un
mineur à l’initiative de son tuteur légal ou testamentaire, étant précisé
que si le compte ne fonctionne pour les retraits que sous la signature du
tuteur, le mineur peut, cependant, effectuer seul des dépôts sur son
compte.
u 2- Le majeur en tutelle ou curatelle : Le majeur incapable sous tutelle
ou en curatelle peut se faire ouvrir un compte par son tuteur ou son
curateur selon le cas. Comme pour le mineur incapable représenté le
compte ne fonctionne pour les retraits que sous la signature du tuteur,
alors que le majeur sous tutelle peut effectuer seul des dépôts sur son
compte.
2- Les personnes morales :

u A- La société en participation : Cette société est dépourvue de personnalité, et


par conséquence, elles ne saurait donc être titulaire d’un compte bancaire ou
accomplir des opérations en tant que telle. Mais le gérant peut se faire ouvrir un
compte bancaire à son nom réservé aux opérations de la participation.
u B- La société dissoute : La personnalité d’une société dissoute survit pour les
besoins de sa liquidation jusqu’à la clôture de celle-ci. Elle peut être titulaire
d’un compte bancaire qui fonctionne sous la signature du liquidateur.
u C- Les associations : Une association dûment constituée, peut être titulaire
d’un compte bancaire qui fonctionne sous la signature de son représentant
désigné conformément aux statuts.
II- Les obligations de l’étabilssement de crédit à l’ouverture du compte:

L’ouverture du compte bancaire génère pour le banquier une obligation de contrôle


et d’information .
1- L’obligation de contrôle préalable:
Lors de l’ouverture d’un compte, l’établissement de crédit doit procéder à un certain
nombre de vérifications. Ces dernières sont imposées aussi bien dans l’intérêt de
l’établissement de crédit qui doit connaître l’identité de son co-contractant que dans
l’intérêt des tiers, les comptes pouvant être un instrument commode pour réaliser des
opérations illicites.
Ces vérifications, initialement imposées par la jurisprudence, ont été consacrées par
les textes. Selon l’article 488 du code commerce, « L'établissement bancaire doit,
préalablement à l'ouverture d'un compte, vérifier :
u ‐ En ce qui concerne les personnes physiques, le domicile et
l'identité du postulant au vu des énonciations de sa carte d'identité
nationale, de la carte d'immatriculation pour les étrangers
résidents ou du passeport ou toute autre pièce d'identité en tenant
lieu pour les étrangers non-résidents;
u En ce qui concerne les personnes morales, la forme et la
dénomination, l'adresse du siège, l'identité et les pouvoirs de la
ou des personnes physiques habilitées à effectuer des opérations
sur le compte ainsi que le numéro d'inscription à l'impôt sur les
sociétés, au registre du commerce ou à l'impôt des patentes.
u Les caractéristiques et les références des documents présentés
sont enregistrées par l'établissement ».
Cas pratique:

Une personne X a demandé un crédit pour financer l’achat d’un bien immobilier. Sa
demande a été rejetée au motif que son nom figure dans la liste détenue par le
service de centralisation des risques géré par Bank Al-Maghrib. Après
investigation, il a découvert qu’un prêt de 50.000,00 dhs a été octroyé en son nom à
une tierce personne, et que faute de règlement, la banque a déjà saisi le tribunal de
commerce et un jugement qui le condamne à payer la créance a été rendu.
X a interjeté appel devant la cour d’appel de commerce de Casablanca en soulevant
qu’il n’a jamais ouvert un compte chez la banque, ni demander un crédit, et que
tous les documents sur lesquels l’établissement de crédit s’est basé pour l’octroie de
crédit, sont falsifiés. La cour d’appel a ordonné une expertise, qui a confirmé les
propos de l’appelant. Le jugement de première instance a été annulé.
‫‪X décide alors, d’ester en justice contre la banque en évoquant sa négligence de‬‬
‫‪contrôler et de vérifier l’identité du demandeur de prêt, lors de l’ouverture de‬‬
‫‪compte bancaire, en demandant des dommages et intérêts.‬‬
‫‪Le tribunal de commerce de Casablanca, par son jugement rendu le‬‬
‫‪14/01/2016, lui donne gain de cause en affirmant le responsabilité de‬‬
‫‪l’établissement de crédit en motivant sa décision comme suite:‬‬
‫» و ﺣﯾث إن اﻟﺛﺎﺑت ﻣن ﺧﻼل اﻟﻘرار اﻻﺳﺗﺋﻧﺎﻓﻲ اﻟﻣﺷﺎر إﻟﯾﮫ رﻗم ‪ 2197‬ﻓﻲ اﻟﻣﻠف رﻗم‬
‫‪ 2841/8221/2012‬اﻟﺻﺎدر ﺑﺗﺎرﯾﺦ ‪ ،22/04/2014‬أﻧﮫ ﺟﺎء ﺑﺣﯾﺛﯾﺎﺗﮫ أن اﻟﺑﻧك اﻟﻣدﻋﻰ ﻋﻠﯾﮫ ﻟم‬
‫ﯾﺗﺣﻠﻰ ﺑﺎﻟﻘدر اﻟﻛﺎﻓﻲ ﺑواﺟب اﻟﯾﻘظﺔ ﻗﺑل ﻓﺗﺢ اﻟﺣﺳﺎب و اﻟﺗﺣﻘق ﻣن ھوﯾﺔ اﻟﻌﻣﯾل ﻛﻣﺎ ھو ﻣﻧﺻوص ﻋﻠﯾﮫ‬
‫ﻓﻲ ﻣﻧﺷور واﻟﻲ ﺑﻧك اﻟﻣﻐرب‪ ،‬ﺑﺣﯾث إن اﻟﺑﯾﺎﻧﺎت اﻟﻣﺑﯾﻧﺔ ﻓﻲ اﺳﺗﻣﺎرة ﻓﺗﺢ اﻟﺣﺳﺎب و ﺑطﺎﻗﺔ اﻟﺗﻌرﯾف‬
‫اﻟوطﻧﯾﺔ اﻟﺗﻲ اﻋﺗﻣدھﺎ اﻟﺑﻧك ﻻ ﺗﻧطﺑق ﻋﻠﻰ اﻟﻣﺳﺗﺄﻧف ﻛﻣﺎ أن ﺷﮭﺎدة اﻷﺟر اﻟﺗﻲ اﻋﺗﻣد ﻋﻠﯾﮭﺎ ﻓﻲ ﻣﻧﺢ‬
‫اﻟﻘرض ﺗﺣﻣل أرﻗﺎﻣﺎ وھﻣﯾﺔ ﻛرﻗم اﻟﻣؤﻣن و رﻗم اﻧﺧراط اﻟﺷرﻛﺔ ﻟدى اﻟﺻﻧدوق اﻟوطﻧﻲ ﻟﻠﺿﻣﺎن‬
‫اﻻﺟﺗﻣﺎﻋﻲ‪ ،‬و أﻧﮫ ﺑذﻟك ﺗﻛون اﻟوﺛﺎﺋق اﻟﻣﻌﺗﻣد ﻋﻠﯾﮭﺎ ﻓﻲ ﻓﺗﺢ اﻟﺣﺳﺎب و ﻣﻧﺢ ﻟﻘرض‪ ،‬ﻻ ﺗﻧطﺑق ﻋﻠﻰ‬
‫اﻟﻣدﻋﻲ ﻓﻲ اﻟدﻋوى اﻟﺣﺎﻟﯾﺔ‪ ،‬ﻣﻣﺎ ﯾﺷﻛل ﺧطﺄ ﺛﺎﺑﺗﺎ ﻓﻲ ﺣق اﻟﻣدﻋﻰ ﻋﻠﯾﮭﺎ‪ ،‬ﻟﻛوﻧﮭﺎ ﻗد ﺟﺎﻧﺑت اﻟﺣذر‬
‫اﻟﻣﻔﺗرض ﻓﯾﮭﺎ‪ ،‬و ﯾﺷﻛل ﺧطﺄ ﺑﻧﻛﯾﺎ ﻛﺎن ﻋﻠﯾﮭﺎ ﺗﻔﺎدﯾﮫ ﻟو اﻟﺗزﻣت اﻟدﻗﺔ ﻓﻲ ﺗﻔﺣص اﻟﻣﻌﻠوﻣﺎت اﻟﻣﺗوﻓرة‬
‫ﻟدﯾﮭﺎ و اﻟﺗﻲ ﺗﺧص زﺑﻧﺎﺋﮭﺎ«‬
‫‪Tri,com- 14/01/2016- Jugement n°272- doss n°10702/8220/2015.‬‬
‫‪Dans un cas similaire au précédent le même tribunal a confirmer, par son jugement‬‬
‫‪rendu le 31/10/2019, la faute de l’établissement bancaire qui ne vérifie pas‬‬
‫‪suffisamment les pièces qui lui sont fournies dans le cadre de l’ouverture de compte,‬‬
‫‪en motivant sa décision comme suite:‬‬
‫» و ﺣﯾث إﻧﮫ ﺑﺎﻟرﺟوع إﻟﻰ اﻟوﺛﺎﺋق اﻟﻣدﻟﻰ ﺑﮭﺎ ﻣن ﺟﺎﻧب اﻟﻣدﻋﻲ‪ ،‬ﯾﺗﺑﯾن ﻣﻧﮭﺎ أن اﻟﻣدﻋﻰ ﻋﻠﯾﮭﺎ ﻟم ﺗﺗﺣﻠﻰ ﺑﺎﻟﻘدر‬
‫اﻟﻛﺎﻓﻲ ﻣن واﺟب اﻟﯾﻘظﺔ ﻗﺑل إﺑرام ﻋﻘد اﻟﻘرض ﺑﯾﻧﮭﺎ و ﺑﯾن اﻟﻣدﻋﻰ ﺗﺣت ﻋدد ‪ ....‬اﻟﻣﺗﻌﻠق ﺑﺎﻗﺗراض ﻣﺑﻠﻎ‬
‫‪ 70.000‬درھم‪ ،‬ﺑﺣﯾث ﻟم ﺗﻌﻣل ﻋﻠﻰ اﻟﺗﺣﻘق ﻣن ھوﯾﺔ اﻟﻣدﻋﻰ ﻛﺎﻣﻠﺔ‪ ،‬ﻛﻣﺎ ھو ﻣﻧﺻوص ﻋﻠﻰ ذﻟك ﻓﻲ ﻛل ﻣن‬
‫اﻟدورﯾﺔ ﻋدد ‪/41‬و‪ 2007/‬ﺑﺗﺎرﯾﺦ ‪ 02/8/2007‬ﻓﻲ ﻣﺎدﺗﮭﺎ ‪ 12‬و اﻟدورﯾﺔ ﻋدد ‪/1‬و‪ 2011/‬ﻓﻲ ﻣﺎدﺗﮭﺎ ‪6‬‬
‫اﻟﺻﺎدرﺗﯾن ﻋن واﻟﻲ ﺑﻧك اﻟﻣﻐرب اﻟﻣﺗﻌﻠﻘﺗﯾن ﺑواﺟب اﻟﯾﻘظﺔ اﻟﻣﻔروض ﻋﻠﻰ ﻣؤﺳﺳﺎت اﻻﺋﺗﻣﺎن‪....‬‬
‫و ﺣﯾث إن اﻟﻣدﻋﻰ ﻋﻠﮭﺎ ﻟم ﺗﺑﺎدر إﻟﻰ اﻹدﻻء ﺑﺄي وﺛﯾﻘﺔ ﻗدﻣﮭﺎ ﻟﮭﺎ اﻟﻣدﻋﻲ ﺗﻔﯾد رﻏﺑﺗﮫ ﻓﻲ اﻻﺳﺗﻔﺎدة ﻣن اﻟﻘرض‬
‫ﻣوﺿوع اﻟﻧزاع‪ ،‬ﻣﻣﺎ ﯾﻛون ﻣﻌﮫ اﻟﺑﻧك ﻗد ﻋﺟز ﻋن إﺛﺑﺎت اﻟظروف اﻟﺗﻲ أﺑرم ﻓﯾﮭﺎ ﻋﻘد اﻟﻘرض‪ ،‬و أن إﺑرام‬
‫ﻋﻘد اﻟﻘرض ﺑﻣﻌﻠوﻣﺎت ﺷﺧﺻﯾﺔ ﺧﺎطﺋﺔ ﻣن طرف اﻟﻣدﻋﻰ ﻋﻠﯾﮭﺎ ﯾﺷﻛل ﺧطﺄ ﻣن ﺟﺎﻧﺑﮭﺎ و ﻣﺧﺎﻟﻔﺔ ﻟﻠﺿواﺑط و‬
‫اﻟﻘواﻋد اﻟﺗﻲ ﯾﺟب أن ﺗﺗﺣﻠﻰ ﺑﮭﺎ اﻟﻣدﻋﻰ ﻋﻠﯾﮭﺎ ﺑﺎﻋﺗﺑﺎرھﺎ ﻣؤﺳﺳﺔ ﻣن ﻣؤﺳﺳﺎت اﻻﺋﺗﻣﺎن ﺑﺻﻔﺗﮭﺎ ﺷرﻛﺔ ﺗﻣوﯾل‬
‫و اﻟﻣﺻﻧﻔﺔ ﻛﺷرﻛﺔ ﻣن ﺷرﻛﺎت ﻗروض اﻻﺳﺗﮭﻼك ﻛﻣؤﺳﺳﺔ اﺋﺗﻣﺎﻧﯾﺔ و اﺣﺗراﻓﯾﺔ‪ ،‬ﺑﺣﯾث إﻧﮭﺎ ﻣﻠزﻣﺔ ﺑﺎﺗﺧﺎذ‬
‫واﺟب اﻟﺣﯾطﺔ و اﻟﺣذر أﺛﻧﺎء اﻟﻘﯾﺎم ﺑﺟﻣﯾﻊ اﻟﻌﻣﻠﯾﺎت‪ ،‬و اﻟﺗﺄﻛد ﺑﺷﻛل ﺗﻠﻘﺎﺋﻲ و أوﺗوﻣﺎﺗﯾﻛﻲ ﻣن ﻛﺎﻓﺔ اﻟﺑﯾﺎﻧﺎت‬
‫اﻟﺧﺎﺻﺔ ﺑﺎﻟزﺑون‪«.‬‬
‫‪Tri.com- 31/10/2019- Jugement n° 10258- doss n° 8031/8209/2019.‬‬
Vérification de la capacité et des pouvoirs du demandeur :

