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Google mise sur les nanobiotechnologies L'intérét de la firme américaine pour le diagnostic médical intrigue les spécialistes oogle a dévoilé, mardi 28 octobre, un projet de recherche visant a utiliser des nanoparticules pour diagnos- tiquer des maladies commele can- cer. «Les nanoparticules pour- raient étre ingérées sous la formede comprimés afin de pénétrer dans le sang, explique le groupe améri- cain. Elles seraient congues pour re- pérer et se fixer sur un type particu- lier de cellules, comme les celiules tumorales. » Un diagnostic pour- rait ensuite étre réalisé en asso- ciant ces nanoparticules « @ un ob- jet connecté, équipé de capteurs spéciaux ». La technologie serait proposée « sous contrat de licence a des partenaires, afin qu’ils déve- loppent des produits dont leffica- cité et la sécurité pourront étre tes- tés lors dessais cliniques ». Le projet dépend de Google X, la branche de l'entreprise travaillant sur des projets futuristes — voitu- Tes sans chauffeur (Google Car), lu- nettes interactives (Google Glass). Google a aussi annoncé travailler sur des lentilles de contact desti- nées aux diabétiques. Aprés avoir fondé la société Calico qui travaille sur le vieillissement, la firme lance, c6té grand public, Google Fit, un logiciel orienté « fitness et santé » concu pour rivaliser avec le HealthKit dApple. Pour l'heure, il est difficile pour les spécialistes des nanobiotech- nologies de se prononcer sur l’ini- tiative de Google, qui n’a produit aucune publication scientifique ou brevet. Agnés Buzyn, prési- dente de I'Institut national du can- cer (INCA), s'est déclarée « trés pru- dente » al/AFP. « Google veut se po- sitionner sur un secteur innovant, sur lequel beaucoup de gens tra- vaillent depuis wne dizaine d’an- nées, note Fabien Calvo (hépital Saint-Louis, Paris) ancien direc- teur scientifique de l'INCA. Cest si- rement un domaine davenir, mais on ne voit pas bien, a ce stade, quel- les connaissances spécifiques Goo- glea pu développer. » « Etape logique » «Il peut paraitre étonnant qu'un géant du numérique se lance dans le médicament. Mais il faut recon- naitre que les grandes industries pharmaceutiques n’innovent plus », estime Patrick Couvreur, professeur 4|’université Paris-Sud. Lancer un produit de diagnostic est aussi long et cotiteux qu’un médicament, soit de lordre d’une dizaine d’années et plusiewrs cen- taines de millions d’euros. Les na- notechnologies posent aussi des questions de toxicologie. «On peut étre sceptique surle concept de pilule, car les nanoparticules ne passent pas la barriére intestinale pour aller dans le sang », ajoute M. Couvreur. « Cest une étape logique dans le développement de Google, quicher- che maintenant a extraire des con- naissances intimes sur l'homme et a les connecter vers l'extérieur. Seu- les les nanotechnologies le permet- tent », estime Laurent Lévy, prési- dent du directoire de Nanobiotix, qui développe des nanoparticules thérapeutiques contre certains cancers. Les détracteurs des pro- jets santé de Google estiment pré- cisément que ces initiatives visent surtout 4 collecter un maximum de données personnelles sur l'état de santé des utilisateurs, potentiel- lement monétisables. @ "AUDREY FOURNIER, DAVID LAROUSSERIE ET HERVE MORIN