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COMPOSITION MATHÉMATIQUES
CONCOURS GÉNÉRAL

CORRECTION, Session 2021

freemaths.fr Concours Général, Mathématiques • 2021


Concours Général freemaths.fr Mathématiques

Concours Général Maths 2021 : Correction

Auteur du document : Gilbert JULIA, professeur agrégé honoraire


Ancien préparateur au concours du CAPES de Mathématiques

Problème 1 : Le début justifie la fin

1. Soit u  x  une suite appartenant à S, n un nombre entier naturel quelconque et u n x  le terme de rang n de

la suite u  x  . La fonction exponentielle étant une fonction strictement positive sur R, le terme de rang n  1

expu n  x 
de la suite u  x  , u n 1 x   , est strictement positif en tant que quotient de deux nombres
n 1
strictement positifs : quel que soit le signe de u n x  , son suivant est strictement positif.

C’est ainsi que, quel que soit le signe de son premier terme u 0 x  , le terme u1  x  puis tous les autres termes

de la suite u  x  sont strictement positifs. Toute suite de S est strictement positive à partir du rang 1.

2. Soit u n n 0 une suite de S. Supposons qu’il existe un entier N  2 tel que u N  1 .

Commençons par démontrer par récurrence que, à partir de l’indice N, tous les termes de la suite u n n 0

sont inférieurs ou égaux à 1. Pour démontrer par récurrence cette propriété, supposée être initialisée au rang
N, il reste à en vérifier l’hérédité.

Soit un certain entier n  N pour lequel l’inégalité u n  1 est vérifiée.

e un e
Alors, au rang suivant, en vertu de la croissance de la fonction exponentielle : u n 1   puis
n 1 n 1
e e
u n 1    1 car n  1  N  1  3 . L’hypothèse d’hérédité est vérifiée, on peut conclure : si l’inégalité
n 1 3
u n  1 est vérifiée pour un entier au moins égal à 2, elle l’est aussi pour tous les suivants.

Etant acquis que à partir de l’indice N, tous les termes de la suite u n n 0 sont inférieurs ou égaux à 1, pour

e u n 1 e
tout entier n  N  1 : u n   . La suite positive u n n 0 est majorée, à partir de son terme de rang
n n
N  1 , par une suite qui converge vers zéro : elle converge elle-même vers zéro.

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3. En contraposant la propriété que nous venons de démontrer, si la suite positive u n n 0 ne converge pas

vers zéro, alors pour tout entier n  2 : u n  1 . Un tel entier n étant donné, il en est notamment ainsi du

terme de rang n  1 , ce qui permet d’écrire : e un  n  1 u n 1  n  1 et en conséquence : u n  ln n  1 . La

suite u n n 0 est minorée par une suite qui diverge vers plus l’infini : elle diverge elle-même vers plus

l’infini.

4. Soit ici u n n 0 la suite de S de terme initial zéro. Etudions-en les premiers termes :

 e
 exp  
2
exp
e 3 
exp   
e  2 ;  
u 0 0  0 ; u1 0  e 0  1 ; u 2 0   ; u 3 0   u 4 0 
2 3 4

Le recours à une calculatrice montre que


u 4 0   0,92  1
Le terme de rang N  4 de cette suite
vérifie le critère de convergence de la
question 2 :
La suite u n 0 converge vers 0, elle
appartient à E0

5.a. Pour montrer que, pour chaque entier naturel n, l’application x  u n  x  est croissante, il s’agit de

montrer que, pour chaque indice n, l’inégalité x  y implique l’inégalité u n  x   u n  y  .

Cette implication est vraie lorsque n  0 puisque dans ce cas, la fonction x  u 0  x  est la fonction
identique, qui est une fonction strictement croissante.

Supposons que, pour un certain indice n, l’application x  u n  x  soit strictement croissante. C’est-à-dire,

supposons que, pour cet indice, l’inégalité x  y implique l’inégalité u n  x   u n  y  .

Alors, elle implique l’inégalité e un  x   e u n  y  par stricte croissance de l’exponentielle, et donc elle implique

e un  x  e un  y 
l’inégalité  , autrement dit l’inégalité : u n 1  x   u n 1  y  .
n 1 n 1

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 La fonction x  u 0  x  est strictement croissante.

 La croissante stricte de la fonction x  u n  x  implique la croissante stricte de la fonction d’indice

suivant x  u n 1  x  .

Par récurrence, nous avons démontré que pour tout entier naturel n, la fonction x  u n  x  est une fonction
strictement croissante.

5.b. Supposons que x appartienne à E0 et soit z un nombre réel tel que z  x quelconque.

D’après la question 5.a, pour tout entier naturel n : u n z   u n x  . La suite u n  z n 0 est une suite positive

majorée par une suite qui converge vers zéro : elle converge elle-même vers zéro. Autrement dit, si x
appartient à E0, il en est de même de tout réel z de l’intervalle  , x  : cet intervalle est inclus dans E0.

6. a. Notons f la fonction définie sur


2,   par : f x   expx   x x  1 .
Une étude sommaire de cette fonction
montre que sa dérivée seconde est
positive sur 2,   ; sa dérivée
première y est croissante à partir
d’une valeur positive, elle y est donc
positive.

La dérivée de f étant positive, cette


fonction f est croissante sur 2,  
à partir d’une valeur strictement
positive. Il s’agit par conséquent
d’une fonction strictement positive
sur 2,   .

Le résultat de cette question 6.a permet de justifier que l’inégalité e x  x  x  1 est vérifiée pour tout réel x

appartenant à 2,   .

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6.b. Nous allons démontrer par récurrence que, s’il existe un entier N tel que u N  N  1 , alors pour tout

entier n  N : u n  n  1 . Pour démontrer cette propriété, supposée être initialisée au rang N  1 , il reste à
en vérifier l’hérédité.

Supposons que pour un certain entier n  N  1 l’inégalité u n  n  1 soit vérifiée.

e un u  u  1  n  1   n  1  1
Alors, au rang suivant : un 1   n n (ceci en vertu du 6.a) puis un 1  (en
n 1 n 1 n 1
vertu de notre supposition) c’est-à-dire : u n 1  n  2 . L’hypothèse d’hérédité est vérifiée. On peut conclure :

si l’inégalité u n  n  1 est vérifiée pour un rang, elle est vérifiée pour tous les suivants.

Etant acquis que pour tout entier n  N : u n  n  1 , la suite u n n0 est minorée par une suite qui diverge

vers   : elle diverge elle-même vers   .

6.c. Supposons que u n n 0 soit la suite de S de terme initial 1. Etudions-en les premiers termes :

u 0 1  1 ; u1 1  e  2 . Le terme de rang 1 de cette suite vérifie le critère de divergence de la question 6.b.

Cette suite diverge vers   . Elle appartient à E  .

7. Soit x un réel appartenant à E  . D’après la stricte croissance des fonctions x  u n  x  , pour tout réel y tel

que y  x : u n  y   u n  x  quel que soit l’indice n.

Pour tout y  x , la suite u n  y n 0 est minorée par une suite qui diverge vers   : elle diverge elle-même

vers   . Tout réel y de l’intervalle x,   appartient à E  . L’intervalle x,   est inclus dans E  .

8.a. Il résulte de la définition de ces suites que la suite a n n 0 est une suite de termes appartenant à E0 tandis

que la suite bn n 0 est une suite de termes appartenant à E  . De ce fait, pour tout entier n : a n  bn (une

inégalité contraire ne peut avoir lieu : si un réel appartient à E0, comme c’est le cas de an, tout réel qui lui est
inférieur ou égal appartient aussi à E0).
Nous allons démontrer que ces suites sont adjacentes.

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 La suite a n n 0 est une suite croissante puisque pour tout entier n, ou bien a n 1  a n  0 ou bien

a n  bn b  an
a n 1  a n   an  n 0.
2 2
 La suite bn n 0 est une suite décroissante puisque pour tout entier n, ou bien bn 1  bn  0 ou bien

a n  bn a  bn
bn 1  bn   bn  n  0.
2 2
an  bn bn  an a  bn b  an
 Enfin : bn 1  an 1  bn   ou bien bn 1  an 1  n  an  n . Autrement
2 2 2 2
bn  an
dit : bn 1  an 1  quelles que soient les circonstances. On en déduit que pour tout entier n :
2
b0  a0 1
bn  an   n , ce qui établit que la suite a n  bn n0 converge vers zéro.
2n 2

Les suites a n n 0 et bn n 0 sont des suites adjacentes, elles convergent vers une limite commune .