Lorsque l’ouverture du compte est demandée par une personne physique, cette dernière
doit en principe être majeure et dotée de la capacité d’exercice. Parce qu’il est doté de
la capacité, un mineur émancipé peut se faire ouvrir un compte et le faire fonctionner.
Le contrôle de la capacité a pour but d’éviter que les actes passés par le titulaire du
compte ne soient entachés de nullité. Quant à la vérification des pouvoirs, elle s’impose
chaque fois que le postulant prétend agir pour le compte d’autrui afin qu’il ne puisse
pas créer une fausse apparence de pouvoir dont il servirait pour tromper les tiers.
Lorsque le représenté est une personne morale, le banquier doit s’assurer
de sa réalité juridique en exigeant la justification de sa constitution dans
les formes légales.
La publicité légale, l’immatriculation au registre du commerce fournissent
des garanties suffisantes.
Vérification relative au domicile:

La vérification du domicile est généralement établie par l’envoi d’une


lettre d’accueil, En effet, si cette lettre n’est pas retournée à
l’établissement de crédit, on présume que l’adresse est exacte.
Finalement pèse sur l’établissement de crédit un devoir général de
prudence lors de l’ouverture d’un compte. Ainsi par la circulaire n°
1/G/2011 du 03 février 2011 relative au mesures minimales que les
sociétés de financement doivent observer lors de l’octroi de crédit,
Wali Bank Al-Maghrib définit les obligations incombant à
l’établissement de crédit en ce qui concerne notamment
l’identification, le suivi et la surveillance de la clientèle.
2- L’obligation d’information

L’article 154 prévoit une information sur les conditions générales de la banque, il
indique également que «Les conditions appliquées par les établissements de crédit à
leurs opérations, notamment en matière de taux d’intérêt débiteurs et créditeurs, de
commission et de régime de dates de valeur, doivent être portées à la connaissance
du public selon les modalités fixées par circulaire du wali de Bank Al-Maghrib,
après avis du comité des établissements de crédit ».
L’article 155 de la loi 103.12 prévoit que:
« Toute fermeture, par un établissement de crédit, d’une agence doit être portée à la
connaissance de la clientèle par tout moyen approprié, deux mois au moins avant la
date de fermeture effective.
L’établissement de crédit concerné doit porter à la connaissance de la clientèle les
références de l’agence à laquelle ses comptes seront transférés.
Il doit donner aux clients qui le souhaitent la possibilité de clôturer leurs comptes ou
de transférer leurs fonds, sans frais, soit auprès de toute autre agence de son réseau,
soit auprès d’un autre établissement de crédit. »
Chapitre II: Fonctionnement des comptes

Le banquier assure la gestion effective du compte, c'est lui qui enregistre les
opérations passées avec le titulaire, c'est également lui qui en tient la comptabilité
par inscription de leur montant – soit au crédit soit au débit – et enfin c'est lui qui
réalise la balance afin de dégager le solde provisoire qui change à chaque entrée en
compte.
Dans la gestion du compte bancaire l’établissement bancaire est tenue de respecter
les instructions de son client et les exécuter avec ponctualité, exactitude et une
grande vigilance. Un simple retard dans la passation d'une opération peut être jugé
fautif et générateur de responsabilité envers le client qui aura subit un dommage du
fait de cette négligence.
‫» ﻟﻜﻦ‪ ،‬ﺣﯿﺚ إﻧﮫ ﻟﻤﺎ ﻛﺎن اﻟﺜﺎﺑﺖ ﻟﻘﻀﺎة اﻟﻤﻮﺿﻮع ﻣﻦ اﻟﻮﺛﺎﺋﻖ اﻟﻤﺪﻟﻰ ﺑﮭﺎ‪ ،‬أن اﻟﻤﻄﻠﻮﺑﺔ‬
‫ﺿﺎع ﻣﻨﮭﺎ دﻓﺘﺮ ﺷﯿﻜﺎﺗﮭﺎ‪ ،‬و ﺑﺮرت ذﻟﻚ ﺑﻮﺿﻌﮭﺎ ﺗﺼﺮﯾﺢ ﻟﺪة اﻟﺠﮭﺔ اﻷﻣﻨﯿﺔ اﻟﻤﺨﺘﺼﺔ إﺛﺒﺎﺗﺎ‬
‫ﻟﺴﻼﻣﺔ ﻣﻮﻗﻔﮭﺎ‪ ،‬و درءا ﻟﻤﺎ ﻗﺪ ﺗﺘﻌﺮض ﻟﮫ ﺷﯿﻜﺎت ذﻟﻚ اﻟﺪﻓﺘﺮ ﻣﻦ اﺳﺘﻌﻤﺎل ﺿﺎر ﺑﮭﺎ و‬
‫ﺑﻐﯿﺮھﺎ‪ ،‬ﺛﻢ ﺗﻌﺮض ﻟﺪى اﻟﺒﻨﻚ اﻟﻤﺴﺘﻮطﻦ ﺑﮫ ﺣﺴﺎﺑﮭﺎ ﻋﻠﻰ ﺻﺮف أي ﺷﯿﻚ ﻣﻦ ﺷﯿﻜﺎﺗﮫ‪ ،‬ﻓﺈﻧﮫ‬
‫ﻛﺎن ﻋﻠﻰ ھﺬا اﻷﺧﯿﺮ ﻟﻤﺎ ﻗﺪم ﻟﮫ اﻟﺸﯿﻚ ﻣﻮﺿﻮع اﻟﻨﺰاع ﻟﻼﺳﺘﺨﻼص‪ ،‬و ﻹﺑﻌﺎد أي ﻣﺴﺆوﻟﯿﺔ‬
‫ﻋﻨﮫ‪ ،‬أن ﯾﻀﻤﻦ ﺑﻮرﻗﺔ اﻟﻤﻌﻠﻮﻣﺎت و ﺑﺼﻔﺔ أﺳﺎﺳﯿﺔ ﻋﺒﺎرة »ﺷﯿﻚ ﻣﺘﻌﺮض ﻋﻠﯿﮫ« ﺗﻨﻔﯿﺬا‬
‫ﻟﺘﻌﻠﯿﻤﺎت زﺑﻮﻧﺘﮫ‪ ،‬و إن أراد ﯾﻤﻜﻨﮫ إﺿﺎﻓﺔ ﻣﻼﺣﻈﺘﻲ ﻋﺪم وﺟﻮد اﻟﻤﺆوﻧﺔ‪ ،‬و ﻋﺪم ﻣﻄﺎﺑﻘﺔ‬
‫اﻟﺘﻮﻗﯿﻊ‪ ،‬و ھﻤﺎ ﻣﻼﺣﻈﺘﺎن داﻋﻤﺘﺎن ﻟﻠﻤﻼﺣﻈﺔ اﻷوﻟﻰ‪ ،‬إذ أن ادﻋﺎء اﻟﻤﻄﻠﻮﺑﺔ ﺿﯿﺎع دﻓﺘﺮ‬
‫ﺷﯿﻜﺎﺗﮭﺎ‪ ،‬ﯾﺴﺘﺘﺒﻌﮫ ﺣﺘﻤﺎ ﻋﺪم ﻧﺴﺒﺔ اﻟﺘﻮﻗﯿﻊ اﻟﻤﻀﻤﻦ ﺑﺄﺣﺪ أوراﻗﮫ إﻟﯿﮭﺎ‪ ،‬و اﻟﻤﺆوﻧﺔ ﻗﺪ ﺗﻜﻮن‬
‫ﻣﻮﺟﻮدة و ﻗﺪ ﻻ ﺗﻜﻮن‪ ,‬و ﻓﻲ ھﺬه اﻟﺤﺎﻟﺔ ﺳﯿﻜﻮن ﺗﻌﺎﻣﻞ اﻟﻨﯿﺎﺑﺔ اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻣﻊ اﻟﺸﻜﺎﯾﺔ اﻟﻤﺮﻓﻘﺔ‬
‫ﺑﺬﻟﻚ اﻟﺸﯿﻚ‪ ،‬ﻏﯿﺮ ﺗﻌﺎﻣﻠﮭﺎ ﻣﻊ اﻟﺸﻜﺎﯾﺔ اﻟﺘﻲ أدت ﻹداﻧﺘﮭﺎ اﺑﺘﺪاﺋﯿﺎ ﺛﻢ ﺑﺮاءﺗﮭﺎ ﻓﻲ اﻟﻤﺮﺣﻠﺔ‬
‫اﻻﺳﺘﺌﻨﺎﻓﯿﺔ‪ ،‬و ﺳﯿﻜﻮن ﻣﻮﻗﻒ اﻟﺴﻠﻄﺎت اﻟﻤﺎﻟﯿﺔ ﻏﯿﺮ ذﻟﻚ‪ ،‬اﻟﺸﻲ اﻟﺬي أدى ﻟﻤﺎ ﺣﺎق ﺑﮭﺎ ﻣﻦ‬
‫أﺿﺮار ﻓﺼﻠﺘﮭﺎ ﻓﻲ ﻣﻄﺎﻟﺒﮭﺎ اﻻﻓﺘﺘﺎﺣﯿﺔ‪ .‬و اﻟﻤﺤﻜﻤﺔ ﺑﺎﻋﺘﻤﺎدھﺎ ﻣﺠﻤﻞ ﻣﺎ ذﻛﺮ و إﺛﺒﺎﺗﮭﺎ أن‬
‫ﺧﻄﺄ اﻟﻄﺎﻟﺐ ﻛﺎن ھﻮ اﻟﺴﺒﺐ ﻓﯿﻤﺎ ﺣﺪث ﻟﻠﻤﻄﻠﻮﺑﺔ ﻣﻦ ﺿﺮر‪ ،‬ﺗﻜﻮن ﻗﺪ ﻋﻠﻠﺖ ﻗﺮارھﺎ ﺑﻤﺎ‬
‫ﯾﻜﻔﻲ و ﺑﺸﻜﻞ ﺳﻠﯿﻢ و اﻟﻮﺳﯿﻠﺔ ﻋﻠﻰ ﻏﯿﺮ أﺳﺎس‪«.‬‬
‫‪Cass.com- Arrêt n°66- doss n° 959/3/1/2012- 05/02/2015.‬‬
Date de valeur/date d’opération:

u La date de valeur est la date prise en considération pour le calcul d’intérêts


débiteurs ou créditeurs consécutifs à l’exécution d’une opération sur un compte.
u les banques pratiquent ce que l'on appelle les dates de valeur pour retenir une
date différente de celle de l'inscription des opérations au compte. Dans les faits,
la plupart des opérations de crédit sont donc enregistrées sur le compte à une
date de valeur postérieure à la date de l'opération, tandis que la plupart des
opérations de débit sont enregistrées sur le compte à une date de valeur
antérieure à la date de l'opération.
Le rôle des relevés bancaires:

Le banquier adresse périodiquement au titulaire du compte un relevé chiffré


indiquant pour chaque opération sa nature, sa date, son montant et la modification
du solde provisoire qui en résulte. Le relevé permet :
u D'assurer l'information du client sur l'état de son compte, d'être averti sur les
opérations effectuées, sur les modifications des conditions de banque et
notamment sur les frais de commission et les taux d'intérêt débiteur.
u D'autre part, le relevé permet au client de contrôler les erreurs qui auraient pu
être commises. En cas d'erreur, ces dernières seront souvent corrigées par une
écriture en sens inverse que l'on appelle la contre-passation.
A cet égard, se pose la question suivante: Est que la banque peut justifier sa
créance à l’encontre du client civil, à travers les relevés bancaires?
Il faut souligner tout d’abord que la personne ne peut pas créer une preuve à
son profit, mais étant donné que les établissements de crédit sont soumises à
un système comptable rigoureux, les relevés issus de leurs comptabilités
font moyens preuve selon l’article 156 de loi 103.12.

En revanche, il faut retenir que les relevés bancaires ne sont pas considérés
comme preuve irréversible, vu que le client peut prouver le contraire.
D’ailleurs, la jurisprudence, exige toujours que la contestation du client soit
sérieuse afin d’écarter les relevés et d’ordonner une expertise.
‫‪On peut citer par exemple deux arrêts rendus par la cour d’appel de commerce de‬‬
‫‪Casablanca, le premier en date du 04/02/1999, selon lequel :‬‬
‫» ﻟﻛن ﺣﯾث أن اﻟﻛﺷوف اﻟﺣﺳﺎﺑﯾﺔ اﻟﺑﻧﻛﯾﺔ ﯾوﺛق ﺑﺎﻟﺑﯾﺎﻧﺎت اﻟواردة ﻓﯾﮭﺎ وﺗﺷﻛل ﺣﺟﺔ ﺗﻌﺗﻣد ﻓﻲ اﻟﻣﻧﺎزﻋﺎت‬
‫طﺎﻟﻣﺎ ﻟم ﯾﻘﻊ اﻹدﻻء ﺑﻌﻛﺳﮭﺎ‪ ،‬وذﻟك ﺣﺳﺑﻣﺎ ﺗﻘﺿﻲ ﺑذﻟك ﺻراﺣﺔ ﻣﻘﺗﺿﯾﺎت اﻟﻔﺻل ‪ 106‬ﻣن اﻟظﮭﯾر‬
‫اﻟﻣؤرخ ﻓﻲ ‪ 6/7/93‬اﻟﻣﺗﻌﻠق ﺑﻣؤﺳﺳﺎت اﻻﺋﺗﻣﺎن‪.‬‬
‫ﺣﯾث إن ﻣﻧﺎزﻋﺔ اﻟطرف اﻟﻣﺳﺗﺄﻧف ﻓﻲ اﻟﻔواﺋد اﻟﻣدرﺟﺔ ﺑﻛﺷف اﻟﺣﺳﺎب ﺟﺎءت ﺳﻠﺑﯾﺔ إذ ﻟم ﯾﻌززھﺎ ﺑﺄﯾﺔ‬
‫ﺣﺟﺔ أو وﺛﯾﻘﺔ ﻣن ﺷﺄﻧﮭﺎ أن ﺗﺛﺑت اﻟﻌﻛس‪«.‬‬
‫‪CA.com- 04/02/1999- arrêt n°107/99- doss n° 785/4/98.‬‬
‫‪Tandis que le deuxième arrêt rendu le 28/02/2006 énonce que:‬‬
‫» و ﺣﯾث إﻧﮫ ﺑﺧﺻوص ﻣﺎ ﻋﺎﺑﮫ اﻟطرف اﻟﻣﺳﺗﺄﻧف ﻋﻠﻰ اﻟﺣﻛم ﻛوﻧﮫ رد اﻟدﻓﻊ اﻟﻣﺗﻌﻠق ﺑﺎﻟﻣﻧﺎزﻋﺔ ﻓﻲ اﻟﻣدﯾوﻧﯾﺔ‬
‫و ذﻟك ﺑﻌﻠﺔ ﻋدم اﻷداء داﺧل اﻷﺟل‪ ،‬ﻓﺈن ذﻟك ﻣردود ﻋﻠﻰ اﻋﺗﺑﺎر أن اﻟﻣﺳﺗﺄﻧف ﻋﻠﯾﮫ اﻋﺗﻣد ﻓﻲ إﺛﺑﺎت اﻟدﯾن‬
‫ﻋﻠﻰ ﻋﻘد اﻟرھن و ﻛﺷف ﺣﺳﺎب و اﻟذي أﻋطﻰ ﻟﮫ اﻟﻣﺷرع ﺣﺟﯾﺔ ﻓﻲ اﻹﺛﺑﺎت‪ ،‬و ذﻟك طﺑﻘﺎ ﻟﻠﻔﺻل ‪ 106‬ﻣن‬
‫ظﮭﯾر ﻣؤﺳﺳﺎت اﻻﺋﺗﻣﺎن‪ ،‬و أن اﻟﻣﻧﺎزﻋﺔ ﻓﯾﮫ ﻻ ﯾﻣﻛن أن ﺗﻛون ﻋﺎﻣﺔ و ﻣﺟردة ﺑل ﻻﺑد أن ﯾﺧص ﻋﻣﻠﯾﺔ أو‬
‫ﻋﻣﻠﯾﺎت ﻣﻌﯾﺑﺔ أو إﻗﺣﺎم أو اﻗﺗطﺎع ﻏﯾر ﻣﺑرر أو ﻋدم ﺻﺣﺔ دﻓﻊ أو أداء ﻣﻌﯾن و أن اﻟﻣﺳﺗﺄﻧﻔﯾن ﻟم ﯾدﻋﻣوا ھذا‬
‫اﻟدﻓﻊ و ﻟم ﯾوﺿﺣوه ﺑﺻورة ﺗؤدي إﻟﻰ ھدم اﻟﻘرﯾﻧﺔ اﻟﻣﻧﺻوص ﻋﻠﯾﮭﺎ ﻓﻲ اﻟﻔﺻل اﻟﻣذﻛور أﻋﻼه‪ ،‬ﻣﻣﺎ ﯾﺗﻌﯾن‬
‫ﻣﻌﮫ رد اﻟدﻓﻊ ﻟﻌدم ارﺗﻛﺎزه ﻋﻠﻰ أﺳﺎس‪«.‬‬
‫‪CA.com- 28/02/2006- arrêt n°1041/06- doss n° 927/8/2005.‬‬
u Ce qu’il faut retenir que les relevés bancaires jouent un rôle essentiel pour
prouver la situation du client vis-à-vis l’établissement du crédit, et le seul
moyen de les écarter, c’est de prouver le contraire (un retrait a été inscrit au
débit plusieurs fois, une alimentation de compte qui n’a pas été inscrite,..).
u En pratique, la mise en écart des relevés bancaires nécessite l’ordonnance d’une
expertise pour déterminer la situation du client à l’égard de l’établissement
bancaire.
Chapitre III- les caractéristiques du Compte à vue :

1- Les remises réciproques :


