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TRANSIT INTERNATIONAL
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INSCAE-FI/FC
2019
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M. Toussaint RABENALA
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SOMMAIRE
CHAPITRE I : L’ADMINISTRATION DES DOUANES
Section 1 : Historique de la Douane
Section 2 : Les missions de la Douane
Section 3 : La structure et l’organisation
Section 4: Le cadre légal de l’action douanière
CHAPITRE II : LA PROFESSION DE TRANSITAIRE
Section 1 : La déclaration en douane
Section 2 : La profession de commissionnaire en douane
Section 3 : Les autres activités du transitaire
CHAPITRE III : LES REGIMES DOUANIERS
Section 1 : Les modèles de déclaration à l’importation
Section 2 : Les modèles de déclaration à l’exportation
Section 3 : Les régimes économiques et particuliers
CHAPITRE IV : LES PRINCIPES DE LA TAXATION
Section 1 : Les assiettes des droits et taxes douaniers
Section 2 : La valeur en douane
Section 3 : Les types de droits et taxes douaniers
Section 4 : Les exonérations légales des droits et taxes douaniers
CHAPITRE V : LA MODERNISATION DE LA DOUANE MALGACHE
Section 1 : Le partenariat Douanes-Gasynet
Section 2 : Les principaux systèmes utilisés
Section 3 : Les axes stratégiques de la modernisation
CHAPITRE VI : LA PROCEDURE DE DEDOUANEMENT
Section 1 : Le document administratif unique (DAU)
Section 1 : Les circuits de contrôle
Section 3 : La procédure à l’importation
Section 4 : La procédure à l’exportation
Section 5: Le régime des voyageurs
Section 6 : Le contentieux douanier
CHAPITRE I : L’ADMINISTRATION DES DOUANES
Contrairement aux autres administrations publiques, facilement accessibles à la majorité
des citoyens malgaches, la Douane constitue une administration relativement inconnue du grand
public. Le système douanier est un environnement complexe, hautement technique, le plus souvent
réservé à quelques « élites » de la société.
Dans ce chapitre, nous allons procéder à une présentation sommaire de l’administration des
douanes malgache. Il est à noter que tout au long de ce document, nous utiliserons indifféremment
les termes « Administration des douanes » ou « Douane », car ces deux appellations désignent
exactement la même entité.
SECTION 1 : HISTORIQUE
La Douane est une très vieille administration, tant au niveau national qu’international. L’historique
qui suit retrace brièvement le parcours séculaire, voire millénaire de la Douane.
1.1- DE LA DOUANE ANTIQUE
L’histoire de la douane remonte à l’Antiquité. Le mot « douane » a la même origine
persane que le terme divan, qui désignait autrefois le lieu de réunion des administrateurs de
finances. Plus tard, il nous est parvenu par l’intermédiaire de l’arabe diouân signifiant registre, puis
le lieu où les employés tiennent ledit registre. Le mot « douane » vient également de l’italien doana,
dogana.
L’Inde, l’Egypte pharaonique et la Grèce pratiquait déjà l’impôt sur le commerce des
marchandises étrangères. La douane existait également en Chine depuis la dynastie Si Zhou (XI e au
VIIe siècle avant Jésus-Christ). A Rome, les douaniers (ou portitores) percevaient les portoria, ou
droits perçus dans les ports et aux frontières.
En Gaule, Jules César fixa l’impôt douanier à 1/40ème de la valeur des marchandises
(Quadragesima Galliorum). L’impôt alors perçu est de 2,5% de la valeur des marchandises
importées. Il est plus connu sous l’appellation de « quarantième des Gaules ».
Au Ier siècle, lorsque Rome étendit son empire en Orient, l’empereur désigna des receveurs
pour recouvrer les taxes de douane et de péage. Par exemple, Saint Matthieu, connu sous le nom de
Lévi, auteur du premier évangile et un des douze apôtres de Jésus, était publicain. (Cf. Matthieu IX,
9 ; Marc II, 13-14 et Luc V, 27-29).
Avant de devenir un apôtre fidèle de Jésus, Matthieu cumulait à l’époque les fonctions de
douanier et de percepteur à Capharnaüm, lieu de passage des caravanes venant de l’Orient, et
importante ville frontière de la Galilée sur les bords du lac Tibériade. Il percevait aussi le portorium
sur la route de Damas, à Césarée.

