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RÉPUBLIQUE ALGÉRIENNE DÉMOCRATIQUE ET POPULAIRE

Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique

ECOLE SUPERIE URE DE COMMERCE

E-colloque national (webinaire) sous le thème :


L’inclusion financière : un levier d’une reprise de la croissance économique en Algérie

Le samedi 09 octobre 2021

Thème de la communication :

L’exclusion financière des PME par les banques : quelles en sont les raisons ?

BEZTOUH Djaber, Maître de conférences - HDR, Université de Bejaia- Algérie,


djaber.beztouh@univ-bejaia.dz
BOULAHOUAT Mahdia, Maître de conférences, Université de Bejaia- Algérie,
mahdia.boulahouat@univ-bejaia.dz

Résumé
L’importance de l’obstacle financier à l’entrepreneuriat, à la création et au
développement des petites et moyennes entreprises est aujourd’hui au cœur de nombreux
débats. Plusieurs études montrent que les difficultés d’accès au financement constituent le
premier obstacle au développement des PME (OCDE, 2014; Wamba, 2013 ; International
Finance Corporation, 2010 ; Centre du Commerce International, 2009 ; Djedidi-Kooli, 2009 ;
Vigneron, 2008). Le manque de sources de financement et le rationnement du crédit
conduisent à une situation de sous-investissement globalement préjudiciable. Ils rendent la
capacité des entreprises à mettre en œuvre de nouveaux projets tributaires des flux financiers
générés par leur activité. Le phénomène de croissance aurait tendance à amplifier « l’écart
financier » que doivent surmonter les PME ayant un objectif soutenu de développement.
Celles-ci seraient alors touchées par une relative pénurie financière ayant pour conséquence
de freiner leur développement. Ce serait un problème pour les entrepreneurs, mais aussi,
compte tenu de l’importance des PME dans le tissu économique, un problème macro : la
production, l’emploi, le revenu national et le taux de croissance à long terme seraient alors au-
dessous du potentiel.
Nous tentons dans ce travail de mettre en exergue les raisons de l’exclusion financière des
PME dans le cadre du financement bancaire. Comme souvent dans ces cas, les torts sont en
réalité partagés et chacun des deux acteurs présente de réelles faiblesses par rapport aux
exigences que l’autre formule au regard de ses besoins et de ses habitudes. Face à cette
quadrature du cercle, quelles sont les principales responsabilités qui pourraient être
honnêtement imputées à chacun des deux « partenaires » obligés ?