Chacun des parties doit pouvoir prendre la qualité de remettant et de récepteur.
Selon une jurisprudence constante, il ne s'agit pas ici d'imposer aux parties de faire
fonctionner le compte sur une base de réciprocité, il suffit que la réciprocité des
remises soit possible, c'est à dire que la convention ne l'exclue pas.
Ainsi, la simple écriture en compte d'intérêts ou de commissions suffit à caractériser
la réciprocité des remises.
2- L’enchevêtrement:

les remises en compte doivent émaner des deux parties dans le


même temps. En conséquence, il ne leur est pas permis de
décider que, pendant un certain temps les remises émaneront de
l'une d'elles, et que pendant un autre temps les remises seront
effectuées par l'autre partie. Les remises doivent au contraire
être enchevêtrées.
Comme pour la condition de réciprocité, il suffit donc que la
convention laisse la possibilité d'un enchevêtrement même si
celui là n'est pas effectif dans la réalité. C'est ce qui est prévu au
contrat qui compte, pas les faits.
3- L'effet novatoire du compte à vue :

Le Compte à vue produit un effet novatoire et ce selon l'article 489 du code de


commerce les créances inscrites en compte perdent leurs caractères spécifiques et
leur individualité propre. Elles sont réputées payées et dès lors ne peuvent plus faire
l'objet, à titre distinct, d'un paiement, d'une compensation, d’une saisie, d'une
poursuite, d'une voie d'exécution ou de prescription.
Les sûretés personnelles ou réelles attachées aux créances passées en compte
s'éteignent, sauf leur report, de convention expresse, sur le solde du compte .
En effet, il y a un lien entre la disparition de la créance primitive et la formation du
solde. Ainsi donc, la créance, dès lors qu'elle est entrée en compte, est novée car elle
disparaît pour devenir un simple article de compte passé au crédit de l'un et au débit
de l'autre.
4- Le caractère d'indivisibilité du compte à vue:

le solde du compte à vue est indivisible, c'est à dire qu'il est


impossible d'y extraire un article pour lui faire subir un sort
différent. Autrement dit, la créance participe à un bloc dont les
éléments sont inséparables, et tout se passe comme s'il n'y avait plus
ni créance ni dette, et ce jusqu'à la clôture du compte. Le solde n'est
pas disponible jusque là.
A titre d'exemple, une fois entrée en compte, une créance ne peut
plus être saisie. Seul le solde du compte peut l'être au moment de la
clôture, et tant que la clôture n'est pas intervenue le créancier du
solde ne peut pas en réclamer le paiement. Une fois le compte clôt,
le solde est disponible mais indivisible.
En revanche l’article 500 du code de commerce énonce que « Le
client peut disposer à sa convenance du solde provisoire en sa
faveur. Ce solde est saisissable par tout créancier du client. »
Le régime des intérêts :

L'établissement bancaire perçoit comme rémunération de ses services, des intérêts


mais également des commissions. Du fait de la spécificité du compte à vue, les
intérêts suivent un régime dérogatoire au droit commun.
En rémunération de son travail, l'établissement bancaire touche des commissions.
Ces commissions de mouvement ou de compte sont calculées sur le montant total
des remises. Le banquier a l'obligation d'informer son client de la perception d'une
commission ainsi que de l'éventuelle modification de cette commission.
L’article 496 du code de commerce énonce que le relevé de compte indique de façon
apparente le taux des intérêts et des commissions, leur montant, et leur mode de
calcul.
les intérêts courent de plein droit en faveur de la banque (Art 495 du Code de
commerce) . La loi a limité le cours normal des intérêts dans les comptes à vue au
seul profit de la banque, lorsque le solde de son client est débiteur, et n’a guère
prévu, réciproquement, le même avantage, en faveur du titulaire du compte lorsque
le solde de celui-ci est créditeur
Le taux d’intérêts fait l'objet d'une règlementation dont le fonctionnement est
singulier. En effet, il faut rappeler que le fonctionnement du compte à vue peut
donner lieu à des intérêts qui courent au profit de la banque – intérêts débiteur – .
Ces intérêts sont réglementés et calculés à chaque arrêté de compte suivant la
périodicité convenue par les parties. L’arrêt de compte a pour objet de déterminer la
position du solde du compte : créditeur ou débiteur.
Chapitre IV- La clôture du compte bancaire:

I- Les causes de la clôture:


Les causes de clôture traduisent la dualité de nature du compte bancaire, à la fois
convention et support d’un dépôt en monnaie scripturale. Certaines causes sont
l’application du droit commun des contrats. D’autres sont la conséquence d’un
changement intervenu dans la condition juridique du client, affectant la détention
des sommes inscrites sur le compte.
1-Dénonciation unilatérale d’un compte à durée indéterminée :
Conformément aux principes généraux, chacune des parties peut y mettre fin par
sa seule volonté à la condition de la notifier au cocontractant. Si le titulaire du
compte est frappé d’incapacité, c’est son représentant légal qui est habilité à
clôturer le compte. La décision est considérée comme un acte d’administration.
Le compte à vue prend fin par la volonté de l'une des parties, sans préavis lorsque
l'initiative de la rupture a été prise par le client.
2- Clôture tacite du compte bancaire

L’article 503 du code de commerce prévoit: « si le client cesse d’alimenter son


compte pendant la durée d’une année à compter de la date du dernier solde débiteur
inscrit en compte, ledit compte doit prendre fin à l’initiative de la banque.
Dans ce cas, la banque doit, avant la clôture du compte, notifier au client cette
clôture, par une lettre recommandée transmise à sa dernière adresse déclaré à son
agence bancaire.
Si le client n’a pas exprimé sa volonté de garder son compte dans un délai de 60
jours à compter de la date de la notification, le compte est réputé clôturé, après
expiration de ce délai. »
‫‪Le tribunal de commerce de Marrakech a affirmé par son jugement rendu le 13/11/2017,‬‬
‫‪que la banque est obligé de clôturé le compte qui ne connait pas de mouvement dans la‬‬
‫‪colonne de crédit pendant une année, en motivant sa décision comme suite:‬‬

‫»و ﺣﯾث ﺗﻧص ﻣﻘﺗﺿﯾﺎت اﻟﻣﺎدة ‪ 503‬ﻣن ﻣدوﻧﺔ اﻟﺗﺟﺎرة ﻋﻠﻰ أﻧﮫ ﯾوﺿﻊ ﺣد ﻟﻠﺣﺳﺎب‬
‫ﺑﺎﻻطﻼع ﺑﺈرادة أي ﻣن اﻟطرﻓﯾن ﺑدون إﺷﻌﺎر إذا ﻛﺎﻧت اﻟﻣﺑﺎدرة ﻣن اﻟزﺑون و ﻣﻊ ﻣراﻋﺎة‬
‫اﻹﺷﻌﺎر اﻟﻣﻧﺻوص ﻋﻠﯾﮫ ﻓﻲ اﻟﺑﺎب اﻟﻣﺗﻌﻠق ﺑﻔﺗﺢ اﻻﻋﺗﻣﺎد إذا ﻛﺎﻧت اﻟﻣﺑﺎدرة ﻣن اﻟﺑﻧك‪ .‬ﻏﯾر‬
‫أﻧﮫ وﺟب ﻋﻠﯾﮫ أو ﯾﺿﻊ ﺣدا ﻟﻠﺣﺳﺎب اﻟﻣدﯾن إذا ﺗوﻗف اﻟزﺑون ﻋن ﺗﺷﻐﯾل ﺣﺳﺎﺑﮫ ﻣدة ﺳﻧﺔ‬
‫ﻣن ﺗﺎرﯾﺦ آﺧر ﻋﻣﻠﯾﺔ داﺋﻧﺔ ﻣﻘﯾدة ﺑﮫ‪...‬‬
‫و ﺣﯾث إﻧﮫ ﻓﻲ ﻧﺎزﻟﺔ اﻟﺣﺎل ﻓﻘد ﻛﺎن ﻋﻠﻰ اﻟﺑﻧط أن ﯾﻘﻔل ﺣﺳﺎب اﻟﻣدﻋﻰ ﻋﻠﯾﮫ ﺧﻼل أﺟل‬
‫ﺳﻧﺔ ﻣن ﺗﺎرﯾﺦ آﺧر ﻋﻣﻠﯾﺔ إﯾﺟﺎﺑﯾﺔ أي ﻓﻲ ‪ 01/04/2012‬و ھو اﻟﺗﺎرﯾﺦ اﻟذي ﻛﺎﻧت ﻓﯾﮫ‬
‫ﻣدﯾوﻧﯾﺔ ھذا اﻷﺧﯾر ﺑﻣﺑﻠﻎ ‪ 162,265,85‬درھﻣﺎ‪ ،‬و اﺳﺗﻣرار اﻟﺑﻧك ﻓﻲ اﺣﺗﺳﺎب اﻟﻔواﺋد‬
‫ﺑﻌد اﻟﺗﺎرﯾﺦ اﻟﻣذﻛور ﯾﻌﺗﺑر ﻋدﯾم اﻷﺳﺎس اﻟﻘﺎﻧوﻧﻲ‪ ،‬ﻣﻣﺎ ﯾﻛون ﻣﻌﮫ ﻣطﺎﻟﺑﺗﮫ ﺑﺎﻟﻔواﺋد اﻟﻘﺎﻧوﻧﯾﺔ‬
‫اﻟﻼﺣﻘﺔ ﻟﻠﺗﺎرﯾﺦ اﻟﻣذﻛور و ﻟﻠﻣﺻﺎرﯾف اﻟﻧﺎﺗﺟﺔ ﻋﻧﮭﺎ ﻏﯾر ذات ﻣوﺿوع‪«.‬‬
‫‪Trib.com- 13/11/2017- jugement n°2831- doss n°1765/8210/2017.‬‬
2- Modification de la situation juridique des parties :

La question de savoir si une modification de la condition juridique d’une partie a


une incidence sur les comptes ne se pose guère du coté du banquier qui est une
personne morale. En cas de cession de l’entreprise de banque, la continuation des
relations avec le nouvel exploitant résulte de l’absence d’initiative du client pour y
mettre fin.
Si l’on se place du côté du client, le dernier alinéa de l’article 503 du code de
commerce prévoit les cas de modification de la situation juridique du client. En
effet, le décès est, certainement, une cause de clôture, mais rien n’empêche les
parties de convenir que le compte sera maintenu pour les besoins de la liquidation
successorale. Les héritiers en seront les titulaires.
‫‪3- Le décès:‬‬

