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§4.

DISSOLUTION ET LIQUIDATION DE LA SOCIETE COMMERCIALE EN DROIT DE L'OHADA

Comme toute personne physique, la personne morale ou naît et disparait.

Elle nait par l'acte de constitution qui est le contrat de société(en cas de pluralité d'associé), ou d'un
acte de constitution unilatéral(en cas d'associé unique) et disparait par la dissolution et le cas échéant
la liquidation. A cet effet, nous allons dans le cadre de ce paragraphe analyser d'un coté la dissolution
de la société en droit de l'Ohada(A), et dans un autre sa liquidation (B).

A. Dissolution de la société en droit de l'Ohada

La société en droit de l'Ohada, prend fin pour différentes raisons à savoir :

1. par l'expiration du temps pour lequel elle a été constituée ;

2. par la réalisation ou l'extinction de son objet;

3. par l'annulation du contrat de société ;

4. par décision des associés aux conditions prévues pour modifier les statuts;

5. par la dissolution anticipée prononcée par la juridiction compétente, à la demande d'un associé pour
justes motifs, notamment en cas d'inexécution de ses obligations par un associé ou de mésentente
entre associés empêchant le fonctionnement normal de la société ;

6. par l'effet d'un jugement ordonnant la liquidation des biens de la société ;

7. pour toute autre cause prévue par les statuts.

La dissolution entraîne de plein droit la mise en liquidation en cas de la société pluripersonnelle. Tan
disque celle dans laquelle tous les titres sont détenus par un seul associé, la dissolution entraîne la
transmission universelle du patrimoine de la société à cet associé, sans qu'il y ait lieu à une liquidation.

Les créanciers peuvent faire opposition à la dissolution, devant la juridiction compétente, dans le délai
de trente jours à compter de la publication de celle-ci. A cet effet, le tribunal rejette l'opposition ou
ordonne soit le remboursement des créances, soit la constitution de garanties si la société en offre et
si elles sont jugées suffisantes.

La personnalité morale de la société subsiste pour les besoins de la liquidation et jusqu'à la clôture de
celle-ci.

La dissolution est publiée par un avis dans un journal habilité à recevoir les annonces légales du lieu
du siège social, par dépôt au greffe des actes ou procès-verbaux décidant ou constatant la dissolution
et par la modification de l'inscription au registre du commerce et du crédit mobilier.

La société à responsabilité limitée et la société anonyme sont dissoutes pour les causes communes
applicables à toutes les sociétés54(*).

B. Liquidation de la société en droit de l'Ohada

Le législateur de l'Ohada n'a pas définit le terme liquidation, mais tient à préciser dans l'Acte uniforme
relatif au droit des sociétés commerciales et du groupement d'intérêt économique en son article 240
ce qui suit : la société est en liquidation dès l'instant de sa dissolution pour quelque cause que ce soit.
Il ajoute encore que la mention « société en liquidation » ainsi que le nom du ou des liquidateurs
doivent figurer sur tous les actes et documents émanant de la société et destinés aux tiers, notamment
sur toutes lettres, factures, annonces et publications diverses.

Retenons cependant que la clôture de la liquidation doit intervenir dans un délai de trois ans à compter
de la dissolution de la société et la personnalité morale de la société subsiste pour les besoins de la
liquidation et jusqu'à la publication de la clôture de celle-ci.

Le liquidateur peut être choisi parmi les associés ou les tiers. A défaut de ce choix, celui-ci est désigné
par décision de justice Il peut être une personne morale.

LES REGLES COMMUNES DE FONCTIONNEMENT DES SOCIETES COMMERCIALE EN DROIT OHADA

Publié le 6 novembre 2010 par Juriste.info

Ces règles renvoient à la situation des associés et des dirigeants.

Concernant les associés, le législateur OHADA leur a accordé des droits et des obligations.

Ils ont des droits extra pécuniaires et pécuniaires.

Les droits extra pécuniairessont au nombre de trois :

- la participation aux décisions collectives,

- le droit de vote et,

- le droit à l’information.

Le droit de participer aux décisions collectivesest prévu à l’article 125 AUSCG. Il existe deux sortes de
décisions collectives : ordinaires et extraordinaires. Le droit de participer aux décisions collectives ne
peut être écarté par une convention contraire sous peine d’être réputée non écrite. De même,
encourent une sanction pénale, ceux qui sciemment, auront empêché un actionnaire ou un associé de
participer à une assemblée générale.