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Introduction
La proportion des PME est importante dans le monde entier, ces entreprises sont considérées
comme la colonne vertébrale des économies (Tlili, 2012). Les exemples pour appuyer cette
affirmation ne manquent pas. Elles représentent entre 95 % et 99 % de la population des
entreprises, selon les pays (Centre du commerce international, 2009 ; Kayo, 2010), elles
contribuent fortement à la création de richesses et d’emploi : en Europe, les PME représentent
au moins 90 % du nombre des entreprises, environ 65 % des emplois salariés, plus de 55 %
des ventes et de l’investissement et au-delà de 55 % de la valeur ajoutée (Bendriss,
Lavayssiere et Tilden, 2014 ). Elles sont responsables de la majorité des créations nettes
d’emplois dans les pays de l’OCDE, 60 à 70 % ; leur contribution à la croissance économique
et à la productivité est importante (Herbert, 2008). Dans les pays en voie de développement,
ce sont précisément les PME, qui sont reconnues comme l’élément incontournable du
développement industriel dans la mesure où elles créent des emplois tout en restant moins
consommatrices de capitaux (Ngongang, 2012). Wamba (2013) soutient que les PME en
Afrique représentent plus de 90 % de l’ensemble des entreprises, parmi lesquelles 70 à 80 %
sont des micros et très petites entreprises. Leur contribution au produit intérieur brut (PIB)
s’étend de moins de 20 % dans les pays pauvres, à près de la moitié dans les économies
riches. (Centre du commerce international, 2009).
En Algérie, ces dernières années, l’importance économique des PME s’affirme de plus
en plus de façon nette. Les PME représentent plus de 99 % du total des entreprises qui
exercent en Algérie (ONS, 2018).
Selon le bulletin d’information économique n° 36 (édition avril 2020) du Ministère de
l’Industrie, les PME déclarées auprès de la Caisse Nationale d’Assurance Sociale (CNAS),
constituent une population d’entreprises dont le nombre s’élève à la fin de l’année 2019 à 1
193 339 PME dont plus de 56% sont constituées de personnes morales. Ces PME réparties sur
22 branches d’activités créent 2 885 651 emplois toutes catégories confondues.
Les PME en Algérie génèrent l’essentiel de l’esprit d’entreprise et d’innovation. Ce sont
elles, et non les grandes entreprises, qui sont les mieux placées pour créer les nouvelles
opportunités d’investissement dont l’Algérie a besoin ce qui invitent toutes les parties
concernées à "multiplier les efforts pour instaurer un climat permettant à ces PME de jouer le
rôle d'un vecteur de création de richesse et d'emplois.
Le coût et l’accès au financement sont les principales barrières à la croissance des PME.
C’est une idée partagée dans beaucoup de pays en développement, et ces deux obstacles
occupent même parfois les premières positions du classement. Des études montrent également
que les sociétés plus jeunes et plus petites accèdent plus difficilement au financement que les
entreprises plus anciennes et plus grandes. En outre, ces obstacles financiers ont un effet plus
important sur les petites entreprises (les mêmes obstacles ont un impact deux fois plus négatif
sur la croissance des PME que sur celle des plus grandes entreprises) (Centre du Commerce
International, 2009)
Pastré (1986) et IFC (2010) soutiennent que le problème du financement ne se pose pas
dans les mêmes termes selon que l’on considère les grandes entreprises ou les PME.
Concernant le financement bancaire par exemple, les grandes entreprises ne constituent pas
véritablement un problème pour les banques ou, plus exactement, les relations « banques-
grandes entreprises » se modernisent en permanence. Ces relations sont à la fois anciennes et
étroites. Le dynamisme de ces relations est garanti par le fait que les grandes entreprises ont
accès à des sources alternatives de financement. Dans ce même sens (Gharsally, 2013)
soutient que si la grande entreprise trouve plutôt aisément les moyens nécessaires pour
résoudre ses problèmes de financements et, par conséquent, se développer et assurer sa
pérennité, la PME, elle, de par sa taille, sa faible capacité d’autofinancement et la diversité
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des problèmes qu’elle connaît, se trouve dans une position financière plus fragile et reste très
dépendante du crédit bancaire. En effet, ce type d’entreprises est caractérisé par la faiblesse de
sa capacité d’autofinancement et n’a à disposition que les sources de financement classiques,
notamment l’endettement.
Par ailleurs, même le recours au financement bancaire n’est pas à la portée de toutes les
entreprises puisque les établissements bancaires ne prêtent pas systématiquement aux PME,
quand bien même elles présentent des potentialités de développement certaines. La
problématique du financement bancaire nous paraît d' un sujet à controverse entre les acteurs
du système bancaire : d'une part les promoteurs d'entreprises qui se plaignent des conditions
rigides des banques, et d'autre part les banques qui évoquent des insuffisances internes aux
entreprises en exigeant d'elles l'affectation de biens en garantie non toujours détenus.
Dietsch et Mahieux (2014) soutiennent qu’il existe plusieurs déterminants qui augmentent la
probabilité d’accès au financement bancaire pour les PME, afin d’être en mesure d’accéder à
la dette avec des conditions bancaires plus avantageuses, pour financer leurs diverses
opportunités d’investissement. Selon St-Pierre et Fadil (2011), les facteurs qui influencent
l’accès au financement bancaire peuvent être répartis globalement en trois catégories :
certains de ces facteurs trouvent leurs origines dans les caractéristiques de ce genre
d’entreprises.
1. Les facteurs ayant trait aux caractéristiques des PME et les préoccupations du
banquier en tant que prêteur
Les obstacles aux financements de ces entreprises sont généralement les conséquences de
leurs caractéristiques et spécificités internes, ainsi que leurs natures comportementales.
Plusieurs facteurs internes des PME ont été qualifiés par les travaux empiriques comme
déterminants d’accès au financement bancaire, qui augmentent amplement la probabilité
d’accès au crédit classique. Les études qui ont été élaborées à cet égard par plusieurs
chercheurs comme Colot et al. (2010) ; Nakamura J-L. (1999) ; Smolarski et Kut (2011) ;
Ndjanyou L. (2001) ; Psillaki M. (1995) ; Levratto (1990), ont essayé de mieux comprendre le
phénomène de difficulté d’accès au financement bancaire et déceler des solutions appropriées,
en se basant sur les facteurs internes des PME.
1.1. La faiblesse ou insuffisance des fonds propres des PME
Les fonds propres sont attachés à la notion de solvabilité, ils sont le « matelas de sécurité »
qui permettra de faire face en cas de ralentissement conjoncturel de l’activité (Belze et
Cauthier, 2002). La littérature sur le financement des PME (Levratto, 1990 ;Psillaki, 1995 ;
Levratto, 2009) fait généralement état d’une insuffisance de ressources propres des PME.
Cette insuffisance de fonds propres est souvent invoquée comme une des principales sources
de fragilité de ces entreprises. La faiblesse généralisée des fonds propres des PME s’explique
à la fois par les réticences des promoteurs à rechercher d’autres actionnaires, la rareté des
trésoreries disponibles, les sous-évaluations fréquentes des coûts de fonctionnement et
d’investissement dans les budgets, ainsi que la sous-estimation du capital nécessaire pour
réaliser le chiffre d’affaires envisagé.
Au sens de Levratto (1990), la faiblesse des fonds propres des PME peut être expliquée par la
faiblesse des mises en réserve provenant de l’insuffisance des excédents d’exploitation, mais
également du comportement patrimonial des dirigeants de PME qui craignent de perdre une
partie de leur pouvoir de gestion et de décision en introduisant de nouveaux actionnaires.
La faiblesse des fonds propres des PME exerce plusieurs effets négatifs quant à leur accès au
financement bancaire. D’une part apparaît l’émission d’un signal négatif dans la mesure où la
faiblesse des fonds propres est interprétée comme une moindre prise de responsabilité de la
part l’entrepreneur dirigeant (Belze et Gauthier, 2002).D’autre part, la faiblesse des fonds
propres fragilise la situation des entreprises du point de vue de la contrainte de solvabilité.
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1.2. Le risque élevé de défaillance des PME
Au dire de Foliard (2008) les raisons de la frilosité des banques sont, sans doute, à chercher
dans la nature de la PME et les caractéristiques inhérentes à cette catégorie d’entreprises. Une
des raisons rapportées par les écrits scientifiques a trait à la perception négative de la situation
des PME qui les fait passer pour très risquées. Les PME étant caractérisées par leur fragilité
plus grande et leur faible taux de survie, elles sont automatiquement considérées comme plus
risquées (Phung, 2010).
Les banques invoquent leurs difficultés à porter et à tarifer le risque représenté par beaucoup
de petites entreprises. Elles jugent souvent les projets présentés par les PME plus risqués que
ceux des grandes entreprises (Adair et Adaskou, 2011). De fait, on les accuse désormais de se
détourner proprement des PME, le risque encouru sur ces dernières s’étant alourdi avec les
nouveaux calculs de fonds propres réglementaires (Bâle II) (Alméras, 2008).
Les circonstances financières sont très différentes de celles que connaissent les banques
lorsqu’elles traitent avec de grandes entreprises solides, de sorte que leur évaluation globale
du risque est tout à fait autre. Selon Gharsalli (2013), les PME sont considérées comme des
actifs risqués, plus imprévisibles et moins bien garantis que d’autres entreprises. Pour les
banques, le risque de crédit ou risque de défaut constitue le risque majeur dans leurs relations
avec les PME. L’évaluation de ce risque conditionne la décision d’octroi de crédit et le niveau
de rémunération exigé par ces établissements.
De l’avis de Chanel-Reynaud et Bloy (2001), les PME constituent un risque spécifique pour
les banques : en raison de leur poids important dans l’économie, de leur recours majoritaire à
l’endettement bancaire pour se financer et de leur fragilité (elles ont un taux de défaillance
supérieur de l’ordre de cinq fois aux entreprises de de grande taille. Les causes de cette
fragilité sont principalement liées à la structure financière des PME qui se caractérise par une
capitalisation souvent insuffisante et un taux d’endettement qui demeure d’autant plus élevé
que la taille de l’entreprise est petite.
La décision du dirigeant de faire appel à des capitaux externes intervient généralement dans
une optique de croissance externe ponctuelle et non pas dans le cadre d’une politique planifiée
(Wtterwulghe et Janssen, 1995). Bien que la force des PME réside fréquemment dans leur
flexibilité, cette stratégie réactive empêche toutefois une planification à long terme des
investissements (Cieply, 1995). Les PME innovantes, ou schumpeteriennes (Fernandez et
al.1985), dont les activités se situent dans des marchés fondamentalement neufs et exigent en
principe une planification, éprouveront également des difficultés à déterminer une stratégie à
long terme crédible du fait de l’absence de références sectorielles préexistantes
(Cieply, 1995).Les cash flows anticipés des PME sont donc plus incertains. En outre, l’octroi
d’un prêt à une PME implique des coûts de gestion de dossier proportionnellement plus
importants qu’un prêt à une grande entreprise, ces coûts étant largement fixes. Ces risques
accrus sont à l’origine des taux d’intérêt plus élevés demandés aux PME.
Selon Wtterwulghe (1998), l’octroi d’un prêt à une PME implique un surplus de risque
interne par rapport à la même opération avec une grande entreprise. Le surplus de risque
interne résulte de la dépendance de la PME à l’égard d’un seul individu, personnifiant
l’entreprise. Ses particularités constituent à la fois les forces et les faiblesses de l’entreprise.
La disparition de l’entrepreneur affectera d’ailleurs souvent l’entreprise au point de mettre sa
survie en péril. Cette personnification a des conséquences sur le comportement des banquiers.
Lors de l’octroi d’un prêt à un dirigeant de PME, les banques exigent des garanties
« personnelles » et assimilent donc le patrimoine du dirigeant et/ou de sa famille à celui de
l’entreprise. Cela réduit la logique même de la responsabilité limitée (Janssen et Wtterwulghe,
1999). Trop souvent, plutôt que d’étudier en profondeur le dossier de l’entreprise, le banquier
s’assurera de la consistance des garanties.

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Paranque (2006) soutient que le risque concernant les PME touche moins à leur rentabilité
qu’à l’incertitude sur leur pérennité, ce qui pose directement le problème de leur capacité à
produire pour elles-mêmes – gage de leur capacité d’anticipation – et pour leurs partenaires,
entre autres financiers, des informations sur la manière dont elles gèrent cette pérennité.
Malgré le fait que les PME présentent un taux de « natalité » supérieur à celui des grandes
entreprises, elles affichent en même temps un taux de « mortalité» aussi élevé. Cela explique
la réticence des banques en ce qui concerne le financement aux PME, puisque le risque de
non-remboursement d’un crédit à moyen et long terme est grand, étant donné qu’une PME
peut disparaître en quelques semaines sous les coups d’une crise de trésorerie, par exemple
(Psillaki, 1995).
Aux yeux de Foliard (2008), les PME sont plus sujettes que les autres entreprises aux risques
managériaux, aux risques liés au marketing, à la gestion. La concentration de tous les
pouvoirs et de toutes les fonctions dans les mains de l’entrepreneur augmente la perception du
risque. S’il doit être polyvalent, le porteur de projet ne peut pas être spécialiste dans tous les
domaines, ce qui augmente le risque d’erreur.
Cherif (1999) soutient qu’un risque d’exploitation en moyenne plus élevé, est sans doute le
premier facteur de risque pour un investissement dans une PME. Il résulte notamment du
caractère restreint du portefeuille d’activités des PME, qui sont de ce fait très vulnérables à
une modification de conjoncture ou à l’apparition de nouvelles techniques dans le secteur. En
outre, les PME, surtout lorsqu’elles ont une politique de croissance, suscitent plus de doutes
que les grandes entreprises quant à leur pérennité.
Par rapport aux grandes entreprises, les PME présentent des caractéristiques qui leur sont
propres et qui ne font qu’accroître le risque et l’effet de sélection adverse. Ces
caractéristiques sont liées au fait de la personnalisation de l’entreprise, des éventuelles
carences managériales du dirigeant, de la taille de l’entreprise elle-même, de sa durée de vie
qui est beaucoup plus brève qu’une grande entreprise (Psillaki, 1995), et des asymétries
informationnelles. Ce dernier élément a fait l’objet de nombreuses recherches et est sujet à des
controverses dépassant la simple évaluation du risque. Il est présenté dans la sous-section
suivante.
1.3. La structure interne et l’insuffisance d’organisation des PME
L’autre obstacle important rencontré par les banques est l’insuffisance d’organisation des
PME, notamment en ce qui concerne les ressources humaines, la comptabilité, la gestion
administrative et les fonctions de contrôle. La structure interne et l’organisation des PME
peuvent être des facteurs favorables à l’augmentation de la sélection adverse. Souvent le cycle
de décision stratégique, où l’horizon temporel de la PME ne répond pas à une politique de
long terme, est axé sur la réaction plutôt que sur l’anticipation. Ces entreprises emploient peu
de méthodes et de techniques de gestion telles que la prévision, l’analyse financière et la
gestion de projet (Psillaki, 1995).
Le chef d’entreprise est souvent le seul décideur de la société. La formalisation modeste
favorise les erreurs, les fraudes et nuit à la régularité des processus. L’action est trop rarement
précédée d’une réflexion qui permettrait de garantir la stabilité des processus de production et
de commercialisation. Le contrôle, tant au niveau interne qu’au niveau des auditeurs, est
relégué au second plan. Cela empêche la détection rapide des faiblesses de la société, facilite
les éventuelles velléités de non-transparence de certains promoteurs et amenuise la sérénité
des banquiers face aux PME. Ces caractéristiques conduisent les banques à adopter un
comportement prudent se traduisant fréquemment par la pratique d’un rationnement de la
demande, reposant soit sur une facturation plus élevée ou sur l’exigence de garanties plus
fortes, soit sur une réduction quantitative des fonds mis à la disposition des PME (Belletante,
Levtatto et Paranque, 2001).