‫‪La cour d’appel de commerce de Marrakech affirme par son arrêt rendu‬‬
‫‪le13/07/2016, que la banque est obligée de clôture le compte bancaire dés qu’elle a‬‬
‫‪eu connaissance du décès du titulaire du compte, en motivant sa décision comme‬‬
‫‪suite:‬‬
‫»ﺣﯾث إﻧﮫ ﺧﻼﻓﺎ ﻟﻣﺎ ﯾﺗﻣﺳك ﺑﮫ اﻟﻣﺳﺗﺄﻧف‪ ،‬ﻓﺈن ﻣﻘﺗﺿﯾﺎت اﻟﻔﺻل ‪ 503‬ﻣن م‪,‬ت اﻟﺗﻣﺳك ﺑﮭﺎ واﺿﺣﺔ ﻓﻲ أن‬
‫اﻟﺣﺳﺎب ﯾﻘﻔل ﺑﺎﻟوﻓﺎة‪ ،‬إذ أﻧﮫ ﺑﻣﺟرد وﻓﺎة ﺻﺎﺣب اﻟﺣﺳﺎب ﯾﺗﻌﯾن إﻗﻔﺎﻟﮫ ﻣن أﺟل ﺗﺻﻔﯾﺗﮫ و ﺗﺣدﯾد رﺻﯾده‬
‫اﻟﻧﮭﺎﺋﻲ إﻣﺎ داﺋﻧﺎ أو ﻣدﯾﻧﺎ‪ ،‬و أن ﻣﺎ ﯾﺗﻣﺳك ﺑﮫ اﻟﺑﻧك ﻣن أﻧﮫ ﻟﯾس ھﻧﺎك ﻣﺎ ﯾﻣﻧﻊ ﻣن ﺗرك اﻟﺣﺳﺎب ﻣﻔﺗوﺣﺎ إﻟﻰ‬
‫ﻏﺎﯾﺔ ﺗﺻﻔﯾﺔ اﻟﺗرﻛﺔ ﻻ ﯾﻠﺗﻔت إﻟﯾﮫ ﻷن ذﻟك ﻓﻲ اﻟﺣﺎﻟﺔ اﻟﺗﻲ ﯾﺗﻔق ﻓﯾﮭﺎ ﻣﻊ اﻟورﺛﺔ و ﯾﺑﻘﻰ اﻟﺣﺳﺎب ﻣﻔﺗوﺣﺎ ﺑﺎﺳﻣﮭم‬
‫ﻻ ﺑﺎﺳم اﻟﻣوروث‪«.‬‬
‫‪CA.com- 13/07/2016- arrêt n° 1065- doss n° 1670/15/2013.‬‬
4- La mise en procédure de sauvegarde, redressement
judiciaire, ou liquidation judiciaire?

Etant donné que le compte bancaire est considéré comme étant un contrat à
exécution successive d’une part, et vu son rôle vital dans la vie de l’entreprise, la
mise de celle-ci en procédure de sauvegarde, redressement judiciaire, ou
liquidation judiciaire n’entraîne pas sa résiliation, est demeure ouvert sous peine
de responsabilité de l’établissement de crédit.
II- Les effets de la clôture:

Le client ne peut accomplir de nouvelles opérations. En particulier, il ne peut plus


émettre de chèques. Le banquier est fondé à lui demander la restitution des formules
de chèques non encore utilisées. Les chèques antérieurement émis doivent, toutefois,
être payés s’ils sont provisionnés. La contre-passation des effets escomptés revenus
impayés reste possible.
Après liquidation des opérations en cours, le solde doit, s’il est créditeur, être remis
au client ou à ses ayants droit. Par contre le montant du solde débiteur est dû au
banquier par le client ou ses ayants cause.
Deuxième partie- L’ouverture de crédit:

L’article 524 du code de commerce énonce que:


« L'ouverture de crédit est l'engagement de la banque de mettre des
moyens de paiement à la disposition du bénéficiaire ou de tiers,
désigné par lui, à concurrence d'une certaine somme d'argent.
Un solde débiteur occasionnel n'emporte pas ouverture de crédit. »
Chapitre I- L’ouverture explicite du crédit:

Comme n’importe quel contrat, l’ouverture de crédit doit être faite par
un commun accord entre l’établissement de crédit et le client. Celui-ci
va bénéficier des moyens de paiement qui peut les utiliser à son guise à
condition de ne pas dépasser le plafond.
En contre partie, le client doit alimenter son compte (soigner sa
situation financière) soit d’une façon périodique en injectant un
montant bien déterminé, ou bien ne pas dépasser un seuil pendant une
certaine duré.
A l’inverse du prêt, la situation du client se détermine en fonction des
fonds utilisés. Cela veut dire que le client qui n’use pas des fonds ne
sera jamais débiteur à l’égard de l’établissement de crédit, sauf pour
régler les commissions et frais dû à celui-ci, et par conséquence la
charge de preuve de la créance incombe à l’établissement de crédit.
I- Obligation de l’établissement de crédit:
L’établissement bancaire est tenu d’exécuter tous les ordres du client qui ne
dépassent pas le plafond:
Il est évident que lors de l’ouverture de crédit, on doit abandonné l’idée classique de
la provision, car même si la situation du client est débitrice, il a toujours de la
provision vis-à-vis les tiers, tant qu’il a sa disposition les moyens de paiement qui
peuvent les utiliser.
Cas pratique :
Une banque a consentie à son client une ouverture de crédit d’un million de dirhams,
tout en sachant que son compte bancaire est créditeur de 100.000,00 dirhams. A
l’occasion de son activité commerciale, il a émis deux chèques, le premier d’une
valeur qui s’élève à 500.000,00 dhs et le deuxième d’une valeur qui s’élève à
550.000,00 dhs.
Dans ce cas, la banque est obligé de payer les deux chèques sous peine d’engager sa
responsabilité, tant que le client n’a pas dépasse le plafond, Il faut signaler là aussi,
que même si la somme des deux chèques dépasse 1.000.000,00 dhs, mais il faut
prendre en considération les 100.000,00 qu’avait le client comme solde provisoire.
En payant les deux chèques, le client deviendra débiteur de la somme de 950.000,00
dhs, ce qui reste au-dessous du plafond.
Dans un cas similaire, la cour d’appel de Casablanca a confirmé, par son arrêt rendu
le 01/10/2013, la responsabilité de la banque qui rejeté un chèque et deux lettres de
change, et un aval, même si la totalité des sommes ne dépasse le plafond, selon
lequel:
‫» و ﺣﯾث ﺑﺧﺻوص اﻷﺧطﺎء اﻟﻣﻧﺳوﺑﺔ ﻟﻠﺑﻧك اﻟطﺎﻋن‪ ،‬ﻓﺈﻧﮫ ﺑﺎﻟرﺟوع إﻟﻰ اﻟﺣﺟﺞ اﻟﻣدﻟﻰ ﺑﮭﺎ ﻓﻲ اﻟﻣﻠف‪ ،‬و‬
‫ﺧﺎﺻﺔ ﻣﻧﮭﺎ اﻟﻣرﻓﻘﺔ ﺑﺗﻘرﯾر اﻟﺧﺑرة و إﻗرار اﻟﺑﻧك أﻣﺎم اﻟﻣﺣﻛﻣﺔ اﺗﺿﺢ ﺑﺄن ھذا اﻷﺧﯾر اﻣﺗﻧﻊ ﻋن ﺻرف ﺷﯾك‬
‫ﺑﻘﯾﻣﺔ ‪ 62,500‬درھم ﻣﺳﺣوب ﻋﻠﻰ اﻟﺣﺳﺎب اﻟﺟﺎري ﻟﻠﺷرﻛﺔ اﻟﻣﺳﺗﺄﻧف ﻋﻠﯾﮭﺎ‪ ،‬ﻛﻣﺎ اﻣﺗﻧﻊ ﻋن ﺧﺻم ﻛﻣﺑﯾﺎﻟﺗﯾن‬
‫ﺑﻣﺑﻠﻎ ‪ 17.000‬و ‪ 35.000‬درھم‪ ،‬و اﻣﺗﻧﻊ ﻋن ﺿﻣﺎن اﺣﺗﯾﺎطﻲ ﺑﻣﺑﻠﻎ ‪ 88.502,40‬درھم ﻟﻛل واﺣدة رﻏم‬
‫أن وﺿﻌﯾﺔ ﺧطوط اﻻﺋﺗﻣﺎن اﻟﻣﻣﻧوﺣﺔ ﻟﻠﻣﺳﺗﺄﻧف ﻋﻠﯾﮭﺎ ﻛﺎﻧت ﺗﺳﻣﺢ ﺑﺈﻧﺟﺎز ھده اﻟﻌﻣﻠﯾﺎت‪ ،‬ﻓﯾﻛون اﻟﺑﻧك ﻗد أﺧل‬
‫ﺑﻣﻘﺗﺿﯾﺎت اﻻﺗﻔﺎﻗﯾﺔ اﻟراﺑطﺔ ﺑﯾﻧﮫ و ﺑﯾن ھذه اﻷﺧﯾر‪.‬‬
‫‪CA de Casablanca- 01/10/2013- Arrêt n° 4268- doss n° 749/16/2013.‬‬
II- La résiliation de l’ouverture de crédit:
L’article 525 du c.m énonce que:
« L'ouverture de crédit est consentie pour une durée limitée renouvelable ou non, ou
illimitée.
L'ouverture de crédit à durée illimitée, expresse ou tacite, ne peut être résiliée ou
réduite que sur notification écrite et à l'expiration d'un délai fixé lors de l'ouverture
de crédit, ce délai ne peut être inférieur à 60 jours.
L'ouverture de crédit à durée limitée prend fin de plein droit au terme fixé sans que
la banque ait l'obligation d'en avertir le bénéficiaire.
Qu'elle soit à durée limitée ou illimitée, l'établissement bancaire peut y mettre fin
sans délai en cas de cessation notoire de paiements du bénéficiaire ou de faute
lourde commise à l'égard dudit établissement ou dans l'utilisation du crédit.
Le non respect de ces dispositions par l'établissement bancaire peut engager sa
responsabilité pécuniaire. »
L’établissement de crédit doit impérativement , avant de résilier
l’ouverture de crédit, adresser un écrit au client, dont il exprime clairement
son intention de mettre un terme à la ligne de crédit, et lui donner un
préavis de 60 jours minimum à partir de la date de notification de la lettre.
Il est bien évident que l’établissement de crédit, qui ne respecte pas cette
formalité, encourt sa responsabilité. Cela est justifié par le caractère abusif
de la résiliation, car cela peut entrainer la liquidation de l’entreprise qui
sera privée brusquement de ses moyens de paiement, alors que le préavis
de 60 jours, permet à l’entreprise de chercher un nouveau moyen de
financement.
En revanche, l’établissement de crédit peut mettre terme immédiatement à
l’ouverture de crédit, si elle arrive à prouver que le client a dépasser le
plafond autorisé, ou qu’il a cesse d’aliment le compte(il faut confondre la
cessation de paiement mentionnée dans l’article 525 du c.m et la cessation
de paiement qui suscite l’ouverture de la procédure de redressement
judiciaire.
Chapitre II- L’ouverture tacite de crédit:
L’article 499 du code de commerce énonce que:
« La convention de compte n'emporte pas à elle seule ouverture de crédit en faveur
du client.
Le solde débiteur occasionnel doit être remboursé sans délai par le client, sauf
accord de l'établissement bancaire. »
Il en résulte que le fait que la banque accepte d’effectuer des opérations malgré
l’insuffisance de la provision du client, ne peut pas être interpréter comme une
ouverture de crédit de sa part, tant que ceci revêt le caractère occasionnel.
Il faut souligner que l’article 499 a conditionné le solde débiteur par le caractère
occasionnel, ce qui veut dire à contrario que le solde débiteur permanant ou
habituel ne doit pas être rembourse! Il ajoute aussi, une deuxième exception, c’est le
consentement de l’établissement bancaire. Alors, qu’il convient de se demander est
ce l’abstention de la part de l’établissement bancaire de demander le
remboursement du solde débiteur pendant une certaine durée, ne vaut pas un
consentement tacite de sa part de donner une ouverture de crédit au client?
Cas pratique:

Le client d’une banque avait émis trois chèques malgré l’insuffisance de


la provision, mais vu la nature de sa relation avec le chef d’agence, celui-
ci a accepter de payer la somme des trois chèques. Alors, le client voulais
profiter de cette situation, en essayant de refaire la même chose, mais
cette fois ci la banque a rejeté les chèques qui sont retournés impayés, Il
décida alors, d ’ester en justice en invoquant la responsabilité de la
banque pour résiliation abusive de l’ouverture de crédit,
La cour de cassation, rejette les moyens soulevant par le requérant, et
affirme que l’acceptation de payer les trois chèques ne signifie pas
qu’elle a consentie une ouverture de crédit, tant que ceci n’a pas était fait
à titre permanant et habituel. La motivation adoptée est comme suite:
‫" ﻟﻛن ﺣﯾث إن اﻟﻣﺣﻛﻣﺔ ﻣﺻدرة اﻟﻘرار اﻟﻣطﻌون ﻓﯾﮫ ﻗﺿت ﺑرد ادﻋﺎء اﻟطﺎﻋﻧﺔ ﺑﻧﺎء ﻋﻠﻰ ﻣﻼﺣظﺗﮭﺎ ﻋن ﺻواب ﺑﺄن‬
525 ‫اﻟﺑﻧك اﻟﻣﺳﺗﺄﻧف ﻋﻠﯾﮫ اﺣﺗرم اﻟﻘواﻋد اﻟﺧﺎﺻﺔ ﺑﺈﻧﮭﺎء ﻋﻘد ﻓﺗﺢ اﻻﻋﺗﻣﺎد ﻏﯾر ﻣﺣدد اﻟﻣدة ﻛﻣﺎ ﺗﻧص ﻋﻠﻰ ذﻟك اﻟﻣﺎدة‬
‫ﻣن ﻣدوﻧﺔ اﻟﺗﺟﺎرة و أن وﻓﺎءه ﺑﺛﻼث ﺷﯾﻛﺎت ﻣﺳﺣوﺑﺔ ﻋﻠﯾﮫ ﻻﺣﻘﺎ ﻣن ﻗﺑل اﻟطﺎﻋﻧﺔ ﻻ ﯾﻌﺗﺑر ﺗراﺟﻌﺎ ﻋن ﻗرار اﻟﻔﺳﺦ اﻟذي‬
،‫اﺗﺧذه و أن ذﻟك ﻣﺟرد ﺗﺳﺎﻣﺢ ﻋرﺿﻲ ﻣن ﻗﺑﻠﮫ ﻗد ﯾﺗﺣول ﺑﺎﻟدﯾﻣوﻣﺔ و اﻻﻧﺗظﺎم إﻟﻰ اﺗﻔﺎق ﺿﻣﻧﻲ ﻋﻠﻰ ﻓﺗﺢ اﻻﻋﺗﻣﺎد ﺟدﯾد‬
‫و ﺑذﻟك ﯾﻛون ﻣﺎ ﺗﻣﺳﻛت ﺑﮫ اﻟطﺎﻋﻧﺔ ﻏﯾر ﻣؤﺳس و أن أﯾﺔ ﻣﺳؤوﻟﯾﺔ ﻓﻲ ﻣواﺟﮭﺔ اﻟﺑﻧك ﺗﺑﻘﻰ ﻣﻧﻌدﻣﺔ إذ ﻣن ﺣﻘﮫ رﻓض‬
".‫ اﻷﻣر اﻟذي ﯾﺗﻌﯾن ﻣﻌﮫ ﺗﺄﯾﯾد اﻟﺣﻛم اﻟﻣﺳﺗﺄﻧف‬،‫أداء ﻗﯾﻣﺔ اﻟﺷﯾﻛﯾن اﻟﺳﺎﺑﻘﯾن ﻻﻧﻌدام اﻟرﺻﯾد‬
CA.com de Fès- 29/01/2008- Arrêt n° 176- doss n° 1218/2007.
‫‪La cour de cassation marocaine a confirmé elle aussi le même principe par son arrêt‬‬
‫‪rendu le 24/05/2006, on exigeant soit un acte écrit pour prouver l’existence d’une‬‬
‫‪ouverture de crédit, soit que la situation du client doit demeurer débitrice d’une‬‬
‫‪façon permanente et non occasionnellement. La motivation adoptée est la suivante:‬‬
‫" ﻟﻛن‪ ،‬ﺣﯾث إن ﻓﺗﺢ اﻋﺗﻣﺎد ﻣن اﻟﺑﻧك ﻟﻔﺎﺋدة زﺑوﻧﮫ ﻓﻲ ﺷﻛل ﺗﺳﮭﯾﻼت ﻟﻠﺻﻧدوق ﻻ ﯾﻣﻛن اﻟﻘول ﺑوﺟوده ﻓﻲ‬
‫ﻣﻔﮭوم اﻟﻣﺎدة ‪ 525‬ﻣن ﻣدوﻧﺔ اﻟﺗﺟﺎرة‪ ،‬إﻻ إذا ﻛﺎن ھﻧﺎك ﻋﻘد ﻛﺗﺎﺑﻲ ﺑذﻟك‪ ،‬أو أن ﯾﺗﻛرر وﺟود اﻟرﺻﯾد ﻓﻲ‬
‫ﺣﺎﻟﺔ ﻣدﯾﻧﯾﺔ ﻣن أﺟل ﺗﻠك اﻟﻐﺎﯾﺔ‪ ،‬أﻣﺎ إن أﺻﺑﺢ اﻟرﺻﯾد ﻣدﯾﻧﺎ ﺑﺻﻔﺔ ﻋرﺿﯾﺔ ﻓﻼ ﯾﻌد ذﻟك ﻓﺗﺣﺎ ﻟﻼﻋﺗﻣﺎد‪،‬‬
‫واﻟطﺎﻟﺑﺔ اﻟﺗﻲ و إن أدﻟت ﺑﺧﺑرة ﺣرة ﺗﺿﻣﻧت ﻋرﺿﺎ ﻟﺗدرج ﻣﻔردات ﺣﺳﺎﺑﮭﺎ اﻟﺟﺎري‪ ،‬إﻻ أﻧﮭﺎ ﻟم ﺗﺛﺑت‬
‫ﻟﻠﻣﺣﻛﻣﺔ وﺟود ﻋﻘد ﺑﻔﺗﺢ اﻋﺗﻣﺎد ﺑﯾﻧﮭﺎ و ﺑﯾن اﻟﺑﻧك‪ ،‬أو أن رﺻﯾد ﺣﺳﺎﺑﮭﺎ اﻟﺳﻠﺑﻲ اﻟذي ﺳﺟل ﺑﺗﺎرﯾﺦ‬
‫‪ 29/02/96‬ﻣﺑﻠﻎ ‪ 124.125,53‬درھﻣﺎ ﻛﺎن ﺑﺳﺑب اﻋﺗﯾﺎد ﻋﻠﻰ ﻣﻧﺣﮭﺎ ﺗﺳﮭﯾﻼت ﻟﻠﺻﻧدوق ﺑﺣﺳﺎﺑﮭﺎ‪«.‬‬
‫‪Cass.com- 24/05/2006- Arrêt n°560- doss n° 571/3/1/2004.‬‬
La cour de cassation française a confirmé elle aussi le même principe par son arrêt
rendu le 11/07/20006, selon lequel:
« Mais attendu, en premier lieu, que les parties ayant elles-mêmes admis que le
montant du découvert tacitement autorisé à la société ASA s'était établi à 1 200 000
francs, il s'en déduisait nécessairement, sans qu'il y ait lieu de suivre les parties dans
le détail de leur argumentation, que les dépassements tolérés au cours du
fonctionnement du compte de l'intéressée n'avaient jamais pu constituer que des
concours occasionnels que la société Sofib était libre d'interrompre à tout moment

Cass.com- 11 juillet 2006- n° 04-18.810.
I- Le critère pour qualifié la situation débitrice du client comme
une ouverture de crédit:

La cour de cassation française a considéré par sont arrêt rendu le 30/03/1994


Que le fait d’accepter que le client reste débiteur pendant trois mois, signifie
que la banque lui a consentie une ouverture de compte, en motivant sa
décision comme suite:
« Mais attendu que, lorsqu'une banque consent à son client des avances de
fonds pendant plus de 3 mois, ce découvert en compte constitue une
ouverture de crédit soumise aux dispositions d'ordre public de la loi n° 78-22
du 10 janvier 1978;»
A notre sens, on ne peut pas poser des critères précis qui seront appliquer
dans tous les cas, mais le juge doit gérer cas pas cas, on cherchant l’intention
des parties, tout en servant des éléments précités à savoir le caractère
habituel et permanant, ou l’occasionnel.
II- Le plafond de l’ouverture tacite du crédit:

Si on admet que l’ouverture de crédit peut être faite d’un façon tacite, on se
demande alors, quel sera son plafond? Est-ce que ça sera le seuil des fonds utilisé
par le client, ou bien la moyenne?
La cour de cassation française nous répond à travers son arrêt rendu le 04/03/1997,
en jugeant qu’il n y a pas un critère à appliquer, mais le juge doit gérer cas par cas
en cherchant la commune intention des parties, selon lequel:
« Attendu, d'autre part, que la cour d'appel, qui, à juste titre, ne s'est pas fondée,
pour fixer le montant du découvert convenu, sur des méthodes de calcul abstraites,
telles que celles dites du plus fort découvert ou du découvert moyen, a retenu que
le montant du découvert autorisé ne saurait être déterminé à partir des plus forts
débits enregistrés par le compte de M. X..., qui ne reflétaient que des
débordements unilatéraux de ce dernier, seulement tolérés par la banque qui les
subissait, étant observé qu'après ces débordements, le compte était à nouveau
crédité pour être ramené à une somme avoisinant 1 000 000 de francs et que par
ailleurs, ces plus forts découverts correspondaient à des anticipations de rentrées
d'argent ;
«qu'ayant ainsi concrètement recherché la commune intention des parties à travers
l'analyse des variations du solde débiteur du compte courant depuis 1987, du
comportement de M. X... après les dépassements occasionnels de la somme de 1
000 000 de francs, ainsi que du contenu de la lettre envoyée par la banque le 19 mai
1989, la cour d'appel a pu décider qu'il convenait de retenir un découvert verbal de 1
000 000 de francs consenti à M. X...;»
Cass.Com-4 mars 1997- n° 95-10.507.
La gestion des moyens de
paiement

u Le chèque
u La lettre de change
u Le virement
u La carte de crédit
Un effet de commerce est un titre négociable qui constate au
profit du porteur une créance de somme d’argent et sert à son
paiement.