On peut participer personnellement aux décisions collectives ou se faire représenter. Cette


représentation est soit réglementée par l’A.U. soit par les statuts. Dans l’occurrence d’une action ou
part sociale indivise, les copropriétaires sont représentés par un mandataire unique choisi parmi les
indivisaires. En cas de désaccord, le mandataire est désigné par la juridiction compétente, dans le
ressort de laquelle est situé le siège social, à la demande de l’indivisaire le plus diligent. En outre, une
action ou part sociale peut être grevée d’usufruit. En l’espèce, le droit de vote appartient au nu-
propriétaire, sauf si les décisions concernant l’affectation ou répartition des bénéfices.

Les décisions peuvent être prises soit en assemblée générale, soit par correspondance c’est-à-dire sous
forme de consultation écrite. Toutes les décisions prises sont constaté par un procès-verbal établi soit
sur un registre spécial tenu au siège social de la société, soit établi sur des feuilles mobiles. En tout état
de cause, il est coté et paraphé par l’autorité judiciaire compétente. Tout procès-verbal est archivé au
siège de la société et les copies ou extraits des procès-verbaux des délibérations des associés sont
valablement certifiés conformes par le représentant légal de la société ou, s’ils sont plusieurs, par l’un
d’entre eux seulement.

Quant aux droits de vote, le législateur OHADA précise qu’ils sont proportionnels à sa
participation au capital de la société. Cela signifie que l’associé a autant de voix que de parts. C’est
dans l’exercice du droit de vote que les associés commettent un abus de majorité ou de minorité. On
parle d’abus de majorité dans deux cas : une décision prise dans le seul intérêt des associés
majoritaires et qui ne puisse être justifiée par l’intérêt de la société. Dans cette occurrence, la décision
peut être annulée pour abus de majorité et les associés ayant pris ce genre de décision peuvent voir
leur responsabilité engagée.

En revanche, on parle d’abus de minorité, lorsque les associés minoritaires s’opposent à ce que des
décisions qui intéressent la société soient prises sans qu’ils puissent justifier d’un intérêt légitime. Ce
faisant, ils peuvent engager leur responsabilité pour abus de minorité.

Enfin, les associés ont droit à l’information. Aux termes de l’article 344 AUSCG : « les associés ont un
droit d’information permanent sur les affaires sociales. Préalablement à la tenue des assemblées
générales, ils ont en outre un droit de communication ». Il y a donc deux sortes d’information : une
information permanente et une information avant la tenue de l’A.G.

En effet, le droit d’information des associés renvoie au :

droit de communicationdes documents,

le droit de poser des questions aux dirigeants et

le droit de solliciter une expertise de gestion.

Le droit de communication avant la tenue d’un A.G.A est prévu dans toutes les sociétés commerciales
(Articles 288 alinéa 2 pour les SNC ; article 306 alinéa 2 pour les SCS ; article 345 pour les S.A.R.L et
525 pour les S.A). La remarque qui s’évince de la lecture de ces dispositions c’est que le droit de
communication porte principalement sur l’inventaire et les états financiers de synthèse établis par le
gérant, le rapport de gestion du gérant, le cas échéant, le rapport du commissaire aux comptes. Ce
droit de communication s’exerce au moins quinze jours avant la tenue de l’assemblée générale
annuelle dans les SNC et les SCS, et quinze jours avant dans les SARL et les S.A.

L’autre élément du droit à l’information c’est la possibilité pour les associés de poser des questions
écrites aux dirigeants. Dans les SNC (Article 288 al 2) et les S.CS (Article 307), ce droit peut s’exercer
deux fois par an et le gérant est tenu de respecter le parallélisme des formes c’est-à-dire de répondre
par écrit. En revanche, dans les S.A.R.L, la possibilité de poser deux fois des questions au gérant n’est
envisageable qu’en cas de faits qui sont de nature à compromettre la continuation de l’exploitation.
Dans cette occurrence, la réponse du gérant est communiquée au commissaire aux comptes. En dehors
de cette hypothèse, le gérant est tenu de répondre à l’associé au cours de l’assemblée.