1.2- DE LA DOUANE FRANÇAISE


En France, l’institution des droits de douane dans le but, non point de procurer des
ressources publiques, mais d’intervenir dans les mécanismes économiques, semble dater de Saint
Louis (1214-1270) et de Philippe IV Le Bel (1268-1314). Ces derniers créèrent des droits de sortie
sur les marchandises en application du principe selon lequel la richesse s’accroît si les frontières
sont fermées (doctrine mercantiliste).
En effet, Philippe IV Le Bel recourait aux prohibitions de sortie de certaines marchandises
(grains, espèces monétaires), afin de retenir ces ressources dans le pays et de les transformer en
arme économique contre ses ennemis. Ce fut probablement le début de la mission économique de la
douane.
Jean-Baptiste Colbert (1619-1683), promu contrôleur général des Finances de Louis XIV,
est considéré comme le père de la douane française moderne. Il fut le grand réformateur du système
douanier français, en édictant le Tarif de 1664. Ce Tarif contient déjà les principes et les méthodes
de la douane actuelle, et la conception moderne de la fonction économique des droits de douane s’y
trouve déjà formulée.
Plus d’un siècle plus tard, Napoléon Bonaparte, par arrêté du 16 septembre 1801, créa le
poste de Directeur général des douanes et l’attribua à Collin de Sussy, ancien régisseur des douanes
et préfet.
Devenu colonie française, Madagascar a hérité de la législation des douanes françaises. Le
système douanier français fut imposé à Madagascar par le général Gallieni, premier gouverneur
général de la Grande Ile, de 1896 à 1905.
1.3- DE LA DOUANE MALGACHE
1817 : Abolition de l’esclavage et interdiction de la traite. La royauté malgache de
l’époque ne disposait d’aucune ressource financière.
25 octobre 1820 : Signature du Traité de l’abolition de l’esclavage entre le roi Radama I er
et Robert Farquhar, Gouverneur de l’Ile de France, devenue Ile Maurice, représentant du
gouvernement britannique.
25 octobre 1826 : Décret royal, entré en vigueur le 1er janvier 1827.
Paiement du Droit d’ancrage par les bateaux et navires qui accostaient certains ports
malgaches (Tamatave, Majunga, Foulpointe, Fort-Dauphin)
Paiement de droits « ad valorem », équivalent à 25% de la valeur marchande des
marchandises importées ou exportées dans les ports malgaches : Vohémar, Foulpointe, Tamatave,
Vatomandry, Mahanoro, Mananjary, Fort-Dauphin, etc.
1885 : Après la défaite de Madagascar lors de la guerre franco-hova, le pays est mis sous
protectorat français.
27 septembre 1896 : Promulgation de la Loi d’Annexion. La douane malgache change de
nationalité pour devenir française. Les produits français sont soumis à un droit ad valorem de 10%
à l’entrée. Puis, promulgation de la Loi du 16 avril 1897 portant Tarif général des douanes.
Fin 1905 : La proportion des marchandises françaises importées dans la Grande Ile était de
93% contre 7% seulement de marchandises étrangères.
26 juin 1960 : Indépendance politique de Madagascar. La douane est redevenue malgache.
Elle fut à l’époque un simple Service, sous l’égide de la Direction des Impôts.
1982 : La Douane malgache est devenue Direction des Douanes, avant de devenir enfin
Direction Générale des Douanes en 1997 jusqu’à ce jour.
SECTION 2 : LES MISSIONS DE LA DOUANE
La Douane est une administration mal connue, sans être complètement inconnue. Le grand
public ne sait pas toujours avec précision ce qu’elle fait et à quoi elle sert.
Les missions de la Douane peuvent se diviser en trois catégories: la mission fiscale, la
mission économique et la mission de sécurité des citoyens.
2.1- LA MISSION FISCALE ET /OU FINANCIERE
La douane est avant tout une administration de perception fiscale, au même titre que
l’administration des impôts.
2.1.1- La Douane, une administration fiscale
La Douane perçoit des droits et taxes dus à l’importation et/ou à l’exportation. Les droits et
taxes perçus sont entièrement versés au budget général de l’Etat, sans qu’aucun pourcentage ne soit
affecté aux collectivités locales.
Par sa mission fiscale, la Douane contribue essentiellement au respect des grands
équilibres macro-économiques de l’Etat et à la satisfaction des besoins fondamentaux de la
population malgache (santé publique, éducation, infrastructures, etc.).
Les recettes douanières constituent actuellement près de 48 % des recettes budgétaires
totales de l’Etat malgache. Mais dans les années à venir, cette proportion sera appelée à diminuer à
cause de l’intégration régionale et de la politique de libre-échange. Le recouvrement obéit à des
règles particulièrement strictes, car le fait générateur de l’impôt, c'est-à-dire le franchissement de la
frontière, est un acte fugitif qu’il faut constater au moment même de son accomplissement.
2.1.2- L’évolution récente des recettes douanières
La sécurisation des recettes est un enjeu permanent pour la Douane malgache. L’action
consiste ici à assurer l’optimisation des recettes douanières, conformément aux tarifs et aux textes
en vigueur. En valeur absolue, les recettes douanières continuent d’augmenter sans cesse ces
dernières années.
Voici l’évolution récente des recettes douanières à Madagascar (en milliards d’Ariary):
2007 (774,46) ; 2008 (924,27) ; 2009 (753,4) ; 2010 (829.4) ; 2011 (993.6) ; 2012 (1048,6) ;
2013 (1172,3) ; 2014 (1255,0) ; 2015 (1459,2) ; 2016 (1682,7) ; 2017 (2047,1) ; 2018 (2427,9).
2.2- LA MISSION ECONOMIQUE ET /OU COMMERCIALE
La douane traditionnelle, essentiellement concentrée sur la perception des recettes, évolue
désormais vers un modèle d’administration technique au service de l’économie nationale.
Le Gouvernement, en tant que responsable de la politique économique, doit disposer de cet
instrument essentiel qu’est la Douane.
2.2.1- La protection commerciale
La Douane a pour rôle de protéger le commerce, l’industrie et l’agriculture de Madagascar
contre la concurrence des produits étrangers. Elle assure ainsi une mission de soutien à la
compétitivité économique et/ou commerciale des entreprises malgaches. Elle contribue à la
promotion, à la régulation et à la sécurisation des échanges commerciaux.
L’exécution de cette protection commerciale se réalise par l’utilisation de barrières
tarifaires (sous forme de taxes ou surtaxes), ou de barrières non tarifaires (contingentement,
prohibitions, mesures réglementaires).
Par ailleurs, la Douane assure la sécurisation de la chaîne logistique internationale et
constitue un instrument stratégique pour les décideurs gouvernementaux en matière de politique
économique de la nation.
2.2. 3- L’élaboration des statistiques commerciales
La Douane contribue activement à l’élaboration des statistiques du commerce extérieur,
dans la mesure où les déclarations en douane indiquent l’espèce de la marchandise, son origine, sa
valeur, sa quantité, etc.
Ces données statistiques vont permettre aux pouvoirs publics d’apprécier l’évolution des
échanges extérieurs et de connaître l’état de la balance commerciale du pays. A ce propos, la
Douane malgache dispose d’un service spécialisé, à savoir le Service des Statistiques et des
Analyses Economiques, et d’un logiciel suffisamment moderne et performant (Sydonia).
2.3- LA MISSION DE PROTECTION ET DE SECURITE
La Douane n’a pas pour rôle de protéger les citoyens au sens militaire de l’expression,
mais par rapport aux flux des marchandises à l’entrée ou à la sortie du territoire national.
2.3.1- La protection de la société et des citoyens
D’une manière générale, la Douane exerce une mission de protection de la société
malgache contre toutes les formes de risques, notamment en matière de sécurité publique, santé
publique, moralité publique, etc.
La Douane est chargée de la protection des consommateurs, de la lutte contre les trafics
illicites, du contrôle des voyageurs aux frontières. Elle intervient dans des domaines aussi variés
que la lutte contre les contrefaçons, la protection du patrimoine culturel, la défense de
l’environnement, etc.
La Douane assure l’application des normes pour le compte des ministères techniques, et
lutte contre toutes les formes de fraude, de terrorisme, de contrefaçon, etc. Elle assure ainsi une
mission de surveillance générale du territoire national, en collaboration avec d’autres services
publics régaliens, dans le cadre de la gestion coordonnée des frontières.
2.3.2- La gestion coordonnée des frontières (GCF)
Dans l’exécution de sa mission de protection et de sécurité, la Douane n’est pas la seule
administration publique à intervenir sur le terrain. Il y a une synergie d’actions entre les différentes
entités concernées par le commerce international.
Afin de mieux protéger la société civile, la Police, la Gendarmerie et la Douane doivent
collaborer de façon fructueuse par l’échange de renseignements utiles. S’y ajoutent également les
Services vétérinaires, phytosanitaires, de l’Environnement, des Mines, de la Santé, etc. D’où la
notion de « Gestion coordonnées des frontières », appliquée dans les ports et aéroports
internationaux.
2.3.3- L’exécution équilibrée des missions
La réglementation douanière, comme celle des autres régies financières, contient des
dispositions sévères en vue du recouvrement des droits. L’aspect fiscal de l’action douanière
implique une interprétation rigoureuse des textes.
Néanmoins, la Douane doit concilier en permanence les préoccupations fiscales, d’une
part, et l’exercice de ses fonctions économiques, d’autre part. Dans la pratique, la problématique
pour la Douane, c’est de trouver un équilibre permanent dans l’exécution de ses différentes
missions, qui semblent souvent contradictoires, sans sortir du cadre légal de son action.
SECTION 3 : LA STRUCTURE ET L’ORGANISATION
L’administration de douanes malgache se divise en deux structures: l’administration
centrale et les bureaux des douanes périphériques. Contrairement aux autres administrations
publiques, elle ne dispose pas encore de services interrégionaux ou régionaux.
3.1- L’ADMINISTRATION CENTRALE
L’administration centrale est une administration de pilotage, dont la compétence s’exerce
sur le territoire national. Elle désigne ainsi la Direction Générale des Douanes, les Directions et les
Services centraux.
3.1.1 La Direction générale des Douanes (DGD)
La Direction générale des Douanes (DGD) est traditionnellement rattachée au Ministère
des Finances et du Budget (MFB). Elle est sise à Antaninarenina et à Ankadifotsy, Antananarivo.
La DGD est l’une des grandes Directions générales au sein du MFB, au même titre que les
Directions générales des Impôts (DGI), du Trésor (DGT) et du Budget (DGB).
3.1.2 Les Directions et Services centraux
La DGD est actuellement composée de 5 Directions dont :
- la Direction des Services Extérieurs (DSE)
- la Direction de la Législation et de la Valeur (DLV)
- la Direction des Statistiques et de la Comptabilité Douanières (DSCD)
- la Direction des Affaires Juridiques et de la Lutte contre la Fraude (DAJLF)
- la Direction des Ressources et de la Formation (DRF)
A l’intérieur de chaque Direction, il y a des Services et des Divisions à compétence nationale.
3.2- LES BUREAUX DES DOUANES
Les bureaux ou recettes des douanes sont les endroits où s’effectuent les formalités de
dédouanement des marchandises. Les formalités douanières ne peuvent être accomplies, sauf
dérogation, que dans les bureaux des douanes.
3.2.1- Les fonctions du bureau des douanes
Les bureaux des douanes ont pour fonction de vérifier les déclarations et les marchandises
présentées par les usagers, de liquider les droits et taxes, d’en percevoir le montant, et d’en assurer
le recouvrement.
Ils sont généralement situés dans les ports ou aéroports ouverts au trafic international dans
les frontières. Ce sont des bureaux dits frontaliers. Puis, il faut augmenter les points de
dédouanement en vue de réduire le stationnement prolongé des marchandises à la frontière. D’où
l’existence de bureaux des douanes intérieurs près des centres industriels ou commerciaux tels
qu’Antananarivo, Antsirabe et Fianarantsoa.
3.2.2- Le receveur des douanes
Chaque bureau est dirigé par un receveur des douanes. Il est nommé sur décision du
Directeur Général des Douanes. La fonction de receveur, c'est-à-dire de chef de bureau, peut être
exercée par des agents de tous les grades, selon l’importance du bureau considéré. Il peut être un
inspecteur, un contrôleur ou même un agent de constatation des douanes.
Quelle que soit l’importance du bureau, le receveur a une autorité à la fois administrative et
comptable. Il assure ainsi le bon fonctionnement du bureau qu’il dirige dans tous les domaines.
3.2.3- Les autres responsables du bureau des douanes
Le receveur des douanes est secondé par un adjoint au receveur qui assure l’intérim de la
gestion du bureau en cas d’absence du receveur titulaire. Le coordonnateur assure la coordination
des opérations douanières ainsi que les relations du bureau avec les usagers et les services centraux.
Le chef des opérations commerciales, anciennement appelé chef de visite, assure le
déroulement des tâches commerciales en tant que chef des vérificateurs en douane. L’organisation
des bureaux varie évidemment en fonction de leur importance, car les structures des grands, moyens
et petits bureaux ne sont pas les mêmes.
3.2.4- Liste des bureaux des douanes
Voici donc la liste intégrale des bureaux des douanes à Madagascar (entre parenthèses les
codes des bureaux) :
Toamasina – Port (21 TO) Morondava (51 MD)
Toamasina - Pétroles (22 TP) Tolagnaro (54 TG)
Antanimena (11 AN) Toamasina – Sherritt (25 BT)
Ivato-Aéroport (12 IV) Mamory (14 MA)
Antsirabe (13 AB) Sainte-Marie (24 SM)
Mahajanga (42 MG) Fianarantsoa (63 FI)
Toliara (53 TL) Manakara (61 MK)
Antsiranana (34 AS) Morombe (52 MB)
Vohémar (33 VO) Mananjary (62 MJ) (supprimé en 2011)
Sambava (32 SA) Maroantsetra (23 MA) (supprimé en 2011)
Antalaha (31 AH) Analalava (41 AL) (supprimé en 2011)
Nosy Be (35 NB) Nouveau bureau à créer : Maintirano
3.3- LE PERSONNEL DOUANIER
Le personnel douanier est composé de fonctionnaires régis par la Loi N°2003-011 du 03
Septembre 2003, portant Statut général des fonctionnaires. Les agents des douanes se divisent en
deux groupes: les agents encadrés et les agents non encadrés.
3.3.1- Les agents encadrés
Les agents encadrés sont des agents des douanes assermentés, le plus souvent recrutés par
voie de concours. Ils sont habilités à dresser des procès-verbaux en cas de constatation d’une
infraction douanière.
Les agents de brigade, exclusivement de sexe masculin, travaillent sur des opérations de
terrain. Il donne à la Douane son caractère d’administration paramilitaire. Tandis que les agents
sédentaires exercent des tâches administratives dans les bureaux.
Les agents de brigade :
- Les préposés des douanes
- Les agents d’encadrement des douanes
Les agents sédentaires ou de bureau :
- Les agents de constatation des douanes
- Les contrôleurs des douanes
- Les inspecteurs des douanes
3.3.2- Les agents non encadrés
Ils sont composés d’agents contractuels ou auxiliaires qui travaillent au sein de la Douane.
Ils ne sont pas assermentés, donc ne sont pas habilités à dresser un procès-verbal en cas de
constatation d’une infraction.
On peut citer, par exemple, les secrétaires, les informaticiens, les chauffeurs, les plantons,
etc. S’y ajoutent les autres fonctionnaires en détachement issus d’autres corps (gendarmes,
administrateurs civils, …) qui sont en service au sein de la Douane.
Actuellement, l’effectif total du personnel douanier au niveau national oscille entre 1300 et
1400 agents, répartis entre les services centraux et les bureaux des douanes.
3.3.3- Les pouvoirs des agents des douanes
Dans l’exercice de leurs missions, les agents des douanes disposent de pouvoirs très
étendus. On peut citer entre autres :
- le droit de visite des marchandises, des moyens de transport et des personnes.
- le droit de visite domiciliaire.
- le droit de communication particulier des papiers et documents, y compris les données
sur supports informatiques.
- le droit de contrôle des envois par la poste.
- le droit de contrôle de l’identité des personnes.
- le droit d’injonction aux conducteurs de moyens de transport.
- le droit de visite des navires ou des aéronefs
- le droit de contrôle a posteriori, etc.
SECTION 4 : LE CADRE LEGAL DE L’ACTION DOUANIERE
L’administration des douanes malgache exerce ses missions dans un cadre juridique et
institutionnel bien défini, où les législations nationales et internationales se complètent et
s’interpénètrent régulièrement.
Dans un souci de rapidité et d’efficacité, la Douane doit disposer de pouvoirs étendus
d’interprétation, de décision et d’initiative dans l’exercice de ses missions.
4.1- LES TEXTES NATIONAUX
Il s’agit des textes législatifs et réglementaires qui s’appliquent uniquement à la Douane
malgache, tels que le Code des douanes, le Tarif des douanes et les autres textes.
4.1.1- Le Code des douanes 
Ce code constitue la base juridique de l’action douanière. La dernière refonte globale du
Code des douanes a eu lieu en 2006, afin d’adapter le cadre légal de l’action douanière aux
standards internationaux, et pour permettre la facilitation des échanges, l’efficacité du contrôle et le
renforcement de la lutte contre la fraude.
4.1.2- Le Tarif des douanes 
C’est un document voté dans le cadre de la Loi de finances, contenant la liste des
marchandises, ainsi que les taux des droits et taxes applicables (ou les quotités). Il comprend donc
la liste ou la nomenclature des marchandises, et pour chacune d’elles, la quotité des droits
applicables.
La fixation des quotités attribuées à chaque espèce de marchandise est du domaine de la
loi, faisant partie des prérogatives parlementaires. Chaque pays est libre de les fixer suivant sa
politique économique ou sa stratégie commerciale.
4.1.3- Les autres textes législatifs et réglementaires 
Il s’agit des arrêtés ministériels ou interministériels émanant des ministères techniques. En
effet, chaque département ministériel peut établir des textes à caractère douanier suivant les produits
considérés. La Douane a pour rôle de les appliquer.
On peut y ajouter les notes internes de service émanant de la hiérarchie administrative ou
de l’autorité douanière. Ces notes ou circulaires s’appliquent à l’intérieur de la Direction générale
des Douanes et doivent être conformes au cadre légal cité précédemment.
4.2- LES INSTITUTIONS INTERNATIONALES
La Douane malgache est également régie par les recommandations émanant de certaines
institutions internationales. Parmi ces institutions internationales, on peut citer notamment
l’Organisation Mondiale des Douanes et l’Organisation Mondiale du Commerce.
4.2.1- L’Organisation Mondiale des Douanes (OMD) 
L’OMD constitue la première institution douanière à l’échelle mondiale. Créée en 1952,
sous le nom de Conseil de coopération douanière, l’OMD a son siège à Bruxelles, en Belgique.
La capitale belge, déjà siège de l’Union européenne, se présente donc en quelque sorte
comme la capitale mondiale des douanes. L’OMD est dirigé par un secrétaire général.
4.2.2- L’Organisation Mondiale du Commerce (OMC)
L’OMC, ayant pour siège à Genève, en Suisse, mérite également d’être mentionnée. Cette
première organisation du commerce mondial est en relation étroite avec les administrations des
douanes des pays membres, et notamment avec l’OMD. Elle intervient, par exemple, en matière
d’évaluation de la valeur en douane des marchandises.
Il est à noter que Madagascar est à la fois membre actif de l’OMD et de l’OMC. Il est
également membre d’autres organisations politiques et commerciales.
4.2.3- Les autres organisations internationales
Madagascar est également:
- Membre fondateur de l’Union Africaine (UA) (ex-OUA) depuis le 25 mai 1963.
- Membre fondateur du Marché Commun de l’Afrique Orientale et Australe (COMESA)
depuis 1993.
- Membre fondateur de la Commission de l’Océan Indien (COI) depuis 1984.
- Membre de la Communauté de Développement de l’Afrique Australe (SADC) depuis
le 18 mai 2005.
- Parmi les 79 pays de la région Afrique-Caraïbes-Pacifique (ACP), ayant signé un
Accord de partenariat économique avec l’UE en 2000.
- Parmi les 37 pays éligibles à la Loi sur la Croissance et les Possibilités Economiques
en Afrique (AGOA), programme établi par les Etats-Unis en 2000.
- Bénéficiaire d’un tarif préférentiel non réciproque dans le cadre du Système
Généralisé de Préférences (SGP).
- Signataire d’accords commerciaux bilatéraux avec plus de 15 pays, mais sans
préférences.
4.3- LES TEXTES INTERNATIONAUX
Il s’agit des textes juridiques qui s’appliquent dans les organisations internationales dont
Madagascar fait partie. La coopération internationale comporte souvent un volet douanier, elle a
donc impact direct sur l’action douanière.
4.3.1- Les accords internationaux
De nombreux textes internationaux régissent la Douane malgache. Il s’agit des textes
relevant des Conventions, des Accords ou Traités signés par Madagascar dans le cadre de la
coopération régionale ou internationale. On peut citer ici les Protocoles d’accord de la COI, de la
SADC, du COMESA, de l’UE, etc.
4.3.2- Le Système Harmonisé (SH)
La détermination de la nomenclature des marchandises relève aussi d’une standardisation
internationale. Le système d’énumération des marchandises a été mis au point en 1950 par le
Conseil de coopération douanière de Bruxelles, future Organisation Mondiale des Douanes. Le
Système Harmonisé (SH), c’est une forme abrégée de « Système Harmonisé de Désignation et de
Codification des marchandises ».
Il est en vigueur dans plus de 200 pays dans le monde pour élaborer leurs tarifs douaniers,
et constitue ainsi un instrument de base pour la collecte des statistiques sur le commerce
international. Plus de 98% des marchandises échangées dans le monde sont classées en fonction de
la nomenclature du SH. Les Notes explicatives publiées par l’OMD donnent l’interprétation
officielle du SH.
Le SH détermine les 6 premiers chiffres (positions et sous-positions) du Tarif des douanes.
Tandis que les taux des droits et taxes douaniers sont établis au niveau de 8 chiffres. Le Système
Harmonisé (SH) comprend environ 5000 groupes de marchandises, identifiées à 6 chiffres. Il
comporte 21 sections et 96 chapitres. La nomenclature douanière malgache est établie selon ce
document élaboré par l’OMD, avec ses règles générales d’interprétation.
Par exemple :
Section XVII - MATERIEL DE TRANSPORT
Chapitre 87 - Voitures automobiles, tracteurs, cycles et autres véhicules terrestres, leurs
parties et accessoires.
87.01 - Tracteurs (positions à 4 chiffres)
87.01.20 - Tracteurs routiers pour semi-remorques (positions à 6 chiffres)
87.01.20.10 - Tracteurs routiers pour semi-remorques Neufs (positions à 8 chiffres)
87.01.20.20 - Tracteurs routiers pour semi-remorques Usagés (positions à 8 chiffres)
CHAPITRE II : LA PROFESSION DE TRANSITAIRE
Le transitaire est un opérateur économique privé qui exerce une activité de transit. Le
transit est une activité commerciale consistant à faire passer une marchandise d’un territoire
douanier à un autre (importation ou exportation), ou d’un point à un autre du même territoire
douanier, dans le respect de la réglementation du commerce international en général, et du droit
douanier en particulier.
Dans ce chapitre, il sera uniquement question de transit international, qu’il soit maritime
ou aérien. Le transitaire peut exercer plusieurs activités relatives à la logistique du fret maritime ou
aérien. Il a une expertise spécifique dans le monde du shipping, et possède des connaissances
particulières sur les techniques douanières.
Dans la profession de transitaire, la déclaration en douane constitue l’activité principale et
primordiale.
SECTION 1 : LA DECLARATION EN DOUANE
Dans la pratique et dans la majorité des cas, la déclaration en douane est assurée par un
spécialiste de la profession, en l’occurrence le transitaire. La déclaration des marchandises en
douane constitue ainsi sa principale activité.
1.1- LA DECLARATION EN DETAIL
La déclaration en douane doit être une déclaration en détail, c’est-à-dire que le déclarant
est tenu de fournir tous les renseignements nécessaires, permettant à la Douane d’appliquer
correctement à la marchandise les réglementations en vigueur.
1.1.1- Le caractère obligatoire de la déclaration en douane
« Toutes les marchandises importées ou exportées doivent faire l’objet d’une déclaration
en détail » (Art. 84-1 CD)
« L’exemption des droits et taxes soit à l’entrée, soit à la sortie, ne dispense pas de
l’obligation prévue au présent article.» (Art. 84-3 CD)
En application de ces dispositions légales, toutes les marchandises importées ou exportées
doivent faire l’objet d’une déclaration en détail leur assignant un régime douanier, même celles qui
sont admises en franchise, y compris celles destinées à l’Etat.
1.1.2- Le principe de la déclaration en détail
«  La déclaration en détail est l’acte, dans les formes prescrites par les dispositions du Code
des douanes, par lequel le déclarant indique le régime douanier à assigner aux marchandises et
communique les éléments requis pour l’application des droits et taxes.» (Art. 84-1 CD)
1.1.3- Le principe de la déclaration « coup par coup »
Le principe est celui du dépôt d’une déclaration lors de chaque opération. Autrement dit,
chaque opération d’importation ou d’exportation doit faire l’objet d’une déclaration séparée à
soumettre au contrôle douanier avec la marchandise. C’est ce que l’on appelle déclaration « coup
par coup ».
La déclaration récapitulative n’est donc pas autorisée, mais elle doit s’effectuer au fur et à
mesure des opérations. Toutefois, la déclaration anticipée, c’est-à-dire déposée avant le
débarquement des marchandises, reste autorisée, voire recommandée à condition que le manifeste y
afférent soit déjà parvenu à la Douane.
1.1.4- Le principe de la déclaration écrite
Afin de permettre à l’administration d’appliquer les droits et taxes, la déclaration ne peut
que revêtir la forme écrite. Il s’agit d’une déclaration écrite, sauf pour le régime des voyageurs.
En effet, le redevable doit transcrire les éléments de taxation nécessaires sur une
déclaration écrite conforme à la marchandise déclarée. Cette formule de la déclaration écrite a
toujours prévalu en droit douanier.
1.1.5- La déclaration verbale
Exceptionnellement, la déclaration verbale est appliquée en ce qui concerne les voyageurs
qui, traditionnellement n’ont pas le temps de détailler les marchandises destinées à leur usage
personnel et familial. La même faculté leur est offerte pour les marchandises destinées à leur usage
professionnel, sous réserve qu’il s’agisse d’opérations exceptionnelles et que leur valeur n’excède
pas un certain montant.
A noter que déclaration écrite et déclaration verbale ont la même force probante, c’est-à-
dire la même valeur juridique. Une déclaration verbale vaut donc une signature pour le déclarant. Et
c’est la première version de la déclaration qui est retenue par le service des douanes.
1.2- LA METHODE DECLARATIVE
Le principe est le suivant : le redevable déclare la marchandise, puis l’administration des
douanes contrôle, vérifie et liquide la déclaration ainsi effectuée. C’est la méthode dite déclarative.
Elle est fondée sur le principe de la déclaration contrôlée.
1.2.1- Le principe de la déclaration contrôlée
Cette méthode est fondée sur le principe selon lequel l’opération de dédouanement
s’effectue sur déclaration du redevable, et contrôlée par le service des douanes. Pour assurer la
détermination des éléments imposables, on utilise ici la méthode de la constatation administrative,
fondée sur le principe de la déclaration contrôlée.
1.2.2- Les avantages du système déclaratif
La méthode déclarative présente des avantages pour l’administration : elle évite la
vérification systématique de toutes les marchandises et permet à la Douane de limiter ses
interventions à des simples contrôles par épreuves ou par sondages. A travers le contrôle
documentaire, la Douane peut s’en tenir purement et simplement aux énonciations de la déclaration
du redevable. Puis, la méthode déclarative permet à la douane de constater et de pénaliser les
infractions douanières commises par le déclarant.
Le système déclaratif permet de responsabiliser le déclarant. Toutefois, elle présente aussi
des inconvénients majeurs. Pour ne citer que le manque de sincérité de la part du déclarant. Il y a
donc des risques de fraude et de fausse déclaration, car les déclarants ne sont pas tous corrects.
1.2.3- Le principe de sincérité de la déclaration
En contrepartie du système déclaratif, le déclarant est tenu de dire la vérité concernant la
marchandise déclarée. Les informations, écrites ou verbales, fournies par le déclarant doivent être
exactes et sincères. C’est le principe de sincérité de la déclaration.
La déclaration écrite doit être signée par le déclarant, qui engage ainsi ses responsabilités
quant à l’exactitude et la sincérité des informations enregistrées. Cette obligation de sincérité
demeure entièrement valable pour la déclaration verbale.
En cas de fausse déclaration, la Douane se réserve le droit de sanctionner le contrevenant,
conformément aux dispositions du Code des douanes.
1. 3- LES DECLARANTS EN DOUANE
« Les marchandises importées ou exportées doivent être déclarées en détail par leurs
propriétaires, expéditeurs ou destinataires réels ou par les personnes physiques ou morales ayant
obtenu l’agrément de commissionnaire en douane ». (Art. 89, al.1 CD).
Juridiquement, les personnes habilitées à déclarer les marchandises en détail sont les
propriétaires, les expéditeurs, les destinataires et les commissionnaires agréés en douane.
1.3.1- Les propriétaires
La notion de « propriétaire » est beaucoup plus élargie en matière de droit douanier,
contrairement à la définition trop restrictive du droit civil.
« Sont réputés propriétaires, les détenteurs et les voyageurs en ce qui concerne les objets
qui les accompagnent sous réserve qu’ils correspondent à leur situation sociale » (Art. 89, al.2 CD).
Depuis l’utilisation du système informatique Sydonia ++, la déclaration en douane faite par
les propriétaires tend à disparaître, sauf pour le régime des voyageurs. Il est maintenant
pratiquement obligatoire de faire appel à un transitaire agréé pour effectuer toute opération de
dédouanement. Le propriétaire déclare donc ses propres marchandises par le biais d’un transit-
maison.
1.3.2- Les expéditeurs et les destinataires réels
Les expéditeurs et les destinataires réels ne sont pas nécessairement propriétaires des
marchandises. Les expéditeurs sont généralement les fournisseurs qui se trouvent à l’étranger.
Tandis que les destinataires réels ne sont autres que les personnes physiques ou morales qui
reçoivent les marchandises à destination.
En effet, le destinataire réel est le réceptionnaire effectif de la marchandise, c’est-à-dire la
personne à laquelle cette marchandise a été effectivement destinée au moment de l’importation,
pour ses propres besoins ou en vue d’une revente immédiate ou différée.
SECTION 2 : LA PROFESSION DE COMMISSIONNAIRE EN DOUANE
La profession de commissionnaire en douane est régie par le Code des douanes, mais aussi
et surtout par l’Arrêté N° M1067-2016-MFB/SG/DGD/DLV/SLR/LEG du 01 décembre 2015.
Les transitaires sont des interlocuteurs privilégiés de l’administration des douanes. Ce sont
des spécialistes de la déclaration en douane, initiés aux techniques douanières et formés en matière
de nouvelles technologies.
2.1-LES TYPES DE TRANSITAIRES
Il y a deux types de transitaires : le commissionnaire agréé en douane et le transit-maison.
2.1.1- Le commissionnaire agréé en douane (CAD)
« Est considéré comme commissionnaire en douane la société faisant profession à titre
principal d’accomplir pour autrui des formalités en douane concernant la déclaration en détail des
marchandises, et quelle que soit la nature du mandat à lui confié ».
Base légale: Arrêté N° M1067-2016-MFB/SG/DGD/DLV/SLR/LEG du 01/12/15.
Le CAD est une personne morale habilitée à dédouaner des marchandises pour le compte
d’autrui. Il peut exercer pour le compte de plusieurs sociétés, en percevant ainsi des honoraires en
contrepartie des prestations fournies.
2.1.2- Le transit-maison (TM)
« Est considéré comme transit-maison le service de transit constitué d’une entreprise ou
société qui entend effectuer, à titre accessoire à ses activités, les formalités en douane, uniquement
pour ses propres marchandises ».
Base légale: Arrêté N° M1067-2016-MFB/SG/DGD/DLV/SLR/LEG du 01/12/15.
Le TM ne peut exercer que pour le compte d’une seule entreprise industrielle ou
commerciale. Son agrément lui permet de déclarer uniquement pour son propre compte. Il est
généralement réservé aux grandes entreprises qui font beaucoup d’opérations douanières.
Les CAD et les TM doivent être agréés et sont tous répertoriés dans le système Sydonia ++.
2.2 - L’AGREMENT DE TM ET DE CAD
« Nul ne peut accomplir pour autrui les formalités de douanes concernant la déclaration en
détail des marchandises s’il n’a été agréé comme commissionnaire en douane ». (Art. 90, al.1 CD).
Qu’il s’agisse donc d’un TM ou d’un CAD, la possession d’un agrément est obligatoire.
2.2.1- La demande d’agrément
La demande d’agrément est établie sur papier libre et adressée au Directeur Général des
Douanes. Elle indique le ou les bureaux des douanes auprès desquels l’agrément est sollicité. Elle
doit être accompagnée des documents exigibles. Le futur transitaire doit remplir certaines
conditions personnelles, intellectuelles et morales avant de pouvoir exercer ce métier de transitaire.
2.2.2- Les pièces requises
Pour pouvoir exercer le métier de commissionnaire agréé en douane, des qualités
personnelles, intellectuelles et morales sont exigées. Les pièces à remplir sont donc:
- Une copie certifiée d’une pièce d’identité.
- Un extrait du casier judiciaire bulletin N°3.
- Un extrait d’acte de naissance.
- Une copie certifiée du diplôme de maîtrise homologué par la Fonction publique, ou
une justification de 6 années d’expérience dans le domaine du transit.
- Un certificat de formation délivré par l’Ecole des douanes.
2.2.3- L’octroi d’agrément
« Cet agrément est donné par le Ministre chargé des Douanes sur la proposition du
Directeur Général des Douanes. La décision fixe le ou les bureaux des douanes pour lesquels
l’agrément est valable ». (Art. 90, al.2 CD)
L’agrément est donné à titre personnel et ne doit être en aucun cas cédé à autrui.
Il est accordé à durée indéterminée. La décision sera publiée au Journal Officiel de la
République de Madagascar.