Les effets de
commerce

I. La lettre de
II. Le billet à ordre III. Le chèque
change
I. LA LETTR E D E C H A N G E

Est un titre par lequel

Donne l’ordre à
Un tireur A Un tiré B
L’un de ses débiteurs
De payer
une $
C’est le créateur C’est le déterminé
et le rédacteur débiteur de e à une
de la traite la traite date
déterminé

C’est à lui que la traite a été
remise en vue de lui
permettre de s’en faire servir un bénéficiaire ou
le montant auprès du tiré porteur C
La lettre de change est :

un instrument de
un instrument de crédit
paiement

Un mécanisme
Un mécanisme
permettant l’exécution
permettant d’accorder
d’une obligation de payer
un délai de paiement.
une somme d’argent.
A. Création de la L.C

B. Circulation de la L.C

La lettre de change
C. Réalisation de la L.C

D. Recours défaut de
paiement

E. Prescription
A. La création de la lettre de change

§ La création de la lettre de change est soumise à des conditions très


stricte de validité .

§ Elle doit faire l’objet d’un écrit.

§ Le recours à un modèle normalisé établi par la circulaire n°13/G/2006


de Bank Al Maghreb est obligatoire.

§ Elle doit contenir un certain nombre de mentions obligatoires


énumérées à l’article 159 de code de commerce comme elle peut
contenir certaines mentions facultatives.
q Les mentions obligatoires

1. La dénomination de la lettre de change;


2.Le mandat pur et simple de payer une somme déterminée;
3.Le nom de celui qui doit payer (tiré);

4.L’indication de l’échéance : à vue, à un certain délai de vue,


à un certain délai de date, à jour fixe;
5. L’indication du lieu où le paiement doit s’effectuer;

6. L’indication de la date et du lieu où la lettre est créée;


7. Le nom et la signature de celui qui émet la lettre « tireur ».
q Les mentions facultatives

1. Clause de retour « sans protêt » ou « sans frais » : cette clause


permet au porteur de la lettre de change au jour de l’échéance
d’exercer des recours contre les différents signataires sans avoir
faire dresser protêt ;

2.Clause « non à ordre » : la lettre est à personne dénommée. Cette


clause interdit l’endossement ultérieur de la lettre de change;

3. Clause « suivant avis » : cette clause interdit le tiré de payer ou


d’accepter avant d’avoir reçu l’autorisation du tireur;

4. Clause d’aval : permet de garantir le paiement de la lettre de


change pour tout ou partie du montant à l’échéance. Le donneur
d’aval s’engage à payer la LC à l’échéance si le débiteur garanti
n’effectue pas le paiement.
B. La circulation de la lettre de change

Le bénéficiaire de la lettre de change n’est pas forcé de


conserver la lettre de change qui lui a été remise par le tireur
jusqu’à la date de l’échéance. Dés que le bénéficiaire a la lettre
de change entre les mains, il peut s’en servir pour payer ce qu’il
doit lui-même ou pour se procurer des fonds. Il endossera alors la
lettre au profit du créancier qu’il veut payer ou d’un banquier qui
lui avancera les fonds présentés par cette lettre.

B. La circulation
de la lettre de
change

a.
L’endossement b. L’escompte
de la LC
q a. L’endossement
§ Toute lettre de change est transmissible par voie
d’endossement.

§ Il suffira alors d’apposer au dos de la lettre de chose la formule


de l’endossement qui comporte le nom de l’endossataire ou
même simplement d’apposer au dos de la lettre la signature de
l’endosseur.

§ Par sa signature l’endosseur est engagé par la traite et il est


garant de celle-ci à l’égard du porteur.

§ Le nouveau porteur ne signe pas l’effet mais s’il veut aussi la


transmettre, il la signera en tant qu‘endosseur et la remettra au
nouveau porteur.
Porteur Nouveau
actuel porteur
= =
Endosseur Endossataire
- L’endossement peut être :

En blanc :
Nominatif : Au porteur :
il n y a pas de
Le nom de le détenteur de bénéficiaire désigné.
l’endossataire est la lettre de Toute personne peut
mentionné «Payez à change est le en devenir
l’ordre de…» sur l’effet. bénéficiaire. bénéficiaire en
Il est donc clairement
remplissant le blanc à
identifié.
son profit.

• L’endossement transmet tous les


droits résultant de la lettre de
Les effets de change. Cette transmission porte sur
l’endossement la créance elle-même et sur les
privilèges et les sûretés qui en
garantissent le paiement.
q b. L’escompte
Si le porteur a Il peut l’escompter
Paiement
besoin auprès de sa banque
anticipé :
d’argent avant la date
escompte
liquide d’échéance
Date de la création de la L.C Échéance de la L.C

Remise à l’escompte

remet l’effet à
La banque
Le porteur
verse immédiatement une $ inf. à la V nom.
elle retiendra des agios ( com.+ int. )
réescompte la LC

La banque
centrale
u Cour d'appel de commerce - Casablanca
Arrêt n° 2470/07 du 03 mai 2007
Commercial : Effets de commerce - Lettre de change - Principe
de la non opposabilité des moyens personnels - Exceptions -
Mauvaise foi du porteur - Endossement pour encaissement (oui) -
Critère de différence entre endossement pour encaissement et
endossement pour escompte (oui) - Postérieure - Encaissement
(oui).
Si la lettre de change confère à son porteur un droit autonome
régi par le principe de la non opposabilité des moyens
personnels. Ce principe connaît néanmoins des exceptions. La
première concerne la mauvaise foi du porteur qui en acquérant
la lettre a agi sciemment au détriment du débiteur (article 171
du Code de commerce). La seconde est relative à
l'endossement pour encaissement qui constitue un simple
mandat,et autorisant à ce titre le débiteur à opposer au porteur
mandataire toutes les exceptions qu'il peut invoquer contre
l'endosseur mandant (Article 172 du Code de commerce). La
cour distingue clairement l'endossement pour encaissement de
l'endossement pour escompte pratiqué par les banques et régi
quant à lui par le principe de la non opposabilité des moyens
personnels. Le critère le plus décisif pour opérer la distinction
résulte de la date de l'endossement qui doit être obligatoirement
en cas d'endossement pour escompte antérieure à l'échéance
de la lettre de change (Article 526 du Code de commerce).
La fictivité de la provision

u Quel sort réserver à la lettre de change qui incorpore une créance


fictive ?
u On qualifie cette traite d’effet de « complaisance ».
u Dans cette hypothèse, non seulement le tireur (complu) n’a pas
vocation à être créancier du tiré à l’échéance de la lettre de change,
mais encore, réciproquement, le tiré (complaisant) n’a nullement
l’intention de régler la traite lors de sa présentation au paiement par le
porteur.
u La cause de l’engagement du tiré fait, ici, totalement défaut.
u En réalité, la traite a été émise dans une seule finalité : tromper les tiers
sur la solvabilité du tireur et/ou du tiré.
u En effet, afin de se procurer des fonds auprès d’un banquier, un
commerçant peut être tenté de tirer une lettre de change sur une
personne avec laquelle il est en collusion, afin de l’escompter.
u Il recevra ainsi les fonds du banquier escompteur, alors qu’il ne détient
aucune créance sur le tiré.
C. La réalisation de la lettre de change

A l’échéance, le porteur doit présenter la lettre de change au


paiement et le tiré doit payer dés que l’effet lui est présenté.

a. La présentation de la LC

La réalisation de la lettre
de change

b. Le paiement de la LC
q a. La présentation de la lettre de change

A l’échéance, le porteur doit réclamer le paiement en présentant


la lettre de change au paiement. Cette présentation est en
principe obligatoire.

• Son dernier porteur régulier quelque soit


Qui demande le
sa qualité ( endosseur, créancier
paiement de la LC?
gagiste, banque escompté).
• Au lieu marqué sur la LC pour le
Où doit-on demander le
paiement lors de l’émission ou lors de
paiement?
l’acceptation.
• La date de paiement est celle de
Quand doit-on l’échéance indiquée sur la LC. Avant
demander le paiement? cette date, le porteur ne peut pas
réclamer le paiement au tiré.

A qui doit-on demander • Au tiré qui peut soit accepter soit


le paiement? refuser le paiement.
Si le tiré accepte la L.C

Ecrite sur la L.C

L’acceptation Exprimée par la mention « accepté » ou


tout autre mot équivalent
=
Le tiré s’oblige à payer Signée du tiré ( la simple signature vaut
la L.C à l’échéance acceptation)

Pure et simple

Peut restreindre la L.C à une partie de la somme

Le tiré
Peut demander qu’une seconde présentation lui
soit faite le lendemain de la première
q b. Le paiement de la lettre de change

Le porteur de la L.C la présente au paiement soit


Le jour où elle est payable L’un des 5 jours ouvrables qui suivent

Le tiré doit payer dés que l’effet lui est présenté. Il ne peut prétendre à
une seconde présentation

La principale vérification exigée du tiré est celle de la


légitimité du porteur ( contrôle de la chaîne des
endossements);
Le tiré doit
Il doit vérifier la régularité formelle du titre ( présence des
effectuer
mentions obligatoires) et non pas l’authenticité des
quelques
vérifications : signatures;

Il doit s’assurer de l’absence d’opposition au paiement


du titre (perte ou vol de la LC ou bien redressement ou
liquidation judiciaire du porteur).
- Le paiement de la lettre de change peut avoir lieu en espèce,
par chèque ( obligatoire pour la LC excédant 20 000 DHS et que
le tireur et le porteur sont des commerçants) ou virement.
Mais le plus courant est le paiement par compte et par
compensation entre banquiers présentateurs et domiciliataires :
la banque présentatrice chargée du recouvrement crédite le
compte du porteur diminué des frais de recouvrement, tandis
que la banque domiciliataire débite le compte du tireur du
montant de la LC majorés des frais éventuels.

- Le tiré peut exiger en payant le montant de la LC qu’elle lui soit


remise acquittée avec la mention « d’acquit » signée par le
porteur.

- Le porteur ne peut refuser le paiement partiel de la LC. En cas


de paiement partiel, le tiré peut exiger que la mention de ce
paiement soit faite sur la L.C et que quittance lui soit donné.
u Cour Suprême
Arrêt n° 102 du 01 février 2006
Dossier numéro : 83/3/1/2004
Commercial : Effet de commerce impayé - Inscription au
compte client - Responsabilité bancaire (non) - Défaut de
motif - Cassation (oui)
La banque est en droit d'inscrire la valeur d'un effet de
commerce au compte créditeur du bénéficiaire et en cas de
non encaissement l'inscrire à son compte débiteur et lui
restituer l'effet impayé (Article 502 du Code de commerce).
Aussi, encourt la cassation pour défaut de réponse, la décision
judiciaire qui omet de répondre à un moyen substantiel
régulièrement invoqué.
Si le tiré refuse l’acceptation de
la L.C

Le refus de Entraîne la déchéance du


l’acceptation de la délai prévu pour le paiement
L.C aux frais et dépens du tiré.