8.b. Soit x un élément quelconque de l’intervalle ouvert  ,   , c’est-à-dire tel que x   . Puisque la suite

a n n0 converge vers  en croissant, il existe un rang n1 tel que x  an1   . Le nombre an1 appartient à

E0. En vertu de la question 5.b, x appartient aussi à E0 . Tout élément de  ,   appartient à E0.

Ainsi, l’intervalle ouvert  ,   est inclus dans E0.

Soit maintenant x un élément quelconque de l’intervalle ouvert  ,   , c’est-à-dire tel que x   . Puisque

la suite bn n 0 converge vers  en décroissant, il existe un rang n2 tel que   bn 2  x . Le nombre

bn 2 appartient à l’ensemble E  . En vertu de la question 6.b, x appartient aussi à E  . Tout élément de


 ,   appartient à E  . Ainsi, l’intervalle ouvert  ,   est inclus dans E  .

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9. Ces nombres ck sont fabriqués de telle sorte que, pour tout entier k  2 , le terme de rang k de la suite
u n c k n0 prenne exactement la valeur 1 (vérification laissée au lecteur). De ce fait, le critère de

convergence de la question 2 à propos de la suite u n c k n 0 se trouve vérifié par ce terme de rang k.

Chacune de ces suites est une suite convergente. Pour tout entier k  2 , le nombre ck appartient à E0.

10. Etudions le sens de variation de la suite c k k  2 . Soit k un entier tel que k  2 quelconque et proposons-

nous de comparer ck avec c k 1 .

u k c k   1
D’après la remarque faite dans la question précédente :  . Or, nous avons montré que, pour de
u k 1 c k 1   1
telles suites, lorsqu’un terme était inférieur ou égal à 1, il en était de même de tous ses suivants. Par
conséquent : u k 1 c k   1 ce qui nous conduit à l’inégalité : u k 1 c k   u k 1 c k 1  .

Mais la fonction x  u k 1 x  est une fonction strictement croissante (voir question 5.a). Si

u k 1 c k   u k 1 c k 1  , c’est que c k  c k 1 et ceci quel que soit k  2 . La suite c k k  2 est une suite

croissante. Cette suite est en outre majorée par n’importe quel nombre strictement supérieur à  (dans le cas

 
contraire, il y aurait des suites un  ck  divergentes). Etant croissante et majorée, cette suite converge.

11. Supposons que  appartienne à E0 . Sous cette hypothèse, la suite u n  n  0 converge vers 0. Il existe un

1 1
entier N tel que, pour tout entier k  N : u k    (on peut y remplacer par tout autre nombre
2 2
strictement plus petit que 1). Ce qui implique que pour tout entier k  N : u k    u k c k  . C’est donc que,

toujours sous cette hypothèse, pour tout entier k  N :   c k . Il existerait des réels strictement supérieurs à

 qui appartiendraient à E0. Mais la question 8.b a montré que c’était impossible. L’hypothèse  appartient à
E0 conduit à une contradiction. Nécessairement,  n’appartient pas à E0. S’il n’appartient pas à E0, alors il
appartient à E  .

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Conclusion. En résumé, ce nombre  constitue un seuil critique. Si la valeur initiale est strictement plus
petite que , la suite va converger. Si la valeur initiale est supérieure ou égale à , la suite va diverger.

Sur la copie d’écran ci-contre, nous


voyons à gauche la suite générée par
la valeur initiale 0,3132 (qui va
converger, le dernier terme affiché
est plus petit que 1) et à droite la
suite générée par la valeur initiale
0,3134 qui va diverger.

Le nombre  est situé entre 0,3132 et


0,3134

Ainsi, au voisinage du seuil critique, une petite différence sur le choix du premier terme a des conséquences
inattendues. Un «effet papillon » en quelque sorte. Ou de quoi nous faire réfléchir sur la notion de « seuil
critique » dans notre monde contemporain.

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Problème 2 : La loi du milieu

Partie I : Etude de petits cas

1. Lorsque n  1 , le sac contient trois boules numérotées 0, 1 et 2. La boule numéro 1 est nécessairement la
dernière boule restante. D1 ne prend que la valeur 1 avec la probabilité 1.

 5
2. Lorsque n  2 , le sac contient cinq boules numérotées 0, 1, 2, 3 et 4. Il y a    10 premières sélections
 3
différentes. Il reste ensuite trois boules, la dernière boule restante est déterminée. Nous pouvons à l’aide d’un
tableau décrire en détail le déroulement de l’expérience.

Première sélection Boules éliminées Boules restantes Dernière boule

0, 1, 2 0 et 2 1, 3, 4 3

0, 1, 3 0 et 3 1, 2, 4 2

0, 1, 4 0 et 4 1, 2, 3 2

0, 2, 3 0 et 3 1, 2, 4 2

0, 2, 4 0 et 4 1, 2, 3 2

0, 3, 4 0 et 4 1, 2, 3 2

1, 2, 3 1 et 3 0, 2, 4 2

1, 2, 4 1 et 4 0, 2, 3 2

1, 3, 4 1 et 4 0, 2, 3 2

2, 3, 4 2 et 4 0, 1, 3 1

8
Il résulte de cette étude que D2 prend les valeurs 1, 2 et 3 avec les probabilités : P D2  2  et
10
1
P D2  1  PD2  3  .
10

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Partie II : Valeurs extrêmes et symétrie

3. La boule numéro 0, au moment où elle est tirée, est nécessairement la boule de plus petit numéro et elle est
éliminée. L’évènement Dn  0 est l’évènement impossible, sa probabilité est nulle.

Symétriquement, Dn ne prend pas non plus la valeur 2n . On note que la variable aléatoire Dn prend
concrètement les valeurs 1, 2,...., 2n  1 .

4. La boule numéro 1 est la dernière boule restante si et seulement si elle figure dans la dernière sélection en
même temps que la boule numéro 0. Ce qui signifie que ces deux boules n’ont pas été sélectionnées au cours
des n  1 premiers tirages. Délibérément, nous détaillons ce qu’il se passe.

 2n  1 n 2n  12n  1
 Lors du premier tirage, il y a    sélections différentes dont
 3  3

 2n  1 n  12n  32n  1
   ne contiennent ni la boule 0 ni la boule 1. La probabilité que les
 3  3
boules 0 et 1 ne figurent pas dans la sélection est le quotient des deux nombres.

 Lors du deuxième tirage, sachant que les boules 0 et 1 sont toujours dans le sac, il y a
 2n  1 n  12n  32n  1  2n  3  n  2 2n  52n  3
   sélections différentes dont    ne
 3  3  3  3
contiennent ni la boule 0 ni la boule 1. La probabilité conditionnelle que les boules 0 et 1 ne figurent
pas dans la sélection est le quotient des deux nombres.

 …

 Lors du tirage numéro n  2  , il reste 7 boules dans le sac. Sachant que les boules 0 et 1 sont

7 37  5  5 2  5  3
toujours dans le sac, il y a    sélections différentes dont    ne contiennent
 3 3  3 3
ni la boule 0 ni la boule 1. La probabilité conditionnelle que les boules 0 et 1 ne figurent pas dans la
sélection est le quotient des deux nombres.

 Lors du tirage numéro n  1 , il reste 5 boules dans le sac. Sachant que les boules 0 et 1 sont

 5 2  5  3  3 1  3  1
toujours dans le sac, il y a    sélections différentes dont    ne contiennent
 3 3  3 3
ni la boule 0 ni la boule 1. La probabilité conditionnelle que les boules 0 et 1 ne figurent pas dans la
sélection est le quotient des deux nombres.