2.2.4- L’extension d’agrément


Une demande d’extension d’agrément est également autorisée si le transitaire souhaite
élargir son activité dans d’autres bureaux des douanes. Elle est accordée dans les mêmes formes et
les mêmes conditions que pour une première demande d’agrément.
A cet effet, le demandeur doit disposer d’un local ou d’un lieu de travail réglementaire
dans la ville où il souhaite étendre son agrément.
2.2.5- Le retrait d’agrément
Le retrait d’agrément peu être général ou local, temporaire ou définitif. Il est prononcé par
décision du Ministre chargé des Douanes, sur proposition du Directeur Général des Douanes, après
avis ou à la demande du groupement professionnel.
Le retrait d’agrément peut être prononcé:
- En cas d’opérations délictueuses graves ou répétées au préjudice du service des
douanes ou de ses clients.
- En cas d’incapacité professionnelle ou de négligences répétées dans l’exercice de sa
profession.
- En cas d’absence d’opérations d’importation ou d’exportation pendant six (06) mois
consécutifs.
- En cas de suspension temporaire d’activités, demandée par le transitaire, mais
n’excédant pas une période de six (06) mois.
2.3 –LES CONDITIONS MATERIELLES ET FINANCIERES
Pour pouvoir exercer le métier de transitaire, il faut remplir certaines conditions matérielles
relatives au lieu de travail, sans oublier le paiement du cautionnement.
2.3.1- Le lieu de travail
Le lieu de travail du transitaire doit être doté :
- d’un local réservé exclusivement à l’usage de bureau du transitaire pour l’exercice
de sa profession.
- d’une pièce destinée exclusivement au classement et à l’archivage des documents, ou
d’une armoire distincte, placée dans le bureau.
- d’un ordinateur muni de connexion Sydonia++.
2.3.2- La conservation des documents
Tous les documents concernant les dédouanements effectués doivent être conservés.
- Les répertoires paraphés par le bureau des douanes.
- Les copies des déclarations en douane.
- Toutes correspondances.
- Toutes pièces de comptabilité.
2.3.3- Le cautionnement
Pour les CAD, le cautionnement à payer par société s’élève à  Ar 20. 000. 000, s’il s’agit
d’une demande d’agrément pour l’un des bureaux des douanes de Toamasina-Port, Mahajanga,
Antananarivo, Ivato-Aéroport, Ivato-Mamory, Antsiranana, Tolagnaro, Toliary. Il s’élève à Ar
15.000.000 s’il s’agit de demande d’agrément pour les autres bureaux.
Pour les TM, il faut verser un cautionnement d’Ar 10.000.000 par société.
2.3.4- La lettre de garantie bancaire annuelle
La lettre de garantie bancaire doit être produite annuellement à titre de garantie des droits
et taxes douaniers, en cas de défaillance du transitaire. Elle n’est pas obligatoire pour les transitaires
titulaires d’un crédit d’enlèvement en douane.
Pour les CAD et pour chaque bureau sollicité, elle s’élève à Ar 20. 000. 000 pour les
bureaux de Toamasina-Port, Mahajanga, Antananarivo, Ivato-Aéroport, Ivato-Mamory,
Antsiranana, Tolagnaro, Toliary. Elle s’élève à Ar 15.000.000 pour les autres bureaux des douanes.
Pour les TM, il faut produire une lettre de garantie bancaire d’Ar 5.000.000 pour chaque
bureau sollicité.
2.4- LA RESPONSABILITE JURIDIQUE DU DECLARANT
« Les commissionnaires en douane agréés sont responsables des opérations en douane
effectuées par leurs soins ». (Art. 342-.1 CD)
La responsabilité du déclarant peut être à la fois civile ou pénale. En principe, la
responsabilité civile et/ou pénale du déclarant peut être engagée en cas de faute ou négligence de sa
part.
2.4.1- La responsabilité civile
Comme en droit commun, la responsabilité civile du déclarant en douane peut être engagée
en cas de dommages causés à autrui. La victime du préjudice peut ainsi se retourner contre le
déclarant pour lui demander des dommages-intérêts à titre de réparation. Par exemple, un client est,
ou se sent victime d’un préjudice à cause d’une négligence du transitaire.
Le déclarant en douane est solidairement responsable avec ses clients du paiement des
droits et taxes et d’éventuelles pénalités.
2.4.2- La responsabilité pénale
Toutefois, les peines d’emprisonnement édictées par le Code des douanes ne leur sont
applicables qu’en cas de faute personnelle. (Art. 342-2 CD)
D’ailleurs, les peines corporelles s’appliquent très rarement en matière d’infraction
douanière. Les amendes financières sont nettement plus fréquentes que les peines
d’emprisonnement.
SECTION 3 : LES AUTRES ACTIVITES DU TRANSITAIRE
En dehors de la déclaration en douane, le transitaire peut également exercer d’autres
activités relatives au commerce international. On peut mentionner entre autres la consignation du
navire, la consignation de la marchandise, le groupage et dégroupage du conteneur, etc.
3.1- LA CONSIGNATION DU NAVIRE
Le développement considérable du trafic maritime se traduit par une complexité croissante
des opérations commerciales, et surtout par la multiplication des papiers et formalités à établir. Le
consignataire du navire a donc pour tâche de réaliser certaines opérations pour le compte de
l’armateur. On l’appelle également « consignataire de la coque ».
3.1.1- Le mandat du consignataire du navire
Pour ne pas retarder les mouvements du navire, dans les ports où les compagnies maritimes
n’ont pas de succursales ou d’agences, elles s’adressent à des représentants occasionnels : les
consignataires.
Le mandat qui est confié au consignataire est plus ou moins étendu. Il peut ne concerner
qu’un seul navire ou tous les bâtiments d’une compagnie ; n’être valable que pour un seul voyage,
ou au contraire pour plusieurs années.
3.1.2- Le rôle du consignataire du navire
Le rôle du consignataire variera évidemment en fonction de l’étendue du mandat qui lui a
été confié. Cela peut simplement aller de la délivrance des marchandises et de la perception du fret
jusqu’à toutes les opérations nécessaires à la poursuite de l’expédition maritime (contrats pour
l’avitaillement du navire, préparation des connaissements et des manifestes des marchandises à
embarquer, etc.).
En effet, le consignataire est le mandataire de l’armateur et, par ce fait, il l’engage par le
contrat qu’il passe. Dans la pratique, le consignataire agit également au nom du capitaine et utilise
les pouvoirs dévolus à celui-ci par la loi.
3.2- LA CONSIGNATION DE LA MARCHANDISE
. Le transitaire peut également exercer la profession de consignataire de la marchandise. A
cet effet, il a pour tâche de représenter les intérêts des expéditeurs ou des destinataires de la
marchandise.
3.2.1- Le mandat du consignataire de la marchandise
Le consignataire représente ici les personnes, physiques ou morales, concernées par la
cargaison. Il a généralement pour tâche de recevoir la marchandise pour le compte du destinataire.
Dans l’accomplissement de son mandat, il est responsable de toute faute commise par lui.
De toute manière, il faudra analyser les clauses du contrat le liant aux destinataires ou expéditeurs
de marchandises pour savoir dans quelle mesure et sur quelle base sa responsabilité sera engagée.
3.2.2- Le rôle du consignataire de la marchandise
Les fonctions du consignataire de la marchandise dans les ports peuvent être très variées. Il
doit recevoir et contrôler la marchandise à l’arrivée, vérifier son état, la quantité débarquée, le poids
délivré, etc.
S’il constate des avaries, il doit procéder à toutes les démarches nécessaires auprès du
capitaine ou du représentant de la compagnie, afin de défendre les droits de son client. Cette prise
en charge se présente aussi sous forme de groupage et dégroupage des marchandises.
3.3- LE GROUPAGE ET DEGROUPAGE
Le transitaire joue également le rôle de groupeur à l’exportation, ou de dégroupeur à
l’importation.
3.3.1- Le groupage
Le groupage est utilisé lorsque la quantité d’une expédition de marchandises ne justifie
pas l’utilisation complète d’un conteneur. Elle est utilisée à l’exportation pour permettre aux
expéditeurs de se faire des économies sur les frais de transport.
La marchandise est prise en charge par un groupeur qui, après l’avoir rassemblée avec
d’autres envois pour la même destination, remet un conteneur complet (full container) au
transporteur.
3.3.2- Le dégroupage
Le dégroupage, c’est le processus inverse du groupage. Il est utilisé à l’importation, et a
lieu au moment de l’arrivée des marchandises à Madagascar, en tant que pays de destination. Il
s’agit de répartir les marchandises aux différents propriétaires.
A noter que ce système de groupage est très utilisé par les opérateurs économiques
malgaches aux moyens limités qui n’ont pas la possibilité de remplir un conteneur entier.
3.4- LES ACTIVITES SECONDAIRES
A part les activités principales citées précédemment, le transitaire peut exercer d’autres
activités secondaires. Celles-ci permettent de gagner un complément non négligeable du chiffre
d’affaires apporté par les activités principales, surtout chez les grands transitaires. Parmi ces
activités secondaires, on peut évoquer les assurances, le transport terrestre, l’entreposage et la
manutention des marchandises.
3.4.1- Les assurances
Les assurances sont le fait de protéger les clients contre les divers risques qui peuvent se
présenter lors du transport des marchandises, moyennant paiement de primes et de leur offrir en
contrepartie une indemnisation des dommages si un cas de sinistre se présente (accident ou
destruction des marchandises).
Par exemple, la société AUXIMAD, en dehors de ses activités habituelles de transit, exerce
à titre accessoire une activité d’assurances en collaboration avec la société d’assurances ARO.
3.4.2- L’entreposage et la manutention
La gestion de magasins et aires de dédouanement constitue une activité essentielle des
grands transitaires. On les appelle également des magasins-cales ou des terre-pleins. Avant leur
dédouanement effectif, les marchandises à l’exportation ou à l’importation peuvent y séjourner
pendant une durée temporaire, en principe 15 jours au maximum.
Cette activité d’entreposage s’exerce naturellement avec la manutention afin d’assurer le
déplacement, la manipulation des marchandises ou des conteneurs.
Enfin, certains transitaires exercent également d’autres activités connexes telles que les
transports terrestres sur les routes nationales.
CHAPITRE III : LES REGIMES DOUANIERS
Les marchandises qui franchissent les frontières peuvent, selon leur destination, être
soumises à des régimes douaniers différents. Les plus importants par leur incidence économique et
par le volume des marchandises sont l’importation et l’exportation. Les régimes suspensifs des
droits et taxes servent à favoriser certaines activités économiques.
Il y a donc des modèles de déclaration à l’importation et à l’exportation.
SECTION 1 : LES MODELES DE DECLARATION A L’IMPORTATION
L’importation, c’est l’action d’introduire dans le territoire douanier malgache une
marchandise quelconque. Les modèles de déclaration à l’importation commencent par le sigle IM.
1.1- LA MISE A LA CONSOMMATION (IM4)
La mise à la consommation, c’est le versement définitif sur le territoire national de
marchandises en provenance d’un pays étranger. Autrement dit, il s’agit de l’entrée sur le territoire
douanier malgache de marchandises d’origine étrangère en vue d’être utilisées, commercialisées ou
consommées sur le marché local, après paiement des droits et taxes y afférents.
Par exemple : une société malgache importe une machine industrielle en provenance du
Japon.
1.1.1- La nationalisation de la marchandise
La mise à la consommation permet la nationalisation de la marchandise dédouanée. Après
acquittement des droits et taxes à l’importation, la marchandise sera nationalisée et aura ainsi le
même statut juridique qu’une marchandise produite à Madagascar.
1.1.2- Un régime pourvoyeur de recettes
La mise à la consommation est, de loin, le régime douanier qui rapporte le plus de recettes
au niveau des bureaux des douanes. C’est un régime pourvoyeur de recettes budgétaires pour l’Etat.
Une autre partie des recettes est assurée par la liquidation d’office pour les marchandises de faible
valeur.
1.2- L’ADMISSION TEMPORAIRE (IM5)
« On entend par « admission temporaire » le régime douanier qui permet l’admission dans
le territoire douanier, en suspension des droits et taxes, sans application des prohibitions à caractère
économique, de marchandises importées dans un but défini et destinées à être réexportées dans un
délai déterminé :
 Soit en l’état, sans avoir subi des modifications exception faite de la dépréciation
normale des marchandises suite de l’usage qui en est fait. (…).
 Soit après avoir subi dans le cadre du perfectionnement actif une transformation, une
ouvraison, un complément de main-d’œuvre ou une réparation ». (Art. 190-1 CD)
1.2.1- L’admission temporaire normale (ATN)
L’ATN permet la réexportation en l’état, sans avoir subi des modifications, exception faite
de la dépréciation des marchandises suite de l’usage qui en est fait. Les marchandises restent sous
contrôle douanier même se trouvant à la disposition du redevable.
On l’appelle également admission temporaire en suspension totale des droits et taxes
(IM50).
Par exemple: Admission temporaire d’un véhicule d’ambassade ou d’un équipement
sportif.
1.2.2- L’admission temporaire pour perfectionnement actif (IM52)
Elle permet la réexportation des marchandises après avoir subi dans le cadre du
perfectionnement actif une transformation, une ouvraison, un complément de main-d’œuvre ou une
réparation.
Par exemple: L’admission temporaire de matières premières dans le cadre des entreprises
franches (IM56 ou IM59) peut être considérée comme une forme de perfectionnement actif.
1.2.3- L’admission temporaire spéciale (ATS)
L’ATS est une variante de l’admission temporaire normale qui permet le paiement
échelonné des droits et taxes par annuités. C’est un régime intermédiaire entre l’admission
temporaire et la mise à la consommation, lorsque l’opération est source de valeur ajoutée pour
l’importateur.
On l’appelle également admission temporaire en suspension partielle des droits et taxes
(IM51).
Par exemple : admission temporaire d’engins des travaux publics ou d’aéronefs en
location.
1.3- LA REIMPORTATION (IM6)
C’est la réintroduction sur le territoire national de marchandises exportées temporairement
vers l’étranger. La réimportation est souvent le régime de régularisation de l’exportation temporaire
et du refoulement de marchandises.
Normalement, il n’y a pas de droits et taxes à payer dans la mesure où il s’agit de
marchandises nationales ou déjà nationalisées. En revanche, en cas de plus-value, la taxation doit se
faire sur la base de celle-ci.
1.4- LA MISE EN ENTREPOT (IM7)
« L’entrepôt de douane est le régime douanier qui permet le stockage des marchandises
sous contrôle douanier dans des locaux agréés par l’Administration des douanes en suspension des
droits et taxes et des mesures économiques ». (Art. 157-1 CD)
La mise en entrepôt a un caractère temporaire, conformément au délai accordé par
l’administration.
Par exemple : les opérations de commerces hors taxes effectuées par les magasins hors
taxes (duty free shop), les importations de véhicules effectuées par les concessionnaires agréés par
la douane.
1.4.2- L’entrepôt de stockage
L’entrepôt de stockage utilisé doit être agréé par la Douane. Il doit remplir certaines
conditions de sécurité et de salubrité suffisantes pour le stockage des marchandises. La Douane a le
droit de le contrôler à n’importe quel moment pour vérifier la situation des marchandises stockées.
1.5- LE TRANSIT (IM8)
«  Le transit douanier est le régime douanier sous lequel sont placées les marchandises
transportées sous contrôle douanier d’un bureau à un autre en suspension des droits et taxes et des
mesures de prohibition » (Art. 139-1 CD)
« Pour bénéficier du transit, le soumissionnaire doit souscrire une déclaration en détail
comportant un engagement cautionné par lequel il s’engage, sous les peines de droit, à faire
parvenir les marchandises déclarées dans un bureau déterminé, sous scellements intacts, dans un
délai imparti et à suivre l’itinéraire prescrit ». (Art. 139-2 CD).
1.5.2- Les modes de transport
Lors d’un régime de transit, il y a donc un bureau de départ et un bureau de destination. Le
mode de transport entre les deux bureaux peut se faire par voie terrestre, c’est-à-dire par voie
routière (Transit national routier -TNR) ou par voie ferroviaire (Transit national ferroviaire- TNF),
par voie aérienne (Manifeste – Acquit ou MA), ou par voie maritime.
1.5. 3- Le délai de transfert
Le délai du transport est strictement limité. A l’arrivée, le bureau de destination vérifie
l’intégrité des scellements, et veille à ce que les marchandises reçoivent immédiatement un nouveau
régime (mise en entrepôt, mise à la consommation, etc.).
Le délai d’acheminement des marchandises est fixé par le receveur des douanes du bureau
de départ. Par exemple : 4 jours pour un transit national routier entre Toamasina et Antananarivo.
1.6- LES AUTRES CAS D’IMPORTATION (IM9)
Les autres cas d’importation sont notamment la liquidation d’office (IM94) et la vente aux
enchères publiques (IM96).
1.6.1- La liquidation d’office (IM94)
La liquidation d’office (L.O) est un régime simplifié de mise à la consommation, destiné
aux marchandises de faible valeur (valeur FOB ≤ 100€). C’est une exception à la méthode
déclarative, car la douane est ici devenue déclarante à la place du transitaire, après avoir effectué
une visite physique des marchandises, et/ou après examen des documents fournis par ce dernier.
La L.O. est une procédure simplifiée de dédouanement pour les petites opérations, afin de
permettre aux usagers de ne pas payer des frais de transit. La saisie de la déclaration est effectuée
par un agent des douanes désigné à cet effet.
1.6.2- La vente aux enchères publiques (IM96)
C’est le régime de mise à la consommation des marchandises soumises à la vente aux
enchères publiques. En cas de défaillance de l’importateur, les marchandises peuvent être vendues
aux enchères publiques 60 jours après leur date de mise en dépôt.
SECTION 2 : LES MODELES DE DECLARATION A L’EXPORTATION
L’exportation, c’est l’action de sortir ou de faire sortir du territoire douanier malgache une
marchandise quelconque. Les modèles de déclaration à l’exportation commencent par le sigle EX.
2.1- L’EXPORTATION DEFINITIVE (EX1)
C’est la sortie définitive de marchandises nationales ou nationalisées du territoire malgache
vers un pays tiers pour être consommées à l’étranger.
Par exemple, exportation de vanille en gousses, de crevettes, de café, ou de clous de girofle
malgaches vers l’extérieur.
Actuellement, les marchandises exportées ne font pas l’objet de paiement de droits et taxes
à Madagascar. Mais il y a lieu de respecter les réglementations financières en vigueur, surtout en
matière de rapatriement de devises, par la domiciliation bancaire des produits financiers de la vente.
2.2- L’EXPORTATION TEMPORAIRE (EX2)
C’est la sortie temporaire de marchandises nationales ou nationalisées du territoire
malgache vers un pays tiers. Avant la fin du délai accordé par le service des douanes, les
marchandises en question devront être réimportées à Madagascar.
Grâce à l’exportation temporaire, les marchandises nationales peuvent séjourner à
l’étranger, et bénéficier, à leur retour, de l’exemption des droits et taxes.
2.2.1- L’exportation temporaire normale (ETN)
L’ETN s’applique aux marchandises exportées momentanément pour être réimportées en
l’état, c’est-à-dire sans subir aucune transformation à l’étranger. Si les marchandises ne sont pas
réimportées, une déclaration d’exportation définitive devra être déposée.
Par exemple : les produits industriels exposés dans les foires, les emballages exportés
pleins et retournés à vide, les objets d’art exposés dans les manifestations l’étranger, etc.
2.2.2- L’exportation temporaire pour perfectionnement passif
Elle s’applique aux marchandises exportées temporairement pour subir une transformation,
une réparation ou une ouvraison à l’extérieur.
Par exemple : des machines précédemment importées et nationalisées par le paiement des
droits et taxes, dont les réparations doivent être effectuées par le constructeur étranger.
2.3- LA REEXPORTATION (EX3)
C’est le régime de régularisation des marchandises bénéficiant d’une admission temporaire
(IM5) ou d’une mise en entrepôt (IM7). Avant la fin du délai accordé par l’administration, les
marchandises mises en admission temporaire ou en entrepôt seront réexportées vers l’extérieur. Si
elles ne sont pas réexportées, elles seront mises à la consommation moyennant le paiement des
droits et taxes correspondants.
2.4- LA REGULARISATION SOUS REGIME ECONOMIQUE (EX8)
C’est un régime de régularisation d’un régime économique par un autre régime
économique.
Par exemple : Une opération de transit national en suite de mise en entrepôt.
2.6- LES AUTRES CAS D’EXPORTATION (EX9)
Le régime EX9 constitue une procédure simplifiée de dédouanement pour les petites
opérations d’exportation définitive. Il est souvent destiné aux marchandises de grande valeur mais
de faible quantité, notamment aux bagages accompagnés des voyageurs, afin de leur permettre de
gagner du temps et de réduire leurs coûts.
Par exemple : Une exportation de pierres précieuses, sous forme de bagage de cabine à
l’aéroport international d’Ivato.
SECTION 3 : LES REGIMES ECONOMIQUES ET PARTICULIERS
Les régimes économiques sont des régimes suspensifs des droits, destinés à favoriser le
séjour momentané à Madagascar de marchandises étrangères. Ce sont des régimes de faveur à
caractère économique, accordés par la Douane et sur demande des usagers.
3.1- LES REGIMES ECONOMIQUES
« Les régimes économiques permettent le stockage, la transformation, l’utilisation de
marchandises en suspension des droits de douane ainsi que tous autres droits et taxes et mesures de
prohibition de caractère économique dont elles sont passibles ». (Art. 152-1 CD)
3.1.1-Les avantages
Les facilités consenties par la Douane et les risques encourus par le Trésor public à
l’occasion des régimes économiques doivent avoir une contrepartie économique ou sociale. Les