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2. Les facteurs ayant trait aux caractéristiques de l’entrepreneur
Son expérience et sa maturité, son engagement en termes d’éléments d’actif garantis, son
patrimoine et les cautions qu’il peut assurer (Wamba et Tchamanbé-Djiné, 2002), son réseau
et son apport en capital. D’après Phung (2010), en ce qui concerne la qualité des dirigeants, le
banquier s’intéresse essentiellement à:
- la compétence du dirigeant, c’est-à-dire sa formation et son expérience professionnelle ;
- l’âge du chef d’entreprise : cet élément est très important pour les PME, car le fondateur de
l’entreprise est souvent lui-même le dirigeant, ce qui peut poser un problème. C’est
notamment le cas si la succession est mal préparée, par exemple, ou bien, le dirigeant est trop
jeune, il peut manquer d’expérience dans les affaires.
- le patrimoine : les associés ou le dirigeant ont-ils des moyens financiers suffisants ? Ce
critère peut être analysé par la possibilité de l’entreprise à obtenir des moyens en cas de
besoin de nouveaux apports en fonds propres, face à des difficultés ou des besoins
d’expansion trop rapide. Le comportement du dirigeant-propriétaire, qui détient le contrôle de
toutes les décisions, est difficilement prédit.
2.1. L’insuffisance de formation financière
L’insuffisance de formation financière ou le peu d’intérêt porté à la fonction financière sont
également fréquemment évoqués par les banquiers pour expliquer la difficulté de leurs
relations avec les PME (Bissiriou, 1989). Une enquête parue en 1985 démontre que les
responsables des institutions financières émettent d’importantes réserves à propos des
capacités managériales des entrepreneurs avec qui ils traitent (Watkins et Morton 1985). A
leurs yeux, les dirigeants sont souvent de bons techniciens et de bons commerciaux, mais
accordent trop peu d’importance à la fonction financière (Wtterwulghe et al., 1994). Ce
manque de formation ou d’intérêt a souvent pour conséquence la présentation d’un dossier
incomplet ou mal préparé (Adam et al., 1988). Pour d’autres auteurs, le rationnement
financier des PME provient principalement de l’absence d’experts financiers au sein de ces
entreprises (Riding et Swift, 1993).Les techniques de l’analyse financière, au même titre que
de nombreuses autres techniques de gestion, sont largement inutilisées par les PME. Leurs
stratégies sont trop souvent basées sur la réaction plutôt que sur l’action, leur politique
relevant du court terme (GREPME, 1994).
2.2. Problèmes de conflits d’agence et d’asymétrie d’information
Sur les marchés du crédit, les prêteurs butent sur deux problèmes majeurs. D’abord, comment
s’assurer de la sélection des bons risques ? Ensuite, une fois le crédit accordé, comment
garantir que les fonds iront vers leurs destinations et que les remboursements seront effectués
?
La plupart des difficultés rencontrées dans les relations entre les banques et les PME et
contribuant à faire d’elles des partenaires à haut risque pour les banquiers tiennent leur source
des problèmes d’agence et d’asymétrie d’information comme souligné par (Lefilleur, 2008) et
(Smondel, 2011). En effet, le consentement d’un prêt par une institution financière à une PME
s’explique notamment comme un problème de relation d’agence1 où l’institution financière
(le principal) utilise l’entreprise (l'agent) pour générer des revenus sur les fonds avancés
(Cherif, 1999 ; Groleau, 2012). Donc, le propriétaire dirigeant agit comme agent pour les
bailleurs de fonds. Chacune des parties en cause est motivée par des intérêts distincts et
divergents. Pour que ces problèmes soient réduits au minimum, il faudrait que l’entrepreneur

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Une relation d’agence - c’est-à-dire une relation dans laquelle une partie, le principal, mandate une autre partie,
l’agent, pour réaliser un service pour son compte, ce qui entraîne une délégation de pouvoir du principal à
l’agent - entre l’actionnaire-manager et le minoritaire plus difficilement contrôlable est susceptible de donner
lieu à de nombreux conflits d’intérêt.
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soit principalement concerné par la rentabilité des capitaux empruntés et que le prêteur le soit
par la solvabilité du premier.
Malheureusement, si le bailleur de fonds est effectivement préoccupé par la capacité de
remboursement de l’emprunteur, voulant se protéger au maximum contre le risque de défaut
de celui-ci, l’emprunteur est plutôt intéressé par sa maximisation économique individuelle
(St-Pierre, et Allepot) ainsi que par son autonomie de gestion. Cette divergence d’opinions
oblige le bailleur de fonds à adopter un comportement de surveillant, ce qui entraîne
différents coûts d’agence.
Certaines recherches ont pu identifier les sources de conflits susceptibles d’être générés par la
relation d’agence. Petty et Singer (1985) cités par (St-Pierre, et Allepot) ont clairement mis en
évidence les problèmes qui minent la relation d’agence : (1) un problème d’asymétrie de
l’information (2) un problème lié à la rémunération du propriétaire dirigeant et (3) un
problème de transfert de richesse ou déviation de fonds.
2.2.1. Problème d’asymétrie de l’information
Selon l’avis de Djedidi-Kooli (2009), le problème posé par une information inadéquate est
souvent mentionné comme un des principaux aspects freinant le financement bancaire des
PME.D’ordre quantitatif (comptable, mathématique et statistique provenant le plus souvent
des états financiers produits par les entreprises) et qualitatif (marché, environnement) et
technologique (sophistication des instruments et support de gestion), l’information chez les
PME soulève un certain nombre de problèmes liés, d’une part, à leur insuffisance et à leur
imperfection et, d’autre part, à leur complexité. Dans le même sens, Lefilleur (2008) explique
que la frilosité des banques à l’égard des PME s’explique principalement par la forte
asymétrie d’information qui existe entre entrepreneurs et banquiers. Cela tient notamment à
leur capacité limitée à fournir une information fiable ainsi qu’à leur expertise financière
limitée qui résulte de leurs spécificités financières.
Selon Psillaki (1995), dès lors que l’imperfection de l’information est prise en compte, il
devient impossible pour le prêteur de déterminer la qualité de l’emprunteur (la qualité du
projet financé), ou impossible ou très coûteux de surveiller les actions d’un agent. Belze et
Gauthier (2002) soutiennent que les PME sont soumises à une forte contrainte de production
d’informations pour obtenir la confiance des bailleurs de fonds même lorsque les dirigeants
sont en mesure de le faire, ils hésitent à fournir des informations fiables et précises, que ce
soit pour des raisons fiscales, concurrentielles ou liées aux coûts qu’engendre leur production
(Observatoire européen des PME 1995, Omri et Bellouma, 2004 ).
2.2.2. Problème lié à la rémunération du propriétaire dirigeant
La rémunération du dirigeant de PME prend des formes spécifiques, selon Torrès (2011), qui
dépassent le cadre de la seule politique de dividendes. Le propriétaire dirigeant dispose d’une
liberté totale quant à la forme de rémunération qu’il s’octroie (Bellettre, 2010). Cette
rémunération s’effectue en grande partie par des prélèvements qui prennent plusieurs formes :
rémunérations (souvent élevées), des avantages en nature ou encore des gratifications. De
plus, ces prélèvements peuvent s’effectuer sans qu’il soit possible pour les investisseurs
externes d’en vérifier l’ampleur Watson (1991).Dans le cas où il n’y a pas une tierce partie
impliquée dans la vie de l’entreprise, il importe peu de savoir comment le propriétaire
dirigeant est rémunéré. Mais, une fois que d’autres participants interviennent, le cas des
banques notamment, la source et la nature des avantages reçus par le propriétaire dirigeant
deviennent très importantes puisqu’elles peuvent affecter la capacité de l’entreprise à honorer
ses engagements vis-à-vis ses créanciers. En modifiant à loisir sa rémunération, le propriétaire
influence la stabilité des liquidités de l’entreprise nécessaires au remboursement des
emprunts, ce que n’apprécient guère les bailleurs de fonds (St-Pierre et Allepot).