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La probabilité de l’évènement Dn  1 est le produit de ces probabilités. On note qu’il y a une élimination
deux à deux en « effet domino » des facteurs intermédiaires. Il reste :
1 3
P D n  1  
 2n  1 n 2n  12n  1
 
 3 

NB. Si Tm désigne l’évènement « après la me sélection, les boules 0 et 1 sont toujours dans le sac », nous
n 1
avons calculé la probabilité P D n  1  P T1    PTm Tm 1  . Rien de plus, rien de moins.
m 2

5. Imaginons que les boules soient numérotées non seulement de 0 à 2n , mais aussi de 2n à 0, chaque boule
étant dotée de deux numérotations, i et 2n  i . On note D’n la variable aléatoire égale au numéro auxiliaire
de la dernière boule du sac. D’une part le protocole de l’expérience n’est pas modifié par une numérotation
« descendante », D’n suit la même loi que Dn : P D n '  i   PDn  i  pour tout i de 0 à 2n et d’autre part

les éventualités qui réalisent l’évènement Dn '  i  sont les mêmes que celles qui réalisent l’évènement

Dn  2n  i  , c’est-à-dire que PDn '  i   PDn  2n  i .


On en déduit que P D n  i   P Dn  2n  i  pour tout i de 0 à 2n .

6. La variable aléatoire Dn prend les valeurs entières allant de 1 à 2n  1 . L’espérance mathématique de Dn


2 n 1
est : E D n    i  Pi 
i 1

2 n 1
Effectuons le changement d’indexation : 2n  i  i : E Dn    2n  i   P2n  i 
i 1

2 n 1
En raison de la symétrie des probabilités, aussi bien : E Dn    2n  i   Pi . En ajoutant membre à
j 1

membre ces deux expressions de l’espérance, nous pouvons regrouper les termes homologues des deux
2 n 1  2 n 1 
sommes dans une seule somme : 2 E Dn    i  2n  i Pi   2n  Pi  2n .
j 1  j 1 

Par conséquent : E D n   n .

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Partie III : Comportement limite

7. On note que la suite u n n 0 peut aussi bien être définie par la donnée de son premier terme u 0  1 et par

2n  1
la relation de récurrence : u n 1   u n (pour tout entier naturel n).
2n  2

1
Démontrons par récurrence l’inégalité u n  .
3n  1

1 1
(Initialisation). u 0  1 et quand n  0 ,  1 . L’inégalité u n  est donc vérifiée au rang 0.
3n  1 3n  1

1
Supposons qu’elle soit vérifiée pour un certain rang n  0 . C’est-à-dire supposons que u n  .
3n  1

2n  1 2n  1 1 1
Alors, au rang suivant n  1 : u n 1   un   Comparons ce nombre avec
2n  2 2n  2 3n  1 3n  4

 2n  1  1 1
Ou, ce qui revient au même, comparons leurs carrés respectifs   et . Un calcul, que
 2n  2  3n  1 3n  4

 2n  1  1 1 n
le lecteur détaillera lui-même, montre que     . C’est donc
 2n  2  3n  1 3n  4 4n  1 3n  13n  4
2

 2n  1  1 1
que pour tout entier naturel n :    0.
 2n  2  3n  1 3n  4

1 1
Le plus grand des carrés est celui de . Ainsi, l’inégalité u n  implique l’inégalité
3n  4 3n  1
1
u n 1  , la propriété d’hérédité de cette inégalité est vérifiée.
3n  1  1

1
Pour tout entier naturel n : u n 
3n  1

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8. En raison de la symétrie de l’expérience par rapport à n, il n’est pas utile d’envisager toutes les valeurs de
pj pour 0  j  2n mais seulement pour 0  j  n . En effet : p 2 n  j  p j pour tout indice j.

 2n  1  n  2n  1 2n  1
Notons une fois pour toutes qu’il y a   façons de choisir les trois boules de la
 3  3
première sélection. On désignera le cas échéant par Fn ce nombre.

La probabilité pj se calcule de façon quelque peu différente suivant la valeur que prend j.

 Si j  0 : La boule numéro 0 est éliminée d’office si elle figure dans la première sélection. Il y a

 2n 
   n 2n  1 façons de choisir les deux autres boules. La probabilité p0 est le rapport de ce
2
3
nombre au nombre Fn. Donc : p 0  . C’est aussi la valeur de p 2 n .
2n  1

 Si j  1 : La boule numéro 1 est éliminée si elle figure dans la première sélection et si aucune des

 2 n  1
deux autres boules n’est la boule 0. Il y a    n  12n  1 façons de choisir ainsi les deux
 2 
3 n  1
autres boules. La probabilité p1 est le rapport de ce nombre au nombre Fn. Donc : p1  .
n  2n  1
C’est aussi la valeur de p 2 n 1 .

 Si 2  j  2n : La boule numéro j est éliminée si elle figure dans la première sélection et si les deux
autres boules ont des numéros ou bien tous deux plus petits que j ou bien tous deux plus grands que
 j   2n  j   j  1 j  2   n  j  n  j  1
j. Il y a        2 n 2   2n  1 j  j 2 façons de
2
   2  2 2
choisir ainsi les deux autres boules. La probabilité pj est le rapport de ce nombre au nombre Fn.

Donc : p j 

3 2n 2  2n  1 j  j 2 
. C’est aussi le nombre p 2 n  j .
n 2n  12n  1

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1
9. Suivant l’expression de pj, étudions la différence p j  et son signe.
2n

1 3 1 4n  1
 Lorsque j  0 ou j  2n : p 0     . La différence est positive pour
2n 2n  1 2n 2n 2n  1

n 1 .

1 3 n  1 1 4n  7
 Lorsque j  1 ou j  2n  1 : p1     . La différence est positive
2n n 2n  1 2n 2n 2n  1

pour n  2 .

2
 3 7
6  j  n  2  n   
2

1 6 j  12 j n  2n  1 4n  1
2
 2 2
 Dans les autres cas : p j    . Cette
2n 2n 2n  12n  1 2n 2n  12n  1
2
 3 7
2n   
 2 2
différence est supérieure ou égale à pour toute valeur de j et est positive pour
2n 2n  12n  1
2
 3 7
tout entier n  3 (car le trinôme 2  x    est positif pour tout réel supérieur ou égal à
 2 2

3 7
; le premier entier supérieur à ce nombre est l’entier 3).
2

1
Nous avons démontré que, lorsque n  3 , p j  quelle que soit la valeur de j de 0 à 2n .
2n

1
10. L’intérêt de la minoration p j  est qu’elle est indépendante de j, elle ne dépend que du nombre de
2n
boules en jeu. Elle implique une majoration de la probabilité qj que la boule j ne soit pas éliminée à la
1 2n  1
première sélection : q j  1  
2n 2n
Plus généralement, pour 1  k  n  1 , sachant que la boule j est toujours présente au moment où il reste
2n  3  2k  en jeu (après k  1 sélections), la probabilité pour qu’elle soit éliminée à la k e sélection est

1
 . La probabilité conditionnelle, sachant qu’elle n’est pas encore éliminée à la k e sélection,
2n  2  2 k
1 2 n  2k  1
qu’elle ne le soit toujours pas à la sélection suivante est donc majorée par : 1  
2 n  2  2k 2n  2  2k
Désignons par E k , j  l’évènement « la boule j est éliminée au tour numéro k ».
n 1
L’évènement « Dn  j » est l’intersection  E k , j  . La probabilité PDn  j  de cet évènement est le
k 1

produit, pour k allant de 1 à n, des probabilités évoquées ci-dessus. Ce produit est majoré par

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n
2n  2k  1 2n  1 2 n  3 1
 2n  2  2k c’est-à-dire par
2n

2n  2
 ...  . Ce produit, pourvu que n  3 et d’après la
2
k 1

1
question 7, est majoré par .
3n  1
La majoration étant indépendante de j, elle vaut aussi bien pour la plus grande des probabilités P Dn  j  :

1
Mn  . La suite de termes positifs M n  étant majorée par une suite convergeant vers 0, elle
3n  1
converge elle-même vers 0.