diverses activités liées au transport, au dépôt, à la manutention et à la transformation des
marchandises soumises aux régimes économiques doivent entraîner des effets positifs sur
l’économie nationale.
3.1.2-La liste des régimes économiques
Les régimes douaniers économiques comportent :
- l’entrepôt de douane ;
- l’entrepôt industriel ;
- l’admission temporaire ;
- l’admission temporaire pour perfectionnement actif ;
- l’exportation temporaire ;
- l’exportation temporaire pour perfectionnement passif ;
- la transformation sous douane ;
- l’importation et l’exportation temporaires des objets personnels appartenant aux
voyageurs ;
- l’usine exercée. (Art. 152-2 CD)
3.1.3- La régularisation des régimes économiques
Les régimes définitifs tels que la mise à la consommation (IM4) ou l’exportation définitive
(EX1) n’ont pas besoin d’être régularisés, car ils ont un caractère définitif. Tandis que les régimes
économiques, étant suspensifs des droits et taxes, doivent être apurés par d’autres régimes
douaniers dits « régimes de régularisation ».
Par exemple, une déclaration d’admission temporaire (IM5) à régulariser par une
déclaration de réexportation (EX3). Une déclaration d’exportation temporaire (EX2) à régulariser
par une déclaration de réimportation (IM6).
A la fin du délai accordé par la Douane, le déclarant doit régulariser la situation, soit par
une demande de prorogation de délai, soit par le dépôt d’une déclaration de régularisation.
3.2- QUELQUES REGIMES PARTICULIERS
Il y a également lieu de définir quelques régimes particuliers très utilisés en matière de
douane. Ils concernent certaines opérations telles que l’avitaillement, les envois par poste, etc.
3.2.1- L’avitaillement des navires et des aéronefs (EX11)
Les vivres, les carburants et les provisions de bord destinés aux navires et aux aéronefs
sont dispensés des droits et taxes tant à l’entrée qu’à la sortie, dès l’instant que les quantités
normales ne sont pas dépassées, et que les marchandises ne sont pas reversées à la consommation.
Lorsqu’il s’agit de produits nationaux, l’avitaillement est considéré comme un régime
d’exportation définitive (EX11). Lorsqu’il s’agit de produits importés, c'est-à-dire d’origine
étrangère, ce sera une réexportation pour avitaillement (IM31).
3.2.2- Le cabotage maritime (CBO)
C’est un transfert par voie maritime de marchandises nationales ou nationalisées d’un
bureau des douanes à un autre. Des contrôles sommaires doivent être effectués par la douane afin de
vérifier si les marchandises transportées sont intégralement arrivées à destination, sans sortir du
territoire national.
Donc, par mesure de sécurité, une vérification physique des marchandises s’impose, tant
au départ qu’à l’arrivée. Par exemple : Transfert de marchandises nationales par voie maritime de
Vohémar vers Toamasina.
3.2.3- Les envois postaux
Les envois effectués par voie postale font l’objet d’un contrôle douanier sommaire sans
ralentir le trafic postal et sans porter atteinte au secret des correspondances. Les envois et colis
postaux sont acheminés vers des centres de tri comportant un bureau des douanes.
Des agents des douanes sont donc affectés auprès des bureaux internationaux de postes,
ainsi que dans les agences de transport rapide de type Express (DHL, MIDEX, etc.) pour exécuter
les différentes missions de la Douane.
3.2.4- Le régime des retours de marchandises (IM6010)
En principe, lors d’une déclaration de type EX1, la sortie des marchandises déclarées est
définitive. Mais l’exportateur court parfois le risque de voir son contrat de vente annulé, ou ses
marchandises refusées pour divers motifs, soit par le fait de l’acheteur, soit par une décision des
autorités du pays de destination
Le bénéfice du régime des retours est réservé à l’exportateur initial. La demande de réimportation
doit être déposée dans un délai de un an à partir de la date d’exportation (Art.250 CD).
CHAPITRE IV : LES PRINCIPES DE LA TAXATION
Ce chapitre sera consacré à la mission fiscale de la Douane. Pour ce faire, nous allons voir
successivement les assiettes de taxation, la valeur en douane, les principaux droits et taxes
douaniers ainsi que leurs modalités de calcul respectives, et enfin les exonérations légales.
SECTION 1 : LES ASSIETTES DES DROITS ET TAXES DOUANIERS
Les assiettes de taxation en douane dépendent essentiellement de l’espèce, de l’origine et
de la valeur des marchandises considérées.
1.1- L’ESPECE DES MARCHANDISES
L’espèce des marchandises est la dénomination qui leur est attribuée par la nomenclature
tarifaire unique dite : « Système harmonisé de désignation et de codification des marchandises »
qui sert de base aux tarifs douaniers et fiscaux (Art. 16 CD).
L’espèce d’une marchandise est donc sa désignation selon les termes de la nomenclature
tarifaire. Elle peut ne pas correspondre avec la nature commerciale de la marchandise.
1.2- L’ORIGINE DES MARCHANDISES
L’origine des marchandises constitue un élément fondamental en matière de taxation.
Selon son pays d’origine, une marchandise peut être taxée au régime de droit commun (c'est-à-dire
à taux complets) ou au régime préférentiel (à taux réduits).
1.2.1- Le pays d’origine
« Le pays d’origine d’un produit est celui où ce produit a été récolté, extrait du sol ou
fabriqué » (Art. 20- 2 CD)
Le pays d’origine est à ne pas confondre avec le pays de provenance. La détermination du
pays d’origine d’un produit présente parfois des difficultés techniques, notamment dans le cas des
produits manufacturés. D’où la nécessité de l’application des règles d’origine.
1.2.2- Les règles d’origine
« Les règles à suivre pour déterminer l’origine des produits récoltés, extraits du sol ou
fabriqués dans un pays et travaillés ensuite dans un autre pays sont fixées par arrêté du Ministre
chargé des douanes ». (Art. 20, al 3 CD)
Les règles d’origine sont des dispositions spécifiques appliquées par un pays pour
déterminer l’origine des marchandises, en faisant appel à des principes établis par la législation
nationale ou par des accords internationaux. Il y a ainsi des critères d’origine à respecter.
1.2.3- Le tarif préférentiel
Le tarif préférentiel est applicable pour les groupes de pays avec lesquels Madagascar a
signé un accord de libre-échange. Il consiste à exonérer le produit du paiement du droit de douane
(DD) à l’importation.
Pour bénéficier de cet avantage, il faut que le produit en question soit originaire d’un pays
membre de la COI, du COMESA ou de la SADC. L’indication du code « préférence » dans la case
36 du DAU est nécessaire dans ce cas.
La présentation d’un certificat d’origine est donc obligatoire à l’appui de la déclaration. Ce
certificat d’origine est signé par les agents vérificateurs, ayant déjà déposé leurs spécimens de
signatures au niveau international.
1.3- LA VALEUR DES MARCHANDISES
La déclaration de la valeur des marchandises présentées au dédouanement est obligatoire à
l’entrée et la sortie, que les marchandises soient ou non passibles de droits et taxes. Cet élément
n’est pas seulement indispensable au calcul des droits et taxes, il sert aussi à l’établissement des
statistiques commerciales.
A l’exportation, la détermination de la valeur ne donne pas lieu à des difficultés
particulières. Mais la notion de valeur en douane à l’importation reste l’un des aspects les plus
délicats de la taxation, donc l’une des difficultés majeures des techniques douanières.
1.3.1- La définition de la valeur selon Bruxelles (DVD)
Cette définition de la valeur a été établie par le groupe d’études de Bruxelles pour l’Union
Douanière Européenne Elle se présente comme suit : « A l’importation, la valeur à déclarer est le
prix normal des marchandises, c’est-à-dire le prix réputé pouvoir être fait pour ces marchandises,
lors d’une vente effectuée dans des conditions de pleine concurrence entre un acheteur et un
vendeur indépendants ».
Entrée en vigueur depuis le 07 Février 1953, la DVB a fait l’objet de nombreuses critiques.
D’où le processus d’harmonisation établi par l’Accord du GATT, devenu Accord de l’OMC.
1.3.2- L’Accord de l’OMC sur l’évaluation en douane
L’Accord de l’OMC remplace l’Accord du GATT sur l’évaluation en douane. Un système
d’harmonisation de l’évaluation en douane est donc nécessaire pour assurer la certitude du
commerce international. Le principe, c’est de permettre l’usage de critères identiques en matière
d’évaluation, et de rechercher la valeur réelle des transactions commerciales, c'est-à-dire la plus
proche de la réalité commerciale.
Pour mettre fin au recours aux valeurs fictives et arbitraires, l’Accord de l’OMC prévoit
six méthodes d’évaluation en douane, qui sont applicables séquentiellement et par ordre
hiérarchique.
1.3.3- Les six méthodes d’évaluation de l’OMC
En vertu de l’Accord sur la mise en œuvre de l’Article VII de l’OMC, il existe six (06)
méthodes d’évaluation de la valeur en douane. Elles se présentent ainsi, dans l’ordre hiérarchique :
Méthode 1- La valeur transactionnelle des marchandises importées
C’est la méthode principale qui est, de loin, la plus utilisée dans la pratique. Elle s’appuie
sur la valeur de la transaction, c'est-à-dire le prix effectivement payé ou à payer par l’acheteur pour
les marchandises importées. Toutefois, la valeur transactionnelle ne correspond pas nécessairement
au montant de la facture. Le premier article de l’Accord stipule plusieurs critères pour que la valeur
transactionnelle puisse être acceptée pour l’évaluation en douane.
Méthode 2- La valeur transactionnelle pour des marchandises identiques
Elle est basée sur la valeur transactionnelle de marchandises identiques exportées vers le
pays d’importation, au même moment ou à peu près au même moment que les marchandises à
évaluer (dans un délai maximum de 90 jours).
Les marchandises identiques doivent être produites dans le même pays, être de la même
qualité et de la même réputation, présenter les mêmes caractéristiques physiques. Lorsque plus
d’une valeur transactionnelle de marchandises identiques est disponible, c’est la valeur la plus faible
qui doit être utilisée.
Méthode 3- La valeur transactionnelle pour des marchandises similaires
Elle est basée sur la valeur transactionnelle de marchandises similaires, vendues pour
l’exportation à destination du même pays d’importation, au même moment ou à peu près au même
moment que les marchandises à évaluer (dans un délai maximum de 90 jours). Les marchandises
similaires peuvent être différentes, sur certains points, de celles à évaluer.
Elles doivent cependant avoir été produites dans le même pays, présenter les mêmes
caractéristiques, être composées des mêmes matières, être capables de remplir les mêmes fonctions,
être commercialement interchangeables, être de niveaux de qualité et de réputation similaires.
Méthode 4- La méthode déductive
Cette méthode est basée sur un prix de vente fait dans le pays d’importation. La valeur en
douane se fondera sur le prix de chaque article (prix unitaire) auquel les marchandises importées,
identiques ou similaires, sont vendues dans le pays d’importation.
Pour parvenir à la valeur en douane correcte, l’évaluateur doit également effectuer des
déductions en ce qui concerne les commissions, les frais généraux, les frais de transport et
d’assurance, les droits de douane et toutes autres taxes nationales à payer dans le pays d’importation
pour des marchandises de la même nature et de la même espèce.
Méthode 5- La méthode calculée
Elle est basée sur les coûts de production des marchandises. Elle présente beaucoup de
difficultés pratiques puisque le pays de production se trouve à l’étranger. Elle peut être utilisée
seulement lorsque l’importateur et le fournisseur sont étroitement liés. En conséquence, la méthode
calculée est rarement utilisée.
La valeur en douane est calculée par l’addition des éléments suivants : coûts des matières
premières et des opérations de fabrication, frais de transport, d’assurance et de manutention,
redevances et droits de licence, commissions, etc.
A noter qu’à la demande de l’importateur et après accord des autorités douanières, l’ordre
d’application des méthodes 4 et 5 peut être inversé. C’est une exception à l’application hiérarchique
des six méthodes.
Méthode 6- La méthode des moyens raisonnables (ou du dernier recours)
Comme son nom l’indique, cette méthode est utilisée seulement après l’échec des
méthodes 1 à 5 pour déterminer la valeur en douane. Elle permet d’établir la valeur en douane en
utilisant des moyens raisonnables conformes aux principes de l’Accord et de l’Article VII de
l’OMC.
Il s’agit donc pour l’évaluateur d’appliquer avec souplesse et flexibilité les 5 méthodes
précédentes, tout en respectant l’esprit de l’Accord de l’OMC.
SECTION 2 : LA VALEUR EN DOUANE
La valeur en douane est le coût total de la marchandise en monnaies nationales jusqu’au
point de dédouanement (bureau des douanes). La valeur en douane est donc la base imposable,
c’est-à-dire la base de calcul des droits et taxes à payer par le contribuable.
Il convient d’abord de rappeler les conditions de livraison des marchandises dans le cadre
du commerce international.
2.1- LES CONDITIONS DE LIVRAISON DES MARCHANDISES
La codification et la désignation des conditions de livraison des marchandises sont prévues
dans la case N°20 du Document Administratif Unique (DAU). Cette codification des conditions de
livraison a un caractère international.
Ce sont les incoterms qui désignent les types de contrats dans les échanges internationaux.
Ils déterminent les responsabilités respectives du vendeur et de l’acheteur en matière de commerce
international. Les incoterms 2010 se présentent comme suit :
2.1.1- Les incoterms multimodaux
Les incoterms multimodaux peuvent s’appliquer à tous les modes de transports.
EXW : Ex Works- Sortie Usine
FCA : Free Carrier- Franco transporteur
CPT : Carriage Paid To- Port payé jusqu’à
CIP : Cost, Insurance and Freight- Port payé, Assurance comprise jusqu’à
DAT : Delivered At Terminal- Rendu au Terminal
DAP : Delivered at place- Rendu au lieu de destination
DDP : Delivered Duty Paid- Rendu droits acquittés
2.1.2- Les incoterms maritimes et fluviaux
FAS: Free Alongside Ship- Franco le long du navire
FOB: Free On Board- Franco à bord
CFR: Cost and Freight- Coût et Fret
CIF: Cost, Insurance and Freight- Coût, Assurance et Fret.
Ces incoterms doivent être pris en considération dans la détermination de la valeur en
douane, tant à l’exportation qu’à l’exportation.
2.2- LA VALEUR EN DOUANE A L’EXPORTATION
A l’exportation, la valeur en douane (VED) correspond à la valeur FOB (Franco à bord) de
la marchandise.
On a donc (en Ariary)  :
VED = Montant FOB x Taux de change
A Madagascar, les marchandises à l’exportation sont exonérées des droits et taxes de
sortie. Cette inexistence des droits à l’exportation et le souci de promouvoir les ventes à l’étranger
entraînent une simplification des formalités de l’exportation.
2.3- LA VALEUR EN DOUANE A L’IMPORTATION
La valeur en douane à l’importation, c’est la somme de toutes les charges supportées par
l’acheteur entre le port d’embarquement à l’étranger et le bureau de dédouanement à Madagascar.
2.3.1- Les valeurs facturées
A l’importation, dans la majorité des cas, la valeur en douane (VED) correspond à la
valeur CAF (Coût, Assurance et Fret) ou CIF (Cost, Insurance and Freight) de la marchandise.
On a donc (en Ariary) :
VED = (Valeur FOB + Assurance+ Fret) x Taux de change
Eventuellement, les autres frais occasionnés par les manutentions durant le transport
maritime peuvent également faire partie de la valeur en douane.
2.3.2- Les valeurs minimales
Des valeurs minimales sont fixées par l’Administration pour certains produits sensibles
(ciment, sucre, farine, huiles alimentaires, etc.). Elles sont obligatoires tant pour les déclarants que
pour les agents des douanes. Par exemple, pour les articles de friperie, le déclarant n’a pas le droit
de descendre en dessous la valeur minimale de 0,52 USD/kg.
Dans ce cas, les valeurs facturées seront plus considérées si elles sont inférieures aux
valeurs minimales fixées par le service. La liste des valeurs minimales fait l’objet de mises à jour
régulières pour être fidèle aux fluctuations des prix internationaux.
Mais par leur caractère anti-commercial, voire arbitraire, les valeurs minimales suscitent
de nombreuses critiques de la part des opérateurs économiques.
SECTION 3 : LES TYPES DE DROITS ET TAXES DOUANIERS
Les droits et taxes perçus par la Douane sont notamment le droit de douane, le droit
d’accises et la taxe sur la valeur ajoutée.
3.1- LE DROIT DE DOUANE (DD)
Par « droits de douane », on entend des droits dont l’objet est de protéger le commerce,
l’industrie et l’agriculture de la République de Madagascar et dont les taux peuvent varier en taux
minimum (droit conventionnel) ou en taux général selon l’origine ou la destination des
marchandises importées ou exportées.
Ils peuvent être « ad valorem », calculés à partir d’un pourcentage sur la valeur de la
marchandise, ou « spécifiques », lorsque l’assiette est la quantité des marchandises, le poids, le
volume ou le nombre. (Art. 2 CD)
3.1.1- Champ d’application
Le droit de douane s’applique aux échanges entre Madagascar et les pays tiers. Il est donc
prévu par le Code des Douanes et le Tarif des Douanes,.
Les échanges intra régionaux (COMESA, SADC, COI) sont exonérés du droit de douane.
Mais les droits et taxes fiscaux restent exigibles.
3.1.2- Taux applicables
Le droit de douane actuel résulte de la fusion de l’ancien droit de douane et de la taxe
d’importation (TI), en 2005.
Depuis 2006, les tranches de taux sont divisées en quatre catégories.
- Catégorie 0 : Exemptions exceptionnelles (médicaments, par exemple) 0%
- Catégorie 1 : Matières premières et biens d’équipement 5%
- Catégorie 2 : Biens intermédiaires et divers (pièces détachées, …) 10%
- Catégorie 3 : Biens de consommation courante 20%
3.1 3 - Mode de calcul
La base imposable du droit de douane est constituée par la valeur en douane (VED).
On a donc:
DD= VED x Taux de DD
3.2 - LE DROIT D’ACCISES (DA)
Le droit d’accises est un droit à caractère fiscal qui frappe à égalité et au même taux
certains biens dits « de luxe », qu’ils soient importés ou fabriqués localement, et dont la liste est
fixée par la Loi de Finances. Les textes de référence sont essentiellement le Code général des
impôts (CGI) et le Code des douanes.
3.2.1- Champ d’application
Le droit d’accises s’applique généralement à certains produits considérés comme nocifs,
c’est-à-dire nuisibles à la santé publique ou à l’environnement. Il joue ainsi un rôle de dissuasion,
en limitant le volume des importations desdits produits. Par exemple, les tabacs, les cigarettes,
l’alcool ou les boissons alcooliques.
Par ailleurs, le droit d’accises peut également s’appliquer à certains produits dits « de
luxe » à titre de péréquation sociale par l’impôt.
3.2.2- Taux applicables
Le taux du droit d’accises est fixé par la Direction Générale des Impôts (DGI) suivant
l’espèce ou la nature des marchandises considérées. Pour atteindre un objectif de dissuasion, les
taux de droit d’accises sont souvent très élevés, pouvant aller jusqu’à 250% pour certaines
marchandises.
Il est à noter que, depuis 2008, les DA sont perçus par la DGI, et donc supprimés dans le
Tarif national des douanes. Toutefois, la perception du droit d’accises sur le commerce extérieur
devrait logiquement revenir à l’administration douanière.
3.2.3- Mode de calcul
La base d’imposition au droit d’accises en ce qui concerne les importations est établie en
ajoutant à la valeur imposable (valeur en douane) le montant des droits de douane.
On a donc :
DA = (VED + DD) x Taux de DA
3.3- LA TAXE SUR LA VALEUR AJOUTEE (TVA)
Sont soumises à la TVA, les opérations relevant d’une activité économique qui constituent
une importation, une livraison de biens ou une prestation de services effectuées sur le territoire
malgache, à titre onéreux, par un assujetti.
Les textes de référence sont essentiellement le Code général des impôts et le Code des
douanes,
3.3.1- Champ d’application
Toute marchandise importée en provenance de pays tiers est soumise à la TVA, y compris
celle originaire des pays avec lesquels Madagascar a signé un accord préférentiel.
3.3.2- Taux applicable
En matière d’importation, le taux actuel de la TVA est de 20% (taux unique).
3.3.3- Mode de calcul
La base imposable de la TVA est établie en ajoutant à la valeur en douane le montant du
droit de douane et du droit d’accises éventuel.
On a donc :
TVA = (VED + DD + DA) x Taux de TVA
3.4- LES DROITS ET TAXES A L’IMPORTATION (DTI)
Les droits et taxes à l’importation à payer par le contribuable, c’est la somme du droit de
douane, du droit d’accises et de la taxe sur la valeur ajoutée.
On a donc :
DTI= DD+ DA+ TVA
Les droits et taxes exigibles pour chaque article d’une même déclaration sont arrondis à
l’Ariary inférieur (Art. 121 CD).
En plus des droits et taxes susmentionnés, il existe également d’autres formes de droits et
taxes perçus par la Douane dans le cadre de sa mission fiscale.
3.4- LES TAXES SUR LES PRODUITS PETROLIERS
En matière de statistiques commerciales, il y a lieu de faire la distinction entre les recettes
douanières sur les produits pétroliers, d’une part, et sur les produits non pétroliers, d’autre part.
3.4.1- La taxe sur les produits pétroliers (TPP)
La taxe sur les produits pétroliers (TPP), comme son nom l’indique, est perçue sur les
produits pétroliers, c’est l’équivalent du droit de douane.
Il convient de rappeler l’existence d’un bureau des douanes spécialement dédié aux
produits pétroliers, à savoir celui de Tamatave- Pétroles (22 TP).
3.4.2- La TVA sur les produits pétroliers (TVAPP)
La TVA sur les produits pétroliers (TVAPP) s’applique aux produits pétroliers raffinés, et
non au pétrole brut.
La douane perçoit d’autres droits de faible importance au profit d’autres entités telles que
les ports (Droits sur les marchandises ou ex-péages), ou pour le compte de la marine marchande en
fonction de la jauge des navires (Droits de navigation).