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2.2.3. Problème de transfert de richesse ou déviation des fonds vers des utilisations
imprévues : l’aléa moral
Le risque d’aléa moral se manifeste dans des cas où le propriétaire dirigeant profite des
situations inobservables par le créancier, en agissant en comportement opportuniste,
satisfaisant son propre intérêt. Du fait que le contrôle de la PME est souvent entre les mains
d’une seule ou d’un petit nombre de personnes, cette ou ces personnes peuvent à leur volonté
transférer les ressources de l’entreprise à d’autres utilités que celles prévues initialement
(Bughin et Colot, 2008). Ces prélèvements de montants variables réduisent les liquidités
disponibles et par le fait même, accentuent l’incertitude des investisseurs au même titre que le
problème de rémunération personnelle (Badreddine, 2011). Par exemple, les dirigeants
peuvent engager des dépenses inutiles au développement de l’entreprise, et diminuer de la
sorte les montants disponibles pour rémunérer les investisseurs externes (Cherif, 1999).
Le bailleur de fonds ignore également si l’entrepreneur est transparent et qu’il utilisera les
fonds uniquement pour le projet pour lequel ils ont été sollicités. Cette situation peut être
inefficace puisque les conditions de financement sont fixées en fonction du risque du projet
présenté, et si les fonds sont déviés vers des utilisations imprévues qui n’ont pas fait l’objet
d’une évaluation détaillée, cela peut accroitre le risque du financement par rapport au risque
anticipé. Ceci peut se traduire par un changement radical de l’activité, par l’adoption de
projets plus risqués. En effet, une fois le crédit accordé, le dirigeant de la PME peut substituer
le projet initial par un autre plus risqué afin d’augmenter son rendement ou, encore, adopter
une politique d’investissement sous-optimale (le sous-investissement) en utilisant une partie
des fonds prêtés pour ses besoins personnels (Omri et Bellouma, 2004).
Dès lors que l’imperfection de l’information est prise en compte, les PME peuvent devenir
des partenaires plus risqués que les grandes entreprises aux yeux des banquiers.
- si les affaires tournent mal, ce sont les créanciers qui en subiront les conséquences et
risquent de ne pas récupérer la totalité de leurs créances (la responsabilité des propriétaires
étant limitée aux fonds propres engagés).
- Si les affaires tournent bien, ils remboursent la dette aux créanciers, à sa valeur, et captent
l’ensemble du bénéfice résiduel (Hutchinson, 1995). Les propriétaires peuvent ainsi se
procurer de la richesse au détriment des créanciers, dont la valeur de remboursement de la
dette est donnée, et ce, en augmentant le risque de l’entreprise.
Par ailleurs, une entreprise peut, à l’échéance d’un crédit, mentir sur ses résultats en sous
estimant ses revenus voire même déclarer un revenu nul afin de fuir ses engagements de
remboursement.
Enfin, le manque de vision du futur de l’entreprise constitue également un obstacle principal.
Trop de sociétés naissantes sont issues d’une initiative plutôt impulsive de l’entrepreneur,
sans analyse approfondie du marché et de la concurrence.
3. Les facteurs se rapportant au système bancaire : durcissement des conditions de
financement et rationnement du crédit
Les banques sont souvent pointées du doigt pour leur frilosité envers le financement des
petites structures alors que les grandes entreprises ne semblent pas souffrir d’un tassement de
leurs lignes de financement (Patel, 2013).
Pour nombre de chefs de PME, le financement en soi n’est pas problématique, mais ce sont
les conditions rigides d’accès aux crédits qui posent problème. La thèse la plus répandue est
en effet qui considère que les petites unités de vente et de production sont financièrement
étranglées et victimes du comportement restrictif des banques dans leurs demandes
d’emprunts, des inégalités flagrantes apparaissant entre le secteur oligopolistique, peu
concerné par le gel des crédits et les PME exposées aux aléas du marché.

