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Madame, Monsieur
17/09/2008

Condensateurs de puissance

par Charles HANTOUCHE


Docteur ès Sciences
Ingénieur-Chercheur au Service Matériel Électrique
de la Direction des Études et Recherches d’Électricité de France

1. Notion de puissance réactive ............................................................... D 4 710 - 2


1.1 Puissance réactive ....................................................................................... — 2
1.2 Compensation de la puissance réactive .................................................... — 3
2. Généralités ................................................................................................. — 4
2.1 Aperçu historique ........................................................................................ — 4
2.2 Puissance et pertes diélectriques ............................................................... — 5
2.3 Emploi des condensateurs en HTB, HTA et BT.......................................... — 6
3. Constitution et fabrication des condensateurs ............................... — 6
3.1 Principe et différentes techniques .............................................................. — 6
3.2 Mise en œuvre ............................................................................................. — 7
3.3 Traitement : séchage, dégazage et imprégnation ..................................... — 8
3.4 Matériaux...................................................................................................... — 9
4. Causes de dégradation des condensateurs ...................................... — 12
4.1 Causes intrinsèques..................................................................................... — 12
4.2 Causes externes ........................................................................................... — 14
5. Essais des condensateurs de puissance ............................................ — 14
5.1 Généralités ................................................................................................... — 14
5.2 Essais de routine .......................................................................................... — 14
5.3 Essais de type............................................................................................... — 14
6. Batteries de condensateurs ................................................................... — 15
6.1 Types de batteries ........................................................................................ — 16
6.2 Systèmes d’installation et de protection d’une batterie shunt ................ — 17
6.3 Sécurité......................................................................................................... — 22
6.4 Prévention de l’environnement .................................................................. — 22
7. Systèmes de compensation .................................................................. — 23
7.1 Compensation en BT ................................................................................... — 23
7.2 Compensation en HTA................................................................................. — 24
7.3 Compensation en HTB................................................................................. — 24
7.4 Situation internationale ............................................................................... — 25
7.5 Conclusion .................................................................................................... — 25
8. Autres types de condensateurs ........................................................... — 25
8.1 Condensateurs pour installations de chauffage à induction.................... — 25
8.2 Condensateurs de couplage et diviseurs capacitifs .................................. — 25
6 - 1996

8.3 Condensateurs de disjoncteurs .................................................................. — 25


8.4 Condensateurs de stockage d’énergie ....................................................... — 25
8.5 Condensateurs divers .................................................................................. — 26
Pour en savoir plus ........................................................................................... Doc. D 4 710
D 4 710

n électrotechnique, les condensateurs de puissance sont utilisés essentiel-


E lement pour :
— l’amélioration du facteur de puissance ;
— la réduction des impédances en série des lignes ;

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— la régulation de la tension ;
— le filtrage des fréquences harmoniques ;
— le circuit bouchon des réseaux ;
— le démarrage des moteurs monophasés ;
— la protection des moteurs électriques ;
— le stockage de l’énergie électrique.
■ Cinq types de condensateurs permettent de satisfaire aux besoins des utilisa-
teurs ; on distingue :
— les condensateurs mixtes : ils sont constitués par une feuille de papier et
deux feuilles de plastique imprégnées par un diélectrique liquide non chloré ;
— les condensateurs tout film : ils sont constitués par deux ou trois feuilles de
plastique imprégnées par un diélectrique liquide non chloré ;
— les condensateurs tout film métallisé : ils sont constitués par une feuille de
plastique métallisée et non imprégnée ;
— les condensateurs tout film métallisé et imprégné : ils sont constitués par
une feuille de plastique métallisée ; les bobines ainsi constituées sont impré-
gnées par un diélectrique liquide ou gazeux ;
— les condensateurs électrolytiques.
Ces derniers, dont l’emploi se limite au démarrage des moteurs monophasés,
appartiennent plutôt au domaine de l’électronique [32]. Par contre, les autres
types de condensateurs sont très répandus sur les réseaux à haute tension
(HTA et HTB) et à basse tension (BT).
On traitera en détail, dans cet article, des condensateurs destinés à fournir
l’énergie réactive aux réseaux électriques ou aux installations industrielles.
■ On utilise la terminologie définie par la norme CEI 871-1, dont on rappelle
ci-après les principaux termes.
— Élément de condensateur (ou élément) : dispositif constitué essentiel-
lement par deux électrodes séparées par un diélectrique.
— Condensateur unitaire (ou unité) : ensemble d’un ou de plusieurs éléments
de condensateur placés dans une même enveloppe et reliés à des bornes de
sortie.
— Batterie de condensateurs (ou batterie) : ensemble de condensateurs uni-
taires raccordés de façon à agir conjointement.
— Condensateur : le terme condensateur est employé lorsqu’il n’est pas
nécessaire de préciser s’il s’agit d’un condensateur unitaire ou d’une batterie de
condensateurs.

1. Notion de puissance 1.1 Puissance réactive


réactive ■ Un réseau a pour fonction de transporter la puissance (ou l’éner-
gie) depuis une source de production vers un centre de consom-
Bien que l’objet principal de cet article soit la description technique mation appelé charge ou récepteur. La charge est caractérisée par sa
des condensateurs de puissance utilisés sur les réseaux alternatifs tension, son courant, son impédance et son facteur de puissance.
publics et industriels, il semble opportun de faire rappel des phéno- Tout système électrique fonctionnant sous tension alternative
mènes électrotechniques qui rendent indispensable leur emploi. consomme de l’énergie sous deux formes, l’ énergie active et
Pour plus de détails, le lecteur pourra se reporter en bibliographie l’énergie réactive, puisque la tension et le courant sont rarement en
aux articles référencés [33] [34] [35] [36]. phase.
En régime sinusoïdal, à la fréquence industrielle (50 Hz), appelons :
U et I les valeurs efficaces respectivement de la tension u et du
courant i,

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ϕ le déphasage entre v et i (compté positivement si le courant surdimensionnement des réseaux. L’ampleur du phénomène est
est en retard sur la tension). telle que, dans bien des cas, le réseau ainsi constitué deviendrait
● La puissance apparente, fournie par la source de production inexploitable.
S = UI
La solution consiste à produire de la puissance réactive au
impose les dimensions du générateur et du réseau de transport ou
voisinage des lieux de consommation. C’est le rôle des conden-
de distribution.
sateurs de puissance. Placés près des éléments inductifs, ces
● Seule la puissance active, reçue par la charge, se transforme en condensateurs leur fournissent directement de la puissance
énergie mécanique, thermique, lumineuse, etc. C’est la puissance réactive ; celle-ci n’a plus à circuler sur le réseau d’alimentation ;
utile qui transite par la charge et qui est : on limite ainsi les instabilités et les surdimensionnements des
P = U I cos ϕ = S cos ϕ réseaux.

Par rapport à la puissance apparente S, la puissance active P est


réduite d’un facteur de puissance cos ϕ entraînant des pertes
d’efficacité du réseau. 1.2 Compensation
● La puissance réactive, non utilisée, est :
de la puissance réactive
Q = U I sin ϕ = S sin ϕ
Ainsi, on obtient : ■ La figure 1 représente un réseau à prépondérance inductive et sa
S =
2
P +Q
2 représentation de Fresnel, avec son impédance complexe
Z = R + jX et sa tension V 2 aux bornes de la charge.
En réalité, la puissance réactive sert à l’aimantation des circuits
■ On propose d’améliorer le facteur de puissance par une compen-
magnétiques des machines électriques (transformateurs et moteurs)
sation locale à l’aide de condensateurs de puissance de capacité C.
et de certains appareils tels que les lampes fluorescentes. Mais, par
La figure 2 montre que, en calculant C pour que le courant I ′ ait la
contre, la transporter en même temps que la puissance active conduit
même valeur que la composante réactive I r du circuit initial, cette
à surdimensionner les lignes de transport et de distribution et donc
compensation réduit le courant transporté par la ligne tout en assu-
à en augmenter le coût ou à les faire fonctionner à leurs limites, ce
rant une alimentation correcte du récepteur. Cette réduction peut
qui peut conduire à des instabilités néfastes pour la qualité de
atteindre 20 à 40 %.
service.
Il faut remarquer que la portion AB de ligne alimentant la charge
■ On montre que la puissance réactive a des propriétés de reste parcourue par la même puissance apparente S.
conservation dans le réseau. Par convention, tout élément inductif
du réseau (ϕ > 0) consomme de l’énergie réactive et tout élément
capacitif (ϕ < 0) en produit. Il est aisé de calculer ces consommations
et productions.
La puissance réactive consommée par une inductance L
parcourue par un courant I est :

QL = Lω I 2
La puissance réactive produite par une capacité C soumise à une
tension U est égale à :
QC = C ω U 2
avec ω = 2 π f (ω étant la pulsation du réseau en radians par seconde
et f la fréquence en hertz).
Comme pour la puissance active, on peut établir, aux nœuds du
réseau ou sur tout trajet du courant, des bilans équilibrés de
puissance réactive. Le bilan global est le suivant : Figure 1 – Circuit sans compensation : schéma unifilaire

— les charges sont très généralement inductives, c’est-à-dire


consommatrices de puissance réactive ;
— les lignes aériennes produisent de l’énergie réactive du fait de
leur capacité lorsqu’elles sont peu chargées ; elles en consomment
lorsqu’elles sont fortement chargées ;
— les câbles souterrains en produisent du fait de leur faible
inductance et de leur grande capacité ;
— les transformateurs en consomment.
Globalement, le réseau et ses charges appellent de l’énergie
réactive, sauf aux heures creuses.
Ainsi, il s’établit, sur les réseaux, une forte circulation de puis-
sance réactive, ce qui se traduit par des cos ϕ faibles en tout point
du réseau, par conséquent, de fortes pertes de rendement et un Figure 2 – Circuit avec compensation réactive : schéma unifilaire

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2. Généralités Ces nouveaux liquides, mises à part les améliorations apportées


en matière d’écotoxicité permettent de réduire de 10 % les pertes
diélectriques (tan δ = 0,45 W/kvar) et d’augmenter de 15 % le champ
2.1 Aperçu historique (45 V/µm) sans nuire à la fiabilité. Ainsi, la puissance unitaire est
portée à 200 kvar entre 1975 et 1978.
■ La bouteille de Leyde (1745) est le premier condensateur de stoc- Parallèlement, pour le réseau à basse tension, la technique du
kage d’énergie électrique. Elle permet la réalisation de nombreuses condensateur métallisé (autorégénérateur) dont les éléments sont
expériences de physique aux XVIIIe et XIXe siècles. obtenus en bobinant du film de PP métallisé à l’aluminium ou au
zinc, fait son apparition.
● Les condensateurs ne sont utilisés industriellement pour
l’amélioration du facteur de puissance que vers 1920. Ces appareils, ● Au début des années quatre-vingt, les unités de 200 kvar
installés sur les réseaux, sont des unités monocuves, d’une puis- sont équipées de fusibles internes (figure 3), chaque élément du
sance réactive d’environ 500 à 1 000 kvar. Leur diélectrique est condensateur étant protégé par un fusible. Cette technique améliore
constitué par des feuilles de papier imprégné d’huile minérale. la disponibilité des unités sur les réseaux. Parallèlement, la totale
maîtrise de la fabrication des films de PP permet de réaliser un
● En France, cette technique subsiste jusqu’au début des années
cinquante. À cette époque, les unités monocuves sont remplacées diélectrique solide constitué uniquement de films de PP imprégnés
par des batteries de condensateurs monophasées de technologie par des liquides non chlorés. Les caractéristiques électriques de
cette technologie, vers 1990, sont plus performantes :
tout papier imprégné d’huile minérale. Le champ électrique est
de 12 V/µm avec une tangente d’angle de pertes diélectriques tan δ — les pertes diélectriques sont 4 fois moindre (tan δ = 0,1 W/kvar) ;
d’environ 3,5 W/kvar. Cette valeur de pertes autorise la fabrication — le gradient de potentiel d’utilisation a augmenté de 30 %
d’unités de puissance unitaire de 20 kvar. (60 V/µm) ;
— la puissance unitaire atteint 300 à 400 kvar avec des fusibles
● Dans les années soixante, la qualité des papiers s’améliore et
l’imprégnation s’effectue par un liquide chloré appartenant au internes.
groupe des polychlorobiphényles (PCB) ; le champ passe à 16 V/µm ● Actuellement (1996), les fabricants proposent des conden-
et tan δ est réduite à 3 puis à 2 W/kvar. Les puissances unitaires sateurs tout film (PP), de puissance réactive comprise entre 400 et
passent à 30, puis à 50 kvar. 500 kvar, voire plus, avec des fusibles internes ou sans fusibles mais
● Une nouvelle évolution technologique se manifeste avec la mise
dont le champ est d’environ 75 V/µm avec des tan δ de 0,1 W/kvar.
au point d’un film de polypropylène (PP) dont les propriétés diélec- ■ Les différentes caractéristiques de chacune de ces techno-
triques sont performantes. Les pertes diélectriques sont réduites logies sont résumées dans le tableau 1.
d’un facteur 3 (tan δ = 0,6 W/kvar) et le champ est multiplié par plus
de 2 (38 V/µm). À partir de 1968-1969, des unités de 100 kvar à
diélectrique mixte (une feuille de papier entre deux feuilles de PP) En conclusion, le passage des condensateurs de la techno-
imprégnées par le PCB commencent à être fabriquées par l’industrie logie « tout papier » à celle de « tout film » a permis en 40 ans
française. (figure 4) de :
● Mais la toxicité et la persistance des PCB dans l’environnement, — multiplier par 6 le champ électrique (de 12 à 75 V/µm) ;
mises en évidence par Jensen en 1966, provoquent des changements — multiplier par 25 la puissance réactive unitaire (de 20
importants. Dès 1972, le gouvernement japonais interdit l’utilisation à 500 kvar) ;
des PCB, les Américains font de même en 1975. La même année, la — multiplier par 11 la puissance massique (de 0,7 à 8 kvar/kg) ;
France restreint et réglemente les conditions d’emploi des PCB. Cette — diviser par 35 les pertes diélectriques (tan δ, de 3,5
situation conduit à la mise au point de nouveaux imprégnants non à 0,1 W/kvar).
chlorés et ne présentant pas de danger pour l’environnement.
(0)

Tableau 1 – Évolution des caractéristiques des condensateurs de puissance


Puissance Tangente de l’angle
Champ de pertes
Années Diélectriques réactive Masse
électrique
unitaire tan 
(kvar) (V/µm) (W/kvar) (kg)
1950-1959 Papier/huile minérale 20 12 3,5 30
1960-1968 Papier/PCB 30 à 50 16 2 40
1969-1974 Mixte/PCB 100 38 0,6 45
1975-1983 Mixte/liquides non chlorés 100 à 200 45 0,45 35 à 60
1984-1987 Mixte avec fusible interne (1) 200 45 0,45 60
1988-1993 Tout film avec fusible interne (1) jusqu’à 400 60 0,1 65
1994-... Tout film avec fusible interne (1) jusqu’à 600 75 0,1 65
(1) Ces condensateurs peuvent être également fabriqués sans fusible interne et le liquide d’imprégnation est toujours non chloré.