Partie IV : Résultat le plus probable

11. Si Pn est vraie : P D n  0  PDn  1  ...  PDn  n  1  PDn  n . De plus, d’après les

propriétés de symétrie de ces probabilités, pour tout entier i tel que 0  i  n 1 :


P Dn  2n  i   P D n  i  . C’est donc que les probabilités

P Dn  n  1, P Dn  n  2,..., P Dn  2n prennent les mêmes valeurs que, respectivement,

P Dn  n  1, P D n  n  2,..., PDn  0 . Ces probabilités, à partir de P Dn  n sont rangées dans

l’ordre décroissant et la plus grande de toutes est P Dn  n .

12. La propriété P1 consiste à énoncer que : P D n  0  P D n  1 . Il n’y a aucun doute à ce sujet vu que

l’évènement Dn  0 est l’évènement impossible.

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NB. Dans la suite de ce problème, nous allons devoir étudier ce qu’il se passe après la première sélection et
nous utiliserons le procédé que voici et que nous désignerons par « Réindexation » (décrit ci-dessous une fois
pour toutes) :

Soit a, b, c les numéros des boules figurant dans la première sélection avec a  b  c . Les boules a et c sont
éliminées. Pour les tirages suivants, imaginons une réindexation des boules restantes. Soit x le numéro d’une
boule restante.

 Si x  a  1 , on conserve le même numéro.

 Si a  1  x  c  1 , on diminue d’une unité l’ancien numéro (les boules concernées seront


nouvellement numérotées de a jusqu’à c  2 )

 Si c  1  x  2n , on diminue de deux unités l’ancien numéro (les boules concernées seront


nouvellement numérotées de c  1 jusqu’à 2n  2 )

Les nouveaux numéros dépendent donc de la position de x par rapport aux deux boules éliminées : rien de
changé avant le plus petit numéro éliminé, une unité de moins entre les deux éliminés, et deux unités de
moins au delà du plus grand éliminé.

De la sorte, pour les tirages suivants, les conditions de l’expérience décrite par l’énoncé sont fidèlement
reconstituées, mais avec deux boules de moins. C’est ce qui nous permettra d’obtenir quelques formules de
récurrence et de rattacher des probabilités liées à Dn à d’autres probabilités liées à Dn 1 .

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13. Si les trois boules sélectionnées sont les boules l , k , k  1 , deux cas de figure se présentent :

 Ou bien k  k  1  l : les boules l et k sont éliminées et la boule numéro k  1 , en tant que « boule
du milieu » est conservée (cas étudié au 13.a).

 Ou bien l  k  k  1 : les boules l et k  1 sont éliminées et la boule numéro k, en tant que « boule
du milieu » est conservée (cas étudié au 13.b).

13.a. Si l  k  1 , les boules k et l sont les boules éliminées à la première sélection. L’évènement
X l  Dn  k  est l’évènement impossible : PX l Dn  k   0 .

Sachant l’évènement Xl réalisé, appliquons la « Réindexation ». La boule de numéro initial k  1 ayant pour
nouvel index k, PX l Dn  k  1  P Dn 1  k 

13.b. Lorsque l  k , les boules l et k  1 sont les boules éliminées à la première sélection. L’évènement
X l  Dn  k  1 est l’évènement impossible : PX l Dn  k  1  0 .

Sachant l’évènement Xl réalisé, appliquons la « Réindexation ». La boule de numéro initial k ayant pour
nouvel index k  1 , PX l Dn  k   P Dn 1  k  1

13.c. Les probabilités conditionnelles PX Dn  k  et PX Dn  k  1 sont, respectivement, les quotients
P  X  Dn  k  P  X  Dn  k  1
et , elles sont rangés dans le même ordre que les probabilités des
P X  P X 
intersections figurant aux numérateurs.

Considérons les évènements X  Dn  k  et X  Dn  k  1

 D’une part : X  Dn  k     X l  Dn  k  comme il est expliqué en 13.b


lk

 D’autre part : X  Dn  k  1    X l  Dn  k  1 comme il est expliqué en 13.a


l  k 1

Exprimons et comparons les probabilités de ces évènements, qui sont des réunions d’évènements disjoints.

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3 1
On note au passage que, quelle que soit la troisième boule l, P  X l    puisqu’il
n  2n  1 2n  1 Fn
s’agit de distinguer un ensemble particulier de trois boules choisies parmi 2n  1 .
k 1 k 1 k 1
3
P  X  D n  k    P  X l   Dn  k    P X l   PX l D n  k    P Dn 1  k  1 .
l 0 l 0 n 2n  12n  1 l  0

3 k  P Dn 1  k  1
On obtient : P  X  D n  k  
n 2n  12n  1

2n 2n 2n
3
P  X  D n  k  1   P X l   Dn  k  1   P X l   PX Dn  k  1  n 2n  12n  1  PDn1  k 
l
l k  2 l k 2 l k 2
.

3 2n  k  2 PD n 1  k 
On obtient : P X  Dn  k  1 
n 2n  12n  1

Vu que 0  k  n  1 , 2n  n  1  2  2n  k  2  2n  2 , c’est-à-dire : n  1  2n  k  2  2n  2 .

Ainsi, quel que soit k tel que 0  k  n  1 , l’inégalité k  2n  k  2 est vérifiée.

D’autre part, d’après l’hypothèse de récurrence forte Pn-1, l’inégalité P D n 1  k  1  PDn 1  k  est elle

aussi vérifiée.

Il en résulte que l’inégalité 3 k  PD n 1  k  1  3 2n  k  2  PD n 1  k  est vérifiée, et les probabilités
des intersections sont rangées dans le même ordre : P  X  Dn  k   P  X  Dn  k  1

En conclusion, PX D n  k   PX D n  k  1

14. L’évènement Y est l’évènement selon lequel « une des boules k ou k  1 est éliminée à la première
sélection ». L’évènement X est l’évènement « les deux boules k et k  1 figurent dans la première
sélection ».

L’évènement Y\X est donc l’évènement « une et une seule des deux boules k ou k  1 figure dans la première
sélection et elle est éliminée ». Il est la réunion des deux évènements :

Ak : « La boule k figure dans la première sélection et est éliminée, la boule k  1 n’y figure pas ».

Ak+1 : « La boule k  1 figure dans la première sélection et est éliminée, la boule k n’y figure pas ».

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PY  X   Dn  k 
14.a. La situation est comparable à celle de la question précédente : PY  X Dn  k  
PY  X 
P Y  X   Dn  k  1
et PY  X D n  k  1 
P Y  X 

Y  X   Dn  k    Ak  Ak 1   Dn  k   Ak 1  Dn  k 


Y  X   Dn  k  1   Ak  Ak 1   Dn  k   Ak  Dn  k  1
Les probabilités de ces intersections sont égales, respectivement, à P  Ak 1   PAk 1 D n  k  et à

P  Ak   PAk Dn  k  1

L’évènement Ak est réalisé si la boule k est sélectionnée et si les deux autres boules ont des numéros ou bien
tous deux strictement plus petits que k ou bien tous deux strictement plus grands que k  1 .

L’évènement Ak+1 est réalisé si la boule k  1 est sélectionnée et si les deux autres boules ont des numéros ou
bien tous deux strictement plus petits que k ou bien tous deux strictement plus grands que k  1 .

Les deux évènements ont donc la même probabilité, puisque les conditions sur les deux autres boules sont
identiques : P  Ak 1   P Ak  .

Par ailleurs, les probabilités conditionnelles PAk 1 Dn  k  et PAk Dn  k  1 sont aussi égales car, une

fois l’un des deux évènements Ak ou Ak+1 réalisé, on reconstitue pour les sélections suivantes la même
expérience En-1, il reste une et une seulement des deux boules k ou k  1 , peu importe son numéro.

Donc : P  Ak 1   PAk 1 Dn  k   P  Ak   PAk D n  k  1

Les probabilités des intersections sont égales : P Y  X   Dn  k   P Y  X   D n  k  1

Et en conséquence : PY  X Dn  k   PY  X Dn  k  1 ,

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P Y  D n  k  P Y  Dn  k  1
14.b. PY Dn  k   et PY Dn  k  1 
PY  P Y 

L’évènement Y est la réunion de l’évènement X et de l’évènement Y\X, deux évènements disjoints.