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Les PME reprochent principalement aux banques de leur appliquer des frais élevés, de leur
accorder des montants plus faibles que ceux demandés, de leur imposer des garanties
supplémentaires ou encore des délais d’acceptation de dossiers trop longs. Les PME se
trouveraient donc confrontées à la réalité d’un désengagement des banques dans leur rôle
traditionnel de financier privilégié, alors même que le financement bancaire demeure la
modalité de financement principale de leur dynamique (Picory et Geffroy, 1995). On
reproche, assez traditionnellement, aux banques d’être trop exigeantes en matière de sûretés et
de garanties personnelles, et l’offre bancaire comme inadaptée à la demande (Ziane, 2004) ,et
en même temps trop restrictives quant à l’aménagement des autorisations de découvert,
précipitant la défaillance des entreprises les plus jeunes et les plus fragiles dès le premier
« accident » de chiffre d’affaires. On déplore la frilosité des banques. On se plaint de vivre
sous constante surveillance (Alméras, 2008). De son côté, Bocar Sall (2002) plaide que les
PME reprochent aux banques leur formalisme, leur organisation trop hiérarchisée.
Aux yeux de Derreumaux (2009), il faut reconnaître également au moins trois insuffisances
notables du côté des banques. La première est la faiblesse du suivi des concours mis en place.
La fragilité - normale - des PME en termes d’organisation et de projection dans le futur
devrait contraindre les banquiers à surveiller de près le fonctionnement quotidien de
l’entreprise, la pertinence de ses investissements et les difficultés qu’elle rencontre.
Ces facteurs sont autant de handicaps pour que les banques accroissent leur intérêt pour les
PME. Enfin, la troisième insuffisance des banques est liée à l’environnement institutionnel
dont les déficiences pénalisent l’action de ces dernières. Certaines faiblesses persistantes du
cadre juridique (par rapport à la réalisation des garanties par exemple) et les carences graves
et généralisées des appareils judiciaires rendent très difficile la récupération des crédits
défaillants. Ces difficultés amenuisent encore l’attrait des concours aux PME et poussent en
même temps les banques à durcir leurs conditions. De même, la multiplicité, la complexité et
le caractère parfois peu orthodoxe des pressions de l’administration - police économique, fisc,
sécurité sociale – fragilisent encore davantage les PME prêtes à intégrer le secteur formel sous
la pression des banques (Derreumaux, 2009).
3.1. Manque de souplesse dans l’établissement des conditions de prêt offertes aux PME
Il ne s’agit pas, à proprement parler, d’une lacune au sens de la théorie économique. La notion
de « souplesse » est un concept très subjectif. Suivant une première interprétation, le concept
pourrait se rapporter au fait que les prêts consentis par les institutions financières sont très
normalisés, qu’ils sont en quelque sorte des prêts « en série ». Le caractère normalisé de ces
prêts est la conséquence de la notation de crédit que pratiquent de plus en plus les prêteurs.
Cependant, il peut aussi être soutenu que la notation de crédit concourt à abaisser la part des
coûts fixes associée à l’exercice de la diligence raisonnable par les prêteurs, rendant plus de
crédit accessible aux PME (Equinox Management Consultants Ltd, 2002).
Pour de nombreux dirigeants, le banquier apparaît comme un conformiste, un sceptique qui ne
base son jugement que sur les résultats comptables. Les prêteurs bancaires n’octroient des
fonds qu’à la condition d’observer une capacité de remboursement élevée chez les
emprunteurs. Les méthodes d’analyse de risque utilisées par les banques sont souvent rigides
et reposent sur des informations standardisées telles que des grilles de « scoring » devant
permettre de probabiliser le risque (Bissiriou, 1989 ; Rivaud-Danset,1993). L’Observatoire
européen des PME (1994) estime que l’évaluation standardisée du risque ne permet pas une
prise en compte adéquate du potentiel de la PME. Les dirigeants se plaignent du peu de
connaissances qu’ont les banques quant à l’évolution de leur secteur ainsi que de leur
incapacité à évaluer la viabilité de leur projet. Les banques semblent donc rechercher un profit
sans risque à court terme excluant toute compréhension personnalisée (Belletante et
Levratto, 1995). Cette vision à court terme permet également d’expliquer partiellement la
faible importance des prêts à long terme par rapport aux prêts à court terme dans la structure
financière des PME. En effet, l’octroi de dettes à court terme permet aux banques d’exercer
9
un contrôle plus fréquent et donc plus efficace sur ces entreprises. Par le biais d’une révision
périodique des conditions de l’emprunt, la banque réduit l’asymétrie informationnelle
(Charreaux, 1985). Cette situation n’est toutefois pas seulement le fruit de la volonté du
banquier. Elle résulte également d’un refus de la part du propriétaire dirigeant de se voir lié à
long terme (Bizaguet 1988), ainsi que de l’absence de stratégie à long terme de nombreuses
PME. Elle est certainement aussi le résultat d’une absence d’objectif de croissance.
3.2. Lenteur administrative, lourdeur et complexité des procédures
En plus des taux d’intérêt élevés et de lourdes garanties, les banquiers peuvent chercher à
combler l’incertitude qu’ils ont, quant au rendement futur de l’entreprise financée, par
l’imposition de clauses restrictives dans les contrats. En effet, les banques, lorsqu’elles ont
affaire aux PME, multiplient généralement les demandes et les procédures fastidieuses pour
vérifier les garanties et les bilans financiers disponibles. Certaines grandes banques effectuent
des qualifications de crédit relativement sophistiquées en utilisant les informations
qualitatives et quantitatives pour évincer les emprunteurs ne présentant pas les garanties
nécessaires (Centre du Commerce International, 2009)
Lorsqu’ils sont confrontés à une demande de crédit, les prêteurs examinent le dossier à la
lumière de trois catégories de critères faisant intervenir des éléments représentatifs de
différents aspects de l’emprunteur potentiel comme le note Levratto (1990). Pour limiter
l’asymétrie informationnelle et pour minimiser le risque du défaut de remboursement de prêt,
le banquier est tenu de faire une étude satisfaisante sur l’environnement de la PME et une
analyse complète sur la situation de l’entreprise en question. C’est notamment par des
mécanismes de garantie, de suivi et de surveillance que les prêteurs peuvent s’assurer de la
judicieuse affectation des fonds. Cette particularité n’est pas propre aux PME, mais est plus
coûteuse, car les PME sont réputées produire une information opaque plus difficile à analyser
par les banquiers (Groleau, 2012).
L’appréciation de la viabilité d’un projet par le banquier est évidemment extrêmement
délicate lorsqu’il s’agit de financer la création ex nihilo d’une entreprise, ou un pôle de
diversification d’une affaire déjà existante. Dans la pratique, même lorsqu’il s’agit du
financement d’une exploitation habituelle et que l’information est - au moins partiellement -
disponible, il n’est toutefois pas sûr que la surveillance que doit assurer l’établissement de
crédit s’exerce de façon « optimale » (Nakamura, 1999). Parallèlement au développement de
techniques d’appréciation ex ante du risque futur moyen, les banques doivent, en effet,
également contrôler les entreprises auxquelles elles ont accordé un crédit qui n’est pas encore
remboursé. Ce rôle de monitoring fait partie intégrante du contrat de dette.
3.3. Absence de structures et de ressources dédiées aux PME dans l’organisation des
banques
La segmentation de l’offre de concours ne tient pas compte de la spécificité des PME. En
effet, la segmentation de la clientèle par marché place les PME dans le lot de la clientèle des
entreprises, avec un classement qui ne tient essentiellement compte que du volume de chiffre
d’affaires confié.
Il y a la pénurie au sein des équipes bancaires de cadres de référence spécifiques ayant une
expérience approfondie de la gestion des dossiers de financement des PME (Derreumaux,
2009). La diversité des PME, que ce soit en termes de taille, de secteurs, de caractéristiques
ou d’appuis requis, est bien sûr à l’origine de cette situation. Elle explique les difficultés
rencontrées pour mettre au point des solutions. Les efforts d’amélioration restent cependant
insuffisants. Les banques continuent dans la plupart des cas de souffrir d’une pénurie de
départements spécialisés sur les PME, d’un manque de procédures bien adaptées à la modestie
des informations financières et des quelques indicateurs de suivi disponibles, d’une faible
capacité d’innovation en ce qui concerne les garanties acceptables et de l’inexistence de

10
formations spécifiques au financement des PME pour les analystes de crédit et les chargés de
clientèle.
La réalité est que les chargés d’affaires, qui en plus de la clientèle PME, ont en charge la
clientèle des entreprises sont surchargés. En conséquence, ils apportent très rarement leur
écoute et leur disponibilité au client. Par ailleurs, les activités de conseil sont pratiquement
inexistantes du fait de l’indisponibilité des chargés de clientèle et des limites techniques. Il s’y
ajoute que les chargés ne disposent pas d’outils et de systèmes leur permettant d’améliorer
leur productivité.
Les techniques d’appréciation des risques pris par les banques vis-à-vis des entreprises, y
compris les PME, sont uniformes. Elles ne tiennent pas compte des enjeux disproportionnés
d’une grande entreprise à une PME ; les grandes entreprises et les PME sont traitées à la
même enseigne. Les banques ne mettent pas en place de chargés de clientèle PME, il y a, en
revanche, rarement de ressources et de produits spécifiques dédiés à la clientèle PME avec un
système de notation et de tarification qui reflètent les risques pris.
3.4. Réaction à l’imperfection de la relation Banque- PME : durcissement des conditions
de financement
Le manque d’informations publiques et d’historiques de crédit, en particulier dans les pays où
les agences d’évaluation du crédit n’existent pas, renforce encore la difficulté des banques à
distinguer les PME ayant réellement un fort potentiel des PME qui n’en ont que l’apparence.
Par conséquent, les banques ont tendance soit à refuser les PME ayant de bonnes perspectives,
soit à mettre toutes les PME dans le même panier et à appliquer de manière indiscriminée des
taux d’intérêt élevés, ce qui décourage les meilleurs candidats.
Une autre manière pour les banques de contourner le problème d’asymétrie de l’information
consiste à sélectionner les emprunteurs en utilisant d’autres mécanismes de filtration que le
taux d’intérêt, notamment en exigeant des garanties ou une capacité démontrée à partir
d’informations financières auditées.
Guigou et Vilanova, (1999) démontrent que, compte tenu des problèmes d’agence et des
risques y afférents dans le financement des PME, les banques n’ont guère le choix que de
mettre en place des mécanismes de contrôle et des clauses restrictives qui permettent à la
banque de « forcer » une renégociation du contrat initial lorsque l’emprunteur n’a pas respecté
l’un de ses engagements. Une violation peut donner lieu à un « durcissement » (réduction des
concours, augmentation des taux d’intérêt ou des garanties) ou au contraire à un
« adoucissement » des conditions de crédit.
Mais généralement, les clauses restrictives auront pour effet de renchérir considérablement
les coûts de gestion (collecte d’information détaillée, analyse financière, surveillance
régulière, etc.) : clauses relatives à la politique d’investissement, à la politique de dividende, à
la politique d’endettement et aux modalités de remboursement en plus des garanties et des
compensations exigées des PME et qui sont supérieures à celles exigées pour la grande
entreprise. À la fois des coûts directs et indirects liés à l’emprunt seront assumés par les
PME ; les coûts directs de l’emprunt incluent les taux d’intérêt et les coûts de contrôle ou de
surveillance (monitoring), les coûts indirects incluent quant à eux des garanties personnelles
et une augmentation de la contribution en fonds propres des propriétaires dirigeants.
3.4.1. Le coût d’accès au crédit : taux d’intérêt élevés
Le coût du crédit bancaire est amené à fluctuer en fonction de nombreux facteurs. Il varie en
fonction des risques auxquels la banque est susceptible d’être confrontée. Si l’on diminue les
risques, le coût devrait donc être moins élevé. Ce qui différencie les banques des autres
créanciers, c’est qu’elles font payer à leurs clients le risque qu’elles prennent : une première
fois lors de la création de l’entreprise, ensuite au cours de son développement, par le biais du
taux d’intérêt (Capoen, 2008).
11
Les apporteurs de capitaux peuvent choisir de majorer le coût de leur financement afin de
pallier à une augmentation du risque inconnu. Cette augmentation reste cependant limitée
pour des motifs de sélection adverse (Akerlof, 1970) : comme l’investisseur peut difficilement
déterminer la qualité de l’emprunteur, il va chercher à compenser ce risque inconnu et va
augmenter le coût de son financement. Or, cette augmentation ne sera pas acceptée par les
entreprises non risquées qui chercheront, soit un autre mode de financement, soit un projet
plus risqué (effet de hasard moral) (Bellettre, 2010).
Les études entreprises sur les conditions de financement offertes aux PME font état d’une
discrimination venant les pénaliser et susceptible d’entraver leurs stratégies de développement
en leur imposant des coûts plus élevés que ceux qui prévalent pour les firmes de dimension
plus importante (Levratto, 1990). L’Observatoire Européen des PME (1994) confirme que le
coût d’emprunt pour les PME de la plupart des pays européens serait d’un ou deux points
supérieurs à celui des grandes entreprises. Dans le même sens, Bardos (1990), soutient que les
entreprises les plus petites ont l’endettement le plus coûteux. Le coût de l’endettement est
d’autant plus fort que la taille de l’entreprise est faible. Cette situation peut se justifier, car il
existe en moyenne plus de risque à prêter à une petite entreprise. Toutefois, la généralisation
de ce type de procédure peut apparaître comme un élément dissuasif pour certaines PME, car
les frais financiers élevés et les garanties personnelles demandées au dirigeant peuvent être à
l’origine d’une confusion néfaste entre les avantages de l’individu et ceux de la société.
Les petits crédits étant la plupart du temps demandés par des entreprises possédant une
surface financière modeste, le bailleur de fonds est souvent enclin à réagir en intensifiant ses
exigences, négligeant par là même les effets pervers produits par ce type de stratégie. Comme
l’a montré Levratto (1990), les taux d’intérêt apparents, mesurés par le rapport frais
financiers/total des dettes, sont ainsi plus élevés dans les petites entreprises que dans les
grandes en raison de la part élevée des modalités de financement privilégiées dans
l’endettement global de ces dernières, bien que, compte tenu de leur sous-bancarisation, les
PME subissent des frais financiers globaux inférieurs à ceux des grandes unités.
La distorsion entre l’information dont dispose le dirigeant et celle qu’il met à la disposition de
son interlocuteur bancaire conduit la banque commerciale à fixer, a priori, un niveau de risque
élevé à toute opération de crédit ; une telle surestimation l’amène à exiger des taux d’intérêt
trop importants, comme l’ont expliqué Omri et Bellouma (2004).
Selon Paranque (2006), s’il est vrai qu’il peut subsister un écart de taux d’intérêt selon la
taille, cet écart est cependant le plus souvent lié non à celle-ci en tant que telle, mais à la
capacité de l’entreprise à communiquer, à échanger, à discuter avec les différentes parties
prenantes, dont le banquier. Le taux va donc sanctionner le risque pris par la banque au regard
certes des éléments communiqués, mais aussi de sa capacité à former ses propres salariés pour
collecter et traiter l’information pertinente. Autrement dit, le taux d’intérêt – ou plus
exactement l’écart constaté – n’est pas le prix de la ressource, mais le prix de l’information
nécessaire pour accéder / accorder cette ressource.