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2.2 Puissance et pertes diélectriques Par ailleurs, le condensateur est parcouru par un courant I qui
n’est pas tout à fait en quadrature de phase avec la tension U.
L’angle de pertes δ correspondant (figure 5), est le complé-
Un condensateur est caractérisé, d’une façon générale, par les mentaire de l’angle ϕ, existant entre la tension et le courant. La puis-
valeurs de sa capacité, de sa tangente de l’angle de pertes (tan δ ) sance perdue P p (en W), dissipée sous forme de chaleur, est liée à
et de sa puissance réactive Q. Ainsi, un condensateur monophasé Q (en kvar) par :
de capacité C (exprimé en µF) alimenté sous une tension U (V) est Pp = Q tan δ
parcouru par un courant d’intensité I (A) telle que :
tan δ (W/kvar) est appelée facteur de pertes ; on dit aussi pertes
I = 10–6 C ω U diélectriques.
avec : C = ε r ε 0 /d
où ε r et ε 0 sont respectivement la permittivité relative moyenne
des isolants et la permittivité absolue du vide,  la surface des
armatures (électrodes) et d l’épaisseur des isolants.
Le condensateur délivre une puissance réactive Q (exprimée
en kvar) :
–6 2 3 –9 2
Q = 2π10 C f U / 10 = 2π10 C f U
–9 2
= 2π10 ε r ε 0 f U / d
–9 2
= 2π10 ε r ε 0 f E d

avec E = U/d (V/µm) champ électrique appliqué.


Ainsi, on obtient la puissance volumique (exprimée en
kvar/dm3) :
–9 2 2
Q / d = 2π10 ε r ε 0 f E = K ε r E

La puissance volumique est proportionnelle au produit ε rE 2. On


constate que plus le champ E est élevé, pour une puissance
donnée et avec les matériaux couramment utilisés (par exemple, le
diélectrique PP imprégné, qui a une permittivité relative εr de
l’ordre de 2,2), moins le condensateur sera encombrant.
Figure 3 – Vue interne d’un condensateur à fusibles internes

Figure 4 – Évolution des technologies des condensateurs

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puissance ou aux fours à arcs, entraînant la création d’harmoniques


de courant et de tension, qui ont des effets néfastes sur les matériels
du réseau et les appareils d’utilisation (vieillissement accéléré ou
claquage). Pour les limiter, on installe des filtres d’harmoniques
comportant des condensateurs [37]. Ces filtres sont, en général,
associés à des batteries fournissant de la puissance réactive. On les
utilise aussi pour filtrer les composantes harmoniques présentes
sur le réseau à courant continu.
■ Il faut mentionner que l’on emploie les condensateurs de
puissance pour d’autres types d’usage qui sont décrits succinc-
tement en fin d’article (§ 8). On peut citer les condensateurs utilisés
pour le stockage d’énergie, pour la multiplication de la tension et
comme diviseurs capacitifs. Les condensateurs de l’électronique de
puissance ne sont pas traités ici, mais dans l’article référencé [32].

Figure 5 – Représentation de l’angle de pertes 3. Constitution et fabrication


des condensateurs
2.3 Emploi des condensateurs
en HTB, HTA et BT 3.1 Principe et différentes techniques
L’élément de condensateur (figure 6) est constitué de deux
Le rôle de base des condensateurs de puissance est la compen-
armatures métalliques (aluminium ou zinc) minces (de 5 à 6 µm),
sation de la puissance réactive dans les réseaux électriques et le fil-
séparées par un milieu isolant (plusieurs films de papiers et/ou de
trage des harmoniques. Rappelons que, en France, les réseaux
films de PP imprégnés ou non par un diélectrique liquide)
publics sont répartis en quatre niveaux :
d’épaisseur d et de permittivité ε. Les électrodes (de surface  ) et
— les réseaux de transport à très haute tension (THT) : 225 kV les films sont enroulés et forment une bobine. Un condensateur
ou 400 kV ; unitaire est réalisé à partir d’une association de plusieurs éléments
— les réseaux de répartition à haute tension (HTB) : 63 kV connectés en parallèle et/ou en série.
ou 90 kV ;
— les réseaux de distribution à moyenne tension (HTA) : 10 kV On distingue deux techniques de fabrication selon la tension
ou 15 kV ou 20 kV ou exceptionnellement 33 kV ; d’utilisation.
— les réseaux de distribution à basse tension (BT) : tensions
inférieures ou égales à 1 000 V.
3.1.1 Condensateur utilisé en HT
On distingue trois types de compensation réactive.
■ Compensation shunt ■ Les premiers condensateurs étaient fabriqués avec, comme
Les condensateurs de puissance sont installés en dérivation sur isolant, des papiers Kraft (figure 7a ) imprégnés avec des huiles
le réseau (§ 6.1.1). Pratiquement, ils sont connectés aux bornes du minérales, puis avec des PCB (§ 2.1). Certaines unités
réseau suivant un couplage étoile (simple étoile ou double étoile) (condensateurs de couplage) sont encore réalisées avec des couches
ou triangle. Le nombre de condensateurs connectés dépend de la de papier imprégné d’huile minérale. À partir des années soixante,
puissance réactive totale nécessaire et de la puissance unitaire. on a utilisé les condensateurs à diélectrique mixte (figure 7b )
imprégnés par des PCB, puis par des liquides non chlorés.
Les condensateurs shunt sont utilisés :
Signalons que l’huile de ricin imprègne, également, les conden-
— soit en BT, souvent au plus près des appareils d’utilisation ; sateurs pour le stockage d’énergie ou pour un fonctionnement
— soit en HTA, où ils sont regroupés en batteries (§ 6.2) de sous très haute tension continue. Cette huile associe à une bonne
quelques mégavars ; stabilité thermique une permittivité relative élevée (εr ≈ 5).
— soit en HTB, avec des batteries de plusieurs dizaines de
mégavars ; ■ Actuellement, les condensateurs de puissance, utilisés en France
— soit, enfin, en THT, avec des batteries de quelques centaines pour améliorer le facteur de puissance, sont à diélectrique tout film
de mégavars. imprégné par un liquide non chloré avec ou sans fusibles
internes. Le diélectrique solide est constitué par deux ou trois films
■ Compensation série d’épaisseurs comprises entre 10 et 16 µm. Ces films de PP sont le
Les condensateurs de puissance sont placés en série sur le réseau plus souvent rugueux. Cette rugosité est nécessaire pour permettre
dont ils compensent partiellement la réactance (§ 6.1.2). Cette au diélectrique liquide d’imprégner l’intérieur du condensateur. Les
compensation, employée sur certaines lignes HTB ou THT qui sont armatures sont réalisées avec des feuilles d’aluminium dont
à la fois très chargées et très longues, contribue à la stabilité de la l’épaisseur est d’environ 5 à 6 µm et qui peuvent être déformées, si
tension du réseau. les films de PP sont lisses (figure 8a ), ou non, si les films de PP sont
Ce type de compensation est assez exceptionnel en France. rugueux (figure 8b ).
Mentionnons simplement que les principaux problèmes résident Notons que la feuille d’aluminium doit être parfaitement propre ;
dans la protection contre les surintensités qui traversent les batteries en particulier, un traitement adéquat doit éliminer tous les produits
de condensateurs lorsqu’un court-circuit se produit sur les lignes où de lubrification utilisés lors du laminage. De plus, elle doit avoir
elles sont installées. une bonne régularité, une tenue mécanique satisfaisante, ne pas
présenter de plis, de déchirures, d’aspérités aux marges, etc.
■ Filtrage Actuellement, la technique de découpage au laser des armatures
Les réseaux alternatifs sont le siège de phénomènes non est de plus en plus utilisée.
linéaires, dus à des équipements composés d’électronique de

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Figure 6 – Élément de condensateur

■ Une nouvelle technologie est au début de son développement


dans le domaine HT ; c’est celle des condensateurs tout film méta-
llisé imprégné. On essaye d’utiliser, en moyenne et haute tensions,
les connaissances acquises sur la métallisation pour fabriquer des
condensateurs à basse tension (§ 3.1.2). La composition de l’huile Figure 7 – Constituants d’un élément de condensateur
pour imprégner ce type de film n’est pas encore arrêtée. tout papier ou mixte

3.1.2 Condensateur utilisé en BT

Dans le passé, les éléments des condensateurs, qu’ils soient


destinés à la haute tension ou à la basse tension, relevaient de la
même technique de fabrication. Puis, les condensateurs à diélec-
trique papier métallisé imprégné et, plus récemment, les conden-
sateurs secs à film de PP métallisé sont apparus pour la basse
tension. Dans les deux technologies, les armatures consistent en
une mince couche de métal, d’épaisseur inférieure à 0,01 µm
(figure 9), déposée sur le diélectrique. Ce dépôt est obtenu par éva-
poration sous vide de métaux parmi lesquels le zinc et l’aluminium
sont traités par effet couronne pour assurer une bonne adhérence
de la couche métallique.
Les diélectriques métallisés possèdent la faculté d’autorégéné-
ration (autocicatrisation). Lorsqu’un claquage se produit, l’énergie
libérée autour du point de défaut volatilise une certaine surface de
métal ; le point conducteur se trouve ainsi isolé par la disparition
d’une partie de l’armature située à son contact (figure 9). Figure 8 – Constituant d’un élément de condensateur tout film

3.2 Mise en œuvre


3.2.1 Condensateur utilisé en HT
La figure 3 montre une vue éclatée d’un condensateur et les
schémas de la figure 10 présentent les dispositions internes de
condensateurs sans et avec fusibles internes.
■ Les éléments de condensateur, enroulés en bobine, sont aplatis
et rangés côte à côte dans le sens vertical (position de plus en plus
rare) ou horizontal suivant l’évolution de la technologie. Chaque
élément a une tension nominale comprise entre 1 et 2 kV. Ces
éléments sont assemblés en un paquet qui forme la partie active
de l’unité, puis connectés électriquement selon un schéma
série-parallèle permettant d’obtenir la tension et la puissance
désirées.
● Les sorties de courant peuvent être réalisées de trois façons :
— par languettes : on insère plusieurs languettes métalliques en
contact avec chaque armature ; leur nombre par armature déter- Figure 9 – Condensateur utilisé en BT : structure et autocicatrisation
mine l’inductance propre de l’unité et conditionne la tenue en
régime de décharge brusque ;
— par armature débordante : on fait dépasser chaque armature ● La partie active est isolée électriquement de la cuve métallique
sur les deux côtés opposés du bobinage et on y soude les au moyen de nombreuses couches de papier (figure 3). Deux types
connexions ; de solutions pour l’isolation à la masse peuvent être adoptés :
— par armature débordante repliée : c’est la même technique — dans le premier cas, la partie active du condensateur est
que la précédente, mais on plie l’extrémité des armatures débor- isolée par rapport à sa cuve qui, en fonctionnement, est au poten-
dantes ; ce qui permet de réduire le risque de claquage dû à l’effet tiel de la terre ; cette disposition est adoptée lorsque le niveau
de bord. d’isolement n’est pas trop élevé ;

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En effet, lors du bobinage, les deux films sont très légèrement


décentrés afin qu’une partie métallisée de chacun des films soit
visible à une des deux extrémités de la bobine. Une protection de
zinc (shoopage ) sur ces extrémités permet de réaliser les
connexions. Après avoir subi un traitement thermique, les bobines
sont placées dans un boîtier muni de traversées isolantes, qui est
ensuite scellé.
Un condensateur élémentaire constitué d’une bobine placée
dans un boîtier métallique ou plastique peut être équipé, lors de sa
fabrication, d’un déconnecteur interne à surpression ou/et d’un
fusible interne en parallèle (figure 13). Ces dispositifs assurent la
déconnexion interne entre l’unité et le réseau lors d’une anomalie
de fonctionnement due à une dégradation rapide (surtensions
transitoires) ou lente (vieillissement).
La tension d’un élément basse tension ne dépasse par 1 000 V.
On obtient une unité ayant une puissance et admettant une
tension désirée en associant les éléments en groupement série-
parallèle ; le couplage est généralement triphasé.