P Y  Dn  k   P  X  Dn  k   PY  X   Dn  k  et de même :

P Y  Dn  k  1  P  X  Dn  k  1  P Y  X   Dn  k  1

Nous avons vu l’inégalité P  X  Dn  k   P  X  Dn  k  1 et l’égalité

PY  X Dn  k   PY  X Dn  k  1 .

Il en résulte l’inégalité P Y  Dn  k   P Y  Dn  k  1 et les probabilités conditionnelles en jeu sont

rangées dans le même ordre : PY Dn  k   PY Dn  k  1

15. Si a  b  c , sont éliminées les boules a et c et la boule a est conservée. Appliquons la « Réindexation »
telle que nous l’avons décrite.

15.a. On suppose que les trois boules tirées sont telles que a  b  c  k . Les boules d’anciens index k et
k  1 ont pour nouveaux index k  2 et k  1 après la « Réindexation ».

PG D n  k   PDn 1  k  2 et PG Dn  k  1  P D n 1  k  1 . D’après l’hypothèse de récurrence

forte Pn-1 : P D n 1  k  2  P Dn 1  k  1 .

En conclusion, pour tout entier k tel que 0  k  n  1 , PG Dn  k   PG D n  k  1

15.b. On suppose que les trois boules tirées sont telles que a  k  k  1  c . Les boules d’anciens index k et
k  1 ont pour nouveaux index k  1 et k .

PH D n  k   PD n 1  k  1 et PH Dn  k  1  P Dn 1  k  . D’après l’hypothèse de récurrence forte

Pn-1 : P Dn 1  k  1  P D n 1  k  .

En conclusion, pour tout entier k tel que 0  k  n  1 , PH D n  k   PH Dn  k  1

15.c. On procède de même mais dans ce cas les boules d’index k et k  1 gardent toutes les deux leurs
anciens index puisque les boules éliminées ont des numéros  k  1 .

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PI Dn  k   P D n 1  k  et PH Dn  k  1  P Dn 1  k  1 . Pour que l’hypothèse de récurrence forte
puisse agir, il nous faut supposer que k  n  2 (alors que dans les deux cas précédents elle agissait aussi
lorsque k  n  1 ). Sous cette supposition, P Dn 1  k   PDn 1  k  1 .

En conclusion, pour tout entier k tel que 0  k  n  2 , PI Dn  k   PI Dn  k  1 .

16. Les évènements Y, G, H, I forment une partition de l’ensemble des possibles. L’évènement Dn  k  est

la réunion disjointe des évènements Dn  k   Y ; Dn  k   G ; Dn  k   H ; Dn  k   I et sa


probabilité est la somme des probabilités de ces évènements. C’est aussi :
P Y   PY Dn  k   PG   PG D n  k   P H   PH Dn  k   PI   PI Dn  k 

De même pour l’évènement Dn  k  1 dont la probabilité est :

P Y   PY Dn  k  1  P G   PG Dn  k  1  P H   PH Dn  k  1  P I   PI Dn  k  1 .

Nous avons démontré au fil des questions 14 et 15 que, pour 0  k  n  2 chacune des probabilités
conditionnelles est supérieure ou égale à sa probabilité homologue de la relation précédente.

On en déduit que pour 0  k  n  2 : P D n  k   PDn  k  1

17. Pour achever de « démontrer Pn », il nous reste à montrer que l’inégalité P D n  k   PDn  k  1 est

encore vérifiée lorsque: k  n  1 . C’est-à-dire qu’il nous reste à montrer : P  Dn  n  1  P  Dn  n  .

Comme dans la question 16 :

 P  Dn  n  1  P Y  .PY  Dn  n  1   P  G  .PG  Dn  n  1  P  H  .PH  Dn  n  1  P  I  .PI  Dn  n  1 



 P  Dn  n    P Y  .PY  Dn  n   P  G  .PG  Dn  n   P  H  .PH   Dn  n   P  I  .PI  Dn  n 

Nous savons depuis la question 14 que P Y  .PY  Dn  n  1  P  Y  .PY  Dn  n  . Intéressons-nous aux

autres ingrédients.

Ceux de la ligne P  Dn  n  1 , valent : P  G  .P  Dn 1  n  3  P  H  .P  Dn1  n  2  P  I  .P  Dn 1  n  1

et cette expression est inférieure ou égale à  P  G   P  H  .P  Dn 1  n  2   P  I  .P  Dn 1  n  1  car

P  Dn 1  n  3  P   Dn 1  n  2

Ceux de la ligne P  Dn  n  , valent : P  G  .P  Dn 1  n  2  P  H  .P  Dn 1  n  1  P  I  .P  Dn 1  n  .

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En tenant compte de la symétrie par rapport à n 1 des probabilités liées à Dn 1 :

P  Dn 1  n    P  Dn 1  n  2 . L’expression vaut :  P  G   P  I   .P   Dn 1  n  2  P  H  .P  Dn 1  n  1 

Si l’on effectue la différence des deux expressions, cette différence (deuxième moins première) vaut :

 P  H   P  I     P  D
n 1  n  1  P  Dn 1  n  2 

D’après l’hypothèse de récurrence, le facteur  P  Dn1  n  1  P  Dn 1  n  2  est censé être positif.

Le facteur  P  H   P  I   est proportionnel aux nombres de sélections qui réalisent H et qui réalisent I.
 n  n  n  1 n  2 
Il y a    sélections différentes de trois numéros tous strictement supérieurs à n (qui
3 6
réalisent I)

n2
 2n  n  n  1 2n  1
Il y a     c  a  1  
a  0  c  n 1  2
sélections différentes qui réalisent H (sans
sourciller, nous déléguons ce calcul à un
logiciel de calcul formel).

La différence des deux nombres de


5n  n  1 n  1
sélections est égale à ,
6
nombre positif. Il y a plus d’occurrences
possibles de H que de I : H a une probabilité
plus grande que celle de I , le facteur

 P  H   P  I   est positif.
En fin de compte, P  Dn  n    P   Dn  n  1 est un nombre positif, ce qui démontre que

P  Dn  n  1  P  Dn  n 

Ce résultat achève de démontrer l’hérédité de la propriété Pn , propriété dont on sait qu’elle est initialisée
pour l’entier 1.

La propriété Pn est donc démontrée pour tout entier strictement positif n. Le résultat le plus probable est que
la dernière boule soit la boule n.

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Problème 3 : Que la force soit avec f !

 f  y  f x  
 
Nous noterons assez souvent : F  f , k , x, y   y k f  y   x k f  x   k  k  pour désigner l’expression
 y x 

qui intervient dans les définitions de force et de faiblesse.

 f x  f  y  
 
Remarquons que F  f , k , y, x   x k f x   y k f  y   k  k   F  f , k , x, y  , il s’agit d’une expression
 x y 

symétrique en x et en y. On peut intervertir leurs rôles ou aussi, sans restreindre la généralité, on pourra
supposer x  y .

Partie I : Quelques exemples et propriétés

1. Il s’agit dans cette question d’étudier pour tous réels x et y strictement positifs le signe de l’expression
 y2 x2 
 
a k x, y   y k  y 2  x k  x 2   k  k  lorsque k  1 puis lorsque k  3 .

y x 

  
Dans ce contexte : a k x, y   y k  2  x k  2 y 2  k  x 2  k et en particulier :

   
a1  x, y   y 3  x 3  y  x    y  x 2 x 2  x y  y 2


 5 1 1 4 3 2 2 3 4
2 x  yx  x y  x y  y
a
 3  x , y   y 5
 x  
 y x     y  x 
   xy

L’expression a1 x, y  est positive et l’expression a 3  x, y  est négative quelles que soient les valeurs de x et
de y : la fonction carrée est 1-forte et 3-faible.