3.4.2. Surévaluation du niveau de risque et exigence trop élevée des garanties


L’asymétrie d’information débouche souvent sur des situations dans lesquelles l’octroi de
prêts ne repose pas sur le rendement escompté, mais sur la possibilité de constituer des
garanties, qui peut réduire ou éliminer les problèmes de contrat tels que l’« aléa moral » ou
l’« antisélection », en limitant le risque de perte pour le prêteur (OCDE, 2014).
L’exigence de garanties touchant directement le patrimoine des PME est considérée comme
l’un des principaux freins au financement des PME. Les banques exigent souvent que les
PME à la recherche de financement offrent des garanties qui peuvent prendre différentes
formes, telles, que des garanties hypothécaires ou des sûretés réelles sur biens, et peuvent
concerner le patrimoine professionnel et/ou personnel (Bellettre, 2010). Les éléments d’actif

12
de l’entreprise ou des entrepreneurs de même que les garanties de tiers servent souvent de
sûretés. Le niveau de garanties que les fournisseurs de financement exigent des PME est
directement lié au degré de risque perçu. Il est important de retenir que la demande de
garanties par le fournisseur de financement augmente le coût global du financement d’une
PME.
L’exigence de garanties est le meilleur moyen utilisé par les bailleurs de fonds pour pallier le
risque tout en constituant un moyen d’auto sélection des emprunteurs. En effet, il est peu
probable que les intermédiaires financiers accordent des crédits, notamment à long terme,
sans obtenir des garanties (Adair et Adaskou, 2011).
La prise de garantie a pour but de résoudre aussi bien les problèmes de sélection adverse que
ceux d’aléa moral des entreprises. En effet, pour endiguer l’opportunisme ex ante des
entreprises, certains auteurs (Tlili, 2012) proposent l’application de contrats bancaires
séparant. Il s’agit d’une gamme de contrats structurés proposée aux entreprises permettant à la
banque de distinguer les entreprises risquées des non risquées. Autrement dit, le contrat
bancaire choisi par l’entreprise est révélateur de son type. En ce sens, une entreprise peu
risquée choisit un contrat à taux d’intérêt faible et garanties élevées. Le risque de défaut de
cette entreprise est tellement faible qu’elle est prête à proposer d’importantes garanties dans le
but de signaler sa qualité et bénéficier par conséquent de faible taux d’intérêt. A contrario, une
entreprise risquée a plus de chance de faire défaut sur sa dette bancaire et ne souhaite pas
donner d’importants gages de garanties. Elle opte donc pour un contrat à taux d’intérêt élevé
et garanties faibles. Toutefois, les travaux empiriques réalisés sur ce sujet ne permettent pas
de confirmer le rôle de signal des garanties. Les résultats de ces travaux montrent que les
entreprises les moins risquées fournissent plus de garanties.
La composition de l’actif, et notamment la présence d’actifs tangibles, peut être un élément
déterminant pour toute demande de dettes puisqu’elle va permettre à l’entreprise d’offrir de
meilleures garanties (Bellettre, 2010). Ainsi, toutes choses égales par ailleurs, ce type de
dettes « sécurisées » par des garanties peut permettre d’augmenter les capacités d’endettement
des firmes fortement soumises aux problèmes d’asymétrie d’information.
Par ailleurs, certains auteurs trouvent que les garanties ont un effet dissuasif sur le
comportement des entreprises après l’attribution du financement bancaire. En cas de contrat
bancaire assorti de garanties, l’entreprise est incitée à fournir plus d’effort afin d’éviter une
faillite coûteuse. Les pertes subies par une entreprise défaillante sont d’autant plus
importantes que les garanties fournies à la banque sont élevées. Il s’en suit que les banques
auront intérêt à demander plus de garanties des entreprises risquées.
L’incitation de ces entreprises à fournir des efforts est tributaire des garanties imposées par la
banque. Les entreprises ayant un faible risque de signature s’orientent cependant vers un
contrat sans garanties. Leur incitation à fournir des efforts est indépendante de la prise de
garanties. En d’autres termes, les entreprises les plus risquées ont tendance à exercer un effort
plus élevé par rapport aux entreprises les moins risquées (Tlili, 2012). Il en résulte que la prise
de garantie est un moyen utilisé par les banques dans le but de dissuader l’entrepreneur
d’économiser son effort après l’obtention du crédit. En outre, il semble qu’elle permet
également de résoudre un autre problème d’aléa moral qui consiste en un défaut volontaire de
l’entrepreneur.

3.5. Le rationnement du crédit aux PME


Selon Nakamura (1999), le taux d’intérêt « uniforme » ne peut pas équilibrer le marché du
crédit : fixé à un niveau trop bas, il ne permet pas d’assurer la rentabilité des prêts ; fixé à un
niveau trop élevé, il dissuade les « bons » projets (c.-à-d. les moins risqués) et n’attire que les
« mauvais » (phénomène de sélection adverse ou anti-sélection). Le manque d’information
sur le risque réel de l’entreprise provoque ainsi un problème de sélection (Gharsalli, 2013).