Le dernier élément du droit à l’information c’est l’expertise de gestion. En effet, aux termes de l’article
159 AUSCG : « Un ou plusieurs associés représentant au moins le cinquième du capital social peuvent,
soit individuellement, soit en se groupant sous quelque forme que ce soit, demander au président de la
juridiction compétente du siège social, la désignation d’un ou plusieurs experts chargés de présenter
un rapport sur une ou plusieurs opérations ». Cette disposition constitue la preuve manifeste de
l’intervention du juge dans le fonctionnement de la société commerciale. Ceci est d’autant plus vrai
que le concept « d’opérations de gestion » est une notion floue qui confère ainsi au juge un pouvoir
d’appréciation. En tout état de cause, s’il est fait droit à la demande, le juge détermine l’étendue de la
mission ainsi que celle des pouvoirs des experts. Il appartiendra à la société de supporter les honoraires
des experts. Le rapport est adressé à la personne ayant sollicité l’expertise, aux organes de gestion, de
direction ou d’administration. On note l’existence d’un vide sur le cas où il n’est pas fait droit à la
demande d’expertise de gestion.
Au-delà des droits extrapatrimoniaux, l’associé a des droits patrimoniaux à savoir celui de participer
aux bénéfices, le droit aux dividendes et aux réserves.

Le bénéfice constitue le résultat positif correspondant à un accroissement du patrimoine de la


société. Ce qu’il y a lieu de préciser c’est que tous les bénéfices ne sont pas partagés. Il y a donc un
bénéfice distribuable. Il est prévu à l’article 143 AUSCG : « le bénéfice distribuable est le résultat de
l’exercice, augmenté du report bénéficiaire et diminué des pertes antérieures ainsi que des sommes
portées en réserve en application de la loi ou des statuts ».

Les dividendesconstituent la part de bénéfice revenant à chaque action ou à chaque part sociale
(Article 144 AUSCG). Il appartient à l’AGO des associés de déterminer la part de bénéfice à distribuer
aux associés après avoir approuvé l’état financier de synthèse et constaté l’existence de sommes
distribuables. Toute distribution qui se fait en violation de ces règles constitue un délit appelé
distribution de dividendes fictifs. L’article 889 AUSCG le précise mieux. La distribution du dividende
doit se faire dans un délai maximum de neuf mois après la clôture de l’exercice. Ce délai peut être
prolongé par le Président de la juridiction compétente.

Pour la dotation à la réserve légale, il est prélevé sur le bénéfice de l’exercice diminué des
pertes antérieures le cas échéant, un montant égal au dixième. Ce prélèvement cesse d’être obligatoire
si les sommes mises en réserve atteignent le cinquième du capital (Article 546 AUSCG). Les réserves
consistent à prélever des sommes sur les bénéfices pour une destination déterminée. Ces sommes
sont conservées à la disposition de la société.

C’est l’Assemblée qui décide si tout ou partie de la réserve doit être distribué à condition qu’il ne
s’agisse pas d’une réserve stipulée indisponible par la loi ou les statuts. De même aucune distribution
n’est possible si les capitaux propres de la société sont inférieurs au montant du capital social
augmenté des réserves que la loi ou les statuts ne permettent pas de distribuer. Au-delà de la réserve
légale, il y a la réserve statutaire.

Autant il est incontestable que l’associé a des droits, autant il est manifeste qu’il est assujetti à des
obligations.

Les obligations de l’associé sont au nombre de deux : la contribution aux pertes et l’obligation aux
dettes.

 La contribution aux pertes apparaît uniquement au moment de la dissolution

de la société et jamais en cours d’exploitation. En principe, elle se fait proportionnellement aux


apports. Il y a lieu de préciser que cette règle n’est pas d’ordre public car elle peut être écartée. La
seule exigence c’est qu’il ne s’agisse pas d’une clause léonine.

 L’obligation aux dettes s’exerce au cours de la vie sociale.

Dans les SARL, les associés répondent des dettes jusqu’à concurrence de leurs apports (Article 309
AUSCG). Dans les sociétés de personnes, les associés répondent des dettes indéfiniment et
solidairement (Article 271 AUSCG). Les conditions exigées c’est de mettre en demeure vainement la
société, ensuite, il doit s’agir d’une dette sociale.

On ne saurait parler de fonctionnement de la société commerciale sans faire allusion au statut des
dirigeants.