3.5- LA PRESTATION GASYNET (PG)


En réalité, la Prestation Gasynet ne constitue pas des droits et taxes au sens fiscal du terme.
Il s’agit plutôt d’une redevance informatique destinée à la rémunération de la société Gasynet,
partenaire privé de la Douane malgache.
3.5.1- Champ d’application 
En rémunération de ses services, la société Gasynet est autorisée à percevoir des frais de
prestation sur les opérations faisant l’objet d’une déclaration en douane auprès d’un bureau
informatisé. La PG est donc une contrepartie financière de l’utilisation des matériels informatiques
et du système Tradenet.
Elle est proportionnelle à la valeur des marchandises déclarées (à l’importation), ou au
nombre des conteneurs en matière d’entreprises franches (à l’exportation).
3.5.2- Les modalités de calcul de la PG à l’exportation
Suivant l’Arrêté N° 8426/2007 du 04/06/2007,  les modalités de calcul des frais de
prestation Gasynet à l’exportation se présentent comme suit :
Mode d’expédition Montant des frais de prestation
Conteneur de 20 ou 40 pieds Equivalent de 100 €
Conteneur de groupage Equivalent de 50 €
Aérien dont la valeur FOB≥ 5000 € Equivalent de 50 €
Aérien dont la valeur FOB< 5000 € Equivalent de 10 €

3.5.3- Modalités de calcul de la PG à l’importation


Suivant l’Arrêté N° 8426/2007 du 04/06/2007,  les modalités de calcul des frais de
prestation Gasynet à l’importation se présentent comme suit :

Valeur FOB des marchandises Montant de la PGHTVA à payer

FOB < 1 000 € ou équivalent


Equivalent de 10 €
1 000 ≤ FOB < 2 500 € ou équivalent
Equivalent de 25 €
2 500 ≤ FOB < 10 000 € ou équivalent
Equivalent de 75 €
10 000 ≤ FOB < 25 000 € ou équivalent
Equivalent de 145 €
0,5 % de la valeur CAF
(coût, Assurance et Fret)
FOB ≥ 25 000 € ou équivalent

3.5.4- Les modalités de paiement de la PG


La PG est payée par les usagers au fur et à mesure des déclarations en douane.. Son
montant est calculé de manière automatique par le logiciel informatique Sydonia. L’acquittement de
la PG constitue ainsi une condition de l’enlèvement des marchandises, au même titre que les droits
et taxes.
Hormis le cas où l’opérateur dispose d’un crédit, le paiement de la PG est requis avant tout
passage au scanner, aussi bien à l’importation qu’à l’exportation. A ce titre, plusieurs modalités de
paiement sont proposées aux opérateurs, à savoir le paiement au comptant, le prépaiement et le
paiement à crédit.
En tout cas, les frais de prestation sont versés aux comptes bancaires ouverts à cet effet au
nom de la société Gasynet. Il y a un prélèvement pour le compte de l’Administration des Douanes
au titre de la forfaitisation du Travail Supplémentaire et du Renforcement des capacités des agents
des douanes.
SECTION 4 : LES EXONERATIONS LEGALES DES DROITS ET TAXES

Les exonérations légales sont des régimes particuliers applicables à certaines opérations ou
à certaines personnes. Ils ont pour but de tempérer les règles du droit commun, et sont motivés par
la tradition, par des accords de réciprocité avec les autres pays, par des motifs humanitaires,
culturels ou autres. Ils constituent donc une exception au principe de l’égalité devant l’impôt.
Suivant les textes en vigueur, il y a trois types de franchise des droits et taxes, dont :
- la franchise totale des droits et taxes (exonérations légales).
- la franchise partielle des droits et taxes
- la réduction de taux des droits et taxes
4.1- LES EXONERATIONS TOTALES DES DROITS ET TAXES
En principe, le droit commun consiste en un paiement intégral, c’est-à-dire en totalité des
droits et taxes. Ce régime du droit commun concerne toutes les marchandises à l’exception de celles
décrites dans la liste des exonérations légales. Celles-ci se divisent en sept (07) catégories :
Catégorie 1: Marchandises destinées à l’Etat
- Dons au chef de l’Etat.
- Dons offerts par les organismes d’Etats étrangers aux Ministres et Parlementaires à
l’occasion d’un voyage officiel à l’extérieur.
- Dons de matériels et équipements en faveur des régions et communes.
- Matériels et équipements importés par le Ministère de la Défense
Catégorie 2: Marchandises importées dans le cadre des projets publics
- Projets financés par les Bailleurs de Fonds multilatéraux et bilatéraux (BM, UE,
BAD…).
- Sur la base d’une Convention ou d’un Accord signé par le Gouvernement Malagasy.
Catégorie 3:Marchandises importées dans le cadre des conventions et accords
internationaux
- Envois destinés aux Ambassades, Consulats, Organismes internationaux établis à
Madagascar (Convention de Vienne).
- Matériels et équipements pédagogiques, didactiques, scientifiques et matériels pour
handicapées (Accord de Florence).
- Matériels et équipements importés par l’ASECNA (Convention de l’OACI).
- Marchandises importées dans le cadre de la lutte contre la malnutrition, le paludisme,
la lèpre, la peste, la tuberculose, le VIH/SIDA (Accord sur le Global Found)
Catégorie 4: Marchandises destinées aux organismes de bienfaisance et fondations
- Envois destinés à la Croix-Rouge et aux autres œuvres de solidarité financés par des
fonds d’origine étrangère.
- Envois destinés aux œuvres de bienfaisance légalement constituées et reconnues
d’utilité publique par décret (IMRA, AKAMASOA).
- Matériels et équipements nécessaires à la première installation et au fonctionnement
d’une fondation reconnue d’utilité publique.
Catégorie 5: Marchandises importées dans le cadre des grands investissements
- Marchandises importées dans le cadre des grands investissements miniers.
- Marchandises et produits importés dans le cadre de la prospection, de la recherche et de
l’exploitation des hydrocarbures.
- Marchandises importées dans le cadre de l’Accord QMM/Etat Malagasy (Convention
d’établissement).
Catégorie 6:Marchandises importées dans le cadre des changements de résidence, des
petits envois, d’avitaillement et retours
- Déménagement définitif, héritage.
- Petits envois sans caractère commercial.
- Produits pétroliers, pièces de rechange, matériels destinés à l’avitaillement des navires
effectuant une navigation internationale.
- Hydrocarbures destinées à l’avitaillement des aéronefs militaires ou civils, effectuant
une navigation hors de la frontière.
- Marchandises exportées et retournées pour non-conformité, ou refusées pour des motifs
liés à la réglementation applicable dans le pays de destination
Catégorie 7: Marchandises importées en franchise à titre exceptionnel
- Marchandises importées en cas de circonstances exceptionnelles, cataclysmes, utilité
publique et raison d’Etat.
- En suite d’une décision prise en Conseil des Ministres. avec production d’une Note de
Conseil et d’un Bon à appliquer signé par le Directeur de la Législation et de la Valeur.
4.2- LA DEMANDE DE FRANCHISE DES DROITS ET TAXES
L’octroi de la franchise des droits et taxes est réglementé de façon stricte pour éviter les
fraudes et les abus. L’exonération doit être accordée par le service compétent, qui doit décider en
dernier ressort après une interprétation rigoureuse de la règlementation douanière.
4.2.1- Le service central compétent
La demande de franchise et les pièces justificatives doivent être adressées au service
compétent, à savoir le Service de la Législation et de la Réglementation (SLR), sis à Immeuble des
Finances, 2ème Etage, Rue Général Rabehevitra, Antaninarenina, Antananarivo.
Après examen du dossier par les inspecteurs de la Division de la Réglementation, ce
service délivre une décision d’accord ou de refus, suivant la situation juridique du demandeur et
conformément à la législation en vigueur.
4.2.2- Au niveau du receveur des douanes
Dans un souci de simplification de la procédure, l’octroi de la franchise douanière peut
parfois relever du receveur des douanes, notamment pour les petites opérations de faible valeur. Ce
pouvoir de franchise au niveau des bureaux des douanes reste toutefois limité pour éviter les abus,
préjudiciables au budget de l’Etat.
Selon la recommandation de la Douane, il est inutile de présenter une quelconque demande
d’exonération ne rentrant pas dans le cadre des textes cités, car ce serait une perte de temps autant
pour le demandeur que pour l’administration douanière.
CHAPITRE V : LA MODERNISATION DE LA DOUANE MALGACHE