Les condensateurs secs à film de polypropylène métallisé se


caractérisent par des pertes diélectriques d’environ 0,2 W/kvar
et un gradient de tension de 50 à 60 V/µm.

3.3 Traitement : séchage, dégazage


Figure 10 – Condensateur HTA avec et sans fusibles internes :
et imprégnation
schémas de la disposition interne
3.3.1 Condensateur utilisé en HT
■ Le traitement commence par un séchage, retirant la plus grande
— dans le deuxième cas, lorsque le niveau d’isolement est impor-
partie de l’eau présente, surtout dans le papier. La partie active du
tant, la dimension des bornes croît et l’épaisseur de l’isolement
condensateur est placée dans son enveloppe métallique dans
devient grande et limite la dissipation thermique de l’unité ; on pré-
laquelle une ouverture de section appropriée est aménagée.
fère réaliser un isolement réduit, avec, souvent, une seule borne
L’ensemble est mis dans une étuve fermée et chauffée. Au début du
isolée, l’autre borne étant reliée à la cuve ; on installe alors les
traitement, la température doit être assez modérée, inférieure
condensateurs sur des châssis isolés.
à 100 oC. La vapeur d’eau qui se dégage doit être évacuée le mieux
La seconde solution est utilisée plutôt sur les réseaux HTB et THT. possible afin d’éviter les réactions d’hydrolyse de la cellulose.
● Enfin, l’ensemble est soumis à un traitement de séchage et de
dégazage. Puis, il est imprégné par un diélectrique liquide (§ 3.3). La ■ La deuxième partie du traitement est effectuée sous vide, à une
cuve est ensuite scellée et revêtue d’une protection contre la température plus élevée. Il faut éviter l’évaporation intense qui
corrosion. Pour assurer la sécurité de l’exploitant, une résistance de peut provoquer des refroidissements locaux et freiner le traite-
décharge Rd est prévue (figure 10). Cette résistance peut être placée ment. Vers la fin du dégazage, qui, suivant l’importance de la
entre les bornes de l’unité ou répartie, en parallèle, sur les groupes cuve et les dimensions des condensateurs, peut se prolonger plu-
en série. sieurs jours, la température peut atteindre 120 oC, sous un vide
d’environ 10–2 mm Hg (1 Pa). Dans ces conditions, on retire l’eau
■ Une variante du condensateur, présentée sur la figure 10b, est contenue dans le papier ainsi que l’air dans les films de polypro-
l’unité à fusibles internes. On insère, en cours de montage de la pylène.
partie active, un fusible en série avec chaque élément. En cas de
claquage d’un élément, le fusible fond et l’unité reste en exploitation ■ L’imprégnation est la troisième phase du traitement ; au cours
au détriment d’une perte très faible de sa capacité. Hormis un de celle-ci, l’imprégnant est introduit dans la cuve par le biais de
couplage particulier des éléments et la présence des fusibles, la l’ouverture aménagée. Il a été, évidemment, soigneusement dégazé
conception générale et les méthodes de fabrication de ce type de auparavant. En effet, le taux de gaz en solution conditionne, pour
condensateur sont identiques à celles des unités sans fusibles une bonne part, la tenue du condensateur aux décharges partielles
internes. Avec l’introduction des fusibles internes, le nombre d’inter- (effluves).
ventions de maintenance et de changement de condensateurs est Enfin, après une durée d’imprégnation suffisante, la cuve est
sensiblement réduit (réduction de l’ordre de 2/3). refroidie, le vide est cassé et l’ouverture de l’enveloppe est obturée.

3.2.2 Condensateur utilisé en BT 3.3.2 Condensateur utilisé en BT

La figure 11 montre une vue éclatée d’une cuve de condensa- ■ Les éléments bobinés subissent un traitement de séchage et de
teurs à basse tension. dégazage au cours duquel le film métallisé se resserre sur lui-même.
L’élément est obtenu en bobinant simultanément deux films de ■ Une fois placés dans leur boîtier, ils sont enrobés par une résine
PP métallisés ayant la particularité de conserver sur quelques milli- polymérisable. En assurant ainsi une bonne étanchéité, on évite la
mètres un des deux bords non métallisés (figure 12). On réalise pénétration d’oxygène et d’humidité qui peut entraîner, au cours du
ainsi une bobine à armature débordante. Cette métallisation temps, une dégradation des performances du condensateur et une
sert d’armature et confère au condensateur des propriétés d’auto- réduction de sa capacité.
cicatrisation (figure 9).

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Figure 11 – Cuve de condensateurs


à basse tension : vue éclatée [17]

3.4.1 Papier

La pâte à papier pour condensateur est fabriquée par traitements


mécanique et chimique du bois de pin.
La masse volumique de la cellulose peut être estimée à 1,54g/cm3
et sa permittivité relative à 6,5 à la fréquence industrielle (50 Hz).
Actuellement (fin des années quatre-vingt), les fabricants utilisent
le papier pour isoler la partie active du condensateur de la
cuve (§ 3.2.1). L’utilisation du papier comme diélectrique solide pour
les condensateurs de puissance se fait de plus en plus rare.

Figure 12 – Conception d’un condensateur BT 3.4.2 Film de polypropylène

Le polypropylène, découvert en 1954 par G. Natta, est un polymère


isotactique où tous les groupes méthyles sont situés du même côté
du plan contenant la chaîne carbonée ; sa formule chimique est :

n CH 3 —CH  CH 2 → — [ CH 2 — CH ( CH 3 ) ] — n

Il comporte un taux réduit de forme atactique (les groupes


méthyles sont répartis au hasard d’un côté ou de l’autre de la chaîne)
et un faible taux d’impuretés minérales.
■ Il existe, actuellement, trois types de procédés de fabrication
des polypropylènes : la polymérisation en milieu aqueux, la poly-
mérisation en masse et la polymérisation en phase.
Il faut noter que, après la polymérisation, le polypropylène se
présente sous forme d’une poudre grossière de 0,3 à 1 mm de
granulométrie, en général difficile à utiliser dans les machines de
Figure 13 – Condensateur BT avec un déconnecteur à surpression
transformation. Ainsi, le polypropylène est malaxé à l’état fondu
et un fusible : schéma interne [28]
dans une extrudeuse, puis refroidi à sa sortie sous forme de
granulés cylindriques, de dimension allant jusqu’à 5 mm.
■ Les procédés de mise en œuvre du polypropylène, permettant
3.4 Matériaux d’obtenir des films pour condensateurs, sont l’extrusion avec
bi-étirage à plat et l’extrusion avec bi-étirage par le procédé à la bulle.
Si le principe de base d’un condensateur n’a pas changé, en plus ■ Les principales caractéristiques du polypropylène sont les
de trente ans les condensateurs de puissance ont très sensiblement suivantes.
évolué, grâce, en grande partie, aux progrès des matériaux. Ils ont ● Propriétés électriques : c’est un polymère non polaire ; sa
progressé par paliers technologiques successifs, de condensateurs tangente de pertes est tan δ ≈ 2 · 10–4 et sa permittivité relative
tout papier imprégné à l’huile minérale à ceux de technologie tout est 2,2 < ε r < 2,3 ; sa rigidité diélectrique de claquage en courant
film avec un imprégnant non chloré (§ 2.1). continu peut atteindre 700 V/µm.

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● Propriétés mécaniques : sa résistance à la rupture est de l’ordre — d’associer des diélectriques dont les permittivités relatives
de 40 MPa et l’allongement à la rupture est compris entre 100 sont trop différentes, ce qui se traduit par une mauvaise répartition
et 600 %. des contraintes électriques.
● Propriétés physiques : sa masse volumique est voisine
de 0,9 g/cm3 et son absorption d’eau est faible (inférieure à 0,05 %).
Actuellement (en 1996), pour les condensateurs, les puis-
● Propriétés thermiques : sa température de fusion est comprise
sances unitaires élevées (d’environ 500 à 600 kvar) sont
entre 160 et 170 oC et sa conductivité thermique est 0,22 W/m · K. obtenues avec des diélectriques tout film (εr = 2,2) imprégnés
■ Pour améliorer les caractéristiques des films de polypropylène, avec des liquides de faible permittivité (εr = 2,5), mais soumis à
plusieurs additifs sont introduits pendant la transformation. On des champs électriques élevés (entre 60 et 75 V/µm).
peut citer :
— les anti-UV pour stabiliser sa dégradation aux UV ; ■ Rigidité diélectrique
— les antioxydants pour améliorer sa résistance aux agents À chaque palier technologique, le champ électrique de fonction-
oxydants présents ; nement de condensateur augmente (tableau 1). Cela implique des
— les stabilisants thermiques, les agents ignifugeants pour amé- matériaux dont les rigidités diélectriques sont de plus en plus
liorer son comportement au feu ; élevées.
— les charges minérales pour augmenter sa rigidité mécanique
● Pour le papier, la rigidité diélectrique est influencée par la
et sa tenue thermique.
masse volumique, l’épaisseur (figure 14), la porosité et le nombre
de points conducteurs.
3.4.3 Imprégnants ● Le film de polypropylène est, par contre, plus homogène,
surtout celui obtenu par extrusion avec un bi-étirage à plat, qui est
Les huiles utilisées comme imprégnants des diélectriques solides, plus compact et plus pur ; sa rigidité diélectrique, exprimée en
pour la moyenne et la haute tensions, ont suivi aussi les paliers fonction de la surface de l’échantillon (figure 15), est supérieure à
technologiques successifs. On est passé de l’huile minérale au celle du papier.
MDBT en passant par les huiles de synthèse comme le PCB, le BNC ● En ce qui concerne les isolants liquides utilisés, leur rigidité
et le MIPB. diélectrique se situe au-dessus de 60 V/µm.
Les principales caractéristiques des isolants liquides
(imprégnants) utilisés dans les condensateurs installés sur le réseau
EDF sont rassemblées dans le tableau 2.

3.4.4 Principales caractéristiques


des isolants solides et liquides
Les fournisseurs de matériaux et les fabricants de condensateurs
procèdent à la mesure de nombreuses propriétés et à divers essais
de sélection ou de réception. La connaissance de certaines carac-
téristiques est indispensable pour concevoir le condensateur et sa
tenue en fonctionnement. On peut retenir les principales caractéris-
tiques suivantes.
■ Permittivité relative
Bien que l’on ait intérêt à choisir des solides et des liquides de
permittivité élevée, il faut éviter :
— d’utiliser des diélectriques liquides dont les permittivités
relatives sont trop fortes, car les caractéristiques diélectriques dimi-
nuent progressivement sous l’action des champs électriques ; en
particulier, les imprégnants sont très sensibles à la dissociation
d’impuretés extraites du solide imprégné ou encore engendrées par Figure 14 – Rigidité diélectrique du papier sous tension continue
autodissociation du liquide lui-même ; en fonction de l’épaisseur

(0)

Tableau 2 – Caractéristiques des imprégnants utilisés pour les condensateurs


Polychloro- Néocaprate Mono-isopropyl- Phényl-xyly- Mono-di-benzyl-
Caractéristiques biphénile de benzyle biphényle éthane toluène
PCB BNC MIPB PXE MDBT

Permittivité relative à 50 Hz ......  à 20 oC ....................


à 60 oC ....................
6
5,1
3,8
3,3
2,8
2,5
2,7
2,5
2,6
2,5

Viscosité cinématique ...............  à 30 oC ...... (mm2/s)


à 75 oC ...... (mm2/s)
2,8
3,9
4,6
2,2
6,2
2,1
6,5
2,3
6,5
<2
Point d’écoulement ..................................................... (oC) – 23 < – 60 – 55 – 48 – 55
Point d’éclair ................................................................ (oC) 180 155 155 156 155
Point de feu .................................................................. (oC) néant 165 175 170 170
Masse volumique à 20 oC ......................... (en 103 kg/m3) 1,38 0,96 0,99 0,99 1,01

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Figure 15 – Rigidité diélectrique d’un film de polypropylène


sous tension continue en fonction de la surface de l’échantillon

■ Pertes diélectriques
● D’après les figures 16 et 17, on constate que les variations de
la tangente de l’angle de pertes diélectriques du polypropylène en
fonction de la température ou de la fréquence sont relativement
réduites par rapport à celles du papier. Cette caractéristique (tan δ
de l’ordre de 2 · 10–4) impose le polypropylène comme le diélec-
trique solide dans les condensateurs.
● En ce qui concerne les diélectriques liquides, les valeurs de tan δ
(figure 18) peuvent atteindre les mêmes ordres de grandeur que les
solides.
Il faut noter que les pertes diélectriques des condensateurs sont influencées par la pola-
rité des molécules de l’imprégnant (plus l’imprégnant est polaire plus les pertes sont impor-
tantes). Elles dépendent aussi de la température (figures 16 et 18). Ainsi, pour réduire les
pertes d’énergie il faut choisir des isolants peu polaires (c’est-à-dire à faible permittivité). Figure 16 – Tangente de l’angle de pertes diélectriques, à 1 kHz
en fonction de la température pour quelques polymères
■ Absorption de gaz sous décharges partielles
La capacité d’absorption de gaz formé sous effluve électrique
d’un imprégnant est une grandeur importante quant à la prévision
de sa tenue aux décharges partielles. En effet, l’isolant liquide et ses
additifs doivent réagir aux décharges partielles et éviter la formation
de bulles de gaz qui peuvent provoquer le claquage d’un conden-
sateur. Les imprégnants comme le MDBT ou le PXE ont une capacité
d’absorption trois ou quatre fois supérieure à celles des anciens
liquides (PCB). Par ailleurs, ces imprégnants ont des qualités bio-
écologiques (toxicité, biodégradabilité, etc.) supérieures à celles des
premières huiles de synthèse.