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Questions 2 et 3. Il s’agit dans ces questions d’étudier le signe de l’expression


 ey ex 
 
b  x, y   y  e y  x  e x 
y
  dans certaines circonstances.
x 

La fonction x  x e x est une fonction strictement croissante sur 0,   (car produit de deux fonctions

strictement positives et croissantes). Le facteur  ye y


 x  e x  est du même signe que  y  x sur

0,   .
ex ex
La fonction x  a pour dérivée la fonction : x  2  x  1 , dérivée négative sur  0, 1 et positive sur
x x
1,   . Elle est strictement décroissante sur  0, 1 et strictement croissante sur 1,   .
 ey ex 
Ainsi, le facteur    est du signe de y  x si x et y appartiennent à 1,   et du signe de   y  x 
 y x 

si x et y appartiennent à  0, 1 .

 ey ex 

2. L’expression b  x, y   y  e y  x  e x  
  est du signe de   y  x  , donc négative, sur  0, 1 : la
2

 y x 

fonction exponentielle est 1-faible sur cet intervalle. L’inégalité contraire n’est pas vérifiée si x et y sont
distincts : la fonction exponentielle n’y est pas 1-forte.

 ey ex 

3. L’expression b  x, y   y  e y  x  e x  
  est du signe de  y  x  , donc positive, sur 1,   : la
2

 y x 

fonction exponentielle est 1-forte sur cet intervalle. L’inégalité contraire n’est pas vérifiée si x et y sont
distincts : la fonction exponentielle n’y est pas 1-faible.

1  1 
 1
4. F inverse, k , x, y    y k   x k   
1

  y k 1  x k 1
  1

1 

 y x  y  y k
x  xk  y
k 1
x k 1 

Pour tout entier k  1 , la fonction x  x k 1 est croissante sur 0,   (éventuellement constante lorsque

1
k  1 mais cela ne change pas la conclusion) et la fonction x  est strictement décroissante sur
x k 1
 1 1 
0,   . L’expression y k 1

 x k 1 est, au sens large, du signe de  y  x  , l’expression  k 1  k 1  est,
y x 

au sens strict, du signe de   y  x  , et leur produit est toujours du signe de   y  x 2 donc négatif ou nul.

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F inverse, k , x, y   0 quels que soient x et y appartenant à 0,   . Donc la fonction inverse est k-faible
pour tout entier k  1 .

5. Il semble bien qu’il n’existe pas de fonction qui soit k-forte pour tout entier k  1 . Considérons en effet le

xk yk f x  f  y 
critère de force qui sera démontré en question 6, à savoir    pour tous x et y
y k
x k
f  y  f x 
strictement positifs. On choisit le réel y  1 et un réel x  1 .

 1  f x  1
Alors : lim  x k  k    de sorte qu’une majoration universelle de cette expression par 
k   x  f 1 f x 
semble impossible. Le critère de force de la question 6 ne peut pas être satisfait pour toute valeur de k.

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Partie II : Quelques critères de force et de faiblesse

 f  y  f x  
 
6. Si on développe l’expression F  f , k , x, y   y k f  y   x k f  x   k  k  , on obtient :
 y x 

xk yk
F  f , k , x, y    f  y    f x       f  x  f  y  et si on factorise par f  x . f  y  on obtient :
2 2
f x f y 
yk xk

 f  y  f x    x k y k 
F  f , k , x, y   f x   f  y        k  k  .
 f x  f  y    y x 

Puisque f est une fonction à valeurs strictement positives, F  f , k , x, y  est, universellement, du même signe

 f  y  f x    x k yk 
que la différence      k  k .
 f x  f  y    y x 

La fonction f est k-forte si et seulement si pour tous x et y de I, F  f , k , x, y  est positive ou nulle, donc si et

 f  y  f x    x k yk   f  y  f x    x k yk 
seulement si      k  k   0 donc si et seulement si      k  k  pour
 f x  f  y    y x   f x  f  y    y x 

tous x et y de I.

La fonction f est k-faible si et seulement si pour tous x et y de I, F  f , k , x, y  est négative ou nulle, donc si

 f  y  f x    x k yk   f  y  f x    x k yk 
et seulement si      k  k   0 donc si et seulement si     
  k xk  pour
 f x  f  y    y  f x  f  y    y
x  
 
tous x et y de I.

1
7. Il apparaît utile de considérer la fonction phi définie sur 0,   par : u   u   u  et d’en étudier
u
quelques propriétés.

1 u2 1
 Sa fonction dérivée est la fonction u   ' u   1   , du signe de u  1 , ce qui montre
u2 u2
qu’il s’agit d’une fonction strictement décroissante sur 0, 1 , strictement croissante sur 1,   et
qui a pour minimum 2 au point 1.

1
 Cette fonction vérifie la relation :  u      pour tout u strictement positif.
u

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Les critères de la question précédente s’interprètent à l’aide de la fonction phi :

 x k   f x  
La fonction f est k-forte si et seulement si   k      pour tous x et y appartenant à I
 y   f y 

 xk   f x  
La fonction f est k-faible si et seulement si   k      pour tous x et y appartenant à I.
  f y 

y

Dans le contexte de cette question,



max x k , y k  est celui des deux nombres xk
ou
yk
qui est plus grand
min x k
, yk  yk xk
max  f  x , f  y  f x  f y
que 1 et de même est celui des deux nombres ou qui est plus grand que 1.
min  f x , f  y  f y f x 

Sur l’intervalle 1,   , la fonction phi est strictement croissante, ces nombres sont rangés dans le même
ordre que leurs images par phi.

 xk   f x  
 La fonction f est k-forte si et seulement si pour tous réels x et y appartenant à I :   k     
  f y 

y

donc si et seulement si :

max x k , y k   max f x , f  y 
min x k
,y k
 min f x , f  y 
 xk   f x  
 La fonction f est k-faible si et seulement si pour tous réels x et y appartenant à I :   k     
  f y 

y

donc si et seulement si :

max x k , y k   max f x , f  y 
min x k
,y k
 min f x , f  y 

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8. En utilisant les notations propres à cette question :

 f  y  f x  
 
F  f , k , x, y   y k f  y   x k f x   k  k   g k  y   g k x hk  y   hk  x)  . Cette expression est
 y x 

nulle lorsque x et y sont égaux et, s’ils sont distincts, elle est, pour tous x et y d’un intervalle I inclus dans
F  f , k , x, y   g k  y   g k x   hk  y   hk  x)  
0,   , du même signe que l’expression :    . Nous y
 y  x 2  yx  yx 
reconnaissons le produit des taux de variation des fonctions gk et hk entre x et y.

8.a. Lorsque les fonctions gk et hk sont monotones, ces taux de variations gardent un signe constant. Etudions
ce qu’il se passe dans les différents cas de monotonie. Il y a a priori quatre combinaisons de monotonie, mais
nous allons voir que l’une d’entre elles n’est pas opérationnelle.

Supposons que la fonction gk soit une fonction décroissante sur l’intervalle I.

Pour tous x et y de I tels que x  y : g k x   g k  y  , soit x k f x   y k f  y 

Puisque x  y , et que toute fonction puissance entière négative est strictement décroissante,
1 1
2k
 2 k . En multipliant membre à membre ces deux inégalités de même sens entre nombres
x y

f x  f  y 
strictement positifs, on obtient une inégalité de même sens :  k .
xk y

La fonction hk est forcément une fonction strictement décroissante.

Ainsi : « gk décroissante sur I » implique « hk décroissante sur I ».

Supposons maintenant que hk soit une fonction croissante sur l’intervalle I.

f x  f  y 
Pour tous x et y de I tels que x  y : hk x   hk  y  , soit  k .
xk y

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Puisque x  y , et que toute fonction puissance entière strictement positive est strictement

croissante, x 2 k  y 2 k . En multipliant membre à membre ces deux inégalités de même sens entre

nombres strictement positifs, on obtient une inégalité de même sens : x k f x   y k f  y 

La fonction gk est forcément une fonction strictement croissante.

Ainsi : « hk croissante sur I » implique « gk croissante sur I ».

Autrement dit, d’un point de vue monotonie, il n’est pas possible que, simultanément, hk soit
croissante et gk décroissante.