Attendre la date de
l’échéance pour être payé;
Le porteur peut soit

Dresser protêt constatant


refus du tiré d’accepter la
L.C.
D. Recours du porteur en cas de défaut de paiement

En cas de défaut de • Le porteur peut exercer ses recours


paiement ou contre les signataires de la lettre de
d’acceptation change.

Le porteur doit obligatoirement


Pour être admis à exercer faire dresser un protêt faute
les recours cambiaires d’acceptation ou faute de
paiement

* Cessation de paiement du tiré;


* Redressement ou liquidation
Exception judiciaire du tiré ou du tireur d’une
LC non acceptable.
* Clause sans protêt
E. Prescriptions

3 ans à
Actions résultant de la Se prescrivent compter de la
L.C contre l’accepteur par date de
l’échéance

Actions du porteur 1 an à partir de


contre les endosseurs Se prescrivent la date du
et contre le tireur par protêt dressé

6 mois à partir
Actions des endosseurs
Se prescrivent du jour du
les uns contre les
par remboursemen
autres
t de la L.C
A. Emission du chèque

B. Circulation du chèque

Le chèque

C. Paiement du chèque

D. Incidents de paiement
et le recours défaut de
paiement

E. Prescription
A. L’émission du chèque

1. L’émission du chèque

a. Les mentions obligatoires b. Les modalités d’émission


q a. Les mentions obligatoires

Pour qu’il soit valable, le chèque doit contenir un certain nombre


de mentions légales, à savoir :

1. La dénomination du chèque;
2. Le mandat pur et simple de payer une somme déterminée ;
3. Le nom du tiré ;
4. L’indication du lieu où le paiement doit s’effectuer ;
5. L’indication de la date et du lieu où le chèque est créé ;
6. Le nom et la signature du tireur.

Tout chèque non conforme aux formules délivrées par la banque


ou ne contenant pas l’une de ces mentions obligatoires peut être
considéré comme un titre ordinaire établissant la créance.
q a. Les modalités d’émission du chèque

- CHÈQUE BARRÉ

• Est un moyen simple de limiter le


risque d’utilisation frauduleuse en
Le barrement du obligeant l’encaissement par
chèque l’intermédiaire d’une banque.
• Le bénéficiaire doit être titulaire d’un
compte.

• Opposition au recto du chèque de


Caractéristiques
deux lignes parallèles.
C. Le paiement du chèque

Le paiement du chèque

a. La présentation du b. Le paiement du
chèque au paiement chèque
q a. La présentation du chèque au paiement

20 jrs de la date
Chèque émis et d’émission du
payable au Maroc chèque
Délai de
présentation
au paiement Chèque émis hors 60 jrs de la date
Maroc et payable d’émission du
au Maroc chèque

Le porteur perd ses recours contre les


endosseurs.
A l’expiration du
délai légal de
présentation
Mais conserve la possibilité de demander le
paiement au tiré, dans un délai d’1ans à partir
de l’expiration du délai de présentation.
q b. Le paiement du chèque

Le chèque est payable à vue. Toute


mention contraire est réputée non
écrite.

Le banquier est tenu de vérifier :

* la régularité de la signature du
tireur;

* l’identité de l’endosseur.
D. Les incidents du paiement et le recours défaut de paiement

D’une opposition émanant


du tireur ou du porteur

Le refus de paiement peut D’une absence ou


provenir soit insuffisance de provision

En cas de prescription pour


présentation en paiement
q a. Opposition au paiement d’un chèque

Le tireur peut faire


* Perte, vol, utilisation frauduleuse
opposition au paiement
ou falsification du chèque;
du chèque :
* Redressement ou liquidation
Empêcher son
judiciaire du porteur.
paiement en cas de :

Le tireur doit immédiatement confirmer son


opposition par écrit et l’appuyer par tout
document utile.
q b. Le défaut paiement en l’absence de provision

Présentation de Absence ou
chèque au insuffisance de rejet
paiement provision

remet un Envoie une


certificat lettre
de refus d’injonction
Emetteur du
Bénéficiaire Banque
de chèque
de restitution
paiement de tous les
chèques
avec
interdiction
Déclaration à d’émission
des chèques
BAM
de 10 ans
Bénéficiaire ou porteur
du chèque a deux
possibilités :

1. Procédure judiciaire rapide : 2. Procédure normale du protêt:

Saisir le juge de référé (tribunal de Porter plainte auprès du Procureur


commerce) pour obtenir une du Roi ( tribunal de première
injonction de paiement. instance).
En choisissant l’action cambiaire, le Cette procédure normale permet
porteur du chèque renonce à au porteur du chèque de
poursuivre au pénal l’émetteur du poursuivre le tireur au pénal
chèque impayé (Il ne subira donc, ( action pénale).
quel que soit le cas, aucune peine
privative de liberté).
- Procédure judiciaire rapide : L’action cambiaire

Il pourra Si l’émetteur du chèque ne fait


Une fois le juge
ordonner en pas appel dans les 8 jours qui
de référé
24 heures et suivent, un huissier de justice se
(tribunal de
sans la chargera d’exécuter sans délai
commerce) est
présence de l’injonction de paiement auprès
saisi par
l’émetteur du de l’émetteur (montant du
l’avocat du
chèque, le chèque majoré des intérêts
porteur
paiement. légaux et les frais de justice)

A défaut de paiement,
Le porteur du chèque peut à l’expiration de 30 jrs
solliciter une ordonnance après la saisie :
En cas de sur requête autorisant le
refus de S.G du tribunal de Le porteur peut faire
paiement commerce à faire procéder à la vente
procéder à toute saisie des objets saisis contre
conservatoire. les signataires du
chèque
-Procédure normale du protêt: L’action pénale

Dans ce cas, un acte de protêt


doit être dressé, par l’avocat du Si le procureur juge la
porteur, auprès du secrétariat plainte recevable, il
greffe du tribunal (TPI), et ordonne aux services de
déposé auprès du procureur du police ou de la
Roi. ( une plainte pour refus de gendarmerie l’arrestation de
paiement, accompagnée du l’émetteur du chèque pour
chèque impayé et du certificat comparution.
de non-paiement) .

Le porteur du Chaque une fois l’émetteur retrouvé et


chèque donne avis endosseur fait présenté au procureur, il est
du défaut de connaître à son mis en détention provisoire
paiement à son endosseur l’avis jusqu’au règlement du
montant du chèque, des
endosseur et tireur reçu ( dans les 4
intérêts légaux et des frais de
( ds les 8 jrs svt le jrs svt le jour où il a justice supportés par le
protêt) reçu l’avis) et ainsi porteur.
de suite.
Si la régularisation n’est pas
Si la régularisation est effectué
possible

Paiement du chèque +
amende fiscale (5%,10%;20% Interdiction d’émission des
du montant du chèque chèques pendant 10 ans
impayé)

une peine d’emprisonnement


avec sursis est prononcée par
le tribunal, en plus d’une Une peine
amende qui peut aller de d’emprisonnement d’1 ans
2 000 à 10 000 DH (sans être à 5 ans + une amende de
inférieure à 25% du montant 2 000 à 10 000 DHS
de l’impayé ou de
l’insuffisance de provision)

Récupération du droit
d’émettre des chèques
Par ailleurs, à
Demander, devant
l’occasion des
les juges de l’action
poursuites pénales
Le porteur qui s’est publique, une
exercées par le
constitué partie somme égale au
porteur contre
civile a le droit de : montant du chèque,
l’émetteur du
en guise de
chèque sans
dommages-intérêts
provision,
Le tireur d’un
chèque qui omet
de maintenir ou de
constituer la
provision du
chèque

Emprisonnement de
1 an à 5 ans Le tireur qui fait
Poursuites + irrégulièrement
pénales défense au tiré de
Amende de 2000 à payer
10000 DHS.

Toute personne
qui contrefait ou
falsifie un chèque
E. Prescription

-Prescription de recours cambiaire

6 mois à partir de
Actions du porteur contre
Se prescrivent l’expiration du
les endosseurs, le tireur et
par délai de
les autres obligés
présentation

6 mois à partir du
jour où l’obligé a
Actions des divers
Se prescrivent remboursé ou du
obligés les uns contre
par jour où il a lui-même
les autres
été actionné en
justice

1 an à partir de
Action du porteur contre le l’expiration du
Se prescrit par
tiré délai de
présentation
-Prescription de l’action pénale

4 ans à compter de la
L’action pénale du date où l’émetteur du
Se prescrit par
porteur du chèque chèque a été actionné
en justice

Toutefois en
• il subsiste une action contre le tireur qui n'a pas fait
cas de
provision ou les autres obligés qui se seraient enrichis
déchéance
ou de injustement (Action in rem verso qui ne se prescrit
pas).
prescription :

Le porteur - Une action en droit commun contre les différents


négligent ne obligés;
perd pas - Une action cambiaire contre le tiré qui a provision;
tous ses - Une action cambiaire contre le tireur qui n’a pas fait
droits, il provision;
conserve : - Une action pénale contre l’émetteur du chèque.
Définition légale du virement

u Le virement est régi par les articles 519 a 523 du code de


commerce.
u II est défini comme suit : Ie virement est I'opération bancaire
par laquelle Ie compte d'un déposant est, sur I'ordre écrit de
celui-ci, débité pour un montant destine a être porte au crédit
d'un autre compte. Cette opération permet :
u 1. d'opérer des transferts de fonds entre deux personnes
distinctes ayant leurs comptes chez Ie même établissement
bancaire ou chez deux établissements bancaires différents ;
u d'opérer des transferts de fonds entre comptes différents
ouverts par une même personne chez Ie même établissement
bancaire ou chez deux établissements bancaires différents
(article 519).
Le dénouement du virement

u L'exécution d'un virement comporte donc trois étapes


u • Le client, donneur d'ordre remet un ordre a sa
banque, qui débite son compte.
u • La banque s'exécute en débitant Ie compte de son
client pour en créditer celui du bénéficiaire soit dans la
même banque soit auprès d'une autre banque, auquel
cas Ie virement sera envoyé a la banque du
bénéficiaire via un système de compensation
centralise a Bank AI-Maghrib qui sera décrit plus loin.
u • La banque du bénéficiaire crédite Ie compte de
celui-ci.
Les suretes

u Le cautionnement
u L’hypothèque
u Le nantissement
La responsabilité du banquier

u Responsabilité contractuelle
u Responsabilité délictuelle
u Responsabilité pénale
Les litiges bancaires

u Le tribunal compétent
u La médiation bancaire
u L’arbitrage bancaire

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