E n r é s u m é , l e s c o n d e n s a t e u r s d e l a fi n d e s a n n é e s
quatre-vingt-dix sont caractérisés par :
— une meilleure rigidité diélectrique (champ élevé) ;
— un niveau d’apparition de décharges partielles plus élevé ;
— une plus grande capacité d’absorption des gaz ;
— une relative homogénéité des permittivités relatives entre
les isolants solides, et liquides ;
— des pertes diélectriques fortement réduites ;
— une meilleure qualité bioécologique. Figure 17 – Tangente de l’angle de pertes diélectriques, à 20 oC
en fonction de la fréquence pour quelques polymères

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Figure 18 – Tangente de l’angle de pertes diélectriques, à 50 Hz,


sous tension nominale en fonction de la température
pour quelques imprégnants

4. Causes de dégradation Figure 19 – Évolution du taux de défaillances annuel

des condensateurs des condensateurs sur le réseau public (EDF)

du papier (3,5 W/kvar). Par contre, les isolants, aujourd’hui, ont des
Le retour d’expérience du fonctionnement des condensateurs de pertes très faibles (0,1 à 0,2 W/kvar) et qui augmentent peu avec la
puissance sur le réseau EDF (figure 19) permet la distinction de température sauf en cas de pollution accidentelle. Il en résulte que
deux types de causes de dégradation : les causes intrinsèques et les condensateurs actuels sont stables jusqu’à des températures
les causes externes. supérieures à 100 oC. Toutefois, à ces températures élevées, la
dégradation des constituants est rapide et la durée de vie des
condensateurs peut être abrégée. Un essai de type existe toujours
dans les normes (§ 5.3.1) pour contrôler une éventuelle instabilité
4.1 Causes intrinsèques thermique accidentelle due à des impuretés présentes dans les
composants du condensateur.

En fonctionnement sur les réseaux, les condensateurs sont


assujettis à des contraintes électriques et/ou thermiques dues à 4.1.2 Rupture diélectrique
l’exploitation même. Il est indispensable de tenir compte des phéno-
mènes physiques dont l’apparition et le développement pourraient La tension de claquage d’un diélectrique de condensateur (§ 3.4.4)
conduire rapidement à une défaillance et qui sont, en particulier : est élevée. Toutefois, ce niveau n’est atteint et conservé dans le
— l’instabilité thermique des diélectriques ; temps que si le diélectrique a été réalisé avec tous les soins
— les impuretés introduites accidentellement durant la fabrica- nécessaires. Des impuretés (faible quantité d’humidité, particules
tion ; métalliques en suspension...), provenant d’un matériau mal
— les phénomènes transitoires rapides ; contrôlé ou de la simple manutention des constituants avec une
— les surtensions ou les surintensités qui peuvent se manifester propreté insuffisante, des poussières, des soudures, etc., réduisent
sur les réseaux et provoquer l’apparition de décharges partielles la rigidité diélectrique de façon considérable. De plus, les
ou accélérer le vieillissement des diélectriques ; connexions internes peuvent être détruites par la mise en court-
— les harmoniques. circuit d’un condensateur chargé à une tension trop élevée, à cause
de mauvaises soudures de connexions. Les essais de routine et de
type sont prévus pour un tel contrôle de rupture diélectrique (§ 5).
4.1.1 Instabilité thermique

Le condensateur atteint un régime d’instabilité thermique lorsque 4.1.3 Fuite diélectrique


les pertes produites sont supérieures à celles qui peuvent être éva-
cuées dans le milieu environnant. La prédétermination d’un tel Les condensateurs HTA en exploitation, surtout ceux installés à
régime et son contrôle étaient importants pour l’ancien palier tech- l’extérieur, sont soumis à des contraintes thermiques et mécaniques
nologique tout papier, vu les pertes diélectriques très importantes environnementales très variées. Les variations climatiques, la manu-

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tention (serrage, desserrage des bornes) permettent, dans le cas — les décharges partielles n’apparaissent pas, bien souvent, sur
d’une fabrication mal soignée pour l’étanchéité des traversées, une les unités neuves ; pour les condensateurs « tout film » bien conçus,
fuite du liquide diélectrique qui peut conduire au claquage de l’unité. la tension d’apparition des décharges partielles est supérieure à
1,5 fois, voire 2 fois, la tension assignée de fonctionnement ;
— on ne peut mesurer que la décharge apparente ramenée aux
4.1.4 Décharges partielles bornes de l’unité, la partie active d’un condensateur étant complè-
tement scellée, etc.
Les différentes contraintes électriques (transitoires, surtensions, Un condensateur ne doit pas présenter de décharges partielles à
harmoniques...) du réseau peuvent créer, en certains points des sa tension de service. Elles peuvent apparaître à la suite d’une
diélectriques du condensateur, un champ électrique trop important ; surtension importante, mais doivent s’éteindre rapidement (capacité
parmi les nombreux phénomènes qui en résultent, citons : d’absorption). La présence de décharges partielles d’une manière
— la libération de gaz dissous ; permanente est une indication d’un certain niveau de dégradation
— la formation de vacuoles ; des diélectriques, qu’il faut quantifier. En 1996, des investigations
— l’apparition de petites décharges accompagnées de la destruc- sont en cours, dans plusieurs pays, pour pouvoir établir une corré-
tion de certaines molécules ; lation entre les décharges partielles mesurées et leur niveau de noci-
— la formation de produits gazeux. vité sur les diélectriques ou le niveau de dégradation.
Les gaz dans ces vacuoles sont ionisés et accélérés par le champ La détection des décharges partielles est un essai non destructif.
électrique ; ils génèrent de nouveaux sous-produits qui accélèrent De nombreuses méthodes ont été mises au point : méthodes élec-
à leur tour le processus de dégradation. Ces phénomènes sont triques (directe ou en pont), méthode acoustique, méthode optique,
intenses au niveau de toutes les aspérités produisant un effet de méthode électrique sous rayons X [13] [30].
pointe (bords et extrémités des armatures métalliques, corps La méthode électrique en pont est la mieux adaptée à cause de
étranger, etc.). Ils sont dangereux si des bulles se forment soit par la valeur élevée de la capacité du condensateur sous essai. La
suite de dégazage insuffisant, soit par suite de réactions chimiques figure 20 représente le schéma de principe du dispositif en pont avec
libérant des gaz. un système d’acquisition numérique. Ce dispositif numérique per-
Le diagnostic de la présence de décharges partielles dans les met de mesurer la décharge apparente et sa phase d’apparition. À
condensateurs est particulièrement complexe pour différentes partir de ces deux mesures, on peut calculer un grand nombre de
raisons : grandeurs physiques des décharges partielles (énergie, puissance,
— la capacité d’un condensateur industriel est très élevée (par débit quadratique, courant moyen, fréquence de répétition, charge
rapport aux capacités d’autres matériels électriques), d’où la moyenne, etc.) et des paramètres statistiques (écart-type, aplatis-
présence d’un bruit de fond élevé (il faut distinguer les impulsions sement, asymétrie, etc.) qui permettent d’interpréter les spectres des
dues aux bruits de celles des décharges partielles) ; décharges partielles obtenus.

Figure 20 – Dispositif numérique de mesure des décharges partielles : schéma de principe

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On espère, avec ce nouveau système, pouvoir diagnostiquer 5.2 Essais de routine


sans ambiguïté la nocivité des décharges partielles produites dans
un condensateur.
Les essais de routine sont des essais à effectuer sur chaque
condensateur fabriqué. Ils permettent de s’assurer que les conditions
minimales de performances exigées sont bien tenues. D’une manière
4.2 Causes externes générale, on contrôle les caractéristiques suivantes :
— la capacité C et la tangente de l’angle de pertes diélectriques
Le retour d’expérience (cumulé sur 20 ans à EDF) montre qu’une tan δ ;
partie du taux de défaillances total est due à des causes externes — la tenue de la rigidité diélectrique (essais diélectriques) ;
(figure 19). Les principales causes sont : — l’étanchéité de la cuve.
— la manutention : pendant l’installation des condensateurs sur D’après les différentes normes et quel que soit le niveau de
le réseau, un serrage au-delà de 40 N · m conduit à la rupture des tension, les essais de routine à effectuer systématiquement sur
bornes ; chaque unité sont :
— les animaux : la majorité des batteries moyenne et haute — les mesures de C N et de tan  , à la tension U N et à la fréquence
tensions est installée à l’extérieur, d’où le risque de court-circuit et f N assignées de fonctionnement ;
de claquage de condensateurs au passage d’animaux (chats, — l’essai de tenue en tension entre bornes : la tension appliquée
oiseaux, fouines, etc.) ; est :
— les herbes : pour la même raison que précédemment, quelques • en basse tension, d’environ 2,15 fois la tension assignée,
plantes peuvent provoquer le court-circuit d’une batterie et le cla- • en moyenne et haute tensions, 2,5 fois la tension assignée ;
quage de condensateurs. aucune défaillance n’est autorisée ;
— l’essai diélectrique entre bornes réunies et la cuve : les tensions
appliquées dépendent des tensions de fonctionnement (3,6 kV pour
la basse tension et 50 kV pour les moyenne et haute tensions) ;
5. Essais des condensateurs — l’essai d’étanchéité : chaque unité, contenant un diélectrique
liquide, est soumise, hors tension, à une température supérieure à
de puissance la valeur maximale de la catégorie de température du condensateur ;
aucune fuite n’est admise.
5.1 Généralités
Les causes de dégradation en fonctionnement des condensa- 5.3 Essais de type
teurs, exposées au paragraphe 4, permettent d’établir et de faire
évoluer les essais de contrôle à réaliser. Les essais de type sont effectués afin de prouver que la conception,
Les essais à effectuer sur les condensateurs destinés à la les dimensions, les matériaux et la construction sont tels que le type
production de la puissance réactive sont spécifiés par les normes de condensateur conçu satisfait aux caractéristiques spécifiées et
d’entreprise, nationales, européennes et les publications interna- aux conditions de fonctionnement précisées par le fabricant et l’uti-
tionales. Toutes ces normes (cf. [Doc. D 4 710] (distinguent deux lisateur (l’acheteur).
types d’essais : les essais de routine et les essais de type. D’une manière générale, pour réaliser une sélection plus efficace
des fabrications, on soumet les condensateurs surtout à des essais
■ Pour la moyenne et la haute tensions (tension supérieure d’endurance, qui peuvent simuler d’une manière accélérée, sur
à 1 000 V), on a : quelques condensateurs, les phénomènes de dégradations (lentes
— au niveau international, les publications CEI : 110, 143-1, et rapides) des diélectriques sur le réseau.
143-2, 252, 358, 549, 594, 595, 871-1, 871-2, 871-3, 871-4, 996,
1071-1, 1071-2 et 1642 ;
— au niveau européen, les normes : HD : 525-1, 525-2 ; 5.3.1 Essais de type (classiques)
— au niveau national les normes : NF C 54-101, NF C 54-102,
NF C 54-103, C 54-106, C 54-107, NF C 54-120, NF C 54-121, ■ Essai de stabilité thermique
NF C 54-143, NF C 54-144 et NF C 54-150 ;
— au niveau d’EDF, les spécifications HN : 54-S-03, 54-S-05. Cet essai permet de contrôler une éventuelle instabilité ther-
mique des diélectriques (§ 4.1.1). Les condensateurs doivent rester
■ Pour la basse tension (tension inférieure ou égale thermiquement stables dans les conditions d’ambiance les plus
à 1 000 V), on a : sévères et en surcharge prolongée.
— au niveau international, les publications CEI : 831-1, 831-2, La stabilité thermique est vérifiée de la façon suivante : le
931-1, 931-2, 931-3 et 996 ; condensateur est placé dans une enceinte dont la température de
— au niveau européen, les normes EN : 60831-1, 60831-2, l’air est maintenue constante et égale à 45 oC ± 2 oC. Il séjourne hors
60931-1, 60931-2 ; tension pendant au moins 8 h. Puis, pendant une durée d’au
— au niveau national, les normes : NF C 54-101, C 54-106, moins 32 h, il est soumis à une tension alternative telle que la
NF C 54-108, NF C 54-109, NF C 54-118 et NF C 54-119 ; puissance soit égale à 1,44 fois la puissance assignée. Cette tension
— au niveau d’EDF, la spécification : HN 54-S-04. est déterminée par la relation :

U essai = 1,2 U N C N /C
Au moment de la publication de cet article, les éditions des
normes que l’on vient d’énumérer et qui sont précisées Pendant l’essai on ne doit pas constater une augmentation de tan δ.
en [Doc. D 4 710] étaient en vigueur. Toute norme est sujette à
révision et les personnes intéressées sont invitées à rechercher La capacité C et tan δ sont mesurées sous tension d’essai au début
la possibilité d’appliquer les éditions les plus récentes des et à la fin de l’essai. La différence entre les résultats de ces deux
normes mentionnées. mesures doit être inférieure à celle correspondant à la perforation
d’un élément ou à la fusion d’un fusible.