Avec ses deux siècles d’existence, la Douane est l’une des administrations les plus
anciennes, sinon la plus ancienne à Madagascar. Mais c’est aussi l’une des administrations les plus
modernes, sinon la plus moderne sur le plan technologique. C’est le paradoxe de la Douane
malgache, une vieille administration qui ne cesse de se moderniser.
Actuellement, l’administration des douanes continue encore de se réformer, en prenant en
compte les impératifs du commerce international dans le contexte de la mondialisation.
SECTION 1: LE PARTENARIAT DOUANES – GASYNET
Le partenariat Douanes-Gasynet entre dans le cadre du partenariat public-privé. Il s’agit
d’externaliser une partie des tâches et activités de la Douane malgache, et de les confier à une
société privée partenaire, la société Gasynet.
1.1- LA SOCIETE GASYNET S.A.
Le partenariat douanes-Gasynet constitue un exemple relativement réussi du partenariat
public-privé. La société Gasynet contribue à la modernisation technologique de la Douane en
matière de valeur, de bases de données et d’équipement matériel.
1.1.1- La société Gasynet S.A.
Gasynet, ou Malagasy Community Network Services S.A,  est une société de droit
malgache issue d’un partenariat public-privé entre le gouvernement malgache et la Société Générale
de Surveillance (SGS), celle-ci détient 70% des actions contre 30% pour l’Etat malgache.
Le siège de Gasynet est sis à Immeuble Ariane 5, Enceinte Galaxy, Andraharo,
Antananarivo (101). Voir également le site web de la société : www.gasynet.com
1.1.2- Les missions de Gasynet S.A.
Dans le cadre de son partenariat avec la Douane, Gasynet fait régulièrement l’objet de
nombreuses contestations de la part des douaniers ou des usagers. Les grands défenseurs du concept
de souveraineté nationale n’acceptent pas l’idée de voir une société privée intervenir, d’une manière
ou d’une autre, dans les missions traditionnelles de la Douane.
Néanmoins, une analyse objective et lucide de la situation permet d’affirmer que la
modernisation actuelle de la Douane n’aurait pu avoir lieu sans l’existence et le professionnalisme
de cette société partenaire.
Gasynet a pour mission d’assister la Douane dans sa politique de modernisation
technologique, et ce, dans des domaines aussi divers que la valeur (valitrade), le matériel, la
formation, etc. En étroite collaboration avec la Douane, elle gère ainsi les différents systèmes
utilisés dans le processus de dédouanement, et que nous essayerons de présenter ci-après.
SECTION 2: LES PRINCIPAUX SYSTEMES UTILISES
La politique de modernisation de la Douane tourne autour de quelques grands axes
stratégiques et se traduit par l’utilisation de différents systèmes relativement performants, en
collaboration avec la société privée Gasynet.
2.2- LE SYSTEME SYDONIA ++
Sydonia ++ est un Système Douanier Automatisé, un projet conclu entre le Gouvernement
de la République de Madagascar et la CNUCED (Conférence des Nations Unies pour le Commerce
et le Développement). Les travaux ont démarré au mois de mai 2004 avec l’arrivée à Madagascar
des experts de la CNUCED.
2.2.1- Historique du système
Le programme de développement de la première version de Sydonia a été effectué en
1981 par la CNUCED. La deuxième version Sydonia 2.7 est sortie en 1984 et utilisée par plusieurs
pays. Madagascar a acquis cette version 2 en 1989.
Il apparut ainsi nécessaire de moderniser les procédures de dédouanement afin de garantir
la qualité des statistiques produites. D’où la version 3 que nous connaissons sous le nom de Sydonia
++ a été lancé en 1994 et utilisé à Madagascar depuis avril 2005. Depuis 2018, la Douane malgache
a migré vers la dernière version, à savoir Sydonia World.
Actuellement, le système Sydonia ++ est implanté dans plus de 90 pays dans le monde. Ils
sont dispersés en Europe, en Asie Pacifique, en Amérique du Sud, et surtout en Afrique.
2.2.2- La migration vers Sydonia World
Depuis janvier 2018, la Douane malgache a procédé à l’installation du système Sydonia
World, pour améliorer le traitement informatisé des opérations douanières. Développé par la
CNUCED, le logiciel Sydonia World utilise les technologies les plus modernes et offre des
fonctionnalités plus élargies que celles de Sydonia++.
L’utilisation de ce nouveau système doit améliorer l’environnement de travail des
utilisateurs, qu’ils soient douaniers ou usagers du secteur privé. Sydonia World pourra ainsi devenir
l’un des éléments majeurs du développement de l’e-gouvernement et de l’e-commerce à
Madagascar. Le projet est actuellement en cours de réalisation au sein de la Douane malgache.
2.2.3- Les objectifs et avantages du système
Le système Sydonia ++, en tant que logiciel informatique utilisé dans le processus de
dédouanement, a pour objectif de :
- moderniser la douane pour permettre le développement du commerce international.
- assurer la fluidité du trafic commercial régulier
- automatiser le calcul des droits et taxes
- accroître l’efficacité des contrôles douaniers
- augmenter les recettes douanières
- réduire le délai et le passage en douane des marchandises
- informatiser toutes les étapes du processus de dédouanement
Le système Sydonia++ se présente donc comme un outil moderne et performant
d’exécution des tâches douanières. C’est un instrument de gestion permettant le suivi des activités
de la douane, et surtout une source de données statistiques fiables et produites en temps réel.
2.3- LE SYSTEME TRADENET
C’est une plateforme électronique d’échange de données qui met en relation tous les
intervenants dans le processus de dédouanement entre eux. Il s’agit donc d’un logiciel de traitement
des informations permettant la mise en réseau des entités impliquées dans le processus de
dédouanement (Douanes, Banque Centrale, Banques primaires, Port, INSTAT, Ministères, etc.).
Par exemple, Tradenet permet de transférer la confirmation électronique du paiement des
droits et taxes, de la banque primaire au bureau des douanes.
2.3.2- Les objectifs et avantages de Tradenet
Le système Tradenet présente plusieurs avantages. Il permet de :
- simplifier, accélérer et sécuriser le processus de dédouanement
- alléger la procédure par la suppression de certaines étapes et de documents manuels
- diminuer les erreurs relatives au traitement manuel des documents
- augmenter la transparence dans les procédures administratives
- réduire le temps nécessaire au dédouanement par le biais de l’informatisation
- offrir un meilleur service aux entreprises commerciales, et au secteur privé en général
- élaborer plus rapidement les statistiques commerciales.
En résumé, la conjugaison de Tradenet avec Sydonia ++ permet à la Douane malgache
d’être en phase avec la modernité. Même s’il reste encore des ajustements à faire.
2.4- LE MODULE MIDAC
Fruit du partenariat public-privé entre la société Gasynet et la Douane, le module MIDAC
(Ministères, Départements et Agences de Contrôle) fut lancé en 2011 dans le cadre des demandes
de franchise en matière de déménagement, avant de s’ouvrir ensuite vers les demandes d’attestation
de destination effectuées par les corps diplomatiques
Le module MIDAC est conçu dans un objectif de facilitation, de sécurisation et de
dématérialisation de la procédure d’octroi des différentes autorisations administratives, afin de
permettre à l’usager d’effectuer une demande en ligne et de suivre l’évolution du traitement de son
dossier.
Des protocoles d’accord ont donc été signés entre la Direction générale des douanes, la
société Gasynet et les Ministères des Affaires étrangères, du Commerce, de la Santé, etc. sans parler
des autres organismes tels que l’Office Malgache des Hydrocarbures (OMH), l’Institut National des
Sciences et des Techniques Nucléaires de Madagascar (INSTN)…
2.5- LE SYSTEME BSC
Depuis 2007, le Bordereau de Suivi des Cargaisons (BSC) a remplacé le système
d’inspection avant embarquement des marchandises effectué par la Société Générale de
Surveillance (SGS).
2 .5.1- Champ d’application
Suivant la Décision N°01/MFB/SG/DGD du 23 mars 2007, toute cargaison à destination
de la République de Madagascar, quelle qu’en soit la destination finale, doit être couverte par un
BSC dûment validé.
La constitution du BSC répond essentiellement à des besoins d’identification, de contrôle,
de sûreté, de traçabilité et de prévision des flux de marchandises à destination de Madagascar.
2 .5.2 - Exceptions
Toutefois, certaines opérations ne sont pas soumises à ces principes généraux. En
application de la note n°330-MFB/SG/DGD du 22 juin 2007, sont dispensées de BSC :
- les effets personnels de voyageurs et/ou les effets et objets personnels de
déménagement définitif,
- les envois de paquets postes, de colis postaux et de frets aériens dont la valeur FOB
n’excède pas 100 Euros ou son équivalent en monnaie nationale,
- les envois de documents et/ou d’échantillons,
- les importations d’armes, de munitions et d’instruments de guerre destinés à la
Défense nationale,
- les importations de billets de banque pour la Banque Centrale de Madagascar,
- les dons d’Etat à Etat et les dons d’un organisme international à l’Etat,
- les valises diplomatiques,
- les envois et dons en cas de cataclysme naturel.
2.5.3- Création et validation du BSC
L’exportateur ou son représentant est tenu d’ouvrir le BSC dès l’embarquement des
marchandises. Le module BSC est accessible sur Internet au www.bscmg.sgs.com
L’exportateur enregistre les éléments du BSC, à savoir :
- l’identité de l’importateur à Madagascar,
- l’identité du transitaire,
- les détails de l’expédition (marchandises et mode de transport)
Il y attache les documents scannés requis qui sont la facture, la lettre de transport ou
connaissement, et la déclaration en douane à l’exportation.
Après vérification du Centre Technique, le BSC ouvert acquiert le statut « Recevable ».
Toute cargaison n’ayant pas fait l’objet d’un BSC recevable ne pourra pas être dédouanée.
2.6- LE SYSTEME CIVIO
Les véhicules, neufs ou usagés, importés par les personnes physiques ou morales font
l’objet d’un contrôle CIVIO (Certificat d’inspection des véhicules importés d’occasion).
Dans ce cas, la valeur en douane est estimée par la société Gasynet sur la base de l’Argus
français, après inspection des véhicules au débarquement.
En revanche, pour les véhicules neufs importés par les concessionnaires des marques
représentées à Madagascar, la Douane tient compte de leur valeur facturée.
Pour les engins importés d’occasion, la valeur applicable est fournie par le Service des
douanes en fonction de leurs caractéristiques techniques et de leur degré d’amortissement.
SECTION 3: LES AXES STRATEGIQUES DE LA MODERNISATION
La modernisation de la douane malgache tourne autour de quelques grands axes
stratégiques, qui combinent à a fois les volets technique, juridique et humain. On peut citer entre
autres :
3.1- LA DEMATERIALISATION DE LA PROCEDURE
La dématérialisation est le fait de remplacer les supports d’informations matériels ou en
papier par des données électroniques. On parle également de « bureau sans papier », de « zéro
papier » ou de « paperless » lorsque la substitution est complète.
Elle vise une efficacité accrue en permettant une gestion entièrement électronique des
données et des documents, produits en interne ou émanant des partenaires. Symbole de modernité,
la dématérialisation simplifie le travail quotidien des agents douaniers.
Il s’agit donc de déployer des services en ligne dont l’objectif est d’offrir aux usagers un
service public de qualité, et de faciliter leurs démarches administratives.3
3.2- LA SECURISATION DES RECETTES DOUANIERES
La mission de sécurisation budgétaire est la mission la plus traditionnelle des douanes. Le
dispositif technologique actuel doit permettre à la Douane malgache d’atteindre la mobilisation
optimale des recettes, en prenant en compte les impératifs du commerce international moderne.
3.2.1- La lutte contre l’évasion fiscale
De l’Antiquité à l’époque contemporaine, il faut dire que la vertu n’est pas une qualité des
citoyens en matière fiscale. L’incivisme fiscal est donc très répandu, ici comme ailleurs. Devant la
Douane ou le fisc, le contribuable n’a qu’une chose en tête : payer le moins possible, par voie légale
ou illégale.
A Madagascar, les fraudes douanières commises à l’importation sont le plus souvent de
type fiscal. Les opérateurs économiques commettent des fraudes afin d’échapper aux paiements
corrects des droits et taxes dus à l’Etat, et donc de diminuer illégalement leurs charges à
l’importation.
Evidemment, cette évasion fiscale pénalise les opérateurs honnêtes qui s’acquittent
correctement des droits et taxes à l’importation, et entraîne ainsi une concurrence déloyale. La
Douane lutte contre cette concurrence déloyale, en essayant de mettre fin aux pratiques du
commerce informel non conformes aux lois et règlements douaniers.
3.2.2- La transition fiscale
Actuellement, la Douane assure encore près de 48% des recettes budgétaires totales de
l’Etat malgache, le reste étant perçu par l’administration fiscale. A terme, cette part relative de la
Douane dans la collecte totale des recettes budgétaires est appelée à progressivement diminuer avec
la « transition fiscale ».
Cette période de transition fiscale annonce le passage d’une administration des douanes
essentiellement concentrée sur la perception des recettes à une administration consacrée aussi à la
promotion, à la régulation et à la sécurisation des échanges commerciaux.
En effet, avec le développement de l’intégration régionale et de la politique de libre
échange, et à la suite des diverses recommandations de l’OMC, la mission fiscale de la Douane tend
à s’effacer progressivement pour laisser la place aux missions de protection du commerce et de la
société civile.
Quoi qu’il en soit, la Douane se doit toujours d’assurer une collecte efficace et optimale
des recettes douanières. Même si la prévisibilité des recettes peut dépendre de plusieurs facteurs
macro-économiques qu’elle ne maîtrise pas.
3.3- LA LUTTE CONTRE LA FRAUDE ET LES TRAFICS ILLICITES
Les fraudes commerciales se présentent sous de formes multiples à Madagascar. La
Douane malgache prend donc des mesures de lutte contre la fraude et les trafics illicites dans son
processus de modernisation.
3.3.1- La chaine de contrôle
Dans sa stratégie de lutte contre la fraude, la Douane adopte un système de contrôles à
plusieurs niveaux dans le processus de dédouanement. En amont ou en aval, des dispositifs de
contrôles sont mis en œuvre par des services et acteurs différents.
Le Service des Renseignements et de l’Analyse des risques, les bureaux des douanes, les
contrôles mobiles de surveillance, ainsi que le Service de la Lutte contre la Fraude Douanière
compose la chaîne de contrôle des opérations commerciales. S’y ajoute l’assistance mutuelle
administrative avec les autres administrations douanières étrangères.
3.3.2- La sensibilisation des opérateurs
La lutte contre la fraude ne se limite pas au système de sanctions des fraudeurs. Elle passe
également par l’éducation et la sensibilisation des opérateurs, pour qu’ils aient un minimum de
civisme fiscal. Le message est simple : il est plus rentable pour l’opérateur économique de
s’acquitter correctement des droits et taxes au moment du dédouanement, plutôt que de payer des
amendes et de subir les conséquences négatives de la constatation des infractions commises.
3.4- LA REDUCTION DU DELAI DE DEDOUANEMENT
La réduction du délai de dédouanement constitue l’un des éléments essentiel du commerce
international. En effet, la mesure du temps nécessaire pour la mainlevée des marchandises devient
un critère de plus en plus utilisé par les milieux commerciaux internationaux pour évaluer la
performance d’une administration des douanes.
3.4.1- Les objectifs fixés
La Douane malgache se fixe depuis plusieurs années des objectifs ambitieux en matière de
délai de dédouanement : 48 heures dans pour les marchandises acheminées par voie maritime dans
les ports, et 24 heures pour celles qui sont acheminées par voie aérienne dans les aéroports.
Actuellement, pour plusieurs raisons, ces objectifs ne sont pas encore atteints à 100%.
Néanmoins, la Douane malgache, en collaboration avec les entités publiques et privées concernées,
procèdent régulièrement à des évaluations et à des audits pour améliorer le délai de dédouanement.
L’une des méthodes utilisées pour évaluer le délai de dédouanement consiste à mesurer le
temps moyen qui s’écoule entre l’arrivée des marchandises jusqu’à leur mainlevée, c’est-à-dire
entre le dépôt des manifestes et la sortie des marchandises. D’où la création de l’Observatoire du
Délai de Dédouanement (ODD).
3.4.2- L’Observatoire du Délai de Dédouanement (ODD)
L’ODD est un comité mixte composé de plusieurs entités, concernées par le processus de
dédouanement (Douane, Gasynet, transitaires, consignataires, banques primaires, etc.). Des
réunions périodiques sont organisées au niveau des responsables décideurs afin d’améliorer le délai
de dédouanement dans les bureaux.
L’objectif principal de l’ODD est de déterminer dans quelle étape du processus de
dédouanement se trouvent les facteurs de blocage ou de ralentissement. Il s’agit d’identifier la
nature et les motifs des problèmes, à partir de données statistiques et informatiques fiables. Cette
démarche aboutira évidemment sur la recherche de solutions et de mesures correctives susceptibles
d’améliorer la situation. Puis, des indicateurs de performance sont établis de façon périodique pour
mesurer les efforts accomplis.
3.5- LA FACILITATION DES ECHANGES
En qu’administration intervenant aux frontières, la Douane joue un rôle déterminant dans
la facilitation des échanges commerciaux. D’où la politique de simplification et de facilitation des
opérations en douane par l’utilisation des moyens technologiques modernes.
3.5.1- La simplification de la procédure
La Douane malgache simplifie et harmonise les procédures douanières pour qu’il soit plus
facile aux usagers de se conformer aux dispositions législatives et réglementaires. Des procédures
accélérées de dédouanement (PAD) sont donc accordées aux opérateurs formels et jugés corrects.
Cette politique de simplification des procédures aux frontières nécessite le renforcement du
contrôle a posteriori au niveau de l’administration centrale. Les entreprises bénéficiant
d’exonérations et de la procédure accélérée de dédouanement (en circuit vert) sont particulièrement
surveillées.
3.5.2- La participation active dans l’intégration régionale
La politique d’intégration régionale va dans le sens de la facilitation des échanges
commerciaux. Madagascar, à travers son administration douanière, continue de participer
activement dans l’intégration régionale au sein de la COI, la SADC, le COMESA, etc.
L’objectif global de cette intégration régionale est de créer un espace commercial plus
vaste, propice à l’industrialisation et au développement économique de Madagascar. La Douane
doit jouer un rôle actif pour améliorer la compétitivité des marchés malgaches.
3.6- LA REFORME DE LA GESTION DES RESSOURCES HUMAINES
La réforme de la gestion des ressources humaines constitue une priorité pour la Douane malgache.
C’est une suite logique de la dématérialisation de la procédure. Les hommes doivent d’abord changer de
comportement et de moralité.
3.6.1- L’éthique professionnelle
La Douane malgache se propose d’instaurer une éthique basée sur le professionnalisme et
la rigueur. La promotion de la bonne gouvernance est au centre de cette démarche. Le management
stratégique devra permettre au personnel douanier d’avoir un état d’esprit différent et des attitudes
nouvelles.
La méthode de travail est désormais axée sur la culture de performance et le principe de
redevabilité, pour l’instauration de la transparence et d’un climat de confiance avec les usagers.
3.6.2- La lutte contre la corruption
A tort ou à raison, comme tous les fonctionnaires financiers, les douaniers sont souvent
accusés de favoritisme et de corruption. Cette présomption de malhonnêteté des financiers est un
phénomène caractéristique des rapports fonctionnaires/usagers, bien connu dans le domaine de la
sociologie des fonctionnaires. Comme le dit le sociologue Alain GIRARD : « Ceux qui critiquent le
plus les fonctionnaires sont ceux qui regrettent le plus de ne pas l’être » (sic).
Au-delà de ces polémiques, il faut reconnaître que dans l’exercice de sa profession, le
douanier s’expose quotidiennement aux risques de corruption. Il doit donc avoir un caractère lucide
et un esprit étanche face aux « propositions » malsaines des usagers.
L’éthique professionnelle constitue l’enjeu le plus important de la réforme et de la
modernisation. Au même titre que les technologies, les hommes doivent aussi changer. La lutte
contre la corruption n’est qu’un corollaire de la lutte contre la fraude.
L’objectif, c’est d’éviter les « arrangements » ou les « négociations » entre opérateurs et
agents des douanes, qui ne sont pas en faveur des intérêts du Trésor public. Les autorités douanières
n’hésitent pas à sanctionner les agents malintentionnés qui ne respectent pas les règles de
déontologie de leur profession.
3.6.3- La formation initiale
La Douane investit beaucoup en matière de formation initiale de ses agents. Après avoir réussi
aux concours administratifs, les candidats suivent une formation initiale à l’Ecole nationale
supérieure des douanes, sise actuellement à Tsaralalana, à Antananarivo.
La plupart des inspecteurs des douanes actuellement en service sont issus de cette Ecole,
certains ont poursuivi leurs études à l’étranger (France, Belgique, Maroc). Cette diversité
intellectuelle des cadres ne fait qu’enrichir le savoir et le savoir-faire au sein de l’administration.
3.6.4- La formation continue
Le renforcement des capacités des agents revêt une importance particulière au sein de la
Douane. Donc, la formation continue n’est pas en reste. Des protocoles d’accord ont été signés avec
de prestigieux établissements de la capitale (INSCAE, INFA, ENAM…) pour assurer la formation
des agents des douanes tous corps confondus. Sans oublier la présence périodique d’experts
formateurs étrangers à Madagascar.
Les formations offertes sont en relation directe (formation au métier) ou indirecte
(formation transversale) avec la profession de douanier. Elles concernent des domaines aussi divers
que l’informatique, le leadership, le tarif, la valeur, les règles d’origine, les langues étrangères, etc.
3.7- LES OBSTACLES A LA MODERNISATION
Dans sa politique de modernisation, la Douane malgache doit surmonter des obstacles
divers, notamment sur les plans humain, financier, législatif, politique et environnemental.
3.7.1- Sur le plan humain
Le conservatisme, la résistance au changement chez les douaniers ralentissent parfois les
efforts de modernisation déployés. Les mentalités ne changent pas facilement au même rythme que
la technologie. Certains agents des douanes ne veulent pas modifier leurs anciennes habitudes
professionnelles.
On assiste donc à un manque d’appropriation de la réforme chez la plupart des
fonctionnaires de l’administration douanière, mais aussi à une réticence du côté de certains
opérateurs du secteur privé.
3.7.2- Sur le plan financier
Sur le plan financier, la Douane malgache n’a pas toujours les moyens de ses ambitions de
modernisation. Les problèmes de financement existent évidemment, surtout pour les grands projets
de réforme, tels que la migration de Sydonia++ vers Sydonia World en 2018. La réalisation de
certains projets nécessite des sommes colossales qui ne sont pas toujours disponibles. Ces
problèmes d’ordre financier peuvent également avoir des conséquences préjudiciables sur le plan
matériel.
3.7.3- Sur le plan législatif
La modernisation de la Douane passera obligatoirement par la réforme de son cadre
juridique. Or parfois, ce cadre législatif et réglementaire apparaît comme un frein majeur à la
modernisation.
A Madagascar, les textes législatifs ou réglementaires évoluent plus lentement que le
développement rapide des technologies. Le droit douanier lui-même est assez traditionaliste. Sans
parler du juridisme et de la lenteur administrative que tout le monde connaît au quotidien.
3.7.4- Sur le plan politique
L’instabilité politique à Madagascar est de nature à retarder les réformes déjà entreprises
ou à entreprendre. Par exemple, lors des crises sociopolitiques de 2009, les programmes
d’installation de Sydonia++ dans certains bureaux ont dû être reportés à des dates ultérieures, et ce,
au détriment de ces derniers et des usagers.
3.7.5- Sur le plan environnemental
Les problèmes de l’environnement dans son ensemble empêchent la Douane d’avancer
correctement dans sa politique de modernisation. On peut citer, par exemple, les délestages
répétitifs au niveau de l’électricité, la lenteur des connexions sur Internet, le manque
d’infrastructures au niveau des ports et aéroports, le retard des autres administrations publiques
partenaires en matière de développement technologique, etc.
En résumé, face à ces divers obstacles, un écart considérable peut exister entre la volonté
politique affichée par la Douane, d’une part, et la mise en œuvre effective de la modernisation,
d’autre part.
CHAPITRE VI : LA PROCEDURE DE DEDOUANEMENT
La procédure douanière, c’est l’ensemble des étapes à suivre dans le processus de
dédouanement des marchandises.
La Douane est une administration de conjoncture qui doit s’adapter aux circonstances des
échanges commerciaux. La procédure douanière n’est donc pas figée, car elle doit trouver un juste
milieu entre rigueur et assouplissement.
SECTION 1 : LE DOCUMENT ADMINISTRATIF UNIQUE (DAU)
Les formalités de dédouanement sous Sydonia ++ s’effectuent par l’établissement et le
dépôt d’un formulaire de déclaration en détail appelé « Document Administratif Unique » (DAU).
Créé par la Communauté Economique Européenne (CEE), il est mis en vigueur au sein de
la CEE à partir du 1er janvier 1988.
Le DAU est utilisé à Madagascar depuis le 1 er avril 2005 lors de l’installation du système
Sysonia++ à Toamasina-Port.
1.1- LES CARACTERISTIQUES DU DAU
Le DAU est unique, c'est-à-dire qu’il est utilisable et utilisé pour tous les régimes
douaniers
Le DAU est uniforme, c'est-à-dire qu’il présente une forme standardisée, quelle que soit la
destination donnée aux marchandises
Le DAU est codifié, c'est-à-dire qu’il permet l’utilisation de codes internationaux (pays,
devises, incoterms, modes de transport, etc.) et de codes nationaux (déclarants, entreprises,
entrepôts, magasins, etc.)
1.1.1- Les objectifs du DAU
Les objectifs du DAU consistent notamment à :
- Harmoniser et standardiser les documents utilisés par les déclarants
- Simplifier le formulaire de déclaration (liasse unique pour tous les régimes,
utilisation de codifications harmonisées)
- Faciliter les échanges de données informatisées entre les différents pays
utilisateurs.
1.1.2- La forme du DAU
Dans la procédure non dématérialisée, le DAU est un document de format A4 (21 x
29,7cm). Il est composé d’une liasse de 3 exemplaires, dont : un exemplaire PRIMATA comportant
un verso, un exemplaire BON A ENLEVER comportant un verso, un exemplaire COPIE sans
verso.
Il existe des intercalaires lorsque la déclaration comporte deux ou plusieurs articles.
Chaque intercalaire peut comporter 3 articles au maximum.
Au moment du dépôt de la déclaration, cet ensemble sera présenté dans une jaquette, avec
les pièces jointes nécessaires au dédouanement.
1.2- LE REMPLISSAGE DU DAU
Le transitaire, en tant que déclarant professionnel, doit maîtriser les différentes cases du
DAU. Le remplissage des cases ne présente aucune difficulté sur le plan informatique, mais il peut
avoir une grande portée juridique pour le déclarant.
1.2.1- Le mode de remplissage du DAU
Le DAU comporte plus de 54 cases à remplir par le déclarant, par le biais du module de
Sydonia ++. Le remplissage des cases peut être obligatoire, facultatif, ou interdit.
La procédure de remplissage peut être automatique (par génération automatique de libellés
déjà insérés dans le système) ou manuelle (par saisie du déclarant).
Le DAU se divise en 3 segments, dont :
- le segment général (informations générales sur la déclaration)
- le segment articles (informations sur le ou les articles à déclarer)
- le cadran inférieur (informations relatives aux droits et taxes, etc.)
1.2.2- Le lieu de remplissage du DAU
Le DAU peut être établi à partir du lieu de travail du déclarant via le poste client Sydonia +
+. A cet égard, le déclarant est relié directement au serveur informatique de la Douane.
L’Unité Banalisée de Dédouanement (UBDD) installée dans chaque bureau des douanes
durant la phase d’installation du système Sydonia ++ n’est plus opérationnelle actuellement.
Dans la procédure non dématérialisée, l’édition et la vente des imprimés vierges du DAU
doivent faire l’objet d’une demande d’agrément auprès de l’administration des douanes. Seules les
imprimeries agréées sont donc habilitées à les distribuer aux utilisateurs.
SECTION 2 : LES CIRCUITS DE CONTROLE
Les circuits de contrôle fixent la procédure à suivre dans le traitement de la déclaration en
douane. Le circuit de contrôle figure automatiquement sur le cadran inférieur du DAU dès son
enregistrement.
2.1- LES CIRCUITS OPERATIONNELS
Actuellement, trois (03) circuits sont opérationnels dans le système Sydonia++, à savoir les
circuits rouge, jaune et vert.
2.1.1- Le circuit rouge
Le circuit rouge est fixé pour les marchandises nécessitant un scanning (si elles sont
conteneurisées) et/ou une vérification physique. Dans la pratique, il s’agit du circuit le plus long et
le plus coûteux pour les opérateurs économiques.

2.1.2- Le circuit jaune


Le circuit jaune pour les marchandises qui font l’objet d’un simple contrôle documentaire
de la déclaration. Il s’agit de vérifier la déclaration en douane, avec les documents joints, et les
marchandises ne sont ni scannées, ni visitées physiquement. Dans la pratique, la plupart des
déclarations en douanes (75%) sont en circuit jaune.
Le contrôle documentaire consiste à vérifier la conformité de la déclaration par rapport aux
documents présentés.
2.1.3- Le circuit vert
Le circuit vert est destiné aux marchandises dont la sortie est immédiatement autorisée
après le contrôle réglementaire du paiement des droits et taxes dus. Dans ce cas, la déclaration est
liquidée de manière automatique par le système informatique.
C’est la Procédure Accélérée de dédouanement (PAD) dont bénéficient certaines
entreprises ou certains organismes. Toutefois, les marchandises peuvent être contrôlées a posteriori
par l’administration centrale, plus précisément par le Service de la Lutte contre la Fraude
Douanière (SLFD).
2.2- LES CRITERES DE SELECTIVITE
Les critères de sélectivité sont un ensemble de paramètres intégrés dans le système Sydonia +
+ pour déterminer les circuits de contrôle de la déclaration. Ils se basent sur des analyses de risque
effectuées par le Service compétent.
2.2.1- L’analyse des risques.
La Division Analyse des risques au sein du Service du Renseignement et Analyse des
Risques (SRAR) gère le mécanisme des ces critères de sélectivité pour qu’ils soient efficaces et
objectifs.
Les risques de fraude varient considérablement en fonction de plusieurs paramètres. Avant
la programmation informatique de ces critères, l’analyse des risques doit tenir compte de plusieurs
éléments liés aux marchandises (espèce, origine, valeur) ou aux personnes (déclarant, importateur,
exportateur).
2.2.2- La programmation informatique des critères
La programmation informatique des critères analysés précédemment vont générer de
manière automatique le circuit à attribuer à la déclaration. Ce sont les critères de sélectivité gérés
par le module MODSEL de Sydonia++.
Ces critères font l’objet de mises à jour périodiques pour être en phase avec les fluctuations
du commerce international.
SECTION 3: LA PROCEDURE A L’IMPORTATION
Pour dédouaner sa marchandise, l’importateur peut opter pour les deux cas suivants :
- Soit demander à un commissionnaire agréé en douane d’accomplir les formalités de
dédouanement.
- Soit accomplir lui-même les formalités à condition d’obtenir un agrément de transit-
maison.
Dans les deux cas, les formalités douanières commencent toujours par la préparation des
documents joints.
3.1- LA PREPARATION DES DOCUMENTS JOINTS
Les documents joints sont des pièces, à caractère commercial ou administratif, qui doivent
être annexées à la déclaration en douane pour confirmer la véracité des informations y énoncées.
A ce propos, il y a des documents fondamentaux et des documents auxiliaires.
3.1.1- Les documents fondamentaux
Il appartient à l’opérateur économique et à son déclarant de réunir tous les documents
requis pour le dédouanement et de préparer à l’avance tous les éléments de la déclaration en
douane.
Les documents fondamentaux généralement demandés sont :
- la facture originale domiciliée,
- le titre de transport (connaissement ou lettre de transport aérien),
- l’attestation d’identification fiscale (pour la première opération),
- la note de colisage,
- le certificat d’assurance, ou l’attestation de non-assurance.
- le bordereau de suivi des cargaisons (BSC)
- le décompte ou la note de valeur
S’y ajoutent les différentes autorisations requises délivrées par les Ministères techniques
ou organismes officiels concernés par les marchandises à dédouaner. Ce sont les documents
auxiliaires.
3.1.2- Les documents auxiliaires
Les documents auxiliaires sont exigés pour certains types de marchandises. Il s’agit des
documents administratifs que le déclarant doit joindre à la déclaration, surtout pour les
marchandises prohibées. Le tableau suivant présente les principaux produits qui nécessitent la
production d’une autorisation administrative de la part du service compétent.