Les principales questions qui seront abordés sont relatives à leurs pouvoirs et responsabilités.
L’étendue des pouvoirs des dirigeants varie selon qu’ils sont en relation avec les associés ou des tiers.
Dans le premier cas, les dirigeants peuvent accomplir tous les actes de gestion dans l’intérêt de la
société. Toutefois, il y a des décisions qui nécessitent l’autorisation de l’AGO ; c’est l’exemple des
conventions intervenues entre un dirigeant, un associé et la société (Article 350 AUSCG V. également
les articles 438 et 502). Il faut dire que ces limitations de pouvoirs ne sont pas opposables aux tiers de
bonne foi. Dans la seconde hypothèse, il faut faire le départ entre les sociétés de personnes et les
S.C.R.L. S’il s’agit de sociétés de personnes, le gérant engage la société par les actes entrant dans l’objet
social. S’il s’agit d’une S.C.R.L, elle est engagée par les actes des dirigeants même si ces derniers
dépassent l’objet social, à moins d’apporter la preuve que le tiers avec lequel le dirigeant a traité savait
(un tiers complice du dépassement de pouvoir du dirigeant) ou était sensé savoir (s’il était lui-même
associé de ladite société), compte tenu des circonstances, qu’il y avait un dépassement de l’objet. Pour
le Conseil d’administration, cette règle est prévue par les articles 436, pour le PDG 465, pour le DG 488
et pour l’administrateur Général 498. Pour les S.A.R.L, c’est l’article 329, alinéa 2. Ces règles
particulières ne doivent pas occulter les dispositions des articles 121 à 124 AUSCG.

Les dirigeants peuvent engager leur responsabilité civile ou pénale.

Cette responsabilité est prévue aussi bien par les règles communes que des règles spéciales. Les règles
communes prévoient la responsabilité envers les tiers, les associés et la société. L’article 161 prévoit
que le dirigeant est responsable envers les tiers des fautes qu’il commet dans l’exercice de ses
fonctions. Quant à l’article 162, il parle de responsabilité des dirigeants envers les associés. Dans les
deux cas, il s’agit d’une action individuelle intentée lorsque les tiers et les associés subissent un
dommage distinct de la société (exemple : détournement de dividende d’un associé). Elle se
prescrit par trois ans.

Les dirigeants peuvent être tenus à l’égard de la société comme le prévoit l’article 165. Il s’agit de
l’action sociale. En principe, elle est exercée par le dirigeant mais si cette action doit être dirigée contre
lui-même, elle n’a aucune chance d’aboutir. C’est pourquoi le législateur OHADA a prévu l’action ut
singuli (Article 167), c’est-à-dire la possibilité pour un ou plusieurs associés d’exercer l’action sociale.

Les règles spéciales ou particulières sont prévues aux articles 330 et 331 pour les S.A.R.L, 740 à 743
pour les S.A.

Comme tout sujet de droit, la société commerciale naît, vit et meurt. Cette dernière phase renvoie à
la dissolution de la société commerciale.

7. Transformation et dissolution de la societe a responsabilite limitee

Transformation et dissolution de la société a responsabilité limitée

La société à responsabilité limitée peut disparaître sous sa forme originaire et renaître sous une autre
forme de société. Cette opération est appelée la transformation.

La transformation ne donne pas lieu à la création d'une personne morale nouvelle. Elle ne peut être
effectuée que si la société à responsabilité limitée dispose, au moment de la transformation, de
capitaux propres d'un montant au moins égal à son capital social et si elle a établi et fait approuver
par les associés les bilans de ses deux premiers exercices 83.

En outre, l’opération ne peut être réalisée que d’après un rapport d'un commissaire aux comptes
attestant, sous sa responsabilité, que les conditions énoncées par l’Acte uniforme sont bien réunies.
Lorsqu'il n'existe pas de commissaire aux comptes, celui-ci est choisi par le gérant conformément aux
articles 694 et suivants. L’Acte uniforme sanctionne de nullité toute transformation faite en violation
de ces dispositions 84.

Par ailleurs, lorsque la transformation implique une aggravation de la responsabilité des associés, elle
doit être approuvée à l’unanimité. Tel serait notamment le cas si la société prendrait la forme d’une
société en nom collectif.

Enfin, précisons que, dans l’hypothèse d’une transformation, les statuts de la société à responsabilité
limitée doivent être adaptés à la législation propre à la nouvelle forme de société commerciale 85.

La société à responsabilité limitée peut également disparaître en tant que personne morale. On parle
dans ce cas de dissolution.

Soulignons, à cet égard, que la société à responsabilité limitée est soumise aux causes de
dissolutions communes à toutes les sociétés commerciales. Ainsi, elle peut être dissoute par :

- l’arrivée du terme ;

- la réalisation ou l’extinction de son objet social ;

- l’annulation du contrat de société ;

- une décision prise par ses associés aux conditions prévues pour modifier les statuts ;

- la dissolution anticipée prononcée par la juridiction compétente, à la demande d’un associé pour
justes motifs, notamment en cas d’inexécution de ses obligations par un associé ou de mésentente
entre associés empêchant le fonctionnement de la société 86 ;

- une décision de justice ordonnant la liquidation des biens ;

- toute autre cause prévue par les statuts 87.

À côté de ces causes de dissolution communes à toutes les sociétés, il existe des causes de
dissolution spécifiques à la société à responsabilité limitée.