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■ Mesure de C et de tan  à température élevée ■ Essais de vieillissement accéléré


Cet essai est effectué à la fin de celui de stabilité thermique. Dans cet essai, on met en évidence, s’ils existent, des
Les valeurs obtenues doivent être inférieures à celles fixées par phénomènes d’incompatibilité entre les divers constituants et/ou
le fabricant ou l’acheteur. des dégradations lentes des diélectriques (solides et liquides). Il ne
s’agit pas d’établir une courbe de durée de vie mais de vérifier que
■ Essai de tenue en tension entre bornes les condensateurs ne sont pas le siège de phénomènes de dégra-
Le condensateur est soumis pendant 10 s à une tension alter- dation entraînant leur défaillance.
native égale à 2,15 UN . La valeur des contraintes choisies ne doit pas dépasser des limites
Au cours de cet essai, il ne doit se produire ni perforation de susceptibles de provoquer des phénomènes fondamentalement dif-
l’isolant, ni fusion de fusible, ni contournement. férents de ceux pouvant se produire en exploitation, ou d’engendrer
des phénomènes non souhaités (dégradations rapides). Cet essai est
■ Essai diélectrique entre bornes réunies et cuve essentiellement destiné à simuler une longue durée de service sur
L’essai est effectué sous une tension alternative appliquée, le réseau.
pendant 1 min, et déterminée selon le niveau d’isolement du conden- Différents résultats d’essais expérimentaux, effectués sur de
sateur sous essai. nombreux condensateurs, permettent de fixer les conditions qui ne
Au cours de cet essai, il ne doit se produire ni perforation, ni favorisent pas d’apparition des décharges partielles et qui
contournement, ni fusion de fusible. n’entraînent pas la destruction du diélectrique par excès de tempé-
rature. Ces conditions sont les suivantes :
■ Essai au choc de foudre entre bornes et cuve — une température maximale au cœur du diélectrique de 80 oC ;
L’essai doit être exécuté avec une onde de choc de 1,2/50 µs et — une tension de l’unité inférieure à 1,5 UN .
une valeur de crête correspondant au niveau d’isolement de Le mode opératoire est le suivant : le condensateur est placé
l’unité. Quinze chocs positifs suivis de quinze chocs négatifs sont dans une enceinte chauffée et ventillée. La température de l’air
appliqués entre les bornes réunies entre elles et la cuve. ambiant est réglée de telle façon que la température au point situé
L’essai est satisfaisant si aucune perforation ne se produit dans aux 2/3 de la cuve soit égale à 65 oC ± 3 oC. En même temps, le
l’isolant et si deux contournements au plus se produisent pour condensateur est soumis à une tension permanente de 1,4 UN
chaque polarité. durant 3 000 h. Après cette période, il est ouvert et la rigidité
diélectrique de chaque élément est mesurée sous une rampe de
■ Essai de décharge en court-circuit tension continue.
Le condensateur doit être chargé en courant continu, puis On calcule l’écart-type et la moyenne des valeurs mesurées. Le
déchargé à travers un éclateur. On procède à cinq décharges sur une claquage individuel des éléments permet de connaître l’homo-
durée de 10 min, la tension d’essai étant 2,5 U N . Ensuite, l’unité doit généité (écart-type) de la rigidité diélectrique des éléments de l’unité
être soumise à un essai de tenue en tension entre bornes à 2,15 UN après vieillissement accéléré.
en courant alternatif ou 4,3 UN en courant continu.
La capacité de l’unité est mesurée avant et après l’essai. La ■ Essai de tenue aux surtensions
différence entre les deux valeurs mesurées doit être inférieure à On vérifie que les mises en service à basse température d’un
celle correspondant au claquage d’un élément ou à la fusion d’un condensateur ou d’une batterie n’entraînent pas de dégradation du
fusible. diélectrique et que les décharges partielles, si elles apparaissent,
sont convenablement neutralisées par les dispositions constructives.
■ Essai de fonctionnement des fusibles internes
De ce fait, le condensateur est placé, hors tension, durant 12 h au
Cet essai vérifie le fonctionnement du fusible lors du claquage moins, dans une enceinte à – 25 oC (température assignée minimale
d’un élément. Cette vérification est réalisée en deux étapes : en France). Ensuite, il est placé dans une atmosphère d’air calme
— la mise en défaut d’un élément (au moyen d’une pointe par dont la température est 20 o C. On lui applique la tension
exemple) sous 0,9 UN et la vérification de la fusion du fusible assignée UN . Puis, toutes les 5 min, on effectue une surtension de
correspondant en mesurant la capacité de l’unité ou du groupe- 2,25 UN d’une durée de 50 périodes (soit 1 s). On revient, après, à
série ; la tension assignée UN qui est maintenue sans interruption. Après
— la mise en défaut d’un second élément du même groupe 85 surtensions, on remet l’unité hors tension et à – 25 o C
sous 2,2 UN et la vérification de la fusion du fusible correspondant pendant 12 h au moins. L’essai doit être poursuivi jusqu’à ce que le
en mesurant la capacité de l’unité ou du groupe-série. condensateur ait été soumis à un nombre total de 1 020 surtensions
Après ces essais, l’unité ou le groupe-série est soumis pendant (soit 12 séjours à – 25 oC).
10 s à un essai diélectrique sous une tension égale à 2,15 UN (on À la fin de l’essai, la capacité et la tangente de l’angle de pertes
peut effectuer tous ces essais en tension continue). sont mesurées et comparées aux valeurs initiales. Aucune défail-
Aucun amorçage ne doit se produire entre les bornes des fusibles, lance d’élément ne doit se reproduire quand deux unités ont été
ni les éléments. essayées un claquage est accepté quand trois unités ont été
essayées. La valeur mesurée de la tangente de l’angle de pertes ne
doit pas dépasser la valeur déclarée par le constructeur.
5.3.2 Essai de type (endurance)

Les essais d’endurance sont exécutés pour s’assurer que les dégra-
dations lentes du diélectrique (essai de vieillissement accéléré) et 6. Batteries de condensateurs
les dégradations rapides dues à des surtensions répétées (essai de
tenue aux surtensions) ne causeront pas, en service, de claquage
prématuré du diélectrique. Leur but est de s’assurer à court et, sur- Sur le réseau, les condensateurs sont groupés sous forme de bat-
tout, à long terme de la fiabilité des condensateurs sur les réseaux. teries avec l’appareillage indispensable à leur mise en service et à
Le retour d’expérience depuis l’introduction de ces essais d’endu- leur protection. Une batterie de condensateurs est un générateur de
rance montre une diminution importante des défaillances intrin- puissance réactive nécessaire pour alléger la puissance apparente
sèques. des réseaux en amont des lieux de consommation [37]. Ce

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composant passif du réseau est sollicité particulièrement pendant Ces batteries jouent, en plus de l’amélioration de la capacité de
les périodes de forte consommation (périodes de pointes et de sur- transport d’énergie du réseau, d’autres rôles :
charges). Sa disponibilité sur le réseau pendant ces périodes est très — maintien de la tension d’un réseau à facteur de puissance
souhaitable pour réduire les chutes de tension et les pertes en normal ou faible ;
réseau et donc pour optimiser le coût du kilowattheure. — répartition des charges, dans le cas de lignes fonctionnant en
parallèle.
Les puissances des batteries en série atteignent quelques
6.1 Types de batteries centaines de mégavars. Elles comportent des plates-formes isolées,
à la même tension que la ligne (figure 23a ).

On distingue deux types de batteries suivant leur raccordement :


— le branchement en dérivation pour les batteries shunt ;
— le branchement en série entre la source et la charge pour les
battéries en série.

6.1.1 Batterie shunt

Une batterie de condensateurs shunt est une installation en déri-


vation du réseau. Elle est raccordée entre phases, ou entre phase
et neutre, ou entre phase et terre.
Les batteries peuvent être installées en simple étoile ou en double
étoile (figure 21) quand elles sont raccordées entre phase et neutre
ou terre. Elles sont installées en triangle (figure 22) quand elles sont
entre phases.
Les batteries shunts sont le plus souvent utilisées sur les
réseaux. Dans le paragraphe 6.2, on détaille leur système
d’installation, de protection et d’utilisation.

6.1.2 Batteries en série

Les batteries en série sont peu utilisées sur les réseaux, surtout
à moyenne et basse tensions. Par contre, sur les lignes de transport
à grande distance, sous des tensions supérieures à 220 kV, leur uti-
lisation (notamment au Canada, aux États-Unis, en Suède, etc.) est
fréquente et leur puissance réactive est toujours importante.

Figure 21 – Batterie shunt en étoile : principe

Figure 22 – Batterie shunt en triangle : principe Figure 23 – Batteries en série [23]

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En cas de court-circuit sur la ligne THT, l’intensité du courant


traversant la batterie pourrait atteindre des valeurs très élevées ; il
en serait de même de la tension aux bornes des unités. Des
dispositifs (éclateurs, court-circuiteurs, etc.) limitent les surtensions
à des valeurs acceptables (figure 23b ). Malgré cette protection, les
condensateurs en série sont soumis à des contraintes très dures et
doivent répondre à des prescriptions particulières prévues par les
publications CEI 143-1 et CEI 143-2.
Les différences les plus importantes par rapport aux condensa-
teurs pour les batteries shunts sont les suivantes.
— Il convient de prévoir un fonctionnement en régime de
surcharge, car la charge des condensateurs est liée à celle de la
ligne ; cette surcharge peut être importante lorsque, par exemple,
deux lignes fonctionnant en parallèle, il est demandé à l’une d’elles
de supporter la totalité de la charge en cas de défaillance de l’autre
pendant une période limitée.
— Lors d’un régime de court-circuit, il faut protéger la batterie
lorsque l’intensité du courant dépasse la valeur admissible. Un
Figure 24 – Courbes de fiabilité d’une batterie de 2,4 Mvar,
système de protection composé de varistances, d’une inductance
équipée de différents types de condensateurs
et d’un éclateur (figure 23b ), placé aux bornes de la batterie,
s’amorce et les condensateurs se déchargent.

Les défaillances sont mémorisées au fur et à mesure de leur


présence, ce qui permet de connaître, à tout instant, l’état des uni-
6.2 Systèmes d’installation tés et de la batterie et même de signaler si la batterie se rapproche
et de protection d’une batterie shunt d’un fonctionnement hors limite autorisée ou de donner l’ordre de
déconnecter la batterie du réseau.
6.2.1 Présentation
■ La disponibilité d’une batterie de condensateurs dans une zone Signalons que l’utilisation des fusibles externes, dans un
de fonctionnement normale dépend de la fiabilité des unités de premier temps, puis des fusibles internes, plus tard, n’aurait pu
condensateurs. Une attention particulière sur la fiabilité est apportée se faire économiquement s’il n’y avait pas eu une augmentation
à chaque palier technique ou technologique. Des essais d’endurance, du champ électrique et une amélioration dans la fiabilité des
simulant la majorité des contraintes supportées par les conden- matériaux utilisés, en compensation du surcoût provoqué par la
sateurs durant leur vie sur le réseau, s’introduisent dans les spécifi- présence des fusibles.
cations d’entreprise ou les cahiers des charges aussi bien que dans De même, le choix du système de détection de déséquilibre
les normes internationales et cela pour garantir une approche accrue (§ 6.2.4), qui est fortement conseillé pour chaque batterie instal-
de la fiabilité. Malgré ces précautions, des défaillances individuelles lée, dépend de plusieurs facteurs :
non systématiques ou de jeunesse ou dues au non-respect des règles — la structure et l’état du réseau à compenser (présence
de l’art de fabrication persistent. Aussi, des défauts externes, d’harmoniques, périodicité des surtensions ou des surintensités,
largement dispersés selon des lois statistiques, ne peuvent être etc.) ;
évités, même avec les meilleurs matériaux. — la disponibilité exigée (périodes de pointes ou de sur-
charges ou en permanence) ;
L’élimination des appareils ou de la partie d’appareil, affectés par — la fiabilité espérée des unités (par exemple, 1 % /an
le défaut, permet le fonctionnement sans interruption des parties res- ou 0,1 %/an) ;
tantes. En conséquence, la disponibilité des condensateurs unitaires — la durée de vie fixée en fonction de la rentabilité (10 ans,
et des batteries augmente. Les perturbations dans la distribution 20 ans ou 30 ans) ;
d’électricité sont réduites. Toute fourniture de condensateurs — le budget affecté à l’installation.
défectueuse pourrait avoir de lourdes conséquences, la puissance
perdue étant parfois égale à la puissance unitaire.
Notre objectif est d’analyser les concepts des différentes instal-
■ L’introduction des protections au niveau de l’unité (fusibles lations et protections existantes. On présente d’abord les différents
externes ou fusibles internes) ou au niveau de la batterie (détection types de condensateurs en fonction de leur système de protection
de déséquilibre) augmente la fiabilité de l’installation par conséquent individuelle, puis, les différents types d’installations de batteries
sa disponibilité sur le réseau. La figure 24 présente les courbes de shunts en fonction de leur système de protection.
fiabilité, estimées, d’une batterie de 2,4 Mvar équipée de différents
types de condensateurs. Effectivement, à fiabilité de condensateurs
égale, les batteries à fusibles internes avec une détection de dés- 6.2.2 Condensateur à fusibles externes
équilibre adéquate retardent l’indisponibilité des batteries pendant
sa durée de vie en service (estimée entre 20 et 30 ans). Il faut noter 6.2.2.1 Concept de fusible externe
que l’introduction d’un système informatisé spécifique à la détection
de déséquilibre dans les batteries à fusibles internes, permet d’avoir Le concept de fusible externe est apparu avec les premiers
à tout moment l’état réel de la batterie et d’anticiper sa disponibilité condensateurs unitaires de 20 kvar. Il a été conçu pour éliminer le
dans les périodes de pointes ou de surcharges. condensateur unitaire avarié et pour permettre aux unités restantes
de la batterie dans laquelle l’unité est connectée de continuer à fonc-
■ Le principe du système informatisé est de recueillir les valeurs tionner (figure 25). Il évite également l’amorçage externe des
de l’amplitude et de la phase du courant de déséquilibre, qui sont traversées du condensateur.
mesurées par le transformateur de courant ainsi que la température
Le fonctionnement d’un fusible externe est déterminé par le
moyenne de la batterie, puis de les introduire dans un code de calcul
courant de défaut à fréquence industrielle et par l’énergie de
qui permet de localiser l’unité défaillante s’il y a lieu.
décharge provenant des condensateurs connectés en parallèle avec
le condensateur défectueux.