13
Des taux d’intérêt élevés attirent des entreprises plus risquées (sélection adverse) et les
incitent à prendre plus de risque dans leurs projets (aléa moral) (Tlili, 2012). L’équilibre qui
ne se fait plus par les prix se réalise alors par les quantités : l’analyse théorique suggère ainsi
que les banques sont conduites à « rationner » les classes d’emprunteurs qui leur paraissent a
priori les plus risquées (par exemple les entreprises nouvellement créées).
Psillaki (1995) soutient que dès lors que l’on considère l’offre de crédit en tant que fonction
croissante du taux de rendement, et étant donné que ce taux commence à décroître au-delà
d’un certain niveau, il sera optimal pour la banque (sous la condition d’information
imparfaite) de ne pas accroître le taux d’intérêt, mais plutôt de rationner le crédit, afin de
pouvoir garder sur le marché les firmes les moins risquées.
Bien qu’il soit concevable, en théorie économique, que le rationnement du crédit soit pratiqué
à l’égard de certaines catégories distinctes observables d’emprunteurs, la théorie ne permet
pas de préciser quelles catégories seraient touchées (Equinox Management Consultants Ltd,
2002). S’il y a rationnement du crédit, il faut alors déterminer les critères appliqués par les
prêteurs pour faire des distinctions entre les emprunteurs : sur quels critères s’appuient les
prêteurs pour refuser des prêts, ce qui peut donner lieu à des lacunes fondées sur le
rationnement du crédit ? L’hypothèse de l’existence d’une contrainte de financement
particulièrement prononcée pour les petites entreprises trouve un support formel dans la
théorie du rationnement du crédit. Les résultats des travaux empiriques ayant testé cette
hypothèse à partir de données d’entreprises ne permettent pas, cependant, d’aboutir à un
consensus sur la réalité de ce phénomène (Cieply et Grondin, 1999).

3.5.1. Un phénomène récurrent, non observable directement


Le rationnement est une solution adoptée par les banques pour faire face à la prise excessive
de risque et pour éviter la sous-rémunération de ces crédits. Il peut être considéré comme un
choix ou une contrainte selon la cause qui l’a généré. Le « rationnement du crédit » comme
décrit par Bester (1987 cité par Phung 2010) correspond à la situation où certains emprunteurs
obtiennent des prêts tandis que d’autres n’en obtiennent pas, même s’ils sont prêts à payer le
taux d’intérêt que les préteurs demandent, même plus élevés et/ou de fournir plus de biens en
garantie. Car la demande de crédit est supérieure à l’offre et l’ajustement se fait par les
quantités et non par les prix. Cieply (2013) soutient que le rationnement du crédit correspond
à une situation où les entreprises n’obtiennent pas le crédit qu’elles demandent alors qu’elles
sont prêtes à en payer le prix et que leurs projets sous-jacents sont rentables.
Selon Djedidi-Kooli (2009) le rationnement de crédit est une situation caractérisée par :
- Une demande globale de crédit qui reste durablement supérieure à l’offre de la banque alors
même que le prêteur adopte un comportement rationnel de maximisation de son profit ;
- Cette situation de rationnement persiste même pour un emprunteur prêt à respecter toutes les
clauses du contrat de prêt (par exemple : les garanties) établies par le prêteur.
Le rationnement du crédit est une des formes les plus courantes d’inefficience du marché. Des
entreprises proposant des projets d’investissements rentables se voient refuser des prêts
bancaires même à un taux d’intérêt élevé. En situation de crise financière et économique, la
restriction de l’accès au crédit bancaire s’en trouve renforcée (Alexandre et Buisson, 2010).
Aubier et Cherbonnier (2007) concluent que ce phénomène est difficile à détecter puisque la
demande et l’offre de crédit ne sont pas directement observables. En particulier, une
diminution des encours de crédit peut résulter d’une baisse de la demande, sous l’effet d’un
ralentissement de l’activité, sans que cela ne reflète des problèmes de financement pour les
entreprises. En outre, une demande de crédit supérieure à l’offre ne traduit pas nécessairement
un phénomène de rationnement du crédit, le surplus de demandes pouvant provenir
d’entreprises non rentables.

14
La situation - naturelle - de rationnement trouve sa justification théorique dans l’existence
d’une asymétrie d’information entre le prêteur et l’emprunteur (Nakamura ,1999 ; Tlili, 2012
). Les résultats de l’enquête menée par (Cieply et Grondin, 1999) auprès des chargés de
clientèle PME, en ce qui concerne l’occurrence d’un rationnement sur le marché du crédit aux
PME, révèlent que la perception d’un risque ou le manque d’information sont deux raisons
qui suffisent à conduire les banquiers à rationner leur offre de crédit aux firmes, notamment si
ces dernières ne sont pas clientes.
Les banques décident de rationner la quantité de crédit qu’elles accordent, car une action sur
les taux d’intérêt influence le risque de l’emprunteur. En effet, des taux élevés attirent des
emprunteurs plus risqués (sélection adverse) et incitent ceux-ci à augmenter le risque de leurs
projets (aléa moral). Ce rationnement est une conséquence du manque d’information des
banques sur le risque des emprunteurs. Cette information est en effet coûteuse à collecter ou
indisponible. Les banques fixent alors un niveau d’intérêt moyen et rationnent les
emprunteurs qui semblent être les plus risqués. Le mécanisme d’ajustement des prix
permettant d’équilibrer l’offre et la demande peut donc ne pas se produire sur le marché du
crédit bancaire ( Alexandre et Buisson, 2010).
La présence d’asymétries d’information entre le prêteur et l’emprunteur ou d’information
imparfaite peut donc inciter le premier à refuser au second l’accès au crédit, plutôt que de lui
consentir un prêt assorti, le cas échéant, d’une prime de risque plus élevée. Il convient à ce
stade d’insister sur le fait que, en vertu de cette analyse, le rationnement apparaît comme un
mode d’équilibre « incontournable » sur le marché du crédit. Quel que soit le montant des
ressources dont disposent les banques pour prêter aux entreprises, certaines parmi ces
dernières verront toujours leurs demandes d’emprunt refusées (Nakamura 1999). Placés en
situation d’asymétrie d’information, les établissements de crédit refuseront en effet de prêter à
des entreprises qu’elles estiment, à tort ou à raison, trop risquées, et ce, même à un taux
d’intérêt très élevé. Elles savent en effet que seules les entreprises les plus « risquées » (les
moins susceptibles de rembourser leurs emprunts) accepteraient d’emprunter à de telles
conditions (Nakamura, 1999).
Stiglitz et Weiss (1981) cités par (Badreddine, 2011) présentent un modèle de rationnement
de crédit indiquant que parmi les emprunteurs identiques, il existe une partie qui reçoit des
prêts et une autre qui n’en reçoit pas. Partant de ce principe, les emprunteurs potentiels qui ont
été rejetés n’auront plus dans ce cas la possibilité d’emprunter, même s’ils sont capables de
payer un taux d’intérêt plus élevé que celui du marché.
Stiglitz et Weiss montrent que dans la mesure où le taux d’intérêt est en relation avec le risque
du groupe des emprunteurs, lequel peut ne pas être connu des banques, il est possible
d’aboutir à l’obtention d’équilibres avec rationnement des emprunteurs potentiels. En effet,
les banques ne souhaitent pas satisfaire certains clients potentiels prêts à contracter à un taux
d’intérêt supérieur à celui qu’elles annoncent, car cette disposition est perçue comme étant
révélatrice d’emprunteurs à haut risque de défaut, qu’il faut alors écarter par rationnement
(Psillaki, 1995).

3.5.2. Les formes du rationnement de crédit


De l’avis de Smondel (2011), les changements réglementaires et les mutations économiques
représentent les plus importantes variables qui peuvent affecter le niveau du rationnement. En
se basant sur deux principales variables : les stratégies des banques face au risque et la gestion
de leurs portefeuilles clients. Sur la base de la réaction des banques face au risque, nous
distinguons le rationnement préventif et le rationnement contraint. En effet, le rationnement
peut s’accentuer lors d’une insuffisance du capital des banques, mais aussi il peut résulter
d’un comportement préventif face au risque des emprunteurs (Artus, 2002) cité par Smondel
(2011). La deuxième distinction se base sur la gestion des banques de leurs bases de clientèle.
Nous avons un rationnement sur le nombre et un rationnement sur la quantité. Cette
15
distinction est le résultat de la décomposition de la décision de crédit. En effet, la littérature
met en évidence deux formes principales de rationnement. Le rationnement de type qui
discrimine un groupe d’emprunteurs, sans distinction au sein du groupe, et il se manifeste par
la taille des prêts tandis que le deuxième type de rationnement discrimine certains agents à
l’intérieur d’un groupe d’emprunteurs identiques parmi un groupe, certains obtiennent le
crédit et d’autres en sont dépourvus (Artis, 2011).