MARCHANDISES AUTORISATIONS
- Certificat de consommabilité délivré par le Ministère du
Commerce et de la Consommation
Produits alimentaires
- Certificat de non contamination radioactive après
prélèvement d’échantillon par l’INSTN
Autorisation d’importation délivrée par le Ministère de la
Médicaments
Santé publique
Certificat de non contamination radioactive délivré par
Déchets d’aluminium
l’INSTN
Certificat phytosanitaire délivré par le Service
Produits agricoles
phytosanitaire et de l’inspection des végétaux
Autorisation d’importation délivrée par le Service de la
Balances et autres appareils de mesure
Métrologie légale
Appareils téléphoniques (Téléphones, talkie Autorisation d’importation délivrée par l’ARTEC, ex-
walkie, répondeur, etc.) OMERT
Autorisation de retrait délivrée par le Ministère de la
Armes, fusils, cartouches et munitions
Défense nationale
Autorisation de retrait délivrée par le Ministère de
Livres, revues, cassettes, CD
l’Intérieur
Produits laitiers, viandes et conserves, Autorisation d’importation délivrée par le Service
charcuterie, provendes, animaux vivants, vétérinaire
médicaments, vaccins
Huiles de graissage et lubrifiants (plus de 50 Arrêté délivré par l’Office Malgache des Hydrocarbures
litres) (OMH)