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■ Fusible externe à expulsion


Il est utilisé dans des applications extérieures, à cause du bruit
et des gaz dégagés pendant son fonctionnement. Il a une capacité
limitée de coupure de défaut à fréquence industrielle et un pouvoir
de coupure limité en fonction de l’énergie de décharge (inférieure
à 15 kJ) des unités connectées en parallèle avec le condensateur
court-circuité.
■ Fusible externe à limitation de courant
Il est utilisé pour des applications intérieures et extérieures. Il limite
le courant de court-circuit à fréquence industrielle à une valeur infé-
rieure à la valeur présumée et annule le courant avant son passage
à zéro à la fréquence de fonctionnement. Généralement, il n’impose
pas de limite supérieure à l’énergie émmagasinée en parallèle dis-
ponible pour court-circuiter le condensateur défectueux.
■ Fusible externe combiné
Ce fusible combine, comme son nom l’indique, les effets d’un
fusible à expulsion et d’un fusible à limitation de courant. Il est
utilisé pour des applications extérieures en raison du bruit et des
gaz dégagés pendant son fonctionnement. Mais il a les mêmes
caractéristiques que le fusible externe à limitation de courant.

6.2.2.4 Avantages et inconvénients du fusible externe


■ Avantages
Le fusible externe est utilisé depuis plus de 25 ans ; par
conséquent, sa fabrication a profité d’un important retour
d’expérience. Il peut être facilement utilisé pour les faibles
puissances unitaires (20 à 100 kvar). Une batterie de condensateurs
à fusibles externes n’a pas besoin d’un nombre élevé de conden-
sateurs élémentaires. La détection visuelle d’un condensateur
défectueux est très aisée surtout dans le cas d’importantes bat-
teries ou dans le cas de très petites batteries (3 à 4 unités) disper-
sées sur les poteaux d’un réseau de grande distance. Il peut
éliminer une unité sans interrompre le fonctionnement des autres
unités saines dans le cas d’importantes batteries (Q > 10 Mvar).
Figure 25 – Batterie avec fusibles externes [31]
■ Inconvénients
La défaillance initiale est celle d’un élément individuel du Certains fusibles externes limitent l’énergie emmagasinée en
condensateur ; elle se traduit par un court-circuit qui soustrait avec parallèle à 15 kJ pour les condensateurs tout film et à 10 kJ pour
lui tous les éléments en parallèle et qui élimine un groupe en série les condensateurs tout papier ou mixtes. De même, certains de ces
du condensateur. Les autres groupes en série de l’unité subiront fusibles ne fonctionnent pas pour le courant à fréquence industrielle
une surtension permanente. Cela occasionne des claquages dans le cas d’un défaut. Il faut toujours choisir le fusible externe en
supplémentaires et une augmentation du courant dans le fonction du raccordement de la batterie de condensateurs [en étoile,
condensateur jusqu’au moment où le fusible externe fonctionne en double étoile, en triangle, etc. (figures 21 et 22)]. Il faut que le choix
retirant le condensateur défectueux du circuit. des caractéristiques de ce fusible tienne compte des contraintes de
rupture de la cuve pour les unités de la batterie (beaucoup de rup-
tures de cuve dues à de mauvais fonctionnements des fusibles ont
6.2.2.2 Caractéristiques du fusible externe
été décelées ; EDF, a connu des cas identiques dans les années
■ Courant assigné soixante). Souvent, à la suite de leur corrosion, des fusibles
La valeur du courant doit être compatible avec les critères externes fonctionnent sans que les unités correspondantes soient
utilisés pour choisir l’interrupteur ou le disjoncteur de la même défectueuses.
batterie. Il est habituel d’utiliser un fusible externe avec un courant
assigné de 1,65 fois le courant assigné du condensateur pour
prendre en compte les régimes transitoires liés au réseau ou aux 6.2.3 Condensateur à fusibles internes
manœuvres de la batterie.
6.2.3.1 Concept de fusible interne
■ Tension assignée
Le concept d’une protection par fusibles internes s’est précisé
Elle ne doit pas être inférieure à 1,1 fois la tension assignée du
avec l’apparition des unités de 200 kvar qui peuvent emmagasiner
condensateur associé.
en parallèle une quantité d’énergie suffisante pour faire fondre les
■ Aptitude à la décharge fusibles.
Il convient que le fusible externe soit capable de supporter les Les fusibles internes sont à limitation de courant, sélectifs
transitoires et les courants d’appel. (éliminant l’élément défectueux) ; ils sont placés à l’intérieur d’un
condensateur, en série avec chaque élément. Ils sont conçus pour
6.2.2.3 Types de fusible externe isoler les éléments défaillants dans un condensateur unitaire, et
pour permettre le fonctionnement des éléments restants de cette
Actuellement, trois types de fusibles externes sont employés : le unité et de la batterie dans laquelle elle est connectée.
fusible externe à expulsion, le fusible externe à limitation de Le fonctionnement d’un fusible interne est initialisé par le claquage
courant et le fusible externe combiné. d’un élément de condensateur. L’élément affecté est instantanément

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déconnecté par la fusion de son fusible, sans interrompre le fonc-


tionnement de l’unité. Le fusible interne doit satisfaire à deux exi-
gences contradictoires :
— il doit isoler l’élément défectueux, même si le claquage
intervient à une tension inférieure à la valeur assignée ;
— il doit, de plus, supporter les surtensions susceptibles de se
produire en exploitation, les courants d’appel lors du claquage des
autres éléments ou les courts-circuits externes au condensateur.
Ainsi, un fusible interne ne peut fondre que pour une énergie
absorbée supérieure à celle qui résulte de sollicitations ou de
défauts extérieurs. La fusion du fusible est assurée normalement
par l’énergie électrostatique emmagasinée dans les éléments sains
connectés en parallèle avec celui-ci. Pour garantir le fonctionnement
du fusible, le nombre d’éléments en parallèle doit être suffisant ; en
conséquence, le condensateur à fusibles internes est caractérisé par
une forte puissance (Q  200 kvar). Il faut signaler que les fusibles
internes n’assurent pas la protection contre un court-circuit entre les
connexions internes ou contre un court-circuit entre les parties
actives et la cuve (ces deux types de court-circuit peuvent provoquer
la rupture de la cuve).

6.2.3.2 Caractéristiques du fusible interne


■ Courant assigné
La valeur du courant assigné des fusibles internes est plus impor-
tante que celle du courant élémentaire maximal admissible.
■ Aptitude à la tenue en tension après fonctionnement
Une des exigences de l’utilisation des fusibles internes est que,
après la fusion du fusible, la distance de coupure réalisée doit être
en mesure de tenir la pleine tension de l’élément majorée de toutes
les tensions permanentes superposées susceptibles d’apparaître au
cours du processus de coupure. En particulier, il ne doit pas se former Figure 26 – Variation de l’énergie emmagasinée
de trajets de courants de fuite. en fonction du nombre d’éléments déconnectés
■ Aptitude à un défaut évolutif
La fusion du fusible interne est assurée par l’énergie emmagasinée
en parallèle, qui varie au fur et à mesure que le nombre d’éléments dans des batteries de grande dimension (Q > 10 Mvar). L’intro-
déconnectés augmente ; par conséquent, à partir d’un certain duction d’un système informatisé (§ 6.2.1) de protection supprime
nombre d’éléments, elle ne sera plus suffisante pour faire fondre ce dernier inconvénient.
le fusible du prochain élément qui claque. Dans l’hypothèse où tous
les claquages se produisent dans un même groupe défectueux et
en supposant que la tension aux bornes de condensateur demeure 6.2.4 Installations et protections
constante, la figure 26 représente les variations de l’énergie dispo-
nible sur ce groupe en fonction du nombre d’éléments déconnectés, 6.2.4.1 Concept de détection de déséquilibre
pour des unités ayant 2 à 6 groupes en série. Le système de protection par détection de déséquilibre a pour
fonction de protéger les batteries et leurs unités saines sans fusible.
6.2.3.3 Avantages et inconvénients du fusible interne Mais ce système est conçu aussi pour donner une alarme ou retirer
■ Avantages du service la batterie quand les surtensions affectant les conden-
sateurs sains, adjacents à un condensateur défectueux, sont exces-
Le fusible interne répond mieux que d’autres systèmes à l’idée sives ou quand un défaut dans la batterie n’a pas été éliminé par
de la protection par la limitation de l’étendue de la zone influencée un fusible interne ou un fusible externe. Il faut noter que la protection
par des défauts, puisqu’il isole un élément. L’élimination instantanée par détection de déséquilibre n’est pas une substitution de la pro-
de l’élément défectueux évite tout risque d’évolution de la tection par fusibles. Il est même fortement conseillé de les installer
dégradation ; en conséquence, le risque de rupture de l’enveloppe ensemble.
est minimisé. Son dimensionnement dépend de l’architecture
interne de l’unité, mais il est indépendant du couplage des batteries.
6.2.4.2 Caractéristiques de la détection de déséquilibre
Le fusible interne évite la mise au rebut d’appareils sièges d’une ou
de deux défaillances à caractère non systématique. Il augmente la ■ Tension ou courant initial de déséquilibre
disponibilité de l’unité et de la batterie sur le réseau. Les opérations Quel que soit le type de détection (courant ou tension) choisi, il
de maintenance sont réduites au minimum ; on constate même faut que la valeur initiale de déséquilibre (du fait de la variation de
l’absence totale de dépannage pendant la durée de vie de la batterie capacité entre les condensateurs d’une batterie) soit inférieure à la
en cas d’un faible taux de défaillance. valeur obtenue après une défaillance autorisant la mise hors
■ Inconvénients service de l’unité ou de la batterie.
À puissance égale, l’unité à fusibles internes est plus volumineuse ■ Sensibilité
et plus lourde. Cela rend la manutention un peu plus difficile. La sensibilité de la détection de déséquilibre dépend fortement
Avec le système actuel de détection de défaillances, localiser une de la taille de la batterie. Pour les batteries de grande dimension,
unité à fusibles internes défaillante est plus difficile, spécialement il est souhaitable d’avoir un système de détection distinct par phase.

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■ Réglage du relais Ce type a une bonne sensibilité. Il est spécialement utilisé pour
Pour éviter des mauvais fonctionnements dus aux manœuvres ou les batteries à fusibles internes ou sans fusibles. Il est adapté pour
autres phénomènes transitoires, il convient que le relais de le réseau EDF.
déséquilibre ait une certaine temporisation. Il doit avoir une sensi- ■ Batterie dont les condensateurs sont connectés en étoile
bilité moindre pour les fréquences autres que la fondamentale afin avec neutre isolé et avec trois transformateurs de tension
d’éviter les manœuvres intempestives. entre chaque phase et le neutre et qui sont connectés en triangle
■ Transformateur de tension ou de courant éclaté. Un déséquilibre dans la batterie modifie la tension résultante
du triangle éclaté (figure 30).
Selon le type de détection de déséquilibre choisi, on utilise un
transformateur de courant ou de tension, dont les dimensions Ce type a une sensibilité moyenne mais il est toujours affecté par
électriques doivent être adéquates avec la valeur initiale de le déséquilibre de phase du réseau. Il est utilisé pour les batteries
déséquilibre, la sensibilité souhaitée et les relais choisis. à fusibles externes.
■ Batterie dont les condensateurs sont connectés en étoile à
6.2.4.3 Types d’installations et de protections neutre isolé ou à la terre avec six transformateurs de tension.
La modification de la tension en chaque point milieu de phase est
Sans être exhaustif, les types de détection de déséquilibre les
mesurée par rapport à sa tension entre phase et neutre (figure 31).
plus utilisés sont mentionnés ci-après.
Ce type convient pour d’importantes batteries de condensateurs
■ Batterie dont les condensateurs sont connectés en étoile (coût de l’équipement élevé).
avec neutre mis à la terre et avec un transformateur de Il n’est pas affecté par le déséquilibre de phase du réseau.
courant TC entre le neutre et la terre. Un déséquilibre dans la
batterie produit la circulation d’un courant à travers le transformateur
(figure 27).
Ce type a une faible sensibilité limitée par la nécessité d’insensi-
biliser la détection vis-à-vis du déséquilibre de phase du réseau et
des harmoniques. Il convient aux batteries sans fusibles. Il est
adapté pour le réseau EDF.
■ Batterie dont les condensateurs (sans fusibles ou avec fusibles
internes ou avec fusibles externes) sont connectés en étoile avec
le neutre isolé et avec un transformateur de tension TT entre le
neutre et la terre. Une différence de potentiel entre le neutre et la
terre est mesurée en cas de déséquilibre (figure 28).
Figure 29 – Montage en double étoile avec un transformateur
Ce type a une mauvaise sensibilité limitée également par la
de courant entre neutres isolés
nécessité d’insensibiliser la détection vis-à-vis du déséquilibre de
phase du réseau. Il est utilisé couramment avec les batteries à
fusibles externes ou sans fusibles.
■ Batterie dont les condensateurs sont connectés en double
étoile avec neutre isolé et avec un transformateur de courant
TC entre les neutres. Un déséquilibre dans la batterie produit
l’écoulement d’un courant dans le neutre correspondant (figure 29).