Ainsi, elle est dissoute de plein droit, lorsque le capital social devient inférieur au minimum légal,
sauf stipulation contraire 88.

La société à responsabilité limitée peut également prendre fin, à défaut d’avoir augmenté le capital
social à un montant minimum d’un million de FCFA afin de le mettre en harmonie avec l’Acte
uniforme au plus tard le 31 décembre 1999 (article 914).

La société peut enfin être dissoute si les capitaux propres de la société deviennent inférieurs à la
moitié du capital social 89.

A contrario, la société à responsabilité limitée ne prend pas fin en cas d’interdiction, de faillite ou
d’incapacité d’un associé. Elle n’est pas non plus dissoute par le décès d’un associé, à moins que les
statuts n’en disposent autrement 90.
Assemblées générales dans la société a responsabilité limitée
Les assemblées générales regroupent les associés de la société afin qu’ils délibèrent sur toute une série de
sujets liés à la personne morale, son fonctionnement ou, plus fondamentalement, son existence. On distingue
les assemblées générales ordinaires et extraordinaires.

L’assemblée générale ordinaire est régie par les articles 347 à 349 de l’Acte uniforme.

Elle rend des décisions collectives ordinaires, c’est-à-dire sur des sujets en lien avec le cours normal de la
vie de la société. Il s’agit notamment de se prononcer sur les états financiers de synthèse de l’exercice écoulé,
de procéder à la nomination et au remplacement des gérants, et plus généralement de statuer sur toutes les
questions qui n’impliquent pas de modification des statuts 64.

Elle est la réunion qui doit se tenir dans les six mois de la clôture de l’exercice. Une prolongation de délai
peut être demandée au président de la juridiction compétente statuant sur requête 65.

Dans les assemblées ordinaires ou lors des consultations ordinaires écrites, les décisions sont prises par un
ou plusieurs associés représentant plus de la moitié du capital. Lorsque ce quorum n’est pas atteint, et sauf
disposition contraire des statuts, les associés sont, selon le cas, convoqués ou consultés une seconde fois
et les décisions sont adoptées à la majorité des votes émis, sans tenir compte de la proportion de capital
représentée. Toutefois, la décision portant sur la révocation des gérants ne peut être prise qu'à la majorité
absolue 66.

L’assemblée générale extraordinaire rend des décisions collectives extraordinaires, c’est-à-dire des
décisions qui ont pour objet de statuer sur la modification des statuts. L’Acte uniforme opère une distinction
entre les règles générales relatives au vote des associés dans les assemblées générales extraordinaires et
les décisions concernant les modifications du capital.

Les modifications de statuts sont en principe décidées par les associés représentant au moins les trois quarts
du capital social 67, sauf, d’une part, pour la mise en harmonie des statuts et l’augmentation de capital par
incorporation de bénéfices ou de réserves68, et, d’autre part, pour la révocation du gérant statutaire. Dans
ces deux derniers cas, la décision est adoptée par les associés représentant au moins la moitié du capital
social 69.
Toutefois, l’unanimité est exigée en cas de :

- augmentation des engagements des associés ;

- transformation de la société en nom collectif ou en société par actions simplifiés ;

70
- transfert du siège social dans un Etat autre qu’un Etat partie .

Ces décisions sont gouvernées par des règles plus rigoureuses, étant donné qu’elles étendent l’engagement
initial des associés, qui se seront rendus solidairement et indéfiniment responsables des dettes de la société.
En outre, dans le troisième et dernier cas, par le transfert du siège social dans un autre État, la société se
place en dehors du champ d’application de l’Acte uniforme 71.

En cas de perte de la moitié du capital social, une assemblée générale extraordinaire doit être convoquée
dans les quatre mois qui suivent la tenue de l’assemblée générale qui a constaté cette perte 72, sous peine
de sanctions pénales. Cette assemblée doit se prononcer sur la dissolution anticipée. Quelle que soit la
décision de l’assemblée générale extraordinaire, elle est publiée dans un journal d’annonces légales.

Si la dissolution n’est pas retenue, la société doit reconstituer ses propres capitaux jusqu’à hauteur de la
moitié au moins du capital social et dispose, pour ce faire, de deux ans à dater de la clôture de l’exercice
déficitaire. A défaut, elle devra procéder à une réduction de capital d’un montant au moins égal à celui des
pertes qui n’ont pu être imputées sur les réserves, pour autant que cette réduction de capital n’ait pas pour
effet de réduire le capital à un montant inférieur à celui du capital légal 73.