Nous arrivons à ces conclusions, qui montrent que quel que soit le cas de figure f est k-forte ou k-faible :

gk croissante gk décroissante

Les deux taux de variations sont positifs,

hk croissante F  f , k , x, y  est toujours positif, f est k- Impossible

forte

Le taux de variation de gk est positif, celui Les deux taux de variation sont négatifs,
hk décroissante de hk est négatif. F  f , k , x, y  est toujours F  f , k , x, y  est toujours positif, f est k-
négatif, f est k-faible forte

8.b. Supposons que gk ne soit pas monotone. Il existe trois nombres réels x, y, z appartenant à I tels
que x  y  z et ou bien g k x   g k  y  ; g k z   g k  y  ou bien g k x   g k  y  ; g k z   g k  y  . Dans les
deux cas, deux des images sont rangées strictement dans l’ordre contraire de celui de leurs
antécédents. Mais alors, les images de ces mêmes réels par hk ont (strictement) la même propriété.
Le produit des taux de variations, pour ces réels, est strictement positif : f ne peut pas être k-faible.

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Supposons que hk ne soit pas monotone. Il existe trois nombres réels x, y, z appartenant à I tels que
x  y  z et ou bien hk  x   hk  y  ; hk  z   hk  y  ou bien hk  x   hk  y  ; hk  z   hk  y  . Dans les

deux cas, deux des images sont rangées strictement dans le même ordre que celui de leurs
antécédents. Mais dans les deux cas, les images de ces mêmes réels par gk ont (strictement) la même
propriété. Le produit des taux de variations, pour ces réels, est strictement positif : f ne peut pas être
k-faible. Donc si au moins une des deux fonctions n’est pas monotone, f n’est pas k-faible. Par
contraposition, si f est k-faible, les deux fonctions sont monotones. Plus précisément : la fonction gk est
croissante et la fonction kk est décroissante, puisque ce cas de figure est le seul possible.

 x 2 si 0  x  1

4 si x  1
8.c. La fonction g1 est définie par : g1 x   x f  x    2 . Elle est croissante sur 0, 1 et sur
 x si 1  x  2
4 x 2 si 2  x

1,   séparément, mais elle n’est pas croissante sur I en entier car g1 1  g 1  x  lorsque 1  x  2 : g1
n’est pas monotone.

1 si 0  x  1

f  x  4 si x  1
La fonction h1 est définie par : h1  x    . Elle est constante sur 0, 1 , sur 1, 2 et sur
x 1 si 1  x  2
4 si 2  x

2,   séparément, mais elle n’est ni croissante ni décroissante sur I en entier car g1 1  g 1  x  lorsque
0  x  1 et aussi lorsque 1  x  2 : h1 n’est pas monotone non plus.

Pour savoir si f est 1-forte, étudions le signe de l’expression :

 f  y  f x  
F  f ,1, x, y    y f  y   x f x      g 1  y   g1 x h1  y   h1  x  .
 y x 

Compte tenu de la symétrie de cette expression par rapport à x et à y, on peut supposer que 0  x  y .

Vu la définition de h1, constante par morceaux, F  f ,1, x, y   0 lorsque x et y appartiennent tous deux à un

même ensemble 0, 1  1, 2 ou à 2,   . Il reste à examiner les nombreux autres cas.

   
Si x  y  1 : F  f ,1, x,1  4  x 2 4  1  3 4  x 2  0 
   
Si x  1  y  2 : F  f ,1,1, y   y 2  4 1  4   3 4  y 2  0 

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  
Si x  1  2  y : F  f ,1,1, y   4 y 2  4 4  4   0

  
Si x  1  2  y ou si 1  x  2  y : F  f ,1, x, y   4 y 2  x 2 4  1  3 4 y 2  x 2  0  
Espérons ne pas en avoir oublié ! Le résultat est toujours positif ou nul, f est une fonction 1-forte.

9. Si la fonction f est une fonction dérivable, il en est de même des fonctions gk et hk.

 f x  
 D’une part : g k '  x   x k f '  x   k x k 1 f x   x k  f ' x   k .
 x 

x k f '  x   k x k 1 f  x  1  f ' x  
 D’autre part : hk ' x   2k
 k
 f ' x   k 
x x  x 

f x  f x 
9.a. Supposons que pour tout réel x de l’intervalle ouvert I : f '  x   k . La fonction x  k est par
x x
hypothèse à valeurs strictement positives sur I. La fonction dérivée étant supposée continue sur I, ou bien
f x  f x 
f ' x   k pour tout réel de I, ou bien  f ' x   k pour tout réel de I (l’hypothèse de continuité de
x x
la dérivée empêche que l’on ait sur un même intervalle tantôt une inégalité, tantôt l’autre).

Dans le premier cas, les deux fonctions g k ' x  et hk ' x  sont positives sur I, les deux fonctions gk et hk sont

croissantes. Dans le deuxième cas, les deux fonctions g k ' x  et hk ' x  sont négatives sur I, les deux
fonctions gk et hk sont décroissantes. Quoi qu’il en soit, les deux fonctions gk et hk ont le même sens de
variation, d’après le tableau du 8.a la fonction f est k-forte.

f x 
9.b. Supposons que pour tout réel x de I : f ' x   k . Alors pour tout réel x de I :
x
f x  f x 
k  f ' x   k . Les deux fonctions g k ' x  et hk ' x  sont de signes contraires, plus exactement
x x
gk’ est positive et hk’ est négative : la fonction gk est croissante et la fonction kk est décroissante. D’après le
tableau du 8.a la fonction f est k-faible.

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9.c. On suppose que f est dérivable et il s’agit de démontrer que sa dérivée, si f est k-faible ou k-forte, vérifie
l’une ou l’autre des inégalités en jeu.

 f  y  f x  
Dans l’expression  
F  f , k , x, y   y k f  y   x k f x   k  k   g k  y   g k x hk  y   hk  x)  ,
 y x 

fixons un réel x de I et posons y  x  u : F  f , k , x, x  u    g k x  u   g k x hk  x  u   hk  x) 

Proposons-nous d’exploiter les meilleures approximations affines de gk et de hk au voisinage de x.

NB. Dans les différentes expressions, toute fonction notée « epsilon », quel que soit son indice, aura la
propriété spécifique d’avoir pour limite 0 quand u tend vers 0.

 f x  
Il en existe une telle que : g k x  u   g k  x   u .g k ' x   u . 1 u   u. x k  f ' x   k   u . 1 u 
 x 

1  f x  
Il en existe une autre telle que : hk x  u   hk x   u .hk '  x   u . 2 u   u. k
 f ' x   k   u . 2 u 
x  x 

En effectuant le produit de ces deux expressions, il en existe une troisième, qu’on ne prend pas la peine
d’expliciter, telle que :

g k x  u   g k x   hk x  u   hk x   u 2 . f ' x   k f x  . f ' x   k f x    u 2 . 3 u  , autrement dit


 x  x 

  f x   
2
telle que : g k x  u   g k x   hk  x  u   hk  x   u .  f ' x    k
2 2
 .  u . 3 u 
2
  x  
 

g k x  u   g k x   hk x  u   hk x    f  x   
2
 .  f '  x    k
  .  . 3 u 
2
Ainsi :
u2   x  

 Si f est k-forte, cette expression est toujours positive, quel que soit x et u, y compris quand on fait

 f x  
2
f  x
tendre u vers zéro :  f '  x    0 ou aussi bien f '  x   k
2
 k quel que soit x de I.
 x  x

 Si f est k-faible, cette expression est toujours négative, quel que soit x et u, y compris quand on fait

 f x  
2
f  x
tendre u vers zéro :  f '  x 2   k   0 ou aussi bien f '  x   k quel que soit x de I.
 x  x

Ce qui démontre les réciproques attendues.

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Partie III : Une multitude de fonctions fortes et faibles

10. Si f est faible, il existe un entier k tel que f est k-faible. D’après la question 8.b, la fonction gk :
f x 
x  g k  x   x k f  x  est strictement positive croissante et la fonction hk : x  hk  x   est strictement
xk
positive décroissante.

1 1 1
Leurs inverses varient en sens contraire : x  H k x     est strictement positive
g k x  x k
f x 

1 1
décroissante et x  G k  x    xk  est strictement positive croissante.
hk  x  f x 

1
Nous obtenons à propos de la fonction un critère de faiblesse vu en 8.a: elle est aussi k-faible.
f

NB. On pouvait aussi prendre en compte la condition nécessaire et suffisante de faiblesse vue à la question 6.