Figure 30 – Montage en étoile avec neutre isolé et avec


trois transformateurs de tension reliés en triangle ouvert

Figure 27 – Montage en étoile avec neutre mis à la terre


à travers un transformateur de courant

Figure 31 – Montage en étoile avec neutre à la terre


et six transformateurs de tension reliés en mode différentiel
Figure 28 – Montage en étoile avec neutre mis à la terre
à travers un transformateur de tension

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■ Batterie dont les condensateurs dans chaque phase sont ■ Dans le cas d’une batterie unique sur le réseau, la valeur crête
disposés en deux branches avec un transformateur de du courant d’appel est égale à :
courant connecté entre les points milieux des deux branches. Un
déséquilibre produit la circulation d’un courant à travers le Î = V 2 C /L
transformateur (figure 32). Aussi ce type convient aux importantes
batteries (Q > 10 Mvar). avec C (F) capacité du gradin,
La sensibilité n’est pas affectée par le déséquilibre de phase du L (H) inductance du réseau en amont du gradin,
réseau. Ce type est utilisé dans les batteries (sans fusibles ou à V (V) tension simple du réseau.
fusibles internes ou à fusibles externes) en triangle ou en étoile L’intensité du courant dépend de la puissance de court-circuit au
avec neutre isolé ou à la terre. point de raccordement.
En général, la surintensité Î ne dépasse pas 100 fois le courant
6.2.4.4 Systèmes de protection particuliers
assigné IN . En moyenne, elle est de l’ordre de 10 à 30 IN assigné
D’autres systèmes de protections des condensateurs sont utilisés à condition que l’interrupteur fonctionne normalement sans réamor-
pour des situations particulières sur les réseaux. On les mentionne çage de l’arc entre les contacts (figure 33). Cette figure présente
ci-après sans rentrer dans les détails techniques. aussi les tensions associées.
■ Protection contre les surintensités : système conçu pour ■ Dans le cas d’une batterie à plusieurs modules (soit n
protéger les condensateurs des surintensités provenant des modules), lorsque le dernier gradin est mis sous tension, les (n – 1)
courts-circuits ou des harmoniques présents sur le réseau ou de gradins se déchargent instantanément dans le dernier (figure 34). La
perturbations de tension. valeur crête du courant d’appel est telle que :
■ Système de protection contre les surtensions ou les sous- Î = V 2 [ ( n – 1 ) ⁄ n ] C/
tensions, par des transformateurs de tension, ou par des para-
foudres, ou par des dispositifs d’amortissement. où  la valeur de l’inductance en amont de chaque gradin.
■ Système de protection contre les agressions extérieures : divers Il est généralement nécessaire d’augmenter  en accroissant la
facteurs extérieurs (chute d’objet, animaux, plantes, etc.) peuvent longueur des connexions ou en insérant une inductance de choc.
provoquer des défaillances de condensateurs. Une enveloppe métal- Les surintensités dépassent le plus souvent les valeurs supportables
lique incorporant l’interrupteur peut être conçue pour protéger les par les matériels. Pour les batteries à basse tension, on utilise
condensateurs de ces agressions extérieures. Ce système de protec- habituellement des inductances de 0,5 µH ou on augmente les
tions est adapté sur le réseau public en HTA seulement (figure 35). connexions. Pour les batteries à moyenne tension, les inductances
utilisées ont des valeurs de l’ordre de 50 µH. De toute façon, il est
■ Système antiharmonique : les condensateurs de la batterie sont souhaitable d’effectuer le calcul à chaque nouvelle installation.
surdimensionnés et connectés en parallèle à des inductances pour
prendre en considération les harmoniques produits sur les lieux de
consommation ou circulant sur le réseau.

6.2.4.5 Pouvoir de coupure


L’enclenchement de condensateurs dans un réseau provoque
dans les condensateurs et leur appareillage un courant d’appel
important, comparable en intensité crête au courant de cour-circuit
en cas de défaut externe. Ce courant transitoire est de courte durée
(≈ 0,1 ms). Pour protéger les condensateurs soit on les surdimen-
sionne, soit on réduit le courant d’appel. La dernière méthode est
le plus souvent retenue.
Pour réduire ce courant, il faut augmenter l’inductance du circuit
de la batterie, ce qui est possible en insérant en série avec les
condensateurs une bobine d’inductance appelée inductance de choc
ou en augmentant les longueurs des connexions. La bobine est cal-
culée pour rendre compatible les contraintes d’enclenchement. Les
limitations suivantes sont prises en compte pour ce calcul :
— les condensateurs admettent une surintensité de crête égale
à 100 IN (IN est le courant assigné du condensateur) selon CEI 871-1 ;
— l’appareillage supporte la valeur correspondante à son pou-
voir de fermeture.

Figure 32 – Montage en pont ou en H avec un transformateur


Figure 33 – Surtension et surintensité accompagnant
de courant entre les points milieux des deux branches
un enclenchement dans le cas d’un gradin unique [18]

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6.3.3 Dispositif de décharge externe

Dans des cas particuliers, des dispositifs de décharge externes


peuvent être réalisés. Il convient que chaque dispositif soit adapté
aux conditions spécifiques de l’installation et qu’il ait une distance
d’isolement, une ligne de fuite et un niveau d’isolement appropriés.
Des réactances de décharge peuvent être connectées en paral-
lèle avec les batteries de condensateurs. Habituellement, deux
réactances sont connectées entre phases pour des raisons écono-
miques. En fonctionnement normal, seul le courant magnétisant
traverse les réactances. Lorsque l’on sépare la batterie de conden-
sateurs du réseau, l’énergie emmagasinée s’écoule dans la bobine
en quelques secondes. La majorité de l’énergie est dissipée dans
la réactance.
Il faut signaler que les enroulements de transformateurs ou de
moteurs sont considérés comme des impédances de décharge
convenables.

6.3.4 Décharge après mise hors tension

Il est souhaitable qu’une batterie de condensateurs mise hors


tension s’autodécharge complètement quel que soit le type de
dispositif de décharge.
Un équipement de batterie de condensateurs avec des connexions
en série ou en parallèle ou en étoile dans lequel il y a eu une
défaillance interne (claquage d’éléments ou amorçage interne ou
externe), peut ne pas être déchargé complètement par son dispositif
de décharge externe. Il peut y avoir dans l’équipement une énergie
emmagasinée dangereuse avec des charges piégées, qui peuvent
rester pendant quelques mois sans être évacuées. Par conséquent,
il est préférable de décharger chaque section de la batterie.
Tous les risques que l’on vient de décrire sont normalement évités
en utilisant des condensateurs avec des résistances de décharges
internes. Toutefois, une résistance interne peut être défaillante ou
Figure 34 – Surtension et surintensité à l’enclenchement détruite après un défaut interne du condensateur. Il est important
du nième module [18] de signaler qu’un dispositif de décharge ne peut se substituer à la
mise en court-circuit et à la terre des bornes du condensateur avant
et pendant la manutention.
6.3 Sécurité
6.3.1 Généralités 6.3.5 Parties métalliques des batteries hors tension

Chaque batterie de condensateurs doit être pourvue de dispositifs Sur les réseaux à basse et moyenne tensions, beaucoup de bat-
pour la décharger une fois mise hors service. teries sont sous enveloppe métallique avec parfois l’incorporation
Les temps de décharge, spécifiés dans les normes correspon- de l’interrupteur (figure 35). En haute tension, les condensateurs
dantes, peuvent être déterminés par des résistances de décharge sont installés sur des charpentes métalliques (châssis). Il est impor-
internes dans chaque condensateur, ou par des dispositifs externes tant de fixer le potentiel de chaque partie métallique de la batterie
définis pour l’ensemble de l’équipement de condensateurs. (cuve du condensateur et enveloppe métallique ou châssis). L’équi-
potentialité est obtenue par connexion de ces parties avec un
Sur chaque unité, une plaque signalétique mentionne la présence câblage de dimension appropriée. La section du conducteur doit
ou l’absence d’une résistance interne. Dans les normes relatives aux pouvoir supporter le courant de défaut en cas d’amorçage de la
condensateurs, on donne des consignes de sécurité de décharge cuve du condensateur.
avant de manipuler un condensateur.
Par ailleurs, il est souhaitable avant de toucher aux différentes par-
ties d’une batterie qui vient d’être déconnectée du réseau, d’attendre
au moins 10 min pour qu’elle se décharge et ensuite de court- 6.4 Prévention de l’environnement
circuiter les bornes des condensateurs et de les mettre à la terre.
Le liquide d’imprégnation PCB n’étant pas un liquide bio-
6.3.2 Dispositif de décharge interne dégradable, des études ont été entreprises, dès 1976, pour le
remplacer par des nouveaux liquides non chlorés ne représentant
pas de pollution pour l’environnement. Les essais ayant été satis-
En général, des résistances internes sont incorporées dans les faisants, la substitution a lieu progressivement à partir de 1978.
condensateurs individuels. Elles sont dimensionnées pour assurer
la décharge de chaque unité et, par conséquent, de toute la batterie. Ces nouveaux liquides, comme le MDBT, PXE et autres (tableau 2),
Ce dispositif n’empêche pas dans certains cas (batterie de conden- ont apporté une nette amélioration en matière d’écotoxicité. Mise
sateurs avec plusieurs sections de condensateurs en série) la à part cette amélioration, ces liquides ont permis de réduire les pertes
présence d’une tension résiduelle. Il est donc nécessaire et prudent diélectriques des condensateurs et d’augmenter le champ électrique
de court-circuiter chaque unité et de la mettre à la terre. de service sans nuire à leur fiabilité.

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On peut distinguer quatre types de compensation (figure 36)


selon les conditions qui peuvent se présenter sur le réseau de
distribution de l’utilisateur.

7.1.1 Compensation individuelle

Elle est surtout conseillée lorsqu’un récepteur, de puissance


supérieure à 25 kW, demeure sous tension pendant la majeure
partie des heures de travail. C’est surtout le cas des moteurs
entraînant des machines de grande inertie (pompes, compresseurs
ou ventillateurs). La manœuvre de l’interrupteur propre au
récepteur provoque alors automatiquement l’enclenchement ou le
déclenchement de la batterie de condensateurs.
■ Les avantages de ce type de compensation sont les suivants :
— la production d’énergie réactive se fait directement à l’endroit
où elle est consommée ; il en résulte une diminution de la charge
en courant réactif, de la puissance apparente, des pertes et des
chutes de tension dans les conducteurs ;
— dans un bon nombre de cas, il n’est pas nécessaire de prévoir
un interrupteur pour les condensateurs, ni des fusibles, ni des
dispositifs spéciaux de décharge ; ceux du récepteur étant utilisés
à cette fin.
■ Les inconvénients sont les suivants :
— la compensation individuelle ne permet pas d’utiliser la puis-
sance des condensateurs installés, quand il s’agit de récepteurs qui
ne sont pas souvent alimentés ;
Figure 35 – Schéma électrique d’un module — pour les petits récepteurs, la compensation individuelle est
sous enveloppe métallique avec interrupteur incorporé relativement coûteuse ;
— lorsque la batterie est enclenchée, elle relève localement la
De plus, le passage d’un condensateur avec isolant tout papier à tension du réseau industriel ; pendant la période de faibles charges
un condensateur tout film a permis de réduire la probabilité sur le réseau public, il faut mettre hors service la batterie pour
d’éventuel feu dans les batteries de condensateurs dû à l’explosion réduire la tension, car une tension sur l’installation supérieure à la
d’une ou de plusieurs unités, causée par un court-circuit ou une tension des équipements du client risquerait de provoquer un
importante transitoire sur le réseau. vieillissement prématuré des appareils en service ; la batterie doit
être équipée de ses propres appareillages de coupure et ces
Ces améliorations ont conduit à la réalisation de batteries qui
exigences diminuent sensiblement l’intérêt économique d’une telle
satisfont actuellement aux exigences de la prévention de l’environ-
compensation ;
nement.
— une batterie installée sur les réseaux publics équipés de
télécommande centralisée (à 175 Hz ou 188 Hz), doit être munie de
dispositifs de blocage à fréquence musicale ; ce qui alourdit encore
le coût d’une compensation individuelle.
7. Systèmes de compensation
Les condensateurs de puissance et les batteries de conden-
sateurs shunt sont utilisés pour effacer la puissance réactive en
amont du lieu de consommation. Les systèmes de compensation
réactive shunt peuvent être installés en BT, HTA et HTB.

