Vous êtes sur la page 1sur 2

LA NÉGATION

I – La négation grammaticale

A. Une phrase est à la forme négative lorsqu’on emploie l’adverbe « ne » associé à :

® un autre adverbe : pas, point, jamais, plus, guère


® un pronom indéfini : personne, rien, nul(le)
® un déterminant indéfini : aucun(e), nul(le)(s)

La négation est donc le plus souvent constituée de deux termes corrélés (= deux mots qui
fonctionnent ensemble). On parle de système corrélatif.

Et que rien n’exauce et que tout châtie leur morne souhait (« J’aime l’araignée »)

Le pain qu’on mange n’est pas du pain (Lettre 24 des Lettres persanes)

B. La négation peut être totale ou partielle :

® La négation totale porte sur l’ensemble de la phrase :

Il n’a point de mines d’or comme le roi d’Espagne (Lettre 24 des Lettres persanes)

® La négation partielle porte seulement sur une partie de la phrase :

La pizza n’est pas trop cuite (= elle est cuite, mais pas trop, la négation porte sur « trop »)

C. Il existe deux emplois où « ne » n’a pas de valeur strictement négative :

® La négation restrictive : « ne… que ». La négation signifie alors « seulement ».

Les formes s’effaçaient et n’étaient plus qu’un rêve (« Une Charogne »)


(= les formes s’effaçaient et étaient seulement un rêve)

® Le « ne » explétif : il n’a pas de valeur négative et peut être supprimé. On l’emploie


après des verbes de crainte ou d’empêchement ou après les locutions conjonctives
avant que, de crainte que, de peur que, à moins que, plus que, moins que…

Je crains que ton téléphone ne soit cassé (= Je crains que ton téléphone soit cassé)

D. Cas particuliers :

® La négation peut être réduite à « ne » seul dans des expressions figées : à ne pas
confondre avec le ne explétif !
Dont je ne puis, oh ! pardon ! te faire don. (« A une mendiante rousse »)

® En cas de double négation, les deux s’annulent :

Un autre magicien qui n’est pas moins maître de son esprit (Lettre 24)

La phrase a bien une forme négative, mais son sens est finalement positif. S’il n’est
pas moins maître de son esprit, c’est qu’il est plus maître.

® La conjonction de coordination « ni » sert à coordonner des constituants négatifs :

Et de longs corbillards, sans tambours, ni musique (Spleen LXXVIII)

® La préposition sans a aussi une valeur négative (exemple ci-dessus)

® NON est un adverbe de négation. Parfois il constitue une phrase entière à lui seul,
on parle alors de mot-phrase.

Est-ce qu’il pleut ? Non.

II – La négation lexicale

On rencontre aussi des expressions lexicales de la négation :

a- Par l’antonymie (= mots de sens contraire)

Savoir / ignorer

b- Par la préfixation : le fait de placer devant le nom un préfixe à valeur négative : anti, hors
de, non, im, in, dés, dis….

Au long du vieux canal à l’infini (« Les Usines »)

Le préfixe « in » exprime ici la négation au sens de « sans » : sans fin, sans limite, sans borne.
« à l’infini » est une locution adverbiale employé à deux reprises dans le poème :

- V.3 en complément circonstanciel de lieu, il signifie alors « à perte de vue »


- V. 30 en complément circonstanciel de temps, il signifie alors « continuellement »

Avec des déficits assez mal ravaudés (« Vénus anadyomène »)

Le terme « déficit » signifie « il manque » en latin. Le terme est composé du préfixe « -dé » qui
marque la négation et indique qu’une action est annulée ou inversée et du verbe faire « ficit »
(latin « facere » = faire). Le terme « déficit » exprime ainsi un manque, une insuffisance.

Vous aimerez peut-être aussi