Soit f une fonction faible sur un intervalle I. Il existe un entier k  1 tel que pour tous réels x et y de I :

xk yk f x  f  y 
   .
y k
x k
f  y  f x 

1 1 1 1
f x  f  y  f  y  f x  x k
y k
f y f x 
Or :  ;  L’inégalité peut aussi bien s’écrire : k  k   , ce qui
f y 1 f x  1 y x 1 1
f x  f y f x  f y

1
démontre que si f est k-faible, la fonction x  est elle aussi k-faible.
f x 

11. Supposons que f soit k-faible et que g soit j-faible.

Les fonctions x  x k f x  et x  x j g  x  sont strictement positives croissantes donc leur produit

x  x k  j f  x   g x  est une fonction strictement positive croissante.

f x  g x 
Les fonctions x  k
et x  j sont strictement positives décroissantes donc leur produit
x x
1
x k j
f  x   g x  est une fonction strictement positive décroissante.
x

Le critère de k  j  -faiblesse de la question 8.a est vérifié par la fonction produit f  g : il s’agit d’une
fonction faible.

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Dés lors que le produit de deux fonctions faibles est une fonction faible et que l’inverse d’une fonction faible
est une fonction faible, le quotient de deux fonctions faibles est une fonction faible.

En ce qui concerne la somme, notons que si f est une fonction k-faible, alors elle est aussi m-faible pour tout
entier m supérieur ou égal à k. En effet, si m  k , la croissance de la fonction x  x k f x  implique celle de

f x  f x 
x  x k  m  k  f  x  et la décroissance de la fonction x  k
implique celle de x  k  m  k  .
x x

On peut donc supposer que f et g sont toutes les deux k-faibles (quitte à ce que k désigne le plus grand des
deux entiers k ou j). Alors : x  x k  f  x   g  x  est strictement positive et croissante car somme de deux

f x   g  x 
fonctions strictement positives et croissantes et x  est strictement positive et décroissante car
xk
somme de deux fonctions strictement positives et décroissantes. On conclut toujours à l’aide du critère de la
question 8.a.

12. Considérons par exemple la fonction f définie sur 0,   par f x   x et la fonction g définie sur

0,   par g x   1
x

f x 
La fonction dérivée de f est la fonction : f '  x   1 tandis que :  1 . Ainsi, pour tout réel x de 0,   ,
x
f x 
f ' x   . Cette fonction f est 1-forte en vertu de la question 9.a.
x

1 g x  1
La fonction dérivée de g est la fonction : g '  x    2
tandis que :  2 . Ainsi, pour tout réel x de
x x x
g x 
0,   , g ' x   . Cette fonction g est 1-forte en vertu de la question 9.a.
x

1 1 x2 1
Cependant : f  g  x   x  et f  g  ' x   1   . La fonction dérivée s’annule en 1 ce qui
x x2 x2
f x   g x 
fait qu’aucune inégalité de la forme f  g  ' x   k ne peut être satisfaite en ce point : la
x
fonction somme ne peut pas être k-forte, pour aucune valeur de k.

De façon analogue,  f  g  x   1 . c’est une fonction constante, de dérivée nulle. D’après 9.c, cette fonction
ne peut pas être forte.

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13. Puisque g est définie sur 0,   et que f, définie sur I, est à valeurs strictement positives, la composée
g  f existe et est définie sur I.

Nous proposons une résolution dans le cas où f et g sont des fonctions continument dérivables, laissant au
lecteur opiniâtre le soin de s’attaquer au cas général. Dans ce cas en effet, la fonction composée est
continûment dérivable et sa fonction dérivée est la sympathique fonction : x  g '  f  x   f ' x  .

13.a. Supposons que g soit j-forte et que f soit k-forte. Alors pour tout réel x de I :

g  f x  f x 
g '  f  x   j et f '  x   k . On peut multiplier membre à membre ces deux inégalités de
f x  x
même sens entre nombres strictement positifs :

 g  f x    f  x  
g '  f  x   f '  x   g '  f  x   f '  x    j k  soit :
 f  x    x 

g  f x  g  f x 
g '  f  x   f '  x   j  k  autrement dit : g  f  ' x   jk . D’après 9.c, la fonction
x x
composée est une fonction k  j -forte.

g  f  x  f x 
13.b. De même, si g est j-faible et f est k-faible, g '  f  x   j et f '  x   k . On peut
f x  x
multiplier membre ces deux inégalités de même sens entre nombres strictement positifs :

 g  f x    f  x  
g '  f  x   f ' x   g '  f  x   f ' x    j k  soit :
 f  x    x 

g  f x  g  f x 
g '  f  x   f '  x   j  k  autrement dit : g  f  ' x   jk . D’après 9.c, la fonction
x x
composée est une fonction k  j -faible.

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Partie IV : Application à la démonstration d’inégalités

14. Soit n un entier naturel non nul.

Fixons un nombre réel strictement positif c et considérons la fonction f définie sur l’intervalle 0,   par :

f x    x  c  .
n

Sa fonction dérivée est la fonction définie par : f ' x   n  x  c n 1 qui est une fonction strictement positive

f x 
sur l’intervalle 0,   et qui vérifie la relation : f ' x   n .
xc

1 1
Puisque c est strictement positif et que  pour tout x de 0,   , cette fonction vérifie l’inégalité :
xc x
f x 
f ' x   f ' x   n . En vertu de la question 9.b, la fonction f est une fonction n-faible.
x

xn yn f x  f  y 
En conséquence, pour tous réels x et y appartenant à 0,   :  n   , c’est-à-dire :
y n
x f  y  f x 

x n y n x  c 
 n  
 y  c  , ce qui n’est autre que l’inégalité à démontrer en notant x  a ; y  b .
n n

y n
x  y  c   x  c n
n

15. La fonction sinus a pour dérivée la fonction cosinus, fonction strictement positive sur l’intervalle
  sin x
 0, 2  . Proposons-nous de comparer sa fonction dérivée cos x avec le quotient x
et pour cela,
 

 
considérons, sur 0,  (rien n’empêchera plus de fermer l’intervalle), la fonction w définie par :
 2
wx   sin x  x cos x


La fonction w prend la valeur 0 en 0, la valeur 1 en et a pour dérivée la fonction : w ' x   x. sin x qui est
2
   
positive sur 0,  . La fonction w est strictement croissante sur 0,  à partir de la valeur 0 : elle est
 2   2

  sin x w x 
positive sur 0,  , ne s’annulant qu’en 0. En conséquence, l’expression  cos x  est
 2 x x

 
strictement positive sur l’intervalle ouvert  0,  .
 2

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  sin x
Ainsi, pour tout réel x de  0,  : cos x  sin x  '  , ce qui signifie d’après la question 9.a que la
 2  x

   a b sin a sin b
fonction sinus est 1-faible. En foi de quoi, pour tous réels a et b de  0,  :    .
 2  b a sin b sin a

1
La fonction tangente a pour dérivée la fonction x  , fonction strictement positive sur l’intervalle
cos 2 x
  1 tan x
 0, 2  . Proposons-nous de comparer sa fonction dérivée cos 2 x avec le quotient x
et pour cela,
 
tan x 1 1  
remarquons que :   sin x cos x  x  . Considérons alors, sur 0, 2  (rien
x cos x x cos 2 x
2
 
n’empêchera plus de fermer l’intervalle), la fonction v définie par : vx   sin x cos x  x

 
Cette fonction v prend la valeur zéro en 0, la valeur  en , et a pour dérivée la fonction :
2 2

v '  x   2 cos 2 x  2 , fonction négative. La fonction v est décroissante à partir de la valeur 0. Il s’agit d’une

 
fonction négative sur 0,  .
 2

1 sin x
On en déduit que 2
 tan x  '  , ce qui signifie d’après la question 9.a que la fonction tangente
cos x x

     a b tan a tan b
est 1-forte sur  0,  . En foi de quoi, pour tous réels a et b de  0, 2  : b  a  tan b  tan a .
 2  

Ce qui achève la démonstration (et le problème).

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