7.1 Compensation en BT
Les batteries de condensateurs en basse tension sont installées
chez le client (en général, les consommateurs industriels) en aval
du poste de comptage. Le client industriel peut utiliser au mieux
son contrat de fourniture de l’énergie, en améliorant le facteur de
puissance de son installation.
Actuellement, les condensateurs BT sont autocicatrisants secs
(figure 11). Ils ont une tension assignée qui dépasse rarement
1 000 V. Ils sont généralement triphasés et couplés en triangle.
En général, les batteries ont une puissance modérée (Q < 1 Mvar).
Elles peuvent être équipées d’inductances de choc pour limiter le
courant d’appel à l’enclenchement ou d’inductances antiharmo-
niques pour protéger les condensateurs des harmoniques. La
commande des batteries est soit manuelle, soit automatique par
relais varmétrique ou par horloge. Figure 36 – Les quatre types de compensation à basse tension

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7.1.2 Compensation par secteur (groupe)

Elle est utilisée lorsque plusieurs récepteurs sont reliés à une


même batterie de condensateurs équipée par son propre organe de
coupure. Elle est conseillé pour des installations où les appareils
électriques sont mis en service en même temps ; ainsi, une batterie
compense l’ensemble des récepteurs d’un atelier ou d’un groupe et
dans ce cas, on a un seul appareillage de manœuvre.
■ Les avantages de ce type de compensation sont les suivants :
— le coût d’investissement est moins élevé que pour la
compensation individuelle, à condition de bien connaître les courbes
de charge pour ne pas provoquer de surcompensation car, une sur-
compensation permanente entraîne un vieillissement prématuré des
appareils de l’atelier ;
— les conducteurs d’alimentation de l’atelier sont moins chargés ;
— comme la batterie de condensateurs a son propre organe de
coupure, sa mise hors service est facile pendant la période de Figure 37 – Système de compensation en HTA avec une batterie
faibles charges sur le réseau public. à trois modules
■ Les inconvénients sont les suivants :
— les câbles, en aval de la batterie, alimentant les appareils de
l’atelier doivent être dimensionnés pour prendre en considération 7.2 Compensation en HTA
toute la puissance apparente demandée ;
— une protection des condensateurs de la batterie (fusibles,
disjoncteur, etc.) doit être prévue pour question de sécurité, ce qui La compensation en moyenne tension devient économiquement
augmente le coût de la batterie ; intéressante lorsque la puissance réactive à installer est supérieure
— il faut une maintenance périodique de la batterie. à 600 kvar. En général, elle est centralisée, les batteries étant
installées dans les postes de répartition HTB/HTA et raccordées au
jeu de barres HTA par l’intermédiaire d’un disjoncteur. Leur
7.1.3 Compensation globale puissance est de plusieurs Mvar.
Sur les réseaux publics, la puissance maximale d’une batterie
Elle est utilisée dans le cas où une installation comporte de gros moyenne tension est de 9 Mvar.
appareils électriques et un nombre limité de petits récepteurs.
Elle peut être fractionnée en gradins de condensateurs (figure 37)
Ainsi, la production d’énergie réactive est groupée à un seul
mis en service successivement pour obtenir une compensation opti-
endroit, le plus souvent dans le poste électrique de toute l’instal-
male en fonction de la courbe de charge journalière. Lorsqu’il en
lation. Il faut encore bien connaître les courbes de charge pour que
est ainsi, chaque gradin est manœuvré par son interrupteur spécia-
la puissance réactive soit bien répartie sur la ligne principale de
lement prévu à cet effet (figure 35). Les condensateurs des batteries
l’installation électrique et un réglage automatique de la puissance
peuvent être montés en double étoile, ou en étoile, ou en
réactive est conseillé pour ne pas provoquer des surcompensa-
triangle (§ 6.2) et leur isolation à la masse correspond au niveau
tions pendant les périodes de faibles charges du réseau public.
d’isolement du réseau. La commande de la batterie est assurée soit
■ Les avantages de cette compensation sont les suivants : par des relais varmétriques, soit par des horloges. Dans quelques
— la batterie est généralement mieux utilisée, que dans les deux pays, la compensation en moyenne tension est décentralisée. On ins-
précédentes compensations ; talle des petites batteries (l’équivalent d’un gradin) sur les poteaux
— les manœuvres de la batterie sont encore plus faciles que du réseau (§ 7.4).
celles de la compensation par secteur ; ■ L’avantage de ce système de compensation est que, lorsque les
— si la batterie est constituée de plusieurs gradins à gradins ont des puissances supérieures à 600 kvar, le coût est
enclenchement automatique, le suivi de la courbe de charge de moindre qu’en basse tension.
toute l’installation est meilleur.
■ L’inconvénient est que ce mode de compensation ne soulage
■ Les inconvénients sont : pas la partie du réseau en aval des condensateurs. L’enclenchement
— les câbles d’alimentation de l’installation en aval de la batterie des gradins provoque, de plus, des à-coups de tensions. L’exploita-
doivent être prévus pour faire transiter toute la puissance tion est plus délicate que celle des batteries à basse tension.
apparente ;
— un entretien périodique doit être effectué.

7.3 Compensation en HTB


7.1.4 Compensation combinée
La compensation en haute tension est utilisée pour soulager la
Elles est utilisée dans le cas où l’installation comporte de petits
charge des lignes HTB et THT et pour améliorer la stabilité de la ten-
et de gros appareils électriques. Une compensation individuelle est
sion. Les batteries à haute tension sont toujours de puissance impor-
réalisée pour les appareils fonctionnant pendant de longues durées
tante, environ quelques dizaines de Mvar, voire même une centaine
et une compensation par secteur ou globale pour les autres
de Mvar. Elles sont réalisées au moyen de condensateurs HTA (avec
récepteurs.
l’isolement des bornes correspondant au réseau haute tension),
■ L’avantage de ce type de compensation est que chaque couplées en série-parallèle et montées sur des châssis isolés.
ensemble d’appareils électriques est compensé de la manière la Les batteries sont raccordées au réseau à haute tension par
plus adaptée. l’intermédiaire d’un disjoncteur remplissant de plus la fonction

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d’interrupteur de manœuvre. Elles ne sont pas fractionnées comme 8.1 Condensateurs pour installations
en moyenne et basse tension.
de chauffage à induction
Le coût de l’infrastructure (isolateurs et rack) et de l’appareillage
(disjoncteur, dispositif de décharge ou de protection) constitue une Les condensateurs, utilisés pour alimenter les fours à induction,
fraction importante du coût global des batteries. se caractérisent par les deux points suivants.
■ Ils ne sont pas reliés à un réseau, mais à une installation
7.4 Situation internationale industrielle sur laquelle les surtensions atmosphériques ou de
manœuvres ne sont pas importantes. Ils sont donc construits avec
une marge de sécurité plus faible.
On constate que, actuellement, les grands consommateurs
mondiaux d’énergie réactive se divisent en deux catégories : les pays ■ Ils peuvent être utilisés à des fréquences élevées allant jusqu’à
qui adoptent le concept des condensateurs à fusibles externes 24 000 Hz. Pour celles-ci, les pertes diélectriques, proportionnelles à
(comme les pays de l’Amérique du Nord et le Japon) et ceux qui la fréquence, sont importantes. Ces condensateurs sont souvent
utilisent les condensateurs à fusibles internes (comme la majorité munis d’un dispositif de refroidissement à air soufflé ou à
des pays d’Europe). En regardant de près, on remarque que : circulation d’eau. Notons toutefois que les condensateurs à diélec-
— les pays qui doivent acheminer leur énergie sur de grands trique tout film imprégné avec des liquides non chlorés, grâce à
réseaux (concentration des centres de production) et qui adoptent leurs pertes très faibles, peuvent fonctionner en refroidissement
un système de compensation décentralisée (une petite batterie sur naturel jusqu’à des fréquences assez élevées.
les poteaux du réseau tous les 1 ou 2 km) adhèrent à la technologie Ces condensateurs sont, très souvent, munis de fusibles internes.
des fusibles externes ; Leurs règles et conditions d’essais sont prévues par les normes
— les pays dont la politique de compensation est centralisée (au CEI 110, NF C 54-120 et NF C 54-121.
niveau des postes sources de répartition) et dont les centres de
production sont dispersés sur le territoire, installent les batteries à
fusibles internes.
Il faut noter que les deux catégories s’accordent sur le fait que 8.2 Condensateurs de couplage
la protection de détection de déséquilibre est nécessaire quel que et diviseurs capacitifs
soit le concept de condensateurs utilisé.

Ces appareils sont installés sur les réseaux à haute tension pour
assurer de nombreuses fonctions :
7.5 Conclusion — mesure des tensions ;
— couplage de la ligne avec une installation de télécommuni-
Les matériaux qui composent les condensateurs de puissance
cation ;
n’ont cessé de s’améliorer depuis plus de 30 ans et ont permis de
— protection contre les surtensions.
disposer d’unités de forte puissance. Cette évolution a forcé le
développement du concept de protection au niveau du conden- Ils sont constitués par de nombreux éléments raccordés en série
sateur et au niveau de la batterie. et disposés dans une cuve de porcelaine. Leur capacité est
comprise entre 1 000 et 10 000 pF. Le diélectrique est soit du papier,
Les techniques de protections utilisées, exposées dans cet article,
soit mixte (papier et polypropylène), soit tout film (polypropylène),
ont amélioré la fiabilité et la disponibilité de l’énergie réactive sur
imprégné à l’huile minérale ou à l’huile synthétique. Lorsque ces
le réseau tout en diminuant le coût du kvar.
appareils sont utilisés en télécommunication, ils doivent avoir de
La disponibilité des batteries peut être encore augmentée, quel bonnes caractéristiques à des fréquences atteignant 500 kHz. Les
que soit le niveau de la puissance de la batterie, en introduisant un essais qu’ils doivent subir sont prescrits par la publication CEI 358
système de protection informatisé (§ 6.2.1). et la norme NF C 54-110.
Enfin, les performances des unités peuvent être améliorées en
augmentant le champ de l’actuel diélectrique solide « tout film »
ou, éventuellement, en utilisant des condensateurs métallisés 8.3 Condensateurs de disjoncteurs
imprégnés ; cette technologie de condensateurs HTA étant en
cours d’études et d’expérimentation (§ 3.1.1). Ces améliorations
Disposés en parallèle sur les pôles des disjoncteurs à haute ten-
permettront l’augmentation de la puissance unitaire et de la
sion, leur rôle consiste à assurer une répartition convenable de la
disponibilité et la réduction du coût du kvar à fiabilité égale.
tension sur toutes les chambres de coupure. Ils doivent avoir une
bonne rigidité diélectrique. Ils sont réalisés au papier imprégné
d’huile minérale. De nombreux éléments reliés en série sont empilés
dans une cuve en porcelaine qui sert d’isolateur. La capacité est de
8. Autres types quelques centaines de picofarads.
de condensateurs
8.4 Condensateurs de stockage
Dans ce paragraphe, on présente, d’une manière succincte, d’énergie
quelques autres types de condensateurs de puissance utilisés sur
les réseaux électriques ; bien que leur fabrication s’apparente à celle
des appareils destinés à l’amélioration du facteur de puissance, on Ce type de condensateurs emmagasine de l’énergie et la restitue
s’attache à montrer ce qui les différencie des unités étudiées pré- en un temps très bref. Cette propriété est de plus en plus utilisée
cédemment. dans toutes sortes de dispositifs couvrant toutes les gammes de ten-
sions et de puissances, depuis le flash électronique des photo-
graphes jusqu’aux puissantes installations d’étude des phénomènes
de fusion thermonucléaire contrôlée.
La plupart de ces condensateurs ont quelques caractéristiques
communes. Comme ils sont chargés sous une tension continue, la

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valeur des pertes diélectriques a peu d’importance. On recherche, ■ Coefficient d’inversion de la décharge
par contre, un diélectrique permettant d’obtenir une énergie C’est le rapport de la tension crête de la première alternance à
volumique la plus élevée possible. Le papier imprégné est toujours la tension de charge. L’augmentation de ce coefficient de 0 à une
utilisé ainsi que le PP. Comme imprégnant, l’huile de ricin permet valeur proche de 90 % a un effet sur la durée de vie analogue à
des performances remarquables, mais les nouveaux imprégnants celui du doublement de la tension.
(MDPT, PXE, BNC, etc.) sont également employés.
Ces condensateurs doivent se décharger dans des circuits à faible ■ Durée de vie désirée
constante de temps (de l’ordre de la microseconde). Par conséquent, Elle influe de façon très importante sur le dimensionnement de
leur réactance propre doit être faible, ce qui impose une étude géo- l’appareil.
métrique de l’assemblage des éléments extrêmement soignée. Pour Les applications de ces condensateurs sont nombreuses. On
des unités de puissance importante, il est souvent retenu des induc- peut citer les générateurs de tension de choc, les stations d’essais
tances propres inférieures à 10 nH. De plus, l’intensité du courant synthétiques de disjoncteurs, la soudure par décharge, l’excitation
à la décharge peut être considérable, ce qui entraîne des efforts élec- de lasers, la création de champs magnétiques de très grande
trodynamiques sur les liaisons et les contacts. Ceux-ci doivent être intensité, la création de plasma, etc.
particulièrement soignés.
Les condensateurs de stockage sont généralement conçus pour
avoir une durée de vie limitée. On les prévoit pour quelques
dizaines à 106 décharges, l’énergie étant d’autant plus grande que 8.5 Condensateurs divers
la durée de vie désirée est faible.
Le choix des caractéristiques optimales de ces appareils dépend ■ Les condensateurs des moteurs à courant alternatif sont utilisés
de nombreux paramètres. soit pour assurer le démarrage des moteurs, soit en service
■ Tension de charge permanent, soit pour permettre le raccordement d’un moteur
triphasé sur un réseau monophasé. Ils sont réalisés en film plastique
On réalise industriellement des unités dont la tension nominale métallisé ou sont électrolytiques (démarrage). Les prescriptions des
s’étend de quelques kilovolts à quelques centaines de kilovolts. essais de routine ou de type de ces condensateurs sont prévues par
■ Énergie stockée (exprimée en kilojoules) la publication CEI 252.
Il est très difficile d’établir une correspondance entre la puis- ■ Les condensateurs pour l’éclairage luminescent compensent la
sance d’un condensateur (exprimée en kvar) et l’énergie stockée réactance des ballasts, avec des valeurs usuelles de capacité de 4
(exprimée en kJ), car les gradients de tension sont très différents à 50 µF sous des tensions de 250 à 500 V. Les techniques au
dans ces deux types d’utilisation. Les énergies unitaires s’étendent polypropylène métallisé sont les plus utilisées.
de quelques centaines de joules à 15 kJ, parfois plus.
■ Les condensateurs d’antiparasitage de faible puissance sont
■ Fréquence ou durée de la décharge placés aux bornes des contacts des appareils électroménagers, pour
À gradient de tension égal, la durée de vie diminue lorsque la réduire les perturbations radiophoniques.
fréquence augmente.

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