Articles de friperie Certificat de fumigation délivré par le Ministère du


Commerce et de la Consommation
Autorisation d’importation des produits agro-
Insecticides pharmaceutiques délivrée par le Ministère de
l’Agriculture et de l’Elevage.
Autorisation d’importation délivrée par les Ministères du
Frigidaires, pneus usagés
Commerce et de l’environnement.
Alcool, boissons alcoolisées, rhum, tabacs, Quittance de paiement du Droit d’accises délivrée par le
briquets Service des Impôts
3.2- LA SAISIE ET LE DEPOT DE LA DECLARATION
La saisie et le dépôt de la déclaration en douane sont des tâches qui incombent
généralement au transitaire. Le DAU est une déclaration électronique, traitée et saisie sur Sydonia+
+.
3.2.1- La saisie de la déclaration
Pour le transitaire, la saisie de la déclaration, c’est l’acte qui consiste à remplir
correctement les différentes cases du DAU à partir du système Sydonia ++. Cette tâche ne présente
pas de difficultés particulières sur le plan purement informatique, car il suffit de suivre des menus
très simples.
En revanche, elle est assez complexe sur le plan juridique, sachant que la responsabilité
juridique du transitaire serait engagée en cas d’erreur ou de fausse déclaration. Le déclarant doit
ainsi maîtriser les énonciations des différentes cases du DAU.
A titre exceptionnel, la saisie des déclarations en liquidation d’office sous le régime IM9
est assurée par un agent des douanes désigné à cet effet.
3.2.2- Le dépôt de la déclaration en douane
La Section Recevabilité assure le contrôle de forme et la réception des déclarations en
douane, qu’elles soient en version papier ou en version numérique. Elle s’assure de la présence de
tous les documents obligatoires ou exigibles.
Dans la procédure manuelle, le déclarant imprime les exemplaires du DAU (Primata, Bon
à enlever, Copie) et les autres documents exigibles, tels que la liste des conteneurs, la note de
valeur, etc.
Puis il dépose le dossier complet à la Section Recevabilité, c’est-à-dire les exemplaires du
DAU et les documents joints, et ce, dans une jaquette prévue à cet effet. Après contrôle sommaire,
les déclarations recevables sont transférées au vérificateur pour contrôle de fond. Le dispatching des
déclarations est géré automatiquement par le système informatique.
3.2.3- La déclaration anticipée
L’article 86-2 CD stipule que la déclaration peut être présentée avant l’arrivée des
marchandises aux magasins et aires de dédouanement. C’est le système dit « pré-déclaration » ou
déclaration anticipée. Mais à condition que les manifestes d’entrée du navire ou de l’aéronef qui les
transporte y soient déjà parvenus.
Cette déclaration anticipée est non seulement possible, elle est conseillée par
l’administration des douanes pour accélérer le dédouanement des marchandises. Malheureusement,
pour des raisons économiques, et surtout culturelles, les opérateurs malgaches sont réticents dans
l’adoption de cette méthode.
3.3- LA VERIFICATION PAR LE VERIFICATEUR
La vérification de la déclaration, des documents joints et des marchandises constitue
l’opération essentielle du processus de dédouanement. La technique du contrôle douanier est
originale, car elle repose sur le système de contrôle matériel des marchandises alors que
l’administration fiscale pratique le contrôle comptable.
Le vérificateur procède ainsi au contrôle documentaire et/ou au contrôle physique des
marchandises, suivant le circuit de contrôle attribué à la déclaration.
3.3.1- Le vérificateur en douane
Le vérificateur, c’est l’agent des douanes qui est chargé de vérifier ou de contrôler la
déclaration, les documents joints et les marchandises. Il a pour tâche de procéder à un contrôle du
fond des dossiers. Vu la complexité d’une telle mission, les vérificateurs dans les grands bureaux
ont généralement le grade d’inspecteur des douanes.
Le vérificateur de chaque déclaration étant désigné par le système Sydonia ++. La
répartition des déclarations se fait de manière automatique, suivant le code vérificateur inscrit sur la
déclaration. Cela permet d’éviter toute velléité de corruption ou de favoritisme dans le traitement
des dossiers.
En cas d’absence exceptionnelle du vérificateur titulaire, le Chef des Opérations
commerciales (COPCO), en tant que chef de la Section Visite, est le seul à pouvoir procéder à la
réaffectation ou au ré-routage de la déclaration vers un autre vérificateur.
3.3.2- Le contrôle documentaire
Lorsque la déclaration est sélectionnée en circuit jaune (ou orange), le vérificateur en
douane se contente d’effectuer un simple contrôle documentaire. Il s’agit de faire un contrôle du
fond de la déclaration et des documents joints.
La vérification des documents demeure indispensable même si la déclaration est en circuit
rouge, car l’image obtenue au scanning doit être comparée aux énonciations de la déclaration.
3.3.3- Le passage au scanner
Le scanning, c'est-à-dire le passage au scanner du ou des conteneurs n’est pas
systématique. Il est seulement exigé lorsque les déclarations sont sélectionnées en circuit rouge. Le
scanner utilisé peut être fixe ou mobile. Après lecture et interprétation minutieuses des images
obtenues, le résultat du scanning peut être conforme (non suspect) ou douteux (suspect).
Si le résultat est « Non suspect », le vérificateur procèdera à la liquidation de la
déclaration. Si résultat est « Suspect », le vérificateur procèdera à un contrôle physique des
marchandises pour vérification de la suspicion.
En cas de constatation d’anomalies, le vérificateur devra redresser la situation par une
modification des énonciations du DAU, afin de récupérer les droits et taxes compromis ou éludés.
3.3.4- Le contrôle physique des marchandises
Le contrôle physique des marchandises est exigé lorsque la déclaration est sélectionnée en
circuit rouge. L’inspecteur compare les marchandises avec les énonciations de la déclaration et des
documents joints. La vérification physique se déroule obligatoirement en présence du déclarant qui
procède ou assiste aux manipulations (ouverture et fermeture des colis, comptage, sondage, pesage).
La visite proprement dite a lieu dans l’enceinte du port ou de l’aéroport (hangars, quais,
magasins sous douane), ou dans les établissements commerciaux ou industriels du destinataire. La
vérification porte sur l’espèce, l’origine, la valeur, la quantité, le poids, etc. Elle se termine par
l’établissement d’un certificat de visite.
L’inspecteur peut procéder à une visite intégrale, c’est-à-dire à un contrôle systématique
de la totalité des marchandises. Mais généralement, il procède à une simple visite par épreuves,
c'est-à-dire par échantillonnage. Selon la difficulté de l’opération, ou les présomptions
d’irrégularité, l’examen peut être long ou bref, précis ou superficiel.
En cas d’anomalies, il redresse la situation. Lorsqu’il juge que tout est conforme, il passe à
la liquidation de la déclaration. Il saisit la reconnaissance du service et le certificat de visite.
3.3.5- La liquidation de la déclaration
A travers la liquidation, le vérificateur confirme au nom du service des douanes que les
énonciations de la déclaration sont conformes aux réglementations douanières en vigueur.
Sur le plan fiscal, l’opération de liquidation des droits et taxes permet de fixer ou d’asseoir
la créance douanière. Donc, le montant des DTI à payer par le contribuable sera parfaitement égal
au montant des DTI liquidés par le vérificateur.
La liquidation, c’est l’aboutissement du travail de vérification La responsabilité du
vérificateur est donc particulièrement engagée, tant sur le plan pénal que disciplinaire, dans cette
phase de la procédure.
3.4- LE PAIEMENT ET L’ENCAISSEMENT DES DROITS ET TAXES
Le paiement des droits et taxes est possible après la liquidation de la déclaration par le
vérificateur. Le montant de la créance douanière étant fixé par cet acte de liquidation, le transitaire
peut donc passer au paiement des droits et taxes. Le paiement des droits et taxes conditionne le droit
d’enlever la marchandise.
3.4.1- Le paiement des droits et taxes
Il existe deux modes de paiement : le paiement au comptant et le paiement à crédit.
Que l’opération soit au comptant ou à crédit, le déclarant procède au paiement des droits et
taxes auprès de la banque primaire de son choix après liquidation des droits et taxes par le
vérificateur. Pour les montants inférieurs à 200 000 Ar, le paiement peut se faire à la caisse du
bureau des douanes concerné.
Le processus complet consiste en :
- un paiement des droits et taxes par le déclarant au niveau de la banque primaire qui
émet en retour une confirmation de paiement au bureau des douanes
- un ordre de virement de la banque primaire à la Banque centrale qui émet à son tour
un avis de crédit au Trésor public pour le compte du bureau des douanes concerné.
3.4.2- Le crédit d’enlèvement
En principe, les marchandises ne peuvent être enlevées qu’après acquittement,
consignation ou garantie des droits et taxes dus. Le crédit d’enlèvement permet de libérer les
marchandises avant paiement des droits et taxes exigibles (Art. 126 CD).
Le bénéficiaire doit payer une remise de 3 pour 1000 du montant des droits et taxes
liquidés. Il doit effectuer le versement de la totalité des droits et taxes dans un délai de 15 jours
après la date d’enregistrement de la déclaration.
3.4.3- L’encaissement et la comptabilisation des recettes
L’encaissement des droits et taxes est assuré par la Section Caisse au niveau du bureau des
douanes. La réception de la confirmation électronique de paiement envoyée par la banque primaire
lui permet de s’assurer de l’acquittement des droits et taxes. Au besoin, des quittances
informatiques peuvent être éditées.
Enfin, la réception de l’avis de crédit de la Banque centrale de Madagascar permet de
comptabiliser les recettes perçues. Normalement, chaque bureau des douanes doit disposer d’une
Section Comptabilité pour assurer la comptabilisation correcte les recettes douanières.
3.5- L’ENLEVEMENT ET LA SORTIE DES MARCHANDISES
L’enlèvement des marchandises, au sens du Code des douanes, consiste à les mettre à la
libre disposition du destinataire par l’intermédiaire du déclarant ou du commissionnaire en douane.
3.5.1- L’enlèvement des marchandises
Après acquittement des droits et taxes, le déclarant peut et doit enlever les marchandises du
magasin sous douane. Le vérificateur délivre ainsi un Bon à enlever grâce auquel le déclarant va
pouvoir disposer de ses marchandises.
La procédure d’enlèvement des marchandises se déroule dans des magasins sous douane
situés dans l’enceinte portuaire, ou dans des magasins et aires de dédouanement, gérés par de
grands transitaires à l’extérieur du port. Par exemple : Au niveau du magasin sous douane de la
société AUXIMAD.
En principe, les droits et taxes sont exigibles au comptant, et leur paiement conditionne
l’enlèvement des marchandises. Pour un importateur bénéficiant d’un crédit d’enlèvement, la
délivrance du Bon à enlever se fait de manière automatique, mais à condition que le montant du
crédit disponible puisse couvrir celui des droits et taxes exigibles.
3.5.2- La sortie des marchandises
Seule l’autorité douanière est habilitée à autoriser la sortie des marchandises de l’enceinte
portuaire. La procédure de sortie se déroule au niveau du portail de sortie de l’enceinte du port,
lorsqu’il s’agit d’un grand bureau comme celui de Toamasina-Port.
L’agent au portail vérifie dans le système Sydonia ++ et Tradenet que toutes les procédures
ont été effectuées avant d’autoriser la sortie des marchandises. Il imprime ainsi l’attestation de
dédouanement (ADD).
L’ADD constitue le document justificatif de dédouanement pour les marchandises
circulant sur le territoire national. Il atteste que toutes les étapes de la procédure de dédouanement
ont été respectées.
3.5.3- La demande d’arbitrage
En cas de contestation portant sur l’espèce, l’origine ou la valeur des marchandises, la
réclamation du déclarant est soumise à une commission administrative dite : « Commission de
Conciliation et d’Expertise Douanière » (CCED), qui donne son avis sur cette réclamation.
La CCED siège à Antananarivo, sa composition est déterminée par un décret présenté par
le Ministre chargé des douanes. La lenteur de la procédure d’arbitrage est souvent dissuasive pour
les usagers.
3.6- LES CONTROLES A POSTERIORI
Il s’agit des différents dispositifs de contrôle mis en oeuvre après la sortie des
marchandises. On parle également de contrôles post dédouanement.
3.6.1- Les contrôles mobiles de surveillance
Les services de brigade peuvent procéder à des contrôles mobiles de surveillance dans les
ports, les aéroports ou sur les routes nationales. L’Unité mobile de surveillance (UMS) contrôle les
marchandises au niveau des bureaux des douanes, tandis que la Brigade mobile de surveillance
(BMS) peut intervenir sur les routes nationales.
L’existence des agents de brigade, portant souvent un uniforme, donne à la Douane son
caractère d’administration paramilitaire.
3.6.2- Le contrôle a posteriori par l’administration centrale
L’Administration des Douanes peut, après délivrance de l’autorisation de mainlevée de la
marchandise, procéder à la révision des déclarations, au contrôle des documents commerciaux
relatifs aux marchandises dont il s’agit ou à la vérification desdites marchandises lorsqu’elles
peuvent être encore présentées. (Art.53, CD)
Le contrôle a posteriori des déclarations relève du Service de la Lutte contre la Fraude
Douanière (SLFD), au niveau de l’Administration centrale. Le SLFD assure ainsi la détection et la
constatation des fraudes post- dédouanement.
Lorsque la déclaration révisée contient des éléments inexacts ou incomplets, la Douane
prend les mesures nécessaires pour rétablir la situation compte tenu des nouveaux éléments dont
elle dispose.
3.7- LA MISE EN DEPOT ET LA VENTE AUX ENCHERES
Les marchandises non enlevées par leurs propriétaires sont constituées en dépôt, et après
un certain délai, mises à la vente aux enchères publiques.
3.7.1- La procédure de mise en dépôt
Les marchandises sont les gages des droits, donc elles ne peuvent être enlevées qu’après
paiement intégral des droits et taxes y afférents.
En principe, la déclaration d’importation doit être déposée dans un délai maximum de 15
jours francs après l’arrivée des marchandises au bureau (dimanches et jours fériés non compris). La
procédure de mise en dépôt sera déclenchée en cas de non-respect de ce délai par l’importateur.
Seront donc mises en dépôt :
- les marchandises non déclarées par leurs propriétaires 15 jours après le dépôt du
manifeste, ou
- les marchandises non enlevées par leurs propriétaires 15 jours après la liquidation de la
déclaration.
En général, la mise en dépôt se fait sur place, c'est-à-dire dans les magasins sous douane,
ou à défaut, dans les locaux de la Chambre de Commerce et d’Industrie.
3.7.2- La vente aux enchères publiques
Si les marchandises ne sont pas encore enlevées dans un délai de deux mois après leur date
de mise en dépôt, elles seront vendues aux enchères publiques au profit du Trésor public.
La liste définitive des marchandises à mettre en vente est établie après recensement des
marchandises se trouvant encore en magasin, confronté aux informations fournies par le système
Sydonia ++.
La Douane joue le rôle d’officier à la vente. Elle peut déléguer cette tâche à un huissier,
commissaire priseur, mais tout doit se faire sous le contrôle de l’administration, depuis la mise à
prix jusqu’à l’autorisation d’enlèvement des marchandises.
La vente est effectuée « au plus offrant et dernier enchérisseur ». Une fois vendues, les
marchandises deviennent propriété de l’adjudicataire et le véritable importateur n’a plus aucun droit
sur elles. Si les marchandises adjugées et vendues ne sont pas enlevées dans un délai raisonnable,
elles seront de nouveau remises en vente.
3.7.3- Le produit de la vente aux enchères
Le produit de la vente est affecté par ordre de priorité et à due concurrence au règlement
des frais et autres dépenses accessoires de toute nature engagés pour la constitution, le séjour en
dépôt ainsi que pour la vente des marchandises, au recouvrement des droits et taxes, dont sont
passibles les marchandises en raison de la destination qui leur est donnée.
SECTION 4: LA PROCEDURE A L’EXPORTATION
Actuellement, les marchandises exportées ne sont plus passibles de droits et taxes de sortie.
Cette inexistence des droits et taxes et, d’une manière générale, le souci de promouvoir les ventes
à l’étranger entraînent une certaine simplification des formalités à l’exportation.
Mais encore faut-il que l’exportateur dispose des autorisations administratives exigibles.
4.1- LA PREPARATION DES DOCUMENTS JOINTS
A l’exportation, la préparation des documents joints est primordiale. D’ailleurs, la plupart
des marchandises à l’exportation font l’objet d’une autorisation administrative émanant d’un
ministère technique ou d’un organisme compétent.
A titre d’illustration, prenons quelques exemples d’autorisations exigibles pour certains
produits d’exportation :
- Bois précieux et ouvrages en bois : Autorisation du Ministère chargé des Forêts.
- Métaux précieux et bijoux : Autorisation du Ministère chargé des Mines.
- Espèces de la faune et de la flore menacées d’extinction: Permis CITES du Ministère
de l’Environnement et des Forêts.
- Denrées animales et animaux vivants: Certificat sanitaire du Ministère chargé de
l’Elevage et /ou de la Pêche.
4.2- LA PREPARATION DES MARCHANDISES
Dans cette phase de préparation, les marchandises doivent être collectées, conditionnées,
empotées, puis acheminées vers un bureau des douanes.
4.2.1- Le conditionnement des marchandises
Le conditionnement varie évidemment en fonction des caractéristiques physiques ou
techniques des produits à exporter. La nature des colis doit ainsi figurer dans la case N°31 du DAU.
Le mode de conditionnement des produits peut prendre plusieurs formes, et la nature des
colis peut se présenter sous forme de balle, caisse, carton, fût, palette, bobine, bidon, bouteille,
boîte, cageot, baril, big bag, citerne, etc. ou tout simplement en vrac.
Les marchandises peuvent être conteneurisées ou conventionnelles (non conteneurisées).
4.2.2- L’empotage des marchandises
L’empotage, c’est l’opération qui consiste à intégrer les marchandises à exporter dans un
conteneur. Il s’agit donc de la mise en conteneur des marchandises, avec un dénombrement ou
éventuellement un pesage des colis.
Cette opération se fait en présence ou non d’un agent des douanes suivant les
circonstances. Si l’empotage n’est pas assisté par un agent des douanes, un passage au scanner des
marchandises est généralement exigé.
Les exportations continues et régulières de certaines marchandises peuvent être examinées
dans l’enceinte de l’entreprise productrice ou expéditrice, ou dans un bureau des douanes intérieur.
Par exemple, aux bureaux d’Antananarivo et d’Antsirabe pour les entreprises franches.
4.2.3- L’acheminement des marchandises
Toutes les marchandises destinées à être exportées doivent être conduites dans un bureau
des douanes.
En principe, le service des douanes n’intervient pas au cours des transports des
marchandises vers la frontière. En effet, les marchandises destinées à l’exportation, produites et
collectées sur le marché intérieur (café, girofle, vanille, etc.) sont libres de toute sujétion douanière
jusqu’au bureau frontalier.
4.3- LA VERIFICATION EN DOUANE
Comme dans la procédure d’importation, la vérification en douane constitue une étape
essentielle de la procédure d’exportation. Aucune autorisation de sortie ne saurait être accordée
qu’après vérification de la déclaration et des marchandises.
4.3.1- L’autorisation d’embarquement des marchandises
Après vérification minutieuse de la déclaration et des marchandises, le vérificateur liquide
la déclaration et autorise l’embarquement des colis. Il précise ainsi la quantité, le nombre de colis et
les caractéristiques des marchandises autorisées à l’embarquement.
4.3.2- L’embarquement des marchandises
Les marchandises doivent être immédiatement embarquées après la délivrance du Bon à
exporter. Le contrôle de la sortie effective des marchandises est assuré par le service des brigades,
qui dressera un procès-verbal d’embarquement avec la mention : « Vu embarquer tel nombre de
colis de tels types de marchandises ».
Dans certains cas, pour des raisons logistiques, les marchandises autorisées à sortir ne
peuvent pas être embarquées dans un seul navire ou un seul aéronef. En tout cas, la quantité
embarquée ne devrait pas dépasser celle qui a été autorisée à sortir.
SECTION 5: LE REGIME DES VOYAGEURS
Tous les voyageurs, quelle que soit leur nationalité, qu’ils soient ou non porteurs de
bagages, tant à l’entrée qu’à la sortie du territoire, doivent emprunter un itinéraire sur lequel est
installé un service des douanes. Ce principe demeure valable même si les voyageurs sont
propriétaires de leurs moyens de transport (par exemple, le cas des aéronefs assurant des vols privés
internationaux).
Le régime des voyageurs a donc une importance particulière dans la procédure douanière.
5.1- LES VOYAGEURS AU DEPART
Madagascar étant une île, les voyageurs internationaux se déplaçant par voie terrestre
(routière ou ferroviaire) n’existent pas. Seuls les moyens de transport maritimes et aériens relient
Madagascar avec l’extérieur. Le service Escale assure donc le bon déroulement du régime des
voyageurs dans les aéroports et ports internationaux, que ce soit au départ ou à l’arrivée des
passagers.
5.1.1- Le service Escale
En principe, les bureaux des douanes sont ouverts pendant les heures légales d’ouverture
des administrations publiques. D’autres, au contraire, sont ouverts en permanence. C’est le cas des
services Escale dans les grands aéroports internationaux, qui doivent travailler au rythme des
départs et arrivées des voyageurs.
Le service Escale assure le traitement des passagers et de leurs bagages accompagnés. A
l’arrivée, les missions des agents des douanes du service Escale sont la perception des droits et
taxes, la vérification des devises entrantes, l’enregistrement des armes et munitions, etc. Tandis
qu’à la sortie, ils assurent la vérification des bagages, le contrôle des documents et autorisations, le
contrôle des devises à la sortie.
Du point de vue douanier, les devises et les titres de paiement sont considérés comme des
marchandises. Leur contrôle relève donc de la compétence de la Douane.
5.1.2- Les droits des voyageurs par passeport
Les passagers au départ ont le droit d’exporter à titre de bagages accompagnés :
- Ar 400 000 de billets en monnaie locale.
- 250 g de bijoux poinçonnés pour les résidents.
- 1 kg de bijoux poinçonnés pour les non-résidents.
- 2 kg de vanille préparée (en gousses, tressée).
- 5 kg de graines sèches (haricots, pois du Cap, lentilles)
- 1 kg d’oignons, de poivre, de café.
- 5 kg de viandes (congelées, réfrigérées ou séchées).
- 10 kg de poissons et fruits de mer (congelés, réfrigérés ou séchés), à concurrence de 2
kg par espèce.
5.2- LES VOYAGEURS A L’ARRIVEE
A l’arrivée des voyageurs, l’intervention des agents des douanes ne devrait pas entraver le
développement du tourisme à Madagascar. Elle doit donner une bonne image du service des
douanes, mais aussi et surtout de la nation malgache. C’est un objectif difficile à atteindre dans la
pratique.
5.2.1- Le contrôle des bagages accompagnés
Après la livraison des bagages, les passagers passent obligatoirement par la zone de
contrôle douanier. Des bancs de fouille sont déjà prévus à cet effet, par exemple à l’aéroport
international d’Ivato.
Pour les passagers au départ, tous les bagages doivent être contrôlés pour des raisons de
sûreté. Tandis qu’à l’arrivée, les voyageurs non porteurs de marchandises commerciales et
seulement munis de leurs objets personnels peuvent être admis sans contrôle.
Le contrôle des bagages se fait généralement « par épreuves » pour ne pas retarder
excessivement la sortie des passagers. La visite systématique n’a lieu que si la Douane possède des
renseignements qui la rend indispensable, ou si des présomptions de fraude pèsent sur un voyageur
quelconque.
Le douanier pose généralement la question d’usage : « Avez-vous quelque chose à
déclarer ? ». Lorsqu’un passager y répond par l’affirmative, ou lorsque le douanier constate
l’existence de marchandises à caractère commercial, le service des douanes procède, s’il y a lieu, à
la taxation.
5.2.2- L’acquittement des droits et taxes
La taxation des objets présentés par les voyageurs obéit à des règles particulières de
facilitation. Il est nécessaire, pour ne pas entraver le tourisme, d’instituer des tolérances par rapport
à certains objets usuels qui accompagnent les voyageurs (caméras, téléphones, ordinateurs
portables, appareils photographiques, etc.). En fait, les recettes douanières au niveau du service
Escale ne sont que des recettes « accidentelles » sur lesquelles on ne peut pas compter pour
alimenter la caisse de l’Etat.
Plus concrètement, la Douane taxe les marchandises sous le régime d’IM9. A près
acquittement des droits et taxes, le propriétaire peut rentrer immédiatement avec ses bagages. S’il
n’est pas encore en mesure d’effectuer le paiement, les bagages seront d’abord gardés par la Douane
dans un magasin sous douane, en attendant son retour ultérieur pour paiement complet des droits et
taxes. C’est le système du dépôt des voyageurs.
5.2.3- Le contrôle physique des personnes
Les agents des douanes ont le pouvoir de procéder à la visite corporelle des personnes. La
« visite à corps » est l’une des prérogatives les plus exorbitantes de l’administration douanière. Bien
que très peu utilisée dans la pratique et uniquement en cas de soupçons précis de fraude, elle ne
manque pas de soulever des critiques et des protestations. Toutefois, le refus de subir une visite
physique s’assimile à une opposition à fonction, un délit sévèrement puni par le droit douanier.
La visite physique des personnes s’effectue souvent dans une salle aménagée dans le
bureau, appelée « salle de visite ». C’est un local qui offre toute garantie de discrétion. La visite
corporelle des personnes de sexe féminin est assurée par des assistantes (ou des dames visiteuses),
ou par des agents des douanes de sexe féminin.
5.2.4- L’application des régimes économiques
Dans le but de favoriser le tourisme, les formalités d’importation temporaire sont
considérablement facilitées pour les étrangers venant séjourner à Madagascar de manière
temporaire. Il suffit de remplir un imprimé établi à cet effet au niveau du bureau d’embarquement.
Et inversement, des facilités analogues sont aussi accordées pour l’exportation temporaire
des objets appartenant aux résidents malgaches voulant sortir à l’étranger. Même dans le cadre du
régime des voyageurs, les considérations économiques et commerciales ne sont pas à négliger.
SECTION 6 : LE CONTENTIEUX DOUANIER
Par infractions douanières, on entend les infractions aux prescriptions du Code des
douanes et à celles des lois et règlements douaniers (Art.266 CD).
6.1- CLASSIFICATION DES INFRACTIONS DOUANIERES
Il existe quatre classes de contraventions douanières et trois classes de délits douaniers
(Art.354 CD).
6.1.1- Les contraventions et leurs peines principales
Les infractions les plus fréquentes aux lois et aux règlements de douane sont les
contraventions. Elles sont divisées en quatre classes :
1ère classe : amende de 500 000 à 2 500 000 Ariary
2ème classe : amende comprise entre 25% et 50% de la valeur des marchandises.
3ème classe : confiscation des marchandises litigieuses et une amende comprise entre la
moitié et une fois la valeur desdites marchandises.
4ème classe : confiscation des marchandises litigieuses et une amende comprise entre une et
deux fois la valeur de ces marchandises.
6.1.2- Les délits et leurs peines principales
Les délits, c’est-à-dire les infractions passibles d’une peine d’emprisonnement, sont divisés
en trois classes :
1ère classe : confiscation de l’objet de fraude, et des moyens de transport, confiscation des
objets servant à masquer la fraude, une amende comprise entre une et deux fois la valeur de l’objet
de fraude et un emprisonnement de un an à trois ans.
2ème classe : sanctions fiscales prévues par le délit de 1ère classe, avec emprisonnement de
deux ans à trois ans.
3ème classe : confiscation de l’objet de fraude, et des moyens de transport, confiscation des
objets servant à masquer la fraude, une amende comprise entre le double et le triple de la valeur des
objets confisqués et un emprisonnement de deux ans au moins et de cinq ans au plus.
6.2- LES PRINCIPALES INFRACTIONS DOUANIERES
Les principales infractions constatées en matière de douane sont la contrebande, la fausse
déclaration (espèce, origine, valeur), l’exportation et l’importation sans déclaration, l’opposition à
fonction.
6.2.1- La contrebande et les infractions assimilées
Définition :
La contrebande s’entend des importations ou exportations en dehors des bureaux ainsi que
de toute violation des dispositions légales ou réglementaires relatives à la détention et au transport
des marchandises à l’intérieur du territoire douanier (Art.363, al.1 CD).
Des actes de contrebande sur les frontières maritimes
- le débarquement frauduleux sur les côtes, c’est-à-dire versement de marchandises en
dehors des ports
- l’embarquement frauduleux de marchandises sur les côtes ou dans l’enceinte du port hors
la présence d’un douanier
- le transbordement frauduleux de marchandises destinées à l’exportation, en pleine mer ou
dans le port.
Des actes de contrebande par voie aérienne:
- le déchargement ou le jet d’un aéronef en cours de route hors le cas de force majeure de
marchandises provenant de l’étranger.
- le chargement frauduleux de marchandises en dehors des aéroports douaniers d’un
aéronef en partance directe pour l’étranger.
- l’atterrissage, hors le cas de force majeure, en dehors des aéroports douaniers d’un
aéronef effectuant un parcours international.
Les sanctions applicables:
Si marchandises ni prohibées, ni fortement taxées (contravention de 3ème classe)
Si marchandises prohibées ou fortement taxées :
- contrebande simple (délit de 1ère classe)
- contrebande effectuée par une réunion de 3 à 6 individus (délit de 2ème classe)
- contrebande commise par plus de 6 individus, ou par 3 individus et plus à cheval ou
à VTT, ou quel que soit le nombre de fraudeurs utilisant un véhicule, un navire, un
bateau de rivière ou un aéronef (délit de 3ème classe)
6.2.2- Importation et exportation sans déclaration et infractions assimilées
Définition :
Constituent des importations ou exportations sans déclaration :
- les importations ou exportations par les bureaux de douanes, sans déclaration en
détail ou sous le couvert d’une déclaration en détail non applicable aux marchandises
présentées ;
- les soustractions ou substitutions de marchandises sous douane (Art.366, al.1 et 2
CD)
D’autres infractions sont également réputées ISD et ESD (Art 367 à 371 CD)
Les sanctions applicables:
Si marchandises ni prohibées, ni fortement taxées (contravention de 3ème classe)
Si marchandises prohibées ou fortement taxées (délit de 1ère classe)
6.2.3- Fausse déclaration en détail
Définition:
Toutes déclarations en détail inexactes dans leurs énonciations quoique demeurant
applicables aux marchandises auxquelles elles se rapportent. Les faits constitutifs peuvent être les
suivants :
- la fausse déclaration d’espèce, de valeur et d’origine
- la déclaration inexacte quant à la quantité (poids, nombre, mesure), ou quant au nombre
de colis (excédent, déficit, fardage)
- la déclaration inexacte quant à la détermination du destinataire réel ou de l’expéditeur
réel, etc.
Les sanctions applicables:
Les sanctions applicables sont :
- Si elle est sans influence sur la prohibition ou taxation (contravention de 1ère classe)
- Si elle élude une prohibition (délit de 3ème classe)
- Si la fausse déclaration élude ou compromet le recouvrement d’un droit ou taxe
quelconque (contravention de 3ème classe)
- Si la fausse déclaration a été commise à l’aide de faux documents (délit de 1ère classe)
- Si elle avait eu pour but ou pour effet d’obtenir, en tout ou partie, un remboursement, une
exonération, un droit réduit, ou un avantage quelconque attaché à l’importation ou à l’exportation
(délit de 3ème classe).
6.2.4- Les oppositions à fonction 
Définition:
En vertu de l’art 35, al. 1 CD : « Les agents des douanes sont sous la sauvegarde de la loi.
Il est défendu à toutes personnes :
- de les injurier, de les maltraiter ou les troubler dans l’exercice de leurs fonctions :
- de s’opposer à cet exercice »
Les faits constitutifs:
Les faits constitutifs peuvent être une injure, un mauvais traitement, une voie de fait, un
trouble, ou une perturbation dans l’exercice normal du service des douanes.
Voici quelques faits d’opposition à fonction :
- sommer un agent de quitter un navire où il procède à des investigations,
- refuser à des agents le droit de monter à bord d’un navire,
- continuer une opération irrégulière de transbordement malgré un ordre contraire d’un
agent de douanes
- refuser de subir au bureau la visite à corps ou de se rendre à la salle de visite
La sanction :
La violation des dispositions précédentes peut constituer un acte d’opposition à fonction
(délit de 2e classe)
6.2.5- Les autres infractions 
Les infractions relevées dans les manifestes
Des infractions peuvent être relevées dans les manifestes, les déclarations sommaires et
provisoires, telles que l’absence de manifeste, le déficit dans le nombre de colis manifestés, le
fardage des colis déclarés sommairement ou manifestés, le défaut de remise de manifeste à la sortie
des navires, etc.
Le détournement de marchandises de leur destination privilégiée
Par exemple : la vente d’objets et de marchandises importés ou exportés en franchise, la
vente de marchandises bénéficiant d’un tarif privilégié en raison de leur destination, etc.
Les infractions sur les relations financières avec l’étranger
Ce sont des infractions mixtes de douane et de change. L’infraction de change est ici
doublée d’une infraction de douane (contrebande, importation ou exportation sans déclaration d’or,
de devise ou de tout moyen de paiement)
Par exemple: Le non rapatriement d’avoir ou de créances à l’étranger, le non respect des
obligations de déclaration d’avoir à l’étranger, etc.
6.3- LA CONSTATATION DES INFRACTIONS DOUANIERES
La Douane est chargée de recouvrer la créance douanière dans l’intérêt de l’Etat. Elle
dispose ainsi de deux moyens pour constater les infractions et engager les poursuites : la saisie et
l’enquête.
6.3.1- La saisie des marchandises
La procédure de saisie s’appuie sur le droit de recherche dont disposent les agents des
douanes.
La saisie des marchandises frauduleuses procure la preuve matérielle et directe de
l’infraction. Elle a pour objet de mettre à la disposition de la douane les biens passibles de
confiscation, à titre de garantie des droits et taxes compromis ou éludés.
Les marchandises frauduleuses saisies sont mises en dépôt au bureau des douanes, ou
restituées aux contrevenants en échange de garantie (caution, consignation). Lorsqu’une infraction
est découverte, il est fait obligation aux agents des douanes de rédiger un procès-verbal de saisie
(PVS).
6.3.2- L’enquête
C’est la deuxième procédure de la constatation des infractions. Elle s’effectue par des
interrogatoires et par la consultation des documents relatifs aux marchandises frauduleuse. Ces
investigations donnent lieu à la rédaction d’un procès-verbal de constat (PVC), qui constitue le
mode de preuve essentiel mis à la disposition de l’Administration.
Selon qu’il a été rédigé par un ou deux agents assermentés au moins, le PVC fait foi,
jusqu’à preuve contraire ou jusqu’à inscription de faux des constatations matérielles qu’il relate.
6.4- LE REGLEMENT DES LITIGES
Le règlement des litiges se fait par voie transactionnelle ou par voie judiciaire.
6.4.1- La transaction
L’Administration des douanes est autorisée à transiger avec les personnes poursuivies pour
infraction douanière (Art. 295-.1 CD).
Le droit de transaction
Le droit de transaction implique, pour l’Administration, la possibilité de « passer outre »
aux infractions bénignes, ne compromettant pas la perception des droits et taxes, et commises par
des personnes qui ont simplement transgressé le formalisme douanier et dont la bonne foi n’est pas
douteuse.
La transaction peut intervenir avant ou après jugement définitif (Art.295-2 CD). Avant
jugement, elle éteint l’action publique. Après jugement, elle laisse subsister les peines corporelles.
La notion de transaction
La douane se caractérise par l’abondance des textes juridiques qui la régissent. Or, une
application stricte des règlements en toutes circonstances aboutirait à paralyser le trafic commercial.
Des désordres économiques se produiraient si les dirigeants de l’administration ne disposaient pas
de larges pouvoirs d’appréciation, ou s’ils ne pouvaient accorder aucune tolérance administrative.
En contrepartie de la sévérité exceptionnelle du régime répressif, l’Administration des
douanes est autorisée à abandonner son droit de poursuite et de répression, et à clore certains litiges
par voie transactionnelle. Plus de 90% des dossiers de contentieux douanier sont ainsi réglés par
transaction au lieu d’être portés devant les tribunaux.
La soumission-transaction
La transaction est un contrat passé entre le prévenu et l’Administration. A l’égard des
parties, elle a l’autorité de la chose jugée. La douane peut ne pas dresser un procès-verbal et établit
alors une soumission-transaction.
Signé par le prévenu et sa caution, cet acte transactionnel vaut titre, justifiant la perception,
la réclamation et le recouvrement des créances douanières (Art.285 CD).
6.4.2- Le règlement judiciaire
La procédure des affaires de douane est plus simple, plus rapide et moins coûteuse que
celle des procès ordinaires. D’ailleurs, l’Administration n’est pas obligée de recourir aux tribunaux
pour régler certains litiges.
Elle dispose en effet d’un privilège particulier lui permettant d’exercer des poursuites par
voie de contrainte en cas de non-paiement d’une somme qui lui est due, ou d’inexécution des
engagements contenus dans les acquit-à-caution et soumissions.
La compétence d’attribution (Art.302 CD)
Le tribunal correctionnel est compétent à juger les contraventions douanières, les délits de
douane, les infractions au contrôle de change, les infractions mixtes de douane et de change et
toutes les questions douanières soulevées par voie d’exception.
Le tribunal civil est compétent en ce qui concerne les contestations relatives au refus de
payer les droits et taxes, au recouvrement des droits et taxes, à la contrainte aux oppositions à
contrainte, à la non décharge des acquits-à-caution et aux autres affaires de douane ne relevant pas
de la compétence des juridictions répressives.
Le tribunal administratif est compétent à juger les actes et décisions administratifs.
La compétence territoriale (Art.303 CD).
Le tribunal territorialement compétent sera celui dans le ressort duquel est situé le bureau
des douanes le plus proche du lieu de la commission de l’infraction.
En cas de pluralité d’infractions, résultant d’un fait délictueux, commises dans plusieurs
endroits d’une part, et en cas de constatation effectuée par les agents des Services Centraux, d’autre
part, le tribunal compétent est celui dans le ressort duquel est situé le bureau des douanes le plus
proche du lieu de la rédaction du procès-verbal de saisie.
En matière civile, le tribunal compétent est celui dans le ressort duquel est situé le bureau
du Service ou de la Recette, demandeur ou défendeur à l’action.

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M. Toussaint RABENALA

 Inspecteur d’Etat à l’Inspection Générale de l’Etat, Antananarivo.


 Inspecteur Principal des Douanes
 Diplômé de l’Ecole des Douanes et Accises (Bruxelles, Belgique)
 Technicien Supérieur en Comptabilité et Gestion (Bordeaux, France)
 Maître en Droit privé, Option Droit des Affaires (Fac. DEGS, Antananarivo)
 Docteur en Sociologie des Organisations (Fac. DEGS, Antananarivo)

- Contacts: 032 04 693 98 / 033 05 450 31 / 034 20 491 29


- E-mail : rabenalat@yahoo.fr