3.5.2.1. Le rationnement préventif


Lorsque les banques s’aperçoivent qu’elles ont pris trop de risque, elles prennent l’initiative
de réagir et minimisent ce risque en s’alignant sur le niveau général du marché en arrêtant
d’attribuer les crédits. Ce type de rationnement est dit préventif (Smondel, 2011). L’origine de
ce rationnement semble être les récessions économiques et les crises financières, car elles
amplifient le risque d’insolvabilité des emprunteurs. Les banques à réagissent afin de ne pas
subir l’effet de la boule de neige et du cumul des défauts des crédits. Le rationnement comme
étant une réponse à une hausse de probabilité de défaut est une décision rationnelle et une clé
de stabilité du système bancaire.
Le rationnement de l’emprunteur peut être temporaire ou permanent : s’il est temporaire, il
s’agit d’un rationnement à court terme, sinon c’est un rationnement de long terme. Suite à une
première demande de crédit rationnée, la firme peut établir une relation qui lui permet de
prendre des crédits ultérieurs et dans ce cas nous pouvons dire que le rationnement était
temporaire.

3.5.2.2. Le rationnement contraint par le capital


Des banques peuvent choisir l’alternative du rationnement préventif par souci de risque,
contrairement aux autres qui vont en profiter pour gagner plus en prenant plus de risque. Ce
comportement peut engendrer la fragilité du système bancaire et même les banques les moins
risquées peuvent être affectées.
Le comité de Bâle II a proposé des nouvelles mesures pour réduire ce comportement. Il a
incité les banques à mettre une partie, du capital, proportionnelle au risque encouru dans les
réserves. Cette exigence a pesé lourd sur la liberté de l’octroi de crédit, car, théoriquement, les
banques doivent arrêter de prêter si elles épuisent les fonds disponibles. La baisse de l’offre
de crédit est imposée aux banques pour satisfaire la condition de capital. Ce rationnement
contraint ne dépend pas de la stratégie prudentielle des banques et aboutit à un rationnement
arbitraire et non stratégique. Les banques peuvent rationner des bons emprunteurs, car elles ne
pouvaient plus octroyer des crédits alors que d’autres emprunteurs plus risqués ont eu leurs
crédits, étant donné qu’ils ont présenté leurs demandes avant. Cependant, le rationnement des
emprunteurs qui méritent les crédits peut nuire au niveau général de l’activité économique
(Zazzara, 2008).

3.5.2.3. Le rationnement sur le nombre


Le rationnement sur le nombre consiste à refuser d’octroyer un crédit à des emprunteurs jugés
risqués ou non rentables (Smondel, 2011). Nous ne faisons pas la distinction entre le
rationnement total ou partiel : le crédit doit être totalement octroyé ou totalement rationné. Le
rationnement sur le nombre est une réaction immédiate face à l’opacité des emprunteurs.
Toutes fois, il peut engendrer des risques macroéconomiques si les banques n’arrivent pas à
distinguer entre les emprunteurs risqués et ceux qui ne le sont pas. Étant donné que le
rationnement des bons emprunteurs peut entrainer une période de sous-investissement.

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Il est judicieux de faire la différence entre le rationnement des clients précis ou des classes de
risques entières. Le rationnement peut concerner une personne dans un groupe ou un groupe
de risque entier (Lobez, 1988).

3.5.2.4. Le rationnement sur la quantité


Les banques qui craignent la perte de leur clientèle adoptent le rationnement sur la quantité.
Ce type de rationnement est caractérisé essentiellement par le fait que les banques peuvent
accorder tous les crédits sollicités par les clients en ne donnant qu’une partie des montants
demandés à certains d’entre eux. Les banques essayent par cette stratégie de satisfaire tous
leurs clients.
Une banque peut procéder à un rationnement sur les montants des crédits et un rationnement
sur le nombre des emprunteurs. Cette coexistence est le résultat de la complémentarité entre
ces deux formes de rationnement. Les banques peuvent rationner la totalité des montants des
crédits sollicités par les emprunteurs les plus risqués, en revanche pour les emprunteurs les
plus transparents, elles peuvent minimiser le risque en diminuant le montant octroyé. Les
banques qui arrivent à gérer ces deux formes de rationnement peuvent bénéficier d’une
gestion optimale de risque des crédits.

Conclusion
Se basant sur la littérature scientifique disponible sur les problèmes financiers des PME,
on note que l’accès limité aux ressources financières est souvent décrit comme étant l’un des
principaux facteurs expliquant l’inefficacité et la faillite des entreprises de taille restreinte.
Les contraintes financières dont elles font face sont redoutables ayant un impact négatif sur
leur développement et leur potentiel.
Plusieurs aspects constituent une préoccupation prédominante pour les banques, les PME
présentent des spécificités qui sont souvent à la source de réelles contraintes financières, les
solutions de financement apportées par le système financier laissant subsister pour elles ce
que l’on appelle un déficit de financement.Ces spécificités sont liées à la difficulté de séparer
les ressources financières de l’entreprise de celles de son propriétaire, aux problèmes de
succession qui peuvent rendre le développement de l’entreprise incertain, à l’insuffisance ou à
« l’opacité informationnelle » de leur système d’information interne et externe, à l’importance
des relations informelles et à la présence de contrats implicites, etc. Les prêteurs bancaires, au
sens de Dufy (2011), n’octroient des fonds qu’à la condition d’observer une capacité de
remboursement élevée chez les emprunteurs. Ils souhaitent, en outre, trouver chez leurs
clients des structures bien organisées et encadrées, requièrent en permanence des entreprises
qu’elles exposent une vision claire et précise de leur avenir et demandent que celles-ci
disposent de fonds propres substantiels capables de faire face aux imprévus. Enfin, les
banques espèrent toujours appuyer leurs concours sur des garanties solides leur permettant de
satisfaire les exigences de leurs autorités de tutelle. Ces nombreuses caractéristiques sont très
difficiles à réunir par la clientèle des PME, quels que soient les secteurs d’activité que l’on
considère.
Les banquiers expliquent alors leur précaution envers les crédits par l’insuffisance de fonds
propres, le manque de fiabilité des projets causé par le manque de données économiques
fiables et d’expertise d’accompagnement dans l’élaboration des business plan, l’absence et
l’insuffisance de garanties offertes, la non- maîtrise des coûts et des délais de projets par les
promoteurs et, enfin, la faiblesse du management des petites et moyennes entreprises.
Les PME sont des entreprises à faible capitalisation. Leurs états financiers ne sont pas vérifiés
par des audits externes et la qualité des informations divulguées à travers ces comptes est

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souvent faible. Il existe aussi une relation entre la taille de l’entreprise et les conditions
d’accord de crédit imposées par les banques.
L’âge est également important : les jeunes entreprises sont soumises à plus de contraintes de
financement que les PME plus anciennes. De même, le secteur d’activité est un indicateur du
risque entrepreneurial qui influe sur l’accès au crédit : les PME des secteurs de la haute
technologie ont des problèmes financiers dans les premiers stades de leur développement. La
qualité de diffusion de l’information réduit les barrières au financement externe et la structure
de propriété peut constituer un déterminant pour certains auteurs. Par exemple, les entreprises
familiales ont moins de difficultés d’accès au crédit étant donné la faible importance du
problème d’aléa moral, leurs caractéristiques managériales et leurs choix conservateurs. Pour
d’autres, l’hypothèse de la réduction des coûts d’agence de la dette du fait de la concentration
de la propriété n’a pas été vérifiée en contexte de PME. Nous pouvons aussi citer d’autres
facteurs : Le taux d’endettement, le niveau d’investissement et le taux de croissance, le stade
de maturité, le niveau et le type d’innovation, la transparence de l’information et les relations
développées avec les banques. Enfin, le risque global de l’entreprise constitue un élément
décisif pour l’accès au financement externe. En effet, avant de consentir un financement, les
banques déterminent si les profits et le flux de trésorerie générés par l’entreprise seront
suffisants pour lui permettre de rembourser la créance demandée. Il est donc nécessaire pour
les PME d’avoir le profil adéquat qui pourrait leur permettre de séduire les banques et
d’obtenir l’accord d’un crédit bancaire.
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